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UNE PERSPECTIVE BAHÁ'ÍE SUR LA NATURE ET L'ENVIRONNEMENT
Préparé suite à la création du Reseau sur la Conservation et la Religion et du Fonds mondial de la Nature (WWF)
Septembre 1986
Communauté internationale bahá'íe
Bureau d'information publique
Sommaire
Introduction
La conception bahá'íe du monde
Une civilisation en perpétuel progrès
L'attitude bahá'íe vis-à-vis de la nature
Stratégie mondiale pour la préservation de la nature
Référence
Introduction
Le monde d'aujourd'hui est confronté à beaucoup de crises - sociales, politiques, économiques, écologiques - toutes entremêlées et chacune symptomatique des maux spirituels sous-jacents qui affligent l'humanité. Une crise qui est moins évidente, mais tout aussi menaçante pour l'avenir de l'homme, est la crise de la conservation de la nature. Les régions naturelles qui recouvraient autrefois la planète subissent une érosion constante sous les pressions d'une population croissante. Les riches aussi bien que les pauvres contribuent au problème: les riches par leur course effrénée vers le développement économique, et la masse des pauvres par leurs efforts désespérés pour obtenir une maigre pitance avec des ressources qui sont de plus en plus rares.
Bien que l'humanité souhaite fermer les yeux sur la situation, il est de plus en plus évident que la survie de la race dépend de l'équilibre des systèmes naturels de la biosphère. Il est aussi devenu très clair et alarmant qu'au rythme actuel de destruction, la plupart de l'héritage naturel de la terre pourrait être perdue irrémédiablement dans les prochaines décennies.
Les forêts sont défrichées, les terres fertiles disparaissent, les déserts s'étendent, la pêche est en déclin ou s'effondre et la pollution se répand. En conséquence, les espèces sauvages qui représentent la plupart des ressources génétiques de la planète, ressources qui se sont accumulées pendant des millions d'années, sont de plus en plus nombreuses à être menacées d'extinction. Aussi longtemps qu'il restera des parcelles importantes de régions naturelles pour héberger de telles espèces, il y aura toujours l'espoir qu'une société plus sage et plus stable pourrait maintenir et même restituer la richesse naturelle de la planète. Ce sont justement ces derniers fragments d'écosystèemes naturels qui sont menacés dans beaucoup d'endroits. Quand ils disparaîtront, beaucoup d'espèces et de ressources potentielles seront perdues à tout jamais.
Ce sont les signes d'une civilisation hors de contrôle qui se dirige vers l'auto-destruction.
Les enseignements bahá'ís situent ce problème et d'autres problèmes graves qui guettent le monde d'aujourd'hui dans une large perspective qui à la fois explique leur origine et propose des solutions pratiques. Le progrès technologique a confronté les peuples et les institutions des Etats avec la réalité d'un monde physiquement uni, mais leurs comportements et valeurs doivent encore s'adapter à ce changement fondamental. Pour les bahá'ís, donc, le problème est essentiellement spirituel: tous les peuples doivent arriver à l'acceptation de l'unité de la race humaine comme "la première condition sine qua non de la réorganisation et de l'administration du monde considéré comme un seul pays"(1). Sans une telle solution spirituelle, tout autre mesure ne peut être qu'un palliatif provisoire; une fois que les problèmes spirituels seront résolus, les autres difficultés du monde tendront vers des solutions pratiques.
La conception bahá'íe du monde
Une évaluation scientifique du problème de la conservation de la nature s'accorde facilement avec la conception du monde exprimée dans les écrits de Bahá'u'lláh (1817-1892), le prophète fondateur de la foi bahá'íe, et dans ceux de son fils, 'Abdu'l-Bahá (1844-1921), écrits qui reflètent l'harmonie fondamentale entre la science et la religion.
Les origines de l'univers sont décrites dans des termes qui correspondent bien aux théories scientifiques actuelles, bien que ces écrits datent d'avant le développement des terminologies physiques et chimiques modernes. "Ce monde de l'existence, cet univers infini, n'a ni commencement ni fin"(2). "Ce qui a existé, avait existé avant, mais pas sous la forme visible maintenant. Le monde de l'existence survint de la chaleur produite par l'interaction entre la force active et ce qui est son bénéficiaire"(3). "Il se peut qu'une des parties de l'univers, une des planètes, par exemple, naisse ou se désagrège, mais les autres planètes infinies continuent d'exister. L'univers ne serait pas déréglé ou détruit; au contraire, l'existence est éternelle et perpétuelle"(4).
"A l'origine, la matière était une, et cette matière apparut sous différents aspects dans chaque élément; ainsi furent produites les formes variées, et ces aspects variés, une fois produits, devinrent permanents, et chaque élément se spécialisa... Alors ces éléments se combinèrent, s'arrangèrent et se mélangèrent dans des formes infinies... De la composition et de la combinaison des éléments, de leur décomposition, de leur mesure, et de leur effet les uns sur les autres, résultèrent des formes, des réalités à l'infini et des êtres innombrables"(5). "Ce globe terrestre ayant pris naissance, il grandit et se développa au sein de l'univers, parvint à des formes et conditions variées jusqu'à atteindre son degré actuel de perfection, être orné de créatures innombrables et apparaître comme une organisation parfaite"(6).
On considère que la nature obéit à des lois scientifiques qui sont elles-mêmes l'expression d'une réalité divine. "La nature est la volonté de Dieu et son expression dans et à travers tout le monde de l'existence"(7). "Cette nature est soumise à une organisation absolue, à des lois déterminées, à un ordre complet, et à un plan parfait dont elle ne s'écarte jamais. A tel point que, pour qui examine d'un regard minutieux et d'un oeil acéré, depuis le plus petit atome existant jusqu'aux plus grands corps de l'univers, comme le globe solaire ou les autres astres et corps lumineux, tout, que ce soit au point de vue de l'arrangement ou de la composition ou que ce soit sous le rapport de la forme ou du mouvement, est absolument organisé; et tout est sous l'empire d'une loi universelle, dont il n'y a pas moyen de s'écarter"(8).
"Par nature on entend les propriétés inhérentes et les relations nécessaires dérivant des réalités des choses. Et ces réalités des choses, bien qu'extrêmement diverses, sont cependant intimement reliées"(9).
"Si nous regardons d'un oeil qui voit le monde de la création, nous découvrons que toutes les choses existantes peuvent être classifiées comme suit: premièrement - le règne minéral - c'est-à-dire la matière ou la substance qui apparaissent sous des formes de composition variées. Deuxièmement - le règne végétal - qui possède les vertus du règne minéral plus le pouvoir d'augmentation ou de croissance, montrant un degré plus élevé et plus élaboré que le règne minéral. Troisièmement - le règne animal - qui possède les attributs du règne minéral et du règne végétal plus le pouvoir de perception par les sens. Quatrièmement - le règne humain - l'organisme le mieux élaboré de la création visible, comprenant les qualités des règnes minéral, végétal et animal plus un don idéal absolument absent dans les règnes inférieurs - le pouvoir de la recherche intellectuelle dans les mystères des phénomènes extérieurs. Le résultat de ce don intellectuel est la science qui est la caractéristique particulière de l'homme. Ce pouvoir scientifique permet d'examiner et de comprendre les objets créés et les lois qui les entourent. C'est lui qui découvre les secrets cachés et mystérieux de l'univers matériel, et il est propre à l'homme seul. Le mérite le plus noble et le plus louable de l'homme est donc le savoir et la connaissance scientifiques"(10).
Les écrits bahá'ís acceptent les preuves scientifiques appuyant la théorie de l'évolution. Cependant ils font la distinction entre le potentiel de tous les types de créatures, d'une part, potentiel inhérent à la matière et aux lois de la création et qui donc a toujours existé, et d'autre part le processus par lequel ce potentiel est révélé. "De même que l'homme, dans le sein de sa mère, a passé d'une forme à une autre, d'un état à un autre, a changé et évolué, et néanmoins, depuis le commencement de la période embryonnaire, a toujours appartenu à l'espèce humaine, de même, l'homme, depuis le commencement de l'existence dans le sein du monde, a appartenu à l'espèce supérieure, l'humanité, et il a passé peu à peu d'un état à un autre"(11). "De même, la croissance et le développement de tous les êtres se font par degrés; c'est la règle générale de Dieu et l'ordre de la nature.... Toutes les créatures, grandes ou petites, ont été créées, dès le début, complètes et parfaites; seulement les perfections apparaissent en elles peu à peu. La loi de Dieu est une, l'évolution de l'existence est une, l'ordre divin est un"(12). "Tous ces êtres innombrables qui peuplent le monde, l'homme, l'animal, le végétal, le minéral, quels qu'ils soient, sont chacun des composés d'éléments; et il n'y a pas de doute que cette perfection de tous les êtres provient de ce que Dieu les a créés par une combinaison d'éléments mélangés en proportions déterminées, de la nature de leur constitution ainsi que de l'interaction des autres êtres. Par conséquent, tous les êtres sont liés les uns aux autres comme des anneaux d'une chaîne; et cette assistance, cette influence réciproque sont de l'essence des choses: elles produisent l'existence, la croissance et le développement des créatures"(13).
Les concepts de processus écologiques fondamentaux et de systèmes vitaux (life support systems) apparaissent également dans les écrits saints bahá'ís. "Considère, par exemple, comment un groupe de créatures constitue le règne végétal et un autre le règne animal. Chacun de ces deux groupes utilise certains éléments de l'air dont sa propre vie dépend, tout en augmentant la quantité de ces éléments qui sont indispensables pour la vie de l'autre. En d'autres mots, la croissance et le développement du monde végétal sont impossibles sans l'existence du régne animal, et le mantien de la vie animale est inconcevable sans la coopération du régne végétal. Ainsi sont semblables les relations qui existent entre toutes les créatures. D'où il résulte que la coopération et la réciprocité sont des propriétés essentielles inhérentes au système unifié du monde de l'existence et sans lesquelles la création tout entière serait réduite au néant"(14). "Dans le monde physique de la création, toutes les choses mangent et sont mangées à la fois: la plante s'abreuve au minéral, l'animal consomme la plante, l'homme se nourrit de l'animal et le minéral dévore le corps humain. Les corps physiques sont tranférés d'une étape à l'autre, d'une vie à une autre, et tout est soumis aux altérations et aux transformations, tout sauf la Cause de l'existence elle-même - car Il est constant et immuable, et c'est sur Lui que se fonde l'existence de chaque espèce, de chaque réalité contingente à travers la création tout entière"(15).
L'homme est considéré comme ayant une place spéciale dans le monde de la nature. "Comme les animaux, le corps humain est soumis aux lois de la nature. Mais l'homme est doté d'une deuxième réalité, la réalité rationnelle ou intellectuelle; et la réalité intellectuelle de l'homme prédomine la nature"(16). "...Dieu a doué l'homme d'une puissance si merveilleuse qu'il est capable de guider, maîtriser et contrôler la nature"(17). "Cependant, il y a dans l'homme une troisième réalité, la réalité spirituelle.... Cette réalité céleste... délivre l'homme du monde matériel. Par son pouvoir l'homme échappe au monde de la nature. Libéré, il trouvera une réalité qui illumine, transcendant la réalité limitée de l'homme et lui permettant d'atteindre l'infinité de Dieu, le soustrayant au monde des superstitions et des imaginations, et le plongeant dans l'océan des rayons du Soleil de Réalité"(18). L'homme "devrait être libre et émancipé de la captivité du monde de la nature car, tant que l'homme est prisonnier de la nature, il est un animal féroce, car la lutte pour l'existence est une des exigences du monde de la nature"(19).
Les extraits ci-dessus tirés des écrits bahá'ís et dont aucun n'est plus récent que les premières années de ce siècle, illustrent la conception bahá'íe des origines du monde naturel et de la place qu'y occupe l'homme. Le thème sous-jacent des corrélations entre toutes choses fournit un fondement naturel aux intérêts et actions en matière de préservation de la nature. Le fait que l'homme puisse interférer et contrôler la nature lui donne également la responsabilité de la maîtriser avec sagesse. Cependant, les problèmes de préservation de la nature ne proviennent pas d'un manque de compréhension scientifique, ils résultent en grande partie de problèmes sociaux ou structuraux de la société actuelle. La foi bahá'íe offre des perspectives sociales qui sont tout aussi importantes pour le problème de la protection de la nature.
