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French — Les lecons de St-Jean d'Acre.txt
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LECONS DE SAINT JEAN D'ACRE
Les mots-clé dans le titre du chapitre indiquent les grandes parties:
I. Du rôle des prophètes dans l'évolution de l'humanité
II. Sur quelques points de la doctrine chrétienne
III. Sur les pouvoirs et sur la condition des manifestations de Dieu
IV. Sur l'origine, les pouvoir et la condition de l'homme
V. Questions diverses
Religion: baha'ie
Livre: Les leçons de Saint-Jean d'Acre
Edition: PUF, 5ième Edition 1982, ISBN 2-13-037588-X

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Chapitre: I.1. La nature est sous l'empire d'une loi générale unique

La Nature est cet état, cette réalité, représentée, en apparence, par la vie et la mort ou, en d'autres termes, par la formation et la décomposition de toutes choses.
Cette Nature est soumise à une organisation absolue, à des lois déterminées, à un ordre complet, et à un plan achevé dont elle ne s'écarte jamais.
A tel point que, pour qui examine d'un regard minutieux et d'un oeil acéré, depuis le plus petit atome existant jusqu'aux plus grands corps de l'univers, comme le globe solaire ou les autres astres et corps lumineux, tout, soit au point de vue de l'arrangement ou de la composition, soit sous le rapport de la forme ou du mouvement, est absolument organisé; et tout est sous l'empire d'une loi universelle, dont il n'y a pas moyen de s'écarter.
Et lorsque vous regardez la Nature elle-même, vous voyez qu'elle n'a ni intelligence, ni volonté. Ainsi, la nature du feu est de brûler : il brûle sans volonté ni intelligence;
l'eau, par nature, est fluide : elle coule sans volonté ni intelligence; le soleil, par nature, est resplendissant : il brille sans volonté ni intelligence; la vapeur, par nature, s'élève dans l'air : elle s'élève sans volonté ni intelligence.
Il apparaît donc clairement que les mouvements naturels de toutes les choses sont des mouvements forcés; aucun n'est dû à la volonté, si ce n'est chez les animaux et surtout chez l'homme.
L'homme peut même s'opposer et résister à la Nature, car il a découvert le caractère des choses, et par là il arrive à commander aux forces de la Nature; toutes ces inventions qu'il a faites viennent de cette découverte.

Par exemple, il a inventé le télégraphe qui met en communication l'Orient et l'Occident. Il est donc évident que l'homme commande à la Nature.
En présence d'organisations, d'arrangements, de règles pareils à ce que vous voyez dans le monde, est-il possible de dire que c'est le simple effet de la Nature, bien qu'elle n'ait ni intelligence ni perception ?
Il devient alors évident que cette Nature qui n'a ni perception ni intelligence est entre les mains du Tout-Puissant qui est le gouverneur du monde de ta Nature; tout ce qu'Il veut, Il le fait apparaître dans la Nature.
Parmi l'ensemble des choses qui sont survenues dans le monde et font partie des nécessités naturelles, se trouve la vie humaine.
Sous ce rapport, l'homme est la branche, la Nature est la souche; se peut-il que la volonté, l'intelligence, les qualités qui se trouvent dans la branche ne soient pas dans la souche ?
Il est dit que la Nature, dans sa propre essence, est entre les mains du pouvoir de Dieu, et ce Dieu vivant est tout-puissant : Il a mis la Nature sous l'égide de règlements et de lois de vérité, et Il la régit.

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Chapitre: I.2. Preuves et démonstrations de l'existence de Dieu

Parmi les preuves et les démonstrations de l'existence de Dieu se trouve le fait que l'homme ne s'est pas créé lui-même et que son créateur, son dessinateur, est un autre que lui.
II est certain et hors de doute que le créateur de l'homme n'est pas comme l'homme, car un être impuissant ne peut créer un autre être, et il faut que le créateur, l'agent actif, réunisse toutes les perfections pour pouvoir inventer sa création.
Se peut-il que la création soit parfaite, et que le créateur soit imparfait? Une peinture peut-elle être un chef-d'oeuvre si l'artiste est imparfait, puisque cette oeuvre d'art est sa création? Non, la peinture ne peut même pas être comme le peintre. S'il en était autrement, la peinture se serait faite elle-même. Tandis que la peinture, quel que soit son degré de perfection, en comparaison de celui qui l'a faite, se trouve au dernier degré de l'imperfection. Le monde contingent est une source d'imperfections.
Dieu une mine de perfections; et les imperfections du monde contingent sont en elles-mêmes des preuves des perfections de Dieu.
De même, si vous regardez un homme, vous voyez qu'il est faible, et cette faiblesse même de la créature est une preuve de la puissance de Dieu Tout-Puissant; car s'il n'y avait pas de puissance, on ne pourrait imaginer la faiblesse; donc la faiblesse de la créature est une preuve de la puissance du Créateur : tant qu'il n'y avait pas de puissance, il ne pouvait pas y avoir de faiblesse, et la faiblesse elle-même nous apprend que la puissance existe dans le monde.
De même, dans le monde contingent, il y a la pauvreté; nécessairement la richesse existe, car la pauvreté se rencontre dans le monde.

Dans le monde contingent se trouve l'ignorance; nécessairement le savoir existe, car l'ignorance se rencontre; et si, également, il n'y avait pas de savoir, il n'y aurait pas non plus d'ignorance : l'ignorance est la non-existence du savoir, et s'il n'y avait pas d'existence, la non-existence ne se concevrait pas.
Le monde contingent tout entier est soumis à une loi et à un maître auxquels il ne peut jamais désobéir : l'homme lui-même est soumis à la mort, au sommeil, et à d'autres conditions; c'est-à-dire que, sous certains rapports, il est gouverné, et cet état implique nécessairement l'existence d'un gouverneur.
Puisque la qualité des contingences est la relativité, et que cette relativité est une nécessité essentielle, il doit y avoir un être indépendant, dont l'indépendance soit essentielle.
De même, un malade nous enseigne que l'homme valide existe, car autrement on ne pourrait prouver qu'il est malade.
Il est donc évident qu'un Dieu Tout-Puissant existe, possesseur de toutes les perfections, car s'Il ne les possédait pas toutes Il serait comme Sa création.
Et de même dans le monde de l'existence, la plus infime des choses créées prouve l'existence du Créateur : ce pain est une preuve que quelqu'un l'a créé.
Dieu glorieux! le moindre changement dans la forme du plus simple objet est une preuve de l'existence d'un créateur !
Et ce monde glorieux, infini, se serait créé lui-même, et n'existerait que par l'activité des éléments et de la matière ? Cela est faux de toute évidence.
Toutes ces choses sont des preuves combinées pour des êtres faibles; mais, pour qui ouvre l'oeil de la vision interne, cent mille arguments évidents deviennent aussitôt visibles.
C'est ainsi que, lorsque l'homme sent en lui l'esprit, il n'a plus besoin de preuves de l'existence de l'esprit; mais pour ceux qui sont privés des bienfaits de l'esprit, il faut apporter des preuves du dehors.

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Chapitre: I.3. De la nécessité d'un éducateur

Lorsque nous jetons un regard sur le monde, nous voyons que le monde minéral, le monde végétal, le monde animal, le monde humain dépendent tous d'un éducateur.
Si la terre n'avait pas d'éducateur, elle deviendrait une jungle où pousseraient des herbes folles. Mais si un cultivateur vient et la laboure, elle produit des moissons qui nourrissent les êtres vivants. Il est donc évident que la terre dépend des soins que lui donne le cultivateur.
Considérez les arbres; s'ils demeurent incultes, ils ne donnent pas de fruits, et s'ils ne donnent pas de fruits, ils deviennent inutiles. Mais, s'ils reçoivent les soins d'un jardinier, ces arbres stériles deviennent fruitiers; et par la culture, la fertilisation et la greffe, l'arbre aux fruits amers donne des fruits savoureux.
Ces preuves sont logiques et, en ces jours, les peuples du monde ont besoin de preuves logiques.
De même chez les animaux; remarquez que, lorsque l'animal est éduqué, il devient domestique, et que, lorsque l'homme est inéduqué, il devient bestial. Bien plus, si vous le laissez sous l'empire de la nature, il devient pire qu'un animal, tandis que, éduqué, il devient un ange!
En effet, la plupart des animaux ne dévorent pas leurs semblables, tandis qu'au Soudan, dans les régions centrales de l'Afrique, l'homme tue et mange ses pareils.
Maintenant, considérez que c'est l'éducation qui réunit l'Orient et l'Occident sous la loi de l'homme, c'est l'éducation qui fait apparaître toutes ces merveilleuses inventions, c'est l'éducation qui produit ces sciences et ces arts éminents, c'est l'éducation qui fait ces nouvelles découvertes et met en évidence ces institutions!

Et s'il n'y avait pas d'éducateur, ces conforts, ce progrès ou cette civilisation n'existeraient pas.
Si vous laissez un homme dans un désert où il ne voit aucun de ses semblables, sans nul doute il deviendra un véritable animal : il est donc clair qu'un éducateur est nécessaire.
Mais il y a trois sortes d'éducations : l'éducation matérielle, l'éducation humaine, l'éducation spirituelle.
L'éducation matérielle a pour but les progrès et les développements du corps, en facilitant les moyens de vivre, en aidant à acquérir le confort et la tranquillité : cette éducation est commune à l'homme et aux animaux.
L'éducation humaine implique civilisation et progrès, c'est-à-dire : gouvernement, administration, oeuvres de bienfaisance, activités commerciales, artisanat, sciences, grandes inventions et découvertes, institutions soigneusement élaborées; ces activités sont essentielles à l'homme et le distinguent de l'animal.
L'éducation divine est l'éducation en vue du royaume. Elle consiste à acquérir les perfections divines, et c'est la véritable éducation; car, dans cet état, l'homme devient le centre des bénédictions divines, et la manifestation de "faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance". Tel est le but du monde humain.
Maintenant, il nous faut un éducateur qui soit à la fois matériel, humain et spirituel, ayant une influence effective dans toutes les conditions.
Que si quelqu'un disait : "Je possède une raison et une intelligence parfaites, et je n'ai pas besoin d'un tel éducateur", il nierait l'évidence, comme un enfant qui dirait : "Je n'ai pas besoin d'éducation, j'agirai selon ma raison et mon intelligence, et ainsi j'atteindrai les perfections de l'existence"; ou bien comme un aveugle qui dirait : "Je n'ai pas besoin d'yeux, puisqu'il y a tant d'aveugles qui vivent facilement."
Il est donc clair et évident que l'homme a besoin d'un éducateur, lequel, sans aucun doute, doit être parfait sous tous les rapports, et supérieur à tous les hommes. Car s'il est comme le reste de l'humanité, il ne peut être leur éducateur; surtout étant donné qu'il doit être à la fois un éducateur matériel, humain et spirituel :

c'est-à-dire qu'il doit apprendre aux hommes à organiser et à diriger les affaires matérielles et à élaborer un ordre social, pour que règnent dans existence coopération et aide mutuelle, de sorte que ces questions matérielles soient arrangées et réglées pour toutes les circonstances.
De la même manière, il doit établir les bases de l'éducation humaine; c'est-à-dire qu'il devra éduquer les intelligences et les pensées de telle façon qu'elles puissent faire les plus grands progrès, que les sciences et les connaissances se développent, que l'on découvre la réalité des choses, les mystères des existences et les propriétés des créatures et que, de jour en jour, l'instruction, les inventions, les institutions soient améliorées; et, des connaissances tirées de la perception des sens, il déduira celles qui relèvent uniquement de l'intellect.
Et de même, il fera l'éducation spirituelle, afin que la raison et l'intelligence pénètrent le monde métaphysique, qu'elles reçoivent les bienfaits qu'on retire des brises sacrées du Saint-Esprit, et qu'elles entrent en relation avec l'Assemblée suprême;
que la réalité de l'homme devienne le théâtre des qualités de Dieu, au point que tous les noms et attributs divins resplendissent dans le miroir de cette réalité, et que le verset sacré : "Nous le ferons à notre image et à notre ressemblance" soit réalisé.
Il est évident que l'homme n'a pas le pouvoir de remplir une fonction aussi grande et que, par le jeu de la raison seule, il ne pourrait prendre la responsabilité d'une telle oeuvre.
Comment un être isolé pourrait-il, sans aide et sans soutien, jeter les fondements d'une construction aussi élevée ? Il faut donc que le pouvoir céleste et divin vienne à son secours, afin qu'il puisse entreprendre cette mission.
Seule, une essence sainte peut donner la vie au monde des humains, changer l'aspect du globe terrestre, faire progresser les intelligences, faire vivre les âmes, jeter les bases d'une nouvelle existence, établir de nouvelles fondations, donner une organisation au monde, amener les religions et les peuples à l'ombre d'un drapeau unique, affranchir la créature du monde des imperfections et des vices, et lui inspirer le désir et le besoin des perfections naturelles aussi bien qu'acquises.

Certes, il faut qu'un pareil pouvoir vienne de Dieu pour accomplir une telle oeuvre ! Nous devons examiner ceci avec justice, car c'est ici la place de la justice.
Une cause que tous les gouvernements et les peuples du monde, avec toutes leurs forces et leurs armées, ne peuvent réussir à promulguer et à répandre, une seule âme sainte, sans aide ni soutien, peut la répandre! Cela est-il possible à l'aide des seules forces humaines ? Non, par Dieu !
Ainsi, seul et sans aide, le Christ a élevé la bannière de la paix et de la droiture, tandis que tous les puissants gouvernements, avec toutes leurs armées, sont incapables de le faire.
Regardez quel faut le destin de tant d'Etats et de peuples divers : l'Empire romain et tous les pays qui devaient devenir la France, l'Allemagne, la Russie, l'Angleterre, etc.;
tous, ils ont pénétré sous une même tente : je veux dire que l'apparition du Christ fut, pour ces nations diverses, une cause d'union; si bien que certaines d'entre elles, qui étaient devenues chrétiennes, furent tellement unies qu'elles sacrifièrent l'un e pour l'autre leurs vies et leurs biens;
et cela surtout au temps de Constantin qui fut le protagoniste du triomphe du christianisme. Après lui, pour diverses raisons, la division ne tarda pas à éclater parmi ces peuples.
Cela pour dire que le Christ a uni ces nations mais qu'après un certain temps les gouvernements devinrent cause de discorde.
Ce que je veux dire, c'est que le Christ a soutenu une cause que tous les rois de la terre ne pouvaient établir : il a uni des religions diverses et il a modifié des coutumes anciennes.
Voyez combien il y avait de divergences entre les Romains, les Grecs, les Syriens, les Phéniciens, les Egyptiens, les Israélites et les autres peuples de l'Europe : le Christ les a toutes fait disparaître, et il fut la cause de l'amour entre tous ces peuples.

Bien que, après quelque temps, les gouvernements aient détruit cette union, le Christ pourtant avait accompli son oeuvre!
Donc, l'éducateur parfait doit être à la fois matériel, humain et spirituel : il doit avoir un pouvoir surnaturel, afin de tenir le rang d'éducateur divin.
S'il ne manifeste pas un tel pouvoir, il ne pourra être un éducateur, car s'il est imparfait, comment fera-t-il une éducation parfaite ? s'il est ignorant, comment instruira-t-il les autres ? s'il est inique, comment rendra-t-il les autres justes ? s'il est attaché à ce monde matériel, comment rendra-t-il les autres divins ?
Maintenant, réfléchissons avec équité : ces manifestations divine qui sont venues, possédaient-elles toutes ces qualités, oui ou non ? Si ces prophètes ne possédaient pas ces qualités, ces perfections, ils n'étaient pas de vrais éducateurs.
Il faut donc que nous prouvions aux gens intelligents, par des arguments de raison, le caractère prophétique de Moïse, du Christ et des autres manifestations divines. Et ces preuves et arguments que nous mentionnerons seront tirés de la raison, non des traditions.
C'est par des arguments de raison qu'il a été prouvé que le monde de l'existence a le plus grand besoin d'un éducateur, et que son éducation ne peut être réalisée que par le pouvoir divin.
Il n'y a pas de doute que ce pouvoir divin soit la révélation; et que l'éducation des peuples doive se faire par ce pouvoir qui est supérieur aux forces humaines.

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Chapitre: I.4. Abraham

L'un de ceux qui possédaient ce pouvoir, qui en reçurent le secours, faut Abraham. La preuve en est qu'il naquit en Mésopotamie, d'une famille où l'on ignorait l'unité de Dieu.
Il s'éleva contre sa nation et son gouvernement et même contre sa propre famille, il renia tous leurs dieux, et à lui seul, sans aide, il résista à un peuple puissant; cette opposition et cette résistance n'étaient pourtant ni faciles ni aisées.
C'est comme si de nos jours quelqu'un, chez un peuple chrétien, attaché à la Bible et à l'Evangile, allait renier le Christ, ou si, dans l'entourage du pape (à Dieu ne plaise), il blasphémait le Christ et résistait à tout un peuple, avec la plus grande énergie!
Et ces gens-là n'avaient pas qu'un Dieu, au contraire ils étaient attachés à des dieux différents à qui ils attribuaient des miracles.
Aussi chacun s'éleva-t-il contre Abraham : nul ne le soutint si ce n'est son neveu Loth, et un ou deux personnages sans importance.
Enfin, réduit à la plus grande détresse par suite de l'extrême opposition de ses ennemis, il dut quitter sa patrie. En réalité, ceux-ci le chassèrent pour causer sa ruine et sa perte, et pour qu'aucune trace ne subsistât de lui.
Abraham se rendit alors dans ces contrées, c'est-à-dire en Terre sainte. Ce que je veux dire, c'est que ses ennemis pensaient, par cet exil, parvenir à le détruire et à le ruiner; car en vérité, si un homme est chassé de sa patrie, privé de ses droits, et opprimé de toutes les manières, même si c'est un roi, il sera anéanti.
Mais Abraham résista et fit preuve d'une détermination extraordinaire jusqu'à ce qu'il eût établi l'unité de Dieu dans cette génération polythéiste - et Dieu fit de cet exil la gloire éternelle d'Abraham.

Cet exil fut la cause du progrès de la postérité d'Abraham et la Terre sainte lui fut donnée.
A cause de cet exil, les enseignements d'Abraham se répandirent et, parmi ses descendants, on trouve un Jacob, on découvre un Joseph qui devint gouverneur de l'Egypte.
A cause de cet exil encore, un Moïse et un être comme le Christ se manifestèrent dans sa postérité. Cet exil eut pour conséquence la rencontre avec Agar qui donna naissance à un Ismaël dont l'un des descendants fut Muhammad. II permit encore que, parmi ses descendants, on trouve les prophètes d'Israël et que paraisse le Bab. Et il en sera ainsi pour l'éternité.
A cause de cet exil enfin, toute l'Europe et presque toute l'Asie se rangèrent sous l'ombre du Dieu d'Israël.
Voyez quelle est la puissance qui a permis à un homme ayant fui son pays de fonder une telle famille, d'établir une telle foi, de promulguer de tels enseignements! Maintenant, peut-on dire que tout cela survint fortuitement ? II faut être juste : cet homme était-il un éducateur ou non ?
Puisque l'exil d'Abraham, depuis Our jusqu'à Alep, en Syrie, a donné ce résultat, il faut penser à l'effet qui résultera de l'exil de Bahá'u'lláh, déplacé plusieurs fois : de Tihran à Baghdad, puis à Constantinople, en Roumélie et en Terre sainte. Considérez donc quel parfait éducateur fut Abraham.

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Chapitre: I.5. Moïse

Moïse était un berger qui vécut longtemps à la campagne.
A ne juger que par les apparences, c'était un homme qui avait été élevé dans une maison où régnait l'iniquité. Parmi les hommes, il était connu pour avoir commis un meurtre avant de devenir berger; auprès des officiers et du clergé du Pharaon, il était détesté et haï au suprême degré.
Ce fut un tel individu qui affranchit une grande nation des chaînes de l'esclavage, la rendit heureuse, la fit sortir d'Egypte et l'amena en Terre sainte.
Cette nation était arrivée au dernier degré de la décadence : elle parvint au sommet de la gloire. C'était un peuple de prisonniers, ils devinrent libres; c'étaient les plus ignorants des hommes, ils devinrent les plus savants.
Grâce à leurs institutions, ils finirent par être exaltés parmi toutes les nations, et leur renommée parvint à tous les horizons. Les choses en arrivèrent au point que lorsqu'un homme d'une nation voisine voulait louer un individu, il disait : "Certes, c'est un Israélite."
Moïse établit les lois et ordonnances, par lesquelles il rénova le peuple d'Israël, et le fit parvenir au plus haut degré de civilisation de l'époque.
Il parvint à un tel développement que les philosophes de la Grèce vinrent acquérir la connaissance auprès des érudits d'Israël.
Tel Socrate, qui vint en Syrie, et prit des Beni-Israël les enseignements sur l'unité de Dieu et l'éternité de l'âme après la mort, puis, étant retourné en Grèce, les y promulgua.
Alors les Grecs le contredirent, l'accusèrent d'impiété, le firent comparaître devant l'Aréopage, et lui donnèrent du poison.

Voyons! un homme qui bégayait, qui, après avoir été élevé dans la maison du Pharaon, passait pour être devenu un meurtrier, celui que, pendant longtemps, la crainte avait réduit à vivre caché, à devenir berger, c'est un tel homme qui vient, et établit dans le monde une cause si grande que les plus grands philosophes de la terre n'ont jamais reçu la millième partie d'un tel pouvoir!
C'est un prodige extraordinaire! Un homme dont la langue balbutiait, qui certainement ne pouvait parler correctement, est parvenu à établir une telle cause! S'il n'avait pas été aidé par la puissance divine, jamais il n'aurait pu arriver à exécuter cette grande oeuvre. Ce ne sont pas des arguments que l'on puisse réfuter.
Des philosophes matérialistes, des penseurs grecs, les grands hommes de Rome furent fameux dans le monde, bien que chacun d'eux ne se fût spécialisé que dans une des branches de la connaissance.
Ainsi Hippocrate en médecine, Aristote en dialectique et en logique, Platon en morale et en théologie, parvinrent à la célébrité.
Comment se fait-il qu'un berger ait pu acquérir la totalité de ces sciences ? II est hors de doute qu'un tel homme fut secouru par une puissance extraordinaire.
De plus, remarquez combien furent pénibles les épreuves et les difficultés que le peuple eut à surmonter.
Moïse, pour empêcher un acte de violence, frappa un Egyptien, et il passa ensuite parmi les hommes pour un meurtrier, d'autant plus compromis que celui qu'il avait tué appartenait à la nation dominante. II prit donc la fuite.
Après cela, il fut élevé au rang de prophète, malgré sa mauvaise réputation. A quel point dut-il être assisté par une puissance surnaturelle, pour pouvoir établir ces grandes institutions, et ces lois matérielles!

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Chapitre: I.6. Le Christ

Le Christ vint ensuite et dit : "Je suis né par l'oeuvre du Saint-Esprit." S'il est aisé pour les chrétiens de croire à cette assertion aujourd'hui, c'était alors une chose fort difficile. Le texte de l'Evangile dit que les pharisiens s'écrièrent : "N'est-il pas le fils de Joseph de Nazareth que nous connaissons ? Comment peut-il prétendre venir du ciel ?"
Bref, bien que, apparemment et aux yeux de tous, il fût pauvre, malgré cela il agit avec une puissance telle qu'il réussit à abolir une loi religieuse datant de quinze cents ans, alors que celui qui s'en écartait le moins du monde tombait dans le plus grand péril, et risquait sa vie.
De plus, dans le temps du Christ, les moeurs, partout dans le monde, étaient tout à fait corrompues, la condition des Israélites était des plus confuses, et Israël était tombé au dernier degré de la dégradation, de la misère et de la servitude.
Tantôt prisonniers de la Perse et de la Chaldée, tantôt réduits en esclavage par les Assyriens, tantôt sujets et vassaux des Grecs, les Israélites étaient finalement soumis et méprisés par les Romains.
Tout jeune, le Christ, à l'aide d'un pouvoir surnaturel, abrogea l'antique loi mosaïque, et se mit à réformer les moeurs générales : une seconde fois il jeta pour Israël les bases d'une gloire éternelle.
De plus, il donna à l'humanité la bonne nouvelle de la paix universelle; il répandit des enseignements qui n'étaient pas réservés à Israël seulement : il institua les fondements de la félicité universelle pour tout le genre humain.

Les premiers qui s'efforcèrent de le faire disparaître furent les Israélites, sa propre parenté. En apparence, ils eurent raison de lui, et ils le plongèrent dans la plus profonde détresse : ils finirent par lui mettre sur la tête la couronne d'épines, et par le crucifier.
Et cet être, alors qu'il était apparemment dans la plus grande détresse, annonça : "Ce soleil va resplendir, cette lumière va briller, et ma grâce va envelopper le monde, et tous les ennemis seront confondus!" Et comme il le dit, cela arriva.
Tous les rois de la terre réunis n'ont pu le réduire à néant. Au contraire, toutes leurs bannières ont été déchirées, tandis que celle de cet opprimé a été portée à son apogée.
Est-ce qu'une telle chose est possible sur les bases de la logique humaine ? Non, par Dieu ! Il devient donc clair et évident qu'un tel être glorieux faut un véritable éducateur de l'humanité, et qu'il faut aidé et confirmé par le pouvoir divin.

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Chapitre: I.7. Muhammad

Passons à Muhammad. Les Européens et les Américains ont entendu pas mal d'histoires sur le compte du Prophète, et ils les ont tenues pour vraies, bien que ceux qui les ont écrites faussent parfois ignorants ou partiaux :
la plupart d'entre eux étaient des prêtres, d'autres étaient des musulmans sans instruction, et ils firent sur le compte de Muhammad des récits sans fondement qu'ils considéraient comme des panégyriques.
Ainsi, quelques musulmans ignorants font de la polygamie du Prophète le pivot de leurs louanges, et la tiennent pour merveilleuse, parce que ces esprits bornés la regardent comme un miracle; et les historiens européens se réfèrent le plus souvent aux récits de ces ignorants.
Autre exemple : un insensé, ayant dit à un prêtre que la preuve de la grandeur était l'extrême bravoure et le sang répandu, et que l'un des compagnons de Muhammad avait, un jour, sur le champ de bataille, tranché la tête à cent individus, ce prêtre crut qu'en réalité le signe de la religion de Muhammad était le meurtre, tandis que cela n'est qu'une simple imagination.
Au contraire, les expéditions de Muhammad étaient toujours des mouvements défensifs : la preuve évidente en est que, pendant treize ans, dans La Mecque, lui et ses adeptes endurèrent les pires persécutions.
Durant ce temps ils furent la cible des flèches de la haine; plusieurs des compagnons furent tués, et leurs biens confisqués; d'autres abandonnèrent le pays de leurs pères et s'enfuirent à l'étranger.
Quant à lui-même, après les plus extrêmes persécutions les Coraïschites s'étaient résolus à le tuer. Aussi, au milieu de la nuit, il sortit de La Mecque et s'enfuit à Médine.

Malgré cela, ses ennemis n'abandonnèrent pas les persécutions : ils poursuivirent ses disciples jusqu'en Abyssinie et à Médine.
Ces tribus et ces groupements arabes étaient réduits au dernier degré de la sauvagerie et de la barbarie, au point que les barbares et les sauvages d'Amérique étaient auprès d'eux aussi avancés qu'un Platon; car les barbares d'Amérique n'enterraient pas leurs enfants vivants, tandis que ces gens enterraient leurs filles vivantes, disant que c'était une action honorable entre toutes, et dont ils se glorifiaient.
Ainsi, la plupart des hommes menaçaient de mort leurs femmes au cas où elles mettraient au monde une fille.
Et jusqu'à aujourd'hui, les Arabes redoutent d'avoir des filles. De même, un seul individu pouvait prendre mille femmes, et la plupart d'entre eux avaient plus de dix femmes à la maison.
Quand l'une de ces tribus faisait la guerre et luttait contre une autre, celle qui était victorieuse faisait prisonniers les femmes et les enfants de la tribu vaincue, et les emmenait comme esclaves et comme servantes qu'on achetait et vendait.
Lorsqu'un homme venait à mourir qui avait dix femmes, les enfants de ces femmes se ruaient sur les mères des uns et des autres, et si l'un de ces enfants jetait son manteau sur la tête de la femme de son père, et s'écriait : "Cette femme est mon bien légat!", à l'instant même après cela, cette malheureuse devenait la prisonnière et la servante du fils de son mari, et celui-ci faisait ce qu'il voulait de la femme de son père.
Il pouvait la tuer, l'emprisonner dans une fosse, ou la frapper, l'invectiver, la torturer, jusqu'à ce que, peu à peu, elle en mourût. Selon l'habitude et les coutumes arabes, il était le maître.
La malignité, la jalousie, l'envie, la haine qui devaient exister entre les femmes d'un même époux et leurs enfants, on peut l'imaginer clairement : cela se passe de commentaires.

D'ailleurs, réfléchissez aux terribles conditions d'existence réservées à ces malheureuses femmes; ajoutez que les moyens de vie des tribus arabes consistaient dans le pillage et le vol, de sorte qu'à chaque instant elles étaient en lutte et en guerre, se massacraient, pillaient et dévastaient leurs biens, et capturaient les femmes et les enfants pour les vendre aux étrangers.
Combien de fois est-il arrivé que les filles et les fils d'un prince, qui passaient leur temps dans le luxe et le confort, furent réduits, lorsque vint l'affliction, à la honte, à la pauvreté et à la captivité. C'étaient des princes, ils devenaient des prisonniers; hier des grandes dames, aujourd'hui des servantes!
C'est au milieu de ces tribus que Muhammad reçut la Révélation divine, et pendant treize ans il ne cessa pas d'être persécuté par elles. Après treize ans, il dut partir et s'enfuir.
Mais ces gens ne s'en tinrent pas là : ils se réunirent et formèrent une armée pour l'attaquer, et tuer tout le monde, hommes, femmes, enfants. C'est ainsi que Muhammad fut contraint de se battre avec ces tribus. Telle est la vérité.
Nous ne voulons pas le juger avec partialité, ni le défendre aveuglément; mais nous sommes justes, et justement nous vous disons : regardez avec justice.
Si le Christ s'était trouvé dans de telles circonstances, parmi des tribus aussi tyranniques et aussi sauvages, et si, pendant treize ans, il avait enduré avec tous ses disciples toutes ces vexations, s'il les avait supportées patiemment et si, à la fin, à cause de la tyrannie de ses contemporains, il avait dû s'enfuir de sa patrie vers le désert;
si, malgré cela, des tribus barbares avaient continué à le poursuivre et à tenter de tuer tous les hommes, de piller les biens, d'emprisonner les femmes et les enfants, quelle eût été sa conduite à leur égard ?
Si ces mauvais traitements n'étaient venus que sur lui, il eût pardonné généreusement, et ce pardon eût été fort approuvé et loué.

Mais s'il avait vu que ces meurtriers tyranniques et assoiffés de sang voulaient tuer, piller, molester tous les malheureux, et réduire en captivité les femmes et les enfants, il est hors de doute qu'il eût défendu ces opprimés, et qu'il eût combattu leurs oppresseurs.
Alors, quelle est l'objection qu'on peut faire à Muhammad ? Il n'y a que celle-ci : pourquoi, avec ses compagnons, leurs femmes et leurs enfants, ne s'est-il pas soumis à ces tribus sauvages ?
De plus, affranchir ces tribus de leur caractère et de leur tempérament sanguinaires était le plus grand des bienfaits, les contraindre à refréner leurs passions était une véritable grâce.
C'est comme si un homme généreux brisait la coupe de poison qu'un ami tient à la main pour la boire, et que, par sa violence, il l'empêchait de boire le poison.
Si le Christ s'était trouvé dans de pareilles circonstances, sans aucun doute il aurait, d'un pouvoir dominateur, délivré hommes, femmes et enfants, des griffes de ces loups sanguinaires.
Muhammad n'a pas fait la guerre contre les chrétiens : au contraire, il a eu pour eux beaucoup d'égards, et il leur a donné une liberté entière.
A Nedjran se trouvait une communauté chrétienne sous sa protection et sa garde. Muhammad dit : "Quiconque commettra une injustice à leur encontre sera mon ennemi, et je témoignerai contre lui au jugement devant Dieu."
Les édits qu'il a promulgués indiquent d'une façon explicite que la vie, les biens, l'honneur des chrétiens et des juifs sont sous la garde de Dieu.
Que si un musulman a une femme chrétienne, il ne doit pas l'empêcher d'aller à l'église, ni l'obliger à porter le voile; et si elle meurt, il doit la remettre entre les mains du prêtre.
De même, si des chrétiens veulent construire une église, l'islam doit les aider. D'autre part, lorsqu'il y a guerre entre l'islam et ses ennemis, il faut exempter les chrétiens de l'obligation de servir, sauf dans le cas où ils désireraient, de leur plein gré, combattre, et venir au secours de l'islam; car ce sont des protégés.
Mais, en compensation de cette exemption, ils doivent annuellement payer une petite somme.

Bref il existe sept édits détaillés sur cette question, dont certaines copies sont encore conservées aujourd'hui à Jérusalem. C'est un fait reconnu, et non pas seulement ma propre affirmation. L'édit du second calife existe encore à Jérusalem chez un patriarche orthodoxe, et il ne peut y avoir aucun doute à cet égard.
Néanmoins, après quelque temps, la haine et l'inimitié s'élevèrent entre les musulmans et les chrétiens, chacun des deux partis ayant outrepassé ses droits. En dehors de cette vérité, tout ce que les musulmans, les chrétiens et les autres disent n'est qu'un tissu de légendes et d'histoires. La source de ces récits est le fanatisme ou l'ignorance, à moins qu'ils ne proviennent d'une hostilité profonde.
Par exemple, les musulmans disent que Muhammad fendit la lune, et qu'elle tomba sur la montagne de La Mecque : ils pensent que la lune est un petit corps que Muhammad déchira en deux; il jeta une partie sur une montagne et l'autre sur une autre!
De tels récits sont dictés par le fanatisme. Il en est de même des récits que font les prêtres; les choses qu'ils blâment sont toutes des exagérations, la plupart sont sans fondement.
Bref, Muhammad apparut dans le désert du Hijaz, dans la péninsule arabique, contrée stérile et inculte, bien plus: sablonneuse et inhabitée : certains lieux, comme La Mecque et Médine, sont extrêmement chauds;
les habitants sont des nomades, ayant les moeurs et les coutumes des habitants du désert, entièrement dépourvus de savoir et d'instruction. Muhammad lui-même était illettré.
Le Qur'an faut écrit sur des omoplates de mouton ou sur des feuilles de palmier : ces détails nous font comprendre la basse condition du peuple.

C'est chez de tels hommes que fut envoyé Muhammad. La première objection qu'il leur fit fut de dire : "Pourquoi n'acceptez-vous pas le Pentateuque et l'Evangile, et ne croyez-vous pas à Jésus et à Moïse ?" Ces paroles leur parurent très pénibles;
aussi ils répondirent : "Comment se fait-il que nos pères et nos aïeux ne croyaient ni au Pentateuque ni à l'Evangile ?" II répondit : "C'étaient des égarés.
Vous devez rejeter ceux qui ne croient pas au Pentateuque et à l'Evangile, faussent-ils vos pères et vos aïeux."
C'est dans de pareilles régions, chez des tribus aussi sauvages, qu'un illettré produisit un livre qui, dans une éloquence et un style parfait, contient l'explication des qualités et des perfections divines, celle du caractère prophétique des envoyés de Dieu, celle des lois divines et de plusieurs sciences et questions scientifiques.
C'est ainsi que vous savez qu'avant les observations des savants des temps modernes, dans les premiers siècles et dans le Moyen Age, jusqu'au xve siècle de l'ère chrétienne, tous les mathématiciens du monde s'accordaient sur le caractère central de la terre, et sur le mouvement giratoire du soleil autour de celle-ci.
Et cet astronome fameux fut le protagoniste de la théorie nouvelle qui a expliqué le mouvement de la terre et l'immobilité du soleil. Jusqu'à son époque, tous les mathématiciens et tous les philosophes du monde s'en tenaient au système de Ptolémée; et tous ceux qui s'élevaient contre ses théories étaient traités d'ignorants.
Or, Pythagore, et Platon dans les derniers temps de sa vie, avaient adopté le système d'après lequel le mouvement annuel du soleil dans le zodiaque ne provient pas du soleil, mais bien du mouvement de la terre autour de lui. Mais ce système avait été complètement oublié, et celui de Ptolémée avait prévalu chez tous les mathématiciens.
Néanmoins, dans le Qur'an, des versets ont été révélés contre l'idée du système ptolémaïque, parmi lesquels nous citerons : "Le soleil court dans un endroit fixe"; cela montre la fixité du soleil et son mouvement autour d'un axe. De même, dans un autre verset : "Et chaque étoile nage dans son propre ciel", il explique le mouvement du soleil, de la lune, de la terre et des autres étoiles brillantes.

Lorsque le Qur'an fut répandu, tous les mathématiciens raillèrent ces affirmations et mirent cette opinion sur le compte de l'ignorance.
Même les docteurs de l'islam, lorsqu'ils s'aperçurent que ces versets étaient contraires au système de Ptolémée, se virent réduits à les commenter, car le système de Ptolémée était alors universellement admis, et le texte du Qur'an était contraire à ce système.
Ce n'est qu'après le XVe siècle de l'ère chrétienne, c'est-à-dire environ neuf cents ans après Muhammad, qu'un astronome célèbre fit de nouvelles observations, qu'il inventa le télescope, et que de nombreuses découvertes purent être faites.
Le mouvement de la terre, la fixité du soleil furent prouvés; on découvrit aussi le mouvement du soleil autour d'un axe. Et il devint évident que les versets du Qur'an étaient conformes à ce qui existait et que le système de Ptolémée n'était que de l'imagination.
Bref, la plupart des peuples orientaux ont été élevés pendant treize siècles à l'ombre de la religion de Muhammad. Et pendant le Moyen Age, où l'Europe était tombée au dernier degré de la barbarie, le peuple arabe l'emportait sur toutes les nations du monde dans les arts, les sciences, les mathématiques, la civilisation, la politique, etc.
Le promoteur et l'éducateur de ces tribus nomades d'Arabes, le fondateur de la civilisation et des perfections humaines chez ces peuples divers faut un illettré, Muhammad. Cet homme illustre fut-il un éducateur parfait , oui ou non ? Soyons justes !

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Chapitre: I.8. Le Bab

Quant au Bab (que mon âme soit son sacrifice!) encore dans sa jeunesse, c'est-à-dire quand il venait de parvenir à la vingt-cinquième année de sa vie bénie, il se leva pour proclamer sa cause.
Il est généralement admis chez les si'ihs qu'il n'étudia dans aucune école, et qu'il n'acquit son instruction auprès de personne; tous les gens de Shiraz en témoignent.
Malgré cela, avec l'érudition la plus complète, il apparut tout à coup dans le monde; et bien qu'il ne fût qu'un simple négociant, il réduisit au silence tous les ulama de la Perse.
Tout seul, d'une façon qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer, d défendit la Cause parmi les Persans qui sont renommés pour leur fanatisme religieux.
Cet être illustre se leva avec une telle force qu'il ébranla les piliers de la religion, de la morale, des moeurs, des habitudes et des coutumes de la Perse, et institua des lois, des coutumes et une religion nouvelles.
Bien que les grands personnages de l'Etat et presque tout le clergé, ainsi que les hommes publics, se fussent ligués pour l'arrêter et l'anéantir, seul, il se maintint et secoua toute la Perse.
Combien d'ulama, d'hommes publics, de grands personnages, avec la joie et la satisfaction les plus grandes, sacrifièrent leur vie dans son chemin et coururent vers le champ du martyre!

Le gouvernement, la nation, les docteurs de la religion, les grandes personnages voulaient éteindre sa lumière, ils n'y réussirent pas.
Sa lune ne tarda pas à se lever, son étoile à briller, les fondations qu'il jetait à s'établir solidement, et son aurore à devenir une lumière éclatante.
II donna à de nombreux êtres l'éducation divine, et il influença merveilleusement les pensées, les moeurs, les coutumes, les habitudes des Persans.
Il annonça à tous ses disciples la bonne nouvelle de la manifestation de Bahá, et il les prépara à la foi et à la certitude.
L'apparition de signes aussi merveilleux et de prodiges aussi grands, l'influence produite sur les intelligences et les mentalités populaires, l'établissement des bases du progrès, l'organisation des principes du succès et de la prospérité, de la part de ce jeune négociant, prouvent à l'évidence qu'il était un éducateur parfait. Un homme juste n'hésitera jamais à le reconnaître.

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Chapitre: I.9. Bahá'u'lláh

Quant à Bahá'u'lláh, il apparut à une époque où l'Empire persan était plongé dans l'obscurantisme et dans l'ignorance les plus grands, et perdu dans le fanatisme le plus aveugle.
Certes vous avez lu en détail, dans les histoires européennes, quel était l'état des pensées, des coutumes et des idées des Persans dans ces derniers siècles. II est inutile d'y revenir.
Nous dirons seulement que la Perse était tombée si bas que les voyageurs étrangers déploraient que ces provinces, si glorieuses autrefois, et si civilisées, faussent maintenant tellement abattues et ruinées, complètement renversées de leur base, et que ses populations faussent parvenues à une aussi complète dégradation.
C'est à cette époque que Bahá'u'lláh se manifesta. Son père était un des vizirs, non un des ulama : et tout le monde sait en Perse qu'il n'étudia dans aucune école, et qu'il ne fréquenta ni les ulama ni les savants.
Il débuta dans la vie au milieu du bonheur et de la félicité les plus complets, étant en rapport et en bonnes relations avec la haute société persane, mais non avec des savants.
Dès que le Bab annonça sa mission, il dit : "Cet homme glorieux est le Seigneur des justes, et à tous s'imposent la foi et la certitude !"
Et il se leva pour seconder le Bab, et donner en témoignage des preuves et des arguments péremptoires sur la vérité de sa cause, bien que les ulama de la religion eussent contraint le gouvernement persan à l'opposition et à la résistance les plus grandes, et qu'ils eussent rendu des fatvas ordonnant le meurtre, le pillage, la persécution, l'expulsion et l'écrasement des babis.

Dans toutes les provinces on se mit à tuer, à incendier, à piller et à violenter jusqu'aux femmes et enfants. Malgré cela, Bahá'u'lláh, avec l'énergie et la fermeté les plus grandes, se leva pour proclamer la parole du Bab.
Jamais il ne se cacha une seule heure : clairement, ouvertement, il se mêlait à ses ennemis, occupé à établir des preuves et des arguments.
Il fut reconnu comme le héraut de la parole de Dieu. En beaucoup de circonstances et d'occasions, il endura de violentes calamités, et à chaque minute il faillit devenir un martyr; on alla jusqu'à l'enchaîner et l'emprisonner dans un souterrain.
Toutes ses vastes propriétés, ses héritages furent confisqués et pillés.
De pays en pays, il fut exilé quatre fois, et il ne trouva de repos que dans la Prison suprême.
Malgré cela, il ne cessa pas un instant de proclamer et de célébrer la cause de Dieu, et il se manifesta avec des vertus, un savoir, des perfections qui furent la cause de l'admiration de tous les peuples de la Perse.
Au point que, à Tihran, à Baghdad, à Constantinople, en Roumélie et à Saint-Jean-d'Acre, tous ceux qui, parmi les gens instruits et les savants, parvenaient en sa présence, amis ou ennemis, et qui lui posaient une question, recevaient une réponse convaincante et suffisante.
Et chacun, à maintes reprises, reconnut que cet être était seul et unique dans le monde pour ses perfections.
A Baghdad, il arriva souvent que, dans la réunion bénie, des ulama ä de l'islam, des juifs et des chrétiens, se trouvaient assemblés avec des savants européens. Chacun posait une question; et quoique ces hommes eussent chacun une culture différente, ils recevaient des réponses convaincantes et suffisantes, et ils s'en retiraient satisfaits.

C'est au point que les ulama persans qui étaient à Karbila et à Najaf choisirent un savant qu'ils chargèrent d'une mission auprès de lui : il s'appelait Mulla Hasan-i-Ammu. Il vint en la présence sacrée, et posa, de la part des ulama, un certain nombre de questions auxquelles Bahá'u'lláh répondit.
Puis Hasan-i-Ammú dit : "Les ulama reconnaissent sans hésitation et confessent la science et l'excellence de votre personne; et il est certain pour tous qu'elle n'a pas d'égale ni de semblable dans toutes les sciences.
Et il est aussi reconnu que vous n'avez jamais étudié ni travaillé ces sciences. Mais les ulama disent qu'ils ne se contentent pas de cela, et qu'ils ne confessent ni ne reconnaissent la vérité de votre mission, d'après votre savoir et votre excellence. Aussi nous vous demandons de faire apparaître un miracle, pour contenter et tranquilliser nos coeurs."
Bahá'u'lláh répondit : "Bien que vous n'en ayez nullement le droit (car c'est à Dieu qu'il appartient de mettre la créature à l'épreuve, et non à celle-ci d'éprouver Dieu), malgré cela, cette demande est agréée et approuvée.
Mais la cause de Dieu n'est pas un théâtre, où l'on représente à chaque heure un spectacle, et où chaque jour on demande quelque chose. Autrement elle deviendrait un jeu d'enfants.
Les ulama doivent donc s'assembler et, d'un commun accord, choisir un miracle, puis écrire qu'après l'apparition de ce miracle ils n'auront plus de doutes sur moi, et que tous reconnaîtront et confesseront la vérité de cette cause. Qu'ils cachettent cette feuille de papier et me l'apportent;
que ceci soit leur critérium. Si le miracle apparaît, il ne restera pour vous aucun doute, sinon, nous serons convaincu d'imposture." Le savant personnage se leva et dit : "Il n'y a plus rien à dire." Il baisa le genou de Bahá'u'lláh, bien qu'il ne fût pas un croyant, et il s'en alla.
Il réunit les ulama et leur transmit le message sacré. Ceux-ci se concertèrent, puis dirent :"Cet homme est un enchanteur, peut-être va-t-il accomplir quelque enchantement, et alors nous n'aurons plus rien à dire." Et ils n'osèrent pas pousser plus loin.

Quant à Hasan-i-Ammú, il parla de cette aventure dans la plupart des réunions; il quitta Karbila pour Kirmanshah et Tihran, et raconta les détails partout, parlant de la crainte des ' ulama et de leur retraite.
Ainsi tous ses adversaires, en Orient, reconnaissaient la grandeur, la noblesse, la science, l'excellence de la Beauté Bénie et, bien qu'ils fussent ses ennemis, ils parlaient toujours de lui comme du "célèbre Bahá'u'lláh".
Bref, cet Astre sublime se leva soudain à l'horizon de la Perse, alors que ses habitants, ministres, ulama, peuple, s'étaient dressés contre lui avec la plus grande animosité, en disant qu'il voulait supprimer et détruire la religion, la loi, la nation, l'empire. De même avait-on parlé contre le Christ.
Cependant Bahá'u'lláh, seul et sans appui, résista à tout le monde, sans jamais montrer la moindre défaillance. A la fin, on dit : "Tant que cet homme sera en Perse, il n'y aura ni tranquillité ni repos. Il faut donc l'exiler, afin que la Perse recouvre la paix."
On força Bahá'u'lláh à demander la permission de sortir de la Perse, pensant qu'ainsi la lampe de la cause sacrée s'éteindrait. Mais, au contraire, il n'en résulta que des choses heureuses : la cause grandit, et sa flamme devint plus brillante. D'abord, elle s'était répandue dans la Perse seule; mais ce fut la raison qui la fit se répandre dans d'autres contrées.
Alors on trouva que l'Iraq Arabi, était près de la Perse et qu'il fallait l'exiler dans des provinces lointaines. Aussi le gouvernement persan fit-il des démarches pour qu'on envoyât Bahá'u'lláh de l'Iraq à Constantinople.

Puis, on vit que la cause n'avait jamais eu un moment de défaillance. On trouva alors que Constantinople était un lieu de passage et de séjour de peuples et de races sans nombre, où vivaient beaucoup de Persans; c'est pourquoi les Persans s'efforcèrent de faire exiler Bahá'u'lláh en Roumélie.
Mais la flamme devint plus brillante, la cause plus grande. A la fin, les Persans dirent : "Aucune de ces places n'est digne de confiance ni sûre; il faut l'envoyer quelque part où il sera réduit à l'impuissance, dans un lieu de trouble et de misère, où sa famille et ses compagnons éprouveront de grands malheurs."
Donc ils choisirent la prison de Saint-Jean-d'Acre, qui est réservée aux meurtriers, aux voleurs et aux brigands de grands chemins. Et, en vérité, ils le mêlèrent à ces hommes.
Mais la puissance divine se manifesta, car cette prison fut la cause de la promulgation et de la proclamation de sa parole.
La grandeur de Bahá'u'lláh devint évidente, car c'est de cette prison, et dans des circonstances aussi humiliantes, qu'il fit avancer la Perse d'une condition à une autre, qu'il soumit tous ses ennemis, et leur prouva qu'ils ne pouvaient résister à cette cause.
Ses enseignements sacrés pénétrèrent toutes les régions, sa cause fut établie. Oui, dans toute la Perse, ses ennemis agissaient avec la plus grande haine, emprisonnant, tuant, frappant, incendiant, et ruinant de fond en comble des milliers de demeures, s'efforçant par tous les moyens d'exterminer et d'écraser la cause.
Malgré cela, de la prison des meurtriers, des brigands de grands chemins et des voleurs, il fit triompher sa cause et répandit ses enseignements; il exhorta la plupart de ceux qui avaient été les plus enragés contre lui et en fit des croyants; au point que le gouvernement persan lui-même s'éveilla, et fut honteux du mal qui était arrivé par la faute des ulama.
Lorsque Bahá'u'lláh arriva dans cette prison, en Terre sainte, les gens instruits comprirent que la bonne nouvelle que Dieu, par la bouche des prophètes, avait donnée deux ou trois mille ans auparavant, était réalisée, que Dieu était fidèle à la promesse.

Car à plusieurs des prophètes il avait révélé et donné la bonne nouvelle qui a trait à la Terre sainte : "Le Seigneur des armées doit se manifester chez toi."
Toutes ces promesses étaient accomplies! Et s'il n'y avait pas eu ces persécutions, ces exils et ces bannissements, de la part des ennemis, on ne pourrait comprendre pourquoi Bahá'u'lláh aurait dû s'enfuir de Perse, et planter sa tente en Terre sainte.
Les ennemis voulaient, par cet emprisonnement, anéantir et détruire complètement la cause sacrée; au lieu de cela, cette prison bénie fut l'aide suprême, et le moyen de son développement.
Sa voix divine parvint à l'Orient et à l'Occident, et les rayons du Soleil de Vérité brillèrent à tous les horizons.
Gloire à Dieu! Bien qu'il fût emprisonné, sa tente était dressée sur le mont Carmel, et il circulait avec la plus grande majesté! Et tous ceux, amis ou étrangers, qui furent honorés de sa présence, disaient : "C'est un prince, non un prisonnier !"
A son arrivée dans la prison, il écrivit une adresse à Napoléon III, qu'il envoya par l'entremise de l'ambassadeur de France, et dans laquelle il disait : "Demandez quel fut notre crime, et pourquoi cette prison et ce cachot." Napoléon ne répondit pas.
Une seconde épître fut rédigée peu après son arrivée à 'Akka, qui est contenue dans la Súriy-i-Haykal et où il est écrit : "Napoléon, comme tu n'as pas écouté la proclamation, et comme tu n'as pas répondu, bientôt ton empire disparaîtra, et tu seras entièrement ruiné."
Cette épître faut envoyée par la poste aux soins de César Catafago, à la connaissance de tous les compagnons d'exil.
La copie de cette épître se répandit rapidement dans toute la Perse, car le Kitab-i-Haykal y était alors partout distribué, et cette lettre se trouve comprise parmi les documents de ce livre. Cela se passait en l'an 1869 de l'ère chrétienne. Et comme la Súriy-i-Hykal était aussi distribuée dans l'Hindoustan, elle se trouvait dans les mains des croyants, et tous attendaient avec confiance l'accomplissement de cette prophétie.

Peu de temps après, en 1870 de l'ère chrétienne, le feu de la guerre éclata entre l'Allemagne et la France. Et, bien que personne ne crût à la victoire de l'Allemagne, Napoléon faut battu; il but la honte, il se rendit à l'ennemi et sa gloire faut changée en humiliation suprême.
De même, des tablettes furent envoyées aux autres rois, parmi lesquelles la lettre à S. M. Nasiri'd-Din Shah, dans laquelle il dit : "Fais-moi appeler, réunis tous les ulama, et demande des preuves et des arguments, afin que la vérité et le mensonge apparaissent."
S. M. Nasiri'd-Din Shah envoya l'épître sacrée aux ulama, et leur proposa d'accepter. Mais ils n'osèrent pas. Alors il demanda à sept des plus célèbres d'entre eux d'écrire une réponse à cette lettre; après quelque temps, ils rendirent la lettre sacrée, disant que cet homme était un adversaire de la religion et un ennemi du shah.
S. M. le shah de Perse faut très mécontent, parce que cette affaire étant une question de preuves et d'arguments, de vérité ou d'apostasie, comment pouvait-il s'agir d'inimitié envers le gouvernement ?
"Hélas, dit-il, combien nous avons eu d'égards pour ces ulama, qui ne peuvent même pas répondre à cette lettre!"
Bref, tout ce qui est rapporté dans les tablettes aux souverains s'est ensuite réalisé. Si, depuis 1870, on examine les événement, on voit que tout s'est passé comme il était prédit, et qu'il en reste très peu à apparaître encore.
C'est ainsi que les peuples étrangers et les sectes non croyantes attribuèrent à Bahá'u'lláh beaucoup de choses extraordinaires.

Certains, le regardant comme un saint, firent des ouvrages sur lui : parmi eux, siyyid Daoudi, un savant sunnite de Baghdad, a écrit une courte plaquette dans laquelle il raconte certains actes surnaturels de Bahá'u'lláh.
Maintenant encore, partout en Orient, il y a des gens qui, tout en ne croyant pas à sa manifestation, croient néanmoins qu'il faut un saint, et racontent des miracles qui lui sont attribués.
En résumé, tant ses adversaires que ses partisans, tous ceux qui furent reçus dans le lieu sacré, reconnurent et confessèrent la grandeur de Bahá'u'lláh.
Si, en fin de compte, on ne croyait pas en lui, on reconnaissait sa grandeur dès qu'on parvenait dans le lieu sacré.
La rencontre de Bahá'u'lláh produisait de tels effets que la plupart des gens ne pouvaient parler.
Combien de fois arriva-t-il qu'un de ses plus terribles ennemis prit en lui-même la résolution et l'engagement de dire telle et telle chose en arrivant en sa présence, et d'amener telle controverse et telle discussion; mais dès qu'il arrivait au lieu sacré, il demeurait stupide et confondu, et n'avait d'autre ressource que de rester silencieux et tranquille.
Bahá'u'lláh n'avait pas étudié l'arabe, il n'avait eu ni professeur ni maître, et il n'avait été dans aucune école :néanmoins, l'éloquence et l'excellence de ses discours bénis, en arabe, aussi bien que de ses tablettes arabes, ont causé l'étonnement et la stupéfaction des lettrés les plus accomplis en cette langue; tous reconnaissent et avouent qu'il est incomparable et sans pareil,
Et si nous examinons avec soin le texte de la Bible, nous voyons qu'aucune des manifestations divines ne dit à ceux qui les reniaient : "Tous les miracles que vous demanderez, je suis prêt à les accomplir, tout critérium que vous choisirez, je l'accepte."
Pourtant, dans l'épître au shah, il proclama clairement : "Réunis les ulama, et demande-moi les preuves et les arguments que tu voudras que j'établisse".

Pendant cinquante ans, Bahá'u'lláh se tint en face de ses ennemis comme une montagne : tous voulaient l'anéantir et cherchaient sa perte. Mille fois on tenta de le crucifier et de, le détruire; et pendant ces cinquante ans, il fut constamment dans le plus grand danger.
La Perse, aujourd'hui, est dans un tel état de décadence et de ruine que tous les hommes intelligents, au courant de la véritable situation, reconnaissent que son progrès, sa civilisation et son relèvement dépendent de la promulgation des enseignements et du développement des principes de ce grand personnage.
Le Christ, en son temps béni, a réellement éduqué onze hommes dont le plus célèbre était Pierre : néanmoins, quand ce dernier fut mis à l'épreuve, il renia trois fois le Christ. Malgré cela, combien, par la suite, le christianisme a pénétré les fondations du monde!
Aujourd'hui, Bahá'u'lláh a éduqué des milliers d'humains qui, sous la menace de l'épée, poussent au plus haut des cieux le cri Ya-Bahá'u'l-Abha et dont, sous le feu des épreuves, le visage brille comme de l'or! Puis songez à ce qui se passera encore dans l'avenir!
En résumé, il faut reconnaître avec équité quel éducateur de l'humanité fut cet être glorieux, quels signes merveilleux il manifesta, et quelle force et quelle puissance ont émané de lui dans le monde de l'existence !

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Chapitre: I.10. Preuves et arguments traditionnels tirés du livre de Daniel

Aujourd'hui, autour de cette table, parlons un peu des preuves. Si vous étiez venue en ce lieu béni aux jours de la manifestation de la lumière évidente, et si vous étiez arrivée à la cour de sa présence, si vous aviez vu cette beauté lumineuse, vous eussiez compris que ses explications et sa beauté n'avaient besoin d'aucune autre preuve.
Bien des gens, après avoir été admis une seule fois en sa présence, devinrent confirmés et croyants : ils n'avaient pas besoin d'autre preuve.
Même ceux qui avaient pour lui la haine et l'inimitié les plus grandes, rien qu'après l'avoir rencontré, témoignaient de la grandeur de Bahá'u'lláh, et disaient : "C'est un homme sublime, mais quel dommage qu'il émette une pareille prétention. Autrement, tout ce qu'il dit est acceptable."
Mais aujourd'hui que cette lumière de vérité s'est éteinte, tout le monde a besoin de preuves. Aussi nous sommes-nous occupés de donner des preuves rationnelles. Nous en citerons une autre qui, seule, est suffisante pour des gens équitables, et que nul ne peut réfuter.
C'est que cet être sublime a proclamé sa cause et répandu sa lumière dans la Prison suprême; c'est de là que sa renommée a conquis le monde et que le chant de sa gloire est parvenu à l'Orient et à l'Occident :jusqu'à nos jours, rien de semblable n'était arrivé dans le monde.
Tout homme juste le reconnaîtrait; mais il y a des gens qui, même en entendant toutes les preuves du monde, ne jugeraient pas avec justice.

C'est ainsi que, malgré toutes leurs forces, les nations et les Etats ne purent lui résister; bien qu'il fût seul, sans aide, emprisonné, opprimé, tout ce qu'il voulait il l'accomplissait.
Je ne veux pas mentionner les miracles de Bahá'u'lláh; peut-être en les entendant dirait-on que ce sont des histoires sujettes à la vérité et à l'erreur.
Ainsi, les miracles du Christ, dans les Evangiles, nous sont racontés par les apôtres, et non par quelqu'un d'autre : néanmoins les juifs les nient.
Si je voulais mentionner les choses surnaturelles dans la vie de Bahá'u'lláh, elles abondent; elles sont établies en Orient, et même auprès des non-bahá'ís.
Mais ces récits ne sont pas des arguments et des preuves péremptoires pour tous; en les entendant, on pourrait dire que, peut-être, cela n'est pas conforme à la réalité des faits.
Et puis les autres sectes font également le récit des miracles de leurs fondateurs. Ainsi les adeptes du Brahmanisme rapportent des miracles; d'où pouvons-nous savoir que ceux-ci sont faux et que ceux-là sont vrais ? Si les uns sont des contes, les autres en sont aussi; si les uns sont acceptés universellement, les autres le sont aussi.
Ces récits ne sont donc pas des preuves solides. Ce sont des preuves pour le témoin oculaire; et encore, lui aussi pourrait douter que ce fût un miracle, et non de la sorcellerie. N'a-t-on pas raconté aussi sur des sorciers des choses extraordinaires ?
Bref, j'en arrive à ceci que beaucoup de choses extraordinaires furent accomplies par Bahá'u'lláh; mais nous ne les racontons pas, parce qu'elles ne constituent pas des preuves et des arguments pour tous les peuples du monde, et que, même pour ceux qui en ont été témoins, ce ne sont pas des preuves péremptoires; ils peuvent croire que c'est de la sorcellerie.
D'ailleurs, la plupart des miracles attribués aux prophètes ont une signification symbolique.
Ainsi, dans le récit du martyre du Christ, dans l'Evangile, on mentionne que l'obscurité régna, qu'il y eut un tremblement de terre, que le rideau du temple fut déchiré en deux, et que les morts sortirent de leurs tombes.

Si ces choses avaient été vues, elles auraient été des événements considérables, et certes, on les eût insérés dans les histoires de l'époque, et ils seraient devenus la cause de la perplexité des coeurs; pour le moins, les soldats auraient descendu le Christ de la croix, ou bien ils se seraient enfuis. Mais comme ces événements ne sont relatés dans aucune histoire, il est évident qu'ils ne doivent pas être pris à la lettre, et qu'ils ont une signification symbolique.
Notre but n'est pas de nier, notre seule intention est d'établir que ces récits ne constituent pas des preuves péremptoires, et qu'ils ont une signification symbolique, c'est tout.
Aussi, aujourd'hui, autour de cette table, nous nous reporterons aux explications des preuves traditionnelles tirées des livres saints. Jusqu'ici, tout ce que nous avons dit était des preuves rationnelles.
Et comme il s'agit maintenant de découvrir et de rechercher la vérité, d'expliquer la condition de l'homme assoiffé dont l'âme est brûlée du désir de l'eau de la vie, celle du poisson qui s'agite pour rentrer dans la mer, celle du malade qui cherche le médecin de vérité pour obtenir la guérison divine, celle de la caravane perdue qui cherche la véritable route, celle du bateau désemparé et égaré qui parvient au port de la délivrance, nous dirons que le chercheur doit être paré de certaines qualités.
D'abord, il doit être juste et détaché de tout autre que Dieu; son coeur doit être entièrement tourné vers l'horizon suprême, il doit être affranchi de l'ego et de toute passion, car ce sont des obstacles.
De plus, il doit supporter toutes les calamités, vivre dans la pureté et la sainteté les plus parfaites, et être au-dessus de l'amour ou de la haine de tous les habitants du monde : car le poids de son amour pour un parti peut le priver de reconnaître les mérites d'un autre parti, et de même la haine pour un parti risque aussi de l'empêcher de découvrir ses mérites.
Tel est l'état qui convient au chercheur. Le chercheur doit avoir ces caractéristiques et ces qualités; autrement, il est impossible que le Soleil de Vérité arrive jusqu'à lui.

Revenons à notre sujet : tous les peuples du monde sont dans l'attente de deux manifestations, qui doivent être contemporaines. Tous attendent l'accomplissement de cette promesse.
Dans la Bible, les juifs ont la promesse du Seigneur des armées et du Messie; dans l'Evangile, c'est le retour du Messie et d'Elie. Dans la religion de Muhammad se trouve la promesse du Mihdi et du Messie, et ainsi de suite chez les zoroastriens et les autres peuples;
mais si nous entrions dans les détails, cela tirerait en longueur.
L'essentiel est que tous attendent deux manifestations qui doivent venir l'une derrière l'autre; et qu'il a été annoncé que, dans le temps de la venue de ces deux manifestations, la terre serait renouvelée, l'existence serait changée et les contingences revêtiraient une nouvelle parure.
La justice et la vérité doivent régner sur le monde, l'inimitié et la haine disparaître, toutes les causes de division entre les tribus, les sectes, les nations s'évanouir, et les causes d'union, d'accord et d'amitié se manifester.
Les négligents s'éveilleront, les aveugles verront, les sourds entendront, les muets parleront, les malades guériront, les morts revivront, la guerre sera changée en paix, l'inimitié sera transformée en amour, les occasions de querelle et de dispute s'évanouiront entièrement, et l'humanité obtiendra la réelle félicité.
Le monde deviendra le miroir du royaume des cieux, et l'humanité, le trône de la Divinité.
Les différentes nations ne seront qu'un seul peuple, toutes les religions s'unifieront, tous les hommes ne constitueront plus qu'une famille, qu'une maison.
Toutes les contrées de la terre n'en formeront plus qu'une, et les superstitions de nationalité, de patrie, de personnalité, de langage, de politique, disparaîtront et mourront; chacun, à l'ombre du Seigneur des armées, parviendra à la vie éternelle!
Maintenant, il nous reste à prouver, d'après les livres saints, que ces deux manifestations se sont produites, et à deviner le sens des paroles des prophètes; car nous voulons des preuves tirées des livres saints, et nous avons déjà, il y a quelques jours, à table, produit des preuves rationnelles.

Quoi qu'il en soit, dans le livre de Daniel, depuis la reconstruction du temple de Jérusalem jusqu'au jour du martyre du Christ, soixante-dix semaines sont déterminées; car, par le martyre du Christ, le sacrifice doit être accompli et l'autel détruit.
Cette prophétie a trait à la manifestation du Christ, Le commencement de la période de ces soixante-dix semaines est la restauration et la reconstruction de Jérusalem;
et, à cet égard, pour la restauration de Jérusalem, nous possédons quatre édits, émanant de trois souverains. Le premier est de Cyrus, en 536 avant Jésus-Christ, et est rapporté au premier chapitre d'Esdras. Le deuxième édit pour reconstruire Jérusalem est de Darius de Perse, en 519 avant Jésus-Christ, rapporté au VIe chapitre d'Esdras. Le troisième est d'Artaxerxès, dans la septième année de son règne, c'est-à-dire en 457 avant Jésus-Christ, et est rapporté au VIIe chapitre d'Esdras. Le quatrième est d'Artaxerxès en 444 avant Jésus-Christ, et se trouve au IIe chapitre de Néhémie.
Mais Daniel se réfère au troisième édit, qui fut rendu en 457 avant Jésus-Christ. Soixante-dix semaines égalent quatre cent quatre-vingt-dix jours. Chaque jour, suivant la terminologie des livres saints, est une année. Dans la Bible il est écrit : "Le jour du Seigneur est une année". Donc quatre cent quatre-vingt-dix jours font quatre cent quatre-vingt-dix années. Le troisième édit d'Artaxerxès faut rendu quatre cent cinquante-sept ans avant la naissance du Christ, et lorsqu'il faut martyrisé et qu'il monta au ciel, le Christ avait 33 ans; 33 ajoutés à 457 font 490, qui est la date annoncée par Daniel pour la manifestation du Christ.
Mais, au verset 25 du IXe chapitre de Daniel, il s'exprime d'une autre manière, c'est-à-dire sept semaines et soixante deux semaines. Et, en apparence, il y a là une contradiction avec la première phrase; beaucoup de gens sont demeurés perplexes en essayant de concilier ces deux affirmations. Comment ici s'agit-il de soixante-dix semaines, et là de soixante-deux semaines et de sept semaines ? Ces deux phrases ne concordent pas.

En réalité, Daniel cite deux dates, Une des dates commence avec l'ordre d'Artaxerxès qui enjoignit à Esdras de rebâtir Jérusalem : ce sont les soixante-dix semaines qui se terminent à l'ascension du Messie, quand le sacrifice et l'oblation cessèrent par son martyre.
La seconde date se trouve au verset 26, où il est dit qu'après la terminaison de la reconstruction de Jérusalem jusqu'à l'ascension du Christ il y aura soixante-deux semaines; les sept semaines sont la durée de la reconstruction de Jérusalem, c'est-à-dire quarante-neuf ans.
Si l'on ajoute ces sept semaines aux soixante-deux, cela fait soixante-neuf semaines; et, dans la dernière semaine, eut lieu l'ascension du Christ. Les soixante-dix semaines sont ainsi complètes et il ne reste plus de contradiction.
Et de même que la manifestation du Messie est prouvée par les prophéties de Daniel, maintenant nous allons prouver les manifestations de Bahá'u'lláh et du Bab.
Jusqu'ici, nous n'avons donné que des preuves rationnelles : il s'agit maintenant de preuves traditionnelles.
Au verset 13 du VIIIe chapitre du livre de Daniel, il est dit : "Alors j'entendis un saint qui parlait, et un saint qui demandait à celui qui parlait : jusqu'à quand durera la vision du sacrifice continuel et de la révolte qui cause la ruine, pour livrer le sanctuaire et l'armée à être foulés aux pieds ? Et il me dit : jusqu'à deux mille trois cents soirs et matins; alors le sanctuaire sera purifié." Alors il me dit: "Cette vision se rapporte aux derniers jours. En d'autres termes ce malheur, cette dévastation, cette ruine, cette dégradation, jusqu'à quand dureront-ils ? ou bien, quand 'sera aurore de la manifestation ? Alors il dit : jusqu'à deux mille trois cents soirs et matins, et alors le sanctuaire sera purifié."

Bref, le but de ce passage est d'établir qu'il fixe deux mille trois cents ans; car, dans le texte de la Bible, chaque jour est une année.
Or, depuis la date de l'apparition de l'édit d'Artaxerxès pour reconstruire Jérusalem jusqu'au jour de la naissance du Christ, il y a quatre cent cinquante-six ans, et depuis la naissance du Christ jusqu'à la manifestation du Bab, il y a mille huit cent quarante-quatre ans, et si vous ajoutez quatre cent cinquante-six ans à ce nombre, cela fait deux mille trois cents ans.
C'est-à-dire que l'accomplissement de la prophétie de Daniel eut lieu en 1844 de l'ère chrétienne, et ce fut l'année de la manifestation du Bab.
Considérez le texte même de Daniel : avec quelle clarté il fixe l'année de manifestation! On ne peut pas annoncer plus clairement que cela une manifestation.
Le Christ, au chapitre XXIV de l'Evangile de Matthieu, verset 3, dit clairement que, ce que Daniel voulait dire par cette prophétie, c'était l'époque de la manifestation;
et voici le verset : "Et s'étant assis sur la montagne des Oliviers, ses disciples vinrent à lui en particulier et lui dirent : dis-nous quand ces choses arriveront, et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde ?" Parmi toutes les explications que le Christ leur donna en réponse, se trouve celle-ci : "Quand donc vous verrez dans le lieu saint l'abomination qui cause la ruine dont le prophète Daniel a parlé, que celui qui le lit y fasse attention". Et il faisait ainsi allusion au VIIIe chapitre de Daniel, en disant que toute personne qui lira ce verset comprendra qu'il y est parlé de ces temps.
Voyez combien la manifestation du Bab est clairement annoncée dans la Bible et l'Evangile!

Maintenant, expliquons la date de la manifestation de Bahá'u'lláh par la Bible.
La date de la manifestation de Bahá'u'lláh est calculée en années lunaires, à partir de la mission et de l'hégire de Muhammad; car, dans la religion de Muhammad, c'est l'année lunaire qui est en usage et qui est employée; et dans cette religion, c'est l'année lunaire dont on se sert pour chacun des cas des commandements aux fidèles.
Au chapitre XII, verset 6, du livre de Daniel, il est dit : "Et on dit à l'homme vêtu de lin qui était sur les eaux du fleuve : quand sera la fin de ces merveilles ? Et j'entendis l'homme vêtu de lin qui était sur les eaux du fleuve, lequel éleva sa droite et sa gauche vers les cieux et jura par Celui qui vit éternellement, que ce sera jusqu'à un temps, deux temps et une moitié de temps; et que, quand il aura achevé de disperser la force du peuple saint, toutes ces choses-là seront terminées."
J'ai déjà expliqué la signification du jour; il n'est pas utile d'y revenir. Mais disons brièvement que chaque jour du Père vaut une année, et chaque année vaut douze mois. Donc trois ans et demi valent quarante-deux mois; quarante-deux mois égalent mille deux cent soixante jours. Chaque jour, dans les livres saints, est une année. Et en 1260 de l'hégire de Muhammad, selon le compte musulman, le Bab, l'annonciateur de Bahá'u'lláh, apparut.
Plus loin, dans le verset II, il est dit : "Or, dans le temps que le sacrifice continuel aura cessé, et qu'on aura mis l'abomination de la ruine, il y aura douze cent quatre-vingt-dix jours. Heureux celui qui attendra et atteindra jusqu'à treize cent trente-cinq jours."
Le commencement de ce calcul lunaire est le jour de la proclamation du rôle prophétique de Muhammad dans toutes les contrées du Hijaz; et cela eut lieu trois ans après le début de sa mission, car, au début, son rôle prophétique était tenu caché : nul, sauf Khadidja et Ibn-Naufal, ne les avait. Après trois ans on le proclama.

Et Bahá'u'lláh, en l'an 1290 de la proclamation de la mission de Muhammad, proclama sa manifestation.

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Chapitre: I.11. Commentaire du chapitre XI des révélations de saint Jean

Au chapitre XI, verset 1 des révélations de saint Jean, il est dit : "Alors on me donna un roseau semblable à un bâton à mesurer, et l'ange s'étant présenté me dit : Lève-toi et mesure le temple de Dieu et l'autel, et ceux qui y adorent. Mais laisse le parvis qui est hors du temple, et ne le mesure point car il est abandonné aux gentils, et ils fouleront aux pieds la sainte cité pendant quarante-deux mois."
Ce roseau représente ici le symbole d'un homme parfait, et la portée de cette comparaison est la suivante : lorsque l'intérieur d'un roseau est vidé, et qu'il est débarrassé de tout ce qu'il contenait, on peut obtenir de merveilleuses mélodies.
Et de même que le chant et le son ne viennent pas du roseau, que la musique vient véritablement du joueur de flûte qui souffle dedans, de même cette personne bénie a le coeur saint, libre, et vide de tout ce qui n'est pas Dieu, purifié et affranchi de toutes conditions humaines, et elle n'est que la compagne de l'Esprit divin.
Ses paroles ne viennent pas d'elle-même mais bien du véritable joueur de flûte, et sont une inspiration divine. Voilà pourquoi il le compare à un roseau.
Et ce roseau est comme un bâton, c'est-à-dire qu'il est le secours des faibles, et le soutien des êtres contingents; c'est le bâton du divin berger, à l'aide duquel il fait paître son troupeau, et le conduit dans les prairies du royaume.
Puis : "L'ange se présenta et me dit : Lève-toi et mesure le temple de Dieu et l'autel, et ceux qui y adorent"; c'est-à-dire compare et mesure; mesurer, c'est trouver la quantité.

Donc l'ange dit : compare le Saint des saints, et l'autel et ceux qui sont en train d'y prier, c'est-à-dire découvre quelle est leur véritable condition, sache à quel degré et en quelle situation ils sont, et quels sont leur état, leurs perfections, leur conduite, leurs qualités; apprends les secrets de ces saintes âmes qui ont leur place au Saint des saints, dans l'état de pureté et de sainteté.
"Mais laisse le parvis qui est hors du temple et ne le mesure point, car il est abandonné aux gentils." Au début du VIIe siècle de l'ère chrétienne, lorsque Jérusalem fut conquise, le Saint des saints fut en apparence préservé, c'est-à-dire le temple que Salomon avait construit; mais en dehors du Saint des saints, le parvis extérieur fut pris et donné aux gentils.
"Et ils fouleront aux pieds la sainte cité pendant quarante-deux mois", c'est-à-dire que les gentils gouverneront et dirigeront Jérusalem pendant quarante-deux mois équivalant à douze cent soixante jours; et comme chaque jour équivaut à une année, par ce compte, cela fait douze cent soixante ans, qui est la durée du cycle coranique.
Car, dans le livre saint, chaque jour équivaut à une année, ainsi qu'il est dit au chapitre IV, verset 6 d'Ezéchiel. "Et tu porteras l'iniquité de la maison de Juda pendant quarante jours :je t'ai assigné chaque jour pour une année."
Cela prophétise la durée de la Dispensation de l'islam, lorsque Jérusalem fut foulée aux pieds, ce qui signifie que sa gloire lui fut enlevée (mais le Saint des saints fut préservé, gardé et respecté) jusqu'en 1260.
Cette prophétie sur ces douze cent soixante ans s'applique à la manifestation de l'Altesse Suprême, le Bab, la 'Porte' de Bahá'u'lláh, qui eut lieu en 1260 de l'hégire de Muhammad.
Et comme la durée des douze cent soixante années est terminée aujourd'hui, Jérusalem, la Ville sainte, est en train de redevenir prospère, peuplée et florissante. Tous ceux qui ont vu Jérusalem il y a soixante ans et qui la voient maintenant reconnaissent combien elle est devenue de nouveau peuplée, florissante et respectée.

Telle est la signification apparente des verses des révélations de saint Jean; mais ces versets ont une autre interprétation et une signification symbolique qui est la suivante.
La loi de Dieu comprend deux parties : l'une, fondamentale, est spirituelle; c'est-à-dire a trait aux vertus spirituelles et aux qualités divines, et n'a ni changement ni modification : c'est le Saint des saints, qui est l'essence de la loi d'Adam, de Noé, .de Moïse, du Christ, de Muhammad, du Bab et de Bahá'u'lláh; elle dure et elle est établie dans tous les cycles prophétiques.
Jamais elle ne sera abrogée, car c'est la vérité spirituelle, non matérielle : c'est la foi, le savoir, la certitude, la justice, la piété, la droiture, la confiance méritée, l'amour de Dieu, la bienveillance, la générosité pour les pauvres, la protection des opprimés, les dons aux malheureux, la main tendue à ceux qui sont tombés, la pureté, le détachement, l'humilité, la douceur, la patience, la constance.
Ces qualités divines, ces commandements éternels ne seront jamais abrogés mais dureront et seront établis pour l'éternité.
Ces vertus de l'humanité sont ravivées dans chacun des différents cycles; car, à la fin de chaque cycle, la loi divine spirituelle, c'est-à-dire les vertus humaines, disparaît, et seule la forme subsiste.
Ainsi, chez les juifs, à la fin du cycle de Moïse, qui coïncide avec la manifestation chrétienne, la loi de Dieu disparut et une forme sans esprit subsista.
Mais le parvis extérieur de Jérusalem, qui équivaut à la forme de la religion, tomba aux mains des gentils.
De même, les principes de la religion du Christ, qui sont les vertus sublimes de l'humanité, ont disparu, et sa forme est restée aux mains des prêtres et du clergé.
Les fondements de la religion de Muhammad ont également disparu, mais sa forme reste aux mains des ulama officiels.

Ces fondements de la loi de Dieu qui sont spirituels et sont les vertus de l'humanité ne sont pas abrogeables, mais bien immuables et éternels; et ils sont renouvelés dans chaque cycle prophétique.
La seconde partie de la loi de Dieu, qui a trait au monde matériel, et qui comprend le jeûne, la prière, les exercices du culte, le mariage, le divorce, l'abolition de l'esclavage, la poursuite des procès, les transactions, les amendes, les indemnités pour meurtre, violence, vol, blessures, cette partie de la loi de Dieu qui a trait aux choses matérielles, est modifiée et transformée dans chaque cycle prophétique, et peut être abrogée.
Car il est certain que les choses politiques, les transactions, les indemnités, etc., doivent être modifiées et transformées suivant les exigences du temps.
Bref, le mot"Saint des saints" veut dire cette loi spirituelle qui n'est jamais transformée ou modifiée, et qui ne sera pas abrogée.
La Ville sainte veut dire la loi matérielle qui est abrogeable. Et c'est cette loi matérielle, ' qui est décrite comme la Ville sainte, qui sera foulée aux pieds pendant douze cent soixante ans.
"Mais je donnerai à mes deux témoins le pouvoir de prophétiser pendant douze cent soixante jours, étant vêtus de sacs." Les deux témoins dont il s'agit sont Muhammad, l'Envoyé de Dieu, et 'Ali Ibn Abou Thaleb.
Dans le Qur'an, il est dit que Dieu, s'adressant à Muhammad, l'Envoyé de Dieu, s'exprime ainsi : "Je t'ai placé comme un témoin, comme un messager de bonne nouvelle et comme un avertisseur", c'est-à-dire nous t'avons établi comme le témoin, le donneur de bonne nouvelle, et celui qui apporte la colère de Dieu. Témoin, c'est-à-dire que les choses seront prouvées par son affirmation.
Et les ordres de ces deux témoins seront donnés pendant douze cent soixante jours signifiant des années.

Or, Muhammad était le tronc et 'Ali la branche, comme Moïse et Josué.
Il est dit : "Ces deux témoins sont vêtus de sacs", c'est-à-dire que, apparemment, ils n'auront pas des vêtements neufs, mais de vieux vêtements; autrement dit, au début, aux yeux des autres peuples, ils n'ont aucune splendeur, et leur cause ne paraît pas nouvelle; car, par son côté spirituel, la loi de Muhammad ressemble à celle du Christ dans l'Evangile, et ses commandements relatifs aux choses matérielles ressemblent pour la plupart à ceux de la Bible. Telle est la signification des vieux vêtements.
"Ce sont les deux oliviers et les deux chandeliers qui sont toujours en la présence du Seigneur de la terre." Il compare ces deux âmes à deux oliviers, parce que, dans ce temps, on se servait de l'huile d'olive pour toutes les lampes, la nuit, Ces deux êtres, chez qui apparaît l'esprit de la sagesse de Dieu, origine de la lumière du monde, et qui font briller et resplendir les lumières de Dieu, sont ainsi comparés à deux chandeliers. Le chandelier n'est-il pas le lieu de la lumière, et n'est-ce pas de lui que brille la lumière ? De même, de ces faces lumineuses, la lumière de la direction surgira et brillera.
"Ils se tiennent en la présence de Dieu", signifiant qu'ils sont debout pour servir la cause, éduquant les créatures de Dieu; ainsi les tribus sauvages des Arabes nomades de la péninsule arabique reçurent une telle éducation qu'elles arrivèrent alors au plus haut degré de civilisation, et que leur renommée et leur célébrité se répandirent sur toute la terre.
"Et si quelqu'un veut leur faire du mal, il sortira de leur bouche un feu qui dévorera leurs ennemis." C'est-à-dire que nul ne peut leur résister; que si quelqu'un veut affaiblir leurs enseignements et leur loi, cette même loi qui sort de leur bouche les enveloppera et les exterminera entièrement; et si quelqu'un tente de les troubler, de leur faire du mal ou de leur résister, un commandement émanant de leur bouche détruira leurs ennemis. Et c'est ce qui arriva :tous leurs ennemis furent subjugués, mis en fuite, anéantis. De la façon la plus évidente, Dieu les a soutenus.

"Ils ont le pouvoir de fermer le ciel, afin qu'il ne pleuve point pendant qu'ils prophétiseront." C'est-à-dire que pendant ce temps, ils sont comme des rois : la loi et les enseignements de Muhammad, les explications et les commentaires d'Ali sont une grâce céleste; lorsqu'ils veulent distribuer cette grâce, ils le peuvent. Et s'ils ne veulent pas, la pluie ne tombera pas. (Pluie ici veut dire grâce.)
"Ils ont aussi le pouvoir de changer les eaux en sang." C'est-à-dire que, le pouvoir prophétique de Muhammad faut le même que celui de Moïse, et la puissance d'Ali fut comme celle de Josué.
S'ils le veulent, ils transforment en sang les eaux du Nil pour les Egyptiens et ceux qui les renient : c'est-à-dire que les eaux qui sont la cause de la vie deviennent, par l'ignorance et l'orgueil des négateurs, la cause de leur mort.
Ainsi, le royaume, la richesse et le pouvoir du Pharaon et des siens, qui furent la cause de la vie de l'Egypte, devinrent, par leur opposition, leur reniement et leur orgueil, une cause de mort, de destruction, de dispersion, de dégradation et de misère. Ces deux témoins ont donc le pouvoir de détruire les nations.
"Et de frapper la terre de toutes sortes de plaies toutes les fois qu'ils le voudront." C'est-à-dire qu'ils ont la puissance et la force matérielles nécessaires pour éduquer les méchants et ceux qui sont des oppresseurs et des tyrans cruels; car Dieu a donné à ces deux témoins une force matérielle et un pouvoir spirituel avec lesquels ils ont corrigé et éduqué les Arabes nomades et féroces, sanguinaires et tyranniques, qui vivaient comme des loups et des bêtes sauvages.
"Et quand ils auront achevé de rendre leur témoignage", c'est-à-dire quand ils auront accompli ce dont ils sont chargés, délivré le divin message, répandu la loi de Dieu et les enseignements célestes, et que les signes de la vie spirituelle seront visibles dans les âmes, que les lumières des vertus de l'humanité brilleront, et que les tribus nomades auront accompli des progrès absolus.

"La bête qui monte de l'abîme leur fera la guerre, et les vaincra et les tuera." Cette bête signifie les Béni-Omeyyahs qui les ont attaqués depuis l'abîme de l'erreur : c'est ce qui est arrivé quand les Béni-Omeyyahs s'insurgèrent contre la loi de Muhammad et la réalité d'Ali, qui est l'amour de Dieu.
"La bête fit la guerre aux deux témoins", c'est-à-dire une guerre religieuse; elle agit contre leurs enseignements, leurs coutumes, leurs institutions, avec la plus complète opposition : les vertus et les qualités qui, grâce à ces deux témoins, s'étaient répandues parmi ces peuples et ces tribus disparaîtront entièrement, et les moeurs bestiales et la sensualité prévaudront.
Ainsi cette bête qui leur fait la guerre aura la victoire; c'est-à-dire que la noirceur de l'erreur, représentée par cette bête, conquerra tous les horizons du monde et tuera ces deux témoins; en d'autres termes, détruira du milieu des nations la vie spirituelle qu'ils ont apportée, et en supprimera entièrement les lois et les enseignements divins; elle foulera aux pieds la religion de Dieu, et il n'en subsistera rien qu'un corps sans esprit.
"Et leurs corps sans vie resteront sur les places publiques de la grande cité qui est appelée spirituellement Sodome et Egypte, au lieu même où Notre-Seigneur aussi fut crucifié." "Leurs corps" signifie la loi de Dieu; "les places publiques" veut dire en vue de tout le monde. "Sodome et Egypte, le lieu où Notre-Seigneur aussi fut crucifié", c'est cette contrée de Syrie, et surtout Jérusalem, puisque les Béni-Omeyyahs régnaient sur ces lieux et que c'est d'abord d'ici que la loi de Dieu et les enseignements divins disparurent, et dans ces lieux qu'un corps sans esprit subsista. Leurs corps, c'est la loi de Dieu qui demeura comme un corps sans esprit.

"Et les différents peuples et tribus, de nations et de langues diverses, verront leurs corps sans vie pendant trois ans et demi, et ne permettront pas que leurs corps soient mis dans le sépulcre."
Comme il a déjà été dit, selon la terminologie des livres saints, trois jours et demi égalent trois ans et demi, soit quarante-deux mois, qui font douze cent soixante jours; comme chaque jour dans le texte du livre saint fait une année, cela veut dire que, pendant douze cent soixante ans, ce qui est la durée du cycle coranique, les nations, les tribus, les peuples regarderont leurs corps; qu'ils feront un spectacle de la loi de Dieu.
Ils n'agiront pas selon cette loi, mais ils ne laisseront pas non plus porter à la tombe son corps, c'est-à-dire la loi de Dieu; en d'autres termes, en apparence ils s'y attacheront, ils ne la laisseront pas enlever complètement ni détruire, et ils ne permettront pas qu'on anéantisse entièrement son corps. Si, en réalité, ils l'abandonnent, en apparence ils en conservent le souvenir et le nom.
Les "tribus, nations et peuples" signifient ceux qui sont réunis à l'ombre du Qur'an, et qui ne permettent pas que la cause et la religion de Dieu soient en apparence entièrement détruites et anéanties, car ils ont conservé la prière et le jeûne.
Mais les principes essentiels de la religion de Dieu qui sont la morale, la conduite, la connaissance des mystères spirituels ont disparu; les lumières des vertus de l'humanité, qui sont le résultat de l'amour et de la connaissance de Dieu, se sont éteintes; et l'obscurité de la tyrannie, de l'oppression, les passions et les désirs sataniques ont triomphé.
Et le corps de la loi de Dieu, comme un cadavre, a été exposé au public pendant douze cent soixante jours équivalant chacun à une année; et cette période est le cycle de Muhammad.
Ce que ces deux êtres avaient établi : les fondements de la loi de Dieu, le peuple l'a abandonné; les vertus de l'humanité, qui étaient le bienfait de Dieu et l'esprit de cette religion, ils les ont détruites, au point que la sincérité, la justice, l'amour, l'unité, la pureté, la sainteté, le détachement, toutes les qualités divines ont disparu.

De la religion, la prière et le jeûne subsistent; et cet état se prolongea pendant douze cent soixante ans, ce qui est la durée du cycle du Forqan. C'était comme si ces deux êtres étaient morts, et que leurs corps fussent demeurés sans esprit.
"Et les habitants de la terre se réjouiront à leur sujet, et s'abandonneront à la joie, et s'enverront des présents les uns aux autres, parce que ces deux prophètes auront tourmenté les habitants de la terre."
"Habitants de la terre" signifie les autres nations et races, comme les peuples d'Europe et de l'Extrême-Asie qui, lorsqu'ils virent que le caractère de l'islam était entièrement changé, et que la loi divine était abandonnée, que les vertus, le zèle et le bien avaient disparu, changèrent leurs sentiments, se montrèrent heureux et joyeux de ce que la corruption des moeurs eût pénétré les peuples de l'islam, et de ce que ces derniers allaient être soumis par les autres nations.
C'est ainsi que ce malheur se manifeste avec la plus grande évidence. Voyez : ce peuple qui était parvenu au sommet de la force, combien, aujourd'hui, il est devenu soumis et méprisable!
Les autres nations "se sont envoyé des présents les unes aux autres", c'est-à-dire se sont entraidées, car "ces deux prophètes ont tourmenté les habitants de la terre", c'est-à-dire ont vaincu les autres peuples et nations de la terre, et les ont soumis.
"Mais après ces trois jours et demi, l'esprit de vie de Dieu entra en eux, et ils se relevèrent sur leurs pieds, et une grande crainte saisit ceux qui les virent." Trois jours et demi, c'est-à-dire douze cent soixante ans, ainsi qu'il a déjà été expliqué.

Ces deux êtres dont les corps étaient demeurés sans esprit représentent les enseignements et la loi que Muhammad avait établis et qu'Ali avait promulgués, dont la vérité avait disparu, et dont la forme seule était restée.
Une seconde fois, l'esprit revint à ces corps, c'est-à-dire que ces fondements et ces enseignements furent à nouveau établis.
En d'autres termes, la spiritualité de la loi divine avait été changée en matérialité, les vertus en vices, l'amour de bien en haine, la lumière en obscurité, les sentiments rahmaniques en sentiments sataniques, la justice en tyrannie, la miséricorde en haine, la sincérité en hypocrisie, le salut en perdition, et la pureté en sensualité.
Puis, après trois jours et demi qui, d'après la terminologie des livres saints, signifient douze cent soixante années, ces enseignements divins, ces vertus et ces perfections rahmaniques, ces bontés spirituelles apparurent une seconde fois, renouvelés par la manifestation du Bab et le dévouement de Déjanté Quddús.
Les saintes brises soufflèrent, les lumières de vérité brillèrent, la saison du printemps fécondant arriva, l'aurore de salut resplendit, et ces deux corps sans âme naquirent à nouveau :ces deux grands personnages, l'un le fondateur, l'autre le promulgateur, se levèrent. C'étaient deux chandeliers, car ils illuminèrent le monde par la lumière de vérité.
"Ils entendirent une voix venant du ciel qui leur dit : "Montez ici; puis ils montèrent au ciel." C'est-à-dire qu'ils entendirent la proclamation de Dieu des cieux invisibles, disant : "Vous avez accompli ce qu'il faut et ce qu'il convient des enseignements et des bonnes nouvelles, vous avez transmis mon message à mes créatures, vous avez proclamé la parole de Dieu, et vous avez ait ce que vous deviez.
Maintenant, il faut, comme le Christ, sacrifier votre vie pour le Bien-Aimé et devenir des martyrs." Et ce Soleil de Vérité, cette Lune de Direction, tous deux, comme le Christ, se couchèrent à l'horizon du martyre suprême, et montèrent au ciel du royaume de Dieu.

"Et leurs ennemis tes virent." C'est-à-dire que, parmi leurs ennemis, après leur martyre, un grand nombre de gens s'aperçurent de la sublimité de leur rang et de la hauteur de leur vertu, et témoignèrent de leur grandeur et de leur perfection.
"Et à la même heure, il arriva un grand tremblement de terre, et un dixième de la ville fut anéanti; et sept mille hommes furent tués dans ce tremblement de terre." Ce tremblement de terre eut lieu à Shiraz après le martyre du Bab :la ville fut sens dessus dessous, et beaucoup d'individus périrent; une grande agitation, telle qu'on n'en avait jamais vu, apparut également, à la suite des maladies, de la peste, de la famine, du dénuement, de la faim et des épreuves.
"Et ceux qui restaient furent effrayés et glorifièrent le Dieu du ciel." Lorsque le tremblement de terre arriva dans le Fars, tous ceux qui restaient se lamentaient jour et nuit, suppliant et priant Dieu; ils étaient à ce point pusillanimes et troublés que, la nuit, ils n'avaient ni sommeil ni repos.
"Le second malheur est passé, et voici que le troisième malheur arrive rapidement." Le premier malheur est la manifestation du prophète Muhammad Ibn Abd'u'llah (sur lui le salut !) . Le second, c'est celle du Bab (sur lui la gloire et la louange !) . Le troisième malheur est le jour suprême de la manifestation du Seigneur des armées et de l'éclat de la beauté du Promis.
L'explication de ce sujet se trouve au chapitre XXX du Livre d'Ezéchiel dans lequel il dit : "La parole de Dieu me fut révélée. Il dit : ô fils de l'homme, prophétise et dis : c'est ainsi que parle Dieu Iahvé : Criez et dites : malheur à ce jour, car ce jour est proche, et le jour de Dieu est proche."

Il est donc évident que le jour du malheur est le jour de Dieu : car en ce jour, le malheur est pour les négligents, le malheur est pour les pécheurs, le malheur est pour les ignorants.
C'est pour cela qu'il dit : le second malheur est passé, voici que le troisième malheur approche rapidement. Ce troisième malheur est le jour de la manifestation de Bahá'u'lláh. C'est le jour de Dieu, proche du jour de la manifestation du Bab.
"Le septième ange sonna de la trompette et, tout à coup, de grandes voix se firent entendre au ciel, disant : le royaume du monde appartient à notre Dieu et à son Christ, et il régnera aux siècles des siècles."
Cet ange est un homme paré des qualités célestes, qui doit être envoyé avec des attributs et un caractère angéliques, et qui doit annoncer la proclamation, afin que l'apparition de la manifestation divine soit répandue et divulguée : c'est le jour de la manifestation du Seigneur des armées, et le temps du cycle divin de l'éducateur, promis et mentionnés dans tous les livres et écrits des prophètes.
En ce jour de Dieu, le royaume divin et spirituel sera établi, et le monde renouvelé; un nouvel esprit soufflera dans le corps de la création, la saison du divin printemps arrivera, les nuages de miséricorde verseront la pluie, le Soleil de Vérité brillera, les brises fécondantes souffleront, l'humanité revêtira une nouvelle parure, la surface de la terre deviendra un paradis sublime, les hommes seront instruits, la guerre, les disputes et querelles, l'iniquité disparaîtront, et la vérité, la droiture, la paix, la piété s'établiront; l'amour, l'amitié, l'affection envelopperont le monde, et Dieu régnera aux siècles des siècles, c'est-à-dire que le royaume spirituel, éternel, sera établi. Tel est le jour de Dieu.
Car tous les jours, qui sont venus et sont passés, étaient les jours d'Abraham, de Moïse, du Christ ou des autres prophètes. Mais ce jour est le jour de Dieu, car le Soleil de Vérité s'y lève avec toute sa chaleur et tout son éclat.

"Alors les vingt-quatre vieillards qui sont assis sur leurs trônes devant Dieu se prosternèrent sur leurs visages, et adorèrent Dieu en disant : "Nous te rendons grâce, Seigneur Dieu tout-puissant, absolu, qui es, qui étais, qui viendras, car tu as pris en main ta grande puissance, et tu es entré dans ton règne."
Dans chaque cycle, les élus et les saints ont été au nombre de douze. Au temps de Jacob, il y avait ses douze fils; au temps de Moïse, il y avait douze têtes ou chefs de tribu; au temps du Christ, les douze apôtres; au temps de Muhammad, les douze imams. Mais dans cette manifestation glorieuse, il y a vingt-quatre disciples, soit le double, car la grandeur de cette manifestation l'exige.
Ces saintes âmes règnent en présence de Dieu sur leurs propres trônes, c'est-à-dire règnent éternellement.
Ces vingt-quatre grands personnages, bien qu'ils soient établis sur le trône du pouvoir éternel, adorent pourtant l'apparition de la manifestation universelle, ils sont humbles et soumis, et disent : "Nous te remercions, ô Dieu tout-puissant et indépendant, qui as été, qui es et qui viendras, car, ayant saisi ton pouvoir suprême, tu t'es mis à régner."
C'est-à-dire : Tu répandras complètement tes enseignements, et tu réuniras sous ton ombre tout ce qui est sur terre, et tu amèneras tous les hommes à l'ombre d'une seule tente.
Et, bien que ce soit le royaume éternel de Dieu qui a toujours eu et a toujours un royaume, ici, royaume veut dire sa propre manifestation, qui répandra toutes les lois et les enseignements qui sont l'esprit de l'humanité et la vie éternelle.
Cette manifestation universelle, par son pouvoir spirituel, affranchira le monde, sans lutte; elle le conduira à la paix et au salut, autrement que par le sabre et la lance; elle établira ce royaume divin par le véritable amour, non par la force de la guerre; elle répandra ces enseignements divins par la bonté et l'ordre, non par la violence et par les armes, et elle donnera une telle éducation aux peuples et aux nations que, malgré la variété de leurs conditions, la différence de leurs coutumes et de leurs caractères, la division de leurs religions et de leurs races, ils seront comme le loup et l'agneau, le serpent et l'enfant à la mamelle, le tigre et le chevreau; ils deviendront des camarades, des confidents, des intimes.

D'une façon absolue, les haines de races, les différences de religions, les barrières entre les nations seront détruites, et tous trouveront, à l'ombre de l'arbre sacré, l'intimité et la réconciliation complètes.
"Les nations s'étaient irritées", car tes enseignements étaient contraires aux passions des autres peuples. "Mais ta colère apparut"; c'est-à-dire que tous furent affligés par un dommage évident et que, pour ne pas avoir obéi à tes préceptes, tes conseils et tes engagements, ils furent privés de ta grâce éternelle et séparés par un voile des lumières du Soleil de Vérité.
"Ainsi que le temps que tu dois juger les morts." Autrement dit, le temps est venu où les morts, c'est-à-dire ceux qui sont privés de l'esprit de l'amour de Dieu, et qui n'ont pas de part à la sainte vie éternelle, seront jugés Avec justice, c'est-à-dire recevront ce qu'ils méritent et ce qu'ils sont capables d'obtenir.
Et Il établira la réalité de ces secrets; Il fera connaître à quel degré de bassesse ils sont arrivés dans le monde de l'existence pour que, en vérité, ils soient jugés morts.
"Et donner la récompense à tes serviteurs les prophètes, et aux saints, et à ceux qui craignent ton nom, petits ou grands." C'est-à-dire : Tu distingueras les pieux par des biens infinis; tu les feras briller comme les étoiles du ciel à l'horizon de la gloire éternelle; tu les aideras en leur donnant les coutumes et la conduite qui sont l'éclat de l'humanité, la cause du salut, et la raison de la vie éternelle au royaume divin.

"Et détruire ceux qui ont corrompu la terre." C'est-à-dire : Tu châtieras énergiquement les négligents, car la cécité des aveugles deviendra manifeste et la lucidité des voyants évidente, l'ignorance et la bêtise des égarés seront reconnues, et le savoir et la science de ceux qui sont dans la bonne voie deviendront clairs; par conséquent les corrupteurs seront anéantis.
"Et le temple de Dieu s'ouvrit dans le ciel." C'est-à-dire que la Jérusalem divine fut trouvée, et le Saint des saints devint visible.
Le Saint des saints, selon la terminologie des sages, est l'essence de la loi divine et des véritables enseignements du Seigneur, qui n'ont été changés dans aucun des cycles prophétiques, ainsi qu'il a déjà été expliqué.
Le sanctuaire de Jérusalem, c'est la réalité de la loi divine, qui est le Saint des saints; tandis que l'ensemble des lois, des conventions, des rites et des règles matérielles, c'est la ville de Jérusalem. C'est pour cela qu'on parle de la Jérusalem céleste.
Bref comme dans ce cycle, le Soleil de Vérité fera briller du plus grand éclat les lumières divines, l'essence des enseignements divins se répandra dans le monde contingent, et les ténèbres de l'ignorance et de la bêtise seront détruites.
Le monde sera un autre monde, et la lumière resplendira. Aussi le Saint des saints sera visible.
"Et le temple de Dieu s'ouvrit dans le ciel." C'est-à-dire que la divulgation des enseignements divins, l'apparition de ces secrets célestes, l'éclat du Soleil de Vérité ouvrirent de tous les côtés les portes de la prospérité et du succès, et les signes des bontés et des bénédictions célestes devinrent apparents.
"Et l'arche de son alliance fut vue dans son temple." C'est-à-dire que le livre de son alliance apparut dans sa Jérusalem, et l'épître du covenant fut rédigée. Alors la signification de l'alliance et du pacte deviendra évidente.

La renommée de Dieu envahira l'Orient et l'Occident, et la proclamation de la cause de Dieu dominera le monde.
Les infidèles seront dispersés et humiliés, et les fidèles fortifiés et glorifiés, car ils sont attachés au livre de l'alliance, et fermes et solides dans le covenant.
"Et il se fit des éclairs et des voix, et des tonnerres, et un tremblement de terre, et une grosse grêle." C'est-à-dire qu'après l'apparition du livre de l'alliance il y aura un grand orage et l'éclair de la colère et de la fureur divines brillera; le bruit du tonnerre de la violation du covenant grondera; le tremblement de terre des doutes surviendra; la grêle des tourments grondera sur les infidèles au covenant; et les troubles et les épreuves s'abattront sur les fidèles!

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Chapitre: I.12. Commentaire du chapitre XI d' Esaïe

Au chapitre XI d'Esaïe, verset 1, il est dit : "Et il sortira un rameau du tronc de Jessé, et une branche croîtra de ses racines, et l'esprit de Dieu reposera sur lui, l'esprit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de conseil et de force, l'esprit de la connaissance et de la crainte de Dieu, et il ne jugera point par ce qui frappe les yeux; et il ne condamnera pas sur un ouï-dire; mais il jugera avec droiture; il frappera la terre de la verge de sa parole, et il tuera le méchant par le souffle de ses lèvres. Et la justice sera la ceinture de ses reins, et la fidélité la ceinture de ses flancs.
Le loup habitera avec l'agneau, et le léopard dormira avec le chevreau; le veau, le lion et le bétail qu'on engraisse, ensemble, seront conduits par un petit enfant.
La vache paîtra avec l'ours, et leurs petits dormiront ensemble. Le lion mangera du fourrage comme le boeuf; l'enfant qui tète s'ébattra sur le trou de l'aspic, et l'enfant qu'on sèvre posera sa main sur le trou du basilic.
Sur toute ma montagne sainte on ne fera ni mal ni dommage, car la terre sera remplie de la connaissance de Dieu, comme les eaux qui recouvrent la mer."
Ce rameau du tronc de Jessé semble s'appliquer correctement au Christ, car Joseph était de la descendance de Jessé, père de David, Mais comme le Christ était né par l'Esprit de Dieu, il s'appela lui-même fils de Dieu. S'il n'avait pas agi ainsi, ce passage pourrait s'appliquer à lui.
De plus, les événements qu'il indique comme devant se passer dans le temps de ce rameau, au cas où on les interprète symboliquement, se sont accomplis en partie, mais non tous; et si on ne les interprète pas, aucun de ces signes n'est décidément arrivé au temps du Christ.

Par exemple, le léopard et l'agneau, le lion et le veau, l'aspic et l'enfant qui tète, sont des métaphores et des symboles qui représentent les nations et les peuples opposés, les sectes adverses et les races hostiles qui, pour l'inimitié et l'antagonisme, sont comme le loup et l'agneau; et nous disons que, par le souffle de l'esprit du Christ, ils trouvèrent l'esprit de concorde et d'union, ils furent vivifiés et formèrent des associations.
Mais "sur toute ma montagne sainte on ne fera ni mal ni dommage, car la terre sera remplie de la connaissance de Dieu, comme les eaux qui recouvrent la mer". Ces circonstances ne se produisirent pas avec l'apparition du Christ, car jusqu'à présent il y a sur la terre des nations opposées et adverses, et bien peu reconnaissent le Dieu d'Israël : la plupart d'entre elles sont tout à fait privées de la connaissance de Dieu.
De même la paix universelle n'eut pas lieu dans la manifestation du Christ; c'est-à-dire qu'au milieu des nations antagonistes et hostiles il n'y eut ni paix ni concorde; les litiges et les disputes ne cessèrent pas, la réconciliation et la sincérité n'apparurent pas. C'est qu'aujourd'hui même, parmi les sectes et les races chrétiennes, l'inimitié, la haine et l'hostilité les plus violentes se rencontrent.
Ces versets, au contraire, s'appliquent complètement à Bahá'u'lláh, et mot pour mot.
Ainsi, dans ce cycle merveilleux, la terre sera transformée, et l'humanité paraîtra dans le calme et l'éclat les plus grands. Les litiges, les disputes, les meurtres seront remplacés par la paix, la sincérité, la réconciliation; parmi les tribus, les peuples, les races et les nations, l'amour et l'amitié vont apparaître; la coopération et la concorde seront établies, et enfin la guerre sera entièrement supprimée.
Lorsque les commandements du Livre Très-Saint seront en vigueur, les litiges et les querelles trouveront une sentence de justice absolue devant un tribunal général des nations et des peuples, et les difficultés nouvelles seront solutionnées.

Les cinq parties du monde n'en formeront plus qu'une, et les différentes nations en deviendront une seule : la surface de la terre deviendra une patrie unique, l'humanité une seule tribu.
Les relations entre les contrées, le mélange, l'union, l'affection des peuples et des tribus, arriveront à un tel degré que toute l'humanité sera comme une seule famille, et une seule progéniture.
La lumière de l'amour céleste brillera, les ténèbres de la haine et de l'inimitié disparaîtront du monde contingent.
La paix universelle plantera sa tente au centre du monde, et le saint arbre de vie poussera et croîtra, à tel point qu'il étendra son ombre sur l'Orient et l'Occident.
Les forts et les faibles, les riches et les pauvres, les tribus adverses et les nations hostiles qui sont comme le loup et l'agneau, comme le léopard et le chevreau, comme le lion et le veau, agiront les uns envers les autres avec l'amour, l'union, la justice, l'équité les plus complets.
Le monde sera rempli par la science, le savoir, par la compréhension des mystères des créatures et par la connaissance de Dieu.
Remarquez aujourd'hui dans ce siècle sublime, qui est le cycle de Bahá'u'lláh, combien les sciences et les connaissances ont fait de progrès, combien de mystères des créatures ont été découverts, combien d'inventions sublimes ont vu le jour; et leur nombre augmente tout le temps!
Bientôt la science et les connaissances de la matière, comme la science de l'esprit, feront de tels progrès et de tels miracles que ceux qui les verront en seront stupéfaits. Alors, la signification du verset d' Esaïe : "la terre sera remplie de la connaissance de Dieu" deviendra complètement évidente.
De même, considérez que, dans le peu de temps qui s'est écoulé depuis la manifestation de Bahá'u'lláh, il est venu à l'ombre de cette cause des gens de toutes les nations, de toutes les races et de toutes les tribus : chrétiens, juifs, zoroastriens, hindous, bouddhistes, persans, tous, avec l'amitié et l'amour les plus grands, s'associent les uns avec les autres.

On dirait que ces gens se fréquentent, eux et les leurs, depuis mille ans; car ils sont comme père et fils, mère et fille, soeur et frère. Telle est l'une des significations de l'amitié du loup et de l'agneau, du léopard et du chevreau, du lion et du veau.
Un des grands événements qui doit arriver au Jour de la Manifestation de cette Branche incomparable (Bahá'u'lláh)est le déploiement de l'Etendard de Dieu parmi toutes les nations.
C'est-à-dire que toutes les nations et tribus seront rassemblées à l'ombre de cette divine Bannière qui n'est autre que la Branche seigneuriale elle-même, et elles deviendront une seule nation.
L'antagonisme religieux et sectaire, l'hostilité des races et des peuples, les différends entre les nations seront éliminés.
Tous les hommes adhéreront à une seule religion, ils auront une Foi commune, seront mêlés en une seule race et ne feront plus qu'un seul peuple.
Tous habiteront une seule patrie, la planète elle-même.
La paix et la concorde universelle entre toutes les nations se réaliseront, et ce rameau incomparable rassemblera tout Israël : c'est-à-dire qu'en ce temps Israël sera rassemblé en Terre sainte, et les juifs, disséminés à l'est et à l'ouest, au sud et au nord, se réuniront.
Maintenant, voyez que ces événements n'ont pas eu lieu au temps du Christ, car les peuples ne s'étaient pas rangés sous le drapeau unique de ce rameau divin; tandis que, dans ce cycle du Seigneur des armées, toutes les races et tous les peuples entrent à l'ombre de ce drapeau.
De même Israël, disséminé sur toute la terre, ne s'était pas rassemblé en Terre sainte au temps du Christ. Mais au début du cycle de Bahá'u'lláh, cette promesse divine qui est inscrite dans tous les livres prophétiques a commencé à se réaliser.
Remarquez que, de tous les coins du monde, des tribus de juifs arrivent en Terre sainte; ayant occupé des villes et villages, ils les habitent, et ils se développent de jour en jour; à tel point que la Palestine tout entière est en train de devenir leur demeure.

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Chapitre: I.13. Commentaire du chapitre XII des révélations de saint Jean

Nous avons déjà expliqué que ce qu'il faut entendre le plus souvent dans les Ecritures sacrées, par la Ville sainte et la Jérusalem divine, c'est la loi de Dieu. On en parle soit comme d'une épouse, soit comme de Jérusalem, soit comme d'un ciel nouveau et d'une terre nouvelle.
Ainsi au chapitre XXI des révélations de saint Jean, il est dit : "Je vis ensuite un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre étaient passés et la mer n'était plus. Et moi Jean, je vis la sainte cité, la nouvelle Jérusalem qui descendait du ciel, d'auprès de Dieu, ornée comme une épouse qui s'est parée pour son époux. Et j'entendis une grande voix venant du ciel qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes; et Il habitera avec eux; ils seront son peuple et Dieu sera lui-même leur Dieu, avec eux."
Remarquez combien il est clair et évident que le premier ciel et la première terre signifient la venue de la loi antérieure, puisqu'il dit que le premier ciel et la première terre étaient passés et que la mer n'était plus.
C'est-à-dire que la terre est le lieu du jugement, et sur cette terre du jugement, il n'y avait pas de mer; c'est-à-dire que les enseignements et la loi de Dieu étaient entièrement répandus, tous les hommes obéissaient à Dieu, et la terre était complètement habitée par des croyants.
Donc, il n'y avait plus de mer, puisque la terre ferme est le lieu de séjour et la demeure de l'homme. Autrement dit, à cette époque, le champ de cette loi sera le lieu où l'homme prendra ses ébats, Et cette terre est solide, le pied n'y glisse pas.

Et de même, on parle de la loi de Dieu comme de la sainte Ville, la nouvelle Jérusalem.
Il est clair que la nouvelle Jérusalem qui doit descendre du ciel n'est pas une ville de pierres, de mortier, de briques, de terre et de bois. C'est la loi de Dieu qui descend du ciel; et on l'appelle nouvelle, car il est clair que la Jérusalem en pierres et en terre ne descend pas du ciel, et qu'elle n'est pas renouvelée.
On a aussi comparé la loi de Dieu à une superbe épouse qui apparaît revêtue des plus beaux ornements ainsi qu'il a été dit au chapitre XXI des révélations de saint Jean : "Et je vis la sainte cité, la nouvelle Jérusalem, qui descendait du ciel d'auprès de Dieu, ornée comme une épouse qui s'est parée pour son époux."
Et l'on sait qu'au chapitre XII il est dit : "Il parut aussi un grand signe dans le ciel, une femme revêtue du soleil, avec la lune sous ses pieds et sur sa tête une couronne de douze étoiles." Cette femme est cette épouse, la loi de Dieu, qui descendit du ciel sur Muhammad.
Le soleil qu'elle avait sur elle et la lune qui était sous ses pieds sont les deux nations qui sont à l'ombre de cette loi, la Perse et l'Empire ottoman, car l'emblème de la Perse est le soleil, et celui de l'Empire ottoman la lune. Ainsi le soleil et la lune sont les emblèmes des deux royaumes qui sont à l'ombre de la loi de Dieu.
Puis il est dit que sur sa tête est une couronne de douze étoiles. Ces douze étoiles sont les douze imams qui répandirent la loi divine de Muhammad, éduquèrent le peuple, et brillèrent comme des étoiles au ciel de la direction.
Ensuite il est dit : "Et elle était enceinte, et elle criait, étant en travail et souffrant les douleurs de l'enfantement." C'est-à-dire que cette religion tomba dans les plus grandes difficultés et traversa des épreuves et des tourments, jusqu'à ce qu'elle produisît un rejeton parfait, soit la manifestation suivante, celle du Promis, qui est le rejeton parfait, et qui fut élevé dans les bras de cette religion qui lui tenait lieu de mère.

Le rejeton dont il s'agit ici est le Bab, le Premier Point qui, en vérité, est né de la loi de Muhammad. En d'autres termes la réalité sacrée, enfant et résultat de la loi de Dieu, sa mère, et qui est promis par cette loi, s'est réalisée dans le royaume de cette loi; mais à cause de la cruauté du dragon, elle fut emportée auprès de Dieu.
Après douze cent soixante ans, le dragon fut détruit, et l'enfant de la loi de Dieu, le Promis, se manifesta.
"Il parut aussi un autre signe dans le ciel : c'était un grand dragon roux qui avait sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes. Et la queue entraînait le tiers des étoiles du ciel, et elle les jeta sur la terre."
Ces signes font allusion aux Omeyyades qui dominèrent la religion mahométane : sept têtes et sept diadèmes signifient sept régions et sept empires sur lesquels régnèrent les Omeyyades : l'Empire romain autour de Damas, l'empire de Perse, l'empire d'Arabie, l'empire d'Egypte, l'empire d'Afrique (c'est-à-dire Tunis, l'Algérie et le Maroc), l'empire d'Andalousie (aujourd'hui l'Espagne', et l'empire des Turcs de Transoxanie; sur tous ces pays régnaient les Omeyyades.
Les dix cornes signifient les noms des souverains omeyyades qui, si on ne les répète pas, furent dix rois, dix noms de commandants et de chefs.
Le premier est Abou-Sofian et le dernier Merwan : plusieurs d'entre eux portèrent le même nom; ainsi il y eut deux Mo'awièh, trois Yezid, deux Walid et deux Merwan. Si l'on compte les noms sans les répéter, il y en a dix.
Les Omeyyades dont le premier faut Abou-Sofian, émir de La Mecque et chef de la dynastie, et le dernier Merwan, détruisirent le tiers du peuple saint et sacré de la pure lignée de Muhammad, brillante comme les étoiles des cieux.
"Puis le dragon s'arrêta devant la femme qui allait accoucher, afin de dévorer son enfant quand elle l'aurait mis au monde." Cette femme c'est la loi de Dieu, ainsi que nous l'avons vu. "S'arrêta devant elle", c'est-à-dire que le dragon se tint devant la femme qui allait accoucher pour dévorer son enfant, et cet enfant, c'était la manifestation promise, le rejeton de la loi de Muhammad.

