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French — Le Secret de la Civilisation Divine.txt
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# Source: WWW.RELIGARE.ORG
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Religion: baha'ie
Livre: Le secret de la Civilisation Divine
Edition: MEB - D/1973/1547/10

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Chapitre: I. Les moyens donnés à l'Homme pour contribuer à la civilisation

Au nom de Dieu, le clément, le miséricordieux.
Louanges et grâces soient rendues à la Providence qui, parmi les réalités existantes, a choisi la réalité de l'homme et l'a honorée de l'intelligence et de la sagesse, les deux plus brillantes lumières de chaque monde. Par l'entremise de ce grand don, elle a, à chaque époque, projeté de nouvelles et merveilleuses configurations sur le miroir de la création.
Si nous considérons objectivement le monde de l'être, il devient apparent que, d'âge en âge, le temple de l'existence a constamment été embelli de grâces nouvelles et a été orné d'une splendeur toujours changeante, venant de la sagesse et du pouvoir de la pensée.
Ce suprême emblème de Dieu occupe la première place dans l'ordre de la création, et, première en grade, possède la préséance sur toutes choses créées.
La sainte tradition: "Avant tout, Dieu créa l'esprit", en témoigne. Dès l'aube de la création, il fut formé pour être révélé dans le temple de l'homme.
Saint est le Seigneur qui, par les éblouissants rayons de cette étonnante puissance céleste, a fait de notre monde de ténèbres l'envie des mondes de lumière: "Et la terre brillera de la lumière de son Seigneur."
Saint et exalté, Celui qui a créé la nature de l'homme pour être le printemps de Sa grâce infinie: "Le Dieu de miséricorde a enseigné le Qur'án, a créé l'homme et lui a parlé un clair langage."
O vous qui avez des esprits pour connaître! Levez vos mains suppliantes vers le ciel du seul Dieu, humiliez-vous et abaissez-vous devant Lui, remerciez-le de ce don suprême et implorez-le de vous secourir afin que, dans l'ère présente, des impulsions divines rayonnent de la conscience de l'homme et que ce feu divin, communiqué au coeur humain, ne s'éteigne jamais.
Considérez attentivement: tous ces phénomènes si variés, ces concepts, ce savoir, ces procédés techniques et ces systèmes philosophiques, ces sciences, ces arts, ces industries et ces inventions, tous sont des émanations de l'esprit humain.
Tout peuple qui s'est aventuré au plus profond de cette mer sans rivage a surpassé les autres.
Le bonheur et l'orgueil d'une nation consistent en ce qu'elle brille comme le soleil dans le ciel du savoir.
"Ceux qui possèdent le savoir et ceux qui ne l'ont pas seront-ils traités de même?"
Et l'honneur et la distinction de l'individu résident en ceci que, parmi les multitudes du globe, il devienne une source de bien social.
Peut-on concevoir un plus grand bienfait que celui-ci: un individu, regardant en lui-même, découvre que, par la grâce fortifiante de Dieu, il est devenu une cause de paix et de bien-être, de bonheur et d'avantage pour ses frères! Non, par le seul vrai Dieu, il n'y a pas de plus grande bénédiction ni de plus complet délice!
Combien de temps encore nous laisserons-nous emporter sur les ailes de la passion et des vains désirs; jusque à quand passerons-nous nos jours, tels des barbares, dans les profondeurs de l'ignorance et de l'abomination?
Dieu nous a donné des yeux pour que nous puissions voir le monde autour de nous et saisir tout ce qui fera progresser la civilisation et les arts de vivre.
Il nous a pourvu d'oreilles afin que nous puissions entendre avec profit la sagesse des savants et des philosophes, et nous lever pour la mettre en pratique et la promouvoir.
Nous avons été dotés de sens et de facultés pour les vouer au service du bien commun afin que, nous distinguant par rapport à toute autre forme de vie par la perceptivité et la raison, nous puissions travailler en tout temps et de toutes manières, que l'occasion soit grande ou petite, ordinaire ou extraordinaire, jusqu'à ce que l'humanité entière soit à coup sûr rassemblée dans la forteresse imprenable de la connaissance.
Nous devons constamment établir de nouvelles bases pour le bonheur humain et créer et promouvoir de nouveaux instruments à cette fin.
Combien excellent, combien honorable est l'homme qui se dresse pour affronter ses responsabilités; combien misérable et méprisable est celui qui ferme les yeux au bien-être de la société et gaspille sa précieuse vie à la poursuite de ses propres intérêts et de ses avantages personnels.
Le bonheur suprême appartient à l'homme et si dans l'arène de la civilisation et de la justice, il éperonne le coursier de ses efforts, il verra les signes de Dieu dans le monde et dans son âme.
"Certes, nous leur montrerons nos signes dans le monde et en eux-mêmes."
Et voici la plus grande misère de l'homme: qu'il doive vivre inerte, apathique, insensible, n'attachant d'importance qu'à ses vils appétits. Dans cette condition, son être plongé dans l'ignorance et la sauvagerie, les plus profondes, sombre encore plus bas que la bête.
"Ils sont comme les brutes: Oui, ils s'égarent beaucoup plus... Car les bêtes les plus viles aux yeux de Dieu sont les sourds et les muets qui ne comprennent pas."
Nous devons maintenant prendre la ferme résolution de nous dresser et de saisir tous ces instruments servant à promouvoir la paix, le bien-être, le bonheur et la connaissance, la culture et l'industrie, la dignité, la valeur et le rang, de toute la race humaine.
Ainsi, par les eaux réparatrices de l'intention pure et de l'effort altruiste, la terre des potentialités humaines fleurira par sa propre excellence interne, s'épanouira en qualités dignes de louanges, fleurira et fructifiera jusqu'à rivaliser avec la roseraie du savoir, appartenant à nos aïeux.
Alors, la terre sacrée de Perse deviendra véritablement le foyer des perfections humaines, reflètant comme dans un miroir la panoplie complète de la civilisation mondiale.
Toute louange et gloire soient rendues à la Source de la sagesse divine, l'Aube de la révélation (Muhammad) et à la sainte lignée de ses descendants, puisque, par la diffusion des rayons de sa sagesse consommée, et par son savoir universel, ces hôtes sauvages de Yathrib (Médine) et Batha (La Mecque) furent miraculeusement et en si peu de temps tirés des profondeurs de leur ignorance pour s'élever au pinacle du savoir et devenir des centres d'arts, de science et de perfections humaines tels des étoiles de félicité et de civilisation véritable, brillant à l'horizon du monde.

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Chapitre: II. La situation en Perse

Actuellement (1875), Sa Majesté le Shah a résolu de mettre en oeuvre le progrès du peuple persan, son bien-être, sa sécurité, et la prospérité du pays.
Il a spontanément prêté assistance à ses sujets, faisant preuve d'énergie et d'équité, espérant que par la lumière de la justice il pourrait faire de l'Iran l'envie de l'Occident et de l'Orient, il a permis que cette noble ferveur, caractéristique des premières grandes époques de la Perse, coulât de nouveau dans les veines de son peuple.
Comme cela est évident pour l'esprit judicieux, l'auteur a, pour cette raison, cru nécessaire d'émettre, pour l'amour de Dieu et comme contribution à cette grande entreprise, un bref exposé de certaines questions urgentes.
Il a tu son nom afin de démontrer que son seul but était de travailler au bien-être général.
Puisqu'il croit que montrer la voie de la rectitude est en soi un acte droit, il offre ces quelques conseils aux fils de son pays ; il n'a prononcé ces paroles que pour l'amour de Dieu et dans un esprit de fidèle amitié.
Notre Seigneur, qui connaît toutes choses, témoigne que ce serviteur ne recherche que ce qui est juste et bon car, errant dans le désert de l'amour de Dieu, il a pénétré dans un royaume où la main de refus ou de l'acceptation, de la louange ou du blâme, ne peut le toucher.
"Nous nourrissons vos âmes par amour pour Dieu; nous n'attendons de vous ni récompense ni gratitude."
"La main est voilée, pourtant la plume écrit tel qu'ordonné;". "Le cheval s'élance, toutefois le cavalier est caché."
O peuple de Perse! Etudie ces pages florissantes qui parlent de jours depuis longtemps révolus. Lis-les et émerveille-toi; vois le grand spectacle.
En ce temps-là, l'Iran était comme le coeur du monde; c'était une brillante torche brûlant à la réunion de l'humanité. Sa puissance et sa gloire éclairaient comme l'aube les horizons du monde, et la splendeur de son savoir projetait ses rayons sur l'Orient et l'Occident.
La nouvelle du vaste empire de ceux qui portaient sa couronne atteignit même les habitants du cercle arctique, et la renommée de l'imposante personnalité de son Roi des Rois humilia les dirigeants de la Grèce et de Rome.
Les plus grands philosophes du monde s'émerveillèrent de la sagesse de son gouvernement et son système politique devint un modèle pour tous les rois des quatre continents alors connus.
Elle se distinguait des autres nations par l'étendue de son empire et était honorée par tous pour sa culture et sa civilisation dignes d'éloges.
Semblable au pivot du monde, elle était à la fois la source et le centre des sciences et des arts, l'inspiratrice des grandes inventions et des découvertes, la riche mine de vertus et de perfections humaines.
L'intelligence et la sagesse des individus composant cette nation par excellence, éblouissaient l'esprit des autres peuples, le lustre et le génie perceptif qui caractérisait toute cette noble race soulevait l'envie du monde entier.
En plus de toutes ces choses consignées dans l'histoire de la Perse, il est dit dans l'Ancien Testament - présentement considéré par les peuples européens comme un texte sacré et canonique - qu'au temps de Cyrus -, appelé Bahman, fils d'Isfandiyar, dans les écrits iraniens, les 360 districts de l'Empire persan s'étendaient des confins les plus reculés de l'Inde et de la Chine aux lointaines limites du Yémen et de l'Ethiopie.
Les récits des Grecs mentionnent aussi comment ce fier souverain les affronta avec une armée innombrable et fit mordre la poussière à leur empire jusqu'alors victorieux.
Il fit trembler les piliers de tous les gouvernements et, selon l'histoire de 'Abdu'l-Fida - ouvrage arabe faisant autorité - il s'empara de tout le monde alors connu. On raconte aussi dans ce texte et ailleurs que Firaydun, roi de la dynastie des Pishdadiyan (qui par ses perfections innées, sa capacité de jugement, l'étendue de son savoir et la longue série de ses victoires continuelles, était unique parmi les gouvernants qui le précédèrent ou vinrent après lui) répartit le monde alors connu entre ses trois fils.
Ainsi que l'affirment les annales des peuples les plus illustres, le Trône et la Couronne de Perse furent le premier gouvernement établi sur la terre et le premier empire organisé parmi les nations.
O peuple de Perse! Réveille-toi de l'ivresse de ton sommeil et sors de ta léthargie!
Sois équitable dans ton jugement: les lois de l'honneur permettront-elles que cette terre sacrée - jadis fontaine de la civilisation mondiale, source de gloire et de joie pour l'humanité entière, convoitée par l'Orient et l'Occident - demeure un objet de pitié pour toutes les nations?
Elle fut la plus noble: laisserez-vous l'histoire contemporaine enregistrer, pour les temps à venir sa dégénérescence actuelle? Accepterez-vous complaisamment sa misère présente alors qu'elle fut jadis l'objet des désirs de l'humanité entière!
Doit-elle maintenant, à cause de cette méprisable indolence, de ce manque d'ardeur au combat, de cette ignorance grossière, être considérée comme la plus arriérée des nations?
Les Persans n'étaient-ils pas, dans les temps révolus, au premier rang et à l'avant-garde de l'intelligence et de la sagesse? Ne brillaient-ils pas, par la grâce de Dieu, comme l'étoile du matin à l'horizon du divin savoir?
Comment se fait-il que nous nous enlisions dans nos passions licencieuses, que nous restions aveugles au bonheur suprême et à ce qui est équitable aux yeux de Dieu, que nous nous laissions absorber par nos intérêts égoïstes et la poursuite de vils avantages personnels?
Cette terre, la plus belle de toutes, fut jadis une lampe diffusant les rayons du divin savoir, de la science et des arts, de la noblesse et des hautes réalisations, de la sagesse et de la valeur.
Aujourd'hui, à cause de la paresse et de la léthargie de son peuple, de sa torpeur et de sa vie indisciplinée, de son manque de fierté et d'ambition, son brillant avenir à été totalement éclipsé, et sa lumière s'est changée en ténèbres.
"Les sept cieux et les sept terres s'abattirent sur le puissant abaissé".
On ne doit pas s'imaginer que le peuple de Perse est irrémédiablement déficient en intelligence ou qu'il est inférieur aux autres en perception et en compréhension, en sagacité innée, en intuition et en sagesse, ou en capacités naturelles. Dieu nous en garde! Au contraire, il a toujours excellé par ses dons innés.
De plus, la Perse, du point de vue de son climat tempéré, de ses beautés naturelles, de ses avantages géographiques et de la richesse de son sol, est bénie au suprême degré.
Cependant, ce dont elle a un urgent besoin c'est d'une réflexion profonde, d'une action ferme, d'entraînement, d'inspiration et d'encouragement. Son peuple doit faire un effort collectif et sa fierté doit être ranimée.
Aujourd'hui, parmi les cinq continents du globe c'est l'Europe et la plus grande partie de l'Amérique qui sont renommées pour l'ordre et la loi, le gouvernement et le commerce, l'art et l'industrie, la science, la philosophie et l'éducation.
Pourtant, dans les temps anciens, elles étaient peuplées des populations les plus sauvages, les plus ignorantes et les plus brutales du monde. Elles étaient même qualifiées de "barbares", c'est-à-dire, complètement incultes et non-civilisées.
De plus, du Ve au XVe siècles, pendant la période dite du Moyen-Age, de si terribles batailles, des soulèvements si sauvages, de si impitoyables combats et des actions si effroyables furent de règle chez ces peuples d'Europe que les Européens qualifient à juste titre ces dix siècles "d'Age des Ténèbres".
En fait, les bases du progrès et de la civilisation de l'Europe furent jetées au XVe siècle de l'ère chrétienne et, depuis lors toute sa présente culture s'est développée sous l'aiguillon de grands esprits et par l'effet de l'élargissement des frontières du savoir et de la mise en action d'efforts énergiques et ambitieux.
De nos jours, par la grâce de Dieu et sous l'influence spirituelle de Sa Manifestation universelle, l'équitable chef de l'Iran a rassemblé son peuple sous l'abri de la justice, et la sincérité du dessein impérial a été démontrée par des actes princiers.
Dans l'espoir que son règne rivalisera avec le glorieux passé, il s'est efforcé d'établir dans ce noble pays tout entier l'équité et la droiture, de promouvoir l'éducation et la civilisation et de transposer en réalités les potentialités qui assureront son progrès.
Jamais auparavant nous n'avions vu un monarque, tenant dans ses mains habiles les rênes du pouvoir et dont la ferme résolution garantirait le bien-être de tous ses sujets, appliquer, comme il convient, tel un père magnanime, tous ses efforts en vue de la formation et de la culture de son peuple, cherchant à assurer son bien-être et sa tranquillité d'esprit et s'intéressant à son sort; ce serviteur et ses semblables avaient par conséquent gardé le silence.
Maintenant, toutefois, il apparaît aux esprits judicieux que le Sháh a résolu d'établir un gouvernement juste et d'assurer le bien-être de tous ses sujets. Son intention honorable a donc provoqué la présente déclaration.
Certes, il est étrange qu'au lieu d'être reconnaissants de ce grand bienfait qui découle vraiment de la grâce du Tout-Puissant, de se lever comme un seul homme avec enthousiasme et gratitude, en priant afin que ces nobles buts se multiplient journellement, quelques-uns, au contraire, dont la raison a été corrompue par des motifs personnels et dont la clarté de perception a été assombrie par l'intérêt égoïste et la fatuité; quelques-uns dont les énergies sont vouées au service de leurs passions, dont la fierté est pervertie par l'amour du pouvoir, aient levé la bannière de l'opposition et clamé hautement leurs griefs.
Jusqu'ici, ils ont blâmé le Sháh de ne pas avoir travaillé de sa propre initiative, au bien-être de son peuple et de ne pas avoir cherché à lui donner la paix et le confort. Maintenant qu'il s'est appliqué à cette grande tâche, ils ont changé d'attitude.
Certains disent que ce sont des méthodes d'un modernisme outré et des "ismes" étrangers n'ayant aucun rapport avec les besoins actuels et les nobles coutumes ancestrales de la Perse.
D'autres ont rallié les masses hébétées qui ne connaissent rien de la religion, de ses lois et principes de base, et sont donc incapables de discrimination - et leur ont dit que ces méthodes modernes sont des pratiques païennes et contraires aux vénérables canons de la vraie foi en ajoutant cet adage: "Celui qui imite un peuple est l'un d'eux".
Un groupe prétend que de telles réformes devraient être appliquées avec grande prudence et, pas à pas, la hâte en cette matière étant inadmissible.
Un autre soutient que l'on ne devrait adopter que les mesures imaginées par les Persans eux-mêmes, qu'ils devraient réformer eux-mêmes leur administration politique, leur système d'éducation et leur culture et qu'il n'est pas nécessaire d'emprunter ces améliorations à d'autres nations. Bref, chaque faction suit ses propres illusions particulières.
O peuple de Perse! Combien longtemps encore erreras-tu? Quelle doit être la durée de ta confusion? Combien de temps dureront ces conflits d'opinions, cet antagonisme stérile, cette ignorance, ce refus de penser?
D'autres sont vigilants alors que nous dormons d'un sommeil sans rêve. D'autres nations font tous les efforts pour améliorer leur condition alors que nous sommes pris au piège de nos désirs et de nos complaisances personnelles et butons à chaque pas dans un nouveau filet.

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Chapitre: III. La nécessité d'une évolution matérielle et sociale

Dieu nous est témoin que nous n'avons aucun mobile lointain dans le développement de ce thème. Nous ne cherchons ni à nous insinuer dans les faveurs de quelqu'un ni à attirer qui que ce soit vers nous, ni à en retirer un quelconque bénéfice.
Nous désirons seulement et ardemment le bon plaisir de Dieu car nous avons détourné notre regard du monde et de ses peuples et nous avons cherché refuge dans la sollicitude protectrice du Seigneur.
"Je ne vous en demande aucun paiement... Ma récompense ne me vient que de Dieu."
Ceux qui maintiennent que ces concepts modernes ne s'appliquent qu'aux pays étrangers et n'ont aucune valeur en Iran, qu'ils ne satisfont pas ses besoins ou ne s'accordent pas à son mode de vie, oublient que ces autres nations furent jadis comme nous sommes maintenant.
Ces systèmes et ces procédés nouveaux, ces entreprises progressistes, n'ont-ils pas contribué à l'avancement de ces pays! Les peuples d'Europe furent-ils lésés par l'adoption de telles mesures? Ou n'ont-ils pas plutôt atteint, par ces moyens, au suprême degré du développement matériel?
N'est-il pas exact que pendant des siècles, le peuple de Perse a vécu comme nous le voyons vivre aujourd'hui, en répétant les pratiques du passé? Des bienfaits visibles en ont-ils résulté? Un quelconque progrès en est-il sorti?
Si ces choses n'avaient pas subi l'épreuve de l'expérience, certains, dans l'esprit desquels la lumière de la saine intelligence a été voilée, pourraient le demander sottement.
Or, tous les aspects de la nécessité du progrès furent au contraire maintes fois éprouvés dans d'autres pays et leurs bienfaits si clairement démontrés que même l'esprit le plus lourd peut les saisir.
Considérons la question équitablement et sans parti-pris: demandons-nous lequel de ces principes fondamentaux et de ces procédés sûrs et bien établis pourrait ne pas satisfaire à nos besoins actuels, ou serait incompatible avec les plus grands intérêts politiques de la Perse, ou encore nuirait au bien-être général de son peuple.
L'extension de l'éducation, le développement des arts et des sciences, la promotion de l'industrie et de la technologie, seraient-ils choses nuisibles!
Car de tels efforts élèvent l'individu au-dessus de la masse et le tirent des profondeurs de l'ignorance vers les plus hautes cimes du savoir et de l'excellence humaine.
L'instauration d'une législation équitable, en accord avec les lois divines qui garantissent le bonheur de la société, protège les droits de l'humanité et sont un indéfectible bouclier contre l'agression; une telle législation, assurant l'intégrité des membres de la société et leur égalité devant la loi, gênerait-elle leur prospérité et leur succès?
Ou bien si, grâce à ses propres facultés de perception, l'on tire la leçon des circonstances actuelles et des conclusions de l'expérience collective, et l'on envisage comme de prochaine réalités des situations aujourd'hui potentielles, serait-il déraisonnable de prendre actuellement les mesures qui garantiraient notre sécurité future?
Serait-il imprévoyant et malsain, serait-ce dévier de ce qui est juste et bien que de renforcer nos relations avec les pays avoisinants; de signer des traités avec les grandes puissances; d'entretenir des rapports amicaux avec les gouvernements bien disposés à notre égard; de travailler à l'expansion de notre commerce avec les pays orientaux et occidentaux; de développer nos ressources naturelles et d'augmenter la richesse de notre peuple?
Cela entraînerait-il la perte de nos sujets si les gouverneurs provinciaux et régionaux étaient démis de leur présente autorité absolue, leur permettant d'agir à leur guise, et s'ils devaient plutôt s'en tenir à la justice et à la vérité; si leurs sentences, comportant la peine capitale, l'emprisonnement, etc, nécessitaient la confirmation du Sháh et des plus hautes cours de justice de la capitale, lesquelles effectueraient préalablement une enquête approfondie du cas, détermineraient la nature et la gravité du crime, puis, rendraient un jugement équitable, à confirmer par un décret du souverain?
Les "pots de vin" et la "corruption", aujourd'hui connus sous les noms plaisants de "cadeaux" et "faveurs", étant à jamais exclus, serait-ce une menace pour les fondements de la justice?
Serait-ce une preuve d'insanité que de libérer les soldats de leur misère et de leur indigence extrême, eux qui, en vivants sacrifices envers l'état et le peuple, affrontent la mort à chaque instant; de prendre les dispositions nécessaires à leur subsistance, leur habillement et leur logement, et de s'efforcer d'instruire leurs officiers dans la science militaire en leur fournissant les armements les plus modernes?
Si quelqu'un objectait que les réformes précitées n'ont jamais été pleinement appliquées, il devrait considérer la question impartialement et savoir que ces déficiences ont résulté de l'absence totale d'une opinion publique concertée, et du manque de zèle, de résolution et de dévouement des dirigeants nationaux.
Il est évident, que, tant que le peuple ne sera pas éduqué, tant que l'opinion publique ne sera pas bien informée, tant que les membres du gouvernement, y compris les moins importants, ne se libéreront pas de la moindre trace de corruption, le pays ne sera pas administré comme il convient.
Tant que la discipline, l'ordre et la bonne administration n'auront pas atteint le niveau où un individu, même s'il doit y mettre tous ses efforts, sera incapable de dévier d'un cheveu du droit chemin, les réformes désirables ne pourront être considérées comme pleinement établies.
De plus, toute organisation, fut-elle l'instrument du plus grand bien de l'humanité, est susceptible d'être mal utilisée. Son bon ou son mauvais usage dépend des divers degrés de connaissance, de capacité, de foi, d'honnêteté, de dévouement et d'élévation d'esprit des dirigeants de l'opinion publique.

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Chapitre: IV. Les rangs dans la société

Le Sháh a certainement fait son devoir et l'exécution des mesures bénéfiques proposées est maintenant aux mains de personnes opérant en assemblée consultative.
Si ces individus font preuve de pureté et d'élévation d'esprit, s'ils restent libres de la souillure de la corruption, les confirmations de Dieu feront d'eux une source intarissable de bienfaits pour l'humanité.
Il permettra que coule de leurs lèvres et de leur plume ce qui fera le bonheur du peuple, afin que chaque partie de ce noble pays d'Iran soit illuminée de leur justice et de leur intégrité et que les rayons de cette lumière éclairent la terre tout entière. "Ceci sera facile avec Dieu".
Autrement, il est clair que les résultats se révèleront défavorable. Car, on a pu constater dans certains pays étrangers qu'après l'instauration de parlements, ceux-ci affligèrent et troublèrent le peuple, et que leurs réformes bien intentionnées produisirent des effets maléfiques.
Pour que l'institution d'un parlement soit le fondement et l'assise d'un gouvernement, ces institutions doivent satisfaire à plusieurs exigences.
D'abord, ses membres doivent pratiquer la justice, craindre Dieu, être d'esprit élevé et incorruptibles.
Deuxièmement, ils doivent connaître pleinement, dans chaque détail, les lois de Dieu, être informés des plus hauts principes de la loi, être versés dans les règlements qui régissent la conduite des relations extérieures, être versés dans les arts utiles à la civilisation et satisfaits de leurs légitimes émoluments.
N'allons pas nous imaginer que de tels membres sont introuvables!
Toute difficulté peut être surmontée et tout problème, quelle que soit sa complexité, peut être résolu en un clin d'oeil par la grâce de Dieu et de Ses élus, et par les efforts de ceux qui s'y sont voués et consacrés.
Cependant, si les membres de ces assemblées consultatives sont médiocres, incultes et ignorants des lois du gouvernement et de l'administration; s'ils se montrent imprudents, vils, indifférents, oisifs et égoïstes, aucun bienfait ne peut résulter de la formation d'un tel organisme.
Alors que dans le passé, lorsqu'un pauvre revendiquait ses droits, il n'avait qu'à offrir un cadeau à un individu; maintenant, il devrait ou bien renoncer à tout espoir d'obtenir justice ou bien combler l'assemblée entière de cadeaux.
Une enquête serrée démontrera que la première cause d'oppression, d'injustice, de malhonnêteté, d'irrégularité et de désordre est le manque de foi religieuse et l'absence d'éducation des gens.
Quand, par exemple, les gens sont sincèrement pieux, éduqués, instruits et qu'une difficulté se présente, ils peuvent s'adresser aux autorités locales.
S'ils n'y trouvent pas la justice et la reconnaissance de leurs droits et s'ils voient que la conduite du gouvernement local n'est pas en harmonie avec le bon plaisir divin et la justice royale, ils peuvent présenter leur cause devant des Cours supérieures et décrire les manquements apportés par l'administration locale à la loi spirituelle. Ces Cours peuvent alors exiger la remise du dossier local et ainsi justice sera faite.
Présentement, toutefois, à cause d'une scolarité inadéquate, la majeure partie de la population ne possède même pas le vocabulaire nécessaire pour expliquer ce qu'elle veut.
A propos de ces personnes qui, ici et là, sont considérées comme des chefs de file, disons que comme nous ne sommes encore qu'au début d'un nouveau système administratif, leur éducation n'est pas encore assez avancée pour qu'ils aient éprouvé le plaisir de dispenser la justice, goûté la joie de promouvoir la droiture ou bu à la fontaine d'une conscience propre et d'une intention sincère.
Ils n'ont pas vraiment compris que le suprême honneur de l'homme et son véritable bonheur résident dans le respect de lui-même, les grandes résolutions et les nobles buts, dans l'intégrité, les qualités morales et dans la pureté d'intentions. Ils ont plutôt imaginé que leur grandeur résidait dans l'accumulation quels que soient les moyens utilisés - de biens matériels.
L'homme devrait s'arrêter, réfléchir et être juste: par une faveur sans mesure, son Seigneur l'a fait être humain et l'a honoré de ces mots: "En vérité, nous avons créé l'homme sous la forme la plus divine" - et avons fait que Sa miséricorde, qui émerge de l'aurore de l'unité, l'illumine jusqu'à ce qu'il devienne la fontaine des paroles de Dieu et le lieu où descendent les mystères du ciel afin qu'au matin de la création il soit couvert par les rayons des vertus de perfection et des grâces de la sainteté.
Comment peut-il souiller ce vêtement immaculé de la boue des désirs égoïstes ou échanger cet honneur éternel contre l'infamie? "Ne penses-tu être qu'une forme chétive alors que l'univers tient en toi".
Si ce n'était notre propos d'être bref et de développer notre premier sujet, nous établirions ici un résumé des thèmes du monde divin, concernant la réalité de l'homme, son haut rang et la valeur insurpassable de la race humaine. Ceci sera démontré en d'autres circonstances.
Le plus haut rang, la sphère suprême, la position la plus noble et la plus sublime de la création, visible ou invisible, alpha ou oméga, appartient aux Prophètes de Dieu, nonobstant le fait que, pour la plupart et extérieurement, ils ne possédaient rien que leur propre pauvreté.
De la même manière, une gloire ineffable attend les Saints et ceux qui sont les plus proches du Seuil de Dieu, bien que de telles personnes ne se soient jamais, un seul instant, attardées aux profits matériels.
Viennent ensuite ces rois justes dont la renommée de protecteurs du peuple et de dispensateurs de la justice divine a rempli le monde, et dont le titre de puissants champions des droits du peuple a résonné par toute la création.
Ceux-ci ne pensent aucunement à amasser d'énormes fortunes pour eux-mêmes; ils croient plutôt que leur propre richesse consiste à enrichir leurs sujets. Pour eux, si chaque citoyen possède l'aisance et la tranquillité, les coffres royaux sont remplis.
Ils ne tirent gloire ni de l'or ni de l'argent, mais de leur esprit éclairé et de leur détermination à réaliser le bien universel.
Viennent alors ces honorables ministres et représentants de l'Etat qui placent la volonté de Dieu au-dessus de la leur et dont l'adresse et la sagesse administratives dans la direction de leur office élèvent la science du gouvernement vers de nouvelles cimes de perfection.
Ils brillent comme des lampes de savoir dans le monde des sages; leur pensée, leurs attitudes et leurs actions démontrent leur patriotisme et leur intérêt pour le progrès du pays.
Satisfaits d'un traitement modeste, ils consacrent leurs jours et leurs nuits à remplir leurs importants devoirs et à imaginer des mesures assurant le progrès de leur peuple.
Par l'efficacité de leurs conseils et la sûreté de leur jugement, ils permirent toujours à leur gouvernement d'être un exemple pour tous les gouvernements du monde.
Ils ont fait de leur capitale un centre de grandes entreprises mondiales et se sont distingués en atteignant au suprême degré de célébrité et en parvenant aux plus hautes sphères de la réputation et de la renommée.
Il existe aussi ces fameux et parfaits hommes de sciences, possesseurs d'éminentes qualités et d'une vaste érudition, soutenus fermement par le puissant appui de la crainte de Dieu et suivant la voie du salut.
Les réalités transcendantales se réfléchissent dans le miroir de leur pensée et la lampe de leur vision intérieure tire sa lumière du soleil de savoir universel.
Jour et nuit, ils s'occupent à des recherches méticuleuses dans les sciences bénéfiques à l'humanité et ils se dévouent à la formation d'étudiants capables.
Il est certain que selon leur goût, les trésors des rois ne peuvent se comparer à une seule goutte des eaux de la connaissance et que des montagnes d'or et d'argent ne peuvent rivaliser avec l'heureuse solution d'un problème ardu.
Pour eux, les plaisirs offerts en dehors de leur travail ne sont que des jouets d'enfants et la charge encombrante des biens inutiles ne semble bonne qu'aux ignorants et aux âmes viles.
Contents de peu, comme l'oiseau, ils se satisfont d'une poignée de grains et le chant de leur sagesse éblouit les esprits les plus sages du monde.
De plus, nous rencontrons également les chefs sagaces du peuple et les personnalités influentes du pays qui constituent les piliers de l'état.
Leur rang et leur succès dépendent du fait qu'ils souhaitent le bien du peuple et qu'ils recherchent les moyens d'améliorer la nation et d'accroître la richesse et le confort des citoyens.
Observons le cas où un individu est un personnage éminent dans son pays, zélé, sage, de coeur ,connu pour ses aptitudes innées, son intelligence, sa perspicacité naturelle - et est aussi un membre important de l'état:
Pour un tel homme, qu'est-ce qui peut être considéré comme l'honneur, le bonheur durable, le rang, dans cette vie ou dans l'autre? Est-ce une attention diligente à la vérité et à la droiture, est-ce le dévouement la consécration au bon plaisir de Dieu, est-ce le désir de s'attirer la considération des gouvernants et de mériter l'approbation du peuple?
Ou serait-ce plutôt, que, dans le but de s'adonner, la nuit, aux fêtes et aux dissipations, il détruirait son pays le jour et briserait le coeur de son peuple, forçant son Dieu à le rejeter, son souverain à l'exiler et son peuple à le diffamer et à le tenir dans un mépris mérité?
Par Dieu, les os qui s'effritent au cimetière sont préférables à de tels hommes!
De quelle valeur sont ceux qui n'ont jamais bu les eaux cristallines de ces bienfaits propres au royaume de l'homme?

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Chapitre: V. Qualités des représentants élus

Il est indiscutable que l'objet de l'établissement de parlements est d'instaurer la justice et la droiture, mais tout dépend des efforts des représentants élus.
Si leurs intentions sont sincères, les résultats souhaités et des améliorations imprévues s'ensuivront; sinon, il est certain que tout sera dénué de sens, que le pays stagnera et que les affaires publiques se détérioreront constamment.
"Je constate que mille constructeurs n'égalent pas un destructeur; que dire alors d'un constructeur suivi de mille destructeurs?"
Le but de l'énoncé qui précède est de démontrer, pour le moins, que le bonheur, la grandeur, le rang, le plaisir et la paix d'un individu n'ont jamais résidé dans sa propre richesse mais dans l'excellence de son caractère, sa ferme résolution, l'étendue de son savoir et son aptitude à résoudre des problèmes ardus.
Combien justes étaient ces paroles: "Je porte un vêtement qui, fut-il vendu pour un sou, ce sou, vaudrait beaucoup plus; toutefois, sous ce vêtement est une âme qui, si elle était soupesée contre toutes les âmes du monde, se révélerait plus grande et noble."
De l'avis du présent auteur, il serait préférable que l'élection de membres non-permanents aux assemblées consultatives des états souverains dépende de la volonté et du choix du peuple. Car, les représentants élus seraient ainsi plus enclins à pratiquer la justice sous peine de voir pâtir leur réputation et d'encourir la défaveur publique.
Il ne faudrait pas s'imaginer que la précédente remarque de l'auteur constitue une dénonciation de la richesse ou un éloge de la pauvreté.
La richesse est louable au plus haut point si elle est acquise par l'effort personnel d'un individu et avec la grâce de Dieu, dans le commerce, l'agriculture, l'art et l'industrie et si elle est employée à des buts philanthropiques.
Surtout si un individu, judicieux et plein de ressources, inaugurait des mesures qui enrichiraient universellement les masses, il ne pourrait exister de plus grande entreprise et elle serait, aux yeux de Dieu, la réalisation suprême; car un tel bienfaiteur rencontrerait les besoins et assurerait le confort et le bien-être d'une grande multitude.
La richesse est très louable pour autant que toute la population en profite. Si, toutefois, quelques-uns sont extrêmement riches alors que les autres sont misérables, et qu'aucun fruit ni bénéfice ne découle de cette richesse, elle n'est alors qu'un danger pour son possesseur.
Si, d'autre part, elle sert à promouvoir le savoir, à fonder des écoles élémentaires et autres, à encourager les arts et l'industrie, à éduquer le pauvre et l'orphelin - bref, si elle est consacrée au bien-être de la société - son possesseur se distinguera devant Dieu et les hommes comme le plus excellent de tous ceux qui sont sur la terre et sera considéré comme l'un de ceux qui peuplent le paradis.

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Chapitre: VI. La nécessité du progrès

Quant à ceux qui maintiennent que l'instauration de réformes et la mise en place d'institutions puissantes seraient, en réalité, contraires au bon plaisir de Dieu, contreviendraient aux ordonnances du Législateur divin, s'opposeraient aux principes religieux fondamentaux et aux méthodes des prophètes - qu'ils considèrent comment il pourrait en être ainsi.
De telles réformes enfreindraient-elles la loi religieuse parce qu'elles viendraient des étrangers et nous rendraient comme eux, puisque "Celui qui imite un peuple est l'un d'eux"?
Tout d'abord, ces matières se rattachent à l'appareil temporel et matériel de la civilisation, aux réalisations scientifiques, aux accessoires du progrès dans les professions et les arts et à la conduite ordonnée du gouvernement. Elles n'ont absolument rien à voir avec les problèmes spirituels et les réalités complexes de la doctrine religieuse.
Si l'on objecte que même dans le cas des questions matérielles l'importation étrangère est inadmissible, une telle argumentation ne peut que prouver l'ignorance et l'absurdité de ses tenants.
Ont-ils oublié le célèbre hadith (Sainte Tradition): "Recherche le savoir, même jusqu'en Chine"? Il est certain que les Chinois sont, aux yeux de Dieu, parmi les plus réprouvés des hommes car ils sont idolâtres et oublieux du Seigneur omniscient.
Les Européens sont, au moins, "Des Peuples du Livre", croyant en Dieu, et concernés spécifiquement par le verset: "Tu constateras certainement que ceux qui disent "Nous sommes chrétiens" sont les plus proches des croyants en affection.
Il est donc très permis et, certes, plus approprié d'acquérir le savoir des pays chrétiens. Comment la recherche du savoir chez les païens pourrait-elle être agréable à Dieu, et la recherche chez les Peuples du Livre Lui être désagréable?
De plus, lors de la bataille des Confédérés, Abu-Sufyan s'assura l'aide du Bani Kinánih, du Bani Qahtán et du Bani juif Qurayzih et se leva avec toutes les tribus de Quraysh pour éteindre la Lumière divine qui brûlait dans la lampe de Yathrib (Médine).
En ces jours, les grands vents d'épreuves et d'affliction soufflaient de toutes les directions, comme il est écrit: "Les hommes pensent-ils, quand ils disent "Nous croyons", qu'on les laissera tranquilles et qu'ils ne seront pas mis à l'épreuve?"
Les croyants étaient peu nombreux et l'ennemi attaquait en force, cherchant à cacher le Soleil de vérité nouvellement levé sous la poussière de l'oppression et de la tyrannie.
Alors Salmán (Le Perse) se présenta devant le Prophète - l'Aube de la révélation, le Centre des infinies splendeurs de la grâce - et dit qu'en Perse, afin de se protéger contre l'avance ennemie, les défenseurs creusaient une douve ou tranchée autour de leurs positions et que ceci s'était avéré une sauvegarde hautement efficace contre les attaques surprise.
Cette Fontaine d'universelle sagesse, cette Mine de divin savoir, répondit-Elle que c'était là une coutume courante chez les idolâtres, les mages adorateurs du feu et, de ce fait, pouvait difficilement être adoptée par des monothéistes! Ou, plutôt, ne commanda-t-Il pas immédiatement à ses disciples de creuser une tranchée! Et même Sa Personne bénie se saisit des outils et vint travailler à leurs côtés.
De plus, il est mentionné dans les livres des différentes écoles islamiques et dans les écrits des grands devins et historiens qu'après que la Lumière du monde se fut levée sur Hijáz, - inondant l'humanité entière de son éclat et créant, par la révélation d'une nouvelle Loi divine, de nouveaux principes et de nouvelles institutions ainsi qu'un changement profond à travers le monde - de saintes lois furent révélées qui, en certains cas, étaient conformes aux pratiques des jours d'ignorance.
Parmi celles-ci, Muhammad respecta les mois de trêve religieuse, maintint le prohibition de la viande de porc, prorogea l'usage du calendrier lunaire, les noms des mois, etc. Il existe un nombre considérable de telles lois énumérées dans les textes:
"Le peuple des jours d'ignorance s'adonnait à plusieurs pratiques que la Loi de l'Islam confirma plus tard.
Ils n'épousaient pas à la fois la mère et la fille et l'action la plus honteuse était pour eux d'épouser deux soeurs. Ils stigmatisaient l'homme qui épousait la femme de son père, l'appelant par dérision le rival de son père.
C'était la coutume que d'aller en pélerinage à la Maison de la Mecque où ils accomplissaient les cérémonies de visitation, revêtant la robe du pélerin, pratiquant la circumambulation, courant entre les collines, s'arrêtant à toutes les étapes et lançant les pierres.
De plus, ils avaient l'habitude d'intercaler un mois dans chaque période de trois ans, de faire des ablutions après les rapports sexuels, de se rincer la bouche et d'inhaler de l'eau par les narines, de séparer leurs cheveux, d'employer le cure-dent, de rogner leurs ongles et d'épiler leurs aisselles. Et, aussi, de couper la main droite d'un voleur."
Peut-on soutenir - Dieu nous en garde - que parce que certaines lois divines ressemblent aux pratiques des jours d'ignorance et aux coutumes d'un peuple abhorré par toutes les nations, il s'ensuit que ces lois sont défectueuses! Dieu nous préserve d'imaginer que le Seigneur tout-puissant fut poussé à se conformer aux avis des païens!
La sagesse divine prend plusieurs formes. Aurait-il été impossible à Muhammad de révéler une Loi qui ne ressembla en rien aux pratiques courantes de ces jours d'ignorance!
Le dessein de Sa sagesse consommée était plutôt de libérer le peuple des chaînes du fanatisme qui l'avaient entravé pieds et poings et de prévenir ces objections mêmes qui, de nos jours, troublent l'esprit et bouleversent la conscience des simples et des faibles.
Certains, insuffisamment informés de la signification des textes divins et du contenu de l'histoire traditionnelle et écrite, affirmeront que ces coutumes des jours d'ignorance étaient des lois transmises par Sa Sainteté Abraham et conservées par les idolâtres. Ils citeront à cet effet ce verset du Coran: "Observe la religion d'Abraham dont la loi est ferme."
Néanmoins, c'est un fait attesté par les écrits de toutes les écoles islamiques que les mois de trêve, le calendrier lunaire et la coutume de couper la main droite en punition d'un vol, ne faisaient pas partie de la loi d'Abraham. De toute façon, le Pentateuque, contenant les lois d'Abraham, existe et peut être consulté. Ils n'ont qu'à s'y référer.
Alors, ils maintiendront, sans aucun doute, que la Torah a été falsifiée et citeront en preuve ce verset du Qur'án: "Ils pervertissent le texte de la Parole de Dieu." Nous savons toutefois comment ces distorsions se produisirent; elles furent d'ailleurs notées dans les textes critiques et les commentaires.
Mais, si nous devions développer ce sujet au-delà de cette brève mention, nous devrions délaisser notre but présent.
Selon certains comptes-rendus, l'humanité fut poussée à emprunter différentes qualités et façons des animaux sauvages et d'en tirer des leçons. Puisqu'il est permis d'imiter les vertus des bêtes, il l'est certainement d'autant plus d'emprunter les sciences et techniques matérielles des peuples étrangers qui, au moins, appartiennent à la race humaine et se distinguent par le jugement et le pouvoir de leurs propos.
Et si l'on prétend que ces louables qualités sont innées chez les animaux, par quelles preuves peuvent-ils soutenir que ces principes essentiels de civilisation, ce savoir et ces sciences, courants chez les autres peuples, ne sont pas innés! Y a-t-il un Créateur hormis Dieu! Dis: Loué soit Dieu!
Les plus érudits et parfaits devins, les plus distingués savants, ont étudié avec diligence ces branches du savoir dont les philosophes grecs, tel Aristote, sont les racines et l'origine, et ont considéré comme très valable l'acquisition, par les textes grecs, de sciences telles que la médecine et certaines branches des mathématiques, incluant l'algèbre et l'arithmétique.
Chacun des éminents devins étudie et enseigne la logique bien qu'il considère que son fondateur fut un Sabéen.
La plupart d'entre eux assurent que, si un savant a entièrement maîtrisé une variété de sciences mais n'a pas une logique bien établie, on ne peut se fier entièrement à ses opinions, déductions et conclusions.
Il est maintenant clairement et irréfutablement démontré que l'importation des principes et procédés de civilisation des pays étrangers et l'acquisition de leurs sciences et de leurs techniques - bref, de tout ce qui contribuera au bien général - sont certainement permises.
Ceci dans le but d'attirer l'attention publique sur une affaire de grand intérêt universel, afin que les peuples se lèvent de toute leur énergie pour la servir jusqu'à ce que, avec l'aide de Dieu, cette Terre sacrée puisse, d'ici peu de temps, devenir la première des nations.
O vous les sages! Considérez soigneusement ceci: un fusil ordinaire peut-il se comparer à une carabine Martini-Henry ou à un fusil Krupp? Si quelqu'un maintenait que nos armes démodées sont assez bonnes pour nous et qu'il est inutile d'importer des armes inventées à l'étranger, même un enfant l'écouterait-il?
Ou, si quelqu'un disait: "Nous avons toujours transporté les marchandises d'un pays à un autre à dos d'animal. Qu'avons-nous besoin de locomotives à vapeur? Pourquoi devons-nous singer les autres peuples?", une personne intelligente pourrait-elle tolérer un tel argument! Non, par le Dieu unique! A moins que, pour quelque dessein caché ou par animosité, il refuse d'admettre l'évidence.
Malgré leur grande habileté dans le domaine des sciences, de l'industrie et des arts, les nations étrangères n'hésitent pas à s'emprunter mutuellement des idées. Comment la Perse, pays plongé dans une misère noire, peut-elle se permettre de rester en arrière, négligée, abandonnée?
Ces éminents devins et hommes de sciences qui suivent le droit chemin et sont versés dans les secrets de la sagesse divine; qui sont avertis des réalités profondes des Saints Livres; qui portent dans leur coeur le joyau de la crainte de Dieu et dont les visages lumineux brillent de la lumière du salut - ceux-ci sont éveillés aux besoins actuels, comprennent les exigences des temps modernes et consacrent certainement toutes leurs énergies à encourager le progrès du savoir et de la civilisation.
"Ceux qui savent et ceux qui ne savent pas sont-ils égaux?... Ou l'obscurité égale-t-elle la lumière?"

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Chapitre: VII. Les quatre normes des érudits

Les érudits sont les lampes qui guident les nations, et des étoiles de bonne fortune brillant à l'horizon de l'humanité.
Ce sont des sources de vie pour ceux qui croupissent dans l'ignorance de l'inconscience et de clairs ruisseaux de perfection pour les assoiffés qui errent dans le désert de leurs défauts et de leurs erreurs.
Ils sont les aurores des emblèmes de l'Unité divine et les initiés des mystères du glorieux Qur'án.
Ce sont d'habiles médecins pour le corps malade du monde et de sûrs antidotes au poison qui a corrompu la société humaine.
Ils forment la puissante citadelle gardant l'humanité et l'imprenable sanctuaire pour les désespérés, les anxieux et les tourmentés, victimes de l'ignorance.
"Le savoir est une lumière que Dieu projette dans le coeur de qui il veut."
Cependant, Dieu a créé un signe et un symbole pour chaque chose et a établi des normes et des tests par lesquels elle peut être connue.
L'érudit spirituel doit être caractérisé par les perfections, intérieures aussi bien qu'extérieures; il doit avoir bon caractère, une nature épanouie, une intention pure, posséder la force intellectuelle, l'éclat et le discernement, l'intuition, la discrétion et la prévoyance, la tempérance, la révérence et une profonde crainte de Dieu.
Car une chandelle éteinte, quelque grosse et grande quelle soit, ne vaut pas mieux qu'un palmier stérile ou un tas de bois mort.
"Le visage épanoui peut bouder ou minauder, la belle cruelle peut se rengorger et provoquer ; mais la houle de la laideur est mal-venue, et la souffrance dans un oeil aveugle est un double mal."
Une tradition, faisant autorité, déclare: "Quant à l'érudit: il doit être prudent, défendre sa foi, maîtriser ses passions et observer les commandements de son Seigneur. C'est alors le devoir du peuple de suivre son exemple."
Puisque ces illustres et saintes paroles renferment toutes les conditions du savoir, un bref commentaire sur leur signification est indiqué.
Quiconque ne possède pas ces qualifications divines ni ne répond à ces inéluctables exigences dans sa propre vie, ne devrait pas être considéré comme érudit et n'est pas digne de servir de modèle aux croyants.