Une civilisation en perpétuel progrès
La foi bahá'íe déclare: "Tous les hommes ont été créés pour travailler à l'établissement et à l'amélioration croissante de la civilisation"(20). Cependant, la forme que prend ce progrès est sujette à discussion. A cette époque où la technologie a unifié physiquement tous les peuples du monde et où l'unité de la biosphère est reconnue, des mesures doivent être prises afin de réaliser une unité sociale et politique correspondante.
Les injustices qui maintiennent des extrêmes de richesse et de pauvreté et qui conduisent les pauvres à détruire leurs ressources doivent être éliminées par une "alliance d'éléments spirituels, moraux et pratiques"(21).
L'instruction universelle permettrait aux masses des peuples de comprendre et modifier leurs comportements. En même temps, la consommation immodérée de ressources par les riches doit être contrôlée.
Bahá'u'lláh mit en garde, il y a cent ans, contre les dangers pour la planète d'une civilisation trop matérielle. "La civilisation, tant vantée par les représentants les plus qualifiés des arts et des sciences, apportera de grands maux à l'humanité, si on lui laisse franchir les limites de la modération.... La civilisation, d'où découle tant de bien lorsqu'elle reste modérée, deviendra, si elle est portée à l'excès, une source aussi abondante de mal.... Le jour approche où elle dévorera de ses flammes toutes les cités du monde...."(22). Dans une allusion qui pourrait s'appliquer à l'énergie nucléaire, mais qui date de bien avant sa découverte, il écrivit: "Des choses étranges, extraordinaires, existent sur la terre, mais elles sont cachées à l'esprit et à la raison. Ces choses ont le pouvoir de changer l'atmosphère terrestre toute entière, et leur contamination serait mortelle"(23). Les problèmes de pollution d'aujourd'hui confirment ces mises en garde. Il est évident que la civilisation de l'avenir doit rechercher un équilibre plus modéré entre le développement matériel et les exigences du monde naturel.
Les changements nécessaires requièrent des modifications fondamentales dans la structure de la société humaine. "L'unité de la race humaine telle que la conçoit Bahá'u'lláh implique l'établissement d'une communauté universelle où toutes les nations, races, classes et croyances seront étroitement et définitivement unies, où l'autonomie des Etats-membres et la liberté personnelle, ainsi que l'initiative des individus seront définitivement et intégralement sauvegardées. Cette communauté, pour autant que nous puissions l'imaginer, comportera une législature universelle dont les membres, en tant que représentants de la race humaine, auront le contrôle suprême de toutes les ressources des nations qui la composeront, et édicteront les lois nécessaires pour régler la vie de tous les peuples et de toutes les races, pour répondre à leurs besoins et harmoniser leurs relations....
"Les ressources économiques du monde seront organisées, toutes les sources de matières premières seront exploitées à plein rendement, tous les marchés coordonnés et développés, et la distribution des produits équitablement réglée....
"Un système de fédération universelle qui régira la terre entière et exercera sur ses ressources, d'une ampleur inimaginable, une autorité à l'abri de toute discussion; un système qui incarnera tout ensemble l'idéal de l'Orient et de l'Occident, qui sera affranchi de la malédiction de la guerre et de ses misères, et qui tendra à l'exploitation de toutes les sources d'énergie disponibles à la surface de la planète; un système enfin dans lequel la force sera mise au service du droit et dont la vie sera soutenue par la reconnaissance universelle de Dieu et l'obéissance à une seule révélation, tel est le but vers lequel les forces unifiantes de la vie poussent l'humanité"(24).
Remarquez qu'un tel système contrôlerait toutes les ressources de toutes les nations, utiliserait au maximum les sources de matières premières et régulariserait la distribution des produits. Il viserait à exploiter les ressources inutilisées et insoupçonnées de même que toutes les sources d'énergie disponibles sur la surface de la planète. Il n'y a guère qu'un tel système qui puisse mettre en oeuvre de façon satisfaisante une stratégie mondiale pour la préservation de la nature.
Un développement durable serait essentiel pour une telle civilisation. Contrairement à la confiance presque exclusive placée aujourd'hui dans les prévisions à court terme, la vision de Bahá'u'lláh englobe la pose des fondations qui doivent durer mille ou des milliers années. L'économie d'une telle société devrait fonctionner sur une base tout à fait durable, utilisant des ressources renouvelables et recyclables et visant à une utilisation hautement efficace des ressources.
L'attitude bahá'íe vis-à-vis de la nature
Bien que pour les bahá'ís la nature ne soit pas une fin en soi à vénérer et à adorer, la création reflète les qualités et attributs de Dieu. "Si... tu considères l'intime essence de toutes choses, et l'individualité de chacune en particulier, tu contempleras les signes de la miséricorde de ton Seigneur dans chaque chose créée, et tu verras les rayons diffus de ses noms et attributs à travers le monde de l'existence... Tu observeras alors que l'univers est comme un manuscrit dont les intimes secrets, conservés dans la tablette bien gardée, sont mis au jour. Il n'est pas un atome parmi tous les atomes existants, pas une créature parmi les créatures qui ne célèbre ses louanges, ne clame ses attributs et ses noms, ne révèle la gloire de sa puissance et ne s'oriente vers son unicité et sa miséricorde....
"Chaque fois que tu contempleras la création tout entière et en observeras chaque atome, tu constateras que les rayons du Soleil de Vérité illuminent toutes choses et brillent à l'intérieur de chacune d'elles, célébrant les splendeurs de cette Etoile du matin, ses mystères et le rayonnement de ses lumières. Regarde les arbres, les fleurs et les fruits, et même les pierres. Là aussi, tu contempleras les rayons du soleil, clairement visibles en toutes ces choses, et qu'elles manifestent"(25).
La contemplation de la nature a donc une signification spirituelle pour les bahá'ís. En fait, l'environnement spirituel, l'environnement social et l'environnement physique de l'homme sont étroitement liés. "On ne peut pas séparer le coeur de l'homme de l'environnement qui l'entoure, et dire qu'une fois que l'un d'eux aura été changé, tout s'améliorera. L'homme est une partie organique du monde. Sa vie intérieure façonne l'environnement et est elle-même profondément influencée par lui. L'un agit sur l'autre, et chaque changement durable dans la vie de l'homme est le résultat de ces réactions mutuelles"(26).
La diversité génétique, qui est à la base de la richesse de la création vivante, est donc un reflet des qualités de Dieu. Les bahá'ís sont encouragés à apprécier une telle diversité, tant chez l'homme que dans le monde naturel. "Considérez le monde des créatures: quelle diversité et quelles variétés dans leurs espèces, bien qu'elles aient une même origine. Toutes les différences visibles sont celles des formes extérieures et des couleurs. Cette diversité dans les types se retrouve partout dans la nature.... Considérons... la beauté dans la diversité et l'harmonie, et tirons une leçon du monde végétal. Si vous regardez un jardin dont toutes les plantes présentent la même forme, la même couleur et le même parfum, loin de vous sembler beau, il vous paraîtra plutôt triste et monotone. Le jardin qui réjouit les yeux et le coeur est celui où poussent côte à côte des fleurs de toutes couleurs, de toutes formes et de tous parfums. C'est cet heureux contraste de couleurs qui en fait le charme et la beauté. Il en est de même pour les arbres. Un verger rempli d'arbres fruitiers est un lieu de délices, de même qu'une plantation d'arbustes de toutes sortes. C'est précisément la diversité et la variété qui en font l'attrait: chaque fleur, chaque arbre, chaque fruit, outre sa beauté particulière, fait ressortir les qualités des autres et souligne la grâce spéciale de chacun et de tous"(27).
Le respect envers le monde naturel et la modération dans l'utilisation de ses ressources sont aussi reflétés dans l'interdiction bahá'íe de la cruauté envers les animaux et dans la mise en garde contre la chasse pratiquée à l'excès. "En résumé, ce n'est pas seulement leurs semblables que les bien-aimés de Dieu doivent traiter avec miséricorde et compassion; leur bienveillance doit se manifester à l'égard de chaque créature vivante.... Les sentiments sont identiques - que vous infligiez une douleur à un homme ou à une bête.
"Formez vos enfants, dès le plus jeune âge, à se montrer tendres et aimants envers les animaux. Si un animal tombe malade, que les enfants s'efforcent de le guérir; s'il a faim, qu'ils lui donnent à manger; s'il a soif, qu'ils le désaltèrent et, s'il est épuisé, qu'ils veillent à lui procurer du repos"(28).
'Abdu'l-Bahá racconta de son père pendant son emprisonnement: "Bahá'u'lláh aimait la beauté et la verdure des campagnes. Un jour il fit cette remarque: 'Je n'ai vu aucune verdure depuis neuf ans. La campagne est le monde de l'âme, la ville est le monde des corps'"(29). Dès que Bahá'u'lláh fut libre de quitter le prison, il dressa souvent sa tente parmi les arbres sur le flanc de Mont Carmel.
Dans beaucoup de religions, y compris la foi bahá'íe, les fondateurs ou les dirigeants se sont retirés dans le désert pour méditer et se recueillir avant d'assumer le fardeau de leur message ou en vue d'un renouveau spirituel. Bahá'u'lláh passa deux ans dans les montagnes, où "les oiseaux du ciel étaient mes compagnons et les bêtes des champs mes amies"(30). Et Shoghi Effendi, feu le Gardien de la foi bahá'íe, trouva quelque soulagement du poids de ses responsabilités dans les Alpes suisses (31).
Dans leur approche de la nature, les bahá'ís sont donc conscients de la relation intime qui les unit au monde naturel ainsi que de l'importance de toutes les ressources mondiales pour la civilisation qu'ils construisent. Ils ont devant eux l'exemple de leurs dirigeants qui leur montrèrent la valeur spirituelle et esthétique du désert, de la campagne et de la diversité de la vie naturelle.
Stratégie mondiale pour la préservation de la nature
Les buts de la stratégie mondiale pour la préservation de la nature, qui sont de maintenir les processus écologiques fondamentaux et les systèmes vitaux, de préserver la diversité génétique et d'assurer l'utilisation entretenue des espèces et des écosystèmes en tant que base d'un développement entretenu, sont en parfait accord avec les enseignements de la foi bahá'íe. Mais comme il en va de beaucoup d'entreprises à l'échelle du globe dans le monde fragmenté d'aujourd'hui, la stratégie souffre d'un manque d'institutions universelles capables de la faire appliquer. Des actions au niveau national ne seront jamais plus qu'une solution partielle à des problèmes mondiaux. L'établissement d'une communauté mondiale prévue dans les écrits bahá'ís rendra enfin possible la gestion et la préservation des ressources de la biosphère à l'échelle planétaire.
En attendant, beaucoup de bahá'ís ont démontré depuis longtemps leur engagement personnel et même professionnel dans le domaine de la préservation et de la protection de l'environnement. Des communautés bahá'íes participent activement à des plantations d'arbres ou à d'autres activités du même genre et la Communauté Bahá'íe Internationale se joint à la célébration de divers événements du monde de l'environnement, tels ceux parrainés par les agences des Nations Unies.
Au moment où les communautés bahá'íes de par le monde prennent de plus en plus en charge leur développement social et économique, les principes du développement rural basés sur la préservation de la nature et décrits dans la Stratégie mondiale pour la conservation de la nature, soutiendront grandement leurs efforts. Une fois que les peuples auront été instruits de la nécessité d'une gestion sage de leurs ressources, ils seront à même, grâce à la consultation, de planifier et d'exécuter leurs propres activités de préservation de la nature.
