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Source : www.bahai-biblio.org
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Tournant pour les nations

Une déclaration de la Communauté internationale bahá'íe
à l'occasion du 50e anniversaire de l'Organisation des Nations Unies
Octobre 1995

Communauté internationale bahá'íe, Bureau auprès des Nations Unies, New York

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Table des matières
I. Aperçu général: une occasion de susciter la réflexion

II. Appréciation du contexte historique: appel aux dirigeants du monde

III. L'ONU et son rôle au sein de l'ordre international naissant
A. Ressusciter l'Assemblée générale
1. Instaurer des conditions minimales d'adhésion
2. Nommer une commission d'étude pour le tracé des limites et des frontières
3. A la recherche de nouveaux règlements financiers
4. S'engager en faveur d'une langue auxiliaire universelle et d'une écriture commune.
5. Etudier la possibilité d'instaurer une monnaie internationale unique

B. Définir une fonction exécutive effective
1. Limiter l'exercice du droit de veto
2. Institutionnaliser les règlements militaires ad hoc
3. Appliquer la notion de sécurité collective à d'autres éléments de l'indivis mondial
4. Conserver les institutions de l'ONU dotées d'une fonction exécutive indépendante et ayant rempli leur mandat avec succès

C. Un tribunal mondial renforcé
1. Etendre la compétence de la Cour
2. Coordonner l'action des tribunaux à compétence spéciale

IV. Permettre l'épanouissement de l'individu: un défi majeur pour l'ordre international naissant
A. Promouvoir le développement économique
1. Lancer une campagne énergique en faveur de l'Action 21

B. Défendre les droits fondamentaux de la personne
1. Renforcer les mécanismes de surveillance, d'application et de suivi de l'ONU
2. Encourager la ratification universelle des conventions internationales en matière des droits de l'homme
3. Veiller au respect dû aux organes de surveillance de l'ONU en matière des droits de l'homme

C. Améliorer la condition des femmes
1. Accroître la participation des femmes au sein des délégations gouvernementales
2. Encourager la ratification universelle des conventions internationales garantissant les droits des femmes et améliorant leur condition.
3. Prendre les dispositions nécessaires pour la mise en oeuvre de la Plate-forme d'action de Pékin

D. Préconiser le développement moral
1. Promouvoir la mise en place d'un cursus moral dans les écoles

V. Tournant pour les nations : un appel aux dirigeants du monde

Notes bibliographiques

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Tournant pour les nations

Une déclaration de la Communauté internationale bahá'íe
nà l'occasion du 50e anniversaire de l'ONU

"L'unification de l'humanité tout entière est le signe du stade qu'approche à présent la société humaine. L'unité de la famille, celle de la tribu, de la cité, de la nation ont été successivement tentées et pleinement établies. L'unité du monde est maintenant le but que s'efforce d'atteindre une humanité harassée. L'édification des nations a pris fin. L'anarchie inhérente à la souveraineté de l'Etat va vers son point culminant. Un monde qui progresse vers sa maturité doit abandonner ce fétiche, il doit reconnaître l'unité et la totalité organique des relations humaines, et établir une fois pour toutes le mécanisme qui incarne le mieux ce principe fondamental de son existence."
(Shoghi Effendi, 1936)

I. Aperçu général: une occasion de susciter la réflexion

Période des plus tumultueuse de l'histoire humaine, le XXe siècle a été marqué par une multitude de crises, de révolutions et de revirements spectaculaires. De l'écroulement du système colonial et des grands empires du XIXe siècle au succès puis à l'échec désastreux des grandes expériences du totalitarisme, du fascisme et du communisme, certains de ces bouleversements ont été ravageurs, entraînant dans leur sillage la mort de milliers de personnes, abolissant les anciens modes de vies et traditions, et provoquant l'effondrement d'institutions traditionnelles.

D'autres mouvements et évolutions ont été à l'évidence plus positifs. Les découvertes scientifiques et de nouvelles perceptions des phénomènes sociaux ont mis en branle de nombreuses transformations sociales, économiques et culturelles progressistes. La voie a ainsi été frayée à de nouvelles définitions des droits de l'homme, à des déclarations solennelles sur la dignité de la personne humaine, à la multiplication des perspectives d'entreprises individuelles et collectives, et à de fraîches et audacieuses possibilités ouvertes à la connaissance et la conscience humaines.

Ces deux processus, l'effondrement des vieilles institutions d'une part, et la floraison de nouvelles façons de penser d'autre part, témoignent d'une seule et même évolution, qui s'est accélérée ces cent dernières années: la tendance à une interdépendance toujours plus grande et à l'intégration de l'humanité.

Cette tendance s'observe dans des phénomènes de vaste amplitude, de la fusion des marchés financiers mondiaux, elle-même signe de la dépendance de l'humanité à l'égard de sources diverses mais étroitement liées entre elles en matière d'énergie, d'alimentation, de matières premières, de technologies et de connaissances, à la construction de systèmes de communications et de transport ceignant le globe. Elle apparaît dans l'interprétation scientifique du caractère interdépendant de la biosphère de la terre, qui confère à son tour une nouvelle urgence au besoin de coordination internationale. Elle se manifeste, bien que sous une forme destructrice, dans la puissance grandissante des arsenaux d'armes modernes au point que désormais une poignée de personne suffirait à mettre fin à la civilisation elle-même. C'est la conscience universelle de cette tendance - sous ses aspects destructeurs et constructifs à la fois - qui rend si poignante la photo, ô combien familière, de cette sphère tournante, badigeonnée de bleu et blanc, qui se détache sur l'infinie noirceur de l'espace: la terre; une image qui cristallise la conscience du fait que nous sommes un seul peuple, riche de sa diversité, et habitant une patrie commune.

Cette tendance se retrouve aussi dans les efforts régulièrement déployés par les nations du monde pour créer un système politique planétaire qui offre à l'humanité la possibilité d'opter pour la paix, la justice et la prospérité. Celle-ci a cherché, par deux fois en ce siècle, à provoquer un nouvel ordre international. Elle a, à chaque tentative, reconnu l'interdépendance naissante du monde, tout en laissant néanmoins intact un système qui place la souveraineté de l'Etat au-dessus de tout. Dans l'optique du siècle qui touche aujourd'hui à sa fin, la Société des Nations, percée en matière de sécurité collective, a marqué une première étape décisive vers un ordre mondial.

La seconde étape, franchie au lendemain du deuxième cataclysme mondial et reposant sur une Charte essentiellement rédigée par les vainqueurs de la conflagration, a servi pendant cinquante ans de tribune internationale de la dernière chance, une institution unique, noble symbole des intérêts collectifs de l'ensemble de l'humanité.

En tant qu'organisation internationale, l'ONU a montré l'aptitude de l'humanité à s'unir pour agir en faveur de la santé, de l'agriculture, de l'enseignement, de la protection de l'environnement et du bien-être des enfants. Elle a affirmé notre volonté morale collective d'édifier un avenir meilleur, comme en témoigne l'adoption généralisée des Pactes internationaux des droits de l'homme. Elle a révélé chez les êtres humains un profond sentiment de compassion, à preuve, les ressources financières et humaines consacrées à l'aide aux populations en détresse. Enfin, dans les domaines capitaux de la construction, du rétablissement, et du maintien de la paix, les Nations Unies ont courageusement frayé la voie à un futur sans guerre. [1]

Et pourtant, les buts d'ensemble énoncés par la Charte de l'ONU se sont révélés flous. Malgré les grands espoirs que nourrissaient ses fondateurs, la création de l'Organisation des Nations Unies il y a près de cinquante ans n'a pas inauguré une ère de paix et de prospérité pour tous. [2]

S'il est vrai que cette organisation a joué un rôle certain dans la prévention d'une troisième guerre mondiale, ces 5 dernières années ont été néanmoins marquées par une multitude de conflits locaux, nationaux et régionaux, ayant coûté la vie à des millions de personnes. Les superpuissances n'avaient pas plus tôt amélioré leurs relations et privé ainsi ce type de conflits de motivation idéologique, que les passions ethniques et sectaires qui couvaient depuis longtemps ont fait surface, constituant à leur tour une nouvelle source de tensions. En outre, malgré la fin de la guerre froide qui a affaibli la menace d'une guerre mondiale, voire totale, les instruments, les technologies, et dans une certaine mesure, les passions souterraines qui demeurent, n'excluent pas toute éventualité d'une destruction à l'échelle planétaire.

De même, s'agissant des questions sociales, de graves problèmes persistent. S'il est vrai que de nouveaux consensus ont été trouvés en matière de santé, de développement durable et de droits de l'homme à l'échelle mondiale, très souvent la situation sur le terrain s'est dégradée. En témoignent la montée alarmante du racisme militant et du fanatisme religieux, la croissance cancéreuse du matérialisme, l'épidémie du crime et de la criminalité organisée, l'intensification généralisée de la violence aveugle, l'écart grandissant entre riches et pauvres, la persistance des injustices à l'encontre des femmes, la détérioration des rapports entre générations engendrée par l'éclatement de la vie de famille observé un peu partout, les excès immoraux d'un capitalisme débridé et l'aggravation de la corruption en politique. Qui plus est, au moins un milliard d'individus vit dans une misère noire tandis que plus d'un tiers de la population du monde est analphabète. [3]

Alors que ce double mouvement d'effondrement et de renouveau conduit le monde vers une sorte de paroxysme, le 50e anniversaire de l'ONU vient à point nommé pour marquer une pause et réfléchir à la façon dont l'humanité peut envisager son avenir collectif. En réalité, un vaste éventail de propositions salutaires ont été récemment faites pour renforcer l'organisation mondiale et améliorer son aptitude à coordonner les réponses des nations à ces défis.

On peut, grosso modo, classer ces propositions en trois catégories. La première concerne essentiellement les problèmes bureaucratiques, administratifs et financiers qui se posent au sein du système des Nations Unies. La deuxième touche à la restructuration d'organes comme le Conseil économique et social, le Conseil de tutelle et les institutions économiques de Bretton Woods. La dernière catégorie, enfin, a trait aux changements à opérer dans la structure politique de l'ONU, par exemple, appeler à un élargissement du Conseil de sécurité ou encore à une révision de la Charte elle-même. [4]

Ces travaux sont pour la plupart constructifs, parfois provocateurs. A noter dans le lot, le rapport de la Commission pour une gouvernance globale, intitulé Our Global Neighborhood, un des ouvrage les plus sensés et sérieux, qui milite en faveur de l'adoption généralisée de nouvelles valeurs et de réformes structurelles au sein du système des Nations Unies. [5]

C'est aux fins de contribuer au débat et à la consultation en cours sur cette question de la plus haute importance que la Communauté internationale bahá'íe a ressenti le besoin de faire partager sa vision des choses. Notre point de vue se fonde sur trois idées de départ.

En premier lieu, le débat sur l'avenir de l'ONU doit s'insérer dans le vaste contexte de la transformation de l'ordre international et de son orientation. L'ONU a suivi une évolution parallèle à celle d'autres grandes institutions de la fin du XXe siècle. C'est donc ensemble que ces institutions détermineront la direction à donner à l'ordre international, lequel à son tour les façonnera. Par conséquent, seule devrait être examinée la façon dont la mission, le rôle, les principes directeurs, voire les activités de l'ONU, s'inscrivent dans le cadre élargi de l'ordre international.

En deuxième lieu, étant donné l'unité et l'indivisibilité de cet organisme qu'est l'humanité, chacun des membres qui y naît doit pouvoir compter sur la protection de tous les autres. Ce lien entre l'individu et la collectivité est le fondement moral de la plupart des droits de l'homme que les textes de l'ONU tentent de définir. Il sert aussi à conférer à l'ordre international un objectif prépondérant, celui de formuler et de défendre les droits de la personne humaine.

En troisième lieu, le débat sur l'avenir de l'ordre international doit faire intervenir et enthousiasmer l'ensemble de l'humanité. Il est trop important pour se limiter aux dirigeants - qu'ils soient membres de gouvernement, hommes d'affaires, universitaires, hommes de foi, ou membres d'organisations de la société civile. Il doit au contraire s'adresser aux hommes et aux femmes ordinaires. Une large participation renforcera le processus de sensibilisation à la citoyenneté mondiale et augmentera le soutien à un ordre international élargi.


II. Appréciation du contexte historique: appel aux dirigeants du monde

Pour la Communauté internationale bahá'íe, le désordre qui règne à l'heure actuelle dans le monde et l'état désastreux des affaires humaines ne sont qu'une phase naturelle d'un processus organique devant immanquablement aboutir à l'unification de la race humaine en un ordre social unique, dont les frontières seront celles de la planète.

La race humaine, en tant qu'unité organique distincte, a traversé des étapes correspondant à la petite enfance et à l'enfance des individus qui la composent, et se trouve aujourd'hui au point culminant de son adolescence agitée, approchant un age adulte longtemps attendu. [6] En effet, l'intégration mondiale, déjà réelle dans les affaires, la finance et les communications, commence à prendre forme en politique.

Historiquement, ce processus a été soumis à l'accélération d'événements soudains et catastrophiques. Ce sont les ravages de la Première Guerre mondiale puis ceux de la seconde qui ont donné naissance à la Société des Nations et à l'ONU, respectivement. Le choix face auquel se trouvent tous ceux qui habitent la terre pour aboutir aux réussites futures et soit de traverser d'autres horreurs insoupçonnées, soit de les adopter par un acte de volonté consultative. Ne pas engager d'action décisive en la matière serait aussi insensé qu'irresponsable.

La souveraineté étant pour l'heure entre les mains des Etats nations, c'est aux chefs d'Etat et de gouvernement qu'il incombe de déterminer la forme exacte de l'ordre international à naître. Nous engageons vivement les dirigeants, à tous les niveaux, à soutenir délibérément l'idée de se rassembler, avant la fin de ce siècle, pour examiner comment redéfinir et restructurer l'ordre international et relever ainsi les défis de l'époque. Comme certains l'ont suggéré, ce rassemblement pourrait s'intituler Sommet mondial sur la Gouvernance globale. [7]

Cette proposition de Sommet peut se baser sur l'expérience tirée des conférences successives de l'ONU, depuis le début des années 1990, et de leur grand succès. Ces conférences, notamment le Sommet mondial de l'enfance en 1990, le Sommet de la Terre en 1992, la Conférence mondiale des droits de l'homme en 1994, le Sommet mondial pour le développement social en 1995, et la quatrième Conférence mondiale sur les femmes en 1995, ont créé une nouvelle méthodologie permettant de délibérer de questions capitales, à l'échelle planétaire.

Une des clés de leur réussite tient à la participation essentielle des organisations de la société civile. Les laborieuses négociations menées par les délégations gouvernementales sur les changements à opérer dans les structures politiques, sociales et économiques du monde ont été facilitées et façonnées par l'engagement vigoureux de ces organisations, qui expriment, d'une façon générale, les besoins des populations locales et représentent leurs intérêts. Il est également révélateur que la présence de la société civile et des médias internationaux à ces manifestations les a marquées, chacune, du sceau de la légitimité et du consensus.

Lors des préparatifs du nouveau Sommet, il serait sage que les dirigeants du monde tirent les leçons de ces expériences, qu'ils parviennent à toucher le cercle le plus large possible et à s'assurer la bonne volonté et le soutien des peuples du monde.

Certains redoutent que l'instauration d'institutions politiques internationales ne mène inévitablement à une centralisation excessive et à la création d'une bureaucratie injustifiée. Il convient ici d'affirmer fermement et sans ambages que toute nouvelle structure de gouvernance globale devra permettre de veiller, par principe mais aussi pour des raisons pratiques, à ce que les décisions soient prises aux niveaux appropriés. [8]

Trouver le juste équilibre n'est peut-être pas toujours aisé. D'une part, seuls les individus, agissant seul ou collectivement, peuvent réaliser un développement authentique et atteindre au véritable progrès pour satisfaire les intérêts et les besoins spécifiques de leur époque et du lieu où ils se trouvent; autrement dit, la décentralisation de la conduite des affaires publiques serait la condition sine qua non du développement. [9] D'autre part, l'ordre international nécessite de toute évidence une direction et une coordination globales.

Par conséquent, conformément aux principes de décentralisation évoqués plus haut, les institutions internationales devraient bénéficier du pouvoir d'agir uniquement sur les questions d'intérêt international, là où les Etats ne peuvent pas intervenir de leur propre chef ni défendre les droits des peuples et des Etats membres. Toutes les autres questions devraient être renvoyées aux institutions nationales et locales. [10]

En outre, avant de concevoir un cadre spécifique au futur ordre international, les dirigeants devraient passer en revue un large éventail d'approches de la conduite des affaires publiques. Plutôt que de reproduire l'un quelconque des systèmes de gouvernement reconnus, la solution serait peut-être d'englober, de réconcilier et d'assimiler les éléments sains présents en chacun d'eux.

Par exemple, un des modèles éprouvés de gouvernance alliant la diversité du monde à un cadre unifié, est le système fédéral. Le fédéralisme a fait ses preuves, en décentralisant le pouvoir et la prise de décisions dans de grands Etats complexes et hétérogènes, tout en maintenant une certaine unité et stabilité générales. Autre modèle digne d'examen, le commonwealth, qui à l'échelon mondial, placerait l'intérêt du tout au-dessus de celui, individuel, des nations.

Une attention particulièrement grande devrait être accordée à la forme de l'ordre international pour qu'il ne dégénère pas, avec le temps, en un type quelconque de despotisme, d'oligarchie, ou de démagogie, qui corrompe la vie et le fonctionnement de ses institutions politiques.

En 1955, au cours de la première décennie consacrée à la révision de la Charte, la Communauté internationale bahá'íe a présenté à l'ONU une déclaration fondée sur des idées clairement énoncées il y a près d'un siècle par Bahá'u'lláh. "Le concept bahá'í d'ordre mondial est défini en ces termes: un super Etat mondial en faveur duquel toutes les nations du monde auront abandonné toute prétention à faire la guerre, certains droits de lever l'impôts et tous les droits de conserver des armes, sauf celles nécessaires au maintien de l'ordre à l'intérieur de leurs territoires respectifs. Cet Etat devra comprendre un organe exécutif international à même d'imposer une autorité suprême et incontestée à chaque membre récalcitrant du commonwealth; un parlement mondial dont les membres seront élus par les populations de leurs pays respectifs et dont l'élection sera confirmée par leurs gouvernements respectifs; un tribunal suprême dont le jugement aura un effet contraignant même lorsque les parties concernées ne l'auront pas saisi de leur plein gré." [11]

Certes, si cette définition de gouvernement mondial est, à notre avis, l'ultime sauvegarde de l'humanité et son inévitable destinée tout à la fois, force nous est cependant de reconnaître qu'elle offre effectivement le tableau lointain d'une société planétaire. Or l'urgence actuelle impose au monde la nécessité de concevoir des stratégies audacieuses, pratiques et exécutables, qui aillent au-delà d'inspirantes perceptions de l'avenir. Néanmoins, en se concentrant sur un concept rigoureux, il est possible de voir émerger, au milieu du bourbier des opinions et des doctrines contradictoires, un sens clair et cohérent au changement évolutif.


III. L'ONU et son rôle au sein de l'ordre international naissant

L'ONU, centre du système international mis en place par les vainqueurs de la Deuxième Guerre mondiale, a servi, pendant les longues décennies de conflit idéologique entre l'Est et l'Ouest, de tribune au dialogue entre les nations. Au fil des ans, ses activités se sont multipliées jusqu'à englober non seulement la fixation de normes internationales et la promotion du développement économique et social, mais aussi la réalisation d'opérations de maintien de la paix dans plusieurs continents.

Dans le même temps, la réalité politique de notre monde a subi une transformation spectaculaire. A la naissance de l'ONU, il y avait quelque 50 Etats indépendants. Ce nombre dépasse aujourd'hui les 185. Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, les principaux acteurs de la scène internationale étaient les gouvernements. Aujourd'hui, l'influence grandissante des organisations de la société civile et des entreprises multinationales a créé un paysage politique beaucoup plus tourmenté.

Malgré la complexité croissante de sa mission, le système des Nations Unies a gardé peu ou prou la même structure que celle qui avait été destinée à une organisation nouvelle cinquante ans auparavant. Il n'est donc guère surprenant qu'à l'occasion de son 50e anniversaire, son aptitude à satisfaire les exigences politiques du XXIe siècle suscite à nouveau le débat. Il est à regretter cependant que les reproches qui lui sont faits l'emportent de loin sur les louanges.

En effet, la plupart des critiques portées contre les opérations de l'ONU sont fondées sur des comparaisons avec les activités d'organisations privées influentes, ou sur des observations relatives à des anticipations initiales excessives. S'il peut être utile, dans certains cas, de faire des comparaisons précises pour accroître l'efficacité de l'Organisation mondiale, ce type d'exercice très général apparaît le plus souvent complètement injuste. L'ONU est dépourvue non seulement de l'autorité, mais aussi des ressources requises pour agir efficacement dans la plupart des cas. Les accusations d'échec portées contre elle sont en fait des réquisitoires contre les Etats membres eux-mêmes.

Isolée de la réalité dans laquelle elle fonctionne, l'ONU apparaîtra toujours inopérante et inefficace. Toutefois, considérée comme un élément du processus plus vaste de l'édification des systèmes de l'ordre international, son analyse permet de passer rapidement sur ses défauts et ses échecs pour mettre en lumière les victoires remportées et l'oeuvre accomplie. Pour ceux qui ont choisi d'adopter un point de vue évolutionniste, l'expérience des débuts des Nations Unies apparaît riche d'enseignements sur son rôle à venir au sein du régime international.

Adopter une perspective évolutionniste implique être capable d'envisager la progression d'une institution sur une longue période de temps, autrement dit de percevoir son potentiel de développement propre, de définir les principes fondamentaux de sa croissance, de formuler des plans d'exécution à court terme hautement efficaces, voire d'anticiper les discontinuités radicales appelées à se produire le long de sa trajectoire.

En l'occurrence, l'étude de l'ONU révèle l'existence d'occasions propices au renforcement du système existant sans en restructurer systématiquement les institutions principales ni réaménager de fond en comble les mécanismes de base. En réalité, à notre avis, aucune proposition de réforme de l'ONU ne saurait avoir d'effet majeur si elle omet de formuler des recommandations internes cohérentes et de mettre l'ONU sur la voie d'une évolution planifiée qui l'amènera à jouer un rôle particulier et nécessaire au sein du futur ordre international.

Nous estimons que la combinaison des recommandations décrites ici remplit ces conditions et que leur adoption représentera un pas mesuré mais important vers l'édification d'un ordre mondial plus juste. [12]


A. Ressusciter l'Assemblée générale

Tout système de gouvernance doit reposer sur la primauté du droit, et le pouvoir de promulguer des lois revient essentiellement à l'organe législatif. Si aux niveaux local et national, ce pouvoir est généralement respecté, aux échelons régional et international, il suscite craintes et suspicion.

L'Assemblée générale des Nations Unies est en outre critiquée pour son impuissance. Si certaines accusations lancées contre elle sont infondées, cet organe présente toutefois au moins deux défauts qui entravent son efficacité.

D'abord, son agencement actuel accorde une importance disproportionnée à la souveraineté étatique, aboutissant ainsi à un curieux mélange d'anarchie et de conservatisme. Une organisation mondiale réformée devra obligatoirement comporter un système législatif doté d'une structure de vote plus fidèlement représentative de la population mondiale et des Etats nations tout à la fois. [13]

Ensuite, les résolutions de l'Assemblée générale ne sont pas contraignantes, à moins d'être séparément ratifiées sous forme de traité par tous les Etats membres. Si le système actuel, qui élève la souveraineté étatique au-dessus de tous les autres intérêts, fait place à une organisation qui tienne compte des intérêts d'une seule humanité interdépendante, les résolutions de l'Assemblée générale devront peu à peu en venir à acquérir force de loi dans un nombre limité de domaines, et prévoir des dispositions pour leur application, et des sanctions.

Ces deux défauts sont étroitement liés, sachant qu'il est peu probable que la majorité des peuples du monde, déjà méfiante et craintive à l'idée d'un gouvernement mondial, ne se soumette à une institution internationale, à moins que celle-ci ne devienne elle-même plus véritablement représentative. [14]

Toutefois, à court terme, cinq mesures pratiques permettraient de renforcer l'Assemblée générale, de rehausser sa réputation et de l'engager dans des actions à plus long terme.


1. Instaurer des conditions minimales d'adhésion

Les normes minimales régissant le comportement d'un gouvernement envers son peuple ont été clairement définies dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et dans les pactes internationaux consécutifs, collectivement désignés sous l'expression de Charte internationale des droits de l'homme.

Un Etat membre qui ne s'engage pas résolument à tenir des élections périodiques et régulières au suffrage universel et à scrutin secret, ni à assurer la liberté d'expression, ni à garantir d'autres droits de l'homme du même type, entrave la participation active et intelligente de la vaste majorité de sa population aux affaires de ses propres collectivités.

Nous proposons que les Etats membres qui violent ces normes en subissent les conséquences. De même, les nations en quête de reconnaissance devraient se voir refuser l'adhésion, aussi longtemps qu'elles n'auront pas ouvertement adopté ces normes ni déployé des efforts visibles allant dans leur sens.


2. Nommer une commission d'étude pour le tracé des limites et des frontières

Source majeure et persistante de conflits et de guerres, les revendications irrédentistes non satisfaites soulignent la nécessité critique de passer des accords généraux au sujet des frontières nationales. Or, ce genre de traités ne pourra pas être conclu sans examiner la façon arbitraire dont de nombreux Etats nations se sont formés au départ, ni toutes les revendications nationales et ethniques en suspens.

Plutôt que de renvoyer ces questions-là à la Cour internationale de justice, il serait plus judicieux, à notre avis, de mettre sur pied une Commission internationale spéciale, chargée d'étudier minutieusement toutes les revendications de frontières internationales et de recommander des mesures. [15] Les travaux de cette Commission serviraient de système d'alerte avancée en cas de montée des tensions entre groupes civils et ethniques, et permettraient d'évaluer les menaces pesant sur des situations ayant bénéficié d'une diplomatie préventive précoce.

Pour constituer une véritable communauté des nations à long terme, il sera nécessaire de régler, une fois pour toutes, l'ensemble des différends frontaliers. C'est à cela que s'emploiera cette commission.


3. A la recherche de nouveaux règlements financiers

Essentiellement due à la mauvaise volonté de certains Etats membres, qui omettent de régler leurs contributions générales à temps, aggravé par l'absence d'une autorité capable de prélever les intérêts courus pour retard de paiement, et grevé de surcroît par les lourdeurs bureaucratiques associées à certaines opérations, le déficit budgétaire annuel de l'ONU pousse l'organisation à fonctionner sur un mode de gestion de crise.

Les contributions volontaires des Etats membres ne seront jamais un moyen sûr de financer une institution internationale. Il faudrait concevoir des méthodes vigoureuses pour générer des revenus et assurer de la sorte le bon fonctionnement du dispositif de l'ONU. Nous proposons, à cet effet, la nomination immédiate d'un groupe d'experts chargé de rechercher des solutions rigoureuses.

Ce faisant, celui-ci devra garder à l'esprit un certain nombre de principes fondamentaux. En premier lieu, il ne devrait pas y avoir de contribution sans représentation. En deuxième lieu, par souci d'équité et de justice, les contributions devront être progressives. En troisième lieu, les méthodes d'encouragement des individus et des communautés à contribuer volontairement ne sont pas à négliger. [16]


4. S'engager en faveur d'une langue auxiliaire universelle et d'une écriture commune

L'ONU, qui utilise officiellement 6 langues de travail, trouverait un avantage considérable soit à choisir une seule langue vivante, soit à en créer une nouvelle, qui serait employée comme langue auxiliaire dans toutes ses instances. Nombreux sont les groupes, des Espérantistes à la Communauté internationale bahá'íe [17], qui ont longtemps préconisé pareille mesure. Celle-ci permettrait, outre de faire des économies et de simplifier les procédures bureaucratiques, de contribuer à promouvoir un esprit d'unité.