Les Omeyyades ont constamment cherché à s'emparer de ce Promis qui devait venir de la lignée de Muhammad et qu'on attendait pour le détruire; car ils avaient la plus grande peur de l'apparition de la manifestation promise; et chaque fois qu'ils rencontraient un descendant de Muhammad qui jouissait d'une grande considération, ils le tuaient.
"Or, elle mit au monde un fils qui devait gouverner toutes les nations avec un sceptre de fer." Ce fils glorieux, c'est la manifestation promise, née de la loi de Dieu et élevée dans les bras des enseignements divins.
Le sceptre de fer est un symbole de puissance et de force; ce n'est pas une épée. C'est-à-dire qu'avec la puissance et la force divines il sera le pasteur de toutes les nations de la terre. Ce fils, c'est le Bab.
"Et son enfant faut enlevé vers Dieu et vers son trône."C'est une prophétie relative au Bab, qui monta au divin royaume, au trône de Dieu, au centre de l'empire de Dieu. Voyez combien tout cela est conforme à la réalité!
"Et la femme s'enfuit dans le désert." C'est-à-dire la loi de Dieu s'enfuit au désert, soit le vaste désert du Hijaz et de la péninsule arabique.
"Où Dieu lui avait préparé un lieu." La péninsule arabique devint la contrée, la demeure, le centre de la loi de Dieu.
"Pour qu'elle y fût nourrie pendant douze cent soixante jours." Et ces douze cent soixante jours, selon le comput des livres saints, sont chacun une année, comme nous l'avons vu; la loi de Dieu grandit pendant douze cent soixante ans dans l'Arabie, le grand désert, et la manifestation promise en naquit. Après douze cent soixante ans, cette loi n'aura plus aucune influence, car le fruit de cet arbre sera venu, et le résultat sera là.
Considérez combien les prophéties concordent entre elles !Dans l'Apocalypse, on fixe la venue du Promis à quarante deux mois; et Daniel, le prophète, dit trois temps et demi, ce qui fait quarante-deux mois, lesquels font douze cent soixante jours. Dans un autre passage de l'Apocalypse, on parle clairement de douze cent soixante jours, et dans les livres saints, il est dit que chaque jour est une année. Il n'y a rien de plus clair que cette concordance des prophéties entre elles.

Le Bab apparut en l'an 1260 de l'hégire de Muhammad, qui est le début du calendrier général de l'islam. Dans les Ecritures saintes, aucune manifestation n'est prophétisée plus clairement. Pour qui est juste, la concordance des dates indiquées par des bouches aussi autorisées est la plus grande des preuves. Il n'y a pas d'autre explication possible.
Heureuses les âmes équitables qui recherchent la vérité! Mais s'il n'y a pas de justice, on est agressif on se dispute, on nie l'évidence, comme les pharisiens pour la manifestation du Christ : avec le plus grand entêtement, ils niaient les explications et les enseignements du Christ et des apôtres; et, pour la foule ignorante, ils rendaient les commandements obscurs.
Ils disaient : "Ces prophéties n'ont pas trait à Jésus; elles sont pour le Promis qui, selon les conditions de la Bible, doit venir plus tard; parmi ces conditions, on trouve qu'il doit être roi, s'asseoir sur le trône de David, répandre la loi de la Bible, et faire régner une telle justice que le loup et l'agneau se réuniront à la même fontaine." Et ainsi ils empêchèrent les hommes de reconnaître le Christ !

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Chapitre: I.14. Preuves spirituelles

Dans ce monde matériel, pour le temps, il y a les cycles, pour les contrées, il y a le retour des saisons, pour les âmes, il y a le progrès, l'évolution et l'éducation.
Parfois c'est le printemps, et parfois c'est l'automne : un moment, c'est le temps de l'été, et un autre, la saison de l'hiver.
Au printemps, les nuages envoient les pluies précieuses et les brises vivifiantes au parfum de musc; l'air est absolument tempéré, la pluie tombe, le soleil brille, les vents fécondants poussent les nuages, le monde est renouvelé, et le souffle de vie se manifeste chez les plantes, les animaux et les hommes.
Les créatures terrestres passent d'un état à un autre, toutes les choses revêtent une parure neuve, et la terre noire se couvre d'herbages; les montagnes et les plaines mettent leur robe de verdure, les arbres montrent leurs feuilles et leurs fleurs, et dans les roseraies poussent les roses et les herbes odorantes.
Le monde devient un autre monde, et l'univers suit le vivifiant progrès spirituel. La terre était un corps sans âme : elle trouve un esprit nouveau et acquiert à l'infini la beauté, le charme et la fraîcheur. Ainsi, le printemps est une cause de vie nouvelle et donne un esprit nouveau.
Puis vient l'été, et la chaleur augmente; la force de croissance atteint son apogée, La puissance vitale, dans le royaume végétal, atteint le degré de perfection, les fruits arrivent; c'est le temps de la moisson. La graine est devenue l'épi, et la nourriture est mise de côté pour l'hiver.
Après cela vient l'automne troublé, où soufflent les vents desséchants et passent les brises stérilisantes; c'est la saison des maladies, où toutes les choses se fanent et où l'air embaumé se corrompt : les brises printanières sont changées en vents d'orages, les arbres verts et fleuris se flétrissent et se dénudent, les fleurs et les herbes odorantes se dessèchent, et les jardins délicats deviennent des monceaux de poussière.

Enfin vient l'hiver, avec le froid et les orages; il neige, il vente, il pleut, il tonne, il gèle, toutes les plantes meurent, et les animaux languissent et dépérissent.
Lorsqu'on est arrivé à ce point, alors un nouveau printemps vivifiant revient une seconde fois, et un cycle nouveau se forme.
La saison nouvelle, avec sa pompe et sa magnificence, avec ses armées de fraîcheur et de douceur, plante sa tente sur les monts et les plaines.
Une seconde fois, le temple des existences est renouvelé, la création des êtres est recommencée, les corps poussent et croissent, la plaine et le désert deviennent de vertes prairies, les arbres fleurissent, et le printemps de l'an dernier revient avec la majesté et la beauté les plus grandes.
Tels sont, tels doivent être le cycle et la suite de la vie des créatures; tels sont le cycle et l'évolution du monde matériel.
Il en est de même des cycles spirituels des prophètes. C'est-à-dire que le jour de l'apparition des manifestations sacrées, c'est le printemps spirituel, c'est la splendeur divine, la bonté céleste, le souffle de vie, l'éclat du Soleil de Vérité.
Les esprits sont vivifiés, les coeurs sont rafraîchis et renouvelés, les âmes deviennent bonnes, la vie se met en mouvement, la réalité des hommes reçoit la bonne nouvelle et se met à progresser dans les degrés et les perfections.
C'est le temps du progrès général et du renouveau, car c'est le jour de la résurrection, le temps de l'exaltation et de l'effervescence, la saison de la félicité, de la joie et de l'extase.
Ensuite le printemps vivifiant aboutît à l'été plein de fruits : la parole de Dieu est exaltée, la loi est promulguée, toutes les choses parviennent au degré de perfection, la table divine est dressée, les brises saintes embaument l'Orient et l'Occident, les enseignements divins conquièrent le monde, les âmes deviennent éduquées, de louables résultats sont obtenus et l'humanité est en progrès général.

Les bienfaits célestes enveloppent le monde, et le Soleil de Vérité resplendit à l'horizon du royaume, avec la force et la chaleur les plus grandes.
Puis, lorsqu'il arrive au méridien, il se met à décliner et à descendre, et après l'été spirituel vient l'automne. La croissance et le développement s'arrêtent, les brises se changent en vents stérilisants, et la saison rigoureuse détruit la beauté et le charme des jardins, des plaines et des roseraies.
C'est-à-dire qu'il ne reste plus d'attraction ni de bonne volonté; les caractères divins sont changés, la lumière des coeurs est troublée, la spiritualité des âmes est modifiée, les vertus tournent en vices, la sainteté et la pureté disparaissent.
Seul, le nom de la loi de Dieu demeure, avec la forme extérieure des enseignements divins; les fondements de la religion de Dieu sont détruits et anéantis, des habitudes et des rites prennent naissance.
Les divisions apparaissent, la fermeté se change en instabilité, les esprits meurent, les coeurs se fanent, les âmes languissent, l'hiver arrive.
C'est-à-dire que le froid de l'ignorance enveloppe le monde et que les ténèbres des erreurs humaines prédominent.
Alors viennent l'indifférence, la désobéissance, l'inconsidération, l'indolence, la bassesse, les instincts bestiaux, la froideur et l'insensibilité des pierres. C'est comme l'hiver, où le globe terrestre, privé de l'influence de la chaleur solaire, devient désolé et desséché.
Lorsque le monde de l'intelligence et de la pensée est arrivé à cet état, c' est la mort continuelle et l'anéantissement éternel.
Mais lorsque l'hiver a accompli son oeuvre, une seconde fois arrive le printemps spirituel, et un nouveau cycle apparaît : les brises spirituelles soufflent, l'aurore lumineuse se lève, la rosée divine tombe, les rayons du Soleil de Vérité brillent, le monde des contingences trouve une vie nouvelle et revêt une parure merveilleuse.
Tous les signes et tous les bienfaits du printemps passé réapparaissent une seconde fois, et peut-être en plus grand nombre, dans ce printemps nouveau !

Les cycles spirituels du Soleil de Vérité sont donc comme ceux du système solaire : ils sont continuellement en train d'évoluer et de se renouveler.
Le Soleil de Vérité est comme l'astre des cieux, lequel a des orients et des levers nombreux; un jour il se lève au signe du Cancer, une autre fois à celui de la Balance, une fois c'est au zodiaque du Verseau qu'il brille, un autre jour c'est du signe du Bélier qu'il diffuse ses rayons.
Mais le soleil est un soleil unique et une seule réalité; les gens qui savent aiment le soleil, et ne sont pas fascinés par ses levers et ses orients.
Les gens de perception sont à la recherche de la vérité et non de ses lieux d'apparition et de ses sources; aussi ils se prosternent devant le soleil, de quelque point du zodiaque et de quelque orient qu'il se lève; ils recherchent la vérité auprès de tout être saint qui la manifeste.
Ces gens-là parviennent toujours à la vérité, et ils ne sont jamais séparés par un voile du Soleil du monde divin.
Ainsi, l'amoureux du soleil et le chercheur des lumières seront toujours tournés vers le soleil, soit qu'il donne ses bienfaits du zodiaque du Bélier, soit qu'il illumine au Cancer, soit qu'il brille aux Gémeaux; tandis que les ignorants sans instruction sont amoureux des signes du zodiaque; ils sont fascinés et séduits par les orients, et non par le soleil.
Lorsqu'il était au signe du Cancer, ils étaient tournés vers lui; mais ensuite le soleil s'est transporté à la Balance.
Comme ils étaient amoureux du signe du zodiaque, ils étaient tournés vers ce signe et s'attachaient à lui, et ainsi ils perdirent le soleil, dès qu'il changea de place.
Par exemple, une fois, le Soleil de Vérité lança ses rayons du zodiaque d'Abraham; puis il se leva au signe de Moïse et embrasa l'horizon; après cela il se leva au signe du Christ avec la puissance, la chaleur et l'éclat les plus grands.
Ceux qui recherchaient la vérité la virent dans chacun de ces endroits et l'adorèrent; mais ceux qui étaient attachés à Abraham, le jour où elle brilla sur le Sinaï et illumina la réalité de Moïse, ceux-là devinrent aveugles.

Ceux qui étaient attachés à Moïse devinrent également aveugles le jour où le Soleil de Vérité brilla divinement du point du Christ, avec l'éclat le plus grand. Et ainsi de suite.
L'homme doit donc rechercher la vérité; il la trouvera dans chacune des essences sacrées.
Qu'il soit séduit, fasciné et attiré par la bonté de Dieu; qu'il soit comme le papillon amoureux de la lumière, dans quelque verre qu'elle brille; qu'il soit comme le rossignol séduit par la rose, quel que soit le jardin où elle pousse.
Même si le soleil se levait à l'Occident, ce serait le soleil : il ne faut pas être aveuglé par l'endroit où il se lève ni regarder toujours l'Occident comme le lieu de coucher du soleil.
Ainsi il faut considérer les bienfaits divins et rechercher les orients de Dieu, et il faut être séduit et fasciné par chaque réalité dans laquelle ils apparaissent clairement et manifestement.
Remarquez que si les juifs n'avaient pas été attachés à l'horizon de Moïse et n'avaient regardé que le Soleil de Vérité, sans aucun doute ils auraient reconnu ce soleil dans le lever de la réalité du Christ avec la plus grande splendeur divine.
Hélas, mille fois hélas! s'attachant aux paroles de Moïse, ils sont demeurés privés de cette faveur divine et de cette splendeur céleste!

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Chapitre: I.15. Où se trouve la véritable valeur de l'existence

La gloire et la valeur de chaque créature existante sont liées à une cause, et dépendent de certaines circonstances.
La beauté, la parure et la perfection de la terre résident en ce qu'elle est verdie et fertilisée par la bonté des pluies printanières : alors les plantes croissent, les fleurs et les herbes odorantes poussent, les arbres fruitiers se couvrent de fruits et donnent de fraîches et nouvelles primeurs, les jardins se parent de fleurs, et les prairies s'embellissent de leurs ornements; les plaines et les montagnes revêtent leur robe de verdure; les jardins, les champs, les villages et les villes deviennent ravissants. Telle est la félicité du monde minéral.
Le summum de la gloire et de la perfection du monde végétal consiste, pour un arbre, à pousser sur les rives d'un fleuve à l'eau fraîche, à ce qu'une douce brise souffle sur lui, que la chaleur du soleil l'illumine, qu'un jardinier s'occupe à le cultiver, que de jour en jour il croisse, se développe et donne des fruits.
Quant à sa félicité réelle, elle consiste en ceci qu'il évolue jusqu'au monde animal et au monde humain, et qu'il remplace ce qui a été détruit dans le corps de l'animal et de l'homme.
La valeur du monde animal consiste à avoir des membres, des organes et des facultés en parfait état qui pourvoient à ses besoins. Tel est le summum de sa gloire, de son honneur et de sa valeur.
Egalement le summum de la félicité pour un animal, c'est d'avoir une prairie verdoyante, un pré, de l'eau qui coule extrêmement pure, et une forêt de la dernière fraîcheur. S'il a tout cela, on ne peut imaginer pour l'animal une félicité plus grande.

Ainsi un oiseau construira son nid dans une forêt verte et plaisante, dans un lieu élevé plein de douceur, sur un arbre robuste, et sur le haut d'une branche élevée; trouver tout ce qu'il désire en fait de graines et d'eau, pour un oiseau, c'est la félicité absolue.
Mais la véritable félicité consiste à passer du monde animal au monde humain, comme les infiniment petits qui, par l'intermédiaire de l'air et de l'eau, pénètrent dans l'intérieur de l'homme, et sont assimilés et remplacent ce qui a été détruit dans le corps de l'homme. C'est la plus grande gloire et la plus grande félicité : on ne peut en imaginer de plus grande pour l'animal.
Il est donc clair et évident que cette fortune, ce confort, cette richesse matérielle, sont la félicité complète du minéral, du végétal, de l'animal.
Et il n'y a pas dans le monde matériel de richesse ou de fortune, de confort ou d'aise comparables à la richesse de cet oiseau; parce que ces plaines et ces étendues sont la place de son nid, que toutes les graines des champs sont sa nourriture et son bien, et que toutes les terres, les villages, les prairies, les prés, les forêts et les plaines sont sa propriété.
Voyons qui est le plus riche : cet oiseau, ou l'homme le plus riche ? car malgré toutes les graines qu'il consomme, sa richesse matérielle ne diminue pas.
Il est donc certain que la gloire et la valeur de l'homme ne sont pas limitées aux richesses matérielles et à la fortune de ce monde. Au contraire, la félicité matérielle est seulement la branche; mais la racine de la grandeur humaine se trouve dans les bonnes moeurs et les vertus qui sont l'ornement de la réalité de l'homme.
Ce sont ces manifestations divines , ces bienfaits célestes, ces sentiments sublimes, cet amour et cette connaissance de Dieu, cette science universelle, cette compréhension intellectuelle, ces découvertes scientifiques, la justice, l'équité, la fidélité, la bonté, le courage naturel et la virilité innée;
le respect des droits et la fidélité aux pactes et aux traités, la droiture dans toutes choses, l'amour de la vérité dans toutes les conditions, le dévouement pour le bien général, la bienveillance et l'estime pour toutes les races humaines, l'obéissance aux enseignements divins, les services dans le royaume de Dieu, la direction des créatures, et l'éducation des peuples et des nations.

Voilà la félicité du monde humain! Voilà l'élévation de l'homme dans le monde contingent! Voilà la vie éternelle et la gloire céleste!
Et, sans le pouvoir de Dieu et les enseignements célestes, ces bienfaits n'apparaissent pas chez l'homme. Car une puissance supra naturelle est nécessaire.
Il se peut qu'il existe dans le monde de la nature des signes de ces perfections, mais ils sont instables et éphémères; ils sont comme les rayons du soleil sur un mur.
Telle est la couronne merveilleuse que Dieu, le Compatissant, a placée sur la tête de l'homme : nous devons nous efforcer de faire briller sur le monde entier ses joyaux étincelants!

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Chapitre: II.16. Les choses intellectuelles ne tombant pas sous les sens il faut les exprimer sous des formes sensibles

Ceci est un sujet très important pour la compréhension d'autres questions que nous avons déjà mentionnées, ou que nous mentionnerons dans la suite, afin que vous parveniez à l'essence même de la question, à savoir que les connaissances humaines sont de deux sortes.
Premièrement les connaissances qui sont acquises par les sens, c'est-à-dire les choses que l'oeil, l'oreille, l'odorat, le goût ou le toucher perçoivent, et qu'on nomme sensibles.
Ainsi ce soleil est une chose sensible, car on le voit; de même les bruits sont des choses sensibles, car l'oreille les entend; les parfums sont des choses sensibles, car on peut les respirer, l'odorat les sent; les aliments sont des choses sensibles, parce que le goût en perçoit la douceur, l'amertume, le piquant; la chaleur et le froid sont des choses sensibles, car le toucher les perçoit. Telles sont les réalités sensibles.
L'autre sorte de connaissances humaines est dite intellectuelle, c'est-à-dire que leur réalité est intellectuelle; ces choses n'ont pas de forme extérieure, elles ne tiennent pas de place, elles ne tombent pas sous les sens.
Par exemple, le pouvoir de l'intelligence n'est pas une chose sensible, aucune des qualités humaines n'est une chose sensible; au contraire, ce sont toutes des réalités intellectuelles.
Ainsi l'amour est une réalité intellectuelle, et non sensible. Car cette réalité, l'oreille ne l'entend pas, l'oeil ne la voit pas, l'odorat ne la sent pas, le goût ne la sent pas, le toucher ne la perçoit pas.

Même la matière éthérée, dont on appelle, en physique, les farces :chaleur, lumière, électricité, magnétisme, est une réalité intellectuelle, non sensible. De même aussi la nature, dans son essence, est une réalité intellectuelle, non sensible; l'esprit de l'homme est une réalité intellectuelle, non sensible.
Si vous voulez expliquer ces réalités intellectuelles, vous êtes forcé de recourir pour vos explications à des formes sensibles car, dans le monde extérieur, il n'y a que ce qui tombe sous les sens.
Donc, lorsque vous voulez expliquer la réalité de l'esprit, de ses conditions, de ses degrés, vous êtes obligé de donner vos explications sous la forme des choses sensibles, car, dans le monde extérieur, tout ce qui existe est sensible.
Par exemple, la tristesse et la joie sont des choses intellectuelles; et lorsque vous voulez expliquer cet état de choses spirituel, vous dites : "Mon coeur est serré" ou "mon coeur est dilaté"; et cela bien que, pour l'esprit ou le coeur de l'homme, il n'y ait ni resserrement, ni dilatation : c'est un état de choses spirituel et intellectuel que, pour expliquer, il faut exprimer par des formes sensibles.
Autre exemple :vous dites que tel individu a beaucoup avancé, bien qu'il soit demeuré continuellement à la même place, et au même endroit; ou encore qu'un tel a acquis une situation très élevée, bien que, comme tout le monde, il marche sur la terre.
Cette élévation et cet avancement sont des états de choses spirituels et des réalités intellectuelles. Pour les expliquer, il faut recourir à des formes sensibles, car, dans le monde extérieur, il n'y a que ce qui tombe sous les sens.
Ainsi, vous comparez symboliquement le savoir à la lumière, et l'ignorance à l'obscurité. Mais réfléchissez : le savoir est-il la lumière sensible, ou l'ignorance l'obscurité sensible? Jamais! il n'en est rien.
Ce sont simplement des états de choses intellectuels; et, lorsque vous cherchez une explication dans le monde extérieur, vous appelez le savoir lumière, et l'ignorance obscurité. Vous dites : "Mon coeur était sombre, il est devenu lumineux."

Ainsi, cette lumière du savoir et cette obscurité de l'ignorance sont des réalités intellectuelles, non sensibles; mais comme nous cherchons des explications dans le monde extérieur, nous sommes obligés de leur donner une forme sensible.
Dans ce même ordre d'idées, il est évident que la colombe qui est descendue sur le Christ n'était pas une colombe matérielle : c'était un état de choses spirituel qui, pour les besoins de la compréhension, était expliqué sous la forme sensible.
Egalement, il est dit dans la Bible que Dieu apparut dans une colonne de feu. Cela ne veut pas dire la forme matérielle d'une colonne; c'est une réalité intellectuelle expliquée dans une forme sensible.
Le Christ dit : "Le Père est dans le Fils, et le Fils est dans le Père." Est-ce que le Christ était dans l'intérieur de Dieu, ou Dieu dans l'intérieur du Christ ? Non, par Dieu! Au contraire, c'est un état de choses intellectuel expliqué sous la forme sensible.
Nous arrivons aux explications des paroles de Bahá'u'lláh, lorsqu'il dit : "ô Roi ! J'étais comme n'importe quel homme, endormi sur ma couche. Les brises du Très-Glorieux passèrent sur Moi, et M'enseignèrent le savoir de ce qui a existé. Cela ne vient pas de Moi, mais du Puissant, l'Omniscient"!
Ceci est le rang de manifestation; ce n'est pas une chose sensible, c'est une chose intellectuelle, affranchie du passé, du présent et de l'avenir. C'est une explication, une comparaison, une métaphore; cela ne doit pas être pris littéralement : ce n'est pas un état qui puisse être compris par l'homme.
Etre endormi, puis s'éveiller, c'est le passage d'un état à un autre : le sommeil est l'état du repos, la veille, l'état du mouvement; le sommeil est l'état du silence, la veille est l'état de la parole; le sommeil est l'état du secret, la veille est l'état de la manifestation.

Par exemple, en persan et en arabe, on dit symboliquement que, la terre étant endormie, le printemps vint, et elle s'éveilla; ou bien, la terre était morte, le printemps vint, elle renaquit; ces symboles sont des comparaisons, des allégories, des explications mystiques dans le monde des significations.
En un mot, les saintes manifestations ont été et seront toujours des réalités lumineuses; le changement et la modification ne sont pas de leur essence. Tout cela signifie qu'avant leur apparition elles sont silencieuses et muettes, comme si elles étaient endormies; mais après leur apparition, elles parlent et sont illuminées, comme si elles étaient réveillées.

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Chapitre: II.17. La naissance du Christ

Question. - Comment doit-on comprendre la naissance du Christ par l'oeuvre du Saint-Esprit ? Réponse. - Sur cette question, les théologiens et les matérialistes sont en désaccord. Les premiers croient que le Christ était l'oeuvre du Saint-Esprit. Les matérialistes pensent que c'est là une chose inadmissible et impossible et que, sans aucun doute, il provenait d'un père.
D'autre part, dans le Qur'an il est dit : "Et nous lui envoyâmes notre Esprit, et il lui apparut dans l'image d'un homme parfait". C'est-à-dire que le Saint-Esprit prit l'image de la forme humaine, comme la forme qui est reproduite dans un miroir; et il parla à Marie.
Les matérialistes voient là un mariage, car ils disent qu'un être vivant ne peut pas être créé d'un être sans vie, ni exister sans les rapports du mâle et de la femelle. Et ils pensent que, de l'homme aux animaux et des animaux aux végétaux, cela est impossible. Car cet accouplement du mâle et de la femelle se rencontre chez tous les êtres vivants, même chez les plantes.
Le Qur'an lui-même donne une preuve de l'accouplement des choses : "Gloire à celui qui a créé tous les couples : ceux qui poussent de la terre, ceux qui viennent d'eux-mêmes, et ceux que nous ne connaissons pas". C'est-à-dire que l'homme, les animaux, les plantes, tous proviennent de couples.
"Et il n'y a aucune chose que nous n'ayons créée par couples de deux." C'est-à-dire nous avons créé tous les êtres par accouplement.
Bref, les matérialistes disent qu'on ne peut imaginer un homme sans père.

En réponse, les théologiens disent : Ce n'est pas une chose impossible ou inaccomplissable, c'est une chose qui n'a pas été vue; et il y a une grande différence entre une chose impossible et une chose inconnue.
Par exemple, autrefois le télégraphe qui fait communiquer l'Orient et l'Occident était inconnu, non impossible; la photographie, la phonographie étaient inconnues, non impossibles.
Les matérialistes insistent, et les théologiens demandent :"Ce globe terrestre est-il éternel ou accidentel ?" Les matérialistes disent; "D'après la science et les découvertes les plus sérieuses, il est certain qu'il est accidentel; au début, c'était une masse en ignition, et peu à peu il devint tempéré; puis une croûte se forma au-dessus de laquelle les plantes furent créées; ensuite les animaux vinrent au monde, puis l'homme apparut."
Les théologiens répondent : "D'après votre exposé, il est clairement établi que l'humanité sur le globe terrestre est accidentelle, non éternelle; donc certainement, le premier homme n'a eu ni père, ni mère, puisque l'existence de l'humanité est accidentelle.
Est-ce que la création de l'homme sans père ni mère, mais par degrés successifs, n'est pas plus difficile à admettre que simplement sans un père? Vous admettez que le premier homme est apparu, soit progressivement, soit tout d'un coup, mais sans père ni mère; il ne doit pas rester de doute qu'un homme sans père soit aussi possible et admissible; vous ne pouvez considérer cela comme une impossibilité; autrement, vous êtes inconséquents.
Par exemple, si vous dites que cette lampe a une fois été allumée sans mèche ni huile, puis si vous dites qu'il est impossible de l'allumer sans mèche, c'est une inconséquence."
Le Christ avait une mère, mais le premier homme, selon les matérialistes, n'avait ni père ni mère !

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Chapitre: II.18. La grandeur du Christ tient à ses perfections

Un grand homme est un grand homme, soit sans père, soit avec un père. Si c'est une vertu de n'avoir pas de père, Adam est le plus grand et le plus excellent des prophètes et des envoyés, car il n'avait ni père, ni mère.
Mais ce qui donne l'honneur et la grandeur, c'est l'éclat et l'abondance des qualités divines.
Le soleil est le résultat de la substance et de la forme, lesquelles peuvent être comparées au père et à la mère, et c'est la perfection absolue. Mais les ténèbres n'ont ni substance ni forme, ni père ni mère, et elles sont l'imperfection absolue.
La substance de vie corporelle d'Adam était le limon; la substance corporelle d'Abraham était le pur sperme. Il est certain que le pur et chaste sperme est supérieur au limon et au minéral.
D'ailleurs, dans l'Evangile de saint Jean, chapitre I, versets 12 et 13, il est dit : "Mais à tous ceux qui l'ont reçu, il a donné le droit d'être faits enfants de Dieu, savoir, à ceux qui croient en son nom, qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu."
De ces versets de saint Jean, il résulte clairement que tes apôtres eux-mêmes n'étaient pas créés par la puissance physique, mais bien par la vérité spirituelle.
L'honneur et la grandeur du Christ ne tiennent donc pas à ce qu'il n'avait pas de père, mais à ses perfections, à sa bonté et son éclat divins. Si sa grandeur tenait à ce qu'il n'avait pas de père, Adam aurait été plus grand que lui : il n'avait ni père ni mère.
Dans la Bible, il est dit : "Le Seigneur Dieu forma ensuite l'homme de la poussière de la terre et souffla dans ses narines un esprit de vie et l'homme devint un être vivant". Vous voyez qu'il est dit que l'homme naquit par l'esprit de vie.

D'ailleurs les paroles de saint Jean à propos des apôtres prouvent qu'eux aussi avaient un père céleste.
Il est donc évident que la réalité sacrée, c'est-à-dire la véritable existence de tout grand homme tient à Dieu, et doit l'existence au souffle du Saint-Esprit.
Bref, si n'avoir pas de père est la plus grande gloire de l'homme, Adam est le plus grand de tous, lui qui n'avait ni père ni mère.
Que vaut-il mieux pour l'homme, d'être créé d'une substance vivante, ou de la terre ? Certes, d'une substance vivante, c'est préférable. Mais le Christ naquit et dut son existence au Saint-Esprit.
Concluons : l'honneur et la gloire des êtres saints, qui sont les manifestations divines, tiennent à leurs perfections, à leur bonté, à leur éclat céleste, et non à autre chose.

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Chapitre: II.19. Le baptême du Christ

Question. - On trouve au chapitre III, verset 13 de l'Evangile selon saint Matthieu : "Alors Jésus vint de Galilée au Jourdain, vers Jean, pour être baptisé par lui. Mais Jean s'y opposait, disant : C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi et c'est toi qui viens vers moi. Et Jésus, répondant, lui dit : Ne t'y oppose pas pour le présent, car c'est ainsi qu'il nous convient d'accomplir tout ce qui est juste. Alors il ne s'y opposa plus."
Comme le Christ possédait la perfection de l'essence, quel besoin avait-il de l'ablution du baptême ?
Réponse. - Le principe du baptême est une ablution de repentir. Jean admonestait et exhortait le peuple, le faisait se repentir, puis le baptisait. Il est donc évident que cette purification est un symbole de repentir pour toutes les fautes.
Cela veut dire : "ô Dieu, de même que mon corps a été purifié et sanctifié des impuretés matérielles, purifie et sanctifie mon âme des impuretés inhérentes à la nature qui sont indignes du seuil de l'unité!"
Le repentir, c'est le retour de la désobéissance à l'obéissance : l'homme qui a subi l'éloignement et la privation de Dieu se repent et fait une ablution qui signifie : "ô Dieu, rends mon coeur bon et pur, affranchi et sanctifié de tout ce qui n'est pas ton amour!"
Comme le Christ désirait que cette institution de Jean fût suivie dans ce temps-là par tous, il la suivit lui-même, afin d'éveiller le peuple et de perfectionner le code de l'ancienne loi. Bien que ce fût une institution de Jean, en réalité c'était l'ablution de repentir et cela existait déjà dans les lois divines antérieures.

Le Christ n'avait pas besoin du baptême; mais comme, dans ce temps, c'était une action approuvée, louable, annonciatrice des bonnes nouvelles du royaume, alors il l'accomplit.
Pourtant, après cela, il dit que le baptême n'était pas conféré par l'eau matérielle, mais par l'eau et l'esprit. Ailleurs, il parle du baptême par l'esprit et le feu. Et dans ce cas, l'eau ne veut pas dire l'eau matérielle, car, dans un autre endroit, il dit explicitement qu'il s'agit de l'esprit et du feu. Et ainsi il est clair qu'il ne s'agit pas du feu ni de l'eau matériels dans ce cas, car le baptême par le feu est impossible.
Donc l'esprit est la bonté divine; l'eau, le savoir et la vie; et le feu, l'amour de Dieu; car l'eau matérielle ne purifie pas le coeur de l'homme : non, elle purifie son corps, tandis que l'eau céleste et l'esprit, qui sont savoir et vie, rendent le coeur humain bon et pur.
Le coeur, qui reçoit une portion de la bonté du Saint-Esprit, devient sain, bon et pur. C'est-à-dire que la réalité de l'homme se purifie et se sanctifie des impuretés naturelles : ces impuretés naturelles sont les mauvaises qualités, la colère, la convoitise, l'amour du monde, l'orgueil, le mensonge, l'hypocrisie, l'égoïsme, etc.
L'homme ne peut s'affranchir de la fureur des passions charnelles qu'avec l'aide de la bonté du Saint-Esprit.
C'est pour cela que le Christ a dit qu'il faut le baptême par l'esprit, par l'eau et par le feu, et que c'est essentiel.
C'est-à-dire l'esprit de bonté divine, l'eau de la connaissance et de la vie, et le feu de l'amour de Dieu; et c'est par cet esprit, cette eau et ce feu que l'homme doit être baptisé, pour être plein de la bonté divine.
Sinon, quel est le fruit du baptême par l'eau matérielle ? Au contraire, le baptême par l'eau était un symbole de repentir et de pardon des fautes.
Mais dans le cycle de Bahá'u'lláh, ce symbole n'est plus utile; car son but, qui est d'être baptisé par l'esprit et par l'amour de Dieu, est reconnu et compris de tous.

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Chapitre: II.20. De l'utilité du baptême

Question. - L'ablution du baptême est-elle utile et nécessaire, ou bien inutile et non nécessaire ? Dans le premier cas, pourquoi, malgré son utilité, faut-elle abolie ? Dans le second, malgré son inutilité, pourquoi Jean la pratiquait-il ?
Réponse. - Le changement de leurs conditions d'existence, leur transformation, leur modification sont des nécessités essentielles des contingences; et les nécessités essentielles sont inséparables de la réalité des choses.
Ainsi il est absolument impossible de séparer la chaleur du feu, l'humidité de l'eau, la lumière du soleil, car ce sont des nécessités essentielles.
Et comme le changement et la modification de leurs conditions sont une nécessité pour les contingences, les lois aussi sont modifiées à cause des changements et des modifications des temps.
Par exemple, au temps de Moïse, la loi mosaïque était conforme et adaptée aux conditions d'alors; et comme, au temps du Christ, ces conditions avaient été modifiées et changées, au point d'ailleurs que cette loi ne convenait plus et n'était plus adaptée à l'humanité, elle fut abrogée. C'est ainsi que Jésus rompit le sabbat et interdit le divorce.
Après le Christ, quatre disciples, parmi lesquels Pierre et Paul, permirent l'usage des animaux interdits par la Bible, mais ils interdirent de se nourrir de ceux qui avaient été étouffés, de ceux qui provenaient des offrandes aux idoles, et du sang; ils interdirent aussi la fornication; ils maintinrent ces quatre interdictions.
Après cela, Paul rendit même légal de se nourrir des animaux étouffés, de ceux provenant des sacrifices aux idoles, et du sang : il ne maintint que la prohibition de la fornication.

C'est ainsi qu'au verset 14 du chapitre XIV de son épître aux Romains Paul écrit : "Je sais et je suis persuadé, par le Seigneur Christ, que rien n'est impur en soi; mais toute chose est impure pour celui qui la croit impure."
De même au verset 15 du chapitre I de l'épître de Paul à Titre : "Toutes choses sont pures pour ceux qui sont purs, et pour ceux qui sont impurs rien n'est pur, car pour eux tout est souillé, aussi bien leur intelligence que leur esprit."
Or, ces changements, ces modifications, ces abrogations tiennent à ce qu'on ne pouvait comparer le siècle du Christ avec celui de Moïse; les conditions et les nécessités en avaient été entièrement changées et modifiées, aussi ces lois furent-elles abrogées.
La vie du monde est comparable à celle de l'homme; et les prophètes et envoyés d e Dieu à des médecins habiles.
La personne humaine ne demeure pas toujours dans le même état : différentes maladies surviennent, qui ont chacune un remède spécial.
Le médecin habile ne donne pas un remède unique pour chaque infirmité et chaque maladie; au contraire il modifie les prescriptions et les remèdes selon les différentes nécessités des maladies et des tempéraments.
Un tel a une grave maladie causée par la fièvre : sans nul doute le médecin habile lui donnera des remèdes rafraîchissants; puis lorsque, ensuite, l'état de cette personne se sera modifié et que la fièvre aura fait place au froid, sans doute le médecin habile interdira les remèdes rafraîchissants et prescrira des remèdes réchauffants.
Ces changements et modifications sont exigés par l'état du malade et prouvent manifestement la valeur du médecin.
Par exemple, voyez si la loi de la Bible pourrait être mise en vigueur à notre époque! Non, par Dieu, ce serait absolument impossible! C'est pour cela que Dieu, le Très-Haut, l'a abrogée au temps du Christ.
Remarquez également que l'ablution du baptême, au temps de Jean-Baptiste, était le moyen d'exhorter les hommes, de les avertir d'avoir à se repentir de leurs fautes, et d'être dans l'expectative de la manifestation du royaume du Christ.

Tandis que de nos jours, en Asie, les catholiques et les orthodoxes plongent les nouveau-nés dans de l'eau mélangée d'huile d'olive, au point que plusieurs d'entre eux en tombent malades, et que pendant le baptême ils se débattent et s'agitent. Ailleurs, les prêtres aspergent le front avec l'eau du baptême; et, soit sous la première forme, soit sous la seconde, les enfants n'en retirent aucun sentiment spirituel.
Alors, quel résultat en obtiennent-ils ? Au contraire, les autres peuples, surpris, se demandent pourquoi on plonge dans l'eau tel enfant à la mamelle : cela ne lui donne ni le repentir, ni la foi, ni le réveil spirituel; ce n'est, somme toute, qu'une coutume que l'on suit.
Mais dans le temps de Jean-Baptiste, il n'en était pas ainsi; au contraire, d'abord, il exhortait les hommes, il les conduisait à se repentir de leurs fautes, et il les enflammait du désir de l'attente de la manifestation du Christ.
Quiconque recevait l'ablution du baptême se repentait de ses fautes avec l'humilité et la soumission les plus grandes, et purifiait et sanctifiait également son corps des impuretés visibles; avec l'anxiété la plus complète, nuit et jour, de moment en moment, il attendait la manifestation du Christ et l'entrée dans le royaume de l'Esprit de Dieu.
Bref, nous voulons dire que les changements et les modifications des conditions d'existence, et les transformations des exigences du siècle et du temps, sont la cause de l'abrogation des lois; car le temps vient où ces commandements ne conviennent plus et ne s'adaptent plus aux conditions du monde.
Considérez combien sont différentes les exigences des premiers siècles, du Moyen Age et celles des temps modernes. Pourrait-on maintenant, dans nos temps modernes, mettre en vigueur les commandements des premiers siècles ? Il est clair que ce serait absolument impossible. De même, lorsque quelques siècles se seront écoulés, les exigences du temps présent ne s'adapteront plus à celles des siècles futurs, et certes il y aura des changements et des modifications.

En Europe, les lois sont à chaque instant changées et modifiées : combien de lois, promulguées dans les années écoulées, pour réglementer et organiser l'Europe, sont aujourd'hui entièrement abrogées!
Ces changements et modifications sont dus au changement et à la transformation des pensées, des conditions, des moeurs; s'il n'en était pas ainsi, la prospérité de l'humanité serait anéantie.
Ainsi, il y a dans le Pentateuque une loi qui ordonne de tuer celui qui romprait le sabbat; bien plus, il y a dans le Pentateuque dix cas de condamnation à mort. Aujourd'hui, à notre époque, serait-il possible de mettre en vigueur ces commandements? Il est clair que ce serait absolument impossible.
Aussi y a-t-il des changements et des modifications, lesquels sont une preuve pertinente de la sagesse suprême de Dieu.
Cette question veut beaucoup de réflexion, et son explication deviendra claire et manifeste. Bénis sont ceux qui réfléchissent !

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Chapitre: II.21. Le pain et le vin

Question. - Le Christ a dit : "Je suis ce pain qui est descendu du ciel, et quiconque mangera de ce pain ne mourra pas." Qu'est-ce que cela veut dire ?
Réponse, - "Ce pain" signifie la nourriture céleste et les perfections divines : ainsi, quiconque mangera de cette nourriture, c'est-à-dire acquerra la bonté divine, recevra les lumières célestes, prendra sa part des perfections, et gagnera la vie éternelle.
Le sang signifie également l'esprit de vie et les perfections divines, les splendeurs célestes et la bonté éternelle, car toutes les parties du corps humain tirent du sang, par le fait de sa circulation, la substance vitale.
Au chapitre VI, verset 26 de l'Evangile de saint Jean, il est écrit : "Je vous dis que vous me cherchez, non à cause des miracles que vous avez vus, mais à cause de ce pain que vous avez mangé et dont vous êtes rassasiés."
Il est clair que le pain que les disciples mangèrent et dont ils se rassasièrent n'était autre que les bienfaits célestes, car, au verset 33 du même chapitre, il est dit : "Car le pain de Dieu est celui qui est descendu du ciel et donne au monde la vie."
Il est clair que le corps du Christ ne vint pas du ciel, mais bien du sein de Marie, et que ce qui est descendu du ciel divin, ce fut l'esprit du Christ.
Et comme les juifs pensaient que le Christ parlait de son corps, ils firent des objections, ainsi qu'il est dit au verset 42 du même chapitre : "Et ils dirent : n'est-ce pas là Jésus, fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ?Comment peut-il dire qu'il est descendu du ciel ?"

Considérez combien il est clair que le Christ voulait dire, en parlant du pain céleste, son propre esprit, ses faveurs, ses perfections, ses enseignements; car au verset 63 du même chapitre il dit : "C'est l'esprit qui fait vivre; quant à la chair elle ne profite pas."
Il est donc évident que l'esprit du Christ est un bienfait céleste qui est descendu du ciel; quiconque reçoit en abondance cet esprit, et accepte les enseignements divins, trouve la vie éternelle.
C'est pour cela qu'au verset 35 Il est dit : "Et Jésus leur dit : je suis le pain de vie; celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif" Remarquez qu'il dit "venir à lui" pour manger, et "croire en lui" pour boire. Il est donc clair et établi que la nourriture céleste consiste dans les grâces divines, les splendeurs spirituelles, les enseignements célestes, en un mot dans le Christ. Manger, c'est aller vers lui; boire, c'est croire en lui.
Car le Christ avait un corps physique et un corps céleste; le premier fut crucifié; mais le second est vivant, immortel et donne la vie éternelle. Le premier avait la nature humaine, le second la nature divine.
Grand Dieu! il y a des gens qui croient que le pain de l'eucharistie est la réalité du Christ, que la Divinité et le Saint-Esprit y sont descendus et y demeurent! et cela, bien que, une fois l'eucharistie mangée, après quelques secondes, elle soit tout simplement décomposée et entièrement transformée, Alors comment peut-on imaginer une pareille fantaisie ? Dieu me pardonne! certes, c'est une grande fantaisie!
Bref, par la manifestation du Christ, les saints enseignements qui sont la grâce éternelle furent répandus; les lumières de direction brillèrent, l'esprit de vie faut conféré à l'homme; quiconque trouva la direction devint vivant; quiconque demeura égaré fut pris par la mort éternelle.
Ce pain descendu du ciel, c'était le corps divin du Christ, ses éléments spirituels, que les disciples mangèrent et dont ils acquirent la vie éternelle.
Les disciples avaient pris avec le Christ de nombreux repas; pourquoi le dernier souper du Seigneur est-il distingué des autres ? Il est donc clair que le pain céleste ne signifie pas le pain matériel, mais bien la nourriture divine du corps spirituel du Christ, les grâces divines et les perfections célestes, dont les disciples eurent leur part, et dont ils se rassasièrent.

De même, voyez que lorsque le Christ bénit le pain et dit : "Ceci est mon corps", et le donna aux disciples, il était auprès d'eux en personne, bien évident, en chair et en os, bien vivant; il n'était pas transformé en pain et en vin. Autrement il n'aurait pas pu rester auprès d'eux, en chair et en os, en personne, bien évident.
Il est donc clair que ce pain et ce vin étaient des symboles qui signifiaient : "Je vous ai donné mes bontés et ma perfection, et lorsque vous les avez reçues, vous avez gagné la vie éternelle, et vous avez pris votre lot et votre portion de la nourriture céleste!"

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Chapitre: II.22. Les miracles

Question. - On rapporte les miracles du Christ; doit-on en vérité admettre ces récits avec leur signification littérale, ou bien en ont-ils une autre ? Car la science exacte établit que l'essence des choses ne change pas, et que tous les êtres sont sous l'empire d'une loi universelle et d'un ordre qui ne peuvent jamais être abandonnés. Donc, ce qui est contraire à la loi universelle est impossible.
Réponse. - Les saintes manifestations de Dieu sont la source de miracles, et le spectacle de prodiges merveilleux.
Tout ce qui est difficile ou impossible est, pour elles, possible et facile; car, par un pouvoir extraordinaire, des choses extraordinaires émanent d'elles, et par une puissance surnaturelle, elles influencent le monde de la nature. De chacune d'elles, des choses étranges ont apparu.
Mais, dans les Ecritures saintes, il est fait usage d'une terminologie spéciale.
Quant aux manifestations, elles n'attachent aucune importance à ces miracles et à ces signes étranges : elles ne désirent même pas qu'on en parle.
En effet, si nous appelons ces miracles des preuves considérables, ils ne seront une preuve et un argument que pour ceux qui étaient présents, et non pour les absents.
Par exemple, si l'on rapporte à un chercheur, étranger à Moïse et au Christ, les prodiges merveilleux, il les niera et dira : "On a raconté également des prodiges merveilleux attribués aux faux dieux, d'une façon continue, et avec le témoignage de bien des peuples; on les a même fixés dans des livres. Des brahmanes ont écrit des livres de prodiges merveilleux sur Brahma."

Puis il dira : "Comment pouvons-nous savoir si les juifs et les chrétiens disent la vérité, et si les brahmanes mentent ? Des deux côtés ce sont des récits, des épisodes acceptés universellement et recueillis dans des livres; tous deux peuvent être supposés vrais ou faux, et il en est de même pour les autres religions. Mais si les uns sont vrais, les autres le sont aussi : si l'on accepte les uns, il faut accepter également les autres. Donc ils ne constituent pas une preuve."
Par conséquent, si les miracles sont des preuves pour ceux qui sont présents, ils n'en sont pas pour les absents.
Mais, au jour de la manifestation, les gens qui savent voir trouvent que toutes les conditions des manifestations sont des miracles, car elles sont supérieures à tout ce qui existe, et cela seul est un miracle.
Rappelez-vous que le Christ, seul et sans aide, sans compagnon et sans appui, sans armée ni troupes, et au comble de l'oppression, brandit le drapeau de Dieu à l'encontre de tous les habitants de la terre , à qui il ne cessa de résister. A la fin il les vainquit tous, bien qu'en apparence il fût crucifié. Or cela est un véritable miracle qu'on ne peut nier; et point n'est besoin d'autre chose pour prouver la vérité du Christ.
Les miracles matériels n'ont d'ailleurs aucune importance pour les gens de la vérité.
Par exemple, si un aveugle devient voyant, à la fin il redeviendra aveugle, car il mourra et sera privé de tous ses sens et de toutes ses facultés. Il n'y a donc aucune importance à rendre la vue à un aveugle, car cette faculté peu à peu disparaîtra. Et si le corps d'un mort est ressuscité, à quoi cela sert-il, puisqu'il doit mourir à nouveau ?
L'important réside dans le don de la perception et de la vie éternelle, c'est-à-dire de la vie spirituelle et divine. Car cette vie corporelle ne dure pas : son existence est le pur néant.
C'est ainsi que le Christ, répondant à l'un des disciples, dit : "Laissez les morts enterrer les morts", car "ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'esprit est esprit." Remarquez que le Christ considérait comme morts des gens qui, en apparence, vivaient physiquement : par vie, il entendait la vie éternelle, et par existence, l'existence réelle.

Donc, si dans les livres saints on parle des morts ressuscités, cela veut dire que ces hommes reçurent le secours de la vie éternelle; ou bien, si un aveugle est devenu voyant, cela signifie qu'il obtint la vision de vérité; si un sourd entend, cela veut dire qu'il a acquis un entendement spirituel et qu'il a obtenu l'ouïe divine.
Et cela résulte du texte de l'Evangile, où le Christ dit :"Ils sont comme ceux dont Esaïe a dit : ils ont des yeux et ne voient pas, et des oreilles et n'entendent pas. Et moi je les ai guéris".
Je ne prétends pas que les manifestations soient impuissantes à faire des miracles, car elles ont la toute-puissance. Mais pour elles, la vision interne, l'entendement spirituel et la vie éternelle, voilà ce qui est désirable et important.
Donc, partout où dans les livres saints il est rapporté qu'un tel, aveugle, est devenu voyant, cela veut dire qu'il était aveugle intérieurement et qu'il obtint la vision spirituelle, ou qu'il était ignorant et devint savant, ou bien négligent et devint attentif, ou terrestre et devint céleste.
Et comme cette vision, cet entendement, cette vie, ce remède, sont éternels, cela a une véritable importance;
autrement quels sont l'importance, la valeur et le mérite de la vie animale et des ses facultés ?Comme un rêve, elle disparaîtra au bout d'un nombre des jours limité.
Par exemple si on rallume un flambeau éteint, il s'éteindra à nouveau. Mais le flambeau du soleil est toujours allumé! Voilà l'important.

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Chapitre: II.23. La résurrection du Christ

Question. - Quelle est la signification de la résurrection du Christ après trois jours ?
Réponse. - La résurrection des manifestations divines n'est pas dans la chair. Toutes leurs conditions, leurs états, leurs actes, les choses qu'elles ont fondées, leurs enseignements, leurs expressions, leurs paraboles, leurs instructions ont une signification spirituelle et divine, et n'ont aucun lien avec les choses matérielles.
Par exemple, il y a la question de la venue du Christ du ciel; en différents endroits des Evangiles, il est dit clairement : "le Fils de l'homme est venu du ciel", "il est au ciel", "il ira au ciel".
Ainsi au chapitre VI, verset 38, de l'Evangile de saint Jean, il est écrit : "Car je suis venu du ciel", et au verset 42, on trouve : "Et ils disaient : n'est-ce pas là Jésus, fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment dit-il : je suis descendu du ciel ?"
De même, dans saint Jean, chapitre III, verset 13, il est dit : "Aussi, personne n'est allé au ciel que celui qui est venu du ciel, le Fils de l'homme qui est au ciel." Remarquez qu'il est dit : "Le Fils de l'homme est au ciel", alors qu'a ce moment le Christ était sur terre.
Remarquez également qu'il est dit clairement que le Christ est venu du ciel, bien qu'il soit venu du sein de Marie, et que son corps soit né de Marie.
Il est donc établi que, lorsqu'il est dit que le Fils de l'homme est venu du ciel, c'est une affirmation qui doit être prise symboliquement, non littéralement, spirituellement, non matériellement.
C'est-à-dire que, bien que, visiblement, le Christ soit né du sein de Marie, en réalité il est venu du ciel, le centre du Soleil de Réalité du monde divin et du royaume de Dieu.

Et, s'il est établi que le Christ est venu du ciel spirituel du royaume de Dieu, sa disparition sous terre pendant trois jours a une même signification, symbolique et non littérale.
Egalement, sa résurrection de l'intérieur de la terre est une chose symbolique; c'est une question spirituelle et non matérielle; et pareillement, son ascension au ciel est une chose spirituelle, non matérielle.
En dehors de ces explications, il a été établi et prouvé par la science que le ciel visible est une étendue sans fin, libre et vide, où évoluent les astres et les étoiles innombrables.
Nous prétendons donc que la signification de la résurrection du Christ est la suivante : les apôtres, après le martyre du Christ, étaient troublés et confondus. La réalité du Christ, c'est-à-dire ses enseignements, ses bienfaits, ses perfections, son pouvoir spirituel, pendant deux ou trois jours après son martyre, fut cachée et celée : elle n'était ni apparente, ni visible; au contraire, elle était perdue; en effet, les croyants étaient peu nombreux, et de plus ils étaient troublés et confondus. La cause du Christ était comme un corps sans âme.
Lorsque, après trois jours, les apôtres redevinrent fermes et assurés, lorsqu'ils se mirent au service de la cause chrétienne et résolurent de répandre les enseignements divins, de mettre en vigueur les conseils du Christ, et de se lever pour le servir, la réalité du Christ resplendit à nouveau, sa bonté devint apparente, sa religion prit vie, ses enseignements et ses exhortations devinrent visibles et évidents.
Autrement dit, la cause du Christ était comme un corps sans vie : la vie et la bonté du Saint-Esprit l'enveloppèrent. Telle est la signification de la résurrection du Christ :et ce faut une vraie résurrection!
Mais, comme les prêtres ne comprenaient pas la signification des Evangiles et n'en pénétraient pas les symboles, cela permit de dire que la religion était en contradiction avec la science, et la science en opposition avec la religion : car, par exemple, la question de l'ascension du Christ dans son corps matériel, au ciel visible, est contraire aux sciences mathématiques.

Mais, lorsque la réelle signification de la question devient évidente, et que ce symbole est expliqué, la science n'y fait plus d'objections; bien au contraire, la science et l'intelligence en affirment l'exactitude.

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Chapitre: II.24. L'entrée du Saint-Esprit dans les apôtres

Question. - Le Saint-Esprit entra dans les apôtres, selon l'Evangile. Comment eut lieu cette entrée et quelle signification a-t-elle ? Réponse. - Cette entrée du Saint-Esprit n'est pas comme celle de l'air à l'intérieur de l'homme : c'est une façon de parler et une comparaison, non une expression exacte à prendre littéralement. C'est comme l'entrée de l'image du soleil dans un miroir : c'est-à-dire que son éclat y apparaît.
Après la mort du Christ, les apôtres étaient troublés : leurs pensées et leurs idées étaient opposées et contradictoires; plus tard, ils devinrent fermes et unis; lors de la fête de la Pentecôte, ils s'assemblèrent, se détachèrent des choses de ce monde, fermèrent les yeux sur eux-mêmes, renoncèrent au repos et aux joies de la terre, sacrifièrent leur corps et leur âme pour le Bien-Aimé, abandonnèrent leurs maisons, renoncèrent à l'honneur et aux biens, et oublièrent même entièrement leur propre existence.
Alors, l'aide de Dieu leur arriva, et la puissance du Saint-Esprit devint visible : la spiritualité du Christ triompha, et l'amour de Dieu régna.
Alors, ils furent assistés; puis, chacun se dirigea de son côté pour répandre la cause d e Dieu et donner les preuves et les témoignages.
Donc, l'entrée du Saint-Esprit dans les apôtres signifie qu'ils furent attirés par l'esprit messianique, qu'ils trouvèrent la confirmation et la fermeté, que, par la force de l'amour de Dieu, ils eurent une vie nouvelle, et qu'ils virent le Christ vivant, les secourant, les protégeant.

Ils étaient comme des gouttes d'eau, ils devinrent la mer; ils étaient de faibles insectes, ils devinrent des aigles majestueux; ils étaient impuissants, ils devinrent tout-puissants...
Ils furent comme des miroirs sur lesquels le soleil se reflète : certes, les rayons et la lumière devinrent manifestes en eux!

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Chapitre: II.25. Le Saint-Esprit

Question. - Qu'est-ce que le Saint-Esprit ? Réponse. - Le Saint-Esprit, c'est la bonté de Dieu et les rayons Lumineux qui émanent des manifestations; car le point de concentration des rayons du Soleil de Réalité était le Christ, et de ce centre glorieux, qui était la réalité du Christ, la bonté de Dieu se reflétait sur les autres miroirs, qui étaient la réalité des apôtres.
La descente du Saint-Esprit sur les apôtres signifie donc que les bienfaits glorieux de Dieu se réfléchissaient et apparaissaient dans la réalité des apôtres.
Autrement, l'entrée et la sortie, la descente et la montée caractérisent les corps et non les esprits. En d'autres termes, les choses qui tombent sous les sens entrent et sortent, mais non les conceptions et les réalités intellectuelles comme l'intelligence, l'amour, le savoir, l'imagination, la pensée qui n'entrent ni ne sortent, ni ne descendent, et qui n'indiquent que des relations.
Ainsi le savoir, qui est un état acquis par l'intelligence, est une chose intellectuelle, et c'est de la fantaisie de dire qu'il entre dans l'intelligence ou qu'il en sort; c'est un état acquis, comme les images réfléchies dans le miroir.
Donc, comme il est clair et prouvé que les réalités intellectuelles n'entrent ni ne descendent, il est certain qu'il est absolument impossible que le Saint-Esprit puisse monter ou descendre, entrer ou sortir, se mélanger ou s'incarner. La seule chose possible est que comme le soleil, il resplendisse dans le miroir.
Dans certains passages des Ecritures saintes, on parle de l'Esprit; et cela veut dire une certaine personne, comme on dit couramment dans la conversation qu'un tel est l'esprit personnifié, ou bien qu'il est l'honneur ou la générosité en personne.

Dans ce cas, c'est la flamme qu'on regarde et non le verre, comme dans l'Evangile de saint Jean à propos du Promis qui doit venir après le Christ, au chapitre XVI, verset 12, on trouve : "J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais elles sont encore au-dessus de votre portée.
Mais quand celui-là sera venu, c'est-à-dire l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité. Car il ne parlera pas par lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu."
Remarquez avec soin que "il ne parlera pas par lui-même, mais dira tout ce qu'il aura entendu" prouve clairement que l'Esprit de vérité est personnifié par un homme qui a une âme, qui a des oreilles pour entendre, une langue pour parler.
De même, l'expression "l'Esprit de Dieu" s'applique ainsi au Christ. Vous parlez de la lumière, et vous faites allusion à la lumière avec la lampe.

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Chapitre: II.26. Sur la seconde venue du Christ et le jour du Jugement dernier

Dans les Ecritures saintes, il est dit que le Christ doit revenir, et que son retour est lié à l'apparition de certains signes :
s'il vient, ce sera avec ces signes. Entre autres, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera pas sa lumière, les étoiles des cieux tomberont sur la terre; alors, toutes les tribus de la terre gémiront et se lamenteront, et à ce moment elles verront au ciel le signe du Fils de l'homme, elles apercevront cet homme comme s'il chevauchait avec un pouvoir et une gloire considérables.
Bahá'u'lláh a commenté ces versets dans le Livre de la Certitude; point n'est besoin d'y revenir, reportez-vous à ce livre, et vous comprendrez la signification de ces paroles. Mais maintenant, je désire également dire quelque chose sur ce sujet :
c'est que, la première fois aussi, le Christ est venu du ciel, ainsi qu'il est dit explicitement dans l'Evangile. Le Christ lui-même a dit : "Le Fils de l'homme est venu du ciel", et "le Fils de l'homme est au ciel"; et "nul homme ne remonte au ciel que celui qui en est venu". Et il est admis généralement que le Christ est venu du ciel, bien que, en apparence, il soit venu du sein de Marie.
Or, de même que la première fois, en vérité il est venu du ciel, bien qu'en apparence il soit venu du sein de sa mère, de même aussi, lors de la seconde venue, il viendra réellement du ciel, bien qu'en apparence il doive venir du sein de sa mère.

Les conditions que l'Evangile mentionne pour la seconde venue du Christ sont les mêmes que celles qui sont indiquées pour la première, ainsi qu'il a été dit déjà.
Le livre d'Esaïe annonce que le Christ conquerra l'Orient et l'Occident, que tous les peuples du monde viendront sous son ombre, que son royaume sera établi, qu'il viendra d'un lieu inconnu, que les pécheurs seront jugés, et que la justice régnera à tel point que le loup et l'agneau, le léopard et le chevreau, le serpent et l'enfant à la mamelle se rassembleront à la même source, dans la même prairie, dans le même berceau .
La première venue aussi dépendait de la réalisation de ces conditions, bien que, en apparence, aucune d'elles ne se soit réalisée; aussi, les juifs refusèrent-ils de croire au Christ et, Dieu me pardonne ! ils le traitèrent de sorcier.
Le considérant comme le destructeur de l'édifice divin, le regardant comme le briseur du sabbat et de la loi, ils ordonnèrent sa mise à mort. Car chacune de ces conditions avait une signification que les juifs ne comprirent pas; aussi furent-ils privés.
De même, la seconde venue du Christ eut lieu aussi de cette manière : les signes et les conditions qui ont été énumérés ont tous une signification symbolique, et ne doivent pas être pris à la lettre.
S'il en était autrement, il est dit, par exemple, que toutes les étoiles tomberont sur la terre. Or les étoiles sont immenses et innombrables; et les mathématiciens modernes ont établi et prouvé scientifiquement que le globe solaire est environ un million et demi de fois plus grand que la terre, et chacune des étoiles fixes mille fois plus grande que le soleil. Si de telles étoiles tombaient sur la terre, comment y trouveraient-elles de la place ? Ce serait comme si mille millions de montagnes comme l'Himalaya tombaient sur un grain de moutarde. Raisonnablement et scientifiquement, cela est à tout jamais impossible.

Ce qui est encore plus curieux, c'est que le Christ a dit : "Peut-être viendrai-je quand vous serez encore endormis; car la venue du Fils de l'homme ressemble à la venue d'un voleur; peut-être le voleur est-il dans la maison et le propriétaire de la maison ne le sait pas."
Il est donc clair et prouvé que ces signes ont une signification symbolique, et qu'il ne faut pas les prendre à la lettre. Leur sens a été expliqué tout au long dans le Livre de la Certitude. Reportez-vous-y.

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Chapitre: II.27. La Trinité

Question. - Que signifient la Trinité et les trois personnes de la Trinité ? Réponse. - La réalité divine, que sa pureté et sa sainteté rendent inaccessible à la compréhension des créatures, et que les esprits sages et intelligents ne sauraient imaginer ni concevoir, n'admet aucune division.
Car la division et la multiplication sont les particularités des créatures, qui sont des contingences et ce ne sont pas des accidents qui arrivent à Celui qui existe par Lui-même.
La réalité divine est au-delà de l'unité, à plus forte raison de la multiplicité; et pour elle, la descente dans les conditions et les degrés des créatures serait l'imperfection absolue, le contraire de la perfection; par conséquent c'est absolument impossible. Continuellement, elle a été et est dans les hauteurs de la sainteté et de la pureté.
Lorsqu'on parle des apparitions et des orients de Dieu, on fait allusion au resplendissement divin, et non pas à une descente dans les degrés de l'existence.
Dieu est la pure perfection, et la créature n'est qu'imperfections; pour Dieu, la descente dans les degrés de l'existence serait la plus grande des imperfections.
Au contraire, sa manifestation, son apparition, son lever sont comme le resplendissement du soleil dans un miroir clair, pur, poli.
Toutes les créatures sont des signes évidents de Dieu, comme les choses terrestres qui, toutes, reçoivent les rayons du soleil; mais sur le désert, sur les montagnes, sur les arbres, sur les fruits, un seul rayon brille qui les fait apparaître, les élève, et les fait parvenir à la maturité de leur existence; tandis que l'homme parfait est comme un miroir poli dans lequel le Soleil de Vérité, avec tous ses attributs et toutes ses perfections, devient visible et manifeste.

Ainsi la réalité du Christ était un miroir clair et poli qui était de la finesse et de la pureté les plus grandes, et le Soleil de Vérité, l'Essence de Divinité, a resplendi dans ce miroir, et il y a manifesté sa lumière et sa chaleur. Mais, de la hauteur de sa sainteté et du ciel de sa divinité, il n'est pas descendu pour habiter et résider dans le miroir. Non, il continue toujours à subsister dans son exaltation et sa sublimité, tout en apparaissant et en devenant manifeste dans le miroir, avec sa beauté et sa perfection
. Or, si nous disons que nous avons vu le soleil dans deux miroirs, l'un le Christ, l'autre le Saint-Esprit, c'est-à-dire que nous avons vu trois soleils, l'un au ciel, les deux autres sur terre, nous sommes sincères. Et si nous disons qu'il y a un Soleil, et qu'il est seul, n'a ni associé, ni semblable, nous disons encore la vérité.
Bref, la réalité du Christ fut un miroir poli; et le Soleil de Vérité, c'est-à-dire l'Essence de l'Unité, avec ses perfections et ses attributs infinis, y est devenu visible et manifeste.
Ce n'est pas à dire que le Soleil, Essence de la Divinité, se soit divisé ou se soit multiplié; car le Soleil est un. Mais il apparaît dans le miroir. C'est pour cela que le Christ a dit : "Le Père est dans le Fils." C'est-à-dire : ce Soleil est visible et manifeste dans ce miroir.
Le Saint-Esprit est la bonté de Dieu elle-même, qui devient visible et évidente dans la réalité du Christ. La filiation, c'est la condition du coeur du Christ; le Saint-Esprit, c'est la condition de son esprit.
Il est donc prouvé clairement que l'Essence de la Divinité est absolument unique, qu'elle n'a ni pareil, ni égal, ni équivalent. Telle est la signification des trois personnes de la Trinité.

Autrement les fondements de la religion de Dieu reposeraient sur une proposition illogique que l'intelligence ne pourrait jamais comprendre : et ce qu'elle ne peut comprendre, comment pourrait-elle se donner la peine de l'accepter? Une chose ne peut être saisie par l'intelligence que lorsqu'elle revêt une forme intelligible : autrement ce n'est que fantaisie.
Nous avons donc clairement expliqué ce que sont les trois personnes de la Trinité, et nous avons aussi affirmé l'unité de Dieu.

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Chapitre: II.28. La préexistence

"Maintenant, toi, ô Père, glorifie-moi près de toi de la même gloire que j'avais près de toi avant la création du monde" (saint Jean, XVII, 5) .
Il y a deux sortes de préexistences : la préexistence de l'essence est celle qui n'est pas précédée par une cause; au contraire, son existence est en elle-même.
Par exemple le soleil, dont la lumière est en lui-même, et qui ne dépend pas pour cela de l'abondance des autres étoiles : c'est ce qu'on appelle une lumière d'essence. Mais la lumière de la lune provient du soleil, car, pour la lumière, la lune dépend du soleil. Donc, au point de vue de la lumière, le soleil est une cause, et la lune devient un effet. Celui-là est l'ancien, le précédent, l'antécédent; celle-ci est la suivante, la dernière.
La seconde sorte de préexistence est la préexistence du temps; et celle-là n'a pas eu de commencement. Le Verbe de Dieu est au-dessus du passé, du présent, de l'avenir; tout, par rapport à Dieu, est égal. Hier, aujourd'hui, demain, n'existent pas dans le soleil!
De même, il y a une préexistence en ce qui tient à la gloire, c'est-à-dire que le plus glorieux précède le glorieux. Donc, le Christ, qui est le Verbe de Dieu, précède certainement les créatures, en ce qui concerne l'essence, les attributs, l'honneur.
Avant d'apparaître sous la forme humaine, le Verbe de Dieu était établi dans la gloire et la sainteté les plus grandes, dans la splendeur, la beauté les plus parfaites, et dans tout l'éclat de sa magnificence.

Et lorsque, par la sagesse du Très-Haut, il resplendit des hauteurs de la gloire dans le monde corporel, le Verbe de Dieu, par le fait de ce corps, devint limité; de sorte qu'il tomba entre les mains des juifs, devint le captif des tyrans et des ignorants, et à la fin fut crucifié.
C'est pour cela qu'il s'adresse à Dieu en ces termes : "Libère-moi des chaînes du monde corporel, et affranchis-moi de cette cage, afin que je monte aux hauteurs de la grandeur et de la gloire, que je retrouve cet honneur et cette sainteté d'autrefois, d'avant le monde corporel, que je me réjouisse dans le monde éternel, et que je monte à la patrie originelle, au monde immatériel du royaume invisible."
C'est ainsi que vous voyez que, même dans ce bas-monde, c'est-à-dire dans le monde des humains et des nations, la grandeur et la gloire du Christ apparurent après sa mort.
Pendant qu'il était dans le monde corporel, il était soumis au mépris et au dédain du plus faible des peuples de la terre, les juifs qui crurent qu'il convenait de placer sur sa tête sacrée une couronne d'épines! Mais après sa mort, les couronnes enrichies de pierreries de tous les rois de la terre s'abaissèrent et s'humilièrent devant cette couronne d'épines! Voyez quelle gloire le Verbe de Dieu a atteint, même dans ce monde!

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Chapitre: II.29. "Comme tous meurent par Adam de même tous revivront par Christ"

Sachez qu'il y a deux natures dans l'homme : la nature corporelle et la nature spirituelle. La nature corporelle est l'héritage d'Adam, et la nature spirituelle est l'héritage de la réalité du Verbe de Dieu, de la spiritualité du Christ.
La nature corporelle est née d'Adam, la nature spirituelle, de la bonté du Saint-Esprit; celle-là est la source de toute imperfection, celle-ci est la cause de toute perfection.
Le Christ s'est sacrifié lui-même pour affranchir les hommes des imperfections de la nature corporelle, et les parer des vertus de la nature spirituelle.
Cette nature spirituelle, qui vient de la bonté de la réalité de Dieu, est l'union de toutes les perfections, et existe par les souffles du Saint-Esprit : elle consiste dans les perfections divines, la lumière, la spiritualité, la direction, l'exaltation, les nobles efforts, la justice, l'amour, la bienfaisance, la charité envers le prochain, la philanthropie, en un mot l'essence de la vie. C'est la réflexion de la splendeur du Soleil de Vérité.
Le Christ est le point central du Saint-Esprit, il est né du Saint-Esprit, il est suscité par lui, il est de sa descendance.
C'est-à-dire que la réalité du Christ ne descend pas d'Adam, elle est fille du Saint-Esprit. Donc, le verset 22 du chapitre XV de l'épître de Paul aux Corinthiens où il est dit : "Comme tous meurent par Adam, de même tous revivront par Christ", veut dire que, selon la terminologie consacrée, Adam était le père de l'homme, c'est-à-dire fut la cause de la vie physique de l'humanité. Il a la paternité physique; il est une âme vivante, mais il n'est pas donneur de vie.

Le Christ, au contraire, est la cause de la vie spirituelle de l'homme, et au point de vue de l'esprit il a la paternité spirituelle. Adam est l'âme vivante, le Christ est l'esprit vivifiant.
Ce monde physique représente pour l'homme les facultés des sens, et c'est des exigences de ces facultés que viennent les péchés, car elles ne sont pas soumises aux lois de la justice et de la sainteté. Le corps de l'homme est prisonnier de la nature, tous ses mouvements ont pour but la satisfaction de ses exigences.
Il est donc évident que des péchés existent dans le monde corporel, tels la colère, la jalousie, la dispute, l'avidité, l'avarice, l'ignorance, la tromperie, l'orgueil, la cruauté. Tous ces défauts existent dans la création de l'homme.
Un homme qui n'a pas reçu une éducation spirituelle est une brute; par exemple, les peuplades de l'Afrique dont les actes, les habitudes, les caractères sont purement dirigés par les sens, n'agissent que pour satisfaire les exigences de leur nature, au point de se lacérer et de se manger entre eux.
Il est donc établi que le monde physique de l'homme est un monde de péchés. Dans ce monde physique, l'homme ne diffère pas de l'animal.
Tout péché vient des exigences de la nature, et ces exigences naturelles spéciales au corps, qui ne constituent pas des péchés pour l'animal, en constituent pour l'homme.
L'animal est la source des imperfections, comme la colère, la sensualité, la jalousie, l'avarice, la cruauté, l'orgueil; tous les défauts réprouvés se rencontrent chez l'animal, mais ne constituent pas, en ce qui le concerne, des péchés. Ils en constituent pour l'homme.

Adam fut la cause de la vie physique de l'homme, mais la réalité du Christ, c'est-à-dire le Verbe de Dieu, fut la cause de sa vie spirituelle.
Il est l'esprit vivifiant, c'est-à-dire que, grâce aux instructions et à l'éducation de cet esprit unique, toutes les imperfections provenant des exigences de la vie physique de l'homme sont transformées en perfections humaines. Donc le Christ était l'esprit vivifiant et la cause générale de la vie spirituelle.
Adam était la cause de la vie physique. Et comme le monde physique de l'homme est un monde d'imperfections, et que les imperfections sont la source de la mort, Paul a comparé les imperfections physiques à la mort.
Mais l'Eglise chrétienne croit que, comme Adam a mangé du fruit défendu, il a commis une faute et a désobéi, et que la calamité et le désastre de cette désobéissance ont été transmis comme un héritage, et fixés successivement sur toute sa postérité. Adam est alors devenu la cause de la mort de l'humanité.
Cette interprétation est inintelligente et, évidemment, erronée. Car elle tend à dire que tous les hommes, même les prophètes et les envoyés de Dieu, sans commettre de faute ni de péché, uniquement parce qu'ils sont de la postérité d'Adam, sont devenus sans raison des coupables et des pécheurs, et que, jusqu'au jour du sacrifice du Christ, ils ont été retenus dans l'enfer aux châtiments terribles, ce qui serait bien loin de la justice divine!
En admettant qu'Adam fût un pécheur, quel est le péché d'Abraham ? quelle est la faute d'Isaac, de Joseph ? de quoi Moïse est-il coupable ?
Quant au Christ, qui était le Verbe de Dieu, et qui est sacrifié, cela a une double signification, l'une apparente, l'autre réelle.
La première c'est que, comme le Christ voulait promulguer une cause qui devait éduquer l'humanité, éveiller les enfants d'Adam, et illuminer toute la création, que la promulgation d'une cause aussi grande le mettait en opposition avec tous les peuples de la terre, et en révolte contre toutes les races et toutes les nations, le sang devait forcément couler, et il devait forcément être tué et crucifié.

Aussi, le Christ, en proclamant sa cause, a-t-il sacrifié sa vie : il a regardé la croix comme son trône, la blessure comme un baume, et le poison comme du miel et du sucre.
Il s'est adonné à l'éducation et à l'instruction des hommes, et ainsi, il s'est sacrifié pour donner aux hommes l'esprit de vie, pour être détruit dans son corps, afin de faire revivre les autres par l'esprit.
La seconde signification du sacrifice est que le Christ fut comme la graine. Cette graine a sacrifié sa propre forme afin que l'arbre puisse croître et se développer. Bien que la forme de la graine soit détruite, sa réalité devient apparente dans la grandeur et la beauté les plus parfaites, dans la forme de l'arbre.
Le rang du Christ était la perfection absolue : il fit briller ces perfections divines, comme le soleil, sur tous ceux qui crurent en lui; et les bienfaits de la lumière brillèrent et resplendirent dans la réalité des hommes.
C'est pour cela qu'il dit : "Je suis le pain descendu du ciel : quiconque mangera de ce pain ne mourra pas." C'est-à-dire quiconque prendra sa part de cette nourriture divine parviendra à la vie éternelle, autrement dit, quiconque aura une part de cette bonté et obtiendra ces perfections, trouvera la vie éternelle, aura en abondance les bienfaits antiques, sera affranchi des ténèbres de l'erreur, et sera illuminé par les lumières de la direction.
La forme de cette graine fut sacrifiée pour l'arbre : mais les perfections de cette graine, par suite du sacrifice, devinrent manifestes et évidentes. Car l'arbre, les branches, les feuilles et les fleurs étaient cachés et enfermés dans la graine. Lorsque la forme de celle-ci faut sacrifiée, ses perfections apparurent dans la plus parfaite manifestation, sous la forme des feuilles, des fleurs et des fruits.

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Chapitre: II.30. Adam et Eve

Question. - Que faut-il comprendre de l'histoire d'Adam qui a mangé du fruit de l'arbre ? Réponse. - Il est écrit dans la Bible que Dieu plaça Adam dans le jardin d'Eden pour le cultiver et le soigner, et qu'Il lui dit : "Mange de tous les arbres du jardin excepté de l'arbre du bien et du mal, car si tu en mangeais, tu serais atteint par la mort."
Puis il est dit que Dieu fit tomber Adam dans le sommeil, qu'Il prit un os de ses côtes, et en créa une femme afin qu'elle lui tînt compagnie. Après cela il est dit que le serpent incita la femme à manger de l'arbre et dit : "Dieu vous a interdit de manger de l'arbre afin que vos yeux ne s'ouvrent pas et que vous ne connaissiez pas le bien et le mal." Alors Eve en mangea et en donna à Adam qui fit de même. Leurs yeux s'ouvrirent; ils se trouvèrent nus, et ils voilèrent leurs corps avec les feuilles de l'arbre.
Alors ils reçurent les reproches de Dieu. Dieu dit à Adam : "As-tu mangé de l'arbre défendu ?" Adam répondit : "Eve m'y a poussé." Dieu fit ensuite des reproches à Eve qui répondit : "Le serpent m'y a poussée." Alors le serpent fut maudit et l'inimitié fut mise entre Eve et le serpent et entre leurs postérités.
Et Dieu dit alors : "L'homme est devenu semblable à nous, sachant le bien et le mal; peut-être va-t-il manger de l'arbre de vie et vivre éternellement." Et Dieu protégea l'arbre de vie.

Si nous prenons cette histoire au sens apparent de l'interprétation adoptée par le vulgaire, elle est tout à fait extraordinaire; l'intelligence ne peut l'accepter, l'affirmer ou même l'imaginer; car de telles dispositions, de tels détails, de tels discours et de tels reproches sont considérés comme indignes d'un être intelligent, à plus forte raison de Dieu, de Dieu qui a organisé cet univers infini dans la forme la plus parfaite, et ces êtres innombrables avec l'ordre et la fermeté les plus absolus et l'élégance la plus complète.
II faut un peu réfléchir : si un homme intelligent pouvait tenir au sens apparent de cette histoire, certes la majorité, logiquement, nierait que des dispositions et des inventions pareilles aient pu émaner d'un être intelligent.
C'est pourquoi cette histoire d'Adam et Eve qui mangent de l'arbre, l'expulsion du paradis, tout cela est un symbole. Elle contient des mystères divins, des significations générales et des explications merveilleuses.
Seuls les initiés aux secrets, et ceux qui s'approchent de la cour du Tout-Puissant, connaissent ces mystères. Aussi, ces versets de la Bible ont-ils de nombreuses interprétations.
Nous allons expliquer l'une d'entre elles, et nous dirons qu'Adam signifie l'esprit céleste d'Adam et Eve son âme humaine; car dans certains passages des livres saints où l'on parle de la femme, cela veut dire l'âme de l'homme.
Quant à l'arbre du bien et du mal, c'est le monde humain; car le monde spirituel et divin est uniquement bon et absolument lumineux, tandis que dans le monde humain, la lumière et les ténèbres, le bien et le mal ont une existence opposée.
Le serpent, c'est l'attachement au monde humain; cet attachement de l'esprit au monde humain fut la cause que l'âme et l'esprit d'Adam furent conduits du monde de la liberté à celui de la servitude, et qu'ils se tournèrent du royaume de l'unité vers le monde humain.
Et lorsque son esprit et son âme entrèrent dans le monde humain, Adam sortit d'un paradis de liberté pour tomber dans un monde de servitude. Après avoir été dans les hauteurs de la sainteté et du bien absolu, il entra dans le monde du bien et du mal.

L'arbre de vie, c'est le degré suprême de l'existence : c'est la condition du Verbe de Dieu et de la manifestation universelle. Aussi, cette condition a été préservée, jusqu'au jour où, dans l'apparition de la plus noble des manifestations universelles, elle est devenue visible et évidente.
Car la condition d'Adam, par rapport à l'apparition et à la manifestation des perfections divines, était la condition de l'embryon; celle du Christ fut la condition de la maturité et de l'âge de raison; et le lever de l'Astre Sublime faut le degré de la perfection de l'essence et de la perfection des qualités.
Voilà pourquoi, dans le sublime paradis, l'arbre de vie est l'expression du centre de la sainteté absolue, et de la pureté suprême, c'est-à-dire de la manifestation divine universelle.
Depuis le temps d'Adam jusqu'au Christ, on ne parla que peu de la vie éternelle et des perfections universelles du royaume. Cet arbre de vie, c'était la condition de la réalité du Christ : par sa manifestation il a été planté et orné de fruits éternels.
Maintenant, voyez combien cette signification est conforme à la vérité; car l'esprit et l'âme d'Adam, lorsqu'ils étaient attachés au monde humain, passèrent du monde de liberté à celui de servitude, et sa postérité, dans une attitude identique, le suivit.
Cet attachement de l'esprit et de l'âme au monde humain, qui est le péché, fut hérité par les descendants d'Adam, et devint le serpent qui fut continuellement dans l'esprit de ses descendants : cette adversité dure toujours.
Car l'attachement au monde humain est devenu la cause de la servitude des esprits, et cette servitude est comme le péché qui a été transmis d'Adam à sa postérité : c'est à cause de cet attachement que les hommes ont été privés de la spiritualité essentielle des conditions élevées.
Et lorsque les saintes brises du Christ et les lumières sacrées de l'Astre Sublime se répandirent, les hommes véritables, c'est-à-dire ceux qui s'étaient tournés vers le Verbe de Dieu et recevaient l'abondance de ses bienfaits, furent libérés de ce péché et de cet attachement; ils parvinrent à la vie éternelle et, libres des chaînes de la servitude, ils entrèrent dans le monde de la liberté : ils furent affranchis des vices du monde humain et reçurent les bienfaits des vertus du royaume.

Telle est l'explication des paroles où il dit : "J'ai donné mon sang pour la vie du monde." C'est-à-dire, j'ai choisi toutes ces afflictions, ces souffrances et ces calamités, jusqu'au martyre suprême, pour atteindre ce but : le pardon des péchés; c'est-à-dire que les esprits se détachent du monde humain, et soient attirés par le monde divin; afin que se lèvent des âmes qui deviennent des essences du salut et reflètent les perfections du royaume suprême!
Remarquez que si, selon la supposition des peuples du Livre, il fallait prendre ces paroles selon leur sens apparent, ce serait l'iniquité absolue, la prédestination complète.
Si Adam a péché en s'approchant de l'arbre défendu, quelle est la faute du glorieux Abraham ? Quelle est l'erreur de Moïse, l'interlocuteur ? Quel est le crime de Noé, le prophète ? Quelle est la désobéissance de Joseph, le sincère ? Quelle est la faute des prophètes de Dieu, et quel est le délit de Jean, le chaste?
La justice de Dieu peut-elle accepter que ces manifestations éclairées, par la faute d'Adam, aient été tourmentées dans les supplices de l'enfer jusqu'au jour où le Christ est venu, les a rachetées par son sacrifice et les a affranchies des supplices terribles? Une telle pensée est contraire à toute loi et à toute coutume, et jamais un être intelligent ne l'acceptera.
Non, cela signifie ce qui a été dit : Adam, c'est l'esprit d'Adam, et Eve, son âme; l'arbre, c'est le monde humain; le serpent, l'attachement à ce monde, qui constitue le péché et qui a pénétré la postérité d'Adam, Le Christ a libéré les hommes de cet attachement par ses brises saintes, et il les a affranchis de ce péché.

Ce péché, chez Adam, est en proportion de son rang : bien que de cet attachement il y ait eu de bons résultats, néanmoins, en comparaison avec l'attachement au monde spirituel, l'attachement au monde matériel est considéré comme un péché : les bonnes actions des justes sont encore des péchés pour les peuples de l'approche; ceci est établi.
Ainsi, la force corporelle est l'impuissance à côté de la force spirituelle : oui, celle-là à côté de celle-ci, c'est uniquement de la faiblesse.
Pareillement, la vie corporelle, à côté de l'existence du royaume et de la vie éternelle, est considérée comme la mort. Ainsi, le Christ a appelé mort la vie corporelle, et il a dit : "Laissez les morts enterrer les morts." Bien que les gens dont il parlait eussent la vie corporelle, à ses yeux cette vie était une mort.
Telle est une des significations de l'histoire d'Adam dans la Bible. Réfléchissez, et vous en trouverez encore d'autres.

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Chapitre: II.31. Le blasphème contre le Saint-Esprit

Question. - "C'est pourquoi Je vous dis que tout péché de blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne leur sera point pardonné. Et si quelqu'un a parlé contre le Fils de l'homme, il pourra lui être pardonné; mais celui qui aura parlé contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce monde ni dans le prochain" (saint Matthieu, XII, 31, 32).
Réponse. - Les saintes réalités des manifestations de Dieu ont deux conditions spirituelles. L'une consiste à être le lieu de la manifestation que je compare au disque du soleil; l'autre est le resplendissement de la manifestation, qui est comme la lumière du soleil; ce sont les perfections de Dieu, l'Esprit-Saint;
car l'Esprit-Saint est la bonté et les perfections de Dieu, lesquelles peuvent se comparer à la lumière et à la chaleur du soleil.
Le soleil n'est le soleil qu'à cause de ses rayons brillants : sans eux il ne serait pas le soleil; si la manifestation et la réflexion des perfections divines n'étaient pas dans le Christ, Jésus ne serait pas le Messie. Il est une manifestation parce qu'il a réfléchi en lui les perfections divines; les prophètes de Dieu sont des manifestations, car les perfections divines, c'est-à-dire le Saint-Esprit, sont apparentes en eux.
Si quelqu'un demeure éloigné de la manifestation, peut-être sera-t-il un jour éveillé, car il ne la connaît pas, il ne sait pas que c'est la manifestation des perfections de Dieu. Mais s'il se détache des perfections de Dieu elles-mêmes, c'est-à-dire du Saint-Esprit, c'est une preuve qu'il est comme une chauve-souris qui s'éloigne du soleil.

Ce détachement des lumières est irrémédiable et impardonnable, c'est-à-dire qu'il est impossible d'être tout de même auprès de Dieu.
Cette lampe n'est une lampe qu'à cause de la lumière; sans elle, elle ne serait pas une lampe. Or, si quelqu'un se détache de la lumière de la lampe, il est aveugle et ne peut comprendre la lumière.
Cet aveuglement est une cause de privations éternelles, car il est évident que les êtres reçoivent les bienfaits de la bonté du Saint-Esprit qui apparaît dans les manifestations de Dieu, et non de la personnalité de la manifestation; et si quelqu'un ne reçoit pas les bienfaits de la bonté du Saint-Esprit, il est privé de la bonté de Dieu. Et cette privation même est impardonnable.
Voilà pourquoi il y a eu bien des gens qui étaient hostiles aux manifestations de Dieu, ne sachant pas qui elles étaient et qui, une fois qu'ils le surent, devinrent leurs amis.
Ainsi, l'hostilité contre les manifestations ne fut pas une cause de privations éternelles, car ces gens furent ennemis du chandelier, et ne savaient pas qu'il était le flambeau des lumières divines. Ils n'étaient pas ennemis de la lumière; et lorsqu'ils comprirent que le chandelier était le lieu de la manifestation des lumières divines, ils devinrent des amis véritables.
Bref s'éloigner du chandelier ne cause pas une privation éternelle, car on peut être éveillé et averti; tandis qu'être l'ennemi de la lumière, c'est la privation éternelle et irrémédiable.

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Chapitre: II.32. "Il y a beaucoup d'appelé et peu d'élus"

Question. - Le Christ dit dans l'Evangile : "Il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus"; et dans le Qur'an il est écrit :"Il réserve spécialement sa miséricorde pour qui II veut." Quelle est la sagesse de tout cela ?
Réponse. - Sachez que l'ordre et la perfection dans l'universalité de l'existence exigent que la vie apparaisse sous des formes illimitées. Car les êtres existants ne pourraient pas se réaliser dans un seul degré, un seul rang, une seule manière, un seul genre, une seule espèce : ils dépendent sans aucun doute de la différence des degrés, des distinctions de formes et des variétés de genres et d'espèces. C'est dire qu'il est nécessaire qu'ils soient répartis entre les différents degrés du minéral, du végétal, de l'animal et de l'homme.
Le monde, avec l'homme seul, ne serait pas arrangé, paré, organisé, perfectionné; de même, avec l'animal seul, le végétal seul, le minéral seul, ce monde ne présenterait pas un spectacle merveilleux, une organisation puissante, et une parure délicieuse.
Certes, il dépend de la variété des degrés, des rangs, des genres et des espèces, que l'existence resplendisse de la Perfection la plus grande. Ainsi cet arbre, s'il devenait entièrement fruit, ne serait pas un végétal parfait; car les feuilles, les fleurs et les fruits sont également nécessaires pour qu'un végétal resplendisse de la beauté et de la perfection les plus grandes.

De même, considérez le corps humain, composé de différents organes, parties et membres; la beauté et la perfection de l'existence humaine exigent l'existence de l'ouïe, de la vue, du cerveau, et aussi celle des ongles et des cheveux.
S'il devenait entièrement cerveau, ou oeil ou oreille, l'homme serait complètement défectueux. Ainsi l'absence de cheveux, de sourcils, d'ongles, de dents est un défaut absolu; bien qu'en comparaison avec l'oeil ces organes soient sans perfection, et qu'ils ressemblent à un minéral ou à un végétal, pourtant, leur absence dans l'homme est extrêmement préjudiciable et fâcheuse.
Comme les rangs des existences sont différents, et que la distinction consiste en ceci, qu'il y a des êtres supérieurs et des êtres inférieurs, la sélection de certaines créatures pour le rang suprême, comme l'homme, le choix, pour d'autres êtres, d'un rang moyen, comme le végétal, la mise d'autres créatures au rang le plus bas, comme le minéral, sont dus au vouloir et au désir de Dieu.
L'établissement de l'homme au rang suprême tient donc à la bonté de Dieu; et les différences qui existent entre les hommes, en ce qui concerne la capacité de progrès spirituel et de perfections divines, tiennent aussi à la sélection par Dieu. Car la foi, qui est la vie éternelle, est une preuve de la bonté divine, non un résultat de la justice.
La flamme du feu de l'amour tient, dans ce monde de poussière et d'eau, au pouvoir d'attraction, et non aux efforts et aux tentatives. (Pourtant, grâce aux efforts et à la persévérance, le savoir, la science et les autres perfections peuvent s'acquérir.)
Il faut donc que les lumières de la beauté divine transportent et entraînent les esprits, par leur force d'attraction.
Par conséquent, s'il est dit : "Il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus", les êtres matériels, dans leur degré et dans leur rang, ne sont pas pour cela blâmés, jugés, rendus responsables.

Par exemple, le minéral dans son degré, l'animal dans son degré, le végétal dans son degré sont approuvés; mais si, dans leur propre degré, ils demeurent imparfaits, ils seront blâmés : le degré lui-même est tout à fait parfait.
Quant aux différences qui existent dans l'espèce humaine, elles sont de deux sortes : l'une est une différence de rang pour laquelle il n'y a pas de blâme : l'autre est une différence de foi et de certitude dont la perte est blâmable; car cet être est soumis à ses désirs et à ses passions qui le privent d'un pareil bienfait et l'empêchent de ressentir le pouvoir d'attraction de l'amour de Dieu.
Bien qu'un tel homme soit loué et approuvé pour son rang, comme il s'est privé des perfections de ce rang, il devient une mine d'imperfections, et pour cela il est répréhensible.

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Chapitre: II.33. Le retour

Question. - Voulez-vous expliquer la question du"retour" ? Réponse. - Bahá'u'lláh, dans le Livre de la Certitude, a expliqué ce sujet en détail et nettement : lisez-le, et la question vous paraîtra claire et nette. Mais puisque vous le demandez, je vais l'expliquer brièvement. Nous débuterons avec l'Evangile.
Il résulte clairement de l'Evangile que, lorsque Jean, fils de Zacharie, apparut et donna aux hommes la bonne nouvelle du royaume de Dieu, on lui demanda : "Qui es-tu ? Es-tu le Messie promis ?" Il répondit : "Je ne suis pas le Messie." Alors on lui demanda : "Es-tu Elie ?" Il dit :"Non." Ces paroles montrent et prouvent à l'évidence que Jean, fils de Zacharie, n'était pas l'Elie promis.
Mais, au jour de la transfiguration sur le mont Tabor, le Christ dit sans détour que Jean, fils de Zacharie, était l'Elie promis. Au chapitre IX, versets 10 à 12, de l'Evangile de saint Marc, il est dit : "Alors ils l'interrogèrent et dirent : Pourquoi les scribes disent-ils qu'il faut qu'Elie vienne le premier ?"En réponse, il leur dit; "Il est vrai qu'Elie doit venir le premier et rétablir toutes choses, de la façon dont il est écrit au sujet du Fils de l'homme qui doit venir, souffrir beaucoup et être méprisé. Mais je vous dis qu'Elie est même venu, et qu'ils lui ont fait ce qu'ils ont voulu."
Au chapitre XVII, verset 13, de saint Matthieu, il est dit : "Alors les disciples comprirent que c'était de Jean-Baptiste qu'il leur avait été parlé." Ils demandèrent : "Jean-Baptiste, es-tu Elie ?" Il répondit: "Non"; bien qu'il soit dit dans l'Evangile que Jean-Baptiste était l'Elie promis, et que le Christ également l'ait dit clairement. Donc, si Jean était Elie, pourquoi le nia-t-il et s'il ne l'était pas, comment le Christ l'affirma-t-il ?

C'est que, dans ce cas, il ne faut pas considérer la personne, mais bien la réalité des perfections; c'est-à-dire que ces perfections, qui se rencontraient dans Elie, existaient de la même façon chez Jean-Baptiste.
Donc, Jean-Baptiste était l'Elie promis : dans ce cas, on ne doit pas regarder l'essence, mais bien les qualités.
Ainsi, l'an dernier, il y avait une fleur; cette année aussi cette fleur est venue; moi je dis que la fleur de l'an dernier est revenue. Je ne veux pas dire que cette même fleur, dans sa propre individualité, soit exactement revenue; mais comme cette fleur possède les qualités de celle de l'an dernier, qu'elle a le même parfum, la même délicatesse, la même couleur, la même forme, on dit que la fleur de l'an dernier est revenue, et que celle-ci est celle-là.
Quand le printemps arrive, on dit que le printemps de l'an dernier _ revient; car ce qui se trouvait au printemps dernier existe encore à celui-ci. C'est pour cela que le Christ disait : "Tout ce qui est arrivé au temps des prophètes antérieurs, vous le verrez."
Donnons une autre explication : la graine de l'an dernier a été semée : des branches et des feuilles ont poussé, des fleurs et des fruits sont apparus et tout cela aboutit encore à la graine. Lorsqu'on sèmera cette seconde graine, un arbre viendra, et de nouveau ces feuilles, ces fleurs, ces branches, ces fruits reviendront et un nouvel arbre apparaîtra. Comme nous retrouvons cette année la graine de l'an passé, nous disons que la première graine est aussi la seconde et que la graine est revenue. Si nous considérons la matière de l'arbre, la matière est différente; mais si nous considérons les fleurs, les feuilles, les fruits, c'est le même parfum, le même goût, la même douceur. Donc ces perfections de l'arbre sont revenues une seconde fois.

De même, si nous regardons la personne, c'est une autre personne : mais si nous considérons les qualités et les perfections, les mêmes perfections et qualités sont revenues.
Donc quand le Christ disait : "C'est Elie", cela voulait dire : cet homme est l'apparition de la bonté, des perfections, du caractère, des qualités et des vertus d'Elie. Et Jean-Baptiste pouvait dire : "Je ne suis pas Elie." Le Christ regardait les qualités, les perfections, le caractère, les vertus de tous les deux, tandis que Jean considérait son être physique et sa personnalité.
C'est comme ce flambeau qui était là hier soir : il éclaire aussi ce soir, et demain soir, de même, il brillera. Nous disons que le flambeau de ce soir est la même lumière que celle d'hier soir, et qu'elle est revenue. Il s'agit de la lumière, non de l'huile, de la mèche, ou du chandelier.
Et cette explication se trouve développée et détaillée dans le Livre de ta Certitude.

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Chapitre: II.34. La confession de Pierre

Question. - Dans l'Evangile de saint Matthieu, le Christ dit à Pierre : "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église." Réponse. - Cette parole du Christ est une confirmation de celle de Pierre. Lorsque le Christ avait demandé : "Qui pensez-vous que je suis ?", il avait dit : "Je pense que tu es le Fils du Dieu vivant." A quoi le Christ lui avait répondu :"Et toi, tu es Pierre (car Céphas en syro-chaldaïque veut dire pierre), et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise." Les autres, au contraire, avaient répondu au Christ qu'il était Elie, d'autres Jean-Baptiste, d'autres Jérémie ou l'un des prophètes.
Le Christ voulait, par une métaphore ou une image, confirmer la phrase de Pierre. C'est pourquoi, comme son nom signifiait une pierre, il dit : "Tu es une pierre, et sur toi je bâtirai mon Eglise." C'est-à-dire, ta croyance que le Christ est le Fils du Dieu vivant sera le fondement de la religion de Dieu; et, sur cette croyance, le fondement de l'Eglise de Dieu, c'est-à-dire de la loi de Dieu, sera établi.
Quant à l'existence de la tombe de saint Pierre dans Rome, elle est douteuse; elle n'est rien moins qu'authentique: on prétend qu'elle est à Antioche.
D'ailleurs, comparons les actes de certains papes avec la religion du Christ. Le Christ, affamé et sans abri, se nourrissait d'herbes dans la campagne, et redoutait de blesser même les sentiments de qui que ce fût. Les papes s'assoient dans des carrosses dorés et passent leur temps dans la splendeur la plus grande, au milieu des plaisirs et d'un luxe tels que les rois n'ont jamais connu des richesses et une vénération pareilles.

Le Christ n'a blessé personne : il y a des papes qui ont fait tuer bien des innocents. Consultez l'histoire. Que de sang les papes ont versé pour conserver le pouvoir temporel! Pour des différences d'opinion, ils ont arrêté, emprisonné, tué des milliers de serviteurs de l'humanité, des savants qui avaient découvert les mystères des créatures. Combien ils ont apporté d'entraves à la découverte de la vérité!
Considérez les instructions du Christ, et étudiez les moeurs et les coutumes des papes! Voyez : peut-on trouver la moindre ressemblance entre les instructions du Christ et les manières de gouverner des papes ? Nous n'aimons pas à critiquer, mais les pages de l'histoire du Vatican sont vraiment surprenantes! Je veux dire que les instructions du Christ et les manières de gouverner des papes sont deux choses différentes qui ne cadrent nullement entre elles.
Voyez combien on a tué de protestants, tous sur l'ordre des papes; à combien d'injustices et de cruautés ils ont donné libre cours; combien de châtiments et de tortures ils ont ordonnés. Peut-on respirer dans ces actions le moindre des doux parfums du Christ? Non, par Dieu ! ces gens-là n'ont pas suivi le Christ; tandis que sainte Barbe, dont vous voyez ici l'image, elle, a suivi le Christ; elle a marché sur ses traces, et a mis en vigueur ses instructions.
Cela n'empêche pas qu'il y' eut parmi les papes des âmes saintes qui ont suivi les traces du Christ, surtout dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, alors que les biens temporels manquaient, et que les épreuves divines étaient plus pénibles. Mais lorsque les biens du pouvoir leur appartinrent, et qu'ils eurent la gloire et la fortune temporelles, les papes, dans leurs procédés de gouvernement, oublièrent complètement le Christ : ils s'occupèrent du pouvoir, de la gloire, du repos et des richesses temporelles. Ils se mirent à tuer, à faire obstacle à la propagation des connaissances et à tourmenter les savants : la lumière de la science s'éteignit, et ils donnèrent l'ordre de massacrer et de piller. Des milliers de savants et d'hommes instruits innocents furent assassinés dans les prisons de Rome!

Avec toutes ces moeurs et ces actions, comment peut-on accepter le vicariat du Christ ? Le Saint-Siège a constamment fait obstacle à la science; si bien qu'en Europe on admet que la religion est l'adversaire de la science, et que la science détruit les fondements de la religion.
Alors que, au contraire, la religion de Dieu est la promulgatrice de la vérité, la fondatrice de la science et de la connaissance, qu'elle est pleine d'affection pour les savants, qu'elle est la civilisatrice de l'humanité, qu'elle a découvert les mystères des créatures et projeté la lumière sur les horizons. Comment, dans de telles conditions, serait-elle l'adversaire de la science ?
J'en demande pardon à Dieu! Pour Dieu, la science est la plus belle des qualités de l'homme, et la plus noble de ses perfections.
S'opposer à la science, c'est faire acte d'ignorant, et celui qui déteste la science et les connaissances n'est pas un homme, mais un animal sans intelligence; car la science c'est la lumière, la vie, la félicité, la perfection, la beauté, et le moyen d'approcher le seuil de l'unité; c'est l'honneur et la vertu de l'humanité, et la plus grande faveur de Dieu! La science, c'est le salut, et l'ignorance la perte sans recours.
Heureux ceux qui passent leurs jours à acquérir les sciences, a découvrir les mystères des créatures et à pénétrer les détails de la vérité; et malheur à ceux qui se résignent dans l'ignorance et la bêtise, dont le coeur se contente de la contrefaçon, qui sont tombés aux derniers degrés de l'ignorance et de la bêtise, et qui ont perdu leur vie!

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Chapitre: II.35. La prédestination

Question. - Comme la connaissance divine s'applique aux actes d'un individu, et qu'ils sont arrêtés sur la tablette du destin, est-il possible de s'y opposer ? Réponse. - La connaissance d'une chose n'est pas la cause de sa réalisation : en effet la connaissance essentielle de Dieu s'étend de la même façon à la réalité des choses, avant comme après leur existence, et elle ne devient pas la cause de leur existence. C'est une des perfections divines.
Ces prophéties qui, grâce à la révélation divine, ont annoncé par la bouche des prophètes la venue du Promis de la Bible n'ont pas été la cause de la venue du Christ.
Pour les prophètes, les mystères cachés du futur ont été révélés, et ils ont eu connaissance des événements de l'avenir qu'ils ont annoncés. Cette connaissance et cette annonciation n'ont pas été la cause de la venue et de la réalisation de ces événements.
Ainsi, ce soir, chacun sait que dans sept heures le soleil se lèvera; mais cette connaissance universelle ne cause pas l'apparition et le lever du soleil.
Par conséquent, la connaissance de Dieu dans le domaine des contingences n'équivaut pas à la production de la forme de ces contingences; au contraire, cette connaissance est affranchie des divisions du passé, du présent et de l'avenir : elle est l'apparition même des choses et non pas la cause de leur apparition.
De même, la fixation et la mention d'une chose dans les Ecritures saintes ne deviennent pas la cause de sa réalisation.
Les prophètes, par la révélation divine, ont appris que telle chose doit arriver; par exemple, par la révélation divine, ils ont appris que le Christ serait martyrisé, et ils l'ont annoncé. Est-ce que leur savoir et leur connaissance furent la cause du martyre du Christ ? Non, cette connaissance correspond à leur état de perfection, et n'est pas la cause de la réalisation du martyre.

Les mathématiciens, par les calculs astronomiques, savent qu'une éclipse de lune ou de soleil va se produire. Certes cette découverte n'est pas la cause de l'éclipse. Ceci est une analogie, non une image.

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Chapitre: III.36. Les cinq aspects de l'esprit

Sachez que, d'une façon générale, l'esprit se présente sous cinq aspects différents. Premièrement l'esprit végétal : c'est le pouvoir qui résulte de l'arrangement des éléments et mélange des substances, par l'ordre du Très-Haut, de leur influence les uns sur les autres et de leurs relations réciproques.
Quand ces substances et ces éléments sont séparés les uns des autres, le pouvoir de croissance est aussi détruit. De même, l'électricité est produite grâce à la combinaison de quelques éléments et, par la seule dissociation de ces substances, la force électrique est détruite et perdue. Tel est l'esprit végétal.
Ensuite vient l'esprit animal qui, lui aussi, tient au mélange des éléments composants; mais cette composition est plus parfaite.
Par le décret du Tout-Puissant, un mélange parfait est obtenu : c'est l'esprit animal dont les caractéristiques sont les sens, lesquels font connaître la réalité des choses sensibles par la vue, l'ouïe, l'odorat et le toucher, Cet esprit aussi, après la dissociation et la séparation des substances composantes, disparaît naturellement.
C'est comme cette lampe que vous voyez : lorsque l'huile, la mèche et le feu se trouvent réunis, la lumière est obtenue; mais quand l'huile est finie, quand la mèche est brûlée et que ces substances sont dissociées, la lumière aussi est détruite et perdue.
Quant à l'esprit humain, on peut le comparer à l'effet, sur un miroir, de la bonté du soleil.
Le corps de l'homme, 'qui est aussi un composé d'éléments, est combiné et mélangé dans la forme la plus accomplie : c'est l'établissement le plus solide, la combinaison la plus noble, l'existence la plus parfaite. Il se développe et pousse par l'esprit animal.

Ce corps parfait est comparable à un miroir, et l'esprit de l'homme au soleil. Si le miroir se brise, la bonté du soleil n'en subsiste pas moins; si le miroir est détruit ou disparaît, cela ne change rien à la bonté du soleil, lequel dure toujours.
C'est cet esprit qui fait les découvertes : il s'étend sur tout ce qui existe; tous ces signes nouveaux, ces arts, ces découvertes, ces inventions glorieuses, ces événements importants de l'histoire que vous connaissez, c'est à lui que tout cela est dû.
Du monde de l'invisible et du caché, il le conduit, par la force spirituelle, à la condition de visibilité. Ainsi l'homme est sur terre, il ait une découverte dans le ciel; des réalités connues, c'est-à-dire des chose' qu'il connaît, il découvre les choses inconnues.
Par exemple, il est dans cette partie du monde; cependant, grâce à son intelligence, comme Christophe Colomb, il découvre l'autre partie, l'Amérique, qui était inconnue et ignorée.
Le corps est pesant, mais à l'aide d'un appareil qu'il découvre, il vole dans l'air. Il se meut lentement, mais grâce à des véhicules qu'il invente, il traverse avec la plus grande rapidité l'est et l'ouest. Bref, ce pouvoir s'applique à tout ce qui existe.
Mais cet esprit humain a deux aspects, il est ou divin ou satanique; ou bien il est capable de la plus grande perfection, ou bien il est capable de la plus grande imperfection.
S'il acquiert des vertus, l'homme devient la plus noble des contingences, mais s'il acquiert des vices, il sera la plus vile des créatures.
Le quatrième degré de l'esprit, c'est l'esprit céleste : c'est l'esprit de foi et la bonté de Dieu. Il vient des souffles du Saint-Esprit et, par le pouvoir divin, il est la cause de la vie éternelle.
C'est ce pouvoir qui rend céleste l'homme terrestre et parfait l'homme imparfait. Il rend pur celui qui est impur, éloquent celui qui est muet; il purifie et sanctifie celui qui est prisonnier des passions charnelles; il rend savant l'ignorant.

Le cinquième esprit est le Saint-Esprit. C'est l'intermédiaire entre Dieu et la créature. C'est comme un miroir placé devant le soleil.
De même qu'un saint miroir extrait la lumière du soleil et en transmet à d'autres la bonté, de même le Saint-Esprit est l'intermédiaire des lumières sacrées qui viennent du Soleil de Réalité, et qu'il fait parvenir aux saintes réalités.
Il est orné de toutes les perfections divines. Chaque fois qu'il se manifeste, le monde est renouvelé, un cycle nouveau est fondé; le corps de l'humanité revêt une nouvelle parure.
On peut le comparer au printemps; chaque fois qu'il arrive, le monde passe d'un état à un autre. A la venue de la saison printanière, la terre noire, les champs et les déserts se transforment en prairies et en pâturages; toutes sortes de fleurs et d'herbes odorantes poussent; les arbres renaissent, les fruits nouveaux apparaissent, un nouveau cycle est fondé.
Et l'on peut dire que chaque fois que le Saint-Esprit apparaît, le monde humain est renouvelé et qu'un nouvel esprit lui parvient : l'existence revêt une parure de valeur; les ténèbres de l'ignorance sont dissipées et les lumières du savoir brillent.
C'est par ce pouvoir que le Christ a renouvelé son cycle, que le céleste printemps, avec la fraîcheur et la douceur les plus exquises, a planté sa tente dans le monde de l'homme, et que les brises vivifiantes ont parfumé l'odorat de ceux qui étaient éclairés.
C'est ainsi que la manifestation de Bahá'u'lláh fut comme une saison nouvelle, apparaissant avec les brises saintes, avec l'armée de la vie éternelle, et avec le pouvoir divin.
Il établit le trône de son royaume divin au centre du monde; et, par le Saint-Esprit, il fit revivre les hommes et institua un cycle nouveau.

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Chapitre: III.37. La Divinité ne peut être connue que par l'intermédiaire des manifestations de Dieu

Question. - Quelle est la nature de la réalité de la Divinité et de ses rapports avec les aurores et les orients divins ? Réponse. - Sachez que la réalité de la Divinité, la substance de l'Essence d'Unité, est pure sainteté et absolue sanctification, c'est-à-dire qu'elle est au-dessus et au-delà de toute louange.
L'ensemble des attributs suprêmes du degré des choses existantes n'est, pour ce degré suprême, que pure imagination : c'est une chose invisible, inaccessible, incompréhensible, une essence absolument indescriptible; car l'Essence divine contient les choses, et tous les êtres sont contenus. Et certes, le contenant est plus grand que le contenu, et le contenu ne peut comprendre le contenant ni en saisir la réalité.
Les intelligences auront beau progresser et parvenir au plus haut degré de la compréhension, elles n'arriveront jamais plus loin qu'à voir les signes et les attributs de la Divinité dans le monde de la création, et non dans le monde de Dieu.
En effet, l'essence et les attributs du Seigneur de l'Unité sont dans les hauteurs de la sainteté et, pour les intelligences et les compréhensions, il n'y a pas de chemin qui mène à ce degré suprême : "Le chemin est fermé, et la recherche est interdite".

Il est clair que l'intelligence humaine est une qualité de l'être humain, et que l'homme est un signe de Dieu; comment la qualité d'un signe peut-elle comprendre celui qui ait naître le signe ? C'est-à-dire comment l'intelligence, qui est une qualité de l'homme, peut-elle parvenir à Dieu?
C'est pourquoi la réalité de la Divinité est cachée à toutes les compréhensions et voilée pour les intelligences de tous les hommes. Il est absolument impossible d'atteindre ce degré.
Nous voyons que tout ce qui est inférieur est impuissant à comprendre la réalité de ce qui est supérieur. Ainsi la pierre, la terre, l'arbre auront beau s'élever, ils ne peuvent comprendre la réalité de l'homme ni imaginer les facultés visuelle, auditive, ou les autres sens, bien que tout cela soit des choses créées.
Donc l'homme, qui est créé, comment pourrait-il parvenir à la réalité de la pure essence du Créateur ? Ce degré est inaccessible à l'intelligence : aucune explication ne permet de le concevoir; et nul pouvoir n'en peut indiquer l'accès.
Qu'est-ce qu'un grain de poussière peut avoir à faire avec le pur univers, et quel rapport y a-t-il entre l'intelligence limitée et le monde infini?
L'intelligence est impuissante à comprendre Dieu, et les âmes sont troublées s'il s'agit de l'expliquer. "Les yeux ne peuvent le voir, mais Lui, Il voit les yeux; et Il est l'Omniscient, l'Informé".
Par conséquent, toute mention et toute explication de ce plan d'existence sont forcément défectueuses, tout éloge et toute description sont insuffisants, toute conception est vaine, et tout approfondissement de la question est futile.
Mais pour cette Essence des essences, cette Vérité des vérités, ce Mystère des mystères, il y a dans le monde de l'existence des reflets, des aurores, des apparitions, des resplendissements.
Les levers de ces aurores, le lieu de ces reflets, le théâtre de ces apparitions sont les saints orients, les réalités universelles, et les existences divines, qui sont les vrais miroirs de la sainte Essence de Dieu.

Toutes les perfections, les bienfaits, les splendeurs, qui viennent de Dieu, sont visibles et évidents dans la réalité des saintes manifestations, comme le soleil, qui resplendit avec toutes ses perfections et ses bienfaits dans un miroir poli et clair.
Si l'on dit que les miroirs sont les manifestations du soleil et les aurores de l'astre levant, cela ne signifie pas que le soleil soit descendu des hauteurs de sa sainteté, et qu'il se soit incorporé dans ce miroir; ni que la vérité illimitée se soit bornée à ce lieu d'apparition.
Dieu me pardonne ! C'est la théorie des partisans de l'anthropomorphisme. Non : toutes les qualités, les attributs, les descriptions se rapportent aux saintes manifestations; c'est-à-dire que toutes les qualités, les descriptions, les noms, les attributs que nous mentionnons se rapportent à ces manifestations de Dieu; et en vérité personne n'est parvenu jusqu'à la réalité de l'Essence de la Divinité pour pouvoir la décrire, l'expliquer, la louer ou la glorifier.
Donc tout ce que l'homme sait, trouve, comprend, des noms, des attributs et des perfections, se rapporte à ces saintes manifestations. Il n'y a pas moyen de faire autrement : "Le chemin est fermé, la recherche est interdite !"
Pourtant, nous expliquons les noms et les attributs de la Réalité divine, et nous la glorifions en lui attribuant la vue, l'ouïe, la puissance, la vie, le savoir.
Nous affirmons ces noms et attributs, non pas pour affirmer les perfections de Dieu, mais pour nier ses imperfections.
Quand nous regardons le monde contingent, nous voyons que l'ignorance est imparfaite et la science parfaite; aussi disons-nous de l'Essence sainte de Dieu qu'elle est savante. L'impuissance est une imperfection, la puissance une perfection; nous disons de l'Essence sainte de Dieu qu'elle est puissante.
Ce n'est pas que nous puissions comprendre, telles qu'elles sont, sa science, sa vue, son ouïe, sa puissance ou sa vie; c'est au-dessus de notre compréhension.

Car les noms et attributs essentiels de Dieu sont absolument identiques à son Essence, gui est au-dessus de toute compréhension. S'il en était autrement, la multiplicité des éternels serait nécessaire, et il y aurait aussi une différence entre l'essence et les attributs; et comme un Eternel est nécessaire, l'enchaînement des éternels deviendrait infini, ce qui est une erreur évidente.
Donc, toutes ces qualités, ces noms, ces descriptions, ces éloges s'appliquent aux lieux d'apparition; et tout ce que nous imaginons et supposons en dehors d'eux n'est que pure fantaisie, car nous n'avons pas de chemin qui mène à l'Invisible inaccessible.
C'est pour cela qu'il est dit : "Tout ce que vous avez distingué par l'illusion de votre imagination dans vos subtiles images mentales n'est qu'une création comme vous-mêmes et se rapporte à vous."
Il est clair que, si nous voulons imaginer la Réalité divine, cette imagination est contenue, et nous sommes le contenant; et certes le contenant est plus grand que le contenu. Ce qui prouve évidemment que, si nous imaginons une réalité divine en dehors des saintes manifestations, c'est pure fantaisie; car il n'y a pas de chemin vers la Réalité divine; laquelle est interdite à notre imagination; et ce qui vient à notre imagination est de la fantaisie.
Aussi, remarquez que tous les peuples du monde tournent autour du pouvoir des fantaisies et sont les esclaves des idoles des pensées et des imaginations. Ils ne le savent pas; ils prennent leurs fantaisies pour la réalité qui est au-dessus de la compréhension et de la description.
Ils se regardent comme les peuples de l'unité, et ils regardent les autres comme des idolâtres. Et cependant les idoles ont au moins l'existence minérale, tandis que les idoles de pensées et des imaginations de l'homme ne sont que des fantaisies : elles n'ont même pas l'existence minérale. "Et prenez exemple, ô possesseurs de perception!"

Sachez aussi que les attributs de perfection, les splendeurs de la bonté divine, les lumière' de l'inspiration sont visibles et évidentes chez toutes les manifestations sacrées;
mais le glorieux Verbe de Dieu, le Christ et le Plus-Grand Nom, Bahá'u'lláh, sont des manifestations et des évidences qui dépassent l'imagination, Car ils possédaient toutes les perfections des manifestations antérieures, et, en plus de cela, ils possédaient des perfections qui faisaient que les autres manifestations dépendaient d'eux.
Ainsi, tous les prophètes d'Israël furent des lieux de révélation : le Christ aussi reçut la révélation; mais quelle différence entre celle du Christ et l'inspiration d'Esaïe, de Jérémie, d'Elie!
Remarquez que la lumière est l'expression des vibrations de la matière éthérée; les nerfs de l'oeil sont influencés par ces vibrations et la vue se produit.
Cette lampe luit à cause des vibrations de la matière éthérée, absolument comme le soleil; mais quelle différence entre la lumière du soleil et celle des étoiles et de la lampe!
L'esprit de l'homme se manifeste et apparaît dans l'état de l'embryon, de même dans celui de l'enfance, et il éclate et resplendit d'une façon parfaite dans celui de l'âge mûr.
L'esprit est un, mais dans l'état embryonnaire il lui manque l'ouïe, la vue; tandis que, dans l'état de maturité et de perfection, il apparaît, resplendit et éclate au plus haut degré.
De même, la graine commence par donner des feuilles et devient le lieu de manifestations de l'esprit de croissance; et dans l'état de fruit, elle manifeste ce même esprit, c'est-à-dire la force végétale dans sa perfection dernière. Mais quelle différence entre la condition de la feuille et celle du fruit (car le fruit peut donner cent mille feuilles) , bien que tous deux croissent et se développent par le même esprit végétal !

Considérez la différence entre les vertus et les perfections du Christ, les splendeurs et l'éclat de Bahá'u'lláh, et les vertus des prophètes d'Israël, comme Ezéchiel ou Samuel. Ils étaient tous des manifestations de la révélation, mais il y a entre eux une différence infinie!

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Chapitre: III.38. Les trois états des manifestations de Dieu

Sachez que, bien qu'elles aient les conditions des perfections infinies, cependant les manifestations sacrées, d'une façon générale, ont trois états différents. Premièrement, l'état physique, deuxièmement, l'état humain ou état de l'âme douée de raison, troisièmement, l'état d'apparition divine et de splendeur céleste.
L'état physique est contingent car c'est la composition des éléments; et nécessairement chaque composition est soumise à la décomposition, inévitablement.
Le second état est celui de l'âme douée de raison, qui est la réalité de l'homme. Celui-ci aussi est contingent et, à ce point de vue, les manifestations sacrées partagent le sort de toute l'humanité.
Sachez que, bien que l'âme humaine existe sur la terre depuis des temps et des âges innombrables, elle est pourtant nouvelle. Mais comme elle est un signe divin, une fois que son existence a commencé, elle continue.
L'esprit de l'homme a un commencement, mais il n'a pas de fin : il continue éternellement.
De même, les espèces existant sur la terre sont récentes; car il est établi qu'il fut un temps où, sur toute la surface de la terre, ces espèces n'existaient pas. Bien plus, la terre elle-même n'existait pas. Mais il y avait le monde, qui n'est pas limité à la terre.
Je veux donc dire que, bien que l'âme humaine soit nouvelle, elle est pourtant durable, éternelle, perpétuelle.