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Chapitre: VIII. La première norme: Etre prudent

La première de ces exigences c'est d'être prudent. Il est évident que ceci ne veut pas dire se protéger des calamités et des épreuves matérielles, car les Prophètes et les Saints furent, tous et chacun, assujettis aux plus amères afflictions que le monde ait à offrir et furent les cibles des agressions de l'humanité.
Ils sacrifièrent leur vie pour le bien du peuple et se hâtèrent, de tout coeur, vers le lieu de leur martyre; et par leurs perfections intérieures et extérieures ils parèrent l'humanité d'un nouveau vêtement formé de qualités excellentes, tant acquises qu'innées.
La signification Première de cette prudence est l'acquisition des attributs de la perfection spirituelle et matérielle.
a) Premier attribut de la perfection: L'étude.
Le premier attribut de la perfection est l'étude et les réalisations culturelles de l'esprit.
Cette position éminente est atteinte quand l'individu combine en lui-même une connaissance approfondie de ces réalités complexes et transcendantales des lois coraniques, politiques et religieuses, du contenu des Saintes Ecritures des autres religions et des règlements et procédures qui devraient contribuer au progrès et à la civilisation de ce distingué pays.
Il devrait, de plus, être averti des lois et principes, des coutumes, des conditions et manières de vivre, des vertus matérielles et morales qui caractérisent la diplomatie des autres nations et devrait être très versé dans toutes les branches utiles du savoir actuel et étudier les documents historiques des gouvernements et peuples anciens.
Car, si un individu instruit n'a aucune idée des Saintes Ecritures et du champ complet des sciences divines et naturelles, de la jurisprudence religieuse, de l'art de gouverner, des connaissances variées de son temps et des événements de l'histoire, il pourrait se montrer incapable de faire face à une urgence et ceci est incompatible avec la qualification nécessaire de vaste érudition.
Si, par exemple, un érudit musulman soutient un débat avec un chrétien et qu'il ignore tout des glorieuses mélodies de l'Evangile, il sera incapable de convaincre ce dernier, quelles que soient les connaissances du Qur'án et de ses vérités qu'il lui communiquera, et ses paroles tomberont dans de sourdes oreilles.
Toutefois, si le chrétien devait constater que le musulman est mieux instruit des fondements du christianisme que les prêtres eux-mêmes et comprend mieux qu'eux la signification des Ecritures, il sera heureux d'accepter les arguments du musulman et, en fait, il ne pourrait faire autrement.
Quand le chef des exilés fut en présence de ce Luminaire de divine sagesse, de salut et de certitude qu'était l'Imám Rida - si cet Imám, ou cette mine de savoir, n'était pas parvenu, au cours de leur entretien, à fonder ses arguments sur les autorités appropriées et connues de ce chef, celui-ci n'aurait jamais reconnu la grandeur de Sa Sainteté.
De plus, l'Etat est basé sur deux pouvoirs efficients: le législatif et l'exécutif. Le centre d'intérêt du pouvoir exécutif est le gouvernement alors que celui du pouvoir législatif est l'érudition - et si ce dernier grand support et pilier devait être défectueux, comment pourrait-on concevoir qu'un état puisse exister?
Considérant le fait que, présentement, il est difficile de trouver des individus aussi complètement développés et de savoir aussi étendu et étant donné que le gouvernement et le peuple ont un urgent besoin de direction et d'ordre, il est essentiel de former une assemblée d'érudits dont les différents secteurs seront composés chacun d'experts dans l'une des branches du savoir énumérées plus haut.
Cette assemblée devrait, avec la plus grande vigueur, délibérer sur les besoins présents et futurs et assurer l'ordre et l'équilibre.
Jusqu'à maintenant, la loi religieuse n'a pas joué un rôle définitif dans nos Cours parce que chaque 'Ulamá émet des décrets à sa convenance, fondés sur son interprétation arbitraire et sur son opinion personnelle.
Par exemple, deux hommes sont en procès, un des 'ulamás jugera pour le plaignant et un autre pour le défendeur. Il peut même arriver que dans ce seul et même cas deux décisions opposées soient rendues par le même mujtahid, parce qu'il a d'abord été inspiré dans un sens, puis dans l'autre.
On ne peut douter que cet état de fait a apporté la confusion dans toutes les questions importantes et compromet nécessairement les bases mêmes de la société. Car, ni le plaignant ni le défendeur ne perdent l'espoir d'une réussite éventuelle et, chacun à son tour, gaspille son temps à tenter d'obtenir un verdict qui annulera le précédent.
Ainsi, tout leur temps est consacré au litige avec le résultat que leur vie, au lieu d'être vouée à des entreprises bénéfiques et aux affaires personnelles nécessaires, est entièrement vouée aux disputes. En fait, ces deux opposants seraient aussi bien morts car ils ne peuvent servir ni leur gouvernement ni leur communauté.
Or, si un verdict final et définitif était rendu, la partie perdante serait forcée d'abandonner tout espoir de rouvrir le cas; elle en serait allégée et se remettrait à s'occuper de ses propres intérêts et de ceux d'autrui.
Puisque le principal moyen d'assurer la paix et la tranquillité du peuple, et l'agent le plus efficace de l'avancement des pauvres aussi bien que des riches, est cette question d'importance primordiale, il incombe aux membres érudits de la grande assemblée consultative qui sont au fait de toute la Loi divine, d'instituer une seule procédure, directe et définitive, pour le règlement des litiges.
Cette procédure devrait ensuite être promulguée à travers le pays, sur l'ordre du roi, et on devrait s'y conformer strictement.
Cette question de la plus haute importance exige l'attention la plus immédiate.
b) Deuxième attribut de la perfection :La justice.
Le deuxième attribut de la perfection est la justice et l'impartialité.
Ceci signifie n'avoir aucune considération pour son propre bénéfice personnel et ses avantages égoïstes et observer les lois de Dieu sans le moindre souci de quoi que ce soit d'autre.
Cela veut dire de ne se considérer que comme l'un des serviteurs de Dieu, l'Omnipossédant, et de ne jamais tenter, sauf en ce qui concerne l'aspiration à la distinction spirituelle, de se mettre à part des autres.
Cela signifie de considérer le bien de la communauté comme son bien propre.
Bref, cela signifie considérer l'humanité comme un simple individu et soi-même comme un membre de ce corps, et savoir en toute certitude que si la souffrance ou quelque blessure afflige un membre de ce corps il en résulte inévitablement de la souffrance pour tout le reste.
c) Troisième attribut de la perfection: La sincérité.
La troisième exigence de la perfection est de s'engager avec une absolue sincérité et une grande pureté d'intention dans l'éducation des masses: de faire tous ses efforts pour les instruire dans les diverses branches du savoir et des sciences utiles; d'encourager le développement du progrès moderne; d'élargir le champ des activités commerciales, de l'industrie et des arts; de promouvoir les mesures qui accroîtront la richesse du peuple.
Car la masse de la population n'a aucune connaissance de ces agents vitaux qui constituent le remède immédiat aux maux chroniques de la société.
Il est essentiel que les savants et les érudits entreprennent en toute sincérité et en toute pureté d'intention, et uniquement pour l'amour de Dieu, de conseiller et d'exhorter les masses et de clarifier leur vision avec ce collyre qu'est le savoir.
Car aujourd'hui, des profondeurs de sa superstition, le peuple imagine que tout individu qui croit en Dieu et en Ses signes, dans les Prophètes et les Lois et Révélations divines, qui est pieux et craint Dieu, doit nécessairement rester oisif et passer ses jours dans la paresse afin d'être considéré aux yeux de Dieu comme ayant renoncé au monde et à ses vanités, ayant fixé son coeur sur la vie à venir et s'étant isolé des êtres humains afin de se rapprocher de Dieu.
Puisque ce thème sera développé plus loin dans ce livre, nous le laisserons de côté pour l'instant.
d) Autres attributs de la perfection : Les vertus.
Les autres attributs de la perfection sont la crainte de Dieu, aimer Dieu en aimant ses serviteurs; être doux, patient et calme; être sincère, soumis, clément et compatissant; être résolu et courageux, digne de confiance et énergique; actif, généreux, loyal et sans malice; être dévoué et avoir le sens de l'honneur; avoir un esprit élevé; être magnanime et respecter les droits d'autrui.
Quiconque ne possède pas toutes ces excellentes qualités humaines est en défaut.
Si nous devions expliquer la signification intrinsèque de chacun de ces attributs, "Le poème requérerait soixante-dix 'maunds' de papier."

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Chapitre: IX. La deuxième norme: défendre sa foi

La seconde de ces normes spirituelles qui s'appliquent au possesseur du savoir est qu'il doit être le défenseur de sa Foi.
Il est évident que ces saintes paroles ne se rapportent pas exclusivement à la recherche des implications de la Loi, à l'observance des rites, à la prévention des grands et des petits péchés, à la pratique des ordonnances religieuses et, par toutes ces méthodes, à la protection de la Foi.
Elles signifient plutôt que la population entière doit être protégée sous tous les rapports, que tous les efforts doivent être faits pour adopter un ensemble de mesures propres à proclamer la Parole de Dieu, à accroître le nombre des croyants, à promulguer la Foi de Dieu, à l'exalter et à la rendre victorieuse sur les autres croyances.
Certes, si les autorités religieuses musulmanes avaient persévéré dans cette voie, comme elles l'auraient dû, toutes les nations de la terre seraient rassemblées, aujourd'hui, dans l'asile de l'unité de Dieu et le feu ardent de "Pour qu'il puisse la rendre victorieuse sur toutes les autres religions" aurait étincelé, comme le soleil, au coeur du monde.
Quinze siècles après la venue du Christ, Luther, qui fut d'abord l'un des douze membres d'un organisme religieux catholique du gouvernement papal et qui plus tard fonda la croyance religieuse protestante, s'opposa au Pape sur certains points de doctrine comme l'interdiction du mariage monastique, la prosternation devant les images des apôtres et des dirigeants chrétiens du passé, et les diverses autres pratiques et cérémonies religieuses ajoutées aux ordonnances de l'Evangile.
Bien qu'à cette époque le pouvoir du Pape fût très grand, qu'il inspirât une telle crainte que les rois d'Europe tremblaient devant lui et qu'il détînt dans sa main puissante le contrôle des problèmes majeurs de l'Europe entière - néanmoins, parce que la position de Luther - envers la liberté de mariage pour les chefs religieux, l'abstention du culte des images et des reproductions accrochées dans les églises et l'abrogation des cérémonies ajoutées à l'Evangile - était irréfutablement correcte.
Parce qu'il adopta les moyens convenables à la promulgation de ses vues, il arriva que pendant ces quatre cent et quelques dernières années la majorité de la population de l'Amérique, les quatre cinquièmes de l'Allemagne et de l'Angleterre et un fort pourcentage d'Autrichiens - au total environ 125 millions de personnes provenant d'autres sectes chrétiennes - ont adhéré à l'Eglise protestante.
Les dirigeants de cette religion s'efforcent toujours de la promouvoir et, aujourd'hui, dans le but ostensible d'émanciper les Soudanais et d'autres peuples noirs, ils ont fondé sur la côte d'Afrique orientale des écoles et des collèges qui civilisent et éduquent des tribus africaines entièrement sauvages alors que leur principal et véritable but est de convertir au protestantisme quelques tribus de noirs musulmans.
Chaque communauté travaille énergiquement à l'avancement de son peuple mais nous, musulmans, continuons à dormir!
Bien que le dessein de cet homme et ce vers quoi il tendait ne fussent pas clairs, voyez comment le zèle des chefs protestants a largement répandu ses doctrines.
Ainsi, si l'illustre peuple du seul vrai Dieu, récepteur de Ses confirmations et objet de Son divin secours, conjuguait ses forces et, avec un dévouement total, s'en remettait à Dieu et se détournait de tout sauf de Lui, adoptait des mesures pour répandre la Foi et y consacrait tous ses efforts, il est certain que Sa divine Lumière envelopperait la terre entière.
Quelques-uns, inconscients de la réalité cachée sous la face des évènements, qui ne peuvent sentir le pouls du monde sous leurs doigts, qui ne savent pas quelle dose massive de vérité doit être administrée pour guérir cette vieille maladie chronique qu'est le mensonge, croient que la Foi ne peut être répandue que par l'épée et appuient leur opinion sur la tradition "Je suis un Prophète par l'épée".
Toutefois, s'ils examinaient attentivement cette question, ils verraient qu'à l'époque actuelle l'épée n'est pas un moyen convenable de promulguer la Foi car ceci ne ferait que remplir les coeurs des hommes de révulsion et de terreur.
Selon la Loi divine de Muhammad il n'est pas permis de forcer le Peuple du Livre à reconnaître et à accepter la Foi.
Bien que soit dévolu à chaque croyant conscient de l'unité de Dieu le devoir sacré de guider l'humanité vers la vérité, les traditions "Je suis un Prophète par l'épée" et "On m'a ordonné de menacer la vie des gens jusqu'à ce qu'ils disent "Il n'y a pas d'autre Dieu que Dieu" concernaient les idolâtres des jours d'ignorance qui, dans leur aveuglement et leur bestialité, étaient descendus sous la norme de l'être humain.
On pourrait difficilement compter sur une foi née de l'épée, et qui, pour quelques vétilles, retournerait à l'erreur et à l'incrédulité.
Après l'ascension de Muhammad et son passage au "siège de vérité en la présence du Roi Puissant", les tribus des environs de Médine apostasièrent leur Foi, et retournèrent à l'idolâtrie des temps païens.
Rappelez-vous que lorsque les saintes brises de l'Esprit de Dieu (Jésus) répandaient leur douceur sur la Palestine et la Galilée, les rives du Jourdain et les alentours de Jérusalem, et que les merveilleuses mélodies de l'Evangile résonnaient aux oreilles des esprits éclairés, tous les peuples d'Asie et d'Europe, d'Afrique et d'Amérique, d'Océanie, y compris les îles et archipels du Pacifique et de l'Océan Indien, étaient des païens et des adorateurs du feu, ignorants de la Voix divine qui se faisait entendre au Jour de l'Alliance. Seuls les Juifs croyaient à la divinité et à l'unicité de Dieu.
Par la déclaration de Jésus, le souffle pur et vivifiant de sa bouche conféra pendant trois ans la vie éternelle aux habitants de ces régions et, par la Révélation divine fut établie la Loi du Christ, remède vital pour le corps souffrant du monde d'alors.
Au temps du Christ, seuls quelques individus tournèrent leur face vers Dieu; en fait, seulement douze disciples et quelques femmes devinrent de vrais croyants et l'un de ces disciples, Judas Iscariote, apostasia sa Foi, ce qui en réduisit le nombre à onze.
Après l'ascension de Jésus au Royaume de Gloire, ces quelques âmes, par leurs qualités spirituelles et leurs actes purs et saints, se levèrent, par la volonté de Dieu et les souffles vivifiants du Messie, pour sauver tous les peuples de la terre.
Alors, toutes les nations idolâtres aussi bien que les Juifs se levèrent avec force pour éteindre le divin feu qui avait été allumé dans la lampe de Jérusalem.
"Ils auraient volontiers éteint de leur bouche la lumière de Dieu; mais Dieu avait décidé de parfaire Sa lumière quoique les infidèles l'abhorrent!"
Ils massacrèrent chacune de ces saintes âmes sous d'atroces tortures; ils morcelèrent au couperet les corps purs et sans tache de quelques-uns d'entre eux et les jetèrent dans la fournaise; et ils en rouèrent d'autres qu'ils enterrèrent vivants.
En dépit de ces affreuses représailles, les chrétiens continuèrent à enseigner la Cause de Dieu et ils ne tirèrent jamais l'épée du fourreau et n'écorchèrent même pas une joue.
Puis, enfin, la Foi du Christ engloba toute la terre de telle sorte qu'en Europe et en Amérique il ne resta plus trace des autres religions et que, aujourd'hui, en Asie, en Afrique et en Océanie de grandes multitudes vivent selon les Quatre Evangiles.
Il a donc été pleinement établi, par les irréfutables preuves précitées, que la Foi de Dieu doit être propagée par les perfections humaines, par des qualités excellentes et plaisantes et un comportement spirituel.
Si une âme s'avance vers Dieu de son propre gré, elle sera acceptée au Seuil de l'unicité car une telle âme est exempte de considérations personnelles, de cupidité et d'intérêt égoïste.
Elle s'est réfugiée sous la vigilante protection de son Seigneur; elle sera reconnue par les hommes comme véridique et digne de confiance, sobre et scrupuleuse, loyale et d'esprit élevé, incorruptible et craignant Dieu.
Ainsi sera réalisé le but premier de la révélation de la Loi divine: assurer le bonheur de la vie future, et la civilisation et un caractère raffiné dans la vie présente.
Quant à l'épée, elle ne produira jamais qu'un homme qui croit extérieurement mais qui, à l'intérieur, est un traître et un apostat.
Nous relaterons ici une histoire qui servira d'exemple à tous. Les chroniques arabes disent comment, à une époque antérieure à la venue de Muhammad, Nu'man, fils de Mundhir le Lakhmite - roi arabe des jours d'ignorance dont le siège de gouvernement était situé à Hirih - avait un jour vidé si souvent sa coupe de vin que son esprit s'assombrit et sa raison le quitta.
Dans son état d'ivresse et d'insensibilité, il ordonna que ses deux gais compagnons, ses amis intimes et bien-aimés: Khalid, fils de Mudallil, et 'Amr, fils de Mas'ud-Kaldih, soient mis à mort. Quand il sortit de la torpeur de sa beuverie il s'enquit de ses amis et on lui annonça la pénible nouvelle.
Il en eut le coeur brisé et, à cause de son intense affection pour eux et de sa nostalgie, il édifia deux splendides monuments sur leur tombe et les nomma "Souillées-de-Sang".
Puis, il choisit deux jours de l'année pour commémorer ses deux compagnons; l'un fut nommé Jour du Mal et l'autre Jour de Grâce.
Chaque année, lors de ces deux jours, il sortait en grande pompe et s'asseyait entre les deux monuments. Si, au Jour du Mal, son regard tombait sur une âme quelconque, cette personne était mise à mort; mais, au Jour de Grâce, quiconque passait par là était comblé de cadeaux et de faveurs. C'était sa loi, scellée par un serment rigide et toujours scrupuleusement observé.
Un jour, le roi sella son cheval Mahnud et s'en fut chasser dans la plaine. Soudain, il vit au loin un onagre. Nu'man éperonna son cheval pour le surprendre et galopa à une telle vitesse qu'il fut coupé de sa suite.
A l'approche de la nuit, le roi était désespérément perdu. Il aperçut alors une tente, très loin dans le désert; il tourna bride et se dirigea vers elle. Arrivant devant la tente il demanda: "Voulez-vous recevoir un hôte?" Le propriétaire, Hanzala, fils d'abi-Ghafray-i-Ta'i, répondit: "Oui", s'avança et aida Nu'man à descendre de cheval.
Puis il rejoignit son épouse et lui dit: "Il y a des signes évidents de grandeur chez cette personne. Fais de ton mieux pour lui témoigner notre hospitalité et prépare un festin." Elle lui répondit: "Nous avons une brebis. Sacrifie-là. J'ai économisé un peu de farine pour un tel jour." Hanzala commença par traire la brebis et porta un bol de lait à Nu'man. Puis il tua la brebis et prépara le repas.
Par son amitié et son aimable bonté, il procura à Nu'man une nuit paisible et confortable. Quand vint l'aurore, Nu'man se prépara à partir et dit à Hanzala: "Vous m'avez montré la plus grande générosité en me recevant et en me fêtant; je suis Nu'man, fils de Mundhir, et j'attendrai impatiemment votre arrivée à ma cour."
Le temps passa et la famine s'abattit sur la terre de Tayy. Hanzala était dans la misère noire et se mit à la recherche du roi.
Par une étrange coïncidence, il arriva le Jour de Mal. Nu'man fut profondément troublé et fit ce reproche à son ami: "Pourquoi êtes-vous venu vers votre ami ce jour entre tous les jours? Car c'est le Jour du Mal, c'est-à-dire le Jour de colère et le Jour de détresse. Aujourd'hui, si mon regard se pose sur Aabus, mon fils unique, il n'en réchappera pas vivant. Maintenant, demandez-moi quelque faveur que vous désirez."
Hanzala répondit: "Je ne savais rien de votre Jour du Mal. Quant aux bienfaits de cette vie, ils s'adressent aux vivants et, comme à cette heure je dois boire la mort, à quoi tous les greniers du monde pourraient-ils me servir?" Nu'man dit: "Il n'y a aucun recours".
Hanzala dit alors: "Accordez-moi un répit afin que je puisse rejoindre ma femme et faire mon testament, je reviendrai l'an prochain au Jour du Mal."
Nu'man demanda alors un répondant afin que, si Hanzala ne tenait pas sa parole, ce dernier soit mis à mort à sa place. Hanzala, impuissant et ahuri regarda autour de lui.
Son regard s'arrêta sur un des courtisans, Sharik, fils de Qays de Shayban, et il lui récita ces lignes: "O mon associé, O fils d''Amr! Peut-on échapper à la mort? O frère de tous les affligés! O frère de celui qui n'a pas de frère! O frère de Nu'man, en toi, ce jour, est la garantie du Shaykh. Où est Shayban le noble - que le Très Miséricordieux le favorise!"
Mais Sharik ne répondit que ceci: "O mon frère, un homme ne peut jouer sa vie." Entendant ceci, la victime ne sut plus où se tourner.
Alors, un homme du nom de Qarad, fils d'Adja le Kalbite, se leva et s'offrit en garantie, convenant que, au prochain Jour du Mal, s'il ne livrait pas la victime, le roi pourrait faire de lui, Qarad, ce qu'il voudrait. Alors Nu'man donna cinq cents chameaux à Hanzala et le renvoya chez-lui.
L'année suivante, au Jour du Mal, dès que l'aube pointa à l'horizon, Nu'man, comme à son habitude, sortit en grande pompe et se dirigea vers les deux monuments appelés "Souillées-de-Sang".
Il y amena Qarad pour lui faire subir son royal courroux. Alors, les langues des grands de l'état se délièrent et ils implorèrent la miséricorde du roi lui demandant d'accorder à Qarad un répit jusqu'au coucher du soleil car ils espéraient que Hanzala reviendrait.
Mais le dessein du roi était d'épargner la vie d'Hanzala et de récompenser son hospitalité en tuant Qarad à sa place! Quand le soleil commença à descendre, on dépouilla Qarad de ses vêtements et l'on s'apprêta à lui trancher la tête.
A cet instant, un cavalier apparut au loin galopant à toute vitesse. Nu'man dit aux bourreaux: "Pourquoi flânez-vous?" Les ministres répondirent: "Au cas où ce serait Hanzala qui arrive." Et quand le cavalier fut plus près, ils virent que ce n'était nul autre.
Nu'man était fort mécontent et dit: "Fou que vous êtes! Vous avez échappé une fois déjà aux griffes de la mort: deviez-vous la provoquer une seconde fois?"
Et Hanzala dit: "Le poison de la mort est doux à ma bouche et agréable à ma langue à l'idée de tenir ma parole."
Nu'man demanda: "Quelle peut être la raison de cette loyauté, de ce respect de vos obligations et de ce souci de tenir votre serment? Hanzala répondit: "C'est ma foi dans le Dieu unique et les Livres descendus du ciel."
Nu'man demanda: "Quelle foi professes-tu?" et Hanzala dit: "Les Saints Souffles de Jésus me firent naître. Je suis le droit sentier du Christ, l'Esprit de Dieu". Nu'man dit: "Laisse-moi respirer ces doux parfums de l'Esprit".
Ce fut ainsi que Hanzala tira la blanche main de direction du sein de l'amour de Dieu, et illumina de la lumière de l'Evangile la vue et l'esprit des témoins.
Après qu'ils eurent, avec des accents joyeux, récité quelques divins versets de l'Evangile, Nu'man et tous ses ministres se détournèrent de leurs idoles et de leurs cultes et furent confirmés dans la Foi de Dieu.
Et ils dirent: "Hélas, mille fois hélas, que jusqu'à maintenant nous ayons été oublieux de cette infinie miséricorde cachée à nos yeux et que nous nous soyons privés de cette pluie des nuages de la grâce de Dieu."
Puis, le roi détruisit sur-le-champ les deux monuments, se repentit de sa tyrannie et instaura la justice dans le pays.
Voyez comment un individu, homme du désert, apparemment inconnu et sans renommée - parce qu'il démontra l'une des qualités des coeurs purs put délivrer ce fier souverain et une foule d'autres gens des ténèbres de l'incroyance et les guider jusqu'au matin du salut, les sauver de la perdition de l'idolâtrie, les amener aux rivages de l'unicité de Dieu et mettre fin à ces pratiques qui flétrissent une société entière et réduisent le peuple à la barbarie.
Il faut réfléchir profondément à ceci et en saisir toute la signification. "Maintenant la Nouvelle Année ravivant de vieux désirs, l'âme pensive à la Solitude se retire, où la Main Blanche de Moïse sur la Branche se tend, et Jésus du Sol soupire."
Mon coeur saigne car je note avec un intense regret que l'attention des gens n'est en aucune façon dirigée vers ce qui est digne de ce jour et de ce temps.
Le Soleil de vérité s'est levé sur le monde mais nous sommes pris au piège de nos sombres imaginations.
Les eaux du très grand Océan se soulèvent autour de nous mais la soif nous dessèche et nous affaiblit.
Le pain divin descend du ciel mais nous tâtonnons et trébuchons dans un pays frappé de famine.
"Entre les larmes et l'affliction, je traîne mes jours."
Les principales raisons pour lesquelles les adeptes des autres religions ont fui la Foi de Dieu et ne s'y sont pas convertis sont le fanatisme et le zèle religieux irraisonné.
Notez, par exemple, ces divines paroles adressées à Muhammad - l'Arche du Salut, le Lumineux Visage et le Seigneur des Hommes - lui ordonnant d'être doux et patient avec le peuple: "Discute avec eux avec une très grande bonté."
Cet Arbre Béni dont la lumière n'était "ni de l'Orient ni de l'Occident" et qui répandait sur tous les peuples de la terre l'ombre protectrice d'une grâce incommensurable fit montre d'une bonté et d'une longanimité infinies dans ses rapports avec tous et chacun.
Par ces mêmes mots, il fut aussi ordonné à Moïse et à Aaron de défier le Pharaon, Seigneur des Piquets, "Parle-lui d'une voix douce."
Bien que la noble conduite des Prophètes et des Saints de Dieu soit très connue et offre jusqu'à ce que l'Heure soit venue - un excellent modèle à suivre pour toute l'humanité - néanmoins, certains sont demeurés insouciants et étrangers à ces qualités de sympathie extraordinaire et d'aimante bonté et ont été empêchés d'atteindre à la signification profonde des Livres Saints.
Non seulement évitent-ils scrupuleusement les adeptes des autres religions que la leur mais ils ne se permettent même pas de leur montrer la plus élémentaire courtoisie.
Si on n'a pas le droit de s'associer à un autre, comment peut-on le guider hors de la sombre et vide nuit du refus, du "il n'y a pas de Dieu". Et, comment peut-on le pousser et l'encourager à s'élever hors de l'abîme de perdition et d'ignorance pour gravir les hauteurs du salut et du savoir?
Considérez en toute justice: si Hanzala n'avait pas traité Nu'man avec une véritable amitié, se montrant bon et hospitalier, aurait-il pu amener le roi et une foule d'idolâtres à reconnaître l'unicité de Dieu?
Se tenir à distance des gens, les éviter et être dur à leur endroit les fera s'éloigner alors que l'affection et la considération, la douceur et la patience attireront leurs coeurs vers Dieu.
Si un croyant devait exprimer du mépris face à un étranger et s'il devait énoncer les horribles paroles défendant la fréquentation d'étrangers - les qualifiant d'"impurs"- l'étranger serait blessé et offensé à un tel point qu'il n'accepterait jamais la Foi, même s'il voyait se dérouler devant ses yeux le miracle de la division de la lune.
Le résultat de cette relégation, c'est que s'il y avait eu dans son coeur la moindre inclination vers Dieu, il s'en repentirait et s'enfuirait de la mer de la foi vers les déserts de l'oubli et de l'incrédulité.
Puis, à son retour dans son pays, il publierait dans la presse des déclarations à l'effet que telle et telle nation est totalement dépourvue des qualités d'un peuple civilisé.
Si nous méditons quelques temps sur les versets du Qur'án et les comptes rendus officiels qui nous sont parvenus de ces étoiles du ciel de l'Unicité divine - les saints Imáms - nous serons convaincus du fait que si une âme est douée des attributs de la vraie foi et marquée par les qualités spirituelles, elle deviendra, pour l'humanité entière, l'emblème des infinies miséricordes de Dieu.
Car les attributs des gens de foi sont la justice et un esprit droit; la patience, la compassion, la générosité et la loyauté; l'amour et l'aimante bonté; le dévouement, la détermination et l'humanité.
Donc, si un individu est foncièrement équitable, il s'assurera de tous les moyens qui attireront les coeurs des hommes et, par les attributs de Dieu, il les guidera vers le droit chemin de la foi et les fera boire à la source de vie éternelle.
Aujourd'hui, nous avons fermé les yeux à tout acte vertueux et sacrifié le bonheur durable de la société à nos propres avantages éphémères. Nous considérons que le fanatisme et le zèle aveugle ajoutent à notre réputation et à notre honneur et, non contents de cela, nous nous dénonçons mutuellement et complotons notre ruine réciproque.
Et, quand nous désirons montrer notre sagesse et notre érudition, notre vertu et notre sainteté, nous nous moquons et nous insultons celui-ci et celui-là.
Nous disons: "Les idées d'un tel sont loin du compte et la conduite de celui-là laisse grandement à désirer. Les pratiques religieuses de Zayd sont à peu près inexistantes et très espacées, et la foi de 'Amr vacille. Les opinions d'un tel sentent l'Europe. Foncièrement, Blank ne considère rien d'autre que son nom et sa réputation. Hier soir, quand la congrégation se leva pour prier, les rangs n'étaient pas bien formés et il n'est pas permis de suivre un autre chef. Aucun riche n'est décédé ce mois-ci et aucune obole ne fut offerte au Prophète.
L'édifice de la religion s'est écroulé; les fondements des croyances se sont envolés aux quatre vents. Le tapis de la Foi a été roulé; les gages de certitude ont été effacés; le monde entier est tombé dans l'erreur; quand il s'agit de repousser la tyrannie, tous sont mous et insouciants.
Des jours et des mois ont passé et ces villages et ces domaines appartiennent toujours aux mêmes propriétaires que l'an dernier. Dans cette ville, il y avait soixante-dix gouvernements différents, fonctionnant parfaitement, mais le nombre en a constamment diminué; il n'en reste plus que vingt-cinq comme souvenirs.
C'était coutume que deux cents jugements contradictoires soient rendus par le même mufti dans une seule journée; maintenant nous en obtenons à peine cinquante. En ce temps-là, des foules de gens raffolaient de procès et maintenant ils sont paisibles; un jour, le plaignant perdait et le défendeur gagnait; le lendemain le plaignant gagnait et le défendeur perdait - mais cette excellente coutume a aussi été abandonnée.
Quelle est cette religion païenne, cette erreur idolâtre! Hélas pour la Loi, hélas pour la Foi, hélas pour toutes ces calamités! O frères dans la Foi! C'est vraiment la fin du monde! Le Jugement arrive!"
Par de telles paroles, ils subjuguent l'esprit des masses sans défense et troublent les coeurs des pauvres désorientés qui ne savent rien de la véritable situation et de la base réelle de tels discours, et demeurent totalement inconscients du fait que mille mobiles égoïstes se cachent derrière la supposée éloquence religieuse de certains individus.
Ils s'imaginent que ceux qui tiennent ce genre de discours sont motivés par un zèle vertueux alors que la vérité est que de tels individus entretiennent ces cris et clameurs parce qu'ils voient leur ruine personnelle dans le bien-être des masses et croient que, si le peuple ouvre les yeux, leur propre lumière s'éteindra.
Seule la plus aiguë perception détectera le fait que si les coeurs de ces individus étaient vraiment mus par la rectitude et la crainte de Dieu, le parfum, comme le musc, s'en répandrait partout.
Rien au monde ne peut s'appuyer sur les paroles seules.
"Mais ces hiboux de malheur ont eu le tort d'apprendre à chanter comme le blanc faucon. Qu'en est-il du message de Sheba que le vanneau apporte si les butors empruntent au vanneau sa chanson ?"
Les sages spirituels, ceux qui ont saisi la signification et l'infinie sagesse des Livres de la Révélation divine et dont les coeurs éclairés tirent leur inspiration du monde invisible de Dieu, s'efforcent d'instaurer sûrement, sous tous les rapports et envers tous, la suprématie des vrais disciples de Dieu, travaillent ardemment et luttent pour employer tous les moyens qui amèneront le progrès.
Si quelqu'un néglige ces buts élevés, il ne sera jamais agréable aux yeux de Dieu; il apparaît avec tous ses défauts, se réclamant de la perfection, et, indigent, il prétend à la richesse.
"Le paresseux, aveugle et maussade, est un misérable, un amas de chair, sans pied ni aile. Combien est loin de l'éclairé qui sait vraiment celui qui imite et prétend. L'un n'est qu'un écho, bien que clair et exact, l'autre, le Psalmiste David et sa harpe."
Le savoir, la pureté, le dévouement, la discipline, l'indépendance n'ont rien à voir avec l'apparence extérieure et le vêtement.
Une fois, au cours de mes voyages, j'ai entendu un personnage éminent faire cette excellente remarque dont l'esprit et le charme me sont restés en mémoire:
"Tous les turbans des clercs ne sont pas une preuve de vertu et de savoir; tous les chapeaux des laïcs ne sont pas un signe d'ignorance et d'immoralité. Combien de chapeaux ont fièrement levé la bannière du savoir; combien de turbans ont abaissé la Loi de Dieu!"

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Chapitre: X. La troisième norme: Combattre ses passions

Le troisième élément de l'énoncé que nous discutons est: "combattre ses passions".
Que de merveilleuses implications sont contenues dans cette phrase apparemment simple et complète! Elle est l'assise même de toute louable qualité humaine.
En fait, ces quelques mots contiennent la lumière du monde et la base indestructible de tous les attributs spirituels des êtres humains. C'est le balancier de tout comportement et le moyen de garder en équilibre toutes les bonnes qualités humaines.
Car le désir est une flamme qui a réduit en cendres d'innombrables moissons de toute une vie de savant. C'est un feu dévorant que même le vaste océan de leurs connaissances accumulées ne put jamais éteindre.
Combien souvent est-il arrivé qu'un individu favorisé de tous les attributs de l'humanité et paré du joyau de la vraie compréhension, n'en ait pas moins poursuivi ses passions jusqu'à ce que ses excellentes qualités dépassent la modération et atteignent l'excès!
De pures, ses intentions devinrent mauvaises, ses attributs ne servirent plus des buts dignes d'eux et la force de ses désirs le détourna de la droiture et de ses récompenses vers de dangereuses et sombres voies.
Aux yeux de Dieu, de ses élus et des gens perceptifs, un bon caractère est la meilleure et la plus louable des choses, mais toujours sous la condition que son centre d'émanation soit la raison et le savoir et son principe la vraie modération.
Si toutes les implications de ce sujet devaient être développées comme il se doit, l'oeuvre en serait trop longue et nous ferions perdre de vue notre thème principal.
Tous les peuples d'Europe, nonobstant leur civilisation tant vantée, sombrent et se noient dans cette terrible mer de la passion et du désir; c'est pourquoi tous les phénomènes de leur culture n'aboutissent à rien. Que personne ne s'étonne de cet énoncé ou le déplore!
Le but premier, l'objectif de base dans l'élaboration de lois puissantes et dans l'établissement de grands principes et d'institutions en rapport avec tous les aspects de la civilisation, est le bonheur humain;
et le bonheur humain consiste uniquement à se rapprocher du Seuil du Dieu tout-puissant et à assurer la paix et le bien-être de chaque membre de la race humaine, quelle que soit sa classe.
Les intermédiaires suprêmes dans la réalisation de ces deux objectifs sont les excellentes qualités dont l'humanité a été dotée.
Une culture superficielle, non basée sur la pratique d'une moralité, est comme "un mélange de rêves confus", de lustre extérieur, sans perfection intérieure, est "semblable à un mirage du désert que l'assoiffé imagine être de l'eau".
Car des résultats qui rencontreraient le bon plaisir de Dieu et assureraient la paix et le bien-être ne pourraient jamais être pleinement obtenus dans une civilisation purement extérieure.
Les peuples d'Europe ne sont pas parvenus aux plus hautes sphères de la civilisation morale et ceci est clairement démontré par leurs opinions et leur comportement.
Notez, par exemple, que le suprême désir des gouvernements et des peuples européens d'aujourd'hui est de se conquérir et de s'écraser réciproquement et comment, tout en couvant secrètement la plus forte répulsion, ils passent leur temps à échanger des témoignages d'affectueux voisinage, d'amitié et d'harmonie.
Il existe le cas bien connu du gouvernant qui encourage la paix et la tranquillité et qui, en même temps, consacre plus d'énergie que les fauteurs de guerre à accumuler des armes et à édifier une armée plus puissante sous prétexte que la paix et l'harmonie ne peuvent s'obtenir que par la force.
La paix sert de prétexte. Nuit et jour, ils tendent tous leurs énergies à amasser de plus en plus d'armes et, pour en acquitter le prix, le peuple misérable doit sacrifier presque tout ce qu'il parvient à gagner à la sueur de son front.
Combien de milliers de personnes ont quitté leur travail dans des industries utiles pour oeuvrer maintenant jour et nuit à produire de nouvelles armes plus meurtrières qui répandront le sang de la race plus généreusement que jamais auparavant.
Chaque jour, l'on invente une nouvelle bombe ou un nouvel explosif et les gouvernements doivent se défaire de leurs armes désuètes pour se mettre à en produire de nouvelle, les anciens armements ne pouvant tenir tête aux récents.
Par exemple, alors que j'écris ceci, en 1292 A.H., il a été inventé en Allemagne une nouvelle carabine et en Autriche un canon de bronze qui ont une plus grande puissance de feu que le Martini-Henry et le canon Krupp; ils ont des effets plus rapides et sont plus efficaces dans l'annihilation de l'humanité. Leur coût incroyable doit être supporté par les masses infortunées.
Soyez justes: cette civilisation de nom peut-elle, sans être soutenue par une civilisation de caractère, apporter la paix et le bien-être au peuple ou rencontrer le bon plaisir de Dieu? N'implique-t-elle pas plutôt la destruction de l'état d'homme et n'arrache-t-elle pas les piliers du bonheur et de la paix?
On rapporte qu'au moment de la guerre franco-prussienne, en 1870, 600.000 hommes moururent, abattus et broyés, sur le champ de bataille.
Combien de foyers furent détruits dans leur racine; combien de villes, florissantes la veille, s'étaient écroulées au lever du soleil! Combien d'enfants devinrent orphelins ou furent abandonnés; combien de vieux parents durent voir leurs fils, jeunes fruits de leur vie, se tordre et mourir dans la poussière et le sang! Combien de femmes furent veuves, sans aide ni protection!
Puis, ce furent les bibliothèques et les magnifiques immeubles de France qui brûlèrent, ainsi que les hôpitaux militaires bondés de malades et de blessés.
Les terribles évènements de la Commune suivirent; les actes sauvages, la ruine et l'horreur des luttes et des meurtres des factions qui s'entre-tuaient dans les rues de Paris.
Il y eut les haines entre les chefs religieux catholiques et le gouvernement allemand.
Il y eut la guerre civile et la révolution, le sang versé et les ravages causés entre partisans de la République et Carlistes en Espagne.
Il n'existe que trop de telles circonstances pour prouver que l'Europe est moralement non-civilisée. Puisque l'auteur n'a aucun désir de jeter le discrédit sur qui que ce soit, il s'est borné à ces quelques exemples. Il est clair qu'aucun esprit perceptif et bien informé ne peut approuver de tels évènements.
Est-il juste et convenable que des peuples - chez qui se produisent des horreurs en opposition complète avec le comportement humain le plus souhaitable - osent prétendre à une civilisation réelle et adéquate!
Particulièrement quand de tout cela on ne peut rien espérer d'autre que la satisfaction d'une victoire éphémère; car, puisque son effet ne dure jamais, aux yeux du sage, elle n'en vaut pas la peine.
Encore et toujours, à travers les siècles, l'Etat allemand a subjugué la France; plus d'une fois le royaume de France a gouverné la terre allemande.
Est-il permis que de nos jours 600.000 êtres impuissants soient offerts en holocauste à des usages et à des résultats si vains et si temporaires? Non, par le Seigneur Dieu! Même un enfant peut en discerner le mal.
Cependant, la poursuite des passions et des désirs couvre les yeux de mille voiles sortis du coeur pour obscurcir la vue externe autant qu'interne.
"Le désir et le moi obstruent la porte et marquent la vertu, brillante jusque là. Et cent voiles se lèvent du coeur pour obstruer la vue."
La vraie civilisation déploiera son étendard au coeur même du monde quand un certain nombre de ses distingués souverains à l'esprit magnanime - brillants exemples de dévotion et de détermination - se lèveront, lucides et résolus et pour le bien et le bonheur de l'humanité entière, afin d'instaurer la Cause de la paix universelle.
Ils doivent faire de la Cause de la paix l'objet d'une consultation générale et chercher par tous les moyens en leur pouvoir à établir une union des nations du monde.
Ils doivent conclure un traité ferme et établir une alliance dont les stipulations seront saines, inviolables et définitives. Ils doivent la proclamer au monde entier et la faire sanctionner par toute la race humaine.
Cette suprême et noble entreprise - source réelle de paix et de bien-être pour le monde entier - devra être considérée comme sacrée par tous les habitants de la terre.
Toutes les forces de l'humanité doivent être mobilisées pour assurer la stabilité et la permanence de cette très grande alliance.
Dans ce Pacte intégral, les limites et les frontières de chaque nation devraient être clairement fixées, les principes sous-jacents aux relations inter-gouvernementales définitivement établis, et tous les accords et obligations internationaux nettement définis.
De même, l'importance de l'armement de chaque gouvernement devrait être strictement délimitée car s'il était permis à une nation quelconque d'accroître ses préparatifs de guerre et ses forces militaires, cela susciterait la suspicion chez les autres.
Le principe fondamental sous-jacent à ce pacte solennel devrait être établi de telle sorte que si quelque gouvernement devait ultérieurement violer l'une quelconque de ses clauses, tous les gouvernements de la terre devraient se lever pour le réduire à une complète soumission; mieux encore, la race humaine tout entière devrait prendre la résolution de l'exterminer par tous les moyens à sa disposition.
Ce remède par excellence serait-il appliqué au corps malade du monde qu'il guérirait assurément de ses maux et demeurerait éternellement sain et sauf.
Vous constaterez que si une aussi heureuse situation devait se produire, aucun gouvernement n'aurait plus besoin d'amasser continuellement des armements, ni de se sentir obligé de toujours produire des armes nouvelles pour conquérir la race humaine.
Des effectifs réduits, assurant la sécurité intérieure, la correction des fauteurs de crimes et de désordres et la prévention des désordres locaux, seraient, à eux seuls, suffisants.
Dès lors, la population tout entière serait en tout premier lieu débarrassée de la charge écrasante des dépenses couramment imposées pour des fins militaires; ensuite, des foules de gens cesseraient de consacrer leur temps à la découverte continuelle d'armes destructrices témoignages d'avidité et de soif de sang si incompatibles avec le don de la vie - pour, plutôt, tendre leurs efforts à la production de tout ce qui peut promouvoir l'existence, la paix et le bien-être de la race humaine et devenir cause de développement et de prospérité universelle.
Alors, chacune des nations du monde régnera dans l'honneur, et chaque peuple sera bercé par la quiétude et le contentement.
Quelques-uns, inconscients du pouvoir latent des entreprises humaines, considèrent ceci comme hautement utopiste et même hors d'atteinte des plus grands efforts de l'homme. Cependant, tel n'est pas le cas.
Au contraire, grâce à l'infaillible secours de Dieu, à l'aimante bonté de ses élus, aux entreprises sans rivales de sages et puissantes âmes et aux pensées et idées des chefs éminents de l'âge actuel, rien ne peut être considéré comme inaccessible.
L'effort, l'incessant effort est requis. Rien moins qu'une indomptable détermination ne peut réussir.
Plus d'une cause, considérée dans les temps révolus comme une pure vision, est présentement devenue des plus facile et des plus praticable.
Pourquoi cette Cause très grande et très élevée - étoile du matin au firmament de la vraie civilisation et source de gloire, d'avancement, de bien-être et de succès pour l'humanité entière - devrait-elle être considérée comme irréalisable? Le jour viendra sûrement où sa brillante lumière illuminera l'ensemble du monde.
Au rythme où se déroulent actuellement les préparatifs, les dispositifs de conflit atteindront un point où la guerre deviendra intolérable pour l'humanité.
Il ressort clairement de ce qui a été dit que la gloire et la grandeur de l'homme ne consistent pas en ce qu'il soit avide de sang et armé de griffes redoutables; ni à détruire les villes ou à semer le ravage; ni à massacrer les forces armées et les civils.
Ce qui entraînerait pour lui un brillant avenir serait sa réputation de justice; sa bonté pour toute la population sans distinction de classes; l'édification de pays, villes, villages et districts; ses efforts pour rendre la vie facile, pacifique et heureuse pour ses frères; l'établissement de principes fondamentaux de progrès; l'élévation du niveau de vie et l'accroissement de la richesse de la population entière.
Considérez combien de rois ont trôné en conquérants à travers l'histoire.
Parmi eux furent Hulagu Khan et Tamerlan qui s'emparèrent du vaste continent d'Asie, Alexandre de Macédoine et Napoléon Ier qui brandirent leurs poings arrogants sur trois des cinq continents de la terre.
Et qu'apportèrent leurs puissantes victoires? Les nations en furent-elles plus florissantes, le bonheur en résulta-t-il, un quelconque trône résista-t-il? Ou, plutôt, les maisons régnantes ne perdirent-elles pas leur pouvoir?
Hulagu de Changiz, maître guerrier, ne récolta aucun fruit de toutes ses conquêtes sauf que l'Asie fut mise à feu par plusieurs batailles et s'écroula en cendres.
Et Tamerlan ne récolta de tous ses triomphes que des peuples décimés et la ruine universelle.
Alexandre ne retira rien de ses victoires fantastiques sauf que son fils perdit le trône et que Philippe et Ptolémée s'emparèrent des empires qu'il avait déjà gouvernés.
Et que retira Napoléon Ier de l'assujettissement des rois d'Europe sinon la destruction de pays florissants, la perte de leurs habitants, la terreur et l'angoisse répandues à travers le continent et, à la fin de sa vie, sa propre captivité? Voilà pour les conquérants et les monuments qu'ils laissèrent.
Comparez à cela les nobles qualités, la grandeur et la noblesse d'Anushirvan le Généreux et le Juste. Ce monarque équitable prit le pouvoir au moment où le trône de Perse, jadis solidement établi, était sur le point de s'écrouler.
Par son divin don d'intelligence il établit les fondements de la justice, déracinant l'oppression et la tyrannie et rassemblant les peuples dispersés de Perse sous les ailes de son empire.
Grâce à l'influence rénovatrice de ses soins incessants, la Perse, alors desséchée et ravagée, reprit vie et devint rapidement la plus belle des nations florissantes.
Il rétablit et renforça les pouvoirs désorganisés de l'état et son renom de justice et de droiture résonna à travers les sept climats jusqu'à ce que les peuples sortissent de leur dégradation et de leur misère pour s'élever vers les cimes de la félicité et de l'honneur.
Bien que ce souverain fut Mage, Muhammad - ce Centre de la Création et Soleil des Prophètes - dit de lui: "Je suis né au temps d'un roi juste", et se réjouissait d'avoir vu le jour sous son règne.
Cet illustre personnage accomplit-il sa mission exaltée en vertu de ses admirables qualités ou en s'élançant à la conquête du monde et en répandant le sang de ses peuples?
Notez qu'il atteignit à un rang si distingué dans le coeur du monde que sa grandeur résonne encore à travers les temps et qu'il obtint la vie éternelle.
Devrions-nous commenter la vie des grands que ce bref essai en serait indûment allongé et, puisqu'il n'est pas assuré que l'opinion publique de Perse sera matériellement affectée par sa lecture, nous abrégerons l'oeuvre et passerons à d'autres questions qui sont du ressort de l'esprit public.
Si, toutefois, il devait arriver que cet abrégé produise des résultats favorables, nous écrirons, si Dieu le veut, un certain nombre de livres traitant en détail et utilement des principes fondamentaux de la sagesse divine en relation avec le monde phénoménal.
Aucun pouvoir terrestre ne peut prévaloir contre les armées de justice, chaque citadelle doit tomber devant elles; car les hommes se laissent conquérir de bon gré par les coups triomphants de cette lame décisive, et les endroits sauvages fleurissent et prospèrent sous les pas de ces légions.
Il existe deux puissantes bannières qui, lorsqu'elles répandront leur ombre sur la couronne de tout roi, feront que l'influence de son gouvernement pénétrera facilement et rapidement toute la terre, comme si c'était la lumière du soleil, la première est la sagesse; la seconde est la justice.
Contre ces deux forces très puissantes les montagnes de fer ne peuvent résister et le mur d'Alexandre cédera devant elles.
Il est évident que la vie dans ce monde moribond est aussi fugace et inconstante que la brise matinale et, puisqu'il en est ainsi, combien fortunés sont les grands qui laissent derrière eux un beau nom et la mémoire d'une vie entière passée dans le sentier du bon plaisir de Dieu!
"Il en est de même, que ce soit un trône ou la terre nue à ciel ouvert, où l'âme pure s'étend pour mourir."
Une conquête peut être une noble chose. A certains moments la guerre devient une puissante base de paix, et la ruine le moyen même de la reconstruction.
Si, par exemple, un noble souverain range ses troupes pour arrêter l'avance de l'insurgé et de l'agresseur ou encore s'il se met en campagne pour unifier un état et un peuple divisés; si, en bref, il fait la guerre pour une juste cause, alors cet apparent courroux devient la miséricorde même; cette présumée tyrannie devient la substance même de la justice et cette guerre la pierre angulaire de la paix.
Aujourd'hui, la tâche qui revient aux plus importants gouvernants est d'instaurer la paix universelle, car en elle réside la liberté de tous les peuples.