Ainsi que cet exposé a tenté de le démontrer, les bahá'ís voient le problème de la conservation de la nature dans une dimension spirituelle autant que matérielle. "Chaque problème social peut être résolu à l'aide de principes spirituels ou de ce que certains appellent des valeurs humaines. De manière générale, tout groupe bien intentionné peut trouver des solutions pratiques à ses problèmes, mais bonnes intentions et connaissances pratiques ne suffisent généralement pas. Le mérite essentiel du principe spirituel consiste non seulement à présenter une perspective concordant avec l'élément immanent de la nature humaine, mais aussi à stimuler une attitude, une dynamique, une volonté, une aspiration qui permettent la découverte et la mise en oeuvre de mesures pratiques. Les chefs d'Etat et toutes les personnes au pouvoir pourraient trouver plus facilement des solutions aux problèmes s'ils s'efforçaient d'abord d'identifier les principes en cause et se laissaient ensuite guider par ces principes"(32). Quelques uns des principes spirituels propres à la préservation de la nature ont été décrits ci-dessus. La religion peut représenter une puissante motivation pour traduire ces principes en actions.
REFERENCES
1. La Maison Universelle de Justice, La Promesse de la Paix Mondiale, Haifa, Centre Mondial Bahá'í, 1985.
2. 'Abdu'l-Bahá, Leçons de St. Jean d'Acre, p. 186.
3. Bahá'u'lláh, Tablets of Bahá'u'lláh, Haifa, Bahá'í World Centre, 1978, p. 140.
4. 'Abdu'l-Bahá, Leçons de St. Jean d'Acre, p. 186.
5. Ibid. p. 187-188.
6. Ibid. p. 188-189.
7. Bahá'u'lláh, Tablets of Bahá'u'lláh, p. 142.
8. 'Abdu'l-Bahá, Leçons de St. Jean d'Acre, p. 11.
9. 'Abdu'l-Bahá, Bahá'í Revelation, p. 233.
10. 'Abdu'l-Bahá, Les Bases de l'Unité du Monde, p. 67.
11. 'Abdu'l-Bahá, Leçons de St. Jean d'Acre, p. 200.
12. Ibid, p. 205.
13. Ibid, p. 184-185.
14. 'Abdu'l-Bahá, in Compilation on Huququ'lláh, p. 14-15; Compilation on Social and Economic Development, p. 12.
15. 'Abdu'l-Bahá, Sélection des Ecrits d''Abdu'l-Bahá, Haifa, Centre Mondial Bahá'í, p. 156.
16. 'Abdu'l-Bahá, Les Bases de l'Unité du Monde, p. 72.
17. 'Abdu'l-Bahá, Causeries d''Abdu'l-Bahá à Paris, 2e ed., Bruxelles, Maison d'Editions Bahá'íes, 1971. p.? 164.
18. 'Abdu'l-Bahá, Les Bases de l'Unité du Monde, p. 72-73.
19. 'Abdu'l-Bahá, Sélection des Ecrits d''Abdu'l-Bahá, p. 301.
20. Bahá'u'lláh, Extraits des Ecrits de Bahá'u'lláh, CIX, p. 198.
21. Maison Universelle de Justice, La Promesse de la Paix mondiale.
22. Bahá'u'lláh, Foi Mondiale Bahá'íe, p. 328-329.
23. Ibid. p. 328-329.
24. Shoghi Effendi, Vers l'Apogée de la Race Humaine, p. 56-58; Programme Bahá'í de Paix, p. 10-12.
25. 'Abdu'l-Bahá, Sélection des Ecrits d''Abdu'l-Bahá, p. 40-41.
26. Compilation on Social and Economic Development, p. 4.
27. 'Abdu'l-Bahá, Causeries d''Abdu'l-Bahá à Paris, 2e ed., p. 70-72.
28. 'Abdu'l-Bahá, Sélection des Ecrits d''Abdu'l-Bahá, p. 158.
29. Esslemont, J. E., Bahá'u'lláh et l'Ere Nouvelle, p. 47.
30. Shoghi Effendi, Dieu Passe Pres de Nous, p. 114.
31. Ruhiyyih Rabanni, La Perle Inestimable, p. 74.
32. Maison Universelle de Justice, Promesse de la Paix mondiale, p. 16.
Source : www.bahai-biblio.org
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Sommaire
Introduction
La conception bahá'íe du monde
Une civilisation en perpétuel progrès
L'attitude bahá'íe vis-à-vis de la nature
Stratégie mondiale pour la préservation de la nature
Référence
Introduction
Le monde d'aujourd'hui est confronté à beaucoup de crises - sociales, politiques, économiques, écologiques - toutes entremêlées et chacune symptomatique des maux spirituels sous-jacents qui affligent l'humanité. Une crise qui est moins évidente, mais tout aussi menaçante pour l'avenir de l'homme, est la crise de la conservation de la nature. Les régions naturelles qui recouvraient autrefois la planète subissent une érosion constante sous les pressions d'une population croissante. Les riches aussi bien que les pauvres contribuent au problème: les riches par leur course effrénée vers le développement économique, et la masse des pauvres par leurs efforts désespérés pour obtenir une maigre pitance avec des ressources qui sont de plus en plus rares.
Bien que l'humanité souhaite fermer les yeux sur la situation, il est de plus en plus évident que la survie de la race dépend de l'équilibre des systèmes naturels de la biosphère. Il est aussi devenu très clair et alarmant qu'au rythme actuel de destruction, la plupart de l'héritage naturel de la terre pourrait être perdue irrémédiablement dans les prochaines décennies.
Les forêts sont défrichées, les terres fertiles disparaissent, les déserts s'étendent, la pêche est en déclin ou s'effondre et la pollution se répand. En conséquence, les espèces sauvages qui représentent la plupart des ressources génétiques de la planète, ressources qui se sont accumulées pendant des millions d'années, sont de plus en plus nombreuses à être menacées d'extinction. Aussi longtemps qu'il restera des parcelles importantes de régions naturelles pour héberger de telles espèces, il y aura toujours l'espoir qu'une société plus sage et plus stable pourrait maintenir et même restituer la richesse naturelle de la planète. Ce sont justement ces derniers fragments d'écosystèemes naturels qui sont menacés dans beaucoup d'endroits. Quand ils disparaîtront, beaucoup d'espèces et de ressources potentielles seront perdues à tout jamais.
Ce sont les signes d'une civilisation hors de contrôle qui se dirige vers l'auto-destruction.
Les enseignements bahá'ís situent ce problème et d'autres problèmes graves qui guettent le monde d'aujourd'hui dans une large perspective qui à la fois explique leur origine et propose des solutions pratiques. Le progrès technologique a confronté les peuples et les institutions des Etats avec la réalité d'un monde physiquement uni, mais leurs comportements et valeurs doivent encore s'adapter à ce changement fondamental. Pour les bahá'ís, donc, le problème est essentiellement spirituel: tous les peuples doivent arriver à l'acceptation de l'unité de la race humaine comme "la première condition sine qua non de la réorganisation et de l'administration du monde considéré comme un seul pays"(1). Sans une telle solution spirituelle, tout autre mesure ne peut être qu'un palliatif provisoire; une fois que les problèmes spirituels seront résolus, les autres difficultés du monde tendront vers des solutions pratiques.
La conception bahá'íe du monde
Une évaluation scientifique du problème de la conservation de la nature s'accorde facilement avec la conception du monde exprimée dans les écrits de Bahá'u'lláh (1817-1892), le prophète fondateur de la foi bahá'íe, et dans ceux de son fils, 'Abdu'l-Bahá (1844-1921), écrits qui reflètent l'harmonie fondamentale entre la science et la religion.
Les origines de l'univers sont décrites dans des termes qui correspondent bien aux théories scientifiques actuelles, bien que ces écrits datent d'avant le développement des terminologies physiques et chimiques modernes. "Ce monde de l'existence, cet univers infini, n'a ni commencement ni fin"(2). "Ce qui a existé, avait existé avant, mais pas sous la forme visible maintenant. Le monde de l'existence survint de la chaleur produite par l'interaction entre la force active et ce qui est son bénéficiaire"(3). "Il se peut qu'une des parties de l'univers, une des planètes, par exemple, naisse ou se désagrège, mais les autres planètes infinies continuent d'exister. L'univers ne serait pas déréglé ou détruit; au contraire, l'existence est éternelle et perpétuelle"(4).
"A l'origine, la matière était une, et cette matière apparut sous différents aspects dans chaque élément; ainsi furent produites les formes variées, et ces aspects variés, une fois produits, devinrent permanents, et chaque élément se spécialisa... Alors ces éléments se combinèrent, s'arrangèrent et se mélangèrent dans des formes infinies... De la composition et de la combinaison des éléments, de leur décomposition, de leur mesure, et de leur effet les uns sur les autres, résultèrent des formes, des réalités à l'infini et des êtres innombrables"(5). "Ce globe terrestre ayant pris naissance, il grandit et se développa au sein de l'univers, parvint à des formes et conditions variées jusqu'à atteindre son degré actuel de perfection, être orné de créatures innombrables et apparaître comme une organisation parfaite"(6).
On considère que la nature obéit à des lois scientifiques qui sont elles-mêmes l'expression d'une réalité divine. "La nature est la volonté de Dieu et son expression dans et à travers tout le monde de l'existence"(7). "Cette nature est soumise à une organisation absolue, à des lois déterminées, à un ordre complet, et à un plan parfait dont elle ne s'écarte jamais. A tel point que, pour qui examine d'un regard minutieux et d'un oeil acéré, depuis le plus petit atome existant jusqu'aux plus grands corps de l'univers, comme le globe solaire ou les autres astres et corps lumineux, tout, que ce soit au point de vue de l'arrangement ou de la composition ou que ce soit sous le rapport de la forme ou du mouvement, est absolument organisé; et tout est sous l'empire d'une loi universelle, dont il n'y a pas moyen de s'écarter"(8).
"Par nature on entend les propriétés inhérentes et les relations nécessaires dérivant des réalités des choses. Et ces réalités des choses, bien qu'extrêmement diverses, sont cependant intimement reliées"(9).
"Si nous regardons d'un oeil qui voit le monde de la création, nous découvrons que toutes les choses existantes peuvent être classifiées comme suit: premièrement - le règne minéral - c'est-à-dire la matière ou la substance qui apparaissent sous des formes de composition variées. Deuxièmement - le règne végétal - qui possède les vertus du règne minéral plus le pouvoir d'augmentation ou de croissance, montrant un degré plus élevé et plus élaboré que le règne minéral. Troisièmement - le règne animal - qui possède les attributs du règne minéral et du règne végétal plus le pouvoir de perception par les sens. Quatrièmement - le règne humain - l'organisme le mieux élaboré de la création visible, comprenant les qualités des règnes minéral, végétal et animal plus un don idéal absolument absent dans les règnes inférieurs - le pouvoir de la recherche intellectuelle dans les mystères des phénomènes extérieurs. Le résultat de ce don intellectuel est la science qui est la caractéristique particulière de l'homme. Ce pouvoir scientifique permet d'examiner et de comprendre les objets créés et les lois qui les entourent. C'est lui qui découvre les secrets cachés et mystérieux de l'univers matériel, et il est propre à l'homme seul. Le mérite le plus noble et le plus louable de l'homme est donc le savoir et la connaissance scientifiques"(10).
Les écrits bahá'ís acceptent les preuves scientifiques appuyant la théorie de l'évolution. Cependant ils font la distinction entre le potentiel de tous les types de créatures, d'une part, potentiel inhérent à la matière et aux lois de la création et qui donc a toujours existé, et d'autre part le processus par lequel ce potentiel est révélé. "De même que l'homme, dans le sein de sa mère, a passé d'une forme à une autre, d'un état à un autre, a changé et évolué, et néanmoins, depuis le commencement de la période embryonnaire, a toujours appartenu à l'espèce humaine, de même, l'homme, depuis le commencement de l'existence dans le sein du monde, a appartenu à l'espèce supérieure, l'humanité, et il a passé peu à peu d'un état à un autre"(11). "De même, la croissance et le développement de tous les êtres se font par degrés; c'est la règle générale de Dieu et l'ordre de la nature.... Toutes les créatures, grandes ou petites, ont été créées, dès le début, complètes et parfaites; seulement les perfections apparaissent en elles peu à peu. La loi de Dieu est une, l'évolution de l'existence est une, l'ordre divin est un"(12). "Tous ces êtres innombrables qui peuplent le monde, l'homme, l'animal, le végétal, le minéral, quels qu'ils soient, sont chacun des composés d'éléments; et il n'y a pas de doute que cette perfection de tous les êtres provient de ce que Dieu les a créés par une combinaison d'éléments mélangés en proportions déterminées, de la nature de leur constitution ainsi que de l'interaction des autres êtres. Par conséquent, tous les êtres sont liés les uns aux autres comme des anneaux d'une chaîne; et cette assistance, cette influence réciproque sont de l'essence des choses: elles produisent l'existence, la croissance et le développement des créatures"(13).