En comparaison avec l'homme, les autres êtres sont dans le monde de l'imperfection; et l'homme est dans le monde de la perfection en comparaison avec les autres êtres. Les choses imparfaites, en arrivant au degré de perfection, deviennent éternelles. C'est un exemple que nous vous donnons, comprenez-en la signification.
Le troisième état est celui de l'apparition divine et de la splendeur céleste; c'est le Verbe de Dieu, la bonté éternelle, le Saint-Esprit. Cet état n'a ni commencement ni fin, car ces choses appartiennent au monde des contingences et non au monde divin.
Pour Dieu, le commencement est la même chose que la fin, et la fin la même chose que le commencement. Ainsi, la division en jours, en semaines, en mois, en années, hier, aujourd'hui, tout cela appartient à la terre; mais dans le soleil, on ne le connaît pas : il n'y a ni hier ni aujourd'hui, ni demain, ni mois, ni années. Tout est égal.
De même, le Verbe de Dieu est affranchi de toutes ces conditions et il est exempt des comptes, des limites et des lois du monde contingent.
Donc, la réalité d'un prophète, qui est le Verbe de Dieu et l'apparition de la perfection, n'a pas eu de commencement et n'aura pas de fin. Son lever, comme celui du soleil, est tout autre.
Par exemple, son aurore, dans le signe du Christ, eut lieu avec la splendeur et l'éclat les plus grands : et elle est éternelle et immortelle.
Voyez combien de rois conquérants sont venus, combien de vizirs et d'émirs, puissants organisateurs; tous ont disparu; tandis que les brises du Christ soufflent comme toujours, que ses lumières brillent encore, que sa mélodie résonne encore, que son étendard est toujours élevé, que ses armées combattent toujours, que sa voix divine est toujours mélodieuse, que ses nuages répandent les pluies bienfaisantes, que ses éclairs scintillent, que son éclat est brillant et lumineux et que sa splendeur est éclatante et radieuse! Il en est de même de ceux qui sont sous son ombre et brillent de sa lumière.

Il est donc clair que les manifestations possèdent trois états :l'état physique, l'état de l'âme douée de raison et l'état d'apparition divine et de splendeur céleste.
L'état corporel, certes, est appelé à se décomposer. Quant à l'état de l'âme douée de raison, bien qu'il commence, il ne finit pas : il est doué de vie éternelle. Mais la sainte réalité que le Christ désigne en disant : "Le Père est dans le Fils", n'a ni commencement ni fin.
Lorsqu'on parle de commencement, il s'agit de l'état où les manifestations se révèlent et, symboliquement, on compare le silence au sommeil. Un homme est endormi, puis, lorsqu'il se met à parler, c'est comme s'il se réveillait. Cet homme endormi, une fois réveillé, est toujours le même individu. Il n'y a aucune différence dans son état, son élévation, sa gloire, sa réalité, sa nature. L'état du silence se compare au sommeil, et celui de la manifestation au réveil. L'homme qui dort ou qui veille est le même : le sommeil est un de ses états et la veille en est un autre. On compare la période du silence au sommeil, et la manifestation et la direction à la veille.
Dans l'Evangile, il est écrit : "Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu." Il est donc clair et évident que le Christ n'est pas parvenu à l'état de Messie et à ses perfections seulement au moment de l'ablution du baptême, quand le Saint-Esprit, sous la forme d'une colombe, est descendu sur lui. Non, le Verbe de Dieu, de toute éternité, a été et sera dans les sublimités de la sanctification.

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Chapitre: III.39. L'être humain et l'être spirituel chez les manifestations de Dieu

Nous avons dit que, chez les manifestations, il y avait trois états. Premièrement, la réalité physique, qui dépend de ce corps; deuxièmement, l'individualité, c'est-à-dire l'âme douée de raison; troisièmement, l'apparition divine, qui est l'ensemble des perfections divines et la cause de la vie dans le monde, de l'éducation des hommes, de la direction des créatures et de la lumière du monde contingent.
L'état physique est l'état humain, gui est sujet à disparaître car il est dû à la composition des éléments, et tout ce qui est composé d'éléments doit nécessairement être décomposé et dispersé.
Quant à l'individualité des manifestations de Dieu, c'est une réalité sacrée et, pour cette raison, elle est pure; et en ce qui concerne sa nature et sa qualité, elle est supérieure à toute autre chose.
C'est ainsi que le soleil, par sa propre nature, crée la lumière et ne peut même pas être comparé à la lune. De même, les éléments qui composent le globe solaire ne peuvent être comparés à ceux qui composent la lune. Les éléments et la composition de celui-là produisent nécessairement de la lumière; tandis que les éléments et la composition de celle-ci n'en produisent pas mais ont besoin d'en recevoir.
Ainsi, les autres réalités humaines sont des êtres qui, comme la lune, ont besoin des lumières du soleil. Tandis que les saintes réalités sont par elles-mêmes lumineuses.
Le troisième état de l'être prophétique est la bonté divine, la splendeur de la beauté éternelle et l'éclat des lumières du Tout-Puissant.

L'individualité réelle des manifestations sacrées n'est séparée en rien de la bonté divine et de la splendeur céleste; de même, le globe solaire ne se sépare pas de la lumière solaire.
Aussi, peut-on dire que l'ascension des manifestations sacrées est simplement l'abandon de cette forme élémentaire. Par exemple, si une lampe illumine cette niche et que sa lumière cesse de l'éclairer parce que la niche est détruite, le bienfait de la lampe n'est pas interrompu pour cela.
Bref, chez les manifestations sacrées, la bonté éternelle est comme la lampe; l'individualité tient lieu de verre, et le corps humain est comme la niche : si la niche est détruite, la lampe continue à brûler.
Les manifestations divines sont autant de miroirs différents, au point de vue de leur individualité spéciale; mais ce qui se reflète dans ces miroirs, c'est un seul et unique soleil.
Il est clair que la personnalité du Christ était autre que celle de Moïse. De plus, il est certain que, dès le début, les manifestations sacrées connaissent le secret de l'existence et que, dès l'enfance, elles produisent clairement les signes de leur grandeur; comment alors, avec toutes ces bontés et ces perfections, n'auraient-elles pas le savoir ?
Nous avons parlé de trois états pour les manifestations sacrées : l'état physique, la réelle individualité et le centre d'apparition de la perfection; de même il y a le soleil, sa chaleur et sa lumière.
Les autres individus aussi ont trois états, l'état physique, celui de l'âme douée de raison, la relation de l'Esprit avec l'intelligence.
Donc, dans les cas où il est dit : "J'étais endormi; les brises divines ont passé sur moi et je me suis éveillé", c'est comme lorsque le Christ disait : "Le corps est triste et l'esprit est heureux"; ou encore lorsqu'on dit : "J'ai des ennuis, je suis tranquille, je suis troublé, etc.," Tout cela se rapporte à l'état physique et n'a rien à aire ni avec l'individualité ni avec l'état de manifestation de la Réalité divine.

Ainsi, voyez combien de milliers de vicissitudes peuvent survenir au corps humain sans que l'esprit en soit aucunement affecté. Il se peut même que certains membres du corps soient complètement perdus, mais l'essence de l'intelligence n'en subsiste pas moins et demeure.
Il peut arriver cent mille accidents à un vêtement sans que celui qui le porte soit aucunement en péril.
Ce que dit Bahá'u'lláh : "J'étais endormi, le souffle a passé sur moi et m'a réveillé", se rapporte au corps.
Dans le monde de Dieu, il n'y a ni passé, ni futur, ni présent : tout est un. Ainsi quand le Christ dit : "Au commencement était le Verbe", c'est-à-dire il était, il est et il sera; car dans le monde de Dieu, il n'y a pas de temps.
Le temps ne se rapporte qu'à la créature, non à Dieu. Par exemple, dans sa prière, le Christ dit : "Que ton nom soit sanctifié".
Cela veut dire; ton nom a été, est, et sera sanctifié. Le matin, le midi, le soir se rapportent à cette terre, mais dans le soleil, d n'y a ni matin, ni midi, ni soir !

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Chapitre: III.40. Le savoir des manifestations de Dieu

Question. - Parmi les pouvoirs que possèdent les manifestations se trouve le savoir; par quoi est-il limité ? Réponse. - Il y a deux sortes de savoir : le savoir qu'on tire de soi, et le savoir qu'on tire du monde extérieur, c'est-à-dire le savoir d'intuition et le savoir de perception.
La connaissance que, généralement, les hommes ont de toutes choses, est le résultat de la réflexion ou de l'expérience; c'est-à-dire que, ou bien par l'intelligence on imagine une chose, ou bien, l'ayant vue, une image s'en forme dans le miroir de l'âme. Le cercle de ce savoir est extrêmement limité car il dépend de l'effort et de l'étude.
Mais la seconde sorte de savoir, qui est celui qu'on tire de soi, le savoir d'intuition, est comme la connaissance et la conscience que l'homme a de lui-même.
Par exemple, l'intelligence de l'homme et l'esprit de l'homme ont conscience des différentes conditions et façons d'être des membres et des parties composantes de son corps, et sont au courant de toutes les sensations physiques; en même temps, ils connaissent leurs forces, leurs sensations et leurs conditions spirituelles.
C'est par le savoir tiré de soi que l'homme réalise et comprend les choses; car l'esprit enveloppe le corps et connaît ses sensations et ses forces. Ce savoir ne dépend pas de l'effort et de l'étude; c'est une chose qui existe, une pure faveur.
Comme les saintes réalités, les manifestations universelles de Dieu enveloppent l'essence et les qualités des créatures, contiennent et dépassent les réalités existantes et comprennent toutes choses, leur savoir est le savoir divin et non pas un savoir acquis. C'est une sainte bénédiction et une faculté divine.

Nous citerons un exemple spécial pour l'intelligence de cette question. L'homme est l'être le plus noble de la terre; il comprend les règnes animal, végétal, minéral; c'est-à-dire que ces conditions sont contenues en lui, de façon qu'il est le possesseur de ces états; il connaît leurs mystères et les secrets de leur existence. C'est un exemple, non une analogie.
Bref, les manifestations universelles de Dieu sont au courant de la réalité secrète des choses;
aussi établissent-elles des lois convenables et adaptées à l'état de l'humanité; car la religion est le lien essentiel dépendant de la réalité des choses. La manifestation, c'est-à-dire le saint législateur, si elle n'était pas informée de la réalité des créatures, ne comprendrait pas le lien essentiel qui en dépend; elle ne serait pas capable d'établir une religion conforme aux choses et qui convienne aux conditions de l'existence.
Les prophètes de Dieu, les manifestations universelles sont des médecins habiles; et le monde des contingences est comme le corps de l'homme : les lois de Dieu sont le remède et le traitement.
Le médecin, par conséquent, doit connaître chaque membre et chaque partie, il doit être au courant de la nature et de la santé du malade, pour lui donner, contre un poison violent, un remède qui lui fasse du bien. En réalité, le docteur déduit de la maladie elle-même le traitement qui convient au malade, car il diagnostique la maladie, puis il prescrit le traitement de ce mal chronique.
Jusqu'à ce que la maladie soit diagnostiquée, comment prescrire le remède et le traitement? Il faut que le médecin connaisse à fond la nature, les membres, les organes, la santé du malade, qu'il soit au courant de toutes les maladies et de tous les remèdes afin de prescrire celui qui convient.
La religion est donc le lien nécessaire qui dépend de la réalité des choses; et comme les manifestations universelles de Dieu sont au courant des mystères des créatures, elles connaissent ce lien essentiel, et elles établissent cette loi de Dieu.

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Chapitre: III.41. Les cycles universels

Question. - Comment expliquer réellement les cycles qui se produisent dans le monde de l'existence ? Réponse. - Chacun des corps lumineux de ce firmament sans limites a un cycle de révolution de durée différente, chacun se meut dans sa propre orbite et une fois encore commence un nouveau cycle.
Ainsi la terre, tous les trois cent soixante-cinq jours, cinq heures, quarante-huit minutes et une fraction, accomplit une révolution : et alors commence un nouveau cycle, c'est-à-dire que le premier cycle est encore renouvelé.
De même pour tout l'univers, qu'il s'agisse des cieux ou des hommes, il y a des cycles de grandes événements, de faits et d'incidents importants.
Lorsqu'un cycle se termine un nouveau cycle commence, et l'ancien, en raison des grands événements qui ont lieu, est complètement oublié et aucune trace ou mention n'en restera.
Comme vous le voyez, nous n'avons aucun souvenir d'il y a vingt mille ans, bien que nous ayons prouvé précédemment par argument que la vie sur cette terre est très ancienne.
Elle n'a pas cent mille, ou deux cent mille, ou un million ou deux millions d'années, elle est très ancienne, et les anciennes mentions et traces sont entièrement effacées.
De même chacune des manifestations divines a un cycle, et pendant ce cycle ses lois et commandements prévalent et ont cours. Lorsque son cycle est achevé par l'apparition d'une nouvelle manifestation, un nouveau cycle commence.
Ainsi les cycles commencent, s'achèvent et sont renouvelés, jusqu'à ce qu'un cycle universel soit achevé dans le monde, lorsque des événements importants et de grands incidents ont lieu, effaçant entièrement toute trace et toute mention du passé; alors un nouveau cycle universel commence dans le monde, car cet univers n'a pas de commencement.

Nous avons montré précédemment des preuves et évidences relatives à ce sujet; il n'est pas utile de les répéter.
En bref, nous disons qu'un cycle universel dans le monde de l'existence signifie un long laps de temps et des périodes et époques innombrables et incalculables.
Dans un tel cycle, les manifestations apparaissent avec splendeur dans le royaume du visible, jusqu'à ce qu'une grande manifestation universelle fasse du monde le centre de son éclat. Son apparition permet au monde d'atteindre sa maturité, et l'étendue de son cycle est très grande.
D'autres manifestations se lèveront ensuite sous son ombre et, selon les besoins du temps, renouvelleront certains commandements ayant trait aux questions et affaires matérielles, tout en restant sous son ombre.
Nous sommes dans le cycle qui a commencé avec Adam, et sa manifestation universelle est Bahá'u'lláh.

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Chapitre: III.42. Les pouvoirs des manifestations de Dieu et la limite de leur influence

Question. - Quel est le degré de la puissance et des perfections des trônes de vérité, les manifestations divines, et quelle est la limite de leur influence ?
Réponse. - Considérez le monde de l'existence, c'est-à-dire les choses matérielles. Le système solaire est ténébreux et obscur, et au milieu de ce système se trouve le soleil, centre des lumières; toutes les planètes de ce système évoluent autour de sa force et sont illuminées par ses bienfaits. Le soleil est cause de vie et de lumière, ainsi que de croissance et de développement pour l'ensemble des créatures de son système.
Sans ces bienfaits, aucun être vivant n'existerait dans ce monde; tout serait sombre et anéanti. Il est donc évident et clair que le soleil est le centre des lumières et la cause de la vie des êtres du système solaire.
De la même façon, les manifestations sacrées de Dieu sont le centre des lumières de la vérité, et la source des mystères et des bienfaits de l'amour; elles brillent sur le monde des coeurs et des pensées, et elles distribuent les bienfaits éternels au monde des âmes; elles donnent la vie spirituelle et resplendissent des lumières des réalités et des significations.
Tout l'éclat du monde des pensées vient de ce centre lumineux et de cette source mystérieuse. Sans le bienfait de la splendeur et de l'éducation de ces êtres saints, le monde des âmes et des pensées ne serait que ténèbres sur ténèbres; et sans les instructions irréfutables de ces sources mystérieuses, le monde humain serait la lice des appétits et des moeurs des animaux, l'existence de toute chose serait fictive, et il n'y aurait pas de véritable vie. Voilà pourquoi dans l'Evangile il est dit : "Au commencement était le Verbe" : c'est-à-dire qu'il a été la cause de toute vie.

Maintenant, considérez l'influence du soleil sur les êtres terrestres : quel profit et quel résultat ne tirent-ils pas clairement et évidemment de son approche ou de son éloignement, de son lever ou de son coucher! Tantôt c'est l'automne, tantôt c'est le printemps, tantôt l'été ou l'hiver. Lorsqu'il passe la ligne de l'équateur, le printemps vivifiant resplendit; lorsqu'il arrive au zénith, les fruits parviennent au degré de perfection, les graines et les plantes donnent leurs produits et les créatures de la terre croissent et atteignent leur développement achevé.
Pareillement, lorsque la manifestation sacrée de Dieu, qui est le soleil du monde de sa création, resplendit sur les âmes, les pensées et le' coeurs, alors le printemps spirituel arrive, une vie nouvelle apparaît, la puissance du printemps merveilleux devient visible, et des bienfaits extraordinaires sont constatés.
De même que vous l'avez remarqué, lors de l'apparition de chaque manifestation de Dieu, des progrès considérables sont constatés dans le monde de l'intelligence, de la pensée, de l'esprit. Entre autres, dans ce siècle divin, voyez quel développement a atteint le monde de l'intelligence et de la pensée : et ce n'est que le commencement de l'aurore, Avant peu, on verra que ces bienfaits nouveaux et ces enseignements divins illumineront ce monde obscur et transformeront ces tristes contrées en un paradis suprême!
Et si nous voulions expliquer les signes et les bienfaits de chacune des manifestations sacrées, cela prendrait très longtemps. Pensez-y et réfléchissez-y vous-même, et vous comprendrez cette question.

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Chapitre: III.43. Les deux sortes de prophètes

Question. - D'une façon générale, combien y a-t-il de sortes de prophètes ? Réponse. - D'une façon générale, il y a deux sortes de prophètes. Les uns sont des prophètes indépendants auxquels on obéit; les autres ne sont pas indépendants, eux-mêmes sont des disciples.
Les prophètes indépendants apportent une loi et fondent un cycle nouveau; par leur apparition, le monde revêt une nouvelle robe d'honneur, et la religion reçoit de nouvelles fondations; un livre nouveau est révélé; et sans intermédiaire, ils manifestent la bonté de la Réalité divine elle-même.
Leur spiritualité est une spiritualité essentielle comme celle du soleil qui est lumineux par lui-même, et dont la lumière est une nécessité essentielle qui ne lui vient pas d'un autre astre.
Ces orients du matin de l'unité sont les sources de la bonté et les miroirs de l'Essence de Vérité.
Les autres prophètes sont des disciples et des promoteurs. Ils ne sont pas indépendants; ce sont des branches qui manifestent la bonté des prophètes indépendants et ils reçoivent la lumière de direction du prophète universel, de même que la lune, non éclairante ni lumineuse par elle-même, reçoit la lumière du soleil.
Ces manifestations de la prophétie universelle qui sont apparues avec indépendance sont, par exemple, Abraham, Moïse, le Christ, Muhammad, le Bab, Bahá'u'lláh. Quant aux autres, qui sont eux-mêmes des disciples et des promoteurs, ils sont comme Salomon, David, Esaïe, Jérémie, Ezéchiel.

Car les prophètes indépendants étaient des fondateurs; ils ont établi une nouvelle religion et ont donné aux âmes une vie nouvelle; ils ont changé la mentalité générale, ils ont répandu des coutumes et des règles nouvelles, renouvelé le cycle et la religion. Leur apparition ressemble à celle du printemps qui revêt d'une nouvelle parure tous les êtres de la terre et leur donne une nouvelle vie.
Quant à la seconde sorte de prophètes, les disciples, ils répandent simplement la loi existante, font connaître la religion de Dieu et proclament sa parole. Ce n'est pas d'eux-mêmes qu'ils tirent le pouvoir et la force, mais ils les reçoivent des prophètes indépendants.
Question. - Bouddha et Confucius, à quelle catégorie appartenaient-ils? Réponse. - Bouddha aussi a établi une nouvelle religion, et Confucius a renouvelé les moeurs et les mentalités antiques.
Mais les fondations qu'ils avaient établies se sont entièrement effondrées. Les bouddhistes et les confucianistes ne sont aucunement restés fermes et inébranlables dans les croyances et les rites de l'origine.
Le fondateur de cette religion était une âme merveilleuse, il établit les principes de l'unité divine; mais par la suite, lorsque sa doctrine se répandit, les principes originels disparurent complètement, des pratiques et des coutumes d'ignorance prirent cours, et l'on en vint à l'adoration des statues et des images.
Or, remarquez également que le Christ a renouvelé à maintes reprises l'ordre de suivre les dix commandements de la Bible, et qu'il a confirmé leur importance.
Parmi les dix commandements, il en est un qui dit : "N'adorez pas des statues et des images." Or, aujourd'hui, dans bien des églises chrétiennes, il y a des statues et des images.
Il est donc clair es évident que la religion de Dieu ne subsiste pas dans ses principes originels au milieu des peuples, et qu'en se répandant elle change et se modifie jusqu'à ce qu'elle soit entièrement détruite et anéantie.

Alors une nouvelle manifestation paraît, et une religion nouvelle est fondée. Si la première ne se modifiait pas et ne changeait pas, le besoin d'une seconde ne se ferait pas sentir.
Au commencement, cet arbre était dans toute sa beauté, il était plein de fleurs et de fruits; mais en devenant vieux et ancien, il est devenu tout à fait stérile, il se dessèche et pourrit. C'est pour cela que le Jardinier de Vérité plante à nouveau un arbrisseau incomparable, de la même race et de la même famille que le vieil arbre, et le jeune arbre croît et se développe de jour en jour, répand une ombre étendue dans le jardin divin et donne des fruits excellents.
De même les religions, dans la suite des jours, s'écartent de leurs principes fondamentaux; la vérité de la religion de Dieu disparaît complètement, l'esprit en est perdu; les hérésies font leur apparition et c'est un corps sans âme. Voilà pourquoi elles changent.
J'en reviens à dire que les confucianistes et les bouddhistes adorent aujourd'hui des statues et des images. Ils ont complètement oublié l'unité divine; ils croient en des dieux imaginaires, comme les anciens Grecs. Mais au commencement il n'en était pas ainsi; c'étaient d'autres principes, d'autres moeurs.
Voyez également combien les principes de la religion du Christ sont oubliés, et combien d'hérésies sont venues! Ainsi le Christ a interdit les conquêtes guerrières et la vengeance; Il a ordonné la bonté et la bienveillance, en réponse à la violence et au mal. Voyez cependant, chez les chrétiens eux-mêmes, combien il y a eu de guerres sanguinaires, combien d'injustices, de cruautés, de rapacité, de sang répandu ! Beaucoup de ces guerres furent même ordonnées par les papes!
Il est donc clair et évident que, dans la suite des temps, les religions changent et se modifient entièrement. Aussi sont-elles renouvelées.

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Chapitre: III.44. Les reproches adressés aux prophètes dans les saintes Ecritures

Question. - Dans les livres saints, il y a certaines paroles de menace, comme un reproche à l'adresse des prophètes. A qui ce reproche est-il adressé et à propos de quoi ?
Réponse. - Toute parole divine qui prend la forme d'un reproche, bien qu'en apparence elle soit adressée au prophète.
s'applique en réalité au peuple. La raison de cela n'est autre que la clémence; afin que le peuple ne se désespère pas et ne perde pas confiance, la parole paraît adressée au prophète. Donc, bien qu'en apparence elle soit pour le prophète, en réalité elle est pour le peuple, et non pour le prophète. D'ailleurs, le roi tout-puissants et indépendant d'un pays est l'expression de tout ce pays; ce qu'il dit est la parole de tous, chaque pacte qu'il fait est le pacte de tous, car le désir et la volonté de tous ses sujets sont les siens propres. De même, chaque prophète est l'expression de tout le peuple; aussi, le pacte et la parole que Dieu lui adresse sont le pacte et la parole adressés à tous.
Généralement, la parole de menace et le reproche sont un peu violents pour le peuple, et ils deviendraient la cause de l'humiliation des coeurs. Aussi la sagesse parfaite exige-t-elle ce procédé.
Il ressort de la Bible elle-même que les Israélites, s'étant révoltés, dirent à Moïse : "Nous ne pouvons pas combattre les Amalécites qui sont puissants, forts et courageux." Dieu fit des reproches à Moïse et à Aaron, alors que Moïse était dans la soumission la plus grande, et non en révolte.
Et certes, un aussi grand personnage, par qui la bonté divine et la religion se répandaient, doit nécessairement obéir aux commandements de Dieu.

Ces âmes saintes sont comme les feuilles d'un arbre, qui sont mises en mouvement par le souffle du vent et non par leur propre désir, car elles sont attirées par les brises de l'amour de Dieu; leur volonté est entièrement soumise, leur parole est la parole de Dieu, leurs commandements sont les commandements de Dieu, leurs interdictions, les interdictions de Dieu.
Comme ce verre dont la lumière vient de la lampe (bien qu'en apparence la lumière semble émaner du verre, en vérité elle brille de la lampe), il en est de même pour les prophètes de Dieu, les lieux de la manifestation, dont le mouvement ou le repos dépendent de l'inspiration divine, et non des passions humaines.
Autrement, comment les prophètes seraient-ils dignes de confiance et comment seraient-ils les messagers de Dieu? Comment transmettraient-ils les commandements et les défenses de Dieu ?
Donc, chaque fois que dans les livres saints il est fait, à propos des manifestations, mention d'une faute, il s'agit d'un cas de cette nature.
Grâce à Dieu, vous êtes venue ici, et vous avez rencontré les serviteurs de Dieu! Avez-vous senti en eux autre chose que le parfum du contentement de Dieu ? Non certes!
Avec vos propres yeux vous avez vu combien, nuit et jour, ils travaillent et ils luttent, qu'ils n'ont d'autre but que la proclamation de la parole de Dieu, l'éducation des hommes, l'amélioration des masses, les progrès spirituels, la promulgation de la paix universelle, la bonne volonté pour toute l'humanité, la bienveillance envers tous les peuples, qu'ils ne veulent que se sacrifier pour le bien-être des hommes, se détacher des avantages matériels, se dévouer aux vertus de l'humanité!
Mais revenons à notre sujet. Par exemple, dans la Bible, au livre d'Esaïe, chapitre XLVIII, verset 12, il est dit.: "ô Jacob, et ô Israël, mon appelé, écoute : Je suis Lui. Je suis le premier, et je suis le dernier." Il est évident que cela ne veut pas dire Jacob qui était Israël, mais les Israélites. De même au livre d'Esaïe, chapitre XLIII, verset I, il est dit : "Mais maintenant, c'est Dieu qui t'a créé, ô Jacob, et qui t'a formé, ô Israël, qui dit : ne crains rien, car je t'ai racheté; je t'ai appelé par ton nom, tu es donc mien."

De plus, dans les Nombres, chapitre XX, verset 23, il est dit : "Dieu ayant parlé à Moïse et à Aaron vers la montagne de Hor, près des frontières du pays d'Edom, dit : Aaron sera recueilli auprès de son peuple, parce que vous avez transgressé mon commandement aux eaux de contestation; donc il n'entrera pas dans le pays que j'ai donné aux enfants d'Israël." Et au verset 13, il est dit : "Ce sont les eaux de contestation, l'endroit où les enfants d'Israël se révoltèrent contre Dieu, et il se sanctifia au milieu d'eux."
Voyez : les Israélites se révoltèrent, mais en apparence le reproche fut pour Aaron et Moïse. De même au chapitre III, verset 26, du Deutéronome, il est dit : "Dieu était en colère contre moi à cause de vous; il ne m'exauça pas et dit : cela te suffit, ne me parle plus de cette affaire."
Or, ce discours et ce reproche, en vérité, s'adressaient au peuple d'Israël qui, pour s'être révolté contre les commandements de Dieu, faut retenu longtemps captif dans le désert aride, de l'autre côté du Jourdain, jusqu'au temps de Josué (sur lui le salut !) . Ce discours et ce reproche paraissaient être pour Moïse et Aaron, mais en réalité ils étaient pour le peuple d'Israël.
De même dans le Qur'an, il est dit à Muhammad : "Certes, nous t'avons accordé une victoire évidente, afin que Dieu te pardonne tes péchés passés et présents". Ces paroles, bien qu'en apparence adressées à Muhammad, étaient pour tout le peuple.
Et c'était, comme nous l'avons vu plus haut, un effet de la sagesse parfaite de Dieu, afin que les coeurs ne fussent pas troublés, anxieux ni tourmentés.

Combien de fois il arrive que les prophètes de Dieu et les manifestations universelles, dans leurs prières, confessent leurs fautes et leurs péchés! Ce n'est qu'un enseignement pour les autres hommes, et un avertissement et un encouragement à la soumission et à la confession des fautes et des péchés. Autrement, ces âmes saintes sont pures de toute faute et affranchies de l'erreur.
Dans l'Evangile, il est écrit que quelqu'un vint trouver le Christ et l'appela "bon maître". Le Christ répondit : "Pourquoi m'appelles-tu bon ? car un seul est bon, et c'est Dieu." Cela ne voulait pas dire (Dieu soit mon refuge!) que le Christ était un criminel; c'était un enseignement de soumission, d'humilité, de modestie et de simplicité, pour celui à qui il parlait.
Ces êtres saints sont des lumières : la lumière ne s'unit pas aux ténèbres; ils sont la vie : la vie et la mort ne se confondent pas; ils sont la direction : la direction et l'erreur ne vont pas ensemble; ils sont l'obéissance réelle : l'obéissance et l'opposition ne se confondent pas.
En résumé, les parole' sous forme de reproches qu'on trouve dans les Ecritures saintes, bien qu'elles semblent destinées aux prophètes, c'est-à-dire aux manifestations de Dieu, en réalité sont destinées au peuple. Et si vous examinez attentivement les Ecritures saintes cela vous paraîtra clair et évident.

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Chapitre: III.45. " Il n'y a point, pour Celui qui est l'Orient de la Révélation, d'associé dans Son Infaillibilité suprême"

Il est dit dans le verset sacré : "Il n'y a point, pour Celui qui est l'Orient de la Révélation, d'associé dans Son Infaillibilité suprême. Il est, en vérité, l'interprète de "Dieu fait ce qu'Il veut" dans le royaume de la création. Certes, le Tout-Puissant s'est réservé exclusivement cette station et n'a donné à nul autre une part dans cette distinction hautement exaltée".
Sachez qu'il y a deux sortes d'infaillibilité : l'infaillibilité essentielle et l'infaillibilité acquise. Il y a de même le savoir essentiel et le savoir acquis; et il en est ainsi des autres noms et attributs.
L'infaillibilité essentielle est particulière à la manifestation suprême, car c'est pour elle une nécessité essentielle, et une nécessité essentielle est inséparable de la chose elle-même.
La lumière est la nécessité essentielle du soleil, et elle en est inséparable. Le savoir est une nécessité essentielle de Dieu, et il est inséparable de Dieu. La puissance est une nécessité essentielle de Dieu, et elle en est inséparable; si on pouvait l'en séparer, ce ne serait plus Dieu.
Si l'on pouvait séparer la lumière du soleil, ce ne serait plus le soleil. Donc, si l'on imagine la séparation entre l'infaillibilité suprême et la manifestation suprême, ce n'est plus la manifestation suprême, il lui manque les perfections essentielles.

Mais l'infaillibilité acquise n'est pas une nécessité de nature; au contraire, c'est un rayon de la générosité de l'infaillibilité qui, du Soleil de Réalité, brille sur les coeurs et donne aux âmes une part d'elle-même.
Bien que ces âmes n'aient pas l'infaillibilité essentielle, elles sont néanmoins sous la protection de Dieu, c'est-à-dire que Dieu les préserve de l'erreur.
C'est ainsi que de nombreux saints qui n'étaient pas des orients de l'infaillibilité suprême furent néanmoins protégés et préservés de l'erreur, à l'ombre de la protection et de la garde de Dieu; car ils étaient les intermédiaires de la grâce entre Dieu et les hommes.
Si Dieu ne les avait pas protégés de l'erreur, leur erreur aurait fait tomber les croyants dans l'erreur et les fondements de la religion divine eussent été bouleversés, ce qui n'eût pas été convenable, ni digne de Dieu.
En résumé, l'infaillibilité essentielle appartient expressément aux manifestations suprêmes, et l'infaillibilité acquise est accordée à toutes les âmes saintes.
Par exemple, la Maison Universelle de Justice, si elle est constituée selon les conditions requises, c'est-à-dire de membres élus parmi tout le peuple, sera sous la direction infaillible et la protection de Dieu. Si cette maison de justice prend une décision sur toute question non mentionnée dans le Livre, que ce soit à l'unanimité ou à la majorité, cette décision et ce commandement seront préservés de l'erreur.
Cependant, les membres de la maison de justice n'ont pas individuellement l'infaillibilité essentielle; mais le corps de la maison de justice est sous la protection et la direction infaillible de Dieu, c'est ce qu'on appelle l'infaillibilité conférée.

Bref, il est dit que l' "Orient de la Révélation" est la manifestation de "Il fait ce qu'Il veut". Ce rang est particulier à cet être saint, et les autres êtres ne partagent pas cette perfection essentielle.
C'est-à-dire que, comme les manifestations suprêmes ont assurément l'infaillibilité essentielle, tout ce qui émane d'elles est l'essence de la vérité, et est conforme à la réalité. Elles ne sont pas sous l'ombre des lois précédentes. Tout ce qu'elles disent est la parole de Dieu, tout ce qu'elles font est juste.
Nul croyant n'a le droit de critiquer; il doit se soumettre entièrement, car la manifestation s'est levée avec la sagesse suprême. De sorte que tout ce que dit et fait la Manifestation suprême est la sagesse absolue et est conforme à la réalité.
Si quelques-uns ne comprennent pas le secret caché d'un de ses commandements et d'une de ses actions, ils ne doivent pas s'y opposer, car la Manifestation suprême "fait ce qu'elle veut".
Combien de fois est-il arrivé qu'un individu intelligent, parfait et sage ait accompli une action et que d'autres, incapables d'en comprendre la sagesse, s'y soient opposés, étonnés qu'un pareil sage puisse dire ou faire une telle chose. Cette opposition venait de leur ignorance, tandis que la sagesse du sage est pure et exempte d'erreur.
De même, un médecin habile, lorsqu'il soigne un malade, "ait ce qu'il veut", et le malade n'a pas le droit de s'y opposer. Ce que le médecin dit ou fait est bien; chacun doit le considérer comme la manifestation de "il fait ce qu'il veut et ordonne ce qu'il désire".
Certes, le médecin, dans son traitement, agira contrairement à l'opinion du vulgaire, mais il n'est pas permis a ceux qui n'ont pas l'avantage de la science et de l'art médical de s'y opposer. Non, par Dieu ! Au contraire, chacun doit se soumettre et faire ce que dit le médecin compétent.

Donc, le médecin compétent"fait ce qu'il veut" et les malades ne partagent pas ce droit. Il faut d'abord s'assurer de la compétence du médecin; mais une fois cette compétence établie, "il fait ce qu'il veut".
Pareillement, lorsqu'un chef d'armée est passé maître dans l'art de la guerre, en ce qui concerne ses ordres et ses commandements, "il fait ce qu'il veut". Quand un capitaine de vaisseau est passé maître dans l'art de la navigation, pour ce qu'il dit et commande, "il fait ce qu'il veut". Et comme le véritable éducateur est l'homme parfait, pour ses paroles et ses ordres, il "fait ce qu'il veut".
Bref, la signification de "il fait ce qu'il veut" est la suivante : si la manifestation dit quelque chose, donne un ordre ou accomplit un acte et si les croyants n'en comprennent pas la sagesse, ils ne doivent même pas s'y opposer par une seule pensée, cherchant à savoir pourquoi elle a dit ou fait une telle chose.
Quant aux autres êtres, qui sont sous l'ombre des manifestations suprêmes, ils sont soumis aux commandements de la loi de Dieu, et ils ne peuvent s'en écarter, même de l'épaisseur d'un cheveu; ils doivent conformer leurs actes et leurs paroles à la Loi de Dieu. S'ils s'en écartent, ils seront tenus pour responsables et réprimandés en présence de Dieu.
Il est certain que ceux-là n'ont aucune part dans "il ait ce qu'il veut", car cette condition est particulière aux manifestations suprêmes.
Ainsi le Christ (que mon esprit lui soit sacrifié!) était la manifestation de "Il fait ce qu'II veut"; mais les apôtres n'avaient aucune part dans cette condition car ils étaient sous l'ombre du Christ et ne pouvaient s'écarter de son commandement et de sa volonté.

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Chapitre: IV.46. Modification des espèces

Nous sommes arrivés à la question de la modification des espèces et de l'évolution organique, c'est-à-dire au point de savoir si l'homme descend de l'animal.
Cette théorie a trouvé créance dans les pensées de certains philosophes européens, et il est fort difficile d'en faire comprendre maintenant la fausseté; mais dans l'avenir elle apparaîtra clairement et aisément, et les philosophes européens la saisiront d'eux-mêmes. Car, en vérité, c'est une erreur évidente.
Lorsque l'homme examine attentivement l'univers et pénètre les conditions minutieuses des choses, lorsqu'il voit l'état, l'organisation, la perfection du monde, il se convainc qu'il n'y a pas, dans le monde possible, quelque chose de mieux que ce qui existe.
Car tous les êtres existants, célestes ou terrestres, bien plus, tout cet espace sans borne et tout ce qu'il contient ont été, comme il le fallait, créés, composés, organisés, arrangés, perfectionnés : il n'y a pas la moindre imperfection. Au point que, si tous les êtres devenaient l'intelligence même et réfléchissaient pendant l'éternité, il leur serait impossible d'imaginer quelque chose de mieux que ce qui existe.
Si, de même, autrefois, la création n'avait pas été aussi parfaite et aussi bien agencée, si elle avait été plus ordinaire, alors l'existence aurait été insignifiante et imparfaite, et en ce cas la création n'aurait pas été complète. Cette question exige l'attention et la réflexion les plus grandes.
Par exemple, imaginez que le monde contingent ressemble d'une façon générale au corps humain. Si cette organisation, cet arrangement, cette perfection, cette beauté, ce fini qui existent actuellement dans le corps de l'homme ne s'y trouvaient pas, ce serait l'imperfection même.

Or, si nous pensons à un temps où l'homme aurait appartenu au monde animal, où il n'aurait été qu'un simple animal, l'existence aurait été imparfaite. C'est-à-dire qu'il n'y aurait pas eu d'homme; et ce membre suprême, qui est au corps du monde ce que le cerveau est à l'homme, aurait manqué. Le monde aurait donc été complètement imparfait.
La preuve est ainsi faite que, s'il y avait eu un temps où l'homme eût fait partie du monde animal, la perfection de l'existence eût été détruite; car l'homme est le membre supérieur de ce monde, et si un corps est privé de son membre supérieur, certes c'est un corps imparfait.
Nous considérons l'homme comme le membre supérieur car, parmi les créatures, il est la réunion de toutes les perfections existantes.
Et quand nous parlons d'homme, il s'agit de l'être parfait, le premier être du monde, qui réunit les qualités secrètes et apparentes, et qui, parmi les créatures en est comme le soleil. Pouvez-vous imaginer un temps où le soleil n'existait pas ? où il n'était qu'une étoile? Certes, dans ce temps-là, les relations entre les existences étaient détruites. Comment peut-on imaginer une pareille chose? Si quelqu'un examine le monde, ce que nous venons de dire suffit.
Il y a une autre preuve plus subtile : tous ces êtres innombrables qui peuplent le monde, l'homme, l'animal, le végétal, le minéral, quels qu'ils soient, sont chacun des composés d'éléments; et il n'y a pas de doute que cette perfection de tous les êtres provient de ce que Dieu les a créés par une combinaison d'éléments mélangés en proportions déterminées, de la nature de leur constitution ainsi que de l'interaction des autres êtres.
Par conséquent, tous les êtres sont liés les uns aux autres comme les anneaux d'une chaîne; et cette assistance, cette influence réciproques sont de l'essence des choses : elles produisent l'existence, la croissance et le développement des créatures.

Les preuves et les arguments montrent que chacun de ces êtres, en général, agit et a de l'influence sur les autres, soit directement, soit indirectement.
En somme, la perfection de chacune des créatures, c'est-à-dire la perfection que vous rencontrez chez l'homme ou en dehors de lui, en ce qui touche les atomes, les ou les facultés, est due à la composition des éléments, membres à leur mesure et à leur harmonieux équilibre, à leur mode de combinaison, et à l'influence sur l'homme des autres créatures. Lorsque tout cela est réuni, alors l'homme existe.
Et comme la perfection de l'homme est entièrement due à la composition des atomes élémentaires, à la mesure de ces éléments, à la règle du mélange, à l'influence et à l'action des différentes créatures les unes sur les autres, donc il y a dix mille ou cent mille ans, comme l'homme fut le résultat de ces mêmes éléments terrestres, d'une pareille mesure et d'un même équilibre, de cette même règle de composition et de mélange, et de la même influence des autres créatures, c'est précisément ce même homme qui a existé. Ceci est clair et ne mérite pas de discussion.
Et dans mille millions d'années, si les éléments de cet homme sont réunis, si cette mesure est obtenue et arrangée, si les éléments sont mélangés selon la même règle, et si les effets de la même influence de la part des autres créatures se font sentir, précisément, le même homme existera.
De même, si dans cent mille ans on a de l'huile, du feu, une mèche, un luminaire et quelqu'un pour l'allumer, bref, si l'on a tout ce qui, aujourd'hui, est nécessaire, la même lampe précisément sera obtenue.
Ceci se passe de preuves, c'est une chose claire. Tandis que les arguments de nos adversaires sont suspects, ils ne se passent pas de preuves.

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Chapitre: IV.47. Le monde n'a pas eu de commencement. Origine de l'homme

Sachez que c'est un des sujets spirituels les plus complexes, à savoir que ce monde, c'est-à-dire cet univers infini, n'a pas eu de commencement.
Nous avons déjà expliqué que les noms mêmes et les attributs de la Divinité supposent l'existence des créatures; et, bien que nous soyons entrés dans des détails, nous en reparlerons encore brièvement.
Sachez qu'un éducateur sans élèves ne peut se concevoir, un royaume sans sujets ne saurait exister, un maître sans disciples n'a pas de raison d'être, un créateur sans création est impossible, un pourvoyeur sans celui qui est pourvu ne s'imagine pas, parce que tous les noms et tous les attributs divins supposent l'existence des êtres.
Si l'on pouvait concevoir un temps où aucun des êtres n'existait, cette conception serait la négation de la divinité de Dieu.
De plus, la non-existence absolue ne peut devenir l'existence : si les êtres étaient la non-existence pure et simple, la vie n'aurait pas de réalité. Or, comme l'Essence d'Unité, c'est-à-dire l'existence de Dieu est éternelle et immortelle, c'est-à-dire n'a ni commencement ni fin, sans aucun doute ce monde, cet univers infini, n'a pas eu non plus de commencement.
Oui, il se peut qu'une des parties des contingences, une des planètes par exemple, soit nouvellement venue au monde ou doive prochainement être annihilée; mais les autres planètes infinies existent.
L'univers ne disparaîtra pas, ne s'éteindra pas : au contraire, la vie est éternelle et perpétuelle.
Comme chaque planète a un commencement, forcément elle a une fin, car toute composition, générale ou particulière, appartient nécessairement aux choses qui se décomposent; la seule différence est que les unes se décomposent rapidement et les autres lentement. Autrement, il est impossible qu'une chose composée ne se décompose pas.

Nous devons donc connaître quelle fut l'origine de chacune des existences importantes. (Il n'y a pas de doute qu'au commencement le principe était unique. Il ne pouvait être double, car le principe de tous les nombres est un, et non deux; et deux a besoin d'un principe.
Donc d est évident qu'à l'origine la matière est une, et qu'elle est arrivée à une forme spéciale dans chaque élément. Ainsi ont été produites les formes variées; une fois produites, chacune s'est trouvée permanente, et les éléments ont été spécialisés; mais cette confirmation ne faut définitive, n'arriva à la réalisation et à l'existence parfaite qu'après un très long temps. Alors ces éléments se combinèrent, s'arrangèrent, se mélangèrent dans des formes infinies, ou plutôt, de la combinaison et du mélange de ces éléments, des existences apparurent à l'infini.)
Cette composition et cet arrangement, par la sagesse de Dieu et sa puissance préexistante, furent produits par une seule organisation essentielle qui était composée et combinée avec la solidité la plus grande, en conformité avec la sagesse et selon une loi universelle. Il est donc évident que c'est la création de Dieu et non une composition et un arrangement fortuits.
Aussi, par cette composition, l'être a pu exister, alors que, par une composition accidentelle, aucun être ne peut exister. Par exemple, si un homme, avec son intelligence et son savoir, assemble des éléments et les compose, comme ce n'est pas l'ordre naturel, il ne créera pas un être vivant.
Telle est la réponse à cette question implicite, à savoir que, si l'on se figure ou s'imagine que, puisque les êtres sont faits de la composition et du mélange des éléments, nous n'avons qu'à assembler nous-mêmes ces éléments et à les mélanger pour qu'un être vivant apparaisse, cette supposition est une erreur.

Car le principe de cette composition est divin, et c'est Dieu qui fait le mélange; et comme il est fait suivant l'ordre naturel, cette composition produit un être vivant, et la vie se réalise. Une composition faite par l'homme ne produit rien, car l'homme ne peut pas créer.
Bref, nous avons dit que, de la composition des éléments, de leur mélange, de leur décomposition, de leur mesure, de leur effet les uns sur les autres, résultaient des formes et des réalités à l'infini, des êtres innombrables.
Il est clair que ce globe terrestre, dans son aspect actuel, n'a pas été créé tout d'un coup; mais que, degré par degré, cette existence universelle a traversé des phases diverses jusqu'à ce qu'elle resplendît dans cet état de perfection.
Et les êtres généraux ressemblent et se comparent aux êtres particuliers, car les uns et les autres sont soumis à un ordre unique, et sont organisés d'après la loi universelle de Dieu.
Ainsi, vous verrez que, dans l'ordre universel, les plus petits atomes sont comparables aux êtres les plus grands du monde. Il est clair qu'ils ont été créés dans une seule fabrique puissante, dans un seul ordre naturel, et sous une seule loi générale. Aussi ressemblent-ils les uns aux autres.
Ainsi, l'embryon de l'homme, après avoir crû et s'être développé dans la matrice de la mère, parvient à des formes et à des conditions variées jusqu'à ce que, dans le degré de complète perfection, il arrive à maturité et resplendisse dans une forme parfaite, avec la grâce la plus grande.
De même, la semence de cette fleur que vous voyez était au commencement une chose misérable, toute petite; elle a crû et s'est développée dans le sein de la terre et, après être parvenue à des formes variées, elle resplendit dans l'état actuel, au comble de la grâce et de la beauté.
De la même façon, il est évident que ce globe terrestre, ayant pris naissance dans le sein de l'univers, s'y étant développé et étant parvenu à des formes et à des conditions variées, est arrivé par degrés à l'état de perfection actuelle, qu'il a été orné de créatures innombrables, et qu'il a ainsi resplendi dans son établissement définitif.

Donc il est clair que la matière originelle, que l'on peut comparer au sperme, que ces éléments combinés et mélangés tout d'abord, que cette organisation qui s'est développée peu à peu pendant des âges et des cycles nombreux passant d'une condition et d'une forme à une autre, sont, à la fin, parvenus à cette perfection, à cette organisation, à cet arrangement, à cet établissement, par la sagesse suprême de Dieu.
Revenons à notre sujet, à savoir que l'homme, au commencement de son existence dans le sein de la terre, comme le sperme dans le sein de la mère, s'est développé par degrés, a passé d'une forme à une autre, d'un état à un autre jusqu'à ce qu'il resplendît dans cette perfection et cette beauté, dans cette force et ce pouvoir.
Il est certain qu'au commencement il n'avait pas cette grâce, ce charme, cette douceur, et qu'il n'est arrivé que par degrés à cet état, à cette disposition, à cette beauté et à cette finesse. De même, il est indubitable que ce n'est pas en une fois que l'embryon de l'homme, dans le sein de la mère, a pris cette forme, et qu'il est devenu la manifestation de "Béni soit Dieu, le meilleur des créateurs". Par conséquent, peu à peu, il a passé par des états variés et des conditions différentes, puis il est arrivé à cette disposition, à cette beauté, à cette perfection, à cette douceur et à ce charme.
Il est donc clair et établi que la croissance et le développement de l'homme sur cette terre, jusqu'à la perfection actuelle, ressemblent à sa croissance et à son développement dans le sein de sa mère : par degrés, et de proche en proche, il passe d'une condition à une autre, d'un état à un autre, d'une forme à une autre. Car c'est l'ordre et la loi universels qui l'exigent.
C'est-à-dire que le sperme de l'homme passe par des états variés, traverse des degrés nombreux, jusqu'à ce qu'il arrive à la forme de "Béni soit Dieu, le meilleur des créateurs", et que les signes de la raison et de la maturité apparaissent en lui.

De même, l'existence de l'homme sur cette terre, depuis le commencement jusqu'à la condition, la disposition et l'état actuels, a nécessairement duré très longtemps; elle a traversé de nombreux degrés jusqu'à la situation présente. Mais dès le début de son existence, il était une espèce distincte.
Pareillement, le sperme de l'homme dans le sein de la mère est d'abord dans un état étrange; puis, ce corps, de composition en composition, d'état en état, de forme en forme, arrive à apparaître avec la beauté et la perfection les plus grandes.
Mais, alors même que, dans le sein de la mère, il était dans cette forme étrange, différente de l'aspect et de la disposition actuels, il était le sperme d'une espèce distincte, non un sperme d'animal; son espèce et son essence n'ont jamais changé.
Or, en admettant que des traces d'organes disparus existent actuellement, ce n'est pas une preuve de la non-permanence et de la non-originalité de l'espèce; tout au plus cela prouve-t-il que la condition, la disposition, les organes de l'homme ont évolué; mais c'était toujours une espèce distincte : un homme, non un animal.
Ainsi, si l'embryon de l'homme dans le sein de la mère passe d'un état à un autre, tel que le second ne ressemble aucunement au premier, est-ce une preuve que l'espèce a changé, qu'il était un animal, et que ses organes se sont développés et ont progressé jusqu'à ce qu'il devînt un homme ? Non, par Dieu !
Comme cette pensée et cette idée sont 'faibles et sans fondement, puisque l'originalité de l'espèce humaine et la constance de l'existence de l'homme sont claires et évidentes!

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Chapitre: IV.48. Différence entre l'homme et l'animal

Déjà, une fois ou deux, nous avons parlé de l'esprit, mais cela n'a pas été écrit.
Sachez que les hommes appartiennent à deux catégories, c'est-à-dire qu'ils constituent deux classes : l'une renie l'esprit, et dit que l'homme aussi est une sorte d'animal; ne voyons-nous pas que l'animal et l'homme partagent les mêmes facultés et les mêmes sens ?
Ces éléments simples et isolés, dont l'espace est rempli, se combinent à l'infini, et chacune de ces combinaisons constitue l'une des créatures. Parmi ces créatures, se trouve le possesseur de l'esprit, à qui appartiennent les facultés et les sens.
Plus la combinaison est parfaite, plus la créature est noble. La combinaison des éléments dans l'homme est plus parfaite que dans tout autre être : le mélange est fait avec le plus complet équilibre, aussi est-il plus noble et plus parfait que les autres êtres.
Ce n'est pas, disent ceux qui renient l'esprit, qu'il ait un pouvoir et un esprit particuliers dont les autres animaux seraient privés; les animaux sont des corps sensitifs et l'homme, pour certaines facultés, est plus sensitif (bien que, en ce qui concerne les sens externes comme l'ouïe, le goût, l'odorat et le toucher, même en ce qui concerne certaines facultés internes comme la mémoire, l'animal l'emporte sur l'homme).
Ils disent que l'animal a de l'intelligence et des facultés de perception; tout ce qu'ils concèdent, c'est que les facultés de l'homme sont plus grandes.

Voilà ce que disent les philosophes de nos jours; telle est leur opinion, tel est le décret de leur imagination! Aussi, avec des arguments et des preuves considérables, ils font remonter l'origine de l'homme à l'animal. Il faut un temps, disent-ils, où l'homme était un animal; puis, l'espèce, ayant changé, il fit peu à peu des progrès jusqu'à parvenir au degré humain.
Les théologiens répondent : non, ce n'est pas cela; bien que l'homme, par ses facultés et ses sens externes, soit sur le même pied que l'animal, il y a cependant chez lui un pouvoir extraordinaire que l'animal ne possède pas.
Ces sciences, ces arts, ces découvertes, ces métiers, ces inventions ne sont que les résultats de ce pouvoir incorporel. C'est un pouvoir qui enveloppe toutes les choses, en comprend la réalité, découvre les mystères cachés des créatures, s'en empare.
Il comprend même des choses qui n'ont pas de réalité extérieure, c'est-à-dire les vérités intellectuelles, non sensibles, qui n'ont pas d'existence extérieure, parce qu'elles sont invisibles; il en est ainsi de l'intelligence, de l'esprit, des qualités, du caractère, de l'amour et du chagrin chez l'homme, qui sont des réalités intellectuelles.
Bien plus, ces sciences existantes, ces arts visibles, ces lois, ces inventions infinies de l'homme, il fut un temps où tout cela était invisible, mystérieux, secret et caché; c'est ce pouvoir enveloppant de l'homme qui l'a découvert et l'a transporté des plaines de l'invisible aux plaines du visible.
Ainsi, il faut un temps où le télégraphe, la photographie, le phonographe, toutes ces découvertes et ces inventions sublimes étaient mystérieusement cachées; la réalité de l'homme les a découvertes et les a transportées des plaines de l'invisible aux plaines du visible.
Il fut même un temps où les qualités de ce fer que vous voyez, et même de tous les minéraux, étaient des mystères cachés; l'homme a découvert ce métal et l'a modelé dans cette forme industrielle; il en est de même pour toutes les autres découvertes et inventions de l'homme, qui sont infinies.

Cela ne peut être nié; si nous disons que cela tient aux pouvoirs qu'ont aussi les animaux et aux facultés des sens corporels, nous voyons clairement et indubitablement que les animaux sont, en ce qui concerne ces pouvoirs, supérieurs à l'homme.
Par exemple, la vue des animaux porte beaucoup plus loin que celle de l'homme, leur ouïe est beaucoup plus fine; de même pour l'odorat et le goût. Bref, pour toutes les facultés que l'animal et l'homme ont en commun, c'est l'animal qui, la plupart du temps, est le plus puissant.
Prenons la mémoire : si vous emmenez un pigeon d'ici à un lieu fort éloigné, et que là-bas vous l'abandonniez à lui-même, il reviendra ici. Il a gardé la mémoire du chemin. Emportez un chien, d'ici jusqu'au centre de l'Asie et laissez-le, il reviendra ici, sans jamais perdre son chemin. Il en est de même pour les autres facultés, comme l'ouïe, la vue, l'odorat, le goût, le toucher.
Il est donc clair que, s'il n'y avait pas chez l'homme un pouvoir différent de celui que possèdent les animaux, ceux-ci seraient supérieurs à l'homme pour les grandes découvertes et l'intelligence des réalités. Et la preuve est faite que l'homme possède un don que ne possède pas l'animal.
Or, l'animal perçoit ce qui tombe sous les sens, mais il ne comprend pas les réalités intellectuelles. Par exemple, il voit ce qui est dans le champ de sa vue, mais il ne peut percevoir ce qui est en dehors, ni l'imaginer. Ainsi, il est impossible à l'animal de comprendre que la terre est ronde.
Quant à l'homme, des choses connues, il tire la preuve des choses inconnues, et il découvre les vérités cachées. Entre autres choses, l'homme voit l'inclinaison de l'horizon, il en déduit la rondeur de la terre.
Autre exemple : l'étoile polaire à Saint-Jean-d'Acre est à 33 degrés, c'est-à-dire qu'elle est 33 degrés au-dessus de l'horizon. Lorsqu'un homme se dirige vers le pôle arctique, par chaque degré qu'il franchit en voyageant, l'étoile monte d'un degré au-dessus de l'horizon, c'est-à-dire que l'étoile polaire sera élevée à 34 degrés, puis 40, puis 50, puis 60, puis 70. S'il arrive jusqu'au pôle nord, l'étoile polaire arrivera à 90 et parviendra au zénith, c'est-à-dire au-dessus de sa tête. Cette étoile polaire comme son ascension sont des choses qui tombent sous les sens : pour quiconque va vers le pôle, l'étoile polaire s'élève dans le ciel.

De ces deux vérités connues, une vérité inconnue a été découverte, à savoir que l'horizon est incliné. C'est-à-dire que l'horizon de chaque degré de la terre est différent de celui d'un autre degré. L'homme comprend cela, et il en tire une connaissance invisible, la preuve de la rondeur de la terre. Mais l'animal ne peut pas comprendre cela.
De même, il ne peut comprendre que le soleil est un centre autour duquel se meut la terre. L'animal est prisonnier de ses sens; tout ce que les sens ne contrôlent pas, jamais il ne le comprend, et cela bien que, pour les facultés et les sens externes, il soit supérieur à l'homme.
Il est donc prouvé et vérifié qu'il existe dans l'homme une faculté inventive qui le rend supérieur aux animaux : c'est l'esprit de l'homme.
Gloire à Dieu! l'homme est toujours tourné vers les hauteurs, et ses aspirations sont élevées! Toujours il cherche à aller du monde où il est vers un monde supérieur, et à monter à un rang plus élevé que celui où il se trouve. L'amour de l'élévation est une des caractéristiques de l'homme.
Je m'étonne de voir certains philosophes d'Amérique et d'Europe se complaire à se rabaisser au rang des animaux et à faire ainsi des progrès à rebours; les êtres doivent chercher à s'élever. Et avec cela, si vous traitiez l'un d'eux d'animal, il serait très froissé et très ennuyé!
Quelle différence entre le monde humain et le monde animal, entre l'élévation de l'homme et l'abaissement de l'animal, entre les perfections de l'homme et l'ignorance de l'animal, entre la lumière de l'homme et les ténèbres de l'animal, entre la gloire de l'homme et l'humiliation de l'animal!
Un petit Arabe de dix ans, dans le désert, peut conduire deux à trois cents chameaux; à l'aide d'un seul cri, il les emmène, les ramène. Un faible Hindou peut à ce point dominer un énorme éléphant que ce dernier ne remue qu'avec la plus grande soumission.

Toutes les choses sont soumises à l'homme; il peut résister à la nature; tandis que toutes les créatures sont prisonnières de la nature et ne peuvent s'affranchir de ses exigences, l'homme seul lui résiste.
La nature attire les choses vers le centre de la terre; l'homme trouve un instrument pour s'en éloigner et pour s'envoler dans l'air. La nature empêche l'homme de franchir les mers; il construit des bateaux et, à travers le grand océan, il voyage et se promène; et ainsi de suite, ce sujet est très long.
L'homme amène sur les montagnes et dans les déserts des véhicules à vapeur, et il centralise en un seul point les nouvelles des événements de l'Orient et de l'Occident. Tout cela est contraire à la nature.
La mer, malgré toute sa grandeur, ne peut s'écarter d'un atome des lois de la nature; le soleil, malgré sa grandeur, ne peut s'écarter d'une tête d'épingle des lois de la nature, et jamais il ne comprendra les conditions, l'état, les sentiments, les mouvements et la nature de l'homme!
Quel est don c le pouvoir qui se trouve dans le chétif corps de l'homme, qui contient tout cela ? Quel est ce pouvoir dominateur qui soumet à sa volonté toutes les choses ?
Un point pourtant subsiste. Les philosophes modernes disent : "Nous n'avons jamais vu dans l'homme l'esprit; et, malgré nos recherches dans les arcanes du corps humain, nous n'apercevons pas un pouvoir spirituel. Comment pouvons-nous imaginer un pouvoir qui ne tombe pas sous les sens ?"
Les théologiens répondent : "L'esprit animal non plus ne tombe pas sous les sens, et ne peut pas être perçu par nos facultés corporelles. Sur quoi vous fondez-vous pour prouver l'existence de l'esprit animal? Sans aucun doute, vous tirez de ses effets la preuve qu'il y a, dans l'animal, un pouvoir qui n'existe pas dans la plante. Ce pouvoir, c'est la sensation; c'est-à-dire qu'il voit, qu'il entend, etc.; de là vous inférez qu'il y a un esprit animal. Par les mêmes moyens et les mêmes preuves et signes mentionnés plus haut, vous établissez qu'il y a un esprit humain.

Quand, dans l'animal, vous voyez des signes qui ne se trouvent pas dans la plante, vous dites que ce pouvoir de sensation est une propriété de l'esprit animal; de même, dans l'homme, vous voyez des signes, des pouvoirs, des perfections qui n'existent pas dans l'animal, vous en déduisez qu'il y a en lui un pouvoir dont l'animal est privé."
Si nous voulions nier tout ce qui ne tombe pas sous les sens, nous devrions nier les réalités les mieux établies du monde. Par exemple, la matière éthérée n'est pas perceptible, pourtant elle existe indubitablement. La pesanteur n'est pas perceptible, pourtant elle existe indubitablement. Sur quoi nous fondons-nous pour affirmer leur existence? Sur leurs signes. Ainsi cette lumière est le signe de la vibration de l'éther, nous en inférons son existence.

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Chapitre: IV.49. Croissance des êtres et développement de l'espèce humaine

Question. - Que dites-vous de l'opinion de certains philosophes européens sur la croissance et le développement des êtres ? Réponse. - Nous avons parlé de cette question l'autre jour, mais nous allons en parler de nouveau. Le résumé de cette question se réduit à savoir si les espèces sont originelles ou non. L'espèce humaine a-t-elle été établie dès l'origine, ou bien est-elle sortie ensuite de l'espèce animale ?
Certains philosophes européens admettent qu'il y a, pour l'espèce, une croissance et un progrès, et que même la transformation et le changement sont possibles.
Parmi les preuves qu'ils apportent à l'appui de cette théorie, ils disent que l'étude attentive de la géologie nous montre clairement que les végétaux sont plus anciens que les animaux, et que les animaux existent depuis plus longtemps que l'homme; et ils admettent que les races végétale et animale ont toutes deux changé car, dans certaines couches géologiques, on a découvert des végétaux qui existaient autrefois et qui maintenant ont disparu, c'est-à-dire qu'ils ont progressé et sont devenus plus forts; leur forme et leur apparence ont changé. Ainsi l'espèce s'est transformée.
De même, dans les couches de la terre, il y a des espèces d'animaux qui ont changé et se sont transformées. Par exemple le serpent : il y a en lui des parties rudimentaires qui prouvent qu'il y eut un temps où il avait des pattes; dans la suite des temps, ces membres tombèrent, mais leur vestige subsista.

Pareillement, dans la colonne vertébrale de l'homme, il y a la trace et la preuve qu'autre fois, comme les autres animaux, il avait une queue, et l'on croit que sa trace a subsisté. Il y eut un temps où ce membre était utile; mais lorsque l'homme se développa, il n'eut plus d'utilité et il disparut peu à peu.
Quant au serpent, qui se réfugiait sous terre et devenait ait un animal rampant, il n'eut plus besoin de pattes. Aussi, elles disparurent, mais leur vestige subsista.
L'argument principal, c'est que ces parties atrophiées d'un membre conduisent à ce membre et que, comme aujourd'hui il ne sert plus, il a peu à peu disparu; maintenant ces rudiments ne servent plus à rien et n'ont pas de raison d'être. Tandis que les membres parfaits et utiles ont subsisté, ceux qui n'étaient pas utiles ont peu à peu disparu dans les modifications de l'espèce, et la trace seule en a subsisté.
La réponse, c'est que, premièrement, le fait que l'animal a précédé l'homme n'est pas une preuve du progrès, du changement, de la modification de l'espèce qui serait venue du monde animal au monde humain. Car, dès que l'on admet l'existence contingente de ces différents êtres, rien n'empêche que l'homme ait existé plus tard que l'animal.
Ainsi, lorsque nous examinons le règne végétal, nous voyons que les fruits des différents arbres ne viennent pas tous à la fois; au contraire, le uns viennent d'abord, les autres après. Cette antériorité ne prouve pas que le fruit tard venu de cet arbre provienne du fruit antérieur de l'autre arbre.
deuxièmement, ces faibles vestiges et ces rudiments ont peut-être une grande raison d'être que l'intelligence ne comprend pas encore. Combien y a-t-il de choses dans le monde, dont nous ne connaissons pas encore la raison! Ainsi la physiologie, c'est-à-dire la science de la composition des membres, nous enseigne qu'on ne connaît pas encore la raison et la cause des différentes couleurs des animaux, des cheveux de l'homme, de la rougeur de ses lèvres, de la variété de couleur des oiseaux; tout cela est secret et caché.

On sait que la pupille de l'oeil est noire pour attirer la lumière du soleil, car si elle était d'une autre couleur, c'est-à-dire comme le reste de l'oeil, ou blanche, elle n'attirerait pas la lumière du soleil.
Donc, comme la raison d'être de ces différentes choses est inconnue, on peut admettre que la raison d'être et la cause de ces membres atrophiés, soit chez l'animal, soit chez l'homme, demeurent également inconnues. Certainement la raison existe, mais nous ne la connaissons pas.
Troisièmement, supposons qu'il fut un temps où certains animaux, voire l'homme, possédaient des membres qui ont aujourd'hui disparu, cela ne constitue pas une preuve pertinente du changement et de l'évolution de l'espèce. Car l'homme, du début de la période embryonnaire, jusqu'au stade de sa maturité, traverse des formes et des aspects différents; son apparence, sa forme, son aspect, sa couleur changent; c'est-à-dire qu'il passe d'une forme à une autre, d'un aspect à un autre.
Néanmoins, depuis le début de la période embryonnaire, il appartient à l'espèce humaine, c'est-à-dire qu'il est un embryon d'homme et non d'animal; mais cela était caché et ne devient apparent et visible qu'ensuite.
Par exemple, supposons qu'il y eut un temps où l'homme ressemblait à l'animal, et que maintenant il ait progressé et changé; en supposant cela, il n'en résulterait pas que l'espèce eût changé; non, ce serait comme le changement et la modification de l'embryon humain, jusqu'à ce qu'il parvienne au stade de la raison et de la perfection, ainsi que nous l'avons vu.
Parlons plus clairement : supposons qu'autrefois l'homme marchait sur quatre pattes, ou bien avait une queue; ces modifications et ces changements sont comme ceux du foetus; malgré les changements qui se produisent de tous côtés dans le sein de la mère, malgré sa croissance et son progrès jusqu'à ce qu'il parvienne à cette forme complète, depuis le commencement, c'est une espèce spéciale.

Regardons également dans le règne végétal; les espèces originelles des familles ne changent ni ne se modifient; mais la forme, la couleur, la dimension changent et se modifient; en d'autres termes, le progrès lui-même se produit.
En résumé, de même que l'homme, dans le sein de sa mère, a passé d'une forme à une autre, d'un état à un autre, a changé et évolué, et néanmoins, depuis le commencement de la période embryonnaire, a toujours appartenu à l'espèce humaine, de même, l'homme, depuis le commencement de l'existence dans le sein du monde, a appartenu à l'espèce supérieure, l'humanité, et il a passé peu à peu d'un état à un autre.
Donc, ce changement d'état, cette évolution des membres, cette croissance et ce développement n'empêchent pas l'espèce d'être originelle. Tout cela, en admettant la réalité de la croissance et de l'évolution.
Mais l'homme, depuis le commencement, existait dans cette forme et cette composition parfaites, il avait l'aptitude et la capacité d'acquérir les perfections matérielles et spirituelles, et il était la manifestation de "Nous ferons l'homme à notre image et à notre ressemblance".
Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'il est devenu meilleur, plus délicat, plus beau, et que la civilisation l'a ait sortir de l'état sauvage. De même, les fruits sauvages, cultivés par les soins d'un jardinier, deviennent plus beaux et plus sucrés et acquièrent plus de fraîcheur et de douceur.
Les jardiniers de l'humanité sont les prophètes de Dieu.

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Chapitre: IV.50. Preuves spirituelles sur l'origine de l'espèce humaine

Les preuves que nous avons apportées, relatives à l'origine de l'espèce humaine, étaient des preuves logiques; maintenant, nous parlerons des preuves spirituelles, qui sont essentielles. Comme nous avons donné de la Divinité des preuves logiques et que, de même, nous avons prouvé logiquement que l'homme existe dès l'origine et dès la fondation comme homme, que son espèce date de toute éternité, il s'agit maintenant de prouver spirituellement que l'existence humaine, c'est-à-dire l'espèce humaine, existe nécessairement et que, sans l'homme, il n'y aurait pas de perfection divine; mais ce sont des preuves spirituelles: non des preuves de logique.
Nous avons établi à maintes reprises, avec preuves et arguments à l'appui, que l'homme est le plus noble des êtres contingents, la réunion de toutes les perfections, et que tous les êtres et les créatures sont le lieu où resplendit l'éclat de Dieu; c'est-à-dire que les signes de la grandeur divine sont apparents dans la réalité des choses et dans toutes les créatures.
De même que le globe terrestre est le lieu où resplendit l'éclat du soleil (puisque sa lumière, sa chaleur, ses effets sont apparents et visibles dans les moindres atomes de la terre), de même les atomes des êtres, dans cet espace infini, proclament et prouvent l'une des perfections divines. Rien n'en est exclu.
C'est, soit un signe de la miséricorde de Dieu, soit un signe de son pouvoir, de sa grandeur, de sa justice, de sa providence qui dispense l'éducation; soit un signe de la bonté de Dieu, de sa vision, de son audience, de sa connaissance, de sa grâce, et ainsi de suite.

Nous en revenons à ceci que, nécessairement, chacune des créatures est le lieu où resplendit l'éclat divin, c'est-à-dire que les perfections de Dieu sont apparentes et resplendissent en elles. Ainsi le soleil, dans le désert, sur la mer, dans les arbres, dans les fruits et les fleurs, dans tout ce qui existe sur terre, resplendit.
Le monde des créatures, c'est-à-dire chaque être existant, nous dit l'un des noms de la Divinité. Mais la réalité humaine est la réalité collective, la réalité générale, le lieu où resplendit l'éclat de toutes les perfections divines; c'est-à-dire que, pour chaque nom, chaque attribut, chaque perfection que nous reconnaissons en Dieu, il existe un signe chez l'homme. S'il en était autrement, l'homme ne pourrait pas les imaginer ni les comprendre.
Ainsi, nous disons que Dieu voit, et notre oeil est le signe de sa vision; autrement, comment pourrions-nous imaginer la vision divine ? Car l'aveugle, du moins l'aveugle-né, ne peut imaginer la vision; le sourd, du moins le sourd de naissance, ne peut imaginer l'ouïe; celui qui est mort ne peut se représenter la vie.
Par conséquent, la divinité de Dieu, qui est la réunion de toutes les qualités, éclate dans la réalité de l'homme; c'est-à-dire que l'Essence d'Unité est la somme de toutes les perfections et cet état d'unité se reflète dans la réalité humaine : le Soleil de Vérité brille dans ce miroir.
C'est pour cela que l'homme est le miroir parfait qui regarde le Soleil de Vérité; il est son lieu de resplendissement. L'éclat des perfections divines se voit dans la réalité de l'homme. Ainsi, il est le représentant de Dieu, son messager.
Si l'homme n'existait pas, l'univers n'aurait pas de résultat, car le but de la vie est l'apparition des qualités divines.

On ne peut donc pas dire qu'il y eut un temps où l'homme n'existait pas. Tout ce qu'on peut dire c'est que le globe terrestre n'existait pas et qu'au commencement l'homme n'était pas non plus apparu sur cette terre. Mais, dès le commencement, qui n'a pas commencé, jusqu'à la fin, qui ne finira pas, la manifestation parfaite existe; et cet homme dont nous parlons n'est pas n'importe quel homme, mais bien l'homme type.
Car, dans l'arbre, la partie la plus noble est le fruit qui est sa raison d'être; si l'arbre n'avait pas de fruit, il ne signifierait plus rien. Donc, on ne peut imaginer que les mondes, les étoiles ou la terre aient un jour été peuplés d'ânes, de vaches, de souris et de chats, et qu'il n'y ait pas eu d'hommes. C'est une supposition fausse, insignifiante.
La parole de Dieu est claire comme le soleil, c'est la preuve spirituelle; mais on ne peut, en commençant, avancer cette preuve pour les matérialistes; d'abord il faut mentionner les preuves logiques, ensuite les preuves spirituelles.

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Chapitre: IV.51. L'esprit et l'intelligence de l'homme ont toujours existé

Question. - L'homme, dès qu'il est créé, possède-t-il une intelligence et un esprit dont la manifestation se produit à mesure qu'il avance en âge, ou bien ne les acquiert-il qu'à la suite de son évolution?
Réponse. - Le commencement de la formation de l'homme sur le globe terrestre ressemble à sa formation dans le sein de la mère.
L'embryon, dans le sein de la mère, croît et se développe peu à peu jusqu'à la naissance, après quoi il croît et se développe encore jusqu'à ce qu'il parvienne à l'âge de raison et de maturité. Bien que, dans l'enfance, on constate des traces de l'intelligence et de l'esprit, ces facultés ne sont pourtant pas arrivées à leur perfection, elles sont imparfaites. Lorsque l'homme parvient à l'âge mûr, l'intelligence et l'esprit apparaissent et se montrent dans toute leur perfection.
Pareillement, dans la création, l'homme était, au commencement, comme l'embryon; peu à peu, il a fait des progrès dans les degrés de l'existence, il a crû et s'est développé jusqu'à ce qu'il parvînt au stade de la maturité, où l'intelligence et l'esprit se montrent et se manifestent en lui dans toute leur perfection.
Au commencement de la création aussi, l'intelligence et l'esprit existaient, mais ces facultés étaient latentes; plus tard elles se manifestèrent. Car, dans le sein de la mère également, l'intelligence et l'esprit existent chez l'embryon, mais ils sont latents et ne se manifestent qu'après.
C'est ainsi que, dans la graine, l'arbre existe, mais il est latent et caché; lorsqu'elle croît et se développe, un arbre complet apparaît.

De même, la croissance et le développement de tous les êtres se font par degrés; c'est la règle générale de Dieu et l'ordre de la nature.
L'embryon ne devient pas homme en une seule fois, le minéral ne devient pas une pierre en une seule fois, et la graine ne devient pas un arbre tout d'un coup. Non, ils croissent et se développent peu à peu, et ils parviennent à la limite de la perfection.
Toutes les créatures, grandes ou petites, ont été créées, dès le début, complètes et parfaites; seulement les perfections apparaissent en elles peu à peu.
La loi de Dieu est une, l'évolution de l'existence est une, l'ordre divin est un; les êtres, faibles ou forts, sont soumis à une loi et à un ordre uniques.
Chaque graine a, dès le début, toutes les perfections du végétal en elle. Ainsi cette semence avait, dès le début, toutes les perfections du végétal en elle, mais elles ne se montraient pas; puis, peu à peu, elles sont devenues visibles en elle. Ainsi, c'est d'abord la tige qui apparaît de la graine, puis les branches, les feuilles, les fleurs, les fruits; mais dès le début de la formation, toutes ces choses se trouvent en puissance, non en fait.
De même, l'embryon possède, dès le début, toutes les perfections telles que l'esprit, l'intelligence, la vue, l'odorat, le goût, en un mot toutes les facultés; mais elles ne sont pas apparentes, et elles ne le deviendront que par degrés.
Egalement, le globe terrestre, dès le début, fut créé avec tous les éléments, les substances, les matières, les atomes et les organismes; mais tout cela n'apparut que peu à peu. D'abord les minéraux, puis les végétaux, les animaux et l'homme.
Dès le début, ces races et ces espèces existaient d'une façon latente dans le globe terrestre, et elles sont apparues ensuite peu à peu. Car la loi suprême de Dieu et l'ordre général de la nature, qui dominent et régissent toutes les créatures, l'exigent ainsi.
Et si vous considérez cet ordre général, vous voyez qu'il n'y a pas un seul être qui, dès qu'il est créé, parvienne à la limite de la perfection; non, ils croissent et se développent tous peu à peu, et arrivent ensuite au degré de la perfection.

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Chapitre: IV.52. Raisons de l'apparition de l'esprit dans le corps

Question. - Pourquoi l'esprit a-t-il été incorporé? Réponse. - La raison de l'apparition de l'esprit dans le corps est la suivante : l'esprit humain est un dépôt divin; il doit traverser tous les degrés, car son passage et son mouvement à travers les degrés de l'existence sont le moyen par lequel il acquiert les perfections.
Ainsi, lorsqu'un homme traverse des contrées différentes et des pays nombreux, systématiquement et avec méthode, c'est certainement pour lui un moyen de se perfectionner, car il voit des événements, des spectacles, des contrées, il découvre le genre de vie et les moeurs des différents peuples, il apprend la géographie, les inventions et les arts des pays, il se familiarise avec les habitudes, les coutumes, les usages des peuples, il voit la civilisation et les progrès de l'époque, et il connaît la politique des gouvernements, la capacité et la puissance de chaque pays.
De même, lorsque l'esprit de l'homme voyage dans les degrés de l'existence, et qu'il passe par tous les rangs et toutes les conditions, et même dans la condition corporelle, il acquiert certainement des perfections.
En plus de cela, il faut que les signes des perfections de l'esprit soient apparents dans ce monde, afin que le monde de cette création donne des résultats innombrables, et que ce corps contingent reçoive la vie et manifeste les bontés de Dieu. Ainsi, il faut que la lumière du soleil brille sur la terre, que la chaleur solaire développe les créatures terrestres.
Si la lumière et la chaleur du soleil ne brillaient pas sur la terre, celle-ci demeurerait en arrière, sans signification, et en retard. De même, si les perfections de l'esprit n'apparaissaient pas dans ce monde, celui-ci serait ténébreux et purement animal. Par l'apparition de l'esprit dans le corps, ce monde devient lumineux.

L'esprit de l'homme fait vivre le corps de l'homme. De même, le monde est comme le corps, et l'homme comme l'esprit.
S'il n'y avait pas d'homme, les perfections de l'esprit n'apparaîtraient pas et les lumières de l'intelligence ne resplendiraient pas dans ce monde qui serait comme un corps sans esprit.
On peut également comparer ce monde à un arbre, et l'homme au fruit. Sans fruit, l'arbre n'aurait pas de signification.
De plus, ces membres, ces éléments, cette composition qui se trouvent dans l'organisme de l'homme sont une attraction et un aimant pour l'esprit; il est certain que l'esprit doit y apparaître. Ainsi, un miroir qui est poli attire certainement la lumière du soleil, devient lumineux, et des images merveilleuses apparaissent en lui.
C'est-à-dire que lorsque ces éléments créés sont réunis et assemblés, suivant l'ordre naturel, dans une parfaite combinaison, ils deviennent un aimant pour l'esprit, et ce dernier se manifeste en eux avec toutes ses perfections.
A ce même point de vue, on pourrait aussi demander quelle nécessité il y a ce que la lumière du soleil descende dans le miroir; or, la relation qui existe entre la réalité des choses spirituelles ou matérielles exige que, lorsque le miroir est poli et qu'il est en face du soleil, la lumière de ce dernier y devienne apparente.
De même, lorsque les éléments sont arrangés et mélangés selon un ordre, une organisation et un arrangement absolument parfaits, l'esprit de l'homme apparaît et se manifeste en eux. Tel est le décret du Puissant, du Savant !

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Chapitre: IV.53. Relation entre Dieu et la créature

Question. - Quelle est la nature de la relation entre Dieu et la créature, c'est-à-dire entre l'Indépendant, le Très-Haut et les autres êtres ? Réponse. - La relation de Dieu avec la créature est celle d'un auteur: c'est comme la relation qui existe entre le soleil et les corps ténébreux des contingences; c'est aussi la relation du créateur avec ce qu'il a créé.
Le soleil, dans sa propre essence, est indépendant des corps qu'il éclaire; car sa lumière aussi est, par sa propre essence, indépendante et affranchie du globe terrestre; bien que ce dernier soit sous l'influence du soleil et en reçoive les lumières, le soleil et ses lumières sont indépendants. Si le soleil n'existait pas, le globe terrestre et tous les êtres terrestres n'existeraient pas.
La dépendance de la créature par rapport à Dieu est une dépendance d'émanation, c'est-à-dire que la créature émane de Dieu, mais ne le manifeste pas. Elle a la relation d'émanation, non celle de manifestation. Les lumières du soleil émanent de lui, elles ne le manifestent pas.
Le resplendissement par émanation est comme le resplendissement de la lumière de l'astre des horizons : c'est-à-dire que l'essence sainte du Soleil de Vérité ne se morcelle pas et ne descend pas au rang de la créature, de même que le disque solaire ne se morcelle pas et ne descend pas sur la terre; la lumière du soleil, qui est sa bonté, émane de lui et illumine les corps ténébreux.
Quant au resplendissement par manifestation, c'est la manifestation des branches, des feuilles, des fleurs et des fruits à partir de la graine; car la graine, dans sa propre essence, devient des branches et des fruits, sa réalité descende dans les branches, les feuilles et les fruits.

Ce resplendissement en manifestation serait pour Dieu, le Très-Haut, une simple imperfection, ce qui est complètement impossible; car il faudrait que l'Eternel fût qualifié par les attributs des contingences, que la pure indépendance devînt la pure indigence, que la vraie existence devînt néant. Et cela est impossible.
Donc, toutes les créatures sont émanées de Dieu, c'est-à-dire que c'est Dieu qui a donné la réalité aux choses, et que les contingences ont trouvé l'existence par lui.
La première chose qui a émané de Dieu est cette réalité universelle que les anciens philosophes appelaient l'Intelligence première, et que les peuples de Bahá appellent la Volonté première. Cette émanation, en ce qui concerne son action, n'est pas limitée, dans le monde de Dieu, par l'espace ou le temps; il n'y a pour elle ni commencement ni fin.
Pour Dieu, le commencement et la fin sont tout un. L'éternité de Dieu est une éternité d'essence aussi bien que de temps, et la contingence des phénomènes est une contingence d'essence non temporelle, ainsi que nous l'avons déjà expliqué un jour à table.
Le fait, pour l'Intelligence première, de n'avoir pas eu de commencement ne lui donne pas une part dans l'éternité de Dieu; car l'existence de cette réalité universelle, à côté de l'existence de Dieu, est tout ce qu'il y a de plus nul; elle n'a pas le pouvoir de devenir son associée et son semblable dans l'éternité, et nous avons déjà expliqué ce sujet.
La vie des choses existantes consiste dans une composition, leur mort dans une décomposition. Mais la matière et les éléments universels ne deviennent pas absolument anéantis et détruits; non, cette non-existence est une transformation.
Par exemple, lorsque l'homme est anéanti, il devient poussière; mais ce n'est pas la pure non-existence; il a encore l'existence de la poussière; une transformation s'est produite, et cette composition s'est accidentellement désagrégée.

Il en est de même de l'anéantissement des autres êtres, car l'existence ne devient pas la non-existence, et la non-existence ne devient pas l'existence.

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Chapitre: IV.54. Sur la provenance des âmes par rapport à Dieu

Dans la Bible il est dit que Dieu souffla une âme dans le corps de l'homme. Que faut-il entendre par là ? Sachez qu'il y a deux sortes de provenances : la provenance et le resplendissement par émanation, et la provenance et le resplendissement par manifestation.
La provenance par émanation est comme la provenance de la création par rapport au créateur, d'un écrit par rapport à un écrivain.
L'écrit émane de l'écrivain et le discours émane de l'orateur : de la même façon, cette âme humaine émane de Dieu. Cela ne veut pas dire qu'elle manifeste Dieu; aucune partie n'a été détachée de la réalité divine pour pénétrer dans le corps de l'homme. Non, l'âme est apparue dans le corps de l'homme, comme le discours émane de l'orateur.
La provenance par manifestation est la manifestation de la réalité d'une chose dans une forme différente, comme la provenance de cet arbre par rapport à la graine, celle de cette fleur par rapport à sa semence : c'est la graine elle-même qui apparaît dans la forme des branches, des feuilles et des fleurs. C'est ce qu'on appelle la provenance par manifestation.
Les âmes des hommes, par rapport à Dieu, ont une provenance par émanation, comme le discours et l'écrit par rapport à l'orateur et à l'écrivain; c'est-à-dire que l'orateur ne devient pas le discours, ni l'écrivain l'écrit, car ils ont une provenance par émanation. L'orateur a les facultés et le pouvoir les plus grands, et le discours provient de lui, comme l'action de celui qui agit.
Quant au véritable Orateur, l'Essence d'Unité, il a toujours été dans une même condition, il ne change ni ne se modifie, il n'a ni altération, ni transformation. C'est l'Eternel immortel. Donc la provenance des âmes humaines, par rapport à Dieu, est une provenance par émanation.

Et quand il est écrit dans la Bible que Dieu insuffla son esprit dans l'homme, c'est cet esprit qui, comme le discours, provient du véritable Orateur et agit dans la réalité de l'homme.
Pour la provenance par manifestation, il s'agit du resplendissement divin, et non pas d'un morcellement; nous avons dit que c'est la provenance et le resplendissement du Saint-Esprit et du Verbe par rapport à Dieu.
Dans l'Evangile de saint Jean, il est dit : "Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu." Donc, le Saint-Esprit et le Verbe sont le resplendissement de Dieu;
en d'autres termes, ce sont les perfections divines qui resplendissaient chez le Christ; et ces perfections étaient auprès de Dieu, comme le soleil qui brille de tout son éclat dans un miroir. Le Verbe ne signifie pas le corps du Christ; il signifie les perfections divines manifestées en lui.
Il était comme un miroir poli placé en face du Soleil de Vérité; et les perfections du Soleil de Vérité, c'est-à-dire sa lumière, sa chaleur, devenaient visibles et manifestes dans ce miroir, Si nous regardons dans le miroir, nous voyons le soleil, et nous disons : c'est le soleil.
Donc, le Verbe et le Saint-Esprit, qui désignent la perfection divine, sont un resplendissement divin. Voilà la signification du verset de l'Evangile qui dit que le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Car les perfections divines ne sont autres que l'Essence d'Unité.
Et on a appelé les perfections de Jésus : le Verbe, parce que tous les êtres sont comme des lettres qui, par elles-mêmes, n'ont pas une signification complète, tandis que les perfections du Christ avaient la valeur du Verbe qui, lui, donne une signification complète.
Comme la réalité du Christ était l'apparition des perfections divines, il était comparable au Verbe. Pourquoi ? Parce qu'il était un ensemble de significations parfaites. Aussi l'a-t-on appelé le Verbe.

Et sachez qu'il ne faut pas entendre la provenance du Verbe et du Saint-Esprit par rapport à Dieu, provenance et resplendissement par manifestation, comme si la réalité de la Divinité avait été morcelée ou multipliée, ou qu'elle était descendue des hauteurs saintes et pures. Dieu me pardonne!
Car si un miroir propre et poli regarde le soleil, sa lumière, sa chaleur, sa forme, son image se reflètent en lui avec un tel resplendissement qu'un homme dira du soleil brillant qu'il voit dans ce miroir poli et clair : "Ceci est le soleil", et il aura raison. Pourtant le miroir est un miroir, et le soleil est le soleil.
Le Soleil unique, même s'il resplendit dans des miroirs différents, est un. Cet état n'est ni la demeure ni l'entrée, ni le mélange ni la descente; car l'entrée, la demeure, la descente, la sortie, le mélange sont les nécessités et les caractéristiques des corps, non des âmes; à plus forte raison n'appartiennent-ils pas à la sainte et pure réalité de Dieu. Il n'existe en Dieu rien de ce qui ne sied pas à sa pureté et à sa sainteté exaltées et sublimes!
Le Soleil de Vérité, comme nous l'avons dit, a toujours été dans une condition unique; Il n'a ni changement ni modification, ni altération ni transformation. Il est éternel et immortel.
Quant à la sainte réalité du Verbe de Dieu, elle peut être comparée à un miroir pur, clair, lumineux : la chaleur, la lumière, la forme, l'image, c'est-à-dire les perfections du Soleil de Vérité resplendissent en lui. C'est pour cela que le Christ dit dans l'Evangile : "Le Père est dans le Fils." C'est-à-dire le Soleil de Vérité resplendit dans ce miroir. Gloire à Celui qui brille sur cette réalité sacrée, sainte parmi les créatures!

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Chapitre: IV.55. L'esprit, l'âme, la raison

Question. - Quelle est la différence entre la raison, l'esprit et l'âme? Réponse. - Nous avons déjà expliqué que l'universalité de l'esprit se divise en cinq catégories : l'esprit végétal, l'esprit animal, l'esprit humain, l'esprit de foi et l'esprit saint.
L'esprit végétal est ce pouvoir de croissance qui résulte, dans la graine, de la réaction des différents éléments les uns sur les autres.
L'esprit animal est le pouvoir de l'ensemble des sens, qui est dû à l'assemblage et au mélange des éléments; et lorsque cet assemblage est dissous, ce pouvoir aussi s'annihile et meurt.
C'est comme cette lampe : lorsque cette huile, cette mèche et ce feu sont assemblés, elle donne de la lumière; lorsque cet assemblage est dissous, c'est-à-dire lorsque les parties composantes se séparent les unes des autres, cette lampe s'éteint également.
L'esprit humain, qui constitue la différence entre l'homme et l'animal, est l'âme douée de raison; et ces deux termes, l'esprit humain et l'âme douée de raison, désignent une seule et même chose.
Cet esprit qui, d ans le langage des philosophes, devient l'âme douée de raison, enveloppe l'ensemble des existences, et c'est lui qui, suivant le pouvoir de l'homme, découvre les réalités des choses et apprend les qualités et les effets des contingences, les conditions et les propriétés des choses.
Mais, tant que l'homme ne reçoit pas l'assistance de l'esprit de foi, il n'apprend pas les secrets divins ni les vérités éternelles. Tel un miroir, il a beau être clair, propre et brillant, il lui faut de la lumière; tant qu'un rayon de soleil ne vient pas luire sur l'homme, il ne découvre pas les mystères divins.

Quant à la raison, c'est la faculté de l'esprit humain. Si l'on compare l'esprit à une lampe, la raison est la lumière qui y brille. Si l'on compare l'esprit à un arbre, la raison en est le fruit. La raison est la perfection de l'esprit et son attribut essentiel, comme la lumière solaire est la qualité essentielle du soleil.
Ces explications, bien que résumées, sont complètes : réfléchissez-y et, si Dieu veut, vous en comprendrez les détails.

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Chapitre: IV.56. Facultés physiques et facultés intellectuelles

Il y a dans l'homme cinq facultés physiques externes qui sont les agents de la perception; c'est-à-dire que, par ces cinq facultés, l'homme perçoit les existences physiques. La vue perçoit les formes visibles. L'ouïe perçoit les formes auditives. L'odorat perçoit les odeurs. Le goût perçoit la saveur des aliments. Le toucher, qui s'étend à tout le corps de l'homme, perçoit les choses tangibles. Ces cinq facultés nous font connaître le monde extérieur.
L'homme a également des facultés intellectuelles : l'imagination qui conçoit les choses, la pensée qui réfléchit aux réalités, l'intelligence qui perçoit les réalités, la mémoire qui conserve ce que l'homme imagine, pense, comprend.
L'intermédiaire entre les cinq facultés externes et les facultés internes est la faculté commune, c'est-à-dire une faculté qui agit entre les facultés internes et les facultés externes, et transmet à celles-là ce que celles-ci ont perçu. On l'appelle faculté commune parce qu'elle appartient aux facultés externes et aux facultés internes.
Par exemple, la vue qui est une faculté externe voit cette fleur et la perçoit, et la faculté commune fait part de cette perception aux facultés internes. Elle transmet cette vision à la faculté de l'imagination, laquelle la représente, la conçoit et la transmet à la pensée qui, à son tour, la réfléchit et, en ayant saisi la réalité, la transmet à l'intelligence.
L'intelligence, lorsqu'elle a compris, transmet à la mémoire l'image de cette chose perçue, la mémoire la conserve, et elle demeure en dépôt dans son sanctuaire.

Il y a cinq facultés externes : la vue, l'ouïe, le goût, l'odorat et le toucher.
Il y a aussi cinq facultés internes : la faculté commune, l'imagination, la pensée, l'intelligence et la mémoire.

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Chapitre: IV.57. Les différents caractères de l'homme

Question. - Combien y a-t-il de sortes de caractères chez l'homme, et d'où proviennent les différences et les variétés ? Réponse. - Le caractère inné, le caractère héréditaire et le caractère acquis provenant de l'éducation.
Quant au caractère inné, bien que la création divine soit exclusivement bonne, ses variétés, chez l'homme, tiennent à la différence des degrés : tous sont bons, mais ils sont plus ou moins bons selon le degré. Ainsi, toute l'humanité possède l'intelligence et des capacités; mais l'intelligence, la capacité, le mérite, chez l'homme, varient; cela est évident.
Par exemple, réunissez un certain nombre d'enfants d'une même famille, d'un même pays, d'une même école, d'un même maître, qu'ils soient élevés avec la même nourriture, sous le même climat, avec les mêmes vêtements, qu'ils reçoivent la même instruction, certainement, parmi eux, il y en aura qui seront instruits dans les sciences, d'autres qui seront médiocres, et d'autres nuls.
Il est donc clair que, dans la nature elle-même, il y a des variétés de degrés et des différences de mérite et de capacité. Mais la différence ne tient pas au bien ou au mal, c'est uniquement une différence de degré. L'un est au degré le plus haut, l'autre au degré moyen, l'autre au degré le plus bas.
Ainsi l'homme existe; l'animal, la plante le minéral existent aussi : mais, dans ces quatre contingences, l'existence diffère. Quelle différence entre l'existence de l'homme et celle de l'animal! Pourtant tous deux existent.

Il est donc clair que, dans l'existence, il y a des variétés de degré. Quant aux variétés des caractères héréditaires, elles tiennent à la force ou à la faiblesse de la constitution; ainsi, lorsque les deux parents sont faibles de constitution, les enfants le deviennent aussi; s'ils sont puissants, les enfants sont forts.
De même, la pureté du sang a une influence générale, car un germe sain est comme la race supérieure; et cette variété se retrouve aussi chez les plantes et les animaux. Par exemple, considérez des enfants nés d'un père et d'une mère faibles, ils auront naturellement une constitution faible et des nerfs fragiles, ils seront affligés de différents maux, n'auront ni patience ni endurance, ni fermeté ni persévérance; ils seront irréfléchis; car les enfants héritent de la faiblesse et de la débilité de leurs parents.
En dehors de cela, certaines familles et certaines générations sont l'objet d'une faveur spéciale. Ainsi, c'est à une faveur spéciale que la descendance d'Abraham doit d'avoir eu parmi elle tous les prophètes d'Israël. C'est une faveur que Dieu a conférée à cette descendance. Moïse est de cette descendance par son père et sa mère, le Christ par sa mère, ainsi que Muhammad, le Bab et tous les prophètes et les saintes manifestations d'Israël.
La Beauté bénie est également de la descendance directe d'Abraham, car Abraham avait d'autres fils en plus d'Ismaël et d'Isaac qui, à cette époque, émigrèrent dans les pays de Perse et d'Afghanistan; et la Beauté bénie est l'un de leurs descendants.
Il est évident que les caractères héréditaires ont aussi leur importance, au point que, si les caractères ne sont pas conformes au caractère originel, bien qu'on appartienne physiquement à telle descendance, on en sera exclu spirituellement. Ainsi, Canaan n'est pas considéré comme appartenant a la descendance de Noé.

Mais la différence des caractères, qui résulte de l'éducation, est considérable, car l'éducation a une grande importance.
L'éducation rend l'ignorant instruit, le faible courageux; elle redresse la branche tordue, elle rend doux et sucrés les fruits amers et aigres des montagnes et des bois; la fleur à cinq pétales est centuplée; par l'éducation, les peuples sauvages deviennent civilisés et les animaux eux-mêmes se plient aux besoins et aux usages de l'homme.
Il faut faire grand cas de cette éducation car, de même que les maladies dans le monde des corps se communiquent très facilement, de même les dispositions sont extrêmement contagieuses dans les âmes et les coeurs.
Cette diversification produite par l'éducation est très considérable et a une influence générale. Peut-être quelqu'un va-t-il dire que, puisque l'aptitude et le mérite des hommes sont différence, et que les variétés qui existent entre les hommes tiennent à leurs aptitudes, il doit nécessairement y avoir des caractères différents. Mais c'est une erreur. Car il y a deux sortes d'aptitudes : l'aptitude naturelle et l'aptitude acquise.
La première qui est la création divine, est absolument, purement bonne; dans la nature il n'y a pas de mal.
Mais aptitude acquise est devenue la cause de l'existence du mal. Par exemple, Dieu a créé tous les hommes de telle façon, et leur a donné des dispositions et des capacités telles que le miel et le sucre leur profitent, et que le poison les rend malades et les tue. Telles sont les capacités et les aptitudes naturelles que Dieu a données également à toute l'humanité.
Mais l'homme commence peu à peu à consommer du poison, en en prenant chaque jour une petite quantité qu'il augmente progressivement jusqu'au moment où, s'il ne prend pas un gramme d'opium par jour, il meurt. Les aptitudes naturelles sont ainsi complètement transformées.

Remarquez combien les aptitudes et les capacités naturelles peuvent être modifiées par des habitudes et une culture différentes!
On ne reproche pas au criminel ses aptitudes et ses capacités naturelles, mais bien ses aptitudes et ses capacités acquises.
Dans la nature, le mal n'existe pas, tout est bon; même des qualités et un naturel qui, en général, sont blâmés, et qui pourtant sont une nécessité essentielle de certains humains, ne sont pas en réalité blâmables.
Ainsi, dès le début de sa vie, on peut remarquer clairement chez un enfant qui tète les signes de l'avidité, de la colère, de la domination. Alors, le bien et le mal ont été créés dans la réalité de l'homme, et cela est contraire au bien absolu dans la création et la nature pourra-t-on dire. La réponse à cela c'est que l'avidité, qui est la demande de quelque chose de plus, est une qualité louable, pourvu qu'elle s'exerce à propos.
Par exemple, si un homme est avide d'apprendre les sciences et le savoir, ou de devenir clément, généreux et juste, cela est très louable. S'il exerce sa colère et sa domination contre les tyrans sanguinaires, qui sont comme des lions dévorants, cela est également très louable; tandis que, s'il ne se sert pas de ces qualités pour de bons propos, elles sont blâmables.
Il est donc évident que, dans la création, le mal n'a jamais existé; mais quand le caractère naturel de l'homme s'exerce dans les circonstances contraires aux lois, il devient blâmable.
Par exemple, si un riche fait généreusement une aumône à un pauvre afin qu'il l'emploie pour ce qui lui est nécessaire, et si ce pauvre emploie ensuite cette somme pour des choses illégales, cela devient blâmable.
De même pour toutes les caractéristiques naturelles de l'homme, qui constituent le capital de la vie; si on s'en sert pour des choses illégales, elles deviennent blâmables. Il est donc clair que la nature est le bien même.
Considérez que le plus mauvais caractère et le défaut le plus haïssable, qui est la source de tous les maux, c'est le mensonge; on ne peut imaginer un défaut plus mauvais et plus blâmable dans l'existence; c'est le destructeur de toutes les perfections humaines et la cause de vices innombrables; il n'y a pas de pire défaut que celui-là, c'est la base de tous les crimes.

Malgré cela, si un médecin console un malade en lui disant : "Grâce à Dieu, ta santé est meilleure, et j'espère en ta guérison", même si ces paroles sont contraires à la vérité, elles peuvent servir à consoler le coeur du malade, et être la source de sa guérison. Cela n'est pas blâmable. La question est maintenant clairement élucidée.

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Chapitre: IV.58. L'intelligence humaine et les manifestations de Dieu

Question. - Jusqu'où peut aller la perception humaine, et par quoi est-elle limitée ?
Réponse. - Sachez qu'il y a deux sortes de perceptions : le plus humble degré de perception correspond aux sentiments des animaux, c'est-à-dire à la sensation physique qui apparaît par le pouvoir des sens. Cette perception est appelée sensation : là, l'homme et l'animal sont égaux; bien plus, certains animaux sont supérieurs à l'homme.
Mais dans l'humanité, la perception varie, et elle est différenciée selon les différentes aptitudes de l'homme.
Au premier rang de la nature est la perception de l'âme douée de raison; par cette perception et cette faculté, tous les hommes sont égaux, qu'ils soient négligents, attentifs, croyants ou mécréants.
Dans l'oeuvre de Dieu, cette âme douée de raison embrasse et dépasse les autres créatures. Comme elle est plus noble et plus élevée, elle englobe les choses.
Le pouvoir de l'âme douée de raison peut découvrir la réalité des choses, comprendre les particularités des créatures et pénétrer les mystères des existences, Toutes ces sciences, ces connaissances, ces arts, ces merveilles, ces institutions, ces découvertes, ces entreprises proviennent des facultés de l'âme douée de raison.
Il fut un temps où c'étaient des mystères préservés, des secrets cachés et inconnus; l'âme douée de raison les a peu à peu découverts et amenés du domaine de l'invisible et du caché à celui de l'évidence.
C'est le plus grand pouvoir de la perception dans la nature; son essor et sa portée suprême consistent à comprendre la réalité, les particularités et les caractéristiques des contingences.

Mais l'intelligence universelle divine, qui est en dehors de la nature, c'est la bonté du pouvoir du Préexistant. Cette intelligence universelle divine embrasse les réalités existantes, et elle perçoit les lumières des mystères divins. C'est un pouvoir de conscience, non un pouvoir de recherche et d'expérience.
Au contraire, le pouvoir intellectuel naturel est un pouvoir de recherche; par ses recherches, il découvre les réalités des créatures et les particularités des existences.
Mais le pouvoir intellectuel du royaume de Dieu, qui est en dehors de la nature, embrasse les choses, les connaît, les comprend, perçoit les mystères, les réalités et les significations divines, et découvre les vérités cachées du royaume.
Ce pouvoir intellectuel divin est spécial aux saintes manifestations et aux orients de la prophétie; un rayon de cette lumière frappe le miroir du coeur des fidèles, et une part et une portion de ce pouvoir leur parviennent par l'intermédiaire des saintes manifestations.
Les saintes manifestations ont trois conditions : la condition du corps, celle de l'âme douée de raison et celle de la manifestation de perfection, de l'éclat divin.
Le corps comprend les choses dans la mesure de ses capacités dans le monde corporel : c'est ainsi que, dans bien des cas, les manifestations ont montré de la faiblesse.
Par exemple : "J'étais endormi dans l'ignorance; la brise de Dieu passa sur moi, me réveilla et me commanda de proclamer la parole de Dieu." Ou bien, lorsque le Christ, à l'âge de trente ans, fut baptisé et que le Saint-Esprit entra en lui; auparavant, le Saint-Esprit ne se manifestait pas en lui. Tout cela se rapporte à la condition du corps des manifestations.
Tandis que leur condition divine embrasse toutes les choses, connaît tous les mystères, sait tous les signes, gouverne toutes les choses, avant comme après leur mission, c'est tout un. C'est pour cela qu'il a dit : "Je suis l'Alpha et l'Oméga, le premier et le dernier; il n'y a eu et il n'y aura jamais de changement ni de modification pour moi."

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Chapitre: IV.59. La connaissance de Dieu

Question. - Jusqu'à quel point l'intelligence de l'homme arrive-t-elle a comprendre Dieu? Réponse. - Ce sujet exige beaucoup de temps, et son explication ainsi, à table, n'est pas facile; néanmoins nous en parlerons brièvement.
Sachez qu'il y a deux sortes de connaissances : la connaissance de l'essence d'une chose et celle de ses qualités. L'essence d'une chose est connue par ses qualités, autrement elle nous échappe.
Comme ce que nous savons des choses, bien qu'elles soient créées et limitées, vient de leurs qualités et non de leur essence, comment pourrions-nous connaître, par son essence, la Réalité divine qui est illimitée?
L'essence profonde des choses est inconnue; seules, ses qualités le sont. Ainsi l'essence profonde du soleil nous échappe, mais par ses qualités qui sont la chaleur et la lumière, nous le connaissons. L'essence profonde de l'homme nous échappe, elle est inconnue, mais par ses qualités elle est connue et caractérisée.
Et comme notre connaissance de toute chose se rapporte aux qualités et non à l'essence, bien que notre intelligence s'applique aux êtres et que les êtres extérieurs soient connus, ces êtres, quant à leur essence, nous échappent; nous ne les connaissons que quant à leurs qualités.
Alors, comment l'Eternel, qui est au-dessus de l'intelligence et des pensées, serait-Il connu dans son essence? C'est-à-dire que, puisque les choses ne peuvent être connues que dans leurs qualités, et non dans leur essence, à plus forte raison la Réalité divine nous échappe-t-elle dans son essence, et n'est-elle connue que dans ses attributs.

D'ailleurs comment la réalité contingente pourrait-elle comprendre la Réalité éternelle? Car comprendre, c'est avoir déjà en soi; il faut contenir pour comprendre, et l'Essence de l'Unité contient tout; elle n'est pas contenue.
Egalement, la différence de règnes entre les êtres est un obstacle à la connaissance. Ainsi ce minéral, qui appartient au règne minéral, aura beau s'élever, il ne pourra jamais comprendre la force de croissance. Les végétaux, les arbres, quelque progrès qu'ils fassent, ne peuvent se représenter la faculté de la vue, non plus que comprendre les autres sens. L'animal ne peut se représenter les facultés humaines, c'est-à-dire les facultés spirituelles.
La différence de règnes est un obstacle à la connaissance : les êtres du règne inférieur ne peuvent comprendre ceux du règne supérieur. Comment alors la réalité contingente comprendrait-elle la Réalité éternelle ?
Donc, comprendre Dieu veut dire comprendre et connaître ses attributs, non sa réalité. Et cette connaissance des attributs dépend aussi de la capacité et du pouvoir plus ou moins grands de l'homme. Ils ne sont pas illimités.
Par conséquent, la philosophie consiste à comprendre la réalité des choses, comme elles existent, selon la capacité et le pouvoir des hommes.
Et pour la réalité contingente, il n'y a pas d'autre ressource que de comprendre les attributs de l'Eternel selon les capacités humaines.
Le mystère divin est au-dessus de la compréhension des êtres; tout ce qui parvient à l'imagination, c'est cela que l'homme comprend; et le pouvoir de compréhension de l'homme ne s'applique pas à la réalité de l'Essence divine.
Tout ce que l'homme est capable de comprendre ce sont les attributs divins, dont l'éclat brille et apparaît dans le monde et dans l'âme des hommes.
Lorsque nous regardons le monde et au coeur de l'âme des hommes, des signes évidents des perfections divines apparaissent, clairs et manifestes, car la réalité des choses prouve la Réalité universelle.

On peut comparer la Réalité divine au soleil qui, dans les hauteurs de sa gloire, brille sur tous les horizons; chaque horizon et chaque âme prennent une part de cet éclat; et si cet éclat et cette lumière n'existaient pas, les êtres n'existeraient pas non plus; chacun exprime une vérité et retient une partie de cette lumière.
Mais la réflexion des perfections, des bontés et des qualités divines brille et resplendit dans la réalité de l'homme parfait, c'est-à-dire de cet être unique qui est la manifestation universelle de Dieu.
Cas les autres êtres ne reçoivent qu'un rayon, tandis que la manifestation universelle est un miroir pour ce Soleil, lequel devient visible et manifeste en lui, avec toutes ses perfections, ses attributs, ses signes et ses merveilles.
La connaissance de la Réalité divine est absolument impossible, mais la connaissance des manifestations divines est la connaissance de Dieu; car les bontés, les splendeurs, les qualités divines sont manifestées en elles.
Donc, si l'homme parvient à connaître les manifestations divines, il arrive à la connaissance de Dieu. S'il néglige de connaître les saintes manifestations, il en est privé.
Il est donc clair et établi que les manifestations saintes sont le siège de la bonté, des signes et des perfections de Dieu. Heureux sont ceux qui, de ces lumineuses aurores, reçoivent la lumière des bontés divines!
Nous espérons que les amis de Dieu, comme une force attractive, recevront ces bontés, de leur source même, et qu'ils se lèveront avec une lumière et des signes qui feront d'eux des preuves évidentes du Soleil de Réalité!

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Chapitre: IV.60. L'immoralité de l'esprit

Après avoir prouvé que l'esprit humain existe, il s'agit maintenant d'établir son immortalité. Il en est fait mention dans les livres saints; l'immortalité de l'esprit est la base fondamentale des religions divines.
Or, on dit qu'il y a deux sortes de punitions et de récompenses. Premièrement, les récompenses et les châtiments de la vie; secondement, ceux de l'autre monde.
Mais le paradis et l'enfer de l'existence se retrouvent dans tous les mondes de Dieu, que ce soit dans ce monde ou que ce soit dans les mondes spirituels et célestes.
L'obtention de ces récompenses c'est l'obtention de la vie éternelle. C'est pour cela que le Christ dit : "Agissez de façon à gagner la vie éternelle, et à naître de l'eau et de l'esprit, afin d'entrer dans le royaume des cieux."
Les récompenses de ce monde sont les vertus et les perfections qui ornent l'homme véritable. Ainsi, de ténébreux, il devient lumineux; d'ignorant, savant; de négligent, attentif; d'endormi, éveillé; de mort, vivant; d'aveugle, voyant; de sourd, fine oreille; de terrestre, céleste; de matériel, spirituel.
Par ces récompenses, il trouve la naissance spirituelle, il devient une créature nouvelle, il devient la manifestation de ce verset de l'Evangile où il est dit, à propos des apôtres, qu'ils n'étaient nés ni du sang ni de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu; c'est-à-dire qu'ils étaient affranchis des moeurs et des qualités bestiales qui sont un des côtés de la nature humaine, et qu'ils étaient caractérisés par les qualités divines qui sont la bonté de Dieu. Telle est la signification de la naissance.

Pour de tels êtres, il n'y a pas de tourment plus grand que d'être séparé de Dieu, ni de punition plus violente que les vices, les passions, les mauvais penchants, une nature vile, et le ait de tomber dans la débauche.
Lorsque, à la lumière de la foi, ils sont affranchis de la noirceur de ces vices, qu'ils deviennent illuminés par l'éclat du Soleil de Vérité et honorés par toutes les vertus, ils considèrent cela comme la plus grande récompense, et ils savent que c'est le véritable paradis.
Et de même, ils regardent comme la punition divine, c'est-à-dire comme le tourment et le châtiment de la vie, le fait d'être soumis au monde matériel, d'être séparé de Dieu, la brutalité et l'ignorance, le fait de tomber dans les vices charnels, d'être esclave des faiblesses animales, d'être caractérisé par les noirs attributs tels que le mensonge, la cruauté, l'iniquité, l'attachement aux choses mondaines, et le ait d'être plongé dans les pensées sataniques; pour eux, ce sont les tourments et les châtiments les plus grands.
Quant aux récompenses de l'autre monde, ce sont : la vie éternelle, laquelle est mentionnée dans tous les livres saints, ainsi que les perfections divines et tes bienfaits éternels, la félicité éternelle.
Les récompenses de l'autre monde sont les perfections et la paix, obtenues dans le monde spirituel, après qu'on a quitté celui-ci.
Les récompenses de cette vie sont les véritables perfections lumineuses qui existent dans ce monde et qui sont cause de vie éternelle; car les récompenses de cette vie sont les progrès mêmes de notre existence.
Ainsi l'homme passe du monde embryonnaire à la maturité et devient la manifestation de "Béni soit Dieu le meilleur des créateurs".
Les récompenses de l'autre monde sont la paix et les grâces spirituelles, les différentes sortes de bienfaits spirituels dans le royaume divin, la réalisation des désirs du coeur et de l'âme, et la rencontre de Dieu dans le monde éternel.

De même, les punitions de l'autre monde, c'est-à-dire les tourments de l'autre monde, consistent à être privé des faveurs spéciales de Dieu, des bienfaits incontestables, et à tomber dans les derniers degrés de l'existence.
Et celui qui est privé de ces bienfaits divins, quoiqu'il continue d'exister après la mort, est pourtant considéré comme mort auprès des gens de vérité.
Quant à la preuve logique de l'immortalité de l'esprit, c'est qu'aucun signe ne peut résulter d'une chose non existante, c'est-à-dire qu'il est impossible que, d'une chose qui n'existe pas, le moindre signe apparaisse; car le signe est la conséquence d'une chose, et la conséquence dépend de l'existence du principe.
Ainsi, d'un soleil non existant il ne peut briller de lumière; d'une mer non existante nulle vague ne peut naître; d'un nuage non existant il ne tombe pas de pluie; un arbre non existant ne donne pas de fruits; un homme non existant ne manifeste ni ne produit rien.
Par conséquent, si un signe d'existence est manifesté, c'est la preuve que le possesseur du signe existe.
Considérez qu'aujourd'hui le royaume du Christ existe; comment se pourrait-il qu'un souverain inexistant manifestât un royaume aussi grand ? Comment, d'une mer non existante, les vagues monteraient-elles si haut? Comment une aussi douce brise sainte se répandrait-elle d'un jardin non existant ?
Considérez que chaque être, par le seul fait de la destruction de ses membres, de la décomposition de ses éléments, perd complètement tout effet, toute influence, tout signe, que ce soit un minéral, un végétal ou un animal.
Il n'y a que la réalité humaine, l'esprit de l'homme qui, après la désagrégation de ses membres, la dispersion de ses molécules et la destruction de sa composition, continue à donner des signes, à agir et à avoir du pouvoir.
Cette question est extrêmement subtile; réfléchissez-y bien; c'est une preuve de raison que nous donnons afin que, raisonnablement, on la pèse dans la balance de la raison et de l'équité.

Que si l'esprit humain devient annonciateur de bonnes nouvelles, et est attiré vers le royaume de Dieu, s'il voit avec la vraie vision, si son entendement spirituel prend force, si ses sentiments spirituels deviennent prédominants, il verra son immortalité aussi clairement que le soleil, et les bonnes nouvelles et les signes de Dieu l'envelopperont entièrement!
Demain, nous donnerons d'autres preuves.

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Chapitre: IV.61. L'immortalité de l'esprit (suite)

Hier, nous étions en train de prouver l'immortalité de l'esprit.
Sachez que l'activité et l'intelligence de l'esprit humain sont de deux sortes, c'est-à-dire qu'il agit et comprend de deux façons différentes.
D'abord, par l'intermédiaire d'instruments et d'organes : ainsi, c'est par l'oeil qu'il voit, par l'oreille qu'il entend, par la langue qu'il parle. Telle est l'action de l'esprit et de l'intelligence humaine, par l'intermédiaire des organes.
C'est-à-dire que ce qui voit, c'est l'esprit, mais par l'intermédiaire de l'oeil; ce qui entend, c'est l'esprit, mais par l'intermédiaire de l'oreille; c'est lui l'orateur, mais par l'intermédiaire de la langue.
L'autre sorte d'activité et d'action de l'esprit consiste à se passer d'instruments et d'organes. Par exemple, il est dans l'état de sommeil; sans oeil il voit, sans oreille il entend, sans langue il parle, sans jambes il court; bref, cette activité a lieu sans l'intermédiaire d'un instrument ou d'un organe.
Combien de fois arrive-t-il qu'il fasse un rêve dans le sommeil, dont la signification n'est manifeste que deux ans après, dans des événements concordants ? Et de même, combien de fois une question qu'il ne peut résoudre à l'état de veille est solutionnée dans le monde du rêve ?
Dans la veille, l'oeil ne voit que jusqu'à une courte distance; mais dans le rêve, l'homme qui est en Orient voit l'Occident. Dans la veille il voit le présent, dans le rêve l'avenir.
Dans la veille, à toute vitesse, il traversera au plus vingt farsakhs à l'heure; dans le rêve, en un clin d'oeil, il traverse l'Est et l'Ouest.