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Chapitre: XI. La quatrième norme: obéissance aux commendements de son Seigneur

La quatrième phrase de l'Enoncé précité, signalant la voie du salut, est: "obéissant aux commandements de son Seigneur."
Il est certain que la plus haute distinction de l'homme est d'être humble et obéissant à son Dieu; que sa plus grande gloire, son rang et son honneur le plus exalté dépendent de son étroite observance des défenses et des commandements divins.
La religion est la lumière du monde, et le progrès, la réalisation et le bonheur de l'homme résultent de l'obéissance aux lois établies dans les Saints Livres.
Bref, on peut démontrer que dans cette vie, tant intérieurement qu'extérieurement, la plus puissante des structures, la plus solidement établie, la plus durable, qui sauvegarde le monde et assure à la fois les perfections spirituelles et matérielles de l'humanité et protège le bonheur et la civilisation de la société - c'est la religion.
Il est vrai que certains individus insensés, qui n'ont jamais examiné comme il convient les fondements des religions divines, qui ont adopté comme critère la conduite de quelques dévôts hypocrites et jaugé d'après cette mesure toutes les personnes pieuses, ont conclu de cela que les religions sont un obstacle au progrès, un facteur de division et une cause de malveillance et d'hostilité entre les peuples.
Ils n'ont même pas observé que les principes des religions divines peuvent difficilement être évalués d'après les actes de ceux qui prétendent les suivre. Car toute chose excellente, quelque incomparable qu'elle soit, peut toujours être utilisée à de mauvaises fins.
Une lampe allumée dans les mains d'un enfant ignorant ou d'un aveugle ne chassera pas les ténèbres ambiantes et n'illuminera pas la maison - elle mettra le feu à son porteur et à la maison. Pouvons-nous, dans ce cas, blâmer la lampe? Non, par le Seigneur Dieu!
Pour le voyant une lampe est un guide et montre le chemin; mais pour l'aveugle c'est un désastre.
Parmi ceux qui ont apostasié la croyance religieuse fut le Français Voltaire qui écrivit un grand nombre de livres attaquant les religions, ouvrages n'ayant pas plus de valeur que des jeux d'enfant.
Cet auteur, prenant comme critères les omissions et les perpétrations du Pape, chef de la religion catholique romaine, et les intrigues et les querelles des chefs religieux de la Chrétienté, ouvrit la bouche pour quereller l'Esprit de Dieu (Jésus).
Dans l'illogisme de son raisonnement, il ne parvint pas à saisir la vraie signification des Saintes Ecritures, récusa certaines parties des Textes révélés et buta sur les difficultés embarrassantes.
"Et nous envoyons par le Qur'án ce qui est remède et miséricorde pour le fidèle, mais ne fera qu'ajouter à la ruine du mécréant."
"Le Sage de Ghazna raconta l'histoire mystique à ses auditeurs voilés, dans une allégorie : Si les égarés ne voient rien dans le Qur'án que des mots, on ne doit pas s'en étonner; de tous les feux du soleil éclairant le ciel seule la chaleur peut atteindre l'oeil de l'aveugle."
"Il en trompera plusieurs par de telles paraboles et en guidera beaucoup; mais il ne trompera personne que les méchants..."
Il est certain que le plus grand instrument dans la réalisation du développement et de la gloire de l'homme, l'agent suprême d'illumination et de rédemption du monde, c'est l'amour, la camaraderie et l'unité entre tous les membres de la race humaine.
Rien en ce monde ne peut être fait, ni même conçu, sans l'unité et la concorde; et le parfait moyen d'engendrer la camaraderie et l'union, c'est la vraie religion.
"Y aurais-tu dépensé toutes les richesses du monde, tu n'aurais pu unir leurs coeurs; mais Dieu les a unis..."
Avec l'avènement des Prophètes de Dieu, leur pouvoir créateur d'union, tant de coeur qu'extérieure, rassemble sous l'aile du Verbe de Dieu les peuples mécréants et assoiffés de sang. Alors, ces centaines de milliers d'âmes deviennent une seule âme et d'innombrables individualités émergent en un seul corps.
"Ils étaient comme les vagues de la mer que le vent multiplie. Alors, Dieu leur envoya son soleil; et son soleil ne peut qu'être unique. Les âmes des chiens et des loups sont différentes, mais l'âme des lions de Dieu est une."
Les faits qui se produisirent lors de la venue des Prophètes du passé, leurs façons, leurs oeuvres et circonstances, ne sont pas adéquatement consignés dans l'histoire officielle et ne sont rapportés que sous une forme condensée dans les versets du Qur'án, les saintes Traditions et la Torah.
Toutefois, puisque tous les évènements qui eurent lieu, depuis les jours de Moïse jusqu'aux temps présents, sont contenus dans le puissant Qur'án, les Traditions reconnues, la Torah et les autres sources sûres, nous nous contenterons ici de nous y référer brièvement dans le but d'établir de façon concluante ou bien que la religion est la base même et le principe-pivot de la culture et de la civilisation ou bien, comme le supposaient Voltaire et ses semblables, qu'elle fait obstacle au progrès, au bien-être et à la paix de la société.
En vue d'écarter une fois pour toutes les objections présentées par l'un ou l'autre des peuples du monde, nous procéderons dans notre discussion conformément aux relations accréditées par toutes les nations.
Au temps où les Israélites s'étaient multipliés, en Egypte et s'étaient répandus à travers tout le pays, les Pharaons coptes résolurent de renforcer et de favoriser leurs propres peuples coptes et de dégrader et déshonorer les enfants d'Israël qu'ils considéraient comme des étrangers.
Durant une longue période, les Israélites, divisés et dispersés, furent livrés aux mains des Coptes tyranniques et furent méprisés et dédaignés de tous, de telle sorte que le plus vil des Coptes pouvait librement persécuter et commander au plus noble des Israélites.
L'esclavage, l'infortune et l'impuissance des Hébreux atteignirent un point tel qu'à aucun moment, ni de jour ni de nuit, ils n'étaient en sécurité ni capables d'assurer la défense de leurs femmes et de leurs familles contre la tyrannie de leurs persécuteurs.
Leur nourriture était alors les morceaux de leurs coeurs brisés et leur boisson un ruisseau de larmes. Ils vécurent dans cette angoisse jusqu'à ce que soudainement Moïse, le Très Beau, vit la lumière divine émaner de la Vallée Bénie où le sol était sacré, et entendit la voix vivifiante de Dieu parlant dans le feu de cet Arbre qui n'était "ni de l'Orient ni de l'Occident".
Il se leva dans toute la puissance de Son prophétisme universel. Au milieu des Israélites, Il éclaira comme un phare divin et, par la lumière du salut, Il guida ce peuple perdu hors de l'ombre de l'ignorance vers le savoir et la perfection.
Il rassembla les tribus dispersées d'Israël à l'abri de l'universelle et unifiante Parole de Dieu et, sur les hauteurs de l'unité, il dressa l'étendard de l'harmonie de telle sorte que, très bientôt, ces âmes enténébrées devinrent spirituellement éduquées et ceux qui avaient été étrangers à la vérité rallièrent la cause de l'unicité de Dieu et furent délivrés de leur infortune, de leur indigence, de leur incompréhension et de leur captivité et atteignirent au suprême degré du bonheur et de l'honneur.
Ils émigrèrent d'Egypte vers leur patrie originelle d'Israël et arrivèrent à Chanaan et en Palestine. Ils conquirent d'abord les rives du Jourdain, puis Jéricho, et s'établirent dans cette région. Plus tard, toutes les régions environnantes telles que la Phénicie, l'Edom et Ammon tombèrent sous leur empire.
Au temps de Josué il y avait trente et un gouvernements aux mains des Israélites et dans tous les nobles attributs humains, éducation, stabilité, détermination, courage, honneur, générosité - ce peuple surpassait toutes les nations de la terre.
En ce temps-là, quand un Israélite entrait dans une assemblée il était immédiatement reconnu pour ses nombreuses vertus et même les peuples étrangers, désirant rendre hommage à un homme, disaient qu'il était semblable à un Israélite.
D'ailleurs, c'est un fait accrédité par de nombreux ouvrages historiques que les philosophes grecs, tels que Pythagore, acquirent la majeure partie de leur philosophie, tant divine que matérielle, des disciples de Salomon.
Et Socrate, après avoir avidement voyagé pour rencontrer quelques-uns des plus illustres savants et devins d'Israël, établit, à son retour en Grèce, le concept de l'unicité de Dieu et la continuation de la vie de l'âme après qu'elle se soit débarrassée de sa poussière élémentaire.
En fin de compte, les Grecs ignorants dénoncèrent cet homme qui avait sondé les plus intimes mystères de la sagesse et s'en prirent à sa vie; alors, la populace força la main des dirigeants et ceux-ci, réunis en conseil, condamnèrent Socrate à boire la coupe empoisonnée.
Quand les Israélites eurent développé tous les aspects de la civilisation et réalisé le plus haut degré possible de succès, ils commencèrent peu à peu à oublier les principes premiers de la Loi et de la Foi mosaïque pour s'occuper de rites et de cérémonies et adopter une conduite inconvenante.
Au temps de Roboam, fils de Salomon, une terrible dissension éclata entre eux; l'un d'eux, Jéroboam, complota pour obtenir le trône et ce fut lui qui introduisit le culte des idoles. La lutte entre Roboam et Jéroboam amena des siècles de guerre entre leurs descendants, avec le résultat que les tribus d'Israël furent dispersées et démembrées.
Bref, c'est parce qu'ils oublièrent la Loi de Dieu qu'ils se livrèrent au fanatisme, à la sédition et à l'insurrection.
Leurs devins, ayant conclu que toutes ces qualifications essentielles à l'humanité énoncées dans le Livre Saint étaient devenues lettres mortes, ne pensèrent plus qu'à promouvoir leurs propres intérêts égoïstes et affligèrent le peuple en lui permettant de sombrer dans les abîmes de l'insouciance et de l'ignorance.
Le fruit de leurs actions mauvaises fut que la gloire ancienne qui avait duré si longtemps devint dégradation et que les gouvernements de Perse, de Grèce et de Rome les conquirent.
Les bannières de leur souveraineté furent renversées; l'ignorance, la sottise, l'abjection et l'égoïsme de leurs chefs religieux et de leurs savants se révélèrent lors de la venue de Nabuchodonosor, roi de Babylone, qui les détruisit.
Après un massacre général, le sac et la destruction de leurs maisons et même le déracinement de leurs arbres, il fit prisonniers tous ceux que son épée avait épargnés et les emmena à Babylone.
Soixante-dix années plus tard, les descendants de ces captifs furent libérés et retournèrent à Jérusalem.
Puis, Ezéchiel et Esdras rétablirent parmi eux les principes fondamentaux du Livre Saint et, jour après jour, les Israélites se développèrent et l'éclat matinal des temps passés brilla de nouveau.
Bientôt, cependant, de grandes dissensions concernant la foi et le comportement resurgirent et de nouveau le seul souci des docteurs fut de promouvoir leurs propres intérêts égoïstes, et les réformes instaurées au temps d'Esdras se muèrent en perversité et en corruption.
La situation empira à tel point que les armées de la république de Rome et de ses gouvernants conquirent à plusieurs reprises le territoire d'Israël.
Finalement, le belliqueux Titus, commandant des forces romaines, réduisit la terre d'Israël en poussière, passant tous les hommes au fil de l'épée, capturant les femmes et les enfants, écrasant les maisons, déracinant les arbres, brûlant les livres, pillant les trésors et réduisant Jérusalem et le Temple en un amas de cendres.
Après cette suprême calamité, l'étoile de l'empire d'Israël tomba à néant et, à ce jour, les restes de cette nation disparue sont dispersés aux quatre vents. "L'humiliation et la misère devinrent leur lot."
Ces deux grandes afflictions, apportées par Nabuchodonosor et par Titus, sont mentionnées dans le glorieux Qur'án: "Nous avons solennellement déclaré aux enfants d'Israël dans le Livre: Par deux fois assurément tu commettras le mal sur la terre et par un irréductible orgueil tu seras sûrement soulevé.
Quand la menace concernant la première vint à exécution, nous avons envoyé contre vous nos serviteurs doués de terribles pouvoirs; et ils fouillèrent les plus petits recoins de vos demeures et la menace fut accomplie...
Et quand le châtiment promis pour votre transgression ultérieure dut être infligé, nous avons alors envoyé un ennemi pour attrister vos visages et pénétrer dans le Temple comme ils le firent d'abord et pour détruire entièrement ce qu'ils avaient conquis."
Notre but est de démontrer comment la vraie religion encourage la civilisation et l'honneur, la prospérité et le prestige, l'éducation et le développement d'un peuple autrefois abject, esclave et ignorant, et comment, lorsqu'elle tombe aux mains de chefs religieux sots et fanatiques, elle est dirigée vers de mauvaises fins, jusqu'à ce que cette plus grande des splendeurs devienne la plus noire des nuits.
Quand, pour la seconde fois, les signes indéniables de la désintégration d'Israël, de son abjection, de sa sujétion et de son anéantissement devinrent apparents, les douces et saintes brises de l'Esprit de Dieu (Jésus) soufflèrent alors sur le Jourdain et la terre de Galilée; la nuée de la pitié divine emplit les cieux et répandit les eaux abondantes de l'esprit.
Après ces fortes averses provenant de la plus grande Mer, la Terre Sainte répandit ses parfums et fleurit de la connaissance de Dieu.
Puis le chant solennel de l'Evangile s'éleva jusqu'à ce qu'il résonnât aux oreilles des êtres célestes et que, sous le souffle de Jésus, les morts insouciants, gisant dans les fossés de leur ignorance, relèvent la tête pour recevoir la vie éternelle.
Pendant trois années, ce Luminaire de perfection foula les champs de Palestine et des environs de Jérusalem, conduisant tous les hommes vers l'aube de la rédemption, leur enseignant comment acquérir les qualités spirituelles et les attributs agréables à Dieu.
Si les peuples d'Israël avaient cru en cette belle Figure, ils auraient ceint leurs reins pour La servir et Lui obéir corps et âme et, par le vivifiant parfum de Son Esprit, ils auraient retrouvé leur vitalité perdue et auraient marché vers de nouvelles victoires.
Hélas, à quoi cela servit-il? Ils se détournèrent et lui firent opposition. Ils se levèrent pour tourmenter cette Source de divin savoir, ce Réceptacle de la Révélation - tous, sauf une poignée qui, tournant leur visage vers Dieu, furent purifiés des taches de ce monde et trouvèrent leur route vers les cimes du Royaume infini.
Ils infligèrent toutes les agonies à cette Fontaine de grâce jusqu'à ce qu'il lui fut impossible de vivre dans les villes. Mais brandissant toujours l'étendard du salut, Il établit solidement les fondements de la droiture humaine, cette base essentielle de la vraie civilisation.
Au cinquième chapitre de Mathieu, débutant avec le 39e verset, il conseille: "Ne résiste pas au méchant; mais si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre."
Et plus loin, au 43e verset: "Vous avez appris qu'il a été dit: < Tu aimeras ton prochain et tu ne chagrineras pas ton ennemi par ton hostilité.>
Mais moi Je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et Il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les publicains eux-mêmes n'agissent-ils pas ainsi?"
Nombreux furent les conseils de ce genre donnés par cette Aurore de divine sagesse et les âmes caractérisées par ces attributs de sainteté sont l'essence la plus affinée de la création et les sources véritables de la civilisation.
Donc, Jésus établit la Loi sacrée sur une base de caractère moral et de spiritualité complète et, pour ceux qui crurent en Lui, Il institua une manière de vivre spéciale qui constitue la plus haute forme d'action sur terre.
Et, bien qu'en apparence ces emblèmes de rédemption étaient abandonnés à la malveillance et aux persécutions de leurs bourreaux, en réalité ils avaient été délivrés des ténèbres désespérantes qui enveloppaient les Juifs et brillaient d'une gloire éternelle à l'aube de ce nouveau jour.
La puissante nation juive tomba et s'effrita, mais ces quelques âmes qui cherchèrent refuge sous l'Arbre messianique transformèrent toute la vie humaine.
En ce temps-là, les peuples du monde étaient totalement ignorants, fanatiques et idolâtres. Seul un petit groupe de Juifs professait la croyance en l'unicité de Dieu et c'étaient de misérables proscrits.
Ces saintes âmes chrétiennes se levèrent alors pour promulguer une Cause diamétralement opposée et répugnant aux croyances de toute la race humaine.
Les rois de quatre continents sur cinq résolurent d'exterminer inexorablement les disciples du Christ et, cependant, à la fin, la plupart d'entre eux se mirent à promouvoir la Foi de Dieu de tout leur coeur; toutes les nations d'Europe, de nombreux peuples d'Asie et d'Afrique et quelques habitants des îles du Pacifique furent réunis sous l'aile de l'unicité de Dieu.
Demandez-vous s'il existe quelque part dans la création un principe plus puissant à tous points de vue que la religion, ou si quelque pouvoir que nous puissions concevoir est plus pénétrant que les diverses Fois divines, ou si quelque intermédiaire peut apporter l'amour vrai, la camaraderie et l'union entre les peuples ainsi que la réalise la croyance en un Dieu Tout-Puissant et Omniscient, ou si, en dehors des lois de Dieu, il est une quelconque évidence de l'existence d'un instrument d'éducation de l'humanité entière dans la droiture sous tous ses aspects.
Ces qualités que les philosophes ne possédaient que lorsqu'ils avaient atteint les plus hautes sphères de la sagesse, ces nobles attributs, humains qui les caractérisaient au faîte de leur perfection, furent présentés par les croyants dès qu'ils acceptèrent la Foi.
Constatez comment ces âmes qui burent l'eau vive de la rédemption des mains gracieuses de Jésus, l'Esprit de Dieu, et s'abritèrent dans l'ombre protectrice de l'Evangile, atteignirent un si haut degré de conduite morale que Galien, bien que non-chrétien, dans son sommaire de "La République de Platon", exalta leurs actions.
Voici une traduction littérale de ses paroles: "L'humanité en général est incapable de saisir une séquence d'arguments logiques. Pour cette raison elle a besoin de symboles et de paraboles parlant de récompenses et de châtiments dans le monde à venir.
Une confirmation évidente de ceci, c'est qu'aujourd'hui nous observons des gens appelés chrétiens qui croient avec ferveur en des récompenses et des châtiments dans un état futur. Ce groupe pose d'excellentes actions, semblables à celles d'un vrai philosophe. Par exemple, nous voyons tous de nos propres yeux qu'ils ne craignent pas la mort et leur passion pour la justice et la droiture est si grande qu'ils devraient être considérés comme de véritables philosophes."
En ce temps-là, et dans l'esprit de Galien, le rang d'un philosophe était supérieur à tout autre. Voyez alors comment les pouvoirs éducatifs et spirituels des religions divines poussent les croyants vers de telles cimes de perfection qu'un philosophe comme Galien, non-chrétien, donne un tel témoignage.
Une preuve de l'excellent caractère des chrétiens d'alors est leur dévouement à la charité et aux bonnes oeuvres et le fait qu'ils fondèrent des hôpitaux et des institutions philanthropiques.
Par exemple, la première personne a établir dans tout l'Empire Romain, des cliniques publiques où les pauvres, les blessés et les délaissés recevaient des soins médicaux, fut l'empereur Constantin.
Ce grand roi fut le premier gouvernant romain à se faire le champion de la Cause du Christ. Il ne négligea aucun effort, vouant sa vie à répandre les principes de l'Evangile, et il établit solidement, sur des bases de modération et de justice, le gouvernement romain qui, en réalité, n'avait jamais été rien d'autre qu'un système d'oppression continue.
Son nom béni luit comme l'étoile du matin à travers l'aube de l'histoire et son rang et sa renommée, parmi les plus nobles et les plus civilisés du monde, sont encore mentionnés par les chrétiens de toutes dénominations.
Quel solide fondement de bonne volonté fut posé en ces jours grâce à la formation de saintes âmes qui se levèrent pour promouvoir les enseignements de l'Evangile!
Combien furent fondés d'écoles primaires, de collèges, d'hôpitaux et d'institutions où les enfants sans père ou indigents reçurent leur éducation!
Combien y eut-il d'individus qui sacrifièrent leur propre avantage personnel et qui, "par désir de plaire à Dieu", consacrèrent leur vie entière à l'enseignement des masses!
Toutefois, quand vint le temps pour la resplendissante beauté de Muhammad de descendre sur le monde, le contrôle des affaires chrétiennes avait passé aux mains de prêtres ignorants.
Ces brises célestes, insufflant la grâce divine, disparurent et les lois de l'Evangile, pierre d'assise de la civilisation mondiale, devinrent stériles; ceci à cause d'un mauvais usage et de la conduite de personnes qui, apparemment justes, étaient pourtant intérieurement perverses.
Les éminents historiens européens, décrivant les conditions, les coutumes, la politique, l'éducation et la culture des temps médiévaux et modernes, sont unanimes à dire que pendant les dix siècles qui constituent le Moyen-Âge, c'est-à-dire du début du VIe siècle de l'Ere chrétienne jusqu'à la fin du XVe, l'Europe était, à tous points de vue et à un degré extrême, plongée dans la barbarie et l'obscurité.
La cause principale en était que les moines, considérés par les peuples européens comme des chefs religieux, avaient renoncé à la gloire inhérente à l'obéissance aux divins commandements et aux enseignements célestes de l'Evangile, pour joindre leurs forces à celles des chefs présomptueux et tyranniques des gouvernements temporels de l'époque.
Ils avaient détourné leurs regards de la gloire éternelle et consacraient tous leurs efforts à l'avancement de leurs intérêts terrestres mutuels et à leurs avantages passagers et périssables.
En fin de compte, les choses en arrivèrent au point où les masses furent prisonnières sans espoir entre les mains de ces deux groupes, et tout cela contribua à l'effondrement de toute la structure de la religion, de la culture, du bien-être et de la civilisation des peuples européens.
Quand les actions et les pensées indignes ainsi que les desseins déshonorants des chefs eurent tari les doux parfums de l'Esprit de Dieu (Jésus), qui cessèrent de se répandre sur le monde, et que les ténèbres de l'ignorance, du fanatisme et des actions désagréables à Dieu eurent recouvert le monde; alors l'aurore de l'espoir pointa et le ruisseau divin reprit son cours; une nuée de miséricorde enveloppa le monde et, des régions de la grâce, les vents fécondants se mirent à souffler.
Par le signe de Muhammad, le Soleil de Vérité se leva sur Yathrib (Médine) et l'Hijáz, et répandit à travers l'univers les lumières de la gloire éternelle.
Alors, la terre des potentialités humaines fut transformée et les paroles "La terre brillera de la lumière de Son Seigneur", furent accomplies. L'ancien monde fut renouvelé et son corps ressuscita à une vie abondante.
Puis la tyrannie et l'ignorance furent renversées et les hauts palais du savoir et de la justice furent édifiés à leur place.
Un océan de lumière gronda et la science répandit ses rayons.
Avant que la Flamme du Suprême Prophète fut allumée dans la lampe de la Mecque, les peuples sauvages de l'Hijáz étaient les plus brutaux et les plus ignorants de tous les peuples du monde. Tous les livres d'histoire relatent leurs pratiques dépravées et vicieuses, leur férocité et leurs luttes incessantes.
En ce temps-là, les peuples civilisés du monde ne considéraient même pas les tribus arabes de La Mecque et de Médine comme des êtres humains.
Et cependant, après que la Lumière du monde se fut levée sur eux, - à cause de l'éducation que leur donna cette Mine de perfections, ce Point de mire de la Révélation, et à cause des bénédictions accordées par la Loi divine - ils furent bientôt rassemblés sous l'aile du principe de l'unicité divine.
Ce peuple brutal atteignit alors un si haut degré de perfection humaine et de civilisation que tous ses contemporains s'en émerveillèrent.
Ces mêmes peuples qui s'étaient toujours moqués des Arabes et les avaient ridiculisés comme une race dépourvue de jugement, les recherchaient maintenant, visitant leur pays pour acquérir l'éducation et la culture, l'habileté technique, la diplomatie, les arts et les sciences.
Observez l'influence qu'exerce sur les situations matérielles la formation inculquée par le véritable Educateur.
Voilà des tribus si ignorantes et sauvages que, pendant la période du Jahiliyya, elles enterraient vives leurs filles de sept ans - acte que même un animal, et à plus forte raison un être humain, détesterait et refuserait, mais dans leur dégradation extrême, considéraient comme l'expression ultime de l'honneur et de leur attachement aux principes -
et ce peuple de ténèbres, grâce aux enseignements manifestes de ce grand Personnage, se développa à un tel point qu'après qu'il eût conquis l'Egypte, la Syrie et sa capitale Damas, la Chaldée, la Mésopotamie et l'Iran, il administra, sans aide, toutes les affaires d'importance majeure dans quatre principales régions du globe.
A cette époque, les Arabes surpassaient tous les peuples du monde dans les sciences et les arts, l'industrie et l'invention, la philosophie et par leur gouvernement et leur caractère moral.
Et, en vérité, l'ascension si rapide de cet élément brutal et méprisable vers les cimes de la perfection humaine est la plus grande preuve de la légitimité de la qualité de Prophète du Seigneur Muhammad.
Dans les premiers âges de l'Islam, les peuples d'Europe acquirent les sciences et les arts islamiques pratiqués par les habitants de l'Andalousie.
Une étude attentive et approfondie des récits historiques établira le fait que la majeure partie de la civilisation de l'Europe provient de l'Islam; car tous les écrits des savants, devins et philosophes musulmans parvinrent graduellement en Europe et furent, avec le plus grand soin, pesés et débattus dans les assemblées académiques et les centres du savoir, après quoi leur précieux contenu put être utilisé.
Aujourd'hui, de nombreux exemplaires d'ouvrages musulmans, qu'on ne peut trouver en Islam, sont disponibles dans les bibliothèques d'Europe.
De plus, les lois et principes en cours dans tous les pays européens sont tirés en grande partie, si ce n'est entièrement des ouvrages de jurisprudence et des décisions légales des théologiens musulmans.
Si nous ne craignions d'allonger indûment notre texte, nous citerions ces emprunts l'un après l'autre.
Les débuts de la civilisation européenne datent du septième siècle de l'ère musulmane.
En voici le déroulement: vers la fin du cinquième siècle de l'hégire, le Pape, chef de la chrétienté, poussa de grandes clameurs et s'éleva contre le fait que les lieux sacrés des chrétiens - Jérusalem, Bethléem et Nazareth - étaient tombés sous la loi musulmane et il instigua les rois et les roturiers d'Europe à entreprendre ce qu'il considérait comme une guerre sainte.
Son cri passionné fut si puissant que tous les pays d'Europe y répondirent et que des rois croisés, à la tête d'armées considérables, passèrent la Mer de Marmara et parvinrent sur le continent d'Asie.
A cette époque, les califes fatimides régnaient sur l'Egypte et quelques pays de l'ouest. La plupart du temps, les rois de Syrie, c'est-à-dire les Saljuqs, leur étaient aussi subordonnés.
Bref, les rois occidentaux et leurs innombrables armées attaquèrent la Syrie et l'Egypte et un état de guerre permanent opposa pendant 203 ans les gouvernants syriens et ceux d'Europe.
Des renforts arrivaient continuellement d'Europe et les gouvernants occidentaux assiégèrent et prirent, à de multiples reprises, toutes les places fortes de Syrie que leur reprenaient chaque fois les chefs de l'Islam.
Finalement, Saladin, en 693 de l'hégire, bouta les rois d'Europe et leurs armées hors d'Egypte et de la côte syrienne.
Définitivement battus, ces derniers revinrent en Europe. Au cours de ces guerres des Croisades, des millions d'êtres humains périrent.
En résumé, de 490 à 693 A.H., les rois, commandants et autres chefs européens allèrent et vinrent continuellement entre la Syrie, l'Egypte et l'Occident et quand, enfin, ils revinrent tous chez eux, ils introduisirent en Europe tout ce qu'ils avaient observé pendant plus de 200 ans passés en pays musulman, relativement au gouvernement, au développement social et à l'éducation, aux collèges, aux écoles et aux raffinements de la vie. C'est de cette époque que date la civilisation européenne.

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Chapitre: XII. Les sources religieuses de la civilisation

ô peuples de Perse! Combien de temps encore dureront votre torpeur et votre léthargie?
Vous avez été les seigneurs de la terre entière; le monde était à vos ordres. Pourquoi votre gloire s'est-elle éteinte et pourquoi êtes-vous maintenant tombé en disgrâce et glissé dans l'oubli?
Vous fûtes les fontaines du savoir; l'intarissable ruisseau de lumière pour toute la terre! D'où vient que vous soyez maintenant desséchés, taris et sans courage?
Vous qui manifestiez la lumière du monde, d'où vient que vous vous cachez, inertes et stupéfaits, dans les ténèbres?
Ouvrez votre esprit; voyez votre grand besoin actuel. Levez-vous et luttez; recherchez l'éducation, recherchez la lumière!
Est-il convenable qu'un peuple étranger ait reçu de vos propres ancêtres sa culture et son savoir et que vous - leur sang, leurs légitimes héritiers - en soyez dépourvus?
Que faut-il penser en voyant vos voisins travailler de tout coeur jour et nuit pour promouvoir leur avancement, leur honneur et leur prospérité, pendant que vous, dans votre fanatisme ignorant, ne vous préoccupez que de vos querelles et de vos antipathies, de vos penchants et appétits, et de vos vains rêves?
Est-il louable que vous gaspilliez, par votre apathie, le lustre qui est votre droit d'aînesse, votre compétence naturelle et votre intelligence innée?
Nous nous sommes encore écarté de notre thème!
Les savants historiens européens, bien informés des faits du passé et qui se caractérisent par leur franchise et leur sens de la justice, reconnaissent unanimement que les éléments de base de leur civilisation, dans tous ses aspects, sont tirés de l'Islam.
Par exemple: Draper, autorité bien connue et écrivain dont l'exactitude, l'habileté et le savoir sont attestés par tous les érudits européens, a fait, dans l'un de ses ouvrages les plus répandus, "Le Développement intellectuel de l'Europe", un compte-rendu détaillé concernant l'emprunt fait à l'Islam, par les peuples d'Europe, des fondements de civilisation et des bases de progrès et de bien-être.
Son compte-rendu épuise toutes les hypothèses et en faire ici une traduction allongerait indûment le présent ouvrage et n'apporterait rien à notre but. S'il désire plus de détails, le lecteur peut se référer au texte susdit.
L'auteur démontre comment la totalité de la civilisation européenne - ses lois, ses principes, ses institutions, ses sciences, ses philosophies, son éducation diversifiée, ses manières et coutumes civilisées, sa littérature, son art et son industrie, ses traits caractériels louables et même plusieurs des mots courants de la langue française - vient des Arabes. Il étudie à fond ces éléments, donnant même la période où chacun fut importé de l'Islam.
Il décrit aussi l'arrivée des Arabes en Occident, dans ce qui est maintenant l'Espagne; comment en peu de temps ils y établirent une civilisation avancée et quel haut degré d'excellence leur système administratif et leur érudition atteignirent; combien leurs écoles et collèges étaient solidement établis et bien régis, enseignant les sciences et la philosophie, les arts et les métiers; comment ils parvinrent au premier rang dans les arts de la civilisation et combien d'héritiers des plus grandes familles d'Europe furent envoyés dans les écoles de Cordoue, de Grenade, de Séville et de Tolède pour y acquérir les sciences et les arts de la vie civilisée.
Il mentionne même qu'un Européen nommé Gerbert s'inscrivit à l'université de Cordoue, en territoire arabe, y étudia les arts et les sciences et, à son retour en Europe, atteignit un rang si éminent qu'il fut plus tard élevé à la tête de l'Eglise catholique et devint Pape.
Le but de ces références est d'établir le fait que les religions de Dieu sont la véritable source des perfections spirituelles et matérielles de l'homme et la fontaine de l'éveil et du savoir bienfaisant pour l'humanité entière.
Si l'on considère justement la question, on trouvera que toutes les lois politiques sont contenues dans ces quelques saintes paroles: "Et ils enjoignent ce qui est juste, défendent ce qui est injuste, et s'activent dans les bonnes oeuvres. Ceux-là sont les justes."
Puis: "Afin qu'il y ait parmi vous un peuple qui invite au bien, commande la justice et défende le mal. Ce sont ceux..."
Et encore: "En vérité, Dieu enjoint la justice et le bien... et il défend la méchanceté et l'oppression. Il vous met en garde afin que vous soyez attentifs."
Et aussi, concernant le comportement humain civilisé: "Faites la part des choses; commandez ce qui est juste et éloignez-vous de l'ignorance."
Egalement: "... qui maîtrisent leur colère et pardonnent aux autres! Dieu aime ceux qui font le bien."
Et encore: "Il n'y a pas de justice à tourner sa face vers l'Orient ou l'Occident mais est juste celui qui croit en Dieu, au dernier jour, aux anges, aux Ecritures et aux Prophètes;
celui qui, pour l'amour de Dieu, ouvre sa bourse à ses frères, aux orphelins, aux nécessiteux et aux voyageurs, à ceux qui demandent, et pour payer une rançon;
celui qui observe la prière et paie les aumônes légales et qui est de ceux qui honorent les conventions qu'ils ont faites et sont patients malgré les maux et les privations en temps d'épreuve: ceux-ci sont justes et craignent le Seigneur."
De plus: "Ils les préfèrent à eux-mêmes bien que la pauvreté soit leur propre lot."
Voyez comme ces quelques versets sacrés englobent les plus hauts degrés et les plus profondes significations de la civilisation et incarnent l'excellence du caractère humain.
Par le Seigneur Dieu! et il n'y a pas d'autre Dieu que Lui, même les détails les plus infimes de la vie civilisée viennent de la grâce des Prophètes de Dieu.
Quelle chose valable pour l'humanité a jamais existé qui ne fut d'abord mentionnée, directement ou par implication, dans les Saintes Ecritures?
Hélas, à quoi cela sert-il? Quand les armes sont aux mains des poltrons aucune vie ou aucun bien humains n'est en Sécurité et seuls les voleurs deviennent forts.
De même, quand une prêtrise, loin d'être parfaite, acquiert le contrôle des affaires, elle s'interpose comme un épais rideau entre le peuple et la lumière de la Foi.
La sincérité est la pierre d'assise de la foi. C'est-à-dire, qu'un individu pieux doit renoncer à ses désirs personnels et chercher de tout son coeur et de toutes les manières possibles à servir l'intérêt public;
il n'est possible à l'être humain de se détourner de ses avantages égoïstes et de sacrifier son propre intérêt au bien de la communauté, que par la vraie foi religieuse.
Car l'amour de soi est ancré dans l'argile même de l'homme et il n'est pas évident que, sans l'espoir d'une récompense substantielle, il néglige son propre bien matériel.
Cependant, l'individu qui met sa foi en Dieu et croit aux paroles de Dieu - parce qu'il croit en une abondante récompense dans l'autre vie et parce que les avantages temporels, ne sont rien pour lui en comparaison de la joie et de la gloire des futures sphères d'existence, abandonnera, pour l'amour de Dieu, sa paix et son avantage personnel et vouera librement son coeur et son âme au bien commun.
"Il y a aussi l'homme qui vend son moi par désir de plaire à Dieu."
Certains croient qu'un sens inné de la dignité humaine empêchera l'homme de commettre des actions mauvaises et assurera sa perfection spirituelle et matérielle.
C'est-à-dire qu'un individu caractérisé par une intelligence naturelle, une ferme résolution et un zèle inlassable, s'abstiendra instinctivement, sans considération des châtiments sévères découlant d'actions mauvaises ou de grandes récompenses découlant de la droiture, de nuire à son prochain et aura faim et soif de bien.
Et cependant, si nous réfléchissons aux leçons de l'histoire, il devient évident que ce sens de l'honneur et de la dignité est lui-même un des bienfaits provenant des enseignements des Prophètes de Dieu.
Nous observons aussi chez les enfants les signes d'agression et d'anarchie et si un enfant est privé de l'enseignement d'un Maître, ces manifestations indésirables s'amplifient d'un moment à l'autre.
Il est donc clair que l'émergence de ce sens naturel de dignité humaine et d'honneur est le résultat de l'éducation.
Deuxièmement, même si nous admettons, pour suivre ce raisonnement, qu'une intelligence instinctive et la qualité morale innée empêcheraient de faire le mal, il est évident que les individus ainsi caractérisés sont aussi rares que la pierre philosophale.
Une telle hypothèse ne peut être validée par de simples mots; elle doit être basée sur des faits.
Voyons dans la création quel pouvoir pousse les masses vers des buts et des actes vertueux!
A part cela, si ce rare individu possédant une telle faculté devait aussi posséder la crainte de Dieu, il est certain que ses tendances à la vertu en seraient grandement accrues.
Des avantages universels découlent de la grâce des religions divines, car elles guident leurs vrais disciples vers la sincérité d'intention, la ferme résolution, l'honneur pur et sans tache, le dépassement de la bonté et de la compassion, le respect des conventions qu'ils ont faites, le souci des droits d'autrui, la générosité, la justice dans tous les aspects de la vie, l'honnêteté et la philanthropie, la valeur et le labeur incessant au service de l'humanité.
En résumé, c'est la religion qui produit toutes les vertus humaines et ces vertus sont les brillantes étoiles de la civilisation.
Si un homme n'est pas caractérisé par ces excellentes qualités, il est certain qu'il n'a jamais obtenu la moindre goutte de l'insondable rivière d'eaux vives qui coule dans les enseignements des Saints Livres, ni respiré la moindre bouffée des brises odorantes qui soufflent des jardins de Dieu;
car rien sur terre ne peut être démontré uniquement par des mots et chaque niveau d'existence est connu par ses signes et symboles, et chaque degré de développement humain possède son signe distinctif.
Le but de ces énoncés est de prouver abondamment que les religions divines, les saints préceptes, les enseignements célestes, sont l'indiscutable base du bonheur humain et que les peuples du monde ne peuvent espérer de soulagement réel ou de délivrance sans l'application de ce grand remède.
Cette panacée doit toutefois être administrée par un sage et habile médecin car dans les mains d'un homme incompétent tous les remèdes que le Seigneur des hommes à jamais créés pour guérir l'humanité de ses maux ne peuvent produire la santé et, au contraire, ne pourraient que détruire les faibles et accabler le coeur de ceux qui sont déjà affligés.
Cette Source de sagesse divine, cette Manifestation universelle (Muhammad), en encourageant l'humanité à acquérir les sciences, les arts et les autres avantages similaires, lui a commandé de les rechercher jusqu'aux confins mêmes de la Chine; toutefois, les docteurs incompétents et ergoteurs le défendent, offrant en justification le dicton: "Celui qui imite un peuple est l'un d'entre eux".
Ils n'ont même pas saisi la signification de l'"imitation," à laquelle on se réfère et ne savent pas que les religions divines imposent aux fidèles d'adopter ces principes qui produisent une amélioration constante et les encouragent à acquérir les sciences et les arts des autres peuples.
Quiconque exprime le contraire n'a jamais goûté au nectar du savoir et s'égare dans sa propre ignorance, cherchant à tâtons le mirage de ses propres désirs.
Considérez bien ceci: lequel des développements modernes, en lui-même ou dans son application, s'oppose aux divins commandements?
S'il s'agit de l'établissement de parlements, ceci est enjoint par le texte même du verset: "et dont les affaires sont conduites par consultation mutuelle". Et encore, s'adressant à la Fontaine de toute connaissance, la Source de perfection (Muhammad), qui possédait pourtant la sagesse universelle, ces paroles: "et consulte-les en la matière."
Considérant ceci, comment la question de la consultation mutuelle pourrait-elle être contraire à la loi religieuse? Les grands avantages de la consultation peuvent aussi être démontrés par une argumentation logique.
Peuvent-ils dire qu'il serait contraire aux lois de Dieu qu'une sentence de mort soit conditionnée par une enquête très soignée, soumise à la preuve légale et sujette à la sanction de plusieurs organismes et à l'édit royal?
Peuvent-ils prétendre que ce qui est arrivé sous le précédent gouvernement était conforme au Qur'án?
Par exemple, quand Haji Mirza Aqasi était Premier Ministre, l'on entendit dire de diverses sources que le gouverneur Gulpaygan s'empara de treize intendants de cette région, tous de sainte lignée et tous innocents, et leur trancha la tête sur-le-champ, sans procès et sans avoir obtenu la sanction d'une autorité supérieure.
A un certain moment, la population de la Perse dépassait cinquante millions. Elle a été décimée, en partie par les guerres civiles, mais surtout par manque d'un système gouvernemental adéquat et à cause du despotisme et de l'autorité absolue des gouverneurs provinciaux et locaux.
Le temps venant, à peine un cinquième de la population a survécu, car les gouverneurs choisissaient n'importe quelle victime, bien qu'elle fût innocente, passaient leur colère sur elle et l'anéantissait. Ou, par caprice, ils faisaient leur favori d'un meurtrier avéré.
Personne ne pouvait élever la voix car le gouverneur avait le contrôle absolu.
Pouvons-nous dire que ces choses étaient conformes à la justice ou aux lois de Dieu?
Pouvons-nous soutenir qu'il est contraire aux fondements de la Foi d'encourager l'acquisition d'arts utiles et de connaissances générales; de s'informer des vérités de ces sciences physiques bénéfiques à l'humanité; d'élargir le champ d'action de l'industrie; d'augmenter la production commerciale et d'ouvrir de nouvelles voies à la richesse nationale?
Serait-ce contraire au culte de Dieu que d'instaurer la loi et l'ordre dans les villes et d'organiser les districts ruraux; d'entretenir les routes; de construire des voies ferrées; de faciliter le transport et les voyages et d'accroître ainsi le bien-être du peuple?
Serait-ce incompatible avec les commandements divins que d'exploiter les mines abandonnées qui sont la plus grande source de richesse nationale; de construire des usines d'où découlent le confort, la sécurité et la richesse du peuple? Ou de stimuler la création de nouvelles industries et de promouvoir l'amélioration de nos produits domestiques?
Par le Très Glorieux! Je suis étonné de voir quel voile épais recouvre leurs yeux et combien il les rend aveugles même à des nécessités aussi évidentes que celles-ci.
Et il ne subsiste aucun doute que lorsque des arguments concluants et des preuves de cette sorte seront avancés, ils répondront, à cause de mille mépris et préjugés cachés: "Au Jour du Jugement, quand les hommes se tiendront devant leur Seigneur, ils n'auront pas à répondre de leur éducation et de leur niveau de culture - ils seront plutôt jugés sur leurs bonnes oeuvres."
Consentons à ceci et admettons que l'homme n'aura pas à répondre de son éducation et de sa culture; même alors, en ce grand Jour de Règlement, les chefs n'auront-ils pas à rendre compte?
Ne leur serait-il pas dit: "O chefs! Pourquoi avez-vous été la cause de la chute de cette puissante nation des hauteurs de sa gloire passée et qu'elle ait dû céder sa place au coeur du monde civilisé?
Vous pouviez prendre les mesures qui auraient apporté à ce peuple le plus grand honneur. Vous ne l'avez pas fait et vous avez même été jusqu'à le priver des avantages communs à tous.
Ce peuple n'a-t-il pas déjà brillé comme les étoiles dans un ciel clair? Comment avez-vous osé recouvrir sa lumière de ténèbres!
Et quand, par la grâce de Dieu, une Lumière fulgurante éclata, pourquoi ne l'avez-vous pas abritée dans le verre de votre vaillance, des vents qui s'abattirent sur elle? Pourquoi avez-vous mis toute votre puissance à l'éteindre?"
"Et nous avons attaché son destin au cou de chaque homme; au Jour de la Résurrection nous lui présenterons un livre qui lui sera tendu grand ouvert."
Encore une fois, y a-t-il une seule action au monde qui serait plus noble que de servir le bien commun?
Peut-on concevoir une plus grande bénédiction pour l'homme que de devenir la cause de l'éducation, du développement, de la prospérité et de l'honneur de ses frères? Non, par le Seigneur Dieu!
La plus haute justice consiste en ce que les âmes bénies tendent la main aux débiles et les délivrent de leur ignorance, de leur abaissement et de leur pauvreté et, avec des intentions pures et uniquement pour l'amour de Dieu, qu'elles se lèvent et se dévouent énergiquement au service des masses, oubliant leurs propres avantages temporels et ne travaillant qu'au service du bien général.
"Ils les préfèrent à eux-mêmes, bien que la pauvreté soit leur propre lot".
"Les hommes les meilleurs sont ceux qui servent le peuple; les pires hommes sont ceux qui nuisent au peuple."
Rendons gloire à Dieu! Quelle extraordinaire situation prévaut maintenant alors que personne, quand une revendication est faite, ne se demande quel peut être le motif réel de l'orateur et quel but égoïste il pourrait avoir camouflé sous les mots.
On voit, par exemple, qu'un individu cherchant à servir ses propres intérêts mesquins, bloquera le développement de tout un peuple.
Pour faire tourner son propre moulin à aube, il laissera les fermes et les champs des autres se dessécher.
Pour maintenir sa propre autorité, il conduira éternellement les masses dans ce préjugé et ce fanatisme qui sapent la base même de la civilisation.
Un tel homme, en même temps qu'il pose des actes qui sont anathèmes aux yeux de Dieu et haïs de tous les Prophètes et des Elus, s'il voit quelqu'un qui vient de manger se laver les mains avec du savon - article dont l'inventeur fut 'Abdu-llah Buni, un musulman - parce que cet infortuné ne les essuie pas plutôt sur le devant de sa robe et sur sa barbe, un tel homme pousse les hauts cris parce que la loi religieuse a été offensée et que les us et coutumes des peuples païens ont été intégrés aux nôtres.
Totalement inconscient de ses mauvaises actions, il considère la cause même de la propreté et du raffinement comme mauvaise et stupide.
O Peuple de Perse! Ouvre les yeux! Ecoute! Délivre-toi de cette soumission aveugle aux fanatiques, de cette imitation insensée qui est la cause principale de l'ignorance et de la dépravation de l'homme.
Vois le véritable état de choses. Lève-toi; prends ces mesures qui t'apporteront vie et joie, grandeur et gloire entre toutes les nations du monde.
Les vents du vrai printemps soufflent sur toi; pare-toi de fleurs comme les arbres du jardin odorant. Les nuages printaniers ruissellent pour te rendre frais et verdoyant comme les doux champs éternels.
L'étoile du matin brille; dirige tes pas sur le droit chemin.
La mer de puissance se gonfle; hâte-toi vers les rives de la ferme résolution et de la fortune.
L'eau pure de la vie jaillit; pourquoi passes-tu tes jours dans un désert de soif?
Vise haut; choisis de nobles buts; quelle longue léthargie, quelle longue négligence! Le désespoir, tant maintenant que plus tard, est tout ce que tu retireras de ton indulgence pour toi-même.
Tu ne récolteras du fanatisme que misère et abomination en plaçant ta croyance dans les ignorants et les inconscients
Les confirmations de Dieu t'appuient; le secours de Dieu est proche: pourquoi n'exultes-tu pas de tout ton coeur et n'agis-tu pas de toute ton âme!