Les concepts de processus écologiques fondamentaux et de systèmes vitaux (life support systems) apparaissent également dans les écrits saints bahá'ís. "Considère, par exemple, comment un groupe de créatures constitue le règne végétal et un autre le règne animal. Chacun de ces deux groupes utilise certains éléments de l'air dont sa propre vie dépend, tout en augmentant la quantité de ces éléments qui sont indispensables pour la vie de l'autre. En d'autres mots, la croissance et le développement du monde végétal sont impossibles sans l'existence du régne animal, et le mantien de la vie animale est inconcevable sans la coopération du régne végétal. Ainsi sont semblables les relations qui existent entre toutes les créatures. D'où il résulte que la coopération et la réciprocité sont des propriétés essentielles inhérentes au système unifié du monde de l'existence et sans lesquelles la création tout entière serait réduite au néant"(14). "Dans le monde physique de la création, toutes les choses mangent et sont mangées à la fois: la plante s'abreuve au minéral, l'animal consomme la plante, l'homme se nourrit de l'animal et le minéral dévore le corps humain. Les corps physiques sont tranférés d'une étape à l'autre, d'une vie à une autre, et tout est soumis aux altérations et aux transformations, tout sauf la Cause de l'existence elle-même - car Il est constant et immuable, et c'est sur Lui que se fonde l'existence de chaque espèce, de chaque réalité contingente à travers la création tout entière"(15).
L'homme est considéré comme ayant une place spéciale dans le monde de la nature. "Comme les animaux, le corps humain est soumis aux lois de la nature. Mais l'homme est doté d'une deuxième réalité, la réalité rationnelle ou intellectuelle; et la réalité intellectuelle de l'homme prédomine la nature"(16). "...Dieu a doué l'homme d'une puissance si merveilleuse qu'il est capable de guider, maîtriser et contrôler la nature"(17). "Cependant, il y a dans l'homme une troisième réalité, la réalité spirituelle.... Cette réalité céleste... délivre l'homme du monde matériel. Par son pouvoir l'homme échappe au monde de la nature. Libéré, il trouvera une réalité qui illumine, transcendant la réalité limitée de l'homme et lui permettant d'atteindre l'infinité de Dieu, le soustrayant au monde des superstitions et des imaginations, et le plongeant dans l'océan des rayons du Soleil de Réalité"(18). L'homme "devrait être libre et émancipé de la captivité du monde de la nature car, tant que l'homme est prisonnier de la nature, il est un animal féroce, car la lutte pour l'existence est une des exigences du monde de la nature"(19).
Les extraits ci-dessus tirés des écrits bahá'ís et dont aucun n'est plus récent que les premières années de ce siècle, illustrent la conception bahá'íe des origines du monde naturel et de la place qu'y occupe l'homme. Le thème sous-jacent des corrélations entre toutes choses fournit un fondement naturel aux intérêts et actions en matière de préservation de la nature. Le fait que l'homme puisse interférer et contrôler la nature lui donne également la responsabilité de la maîtriser avec sagesse. Cependant, les problèmes de préservation de la nature ne proviennent pas d'un manque de compréhension scientifique, ils résultent en grande partie de problèmes sociaux ou structuraux de la société actuelle. La foi bahá'íe offre des perspectives sociales qui sont tout aussi importantes pour le problème de la protection de la nature.
Une civilisation en perpétuel progrès
La foi bahá'íe déclare: "Tous les hommes ont été créés pour travailler à l'établissement et à l'amélioration croissante de la civilisation"(20). Cependant, la forme que prend ce progrès est sujette à discussion. A cette époque où la technologie a unifié physiquement tous les peuples du monde et où l'unité de la biosphère est reconnue, des mesures doivent être prises afin de réaliser une unité sociale et politique correspondante.
Les injustices qui maintiennent des extrêmes de richesse et de pauvreté et qui conduisent les pauvres à détruire leurs ressources doivent être éliminées par une "alliance d'éléments spirituels, moraux et pratiques"(21).
L'instruction universelle permettrait aux masses des peuples de comprendre et modifier leurs comportements. En même temps, la consommation immodérée de ressources par les riches doit être contrôlée.
Bahá'u'lláh mit en garde, il y a cent ans, contre les dangers pour la planète d'une civilisation trop matérielle. "La civilisation, tant vantée par les représentants les plus qualifiés des arts et des sciences, apportera de grands maux à l'humanité, si on lui laisse franchir les limites de la modération.... La civilisation, d'où découle tant de bien lorsqu'elle reste modérée, deviendra, si elle est portée à l'excès, une source aussi abondante de mal.... Le jour approche où elle dévorera de ses flammes toutes les cités du monde...."(22). Dans une allusion qui pourrait s'appliquer à l'énergie nucléaire, mais qui date de bien avant sa découverte, il écrivit: "Des choses étranges, extraordinaires, existent sur la terre, mais elles sont cachées à l'esprit et à la raison. Ces choses ont le pouvoir de changer l'atmosphère terrestre toute entière, et leur contamination serait mortelle"(23). Les problèmes de pollution d'aujourd'hui confirment ces mises en garde. Il est évident que la civilisation de l'avenir doit rechercher un équilibre plus modéré entre le développement matériel et les exigences du monde naturel.
Les changements nécessaires requièrent des modifications fondamentales dans la structure de la société humaine. "L'unité de la race humaine telle que la conçoit Bahá'u'lláh implique l'établissement d'une communauté universelle où toutes les nations, races, classes et croyances seront étroitement et définitivement unies, où l'autonomie des Etats-membres et la liberté personnelle, ainsi que l'initiative des individus seront définitivement et intégralement sauvegardées. Cette communauté, pour autant que nous puissions l'imaginer, comportera une législature universelle dont les membres, en tant que représentants de la race humaine, auront le contrôle suprême de toutes les ressources des nations qui la composeront, et édicteront les lois nécessaires pour régler la vie de tous les peuples et de toutes les races, pour répondre à leurs besoins et harmoniser leurs relations....
"Les ressources économiques du monde seront organisées, toutes les sources de matières premières seront exploitées à plein rendement, tous les marchés coordonnés et développés, et la distribution des produits équitablement réglée....
"Un système de fédération universelle qui régira la terre entière et exercera sur ses ressources, d'une ampleur inimaginable, une autorité à l'abri de toute discussion; un système qui incarnera tout ensemble l'idéal de l'Orient et de l'Occident, qui sera affranchi de la malédiction de la guerre et de ses misères, et qui tendra à l'exploitation de toutes les sources d'énergie disponibles à la surface de la planète; un système enfin dans lequel la force sera mise au service du droit et dont la vie sera soutenue par la reconnaissance universelle de Dieu et l'obéissance à une seule révélation, tel est le but vers lequel les forces unifiantes de la vie poussent l'humanité"(24).
Remarquez qu'un tel système contrôlerait toutes les ressources de toutes les nations, utiliserait au maximum les sources de matières premières et régulariserait la distribution des produits. Il viserait à exploiter les ressources inutilisées et insoupçonnées de même que toutes les sources d'énergie disponibles sur la surface de la planète. Il n'y a guère qu'un tel système qui puisse mettre en oeuvre de façon satisfaisante une stratégie mondiale pour la préservation de la nature.
Un développement durable serait essentiel pour une telle civilisation. Contrairement à la confiance presque exclusive placée aujourd'hui dans les prévisions à court terme, la vision de Bahá'u'lláh englobe la pose des fondations qui doivent durer mille ou des milliers années. L'économie d'une telle société devrait fonctionner sur une base tout à fait durable, utilisant des ressources renouvelables et recyclables et visant à une utilisation hautement efficace des ressources.
L'attitude bahá'íe vis-à-vis de la nature
Bien que pour les bahá'ís la nature ne soit pas une fin en soi à vénérer et à adorer, la création reflète les qualités et attributs de Dieu. "Si... tu considères l'intime essence de toutes choses, et l'individualité de chacune en particulier, tu contempleras les signes de la miséricorde de ton Seigneur dans chaque chose créée, et tu verras les rayons diffus de ses noms et attributs à travers le monde de l'existence... Tu observeras alors que l'univers est comme un manuscrit dont les intimes secrets, conservés dans la tablette bien gardée, sont mis au jour. Il n'est pas un atome parmi tous les atomes existants, pas une créature parmi les créatures qui ne célèbre ses louanges, ne clame ses attributs et ses noms, ne révèle la gloire de sa puissance et ne s'oriente vers son unicité et sa miséricorde....
"Chaque fois que tu contempleras la création tout entière et en observeras chaque atome, tu constateras que les rayons du Soleil de Vérité illuminent toutes choses et brillent à l'intérieur de chacune d'elles, célébrant les splendeurs de cette Etoile du matin, ses mystères et le rayonnement de ses lumières. Regarde les arbres, les fleurs et les fruits, et même les pierres. Là aussi, tu contempleras les rayons du soleil, clairement visibles en toutes ces choses, et qu'elles manifestent"(25).
La contemplation de la nature a donc une signification spirituelle pour les bahá'ís. En fait, l'environnement spirituel, l'environnement social et l'environnement physique de l'homme sont étroitement liés. "On ne peut pas séparer le coeur de l'homme de l'environnement qui l'entoure, et dire qu'une fois que l'un d'eux aura été changé, tout s'améliorera. L'homme est une partie organique du monde. Sa vie intérieure façonne l'environnement et est elle-même profondément influencée par lui. L'un agit sur l'autre, et chaque changement durable dans la vie de l'homme est le résultat de ces réactions mutuelles"(26).
La diversité génétique, qui est à la base de la richesse de la création vivante, est donc un reflet des qualités de Dieu. Les bahá'ís sont encouragés à apprécier une telle diversité, tant chez l'homme que dans le monde naturel. "Considérez le monde des créatures: quelle diversité et quelles variétés dans leurs espèces, bien qu'elles aient une même origine. Toutes les différences visibles sont celles des formes extérieures et des couleurs. Cette diversité dans les types se retrouve partout dans la nature.... Considérons... la beauté dans la diversité et l'harmonie, et tirons une leçon du monde végétal. Si vous regardez un jardin dont toutes les plantes présentent la même forme, la même couleur et le même parfum, loin de vous sembler beau, il vous paraîtra plutôt triste et monotone. Le jardin qui réjouit les yeux et le coeur est celui où poussent côte à côte des fleurs de toutes couleurs, de toutes formes et de tous parfums. C'est cet heureux contraste de couleurs qui en fait le charme et la beauté. Il en est de même pour les arbres. Un verger rempli d'arbres fruitiers est un lieu de délices, de même qu'une plantation d'arbustes de toutes sortes. C'est précisément la diversité et la variété qui en font l'attrait: chaque fleur, chaque arbre, chaque fruit, outre sa beauté particulière, fait ressortir les qualités des autres et souligne la grâce spéciale de chacun et de tous"(27).
Le respect envers le monde naturel et la modération dans l'utilisation de ses ressources sont aussi reflétés dans l'interdiction bahá'íe de la cruauté envers les animaux et dans la mise en garde contre la chasse pratiquée à l'excès. "En résumé, ce n'est pas seulement leurs semblables que les bien-aimés de Dieu doivent traiter avec miséricorde et compassion; leur bienveillance doit se manifester à l'égard de chaque créature vivante.... Les sentiments sont identiques - que vous infligiez une douleur à un homme ou à une bête.
"Formez vos enfants, dès le plus jeune âge, à se montrer tendres et aimants envers les animaux. Si un animal tombe malade, que les enfants s'efforcent de le guérir; s'il a faim, qu'ils lui donnent à manger; s'il a soif, qu'ils le désaltèrent et, s'il est épuisé, qu'ils veillent à lui procurer du repos"(28).