Car l'esprit voyage de deux façons différentes : sans instrument, c'est-à-dire le voyage spirituel, et avec instrument, c'est-à-dire le voyage matériel; comme les oiseaux qui peuvent s'envoler ou changer de place lorsqu'on les transporte.
Dans le sommeil, le corps est comme mort; il ne voit ni n'entend, il ne sent pas, il n'a pas de conscience, pas d'intelligence; c'est que les facultés de l'homme sont éteintes. Mais l'esprit vit et subsiste. Et même, son influence est plus considérable; son vol s'étend plus haut, son intelligence est plus grande.
Si, après la mort du corps, la mort de l'esprit suivait ce serait comme si nous imaginions qu'un oiseau en cage serait perdu si l'on brisait sa cage; alors que, au contraire, l'oiseau n'a rien à craindre de la destruction de la cage. Notre corps est comme la cage, et notre esprit comme l'oiseau.
Nous voyons que, sans la cage, dans le sommeil, cet oiseau s'envole; donc, si elle était brisée, l'oiseau durerait et subsisterait; ses sens seraient plus puissants, son intelligence plus grande, son bonheur plus complet.
En vérité, de l'enfer, il parviendrait à un paradis de délices; car, pour les oiseaux reconnaissants il n'y a pas de paradis plus élevé que l'affranchissement de la cage. C'est pour cela que les martyrs, avec la joie et le bonheur les plus grands, se hâtent vers le champ du sacrifice.
Egalement, dans la veille, l'oeil de l'homme voit au plus à une heure de distance, car par l'instrument du corps, l'action de l'esprit est ainsi fixée; mais par la vision et l'oeil de l'intelligence, il voit l'Amérique, il perçoit ces lieux éloignés, il découvre la condition des choses, et il organise les affaires.
Or, si l'esprit n'était autre chose que le corps, il serait nécessaire que le pouvoir de la vision interne fût identique. II est donc clair que cet esprit est autre chose que ce corps, que cet oiseau est autre chose que cette cage, et que le pouvoir et l'influence de l'esprit, sans l'intermédiaire du corps, sont encore plus considérables.

Or, si l'organe est abandonné, le possesseur de l'organe continue à agir; si une plume est abandonnée ou si elle se brise, l'écrivain n'en demeure pas moins vivant et présent; si une maison est détruite, le propriétaire reste et subsiste. Tout cela fait partie des preuves logiques de l'immortalité de l'esprit.
Il y en a une autre : ce corps s'affaiblit, devient lourd, malade, il recouvre la santé, il est fatigué, reposé; parfois on l'ampute d'une main, d'une jambe, son pouvoir physique est affaibli, il devient aveugle, sourd, muet, ses membres peuvent devenir paralysés; bref, le corps peut avoir toutes les imperfections.
Au contraire l'esprit, dans sa condition primordiale, dans sa perception spirituelle, subsiste et demeure; il n'est en rien amoindri ni détruit. Pourtant, lorsqu'il est entièrement soumis aux maladies et aux ennuis, le corps est privé des bienfaits de l'esprit, comme un miroir brisé, sale, ou poussiéreux, qui ne réfléchit plus la lumière du soleil et ne montre plus ses bienfaits.
Nous avons déjà expliqué que l'esprit humain n'est pas dans le corps, car il est affranchi et exempt des conditions de descente et de sortie qui appartiennent aux choses matérielles. La relation de l'esprit avec le corps est comme celle du soleil avec le miroir.
Bref, l'esprit humain est dans une condition spéciale : les maladies du corps ne l'affectent pas, non plus que sa santé; il ne devient pas malade ou faible, ou misérable ou pauvre, ou léger, ou petit; c'est-à-dire que les affections du corps ne le touchent pas et qu'aucun effet ne sera visible si le corps devient faible, si les mains, ou les pieds, ou la langue sont coupés, s'il perd l'ouïe ou la vue.
Il est donc clair et établi que l'esprit est autre que le corps et que sa durée est indépendante de celle du corps. Au contraire, l'esprit, avec la gloire la plus grande, règne sur le corps; et ses effets et son influence, comme les bienfaits du soleil dans un miroir, sont manifestes et visibles. Mais lorsque le miroir est sale ou se brise, il est privé de la lumière du soleil!

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Chapitre: IV.62. Les perfections de l'existence sont illimitées

Sachez que les rangs de l'existence sont limités : il y a le rang de servitude, le rang de prophétie et le rang de divinité.
Tandis que les perfections divines, aussi bien que les perfections contingentes, sont illimitées. Lorsque vous regardez attentivement, vous voyez que cette non-limitation des perfections de l'existence est bien apparente, car vous ne pouvez trouver une seule créature dont vous ne puissiez imaginer qu'il en existe une supérieure.
Par exemple, il n'y a pas un rubis dans le monde minéral, une rose dans le monde végétal, ou un rossignol dans le monde animal tels qu'on n'en puisse imaginer de plus parfaits.
Et comme la grâce divine est illimitée, les perfections humaines le sont aussi. S'il était possible d'en atteindre la limite, l'une quelconque des choses pourrait atteindre l'état où elle n'aurait plus besoin de Dieu, et la contingence parviendrait au degré de l'Existence absolue.
Mais chaque créature a pour elle un degré qu'elle ne peut outrepasser : c'est-à-dire que quiconque est dans le degré de servitude aura beau faire des progrès, acquérir des perfections sans limites, il ne parviendra pas au degré de divinité.
De même pour les autres créatures : un minéral, quelque progrès qu'il fasse dans le monde minéral, ne trouvera pas la force végétative. Egalement cette fleur, quelque progrès qu'elle fasse dans le monde botanique, ne pourra manifester en elle la faculté des sens.
Par exemple, ce morceau d'argent ne peut avoir ni ouïe, ni vue; tout ce qu'il peut faire, c'est d'évoluer dans son propre rang et de devenir une pièce parfaite; mais il ne peut acquérir la force de croissance ou la force sensitive, ni trouver la vie; il ne peut que progresser dans son propre rang.

Par exemple, saint Pierre ne peut pas être le Messie. Tout ce qu'il peut faire c'est, dans le rang de servitude, d'atteindre des perfections illimitées, car tout ce qui existe est capable de progresser.
Et comme l'esprit de l'homme, après avoir dépouillé cette forme matérielle, a une vie éternelle :t que naturellement une chose existante est aussi capable de progrès (après la mort) , donc l'homme, après sa mort, peut espérer le progrès, le pardon, la faveur, la bienfaisance, la grâce, puisque l'existence est capable de progrès.
C'est pour cela que, dans les prières de Bahá'u'lláh, il y a la demande du pardon et de la rémission pour ceux qui ont trépassé;
d'ailleurs, de même que la créature a besoin de Dieu dans ce monde, elle en a aussi besoin dans l'autre; la créature est toujours dans le besoin et Dieu est absolument indépendant, que ce soit dans ce monde ou dans l'autre.
La richesse de l'autre monde, c'est l'approche de Dieu.
Par conséquent, il est certain que ceux qui sont près de la cour divine peuvent intercéder, et que cette intercession a l'approbation de Dieu. Mais l'intercession dans l'autre monde ne ressemble pas à celle de ce monde; c'est un autre état de choses, une autre vérité qu'il n'est pas facile d'expliquer.
Si un homme opulent, au moment de sa mort, fait un testament en faveur des pauvres et des misérables et dépense pour eux une partie de ses richesses, il se peut que cette action devienne la cause de son pardon, de sa rémission et de son progrès dans le royaume de Dieu.
Dans un autre ordre d'idées, un père et une mère endurent toutes sortes de peines et de soucis pour leurs enfants; et souvent, lorsque ceux-ci arrivent à l'âge de raison, le père et la mère s'en vont dans l'autre monde. II leur arrive rarement de voir chez leurs enfants, en ce morde, le résultat de leurs peines et de leurs soucis.
Donc, il faut que les enfants, en retour des soucis et des peines de leurs parents, fassent du bien et des bonnes oeuvres, et demandent pour eux le pardon et la rémission.

Ainsi, vous devez, en retour de l'amour et de l'affection que vous a montrés votre père, faire en son nom des libéralités aux pauvres et, avec la soumission et l'humilité les plus grandes, implorer pour lui le pardon et la rémission, et demander la miséricorde suprême.
Il est même possible que ceux qui sont morts dans le péché et l'impiété changent de condition, et qu'ils deviennent l'objet de la rémission, C'est le fait de la bonté divine, non de la justice; car la bonté donne sans tenir compte du mérite, au contraire de la justice.
Et comme nous avons ici-bas le pouvoir de prier pour ces âmes, de même dans l'autre monde, qui est le royaume de Dieu, nous posséderons ce même pouvoir.
Est-ce que, dans l'autre monde, tous les êtres ne sont pas des créatures de Dieu? Donc, dans l'autre monde aussi, ils peuvent progresser.
De même que dans ce monde, par leurs supplications, ils peuvent obtenir des lumières, de même dans l'autre ils peuvent demander la rémission.
Ainsi, comme les individus peuvent dans ce monde, soit à l'aide des supplications et de l'humilité, soit à l'aide des prières des êtres pieux, parvenir au progrès, de même aussi après la mort, par leur propres prières et leurs supplications, ils peuvent progresser, et surtout lorsque ceux qui intercèdent pour eux sont les saintes manifestations.

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Chapitre: IV.63. Sur le progrès de l'homme dans l'autre monde

Sachez que rien de ce qui existe ne reste dans un état de repos, c'est-à-dire que toutes les choses sont en mouvement; toute chose est, soit en train de croître, soit en train de décroître; toute chose, ou bien vient de la non-existence vers la vie, ou bien va de la vie à la non-existence.
Ainsi cette fleur, cette jacinthe, est d'abord venue de la non-existence à la vie, et maintenant elle va de la vie à la non-existence.
On appelle ce mouvement, mouvement essentiel, c'est-à-dire naturel; il est inséparable de l'être, car il est sa nature fatale, comme la nature fatale du feu est de consumer. Il est donc établi que ce mouvement est nécessaire à l'existence; ou bien il consiste à croître, ou bien à décroître.
Or, comme l'esprit, après la mort, continue d'exister, nécessairement il croît ou décroît; et dans l'autre monde, cesser de croître, c'est décroître. Mais il ne sort pas de sa propre condition dans laquelle il continue au contraire d'évoluer.
Par exemple, la réalité de l'esprit de saint Pierre, tant qu'elle évoluera, n'arrivera pas à la condition de la réalité du Christ; elle évolue dans son propre milieu.
De même, voyez ce minéral : il aura beau évoluer, il évoluera dans son rang; ainsi, vous ne pouvez amener ce cristal à la condition où il aurait la vue; c'est imaginer l'impossible.
Ainsi, la lune qui est au ciel aura beau évoluer, elle ne deviendra jamais le soleil lumineux; elle a son apogée et 'on périgée propres. Les apôtres avaient beau évoluer, ils ne devenaient pas le Messie.

Il est vrai que le charbon devient du diamant, mais tous deux sont des pierres, et les éléments qui les composent sont identiques.

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Chapitre: IV.64. La condition de l'homme et ses progrès après la mort

Lorsque nous regardons les créatures avec l'oeil de la vision, nous voyons qu'elles sont limitées à trois catégories : c'est-à-dire que, dans l'ensemble, elles sont minérales, végétales ou animales; ce sont trois classes qui, chacune, ont des espèces.
L'homme est l'espèce supérieure, car il possède les perfections de toutes les classes, c'est-à-dire que c'est un corps qui croît et qui sent; et bien qu'il ait la perfection du minéral, du végétal et de l'animal, il possède en outre une perfection spéciale dont les autres créatures sont privées, à savoir l'intelligence. Il est donc l'être le plus noble.
L'homme est au rang suprême de la matérialité, et au commencement de la spiritualité; c'est-à-dire qu'il est la fin de l'imperfection et le commencement de la perfection.
Il est au dernier degré des ténèbres et au commencement de la lumière; aussi a-t-on dit que la condition de l'homme était la fin de la nuit et le commencement du jour; c'est-à-dire qu'il réunit tous les degrés des imperfections, et possède les degrés des perfections.
Il a le côté animal aussi bien que le côté angélique; et la raison d'être de l'éducateur est d'instruire les hommes de façon que le côté angélique l'emporte sur le côté animal.
Donc, si, chez l'homme, le pouvoir divin, qui est la source de toute perfection, l'emporte sur le pouvoir satanique, source de toute imperfection, il devient la plus noble des créatures; si c'est le contraire, il devient la plus basse. Voilà pourquoi il est la fin de imperfection et le commencement de la perfection.

Dans les espèces autres que l'espèce humaine, on ne rencontre pas une différence, une opposition, un contraste et une contradiction semblables.
Ainsi, l'homme a été la réflexion humaine des lumières divines, comme le Christ, et vous voyez quelles sont sa puissance et sa gloire !
Et en même temps, il y a des hommes idolâtres qui adorent des pierres, une motte de terre, un arbre; voyez comme ils sont vils pour que l'objet de leur adoration puisse être la plus basse des créatures, une pierre, une motte de terre sans esprit, une montagne, une forêt, un arbre! Quelle honte plus grande pour l'homme que d'adorer la chose la plus basse!
De même, le savoir est un attribut de l'homme, comme l'ignorance; la sincérité, comme le mensonge; la fidélité, comme la trahison; la justice, comme la tyrannie, etc. Bref, toutes les perfections et les vertus, et tous les vices sont des attributs de l'homme.
Voyez également les différences entre les hommes pris individuellement. Le Christ et Caïphe avaient la forme humaine; Moïse et Pharaon, Abel et Caïn, Bahá'u'lláh et Yahya étaient des hommes!
Voilà pourquoi on dit que l'homme est le signe suprême de Dieu : c'est le livre de la création, car tous les mystères des créatures existent en lui.
Donc, s'il vient à l'ombre de l'éducation du véritable éducateur, et s'il est éduqué par lui, il devient le joyau des joyaux, la lumière des lumières, l'esprit des esprits, le centre des apparitions de la clémence, le principe des qualités divines, l'aurore des lumières célestes, le réceptacle des inspirations de Dieu.
Si, au contraire, il est privé de cette éducation, il devient la manifestation des attributs sataniques, des vices du règne animal et de toutes les situations ténébreuses.
Telle est la raison de la mission des prophètes pour l'éducation des hommes, afin que ce morceau de charbon devienne un diamant et que cet arbre stérile soit greffé et donne les fruits les plus sucrés et les plus doux.

Quand l'homme parvient à la plus noble condition du monde, alors il peut faire de nouveaux progrès dans les degrés de perfection, mais non passer dans un autre rang; car les rangs sont en nombre limité.
Mais les perfections divines sont illimitées. Avant de dépouiller cette forme matérielle, comme après, il y a des progrès en perfections, mais non en rang.
Ainsi les choses se terminent à l'homme parfait; rien n'existe de supérieur à lui.
Mais l'homme qui reste à son rang a encore des progrès en perfections à faire, sinon en rang, puisqu'il n'y a pas de rang supérieur à celui de l'homme parait, où il puisse se transporter. Il ne progresse que dans le rang de l'humanité, car les perfections humaines sont illimitées; ainsi quelque savant que soit un homme, on peut en imaginer un supérieur.
Donc, comme les perfections humaines sont illimitées, lorsqu'il sort de ce monde, l'homme peut aussi faire des progrès en perfections.

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Chapitre: IV.65. Commentaire sur un verset du Kitab-i-Aqdas

Question. - Dans le Kitab-i-Aqdas il est dit; "... et quiconque en est privé s'est écarté du bon chemin, même s'il a accompli toutes les bonnes actions possibles." Que signifie ce verset ?
Réponse. - Le sens de ce verset sacré est que la base du succès et du salut est la connaissance de Dieu; après la connaissance de Dieu viennent les bonnes actions qui sont le fruit de la foi. Si l'homme n'a pas cette connaissance, il sera privé de Dieu, et avec cette privation, les actions pieuses ne peuvent pas donner leur résultat complet.
Ce verset ne signifie pas que ceux qui sont privés de Dieu, qu'ils accomplissent de bonnes ou de mauvaises actions, sont égaux; son sens est que, l'essentiel, c'est la connaissance de Dieu, les bonnes actions en dépendent.
Néanmoins, il est certain que, entre des bons, des pécheurs et des méchants, qui seraient également privés de Dieu, il y a une différence. Car celui qui, bien que privé de Dieu, est bon et bienfaisant, mérite le pardon de Dieu; tandis que celui qui, privé de Dieu, est aussi pécheur, méchant et malveillant, celui-là demeure étranger à ses bontés et à ses faveurs. Voilà la différence.
Donc, le verset sacré veut dire que seules les bonnes actions, sans la connaissance de Dieu, ne peuvent donner le salut éternel, le succès et la prospérité infinis, ni l'entrée dans le royaume de Dieu.

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Chapitre: IV.66. Que devient l'âme douée de raison ? L'immortalité des enfants.

Question. - Après l'abandon du corps et sa séparation d'avec l'esprit, que devient l'âme douée de raison ? Faisons une hypothèse; les âmes qui ont reçu le secours des bienfaits du Saint-Esprit parviennent à la vraie existence et à la vie éternelle; que devient l'âme douée de raison, c'est-à-dire celle des esprits qu'un voile sépare de Dieu ?
Réponse. - Certains pensent que le corps est l'essence et existe par lui-même, et que l'esprit est l'accident et dépend de l'essence du corps; et cela bien que, premièrement, l'âme douée de raison soit l'essence, et que le corps dépende d'elle. Si l'accident, c'est-à-dire le corps, disparaît, l'essence, c'est-à-dire l'esprit, subsiste.
Deuxièmement, l'âme douée de raison, c'est-à-dire l'esprit humain, n'est pas incarnée dans ce corps, elle n'y est pas entrée; car l'incarnation, l'entrée sont des particularités des corps, et l'âme douée de raison est en dehors de cela. Jamais elle n'est entrée dans ce corps; ainsi, après l'avoir quitté, elle n'a pas besoin d'une place.
Au contraire, l'esprit est lié au corps comme cette lumière à ce miroir. Si le miroir est poli et parfait, la lumière de la lampe y apparaît; s'il est plein de poussière, ou s'il est brisé, la lumière disparaît.
Jamais l'âme douée de raison, c'est-à-dire l'esprit humain, ne s'est incarnée dans ce corps, et n'a existé par ce corps; ainsi, après la décomposition de cet assemblage corporel, comment aurait-elle besoin d'un autre principe substantiel par lequel elle puisse exister ? Au contraire, l'âme douée de raison est le principe essentiel par lequel existe le corps. L'individualité de l'âme douée de raison date de l'origine, elle n'est pas due au corps.

Bref, les facultés et l'individualité de l'âme douée de raison prennent leur puissance dans ce monde, puis y progressent et gravissent les degrés des perfections. Autrement, l'âme demeure dans les plus profonds abîmes de l'ignorance, et privée et séparée par un voile de la contemplation des signes de Dieu.
Question. - Par quel moyen l'esprit de l'homme, c'est-à-dire l'âme douée de raison, après avoir quitté ce monde mortel, fera-t-il des progrès ?
Réponse. - Le progrès de l'esprit humain, après la rupture de ses liens avec le corps e poussière, dépend, dans le monde divin, soit de la seule bonté et de la grâce de Dieu, soit de l'intercession et des prières sincères des autres hommes, soit des bonnes actions et des bonnes oeuvres importantes accomplies en son nom.
Question. - Les enfants qui meurent avant d'avoir atteint leur maturité, ou ceux qui viennent au monde avant terme (et meurent), quelle est leur condition ?
Réponse. - Ces enfants sont à l'ombre de la bonté de Dieu : comme ils n'ont commis aucun péché, et qu'ils ne sont pas souillés par les corruptions du monde de la nature, s sont des lieux de manifestation de la bonté, et les regards de l'oeil de la miséricorde s'étendent sur eux.

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Chapitre: IV.67. La vie éternelle et l'entrée dans le royaume de Dieu

Vous m'interrogez sur la vie éternelle et l'entrée dans le royaume. On peut, dans une terminologie empruntée au monde visible, dire que le royaume, c'est le ciel; mais c'est une comparaison et une similitude, non une réalité ou un fait. Car le royaume n'est pas un espace matériel, il est en dehors du temps et de l'espace; c'est une terre spirituelle, un monde divin, c'est le siège de la souveraineté de Dieu. Il est affranchi de la matière et de ce qui est matériel, et il est au-dessus des imaginations de l'humanité.
La limitation dans l'espace est en effet une particularité des corps et non des esprits; le temps et l'espace concernent la matière, non l'intelligence et l'âme.
Remarquez que le corps humain est confiné dans un petit lieu et qu'il règne sur deux empans de terre; il n'occupe pas un plus grand espace. Tandis que l'esprit et l'intelligence de l'homme voyagent dans tous les pays et dans toutes les région s, même dans l'étendue infinie du ciel; ils embrassent tout ce qui existe, ils font des découvertes dans les sphères supérieures, à des distances infinies.
Cela tient à ce que l'esprit n'a pas de place, il est immatériel; pour lui, la terre et le ciel c'est tout un, puisqu'il fait ses découvertes dans l'un et dans l'autre, Le corps, au contraire, est confiné dans un certain espace et ne sait pas ce qui se passe en dehors.
Quant à la vie, il y a deux vies : celle du corps et celle de l'esprit; la première, c'est la vie matérielle, la seconde, c'est celle de l'existence du royaume, qui consiste à recevoir l'esprit de Dieu et à naître des brises du Saint-Esprit.
Bien que la vie matérielle existe, pour les saints spirituels, c'est pure non-existence, c'est mort absolue.

Ainsi, l'homme existe, et cette pierre aussi existe; mais quelle différence entre leurs deux existences! Bien que la " ' te, à côté de l'existence de l'homme, c'est le néant.
Avoir la vie éternelle, c'est recevoir les bienfaits du Saint-Esprit, comme la fleur reçoit les bienfaits de la saison, de la brise, des souffles du printemps. Remarquez que cette fleur vivait tout d'abord, mais d'une vie pour ainsi dire minérale; mais l'arrivée de la saison d'avril, l'abondance des nuages du printemps, la chaleur du soleil lumineux lui ont donné une vie nouvelle, de la fraîcheur, de la douceur, et le parfum le plus exquis. La vie première de cette fleur, à côté de la nouvelle, c'était la mort.
Je veux donc dire que la vie du royaume, c'est la vie de l'esprit, la vie éternelle, en dehors du temps et de l'espace.
C'est comme l'esprit de l'homme, qui n'a pas de lieu; car, si vous examinez l'être humain, vous ne trouverez pas de lieu ni de place déterminés pour l'esprit; jamais il n'en a eu, il en est indépendant. Il est pourtant lié à ce corps, comme le soleil est lié à ce miroir; il n'y est pas situé, mais il est lié au miroir.
De la même façon, le monde du royaume est en-dehors de tout ce qui peut être vu par l'oeil ou perçu par les autres sens comme l'ouïe, l'odorat, le goût, le toucher.
L'intelligence qui est en l'homme, et dont l'existence est reconnue, dans quelle partie de l'homme se trouve-t-elle ? Si vous examinez l'être humain avec l'oeil, avec l'ouïe ou avec les autres sens, vous ne la trouverez pas; pourtant elle existe. Donc, c'est qu'elle n'a pas de place, mais elle est liée au cerveau. Il en est de même du royaume.
Pareillement, l'amour n'a pas de place, mais il est lié au coeur. Ainsi, le royaume n'a pas de place, mais il est lié à l'homme.
Quant à l'entrée dans le royaume, on y arrive par l'amour de Dieu, par le détachement, la sainteté, la chasteté, la sincérité, la pureté, la droiture, le dévouement et le sacrifice de sa vie.

Ces explications montrent donc que l'homme est immortel et possède la vie éternelle. Pour ceux qui croient en Dieu, qui ont l'amour de Dieu et la foi, leur vie est parfaite et on l'appelle éternelle; quant à ceux qu'un voile sépare de Dieu, bien qu'ils soient vivants, leur vie est ténébreuse, et en comparaison avec la vie des croyants, c'est la non-existence.
Par exemple, l'oeil et l'ongle vivent; mais la vie de celui-ci, à côté de la vie de celui-là, c'est la non-existence.
La pierre et l'homme existent, mais l'existence de la pierre, à côté de celle de l'homme, c'est le néant, elle n'existe pas; car lorsque l'homme meurt et que son corps est détruit, il est anéanti; comme la pierre et la poussière, il devient minéral. Il est donc clair que, bien que le minéral existe, à côté de l'existence de l'homme, c'est la non-existence.
De même, bien qu'un homme séparé de Dieu existe dans ce monde, et dans l'autre monde après la mort, en comparaison avec la vie sainte des enfants du royaume de Dieu, un tel homme est anéanti et annihilé.

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Chapitre: IV.68. La destinée

Question. - La destinée dont on parle dans les livres divins est-elle une chose décrétée, et dans ce cas, à quoi bon chercher à l'éviter ?
Réponse. - Il y a deux sortes de destinées : l'une est décrétée; l'autre, qui est subordonnée à des conditions, est dite menaçante. La destinée décrétée est celle qui ne peut changer ni être modifiée; la destinée subordonnée est celle qui peut se réaliser.
Ainsi pour cette lampe, la destinée décrétée est que l'huile brûle et se consume; son extinction est donc une chose décrétée; elle ne peut changer ni être modifiée. Aussi est-ce une destinée décrétée.
De même, chez l'homme, il existe une force dont l'épuisement et l'extinction déterminent sans aucun doute la décomposition du corps; comme lorsque cette huile, dans cette lampe, est brûlée, et qu'il n'y en a plus, la lampe s'éteint indubitablement.
Quant à la destinée subordonnée, c'est lorsqu'il y a encore de l'huile et qu'un vent violent souffle et éteint la lampe. C'est une destinée subordonnée. Il est utile et nécessaire de l'éviter, de s'en protéger, de s'en garder et d'être circonspect.
Mais la destinée décrétée, qui est l'épuisement de la lampe, ne peut être changée, modifiée ou retardée. II faut qu'elle se réalise : la lampe doit indubitablement finir par s'éteindre.

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Chapitre: IV.69. Influence des étoiles

Question. - Les astres des cieux ont-ils une influence spirituelle sur l'âme humaine, ou non ?
Réponse. - Certaines étoiles des cieux ont, sur le globe terrestre et sur les créatures terrestres, une influence physique claire et évidente qui n'a pas besoin d'être expliquée. Voyez le soleil qui, par l'aide et l'assistance de Dieu, développe le globe terrestre et tous les êtres terrestres; sans 'a lumière et sa chaleur, tout ce qui est sur terre n'existerait pas.
Quant à l'influence spirituelle, bien qu'il paraisse étrange que les étoiles puissent avoir une influence spirituelle sur l'humanité, cependant, si vous réfléchissez attentivement à la question, vous ne vous étonnerez pas tant.
Je ne veux pourtant pas dire que les horoscopes que les astrologues autrefois tiraient du mouvement des astres étaient conformes à la réalité, car les décrets de ces astrologues n'étaient que de la fantaisie.
Les inventeurs de l'astrologie furent les prêtres égyptiens, assyriens et chaldéens; également, les mythes de l'Hindoustan, et les fables des Grecs, des Romains et des autres adorateurs d'étoiles s'y réfèrent.
Je veux dire que ce monde infini est comme le corps de l'homme, dont tous les membres sont liés les uns aux autres, et enchaînés avec la plus grande solidité.
Combien les membres, les parties, les éléments du corps de l'homme sont entremêlés, liés les uns avec les autres en vue d'une aide et d'un secours réciproques, et combien ils influent les uns sur les autres!
De même, les différentes parties de cet univers infini ont leurs membres et leurs éléments, comme ceux du corps humain, liés les uns aux autres; et ils s'influencent réciproquement, spirituellement et matériellement. Ainsi l'oeil voit : il influe sur tout le corps; l'ouïe entend : tous les membres du corps sont mis en mouvement.

Et sur ce point il n'y a pas de doute, car l'univers est comme une personne vivante.
En dehors de cela, le lien qui existe entre les membres des créatures doit nécessairement avoir un effet et une influence, soit spirituels, soit matériels.
A qui voudrait nier l'influence spirituelle des choses matérielles, nous mentionnerons ce bref exemple : des sons et des modulations merveilleuses, des mélodies et des chants ravissants sont des accidents qui affectent l'air; car le son est l'expression des vibrations de l'air et, par ces vibrations de l'air, les nerfs du tympan de l'oreille sont influencés, et l'on entend. Remarquez que la vibration de l'air, qui est un accident sans aucune importance, attire et stimule l'esprit de l'homme et a sur lui une influence considérable : il pleure, il rit; peut-être aura-t-elle une telle influence qu'elle deviendra dangereuse.
Maintenant, quel est le rapport qui existe entre l'esprit de l'homme et les vibrations atmosphériques, pour que le mouvement de l'air soit la cause qui fasse passer l'homme d'un état à un autre, le retourne entièrement, au point qu'il perdra tout calme et tout repos ?
Voyez combien tout cela est étrange; car rien ne sort du chanteur qui entre dans l'ouïe de celui qui écoute; et cependant il y a là une influence spirituelle considérable!
Donc, certainement, cette relation suprême des créatures entre elles a une influence et une portée spirituelles. Nous avons déjà montré combien les membres et les organes de l'homme s'affectent et s'influencent les uns les autres : par exemple, l'oeil voit, le coeur est influencé; l'oreille entend, l'esprit est influencé, le coeur est à l'aise, la pensée devient sereine, et tous les membres de l'homme sont en bon état. Quelle affinité et quelle harmonie!
De même que, entre les membres du corps de l'homme, qui sont des choses de peu d'importance, cette relation, cette influence, ces impressions spirituelles existent certainement, de même, entre ces êtres universels infinis, il y a aussi un lien à la fois matériel et spirituel.

Et, bien que les lois existantes et les sciences actuelles ne permettent pas de reconnaître ces relations, néanmoins leur existence entre les créatures universelles est clairement établie.
Brefs, les êtres, grands ou petits, sont liés les uns aux autres par la sagesse suprême de Dieu : ils influent et agissent les uns sur les autres. Autrement, dans l'ordre général et l'arrangement universel, il y aurait des lacunes et de l'imperfection.
Mais comme ces créatures sont liées les unes aux autres avec la plus grande précision, elles sont en ordre, à leur place, et parfaites. Cette question mérite l'attention.

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Chapitre: IV.70. L'homme est-il libre de faire le bien ou le mal ?

Question. - L'homme est-il, dans tous ses actes, un agent libre ou bien est-il déterminé et contraint ? Réponse. - Cette question est une des questions religieuses les plus importantes et les plus abstraites. Si Dieu veut, un autre jour, dès le commencement du repas, nous en entreprendrons l'explication détaillée : aujourd'hui, nous l'expliquerons brièvement, en quelques paroles, comme il suit.
Il y a des choses qui sont soumises au libre arbitre de l'homme : la justice, l'équité, la cruauté, l'injustice, en d'autres mots les bonnes et mauvaises actions; il est clair et évident que ces actions sont, pour une grande part, laissées à la volonté de l'homme.
Mais il y a d'autres cas où l'homme est déterminé et forcé : ainsi le sommeil, la mort, les maladies, le déclin de ses forces, les inconvénients, les malheurs qui ne sont pas soumis au libre arbitre de l'homme, dont il ne peut être tenu responsable, car il les subit. Mais pour les bonnes et les mauvaises actions, il est libre, et il les commet selon son propre vouloir.
Par exemple, s'il le veut, il peut passer son temps à louer Dieu, ou se livrer à d'autres pensées. Il peut être enflammé comme un flambeau par le feu de l'amour de Dieu, être rempli d'amour pour l'humanité, ou bien haïr l'humanité, se prendre de passion pour les choses matérielles. Il peut être juste ou cruel. Ces actes sont soumis à la puissance et à la volonté de l'homme lui-même; aussi en est-il responsable.
Maintenant se présente une autre question : c'est que l'homme est absolument impuissant et faible, car la puissance et la force appartiennent uniquement à Dieu; la gloire et l'humiliation dépendent du bon plaisir et de la volonté du Très-Haut.

C'est ainsi qu'il est dit dans l'Evangile que Dieu est comme un potier qui fait une coupe précieuse, puis fabrique un vase ordinaire. Le vase ordinaire n'a pas le droit de se révolter contre le potier et de dire : "Pourquoi n'as-tu pas fait de moi une coupe précieuse que l'on se passe de main en main ?"
La signification de cette comparaison est que les situations des êtres sont différentes les unes des autres; les plus humbles créatures, comme par exemple les minéraux, n'ont pas le droit de se plaindre en disant : "ô Dieu, pourquoi ne m'as-tu pas donné les perfections du végétal ?" Et de même, le végétal n'a pas le droit de se plaindre d'avoir été privé des perfections du monde animal. II ne convient pas non plus à l'animal de se plaindre d'être dépourvu des perfections humaines. Non, toutes ces choses sont parfaites dans leur propre degré.
Les êtres inférieurs, comme nous l'avons vu, n'ont ni le droit, ni la vertu des degrés supérieurs; ils doivent progresser dans le leur propre.
De même, les faits et gestes de l'homme dépendent de l'aide de Dieu; s'il n'est pas secouru, il est aussi incapable d'agir en bien qu'en mal. Mais lorsque le secours de vie vient du Seigneur généreux, il a le pouvoir de faire le bien ou le mal; si, au contraire, ce secours ne vient pas, il devient impuissant à faire quoi que ce soit. C'est pour cela que, dans les Ecritures saintes, on parle de l'aide et du secours de Dieu.
Ainsi, cet état est comme celui d'un navire qui est mis en mouvement par la force du vent ou celle de la vapeur : si ces forces cessent, il ne bouge plus. En dehors de cela, le gouvernail qui se tourne dans chaque direction, joint à la force de la vapeur, conduit le navire dans la direction voulue. Si le gouvernail est tourné vers l'Est, il va vers l'Est; s'il est tourné vers l'Ouest, il va vers l'Ouest. Ce mouvement ne vient pas du navire, il vient du vent ou de la vapeur.

Pareillement, les moindres actes de l'homme dépendent du secours de Dieu, mais le choix du bien ou du mal lui appartient.
De même, si un roi a nommé quelqu'un gouverneur de cette ville, lui a donné le pouvoir de l'autorité, et lui a montré le chemin de la justice et de l'injustice selon lés lois; si ce gouvernement commet des injustices, bien qu'il agisse par le pouvoir et l'influence du roi, ce dernier demeure étranger à l'injustice. Si, au contraire, il agit avec justice, il le ait aussi par l'influence du roi, lequel en sera satisfait et heureux.
C'est-à-dire que, si le choix du bien et du mal appartient à l'homme, en tout état de cause, il est soumis au secours de vie de l'Educateur.
Le royaume de Dieu est grand, et nous sommes tous prisonniers dans la main de son pouvoir! Le serviteur ne peut rien par sa propre volonté; Dieu est le puissant, l'omnipotent et l'assistant de toutes les créatures! Le sujet a été ainsi expliqué et élucidé.

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Chapitre: IV.71. Visions et communications avec les esprits

Question. - Il y a des gens qui croient qu'ils ont des révélations spirituelles, c'est-à-dire qu'ils conversent avec les esprits. Qu'est-ce que cela veut dire ?
Réponses. - Les révélations spirituelles sont de deux sortes. L'une est imaginaire et n'est qu'une façon de parler de certaines gens. L'autre est comme l'inspiration divine, et celle-là est vraie; telles les révélations d'Esaïe, de saint Jean, qui sont véritables.
Remarquez que la faculté de penser de l'homme comporte deux sortes de conceptions. Les unes prennent forme lorsqu'elles coïncident avec ce qui est établi; ces conceptions se vérifient dans le monde extérieur : telles les règles correctes, les pensées bien conduites, les découvertes scientifiques, les inventions des arts modernes.
Les autres sortes de conceptions sont les vaines suppositions, les imaginations fantaisistes qui ne donnent jamais ni résultat ni fruit et n'ont aucune réalité; au contraire, elles s'écroulent comme les vagues de la mer de l'imagination et passent comme des rêves fantaisistes.
De même, il y a deux sortes de révélations spirituelles. L'une, c'est l'inspiration des prophètes et les révélations spirituelles des élus.
Les visions des prophètes ne sont pas des songes, ce sont des révélations spirituelles qui sont réelles. Ils disent par exemple : "J'ai vu tel individu sous telle apparence, je lui ai dit telle chose, il m'a fait telle réponse." Cette vision est dans l'état de veille et non dans le sommeil; c'est une révélation spirituelle donnée sous la forme de la vision.

L'autre sorte de révélations spirituelles est pure imagination; mais ces imaginations prennent un tel corps que bien des gens simples d'esprit y croient. Ce qui le prouve clairement, c'est que cette subjugation des esprits n'a a jamais donné de fruit ou de résultat; ce ne sont qu'histoires et imaginations.
Sachez que la réalité de l'homme enveloppe la réalité des choses et découvre les vérités, les particularités, les mystères des choses.
Ainsi tous ces arts, ces inventions, ces sciences, ces connaissances, la réalité humaine les a découverts; ces arts étaient un mystère caché et préservé; puis, peu à peu, la réalité humaine les a trouvés et les a amenés des plaines de l'invisible à celles de l'évidence.
Il est donc clair que la réalité humaine enveloppe les choses. Ainsi, elle est en Europe, elle découvre l'Amérique; elle est sur terre, elle fait des découvertes dans le ciel; elle révèle les mystères des choses et la connaissance de la réalité de ce qui existe.
Ces découvertes, conformes à la réalité, sont semblables à la révélation, qui est la compréhension spirituelle, l'inspiration divine et l'association des esprits humains. Ainsi le prophète dit; "J'ai vu, j'ai dit, j'ai entendu telle chose."
Il est donc clair que l'esprit a une intelligence considérable qui peut se passer de l'intermédiaire des cinq sens, comme la vue et l'ouïe.
Pour la compréhension des choses de l'esprit et pour les découvertes extatiques, les êtres spirituels possèdent entre eux des relations pures de toute imagination et de toute fantaisie, et une intimité indépendante du temps et de l'espace.
C'est ainsi qu'il est écrit dans l'Evangile que, sur le mont Thabor, Moïse et Elie vinrent trouver le Christ. II est clair que ce ne fut pas une réunion matérielle : ce fut une révélation spirituelle qui s'exprima dans une rencontre.
Mais l'autre sorte de conversations, d'apparitions des esprits et de prémonitions n'est que fantaisie et supposition, bien qu'elle semble être réelle.
L'intelligence et la pensée humaines ont parfois de vraies révélations; ces pensées et ces révélations donnent des fruits et des résultats, elles ont un fondement.

Mais bien des choses viennent à l'esprit de l'homme qui sont comme les vagues de la mer de la fantaisie; elles ne comportent aucun fruit et ne produisent aucun résultat. De même, l'homme voit en rêve une chose qui, ensuite, se réalise; une autre fois, il voit une autre chose qui ne signifie absolument rien.
C'est-à-dire que cette chose que nous appelons avertissement prémonitoire des esprits, ou conversation avec les esprits, est tantôt une imagination, et tantôt une inspiration comme dans les Ecritures saintes : telles les révélations de saint Jean, d'Esaïe, la rencontre du Christ avec Moïse et Elie qui sont réelles.
Ces états produisent des signes étranges dans les intelligences et les pensées, et indiquent dans les coeurs une attraction considérable!

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Chapitre: IV.72. La guérison des malades par des moyens spirituels

Question. - Il y a des gens qui guérissent les malades par des moyens spirituels, c'est-à-dire sans médicaments. Comment cela se fait-il ? Réponse. - Sachez qu'il y a quatre façons de guérir et de soulager sans avoir recours à la médecine. Deux sont dues à des causes matérielles, les deux autres à des causes spirituelles.
Des deux sortes de guérisons matérielles, l'une est due au fait que chez l'homme la santé comme la maladie sont contagieuses.
La contagion de la maladie est violente et rapide, celle de la santé extrêmement faible et lente. Si deux corps sont en contact, il est évident que les éléments microbiens passeront de l'un à l'autre; et, de la même façon qu'une maladie passe d'un corps à un autre et se transmet rapidement et violemment, peut-être aussi la santé solide d'un homme sain peut-elle atténuer la maladie bénigne d'un malade.
C'est-à-dire que la contagion d'une maladie est violente et d'un effet rapide, tandis que celle de la santé est extrêmement lente et d'un effet bénin; et ce n'est que dans les maladies très légères qu'elle a un petit effet.
La force puissante d'un corps sain peut venir à bout d'une légère faiblesse du corps malade, et ainsi le guérir. Telle est la première sorte de causes de guérison.
L'autre sorte de guérison sans recours à la médecine est obtenue par la force magnétique qui agit d'un corps sur l'autre et provoque la guérison. Cette force aussi n'a qu'un effet léger.

Ainsi, il arrive que quelqu'un pose sa main sur la tête d'une autre personne, ou sur le coeur d'un malade. Il se peut que le malade s'en trouve bien; pourquoi? La cause en est dans l'effet du magnétisme et dans l'impression sur la mentalité du malade qui font évanouir la maladie. Mais cet effet est également très faible et très minime.
Des deux autres sortes de guérison, d'ordre spirituel celles-là - c'est-à-dire lorsque l'instrument de la guérison est une force spirituelle -, l'une résulte de la totale concentration de l'esprit d'une personne forte sur une personne malade, lorsque cette dernière attend de toute sa foi que la guérison vienne de la force spirituelle de la personne forte, à tel point qu'il s'établira une relation cordiale entre la personne forte et le malade. La personne saine fait tous ses efforts pour guérir le malade, et le malade, de son côté, est complètement sûr de la guérison.
Ces impressions mentales produisent une excitation des nerfs, impression et excitation des nerfs devenant la cause de la guérison de la personne malade. C'est comme si un malade désirait et espérait intensément une chose, et que vous lui donniez tout d'un coup la nouvelle de sa réalisation, il se produirait une excitation nerveuse qui ferait disparaître complètement la maladie.
De même, si une cause de terreur apparaît tout à coup, peut-être se produira-t-il chez une personne bien portante une excitation des nerfs qui occasionnera immédiatement une maladie. La cause de cette maladie ne sera pas une chose matérielle, cette personne n'a rien mangé, rien ne l'a touchée; seule, l'excitation des nerfs est la cause de cette maladie.
De même la réalisation inattendue du plus ardent des désirs donne une telle joie que les nerfs en sont excités, et que cette excitation peut rendre la santé.
Bref, l'affinité étant complète et parfaite entre le docteur spirituel et le malade, a tel point que le docteur se concentre entièrement, et que toute la concentration du malade est portée sur le docteur spirituel dont il attend d'obtenir la santé, cette affinité cause une excitation des nerfs qui rétablit la santé.

Mais tout cela n'a d'effet que jusqu'à un certain point, et pas toujours. Ainsi, si quelqu'un est frappé d'une maladie très violente, ou bien est blessé, ces moyens ne détruiront pas la maladie, ne cicatriseront pas la blessure et ne la guériront pas. C'est-à-dire que ces moyens ne s'appliquent pas aux maladies violentes, à moins que la constitution ne s'y prête, parce qu'une constitution forte surmonte souvent la maladie. Telle est la troisième sorte de guérison.
La quatrième sorte de guérison est due au pouvoir du Saint-Esprit. Celle-là ne dépend ni du contact, ni de la vue, ni de la présence; elle ne dépend d'aucune condition. Que la maladie soit légère, qu'elle soit violente, que les corps soient en contact ou qu'ils n'y soient pas, que le malade et son médecin soient ou non étroitement liés l'un à l'autre, que le malade soit présent ou absent, la guérison a lieu par la force du Saint-Esprit!

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Chapitre: IV.73. La guérison des malades par des moyens matériels

Hier, à table, nous avons parlé des traitements et remèdes spirituels qui consistent à traiter les maladies par le pouvoir spirituel. Parlons maintenant du traitement matériel.
La médecine est encore dans l'enfance, elle n'est pas parvenue a l'état de la maturité; quand elle arrivera à ce point, le traitement se fera par des choses qui ne seront pas répulsives à l'odorat et au goût de l'homme, c'est-à-dire par des aliments, des fruits et des légumes agréables au goût et d'un bon parfum.
Car ce qui provoque la maladie, c'est-à-dire la cause de l'entrée de la maladie dans le corps humain, ce sont ou bien des choses physiques, ou bien des effets de l'excitation des nerfs.
Les causes principales des maladies sont d'ordre physique; car le corps humain est composé de nombreux éléments, mais dans la mesure d'un équilibre spécial; tant que cet équilibre est maintenu, l'homme est préservé de la maladie; mais lorsque cet équilibre essentiel, qui est le pivot de la santé, est rompu, la santé est perturbée, et la maladie prend le dessus.
Par exemple, il y a une diminution dans l'un des éléments constitutifs du corps humain; dans un autre il y a une augmentation : la mesure de l'équilibre est rompue, et par conséquent la maladie vient.
Ainsi, , un élément doit peser 1000 grammes et un autre 5 grammes pour que l'équilibre soit obtenu. Cet élément de 1000 grammes baisse jusqu'à ce qu'il soit de 700 grammes, et celui de 5 grammes augmente, si bien que la mesure de l'équilibre est rompue; alors la maladie se produit.

Et lorsque, à l'aide des remèdes et des médicaments, l'équilibre est rétabli, la maladie est chassée. Par exemple, si l'élément sucre augmente, la santé est détruite; et lorsque le médecin interdit les douceurs et les farineux, l'élément sucre diminue, l'équilibre est rétabli, et la maladie est chassée.
Or, le réajustement des éléments qui composent le corps humain s'obtient par deux moyens; soit par des médicaments, soit par des aliments; et lorsque la constitution a retrouvé son équilibre, la maladie est chassée.
Tous les éléments qui composent le corps humain se trouvent aussi dans les végétaux. Donc, si l'un des éléments qui composent le corps humain diminue, l'homme mangera des aliments contenant en abondance l'élément en diminution; alors l'équilibre sera rétabli et la guérison obtenue.
Et puisqu'il s'agit de réajuster les éléments, cela peut se faire, et par les aliments, et par les médicaments.
La plupart des maladies qui atteignent l'homme atteignent aussi les animaux; mais ceux-ci ne se traitent pas par des médicaments; leurs médecins, dans les montagnes comme dans les plaines, ce sont le goût et l'odorat. Cette herbe qui pousse dans la plaine, l'animal malade la sent : si elle est douce et agréable à son goût et à son odorat, il la mange et est guéri; telle est la raison de sa guérison.
Par exemple, si l'élément sucre a diminué dans sa constitution, il se met à avoir envie de sucreries, et alors il mange une herbe au goût sucré, car la nature le pousse et le conduit; son odeur et son goût lui plairont, il la mangera. Ainsi l'élément sucre augmentera, et il recouvrera la santé.
Il est donc établi que l'on peut guérir les maladies par des aliments, de la nourriture, des fruits. Comme aujourd'hui la médecine est encore imparfaite, on ne s'y est pas encore mis comme il faut; mais lorsqu'elle sera devenue parfaite, on guérira par les aliments, la nourriture, les fruits et les légumes d'une odeur agréable, et par des traitements variés d'eau froide ou chaude.

Ces explications sont brèves mais une autre fois, si l'occasion m'en est donnée et si Dieu veut, je traiterai cette question plus en détail.

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Chapitre: V.74. La non-existence du mal

La véritable explication de ce sujet est très difficile. Sachez qu'il y a deux sortes de créatures : les matérielles et les spirituelles, celles qui sont perceptibles et celles qui sont intelligibles; c'est-à-dire que les unes tombent sous les sens, et les autres n'y tombent pas et sont intelligibles.
Les choses perceptibles sont celles qui sont comprises par les cinq sens extérieurs; ainsi, ces choses extérieures que l'oeil voit sont dites perceptibles. Les choses intelligibles sont celles qui n'ont pas d'existence extérieure : l'intelligence les conçoit.
Par exemple, l'intelligence elle-même est une chose intelligible; elle n'a pas d'existence extérieure. Tous les caractères et les qualités de l'homme ont une réalité intelligible, non sensible.
Bref, les réalités intelligibles, comme les qualités et les admirables perfections de l'homme, sont exclusivement bonnes; elles existent, et le mal est leur non-existence.
Ainsi, l'ignorance est la non-existence du savoir, la perdition est la non-existence du salut, l'oubli, la non-existence de la mention, la bêtise, , la non-existence du bon sens. Toutes ces choses sont des néants et non pas des choses qui existent.
Et de même pour les choses sensibles : celles-là aussi sont purement bonnes; le mal est leur non-existence. Ainsi la cécité est le manque de vue, la surdité le manque d'ouïe, la pauvreté le manque de richesse, la maladie le manque de santé, la mort le manque de vie, la faiblesse le manque de force.
Pourtant, un doute vient à l'esprit : le scorpion, le serpent sont des animaux venimeux; est-ce un bien ou un mal, car ils sont des choses existantes ? Oui, le scorpion est un mal, du moins par rapport à nous; et de même le serpent. Mais par rapport à eux-mêmes, ils ne sont pas un mal, car leur venin est leur arme; par leur dard, ils se protègent. Cependant, comme les éléments de ce poison ne conviennent pas à nos éléments, comme il y a non-affinité entre ces deux sortes d'éléments, cela devient un mal; en contact les uns avec les autres, ces éléments sont un mal; mais en réalité ils sont un bien.

Bref, il se peut qu'une chose, par rapport à une autre, soit un mal; mais dans la limite de sa propre essence, elle n'est pas mauvaise.
Il est donc prouvé que le mal n'existe pas; tout ce que Dieu a créé, il l'a bien créé. Le mal est le néant : ainsi, la mort est le néant de la vie; lorsque le secours de la vie ne parvient plus à l'homme, il meurt. L'obscurité est le néant de la lumière, quand il n'y a pas de lumière, l'obscurité règne : la lumière existe, mais l'obscurité n'existe pas, c'est un néant. La richesse existe, mais la pauvreté est un néant. Donc, il est évident que tous les maux reviennent au néant. Le bien existe, le mal n'existe pas.

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Chapitre: V.75. Combien y a-t-il de sortes de châtiments ?

Sachez qu'il y a deux sortes de châtiments : les uns sont subtils, les autres violents. Ainsi, l'ignorance elle-même est un châtiment, mais subtil; l'indifférence à Dieu est un châtiment, le mensonge aussi; la méchanceté, la trahison, toutes les imperfections sont des châtiments, mais enfin ce sont des châtiments subtils.
Certes, pour tout homme intelligent, la mort vaux mieux que le péché, et une langue coupée vaut mieux que le mensonge ou la calomnie.
Une autre sorte de châtiments est dite violente : les amendes, la prison, les coups, l'exil, le bannissement. Mais pour le peuple de Dieu, de tous ces châtiments, le plus grand est d'être privé de Dieu !

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Chapitre: V.76. Les grèves

Vous m'avez interrogé sur les grèves. Cette question est et sera longtemps le sujet de grandes difficultés. Elles tiennent à deux causes. L'une est l'extrême avidité et la rapacité des fabricants et industriels, l'autre les excès, l'avidité et l'intransigeance des ouvriers et travailleurs. Il est donc nécessaire de porter remède à ces deux causes.
Mais la cause principale de ces difficultés réside dans les lois en usage dans la civilisation actuelle; car elles conduisent à ce qu'un petit nombre d'individus amassent des fortunes sans pareilles, dépassant leurs besoins, tandis que le plus grande nombre demeure dépourvu, dépouillé et dans la plus grande misère. Et cela est contraire à la justice, à l'humanité, à l'équité; c'est le comble de l'iniquité, l'opposé de ce qui cause la satisfaction divine.
_ Ce contraste est particulier au monde de l'homme; chez les autres créatures, c'est-à-dire chez presque tous les animaux, il existe une sorte de justice et d'égalité. Ainsi, l'égalité existe dans le troupeau de moutons d'un berger et dans une bande de cerfs dans la campagne. De même parmi les oiseaux de la prairie, de la plaine, de la colline ou du verger; et dans chaque espèce animale il existe une certaine sorte d'égalité. On ne trouve pas chez eux une pareille différence dans les moyens d'existence; aussi vivent-ils dans la tranquillité et la joie les plus complètes.
Il en est tout autrement de l'espèce humaine qui persiste dans l'erreur la plus grande et dans l'iniquité absolue. Considérez un homme qui a amassé des trésors en colonisant un pays à son profit : il a conquis une fortune immense et s'est assuré des bénéfices et des revenus qui coulent comme un fleuve, tandis que cent mille malheureux, faibles et impuissants, manquent d'une bouchée de pain. II n'y a là ni égalité ni bienveillance.

Aussi, vous voyez que la tranquillité et la joie générales sont anéanties, que le bien-être de l'humanité est réduit à tel point que pour un grand nombre la vie est devenue stérile. Car la fortune, les honneurs, le commerce, l'industrie sont entre les mains de quelques individus, tandis que les autres sont soumis à toute une série de difficultés et à des troubles illimités. : ils n'ont ni avantages, ni bénéfices, ni bien-être, ni tranquillité.
II faut donc instituer un règlement et des lois qui réglementeraient les fortunes excessives de certains particuliers et feraient face aux besoins de millions de pauvres de la masse; on obtiendra ainsi une certaine modération.
Cependant, l'égalité absolue est tout aussi impossible; car l'égalité absolue dans les fortunes, les honneurs, le commerce, l'agriculture, l'industrie, aboutirait au désordre, au chaos, à la désorganisation des moyens d'existence, et au désappointement universel; l'ordre des affaires de la collectivité serait tout à fait détruit. Ainsi, des difficultés surgiront également si l'on impose une égalité injustifiée.
I l est donc préférable d'établir la modération au moyen de lois et règlements visant à empêcher que se constituent les fortunes excessives de certains individus, et à protéger les besoins essentiels de la masse.
Par exemple, les fabricants et les industriels amassent chaque jour un trésor, et les pauvres travailleurs ne gagnent pas leur subsistance journalière; cela, c'est le comble de l'iniquité, et aucun homme juste ne l'accepterait.
II faut donc établir des lois et des règlements qui permettraient au corps des ouvriers de recevoir leur salaire du propriétaire de la fabrique, et qui les associeraient dans le quart ou le cinquième des bénéfices, selon les nécessités de la fabrique; ou bien que le corps des ouvriers et le fabricant soient associés d'une façon équitable dans les bénéfices et les avantages.

En effet, le capital et la direction viennent du propriétaire de la fabrique, l'ouvrage et le travail du corps des ouvriers.
Ou bien les ouvriers recevront un salaire qui leur assurera des moyens d'existence convenables, et lorsqu'ils cesseront le travail et seront affaiblis et sans ressources ils auront des avantages suffisants sur le revenu de l'industrie; ou bien les salaires seront suffisamment élevés pour que les ouvriers soient satisfaits de la somme reçue et puissent mettre un peu d'argent de côté pour les jours de manque et d'impuissance.
Lorsque les choses seront ainsi fixées, le propriétaire de la fabrique ne mettra plus de côté, tous les jours, un trésor qui ne lui sert absolument à rien (car, si la fortune est disproportionnée, le capitaliste succombe sous un poids formidable et tombe dans les difficultés et les troubles les plus grands; l'administration d'une fortune excessive est très difficile et épuise les forces naturelles de l'homme).
Pareillement, les ouvriers et travailleurs ne seront plus dans la misère et la gêne les plus grandes et ne seront plus soumis, à la fin de leur vie, aux pires privations.
Il est donc clair et évident que la répartition de fortunes excessives entre les mains d'un petit nombre d'individus, à côté des besoins de la masse, est une iniquité et une injustice.
De même, l'égalité absolue serait un obstacle à la vie, au bien-être, à l'ordre et à la tranquillité de l'humanité.
Dans ces conditions, la modération est de beaucoup préférable. Elle réside en ceci que les capitalistes soient modérés dans l'acquisition de leurs bénéfices, et qu'ils tiennent compte des besoins des pauvres et des nécessiteux : c'est-à-dire que les ouvriers et travailleurs reçoivent un salaire journalier fixe et établi, et qu'ils aient aussi une part et une fraction des bénéfices généraux de la fabrique.
Ce qui convient c'est que, en ce qui concerne les droits communs aux fabricants, aux ouvriers et aux travailleurs, des lois soient établies qui donnent aux fabricants des bénéfices modérés, et qui apportent aux ouvriers les moyens existence nécessaires et la sécurité pour l'avenir.

Ainsi, lorsqu'ils s'affaibliront, cesseront de travailler, deviendront vieux et impotents, ou laisseront derrière eux des enfants en bas âge, que ce ne soit pas l'excès de pauvreté qui les anéantisse, eux et leurs enfants. Et ce seront les revenus de la fabrique elle-même, auxquels ils ont droit, qui leur fourniront une partie, si petite soit-elle, de leurs moyens d'existence.
. De même, les ouvriers ne doivent plus faire des revendications excessives et se révolter, ni demander au-delà de leurs droits; ils ne doivent plus faire de grèves, ils doivent être obéissants et soumis, et ne pas demander des salaires excessifs.
Mais les droits réciproques et raisonnables des deux parties associées seront fixés légalement et établis selon des lois justes et désintéressées.
Au cas où l'une des deux parties ferait une transgression, les tribunaux devraient condamner le transgresseur et l'exécutif devrait appliquer le verdict : ainsi, l'ordre serait rétabli et les difficultés réglées.
L'immixtion des tribunaux et du gouvernement dans les difficultés pendantes entre les fabricants et les ouvriers est légale, pour la raison que les affaires courantes entre les ouvriers et les fabricants ne peuvent être assimilées aux affaires ordinaires entre particuliers ne concernant pas le public, et dont le gouvernement ne doit pas s'occuper.
En effet, bien qu'elles paraissent être des affaires personnelles, ces difficultés entre les deux parties sont au détriment du public; car les affaires commerciales, industrielles, agricoles et les affaires générales du pays, tout cela est intimement lié.
Si l'une souffre d'un vice, le détriment atteint la masse. Ainsi, les difficultés entre ouvriers et fabricants deviennent une cause de détriment général.
Le tribunal et le gouvernement ont donc le droit d'immixtion; lorsqu'une difficulté entre deux individus se présente au sujet de droits particuliers, il faut qu'un tiers règle la question : c'est le rôle du gouvernement. Donc, le problème des grèves qui causent des troubles dans le pays et qui, souvent, tiennent aux vexations excessives des ouvriers, aussi bien qu'à la rapacité des fabricants, comment pourrait-il être négligé ?

Grand Dieu! se peut-il qu'un homme qui voit un de ses semblables affamé, nu, dépourvu de tout, puisse se reposer et demeurer à l'aise dans son château luxueux?
Celui qui en rencontre un autre dans la plus grande misère peut-il jouir heureusement de sa fortune?
C'est pour cela que, dans la religion de Dieu, il est prescrit et établi que les hommes fortunés doivent, chaque année, abandonner une certaine part de leur fortune pour l'entretien des pauvres et des malheureux. C'est cela le fondement de la religion de Dieu, et cela engage tout le monde.
Et de cette façon, l'homme n'étant ni forcé, ni obligé à le faire par le gouvernement, si, par l'élan naturel de son bon coeur, volontairement et Avec une joie radieuse, il ait preuve de générosité envers les pauvres, cet acte sera extrêmement loué, approuvé et agréable. Telle est la signification des bonnes oeuvres dans les tablettes et les livres divins.

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Chapitre: V.77. De la justice et de la miséricorde de Dieu

Sachez que la justice est l'action de donner à chacun selon ses mérites. Par exemple, lorsqu'un ouvrier a travaillé du matin au soir, la justice exige qu'on lui paie son salaire; si, n'ayant rien fait, et ne s'étant donné aucun mal, il reçoit un présent, c'est de la bonté.
Si vous faites à un pauvre un don ou une aumône sans qu'il se soit donné de mal, et bien qu'il n'ait rien fait pour vous pour le mériter, c'est de la bonté. Ainsi le Christ a prié pour le pardon de ses bourreaux : cela s'appelle une bonté.
Quant au bien et au mal, ils sont déterminés par la raison ou par la loi.
Certains croient que c'est par la loi; comme les juifs qui, regardant comme obligatoires tous les commandements de la Bible, pensent que c'est une question de loi, non de raison.
C'est ainsi qu'ils disent que, parmi les commandements de la Bible, se trouve l'interdiction de mélanger la viande et le beurre, parce que c'est tarèf; et tarèf en hébreu veut dire impur, comme kacher veut dire pur. Cela, disent-ils, est une question de loi, non de raison.
Mais les théologiens pensent que le bien et le mal tiennent à la fois à la raison et à la loi. Le fondement suprême de l'interdiction du meurtre, du vol, de la trahison, du mensonge, de l'hypocrisie, de la cruauté, c'est la raison.
Tout être intelligent comprend que le meurtre, le vol, la trahison, le mensonge, l'hypocrisie, la cruauté sont des choses mauvaises et réprouvées. Car si vous piquez un homme avec une épine, cela le fait crier, se lamenter et gémir; il est donc clair qu'il comprend que le meurtre, selon la raison, est un mal réprouvé; et si on en commet un, on devient responsable, que la renommée du prophète soit parvenue à vous ou non, puisque c'est la raison qui nous ait comprendre le caractère blâmable d'un tel crime.

Lorsqu'un homme commet une mauvaise action, certes il est responsable; mais si les commandements d'un prophète ne parviennent pas quelque part, et si les hommes n'agissent pas en conformité avec les instructions divines (tel le commandement du Christ de rendre le bien pour le mal), dans ce cas, s'ils agissent selon les impulsions de la nature, et s'ils tourmentent ceux qui les tourmentent, au point de vue de la religion, ils seront excusés, car le commandement divin ne leur est pas parvenu. Bien qu'ils ne méritent pas cette faveur et ce bienfait, néanmoins, Dieu les traite avec bonté et leur pardonne.
Or, la vengeance, au point de vue de la raison aussi, est blâmable, car celui qui se venge ne tire aucun fruit de sa vengeance.
Ainsi, si un homme en frappe un autre, et si ce dernier veut se venger, il frappe son agresseur à son tour. Quel avantage en retire-t-il ? Sera-ce un emplâtre pour sa blessure, ou un remède pour son mal ? J'en demande: pardon à Dieu! En vérité, les deux actions se valent : ce sont des blessures; la seule différence ce entre elles est que l'une fut la première, l'autre la dernière.
Donc, si celui qui est frappé pardonne, si même il agit d'une façon contraire à celle dont on a usé envers lui, il est approuvé.
La loi de la communauté punira l'agresseur, mais ne se vengera pas. Et cette punition a pour but d'avertir, de protéger, et d'arrêter la cruauté et l'injustice, afin que d'autres ne se mettent pas à être tyranniques. Mais si celui qui a été frappé pardonne et oublie, et s'il montre la plus grande bonté, c'est une chose extrêmement louable.

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Chapitre: V.78. Comment faut-il traiter tes criminels ?

Question. - Faut-il punir un criminel, ou lui pardonner et fermer les yeux sur son crime ? Réponse. - Il y' a deux sortes de punitions compensatoires : l'une est une vengeance, l'autre une correction. Mais l'homme n'a pas le droit de se venger, tandis que les communautés ont le droit de corriger un criminel.
Et cette correction a pour but de prévenir et de prohiber, afin que personne d'autre n'ose commettre un tel crime. Cette correction sert à protéger les droits de l'homme, mais non à le venger; car la vengeance apaise le coeur en opposant un mal à un autre, ce qui n'est pas permis, l'homme n'ayant pas le droit de se venger.
Mais comme, si les criminels étaient complètement absous, l'ordre du monde disparaîtrait, la correction est devenue une des nécessités indispensables au maintien des communautés.
Mais un opprimé, victime d'une iniquité, n'a pas le droit de vengeance : au contraire, le pardon et la bienveillance s'imposent et sont dignes du monde de l'homme.
Quant aux communautés, elles doivent corriger le méchant, le meurtrier, l'agresseur, afin de prévenir et d'empêcher autrui de commettre un crime.
Mais au fond, ce qu'il faut, c'est donner aux hommes une éducation telle qu'il ne se commette pas de crimes; car il est possible de donner aux masses unetelle éducation, qu'elles évitent et redoutent de perpétrer des crimes, au point que pour elles le crime lui-même serait la plus grande punition, l'interdiction et la correction suprêmes; alors il n'y aurait plus de crimes à corriger.
Et nous ne voulons parler que de choses dont l'exécution soit possible dans ce monde. II y a sur ce sujet des théories et des opinions nombreuses, mais qui sont inexécutables; par conséquent, nous devons parler uniquement de choses exécutables.

Par exemple, si quelqu'un en maltraite un autre, le violente, l'opprime, et que cet autre lui oppose la même chose, c'est une vengeance qu'on doit blâmer.
Car si Pierre tue le fils de Paul, Paul n'a pas le droit de tuer le fils de Pierre; s'il le ait, il se venge. Si Pierre ravit l'honneur de Paul, ce dernier n'a pas le droit de lui ravir son honneur; s'il le ait, il se venge, ce qui est très répréhensible.
Au contraire, il faut rendre le bien pour le mal, pardonner; bien plus, si c'est Possible, rendre service à son oppresseur. Voilà l'attitude qui convient à l'homme; car, quel fruit retire-t-il de la vengeance ? Les deux actes se valent : si l'un est répréhensible, l'autre l'est aussi. La différence est que l'un a commencé, l'autre a continué.
Mais les sociétés ont le droit de se protéger et de se préserver, car les communautés n'ont pas de haine ni d'animosité contre le meurtrier; et si elles emprisonnent ou corrigent le meurtrier, c'est dans le seul but de protéger la masse et de la mettre à l'abri des crimes.
Ce n'est pas par esprit de vengeance, mais par esprit de correction, et pour que, grâce à cette correction, la communauté soit protégée. Autrement, si les héritiers de la victime, ainsi que la communauté, pardonnaient et rendaient le bien pour le mal, les criminels commettraient fréquemment des violences, il y aurait à chaque instant des assassinats, et des êtres barbares comme des loups dévoreraient les troupeaux de Dieu.
Les communautés, lorsqu'elles corrigent, n'ont pas de mauvaises intentions ni de rancunes; elles ne cherchent pas à apaiser leur coeur; leur seul but est de protéger les autres, afin que nul ne commette une action aussi abominable.
Donc, lorsque le Christ disait : "Si quelqu'un te frappe le côté droit, offre le côté gauche", c'était pour faire l'éducation des hommes. II ne voulait pas dire que si un loup tombait au milieu d'un troupeau de moutons et voulait le détruire, il faudrait l'encourager. Non, si le Christ avait vu un loup entrer au milieu d'un troupeau de moutons pour le détruire en entier, sans aucun doute, il l'en aurait empêché.

Et comme le pardon est un des attributs du Miséricordieux, la justice aussi est un attribut du Seigneur. La tente de l'existence repose sur le pilier de la justice, et non sur le pardon; la préservation de l'espèce humaine dépend de la justice et non du pardon.
De même, si aujourd'hui, dans tous les pays du monde, la loi du pardon était répandue, en un instant le monde serait détruit, et les fondements de la vie humaine s'écrouleraient.
C'est ainsi que, si le fameux Attila n'avait pas été combattu par les Etats de l'Europe, il n'aurait pas laissé un seul homme vivant.
II y a des êtres qui sont comme des loups sanguinaires :s'ils voient qu'ils n'ont pas à redouter la correction, ils assassineront des hommes, uniquement pour leur plaisir, leur distraction et leur satisfaction.
Un des tyrans de la Perse tua son précepteur uniquement pour rire, en manière de plaisanterie et de jeu. Le fameux Abbasside Motawakkil réunissait en sa présence les ministres, les conseillers et les fonctionnaires, puis il répandait dans la réunion une boîte de scorpions et interdisait à qui que ce fût de bouger; et lorsque les scorpions piquaient les ministres, il éclatait de rire bruyamment.
Bref, la constitution des communautés dépend de la justice et non du pardon.
Et quand il parlait de pardon et de bienveillance, le Christ ne voulait pas dire que, si les autres nations vous attaquent, brûlent vos maisons, ravagent vos biens, oppriment vos femmes, vos enfants, vos proches, ravissent votre bonheur, vous devez vous résigner devant cette bande malfaisante et les laisser accomplir toutes les cruautés et toutes les oppressions. Non, le Christ parlait de la conduite à tenir pour deux individus : si l'un en opprime un autre, l'opprimé doit pardonner. Mais les communautés ont à protéger les droits de l'individu.

Ainsi, si quelqu'un m'opprime, me cause du mal et des tourments ou me fait une blessure, je ne lui résisterai nullement, et même je lui pardonnerai. Mais si quelqu'un veut opprimer siyyid Menshadi, certes je l'en empêcherai.
Bien que, pour le criminel, la non-résistance soit en apparence de la bienveillance, pour Menshadi, ce serait de la cruauté que de ne pas le défendre!
Si en ce moment, un sauvage arabe entrait en ce lieu et, de son épée tirée, voulait vous frapper, vous blesser, vous tuer, certes je l'en empêcherais; si je vous abandonnais à lui, ce serait de la tyrannie, non de la justice. Mais s'il me blessait moi-même, je lui pardonnerais.
II reste une autre chose à remarquer : c'est que les communautés sont, nuit et jour, occupées à confectionner des lois pénales, à préparer et à organiser des instruments et des armes de correction; elles construisent des prisons, elles préparent des chaînes, organisent des lieux variés de bannissement, d'exil, de relégation et de tortures afin de corriger par ces moyens les criminels, bien que ces moyens soient destructifs de la moralité et du caractère. Au lieu de cela, les communautés devraient, jour et nuit, s'efforcer, avec la dernière ardeur, de faire l'éducation des hommes, de les faire progresser de jour en jour, augmenter en science et en savoir, acquérir des vertus, prendre de bonnes moeurs, fuir les vices, afin qu'il ne se commette plus de crimes.
Au contraire, en ce moment, les communautés pensent uniquement à rendre plus sévères les lois pénales, à préparer des moyens de correction, des instruments de mise à mort et de torture, des lieux de détention et d'exil; et elles attendent qu'un crime se produise. Ceci a un grand effet démoralisateur.
Mais si elles s'efforçaient de faire l'éducation des masses, de répandre tous les jours de plus en plus l'instruction et la science, l'intelligence s'ouvrirait, les sentiments progresseraient, les moeurs s'amélioreraient et les coutumes deviendraient saines; en un mot, dans tous les ordres de perfection, il y aurait du progrès, et le nombre des crimes diminuerait.

Il a été établi que les crimes sont moins fréquents chez les peuples civilisés, c'est-à-dire chez ceux qui ont acquis la vraie civilisation, la civilisation divine, la civilisation de Celui qui réunit toutes les perfections physiques et spirituelles.
Et comme l'ignorance est la cause des crimes, plus le savoir et les sciences progressent, plus les crimes diminuent.
Voyez les barbares de l'Afrique, combien de meurtres se commettent chez eux! au point que, se tuant les uns les autres, ils mangent leur propre chair et leur sang! Pourquoi de tels actes de sauvagerie ne se passent-ils pas en Suisse par exemple? La raison en est claire : c'est l'éducation, la science.
Donc, les communautés doivent songer à empêcher les crimes de se produire plutôt qu'à punir sévèrement les criminels, et à leur infliger des corrections terribles.

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Chapitre: V.79. La réalité du monde extérieur

Certains sophistes pensent que le monde extérieur est une illusion, et que chaque être n'est qu'une illusion, qu'il n'a aucune existence; autrement dit, l'existence du monde extérieur est comme un mirage ou comme la réflexion d'une image dans l'eau et le miroir, c'est-à-dire n'est qu'une apparence, et n'a ni principe, ni fondement, ni réalité.
Cette opinion est erronée; car, si l'existence du monde extérieur, par rapport à l'existence de Dieu, est une illusion, cependant, au point de vue des contingences, le monde extérieur a une existence réelle et certaine; il est futile de le nier.
Par exemple, l'existence du minéral, à côté de celle de l'homme, est la non-existence; car lorsque l'homme, en apparence, est anéanti, son corps devient minéral; pourtant le minéral a une existence dans le monde minéral.
Il est donc clair que la poussière, à côté de l'existence de l'homme, est non-existante et que son existence est illusoire; mais dans le degré minéral, elle existe.
C'est de la même façon que l'existence du monde extérieur, à côté de l'existence de Dieu, n'est qu'illusion et néant, et qu'elle peut être regardée comme une apparence de la nature de celle de l'image qu'on voit dans un miroir. Mais, bien que l'image que l'on voit dans un miroir soit une illusion, la source et la réalité de cette image illusoire sont la personne reproduite, dont on voit les traits dans le miroir.
Bref la reproduction, par rapport à la personne reproduite, est une illusion.
Donc, quoique le monde extérieur, par rapport à l'existence de Dieu, n'ait pas d'existence, qu'il soit comme un mirage ou comme la reproduction d'une image dans un miroir, cependant, dans son propre degré, il existe. C'est pour cela que le Christ disait de ceux qui négligeaient Dieu et de ceux qui Le reniaient qu'ils étaient morts, bien qu'en apparence ils fussent vivants. Par rapport aux croyants, ils étaient morts, aveugles, sourds et muets. Voilà pourquoi le Christ disait : "Laissez les morts enterrer les morts."

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Chapitre: V.80. La véritable préexistence

Question. - Combien y a-t-il de sortes de préexistences et de contingences ? Réponse. - II y a des sages et des philosophes qui pensent qu'il y a deux sortes de préexistences : la préexistence par rapport à l'essence, et la préexistence par rapport au temps. La contingence également serait de deux sortes, la contingence par rapport à l'essence, et la contingence par rapport au temps.
La préexistence par rapport à l'essence est une existence qui n'est pas précédée par une cause, tandis que la contingence par rapport à l'essence est précédée par une cause.
La préexistence par rapport au temps est sans commencement; la contingence par rapport au temps a un commencement et une fin; car l'existence de chaque chose dépend de quatre causes : la cause efficiente, la matière, la forme, et la cause finale.
Par exemple, ce siège a un fabricant qui est le charpentier, une matière qui est le bois, une forme qui est celle d'un siège, et un but qui est de servir à s'asseoir dessus. Donc ce siège est une contingence d'essence puisqu'il est précédé par une cause, et en dépend : on l'appelle contingence d'essence, ou contingence réelle.
Or, ce monde de l'existence, par rapport à son créateur, est une contingence réelle. Comme le corps dépend de l'esprit et n'existe que par lui, par rapport à l'esprit, il est une contingence d'essence. L'esprit, lui, est indépendant du corps, et par rapport au corps, il est une préexistence d'essence.
Bien que les rayons soient une des nécessités du soleil, pourtant le soleil est préexistant, et les rayons sont contingents, car l'existence des rayons dépend de celle du soleil; mais l'existence du soleil ne dépend pas de celle des rayons; celui-là est le donateur, ceux-ci sont le don.

Notre second point est que l'existence et la non-existence sont toutes deux relatives. Si l'on dit que telle chose, de la non-existence, a trouvé l'existence, il ne s'agit pas du néant absolu; cela veut dire que l'état ancien par rapport à l'état actuel était le néant. Car le néant absolu n'existe pas : il n'a pas de capacité d'existence.
L'homme, comme le minéral, est un être existant; mais l'existence du minéral, par rapport à celle de l'homme est le néant, car lorsque le corps humain est anéanti, il devient poussière et minéral. Tandis que, lorsque la poussière évolue jusqu'au monde humain, et que ce corps mort devient vivant, un homme devient existant; et, quelle que soit l'existence de la poussière, c'est-à-dire du minéral, dans son propre état, par rapport à l'homme, c'est le néant.
Tous deux existent; mais l'existence de la poussière et du minéral par rapport à l'homme c'est la non-existence et le néant, car lorsque l'homme s'anéantit, il redevient poussière et minéral.
Donc, bien que le monde des contingences existe, par rapport à l'existence de Dieu, c'est la non-existence et le néant; l'homme et la poussière existent tous deux; mais quelle différence entre l'existence du minéral et celle de l'homme ! L'une, par rapport à l'autre, est le néant. De même, l'existence de la créature par rapport à celle de Dieu est le néant.
Il est donc clair et évident que, bien que les êtres existent, par rapport à Dieu et à son Verbe, ils sont néant. C'est cela le commencement et la fin auxquels faisait allusion le Verbe de Dieu en disant "je suis l'Alpha et l'Oméga"; car Il est le commencement et la fin de la bonté.
De tout temps, Dieu a eu une création, et de splendides rayons ont brillé de la réalité du soleil; car le soleil sans lumière ne serait que ténèbres obscures.
Les noms et les attributs de Dieu requièrent l'existence des êtres, et la bonté éternelle n'a pas eu d'arrêt; sinon ce serait contraire aux perfections divines.

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Chapitre: V.81. La réincarnation

Question. - Qu'est-ce que la réincarnation, qui fait partie des croyances de certains peuples ? Réponse. - Notre but ici est d'exposer la vérité, et nullement de tourner en dérision les croyances des autres peuples. Il ne s'agit que d'une explication, ce qui est suffisant. Nous ne faisons le procès de personne, et nous ne nous permettons pas de faire d'opposition.
Sachez donc que ceux qui croient à la réincarnation sont de deux sortes : les uns ne croient pas aux punitions et aux récompenses spirituelles de l'autre monde, et ils supposent que l'homme, en se réincarnant et en revenant dans ce monde, trouve des compensations et des récompenses; ils considèrent le paradis et l'enfer comme restreints à ce monde, et ne parlent pas de l'autre monde.
Parmi eux, il y a aussi deux divisions : certains pensent que l'homme revient parfois dans ce monde sous la forme d'un animal afin de subir un dur châtiment, puis qu'il revient une seconde fois du monde animal au monde humain : cela s'appelle la métempsycose.
D'autres pensent qu'on retourne du monde humain au monde humain et qu'on obtient, par ce retour, les récompenses et les compensations d'une première vie : cela s'appelle la réincarnation. Ni les uns ni les autres ne parlent d'un autre monde que celui-ci.
La seconde sorte de gens qui croient à la réincarnation parlent d'un autre monde, et ils la considèrent comme le moyen de se perfectionner : en venant et en retournant dans ce monde, l'homme acquiert peu à peu la pratique des perfections, jusqu'à ce qu'il arrive au centre de perfection.

Autrement dit, les hommes sont des composés de matière et d'énergie. La matière, au début, c'est-à-dire dans le premier cycle, est imparfaite; mais en revenant continuellement dans ce monde, elle fait des progrès et devient raffinée et délicate, jusqu'à ce qu'elle devienne comme un miroir poli; alors l'énergie, qui n'est autre chose que l'esprit, se réalise en elle avec toutes les perfections.
Tel est l'exposé de la théorie de ceux qui croient à la réincarnation et à la métempsycose. Nous venons de la résumer; si nous entrions dans des détails, cela prendrait beaucoup de temps, et cet abrégé est suffisant.
Ils n'apportent ni preuves ni arguments logiques; ce ne sont que des suppositions, des déductions de conjectures, mais jamais d'arguments péremptoires; et nous devons attendre de ceux qui croient à la réincarnation des preuves, non des conjectures, des suppositions ou des inventions.
Mais vous m'avez demandé des preuves et des arguments pour l'impossibilité de la réincarnation : c'est cela qu'il faut maintenant expliquer. Le premier argument en faveur de son impossibilité, c'est que le visible est l'expression de l'invisible, le monde est le miroir du royaume céleste, et l'univers matériel correspond à l'univers spirituel.
Or, remarquez que, dans le monde sensible, les apparences ne se répètent pas, car aucun des êtres existants n'est pareil et identique à un autre sous tous les rapports. Le signe de l'unité est visible et apparent en toute chose.
Si les greniers du monde étaient pleins de grains, vous n'en trouveriez pas deux absolument pareils, semblables, identiques, et sans aucune différence. Sans aucun doute, il y aurait des différences et des distinctions entre eux.
Comme les preuves de l'unité existent dans toutes les choses, que la solitude et l'unité de Dieu se remarquent dans la réalité de toutes les créatures, la répétition d'une même apparence est absolument impossible.

Donc, la réincarnation, qui est la répétition de l'apparence d'un même esprit, avec la substance et la condition précédentes, dans ce même monde d'apparences, est une chose entièrement impossible.
Comme, pour chacune des créatures matérielles, le retour d'une même apparence est impossible et interdit, de même, pour les créatures spirituelles aussi, le retour dans une même condition, soit dans l'arc de descente, soit dans l'arc de montée, est interdit et impossible. En effet, le matériel est conforme au spirituel.
Pourtant, chez les créatures matérielles, en ce qui concerne l'espèce, la nouvelle venue et le retour existent évidemment. Ainsi les arbres qui, pendant les années passées, ont donné des feuilles, des fleurs et des fruits, donneront également, dans les années futures, exactement les mêmes feuilles, les mêmes fleurs et les mêmes fruits. Cela, c'est le retour de l'espèce.
Si quelqu'un faisait une objection en disant que la feuille, la fleur et le fruit ont été décomposés, sont descendus du monde végétal au monde minéral, puis sont revenus du monde minéral au monde végétal, par conséquent qu'il y a eu là une répétition, il faudrait lui répondre que la fleur, la feuille et le fruit de l'an dernier sont détruits, que ces éléments assemblés se sont dissociés, qu'ils se sont dispersés dans l'espace et que les atomes assemblés de la feuille et du fruit de l'an dernier ne se sont pas trouvés rassemblés entre eux après leur décomposition : ils ne sont pas revenus. Au contraire l'espèce qui revient provient de l'assemblage d'éléments nouveaux.
II en est de même du corps humain qui, après la décomposition, est détruit; les éléments qui le composaient sont dispersés. Et si, pareillement, ce corps revient une seconde fois du monde minéral ou végétal, ce n'est jamais ce même corps composé exactement des éléments de l'homme précédent; ces éléments ont été décomposés et dispersés, ils se sont répandus dans l'espace infini. Ensuite, d'autres éléments ont été combinés et un nouveau corps s'est formé.
Il n'est pas impossible qu'un des atomes de l'individu d'autrefois entre dans la composition du nouvel individu. Mais ces atomes n'ont pas été gardés et conservés entièrement et exactement, et sans adjonction ni diminution, de façon à être recomposés et que, de ce mélange, de cette recomposition, un nouvel être prenne naissance.

Ainsi, il est impossible de prouver que ce même corps est revenu avec tous ses atomes, que le premier être est devenu le second, qu'en conséquence il y a eu répétition ni que l'esprit, comme le corps, est revenu et qu'après la mort il est retourné, dans son essence, sur cette terre.
Si nous prétendons que cette réincarnation sert à acquérir la perfection, qu'elle a lieu afin que la matière s'affine, se polisse, et que la lumière de l'esprit se manifeste en elle avec la dernière perfection, c'est aussi de la pure imagination.
Car, en admettant que nous acceptions cette opinion, le changement d'état ne s'obtient pas en recommençant et en revenant; l'essence de l'imperfection, en revenant sans cesse, ne deviendra pas la perfection absolue; les ténèbres complètes, en revenant et en retournant, ne deviendront pas la source de la lumière; la faiblesse absolue, en revenant, ne se transformera pas en force et en puissance, une nature matérielle ne deviendra pas une réalité céleste; l'arbre de Zaqq'um aura beau se répéter, il ne donnera pas de fruits sucrés, tandis que l'arbre excellent, tant qu'il reviendra, ne donnera pas de fruits amers.
Il est donc clair que la répétition et le retour dans le monde matériel ne font pas acquérir des perfections. II n'y a à cette supposition ni fondement ni preuve : ce n'est qu'une imagination. Non, l'obtention des perfections dépend en vérité de la bonté de Dieu.
Les théosophes croient que l'homme, dans l'arc d'ascension, reparaît et revient maintes et maintes fois, jusqu'à ce qu'il arrive au point suprême; alors, la matière devient un miroir poli, et les lumières de l'esprit l'illuminent avec tout leur pouvoir; ainsi s'obtient la perfection de l'essence.

Or, c'est un des points de théologie reconnus, que les mondes matériels prennent fin à l'extrémité de l'arc de descente; que l'homme se trouve placé à l'extrémité de cet arc de descente, et au commencement de celui de montée, et qu'il est situé à l'extrémité opposée du point suprême; que d'ailleurs, entre le commencement et l'extrémité de l'arc d'ascension, il y a de nombreux degrés de spiritualité.
On appelle création l'arc de descente, et évolution celui de montée. L'arc de descente aboutit à la matérialité, l'arc de montée à la spiritualité.
La pointe du compas, en décrivant un cercle, ne fait point de mouvement rétrograde, car cela est contraire au mouvement naturel et à l'ordre divin, et la construction du cercle en serait viciée.
D'ailleurs, ce bas monde n'a pas une telle valeur ou une telle perfection pour que l'homme, après être sorti de cette cage, désire une seconde fois être pris dans ses barreaux.
Non, grâce à la bonté éternelle, le mérite et la dignité véritables de l'homme deviennent visibles et clairs par la traversée des étapes de l'existence, et sans qu'il soit besoin de les recommencer et de revenir.
La perle ou le gravier que cette nacre contient, une fois qu'elle s'ouvrira, deviendront apparents et visibles. Lorsque cette plante sera poussée, elle donnera des ronces ou des fleurs; point n'est besoin d'une seconde croissance.
En outre, circuler et se diriger dans l'univers, en suivant une ligne droite et en se conformant à l'ordre naturel, c'est cela qui fait vivre; tandis qu'un mouvement contraire à l'ordre et à la loi de la nature cause la non-existence; et le retour de l'âme après la mort serait contraire au mouvement naturel, et opposé à l'ordre divin.
Donc, en revenant, il serait absolument impossible d'obtenir la vie : c'est comme si l'homme, après être sorti du sein de sa mère, y rentrait une seconde fois.
Remarquez quelle est la fantaisie de ceux qui croient à la réincarnation ou à la métempsycose! Ils considèrent le corps comme un vase, et ils regardent l'esprit comme contenu dans ce vase, comme l'eau dans une coupe; cette eau a été tirée de cette coupe et a été reversée dans une autre! C'est une fantaisie puérile.

Ils oublient que l'esprit n'est pas une chose matérielle, qu'il n'entre ni ne sort; que tout au plus il est lié au corps, comme le soleil au miroir.
S'il en était ainsi, si en revenant et en retournant dans ce monde matériel, l'esprit en franchissait les étapes et parvenait à la perfection de l'essence, il eût été préférable que Dieu prolongeât la vie de l'esprit dans le monde matériel jusqu'à ce qu'il eût acquis les perfections et les grâces; point n'était nécessaire de le faire goûter à la coupe de la mort ni de lui donner une seconde vie.
La pensée que l'existence se borne à ce monde mortel et la négation des mondes divins sont le propre de certains croyants à la réincarnation; et pourtant les mondes divins sont infinis.
Si les mondes divins étaient limités a ce monde matériel, la création serait vaine, l'existence serait un jeu d'enfants; l'aboutissant de tous ces êtres infinis, la noble humanité, après être venue et revenue pendant quelques jours dans ce séjour mortel, recevrait ses punitions et ses récompenses, et tout le monde deviendrait à la fin complètement parfait! La création divine, les créatures infinies seraient alors parfaitement terminées; la divinité de Dieu, les noms et attributs célestes, pour ces êtres spirituels, équivaudraient, après tout, au point de vue de l'effet, à un arrêt et à un retard. "Gloire à ton Seigneur, le Seigneur qui est au-dessus des descriptions!"
Tel était l'esprit étroit des anciens philosophes, comme Ptolémée et les autres, qui croyaient et s'imaginaient que le monde vivant était limité à ce globe terrestre, et que l'espace illimité était circonscrit dans les neuf cercles du ciel, que tous étaient creux et vides. Voyez combien leurs pensées étaient étroites, et leur esprit faible!

Aujourd'hui, ceux qui croient à la réincarnation s'imaginent aussi que les mondes divins sont limités aux mondes de l'imagination humaine; bien plus, certains d'entre eux, comme les Druzes et les Nossairis, s'imaginent que la vie est limitée à ce monde matériel. Quelle supposition ignorante!
Car dans cet univers divin, qui montre la perfection, la beauté et la grandeur les plus complètes, les étoiles lumineuses du monde matériel sont innombrables; alors il faut se rappeler combien les mondes spirituels et divins, qui sont l'essentiel, sont également innombrables et infinis ! "Soyez attentifs, ô vous, possesseurs de vue !"
Revenons à notre sujet. Dans les livres sacrés et les Ecritures divines, on parle bien du retour; mais les ignorants n'en ont pas compris la signification, et ils ont cru qu'il s'agissait de la réincarnation.
Or, quand les prophètes de Dieu parlent du retour, ils ne veulent pas parler du retour de l'essence mais bien du retour des qualités, non du retour de la manifestation, mais de celui des perfections.
Il est dit dans l'Evangile que Jean, fils de Zacharie, est Elie; ces paroles ne signifient pas le retour de l'âme douée de raison de la personnalité d'Elie dans le corps de Jean; mais elles signifient que les perfections et les qualités d'Elie resplendissent et apparaissent chez Jean.
Une lampe brûlait la nuit passée dans cette pièce; lorsque, la nuit prochaine, une autre brûlera, nous dirons que la lumière d'hier soir est de nouveau allumée. L'eau coulait de la source, puis elle s'arrêta; lorsqu'elle se remettra à couler, nous dirons de cette eau qui coule à nouveau : c'est l'eau d'autrefois qui coule de nouveau. Cette lumière est exactement la lumière d'autrefois.
De même, au printemps de l'an dernier, les fleurs et les herbes odorantes ont fleuri, les fruits savoureux ont poussé; l'an prochain, nous dirons que ces fruits savoureux sont revenus, ces fleurs, ces herbes odorantes, ces boutons sont retournés et revenus.
Cela ne voudra pas dire que les atomes composant exactement la fleur de l'an dernier, après sa décomposition, se sont à nouveau rassemblés et sont retournés et revenus. Au contraire, cela veut dire que la douceur, la délicatesse, le délicieux parfum et la couleur merveilleuse de la fleur de l'an dernier se retrouvent et se voient exactement dans celle de cette année. Bref, il ne s'agit que de la similitude et de la ressemblance entre l'une et l'autre fleurs.

Le retour dont il est fait mention dans les Ecritures saintes, c'est cela : et cette signification est donnée par la Plume suprême dans le Livre de la Certitude, en détail et abondamment. Reportez-vous-y, afin d'être informée de la vérité des mystères divins. Sur vous le salut et la louange!

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Chapitre: V.82. Le panthéisme

Question. - Comment les théosophes et les súfis comprennent-ils la question du panthéisme ? Quelle est sa signification? Cette doctrine se rapproche-t-elle, ou non, de la vérité ?
Réponse. - Sachez que la question du panthéisme est ancienne; elle n'est pas particulière aux théosophes et aux súfis. Au contraire, certains sages de la Grèce admettaient le panthéisme, tel Aristote qui dit : "La Vérité simple, c'est toutes les choses, et en même temps ce n'est rien." Et ici le simple est opposé au composé; c'est la Réalité isolée, qui est au-dessus de la composition et de la dispersion, et qui s'est résolue en formes innombrables. Donc, l'Existence réelle c'est toutes les choses mais non l'une d'entre elles.
Bref, les adeptes du panthéisme admettent que l'Existence réelle est semblable à la mer, et que toutes les créatures sont semblables aux vagues; ces vagues, qui sont l'expression des créatures, sont les formes innombrables de l'Existence réelle. Donc, la Réalité sacrée est la Mer de l'Eternité, et les formes innombrables des créatures, les vagues qui se produisent.
Egalement, on compare cette théorie à l'Unité réelle et aux nombres infinis; l'Unité réelle se réfléchit dans les degrés des nombres infinis, car les nombres sont la répétition de l'Unité réelle. Ainsi, le nombre deux est la répétition de un, et de même pour tous les autres nombres.

Et parmi toutes leurs preuves se trouve celle-ci : à savoir que toutes les créatures sont les connaissances de Dieu; et une science sans connaissances n'existe pas, car la science se rapporte à ce qui existe, et non au néant. La pure non-existence, quelle spécification et quelle individualisation peut-elle avoir dans les degrés de la science?
Donc, les réalités des créatures, qui sont les connaissances de Dieu le Très-Haut, ont l'existence qu'a la science, puisqu'elles sont la forme du savoir divin, et elles sont éternelles, puisque la science divine est éternelle. Et puisque la science est éternelle, les connaissances le sont également; et les individualisations et les spécifications des créatures, qui sont les connaissances éternelles de l'Essence de l'Unité, sont la science divine elle-même. Car les réalités de l'Essence de l'Unité, la science, et les connaissances, ont une unité absolue, véritable, établie. Autrement, l'Essence de l'Unité deviendrait le lieu de phénomènes multiples, et la multiplicité des Eternels deviendrait nécessaire, ce qui serait absurde.
Il est donc établi que les connaissances sont la science même, et la science l'Essence même; c'est-à-dire que le Savant, la science et les connaissances sont une réalité unique. Et si nous imaginons quelque chose en dehors de tout cela, il faut revenir à la multiplicité des Eternels; on arrive à l'enchaînement, et les Eternels finissent par devenir infinis!
Et comme l'individualisation et la spécification des créatures dans la science de Dieu étaient l'Essence même de l'Unité, et qu'il n'y avait parmi elles aucune sorte de différence, il n'y avait qu'une véritable unité, et toutes les connaissances étaient diffuses et incluses dans la réalité de l'Essence unique; c'est-à-dire que, selon le mode de la simplicité et de l'unité, elles étaient les connaissances de Dieu le Très-Haut et l'Essence même de la Réalité.
Et lorsque Dieu manifesta son éclat, ces individualisations et ces spécifications des créatures, qui avaient une existence virtuelle, c'est-à-dire qui étaient la forme de la science divine, trouvèrent leur existence substantielle dans le monde extérieur; et cette Existence réelle se résolut en formes infinies. Tel est le principe de leur démonstration.

Les théosophes et les súfis se divisent en deux branches. L'une, composée de la masse qui, simplement, par esprit d'imitation, admet le panthéisme, sans comprendre l'intention de ses docteurs respectés; car la masse des súfis croit que la signification de l'Existence, c'est l'existence d'une façon générale, prise substantivement, et qui est comprise par l'intelligence et l'esprit de tous : c'est-à-dire que l'homme la comprend.
Au lieu de cela, cette existence générale est un accident de la nature de ceux qui pénètrent la réalité des créatures; et les qualités des créatures sont la substance. Et cette existence accidentelle, qui dépend des créatures, ressemble aux propriétés des choses qui dépendent d'elles. C'est un d'entre les accidents, et certes ce qui est la substance est supérieur à ce qui est l'accident.
Car la substance est le principe et l'accident la conséquence; la substance dépend d'elle-même, et l'accident dépend de quelque chose d'autre, c'est-à-dire a besoin d'une substance dont il dépende. Autrement, Dieu serait la conséquence de la créature, Il aurait besoin d'elle, et celle-ci serait indépendante de Lui!
Par exemple, chaque fois que les éléments isolés se combinent conformément à l'ordre universel divin, une créature d'entre les créatures vient au monde. C'est-à-dire que, lorsque certains éléments se combinent, cette combinaison produit une existence végétale; lorsque d'autres se combinent, c'est un animal; d'autres encore, et ce sont différentes créatures. Dans ce cas, l'existence des choses est la conséquence de leur réalité.
Comment se pourrait-il que cette existence, qui est un accident d'entre les accidents et nécessite une autre essence dont elle dépende puisse être l'Essence éternelle, l'Auteur de toutes choses ?

Mais les docteurs initiés des théosophes et des súfis, qui ont étudié cette question, pensent qu'il y a deux catégories d'existences.
L'une est l'existence générale, qui est comprise de l'intelligence humaine : c'est un phénomène, un accident d'entre les accidents dont la réalité des choses est la substance. Mais le panthéisme ne s'applique pas a cette existence générale et qu'on imagine, mais bien à l'Existence véritable, affranchie de toute interprétation. Et c'est par elle que toutes choses existent; et c'est elle l'unité, c'est-à-dire l'Unité réelle, par laquelle toutes choses sont venues au monde, telles la matière, l'énergie et cette existence générale qui est comprise par l'intelligence humaine. Telle est la vérité sur cette question, selon les théosophes et les súfis.
' Bref, sur cette théorie que c'est par l'Unité que toutes les choses existent, tout le monde est d'accord, c'est-à-dire les philosophes comme les prophètes. Mais il y a entre eux une différence; c'est que les prophètes disent que la science de Dieu n'a pas besoin de l'existence des créatures, tandis que la science de la créature a besoin de l'existence des connaissances.
Si la science de Dieu avait besoin de quelque autre chose, elle serait la science de la créature, et non celle de Dieu. Car l'éternel est différent du phénoménal, et le phénoménal est le contraire de l'éternel; ce que nous attribuons à la créature, à savoir les contingences nécessaires, nous le nions pour Dieu; car le fait d'être au-dessus des imperfections est une de ses propriétés nécessaires.
Ainsi, dans le phénoménal, nous voyons l'ignorance, dans l'Eternel nous reconnaissons la science; dans le phénoménal, nous voyons l'impuissance, dans l'Eternel nous reconnaissons la force; dans le phénoménal, nous voyons la pauvreté, dans l'Eternel, nous reconnaissons la richesse. Ainsi, le phénoménal est le principe des imperfections, et l'Eternel est la réunion des perfections.

Comme la science phénoménale a besoin de l'existence des connaissances, la science éternelle est indépendante de leur existence. Aussi l'éternité de la spécification et de l'individualisation des créatures, qui sont les connaissances de Dieu le Très-Haut, n'existe pas.
Ces attributs divins et parfaits ne sont pas assez bien compris par l'intelligence, pour que nous décidions si la science divine a besoin des connaissances ou non.
Bref, voilà l'argument suprême des súfis; et si nous voulions mentionner leur argumentation complète et expliquer les réponses qu'ils font aux objections, cela traînerait beaucoup en longueur. Tels étaient leur preuve décisive et leur argument évident, du moins ceux des docteurs instruits, parmi les súfis et les théosophes.
Mais la question de l'Existence réelle, par laquelle toutes choses existent, c'est-à-dire la réalité de l'Essence de l'Unité, par qui toutes les créatures sont venues au monde, tout le monde l'admet.
La différence réside en ce que les súfis disent : "La réalité des choses est la manifestation de l'Unité réelle." Et les prophètes disent : "Elle émane de l'Unité réelle." Et grande est la différence entre la manifestation et l'émanation!
L'apparition par manifestation signifie qu'une chose unique apparaît dans des formes infinies. Par exemple la graine, qui est une chose unique, possédant les perfections végétatives, lorsqu'elle se manifeste en formes infinies, se résout en branches, en fleurs et en fruits; on appelle cela l'apparition par manifestation.
Quant à l'apparition par émanation, c'est lorsqu'elle cette Unité réelle demeure et subsiste dans les hauteurs de la sainteté; l'existence des créatures est émanée d'elle, mais ne la manifeste pas.
On peut la comparer au soleil, dont émane la lumière qui se répand sur toutes les créatures; mais lui, il demeure dans les hauteurs de sa sainteté; il n'y a pas pour lui de descente, et il ne se résout pas en formes lumineuses; il n'apparaît pas dans la substance des choses par la spécification et l'individualisation des choses, l'éternel ne devient pas le phénoménal, la richesse indépendante ne devient pas la pauvreté enchaînée, la pure perfection ne devient pas l'imperfection même!

En résumé les súfis admettent Dieu et la créature; ils disent que Dieu s'est résolu dans les formes infinies des créatures, qu'Il s'est manifesté comme la mer qui apparaît dans les formes infinies des vagues; ces vagues phénoménales imparfaites sont identiques à la Mer éternelle qui est la somme de toutes les perfections divines!
Les prophètes, au contraire, croient qu'il y a le monde de Dieu, le monde du royaume et le monde de la création, trois mondes.
La première émanation de Dieu, qui est la bonté du royaume, se reflète, sur la réalité des créatures, comme la lumière qui émane du soleil et resplendit sur les créatures; et cette bonté, qui est la lumière, resplendit en formes infinies sur les réalités de toutes les choses et se spécifie et s'individualise suivant l'aptitude, le mérite et la valeur intrinsèque de chacune d'elles.
La théorie des súfis exige au contraire que la Richesse indépendante descende au degré de la pauvreté, que l'Eternel s'enchaîne dans les formes phénoménales, et que la pure Puissance soit limitée sous la forme de faiblesse, selon les bornes des contingences! Et cela est une erreur évidente!
Remarquons que la réalité de l'homme, qui est la plus noble des créatures, ne descend pas à la réalité de l'animal; l'essence de l'animal, qui est douée des facultés sensorielles, ne s'abaisse pas au degré du végétal; et la réalité du végétal, qui est ce pouvoir de croissance, ne s'arrête pas dans la réalité du minéral.
Bref, la réalité supérieure ne descend ni ne s'abaisse dans les degrés inférieurs; comment se pourrait-il que la réalité universelle de Dieu, qui est affranchie de toute description et de toute qualification, malgré sa sainteté et sa pureté absolues, se résolve dans les formes des réalités des créatures qui sont la source des imperfections ? C'est une pure imagination qu'on ne peut comprendre!
Au contraire, cette Essence sainte est la somme des perfections divines et célestes; toutes les créatures sont favorisées par les bienfaits du rayonnement par émanation, et elles reçoivent les lumières de perfection et de beauté de son royaume.

De même, toutes les créatures terrestres obtiennent le bienfait de la lumière des rayons du soleil, tandis que ce dernier ne descend pas et ne s'abaisse pas dans Les réalités favorisées des existences terrestres!
Après le dîner, et vu l'heure tardive, il n'y a pas lieu d'en dire davantage.

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Chapitre: V.83. Les quatre moyens d'acquérir la connaissance

Les moyens reconnus d'acquérir la connaissance sont au nombre de quatre; c'est-à-dire que les réalités des choses sont comprises par ces quatre procédées.
Le premier moyen nous est donné par nos sens, qui s'appliquent à tout ce que l'oeil, l'oreille, le goût, l'odorat, le toucher perçoivent et qu'on appelle sensible.
Aujourd'hui, tous les philosophes d'Europe considèrent ce moyen comme excellent. Ils disent que le critérium suprême, ce sont les sens; ils le considèrent comme sacré, bien qu'il soit imparfait (car il commet des erreurs).
Par exemple, le premier de nos sens est la vue. La vue prend le mirage pour de l'eau, et elle prend pour véritables des images réfléchies dans un miroir; des corps éloignés lui paraissent tout petits, un point en rotation paraît un cercle, la Terre lui semble immobile tandis que le Soleil est en mouvement, et dans beaucoup d'autres cas elle commet des erreurs. Nous ne pouvons donc avoir confiance en elle.
Le second procédé est la raison qui, chez les philosophes anciens, les piliers de la sagesse, était la mesure de la compréhension; ils prouvaient les choses par la raison, et ils tenaient fermement aux preuves de la raison; tous leurs arguments sont des arguments de raison.
Cependant, ils divergèrent beaucoup entre eux, et leurs opinions sont contradictoires. Il leur arriva même de changer d'avis; c'est-à-dire qu'après avoir prouvé pendant vingt ans par des arguments de raison l'existence d'une chose, ils la niaient après cela par des arguments de raison.

Ainsi, Platon commença par prouver logiquement l'immobilité de la terre et le mouvement du soleil; plus tard, par des arguments de raison, il prouva que le soleil est un centre autour duquel se meut la terre. Ensuite, le système de Ptolémée se répandit, et la théorie de Platon fut entièrement oubliées, jusqu'à ce qu'un observateur nouveau la reprenne. Ainsi, tous les mathématiciens se trouvaient en désaccord, bien qu'ils s'appuyassent sur des arguments de raison !
Pendant un certain temps, ils prouvaient une question par des arguments de logique, puis après cela, par des arguments de même nature, ils la niaient. Pendant quelque temps, un certain philosophe, avec force preuves et arguments à l'appui, défendait une théorie qu'après cela il abandonnait et contredisait par des preuves de raison.
Il est donc clair que le critérium de la raison n'est pas parfait; les divergences des philosophes antiques, le manque de stabilité et les variations des opinions en sont la preuve, Car, si le procédé de la raison était parfait, tout le monde devrait être d'accord en pensées et en opinions.
Le troisième procédé est la tradition, c'est-à-dire le texte des livres saints; car on dit : "Dieu, dans la Bible, ou dans l'Evangile, parla ainsi." Ce procédé non plus n'est pas parfait, car c'est la raison qui interprète la tradition.
Et comme la raison elle-même est sujette à erreur, comment peut-on croire qu'en comprenant et en interprétant les traditions, elle ne commettra pas d'erreur, qu'elle sera absolument sûre? En effet, d est possible qu'elle commette des erreurs, et la certitude n'existe pas.
Et c'est le procédé des clergés : tout ce qu'ils comprennent du texte des livres saints est ce que leur raison comprend de ces mêmes textes, mais ce n'est pas la vérité pure. Car la raison est comme une balance, et les significations comprises dans le texte des livres saints ressemblent à la chose pesée : si la balance est faussée, comment trouvera-t-on le poids ?
Sachez donc que ce que les hommes possèdent, ce qu'ils admettent, est soumis à l'erreur. Car, dans l'affirmation ou dans la contradiction d'une chose, si l'on met en avant des preuves tirées de nos sens, il est clair que le critérium n'est pas parfait; si ce sont des preuves intellectuelles, il en est de même, ainsi que pour des preuves traditionnelles. L'homme n'a donc pas de critérium auquel il puisse se fier.

Mais la bonté du Saint-Esprit nous fournit le véritable procédé infaillible et indubitable. C'est le secours du Saint-Esprit qui parvient à l'homme. Là seulement se trouve la certitude!

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Chapitre: V.84. Pourquoi il faut suivre les enseignements des manifestations de Dieu

Question. - Ceux qui ont pour eux leurs bonnes actions, leur bienveillance générale, des moeurs louables, qui agissent avec amour et bonté envers toutes les créatures, qui s'occupent des pauvres, qui s'efforcent d'établir la paix universelle, quel besoin ont-ils des enseignements divins ? D'ailleurs ils croient qu'ils peuvent s'en passer. Quelle est donc leur condition ?
Réponse. - Sachez que de telles actions, de tels efforts, de telles paroles sont louables et approuvés et qu'ils sont la gloire de l'humanité. Mais ces actions seules ne suffisent pas; c'est un corps de la plus grande élégance auquel il manquerait l'esprit.
Car ce qui cause la vie immortelle, la gloire éternelle, la spiritualité universelle, le salut et la prospérité réelle, c'est tout d'abord la connaissance de Dieu; et l'on sait que la connaissance de Dieu passe avant toute autre connaissance, et qu'elle est la gloire suprême de l'humanité!
Car, si dans la connaissance de la réalité des choses il y a des avantages matériels, si c'est par elle que la civilisation extérieure progresse, la connaissance de Dieu est la cause du progrès et de l'attraction spirituels; la vision de vérité, la sublimité de l'humanité, la civilisation divine, la droiture des moeurs et l'illumination ne s'obtiennent que par elle.
Ensuite vient l'amour de Dieu, dont la lumière éclaire le coeur de ceux qui le connaissent et dont les rayons éclatants illuminent l'horizon, donnant à l'homme la vie du royaume.

En vérité, le but de la vie humaine est l'amour de Dieu, car cet amour est l'esprit de la vie et la bonté éternelle !
Si l'amour de Dieu n'existait pas, le monde contingent serait dans les ténèbres; si l'amour de Dieu n'existait pas, les coeurs des hommes seraient morts et privés des sentiments de l'existence; si l'amour de Dieu n'existait pas, les perfections de l'humanité seraient détruites et anéanties;
si l'amour de Dieu n'existait pas, l'affliction réelle n'existerait pas dans la création de l'homme; si l'amour de Dieu n'existait pas, l'union spirituelle serait une chimère; si l'amour de Dieu n'existait pas, la lumière de l'unité n'éclairerait pas l'humanité; si l'amour de Dieu n'existait pas, l'Est et l'Ouest ne seraient pas, comme deux amoureux, dans les bras l'un de l'autre;
si l'amour de Dieu n'existait pas, la division et la désunion n'auraient pas été changées en intimité; si l'amour de Dieu n'existait pas, l'affliction n'aurait pas remplacé l'indifférence; si l'amour de Dieu n'existait pas, l'étranger ne serait pas devenu l'ami!
L'amour humain a jailli de l'amour de Dieu, et il est apparu par la bonté et la faveur de Dieu!
II est clair que la réalité de l'humanité est variée; les opinions sont distinctes, les sentiments sont différents; et cette différence d'opinions, de pensées, d'intelligences, de sentiments parmi les individus de l'espèce humaine, est due aux nécessités essentielles, car les différences dans les degrés de l'existence des créatures sont une des nécessités de l'existence qui se dénoue en formes infinies.
Donc, nous avons besoin d'un pouvoir général qui domine les sentiments, les opinions et les pensées de tous, grâce auquel ces divisions n'auront plus d'effet, et qui amène tous les individus sous l'influence de l'unité de l'humanité.
Et il est clair et évident que le plus grand pouvoir qui existe dans l'humanité c'est l'amour de Dieu; il conduit les différents peuples à l'ombre de la tente de l'affection, il donne aux nations et aux tribus opposées et hostiles l'amour et l'union les plus grands!

Voyez, après le Christ, grâce à l'amour de Dieu, combien de nations, de races, de tribus, de peuples sont venus se ranger sous l'ombre du Verbe de Dieu; les divisions et les divergences de mille ans furent entièrement détruites et anéanties! Les préoccupations de race et de patrie disparurent complètement; l'union des âmes et des existences se fit; tous devinrent de vrais chrétiens spirituels!
La troisième vertu de l'humanité, c'est la bonne volonté, laquelle est le fondement des bonnes actions.
Certains philosophes ont considéré l'intention comme supérieure à l'action, car la bonne volonté est toute lumière; elle est exempte des impuretés de l'envie, de l'inimitié, de la déception. Or, il se peut qu'un homme accomplisse une action pieuse en apparence, mais qui soit dictée par l'intérêt.
Par exemple, un boucher chérit un mouton et le protège; mais cette action pieuse du boucher est dictée par le désir d'en tirer profit, et le résultat de cette affection consiste à frapper d'un stylet le malheureux mouton.
Combien d'actions pieuses sont dictées à l'homme par l'intérêt! Mais la bonne volonté est affranchie de telles impuretés.
Bref, si à la connaissance de Dieu s'ajoutent l'amour de Dieu, l'attraction, l'extase et la bonne volonté, alors une action pieuse est complète et parfaite. Autrement, une bonne action aura beau être louable, si elle n'est pas soutenue par la connaissance de Dieu, l'amour de Dieu et une intention sincère, elle sera imparfaite.
C'est ainsi que l'existence de l'homme doit réunir toutes les perfections pour être parfaite. La vue est une faculté extrêmement précieuse et appréciée, mais elle doit être aidée par l'ouïe; l'ouïe est très appréciée, mais elle doit être aidée par la parole; la parole est très appréciée, mais elle doit être aidée par le pouvoir de la raison, etc. Et ainsi de suite pour les autres pouvoirs, les autres organes et membres de l'homme; lorsque tous ces pouvoirs, ces sens, ces organes, ces membres existent en même temps, il est parfait.
Or, aujourd'hui, on rencontre dans le monde des gens qui, en vérité, désirent le bien universel et qui, selon leur pouvoir, s'occupent à protéger les opprimés et à aider les pauvres; ils sont enthousiasmés pour la paix et le bien-être universel. Bien que, sous ce rapport, ils soient parfaits, pourtant, étant privés de la connaissance et de l'amour de Dieu, ils sont imparfaits.

Galien, le médecin, dans son livre où il commente le Traité de Platon sur le gouvernement d'une cité, écrit que les principes fondamentaux de la religion ont une grande influence pour une civilisation parfaite, et la preuve en est que "la multitude ne peut pas comprendre l'enchaînement des paroles explicatives; aussi a-t-elle besoin de paroles symboliques pour l'annonciation des récompenses et des châtiments dans l'autre monde;
et ce qui prouve l'exactitude de cette affirmation, c'est qu'aujourd'hui nous voyons un peuple qu'on appelle les chrétiens croire aux châtiments et aux récompenses, et que, de cette secte, émanent des actions de beauté comme celles qu'accomplirait un vrai philosophe. Ainsi, chacun de nous voit clairement qu'ils ne craignent pas la mort, qu'ils n'attendent et ne désirent d'autrui que la justice et l'équité, et qu'ils sont considérés comme de vrais philosophes"!
Maintenant, remarquez quel devait être le degré de la sincérité, du zèle, des sentiments spirituels, des obligations de l'amitié et des bonnes actions d'un chrétien, pour que Galien, le médecin philosophe, bien qu'il ne fît pas partie de la secte du Christ, ait témoigné des bonnes moeurs et des perfections de ces êtres, au point de dire qu'ils étaient de vrais philosophes!
Ces vertus, cette morale n'ont pas été uniquement obtenues par les bonnes actions, S'il ne s'agit que d'obtenir et de distribuer le bien, cette lampe aussi, maintenant, est allumée et illumine la pièce; sans nul doute cet éclairage est un bien; cependant vous n'allez pas vous mettre à faire des éloges à la lampe.
Le soleil ait progresser tous les êtres de la terre, et par sa chaleur et sa lumière, il leur donne la croissance et le développement; y a-t-il un bien plus grand que celui-là ? Cependant, comme ce bien ne découle pas de la bonne volonté ni de l'amour et de la connaissance de Dieu, on ne le remarque pas. Lorsque, au contraire, un homme donne à un autre une coupe d'eau, ce dernier lui en est reconnaissant et le remercie.

Un homme, sans réfléchir, dira : ce soleil qui éclaire le monde, cette suprême bonté que l'on voit en lui, il faut les adorer et les louer; pourquoi ne pas être reconnaissant et ne pas les remercier, alors que nous louons un homme qui se distingue par une simple petite qualité ?
Mais si nous examinons la vérité, nous voyons que cette bonté insignifiante de l'homme est due à des sentiments conscients, et qu'elle est par conséquent digne de louange. Tandis que la lumière et la chaleur du soleil ne sont pas dues aux sentiments et à la conscience; elles ne sont donc pas dignes d'éloge ni de louange et ne méritent ni reconnaissance ni remerciements.
De même, lorsqu'un être accomplit une bonne action, bien qu'elle soit louable, si elle n'est pas causée par l'amour et la connaissance de Dieu, elle est imparfaite.
De plus, si vous regardez avec équité, vous verrez que ces bonnes actions des autres hommes sont aussi, au fond, causées par les enseignements de Dieu; c'est-à-dire que les prophètes d'autrefois ont amené les hommes à accomplir ces actes, leur en ont expliqué la beauté, leur en ont commenté les effets superbes; ces enseignements se sont répandus parmi les hommes, leur sont arrivés successivement les uns après les autres et ont tourné leurs coeurs vers ces perfections.
Lorsque les hommes ont vu que ces actions étaient considérées comme belles et devenaient une cause de joie et de bonheur pour l'humanité, ils s'y sont conformés. Donc: celles-là aussi viennent des enseignements de Dieu. Mais il faut un peu d'équité, au lieu d'argumenter et de se disputer.
Grâce à Dieu, vous êtes allée en Perse, et vous avez vu comment les Persans, par les saintes brises de Bahá'u'lláh, sont devenus bienveillants pour l'humanité.
Autrefois, s'ils rencontraient quelqu'un d'une autre race, ils le persécutaient et n'avaient pour lui que pensée de meurtre, haine et malveillance; ils allaient jusqu'à le couvrir d'immondices. Ils brûlaient l'Evangile et la Bible; s'ils touchaient ces livres, ils devaient laver leurs mains polluées! Aujourd'hui, la plupart d'entre eux récitent en chantant, comme il convient, le contenu de ces deux livres dans les réunions et les assemblées, et ils les commentent. Ils offrent l'hospitalité à leurs ennemis. Ils traitent avec gentillesse les loups sanguinaires, comme s'ils étaient des gazelles de la plaine de l'amour de Dieu! Vous avez vu leurs coutumes et leurs habitudes; et vous avez entendu parler des moeurs des anciens Persans !

Cette transformation des moeurs, cette rectification de la conduite et des paroles sont-elles possibles autrement que par l'amour de Dieu? Non, par Dieu! Si, à l'aide de la science et de nos connaissances, nous voulions introduire ces moeurs et ces coutumes, certes cela prendrait mille ans, et elles ne se répandraient pas dans la multitude! Aujourd'hui, grâce à l'amour de Dieu, elles se répandent avec la plus grande facilité. "Et soyez avertis, ô possesseurs d'intelligence!"