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Chapitre: XIII. Les réformes nécessaires

Parmi ces questions nécessitant une entière révision et une réforme profonde, se trouvent la méthode d'étude des diverses branches du savoir et l'organisation du programme académique. Par manque d'organisation, l'éducation se fait au petit bonheur et dans la confusion.
Des sujets futiles qui ne devraient pas être élaborés reçoivent une attention indue, à tel point que les étudiants, pendant de longues années, gaspillent leur cerveau et leurs énergies sur des matières n'étant que pures suppositions, et ne pouvant d'aucune façon être prouvées.
Ces études qui consistent à approfondir des énoncés et des concepts, qu'un examen attentif établirait non seulement comme invraisemblables, mais même, comme de simples superstitions, représentent l'approfondissement de thèses inutiles et la poursuite d'absurdités.
Il ne fait pas de doute que s'occuper de telles illusions, examiner et débattre longuement des propositions aussi oiseuses, n'est rien d'autre qu'une perte de temps et un galvaudage des jours de sa propre vie. Mais, encore pis, ceci empêche l'individu d'entreprendre l'étude des arts et des sciences dont la société a un si profond besoin.
L'individu devrait, avant de s'aventurer dans l'étude d'un quelconque sujet, se demander quelle est son utilité et quels en seront les fruits et résultats.
Si c'est une branche utile du savoir, c'est-à-dire, si la société en tirera des avantages importants, alors il doit certainement s'y engager de tout son coeur.
Si non, s'il ne consiste qu'en de vides et inutiles débats et en un futile enchaînement de suppositions sans autre résultat que la hargne, pourquoi vouer sa vie à des disputes et à des ergotages aussi stériles?
Puisque cette question demande à être plus profondément élucidée et bien comprise, et qu'il faut pouvoir établir que certains sujets, présentement négligés, ont une valeur inestimable alors que le pays n'a que faire de bien d'autres études superflues, nous ferons le point, avec l'aide de Dieu, dans un second volume.
Nous espérons que la lecture de ce premier volume produira des changements fondamentaux dans la pensée et le comportement de la société car nous avons entrepris cet ouvrage dans une intention sincère et uniquement pour l'amour de Dieu.
Bien que, dans ce monde, les individus capables de faire la distinction entre l'intention pure et les fausses paroles soient aussi rares que la pierre philosophale, nous plaçons quand même notre espoir dans les incommensurables bienfaits du Seigneur.
En résumé, concernant ce groupe qui soutient qu'en effectuant ces réformes nécessaires nous devons agir avec circonspection et avoir la patience d'atteindre les objectifs un par un, que veulent-ils dire exactement par cela? S'ils entendent par circonspection celle que la science du gouvernement requiert, leur pensée est opportune et appropriée.
Il est certain que des entreprises importantes ne peuvent être menées dans la hâte à une heureuse conclusion; qu'en de telles circonstances la précipitation ne produirait que le gâchis.
Le monde de la politique est semblable au monde de l'homme; c'est d'abord une semence qui passe graduellement à la condition d'embryon ou de foetus, acquérant une structure osseuse, se couvrant de chair, prenant sa propre forme spéciale jusqu'à ce que, enfin, il atteigne la sphère où il peut convenablement satisfaire aux paroles: "le plus excellent des Créateurs."
Comme ceci est une nécessité de la création et se base sur la Sagesse universelle, de même le monde politique ne peut évoluer instantanément du nadir de l'imperfection au zénith de la justice et de la perfection.
Et qui plus est, les individus qualifiés doivent oeuvrer jour et nuit, usant de tous les moyens conduisant au progrès, jusqu'à ce que gouvernement et peuple se développent sous tous les rapports, jour après jour, et même d'un instant à l'autre.
Quand, par les bienfaits de Dieu, trois choses apparaîtront sur la terre, ce monde de poussière deviendra vivant et s'avancera merveilleusement paré et rempli de grâce.
Ces choses sont: premièrement, les vents fertiles du printemps; deuxièmement, l'abondance des nuages printaniers; et, troisièmement, la chaleur du brillant soleil. Quand, par l'infinie bonté de Dieu, elles nous auront été accordées, alors, lentement, avec Sa permission, les arbres et les branches desséchés reverdiront et se pareront de fleurs et de fruits abondants.
Il en ira de même quand les pures intentions et la justice des gouvernants, la sagesse, l'adresse consommée et la diplomatie des autorités se combineront avec la détermination et les efforts incessants du peuple; alors, jour après jour, se manifesteront clairement les effets du progrès, des réformes de grande envergure, de la fierté et de la prospérité tant du gouvernement que du peuple.
Si, cependant, par délai et ajournement ils entendent que, dans chaque génération, seule une infime partie des réformes nécessaires doit retenir l'attention, ceci n'est que léthargie et inertie et aucun autre résultat ne peut être espéré d'une telle procédure que l'éternelle répétition de paroles oiseuses.
Si la hâte nuit, l'inertie et l'indolence sont mille fois pires.
Un moyen terme est préférable, comme il est écrit: "Il vous incombe de bien faire entre deux maux," ceci se référant à la norme entre deux extrêmes. "Et ne permets pas que ta main soit fermée tout à fait ni ouverte toute grande... mais de ces deux choisis le milieu."
L'exigence primordiale, la plus urgente, est la promotion de l'éducation.
Il est inconcevable qu'une nation quelconque atteigne à la prospérité et au succès sans qu'on se préoccupe de ce problème suprême, et fondamental.
La première raison du déclin et de la chute des peuples est l'ignorance.
De nos jours, la masse est ignorante même des questions courantes; elle peut d'autant moins comprendre d'une manière complète les importants problèmes et les besoins complexes actuels.
Il est donc urgent que l'on écrive des articles et des livres salutaires, établissant clairement et définitivement quels sont les besoins actuels du peuple et ce qui conduira au bonheur et au développement de la société.
Ces écrits devraient être publiés et distribués à la nation entière afin qu'au moins les chefs parmi le peuple s'éveillent jusqu'un certain point et oeuvrent dans les voies qui les conduiront à un honneur durable.
La publication de pensées élevées est le fluide dynamique dans les artères vitales; c'est l'âme même du monde.
Les pensées sont une mer infinie et les effets et les diverses conditions de l'existence sont comme les formes différentes et les limites individuelles des vagues; les vagues ne se lèveront et n'épandront leurs perles de savoir sur les rives de la vie que quand la mer se gonflera.
"Tu es ta seule pensée, mon Frère, le reste n'est que muscles et os."
L'opinion publique doit être guidée vers tout ce qui est profitable à ce jour et ceci est impossible à moins que l'on ne fasse usage d'arguments adéquats et de preuves claires, englobantes et concluantes. Car les masses impuissantes ne savent rien du monde, et bien qu'il ne fasse aucun doute qu'elles recherchent et soupirent après leur propre bonheur, l'ignorance, comme un voile épais, les en sépare.
Observez à quel point le manque d'éducation peut affaiblir et dégrader un peuple.
Aujourd'hui (1875), du point de vue de la population, la Chine est la plus grande nation du monde avec plus de quatre cents millions d'habitants. De se fait, son gouvernement devrait se distinguer plus que tout autre et son peuple devrait être le plus acclamé. Et pourtant, à cause de son manque de connaissance de la civilisation culturelle et matérielle, elle est au contraire la plus faible et la plus impuissante des nations.
Il n'y a pas très longtemps, un petit contingent de troupes françaises et anglaises entra en guerre avec la Chine et la vainquit d'une façon si décisive qu'il s'empara de Pékin, sa capitale.
Si le gouvernement et le peuple chinois avaient été au fait des sciences modernes, s'ils avaient été adroits dans les arts de la civilisation, même si toutes les nations du monde s'étaient liguées contre eux, l'attaque aurait échoué et les attaquants seraient retournés vaincus d'où ils étaient venus.
Plus étrange encore que cet épisode est le fait que le gouvernement du Japon fut, au début, soumis et sous la protection de la Chine et que, depuis maintenant quelques années, le Japon a ouvert les yeux et a adopté les techniques contemporaines du progrès et de la civilisation, favorisant les sciences et les industries utiles au public et oeuvrant de toutes ses forces et de toute sa compétence pour que l'opinion publique soit centrée sur la réforme.
Cette nation s'est continuellement développée, à tel point que, bien que sa population ne soit que le sixième ou même le dixième de celle de la Chine, elle a récemment défié cette dernière qui a finalement été forcée d'accepter ses conditions.
Observez attentivement comment l'éducation et les arts de la civilisation apportent l'honneur, la prospérité, l'indépendance et la liberté à un peuple et à son gouvernement.
De plus, il est d'une nécessité vitale d'instituer des écoles par toute la Perse, même dans les moindres cités rurales et les villages, et d'encourager le peuple, de toutes les façons possibles, à inciter leurs enfants à apprendre à lire et à écrire.
Si nécessaire, l'éducation devrait même devenir obligatoire.
Tant que les nerfs et les artères de la nation ne seront pas ravivés, toute mesure sera vaine; car le peuple est semblable au corps humain et la détermination ainsi que la volonté de lutte sont comme l'âme; un corps sans âme est inerte.
Ce pouvoir dynamique est présent à un suprême degré dans la nature même du peuple persan et la diffusion de l'éducation le libérera.

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Chapitre: XIV. La nécessité d'emprunts extérieurs pour réformer la situation en Perse

Venons-en maintenant à cet élément qui imagine qu'il n'est pas nécessaire ni approprié d'emprunter les principes de civilisation, de rechercher les fondements du progrès vers les hautes sphères du bonheur social dans un monde matériel, d'appliquer les lois qui prennent effet dans les réformes, de trouver les méthodes qui élargissent le champ de la culture et qu'il est beaucoup plus profitable que la Perse et les Persans réfléchissent à la situation et créent alors leurs propres techniques de progrès.
Il est certain que si l'on pouvait combiner l'intelligence vigoureuse et l'adresse supérieure des grands de la nation, l'énergie et la résolution des hommes les plus éminents de la cour impériale, l'effort résolu de ceux qui ont le savoir et la capacité et sont versés dans les grandes lois de la vie politique, et que tous s'efforçaient d'examiner et de réfléchir sur chaque détail aussi bien que sur toutes les affaires courantes importantes; il est certain, selon toutes apparences que les projets qu'ils formeraient pourraient réformer complètement certaines situations.
Toutefois, dans la majorité des cas, ils devraient toujours emprunter; parce que, pendant des millénaires, des centaines de milliers de gens ont voué leur vie entière à éprouver ces choses jusqu'à ce qu'elles soient aptes à produire des améliorations substantielles.
Si tout cela doit être ignoré et qu'un effort soit fait pour recréer ces moyens d'action dans notre pays et à notre manière et ainsi effectuer le développement souhaité, plusieurs générations passeront et le but ne sera toujours pas atteint.
Observez par exemple, dans d'autres pays, les longues périodes pendant lesquelles on persévéra jusqu'à ce que, finalement, on découvrit la puissance de la vapeur et que, par elle, on put facilement accomplir les lourdes tâches dépassant les forces humaines. Combien de siècles cela prendrait-il si nous devions abandonner l'usage de cette puissance et tendre tous nos nerfs pour découvrir une énergie de remplacement?
Il est donc préférable de continuer à utiliser la vapeur et, en même temps, d'examiner l'éventualité de l'existence d'une force beaucoup plus grande.
On devrait considérer sous le même angle les autres progrès techniques, les sciences, les arts et les formules politiques qui ont fait leurs preuves - c'est à dire, ces procédés qui, à travers les âges, ont été testés encore et encore et dont les divers usages et avantages ont eu pour résultat indéniable la gloire et la grandeur de l'état, et le bien-être et le progrès du peuple.
Si nous devions abandonner tout cela, sans raison valable, et tenter d'autres méthodes de réforme, avant qu'elles puissent prendre effet et que leurs avantages soient prouvés, plusieurs années se seraient écoulées et même plusieurs vies. En attendant. "nous sommes toujours à la première courbe du chemin."
La supériorité du présent en regard du passé consiste en ce que le présent peut s'approprier et adopter comme modèle plusieurs choses qui furent triées et éprouvées dans le passé; qu'il peut aussi faire ses propres découvertes qui viendront ainsi augmenter son précieux héritage.
Il est donc clair que les faits et expériences du passé sont connus et disponibles pour le présent alors que les découvertes particulières au présent étaient inconnues du passé.
Ceci présuppose que la dernière génération en date soit composée de gens capables; sans quoi, combien de générations ne recevraient même pas une goutte de l'océan de savoir qui leur était réservé.
Réfléchissez: supposons que, par le pouvoir de Dieu, certains individus soient mis sur terre; ils ont nécessairement besoin de plusieurs choses pour maintenir leur dignité humaine, leur bonheur et leur aisance. Mais, est-il plus pratique pour eux d'acquérir ces choses de leurs contemporains ou devraient-ils, à chaque génération successive, ne rien emprunter et créer indépendamment l'un ou l'autre des instruments nécessaires à l'existence humaine?
Certains devraient-ils maintenir que ces lois, ces principes et ces bases de progression vers les plus hauts degrés d'une société pleinement développée - choses qui sont courantes dans d'autres pays - ne conviennent pas à la condition et aux besoins traditionnels du peuple persan et qu'ainsi il soit nécessaire qu'à travers l'Iran, les planificateurs nationaux exercent tous leurs efforts pour instaurer des réformes appropriées à la Perse? - que ceux qui le prétendent expliquent d'abord quel mal viendrait de telles importations étrangères!
Si le pays était reconstruit, les routes réparées, le sort des malheureux amélioré de diverses façons, les pauvres réhabilités, les masses dirigées sur le sentier du progrès, les voies de la richesse publique élargies, le champ de l'éducation étendu, le gouvernement convenablement organisé et que le libre exercice des droits de l'individu, la sécurité de sa personne et de ses biens, sa dignité et son bon renom soient assurés - tout cela serait-il contraire au caractère du peuple persan?
Tout ce qui va à l'encontre de ces mesures a déjà été reconnu comme nuisible dans tous les pays et ne s'applique pas à un endroit plutôt qu'à un autre.
Ces superstitions résultent toutes d'un manque de sagesse et de compréhension, et d'une observation et d'une analyse insuffisantes.
En fait, la majorité des réactionnaires et des temporisateurs ne font que dissimuler leurs propres intérêts égoïstes sous un flot de paroles oiseuses et troublent l'esprit des masses ignorantes par des déclarations publiques qui n'ont aucun rapport avec leurs buts secrets.
O peuple de Perse! Le coeur est un divin dépôt; purifie-le des taches de l'égoïsme, pare-le de la couronne de l'intention pure, jusqu'à ce que l'honneur sacré et la grandeur durable de cette illustre nation brille comme le vrai matin sous un ciel pur.
Cette poignée de jours terrestres s'estompera comme les ombres et ne sera plus. Oeuvre donc pour que Dieu puisse répandre Sa grâce sur toi, afin que tu laisses un souvenir favorable aux coeurs et sur les lèvres de ceux qui te suivront.
"Et fais que la postérité parle de moi avec honneur."
Heureuse l'âme qui oubliera son propre bien et, comme les Elus de Dieu, rivalisera avec ses frères au service du bien de tous; jusqu'à ce que, renforcée par les bénédictions et les perpétuelles confirmations de Dieu, elle ait le pouvoir d'élever sa puissante nation jusqu'aux anciens sommets de gloire, d'éveiller cette terre desséchée à une nouvelle vie et, comme un printemps spirituel, de parer ces arbres que sont les vies humaines, des feuilles fraîches, des fleurs et des fruits de la joie sacrée.

==== FIN DU TEXTE ====
Le secret de la Civilisation Divine
INTRODUCTION A L'EDITION FRANÇAISE
Quand en 1772 le biographe anglais, James Boswell, proposa à son ami, Samuel Johnson, le mot Civilisation pour insérer dans son célèbre Dictionnaire de la langue anglaise, celui-ci refusa sous le prétexte que ce mot était peu connu et mal défini.
En effet, ce n'est qu'au 19e siècle que le mot a été défini dans son sens le plus large. Il désigne un ensemble complexe qui comprend les idées professées et les habitudes contractées par l'homme vivant en société.
Du point de vue historique, le commencement de la civilisation correspondrait au début de l'agriculture, de l'élevage systématique des animaux domestiqués, et de la grosse poterie. C'est donc, le début de la société humaine à l'opposé de l'homme chasseur.
Or ce n'est que vers le milieu du 20e siècle que la science a découvert que la civilisation, définie ainsi, a débuté en même temps partout où l'homme a pu cultiver la terre, il y a environ 7000 ans.
Dans la Foi Bahá'íe la civilisation prend une signification extrêmement importante, car son fondateur, le père de l'auteur de ce livre, Bahá'u'lláh a dit dans Ses écrits:
"Tous les hommes ont été créés pour travailler à l'établissement et à l'amélioration croissante de la civilisation;
Le Tout-Puissant m'en rend témoignage: agir ainsi que font les bêtes des champs est indigne de l'homme. Les vertus qui conviennent à sa dignité sont la tolérance, la compassion, la miséricorde, et une tendre bonté à l'égard de tous les hommes et de toutes les tribus de la terre. " (Extraits des Ecrits CIX, page 198.)
La deuxième partie de cette citation, qui donne l'explication du but de l'existence de l'homme sur cette terre, souligne bien qu'il s'agit de la même définition du mot "CIVILISATION". En effet le terme "bêtes des champs" ne peut être utilisé que pour des animaux domestiqués.
L'un des principes les plus importants de la Foi Bahá'íe est la Révélation progressive de la Vérité Eternelle par une chaîne de Messagers de Dieu. La Volonté Divine est ainsi révélée aux hommes. Ces Messagers sont les fondateurs des grandes Religions monothéistes telles que, dans leur ordre chronologique, Krishna, Moïse, Zoroastre, Bouddha, Jésus-Christ, Muhammad. Les Bahá'ís croient que Bahá'u'lláh est le dernier en date (Sa révélation date de 1863), et que cette chaîne continuera indéfiniment. Chacun d'Eux a révélé la Volonté Divine suivant le degré de compréhension humaine, qui évolue progressivement grâce à l'éducation de l'humanité par Ses Messagers.
Le présent livre nous montre d'une façon lumineuse comment la civilisation humaine doit être à l'échelle universelle et ce qu'elle est devenue aujourd'hui par suite de notre refus de Dieu et de sa révélation. Nous trouvons des démonstrations historiques et leurs analyses. Les solutions préconisées, par la Révélation de Bahá'u'lláh, sont simples et compréhensibles. On s'apercevra qu'elles sont réalisables et que la Civilisation Divine n'est pas une utopie: c'est l'Unité du genre humain avec pour but le bien-être de l'humanité.
Nicolas JANUS
Arlon 1973
Le Secret de la Civilisation Divine a été écrit en persan sans aucune division en chapitres; ce livre en persan a seulement pour titre Civilisation. Pour faciliter, non seulement sa compréhension par le lecteur, mais aussi son étude, et pour s'en servir aisément comme références, l'édition française introduit des sous-titres.
INTRODUCTION
Jamais le caractère spirituel de la vraie civilisation ne fut révélé en des circonstances aussi extraordinaires et par un auteur aussi qualifié que dans ce texte d''Abdu'l-Bahá.
Ecrit en 1875, le texte persan original fut lithographié à Bombay en 1882. La première version anglaise fut publiée à Londres, en 1910, et, plus tard, à Chicago, en 1918, sous le titre: "Les Forces mystérieuses de Civilisation". La présente traduction de Marzieh Gail - plus précise - reflète la maîtrise des deux langues que possède un auteur accompli dont le père était Persan et la mère américaine, et qui résida dans ces deux pays pendant des années.
Symbole de sagesse, de noblesse, d'héroïsme et de dévouement absolu à la cause de l'unité spirituelle et de la paix universelle, le nom d''Abdu'l-Bahá a atteint une renommée unique en Orient et en Occident. Ce nom signifie "Serviteur de Bahá". (i.e. Serviteur de Bahá'u'lláh)
Né en Perse le 23 mai 1844, fils aîné de Bahá'u'lláh, 'Abdu'l-Bahá vit le jour à la date même ou 'Ali Muhammad, maintenant connu comme le Báb, annonça sa mission. Celle-ci était d'inaugurer une nouvelle dispensation religieuse et de préparer la voie pour Bahá'u'lláh, auteur de la révélation bahá'íe.
'Abdu'l-Bahá n'avait que six ans quand le Báb fut martyrisé à Tabriz et huit à peine quand sur l'ordre du Sháh, Bahá'u'lláh fut emprisonné dans un cachot de Tihrán. Quelques mois plus tard, il accompagna Bahá'u'lláh dans son exil à Baghdád. Ce fut pour 'Abdu'l-Bahá le début d'une période d'exil et d'emprisonnement qui devait durer jusqu'en 1908. Bahá'u'lláh, sa famille et ses disciples furent conduits de Baghdád à Constantinople, de là à Adrianople et, enfin, à la forteresse de 'Akká, en Terre Sainte, où Bahá'u'lláh mourut en 1892. Pendant toute cette période, 'Abdu'l-Bahá, endurci par l'adversité et vainqueur par l'esprit, manifesta de plus en plus les qualités et les pouvoirs sur lesquels Bahá'u'lláh devait fonder l'avenir de sa foi mondiale en le nommant, dans son Testament, le modèle de la vie religieuse, l'interprète de ses paroles et le centre de son Alliance avec l'humanité.
De 1892 à 1908, 'Abdu'l-Bahá fut en butte à une oppression extrême dont il fut enfin libéré par la révolution turque, à la suite de laquelle, tous les prisonniers politiques condamnés par le Sultan furent relâchés.
Ce fut le général Allenby - conquérant militaire de la Palestine lors de la première guerre mondiale - qui, suivant les directives de Lord Balfour, secrétaire aux Affaires Etrangères, prit les mesures nécessaires pour assurer sa sécurité.
De 1911 à 1913, 'Abdu'l-Bahá visita l'Europe et l'Amérique du Nord, rencontrant les communautés locales bahá'íes, prononçant des conférences dans les Sociétés pour la paix, les universités, les églises, les synagogues, les Associations de Noirs, rencontrant des personnalités importantes de divers gouvernements, du monde enseignant et du clergé, et promulguant, par l'exemple et l'éloquence, les principes de la paix universelle. La liste des personnalités qu'il rencontra est trop longue pour prendre place ici, mais le caractère de l'accueil réservé à 'Abdu'l-Bahá en Occident peut être démontré en nommant, entre autres: à Londres, l'Archidiacre Wilberforce, le révérend R.J. Campbell, Lord Lamington, Sir Michael Sadler, les Maharajahs de Jalawar et Rajputana, le professeur E.G. Browne et le professeur Patrick Geddes; à Paris, le Ministre de Perse, l'Ambassadeur de Turquie, "des dignitaires ecclésiastiques de diverses branches de l'Arbre chrétien" à Vienne, le professeur Arminius Vambery, plusieurs membres du Parlement, le Comte Albert Apponyi, le Prélat Alexander Giesswein et le professeur Ignatius Goldziher; et, en Amérique, le docteur David Starr Jordan, le rabbin Stephen Wise, Alexander Graham Bell, l'honorable Franklin K. Lane, Mme William Jennings Bryan, Andrew Carnegie, l'Honorable Franklin Mac Veagh, l'amiral Peary et Rabindranath Tagore.
Les conférences enregistrées et les écrits d''Abdu'l-Bahá qui paraissent représenter l'essence de son message à l'Occident, comprennent les allocutions prononcées au City Temple de Londres, à l'université Stanford de Californie et au Temple Emmanuel de San Francisco; on peut y ajouter la lettre qu'il adressa au Comité pour la Paix Durable à La Haye et celle qu'il écrivit au docteur Forel, savant suisse (Lettre d''Abdu'l-Bahá au Professeur Forel - Maison d'Editions Bahá'íes, à Bruxelles. ). Dans plusieurs de ses discours aux Etats-Unis, il demanda à l'Amérique de guider les nations vers la paix, la justice et l'ordre social.
Dans "Ses leçons de Saint-Jean d'Acre", Laura Barney nota avec précision les réponses que fit 'Abdu'l-Bahá aux questions qu'on lui posait concernant les prophètes, la destinée de l'homme, ses attributs et ses pouvoirs, l'immortalité et la vie future; ces réponses furent considérées dés lors comme l'introduction idéale à cette nouvelle ère de religion universelle.
La mission si fidèlement remplie par 'Abdu'l-Bahá de 1892 à 1921 au titre de Chef de la communauté mondiale bahá'íe, toute providentielle qu'elle soit, n'a aucun rapport direct avec le texte du présent volume.
"Le Secret de la Civilisation Divine" constitue un message adressé aux gouvernants et au peuple de Perse, dont la glorieuse civilisation fut réduite à un état pitoyable par la corruption de son gouvernement, l'ignorance de ses masses et l'oubli des vérités essentielles de sa religion. Détaché de toute considération personnelle touchant les épreuves cruelles qui lui furent imposées par ses concitoyens, 'Abdu'l-Bahá, dans cet ouvrage, offre à la Perse le riche trésor de sa compréhension éclairée quant aux causes de chute et de relèvement des civilisations; c'est un guide manifeste vers le chemin d'une future grandeur et le modèle d'un véritable ordre social.
Bien qu'ignoré de ceux dont le bien-être était le but de ce don précieux, le message d''Abdu'l-Bahá s'applique à l'état général de la civilisation moderne prise en son entier. L'impérialisme, le nationalisme, le racisme, le matérialisme et le sectarisme traditionnels ont conduit l'humanité au bord du désastre suprême prédit dans les passages prophétiques des Saintes Ecritures de toutes les religions. "Le Secret de la Civilisation Divine" est donc offert à l'étudiant de la société comme un traité comblant le large fossé qui existe entre la politique et l'économie technologiques et le but véritable de la création de l'homme: l'instauration de la vertu sur terre.
Le lecteur n'a qu'à se référer à ce passage souvent cité pour constater comment 'Abdu'l-Bahá transforme la vérité spirituelle en termes sociologiques: "La civilisation véritable déroulera sa bannière au coeur même du monde quand avec discernement et résolution, un certain nombre de ses distingués souverains à l'esprit éclairé - brillants exemples de dévouement et de détermination - se lèveront, en vue du bien et du bonheur de l'humanité, pour instituer la Cause de la paix universelle. Ils doivent faire de la cause de la paix l'objet d'une consultation générale et chercher par tous les moyens dont ils disposent à établir une union des nations du monde. Ils doivent conclure un traité et faire une alliance dont les dispositions seront sacrées, inviolables et fermes. Ils doivent le proclamer à la face du monde et obtenir la sanction de la race humaine toute entière.
Cette noble et suprême entreprise, - vraie source de paix et de bien-être pour le monde entier, doit être considérée comme sacrée par tous les habitants de la terre. Toutes les énergies de l'humanité doivent être mobilisées pour assurer la stabilité et la permanence de cette Très Grande Alliance... Le principe fondamental de cette solennelle réalité devrait être établi de telle sorte que si un gouvernement devait dans la suite violer l'une quelconque de ces dispositions, tous les gouvernements du monde se lèveraient pour le réduire à une soumission totale; bien plus, la race humaine toute entière devrait prendre la résolution, de briser ce gouvernement, avec tout le pouvoir dont elle dispose. Si ce plus grand de tous les remèdes était administré au corps malade du monde, il guérirait assurément de ses maux et demeurerait éternellement sain et sauf..
Pour 'Abdu'l-Bahá, la civilisation est un organisme au sein duquel les parties ne peuvent jamais être égales mais où chacune a une fonction spécifique à remplir en regard du corps entier. L'état égalitaire est une fausse conception de la justice. L'homme ne peut s'accomplir que dans l'unité car l'unité est un seul esprit qui anime la diversité des hommes.
Cet esprit omni-pénétrant ne peut être engendré par des forces extérieures et il n'accordera pas la victoire à des visées partisanes ou sectaire. Il s'est manifesté, à travers l'histoire, par l'esprit de foi insufflé par les Prophètes à leurs premiers disciples qui sacrifièrent leurs désirs personnels à l'amour de Dieu. Cet esprit est l'expression de l'amour de Dieu pour l'humanité et sa lumière a jusqu'à présent été éclipsée par des loyautés secondaires, temporaires et divisantes, qui ont préoccupé les coeurs des hommes.
Parce que 'Abdu'l-Bahá vivait dans cet esprit universel, par le fait qu'il unifia et réconcilia en lui-même les diverses potentialités que les hommes expriment par la science, les arts, la philosophie, le commerce, les professions et l'administration politique, il put concevoir l'existence de l'élément divin dans la civilisation et devenir le premier citoyen du commonwealth de l'homme. Selon Sa conception, chacun réalise ce commonwealth pour soi-même et pour ses semblables. 'Abdu'l-Bahá a inséré dans la vie d'aujourd'hui les suprêmes vérités révélées par les Prophètes.
Le lecteur occidental ne manquera pas de noter qu''Abdu'l-Bahá utilisa des passages du Qur'án comme base de la signification spirituelle de ses thèmes et pour renforcer son appel à la nation islamique de Perse. Comme le Qur'án est peu connu en Occident, ces passages revêtent une importance fortuite dans la familiarisation du lecteur occidental avec les Livres Saints des peuples arabe et persan en un moment où la compréhension de l'Orient est pour l'Europe et l'Amérique d'une implacable nécessité.
4 juillet 1956. Horace HOLLEY
Traduit du texte anglais de MARZIEH GAIL par MARTHE GRONDIN
8 Chroniques, XXXVI:22-23; Ezra, I:2; Ester, I:IVIII: 9; Isaie, XLV: I-I4; XLIX: I2.
9 Aucune référence n'est mentionnée.
10 Qur'án, 6:90 et 11:31.
11 Qur'án, 14:23; 35:18·
12 Qur'án, 95:4.
13 L'Imám'Ali.
14 Aucune référence n'est citée.
15 Aucune référence n'est citée.
16 Qur'án, 5:85.
17 Qur'án, 29;2.
18 Jahiliyyih: période de paganisme en Arabie, antérieure à la venue de Muhammad.
19 Les Arabes païens observaient un seul mois, puis trois mois consécutifs, de trêve, pendant lesquels avaient lieu les pèlerinages à La Mecque et les foires; des concours de poésie et autres événements similaires étaient également organisés.
20 Qur'án,16:124.
21 Qur'án, 4:45; 5: 16·
22 Cfr. Bahá'u'lláh, The Kitáb-i-Iqán,
23 " Si par le mot 'algèbre' nous entendons cette branche des mathématiques par laquelle nous apprenons à résoudre l'équation X² +5X= 14, ainsi écrite, la science débute au 17è siècle. Si nous admettons que l'équation soit écrite avec des symboles différents et moins commodes, on peut considérer qu'elle débuta au moins aussi tôt que le 3è siècle. Si nous lui permettons d'être énoncée en paroles et résolue, dans les cas simples de racines positives, avec l'aide de figures géométriques, cette science était connue d'Euclide et de l'école Alexandrine, 300 ans avant le Christ. Si nous acceptons le jugé plus ou moins scientifique dans la recherche de la solution, on peut dire que l'algèbre était connue près de 2000 ans avant l'ère chrétienne et qu'elle avait probablement attiré l'attention de la classe intellectuelle bien avant cela... Le nom 'algèbre' est assez fortuit. Quand Muhammad ibn Mûsâ al-Khowârizmi écrivit, à Baghdád (825)~ il donna à l'un de ses travaux le nom de Al-jebr w'al-muqâbalah. Le titre est parfois traduit par "restauration et équation" mais sa signification n'était pas claire même pour les écrivains arabes ultérieurs." Encyclopédie Britannique, 1952, S.V. Algèbre.
24 Qur'án, 39:I2 et I3: I7.
25 Rumi, The Mathnavi, I, 1906-1907.
26 'Ulamá, de l'arabe 'alima, savoir, peut être traduit par érudit, savant, autorité religieuse.
27 Le Resh Galuta, prince ou gouvernant des exilés de Babylone, à qui les Juifs, où qu'ils soient, devaient payer tribut.
28 Mesure de pesanteur, à Tihrán, équivalant à 62/3 livres.
29 Qur'án,9:33;48:28; 6I:9.
30 Qur'án,54:55·
31 Qur'án, 7:7I;Yawn-i-Alast, jour où Dieu s'adressant à la future postérité d'Adam, lui dit: "Ne suis-Je pas votre Dieu?" (a-lastu bi Rabbikum) et elle répondit: "Oui, nous en sommes témoins."
32 Qur'án,9:33.
33 Qur'án, 27: I2, parlant de Moïse: "Maintenant mets ta main dans ton sein; elle en ressortira blanche... un des neuf signes du Pharaon et à son peuple..." Aussi, Qur'án 7:I05; 20:23; 26:32 et 28:32. Aussi Exode iv:6. Voir aussi "The Rubaiyat of Omar Khayuam" par Edward Fitzgerald: Cette métaphore se réfère aux fleurs blanches et aux parfums du printemps.
34 Qur'án, I6: I26.
35 Qur'án, 24:35.
36 Dhu'l-Awtád est rendu de diverses façons par les traducteurs du Qur'án: l'Empaleur, l'Inventeur d'Enjeux, le Seigneur du Puissant Empire, Celui qui est Entouré de Ministres, etc. Awtád signifie fiches ou piquets de tente. Voir Qur'án 38: 11 et 89:9.
37 Qur'án,20:46.
38 Qur'án, 33:63 "Les hommes s'enquéreront 'de l'Heure' auprès de Toi. Dis: Dieu seul la connaît." cf. aussi 22:I, "le séisme de l'heure", etc. Voir aussi Mathieu 24:36, 42, etc. Pour les bahá'ís, ceci réfère à la venue du Báb et de Bahá'u'lláh.
39 Cf. La confession de foi islamique, appelée quelquefois les deux témoignages: "Je témoigne qu'il n'y a pas de Dieu sauf Dieu et que Muhammad est Son Prophète"
40 Cf. Qur'án, 27:20 et suivants.
41 Qur'án, I2:44; 2I:5.
42 Qur'án, 24:39·
43 1875 A.D.
44 Ce paragraphe, ainsi que celui qui débute par " Quelques-uns, inconscients..." fut traduit par Shoghi Effendi, Gardien de la Foi bahá'íe. cf. The World Order of Bahá'u'lláh, pp. 37-38
45 Sosaniyan, roi qui régna de 53I à 578
46 i.e., le monde entier.
47 Sa'di, le Gulistan, On the Conduct of Kings.
48 Qur'án, I7:84·
49 Le poète Sana'i.
50 Rumi, Mathnavi, III, 4229-423I.
51 Qur'án, 2:24.
52 Qur'án, 8:64.
53 Voir Rumi, Mathnavi, II, I85 et I89. Aussi le Hadith: "Dieu créa les êtres dans les ténèbres et alors il répandit un peu de sa lumière sur eux. Ceux qui furent atteints par ce peu de lumière prirent le droit chemin, et ceux qu'elle n'atteignit pas s'égarèrent." cf. R.A. Nicholson, The Mathnavi of Jalalu'ddin Rumi in E.J.W. Gibb Memorial Series.
54 Qur'án,24:35·
55 Qur'án,2:58.
56 Qur'án, I7:4 ff.
57 La bible du Roi Jacques se lit: "Vous avez appris qu'il a été dit: 'Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi'". Les savants objectent à cette version qu'elle est contraire à la Loi connue établie dans le Lévitique XIX: I8, l'Exode XXIII:4-5, les Proverbes XXV:21, le Talmud, etc.
58 Cf.'Abdu'l-Bahá, Some Answered Questions, ch. LXXXIV, et Promulgation of Universal Peace, p. 385 Voir aussi Galen on Jews and Christians par Richard Walzer, Presses de l'Université d'Oxford, 1949.
59 Qur'án,2:I72
60 Qur'án,39:69.
61 Le texte persan rend le nom de cet auteur comme "Dray-bar" et intitule son ouvrage "Le Progrès des Peuples". Apparemment, l'on se réfère à John William Draper (1811-1882) célèbre chimiste et historien dont les oeuvres ont été largement traduites. Un compte rendu détaillé des contributions musulmanes à l'Occident et sur Gerbert (Le Pape Sylvestre II) apparaît dans le second volume de l'ouvrage précité. Au sujet de certaines obligations systématiquement non reconnues par l'Europe envers l'Islam, l'auteur écrit: "L'injustice fondée sur la rancoeur religieuse et l'amour-propre national ne peut être perpétuée à jamais" (Vol II, p. 42, Rev. ed.). Le dictionnaire biographique américain dit que le père de Draper était un catholique qui prit le nom de John Christopher Draper quand sa famille le renia pour être devenu méthodiste, et qu'on ne connaît pas son véritable nom. Nous sommes redevables à M. Paul North Rice, chef du département des références de la Bibliothèque Publique de New York de nous avoir informés que les données disponibles sur l'histoire et la nationalité de la famille Draper sont contradictoires; ''Les Draper en Amérique" de Thomas Walm-Morgan (1892) dit que le père de Draper naquit à Londres alors que Albert E. Henschel dans "Le Centenaire de John William Draper" (Universite de New York, Colonnade, juin 1911) déclare ceci: "S'il y en a parmi nous qui retracent leur lignée aux champs ensoleillés de l'Italie, ils peuvent être fiers de John William Draper car son père, John C. Draper, était italien de naissance..."
62 Qur'án, 3:II0.
63 Qur'án, 3:II0.
64 Qur'án, I6:92.
65 Qur'án,7:I98·
66 Qur'án 3:I28.
67 Qur'án 2:172.
68 Qur'án,59:9.
69 Qur'án, 2:203.
70 Qur'án,42:36.
71 Qur'án,3:I53
72 Qur'án, I7:I4·
73 Qur'án, 59:9.
74 Qur'án, 23:I4 "Ainsi que Dieu soit béni, le plus excellent des Créateurs."
75 Qur'án, 17:31;110.
76 Rumi, Le Mathvani, II, 2:277 La strophe suivante est: "Un jardin fermé, si cette pensée est une rose, mais si c'est une épine, elle n'est bonne qu'à brûler."
77 Tiré des strophes: "Attar est passé dans les sept villes de l'amour et nous sommes toujours à la première courbe du chemin. "
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Das Geheimnis göttlicher Kultur á ‘Abdu’l-Bahá á Bahá'í Verlag GmbH, Auflage 5.01 (O-2023-04-24)

Das Geheimnis göttlicher Kultur
‘Abdu’l-Bahá
Im Namen Gottes, des Gnädigen, des Barmherzigen!
Preis und Dank seien der Vorsehung, dass sie unter allen existierenden Wirklichkeiten die Wirklichkeit des Menschen auserwählt und ihn mit Verstand und Weisheit, den zwei am hellsten strahlenden Lichtern in beiden Welten, ausgezeichnet hat. Durch das Wirken dieser großen Gnadengabe hat Gott in jedem Zeitalter wunderbare neue Anordnungen im Spiegel der Schöpfung entstehen lassen. Wenn wir die Welt des Seins unvoreingenommen betrachten, wird uns klar, dass der Tempel des Seins von Zeitalter zu Zeitalter unablässig mit frischer Anmut ausgeschmückt und mit ständig neuer Pracht ausgezeichnet wurde, die von der Weisheit und Kraft des Denkens herrühren.
Dieses erhabenste Zeichen Gottes steht an erster Stelle in der Schöpfungsordnung und nimmt auf höchster Stufe den Vorrang vor allen erschaffenen Dingen ein; dies bezeugt die heilige Überlieferung: »Vor allem anderen schuf Gott den Verstand.« Seit Anbeginn der Schöpfung war der Verstand dazu bestimmt, sich im Tempel des Menschen zu offenbaren.
Geheiligt ist der Herr, der durch die leuchtenden Strahlen dieser göttlichen Macht bewirkte, dass unsere dunkle Erde von den Welten des Lichts beneidet wird: »Und die Erde wird leuchten im Lichte ihres Herrn.«Q1 Heilig und erhaben ist Er, der das Wesen des Menschen zum Dämmerungsort dieser grenzenlosen Gnade gemacht hat: »Der Gott des Erbarmens hat den Qur’án gelehrt. Er hat den Menschen erschaffen und hat ihn die vernünftige Sprache gelehrt.«Q2
O ihr, die ihr Verstand habt zu begreifen! Erhebt eure flehenden Hände zum Himmel des einen Gottes, seid demütig, beugt euch vor Ihm und dankt Ihm für diese höchste Gabe. Dann bittet Ihn, uns beizustehen, auf dass in unserer heutigen Zeit himmlische Impulse vom Bewusstsein der Menschheit ausstrahlen mögen und dieses göttlich entfachte Feuer, mit dem das Menschenherz betraut worden ist, nimmer erlösche.
Bedenket wohl: Diese vielen verschiedenen Phänomene, diese Begriffe und Erkenntnisse, die technischen Verfahren und die philosophischen Systeme, die Wissenschaften, Künste, Gewerbe und Erfindungen – alle sind Ausstrahlungen des menschlichen Verstandes. Jedem Volk, das sich weiter in dieses uferlose Meer hineinwagte, ist es gelungen, die anderen Völker zu übertreffen. Glück und Stolz einer Nation bestehen darin, dass sie wie die Sonne am Himmel des Wissens erstrahlt. »Sollen die, welche erkennen, gleich behandelt werden wie die, welche in Unwissenheit leben?«Q3 Und Ehre und Würde des Einzelnen liegen darin, dass er inmitten aller Völker zu einer Quelle gesellschaftlichen Wohles wird. Gibt es eine größere Gnade als die, dass ein Mensch, wenn er in sich geht, feststellen darf, dass er, durch göttliche Gunst bestätigt, die Ursache für Frieden und Wohlergehen, Glück und Nutzen unter seinen Mitmenschen wurde? Nein, bei dem einen wahren Gott! Es gibt keine größere Freude, kein vollkommeneres Glück.
Wie lange werden wir noch auf den Flügeln der Leidenschaft und eitlen Begierde dahintreiben?

Wie viele Tage werden wir noch wie die Barbaren in den Tiefen der Unwissenheit und der Gemeinheit verbringen?

Gott hat uns Augen gegeben, damit wir uns in der Welt umschauen und alles festhalten, was unsere Kultur und unsere Lebensweise verbessert.

Er hat uns Ohren gegeben, damit wir zu unserem Nutzen auf die Weisheit der Gelehrten und Philosophen hören und uns aufmachen, ihre Lehren zu unterstützen und in die Tat umzusetzen.

Sinne und Fähigkeiten sind uns verliehen worden, damit wir sie dem Dienst am Allgemeinwohl weihen, so dass wir, die wir uns durch Wahrnehmungsvermögen und Verstand von allen anderen Lebensformen unterscheiden, uns allezeit und in jeder Hinsicht, seien die Anlässe wichtig oder unbedeutend, üblich oder außergewöhnlich, darum bemühen, die ganze Menschheit sicher in der unbezwingbaren Feste des Wissens zu versammeln.

Unablässig sollten wir neue Voraussetzungen für menschliches Glück schaffen, fortgesetzt sollten wir neue Instrumente entwickeln und fördern, um dieses Ziel zu erreichen.

Wie erhaben, wie hochgeehrt ist ein Mensch, wenn er sich aufmacht, seiner Verantwortung gerecht zu werden; wie erbärmlich und verachtenswert ist er, wenn er seine Augen vor dem Wohlergehen der Gesellschaft verschließt und sein kostbares Leben damit vergeudet, selbstischen Interessen und persönlichem Nutzen nachzujagen!

Der Mensch wird höchstes Glück erlangen und die Zeichen Gottes in der Welt und in der Menschenseele wahrnehmen, wenn er auf dem Ross hehren Bestrebens in die Kampfbahn der Kultur und Gerechtigkeit prescht.

»Wir werden ihnen wahrlich Unsere Zeichen zeigen, in der Welt und in ihnen selbst.«Q4
Und des Menschen äußerste Verderbtheit besteht darin, träge, teilnahmslos, stumpf, nur mit seinen eigenen niederen Begierden befasst, dahinzuleben. Wenn er sich so verhält, vegetiert er in tiefster Unwissenheit wie ein Wilder und sinkt auf eine tiefere Stufe herab als die wilden Tiere. »Sie sind wie das Vieh. Ja, weit ärger sind sie abgeirrt … Denn die niedrigsten Tiere vor Gottes Angesicht sind die Tauben und Stummen, die nicht verstehen.«Q5
Wir müssen den hohen Entschluss fassen, uns zu erheben und alle jene Mittel zu ergreifen, die Frieden, Wohlstand und Glück, Erkenntnis, Kultur und Industrie, Würde, Wert und Stufe der gesamten Menschheit voranbringen. Auf diese Weise wird durch die belebenden Wasser reiner Absicht und selbstlosen Bemühens der Boden menschlicher Fähigkeiten in seiner eigenen latenten Vortrefflichkeit sich entfalten und lobenswerte Eigenschaften hervorbringen und gedeihen, bis er mit dem Rosengarten der Erkenntnis, der unseren Vorvätern eigen war, wetteifern kann. Dann wird dieses heilige Land Persien in jeder Hinsicht zum Brennpunkt menschlicher Vollkommenheiten und wird wie in einem Spiegel die gesamte Vielfalt der Weltzivilisation reflektieren.
Alle Ehre und aller Preis gebühren dem Tagesanbruch göttlicher Weisheit, dem Dämmerungsort der Offenbarung (Muḥammad) und dem heiligen Geschlecht Seiner Nachkommen; denn durch die weitreichenden Strahlen Seiner höchsten Weisheit, durch Seine umfassende Erkenntnis wurden die wilden Bewohner von Yathrib (Medina) und Baṭḥá (Mekka) wundersam in kürzester Zeit aus den Tiefen ihrer Unwissenheit auf wunderbare Weise befreit, erhoben sich zu den Gipfeln der Gelehrsamkeit und wurden Mittelpunkte der Künste, Wissenschaften und menschlicher Vollkommenheiten, Sterne der Glückseligkeit und wahrer Kultur, die den gesamten Horizont der Welt überstrahlten.
Seine Majestät der SháhA1 hat sich gegenwärtig (1875) entschlossen, den Fortschritt des persischen Volkes, seine Wohlfahrt und Sicherheit und das Gedeihen seines Landes in die Wege zu leiten.

Kurzerhand hat er die Hilfsangebote für seine Untertanen vermehrt, Tatkraft und Gerechtigkeit gezeigt, wobei er hofft, er könne den Írán durch das Licht der Gerechtigkeit so gestalten, dass Ost und West ihn beneide, und jenen hehren Eifer, der die ersten großen Epochen der persischen Geschichte auszeichnete, erneut durch die Adern des persischen Volkes pulsieren lassen.

Dies hat dem Verfasser aus Gründen, die dem verständnisvollen Betrachter einleuchten werden, die Notwendigkeit vor Augen geführt, allein Gott zuliebe und als Beitrag zu jenem hochgesteckten Ziel eine kurze Abhandlung über gewisse dringliche Fragen zu Papier zu bringen.

Um zu zeigen, dass sein einziger Vorsatz die Förderung des allgemeinen Wohls ist, hat er seinen Namen verschwiegenA2.

In dem Glauben, dass die Hinführung zur Rechtschaffenheit in sich selbst ein rechtschaffener Akt ist, erteilt er diese wenigen Ratschläge den Söhnen seines Landes – Ratschläge, die nur um Gottes willen im Geist der Liebe eines getreuen Freundes geäußert sind.

Unser Herr, der alles kennt, bezeugt, dass dieser Diener nichts sucht als das, was recht und gut ist, denn Er, ein Wanderer in den Wüsten der Liebe zu Gott, ist in ein Reich aufgestiegen, wo ihn die Hand der Ablehnung oder der Zustimmung, des Lobes oder des Tadels nicht mehr berühren kann.

»Wir nähren eure Seelen um Gottes willen; wir suchen von euch weder Belohnung noch Dank.«Q6
»Die Hand ist verborgen, doch die Feder schreibt auf ihr Geheiß. Das Ross setzt an zum Sprung, auch wenn des Reiters Namen niemand weiß.«
O Volk Persiens! Schau dir die blühenden Seiten deiner Geschichte an, die von einem anderen Tag, einer längst vergangenen Zeit erzählen. Lies sie und staune; lass dir diesen wunderbaren Anblick nicht entgehen. In jenen Tagen war der Írán gleichsam das Herz der Welt, eine helle Fackel unter den Menschen. Persiens Macht und Herrlichkeit erstrahlten wie der Morgen über dem Horizont der Welt; der Glanz seiner Gelehrsamkeit ergoss seine Strahlen über den Osten und Westen. Bis zu den Bewohnern des Polarkreises drang die Kunde vom weit verbreiteten Reich derer, die Persiens Krone trugen, und die Berühmtheit der überwältigenden Erscheinung ihres Königs der Könige demütigte die Herrscher Griechenlands und Roms. Die größten Philosophen der Welt waren erstaunt über die Weisheit persischer Staatskunst; das politische System Persiens wurde zum Modell aller Könige in den vier damals bekannten Erdteilen. Bei allen Völkern war Persien für die Reichweite seiner Herrschaft berühmt, von allen wurde es wegen seiner ruhmvollen Kultur und Zivilisation verehrt. Persien war gleichsam Angelpunkt der Welt, Quelle und Mittelpunkt der Künste und Wissenschaften, Ursprung großer Erfindungen und Entdeckungen, reiche Fundgrube an menschlichen Tugenden und Vollkommenheiten. Der Verstand und die Weisheit der einzelnen Angehörigen dieser überragenden Nation blendeten den Sinn anderer Völker; die Strahlkraft und Auffassungsgabe, die diese gesamte edle Rasse auszeichneten, erregten den Neid der ganzen Welt.
Abgesehen von den Aufzeichnungen in persischen Geschichtswerken steht im Alten Testament, heute unter allen Völkern Europas als heiliger kanonischer Text anerkannt, dass sich zur Zeit Kyros II., der in den íránischen Geschichtsbüchern Bahman, Sohn des Isfandíyár, heißt, die 360 Provinzen des persischen Großreiches von den chinesisch-indischen Grenzbezirken bis nach Jemen und Äthiopien erstreckten. A3 Die Griechen berichten, wie dieser stolze Herrscher mit einer ungeheuren Heerschar gegen sie zog und ihr eigenes, bis dahin siegreiches Land im Staube zurückließ. Er brachte die Pfeiler aller Herrscherhäuser ins Wanken; nach einem maßgeblichen arabischen Geschichtswerk des Abu’l-Fidá‘ herrschte er über die ganze damals bekannte Welt. Auch ist in demselben Werk sowie an anderer Stelle aufgezeichnet, dass Firaydún, ein König der Píshdádíyán-Dynastie – der für seine angeborenen Tugenden, sein Urteilsvermögen, sein weitreichendes Wissen und seine anhaltenden Siege unter allen Vorgängern und Nachfolgern auf dem Thron einzigartig war – die gesamte bekannte Welt unter seinen drei Söhnen aufteilte.
Die Geschichtsbücher der aufgeklärtesten Völker der Welt bezeugen, dass die erste Regierung, die auf Erden gebildet, das bedeutendste Weltreich, das unter den Nationen errichtet worden ist, Persiens Thron und Krone gewesen sind.
O Volk Persiens! Erwache aus deiner Schlaftrunkenheit! Erhebe dich aus deiner Stumpfheit! Sei gerecht in deinem Urteil: Lässt es das Gebot der Ehre zu, dass dieses geheiligte Land, einst der Ursprung der Weltkultur, die Quelle von Ruhm und Glück für die ganze Menschheit, beneidet von Ost und West, weiterhin bemitleidet wird, beklagt von allen Nationen? Die Perser waren einst das edelste Volk; wollt ihr es zulassen, dass die Zeitgeschichte für künftige Geschlechter seine heutige Erniedrigung festhält? Wollt ihr selbstzufrieden das gegenwärtige Elend Persiens hinnehmen, wo dieses Land doch einstmals die Sehnsucht der ganzen Menschheit war? Soll man dieses Land wegen seiner verachtenswerten Trägheit, seiner mangelnden Kampfbereitschaft und völligen Unwissenheit zur rückständigsten aller Nationen erklären?
War nicht in vergangenen Zeiten das persische Volk an Verstand und Weisheit unübertroffen? Strahlte es nicht durch Gottes Gnade wie der Morgenstern vom Horizont göttlicher Erkenntnis? Wie kommt es, dass wir uns heute mit diesem elenden Zustand zufriedengeben, völlig verstrickt in unseren zügellosen Leidenschaften, blind für die höchste Glückseligkeit, für das, was Gott wohlgefällt, und uns allein mit unseren selbstischen Interessen befassen, ständig auf der Jagd nach unrühmlichen, persönlichen Vorteilen?
Dieses schönste aller Länder war einst ein Leuchtfeuer, das die Strahlen göttlicher Erkenntnis, der Kunst und Wissenschaft, des Edelsinns und höchster Errungenschaften, der Weisheit und des Heldenmuts über die Welt ergoss. Heute ist sein glückliches Schicksal wegen der Trägheit und Lethargie seines Volkes, wegen seiner Antriebslosigkeit und undisziplinierten Lebensweise, seinem Mangel an Selbstachtung und fehlendem Ehrgeiz völlig in den Hintergrund getreten, ist dieses Licht der Finsternis gewichen. »Die sieben Himmel und die sieben Welten weinen über den Mächtigen, wenn er zu Fall gekommen ist.«
Niemand sollte glauben, das persische Volk verfüge von Natur aus nicht über ausreichende Intelligenz, es sei an grundlegender Auffassungsgabe und an Verständnis, angeborenem Scharfsinn, Intuition und Weisheit oder natürlicher Begabung anderen Völkern unterlegen. Gott bewahre! Ganz im Gegenteil haben die Perser immer alle anderen Völker an ihnen durch Geburt verliehene Fähigkeiten übertroffen. Hinzu kommt, dass das Land selbst durch sein gemäßigtes Klima und seine Naturschönheiten, seine geographischen Vorzüge und seine Bodenschätze in höchstem Maße gesegnet ist. Was dieses Land jedoch dringend benötigt, sind tiefes Nachdenken, entschlossenes Handeln, Bildung, Inspiration und Ermutigung. Das Volk muss sich gewaltig anstrengen, sein Stolz muss geweckt werden.
Unter den fünf Kontinenten des Erdballs sind heute Europa und weite Teile Amerikas für Gesetz und Ordnung, Staatskunst und Handel, Künste und Gewerbe, Wissenschaft, Philosophie und Erziehungswesen bekannt. In alten Zeiten jedoch waren dies die wildesten, unwissendsten und grausamsten Völker der Welt; sie wurden sogar als Barbaren, das heißt als völlig roh und unkultiviert, gebrandmarkt. Überdies herrschten vom fünften bis zum fünfzehnten Jahrhundert nach Christi Geburt, in der Zeit, die man das Mittelalter nennt, unter den Völkern Europas solch schlimme Kampfhandlungen und schwere Unruhen, so grausame Auseinandersetzungen und Schreckenstaten vor, dass die Europäer diese zehn Jahrhunderte mit Recht als das finstere Mittelalter beschreiben. Die Grundlage für Fortschritt und Zivilisation in Europa wurde tatsächlich erst im 15. Jahrhundert christlicher Zeitrechnung gelegt; und von dieser Zeit an befindet sich die gesamte heute offensichtliche Kultur Europas in einem Entwicklungsprozess, der unter dem Einfluss großer Geister steht; und die Folge davon ist, dass die Wissensgrenzen erweitert und zielstrebige, ehrgeizige Anstrengungen unternommen wurden.
Durch Gottes Gnade und den geistigen Einfluss Seiner universalen Manifestation hat derzeit der redliche Herrscher des Írán sein Volk unter dem Schutzschild der Gerechtigkeit versammelt, und die Aufrichtigkeit des kaiserlichen Vorsatzes hat sich in hoheitlichen Maßnahmen gezeigt. In der Hoffnung, seine Herrschaft werde mit der ruhmreichen Vergangenheit wetteifern können, bemühte er sich, Gerechtigkeit und Rechtlichkeit zu begründen, überall in diesem edlen Land die Bildung und den Zivilisationsprozess zu fördern und alles, was seinen Fortschritt sichern wird, von der Möglichkeit in die Wirklichkeit umzusetzen. Bislang haben wir noch keinen Monarchen gesehen, der die Zügel der Staatsangelegenheiten in so fähigen Händen hält, von dessen hoher Entschlusskraft die Wohlfahrt aller seiner Untertanen abhängt, der, wie es ihm zukommt, als ein gütiger Vater seine Bemühungen auf die Bildung und Kultivierung seines Volkes lenkt, der den Wohlstand und den Seelenfrieden seiner Untertanen zu sichern sucht und ihren Interessen die gebührende Aufmerksamkeit bekundet; dieser Diener und Ihm Gleichgesinnte haben deshalb bislang geschwiegen. Nunmehr ist es für Menschen mit Scharfsinn offenkundig, dass sich der Sháh aus eigenem Antrieb entschlossen hat, eine gerechte Regierung aufzubauen und den Fortschritt aller seiner Untertanen zu sichern. Seine ehrenwerte Absicht hat den Anlass zu der vorliegenden Abhandlung gegeben.
Es ist in der Tat seltsam, wie manche, statt dankbar für diesen Segen zu sein, der wahrhaft von der Gnade Gottes, des Allmächtigen, herrührt, indem sie sich wie ein Mann erheben und dafür beten, dass sich diese edlen Vorsätze täglich vervielfachen mögen – wie manche, deren Verstand durch persönliche Beweggründe beeinträchtigt und deren Wahrnehmungsvermögen von Selbstsucht und Eitelkeit umwölkt ist, deren Lebenskräfte sich dem Dienst an ihren Leidenschaften verschrieben haben, deren Ehrgefühl sich in Liebe zu Führerschaft verwandelt hat, wie solche Menschen das Banner des Widerstands aufpflanzen und sich in lauten Klagen ergehen.