'Abdu'l-Bahá racconta de son père pendant son emprisonnement: "Bahá'u'lláh aimait la beauté et la verdure des campagnes. Un jour il fit cette remarque: 'Je n'ai vu aucune verdure depuis neuf ans. La campagne est le monde de l'âme, la ville est le monde des corps'"(29). Dès que Bahá'u'lláh fut libre de quitter le prison, il dressa souvent sa tente parmi les arbres sur le flanc de Mont Carmel.
Dans beaucoup de religions, y compris la foi bahá'íe, les fondateurs ou les dirigeants se sont retirés dans le désert pour méditer et se recueillir avant d'assumer le fardeau de leur message ou en vue d'un renouveau spirituel. Bahá'u'lláh passa deux ans dans les montagnes, où "les oiseaux du ciel étaient mes compagnons et les bêtes des champs mes amies"(30). Et Shoghi Effendi, feu le Gardien de la foi bahá'íe, trouva quelque soulagement du poids de ses responsabilités dans les Alpes suisses (31).
Dans leur approche de la nature, les bahá'ís sont donc conscients de la relation intime qui les unit au monde naturel ainsi que de l'importance de toutes les ressources mondiales pour la civilisation qu'ils construisent. Ils ont devant eux l'exemple de leurs dirigeants qui leur montrèrent la valeur spirituelle et esthétique du désert, de la campagne et de la diversité de la vie naturelle.
Stratégie mondiale pour la préservation de la nature
Les buts de la stratégie mondiale pour la préservation de la nature, qui sont de maintenir les processus écologiques fondamentaux et les systèmes vitaux, de préserver la diversité génétique et d'assurer l'utilisation entretenue des espèces et des écosystèmes en tant que base d'un développement entretenu, sont en parfait accord avec les enseignements de la foi bahá'íe. Mais comme il en va de beaucoup d'entreprises à l'échelle du globe dans le monde fragmenté d'aujourd'hui, la stratégie souffre d'un manque d'institutions universelles capables de la faire appliquer. Des actions au niveau national ne seront jamais plus qu'une solution partielle à des problèmes mondiaux. L'établissement d'une communauté mondiale prévue dans les écrits bahá'ís rendra enfin possible la gestion et la préservation des ressources de la biosphère à l'échelle planétaire.
En attendant, beaucoup de bahá'ís ont démontré depuis longtemps leur engagement personnel et même professionnel dans le domaine de la préservation et de la protection de l'environnement. Des communautés bahá'íes participent activement à des plantations d'arbres ou à d'autres activités du même genre et la Communauté Bahá'íe Internationale se joint à la célébration de divers événements du monde de l'environnement, tels ceux parrainés par les agences des Nations Unies.
Au moment où les communautés bahá'íes de par le monde prennent de plus en plus en charge leur développement social et économique, les principes du développement rural basés sur la préservation de la nature et décrits dans la Stratégie mondiale pour la conservation de la nature, soutiendront grandement leurs efforts. Une fois que les peuples auront été instruits de la nécessité d'une gestion sage de leurs ressources, ils seront à même, grâce à la consultation, de planifier et d'exécuter leurs propres activités de préservation de la nature.
Ainsi que cet exposé a tenté de le démontrer, les bahá'ís voient le problème de la conservation de la nature dans une dimension spirituelle autant que matérielle. "Chaque problème social peut être résolu à l'aide de principes spirituels ou de ce que certains appellent des valeurs humaines. De manière générale, tout groupe bien intentionné peut trouver des solutions pratiques à ses problèmes, mais bonnes intentions et connaissances pratiques ne suffisent généralement pas. Le mérite essentiel du principe spirituel consiste non seulement à présenter une perspective concordant avec l'élément immanent de la nature humaine, mais aussi à stimuler une attitude, une dynamique, une volonté, une aspiration qui permettent la découverte et la mise en oeuvre de mesures pratiques. Les chefs d'Etat et toutes les personnes au pouvoir pourraient trouver plus facilement des solutions aux problèmes s'ils s'efforçaient d'abord d'identifier les principes en cause et se laissaient ensuite guider par ces principes"(32). Quelques uns des principes spirituels propres à la préservation de la nature ont été décrits ci-dessus. La religion peut représenter une puissante motivation pour traduire ces principes en actions.
REFERENCES
1. La Maison Universelle de Justice, La Promesse de la Paix Mondiale, Haifa, Centre Mondial Bahá'í, 1985.
2. 'Abdu'l-Bahá, Leçons de St. Jean d'Acre, p. 186.
3. Bahá'u'lláh, Tablets of Bahá'u'lláh, Haifa, Bahá'í World Centre, 1978, p. 140.
4. 'Abdu'l-Bahá, Leçons de St. Jean d'Acre, p. 186.
5. Ibid. p. 187-188.
6. Ibid. p. 188-189.
7. Bahá'u'lláh, Tablets of Bahá'u'lláh, p. 142.
8. 'Abdu'l-Bahá, Leçons de St. Jean d'Acre, p. 11.
9. 'Abdu'l-Bahá, Bahá'í Revelation, p. 233.
10. 'Abdu'l-Bahá, Les Bases de l'Unité du Monde, p. 67.
11. 'Abdu'l-Bahá, Leçons de St. Jean d'Acre, p. 200.
12. Ibid, p. 205.
13. Ibid, p. 184-185.
14. 'Abdu'l-Bahá, in Compilation on Huququ'lláh, p. 14-15; Compilation on Social and Economic Development, p. 12.
15. 'Abdu'l-Bahá, Sélection des Ecrits d''Abdu'l-Bahá, Haifa, Centre Mondial Bahá'í, p. 156.
16. 'Abdu'l-Bahá, Les Bases de l'Unité du Monde, p. 72.
17. 'Abdu'l-Bahá, Causeries d''Abdu'l-Bahá à Paris, 2e ed., Bruxelles, Maison d'Editions Bahá'íes, 1971. p.? 164.
18. 'Abdu'l-Bahá, Les Bases de l'Unité du Monde, p. 72-73.
19. 'Abdu'l-Bahá, Sélection des Ecrits d''Abdu'l-Bahá, p. 301.
20. Bahá'u'lláh, Extraits des Ecrits de Bahá'u'lláh, CIX, p. 198.
21. Maison Universelle de Justice, La Promesse de la Paix mondiale.
22. Bahá'u'lláh, Foi Mondiale Bahá'íe, p. 328-329.
23. Ibid. p. 328-329.
24. Shoghi Effendi, Vers l'Apogée de la Race Humaine, p. 56-58; Programme Bahá'í de Paix, p. 10-12.
25. 'Abdu'l-Bahá, Sélection des Ecrits d''Abdu'l-Bahá, p. 40-41.
26. Compilation on Social and Economic Development, p. 4.
27. 'Abdu'l-Bahá, Causeries d''Abdu'l-Bahá à Paris, 2e ed., p. 70-72.
28. 'Abdu'l-Bahá, Sélection des Ecrits d''Abdu'l-Bahá, p. 158.
29. Esslemont, J. E., Bahá'u'lláh et l'Ere Nouvelle, p. 47.
30. Shoghi Effendi, Dieu Passe Pres de Nous, p. 114.
31. Ruhiyyih Rabanni, La Perle Inestimable, p. 74.
32. Maison Universelle de Justice, Promesse de la Paix mondiale, p. 16.
A BAHA'I PERSPECTIVE ON NATURE AND THE ENVIRONMENT
Baha'i International Community
Office of Public Information
September 1986
Introduction
The world today is facing many crises--social, political, economic, environmental--all of which are interrelated and are symptomatic of the underlying spiritual ills afflicting humanity. One such crisis that has been less obvious but just as threatening to the future of man is the crisis in the conservation of nature. The natural areas that once clothed the planet are steadily eroding under pressures from a growing population. The rich and the poor both contribute to the problem: the rich through their headlong rush for economic development, and the masses of the poor through their desperate efforts to eke out a living from diminishing resources.
As much as humanity would like to overlook the fact, it is increasingly evident that man depends on the natural systems of the biosphere for its very survival. It has also become alarmingly apparent that, at the present rate of destruction, much of the natural heritage of the earth may be irretrievably lost within a few decades.
The forests are being cleared, soils are washing away, deserts are expanding, fisheries are declining or collapsing, and pollution is spreading. As a result, the wild species that represent most of the earth's genetic resources accumulated over millions of years are being driven in increasing numbers to extinction. As long as significant fragments of natural areas remain to harbour such species, there is always the hope that a wiser and more stable society could maintain and even restore the natural richness of the planet. It is those last fragments of natural ecosystems that are now threatened in many places. When they are gone, many species and potential resources will be lost forever.
These are the indications of a civilization that has gone out of control and is heading for self-destruction.
The Baha'i teachings place this and other grave problems facing the world today in a broad perspective that both accounts for their origin and suggests practical solutions. Technological progress has confronted the peoples and institutions of the nation states with the reality of a physically united world, but their behavior and values have yet to adapt to this fundamental change. For the Baha'is, therefore, the problem is basically spiritual: all people must come to accept the oneness of mankind as "the first fundamental prerequisite for the reorganization and administration of the world as one country." (1) Without such a spiritual solution, other measures can only be temporary palliatives; solve the fundamental spiritual problem, and the difficulties of the world will begin to yield to practical solutions.
The Baha'i World View
A scientific assessment of the conservation problem fits easily with the view of the world expressed in the writings of Baha'u'llah, the Prophet-Founder of the Baha'i Faith (1817- 1892), and of His Son 'Abdu'l-Baha (1844-1921), which reflect the fundamental harmony of science and religion.