==== FIN DU TEXTE ====
Les leçons de Saint-Jean-d'Acre
Avant-propos
Saint-Jean-d'Acre ('Akka), petite ville historique en face du mont Carmel, sur une baie de la Méditerranée, fut la dernière étape de Bahá'u'lláh exilé de la Perse, son pays natal, pour avoir adhéré à la cause de Siyyid 'Ali Muhammad, dit "Le Bab", qui y prêcha la réforme et le renouvellement de la religion. Après l'exécution du Bab à Tabriz, en 1850, sur l'ordre du gouvernement de Nasiri'd-Din Shah, Bahá'u'lláh consacra sa vie à ce mouvement régénérateur. Un certain laps de temps s'étant écoulé, il fit, à Baghdad, première étape de son exil, en 1863, sa proclamation de la religion bahá'íe. Le sultan Abdu'l'Aziz, se méfiant de son influence grandissante, le fit transférer à Constantinople, de là à Andrinople et finalement à Saint-Jean-d'Acre où il fut incarcéré dans les casernes qui servaient de prison. Sa famille et quelques disciples l'y suivirent. Deux ans plus tard, lui et les siens furent logés dans différentes demeures où il fut confiné pendant sept ans. Plus tard seulement, il put habiter hors des remparts de la ville. Ce fut pendant son exil, long et pénible, que Bahá'u'lláh traita, dans ses écrits, de l'évolution spirituelle de l'homme, de la continuité de la révélation de Dieu par ses prophètes, de l'organisation économique et sociale du monde. Il souligna l'interdépendance des peuples, l'urgence d'un puissant parlement universel des nations avec un tribunal de justice pour établir et maintenir la paix. A sa mort, en 1892, selon sa volonté, son fils Abdu'l-Bahá, connu en Syrie sous le nom d'Abbas Effendi, lui succéda comme chef des bahá'ís. Après la révolution dans l'Empire ottoman et la chute du sultan, les Jeunes Turcs, en 1908, libérèrent les prisonniers politiques et religieux de l'ancien régime, et quelques années plus tard Abdu'l-Bahá put se rendre en Egypte, en Europe et en Amérique du Nord. Il accueillait tous ceux qui venaient à lui.
Il fut invité à parler dans les églises, les synagogues, les universités et dans les milieux les plus divers, des centres de Théosophie à l'Armée du Salut. Il mourut à Haïfa, en 1921, au pied du mont Carmel et désigna, dans son testament, son petit-fils, Shoghi Effendi, comme premier Gardien de la foi bahá'íe, mission qu'il remplit avec maîtrise. Le gouvernement d'Israël, comme l'avait fait le gouvernement du Royaume-Uni quand il avait mandat sur la Palestine, a reconnu que la religion bahá'íe avait droit aux considérations accordées aux grandes croyances possédant des communautés, des institutions et des édifices en "Terre sainte".
Laura CLIFFORD BARNEY.
Introduction à la première édition
"Je vous ai consacré mes moments de fatigue", me disait Abdu'l-Bahá', un jour qu'il se levait de table après avoir répondu à quelqu'une de mes questions. Ainsi en était-il toujours. Entre ses heures de travail, il se délassait dans une activité nouvelle! Parfois, il pouvait 1 parler longuement; mais souvent, alors même que le sujet qu'il traitait eût demandé de grands développements, on venait le chercher au bout d'un moment; et des jours, des semaines passaient, sans qu'il pût trouver le temps de reprendre l'enseignement qu'il me donnait. Et pourtant je n'avais aucun mérite à demeurer patiente, car j'avais continuellement devant les yeux la grande Leçon, la leçon de sa vie! Lors de mes différents séjours à Saint-Jean-d'Acre, ces conversations furent sténographiées en persan, pendant qu'Abdu'l-Bahá(1) parlait, sans la moindre idée alors de les publier, mais uniquement afin que je puisse les conserver pour des études ultérieures. Au début, elles devaient se prêter à la traduction orale de l'interprète; puis, plus tard, lorsque j'eus commencé à savoir le persan, elles devaient se confiner dans les limites étroites de mon vocabulaire. Ainsi s'expliquent les redites, et l'usage constant des mêmes allégories, chez un homme qui possède aussi merveilleusement sa langue et qui 1. La transcription moderne des noms arabes et persans qui furent dans cette 5e édition est celle qui a été recommandée par Shoghi Effendi pour les écrits bahá'ís. la manie avec autant d'élégance qu'Abdu'l-Bahá. Dans ces leçons, c'est le maître qui se met à la portée de son élève, ce n'est pas l'orateur ni le poète qui parle. Ce livre ne présente aussi que certains aspects de la révélation bahá'íe, dont la portée pourtant est universelle, et qui a, pour tout questionneur, des réponses adaptées à son degré de développement et à ses aspirations.
C'est ainsi qu'en ce qui me concerne les réponses furent simples, en rapport avec mes connaissances rudimentaires, et nullement avec l'importance des titres que, pour plus de clarté, j'ai ajoutés après coup en tête de chacune des conversations. J'ai cru néanmoins que ce qui m'avait été si utile à moi-même pourrait aussi servir à d'autres, puisque tous, aussi bien, malgré les différences qui nous séparent, nous sommes unis dans notre besoin du Vrai et du Beau. Et j'ai demandé à Abdu'l-Bahá la permission de publier ces conversations. Originellement, ces leçons ne furent pas données dans un ordre spécial, et je me suis bornée à les classer sommairement pour la commodité du lecteur. Ainsi qu'on s'en convaincra aisément, le persan a été suivi d'aussi près que possible, et seules, dans cette première édition, les notes les plus indispensables ont été ajoutées, afin de ne pas retarder une publication déjà depuis trop longtemps attendue.
Laura CLIFFORD BARNEY
Mai 1907
1. Le texte persan de cet ouvrage a été édité sous le titre "An-Núru'l-Abba fi-Mufavadat Abdu'l-Bahá"
La version anglaise est éditée sous le titre "Some Answered Questions" (N. d T.)
Introduction de l'édition de 1981
Pouvons-nous connaître Dieu ? Dieu existe-t-il ? Peut-on concilier l'enseignement religieux et la connaissance scientifique ? Qu'est-ce que l'homme ? Ces questions sont de celles qui étaient autrefois considérées comme étant exclusivement du ressort des philosophes et des théologiens. Il n'en est plus de même aujourd'hui : elles sont entrées dans le domaine public.
Notre civilisation affligée et désorientée, détachée des croyances et des valeurs qui l'avaient soutenue pendant des siècles, chancelle au bord de l'autodestruction. Nous qui en faisons partie, nous ressentons la disparition de deux choses que nos ancêtres considéraient comme tout à fait naturelles, à savoir la signification et le sens de la vie. Aujourd'hui, ces questions demandent des réponses. Les leçons de Saint-Jean-d'Acre posent d'une façon attrayante, succincte et logique, non seulement des questions sur Dieu et sur la relation qui existe entre la science et la religion, mais un vaste éventail de questions d'intérêt certain pour l'âme en quête de vérité religieuse ou pour l'esprit curieux et scientifique. Les réponses sont celles d'Abdul'-Bahá, fils du Prophète fondateur de la Foi Bahá'íe, une religion mondiale nouvelle et indépendante qui a des adeptes dans presque tous les pays. Les réponses ont été rassemblées à partir d'une série d'entretiens qu'il accorda au cours des repas en 1904, 1905 et 1906. Dans chacune des cinq parties du livre, Abdu'l-Bahá donne des explications sur des sujets allant de la métaphysique à la réalité. D'un côté, il entre dans le domaine philosophique pour discuter de sujets comme l'immortalité, la prédestination, le libre arbitre et la doctrine erronée de la réincarnation - en suivant toujours le sentier mystique avec beaucoup de sens pratique. De l'autre, il parle de questions concernant l'organisation de la société humaine telles que le problème des grèves, le traitement des criminels et les rapports adéquats entre le capital et le travail, instillant dans ces questions normalement temporelles une signification spirituelle. Dans la première partie des Leçons de Saint-Jean-d'Acre, Abdu'l-Bahá donne des preuves à la fois logiques et traditionnelles pour démontrer l'existence de Dieu et la nécessité d'Educateurs divins ou Manifestations de Dieu.
Il consacre plusieurs causeries à la vie et aux réalisations de quelques-unes de ces Manifestations divines dont Abraham, Moïse, le Christ, Muhammad, le Bab et Bahá'u'lláh, les considérant comme les maillons consécutifs du plan révélé de Dieu pour l'éducation de l'humanité. Il répand ainsi une nouvelle lumière sur l'histoire religieuse et sur la nature de la religion elle-même. Abdu'l-Bahá revient au thème des Manifestations de Dieu dans la troisième partie de l'ouvrage dans laquelle il explique plus en détail le caractère, la station et les pouvoirs des Etres uniques choisis pour agir comme les porte-parole de Dieu. Dans la deuxième partie des Leçons de Saint-Jean-d'Acre, Abdu'l-Bahá présente le point de vue bahá'í sur un certain nombre de sujets chrétiens épineux. Il accorde une attention particulière à la question du "retour" ou Seconde Venue du Christ. Les lecteurs instruits dans la doctrine chrétienne traditionnelle sont certains de trouver étonnamment nouvelle et lumineuse sa façon d'aborder des sujets comme la naissance du Christ, la résurrection, le baptême, la signification de l'Eucharistie, les miracles du Christ et la Trinité. Dans la quatrième partie du livre, Abdu'l-Bahá considère l'origine, les pouvoirs et les conditions de l'homme. L'affirmation bahá'íe quant à l'existence d'une harmonie et d'un accord sous-jacents entre la science et la religion prend toute sa réalité dans l'explication qu'il donne de l'origine et du développement de l'espèce humaine. La cinquième et dernière partie est consacrée à des sujets divers comprenant des discussions à propos de la connaissance humaine et du panthéisme. Les leçons de Saint-Jean-d'Acre, tant par le style que par la structure, diffèrent des autres ouvrages d'Abdul'-Bahá. Son Testament, écrit en trois parties, atteste l'autorité de l'Ordre Administratif de la Foi Bahá'íe, garantit son intégrité et son unité. Le secret de la civilisation divine est un traité sur l'état général de la civilisation moderne.
Le Traveller's Narrative est une chronique des débuts de la Foi Babie et de la Foi Bahá'íe. "Memorials of the Faithful" renferme les souvenirs d'Abdu'l-Bahá sur soixante-neuf des premiers bahá'ís, tous liés par leur amour pour Bahá'u'lláh. Seules Les leçons de Saint-Jean-d'Acre, qui prennent forme à partir de questions posées à Abdu'l-Bahá pendant les repas, offrent au lecteur des essais sur des thèmes divers ; on peut lire ces essais au cours de réunions, chacun d'eux pouvant être considéré comme un sujet séparé d'étude et de réflexion ou comme une partie d'un tout qui émerge de l'ensemble des causeries. La plupart de ces causeries sont courtes. Toutes portent l'empreinte de la conversation. Toutes donnent des images lucides et concrètes pour clarifier des sujets difficiles. L'humour allège le sérieux. A chaque tournant, "simplicité brillante", "pouvoir de persuasion" et "conviction" font la lumière sur les principes de base et les points subtils de la croyance bahá'íe. La Foi Bahá'íe a été fondée par Mirza Husayn 'Ali (1817-1892), connu sous le nom de Bahá'u'lláh, la "Gloire de Dieu". Les origines de la Foi Bahá'íe sont intimement liées à la Foi Babie, fondée en Perse (Iran) en 1844 par Mirza 'Ali-Muhammad (1819-1850), connu sous le nom de Bab, ou la "Porte". Le Bab annonça qu'il n'était pas seulement le fondateur d'une religion indépendante mais le héraut d'un nouveau prophète ou messager de Dieu beaucoup plus grand que lui, qui inaugurerait une ère de paix pour toute l'humanité. En 1863, Bahá'u'lláh déclara qu'Il était Celui que le Bab avait annoncé. Les enseignements de Bahá'u'lláh amenèrent rapidement le gouvernement persan et le clergé musulman à entrer en conflit avec Lui et Il fut exilé d'Iran en différents lieux de l'Empire ottoman. En 1868, Il fut envoyé comme prisonnier dans la cité forteresse d'Akka, en Terre sainte ; Il décéda en 1892, dans les environs de cette ville.
Dans son Testament Il désigna son 61s aîné, Abdu'l-Bahá (1844-1921), comme son successeur à la tête de la communauté bahá'íe et comme l'interprète des écrits bahá'ís. A son tour, Abdu'l-Bahá désigna l'aîné de ses petits-fils, Shoghi Effendi (1897-1957), comme son successeur, comme le Gardien de la Cause et l'interprète autorisé des enseignements bahá'ís. Les affaires de la communauté mondiale bahá'íe sont aujourd'hui administrées par la Maison Universelle de Justice, conseil élu suprême de la Foi Bahá'íe. Les principaux enseignements de la Foi Bahá'íe sont l'unicité de Dieu, l'unité de la religion et l'unité de l'humanité. Les principes fondamentaux proclamés par Bahá'u'lláh sont que la vérité religieuse n'est pas absolue mais relative; que la Révélation divine est continue et progressive ; que toutes les grandes religions du monde sont d'origine divine; et que leurs missions représentent les étapes successives de l'évolution spirituelle de la société humaine. Etant donné que Bahá'u'lláh enseigne que le but de la religion est de promouvoir la concorde et l'unité et que la religion est le premier facteur de la réalisation de la paix et du progrès méthodique de la société, les écrits bahá'ís donnent le schéma des institutions nécessaires à l'établissement de la paix et de l'ordre mondial. Celles-ci comprennent une fédération mondiale ou "commonwealth", avec des branches exécutive, législative et judiciaire ; une langue auxiliaire universelle ; une économie mondiale; un mécanisme d'intercommunications mondiales et un système universel des monnaies, poids et mesures. Les écrits bahá'ís fournissent également des directives explicites qui permettent aux bahá'ís (adeptes de Bahá'u'lláh) d'atteindre le but fondamental de la vie humaine qui est de connaître et d'adorer Dieu et de "faire aller de l'avant une civilisation toujours en progrès" - tout en s'efforçant de réaliser l'unité de l'humanité, la paix mondiale et l'ordre mondial.
C'est ainsi que, selon les écrits bahá'ís, il faut entretenir un bon caractère et développer des qualités spirituelles telles que l'honnêteté, la loyauté, la compassion et la justice, Cela par la prière, la méditation et le travail accompli dans un esprit de service envers l'humanité, actions qui, pour les bahá'ís, équivalent à adorer Dieu. Pour la mise en application du principe bahá'í de l'unité organique de l'humanité, les écrits bahá'ís demandent que soient déracinés les préjugés de race, de croyance, de classe, de nationalité et de sexe. Ils requièrent l'élimination systématique de toutes les formes de superstition qui entravent le progrès de l'homme, ainsi que la réalisation d'un équilibre entre les aspects matériel et spirituel de la vie, ces deux aspects reposant sur la compréhension des principes d'une recherche indépendante de la vérité et de l'harmonie de la science et de la religion qui sont deux facettes de la vérité. Ils encouragent le développement des talents et capacités uniques de chaque individu par la poursuite de la connaissance et l'acquisition de compétences, car la pratique d'un commerce ou d'une profession est nécessaire, non seulement pour la satisfaction personnelle de chacun mais également pour l'enrichissement de la société dans son ensemble. Ils engagent à la pleine participation des hommes et des femmes dans tous les aspects de la vie de la communauté, y compris dans les processus électoral et administratif, dans les décisions, dans la réalisation du principe bahá'í d'opportunités égales, de droits et de privilèges égaux pour les deux sexes. Ils incitent à l'établissement du principe de l'éducation obligatoire universelle. Les leçons de Saint-Jean-d'Acre ont fait l'objet de plusieurs éditions depuis leur première publication à Londres en 1908. C'est toujours l'un des ouvrages les plus populaires et les plus recherchés de la littérature en expansion de la Foi Bahá'íe.
Plus important encore, ce livre a occupé une place significative dans la littérature sacrée de la Foi puisqu'il est l'une des très rares compilations de paroles d'Abdu'l-Bahá authentifiées par Abdu'l-Bahá lui-même. Cette nouvelle édition constitue une fois encore un matériel aisément disponible et sans prix pour celui qui étudie les enseignements bahá'ís et pour le chercheur.
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Beantwortete Fragen á ‘Abdu’l-Bahá á Bahá'í Verlag GmbH, Auflage 13.01 (O-2022-01-25)

Beantwortete Fragen
‘Abdu’l-Bahá

Vorwort

Im letzten Jahrzehnt des neunzehnten Jahrhunderts führte die Verbreitung des Glaubens Bahá’u’lláhs im Westen bald zu einer gegenläufigen Bewegung in den Osten: Schon nach wenigen Jahren fanden sich erste Gruppen westlicher Pilger in der Gefängnisstadt ‘Akká ein, in der das irdische Leben und Wirken des Religionsstifters zu Ende gegangen war, und wo ‘Abdu’l-Bahá, der Mittelpunkt Seines Bundes, weiterhin lebte. Eine der herausragendsten Persönlichkeiten unter diesen frühen Pilgern war Laura Clifford Barney, die Tochter einer angesehenen Familie von Gelehrten und Künstlern aus Washington, D.C. Sie wurde um 1900 von May Bolles Maxwell in Paris mit dem neuen Glauben bekannt gemacht und unternahm bald darauf die erste von vielen weiteren Reisen nach ‘Akká.
Es waren die gefährlichsten und dramatischsten Jahre der Amtszeit ‘Abdu’l-Bahás, in denen Er von den osmanischen Behörden innerhalb der Mauern der Gefängnisstadt gefangen gehalten wurde, einer fortwährenden Überwachung ausgesetzt und ständig von Weiterverbannung oder gar Hinrichtung bedroht war. Angesichts solcher Restriktionen und Verdächtigungen war es gefährlich, überhaupt Besucher zu empfangen, geschweige denn hochrangige westliche Gäste zu beherbergen. Doch ‘Abdu’l-Bahá war fest entschlossen, die frisch gekeimte Saat des Glaubens zu nähren. Inmitten dieser düsteren Zeit der Jahre 1904 – 1906 kam Miss Barney zu mehreren ausgedehnten Besuchen, die sich manchmal über Wochen oder Monate erstreckten, während derer sie das Vorrecht genoss, Ihm bei zahlreichen Gelegenheiten zu begegnen und Fragen zu sehr vielfältigen Themen zu stellen. Viele der Gespräche fanden am Mittagstisch statt. Es wurde dafür gesorgt, dass einer der Schwiegersöhne ‘Abdu’l-Bahás oder einer Seiner drei damaligen Sekretäre den Wortlaut Seiner Antworten auf Persisch niederschrieb. Aus dieser Sammlung von Aufzeichnungen wurde eine Auswahl getroffen. ‘Abdu’l-Bahá korrigierte diese Aufzeichnungen daraufhin zweimal mit eigener Hand, revidierte sie dabei bisweilen in erheblichem Maße und überprüfte den endgültigen Wortlaut sorgfältig.
Von den ausgewählten und überarbeiteten Aufzeichnungen wurden 1908 drei verschiedene Erstausgaben von Beantwortete Fragen von großen Verlagen herausgegeben: Der persische Originaltext bei E. J. Brill in Holland; Miss Barneys englische Übersetzung bei Kegan Paul, Trench, Trübner Co. in London; und eine französische Übersetzung von Hippolyte Dreyfus (den Miss Barney später heiratete) bei Ernest Leroux in Paris.
Ein Blick ins Inhaltsverzeichnis vermittelt bereits einen Eindruck von der Bandbreite der behandelten Themen. Teil 1 enthält eine Reihe einführender Vorträge über einige Religionsstifter und ihren Einfluss im Verlauf der Menschheitsgeschichte, sowie mehrere Kapitel, in denen bestimmte Prophezeiungen der Bibel erläutert werden. Teil 2 bietet neue Interpretationen wesentlicher Elemente der christlichen Lehre wie etwa die Taufe, die Dreieinigkeit, das Abendmahl und die Auferstehung Christi. Teil 3 befasst sich mit den Kräften und Seinsweisen der Manifestationen Gottes – Ihrer einzigartigen Stufe in der Welt, der Quelle Ihres Wissens und Einflusses und der zyklischen Natur Ihres Erscheinens auf der Bühne der Geschichte. Teil 4 behandelt den Ursprung, die Kräfte und Seinsweisen des Menschen, einschließlich seiner Entwicklung auf Erden und alles was damit zusammenhängt, die Unsterblichkeit der Seele, das Wesen des Verstandes und die Verbindung zwischen Seele und Körper. Teil 5 schließt ab mit verschiedenen Themen, von praktischen Fragen, wie etwa zu Arbeitsverhältnissen und der Bestrafung von Kriminellen, bis hin zu schwerer verständlichen Themen, wie der Reinkarnation und der Sufi-Vorstellung von der Einheit des Daseins.
Wie umfassend und breit gefächert die in Beantwortete Fragen behandelten Themen auch sein mögen, so war das Buch, wie der Titel bestätigt, nicht dazu gedacht, die erschöpfende Darstellung einer in sich geschlossenen Weltsicht zu sein. Einige grundlegende Lehren des Glaubens werden daher nicht ausdrücklich erwähnt. Darüber hinaus wurde in den Monaten und Jahren, in denen die Vorträge gehalten wurden, das gleiche Thema manchmal bei unterschiedlichen Gesprächen aus verschiedenen Blickwinkeln beleuchtet, sodass die Konzepte, die zum vollständigen Verstehen eines bestimmten Themas erforderlich sind, auf verschiedene Kapitel verteilt sein können oder der Inhalt eines nachfolgenden Kapitels die Grundlage für das Verständnis eines früheren bildet. Schließlich sei noch angemerkt, dass ‘Abdu’l-Bahá, obwohl Er den Text überprüfte und korrigierte, nicht versucht hat, dabei die ursprüngliche Struktur der Antworten zu ändern oder das Material umzustellen und zusammenzufassen. Für ein vollständigeres Bild der Erläuterungen ‘Abdu’l-Bahás zu einem bestimmten Thema sollte der aufmerksame Leser jedes Kapitel im Zusammenhang des gesamten Buches und das Buch im größeren Kontext der Gesamtheit der Bahá’í-Lehren betrachten.
Ein bemerkenswertes Beispiel dafür ist das Thema der Entwicklung der Arten, das in Teil 4 ausführlicher behandelt wird und das im Lichte verschiedener Bahá’í-Lehren verstanden werden muss, insbesondere des Prinzips, dass Wissenschaft und Religion im Einklang stehen. Religiöser Glaube darf Wissenschaft und Vernunft nicht widersprechen. Eine bestimmte Lesart mancher Passagen der Kapitel 46–51 könnte einige Gläubige zu persönlichen Schlussfolgerungen führen, die der modernen Wissenschaft widersprechen. Doch das Universale Haus der Gerechtigkeit erklärt, dass die Bahá’í ernsthaft danach trachten, ihr Verständnis der Aussagen ‘Abdu’l-Bahás mit den anerkannten wissenschaftlichen Sichtweisen in Einklang zu bringen. Man muss somit nicht daraus schließen, dass die Textstellen Vorstellungen beschreiben, die die Wissenschaft ablehnt, wie etwa eine ›parallel‹ verlaufende Evolution, die bedeuten würde, dass sich die Spezies Mensch seit Anbeginn des Lebens auf der Erde biologisch in einer unabhängigen Evolutionslinie parallel zum Tierreich entwickelt hätte.
Eine sorgfältige Betrachtung der Aussagen ‘Abdu’l-Bahás in diesem Buch und in anderen Quellen legt nahe, dass Er sich nicht mit den Mechanismen der Evolution befasst, sondern mit den philosophischen, sozialen und spirituellen Auswirkungen der neuen Theorie. Seine Verwendung des Begriffs ›Art‹ etwa erinnert an das Konzept ewiger, beständiger Archetypen, was nicht der Definition des Begriffs in der heutigen Biologie entspricht. ‘Abdu’l-Bahá schließt eine Wirklichkeit jenseits der stofflichen Welt mit ein. Während ‘Abdu’l-Bahá an anderer Stelle die physischen Eigenschaften anerkennt, die der Mensch mit dem Tier gemein hatA1 und die dem Tierreich entstammen, betont Er in diesen Vorträgen eine andere Fähigkeit, nämlich eine Fähigkeit zum rationalen Bewusstsein, die den Menschen vom Tier unterscheidet und die weder im Tierreich noch in der Natur selbst zu finden ist. Diese einzigartige Fähigkeit, die ein Ausdruck des menschlichen Geistes ist, ist kein Ergebnis des Evolutionsprozesses, sondern ist in der Schöpfung selbst angelegt. Wie ‘Abdu’l-Bahá erklärt, »… da der Mensch vor zehn- oder hunderttausend Jahren aus denselben irdischen Elementen, mit denselben Abmessungen und Mengen, derselben Art der Zusammensetzung und Kombination und denselben Wechselwirkungen mit anderen Wesen hervorgebracht wurde –, folgt daraus, dass der Mensch genau so war, wie er heute existiert.« »Wenn daher in tausend Millionen Jahren«, so fährt Er fort, »die Bestandteile des Menschen zusammengeführt, nach den gleichen Verhältnissen bemessen, in gleicher Weise kombiniert und der gleichen Wechselwirkung mit anderen Wesen unterworfen werden, tritt genau derselbe Mensch ins Dasein.«A2 Sein Argument richtet sich im Kern also nicht gegen wissenschaftliche Erkenntnisse, sondern gegen die materialistischen Behauptungen, die auf ihnen fußen. Die Evolutionslehre wird von den Bahá’í anerkannt, nicht aber die Schlussfolgerung – mit all ihren Auswirkungen auf die Gesellschaft – die Menschheit sei nur ein zufällig entstandener Zweig des Tierreichs.
In den Jahren seit der ersten Veröffentlichung von Beantwortete Fragen wurde immer deutlicher, dass eine sorgfältige und gründliche Überarbeitung der Übersetzung sehr zugutekommen würde. Frau Barney erlernte damals, wie sie selbst sagte, die persische Sprache und beherrschte – ungeachtet ihrer Fähigkeiten – ihre Feinheiten nicht völlig. Auch konnte sie natürlich noch nicht vom Licht der Erläuterungen profitieren, das die autoritativen Übersetzungen Shoghi Effendis später auf die Heiligen Texte des Glaubens werfen sollten. Darüber hinaus wurde im Laufe der zahlreichen Nachdrucke die englische Übersetzung nur geringfügig korrigiert, so dass sie gegenüber dem Text der Erstausgabe weitgehend unverändert blieb.
Das hundertjährige Jubiläum der Reisen ‘Abdu’l-Bahás in den Westen bietet eine passende Gelegenheit, um einerseits Laura Clifford Barneys unvergänglichen Beitrag als maßgebliche Impulsgeberin und erste Übersetzerin dieses Buches zu würdigen und andererseits eine verbesserte Übersetzung dieser »unschätzbar wertvollen Erklärungen«A3 zu präsentieren. Mit der Neuübersetzung soll hauptsächlich Inhalt und Stil des Originals getreuer wiedergegeben werden, insbesondere indem die Feinheiten in den Erklärungen ‘Abdu’l-Bahás klarer erfasst werden, der Gesprächscharakter und zugleich die Erhabenheit des Stils besser wiedergegeben werden und die philosophischen Begriffe im gesamten Text konsistentere Verwendung finden. In dieser Ausgabe wird versucht, viele der eleganten Formulierungen und gelungenen Redewendungen der ursprünglichen Übersetzung beizubehalten, ohne an sie gebunden zu sein.
Beantwortete Fragen sind seit ihrer Veröffentlichung eine maßgebliche Quelle der profunden Einsichten ‘Abdu’l-Bahás und ein unentbehrlicher Bestandteil jeder Bahá’í-Bibliothek. Shoghi Effendi merkte an, dass das Buch die Grundüberzeugungen der Sache Gottes in einer einfachen und klaren Sprache darlege und erachtete dessen Inhalt als unentbehrlich, um Bedeutung und Tragweite der Bahá’í-Offenbarung zu erfassen. In Beantwortete Fragen, so schrieb er, werde man »einen Schlüssel zum Verständnis aller verwirrenden Fragen finden, die den Verstand des Menschen auf seiner Suche nach wahrer Erkenntnis aufwühlen. Je achtsamer und sorgfältiger dieses Buch gelesen wird, desto mehr wird es offenbaren und desto vollständiger versteht man seine innere Wahrheit und Bedeutung.«A4 Möge die neue Übersetzung zukünftigen Generationen helfen, auf diese unerschöpfliche Fundgrube des »Wissens über grundlegende spirituelle, ethische und soziale Fragen«A5 zuzugreifen.

Vorwort der Autorin zur ersten Auflage

»Ich habe dir meine Momente der Müdigkeit gewidmet«, waren die Worte ‘Abdu’l-Bahás, als Er sich nach der Beantwortung einer meiner Fragen vom Tisch erhob. So war es jeden Tag; zwischen den Arbeitsstunden erholte Er sich von Seiner Erschöpfung durch erneute Tätigkeit. Gelegentlich konnte Er ausgiebig sprechen; aber oft, auch wenn das Thema mehr Zeit erfordert hätte, wurde Er nach einigen Augenblicken hinausgerufen, und wieder konnten Tage, ja Wochen vergehen, in denen Er keine Gelegenheit fand, mich zu unterweisen. Aber ich konnte mich natürlich gedulden, denn ich hatte stets die bedeutendere Lektion vor Augen – die Unterweisung durch Sein persönliches Leben.
Während meiner wiederholten Besuche in ‘Akká wurden, als ‘Abdu’l-Bahá sprach, diese Antworten auf Persisch festgehalten, nicht in Hinblick auf eine Veröffentlichung, sondern einfach um sie für künftige Studien verwenden zu können. Zuerst mussten sie der mündlichen Übersetzung des Dolmetschers angepasst werden und später meinem begrenzten Wortschatz, als ich etwas Persisch gelernt hatte. Allein aus diesem Grunde wiederholen sich manche Ausdrücke und Redewendungen, denn niemandem stehen treffende Formulierungen besser zu Gebote als ‘Abdu’l-Bahá. In diesen Unterweisungen ist Er nicht der Redner und Dichter, sondern der Lehrer, der sich Seinem Schüler anpasst.
Dieses Buch stellt lediglich bestimmte Aspekte des Bahá’í-Glaubens dar, dessen Botschaft universell ist und für jeden Fragenden die Antwort bereithält, die auf seine eigene Entwicklung und besonderen Bedürfnisse zugeschnitten ist.
In meinem Fall wurden die Lehren vereinfacht, um meinen nur rudimentären Kenntnissen zu entsprechen, und sie sind daher keineswegs umfassend und erschöpfend, wie es das Inhaltsverzeichnis suggerieren mag – das Inhaltsverzeichnis wurde lediglich hinzugefügt, um die behandelten Themen anzugeben. Aber ich glaube, dass das, was mir so wertvoll war, auch für andere nützlich sein könnte, da die Menschen bei aller Verschiedenartigkeit doch alle nach der Wahrheit suchen. Deshalb habe ich ‘Abdu’l-Bahá um Erlaubnis gebeten, diese Lehrgespräche veröffentlichen zu dürfen.
Sie wurden ursprünglich nicht in einer bestimmten Reihenfolge gehalten, sondern jetzt als Hilfe für den Leser nach Themen geordnet. Die Übersetzung hält sich eng an den persischen Wortlaut, bisweilen sogar zu Lasten des Englischen; nur wo die wörtliche Wiedergabe zu verwirrend und unverständlich schien, wurden einige Änderungen angebracht. Die eingeschobenen Wörter, die erforderlich waren, um den Sinn zu verdeutlichen, wurden nicht besonders gekennzeichnet, um die allzu häufige Unterbrechung des Gedankens durch technische oder erklärende Hinweise zu vermeiden. Auch viele der persischen und arabischen Namen wurden in ihrer einfachsten Form geschrieben, ohne sich strikt an ein wissenschaftliches System zu halten, das den Leser unter Umständen verwirren könnte.
Laura Clifford Barney

Teil 1–Der Einfluss der Propheten auf die Entwicklung der Menschheit

Kapitel 1

Die Natur steht unter einem allumfassenden Gesetz

Die Natur ist die Gegebenheit oder Wirklichkeit, auf die, äußerlich betracht, Leben und Tod – mit anderen Worten die Zusammensetzung und Auflösung aller Dinge – zurückzuführen ist.
Diese Natur unterliegt einem ausgewogenen System, unumstößlichen Gesetzen, einer vollkommenen Ordnung und einer vollendeten Gestaltung, wovon sie niemals abweicht. Das gilt in einem Ausmaß, dass du, solltest du es mit Einsicht und Unterscheidungskraft betrachten, erkennen würdest, dass alle Dinge in der Welt des Daseins – von den kleinsten unsichtbaren Teilchen bis zu den größten Gestirnen, wie die Sonne, die anderen großen Sterne und leuchtenden Himmelskörper – hinsichtlich ihrer Ordnung, Zusammensetzung, äußeren Gestalt oder Bewegung aufs Vollkommenste angeordnet sind, und einem universellen Gesetz gehorchen, von dem sie niemals abweichen.
Betrachtest du die Natur als solche, so erkennst du, dass sie weder Bewusstsein noch Willen hat. Es liegt in der Natur des Feuers, zu brennen; es brennt, ohne es zu wollen oder dessen gewahr zu sein. Es liegt in der Natur des Wassers, zu fließen; es fließt, ohne es zu wollen oder dessen gewahr zu sein. Es liegt in der Natur der Sonne, Licht zu spenden; sie scheint, ohne es zu wollen oder dessen gewahr zu sein. Es liegt in der Natur des Dampfes, aufzusteigen; er steigt empor, ohne es zu wollen oder dessen gewahr zu sein. So wird deutlich, dass die natürliche Bewegung in allem Erschaffenen zwingend erfolgt und sich nichts aus eigenem Antrieb bewegt, mit Ausnahme des Tieres und insbesondere des Menschen.
Der Mensch kann der Natur widerstehen und sich ihr widersetzen, da er die Beschaffenheit der Dinge entdeckt und dank dieser Entdeckung die Natur selbst beherrscht. Tatsächlich geht jegliche Fertigkeit, die der Mensch entwickelt hat, aus dieser Entdeckung hervor. Er hat zum Beispiel den Telegrafen erfunden, der Ost und West verbindet. Daran sieht man, dass der Mensch über die Natur herrscht.
Können nun ein solches System, eine solche Ordnung und solche Gesetze, wie du sie im Dasein beobachtest, allein der Wirkung der Natur zugeschrieben werden, obwohl doch die Natur selbst weder Bewusstsein noch Verstand besitzt? So wird deutlich, dass diese Natur, die weder Bewusstsein noch Verständnis hat, im Griff des allmächtigen Herrn liegt, der die Welt der Natur beherrscht und sie dazu bewegt, hervorzubringen, was immer Er wünscht.
Einige sagen, dass die menschliche Existenz zu jenen Dingen gehört, die in der Welt des Seins erschienen sind und die den Erfordernissen der Natur geschuldet sind. Sollte dies zutreffen, so wäre der Mensch der Zweig und die Natur die Wurzel. Kann es sein, dass Wille, Bewusstsein und bestimmte Vorzüge im Zweig vorhanden sind, aber in der Wurzel fehlen?
Daher ist klar, dass die Natur in ihrem innersten Wesen im machtvollen Griff Gottes ruht, und dass es dieser Ewige und Allmächtige ist, der die Natur vollkommenen Gesetzen und Ordnungsprinzipien unterwirft und über sie herrscht.

Kapitel 2

Beweise und Argumente für die Existenz Gottes

Zu den Beweisen und Argumenten für die Existenz Gottes gehört die Tatsache, dass der Mensch sich nicht selbst erschaffen hat, vielmehr, dass sein Schöpfer und Gestalter ein anderer ist. Es lässt sich gewiss nicht leugnen, dass der Schöpfer des Menschen nicht mit dem Menschen zu vergleichen ist, denn ein machtloses Wesen kann kein anderes Wesen erschaffen, vielmehr muss ein Schöpfer in seinem Wirken jede Vollkommenheit aufweisen, um sein Werk hervorzubringen.
Kann ein Werkstück vollkommen sein, wenn der Handwerker unvollkommen ist? Kann ein Gemälde ein Meisterwerk sein, wenn der Maler es zwar geschaffen hat, aber seine Kunst nicht vollkommen beherrscht? Nein: Das Bild kann nicht wie der Maler sein, denn sonst hätte es sich selbst gemalt. Wie vollendet das Gemälde auch immer sein mag, im Vergleich zum Maler ist es absolut mangelhaft.
So ist die bedingte Welt der Ursprung von Unzulänglichkeiten und Gott der Ursprung der Vollkommenheit. Gerade die Mängel der bedingten Welt zeugen von der Vollkommenheit Gottes. Wenn du zum Beispiel den Menschen betrachtest, stellst du fest, dass er schwach ist, und gerade die Schwäche des Geschöpfes ist ein Zeichen der Macht des Ewigen, des Allmächtigen, denn ohne Macht wäre Schwäche nicht vorstellbar. Die Schwäche des Geschöpfes ist also ein Zeichen für die Macht Gottes: Ohne Macht könnte es keine Schwäche geben. Diese Schwäche verdeutlicht, dass es eine Macht in der Welt gibt.
Desgleichen gibt es Armut in der bedingten Welt, also muss es Reichtum geben, damit Armut in der Welt sichtbar wird. Es gibt Unwissenheit in der bedingten Welt, also muss es Wissen geben, damit Unwissenheit sichtbar wird. Wenn es kein Wissen gäbe, könnte es auch keine Unwissenheit geben; denn Unwissenheit ist die Abwesenheit von Wissen, und wenn es keine Existenz gäbe, könnte Nicht-Existenz nicht sein.
Es ist sicher, dass die gesamte bedingte Welt unter einer Ordnung und einem Gesetz steht, wovon sie niemals abweichen kann. Selbst der Mensch muss sich dem Tod, dem Schlaf und anderen Daseinsbedingungen beugen – das heißt, er ist in bestimmten Bereichen Zwängen unterworfen, und eben diese Zwänge lassen auf die Existenz eines Allbezwingenden schließen. Solange die bedingte Welt durch Abhängigkeit gekennzeichnet ist und solange diese Abhängigkeit eines ihrer Wesensmerkmale ist, muss es Einen geben, der in Seinem eigenen Wesen von allem unabhängig ist. In gleicher Weise zeigt die Existenz eines Kranken, dass es einen Gesunden geben muss, denn ohne Letzteren wäre die Existenz des Ersteren nicht feststellbar.
Offensichtlich gibt es also einen Ewigen, Allmächtigen, der Inbegriff der Vollkommenheit ist, denn andernfalls würde Er sich nicht von den Geschöpfen unterscheiden. So zeugt selbst das kleinste erschaffene Ding in der ganzen Welt des Daseins von der Existenz eines Schöpfers. Dieses Stück Brot etwa genügt als Beweis dafür, dass es jemand hergestellt hat.
Gütiger Gott! Schon die äußere Veränderung des kleinsten aller Dinge beweist die Existenz eines Schöpfers: Wie könnte dann dieses riesige, grenzenlose Universum sich selbst erschaffen haben und ausschließlich durch die Wechselwirkung der Elemente ins Dasein getreten sein? Wie offensichtlich falsch ist solch eine Vorstellung!
Dies sind theoretische Begründungen, die für schwache Seelen angeführt werden, wenn sich aber das geistige Auge öffnet, so wird es hunderttausend eindeutige Beweise schauen. Wenn daher der Mensch den Geist in seinem Innersten spürt, braucht er keine Beweise für dessen Existenz; aber für jene, die der Gnade des Geistes beraubt sind, muss man Begründungen aus der äußeren Welt heranziehen.

Kapitel 3

Die Notwendigkeit eines Erziehers

Wenn wir das Dasein betrachten, stellen wir fest, dass im Mineral-, Pflanzen-, Tier- und Menschenreich alles und jedes eines Erziehers bedarf.
Wird das Feld von niemandem bestellt, ist das Resultat ein Dickicht wildwachsenden Unkrauts, wenn sich jedoch ein Bauer findet, um es zu bewirtschaften, wird die bevorstehende Ernte viele Lebewesen versorgen. Es ist also offensichtlich, dass das Land der Bewirtschaftung durch einen Bauern bedarf. Betrachte die Bäume: Wenn niemand für sie sorgt, werden sie keine Früchte tragen, und ohne Früchte sind sie nutzlos. Überlässt man sie einem Gärtner zur Pflege, wird der unfruchtbare Baum fruchtbar, und durch Kultivierung, Kreuzung und Veredelung bringt ein Baum mit bitteren Früchten süße Früchte hervor. Dies sind rationale Argumente, wie Menschen sie heutzutage erwarten.
Betrachte auch die Tiere: Zähmt man ein Tier, wird es zutraulich, während der Mensch einem Tier gleich wird, wenn er ohne Bildung und Erziehung bleibt. Es ist sogar so, dass ein Mensch, der der Herrschaft der Natur überlassen wird, noch tiefer fällt als das Tier, wird er aber erzogen, wird er einem Engel gleich. Denn die meisten Tiere fressen ihre eigenen Artgenossen nicht, aber Menschen im Sudan, inmitten von Afrika, zerfleischen und verzehren sich gegenseitig.
Nun beobachte, dass es die Bildung ist, die Ost und West der Herrschaft des Menschen unterstellt, all diese wunderbaren Handwerkskünste erzeugt, diese mächtigen Künste und Wissenschaften vorantreibt und diese neuen Entdeckungen und Unterfangen erst ermöglicht. Ohne einen Erzieher wären die Voraussetzungen für Wohlergehen, Zivilisation und Menschlichkeit nicht geschaffen worden. Wenn ein Mensch allein gelassen wird in der Wildnis, wo er keinem seiner Artgenossen begegnet, wird er zweifellos nichts als ein Tier. Es ist daher klar, dass ein Erzieher erforderlich ist.
Doch es gibt drei Arten von Erziehung: auf materieller, menschlicher und geistiger Ebene. Die Erziehung auf materieller Ebene dient dem Wachstum und der Entwicklung des Körpers und besteht darin, seine Versorgung zu sichern sowie die Mittel für ein unbeschwertes Leben bereitzustellen. Diese Erziehung gilt für Mensch und Tier gleichermaßen.
Erziehung und Bildung auf menschlicher Ebene umfasst hingegen Zivilisation und Fortschritt, das heißt gute Staatsführung, Gesellschaftsordnung, menschliche Wohlfahrt, Handel und Industrie, Künste und Wissenschaften, bedeutsame Entdeckungen und große Unternehmungen, was die zentralen Unterscheidungsmerkmale zwischen Mensch und Tier sind.
Was die göttliche Erziehung betrifft, so ist sie die Erziehung durch das Königreich Gottes und besteht darin, himmlische Vollkommenheit zu erlangen. Das ist die wahre Erziehung, denn durch sie wird der Mensch zum Mittelpunkt göttlicher Segnungen und zur Verkörperung des Verses »Lasset uns Menschen machen, ein Bild, das uns gleich sei.«A6 Das ist das höchste Ziel für die Menschenwelt.
Nun, es bedarf eines Erziehers, der in der Lage ist, zugleich auf der materiellen, menschlichen und geistigen Ebene zu erziehen, damit seine Autorität auf allen Daseinsstufen wirken kann. Und sollte jemand sagen: »Ich bin mit vollkommener Vernunft und Einsicht begabt und bedarf keines solchen Erziehers«, so würde er das Offenkundige leugnen. Es ist, als ob ein Kind sagen würde: »Ich brauche keine Erziehung, sondern werde entsprechend meinem eigenen Denken und Verständnis nach der Vollkommenheit des Daseins streben«, oder als ob ein Blinder behauptete: »Ich brauche kein Augenlicht, denn es gibt viele Blinde, die zurechtkommen.«
Es ist daher klar und erwiesen, dass der Mensch eines Erziehers bedarf. Dieser Erzieher muss zweifellos in jeder Hinsicht vollkommen sein und sich vor allen Menschen auszeichnen. Denn wenn er wie jeder andere wäre, könnte er niemals ihr Erzieher sein, zumal er sie zugleich in materieller, menschlicher und geistiger Hinsicht erziehen muss. Das bedeutet, er muss für die Regelung ihrer materiellen Belange sorgen, und eine Gesellschaftsordnung stiften, damit sie einander darin unterstützen, für ihren Lebensunterhalt zu sorgen und damit ihre materiellen Belange in jeder Hinsicht geordnet sein mögen.
Ebenso muss er das Fundament der menschlichen Bildung legen – das heißt, er muss Verstand und Denken der Menschen so schulen, dass sie bedeutsame Fortschritte erzielen können; dass Wissenschaft und Erkenntnisse wachsen und gedeihen; dass die Wirklichkeit der Dinge, die Geheimnisse des Universums und die Eigenschaften alles Existierenden enthüllt werden; dass Gelehrsamkeit, Entdeckungen und große Unternehmungen sich täglich mehren; und dass aus dem mit den Sinnen Wahrgenommenen durch den Verstand Schlüsse gezogen und Erkenntnisse abgeleitet werden können.
Er muss auch geistige Erziehung vermitteln, damit Geist und Verstand die metaphysische Welt wahrnehmen, den geheiligten Odem des Heiligen Geistes einatmen und mit den himmlischen Heerscharen in Beziehung treten möge, und damit göttliche Segnungen sich in der Wirklichkeit des Menschen offenbaren, auf dass alle Namen und Attribute Gottes sich in der Wirklichkeit des Menschen spiegeln mögen und die Bedeutung des gesegneten Verses: »Lasset uns Menschen machen, ein Bild, das uns gleich sei« verwirklicht werde.
Es ist allerdings klar, dass menschliche Macht allein dieser gewaltigen Aufgabe nicht gewachsen ist und menschliches Denken allein solche Segnungen nicht bewirken kann. Wie kann eine einzelne Person ohne Hilfe oder Unterstützung das Fundament für ein solch erhabenes Bauwerk legen? Es bedarf somit einer göttlichen, einer geistigen Kraft, die ihn befähigt, diesen Auftrag zu erfüllen. Schau, wie ein geheiligtes Wesen der Menschenwelt neues Leben einhaucht, das Antlitz der Erde verwandelt, den Verstand der Menschen weiterentwickelt, die Seelen belebt, neues Leben entstehen lässt, neue Grundlagen schafft, die Welt ordnet, die Völker und Religionen unter einem Banner versammelt, den Menschen aus dem Griff der Niedertracht und der Unzulänglichkeit befreit und ihn ermahnt und ermutigt seine angeborene und erworbene Vollkommenheit zu entfalten. Gewiss kann nichts anderes als eine göttliche Macht eine solche Meisterleistung vollbringen! Man muss dies gerecht betrachten, hier ist Unvoreingenommenheit geboten.
Eine heilige Seele verbreitet – ohne jede Hilfe oder Unterstützung – eine Sache, die alle Regierungen und Völker der Erde, trotz all ihrer Macht und ihrer Armeen, zu fördern und zu verbreiten außerstande sind! Kann dies durch bloße menschliche Kraft erreicht werden? Nein, bei Gott! Christus hat zum Beispiel allein und auf sich gestellt das Banner des Friedens und der Freundschaft gehisst – eine Tat, dergleichen alle mächtigen Regierungen der Welt mit vereinten Kräften nicht vollbringen konnten. Schau, in welch großer Zahl die verschiedenen Regierungen und Nationen wie Italien, Frankreich, Deutschland, Russland, England und andere unter dem gleichen Baldachin versammelt wurden! Entscheidend ist, dass das Erscheinen Christi die Verbundenheit dieser unterschiedlichen Völker bewirkte. Tatsächlich waren einige dieser Völker, die an Christus glaubten, so geeint, dass sie sogar Leben und Vermögen füreinander hingaben. Das blieb so bis zur Zeit Konstantins, der der Sache Christi zu höherem Ansehen verhalf. Nach einer gewissen Zeit kam es wegen unterschiedlicher Interessen erneut zu Spaltungen unter ihnen. Damit ist gemeint, dass Christus diese Völker einte, nach langer Zeit die Regierungen aber von neuem Zwietracht heraufbeschworen.
Kurzum, Christus hat vollbracht, wozu alle Könige der Erde außerstande waren. Er vereinte unterschiedliche Nationen und veränderte althergebrachte Bräuche. Schau, welche großen Gegensätze zwischen Römern, Griechen, Syrern, Ägyptern, Phöniziern, und Israeliten, sowie anderen Völkern Europas bestanden. Christus schaffte diese Gegensätze ab und wurde zum Wegbereiter für die Eintracht unter diesen Volksgruppen. Auch wenn die Regierungen nach längerer Zeit diese Einheit zerstörten, hatte Christus Seine Mission doch erfüllt.
Damit ist gemeint, dass der universelle Erzieher auf materieller, menschlicher und geistiger Ebene zugleich wirkt. Erhaben über die Welt der Natur, muss Er über eine andere Macht verfügen, damit Er die Stufe eines göttlichen Lehrers einnehmen kann. Übte Er nicht eine solch himmlische Macht aus, so wäre Er nicht in der Lage zu erziehen, denn Er wäre selbst unvollkommen. Wie könnte Er dann Vervollkommnung fördern? Wäre Er unwissend, wie könnte Er anderen zu Wissen verhelfen? Wäre Er ungerecht, wie könnte Er andere dazu bringen, gerecht zu handeln? Wäre Er irdisch gesinnt, wie könnte Er in anderen himmlische Eigenschaften wecken?
Jetzt müssen wir unvoreingenommen betrachten, ob diese göttlichen Manifestationen, die erschienen sind, all die Eigenschaften innehatten oder nicht. Fehlten ihnen diese Eigenschaften und diese Vollkommenheit, dann wären sie keine wahren Erzieher.
Wir brauchen also für rationale Menschen rationale Argumente als Beweis für das Prophetentum Mose, Christi und der anderen göttlichen Manifestationen. Die Beweisführung, die uns hier vorliegt, fußt nicht auf Überlieferungen, sondern auf rationalen Argumenten.
So zeigen rationale Argumente, dass für die Welt des Daseins ein Erzieher zwingend erforderlich ist, und ihre Erziehung durch eine himmlische Macht erfolgen muss. Diese himmlische Macht ist ohne Zweifel die göttliche Offenbarung und durch diese Macht, die menschliche Macht übersteigt, muss die Welt erzogen werden.

Kapitel 4

Abraham

Unter denen, die über diese göttliche Macht verfügten und durch sie bestätigt wurden, war Abraham. Der Beweis hierfür ist: Abraham wurde in Mesopotamien geboren und stammte aus einer Familie, die nicht um die Einheit Gottes wusste; Er stellte sich gegen die eigene Sippe, die Obrigkeit und sogar gegen Seine eigene Familie; Er lehnte all ihre Götter ab, und allein und auf sich gestellt widerstand Er einem mächtigen Volk. Solch hartnäckiger Widerstand war keineswegs einfach. Es ist, als würde man heutzutage unter Christen, die sich fest an die Bibel halten, Christus leugnen oder als würde man am päpstlichen Hof – Gott bewahre! – wider Christus lästern, sich gegen all Seine Anhänger auflehnen und sich dabei äußerst grob verhalten.
Diese Menschen glaubten nicht an einen Gott, sondern an viele Götter, denen sie Wunder zuschrieben, und deshalb erhoben sie sich alle gegen Abraham. Niemand unterstützte Ihn außer Sein Neffe Lot sowie ein oder zwei andere Personen ohne nennenswerten Einfluss. Schließlich zwang ihn die heftige Gegnerschaft Seiner Feinde völlig zu Unrecht dazu, Seine Heimat zu verlassen. Tatsächlich wurde Er verbannt, um Ihn zugrunde zu richten, damit keine Spur von Ihm verbliebe. Daraufhin kam Abraham hier in diese Gegend, also ins Heilige Land.
Ich will damit sagen: Seine Feinde dachten, diese Verbannung werde zu Seiner völligen Vernichtung führen. Und wirklich, wenn ein Mensch aus seinem Heimatland verbannt wird, seiner Rechte beraubt ist und von allen Seiten bedrängt wird, würde er – selbst als König – unweigerlich zunichte. Abraham aber zeigte außerordentliche Standhaftigkeit und Ausdauer, und Gott wandelte Seine Verbannung in bleibende Ehre, bis Er schließlich den Glauben an die Einheit Gottes begründete, denn zu jener Zeit waren die Menschen gemeinhin Götzenanbeter.
Diese Verbannung wurde zur Ursache für den Fortschritt der Nachkommen Abrahams. Diese Verbannung führte dazu, dass ihnen das Heilige Land gegeben wurde. Diese Verbannung führte zur Verbreitung der Lehre Abrahams. Diese Verbannung führte zum Erscheinen Jakobs aus Abrahams Nachkommenschaft und Josefs, dem die Herrschaft über Ägypten übertragen wurde. Diese Verbannung führte zum Erscheinen Mose aus demselben Geschlecht. Diese Verbannung führte dazu, dass aus Seiner Abstammungslinie Christus erschien. Diese Verbannung führte dazu, dass sich Hagar fand, die Ismael gebar, von dem wiederum Muḥammad abstammte. Diese Verbannung führte dazu, dass aus der Nachkommenschaft Abrahams der Báb erschien. Diese Verbannung führte dazu, dass die Propheten Israels aus dem Geschlecht Abrahams hervorgingen – und so wird es für alle Zeit weitergehen. Diese Verbannung führte dazu, dass ganz Europa und der größte Teil Asiens in den Schatten des Gottes Israels trat. Seht, welche Macht es war, die es einem Auswanderer ermöglichte, eine solche Familie zu gründen, ein solches Volk hervorzubringen und eine solche Lehre zu verbreiten. Kann nun jemand behaupten, dass das alles Zufall war? Wir sollten uns unvoreingenommen fragen: War dieser Mann ein Erzieher oder nicht?
Wir sollten einmal über Folgendes nachdenken: Wenn die Auswanderung Abrahams von Ur nach Aleppo in Syrien zu solchen Ergebnissen geführt hat, wie wird sich die Verbannung Bahá’u’lláhs von Ṭihrán nach Baghdád und von dort nach Konstantinopel, nach Rumelien und ins Heilige Land auswirken!
Nun sieh, welch ein vollendeter Erzieher Abraham war!

Kapitel 5

Mose

Mose war lange Zeit ein Hirte in der Wildnis. Dem äußeren Anschein nach war Er ein Mann, der im Schoß der Tyrannei aufgewachsen war, als Mörder galt, Hirte wurde und grenzenlosem Hass und Zorn von Volk und Regierung des Pharaos ausgesetzt war. Ein solcher Mensch befreite ein großes Volk von den Fesseln der Gefangenschaft und überzeugte es davon, Ägypten zu verlassen und ins Heilige Land zu ziehen.
Die Angehörigen dieses Volkes waren in tiefste Erniedrigung gesunken und wurden zum Gipfel der Herrlichkeit erhoben. Sie waren Gefangene und wurden befreit. Sie waren unter allen Völkern durch völlige Unwissenheit gekennzeichnet und erlangten dann höchste Gelehrsamkeit. Dank der Grundlagen, die Er schuf, machten sie solche Fortschritte, dass sie sich unter allen Völkern auszeichneten. Ihr Ruhm breitete sich in allen Landen derart aus, dass die Bewohner der Nachbarländer, wenn sie jemanden loben wollten, sagten: »Das ist bestimmt ein Israelit!« Mose verfügte Gesetze und Gebote, die dem Volk Israel neues Leben verliehen, und führte es zum Gipfel der Zivilisation in jener Zeit.
Ihr Fortschritt war so groß, dass die Philosophen Griechenlands bei den Gelehrten Israels nach Wissen suchten. Unter ihnen war Sokrates, der nach Syrien kam und von den Israeliten die Lehre von der Einheit Gottes und der Unsterblichkeit der Seele übernahm. Er kehrte dann nach Griechenland zurück und verbreitete diese Lehren, woraufhin die Bevölkerung sich gegen ihn auflehnte, ihn der Gottlosigkeit bezichtigte, ihn vor Gericht anklagte und zum Tode durch Gift verurteilte.
Wie konnte nun so ein Mann, ein Stotterer, aufgewachsen im Hause des Pharaos, als Mörder bekannt, der sich aus Furcht lange Zeit verborgen hielt und sein Dasein als Hirte fristete, eine so gewaltige Sache ins Leben rufen, von der die weisesten Philosophen der Erde nicht einmal einen Bruchteil hätten hervorbringen können? Dass das außergewöhnlich ist, liegt auf der Hand.
Ein Mensch, der stottert oder stammelt, wird kaum ein gewöhnliches Gespräch führen können, geschweige denn das erreichen, was Er vollbrachte. Nein, hätte keine göttliche Macht hinter Ihm gestanden, wäre Er nicht dazu in der Lage gewesen, solch eine gewaltige Aufgabe zu erfüllen. Das sind Argumente, die niemand leugnen kann. Die materialistischen Denker, die griechischen Philosophen und die großen Männer Roms, die in der ganzen Welt zu Ruhm gelangten, waren alle in nur einem Wissensgebiet bewandert. Galen und Hippokrates wurden für ihre Heilkunst, Aristoteles für logisches und spekulatives Denken und Plato für Ethik und göttliche Philosophie gerühmt. Wie kann ein einfacher Hirte das Fundament für all diese Wissenszweige legen? Es besteht kein Zweifel, dass eine außergewöhnliche Macht hinter Ihm stand.
Sieh, wie die Menschen mit Prüfungen und Schwierigkeiten konfrontiert werden. Mose streckte einen Ägypter nieder, um einen Drangsalierten zu schützen und ward fortan als Mörder verrufen, zumal das Opfer der Herrscherklasse angehörte, musste fliehen und wurde nach all dem doch zum Propheten erhoben. Sieh, wie Er trotz Seines schlechten Rufs von einer außergewöhnlichen Macht darin unterstützt wurde, großartige Einrichtungen ins Leben zu rufen und mächtige Vorhaben in die Wege zu leiten!

Kapitel 6

Christus

Danach erschien Christus und sprach: »Ich bin aus dem Heiligen Geist geboren.« Es fällt heute den Christen zwar leicht, diesen Anspruch anzuerkennen, damals war das aber sehr schwierig. So fragten die Pharisäer dem Evangelium zufolge: »Ist das nicht der Sohn von Josef aus Nazareth, den wir kennen? Wie kann er denn sagen: ›Ich bin vom Himmel gekommen‹?«A7
Kurz, dieser in aller Augen unbedeutende Mann erhob sich dennoch mit der Macht, ein fünfzehnhundert Jahre altes religiöses Gesetz abzuschaffen, obgleich man schon durch die geringste Übertretung in ernste Gefahr geriet und dem sicheren Tod entgegensah. Zudem waren die allgemeinen Sitten und die Verhaltensweisen der Israeliten zur Zeit Christi gänzlich verdorben und Israel war in einen Zustand äußerster Erniedrigung, in Elend und Knechtschaft gesunken. Einmal fielen sie in die Hände der Chaldäer und Perser, ein andermal wurden sie von den Assyrern unterjocht. Das eine Mal wurden sie Untertanen und Vasallen der Griechen, ein anderes Mal wurden sie von den Römern bezwungen und gedemütigt.
Obschon jung an Jahren, hob Christus mit einer außergewöhnlichen Macht das altehrwürdige mosaische Gesetz auf und begab sich daran, die allgemeinen Sitten zu erneuern. Er legte erneut die Grundlagen ewigen Ruhms für die Israeliten – mehr noch, Er stellte sich der Aufgabe, das Wohl der ganzen Menschheit wiederherzustellen – und verbreitete Lehren, die nicht allein Israel vorbehalten waren, sondern die Grundlage für das allgemeine Glück der menschlichen Gesellschaft bildeten.
Die ersten, die sich erhoben Ihn zu vernichten, waren die Israeliten – Sein eigenes Volk und Seine eigene Sippe. Dem äußeren Anschein nach bezwangen sie Ihn tatsächlich und stürzten Ihn in äußerste Erniedrigung, bis sie Ihm schließlich die Dornenkrone aufs Haupt setzten und Ihn kreuzigten. Doch während Er äußerlich zutiefst erniedrigt war, verkündete Er: »Diese Sonne wird aufgehen, dieses Licht wird erstrahlen, Meine Gnade wird die Welt umfangen und alle Meine Feinde werden besiegt sein.« Und es geschah so, wie Er es gesagt hatte, denn kein König auf Erden konnte sich Ihm widersetzen. Mehr noch, all ihre Standarten wurden niedergerissen, während die Standarte dieses Unterdrückten zu höchsten Höhen emporgehoben ward.
Ist dies nach menschlichem Ermessen überhaupt möglich? Nein, bei Gott! Man sieht also, dass dieses erhabene Wesen wirklich ein Erzieher der Menschheit war und eine göttliche Macht Ihn unterstützte.

Kapitel 7

Muḥammad

Was nun Muḥammad betrifft, so haben die Menschen in Europa und Amerika gewisse Geschichten über den Propheten gehört und für wahr gehalten, auch wenn solche Schilderungen oftmals von christlichen Geistlichen verbreitet wurden, die teils unwissend oder gar böswillig waren. Auch einige unwissende Muslime verbreiteten haltlose Geschichten über Muḥammad, die Ihm ihrer Ansicht nach zum Ruhme gereichten. So wurde die Vielzahl Seiner Frauen von einigen einfältigen Muslimen aufs Höchste gelobt und als Zeichen für Seine wundersamen Kräfte angesehen, denn für diese Unwissenden grenzte das an ein Wunder. Die Berichte europäischer Historiker beruhen zum größten Teil auf den Aussagen solcher Ignoranten.
Zum Beispiel erzählte einmal ein törichter Mensch einem christlichen Priester, dass der Beweis für wahre Größe in überragender Tapferkeit und im Blutvergießen läge und dass einer der Anhänger Muḥammads an einem einzigen Tag hundert Männer auf dem Schlachtfeld enthauptet habe! Daraufhin mutmaßte der Priester, dass der Wahrheitsbeweis der Religion Muḥammads im Töten bestand, was nichts als reine Einbildung ist. Im Gegenteil, Muḥammads Kriegszüge dienten stets Verteidigungszwecken. Der deutliche Beweis dafür ist: Dreizehn Jahre lang haben Er und Seine Gefährten in Mekka die heftigsten Verfolgungen erduldet und waren immerzu das Ziel für die Pfeile des Hasses. Einige Seiner Gefährten wurden getötet und ihres Besitzes beraubt; andere ließen ihre Heimat zurück und flohen in fremde Lande. Muḥammad Selbst wurde aufs Schwerste verfolgt und als Seine Feinde den Entschluss fassten Ihn zu töten, war Er gezwungen mitten in der Nacht aus Mekka zu fliehen und nach Medina auszuwandern. Doch selbst dann ließen Seine Feinde nicht von ihrem Vorhaben ab und verfolgten die Muslime bis nach Medina und nach Abessinien.
Die arabischen Stämme waren äußerst barbarisch und raubgierig und im Vergleich zu ihnen waren die wilden und streitbaren Ureinwohner Amerikas die Platoniker ihrer Zeit, denn sie begruben nicht ihre Töchter bei lebendigem Leib, wie die Araber, die das mit ihren Töchtern machten und noch behaupteten, es sei eine ehrenvolle Tat, derer sie sich brüsteten. So bedrohten viele Männer ihre Frauen und sagten: »Wenn dir eine Tochter geboren wird, töte ich dich.« Sogar heute noch schrecken viele Araber vor dem Gedanken zurück, eine Tochter zu haben.
Ein Mann konnte tausend Frauen nehmen, und die meisten Männer hatten mehr als zehn Frauen in ihrem Haushalt. Wenn diese Stämme Krieg gegeneinander führten, nahmen die Sieger die Frauen und Kinder der Besiegten gefangen und betrachteten sie als Sklaven, mit denen sie Handel trieben.
Wenn ein Mann starb und zehn Frauen hinterließ, dann eilten die Söhne dieser Frauen zu den anderen Müttern, und sobald einer von ihnen seinen Umhang über das Haupt einer der Frauen seines Vaters warf und sie als sein rechtmäßiges Eigentum beanspruchte, so wurde diese unglückliche Frau zur Gefangenen und Sklavin ihres Stiefsohnes, der mit ihr verfahren konnte, wie es ihm beliebte. Er konnte sie töten, in ein Kellerloch sperren, sie Tag für Tag schlagen, verfluchen und misshandeln, bis sie langsam zugrunde ging. In Übereinstimmung mit den Gesetzen und Gebräuchen der Araber stand es ihm bei all dem frei zu tun, was ihm beliebte. Dass Verbitterung und Eifersucht, Hass und Feindseligkeit zwischen den Ehefrauen mitsamt ihren Kindern herrschten, ist vollkommen klar und bedarf keiner weiteren Darlegung. Stell dir vor, unter welchen Bedingungen diese unterdrückten Frauen leben mussten!
Darüber hinaus lebten diese arabischen Stämme von Raub- und Beutezügen, die sie gegeneinander führten, wodurch sie sich in ständigem Streit und Krieg befanden, einander töteten, sich gegenseitig ausplünderten, sich der Frauen und Kinder bemächtigten und sie an Fremde verkauften. Wie oft verbrachten die Söhne und Töchter eines Stammesfürsten den Tag unbeschwert in Luxus, doch schon zur Abenddämmerung fanden sie sich in völliger Erniedrigung, in Elend und Gefangenschaft wieder. Gestern noch waren sie Fürsten, heute schon sind sie Gefangene; gestern noch waren sie angesehene Damen, heute schon sind sie Sklavinnen.
Solcherart waren die Stämme, zu denen Muḥammad entsandt wurde. Dreizehn Jahre lang fügten sie Ihm alles erdenkliche Leid zu, bis Er schließlich aus der Stadt floh und nach Medina auswanderte. Doch es kam ihnen nicht in den Sinn nachzulassen, vielmehr verbündeten sie sich, stellten eine Armee auf und griffen an, um all Seine Gefährten, Männer, Frauen und Kinder zu vernichten. Unter diesen Umständen und gegen ein solches Volk war Muḥammad gezwungen, zu den Waffen zu greifen. Das sind die wahren Umstände: Wir wollen nicht fanatisch an etwas festhalten, noch blind nach einer Rechtfertigung suchen, vielmehr prüfen wir und schildern den Sachverhalt unvoreingenommen. Sie sollten ebenfalls Folgendes unvoreingenommen abwägen: Wenn Christus Selbst in ähnlicher Weise unter solch gesetzlose und barbarische Stämme geraten wäre; wenn Er und Seine Jünger dreizehn Jahre lang jede ihnen zugefügte Grausamkeit geduldig ertragen hätten; wenn sie durch diese Unterdrückung gezwungen worden wären, ihre Heimat zu verlassen und Zuflucht in der Wüste zu suchen; und wenn diese gesetzlosen Stämme auch weiterhin das Ziel verfolgt hätten, die Männer niederzumetzeln, ihre Besitztümer zu entwenden und sich ihrer Frauen und Kinder zu bemächtigen – wie wäre Christus mit ihnen umgegangen? Hätte diese gewaltsame Unterdrückung nur Ihm gegolten, dann hätte Er ihnen vergeben und eine solche Vergebung hätte Lob und höchste Anerkennung verdient; aber hätte Er gesehen, dass grausame und blutrünstige Mörder darauf bedacht waren zu töten, zu plündern, viele wehrlose Menschen zu quälen und sich der Frauen und Kinder zu bemächtigen, so ist sicher, dass Er die Unterdrückten verteidigt und sich den Unterdrückern entgegengestellt hätte.
Was kann man da Muḥammad zum Vorwurf machen? Etwa, dass Er sich nicht mit Seinen Gefährten, ihren Frauen und Kindern diesen gesetzlosen Stämmen auf Gedeih und Verderb ausgeliefert hatte? Zudem war es ein Geschenk des Himmels, diese Stämme von ihrer Blutgier zu befreien; sie im Zaum zu halten und in ihre Schranken zu verweisen war reine Gnade. Es ist, wie wenn ein Mann einen Giftbecher hält und im Begriff ist, ihn zu leeren. Ein wahrer Freund würde ihm gewiss den Becher aus der Hand schlagen und ihn am Trinken hindern. Christus hätte in so einer Situation zweifellos mit allbezwingender Macht die Männer, Frauen und Kinder aus den Klauen solch gieriger Wölfe befreit.
Muḥammad kämpfte niemals gegen die Christen; im Gegenteil, Er behandelte sie mit Respekt und gewährte ihnen vollkommene Freiheit. In Najrán lebte eine christliche Gemeinde unter Seinem Schutz. Muḥammad sprach: »Sollte jemand ihre Rechte verletzen, so wird er in mir einen Feind finden, der ihn vor Gott anklagt.« In Seinen Erlassen heißt es ganz klar, dass Leben, Eigentum und Ehre von Juden und Christen unter dem Schutz Gottes stehen; dass ein muslimischer Gatte seine christliche Frau nicht daran hindern darf, zur Kirche zu gehen, noch von ihr verlangen darf, einen Schleier zu tragen; dass er nach ihrem Tod ihre sterblichen Überreste einem Priester anzuvertrauen hat; und dass, wenn die Christen eine Kirche bauen wollen, die Muslime sie darin unterstützen müssen. Ferner waren in Zeiten des Krieges zwischen dem islamischen Reich und seinen Feinden die Christen vom Kriegsdienst befreit, es sei denn, sie wünschten in Anbetracht des Schutzes, den sie genossen, sich aus freien Stücken den Muslimen anzuschließen und sie bei der Schlacht zu unterstützen. Zum Ausgleich für diese Freistellung hatten sie jedes Jahr einen kleinen Betrag zu zahlen. Kurz gesagt, es gibt sieben umfangreiche Erlasse zu diesen Themen und einige Abschriften davon sind bis heute in Jerusalem erhalten.A8 Dies ist eine Tatsache und nicht nur meine eigene Behauptung: Der Erlass des zweiten KalifenA9 ist immer noch in der Obhut des orthodoxen Patriarchen von Jerusalem, das steht außer Zweifel. Doch nach einer Weile regte sich Missgunst und Hass zwischen Muslimen und Christen, da sich beide Seiten Übergriffe zu Schulden kommen ließen.
Abgesehen von dieser Wahrheit ist alles, was auch immer Muslime, Christen oder andere sagen mögen, reine Erfindung, die aus Fanatismus, Unwissenheit und erbitterter Feindschaft entsteht. Zum Beispiel behaupten Muslime, der Mond sei von Muḥammad gespalten worden und auf den Berg von Mekka gefallen. Sie stellen sich den Mond als ein kleines Gebilde vor, das Muḥammad entzweischlug, davon einen Teil auf einen Berg und den zweiten auf einen anderen warf! Solche Geschichten entstehen aus purem Fanatismus. Ebenso sind die Darstellungen der christlichen Geistlichen und ihre Anschuldigungen immer übertrieben und oft haltlos.
Kurz, Muḥammad erschien in der Wüste Ḥijáz auf der Arabischen Halbinsel, einer baumlosen und unfruchtbaren Einöde, die sandig, ausgesprochen trostlos und an einigen Orten, wie Mekka und Medina, überaus heiß war. Die dort lebenden Nomaden folgten den Sitten und Verhaltensweisen von Wüstenbewohnern und waren bar jeder Bildung und Gelehrsamkeit. Selbst Muḥammad war des Lesens und Schreibens unkundig, und der Qur’án wurde ursprünglich auf Schulterknochen von Schafen oder auf Palmblätter geschrieben. Daraus kannst du schließen, welche Verhältnisse unter den Menschen herrschten, zu denen Muḥammad gesandt wurde!
Als erstes warf Er ihnen vor: »Warum lehnt ihr die Thora und das Evangelium ab und warum weigert ihr euch, an Christus und Mose zu glauben?« Diese Aussage traf sie wirklich hart, denn sie fragten: »Was ist denn dann mit unseren Vätern und Vorvätern, die nicht an die Thora und das Evangelium geglaubt haben?« Er antwortete: »Sie waren auf Abwege geraten und ihr müsst euch von denen lossagen, die nicht an die Thora und das Evangelium glauben, auch wenn es eure eigenen Vorfahren sind.«
In solch einem Land, unter solch barbarischen Stämmen, brachte ein ungebildeter Mensch ein Buch hervor, in dem die Attribute und die Vollkommenheit Gottes, die prophetische Stufe Seiner Gesandten, die Gebote Seiner Religion und bestimmte Wissensgebiete sowie wissenschaftliche Fragestellungen höchst vollkommen und eloquent dargelegt wurden.
Wie du weißt, war es beispielsweise vor den Beobachtungen des bekannten Astronomen aus jüngerer Vergangenheit,A10 das heißt von den ersten Jahrhunderten bis hin zum fünfzehnten Jahrhundert christlicher Zeitrechnung, bei allen Mathematikern der Welt Konsens, dass die Erde im Mittelpunkt steht und die Sonne sie umkreist. Auf diesen Astronomen geht die neue Theorie zurück, nach der die Erde sich bewegt und die Sonne ein Fixstern ist. Bis zu seiner Zeit hielten alle Mathematiker und Philosophen der Welt am ptolemäischen System fest und wer nur ein Wort dagegen sprach, galt als unwissend. Es stimmt schon, dass Pythagoras und Plato in der zweiten Hälfte ihres Lebens die Vorstellung entwickelten, dass die Bewegung der Sonne im Jahresverlauf entlang des Tierkreises nicht von ihr selbst herrührt, sondern von der sie umkreisenden Erde. Diese Theorie geriet jedoch völlig in Vergessenheit und die ptolemäische Theorie wurde allgemein von sämtlichen Mathematikern angenommen. Im Qur’án jedoch wurden einige Verse offenbart, die dem ptolemäischen System widersprachen. In einem davon heißt es: »Und die Sonne bewegt sich an einem festen Ort«A11, was auf die feste Position der Sonne und ihre Bewegung um eine Achse hinweist. Auch in einem anderen Vers, »Sie alle schweben auf einer Himmelsbahn«A12, wird die Bewegung der Sonne, des Mondes, der Erde und der anderen Himmelskörper beschrieben. Als der Qur’án nun über die Landesgrenzen hinaus verbreitet wurde, spotteten alle Mathematiker darüber und führten diese Sichtweise auf Unwissenheit zurück. Selbst die muslimischen Geistlichen, die feststellten, dass diese Verse dem ptolemäischen System widersprachen, sahen sich genötigt, sie bildhaft auszulegen, denn Letzteres wurde als unumstößliche Tatsache angesehen, obwohl der Qur’án dem ausdrücklich widersprach.
Erst ab dem fünfzehnten Jahrhundert der christlichen Zeitrechnung, fast neunhundert Jahre nach Muḥammad, kam es zu neuen Beobachtungen eines berühmten Mathematikers;A13 das Teleskop wurde erfunden, es kam zu wichtigen Entdeckungen, die Rotation der Erde und die Fixposition der Sonne wurden nachgewiesen und deren Bewegung um eine Achse wurde ebenfalls entdeckt. Dann wurde klar, dass der Wortlaut des Qur’án vollkommen mit der Wirklichkeit übereinstimmte und das ptolemäische System reine Einbildung war.
Kurz gesagt: Eine Vielzahl östlicher Völker wurde seit dreizehn Jahrhunderten im Schatten des Glaubens Muḥammads erzogen. Im Mittelalter, als Europa in den tiefsten Abgründen der Barbarei versunken war, übertrafen die Araber alle anderen Völker der Erde in Wissenschaften und Handwerkskunst, in Mathematik, Kultur, Staatsführung und anderen Künsten. Erzieher und Triebfeder für die Entwicklung der Stämme auf der arabischen Halbinsel und Stifter einer auf menschliche Vervollkommnung aufbauenden Kultur unter den rivalisierenden Stämmen war ein ungelehrter Mann, Muḥammad. War dieser hoch geschätzte Mann ein universeller Erzieher oder nicht? Lasst uns unvoreingenommen urteilen.

Kapitel 8

Der Báb

Der BábA14 – möge meine Seele ein Opfer für Ihn sein – erhob sich in jungen Jahren, das heißt im fünfundzwanzigsten Jahr Seines gesegneten Lebens, um Seine Sache zu verkünden. Unter den Schiiten ist allseits bekannt, dass Er nie in einer Schule studiert oder bei einem Lehrer Wissen erworben hat. Jedermann in Shíráz wird das bezeugen. Und dennoch trat Er plötzlich mit vollendetem Wissen vor den Menschen auf und – obschon nur ein Kaufmann – verblüffte Er alle Geistlichen Persiens. Ganz auf sich gestellt übernahm Er eine nahezu aussichtslose Aufgabe; denn die Perser sind in der ganzen Welt für ihren religiösen Fanatismus bekannt. Dieses erhabene Wesen erhob sich mit solcher Macht, dass die Grundlagen der religiösen Gesetze, Bräuche und Verhaltensweisen, der Sitten und Gewohnheiten in Persien erschüttert wurden und stiftete ein neues Gesetz, einen neuen Glauben und eine neue Religion. Obwohl die bedeutenden Staatsmänner, der Großteil des Volkes und die Religionsführer sich geschlossen erhoben, Ihn auszulöschen und zu vernichten, bot Er ihnen völlig auf Sich gestellt die Stirn und versetzte ganz Persien in Aufruhr. Wie zahlreich die Geistlichen, die führenden Persönlichkeiten und Bewohner dieses Landes, die ihr Leben in vollkommener Freude und Glückseligkeit auf Seinem Pfade opferten und auf das Feld des Martyriums eilten!
Die Regierung, das Volk, der Klerus und führende Persönlichkeiten versuchten Sein Licht auszulöschen, jedoch vergeblich. Schließlich ging Sein Mond auf, Sein Stern erstrahlte, der Grundstein war gelegt und der Horizont Seines Erscheinens lichtüberflutet. Er ließ einer Vielzahl von Menschen göttliche Erziehung angedeihen und übte wundervollen Einfluss auf Gedanken, Bräuche, Moral und Verhaltensweisen der Perser aus. Er verkündete all Seinen Anhängern die Frohe Botschaft vom Erscheinen der Sonne Bahás und machte sie für Glauben und Gewissheit empfänglich.
Dass solch wunderbare Zeichen sichtbar wurden und gewaltige Unterfangen entstanden, Gedanken und Verstand der Menschen beeinflusst wurden, die Grundlagen für Fortschritt gelegt und die Voraussetzungen für Erfolg und Wohlergehen durch einen jungen Kaufmann geschaffen wurden, ist der größte Beweis dafür, dass Er ein universeller Erzieher war. Kein unvoreingenommener Mensch würde zögern, diese Tatsache anzuerkennen.

Kapitel 9

Bahá’u’lláh

Bahá’u’lláhA15 erschien zu einer Zeit, als Persien in finsterste Unwissenheit versunken und von blindem Fanatismus zersetzt war. Zweifellos hast du in den Geschichtsbüchern Europas ausführliche Berichte über Moral, Sitten und Gedankenwelt der Perser in den letzten Jahrhunderten gelesen und dies bedarf keiner Wiederholung. Es genügt zu sagen, dass Persien so abgrundtief gesunken war, dass ausländische Reisende allesamt beklagten, dass ein Land, das einst der Inbegriff der Größe und Kultur war, nun derart erniedrigt, verwüstet und verfallen war und seine Bewohner in äußerstem Elend dahinsiechten.
In solch einer Zeit erschien Bahá’u’lláh. Sein Vater war ein Minister am Hofe, kein Geistlicher, und es ist in ganz Persien bekannt, dass Bahá’u’lláh nie eine Schule besucht hat oder in Kreisen von Gelehrten und Geistlichen verkehrte. Er verbrachte den Anfang Seines Lebens äußerst glücklich und zufrieden und Seine Freunde und Gefährten waren eher Persönlichkeiten von Rang und Namen als Gelehrte.
Sobald der Báb Seine Sache offenbart hatte, verkündete Bahá’u’lláh: »Dieser herausragende Mann ist der Herr der Rechtschaffenen, und es obliegt allen, Ihm treu ergeben zu sein.« Er erhob sich, die Sache des Báb zu verbreiten, indem Er schlüssige Beweise und überzeugende Argumente für Dessen Wahrheitsanspruch anführte. Obwohl die Geistlichen des Landes die persische Regierung genötigt hatten, heftigsten Widerstand zu leisten; obwohl sie selbst alle Dekrete für Massaker, Plünderung, Verfolgung und Vernichtung der Bábí erlassen hatten; und obwohl sich die Bevölkerung im ganzen Land aufgemacht hatte, sie zu töten, zu verbrennen und auszurauben und sogar ihre Frauen und Kinder zu peinigen – trotz alledem setzte sich Bahá’u’lláh mit höchster Standhaftigkeit und Gelassenheit für die Verherrlichung des Wortes des Báb ein. Er verbarg sich niemals, sondern trat in aller Öffentlichkeit unter die, die Ihm übelwollten, widmete Sich der Beweisführung und wurde bekannt dafür, das Wort Gottes zu erhöhen. Immer wieder sah Er sich größten Widrigkeiten ausgesetzt und jeden Augenblick war Sein Leben in ernster Gefahr.
Er wurde in Ketten gelegt und in ein unterirdisches Verlies geworfen. Sein beträchtliches ererbtes Vermögen wurde vollständig geplündert, Er wurde vier Mal von Land zu Land verbannt und schließlich dauerhaft in das Größte GefängnisA16 verbracht.
Trotz alledem wurde unaufhörlich der Ruf Gottes erhoben und der Ruhm Seiner Sache erscholl über die Landesgrenzen hinaus. Er legte ein solches Wissen, eine solche Weisheit und Vollkommenheit an den Tag, dass jeder in Persien darüber staunte. Alle gelehrten Menschen – ob Freund oder Feind –, die in Ṭihrán, Baghdád, Konstantinopel, Adrianopel oder in ‘Akká in Seine Gegenwart gelangten, erhielten auf jede ihrer Fragen eine umfassende, für sie überzeugende Antwort. Alle bestätigten ohne Umschweife, dass Er in jeder Hinsicht vollkommen war und niemand auf der Welt Ihm gleichkam.
Oft kamen in Baghdád muslimische, jüdische und christliche Geistliche und europäische Gelehrte in Seiner gesegneten Gegenwart zusammen. Jeder von Ihnen stellte eine andere Frage und trotz ihrer unterschiedlichen Glaubensüberzeugungen erhielt jeder eine vollständige und überzeugende Antwort, die ihn zufrieden stellte. Sogar die persischen Geistlichen, die in Karbilá oder in NajafA17 wohnten, bestimmten einen Gelehrten namens Mullá Ḥasan ‘Amú und entsandten ihn als ihren Vertreter. Er gelangte in Seine gesegnete Gegenwart und stellte in ihrem Auftrag eine Reihe von Fragen, die Bahá’u’lláh beantwortete. Dann sagte Er: »Die Geistlichen sind sich vollkommen des Ausmaßes Ihres Wissens und Ihrer Errungenschaften bewusst und alle erkennen an, dass Sie in jedem Wissensgebiet ohnegleichen sind. Zudem ist offenkundig, dass Sie diese Gelehrsamkeit nicht durch Studieren erworben haben. Nun sagen aber die Geistlichen, dass sie sich damit nicht zufrieden geben und dass sie die Wahrheit Ihres Anspruchs nicht allein auf Grundlage Ihres Wissens und Ihrer Errungenschaften anerkennen können. Darum bitten sie Sie, ein Wunder zu vollbringen, um sie zufrieden zu stellen und ihren Herzen Gewissheit zu verschaffen.«
»Auch wenn sie kein Recht haben, darum zu bitten«, erwiderte Bahá’u’lláh, »denn es ist Gott, der Seine Geschöpfe prüft, und es ist nicht an ihnen, Gott zu prüfen, so wird in diesem Fall ihr Ansinnen akzeptiert und zugelassen. Aber die Sache Gottes ist keine Schauspielbühne, auf der jede Stunde eine neue Aufführung dargeboten und jeden Tag eine neue Forderung gestellt werden kann. Denn andernfalls würde die Sache Gottes zum Spielzeug für Kinder werden.
Mögen also die Geistlichen zusammenkommen, sich einstimmig auf ein Wunder einigen und sodann schriftlich festhalten, dass sie, sobald es vollbracht ist, keinen Zweifel mehr hegen werden, sondern die Wahrheit dieser Sache anerkennen und bezeugen werden. Dieses Schriftstück sollen sie versiegeln und Mir überbringen. Als Maßstab für die Wahrheit sollen sie Folgendes festhalten: Wenn es vollbracht wird, darf auf ihrer Seite kein Zweifel mehr verbleiben; und wenn nicht, so sind Wir des Betrugs überführt. «
Der Gelehrte erhob sich und erwiderte: »Dem ist nichts hinzuzufügen.« Er küsste Bahá’u’lláhs Knie, obwohl er kein Gläubiger war, und reiste ab. Dann rief er die Geistlichen zusammen und übermittelte ihnen Bahá’u’lláhs Botschaft. Sie berieten miteinander und stellten fest: »Dieser Mann ist ein Magier; vielleicht wird er irgendeinen Zauber vorführen und dann haben wir keine weitere Handhabe mehr«, und so trauten sie sich nicht zu antworten.
MulláḤasan‘Amú erzählte jedoch in vielen Versammlungen, was sich zugetragen hatte. Er verließ Karbilá und ging nach Kirmánsháh und Ṭihrán, wo er überall von den Einzelheiten dieses Vorfalls berichtete und die Furcht und Untätigkeit der Geistlichen beschrieb.
Der Punkt hier ist, dass die Größe Bahá’u’lláhs, Seine Vortrefflichkeit, Sein Wissen und Seine Bildung von all Seinen Gegnern im Osten anerkannt wurden und sie Ihn trotz ihrer Feindseligkeit als ›den berühmten Bahá’u’lláh‹ bezeichneten.
Kurz gesagt, dieser größte Stern erschien plötzlich am Horizont Persiens und alle Menschen dieses Landes, ob Amtsträger, Geistliche oder Bevölkerung, erhoben sich gegen Ihn in erbitterter Feindschaft und behaupteten, Er sei darauf aus, Religion, Gesetz, Volk und Reich restlos auszulöschen – so wie es schon Christus nachgesagt worden war. Doch ohne auch nur im Geringsten zu wanken, konnte Bahá’u’lláh allein und auf sich gestellt ihnen allen standhalten.
Schließlich sagten sie: »Solange dieser Mann in Persien ist, wird es weder Frieden noch Ruhe geben. Er sollte verbannt werden, damit Persien wieder zur Ruhe kommt.« Sie brachten daher Bahá’u’lláh in schwerste Bedrängnis, auf dass Er gezwungen wäre, die Erlaubnis zum Verlassen Persiens einzuholen, und sie wähnten, dass hierdurch die Lampe der Sache ausgelöscht würde. Diese Verfolgung führte jedoch zum Gegenteil: Die Sache gewann an Größe und ihre Flamme brannte noch heller. War sie bis dahin nur innerhalb Persiens verbreitet, weitete sie sich nun auch auf andere Gebiete aus. Später sagten sie: »Der Irak ist zu nah an Persien; wir müssen Ihn in entlegenere Länder verbringen.« So ließ die persische Regierung nicht nach, bis Bahá’u’lláh vom Irak nach Konstantinopel weiterverbannt worden war. Aber wieder sahen sie, dass Er keinerlei Schwäche zeigte. Sie sagten: »In Konstantinopel treffen verschiedene Völker und Nationen aufeinander und dort gibt es viele Perser.« Also unternahmen sie weitere Schritte und sorgten dafür, dass Er nach Adrianopel verbannt wurde. Aber die Flamme brannte immer heißer und die Sache gewann sogar noch an Ansehen. Schließlich sagten die Perser: »Keiner dieser Orte war für Ihn wirklich demütigend: Er muss an einen Ort verbracht werden, der Ihn entehrt, wo Er Prüfungen und Verfolgungen ausgesetzt sein wird und Seine Verwandtschaft und Seine Anhänger schrecklichstes Leid ertragen werden.« So entschieden sie sich für die Gefängnisstadt ‘Akká, die Aufständischen, Mördern, Dieben und Straßenräubern vorbehalten war, und zwangen Ihn unter solchen Menschen zu leben. Aber die Macht Gottes offenbarte sich, denn dieses Gefängnis wurde zum Mittel für die Erhöhung Seines Glaubens und die Verherrlichung Seines Wortes. Die Größe Bahá’u’lláhs zeigte sich darin, dass es Ihm gelang, aus einem solchen Gefängnis heraus und unter solch erniedrigenden Umständen den Zustand Persiens völlig zu verwandeln, Seine Feinde zu überwinden und allen die unwiderstehliche Macht Seiner Sache vor Augen zu führen. Seine heiligen Lehren verbreiteten sich überallhin und Seine Sache war fest verankert.
Hasserfüllt erhoben sich Seine Feinde in jeder Provinz Persiens und zerstörten Hunderte von Haushalten, deren Mitglieder sie ergriffen und töteten, verprügelten und verbrannten, wobei sie jede Art von Gewalt einsetzten, um Seine Sache auszulöschen. Dessen ungeachtet brachte Er Seine Sache voran und verkündete Seine Lehre aus diesem Gefängnis voller Mörder, Diebe und Wegelagerer, rüttelte viele Seiner erbittertsten Feinde auf und machte sie zu standhaften Gläubigen. Seine Taten entwickelten einen solchen Einfluss, dass die persische Regierung selbst aus ihrem Schlaf erwachte und bedauerte, was auf Betreiben der bösartigen Geistlichen angerichtet worden war.
Als Bahá’u’lláh in diesem Gefängnis im Heiligen Land ankam, wurden aufmerksame Menschen der Tatsache gewahr, dass die Prophezeiungen, die Gott durch die Zunge Seiner Propheten zwei- oder dreitausend Jahre zuvor geäußert hatte, allesamt eingetreten waren und dass sich Seine Verheißungen erfüllt hatten, denn Er hatte bestimmten Propheten offenbart und dem Heiligen Land verkündet, dass der Herr der Heerscharen dort erscheinen werde. All diese Verheißungen wurden erfüllt, aber ohne die Gegnerschaft Seiner Feinde, ohne Seine Vertreibung und Verbannung ist kaum vorstellbar, warum Bahá’u’lláh Persien verlassen und Sein Zelt im Heiligen Land hätte aufschlagen sollen. Seine Feinde beabsichtigten mit dieser Gefangenschaft Seine Sache vollständig zu zerstören und zu vernichten, aber stattdessen wurde Seine Einkerkerung zur größten Bestätigung und zur Ursache ihrer Verbreitung. Der Ruf Gottes erreichte den Osten und den Westen und die Strahlen der Sonne der Wahrheit erleuchteten alle Lande. Preis sei Gott! Obwohl Er ein Gefangener war, wurde Sein Zelt auf dem Karmel aufgestellt und mit größter Majestät konnte Er sich dort frei bewegen. Und wer auch immer in Seine Gegenwart trat, ob Freund oder Fremder, rief aus: »Dies ist kein Gefangener, sondern ein König!«
Unmittelbar nach Seiner Ankunft im Gefängnis schickte Er über den französischen Botschafter einen Sendbrief an Napoleon, dessen Tenor ist: »Erkundige dich, für welches Verbrechen Wir in dieses Gefängnis gesperrt wurden.«A18 Napoleon gab keine Antwort. Dann wurde ein zweiter Brief entsandt, der in der Súriy-i-Haykal zu finden ist und der im Wesentlichen sagt: »O Napoleon! Da du es versäumt hast, Meinen Ruf zu beachten und darauf zu antworten, wirst du deine Herrschaft verlieren und völlig zunichtewerden.«A19 Dieser Brief wurde Napoleon per Post mit Hilfe von César CatafagoA20 übersandt und all Seine Gefährten im Exil waren darüber im Bilde. Der Inhalt des Sendschreibens erreichte bald ganz Persien, denn das Kitáb-i-Haykal, das auch dieses Sendschreiben enthielt, wurde damals in jeden Winkel des Landes versandt. Dies geschah im Jahr 1869, und da die Súriy-i-Haykal in ganz Persien und Indien verbreitet worden war, hatten alle Gläubigen sie zur Hand und warteten auf das, was dieses Schreiben angekündigt hatte. Nicht lange danach, im Jahre 1870, entbrannte der Krieg zwischen Deutschland und Frankreich, und obwohl niemand zu dem Zeitpunkt den Sieg Deutschlands erwartete, erlitt Napoleon eine vernichtende Niederlage, ergab sich seinen Feinden und musste mit ansehen, wie sich seine Herrlichkeit in tiefste Erniedrigung verwandelte.
Auch anderen Königen wurden Sendbriefe geschickt, darunter ein Schreiben an Seine Majestät Náṣiri’d-Dín Sháh. In diesem Brief schrieb Bahá’u’lláh: »Rufe Mich in deine Gegenwart, versammle sodann alle Geistlichen und frage nach Zeugnis und Beweis, auf dass Wahrheit von Irrtum unterschieden werde.«A21 Seine Majestät leitete Bahá’u’lláhs Brief weiter an die Geistlichen und übertrug ihnen diese Aufgabe, aber sie wagten es nicht, sie anzunehmen. Dann beauftragte er sieben der bekanntesten Religionsgelehrten damit, auf diesen Brief zu antworten. Nach einer Weile sandten sie den Brief zurück und stellten fest: »Dieser Mann ist ein Gegner des Glaubens und ein Feind des Königs.« Seine Majestät der Shháh von Persien war sehr verärgert und sagte: »Dies ist eine Frage von Beweisführung und Zeugnis, von Wahrheit und Irrtum. Was hat es mit der Feindseligkeit gegenüber der Regierung zu tun? Ein Jammer, dass wir diesen Geistlichen solche Achtung erwiesen haben, dabei können sie nicht einmal eine Antwort auf diesen Brief verfassen.«
Kurzum, alles, was in den Sendbriefen an die Könige niedergeschrieben wurde, ist eingetreten. Man muss nur einmal ihren Inhalt mit den Ereignissen vergleichen, die sich seit dem Jahr 1870 zugetragen haben, um zu erkennen, dass jede Voraussage sich erfüllt hat, abgesehen von wenigen, die sich in der Zukunft noch erfüllen werden.
Menschen aus dem Ausland und Nichtgläubige schrieben darüber hinaus Bahá’u’lláh wundersame Werke zu. Einige glaubten, Er sei ein Heiliger, und einige schrieben in diesem Sinne sogar Berichte, wie etwa Siyyid Dávúdí, ein sunnitischer Geistlicher aus Baghdád, der eine kurze Abhandlung verfasste, in der er in einem gewissen Zusammenhang manche außergewöhnliche Taten Bahá’u’lláhs beschrieb. Bis zum heutigen Tag gibt es überall im Osten Menschen, die nicht an Bahá’u’lláh als eine Manifestation Gottes glauben, die Ihn jedoch als einen Heiligen betrachten und Ihm Wunder zuschreiben.
Zusammenfassend kann man sagen, dass kein einziger Mensch, weder Freund noch Feind, der in Bahá’u’lláhs Gegenwart gelangte, umhinkam, Seine Größe anzuerkennen und zu bezeugen. Wenngleich er nicht zu einem Gläubigen wurde, so bezeugte er doch Seine Größe. Sobald jemand in Seine Gegenwart trat, machte diese Begegnung solch einen Eindruck auf diese Person, dass sie sich in den meisten Fällen außerstande sah, auch nur ein Wort herauszubringen. Wie oft war ein erbitterter Feind fest dazu entschlossen, in Seiner Gegenwart das eine oder andere zu sagen oder Ihm dies oder jenes vorzuhalten, nur um zu erleben, wie verblüfft, verwirrt und völlig sprachlos er war!
Bahá’u’lláh hatte nie Arabisch gelernt, keinen Lehrer oder Hauslehrer gehabt und keine Schule besucht. Doch Seine Redekunst und Sprachgewandtheit, die sich sowohl im gesprochenen Arabisch als auch in Seinen arabischen Sendschreiben zeigte, erstaunte die beredsamsten und sachkundigsten arabischen Literaten und sie alle gestanden ein, dass Seine Fertigkeiten ihresgleichen suchten.
Wenn wir den Text der Thora sorgfältig untersuchen, sehen wir, dass keine der Manifestationen Gottes jemals zu denen, die Sie leugneten, sagte: »Ich bin bereit, jedes von euch verlangte Wunder zu vollbringen. Ich werde mich jeder Prüfung, die ihr vorschlagt, unterziehen.« Und dennoch stellt Bahá’u’lláh in Seinem Sendbrief an den Sháh deutlich heraus: »Versammle die Geistlichen und rufe Mich in deine Gegenwart, damit Zeugnis und Beweis erbracht werden.«
Fünfzig Jahre lang hielt Bahá’u’lláh Seinen Feinden stand, unverrückbar wie ein Berg: Sie alle versuchten Ihn auszulöschen; sie alle griffen Ihn an; sie planten tausendmal Ihn zu kreuzigen und zu vernichten; und während dieser fünfzig Jahre war Er stets in größter Gefahr.
Was Persien betrifft, das sich bis heute in einem solch erbärmlichen und zerrütteten Zustand befindet, erkennt im Inland wie im Ausland jeder Verständige, der mit der Lage dort vertraut ist, dass Fortschritt, Wohlstand und Kultur Persiens völlig von der Verkündung der Lehren und der Verbreitung der Prinzipien dieses erhabenen Wesens abhängen.
Während Seines gesegneten Lebens erzog Christus in der Tat nur elf Menschen, wobei der Bedeutendste unter ihnen, Petrus, Ihn dreimal verleugnete, als er geprüft wurde. Sieh, wie sich die Sache Christi dennoch in der Folge über die ganze Erde verbreitete! An diesem Tag aber hat Bahá’u’lláh tausende Seelen erzogen, die durch das Schwert bedroht, zum höchsten Himmel riefen: »O Du Herrlichkeit des Allherrlichen!«A22 und deren Antlitz glänzend wie Gold im Feuer der Prüfungen leuchtete. Schließe nun daraus, was sich in Zukunft ereignen wird!
Wir müssen unvoreingenommen sein und anerkennen, was für ein Erzieher der Menschheit dieses erhabene Wesen war, welch wunderbare Zeichen Er offenbarte und welche Macht und Kraft in der Welt des Seins durch Ihn zum Vorschein kam.

Kapitel 10

Vernunftbeweise und überlieferte Argumente aus der Heiligen Schrift

Lass uns heute bei Tisch ein wenig über Beweise reden. Wärst du in den Tagen, als das überaus hell strahlende LichtA23 erschien, zu diesem gesegneten Ort gelangt, und hättest du den Hof Seiner Gegenwart betreten und Sein leuchtendes Antlitz geschaut, du hättest sofort erkannt, dass Seine Äußerungen und Seine Schönheit keines weiteren Beweises bedurften. In welch großer Zahl gelangten Menschen in Seine Gegenwart, wurden auf der Stelle zu überzeugten Gläubigen und bedurften keines weiteren Beweises mehr! Selbst die von abgrundtiefem Hass und völliger Missachtung durchdrungen waren, bezeugten in der Begegnung mit Bahá’u’lláh Seine Größe und sagten: »Dies ist ein wirklich herausragender Mann. Wie bedauerlich, dass er einen solchen Anspruch erhebt! Denn was immer er sonst sagen könnte, wäre uns willkommen.«
Da aber die Sonne der Wahrheit untergegangen ist, sind alle auf Beweise angewiesen, und so haben wir uns mit Vernunftbeweisen befasst. Einen weiteren unwiderleglichen Beweis sollten wir noch erwähnen und dieser allein sollte jedem gerecht urteilenden Menschen genügen: Dieses erhabene Wesen trieb Seine Sache vom Größten Gefängnis aus voran, von dort erstrahlte Sein Licht, umspannte Sein Ruhm die Welt und erreichte die Kunde Seiner Herrlichkeit den Osten wie den Westen. Bis zum heutigen Tage hat sich nichts Derartiges ereignet, wenn man es unvoreingenommen betrachtet. Aber manche Menschen urteilen auch dann nicht gerecht, wenn ihnen sämtliche Beweise der Welt vorgelegt werden! Mit all ihrer Machtfülle waren Regierungen und Völker nicht in der Lage, sich Ihm zu widersetzen; Er hingegen, allein und auf sich gestellt, ungerecht behandelt und eingekerkert, vollbrachte alles, was Er sich zum Ziel gesetzt hatte.
Ich will nicht über die Wunder Bahá’u’lláhs sprechen, denn wer davon hört, könnte entgegnen, das seien lediglich Überlieferungen, die wahr sein können oder auch nicht. So ist es ja auch mit dem Evangelium, in dem uns die Apostel und niemand sonst von den Wundern Christi berichten, die von den Juden jedoch geleugnet werden. Sollte ich dennoch Bahá’u’lláhs wundersame Taten erwähnen: Sie sind zahlreich und werden im Orient zweifelsfrei anerkannt, selbst von einigen Nichtgläubigen. Aber diese Berichte können kein schlüssiger Beweis für die Allgemeinheit sein, denn wer davon erfährt könnte sagen, sie beruhten nicht auf Tatsachen, denn Anhänger anderer Glaubensgemeinschaften berichten auch von Wundern ihrer Anführer. Die Hindus erzählen beispielsweise von gewissen Wundern des Brahma. Wie können wir wissen, dass die einen falsch und die anderen wahr sind? Wenn es sich hier um Überlieferungen handelt, so auch dort. Wenn diese weithin bezeugt werden, so gilt dasselbe für jene. Also stellen solche Berichte keinen hinreichenden Beweis dar. Für einen Augenzeugen mag ein Wunder natürlich ein Beweis sein, aber selbst dann könnte er nicht sicher sein, ob das, was er sah, ein echtes Wunder oder bloße Zauberei war. Tatsächlich wurden auch einigen Zauberern außergewöhnliche Taten zugeschrieben.
Kurz, es geht darum, dass Bahá’u’lláh viel Wunderbares vollbracht hat, aber wir berichten nicht darüber, denn es stellt weder Beweis noch Zeugnis für die Menschheit dar, ja es ist nicht einmal ein entscheidender Beweis für die, die dabei waren und es möglicherweise für Zauberei halten.
Darüber hinaus haben die meisten der Wunder, die den Propheten zugeschrieben werden, eine innere Bedeutung. Zum Beispiel berichtet das Evangelium, dass unmittelbar nach dem Märtyrertod Christi eine Dunkelheit hereinbrach, die Erde bebte, der Vorhang des Tempels entzweiriss und die Toten aus ihren Gräbern auferstanden. Wenn sich das tatsächlich so zugetragen hätte, so wäre das wirklich erstaunlich gewesen. Ein solches Ereignis wäre zweifellos in den Chroniken der damaligen Zeit aufgezeichnet worden; Bestürzung hätte die Menschenherzen ergriffen. Zumindest hätten die Soldaten Christus vom Kreuz genommen oder wären geflohen. Da aber diese Ereignisse in keiner Chronik aufgezeichnet sind, ist klar, dass sie nicht wörtlich, sondern nach ihrer inneren Bedeutung zu verstehen sind. Damit soll nichts in Frage gestellt, sondern lediglich darauf hingewiesen werden, dass diese Berichte keinen schlüssigen Beweis darstellen und dass sie eine innere Bedeutung haben, nichts weiter.
Und so werden wir uns heute bei Tisch mit Erklärungen überlieferter Argumente aus den Heiligen Schriften befassen, denn bisher haben wir lediglich über rationale Argumente gesprochen.
Da es sich hier um die Stufe der Suche nach Wahrheit und des Strebens nach Erkenntnis der Wirklichkeit handelt – die Stufe, da der unter brennendem Durst Leidende nach dem Wasser des Lebens lechzt und der sich mühende Fisch das Meer erreicht, da der Kranke den wahren Arzt aufsucht und ihm göttliche Heilung gewährt wird, da die verirrte Karawane den Weg der Wahrheit findet und das planlos herumtreibende Schiff das rettende Ufer erreicht –, muss der Sucher mit bestimmten Eigenschaften begabt sein. Zunächst muss er unvoreingenommen und losgelöst sein von allem außer Gott. Sein Herz muss völlig dem Höchsten Horizont zugewandt sein und es muss von den Fesseln eitler und selbstischer Begierden befreit sein, denn dies sind Hindernisse auf dem Pfad. Darüber hinaus muss er jede Trübsal ertragen, höchste Reinheit und Heiligkeit verkörpern und sich abkehren von Liebe und Hass zu allen Völkern der Welt, damit seine Liebe für das eine ihn nicht davon abhalte, das andere zu erforschen oder sein Hass gegen etwas ihn nicht hindere, dessen Wahrheit zu erkennen. Dies ist die Stufe der Suche und der Suchende muss mit diesen Eigenschaften und Merkmalen ausgestattet sein – das heißt, solange er diese Stufe nicht erreicht, wird es ihm unmöglich sein, die Sonne der WahrheitA24 zu erkennen.
Lass uns zu unserem Thema zurückkehren. Alle Völker der Welt erwarten zwei Manifestationen, die Zeitgenossen sind. Das wurde ihnen allen verheißen. Den Juden wird in der Thora der Herr der Heerscharen und der Messias verheißen. Im Evangelium wird die Wiederkehr Christi und des Elias vorausgesagt. In der Religion Muḥammads gibt es die Verheißung, dass der Mahdi und der Messias kommen werden. Das Gleiche gilt für die Zoroastrier und andere, aber dies weiter auszuführen, würde unser Gespräch in die Länge ziehen. Damit soll lediglich zum Ausdruck gebracht werden, dass allen Menschen zwei aufeinanderfolgende Manifestationen verheißen wurden. Durch diese zwei Manifestationen, so ist prophezeit worden, wird die Erde zu einer anderen Erde; wird alles Sein erneuert; wird die bedingte Welt mit dem Gewand neuen Lebens bekleidet; werden Gerechtigkeit und Rechtschaffenheit den Erdball umfassen; werden Hass und Feindschaft verschwinden; wird jede erdenkliche Ursache von Spaltung unter Stämmen, Völkern und Nationen getilgt; und alles, was Einheit, Harmonie und Eintracht sicherstellt, wird gefördert. Die Achtlosen werden aus ihrem Schlaf erwachen, die Blinden sehen, die Tauben hören, die Stummen sprechen, die Kranken geheilt werden, die Toten auferweckt werden und Krieg wird dem Frieden weichen. Feindschaft wird in Liebe verwandelt; die Ursachen von Streit und Zwietracht werden beseitigt; die Menschheit wird wahre Glückseligkeit erlangen; diese Welt wird zum Spiegel für das himmlische Königreich werden und die Erde hienieden wird zum Thron des Reiches droben. Alle Nationen werden zu einer; alle Religionen werden zu einer; die ganze Menschheit wird zu einer Familie, zu einer Sippe; alle Regionen der Erde werden zu einer; rassische, nationale, persönliche, sprachliche und politische Vorurteile werden vollständig beseitigt und alle werden ewiges Leben unter dem Schatten des Herrn der Heerscharen erlangen.
Nun gilt es, das Kommen dieser beiden Manifestationen mit Bezug auf die Heiligen Schriften und durch Folgerungen aus den Worten der Propheten zu begründen. Denn hier sollen nun Argumente angeführt werden, die den Heiligen Schriften entnommen sind, da Vernunftbeweise für die Wahrheit dieser beiden Manifestationen vor einigen Tagen bei Tisch erbracht wurden.A25
Das Buch Daniel legt den Zeitraum zwischen dem Wiederaufbau Jerusalems und dem Märtyrertod Christi mit siebzig WochenA26 fest, denn durch den Märtyrertod Christi wird dem Opferbrauch ein Ende bereitet und der Altar verwüstet. Diese Prophezeiung bezieht sich somit auf das Kommen Christi.
Diese siebzig Wochen beginnen mit dem Wiederaufbau Jerusalems. Dazu wurden vier Edikte von drei Königen erlassen. Das erste Edikt stammt von Kyros aus dem Jahr 536 vor Christus und ist im ersten Kapitel des Buches Esra festgehalten. Das zweite Edikt über den Wiederaufbau Jerusalems stammt von Darius von Persien aus dem Jahr 519 vor Christus und ist im sechsten Kapitel von Esra verzeichnet. Das dritte wurde von Artaxerxes im siebten Jahr seiner Regentschaft ausgegeben, das heißt 457 vor Christus, und ist im siebten Kapitel von Esra verzeichnet. Das vierte Edikt wurde von Artaxerxes 444 vor Christus erlassen und ist im zweiten Kapitel von Nehemia festgehalten.
Daniel bezieht sich auf das dritte Edikt, das 457 vor Christus ausgegeben wurde. Siebzig Wochen ergeben insgesamt 490 Tage. Nach dem Text der Bibel entspricht ein Tag einem Jahr, denn in der Thora heißt es: »Der Tag des Herrn ist ein Jahr.«A27 Somit entsprechen 490 Tage 490 Jahren. Das dritte Edikt von Artaxerxes wurde 457 Jahre vor der Geburt Christi erlassen, und Christus war dreiunddreißig Jahre alt zu der Zeit Seines Märtyrertods und Seines Aufstiegs. Dreiunddreißig Jahre zu den 457 Jahren hinzugezählt ergeben 490 Jahre, die von Daniel angekündigte Zeitspanne bis zum Erscheinen Christi.
In Daniel 9:25 hingegen wird dies anders ausgedrückt, da heißt es, sieben Wochen und zweiundsechzig Wochen, was dem äußeren Anschein nach von der ersten Aussage abweicht. Viele waren ratlos darüber, wie sie diese beiden Aussagen in Einklang bringen sollen. Wie kann an einer Stelle von siebzig Wochen und an anderer von zweiundsechzig und sieben Wochen die Rede sein? Diese beiden Aussagen stimmen nicht überein.
In Wirklichkeit bezieht sich Daniel auf zwei verschiedene Zeitangaben. Eine beginnt mit dem Edikt, das Artaxerxes an Esra richtete, Jerusalem wiederaufzubauen, und entspricht den siebzig Wochen, die mit dem Aufstieg Christi zu Ende gingen, als Opferbräuche und Opfergaben durch Seinen Märtyrertod beendet wurden. Die zweite, die in Daniel 9:26 erwähnt wird, beginnt nach dem Abschluss des Wiederaufbaus Jerusalems zweiundsechzig Wochen vor dem Aufstieg Christi. Der Wiederaufbau von Jerusalem dauerte sieben Wochen, was neunundvierzig Jahren entspricht. Sieben Wochen zu zweiundsechzig Wochen hinzugefügt ergibt neunundsechzig Wochen, und in der letzten Woche erfolgte der Aufstieg Christi. Damit sind die siebzig Wochen vollständig und der Widerspruch ist aufgelöst.
Da nun das Kommen Christi in den Prophezeiungen Daniels nachgewiesen ist, wollen wir Hinweise auf das Kommen Bahá’u’lláhs und des Báb erbringen. Bisher haben wir nur rationale Argumente angeführt; kommen wir nun zu den Argumenten, die auf Überlieferungen beruhen.
In Daniel 8:13 heißt es: »Ich hörte aber einen Heiligen reden, und ein anderer Heiliger sprach zu dem, der da redete: Wie lange gilt dies Gesicht vom täglichen Opfer, vom verwüstenden Frevel und dass Heiligtum und Heer ausgeliefert und zertreten werden? Und er antwortete mir: Bis zweitausenddreihundert Abende und Morgen vergangen sind; dann wird das Heiligtum wieder sein Recht erhalten,« bis es heißt: »Dies Gesicht gilt der Zeit des Endes.« Also wie lange soll diese Heimsuchung, dieser Verfall, diese Erniedrigung und Demütigung dauern? Mit anderen Worten, wann wird der Morgen der Offenbarung anbrechen? Darauf sprach er: »2300 Tage; dann wird das Heiligtum wieder sein Recht erhalten.« Um es kurz zu machen, der Punkt ist, dass er einen Zeitraum von 2300 Jahren festsetzt, denn nach dem Text der Thora entspricht jeder Tag einem Jahr. Daher sind vom Zeitpunkt des Edikts von Artaxerxes, Jerusalem wiederaufzubauen bis zum Tag der Geburt Christi 456 Jahre und von der Geburt Christi bis zum Tag des Kommens des Báb 1844 Jahre vergangen, und wenn 456 Jahre zu 1844 hinzugefügt werden, ergeben sich 2300 Jahre. Das heißt, die Vision von Daniel erfüllte sich im Jahr 1844, und dies ist das Jahr, in dem der Báb erschien. Prüfe den Text des Buches Daniel und schau, wie klar er das Jahr Seines Erscheinens angibt! In der Tat könnte es keine klarere Prophezeiung für eine Manifestation Gottes geben als diese.
In Matthäus 24:3 sagt Christus deutlich, dass sich Daniel mit dieser Prophezeiung auf das Datum des Erscheinens der Manifestation bezieht, und dies ist der Vers: »Und als er auf dem Ölberg saß, traten seine Jünger zu ihm und sprachen, als sie allein waren: Sage uns, wann wird das geschehen? Und was wird das Zeichen sein für dein Kommen und für das Ende der Welt?« Er antwortete darauf unter anderem mit folgenden Worten: »Wenn ihr nun sehen werdet den Gräuel der Verwüstung stehen an der heiligen Stätte, wovon gesagt ist durch den Propheten Daniel – wer das liest, der merke auf! –« Also verwies Er sie auf das achte Kapitel des Buches Daniel und deutete an, dass, wer immer es liest, begreifen sollte, wann jene Zeit kommen würde. Sieh, wie klar und deutlich in der Thora und im Evangelium das Kommen des Báb angegeben ist!
Nun wollen wir aus der Thora das Datum für das Kommen Bahá’u’lláhs bestimmen. Dieses Datum wird ausgehend von der Offenbarung der Sendung Muḥammads und Seiner Auswanderung in Mondjahren berechnet. Denn in der Religion Muḥammads wird der Mondkalender verwendet und alle Verordnungen zu Gottesdiensten folgen diesem Kalender.
In Daniel 12:6 heißt es: »Und er sprach zu dem Mann in leinenen Kleidern, der über den Wassern des Stroms stand: Wann kommt das Ende dieser großen Wunder? Und ich hörte den Mann in leinenen Kleidern, der über den Wassern des Stroms stand. Er hob seine rechte und linke Hand auf gen Himmel und schwor bei dem, der ewiglich lebt, dass es eine Zeit und zwei Zeiten und eine halbe Zeit währen soll; und wenn der ein Ende hat, der die Macht des heiligen Volks zerschlägt, soll dies alles geschehen.«
Da ich bereits die Bedeutung von »Tag« erläutert habe, bedarf es keiner weiteren Erklärung, aber lass uns kurz festhalten, dass jeder Tag des Vaters einem Jahr entspricht, und jedes Jahr aus zwölf Monaten besteht. So entsprechen dreieinhalb Jahre zweiundvierzig Monaten, zweiundvierzig Monate entsprechen 1260 Tagen, und jeder Tag in der Bibel entspricht einem Jahr. Und gemäß dem islamischen Kalender ist es genau im Jahre 1260 nach der Auswanderung Muḥammads, dass der Báb, der Vorbote Bahá’u’lláhs, Seine Sendung offenbarte.
Später heißt es in Vers 11 und 12: »Und von der Zeit an, da das tägliche Opfer abgeschafft und das Gräuelbild der Verwüstung aufgestellt wird, sind 1290 Tage. Wohl dem, der da wartet und erreicht 1335 Tage!«
Der Beginn dieser Rechnung nach dem Mondkalender fällt mit der öffentlichen Verkündigung des Prophetentums Muḥammads im Lande Ḥijáz zusammen; und das war drei Jahre nach der Offenbarung Seiner Sendung, denn am Anfang war das Prophetentum Muḥammads noch verborgen und niemand außer Khadíjih und Ibn-i-NawfalA28 wusste davon, bis es drei Jahre später öffentlich verkündigt wurde. Und im Jahr 1290, ausgehend von der Bekanntgabe der Sendung Muḥammads, verkündete Bahá’u’lláh Seine Offenbarung.A29