Nous proposons la nomination d'une commission de haut niveau, composée de membres originaires de diverses régions et compétents dans des domaines pertinents, notamment la linguistique, l'économie, les sciences sociales, l'éducation, et la communication de masse, qui entreprendrait d'étudier avec soin la question d'une langue auxiliaire internationale et celle de l'adoption d'une écriture commune.

Il est à prévoir que le monde se verra tôt ou tard contraint d'adopter d'un commun accord une langue et une écriture auxiliaires uniques, universellement reconnues, à enseigner dans toutes les écoles, en supplément de la langue ou des langues de chaque pays. Cette commission aurait pour objectif de faciliter la transition vers une société globale, en améliorant la communication entre les nations, en réduisant les coûts administratifs pour le monde des affaires, les pouvoirs publics et tous ceux qui ont un rôle à jouer dans l'entreprise planétaire, et en favorisant des relations générales plus cordiales entre tous les membres de la famille humaine. [18]

Cette proposition devrait être prise dans son sens restreint. Elle n'envisage en aucune façon le rejet d'une langue ou d'une culture vivante quelconque.


5. Etudier la possibilité d'instaurer une monnaie internationale unique

La nécessité de promouvoir l'adoption d'une monnaie mondiale en tant qu'instrument vital de l'intégration économique globale, est une évidence. Entre autres avantages, les économistes estiment qu'une monnaie unique éliminerait la spéculation non productive et les fluctuations imprévisibles du marché, et favoriserait le nivellement des revenus et des prix partout dans le monde, permettant ainsi des économies appréciables. [19]

Or cette dernière perspective ne peut inciter à l'action que dans la mesure où il y aura suffisamment de preuves pour dissiper les inquiétudes et les doutes des sceptiques à ce sujet, et que si celles-ci s'accompagnent d'un plan d'application crédible. Nous proposons donc la nomination d'une commission, composée des chefs de gouvernement, des universitaires et des professionnels les plus qualifiés, chargée de recenser, sans plus tarder, les avantages économiques et les coûts politiques d'une monnaie unique et d'émettre des hypothèses d'action efficaces.


B. Définir une fonction exécutive effective

A l'échelon international, la fonction exécutive la plus importante consiste à veiller à l'application d'un pacte de sécurité collective. [20]

La sécurité collective implique l'établissement d'un pacte contraignant entre les nations, par lequel celles-ci s'engagent à agir de concert en cas de menace à la collectivité. L'efficacité de ce pacte dépend de l'attachement de chaque partie à l'intérêt commun, même si cet attachement est motivé par le sentiment éclairé de son propre intérêt.

A l'ONU, l'action coercitive appartient dans une large mesure au Conseil de sécurité, qui partage avec le Secrétariat d'autres fonctions exécutives. Or tous deux se voient empêchés de jouer le rôle qui leur a été assigné à l'origine. Le Conseil de sécurité se trouve dans l'incapacité d'engager une action décisive. Quant au Secrétariat, il subit la pression des exigences complexes des Etats membres.


A court terme, quatre mesures pratiques pourraient être envisagées pour renforcer la fonction exécutive de l'ONU.

1. Limiter l'exercice du droit de veto

L'intention première de la Charte des Nations Unies en conférant le droit de veto aux cinq membres permanents était d'empêcher le Conseil de sécurité d'autoriser des actions militaires contre un membre permanent ou d'exiger l'usage des forces de celui-ci contre sa volonté. [21] En fait, avec le début de la guerre froide, ce droit n'a cessé d'être invoqué pour des raisons ayant trait à la sécurité régionale ou nationale.

Dans sa proposition de réforme de l'ONU en 1955, la Communauté internationale bahá'íe préconisait l'élimination progressive des concepts de "membre permanent" et de "droit de veto" au fur et à mesure que grandirait la confiance dans le Conseil de sécurité. Aujourd'hui, quarante ans plus tard, notre position reste inchangée. Toutefois, nous proposons aussi qu'en guise de transition, des mesures soient prises pour éliminer l'exercice du droit de veto et refléter ainsi l'intention première de la Charte.


2. Institutionnaliser les règlements militaires ad hoc

Pour soutenir les opérations de maintien de la paix de l'ONU et conférer plus de crédibilité aux résolutions du Conseil de sécurité, la création d'une force internationale s'impose. [22] Sa loyauté envers l'ONU et son indépendance à l'égard des considérations nationales devraient être garanties. Le commandement et le contrôle de cette force intégralement armée reviendraient au Secrétaire général, sous l'autorité du Conseil de sécurité. Son financement toutefois, serait déterminé par l'Assemblée générale. Pour constituer cette force, le Secrétaire général devrait faire appel à un personnel compétent représentant toutes les régions du monde.

Convenablement utilisée, cette force procurerait aussi un sentiment de sécurité propice au désarmement mondial progressif, et rendrait ainsi possible une mise au ban définitive de toutes les armes de destruction massive. [23] Qui plus est, il apparaîtrait de plus en plus clairement que, conformément au principe de sécurité collective, les Etats n'ont besoin d'armes qu'en nombre suffisant pour assurer leur propre défense et maintenir l'ordre à l'intérieur de leurs territoires.

Dans l'immédiat, le système actuel des règlements ad hoc pourrait être institutionnalisé de façon à constituer un noyau de forces régionales à déploiement rapide en cas de crise.


3. Appliquer la notion de sécurité collective à d'autres éléments de l'indivis mondial

Bien que conçu au départ pour parer à une menace d'agression militaire, le principe de sécurité collective peut désormais, selon certains, s'appliquer à toute les menaces qui, bien que d'apparence locale, résultent en fait de la désagrégation complexe de l'ordre mondial actuel. Ces menaces concernent notamment le trafic international de la drogue, l'absence de sécurité alimentaire, et l'émergence de nouvelles pandémies planétaires. [24]

A notre avis, ce point devrait figurer à l'ordre du jour du Sommet mondial préalablement proposé. Cependant, il est peu probable que des formulations plus larges de la notion de sécurité collective excluent la cause fondamentale de l'agression militaire.


4. Conserver les institutions de l'ONU dotées d'une fonction exécutive indépendante et ayant rempli leur mandat avec succès

Certaines des organisations les plus autonomes de la famille des Nations Unies, comme le Fond international d'urgence pour l'enfance (UNICEF), l'Organisation internationale de l'aviation civile, l'Union postale universelle, l'Union internationale des télégraphes et des communications, l'Organisation internationale du travail, et l'Organisation mondiale de la santé, ont remporté un succès manifeste dans des domaines d'intérêt international certes restreints, mais non moins importants.

Dans l'ensemble, ces organisations disposent déjà de leur propre fonction exécutive. Leur indépendance devrait être préservée et renforcée comme faisant partie de l'exécutif international. [25]


C. Un tribunal mondial renforcé

Dans n'importe quel système de gouvernance, l'existence d'une fonction judiciaire forte est nécessaire pour modérer les pouvoirs des autres branches, énoncer et promulguer les lois, protéger, et rendre la justice. Les efforts déployés pour instaurer des sociétés justes ont compté parmi les forces fondamentales de l'histoire [26] -- et il est de science certaine qu'aucune civilisation mondiale ne saurait durer sans reposer solidement sur le principe de la justice.

La justice est la seule force qui puisse transformer la conscience naissante de l'unité de l'humanité en une volonté collective capable d'ériger sereinement les structures nécessaires à une vie communautaire mondiale. A une époque où il est de plus en plus facile aux peuples du monde d'avoir accès à une information multiforme et à une grande diversité d'idées, la justice s'imposera comme le principe directeur d'une organisation sociale réussie.

Au niveau de l'individu, la justice est cette faculté de l'âme humaine qui permet à chacun de distinguer le vrai du faux. Bahá'u'lláh affirme qu'elle est, aux yeux de Dieu, "la chose préférée" puisqu'elle donne à tout individu les moyens de voir par ses propres yeux et non par ceux des autres, de connaître par son propre jugement plutôt que par celui de son voisin ou de son groupe.

Au niveau du groupe, le souci de justice est l'indispensable repère d'une prise de décision collective, car c'est le seul moyen de parvenir à l'unité de pensée et d'action. Loin d'encourager l'esprit punitif qui lui a si souvent servi de masque par le passé, la justice est l'expression concrète de la notion, qu'en matière de progrès, les intérêts de l'individu et ceux de la société sont inextricablement liés. Dans la mesure où la justice devient la règle des relations humaines, un climat d'échange s'installe qui permet alors d'examiner, sans passion, les options en présence et d'adopter une ligne de conduite appropriée. Dans un tel climat, les éternelles tendances à la manipulation et à l'esprit partisan ont bien moins de chance d'infléchir le processus de prise de décision.

Cette conception de la justice s'imposera progressivement, au fur et à mesure que se renforcera la conscience que, dans un monde interdépendant, les intérêts de l'individu et ceux de la société sont inextricablement liés. Vue sous cet angle, la justice est le lien qui doit présider à toutes les relations, qu'elles soient familiales, de voisinage, ou planétaires.

Le système actuel de l'ONU réunit, à notre avis, tous les éléments nécessaires au renforcement d'un tribunal mondial. Créée en 1945 pour remplir le rôle d'organe judiciaire principal des Nations Unies, la Cour internationale de justice présente plusieurs aspects positifs. La méthode actuelle de sélection des juges, par exemple, permet de choisir ces derniers parmi un large éventail de peuples, de régions et de systèmes judiciaires. [27]

Le principal défaut de la Cour tient au fait qu'elle manque de l'autorité nécessaire pour prononcer des avis juridiquement contraignants, sauf dans les cas où les Etats ont choisis dès le départ d'être liés par ses décisions. Privée de compétence, la Cour est impuissante à administrer la justice. [28] Avec le temps, ses décisions pourraient acquérir un caractère contraignant et être applicables à tous les Etats; toutefois, dans l'immédiat, deux mesures permettraient de renforcer ses pouvoirs.


1. Etendre la compétence de la Cour

A l'heure actuelle, la compétence de la Cour se limite à quelques catégories d'affaires, et seules les nations ont le pouvoir d'ester en justice. Nous proposons qu'à côté des Etats membres, d'autres organismes de l'ONU se voient attribuer le droit de faire appel à la Cour.


2. Coordonner l'action des tribunaux à compétence spéciale

Le tribunal mondial devrait servir de cadre aux tribunaux à compétence spéciale déjà existants ou futurs, dont la mission est de trancher et de juger les différends internationaux dans des domaines bien précis.

Les premiers ingrédients d'un système unifié apparaissent déjà dans les tribunaux d'arbitrage spécialisés dans le commerce et le transport par exemple, ainsi que dans les propositions de création d'organismes du type juridiction pénale internationale et chambre pour l'environnement. Un système de ce genre pourrait couvrir d'autres domaines, comme le terrorisme international et le trafic de drogue.


IV. Permettre l'épanouissement de l'individu: un défi majeur pour l'ordre international naissant

L'objectif premier des institutions dirigeantes à tous les niveaux est de faire progresser la civilisation. Or ce but s'avère difficile à atteindre sans la participation inspirée et intelligente de l'ensemble de l'humanité à la vie et aux affaires de la collectivité.

Absorbés par l'édification d'institutions et la création d'une communauté des nations, les organismes internationaux se sont historiquement tenus éloignés des préoccupations spirituelles et affectives des habitants de la terre. Séparée de la scène internationale par différentes couches administratives et déconcertée par la façon dont les médias couvrent les nouvelles internationales, la vaste majorité des individus n'a pas encore cultivé d'affinités avec des organismes comme l'ONU. Seuls ceux d'entre eux qui ont pu, peu ou prou, avoir accès à la scène internationale par le biais d'organisations de la société civile, semblent en mesure de s'identifier à ce type d'institutions.

Paradoxalement, les institutions internationales ne pourront évoluer vers une gestion administrative efficace et responsable, ni remplir leur dessein originel - celui de faire avancer la civilisation - tant qu'elles n'auront pas reconnu leurs rapports de dépendance mutuelle avec les habitants de la planète, et qu'elles ne les auront pas cultivés. Cette reconnaissance aura pour effet de déclencher un cercle vertueux de confiance et de soutien et d'accélérer ainsi la transition vers un nouvel ordre mondial.

Le travail qu'implique l'élaboration d'une société planétaire exige des compétences bien plus élevées que toutes celles que la race humaine a pu réunir à ce jour. Pour cela, il faudra étendre considérablement l'accès au savoir pour tous. Les institutions internationales ne réussiront à mettre à jour les potentialités latentes des peuples du monde ni à les canaliser que si elles modèrent l'exercice de leur autorité par l'exigence de gagner la confiance, le respect et le soutien sincères de ceux dont elles cherchent à guider les actions, et par l'obligation de consulter ouvertement et le plus complètement possible tous ceux dont les intérêts sont en cause.

Les individus dont ces institutions auront ainsi gagné la confiance et le respect, exigeront à leur tour de leurs gouvernements nationaux qu'ils apportent un soutien plus grand, tant politique qu'économique, à l'ordre international. De leur côté, les institutions internationales, fortes d'une influence et d'un pouvoir accrus, seront mieux placées pour engager de nouvelles actions en vue d'établir un ordre mondial réel et légitime.

Parallèlement aux mesures de renforcement de sa structure, l'ONU doit prendre des initiatives pour libérer chez tous la capacité latente de participer à cette exaltante entreprise. A cette fin, certains sujets propres à favoriser l'évolution de l'individu et de la société, méritent une considération particulière. Quatre d'entre eux - promouvoir le développement économique, défendre les droits de l'homme, améliorer la condition des femmes et préconiser le développement moral - sont des priorités si intimement liées à l'essor de la civilisation qu'ils doivent figurer en bonne place à l'ordre du jour de l'ONU.


A. Promouvoir le développement économique

Les stratégies de développement économique appliquées par l'ONU, la Banque mondiale, et un certain nombre de gouvernements, ces cinquante dernières années, sont loin d'avoir répondu aux attentes, malgré la sincérité de ceux qui les ont élaborées et mises en oeuvre. Souvent, le fossé entre pauvres et riches s'est creusé à un rythme d'autant plus rapide que persistent les disparités entre les niveaux de revenu. Les problèmes sociaux n'ont pas régressé. Au contraire, la criminalité et les maladies ne se contentent pas d'augmenter; elles deviennent endémiques et donc plus difficiles à combattre.

Ces échecs peuvent être attribués à un certain nombre de facteurs. Il y a, notamment, l'accent excessif mis sur les projets à grande échelle et sur une centralisation bureaucratique démesurée, des termes de l'échange injustes sur le plan international, une corruption rampante que l'on a laissé gagner tout le système, l'exclusion des femmes du processus décisionnel à tous les niveaux, une incapacité générale à faire profiter les pauvres des ressources, et le détournement des fonds attribués au développement vers l'équipement militaire.

Un examen impartial de ces facteurs trahit, dans tous les cas, la présence systématique d'un vice fondamental dans le modèle actuel de développement économique: les besoins matériels sont souvent satisfaits au mépris des facteurs spirituels et de leur pouvoir de motivation.

Or, développement ne doit pas être confondu avec construction d'une société de consommation non viable. La véritable prospérité implique le bien-être à la fois matériel et spirituel. Le besoin de s'alimenter, de boire, de se loger et de bénéficier d'un certain confort matériel est essentiel, mais les êtres humains ne peuvent et ne pourront jamais trouver la plénitude dans la satisfaction de ces choses nécessaires. Ils ne pourront pas non plus trouver la félicité dans des conquêtes matérielles un peu plus intangibles, du type reconnaissance sociale ou pouvoir politique. Enfin, même les exploits intellectuels ne suffiraient pas à combler nos besoins les plus profonds.

C'est dans l'aspiration ardente à quelque chose d'autre, à quelque chose qui nous dépasse, que la réalité de l'esprit de l'homme peut être discernée à sa juste valeur. S'il est vrai que la lutte au quotidien pour l'acquisition de biens matériels masque le côté spirituel de notre nature, notre besoin de transcendance ne pourra cependant pas longtemps être négligé. Par conséquent, un modèle de développement durable doit chercher à satisfaire à la fois les aspirations spirituelles des êtres humains et leurs besoins et désirs matériels.

L'éducation est le meilleur investissement dans le développement économique. "L'homme est le talisman suprême. Mais faute d'une éducation convenable, il a été frustré de ce qui lui appartient en propre," écrit Bahá'u'lláh. "Voyez en l'homme une mine riche en gemmes d'une inestimable valeur. Mais, seule l'éducation peut révéler les trésors de cette mine et permettre à l'humanité d'en profiter." [29] L'éducation implique davantage que la maîtrise progressive d'un ensemble restreint de connaissances ou l'apprentissage d'une série de techniques de vie. En vérité, l'éducation, qui devrait être un impératif fondamental du développement, doit également permettre à l'élève de maîtriser le phénomène de l'acquisition du savoir, de cultiver les facultés de l'intellect et du raisonnement, et de s'imprégner des qualités morales indispensables.

C'est une approche de ce type, portant sur tous les aspects de l'éducation, qui peut permettre aux individus de prendre part à la création de richesses et d'en favoriser la juste répartition. [30]

La richesse véritable s'acquiert en travaillant non seulement pour gagner sa vie, mais aussi pour contribuer au bien-être de la société. A notre sens, travailler effectivement est un besoin fondamental de l'âme humaine, aussi nécessaire au bon développement de l'individu que l'alimentation, l'eau potable et l'air frais le sont à son organisme.

Etant donné le caractère spirituel négatif de la dépendance, les programmes uniquement axés sur la redistribution des richesses matérielles sont, tôt ou tard, voués à l'échec. La répartition des richesses doit être efficace et équitable. Mieux, elle doit être intimement liée à la création de richesses.

Nous recommandons que le système de l'ONU adopte les mesures suivantes pour favoriser un développement plus efficace.


1. Lancer une campagne énergique en faveur de l'Action 21

Le plan d'action formulé par la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement a intégré une large palette d'opinions de la société civile et un ensemble de principes qui ressemblent fort à ceux énoncés ici. Il est cependant à regretter que les Etats membres n'aient pas fait grand-chose pour en appliquer les recommandations.

Pour que les objectifs de l'Action 21 soient pris au sérieux et réalisés, il conviendrait de fournir de plus grands efforts, de nature différente mais d'ampleur et de force comparables à ceux suscités par le Plan Marshall pour la remise en état de l'Europe d'après-guerre. En l'occurrence, les institutions de Bretton Woods seraient appelées à intervenir énergiquement en vue d'activer les efforts déployés par les Etats pour appliquer l'Action 21. Elles ne pourront obtenir ce genre de mission qu'à la suite d'une conférence semblable aux premières réunions de Bretton Woods il y a cinquante ans, qui serait consacrée au réexamen systématique de ces institutions. Ce réexamen viserait à mettre à la disposition des habitants de la terre des ressources en nombre suffisant pour concrétiser les initiatives locales. Cette conférence pourrait, en outre, étendre son ordre du jour à des questions plus profondes de sécurité économique globale, en redéfinissant les institutions existantes ou en créant de nouvelles structures. [31]

En cas de succès, cette nouvelle façon de procéder pourrait aussi être utilisée pour coordonner l'application des mesures adoptées par le dernier Sommet social.


B. Défendre les droits fondamentaux de la personne

Les cinq décennies qui ont suivi la création de l'ONU ont vu naître l'idée que les droits de l'homme devaient être reconnus et protégés à l'échelle internationale pour établir la paix et permettre le développement social et la prospérité économique.

L'accord international sur la nature des droits de l'homme repose sur la prestigieuse Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée par les Nations Unies en 1948, et détaillée dans deux pactes internationaux - le Pacte relatif aux droits civils et politiques, et le Pacte relatif aux droits sociaux, économiques et culturels. En outre, quelque 75 autres conventions et déclarations définissent et garantissent les droits des femmes et des enfants, le droit à la liberté de culte et le droit au développement, pour n'en citer que quelques-uns.

Le système actuel de l'ONU en matière des droits de l'homme, présente deux insuffisances majeures: des moyens limités pour assurer l'exécution et le suivi des décisions, et une importance très insuffisante accordée aux responsabilités qui accompagnent chaque droit.

Le respect des droits de l'homme à l'échelon international doit être assuré de la même manière que l'agression militaire est traitée en régime de sécurité collective. Leur violation dans un Etat doit être un sujet de préoccupation pour tous, et l'ensemble de la communauté internationale doit pouvoir réagir d'une seule et même voix en appliquant des mécanismes coercitifs. Quant à savoir à quel moment et comment intervenir pour défendre les droits de l'homme, la réponse est moins aisée. Une répression vigoureuse nécessitera un solide consensus de la part de la communauté mondiale face à ce qui constitue une violation flagrante et délibérée.

Des progrès importants ont été réalisés en faveur d'un consensus global pendant les travaux préparatoires de la Conférence mondiale sur les droits de l'homme de 1993, qui a permis d'affirmer sans équivoque le caractère universel, indivisible et interdépendant des droits de l'homme, en mettant ainsi un terme à l'interminable débat sur l'importance relative des droits civils et politiques comparés aux droits sociaux, économiques et culturels. [32] Les résolutions adoptées ont également confirmé que les droits de l'homme devaient s'appliquer à tous, indépendamment des différences d'origines raciales et ethniques, de croyances religieuses ou de nationalités. Y sont notamment affirmés l'égalité entre femmes et hommes, l'accès pour tous aux mêmes droits, s'agissant de la liberté d'investigation, d'information et de culte; enfin, le droit de chacun à satisfaire les besoins de première nécessité, tels que l'alimentation, le logement, et les soins de santé. [33] Au-delà de la nécessité de parvenir à un consensus et d'imposer un plus grand respect des droits de l'homme, il est important de mieux faire comprendre l'idée qu'à chaque droit correspond une responsabilité.

Le droit d'être reconnu en tant que personne devant la loi, par exemple, implique la responsabilité d'obéir à cette loi -- et de contribuer à une législation et un système juridique plus justes. De même, dans le domaine économique et social, le droit au mariage entraîne la responsabilité de soutenir l'unité familiale, d'éduquer ses enfants, et de traiter tous les membres de la famille avec respect. [34] Le droit au travail ne peut être dissocié du devoir de faire de son mieux pour remplir sa tâche. Au sens le plus large, la notion de droits de l'homme "universels" met l'humanité dans son ensemble devant une responsabilité.

En dernière analyse, s'il appartient à l'individu de faire face à ses responsabilités dans chacun de ces domaines, il revient aux institutions internationales de défendre les droits correspondants. Nous proposons ci-après trois mesures d'action immédiate.


1. Renforcer les mécanismes de surveillance, d'application et de suivi de l'ONU

Les mécanismes de surveillance, d'application et de suivi de l'ONU permettant de veiller à ce que les gouvernements respectent les pactes internationaux, sont inadéquats. Le Centre des droits de l'homme, qui est formé d'un très petit nombre de professionnels, ne ménage aucun effort pour veiller au respect de tous les traités ratifiés.

A notre avis, les ressources affectées à ce centre devraient être considérablement augmentées pour qu'il puisse remplir convenablement sa mission.


2. Encourager la ratification universelle des conventions internationales en matière des droits de l'homme

La ratification des conventions internationales sur les droits de l'homme créant une obligation pour les Etats membres, même non exécutoire dans la pratique, le Secrétaire général et tous les organes de l'ONU ne devraient manquer aucune occasion d'encourager les Etats membres à s'y résoudre. En fait, l'Assemblée générale pourrait se fixer le but inspirant d'établir un calendrier astreignant en vue de la ratification universelle.


3. Veiller au respect dû aux organes de surveillance de l'ONU en matière de droits de l'homme

Le mandat des organismes de surveillance en matière de droits de l'homme étant d'une extrême gravité, l'ONU se doit de veiller avec un soin particulier à la façon dont leur structure et leur fonctionnement sont perçus et réfléchir mûrement avant d'intervenir pour régler des situations compromettantes.

Il serait prudent, à notre avis, d'examiner attentivement, au cours du processus de nomination, les compétences des Etats membres en vue, et d'exclure de la candidature à la Commission des droits de l'homme et à d'autres organes de surveillance, ceux qui n'ont pas encore ratifié les conventions internationales. Ces derniers pourront continuer de participer pleinement aux délibérations, mais cette mesure permettra d'éviter que l'ONU ne se retrouve dans une situation potentiellement embarrassante et compromettante.

Nous pensons que cette règle ne devrait souffrir que d'une seule exception: ne devraient pas être exclus de l'élection les Etats membres qui ne sont pas sous la surveillance rigoureuse de l'ONU et dont la constitution prévoit une protection suffisante en matière de droits fondamentaux de la personne, mais qui, pour des raisons de politique interne, n'ont pas pu mener la ratification à son terme.

En fin de compte, il serait aussi sage d'exclure de l'élection aux bureaux des conférences et autres réunions de la Commission des droits de l'homme, les Etats membres qui ont ratifié les conventions internationales mais qui sont sous surveillance pour cause de violations graves des droits de l'homme. On évitera ainsi de faire de ces procédures un objet de la risée générale.

C. Améliorer la condition des femmes
Une civilisation mondiale durable et pacifique est impossible à édifier sans la participation pleine et entière des femmes dans tous les domaines de l'activité humaine. [35] Cette idée est certes de plus en plus largement soutenue, mais il y a une nette différence entre son acceptation intellectuelle et son application.

Il est temps que les institutions du monde, encore essentiellement composées d'hommes, usent de leur influence pour promouvoir l'insertion systématique des femmes, non par condescendance ou par un soi-disant esprit de sacrifice mais par conviction que la société a besoin de leur contribution pour progresser. [36] Ce n'est qu'au fur et à mesure que cette contribution sera valorisée qu'elle sera recherchée et que les femmes s'intégreront dans le tissu de la société. Il en résultera une civilisation plus pacifique, plus équilibrée, plus juste et plus prospère. [37]

Les différences physiologiques évidentes entre les sexes n'ont pas à constituer une source d'inégalités ou de conflit. Au contraire, elles expliquent en partie leur complémentarité. Si le rôle des femmes en tant que mère est apprécié à sa juste valeur, celui de nourrir et d'éduquer les enfants sera respecté et récompensé comme il se doit. Il importe aussi de reconnaître qu'élever des enfants ne diminue en rien la capacité d'initiative d'un individu et ne mine nullement son potentiel intellectuel, scientifique ou créatif. En réalité, cela peut même les stimuler.

A notre avis, il suffirait de progresser sur un certain nombre de fronts décisifs pour que la condition des femmes s'améliore nettement. Les perspectives suivantes sont importantes pour comprendre les recommandations ultérieures.

Il faut en premier lieu supprimer la violence à l'égard des femmes et des filles, qui est une des violations les plus courantes et les plus flagrantes des droits de l'homme. C'est là une réalité quotidienne pour beaucoup de femmes dans le monde, sans considération de race, de classe ou du niveau d'instruction. Dans nombre de sociétés, les croyances traditionnelles qui considèrent la femme comme inférieure ou comme un fardeau font d'elle une cible facile aux sentiments de colère et de frustration. Il n'y aura pas grand-chose à attendre des remèdes juridiques ou des mécanismes répressifs, même les plus puissants, tant qu'ils ne s'accompagneront pas d'une transformation du comportement des hommes. Quant aux femmes, elles ne pourront guère se sentir en sécurité tant qu'une nouvelle conscience sociale ne l'aura pas emporté, une conscience qui infligera une profonde honte à quiconque leur témoignera de la condescendance, sans parler des auteurs de tous les types d'actes de violence physique.