Bis jetzt haben sie den Sháh getadelt, weil er sich nicht aus eigenem Antrieb für das Wohlergehen seines Volkes einsetzte und ihm nicht Frieden und Wohlstand zu bringen suchte.

Nun, da er diesen großen Plan gefasst hat, schlagen sie einen anderen Ton an.

Einige sagen, dies seien neumodische Methoden und fremde Ismen, die in keinerlei Beziehung zu den gegenwärtigen Bedürfnissen und den altehrwürdigen Sitten Persiens stünden.

Andere scharen die hilflosen Massen um sich, die nichts von Religion oder deren Gesetzen und Grundsätzen verstehen und deshalb kein Unterscheidungsvermögen besitzen, und reden ihnen ein, diese modernen Methoden seien heidnische Praktiken und stünden im Widerspruch zu den verehrten Lehren des wahren Glaubens; dem fügen sie hinzu:

»Wer ein Volk nachahmt, gehört ihm an«.

Eine Gruppe von ihnen besteht darauf, die Reformen müssten mit größter Behutsamkeit, Schritt für Schritt, vorangetrieben werden; jede Übereilung sei unzulässig.

Andere beharren darauf, nur solche Maßnahmen, die die Perser selbst ausgedacht haben, dürften übernommen werden; sie selbst sollten ihre politische Verwaltung, ihr Bildungssystem und ihren Kulturzustand reformieren und es gebe keine Notwendigkeit, Verbesserungen von anderen Nationen zu entlehnen.

Kurz, jede Gruppe folgt ihrer eigenen besonderen Vorstellung.
O Volk Persiens! Wie lange wollt ihr noch umherirren? Wie lange muss eure Verwirrung noch fortdauern? Wie lange soll es mit diesen Meinungsverschiedenheiten, diesem nutzlosen Widerstreit, dieser Unwissenheit, dieser Denkverweigerung noch weitergehen? Andere sind hellwach, und wir schlafen unseren traumlosen Schlaf. Andere Nationen unternehmen jede Anstrengung, um ihre Verhältnisse zu verbessern; wir sind in unseren Leidenschaften und in unserer Selbstgefälligkeit gefangen und stolpern mit jedem Schritt in eine neue Falle.
Gott ist unser Zeuge, dass wir keinen Hintergedanken haben, wenn wir dieses Thema aufgreifen. Weder suchen wir uns bei irgendjemandem einzuschmeicheln oder jemanden an uns zu ziehen, noch erwarten wir irgendwelchen materiellen Gewinn daraus. Wir sprechen nur als einer, der ernsthaft das Wohlgefallen Gottes sucht, denn wir haben unseren Blick von der Welt und ihren Völkern abgewandt und in der schützenden Obhut des Herrn Zuflucht gesucht. »Nicht verlange ich von euch einen Lohn hierfür … Mein Lohn ist bei Gott allein.«Q7
Jene, die behaupten, dass diese modernen Konzepte nur für andere Länder gelten und für den Írán bedeutungslos seien, dass sie seine Bedürfnisse nicht befriedigten und nicht zu seiner Lebensart passten, jene Leute übersehen die Tatsache, dass andere Nationen einst genauso waren, wie wir heute sind. Haben diese neuen Systeme und Verfahren, diese fortschrittlichen Vorhaben nicht zur Entwicklung jener Länder beigetragen? Hat es den Menschen in Europa geschadet, dass sie solche Maßnahmen ergriffen? Haben sie nicht vielmehr dadurch die höchste Stufe materieller Entwicklung erlangt? Stimmt es etwa nicht, dass das persische Volk Jahrhunderte lang so gelebt hat, wie wir es heute nach vergangenen Verhaltensmustern leben sehen? Hat dies zu irgendeinem erkennbaren Nutzen geführt? Sind irgendwelche Fortschritte gemacht worden? Wenn diese Fragen nicht durch Erfahrung geprüft worden wären, könnten Zeitgenossen, in deren Köpfen das Licht natürlicher Intelligenz umwölkt ist, sie leichtfertig in Frage stellen. In anderen Ländern dagegen sind alle Aspekte der erforderlichen Voraussetzungen für den Fortschritt immer wieder überprüft worden; ihr Nutzen ist dort so klar bewiesen worden, dass ihn der trübste Verstand erfassen kann.
Lasst uns gerecht und unvoreingenommen darüber nachdenken! Lasst uns die Frage stellen, welcher dieser Grundsätze und dieser gesunden, gut bewährten Verfahrensweisen könnte unseren gegenwärtigen Nöten nicht abhelfen oder widerspräche den besten politischen Interessen Persiens oder schadete dem allgemeinen Wohl des Volkes. Wäre es von Nachteil, das Bildungswesen zu erweitern, nützliche Künste und Wissenschaften zu entwickeln, Industrie und Technik zu fördern? Solche Bemühungen heben doch den einzelnen Menschen inmitten der Masse empor und führen ihn aus den Tiefen der Unwissenheit zu den Gipfeln der Erkenntnis und der Vortrefflichkeit. Würde die Einführung einer gerechten Gesetzgebung im Einklang mit den göttlichen Gesetzen, die das Glück der Gesellschaft sichern, die Menschenrechte schützen und einen unüberwindlicher Schutz vor Gewalttaten bilden – würden solche Gesetze, die für die Unversehrtheit der Mitglieder der Gesellschaft und für ihre Gleichheit vor dem Gesetz Gewähr bieten, ihr Wohlergehen und ihren Erfolg beeinträchtigen?
Wenn man durch die Nutzung der eigenen Wahrnehmungsfähigkeit Vergleiche zwischen den gegenwärtigen Verhältnissen und den durch Kollektiverfahrung gebildeten Schlussfolgerungen ziehen kann, wenn man dadurch Gegebenheiten, die heute erst als Möglichkeit vorhanden sind, als künftige Wirklichkeiten vorausschauen kann, wäre es dann unvernünftig, heute Maßnahmen zu ergreifen, die unsere künftige Sicherheit garantieren? Erscheint es kurzsichtig, unvorsichtig oder bedenklich, ist es eine Abkehr von dem, was recht und billig ist, wenn wir unsere Beziehungen zu Nachbarländern festigen, bindende Verträge mit den Großmächten eingehen, Freundschaft mit friedliebenden Regierungen pflegen, die Handelsbeziehungen mit den Nationen in Ost und West erweitern, unsere Bodenschätze erschließen und den Reichtum unseres Volkes mehren?
Würde es für unsere Untertanen Verderben bedeuten, wenn die Provinz- und Bezirksgouverneure ihrer heutzutage absoluten Macht entbunden würden, durch die sie schalten und walten, wie es ihnen passt, wenn sie statt dessen auf Gerechtigkeit und Wahrhaftigkeit verpflichtet würden, wenn Todesurteile und Kerkerstrafen, die sie verhängen, der Bestätigung durch den Sháh und durch übergeordnete Gerichte in der Hauptstadt unterworfen würden, die den Fall zuvor gründlich prüfen, Art und Ausmaß des Verbrechens bestimmen und dann eine gerechtes Urteil abgeben müssten, vorbehaltlich der Erteilung eines Dekrets durch den Herrscher? Wenn Bestechung und Korruption, heute unter den wohlklingenden Namen Geschenke und Vergünstigungen bekannt, für alle Zeit ausgeschlossen sein würden, wäre das eine Bedrohung für die Grundmauern der Gerechtigkeit? Wäre es ein Zeichen krankhafter Denkweise, Soldaten, die doch lebendige Opfer für Volk und Staat sind, ständig bereit, dem Tod ins Auge zu schauen, aus ihrer heutzutage unvorstellbaren Not und Armut zu befreien, angemessene Vorkehrungen für ihre Ernährung, Kleidung und Unterbringung zu treffen und keine Mühe zu scheuen, ihre Offiziere in der Militärausbildung zu unterweisen und die Armee mit den modernsten Arten von Gewehren und anderen Waffen auszustatten?
Wollte jemand einwenden, solche Reformen seien noch nie völlig durchgesetzt worden, dann müsste er dieser Frage unvoreingenommen nachgehen und feststellen, dass diese Schwachpunkte auf dem völligen Fehlen einer einheitlichen öffentlichen Meinung sowie auf dem Mangel an Einsatzbereitschaft, Entschlossenheit und Hingabe bei den Führern des Landes beruhen. Offensichtlich kann das Land nicht in angemessener Weise verwaltet werden, bevor das Volk erzogen und die öffentliche Meinung auf das Wesentliche richtig fokussiert ist, bevor Regierungsbeamte, selbst der unteren Grade, frei von den geringsten Spuren von Korruption sind. Erst wenn Disziplin, Ordnung und gute Regierungsführung eine Stufe erreichen, auf der es einem Bürger auch mit äußerster Anstrengung nicht gelänge, um Haaresbreite vom Pfade der Rechtschaffenheit abzuweichen – erst dann können die gewünschten Reformen als vollständig durchgeführt betrachtet werden.
Überdies kann jede Einrichtung, auch wenn sie dem höchsten Wohl der Menschheit dient, missbraucht werden. Ihr richtiger oder falscher Gebrauch hängt davon ab, wie unterschiedlich stark Aufklärung, Fähigkeit, Glaube, Redlichkeit, Hingabe und edle Gesinnung bei den Führern der öffentlichen Meinung ausgeprägt sind.
Der Sháh hat seinen Teil getan; die Ausführung der nützlichen Maßnahmen, die vorgeschlagen wurden, ist nun in die Hände derjenigen Personen gelegt, die in den Beratungsgremien arbeiten. Wenn diese Menschen sich als unbescholten und edelmütig erweisen, wenn sie sich vom Makel der Korruption freihalten, werden die Bestätigungen Gottes sie zu einer nie versiegenden Quelle des Segens für die Menschheit machen. Gott wird ihren Lippen und ihren Federn entströmen lassen, was dem ganzen Volk zum Segen gereicht, so dass jeder Winkel des edlen Írán von ihrer Gerechtigkeit und Redlichkeit erleuchtet wird und die Strahlen dieses Lichts die ganze Erde erfassen werden. »Dies wird Gott kein Schweres sein. «Q8
Andernfalls ist es klar, dass die Ergebnisse sich als nicht hinnehmbar erweisen werden, hat es sich doch in bestimmten fremden Ländern gezeigt, dass nach der Einführung von Parlamenten das Volk in Wirklichkeit entmutigt und verwirrt wurde und dass selbst gutgemeinte Reformen schlechte Wirkungen zur Folge hatten. Die Errichtung von Parlamenten, der Aufbau beratender Körperschaften ist in Wahrheit die Grundlage der Staatsführung; solche Einrichtungen müssen jedoch eine Reihe wesentlicher Anforderungen erfüllen. Erstens müssen ihre gewählten Mitglieder rechtschaffen, gottesfürchtig, edelgesinnt und unbestechlich sein. Zum anderen müssen sie die Gesetze Gottes in allen Einzelheiten kennen; sie müssen auch über die wichtigsten Rechtsgrundsätze Bescheid wissen, in den Regeln, die für den Umgang mit inneren Angelegenheiten und mit auswärtigen Beziehungen gelten, erfahren und in den nutzbringenden Künsten der Zivilisation geschult sein. Schließlich müssen sie sich mit ihren rechtmäßigen Einkünften zufrieden geben.
Man sollte nicht glauben, dass es Menschen dieser Art nicht gäbe. Durch Gottes Gnade und Seine Erwählten, durch große Anstrengungen hingebungsvoller und geheiligter Seelen lässt sich jede Schwierigkeit leicht beheben, und jedes noch so vielschichtige Problem erweist sich als einfacher denn ein Augenzwinkern.
Wenn jedoch die Mitglieder derartiger beratender Körperschaften von minderwertigem Charakter, unwissend, über die Gesetze der Staatsführung und der Verwaltung nicht unterrichtet, wenn sie dumm, niedrig gesinnt, gleichgültig, müßig und eigennützig sind, ist es nutzlos, derartige Einrichtungen ins Leben zu rufen. Während in der Vergangenheit ein armer Mann, der zu seinem Recht kommen wollte, nur einen Einzelnen zu bestechen hatte, müsste er jetzt alle Hoffnung auf Gerechtigkeit aufgeben oder aber die gesamte Mitgliederzahl zufriedenstellen.
Eine eingehende Untersuchung wird belegen, dass der Grund für Unterdrückung und Unrecht, für Unehrlichkeit, Regelwidrigkeit und Missstände hauptsächlich darin besteht, dass es dem Volk an religiöser Gläubigkeit und an Erziehung mangelt. Wenn das Volk echt religiös, gebildet und geschult ist und eine Schwierigkeit sich zeigt, kann es sich an die örtlichen Behörden wenden; trifft es dort nicht auf Gerechtigkeit und kann es nicht seine angemessenen Ansprüche durchsetzen, stellt es vielmehr fest, dass die örtliche Verwaltung im Widerspruch zu Gottes Wohlgefallen und zur Rechtlichkeit des Königs steht, dann kann das Volk seinen Fall der höheren Gerichtsinstanz vortragen und die Abweichung der örtlichen Behörden von dem geistigen Gesetz darstellen. Das Gericht kann sich die Akten der Behörden über den Fall kommen lassen und auf diese Weise wird der Gerechtigkeit Genüge getan. Zurzeit fehlen jedoch dem größten Teil der Bevölkerung aus Mangel an Schulbildung sogar die Worte, um ihr Anliegen vorzubringen.
Und nun zu denen, die hier und da als Staatsführer angesehen werden. Wir stehen erst am Anfang des neuen Verwaltungsprozesses, und diese Staatsführer sind selbst noch nicht ausreichend ausgebildet, um die Freuden bei der Ausübung von Gerechtigkeit erlebt und das Hochgefühl bei der Förderung von Rechtssicherheit gekostet zu haben; sie haben noch nicht von den Quellen eines reinen Gewissens und einer aufrechten Absicht getrunken. Sie haben noch nicht richtig erkannt, dass des Menschen höchste Ehre und wahres Glück in der Selbstachtung liegt, in hohen Entschlüssen und edlen Vorsätzen, in der Unversehrtheit und Sittlichkeit der Person, in der Reinheit des Denkens. Stattdessen bilden sie sich ein, ihre Größe läge darin, mit allen zu Gebote stehenden Mitteln weltliche Güter anzuhäufen.
Jeder Mensch sollte innehalten, nachdenken und gerecht urteilen: Sein Herr hat ihn aus unermesslicher Gnade zu einem menschlichen Wesen gemacht und mit den Worten geehrt: »Wahrlich, Wir schufen den Menschen in schönster Gestalt.«Q9 Er hat Seine Barmherzigkeit aus der Dämmerung der Einheit aufsteigen und über dem Menschen strahlen lassen, bis dieser zum Brunnquell des Wortes Gottes, zum Offenbarungsort himmlischer Geheimnisse wurde. Am Morgen der Schöpfung wurde er mit den Eigenschaften der Vollkommenheit und mit heiliger Anmut übersät. Wie kann er dieses makellose Gewand mit dem Schmutz selbstischer Begierden besudeln, wie kann er diese ewige Ehre gegen Schande tauschen? »Wähnst du dich eine schwache Form, wo doch das Weltall in dir zusammengefaltet liegt?«Q10
Wäre es nicht unser Anliegen, uns kurz zu fassen und unser Hauptthema zu entwickeln, würden wir hier eine Zusammenfassung von Themen in Bezug auf die Göttliche Welt und die Wirklichkeit des Menschen, seine hohe Stufe und den alles überragenden Wert der menschlichen Rasse geben. Aber lassen wir dies für eine andere Gelegenheit!
Die höchste Stufe und die oberste Ebene, den vornehmsten und erhabensten Rang in der ganzen Schöpfung – ob sichtbar oder unsichtbar, ob Alpha oder Omega – nehmen die Propheten Gottes ein, obwohl sie größtenteils dem äußeren Anschein nach nichts als ihre Armut ihr eigen nannten. Desgleichen ist den Heiligen und denen, die der Schwelle Gottes am nächsten sind, unaussprechliche Herrlichkeit vorbehalten, obwohl sich ihresgleichen niemals, und sei es auch nur für einen Augenblick, um irdischen Gewinn kümmerten. Dann kommt die Stufe jener gerechten Könige, deren Ruf als Beschützer des Volkes und als Wahrer göttlicher Gerechtigkeit die Welt erfüllte und deren Namen als machtvolle Verfechter der Rechte des Volkes in der ganzen Schöpfung widerhallten. Solche Könige vergeuden keinen Gedanken darauf, riesige Reichtümer für sich anzusammeln; sie sehen vielmehr ihren eigenen Reichtum in der Förderung des Wohlstands ihrer Untertanen. Für sie sind die königlichen Schatzkammern gefüllt, wenn jeder einzelne Bürger in Wohlstand und Behagen lebt. Sie sind nicht stolz auf Gold und Silber, sondern auf ihre aufgeklärte Gesinnung und ihre Entschlossenheit, das Beste für die Allgemeinheit zu erreichen.
Als Rangnächste folgen jene hervorragenden und ehrenhaften Minister und Vertreter des Staates, die den Willen Gottes über ihren eigenen stellen und deren fachliche Kompetenz und Weisheit bei der Verwaltung ihrer Ämter die Staatskunst zu neuen Gipfeln der Vollkommenheit führt. Sie strahlen in der Welt der Gebildeten wie Leuchten des Wissens; ihre Gedanken, ihr Verhalten und ihre Taten beweisen, wie sehr ihnen das Vaterland und sein Fortschritt am Herzen liegen. Mit bescheidenen Bezügen zufrieden, widmen sie ihre Tage und Nächte der Erfüllung ihrer wichtigen Aufgaben und dem Ersinnen von Methoden, um den Fortschritt des Volkes sicherzustellen. Durch den Einfluss ihres weisen Rates und durch ihr gesundes Urteil haben sie eh und je ihre Regierung zu einem nachahmenswerten Beispiel für alle anderen Regierungen der Welt werden lassen. Ihre Hauptstadt ward zum Brennpunkt großer weltweiter Unternehmungen; sie selbst gewannen an Würde, erlangten in hohem Maß persönliche Berühmtheit und erklommen die höchsten Höhen an Wertschätzung und an Charaktereigenschaften.
Dann folgen jene berühmten, erfahrenen Gelehrten, die über edle Eigenschaften und umfassendes Wissen verfügen, sich fest an die Gottesfurcht halten und auf den Wegen des Heils bleiben. Im Spiegel ihres Geistes werden Formen transzendenter Wahrheiten reflektiert, und die Lampe ihrer inneren Schau empfängt ihr Licht von der Sonne universalen Wissens. Tag und Nacht stehen sie im Dienste gründlicher Forschungen auf solchen Wissensgebieten, die von Nutzen für die Menschheit sind, und widmen sich der Ausbildung befähigter Studenten. Würde man alle Schätze der Könige ihnen anbieten, so wären sie, da sie so hohe Ansprüche vertreten, nicht mit einem einzigen Tropfen aus den Wassern des Wissens zu vergleichen, und Berge von Gold und Silber könnten nicht die Freude an einer erfolgreichen Lösung eines schwierigen Problems aufwiegen. Alle Freuden, die abseits ihrer Arbeit liegen, sind in ihren Augen nur Kindertand, und die beschwerliche Last unnötiger Besitztümer ist nur für Unwissende und kleine Geister gut. Zufrieden gleich den Vögeln, sind sie für eine Handvoll Samen dankbar, und der Gesang ihres Wissens entzückt den Geist der Weltweisen.
Schließlich trifft man unter dem Volk kluge Führer und im ganzen Lande einflussreiche Persönlichkeiten an, die als Pfeiler den Staatsbau tragen. Ihr Rang, ihre Position und ihr Erfolg hängen davon ab, ob sie dem Volk wohlgesinnt sind und ob sie sich bemühen, solche Mittel herauszufinden, die die Nation in ihrer Entwicklung fördern und den Reichtum und das Wohlergehen der Bürger steigern.
Stellt euch vor, ein Mensch sei in seinem Land eine einflussreiche Persönlichkeit, er sei strebsam, weise, reinen Herzens, bekannt für seine angeborenen Fähigkeiten, seine Intelligenz und seinen natürlichen Scharfsinn; außerdem sei er ein wichtiges Mitglied der Staates: Worin kann ein solcher Mensch Ehre und bleibendes Glück, Rang und Ansehen in dieser und der kommenden Welt sehen? Etwa nicht darin, dass er gewissenhaft der Wahrheit und Rechtschaffenheit Beachtung schenkt, dass er entschlossen und hingebungsvoll nach dem Wohlgefallen Gottes trachtet, dass er danach strebt, die Gunst des Herrschers zu erlangen und die Anerkennung des Volkes zu verdienen? Oder vielleicht eher darin, dass er wegen der Freude an nächtlichen Festgelagen und Ausschweifungen seinem Land schadet und bei Tageslicht seinem Volk das Herz bricht, so dass er von Gott verstoßen, von seinem König vertrieben, von seinem Volk verunglimpft und mit der verdienten Verachtung gestraft wird? Bei Gott, die modernden Gebeine auf den Friedhöfen sind besser als solche Menschen! Welchen Wert haben sie, die niemals von der himmlischen Speise wahrer menschlicher Tugenden gekostet und nie von den kristallklaren Wassern jener Gnadengaben getrunken haben, die zum Reich des Menschen gehören?
Zweifellos ist mit der Einführung von Parlamenten beabsichtigt, für Gerechtigkeit und Rechtschaffenheit Sorge zu tragen; alles hängt jedoch von den Anstrengungen der gewählten Abgeordneten ab. Wenn ihre Absicht rein ist, wird es zu wünschenswerten Ergebnissen und zu unerwarteten Verbesserungen kommen; andernfalls ist alles sinnlos. Das Land wird zum Erliegen kommen, und die öffentliche Ordnung wird sich verschlechtern. »Wie ich sehe, kommen tausend Bauleute nicht gegen einen Störenfried an. Was aber soll geschehen, wenn einem Baumeister tausend Störenfriede auf dem Fuße folgen?«
Im Vorangegangenen wurde zumindest darzulegen versucht, dass Glück und Größe, Rang und Stufe, Freude und Frieden eines Menschen nie auf seinem persönlichen Reichtum beruhen, vielmehr auf seinem hervorragenden Charakter, seinem hehren Entschluss, seiner umfassenden Bildung und seiner Fähigkeit, schwierige Probleme zu lösen. Wie klar ist doch gesagt worden: »Was ich auf dem Körper trage, ist keinen Pfennig wert, wollte man es verkaufen; aber darunter schlägt ein Herz, das – gegen alle Herzen der Welt aufgewogen – größer und edler wäre.«
Nach Ansicht des Verfassers sollte die Wahl von nichtständigen Mitgliedern beratender Körperschaften in souveränen Staaten vom Willen und der Wahl des Volkes abhängen; denn Abgeordnete, die gewählt werden, sind eher geneigt, Gerechtigkeit walten zu lassen, damit ihr Ruf keinen Schaden leide und sie nicht vor der Öffentlichkeit in Ungnade fallen.
Man sollte nicht glauben, mit den vorstehenden Bemerkungen wollte der Verfasser Reichtum verurteilen oder Armut empfehlen. Reichtum ist allen Lobes wert, wenn er durch eigene Anstrengungen des Menschen und durch die Gnade Gottes auf den Gebieten des Handels, der Landwirtschaft, der Kunst oder Industrie erworben und für menschenfreundliche Zwecke ausgegeben wird. Vor allen Dingen gäbe es, wenn ein vernünftiger und ideenreicher Mensch Maßnahmen in die Wege leiten würde, um das Einkommen der Volksmassen allgemein zu heben, kein wichtigeres Vorhaben als dieses, und in den Augen Gottes würde dies als die größte Errungenschaft gelten, denn solch ein Wohltäter würde die Bedürfnisse einer großen Menge stillen und ihr Sicherheit und Wohlfahrt verschaffen. Reichtum ist in höchstem Maße lobenswert, sofern die ganze Bevölkerung reich ist. Wenn jedoch nur einige wenige übermäßige Reichtümer besitzen und alle übrigen verarmt sind, wenn keine Frucht, kein Nutzen aus dem Reichtum erwächst, dann bedeutet dieser nur eine Belastung für den Besitzer. Wird der Reichtum andererseits dazu verwendet, Wissen zu fördern, Grund- und andere Schulen zu eröffnen, Kunst und Industrie anzuregen, Waisen und Arme zu erziehen – kurz gesagt, ist er dem Wohle der Gesellschaft gewidmet –, dann ragt sein Besitzer vor Gott und den Menschen als der Vortrefflichste unter allen, die auf Erden wohnen, hervor und wird zum Volke des Paradieses gezählt.
Nun zu jenen, die die Meinung vertreten, die Einführung von Reformen und Einrichtung machtvoller Institutionen stünde im Widerspruch zum Wohlgefallen Gottes, würden gegen die Gesetze des Göttlichen Gesetzgebers verstoßen und gegen die religiösen Grundsätze und das Lebensvorbild des Propheten.

Lasst sie überlegen, wie weit solches zutreffen könnte.

Laufen Reformen dem religiösen Gesetz zuwider, weil sie von Ausländern übernommen werden und sie uns dazu bringen, so zu sein, wie sie sind nach dem Wort:

»Wer ein Volk nachahmt, gehört ihm an«?

Zunächst beziehen sich diese Angelegenheiten auf den zeitlichen, äußerlichen Rahmen der Zivilisation, die Förderung von Wissenschaften, die Begleiterscheinungen des Fortschritts im Berufsleben und in den Künsten sowie die ordnungsgemäße Amtsführung der Regierung.

Sie haben absolut nichts zu tun mit Fragen des Geistes und den vielfältigen Wahrheiten religiöser Lehre.

Wenn eingewandt würde, vom Ausland etwas zu übernehmen, selbst wenn es materielle Angelegenheiten betrifft, sei unzulässig, würde eine solche Behauptung nur die Unwissenheit und Unvernunft ihrer Befürworter beweisen.

Haben sie den berühmten ḤadíthA4 vergessen:

»Suchet nach Wissen, selbst bis nach China«?

Sicherlich gehörten die Chinesen in den Augen Gottes zu den am meisten beklagenswerten Menschen, weil sie Götzenbilder anbeteten und des allwissenden Herrn nicht gedachten.

Die Europäer sind wenigstens ein »Volk des Buches«Q11 und glauben an Gott; darauf wird ausdrücklich in dem heiligen Vers Bezug genommen:

»Du wirst sicherlich jene den Gläubigen liebreich am nächsten finden, die sagen ›Wir sind Christen‹«Q12.

Es ist deshalb durchaus zulässig und in der Tat vorzuziehen, von christlichen Ländern Wissen zu erwerben.

Wie könnte die Suche nach Wissen unter den Heiden vor Gott annehmbar sein und die Suche unter dem »Volk des Buches« Ihm missfallen?
In der ›Grabenschlacht‹A5 verschaffte sich Abú-Sufyán die Hilfe der Baní-Kinánih, der Baní-Qaḥṭán und der jüdischen Baní Qurayzah; er erhob sich mit allen Stämmen der Quraysh, um das Göttliche Licht, das in der Lampe von Yathrib (Medina) flammte, zu löschen.

In jenen Tagen heulten die Stürme der Prüfungen und Schicksalsschläge aus jeder Richtung, wie geschrieben steht:

»Wähnen die Menschen, in Ruhe gelassen und nicht geprüft zu werden, wenn sie nur sagen ›Wir glauben‹?«Q13 Die Gläubigen waren gering an Zahl, der Feind griff mit Macht an und versuchte, die neu erschienene Sonne der Wahrheit durch den Staub der Unterdrückung und der Gewaltherrschaft auszulöschen.

Da trat der Perser Salmán vor den Propheten, den Aufgangsort der Offenbarung, den Brennpunkt der unendlichen Strahlen göttlicher Gnade, und sagte, dass man in Persien zum Schutz vor einem eindringenden Feind Festungsgräben oder Schanzen um das Land anlegte und dies habe sich als eine höchst wirksame Vorsichtsmaßnahme gegen plötzliche Überfälle erwiesen.

Hat nun daraufhin jener Brunnquell umfassender Weisheit, jenes Bergwerk göttlicher Erkenntnis erwidert, solche Verteidigungsanlagen seien ein Brauch götzendienerischer, feueranbetender MagierA6 und könnte deshalb von den Gläubigen des einen wahren Gottes schwerlich übernommen werden?

Oder hat Er nicht vielmehr sofort Seinen Anhängern befohlen, so rasch wie möglich einen Graben auszuheben?

Gemeinsam mit ihnen nahm Er selbst in Seiner eigenen gesegneten Person die Werkzeuge in die Hand und machte sich an die Arbeit.
In den Büchern der verschiedenen islámischen Rechtsschulen und in den Schriften führender Gelehrter und Historiker ist zudem berichtet, dass heilige Gesetze offenbart wurden, die teilweise den Bräuchen aus den Tagen der UnwissenheitA7 entsprachen – und dies, nachdem das Licht der Welt über dem Ḥijáz aufgegangen war, die ganze Menschheit mit Seinem Strahlenglanz überflutet und durch die Offenbarung eines neuen, göttlichen Gesetzes, neuer Grundsätze und neuer Einrichtungen eine grundlegende Veränderung in der ganzen Welt geschaffen hatte. So achtete Muḥammad zum Beispiel die Monate des GottesfriedensA8, Er behielt das Verbot des Schweinefleisches, den Mondkalender sowie die Monatsnamen bei und dergleichen mehr. Es gibt eine beträchtliche Zahl solcher Gesetze, die einzeln in den Texten aufgeführt sind:
»In den Tagen der Unwissenheit hielt sich das Volk an viele Bräuche, die das Gesetz des Islám später bestätigte. Sie heirateten keine Mutter und deren Tochter gleichzeitig; der schimpflichste Akt war in ihren Augen, zwei Schwestern zu heiraten. Ein Mann, der die Frau seines Vaters heiratete, wurde verspottet und als seines Vaters Nebenbuhler gebrandmarkt. Sie hatten den Brauch, zu dem Haus in Mekka zu pilgern und dort Besuchsriten zu verrichten, indem sie Pilgerkleider anlegten, das Haus feierlich umschritten, zwischen den Hügeln hin und her liefen, an den Halteplätzen warteten und Steine warfen. Weiter war es ihre Gewohnheit, in dreijährigen Abständen einen Schaltmonat in den Kalender einzufügen, nach dem Geschlechtsverkehr Waschungen zu verrichten, den Mund zu spülen, Wasser durch die Nasenlöcher einzuziehen, das Haar zu scheiteln, Zahnstocher zu benutzen, die Nägel zu schneiden und die Haare der Achselhöhlen auszurupfen. Desgleichen pflegten sie einem Dieb die rechte Hand abzuhacken.«
Kann man, Gott bewahre, aus der Tatsache, dass einige göttliche Gesetze den Bräuchen aus den Tagen der Unwissenheit, den Sitten eines von allen Nationen verachteten Volkes ähneln, den Schluss ziehen, diese göttlichen Gesetze seien fehlerhaft? Oder kann man sich, Gott behüte, vorstellen, der Allmächtige Herr sei geneigt gewesen, den Ansichten der Heiden zu folgen? Die göttliche Weisheit nimmt viele Formen an. Wäre es Muḥammad nicht möglich gewesen, ein Gesetz zu offenbaren, das keinerlei Ähnlichkeit mit den Bräuchen, die in den Tagen der Unwissenheit üblich waren, gehabt hätte? Nein, Seine vollkommene Weisheit hatte zum Ziel, das Volk aus den Ketten des Fanatismus zu befreien, die es an Händen und Füßen fesselten, und genau denjenigen Einwendungen zuvorzukommen, die heutzutage den einfachen, ratlosen Seelen den Verstand verwirren und das Bewusstsein trüben.
Manche, die über die Bedeutung des Wortes Gottes und die Inhalte der überlieferten und niedergeschriebenen Geschichte nicht ausreichend informiert sind, werden behaupten, jene Bräuche aus den Tagen der Unwissenheit seien Gesetze gewesen, die Seine Heiligkeit Abraham gegeben und die die Götzendiener beibehalten hätten. In diesem Zusammenhang werden sie den Qur’án-Vers anführen: »Folget der Religion Abrahams, der gesund im Glauben war.«Q14. Es ist jedoch eine Tatsache, die in den Schriften aller islámischen Rechtsschulen belegt ist, dass die Monate des Gottesfriedens, der Mondkalender und das Abschlagen der rechten Hand als Strafe für Diebstahl keine Gesetze waren, die Teil des Gesetzes Abrahams waren. Jedenfalls sind die fünf Bücher Mose, die die Gesetze Abrahams enthalten, noch vorhanden und heute allgemein zugänglich. Lasst sie darauf verweisen. Sie werden dann natürlich darauf bestehen zu behaupten, die Thora sei verfälscht worden, und zum Beweis den Qur’án-Vers zitieren: »Sie verkehren den Text des Wortes Gottes.«Q15 Es ist jedoch bekannt, wo solche Verfälschungen stattfanden; in kritischen Texten und Kommentaren ist dies aufgezeichnet.A9 Wollten wir dieses Thema ausführlicher behandeln, müssten wir unsere eigentliche Absicht hintanstellen.
Manchen Berichten zufolge wurde die Menschheit angewiesen, verschiedene gute Eigenschaften und Verhaltensweisen von den wilden Tieren zu übernehmen und von diesen etwas dazuzulernen. Wenn es statthaft ist, Tugenden dummer Tiere nachzuahmen, so ist es sicherlich viel eher erlaubt, Wissenschaften und Techniken von fremden Völkern zu übernehmen, die wenigstens der menschlichen Rasse angehören und sich durch Urteilsvermögen und die Macht der Sprache auszeichnen. Und wenn behauptet wird, solche löblichen Eigenschaften seien den Tieren angeboren, welchen Beweis können sie dann anführen, dass diese wesentlichen Grundsätze der Kultur, dieses Wissen und diese Wissenschaften, die unter anderen Völkern geläufig sind, nicht auch ›angeboren‹ seien? Gibt es einen Schöpfer außer Gott? Sprich: Gepriesen sei Gott!
Die gelehrtesten und gebildetsten Geistlichen, die namhaftesten Gelehrten haben gründlich diejenigen Wissenszweige studiert, deren Wurzel und Ursprung die griechischen Philosophen wie Aristoteles und andere waren, und haben die Erforschung der griechischen Texte von Wissenschaften wie der Medizin und Zweigen der Mathematik einschließlich AlgebraA10 und Arithmetik als besonders verdienstvolle Errungenschaft geschätzt. Alle bedeutenden Geistlichen studieren und lehren die Wissenschaft der Logik, obwohl sie als deren Begründer einen Sabäer ansehen. Die meisten von ihnen bestehen darauf, dass auf die Meinungen, Ableitungen und Schlussfolgerungen eines Gelehrten kein sicherer Verlass sei, wenn er zwar eine Reihe von Wissenschaften beherrsche, in der Logik jedoch keine gründlichen Kenntnisse habe.
Es ist nun klar und unwiderleglich dargestellt worden, dass Grundsätze und Verfahrensweisen kultivierten Lebens aus fremden Ländern zu übernehmen und wissenschaftliche Kenntnisse und Techniken aus dem Ausland zu erwerben – mit anderen Worten: alles, was zum allgemeinen Wohl beiträgt – uneingeschränkt zulässig ist. Dies wurde dargelegt, damit sich die öffentliche Aufmerksamkeit auf eine Angelegenheit von so umfassendem Nutzen fokussiere, damit sich das Volk mit ganzer Kraft erhebe, dies zu fördern, bis mit Gottes Hilfe dieses geheiligte Land in kurzer Zeit zur ersten Nation unter allen anderen Nationen werde.
O ihr, die ihr weise seid! Erwäget sorgfältig: Kann man eine gewöhnliche Waffe mit einem Martini-Henry-Gewehr oder einer Krupp-Kanone vergleichen? Wollte jemand behaupten, unsere alten Feuerwaffen seien gut genug für uns und es sei sinnlos, Waffen einzuführen, die im Ausland erfunden wurden – würde da auch nur ein Kind ihm zuhören? Oder sollte jemand sagen: »Wir haben immer unsere Waren von Land zu Land auf dem Rücken der Tiere befördert: Warum brauchen wir Dampfmaschinen? Warum sollten wir anderen Völkern versuchen nachzueifern?«, könnte ein intelligenter Mensch eine solche Feststellung hinnehmen? Nein, bei dem einen Gott! Es sei denn, er wollte sich auf Grund eines geheimen Motivs oder aus Feindseligkeit weigern, offenkundige Tatsachen anzuerkennen.
Fremde Nationen zögern nicht, Ideen voneinander zu übernehmen, obwohl sie höchste Fachkenntnis in Wissenschaft, Kunst und Industrie erworben haben. Wie kann man da zulassen, dass Persien, ein Land in tiefster Not, zurückgeblieben und aufgegeben hinterherhinkt?
Jene bedeutenden Geistlichen und Gelehrten, die auf dem geraden Pfad wandeln, mit den Geheimnissen göttlicher Weisheit und den inneren Zusammenhängen der Heiligen Bücher wohlvertraut sind, die das Juwel der Gottesfurcht in ihren Herzen tragen und deren strahlende Angesichter vom heilbringenden Licht erleuchtet sind – diese Geistlichen und Gelehrten achten auf die gegenwärtige Bedürfnisse, sie verstehen die Erfordernisse der Moderne und verwenden sicherlich ihre ganze Kraft darauf, Bildung und Kultur voranzutragen. »Sind jene, die wissen, gleich denen, die nicht wissen? … Oder ist die Finsternis gleich dem Licht?«Q16
Die geistig Gebildeten sind Lampen der Führung unter den Nationen und Sterne des Glücks, die am Horizont der Menschheit strahlen. Sie sind Springbrunnen des Lebens für solche, die dem Tode von Unwissenheit und Unkenntnis verfallen sind, und reine Quellen der Vollkommenheit für jene, die dürstend durch die Wüsten ihrer Fehler und Irrtümer wandern. Dämmerorte der Zeichen göttlicher Einheit sind sie und Eingeweihte in die Geheimnisse des ruhmreichen Qur’án. Sie sind erfahrene Ärzte für den kranken Körper der Welt und das sichere Heilmittel gegen das Gift, das die menschliche Gesellschaft verdorben hat. Sie sind es, die als starke Feste die Menschheit beschützen, sie sind der unbezwingbare Zufluchtsort für die Bedrängten, Bekümmerten und Gequälten und für die Opfer der Unwissenheit. »Wissen ist ein Licht, das Gott ins Herz wirft, wem immer Er will.«
Für alles hat Gott ein Zeichen und Sinnbild geschaffen, hat Er Maßstäbe und Prüfsteine aufgestellt, durch die es erkannt werden kann. Die geistig Gebildeten müssen sich durch innere wie äußere Vollkommenheiten auszeichnen; sie müssen einen guten Charakter, ein aufgeklärtes Wesen, reine Absichten und ebenso Verstandeskraft, Scharfsinn und Urteilsvermögen, Verschwiegenheit und Weitsicht besitzen, ferner müssen sie besonnen, ehrfürchtig und aufrichtig gottesfürchtig sein. Denn eine Kerze, die nicht brennt, so dick und groß sie auch sein mag, ist nicht besser als eine trockene Palme oder ein Haufen abgestorbenes Holz.
»Die Maid mag schmollen oder mit mir spielen. Grausame Schönheit, groll nur, sei kokett! Jedoch der Hässlichen steht Scheu nicht an, und Schmerz in blindem Aug’ tut doppelt weh.«A11
Eine autorisierte Überlieferung besagt: »Wer zu den GebildetenA12 gehört, muss sich selbst bewahren, seinen Glauben verteidigen, seinen Leidenschaften widerstehen und die Gebote seines Herrn befolgen. Sodann ist es die Pflicht des Volkes, sich an sein Beispiel zu halten.« Da diese erlauchten und heiligen Worte alle Voraussetzungen wahren Wissens veranschaulichen, ist eine kurze Erläuterung ihres Sinns angebracht. Wem es auch immer an diesen göttlichen Fähigkeiten fehlt, wer diese unabdingbaren Erfordernisse nicht in seiner Lebensführung an den Tag legt, sollte nicht als ein Gebildeter angesehen werden und ist nicht wert, den Gläubigen als Vorbild zu dienen.
Das erste dieser Erfordernisse ist, sich selbst zu bewahren. Offensichtlich bedeutet dies nicht, dass man sich vor Unglück und materiellen Prüfungen schützt; denn alle Propheten und Heiligen waren den bittersten Trübsalen, welche die Welt zu bieten hat, ausgesetzt und dienten der Menschheit zur Zielscheibe für jede Art an Grausamkeit und Angriffslust. Sie opferten ihr Leben für das Wohlergehen des Volkes, und aus ganzem Herzen eilten sie der Stätte ihres Martyriums entgegen. Durch ihre innere und äußere Vollkommenheit schmückten sie die Menschenwelt mit neuen Gewändern vortrefflicher Eigenschaften, angeborener wie erworbener. Sich selbst zu bewahren bedeutet vor allem, die Attribute geistiger und materieller Vollkommenheit zu erwerben.
Das erste Attribut der Vollkommenheit besteht in der Bildung und in den kulturellen Erkenntnissen des Geistes. Diese hohe Stufe ist erreicht, wenn der Mensch umfassende Kenntnis besitzt von den vielschichtigen und transzendenten Wahrheiten, die Gott zugehören, den Grundwahrheiten der politisch-religiösen Gesetze des Qur’án, dem Inhalt der heiligen Schriften anderer Bekenntnisse sowie von Satzungen und Verfahren, die zum Fortschritt und zur Kultur dieses hervorragenden Landes beitragen können. Darüber hinaus sollte ein solcher Mensch über anderer Länder Gesetze und Grundsätze, Sitten, Lebensumstände und Gepflogenheiten sowie über die materiellen und sittlichen Verdienste, die deren Staatskunst kennzeichnen, Bescheid wissen; er sollte auf allen nutzbringenden Wissensgebieten seiner Zeit höchst bewandert sein und die geschichtlichen Aufzeichnungen vergangener Regierungen und Völker studieren. Denn wenn ein gebildeter Mensch nicht die heiligen Schriften und das gesamte Gebiet der Religions- und Naturwissenschaften, des religiösen Rechts, der Staatskunst, des vielfältigen Wissens der Zeit und der großen geschichtlichen Ereignisse kennt, kann es leicht sein, dass er einem Ernstfall nicht gewachsen ist, und das wäre unvereinbar mit dem notwendigen Erfordernis umfassenden Wissens.
Wenn zum Beispiel ein islámischer Gelehrter mit einem Christen ein Gespräch führt und die herrlichen Melodien des Evangeliums nicht kennt, wird es ihm nicht möglich sein, den Christen zu überzeugen; wie viele Wahrheiten aus dem Qur’án er auch anführt, er wird tauben Ohren predigen. Sollte der Christ jedoch bemerken, dass der Muslim über die Grundwahrheiten des Christentums besser Bescheid weiß als die christlichen Theologen und dass er den Sinn der Schriften tiefer erfasst hat als jene, dann wird er den Ausführungen des Muslims gern zustimmen; tatsächlich bleibt ihm dann keine andere Wahl.
Als der ExilarchA13 in die Gegenwart des Imám Riḍá, jenes Leuchtfeuers göttlicher Weisheit, des Heils und der Gewissheit, gelangte, hätte er nie die Größe seiner Heiligkeit anerkannt, wenn der Imám, dieses Bergwerk an Wissen, im Verlauf ihrer Unterredung nicht seine Argumente auf die dem Exilarch vertraute und wichtige Autorität gestützt hätte.
Auf zwei mächtigen Kräften basiert der Staat: die gesetzgebende und die ausführende Gewalt. Die ausführende Gewalt geht von der Regierung aus, während im Mittelpunkt der Gesetzgebung der Gelehrte steht. Wie wäre es denkbar, dass ein Staat Bestand hätte, wenn diese letztere starke Stütze, dieser Grundpfeiler, sich als unbrauchbar erweist?
Angesichts der Tatsache, dass heutzutage solch vollkommen entwickelte und umfassend gebildete Persönlichkeiten kaum zu finden sind und Regierung und Volk der Ordnung und Führung dringend bedürfen, ist es wichtig, ein Gremium von Gelehrten zu bilden, dessen verschiedene Mitgliedergruppen jeweils in einem der oben erwähnten Wissenszweige sachkundig sind. Diese Körperschaft sollte mit größtem Eifer und aller Tatkraft über gegenwärtige und künftige Erfordernisse beraten und Ruhe und Ordnung herbeiführen.
Bisher ist dem religiösen Gesetz noch keine entscheidende Rolle an unseren Gerichten eingeräumt worden, weil jeder ‘Ulamá diejenigen Urteile fällte, die er nach seiner eigenmächtigen Auslegung und nach seiner persönlichen Meinung für angebracht hielt.

Es mag sein, dass zwei Männer vor Gericht gehen und einer der ‘Ulamá zu Gunsten des Klägers, ein anderer zu Gunsten des Beklagten entscheidet.

Dann mag es sogar geschehen, dass in ein und demselben Fall zwei widersprüchliche Urteile von ein und demselben Mujtahid gefällt werden, weil er das erste Mal in die eine Richtung, das zweite Mal in die andere Richtung beeinflusst worden war.