The origins of the universe are described in terms that correspond well with present scientific theories, even though written before modern physical and chemical terminologies were developed. "This world of existence, this endless universe, has neither beginning nor end." (2) "That which hath been in existence had existed before, but not in the form thou seest today. The world of existence came into being through the heat generated from the interaction between the active force and that which is its recipient." (3) "It may be that one of the parts of the universe, one of the globes, for example, may come into existence, or may be disintegrated, but the other endless globes are still existing; the universe would not be disordered nor destroyed; on the contrary, existence is eternal and perpetual." (4) "In the beginning matter was one, and that one matter appeared in different aspects in each element; thus various forms were produced, and these various aspects as they were produced became permanent, and each element was specialized.... Then these elements became composed, and organized and combined in infinite forms.... From the composition and combination of elements, from their decomposition, from their measure, and from the effect of other beings on them, resulted forms, endless realities, and innumerable beings." (5) "This terrestrial globe having once found existence, grew and developed in the matrix of the universe, and came forth in different forms and conditions, until gradually it attained this present perfection, and became adorned with innumerable beings, and appeared as a finished organization." (6)
Nature is seen as following scientific laws that are themselves the expression of a Divine reality. "Nature is God's Will and is its expression in and through the contingent world." (7) "This nature is subjected to an absolute organization, to determined laws, to a complete order and to a finished design, from which it will never depart--to such a degree, indeed, that if you look carefully and with keen sight, from the smallest invisible atom up to such large bodies of the world of existence as the globe of the sun or the other great stars and luminous spheres, whether you regard their arrangement, their composition, their form or their movement, you will find that all are in the highest degree of organization and are under one law from which they will never depart." (8)
"By nature is meant those inherent properties and necessary relations derived from the realities of things. And these realities of things, though in the utmost diversity, are yet intimately connected one with the other." (9) "If we look with a perceiving eye upon the world of creation, we find that all existing things may be classified as follows: First--Mineral--that is to say matter or substance appearing in various forms of composition. Second--Vegetable--possessing the virtues of the mineral plus the power of augmentation or growth, indicating a degree higher and more specialized than the mineral. Third--Animal--possessing the attributes of the mineral and vegetable plus the power of sense perception. Fourth--Human--the highest specialized organism of visible creation, embodying the qualities of the mineral, vegetable and animal plus an ideal endowment absolutely minus and absent in the lower kingdoms--the power of intellectual investigation into the mysteries of outer phenomena. The outcome of this intellectual endowment is science which is especially characteristic of man. This scientific power investigates and apprehends created objects and the laws surrounding them. It is the discoverer of the hidden and mysterious secrets of the material universe and is peculiar to man alone. The most noble and praiseworthy accomplishment of man therefore is scientific knowledge and attainment." (10)
The Baha'i Writings accept the scientific evidence for evolution. However, they make the distinction between the potential for all types of beings, which is inherent in the substance and laws of the creation and has thus always existed, and the process by which that potential is revealed. "As man in the womb of the mother passes from form to form, from shape to shape, changes and develops, and is still the human species from the beginning of the embryonic period--in the same way man, from the beginning of his existence in the matrix of the world, is also a distinct species, that is, man, and has gradually evolved from one form to another." (11) "In the same way the growth and development of all beings is gradual; this is the universal divine organization, and the natural system." (12) "All beings, whether large or small, were created perfect and complete from the first, but their perfections appear in them by degrees. The organization of God is one." (13) "All these endless beings which inhabit the world, whether man, animal, vegetable, mineral--whatever they may be--are surely, each one of them, composed of elements. There is no doubt that this perfection which is in all beings, is caused by the creation of God from the composing elements, by their appropriate mingling and proportionate quantities, the mode of their composition, and the influence of other beings. For all beings are connected together like a chain, and reciprocal help, assistance, and influence belonging to the properties of things, are the causes of the existence, development and growth of created beings."(14)
The concepts of essential ecological processes and life support systems also appear in the Baha'i sacred writings. "Consider for instance how one group of created things constituteth the vegetable kingdom, and another the animal kingdom. Each of these two maketh use of certain elements in the air on which its own life dependeth, while each increaseth the quantity of such elements as are essential for the life of the other. In other words, the growth and development of the vegetable world is impossible without the existence of the animal kingdom, and the maintenance of animal life is inconceivable without the co-operation of the vegetable kingdom. Of like kind are the relationships that exist among all created things. Hence it was stated that co-operation and reciprocity are essential properties which are inherent in the unified system of the world of existence, and without which the entire creation would be reduced to nothingness." (15) "In the physical realm of creation, all things are eaters and eaten: the plant drinketh in the mineral, the animal doth crop and swallow down the plant, man doth feed upon the animal, and the mineral devoureth the body of man. Physical bodies are transferred past one barrier after another, from one life to another, and all things are subject to transformation and change, save only the essence of existence itself--since it is constant and immutable, and upon it is founded the life of every species and kind, of every contingent reality throughout the whole of creation." (16)
Man is seen as having a special place in the natural world. "The human body is like animals subject to nature's laws. But man is endowed with a second reality, the rational or intellectual reality; and the intellectual reality of man predominates over nature." (17) "...to man God has given such wonderful power that he can guide, control and overcome nature." (18) "Yet there is a third reality in man, the spiritual reality.... That celestial reality... delivers man from the material world. Its power causes man to escape from nature's world. Escaping, he will find an illuminating reality, transcending the limited reality of man and causing him to attain to the infinitude of God, abstracting him... in the sea of the rays of the Sun of Reality." (19) Man "should be free and emancipated from the captivity of the world of nature; for as long as man is captive to nature he is a ferocious animal, as the struggle for existence is one of the exigencies of the world of nature." (20)
The above selections from the Baha'i scriptures, none written more recently than the early years of this century, illustrate the Baha'i view of the origins of the natural world and of man's place in it. The underlying theme of the interrelationships of all things provides a natural foundation for conservation interest and action. The fact that man can interfere with and control nature also gives him the responsibility to manage nature wisely. However conservation problems are not rooted in any lack of a scientific understanding, they result largely from the social and structural problems in present-day society. The Baha'i Faith provides social perspectives which are equally important to the problem of the conservation of nature.
An Ever-advancing Civilization
The Baha'i Faith declares: "All men have been created to carry forward an ever-advancing civilization." (21) However, the form that progress takes is open to question. In this age when technology has united all the peoples of the world physically and the oneness of the biosphere is recognized, steps must be taken to achieve a corresponding social and political unity.
The injustices that maintain extremes of wealth and poverty and drive the poor to destroy their resources must be resolved through "the combined application of spiritual, moral and practical approaches." (22) Universal education would allow the masses of the people to understand and modify their behavior. At the same time, the inordinate consumption of resources by the wealthy must be controlled.
Baha'u'llah warned a hundred years ago about the hazards to the planet of too much material civilization. "The civilization, so often vaunted by the learned exponents of arts and sciences, will, if allowed to overleap the bounds of moderation, bring evil upon men.... If carried to excess, civilization will prove as prolific a source of evil as it had been of goodness when kept within the restraints of moderation.... The day is approaching when its flame will devour the cities..." (23) In a reference that could well apply to nuclear energy but written long before its discovery He wrote: "Strange and astonishing things exist in the earth but they are hidden from the minds and the understanding of men. These things are capable of changing the whole atmosphere of the earth and their contamination would prove lethal." (24) The pollution problems of today bear out these warnings. Obviously the civilization of the future must seek out a more moderate balance between material development and the requirements of the natural world.
The necessary changes require fundamental alterations in the structure of human society. "The unity of the human race, as envisaged by Baha'u'llah, implies the establishment of a world commonwealth in which all nations, races, creeds and classes are closely and permanently united, and in which the autonomy of its state members and the personal freedom and initiative of the individuals that compose them are definitely and completely safeguarded. This commonwealth must, as far as we can visualize it, consist of a world legislature, whose members will, as the trustees of the whole of mankind, ultimately control the entire resources of all the component nations, and will enact such laws as shall be required to regulate the life, satisfy the needs and adjust the relationships of all races and peoples.... The economic resources of the world will be organized, its sources of raw materials will be tapped and fully utilized, its markets will be coordinated and developed, and the distribution of its products will be equitably regulated....
"A world federal system, ruling the whole earth and exercising unchallengeable authority over its unimaginably vast resources, blending and embodying the ideals of both the East and the West, liberated from the curse of war and its miseries, and bent on the exploitation of all the available sources of energy on the surface of the planet, a system in which Force is made the servant of Justice, whose life is sustained by its universal recognition of one God and by its allegiance to one common Revelation--such is the goal towards which humanity, impelled by the unifying forces of life, is moving." (25)
Note that such a system would control the entire resources of all the nations, would tap and fully utilize the sources of raw materials and regulate the distribution of products, and would aim to exploit the unused and unsuspected resources and all available sources of energy on the surface of the planet. Only such a system would be able to implement fully a world conservation strategy.
Sustainable development would be fundamental to such a civilization. Unlike the almost exclusive reliance on short-term planning that prevails today, Baha'u'llah's vision encompassed the laying the foundations that must last a thousand or thousands of years. The economy of such a society would have to work on a fully-sustainable basis, using renewable or recyclable resources and highly efficient resource utilization.
The Baha'i Attitude Towards Nature
For Baha'is, while nature is not an end in itself to be worshipped and adored (26), the creation does reflect the qualities and attributes of God. "When... thou dost contemplate the innermost essence of all things, and the individuality of each, thou wilt behold the signs of thy Lord's mercy in every created thing, and see the spreading rays of His Names and Attributes throughout all the realm of being.... Then wilt thou observe that the universe is a scroll that discloseth His hidden secrets, which are preserved in the well-guarded Tablet. And not an atom of all the atoms in existence, not a creature from amongst the creatures but speaketh His praise and telleth of His attributes and names, revealeth the glory of His might and guideth to His oneness and His mercy....
"And whensoever thou dost gaze upon creation all entire, and dost observe the very atoms thereof, thou wilt note that the rays of the Sun of Truth are shed upon all things and shining within them, and telling of that Day-Star's splendours, Its mysteries, and the spreading of Its lights. Look thou upon the trees, upon the blossoms and fruits, even upon the stones. Here too wilt thou behold the Sun's rays shed upon them, clearly visible within them, and manifested by them." (27)
The contemplation of nature thus has a spiritual significance for Baha'is. Indeed the spiritual, social and physical environments of man are all interrelated. "We cannot segregate the human heart from the environment outside us and say that once one of these is reformed everything will be improved. Man is organic with the world. His inner life moulds the environment and is itself also deeply affected by it. The one acts upon the other and every abiding change in the life of man is the result of these mutual reactions." (28)
The genetic diversity that underlies the richness of living things is thus a reflection of the qualities of God. Baha'is are encouraged to appreciate such diversity, whether in man or in the natural world. "Consider the world of created beings, how varied and diverse they are in species, yet with one sole origin. All the differences that appear are those of outward form and colour.
"This diversity of type is apparent throughout the whole of nature.... Let us look... at the beauty in diversity, the beauty of harmony, and learn a lesson from the vegetable creation. If you behold a garden in which all the plants were the same as to form, colour and perfume, it would not seem beautiful to you at all, but, rather, monotonous and dull. The garden which is pleasing to the eye and which makes the heart glad, is the garden in which are growing side by side flowers of every hue, form and perfume, and the joyous contrast of colour is what makes for charm and beauty. So is it with trees. An orchard full of fruit trees is a delight; so is a plantation planted with many species of shrubs. It is just the diversity and variety that constitutes its charm; each flower, each tree, each fruit, beside being beautiful in itself, brings out by contrast the qualities of the others, and shows to advantage the special loveliness of each and all." (29)
Respect for the natural world and moderation in the use of its resources are also reflected in the Baha'i prohibition of cruelty to animals and warnings about hunting to excess. "Briefly, it is not only their fellow human beings that the beloved of God must treat with mercy and compassion, rather must they show forth the utmost loving-kindness to every living creature.... The feelings are one and the same, whether ye inflict pain on man or on beast.
"Train your children from their earliest days to be infinitely tender and loving to animals. If an animal be sick, let the children try to heal it, if it be hungry, let them feed it, if thirsty, let them quench its thirst, if weary, let them see that it rests." (30)
'Abdu'l-Baha said of his father during His imprisonment: "Baha'u'llah loved the beauty and verdure of the country. One day He passed the remark: 'I have not gazed on verdure for nine years. The country is the world of the soul, the city is the world of bodies.'" (31) Once Baha'u'llah was free to leave the prison, He often used to pitch His tent among the trees on the slope of Mount Carmel.
In many religions including the Baha'i Faith, the founders or leaders have retired to the wilderness for meditation and contemplation prior to taking on the burdens of their message, or for spiritual renewal. Baha'u'llah spent two years in the mountains, where "the birds of the air were My companions and the beasts of the field My associates." (32) and Shoghi Effendi, the late Guardian of the Baha'i Faith, found for himself a partial healing from the weight of his responsibilities high in the Swiss Alps. (33)
Baha'is thus approach nature with an awareness of the interrelatedness of themselves and the natural world, with an indication of the importance of all the world's resources for the civilization they are building, and the example of their leaders showing the spiritual and aesthetic values of wilderness, the countryside, and the diversity of natural life.
World Conservation Strategy
The goals of the World Conservation Strategy to maintain essential ecological processes and life support systems, to preserve genetic diversity, and to ensure the sustainable utilization of species and ecosystems as the basis for sustainable development are fully in accord with the teachings of the Baha'i Faith. But as with many global undertakings in today's fragmented world, the strategy suffers from the lack of world-scale institutions capable of implementing it. Action at the national level will never be more than a partial solution to world problems. The establishment of the world commonwealth anticipated in the Baha'i writings will finally make world management and conservation of the resources of the biosphere possible.
In the meantime, many Baha'is have long demonstrated individually their personal and even professional commitment to goals of conservation and environmental protection, Baha'i communities are active in tree plantings and other environmental activities, and the Baha'i International Community participates in various world environmental events such as those sponsored by United Nations agencies.
As local Baha'i communities around the world become increasingly involved in their own social and economic development, the principles of conservation-based rural development outlined in the World Conservation Strategy will be highly relevant to their efforts. Once local people are educated to the need for wise management of their resources, they will be able through consultation to plan and implement their own conservation activities.
As this paper has indicated, Baha'is see the problem of conservation of nature as including spiritual as well as material dimensions. "There are spiritual principles, or what some call human values, by which solutions can be found for every social problem. Any well-intentioned group can in a general sense devise practical solutions to its problems, but good intentions and practical knowledge are usually not enough. The essential merit of spiritual principle is that it not only presents a perspective which harmonizes with that which is inherent in human nature, it also induces an attitude, a dynamic, a will, an aspiration, which facilitate the discovery and implementation of practical measures. Leaders of governments and all in authority would be well served in their efforts to solve problems if they would first seek to identify the principles involved and then be guided by them." (34) Some of the spiritual principles underlying nature conservation have been outlined above. Religion can be a powerful motivating force for putting those principles into action.