En deuxième lieu, la famille demeure l'unité de base de la société et les comportements qui y sont observés et appris se répercutent à tous les autres niveaux de la société. Par conséquent, il convient aux membres de l'institution familiale de se transformer pour intérioriser le principe de l'égalité entre femmes et hommes. Si, en outre, l'amour et l'unité cimentent les rapports familiaux, leur effet se fera ressentir au-delà du cadre familial et agira sur la société dans son ensemble.

En troisième lieu, alors que l'objectif général de toute société est d'éduquer l'ensembleses membres, il est plus urgent, à ce stade de l'histoire, d'instruire les femmes et les filles. [38] Pendant plus de vingt ans, les études ont systématiquement montré que, de tous les investissements, ce dernier est dans l'ensemble le plus productif en termes de développement social, de suppression de la pauvreté et de progrès pour la collectivité. [39]

En quatrième lieu, le dialogue global sur le rôle des hommes et des femmes doit promouvoir et faire admettre la complémentarité intrinsèque des deux sexes. En effet, leurs différences sont une assertion naturelle de l'idée que tout deux ont besoin de travailler ensemble à se réaliser, autant pour perpétuer la race humaine que pour faire progresser la civilisation. Leurs différences sont inhérentes au caractère interactif de leur humanité commune. Ce dialogue devra examiner quelles sont les forces historiques qui ont conduit à l'oppression des femmes ainsi que les nouvelles réalités spirituelles, politiques et sociales qui façonnent la civilisation d'aujourd'hui.

L'analogie suivante, tirée des écrits bahá'ís, pourrait fort bien servir de point de départ à ce dialogue: "Le monde de l'humanité possède deux ailes - l'une représente les hommes, l'autre les femmes. Tant que les deux ailes ne seront pas également développées, l'oiseau ne pourra pas voler. Si une aile demeure faible, l'envol est impossible." [40] Voici, en outre, trois propositions de mesures spécifiques à prendre.


1. Accroître la participation des femmes au sein des délégations gouvernementales

Nous proposons que les Etats membres soient encouragés à nommer un nombre croissant de femmes à des postes d'ambassadeurs ou autres postes diplomatiques.


2. Encourager la ratification universelle des conventions internationales garantissant les droits des femmes et améliorant leur condition

Comme pour les conventions internationales sur les droits de l'homme, le Secrétaire général et tous les organes de l'ONU ne devraient manquer aucune occasion d'encourager les Etats membres à ratifier les conventions et protocoles garantissant les droits de la femme et visant l'amélioration de sa condition.


3. Prendre les dispositions nécessaires pour la mise en oeuvre de la Plate-forme d'action de Pékin

La déclaration sur les stratégies prospectives d'action adoptée à la conférence de Nairobi était fort audacieuse et témoignait d'une grande imagination, mais son application est restée lettre morte. [41] S'il est une leçon à tirer de cette malheureuse expérience, à notre avis, c'est qu'il faudrait réfléchir aux moyens d'éviter le même sort à la Plate-forme d'action issue de la conférence de Pékin.

Nous proposons à cet effet, la création d'un système de surveillance qui permette de faire le point sur l'application des mesures adoptées et d'en faire rapport une fois par an à l'Assemblée générale, en classant les Etats membres selon qu'ils ont plus ou moins bien respecté les engagements pris.


D. Préconiser le développement moral

L'intégration des êtres humains dans des groupes de plus en plus larges, bien qu'influencée par la culture et la géographie, a été favorisée pour une large part par la religion, qui est l'agent le plus puissant de la transformation des attitudes et des comportements humains. Par religion toutefois, nous entendons son fondement ou sa réalité essentiels, et non les dogmes et les imitations aveugles qui s'y sont peu à peu incrustés et qui sont à l'origine de son déclin et de son effacement.

Selon les termes d'`Abdu'l-Bahá, "la civilisation matérielle est comme le corps. Aussi gracieux, élégant et beau qu'il puisse être, il est inanimé. La civilisation divine est comme l'esprit; le corps reçoit la vie de l'esprit... Privé d'esprit, il devient cadavre." [42]

La question de promouvoir des valeurs ou une morale spécifiques risque de faire l'objet de controverses, en particulier en cette époque de relativisme humaniste. Nous sommes néanmoins fermement convaincus qu'il existe un ensemble de valeurs communes à tous, escamotées par ceux qui, pour des raisons politiques, exagèrent les différences mineures existant entre les pratiques religieuses et culturelles. [43] Ces vertus fondatrices, enseignées dans toutes les communautés spirituelles, servent de cadre de base au développement moral.

Une réflexion sur les points communs inhérents aux grandes religions et aux systèmes moraux du monde révèle que ceux-ci préconisent tous l'unité, la coopération et l'harmonie entre les individus, enseignent la façon de se comporter de manière responsable, et poussent à cultiver les vertus qui fondent les rapports de confiance et les relations respectueuses des principes. [44]


1. Promouvoir la mise en place d'un cursus moral dans les écoles

Nous préconisons le lancement d'une campagne universelle pour promouvoir l'éducation morale. Autrement dit, pour encourager et soutenir, partout dans le monde, les initiatives locales visant à introduire une dimension morale dans l'enseignement scolaire. Cela pourrait nécessiter la tenue de conférences, la publication de matériel adéquat et l'organisation de quantités d'autres activités de soutien, dont toutes sont un solide investissement pour les générations à venir.

Cette opération en faveur du développement moral pourrait commencer par quelques idées simples. Par exemple, la rectitude, la loyauté, et l'honnêteté sont les bases de la stabilité et du progrès; l'altruisme devrait présider à toutes les entreprises humaines, de sorte que la sincérité et le respect d'autrui imprègnent naturellement les actions de tout un chacun; la véritable source de bonheur et d'honneur se trouve dans le service rendu à l'humanité; il donne sens à la vie.

Cette campagne ne peut réussir à notre avis que dans la mesure où ses auteurs se fieront à la force de la religion. La doctrine de la séparation de l'Eglise et de l'Etat ne devrait pas servir de prétexte pour retenir l'influence salutaire de la religion. Il faudra en particulier solliciter la participation des communautés religieuses à cette entreprise majeure, en qualité de collaborateurs et partenaires.

Avec le temps, cette campagne permettra d'accélérer un processus d'autonomisation individuelle qui transformera la façon dont tous, sans considération de classe, de statut social, ou d'origine ethnique ou religieuse, se comporteront les uns envers les autres dans leur société.


V. Tournant pour les nations : un appel aux dirigeants du monde

Les nations sont arrivées à un tournant dans leur évolution.

"L'unification de l'humanité tout entière est le signe du stade qu'approche à présent la société humaine. L'unité de la famille, celle de la tribu, de la cité, de la nation ont été successivement tentées et pleinement établies. L'unité du monde est maintenant le but que s'efforce d'atteindre une humanité harassée. L'édification des nations a pris fin. L'anarchie inhérente à la souveraineté de l'Etat va vers son point culminant. Un monde qui progresse vers sa maturité doit abandonner ce fétiche, il doit reconnaître l'unité et la totalité organique des relations humaines, et établir une fois pour toutes le mécanisme qui incarne le mieux ce principe fondamental de son existence." [45]

Il y a plus d'un siècle, Bahá'u'lláh enseignait qu'il n'y a qu'un seul Dieu, une seule race humaine, et que toutes les religions du monde sont des étapes de la révélation par Dieu de sa volonté pour l'humanité et du but qu'Il lui a assigné. Il annonçait alors la venue du jour, promis dans toutes les écritures sacrées du monde, où l'humanité pourrait enfin être témoin de l'unification de tous les peuples en une société pacifique et intégrée.

Selon lui, la destinée de la personne humaine ne dépend pas simplement de l'instauration d'une société matériellement prospère, mais aussi de l'édification d'une civilisation planétaire qui l'encourage à agir en être moral, conscient de sa véritable nature et capable d'atteindre un épanouissement bien plus grand que celui auquel il pourrait accéder par le seul biais du bien-être matériel, fût-il absolu.

Bahá'u'lláh fut aussi un des premiers à utiliser l'expression "nouvel ordre mondial" pour désigner les changements considérables à venir dans la vie politique, sociale et religieuse du monde. "Déjà, on peut entrevoir des signes de chaos et d'imminentes convulsions, d'autant que l'ordre qui maintenant prévaut s'avère d'une lamentable insuffisance", écrivait-il. "Bientôt, le présent ordre des choses sera révolu et un nouveau le remplacera". [46]

C'est ainsi qu'il fit aux dirigeants de la société et à ses membres la recommandation suivante: "Il n'appartient pas à celui qui aime sa patrie de s'enorgueillir, mais plutôt à celui qui aime le monde entier. La terre n'est qu'un seul pays et tous les hommes en sont les citoyens." [47]

Les dirigeants de la prochaine génération doivent par dessus tout se sentir poussés par un désir sincère de servir l'ensemble de la collectivité, et comprendre que le pouvoir est une responsabilité, et non une voie vers les privilèges. Pendant trop longtemps, dirigeants et sujets ont conçu le pouvoir comme étant l'affirmation d'un contrôle sur les autres. En réalité, notre époque exige une nouvelle définition du pouvoir et un nouveau type de leader. [48]

Cela est particulièrement vrai de la scène internationale. Pour créer la confiance, la gagner, et susciter chez les habitants de la planète une tendre affinité pour les institutions de l'ordre international, ces dirigeants devront méditer sur leurs propres actions.

Même si, sur le plan personnel, ces derniers sont des personnes intègres aux antécédents irréprochables, ils doivent contribuer à restaurer la confiance dans les pouvoirs publics. Il faut qu'ils incarnent l'honnêteté, l'humilité et la sincérité en cherchant à faire la lumière sur une situation donnée. Ils doivent se conformer à des principes, se laisser guider par eux, et agir au mieux des intérêts à long terme de l'ensemble de l'humanité.

"Que votre vision embrasse le monde, plutôt que de la confiner à vous-mêmes", écrivait Bahá'u'lláh. "Ne vous attardez pas sur vos propres soucis; fixez vos pensées sur ce qui réhabilitera la destinée de l'humanité et sanctifiera le coeur et l'âme des hommes." [49]


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Notes bibliographiques sur "Tournant pour les nations"

1. Boutros-Ghali, Boutros. 1992. Agenda pour la Paix: Diplomatie préventive, rétablissement de la paix, maintien de la paix. Rapport présenté par le Secrétaire général en application de la déclaration adoptée par la Réunion au sommet du Conseil de sécurité le 31 janvier, New York: Nations Unies.

2. Le préambule de la Charte de l'ONU est certainement un des passages les plus inspirés de l'histoire de la conduite des affaires publiques :

"NOUS PEUPLES DES NATIONS UNIES RESOLUS

"à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances,

"à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites,

"à créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international,

"à favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande,

"ET A CES FINS

"à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l'un avec l'autre dans un esprit de bon voisinage,

"à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales,

"à accepter des principes et instituer des méthodes garantissant qu'il ne sera pas fait usage de la force des armes, sauf dans l'intérêt commun,

"à recourir aux institutions internationales pour favoriser le progrès économique et social de tous les peuples,

"AVONS DECIDE D'ASSOCIER NOS EFFORTS POUR REALISER CES DESSEINS.

"En conséquence, nos gouvernements respectifs, par l'intermédiaire de leurs représentants, réunis en la ville de San Francisco, et munis de pleins pouvoirs reconnus en bonne et due forme, ont adopté la présente Charte des Nations Unies et établissent par les présentes une organisation internationale qui prendra le nom de Nations Unies."

ONU. 1994. Charte de l'ONU et statut de la Cour internationale de justice. Département de l'information des Nations Unies -. DPI/5111 - 40109 (3-90) - OM.

3. Banque mondiale. 1994. Rapport sur le développement dans le monde 1994. pp 162-163 (Oxford: Oxford University Press.)

4. Un certain nombre de propositions ont été récemment émises sur la nécessité de réformer le système de l'ONU dans des domaines précis. Notre avenir à tous, le rapport de la Commission mondiale sur l'environnement et le développement, par exemple, suggère un certain nombre de changements, comme la création d'un "Conseil spécial pour le développement durable" chargé de coordonner les actions de l'ONU pour favoriser le développement tout en protégeant l'environnement.
La Commission sur l'environnement et le développement, Notre avenir à tous. Paris, Editions du Fleuve, 1989.

De même, le rapport de la Commission Brandt, Common Crisis North-South: Co-operation for World Recovery, propose des réformes dans les domaines critiques de la finance, du commerce et de l'énergie, dans la mesure où ils affectent les déséquilibres nord-sud.
La Commission Brandt, Common Crisis North-South: Co-operation for World Recovery, Londres, Pan Books, 1983.

La littérature qui propose de vastes changements au sein de l'ONU est également volumineuse et ne cesse d'augmenter, en particulier en préparation du 50e anniversaire de l'ONU. Les premières grandes réévaluations sérieuses de l'ONU ont débuté dans les années 1950, à l'approche du 10e anniversaire de la Charte. C'est ainsi que la publication en 1958 de l'ouvrage de Louis B. Sohn and Grenville Clark, World Peace Through World Law, où figure une des premières propositions sérieuses d'éliminer le droit de veto, doit être considérée comme un événement marquant.
Grenville Clark, et Louis B. Sohn, World Peace Through World Law, Cambridge, Mass., Harvard University Press, 1966.

Parmi les propositions plus récentes, il y a The Stockholm Initiative, qui donne une vision généraliste de ce qui pourrait être fait pour renforcer l'ONU, au récent ouvrage de Harold Stassen, United Nations: a Working Paper for Restructuring, qui propose une révision de la Charte de l'ONU article par article. Le dernier livre de Benjamin Ferencz, New Legal Foundations for Global Survival, offre une série de suggestions de réformes réalistes et à caractère juridique, fondées sur l'idée que les nations, les peuples et les individus doivent être libres de suivre leur destinée comme bon leur semble - à condition qu'ils ne menacent ni ne détruisent les droits fondamentaux d'autrui à vivre dans la paix et la dignité.
The Stockholm Initiative on Global Security and Gouvernance 1991. i>Common Responsibility in the 1990's. (Stockholm: Prime Minister's Office, Stockholm, Sweden.)
Harold Stassen, United Nations: a Working Paper for Restructuring, Minneapolis, Learner Publications Company, 1994.
Benjamin Ferencz, New Legal Foundations for Global Survival, Oceana Publications, 1994.

5. La Commission de gouvernance globale, Our Global Neighborhood, New York, Oxford University Press, 1995.

6. De nombreux auteurs ont reconnu la réalité de l'unité et en ont compris les implications pour l'évolution de la société humaine; parmi eux, le paléontologiste Richard Leaky: "Nous formons une seule espèce, un seul peuple. Chaque individu sur cette terre appartient à l'"homo sapiens sapiens", et les variations géographiques observées chez les peuples ne sont que des nuances biologiques d'une palette de base. L'aptitude humaine à la culture permet son développement dans des sens très largement différents et très colorés. Les différences souvent profondes relevées entre ces cultures doivent être prises pour ce qu'elles sont réellement: la déclaration fondamentale d'appartenir à l'espèce humaine." (Traduction libre)
Richard E. Leaky, et Rodger Lewin, Origins: What new discoveries reveal about the emergence of our species and its possible future, New York, Dutton, 1977.

De façon générale, les écrits de Shoghi Effendi offrent une large et complète interprétation du concept de l'unité de l'humanité. La façon dont les bahá'ís conçoivent cette notion se trouve brièvement exposée dans L'ordre Mondial de Bahá'u'lláh.
Shoghi Effendi, L'Ordre Mondial de Bahá'u'lláh, Bruxelles, Maison d'éditions bahá'íes, 1993, pp. 37-38.

7. Nous ne sommes pas seuls à faire cette proposition. La Commission de gouvernance globale écrit dans son rapport, Our Global Neighborhood: "Nous recommandons à l'Assemblée générale de décider de tenir une Conférence mondiale sur la gouvernance en 1998, dont les décisions devront être ratifiées et mises en pratique d'ici l'an 2000." (Traduction libre)
Rapport de la Commission de gouvernance globale, Our Global Neighborhood, New York, Oxford University Press, 1995, p. 351.

8. Deux maximes très usitées illustrent ce principe. "Small is beautiful", qui a désigné dans les années 70 un principe économique, s'applique de la même manière à la conduite des affaires publiques. Selon Schumacher: "Dans le domaine des affaires humaines, il apparaît qu'on a toujours besoin simultanément d'au moins deux choses qui semblent être incompatibles et s'exclure l'une l'autre. Nous avons toujours besoin de liberté et d'ordre. Nous avons besoin de la liberté de milliers et de milliers de petites unités autonomes, et dans le même temps, du caractère ordonné d'une unité et d'une coordination vaste et peut-être mondiale." (Traduction libre)
Schumacher, E.F. Small is beautiful: Economics as if People Mattered, New York, Harper and Row, 1973, p. 65.

"Penser globalement, agir localement", slogan promu par les activistes du développement communautaire et de l'environnement, offre une perspective où le besoin de coordination générale globale se trouve soigneusement équilibré par le besoin d'autonomie locale et nationale.

9. "Loin de viser à la subversion des fondements existants de la société...[un système mondiale de gouvernance] cherche à en élargir les bases et à en remodeler les institutions pour les adapter aux besoins d'un monde en évolution constante. Elle ne peut entrer en conflit avec aucune allégeance légitime, pas plus qu'elle ne peut ébranler les loyalismes fondamentaux. Son objet n'est point d'étouffer la flamme d'un patriotisme sain et intelligent dans le coeur des hommes, ni d'abolir le système de l'autonomie nationale, qui est si indispensable si l'on veut éviter les maux liés à une centralisation excessive. Elle n'ignore pas, ni ne veut supprimer, la diversité due aux origines ethniques, au climat, à l'histoire, aux langues et aux traditions, aux manières de penser et aux coutumes qui différencient les nations et les peuples du monde. Elle en appelle à une loyauté plus large, à une aspiration plus vaste que celles qui ont jamais animé la race humaine; elle insiste sur la nécessité de subordonner les impulsions et les intérêts nationaux aux revendications impérieuses d'un monde unifié; elle refuse une centralisation excessive d'une part, et rejette toute tentative d'uniformité, de l'autre."
Shoghi Effendi, L'Ordre Mondial de Bahá'u'lláh, Bruxelles, Maison d'éditions bahá'íes, 1993, p.36-37.

10. Ecrivant dans les années 30, Shoghi Effendi, alors chef de la communauté mondiale bahá'íe, a tracé dans les grandes lignes quelques-unes des fonctions et des responsabilités d'un futur organe législatif mondial. Par exemple, "une législature universelle dont les membres, en tant que mandataires de l'humanité tout entière, ...édicteront les lois nécessaires pour régler la vie, pourvoir aux besoins et harmoniser les relations de tous les peuples et de toutes les races."
Shoghi Effendi, L'Ordre Mondial de Bahá'u'lláh, Bruxelles, Maison d'éditions bahá'íes, 1993, p.197.

Cette opinion est partagée par des érudits comme Jan Tinbergen, Prix Nobel d'économie en 1969, pour lequel, "Les problèmes de l'humanité ne peuvent être résolus par les pouvoirs publics nationaux. Un Gouvernement mondial est devenu nécessaire. La meilleure façon de l'établir est de renforcer le système des Nations Unies."
Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Rapport mondial sur le développement humain, 1994, De nouvelles institutions pour le XXIe siècle, Paris, Economica, p.94.

11. Bahá'í International Community. Proposal to the United Nations for Charter Revision. 23 mai 1955. Traduction libre.

12. Dans tous ses écrits, Bahá'u'lláh ne cesse d'employer les termes "ordre", "ordre mondial" et "nouvel ordre mondial" pour décrire la vague continue et capitale des changements à venir dans la vie politique, sociale et religieuse du monde. A la fin des années 1860, il écrivait: "L'équilibre du monde a été détruit sous l'action vibrante de ce très grand, de ce nouvel ordre mondial. L'ordre sur lequel reposait jusque-là l'humanité a été révolutionné par cet unique et merveilleux système, dont les yeux mortels n'avaient jamais vu l'équivalent."
Bahá'u'lláh, Extraits des Ecrits de Bahá'u'lláh, Bruxelles, Maison d'éditions bahá'íes, 1979, p. 90.

13. `Abdu'l-Bahá, Le Secret de la Civilisation Divine, traduit de l'anglais de Marzieh Gail par Marthe Grondin, Bruxelles, Maison d'éditions bahá'íes, 1973, p. 44.

14. Institut de Recherche des Nations Unies pour le Développement social (UNRISD), Etat de désarroi: les répercussions sociales de la mondialisation, London, KPC Group, 1995.

15. Nombreuses sont les manières par lesquelles une Commission de cette nature, ou même l'organe législatif mondial lui-même, peut s'employer à définir des frontières justes et équitables pour toutes les nations. Mais, quel que soit le caractère apparemment effrayant de la tâche, celle-ci est une partie importante du processus d'édification d'un nouvel ordre. Selon `Abdu'l-Bahá, "La vraie civilisation déploiera son étendard au coeur même du monde quand un certain nombre de ses distingués souverains à l'esprit magnanime - brillants exemples de dévotion et de détermination - se lèveront, lucides et résolus et pour le bien et le bonheur de l'humanité entière, afin d'instaurer la cause de la paix universelle. Ils doivent faire de la cause de la paix l'objet d'une consultation générale et chercher par tous les moyens en leur pouvoir à établir une union des nations du monde. Il doivent conclure un traité ferme et établir une alliance dont les stipulations seront saines, inviolables et définitives. Ils doivent la proclamer au monde entier et la faire sanctionner par toute la race humaine. Cette suprême et noble entreprise - source réelle de paix et de bien-être pour le monde entier - devra être considérée comme sacrée par tous les habitants de la terre. Toutes les forces de l'humanité doivent être mobilisées pour assurer la stabilité et la permanence de cette très grande alliance. Dans ce Pacte intégral, les limites et les frontières de chaque nation devraient être clairement fixées, les principes sous-jacents aux relations intergouvernementales définitivement établis, et tous les accords et obligations internationaux nettement définis. De même, l'importance de l'armement de chaque gouvernement devrait être strictement délimitée car s'il est permis à une nation quelconque d'accroître ses préparatifs de guerre et ses forces militaires, cela susciterait la suspicion chez les autres. Le principe fondamental sous-jacent à ce pacte solennel devrait être établi de telle sorte que si quelque gouvernement devait ultérieurement violer l'une quelconque de ses clauses, tous les gouvernements de la terre devraient se lever pour le réduire à une complète soumission, mieux encore, la race humaine tout entière devrait prendre la résolution de l'exterminer par tous les moyens à sa disposition. Ce remède par excellence serait-il appliqué au corps malade du monde qu'il guérirait assurément de ses maux et demeurerait éternellement sain et sauf."
`Abdu'l-Bahá, Le Secret de la Civilisation Divine, traduit de l'anglais de Marzieh Gail par Marthe Grondin, Bruxelles, Maison d'éditions bahá'íes, 1973, p. 88-90.

16. Selon un récent article du New York Times, les dons de bienfaisance aux Etats-Unis ont augmenté de 3,6% à 130 milliards de dollars, en 1994.
Karen W. Arenson, "Charitable Giving Rose 3,6% in 1994, Philanthropy Trust Says," The New York Times, Thursday, 25 May 1995, sec.A, p. 22.

17. "En ce qui concerne la question d'une langue internationale... En tant que bahá'ís, nous sommes impatients de voir adoptée au plus vite une langue auxiliaire universelle; nous ne préconisons, pour tenir ce rôle, aucune langue en particulier. Si les gouvernements du monde s'accordent sur une langue existante, ou sur une nouvelle langue construite de toutes pièces, à employer à l'échelon international, nous soutiendrons leur initiative de tout coeur parce qu'il nous tarde de voir franchie cette étape de l'unification de la race humaine."
Shoghi Effendi, Directives of the Guardian, traduction libre, Wilmette, Ill. , Bahá'í Publishing Trust, p. 39.

Par cette proposition, nous souhaiterions attirer l'attention sur le terme "auxiliaire". Les enseignements bahá'ís valorisent et favorisent la diversité culturelle, non l'uniformité. A ce stade de l'histoire par conséquent, nous n'envisageons pas l'imposition d'une seule langue dans le monde entier. Au contraire, nous estimons que les peuples et les nations devraient préserver leurs propres langues locales ou nationales, tout en étant encouragés à apprendre une langue universelle. Certes cette dernière devrait finir par être enseignée comme sujet obligatoire dans toutes les écoles du monde. Mais cela ne devrait en aucune manière porter atteinte aux expressions légitimes de la diversité culturelle et linguistique locale et nationale.

18. "Le jour approche où tous les peuples du monde adopteront une langue universelle et une écriture commune. Quand ceci sera réalisé, tout voyageur, dans quelque ville qu'il s'arrêtera, aura l'impression d'y être chez lui."
Bahá'u'lláh, Extraits des Ecrits de Bahá'u'lláh, Bruxelles, Maison d'éditions bahá'íes, 1979, p. 164.

19. Dans une "contribution spéciale" au Rapport sur le développement humain de 1994, James Tobin, lauréat du prix Nobel d'économie en 1981, fait remarquer qu'"une monnaie unique permanente" supprimerait de nombreux, voire tous les troubles actuellement associés aux considérables spéculations d'argent sur les marchés mondiaux aujourd'hui. Estimant qu'une seule monnaie mondiale de ce genre est probablement encore un voeu lointain, il propose d'adopter, à titre de mesure intérimaire, une "taxe internationale uniforme" sur les transactions en devises au comptant.
Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Rapport mondial sur le développement humain, 1994, Une taxe sur les transactions internationales en devises, Paris, Economica, p. 75.

20. Le principe de la sécurité collective a été préconisé par Bahá'u'lláh il y a plus d'un siècle dans une lettre aux rois et dirigeants du monde: "Soyez unis, ô Rois de la terre, car de la sorte la tempête de la discorde s'apaisera parmi vous et vos peuples trouveront le repos, si vous êtes de ceux qui comprennent. Si l'un de vous prenait les armes contre un autre, levez-vous tous contre lui, car ce ne sera là que justice manifeste."
Bahá'u'lláh, Extraits des Ecrits de Bahá'u'lláh, Bruxelles, Maison d'éditions bahá'íes, 1979, p. 167.

21. Rapport du Groupe de travail indépendant sur le futur de l'ONU. The United Nations in its Second Half-Century, Yale University Press Service, 1995, p. 16.

22. Glenview Foundation, The Stassen Draft Charter for a New United Nations to Emerge from the Original, to Serve World Peace and Progress for the Next Forty Years, Philadelphia, Glenview Foundation, 1985.
Grenville Clark and Louis B. Sohn, World Peace Through World Law, Cambridge, Mass., Harvard University Press, 1966.
Keith Hindell, "Reform of the United Nations ?" in The World Today: Journal of the Royal Institute of International Affairs, United Kingdom, Feb. 1992, Vol. 48, No. 2. pp. 30-33.
John Logue, "New World Order Means Reformed U.N.", World Federalists News, July 1992.
Benjamin B. Ferencz and Ken Keyes Jr., Planethood: The Key to Your Future, Coos Bay, Oregon, Love Line Books, 1991.
Boutros-Ghali, Boutros. 1992. Agenda pour la Paix: Diplomatie préventive, rétablissement de la paix, maintien de la paix. Rapport présenté par le Secrétaire général en application de la déclaration adoptée par la Réunion au sommet du Conseil de Sécurité le 31 janvier, New York: Nations Unies.

23. Ce qui ne veut pas dire qu'il faille attendre que ce type de force soit complètement mise sur pied pour commencer à interdire les armes de ce genre.