Kapitel 11

Kommentar zum elften Kapitel der Offenbarung des Johannes

In der Offenbarung des Johannes 11:1–2 heißt es: »Und es wurde mir ein Rohr gegeben, einem Messstab gleich, und mir wurde gesagt: Steh auf und miss den Tempel Gottes und den Altar und die dort anbeten. Aber den äußeren Vorhof des Tempels lass weg und miss ihn nicht, denn er ist den Heiden gegeben; und die Heilige Stadt werden sie zertreten zweiundvierzig Monate lang.«
Mit diesem Schilfrohr ist der Vollkommene Mensch gemeint und der Grund für diesen Vergleich ist, dass ein Schilfrohr, wenn das Mark aus seinem Innern vollends entfernt wird, wundervolle Melodien hervorbringen kann. Es ist nicht das Rohr selbst, das diese melodischen Weisen hervorbringt, sondern der, der darauf spielt. In gleicher Weise ist das geheiligte Herz dieses gesegneten Wesens leer und frei von allem außer Gott, jegliche selbstsüchtige Neigung liegt ihm fern und es ist innig vertraut mit dem Odem des göttlichen Geistes. Seine Rede geht nicht von Ihm selbst aus, sondern vom vollkommenen Spieler und von der göttlichen Offenbarung. Daher wird Er mit einem Schilfrohr verglichen, das wiederum einem Stab gleicht, was bedeutet, es ist ein Beistand für die Schwachen und eine Stütze für den Körper der Welt. Es ist der Stab des Wahren Hirten, mit dem Er Seine Herde hütet und sie durch die Auen des Gottesreichs führt.
Dann wird gesagt, dass der Engel sich an ihn wandte und sprach: »Steh auf und miss den Tempel Gottes und den Altar und die dort anbeten«; das heißt, wäge und messe. Messen bedeutet, etwas in seinen Ausmaßen zu bestimmen. Damit sagt der Engel, er solle das Allerheiligste, den Altar und die dort Betenden erfassen – das heißt ihren wahren Zustand erkunden, ihren Rang und ihre Stufe, ihre Errungenschaften, ihre Vollkommenheit, ihr Verhalten und ihre Eigenschaften entdecken und sich vertraut machen mit den Geheimnissen dieser heiligen Seelen, die auf der Stufe der Reinheit und Heiligkeit im Allerheiligsten weilen.
»Aber den äußeren Vorhof des Tempels lass weg und miss ihn nicht, denn er ist den Heiden gegeben.« Als am Anfang des siebten Jahrhunderts der christlichen Zeitrechnung Jerusalem erobert wurde, wurde das Allerheiligste – das von Salomon errichtete Gebäude – äußerlich bewahrt, aber sein Vorhof wurde besetzt und den Heiden übergeben.
»Und die Heilige Stadt werden sie zertreten zweiundvierzig Monate lang«; das heißt, die Heiden werden Jerusalem für zweiundvierzig Monate oder 1260 Tage oder, da ein Tag einem Jahr entspricht, 1260 Jahre lang besetzen und unterwerfen, was der Dauer der qur’ánischen Sendung entspricht. Denn nach dem Text der Bibel entspricht jeder Tag einem Jahr, so wie es in Hesekiel 4:6 heißt: »… und sollst tragen die Schuld des Hauses Juda vierzig Tage lang; denn ich gebe dir hier auch je einen Tag für ein Jahr.«
Diese Prophezeiung bezieht sich auf die Dauer der Sendung des Islam, als Jerusalem mit Füßen getreten, sprich, entehrt wurde, während das Allerheiligste erhalten, beschützt und geachtet blieb. Dieser Zustand währte bis zum Jahr 1260. Diese 1260 Jahre stellen eine Prophezeiung dar, die sich auf das Kommen des Báb bezieht – das zu Bahá’u’lláh führende ›Tor‹ – das sich im Jahr 1260 nach der Hijrah ereignete. Nach Abschluss der Zeitspanne von 1260 Jahren beginnt die Heilige Stadt Jerusalem nun wieder zu blühen und zu gedeihen. Wer Jerusalem vor sechzig Jahren sah und es heute wieder sieht, wird erkennen, wie sehr es sich in der Zwischenzeit entwickelt hat und wieder zu Ehren gekommen ist.
Dies ist der äußere Sinn dieser Verse der Offenbarung des Johannes, aber sie haben auch eine innere Bedeutung und einen symbolischen Sinngehalt, wie folgt. Die Religion Gottes besteht aus zwei Teilen: Einer ist das Fundament schlechthin und gehört zur Welt des Geistes, das heißt, er betrifft geistige Tugenden und göttliche Eigenschaften. Dieser Teil unterliegt weder Wechsel noch Wandel: Er ist das Allerheiligste, das Wesen der Religion Adams, Noahs, Abrahams, Mose, Christi, Muḥammads, des Báb und Bahá’u’lláhs, und er wird in allen prophetischen Sendungen fortbestehen. Er wird niemals aufgehoben, denn er besitzt eine geistige und keine materielle Wirklichkeit. Er bedeutet Glaube, Erkenntnis, Gewissheit, Gerechtigkeit, Frömmigkeit, edle Gesinnung, Vertrauenswürdigkeit, Liebe zu Gott und Nächstenliebe. Er ist Barmherzigkeit gegenüber den Armen, Beistand für die Unterdrückten, Freigebigkeit gegenüber den Bedürftigen und eine helfende Hand für den Gestrauchelten. Er ist Reinheit, Loslösung, Demut, Nachsicht, Geduld und Beständigkeit. Dies sind himmlische Eigenschaften. Diese Gebote werden niemals aufgehoben, sie werden vielmehr in alle Ewigkeit gültig bleiben. Diese menschlichen Tugenden werden in jeder Sendung wieder neu belebt; denn am Ende jeder Sendung schwindet das geistige Gesetz Gottes, das in den menschlichen Tugenden besteht, und was verbleibt, ist nur noch eine äußere Hülle.
So verschwand mit dem Kommen Christi, zum Ende der Sendung Mose, die wahre Religion Gottes aus dem Volk der Juden und nur eine leblose Hülle verblieb. Das Allerheiligste gab es nicht mehr, nur der Vorhof des Tempels, der für die äußere Form der Religion steht, fiel den Heiden in die Hände. Genauso existiert der wahre Kern der Religion Christi, der die höchsten menschlichen Tugenden umfasst, nicht mehr, aber die äußere Hülle verblieb in den Händen der Priester und Mönche. Ebenso hat sich die Grundlage der Religion Muḥammads aufgelöst, nur noch seine äußere Form verbleibt in den Händen der muslimischen Geistlichen.
Diese Grundlagen der Religion Gottes jedoch, geistig und aus den menschlichen Tugenden bestehend, werden niemals aufgehoben, sondern gelten für alle Zeit und werden in jeder prophetischen Sendung erneuert.
Der zweite Teil der Religion Gottes, der sich auf die materielle Welt bezieht, und solche Dinge betrifft wie Fasten, Gebet, Gottesdienst, Ehe, Scheidung, Freilassung von Sklaven, richterliche Entscheidungen, Handel, Strafen bei Mord, Überfall, Diebstahl und Körperverletzung, wird in jeder prophetischen Sendung verändert und abgewandelt und kann aufgehoben werden, denn Richtlinien, Handels- und Strafvorschriften und andere Gesetze müssen gemäß den Erfordernissen der Zeit abgewandelt werden.
Kurz, mit dem Begriff »Allerheiligstes« ist jenes auf das Geistige bezogene Gesetz gemeint, das nie verändert oder aufgehoben werden kann, und mit »Heilige Stadt« ist das auf das Weltliche bezogene Gesetz gemeint, das durchaus außer Kraft gesetzt werden kann; und dieses auf das Weltliche bezogene Gesetz – die Heilige Stadt – wurde 1260 Jahre lang mit Füßen getreten.
»Und ich werde meinen zwei Zeugen Vollmacht geben, und sie werden 1260 Tage weissagen, mit Sacktuch bekleidet.«A30 Mit diesen zwei Zeugen sind Muḥammad, der Gesandte Gottes, und ‘Alí, der Sohn von Abú-Ṭálib, gemeint. Im Qur’án heißt es, dass Gott zu Muḥammad sprach: »Wir haben Dich als Zeugen, als Freudenboten und Warner gesandt.«A31 Das heißt, wir haben Dich als Einen bestimmt, der Zeugnis ablegt, der frohe Botschaften von künftigen Ereignissen überbringt und der vor dem Zorn Gottes warnt. Ein ›Zeuge‹ ist jemand, durch dessen Bestätigung ein Sachverhalt geklärt wird. Die Gebote dieser beiden Zeugen sollten 1260 Tage befolgt werden, wobei jeder Tag einem Jahr entspricht. Muḥammad war hier die Wurzel und ‘Alí der Zweig, sowie es bei Mose und Josua war. Es wird gesagt, dass sie »mit Sacktuch bekleidet« sind, was bedeutet, dass sie offenbar kein neues Gewand, sondern ein altes tragen. Mit anderen Worten, anfangs haben sie keine Bedeutung für andere Völker und ihre Sache erscheint nicht wirklich neu. Die geistigen Prinzipien der Religion Muḥammads entsprechen nämlich den Prinzipien Christi im Evangelium und Seine auf das Weltliche ausgerichteten Gebote entsprechen zum größten Teil denen der Thora. Darauf spielt die Symbolik vom alten Gewand an.
»Diese sind die zwei Ölbäume und die zwei Leuchter, die vor dem Herrn der Erde stehen.«A32 Diese zwei Seelen werden mit Olivenbäumen verglichen, weil zu jener Zeit in allen Lampen nachts Olivenöl brannte. Mit anderen Worten, durch diese zwei Seelen wird das Öl der göttlichen Weisheit – die Ursache für die Erleuchtung der Welt – zum Vorschein kommen und die Lichter Gottes werden hell und strahlend leuchten. So wurden sie auch mit Kerzenständern verglichen. Der Kerzenständer ist der Ort, wo das Licht scheint, und von dort breitet es sich aus. In gleicher Weise erstrahlt von diesen leuchtenden Angesichtern das Licht der Führung.
Weiter heißt es: »Sie stehen in der Gegenwart Gottes«, das bedeutet, sie haben sich erhoben, Ihm zu dienen, und erziehen Seine Geschöpfe. So wurden die rohen, in der Wüste lebenden Stämme der arabischen Halbinsel durch sie derart gebildet, dass sie den Gipfel der damaligen menschlichen Kultur erreichten und ihr Ruhm und Ansehen sich in der Welt verbreitete.
»Wenn ihnen jemand Schaden zufügen will, schlägt Feuer aus ihrem Mund und verzehrt ihre Feinde.«A33 Das heißt, kein Mensch könnte ihrer Macht widerstehen. Sollte also jemand danach trachten, ihre Lehren oder ihr Gesetz zu untergraben, würde er durch dieses Gesetz, das knapp oder ausführlich aus ihrem Munde hervorgeht, bezwungen und besiegt werden. Mit anderen Worten, sie würden einen Befehl erteilen, der jeden Feind vernichten würde, sollte er versuchen, ihnen zu schaden oder sich ihnen entgegenzustellen. Und genau das ist geschehen: All ihre Gegner wurden bezwungen, auseinander getrieben und vernichtet und diese zwei Zeugen wurden ganz offensichtlich durch die Macht Gottes unterstützt.
»Sie haben Macht, den Himmel zu verschließen, damit kein Regen fällt in den Tagen ihres Wirkens als Propheten.«A34 Das bedeutet, sie üben in jenem Zeitalter höchste Herrschaft aus. Mit anderen Worten, das Gesetz und die Lehren Muḥammads und die Erläuterungen und Auslegungen ‘Alís sind eine himmlische Gnade. Es liegt in ihrer Macht diese Gnade zu gewähren, wie es ihnen gefällt, und sollte dies nicht ihrem Wunsch entsprechen, so wird kein Regen fallen. Mit »Regen« ist hier die Ausgießung der Gnade gemeint.
»Sie haben auch Macht, das Wasser in Blut zu verwandeln.«A35 Das bedeutet, das Prophetentum Muḥammads glich dem des Mose und die Macht ‘Alís ähnelte der Josuas. Das heißt: Wäre es ihr Wunsch gewesen, so hätten sie die Macht gehabt, für die Ägypter und für die Leugner das Wasser des Nils in Blut zu verwandeln – mit anderen Worten, wegen ihrer Unwissenheit und ihrem Stolz die Quelle ihres Lebens in die Ursache ihres Todes zu verwandeln. So wurden Herrschaft, Reichtum und Macht des Pharao und seines Volkes, die Lebensgrundlage dieser Nation waren, durch Feindschaft, Leugnung und Stolz für sie zur Ursache von Tod, Ruin, Zerstörung, Erniedrigung und Elend. Somit wird deutlich, dass diese zwei Zeugen die Macht haben, Nationen zu zerstören.
»Und die Erde zu schlagen mit allen möglichen Plagen, sooft sie wollen.«A36 Dies bedeutet, sie sind auch mit äußerlicher Macht und Überlegenheit ausgestattet, um den Übeltätern und Verkörperungen der Unterdrückung und Tyrannei eine Lehre erteilen zu können. Denn Gott hatte diesen zwei Zeugen sowohl äußere als auch innere Macht verliehen und so bewirkten sie Wandel und Erziehung der niederträchtigen, blutrünstigen und bösartigen arabischen Wüstensöhne, die reißenden Wölfen und Bestien glichen.
»Und wenn sie ihr Zeugnis vollendet haben«A37, das bedeutet, wenn sie ihren Auftrag erfüllt und die göttliche Botschaft überbracht haben, die Religion Gottes verkündet und Seine himmlischen Lehren verbreitet haben, so dass die Zeichen geistigen Lebens in den Seelen der Menschen erscheinen, das Licht menschlicher Tugenden erstrahle und diese Wüstenstämme grundlegende Fortschritte erzielen.
»…wird das Tier, das aus dem Abgrund heraufsteigt, Krieg mit ihnen führen, sie besiegen und töten.«A38 Mit diesem Tier sind die Umayyaden gemeint, die aus dem Abgrund des Irrtums diese Zeugen überfielen. Und so geschah es wirklich, dass die Umayyaden die Religion Muḥammads und die Wahrheit ‘Alís, die auf Liebe zu Gott beruhen, angriffen.
»Das Tier wird Krieg gegen diese beiden Zeugen führen.«A39 Gemeint ist hier ein geistiger Krieg, bei dem das Tier so sehr in völligem Widerspruch zu den Lehren, dem Verhalten und Charakter dieser zwei Zeugen handelt, dass die Tugenden und Vollkommenheiten, die durch die Macht der zwei Zeugen unter den Völkern und Nationen verbreitet worden waren, gänzlich verloren gingen und tierische Charakterzüge und fleischliche Begierden vorherrschen. Daher wird dieses Tier Krieg gegen sie führen und die Vorherrschaft erlangen, was darauf hinweist, dass das Dunkel des Irrtums, den das Tier verbreitet, sich in der ganzen Welt durchsetzen und die beiden Zeugen umbringen wird – das heißt, es wird ihr geistiges Licht im Volke auslöschen, ihre göttlichen Gesetze und Lehren vernichten, die Religion Gottes mit Füßen treten und nichts als einen toten und seelenlosen Körper zurücklassen.
»Und ihr Leichnam wird auf der Straße der großen Stadt liegen, die, geistlich gesprochen, Sodom und Ägypten heißt, wo auch ihr Herr gekreuzigt wurde.«A40 Mit »ihrem Leichnam« ist die Religion Gottes und mit »der Straße« deren öffentliche Zurschaustellung gemeint. »Sodom und Ägypten, wo auch ihr Herr gekreuzigt wurde«, bezieht sich auf das Land Syrien und vor allem auf Jerusalem, denn die Umayyaden hatten ihr Machtzentrum in diesem Land, und hier schwanden die Religion Gottes und die göttlichen Lehren als erstes und ließen einen seelenlosen Körper zurück. »Ihr Leichnam« bezieht sich auf die Religion Gottes, die als toter und seelenloser Körper zurückblieb.
»Und viele aus den Völkern und Stämmen und Sprachen und Nationen sehen ihren Leichnam drei Tage und einen halben und erlauben nicht, ihre Leichname ins Grab zu legen.«A41 Wie bereits erläutert, bedeuten dreieinhalb Tage im Sprachgebrauch der Heiligen Schriften dreieinhalb Jahre. Dreieinhalb Jahre entsprechen zweiundvierzig Monaten und zweiundvierzig Monate sind 1260 Tage. Da nach dem Wortlaut der Bibel jeder Tag einem Jahr entspricht, bedeutet dies, dass 1260 Jahre lang – was der Dauer der qur’ánischen Sendung entspricht – Nationen, Stämme und Völker deren Leichname sehen; das heißt, sie werden die Religion Gottes vor Augen haben, aber nicht im Einklang mit ihr handeln. Dennoch werden sie es nicht zulassen, dass diese Leichname – die Religion Gottes – zur letzten Ruhe gebettet werden. Das heißt, sie klammern sich an ihre äußere Form und lassen sie weder gänzlich aus ihrer Mitte verschwinden, noch erlauben sie, dass der Körper völlig zerstört und vernichtet wird. Vielmehr geben sie seine Wirklichkeit auf, während sie nach außen hin seinen Namen und sein Gedenken aufrechterhalten.
Hier wird auf solche Stämme, Völker und Nationen angespielt, die unter dem Schatten des Qur’án versammelt waren. Sie sind es, die nicht zulassen, dass die Sache Gottes und der Glaube auch nach außen hin vernichtet wird. So hielten sie sich zwar noch an das Beten und Fasten, aber die wahre Grundlage der Religion Gottes – ein guter Charakter, aufrechtes Verhalten und die Erkenntnis der göttlichen Geheimnisse – war verschwunden; das Licht menschlicher Tugenden, das aus der Liebe und Erkenntnis Gottes hervorgeht, war erloschen; die Dunkelheit der Unterdrückung und der Tyrannei, der fleischlichen Begierden und satanischen Eigenschaften hatten obsiegt, und der Körper der Religion Gottes wurde wie ein Leichnam öffentlich zur Schau gestellt.
Im Verlauf von 1260 Tagen, jeder Tag einem Jahr entsprechend – das heißt für die Dauer der islamischen Sendung – ging alles, was diese zwei Personen als die Grundlage der Religion Gottes aufgebaut hatten, bei ihren Anhängern verloren. Die Spuren menschlicher Tugenden – die Gaben Gottes sind und die den Geist dieser Religion ausmachen – wurden so sehr verwischt, dass Wahrhaftigkeit, Gerechtigkeit, Liebe, Eintracht, Reinheit, Heiligkeit, Loslösung, einfach alle himmlischen Eigenschaften aus ihrer Mitte verschwanden und was von der Religion verblieb, war nur Gebet und Fasten. Dieser Zustand hielt 1260 Jahre an, was der qur’ánischen Sendung entspricht. Es war, als wären diese beiden Personen gestorben und hätten nur ihre seelenlosen Körper hinterlassen.
»Und die Bewohner der Erde freuen sich darüber, beglückwünschen sich und schicken sich gegenseitig Geschenke; denn die beiden Propheten hatten die Bewohner der Erde gequält.«A42 Mit »den Bewohnern der Erde« sind andere Völker und Nationen gemeint, wie jene aus Europa und aus fernen asiatischen Ländern, die sahen, dass der Charakter des Islam sich gänzlich verändert hatte, dass man die Religion Gottes aufgegeben hatte, dass Tugend, Anstand und Ehre verschwunden waren und der Charakter der Menschen verdorben war und die sich daraufhin freuten, dass die Moral der Muslime korrumpiert worden war und sie somit von anderen Nationen besiegt werden konnten. Und dies ist ganz unübersehbar eingetreten. Schau, wie dieses Volk, das einst größte Macht ausübte, erniedrigt und unterjocht wurde!
Die anderen Völker »schicken sich gegenseitig Geschenke« bedeutet, dass sie sich gegenseitig unterstützen, denn »die beiden Propheten hatten die Bewohner der Erde gequält«; das heißt, sie hatten die anderen Völker und Nationen der Erde unterjocht und unterworfen.
»Und nach drei Tagen und einem halben fuhr in sie der Geist des Lebens von Gott, und sie stellten sich auf ihre Füße; und eine große Furcht fiel auf die, die sie sahen.«A43 Dreieinhalb Tage sind, wie bereits erklärt, 1260 Jahre. Diesen beiden Personen, deren Leichname seelenlos dalagen, – das sind die Lehren und die Religion, die von Muḥammad gestiftet und von ‘Alí verbreitet worden waren, deren Wirklichkeit verloren gegangen und von denen nur eine leere Hülle verblieben war –, wurde wieder ein neuer Geist eingehaucht; diese Lehren wurden gewissermaßen neu begründet. Das heißt, das Geistige der Religion Gottes, das dem Stofflichen gewichen war; die Tugenden, die zum Laster geworden waren; die Liebe Gottes, die zum Hass geworden war; das Licht, das zur Finsternis geworden war; die göttlichen Eigenschaften, die zu satanischen Merkmalen geworden waren; die Gerechtigkeit, die zur Tyrannei verkommen war; die Barmherzigkeit, die zur Bosheit geworden war; die Aufrichtigkeit, die zur Heuchelei geworden war; die Führung, die zur Irreleitung geworden war; die Reinheit, die zur Fleischeslust geworden war – all diese göttlichen Lehren, himmlischen Tugenden und Vollkommenheiten sowie geistigen Gaben – wurden nach dreieinhalb Tagen, was nach dem Sprachgebrauch der Heiligen Schriften 1260 Jahren entspricht, durch das Erscheinen des Báb und durch die Gefolgschaft von Quddús erneuert.
So wehten die Brisen der Heiligkeit, das Licht der Wahrheit erstrahlte, die lebensspendende Frühlingszeit begann und der Morgen der Führung brach an. Diese zwei Leichname wurden wieder zum Leben erweckt und diese zwei großen Persönlichkeiten – der Stifter und der Verkünder – erhoben sich und wirkten wie zwei Leuchten, denn sie erhellten die ganze Welt mit dem Licht der Wahrheit.
»Und sie hörten eine große Stimme vom Himmel zu ihnen sagen: Steigt herauf! Und sie stiegen auf in den Himmel in einer Wolke«A44, das heißt, sie hörten, wie vom unsichtbaren Himmel aus die Stimme Gottes zu ihnen sprach: Ihr habt alles erfüllt, womit ihr beauftragt wart im Hinblick auf die Erziehung der Menschen und die Verkündigung der frohen Botschaft dessen, was kommen wird. Ihr habt Meine Botschaft dem Volk überbracht, den Ruf der Wahrheit erhoben und jede Eurer Verpflichtungen erfüllt. Nun sollt ihr es Christus gleichtun, euer Leben auf dem Pfad des Geliebten hingeben und den Märtyrertod erleiden. Und in diesem Sinne gingen beide, die Sonne der Wirklichkeit und der Mond der Führung,A45 wie Christus am Horizont des höchsten Opfers unter und stiegen in das himmlische Reich auf.
»Und es sahen sie ihre Feinde.«A46 Das heißt, nach ihrem Martyrium erkannten viele ihrer Feinde ihre erhabene Stufe und ihre vortreffliche Tugendhaftigkeit, und sie bezeugten ihre Größe und Vollkommenheit.
»Und zu derselben Stunde geschah ein großes Erdbeben, und der zehnte Teil der Stadt stürzte ein; und es wurden getötet in dem Erdbeben siebentausend Menschen.«A47 Dieses Erdbeben ereignete sich in Shíráz nach dem Märtyrertod des Báb. Die Stadt versank in Aufruhr und viele Menschen wurden getötet. Ein erheblicher Aufruhr entstand zudem durch Krankheiten, Cholera, Unterversorgung, Hungersnöte und andere Bedrängnisse – ein Aufruhr, desgleichen man bis dahin nie gesehen hatte.
»Und die andern erschraken und gaben dem Gott des Himmels die Ehre.«A48 Als sich das Erdbeben in der Provinz Fárs ereignete, jammerten und klagten die Überlebenden Tag und Nacht, priesen Gott und flehten Ihn an. Ihre Angst und Unruhe waren so groß, dass sie des Nachts weder Ruhe noch Frieden finden konnten.
»Das zweite Wehe ist vorüber; siehe, das dritte Wehe kommt schnell.«A49 Das erste Wehe war das Erscheinen des Gesandten Gottes, Muḥammad, der Sohn des ‘Abdu’lláh, Friede sei mit Ihm. Das zweite Wehe war das Kommen des Báb, auf Ihm sei Herrlichkeit und Lobpreis. Das dritte Wehe ist der große Tag der Ankunft des Herrn der Heerscharen und die Offenbarung der verheißenen Schönheit. Die Erklärung dieser Frage findet sich im dreißigsten Kapitel Hesekiels, wo es heißt: »Und des Herrn Wort geschah zu mir: Du Menschenkind, weissage und sprich: So spricht Gott der Herr: Heulet! Wehe, was für ein Tag! Denn der Tag ist nahe, ja, des Herrn Tag ist nahe.«A50 Es ist also offensichtlich, dass der Tag des Wehs der Tag des Herrn ist; denn an jenem Tag gilt das Weh den Achtlosen, den Sündern und den Unwissenden. Darum heißt es, »Das zweite Wehe ist vorüber; und siehe, das dritte Wehe kommt schnell.« Dieses dritte Wehe ist der Tag der Offenbarung Bahá’u’lláhs, der Tag Gottes, und es ist nahe dem Tag des Erscheinens des Báb.
»Und der siebente Engel blies seine Posaune; und es erhoben sich große Stimmen im Himmel, die sprachen: Nun gehört die Herrschaft über die Welt unserm Herrn und seinem Christus, und er wird regieren von Ewigkeit zu Ewigkeit.«A51 Dieser Engel erwähnt menschliche Seelen, die mit himmlischen Eigenschaften ausgestattet wurden und denen eine engelhafte Natur und Gesinnung verliehen ist. Stimmen werden sich erheben und das Erscheinen der göttlichen Manifestation wird weithin verkündet. Es wird verkündet, dass dieser Tag der Tag des Erscheinens des Herrn der Heerscharen und diese Sendung die Gnadengabe göttlicher Vorsehung ist. In allen heiligen Büchern und Schriften wurde verheißen und festgehalten, dass an diesem Tag Gottes Seine himmlische und geistige Herrschaft errichtet wird, die Welt erneuert wird, ein neuer Geist dem Körper der Schöpfung eingehaucht wird, der göttliche Frühling eingeläutet wird, die Wolken der Barmherzigkeit herabregnen werden, die Sonne der Wahrheit erstrahlen wird und lebensspendende Brisen wehen werden. Die Menschenwelt wird mit einem neuen Gewand geschmückt, das Antlitz der Erde wird geradezu dem höchsten Paradies gleichen, der Menschheit wird Erziehung zuteilwerden; Krieg, Uneinigkeit, Auseinandersetzungen und Streit werden verschwinden; Wahrhaftigkeit, Aufrichtigkeit, Frieden und Frömmigkeit werden obsiegen; Liebe, Eintracht und Einheit werden die Welt umfassen und Gott wird für immer herrschen – das heißt, eine immerwährende geistige Herrschaft wird errichtet. Das ist der Tag Gottes. Alle Tage, die kamen und gingen, waren die Tage Abrahams, Mose, Christi oder anderer Propheten; dieser Tag jedoch ist der Tag Gottes, da an diesem Tag die Sonne der Wahrheit mit der größten Intensität und Strahlkraft scheinen wird.
»Und die vierundzwanzig Ältesten, die vor Gott auf ihren Thronen saßen, fielen nieder auf ihr Angesicht und beteten Gott an und sprachen: Wir danken dir, Herr, allmächtiger Gott, der du bist und der du warst, dass du deine große Macht an dich genommen und die Herrschaft ergriffen hast!«A52 In jeder Sendung gab es zwölf Auserwählte: Zur Zeit Josefs gab es zwölf Brüder, zur Zeit Mose zwölf Stammesführer, zur Zeit Christi zwölf Apostel und zur Zeit Muḥammads gab es zwölf Imáme. Aber in dieser ruhmreichen Offenbarung gibt es, bedingt durch ihre Größe, vierundzwanzig solcher Seelen, doppelt so viele wie bei all den anderen.A53 Diese heiligen Seelen thronen in der Gegenwart Gottes, was bedeutet, dass sie auf ewig herrschen.
Obwohl diese vierundzwanzig ruhmreichen Seelen auf dem Throne ewiger Souveränität sitzen, verbeugen sie sich dennoch in demütiger Ergebenheit vor jener allumfassenden Manifestation Gottes und sprechen: »Wir danken dir, Herr, allmächtiger Gott, der du bist und der du warst, dass du deine große Macht an dich genommen und die Herrschaft ergriffen hast!« Das heißt: Du wirst alle Deine Lehren verkünden, die ganze Menschheit unter Deinem Schatten versammeln und alle Menschen unter einem einzigen Tabernakel zusammenführen. Und obwohl die Herrschaft immer Gottes ist und Er seit jeher und bis in alle Ewigkeit höchster Herrscher bleiben wird, bezieht sich diese Stelle hier auf die Souveränität der Manifestation Seines eigenen Selbstes, die Gesetze und Lehren verkünden wird, die den Geist der Menschenwelt und die Quelle ewigen Lebens darstellen. Diese allumfassende Manifestation wird die Welt nicht durch Krieg und Streit, sondern durch eine geistige Macht unterwerfen. Er wird die Welt mit Frieden und Einklang schmücken und nicht mit Schwertern und Speeren. Er wird diese göttliche Herrschaft durch aufrichtige Liebe begründen, nicht durch militärische Macht. Er wird diese göttlichen Lehren durch Güte und Freundschaft verbreiten, nicht durch Gewalt und Waffen. Auch wenn diese Nationen und Völker angesichts der Verschiedenartigkeit ihrer Verhältnisse, ihrer unterschiedlichen Bräuche und Wesenszüge, der Vielfalt ihrer Religionen und Hautfarben so unterschiedlich sind wie der Wolf und das Lamm, der Leopard und das Böcklein, der Säugling und die Natter, wird Er sie so erziehen, dass sie einander umarmen, sich zueinander gesellen und einander vertrauen werden. Rassenhass, religiöse Feindseligkeit und nationale Rivalitäten werden völlig beseitigt, und alle werden vollkommene Gemeinschaft und Eintracht unter dem Schutz des Gesegneten Baumes finden.
»Und die Völker sind zornig geworden«, denn Deine Weisungen standen im Widerspruch zu den selbstsüchtigen Wünschen der anderen Völker, »und es ist gekommen Dein Zorn«A54, was bedeutet, dass alle schwerwiegende Verluste erleiden mussten, da sie Deinen Ratschlägen, Ermahnungen und Lehren nicht folgten; sie waren der ewigen Gnade beraubt und Schleier trennten sie vom Licht der Sonne der Wahrheit.
»Und die Zeit, die Toten zu richten«A55 bedeutet, dass die Zeit gekommen ist, in der über die Toten, also jene, die den Geist der Liebe Gottes entbehren und des ewigen und heiligen Lebens beraubt sind, das gerechte Urteil gesprochen werden soll, was bedeutet, dass jeder nach Wert und Fähigkeit auferweckt wird und dass die volle Wahrheit offen gelegt werden soll, in welchen Abgründen der Erniedrigung sie sich in dieser Welt des Seins befinden und dass sie wahrhaftig zu den Toten zählen.
»Und den Lohn zu geben Deinen Knechten, den Propheten und den Heiligen und denen, die Deinen Namen fürchten, die Kleinen und die Großen«A56, das heißt, Du wählst die Gerechten für Deine grenzenlose Gnade aus, lässt sie wie himmlische Sterne am Horizont urewiger Herrlichkeit leuchten und stehst ihnen bei, ein Verhalten und einen Charakter an den Tag zu legen, mit dem sie die Menschenwelt erleuchten und zum Mittel der Führung und zum Born ewigen Lebens im Königreich Gottes werden.
»Und zu vernichten, die die Erde vernichten.«A57 Das heißt, Du wirst den Achtlosen alles nehmen; denn die Blindheit der Blinden wird bloßgestellt und die Sehkraft der Sehenden wird offenkundig; die Unwissenheit und Torheit der Irregeleiteten wird erkannt werden und die Erkenntnis und Weisheit der Rechtgeleiteten wird offenbart und so werden die Zerstörer vernichtet.
»Und der Tempel Gottes im Himmel wurde aufgetan.«A58 Damit ist gemeint, dass das himmlische Jerusalem erschienen und das Allerheiligste offenbar geworden ist. Für die Menschen mit wahrem Wissen bezieht sich das Allerheiligste auf das Wesen der Religion Gottes und auf Seine wahre Lehre, die, wie zuvor erklärt, in allen prophetischen Sendungen unverändert geblieben ist, wobei Jerusalem die Wirklichkeit der Religion Gottes, also das Allerheiligste, ebenso umfasst wie all die Gesetze, Transaktionen, die Riten und materiellen Verordnungen, die die Stadt ausmachen. Darum heißt es das himmlische Jerusalem. Kurz gesagt, im Laufe der Sendung der Sonne der Wahrheit werden die Lichter Gottes mit größter Pracht leuchten und so wird der Kern göttlicher Lehren in der Welt des Seins verwirklicht werden, die Dunkelheit der Unwissenheit und der Torheit wird vertrieben, die Welt wird eine andere Welt, geistige Erleuchtung wird alle umfassen, und so wird das Allerheiligste erscheinen.
»Und der Tempel Gottes im Himmel wurde aufgetan.«A59 Das heißt auch, dass durch die Verbreitung dieser göttlichen Lehren, die Enthüllung dieser himmlischen Mysterien und durch das Aufgehen der Sonne der Wahrheit die Pforten des Fortschritts nach allen Seiten weit geöffnet und die Zeichen himmlischer Segnungen und Gnadengaben offenkundig werden.
»Und die Lade seines Bundes wurde in seinem Tempel sichtbar.«A60 Das bedeutet, dass das Buch Seines Bundes in Seinem Jerusalem erscheinen wird, dass die Tafel des Testaments aufgezeichnet wird und dass die Bedeutung des Bundes und des Testaments klar ersichtlich wird. Der Ruf Gottes wird überall in Ost und West widerhallen, und der Ruhm der Sache Gottes wird die Erde umspannen. Die Bundesbrecher werden gedemütigt und erniedrigt, und die Gläubigen werden Ehre und Ruhm erlangen, denn sie halten sich beharrlich an das Buch des Bundes und bleiben standhaft und unerschütterlich auf dem Pfad des Testaments.
»Und es geschahen Blitze und Stimmen und Donner und Erdbeben und ein großer Hagel.«A61 Das bedeutet, dass nach dem Erscheinen des Buches des Bundes ein großer Sturm hereinbrechen wird, dass Blitze des göttlichen Grolls und Zorns aufflammen, der Donner des Bundesbruchs losbrechen, das Beben des Zweifels die Erde erschüttern, der Hagel der Qualen auf die Bundesbrecher niederprasseln wird und dass diejenigen, die behaupten zu glauben, auf die Probe gestellt werden.

Kapitel 12

Kommentar zum elften Kapitel Jesajas

In Jesaja 11:1–9 heißt es: »Und ein Spross wird hervorgehen aus dem Stumpf Isais, und ein Schössling aus seinen Wurzeln wird Frucht bringen. Und auf ihm wird ruhen der Geist des HERRN, der Geist der Weisheit und des Verstandes, der Geist des Rates und der Kraft, der Geist der Erkenntnis und Furcht des HERRN; und er wird sein Wohlgefallen haben an der Furcht des HERRN. Er wird nicht richten nach dem, was seine Augen sehen, und nicht zurechtweisen nach dem, was seine Ohren hören, sondern er wird die Geringen richten in Gerechtigkeit und die Elenden des Landes zurechtweisen in Geradheit. Und er wird den Gewalttätigen schlagen mit dem Stab seines Mundes und mit dem Hauch seiner Lippen den Gottlosen töten. Gerechtigkeit wird der Schurz seiner Hüften sein und die Treue der Schurz seiner Lenden. Und der Wolf wird beim Lamm weilen und der Leopard beim Böckchen lagern. Das Kalb und der Junglöwe und das Mastvieh werden zusammen sein, und ein kleiner Junge wird sie treiben. Kuh und Bärin werden miteinander weiden, ihre Jungen werden zusammen lagern. Und der Löwe wird Stroh fressen wie das Rind. Und der Säugling wird spielen an dem Loch der Viper und das entwöhnte Kind seine Hand ausstrecken nach der Höhle der Otter. Man wird nichts Böses tun noch verderblich handeln auf meinem ganzen heiligen Berg. Denn das Land wird voll von Erkenntnis des HERRN sein, wie von Wasser, das das Meer bedeckt.«
Dieser »Spross aus dem Stumpf Isais« scheint auf Christus hinzuweisen, denn Josef war ein Nachkomme von Isais, dem Vater von David. Weil Christus aber durch den göttlichen Geist ins Leben gerufen wurde, bezeichnete Er sich als Sohn Gottes. Wäre das nicht der Fall gewesen, hätte diese Aussage durchaus auf Ihn zutreffen können. Darüber hinaus sind die für die Tage dieses Spross’ vorhergesagten Ereignisse im übertragenen Sinne nur teilweise eingetreten und wenn man sie wörtlich nimmt, dann sind sie in den Tagen Christi gänzlich ausgeblieben.
Zum Beispiel könnte man sagen, der Leopard und das Böckchen, der Löwe und das Kalb, der Säugling und die Viper repräsentieren die verschiedenen Nationen, die feindlichen Völker und streitenden Stämme auf Erden, die in ihrer Feindseligkeit Wolf und Lamm glichen und durch die Brisen des messianischen Geistes mit dem Geist der Einheit und Gemeinschaft beschenkt wurden, zum Leben erwachten und vertrauten Umgang miteinander pflegten. Der Zustand aber, auf den hier angespielt wird, »Man wird nichts Böses tun noch verderblich handeln auf meinem ganzen heiligen Berg. Denn das Land wird voll von Erkenntnis des HERRN sein, wie von Wasser, das das Meer bedeckt«, ist in der Sendung Christi nicht eingetreten. Tatsächlich gibt es bis zum heutigen Tage verschiedene einander feindlich gesinnte und miteinander streitende Völker: Nur wenige erkennen den Gott Israels an und die meisten sind bar der Erkenntnis Gottes. Ebenso wurde mit dem Kommen Christi kein allumfassender Friede begründet, das heißt, unter den feindseligen und streitsüchtigen Nationen wurden Frieden und Wohlergehen nicht verwirklicht, Auseinandersetzungen und Konflikte nicht beigelegt und Eintracht und Aufrichtigkeit nicht erreicht. So herrschen sogar bis heute unter christlichen Völkern extreme Feindschaft, Hass und Konflikte.
Diese Verse treffen aber Wort für Wort auf Bahá’u’lláh zu. In dieser wundersamen Sendung wird zudem die Erde zu einer anderen Erde und die Menschenwelt wird in vollkommener Ruhe und Schönheit erstrahlen. Zwietracht, Streit und Blutvergießen werden weichen für Frieden, Aufrichtigkeit und Eintracht. Unter den Nationen, Völkern, Stämmen und Regierungen wird Liebe und Freundschaft herrschen und Zusammenarbeit und enge Verbundenheit wird dauerhaft bestehen. Schließlich wird der Krieg gänzlich abgeschafft und sobald die Gesetze des Heiligsten Buches in Kraft gesetzt sind, werden Auseinandersetzungen und Streitigkeiten von einem weltweiten Gerichtshof der Regierungen und Völker in äußerster Gerechtigkeit beigelegt und alle etwaigen Probleme gelöst. Die fünf Kontinente der Welt werden wie ein einziger Kontinent, ihre verschiedenen Nationen zu einer Nation, die Erde wird zu einer Heimat und die Menschheit zu einem Volk. Länder werden so eng miteinander verbunden sein, und Völker und Nationen werden so miteinander verwoben und vereint, dass die Menschheit wie eine einzige Familie wird. Das Licht der himmlischen Liebe wird leuchten, und die düstere Finsternis von Hass und Feindschaft wird so weit wie möglich aufgelöst werden. Allumfassender Frieden wird sein Festzelt inmitten der Schöpfung errichten und der gesegnete Baum des Lebens wird so wachsen und gedeihen, dass sein schützender Schatten sich über Ost und West erstreckt. Starke und Schwache, Reiche und Arme, streitende Stämme und feindliche Nationen – sie gleichen Wolf und Lamm, Leopard und Böckchen, Löwe und Kalb – werden einander mit größter Liebe, Einheit, Gerechtigkeit und Unparteilichkeit begegnen. Die Erde wird erfüllt sein mit Wissen und Gelehrsamkeit, mit den Wahrheiten und Geheimnissen der Schöpfung und mit der Erkenntnis Gottes.
Nun bedenke, wie weit in diesem ruhmreichen Zeitalter, dem Jahrhundert Bahá’u’lláhs, Wissen und Gelehrsamkeit fortgeschritten sind, wie umfassend die Geheimnisse der Schöpfung enthüllt worden sind und wie viele großartige Unternehmungen auf den Weg gebracht wurden und sich Tag für Tag mehren! Bald werden weltliches Wissen und Gelehrsamkeit sowie geistige Erkenntnis derartige Fortschritte machen und solche Wunder bewirken, dass sie jedes Auge in Staunen versetzen und die ganze Bedeutung des Verses Jesajas offenbaren: »Denn das Land wird voll von Erkenntnis des Herrn sein.«
Bedenke auch, dass in der kurzen Zeitspanne seit dem Kommen Bahá’u’lláhs Menschen aller Nationen, Geschlechter und Völker in den Schatten dieser Sache getreten sind. Christen, Juden, Zoroastrier, Hindus, Buddhisten und Perser begegnen einander mit solch vollkommener Liebe und Verbundenheit, als hätten sie tausend Jahre lang demselben Stamm und derselben Familie angehört – als wären sie tatsächlich Vater und Sohn, Mutter und Tochter, Schwester und Bruder. Dies ist eine der Bedeutungen der Gemeinschaft von Wolf und Lamm, von Leopard und Böckchen, von Löwe und Kalb.
Eines der großen Ereignisse, das sich am Tag der Manifestation dieses unvergleichlichen Schösslings ereignen wird, ist das Hissen des Banners Gottes unter allen Völkern. Damit ist gemeint, dass alle Völker und Geschlechter unter dem Schatten dieses göttlichen Banners, das nichts anderes als der Schössling des Herrn selbst ist, zu einem einzigen Volk werden. Religiöse und sektiererische Gegensätze, Feindschaft zwischen Völkern und Menschen unterschiedlicher Herkunft und Streitigkeiten zwischen Nationen werden beseitigt sein. Alle Menschen werden einer Religion angehören, einem gemeinsamen Glauben folgen, zu einem Menschengeschlecht verschmelzen und zu einem einzigen Volk werden. Alle werden in einem gemeinsamen Heimatland wohnen, das den gesamten Erdball umschließt.A62 Allumfassender Friede und Eintracht wird unter allen Nationen herrschen. Dieser unvergleichliche Schössling wird ganz Israel versammeln; das heißt, in Seiner Sendung wird Israel im Heiligen Land versammelt werden; das jüdische Volk, das jetzt im Osten und Westen, im Norden und im Süden verstreut ist, wird versammelt werden.
Beachte, dass diese Ereignisse nicht in der christlichen Sendung stattgefunden haben, denn die Nationen haben sich nicht unter einem einzigen Banner – jenem göttlichen Schössling – versammelt, aber in dieser Sendung des Herrn der Heerscharen werden alle Nationen und Völker in Seinen Schatten treten. Desgleichen wurde das über die ganze Welt verstreute Israel nicht im Zuge der christlichen Sendung im Heiligen Land versammelt, aber zu Beginn der Sendung Bahá’u’lláhs begann diese in allen Büchern der Propheten eindeutig gegebene göttliche Verheißung Wirklichkeit zu werden. Sieh, wie aus allen Teilen der Welt jüdische Volksgruppen in das Heilige Land kommen, Dörfer und Ländereien erwerben, um dort zu wohnen und von Tag zu Tag werden es immer mehr, so dass ganz Palästina für sie zur Wohnstatt wird.

Kapitel 13

Kommentar zum zwölften Kapitel der Offenbarung des Johannes

Wir haben bereits erörtert, dass mit der Heiligen Stadt oder dem göttlichen Jerusalem in den Heiligen Schriften meist die Religion Gottes gemeint ist, die bisweilen auch mit einer Braut verglichen wird oder ›Jerusalem‹ genannt oder als der neue Himmel und die neue Erde beschrieben wird. So heißt es in der Offenbarung, Kapitel 21: »Und ich sah einen neuen Himmel und eine neue Erde; denn der erste Himmel und die erste Erde sind vergangen, und das Meer ist nicht mehr. Und ich, Johannes, sah die Heilige Stadt, das neue Jerusalem, von Gott aus dem Himmel herabkommen, bereitet wie eine geschmückte Braut für ihren Mann. Und ich hörte eine große Stimme von dem Thron her, die sprach: Siehe da, die Hütte Gottes bei den Menschen! Und er wird bei ihnen wohnen, und sie werden sein Volk sein und er selbst, Gott mit ihnen, wird ihr Gott sein.«A63
Denke darüber nach, wie unverkennbar »der erste Himmel« und »die erste Erde« sich auf die äußeren Aspekte der früheren Religion beziehen. Denn es heißt: »… der erste Himmel und die erste Erde sind vergangen, und das Meer ist nicht mehr.« Das heißt, die Erde ist der Schauplatz des Jüngsten Gerichts, und dort wird es das Meer nicht mehr geben, was bedeutet, dass die Lehre und das Gesetz Gottes auf der ganzen Erde verbreitet sein werden, die ganze Menschheit Seine Sache angenommen haben wird, und die Erde gänzlich von Gläubigen bevölkert sein wird. Es wird also kein Meer mehr geben, weil der Mensch das Festland und nicht das Meer bewohnt – das heißt, in jener Sendung wird sich der Einflussbereich der Religion über alle von Menschen bewohnten Länder erstrecken und sie wird auf festem Grund stehen, auf dem die Füße nicht straucheln.
Ebenso wird die Religion Gottes als die Heilige Stadt und das Neue Jerusalem bezeichnet. Es liegt auf der Hand, dass das Neue Jerusalem, das vom Himmel herabkommt, keine Stadt aus Stein und Kalk, aus Ziegel und Mörtel ist, sondern vielmehr die Religion Gottes, die vom Himmel hernieder kommt und als neu bezeichnet wird. Denn es ist offensichtlich, dass nicht das Jerusalem aus Stein und Mörtel vom Himmel herabkommt und erneuert wird; was erneuert wird ist die Religion Gottes.
Zudem wird die Religion Gottes mit einer geschmückten Braut verglichen, die mit größter Anmut erscheint, wie es in Kapitel 21 der Offenbarung des Johannes heißt: »Und ich sah die Heilige Stadt, das neue Jerusalem, von Gott aus dem Himmel herabkommen, bereitet wie eine geschmückte Braut für ihren Mann.«A64 Und in Kapitel 12 heißt es: »Und es erschien ein großes Zeichen am Himmel: eine Frau, mit der Sonne bekleidet, und der Mond unter ihren Füßen und auf ihrem Haupt eine Krone von zwölf Sternen.« Diese Frau ist jene Braut, die Religion Gottes, die auf Muḥammad herabkam. Die Sonne, mit der sie bekleidet war, und der Mond unter ihren Füßen sind die beiden Regierungen, die im Schatten dieser Religion stehen, die persische und die osmanische, denn das Wahrzeichen Persiens ist die Sonne und das des Osmanischen Reiches ist der Halbmond. So spielen die Sonne und der Mond auf zwei Regierungen im Schatten der Religion Gottes an. Danach heißt es, dass »… auf ihrem Haupt eine Krone mit zwölf Sternen« ruhe. Diese zwölf Sterne stehen für die zwölf Imáme, die Förderer der Religion Muḥammads und Erzieher des Volkes waren und wie Sterne am Himmel der Führung leuchteten.
Dann heißt es: »Sie war schwanger und schrie in Kindsnöten und litt große Qual bei der Geburt«A65, was bedeutet, dass diese Religion unter großen Schwierigkeiten zu leiden hat und große Not und Mühsal ertragen wird, bis ein vollkommener Nachkomme aus ihr hervorgeht, das heißt, bis die nachfolgende und verheißene Manifestation als vollkommener Nachkomme im Schoße dieser Religion aufgewachsen ist, die Ihm wie eine Mutter ist. Mit diesem Nachkommen ist der Báb gemeint, der Erste Punkt, der ja tatsächlich aus der Religion Muḥammads hervorging. Mit anderen Worten, diese heilige Wirklichkeit, die Kind und Frucht der Religion Gottes – seiner Mutter – und zugleich ihr Verheißener war, kam im Himmelreich dieser Religion ins Dasein, wurde aber zu Gott entrückt, um dem Aufstieg des Drachens zu entgehen. Nach 1260 Tagen wurde der Drache vernichtet und der Nachkomme der Religion Gottes, des Verheißenen, wurde offenbart.
»Und es erschien ein anderes Zeichen am Himmel, und siehe, ein großer, roter Drache, der hatte sieben Häupter und zehn Hörner und auf seinen Häuptern sieben Kronen. Und sein Schwanz fegte den dritten Teil der Sterne des Himmels hinweg und warf sie auf die Erde.«A66 Dieser Drache steht für die Umayyaden, die die Herrschaft der Religion Muḥammads an sich gerissen hatten; und die sieben Häupter und sieben Kronen repräsentieren die sieben Herrschaftsgebiete und Königreiche, über die sie regierten: das römische Herrschaftsgebiet in Syrien; das persische, arabische und ägyptische Herrschaftsgebiet; das Herrschaftsgebiet Afrikas, das heißt Tunesien, Marokko und Algerien; das Herrschaftsgebiet Andalusiens, das heutige Spanien; und das Herrschaftsgebiet der türkischen Stämme von Transoxanien. Die Umayyaden erlangten Macht über all diese Herrschaftsgebiete. Die zehn Hörner stehen für die Namen der Umayyaden-Herrscher, denn abgesehen von Wiederholungen sind es zehn Regenten, also zehn Namen von Oberhäuptern und Herrschern. Der erste ist Abú Sufyán und der letzte ist Marván. Einige Namen wiederholen sich, darunter sind zwei Mu‘áviyihs, drei Yazíds, zwei Valíds und zwei Marváns. Werden diese Namen jedoch nur einmal gezählt, so sind es insgesamt zehn. Angefangen bei Abú Sufyán, dem ehemaligen Oberhaupt von Mekka und Gründer der Dynastie, bis hin zu Marván – vernichteten die Umayyaden ein Drittel der heiligen und gesegneten Nachkommen aus der reinen Abstammung Muḥammads, die wie die Sterne am Himmel waren.
»Und der Drache trat vor die Frau, die gebären sollte, damit er, wenn sie geboren hätte, ihr Kind fräße.«A67 Diese Frau ist die Religion Gottes, wie zuvor erklärt wurde. Dass der Drache vor ihr steht, deutet darauf hin, dass er nur darauf wartet, ihr Kind sofort nach der Geburt zu verschlingen. Dieses Kind war die verheißene Manifestation, der Nachkomme der Religion Muḥammads. Die Umayyaden waren stets darauf bedacht, den Verheißenen, der von Muḥammad abstammen sollte, zu ergreifen, um Ihn zu vernichten, denn sie hatten große Angst vor Seinem Kommen. Und wo immer sie einen Nachkommen von Muḥammad fanden, der bei den Menschen besonders angesehen war, töteten sie ihn.
»Und sie gebar einen Sohn, einen Knaben, der alle Völker weiden sollte mit eisernem Stabe.«A68 Dieser herrliche Sohn ist die verheißene Manifestation, geboren aus der Religion Gottes und aufgewachsen im Schoß der göttlichen Lehren. Der eiserne Stab ist eine Metapher für Kraft und Macht – sie ist kein Schwert – und bedeutet, dass Er alle Völker der Erde mit Seiner göttlichen Kraft und Macht weiden wird. Und mit diesem Sohn ist der Báb gemeint.
»Und ihr Kind wurde entrückt zu Gott und seinem Thron.«A69 Dies ist eine Prophezeiung über den Báb, der zum Königreich, dem Throne Gottes und Sitz Seiner Souveränität emporgestiegen ist. Sieh, wie genau dies mit dem übereinstimmt, was tatsächlich eingetreten ist.
»Und die Frau entfloh in die Wüste«A70; das heißt, die Religion Gottes zog sich in die Wüste zurück, womit die riesige Wüste von Ḥijáz und die arabische Halbinsel gemeint ist.
»Wo sie einen Ort hatte, bereitet von Gott«A71, das heißt, die Arabische Halbinsel wurde zum Zufluchtsort, zur Wohnstätte und zum Zentrum der Religion Gottes.
»Dass sie dort ernährt werde tausendzweihundertsechzig Tage«A72. Gemäß der Terminologie der Bibel bedeuten diese 1260 Tage, wie zuvor erläutert wurde, 1260 Jahre. So wurde 1260 Jahre lang die Religion Gottes in der riesigen Wüste Arabiens aufgebaut, bis der Verheißene erschien. Nach 1260 Jahren wurde diese Religion außer Kraft gesetzt, denn die Frucht dieses Baumes war erschienen und sein Ergebnis war erreicht.
Betrachte, wie genau die Prophezeiungen miteinander übereinstimmen! Das Buch der Offenbarung legt das Erscheinen des Verheißenen auf zweiundvierzig Monate fest. Der Prophet Daniel gibt drei Zeiten und eine halbe an, das entspricht auch 42 Monaten oder 1260 Tagen. Ein anderer Abschnitt der Offenbarung des Johannes nennt unmittelbar 1260 Tage, und in der Bibel wird explizit darauf verwiesen, dass jeder Tag einem Jahr entspricht. Noch klarer könnten diese Prophezeiungen nicht miteinander übereinstimmen. Der Báb erschien im Jahr 1260 nach der Hijrah, dem Kalender entsprechend, dem alle Muslime folgen. In der Heiligen Schrift gibt es keine klarere Prophezeiung über irgendeine Manifestation als diese. Gerecht beurteilt ist die Übereinstimmung zwischen den von diesen erhabenen Seelen angegebenen Zeiten der schlüssigste Beweis und kann nicht anders gedeutet werden. Gesegnet sind die Gerechten, die die Wahrheit suchen.
Wenn es jedoch an Gerechtigkeit mangelt, dann ziehen die Menschen das Offensichtliche in Zweifel, bestreiten und leugnen es. Ihr Verhalten ist wie das der Pharisäer in der Zeit Christi, die die Auslegungen und Erklärungen von Ihm und Seinen Aposteln hartnäckig abstritten, und die vorsätzlich die Wahrheit vor den unwissenden Massen verbargen, indem sie sagten: »Diese Prophezeiungen beziehen sich nicht auf Jesus, sondern auf den Verheißenen, der bald unter den in der Thora genannten Voraussetzungen erscheinen wird« – dazu zählt, dass Er ein König sein und auf dem Thron Davids sitzen werde, das Gesetz der Thora durchsetzen, die größte Gerechtigkeit einführen und bewirken werde, dass sich Wolf und Lamm an derselben Quelle versammeln. Und so haben sie die Menschen davon abgehalten, Christus zu erkennen.

Kapitel 14

Zyklen in der materiellen und der geistigen Welt

In der materiellen Welt bringt die Zeit zyklische Veränderungen mit sich und der Raum unterliegt wechselnden Bedingungen. Jahreszeiten folgen aufeinander und Menschen machen Fortschritte, Rückschritte und entwickeln sich. Es gibt die Zeit des Frühlings und die des Herbstes; es gibt die Zeit des Sommers und die des Winters.
Die Frühlingszeit bringt schwere Regenwolken und duftende Moschusbrisen, sanften warmen Wind und ein wunderbar mildes Wetter. Es regnet, die Sonne scheint, belebende Brisen wehen, die Welt wird erneuert, und der Lebensodem offenbart sich in Pflanze, Tier und Mensch. Alles irdische Dasein geht von einem Zustand in einen anderen über. Alle Dinge sind mit einem neuen Gewand bekleidet: Die schwarze Erde wird von üppigem Gras bedeckt, Berge und Ebenen erscheinen in einem smaragdgrünen Gewand, Bäume tragen Blätter und Blüten, Gärten bringen Blumen und duftende Kräuter hervor, die Welt wird zu einer anderen Welt und die ganze Schöpfung wird mit neuem Leben erfüllt. Die Erde, die wie ein lebloser Körper war, empfängt einen neuen Geist und zeigt sich in höchster Schönheit, Anmut und Ausstrahlung. So bringt die Frühlingszeit neues Leben hervor und verleiht einen neuen Geist.
Dann kommt der Sommer, die Hitze nimmt zu und Wachstum und Entwicklung entfalten ihre ganze Kraft. Die Lebenskraft im Pflanzenreich erlangt ihre Fülle: Früchte und Getreide bilden sich heraus, die Erntezeit kommt, die Saat wird zur Garbe, und es wird für die Wintermonate vorgesorgt.
Dann kommt der unerbittliche Herbst, wenn sich unheilvolle Stürme erheben, heftige Winde wehen und die karge, entbehrungsreiche Jahreszeit beginnt. Alles verdorrt, die angenehme Luft wird rau und kühl, die Frühlingsbrisen verwandeln sich in Herbstwinde, Bäume, die zuvor grün und fruchtbar waren, verkümmern und werden kahl, Blumen und Kräuter welken dahin und köstliche Gärten werden zu trostlosen Staubhaufen.
Es folgt der Winter, wenn eisige Winde wehen und Stürme aufkommen. Es schneit und stürmt, es hagelt und regnet, es donnert und blitzt; alles friert und erstarrt. Pflanzen sterben und Tiere siechen dahin und verkümmern.
Wenn dieses Stadium erreicht ist, kehrt die lebensspendende Frühlingszeit wieder zurück und ein neuer Zyklus beginnt. Der Frühling mit seiner grenzenlosen Energie und Anmut und in der Fülle seiner Größe und Majestät, schlägt sein Zelt auf Bergen und Ebenen auf. Und erneut wird die Gestalt erschaffener Dinge wiederbelebt und die Schöpfung bedingter Wesen erneuert. Lebendige Körper wachsen und entwickeln sich, Felder und Ebenen werden grün und fruchtbar, Bäume bringen Blüten hervor, und der Frühling des letzten Jahres kehrt in größter Majestät und Pracht zurück. Die bloße Existenz des Erschaffenen wird immer von diesen Zyklen und Abfolgen abhängen und durch sie aufrechterhalten werden. Das sind die Zyklen und Umwälzungen in der materiellen Welt.
Die geistigen Zyklen, die mit den Propheten Gottes verbunden sind, verlaufen in gleicher Weise. Das heißt, der Tag des Erscheinens der Heiligen Manifestationen ist der geistige Frühling. Er ist göttlicher Glanz und himmlische Gnade; er ist der Odem des Lebens und die Morgendämmerung der Sonne der Wahrheit. Der Geist wird belebt, das Herz erfrischt, die Seele veredelt, alles Sein wird in Bewegung versetzt, der Menschen Wirklichkeit frohlockt und Fertigkeiten und Vollendung nehmen zu. Allgemeiner Fortschritt wird erzielt, die Seelen werden versammelt und die Toten zum Leben erweckt, denn es ist der Tag der Auferstehung, die Zeit der Unruhe und Gärung, die Stunde der Freude und des Glücks, die Zeit der Verzückung und der Hingabe.
Dieser lebensspendende Frühling bringt dann einen Sommer voller Früchte hervor. Das Wort Gottes wird verkündet, Sein Gesetz verbreitet, und alles Dasein erreicht einen Zustand der Vollkommenheit. Die himmlische Tafel wird ausgebreitet, die duftenden Brisen der Heiligkeit dringen nach Ost und West, die Lehren Gottes erobern die ganze Erde, Seelen werden erzogen, lobenswerte Ergebnisse werden erzielt, allgemeiner Fortschritt wird im Menschenreich erlangt, die göttlichen Gaben umfassen alles Dasein, und die Sonne der Wahrheit scheint über dem Horizont des himmlischen Königreichs in ihrer vollen Macht und Stärke.
Wenn diese Sonne ihren Zenit erreicht, beginnt sie zu sinken, und auf diese Sommerzeit des Geistes folgt der Herbst. Wachstum und Entwicklung kommen zum Stillstand, sanfte Brisen verwandeln sich in verheerende Winde und die karge, entbehrungsreiche Jahreszeit lässt die Lebenskraft und Schönheit der Gärten, Felder und Lauben schwinden. Das heißt, geistige Anziehungskräfte schwinden, göttliche Eigenschaften vergehen, das Strahlen der Herzens verblasst, die Geistigkeit der Seelen wird getrübt, Tugenden werden zu Lastern, Heiligkeit und Reinheit sind nicht mehr zu finden. Vom Gesetz Gottes verbleibt nichts als ein Name und von den göttlichen Lehren nichts als eine äußere Form. Die Grundfesten der Religion Gottes werden zerstört und vernichtet, Bräuche und Traditionen treten an ihre Stelle, es kommt zu Spaltungen und Standhaftigkeit verwandelt sich in Bestürzung. Der Geist verkümmert, das Herz ermattet und die Seele erstarrt.
Der Winter bricht herein; das heißt, die Kälte der Torheit und Unwissenheit umhüllt die Welt und es herrscht die Dunkelheit eigensinniger und selbstsüchtiger Wünsche. Darauf folgt Gleichgültigkeit und Widerspenstigkeit, Trägheit und Torheit, Niedertracht und tierische Merkmale, Kälte und Versteinerung, genau wie zur Winterzeit, wenn der Erdball ohne den Einfluss der Sonnenstrahlen wüst und leer wird. Wenn das Reich von Geist und Verstand dieses Stadium erreicht, verbleibt nichts als der unabänderliche Tod und endloses Nichtsein.
Wenn jedoch die Winterzeit zu Ende geht, kehrt der geistige Frühling wieder zurück und ein neuer Zyklus offenbart seinen Glanz. Die Brisen des Geistes wehen, der strahlende Morgen bricht an, die Wolken des Barmherzigen regnen herab, die Strahlen der Sonne der Wahrheit leuchten, und die Welt des Seins wird mit neuem Leben erfüllt und in ein wundersames Gewand gekleidet. In dieser neuen Jahreszeit erscheinen alle Zeichen und Gaben des vorangegangenen Frühlings wieder, vielleicht sogar in noch größerem Maße.
Die geistigen Zyklen der Sonne der Wahrheit befinden sich wie die Zyklen der physischen Sonne in einem Zustand ständiger Bewegung und Erneuerung. Die Sonne der Wahrheit kann mit der materiellen Sonne verglichen werden, die an vielen verschiedenen Orten aufgeht. Einmal erhebt sie sich im Zeichen des Krebses und einmal im Zeichen der Waage; einmal erstrahlt sie im Zeichen des Wassermanns und ein andermal im Zeichen des Widders. Doch die Sonne ist nur eine Sonne und eine einzige Wirklichkeit. Die wahres Wissen besitzen, lieben die Sonne und sind nicht ihren Aufgangsorten verhaftet. Wer mit Einsicht begabt ist, sucht die Wahrheit selbst, nicht ihre Stellvertreter oder ihre Verkörperungen. So beugen sie sich in Anbetung vor der Sonne, in welchem Zeichen und über welchem Horizont sie auch immer aufgehen mag, und suchen die Wahrheit bei jeder geheiligten Seele, die sie offenbaren könnte. Solche Menschen entdecken unweigerlich die Wahrheit und sind nicht durch Schleier vom Licht der Sonne des göttlichen Himmels getrennt. Wer die Strahlen liebt und das Licht sucht, wird sich stets der Sonne zuwenden, ob sie nun im Zeichen des Widders scheint, ob sie ihre Gunst im Zeichen des Krebses gewährt oder ihre Strahlen im Zeichen des Zwillings aussendet.
Aber die Törichten und Unwissenden sind nur von den Tierkreiszeichen angetan und von den Aufgangsorten verzaubert, nicht von der Sonne selbst. Als sie im Krebs stand, wandten sie sich ihr zu, aber als sie in die Waage überging, fuhren sie – an das frühere Zeichen gefesselt – fort ihren Blick auf dieses Zeichen zu richten und daran festzuhalten. So beraubten sie sich der Strahlen der Sonne, sobald sie sich bewegt hatte. So erstrahlte einst die Sonne der Wahrheit im Zeichen Abrahams, später erhob sie sich im Zeichen Mose und erleuchtete den Horizont und noch später schien sie mit größter Kraft, Wärme und Ausstrahlung im Zeichen Christi. Die nach der Wahrheit suchten, beteten sie an, wo immer sie sie sahen, aber sobald die Sonne ihre Strahlen auf den Sinai warf und die Wirklichkeit Mose erleuchtete, wurden diejenigen, die sich weiter an Abraham hielten, ihrer beraubt. Und die sich an Mose klammerten, waren ebenso wie durch Schleier von Gott getrennt, als die Sonne der Wahrheit die Strahlenfülle ihres himmlischen Glanzes vom Aufgangsort Christi aus verbreitet hatte und so setzte es sich immer weiter fort.
Deshalb muss man nach der Wahrheit suchen, sich von jeder geheiligten Seele, in der man sie findet, verzücken und verzaubern lassen und sich ganz und gar von den Gnadengaben Gottes anziehen lassen. Wie ein Nachtfalter muss man das Licht lieben, in welcher Lampe es auch immer leuchtet; und wie eine Nachtigall muss man von der Rose bezaubert sein, in welcher Laube sie auch immer blüht.
Würde die Sonne im Westen aufgehen, so wäre es immer noch die Sonne. Ja, wo auch immer die Sonne aufgehen mag, es ist stets dieselbe Sonne. Man darf nicht annehmen, dass ihr Aufgang sich auf einen einzigen Ort beschränkt und dass die anderen Orte daran keinen Anteil haben. Man darf sich nicht von ihrem Aufgang im Osten täuschen lassen und den Westen als Ort ihres Untergangs betrachten. Man muss nach der mannigfachen Gunst Gottes suchen, nach dem göttlichen Strahlenglanz Ausschau halten und sich von jeder Wirklichkeit, in der sie klar und deutlich zu finden sind, verzücken und verzaubern lassen. Bedenke: Hätten sich die Juden nicht an den Horizont Mose geklammert, sondern ihren Blick auf die Sonne der Wahrheit gerichtet, dann hätten sie gewiss die Sonne in ihrer göttlichen Strahlenfülle in diesem wahren Aufgangsort, in Christus, wahrgenommen. Aber ach, tausendmal ach! Sie klammerten sich an den Namen Mose und beraubten sich dieser himmlischen Gnade und dieses göttlichen Glanzes.

Kapitel 15

Wahres Glück

Ehre und Erhabenheit alles Existierenden hängt von bestimmten Ursachen und Bedingungen ab.
Die Vortrefflichkeit, Zierde und Vollkommenheit der Erde liegen darin, dass sie durch die Frühlingsschauer grün und fruchtbar wird, Pflanzen aus ihr hervorsprießen, Blumen und Kräuter wachsen, blühende Bäume reichen Ertrag und frische und saftige Früchte hervorbringen, Gärten entstehen, Wiesen erblühen, Ebenen und Berge in smaragdgrünem Gewand erscheinen und Felder, Lauben, Dörfer und Städte geschmückt sind. Das ist das GlückA73 des Mineralreichs.
Der Gipfel der Erhabenheit und Vollkommenheit für die Pflanzenwelt liegt darin, dass ein Baum an einem Fluss frischen Wassers steht, eine sanfte Brise weht und die Sonne ihm ihre Wärme spendet, ein Gärtner ihn pflegt und er von Tag zu Tag wächst und Früchte trägt. Aber ihr wahres Glück liegt darin, in die Welt der Tiere und Menschen überzugehen und zu ersetzen, was in den Körpern der Tiere und Menschen verbraucht wurde.
Die Erhabenheit der Tierwelt liegt darin, vollkommene Glieder, Organe und Kräfte zu besitzen und alle Bedürfnisse decken zu können. Das ist der Gipfel ihrer Herrlichkeit, Ehre und Erhabenheit. So liegt das größte Glück für ein Tier in einer grünen fruchtbaren Wiese, in einem Fluss mit kristallklarem Wasser oder in einem belebten Wald. Wenn all diese Dinge bereit stehen, kann man sich kein größeres Glück für das Tier vorstellen. Sollte zum Beispiel ein Vogel sein Nest in einem grünen fruchtbaren Wald, in angenehmer Höhe, auf einem mächtigen Baum, in den höchsten Zweigen bauen, und sollte er so viel Körner und Wasser haben wie er braucht, dann wäre das sein vollkommenes Glück.
Aber wahres Glück liegt für das Tier darin, aus der Tierwelt ins Menschenreich zu gelangen, wie die mikroskopisch kleinen Lebewesen, die durch Luft und Wasser in den Körper des Menschen gelangen, aufgenommen werden und ersetzen, was von ihm verbraucht wurde. Das ist die größte Ehre und das größte Glück für die Tierwelt, und keine größere Ehre ist für sie vorstellbar.
Solch materielle Unbeschwertheit, Bequemlichkeit und Fülle stellt also offensichtlich das höchste Glück für Mineralien, Pflanzen und Tiere dar. Kein Reichtum, kein Wohlstand, keine Behaglichkeit und keine Unbeschwertheit in unserer materiellen Welt kann dem Reichtum eines Vogels gleichkommen, denn er hat die ganze Weite der Felder und Berge als Heimstatt; alle Samenkörner und Ernten sind sein Reichtum und seine Nahrung; und alle Ländereien, Dörfer, Wiesen, Weiden, Wälder und jede Wildnis sein Besitz. Wer ist nun reicher – dieser Vogel oder der Reichste unter den Menschen? Ganz gleich, wie viele Körner der Vogel auch sammeln oder verschenken mag, sein Reichtum wird nicht geschmälert.
Somit ist klar, dass Ehre und Erhabenheit des Menschen nicht nur in materiellen Freuden und irdischen Vorteilen liegen kann. Das materielle Glück ist zweitrangig, während die Erhabenheit des Menschen in erster Linie in solchen Tugenden und Errungenschaften liegt, die die menschliche Wirklichkeit schmücken. Diese bestehen in göttlichen Segnungen, himmlischen Gaben, aufrichtigen Gefühlen, Liebe und Erkenntnis Gottes, Bildung, Verstandeswahrnehmungen und wissenschaftlichen Entdeckungen. Sie bestehen in Gerechtigkeit und Unparteilichkeit, Wahrhaftigkeit und Güte, innerem Mut und natürlicher Menschlichkeit, dem Schutz der Rechte anderer und der Wahrung der Unantastbarkeit von Verträgen und Vereinbarungen. Sie bedeuten rechtschaffenes Verhalten unter allen Umständen, bedingungslose Liebe zur Wahrheit, Aufopferung für das Wohl aller Menschen, Güte und Mitgefühl für alle Völker, Gehorsam gegenüber den Lehren Gottes, Dienst für das himmlische Königreich, Führung für die gesamte Menschheit und Bildung für alle Völker und Nationen. Das ist das Glück der Menschenwelt! Das ist die Erhabenheit des Menschen in der bedingten Welt! Das ist ewiges Leben und himmlische Ehre!
Diese Gaben erscheinen jedoch in der Wirklichkeit des Menschen allein durch eine heilige und göttliche Macht, und durch die himmlischen Lehren, denn sie bedürfen einer übernatürlichen Macht. Ansatzweise mag diese Vollkommenheit zwar in der Natur auftauchen, aber sie ist so flüchtig und kurzlebig wie Sonnenstrahlen auf einer Wand.
Da der barmherzige Herr das Haupt des Menschen mit einem solch strahlenden Diadem gekrönt hat, müssen wir danach streben, dass seine leuchtenden Edelsteine ihr Licht auf die ganze Welt werfen.

Teil 2 – Einige christliche Themen

Kapitel 16

Intelligible Wirklichkeiten und ihr mit den Sinnen wahrnehmbarer Ausdruck

Es gibt einen Gesichtspunkt, der ausschlaggebend für das tiefere Verständnis der Fragen ist, die wir bereits erörtert haben und noch erörtern werden, dass nämlich menschliche Erkenntnis auf zweierlei Wegen erfolgt.
Ein Weg ist die Erkenntnis über die Sinne. Was das Auge, das Ohr, der Geruchs-, Geschmacks- oder Tastsinn erfassen kann, nennt man ›mit den Sinnen wahrnehmbar‹. Zum Beispiel ist die Sonne wahrnehmbar, da man sie sehen kann. Ebenso sind Töne wahrnehmbar, da das Ohr sie hören kann; Gerüche, da sie eingeatmet und durch den Geruchssinn wahrgenommen werden können; Speisen, da der Gaumen ihren süßen, sauren, bitteren oder salzigen Geschmack wahrnehmen kann; Hitze und Kälte, da sie durch den Tastsinn wahrgenommen werden können. Dies nennen wir mit den Sinnen wahrnehmbare Wirklichkeiten.
Der andere Weg zur Erkenntnis geht über das verstandesmäßig Fassbare; das sind die intelligiblen Wirklichkeiten, die nicht an Form und Raum gebunden und nicht mit den Sinnen wahrnehmbar sind. Beispielsweise ist weder die Kraft des Verstandes noch irgendeine menschliche Eigenschaft mit den Sinnen wahrnehmbar: Es sind intelligible Wirklichkeiten. Auch Liebe ist eine intelligible und keine mit den Sinnen wahrnehmbare Wirklichkeit. Denn das Ohr hört diese Wirklichkeiten nicht, das Auge sieht sie nicht, der Geruchssinn kann sie nicht wahrnehmen, der Geschmacksinn sie nicht feststellen, der Tastsinn sie nicht spüren. Selbst der Äther, dessen Kräfte in der Naturphilosophie mit Wärme, Licht, Elektrizität und Magnetismus beschrieben werden, ist eine intelligible und keine mit den Sinnen wahrnehmbare Wirklichkeit. Auch das Wesen der Natur ist eine intelligible und keine mit den Sinnen wahrnehmbare Wirklichkeit; der menschliche Geist ist eine intelligible und keine mit den Sinnen wahrnehmbare Wirklichkeit.
Wenn du aber versuchst, diese intelligiblen Wirklichkeiten zu erklären, dann bist zu gezwungen, sie in eine mit den Sinnen wahrnehmbare Form zu gießen, da es in der Außenwelt nichts gibt, das über die Sinneswahrnehmung hinaus geht. Wenn du also die Wirklichkeit des Geistes, seinen Zustand und seine Stufen darstellen möchtest, musst du sie zwangsläufig wie etwas beschreiben, das mit den Sinnen wahrnehmbar ist, denn in der Außenwelt gibt es nur das mit den Sinnen Wahrnehmbare. Kummer und Freude sind zum Beispiel intelligible Zustände. Wenn man diese geistigen Befindlichkeiten jedoch beschreiben möchte, sagt man: »Mir wurde schwer ums Herz« oder »Mir wurde leicht ums Herz«, obwohl das Herz nicht wirklich schwerer oder leichter wird. Vielmehr handelt es sich um einen geistigen, intelligiblen Zustand, der nur mit Analogien aus der Sinneswahrnehmung beschrieben werden kann. Ein anderes Beispiel wäre die Aussage: »Ein gewisser Soundso ist weit voran gekommen«, obgleich er an Ort und Stelle geblieben ist, oder: »Soundso hat eine hohe Stellung«, obwohl er, wie jeder andere auch, weiterhin auf der Erde einhergeht. Aufstieg und Fortschritt bezeichnen geistige Zustände und intelligible Wirklichkeiten; um sie jedoch darzustellen, muss man sie mit Begriffen der Sinneswelt beschreiben, da es in der Außenwelt nichts gibt, das über die Sinneswahrnehmung hinaus geht.
Um ein weiteres Beispiel zu nennen: Wissen wird bildhaft als Licht und Unwissen als Dunkelheit beschrieben. Aber denke darüber nach: Ist Wissen wahrnehmbares Licht oder Unwissen wahrnehmbare Dunkelheit? Natürlich nicht. Es sind nur intelligible Zustände. Wenn man sie jedoch anschaulich beschreiben möchte, bezeichnet man Wissen als Licht und Unwissen als Dunkelheit und sagt: »Mein Herz war finster und es wurde erleuchtet.« Da das Licht des Wissens und die Dunkelheit des Unwissens intelligible und keine sinnlich wahrnehmbaren Wirklichkeiten sind, müssen wir sie als Sinneswahrnehmung beschreiben, um sie in der Außenwelt zum Ausdruck bringen zu können.
Desgleichen ist offensichtlich, dass die Taube, die auf Christus herniederkam,A74 keine leibhaftige Taube war, sondern ein Geisteszustand, der für ein besseres Verständnis so versinnbildlicht wurde. Beispielsweise heißt es im Alten Testament, dass Gott als Feuersäule erschienA75. Gemeint ist hier kein mit den Sinnen wahrnehmbares Phänomen, sondern eine intelligible Wirklichkeit, die auf diese Weise veranschaulicht wird.
Christus sagt: »Wisst, dass der Vater in mir ist und ich im Vater.«A76 Ist denn nun Christus in Gott oder Gott in Christus? Nein, bei Gott! Dies ist ein intelligibler Zustand, der in einer mit den Sinnen fassbaren Weise ausgedrückt wurde.
Wir kommen nun zur Erklärung der Worte Bahá’u’lláhs: »O König! Ich war nur ein Mensch wie andere und lag schlafend auf Meinem Lager. Siehe, da wehten die Lüfte des Allherrlichen über Mich hin und lehrten Mich die Erkenntnis all dessen, was war. Dies ist nicht von Mir, sondern von Einem, der allmächtig und allwissend ist.«A77 Das ist die Stufe göttlicher Offenbarung. Es ist keine mit den Sinnen wahrnehmbare, sondern eine intelligible Wirklichkeit. Sie ist geheiligt über Vergangenheit, Gegenwart und Zukunft und transzendiert diese. Es handelt sich um einen Vergleich, eine Analogie, eine Metapher und nicht um die Wahrheit im wortwörtlichen Sinn. Wenn hier davon die Rede ist, dass jemand schlief und dann erwachte, so ist damit nicht das gängige Verständnis gemeint, sondern es bezeichnet den Übergang eines Zustands in einen anderen. Schlafen ist zum Beispiel der Zustand der Ruhe und Wachsein der Zustand der Bewegung. Schlafen ist der Zustand der Stille und Wachsein der Zustand der Äußerung. Schlafen ist der Zustand der Verborgenseins und Wachsein der Zustand Sichtbarwerdens.
So heißt es etwa im Persischen und Arabischen, dass die Erde schlief, dann der Frühling kam und die Erde erwachte, oder dass die Erde tot war, der Frühling kam und sie wieder lebendig wurde. Diese Ausdrucksweisen sind Vergleiche, Analogien und bildhafte Auslegungen und beziehen sich auf die innere Bedeutung.
Kurz gesagt, die Manifestationen Gottes waren immer leuchtende Wirklichkeiten und werden es immer sein, und in ihrem Wesen gibt es weder Wandel noch Veränderung. Sie sind allenfalls vor Ihrer Offenbarung ruhig und schweigsam, wie jemand, der schläft, und nach Ihrer Offenbarung sind sie beredt und strahlend, wie jemand, der wach ist.

Kapitel 17

Die Geburt Christi

Frage: Wie wurde Christus aus dem Heiligen Geist geboren?
Antwort: In dieser Frage widersprechen sich die geistig gesinnten und die materialistischen Philosophen. Die einen glauben, Christus sei aus dem Heiligen Geist geboren, während die anderen so etwas für unmöglich und unhaltbar erachten und der Auffassung sind, Er habe notwendigerweise einen menschlichen Vater gehabt.
Im Qur’án heißt es: »… da sandten Wir Unseren Geist zu ihr, und Er erschien ihr in Gestalt eines vollkommenen Menschen«A78, was bedeutet, dass der Heilige Geist menschliche Gestalt annahm, etwa wie ein Bild im Spiegel erscheint, und dann zu Maria sprach.
Die materialistischen Philosophen halten Paarung für unabdingbar und sagen, dass ein lebendiger Körper keinesfalls von einem leblosen Körper ins Dasein gebracht werden könne und ohne Vereinigung von Mann und Frau nicht entstehen könne. Sie sind der Ansicht, dass dies nicht nur bei Menschen, sondern auch bei Tieren und darüber hinaus sogar bei Pflanzen unmöglich sei. Denn eine Paarung von männlich und weiblich gebe es bei allen Tieren und Pflanzen. Sie argumentieren sogar, dass auch der Qur’án diese Paarung aller Dinge bestätige: »Preis sei dem, der all die Paare erschaffen hat: bei dem, was die Erde wachsen lässt, bei den Menschen selbst und bei dem, was sie nicht wissen!«A79; das heißt, Menschen, Tiere und Pflanzen existieren alle in Paaren. »Und von allem haben Wir ein Paar erschaffen«A80; das heißt, Wir haben alles Existierende in Paaren erschaffen.
Kurz, sie sagen, ein Mensch sei ohne menschlichen Vater undenkbar. Die geistig gesinnten Philosophen halten jedoch dagegen, so etwas sei nicht ausgeschlossen, nur weil es niemand beobachtet habe, und es gebe einen Unterschied zwischen dem Unmöglichen und dem, was lediglich nicht beobachtet wurde. Vor der Erfindung des Telegrafen, beispielsweise, war ein unmittelbarer Nachrichtenaustausch zwischen Ost und West unbekannt, aber nicht unmöglich; ebenso waren Fotografie und Tonaufzeichnung noch unbekannt, aber nicht unmöglich.
Die materialistischen Philosophen beharren auf ihrer Überzeugung, und die geistig gesinnten Philosophen antworten: »Besteht dieser Erdball ewig oder ist er entstanden?« Die materialistischen Philosophen antworten, dass er gesicherten wissenschaftlichen Erkenntnissen zufolge entstanden ist; dass er anfangs eine geschmolzene Kugel war, die allmählich abkühlte; dass sich eine Kruste darum gebildet hat; und dass auf dieser Erdkruste Pflanzen entstanden, dann Tiere und schließlich Menschen.
Die geistig gesinnten Philosophen sagen: »Aus Ihrer Aussage geht klar hervor, dass die menschliche Gattung auf dem Erdball entstanden und nicht ewig ist. Somit hatte der erste Mensch sicherlich weder Vater noch Mutter, denn die Existenz der Gattung Mensch hat einen zeitlichen Beginn. Was ist nun fraglicher: dass der Mensch, wenn auch allmählich, ohne Vater und Mutter entsteht, oder dass er ohne Vater ins Dasein tritt? Wenn du zugibst, dass der erste Mensch ohne Vater und ohne Mutter entstanden ist, sei es allmählich oder in kurzer Zeit, kann es keinen Zweifel daran geben, dass auch ein Mensch ohne menschlichen Vater möglich und logisch nachvollziehbar ist. Man kann dies also nicht einfach als unmöglich zurückweisen und täte man es, so würde dies einen Mangel an Unvoreingenommenheit verraten. Wenn man zum Beispiel sagt, diese Lampe sei ohne Docht und ohne Öl angezündet worden, und dann sagt, dass es unmöglich sei, sie ohne Docht anzuzünden, dann verrät dies einen Mangel an Unvoreingenommenheit.« Christus hatte eine Mutter, aber der erste Mensch hatte nach den materialistischen Philosophen weder Vater noch Mutter.

Kapitel 18

Die Größe Christi

Frage: Welchen Vorteil und Nutzen hat es, vaterlos zu sein?
Antwort: Ein herausragender Mensch ist herausragend, mit oder ohne menschlichen Vater. Wäre es eine Tugend vaterlos zu sein, so würde Adam alle Propheten und Gesandten übertreffen, denn er hatte weder Vater noch Mutter. Was zu Größe und Ruhm beiträgt, ist der Strahlenglanz und die Ausgießung göttlicher Vollkommenheit. Die Sonne entstand aus Materie und Form, die man mit Vater und Mutter vergleichen kann, und doch ist sie absolute Vollkommenheit; die Dunkelheit dagegen hat weder Materie noch Form, weder Vater noch Mutter, und doch ist sie schiere Unvollkommenheit. Die Materie für das stoffliche Leben Adams war Staub, aber die Materie Abrahams war ein reiner Samen; und sicherlich steht ein reiner und guter Samen über Erde und Stein.
Ferner heißt es im Johannesevangelium 1:12–13: »Wie viele ihn aber aufnahmen, denen gab er Macht, Gottes Kinder zu werden: denen, die an seinen Namen glauben, die nicht aus menschlichem Geblüt noch aus dem Willen des Fleisches noch aus dem Willen eines Mannes, sondern aus Gott geboren sind.«A81 Aus diesem Vers des Johannes geht klar hervor, dass auch das Dasein der Apostel von einer geistigen Wirklichkeit und nicht etwa von einer materiellen Kraft ausgeht. Die Ehre und Größe Christi liegt nicht darin, dass Er keinen Vater hatte, sondern vielmehr in Seiner göttlichen Vollkommenheit, Seinen göttlichen Ausgießungen und Seinem göttlichen Strahlenglanz. Läge die Größe Christi in Seiner Vaterlosigkeit begründet, so wäre Adam noch bedeutender, denn er hatte weder Vater noch Mutter.
In der Thora heißt es: »Da machte Gott der Herr den Menschen aus Staub von der Erde und blies ihm den Odem des Lebens in seine Nase. Und so ward der Mensch ein lebendiges Wesen.«A82 Denke darüber nach, dass gesagt wird, Adam sei aus dem Geist des Lebens entstanden. Darüber hinaus beweist Johannes’ Äußerung über die Apostel, dass auch sie vom himmlischen Vater kommen. So ist klar erwiesen, dass die heilige Wirklichkeit – die wahre Existenz – eines jeden herausragenden Menschen von Gott ausgeht und ihr Dasein dem Odem des Heiligen Geistes zu verdanken hat.
Damit meine ich, wenn es die größte menschliche Errungenschaft wäre, vaterlos zu sein, so würde Adam alle übertreffen, denn er hatte weder Vater noch Mutter. Ist es besser, wenn ein Mensch aus lebendiger Materie oder aus Staub erschaffen wird? Sicher ist es besser, aus lebendiger Materie erschaffen zu sein. Christus jedoch wurde durch den Heiligen Geist geboren und kam durch ihn ins Dasein.
Kurz gesagt, die Ehre und Herrlichkeit dieser geheiligten Seelen, der Manifestationen Gottes, beruht auf ihrer Vollkommenheit, ihren Ausgießungen und ihrem Strahlenglanz, die alle dem Himmel entstammen, und auf nichts anderem.

Kapitel 19

Wahre Taufe

In Matthäus 3:13–15 heißt es: »Zu der Zeit kam Jesus aus Galiläa an den Jordan zu Johannes, dass er sich von ihm taufen ließe. Aber Johannes wehrte ihm und sprach: Ich bedarf dessen, dass ich von dir getauft werde, und du kommst zu mir? Jesus aber antwortete und sprach zu ihm: Lass es jetzt zu! Denn so gebührt es uns, alle Gerechtigkeit zu erfüllen. Da ließ er’s ihm zu.«
Frage: Warum bedurfte Christus angesichts Seiner angeborenen Vollkommenheit der Taufe und was war die Weisheit dahinter?
Antwort: Das Wesen der Taufe ist die Reinigung durch Reue. Johannes warnte und ermahnte die Menschen, sorgte dafür, dass sie bereuen und taufte sie dann. So ist diese Reinigung offensichtlich ein Symbol der Abkehr von jeglicher Sünde, als ob man sagte: »O Gott! So wie mein Körper von Schmutz gesäubert und gereinigt worden ist, so reinige und heilige auch meinen Geist von den Verunreinigungen der Welt der Natur, die Deiner göttlichen Schwelle unwürdig sind.« Reue ist die Rückkehr von der Widerspenstigkeit zum Gehorsam. Erst nachdem der Mensch Entfremdung und Entbehrung von Gott erlebt hat, bereut er und reinigt sich. Diese Reinigung ist somit ein Symbol, das besagt: »O Gott! Mache mein Herz gut und rein, reinige und heilige es von allem außer Deiner Liebe.«
Da Christus wünschte, dass dieser von Johannes eingeführte Brauch zu jener Zeit von allen praktiziert werde, unterwarf Er sich ihm, auf dass Menschen erweckt und das aus der früheren Religion hervorgegangene Gesetz erfüllt würde. Denn obwohl dieser Brauch von Johannes eingeführt wurde, stellte er in Wirklichkeit die Reinigung durch Reue dar, die in allen göttlichen Religionen praktiziert wurde.
Christus bedurfte der Taufe nicht, aber Er unterzog sich ihr, weil diese Handlung damals vor Gott lobenswert und annehmbar war und die frohe Botschaft des Gottesreiches ankündigte. Später verkündete Er jedoch, dass die wahre Taufe nicht mit stofflichem Wasser, sondern mit Geist und Wasser erfolgen müsse, und an anderer Stelle sprach Er von Geist und Feuer.A83 Was hier mit »Wasser« gemeint ist, ist kein stoffliches Wasser, denn an anderer Stelle wird ausdrücklich gesagt, dass die Taufe durch Geist und Feuer erfolgen muss, und Letzteres macht deutlich, dass es sich nicht um stoffliches Feuer und Wasser handelt, da eine Taufe mit Feuer unmöglich ist.
Mit »Geist« ist göttliche Gnade gemeint, mit »Wasser« Wissen und Leben und mit »Feuer« die Liebe Gottes. Stoffliches Wasser reinigt nämlich nicht das Herz des Menschen, sondern seinen Körper. Das Herz des Menschen aber wird durch himmlisches Wasser und Geist, das für Wissen und Leben steht, geläutert und gereinigt. Mit anderen Worten, das Herz, das an der ausströmenden Gnade des Heiligen Geistes teilhat und geheiligt wird, wird gut und rein. Die menschliche Wirklichkeit soll so von Verunreinigungen durch die Welt der Natur – von schändlichen Eigenschaften wie Zorn, Lust, Weltlichkeit, Stolz, Unehrlichkeit, Heuchelei, Betrug, Eigenliebe und vielem mehr – gereinigt und geheiligt werden.
Der Mensch kann sich ohne die bestätigende Gnade des Heiligen Geistes nicht selbst vom Ansturm eitler und selbstsüchtiger Wünsche befreien. Deshalb heißt es, dass die Taufe mit dem Geist, mit Wasser und Feuer erfolgen muss, das heißt mit dem Geist der göttlichen Gnade, mit dem Wasser des Wissens und des Lebens und mit dem Feuer der Liebe Gottes. Mit diesem Geist, diesem Wasser und diesem Feuer muss der Mensch getauft werden, damit er der ewigen Gnade teilhaftig werden kann. Denn welcher Nutzen liegt darin, mit stofflichem Wasser getauft zu werden? Nein, diese Taufe mit Wasser stand in Wirklichkeit für Reue und für den Wunsch nach Vergebung der Sünden.
In der Sendung Bahá’u’lláhs jedoch ist diese symbolische Handlung nicht mehr nötig, denn ihre Wirklichkeit – mit dem Geist und der Liebe Gottes getauft zu werden – ist erwiesen und als wahr erkannt.

Kapitel 20

Die Taufe und der Wandel des göttlichen Gesetzes

Frage: Ist die Reinigung durch Taufe nützlich und notwendig, oder ist sie nutzlos und unnötig? Wenn Ersteres gilt, warum wurde sie trotz ihrer Notwendigkeit aufgehoben? Und wenn Letzteres gilt, warum hat Johannes sie praktiziert, obwohl sie unnötig ist?
Antwort: Wechsel und Wandel der Verhältnisse sowie Abfolge und Umwälzung von Zeitaltern gehören zu den notwendigen Wesensmerkmalen der bedingten Welt, und diese notwendigen Wesensmerkmale können nicht von der Wirklichkeit der Dinge getrennt werden. So ist es unmöglich, Hitze von Feuer, Nässe von Wasser oder Strahlen von der Sonne zu trennen, denn das sind notwendige Wesensmerkmale. Und da Wechsel und Wandel zu den Erfordernissen von allem Bedingten gehören, ändern sich auch die Gebote Gottes entsprechend dem Wandel der Zeit. Zum Beispiel war in den Tagen Mose Sein Gesetz notwendig und stimmte mit den damals herrschenden Verhältnissen überein. Doch in den Tagen Christi hatten sich die Verhältnisse so geändert, dass das mosaische Gesetz nicht mehr angemessen war und den Bedürfnissen der Menschheit nicht mehr gerecht wurde, und deshalb wurde es aufgehoben. So brach Christus den Sabbat und verbot die Scheidung. Nach Ihm erlaubten vier Jünger, darunter Petrus und Paulus, den Verzehr tierischer Speisen, die in der Thora verboten waren, ausgenommen davon war der Verzehr von Fleisch strangulierter Tiere, von Opfergaben für Götzen und von Blut. Sie verboten auch die Unzucht.A84 Demnach behielten sie diese vier Gebote bei. Später erlaubte Paulus das Essen von strangulierten Tieren, von Tieren, die Götzen geopfert wurden und von Blut, aber er behielt das Verbot der Unzucht bei. So schreibt er in Römer 14:14: »Ich weiß und bin gewiss in dem Herrn Jesus, dass nichts unrein ist an sich selbst; nur für den, der es für unrein hält, für den ist es unrein.« Außerdem steht in Titus 1:15 geschrieben: »Den Reinen ist alles rein; den Unreinen aber und Ungläubigen ist nichts rein, sondern unrein ist beides, ihr Sinn und ihr Gewissen.«
Nun war dieser Wandel, diese Veränderung und Aufhebung darauf zurückzuführen, dass das Zeitalter Christi mit dem des Mose nicht vergleichbar war. Die Verhältnisse und Anforderungen hatten sich völlig geändert und deshalb wurden die früheren Gebote aufgehoben.
Der Körper der Welt kann mit dem eines Menschen verglichen werden, und die Propheten und Gesandten Gottes mit fähigen Ärzten. Ein Mensch bleibt nicht immer im gleichen Zustand. Es treten unterschiedliche Beschwerden auf, die jeweils ein bestimmtes Heilmittel erfordern. So behandelt ein fähiger Arzt nicht alle Beschwerden auf gleiche Weise, sondern er passt Behandlung und Heilmittel den verschiedenen Beschwerden und dem jeweiligen Zustand an. Eine Person kann schwer an einer Erkrankung leiden, die durch Überhitzung hervorgerufen wird. Der fähige Arzt wird dann zwangsläufig kühlende Medikamente verabreichen.A85 Wenn sich zu einem anderen Zeitpunkt der Zustand dieser Person ändert und die Hitze einem Übermaß an Kälte weicht, wird der Arzt natürlich die kühlende Arznei beiseitelassen und eine wärmende verschreiben. Dieser Wechsel und Wandel hängt vom Zustand des Patienten ab und beweist offenkundig das Geschick des Arztes.
Betrachte folgendes Beispiel: Könnte das Gesetz der Thora in der heutigen Zeit umgesetzt werden? Nein, bei Gott! Das wäre völlig unmöglich, und aus diesem Grund war es notwendig, dass Gott zur Zeit Christi das Gesetz der Thora aufgehoben hat. Bedenken Sie, dass auch in den Tagen Johannes des Täufers die Reinigung durch die Taufe dazu diente, die Menschen zu erwecken, zu ermahnen und sie dazu zu bewegen, alle Sünden zu bereuen und das Kommen des Reiches Christi zu erwarten. Aber heutzutage tauchen Katholiken und Orthodoxe in Asien Säuglinge in eine Mischung aus Wasser und Olivenöl, so dass einige durch diese Strapaze krank werden und während der Taufe zittern und sich wehren. Andernorts sprenkelt der Priester das Taufwasser auf die Stirn. Aber in keinem der beiden Fälle führt das bei diesen Kindern zu irgendwelchen geistigen Empfindungen. Wozu soll es also gut sein? Andere Völker fragen sich, warum das Kind ins Wasser getaucht wird, da dies weder geistiges Bewusstsein noch Glauben noch Erweckung verleiht, sondern lediglich ein Brauch ist, der befolgt wird. In der Zeit von Johannes dem Täufer war es aber nicht so: Johannes ermahnte zuerst die Menschen, brachte sie dazu, ihre Sünden zu bereuen und rief sie auf, das Kommen Christi zu erwarten. Alle durch die Taufe Geläuterten bereuten sodann mit größter Bescheidenheit und Demut ihre Sünden, säuberten und reinigten auch ihren Leib von äußeren Verunreinigungen und erwarteten voller Sehnsucht Tag und Nacht und jeden Augenblick das Kommen Christi und die Aufnahme in Sein Reich.
Kurz gesagt, gemeint ist hier, dass Wechsel und Wandel in den Bedingungen und Erfordernissen der Zeit die Ursache für die Aufhebung religiöser Gesetze ist, denn die Zeit kommt, da diese früheren Gebote nicht mehr den herrschenden Bedingungen entsprechen. Bedenke, wie sehr sich die Anforderungen der Neuzeit von denen der Antike und des Mittelalters unterscheiden! Könnten die Gebote früherer Jahrhunderte in dieser jüngeren Zeit erlassen werden? Ganz offensichtlich wäre dies völlig unmöglich. Ebenso wird das, was heute notwendig ist, nach Ablauf vieler Jahrhunderte nicht mehr den Bedürfnissen jenes künftigen Zeitalters entsprechen und Änderung und Wandel werden unvermeidlich sein.
In Europa werden die Gesetze laufend verändert und angepasst. Wie zahlreich sind die Gesetze, die einst in den europäischen Rechtssystemen und Regelwerken existierten und die inzwischen außer Kraft gesetzt wurden! Diese Veränderungen sind auf den Wandel des Denkens, der Gepflogenheiten und der Lebensbedingungen zurückzuführen, und ohne sie wäre das Wohlergehen der Menschenwelt gestört.
Zum Beispiel verhängt die Thora das Todesurteil für den, der den Sabbat bricht. Die Thora sieht sogar in zehn Fällen die Todesstrafe vor. Könnten diese Gebote in unserer Zeit angewandt werden? Es liegt auf der Hand, dass dies völlig unmöglich wäre. So wurden sie geändert und abgewandelt, und allein dieser Wechsel und Wandel der Gesetze stellt einen hinreichenden Beweis für die vollendete Weisheit Gottes dar.
Über dieses Thema muss man tief nachdenken, und der Grund dafür ist klar und deutlich. Gut steht es um die, die nachdenken!

Kapitel 21

Brot und Wein

Frage: Christus sagte: »Ich bin das lebendige Brot, das vom Himmel gekommen ist. Wer von diesem Brot isst, wird leben in Ewigkeit.«A86 Was bedeutet diese Äußerung?
Antwort: Mit diesem Brot ist die himmlische Nahrung göttlicher Vollkommenheit gemeint. Mit anderen Worten, wem diese Nahrung zuteilwird – das heißt, wer die göttliche Gnadenfülle erlangt, wer Erleuchtung aus Seinem Licht zieht und seinen Anteil an der Vollkommenheit Christi erhält, der wird ewiges Leben erlangen. Mit Blut ist wiederum der Geist des Lebens gemeint, der aus göttlicher Vollkommenheit, himmlischem Glanz und ewiger Gnade besteht. Denn jeder Teil des Körpers erhält seine Lebenskraft aus dem Blutkreislauf.
In Johannes 6:26 heißt es: »Ihr sucht mich nicht, weil ihr Zeichen gesehen habt, sondern weil ihr von dem Brot gegessen habt und satt geworden seid.« Offensichtlich waren die Brotlaibe, von denen die Jünger aßen und satt wurden, die himmlische Gnade, denn in Vers 33 desselben Kapitels heißt es: »Denn dies ist das Brot Gottes, das vom Himmel kommt und gibt der Welt das Leben.« Offensichtlich kam der Leib Christi nicht vom Himmel herab, sondern wurde aus dem Schoß Marias geboren: Was vom Himmel Gottes herabkam, war der Geist Christi. In der Annahme, dass Christus von Seinem Leib sprach, brachten die Juden den Einwand, wie in Vers 42 desselben Kapitels geschrieben steht: »Ist dieser nicht Jesus, Josefs Sohn, dessen Vater und Mutter wir kennen? Wie kann er jetzt sagen: Ich bin vom Himmel gekommen?«
Bedenke, wie eindeutig es ist, dass Christus mit dem himmlischen Brot Seinen Geist, Seine vielfältige Gunst, Seine Vollkommenheit und Seine Lehren meinte; denn in Vers 63 des besagten Kapitels heißt es: »Der Geist ist’s, der da lebendig macht; das Fleisch ist nichts nütze.«
Somit ist klar geworden, dass der Geist Christi eine göttliche Gabe war, die vom Himmel herabkam, und dass jeder, der die Ausgießungen dieses Geistes empfängt, also dessen himmlische Lehren annimmt, ewiges Leben erlangt. So heißt es in Vers 35: »Jesus aber sprach zu ihnen: Ich bin das Brot des Lebens. Wer zu mir kommt, den wird nicht hungern; und wer an mich glaubt, den wird nimmermehr dürsten.«
Beachte, dass Er »zu Ihm kommen« als Essen und »an Ihn glauben« als Trinken bezeichnet. Somit ist klar erwiesen, dass die himmlische Nahrung aus göttlichen Gaben, geistigem Strahlenglanz, himmlischen Lehren und allumfassenden Wahrheiten Christi besteht, und essen bedeutet, Ihm näher zu kommen und trinken bedeutet, an Ihn zu glauben. Denn Christus hatte sowohl einen stofflichen als auch einen himmlischen Körper. Der stoffliche Körper wurde gekreuzigt, aber der himmlische ist lebendig, ewig und die Quelle unvergänglichen Lebens. Der stoffliche Körper war Seine menschliche Natur und der himmlische Körper Seine göttliche Natur. Gütiger Gott! Manche wähnen, das Brot des Abendmahls sei die Wirklichkeit Christi, und das Göttliche und der Heilige Geist seien darin verkörpert und gegenwärtig, obwohl das Abendmahl, nachdem es eingenommen wurde, sich in wenigen Minuten völlig auflöst und verwandelt. Wie kann man zu solch einem Fehlschluss gelangen? Ich bitte Gott um Vergebung für einen solch groben Irrtum!
Diese Worte besagen, dass durch die Manifestation Christi die heiligen Lehren – diese immerwährende Gnade – weithin verbreitet wurden, das Licht der Führung erstrahlte und der Geist des Lebens den Menschen verliehen wurde. Wer recht geleitet wurde, fand Leben und wer auf dem Irrweg blieb, fiel dem endgültigen Tod anheim. Der himmlische Leib Christi und das, woraus Seine Geistigkeit bestand, war das Brot, das vom Himmel herabkam, wovon die Jünger aßen und wodurch sie ewiges Leben erlangten.
Die Jünger hatten so oft Speisen aus der Hand Christi erhalten; warum wurde dann das letzte Abendmahl hervorgehoben? Mit dem himmlischen Brot ist also offensichtlich nicht dieses stoffliche Brot gemeint, sondern die göttliche Speise des geistigen Leibes Christi, das heißt, die göttliche Gnade und die himmlische Vollkommenheit, an denen Seine Jünger teilhatten und die sie erfüllte.
Bedenke auch, dass Christus, als Er das Brot segnete und es Seinen Jüngern gab und sagte: »Das ist Mein Leib«A87, deutlich sichtbar persönlich und körperlich unter ihnen anwesend war und nicht in Brot und Wein verwandelt wurde. Wäre Er selbst zu Brot und Wein geworden, so hätte Er nicht deutlich sichtbar körperlich und persönlich unter ihnen anwesend bleiben können.
Daher ist klar, dass Brot und Wein Symbole waren, die bedeuteten: Meine Gunst und Meine Vollkommenheit wurden euch gegeben, und da ihr dieser vielfältigen Gunst teilhaftig wurdet, habt ihr immerwährendes Leben erlangt und euren Anteil an der himmlischen Speise empfangen.

Kapitel 22

Die Wunder Christi

Frage: Christus wurden gewisse Wunder zugeschrieben. Sind diese Berichte wörtlich zu verstehen oder haben sie andere Bedeutungen? Denn durch gründliche Forschungen ist belegt, dass sich das innere Wesen der Dinge nicht wandelt, dass alles Erschaffene einem universellen Gesetz und Ordnungsgefüge unterliegt, von dem es unmöglich abweichen kann, und dass demzufolge nichts gegen dieses universelle Gesetz verstoßen kann.
Antwort: Die Manifestationen Gottes sind Ursprung erstaunlicher Zeichen und Wunder. Was schwierig oder ausgeschlossen scheint, ist für sie machbar und zulässig. Denn Sie vollbringen außergewöhnliche Taten durch eine außergewöhnliche Macht und beeinflussen die Natur durch Kräfte, die über die Natur hinausgehen. Jede von Ihnen hat Wunder bewirkt.
In den Heiligen Schriften wird indessen eine besondere Ausdrucksweise verwendet, und in den Augen der Manifestationen Gottes sind diese Zeichen und Wunder ohne Bedeutung – sodass Sie deren Erwähnung nicht einmal als wünschenswert erachten. Denn selbst wenn diese Wunder als unschlagbare Beweise gelten würden, so wären sie doch nur für Augenzeugen ein gültiger Beweis, nicht für die Abwesenden.
Wenn zum Beispiel einem nicht gläubigen Fragesteller von den Wundern Mose und Christi berichtet würde, so würde er sie abstreiten und sagen: »Wunder wurden seit ewigen Zeiten auch bestimmten Götzen durch das Zeugnis einer Vielzahl von Menschen zugeschrieben und in Büchern festgehalten. So haben die Brahmanen ein ganzes Buch über die Wunder Brahmas zusammengestellt.« Der Fragesteller würde dann sagen: »Wie können wir wissen, dass die Juden und Christen die Wahrheit sagen und die Brahmanen lügen? Beide Berichte beruhen auf Überlieferungen, beide werden weithin akzeptiert und beide sind in einem Buch festgehalten. Jeder kann als glaubwürdig oder als unglaubwürdig angesehen werden. Wie bei jedem anderen Bericht gilt: Wenn einer wahr ist, müssen beide wahr sein; wenn einer angenommen wird, müssen beide angenommen werden.« Wunder können daher kein schlüssiger Beweis sein, denn selbst wenn sie gültige Beweise für die Augenzeugen sind, können sie jene nicht überzeugen, die nicht dabei waren.
Doch am Tag der Offenbarung Gottes werden die Einsichtigen alles, was mit dem Offenbarer zusammenhängt, als Wunder ansehen. Denn all dies hebt sich von allem anderen ab, und diese Besonderheit ist an sich schon ein wahres Wunder. Überlege, wie Christus allein und eigenständig, ohne Helfer oder Beschützer, ohne Legionen oder Streitkräfte und mit äußerster Sanftmut das Banner Gottes vor allen Völkern der Welt hisste, wie Er ihnen widerstand und wie Er sie schließlich alle unterwarf, auch wenn Er augenscheinlich gekreuzigt wurde. Nun, dies ist ein wahres Wunder, das keineswegs geleugnet werden kann. Tatsächlich bedarf die Wahrheit Christi keines weiteren Beweises.
Die sichtbaren Wunder sind für die Anhänger der Wahrheit bedeutungslos. Ein Blinder zum Beispiel, der zum Sehen gebracht wird, wird am Ende wiederum sein Augenlicht verlieren, denn er wird sterben und seiner Sinne und Fähigkeiten beraubt sein. Es ist also nicht von bleibender Bedeutung, Blinde zum Sehen zu bringen, da die Sehkraft am Ende zwangsläufig wieder schwindet. Und wenn ein Leichnam wiederbelebt wird, was wird dadurch gewonnen, da er am Ende wieder sterben muss? Wichtig ist, wahre Erkenntnis und immerwährendes Leben zu verleihen, d.h. ein geistiges und göttliches Leben; denn dieses stoffliche Leben wird nicht bestehen bleiben und sein Dasein ist gleichbedeutend mit Nichtsein. Wie Christus einem Seiner Jünger zur Antwort gab: »Lass die Toten ihre Toten begraben!«, denn »Was aus dem Fleisch geboren ist, das ist Fleisch; und was aus dem Geist geboren ist, das ist Geist.«A88
Bedenke, dass Christus jene für tot erachtete, die doch augenscheinlich körperlich lebendig waren; denn das wahre Leben ist das ewige Leben und die wahre Existenz ist die geistige Existenz. Wenn also in den Heiligen Schriften von der Auferweckung der Toten die Rede ist, dann bedeutet das, dass sie das immerwährende Leben erlangt haben; wenn es heißt, dass ein Blinder sehend wurde, dann ist die Bedeutung dieser Sehkraft die wahre Erkenntnis; wenn es heißt, dass ein Gehörloser hörend wurde, dann bedeutet das, dass er ein inneres Ohr und geistiges Hörvermögen erlangt hat. Dies geht aus dem Text des Evangeliums hervor, wo Christus sagt, sie seien wie jene, über die Jesaja einst bemerkte, sie haben Augen und sehen nicht, sie haben Ohren und hören nicht; und Er heile sie.A89
Das soll nicht heißen, dass die Manifestationen Gottes keine Wunder vollbringen können, denn das liegt sehr wohl in Ihrer Macht. Aber in Ihren Augen ist allein das innere Sehen, das geistige Hören und das ewige Leben von Bedeutung. Wo immer also in den Heiligen Schriften berichtet wird, dass jemand blind war und sehend wurde, bedeutet das, dass er innerlich blind war und geistige Einsicht gewann oder dass er unwissend war und zur Erkenntnis gelangte oder achtlos war und aufmerksam wurde oder der Welt verhaftet war und seinen Sinn auf das Himmlische richtete.
Da dieses innere Sehen, Hören, Leben und Heilen ewig währt, ist es wirklich wichtig. Welche Bedeutung, welchen Wert und Nutzen können demgegenüber bloßes tierisches Leben und dessen Kräfte besitzen? In wenigen Tagen wird es vorübergehen wie eine flüchtige Laune. Wenn man zum Beispiel eine Lampe anzündet, wird sie bald darauf wieder erlöschen, das Licht der Sonne hingegen strahlt immerzu und das ist es, worauf es ankommt.

Kapitel 23

Die Auferstehung Christi

Frage: Was bedeutet die Auferstehung Christi nach drei Tagen?
Antwort: Die Auferstehung der Manifestationen Gottes ist nicht die des Leibes. Alles, was Sie betrifft – Ihr jeweiliger Zustand und Ihre Lebensbedingungen, alles, was Sie tun, gründen, lehren, auslegen, veranschaulichen und verordnen – hat mystischen und geistigen Charakter und gehört nicht zum Reich der Materie.
So ist es auch beim Kommen Christi vom Himmel. An zahlreichen Stellen des Evangeliums heißt es ganz klar, dass der Menschensohn vom Himmel herabgekommen ist oder im Himmel ist oder in den Himmel aufsteigen wird. So heißt es in Johannes 6:38: »Denn ich bin vom Himmel gekommen« und in Johannes 6:42 steht geschrieben: »Und sie sprachen: Ist das nicht Jesus, der Sohn Josefs, dessen Vater und Mutter wir kennen? Wie kann er jetzt sagen: Ich bin vom Himmel herabgekommen?«, und in Johannes 3:13 heißt es: »Und niemand ist in den Himmel aufgestiegen außer dem, der vom Himmel herabgestiegen ist: der Menschensohn.«
Bedenke, wie gesagt wird, dass der Menschensohn im Himmel ist, obwohl Christus zu diesem Zeitpunkt auf der Erde weilte. Bedenke auch, dass es ausdrücklich heißt, dass Christus vom Himmel kam, obwohl Sein Leib aus dem Schoß Marias geboren wurde. Es ist daher klar, dass die Behauptung, der Menschensohn sei vom Himmel herabgekommen, eher eine mystische als eine wörtliche Bedeutung hat und eher ein geistiges als ein physisches Ereignis ist. Es soll bedeuten, dass Christus zwar aus dem Schoß Marias geboren wurde, aber in Wirklichkeit vom Himmel kam, dem Sitz der Sonne der Wahrheit, die in der göttlichen Welt des himmlischen Königreichs leuchtet. Und da feststeht, dass Christus aus dem geistigen Himmel des göttlichen Königreichs gekommen ist, muss sein dreitägiges Verschwinden unter der Erde eine mystische und keine wörtliche Bedeutung haben. Ebenso ist Seine Auferstehung aus dem Schoß der Erde eine mystische Angelegenheit und beschreibt kein physisches, sondern vielmehr ein geistiges Geschehen. Und Seine Himmelfahrt ist in ihrem Wesen ebenfalls geistig und nicht physisch.
Abgesehen davon hat die Wissenschaft festgestellt, dass der physische Himmel ein grenzenloser leerer Raum ist, in dem sich zahllose Sterne und Planeten bewegen.
Meine Deutung der Auferstehung Christi ist daher die Folgende: Nach dem Märtyrertod Christi waren die Apostel verwirrt und bestürzt. Die Wirklichkeit Christi, die in Seinen Lehren, Gnadengaben, Seiner Vollkommenheit und geistigen Kraft besteht, war nach Seinem Märtyrertod zwei oder drei Tage lang verborgen und trat nach außen nicht mehr in Erscheinung – es war, als wäre sie völlig verloren. Denn es gab nur ganz wenige, die wirklich glaubten, und selbst diese wenigen waren verwirrt und bestürzt. Die Sache Christi war somit wie ein lebloser Leib. Nach drei Tagen gewannen die Apostel an Festigkeit und Standhaftigkeit, erhoben sich die Sache Christi zu fördern, beschlossen die göttlichen Lehren zu verbreiten und den Weisungen ihres Herrn nachzukommen und bemühten sich Ihm zu dienen. Daraufhin erstrahlte die Wirklichkeit Christi und Seine Gnade, Seine Religion wurde neu belebt und Seine Lehren und Ermahnungen wurden deutlich sichtbar. Mit anderen Worten, die Sache Christi glich einem leblosen Körper und wurde zum Leben erweckt und von der Gnade des Heiligen Geistes umfangen.
Das ist die Bedeutung der Auferstehung Christi, und dies war eine wahre Auferstehung. Aber da die Priester die Bedeutung der Evangelien nicht erfassten und dieses Geheimnis nicht begriffen, wurde behauptet, dass die Religion der Wissenschaft widerspreche und die Wissenschaft mit der Religion unvereinbar sei, denn der Aufstieg Christi in einem physischen Körper zum sichtbaren Himmel steht, wie auch andere Dinge, im Widerspruch zur Naturwissenschaft. Aber wenn der wahre Hintergrund dieser Frage klargestellt und dieses Sinnbild erläutert ist, steht es in keiner Weise der Wissenschaft entgegen, vielmehr wird es von Wissenschaft und Vernunft bestätigt.

Kapitel 24

Das Herabsteigen des Heiligen Geistes auf die Apostel

Frage: In den Evangelien wird berichtet, dass der Heilige Geist auf die Apostel herabgestiegen sei. Wie geschah dieses Herabsteigen und welche Bedeutung hatte es?
Antwort: Das Herabsteigen des Heiligen Geistes ist nicht so, wie wenn Luft in den menschlichen Körper eintritt. Es ist weder ein genaues Bild noch ein Bericht, vielmehr ist es eine Metapher und Analogie. Damit ist gemeint, dass es dem Herabsteigen der Sonne in einen Spiegel gleicht, wenn ihr Strahlenglanz darin reflektiert wird.
Nach dem Tode Christi waren die Apostel verwirrt und uneins in ihren Gedanken und Meinungen; später aber wurden sie standhaft und einig. Zu Pfingsten versammelten sie sich, entsagten der Welt, gaben ihre eigenen Wünsche auf, verzichteten auf jedes irdische Wohl und Glück, opferten ihrem Geliebten Leib und Seele, verließen ihr Heim, trennten sich von all ihren Fürsorgepflichten und ihrem Hab und Gut und vergaßen sogar ihr eigenes Leben. Dann wurde ihnen göttlicher Beistand gewährt und die Kraft des Heiligen Geistes zeigte sich. Der Geist Christi obsiegte und die Liebe Gottes gewann die Oberhand. An jenem Tag empfingen sie göttliche Bestätigungen, jeder ging in eine andere Richtung, die Sache Gottes zu lehren und löste seine Zunge, um Beweise vorzubringen und Zeugnis abzulegen.
Das Herabsteigen des Heiligen Geistes bedeutet also, dass die Apostel zum messianischen Geist hingezogen wurden, Beständigkeit und Standhaftigkeit erlangten, durch den Geist der Liebe Gottes neues Leben fanden und in Christus ihren immerwährenden Helfer und Beschützer erkannten. Sie waren nur Tropfen und wurden zum Ozean; sie waren klägliche Mücken und wurden zu Adlern hoch am Himmel; sie waren schwach und wurden mit Kraft erfüllt. Sie waren wie der Sonne zugewandte Spiegel und die Strahlen und der Glanz der Sonne werden zweifellos darin reflektiert.

Kapitel 25

Der Heilige Geist

Frage: Was ist mit ›dem Heiligen Geist‹ gemeint?
Antwort: Mit ›dem Heiligen Geist‹ ist die überfließende Gnade Gottes und das leuchtende Strahlen gemeint, das von Seiner Manifestation ausgeht. So war Christus der Brennpunkt für die Strahlen der Sonne der Wahrheit, und von diesem mächtigen Mittelpunkt, der Wirklichkeit Christi, strahlte die Gnade Gottes auf die anderen Spiegel, die Wirklichkeit der Apostel.
Die Herabkunft des Heiligen Geistes auf die Apostel bedeutet, dass diese herrliche göttliche Gnade ihr Licht und ihren Glanz auf deren Wirklichkeit wirft. Im Übrigen sind Eintritt und Austritt, Abstieg und Verbleib Merkmale von Körpern, nicht von geistigen Wesen. Das heißt, Eintritt und Verbleib betreffen nur Wirklichkeiten, die mit den Sinnen wahrnehmbar sind, nicht aber intelligible Feinheiten. Und intelligible Wirklichkeiten wie Vernunft, Liebe, Erkenntnis, Vorstellungskraft und Denken treten nicht ein und aus, noch verbleiben sie, vielmehr bezeichnen sie Verbindungen.
Zum Beispiel ist Erkenntnis, die im Verstand Form annimmt, etwas Intelligibles, und es ist widersinnig zu sagen, es trete in den Verstand ein oder aus ihm heraus. Vielmehr ist die Verbindung ein Aufnehmen, so wie bei Bildern, die in einem Spiegel reflektiert werden.
Da intelligible Wirklichkeiten offensichtlich und erwiesenermaßen weder eintreten noch verbleiben, folgt daraus, dass der Heilige Geist in keiner Weise auf- oder absteigen, ein- oder austreten, sich vermischen oder verbleiben kann. Allenfalls erscheint er wie die Sonne im Spiegel.
Zudem ist an manchen Stellen in den Heiligen Schriften, wo auf den Geist angespielt wird, eine ganz bestimmte Person gemeint, so wie es im allgemeinen Sprachgebrauch heißt, dieser oder jener Mensch sei der Geist in Person oder er sei die Verkörperung der Barmherzigkeit und Freigebigkeit. In diesem Fall liegt das Hauptaugenmerk nicht auf der Lampe, sondern auf dem Licht.
So heißt es zum Beispiel in Johannes 16:12 in Bezug auf den Verheißenen, der nach Christus kommen wird: »Noch vieles habe ich euch zu sagen, aber ihr könnt es jetzt nicht tragen. Wenn aber jener kommt, der Geist der Wahrheit, wird er euch in der ganzen Wahrheit leiten. Denn er wird nicht aus sich selbst heraus reden, sondern er wird reden, was er hört.«
Nun achte genau darauf, dass die Worte »Denn er wird nicht aus sich selbst heraus reden, sondern er wird reden, was er hört« deutlich zum Ausdruck bringen, dass der Geist der Wahrheit von einem Menschen verkörpert wird, der eine Seele hat, der Ohren hat zu hören, und eine Zunge zu sprechen. Auch Christus wird ›Geist Gottes‹ genannt, in gleicher Weise, wie wir von Licht sprechen und damit sowohl das Licht als auch die Lampe meinen.