References
1. Universal House of Justice, The Promise of World Peace. Haifa, Baha'i World Centre, 1985. p. 13-14.
2. 'Abdu'l-Baha, Some Answered Questions. Wilmette, Baha'i Publishing Trust, 1954. Chpt. XLVII, p. 209-210.
3. Baha'u'llah, Tablets of Baha'u'llah. Haifa, Baha'i World Centre, 1978. p. 140.
4. 'Abdu'l-Baha, Some Answered Questions. Chpt. XLVII, p. 210.
5. Ibid. p. 210-211.
6. Ibid. p. 212.
7. Baha'u'llah, Tablets of Baha'u'llah. p. 142.
8. 'Abdu'l-Baha, Some Answered Questions. Chpt. I, p. 3.
9. 'Abdu'l-Baha, Tablet to Dr. Forel, in The Baha'i Revelation. London, Baha'i Publishing Trust, 1955. p. 223.
10. 'Abdu'l-Baha, in Baha'i World Faith. Wilmette, Baha'i Publishing Trust, 1956. p. 242.
11. 'Abdu'l-Baha, Some Answered Questions. Chpt. XLIX, p. 225.
12. Ibid. Chpt. LI, p. 231.
13. Ibid.
14. Ibid. Chpt. XLVI, p. 207.
15. 'Abdu'l-Baha, in Compilation on Huququ'llah, p. 14-15; Compilation on Social and Economic Development, p. 12.
16. 'Abdu'l-Baha, Selections from the Writings of 'Abdu'l-Baha. Haifa, Baha'i World Centre, 1978. p. 157.
17. 'Abdu'l-Baha, Foundations of World Unity. Wilmette, Baha'i Publishing Trust, 1945. p. 51.
18. 'Abdu'l-Baha, Paris Talks. London, Baha'i Publishing Trust, 1951. p. 122.
19. 'Abdu'l-Baha, Foundations of World Unity. p. 51.
20. 'Abdu'l-Baha, Selections from the Writings of 'Abdu'l-Baha. p. 302.
21. Baha'u'llah, Gleanings from the Writings of Baha'u'll'ah. Wilmette, Baha'i Publishing Trust, 1952. CIX, p. 215.
22. Universal House of Justice, The Promise of World Peace, p. 10.
23. Baha'u'llah, in Baha'i World Faith, p. 138-139.
24. Baha'u'llah, Tablets of Baha'u'llah, p. 69.
25. Shoghi Effendi, The World Order of Baha'u'llah. Wilmette, Baha'i Publishing Trust, 1955. p. 203-204.
26. 'Abdu'l-Baha, Paris Talks. p. 123.
27. 'Abdu'l-Baha, Selections from the Writings of 'Abdu'l-Baha, p. 41-42.
28. Letter written on behalf of Shoghi Effendi, 17 February 1933, Compilation on Social and Economic Development, p. 4.
29. 'Abdu'l-Baha, Paris Talks. p. 51-53.
30. 'Abdu'l-Baha, Selections from the Writings of 'Abdu'l-Baha. p. 158-159.
31. J. E. Esslemont, Baha'u'llah and the New Era. Chpt. 3, p. 35.
32. Baha'u'llah, in Shoghi Effendi, God Passes By. Wilmette, Baha'i Publishing Trust, 1957. p. 120.
33. Ruhiyyih Rabbani, The Priceless Pearl. London, Baha'i Publishing Trust, 1969. p. 58.
34. Universal House of Justice, The Promise of World Peace. p. 13
Baha'i International Community
Office of Public Information
September 1986
Introduction
The world today is facing many crises--social, political, economic, environmental--all of which are interrelated and are symptomatic of the underlying spiritual ills afflicting humanity. One such crisis that has been less obvious but just as threatening to the future of man is the crisis in the conservation of nature. The natural areas that once clothed the planet are steadily eroding under pressures from a growing population. The rich and the poor both contribute to the problem: the rich through their headlong rush for economic development, and the masses of the poor through their desperate efforts to eke out a living from diminishing resources.
As much as humanity would like to overlook the fact, it is increasingly evident that man depends on the natural systems of the biosphere for its very survival. It has also become alarmingly apparent that, at the present rate of destruction, much of the natural heritage of the earth may be irretrievably lost within a few decades.
The forests are being cleared, soils are washing away, deserts are expanding, fisheries are declining or collapsing, and pollution is spreading. As a result, the wild species that represent most of the earth's genetic resources accumulated over millions of years are being driven in increasing numbers to extinction. As long as significant fragments of natural areas remain to harbour such species, there is always the hope that a wiser and more stable society could maintain and even restore the natural richness of the planet. It is those last fragments of natural ecosystems that are now threatened in many places. When they are gone, many species and potential resources will be lost forever.
These are the indications of a civilization that has gone out of control and is heading for self-destruction.
The Baha'i teachings place this and other grave problems facing the world today in a broad perspective that both accounts for their origin and suggests practical solutions. Technological progress has confronted the peoples and institutions of the nation states with the reality of a physically united world, but their behavior and values have yet to adapt to this fundamental change. For the Baha'is, therefore, the problem is basically spiritual: all people must come to accept the oneness of mankind as "the first fundamental prerequisite for the reorganization and administration of the world as one country." (1) Without such a spiritual solution, other measures can only be temporary palliatives; solve the fundamental spiritual problem, and the difficulties of the world will begin to yield to practical solutions.
The Baha'i World View
A scientific assessment of the conservation problem fits easily with the view of the world expressed in the writings of Baha'u'llah, the Prophet-Founder of the Baha'i Faith (1817- 1892), and of His Son 'Abdu'l-Baha (1844-1921), which reflect the fundamental harmony of science and religion.
The origins of the universe are described in terms that correspond well with present scientific theories, even though written before modern physical and chemical terminologies were developed. "This world of existence, this endless universe, has neither beginning nor end." (2) "That which hath been in existence had existed before, but not in the form thou seest today. The world of existence came into being through the heat generated from the interaction between the active force and that which is its recipient." (3) "It may be that one of the parts of the universe, one of the globes, for example, may come into existence, or may be disintegrated, but the other endless globes are still existing; the universe would not be disordered nor destroyed; on the contrary, existence is eternal and perpetual." (4) "In the beginning matter was one, and that one matter appeared in different aspects in each element; thus various forms were produced, and these various aspects as they were produced became permanent, and each element was specialized.... Then these elements became composed, and organized and combined in infinite forms.... From the composition and combination of elements, from their decomposition, from their measure, and from the effect of other beings on them, resulted forms, endless realities, and innumerable beings." (5) "This terrestrial globe having once found existence, grew and developed in the matrix of the universe, and came forth in different forms and conditions, until gradually it attained this present perfection, and became adorned with innumerable beings, and appeared as a finished organization." (6)
Nature is seen as following scientific laws that are themselves the expression of a Divine reality. "Nature is God's Will and is its expression in and through the contingent world." (7) "This nature is subjected to an absolute organization, to determined laws, to a complete order and to a finished design, from which it will never depart--to such a degree, indeed, that if you look carefully and with keen sight, from the smallest invisible atom up to such large bodies of the world of existence as the globe of the sun or the other great stars and luminous spheres, whether you regard their arrangement, their composition, their form or their movement, you will find that all are in the highest degree of organization and are under one law from which they will never depart." (8)
"By nature is meant those inherent properties and necessary relations derived from the realities of things. And these realities of things, though in the utmost diversity, are yet intimately connected one with the other." (9) "If we look with a perceiving eye upon the world of creation, we find that all existing things may be classified as follows: First--Mineral--that is to say matter or substance appearing in various forms of composition. Second--Vegetable--possessing the virtues of the mineral plus the power of augmentation or growth, indicating a degree higher and more specialized than the mineral. Third--Animal--possessing the attributes of the mineral and vegetable plus the power of sense perception. Fourth--Human--the highest specialized organism of visible creation, embodying the qualities of the mineral, vegetable and animal plus an ideal endowment absolutely minus and absent in the lower kingdoms--the power of intellectual investigation into the mysteries of outer phenomena. The outcome of this intellectual endowment is science which is especially characteristic of man. This scientific power investigates and apprehends created objects and the laws surrounding them. It is the discoverer of the hidden and mysterious secrets of the material universe and is peculiar to man alone. The most noble and praiseworthy accomplishment of man therefore is scientific knowledge and attainment." (10)
The Baha'i Writings accept the scientific evidence for evolution. However, they make the distinction between the potential for all types of beings, which is inherent in the substance and laws of the creation and has thus always existed, and the process by which that potential is revealed. "As man in the womb of the mother passes from form to form, from shape to shape, changes and develops, and is still the human species from the beginning of the embryonic period--in the same way man, from the beginning of his existence in the matrix of the world, is also a distinct species, that is, man, and has gradually evolved from one form to another." (11) "In the same way the growth and development of all beings is gradual; this is the universal divine organization, and the natural system." (12) "All beings, whether large or small, were created perfect and complete from the first, but their perfections appear in them by degrees. The organization of God is one." (13) "All these endless beings which inhabit the world, whether man, animal, vegetable, mineral--whatever they may be--are surely, each one of them, composed of elements. There is no doubt that this perfection which is in all beings, is caused by the creation of God from the composing elements, by their appropriate mingling and proportionate quantities, the mode of their composition, and the influence of other beings. For all beings are connected together like a chain, and reciprocal help, assistance, and influence belonging to the properties of things, are the causes of the existence, development and growth of created beings."(14)
The concepts of essential ecological processes and life support systems also appear in the Baha'i sacred writings. "Consider for instance how one group of created things constituteth the vegetable kingdom, and another the animal kingdom. Each of these two maketh use of certain elements in the air on which its own life dependeth, while each increaseth the quantity of such elements as are essential for the life of the other. In other words, the growth and development of the vegetable world is impossible without the existence of the animal kingdom, and the maintenance of animal life is inconceivable without the co-operation of the vegetable kingdom. Of like kind are the relationships that exist among all created things. Hence it was stated that co-operation and reciprocity are essential properties which are inherent in the unified system of the world of existence, and without which the entire creation would be reduced to nothingness." (15) "In the physical realm of creation, all things are eaters and eaten: the plant drinketh in the mineral, the animal doth crop and swallow down the plant, man doth feed upon the animal, and the mineral devoureth the body of man. Physical bodies are transferred past one barrier after another, from one life to another, and all things are subject to transformation and change, save only the essence of existence itself--since it is constant and immutable, and upon it is founded the life of every species and kind, of every contingent reality throughout the whole of creation." (16)
Man is seen as having a special place in the natural world. "The human body is like animals subject to nature's laws. But man is endowed with a second reality, the rational or intellectual reality; and the intellectual reality of man predominates over nature." (17) "...to man God has given such wonderful power that he can guide, control and overcome nature." (18) "Yet there is a third reality in man, the spiritual reality.... That celestial reality... delivers man from the material world. Its power causes man to escape from nature's world. Escaping, he will find an illuminating reality, transcending the limited reality of man and causing him to attain to the infinitude of God, abstracting him... in the sea of the rays of the Sun of Reality." (19) Man "should be free and emancipated from the captivity of the world of nature; for as long as man is captive to nature he is a ferocious animal, as the struggle for existence is one of the exigencies of the world of nature." (20)
The above selections from the Baha'i scriptures, none written more recently than the early years of this century, illustrate the Baha'i view of the origins of the natural world and of man's place in it. The underlying theme of the interrelationships of all things provides a natural foundation for conservation interest and action. The fact that man can interfere with and control nature also gives him the responsibility to manage nature wisely. However conservation problems are not rooted in any lack of a scientific understanding, they result largely from the social and structural problems in present-day society. The Baha'i Faith provides social perspectives which are equally important to the problem of the conservation of nature.
An Ever-advancing Civilization
The Baha'i Faith declares: "All men have been created to carry forward an ever-advancing civilization." (21) However, the form that progress takes is open to question. In this age when technology has united all the peoples of the world physically and the oneness of the biosphere is recognized, steps must be taken to achieve a corresponding social and political unity.