24. Mahbub ul Haq, 1994. Conseiller principal de l'administrateur du PNUD. Chef d'équipe du Groupe chargé de préparer les rapports annuels du PNUD sur le développement humain qui ont jeté, ces dernières années, un nouvel éclairage sur la théorie et la pratique du développement, et notamment sur le nouveau concept de sécurité humaine.

25. Erskine Childers, ed. Challenges to the United Nations: Building a Safer World, New York, St. Martin's Press, 1994, pp. 21-25.

26. John Huddleston, The Search for a Just Society, Kidlington, Oxford, George Ronald, 1989.

27. Il y a environ 75 ans, `Abdu'l-Bahá faisait les suggestions suivantes à propos d'un futur tribunal international: "les assemblées nationales de chaque pays et de chaque nation - c'est-à-dire les parlements - doivent élire deux ou trois personnes considérées comme les plus éminentes de chaque nation, bien informées des lois internationales et des relations intergouvernementales et connaissant bien les besoins essentiels de l'humanité à notre époque. Le nombre de ces représentants doit être proportionnel à celui des habitants de chaque pays. L'élection de ces hommes, choisis par l'assemblée nationale - c'est-à-dire le parlement - doit être ratifiée à la fois par la chambre haute, le congrès et le cabinet, ainsi que par le président ou le souverain, afin que ces personnes puissent être les élus de toute la nation et de son gouvernement. C'est parmi eux que seront élus les membres du Tribunal suprême, et toute l'humanité y aura ainsi sa part, car chacun de ces délégués est entièrement représentatif de son propre pays. Lorsque le Tribunal suprême rendra un jugement sur un problème international - soit à l'unanimité, soit à la majorité, - le plaignant n'aura plus aucun prétexte pour se plaindre et le défendeur aucun motif d'objection. Dans le cas où l'un quelconque des gouvernements ou nations commettrait des négligences ou des manoeuvres dilatoires dans l'exécution de la décision irrévocable du Tribunal suprême, les autres nations s'élèveront contre ce gouvernement ou pays, car tous les gouvernements ou pays du monde seront les défenseurs de ce Tribunal suprême. Réfléchissez combien solide est ce fondement par les soins d'une Société des Nations limitée et restreinte, le but ne sera pas atteint comme il le faudrait."
Sélections des Ecrits d'`Abdu'l-Bahá, Compilés par le Département de recherches de la Maison Universelle de Justice. Traduction française de Pierre Coulon, Bruxelles, Maison d'éditions bahá'íes, 1983, pp. 305-306.

28. A l'heure actuelle par exemple, la juridiction de la Cour est limitée 1) aux affaires que les parties portent ensemble devant elle, par un accord spécial, 2) aux questions concernant un traité ou une convention en vigueur qui prévoit le recours à la Cour, et 3) à des catégories spécifiques de différends d'ordre juridique entre Etats, pour lesquels ceux-ci ont reconnu la compétence de la Cour comme obligatoire.
Europa World Year Book, 1994, Vol. I. International Court of Justice, p. 22.

29. Bahá'u'lláh, Extraits des Ecrits de Bahá'u'lláh, Bruxelles, Maison d'Editions Bahá'íes, 1979, p. 171.

"L'exigence primordiale, la plus urgente, est la promotion de l'éducation. Il est inconcevable qu'une nation quelconque parvienne à la prospérité et au succès sans se préoccuper de ce problème suprême et fondamental. La première raison du déclin et de la chute des peuples est l'ignorance. De nos jours, la masse est ignorante même sur les questions courantes, et est donc d'autant moins en mesure de comprendre d'une manière complète les importants problèmes et les besoins complexes actuels."
`Abdu'l-Bahá, Le Secret de la Civilisation Divine, traduit de l'anglais de Marzieh Gail par Marthe Grondin, Bruxelles, Maison d'éditions bahá'íes, 1973, p. 137.

"Cette même différence s'observe chez les animaux; certains ont été domestiqués, éduqués, d'autres sont laissés à l'état sauvage. Il est clairement démontré que si le monde de la nature n'est pas parfait, celui de l'éducation l'est. Autrement dit, l'homme se libère des exigences de la nature par l'instruction et la culture; en conséquence, l'éducation est nécessaire, voire obligatoire. Mais il y a plusieurs types d'éducation. L'entraînement et le développement du corps physique lui permet d'acquérir de la force et de croître. L'éducation intellectuelle ou la formation mentale est dispensée dans les établissements scolaires et les lycées. Le troisième type d'éducation est celle de l'esprit. C'est le souffle de l'Esprit sain qui élève l'homme vers le monde moral et l'illumine de l'éclat des bienfaits divins. Il ne peut atteindre ce monde que sous l'effet de la splendeur du Soleil de Réalité et de l'influence revivifiante de l'esprit divin."
`Abdu'l-Bahá, dans un disciurs prononcé à St. Paul le 20 septembre 1912. The Promulgation of Universal Peace. p. 329-330, traduction libre.

30. Les gouvernements et leurs partenaires doivent garder à l'esprit que l'égalité matérielle n'est ni réalisable, ni désirable. L'égalité absolue est une chimère. A différentes étapes cependant, la nécessité de redistribuer certaines des richesse du monde se fera sentir. Il devient en effet de plus en plus clair que le capitalisme débridé n'offre pas non plus de réponse. Une certaine réglementation et redistribution sont nécessaires pour promouvoir une justice matérielle. A cet égard, le prélèvement d'un impôt sur le revenu est, en principe, l'un des moyens les plus justes et les plus équitables. Il faut aussi laisser une place au partage volontaire des richesses - tant sur le plan individuel que sur le plan institutionnel. L'égalité des chances pour l'avancement et le progrès économiques toutefois, doit faire partie intégrante du tissu même du nouvel ordre. Enfin, la réglementation la plus importante pour tout système économique, est la réglementation morale qui prend sa source dans les coeurs et les esprits.

31. La création d'un Fonds pour l'environnement mondial est un premier pas louable dans la bonne direction et peut se révéler utile à long terme comme un des instruments qui pourraient financer Action 21, si son cadre opérationnel est élargi et son mandat redéfini.

32. Conférence mondiale des droits de l'homme, Déclaration et Programme d'action de Vienne. 14-25 juin 1993, Vienne, Autriche.

33. Ce concept se trouve exposé plus en détail dans la déclaration du bureau d'information de la Communauté internationale bahá'íe publiée en février 1995, Vers une humanité prospère: "L'activité la plus intimement liée à la conscience, qui est le propre de la nature humaine, est la faculté d'explorer personnellement la réalité. La liberté de rechercher le but de l'existence et de développer des dons potentiels, qui rendraient un tel but accessible, a besoin d'être protégée. Les êtres humains ont le droit d'accéder librement au savoir. Qu'une telle liberté soit souvent dévoyée et que ce dévoiement soit, de façon flagrante, encouragé par certains aspects de la société contemporaine, n'enlève rien à la validité de cet élan.

Cet élan distinctif de la conscience humaine est la justification morale de nombre des droits inscrits dans la Déclaration universelle et dans d'autres pactes y relatifs. L'éducation universelle, la liberté de mouvement, l'accès à l'information et la possibilité de participer à la vie politique sont tous des aspects de son action qui nécessitent une garantie explicite de la part de la communauté internationale. Il en est de même de la liberté de pensée et de croyance, qui inclut la liberté religieuse, ainsi que du droit d'avoir des opinions et de les exprimer correctement.

L'humanité étant une et indivisible, chacun de ses membres est un gage qui lui est confié dès la naissance. Cette responsabilité constitue le fondement moral de la plupart des autres droits - économiques et sociaux notamment - que les textes des Nations Unies tentent de définir: droit à la sécurité de la famille et du foyer, droit à la propriété et à la vie privée. La communauté pour sa part, a, entre autres, l'obligation de fournir du travail, de pourvoir aux besoins de santé physique et mentale, d'assurer une sécurité sociale, un salaire décent, des périodes de repos et de loisirs, enfin d'offrir toute une série d'autres services que les membres d'une société peuvent légitimement attendre d'elle, à titre individuel.

Ce principe de la responsabilité collective signifie aussi que tous sont en droit d'attendre des lois nationales et internationales qu'elles préservent les éléments culturels essentiels à l'identité de chacun. A l'instar du réservoir génétique de la vie biologique de l'être humain et de son environnement, l'immense richesse de notre variété culturelle, acquise au fil de milliers d'années est vitale au développement économique et au progrès social d'une race humaine qui, dans son intégralité, atteint la maturité. Elle représente un patrimoine qui devrait pouvoir fructifier dans le cadre d'une civilisation mondiale. D'une part, il faut protéger les expressions culturelles des influences matérialistes étouffantes actuellement à l'oeuvre, d'autre part permettre aux cultures d'agir les unes sur les autres pour former des modèles de civilisation en constante mutation, libres de toute manipulations à des fins de politique partisane."
Communauté internationale bahá'íe, Bureau d'information, Vers une humanité prospère, Haïfa, Centre mondial bahá'í, 1995.

34. En dernière analyse, le respect des droits de l'homme doit commencer dans la famille: "Comparez les nations du monde aux membres d'une famille. Une famille est une nation en miniature. Il vous suffit d'élargir le cercle du foyer pour obtenir une nation. Elargissez ensuite le cercle des nations, et vous avez toute l'humanité. Les conditions qui président au fonctionnement de la famille, président à celui de la nation. Les événements qui surviennent dans la famille surviennent aussi dans la vie de la nation. Une famille peut-elle progresser et évoluer si des dissensions apparaissent entre ses membres, si tous se combattent, se pillent, se jalousent, se vengent des torts causés les uns aux autres, et recherchent leur avantage égoïste? Non, ce serait effacer ses progrès. Il en va de même de la grande famille des nations, car les nations ne sont qu'un agrégat de familles. Ainsi, si les luttes et les dissensions détruisent une famille et l'empêchent de progresser, elles détruisent aussi les nations et entravent leur évolution."
`Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace: Talks delivered by `Abdu'l-Bahá during His visit to the United States and Canada in 1912, traduction libre, Wilmette, Ill.: Bahá'í Publishing Trust, 1982, pp. 174-175.

35. "Lorsque toute l'humanité recevra les mêmes chances en matière d'éducation, et que l'égalité entre femmes et hommes sera réalisée, les fondements de la guerre seront complètement détruits. Sans égalité, cet objectif est impossible à atteindre parce que toutes les différences et les distinctions conduisent à la discorde et aux querelles. L'égalité entre femmes et hommes conduit à l'abolition de la guerre pour la simple raison que les femmes ne consentiront jamais à l'approuver. Les mères ne donneront pas leurs fils en sacrifice sur les champs de bataille après avoir veillé vingt années durant sur leur éducation avec amour et dévouement depuis leur tendre enfance, quelle que soit la cause qu'ils sont appelés à défendre. Il ne fait aucun doute que lorsque les femmes obtiendront l'égalité des droits, les guerres cesseront complètement parmi les hommes."
`Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace: Talks delivered by `Abdu'l-Bahá during His visit to the United States and Canada in 1912, traduction libre, Wilmette, Ill.: Bahá'í Publishing Trust, 1982, pp. 174-175.

36. "Sachez une fois de plus que tant qu'hommes et femmes n'auront pas reconnu ni réalisé leur égalité, il n'y aura de progrès sociaux et politiques nulle part. En effet, le monde de l'humanité consiste en deux parties ou membres: l'une représente la femme, l'autre, l'homme. Tant que ces deux membres ne seront pas de force égale, l'humanité ne pourra réaliser son unité, ni atteindre au bonheur et à la félicité réelles. Si Dieu le veut, il en sera ainsi." Extrait d'un discours prononcé par `Abdu'l-Bahá devant la Fédération des Clubs de femmes, le 2 mai 1912, à Chicago, dans l'Illinois.
`Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace: Talks delivered by `Abdu'l-Bahá during His visit to the United States and Canada in 1912, traduction libre, Wilmette, Ill.: Bahá'í Publishing Trust, 1982, p. 77.

37. "Dans le passé, le monde a été gouverné par la force et l'homme a dominé la femme en raison des caractéristiques plus impétueuses et plus agressives inhérentes tant à son cerveau qu'à sa constitution. Mais la balance penche déjà: la force perd de sa prépondérance, et la vivacité d'esprit, l'intuition et les qualités spirituelles d'amour et de dévouement qui caractérisent la femme acquièrent de plus en plus d'ascendant. Aussi l'âge nouveau sera-t-il un âge moins masculin et plus imprégné d'idéaux féminins - ou pour parler plus exactement, ce sera un âge au cours duquel les éléments masculins et féminins de la civilisation se trouveront dans un juste équilibre."
`Abdu'l-Bahá cité in John E. Esslemont, Bahá'u'lláh et l'ère nouvelle, 6e édition révisée, Bruxelles, Maison d'Editions Bahá'íes, 1990, p. 161.

38. Ce principe selon lequel les femmes et les filles devraient avoir la priorité sur les hommes et les garçons pour ce qui est de l'accès à l'éducation, figure de longue date dans les enseignements bahá'ís. Dans un discours qu'il prononça en 1912, `Abdu'l-Bahá affirmait: "En proclamant l'unité de l'humanité, [Bahá'u'lláh] enseignait que femmes et hommes étaient égaux aux yeux de Dieu et qu'il ne fallait faire aucune distinction entre eux. La seule différence aujourd'hui tient au manque d'éducation et de formation. Si on donne aux femmes les mêmes chances en matière d'éducation, les distinctions et le sentiment d'infériorité disparaîtront... En outre, l'éducation des femmes revêt une importance plus grande que celle des hommes, car elles sont les mères de la race humaine, et ce sont elles qui élèvent les enfants. Les premiers éducateurs des enfants sont les mères. Par conséquent, elles doivent être formées de façon à éduquer garçons et filles. Les dispositions sur ce sujet sont nombreuses dans les écrits de Bahá'u'lláh.

Il préconisa l'adoption d'un même enseignement pour les hommes comme pour les femmes. Filles et garçons doivent suivre le même programme scolaire, de façon à promouvoir l'unité des sexes."
`Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace: Talks delivered by `Abdu'l-Bahá during His visit to the United States and Canada in 1912, traduction libre, Wilmette, Ill.: Bahá'í Publishing Trust, 1982, p. 174-175.

39. Lawrence H. Summers, Vice-président et Economiste en chef de la Banque mondiale, Investing in All the People, 1992. Aussi, USAID, 1989, Technical Reports in Gender and Development. Making the Case for the Gender Variable: Women and the Wealth and Well-being of Nations. Bureau des femmes dans le développement.

40. `Abdu'l-Bahá, Sélections des Ecrits d'`Abdu'l-Bahá, Bruxelles, Maison d'Editions Bahá'íes, 1983, p. 301.

41. Les stratégies prospectives d'action de Nairobi pour la promotion de la femme, adoptées par la Conférence mondiale chargée d'examiner et d'évaluer les résultats de la Décennie des Nations Unies pour la Femme: égalité, développement et paix. Nairobi, Kenya, 15-26 juillet 1985.

42. `Abdu'l-Bahá, Sélections des Ecrits d'`Abdu'l-Bahá, Bruxelles, Maison d'Editions Bahá'íes, 1983, p. 302.

43. La déclaration inter-confessionnelle intitulée "Towards a Global Ethic" (vers une éthique globale) rédigée par une assemblée de chefs religieux et spirituels de presque tous les principaux mouvements spirituels et religions du monde à l'occasion du Parlement des religions mondiales à Chicago en 1993, suggère qu'il est en réalité possible pour les religions du monde de trouver de nombreux points communs dans ce domaine. Il y est déclaré: " Nous affirmons qu'un ensemble commun de valeurs fondamentales se trouve dans les enseignements des religions, et que celles-ci constituent le fondement d'une éthique globale... Il existe déjà des directives anciennes sur le comportement humain dans les enseignements des religions du monde; elles sont la condition d'un ordre mondial durable."

44. La règle d'or, selon laquelle nous devrions traiter autrui comme nous souhaiterions être traités nous-mêmes, est une norme éthique diversement répétée dans toutes les grandes religions:

Bouddhisme: "Ne blesse pas les autres par des moyens que tu trouverais toi-même blessants." Udana-Varqa, 5:18.

Zoroastrisme: "Que la nature est bonne seulement lorsqu'elle ne fait pas à autrui ce qui n'est pas bon pour elle-même." Dadistan-i Dinik, 94:5.

Judaïsme: "Ce qui t'es haïssable, ne le fais pas à ton prochain. C'est là la loi entière, tout le reste n'est que commentaire." Le Talmud, Shabbat, 31a.

Hindouisme: "Ceci est la somme de toute véritable droiture: traite les autres comme tu voudrais toi-même être traité. Ne fais rien à ton voisin que tu ne voudrais pas le voir faire à ton égard par la suite." Le Mahabharata.

Christianisme: "Agissez envers les autres comme vous aimeriez qu'ils agissent envers vous." Luc 6:31

Islam: "Aucun d'entre vous n'est un croyant tant qu'il ne désire pas pour son frère ce qu'il désire pour lui-même." Sunnah.

Taoïsme: L'homme bon "doit avoir pitié des tendances malignes des autres; considérer leurs avantages comme si c'était les siens, et leurs pertes de la même manière." The Thai-Shang.

Confucianisme: "Ceci est sûrement la maxime de la générosité: ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'ils te fassent." Analects, XV, 23.

Foi bahá'íe: "Il ne devra pas souhaiter à autrui ce qu'il ne souhaite pas pour lui-même, ni promettre ce qu'il ne peut accomplir." Extraits.

45. Shoghi Effendi, L'Ordre Mondial de Bahá'u'lláh, Bruxelles, Maison d'éditions bahá'íes, 1993, p.196.

46. Bahá'u'lláh, The Proclamation of Bahá'u'lláh, Chaucer Press, Bungay, Suffolk, p. 107.

47. Bahá'u'lláh, Les Tablettes de Bahá'u'lláh, Bruxelles, Maison d'Editions Bahá'íes, 1994, p. 176.

48. La Commission de gouvernance globale écrit: "Tandis que le monde a besoin de réponses éclairées aux défis de l'aube d'un siècle nouveau, nous sommes préoccupés par l'absence de direction observé dans une vaste gamme d'affaires humaines. Aux échelons national, régional et international, au seins des collectivités et dans les organisations internationales, au sein des pouvoirs publics et dans les organes non gouvernementaux, le monde a besoin d'une direction crédible et durable.

Il a besoin d'une direction active et non uniquement réactive, inspirée et non simplement fonctionnelle, qui regarde vers le long terme et les générations futures pour lesquelles le présent est un legs à administrer. Il a besoin de dirigeants visionnaires, soutenus par une éthique, et témoignant du courage politique de voir au-delà de la prochaine élection.

Ce genre de leaders ne peut pas se confiner aux murailles nationales. Il doit dépasser la pays, la race, la religion, la culture, la langue, le style de vie. Il doit englober une circonscription humaine plus large, être imprégné d'un sentiment bienveillant pour autrui, un sens des responsabilités à l'égard du voisinage planétaire."
La Commission de gouvernance globale, Our Global Neighborhood, traduction libre, New York, Oxford University Press, 1995, p. 353

49. Bahá'u'lláh, Extraits des Ecrits de Bahá'u'lláh, Bruxelles, Maison d'Editions Bahá'íes, 1979, p. 7.

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WENDEZEIT
FÜR DIE
NATIONEN
VORSCHLÄGE ZUM THEMA GLOBAL GOVERNANCE
EIN STATEMENT DER
INTERNATIONALEN BAHÁ’Í-GEMEINDE

Wendezeit für die Nationen
Vorschläge zum Thema Global Governance
Ein Statement der Internationalen Bahá’í-Gemeinde
© 1996 by Bahá’í-Verlag, Hofheim/Ts.
ISBN 3-87037-322-9
Bestellziffer 451-331
Printed in Germany
INHALT
I. Überblick: Gelegenheit zum Innehalten – Seite 5
II. Den historischen Zusammenhang verstehen: Ein Aufruf an die Führer der Welt – Seite 8
III. Eine Neuorientierung der Vereinten Nationen – Seite 11
A. Neue Aufgaben für die Vollversammlung – Seite 12
1. Mindestvoraussetzung für eine Mitgliedschaft – Seite 13
2. Gründung einer internationalen Grenzkommission – Seite 13
3. Neue finanzielle Grundlagen – Seite 14
4. Welthilfssprache und gemeinsame Schrift – Seite 14
5. Die Möglichkeit einer einzigen Weltwährung – Seite 15
B. Stärkung der Exekutive – Seite 15
1. Einschränkung des Vetorechts – Seite 16
2. Einrichtung einer permanenten internationalen Militärstreitmacht – Seite 16
3. Kollektive Sicherheit auch bei anderen globalen Problemen – Seite 17
4. Erfolgreiche UN-Organisationen – Seite 17
C. Stärkung des Internationalen Gerichtshofes – Seite 17
1. Erweiterung der Zuständigkeit – Seite 18
2. Koordination der Spezialgerichtsbarkeiten – Seite 18
IV. Das Potential des einzelnen Menschen freisetzen.
Eine kritische Herausforderung der entstehenden internationalen Ordnung – Seite 19
A. Wirtschaftliche Entwicklung – Seite 20
1. Eine entschiedene Kampagne zur Erfüllung der Agenda 21 – Seite 21
B. Schutz der Grundrechte des Menschen – Seite 22
1. Der UNO-Apparat zur Überwachung, Durchsetzung und Erfolgskontrolle ist zu stärken – Seite 23
2. Die allgemeine Ratifikation der internationalen Menschenrechtskonventionen ist voranzutreiben – Seite 24
3. Die Achtung vor den Überwachungsorganen der Vereinten Nationen für die Menschenrechte muß gesichert werden – Seite 24
C. Förderung der Stellung der Frauen – Seite 25
1. Frauen müssen in den Delegationen der Mitgliedsstaaten stärker vertreten sein – Seite 26
2. Es muß zur Ratifikation internationaler Konventionen ermutigt werden, die die Rechte der Frau schützen und ihren Status verbessern – Seite 26
3. Die Erfüllung des Beijing–Aktionsprogramms ist vorauszuplanen – Seite 27
D. Die Bedeutung sittlicher Bildung – Seite 27
1. Lehrpläne zur ethisch-sittlichen Bildung in den Schulen sind zu entwickeln – Seite 28
V. Menschheit am Wendepunkt. Ein Aufruf an die Führer der Welt – Seite 29