Zweifellos hat dieser Zustand alle wichtigen Belange durcheinandergebracht und muss die eigentlichen Grundlagen der Gesellschaft gefährden; denn Kläger wie Beklagter geben die Hoffnung nie auf, schließlich doch noch Erfolg zu haben, und jeder vergeudet sein Leben mit dem Versuch, ein später ergehendes Urteil zu erwirken, das das vorhergehende rückgängig macht.

Ihre ganze Zeit vertun sie mit Rechtsstreitigkeiten, was dazu führt, dass ihr ganzes Leben in dem Streitfall verwickelt ist, statt gemeinnützigen Unternehmungen und angemessenen persönlichen Bedürfnissen gewidmet zu sein.

Diese beiden Prozessgegner könnten in der Tat auch tot sein, denn sie können ihrer Regierung und der Gesellschaft nicht im Geringsten einen Dienst erweisen.

Wenn jedoch ein endgültiges, unwiderrufliches Urteil erginge, müsste die ordnungsgemäß verurteilte Person notgedrungen alle Hoffnung auf eine Wiederaufnahme des Falles aufgeben, würde in dieser Hinsicht entlastet werden und könnte sich wieder um ihre eigenen Angelegenheiten und diejenigen anderer kümmern.
Da diese überaus wichtige Frage das vornehmste Mittel für die Sicherung des Friedens und der Ruhe des Volkes und die wirksamste Triebkraft für die Weiterentwicklung von Hoch und Niedrig ist, obliegt es denjenigen gelehrten Mitgliedern der großen beratenden Versammlung, die sich mit dem Göttlichen Gesetz genau auskennen, eine einheitliche, direkte und endgültige Verfahrensweise für die Beilegung von Rechtsstreitigkeiten zu entwickeln. Dieser Rechtsgang sollte dann im ganzen Land auf Befehl des Königs veröffentlicht werden, seine Vorkehrungen müssten genauestens einzuhalten sein. Diese so wichtige Frage bedarf dringendster Aufmerksamkeit.
Das zweite Attribut der Vollkommenheit ist Gerechtigkeit und Unparteilichkeit. Dies bedeutet, persönlichem Nutzen und eigensüchtigen Vorteilen keine Beachtung zu schenken, vielmehr die Gesetze Gottes ohne den leisesten Hintergedanken an irgendetwas anderes anzuwenden. Es bedeutet ferner, sich selbst nur als einen der Diener Gottes, des Allbesitzenden, anzusehen und nie danach zu trachten, andere zu übertreffen, es sei denn im Streben nach geistiger Vortrefflichkeit. Es bedeutet, das Wohl der Gemeinschaft als das eigene zu empfinden. Kurz gesagt heißt dies, die ganze Menschheit als ein einziges Lebewesen, sich selbst als ein Teil dieses großen Körpers anzusehen und genau zu wissen, dass jeder Schmerz, jede Wunde, die ein Körperteil trifft, unweigerlich alles übrige in Mitleidenschaft zieht.
Die dritte Voraussetzung für Vollkommenheit ist, sich aufrichtig und mit der lautersten Absicht aufzumachen, die Massen zu erziehen: sich bis zum äußersten anzustrengen, um sie in den verschiedenen Wissensgebieten und nutzbringenden Wissenschaften zu unterweisen, um eine fortschrittliche Entwicklung zu fördern, die Bereiche des Handels, der Industrie und der Künste zu erweitern und solche Maßnahmen zu unterstützen, die den Wohlstand des Volkes erhöhen. Die breiten Schichten der Bevölkerung sind nämlich in Unkenntnis über jene lebenspendenden Kräfte, die die chronischen Leiden der Gesellschaft umgehend heilen könnten.
Es ist unerlässlich, dass Gelehrte und geistig Gebildete aufrichtigen und reinen Herzens und nur aus Liebe zu Gott daran gehen, die Massen zu beraten, zu ermahnen und ihre Sicht mit jenem Heilmittel zu erhellen, das Wissen heißt. Denn in ihrem tief verwurzelten Aberglauben meinen viele Leute heutzutage, ein Mensch, der an Gott und Seine Zeichen, an die Propheten, ihre Offenbarungen und ihre Gesetze glaubt, der fromm und gottesfürchtig ist, müsse notwendigerweise müßig gehen und seine Tage mit Nichtstun verbringen, um in den Augen Gottes als jemand dazustehen , der der Welt und ihren Nichtigkeiten entsagt, sein Herz dem künftigen Leben zugewandt und sich von den anderen Menschen abgesondert hat, damit er dadurch Gott näher kommt. Da dieses Thema anderweitig in der vorliegenden Schrift behandelt wird, wollen wir es hier auf sich beruhen lassen.
Weitere Attribute der Vollkommenheit sind, Gott zu fürchten, Ihn zu lieben, indem man Seine Diener liebt, Sanftmut, Nachsicht und Besonnenheit zu üben, aufrichtig, zugänglich, gütig und mitleidsvoll, entschlossen und mutig, zuverlässig und tatkräftig zu sein, zu ringen und zu streben, edelmütig, treu und ohne Hintergedanken zu sein, Eifer und Ehrgefühl an den Tag zu legen, hochgesinnt und großmütig zu sein und die Rechte anderer zu achten. Wem es an diesen hervorragenden menschlichen Eigenschaften fehlt, der ist unvollkommen. Wollten wir die inneren Bedeutungen aller dieser Tugenden erklären, »das Gedicht würde siebzig ManA14 Papier füllen.«
Der zweite geistige Maßstab, der an den Gebildeten anzulegen ist, besteht darin, dass er seinen Glauben verteidigen sollte. Natürlich beziehen sich diese heiligen Worte nicht nur darauf, dass man nach dem tieferen Sinn des Gesetzes forscht, gottesdienstliche Vorschriften einhält, größere und kleinere Sünden vermeidet, die religiösen Vorschriften befolgt und mit allen diesen Mitteln den Glauben schützt. Weit eher bedeuten diese Worte, dass die ganze Bevölkerung in jeder Weise geschützt werden sollte, dass jegliche Anstrengung unternommen werden sollte, um eine Bündelung aller erdenklichen Maßnahmen zu ermöglichen und dadurch das Wort Gottes zu verkünden, die Zahl der Gläubigen zu vergrößern, den Glauben Gottes zu fördern, ihn zu erhöhen und zum Sieg über andere Glaubensformen zu führen.
Hätten sich die religiösen Autoritäten der Muslime wirklich so verhalten , wie sie es hätten tun sollen, wäre heutzutage jedes Volk auf Erden unter dem Schutzdach der Einheit Gottes versammelt, und das helle Feuer des »damit Er sie siegreich mache über jede andere Religion«Q17 wäre wie die Sonne mitten im Herzen der Welt aufgeflammt.
Fünfzehn Jahrhunderte nach Christus wandte sich Luther, ursprünglich eines von zwölf Mitgliedern einer katholischen Religionskörperschaft im Zentrum der päpstlichen Verwaltung und später der Begründer des protestantischen Glaubens, gegen den Papst und zwar wegen gewisser Lehraussagen wie des Eheverbots für Mönche, des verehrungsvollen Niederkniens vor den Bildern von Aposteln und ehemaligen christlichen führenden Persönlichkeiten sowie wegen verschiedener anderer religiöser Praktiken und Zeremonien, die den Geboten des Evangeliums zugeschrieben worden waren.

Obwohl zu jener Zeit die Macht des Papstes so groß war und er mit solcher Ehrfurcht behandelt wurde, dass die Könige Europas vor ihm zitterten und bebten, obwohl der Papst alle wichtigen Belange Europas kontrollierend im Griff seiner Macht hielt, haben doch in den letzten 400 Jahren die Mehrheit der Bevölkerung Amerikas, vier Fünftel von Deutschland und England und ein großer Prozentsatz von Österreichern, alles in allem etwa hundertfünfundzwanzig Millionen Menschen, andere christliche Konfessionen verlassen und sind in die protestantische Kirche eingetreten, weil Luthers Einstellung in Bezug auf die Freiheit von Priestern, heiraten zu dürfen, in seiner Abkehr von der Anbetung und dem Niederknien vor in den Kirchen aufgehängten Bildern und Darstellungen und in der Abschaffung von Zeremonien, die dem Evangelium beigefügt worden waren, nachweislich richtig war, und weil die geeigneten Mittel ergriffen wurden, seine Ansichten zu verbreiten.

Die Anführer dieser Konfession geben sich nach wie vor jede Mühe, diese zu verbreiten, und haben heute an der Ostküste Afrikas – vordergründig zur Emanzipation der Sudanesen und verschiedener afrikanischer Völker – Schulen und Ausbildungsstätten eingerichtet, in denen völlig unzivilisierte afrikanische Stämme erzogen und ausgebildet werden, während ihre wahre und vorrangige Absicht darin liegt, einige der muslimischen indigenen Völker zum Protestantismus zu bekehren.

Jede Gemeinschaft müht sich um den Fortschritt ihrer Anhänger, und wir (d. h. die Muslime) schlafen weiter!
Obwohl es unklar war, welche Zielvorstellung jenen Mann antrieb oder was er vorhatte, seht nur den Eifer und die Mühe, mit der die protestantischen Führer seine Lehren weit und breit verkündet haben!
Es ist sicher, dass das Licht Gottes die ganze Erde umhüllen würde, wollte nur das erlauchte Volk des einen wahren Gottes als Empfänger Seiner Bestätigungen und Seiner göttlichen Hilfe mit aller Kraft und mit völliger Hingabe, ganz im Vertrauen auf Gott und losgelöst von allem außer Ihm, entsprechende Maßnahmen ergreifen, um den Glauben zu verbreiten, und alle Mühe auf dieses Ziel ausrichten.
Einzelne Menschen, denen die Wirklichkeit unter der Oberfläche der Ereignisse verborgen bleibt, die den Pulsschlag der Welt nicht fühlen können, die nicht wissen, welch große Dosis Wahrheit verabreicht werden muss, um dieses chronische alte Leiden der Lüge zu heilen, sind der Ansicht, dass der Glaube nur durch das Schwert verbreitet werden kann; sie unterbauen ihre Meinung mit der Überlieferung:

»Ich bin ein Prophet durch das Schwert.« Wenn sie diese Frage jedoch sorgfältig prüfen würden, müssten sie erkennen, dass das Schwert heutzutage, in diesem Zeitalter, kein passendes Mittel ist, um den Glauben zu verbreiten, denn es erfüllt die Herzen der Menschen nur mit Abscheu und Schrecken.

Nach dem göttlichen Gesetz Muḥammads geht es nicht an, dass das »Volk des Buches« gezwungen wird, den Glauben anzuerkennen und anzunehmen.

Während es eine heilige Pflicht für jeden ist, der mit Überzeugung an die Einheit Gottes glaubt, die Menschen zur Wahrheit zu führen, beziehen sich die Überlieferungen »Ich bin ein Prophet durch das Schwert« und »Mir ist befohlen, den Leuten nach dem Leben zu trachten, bis sie sagen: ›Es gibt keinen Gott außer Gott‹«Q18 auf die Götzendiener aus den Tagen der Unwissenheit, die in ihrer Blindheit und Grausamkeit tief unter die menschliche Stufe gesunken waren.

Auf einen Glauben, der durch Schwerthiebe entstanden ist, wäre schwerlich Verlass; durch den geringsten Anlass würde er in Irrtum und Unglauben zurückfallen.

So fielen z.

B. auch die Stämme in der Umgebung Medinas nach dem Heimgang Muḥammads, nach Seinem Aufstieg auf »den Sitz der Wahrheit in der Gegenwart des allmächtigen Königs«Q19, von ihrem Glauben ab und wandten sich wieder dem Götzendienst aus heidnischen Zeiten zu.
Erinnert euch an die Zeit, als die heiligen Düfte des Geistes Gottes (Jesus) ihre Süße über Palästina und Galiläa, über die Ufer des Jordan und die Gefilde um Jerusalem ergossen, als die wundersamen Melodien des Evangeliums in den Ohren der geistig Erleuchteten erklangen:

Alle Völker Asiens und Europas, Afrikas und Amerikas als auch von Ozeanien, das die Inseln und Inselgruppen des Pazifischen und des Indischen Ozeans umfasst, waren Feueranbeter und Heiden, in Unkenntnisder Göttlichen Stimme, die am Tage des BundesA15 sprach.

Allein die Juden glaubten an den EINEN wahren Gott Göttlichkeit und Einheit Gottes.

Nach der Erklärung Jesu verlieh der reine, belebende Odem Seines Mundes drei Jahre lang den Bewohnern jener Landstriche ewiges Leben, und durch Göttliche Offenbarung trat das Gesetz Christi, zur damaligen Zeit das lebenswichtige Heilmittel für den siechen Körper der Welt, in Kraft.

In den Tagen Jesu wandten nur wenige Menschen ihr Angesicht Gott zu.

Tatsächlich wurden nur die zwölf Jünger und ein paar Frauen wahre Gläubige, und einer der Jünger, Judas Ischariot, verriet seinen Glauben, so dass nur elf übrigblieben.

Nach dem Aufstieg Jesu ins Reich der Herrlichkeit erhoben sich diese wenigen Seelen mit ihren geistigen Tugenden und mit Taten, die rein und heilig waren, und machten sich durch die Allmacht Gottes und den lebenspendenden Odem des Messias auf, alle Völker der Erde zu erretten.

Da standen alle götzendienerischen Nationen sowie die Juden in ihrer Gesamtheit auf, das Göttliche Feuer zu löschen, das in der Lampe von Jerusalem entzündet war.

»Gern hätten sie Gottes Licht mit ihren Mäulern ausgeblasen; aber Gott will Sein Licht vervollkommnen, wiewohl die Ungläubigen es verabscheuen.«Q20 Unter den schlimmsten Folterungen brachten sie jede dieser heiligen Seelen zu Tode; mit Schlachtermessern hackten sie die reinen, unbefleckten Leiber von einigen unter ihnen in Stücke und verbrannten sie in Feueröfen; andere Gläubige streckte man auf der Folter und begrub sie dann bei lebendigem Leibe.

Obwohl solche Todesqualen ihr Lohn waren, fuhren die Christen fort, die Sache Gottes zu lehren; nie zogen sie ein Schwert aus der Scheide oder streiften auch nur eine Wange.

Am Ende umfing der Glaube Christi die ganze Erde, so dass in Europa und Amerika keine Spuren von anderen Religionen übrig blieben und heute in Asien, Afrika und Ozeanien große Volksmassen im Heiligtum der vier Evangelien leben.
Es ist nun durch die oben angeführten unwiderlegbaren Beweise untermauert worden, dass der Glaube Gottes durch menschliche Vollkommenheiten, durch hervorragende und anziehende Tugenden und ein durchgeistigtes Verhalten verkündet werden muss. Wenn sich eine Seele aus eigenem Antrieb Gott zuwendet, wird sie an der Schwelle der Einheit aufgenommen; denn ein solcher Mensch ist frei von persönlichen Beweggründen, von Habgier und selbstischer Gewinnsucht. Er hat unter dem Schutz und Schirm seines Herrn Zuflucht gefunden. Unter seinen Mitmenschen wird er auf Grund seiner Vertrauenswürdigkeit und Wahrheitsliebe, Mäßigung und Gewissenhaftigkeit, Großherzigkeit und Treue, Unbestechlichkeit und Gottesfurcht bekannt werden. So wird das höchste Ziel bei der Verkündigung des göttlichen Gesetzes – nämlich Glück im kommenden Leben, eine hochentwickelte Kultur und edle Charaktereigenschaften auf dieser Welt zu schaffen – verwirklicht. Das Schwert hingegen wird nur Menschen hervorbringen, die äußerlich Gläubige, in ihrem Herzen aber Verräter und Abtrünnige sind.
Wir wollen hier eine Geschichte erzählen, die allen als Beispiel dienen mag. Die arabischen Chroniken berichten, wie in der Zeit vor dem Kommen Muḥammads Nu‘mán, der Sohn Mundhirs des Lakhmiden – ein arabischer König aus den Tagen der Unwissenheit, dessen Residenz die Stadt Ḥírih war – dem Wein einmal so sehr zugesprochen hatte, dass sich seine Sinne verfinsterten und der Verstand ihn verließ. In diesem volltrunkenen, gefühllosen Zustand befahl er, seine beiden Zechbrüder und vertrauten, vielgeliebten Freunde, Khálid, den Sohn des Mudallil, und ‘Amr, den Sohn des Mas‘úd-Kaldih, hinzurichten. Als der König am anderen Morgen nach seinem Zechgelage erwachte und nach seinen beiden Freunden fragte, wurde ihm die schmerzhafte Nachricht mitgeteilt. Kummer befiel sein Herz; in seiner aufrichtigen Liebe und Sehnsucht nach ihnen ließ er über den beiden Gräbern zwei herrliche Denkmäler erbauen, denen er die Bezeichnung ›die Blutbeschmierten‹ gab.
Daraufhin bestimmte er zwei Tage des Jahres zum Gedächtnis an die beiden Gefährten. Den einen nannte er den ›Tag des Übels‹, den anderen den ›Tag der Gnade‹. Jedes Jahr pflegte er an diesen bestimmten Tagen mit Prunk und Pracht hinauszuziehen und sich zwischen den beiden Grabmälern niederzulassen. Wenn an dem ›Tag des Übels‹ sein Auge auf irgendjemanden fiel, wurde dieser hingerichtet; wer jedoch am ›Tag der Gnade‹ vorüberging, wurde mit Geschenken und Gunstbeweisen überschüttet. Solches war sein königliches Gebot, das, mit einem mächtigen Eid besiegelt, immer streng eingehalten wurde.
Eines Tages bestieg der König sein Ross, Maḥmúd genannt, und ritt hinaus in die Steppe, um zu jagen.

Plötzlich erblickte er in der Ferne ein Wildpferd, gab seinem Ross die Sporen, um das Wild einzuholen, und hetzte mit solcher Geschwindigkeit davon, dass er von seinem Gefolge abgeschnitten wurde.

Die Nacht brach herein, und der König war hoffnungslos verloren.

Da entdeckte er fern in der Wüste ein Zelt; er wandte sein Pferd und ritt drauf zu.

Als er den Eingang des Zeltes erreicht hatte, fragte er den Besitzer, Ḥanzalá, den Sohn des Abí-Ghafráy-i-Ṭá’í:

»Nimmst du einen Gast auf?« Ḥanzalá antwortete:

»Ja«, trat heraus und half Nu‘mán beim Absteigen.

Dann ging er zu seiner Frau und sagte zu ihr:

»Im Verhalten dieses Mannes sind deutliche Anzeichen hohen Ranges zu erkennen.

Tue dein Bestes, um ihm Gastfreundschaft zu erweisen, und bereite ein Festmahl vor.« Die Frau erwiderte:

»Wir haben ein Mutterschaf, das du opfern könntest, und ich habe noch ein bisschen Mehl für solche Gelegenheiten aufgespart.« Ḥanzalá molk zunächst das Schaf und bot Nu‘mán eine Schale zum Trunk an, dann schlachtete er das Tier und bereitete ein Mahl zu, und dank seiner gütigen Gastfreundschaft verbrachte Nu‘mán die Nacht in Frieden und Behagen.

Als die Dämmerung heraufzog, machte sich Nu‘mán für die Abreise fertig und sagte zu Ḥanzalá:

»Du hast mir größte Freigebigkeit erwiesen, indem du mich aufgenommen und festlich bewirtet hast.

Ich bin Nu‘mán, der Sohn des Mundhir, und warte sehnlichst darauf, dich an meinem Hofe begrüßen zu können.«
Die Zeit ging dahin, Hungersnot zog ein im Lande Ṭayy. Ḥanzalá geriet in äußerste Not, und darum suchte er den König auf. Ein seltsamer Zufall fügte es, dass er am ›Tag des Übels‹ eintraf. Nu‘mán zeigte sich höchst beunruhigt. Er machte seinem Freund Vorwürfe: »Warum bist du gerade heute zu mir gekommen? Denn dies ist der ›Tag des Übels‹, das heißt der Tag des Zornes und der Pein. Selbst wenn mir heute Qábús, mein einziger Sohn, unter die Augen träte, käme er nicht mit dem Leben davon. Nun bitte mich um irgendeine Gunst, die du willst.«
Ḥanzalá erwiderte: »Ich wusste nichts von eurem ›Tag des Übels‹. Die Gaben dieser Welt sind für die Lebenden da. Da ich jetzt den Tod erleiden muss, was nützen mir alle Vorräte dieser Welt?«
»Daran ist nichts zu ändern«, sagte Nu‘mán.
Ḥanzalá sprach: »So gewähre mir denn Aufschub, dass ich zu meinem Weib heimkehren und mein Testament machen kann. Im nächsten Jahr werde ich am ›Tag des Übels‹ wiederkommen.«
Nu‘mán verlangte sodann einen Bürgen, der an Ḥanzalás statt hingerichtet werden sollte, falls dieser nicht zurückkehrte. Bestürzt und hilflos sah sich Ḥanzalá um. Da fiel sein Blick auf einen aus Nu‘máns Gefolge, Sharík, den Sohn des Qays aus Shaybán, und an ihn wandte er sich mit den Worten: »O Sohn des ‘Amr, mein Gefährte! Gibt es irgendein Entkommen vor dem Tode? O du Bruder jedes Bedrängten, du Bruder des Bruderlosen, du Bruder Nu‘máns! Du könntest dem Shaykh Bürgschaft leisten. Wo ist Shaybán, der Edelmütige – möge der Allbarmherzige ihm Gunst bezeigen!« Aber Sharík erwiderte nur: »O mein Bruder, ein Mann darf nicht sein Leben aufs Spiel setzen.« Da wusste das Opfer nicht mehr, wohin es sich wenden sollte. Doch ein Mann namens Qarád, Sohn Ajda‘s des Kalbiten, stand auf und bot sich als Bürge an; er willigte ein, dass der König mit ihm, Qarád, tun könne, was er wolle, wenn er zum nächsten ›Tag des Zornes‹ das Opfer nicht auslieferte. Nu‘mán schenkte daraufhin Ḥanzalá fünfhundert Kamele und ließ ihn ziehen.
Im folgenden Jahr zog Nu‘mán am ›Tag des Übels‹ wie gewohnt mit Prunk und Pracht hinaus zu den beiden Grabmälern, die ›die Blutbeschmierten‹ hießen. Er führte Qarád mit sich, um seinen königlichen Zorn an ihm auszulassen. Die Pfeiler des Staates lösten ihre Zunge und baten um Gnade; sie flehten den König an, er möge Qarád bis zum Sonnenuntergang Aufschub gewähren, denn sie hofften, Ḥanzalá käme noch zurück. Aber des Königs Absicht war, Ḥanzalás Leben zu schonen und ihm die Gastfreundschaft zu vergelten, indem er Qarád an seiner Stelle hinrichtete. Als sich die Sonne zum Abend hin neigte, zog man Qarád die Kleider vom Leibe und schickte sich an, ihm den Kopf abzuschlagen. Da wurde in der Ferne ein Reiter sichtbar, der in gestrecktem Galopp näherkam. »Warum zögerst du?« wandte sich Nu‘mán an den Henker, der ihm daraufhin antwortete: »Vielleicht ist es Ḥanzalá, der da kommt.« Bald sah man, dass es kein anderer war als er.
Nu‘mán war höchst ungehalten. »Du Dummkopf!«, sagte er. »Einmal bist du den Klauen des Todes entronnen. Musst du ihn nun zum zweiten Male herausfordern?«
Aber Ḥanzalá erwiderte: »Süß ist in meinem Munde und angenehm auf meiner Zunge das Gift des Todes bei dem Gedanken, dass ich damit mein Unterpfand auslöse.«
Da fragte Nu‘mán: »Was ist der Grund für solche Zuverlässigkeit? Weshalb hältst du dich so genau an deine Verpflichtungen, so streng an deinen Eid?« – »Das liegt daran, dass ich an den einen Gott und an die Bücher, die vom Himmel kamen, glaube«, gab Ḥanzalá zur Antwort. Nu‘mán fragte: »Zu welchem Glauben bekennst du dich?«, und Ḥanzalá sagte: »Es war der heilige Odem Jesu, der mir das Leben gab. Ich folge dem geraden Pfad Christi, der der Geist Gottes ist.« Nu‘mán bat: »Lass auch mich diesen süßen Hauch des Geistes atmen!«
So kam es, dass Ḥanzalá die weiße Hand der Führung aus dem Busen der Liebe Gottes zog A16 und das äußere wie innere Auge derer, die um ihn standen, mit dem Lichte des Evangeliums erleuchtete. Dem klaren Klang einer Glocke gleich trug er einige der göttlichen Verse aus der Bibel vor. Da wurden Nu‘mán und alle seine Diener ihrer Götzen und ihrer Götzenverehrung überdrüssig, bekräftigten ihren Glauben an Gott und riefen aus: »Wehe uns, tausendmal wehe uns, dass wir bis heute achtlos gegenüber dieser grenzenlosen Gnade waren und uns von ihr abgewandt hatten, so dass wir dieser Segensströme aus den Wolken der Gunst Gottes beraubt waren!« Sofort riss der König die beiden Denkmäler ab, die ›die Blutbeschmierten‹ hießen. Er bereute seine Gewaltherrschaft und ließ fortan Gerechtigkeit walten in seinem Land.
Bedenket, wie hier ein einfacher Mann aus der Wüste, dem äußeren Anschein nach ohne Rang und Namen, imstande war, diesen stolzen Herrscher und eine große Schar anderer aus der dunklen Nacht des Unglaubens zu befreien und in das Morgenlicht des Heils zu führen, wie er sie aus dem Verderben der Götzendienerei an das rettende Gestade der Einheit Gottes brachte und Verhaltensweisen ein Ende setzte, die so geartet waren, dass sie ganze Gesellschaften verderben und ganze Völker zur Barbarei herabwürdigen – nur weil er eine der Eigenschaften der Menschen aufwies, die reinen Herzens sind. Man muss tief über dies alles nachdenken, um seine volle Bedeutung zu erfassen.
Mein Herz tut weh, weil ich mit tiefem Bedauern wahrnehmen muss, dass das Volk sein Augenmerk nirgendwo auf das lenkt, was dieses Tages und dieser Zeit würdig ist. Die Sonne der Wahrheit ist über der Welt aufgegangen, doch wir sind verfangen im Dunkel unserer Einbildungen. Die Wellen des Größten Meeres wogen um uns herum, während wir verdursten. Das göttliche Brot kommt vom Himmel hernieder, wir aber tappen und taumeln in einem hungergepeinigten Land umher. »Zwischen Weinen und Erzählen vertreibe ich meine Tage.«
Einer der Hauptgründe, warum Menschen aus anderen Religionen vermieden und versäumt haben, zu dem Glauben Gottes überzutreten, sind Fanatismus und übertriebener religiöser Eifer. Beachtet zum Beispiel die göttlichen Worte, die an Muḥammad, die Arche des Heils, das leuchtende Antlitz und den Herrn der Menschheit, gerichtet wurden und ihm geboten, liebevoll und geduldig mit dem Volk umzugehen: »Streite mit ihnen auf die freundlichste Weise.«Q21 Jener Gesegnete Baum, dessen Licht »weder vom Osten noch vom Westen«Q22 war, der über alle Völker der Erde den schützenden Schatten unermesslicher Gnade ausbreitete, zeigte in Seinem Umgang mit jedem Menschen unendliche Güte und Nachsicht. Moses und Aaron erhielten mit denselben Worten den Befehl, Pharao, den Herrn der PfähleA17, zu überzeugen: »Sprecht zu ihm mit sanfter Rede!«Q23
Obwohl das vornehme Verhalten der Propheten und Heiligen Gottes weit bekannt und in der Tat bis zum Kommen der Stunde A18 in jeder Lebenslage ein ausgezeichnetes Vorbild ist, dem die ganze Menschheit folgen sollte, haben doch einige Menschen in ihrer Achtlosigkeit versäumt, diese Werte - nämlich außergewöhnliches Mitgefühl und liebende Güte- sich anzueignen, so dass sie dadurch gehindert wurden, zu den inneren Bedeutungen der Heiligen Bücher vorzudringen.

Sie meiden nicht nur ängstlich die Anhänger anderer Religionen, sondern gestatten sich nicht einmal, jenen die allgemein übliche Höflichkeit zu erweisen.

Wenn es jemandem nicht erlaubt ist, mit einem anderen zu verkehren, wie kann er diesen je aus der dunklen, leeren Nacht des Leugnens und des »Es gibt keinen Gott« heraus in den strahlenden Morgen des Glaubens und der Bestätigung »außer Gott«A19 führen?

Und wie kann man ihn anspornen und dazu ermutigen, sich aus dem Abgrund des Verderbens und der Unwissenheit herauszuarbeiten und die Höhen des Heils und der Erkenntnis zu erklimmen?

Erwäget gerecht:

Hätte Ḥanzalá Nu‘mán nicht mit wahrer Freundschaft behandelt, hätte er ihm nicht Güte und Gastfreundschaft erwiesen, wie hätte er dann diesen König und eine große Schar anderer Götzendiener dazu bringen können, die Einheit Gottes anzuerkennen?

Sich von den Menschen fernzuhalten, sie zu meiden, unfreundlich zu ihnen zu sein, das alles schreckt sie ab, während Zuneigung und Rücksicht, Milde und Nachsicht ihre Herzen zu Gott hinzieht.

Wollte ein wahrer Gläubiger beim Anblick eines Menschen aus fremdem Land Abscheu ausdrücken, wollte er die schrecklichen Worte äußern, die den Umgang mit Fremden verbieten und sie als »unrein« bezeichnen, so wäre der Fremde gekränkt und so sehr verletzt, dass er niemals den Glauben annehmen würde, selbst wenn er sähe, wie vor seinen eigenen Augen ein Wunder geschähe und der Mond sich spaltete.

Ihn zu meiden hätte zur Folge, dass er die geringste Neigung zu Gott in seinem Herzen wieder bereuen und vom Meer des Glaubens hinweg in die Wüste des Vergessens und des Unglaubens fliehen würde.

Und in sein Vaterland zurückgekehrt, würde er in der Presse entsprechende Erklärungen abgeben, dass es der und der Nation völlig an Eigenschaften eines zivilisierten Volkes fehle.
Wenn wir über die Verse und Beweise des Qur’án und die überlieferten Berichte, die von diesen Sternen am Himmel göttlicher Einheit, den heiligen Imámen, zu uns gelangt sind, ein wenig nachdenken, werden wir von der Tatsache überzeugt sein, dass eine Seele, wenn sie mit den Eigenschaften wahren Glaubens ausgestattet und mit geistigen Tugenden ausgezeichnet ist, zu einem Wahrzeichen der unermesslichen Gnadengaben Gottes für die ganze Menschheit wird. Denn die Eigenschaften der Gläubigen sind Gerechtigkeit und Aufrichtigkeit; Nachsicht, Mitleid und Großzügigkeit; Rücksichtnahme auf andere; Offenheit, Zuverlässigkeit und Treue; Liebe und Güte; Ergebenheit, Entschlossenheit und Menschlichkeit. Wenn demnach ein Mensch wahrhaft rechtschaffen ist, wird er sich aller Mittel bedienen, die die Menschenherzen anziehen; er wird sie durch die Eigenschaften Gottes zum geraden Pfad des Glaubens hinführen und sie dazu bewegen, aus dem Strom ewigen Lebens zu trinken.
Heutzutage haben wir vor jedem rechtschaffenen Tun unsere Augen verschlossen; das dauerhafte Glück der Gesellschaft haben wir unserem eigenen, vergänglichen Profit geopfert.

Wir meinen, Fanatismus und blinder Eifer gereichen uns zu Nutz und Ehr, und nicht damit zufrieden, verleumden wir uns gegenseitig und planen den Ruin des anderen.

Wann immer wir Weisheit und Gelehrsamkeit, Tugend und Frömmigkeit zur Schau stellen wollen, beginnen wir damit, dass wir diesen oder jenen verspotten und verunglimpfen.

»So einer«, sagen wir, »hat Vorstellungen, die weit von der Wirklichkeit abweichen und das Verhalten von dem-und-dem lässt gleichfalls viel zu wünschen übrig.

Zayd kommt nur selten den religiösen Bräuchen nach, und ‘Amr ist nicht fest im Glauben.

Die Ansichten von diesem und jenem schmecken nach Europa.

Im Grunde denkt Weiß an nichts als an den eigenen Rang und Namen.

Gestern Abend, als sich die Versammlung zum Gebet erhob, war die Reihe nicht richtig ausgerichtet, und es ist nicht erlaubt, einem anderen Führer zu folgen.

In diesem Monat ist noch kein Reicher gestorben, noch nichts ist im Gedenken an den Propheten für wohltätige Zwecke gespendet worden.

Das Haus der Religion ist zerfallen, die Grundlagen der Bekenntnisse sind in alle Winde zerstreut.

Der Teppich des Glaubens ist zusammengerollt, die Zeichen der Gewissheit sind ausgelöscht; die ganze Welt ist in Irrtum verfallen; wenn es darauf ankommt, der Gewaltherrschaft zu widerstehen, sind alle sanftmütig und nachlässig.

Tage und Monde sind vergangen, und diese Dörfer und Landgüter gehören immer noch denselben Eigentümern wie letztes Jahr.

In unserer kleinen Stadt gab es früher siebzig verschiedene Behörden, die gut und ordentlich arbeiteten, aber ihre Zahl hat ständig abgenommen; jetzt sind zum Andenken nur noch fünfundzwanzig übrig.

Früher ließ derselbe Muftí jeden Tag zweihundert gegenteilige Urteile ergehen, heute bekommen wir kaum fünfzig.

Damals waren Massen von Leuten verrückt nach Prozessen; jetzt halten sie alle Frieden.

Damals unterlag am einen Tag der Kläger, und der Beklagte trug den Sieg davon; tags darauf gewann der Kläger den Prozess und der Beklagte verlor ihn – aber jetzt ist auch diese vorzügliche Praxis aufgegeben worden.

Was für eine heidnische Religion ist das, was für ein götzendienerischer Irrtum!

Wehe um das Gesetz, wehe um den Glauben, wehe um all dieses Unheil!

O ihr Brüder im Glauben!

Dies ist fürwahr das Ende der Welt!

Das Jüngste Gericht ist im Kommen!«
Mit solchen Worten bestürmen sie die Gemüter der hilflosen Massen und bringen die Herzen der ohnehin verwirrten Armen durcheinander, die den wahren Sachverhalt und die tatsächliche Grundlage des ganzen Geredes nicht kennen und nicht wissen, dass tausend eigensüchtige Zwecke hinter der vermeintlich gläubigen Beredsamkeit gewisser Individuen verborgen liegen. Die Armen glauben, Redner dieser Art seien von tugendhaftem Eifer getrieben. In Wahrheit erheben solche Leute ein großes Zetergeschrei, weil sie in der Wohlfahrt der Massen ihren persönlichen Ruin sehen und wähnen, ihr eigenes Licht ginge aus, wenn dem Volk die Augen geöffnet würden. Nur besonderer Scharfsinn wird dessen gewahr, dass der Duft der Herzen dieser Menschen, wenn sie wirklich von Rechtschaffenheit und Gottesfurcht angetrieben wären, dem Moschus gleich sich überallhin verbreiten würde. Nichts in der Welt lässt sich jemals allein durch Worte bestätigen.
»Doch diese Unglücksvögel taten Böses nur und lernten singen, wie der weiße Falke singt. Was bleibt vom Botenlied des Wiedehopfs aus Ṣabá, wenn selbst im Rohr die Dommel seine Töne schlägt?«A20
Die geistig Gebildeten, jene, die unendliche Bedeutung und Weisheit aus dem Buch Göttlicher Offenbarung herleiten und deren erleuchtete Herzen aus der unsichtbaren Welt Gottes Eingebung empfangen, geben sich gewisslich alle Mühe, um die Überlegenheit der wahren Anhänger Gottes in jeder Hinsicht und über alle Völker herbeizuführen; sie mühen sich und kämpfen dafür, dass all die Mittel eingesetzt werden, die Fortschritt bewirken. Wenn jemand diese hohen Ziele vernachlässigt, kann er sich niemals vor dem Antlitz Gottes als annehmbar erweisen: Er sticht hervor durch alle seine Fehler und beansprucht dennoch Vollkommenheit; armselig steht er da und täuscht Reichtum vor.
»Ein blinder Faulpelz ist ein armer Mann, ›Ein Klumpen Fleisch, kein Fuß noch Flügel dran‹. Wie fern ist er, der Affenpossen reißt, von dem Erleuchteten, der wirklich weiß! Der eine Echo nur, und seiʼs auch klar und scharf, der andere David gleich, Psalmist mit seiner Harfʼ.«
Erkenntnis, Reinheit, Hingabe, Disziplin und Unabhängigkeit haben mit äußerer Erscheinung und Kleidung nichts zu tun. Im Verlauf meiner Reisen hörte ich eine bekannte Persönlichkeit die folgende bedeutsame Bemerkung machen, an deren Witz und Anmut ich mich noch erinnere: »Nicht jeder Túrbán eines Mullás ist Beweis für Keuschheit und Erkenntnis; nicht jeder Hut eines Laien ist ein Zeichen für Unwissenheit und Unmoral. So mancher Hut hat schon stolz das Banner der Erkenntnis gehisst, und so mancher Túrbán hat das Gesetz Gottes in den Staub gezerrt!«
Die dritte Forderung des heiligen Textes, den wir hier besprechen, ist, »seinen Leidenschaften zu widerstehen«. Wie wunderbar sind die Folgerungen, die sich aus diesem scheinbar einfachen, doch umfassenden Satz ergeben. Er enthält die wirkliche Grundlage jeder lobenswerten menschlichen Tugend; in der Tat verkörpern diese wenigen Worte das Licht der Welt, den unumstößlichen Grundstein aller geistigen Eigenschaften des Menschen. Er ist die Unruh im Uhrwerk guten Betragens, das Mittel, alle edlen Eigenschaften eines Menschen im Gleichgewicht zu halten.
Leidenschaft ist eine Flamme, die schon unzählige Male die Ernte des Lebens vieler Gebildeter zu Asche hat werden lassen, ein allverzehrendes Feuer, das selbst das Meer ihres angesammelten Wissens nicht löschen konnte. Wie oft ist es schon geschehen, dass jemand mit allen menschlichen Eigenschaften gesegnet und mit dem Kleinod wahren Verstehens geschmückt war, aber dennoch seinen Leidenschaften nachging, bis seine außergewöhnlichen Eigenschaften die Grenzen der Mäßigung überschritten und er sich zu Ausschweifungen hinreißen ließ. Seine guten Absichten wandelten sich zum Bösen, seine Anlagen waren nicht länger auf Ziele gerichtet, die ihrer wert waren, und die Macht seiner Begierden lenkte ihn von der Rechtschaffenheit und ihrem Lohn ab und führte ihn auf gefährliche und dunkle Wege. In den Augen Gottes, Seiner Erwählten und aller Einsichtsvollen ist ein guter Charakter das Erhabenste und Lobenswerteste, was es gibt, jedoch immer unter der Voraussetzung, dass im Mittelpunkt seiner Entwicklung Vernunft und Erkenntnis stehen und dass er auf wahrer Mäßigung beruht. Wollten wir die Zusammenhänge dieses Themas hier so vertiefen, wie sie es verdienen, würde diese Schrift zu lang werden, und wir würden unser Hauptthema aus den Augen verlieren.
Trotz ihrer vielgepriesenen Zivilisation sind alle Völker Europas versunken und ertrunken in diesem furchtbaren Meer der Leidenschaft und Begierde, und daher führen alle Erscheinungen ihrer Kultur zu nichts. Niemand sollte über diese Feststellung erstaunt sein oder sie beklagen. Der Hauptzweck und das grundlegende Ziel, warum machtvolle Gesetze verabschiedet, hohe Grundsätze aufgestellt und Einrichtungen geschaffen werden, die sich mit allen Bereichen der Zivilisation befassen, ist das Glück der Menschen. Dieses Glück der Menschen besteht ausschließlich darin, der Schwelle Gottes, des Allmächtigen, näher zu kommen und den Frieden und die Wohlfahrt jedes einzelnen Angehörigen des Menschengeschlechts, sei er hoch oder niedrig, zu sichern; und die besten Mittel, dieses zweifache Ziel zu erreichen, sind hervorragende, der Menschheit verliehene Tugenden.
Eine oberflächliche Zivilisation, die nicht von kultivierter Sittlichkeit getragen wird, ist »ein verworrener Mischmasch von Träumen«Q24, und äußerlicher Glanz ohne inwendige Vollkommenheit ist »wie ein Dunst in der Wüste, den der Dürstende für Wasser hält«Q25. Denn eine rein äußerliche Zivilisation kann niemals dazu führen, das Wohlgefallen Gottes zu finden und Frieden und Wohlfahrt der Menschen zu gewährleisten.
Die Völker Europas haben sich noch nicht zu den höheren Stufen sittlicher Kultur erhoben, wie ihre Ansichten und ihr Verhalten klar beweisen. Seht zum Beispiel, wie es das oberste Ziel der europäischen Regierungen und ihrer Völker heutzutage ist, sich gegenseitig zu besiegen und zu vernichten, und wie sie, obwohl sie sich insgeheim zutiefst ablehnen, doch ihre Zeit damit verbringen, Bekundungen nachbarlicher Zuneigung, Freundschaft und Harmonie auszutauschen.
Bekannt ist der Fall eines Herrschers, der Frieden und Ruhe fördert und gleichzeitig mehr Kraft als die Kriegshetzer darauf verwendet, Waffen anzuhäufen und eine noch größere Armee aufzustellen mit der Begründung, dass Frieden und Eintracht nur mit Gewalt herbeigeführt werden könnten. Unter dem Vorwand des Friedens bieten alle Tag und Nacht ihre Kräfte auf, um noch mehr Kriegsgerät zusammenzutragen, und ihr unglückliches Volk muss den größten Teil dessen, was es unter Mühe und Schweiß verdient, aufbringen, um für diese Rüstung zu bezahlen. Tausende haben ihre Arbeit in nutzbringenden Gewerben aufgegeben und mühen sich Tag und Nacht, neue, immer tödlichere Waffen herzustellen, mit denen das Blut des Menschengeschlechts noch reichlicher als zuvor vergossen werden kann.
Jeden Tag erfindet man neue Bomben und Sprengstoffe, und dann sind die Regierungen gezwungen, ihre veralteten Waffen wegzuwerfen und anzufangen, neue herzustellen, weil sich die alten gegen die neuen Waffen nicht behaupten können. So wurden zum Beispiel im Jahr 1292 A.H.A21, als diese Schrift verfasst wurde, in Deutschland ein neues Gewehr und in Österreich eine neue Kanone entwickelt, die größere Feuerkraft als das Martini-Henry-Gewehr und die Krupp-Kanone haben, schneller in ihrer Wirkung und effizienter in der Vernichtung der Menschheit sind. Und die überwältigenden Kosten all dessen müssen die unglücklichen Massen tragen.
Urteilt gerecht: Kann diese sogenannte Zivilisation den Frieden und die Wohlfahrt des Volkes herbeiführen oder das Wohlgefallen Gottes finden, solange sie nicht von einer wahren Zivilisation des Charakters getragen wird? Impliziert sie nicht eher, das Erbe des Menschen zu zerstören und die Pfeiler des Glücks und des Friedens niederzureißen?
Während des französisch-preußischen Krieges im Jahr 1870 christlicher Zeitrechnung starben den Berichten zufolge sechshunderttausend verletzte und erschlagene Männer auf dem Schlachtfeld. Wie viele Wohnstätten wurden bis auf die Grundmauern zerstört, wie viele Städte, die nachts zuvor noch blühten, waren bei Sonnenaufgang Trümmerhaufen? Wie viele Kinder blieben verwaist und verlassen zurück, wie viele alte Väter und Mütter mussten mitansehen, wie ihre Söhne, die jugendfrischen Früchte ihres Lebens, in Staub und Blut sich windend starben? Wie viele Frauen wurden Witwen ohne Helfer und Beschützer?
Hinzu kommen noch die Bibliotheken und Kunstdenkmäler Frankreichs, die in Flammen aufgingen, die Militärkrankenhäuser voller Kranker und Verwundeter, die in Brand gesteckt und bis auf den Boden niedergebrannt wurden. Es folgten die furchtbaren Ereignisse der Kommune, die grausamen Handlungen, die Zerstörung und der Schrecken, als sich gegnerische Parteien in den Straßen von Paris bekämpften und töteten. Hassausbrüche und Feindseligkeiten zwischen den katholischen Religionsführern und der deutschen Regierung sowie Bürgerkrieg und Aufruhr, Blutvergießen und Verwüstung zwischen den Anhängern der Republik und den KarlistenA22 in Spanien.
Nur zu viele solcher Beweise stehen zur Verfügung, um zu unterstreichen, dass Europa moralisch unzivilisiert ist. Da der Verfasser nicht den Wunsch hegt, irgendjemanden zu verunglimpfen, beschränkt er sich auf diese wenigen Beispiele. Es versteht sich, dass kein scharfsinniger und wohl gebildeter Verstand solche Vorkommnisse gutheißen kann. Ist es recht und billig, dass Völker, unter denen derart schreckliche, den Maßstäben menschlichen Wohlverhaltens genau entgegengesetzte Ereignisse ablaufen, es wagen dürfen, Anspruch auf eine echte und angemessene Kultur zu erheben? Noch dazu, wenn aus alledem kein anderes Ergebnis als ein vorübergehender Sieg erwartet werden kann? Da ein solches Ergebnis niemals von Dauer ist, ist es in den Augen der Weisen nicht der Mühe wert.
Im Verlauf vergangener Jahrhunderte hat der deutsche Staat immer wieder die Franzosen besiegt, immer wieder hat das französische Königreich deutsches Land beherrscht. Darf man zulassen, dass in unseren Tagen sechshunderttausend hilflose Geschöpfe solch äußerlichem, zeitlich begrenzten Nutzen und Erfolg geopfert werden? Nein, bei Gott dem Herrn! Selbst ein Kind kann erkennen, wie schlecht das alles ist. Doch geht der Mensch seinen Leidenschaften und Begierden nach, so werden seine Augen in tausend Schleier gehüllt, die aus den Herzen aufsteigen und das äußere wie das innere Wahrnehmungsvermögen blind machen.
»Voll Gier drängt das Selbst zur Tür herein und löscht der Tugend strahlenden Schein. Aufsteigen vom Herzen hundert Schleier; das Auge wird blind, lässt nichts mehr ein.«A23
Wahre Kultur wird ihr Banner mitten im Herzen der Welt entfalten, sobald eine gewisse Zahl ihrer vorzüglichen, hochgesinnten Herrscher – leuchtende Vorbilder der Ergebenheit und Entschiedenheit – mit festem Entschluss und klarem Blick daran geht, den Weltfrieden zu stiften.

Sie müssen die Friedensfrage zum Gegenstand allgemeiner Beratung machen und mit allen ihnen zu Gebote stehenden Mitteln versuchen, einen Weltvölkerbund zu schaffen.

Sie müssen einen verbindlichen Vertrag und einen Bund schließen, dessen Verfügungen vernünftig, unverletzlich und bestimmt sind.

Diesen Vertrag müssen sie der ganzen Welt bekannt geben und die Bestätigung des gesamten Menschengeschlechts für ihn erlangen.

Ein derart erhabenes und edles Unternehmen – der wahre Quell des Friedens und Wohlergehens für die ganze Welt -– sollte allen, die auf Erden wohnen, heilig sein.

Alle Kräfte der Menschheit müssen frei gemacht werden, um die Dauer und Beständigkeit dieses größten aller Bündnisse zu sichern.

In diesem allumfassenden Vertrag sollten die Grenzen jedes einzelnen Landes deutlich festgelegt, die Grundsätze, die den Beziehungen der Regierungen untereinander zugrunde liegen, klar verzeichnet und alle internationalen Vereinbarungen und Verpflichtungen bekräftigt werden.

In gleicher Weise sollte der Umfang der Rüstungen für jede Regierung genauestens umgrenzt werden, denn wenn die Zunahme der Kriegsvorbereitungen und Truppenstärken in irgendeinem Land gestattet wäre, so würde dadurch das Misstrauen anderer geweckt.

Die Hauptgrundlage dieses feierlichen Vertrages sollte so verankert werden, dass bei einer späteren Verletzung irgendeiner Bestimmung durch irgendeine Regierung sich alle Regierungen der Erde erheben, um jene wieder zu voller Unterwerfung unter den Vertrag zu bringen, nein, die Menschheit als Ganzes sollte sich entschließen, mit allen ihr zu Gebote stehenden Mitteln jene Regierung zu vernichten.