Kapitel 26

Die Wiederkunft Christi und der Tag des Gerichts

In den Heiligen Schriften steht geschrieben, dass Christus wiederkommen wird und dass Seine Wiederkunft von der Erfüllung bestimmter Zeichen abhängt: Wenn Er wiederkommt, werden Ihn diese Zeichen begleiten. Eines der Zeichen ist: »Die Sonne wird sich verfinstern und der Mond seinen Schein verlieren, und die Sterne werden vom Himmel fallen.« Zu dieser Zeit werden »alle Stämme der Erde wehklagen«, und »das Zeichen des Menschensohnes« wird »am Himmel erscheinen«, »und sie werden den Menschensohn kommen sehen auf den Wolken des Himmels mit großer Kraft und Herrlichkeit.«A90 Zu diesen Versen hat Bahá’u’lláh im Kitáb-i-Íqán eine ausführliche Auslegung gegeben, und wir müssen sie hier nicht wiederholen. Greife darauf zurück und du wirst ihre Bedeutung verstehen.A91
Im Folgenden möchte ich noch einige Worte zu diesem Thema sagen. Christus kam auch beim ersten Mal vom Himmel, wie es im Evangelium ausdrücklich heißt. Christus selbst sagt, der Menschensohn kam vom Himmel herab und der Menschensohn ist im Himmel: Und niemand ist in den Himmel aufgestiegen außer dem, der vom Himmel herabgestiegen ist.A92 So wird von allen anerkannt, dass Christus vom Himmel herabkam, obwohl Er dem äußeren Anschein nach aus dem Schoß Marias kam.
Ebenso wie Er das erste Mal in Seiner äußeren Erscheinung aus dem Schoß der Mutter kam, aber in Wirklichkeit vom Himmel, so wird Er auch das zweite Mal in Seiner äußeren Erscheinung aus dem Mutterleib kommen, aber in Wirklichkeit vom Himmel. Wie zuvor erläutert, sind die im Evangelium verzeichneten Bedingungen für die Wiederkunft Christi in der Tat dieselben, wie die für Sein erstes Kommen.
Das Buch Jesaja verkündet, dass der Messias den Osten und den Westen erobern wird, dass sich alle Nationen der Erde unter Seinem Schatten versammeln werden, dass Sein Königreich errichtet wird, dass Er von einem unbekannten Ort kommen wird, dass die Sünder gerichtet werden und dass die Gerechtigkeit so weit obsiegen wird, dass der Wolf und das Lamm, der Leopard und das Böckchen, der Säugling und die Viper sich alle an einer Quelle, auf einer Aue und in einer Wohnstätte versammeln werden. Auch das erste Kommen geschah unter diesen Bedingungen, wenngleich keine von ihnen sichtbar eintrat. So bekrittelten die Juden Christus. Sie nannten Ihn – Gott bewahre – ein UngeheuerA93 und betrachteten Ihn als Zerstörer des Bauwerks Gottes, als Sabbat- und Gesetzesbrecher und erwirkten Sein Todesurteil. Nun hat jede einzelne dieser Bedingungen eine innere Bedeutung, aber den Juden fehlte dafür das Verständnis, daher blieb ihnen verwehrt Ihn zu erkennen.
Die Wiederkunft Christi folgt einem ähnlichen Muster. Alle dargelegten Zeichen und Bedingungen haben eine innere Bedeutung und sind nicht wörtlich zu nehmen. So heißt es unter anderem, dass die Sterne auf die Erde fallen werden. Es gibt jedoch unzählige Sterne und heutige Mathematiker haben den wohlbegründeten Nachweis erbracht, dass die Masse der Sonne etwa anderthalb Millionen Mal größer ist als die der Erde, und dass jeder Fixstern tausendmal größer als die Sonne ist. Wenn diese Sterne auf die Erdoberfläche fallen würden, wie könnte dort Platz für sie sein? Es wäre, als ob tausend Millionen Berge, so gewaltig wie der Himalaya, auf ein Senfkorn fallen würden. So etwas ist gemäß der Vernunft und Wissenschaft – und allein schon dem gesunden Menschenverstand zufolge – völlig unmöglich. Und noch erstaunlicher ist, dass Christus sprach: Vielleicht werde ich kommen, wenn ihr schlaft, denn das Kommen des Menschensohnes gleicht dem Kommen eines Diebes.A94 Vielleicht ist der Dieb im Haus und der Besitzer ist sich dessen nicht bewusst.
Deshalb ist klar und offensichtlich, dass diese Zeichen innere Bedeutungen haben und nicht wörtlich genommen werden dürfen. Diese Bedeutungen wurden ausführlich im Kitáb-i-Íqán erklärt, greife darauf zurück.

Kapitel 27

Die Trinität

Frage: Was ist die Bedeutung der Trinität und ihrer drei Personen?
Antwort: Die Wirklichkeit des Göttlichen ist geheiligt und erhaben über das Begreifen alles Erschaffenen; sterblicher Geist und Verstand kann sich kein Bild von ihr machen und sie übersteigt jede menschliche Vorstellung. Diese Wirklichkeit lässt keine Teilung zu, denn Teilung und Vervielfältigung gehören zu den Merkmalen des erschaffenen und damit bedingten Seins und sind keine Vorgänge, die auf das Notwendigerweise Existierende Sein einwirken könnten.
Die göttliche Wirklichkeit ist über Einzigkeit geheiligt – wie viel mehr über Vielheit. Denn ein Herabsteigen dieser göttlichen Wirklichkeit auf Ebenen und Stufen wäre gleichbedeutend mit Unzulänglichkeit, es wäre der Vollkommenheit entgegengesetzt und schlechthin unmöglich. Sie war immer auf den höchsten Höhen der Heiligkeit und Reinheit und wird immer dort bleiben. Alles, was in Bezug auf die Erscheinung und Offenbarung Gottes erwähnt wurde, bezieht sich auf den Glanz Seines Lichts und nicht auf einen Abstieg auf die Stufe des Daseins.
Gott ist reine Vollkommenheit und die Schöpfung absolute Unvollkommenheit. Stiege Gott auf die Stufe des Daseins herab, so wäre das die größte aller Unvollkommenheiten; vielmehr ist Sein Sichtbarwerden, Heraufdämmern und Erstrahlen vergleichbar mit dem Erscheinen der Sonne in einem klaren, glänzenden und polierten Spiegel.
Alle erschaffenen Dinge sind strahlende Zeichen Gottes. So scheinen die Sonnenstrahlen auf alles Irdische, doch fällt nur so viel Licht auf Ebenen, Berge, Bäume und Früchte, dass alles sichtbar ist, alles wachsen kann und seinen Daseinszweck erfüllt. Der Vollkommene Mensch indessen ist mit einem klaren Spiegel vergleichbar, in dem sich die Sonne der Wahrheit in der Fülle ihrer Eigenschaften und in aller Vollkommenheit offenbart. Dementsprechend war die Wirklichkeit Christi ein blank polierter Spiegel von höchster Reinheit und Klarheit. Die Sonne der Wahrheit, das Wesen des Göttlichen, erschien in diesem Spiegel und offenbarte ihr Licht und ihre Hitze darin, aber sie stieg nicht von den geweihten Höhen und vom Himmel der Heiligkeit herab, um darin zu wohnen. Nein, sie verbleibt in ihrer erhabenen Höhe, offenbart sich aber im Spiegel in all ihrer Schönheit und Vollkommenheit.
Wenn wir nun sagen, dass wir die Sonne in zwei Spiegeln gesehen haben – einer davon Christus und der andere der Heilige Geist – oder, mit anderen Worten, dass wir drei Sonnen gesehen haben – eine im Himmel und zwei auf der Erde –, dann sprechen wir die Wahrheit. Und würden wir sagen, es gibt nur eine Sonne, die in ihrer absoluten Einzigkeit keinen Ebenbürtigen oder Partner hat, dann entspräche das wiederum der Wahrheit.
Damit soll zum Ausdruck gebracht werden, dass die Wirklichkeit Christi ein klarer Spiegel war, in dem die Sonne der Wahrheit – also das göttliche Wesen – erschien und in unendlicher Vollkommenheit und mit grenzenlosen Eigenschaften erstrahlte. Es ist nicht so, dass die Sonne, die das Wesen der Göttlichkeit darstellt, jemals geteilt oder vervielfacht wurde – sie bleibt nur eine – aber sie manifestierte sich im Spiegel. Deshalb sagte Christus: »Der Vater ist im Sohn«, was bedeutet, dass jene Sonne in diesem Spiegel offenbar und sichtbar erstrahlt.
Der Heilige Geist ist die Gnade Gottes, die sich in der Wirklichkeit Christi offenbart und manifestiert hat. Die Sohnschaft ist die Ebene des Herzens Christi, während der Heilige Geist die Ebene Seines Geistes ist. Es ist also klar erwiesen, dass das Wesen des Göttlichen absolute Einheit ist ohne jede Gleichrangigkeit, Ebenbürtigkeit oder Ähnlichkeit.
Dies ist die wahre Bedeutung der drei Personen der Trinität. Andernfalls würden die Grundlagen der Religion Gottes auf einer unlogischen Annahme beruhen, die kein Verstand sich jemals vorstellen kann; und wie könnte vom Verstand gefordert werden etwas zu glauben, was er sich nicht vorstellen kann? So etwas könnte die menschliche Vernunft nicht begreifen, wie viel weniger könnte es in eine intelligible Form gefasst werden; es würde bloße Einbildung bleiben.
Nun, mit dieser Erklärung wird die Bedeutung der drei Personen der Trinität verdeutlicht und zugleich das Eins-Sein Gottes festgestellt.

Kapitel 28

Die Präexistenz Christi

Frage: Welche Bedeutung hat der folgende Vers im Johannes-Evangelium: »Und nun, Vater, verherrliche du mich bei dir mit der Herrlichkeit, die ich bei dir hatte, ehe die Welt war.«A95
Antwort: Es gibt zwei Arten der Präexistenz. Die eine ist die Präexistenz im Wesen, der keine Ursache vorausgeht, sondern die durch sich selbst existiert. Zum Beispiel scheint die Sonne aus sich selbst und braucht für ihr Licht nicht die Strahlen der anderen Sterne. Das wird wesenhaftes Licht genannt. Das Licht des Mondes hingegen stammt von der Sonne, denn der Mond braucht die Sonne um zu leuchten. Auf das Licht bezogen ist somit die Sonne die Ursache und der Mond die Wirkung. Die Erste ist sehr alt, ihre Ursprünge liegen weit zurück, vor allem anderen, während bei Letzterem schon etwas vorher existierte.
Die zweite Art der Präexistenz ist die zeitliche Präexistenz, die keinen Anfang hat. Das transzendente Wort Gottes ist über die Zeit geheiligt. Vor Gott ist Vergangenheit, Gegenwart und Zukunft das Gleiche. Für die Sonne gibt es kein Gestern, Heute oder Morgen.
Auch im Hinblick auf Ehre und Auszeichnung gibt es eine Rangordnung; das heißt, das am höchsten Ausgezeichnete überragt das Ausgezeichnete. So überragt die Wirklichkeit Christi – das Wort Gottes – zweifellos alles Erschaffene in Bezug auf Wesen, Eigenschaften und Auszeichnung. Vor seinem Auftreten in Menschengestalt befand sich das Wort Gottes in einem Zustand höchster Heiligkeit und Herrlichkeit und weilte in vollkommener Schönheit und Pracht auf der Höhe seiner Majestät. Als dieses Wort durch die Weisheit des Allerhöchsten sein Licht vom Gipfel der Herrlichkeit auf die körperliche Welt ergoss, erfuhr es Angriffe durch das Fleisch. So fiel es in die Hände der Juden, wurde zum Gefangenen der Unwissenden und Ungerechten und wurde schließlich gekreuzigt. Deshalb rief Er zu Gott: Befreie Mich von den Fesseln des Körperlichen, erlöse Mich von diesem Käfig, damit Ich zu den Höhen der Größe und Majestät aufsteigen und die einstige Heiligkeit und Herrlichkeit wiedererlangen kann, derer Ich Mich erfreute, bevor die Welt des Fleisches zu Meiner Wohnstatt wurde; lass Mich frohlocken im ewigen Reiche und Meinen Flug nehmen zu Meiner wahren Wohnstätte, dem Reich des Raumlosen im ungeschauten Königreich.
Wie du gesehen hast, hat sich die Größe und Herrlichkeit Christi nach Seinem Aufstieg sowohl im Reich der Herzen als auch über die Grenzen der Erde hinweg und selbst in jedem Staubkorn gezeigt. Solange Er in der Welt des Körpers weilte, wurde Er vom schwächsten Volk auf Erden, den Juden, die es für angemessen hielten, dass eine Dornenkrone auf Sein gesegnetes Haupt gesetzt wird, verachtet und beschimpft. Aber nach Seinem Aufstieg unterwarfen sich alle juwelenbesetzten Königskronen demütig dieser Dornenkrone.
Seht die Herrlichkeit, die das Wort Gottes sogar in dieser Welt erlangt hat!

Kapitel 29

Sünde und Vergebung

Frage: Im 1. Korintherbrief 15:22 steht geschrieben: »Denn wie in Adam alle sterben, so werden in Christus alle lebendig gemacht werden.« Was bedeuten diese Worte?
Antwort: Wisse, dass die Natur des Menschen von zweierlei Art ist, stofflich und geistig. Die stoffliche Natur des Menschen ist das Erbe Adams, während die geistige Natur Erbe der Wirklichkeit des Wortes Gottes ist, das geistige Wesen Christi. Die stoffliche Natur ist aus Adam geboren, aber die geistige Natur wird aus der Gnade des Heiligen Geistes geboren. Die stoffliche Natur ist die Quelle für jede Unvollkommenheit und die geistige Natur die Quelle aller Vollkommenheit.
Christus hat sich Selbst geopfert, damit die Menschheit von den Unvollkommenheiten der stofflichen Natur befreit und mit den Tugenden der geistigen Natur bekleidet werde. Diese geistige Natur, die durch die Gnade der göttlichen Wirklichkeit entstand, ist der Inbegriff der Vollkommenheit und geht aus dem Odem des Heiligen Geistes hervor. Sie ist göttliche Vollkommenheit, Licht, Geistigkeit, Rechtleitung, Erhöhung, hohe Gesinnung, Gerechtigkeit, Liebe, Großzügigkeit, Güte gegenüber der ganzen Schöpfung und Wohltätigkeit: Sie ist Leben über Leben. Diese geistige Natur ist eine Ausstrahlung des Glanzes der Sonne der Wahrheit.
Christus ist der Brennpunkt des Heiligen Geistes; Er wurde aus dem Heiligen Geist geboren; Er wurde vom Heiligen Geist erweckt; Er entspringt dem Heiligen Geist; das heißt, Seine Wirklichkeit entstammt nicht der Familie Adams, sondern ist aus dem Heiligen Geist geboren. Die Bedeutung vom Korinther 15:22, wo es heißt: »Denn wie in Adam alle sterben, so werden in Christus alle lebendig gemacht werden« ist daher: Adam wird gemeinhin als »Vater des Menschen« bezeichnet, das heißt, er ist die Ursache des stofflichen Lebens der Menschheit und nimmt die Stellung stofflicher Vaterschaft ein. Er ist eine lebendige, wenn auch keine lebensspendende Seele, während Christus die Ursache für das geistige Leben des Menschen ist, und im Hinblick auf den Geist nimmt Er die Stellung geistiger Vaterschaft ein. Adam ist eine lebendige Seele; Christus ist ein lebensspendender Geist.
In dieser stofflichen Welt wird der Mensch von Instinkten und Begierden beherrscht, die unausweichlich zur Sünde führen, denn diese Begierden sind nicht an die Gesetze der Gerechtigkeit und Rechtschaffenheit gebunden. Der Körper des Menschen ist ein Gefangener der Natur und wird tun, was auch immer ihm die Natur gebietet. Daraus folgt, dass in der stofflichen Welt Sünden wie Zorn, Neid, Streitsucht, Gier, Habsucht, Unwissenheit, Groll, Korruption, Stolz und Grausamkeit existieren müssen. Diese tierischen Eigenschaften existieren alle in der Natur des Menschen. Ein Mensch, dem eine geistige Erziehung verwehrt wurde, gleicht einem Tier, wie jene Bewohner Afrikas, deren Taten, Verhaltensweisen und Sitten nur den Instinkten folgen und die nach den Zwängen der Natur handeln, sogar soweit, dass sie sich gegenseitig zerreißen und essen. So wird deutlich, dass die stoffliche Welt des Menschen eine Welt der Sünde ist und dass der Mensch auf dieser Ebene vom Tier nicht zu unterscheiden ist.
Jede Sünde wird durch Forderungen der Natur ausgelöst. Diese Zwänge der Natur, die zu den Kennzeichen körperlichen Daseins gehören, sind in Bezug auf das Tier keine Sünden, aber in Bezug auf den Menschen sind sie Sünden. Das Tier ist die Quelle solcher Unvollkommenheiten wie Ärger, Begierde, Neid, Gier, Grausamkeit und Stolz. All diese tadelnswerten Eigenschaften gehören zur Natur des Tieres und sind in Bezug auf das Tier keine Sünden, wohingegen sie beim Menschen Sünden sind.
Adam ist die Ursache für das stoffliche Leben des Menschen, aber die Wirklichkeit Christi, das heißt das Wort Gottes, ist die Ursache für sein geistiges Leben. Sie ist lebensspendender Geist, was bedeutet, dass jede Unvollkommenheit, die durch das stoffliche Leben des Menschen verursacht wird, durch die Unterweisung und Rechtleitung dieses Wesens der Loslösung in menschliche Vollkommenheit verwandelt wird. Deshalb war Christus ein lebensspendender Geist und die Ursache für das geistige Leben der ganzen Menschheit.
Adam war die Ursache des stofflichen Lebens, und da die materielle Welt des Menschen das Reich der Unvollkommenheit ist und Unvollkommenheit dem Tod gleichkommt, verglich Paulus das eine mit dem anderen.
Aber die meisten Christen glauben, dass Adam eine Sünde und Übertretung beging, indem er vom verbotenen Baum aß, dass die verhängnisvollen und verheerenden Folgen dieser Übertretung für alle Zeit von Seinen Nachkommen ererbt wurden und dass Adam so zur Ursache des Todes für den Menschen wurde. Diese Erklärung widerspricht aller Vernunft und ist offensichtlich falsch, denn sie besagt, dass alle Menschen, selbst die Propheten und Gesandten Gottes ohne eigenes Verschulden und ohne eine Sünde begangen zu haben, aus keinem anderen Grund als ihrer Abstammung von Adam schuldig geworden sind und bis zum Tag des Opfers Christi die Qualen der Hölle zu erleiden hatten. Das läge der Gerechtigkeit Gottes fern. Wenn Adam ein Sünder war, welche Sünde hat Abraham begangen? Was war die Verfehlung von Isaak und Josef? Was war die Übertretung von Mose?
Aber Christus, das Wort Gottes, hat Sich Selbst geopfert. Dies hat zwei Bedeutungen – eine äußere und eine wahre Bedeutung. Die äußere Bedeutung ist folgende: Da Christus eine Sache voranbringen wollte, die die Erziehung der Menschheit, die Belebung der Menschenkinder und die Erleuchtung der gesamten Menschheit mit sich brachte, und da die Förderung einer solch mächtigen Sache – eine Sache, die alle Völker der Erde gegen sich aufbringen und dem Widerstand jeder Nation und Regierung trotzen würde, – zwangsläufig zum Vergießen Seines Blutes und zu Seinem Kreuzestod führen würde, opferte Er in dem Augenblick, in dem Er Seine Sendung offenbarte, Sein Leben, hieß das Kreuz als Seinen Thron willkommen, betrachtete jede Wunde als Balsam und jedes Gift als süßen Honig und erhob sich, um die Menschen zu unterweisen und rechtzuleiten. Das heißt, Er opferte sich Selbst, um den Geist des Lebens zu verleihen, und Er starb körperlich, um andere geistig zu beleben.
Die zweite Bedeutung des Opfers ist jedoch folgende: Christus war wie ein Samenkorn, und dieses Samenkorn opferte seine Gestalt, damit der Baum wachsen und sich entwickeln konnte. Obwohl die Gestalt des Samenkorns zerstört wurde, zeigte sich seine Wirklichkeit in vollkommener Majestät und Schönheit in der äußeren Gestalt des Baumes.
Die Stufe Christi war die Stufe absoluter Vollkommenheit. Diese göttliche Vollkommenheit leuchtete gleichsam wie die Sonne auf alle gläubigen Seelen, und die Ausgießungen dieses Lichtes offenbarten sich strahlend in deren Wirklichkeiten. Darum sagt Er: »Dies ist das Brot, das vom Himmel kommt, damit, wer davon isst, nicht sterbe«A96, das heißt, wer an dieser göttlichen Nahrung teilhat, der wird ewiges Leben erlangen. So fand ein jeder, der dieser Gunst teilhaftig wurde und einen Anteil an dieser Vollkommenheit erlangte, ewiges Leben, und ein jeder, der Erleuchtung von Seiner altehrwürdigen Gnade begehrte, wurde von der Finsternis des Irrtums befreit und durch das Licht der Rechtleitung erleuchtet.
Die Gestalt des Samenkorns wurde für den Baum geopfert, aber seine Vollkommenheit wurde durch dieses Opfer enthüllt und offenbart: Denn der Baum, seine Zweige, seine Blätter, seine Blüten lagen im Samenkorn schlummernd verborgen, aber als die Gestalt des Samenkorns geopfert wurde, zeigte sich seine Vollkommenheit in den Blättern, Blüten und Früchten.

Kapitel 30

Adam und Eva

Frage: Inwiefern ist die Geschichte von Adam, der vom Baum der Erkenntnis aß, wahr?
Antwort: In der Thora steht geschrieben, dass Gott Adam in den Garten Eden brachte, damit er diesen pflege und hege, und zu Ihm sprach: »Von allen Bäumen des Gartens darfst du essen, doch vom Baum der Erkenntnis von Gut und Böse darfst du nicht essen; denn am Tag, da du davon isst, wirst du sterben.«A97 Dann heißt es, dass Gott Adam einschlafen ließ, Ihm einen Rippenknochen entnahm und Ihm daraus eine Frau als Gefährtin erschuf. Weiter heißt es, die Schlange habe die Frau dazu verleitet, vom Baum zu essen, indem sie sagte: »Gott hat euch verboten, vom Baum zu essen, damit eure Augen nicht geöffnet werden und ihr nicht zwischen Gut und Böse unterscheiden könnt.«A98 Dann aß Eva von dem Baum und gab etwas davon Adam, der auch aß. Daraufhin wurden ihre Augen geöffnet, sie sahen, dass sie nackt waren und bedeckten ihre Blöße mit Blättern. Daraufhin stellte Gott sie zur Rede, indem Er zu Adam sprach: »Hast du vom verbotenen Baum gegessen?« Adam antwortete: »Eva hat mich dazu verleitet.« Dann rügte Gott Eva, die zur Antwort gab: »Die Schlange hat mich dazu verleitet.« Dafür wurde die Schlange verflucht, und daraus entstand Feindschaft zwischen der Schlange und Eva und zwischen ihren Nachkommen. Und Gott sprach: »Siehe, der Mensch ist wie einer von uns geworden, dass er Gut und Böse erkennt. Vielleicht wird er vom Baum des Lebens essen und ewig leben.« Daher bewachte Gott den Baum des Lebens.A99
Sollten wir diese Erzählung, dem üblichen Sprachgebrauch folgend, wörtlich nehmen, wäre das wirklich höchst sonderbar und man könnte vom menschlichen Verstand nicht erwarten, es zu akzeptieren, dem zuzustimmen oder es sich auch nur vorzustellen. Denn solche komplexen Zusammenhänge und Einzelheiten, solche Aussagen und Vorhaltungen wären unglaubwürdig, selbst wenn sie von einer intelligenten Person stammten, geschweige denn von der Gottheit Selbst, die dieses unendliche Universum in höchst vollkommener Form geschaffen und seine zahllosen Wesen in bester Ordnung, Robustheit und Vollkommenheit gestaltet hat.
Man sollte hier etwas innehalten: Sollte die wortwörtliche Bedeutung dieser Erzählung einem weisen Mann zugeschrieben werden, so würden alle klugen Menschen dies sicherlich ablehnen mit der Begründung, ein derartiges Konzept und Gedankenkonstrukt könne nie und nimmer von solch einer Person herrühren. Die Erzählung von Adam und Eva, wie sie von dem Baum gegessen haben und aus dem Paradies vertrieben wurden, besteht aus Sinnbildern und göttlichen Geheimnissen. Sie haben umfassende Bedeutungen und es gibt dafür wunderbare Auslegungen, aber ihre wahre Tragweite eröffnet sich nur denen, die mit den göttlichen Geheimnissen vertraut sind und die vom allgenügenden Gott begünstigt wurden.
Die Verse der Thora haben somit zahlreiche Bedeutungen. Eine davon werden wir erklären und darlegen, dass mit »Adam« der Geist Adams gemeint ist und mit »Eva« Sein Selbst. Denn an bestimmten Stellen der Heiligen Schriften, wo Frauen erwähnt werden, ist das menschliche Selbst gemeint. Mit »dem Baum der Erkenntnis von Gut und Böse« ist die materielle Welt gemeint, denn das himmlische Reich des Geistes ist reine Güte und vollkommener Strahlenglanz. In der materiellen Welt jedoch sind Licht und Dunkelheit, Gut und Böse und alle möglichen Gegensätze zu finden.
Die Schlange steht für die Bindung an die materielle Welt. Diese Bindung des Geistes an die materielle Welt führte zur Vertreibung des Selbstes und des Geistes Adams aus dem Reich der Freiheit in die Welt der Knechtschaft und bewirkte, dass Er sich vom Reich Göttlicher Einheit zur Welt des menschlichen Daseins wandte. Sobald Adams Selbst und Geist in die materielle Welt gelangte, verließ Er das Paradies der Freiheit und stieg hinab in das Reich der Knechtschaft. Er hatte sich in den Höhen der Heiligkeit und des absolut Guten aufgehalten und betrat dann die Welt von Gut und Böse.
Mit »Baum des Lebens« ist die höchste Stufe in der Welt des Seins gemeint, die Stufe des Wortes Gottes und Seiner allumfassenden Manifestation. Tatsächlich war diese Stufe wohl gehütet und verborgen, bis sie strahlend in der höchsten Offenbarung Seiner allumfassenden Manifestation erschien. Denn im Hinblick auf die Offenbarung und das Erscheinen göttlicher Vollkommenheit war die Stufe Adams die eines Embryos; die Stufe Christi war die des Heranwachsens und Heranreifens; und die Morgendämmerung des Größten LichtsA100 war die Stufe der Vollkommenheit im Wesen und in den Eigenschaften. Deshalb steht der Baum des Lebens im höchsten Paradies für den Mittelpunkt vollkommener Heiligkeit und Reinheit, nämlich die allumfassende Manifestation Gottes. Denn von den Tagen Adams bis zur Zeit Christi wurde wenig über das ewige Leben und die allumfassende Vollkommenheit des Reiches der Höhe gesprochen. Dieser Baum des Lebens verweist auf die Stufe der Wirklichkeit Christi: Er wurde in Seiner Sendung gepflanzt und mit unvergänglichen Früchten geschmückt.
Schau, wie genau diese Deutung mit der Wirklichkeit übereinstimmt: Denn als der Geist und das Selbst Adams sich an die materielle Welt banden, gelangten sie aus dem Reich der Freiheit in das Reich der Knechtschaft; dieser Zustand setzte sich in jeder nachfolgenden Generation fort, und Seine Nachkommen erbten diese Bindung von Geist und Selbst an die materielle Welt, was gleichbedeutend ist mit Sünde. Diese Bindung ist die Schlange, die für immer mitten im Geiste der Nachkommen Adams und in Feindschaft mit ihnen sein wird, denn die Bindung an die Welt wurde die Ursache für die Knechtschaft des Geistes. Diese Knechtschaft ist die Sünde, die von Adam an Seine Nachkommen weitergegeben wurde, denn sie hat die Menschen daran gehindert, ihre wesenhafte Geistigkeit zu erkennen und zu erhabenen Stufen zu gelangen.
Als der heilige Odem Christi und das geheiligte Licht der Größten Lichtgestalt sich überallhin ausbreiteten, wurde die Wirklichkeit der Menschen – das heißt der Menschen, die sich dem Wort Gottes zuwandten und an Seiner vielfältigen Gunst teilhatten – von dieser Bindung und Sünde errettet, ihnen wurde ewiges Leben gewährt, sie wurden aus den Ketten der Knechtschaft befreit und betraten das Reich der Freiheit. Sie wurden von irdischen Lastern befreit und mit himmlischen Tugenden begabt. Die Bedeutung der Worte Christi ist, dass Er Sein Blut für das Leben der Welt gab.A101 Das heißt, Er hatte sich entschieden, alle Prüfungen, Leiden und Trübsale, selbst das größte Martyrium zu ertragen, um dieses höchste Ziel zu erreichen und die Vergebung der Sünden sicherzustellen – das heißt, die Loslösung des Geistes von der Welt der Materie und die Anziehung hin zum göttlichen Reich –, damit sich Menschen erheben, die zum Wesen der Rechtleitung und zur Verkörperung der Vollkommenheit des Königreichs der Höhe werden.
Beachte: Würden diese Aussagen wörtlich genommen, so wie das Volk der SchriftA102 es sich vorstellt, wäre dies schiere Ungerechtigkeit und reine Tyrannei. Wenn Adam sündigte, als Er sich dem verbotenen Baum näherte, was war dann die Sünde des ruhmreichen Abraham, des Freundes Gottes, und die Verfehlung des Mose, der mit Gott sprach? Was war das Vergehen des Propheten Noah und die Übertretung des aufrichtigen Josef? Was war die Schuld der Propheten Gottes und was das Versäumnis von Johannes, dem Keuschen? Würde es die göttliche Gerechtigkeit zulassen, dass die lichterfüllten Offenbarer wegen der Sünde Adams so lange die Qualen der Hölle erleiden, bis sie durch das Kommen Christi und Seinen Opfertod aus den Tiefen des Feuers gerettet werden? Eine solche Vorstellung liegt jenseits aller Regeln und Prinzipien und kein vernünftiger Mensch kann so etwas jemals akzeptieren.
Wie bereits erwähnt ist die Bedeutung vielmehr: Adam ist der Geist Adams und Eva ist Sein Selbst; der Baum ist die materielle Welt, und die Schlange ist die Bindung daran. Diese Bindung – das ist die Sünde – wurde an die Nachkommen Adams weitergegeben. Durch den Odem der Heiligkeit hat Christus Seelen von dieser Bindung errettet und sie von dieser Sünde erlöst.
Diese Sünde in Adam steht im Übrigen im Zusammenhang mit Seiner Stufe: Obwohl diese weltliche Bindung beachtliche Ergebnisse gezeitigt hat, wird sie in Bezug auf die Bindung zum geistigen Reich nichtsdestotrotz als Sünde angesehen, und es bestätigt sich hierbei die Wahrheit des Ausspruchs »Die guten Taten der Rechtschaffenen sind die Sünden derer, die Gott nahestehen«. Anders gesagt, es ist wie die Kraft des Körpers, die im Gegensatz zur Kraft des Geistes unvollkommen ist – sie ist im Vergleich dazu nichts als Schwäche. Ebenso wird das körperliche Leben im Vergleich zum ewigen Dasein und dem Leben des Königreichs als Tod angesehen. Daher bezeichnete Christus dieses körperliche Leben als Tod und sagte: »Lasst die Toten ihre Toten begraben.«A103 Obwohl jene Seelen sich des körperlichen Lebens erfreuten, war dieses Leben in Seinen Augen wie der Tod.
Dies ist nur eine der Bedeutungen der biblischen Erzählung über Adam. Denke darüber nach, damit du auch die anderen herausfindest.

Kapitel 31

Lästerung wider den Heiligen Geist

Frage: »Darum sage ich euch: Jede Sünde und Lästerung wird den Menschen vergeben werden, aber die Lästerung gegen den Heiligen Geist wird nicht vergeben werden. Auch wer ein Wort gegen den Menschensohn sagt, dem wird vergeben werden; wer aber etwas gegen den Heiligen Geist sagt, dem wird nicht vergeben, weder in dieser noch in der zukünftigen Welt.«A104
Antwort: Die geheiligte Wirklichkeit der Manifestationen Gottes hat zwei geistige Stufen: Die eine ist die mit der Sonne vergleichbare Stufe der göttlichen Manifestation, und die andere ist die der Ausstrahlung und der Offenbarung, die mit dem göttlichen Licht und der göttlichen Vollkommenheit – dem Heiligen Geist – verglichen werden kann. Denn der Heilige Geist verkörpert die vielfältigen Gnadengaben und die Vollkommenheit Gottes; und diese göttliche Vollkommenheit gleicht den Strahlen und der Wärme der Sonne. Die Sonne ist die Sonne wegen ihres Strahlenglanzes; ohne diese Strahlen wäre sie nicht die Sonne. Wenn die Vollkommenheit Gottes sich nicht in Jesus offenbart hätte, so wäre Er nicht Christus. Er ist genau deswegen eine Manifestation Gottes, weil die göttliche Vollkommenheit in Ihm offenbar wird. Die Propheten Gottes sind Manifestationen, und die göttliche Vollkommenheit – also der Heilige Geist – ist das, was in Ihnen erscheint.
Wenn sich ein Mensch von der Manifestation entfernt, kann er noch erweckt werden, weil er vielleicht nicht um Sie wusste und Sie nicht als die Verkörperung göttlicher Vollkommenheit erkannt hat. Wenn er aber die göttliche Vollkommenheit, also den Heiligen Geist, verabscheut, dann zeigt dies, dass er wie eine Fledermaus das Licht hasst.
Dieser Hass auf das Licht selbst ist unheilbar und unverzeihlich, das heißt, es ist einer solchen Seele unmöglich, Gott nahe zu kommen. Diese Lampe hier ist eine Lampe wegen ihres Lichts; ohne das Licht wäre sie keine Lampe. Eine Seele, die das Licht der Lampe verabscheut, ist sozusagen blind und kann das Licht nicht wahrnehmen, und diese Blindheit ist die Ursache ewigen Verlustes.
Es ist offensichtlich, dass den Seelen durch die Ausgießungen des Heiligen Geistes, die in den Manifestationen Gottes zum Ausdruck kommen, Gnade zuteilwird und nicht etwa durch die individuelle Persönlichkeit der Manifestation. Wenn also eine Seele an den Ausgießungen des Heiligen Geistes keinen Anteil hat, bleibt sie der Gnade Gottes beraubt, und dieser Verlust selbst ist gleichbedeutend mit dem Entzug göttlicher Vergebung.
Deshalb gab es viele Menschen, die sich den Manifestationen Gottes entgegenstellten, ohne zu erkennen, dass Sie Manifestationen waren, aber sie wurden zu Freunden, nachdem sie Sie anerkannt hatten. So war die Feindschaft gegen die Manifestation Gottes nicht die Ursache ewigen Verlustes, denn sie waren Feinde des Kerzenleuchters und erkannten nicht, dass es der Sitz des strahlenden Lichtes Gottes war. Sie waren nicht die Feinde des Lichtes selbst, und als sie verstanden, dass der Kerzenleuchter der Sitz des Lichtes war, wurden sie wahre Freunde.
Damit ist gemeint, dass das Fernsein vom Kerzenleuchter nicht die Ursache ewigen Verlustes ist, denn man kann noch erweckt und rechtgeleitet werden; vielmehr ist die Feindschaft gegenüber dem Licht selbst die Ursache ewigen Verlustes und dagegen gibt es kein Heilmittel.

Kapitel 32

Viele sind gerufen, wenige aber auserwählt

Frage: Christus sagt im Evangelium: »Viele sind gerufen, wenige aber auserwählt«A105 und im Qur’án steht geschrieben: »Gott aber schenkt Seine Barmherzigkeit in besonderer Weise, wem Er will.«A106 Welche Weisheit liegt darin?
Antwort: Wisse, dass die Ordnung und Vollkommenheit des Universums eines Daseins bedarf, das in unzähligen Formen entstehen muss. Erschaffene Dinge können daher nicht auf einer einzigen Stufe, auf einer Seinsebene, in einer Weise, Beschaffenheit und Art entstehen: Es muss zwangsläufig Stufenunterschiede, Formenvielfalt und eine Vielzahl von Arten geben. Die Reiche des Minerals, der Pflanze, des Tieres und des Menschen sind also notwendig, denn allein durch den Menschen könnte die Welt des Daseins nicht hinreichend geordnet, geschmückt, geregelt und vervollkommnet werden. Aus dem gleichen Grund würde allein mit Tieren, Pflanzen oder Mineralien diese Welt keine so wunderbare Erscheinung besitzen, nicht so wohl geordnet und fein ausgestaltet sein: Unterschiede des Ranges, der Stufe, und der Art sind nötig, damit das Dasein in höchster Vollkommenheit erstrahlen kann.
Wenn zum Beispiel dieser Baum gänzlich zu Früchten würde, so könnte das Pflanzenreich keine Vollkommenheit erlangen, denn es bedarf der Blätter, Blüten und Früchte, damit der Baum in höchster Schönheit und Vollkommenheit erscheinen kann.
Betrachte in gleicher Weise den Körper des Menschen, der notwendigerweise aus verschiedenen Teilen, Gliedern und Organen zusammengesetzt sein muss. Für die Schönheit und Vollkommenheit des menschlichen Körpers sind Ohr, Auge, Gehirn und sogar Nägel und Haare erforderlich: Wenn der Mensch ausschließlich aus Gehirn, Augen oder Ohren bestünde, wäre das gleichbedeutend mit Unvollkommenheit. Das Fehlen von Haaren, Wimpern, Zähnen und Nägeln stellt demnach eine Unvollkommenheit dar, denn auch wenn Letztere im Vergleich zu den Augen zu keiner Sinneswahrnehmung in der Lage sind und damit dem Mineral und der Pflanze ähneln, so ist es doch höchst misslich und unangenehm, wenn sie im Körper fehlen.
Solange sich also die erschaffenen Dinge auf unterschiedlichen Stufen befinden, werden manche naturgemäß anderen überlegen sein. Demnach folgt aus der Tatsache, dass die Auswahl bestimmter Geschöpfe, so etwa des Menschen für die höchste Stufe, die Einordnung anderer, wie der Pflanzen auf der mittleren Stufe und wieder anderer, etwa der Mineralien, auf der niedrigsten Stufe, allesamt auf den Willen und die Absicht Gottes zurückzuführen sind, dass die Auswahl des Menschen für die höchste Stufe durch die Gnade Gottes geschieht und dass Unterschiede zwischen den Menschen hinsichtlich geistiger Errungenschaften und himmlischer Vollkommenheit ebenfalls bestehen, weil der Allbarmherzige es so wünschte. Denn der Glaube – das ewige Leben – ist ein Zeichen der Gnade und nicht das Ergebnis der Gerechtigkeit. In dieser Welt aus Erde und Wasser brennt die Flamme des Feuers der Liebe durch Anziehungskraft und nicht durch menschliches Bemühen und Streben, obwohl man tatsächlich durch Letzteres zu Wissen, Gelehrsamkeit und Vervollkommnung auf weiteren Gebieten gelangen kann. Es ist also das Licht der göttlichen Schönheit, das durch seine Anziehungskraft den Geist aufrütteln und bewegen muss. Darum heißt es: »Viele sind gerufen, wenige aber auserwählt.«A107
Was die stofflichen Lebewesen betrifft, so dürfen sie nicht wegen ihres eigenen Ranges und ihrer Stufe getadelt, verurteilt oder zur Rechenschaft gezogen werden. So sind das Mineral, die Pflanze und das Tier auf ihren jeweiligen Stufen annehmbar, aber wenn sie hinter ihren Möglichkeiten zurückbleiben sollten, wären sie zu tadeln, auch wenn die Stufe selbst vollkommen ist.
Gleichwohl ist der Unterschied zwischen den Menschen von zweierlei Art: Der eine ist ein Rangunterschied und der ist nicht tadelnswert. Der andere Unterschied liegt im Glauben und in der Gewissheit – ihr Fehlen ist tadelnswert, denn um dieser Gnadengabe und der Anziehungskraft der Liebe Gottes beraubt zu sein, muss die Seele ihren eigenen Begierden und Leidenschaften zum Opfer gefallen sein. So lobenswert und annehmbar sie auf ihrer menschlichen Stufe sein mag, so wird sie, der Vollkommenheit dieser Stufe beraubt, zu einer Quelle von Unzulänglichkeiten und wird dafür zur Rechenschaft gezogen.

Kapitel 33

Die Wiederkunft der Gottesboten

Frage: Würden Sie das Thema der Wiederkunft erläutern?
Antwort: Dieses Thema hat Bahá’u’lláh detailreich und ausführlich im Kitáb-i-ÍqánA108 erläutert. Lies es, dann wird die Wahrheit dieser Angelegenheit klar und offensichtlich. Aber weil du die Frage aufgeworfen hast, gibt es hier auch eine kurze Erklärung dazu.
Wir werden dieses Thema anhand des Textes des Evangeliums erklären. Darin heißt es, dass Johannes, der Sohn des Zacharias, erschien und den Menschen die Ankunft des Reiches Gottes ankündigte, und sie fragten ihn: »Wer bist du? Bist du der verheißene Messias?« Er antwortete: »Ich bin nicht der Messias.« Daraufhin fragten sie ihn: »Bist du Elias?« Er antwortete: »Ich bin es nicht.«A109 Aus diesen Worten geht eindeutig hervor, dass Johannes, der Sohn des Zacharias, nicht der verheißene Elias war.
Am Tag der Verklärung auf dem Berg Tabor jedoch sagte Christus ausdrücklich, dass Johannes, der Sohn des Zacharias, der verheißene Elias war. In Markus 9:11 heißt es: »Und sie fragten Ihn und sprachen: Sagen nicht die Schriftgelehrten, dass zuvor Elias kommen muss? Er aber antwortete und sprach zu ihnen, Elias soll ja zuvor kommen und alles wieder zurechtbringen. Wie steht dann geschrieben von dem Menschensohn, dass er viel leiden und verachtet werden soll? Aber ich sage euch: Elias ist gekommen, und sie haben ihm angetan, was sie wollten, wie von ihm geschrieben steht.« Und in Matthäus 17:13 heißt es: »Da verstanden die Jünger, dass er von Johannes dem Täufer zu ihnen geredet hatte.«
Nun hatten sie Johannes den Täufer gefragt: »Bist du Elias?« und er hatte geantwortet: »Ich bin es nicht«, während im Evangelium gesagt wird, dass Johannes der verheißene Elias selbst war, und Christus das auch klar zum Ausdruck gebracht hatte. Wenn Johannes Elias war, warum hat er gesagt, dass er es nicht war, und wenn er nicht Elias war, warum hat Christus gesagt, dass er es war?
Der Grund dafür ist, dass wir hier nicht die individuelle Persönlichkeit, sondern die Wirklichkeit seiner Vollkommenheit betrachten, das heißt, die gleiche Vollkommenheit, die Elias besaß, zeigte sich auch in Johannes dem Täufer. So gesehen war Johannes der Täufer der verheißene Elias. Was hier betrachtet wird, ist nicht das WesenA110, sondern die Eigenschaften.
Letztes Jahr gab es hier zum Beispiel eine Blume und in diesem Jahr ist hier auch eine Blume erschienen. Wenn ich sage, dass die Blume des letzten Jahres zurückgekehrt ist, dann meine ich nicht, dass die Blume mit derselben Identität zurückgekehrt ist. Aber da diese Blume mit denselben Attributen ausgestattet ist wie die Blume des letzten Jahres – sie besitzt ja denselben Duft, dieselbe Zartheit, Farbe und Form – heißt es, dass die Blume des letzten Jahres zurückgekehrt ist und dass es genau dieselbe Blume ist. Ebenso sagen wir, wenn der Frühling kommt, dass der Frühling des letzten Jahres zurückgekehrt ist, denn alles, was es im vorherigen Frühling gab, gibt es im darauffolgenden wieder. Deshalb sagte Christus: »Ihr werdet selbst alles sehen, was in den Tagen der früheren Propheten geschehen ist.«A111
Nehmen wir noch ein weiteres Beispiel: Im letzten Jahr wurde ein Samen gesät, Zweige und Blätter erschienen, Blüten und Früchte bildeten sich aus, und schließlich wurde ein neuer Samen hervorgebracht. Wenn dieser zweite Samen gepflanzt wird, wird er zu einem Baum heranwachsen, wieder werden Blätter, Blüten, Zweige und Früchte zurückkehren und der frühere Baum wird wieder zum Vorschein kommen. Da es am Anfang ein Samenkorn gab und am Ende ebenfalls, sagen wir, dass der Samen zurückgekehrt ist. Wenn wir die stoffliche Substanz des Baumes betrachten, ist sie eine andere, aber wenn wir die Blüten, Blätter und Früchte betrachten, werden der gleiche Duft, der gleiche Geschmack und die gleiche Köstlichkeit hervorgebracht. Somit ist die Vollkommenheit des Baumes erneut zurückgekehrt.
Wenn wir desgleichen das Individuum betrachten, ist es ein anderes, aber wenn wir die Eigenschaften und Vollkommenheit betrachten, sind genau dieselben zurückgekehrt. Als Christus also sagte: »Das ist Elias«, meinte Er: In diesem Menschen zeigen sich die Gnade, die Vollkommenheit, die Qualitäten, die Eigenschaften und die Tugenden des Elias. Und als Johannes der Täufer sagte: »Ich bin nicht Elias«, meinte er: »Ich bin nicht dieselbe Person wie Elias.« Christus betrachtete ihre Attribute, Vollkommenheit, Qualitäten und Tugenden, und Johannes bezog sich auf sein physisches Dasein und seine Individualität. Es ist wie bei dieser Lampe: Gestern Abend war sie hier, heute Abend wird sie wieder angezündet, und auch morgen Abend wird sie wieder leuchten. Wenn wir sagen, dass die Lampe von heute Abend dieselbe ist wie die von gestern Abend und dass sie zurückgekehrt ist, meinen wir das Licht und nicht das Öl, den Docht oder den Halter.
Diese Aspekte wurden ausführlich im Kitáb-i-Íqán erläutert.

Kapitel 34

Petrus und das Papsttum

Frage: Im Matthäusevangelium sagt Christus zu Petrus: »Du bist Petrus, und auf diesen Felsen will ich meine Kirche bauen«A112. Was bedeutet dieser Vers?
Antwort: Diese Äußerung Christi ist eine Bestätigung der Antwort von Petrus als Christus fragte: »Ihr aber, für wen haltet ihr mich?«, worauf Petrus antwortete: »Du bist der Christus, der Sohn des lebendigen Gottes!« Dann sagte Christus zu ihm: »Du bist Petrus«A113 – denn »Kephas« bedeutet auf Hebräisch ›Fels‹ – »und auf diesen Felsen werde ich meine Kirche bauen.« Denn andere hatten Christus geantwortet, Er sei Elias, oder Johannes der Täufer, oder Jeremia, oder einer der Propheten.A114
Christus wollte durch diesen bildlichen Ausdruck und die Anspielung Petri Worte bestätigen. Und da dessen Name ›Fels‹ bedeutete, sagte er: »Du bist Petrus, und auf diesen Felsen werde ich meine Kirche bauen.« Das heißt, dein Glaube, dass Christus der Sohn des lebendigen Gottes ist, wird das Fundament der Religion Gottes werden, und auf diesem Glauben wird das Fundament der Kirche Gottes – also das Gesetz Gottes – errichtet werden.
Hinsichtlich der Grabstätte des Petrus ist es fraglich und umstritten, ob sie sich in Rom befindet, manche vermuten sie in Antiochia.
Außerdem sollten wir die Taten mancher Päpste an der Religion Christi messen. Christus, der Hunger litt und mittellos war, ernährte sich von den Kräutern der Wildnis und hätte es nicht zugelassen, dass irgendein Herz betrübt wird. Der Papst fährt in einer goldenen Kutsche, verbringt seine Tage in größtem Luxus und umgibt sich mit Annehmlichkeiten und Vergnügungen, die sogar den Überfluss und die Selbstgefälligkeit aller Könige der Erde übertrifft.
Christus hat niemandem Schaden zugefügt, manche Päpste aber haben viele unschuldige Menschen getötet. Schlag nach in den Geschichtsbüchern. Wie viel Blut haben die Päpste vergossen, nur um ihre vergängliche Herrschaft zu sichern! Wie viele Tausende von Dienern der Menschheit, darunter gelehrte Männer, die die Geheimnisse des Universums entdeckt hatten, haben sie gefoltert, eingesperrt und getötet, alles nur wegen Meinungsverschiedenheiten! Wie nachdrücklich haben sie sich der Wahrheit entgegengestellt!
Betrachte die Ermahnungen Christi und untersuche die Gepflogenheiten und Verhaltensweisen der Päpste: Stimmen die Ermahnungen des einen mit der Amtsführung der anderen in irgendeiner Weise überein? Wir suchen nicht gern nach Fehlern, doch die Chroniken des Vatikans sind wirklich erstaunlich. Damit soll gesagt sein, dass die Anweisungen Christi eine Sache sind und das Verhalten der päpstlichen Regierung eine ganz andere: Sie stimmen nicht im Geringsten überein. Schau, wie viele Protestanten auf Befehl der Päpste ermordet wurden, welche Missstände und Grausamkeiten gutgeheißen und welche Foltern und Strafen verhängt wurden! Können die süßen Düfte Christi in irgendeiner Weise in diesen Taten wahrgenommen werden? Nein, bei der Gerechtigkeit Gottes! Dergleichen Menschen haben nicht auf Christus gehört, während die heilige Barbara, deren Bild wir hier haben, Ihm gehorchte, auf Seinem Pfad wandelte und sich an Seine Ermahnungen hielt.
Tatsächlich gab es besonders in den frühen Jahrhunderten der christlichen Ära, als irdische Mittel knapp und Prüfungen, die der Himmel schickte, heftig waren, unter den Päpsten einige gesegnete Seelen, die den Fußspuren Christi folgten. Aber als die Mittel für eine irdische Herrschaft geschaffen und weltliche Ehre und Wohlstand erzielt worden waren, vernachlässigte die päpstliche Regierung Christus völlig und befasste sich nur noch mit irdischer Herrschaft und Größe, mit materiellen Annehmlichkeiten und Luxus. Sie brachte Menschen zu Tode, wandte sich gegen die Verbreitung von Bildung, verfolgte Wissenschaftler, verbarg das Licht der Erkenntnis und erteilte Befehle zu morden und zu plündern. Tausende von Menschen, Wissenschaftler und Gelehrte sowie Unschuldige, gingen in den Gefängnissen Roms zugrunde. Wie kann man bei solch einem Verhalten und solchen Taten den Anspruch auf das Stellvertreteramt Christi anerkennen?
Der Heilige Stuhl hat konsequent die Ausweitung von Wissen bekämpft; das ging so weit, dass in Europa die Auffassung vertreten wird, Religion sei der Feind der Wissenschaft und Wissenschaft zerstöre die Grundlage der Religion. Die Religion Gottes hingegen verficht die Wahrheit, schafft die Grundlage für Wissenschaft und Lernen, unterstützt das Wissen, sorgt für die Kultivierung der Menschheit, deckt die Geheimnisse des Daseins auf und erleuchtet die Horizonte der Welt. Wie könnte sie sich dann dem Wissen entgegenstellen? Gott bewahre! Im Gegenteil, vor Gott ist Wissen die bedeutsamste menschliche Tugend und die edelste menschliche Vollkommenheit. Wissen abzulehnen ist reine Unwissenheit, und wer die Künste und Wissenschaften verabscheut, ist kein Mensch, sondern wie ein Tier ohne Verstand. Denn Wissen ist Licht, Leben, Glückseligkeit, Vollkommenheit und Schönheit und bewirkt, dass die Seele sich der göttlichen Schwelle nähert. Es ist Ruhm und Ehre in der Menschenwelt und die größte aller Gaben Gottes. Wissen ist identisch mit Rechtleitung, Unwissenheit hingegen der Inbegriff des Irrtums.
Glücklich, wer seine Tage mit der Suche nach Wissen, der Entdeckung von Geheimnissen des Universums und der sorgfältigen Erforschung der Wahrheit verbringt! Und wehe denen, die sich mit Unwissenheit begnügen, sich an gedankenloser Nachahmung erfreuen, in den Abgrund von Unwissenheit und Achtlosigkeit gefallen sind und damit ihr Leben vergeudet haben!

Kapitel 35

Freier Wille und Vorherbestimmung

Frage: Wenn Gott um die zukünftige Tat einer Person weiß und diese auf der ›Verwahrten Tafel‹ des Schicksals aufgezeichnet wird, ist es dann möglich, sich dem zu widersetzen?
Antwort: Das Wissen um etwas ist nicht die Ursache dafür, dass es geschieht, denn das wesenhafte Wissen Gottes umfasst die Wirklichkeit aller Dinge bevor und nachdem sie ins Dasein treten, aber es ist nicht die Ursache ihres Daseins. Dies ist ein Ausdruck der Vollkommenheit Gottes.
Gleiches gilt für die Aussagen der Propheten, die ihnen durch göttliche Offenbarung eingegeben wurden und die das Kommen des in der Thora Verheißenen verkündeten: auch sie waren nicht die Ursache für das Erscheinen Christi. Aber die verborgenen Geheimnisse künftiger Tage wurden den Propheten enthüllt, wodurch sie künftiger Ereignisse gewahr wurden, die sie dann verkündeten. Dieses Wissen und die Verkündigung waren nicht die Ursache für das Eintreten dieser Ereignisse. Zum Beispiel weiß heute Abend jeder, dass in sieben Stunden die Sonne aufgehen wird, aber dass dies jedermann weiß, verursacht nicht den Sonnenaufgang.
Genauso bringt Gottes Wissen in der bedingten Welt nicht die Form der Dinge hervor. Vielmehr ist dieses Wissen frei davon, zwischen Vergangenheit, Gegenwart und Zukunft zu unterscheiden und es entspricht allem, was geschieht, ohne die Ursache für dessen Verwirklichung zu sein.
Ebenso wird etwas, das in den Heiligen Schriften verzeichnet ist oder Erwähnung findet, nicht zur Ursache dafür, dass es existiert. Die Propheten Gottes erfuhren durch göttliche Eingebung, dass gewisse Ereignisse sich zutragen würden. Durch göttliche Eingebung wussten sie zum Beispiel, dass Christus als Märtyrer sterben würde, was sie daraufhin verkündeten. Hat nun ihr Wissen und ihre Kenntnis das Martyrium Christi verursacht? Nein: Dieses Wissen ist ein Zeichen ihrer Vollkommenheit und nicht die Ursache Seines Martyriums.
Durch astronomische Berechnungen können Mathematiker den Zeitpunkt bestimmen, an dem eine Sonnen- oder Mondfinsternis eintreten wird. Sicherlich ist diese Vorhersage nicht der Auslöser der Finsternis. Das ist natürlich nur ein Vergleich und kein exaktes Bild.

Teil 3 – Über die Kräfte und Seinsweisen der Manifestationen Gottes

Kapitel 36

Die fünf Arten des Geistes

Wisse, dass es insgesamt fünf Arten von Geist gibt. Zunächst ist da der Geist der PflanzeA115, die Kraft, die aus der Zusammensetzung und Verbindung der Elemente gemäß der Weisheit und dem Befehl des Höchsten entsteht und sich sowohl aus ihren Wechselwirkungen als auch aus ihrem Einfluss auf andere erschaffene Dinge und ihrer Verknüpfung mit ihnen ergibt. Wenn diese Bestandteile und Elemente voneinander getrennt werden, verschwindet die damit verbundene Wachstumskraft ebenfalls. Um einen Vergleich zu ziehen: Wenn bestimmte Bauteile zusammengefügt werden, kann elektrischer Strom fließen, aber sobald diese Teile voneinander getrennt werden, wird die elektrische Kraft sofort unterbrochen und verschwindet. So ist es auch mit dem Geist der Pflanze.
Als Nächstes kommt der Geist des Tieres: auch er entsteht, wenn Elemente in einer einzigartigen Weise miteinander verbunden werden. Aber diese Zusammensetzung ist vollendeter, und wenn sie durch den Ratschluss des allmächtigen Herrn eine größere Vollkommenheit der Verbindung erreicht, entsteht der Geist des Tieres, der auf der Kraft der Sinne beruht. Diese Kraft nimmt die den Sinnen zugängliche Wirklichkeit wahr – alles, was man sehen, hören, schmecken, riechen oder berühren kann. Nach Trennung und Auflösung dieser zusammengesetzten Bestandteile wird auch dieser Geist naturgemäß aufhören zu existieren. Es ist wie die Lampe, die du hier siehst: Wenn Öl, Docht und Flamme zusammengebracht werden, wird Licht erzeugt; aber wenn das Öl verbraucht ist und der Docht abgebrannt ist, wird auch das Licht verlöschen.
Mit dem menschlichen Geist verhält es sich ähnlich wie mit den Gaben der Sonne bezogen auf ein Glas. Das heißt, der Körper des Menschen, der sich aus Elementen zusammensetzt, ist die vollendetste Form der Zusammensetzung und Verbindung, die beste Anordnung, die edelste Zusammensetzung und das vollkommenste aller existierenden Dinge. Er wächst und entwickelt sich durch den Geist des Tieres. Dieser vollkommene Körper ist vergleichbar mit einem Spiegel und der menschliche Geist mit der Sonne: Wenn das Glas zersplittert oder der Spiegel zerbricht, dann ändert das nichts an der Gnade, die der Sonne unbeeinträchtigt weiter entströmt.
Dieser Geist ist die Kraft der Entdeckung, die alle Dinge umfasst. Alle wundersamen Zeichen, alle Handwerke und Entdeckungen, all die mächtigen Unternehmungen und bedeutsamen historischen Ereignisse, die dir bekannt sind, wurden von diesem Geist entdeckt und durch seine geistige Kraft aus dem unsichtbaren Reich auf die Ebene des Sichtbaren gebracht. So wohnt er auf der Erde und macht doch Entdeckungen am Himmel und erschließt sich Unbekanntes aus bekannten und sichtbaren Wirklichkeiten. Zum Beispiel befindet sich der Mensch auf dieser Hemisphäre, aber durch die Kraft des Verstandes entdeckt er, genau wie Kolumbus, den amerikanischen Kontinent, der bis dahin unbekannt war. Er hat einen schweren Körper, aber er fliegt am Himmel mit Vehikeln, die er selbst erfunden hat. Seine Bewegung ist langsam, aber er reist in hoher Geschwindigkeit durch Ost und West mit Hilfe von Fahrzeugen, die er entwickelt hat. Kurz gesagt, diese Kraft umfasst alle Dinge.
Aber dieser menschliche Geist hat zwei Seiten: eine himmlische und eine satanische – das heißt, er ist sowohl zur höchsten Vollkommenheit als auch zur größten Unvollkommenheit fähig. Wenn er sich Tugenden aneignet, ist er von allem Erschaffenen das Edelste und wenn er sich Laster aneignet, dann ist er an Abscheulichkeit nicht zu überbieten.
Was die vierte Art des Geistes betrifft, so ist es der himmlische Geist, das heißt der Geist des Glaubens und die Gnadenfülle des Allbarmherzigen. Dieser Geist geht aus dem Odem des Heiligen Geistes hervor und wird durch die Kraft Gottes zur Ursache ewigen Lebens. Diese Kraft macht die irdische Seele himmlisch und den unvollkommenen Menschen vollkommen. Sie reinigt die Unreinen, löst die Zunge der Schweigsamen, heiligt die Sklaven der Leidenschaft und Begierde und verleiht den Unwissenden Wissen.
Die fünfte Art des Geistes ist der Heilige Geist, der Mittler zwischen Gott und Seiner Schöpfung. Er ist wie ein Spiegel, der der Sonne zugewandt ist: So wie ein makelloser Spiegel die Strahlen der Sonne aufnimmt und ihre Gaben anderen spiegelt, so ist auch der Heilige Geist der Mittler für das Licht der Heiligkeit, das er von der Sonne der Wahrheit an geheiligte Seelen weitergibt. Dieser Geist ist mit jeglicher göttlichen Vollkommenheit geschmückt. Wann immer er erscheint, wird die Welt wiederbelebt, wird ein neuer Zyklus eingeleitet und der Körper der Menschheit in ein neues Gewand gekleidet. Es ist wie der Frühling: Wenn er anbricht, versetzt er die Welt von einem Zustand in einen anderen. Denn mit dem Frühlingsbeginn werden die dunkle Erde, die Felder und die Wiesen grün und fruchtbar; Blumen und süß duftende Kräuter aller Art treiben aus; Bäume erwachen zu neuem Leben; wunderbare Früchte gedeihen; und ein neuer Zyklus wird eröffnet.
Genauso ist es mit der Manifestation des Heiligen Geistes: Wann immer Er erscheint, verleiht Er der Menschheit neues Leben und der menschlichen Wirklichkeit einen neuen Geist. Er kleidet alles Sein in ein prächtiges Gewand, vertreibt die Dunkelheit der Unwissenheit und lässt das Licht menschlicher Vollkommenheit erstrahlen. Mit eben dieser Kraft erneuerte Christus diesen Zyklus – woraufhin die göttliche Frühlingszeit mit höchster Frische und Anmut in der Menschenwelt ihr Zelt aufschlug und die Sinne der erleuchteten Seelen mit ihren lebensspendenden, duftenden Brisen erfüllte.
Ebenso glich die Offenbarung Bahá’u’lláhs einer neuen Frühlingszeit, die mit den süßen Düften der Heiligkeit, mit den Heerscharen ewigen Lebens und mit der Kraft des himmlischen Königreichs erschien. Er errichtete mitten im Herzen der Welt den Thron der Herrschaft Gottes, erweckte durch die Kraft des Heiligen Geistes die Seelen zu neuem Leben und läutete einen neuen Zyklus ein.

Kapitel 37

Die Verbindung zwischen Gott und Seinen Manifestationen

Frage: Was ist die Wirklichkeit des Göttlichen und ihre Verbindung zum jeweiligen Tagesanbruch des göttlichen Strahlenglanzes und den Dämmerungsorten des Lichtes des Allbarmherzigen?
Antwort: Wisse, dass die göttliche Wirklichkeit und das erhabene Wesen Gottes unaussprechliche und absolute Heiligkeit ist, das heißt, erhaben und geheiligt über jeden Lobpreis. Alle Attribute, die den höchsten Ebenen des Daseins in Bezug auf diese Stufe zugeschrieben werden, entspringen der Phantasie. Das Unsichtbare und Unerreichbare kann nie erkannt werden; das absolute Wesen kann niemals beschrieben werden. Denn das göttliche Wesen ist allumfassend und alle erschaffenen Dinge werden davon umfasst. Das Allumfassende ist mit Sicherheit größer als das Umfasste, und so kann das Umfasste keinesfalls zum Allumfassenden vordringen oder seine Wirklichkeit begreifen. Wie weit der menschliche Verstand auch voranschreiten mag, selbst wenn er den höchsten Grad menschlichen Begreifens erreichte, so liegt doch die äußerste Grenze für dieses Begreifen darin, die Zeichen und Attribute Gottes in der Welt der Schöpfung zu schauen, nicht aber im Reich des Göttlichen. Denn das Wesen und die Attribute des allherrlichen Herrn sind in den unerreichbaren Höhen der Heiligkeit verwahrt und Verstand und Begreifen des Menschen werden niemals einen Weg zu dieser Stufe finden. »Der Weg ist versperrt und jede Suche verwehrt.«A116
Offensichtlich folgt alles, was der Mensch versteht, aus seinem Dasein, und der Mensch ist ein Zeichen des Allbarmherzigen: Wie kann dann das, was aus dem Zeichen folgt, den Schöpfer des Zeichens umfassen? Mit anderen Worten: Wie kann menschliches Verständnis, das aus dem Dasein des Menschen folgt, Gott begreifen? So ist die Wirklichkeit des Göttlichen allem Begreifen verborgen und verhüllt vor dem Verstand aller Menschen, und es ist unmöglich zu dieser Stufe aufzusteigen.
Wir können beobachten, dass alles Niedere unfähig ist, die Wirklichkeit des Höheren zu begreifen. Wieweit sie sich auch entwickeln mögen, können der Stein, die Erde und der Baum niemals die Wirklichkeit des Menschen begreifen oder sich die Kräfte des Sehens, des Hörens und der anderen Sinne vorstellen, selbst wenn das eine wie das andere erschaffene Dinge sind. Wie kann dann der Mensch, ein bloßes Geschöpf, die Wirklichkeit des geheiligten Wesens des Schöpfers begreifen? Kein menschliches Verstehen kann in die Nähe dieser Stufe gelangen, keine Äußerung kann ihre Wahrheit erschließen, und keine Anspielung kann ihr Geheimnis vermitteln. Was hat ein Staubkorn mit der Welt der Heiligkeit zu tun, und welche Verbindung kann je zwischen dem begrenzten Verstand und der Weite des grenzenlosen Reiches bestehen? Der menschliche Verstand ist machtlos, Ihn zu verstehen, und Seelen sind verwirrt, wenn sie versuchen, Seine Wirklichkeit zu beschreiben. »Die Blicke erreichen Ihn nicht, Er aber erreicht die Blicke. Und Er ist der Feinfühlige, der Kenntnis von allem hat!«A117
Daher ist in Bezug auf diese Stufe jede Aussage und Erklärung unzureichend, jede Beschreibung und Charakterisierung unwürdig, jede Vorstellung haltlos und jeder Versuch, sie zu ergründen, zwecklos. Aber dieser Wesenskern allen Wesens, diese Wahrheit aller Wahrheiten, dieses Geheimnis aller Geheimnisse, zeigt sich durch Pracht, Strahlenglanz, Offenbarungen und Erscheinungen in der Welt des Seins. Die Aufgangsorte dieses Strahlenglanzes, die Dämmerungsorte und der jeweilige Ursprung dieser Offenbarungen sind jene Verkörperungen der Heiligkeit, jene universellen Wirklichkeiten und göttlichen Wesen, die die wahren Spiegel des geheiligten Wesens des Göttlichen sind. Jede Vollkommenheit, alle Gaben und die Pracht des einen wahren Gottes sind in der Wirklichkeit Seiner Heiligen Manifestationen deutlich sichtbar, so wie das Licht der Sonne mit all seiner Vollkommenheit und seinen Gaben in einem klaren, makellosen Spiegel vollständig reflektiert wird. Und wenn gesagt wird, dass die Spiegel die Offenbarungen der Sonne und die Dämmerungsorte des Tagesgestirns der Welt sind, so bedeutet das nicht, dass die Sonne von den Höhen ihrer Heiligkeit herabgestiegen ist oder sich im Spiegel verkörpert hat, oder dass diese grenzenlose Wirklichkeit auf diese sichtbare Ebene beschränkt worden wäre. Gott bewahre! Das ist die Überzeugung derer, die den Anthropomorphismus vertreten. Nein, all diese Beschreibungen, jeder Ausdruck von Lobpreis und Herrlichkeit beziehen sich auf diese heiligen Manifestationen; das heißt, alles, was wir erwähnen, jede Beschreibung, jedes Lob, jeder Name und jedes Attribut Gottes, gilt Ihnen. Aber niemand hat je die Wirklichkeit des Wesens des Göttlichen ergründet, um sie gebührend andeuten, beschreiben, loben oder verherrlichen zu können. So bezieht sich alles, was die menschliche Wirklichkeit von den Namen, Attributen und der Vollkommenheit Gottes erkennt, entdeckt und versteht, auf diese heiligen Manifestationen und auf nichts anderes: »Der Weg ist abgeschnitten und alles Suchen ist verwehrt.«
Dennoch schreiben wir der Wirklichkeit des Göttlichen bestimmte Namen und Attribute zu und preisen Ihn für Sein Auge, Sein Ohr, Seine Macht, Sein Leben und Sein Wissen. Wir betonen diese Namen und Attribute nicht, um die Vollkommenheit Gottes zu bekräftigen, sondern um zu bestreiten, dass Er irgendeine Unvollkommenheit haben könnte.
Wenn wir die bedingte Welt betrachten, erkennen wir, dass Unwissenheit Unvollkommenheit bedeutet und Wissen Vollkommenheit ist, und deshalb nennen wir das geheiligte Wesen Gottes allwissend. Schwäche ist Unvollkommenheit und Kraft ist Vollkommenheit, und so sagen wir, dass das geheiligte und göttliche Wesen allmächtig ist. Dies bedeutet nicht, dass wir Sein Wissen, Sehen, Hören, Seine Kraft oder Sein Leben an sich verstehen können: Das geht sicherlich über unser Begreifen hinaus, denn die wesenhaften Namen und Attribute Gottes sind identisch mit Seinem Wesen, und Sein Wesen ist über alles Verstehen geheiligt. Wären die wesenhaften Attribute nicht identisch mit dem Wesen, dann müsste es eine Vielzahl von Präexistenzen geben und die Unterscheidung zwischen dem Wesen und den Attributen wäre somit auch fest begründet und präexistent. Aber das würde eine unendliche Kette von Präexistenzen implizieren, was offensichtlich falsch ist.
Daraus folgt, dass all diese Namen, Attribute und Lobpreisungen auf die Manifestationen Gottes selbst zutreffen und dass alles, was wir uns darüber hinaus ausdenken oder überlegen könnten, reine Einbildung ist, denn wir können niemals einen Weg zum Unsichtbaren und Unzugänglichen finden. Deshalb wurde gesagt: »Alles, was ihr in eurer Eitelkeit meint erkannt zu haben und in allerfeinsten Worten beschrieben habt, ist nur eine Schöpfung wie ihr selbst und geht auf euch selbst zurück.«A118
Wenn wir uns die Wirklichkeit des Göttlichen vorstellen wollten, liegt auf der Hand, dass diese Vorstellung selbst umfasst wäre und unser Verstand es ist, der sie umfasst – und das Umfassende ist gewiss größer als das Umfasste! Daraus folgt, dass jede Wirklichkeit, die wir uns jenseits der heiligen Manifestationen für das Göttliche vorstellen könnten, nur eine Einbildung wäre, da es keine Möglichkeit gibt, sich der göttlichen Wirklichkeit zu nähern, die völlig außerhalb der Reichweite des Verstandes liegt. Und alles, was wir uns vorstellen könnten, ist reine Einbildung.
Überlege dann, wie die Völker der Welt um ihre eigenen eitlen Einbildungen kreisen und die Götzen ihrer eigenen Gedanken und Vorstellungen verehren, ohne sich auch nur im Geringsten dessen bewusst zu sein. Sie halten diese eitlen Einbildungen für jene Wirklichkeit, die über allem Verstehen geheiligt und über jede Andeutung erhaben ist. Sie verstehen sich als Verfechter der göttlichen Einheit und betrachten alle anderen als Götzenverehrer, auch wenn Götzen zumindest ein mineralisches Dasein genießen, während die Götzen der menschlichen Gedanken und Vorstellungen reine Einbildungen sind und nicht einmal das Dasein eines Steins besitzen. »Zieht nun die Lehre daraus, ihr Einsichtigen.«A119
Wisse, dass die Attribute der Vollkommenheit, die göttliche Gnadenfülle und der Strahlenglanz göttlicher Offenbarung aus allen Manifestationen Gottes hervorleuchten, dass aber Christus, das allumfassende Wort Gottes, und Bahá’u’lláh, Sein Größter Name, mit einer Offenbarung erschienen sind, die jede Vorstellung übersteigt. Denn sie besitzen nicht nur jede Vollkommenheit der früheren Manifestationen, sie überragen sie vielmehr mit solch einer Vollkommenheit, dass alle anderen eher ihren Jüngern gleichen. So waren alle Propheten Israels Empfänger göttlicher Offenbarung, und so auch Christus, aber wie groß ist der Unterschied zwischen der Offenbarung dessen, der das Wort Gottes war, und der Inspiration eines Jesaja, eines Jeremia oder eines Elias!
Beachte, dass Licht auf die Schwingungen des Äthers hindeutet, was den Sehnerv stimuliert und das Sehen ermöglicht. Nun, diese Schwingungen des Äthers gibt es sowohl in der Lampe als auch in der Sonne, doch welch ein Unterschied besteht zwischen dem Licht der Sonne, dem der Sterne oder dem der Lampe!
Der menschliche Geist weist im Stadium des Embryos bestimmte Merkmale und Erscheinungsformen auf und im Stadium der Kindheit, der Jugend und der Reife zeigt sich noch eine ganz andere Pracht und Ausprägung. Der Geist ist ein einziger, und doch fehlt ihm im embryonalen Stadium die Kraft des Sehens und Hörens, während er in den Stadien der Jugend und Reife mit größter Pracht und Ausstrahlung erscheint. Ebenso beginnt der Samen sein Wachstum anfangs nur als Blatt, dem Erscheinungsort des Pflanzengeistes; und wenn er Früchte trägt manifestiert sich derselbe Geist, das heißt die Kraft des Wachstums, in der Fülle seiner Vollkommenheit – doch wie weit ist die Stufe des Blattes von derjenigen der Frucht entfernt! Denn aus der Frucht werden mit der Zeit hunderttausend Blätter hervorgehen, auch wenn sie alle durch denselben pflanzlichen Geist wachsen und sich entwickeln. Und nun denke einen Moment nach über den Unterschied zwischen den Tugenden und der Vollkommenheit Christi und der Pracht und dem Strahlenglanz Bahá’u’lláhs einerseits und den Tugenden der Propheten des Hauses Israel wie Hesekiel oder Samuel andererseits. Sie alle waren Empfänger göttlicher Offenbarung, aber wie unermesslich ist der Unterschied zwischen ihnen.

Kapitel 38

Die drei Seinsebenen der göttlichen Manifestationen

Wisse, dass Tugend und Vollkommenheit der Manifestationen Gottes zwar grenzenlos sind, Sie aber nur drei Seinsebenen einnehmen: Erstens die körperliche Ebene; zweitens die menschliche Ebene, also die der vernunftbegabten Seele; und drittens die Ebene der göttlichen Offenbarung und des himmlischen Strahlenglanzes.
Was die körperliche Ebene betrifft, so liegt ihr Ursprung in der Zeit, denn sie ist aus Elementen zusammengesetzt, und jeder Zusammensetzung folgt notwendigerweise eine Auflösung. Es ist in der Tat unmöglich, dass auf eine Zusammensetzung kein Zerfall folgt.
Die zweite Ebene ist die der vernunftbegabten Seele, sie ist die Wirklichkeit des Menschen. Auch diese Ebene hat einen Anfang und die Manifestationen Gottes teilen sie mit allen Menschen.
Die dritte Ebene ist die der göttlichen Offenbarung und des himmlischen Strahlenglanzes; sie ist das Wort Gottes, die immerwährende Gnade und der Heilige Geist. Auf dieser Ebene gibt es weder Anfang noch Ende, denn Anfang und Ende gehören zur bedingten Welt, nicht aber zur Welt Gottes. Bei Gott sind Anfang und Ende ein und dasselbe. Auch die Berechnung von Tagen, Wochen, Monaten und Jahren – von gestern und heute – richtet sich nach der Erde; in der Sonne sind sie unbekannt: Es gibt weder gestern noch heute noch morgen, weder Monate noch Jahre – alle sind gleich. In gleicher Weise ist das Wort Gottes über alle diese Bedingungen geheiligt und über jedes Gesetz, jede Einschränkung und Begrenzung der bedingten Welt erhaben.
Wisse, dass Menschen zwar seit unzähligen Zeitaltern und Zyklen auf der Erde existieren, die menschliche Seele aber dennoch erschaffen ist. Und weil sie ein Zeichen Gottes ist, lebt sie, einmal ins Dasein gelangt, in alle Ewigkeit. Der menschliche Geist hat einen Anfang, aber kein Ende: Er bleibt für immer bestehen. Auch die verschiedenen Spezies, die auf der Erde leben, haben einen zeitlichen Ursprung; denn es wird allgemein anerkannt, dass es eine Zeit gab, in der diese Arten nirgendwo auf Erden existierten, und darüber hinaus gab es eine Zeit, in der selbst die Erde nicht existierte. Aber die Welt des Seins gab es immer, denn sie ist nicht auf diese Erdkugel beschränkt.
Damit soll gesagt werden, dass die menschlichen Seelen zwar einen Ursprung haben, aber dennoch unsterblich sind und ewig fortdauern. Die stoffliche Welt ist nämlich eine Welt der Unvollkommenheit verglichen mit der des Menschen; und die Menschenwelt ist eine Welt der Vollkommenheit verglichen mit der stofflichen Welt. Erreichen unvollkommene Dinge die Stufe der Vollkommenheit, so werden sie unvergänglich. Dies soll ein Beispiel sein: Versuche zu erfassen, was damit wirklich gemeint ist.
Nun hat die Wirklichkeit des Prophetentums, die das Wort Gottes und die Stufe vollkommener göttlicher Offenbarung ist, weder Anfang noch Ende, aber ihr Strahlen ist veränderlich wie das der Sonne. Zum Beispiel erhob sie sich überaus strahlend und prächtig im Zeichen Christi, und dies bleibt so für immer und ewig. Sieh, wie viele Könige die Welt eroberten, und wie viele kluge Minister und Herrscher kamen und gingen und doch fielen sie allesamt der Vergessenheit anheim – während jetzt noch die Brisen Christi wehen, Sein Licht leuchtet, Sein Ruf erhoben wird, Sein Banner entfaltet ist, Seine Heerscharen kämpfen, Seine wohlklingende Stimme ertönt, Seine Wolken lebensspendende Schauer herabregnen, Sein Blitz den Himmel erhellt, Seine Herrlichkeit klar und unbestreitbar ist, Seine Pracht strahlend leuchtet; und das Gleiche gilt für eine jede Seele, die unter Seinem Schatten wohnt und teilhat an Seinem Lichte.
Daher ist klar, dass es für die Manifestationen Gottes drei verschiedene Seinsebenen gibt: die physische Ebene, die Ebene der vernunftbegabten Seele und die Ebene der göttlichen Offenbarung und des himmlischen Strahlenglanzes. Die körperliche Ebene wird unausweichlich vergehen. Was die Ebene der vernunftbegabten Seele betrifft: Sie hat zwar einen Anfang, aber kein Ende und ist ausgestattet mit ewigem Leben. Was aber die heilige Wirklichkeit betrifft, von der Christus sagt: »Der Vater ist im Sohn«A120, so hat sie weder Anfang noch Ende: Ihr ›Anfang‹ bezieht sich lediglich auf die Offenbarung Seiner eigenen Stufe. So vergleicht Er Sein Schweigen mit dem Schlaf: Ein Mann, der schweigt, ist wie einer, der schläft, und wenn er spricht, dann ist es, als sei er erwacht.A121 Und doch sind der Schlafende und der Wachende ein und derselbe: An seiner Stufe, seiner Erhabenheit, seiner Größe, seiner Wirklichkeit und seiner Natur hat sich nichts geändert. Es wurde nur der Zustand des Schweigens mit dem Schlaf und der Zustand der Offenbarung mit dem Wachsein verglichen. Ein Mensch ist derselbe, ob er schläft oder wacht. Schlaf ist nur ein möglicher Zustand, Wachsein ein anderer. Und so wird die Zeit des Schweigens mit dem Schlaf, und die Zeit der Offenbarung und Führung mit dem Wachzustand verglichen.
Im Evangelium heißt es: »Im Anfang war das Wort, und das Wort war bei Gott.« Daraus folgt, dass Christus nicht erst im Augenblick Seiner Taufe, als der Heilige Geist in Form einer Taube auf Ihn herabkam, Seine messianische Stufe und Seine Vollkommenheit erreichte. Vielmehr war das Wort Gottes immer auf den höchsten Höhen der Heiligkeit und wird es immer sein.

Kapitel 39

Die menschliche und die göttliche Seinsebene der Manifestationen

Wir haben bereits von den drei Seinsebenen der Manifestationen Gottes gesprochen: erstens die stoffliche Wirklichkeit, die den menschlichen Körper betrifft; zweitens die individuelle Wirklichkeit, das heißt die vernunftbegabte Seele; und drittens die himmlische Offenbarung, die aus den vollkommenen göttlichen Eigenschaften besteht und die Quelle des Lebens der Welt, der Erziehung der Seelen, der Führung der Menschen und der Erleuchtung der ganzen Schöpfung ist.
Die körperliche Ebene ist menschlicher Natur und wird sich auflösen, denn sie ist eine Zusammensetzung von Elementen und das, was aus Elementen zusammengesetzt ist, muss zwangsläufig zerfallen und sich auflösen.
Aber die individuelle Wirklichkeit der Manifestationen des Allbarmherzigen ist eine geheiligte Wirklichkeit, weil sie alle erschaffenen Dinge in ihrem Wesen und in ihren Attributen übertrifft. Sie ist wie die Sonne, die aufgrund ihrer naturgegebenen Beschaffenheit zwangsläufig Licht erzeugen muss und mit der sich kein Mond vergleichen lässt. Beispielsweise sind die Bestandteile der Sonne nicht mit denen des Mondes vergleichbar. Durch die Zusammensetzung und Anordnung der Bestandteile der Ersteren werden notwendig Strahlen erzeugt, während durch die des Letzteren zwangsläufig Licht aufgenommen, aber nicht erzeugt wird. Die menschliche Wirklichkeit aller anderen Seelen gleicht der des Mondes, der sein Licht von der Sonne bezieht, wohingegen jene geheiligte Wirklichkeit aus sich selbst heraus leuchtet.
Die dritte Seinsebene ist die der göttlichen Gnade, die Enthüllung der Schönheit des Altehrwürdigen der Tage und der Strahlenglanz des Lichtes des lebendigen und allmächtigen Herrn. Die individuelle Wirklichkeit der heiligen Manifestationen kann genauso wenig von göttlicher Gnade und Offenbarung getrennt werden, wie die physische Masse der Sonne von ihrem Licht getrennt werden kann. So ist das Hinscheiden der heiligen Manifestationen einfach das Verlassen ihres physischen Körpers. Betrachte beispielsweise die Lampe, die diese Nische beleuchtet. Ihre Strahlen können nicht mehr auf die Nische fallen, wenn diese zerstört wird, aber die Lichtfülle der Lampe wird nicht unterbrochen. Die präexistente Gnade der heiligen Manifestationen ist wie das Licht, Ihre individuelle Wirklichkeit wie der Glasschirm und ihr menschlicher Tempel wie die Nische: Wenn die Nische zerstört ist, brennt die Lampe weiter. Die Manifestationen Gottes gleichen vielen verschiedenen Spiegeln, denn jede hat Ihre eigene Individualität, aber das, was von diesen Spiegeln reflektiert wird, ist ein und dieselbe Sonne. Somit ist offensichtlich, dass die Wirklichkeit Christi sich von der des Mose unterscheidet.
Von Anfang an ist sich diese geheiligte Wirklichkeit des Geheimnisses des Seins bewusst, und von Kindheit an sind die Zeichen der Größe in Ihm deutlich sichtbar. Wie könnte Er nun trotz solcher Gaben und solcher Vollkommenheit Seine eigene Stufe nicht wahrnehmen?
Wir erwähnten die drei Seinsebenen der Manifestationen Gottes: die körperliche Existenz, die individuelle Wirklichkeit und die vollkommene göttliche Offenbarung, was vergleichbar ist mit der Sonne, ihrer Hitze und ihrem Licht. Andere Menschen haben ebenfalls ein körperliches Dasein und eine vernunftbegabte Seele – den Geist und Verstand. Aussagen wie »Ich schlief auf Meinem Lager, als der Windhauch Gottes über Mich wehte und Mich aus Meinem Schlummer erweckte«A122, ähneln dem Worte Christi: »Das Fleisch ist mit Kummer beladen, aber der Geist ist voller Freude«, oder Bemerkungen wie: »Ich bin betrübt«, oder »Ich bin entspannt«, oder »Ich bin beunruhigt«: All diese Aussprüche beziehen sich auf die körperliche Ebene und haben keinen Einfluss auf die individuelle Wirklichkeit oder auf die Stufe der Offenbarung der göttlichen Wirklichkeit. Zum Beispiel könnte der menschliche Körper tausenden von Wechselfällen ausgesetzt sein, aber der Geist ist sich dessen überhaupt nicht bewusst. Es ist sogar möglich, dass einzelne Körperfunktionen völlig ausfallen, während das Wesen des Verstandes unberührt bleibt. Ein Kleidungsstück mag vielfach durchlöchert und zerrissen werden, sein Träger kann trotzdem unversehrt bleiben. So beziehen sich die Worte Bahá’u’lláhs, »Ich schlief auf Meinem Lager, als ein Windhauch über Mich wehte und Mich aus Meinem Schlummer erweckte«, auf den Körper.
In der Welt Gottes gibt es keine Vergangenheit, Gegenwart oder Zukunft: Alles dies ist eins. Wenn also Christus sagte: »Im Anfang war das Wort«A123, meinte Er damit, das Wort war, ist und wird sein, denn in der Welt Gottes gibt es keine Zeit. Zeit herrscht über die Geschöpfe, nicht aber über Gott. So spricht Christus in dem Gebet: »Geheiligt werde Dein Name«A124, was bedeutet: Dein Name war und ist geheiligt und wird immer geheiligt sein. Abermals, Morgen, Mittag und Abend gibt es auf der Erde, aber auf der Sonne gibt es weder Morgen, noch Mittag noch Abend.

Kapitel 40

Das Wissen der Manifestationen Gottes

Frage: Welche Grenzen sind den Kräften der Manifestationen Gottes gesetzt, insbesondere bezüglich Ihres Wissens?
Antwort: Wissen ist von zweierlei Art: wesenhaftes Wissen und formales Wissen, das heißt, intuitives Wissen und konzeptionelles Wissen.
Das Wissen, das die Menschen haben, gewinnen sie in der Regel durch Verständnis von Zusammenhängen und durch Beobachtung, das heißt, entweder wird das Objekt mit dem Verstand erfasst, oder durch seine Beobachtung wird ein Bild davon im Spiegel des Herzens erzeugt. Dieses Wissen ist recht begrenzt, da man es erst erwerben und sich aneignen muss.
Die andere Art von Wissen jedoch, wesenhaftes und intuitives Wissen, ist wie das Wissen und die Kenntnis des Menschen über sein eigenes Selbst.
Zum Beispiel sind sich Verstand und Geist des Menschen all seiner Befindlichkeiten und Gegebenheiten, aller Teile und Glieder seines Körpers und all seiner körperlichen Empfindungen sowie seiner geistigen Kräfte, Wahrnehmungen und Zustände bewusst. Dies ist ein wesenhaftes Wissen, durch das der Mensch seinen eigenen Zustand wahrnimmt. Er fühlt und begreift es, weil der Geist den Körper umfasst und sich seiner Empfindungen und Kräfte bewusst ist. Dieses Wissen wird nicht durch Anstrengung erworben: Es ist Teil des Wesens, einfach eine Gabe.
Da jene geheiligten Wirklichkeiten, die allumfassenden Manifestationen Gottes, alle erschaffenen Dinge sowohl in ihrem Wesen als auch in ihren Eigenschaften umfassen, da Sie alle existierenden Wirklichkeiten übersteigen und enthüllen; und da Sie um alle Dinge wissen, ist folglich Ihr Wissen göttlich und nicht etwa erworben – das heißt, es ist eine himmlische Gnade und eine göttliche Enthüllung.
Nehmen wir ein Beispiel, nur um den Punkt klar zu machen. Das edelste aller irdischen Wesen ist der Mensch. In ihm sind das Tier-, das Pflanzen- und das Mineralreich verwirklicht; das heißt, all diese Ebenen sind in ihm enthalten, so dass er mit ihnen allen ausgestattet ist. Und mit all diesen Ebenen und Stufen betraut, ist er ihrer Mysterien gewahr und kennt die Geheimnisse ihrer Existenz. Dies ist nur ein Beispiel und nicht etwa eine genaue Entsprechung.
Kurz gesagt, die allumfassenden Manifestationen Gottes sind sich der Wahrheit, die den Mysterien aller erschaffenen Dinge zugrunde liegt, bewusst und so schaffen Sie eine Religion, die auf dem vorherrschenden Zustand der Menschheit beruht und damit in Einklang steht. Denn Religion beruht auf den notwendigen Beziehungen, die sich aus den Wirklichkeiten der Dinge ableiten. Wenn die Manifestation Gottes – der göttliche Gesetzgeber – nicht über die Wirklichkeiten der Dinge im Bilde wäre, wenn Er die notwendigen Beziehungen, die sich aus diesen Wirklichkeiten ergeben, nicht verstehen würde, könnte Er sicherlich keine Religion schaffen, die zu den Nöten und Bedingungen der Zeit passt. Die Propheten Gottes, die allumfassenden Manifestationen, gleichen fähigen Ärzten; die Welt des Seins ist wie der Körper des Menschen; und die göttlichen Religionen sind wie die Therapie und das Heilmittel. Der Arzt muss über alle Körperteile und Organe, die Konstitution und die Lebensumstände des Patienten Bescheid wissen, damit er ein wirksames Heilmittel verschreiben kann. Tatsächlich leitet der Arzt aus der Krankheit selbst das Heilmittel ab, denn er diagnostiziert zuerst die Erkrankung und behandelt dann deren Ursache. Solange die Krankheit nicht genau diagnostiziert ist, wie kann da eine Therapie oder ein Heilmittel verschrieben werden? Der Arzt muss daher die Konstitution, die Körperteile, Organe und die Lebensumstände des Patienten genau kennen und ebenso mit jeder Krankheit und jedem Heilmittel vertraut sein, um die richtige Behandlung zu verordnen.
Religion beruht also auf den notwendigen Beziehungen, die sich aus der Wirklichkeit der Dinge ableiten. Im Bewusstsein der Geheimnisse der Schöpfung sind die allumfassenden Manifestationen Gottes vollkommen über diese notwendigen Beziehungen im Bilde und schaffen damit die Religion Gottes.

Kapitel 41

Universelle Zyklen

Frage: Es wurden universelle Zyklen erwähnt, die in der Welt des Seins auftreten. Bitte erläutern Sie, wie es sich damit in Wirklichkeit verhält.
Antwort: Jeder der leuchtenden Himmelskörper dieses grenzenlosen Firmaments hat seinen Umlaufzyklus, der Zeitraum, in dem eine volle Umlaufbahn beendet wird, bevor eine neue beginnt. Die Erde beispielsweise vollzieht alle 365 Tage, fünf Stunden und annähernd achtundvierzig Minuten einen Umlauf und beginnt dann erneut auf derselben Erdumlaufbahn. Ebenso durchläuft das gesamte Universum Zyklen bedeutender Ereignisse und Geschehnisse, sei es im Hinblick auf das Reich der Natur oder des Menschen.
Wenn ein Zyklus zum Abschluss kommt, wird ein neuer eröffnet, und der vorhergehende Zyklus schwindet aufgrund folgenschwerer Ereignisse so gänzlich aus der Erinnerung, dass er keine Aufzeichnung oder Spur hinterlässt. Wie du weißt, haben wir keine Aufzeichnungen aus der Zeit vor zwanzigtausend Jahren, obwohl wir vorher durch rationale Argumente festgestellt haben, dass das Leben auf dieser Erde sehr alt ist – nicht ein oder zweihunderttausend, nicht einmal ein oder zwei Millionen Jahre alt: Es ist in der Tat uralt, und die Aufzeichnungen und Spuren der Urzeit wurden vollständig ausgelöscht.
Für jeden der Offenbarer Gottes gibt es ebenfalls einen Zyklus, in dem Seine Religion und Sein Gesetz ihre volle Kraft und Wirkung haben. Wenn Sein Zyklus durch das Kommen eines neuen Offenbarers beendet ist, beginnt ein neuer Zyklus. So werden Zyklen eröffnet, abgeschlossen und erneuert, bis ein universeller Zyklus in der Welt des Daseins vollendet ist und folgenschwere Ereignisse eintreten, die jede Aufzeichnung und Spur der Vergangenheit auslöschen; dann beginnt ein neuer universeller Zyklus in der Welt, denn das Reich des Daseins hat keinen Anfang. Wir haben bereits Argumente und Beweise zu diesem Thema dargelegt, und es ist nicht nötig sie zu wiederholen.A125
Kurz gesagt, wir stellen fest, dass ein universeller Zyklus in der Welt des Daseins einen gewaltigen Zeitraum und unzählige Zeitalter und Epochen umfasst. In einem solchen Zyklus treten die Offenbarer Gottes in der sichtbaren Welt in Erscheinung, bis ein allumfassender und höchster Offenbarer die Welt zum Mittelpunkt göttlichen Glanzes macht und sie durch Seine Offenbarung zur Stufe der Reife führt. Die Dauer Seines Zyklus ist sehr lang. Andere Offenbarer werden sich im Laufe dieses Zyklus in Seinem Schatten erheben und entsprechend den Zeiterfordernissen bestimmte Gesetze in Bezug auf materielle Angelegenheiten und Vorgänge erneuern, aber sie werden in Seinem Schatten bleiben. Wir befinden uns in dem Zyklus, der mit Adam begann und dessen allumfassender Offenbarer Bahá’u’lláh ist.

Kapitel 42

Die Macht und Vollkommenheit der göttlichen Manifestationen

Frage: Wie weit erstrecken sich die Kräfte und die Vollkommenheit der Manifestationen Gottes, jener Throne der Wahrheit, und welche Grenzen hat ihr Einfluss?
Antwort: Betrachte die Welt des Daseins, also die stoffliche Schöpfung. Das Sonnensystem ist von Dunkelheit umgeben. Innerhalb seiner Grenzen ist die Sonne der Mittelpunkt allen Lichts, alle zugehörigen Planeten umkreisen sie und werden von ihrer Gabenfülle erleuchtet. Die Sonne ist der Ursprung von Leben und Licht und die Ursache für Wachstum und Entwicklung aller Dinge innerhalb des Sonnensystems. Würde die Gabenfülle der Sonne versiegen, könnte dort kein Lebewesen mehr existieren: Alles würde im Dunkel versinken und zugrunde gehen. Es ist daher klar und offensichtlich, dass die Sonne innerhalb des Sonnensystems das Zentrum allen Lichts und der Ursprung allen Lebens ist.
In gleicher Weise sind die heiligen Manifestationen Gottes die Brennpunkte des Lichtes der Wahrheit, die Quellen der verborgenen Geheimnisse und der Ursprung der ausströmenden göttlichen Liebe. Sie werfen ihren Strahlenglanz auf das Reich des Herzens und des Verstandes und gewähren der Welt des Geistes ewige Gnade. Sie verleihen geistiges Leben und erstrahlen im Glanz innerer Wahrheiten und Bedeutungen. Die Erleuchtung der Welt der Gedanken geht aus von jenen Mittelpunkten des Lichts, die die Geheimnisse enthüllen. Ohne die Gnade der Offenbarung und Unterweisung durch diese geheiligten Wesen würde die Welt der Menschen und das Reich der Gedanken in tiefste Finsternis stürzen. Ohne die wohlbegründeten und wahren Lehren dieser Erklärer der Geheimnisse würde die menschliche Welt zum Schauplatz tierischer Merkmale und Eigenschaften, alles Dasein würde zu einer flüchtigen Einbildung und es gäbe kein wahres Leben mehr. Deshalb heißt es im Evangelium: »Im Anfang war das Wort«, das heißt, es war der Ursprung allen Lebens.A126
Betrachte nun den durchdringenden Einfluss der Sonne auf alle irdischen Wesen und welche sichtbaren Wirkungen und Folgen sich aus ihrer Nähe oder Ferne, ihrem Auf- und Untergang ergeben. Zu einer Zeit ist es Herbst, zu einer anderen ist es Frühling. Zu einer Zeit ist es Sommer, zu einer anderen ist es Winter. Wenn die Sonne die Tagundnachtgleiche passiert, erscheint der lebensspendende Frühling in seiner ganzen Pracht, und wenn sie die Sommersonnenwende erreicht, gelangen die Früchte zur vollen Reife, Getreide und Pflanzen bringen ihre Erträge, und alles Irdische erreicht die Fülle seines Wachstums und seiner Entwicklung.
Sobald in vergleichbarer Weise die heilige Manifestation Gottes – die Sonne der Welt der Schöpfung – Ihre Pracht auf die Welt der Herzen, des Verstandes und des Geistes wirft, wird ein geistiger Frühling eingeläutet und ein neues Leben enthüllt. Die Kraft der unvergleichlichen Frühlingszeit erscheint und ihre wunderbaren Gaben werden sichtbar. So kannst du beobachten, dass mit dem Kommen jeder der Manifestationen Gottes erstaunliche Fortschritte im Bereich des menschlichen Verstandes, der Gedanken und des Geistes erzielt wurden. Betrachte zum Beispiel den Fortschritt, der in diesem göttlichen Zeitalter in der Welt des Verstandes und der Gedanken erreicht wurde – und das ist erst der Anfang der Morgendämmerung! Bald schon wird sich zeigen, wie diese neuen Gnadengaben und himmlischen Lehren diese düstere Welt mit ihrem Licht durchfluten und dieses mit Kummer erfüllte Reich in das allerhöchste Paradies verwandeln.
Würden wir den Einfluss und die Gnadengaben jeder der Manifestationen Gottes ausführlich erläutern, so würde dies sehr lange dauern. Sinne tief darüber nach, um selbst dieser Frage auf den Grund zu gehen und die Wahrheit zu erfassen.

Kapitel 43

Die zwei Arten von Propheten

Frage: Wie viele Arten von Propheten gibt es?
Antwort: Man kann von zwei Arten von Propheten sprechen. Einige sind unabhängige Propheten mit Nachfolgern, während andere nicht unabhängig und selbst Nachfolger sind.
Jeder der unabhängigen Propheten ist Urheber einer göttlichen Religion und Stifter einer neuen Sendung. Mit Ihrem Kommen wird die Welt in ein neues Gewand gekleidet, es wird eine neue Religion gestiftet und ein neues Buch offenbart. Diese Propheten erlangen ohne einen Vermittler die Gnadenfülle der göttlichen Wirklichkeit. Ihr Strahlen ist ein wesensbedingtes Strahlen, vergleichbar mit der Sonne, die in sich selbst und durch sich selbst leuchtet und deren Leuchtkraft eine wesensbedingte Bestimmung ist und nicht etwa von einem anderen Stern erworben wurde: Somit gleichen sie der Sonne, nicht dem Mond. Diese Morgendämmerungen göttlicher Einheit sind der Urquell göttlicher Gnade und die Spiegel für das Wesen der Wirklichkeit.
Die andere Art von Propheten sind Nachfolger und Verkünder, denn sie nehmen eine abhängige, keine unabhängige Stufe ein. Sie erlangen die göttliche Gnade von den unabhängigen Propheten und suchen das Licht der Führung bei der Wirklichkeit des allumfassenden Prophetentums. Sie sind wie der Mond, der nicht aus sich selbst leuchtet und strahlt, sondern sein Licht von der Sonne empfängt.
Zu den allumfassenden, unabhängig erschienenen Propheten gehören: Abraham, Mose, Christus, Muḥammad, der Báb und Bahá’u’lláh. Zur anderen Art, die aus Nachfolgern und Verkündern besteht, gehören Salomon, David, Jesaja, Jeremia, Hesekiel. Die unabhängigen Propheten sind Stifter; das bedeutet, Sie errichten eine neue Religion, erschaffen die Seelen neu, erneuern die ethischen Grundlagen der Gesellschaft und verkünden eine neue Lebensweise und einen neuen Verhaltensmaßstab. Durch sie erscheint eine neue Sendung und eine neue Religion wird gestiftet. Ihr Kommen gleicht dem Frühling, wenn alle irdischen Dinge ein neues Gewand anlegen und zu neuem Leben gelangen.
Was die zweite Art von Propheten betrifft, die Nachfolger sind, so fördern sie die Religion Gottes, verbreiten Seinen Glauben und verkünden Sein Wort. Sie verfügen über keine eigene Macht und Autorität, sondern leiten die ihrige von den unabhängigen Propheten ab.
Frage: Zu welcher Kategorie gehören Buddha und Konfuzius?
Antwort: Auch Buddha stiftete eine neue Religion und Konfuzius erneuerte die althergebrachten Verhaltensweisen und Moralvorstellungen, aber die ursprünglichen Grundsätze wurden völlig verändert und ihre Anhänger halten sich nicht mehr an das ursprüngliche Muster des Glaubens und des Gottesdienstes. Der Stifter des Buddhismus war ein kostbares Wesen, der in Seinen Lehren die Einheit Gottes bestätigte; aber später gerieten Seine ursprünglichen Grundsätze in Vergessenheit und wurden durch primitive Bräuche und Rituale verdrängt, was schließlich zur Anbetung von Statuen und Bildern führte.
Denke zum Beispiel daran, dass Christus die Menschen immer wieder dazu anhielt, die Zehn Gebote der Thora zu beachten und auf ihrer strikten Einhaltung bestand. Eines der Zehn Gebote verbietet aber die Anbetung von Bildern und Statuen.A127 Dennoch gibt es heute in den Kirchen bestimmter christlicher Konfessionen zahllose Bilder und Statuen. Offensichtlich wahrte die Religion Gottes nicht ihre ursprünglichen, Grundsätze sondern wurde allmählich bis zur Unkenntlichkeit verändert und umgestaltet und so erscheint eine neue Manifestation und stiftet eine neue Religion. Denn wenn die frühere Religion nicht verändert und abgewandelt worden wäre, so hätte es keine Notwendigkeit für Erneuerung gegeben.
Anfangs war dieser Baum voller Lebenskraft und mit Blüten und Früchten beladen, aber allmählich wurde er alt, verbraucht und unfruchtbar, bis er gänzlich dahinwelkte und verdorrte. Daher wird der Wahre Gärtner erneut einen zarten Ableger vom selben Stamm pflanzen, damit er Tag für Tag wachse und sich entwickle, seinen schützenden Schatten in diesem himmlischen Garten ausbreite und seine wertvollen Früchte hervorbringe. Genauso verhält es sich mit den göttlichen Religionen: Im Laufe der Zeit verändern sich ihre ursprünglichen Grundsätze, ihre zugrundeliegende Wahrheit erlischt völlig, ihr Geist schwindet, Häresien kommen auf und sie werden zu einem seelenlosen Körper. Aus diesem Grunde werden sie erneuert.
Damit soll gesagt sein, dass die Anhänger von Buddha und Konfuzius heutzutage Bilder und Statuen anbeten und sich der Einheit Gottes nicht mehr bewusst sind, stattdessen aber wie die alten Griechen an imaginäre Götter glauben. Aber das waren nicht ihre ursprünglichen Grundsätze; in der Tat waren ihre ursprünglichen Grundsätze und ihr Verhalten völlig anders.
Bedenke auch, inwieweit die ursprünglichen Grundsätze der christlichen Religion vergessen wurden und wie viele Häresien entstanden sind. Zum Beispiel verbot Christus Gewalt und Rache und forderte stattdessen, Böses und Verletzendes mit Güte und Liebe zu erwidern. Aber bedenke, wie viele blutige Kriege christliche Völker gegeneinander geführt haben und wie viel Unterdrückung, Grausamkeit, Raffgier und Blutrünstigkeit damit verbunden war! Tatsächlich wurden viele dieser Kriege auf Geheiß der Päpste geführt. Es ist daher völlig klar, dass die Religionen im Laufe der Zeit gänzlich verändert und abgewandelt werden, und deshalb werden sie erneuert.

Kapitel 44

Die Vorhaltungen, die Gott den Propheten macht

Frage: In den Heiligen Schriften wurden gewisse Worte des Tadels an die Propheten Gottes gerichtet. An wen sind sie gerichtet und auf wen beziehen sie sich letztlich?
Antwort: Jede göttliche Äußerung in Form eines Tadels, mag sie auch äußerlich an die Propheten Gottes gerichtet sein, wendet sich in Wirklichkeit an ihre Anhänger. Die Weisheit darin ist nichts als reine Barmherzigkeit, auf dass die Menschen nicht bestürzt, entmutigt oder durch solchen Vorwurf und Tadel belastet werden. Diese Worte sind deswegen nach außen hin an die Propheten gerichtet, aber eigentlich sind sie für die Anhänger und nicht für den Gesandten bestimmt.
Mehr noch: ein mächtiger und souveräner Monarch eines Landes repräsentiert alle Bewohner dieses Landes; das heißt, alles, was er äußern mag, ist das Wort für alle, und jeder Bund, den er schließt, ist der Bund für alle, denn Wünsche und Ziele all seiner Untertanen sind in seinen eigenen eingeschlossen. Ebenso ist jeder Prophet der Vertreter der Gesamtheit seiner Anhänger. Der Bund, den Gott mit Ihm schließt, und die Worte, die Er an Ihn richtet, gelten somit für Sein gesamtes Volk.
Nun wird ein göttlicher Vorwurf und Tadel in der Regel die Herzen der Menschen belasten und betrüben und deshalb verlangt die vollkommene Weisheit Gottes solch eine Form der Ansprache. Aus der Thora selbst geht zum Beispiel hervor, dass die Israeliten gegen Mose rebellierten und sagten: »Wir können die Amalekiter nicht bekämpfen, denn sie sind mächtig, wild und kühn.« Gott tadelte dann Mose und Aaron, obwohl Mose vollkommen gehorsam war und sich nicht auflehnte.A128 Sicherlich muss ein solch ruhmreiches Wesen, der Kanal der Gnade Gottes und Verfechter Seines Gesetzes, dem göttlichen Gebot gehorsam sein.
Diese heiligen Seelen sind wie die Blätter eines Baumes, die durch eine Brise und nicht aus eigenem Antrieb in Bewegung versetzt werden, denn sie werden vom Odem der Liebe Gottes angezogen und haben ihren eigenen Willen aufgegeben. Ihr Wort ist das Wort Gottes, Ihr Gebot ist das Gebot Gottes, Ihr Verbot ist das Verbot Gottes. Sie sind wie dieser gläserne Lampenschirm, dessen Licht von der Flamme der Lampe herrührt. Obwohl das Licht aus dem Glas zu kommen scheint, geht es in Wirklichkeit von der Flamme aus. Ebenso ergeben sich Bewegung und Ruhe der Propheten Gottes, die Seine Manifestationen sind, aus der göttlichen Offenbarung und nicht aus bloßem menschlichen Verlangen. Wäre es nicht so, wie könnte der Prophet als vertrauenswürdiger Stellvertreter und auserwählter Gesandter Gottes handeln? Wie könnte Er Gottes Gebote und Verbote verkünden? Alle Mängel, die die Heiligen Schriften den Manifestationen Gottes zuschreiben, müssen daher in diesem Licht verstanden werden.
Gelobt sei Gott, dass ihr hier hergekommen seid und den Dienern Gottes begegnet seid! Hast du außer dem Duft des Wohlgefallens des Herrn jemals etwas anderes bei ihnen wahrgenommen? Gewiss nicht! Mit eigenen Augen hast du gesehen, wie sie sich Tag und Nacht um nichts anderes bemühen, als das Wort Gottes zu verherrlichen, die Erziehung der Menschen zu unterstützen, das Glück der Menschheit wiederherzustellen, für geistigen Fortschritt zu sorgen, universellen Frieden voranzubringen, allen Völkern und Nationen Freundlichkeit und guten Willen zu erweisen, sich für das Gemeinwohl zu opfern, ihren eigenen materiellen Vorteil aufzugeben und die Tugenden der Menschenwelt zu fördern.
Doch lass uns zu unserem Thema zurückkommen. Im Alten Testament bei Jesaja 48:12 heißt es »Höre mir zu, Jakob, und du, Israel, den ich berufen habe: Ich bin’s, ich bin der Erste und auch der Letzte.« Es ist offensichtlich, dass die beabsichtigte Bedeutung nicht Jakob ist, der Israel genannt wurde, sondern die Israeliten. Auch in Jesaja 43:1 heißt es: »Und nun spricht der Herr, der dich geschaffen hat, Jakob, und dich gemacht hat, Israel: Fürchte dich nicht, denn ich habe dich erlöst; ich habe dich bei deinem Namen gerufen; du bist mein!«
Ferner heißt es im 4. Buch Mose, 20:23–4: »Und der Herr redete mit Mose und Aaron am Berge Hor an der Grenze des Landes der Edomiter und sprach: Aaron soll versammelt werden zu seinen Vätern; denn er soll nicht in das Land kommen, das ich den Israeliten gegeben habe, weil ihr meinem Munde ungehorsam gewesen seid bei dem Haderwasser«; und in Vers 20:13: »Das ist das Haderwasser, wo die Israeliten mit dem Herrn haderten und er sich heilig an ihnen erwies.«
Beachte, dass es das Volk Israel war, das rebelliert hatte, aber der Vorwurf wurde nach außen an Aaron und Mose gerichtet, wie es im 5. Buch Mose, 3:26 heißt: »Aber der Herr zürnte mir um euretwillen und erhörte mich nicht, sondern sprach zu mir: Lass es genug sein! Rede mir davon nicht mehr!«
Nun, dieser Vorwurf und Tadel richtete sich in Wirklichkeit an die Kinder Israels, die wegen ihrer Auflehnung gegen die Gebote Gottes lange Zeit in der kargen Wüste jenseits des Jordans wohnen mussten, bis zur Zeit Josuas. Dieser Vorwurf und Tadel schien an Mose und Aaron gerichtet zu sein, aber in Wirklichkeit galt er dem Volk Israel.
In gleicher Weise wird im Qur’án zu Muḥammad gesagt: »Wir haben dir einen offenkundigen Erfolg gewährt, damit Gott dir deine Sünden vergebe, die früheren und die späteren.«A129 Obwohl nun diese Worte scheinbar an Muḥammad gerichtet waren, war in Wirklichkeit Sein ganzes Volk damit gemeint; und dies entspringt, wie wir zuvor festgestellt haben, der vollkommenen Weisheit Gottes, damit die Herzen nicht beunruhigt, verwirrt oder bestürzt werden.
Wie oft haben die Propheten Gottes und Seine allumfassenden Manifestationen in Ihren Gebeten Ihre Sünden und Verfehlungen bekannt! Das geschieht nur, um andere zu lehren, sie zu inspirieren und zu ermutigen, demütig und gehorsam vor Gott zu sein und ihre eigenen Sünden und Verfehlungen einzugestehen. Denn diese heiligen Seelen sind über jegliche Sünde geheiligt und frei von jeder Verfehlung. Zum Beispiel heißt es im Evangelium, dass ein Mensch zu Christus kam und ihn »Guter Meister« nannte. Christus antwortete darauf: »Was nennst du mich gut? Niemand ist gut als Gott allein.«A130 Nun, das bedeutete nicht – Gott bewahre –, dass Christus ein Sünder war, Seine Absicht war vielmehr, den Mann, den Er ansprach, Demut, Milde, Sanftmut und Bescheidenheit zu lehren. Diese gesegneten Seelen sind Licht, und Licht verträgt sich nicht mit Dunkelheit. Sie sind ewiges Leben, und Leben ist nicht mit Tod vereinbar. Sie sind Führung, und Führung kann nicht mit Eigensinn zusammengebracht werden. Sie sind das wahre Wesen des Gehorsams, und Gehorsam kann nicht mit Auflehnung Hand in Hand gehen.
Kurz, damit ist gemeint, dass die in den Heiligen Schriften niedergeschriebenen Vorhaltungen, auch wenn sie sich äußerlich an die Propheten – die Manifestationen Gottes – richten, in Wirklichkeit für das Volk bestimmt sind. Wenn du die Bibel liest, wird dies klar und deutlich werden.

Kapitel 45

Die Größte Unfehlbarkeit

In dem gesegneten Vers wird gesagt: »Er, der Aufgangsort der Sache Gottes, hat keinen Teilhaber an der Größten Unfehlbarkeit. Im Reiche der Schöpfung ist Er die Manifestation des ›Er tut, was immer Er will‹. Gott hat Seinem Selbst diese Auszeichnung vorbehalten und niemandem einen Anteil an dieser hehren, überragenden Stufe zuerkannt.«A131
Wisse, dass es zwei Arten von Unfehlbarkeit gibt: Unfehlbarkeit dem Wesen nach und Unfehlbarkeit als Attribut. Das Gleiche gilt für alle anderen Namen und Attribute: So gibt es zum Beispiel das Wissen um das Wesen einer Sache und das Wissen um ihre Eigenschaften. Unfehlbarkeit des Wesens ist den allumfassenden Manifestationen Gottes vorbehalten; denn Unfehlbarkeit ist ihr notwendiges Wesensmerkmal, wobei das Wesensmerkmal einer Sache untrennbar mit der Sache selbst verbunden ist. Die Strahlen sind ein notwendiges Wesensmerkmal der Sonne und untrennbar mit ihr verbunden; Wissen ist ein notwendiges Wesensmerkmal Gottes und untrennbar mit Ihm verbunden; Macht ist ein notwendiges Wesensmerkmal Gottes und ebenso untrennbar mit Ihm verbunden. Wäre es möglich, all dies von Ihm zu trennen, so wäre Er nicht Gott. Wenn die Strahlen von der Sonne getrennt werden könnten, wäre es nicht die Sonne. Würde man sich also vorstellen, die Größte Unfehlbarkeit wäre von der allumfassenden Manifestation Gottes getrennt, so wäre Er keine allumfassende Manifestation und Ihm würde die wesenseigene Vollkommenheit fehlen.
Unfehlbarkeit als Attribut ist jedoch kein notwendiges Wesensmerkmal; sie ist vielmehr ein Strahl der Gabe der Unfehlbarkeit, der von der Sonne der Wahrheit ausgeht, bestimmte Herzen erleuchtet und einen Anteil daran gewährt. Obwohl diese Seelen dem Wesen nach nicht unfehlbar sind, stehen sie unter der Obhut, dem Schutz und der unfehlbaren Führung Gottes – das heißt, Gott bewahrt sie vor Irrtum. Und so gab es viele heilige Seelen, die nicht selbst Tagesanbruch der Größten Unfehlbarkeit waren, aber dennoch unter dem Schatten der Fürsorge und des Schutzes Gottes behütet und vor Irrtum bewahrt wurden. Sie waren nämlich zwischen Gott und Mensch die Kanäle für Seine Gunst, und wenn Gott sie nicht vor Irrtum bewahrt hätte, dann hätten sie alle Gläubigen ebenfalls in die Irre geleitet und damit die Grundlage der Religion Gottes völlig untergraben, was Seiner erhabenen Wirklichkeit unangemessen und unwürdig gewesen wäre.
Um zusammenzufassen: Die wesenhafte Unfehlbarkeit ist den allumfassenden Manifestationen Gottes vorbehalten, während die Unfehlbarkeit als Attribut geheiligten Seelen verliehen wird. Das Universale Haus der Gerechtigkeit zum Beispiel, wenn es unter den erforderlichen Bedingungen errichtet wird – das heißt, wenn es von der gesamten Gemeinde gewählt wird – dieses Haus der Gerechtigkeit wird unter dem Schutz und der unfehlbaren Führung Gottes stehen. Sollte dieses Haus der Gerechtigkeit einstimmig oder durch Stimmenmehrheit in einer Angelegenheit entscheiden, die nicht ausdrücklich im Buche verzeichnet ist, wird dieser Beschluss und diese Verfügung vor Irrtum bewahrt sein. Nun sind die Mitglieder des Hauses der Gerechtigkeit als Individuen nicht wesenhaft unfehlbar, aber die Körperschaft des Hauses der Gerechtigkeit steht unter dem Schutz und der unfehlbaren Führung Gottes: Dies wird als verliehene Unfehlbarkeit bezeichnet.
Kurz, Bahá’u’lláh sagt: »Er, der Aufgangsort der Sache Gottes« ist die Manifestation des »Er tut, was immer Er will«, diese Stufe ist jenem geheiligten Wesen vorbehalten, und niemand anderes hat an dieser wesenhaften Vollkommenheit einen Anteil. Da die wesenhafte Unfehlbarkeit der allumfassenden Manifestationen Gottes erwiesen ist, stimmt somit alles, was von Ihnen ausgeht, mit der Wahrheit überein und entspricht der Wirklichkeit. Sie stehen nicht im Schatten der vorhergehenden Religion. Was auch immer Sie sagen, ist das, was Gott sagt, und was auch immer Sie tun, ist eine gerechte Tat, und kein Gläubiger hat das Recht zu widersprechen; er muss in dieser Hinsicht vielmehr uneingeschränkte Ergebenheit zeigen, denn die Manifestation Gottes handelt mit vollendeter Weisheit, und der Verstand der Menschen mag unfähig sein, die verborgene Weisheit in bestimmten Dingen zu erfassen. Aus diesem Grund ist alles, was die allumfassende Manifestation sagt und tut, der Inbegriff der Weisheit und stimmt mit der Wirklichkeit überein.
Nun, falls gewisse Menschen die Geheimnisse, die in einem bestimmten Befehl oder einer Handlung des Einen Wahren verborgen sind, nicht erfassen können, sollten sie keinen Einwand erheben, denn der allumfassende Offenbarer Gottes »tut, was immer Er will«. Wie oft ist es schon geschehen, dass ein kluger, fähiger und scharfsinniger Mensch einen Weg eingeschlagen hat, und diejenigen, die die Weisheit dahinter nicht begreifen konnten, Einwände erhoben und in Frage stellten, warum er so handelte oder sich so äußerte. Dieser Vorbehalt entspringt der Unwissenheit, wohingegen die Weisheit dieses Weisen frei und geheiligt von Irrtum ist.
In gleicher Weise tut ein qualifizierter Arzt »was immer er will«, wenn er den Patienten behandelt, und letzterer hat kein Recht zu widersprechen. Was der Arzt auch sagen oder tun mag, es ist fundiert und zutreffend und alle müssen ihn ansehen als den Inbegriff des »Er tut, was immer Er will und verordnet, was immer Ihm beliebt.« Der Arzt wird zweifellos Heilmittel verschreiben, die nicht den gängigen Auffassungen entsprechen, aber ist es zulässig, dass diejenigen, die keine Kenntnisse der Wissenschaft und Medizin haben, sich dagegen wenden? Nein, bei Gott! Im Gegenteil, alle müssen sich damit zufrieden geben und dem folgen, was immer der qualifizierte Arzt verordnet. Der qualifizierte Arzt »tut, was er will«, und die Patienten haben keinen Anteil an dieser Stufe. Zuerst muss die Qualifizierung des Arztes sichergestellt werden, und sobald dies erfolgt ist, »tut er, was er will«.
Ebenso wird ein General, der die Kriegskunst beherrscht wie kein Zweiter, in allem, was er sagt oder befiehlt, »tun, was immer er will«, und Gleiches gilt für den Kapitän, der die Seefahrt beherrscht, und für den Wahren Erzieher, dem alle menschliche Vollkommenheit zu eigen ist: Sie tun, was immer sie wollen, in allem, was sie äußern und anordnen.
»Er tut, was immer Er will« bedeutet zusammengefasst: Wenn der Offenbarer Gottes einen Befehl erteilt, ein Gesetz erlässt oder etwas tut, dessen Weisheit Seine Anhänger nicht begreifen können, dürfen sie auch nicht für einen Moment daran denken, Seine Worte oder Sein Handeln in Frage zu stellen. Alle stehen im Schatten der allumfassenden Manifestation, müssen sich der Autorität der Religion Gottes unterwerfen und dürfen nicht um Haaresbreite davon abweichen. Vielmehr müssen sie all ihr Tun und Handeln mit der Religion Gottes in Einklang bringen, und sollten sie davon abweichen, werden sie zurechtgewiesen und müssen vor Gott Rechenschaft ablegen. Klar ist, dass sie keinen Anteil haben an der Stufe des »Er tut, was Er will«, denn sie ist auf die allumfassende Manifestation Gottes beschränkt.
So war Christus – möge meine Seele ein Opfer für Ihn sein! – die Verkörperung der Worte »Er tut, was immer Er will«, Seine Schüler hatten jedoch keinen Anteil an dieser Stufe, denn sie standen in Seinem Schatten und es war ihnen nicht erlaubt, von Seinem Willen und Befehl abzuweichen.