Die Vereinigung der ganzen Menschheit ist das Kennzeichen der Stufe, der sich die menschliche Gesellschaft heute nähert. Die Einheit der Familie, des Stammes, des Stadtstaates und der Nation ist nacheinander in Angriff genommen und völlig erreicht worden. Welteinheit ist das Ziel, dem eine gequälte Menschheit zustrebt. Der Aufbau von Nationalstaaten ist zu einem Ende gekommen. Die Anarchie, die der nationalstaatlichen Souveränität anhaftet, nähert sich heute einem Höhepunkt. Eine Welt, die zur Reife heranwächst, muß diesen Fetisch aufgeben, die Einheit und Ganzheit der menschlichen Beziehungen erkennen und ein für allemal den Apparat aufrichten, der diesen Leitgrundsatz ihres Daseins am besten zu verkörpern vermag.1
Shoghi Effendi, 1936
I. Überblick
Gelegenheit zum Innehalten
Das 20. Jahrhundert, eine der stürmischsten Abschnitte der Menschheitsgeschichte, zeichnet sich durch zahlreiche Umwälzungen, Revolutionen und die radikale Abkehr von der Vergangenheit aus. Einige dieser Umwälzungen – vom Niedergang des Kolonialismus und der großen Mächte des 19. Jahrhunderts bis zum Aufstieg und Fall der katastrophalen Experimente des Totalitarismus, Faschismus und Kommunismus – hatten höchst zerstörerische Auswirkungen, brachten Millionen von Menschen den Tod und führten zur Auslöschung von Traditionen und Kulturen und zum Zerfall ehrwürdiger Institutionen.
Andere Bewegungen und Entwicklungen waren jedoch positiver. Wissenschaftliche Entdeckungen und neuartige gesellschaftliche Einsichten spornten zu fortschrittlichen sozialen, wirtschaftlichen und kulturellen Veränderungen an. Der Weg wurde frei für ein neues Verständnis der Menschenrechte, die Bejahung individueller Würde, für größere Offenheit zu persönlicher und gemeinschaftlicher Leistung und mutige, neue Wege zur Entwicklung menschlichen Wissens und Bewußtseins.
Diese Zwillingsprozesse, der Niedergang alter Institutionen und das Aufblühen neuen Denkens, sind Zeugnisse eines gemeinsamen Trends, der sich in den vergangenen hundert Jahren deutlich beschleunigte: die wachsende gegenseitige Abhängigkeit und Integration der Menschheit.
Dieser Trend kann überall beobachtet werden: in der Verschmelzung der Weltfinanzmärkte – was wiederum die Tatsache widerspiegelt, daß die Menschheit von einer großen Zahl untereinander verflochtener Energie-, Nahrungs-, Rohstoff-, Technologie- und Informationsquellen abhängt –, bis zum Aufbau eines weltumspannenden Kommunikations- und Verkehrssystems. Der Trend spiegelt sich genauso im wissenschaftlichen Verständnis einer einzigen, uns allen gemeinsamen Biosphäre der Erde, was globaler Zusammenarbeit eine neue Dringlichkeit verleiht. Er zeigt sich zudem, wenn auch in einer destruktiven Weise, in dem Potential moderner Waffensysteme, deren Zerstörungskraft sich inzwischen auf einen Punkt zubewegt hat, an dem eine Handvoll Menschen in der Lage wäre, allem menschlichen Leben auf Erden ein Ende zu bereiten. Dieser Trend in seiner konstruktiven wie zerstörerischen Form ist inzwischen jedem bewußt; aber gerade hierdurch schmerzt uns das bereits vertraute Bild unseres blauen Planeten, der sich mit seiner fragilen Atmosphäre gegen das tiefe Schwarz des unendlichen Universums absetzt, ein Bild, das in uns die Vorstellung festigt, daß wir alle zu einer einzigen Menschheit gehören, reich an Vielfalt in unserer gemeinsamen Heimat.
Diese Entwicklung wird auch durch die Bemühungen der Nationen der Welt reflektiert, ein globales politisches System zu schmieden, das der Menschheit Frieden, Gerechtigkeit und Wohlstand sichert. Zweimal in diesem Jahrhundert hat die Menschheit versucht, eine neue internationale Ordnung zu schaffen. Jedesmal bemühte man sich, die langsam entstehende Anerkennung weltweiter Interdependenz mit einzubeziehen, aber gleichzeitig sollte die alles überragende nationale Souveränität unangetastet bleiben. Aus Sicht des nun endenden Jahrhunderts stellte der Völkerbund einen Durchbruch in der Entfaltung des Konzepts kollektiver Sicherheit und einen ersten, entscheidenden Schritt zu einer Weltordnung dar.
Durch den zweiten Versuch, der den verheerenden Schrecken des Zweiten Weltkrieges entsprang und sich auf eine hauptsächlich von den Siegern jener Feuersbrunst verfaßten Charta stützte, bietet sich seit fünfzig Jahren ein internationales Forum, quasi als letzte Zuflucht, eine einzigartige Institution, die den gemeinsamen Interessen der Menschheit als edles Symbol voransteht.
Als internationale Organisation haben die Vereinten Nationen gezeigt, daß die Menschheit zu gemeinsamen Aktionen in den Bereichen Gesundheit, Landwirtschaft, Erziehung und Bildung, Umweltschutz und des Wohlergehens der Kinder fähig ist. Sie haben unseren kollektiven moralischen Willen zur Schaffung einer besseren Zukunft bekräftigt, wie sich in der weit verbreiteten Akzeptanz der Menschenrechtskonventionen zeigt. Sie verdeutlichten das in der Menschheit tief verwurzelte Mitgefühl, wie die Bereitstellung von Spenden und Hilfskräften in Notfällen beweist. Und im wichtigsten Bereich der Friedensschaffung und Friedenserhaltung bahnten die Vereinten Nationen einen kühnen Weg in eine Zukunft ohne Krieg.2
Gleichwohl erwiesen sich die allgemeinen Ziele der Charta der Vereinten Nationen als kaum realisierbar. Entgegen den hochgesteckten Hoffnungen ihrer Gründer begann mit der Errichtung der Vereinten Nationen vor fünfzig Jahren noch nicht das Zeitalter des Friedens und Wohlstands für alle.3
Obwohl die Vereinten Nationen sicher eine Rolle bei der Verhinderung eines dritten Weltkrieges spielten, zeichnete sich das vergangene Jahrzehnt doch durch zahlreiche regionale und nationale Kriege aus, die Millionen Menschen das Leben kosteten. Kaum hatten die verbesserten Beziehungen zwischen den Supermächten die ideologischen Motive dieser Konflikte beseitigt, traten seit langem schwelende ethnische und religiös-fanatische Leidenschaften als Ursache für neue Gewaltausbrüche an die Oberfläche. Obwohl das Ende des Kalten Krieges die Gefahr eines globalen Vernichtungskrieges reduziert hat, sind die Technologien zur Vernichtung des ganzen Planeten – und zu einem gewissen Grad auch die ihnen zugrundeliegenden Leidenschaften – noch immer existent.
Auch in Bezug auf soziale Fragen dauern die gravierenden Probleme an. Zwar erzielen internationale Programme zur Förderung der Gesundheit, der nachhaltigen Entwicklung und der Menschenrechte einen Konsens auf höchster Ebene; gleichwohl hat sich die Situation vor Ort in vielen Gegenden verschlechtert, insbesondere durch die alarmierende Verbreitung militanten Rassismus und religiösen Fanatismus, das krebsartige Wuchern des Materialismus, die epidemieartige Zunahme der Kriminalität und des organisierten Verbrechens, das weit verbreitete Anwachsen sinnloser Gewalt, die sich ständig vergrößernde Schere zwischen Reichtum und Armut, die noch immer anhaltende Ungerechtigkeit gegenüber Frauen, die unmoralischen Auswüchse des ungezügelten Kapitalismus und die Zunahme politischer Korruption. Mindestens eine Milliarde Menschen leben in erniedrigender Armut, und mehr als ein Drittel der Weltbevölkerung sind Analphabeten.4
Während die beiden Prozesse des Zusammenbruchs und der Erneuerung die Welt auf einen gewissen Höhepunkt hinführen, bietet der 50. Jahrestag der Gründung der Vereinten Nationen eine willkommene Gelegenheit, innezuhalten und darüber nachzudenken, wie die Menschheit in ihrer Gesamtheit ihre Zukunft gestalten könnte. Es hat sich in der letzten Zeit tatsächlich eine große Zahl hilfreicher Vorschläge zur Stärkung der Vereinten Nationen und zur Verbesserung ihrer Fähigkeit, die Antworten aus der Völkergemeinschaft zu diesen Herausforderungen zu vereinigen, ergeben.
Diese Vorschläge kann man grob in drei Kategorien einteilen. Eine Gruppe befaßt sich vornehmlich mit verwaltungstechnischen und finanziellen Problemen innerhalb des UN-Systems. Eine andere Gruppe umfaßt die Vorschläge zur Umstrukturierung von Einrichtungen wie dem Wirtschafts- und Sozialrat, dem „Trusteeship Council“ und den Bretton-Woods-Wirtschafts-institutionen. Weitere Entwürfe betreffen Veränderungen der politischen Struktur der Vereinten Nationen, wie die Erweiterung des Sicherheitsrates und eine Überarbeitung der UN-Charta.5
Die meisten dieser Entwürfe haben konstruktiven Charakter, einige sind aber auch provokant. Eine der ausgewogensten und umsichtigsten Darstellungen ist der Bericht der „Commission on Global Governance“ mit dem Titel Nachbarn in Einer Welt, in dem Argumente für die allgemeine Anerkennung neuer Werte und für eine Strukturreform der Vereinten Nationen vorgetragen werden.6
Es ist in diesem Geiste, wenn die Internationale Bahá’í-Gemeinde zur laufenden Diskussion und der Beratung derart lebenswichtiger Themen beitragen möchte. Unsere Ansichten basieren auf drei grundlegenden Elementen:
Erstens: Diskussionen über die Zukunft der Vereinten Nationen müssen im großen Zusammenhang der Entwicklung und Ausrichtung einer internationalen Ordnung gesehen werden. Die Vereinten Nationen entstanden in der zweiten Hälfte des 20. Jahrhunderts gemeinsam mit anderen großen Organisationen. Zusammen werden diese nun die Entwicklung der neuen internationalen Ordnung bestimmen – und ihrerseits von dieser geformt werden. Daher sollten Aufgabe und Rolle, Handlungsprinzipien und sogar die Aktivitäten der Vereinten Nationen nur daraufhin untersucht werden, wie sie in die umfassende Zielsetzung einer internationalen Ordnung passen.
Zweitens: Da die Menschheit unteilbar ist, wird jeder Mensch geboren als ein der ganzen Welt anvertrautes Pfand. Diese Beziehung zwischen dem einzelnen und der Gesamtheit ist die moralische Grundlage für die meisten Rechte der Menschen, die die Vereinten Nationen zu definieren suchen. Sie dient auch der Bestimmung eines alles andere übersteigenden Zwecks der internationalen Ordnung bei der Festsetzung und Bewahrung der Rechte des einzelnen.
Drittens: Die Diskussionen über die Zukunft der internationalen Ordnung müssen die gesamte Menschheit einbeziehen und sie mitreißen. Diese Diskussionen sind derart bedeutsam, daß sie nicht nur auf den Kreis der führenden Personen in Regierungen, Wirtschaft, Wissenschaft, Religion und sonstigen gesellschaftlichen Gruppierungen beschränkt werden darf. Im Gegenteil, diese Entwicklungen müssen die Menschen, Frauen wie Männer, an der Basis der Gesellschaft einbinden. Durch eine solch breite Teilnahme wird ein sich selbst verstärkender Prozeß in Gang gesetzt und das Bewußtsein des Weltbürgertums und für eine erweiterte internationale Ordnung gefördert.
II. Den historischen Zusammenhang verstehen
Ein Aufruf an die Führer der Welt
Die internationale Bahá’í-Gemeinde betrachtet die derzeitige Verwirrung in der Welt und ihren katastrophalen Zustand als die natürliche Phase eines organischen Prozesses, der letztlich unvermeidlich zur Vereinigung der Menschheit in eine einzige Gesellschaftsordnung in den Grenzen dieses Planeten führen wird.
Wenn man die Menschheit als ein organisches System betrachtet, durchlief sie bereits bisher verschiedene Evolutionsschritte, vergleichbar mit den Altersstufen eines Säuglings und eines Kindes. Heute steht sie nun in der turbulenten Phase der Jugend, nahe der lang ersehnten Reife.7 Der Prozeß weltweiten Zusammenschlusses, bereits Realität im Wirtschaftsleben und in der Kommunikation, hält nun allmählich auch in der Politik Einzug.
Diese Entwicklung wurde im geschichtlichen Maßstab durch unerwartete und katastrophale Ereignisse beschleunigt. Die Verwüstungen des ersten und zweiten Weltkrieges bewirkten jeweils die Gründung des Völkerbundes und der Vereinten Nationen. Die Bewohner der Erde stehen nun vor der Wahl, ob künftige Errungenschaften ebenfalls erst nach ähnlich unvorstellbaren Schrecken, oder durch einen konsultativen Willensakt erreicht werden. Es wäre unverantwortlich, nun keine entschiedenen Schritte zu ergreifen.
Da die Souveränitätsrechte derzeit noch bei den Nationalstaaten liegen, obliegt es den Regierungen und Staatsoberhäuptern, den Rahmen der sich jetzt herausbildenden internationalen Ordnung zu bestimmen. Wir rufen die führenden Persönlichkeiten auf allen Ebenen auf, eine entschiedene Rolle bei der Einberufung einer Weltversammlung noch vor Ende dieses Jahrhunderts zu übernehmen, auf der erörtert werden muß, in welcher Weise die internationale Ordnung zu gestalten ist, damit die Welt die vor ihr liegende Herausforderung meistert. Wie von einigen bereits vorgeschlagen, könnte diese Versammlung die Bezeichnung „World Summit on Global Governance“ tragen.8
Dieser Weltgipfel könnte auf den Erfahrungen aufbauen, die auf den erfolgreichen Konferenzen der Vereinten Nationen der frühen 90er Jahre gewonnen wurden. Hierzu gehören der Weltkindergipfel von 1990, der Umweltgipfel von 1992, die Weltkonferenz über Menschenrechte 1994, der Weltsozialgipfel 1995 und die Weltfrauenkonferenz 1995. Dort wurde eine neue Methode der globalen Beratung kritischer Sachverhalte eingeführt.
Ein Schlüssel hierbei war die substantielle Mitwirkung zahlreicher gesellschaftlicher Gruppierungen. Die Verhandlungen der Regierungsdelegationen über die Veränderungen der politischen, sozialen und wirtschaftlichen Lage der Welt waren durch das fundierte Engagement dieser Gruppen geprägt. Die Nicht-Regierungs-organisationen reflektieren in der Regel genau die Bedürfnisse und Sorgen der Menschen von der Basis. Zudem war es bei jeder dieser Konferenzen wichtig, daß die Teilnahme von Regierungschefs dem Konferenzgeschehen vor der Weltöffentlichkeit das Signum von Legitimität und allgemeiner Zustimmung verlieh.
Man wäre gut beraten, wenn man auf diese Erfahrungen aufbauen und für den geplanten Weltgipfel auf den größtmöglichen Kreis zurückgreifen und so das Wohlwollen und die Unterstützung der Völker der Welt sichern würde.
Es wird oft die Sorge geäußert, daß internationale politische Instanzen unweigerlich eine übertriebene Zentralisierung entwickeln und so eine neue Bürokratie entsteht. Man muß hierzu nachdrücklich feststellen, daß jedes neue globale Regierungssystem prinzipiell wie praktisch dafür Sorge tragen muß, daß die Entscheidungskompetenzen auf der jeweils angemessenen Ebene verbleiben.9
Es mag nicht immer einfach sein, einen Mittelweg zu finden. Einerseits kann ein echter Fortschritt eigentlich nur durch die Menschen selbst erreicht werden, indem sie einzeln oder gemeinsam auf die Nöte der Zeit reagieren. Es kann also durchaus gesagt werden, daß in der Dezentralisierung von Macht das sine qua non der Entwicklung liegt.10 Andererseits wird die internationale Ordnung ein bestimmtes Maß weltweiter Lenkung und Koordination erfordern.
Im Lichte der oben umrissenen Prinzipien der Dezentralisierung sollten internationale Institutionen eine Handlungskompetenz nur dann erhalten, wenn internationale Fragen betroffen sind, in denen einzelne Staaten nicht für sich allein handeln können, oder um einzugreifen, wenn Rechte einzelner Mitgliedsstaaten zu schützen sind. Alle anderen Angelegenheiten sollten an nationale und lokale Instanzen verwiesen werden.11
Für die Entwicklung einer künftigen internationalen Ordnung sollten zudem möglichst viele Modelle und Regierungsformen überprüft werden. Statt sich nur ein einziges Modell der etablierten Regierungssysteme zum Vorbild zu nehmen, könnte die Lösung darin liegen, die sinnvollen Elemente aus allen Modellen miteinander abzustimmen und zu versöhnen.
Das föderale System ist beispielsweise eines jener bewährten Modelle, die geeignet sind, die Vielfalt der Welt in ein gemeinsames Geflecht aufzunehmen. Der Föderalismus hat sich bei der Delegation von Macht und der Entscheidungsfindung in großen, komplexen und heterogenen Staaten als effektiv erwiesen, unter gleichzeitiger Wahrung eines gewissen Maßes an Einheit und Stabilität. Ein anderes Modell, das genauere Betrachtung verdient, ist die Idee des „Commonwealth“, das auf der globalen Ebene die Interessen des Ganzen über die Einzelinteressen eines Staates stellt.
Auch muß ganz besonders darauf geachtet werden, daß die neue internationale Ordnung im Laufe der Zeit nicht in Formen von Despotismus, der Oligarchie oder Demagogie verfällt, die dann das Leben und das Gefüge der sie konstituierenden politischen Institutionen verdürbe.
1955 legte die Internationale Bahá’í-Gemeinde anläßlich des zehnjährigen Bestehens der UN-Charta den Vereinten Nationen eine Erklärung vor, deren Inhalt auf Ideen beruht, die vor fast einem Jahrhundert von Bahá’u’lláh formuliert wurden. „Das Bahá’í-Konzept einer Weltordnung kann so umrissen werden: Eine staatenübergreifende Weltinstanz, an die alle Nationen sämtliche Rechte auf Kriegsführung sowie bestimmte Rechte der Besteuerung und alle Rechte auf Rüstung – ausgenommen zum Zweck der Aufrechterhaltung der inneren Ordnung im jeweiligen Land – abtreten. Diese Instanz muß über eine internationale Exekutive verfügen, die jedes unbotmäßige Mitglied des Weltgemeinwesens unter ihre höchste und unanfechtbare Amtsgewalt zu zwingen vermag, dazu ein Weltparlament, dessen Mitglieder vom Volk ihrer jeweiligen Länder gewählt und von ihren Regierungen bestätigt werden, sowie einen höchsten Gerichtshof, dessen Rechtsprechung auch dann bindend ist, wenn die betroffenen Parteien mit der Verhandlung ihrer Streitfälle vor diesem Gericht nicht einverstanden sind.“12
Wir sind überzeugt, daß die Bildung einer Weltregierung zugleich der beste Schutz wie auch die unausweichliche Bestimmung der Menschheit darstellt. Zudem vermittelt die Weltregierung ein auf lange Sicht angelegtes Bild einer globalen Gesellschaft. Angesichts der Dringlichkeit der derzeitigen Lage benötigt die Welt kühne, praktische und gangbare Strategien, die über inspirierende Zukunftsvisionen hinausreichen. Wenn man sich auf ein zwingendes Konzept konzentriert, wird sich aus dem Gemenge konträrer Ansichten doch eine klare und stimmige Linie evolutionären Wandels herausbilden.
III. Eine Neuorientierung der Vereinten Nationen
Die Vereinten Nationen waren das Kernstück der von den Siegermächten des Zweiten Weltkrieges geschaffenen Nachkriegsordnung und erfüllten über viele Jahrzehnte während des ideologischen Konflikts zwischen Ost und West ihren ursprünglichen Zweck als Forum des internationalen Dialogs. Im Laufe der Jahre erweiterten sich die Aufgaben nicht nur in der Vertiefung internationaler Normen und der Förderung der sozialen und wirtschaftlichen Entwicklung, sondern auch in friedenbewahrenden Operationen auf verschiedenen Kontinenten.
Im gleichen Zeitraum veränderte sich die politische Wirklichkeit unserer Welt auf dramatische Weise. Zur Zeit der Gründung der Vereinten Nationen gab es ungefähr 50 unabhängige Staaten. Diese Zahl stieg inzwischen auf über 185. Am Ende des Zweiten Weltkrieges waren die Regierungen tonangebend in allen Entscheidungen. Heute ist durch den wachsenden Einfluß verschiedener gesellschaftlicher Gruppierungen und multinational operierender Konzerne eine bedeutend kompliziertere politische Landschaft entstanden.
Trotz wachsender Komplexität seiner Aufgabe hat das UN-System mehr oder weniger dieselbe Struktur bewahrt, wie sie vor 50 Jahren bei seiner Gründung einen neuen Dialog über die Fähigkeit der Vereinten Nationen angestoßen hat, der politischen Realität des 21. Jahrhunderts gerecht zu werden. Leider überwog bei diesem Dialog die Kritik bei weitem das Lob.
Die meiste Kritik entsteht durch Vergleiche mit den führenden privaten Organisationen oder durch Beurteilungen, die auf überzogenen Erwartungen beruhen. Obwohl sicherlich einige spezielle Vergleiche sinnvoll sein können, um die Effektivität zu erhöhen, sind jedoch generelle Aussagen dieser Art im Grunde ungerecht. Denn den Vereinten Nationen fehlt es nicht nur an eindeutiger Autorität, sondern meistens auch an den für wirksames Handeln nötigen Mitteln. Der Vorwurf des Versagens richtet sich also eigentlich an die UN-Mitgliedsstaaten selbst.
Die Vereinten Nationen würden mithin immer uneffektiv erscheinen, beurteilte man sie außerhalb ihrer Arbeitsbedingungen. Bezieht man aber den Gedanken ein, daß sie nur ein Element in einem größeren globalen Entwicklungsprozeß sind, kann man die Analyse von den derzeitigen Unzulänglichkeiten durchaus auf die Errungenschaften der UN richten. Einem auf Entwicklung orientierten Betrachter vermitteln die Vereinten Nationen einen reichhaltigen Fundus an Erfahrungen für eine künftige Einbindung in eine globale Regierungsform.
Zu einer entwicklungsorientierten Einstellung gehört die Fähigkeit, sich das Schicksal einer Institution über lange Zeiträume hinweg vorzustellen, die ihr eigenen Entwicklungsmöglichkeiten zu sehen, wirkungsvolle Strategien für kurzfristige Umsetzungen zu formulieren, ja sogar gravierende Änderungen in der Zukunft zu erahnen.
Wenn man die Vereinten Nationen aus einem solchen Blickwinkel heraus untersucht, wird es möglich, das derzeitige System zu stärken, ohne dessen prinzipielle Wesenszüge und Verfahren radikal zu verändern. Tatsächlich kann kein Vorschlag zur Reform der Vereinten Nationen effektiv sein, der nicht immanent stimmig ist und die Vereinten Nationen nicht auf einen evolutionären Kurs bringt, der sie mit einer bedeutsamen Aufgabe innerhalb der künftigen internationalen Ordnung betraut. Wir glauben, daß die hier beschriebene Verbindung verschiedener Vorschläge dieser Rahmenbedingung entspricht und ihre Annahme einen ausgewogenen und bedeutsamen Schritt zum Aufbau einer gerechteren Weltordnung darstellt.13
A. Neue Aufgaben für die Vollversammlung
Die Grundlage jeden Regierungssystems ist die Rechtsstaatlichkeit, mit der Legislative als dem wichtigsten Zweig der Rechtssetzung. Während die Gesetzgebungskompetenz auf örtlicher und nationaler Ebene im allgemeinen respektiert wird, erwecken regionale und internationale Gesetzgebungskörperschaften oft Furcht und Mißtrauen.
Zudem wird die Vollversammlung der Vereinten Nationen wegen ihrer Wirkungslosigkeit angegriffen. Obwohl einige der ihr entgegengebrachten Vorwürfe unbegründet sind, gibt es jedoch mindestens zwei Bereiche, in denen die UN unzulänglich arbeiten und die die Wirkkraft der Vollversammlung einschränken.
Erstens verleiht das jetzige System der nationalen Souveränität ein unangemessenes Gewicht, wodurch eine kuriose Mischung aus Anarchie und Konservatismus entsteht. In einer reformierten UNO werden Legislative und Wahlsystem die Völker der Welt wie die Nationalstaaten besser repräsentieren müssen.14
Zweitens sind Resolutionen der Vollversammlung nur bindend, wenn sie zusätzlich im völkerrechtlichen Sinne von jedem Mitgliedsstaat ratifiziert werden. Sofern das jetzige System, das der nationalen Souveränität Vorrang einräumt, von einem System abgelöst würde, das mehr auf die Interessen einer einzigen, vernetzten und gegenseitig abhängigen Menschheit eingeht, dann sollten die Resolutionen der Vollversammlung – in genau definierten Bereichen – allmählich Gesetzeskraft erlangen. Das hieße auch, Normen für den Vollzug dieser Gesetze und Vollstreckungsmöglichkeiten aufzustellen.
Diese beiden Mängel sind insofern eng miteinander verknüpft, als die Mehrheit der Menschen einer Weltregierung mißtrauisch und ängstlich gegenübersteht und sich wahrscheinlich solange keiner internationalen Institution unterwerfen wird, bis diese in einem hohen Maß repräsentativen Charakter hat.15
Gleichwohl erscheinen uns fünf praktische Schritte auch kurzfristig als gangbar, um die Vollversammlung und ihr Ansehen zu stärken und sie in eine langfristige Ausrichtung einzubinden.
1. Mindestvoraussetzung für eine Mitgliedschaft
Die Allgemeine Erklärung der Menschenrechte mit ihren Folgeabkommen, zusammen als Charta der Menschenrechte bezeichnet, legen den Minimalstandard für das Verhalten einer Regierung gegenüber deren Volk klar fest.
Ein Mitgliedsstaat verhindert die aktive und vernünftige Teilhabe der Bevölkerung am Gemeinwesen, wenn er sich nicht vorbehaltlos zu allgemeinen, freien und gleichen Wahlen, zu Meinungsfreiheit und den übrigen Grundrechten verpflichtet.
Wir schlagen Konsequenzen für den Fall vor, daß Mitgliedsstaaten diesen Standard nicht einhalten. Analog sollte Nationen, die sich um Aufnahme in die UNO bemühen, solange die Mitgliedschaft verweigert werden, bis sie offen für diesen Standard eintreten oder erkennbare Anstrengungen in diese Richtung unternehmen.
2. Gründung einer internationalen Grenzkommission
Offene Gebietsansprüche und Grenzfragen sind noch immer eine Hauptquelle für militärische Konflikte und unterstreichen die äußerste Dringlichkeit, diese Fragen durch allgemeine Verträge zu klären. Diese können nur zustande kommen, wenn berücksichtigt wird, daß die Grenzen vieler Nationalstaaten oft auf eine sehr willkürliche Art und Weise festgelegt wurden, und indem alle unbefriedigten Ansprüche von einzelnen Völkern und ethnischen Gruppen einbezogen werden.
Anstatt diese Fragen einem internationalen Gerichtshof vorzulegen, ist es unseres Erachtens das beste, eine internationale Kommission einzuberufen, die alle offenen Grenzfragen behandelt. Die Kommission sollte nach sorgfältiger Abwägung Empfehlungen vorlegen.16 Diese Vorschläge könnten zugleich präventiv auf wachsende Spannungen zwischen einzelnen Volksgruppen hinweisen und helfen, Konfliktpotentiale durch den frühzeitigen Einsatz diplomatischer Mittel abzuschätzen und zu entschärfen.
Um eine echte Gemeinschaft der Völker langfristig zu etablieren, bedarf es der endgültigen Regelung aller Grenzfragen. Die Untersuchungen der Kommission sollen dies vorbereiten.
3. Neue finanzielle Grundlagen
Das jährliche Defizit des UN-Budgets zwingt die Vereinten Nationen zu einem Krisenmanagement. Diese Situation wurde ursprünglich durch die Weigerung einer Reihe von Mitgliedsstaaten ausgelöst, ihre Beiträge pünktlich zu entrichten. Die fehlende Kompetenz zur Geltendmachung von Verzugszinsen und Mängel in der Administration verschärften die Lage.