Wird dieses größte aller Heilmittel auf den kranken Körper der Welt angewandt, so wird er sich gewiss wieder von seinen Leiden erholen und dauernd bewahrt und heil bleiben.A24
Wenn solche erfreulichen Zustände einträten, müsste keine Regierung mehr ständig Waffen speichern oder sich gezwungen sehen, immer neues Kriegsgerät herzustellen, um damit die Menschheit zu unterwerfen. Eine kleine Streitmacht für die Aufrechterhaltung der inneren Sicherheit, die Verfolgung krimineller und die Ordnung gefährdender Elemente und die Verhütung örtlicher Unruhen würde genügen – nichts weiter. Vor allem wäre auf diese Weise die ganze Weltbevölkerung von der drückenden Last der Rüstungsausgaben befreit; außerdem brauchten zahllose Menschen nicht länger ihre Zeit darauf zu verschwenden, ständig neue Vernichtungswaffen zu ersinnen, diese Zeugen von Habsucht und Blutrünstigkeit, so unvereinbar mit dem Geschenk des Lebens. Stattdessen könnten sie ihren Eifer auf die Entwicklung von dem, was das menschliche Leben erleichtert, Frieden und Wohlstand fördert, richten und so zu weltweitem Fortschritt und Wohlstand beitragen. Jede Nation auf Erden würde dann zu seinen Ehren regieren, und jedes Volk fühlte sich in Ruhe und Zufriedenheit geborgen.
Einzelne, welche die im menschlichen Streben ruhende Kraft nicht kennen, halten diesen Gedanken für völlig undurchführbar, ja für jenseits dessen, was selbst die äußersten Anstrengungen des Menschen je erreichen können; doch ist dies nicht der Fall. Im Gegenteil kann dank der unerschöpflichen Gnade Gottes, der Herzensgüte Seiner Begünstigten, den beispiellosen Bemühungen weiser und fähiger Seelen und den Gedanken der unvergleichlichen Führer dieses Zeitalters nichts, was es auch sei, als unerreichbar angesehen werden. Eifer, unermüdlicher Eifer ist nötig. Nur unbezähmbare Entschlusskraft kann das Werk vollbringen. Manches hat man in vergangenen Zeiten als reines Hirngespinst betrachtet; heute ist es leicht durchführbar geworden. Warum sollte diese wichtigste und erhabenste Sache – das Tagesgestirn am Himmelszelt wahrer Kultur und die Ursache des Ruhmes, des Fortschritts, des Wohlergehens und Erfolges der ganzen Menschheit – unmöglich sein? Der Tag wird sicher kommen, an dem ihr klares Licht Erleuchtung über die gesamte Menschheit gießen wird.
Wenn die Kriegsvorbereitungen im heutigen Umfang fortgeführt werden, wird der Konfliktmechanismus bald einen Punkt erreichen, an dem Krieg für die Menschheit unerträglich sein wird.
Wie aus den bisherigen Ausführungen klar hervorgeht, bestehen Ruhm und Größe des Menschen nicht darin, dass er nach Blut dürstet und wie ein Tiger scharfe Klauen besitzt, dass er Städte zerstört und Verwüstung anrichtet, ganze Armeen und Scharen friedlicher Bürger abschlachtet. Dagegen würde es eine glänzende Zukunft für ihn bedeuten, wenn er für seine Gerechtigkeitsliebe bekannt wäre, allem Volk, ob hoch oder niedrig, Güte erweisen würde, Länder und Städte, Dörfer und Provinzen aufbaute, das Leben erleichterte und für seine Mitmenschen glücklich und friedvoll gestaltete, wenn er die Grundsätze des Fortschritts festlegte, den Lebensstandard und Wohlstand der ganzen Bevölkerung erhöhte.
Sehet, wie im Lauf der Geschichte so mancher König seinen Thron auf Eroberungen gründete. Unter ihnen waren Changíz-Khán und Taymúr, die über den weiten Erdteil Asien herrschten, Alexander von Mazedonien und Napoleon I, die ihre anmaßenden Hände über drei der fünf Kontinente ausstreckten. Und was brachten alle ihre machtvollen Siege ein? Kam dadurch irgendein Land zur Blüte? Hat sich irgendein Glück daraus ergeben? Blieb einer ihrer Throne bestehen? Oder haben nicht vielmehr ihre Dynastien bald wieder die Macht verloren? Abgesehen davon, dass Asien in den Flammen zahlloser Schlachten aufging und in Asche fiel, brachten all die Eroberungen Changíz-Khán, dem Kriegsherrn, nichts ein und Taymúr erntete von all seinen Triumphen nur die Gewalt über Völker, die in alle Winde zerstoben waren, und allgemeinen Verfall. Alexander hatte von seinen gewaltigen Siegen nichts, als dass sein Sohn vom Thron stürzte und die Phillip und Ptolomäus die Herrschaft über die Länder, die er einst beherrscht hatte, übernahmen. Und was erreichte Napoleon I aus der Unterwerfung der Könige Europas anderes als die Zerstörung blühender Länder, den Untergang ihrer Bewohner, die Verbreitung von Angst und Schrecken über ganz Europa und am Ende seiner Tage seine eigene Gefangenschaft? So viel über die Eroberer und die Denkmäler, die sie hinterlassen.
Vergleichet damit die lobenswerten Eigenschaften und die vornehme Größe Anúshírváns, des Edlen und GerechtenA25.

Als dieser hochgesinnte Herrscher an die Macht kam, war der einstmals festgegründete Thron Persiens dem Zusammenbruch nahe.

Mit seinem ihm von Gott verliehenen Verstand legte er die Grundlagen der Gerechtigkeit, rottete Unterdrückung und Gewalt aus und sammelte das Volk Persiens unter den schützenden Schwingen seiner Herrschaft.

Dank des erneuernden Einflusses seiner ständigen Bemühungen wurde Persien, das trostlos und verdorrt am Boden lag, neu belebt und entwickelte sich schnell zur schönsten aller blühenden Nationen.

Er stellte die am Boden liegenden Machtstrukturen seines Staates wieder her und verstärkte sie.

Der Ruf seiner Rechtschaffenheit und Gerechtigkeit erscholl über die ganze Welt, bis sich die Völker aus ihrer Erniedrigung und ihrem Elend zu den Höhen des Glücks und der Ehre erhoben.

Obwohl er ein Magier war, sagte Muḥammad, dieser Mittelpunkt der Schöpfung, die Sonne des Prophetenamtes, von ihm:

»Ich wurde zur Zeit eines gerechten Königs geboren«, und Er war erfreut, dass Er während dessen Herrschaft auf die Welt gekommen war.

Hat nun diese erlauchte Persönlichkeit ihre erhabene Stufe durch bewundernswürdige Eigenschaften erlangt oder etwa dadurch, dass er sich aufmachte, die Erde zu erobern und das Blut ihrer Völker zu vergießen?

Bedenket, er erreichte einen so hohen Rang im Herzen der Welt, dass seine Größe durch die Unendlichkeit der Zeit dringt und er ewiges Leben erwarb.

Wollten wir über das Fortleben großer geschichtlicher Gestalten ausführlicher berichten, würde diese kurze Abhandlung unnötig in die Länge gezogen, und da es keineswegs feststeht, dass die öffentliche Meinung Persiens durch solche Lektüre wesentlich beeinflusst wird, wollen wir diese Arbeit verkürzen und zu denjenigen Fragen übergehen, die im Blickfeld der Öffentlichkeit stehen.

Sollte es sich jedoch herausstellen, dass diese Kurzfassung Erfolg hat, werden wir, so Gott will, eine Anzahl Bücher schreiben, die sich ausführlich und nutzbringend mit den Grundsätzen göttlicher Weisheit in ihrem Zusammenhang mit der Erscheinungswelt befassen.
Keine Macht der Erde kommt gegen die Armeen der Gerechtigkeit an, und jede Feste muss vor ihnen fallen; denn die Menschen beugen sich willig unter den siegreichen Schlägen dieser entscheidenden Waffe, und verwüstete Orte blühen unter den Füßen dieser Heerschar wieder auf. Zwei mächtige Banner sind es, deren Schatten, wenn er auf die Krone eines Königs fällt, bewirkt, dass der Einfluss seiner Herrschaft rasch und leicht wie das Sonnenlicht die ganze Erde durchdringt. Das erste ist das Banner der Weisheit, das zweite das der Gerechtigkeit. Gegen diese beiden mächtigsten Streitkräfte können selbst Berge von Eisen nichts ausrichten, und die Mauer Alexanders bricht vor ihnen in Stücke. Es ist doch offensichtlich, dass das Leben in dieser vergänglichen Welt so flüchtig und unbeständig wie der Morgenwind ist. Wie glücklich sind deshalb jene großen Menschen, die einen guten Namen und die Erinnerung an ein Leben hinterlassen, das auf dem Pfade des Wohlgefallens Gottes verbracht wurde.
»Ob unter Thrones Baldachin ob unter freiem Himmelszelt – was kümmert’s, wo ein reines Herz zur letzten Ruh’ sich niederlegt.«A26
Ein Feldzug kann lobenswert sein, und es gibt Zeiten, in denen der Krieg zu einer mächtigen Grundlage des Friedens wird und Zerstörung das wahre Mittel zum Wiederaufbau. Wenn zum Beispiel ein edelmütiger Herrscher seine Truppen aufs Schlachtfeld führt, um den Angriff eines Aufrührers oder eines Aggressors abzuwenden, wenn er sich mit Heeresmacht anschickt, ein entzweites Staatsvolk zu einigen, kurz, wenn er den Krieg für eine gerechte Sache führt, dann ist dieses scheinbare Unheil, diese äußerliche Gewaltanwendung wirkliche Gerechtigkeit und dieser Krieg der Grundstein des Friedens. Heute besteht jedoch die Aufgabe, die großen Herrschern zukommt, darin, den Weltfrieden zu errichten, denn in ihm liegt die Freiheit aller Völker begründet.
Der vierte Teil der früher wiedergegebenen Äußerung über den Weg des Heils lautet: » … die Gebote seines Herrn befolgen.« Ohne Zweifel besteht des Menschen höchste Würde darin, dass er seinem Gott gegenüber demütig und gehorsam ist, und des Menschen größte Ehre, seine erhabenste Stufe und sein Ruhm hängen von der genauen Befolgung der göttlichen Gebote und Verbote ab. Die Religion ist das Licht der Welt; Fortschritt, Erfolg und Glück des Menschen sind das Ergebnis seines Gehorsams gegenüber den Gesetzen, die in den heiligen Büchern niedergelegt sind. Kurz, es lässt sich beweisen, dass in diesem Leben – sowohl nach außen wie nach innen – die Religion das mächtigste Bollwerk, der sicherste, dauerhafteste und beständigste Schutz für die ganze Welt ist. Sie gewährt die geistigen wie die materiellen Errungenschaften der Menschheit und sichert das Glück und die Kultur der Gesellschaft.
Es gibt tatsächlich Toren, die die Grundwahrheiten der göttlichen Religionen niemals richtig geprüft haben, vielmehr das Verhalten einiger weniger religiöser Heuchler zum Maßstab genommen und alle gläubigen Menschen mit diesem Zollstock gemessen haben. So kamen sie zu der Auffassung, Religionen seien ein Hindernis für den Fortschritt, ein trennendes Element, Ursache von Boshaftigkeit und Feindschaft unter den Menschen. Sie haben nicht einmal bemerkt, dass die Grundsätze der göttlichen Religionen nicht nach den Taten derjenigen gewertet werden können, die nur vorgeben, sie zu befolgen. Denn alles Erhabene, so unvergleichlich es sein mag, kann zu bösen Zwecken missbraucht werden. Eine brennende Lampe in der Hand eines unwissenden Kindes oder eines Blinden wird weder die sie umgebende Dunkelheit beseitigen noch das Haus erhellen, sondern den Träger wie das Haus in Flammen setzen. Können wir da der Lampe die Schuld geben? Nein, bei Gott dem Herrn! Für den Sehenden ist die Lampe eine Führung und zeigt ihm den Weg, aber dem Blinden bringt sie Unheil.
Unter denen, die Religion ablehnten, befand sich der Franzose Voltaire, der viele Bücher schrieb, in denen er die Religionen angriff – Werke, die nicht mehr taugen als Kinderspielzeug. Dieser Mensch nahm die Taten und Unterlassungen des Papstes, des Oberhaupts der römisch-katholischen Kirche, und die Intrigen und Streitigkeiten der geistlichen Führer der Christenheit zu seinem Maßstab, tat den Mund weit auf und lästerte gegen den Geist Gottes (Jesus). In seiner unzulänglichen Beweisführung gelang es ihm nicht, den wahren Sinn der heiligen Schriften zu erfassen; er stieß sich an gewissen Stellen in den offenbarten Texten und konzentrierte sich auf die damit zusammenhängenden Probleme. »Wir haben vom Qur’án das herniedergesandt, was den Gläubigen Heilung und Gnade bringt; den Frevlern aber wird es das Verderben nur noch mehren.«Q26
»Der Greis von GhaznáA27 sprach in einem Gleichnis, als er das göttliche Geheimnis pries: Die Zweifler sehen nichts in dem Qur’án als eitel Worte; doch wen wundert das? Von all dem Feuer, das die Sonne schenkt, erreicht die Wärme nur des Blinden Auge.«A28
»Viele wird Er durch solche Gleichnisse irreleiten, viele den rechten Weg führen; aber nur die Frevler wird Er irreleiten.« Q27
Fürwahr, das stärkste Mittel, um Ruhm und Fortschritt des Menschen zu erlangen, die höchste Wirkkraft für die Erleuchtung und Erlösung der Welt sind Liebe, Freundschaft und Einheit unter allen Mitgliedern des Menschengeschlechts. Nichts in der Welt ist durchführbar, ja nicht einmal denkbar, ohne Einheit und Einklang, und das vollkommene Mittel, das Freundschaft und Einheit hervorbringt, ist wahre Religion. »Hättest Du auch alle Schätze der Erde verschwendet, Du hättest ihre Herzen doch nicht vereinigen können; aber Gott hat sie vereinigt …«Q28
Wenn die Offenbarer Gottes erscheinen, führt ihre Macht, wahre Einheit sowohl nach außen als auch in den Herzen zu schaffen, feindselige Völker, die einander nach dem Leben trachteten, unter dem Schutz des Wortes Gottes zusammen. Dann werden hunderttausend Seelen zu einer Seele, und aus zahllosen Einzelwesen entsteht ein Menscheitskörper.
»Einst waren sie wie die Wogen der See, und der Wind trieb sie zahllos vor sich her. Dann sandte Gott Seine Sonne auf sie, und Seine Sonne kann Einheit nur sein. Hunde und Wölfe leben getrennt, doch die Seele der Löwen Gottes ist eins.«A29
Die Ereignisse beim Kommen der Propheten vergangener Zeiten, ihr Leben, ihre Taten und die Verhältnisse, die sie antrafen – all dies ist nur unzureichend in den geschichtlichen Quellen festgehalten; im Qur’án, in den heiligen Überlieferungen und in der Thora wird darauf nur in zusammengefasster Form Bezug genommen. Da jedoch alle Begebenheiten seit den Tagen Moses bis auf die heutige Zeit im mächtigen Qur’án, in den beglaubigten Überlieferungen, in der Thora und anderen verlässlichen Quellen aufgezeichnet sind, wollen wir uns hier mit einigen kurzen geschichtlichen Beispielen begnügen, um überzeugend zu klären, ob die Religion die eigentliche Grundlage und das Grundprinzip der Kultur und Zivilisation ist oder ob sie, wie Voltaire und seinesgleichen annehmen, allen sozialen Fortschritt, Wohlstand und Frieden vereitelt.
Um Einwände von Seiten irgendeines Volkes der Erde ein für alle Male auszuschließen, werden wir unsere Ausführungen in Übereinstimmung mit jenen autoritativen Berichten durchführen, auf die sich alle Nationen geeinigt haben.
Als die Israeliten in Ägypten so zahlreich geworden waren, dass sie sich über das ganze Land verteilt hatten, beschlossen die koptischen Pharaonen Ägyptens, ihre koptischen Untertanen zu unterstützen und zu begünstigen, die Kinder Israels hingegen, die sie als fremde Eindringlinge betrachteten, zu erniedrigen und zu entehren.

Lange Zeit waren die Juden, weit verstreut und zersplittert, Gefangene in der Hand der tyrannischen Kopten; von allen wurden sie verlacht und verachtet, und der Geringste der Kopten konnte die vornehmsten Israeliten ungestraft knechten und verfolgen.

Die Versklavung, das Elend und die Hilflosigkeit der Hebräer gingen so weit, dass sie bei Tag und Nacht ihres Lebens nicht mehr sicher waren und nicht wussten, wie sie ihre Frauen und Kinder vor dem gewalttätigen Zugriff ihrer pharaonischen Entführer schützen sollten.

Die Splitter ihrer gebrochenen Herzen waren ihre tägliche Speise und ein Strom von Tränen ihr Trank.

In dieser Bedrängnis lebten sie dahin, bis plötzlich Moses, der Allherrliche, das göttliche Licht aus dem gesegneten Tal, dem Ort, der Heiliger Boden war, strömen sah und die lebenspendende Stimme Gottes vernahm, wie sie aus der Flamme des Busches sprach, der »weder vom Osten noch vom Westen«Q29 ist.

Und Er erhob sich in der vollen Pracht seines allumfassenden Offenbarertums.

Wie eine Leuchte göttlicher Führung erstrahlte Er inmitten der Israeliten, und durch das Licht des Heils geleitete Er jenes verlorene Volk aus den Schatten der Unwissenheit zu Erkenntnis und Vollkommenheit.

Er sammelte die zerstreuten Stämme Israels unter dem Schutz des einenden, alles umfassenden Wortes Gottes, und hisste über den Höhen der Vereinigung das Banner der Eintracht.

Auf diese Weise erlangten jene unwissenden Menschen in kürzester Zeit geistige Erziehung; sie, denen die Wahrheit bisher fremd war, fanden sich im Glauben an die Einheit Gottes zusammen, wurden von ihrem Elend, ihrer Armut, ihrer Verständnislosigkeit und Knechtschaft erlöst und erreichten ein Höchstmaß an Ehre und Glück.

Sie zogen aus Ägypten fort, machten sich auf nach ihrer ursprünglichen Heimat und kamen nach Kanaan und Philisterland.

Zunächst eroberten sie die Ufer des Jordan und Jericho, dann siedelten sie sich in diesem Gebiet an, und schließlich gerieten alle Nachbarländer wie Phönizien, Edom und Ammon unter ihre Herrschaft.

In der Zeit Josuas waren einunddreißig Länder in der Hand der Israeliten, und in jeder edlen menschlichen Eigenschaft – Gelehrsamkeit, Standhaftigkeit, Entschlossenheit, Mut, Ehrenhaftigkeit, Freigiebigkeit- übertraf dieses Volk alle anderen auf der Erde.

Wenn in jenen Tagen ein Israelit mit anderen Menschen zusammentraf, erkannten sie ihn sogleich an seinen vielen Tugenden, und sogar Angehörige fremder Völker sagten, wenn sie jemanden loben wollten, er sei wie ein Israelit.
In zahlreichen Geschichtswerken wird darüber hinaus berichtet, dass die Philosophen Griechenlands wie etwa Pythagoras den größten Teil ihrer Philosophie – sowohl im geistigen wie im materiellen Sinn – von den Schülern Salomons übernahmen. Und Sokrates, der unermüdlich gereist war, um mit den berühmtesten Gelehrten und Geistlichen Israels zusammenzutreffen, entwickelte bei seiner Rückkehr nach Griechenland die Lehre von der Einheit Gottes und dem ewigen Leben der Menschenseele nach dem stofflichen Tode. Schließlich verklagten die Unwissenden unter den Griechen diesen Mann, der die tiefsten Geheimnisse der Weisheit ergründet hatte, und trachteten ihm nach dem Leben; dann nötigte der Pöbel die Herrscher, gegen Sokrates vorzugehen, und die Ratsversammlung verurteilte ihn dazu, den Giftbecher zu leeren.
Nachdem die Israeliten auf allen Ebenen der Kultur Fortschritte gemacht und die denkbar größten Erfolge erzielt hatten, fingen sie allmählich an, die Grundprinzipien des mosaischen Gesetzes und ihres Glaubens außer Acht zu lassen, sich mit Riten und Zeremonien zu beschäftigen und ein ungebührliches Betragen an den Tag zu legen.

In den Tagen von Rehoboam, dem Sohn Salomons, brach verheerende Zwietracht unter ihnen aus.

Einer von ihnen, Jeroboam mit Namen, schmiedete Ränke, um den Thron an sich zu reißen, und er war es auch, der den Götzendienst einführte.

Der Streit zwischen Rehoboam und Jeroboam führte zu jahrhundertelangen Fehden zwischen ihren Nachkommen und brachte es mit sich, dass die Stämme Israels zerstreut und aufgelöst wurden.

Kurz, weil sie die Bedeutsamkeit des Gesetzes Gottes vergaßen, wurden sie auf tadelswerte Weise in dummen Fanatismus, Unruhen und Aufruhr verwickelt.

Ihre Geistlichen kamen zu dem Schluss, dass all diese wesentlichen menschlichen Eigenschaften, die im Heiligen Buche dargelegt worden sind, nur noch tote Buchstaben seien; sie trachteten lediglich danach, ihre eigenen selbstsüchtigen Interessen zu verfolgen, und schädigten das Volk, indem sie es in die tiefsten Tiefen der Achtlosigkeit und Unwissenheit sinken ließen.

Die Frucht all ihrer Untaten war, dass sich die Herrlichkeit der alten Zeiten, die so lange Bestand hatte, in Erniedrigung verwandelte und sie von den Herrschern Persiens, Griechenlands und Roms übermannt wurden.

Die Banner ihrer Eigenstaatlichkeit wurden umgestoßen, und die Unwissenheit, Torheit, Würdelosigkeit und Eigenliebe ihrer religiösen Führer und Gelehrten kam ans Licht, als Nebukadnezar, der König von Babylon, erschien, der sie vernichtete.

Nachdem er alles niedergemetzelt, ihre Häuser geplündert und zerstört und sogar ihre Bäume ausgerissen hatte, nahm Nebukadnezar alle gefangen, die noch übrig waren und die sein Schwert verschont hatte, und führte sie nach Babylon.

Siebzig Jahre später wurden die Nachkommen dieser Gefangenen freigelassen und kehrten nach Jerusalem zurück.

Hesekiel und Esra richteten unter ihnen die Grundsätze der Heiligen Schrift wieder auf; Tag für Tag machten die Israeliten Fortschritte, und der Morgenglanz der alten Zeit dämmerte wieder herauf.

Nach kurzer Zeit jedoch kam es wieder zu Meinungsverschiedenheiten über Glaubenssätze und Lebensführung, und wieder hatten die jüdischen Gelehrten nur die eine Sorge, ihre eigenen selbstsüchtigen Ziele zu verfolgen.

Die Reformen, welche die Zeit Esras bestimmten, verwandelten sich in Ausbeutung und Korruption.

Die Lage verschlimmerte sich so sehr, dass die Heere der römischen Republik mehrere Male das Land Israel erobern konnten.

Schließlich zertrat der kriegerische Titus als Befehlshaber der römischen Streitmacht die Heimat der Juden zu Staub.

Alle Männer ließ er mit dem Schwert umbringen, Frauen und Kinder führte er als Gefangene fort; ihre Häuser ließ er dem Erdboden gleichmachen, ihre Bäume ausreißen, ihre Bücher verbrennen und ihre Schätze plündern.

Jerusalem und der Tempel wurden in einen Aschenhaufen verwandelt.

Nach diesem überwältigenden Unheil versank der Stern des Reiches Israel ins Nichts, und bis auf den heutigen Tag sind die Überreste dieses verschollenen Volkes in alle vier Winde verstreut.

»Erniedrigung und Elend drückten auf sie nieder.«Q30 Auf diese beiden heftigsten Heimsuchungen, die Nebukadnezar und Titus herbeigeführt hatten, bezieht sich der ruhmreiche Qur’án, wenn gesagt ist:

»Und feierlich erklärten Wir den Kindern Israels in dem Buche: ›Zweimal, wahrlich, sollt ihr Unheil stiften auf Erden, und mit großem Stolz und Hochmut werdet ihr euch erheben.‹ Und als die verheißene Drohung zum ersten Mal erfüllt werden sollte, sandten Wir Unsere Diener gegen euch aus:

Leute von schrecklichem Mut.

Und sie durchsuchten das Innerste eurer Wohnstätten, und erfüllt ward die Drohung … Als nun die Strafe für eure späteren Sünden vollzogen werden sollte, sandten Wir euch einen Feind, eure Gesichter traurig zu stimmen und in euren Tempel einzudringen wie beim ersten Mal und zu zerstören und zu vernichten, was er eroberte.«Q31
Unsere Absicht ist zu zeigen, wie wahre Religion Kultur und Würde, Wohlstand und Ansehen, Bildung und Fortschritt eines vormals elenden, unwissenden und versklavten Volkes fördert und wie der Gottesglauben, wenn er törichten, fanatischen Religionsführern in die Hände fällt, auf schlimme Art missbraucht wird, bis sich diese höchste Pracht in schwarzes Dunkel verwandelt.
Als zum zweiten Mal die unmissverständlichen Zeichen für Israels Zerfall, Erniedrigung, Unterjochung und Vernichtung zu erkennen waren, da erfüllte der liebliche und heilige Odem des Geistes Gottes (Jesus) das Tal des Jordan und das Land Galiläa; die Wolken göttlichen Erbarmens überzogen jene Himmelsstriche und ergossen in Fülle über sie die Wasser des Geistes. Und nach den anschwellenden Regenschauern, die dem Größten Meer entströmten, entfaltete das Heilige Land seinen Duft und erblühte in der Erkenntnis Gottes. Die Hymnen des Evangeliums erklangen und stiegen auf bis zu den Bewohnern der Himmelsgemächer, und die achtlosen Toten, die in den Gräbern ihrer Unwissenheit lagen, erhoben ihre Häupter, um ewiges Leben zu empfangen, wenn sie mit dem Odem Jesu in Berührung kamen. Drei Jahre lang wandelte diese Leuchte der Vollkommenheiten vor den Toren Jerusalems über die Felder Palästinas, führte alle Menschen in das Morgenlicht der Erlösung und lehrte sie, geistige Eigenschaften und gottgefällige Tugenden zu erlangen. Hätte das Volk Israel an dieses herrliche Wesen geglaubt, so hätte es sich aufgemacht, Ihm mit Leib und Seele zu dienen und gehorsam zu sein; durch den belebenden Hauch Seines Geistes hätte das Volk seine alte Schwungkraft wiedererlangt und neue Siege errungen.
Aber ach! Was nutzte dies alles? Sie wandten sich ab und widersetzten sich Ihm. Alle erhoben sich, um Ihn zu quälen, Ihn, der die Quelle göttlicher Erkenntnis, der Dämmerort der Offenbarung war, alle außer einer Handvoll Gläubiger, die ihr Antlitz Gott zuwandten und vom Makel dieser Welt gereinigt den Weg zu den Höhen des unsichtbaren Königreiches fanden. Jede nur denkbare Qual fügte man jenem Brunnquell der Gnade zu, bis es Ihm unmöglich wurde, in den Städten zu weilen, aber dennoch hielt Er das Banner des Heils empor und schuf feste Grundlagen für menschliche Rechtschaffenheit, diese wesentliche Voraussetzung wahrer Kultur.
Im fünften Kapitel Matthäi, Vers 39, rät Er: »Ihr sollt dem Bösen und dem Unrecht nicht mit gleichen Mitteln entgegentreten; sondern wenn dich jemand auf die rechte Wange schlägt, so halte ihm auch die andere hin. « Und weiterhin im 43. Vers: »Ihr habt gehört, dass gesagt ist: ›Lieben sollst du deinen Nächsten, und deinen Feind sollst du nicht mit Feindschaft quälen.‹A30 Ich aber sage euch: Liebet eure Feinde, tut wohl denen, die euch hassen, und betet für jene, die euch beleidigen und verfolgen, auf dass ihr die Kinder eures Vaters im Himmel seid; denn Er lässt Seine Sonne aufgehen über Böse und Gute und sendet den Regen seiner Gnade hernieder auf Gerechte und Ungerechte. Denn wenn ihr die liebet, die euch lieben, welchen Lohn habt ihr da? Tun das nicht auch die Zöllner?«
Zahllos waren Ratschläge dieser Art, die jener Tagesanbruch göttlicher Weisheit verkündete, und Menschen, die sich durch solche Eigenschaften der Heiligkeit auszeichnen, sind die reinen Wesen der Schöpfung und die Quellen wahrer Kultur.
Jesus begründete sodann das heilige Gesetz auf der Grundlage sittlicher Charakterstärke und völliger Vergeistigung, und für jene, die an Ihn glaubten, zeigte Er eine besondere Lebensweise auf, welche die höchste Verhaltensart auf Erden darstellt. Obwohl jene Wahrzeichen der Erlösung äußerlich der böswilligen Verfolgung ihrer Peiniger ausgeliefert schienen, waren sie in Wirklichkeit von dem hoffnungslosen Dunkel befreit, das die Juden umfangen hatte, und erstrahlten in immerwährender Herrlichkeit am Morgen dieses neuen Tages.
Die mächtige Nation der Juden stürzte und zerfiel, aber jene wenigen Seelen, die unter dem Baum der messianischen Sendung Schutz suchten, gestalteten alles menschliche Leben neu. Alle Völker der Welt waren damals äußerst unwissend, fanatisch und götzendienerisch. Nur eine Handvoll Juden bekannte sich zum Glauben an die Einheit Gottes, und sie waren armselige Ausgestoßene. Diese heiligen Seelen der Christenheit erhoben sich nun, um eine Sache zu verkünden, die den Anschauungen der gesamten Menschheit völlig entgegengesetzt und zuwider war. Die Herrscher in vieren der fünf Erdteile fassten den unerbittlichen Entschluss, die Anhänger Christi völlig zu vernichten, und dennoch schickten sich schließlich die meisten von ihnen an, den Glauben Gottes mit ganzem Herzen zu verbreiten. Alle Nationen Europas, zahlreiche Völker Asiens und Afrikas und sogar einige Einwohner der pazifischen Inseln versammelten sich unter dem Schutz der Einheit Gottes.
Überleget, ob es in der Schöpfung ein Prinzip gibt, das in irgendeiner Hinsicht machtvoller ist als die Religion, ob eine Kraft gedacht werden kann, die durchdringender ist als die vielfältigen göttlichen Offenbarungen, ob irgendeine Institution wahre Liebe, Freundschaft und Einheit zwischen allen Völkern hervorbringt, wie es der Glaube an einen allmächtigen und allwissenden Gott vermag, oder ob es außer den Gesetzen Gottes Beweise für eine Wirkkraft gibt, die für die Erziehung der ganzen Menschheit auf jeder Stufe rechtschaffener Lebensführung von Bedeutung ist!
Diese Eigenschaften, die die Philosophen erlangten, wenn sie die wahren Höhen ihrer Weisheit erreicht hatten, diese edlen menschlichen Eigenschaften, wie sie jene Philosophen auf dem Gipfel ihrer Vollkommenheit auszeichneten, wurden von den Gläubigen verwirklicht, sobald sie den Glauben angenommen hatten. Seht, wie jene Seelen, die die lebenspendenden Wasser der Erlösung aus den huldvollen Händen Jesu, des Geistes Gottes, tranken und unter den schützenden Schatten des Evangeliums traten, eine solch hohe Stufe sittlicher Lebensführung erreichten, dass Galen, der berühmte Arzt, in seinem Abriss über Platos Republik ihre Taten pries, obwohl er selbst kein Christ war. Die wörtliche Übersetzung lautet wie folgt:
»Die Masse der Menschheit ist nicht fähig, eine Folge logischer Argumente aufzunehmen. Deshalb bedarf es der Symbole und Gleichnisse, die von Belohnung und Bestrafung in der nächsten Welt sprechen. Der Beweis für diese Einsicht ist, dass es heute Leute gibt, die ›Christen‹ genannt werden, und bei denen der Glaube an Lohn und Strafe in einem künftigen Leben tief verwurzelt ist. Diese Gruppe weist ein hervorragendes Verhalten auf, ähnlich demjenigen eines Menschen, der ein wahrer Philosoph ist. So sehen wir alle mit unseren eigenen Augen, dass sie keine Furcht vor dem Tode haben, und ihre leidenschaftliche Liebe zu Gerechtigkeit und Ehrlichkeit ist so groß, dass man sie als wahre Philosophen ansehen sollte.«A31
Zu jener Zeit und in den Augen Galens war die Stufe eines Philosophen allen anderen Stufen in der Welt übergeordnet. Bedenkt also, wie die erleuchtende und vergeistigende Kraft der göttlichen Religionen die Gläubigen zu solchen Höhen der Vollkommenheit emporführt, dass ein Philosoph wie Galen, der selbst kein Christ ist, ein derartiges Zeugnis ablegt.
Der hervorragende Charakter der Christen zeigte sich auch darin, dass sie sich wohltätigen und guten Werken widmeten und Krankenhäuser und gemeinnützige Einrichtungen schufen. So war der erste, der im ganzen römischen Reich öffentliche Krankenhäuser für die ärztliche Pflege der Armen, Verwundeten und Hilfsbedürftigen einrichtete, Kaiser Konstantin. Dieser große König war der erste römische Herrscher, der für die Sache Christi eintrat. Er scheute keine Mühe und weihte sein Leben der Verbreitung der Lehren des Evangeliums. Das römische Staatswesen, das in Wirklichkeit nur ein System uneingeschränkter Unterdrückung war, gründete er auf Mäßigung und Gerechtigkeit. Sein gesegneter Name erstrahlt aus dem Dunkel der Geschichte wie der Morgenstern, und sein Ansehen und Ruhm als einer der edelsten und kultiviertesten Persönlichkeiten ist heute noch im Munde von Christen aller Konfessionen.
Welch feste Grundlage für hervorragende Charaktereigenschaften wurde doch dank der Ausbildung hehrer Seelen, die sich aufmachten, die Lehren des Evangeliums zu verbreiten, in jenen Tagen gelegt! Wie viele Grundschulen, Hochschulen und Krankenhäuser wurden geschaffen wie auch Einrichtungen, in denen elternlose und bedürftige Kinder erzogen wurden! Wie zahlreich waren die Menschen, die ihren persönlichen Vorteil hintanstellten und »aus dem Verlangen, dem Herrn zu gefallen«Q32 die Tage ihres Lebens damit verbrachten, die Massen zu lehren!
Als nun die Zeit herannahte, in der die strahlende Schönheit Muḥammads über der Welt aufgehen sollte, fiel die Macht über die Christenheit unwissenden Priestern in die Hände. Der himmlische Hauch, der aus den Gefilden göttlicher Gnade strömte, verflog, und die Gesetze des erhabenen Evangeliums, der Felsgrund, auf dem die Kultur der Welt ruhte, zeitigten keine Erfolge mehr, weil sie missbraucht wurden und weil gewisse Menschen, äußerlich anständig, innerlich jedoch verdorben, gegen sie verstießen.
Europäische Geschichtsforscher von Rang und Namen berichten übereinstimmend, wenn sie die politischen und sittlichen Zustände, die Bildung und die Kultur des Altertums, des Mittelalters und der Neuzeit in allen ihren Aspekten schildern, dass während der zehn Jahrhunderte des Mittelalters, vom Beginn des sechsten Jahrhunderts christlicher Zeitrechnung bis zum Ende des fünfzehnten, Europa in jeder Hinsicht und in höchstem Maße finster und barbarisch war. Der wichtigste Grund ist folgender: Die Mönche, von den europäischen Völkern als geistige und religiöse Führer angesehen, hatten die ewige Ehre, die von der Befolgung der heiligen Gebote und der himmlischen Lehren des Evangeliums herrührt, aufgegeben und mit den vermessenen, tyrannischen Oberhäuptern der weltlichen Regierungen jener Zeit gemeinsame Sache gemacht. Ihre Augen hatten sie von der unvergänglichen Herrlichkeit abgewendet und all ihr Streben darauf gerichtet, ihren gemeinsamen weltlichen Interessen und vergänglichen, kurzlebigen Vorteilen nachzugehen. Schließlich kam es so weit, dass die Massen hilflose Gefangene in den Händen dieser beiden Gruppen waren und dadurch das ganze Gefüge der Religion, Kultur, Wohlfahrt und Zivilisation der Völker Europas zusammenbrach.
Als dieses würdelose Tun und Denken und die unehrenhaften Vorhaben der Anführer die süßen Düfte des Geistes Gottes (Jesu) schwächten und diese nicht mehr über die Welt strömten, und als die Finsternis bigotter Unwissenheit und gottloser Taten die Erde umfangen hielt, da leuchtete das Morgenlicht der Hoffnung wieder auf, und der göttliche Frühling kehrte zurück; eine Wolke von Barmherzigkeit breitete sich über die Welt aus, und aus den Gefilden der Gnade wehten fruchtbare Winde.

Im Zeichen Muḥammads erhob sich die Sonne der Wahrheit über Yathrib (Medina) und dem Ḥijáz; über das ganze Weltall ergoss sie das Licht ewiger Herrlichkeit.

Dies verwandelte die Erde menschlicher Möglichkeiten, und die Worte:

»Die Erde wird leuchten mit dem Lichte ihres Herrn«Q33 waren erfüllt.

Die alte Welt wurde wieder neu, und ihr toter Körper erwachte zu reichem Leben.

Tyrannei und Unwissenheit wurden überwunden, und hoch ragten die Paläste der Erkenntnis und Gerechtigkeit empor, die an ihrer statt errichtet wurden.

Ein Meer von Erleuchtung brandete heran, und die Wissenschaft goss ihre Strahlen über alle Lande.

Bevor die Flamme höchsten Prophetentums in der Lampe von Mekka entzündet wurde, waren die wilden Stämme des Ḥijáz das grausamste und gottloseste Volk auf Erden.

In allen Geschichtswerken sind ihre entartete, lasterhafte Lebensführung, ihre Wildheit und ihre ständigen Fehden aufgezeichnet.

Damals betrachteten die zivilisierten Völker der Welt die arabischen Stämme von Mekka und Medina nicht einmal als menschliche Wesen.

Als aber das Licht der Welt über ihnen erstrahlte, wurden sie – durch die Erziehung, die ihnen aus dieser Schatzgrube an Vollkommenheiten, diesem Brennpunkt der Offenbarung, zuteilwurde, und durch die Segnungen des göttlichen Gesetzes – innerhalb kürzester Frist unter dem Schutze des Prinzips der Einheit Gottes vereinigt.

Später erlangte dieses grausame Volk eine so hohe Stufe menschlicher Vollkommenheit und Zivilisation, dass alle Zeitgenossen darüber staunten.

Dieselben Völker, die bisher die Araber als Brut ohne Urteilsvermögen verspottet hatten, suchten nun eifrig die Gesellschaft der Araber und bereisten ihre Länder, um Bildung und Kultur, technische Fertigkeiten und Staatsführung, Künste und Wissenschaften von ihnen zu übernehmen.
Seht, welcher Einfluss auf die materiellen Verhältnisse von der Bildung durch den wahren Erzieher ausgeht! Hier waren Stämme, so unwissend und wild, dass sie in der Zeit der Jáhilíyyih ihre siebenjährigen Töchter lebendig begruben – eine Tat, die selbst ein Tier, geschweige denn ein menschliches Wesen, verabscheut und vor der es zurückschrecken würde, die aber jene äußerst entarteten Stämme als den höchsten Ausdruck der Ehrbarkeit und Sittentreue ansahen. Dank der klaren Lehren jener großen Persönlichkeit entwickelte sich dieses barbarische Volk in solchem Maße, dass es zunächst Ägypten, Syrien und dessen Hauptstadt Damaskus, Chaldäa, das Zweistromland und Írán eroberte und dann so weit kam, dass es jedes wichtige Problem in vier Hauptregionen des Erdballs aus eigener Kraft lösen konnte.
Die Araber übertrafen damals alle Völker der Welt auf dem Gebiet der Kunst und Wissenschaft, Gewerbe und Erfindungen, der Philosophie, Staatsführung und Gesittung. Und wahrlich, der Aufstieg dieser grausamen, verachtenswerten Horden zur höchsten Stufe menschlicher Vollkommenheit in einer so kurzen Zeitspanne ist der größte Beweis für die Wahrheit der Offenbarung Muḥammads.
In der Frühzeit des Islám übernahmen die Völker Europas die Wissenschaften und Künste der Zivilisation vom Islám, so wie sie die Einwohner Andalusiens anwandten. Eine genaue, eingehende Untersuchung der geschichtlichen Aufzeichnungen wird die Tatsache bekräftigen, dass die Zivilisation Europas auf den Islám zurückgeht; denn alle Schriften der muslimischen Gelehrten, Theologen und Philosophen wurden nach und nach in Europa gesammelt, mit emsiger Sorgfalt geprüft, in akademischen Versammlungen und in Bildungszentren diskutiert, worauf das, was als wertvoll erachtet wurde, Verwendung fand. Heute sind zahlreiche Abschriften von Werken muslimischer Gelehrter, die in den islámischen Ländern nicht mehr zu finden sind, in den Bibliotheken Europas verfügbar. Auch die in allen europäischen Ländern geltenden Gesetze und Rechtsgrundsätze sind in beträchtlichem Maße, ja nahezu vollständig von den Werken der Rechtswissenschaft und von Gerichtsentscheidungen muslimischer Geistlicher hergeleitet. Wäre nicht zu befürchten, dass sich die vorliegende Abhandlung übermäßig in die Länge zieht, würden wir solche Entlehnungen eine nach der anderen aufführen.
Die Anfänge der europäischen Zivilisation gehen auf das siebte Jahrhundert islámischer Zeitrechnung zurück.

Die näheren Umstände waren folgende:

Gegen Ende des fünften Jahrhunderts nach der Hijrah erhob der Papst, das Oberhaupt der Christenheit, ein großes Gezeter darüber, dass die heiligen Stätten der Christen wie Jerusalem, Bethlehem und Nazareth unter muslimische Herrschaft gefallen waren.

Er stachelte die Könige und das Volk Europas zu einem Vorhaben an, das er als heiligen Krieg ansah.

Sein leidenschaftlicher Schrei der Empörung schwoll so an, dass alle Länder Europas darauf reagierten, und an der Spitze zahlloser Heerscharen zogen kreuzfahrende Könige über das Marmarameer und bahnten sich ihren Weg in den asiatischen Kontinent.

Damals herrschten die Khalífen aus dem Haus der Fáṭimiden über Ägypten und einige Länder im Westen der arabischen Welt, und sehr lange waren ihnen auch die Seldschuken, die Könige Syriens, untertan.

Kurz, die Könige des Westens fielen mit ihren unzähligen Truppen in Syrien und Ägypten ein, und während einer Zeitspanne von 203 Jahren führten die Herrscher Syriens und Europas ununterbrochen gegeneinander Krieg.

Fortgesetzt kam Verstärkung aus Europa herüber; immer wieder stürmten und bezwangen die westlichen Herrscher jede Burg in Syrien, aber ebenso oft warfen die islámischen Könige sie wieder hinaus.

Schließlich vertrieb Saladin im Jahr 693 n.d.H. die europäischen Könige und ihre Heere aus Ägypten und von der syrischen Küste.

Hoffnungslos geschlagen, kehrten sie nach Europa zurück.

Millionen Menschen kamen im Verlauf dieser Kreuzzüge ums Leben.

Zusammenfassend kann man sagen, dass zwischen 490 und 693 n.d.H.

Könige, Feldherren und andere Führer Europas sich ständig zwischen Ägypten, Syrien und dem Westen hin und her bewegten, und als sie schließlich alle in ihre Heimat zurückkehrten, verbreiteten sie in Europa, was sie im Laufe von über 200 Jahren in den islámischen Ländern auf den Gebieten der Staatskunst, der sozialen Entwicklung und Bildung, des Schulwesens und der Verfeinerung des Lebens kennengelernt hatten.

Die Zivilisation Europas geht auf diese Zeit zurück.
O Volk Persiens! Wie lange sollen eure Trägheit und Antriebslosigkeit noch fortdauern? Einst wart ihr die Herren der ganzen Erde; die Welt gehorchte auf euren Wink und Ruf. Wie kommt es, dass eure Herrlichkeit vergangen ist, dass ihr heute in Ungnade gefallen seid und euch in einem Winkel der Vergessenheit verkrochen habt? Ihr wart der Urquell der Bildung, die unerschöpfliche Lichtquelle für alle auf Erden; wie kommt es, dass ihr heute verwelkt, ausgelöscht, entmutigt seid? Ihr, die ihr einst die Welt entflammt habt, wie kommt es, dass ihr heute untätig und sorglos im Finstern weilt? Öffnet euer geistiges Auge, sehet eure große, greifbare Not! Erhebt euch und strengt euch an, suchet Bildung, suchet Erleuchtung! Ist es richtig, dass ein fremdes Volk die Kultur und das Wissen von euren Ahnen übernimmt und dass ihr, das eigene Fleisch und Blut, die rechtmäßigen Erben dieser Vorfahren, leer ausgeht? Wie kann es sein, dass eure Nachbarn Tag und Nacht mit ganzem Herzen sich anstrengen, um für ihren Fortschritt, ihre Ehre und ihren Wohlstand zu sorgen, während ihr in eurem dummen Fanatismus euch nur mit euren Streitigkeiten und Feindseligkeiten, euren Genüssen, Begierden und leeren Träumen beschäftigt? Ist es lobenswert, dass ihr die Genialität, die euer Geburtsrecht, eure ursprüngliche Fähigkeit, euer angeborenes Wissen ist, gedankenlos vergeudet und verschwendet? Aber wieder sind wir von unserem Thema abgewichen.
Jene Gebildeten Europas, die über die Geschichte des Abendlandes gut Bescheid wissen und sich durch Wahrheitsliebe und Gerechtigkeitssinn auszeichnen, stimmen darin überein, dass die tragenden Elemente ihrer Zivilisation in allen Einzelheiten vom Islám abgeleitet sind. So hat zum Beispiel DraperA32, der bekannte französische Wissenschaftler, dessen Genauigkeit, Fähigkeit und umfassende Bildung von allen europäischen Gelehrten bezeugt wird, in einem seiner meistgelesenen Werke, Die geistige Entwicklung Europas, in diesem Zusammenhang einen ausführlichen Bericht niedergelegt, d.h. im Hinblick darauf, dass die Völker Europas die Grundlagen der Zivilisation, des Fortschritts und des Allgemeinwohls vom Islám hergeleitet haben. Seine Aufzählung ist erschöpfend; eine Übersetzung an dieser Stelle würde unsere Arbeit ungebührlich in die Länge ziehen, wäre aber unerheblich für die Absicht, die wir verfolgen. Wenn der Leser weitere Einzelheiten wünscht, mag er auf den Text jenes Buches zurückgreifen.
Im Wesentlichen zeigt jener Verfasser, wie die europäische Kultur in ihrer Gesamtheit – ihre Gesetze, Grundsätze, Institutionen, ihre Wissenschaften, Philosophien, ihre Gelehrsamkeit, ihre gehobenen Sitten und Gebräuche, ihre Literatur, ihre Kunst und ihr Gewerbe, ihre Organisation und Disziplin, ihr Verhalten, ihre lobenswerten Charaktereigenschaften und sogar viele Wörter, geläufig in der französischen Sprache – von den Arabern herrührt.

Jedes dieser Elemente untersucht er bis ins Detail, zu jedem gibt er sogar den Zeitraum an, in welchem es vom Islám übernommen wurde.

So beschreibt er auch, wie die Araber in den Westen, ins heutige Spanien kamen und wie sie dort innerhalb kürzester Zeit eine hochentwickelte Kultur aufbauten, welch hervorragende Stufe ihre Verwaltung und ihre Gelehrsamkeit erreichten und wie festgegründet und gut geleitet ihre Schulen und Universitäten waren, an denen Wissenschaften, Philosophie und Kunsthandwerk gelehrt wurden; ferner, wie führend sie damals das Kulturleben bestimmten und wie viele Jugendliche aus bedeutenden Familien Europas an die Schulen von Cordoba und Granada, Sevilla und Toledo geschickt wurden, um dort die Wissenschaften und Künste des gehobenen Lebens zu erlernen.

Er schildert sogar, dass ein Europäer namens Gerbert sich an der Universität Cordoba auf arabischem Territorium immatrikulierte, um dort Künste und Wissenschaften zu studieren, und wie er nach seiner Rückkehr in Europa solche Bedeutung erlangte, dass man ihn schließlich an die Spitze der katholischen Kirche wählte und er Papst wurde.
Diese Hinweise sollen untermauern, dass die Religionen Gottes die wahre Quelle der geistigen wie der materiellen Vervollkommnung des Menschen sind, der Ausgangspunkt der Erleuchtung und des nutzbringenden Wissens für alle Welt. Wer dies mit gerechtem Sinn erwägt, wird feststellen, dass alle Gesetze des öffentlichen Lebens in diesen wenigen heiligen Worten beschlossen sind:
»Und sie gebieten das Rechte und verbieten das Unrecht und beeilen sich, gute Taten zu vollbringen.

Dieses sind die Rechtschaffenen.«Q34 Und wiederum:

»… auf dass unter euch ein Volk sei, das zum Guten auffordert, das Rechte befiehlt und das Unrecht verbietet.

Dies sind diejenigen, um die es gut bestellt sein soll.«Q35 Und weiter:

»Wahrlich, Gott gebietet Gerechtigkeit, rechtes Tun … und verbietet Schlechtigkeit und Unterdrückung.

Er ermahnt euch, auf dass ihr eingedenk seid.«Q36 Ferner über die Verfeinerung menschlichen Verhaltens:

»Lass Billigkeit walten und gebiete, was rechtens ist, und halte dich fern von den Toren.«Q37 Und gleicherweise:

»… die ihren Zorn bezwingen und anderen verzeihen.

Gott liebt jene, die Gutes tun.«Q38 Und wieder:

»Nicht das ist Frömmigkeit, dass ihr (beim Beten) euer Gesicht nach Osten wendet oder nach Westen; fromm ist vielmehr, wer an Gott glaubt, an den Jüngsten Tag, an die Engel, an die Schrift und an die Propheten, wer aus Liebe zu Gott sein Vermögen hingibt an Anverwandte, Waisen, Arme, an Bittende und um Gefangene loszukaufen, wer das Gebet verrichtet, den Armenbeitrag zahlt, wer zu denen gehört, die ihre Verträge einhalten, und wer geduldig ist bei Krankheiten, im Unglück und in Zeiten der Not.