The injustices that maintain extremes of wealth and poverty and drive the poor to destroy their resources must be resolved through "the combined application of spiritual, moral and practical approaches." (22) Universal education would allow the masses of the people to understand and modify their behavior. At the same time, the inordinate consumption of resources by the wealthy must be controlled.
Baha'u'llah warned a hundred years ago about the hazards to the planet of too much material civilization. "The civilization, so often vaunted by the learned exponents of arts and sciences, will, if allowed to overleap the bounds of moderation, bring evil upon men.... If carried to excess, civilization will prove as prolific a source of evil as it had been of goodness when kept within the restraints of moderation.... The day is approaching when its flame will devour the cities..." (23) In a reference that could well apply to nuclear energy but written long before its discovery He wrote: "Strange and astonishing things exist in the earth but they are hidden from the minds and the understanding of men. These things are capable of changing the whole atmosphere of the earth and their contamination would prove lethal." (24) The pollution problems of today bear out these warnings. Obviously the civilization of the future must seek out a more moderate balance between material development and the requirements of the natural world.
The necessary changes require fundamental alterations in the structure of human society. "The unity of the human race, as envisaged by Baha'u'llah, implies the establishment of a world commonwealth in which all nations, races, creeds and classes are closely and permanently united, and in which the autonomy of its state members and the personal freedom and initiative of the individuals that compose them are definitely and completely safeguarded. This commonwealth must, as far as we can visualize it, consist of a world legislature, whose members will, as the trustees of the whole of mankind, ultimately control the entire resources of all the component nations, and will enact such laws as shall be required to regulate the life, satisfy the needs and adjust the relationships of all races and peoples.... The economic resources of the world will be organized, its sources of raw materials will be tapped and fully utilized, its markets will be coordinated and developed, and the distribution of its products will be equitably regulated....
"A world federal system, ruling the whole earth and exercising unchallengeable authority over its unimaginably vast resources, blending and embodying the ideals of both the East and the West, liberated from the curse of war and its miseries, and bent on the exploitation of all the available sources of energy on the surface of the planet, a system in which Force is made the servant of Justice, whose life is sustained by its universal recognition of one God and by its allegiance to one common Revelation--such is the goal towards which humanity, impelled by the unifying forces of life, is moving." (25)
Note that such a system would control the entire resources of all the nations, would tap and fully utilize the sources of raw materials and regulate the distribution of products, and would aim to exploit the unused and unsuspected resources and all available sources of energy on the surface of the planet. Only such a system would be able to implement fully a world conservation strategy.
Sustainable development would be fundamental to such a civilization. Unlike the almost exclusive reliance on short-term planning that prevails today, Baha'u'llah's vision encompassed the laying the foundations that must last a thousand or thousands of years. The economy of such a society would have to work on a fully-sustainable basis, using renewable or recyclable resources and highly efficient resource utilization.
The Baha'i Attitude Towards Nature
For Baha'is, while nature is not an end in itself to be worshipped and adored (26), the creation does reflect the qualities and attributes of God. "When... thou dost contemplate the innermost essence of all things, and the individuality of each, thou wilt behold the signs of thy Lord's mercy in every created thing, and see the spreading rays of His Names and Attributes throughout all the realm of being.... Then wilt thou observe that the universe is a scroll that discloseth His hidden secrets, which are preserved in the well-guarded Tablet. And not an atom of all the atoms in existence, not a creature from amongst the creatures but speaketh His praise and telleth of His attributes and names, revealeth the glory of His might and guideth to His oneness and His mercy....
"And whensoever thou dost gaze upon creation all entire, and dost observe the very atoms thereof, thou wilt note that the rays of the Sun of Truth are shed upon all things and shining within them, and telling of that Day-Star's splendours, Its mysteries, and the spreading of Its lights. Look thou upon the trees, upon the blossoms and fruits, even upon the stones. Here too wilt thou behold the Sun's rays shed upon them, clearly visible within them, and manifested by them." (27)
The contemplation of nature thus has a spiritual significance for Baha'is. Indeed the spiritual, social and physical environments of man are all interrelated. "We cannot segregate the human heart from the environment outside us and say that once one of these is reformed everything will be improved. Man is organic with the world. His inner life moulds the environment and is itself also deeply affected by it. The one acts upon the other and every abiding change in the life of man is the result of these mutual reactions." (28)
The genetic diversity that underlies the richness of living things is thus a reflection of the qualities of God. Baha'is are encouraged to appreciate such diversity, whether in man or in the natural world. "Consider the world of created beings, how varied and diverse they are in species, yet with one sole origin. All the differences that appear are those of outward form and colour.
"This diversity of type is apparent throughout the whole of nature.... Let us look... at the beauty in diversity, the beauty of harmony, and learn a lesson from the vegetable creation. If you behold a garden in which all the plants were the same as to form, colour and perfume, it would not seem beautiful to you at all, but, rather, monotonous and dull. The garden which is pleasing to the eye and which makes the heart glad, is the garden in which are growing side by side flowers of every hue, form and perfume, and the joyous contrast of colour is what makes for charm and beauty. So is it with trees. An orchard full of fruit trees is a delight; so is a plantation planted with many species of shrubs. It is just the diversity and variety that constitutes its charm; each flower, each tree, each fruit, beside being beautiful in itself, brings out by contrast the qualities of the others, and shows to advantage the special loveliness of each and all." (29)
Respect for the natural world and moderation in the use of its resources are also reflected in the Baha'i prohibition of cruelty to animals and warnings about hunting to excess. "Briefly, it is not only their fellow human beings that the beloved of God must treat with mercy and compassion, rather must they show forth the utmost loving-kindness to every living creature.... The feelings are one and the same, whether ye inflict pain on man or on beast.
"Train your children from their earliest days to be infinitely tender and loving to animals. If an animal be sick, let the children try to heal it, if it be hungry, let them feed it, if thirsty, let them quench its thirst, if weary, let them see that it rests." (30)
'Abdu'l-Baha said of his father during His imprisonment: "Baha'u'llah loved the beauty and verdure of the country. One day He passed the remark: 'I have not gazed on verdure for nine years. The country is the world of the soul, the city is the world of bodies.'" (31) Once Baha'u'llah was free to leave the prison, He often used to pitch His tent among the trees on the slope of Mount Carmel.
In many religions including the Baha'i Faith, the founders or leaders have retired to the wilderness for meditation and contemplation prior to taking on the burdens of their message, or for spiritual renewal. Baha'u'llah spent two years in the mountains, where "the birds of the air were My companions and the beasts of the field My associates." (32) and Shoghi Effendi, the late Guardian of the Baha'i Faith, found for himself a partial healing from the weight of his responsibilities high in the Swiss Alps. (33)
Baha'is thus approach nature with an awareness of the interrelatedness of themselves and the natural world, with an indication of the importance of all the world's resources for the civilization they are building, and the example of their leaders showing the spiritual and aesthetic values of wilderness, the countryside, and the diversity of natural life.
World Conservation Strategy
The goals of the World Conservation Strategy to maintain essential ecological processes and life support systems, to preserve genetic diversity, and to ensure the sustainable utilization of species and ecosystems as the basis for sustainable development are fully in accord with the teachings of the Baha'i Faith. But as with many global undertakings in today's fragmented world, the strategy suffers from the lack of world-scale institutions capable of implementing it. Action at the national level will never be more than a partial solution to world problems. The establishment of the world commonwealth anticipated in the Baha'i writings will finally make world management and conservation of the resources of the biosphere possible.
In the meantime, many Baha'is have long demonstrated individually their personal and even professional commitment to goals of conservation and environmental protection, Baha'i communities are active in tree plantings and other environmental activities, and the Baha'i International Community participates in various world environmental events such as those sponsored by United Nations agencies.
As local Baha'i communities around the world become increasingly involved in their own social and economic development, the principles of conservation-based rural development outlined in the World Conservation Strategy will be highly relevant to their efforts. Once local people are educated to the need for wise management of their resources, they will be able through consultation to plan and implement their own conservation activities.
As this paper has indicated, Baha'is see the problem of conservation of nature as including spiritual as well as material dimensions. "There are spiritual principles, or what some call human values, by which solutions can be found for every social problem. Any well-intentioned group can in a general sense devise practical solutions to its problems, but good intentions and practical knowledge are usually not enough. The essential merit of spiritual principle is that it not only presents a perspective which harmonizes with that which is inherent in human nature, it also induces an attitude, a dynamic, a will, an aspiration, which facilitate the discovery and implementation of practical measures. Leaders of governments and all in authority would be well served in their efforts to solve problems if they would first seek to identify the principles involved and then be guided by them." (34) Some of the spiritual principles underlying nature conservation have been outlined above. Religion can be a powerful motivating force for putting those principles into action.
References
1. Universal House of Justice, The Promise of World Peace. Haifa, Baha'i World Centre, 1985. p. 13-14.
2. 'Abdu'l-Baha, Some Answered Questions. Wilmette, Baha'i Publishing Trust, 1954. Chpt. XLVII, p. 209-210.
3. Baha'u'llah, Tablets of Baha'u'llah. Haifa, Baha'i World Centre, 1978. p. 140.
4. 'Abdu'l-Baha, Some Answered Questions. Chpt. XLVII, p. 210.
5. Ibid. p. 210-211.
6. Ibid. p. 212.
7. Baha'u'llah, Tablets of Baha'u'llah. p. 142.
8. 'Abdu'l-Baha, Some Answered Questions. Chpt. I, p. 3.
9. 'Abdu'l-Baha, Tablet to Dr. Forel, in The Baha'i Revelation. London, Baha'i Publishing Trust, 1955. p. 223.
10. 'Abdu'l-Baha, in Baha'i World Faith. Wilmette, Baha'i Publishing Trust, 1956. p. 242.
11. 'Abdu'l-Baha, Some Answered Questions. Chpt. XLIX, p. 225.
12. Ibid. Chpt. LI, p. 231.
13. Ibid.
14. Ibid. Chpt. XLVI, p. 207.
15. 'Abdu'l-Baha, in Compilation on Huququ'llah, p. 14-15; Compilation on Social and Economic Development, p. 12.
16. 'Abdu'l-Baha, Selections from the Writings of 'Abdu'l-Baha. Haifa, Baha'i World Centre, 1978. p. 157.
17. 'Abdu'l-Baha, Foundations of World Unity. Wilmette, Baha'i Publishing Trust, 1945. p. 51.
18. 'Abdu'l-Baha, Paris Talks. London, Baha'i Publishing Trust, 1951. p. 122.
19. 'Abdu'l-Baha, Foundations of World Unity. p. 51.
20. 'Abdu'l-Baha, Selections from the Writings of 'Abdu'l-Baha. p. 302.
21. Baha'u'llah, Gleanings from the Writings of Baha'u'll'ah. Wilmette, Baha'i Publishing Trust, 1952. CIX, p. 215.
22. Universal House of Justice, The Promise of World Peace, p. 10.
23. Baha'u'llah, in Baha'i World Faith, p. 138-139.
24. Baha'u'llah, Tablets of Baha'u'llah, p. 69.
25. Shoghi Effendi, The World Order of Baha'u'llah. Wilmette, Baha'i Publishing Trust, 1955. p. 203-204.
26. 'Abdu'l-Baha, Paris Talks. p. 123.
27. 'Abdu'l-Baha, Selections from the Writings of 'Abdu'l-Baha, p. 41-42.
28. Letter written on behalf of Shoghi Effendi, 17 February 1933, Compilation on Social and Economic Development, p. 4.
29. 'Abdu'l-Baha, Paris Talks. p. 51-53.
30. 'Abdu'l-Baha, Selections from the Writings of 'Abdu'l-Baha. p. 158-159.
31. J. E. Esslemont, Baha'u'llah and the New Era. Chpt. 3, p. 35.
32. Baha'u'llah, in Shoghi Effendi, God Passes By. Wilmette, Baha'i Publishing Trust, 1957. p. 120.
33. Ruhiyyih Rabbani, The Priceless Pearl. London, Baha'i Publishing Trust, 1969. p. 58.
34. Universal House of Justice, The Promise of World Peace. p. 13
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