Freiwillige Zahlungen seitens der Mitgliedsstaaten können kaum eine verläßliche Grundlage zur Finanzierung einer internationalen Organisation sein. Es müssen wirksame Maßnahmen zur Finanzierung entwickelt werden, um das reibungslose Funktionieren des UN-Systems zu ermöglichen. Wir schlagen die sofortige Ernennung einer Task-Force vor, die nach Alternativen suchen soll.
Hierbei sollte die Task-Force verschiedene Prinzipien beachten: 1. Es darf keine Besteuerung ohne politische Repräsentanz geben, 2. die Beitragshöhe sollte im Interesse der Gerechtigkeit abgestuft sein, 3. Verfahren zur Förderung von freiwilligen Spenden einzelner und von Gruppierungen dürfen nicht außer acht gelassen werden.17
4. Welthilfssprache und gemeinsame Schrift
Die Vereinten Nationen, die zur Zeit sechs offizielle Sprachen verwenden, würden sehr profitieren, wenn sie entweder eine der lebenden Sprachen oder eine künstliche Sprache als Hilfssprache für ihre Foren auswählen würden. Ein solcher Schritt wird schon seit langem von vielen Gruppen befürwortet – von den Esperantisten bis zur Internationalen Bahá’í-Gemeinde.18 Eine solche Maßnahme würde nicht nur Finanzen einsparen und die Verwaltung entlasten, sondern auch den Geist der Einheit erheblich fördern.
Wir schlagen die Ernennung einer hochrangigen Kommission vor, deren Mitglieder aus verschiedenen Regionen und einschlägigen Fachgebieten kommen sollten, wie zum Beispiel aus der Linguistik, den Wirtschafts- und Sozialwissenschaften, der Ausbildung und den Medien. Die Kommission soll die Frage der Auswahl einer Welthilfssprache und einer gemeinsamen Schrift sorgfältig prüfen.
Wir gehen davon aus, daß die Welt langfristig dazu gezwungen sein wird, eine einzige Hilfssprache und Schrift – als Ergänzung zur jeweiligen Landessprache – in den Schulen zu unterrichten. Dies hätte das Ziel, den Übergang zur globalen Gesellschaft zu erleichtern, durch eine verbesserte Kommunikation zwischen den Völkern, durch Kostensenkung in Wirtschaft, Verwaltung und anderen weltumspannenden Unternehmungen, und allgemein durch die Förderung herzlicherer Beziehungen zwischen allen Mitgliedern der Völkerfamilie.19
Dieser Vorschlag sollte nicht falsch verstanden werden. Er zielt keineswegs auf eine Zerschlagung irgendeiner lebenden Sprache oder Kultur.
5. Die Möglichkeit einer einzigen Weltwährung
Es liegt auf der Hand, daß eine Weltwährung ein wichtiges Element innerhalb der Weltwirtschaft darstellt. Wirtschaftsexperten glauben, daß eine Weltwährung neben anderen Vorteilen die Spekulation und unvorhersehbare Marktschwankungen eindämmen und weltweit zu einer Anpassung der Löhne und Preise und so zu bedeutsamen Einsparungen führen könnte.20
Mögliche Einsparungen werden aber nur dann umgesetzt, wenn es gelingt, die Vorbehalte der Skeptiker durch überzeugende Argumente zu beseitigen und einen glaubwürdigen Aktionsplan vorzulegen. Wir schlagen die Ernennung einer hochrangigen Kommission vor, die aus den hervorragendsten Regierungsmitgliedern, Wissenschaftlern und Fachleuten besteht und sofort damit beginnen soll, die wirtschaftlichen Vorteile, aber auch die politischen Kosten einer Weltwährung zu prüfen und eine effektive Vorgehensweise für ihre Einführung vorzulegen.
B. Stärkung der Exekutive
Auf der internationalen Ebene ist die wichtigste Aufgabe der Exekutive die Durchsetzung des Abkommens zur kollektiven Sicherheit.21
Kollektive Sicherheit setzt einen bindenden Vertrag zwischen den Nationen zur gemeinschaftlichen Abwehr einer Bedrohung voraus. Dessen Wirksamkeit hängt davon ab, in welchem Ausmaß sich die einzelnen Mitgliedsstaaten dem Gemeinwohl verpflichten, selbst wenn dies in gewisser Weise durch ein aufgeklärtes Eigeninteresse motiviert ist.
Innerhalb der Vereinten Nationen wird die Exekutivgewalt überwiegend vom Sicherheitsrat wahrgenommen, teilweise gemeinsam mit dem Sekretariat. Beide werden in der Wahrnehmung ihres Mandats behindert. Der Sicherheitsrat leidet an der Unfähigkeit, entschiedene Maßnahmen zu treffen. Der Generalsekretär steht unter dem Druck komplexer Anforderungen einzelner Mitgliedsstaaten.
Vier praktische Schritte könnten möglicherweise die Exekutivfunktion der Vereinten Nationen kurzfristig stärken.
1. Einschränkung des Vetorechts
Bei der Übertragung des Vetorechts an fünf ständige Mitglieder lag die ursprüngliche Absicht der UN-Charta darin, den Sicherheitsrat an der Unterstützung militärischer Aktionen zu hindern, die sich gegen ein ständiges Mitglied richten oder Streitkräfte eines ständigen Mitglieds gegen dessen Willen einzusetzen.22 Mit Beginn des Kalten Krieges wurde das Vetorecht tatsächlich wiederholt aus Gründen regionaler oder nationaler Sicherheit ausgeübt.
In den 1955 zur UN-Reform vorgelegten Vorschlägen sprach sich die Internationale Bahá’í-Gemeinde für die schrittweise Abschaffung der „ständigen Mitgliedschaft“ und des „Vetorechts“ aus, entsprechend der Stärkung des Vertrauens in den Sicherheitsrat. Vierzig Jahre später bekräftigen wir diese Position. Wir möchten jedoch vorschlagen, daß in einer Übergangsphase das Vetorecht bestehen bleibt, aber eingeschränkt wird, um der ursprünglichen Zielsetzung der UN-Charta gerecht zu werden.
2. Einrichtung einer permanenten internationalen Militärstreitmacht
Eine internationale Streitmacht sollte geschaffen werden, um die friedenerhaltenden Maßnahmen der Vereinten Nationen zu unterstützen und den Resolutionen des Sicherheitsrates mehr Glaubwürdigkeit zu verleihen.23 Ihre Loyalität zu den Vereinten Nationen und ihre Unabhängigkeit von nationalen Interessen muß gesichert sein. Voll ausgerüstet, stünde diese Streitmacht unter der Befehlsgewalt des Generalsekretärs bei letztlicher Aufsicht des Sicherheitsrates. Ihre Finanzierung würde jedoch von der Vollversammlung bestimmt. Der Generalsekretär sollte beim Aufbau dieser Streitmacht auf kompetentes Personal aus allen Teilen der Welt zurückgreifen.
Richtig eingesetzt, würde eine solche Streitmacht zugleich ein Gefühl der Sicherheit vermitteln und so Schritte zur weltweiten Abrüstung fördern, wodurch das unmittelbare Verbot von Massenvernichtungswaffen bewirkt werden könnte.24 Außerdem könnte sich so im Einklang mit dem Prinzip kollektiver Sicherheit die Auffassung verbreiten, daß Staaten Waffen nur zu ihrer eigenen Verteidigung und zur Aufrechterhaltung der inneren Sicherheit benötigen.
Als ein unmittelbarer Schritt zur Einrichtung dieser Streitmacht könnte das derzeitige adhoc-Verfahren institutionalisiert und (für Krisenfälle) regionale schnelle Eingreiftruppen aufgestellt werden.
3. Kollektive Sicherheit auch bei anderen globalen Problemen
Obwohl ursprünglich im Zusammenhang mit der Bedrohung durch militärische Aggression entwickelt, könnte das Konzept der kollektiven Sicherheit auf alle Formen der Bedrohung ausgeweitet werden. Selbst wenn diese nur lokal auftreten, sind sie doch das Ergebnis des Zusammenbruchs der heutigen globalen Ordnung. Diese Bedrohungen umfassen unter anderem den internationalen Drogenhandel, die Sicherstellung ausreichender Nahrung und das Auftreten neuer weltweiter Seuchen.25
Dieser Themenbereich sollte auf die Tagesordnung des vorgeschlagenen Weltgipfels gesetzt werden, wobei es jedoch unwahrscheinlich ist, daß es vor dem fundamentalen Problem militärischer Aggression Vorrang genießen würde.
4. Erfolgreiche UN-Organisationen
Innerhalb der UN-Familie gibt es eine Reihe von unabhängigeren Organisationen, wie zum Beispiel die UNICEF (Kinderhilfswerk), die ICAO (Luftfahrtorganisation), der UPU (Weltpostverein), die ITCU (Telekommunikationsunion), die ILO (Weltarbeitsunion) und die WHO (Weltgesundheitsorganisation). Diese haben innerhalb spezifischer, wichtiger Bereiche beachtliche Erfolge erzielt.
Generell gesehen besitzen sie bereits eigene Exekutivgewalt. Ihre Unabhängigkeit sollte gewahrt und als Teil der internationalen Exekutive gestärkt werden.26
C. Stärkung des Internationalen Gerichtshofes
Jedes Regierungssystem bedarf einer starken Judikative, zum Ausgleich der Gewalten, und zur Wahrung von Rechtsprechung und Gesetz. Das Streben nach einer gerechten Gesellschaft gehört zu den elementaren Impulsen in der Geschichte27 – zweifellos kann eine Weltkultur ohne Verankerung im Gerechtigkeitsprinzip nicht gegründet werden.
Gerechtigkeit ist jene Kraft, die das allmählich dämmernde Bewußtsein der Einheit der Menschheit in einen gemeinsamen Willen übertragen kann, mit dessen Hilfe das Rahmenwerk einer Weltgemeinschaft sicher aufgebaut werden kann. In einer Epoche, in der die Menschen zunehmend Zugang zu Informationen aller Art und zu einer großen Vielfalt verschiedener Ideen erhalten, wird sich die Gerechtigkeit als herrschendes Prinzip erfolgreicher gesellschaftlicher Organisation erweisen.
Auf der persönlichen Ebene ist die Gerechtigkeit jene Eigenschaft der Seele, die jeden Mensch befähigt, Wahres von Falschem zu unterscheiden. Bahá’u’lláh bekräftigt, daß nach Gottes Sicht Gerechtigkeit „von allem das Meistgeliebte“28 ist, da sie jedem einzelnen erlaubt, mit eigenen Augen und nicht mit denen anderer zu sehen, durch eigene Erkenntnis und nicht durch die seines Nächsten oder seiner Gruppe zu handeln.
In der Gruppe ist das Ringen um Gerechtigkeit der unbedingt notwendige Maßstab kollektiver Entscheidungsfindung, denn es ist das einzige Mittel, um Einheit im Denken und Handeln zu erreichen. Das Verlangen nach Rache und Strafe verbarg sich in der Vergangenheit oft unter dem Deckmantel der Gerechtigkeit. Davon ist wahre Gerechtigkeit aber weit entfernt. In der Praxis fördert ihre Anwendung vielmehr ein Klima offenen Austauschs und der Beratung, das leidenschaftslose und angemessene Entscheidungen erst ermöglicht. Ein solches Klima macht es viel weniger wahrscheinlich, daß die überall vertretene Neigung zu Manipulation und Cliquenwesen die Entscheidungsfindung beeinflussen könnte.
Diese Auffassung von Gerechtigkeit wird allmählich die Erkenntnis reifen lassen, daß die Interessen des einzelnen und der Gesellschaft in einer Welt gegenseitiger Abhängigkeiten unauflösbar miteinander verflochten sind. So ist Gerechtigkeit wie ein Faden, der mit jeder Handlung verwoben werden sollte, sei es in der Familie, im unmittelbaren sozialen Umfeld, oder gar auf globaler Ebene.
Wir erkennen im derzeitigen System der Vereinten Nationen die Grundlage für einen gestärkten Weltgerichtshof. Der 1945 von den Vereinten Nationen gegründete Weltgerichtshof hat eine Reihe von positiven Elementen. Durch Auswahl der Richter wird beispielsweise versucht, alle Völker, Regionen und unterschiedlichen Rechtssysteme zu repräsentieren.29
Der wesentliche Mangel des Gerichtshofes liegt aber darin, daß ihm die Kompetenz fehlt, rechtlich verbindliche Entscheidungen zu fällen, mit Ausnahme der Fälle, in denen die Staaten sich vorher hierzu verpflichteten. Ohne eine solche Jurisdiktionsgewalt fehlt dem Gerichtshof die Möglichkeit, Gerechtigkeit walten zu lassen.30 Mit der Zeit könnten die Entscheidungen des Weltgerichtshofes bindend und in allen Staaten vollstreckbar werden. Kurzfristig könnten aber zwei Maßnahmen den Weltgerichtshof stärken:
1. Erweiterung der Zuständigkeit
Derzeit ist die Zuständigkeit des Weltgerichtshofes auf wenige Kategorien von Rechtsfragen beschränkt. Nur Staaten haben Antragsrecht. Wir schlagen vor, daß neben den Mitgliedsstaaten auch anderen Organen der Vereinten Nationen ein Antragsrecht eingeräumt wird.
2. Koordination der Spezialgerichtsbarkeiten
Der Weltgerichtshof könnte als Dach für bereits existierende und neu zu schaffende Fachgerichte fungieren, die in internationalen Fällen innerhalb bestimmter Fachgebiete vermitteln und Recht sprechen können.
Erste Ansätze zu einem solchen vereinigten Konzept lassen sich bereits in den Spruchkörpern finden, die Vergleiche finden sollen beispielsweise im Bereich von Wirtschaft und Verkehr, und in den Entwürfen zur Gründung eines Internationalen Strafgerichtshofes und einer Kammer für Umweltfragen. Man könnte weitere Fachgebiete ergänzen, wie zum Beispiel weltweiter Terrorismus und Drogenhandel.
IV. Das Potential des einzelnen Menschen freisetzen
Eine kritische Herausforderung der entstehenden internationalen Ordnung
Führungsinstanzen haben auf allen Ebenen in erster Linie die Aufgabe, die Zivilisation voranzubringen. Sie können diese Aufgabe aber schwerlich erfüllen ohne die motivierte, einsichtsvolle Teilnahme aller Menschen am Leben und den Belangen der Gesellschaft.
Bisher hatten internationale Gremien die Bildung von Institutionen und den Zusammenschluß von Nationen im Blick, abgehoben von den Menschen in der Welt, ihrem Denken und Fühlen. Deren überwiegende Mehrheit lebt, eingebunden in ein vielschichtiges Verwaltungsnetz und verwirrt von der Nachrichtenfülle der Medien aus aller Welt, fern von der internationalen Bühne und hat noch keinen Sinn entwickelt für solche Institutionen wie die Vereinten Nationen. Nur wer über entsprechende gesellschaftliche Organisationen Zugang zum internationalen Geschehen hat, scheint sich mit solchen Institutionen identifizieren zu können.
Im Gegenzug können sich internationale Institutionen nicht zu wirksamen, ausgereiften Führungsorganen entwickeln, die ihren Hauptzweck, die Förderung der Zivilisation, erfüllen, solange sie nicht ihre wechselseitige Beziehung zu den Menschen in der Welt erkennen und pflegen. Diese Einsicht würde einen positiven Kreislauf von Vertrauen und Unterstützung in Gang setzen und damit den Übergang zu einer neuen Weltordnung beschleunigen.
Die mit der Entwicklung einer globalen Gesellschaft verbundenen Aufgaben erfordern ein weit höheres Maß an Fähigkeiten, als sie das Menschengeschlecht bisher aufzubringen hatte. Um den Anforderungen gerecht zu werden, müssen die Bildungsmöglichkeiten für alle Menschen gewaltig erweitert werden. Internationale Institutionen werden in dem Maße in der Lage sein, die in den Völkern verborgenen Fähigkeiten zu wecken und zu lenken, wie sie lernen, ihre Macht zu begrenzen, indem sie das Vertrauen, die Achtung und die aufrichtige Unterstützung derjenigen gewinnen, deren Handeln sie steuern wollen, und so offen und intensiv wie möglich mit allen Betroffenen beraten.
Menschen, die Vertrauen zu diesen Institutionen fassen und Achtung vor ihnen gewinnen, werden dann von ihren nationalen Regierungen fordern, die internationale Ordnung politisch wie wirtschaftlich stärker zu unterstützen, was die internationalen Institutionen, an Einfluß und Macht gewachsen, wiederum besser rüstet, weitere Schritte zu einer legitimen und wirkungsvollen Weltordnung zu unternehmen.
Die Vereinten Nationen müssen neben den Maßnahmen zur Festigung ihrer Struktur zugleich Initiativen ergreifen, um die in allen Menschen ruhenden Kräfte freizusetzen für ihre Beteiligung an diesem aufregenden Prozeß. In dieser Hinsicht verdienen bestimmte Themen zur raschen Entwicklung des einzelnen und der Gesellschaft besondere Beachtung. Darunter sind vier Themen – wirtschaftliche Entwicklung, Schutz der Menschenrechte, Verbesserung der Stellung der Frau und sittliche Entwicklung – so eng mit dem Fortschritt der Zivilisation verknüpft, daß sie mit Vorrang auf die Tagesordnung der Vereinten Nationen gehören.
A. Wirtschaftliche Entwicklung
Die während der letzten fünfzig Jahre von den Vereinten Nationen, der Weltbank und einigen Regierungen verfolgten wirtschaftlichen Entwicklungsstrategien blieben, wie gut sie auch geplant und ausgeführt waren, weit hinter den gesteckten Erwartungen zurück. In weiten Teilen der Welt ist der Graben zwischen Besitzenden und Besitzlosen breiter geworden und wächst zunehmend infolge weit auseinander klaffender Einkommen. Die gesellschaftlichen Probleme werden nicht kleiner. Tatsächlich nehmen Verbrechen und Krankheit nicht nur zu, sie nehmen überhand und werden schwieriger zu bekämpfen.
Für diese Mißerfolge können einige Ursachen benannt werden. Dazu gehören falsche Schwerpunktsetzung auf Großprojekte und bürokratische Überzentralisierung, ungerechte internationale Handelsbedingungen, weitverbreitete, das ganze Wirtschaftssystem durchwuchernde Korruption, Ausschluß der Frauen vom Entscheidungsprozeß auf allen Ebenen, eine allgemeine Unfähigkeit, Hilfsmittel den Armen wirklich zukommen zu lassen, und die Fehlleitung von Entwicklungsgeldern in militärische Rüstung.
Nüchtern betrachtet, verrät dies einen prinzipiellen Fehler im derzeitigen Paradigma wirtschaftlicher Entwicklung: Materielle Not wird oft angegangen ohne die geistigen Faktoren und deren Triebkraft zu berücksichtigen.
Entwicklung darf nicht mit einer Konsumgesellschaft verwechselt werden, die nicht in der Lage ist, sich selbst zu erhalten. Zu wahrem Wohlstand gehört geistiges wie materielles Wohlergehen. Essen, Trinken, ein Dach über dem Kopf und ein gewisses Maß an Bequemlichkeit sind notwendig; aber dies allein kann den Menschen nie ausfüllen. Ebensowenig können ihn weniger faßbare materielle Errungenschaften wie gesellschaftliche Anerkennung oder politische Macht zufrieden machen. Letztlich stillen nicht einmal intellektuelle Leistungen unsere tiefsten Bedürfnisse.
Richtig verstanden, besteht die Wirklichkeit des menschlichen Geistes im Verlangen nach etwas, das über uns hinaus weist. Wenngleich die geistige Seite unseres Wesens verschüttet ist vom täglichen Kampf um den Lebensunterhalt, kann unser Bedürfnis nach Transzendenz langfristig nicht unberücksichtigt bleiben. Ein tragfähiges Entwicklungsmodell muß deshalb ebenso die geistige Sehnsucht des Menschen ansprechen wie seine materiellen Bedürfnisse und Wünsche.
Bildung ist die beste Investition in wirtschaftliche Entwicklung. »Der Mensch ist der höchste Talisman. Der Mangel an geeigneter Erziehung hat ihn jedoch dessen beraubt, was er seinem Wesen nach besitzt«, schreibt Bahá’u’lláh. »Betrachte den Menschen als ein Bergwerk, reich an Edelsteinen von unschätzbarem Wert. Nur die Erziehung kann bewirken, daß es seine Schätze enthüllt und die Menschheit daraus Nutzen zu ziehen vermag.«31 Erziehung bedeutet mehr als die Vermittlung einer beschränkten Menge an Wissen oder einer Reihe von Fertigkeiten. In Wahrheit muß Erziehung – und sie sollte unabdingbar sein bei aller Entwicklung – auch vermitteln, wie man Wissen erwirbt, sie muß die Verstandes- und Urteilskraft schulen und dem Lernenden unverzichtbare sittliche Werte einprägen. Dieserart umfassende Erziehung ist es, die die Menschen zur Schaffung von Reichtum und seiner gerechten Verteilung befähigt.32
Wahrer Reichtum entsteht, wenn Arbeit nicht nur für die Mittel zum Lebensunterhalt geleistet wird, sondern auch als Beitrag für die Gesellschaft. Wir halten sinnvolle Arbeit für ein seelisches Grundbedürfnis und ebenso wichtig für die gesunde Entwicklung des Menschen wie gutes Essen, sauberes Wasser und frische Luft für seinen Leib.
Weil Abhängigkeit sich geistig zersetzend auswirkt, sind Pläne, die lediglich auf die Umverteilung materiellen Reichtums abzielen, langfristig zum Scheitern verurteilt. Die Verteilung des Reichtums muß wirksam und gerecht geschehen. Ja, sie muß eng mit dem Prozeß der Vermögensschöpfung verzahnt sein.
Um die Entwicklung wirksamer zu fördern, empfehlen wir den Organen der Vereinten Nationen folgendes:
Eine entschiedene Kampagne zur Erfüllung der Agenda 21
Der bei der Konferenz der Vereinten Nationen für Umwelt und Entwicklung formulierte Aktionsplan umfaßt ein breites Spektrum von Ansichten aus der Gesellschaft sowie eine Reihe von Prinzipien, ähnlich den in der vorliegenden Stellungnahme aufgeführten. Doch bedauerlicherweise wurde von den Mitgliedsstaaten wenig getan, um die im Plan beschriebenen Maßnahmen umzusetzen.
Um die Ziele der Agenda 21 zu verwirklichen, dürfte ein größerer Kraftaufwand notwendig sein, zwar anderer Art, aber vergleichbar an Umfang und Engagement dem Marshall-Plan für den Wiederaufbau Nachkriegseuropas. In diesem Fall wären die Bretton-Woods-Institutionen aufgefordert, eine klar definierte Kampagne in Gang zu setzen, um nationale Bemühungen zur Umsetzung der Ziele zu beschleunigen. Ein Mandat dieser Art kann nur das Ergebnis einer Konferenz sein, ähnlich den ersten Tagungen in Bretton-Woods vor fünfzig Jahren, einer Konferenz, auf der diese Institutionen einer Generalüberholung unterzogen werden. Ihre Revision hätte zum Ziel, der Weltbevölkerung ausreichend Mittel bereitzustellen, damit sie auf örtlicher Ebene initiativ werden kann. Darüber hinaus könnte die Konferenz ihre Agenda um die Kernthemen globaler wirtschaftlicher Sicherheit erweitern und hierfür bestehende Institutionen neu verfassen oder neue Strukturen schaffen.33
Wenn dies gelingt, könnte das neue Instrument auf die Koordination jener Maßnahmen ausgeweitet werden, die auf dem letzten UNO-Sozialgipfel beschlossen wurden.
B. Schutz der Grundrechte des Menschen
In den fünfzig Jahren seit Gründung der Vereinten Nationen ist das Verständnis dafür gewachsen, daß Menschenrechte international anerkannt und geschützt werden müssen, wenn Frieden, sozialer Fortschritt und wirtschaftlicher Wohlstand einkehren sollen.
Grundlage für die internationale Vereinbarung über das Wesen der Menschenrechte ist die überaus wichtige Erklärung der Menschenrechte, die 1948 von den Vereinten Nationen angenommen und in zwei internationalen Verträgen ausgearbeitet wurde: dem Internationalen Vertrag über Bürger- und politische Rechte und dem Internationalen Vertrag über soziale, wirtschaftliche und kulturelle Rechte. In Ergänzung hierzu definieren und fördern etwa 75 andere Konventionen und Deklarationen die Rechte von Frauen und Kindern, das Recht auf Glaubensfreiheit und das Recht auf Entwicklung, um nur einige zu nennen.
Die gegenwärtige Menschenrechtspolitik der Vereinten Nationen hat zwei große Mängel: Die Mittel zur Durchsetzung und Kontrolle sind begrenzt, und die mit jedem Recht verbundene Verantwortung wird zu wenig ernst genommen.
Die Durchsetzung der Menschenrechte müßte international ähnlich gehandhabt werden wie der Umgang mit militärischer Aggression in einem kollektiven Sicherheitssystem. Menschenrechtsverletzung in einem Staat muß als Angelegenheit aller Menschen begriffen werden, und Mechanismen zur Durchsetzung der Rechte müssen für eine geschlossene Reaktion der internationalen Gemeinschaft sorgen. Die Frage nach dem »wann« und »wie« der zum Schutz der Menschenrechte geplanten Intervention ist schwieriger zu beantworten. Die energische Durchsetzung der Menschenrechte erfordert eine weltweite Übereinkunft darüber, was als schreiende und vorsätzliche Verletzung der Menschenrechte zu betrachten ist.
Im Vorfeld der Weltkonferenz über Menschenrechte im Jahr 1993 wurden wichtige Schritte zu einem globalen Konsens unternommen. Die Konferenz bestätigte einhellig, daß Menschenrechte universell, unteilbar und miteinander verflochten sind, und beendete damit die anhaltende Debatte über die Gewichtung bürgerlicher und politischer Rechte im Verhältnis zu sozialen, wirtschaftlichen und kulturellen Rechten.34 Auch die Resolutionen der Konferenz bestätigten, daß Menschenrechte gelten müssen ohne Ansehen unterschiedlicher rassischer oder ethnischer Herkunft, religiösen Bekenntnisses oder nationaler Identität. Dazu gehört die Gleichheit für Frau und Mann; dazu gehört gleiches Recht für jeden Menschen in der Welt auf freie Forschung, Information und Religionsausübung; und dazu gehört das Recht eines jeden auf Grundbedürfnisse wie Nahrung, Unterkunft und Gesundheit.35 Abgesehen von der Notwendigkeit, einen Konsens zu finden und die Durchsetzung der Menschenrechte zu sichern, ist es wichtig, ein besseres Verständnis dafür zu entwickeln, daß mit jedem Recht eine entsprechende Verantwortung verbunden ist.
Das Recht, vor dem Gesetz als Person anerkannt zu sein, schließt beispielsweise die Verantwortung ein, dem Gesetz zu gehorchen – und die Gesetze wie auch das Rechtssystem gerechter zu machen. Ebenso bringt im gesellschaftlichen Bereich das Recht auf Heirat die Verantwortung mit sich, die Familie insgesamt zu unterhalten, die Kinder zu erziehen und alle Familienmitglieder mit Achtung zu behandeln.36 Das Recht auf Arbeit kann nicht von der Verantwortung getrennt werden, die übertragenen Pflichten nach besten Kräften zu erfüllen. Im weitesten Sinne ist in der Formulierung »universale« Menschenrechte die Verantwortung für die Menschheit als Ganzes inbegriffen.
Während es jedem einzelnen Mensch obliegt, seiner Verantwortung auf all diesen Gebieten nachzukommen, ist es letztlich die Aufgabe internationaler Institutionen, das damit verbundene Menschenrecht zu schützen. Wir schlagen vor, drei Maßnahmen sofort zu ergreifen:
1. Der UNO-Apparat zur Überwachung, Durchsetzung und Erfolgskontrolle ist zu stärken
Die Mechanismen der Vereinten Nationen zur Überwachung, Durchführung und Kontrolle der Einhaltung internationaler Verträge seitens der Regierungen sind unzulänglich. Das Menschenrechtszentrum verfügt über einen sehr kleinen Mitarbeiterstab, der darum kämpft, Kontrollmaßnahmen zu unterstützen, damit die Länder alle ihre ratifizierten Verträge einhalten.
Wir sind der Ansicht, daß die diesem Zentrum zugewiesenen Mittel drastisch erhöht werden müssen, wenn es seinen Aufgaben wirklich gerecht werden soll.
2. Die allgemeine Ratifikation der internationalen Menschenrechtskonventionen ist voranzutreiben
Da die Ratifizierung der internationalen Menschenrechtskonventionen eine wenn auch praktisch nicht zwingende Verpflichtung für die Mitgliedsstaaten schafft, müssen der Generalsekretär und alle UNO-Körperschaften jede Gelegenheit wahrnehmen, die Mitgliedsstaaten zum Handeln auf diesem Gebiet zu ermutigen. In der Tat könnte eine bindende Frist für die universelle Ratifikation ein motivierendes Ziel sein, das die Generalversammlung setzen müßte.