Diese sind es, die rechtschaffen sind, diese sind die Gottesfürchtigen.«Q39 Und abermals:

»Sie ziehen jene sich selber vor, auch wenn Armut ihr eigenes Los ist.«Q40 – Seht, wie diese wenigen heiligen Verse die höchsten Ebenen und den tiefsten Sinn der Kultur sowie alle vortrefflichen Eigenschaften des menschlichen Charakters beinhalten.
Bei Gott, dem Herrn – und es gibt keinen Gott außer Ihm- selbst das kleinste Detail des zivilisierten Lebens rührt von der Gnade der Offenbarer Gottes her. Nichts, was für die Menschheit von Wert war, ist jemals zustande gekommen, ohne zuvor ausdrücklich in den Heiligen Schriften dargelegt worden oder als Schlussfolgerung daraus hervorgegangen zu sein?
Aber ach, was hilft dies alles! Sind die Waffen in den Händen von Feiglingen, dann ist keines Menschen Leben und Eigentum sicher, und die Diebe werden nur noch verwegener. Ebenso steht eine Geistlichkeit, die alles andere als vollkommen ist, wenn sie die Macht an sich reißt, wie ein eiserner Vorhang zwischen dem Volk und dem Licht des Glaubens.
Aufrichtigkeit ist der Grundstein des Glaubens. Das heißt, ein religiöser Mensch muss seine persönlichen Wünsche vergessen und danach streben, auf jede ihm mögliche Weise und von ganzem Herzen dem öffentlichen Wohl zu dienen. Andererseits ist es einem menschlichen Wesen nicht möglich, sich von seinem eigenen, selbstsüchtigen Nutzen abzuwenden und sein Wohl dem Wohl der Allgemeinheit zu opfern, es sei denn durch wahren religiösen Glauben. Denn Eigenliebe ist in den Lehm, aus dem der Mensch gemacht ist, hineingeknetet, und ohne Hoffnung auf eine angemessene Belohnung wird keiner seine eigenen bestehenden materiellen Interessen hintanstellen. Ein Mensch aber, der an Gott und Sein Wort glaubt, wird um Gottes willen seinen eigenen Vorteil und seine Behaglichkeit aufgeben und sich mit Herz und Seele aus freien Stücken dem Allgemeinwohl widmen, weil er die Verheißung und die Gewissheit hat, dass ihn im nächsten Leben reicher Lohn erwartet und weil ihm alle weltlichen Vergünstigungen im Vergleich zu der immerwährenden Freude und Herrlichkeit künftiger Seins ebenen nichts bedeuten. »Ein anderer aber ist unter den Menschen, der sein eigenes Selbst verkauft aus Verlangen nach dem Wohlgefallen Gottes.«Q41
Manche glauben, ein angeborener Sinn für menschliche Würde bewahre den Menschen davor, Böses zu tun, und biete Gewähr für seine geistige wie materielle Vervollkommnung.

Dies soll besagen, dass ein Mensch, den natürliche Intelligenz, hohe Entschlusskraft und edler Eifer auszeichnen, nicht wegen zu erwartender schwerer Bestrafung für ein Verbrechen oder reicher Belohnung für rechtschaffenes Verhalten, sondern instinktiv davor zurückschrecken wird, seinen Mitmenschen Leid zuzufügen, und danach hungern und dürsten wird, Gutes zu tun.

Aber wenn wir über die Beispiele der Geschichte nachdenken, wird uns klar, dass dieser eigentliche Sinn für Ehrbarkeit und Würde nichts anderes als eine der Wohltaten ist, die von den Geboten der Propheten Gottes herrühren.

Auch nehmen wir bei kleinen Kindern Anzeichen von Angriffslust und Ungehorsam wahr; wenn ein Kind keine Anweisungen durch einen Lehrer empfängt, vermehren sich seine unerwünschten Eigenschaften von einer Stunde zur andern.

Es ist also klar, dass dieser natürliche Sinn für Menschenwürde und Anstand die Folge von Erziehung ist.

Zweitens:

Selbst wenn wir um der Beweisführung willen annehmen, dass angeborene Intelligenz und angeborene Sittlichkeit Übeltaten verhindern könnten, ist es offensichtlich, dass derart beschriebene Menschen so selten wie der Stein der Weisen sind.

Eine Annahme dieser Art lässt sich nicht durch bloße Worte bekräftigen; sie muss durch Tatsachen untermauert sein.

Prüfen wir deshalb, welche Wirkkraft in der Schöpfung die breiten Massen zu guten Vorsätzen und guten Taten antreibt!
Übrigens wäre das Streben nach Rechtschaffenheit, das solch ein seltener Mensch mit diesen Anlagen an den Tag legt, sicherlich noch weit intensiver, wenn er darüber hinaus noch Gottesfurcht in sich verkörperte.
Allumfassende Wohltaten strömen aus der Gnadenfülle der göttlichen Religionen, denn sie führen die wahren Gläubigen zu aufrichtigen Absichten, edlen Zielen, Reinheit und makelloser Ehrbarkeit, umfassender Herzensgüte, Mitgefühl, Vertragstreue, Rücksichtnahme auf die Rechte anderer, Großzügigkeit, Gerechtigkeit in allen Lebenslagen, Menschlichkeit und Menschenliebe, Tapferkeit und unermüdlichem Eifer im Dienst an der Menschheit. Mit einem Wort, es ist die Religion, die alle menschlichen Tugenden hervorbringt, und diese Tugenden sind das strahlende Licht der Kultur. Wenn ein Mensch diese hervorragenden Eigenschaften nicht aufweist, hat er sicherlich nie einen Tropfen aus dem unergründlichen Strom der Lebenswasser gekostet, die aus den Lehren der heiligen Bücher fluten, noch hat er den leisesten Hauch von den duftenden Brisen, die aus den Gärten Gottes wehen, verspürt; denn nichts auf Erden kann allein durch Worte bewiesen werden, und jede Daseinsebene ist an ihren Zeichen und Symbolen erkennbar, jede Stufe menschlicher Entwicklung hat ihr besonderes Merkmal.
Der Sinn dieser Ausführungen besteht darin, ausgiebig klar zu machen, dass die göttlichen Religionen, die heiligen Gebote und die himmlischen Lehren die unanfechtbare Grundlage menschlichen Glücks sind und dass die Völker der Welt ohne dieses sichere Heilmittel auf keine wirkliche Linderung oder Erlösung von ihren Leiden hoffen können. Dieses Allheilmittel muss jedoch von einem weisen, erfahrenen Arzt angewandt werden, denn in den Händen eines Unbefugten könnten alle Heilmittel, die der Herr der Menschen jemals erschaffen hat, um die Krankheiten der Menschen zu heilen, keine Gesundung bringen, sondern würden im Gegenteil die hilflosen Opfer nur zugrunde richten und denen, die bereits krank sind, das Herz noch mehr belasten.
Als die Quelle göttlicher Weisheit, die Offenbarung umfassenden Prophetentums (Muḥammad), die Menschheit aufforderte, Künste, Wissenschaften und ähnliche positive Dinge zu erwerben, befahl Er ihnen, nach diesen sogar in den entlegensten Winkeln Chinas zu suchen. Aber die unfähigen, nörgelnden Gelehrten verbieten dies und rechtfertigen sich mit dem Spruch: »Wer ein Volk nachahmt, ist einer davon.« Sie haben nicht begriffen, was mit ›Nachahmung‹ in diesem Zitat gemeint ist, geschweige denn, dass sie wüssten, wie die göttlichen Religionen alle Gläubigen auffordern und ermutigen, sich Lebensgrundsätze anzueignen, die zu ständigen Verbesserungen führen, und von anderen Völkern Künste und Wissenschaften zu übernehmen. Wer sich für das Gegenteil ausspricht, hat nie vom Nektar der Erkenntnis getrunken, hat sich in seiner eigenen Unwissenheit verirrt und tappt den Trugbildern seiner Begierden nach.
Urteilt gerecht: Welche der modernen Errungenschaften an sich, welche ihrer Anwendungsmöglichkeiten steht im Gegensatz zu den göttlichen Geboten? Denkt man an die Errichtung von Parlamenten, wird dies im Text des folgenden heiligen Verses ausdrücklich vorgeschrieben: »… die ihre Angelegenheiten durch Beratung regeln …«Q42 Und an anderer Stelle werden die folgenden Worte an das Morgenlicht alles Wissens, die Quelle der Vollkommenheit selbst (Muḥammad), gerichtet, obwohl Er doch allumfassende Weisheit besaß: »… und berate dich mit ihnen in dieser Angelegenheit!«Q43 Wie könnte also die Frage wechselseitiger Beratung im Widerspruch zum religiösen Gesetz stehen? Die großen Vorteile der Beratung können auch durch logische Beweisführung belegt werden.
Können sie sagen, es widerspreche den Gesetzen Gottes, ein Todesurteil von äußerst gründlichen Untersuchungen abhängig zu machen, von der Bestätigung durch mehrere Körperschaften, von rechtskräftigem Beweis und königlicher Verfügung? Können sie behaupten, dass das, was unter der früheren Regierung geschehen war, mit dem Qur’án übereingestimmt habe? In den Tagen, da Ḥájí Mírzá Áqásí Ministerpräsident war, hörte man zum Beispiel aus vielen Quellen, der Gouverneur von Gulpáygán habe dreizehn wehrlose Amtspersonen jener Gegend festgenommen – alle dreizehn Nachkommen des Propheten, alle unschuldig – und habe sie ohne Gerichtsverfahren, ohne Billigung einer vorgesetzten Behörde in einer einzigen Stunde enthaupten lassen.
Einst hatte Persien mehr als fünfzig Millionen Einwohner. Sie wurden teilweise durch Bürgerkriege vertrieben, hauptsächlich aber durch das Fehlen eines geeigneten Staatssystems, durch die Gewaltherrschaft und die uneingeschränkten Befugnisse der regionalen und lokalen Gouverneure. Im Laufe der Zeit überlebte nicht einmal ein Fünftel dieser Bevölkerung; denn die Gouverneure suchten sich jedes Opfer, das ihnen wichtig war, wie unschuldig es sein mochte, aus, um ihren Zorn an ihm auszulassen und es zu töten. Aus Lust und Laune pflegten sie erwiesene Massenmörder zu ihren Günstlingen zu machen. Keine Menschenseele konnte frei ihre Meinung äußern; denn der Gouverneur hatte die absolute Kontrolle. Können wir sagen, solche Zustände hätten mit dem Gebot der Gerechtigkeit oder mit den Gesetzen Gottes übereingestimmt?
Können wir behaupten, es widerspreche den Grundsätzen des Glaubens, den Erwerb nutzbringender Künste und allgemeiner Bildung zu fördern, sich über die Wahrheiten solcher Naturwissenschaften, die dem Menschen dienlich sind, zu informieren, den Umfang der Industrie und die gewerbliche Produktion auszuweiten und die Wege zum Wohlstand der Nation zu vermehren? Würde es gegen die Anbetung Gottes verstoßen, Gesetz und Ordnung in den Städten zu schaffen, ländliche Gebiete zu strukturieren, Straßen auszubessern, Eisenbahnen zu bauen, Reisen und Warentransporte zu erleichtern und so das Wohlergehen des Volkes zu steigern? Wäre es unvereinbar mit den göttlichen Geboten und Verboten, wollten wir die verlassenen Bergwerke, die größte Einnahmequelle für den Reichtum der Nation, wieder in Betrieb nehmen und Fabriken bauen, was zum Wohlergehen, zur Sicherheit und zum Reichtum des ganzen Volkes beitragen würde? Oder die Schaffung neuer Industrien ankurbeln und Verbesserungen an unseren heimischen Produkten herbeiführen?
Bei dem Allherrlichen!

Es erstaunt mich zu sehen, welch ein Schleier sich über die Augen der Menschen gelegt hat und wie dieser Schleier sie selbst für so offensichtliche Notwendigkeiten blind macht.

Und wenn triftige Gründe und derartige Beweise angeführt werden, antworten sie ohne jeden Zweifel aus tausend tief verborgenen Spitzfindigkeiten und Vorurteilen heraus:

»Wenn am Tag des Gerichts die Menschen vor ihrem Herrn stehen, werden sie nicht nach ihrer Bildung und dem Grad ihrer Kultur gefragt; vielmehr werden sie auf ihre guten Taten hin geprüft.« Lassen sie uns dem zustimmen und davon ausgehen, dass der Mensch nicht nach seiner Kultur und Erziehung gefragt wird; werden an diesem ›Tag des Gerichts‹ nicht dennoch die Anführer zur Verantwortung gezogen?

Wird ihnen nicht gesagt werden:

»O ihr Oberhäupter und Anführer!

Warum habt ihr diese mächtige Nation dazu gebracht, von den Ruhmeshöhen ihrer Vergangenheit herabzustürzen und ihren Platz im Herzen und Mittelpunkt der zivilisierten Welt aufzugeben?

Ihr wäret sehr wohl imstande gewesen, Maßnahmen zu ergreifen, die diesem Volk zu höchster Ehre gereicht hätten.

Das habt ihr versäumt, ja ihr habt sogar das Volk jener allgemeinen Wohltaten beraubt, die alle Völker genießen.

Hat nicht dieses Volk einst wie die Sterne an einem glückverheißenden Himmel gestrahlt?

Wie konntet ihr es wagen, sein Licht in der Finsternis zu ersticken?

Ihr hättet die Lampe irdischer und ewiger Herrlichkeit für dieses Volk entzünden können; warum habt ihr es versäumt, aus ganzem Herzen danach zu streben?

Und wenn durch Gottes Gnade ein helles Licht aufloderte, warum habt ihr es dann nicht hinter dem Glas eures Heldenmutes vor den Winden behütet, die ihm entgegenschlugen?

Warum habt ihr euch mit aller Macht erhoben, um es auszulöschen?«
»Und jedem Menschen haben Wir sein Schicksal um den Hals geschlungen. Und am Tag der Auferstehung werden Wir ein Buch hervorbringen und ihm weit geöffnet vorlegen.« Q44
Noch einmal: Gibt es eine edlere Tat als den Dienst am Allgemeinwohl? Gibt es etwas Segensreicheres für einen Menschen, als dass er zur Quelle der Erziehung, des Fortschritts, des Wohlergehens und der Ehre für seine Mitmenschen wird? Nein, bei Gott dem Herrn! Es ist die höchste Tugend für begnadete Seelen, die Hilflosen bei der Hand zu nehmen und sie von ihrer Unwissenheit, Erniedrigung und Armut zu befreien, sich aus lauteren Beweggründen und reiner Liebe zu Gott aufzumachen und zielstrebig dem Dienst an den Massen zu widmen, dabei den eigenen weltlichen Vorteil zu vergessen und nur dem Allgemeinwohl zu dienen. »Sie ziehen jene sich selber vor, auch wenn Armut ihr eigenes Los ist.«Q45 »Die Besten sind jene, die dem Volke dienen; die Schlimmsten sind jene, die dem Volke schaden.«
Ruhm sei Gott! Was für seltsame Zustände herrschen heutzutage, wenn sich keiner von allen Zuhörern fragt, welche Beweggründe der Redner, der eine Forderung vorbringt, in Wirklichkeit wohl hat und welche selbstsüchtigen Absichten er hinter der Maske seiner Worte verborgen halten mag. Beispielsweise kann es sein, dass ein Mensch, der seine kleinlichen, persönlichen Interessen durchzusetzen sucht, den Fortschritt eines ganzen Volkes aufhält. Um seine eigene Wassermühle zu betreiben, lässt er die Höfe und Felder aller anderen verdorren und vertrocknen. Um sich an der Macht zu halten, wird er immerfort die Massen auf diese Art von Vorurteilen und Fanatismus ausrichten, die die Grundfeste der Kultur untergraben.
Wenn ein solcher Mensch Taten vollbringt, die vor den Augen Gottes eine Verfehlung sind und von allen Propheten und Heiligen verabscheut werden, und im selben Augenblick einen anderen sieht, der nach dem Essen seine Hände mit Seife wäscht – einem Produkt, dessen Erfinder ‘Abdu’lláh Búní, ein Muslim, war – erhebt er ein Zetergeschrei, das religiöse Gesetz sei umgestoßen und die Sitten und Gebräuche heidnischer Völker würden bei uns Einzug halten, nur weil jener Unglückliche nicht die Hände vorn an seinem Rock und an seinem Bart abwischt. Ohne jedes Empfinden für seinen eigenen schlechten Wandel betrachtet er das, was wahrhaftig zu Sauberkeit und Verfeinerung führt, als gottlos und töricht.
O Volk Persiens! Öffnet eure Augen! Gebet Acht! Befreit euch davon, blindgläubig den Fanatikern zu folgen und sie sinnlos nachzuahmen, denn das ist der Hauptgrund, warum die Menschen auf den Weg der Unwissenheit und Erniedrigung geraten. Sehet den wahren Sachverhalt. Erhebet euch! Ergreifet solche Maßnahmen, die euch Leben und Glück und Größe und Ansehen unter allen Nationen der Welt einbringen!
Die Winde der wahren Frühlingszeit wehen über euch dahin. Schmücket euch mit Blüten, so wie die Bäume im duftenden Garten! Die Frühlingswolken ergießen sich. Werdet frisch und grünend wie die süßen Gefilde der Ewigkeit! Der Morgenstern erstrahlt. Setzet euren Fuß auf den wahren Pfad! Das Meer der Allmacht wogt. Eilet zu den Ufern der Entschlossenheit und des Reichtums! Das reine Wasser des Lebens quillt hervor. Warum vergeudet ihr eure Tage dürstend in der Wüste? Steckt euch hohe und edle Ziele! Wie lange wollt ihr in eurer Trägheit, wie lange in eurer Achtlosigkeit noch verharren? Verzweiflung ist alles, was ihr in dieser und der nächsten Welt von eurer Selbstgefälligkeit davontragen könnt. Abscheulichkeit und Elend sind es, die euch der Fanatismus, der Glaube an die Dummen und Verblendeten einbringen. Die Bestätigungen Gottes unterstützen euch, die Hilfe Gottes ist nahe. Warum rufet und frohlocket ihr nicht aus ganzem Herzen, warum strebet ihr nicht mit ganzer Seele?
Zu den Angelegenheiten, die sorgfältiger Überprüfung und Reform bedürfen, zählen die Methode zur Erforschung der verschiedenen Wissensgebiete und die Erstellung eines akademischen Studienplans.

Ein Mangel an Klarheit hat dazu geführt, dass die Bildung planlos und unüberlegt vor sich geht.

Unwesentliches, das gründlichen Studiums nicht wert ist, erfährt dermaßen ungebührliche Aufmerksamkeit, dass die Studenten über einen langen Zeitraum ihre Gedanken und Kräfte auf einen Stoff verschwenden, der auf bloßer Annahme beruht und keineswegs nachweisbar ist.

Solche Studien bestehen darin, dass man sich in Behauptungen und Ideen vertieft, die eine sorgfältige Prüfung nicht nur als unwahrscheinlich, sondern sogar als reinen Aberglauben festmacht; diese Studien stellen nichts als eine Erforschung nutzloser Gedankenspiele, eine Jagd nach Sinnwidrigkeiten dar.

Zweifellos ist die Beschäftigung mit solchen Illusionen, das Prüfen und ermüdende Debattieren von solchen leeren Behauptungen nichts als Zeitvergeudung, nichts als Verschwendung der eigenen Lebenstage.

Und nicht nur das:

Diese Beschäftigung hindert den Menschen auch daran, solche Künste und Wissenschaften zu studieren, deren die Gesellschaft dringend bedarf.

Der Mensch sollte deshalb, ehe er sich mit einem Studienobjekt befasst, der Frage nachgehen, wozu das Studium dient und welche Frucht, welches Ergebnis daraus abgeleitet werden kann.

Wenn es sich um einen nützlichen Wissenszweig handelt, das heißt, wenn die Gesellschaft wesentliche Vorteile daraus gewinnen kann, dann sollte er sein Studium sicherlich mit ganzem Herzen verfolgen.

Wenn es sich dagegen um leere, sinnlose Wortstreitereien, um die unnütze Verkettung von Vorstellungen handelt, die zu nichts anderem führen als zu Bissigkeit, warum sollte man dann sein Leben solchen sinnlosen Haarspaltereien und Disputen widmen?
Da dieser Themenkreis weiterer Aufklärung und gründlicher Beratung bedarf, damit klar bewiesen werden kann, wie wertvoll manche Themen sind, die heute vernachlässigt werden, während die Nation keinerlei Bedarf an verschiedenen anderen, überflüssigen Studien hat, wird dieser Gesichtspunkt, so Gott will, in einem zweiten Band weiterentwickelt werden. Wir hoffen, dass die Lektüre dieses ersten Bandes die Denkweise und das Verhalten der Gesellschaft grundlegend ändern wird; denn wir haben diese Arbeit in aufrichtiger Absicht und nur um Gottes willen in Angriff genommen. Obgleich in dieser Welt Menschen, die zwischen aufrichtigen Absichten und falschen Worten unterscheiden können, so selten wie der Stein der Weisen sind, richten wir doch unsere Hoffnung auf die unerschöpflichen Gnadengaben des Herrn.
Fassen wir zusammen: Was jene betrifft, die der Ansicht sind, wir müssten bei der Durchführung dieser notwendigen Reformen mit Überlegung vorgehen, wir müssten Geduld haben und die Ziele nacheinander erreichen, so sei gefragt: Was meinen sie damit? Wenn sie sich mit ›Überlegung‹ auf die Umsicht beziehen, die in der Staatskunst erforderlich ist, hat ihr Gedanke Hand und Fuß und ist zeitgemäß. Sicherlich können gewichtige Vorhaben nicht in Eile zu einem erfolgreichen Abschluss gebracht werden; Übereilung würde in solchen Fällen nur schaden.
Die politische Welt ist wie die des Menschen: Dieser ist am Anfang nur Same und entwickelt sich dann stufenweise zum Embryo und Fötus, erhält ein mit Fleisch überzogenes Knochenskelett und nimmt seine eigentliche Gestalt an, bis er schließlich die Stufe erreicht, auf der sich an ihm gebührend das Wort bewahrheitet: »… der Erhabenste der Schöpfer«Q46. Ebenso wie dies ein Gebot der Schöpfung ist und auf der allumfassenden göttlichen Weisheit beruht, kann sich auch die politische Welt nicht plötzlich vom Nádir der Zerrüttung zum Zenit der Rechtlichkeit und Vollkommenheit entwickeln. Vielmehr müssen sich fähige Menschen Tag und Nacht anstrengen und alle Mittel, die zum Fortschritt führen, anwenden, damit sich Regierung und Volk auf allen Ebenen entwickeln, Tag für Tag, ja Stunde für Stunde.
Die Welt des Staubes belebt sich, wenn durch Gottes Segen drei Dinge auf Erden in Erscheinung treten; dann erstrahlt sie wundersam geschmückt und voller Anmut. Dies sind erstens die befruchtenden Frühlingswinde, zweitens die strömende Fülle der Frühlingswolken und drittens die Wärme der Sonnenstrahlen. Wenn aus der endlosen Gabenfülle Gottes diese drei zusammenkommen, dann werden nach Seinem Willen dürre Bäume und Zweige langsam wieder frisch und grün und schmücken sich mit vielerlei Blüten und Früchten. Dasselbe geschieht, wenn die reinen Absichten und die Gerechtigkeit des Herrschers, Weisheit, vollendete Fähigkeit und Staatsklugheit der Regierenden und die entschlossenen, unermüdlichen Bemühungen des Volkes zusammentreffen. Dann werden die Auswirkungen des Fortschritts, der weitreichenden Reformen, der Selbstachtung und des Erfolgs von Regierung und Volk gleichermaßen Tag für Tag deutlich erkennbar.
Wenn jene Leute aber mit ›Überlegung‹ Aufschub und Verzögerung meinen und glauben, dass man sich in jeder Generation nur mit einem winzigen Teil jener notwendigen Reformen befassen solle, dann drückt dies nichts als Antriebs- und Teilnahmslosigkeit aus, und eine derartige Vorgehensweise würde zu keinem anderen Ergebnis führen als zur endlosen Wiederholung leerer Worte. Wenn Übereilung schädlich ist, dann sind Antriebs- und Teilnahmslosigkeit tausendmal schlimmer. Der Mittelweg ist der beste, wie geschrieben steht: »Es obliegt dir, Gutes zu tun zwischen den beiden Übeln«, wobei sich dies auf die goldene Mitte zwischen zwei Extremen bezieht. »Und lasse deine Hand nicht am Nacken gefesselt sein, und weite sie auch nicht in voller Ausdehnung … Suche zwischen diesem einen Mittelweg!«Q47
Die vorrangige und dringlichste Notwendigkeit ist die Förderung der Bildung. Es ist undenkbar, dass ein Volk zu Wohlstand und Erfolg kommt, ohne dass dieses überaus wichtige, grundlegende Anliegen in die Tat umgesetzt wird. Die Hauptursache für den Niedergang und Verfall der Völker ist Unwissenheit. Heutzutage wissen die Massen des Volkes nicht einmal über alltägliche Angelegenheiten Bescheid; wie viel weniger begreifen sie den Hauptgrund für die wichtigen Probleme und vielfältigen Bedürfnisse unserer Zeit!
Es ist deshalb dringend notwendig, dass nutzbringende Schriften und Bücher verfasst werden, die klar und bündig die heutigen Bedürfnisse des Volkes darlegen und aufzeigen, was dem Glück und dem Fortschritt der Gesellschaft dienlich ist. Diese Schriften und Bücher sollten veröffentlicht und unter dem Volk verbreitet werden, so dass wenigstens die führenden Köpfe unter dem Volk bis zu einem gewissen Grad aufwachen und anfangen, sich auf Wegen vorwärts zu bemühen, die zu ihrer ewigen Ehre führen. Die Verbreitung edler Gedanken ist die dynamische Kraft in den Schlagadern des Lebens, ja die Seele der Menschenwelt. Die Gedanken sind unendlich wie das Meer, während die Auswirkungen und die wechselnden Umstände des Daseins den Wellen in ihrer unterschiedlichen Gestalt und räumlichen Begrenzung gleichen; erst wenn das Meer wogt, steigen die Wellen an und tragen die Perlen der Erkenntnis ans Ufer des Lebens.
»Bruder, du bist dein Denken allein; der Rest von dir ist nur Fleisch und Bein.«A33
Die öffentliche Meinung muss auf das gerichtet werden, was dieses Tages würdig ist. Dies ist jedoch nur möglich, wenn angemessene Argumente angewandt und klar verständliche, schlüssige Beweise erbracht werden. Zweifellos suchen die Massen nach ihrem Glück und sehnen sich danach, aber ihre Unwissenheit trennt sie davon wie ein dichter Schleier.
Überleget, wie sehr der Mangel an Bildung und Erziehung ein Volk schwächt und erniedrigt. Gemessen an der Bevölkerungszahl ist heute (1875) China mit seinen über vierhundert Millionen Einwohnern die größte Nation der Welt. Demnach sollte die Regierung Chinas die hervorragendste auf Erden sein und sein Volk das namhafteste von allen. Aber ganz im Gegenteil handelt es sich aus Mangel an kultureller und zivilisatorischer Bildung um die schwächste und hilfloseste aller schwachen Nationen. Vor kurzem zog ein kleines Kontingent englischer und französischer Truppen gegen China zu Feld und besiegte dieses Land so endscheidend, dass sogar die Hauptstadt Peking eingenommen wurde. Hätten Chinas Regierung und Volk mit der neuesten Wissenschaft von heute Schritt gehalten, wären sie in der Kunst und Technik der modernen Zivilisation bewandert, dann hätten alle Völker der Erde zusammen sie nicht besiegen können, und die Angreifer wären geschlagen dorthin zurückgekehrt, woher sie gekommen waren.
Noch erstaunlicher als dieses Ereignis der Zeitgeschichte ist die Tatsache, dass die Regierung Japans ursprünglich China unterlegen war und unter dessen Schutzherrschaft stand und dass Japan nun vor ein paar Jahren wach wurde und sich die Technik des modernen Fortschritts und der Zivilisation aneignete. Wissenschaften und Industriezweige, die dem öffentlichen Wohl dienen, wurden gefördert, und die Regierung setzte alles daran, was in ihrer Macht und ihren Kräften stand, um die öffentliche Meinung auf notwendige Reformen zu lenken. Diese Regierung hat derzeit solche Fortschritte gemacht, dass sie kürzlich die letzte chinesische Regierung herausgefordert und zu einer Einigung gezwungen hat, obwohl die japanische Bevölkerung nur ein Sechstel oder ein Zehntel der chinesischen ausmacht. Beobachtet deshalb aufmerksam, wie Bildung und die Vorzüge der Zivilisation einer Regierung und ihrem Volk zu Ehre, Wohlstand, Unabhängigkeit und Freiheit gereichen.
Es ist weiterhin äußerst notwendig, in ganz Persien, selbst in den kleinsten Städten und Dörfern, Schulen einzurichten und das Volk auf jede nur mögliche Weise anzuhalten, die Kinder lesen und schreiben lernen zu lassen. Notfalls sollte die Schulbildung sogar gesetzlich eingeführt werden. Solange nicht die Nervenstränge und Blutadern der Nation von neuem Leben durchpulst werden, wird sich jedes in Angriff genommene Vorhaben als fruchtlos erweisen; denn das Volk ist wie ein menschlicher Körper, die Entschlossenheit und der Wille, sich durchzusetzen, sind wie die Seele, aber ein seelenloser Körper bewegt sich nicht. Diese dynamische Kraft ist in höchstem Maße im Wesenskern des persischen Volkes vorhanden; die Ausbreitung von Bildung wird sie freisetzen.
Wir kommen zu jenen, die der Meinung sind, es sei weder notwendig noch angebracht, Grundsätze der Zivilisation, Grundlagen des Fortschritts zu höheren Ebenen gesellschaftlichen Glücks in der materiellen Welt, Gesetze, die gründliche Reformen bewirken, Maßnahmen, die den Rahmen des Kulturlebens erweitern, von irgendwoher zu entlehnen; vielmehr stehe es Persien und den Persern eher an, über ihre Situation nachzudenken, um dann ihre eigenen fortschrittlichen Methoden herauszufinden.
Wenn die hohe Intelligenz und die überdurchschnittlichen Fähigkeiten der Verantwortlichen unserer Nation, die energische Zielstrebigkeit der bedeutendsten Persönlichkeiten am kaiserlichen Hof und die entschiedenen Bemühungen all derer, die Wissen und Können aufweisen und in den wichtigen Gesetzen des politischen Lebens wohl bewandert sind – wenn all diese Kräfte zusammengefasst würden und sie allesamt jede Anstrengung unternähmen, über alle wichtigen Einzelheiten wie auch über die Hauptströmungen der politischen Entwicklung nachzudenken, dann wäre es sehr wahrscheinlich, dass sie auf Grund wirksamer von ihnen entfalteter Pläne mancherlei Zustände von Grund aus reformieren könnten.

In der Mehrzahl der Fälle müssten sie jedoch nach wie vor von anderen Anleihen machen; denn in all den vielen Jahrhunderten der Geschichte haben hunderttausend Persönlichkeiten ihr ganzes Leben darauf verwendet, solche Dinge zu erproben, bis sie in der Lage waren, wesentliche Entwicklungen in Gang zu setzen.

Wenn all dies ignoriert werden sollte, wenn die Mühe aufgewendet werden müsste, dass wir selbst diese Hilfsmittel in unserem eigenen Land und in unserer eigenen Weise neu erfinden, um dadurch den gewünschten Fortschritt herbeizuführen, dann würden viele Generationen vergehen, ohne dass das Ziel erreicht wäre.

Sehet zum Beispiel, wie man sich in anderen Ländern über einen langen Zeitraum unermüdlich angestrengt hat, bis man schließlich die Dampfkraft entdeckte und mit ihrer Hilfe in der Lage war, schwere Arbeiten, die einst die menschliche Leistungsfähigkeit überstiegen, leicht auszuführen.

Wie viele Jahrhunderte würden wir wohl brauchen, wollten wir auf den Gebrauch der Dampfkraft verzichten und stattdessen alle Nerven anspannen, um einen Ersatz zu finden.

Es ist folglich besser, wenn wir weiterhin die Dampfkraft anwenden und gleichzeitig ununterbrochen die Möglichkeit prüfen, ob es nicht noch eine weit größere Kraft gibt.

Im selben Licht sollte man die anderen Vorteile der Technik, der Wissenschaften, der Künste und der politischen Denkmodelle, die sich als nützlich erwiesen haben, sehen, das heißt, jene Verfahrensweisen, die Jahrhunderte hindurch immer wieder erprobt worden sind und deren Anwendungsmöglichkeiten und Vorteile erwiesenermaßen dem Staat zu Ruhm und Größe, dem Volk zu Wohlergehen und Fortschritt gereichten.

Sollte ohne stichhaltigen Grund auf all dies verzichtet und sollten andere Reformmaßnahmen ausprobiert werden, dann würden viele Jahre und viele Menschenleben vorübergehen, ehe solche Reformen eintreten und ihre Vorteile unter Beweis gestellt werden könnten.

Einstweilen »sind wir noch an der ersten Straßenbeuge«A34.
Die Gegenwart hat im Vergleich zur Vergangenheit den Vorteil, dass sie vieles als Modell übernehmen und sich aneignen kann, was in der Vergangenheit bereits erprobt wurde und sich als nützlich erwies; darüber hinaus kann die Gegenwart ihre eigenen Neuentdeckungen machen und mit diesen ihr wertvolles Erbe mehren. Natürlich sind die Errungenschaften und Erfahrungen der Vergangenheit der Gegenwart bekannt und verfügbar, während die für die Gegenwart charakteristischen Entdeckungen der Vergangenheit unbekannt waren. Dies setzt voraus, dass sich die nachfolgende Generation aus fähigen Persönlichkeiten zusammensetzt. Wie vielen Nachkommen hat es andererseits auch nur an einem Tropfen aus dem unermesslichen Meer an Erkenntnis, das ihre Vorfahren besaßen, gefehlt!
Denket ein wenig nach: Lasst uns annehmen, durch die Macht Gottes würden irgendwelche Menschen plötzlich auf die Erde versetzt. Offensichtlich benötigen sie vielerlei Dinge, um für ihre Menschenwürde, ihr Glück und Behagen zu sorgen. Ist es nun zweckmäßiger für sie, diese Dinge von ihren Zeitgenossen zu übernehmen, oder sollten sie in jeder darauffolgenden Generation nichts übernehmen, sondern unabhängig dieses und jenes Instrument, das für das menschliche Dasein erforderlich ist, neu erschaffen?
Wenn andere die Auffassung vertreten, die in anderen Ländern gängigen Gesetze, Grundsätze und Grundlagen des Fortschritts einer auf höchster Ebene voll entwickelten Gesellschaft seien nicht auf die Verhältnisse und die herkömmlichen Bedürfnisse des persischen Volkes abgestimmt, und deshalb müssten die zuständigen Fachleute des Landes alle Anstrengungen unternehmen, für Persien angemessene Reformen durchzusetzen – dann lasst sie zuerst erklären, welcher Schaden aus solchen fremden ›Einfuhren‹ erwachsen könnte.
Würde es dem Charakter des persischen Volkes widersprechen, wenn man das Land aufbaute, Straßen ausbesserte, das Schicksal der Bedürftigen auf verschiedene Weise erleichterte, die Armen resozialisierte, die Massen des Volkes auf den Weg des Fortschritts führte, die Möglichkeiten des Gemeinwohls mehrte, den Umfang an Bildung erweiterte, die Verwaltung zweckmäßig ordnete, die freie Ausübung der Persönlichkeitsrechte, den Schutz von Leib, Leben und Eigentum, von Ruf und Würde sicherte? Was immer mit diesen Maßnahmen unvereinbar ist, hat sich in jedem Land bereits als nachteilig erwiesen und betrifft nicht einen Ort mehr als einen anderen.
Dieser Irrglaube erwächst in seiner Gesamtheit aus dem Mangel an Weisheit und Verständnis, auf unzulänglicher Beobachtung und Analyse. Tatsächlich verbirgt die Mehrheit der Reaktionäre und der Zauderer hinter einem Staudamm eitler Worte lediglich ihre eigensüchtigen Interessen; sie verwirren den Sinn der hilflosen Massen mit öffentlichen Erklärungen, die in keiner Beziehung zu ihren gut versteckten Zielsetzungen stehen.
O Volk Persiens! Das Herz ist ein göttliches Pfand. Reinige es vom Makel der Eigenliebe und schmücke es mit der Krone reiner Absicht, auf dass die heilige Ehre, die immerwährende Größe dieser ruhmreichen Nation erstrahle wie das Morgenlicht an einem glückverheißenden Himmel. Wie Schatten huschen die wenigen Tage auf Erden vorbei und sind verflogen. Mühet euch also, dass Gott Seine Gnade über euch ergieße und ihr ein ehrenvolles Gedenken in den Herzen und auf den Lippen derer wachhaltet, die nach euch kommen. »Und gewähre, dass die Nachwelt ehrerbietig von mir spricht.«Q48
Glücklich der Mensch, der sein eigenes Wohl außer Acht lässt und gleich den Auserwählten Gottes mit seinen Mitmenschen im Dienste zum Wohle aller wetteifert, bis er, gestärkt durch den Segen und die immerwährenden Bestätigungen Gottes, befähigt sein wird, diese mächtige Nation erneut zu den einstigen Gipfeln ihres Ruhmes zu führen, dieses verdorrte Land mit köstlichem neuem Leben zu erfrischen und wie ein geistiger Frühling die Bäume, die das Leben der Menschen widerspiegeln, mit frischen Blättern, Blüten und Früchten heiliger Freude zu schmücken.

Quellenangaben

Q1 Qur’án 39:69.
Q2 Qur’án 55:1–4.
Q3 Qur’án 39:9.
Q4 Qur’án 41:53.
Q5 Qur’án 7:179 und 8:22.
Q6 Qur’án 76:9.
Q7 Qur’án 6:90 und 11:29.
Q8 Qur’án 14:20 und 35:17.
Q9 Qur’án 95:4.
Q10 Imám ‘Alí, Ḥadíth.
Q11 Vgl. Qur’án, mehrere Dutzend Stellen – Anm. d. Hrsg.
Q12 Qur’án 5:82.
Q13 Qur’án 29:2.
Q14 Qur’án 16:123.
Q15 Qur’án 4:46 und 5:13.
Q16 Qur’án 39:9 und 13:16.
Q17 Qur’án 9:33, 48:28, 61:9.
Q18 vgl. Qur’án 59:22, 59:2 – Anm. d. Hrsg.
Q19 Qur’án 54:55.
Q20 Qur’án 9:32.
Q21 Qur’án 16:125.
Q22 Qur’án 24:35.
Q23 Qur’án 20:44.
Q24 Qur’án 12:44, 21:5.
Q25 Qur’án 24:39.
Q26 Qur’án 17:82.
Q27 Qur’án 2:26.
Q28 Qur’án 8:63.
Q29 Qur’án 24:35.
Q30 Qur’án 2:61.
Q31 Qur’án 17:4–5, 17:7.
Q32 Qur’án 4:114, 2:207 usw.
Q33 Qur’án 39:69.
Q34 Qur’án 3:114.
Q35 Qur’án 3:104.
Q36 Qur’án 16:90.
Q37 Qur’án 7:199.
Q38 Qur’án 3:134.
Q39 Qur’án 2:177.
Q40 Qur’án 59:9.
Q41 Qur’án 2:207.
Q42 Qur’án 42:38.
Q43 Qur’án 3:159.
Q44 Qur’án 17:13.
Q45 Qur’án 59:9.
Q46 Qur’án 23:14: »Verherrlicht sei deshalb Gott, der Erhabenste der Schöpfer!«.
Q47 Qur’án 17:29 u. 17:110.
Q48 Qur’án 26:84.

Anmerkungen

A1 Náṣiri’d-Dín Sháh.
A2 Das 1875 in Persisch verfasste Original trägt keinen Hinweis auf den Verfasser; die erste englische Übersetzung wurde 1910 unter dem Titel The Mysterious Forces of Civilization mit dem Vermerk veröffentlicht: »in Persisch von einem bedeutenden Bahai-Philosophen verfasst«.
A3 2 Chr. 36:22–23; Esra. 1:2, Est. 1:1, 8:9, Jes. 45:1, 14, 49:12.
A4 Heilige Überlieferung, belegter Ausspruch des Propheten Muḥammad.
A5 ›Ghazwatu’l-Ḥandaq‹. Angriff einer von dem Stamm der Quraysh organisierten Allianz auf Medina, im Jahre 627 n. Chr. – Anm. des Hrsg.
A6 zoroastrischer Priester – Anm.des Hrsg.
A7 Jáhilíyyih: die heidnische Zeit in Arabien vor dem Auftreten Muḥammads.
A8 Die heidnischen Araber beachteten einen gesonderten und drei zusammenhängende Monate religiöser Waffenruhe, während derer Pilgerfahrten nach Mecca, Jahrmärkte, poetische Wettbewerbe und ähnliche Ereignisse stattfanden..
A9 vgl. Bahá’u’lláh, Das Buch der Gewissheit 92, Hofheim 2004.
A10 »Wenn wir mit dem Wort ›Algebra‹ denjenigen Zweig der Mathematik bezeichnen, der uns lehrt, wie wir die Gleichung x2 + 5 x = 14, auf diese Weise niedergeschrieben, lösen, dann beginnt diese Wissenschaft im 17. Jahrhundert. Wenn wir es zulassen, dass die Gleichung mit anderen, weniger geeigneten Symbolen geschrieben wird, beginnt Algebra bereits im 3. Jahrhundert. Wenn wir eine Beschreibung in Worten und eine Lösung für einfache Fälle positiver Wurzeln mit Hilfe geometrischer Figuren einbeziehen, war unsere Wissenschaft schon Euklid und anderen aus der Alexandrinischen Schule um 300 v. Chr. bekannt. Wenn wir mehr oder weniger wissenschaftliche Schätzungen bei der Annäherung an eine Lösung zulassen, lässt sich sagen, dass Algebra schon 2000 Jahre v. Chr. bekannt war und wahrscheinlich bereits viel früher die Aufmerksamkeit der intellektuellen Klasse auf sich zog … Der Name ›Algebra‹ ist rein zufällig. Als Mohammed ibn Mûsâ al-Khowârizmî … um 825 in Baghdad schrieb, gab er einem seiner Werke den Titel Al-jebr w’al-muqâbalah. Dieser Titel wird manchmal in ›Wiedereinsetzung und Gleichung‹ übersetzt, aber die Bedeutung war selbst den späteren arabischen Schriftstellern nicht klar.« (Encyclopaedia Britannica, 1952, Stichwort: Algebra).
A11 Jaláli’d-Dín-i-Rúmí, Mathnaví, I:1906–1907.
A12 Das arabische Wort ‘Ulamá läßt sich auch als ›Gelehrte‹, ›Wissenschaftler‹ or ›religiöse Autoritäten‹ übersetzen.
A13 Der Resch Galuta, ein Prinz oder Herrscher über die Verbannten in Babylon, dem die Juden, wo sie auch waren, Tribut zollten.
A14 Ein altes orientalisches Gewicht, entspricht ca. 3,5 kg.
A15 Qur’án 7:172: Yawm-i-Alast, der Tag, an dem sich Gott an die künftige Nachkommenschaft Adams wandte mit den Worten »Bin Ich nicht euer Herr?« (Aalastu-bi-Rabbikum), und sie antworteten: »Ja, wir bezeugen es.«.
A16 vgl. Qur’án 27:12, Bezugnahme auf Moses: »Und stecke deine Hand in deine Achsel. Du wirst sie weiss herausziehen, unbeschädigt: Eines von neun Zeichen für Pharao und sein Volk…«. Vgl. auch Qur’án 7:108, 20:22, 26:33 und 28:32, sowie Ex. 4:6. ‘Umar Khayyám dichtet in den Rubá‘íyyát darüber: »Wenn nun das Neue Jahr die alten Wünsche weckt, gedankenschwer die Seele sich in Einsamkeit versteckt, wo Jesus aus dem Grund empor sich sehnt und Moses’ weiße Hand am Zweig sich streckt.« Die Metaphern dieses Verses beziehen sich neben ihrem transzendenten Gehalt auf den Blumenduft und die Baumblüten des Frühlings.
A17 ›Dhu’l-Awtád‹ wird von Qur’án-Übersetzern verschieden wiedergegeben als der Durchbohrende, der Erfindungsreiche hinter den Pfählen, der Herr einer starken Herrschaft, der von Ministern Umgebene usw. ›Awtád‹ heißt Pfähle oder Zeltstangen. Vgl. Qur’án 38:12 und 89:10.
A18 Qur’án 33:63: »Die Menschen werden dich nach der ›Stunde‹ befragen. Sprich: ›Das Wissen von ihr ist allein bei Gott‹.« Vgl. auch Qur’án 22:1, »das Erdbeben der Stunde«, usw., ferner Mt. 24:36, 24:42 usw. Für die Bahá’í bezieht sich dies auf das Kommen des Báb und Bahá’u’lláhs.
A19 Vgl. das islámische Glaubensbekenntnis, das manchmal ›die zwei Zeugnisse‹ genannt wird: »Ich bezeuge, dass es keinen Gott außer Gott gibt und dass Muḥammad der Prophet Gottes ist« [vgl. Qur’án 4:8, 9:31, 13:30, etc. – Anm. d. Hrsg].
A20 vgl, Qur’án 27:20 ff.
A21 1875 A.D.
A22 Königstreue – Anm. des Hrsg.
A23 Rúmí, Mathnaví, I:334.
A24 Die Absätze 120 und 122 wurden von Shoghi Effendi übersetzt und in Die Weltordnung Bahá’u’lláhs 3:20–21 veröffentlicht.
A25 Khusraw I., Sásáníden-König, der 531–579 n. Chr. regierte.
A26 Sa‘dí, Gulistán, Über die Lebensführung der Könige.
A27 der Dichter Saná’í.
A28 Rúmí, Mathnaví, III:4229–4231.
A29 vgl. Rúmí, Mathnaví II:185 und II:189, ferner die Ḥadíth: »Gott schuf die Geschöpfe in Finsternis, dann streute Er etwas von Seinem Licht über sie. Diejenigen, auf die etwas von diesem Licht fiel, nahmen den rechten Weg, während die, die es nicht traf, vom geraden Pfad abirrten.« Vgl. R. A. Nicholson, The Mathnawí of Jaláli’d-Dín-i-Rúmí, in E. J. W. Gibb Memorial Series.
A30 In der Luther-Bibel heißt es: »Ihr habt gehört, dass gesagt ist: Du sollst deinen Nächsten lieben und deinen Feind hassen.« Gegen diese Lesart wenden die Gelehrten ein, dass sie dem bekannten Gesetzestext zuwiderläuft, wie er in Lev. 19:18, Ex. 23:4–5, Spr. 25:21, im Talmud usw. dargestellt ist.
A31 Vgl. ‘Abdu’l-Bahá, Beantwortete Fragen, Kap. 84, sowie seine Ansprache vom 6.11.1912 in Washington, D. C., wiedergegeben in The Promulgation of Universal Peace 118:3, Chicago 1925, S. 385; ferner Richard Walzer, Galen on Jews and Christians, Oxford University Press, 1949, S. 15. Der Verfasser stellt fest, dass Galens Abriss, der hier angeführt wird, verschollen und nur in arabischen Zitaten erhalten geblieben ist.
A32 Im persischen Text wird der Name des Autors als ›Draybár‹ wiedergegeben und sein Werk mit Der Fortschritt der Völker bezeichnet.

Offensichtlich bezieht sich hier ‘Abdu’l-Bahá auf John William Draper, 1811–1882, einen bekannten Chemiker und Geschichtsforscher, dessen Werke in viele Sprachen übersetzt wurden.

Ausführliches Material über die Beiträge der Muslime zur Kultur des Westens und über Gerbert (Papst Sylvester II) finden sich im zweiten Band des zitierten Buches.

Über einige der Entlehnungen des Wesens vom Islám, die systematisch verschwiegen werden, schreibt der Verfasser:

»Ein Unrecht, das auf religiösem Hass und nationaler Eitelkeit beruht, kann nicht in alle Ewigkeit fortgesetzt werden« (Bd.

II, S.

42 der revidierten Ausgabe).

Dem Lexikon Amerikanischer Biographien entnehmen wir, dass Drapers Vater dem römisch-katholischen Glauben angehörte und den Namen John Christopher Draper annahm, als er von seiner Familie enterbt wurde, weil er Methodist geworden war, dass sein richtiger Name jedoch unbekannt ist.

Der [engl.] Übersetzer ist Herrn Paul North Rice, dem Leiter des New York Public Library’s Reference Department zu Dank verpflichtet für die Information, dass die verfügbaren Daten über die Familiengeschichte Drapers und seine Nationalität einander widersprechen; The Drapers in America von Thomas Waln-Morgan (1892) gibt an, dass Drapers Vater in London geboren wurde, während Albert E.

Henschel in Centenary of John William Draper (New York University Colonnade, June, 1911) folgendes anführt:

»Sollte irgend jemand seine Abstammung bis hin zu den sonnigen Feldern Italiens zurückführen können, dürfte er zurecht auf John William Draper stolz sein, denn sein Vater, John C.

Draper, war gebürtiger Italiener…« Der Dank des [engl.] Übersetzers gebührt auch Madame Laura Dreyfus-Barney für ihre Nachforschungen im Zusammenhang mit dieser Passage in der Library of Congress und der Bibliothèque Nationale.
A33 Rúmí, Mathnaví II:277. Der nächste Vers lautet: »Ein duftender Garten, gleicht dein Denken der Rose, doch ist es dornig, taugt es nur für’s Feuer.«.
A34 Aus dem Zitat: »‘Aṭṭár (persischer Dichter und Mystiker, ca. 1119–1220 n. Chr.) hat die sieben Städte der Liebe durchschritten, und wir sind noch an der ersten Straßenbeuge.«.