3. Die Achtung vor den Überwachungsorganen der Vereinten Nationen für die Menschenrechte muß gesichert werden
Da das Mandat der UNO-Vertretungen zur Überwachung der Menschenrechte sehr ernst zu nehmen ist, sollten die UN besonders aufmerksam die Erkenntnisse beachten, die sich aus der Struktur und der Arbeit dieser Vertretungen ergeben, und bei der Behebung regelwidriger Situationen ebenso überlegt handeln.
Nach unserer Ansicht wäre es ratsam, beim Nominierungsvorgang die im Rampenlicht stehenden Mitgliedsstaaten auf ihre Qualifikation zu prüfen und diejenigen, die noch nicht die internationalen Konventionen ratifiziert haben, von der Wahl zur Mitgliedschaft in der Menschenrechtskommission und anderen Überwachungsorganen auszuschließen. Während diese Mitgliedsstaaten nach wie vor in vollem Umfang an Beratungen teilnehmen könnten, wären die Vereinten Nationen vor einer möglicherweise peinlichen, bloßstellenden Situation bewahrt.
Wir meinen auch, daß eine einzige Ausnahme der oben genannten Regel berechtigt wäre. Mitgliedsstaaten, die nicht unter der kritischen Lupe der UNO stehen, aber in ihren Verfassungen ausreichend Schutz für die grundlegenden Menschenrechte gewährleisten, doch die Ratifizierung aus innenpolitischen Gründen nicht vollziehen konnten, sollten nicht von der Wahl ins Rampenlicht ausgeschlossen sein.
Schließlich wäre es auch vernünftig, die Mitgliedsstaaten, die die internationalen Konventionen ratifiziert haben, gegen die aber wegen grober Menschenrechtsverletzung ermittelt wird, von der Wahl in Ämter bei Konferenzen und andere Versammlungen der Menschenrechtskommission auszuschließen. Dies wird die weit verbreitete Meinung verhindern, die Verhandlungen seien eine Farce.
C. Förderung der Stellung der Frauen
Eine friedliche und tragfähige Weltzivilisation ist unmöglich zu schaffen ohne die uneingeschränkte Mitwirkung der Frauen in allen Bereichen menschlichen Handelns.37 Diese Ansicht findet zunehmend Beifall, aber zwischen ihrem Einzug in die Köpfe und ihrer Umsetzung in die Tat besteht ein deutlicher Unterschied.
Es ist höchste Zeit, daß die Institutionen der Welt, die vorwiegend von Männern besetzt sind, ihren Einfluß nutzen, um systematisch die Frauen einzubeziehen, nicht aus Herablassung oder vorgeblicher Selbstaufopferung, sondern aus der Überzeugung, daß der Beitrag der Frauen für den Fortschritt der Gesellschaft notwendig ist.38 Die Frauen werden erst, wenn ihre Beiträge geschätzt werden, herangezogen und in das gesellschaftliche Gefüge einbezogen sein. Das Ergebnis wird eine friedvollere, ausgewogenere, gerechte und blühende Zivilisation sein.39
Die offensichtlichen biologischen Unterschiede der Geschlechter müssen kein Grund für Ungleichheit oder Uneinigkeit sein. Sie sind vielmehr ein Aspekt wechselseitiger Ergänzung. Wenn die Rolle der Frau als Mutter in angemessener Weise gewürdigt wird, wird auch ihre Arbeit zur Ernährung und Erziehung der Kinder geachtet und angemessen entlohnt. Es muß auch anerkannt werden, daß die Aufgabe des Kindergebärens weder die Eignung zu Führungspositionen mindert, noch die intellektuellen, wissenschaftlichen und schöpferischen Fähigkeiten beeinträchtigt. In Wirklichkeit könnte sie diese Fähigkeiten eher steigern.
Fortschritt an einigen wenigen kritischen Fronten, so meinen wir, hätte auf die Förderung der Frauen größten Einfluß. Wir legen im folgenden die Gesichtspunkte dar, die für unsere anschließenden Empfehlungen grundlegend sind.
Zuerst und vor allem muß Gewalt gegen Frauen und Mädchen – eine der schreiendsten und weitestverbreiteten Formen der Menschenrechtsverletzung – ausgerottet werden. Gewalt gehört für viele Frauen der Welt, gleich welcher Rasse, Gesellschaftsschicht oder Bildung, zum Leben. In vielen Gesellschaften macht die traditionelle Meinung, daß Frauen minderwertig oder eine Last seien, sie zur bequemen Zielscheibe für Wut und Ärger. Selbst strenge Rechtsmittel und gezielte Schritte zur Stärkung der Frauen werden wenig Wirkung zeitigen, solange sie nicht durch einen Wandel in der Einstellung der Männer gestützt werden. Frauen werden erst ungefährdet sein, wenn ein neues gesellschaftliches Bewußtsein sich durchsetzt, nach dem schon bloße Herablassung gegenüber Frauen, geschweige denn jegliche körperliche Gewalt, Anlaß zu tiefster Scham ist.
Zweitens, die Familie ist nach wie vor die Grundzelle der Gesellschaft, und was man dort beobachtet und lernt, wird man im Verkehr auf allen gesellschaftlichen Ebenen anwenden. Darum müssen sich die Mitglieder der Institution Familie wesentlich ändern, damit sich das Prinzip der Ebenbürtigkeit von Frau und Mann verinnerlicht. Wenn ferner Bande der Liebe und Einigkeit die Familie verschweißen, wird dies über ihre Grenzen hinaus die Gesellschaft als Ganzes beeinflussen.
Drittens, indes es das Hauptziel aller Gesellschaft sein muß, allen Beteiligten Bildung zu ermöglichen, ist im jetzigen Stadium der Menschheitsgeschichte insbesondere die Bildung der Frauen und Mädchen dringend notwendig.40 Seit über zwanzig Jahren dokumentieren Studien überzeugend, daß Erziehung und Bildung der Frauen und Mädchen unter allen möglichen Investitionen den größten Gewinn abwirft in Form gesellschaftlicher Entwicklung, der Beseitigung von Armut und des Fortschritts der Gemeinschaft.41
Viertens muß der weltweite Dialog über die Rolle von Männern und Frauen die Erkenntnis fördern, daß die beiden Geschlechter einander eigenartig ergänzen. Denn gerade die Unterschiede zwischen ihnen bestätigen, daß Frauen und Männer zusammenarbeiten müssen, nicht nur um das Bestehen der Menschheit zu sichern, sondern auch um ihre Möglichkeiten und Kräfte fruchtbar in eine fortschreitende Zivilisation einzubringen. Solche Unterschiede gehören zu dem wechselseitigen Bezug ihres gemeinsamen Menschseins. Der Dialog muß die historischen Kräfte berücksichtigen, die zur Unterdrückung der Frau geführt haben, und zugleich die neuen gesellschaftlichen, politischen und geistigen Gegebenheiten untersuchen, die unsere Zivilisation heute verändern.
Als Ausgangspunkt für diesen Dialog mag ein Vergleich aus dem Bahá’í-Schrifttum dienen: »Die Menschenwelt hat zwei Flügel: Den einen bilden die Frauen, den anderen die Männer. Erst wenn beide Flügel gleichmäßig entwickelt sind, kann der Vogel fliegen. Bleibt ein Flügel schwächlich, so ist kein Flug möglich.«42 Dazu schlagen wir drei besondere Maßnahmen vor:
1. Frauen müssen in den Delegationen der Mitgliedsstaaten stärker vertreten sein
Wir schlagen vor, den Mitgliedsstaaten zu empfehlen, in größerer Zahl Frauen in Gesandtschafts– oder vergleichbare diplomatische Positionen zu ernennen.
2. Es muß zur Ratifikation internationaler Konventionen ermutigt werden, die die Rechte der Frau schützen und ihren Status verbessern
Wie bei den internationalen Menschenrechtskonventionen sollten der Generalsekretär der Vereinten Nationen und alle UNO-Körperschaften jede Gelegenheit wahrnehmen, Mitgliedsstaaten zur Unterzeichnung der Konventionen und Protokolle, welche Frauenrechte schützen und auf deren Förderung abzielen, zu ermutigen.
3. Die Erfüllung des Beijing-Aktionsprogramms ist vorauszuplanen
Die von der Konferenz in Nairobi angenommene Erklärung über zukunftsweisende Strategien war sehr kühn und ideenreich, doch ihre Umsetzung eher ineffektiv.43 Aus dieser unglücklichen Erfahrung sollte man, wie wir meinen, eine Lehre ziehen und wohlüberlegte Pläne vorlegen, um sicherzustellen, daß das von der Beijing-Konferenz ausgehende Aktionsprogramm nicht das gleiche Schicksal erleidet.
Wir schlagen vor, ein Kontrollorgan zu schaffen, das Lageberichte zur Umsetzung der beschlossenen Maßnahmen verfaßt und der Generalversammlung jährlich Berichte vorlegt, in denen die zwanzig Spitzenreiter und die zwanzig Schlußlichter unter den Mitgliedsstaaten bei der Umsetzung des Aktionsprogramms besonders hervorgehoben werden.
D. Die Bedeutung sittlicher Bildung
Der Integrationsprozeß der Menschen in immer größere Einheiten wird zwar von kulturellen und geographischen Gegebenheiten beeinflußt, ist aber hauptsächlich von der Religion vorangetrieben worden, das machtvollste Mittel, um das Verhalten der Menschen zu wandeln. Unter Religion verstehen wir jedoch den Wesenskern, die Wirklichkeit von Religion, nicht die Dogmen und blinden Abbilder, die sie allmählich überkrustet haben und letztlich der Grund für ihren Niedergang und ihr Verlöschen sind.
Mit ‘Abdu’l-Bahás Worten ist die »materielle Zivilisation … wie der Leib. Sei er auch noch so anmutig, elegant und schön, so ist er dennoch tot. Die göttliche Kultur ist wie der Geist; der Leib erhält sein Leben durch den Geist, sonst ist er ein Leichnam… Ohne den Geist ist die Menschenwelt leblos.«44
Der Vorschlag, für besondere Sittlichkeit oder Werte einzutreten, mag umstritten sein, besonders heute, da alles beliebig ist. Nichtsdestoweniger sind wir fest davon überzeugt, daß es einen gemeingültigen Katalog von Werten gibt, die man nicht mehr erkennt, weil sie durch diejenigen verdunkelt werden, die für ihre politischen Zwecke untergeordnete Unterschiede der religiösen und kulturellen Praxis hochschrauben.45 Diese Kardinaltugenden, die von allen geistig orientierten Gemeinschaften gelehrt werden, bilden das Grundgerüst für sittliche Entwicklung.
Denkt man über die in den großen Religionen und ethischen Systemen der Welt vorhandenen Gemeinsamkeiten nach, so stellt sich heraus, daß sie samt und sonders für Einigkeit, Zusammenarbeit und Harmonie unter den Menschen eintreten, Richtlinien für verantwortungsbewußtes Verhalten festlegen und die Entwicklung von Tugenden fördern, die die Grundlage für auf Vertrauen gegründetes und von Grundsätzen geleitetes Handeln bilden.46
1. Lehrpläne zur ethisch-sittlichen Bildung in den Schulen sind zu entwickeln
Wir treten ein für eine weltweite Kampagne zur Förderung der ethischen Entwicklung. Kurz, diese Kampagne soll überall in der Welt örtliche Initiativen anstoßen und unterstützen, um bei der Kindererziehung das Sittliche einzubeziehen. Das kann die Veranstaltung von Konferenzen, die Veröffentlichung entsprechender Druckschriften und viele andere unterstützende Aktivitäten erfordern – allesamt solide Investitionen in zukünftige Generationen.
Bei der Kampagne zur sittlichen Bildung könnten einige einfache Regeln am Anfang stehen, zum Beispiel daß redliches Verhalten, Vertrauenswürdigkeit und Ehrlichkeit die Grundlage sind für Beständigkeit und Fortschritt, daß alles menschliche Streben von Uneigennützigkeit geleitet sein sollte, so daß Aufrichtigkeit und Achtung für die Rechte der anderen wesentlich das Handeln eines jeden Menschen bestimmen, und daß Dienst an der Menschheit die wahre Quelle von Glück, Ehre und Sinn im Leben ist.
Wir sind der Meinung, daß die Kampagne auch nur in dem Maße Erfolg haben wird, wie sie auf die Kraft der Religion baut. Die Doktrin von der Trennung von Kirche und Staat sollte nicht als Vorwand benutzt werden, um diesen heilsamen Einfluß abzublocken. Religionsgemeinschaften werden künftig besonders einbezogen werden müssen als partnerschaftliche Mitarbeiter an dieser wichtigen Aufgabe.
Diese Kampagne wird, je weiter sie fortschreitet, den Prozeß persönlicher Kraftentfaltung beschleunigen, wodurch sich die Art und Weise, wie die Menschen ungeachtet ihrer wirtschaftlichen Verhältnisse, ihrer gesellschaftlichen Stellung, ihrer ethnischen, rassischen oder religiösen Herkunft aktiv in ihrer Gesellschaft leben und handeln, völlig wandeln wird.
V. Menschheit am Wendepunkt
Ein Aufruf an die Führer der Welt
Wir sind an einem Wendepunkt in der Entwicklung der Nationen angelangt. »Die Vereinigung der ganzen Menschheit ist das Kennzeichen der Stufe, der sich die menschliche Gesellschaft heute nähert. Die Einheit der Familie, des Stammes, des Stadtstaates und der Nation ist nacheinander in Angriff genommen und völlig erreicht worden. Welteinheit ist das Ziel, dem eine gequälte Menschheit zustrebt. Der Aufbau von Nationalstaaten ist zu einem Ende gekommen. Die Anarchie, die der nationalstaatlichen Souveränität anhaftet, nähert sich heute einem Höhepunkt. Eine Welt, die zur Reife heranwächst, muß diesen Fetisch aufgeben, die Einheit und Ganzheit der menschlichen Beziehungen erkennen und ein für allemal den Apparat aufrichten, der diesen Leitgrundsatz ihres Daseins am besten zu verkörpern vermag.«47
Vor über einem Jahrhundert lehrte Bahá’u’lláh, daß es nur einen Gott und nur ein Menschengeschlecht gibt und daß alle Religionen der Welt unterschiedliche Stadien in der Offenbarung des göttlichen Willens und seiner Zielsetzung für die Menschheit darstellen. Bahá’u’lláh verkündete das Kommen einer in allen Heiligen Schriften der Welt verheißenen Zeit, in der die Menschheit letztlich die Vereinigung aller Völker zu einer friedlich verbundenen, schrankenlosen Gesellschaft erleben wird.
Er sagte, daß der menschliche Daseinszweck nicht bloß in der Schaffung einer materiellen Wohlstandsgesellschaft liegt, sondern auch im Aufbau einer globalen Zivilisation, in der die einzelnen Menschen zum Handeln als sittliche Wesen ermutigt werden, ihre wahre Natur verstehen und ein so hohes Maß an Sinnerfüllung finden können, wie es kein noch so großer materieller Wohlstand allein zu bieten vermag.
Bahá’u’lláh gehörte auch zu den ersten, die von der »neuen Weltordnung« sprachen, um die ungeheuren Veränderungen im politischen, gesellschaftlichen und religiösen Leben der Welt zu beschreiben. »Die Zeichen drohender Erschütterungen und des Chaos sind jetzt deutlich zu sehen, zumal die bestehende Ordnung erbärmlich mangelhaft erscheint«, schrieb Er. »Bald wird die heutige Ordnung aufgerollt und eine neue an ihrer Statt entfaltet werden.«48
Zu diesem Zweck schärfte Er den Führern wie allen Mitgliedern der Gesellschaft ein: »Es rühme sich nicht, wer sein Vaterland liebt, sondern wer die ganze Welt liebt. Die Erde ist nur ein Land und alle Menschen sind seine Bürger.«49
Vor allem müssen die Führer der kommenden Generation von dem aufrichtigen Wunsch beseelt sein, der Gemeinschaft insgesamt zu dienen, und sie müssen begreifen, daß die Führungsaufgabe eine Verantwortung ist, nicht der Weg zu Privilegien. Allzu lange haben Herrschende wie Regierte Führung verstanden als Machtausübung über andere. In Wirklichkeit bedarf die heutige Zeit eines neuen Begriffs von Führung und eines neuen Typs von Führern.50
Dies gilt besonders auf der internationalen Ebene. Um einen Sinn für Vertrauenswürdigkeit zu entwickeln und in den Herzen der Menschen in aller Welt Zutrauen und echte Sympathie für die Institutionen der internationalen Ordnung zu wecken, werden diese Führer über ihr eigenes Handeln nachdenken müssen.
Sie müssen durch ihren makellosen Ruf helfen, daß wieder Vertrauen und Zuversicht gegenüber der Regierung wächst. Sie müssen, um in jeder Situation den Kern zu treffen, Ehrenhaftigkeit, Bescheidenheit und Aufrichtigkeit verkörpern. Sie müssen sich Grundsätzen verpflichtet fühlen und von ihnen leiten lassen, nach denen sie auf lange Sicht im besten Interesse der ganzen Menschheit handeln.
»Laßt eueren Blick weltumfassend sein, anstatt ihn auf euer Selbst zu beschränken«, schreibt Bahá’u’lláh. »Befaßt euch nicht rastlos mit eueren eigenen Belangen! Laßt euere Gedanken fest auf das gerichtet sein, was das Glück der Menschheit wiederherstellen und der Menschen Herzen und Seelen heiligen wird.«51
ZUM HERAUSGEBER INTERNATIONALE BAHÁ’Í-GEMEINDE
Die Internationale Bahá’í-Gemeinde (BIC=Bahá’í International Community) ist eine internationale nichtstaatliche Organisation. Sie repräsentiert die weltweit über fünf Millionen Mitglieder der Bahá’í-Gemeinde, Frauen und Männer, die fast allen Berufen, Schichten und Religionen entstammen, ein Querschnitt der Menschheit aus über 2.000 ethnischen Gruppen und mehr als 210 Staaten und unabhängigen Territorien.
Die BIC ist seit 1948 als internationale nichtstaatliche Organisation beim United Nations Department of Public Information akkreditiert. Seit 1970 hat die BIC beratenden Status beim Wirtschafts- und Sozialrat der Vereinten Nationen. Die BIC hat auch beratenden Status beim Kinderhilfswerk der Vereinten Nationen (UNICEF), arbeitet mit der Weltgesundheitsorganisation (WHO) zusammen und ist mit dem Umweltprogramm der Vereinten Nationen (UNEP) assoziiert.
Der Sitz der BIC ist in New York. Verbindungsbüros befinden sich in Genf und Suva (Fiji), lokale Repräsentanten in Addis Abeba, Bangkok, Nairobi, Santiago und Wien.
Die Zielsetzung der BIC ergibt sich aus dem von Bahá’u’lláh, dem Stifter der Bahá’í-Religon, vor über hundert Jahren formulierten Grundsatz: „Die Erde ist eine Heimat und alle Menschen sind ihre Bürger.“ Die Aufgabenschwerpunkte der BIC sind die weltweite Förderung eines Bewußseins von der Einheit und Schicksalsgemeinschaft aller Menschen und die Unterstützung von Maßnahmen, die auf eine globalverträgliche, zukunftsoffene und einige Weltzivilisation zielen. Das Tätigkeitsfeld der BIC ist entsprechend weitgespannt, mit konkreten Projekten etwa in den Bereichen Friedensförderung, Menschenrechte, Erziehung, Gesundheitsfürsorge, Bewahrung der Umwelt, Frauenförderung wie auch der sozialen und wirtschaftlichen Entwicklung. Viele der BIC-Projekte werden in Kooperation mit den 175 (Stand: April 1996) nationalen Bahá’í-Gemeinden durchgeführt. Die BIC arbeitet auch eng mit anderen nichtstaatlichen Organisationen zusammen. So ist sie Mitglied des World Wide Fund for Nature’s Network, des Education for All Network und der Advocates for African Food Security.
1 Shoghi Effendi, Die Weltordnung Bahá’u’lláhs, Hofheim 1977, S. 295f
2 Boutros Ghali, Boutros, 1992, An Agenda for Peace: Peace-Making and Peace-Keeping, Bericht des Generalsekretärs an den Sicherheitsrat, 31. Januar 1992, New York, United Nations. Deutsch in: Butros Butros-Ghali, UNorganisierte Welt, Plädoyer für die große Reform der Vereinten Nationen. Stuttgart 1993
3 Die Präambel zur Charta der Vereinten Nationen zählt sicherlich zu den inspirierendsten Textstellen über Regierungskunst:
„Wir, die Völker der Vereinten Nationen – fest entschlossen, künftige Geschlechter vor der Geißel des Krieges zu bewahren, die zweimal zu unseren Lebzeiten unsagbares Leid über die Menschheit gebracht hat, unseren Glauben an die Grundrechte des Menschen, an Würde und Wert der menschlichen Persönlichkeit, an die Gleichberechtigung von Mann und Frau sowie von allen Nationen, ob groß oder klein, erneut zu bekräftigen, Bedingungen zu schaffen, unter denen Gerechtigkeit und die Achtung vor den Verpflichtungen aus Verträgen und anderen Quellen des Völkerrechts gewahrt werden können, den sozialen Frieden und einen besseren Lebensstandard in größerer Freiheit zu fördern, und für diese Zwecke „Duldsamkeit zu üben und als gute Nachbarn in Frieden miteinander zu leben, unsere Kräfte zu vereinen, um den Weltfrieden und die internationale Sicherheit zu wahren, Grundsätze anzunehmen und Verfahren einzuführen, die gewährleisten, daß Waffengewalt nur noch im gemeinsamen Interesse angewendet wird, und internationale Einrichtungen in Anspruch zu nehmen, um den wirtschaftlichen und sozialen Fortschritt aller Völker zu fördern – haben beschlossen, in unserem Bemühen um die Erreichung dieser Ziele zusammenzuwirken. Dementsprechend haben unsere Regierungen durch ihre in der Stadt San Franzisko versammelten Vertreter, deren Vollmachten vorgelegt und in guter und gehöriger Form befunden wurden, diese Charta der Vereinten Nationen angenommen und errichten hiermit eine internationale Organisation, die den Namen ‘Vereinte Nationen’ führen soll.“
4 Weltbank, Weltentwicklungsbericht 1994, S. 162f der englischen Ausgabe
5 Es gibt eine Reihe von Vorschlägen zur UN-Reform, die sich auf bestimmte Fachgebiete beziehen, wie z.B. Unsere gemeinsame Zukunft, der Brundtlandbericht der Weltkommission für Umwelt und Entwicklung mit dem Vorschlag, einen „Rat für nachhaltige Entwicklung“ zu gründen, zur Koordinierung von UN-Entwicklungsaktionen unter Bewahrung der Umwelt (Greven, 1987). Siehe auch den Bericht der Brandt-Kommission zum Nord-Süd-Konflikt mit Vorschlägen für die Bereiche Finanzen, Handel und Energie, Common Crisis North-South: Co-operation for World Recovery, London, Pan Books, 1983.
Die Literatur zur UN-Reform wird immer umfangreicher, insbesondere im Vorfeld des fünfzigsten Jahrestags der Vereinten Nationen. Die ersten bedeutsamen Vorschläge zur UN-Reform begannen in den 50er Jahren in Erwartung des zehnten Jahrestags der UN-Charta. Ein Meilenstein in dieser Hinsicht ist die 1958 erschienene Arbeit von Louis B. Sohn und Grenville Clark zur Abschaffung des Vetorechts, World Peace Through World Law, Cambridge, Harvard University Press, 1966.
Neuere Vorschläge reichen von der „Stockholm-Initiative“ (Gemeinsame Verantwortung in den 90er Jahren, Bonn, 1991) mit allgemeinen Vorschlägen zur Stärkung der Vereinten Nationen bis zu Harold Stassen, United Nations: A Working Paper for Restructuring (Minneapolis, Learner Publications Company, 1994), mit detaillierten Vorschlägen zur Neuformulierung der UN-Charta. Benjamin Ferencz (New Legal Foundations for Global Survival, Oceana Publications 1994) gibt Reformvorschläge, die davon ausgehen, daß Nationen, Völker und Individuen sich ihre Ziele frei setzen sollten – sofern dies nicht die grundlegenden Menschenrechte der anderen, in Freiheit und Würde zu leben, beeinträchtigt.
6 Nachbarn in Einer Welt, The Commission on Global Governance, Bonn 1995
7 Viele Denker haben das Prinzip der Einheit und ihre Bedeutung für die Entwicklung der Menschheit erkannt, einschließlich des Paläontologen Richard Leaky: „Wir sind eine Rasse, ein Volk. Jeder einzelne auf dieser Erde gehört zur Spezies Homo sapiens. Die Unterschiede zwischen den Menschen sind einfache biologische Nuancen ein und desselben Grundprinzips. Die menschliche Fähigkeit, Kultur zu schaffen, ermöglicht ihre Vielfalt in verschiedenartigsten, facettenreichen Wegen. Die oft recht krassen kulturellen Unterschiede sollten nicht als Trennung zwischen Völkern verstanden werden. Kulturen sind vielmehr das, was sie sind: ein Zeichen, daß man zur einen Menschheit gehört.“ Richard E. Leakey und Rodger Lewin, Origins: What new discoveries reveal about the emergence of our species and its possible future, New York 1977
Die Schriften Shoghi Effendis enthalten eine gründliche und ausführliche Erörterung des Konzepts der Einheit der Menschheit. Eine kurze Zusammenfassung findet sich in Die Weltordnung Bahá’u’lláhs, Hofheim 1977, S. 69ff
8 Wir stehen mit diesem Vorschlag nicht allein. Die „Commission on Global Governance“ formulierte: „Es ist unser Vorschlag, daß die Vollversammlung eine Weltkonferenz über ‘Global Governance’ 1998 durchführt, deren Beschlüsse im Jahr 2000 ratifiziert und vollzogen werden sollen.“ Commission on Global Governance, Nachbarn in Einer Welt, Bonn 1995, S. 386
9 Zwei gebräuchliche Sprichwörter illustrieren dies: „Small is beautiful“, in den 70er Jahren als ökonomisches Motto entstanden, läßt sich auch auf die Regierungskunst anwenden. Hierzu schrieb E. F. Schumacher (Small is Beautiful: Economics as if People Mattered, New York 1973, S. 65): „In den menschlichen Beziehungen scheint es immer ein Bedürfnis für zwei Dinge zu geben, die sich eigentlich gegenseitig ausschließen. Wir brauchen sowohl Freiheit als auch Ordnung. Wir brauchen Freiheit in vielen kleinen Dingen, und Ordnung auf der größeren Ebene, möglichst global, in Einheit und Koordination.“
„Denke global, aber handle lokal“, ist ein weiterer Slogan, der jüngst von Umweltgruppen lanciert wurde und der sehr treffend eine Perspektive für die Notwendigkeit globaler Lenkung und deren Balance mit lokaler und nationaler Selbstbestimmung aufzeigt.
10 „Weit davon entfernt, auf den Umsturz der bestehenden Gesellschaftsordnung abzuzielen, sucht… [ein globales Regierungssystem] ihre Grundlage zu erweitern, ihre Institutionen in einer Weise umzugestalten, die mit den Bedürfnissen einer stets sich wandelnden Welt in Einklang steht. Es kann mit keiner rechtmäßigen Untertanenpflicht in Widerspruch sein, noch kann es wirkliche Treue untergraben. Seine Absicht ist weder, die Flamme einer vernünftigen Vaterlandsliebe in den Herzen der Menschen zu ersticken, noch den Grundsatz nationaler Selbständigkeit abzuschaffen, der so wesentlich ist, wenn die Übel übertriebener Zentralisation vermieden werden sollen. Es übersieht weder die Verschiedenheiten der völkischen Herkunft, des Klimas, der Geschichte, Sprache und Überlieferung, des Denkens und der Gewohnheit, die die Völker und Länder der Welt unterschiedlich gestalten, noch versucht es, sie auszumerzen. Es ruft nach größerer Treue, stärkerem Bemühen als irgendein anderes, das je die Menschenwelt beseelt hat. Es besteht auf der Unterordnung nationaler Regungen und Belange unter die zwingenden Ansprüche einer geeinten Welt. Es verwirft einerseits die übersteigerte Zentralisation und entsagt zum andern allen Versuchen der Gleichmacherei.“ Shoghi Effendi, Die Weltordnung Bahá’u’lláhs, Hofheim 1977, S. 67f
11 Bereits in den 30er Jahren betonte Shoghi Effendi, der damals die Bahá’í-Weltgemeinde leitete, die Aufgaben einer künftigen Weltlegislative. So sah er etwa die Notwendigkeit einer „Weltlegislative…, deren Mitglieder als Treuhänder der ganzen Menschheit… die erforderlichen Gesetze geben, um das Leben aller Rassen und Völker zu steuern, ihre Bedürfnisse zu befriedigen und ihre wechselseitigen Beziehungen anzupassen.“ Die Weltordnung Bahá’u’lláhs, S. 297
Diese Ansicht wird von Gelehrten wie Jan Tinbergen, dem Nobelpreisträger für Volkswirtschaft 1969, geteilt, der schrieb: „Die Probleme der Menschheit können nicht länger nur durch nationale Regierungen gelöst werden. Wir brauchen eine Weltregierung. Dies kann am besten durch eine Stärkung des Systems der Vereinten Nationen erreicht werden.“ United Nations Development Programme (UNDP), Human Development Report 1994, Global Governance for the 21st Century, New York, S. 88
12 Bahá’í International Community, Proposals to the United Nations Charter Revision, May 23, 1955
13 In Seinen Schriften verwendet Bahá’u’lláh durchweg den Begriff „Ordnung“, „Weltordnung“ und „Neue Weltordnung“, um die derzeit stattfindenden gewaltigen Umwälzungsprozesse zu beschreiben, die im politischen, gesellschaftlichen und religiösen Leben zu beobachten sind. In den 60er Jahren des 19. Jahrhunderts schrieb er: „Die Welt ist aus dem Gleichgewicht geraten durch die Schwungkraft dieser größten, dieser neuen Weltordnung. Das geregelte Leben der Menschheit ist aufgewühlt durch das Wirken dieses einzigartigen, dieses wundersamen Systems, desgleichen kein sterbliches Auge je gesehen hat.“ Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Aqdas 181
14 Vgl. ‘Abdu’l-Bahá, Das Geheimnis göttlicher Kultur, Oberkalbach 1973, S. 31
15 United Nations Research Institute for Social Development (UNRISD), States of Disarray: The social effects of globalization, London 1995, S. 106-109
16 Es gibt viele Möglichkeiten, mit denen eine solche Kommission, oder die Weltlegislative selbst, auf gerechte Weise die Grenzfragen lösen könnte. Wie schwer dieses Vorhaben auch immer sein mag, es stellt einen wichtigen Teil der Entwicklung einer neuen Weltordnung dar. Hierzu schrieb bereits ‘Abdu’l-Bahá: „Wahre Kultur wird ihr Banner mitten im Herzen der Welt entfalten, sobald eine gewisse Zahl ihrer vorzüglichen, hochgesinnten Herrscher – leuchtende Vorbilder der Ergebenheit und Entschiedenheit – mit festem Entschluß und klarem Blick daran geht, den Weltfrieden zu stiften. Sie müssen die Friedensfrage zum Gegenstand allgemeiner Beratung machen und mit allen ihnen zu Gebote stehenden Mitteln versuchen, einen Weltvölkerbund zu schaffen. Sie müssen einen verbindlichen Vertrag und einen Bund schließen, dessen Verfügungen vernünftig, unverletzlich und bestimmt sind. Diesen Vertrag müssen sie der ganzen Welt bekannt geben und die Bestätigung des gesamten Menschengeschlechts für ihn erlangen. Ein derart erhabenes und edles Unternehmen – der wahre Quell des Friedens und Wohlergehens für die ganze Welt – sollte allen, die auf Erden wohnen, heilig sein. Alle Kräfte der Menschheit müssen frei gemacht werden, um die Dauer und Beständigkeit dieses größten aller Bündnisse zu sichern. In diesem allumfassenden Vertrag sollten die Grenzen jedes einzelnen Landes deutlich festgelegt, die Grundsätze, die den Beziehungen der Regierungen untereinander zugrunde liegen, klar verzeichnet und alle internationalen Vereinbarungen und Verpflichtungen bekräftigt werden. In gleicher Weise sollte der Umfang der Rüstungen für jede Regierung genauestens umgrenzt werden, denn wenn die Zunahme der Kriegsvorbereitungen und Truppenstärken in irgendeinem Land gestattet wäre, so würde dadurch das Mißtrauen anderer geweckt. Die Hauptgrundlage dieses feierlichen Vertrages sollte so verankert werden, daß bei einer späteren Verletzung irgendeiner Bestimmung durch irgendeine Regierung sich alle Regierungen der Erde erheben, um jene wieder zu voller Unterwerfung unter den Vertrag zu bringen, nein, die Menschheit als Ganzes sollte sich entschließen, mit allen ihr zu Gebote stehenden Mitteln jene Regierung zu vernichten. Wird dieses größte aller Heilmittel auf den kranken Körper der Welt angewandt, so wird er sich gewiß wieder von seinen Leiden erholen und dauernd bewahrt und heil bleiben.“ Geheimnis göttlicher Kultur, Oberkalbach 1973, S. 62f
17 Das Spendenaufkommen für soziale Zwecke stieg in den USA im Jahr 1994 um 3,6% auf 130 Milliarden Dollar. vgl. Karen W. Arenson in der New York Times vom 25. Mai 1995, S. 22
18 „Zur Frage einer internationalen Sprache… Wir wünschen uns als Bahá’í, daß eine universelle Hilfssprache sobald als möglich angenommen wird. Dabei favourisieren wir keine bestimmte Sprache. Wenn sich die Regierungen der Welt auf eine existierende Sprache oder auf eine zu schaffende neue zum internationalen Gebrauch einigten, beides fände unsere uneingeschränkte Unterstützung, denn wir wünschen, diesen Schritt in der Vereinigung der Menschheit so rasch als möglich verwirklicht zu sehen.“ Shoghi Effendi, Directives of the Guardian, New Delhi 1973, S. 39 Bei diesem Vorschlag legen wir Wert auf den Begriff „Hilfssprache“. Die Bahá’í-Lehre schätzt und fördert kulturelle Vielfalt, nicht Uniformität. Wir fassen deshalb zu diesem Zeitpunkt der Menschheitsgeschichte nicht die weltweite Einführung einer einzigen Sprache ins Auge. Statt dessen sollten die Völker und Nationen ihre eigene lokale oder nationale Sprache behalten, gleichzeitig aber ermutigt werden, eine universelle Sprache zu erlernen. Eine solche universelle Sprache sollte schließlich an den Schulen in aller Welt als Pflichtfach gelehrt werden. Keinesfalls sollte damit jedoch der legitime Ausdruck nationaler und örtlicher sprachlicher und kultureller Vielfalt beeinträchtigt werden.
19 „Der Tag naht, da alle Völker der Welt eine universale Sprache und eine einheitliche Schrift annehmen werden“, so schrieb Bahá’u’lláh in den späten siebziger Jahren des vorigen Jahrhunderts. „Wenn dies erreicht ist, wird es für jeden Menschen, in welche Stadt er auch reisen mag, sein, als betrete er sein eigenes Heim.“ Ährenlese, Hofheim 1980, 117:1
20 In einem Sonderbeitrag zum Weltentwicklungsbericht 1994 schrieb der Nobelpreisträger für Wirtschaft, James Tobin, daß eine einzige Weltwährung die meisten, wenn nicht alle der Turbulenzen beseitigen würde, die derzeit mit der massiven weltweiten Devisenspekulation einhergehen. Da es noch lange bis zur Einführung einer Weltwährung dauern könnte, schlägt er sogar eine „einheitliche Weltsteuer“ auf Devisentransfers vor. UNDP, Human Development Report 1994, A Tax on International Currency Transactions, New York, S. 70
21 Das Prinzip kollektiver Sicherheit vertrat Bahá’u’lláh vor über einem Jahrhundert in Briefen an die Könige und Herrscher der Welt: „Seid einig, o Könige der Erde, denn dadurch wird der Sturm des Haders gestillt, und euere Völker finden Ruhe – wenn ihr doch zu den Verstehenden gehörtet! Sollte einer unter euch gegen einen anderen die Waffen ergreifen, so erhebt euch alle gegen ihn, denn dies ist nichts als offenbare Gerechtigkeit.“ Ährenlese 119:5
22 Unabhängige Arbeitsgruppe über die Zukunft der Vereinten Nationen, Die Vereinten Nationen in ihren nächsten 50 Jahren, Deutsche Gesellschaft für die Vereinten Nationen, Bonn 1995, S. 16
23 Glenview Foundation, The Stassen Draft Charter for a New United Nations to Emerge from the Original, to Serve World Peace and Progress for the Next Fourty Years, Philadelphia 1985; Grenville Clark/Louis B. Sohn, World Peace Through World Law, Cambridge (Mass.) 1966; Keith Hindell, „Reform of the United Nations?“, in: The World Today: Journal of the Royal Institute of International Affairs, Bd. 48, Nr. 2, Februar 1992, S. 30-33; Benjamin B. Ferencz/Ken Keyes Jr., Planethood: The Key to Your Future, Coos Bay (Oregon) 1991; Boutros Boutros-Ghali, An Agenda for Peace: Peace-making and Peace-keeping. Report of the Secretary-General Pursuant to the Statement Adopted by the Summit Meeting of the Security Council, January 31, New York 1992
24 Damit soll nicht gesagt werden, daß man mit dem Verbot von Massenvernichtungswaffen warten soll, bis eine solche Streitmacht ins Leben gerufen ist. Wir unterstützen voll und ganz die derzeitigen Bemühungen zur Nonproliferation von Nuklearwaffen einschließlich eines Moratoriums, wie auch alle sonstigen Anstrengungen zur Abschaffung nuklearer, chemischer und biologischer Waffen. Entsprechend müssen auch strengere Maßnahmen zum Verbot konventioneller Waffen, wie etwa Landminen, ergriffen werden, die noch immer Tausende unschuldiger Menschen töten.
25 ul Haq, Mahbub, 1994. Generalberater an UNDP, Berichterstatter für den Weltentwicklungsbericht, der in den letzten Jahren neue Erkenntnisse in der Entwicklungspolitik förderte, einschließlich einem neuen Sicherheitskonzept.
26 Erskine Childers, Hrsg., Challenges to the United Nations: Building a safer world, New York, St. Martin’s Press, 1994, S. 21-25
27 John Huddleston, The Search for a Just Society, Kidlington, Oxford, George Ronald, 1989
28 Verborgene Worte, Hofheim 1983, arabisch 2
29 Vor etwa 75 Jahren machte ‘Abdu’l-Bahá folgende Vorschläge für einen künftigen internationalen Gerichtshof: „die Nationalversammlungen jedes Landes und jeder Nation, das heißt, die Parlamente, [sollten] zwei oder drei Personen auswählen, die Edelsten ihres Volkes, Kenner des internationalen Rechts sowie der Beziehungen zwischen den Regierungen, dazuhin vertraut mit den wesentlichen Bedürfnissen der heutigen Menschheit. Die Zahl dieser Abgeordneten sollte im Verhältnis zu der Bevölkerungszahl des Landes stehen. Die Wahl dieser Seelen durch die Nationalversammlung, das heißt, durch das Parlament, ist vom Oberhaus, vom Kongreß, vom Kabinett und ebenso vom Präsidenten oder Monarchen zu bestätigen, damit diese Persönlichkeiten die Gewählten des ganzen Volkes und der Regierung sind. Aus diesem Personenkreis sind die Mitglieder des Höchsten Gerichtshofes zu wählen. Die ganze Menschheit hat somit Anteil daran; denn jeder Abgeordnete vertritt die ganze Nation. Wenn der Höchste Gerichtshof zu einer internationalen Frage ein Urteil fällt, entweder einmütig oder durch Mehrheitsbeschluß, so gibt es keinen Einwand mehr für den Kläger und keine Ausflucht für den Beklagten. Falls eine Regierung oder Nation die unwiderlegliche Entscheidung des Höchsten Gerichtshofs mißachtet oder die Ausführung verschleppt, werden die übrigen Nationen dagegen auftreten; denn alle Regierungen und Nationen der Welt sind die Stützen dieses Höchsten Gerichtshofs. Überlegt, wie fest diese Grundlage ist! Ein beschränkter, eingeengter Bund jedoch erfüllt den Zweck nicht angemessen.“ Briefe und Botschaften, Hofheim 1992, 227:31
30 Derzeit ist die Zuständigkeit des Gerichts auf folgende Bereiche beschränkt: 1. Fälle, in denen die Parteien die Anträge gemeinsam einbringen, 2. Verletzungen von Verträgen und Konventionen, wenn darin ausdrücklich die Zuständigkeit des Gerichts vorgesehen ist, und 3. spezielle Fälle von Rechtsstreitigkeiten zwischen Mitgliedsstaaten, in denen diese die Zuständigkeit des Gerichts als bindend ansehen. Vgl. Europe World Year Book 1994, Vol. I, Intern. Court of Justice, S. 22
31 Ährenlese 122. „Die erste und dringlichste Notwendigkeit ist die Förderung der Erziehung. Man kann sich nicht denken, daß ein Volk zu Wohlstand und Erfolg kommt, ohne daß diese ausschlaggebende, grundlegende Frage vorangetrieben wird. Die Hauptursache für den Niedergang und Verfall der Völker ist Unwissenheit. Heutzutage wissen die Massen des Volkes nicht einmal über das Alltägliche Bescheid, wieviel weniger begreifen sie die Kernfragen wichtiger Probleme und die verwickelten Lebensbedürfnisse unserer Zeit!“ ‘Abdu’l-Bahá, Das Geheimnis göttlicher Kultur, S. 98. „Dieselben Unterschiede finden sich auch unter Tieren. Einige wurden domestiziert, erzogen; andere blieben wild. Es ist deutlich, daß die Welt der Natur unvollkommen, die Welt der Erziehung dagegen vollkommen ist. Man kann sagen, daß der Mensch aus den Zwängen der Natur errettet wird durch Erziehung und Kultur. Also ist Erziehung notwendig. Aber es gibt verschiedene Arten von Erziehung. Die Ausbildung und Entwicklung des Leibes fördert Kraft und Wachstum. Für die intellektuelle Ausbildung oder Schulung werden Schulen und Universitäten gegründet. Die dritte Art der Erziehung ist die des Geistes. Durch den Odem des Heiligen Geistes wird der Mensch in die Welt der Sittlichkeit gehoben und vom Licht göttlicher Segensgaben erleuchtet. Zugang zur Welt der Sittlichkeit erhält man nur durch die Strahlen der Sonne der Wirklichkeit und den lebenspendenden Geist Gottes.“ ‘Abdu’l-Bahá, aus einer Ansprache vom 20. September 1912 in St. Paul, Promulgation of Universal Peace, S. 329f
32 Regierungen und deren Partner sollten bedenken, daß materielle Gleichheit weder erreichbar noch erstrebenswert ist. Absolute Gleichheit ist eine Schimäre. Trotzdem wird es in vielen Bereichen erforderlich sein, den in der Welt verfügbaren Reichtum bis zu einem gewissen Umfang neu zu verteilen. Es wird immer offensichtlicher, daß ein ungezügelter Kapitalismus auch nicht die Lösung darstellt. Ein gewisses Maß an Regulierung und Umverteilung ist um der materiellen Gerechtigkeit willen erforderlich. In dieser Hinsicht ist eine einkommensabhängige Steuer prinzipiell eines der gerechtesten und angemessensten Mittel. Auch freiwilliges Teilen – individuell wie auf gesellschaftlicher Ebene – sollte seinen Platz haben. Chancengleichheit für wirtschaftliche Entwicklung sollte jedoch bereits der Struktur der neuen Ordnung inhärent sein. Die wichtigste Regulierung eines jeglichen ökonomischen Systems ist letztlich jedoch sittlich-moralischer Art und beginnt in den Herzen und Köpfen der Menschen.
33 Die Einrichtung der Global Environment Facility (GEF) ist ein erfreulicher erster Schritt in die richtige Richtung und kann auf lange Sicht als Hilfsmittel zur Finanzierung der Agenda 21 nützlich sein, sofern ihr Einsatzbereich erweitert und ihr Mandat neu definiert wird.
34 World Conference on Human Rights. Vienna Declaration and Programme of Action, 14-25 June 1993, Wien
35 Weitere Ausführungen zu diesem Konzept finden sich in dem Februar 1995 veröffentlichten Statement der Bahá’í International Community, Office of Public Information, Entwicklungsperspektiven für die eine Menschheit: „Das Bewußtsein, das den Menschen im besonderen auszeichnet, ist auf das engste verbunden mit dem selbständigen Erforschen der Wirklichkeit. Die Freiheit, den Sinn des Daseins zu ergründen und die in der menschlichen Natur angelegten Fähigkeiten zu dessen Verwirklichung zu entwickeln, muß geschützt werden. Menschen müssen frei sein, Wissen zu erwerben. Daß eine solche Freiheit oft mißbraucht wird und daß zu diesem Mißbrauch durch Erscheinungsformen der heutigen Gesellschaft in übelster Weise ermutigt wird, tut der Gültigkeit dieses Antriebs in keiner Weise Abbruch. Es ist dieser bemerkenswerte Antrieb – das menschliche Bewußtsein –, das den moralischen Imperativ für die Aufstellung vieler der in der Allgemeinen Erklärung der Menschenrechte und den dazugehörigen Verträgen enthaltenen Rechte liefert. Allgemeine Erziehung, freie Wahl des Wohnsitzes, Zugang zu Informationen und die Möglichkeit, am politischen Leben teilzunehmen, sind alles Aspekte seiner Wirksamkeit, welche ausdrücklich eine Garantie durch die internationale Gemeinschaft erfordern. Das gleiche gilt auch für die Gedanken- und Glaubensfreiheit, einschließlich der Religionsfreiheit, sowie das Recht auf eigene Meinung und auf angemessenen Ausdruck derselben.
Da die gesamte Menschheit eins und unteilbar ist, ist jedes ihrer Mitglieder in die Welt als ein dem Ganzen anvertrautes Pfand hineingeboren. Diese Treuhänderschaft bildet die geistige Grundlage für die meisten anderen Rechte – hauptsächlich wirtschaftliche und soziale –, die die Einrichtungen der Vereinten Nationen in entsprechender Weise zu definieren suchen. Die Sicherheit der Familie und des Heimes, der Anspruch auf Besitz und das Recht auf Privatsphäre sind alle in einer solchen Treuhänderschaft inbegriffen. Die Verpflichtung der Gesellschaft umfaßt auch die Bereitstellung von Arbeit, die geistige und körperliche Gesundheitsvorsorge, soziale Sicherheit, gerechte Löhne, Ruhe und Erholung, und eine Reihe anderer vernünftiger Erwartungen an die einzelnen Mitglieder der Gesellschaft.
Das Prinzip der kollektiven Treuhänderschaft bedingt auch, daß jede Person das Recht hat zu erwarten, daß die für ihre Identität wesentlichen kulturellen Bedingungen den Schutz durch nationale und internationale Gesetze genießen. Ähnlich der Rolle, die die Gesamtheit der Gene im biologischen Leben der Menschheit und ihrer Umwelt spielt, ist der großartige, durch viele Jahrtausende erworbene Reichtum an kultureller Vielfalt für die soziale und wirtschaftliche Entwicklung des Menschengeschlechtes bei seinem kollektiven Eintritt ins Erwachsenenalter lebensnotwendig. Dieser Reichtum ist ein Erbe, dem jetzt gestattet werden muß, in einer weltumspannenden Zivilisation Früchte zu tragen. Einerseits muß die kulturelle Eigenart davor bewahrt werden, daß die beherrschenden materiellen Einflüsse sie ersticken. Andererseits muß ein Austausch zwischen den Kulturen in ständig sich wandelnden Mustern und Strukturen ermöglicht werden, frei von Manipulationen, die einseitigen politischen Interessen dienen.“ Entwicklungsperspektiven für die Menschheit – Ein neues Verständnis von globalem Wohlstand, Hofheim 1996, S. 11
36 Die Achtung der Menschenrechte muß in der Familie beginnen: „Vergleiche die Nationen der Welt mit den Mitgleidern einer Familie. Eine Familie ist eine Nation im Kleinen. Erweitert nur den Kreis des Haushalts, und ihr habt die Nation. Erweitert den Kreis der Nationen und ihr habt die ganze Menschheit. Die Bedingungen, welche die Familie betreffen, betreffen auch die Nation. Was in der Familie geschieht, geschieht auch im Leben der Nation. Hilft es dem Fortschritt und dem Vorankommen der Familie, wenn ihre Mitglieder uneins werden, wenn Streit ausbricht, jeder den anderen ausnützt, Eifersucht und Rachegefühle vorherrschen, wenn jeder selbstsüchtig seinen Vorteil sucht? Nein, Fortschritt und Vorankommen wären dahin. So ist es auch mit der großen Familie der Nationen, denn Nationen sind nur viele Familien zusammen. Wie denn Streit und Uneinigkeit eine Familie zerstören und ihren Fortschritt hindern, so werden auch Nationen zerstört und aller Fortschritt behindert.“ ‘Abdu’l-Bahá, Promulgation of Universal Peace, Wilmette 1982, S. 157
37 „Wenn die ganze Menschheit dieselben Bildungsmöglichkeiten erhält und die Gleichheit von Mann und Frau Wirklichkeit ist, dann werden die Wurzeln des Kriegs ausgerissen sein. Ohne Gleichheit ist dies unmöglich, weil alle trennenden Unterschiede zu Zwietracht und Streit führen. Die Gleichheit von Mann und Frau hat die Abschaffung des Kriegs zur Folge, denn Frauen werden nie bereit sein, den Krieg zu billigen. Mütter werden ihre Söhne, die sie zwanzig Jahre lang von klein auf umsorgten und umhegten, nicht als Opfer für die Schlachtfelder hergeben, ganz gleich für welche Sache. Kein Zweifel, wenn die Frauen gleiche Rechte erhalten, wird der Krieg unter den Menschen ganz und gar aufhören.“ ‘Abdu’l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, S. 174f
38 „Um es noch einmal bewußt zu machen: Bevor Frau und Mann nicht die Gleichberechtigung anerkennen und verwirklichen, ist gesellschaftlicher und politischer Fortschritt weder hier noch irgendwo sonst möglich. Denn die Menschenwelt besteht aus zwei Teilen oder Gliedern: das eine ist die Frau, das andere der Mann. Solange diese beiden Glieder an Stärke nicht gleich sind, kann die Einheit der Menschheit nicht verwirklicht werden, und Glück und Wohl der Menschheit werden nicht Wirklichkeit. So Gott will, wird dies erreicht werden.“ Aus einer Ansprache ‘Abdu’l-Bahás vor dem Federation of Women’s Clubs, Chicago, Illinois, am 2. Mai 1912, The Promulgation of Universal Peace, S. 77
39 „In der Vergangenheit wurde die Welt durch Gewalt regiert, und der Mann herrschte aufgrund seiner stärkeren und aggressiveren körperlichen und intellektuellen Eigenschaften über die Frau. Aber schon neigt sich die Waage. Gewalt verliert ihr Gewicht, und geistige Regsamkeit, Intuition und die spirituellen Eigenschaften der Liebe und des Dienens, in denen die Frau stark ist, gewinnen an Einfluß. Folglich wird das neue Zeitalter weniger männlich und mehr von weiblichen Idealen durchdrungen sein, oder genauer gesagt, es wird ein Zeitalter sein, in dem die männlichen und weiblichen Elemente der Kultur besser ausgeglichen sein werden.“ ‘Abdu’l-Bahá, zitiert in: John. E. Esslemont, Bahá’u’lláh und das Neue Zeitalter, Hofheim 6. Aufl. 1976, S. 173
40 Der Grundsatz, daß Frauen und Mädchen bevorzugt Zugang zu Bildung erhalten sollen, hat in der Bahá’í-Lehre eine lange Tradition. So formulierte ‘Abdu’l-Bahá im Jahre 1912: „Indem Er die Einheit der Menschheit verkündete, lehrte… [Bahá’u’lláh], daß Männer und Frauen vor Gott gleich sind und kein Unterschied zwischen ihnen gemacht werden darf. Der Unterschied, der zur Zeit zwischen ihnen besteht, beruht einzig auf mangelnder Erziehung und Bildung. Wenn man der Frau gleiche Bildungschancen eröffnet, werden alle Unterschiede und die scheinbare Minderwertigkeit der Frau verschwinden… Zudem ist die Erziehung der Frau von größerer Bedeutung als die Erziehung des Mannes, denn Frauen sind die Mütter der Menschheit, und Mütter erziehen die Kinder. Die Mutter ist der erste Lehrer der Kinder. Sie muß deshalb gut ausgebildet sein, um Söhne und Töchter erziehen zu können. Zu dieser Frage gibt es in den Worten Bahá’u’lláhs viele Einzelheiten.
Er forderte den gleichen Bildungsgang für Mann und Frau. Töchter und Söhne müssen denselben Lehrplan durchlaufen und dadurch die Einheit der Geschlechter fördern.“, Promulgation, S. 174f
41 Lawrence H. Summers (Vizepräsident der Weltbank), Investing in All the People, 1992; USAID, Technical Reports in Gender and Development. Making the Case for the Gender Variable: Women and the Wealth and Wellbeing of Nations, Office of Women in Development, 1989
42 ‘Abdu’l-Bahá, Briefe und Botschaften 227:18
43 The Nairobi Forward-Looking Strategies for the Advancement of Women. As adopted by the World Conference to Review and Appraise the Achievements of the United Nations Decade for Women: Equality, Development and Peace, Nairobi, Kenia, 15-26 July 1985
44 Briefe und Botschaften 227:23
45 Die interreligiöse Verlautbarung »Erklärung zum Weltethos«, herausgegeben von einer Versammlung religiöser und geistiger Führer aus faktisch allen größeren Religionen und geistigen Bewegungen auf dem 1993 in Chicago veranstalteten Parlament der Weltreligionen, hält fest, daß die Religionen der Welt wirklich vieles finden können, was sie in dieser Hinsicht gemeinsam haben. Es heißt in der Verlautbarung: »Wir bekräftigen, daß sich in den Lehren der Religionen ein gemeinsamer Bestand von Kernwerten findet und daß diese die Grundlage für ein Weltethos bilden… Es gibt bereits uralte Richtlinien für menschliches Verhalten, die in den Lehren der Religionen der Welt gefunden werden können und welche die Bedingung für eine dauerhafte Weltordnung sind.« Erklärung zum Weltethos, Die Deklaration des Parlaments der Weltreligionen, herausgegeben von Hans Küng und KarlJosef Kuschel, München 1993, S. 16
46 Die Goldene Regel, die Lehre, andere so zu behandeln, wie man selbst behandelt zu werden wünscht, wird als Sittenlehre in allen großen Religionen oft wiederholt. Im Buddhismus: »Verletze nicht andere in einer Weise, die du als verletzend empfändest« (Udana-Varqa, 5:18). Im Parsismus: »Nur die Natur ist gut, die anderen nicht antut, was für sie selbst ungut wäre« (Dadistan-i Dinik, 94:5). Im Judentum: »Tu deinem Mitmenschen nicht an, was dir verhaßt ist. Das ist das ganze Gesetz, der Rest ist Auslegung« (Talmud, Shabbat, 31a). Im Hinduismus: »Der Kern aller wahren Rechtschaffenheit ist: Behandle andere so, wie du willst, daß sie dich behandeln. Tu deinem Nachbarn nichts, was du nicht willst, daß er es dir heimzahlt« (Mahabharata). Im Christentum: »Und wie ihr wollt, daß euch die Leute tun sollen, also tut ihnen auch« (Lukas 3:31). Im Islam: »Keiner von euch ist ein Gläubiger, wenn er nicht für seinen Bruder dasselbe wünscht wie für sich selbst« (Sunnah). Im Taoismus soll ein guter Mensch »Mitleid haben mit den bösen Neigungen anderer; er sollte ihren Gewinn als seinen eigenen betrachten, und ihren Verlust ebenso« (Thai-Shang). Im Konfuzianismus: »Grundsatz der Herzensgüte ist zweifellos: Tu anderen nicht, was sie dir nicht tun sollen« (Lesefrüchte xv, 23). Im Bahá’í-Glauben: »Er sollte für andere nicht wünschen, was er für sich selbst nicht wünscht, und nicht versprechen, was er nicht hält« (Kitáb-i-Íqán 215; zit. in Bahá’u’lláh, Ährenlese 125:3).
47 Shoghi Effendi, Die Weltordnung Bahá’u’lláhs, Hofheim 1977, S. 295 f.
48 Botschaften aus ‘Akká, Hofheim 1982, 11:27, Ährenlese 4:2, 110
49 Botschaften aus ‘Akká 11:13
50 Die Commission on Global Governance schreibt: »Heute, da die Welt aufgeklärter Antworten auf die Herausforderungen am Vorabend des neuen Jahrhunderts bedarf, sind wir beunruhigt über den Mangel an Führung in vielen Bereichen der menschlichen Gesellschaft. Auf nationaler, regionaler und internationaler Ebene, in lokalen Gemeinschaften und in internationalen Organisationen, in Regierungen und Nichtregierungs-organisationen braucht die Welt glaubwürdige und beständige Führung. Sie braucht eine vorausschauende, nicht nur reagierende Führung, die Ideen entwickelt und nicht nur funktioniert, die sich orientiert an langfristigen Perspektiven und den Interessen künftiger Generationen, für die wir die heutige Welt treuhänderisch verwalten. Sie braucht Führer, die durch Visionen gestärkt sind, die von Ethos getragen sind und die den politischen Mut haben, auch über die nächste Wahl hinaus zu denken. Dies kann keine auf die eigenen vier Wände beschränkte Führung sein. Sie muß über Länder, Rassen, Religionen, Kulturen, Sprachen und Lebensstile hinwegreichen. Sie muß von einem tieferen Gefühl der Menschlichkeit getragen und von Hilfsbereitschaft für andere durchdrungen sein, sie bedarf eines Gespürs der Verantwortung gegenüber der Einen Welt.« Bericht der Commission on Global Governance, Nachbarn in Einer Welt, Bonn 1995, S. 388f
51 Ährenlese 43:5, 4