Teil 4 – Über den Ursprung, die Kräfte und die Seinsweisen des Menschen

Kapitel 46

Die Evolution und die wahre Natur des Menschen

Wir kommen nun zu der Frage nach der Veränderung der Arten und der evolutionären Entwicklung der Organe, ob also der Mensch aus dem Tierreich hervorgegangen ist.A132
Im Denken einiger europäischer Philosophen ist diese Vorstellung fest verankert, und es ist sehr schwierig, die Fehleinschätzung begreiflich zu machen. In Zukunft wird es jedoch klar und deutlich werden, und die europäischen Philosophen werden es selbst erkennen. Denn es handelt sich wirklich um einen offenkundigen Irrtum. Wer die Schöpfung eingehend untersucht, wer die Feinheiten alles Erschaffenen erfasst und den Zustand, die Ordnung und die Vollendung der Welt des Seins erkennt, der wird von der Wahrheit überzeugt sein, dass »es nichts Wundersameres in der Schöpfung gibt, als das, was bereits existiert«A133. Denn alles, was besteht, sei es auf Erden oder im Himmel, selbst dieses grenzenlose Firmament mit allem, was darin enthalten ist, wurde aufs Trefflichste erschaffen, gestaltet, zusammengesetzt, angeordnet und vollendet und weist keinerlei Makel auf. Das ist so zutreffend, dass selbst wenn alle Geschöpfe zu reiner Intelligenz würden und bis zum Ende, das kein Ende hat, darüber nachdächten – so könnten sie sich doch nichts Besseres vorstellen als das, was bereits existiert.
Hätte es der Schöpfung in der Vergangenheit jedoch an solcher Vollständigkeit und Ausstattung gefehlt, und hätte sie sich in einem niederen Zustand befunden, dann wäre das Dasein notwendigerweise unzulänglich, unvollkommen und damit unvollständig gewesen. Dieses Thema erfordert größte Aufmerksamkeit und tiefes Nachdenken. Stellen wir uns zum Beispiel vor, die gesamte bedingte Welt – die Welt des Seins – würde dem Körper des Menschen entsprechen. Wären die Zusammensetzung, die Anordnung, die Vollständigkeit, die Schönheit und die Vollkommenheit, die jetzt im menschlichen Körper existieren, in irgendeiner Weise anders, wäre das Ergebnis reine Unvollkommenheit.
Wenn wir uns also eine Zeit vorstellen würden, in der der Mensch zum Tierreich gehörte, das heißt, als er nur ein Tier war, so wäre das Dasein unvollkommen gewesen. Das bedeutet, es hätte keinen Menschen gegeben, und dieser Hauptbestandteil, der für den Körper der Welt wie der Verstand und das Gehirn für den Menschen ist, hätte gefehlt, und die Welt wäre somit gänzlich unvollkommen gewesen. Das genügt als Beweis dafür, dass, wenn der Mensch zu irgendeiner Zeit zum Tierreich gehört hätte, die Vollständigkeit des Daseins zerstört gewesen wäre, denn der Mensch ist der Hauptbestandteil des Weltenkörpers und ein Körper ohne sein Hauptbestandteil ist zweifellos unvollkommen. Wir betrachten den Menschen als Hauptbestandteil, weil er unter allen erschaffenen Dingen alle Vollkommenheit des Daseins umfasst.
Was hier mit ›Mensch‹ gemeint ist, ist der vollständige Mensch, das vortrefflichste Wesen in der Welt, das alle geistige und materielle Vollkommenheit in sich vereint und unter allen erschaffenen Dingen wie die Sonne ist. Nun stell dir eine Zeit vor, in der die Sonne nicht als solche existierte, mit anderen Worten, eine Zeit, als die Sonne nur ein weiterer Himmelskörper war. Zu einer solchen Zeit hätte es zwischen den bestehenden Dingen zweifellos keine Verbindung gegeben. Wie wäre so etwas vorstellbar? Sollte jemand die Welt des Seins sorgfältig untersuchen, würde ihm allein dieses Argument genügen.
Wir wollen noch einen scharfsinnigeren Beweis liefern: Die unzähligen erschaffenen Dinge in der Welt des Seins – seien es Menschen, Tiere, Pflanzen oder Mineralien – müssen alle aus Elementen zusammengesetzt sein. Es besteht kein Zweifel daran, dass die Vollständigkeit jedes einzelnen Wesens durch göttliche Schöpfung entsteht und zwar aus den jeweiligen Bestandteilen, ihrer entsprechenden Kombination, ihrer passenden Abmessung, der Art ihrer Zusammensetzung und dem Einfluss durch andere erschaffene Dinge. Denn alle Wesen sind wie eine Kette miteinander verbunden, und gegenseitige Hilfe, Unterstützung und Zusammenarbeit gehören zu ihren ureigenen Eigenschaften und sind die Ursache für ihre Entstehung, ihre Entwicklung und ihr Wachstum. Zahlreiche Beweise und Argumente belegen, dass alles und jedes direkt oder über eine Kausalkette auf alles andere wirkt und es beeinflusst. Zusammenfassend lässt sich sagen, dass die Vollständigkeit von allem und jedem – also die Vollständigkeit, die jetzt im Menschen oder in anderen Wesen in Bezug auf ihre Organe, Gliedmaßen und Kräfte zu sehen ist – sich aus ihren Bestandteilen, Mengen und Abmessungen, der Art und Weise ihrer Zusammensetzung und der Wechselwirkung durch Handeln, Interaktion und Einflussnahme ergibt. Wenn all dies zusammenkommt, tritt der Mensch ins Dasein.
Da die Vollständigkeit des Menschen ganz von den Bestandteilen, ihren Abmessungen, ihrer Art der Zusammensetzung und der Wechselwirkung mit anderen Wesen herrührt – und da der Mensch vor zehn- oder hunderttausend Jahren aus denselben irdischen Elementen, mit denselben Abmessungen und Mengen, derselben Art der Zusammensetzung und Kombination und denselben Wechselwirkungen mit anderen Wesen hervorgebracht wurde –, folgt daraus, dass der Mensch genau so war, wie er heute existiert. Das ist eine offensichtliche Wahrheit, sie kann nicht bezweifelt werden. Wenn daher in tausend Millionen Jahren die Bestandteile des Menschen zusammengeführt, nach den gleichen Verhältnissen bemessen, in gleicher Weise kombiniert und der gleichen Wechselwirkung mit anderen Wesen unterworfen werden, tritt genau derselbe Mensch ins Dasein. Wenn man zum Beispiel in hunderttausend Jahren Öl, Flamme, Docht, Lampe und ein Streichholz zusammenbringen würde – kurz, wenn alles, was jetzt benötigt wird, auch dann zusammenkäme – würde genau die gleiche Lampe entstehen.
Diese Angelegenheit ist offensichtlich und diese Argumente sind schlüssig. Was aber die europäischen Philosophen vorgebracht haben, ist bloße Vermutung und nicht wirklich schlüssig.

Kapitel 47

Der Ursprung des Universums und die Entwicklung des Menschen

Wisse, dass es eine der verwirrendsten Fragen des Göttlichen ist, dass die Welt des Daseins – das heißt, dieses unendliche Universum – keinen Anfang hat.
Wir haben bereits erklärt, dass die Namen und Attribute des Göttlichen die Existenz des Erschaffenen voraussetzen. Obwohl dieses Thema bereits ausführlich erklärt wurde,A134 soll es hier noch einmal kurz angesprochen werden. Wisse, dass ein Fürst ohne seine Vasallen nicht vorstellbar ist; dass es einen Herrscher ohne Untergebene nicht geben kann; dass kein Lehrer ohne Schüler eingesetzt werden kann; dass ein Schöpfer ohne Schöpfung unmöglich ist; dass ein Versorger ohne jemanden, der zu versorgen wäre, undenkbar ist – denn alle göttlichen Namen und Eigenschaften erfordern die Existenz der Schöpfung. Wenn wir uns eine Zeit vorstellen wollten, in der es keine Schöpfung gab, käme das dem Negieren der Göttlichkeit Gottes gleich.
Abgesehen davon kann völliges Nichtsein nicht zu Dasein werden. Wäre das Universum ein bloßes Nichts, hätte ein Dasein nicht entstehen können. Da also jenes Wesen der Einheit, das göttliche Sein, ewig und unvergänglich ist, das heißt, da es weder Anfang noch Ende hat, so folgt daraus, dass die Welt des Daseins, dieses unendliche Universum, ebenfalls ohne Anfang ist. Natürlich könnte ein Teil der Schöpfung – etwa einer der Himmelskörper – neu entstehen oder vergehen, aber die unzähligen anderen Himmelskörper blieben weiterhin bestehen und die Welt des Daseins selbst würde nicht beeinträchtigt oder zerstört werden. Im Gegenteil, sie existiert unverändert immer weiter. Da nun jeder Himmelskörper einen Anfang hat, muss er auch zwangsläufig ein Ende haben, denn alles, was zusammengesetzt ist, ob ganz oder teilweise, muss notwendigerweise zerfallen. Manches mag schnell und anderes wiederum langsam zerfallen, aber es ist unmöglich, dass etwas Zusammengesetztes letztlich nicht zerfällt.
Wir müssen daher wissen, was ein jedes der großen existierenden Dinge zu Beginn war. Ohne Zweifel gab es anfangs nur einen einzigen Ursprung: Es kann keine zwei Ursprünge gegeben haben. Weil der Ursprung aller Zahlen eins und nicht zwei ist, bedarf die Zahl zwei selbst eines Ursprungs. Damit wird deutlich, dass es ursprünglich nur einen Grundstoff gab, und dass dieser eine Grundstoff in jedem Element in einer anderen Form auftrat. So entstanden verschiedene Formen, und dabei nahmen sie jeweils eine eigenständige Form an und wurden zu einem bestimmten Element. Aber diese Differenzierung erreichte erst nach sehr langer Zeit ihre Vollendung und ihre Verwirklichung. Diese Elemente wurden zu unendlich vielen Formen zusammengefügt, angeordnet und verbunden; mit anderen Worten, aus der Zusammensetzung und Verbindung dieser Elemente erschienen unzählige Wesen.
Diese Zusammensetzung und Anordnung entstand durch die Weisheit Gottes und Seine urewige Macht aus einer einzigen natürlichen Ordnung. Da diese Zusammensetzung und Verbindung vollkommen robust aus einer natürlichen Ordnung entstand, einer vollendeten Weisheit folgt und einem universellen Gesetz unterliegt, ist offenkundig, dass es eine göttliche Schöpfung und keine zufällige Zusammensetzung und Anordnung ist. Schöpfung bedeutet, dass aus jeder natürlichen Zusammensetzung ein Lebewesen entsteht, aber aus einer zufälligen Zusammensetzung wird kein Lebewesen entstehen. Wenn beispielsweise der Mensch, mit all seiner Scharfsinnigkeit und Intelligenz, bestimmte Elemente zusammenstellen und verbinden sollte, würde dadurch kein Lebewesen entstehen, weil es nicht der natürlichen Ordnung entspräche. Das beantwortet auch die implizite Frage, die sich stellen könnte, ob wir nicht auch – da diese Wesen durch Zusammensetzung und Verbindung der Elemente entstehen – genau die gleichen Elemente zusammenstellen und verbinden könnten um so ein Lebewesen zu erschaffen? Diese Vorstellung ist falsch, denn die ursprüngliche Zusammensetzung ist eine göttliche Zusammensetzung, die Verbindung wird entsprechend der natürlichen Ordnung von Gott hervorgebracht, und aus diesem Grund wird aus dieser Zusammensetzung ein Lebewesen geschaffen und ins Dasein gebracht. Aber eine von Menschen gemachte Zusammensetzung bringt nichts hervor, weil der Mensch kein Leben erschaffen kann.
Kurz gesagt, wir haben darüber gesprochen, dass aus der Zusammensetzung von Elementen, aus ihrer Verbindung, ihrer Art und ihren Mengenverhältnissen und durch Wechselwirkungen mit anderen Wesen zahllose Formen und Wirklichkeiten und unzählige Wesen ins Dasein getreten sind. Aber natürlich ist diese Erdkugel in ihrer jetzigen Gestalt nicht auf einmal entstanden, vielmehr durchlief das allgemeine Dasein nach und nach verschiedene Stufen, bis es in seiner heutigen Vollendung erschien. Das allgemeine Dasein kann mit dem konkreten verglichen werden, denn beides untersteht einer einzigen natürlichen Ordnung, einem allgemein gültigen Gesetz und einer göttlichen Anordnung. Wir sehen zum Beispiel, wie die kleinsten Atome in ihrer allgemeinen Struktur den größten Gebilden im Universum gleichen, und es ist offensichtlich, dass sie aus einem einzigen Labor der Macht gemäß einer natürlichen Ordnung und einem universellen Gesetz hervorgegangen sind und daher miteinander verglichen werden können.
Zum Beispiel wächst und entwickelt sich der menschliche Embryo allmählich im Schoß seiner Mutter und durchlebt verschiedene Formen und Zustände, bis er in äußerster Schönheit zur Reife gelangt und in vollendeter Form mit größtem Liebreiz erscheint. Genauso war der Same dieser Blume, die du vor dir siehst, am Anfang klein und unbedeutend, aber er wuchs und entwickelte sich im Schoß der Erde und nahm verschiedene Formen an, bis er diesen Zustand vollkommener Lebenskraft und Eleganz erreichte. Es ist genauso offensichtlich, dass diese Erdkugel im Gefüge des Universums ins Dasein trat, wuchs, sich entwickelte und verschiedene Formen und Zustände annahm, bis sie allmählich zu ihrer gegenwärtigen Vollständigkeit gelangte und mit unzähligen Geschöpfen geschmückt in solch vollendeter Form erschien.
Somit ist offensichtlich, dass die Ursubstanz, die dem Embryo entspricht, zunächst zusammengesetzte, miteinander verbundene Elemente bildete und diese Zusammensetzung allmählich über unzählige Zeitalter und Jahrhunderte wuchs und sich von einer Gestalt und Form zur nächsten entwickelte, bis sie durch die vollendete Weisheit Gottes in solcher Vollständigkeit, Ordnung, Zusammensetzung und Tauglichkeit erschien.
Lass uns zu unserem Thema zurückkehren. Seit Beginn seines Daseins im Schoße der Erdkugel wuchs und entwickelte sich der Mensch allmählich wie ein Embryo im Mutterleib und ging von einer Gestalt und Form zur anderen über, bis er in dieser Schönheit und Vollkommenheit, dieser Kraft und Beschaffenheit erschien. Gewiss besaß er anfangs nicht solch eine Lieblichkeit, Anmut und Feinheit, und erst allmählich erlangte er eine solche Gestalt, Beschaffenheit, Schönheit und Anmut. Zweifellos erschien der Embryo der Menschheit, genau wie der Embryo im Mutterleib, nicht unmittelbar in dieser Ausprägung und verkörperte noch nicht die Worte: »Geheiligt sei der Herr, der vortrefflichste aller Schöpfer!«A135 Vielmehr durchlief er nach und nach verschiedene Zustände und Ausprägungen, bis er diese Gestalt und Schönheit, diese Vollkommenheit, Feinheit und Zier erlangte. Es ist daher klar und deutlich, dass das Wachstum und die Entwicklung des Menschen auf diesem Planeten bis zu seiner gegenwärtigen Vollständigkeit, ähnlich wie das Wachstum und die Entwicklung des Embryos im Mutterleib, Stufe um Stufe und von einer Form zur nächsten erfolgt ist, denn dies entspricht den Erfordernissen der universellen Ordnung und des göttlichen Gesetzes.
Das bedeutet, der menschliche Embryo nimmt verschiedene Zustände an und durchläuft zahlreiche Stadien, bis er zu der Gestalt gelangt, in der er die Wirklichkeit der Worte »Geheiligt sei der Herr, der vortrefflichste aller Schöpfer!« verkörpert und die Zeichen der vollen Entwicklung und Reife aufweist. Ebenso muss seit den ersten Anfängen des Menschen auf diesem Planeten bis er seine jetzige Gestalt, Form und Beschaffenheit annahm, eine lange Zeit verstrichen sein, und er muss viele Stufen durchschritten haben, bevor er seinen gegenwärtigen Zustand erreichte. Aber seit dem Beginn seines Daseins war der Mensch eine eigene Art. Das ist vergleichbar mit dem Embryo des Menschen im Mutterleib: Er hat zunächst eine merkwürdige Gestalt. Dann nimmt sein Körper eine Gestalt und Form nach der anderen an, bis er in voller Schönheit und Vollkommenheit erscheint. Aber selbst wenn er im Mutterleib eine merkwürdige Gestalt besitzt – völlig anders als seine gegenwärtige Gestalt und Erscheinung – ist es der Embryo einer eigenen Art und nicht der eines Tieres: Das Wesen der Art und die angeborene Wirklichkeit erfahren keinerlei Veränderung.
Sollte nun jemand Spuren verkümmerter Organe finden, würde das die Unabhängigkeit und Ursprünglichkeit der Art nicht widerlegen. Es würde allenfalls beweisen, dass sich die Gestalt, das Aussehen und die Organe des Menschen im Laufe der Zeit entwickelt haben. Aber der Mensch war schon immer eine eigene Art – er war immer Mensch, nicht Tier. Überlege: Wenn der Embryo des Menschen im Mutterleib von einer Gestalt zu einer anderen übergeht, die in keiner Weise der früheren ähnelt, ist das ein Beweis für eine Veränderung der Art? Dass er zuerst ein Tier war und seine Organe sich immer weiter entwickelten, bis er ein Mensch wurde? Nein, bei Gott! Wie haltlos und unbegründet ist diese Annahme! Denn die Ursprünglichkeit der menschlichen Art und die Unabhängigkeit des menschlichen Wesens sind klar und offenkundig.

Kapitel 48

Der Unterschied zwischen Mensch und Tier

Wir hatten schon ein- oder zweimal über das Thema Geist gesprochen, aber ohne es mitzuschreiben.
Wisse, dass es zwei Arten von Menschen auf der Welt gibt, also Menschen, die zu zwei Gruppen gehören. Die eine Gruppe leugnet den Menschengeist und sagt, der Mensch sei eine Art Tier. Warum ist das so? Weil wir sehen, dass es Kräfte und Sinne gibt, über die Mensch und Tier gleichermaßen verfügen. Die einfachen, einzelnen Elemente, die den Raum um uns herum füllen, werden in unzähligen Variationen zusammengesetzt und eine jede davon ergibt ein anderes Wesen. Darunter sind fühlende Wesen, die mit bestimmten Kräften und Sinnen ausgestattet sind. Je vollständiger die Zusammensetzung, desto edler das Wesen. Die Verbindung der Elemente im Körper des Menschen ist vollständiger als in jedem anderen Wesen und seine Bestandteile sind völlig ausgewogen zusammengefügt; deshalb ist er edler und vollkommener. Der Mensch, so wird behauptet, verfüge keineswegs über eine besondere Kraft oder einen besonderen Geist, der anderen Tieren fehle. Auch Tiere besäßen Sinneswahrnehmungen, nur dass die Kräfte des Menschen in gewisser Hinsicht noch feiner seien – wenngleich das Tier hinsichtlich der äußeren Kräfte wie Hören, Sehen, Schmecken, Riechen und Fühlen, und selbst bei inneren Kräften wie etwa dem Gedächtnis, dem Menschen überlegen ist. Das Tier, sagen sie, besitze Verstandeskraft und Auffassungsvermögen. Sie gestehen lediglich ein, dass die Auffassungsgabe des Menschen größer sei.
So etwas wird von heutigen Philosophen behauptet. Das sind ihre Worte und ihre Behauptungen und das gibt ihnen ihre Einbildung vor. Und so stellen sie nach eingehenden Nachforschungen und mit schlagkräftigen Argumenten gerüstet den Menschen in eine Linie mit dem Tier, indem sie sagen, der Mensch sei einstmals ein Tier gewesen und diese Spezies habe sich allmählich verändert und entwickelt, bis sie die Stufe des Menschen erreichte.
Aber die geistig gesinnten Philosophen sagen, das sei so nicht. Obwohl Mensch und Tier die gleichen äußeren Kräfte und Sinne besitzen, gibt es im Menschen eine außergewöhnliche Kraft, die dem Tier fehlt. Sämtliche Wissenschaften, Künste und Erfindungen, jedes Handwerk und jede Entdeckung einer Wahrheit entspringen dieser einzigartigen Kraft. Es ist eine Kraft, die alle erschaffenen Dinge umfasst, ihre Wirklichkeit begreift, ihre verborgenen Geheimnisse enträtselt und sie kontrolliert. Sie begreift sogar Dinge, die kein äußeres Dasein haben, also intelligible, nicht fühlbare und unsichtbare Wirklichkeiten wie Verstand und Geist, menschliche Eigenschaften und Tugenden, Liebe und Trauer, die allesamt intelligible Wirklichkeiten sind. Darüber hinaus waren einst alle Wissenschaften und Handwerkskünste, alle großen Unternehmungen und unzähligen Entdeckungen des Menschen versteckte und verborgene Geheimnisse, und nur dank der allumfassenden menschlichen Kraft wurden sie entdeckt und aus dem Unsichtbaren ins Sichtbare gebracht. So waren Telegrafie, Fotografie, Grammofon – all diese großen Erfindungen und Handwerkskünste – einst verborgene Geheimnisse, die von dieser menschlichen Wirklichkeit entdeckt und aus dem Unsichtbaren ins Sichtbare gebracht wurden. Es gab sogar eine Zeit, da war dieses Stück Eisen vor dir, und in der Tat jedes Mineral, ein verborgenes Geheimnis. Die menschliche Wirklichkeit entdeckte dieses Mineral und schmiedete das Metall in diese Form. Das Gleiche gilt für alle anderen zahllosen Entdeckungen und Erfindungen des Menschen. Diese Tatsachen sind nicht zu widerlegen und es ist zwecklos, sie zu leugnen.
Würden wir behaupten, dass all dies den Kräften der tierischen Natur und den physischen Sinnen entspringt, dann könnten wir ganz deutlich erkennen, dass die Tiere im Hinblick auf diese Kräfte dem Menschen überlegen sind. Zum Beispiel ist das Sehvermögen von Tieren viel schärfer als das des Menschen, ihr Gehör viel feiner und Gleiches gilt auch für ihr Geruchsvermögen und ihren Geschmackssinn. Kurz, bei den Kräften, die Mensch und Tier gemeinsam haben, ist das Tier oft überlegen. Nimm das Gedächtnis: Wenn du eine Taube von hier aus in ein fernes Land bringst und dort freilässt, wird sie sich an den Weg erinnern und nach Hause zurückkehren. Bring einen Hund von hier bis ins Innere Asiens, lass ihn frei und er wird nach Hause zurückkehren, ohne auch nur vom Weg abzukommen. Und so ist es auch mit den anderen Kräften wie Hören, Sehen, Riechen, Schmecken und Fühlen. Somit ist klar: Hätte der Mensch keine Kräfte, die über die der Tiere hinausgehen, würde das Tier bei bedeutenden Entdeckungen und im Verständnis der Wirklichkeit den Menschen zwangsläufig übertreffen. Aus dieser Beweisführung folgt, dass der Mensch mit einer Gabe ausgestattet ist und eine Vollkommenheit aufweist, die es im Tier nicht gibt.
Ferner kann das Tier zwar das mit den Sinnen Wahrnehmbare erkennen, intelligible Wahrheiten kann es jedoch nicht erkennen. Was zum Beispiel im Sichtbereich des Tieres ist, kann es erkennen, aber was dahinter liegt, kann es nicht durchschauen oder nachvollziehen. So kann das Tier unmöglich begreifen, dass die Erde eine kugelförmige Gestalt hat. Aber der Mensch kann das Unbekannte aus dem Bekannten ableiten und unbekannte Wirklichkeiten entdecken. So kann der Mensch zum Beispiel auf die Krümmung der Erde schließen, wenn er die Neigungswinkel am Himmel beobachtet. Der Polarstern über ‘Akká steht zum Beispiel auf 33 Grad; seine Neigung über dem Horizont beträgt also 33 Grad. Geht man Richtung Nordpol, so erhebt sich der Polarstern für jeden Grad zurückgelegten Weges um ein weiteres Grad über dem Horizont; das heißt, der Neigungswinkel des Polarsterns erreicht 34 Grad, dann 40, 50, 60 und 70 Grad. Wenn man zum Nordpol gelangt, wird der Neigungswinkel des Polarsterns 90 Grad betragen und der Stern wird im Zenit zu sehen sein, das heißt er erhebt sich genau über dem Pol.
Der Polarstern ist mit den Sinnen erfassbar, ebenso wie sein Aufstieg, also die Tatsache, dass der Polarstern umso höher steigt, je näher man dem Pol kommt. Und mit Hilfe dieser beiden bekannten Tatsachen wird eine unbekannte Tatsache entdeckt, nämlich der Neigungswinkel am Himmel, was bedeutet, dass der Himmel über dem Horizont auf jedem Breitengrad anders ist als auf einem anderen Breitengrad. Der Mensch begreift diesen Zusammenhang und begründet damit ein bisher unbekanntes Phänomen, nämlich die Krümmung der Erde. Dem Tier ist es jedoch nicht möglich, dies zu verstehen. Ebenso wenig kann das Tier begreifen, dass die Sonne im Zentrum steht und die Erde sie umkreist. Das Tier ist ein Gefangener seiner Sinne und wird von ihnen begrenzt. Es kann nichts begreifen, was jenseits der Reichweite oder Kontrolle der Sinne liegt, obwohl es den Menschen hinsichtlich der äußeren Kräfte und Sinneswahrnehmungen übertrifft. Es ist also klar erwiesen, dass der Mensch mit einer Entdeckerkraft ausgestattet ist, die ihn vom Tier unterscheidet, und diese Kraft ist nichts anderes als der menschliche Geist.
Preis sei Gott! Der Mensch strebt immer nach größeren Höhen und erhabeneren Zielen. Stets strebt er nach einer Welt, die besser ist als die, in der er lebt, und zu einer Stufe aufzusteigen, die über die seine hinausgeht. Diese Liebe zur Transzendenz ist eines der Wesensmerkmale des Menschen. Ich bin erstaunt, dass manche Philosophen in Amerika und Europa sich selbst bereitwillig in das Tierreich erniedrigen und damit einen Rückschritt hinnehmen, wo doch alles Dasein immer aufwärts streben muss. Doch solltest du einen von ihnen als Tier bezeichnen, wäre er schwer verletzt und gekränkt.
Welch ein Unterschied besteht zwischen der Menschenwelt und dem Tierreich! Welch ein Unterschied besteht zwischen der Erhabenheit des Menschen und der Niedrigkeit des Tieres, zwischen der Vollkommenheit des Menschen und der Unwissenheit des Tieres, zwischen der Herrlichkeit des Menschen und der Herabstufung des Tieres! Ein zehnjähriges arabisches Kind kann zwei oder dreihundert Kamele in der Wüste bändigen und sie mit seiner bloßen Stimme führen. Ein schwacher Inder kann einen mächtigen Elefanten so zähmen, dass er sich völlig gehorsam verhält. Alles wird bezwungen durch die Hand des Menschen, der die Natur beherrscht.
Alle anderen Geschöpfe sind Gefangene der Natur und können sich nicht von ihren Zwängen befreien – allein der Mensch kann die Natur beherrschen. So zieht die Natur alle Körper zum Mittelpunkt der Erde, aber mit Hilfe der Mechanik entfernt sich der Mensch davon und erhebt sich in die Luft. Die Natur verhindert, dass der Mensch über das Meer gelangt, aber der Mensch baut Schiffe und überquert den größten Ozean, und dergleichen mehr – das Thema ist endlos. Zum Beispiel durchquert der Mensch Berge und Ebenen in Fahrzeugen und erfährt an einem beliebigen Ort von den Geschehnissen in Ost und West. So trotzt der Mensch der Natur. Das ganze weite Meer kann nicht ein Jota vom Gesetz der Natur abweichen; die Sonne in all ihrer Größe kann nicht einmal um die Spitze einer Nadel vom Gesetz der Natur abweichen, noch kann sie jemals den Zustand, die Beschaffenheit, die Eigenschaften, die Bewegungen und die Natur des Menschen begreifen. Welche Macht ist es nun, die der kümmerlichen Gestalt des Menschen innewohnt und all dies umfasst? Welch bezwingende Macht ist es, die alles unterwirft?
Noch ein weiterer Punkt bleibt. Moderne Philosophen sagen: »Wir sehen nirgendwo einen Geist im Menschen, und obwohl wir das Innerste des menschlichen Körpers bis ins kleinste Detail untersucht haben, finden wir nirgendwo eine geistige Kraft. Wie können wir uns dann eine Macht vorstellen, die nicht mit den Sinnen wahrnehmbar ist?« Die geistig gesinnten Philosophen erwidern: »Der Geist des Tieres ist auch nicht mit den Sinnen wahrnehmbar und durch unsere körperlichen Kräfte nicht erfassbar: Wie lässt sich auf seine Existenz schließen? Zweifellos wirst du von seinen Auswirkungen auf die Existenz einer Kraft im Tier schließen, die es in der Pflanze nicht gibt, und das ist die Kraft der Sinne, des Sehens, des Hörens und der anderen Kräfte. Daraus folgt, dass es einen Geist im Tier gibt. In gleicher Weise solltest du aus den erwähnten Zeichen und Argumenten auf die Existenz eines Menschengeistes schließen. Da es also im Tier Zeichen gibt, die man nicht in der Pflanze findet, kannst du sagen, dass diese Sinneskraft eines der Kennzeichen des Tiergeistes ist. Ebenso siehst du im Menschen Zeichen, Kräfte und eine Vollkommenheit, die das Tier nicht besitzt: Du kannst daraus schließen, dass er eine Kraft innehat, die dem Tier fehlt.«
Wenn wir alles bestreiten würden, was den Sinnen nicht zugänglich ist, dann wären wir gezwungen, zweifellos existierende Tatsachen zu leugnen. Zum Beispiel ist der Äther nicht mit den Sinnen wahrnehmbar, obwohl seine Wirklichkeit nachgewiesen werden kann. Die Anziehungskraft der Erde ist nicht mit den Sinnen wahrnehmbar, obwohl ihre Existenz ebenfalls unbestreitbar ist. Wie können wir feststellen, dass es sie gibt? Anhand ihrer Wirkung. Dieses Licht besteht beispielsweise aus den Schwingungen des Äthers, und von diesen Schwingungen schließen wir auf seine Existenz.

Kapitel 49

Die Evolution und die Existenz des Menschen

Frage: Was sagen Sie zu der von manchen europäischen Philosophen vertretenen Theorie von der Entwicklung der Lebewesen?
Antwort: Wir sind auf diese Frage bereits vor kurzem eingegangen, aber wir werden noch einmal darüber sprechen. Kurz gesagt, diese Frage bezieht sich auf die Ursprünglichkeit oder Nicht-Ursprünglichkeit der Arten, das heißt, ob das Wesen der menschlichen Art vom Ursprung her festgelegt war oder ob es sich aus dem Tierreich entwickelt hat.
Manche europäische Philosophen gehen davon aus, dass die Arten sich nicht nur entwickeln, sondern sich sogar ändern und in andere Arten umwandeln können. Zu den Beweisen, die sie für diese Behauptung vorbringen, gehört, dass durch sorgfältige geologische Forschungen und Untersuchungen klar und offenkundig geworden ist, dass die Existenz der Pflanzen derjenigen der Tiere vorausging, und dass die Existenz der Tiere der des Menschen vorausging. Außerdem gehen sie davon aus, dass es sowohl im Pflanzenreich als auch im Tierreich eine Veränderung gegeben hat; denn in bestimmten Schichten der Erde sind Pflanzen entdeckt worden, die in der Vergangenheit existierten, aber inzwischen verschwunden sind, was bedeutet, dass sie sich weiterentwickelt haben, widerstandsfähiger geworden sind und sich in Form und Aussehen verändert haben und somit auch eine Änderung der Art erfolgt sei. Ebenso gibt es in den Erdschichten bestimmte Tierarten, die sich verändert haben. Eine davon ist die Schlange, die verkümmerte Gliedmaßen hat, d. h. Zeichen deuten darauf hin, dass sie einst Füße hatte, die im Laufe der Zeit verschwunden sind und von denen nur ein Rest übrig geblieben ist. In der Wirbelsäule des Menschen befindet sich gleichfalls ein Überbleibsel, das darauf hinweist, dass er wie andere Tiere einst einen Schwanz hatte, von dem, so behaupten sie, Spuren noch vorhanden sind. Irgendwann war dieses Körperteil nützlich, aber als der Mensch sich entwickelte, verlor es seinen Nutzen und verschwand allmählich. Genauso brauchte die Schlange keine Füße mehr, als sie begann unterirdisch zu leben und zu einem kriechenden Tier zu werden, und so verschwanden die Füße und es blieb nur ein Relikt übrig. Ihr Hauptbeweis ist, dass diese verkümmerten Gliedmaßen Zeugnis von der Existenz früherer Gliedmaßen ablegen, die wegen fehlendem Nutzen allmählich verschwunden sind, und deren Fortbestand keinen Vorteil mehr bietet. So blieben die notwendigen Gliedmaßen erhalten, während die überflüssigen durch die Veränderung der Art allmählich verschwunden sind, jedoch ein Relikt zurückgelassen haben.
Die erste Antwort auf diese Beweisführung lautet, dass die Tiere, die vor dem Menschen lebten, kein Beweis dafür sind, dass es im Wesen der menschlichen Art eine Veränderung oder einen Wandel gegeben hat, oder dass der Mensch dem Tierreich entstammte. Denn solange man anerkennt, dass diese unterschiedlichen Lebewesen im Lauf der Zeit erschienen sind, ist es möglich, dass der Mensch einfach nach dem Tier ins Dasein trat. So stellen wir im Pflanzenreich fest, dass die Früchte verschiedener Bäume nicht alle zugleich erscheinen, im Gegenteil, einige erscheinen früher in der Jahreszeit und andere später. Diese Reihenfolge ist kein Beweis dafür, dass die spätere Frucht eines Baumes aus der früheren Frucht eines anderen gewonnen wurde.
Zweitens könnte diesen kleinen Spuren und verkümmerten Gliedmaßen eine besondere Weisheit zugrunde liegen, die der menschliche Geist bisher nicht zu erfassen vermochte. Wie viele Dinge gibt es auf dieser Welt, deren zugrunde liegende Weisheit bis heute nicht verstanden wurde! So heißt es in der Physiologie – der Lehre von der Funktion der Körperorgane –, dass die zugrunde liegende Weisheit und Ursache für die Unterschiede in der Färbung von Tieren und menschlichem Haar, der Röte der Lippen oder der Farbenvielfalt der Vögel noch unbekannt ist und verborgen bleibt. Aber es wurde entdeckt, dass die Schwärze der Pupille des Auges darauf zurückzuführen ist, dass sie die Sonnenstrahlen absorbiert, denn wenn sie eine andere Farbe hätte – sagen wir, gleichmäßig weiß – könnte sie diese Strahlen nicht absorbieren. Insofern die Weisheit der oben erwähnten Dinge unbekannt ist, kann man sich auch gut vorstellen, dass Ursache und Weisheit der verkümmerten Gliedmaßen, ob beim Tier oder beim Menschen, ebenfalls unbekannt sind. Solch eine Weisheit dahinter gibt es natürlich, auch wenn sie vielleicht noch nicht bekannt ist.
Drittens, selbst wenn wir annehmen würden, dass bestimmte Tiere oder sogar der Mensch einmal Gliedmaßen besaßen, die jetzt verschwunden sind, wäre dies kein ausreichender Beweis für die Veränderung der Art. Denn der Mensch nimmt von der Befruchtung des Embryos bis zur Erlangung der Reife unterschiedliche Gestalten und Erscheinungsformen an. Sein Aussehen, seine Gestalt, seine Merkmale und seine Farbe verändern sich, das heißt, er schreitet von Gestalt zu Gestalt und von Erscheinungsform zu Erscheinungsform. Und doch gehört er von der Entstehung des Embryos an zur menschlichen Art, ist also der Embryo eines Menschen und nicht der eines Tieres. Aber diese Tatsache ist zunächst nicht offensichtlich; erst später wird sie deutlich sichtbar.
Nehmen wir einmal an, dass der Mensch einst dem Tier ähnelte und dass er sich seitdem entwickelt und gewandelt hat. Dieser Aussage zuzustimmen beweist nicht die Veränderung der Art, sondern könnte mit der Veränderung und dem Wandel verglichen werden, die – wie bereits erwähnt – der menschliche Embryo durchläuft, bevor er seine volle Entwicklung und Reife erreicht hat. Um es noch deutlicher auszudrücken: Nehmen wir an, der Mensch wäre einmal auf allen Vieren gelaufen oder hätte einen Schwanz gehabt: Diese Veränderung und dieser Wandel ist vergleichbar mit der des Fötus im Mutterleib. Auch wenn sich der Fötus in jeder erdenklichen Weise entwickelt und entfaltet, bevor er seine volle Entwicklungsstufe erreicht, gehört er doch von Anfang an zu einer eigenen Art. Dasselbe gilt auch im Pflanzenreich, wo wir sehen, dass sich der ursprüngliche und unverwechselbare Charakter einer Art nicht verändert, während sich Gestalt, Farbe und Masse verändern, wandeln und entwickeln.
Zusammenfassend lässt sich sagen: So wie der Mensch im Mutterleib fortschreitet, sich entwickelt und von einer Gestalt und Erscheinung in eine andere umgestaltet wird, wobei er von Anfang an ein menschlicher Embryo war, so war auch der Mensch – das heißt, die menschliche Art – seit dem Beginn der Entstehung im Gefüge der Welt ein eigenes Wesen und hat allmählich eine Gestalt nach der anderen angenommen. Daraus folgt, dass diese Veränderung der äußeren Erscheinung, dieser Entwicklung der Organe, dieses Wachstum und diese Entwicklung die Ursprünglichkeit der Art nicht ausschließen. Doch auch wenn man die Existenz von Entwicklung und Fortschritt als gegeben annimmt, so hat der Mensch doch vom Augenblick seines Erscheinens an eine vollkommene Zusammensetzung besessen und hat die Fähigkeit und das Potential inne gehabt, sowohl materielle als auch geistige Vollkommenheit zu erlangen und die Verkörperung des Verses zu werden: »Lasset uns Menschen machen, ein Bild, das uns gleich sei.«A136 Kurz: er ist gefälliger, verfeinerter und anmutiger geworden, und durch die Kultur ist er aus seinem wilden Zustand herausgewachsen, so wie die wilden Früchte durch die Kultivierung des Gärtners immer feiner und süßer, immer köstlicher und frischer werden.
Die Gärtner für die Menschenwelt sind die Propheten Gottes.

Kapitel 50

Geistige Beweise für die Ursprünglichkeit des Menschen

Die bisher angeführten Argumente für die Ursprünglichkeit der menschlichen Art waren rationaler Natur. Nun kommen wir zu geistigen Argumenten, die tatsächlich die grundlegenden sind. Wir haben mit rationalen Argumenten die Existenz Gottes belegt, und mit rationalen Argumenten ebenfalls dargelegt, dass der Mensch seit Anbeginn Mensch war und der Wesenskern seiner Art seit Ewigkeiten besteht. Nun werden wir geistige Beweise dafür vorlegen, dass das menschliche Dasein – also die menschliche Art – notwendig ist und dass die Vollkommenheit des Göttlichen ohne den Menschen nicht erstrahlen würde. Das sind jedoch geistige und keine rationalen Argumente.
Wir haben immer wieder durch Argumente und Beweise belegt, dass der Mensch das edelste aller Wesen und der Inbegriff aller Vollkommenheit ist. Alles was existiert ist in der Tat der Enthüllungsort der Offenbarung göttlichen Strahlenglanzes, das heißt, die Zeichen der Göttlichkeit Gottes sind in der Wirklichkeit aller Dinge offenbar. So wie die Erde der Ort ist, an dem die Sonnenstrahlen reflektiert werden – was bedeutet, dass das Licht, die Wärme und der Einfluss der Sonne in allen Atomen der Erde klar und deutlich sichtbar sind – so kündet auch jedes einzelne Atom des Universums in diesem unendlichen Raum von einer der vollkommenen Eigenschaften Gottes. Nichts ist davon ausgenommen: Ein jedes ist entweder ein Zeichen der Barmherzigkeit Gottes oder ein Zeichen Seiner Macht, Seiner Größe, Seiner Gerechtigkeit, Seiner bleibenden Fürsorge, Seiner Großmut, Seines Sehens, Seines Hörens, Seines Wissens, Seiner Güte und so weiter.
Damit soll zum Ausdruck kommen, dass alles was existiert notwendigerweise der Enthüllungsort der Offenbarung göttlichen Strahlenglanzes ist, das heißt, die Vollkommenheit Gottes verkörpert und offenbart sich darin. Es ist so wie die Sonne, die auf die Wüste, auf das Meer, die Bäume, die Früchte, die Blüten – auf alle irdischen Dinge scheint. Nun, die Welt des Daseins, ja, ein jedes erschaffenes Ding, verkündet nur einen der Namen Gottes, die Wirklichkeit des Menschen ist hingegen eine allumfassende und universelle Wirklichkeit – der Offenbarungsort der Fülle der göttlichen Vollkommenheit. Das heißt, für jeden einzelnen Namen, jedes Attribut und jede vollkommene Eigenschaft, die wir Gott zuschreiben, existiert ein Zeichen im Menschen. Wäre das nicht der Fall, dann wäre er nicht dazu in der Lage, sich diese Vollkommenheit vorzustellen oder sie zu begreifen. Zum Beispiel sagen wir, dass Gott alles sieht. Das Auge ist das Zeichen Seines Sehvermögens: Wenn diese Fähigkeit dem Menschen fehlte, wie könnten wir uns dann das Sehvermögen Gottes vorstellen? Denn jemand, der von Geburt an blind ist, kann sich nicht vorstellen, was es bedeutet, zu sehen, ebenso wenig, wie jemand, der von Geburt an taub ist, sich vorstellen kann, was es heißt zu hören, oder der Leblose, was es bedeutet lebendig zu sein.
So offenbart sich die Göttlichkeit Gottes – der Inbegriff aller Vollkommenheit – in der Wirklichkeit des Menschen, das heißt, das göttliche Wesen ist die Gesamtheit aller vollkommenen Eigenschaften, und von dieser Stufe aus wirft sie einen Strahl ihres Glanzes auf die menschliche Wirklichkeit. Mit anderen Worten, die Sonne der Wahrheit wird in diesem Spiegel reflektiert. So ist der Mensch ein vollkommener, der Sonne der Wahrheit zugewandter Spiegel, und er reflektiert sie. Der Strahlenglanz aller göttlichen Vollkommenheit offenbart sich in der Wirklichkeit des Menschen, und deshalb ist er der Statthalter und Apostel Gottes. Wenn es den Menschen nicht gäbe, würde das Universum keine Frucht bringen, denn der Zweck des Daseins ist die Offenbarung göttlicher Vollkommenheit. Wir können also nicht sagen, dass es eine Zeit gab, in der es den Menschen nicht gab. Wir können allenfalls sagen, dass es eine Zeit gab, in der diese Erde nicht existierte, und dass am Anfang der Mensch nicht auf ihr lebte.
Aber vom Anfang, der keinen Anfang hat, bis zum Ende, das kein Ende hat, gab es immer eine vollkommene Manifestation. Dieser Mensch, von dem wir hier sprechen, ist nicht irgendein Mensch; hier ist vielmehr der Vollkommene Mensch gemeint. Denn der edelste Teil des Baumes und der grundlegende Zweck seines Daseins ist die Frucht. Ein Baum ohne Früchte ist ohne Nutzen. Daher kann man sich nicht vorstellen, dass die Welt des Daseins, seien es ihre Höhen oder Niederungen, einst von Kühen und Eseln, Katzen und Mäusen bevölkert waren und ihr doch die Gegenwart des Menschen vorenthalten blieb. Was für eine falsche und nichtige Vorstellung!
Das Wort Gottes ist klar wie die Sonne. Dies ist ein geistiges Argument, das aber nicht direkt zu Anfang den materialistisch gesinnten Philosophen vorgelegt werden kann. Vielmehr müssen zunächst rationale Argumente und erst dann geistige Argumente vorgelegt werden.

Kapitel 51

Das Erscheinen von Geist und Verstand im Menschen

Frage: Sind Geist und Seele von Anfang an in der menschlichen Spezies erschienen? Oder manifestierten sie sich in der allmählichen Entwicklung der Menschheit oder erst nach ihrer Vervollkommnung? Und im letzteren Fall: Geschah dies über einen kurzen oder einen langen Zeitraum?
Antwort: Der Beginn der Herausbildung des Menschen auf der Erdkugel ist vergleichbar mit der Entstehung des menschlichen Embryos im Mutterleib. Der Mensch wächst und entwickelt sich als Embryo allmählich bis zu seiner Geburt, danach wächst und entwickelt er sich weiter, bis er zur Reife gelangt. Obwohl im Menschen die Zeichen von Verstand und Geist bereits in der Kindheit vorhanden sind, erscheinen sie da noch nicht in ihrer Vollkommenheit und bleiben begrenzt. Sobald der Mensch zur Reife gelangt, treten Verstand und Geist in höchster Vollkommenheit hervor.
Ebenso glich der Mensch zu Beginn seiner Entstehung im Gefüge der Welt einem Embryo. Dann schritt er von Stufe zu Stufe voran, wuchs und entwickelte sich, bis er das Stadium der Reife erreichte, in dem sich Verstand und Geist in höchster Vollkommenheit zeigten. Zwar existierten Verstand und Geist von Anbeginn seiner Entstehung, aber sie waren verborgen und zeigten sich erst später. Auch in der Welt des Mutterleibes existieren Verstand und Geist im Embryo, sind aber verborgen und zeigen sich erst später. Es ist wie bei einem Samenkorn: Der Baum existiert darin, ist aber noch verborgen und unsichtbar; sobald der Samen wächst und sich entwickelt, zeigt sich der Baum in seiner ganzen Pracht. Wachstum und Entwicklung aller Wesen erfolgt in gleicher Weise, Schritt für Schritt. Das ist das universelle, von Gott bestimmte Gesetz und die natürliche Ordnung. Das Samenkorn wird nicht plötzlich zum Baum; der Embryo wird nicht unmittelbar zum Menschen; die mineralische Substanz wird nicht sofort zum Stein: Nein, alles wächst und entwickelt sich allmählich, bis das jeweilige Maß der Vollkommenheit erreicht ist.
Alle Wesen, sei es in ihrer Gesamtheit oder in ihrer besonderer Ausprägung, wurden von Anfang an in vollendeter und vollkommener Weise erschaffen. Man kann allenfalls sagen, dass ihre Vollkommenheit erst allmählich sichtbar wird. Es gibt nur ein Gesetz Gottes, eine Entwicklung des Daseins, eine göttliche Ordnung. Alle Wesen – seien sie groß oder klein – unterliegen einem einzigen Gesetz und einer einzigen Ordnung. Jedes Samenkorn trägt von Anfang an die ganze Vollkommenheit der Pflanze in sich. So existierte beispielsweise in dem Samenkorn von Anfang an die ganze pflanzliche Vollkommenheit, sie war aber unsichtbar und erschien erst nach und nach. Zuerst geht also der Keimling aus dem Samen hervor, dann folgen die Zweige, Blätter und Blüten und schließlich die Frucht. Aber von Beginn seines Werdens an existierte das alles schon, wenn auch unsichtbar, als Möglichkeit im Samenkorn. Ebenso besitzt der Embryo von Anfang an jede Vollkommenheit – den Geist, den Verstand, das Seh- und Riechvermögen und den Geschmack – mit einem Wort, alle Kräfte – aber sie sind unsichtbar und treten erst nach und nach in Erscheinung.
Auch die Erdkugel wurde von Anfang an mit all ihren Elementen, Substanzen, Mineralien und Bestandteilen erschaffen, aber erst nach und nach erschienen zuerst die Mineralien, dann die Pflanzen, dann die Tiere und schließlich der Mensch. Diese Gattungen und Arten waren jedoch von Anfang an im Erdball verborgen und erschienen erst nach und nach. Denn das höchste Gesetz Gottes und die universelle natürliche Ordnung umfassen alle Dinge und unterwerfen sie ihren Regeln. Wenn du diese universelle Ordnung betrachtest, siehst du, dass kein einziges Wesen, unmittelbar nachdem es ins Dasein tritt, das volle Maß der Vollkommenheit erreicht, vielmehr wächst es und entwickelt sich nach und nach, bis es diese Stufe erreicht.

Kapitel 52

Das Erscheinen des Geistes im Körper

Frage: Welche Weisheit steht hinter dem Erscheinen des Geistes im Körper?
Antwort: Dem Erscheinen des Geistes im Körper liegt folgende Weisheit zugrunde: Der menschliche Geist ist ein von Gott anvertrautes Gut und muss alle Stufen durchschreiten, denn indem er die Stufen des Daseins durchschreitet, erlangt er Vollkommenheit. Wenn zum Beispiel jemand gut geplant und systematisch durch viele verschiedene Länder und Regionen reist, wird dies sicherlich ein Mittel zur Vervollkommnung sein, denn er wird mit eigenen Augen verschiedene Orte, Landschaften und Regionen sehen; sich über die Angelegenheiten und Lebensumstände anderer Völker informieren; sich mit der Geographie anderer Länder vertraut machen; sich mit ihren Künsten und Wundern auseinandersetzen; Näheres über die Sitten und Gebräuche, sowie den Charakter ihrer Bürger erfahren; die Kultur und die Errungenschaften der Zeit kennenlernen; und die Regierungsführung, die Fähigkeit und Empfänglichkeit jedes Landes erkunden. In gleicher Weise wird der menschliche Geist, wenn er die Stufen des Daseins durchquert und jede Stufe und jede Ebene – auch die des Körpers – erreicht, ganz gewiss zur Vervollkommnung gelangen.
Darüber hinaus müssen die Zeichen der Vollkommenheit des Geistes in dieser Welt erscheinen, damit das Reich der Schöpfung Früchte in Hülle und Fülle trage und der Körper der bedingten Welt belebt werde und die göttlichen Gnadengaben offenbare. So muss zum Beispiel die Sonne auf die Erde scheinen und ihre Wärme muss alle irdischen Wesen versorgen; wenn die Strahlen und die Wärme der Sonne die Erde nicht erreichen würden, bliebe sie öde und trostlos und es gäbe keine Entwicklung mehr. Ebenso würde diese Welt ohne das Erscheinen der Vollkommenheit des Geistes finster und ganz und gar animalisch werden. Durch das Erscheinen des Geistes im Körper wird diese Welt erleuchtet. So wie der Geist des Menschen die Ursache für das Leben seines Körpers ist, so ist die ganze Welt wie ein Körper und der Mensch ist wie ihr Geist. Wenn der Mensch nicht existierte, wenn sich die Vollkommenheit des Geistes nicht verkörperte und das Licht des Verstandes nicht in dieser Welt erstrahlte, wäre sie wie ein Körper ohne Geist.
Ebenso ist diese Welt wie ein Baum und der Mensch wie die Frucht; ohne Frucht wäre der Baum nutzlos.
Darüber hinaus wirken die Elemente, Bestandteile und Verbindungen, die sich im Menschen befinden, wie ein Magnet für den Geist: Der Geist muss darin erscheinen. Genauso ist ein polierter Spiegel dazu bestimmt, das Licht der Sonne aufzunehmen, angestrahlt zu werden und wundervolle Bilder wiederzugeben. Das heißt, wenn diese physischen Elemente entsprechend der natürlichen Ordnung und mit äußerster Vollkommenheit zusammenkommen und sich verbinden, so werden sie zu einem Magneten für den Geist, und der Geist wird darin mit all seiner Vollkommenheit erscheinen.
Aus dieser Perspektive fragt man nicht: »Warum müssen die Sonnenstrahlen auf den Spiegel fallen?«; denn durch die Beziehungen, ob geistig oder materiell, die alle Dinge verbinden, muss zwangsläufig ein Spiegel, wenn er poliert und der Sonne zugewandt ist, deren Strahlen reflektieren. Ebenso wird der menschliche Geist, wenn die Elemente nach der erhabensten Ordnung, Einteilung, Art und Weise zusammengesetzt und verbunden werden, erscheinen und sich darin zeigen. So hat es der Allmächtige, der Allweise verfügt.

Kapitel 53

Die Verbindung zwischen Gott und Seiner Schöpfung

Frage: Welcher Art ist die Verbindung zwischen Gott und Seiner Schöpfung, zwischen dem Absoluten und unerreichbaren Einen und allen anderen Wesen?
Antwort: Die Verbindung zwischen Gott und Seiner Schöpfung ist die zwischen dem Erzeuger und dem Erzeugten, der Sonne und den dunklen Himmelskörpern, dem Handwerker und seiner Handarbeit. Die Sonne ist nicht nur in ihrem Wesen geheiligt über alle Himmelskörper, die durch sie erleuchtet werden, auch ihr Licht ist in seinem Wesen geheiligt und unabhängig von der Erde. Obwohl die Erde von der Sonne versorgt wird und ihr Licht empfängt, sind die Sonne und ihre Strahlen über sie geheiligt. Die Erde und alles irdische Leben hingegen könnten ohne die Sonne nicht existieren.
Gottes Schöpfung ist ein Prozess, der durch Emanation entsteht. Das heißt, die Schöpfung emaniert von Gott; Gott erscheint nicht in ihr. Die Verbindung beruht auf Emanation und nicht auf Manifestation. Das Licht der Sonne emaniert aus der Sonne; es manifestiert sie nicht. Das Erscheinen durch EmanationA137 ist wie das Erscheinen der Sonnenstrahlen: Das geheiligte Wesen der Sonne der Wahrheit ist unteilbar und steigt nicht auf die Stufe der Schöpfung herab. Ebenso wenig teilt sich die Sonne auf oder steigt auf die Erde herab, sondern ihre Strahlen – die Ausgießungen ihrer Gnade – emanieren aus ihr und erleuchten die dunklen Himmelskörper.
Aber das Erscheinen durch Manifestation ist wie die Manifestation der Zweige, Blätter, Blüten und Früchte aus dem Samen; denn der Same selbst wird zu den Zweigen und Früchten, und seine Wirklichkeit geht in sie ein. Dieses Erscheinen durch Manifestation wäre für den Allhöchsten reine Unvollkommenheit und gänzlich unmöglich, denn es würde voraussetzen, dass die unbedingte Präexistenz Attribute des Erschaffenen annehmen müsste, dass absolute Unabhängigkeit sich in extreme Bedürftigkeit verwandelte und der Inbegriff des Seins zu bloßem Nichtsein würde; und das ist schlichtweg unmöglich.
Folglich ist alles aus Gott emaniert: das heißt es ist Gott, durch den alle Dinge in die Wirklichkeit treten, und durch Ihn ist die bedingte Welt entstanden. Das erste, was aus Gott emaniert, ist jene universelle Wirklichkeit, die die alten Philosophen ›Erster Intellekt‹ nannten und von dem das Volk Bahás als dem ›Ersten Willen‹ spricht. Diese Emanation ist in Bezug auf ihr Wirken in der Welt Gottes weder zeitlich noch räumlich begrenzt und hat weder Anfang noch Ende, denn bei Gott sind Anfang und Ende ein und dasselbe. Die Präexistenz Gottes bezieht sich sowohl auf das Wesen als auch auf die Zeit, während die Entstehung der bedingten Welt nur das Wesen betrifft, nicht aber die Zeit, wie wir bereits früher einmal beim Essen erläuterten.A138
Obwohl der Erste Intellekt ohne Anfang ist, bedeutet das nicht, dass er an Gottes Präexistenz teilhat, denn im Vergleich zur Existenz Gottes ist die Existenz dieser universellen Realität ein bloßes Nichts – man kann nicht einmal sagen, dass sie existiert, geschweige denn, dass sie an Gottes Präexistenz teilhat. Diese Frage wurde bereits bei einer früheren Gelegenheit erläutert.
Für alles Erschaffene gilt, dass Zusammensetzung Leben bedeutet und Zersetzung Tod. Aber die Materie und die universellen Elemente können nicht vollständig zerstört und vernichtet werden. Nein, Ihre Vernichtung ist lediglich eine Umwandlung. Wenn etwa ein Mensch stirbt, zerfällt sein Körper zu Staub, aber er wird nicht zu völligem Nichts: Er behält eine mineralische Existenz, aber es hat eine Veränderung stattgefunden, und das Zusammengesetzte wurde zersetzt. Das Gleiche gilt für die Vernichtung aller anderen Wesen; denn Dasein wird nicht zu völligem Nichtsein, und völliges Nichtsein erlangt kein Dasein.

Kapitel 54

Das Hervorgehen des menschlichen Geistes aus Gott

Frage: Wie geht der menschliche Geist aus Gott hervor? In der Thora wird ja gesagt, Gott habe den Geist in den menschlichen Körper gehaucht.A139
Antwort: Wisse, dass das Hervorgehen auf zweierlei Art geschieht: Hervorgehen und in Erscheinung treten durch Emanation, und Hervorgehen und in Erscheinung treten durch Manifestation. Das Hervorgehen durch Emanation ist wie das Hervorbringen eines Werkstücks durch dessen Urheber. Ein Schriftstück etwa wird vom Schriftsteller hervorgebracht. Nun, so wie die Schrift aus dem Schriftsteller und die Rede aus dem Redner emaniert, so emaniert auch der menschliche Geist aus Gott. Aber das verkörpert Ihn nicht; das heißt, von der göttlichen Wirklichkeit hat sich kein Teil getrennt, um in den Körper des Menschen einzutreten. Nein, so wie die Sprache aus dem Sprecher emaniert, so emaniert der menschliche Geist und zeigt sich im Körper des Menschen.
Mit dem Entstehen durch Manifestation hingegen ist gemeint, dass sich die Wirklichkeit von etwas in anderer Gestalt manifestiert, so wie dieser Baum oder diese Blume aus ihren Samen entsteht, denn es ist der Same selbst, der sich in Form von Zweigen, Blättern und Blumen manifestiert hat. Das nennt man Entstehen durch Manifestation.
Der Geist des Menschen geht durch Emanation aus Gott hervor, so wie die Rede vom Redner und die Schrift vom Schreiber; das bedeutet, dass der Redner selbst nicht zur Rede wird, ebenso wenig wie der Schreiber zur Schrift wird: Die Verbindung ist vielmehr ein Hervorgehen durch Emanation. Denn der Sprecher bleibt in seinem Können und seiner Kraft völlig uneingeschränkt während die Rede aus ihm emaniert, so wie eine Handlung aus dem Handelnden. Der wahre Sprecher, die göttliche Wesenheit, bleibt immer im gleichen Zustand und erfährt weder Wechsel noch Wandel, weder Umgestaltung noch Veränderung. Sie hat weder Anfang noch Ende. Das Hervorgehen des Menschengeistes aus Gott ist daher ein Hervorgehen durch Emanation. Dort, wo in der Thora gesagt wird, dass Gott dem Menschen Seinen Geist eingehaucht hat, entspricht dieser Geist der Rede, die aus dem wahren Sprecher emaniert und in der Wirklichkeit des Menschen wirkt.
Wenn wir nun das Hervorgehen durch Manifestation als ›in Erscheinung treten‹ und nicht etwa als ›Aufspaltung in Teile‹ verstehen, so ist das, wie bereits gesagt, die Art des Hervorgehens und Erscheinens des Heiligen Geistes und des Wortes, die von Gott kommen. Wie es im Johannesevangelium heißt: »Im Anfang war das Wort, und das Wort war bei Gott.«A140 Folglich sind der Heilige Geist und das Wort die Erscheinung Gottes und bestehen in der göttlichen Vollkommenheit, die in der Wirklichkeit Christi erstrahlt. Und diese Vollkommenheit war bei Gott, genauso wie die Sonne, die die Fülle ihrer Herrlichkeit in einem Spiegel offenbart. Denn mit dem »Wort« ist nicht der Leib Christi gemeint, sondern die göttliche Vollkommenheit, die sich in Ihm offenbart hat. So war Christus wie ein makelloser Spiegel, der sich der Sonne der Wahrheit zuwandte, und die Vollkommenheit dieser Sonne – das heißt, ihr Licht und ihre Wärme – zeigten sich deutlich in diesem Spiegel. Wenn wir in den Spiegel schauen, sehen wir die Sonne und sagen, es sei die Sonne. Deswegen stellen das Wort und der Heilige Geist, die aus der Vollkommenheit Gottes bestehen, die Erscheinung des Göttlichen dar. Das ist die Bedeutung des Verses im Evangelium, in dem es heißt: »Das Wort war bei Gott, und Gott war das Wort«A141, denn die göttliche Vollkommenheit kann nicht vom Wesen Gottes unterschieden werden. Die Vollkommenheit Christi wird als das Wort bezeichnet, denn alle erschaffenen Dinge sind wie einzelne Buchstaben und einzelne Buchstaben vermitteln keine vollständige Bedeutung, während die Vollkommenheit Christi ein ganzes Wort ist, denn aus einem Wort lässt sich eine vollständige Bedeutung ableiten. Da die Wirklichkeit Christi die Manifestation göttlicher Vollkommenheit war, kam sie einem Wort gleich. Warum ist das so? Weil sie eine vollständige Bedeutung umfasste, wurde sie das Wort genannt.
Wisse, dass das Hervorgehen des Wortes und des Heiligen Geistes aus Gott ein Hervorgehen und Erscheinen durch Manifestation ist und nicht so zu verstehen ist, dass die Wirklichkeit des Göttlichen geteilt oder vervielfältigt wurde oder von ihren Höhen der Reinheit und Heiligkeit herabgestiegen wäre. Gott bewahre! Wenn ein klarer und makelloser Spiegel vor die Sonne gestellt würde, so würden sich das Licht und die Hitze, die Form und das Bild der Sonne darin so manifestieren, dass ein Betrachter – sollte er sagen: »Das ist die Sonne« – die Wahrheit spräche. Aber der Spiegel ist der Spiegel und die Sonne ist die Sonne. Die Sonne bleibt immer nur die eine Sonne, auch wenn sie in zahlreichen Spiegeln erscheint. Es gibt hier kein Innewohnen, kein Eintreten, keine Vermischung und kein Herabsteigen; denn Eintreten, Austreten, Innewohnen, Abstieg und Vermischung gehören zu den Merkmalen und Erfordernissen des Körpers, nicht zu denen des Geistes – wie viel weniger zu denen der geheiligten und geweihten Wirklichkeit des Göttlichen. Verherrlicht ist Gott über alles, was Seiner Heiligkeit und Reinheit nicht zugehört, und erhaben ist Er in den höchsten Höhen!
Die Sonne der Wahrheit ist, wie gesagt, immer im gleichen Zustand geblieben und durchläuft weder Wechsel noch Wandel, weder Umgestaltung noch Veränderung. Sie hat weder Anfang noch Ende. Aber die geheiligte Wirklichkeit des Wortes Gottes ist wie ein klarer, makelloser und glänzender Spiegel, in dem die Hitze und das Licht, die Gestalt und das Bild der Sonne der Wahrheit – also all ihre Vollkommenheit – reflektiert werden. Deshalb sagt Christus im Evangelium: »Der Vater ist im Sohn«A142, das heißt, dass Vollkommenheit der Sonne der Wahrheit in diesem Spiegel hell erstrahlt. Preis sei Ihm, Der Seine Pracht auf diese über alles Erschaffene geheiligte Wirklichkeit geworfen hat!

Kapitel 55

Geist, Seele und Verstand

Frage: Was ist der Unterschied zwischen Verstand, Geist und Seele?
Antwort: Es wurde bereits erklärt, dass der Geist insgesamt in fünf Kategorien unterteilt ist: der Geist der Pflanze, der Geist des Tieres, der Geist des Menschen, der Geist des Glaubens und der Heilige Geist.A143
Der Geist der Pflanze ist jene Kraft des Wachstums, die durch den Einfluss anderer erschaffener Dinge im Samenkorn entsteht.
Der Geist des Tieres ist jene allumfassende Kraft der Sinne, die durch die Zusammensetzung und Verbindung der Elemente entsteht. Wenn diese Zusammensetzung zerfällt, vergeht auch der Geist und hört auf zu existieren. Er kann mit dieser Lampe verglichen werden: Wenn Öl, Docht und Flamme zusammengebracht und miteinander verbunden werden, leuchtet sie; und wenn sich diese Verbindung löst, das heißt, wenn die Bestandteile voneinander getrennt werden, erlischt auch die Lampe.
Der Geist des Menschen, der Mensch und Tier unterscheidet, ist die vernunftbegabte Seele, und diese beiden Begriffe – der Geist des Menschen und die vernunftbegabte Seele – bezeichnen ein und dasselbe. Dieser Geist, der in der Terminologie der Philosophen die vernunftbegabte Seele genannt wird, umfasst alle Dinge, entdeckt – soweit es menschliche Fähigkeiten ermöglichen – deren Wirklichkeit, und wird sich der Eigenschaften und Wirkungen, der Merkmale und Zustände irdischer Dinge bewusst. Aber der Geist des Menschen kann mit den göttlichen Geheimnissen und himmlischen Wirklichkeiten nicht vertraut werden, es sei denn, er wird vom Geist des Glaubens unterstützt. Er ist wie ein Spiegel, der zwar klar, glänzend und poliert ist, aber dennoch des Lichtes bedarf. Erst wenn ein Sonnenstrahl auf ihn fällt, kann er die göttlichen Geheimnisse entdecken.
Was den Verstand betrifft: Er ist die Kraft des menschlichen Geistes. Der Geist ist wie die Lampe, und der Verstand ist wie ihr strahlendes Licht. Der Geist ist wie der Baum, der Verstand wie die Frucht. Der Verstand ist die Vollendung des Geistes und ein wesentliches Attribut desselben, so wie die Sonnenstrahlen ein Wesensmerkmal der Sonne sind.
Diese Erklärung ist zwar kurz, aber vollständig. Denke darüber nach und du wirst, so Gott will, die Feinheiten darin erfassen.

Kapitel 56

Die äußeren und inneren Kräfte des Menschen

Es gibt fünf nach außen gerichtete physische Kräfte im Menschen, die der Wahrnehmung dienen, das heißt fünf Kräfte, durch die der Mensch das materielle Umfeld wahrnimmt. Das Sehvermögen sieht äußere Formen; das Hörvermögen nimmt Klänge wahr; der Geruchssinn nimmt Gerüche wahr; der Geschmackssinn nimmt essbare Dinge wahr; und der Tastsinn, der auf den ganzen Körper verteilt ist, nimmt Tastbares wahr. Diese fünf Kräfte nehmen äußere Objekte wahr.
Der Mensch hat zudem einige geistige Kräfte: die Vorstellungskraft, die ein geistiges Bild von etwas schafft; das Denkvermögen, das über die Wirklichkeit der Dinge nachsinnt; das Verstehen, das diese Wirklichkeit begreift; und das Gedächtnis, das behält, was der Mensch sich vorgestellt, gedacht und verstanden hat. Zwischen diesen fünf nach außen gerichteten Kräften und den inneren Kräften gibt es einen Gemeinsinn, einen vermittelnden Sinn, der den inneren Kräften alles weitergibt, was die nach außen gerichteten Kräfte wahrgenommen haben. Er wird als Gemeinsinn bezeichnet, da er sowohl den nach außen gerichteten als auch den inneren Kräften zugerechnet wird.
Die Sehkraft, eine der nach außen gerichteten Kräfte, sieht zum Beispiel diese Blume, nimmt sie wahr und übermittelt diese Wahrnehmung der inneren Kraft des Gemeinsinns; der Gemeinsinn überträgt sie an die Vorstellungskraft, die dieses Bild wiederum empfängt, formt und es an die Kraft des Denkens überträgt; die Kraft des Denkens sinnt darüber nach und gibt es, nachdem sie dessen Wirklichkeit erfasst hat, an die Kraft des Verstehens weiter; und sobald diese Kraft es verstanden hat, übergibt sie das Bild des wahrnehmbaren Objekts dem Gedächtnis, das es in Erinnerung bewahrt.
Es gibt fünf äußere Kräfte: das Sehvermögen, das Hörvermögen, den Geschmackssinn, den Geruchssinn und den Tastsinn. Und es gibt auch fünf innere Kräfte: den Gemeinsinn, die Vorstellungskraft, das Denkvermögen, das Verstehen und das Gedächtnis.

Kapitel 57

Charakterunterschiede unter den Menschen

Frage: Wie viele verschiedene Charaktertypen gibt es und woher rühren ihre Unterschiede und ihre Vielfalt?
Antwort: Es gibt den angeborenen Charakter, den ererbten Charakter und den erworbenen Charakter, der sich durch Erziehung bildet.
Was den angeborenen Charakter betrifft: Obwohl die von Gott verliehene angeborene Natur vollkommen gut ist, so unterscheidet sich dieser Charakter doch durch den Grad, in dem ein Mensch ihn besitzt: Alle Abstufungen sind gut, aber einige sind besser als andere. So besitzt jeder Mensch Intelligenz und Fähigkeiten, aber Intelligenz, Fähigkeiten und Begabung unterscheiden sich von Mensch zu Mensch. Das ist offensichtlich.
Nehmen wir zum Beispiel einige Kinder aus demselben Ort und derselben Familie, die dieselbe Schule besuchen und vom selben Lehrer unterrichtet werden, mit der gleichen Nahrung und im selben Klima aufwachsen, die gleiche Kleidung tragen und denselben Unterricht erhalten: Gewiss werden sich einige dieser Kinder in Kunst und Wissenschaft qualifizieren, einige werden durchschnittlich begabt sein und andere werden dumm bleiben. Es ist daher klar, dass es in der angeborenen Natur des Menschen unterschiedliche Abstufungen, Begabungen und Fähigkeiten gibt, aber es ist keine Angelegenheit von Gut oder Böse – es geht lediglich um einen unterschiedlichen Grad. Einer nimmt den höchsten Rang ein, ein weiterer den mittleren und noch ein anderer den niedrigsten. In gleicher Weise existiert der Mensch, das Tier, die Pflanze und das Mineral, aber die Existenz dieser vier Lebensformen ist unterschiedlich. Welch ein Unterschied besteht zwischen der Existenz des Menschen und der des Tieres! Doch sie alle existieren, und es ist offensichtlich, dass es im Dasein Rangunterschiede gibt.
Was die Unterschiede im ererbten Charakter betrifft, so ergeben sie sich aus Stärke und Schwäche der Konstitution des Menschen, das heißt, wenn die Eltern eine schwache Konstitution haben, werden auch die Kinder so sein, und wenn sie stark sind, werden auch die Kinder robust sein. Darüber hinaus übt die Vortrefflichkeit der Abstammungslinie großen Einfluss aus; denn ein guter Samen ist so wie der hochwertige Grundstock, der ebenso im Pflanzen- und Tierreich existiert. Zum Beispiel siehst du, dass Kinder von schwachen und kränklichen Eltern von Natur aus eine schwache Konstitution und schwache Nerven haben, es fehlt ihnen an Geduld, Ausdauer, Entschlossenheit und Durchhaltevermögen, sie sind impulsiv, denn sie haben die Schwäche und Anfälligkeit ihrer Eltern geerbt.
Abgesehen davon wurden bestimmte Familien und Abstammungslinien für einen besonderen Segen erwählt. So erhielten die Nachkommen Abrahams den besonderen Segen, dass alle Propheten des Hauses Israel von ihnen abstammten. Dies ist ein Segen, den Gott dieser Abstammungslinie verliehen hat. Mose durch Seinen Vater und Seine Mutter; Christus durch Seine Mutter; Muḥammad, der Báb und alle Propheten und Heiligen Israels gehören zu dieser Abstammungslinie. Auch Bahá’u’lláh ist ein Nachfahre Abrahams, denn Abraham hatte neben Ismael und Isaak noch weitere Söhne, die damals nach Persien und Afghanistan auswanderten, und die Gesegnete Schönheit ist einer ihrer Nachkommen.
Das zeigt deutlich, dass es auch ererbten Charakter gibt und zwar in einem Ausmaß, dass jemand, dessen Charakter nicht mit dem der eigenen Vorfahren übereinstimmt, im geistigen Sinne nicht zu dieser Abstammungslinie gezählt wird, selbst wenn er körperlich diesem Geschlecht entstammte. Dies ist der Fall bei Kanaan, der nicht zu den Nachkommen Noahs gerechnet wird.A144
Was die Charakterunterschiede betrifft, die von der Erziehung und Bildung herrühren, so sind sie in der Tat groß, denn Erziehung und Bildung üben einen enormen Einfluss aus. Durch Erziehung und Bildung wird der Unwissende gelehrt, der Feige mutig, der krumme Ast wird gerade, die scharfe und bittere Frucht der Berge und Wälder wird köstlich und süß, und eine Blume mit fünf Blütenblättern bringt hundert Blütenblätter hervor. Durch Erziehung werden barbarische Völker zivilisiert und selbst Tiere nehmen menschenähnliche Verhaltensweisen an. Der Erziehung und Bildung muss die größte Bedeutung beigemessen werden; denn so wie Krankheiten in der körperlichen Welt leicht übertragbar sind, so sind auch Charakterzüge im Bereich von Herz und Geist leicht übertragbar. Die Unterschiede, die durch Erziehung und Bildung geschaffen werden, sind gewaltig und haben einen überragenden Einfluss.
Nun mag jemand sagen, solange Fähigkeiten und Begabungen von Menschen unterschiedlich sind, wie kann man den Bösen einen Vorwurf machen, da der Unterschied doch auf ihren Fähigkeiten beruht.A145 Aber das ist nicht der Fall, denn Fähigkeiten sind von zweierlei Art: angeboren und erworben. Die angeborenen Fähigkeiten, die Gott erschaffen hat, sind ganz und gar gut – in der angeborenen Natur gibt es nichts Böses. Die erworbenen Fähigkeiten können jedoch zur Ursache des Bösen werden. Zum Beispiel hat Gott alle Menschen in einer solchen Weise mit solchen Fähigkeiten und Veranlagungen erschaffen, dass ihnen Zucker und Honig guttun, sie aber durch Gift geschädigt oder getötet werden. Dies ist eine angeborene Fähigkeit und Veranlagung, die Gott allen Menschen gleichermaßen verliehen hat. Aber der Mensch kann anfangen nach und nach Gift zu sich zu nehmen, indem er jeden Tag eine kleine Menge einnimmt und sie allmählich steigert, bis er so weit kommt, dass er ohne den täglichen Konsum von mehreren Gramm Opium zugrunde gehen würde und seine angeborenen Fähigkeiten vollständig untergraben sind. Schau, wie angeborene Fähigkeiten und Veranlagungen durch eine veränderte Gewohnheit und Erziehung so vollständig umgewandelt werden können, dass sie ins Gegenteil verkehrt werden. Es ist nicht ihre angeborene Fähigkeit und Veranlagung, die man den Frevlern vorwirft, sondern das, was sie selbst aus sich gemacht haben.
In der Natur der Dinge liegt nichts Böses – alles ist gut. Dies gilt auch für bestimmte tadelnswerte Eigenschaften und Anlagen, die manchen Menschen innezuwohnen scheinen, die aber in Wirklichkeit nicht verwerflich sind. Zum Beispiel kannst du bei einem Säugling vom Beginn seines Lebens an Zeichen von Gier, Zorn und Wut sehen; und so könnte man argumentieren, dass Gut und Böse in der Wirklichkeit des Menschen angeboren sind, und dass dies im Widerspruch zur reinen Güte der Schöpfung und der angeborenen Natur steht. Die Antwort ist, dass Gier, also das Verlangen nach immer mehr, eine lobenswerte Eigenschaft ist, vorausgesetzt, sie zeigt sich unter den richtigen Umständen. Sollte also eine Person Gier zeigen, wenn es um den Erwerb von Wissenschaften und Erkenntnis geht, oder wenn sie Mitgefühl, Aufgeschlossenheit und Gerechtigkeit übt, wäre dies höchst lobenswert. Und sollte er seine Wut und seinen Zorn gegen blutrünstige Tyrannen richten, die wilden Tiere gleichen, wäre auch das höchst lobenswert. Sollte er diese Eigenschaften aber unter anderen Bedingungen zeigen, wäre es tadelnswert.
Daraus folgt also, dass es im Dasein und in der Schöpfung nichts Böses gibt, dass es aber wohl zu tadeln ist, wenn die angeborenen Eigenschaften des Menschen in unrechtmäßiger Weise genutzt werden. Wenn also ein wohlhabender und großzügiger Mensch einem armen Mann Almosen zur Deckung seiner Bedürfnisse spendet, und wenn dieser dann die Summe in unangemessener Weise ausgibt, so ist dies tadelnswert. Das Gleiche gilt für alle angeborenen Eigenschaften des Menschen, die den Reichtum des menschlichen Lebens ausmachen: Wenn sie sich in unrechter Weise zeigen und eingesetzt werden, sind sie tadelnswert. Es ist also klar, dass die angeborene Natur uneingeschränkt gut ist.
Bedenke, dass der schlimmste Charakterzug, die abscheulichste Eigenschaft und die Grundlage allen Übels die Lüge ist und man sich im gesamten Dasein keine schlimmere oder verwerflichere Eigenschaft vorstellen kann. Sie macht jegliche menschliche Vollkommenheit zunichte und führt zu zahllosen Lastern. Es gibt keine schlechtere Eigenschaft als diese, und sie ist die Grundlage aller Verderbtheit. Trotz alledem sollte ein Arzt einen Patienten trösten und sagen: »Gott sei Dank, es geht dir besser und es gibt Hoffnung auf deine Genesung«, auch wenn diese Worte der Wahrheit widersprechen mögen, aber manchmal werden sie das Gemüt des Patienten beruhigen und zum Mittel werden, die Krankheit zu heilen. Und das ist nicht zu tadeln.
Diese Frage wurde nun eindeutig geklärt.

Kapitel 58

Ausmaß und Grenzen menschlichen Begreifens

Frage: Wie weit reicht das menschliche Begreifen und wo liegen seine Grenzen?
Antwort: Wisse, dass das Begriffsvermögen variiert. Seine niedrigste Stufe bilden die Sinnesfunktionen des Tierreichs, das heißt die natürlichen Empfindungen, die sich aus den Kräften der nach außen gerichteten Sinne ergeben. Dieses Begriffsvermögen haben Menschen und Tiere gemein, und tatsächlich übertreffen manche Tiere in dieser Hinsicht den Menschen. In der Menschenwelt variiert das Begriffsvermögen jedoch entsprechend dem unterschiedlichen Niveau, auf dem der Mensch sich befindet.
Den höchsten Grad an Begriffsvermögen in der Welt der Natur besitzt die vernunftbegabte Seele. Diese Kraft und dieses Begriffsvermögen haben alle Menschen gemein, ob sie nun achtlos oder aufmerksam sind, ob sie vom Weg abgekommen oder treu sind. In der Schöpfung Gottes umfasst die vernunftbegabte Seele des Menschen alle anderen erschaffenen Dinge und zeichnet sich ihnen gegenüber aus: Da sie edler und vornehmer ist, umfasst sie alle. Durch die Kraft der vernunftbegabten Seele kann der Mensch die Wirklichkeit der Dinge entdecken, ihre Merkmale begreifen und die Geheimnisse des Daseins durchdringen. Alle Wissenschaften, Wissensgebiete, Künste, Erfindungen, Einrichtungen, Unternehmungen und Entdeckungen entspringen dem Begriffsvermögen der vernunftbegabten Seele. Einst handelte es sich um undurchdringliche Geheimnisse, verborgene Mysterien und unbekannte Wirklichkeiten, doch die vernunftbegabte Seele entdeckte sie nach und nach und brachte sie aus dem Unsichtbaren in das Reich des Sichtbaren. Dies ist die höchste Kraft des Begreifens in der Welt der Natur; und die äußerste Grenze, zu der es sich aufzuschwingen vermag, ist das Erfassen der Wirklichkeiten, Zeichen und Eigenschaften des Bedingten.
Aber der umfassende göttliche Verstand, der die Natur transzendiert, ist die überströmende Gnade der präexistenten Macht. Er umfasst alle existierenden Wirklichkeiten und empfängt seinen Anteil am Licht und an den Geheimnissen Gottes. Er ist eine allwissende Kraft, keine Kraft des Erforschens oder der Sinneswahrnehmung. Die geistige Kraft in der Welt der Natur ist die Kraft des Forschens, und durch das Erforschen entdeckt sie die Wirklichkeit und die Eigenschaften der Dinge. Aber die über die Natur hinausgehende himmlische Verstandeskraft umfasst, kennt und begreift alle Dinge; sie ist sich der göttlichen Geheimnisse, Wahrheiten und inneren Bedeutungen bewusst und entdeckt die verborgenen Wahrheiten des Königreichs. Diese göttliche Verstandeskraft ist auf die heiligen Manifestationen und die Aufgangsorte des Prophetentums beschränkt. Ein Strahl dieses Lichts fällt auf die Spiegel der Herzen der Rechtschaffenen, damit sie durch die heiligen Manifestationen einen Anteil und Nutzen aus dieser Kraft empfangen.
Für die heiligen Manifestationen gibt es drei Seinsebenen: die Ebene des Körpers, die Ebene der vernunftbegabten Seele und die Ebene, auf der sich der göttliche Glanz vollkommen manifestiert. Ihre Körper nehmen Dinge nur im Rahmen der Fähigkeit der materiellen Welt wahr, und so kommt es, dass sie zu bestimmten Zeiten körperliche Schwäche zeigten. Zum Beispiel: »Ich schlief auf Meinem Lager, siehe, da wehte der Windhauch Meines Herrn, des Allbarmherzigen, über Mich, erweckte Mich aus Meinem Schlummer und befahl Mir, Meine Stimme zu erheben«A146; oder als Christus in Seinem dreißigsten Lebensjahr getauft wurde und auf Ihn der Heilige Geist herabkam, der sich zuvor nicht in Ihm offenbart hatte. All dies bezieht sich auf die körperliche Ebene der Manifestationen, aber ihre himmlische Ebene umfasst alle Dinge und Sie sind sich aller Geheimnisse bewusst, wissen um alle Zeichen und herrschen über alle Dinge. Und das gilt sowohl vor dem ersten Anzeichen Ihrer Sendung als auch danach in gleicher Weise. Deshalb sagte Christus: »Ich bin das Alpha und das Omega, der Erste und der Letzte«A147 – das heißt, es gab nie und wird niemals einen Wechsel oder Wandel in Mir geben.

Kapitel 59

Was der Mensch von Gott begreifen kann

Frage: In welchem Ausmaß kann die menschliche Wahrnehmung Gott begreifen?
Antwort: Dieses Thema benötigt Zeit und es bei Tisch zu erklären, wird schwierig sein. Dennoch soll es kurz erläutert werden.
Wisse, dass es zwei Arten von Wissen gibt: das Wissen um das Wesen von etwas und das Wissen um dessen Eigenschaften. Das Wesen von etwas lässt sich nur durch seine Eigenschaften erkennen; darüber hinaus ist sein Wesen unbekannt und unergründlich.
Da sogar unser Wissen um die erschaffenen und begrenzten Dinge nur ihre Eigenschaften und nicht ihr Wesen berührt, wie sollte es dann möglich sein, das Wesen der unumschränkten Wirklichkeit des Göttlichen zu begreifen? Denn das innerste Wesen von etwas kann niemals erkannt werden, nur seine Eigenschaften. Zum Beispiel ist die innere Wirklichkeit der Sonne unbekannt, aber sie wird durch ihre Eigenschaften – Hitze und Licht – verstanden. Das innere Wesen des Menschen ist unbekannt und unergründet, aber es wird durch seine Eigenschaften charakterisiert und erkannt. So wird alles durch seine Eigenschaften und nicht durch sein Wesen erkannt: Auch wenn der menschliche Verstand alles umfasst und alle äußeren Dinge begreift, so sind sie doch in ihrem Wesen unbekannt und können nur in ihren Eigenschaften erkannt werden. Wie kann dann der Herr, der immer war und immer sein wird, der über alles Begreifen und über jede Vorstellung geheiligt ist, in Seinem Wesen erkannt werden? Wenn also alles Erschaffene nur durch seine Eigenschaften und nicht durch sein Wesen erkannt werden kann, bleibt auch die Wirklichkeit des Göttlichen im Wesen unbekannt und wird nur hinsichtlich ihrer Eigenschaften erkannt.
Wie kann darüber hinaus eine Wirklichkeit, die erschaffen wurde, jene Wirklichkeit umfassen, die schon seit aller Ewigkeit existiert? Denn Begreifen ist das Ergebnis des Umfassens – Letzteres muss geschehen, damit Ersteres eintritt –, das göttliche Wesen hingegen ist allumfassend und kann niemals umfasst werden.
Überdies verhindern Stufenunterschiede in der Welt der Schöpfung die Erkenntnis. Weil zum Beispiel dieses Mineral zum Mineralreich gehört, kann es, soweit es auch emporsteigen mag, niemals die Wachstumskraft begreifen. Pflanzen und Bäume, wie weit sie sich auch entwickeln mögen, können sich weder die Sehkraft noch die übrigen Sinneskräfte vorstellen. Das Tier kann sich die Stufe des Menschen, das heißt seine Geisteskräfte, nicht vorstellen. So verhindern Stufenunterschiede die Erkenntnis: Die niedrigere Stufe kann die höhere nicht erfassen. Wie sollte dann eine erschaffene Wirklichkeit jene Wirklichkeit begreifen können, die seit aller Ewigkeit existiert?
Gott zu erkennen bedeutet daher, Seine Attribute, nicht aber Sein Wesen zu begreifen und zu erkennen. Und selbst diese Erkenntnis Seiner Attribute bleibt völlig unzulänglich und reicht nur so weit, wie es menschliche Möglichkeiten und Fähigkeiten zulassen. In der Philosophie geht es darum, die innere Wirklichkeit von Dingen soweit zu erfassen, wie es dem Menschen möglich ist. Für die erschaffene Wirklichkeit gibt es keinen anderen Weg, als die präexistenten Attribute innerhalb der Grenzen menschlicher Fassungskraft zu begreifen. Das unsichtbare Reich des Göttlichen ist geheiligt und erhaben über das Begreifen aller Wesen, und alles, was man sich vorstellen kann, entspricht nur dem menschlichen Verständnis. Die Kraft menschlichen Verstehens umfasst nicht die Wirklichkeit des göttlichen Wesens: Alles, was der Mensch je erreichen kann, ist die Attribute des Göttlichen zu erfassen, deren Licht sich in der Welt und in den Seelen glänzend manifestiert.
Bei genauer Betrachtung der Welt und der Seele des Menschen erscheinen die deutlichen Zeichen der Vollkommenheit des Göttlichen klar und offenbar, denn die Wirklichkeit aller Dinge zeugt von der Existenz einer allumfassenden Wirklichkeit. Die Wirklichkeit des Göttlichen gleicht der Sonne, die von ihren geheiligten Höhen auf alle Lande scheint und von deren Strahlen jedes Land und jede Seele einen Anteil erhält. Ohne dieses Licht und dieses Strahlen könnte nichts existieren. Alles Erschaffene kündet von diesem Licht, bekommt seinen Anteil an den Strahlen, aber die ganze Pracht der Vollkommenheit, der Gnadengaben und der Attribute des Göttlichen erstrahlt aus der Wirklichkeit des Vollkommenen Menschen, jener einzigartigen Person, die die allumfassende Manifestation Gottes ist. Denn alle anderen Wesen haben jeder für sich nur einen Teil jenes Lichtes empfangen, die allumfassende Manifestation Gottes hingegen ist der Spiegel, der vor diese Sonne gehalten wird und Letztere zeigt sich darin mit all ihrer Vollkommenheit, mit all ihren Eigenschaften, Zeichen und Wirkungen.
Die Erkenntnis der Wirklichkeit des Göttlichen ist in keiner Weise möglich, die Erkenntnis der Manifestationen Gottes hingegen ist die Erkenntnis Gottes, denn die Gnadengaben, der Strahlenglanz und die Eigenschaften Gottes sind in Ihnen offenbar. Wer also zur Erkenntnis der Manifestationen Gottes gelangt, gelangt zur Erkenntnis Gottes, und wer achtlos bleibt, beraubt sich dieser Erkenntnis. Somit steht fest, dass die Heiligen Manifestationen himmlische Gaben, Zeichen und jegliche Vollkommenheit in sich vereinigen. Gesegnet sind, die das Licht göttlicher Gnadengaben von diesen leuchtenden Sonnenaufgängen empfangen!
Wir hegen die Hoffnung, dass die Geliebten Gottes wie eine magnetische Kraft diese Gaben direkt aus ihrer Quelle schöpfen und sich so strahlend erheben und einen solchen Einfluss üben, dass sie zu unübersehbaren Zeichen der Sonne der Wahrheit werden.

Kapitel 60

Die Unsterblichkeit des Geistes (1)

Nachdem die Existenz des menschlichen GeistesA148 feststeht, sollten wir nun seine Unsterblichkeit nachweisen.
In den himmlischen Büchern wird die Unsterblichkeit des Geistes erwähnt, die wahre Grundlage göttlicher Religionen. Denn es wird gesagt, dass es zwei Arten von Lohn und Strafe gebe – zum einen Lohn und Strafe im Dasein und zum anderen Lohn und Strafe in der nächsten Welt. Das Paradies und die Hölle des Daseins ist in allen Welten Gottes zu finden, ob in dieser Welt oder in den himmlischen Welten des Geistes, und den Lohn zu bekommen bedeutet das ewige Leben zu erlangen. Deshalb sagte Christus: Handelt so, dass ihr ewiges Leben erlangt, aus Wasser und Geist geboren werdet und so in das Königreich eintretet.A149
Den Lohn des Daseins bilden Tugenden und Vollkommenheit, die Zierde der menschlichen Wirklichkeit. Zum Beispiel war der Mensch in Dunkelheit gehüllt und wird erleuchtet; er war unwissend und erlangt Wissen; er war achtlos und wird achtsam; er schlief und ist erwacht; er war tot und ist zum Leben erweckt; er war blind und wird sehend; er war taub und wird hörend; er war irdisch und wird himmlisch; er war materialistisch und wird geistig. Durch diesen Lohn wird er im Geist wiedergeboren, wird neu erschaffen und er wird zur Manifestation des Verses im Evangelium, in dem es heißt, dass die Apostel »nicht aus Blut, aus Fleisch oder aus dem Willen des Menschen geboren wurden, sondern aus Gott«A150 – das bedeutet, sie wurden befreit von den tierischen Eigenschaften und Merkmalen, die der menschlichen Natur innewohnen, und erlangten himmlische Eigenschaften, die der Gnade Gottes entströmen. Dies ist die wahre Bedeutung der Wiedergeburt. Für solche Seelen gibt es keine größere Qual, als wie durch Schleier von Gott getrennt zu sein, und keine schmerzlichere Strafe als selbstsüchtige und böse Eigenschaften, niedrige Gesinnung und Verstrickung in fleischliche Begierden. Wenn diese Seelen durch das Licht des Glaubens aus der Dunkelheit dieser Laster befreit werden, wenn sie durch die Strahlen der Sonne der Wahrheit erleuchtet und mit jeder menschlichen Tugend begabt sind, betrachten sie dies als höchsten Lohn und als das wahre Paradies. In gleicher Weise betrachten sie es als geistige Strafe, das heißt existenzielle Qual und Pein, sollten sie der Welt der Natur unterworfen sein; wie durch Schleier von Gott getrennt; unwissend und unachtsam; ungezügelten Begierden verhaftet; ganz in tierischen Lastern aufgehend; von bösen Eigenschaften wie Tyrannei und Ungerechtigkeit gekennzeichnet; weltlichen Dingen verhaftet und in satanische Vorstellungen eingetaucht – all dies schätzen sie als die größte aller Qualen und Strafen ein.
Der höchste Lohn, das ewige Leben, ist in allen heiligen Schriften ausdrücklich verzeichnet. Er ist himmlische Vollkommenheit, ewige Gnade und immerwährende Freude. Der höchste Lohn sind die Gaben und die Vollkommenheit, die der Mensch in den geistigen Welten erlangt, nachdem er diese Welt verlassen hat. Der Lohn im Diesseits indessen sind jene wahren und strahlenden vollkommenen Eigenschaften, die noch zu Lebzeiten erlangt werden und die Ursache ewigen Lebens sind. Denn der Lohn im Diesseits bestehen im Fortschritt des Daseins selbst – vergleichbar mit dem Fortschritt des Menschen von der Stufe des Embryos zur Reife, wenn er zur Verkörperung des Verses wird: »Gepriesen sei der Herr, der vortrefflichste aller Schöpfer!«A151 Der höchste Lohn sind geistige Gnaden und Gunstbezeigungen, wie die vielfältigen Gaben für die Seele nach ihrem Aufstieg ins Königreich Gottes, die Erfüllung der Herzenssehnsucht und die Wiedervereinigung mit Ihm im ewigen Reich. In gleicher Weise besteht Vergeltung und Strafe in der nächsten Welt darin, der besonderen Gunstbezeigungen und unerschöpflichen Gaben Gottes beraubt zu sein und auf die niedrigsten Stufen des Daseins herabzusinken. Und wer dieser Gnadengaben beraubt ist, gilt in den Augen des Volkes der Wahrheit als tot, auch wenn er nach dem Tode weiter existiert.
Ein Vernunftbeweis für die Unsterblichkeit des Geistes ist, dass etwas nicht Existentes keine Wirkung hervorbringen kann; das heißt es ist unmöglich, dass aus dem absoluten Nichts irgendeine Wirkung hervorgeht. Denn die Wirkung einer Sache ist seiner Existenz untergeordnet; und das Untergeordnete hängt von der Existenz des Übergeordneten ab. So können von einer nicht existenten Sonne keine Strahlen ausgehen; auf einem nicht existenten Meer können keine Wellen wogen; aus einer nicht existenten Wolke kann kein Regen fallen; ein nicht existenter Baum kann keine Frucht tragen; ein nicht existenter Mensch kann nichts hervorbringen. Solange also die Wirkungen der Existenz sichtbar sind, beweisen sie, dass der Urheber dieser Wirkung existiert.
Sieh, wie die Herrschaft Christi bis zum heutigen Tage besteht. Wie kann eine so bedeutende Herrschaft von einem nicht existenten Herrscher herrühren? Wie können sich hohe Wogen aus einem nicht existenten Meer erheben? Wie können solch himmlische Brisen aus einem nicht existenten Garten herüberwehen? Bedenke: Zerfällt etwas in seine Bestandteile und löst sich die Zusammensetzung seiner Elemente auf – seien es Mineralien, Pflanzen oder Tiere –, so verschwindet jede Wirkung, jeder Einfluss und jede Spur davon. Das ist jedoch ganz anders mit dem menschlichen Geist und der menschlichen Wirklichkeit, die weiterhin ihre Zeichen offenbaren, Einfluss üben und Wirkung zeigen – auch nach der Auflösung und Zersetzung der verschiedenen Teile und Glieder des Körpers.
Diese Frage ist sehr tiefgründig: Denke sorgfältig darüber nach. Dies ist ein rationaler Beweis, wir bringen ihn vor, damit rational denkende Menschen ihn auf der Waage der Vernunft und Unparteilichkeit prüfen können. Wenn aber der Geist des Menschen von Freude erfüllt und zum Königreich hingezogen ist, wenn sich das innere Auge öffnet, das geistige Ohr sich einstimmt und wenn geistige Empfindungen vorherrschen, dann wird die Unsterblichkeit des Geistes so deutlich erkennbar sein wie die Sonne und die himmlischen Botschaften und Andeutungen werden diesen Geist erfüllen.
Morgen werden wir weitere Beweise anführen.

Kapitel 61

Die Unsterblichkeit des Geistes (2)

Gestern haben wir über die Unsterblichkeit des Geistes gesprochen. Wisse, dass es für den menschlichen Geist zwei Wege gibt, wahrzunehmen und Einfluss zu üben; das heißt, der menschliche Geist kann auf zweierlei Art wirken und verstehen. Eine Art nutzt die Mittel und Organe des Körpers. So sieht er mit dem Auge, hört mit dem Ohr und spricht mit der Zunge. Dies sind Wirkungen des Geistes und Vorgänge in der menschlichen Wirklichkeit, aber sie erfolgen durch körperliche Mittel. So ist es der Geist, der sieht, aber mit Hilfe des Auges; es ist der Geist, der hört, aber durch das Ohr; es ist der Geist, der spricht, aber mittels der Zunge.
Die andere Art, wie der Geist wirkt und Einfluss übt, erfolgt ohne diese körperlichen Mittel und Organe. Zum Beispiel sieht er im Schlaf ohne Augen, hört ohne Ohren, spricht ohne Zunge, läuft ohne Füße – kurz gesagt, alle diese Kräfte wirken ohne körperliche Mittel und Organe. Wie oft kommt es vor, dass der Geist in der Welt des Schlafes einen Traum hat, dessen Inhalt zwei Jahre später genau eintritt! Und wie oft kommt es vor, dass der Geist in der Traumwelt ein Problem löst, das er im wachen Zustand nicht lösen konnte. Im Wachzustand sieht das Auge nur über eine kurze Entfernung, aber in der Traumwelt kann jemand, der sich im Osten befindet, den Westen sehen. Im Wachzustand sieht er nur die Gegenwart; im Schlaf nimmt er die Zukunft wahr. Im Wachzustand reist er nicht schneller als 120 Kilometer pro Stunde; im Schlaf durchquert er in einem Augenblick den Osten und den Westen. Denn der Geist hat zwei Möglichkeiten zu reisen: ohne Hilfsmittel als geistige Reise und mit Hilfsmitteln als körperliche Reise – so wie wenn ein Vogel fliegt oder in einem Fahrzeug transportiert wird.
Im Schlaf ist dieser physische Körper gleichsam tot. Er sieht nicht, hört nicht, fühlt nicht und hat weder Bewusstsein noch Wahrnehmung – seine Kräfte sind aufgehoben. Aber der Geist ist nicht nur lebendig und beständig, sondern er übt auch einen größeren Einfluss aus, erhebt sich in erhabenere Höhen und besitzt ein tieferes Verständnis. Anzunehmen, dass der Geist beim Tod des Körpers zugrunde ginge, ist wie die Vorstellung, dass ein in einem Käfig eingesperrter Vogel umkäme, wenn der Käfig zerbräche, obwohl der Vogel vom Zerbrechen des Käfigs nichts zu befürchten hat. Dieser Körper ist dem Käfig und der Geist dem Vogel vergleichbar. Wir beobachten, dass der Vogel ohne seinen Käfig frei durch die Welt des Schlafes fliegt. Sollte der Käfig zerbrochen werden, würde der Vogel nicht nur weiterleben, sondern seine Sinne würden geschärft, seine Wahrnehmung würde erweitert und seine Freude würde intensiver werden. In der Tat würde er einen qualvollen Ort verlassen um in ein herrliches Paradies einzutreten; denn für die dankbaren Vögel gibt es kein größeres Paradies als von ihrem Käfig befreit zu sein. Und so kommt es, dass die Märtyrer das Feld des Opfers frohlockend und in höchster Freude betreten.
Im Wachzustand sieht das Auge des Menschen höchstens bis zu einer Entfernung von einer Wegstunde, denn der Einfluss des Geistes reicht mit körperlichen Mitteln nur so weit; aber mit dem Auge des Verstandes und der Vorstellungskraft sieht er Amerika, versteht dieses Land, erfährt von seinem Zustand und ordnet die Dinge dementsprechend. Wäre der Geist mit dem Körper identisch, so könnte seine Sehkraft nicht weiter reichen. Somit liegt auf der Hand, dass der Geist vom Körper verschieden ist, dass der Vogel vom Käfig verschieden ist und dass Kraft und Einfluss des Geistes ohne die Vermittlung des Körpers ausgeprägter sind. Wenn nun das Mittel nicht mehr gebraucht wird, bleibt sein Anwender weiter bestehen. Wenn der Stift beispielsweise nicht benutzt wird oder zerbrochen ist, bleibt der Schriftsteller dennoch gesund und lebendig; und wenn ein Haus zerstört wird, lebt sein Besitzer weiter. Dies ist einer der Vernunftbeweise für die Unsterblichkeit der Seele.
Ein weiterer Beweis ist folgender: Der Körper des Menschen kann schwach oder stark, krank oder gesund, müde oder ausgeruht sein; er kann eine Hand oder ein Bein verlieren; seine körperlichen Kräfte können nachlassen; er kann blind, taub, stumm oder bewegungsunfähig werden – kurz gesagt, er kann schwer beeinträchtigt sein. Trotzdem behält der Geist seinen ursprünglichen Zustand und seine geistigen Wahrnehmungen bei und erleidet keine Beeinträchtigung oder Störung. Wenn der Körper jedoch von einer schweren Krankheit oder einem großen Unglück heimgesucht wird, ist er der Segnungen des Geistes beraubt, wie ein Spiegel, der zerbrochen oder mit Staub bedeckt das Licht der Sonne nicht mehr reflektieren und ihre Gaben nicht mehr offenbaren kann.
Wir haben bereits erklärt, dass der Geist des Menschen nicht im Körper enthalten ist, denn er ist befreit und geheiligt über Eintritt und Austritt, die zu den Kennzeichen des physischen Körpers gehören. Die Verbindung des Geistes mit dem Körper ist vielmehr wie die der Sonne mit dem Spiegel. Kurz gesagt, der menschliche Geist bleibt immer im selben Zustand. Er erkrankt weder an der Krankheit des Körpers, noch gesundet er durch seine Gesundheit; er wird nicht schwach und unfähig, elend oder niedergeschlagen, gemindert oder eingeschränkt – das bedeutet, er erleidet keinen Schaden und keine Krankheit aufgrund der Gebrechen des Körpers, selbst wenn der Körper verkümmert, wenn Hände, Füße und Zunge abgetrennt wären oder wenn das Seh- und Hörvermögen beeinträchtigt wäre. So ist klar und erwiesen, dass der Geist sich vom Körper unterscheidet und dass seine Unsterblichkeit nicht von der Unsterblichkeit des Körpers abhängt, sondern dass der Geist in der Welt des Körpers die Oberherrschaft hat und seine Kraft und sein Einfluss so deutlich sichtbar sind wie die Freigebigkeit der Sonne in einem Spiegel. Doch wenn der Spiegel mit Staub bedeckt oder zerbrochen ist, bleiben ihm die Sonnenstrahlen vorenthalten.

Kapitel 62

Die grenzenlose Vervollkommnung des Daseins und der Fortschritt der Seele in der nächsten Welt

Wisse, dass die Stufen des Daseins beschränkt sind auf die Stufe des Dienstes, des Prophetentums und des Göttlichen. Aber die Vollkommenheit Gottes und die Vervollkommnung der Schöpfung sind grenzenlos. Wenn du den Sachverhalt sorgfältig untersuchst wirst du feststellen, dass es für das Dasein selbst in seiner rein äußerlichen Form keine Grenze der Vervollkommnung gibt; denn es ist unmöglich etwas Erschaffenes zu finden, das man sich nicht noch vollkommener vorstellen könnte. So wird man im Mineralreich keinen Rubin, im Pflanzenreich keine Rose und im Tierreich keine Nachtigall finden, von denen man sich nicht noch bessere Exemplare vorstellen könnte.
Ebenso wie die Gnade Gottes grenzenlos ist, sind auch die Möglichkeiten zur Vervollkommnung des Menschen grenzenlos. Wenn es möglich wäre, dass irgendetwas in seiner Wirklichkeit den Gipfel der Vollkommenheit erreichte, dann würde es von Gott unabhängig werden und die Wirklichkeit des bedingten Seins würde die Stufe der Wirklichkeit des notwendigen Seins erreichen. Aber jedem erschaffenen Ding wurde eine Stufe zugewiesen, die es nicht überschreiten kann. Wer also die Stufe des Dienens einnimmt, kann niemals die Stufe der göttlichen Herrschaft erreichen, wie weit er auch fortschreiten und welche unendliche Vollkommenheit er auch erwerben mag. Dasselbe gilt für alle anderen erschaffenen Dinge. Wie weit ein Mineral auch fortschreiten mag, kann es im Mineralreich doch niemals die Kraft des Wachstums erlangen. Wie weit diese Blume auch fortschreiten mag, kann sich im Pflanzenreich an ihr doch niemals die Kraft der Sinne zeigen. So kann dieses Stück Silber niemals Seh- oder Hörvermögen erlangen; es kann höchstens auf seiner eigenen Stufe fortschreiten und ein vollkommenes Mineral werden, aber es kann weder Wachstums- noch Sinneskraft erlangen und niemals lebendig werden: es kann nur auf seiner eigenen Stufe fortschreiten.
Zum Beispiel kann Petrus nicht Christus werden. Er kann allenfalls auf der Stufe der Dienstbarkeit unendliche Vollkommenheit erreichen, denn jede existierende Wirklichkeit ist zum Fortschritt fähig. Da der Geist des Menschen ewig weiterlebt, nachdem er diese ursprüngliche Hülle abgelegt hat, ist er wie alles Erschaffene zweifellos in der Lage, Fortschritte zu machen. Und deshalb kann man für den Fortschritt einer dahingeschiedenen Seele beten, dass ihr vergeben werde und sie die Gunst, die Gaben und die Gnade Gottes empfangen möge. Deshalb wird in den Gebeten Bahá’u’lláhs die Vergebung und Verzeihung Gottes für jene erfleht, die in die nächste Welt aufgestiegen sind. Mehr noch, so wie die Menschen Gott in dieser Welt brauchen, brauchen sie Ihn auch in der nächsten Welt. Die Geschöpfe sind immer bedürftig und Gott ist immer unabhängig von ihnen, ob in dieser oder in der künftigen Welt.
Der Reichtum in der nächsten Welt besteht in der Nähe zu Gott. Es ist daher gewiss, dass diejenigen, die der göttlichen Schwelle nahe sind, Fürbitte einlegen dürfen, und dass diese Fürbitte von Gott angenommen wird. Die Fürbitte in der nächsten Welt hat jedoch keine Ähnlichkeit mit der Fürbitte in dieser Welt. Es ist ein völlig anderer Zustand und eine andere Wirklichkeit, die sich nicht in Worte fassen lassen.
Sollte sich ein reicher Mann dazu entschließen, einen Teil seines Vermögens nach seinem Tod an die Armen und Bedürftigen zu vererben, wird diese Tat vielleicht göttliche Vergebung und Verzeihung bewirken und zu seinem Fortschritt im Königreich des Allbarmherzigen führen.
In gleicher Weise ertragen Eltern für ihre Kinder größte Mühen und Schwierigkeiten, und oft gehen die Eltern in die jenseitige Welt ein, wenn die Kinder herangewachsen sind. Nur selten erfreuen sich Mutter und Vater in dieser Welt des Lohns für all die Mühen und Schwierigkeiten, die sie für ihre Kinder auf sich genommen haben. Die Kinder müssen daher als Dank für diese Mühen und Schwierigkeiten Spenden für wohltätige Zwecke leisten und gute Werke in ihrem Namen vollbringen und um Verzeihung und Vergebung für ihre Seelen bitten. Du solltest daher als Dank für die Liebe und Güte Deines Vaters in seinem Namen freigebig zu den Armen sein und mit äußerster Demut und aus tiefster Seele um Gottes Verzeihung und Vergebung und um Seine unendliche Barmherzigkeit beten.A152
Es ist sogar möglich, dass diejenigen, die in Sünde und Unglauben gestorben sind, verwandelt werden, das heißt, zum Gegenstand göttlicher Vergebung werden. Das geschieht durch die Gnade Gottes und nicht durch Seine Gerechtigkeit, denn es ist Gnade, jemanden zu beschenken, der es nicht verdient hat, und es ist Gerechtigkeit, nach Verdienst zu geben. So wie wir hier die Kraft haben, für diese Seelen zu beten, werden wir auch in der nächsten Welt, der Welt des Königreichs, die gleiche Kraft besitzen. Sind nicht alle Geschöpfe jener Welt von Gott erschaffen? Daher müssen sie auch in jener Welt Fortschritte machen können. Und so wie sie hier durch ernsthaftes Flehen Erleuchtung suchen können, können sie auch dort um Vergebung bitten und durch demütiges Gebet nach Erleuchtung suchen. So wie die Seelen in dieser Welt durch ihr eigenes Bitten und Flehen und durch die Gebete heiliger Seelen voranschreiten können, so können sie auch nach dem Tod durch ihre eigenen Gebete und inständiges Flehen voranschreiten, insbesondere wenn sie Gegenstand der Fürbitte der heiligen Manifestationen werden.

Kapitel 63

Der Fortschritt aller Dinge auf ihrer eigenen Stufe

Wisse, dass nichts, was existiert, in einem Zustand der Ruhe verharrt – das heißt, alle Dinge bleiben in Bewegung. Sie wachsen oder verfallen, kommen entweder vom Nichtsein ins Dasein oder gehen vom Dasein ins Nichtsein. So ist diese Blume, diese Hyazinthe, für eine gewisse Zeit vom Nichtsein ins Dasein getreten und geht jetzt wieder vom Dasein ins Nichtsein. Dies nennt man notwendige oder naturgegebene Bewegung, die nicht von den erschaffenen Dingen getrennt werden kann, denn sie ist ein unverzichtbares Wesensmerkmal, genau wie es ein unverzichtbares Wesensmerkmal des Feuers ist zu brennen.
Daher ist erwiesen, dass Bewegung, sei es als Fortschritt oder Rückschritt, für das Dasein unerlässlich ist. Da nun der menschliche Geist nach dem Tod weiterlebt, muss er entweder Fortschritte oder Rückschritte machen, und in der nächsten Welt ist das Fehlen von Fortschritt dasselbe wie Rückschritt. Aber der menschliche Geist verlässt niemals seine eigene Stufe: Er schreitet nur auf seiner Stufe voran. Zum Beispiel werden der Geist und die Wirklichkeit Petri, soweit sie auch voranschreiten mögen, niemals die Stufe der Wirklichkeit Christi erreichen, sondern werden nur innerhalb ihrer eigenen Grenzen voranschreiten.
So siehst du, dass dieses Mineral, wie sehr es sich auch fortentwickeln mag, nur auf seiner eigenen Stufe fortschreitet; du kannst zum Beispiel das Kristall unmöglich in einen Zustand bringen, in dem es Sehkraft erlangt. Oder der Mond: Wie auch immer er sich entwickeln mag, kann er doch niemals zur strahlenden Sonne werden, seine Erdferne und seine Erdnähe werden immer innerhalb der Grenzen seiner eigenen Stufe bleiben. Und wie weit die Apostel fortgeschritten sein mögen, sie können doch nie Christus werden. Es ist wahr, dass Kohle zu einem Diamant werden kann, aber beide stehen auf der Stufe des Minerals und ihre Bestandteile sind gleich.

Kapitel 64

Stufe und Fortschritt des Menschen nach dem Tod

Wenn wir alle Dinge mit einem wachen Auge untersuchen, stellen wir fest, dass sie insgesamt nur drei Kategorien zuzuordnen sind: dem Mineralischen, dem Pflanzlichen, dem Tierischen. So gibt es drei Kategorien von Geschöpfen und jede hat ihre eigenen Spezies. Der Mensch ist die vornehmste Spezies, da er die Vollkommenheit jeder der drei Kategorien in sich vereint – das heißt, er besitzt einen materiellen Körper, die Wachstumskraft und die Sinneskraft. Über die Vollkommenheit des Mineralischen, Pflanzlichen und Tierischen hinaus besitzt er jedoch noch eine besondere Vollkommenheit, die anderen erschaffenen Dingen fehlt, nämlich die Vollkommenheit des Verstandes. Somit ist der Mensch das Edelste von allen Lebewesen.
Der Mensch bekleidet den höchsten Rang des Stofflichen und steht am Anfang der Geistigkeit; das heißt, er befindet sich am Ende der Unvollkommenheit und am Anfang der Vollkommenheit. Er befindet sich am Ende der Finsternis und am Anfang des Lichts. Deshalb wird über die Stufe des Menschen gesagt, sie sei das Ende der Nacht und der Anbruch des Tages, was bedeutet, dass er jegliche Unvollkommenheit umfasst und potenziell jede Vollkommenheit besitzt. Er hat sowohl eine tierische als auch eine engelhafte Seite, und die Rolle des Erziehers besteht darin, die menschlichen Seelen so auszubilden, dass die engelhafte Seite die tierische überwinden kann. Wenn also die göttlichen Kräfte, die mit Vollkommenheit identisch sind, die satanischen Kräfte im Menschen, die völliger Unvollkommenheit entsprechen, überwinden, wird er das edelste aller Geschöpfe, im umgekehrten Fall wird er jedoch das schändlichste aller Wesen. Deshalb ist er das Ende der Unvollkommenheit und der Beginn der Vollkommenheit.
Man sieht bei keiner anderen Spezies in der Welt des Daseins solche Unterschiede, Gegensätze, Kontraste und Widersprüche wie beim Menschen. So ist es auch der Mensch, auf den das strahlende Licht des Göttlichen fiel, so wie es bei Christus geschah – sieh, wie herrlich und edel der Mensch ist! Zugleich betet er Steine, Bäume und Lehmklumpen an – sieh, wie erbärmlich er ist, dass der Gegenstand seiner Verehrung die niedrigste Daseinsstufe ist, das heißt leblose Steine, Erdklumpen, Berge, Wälder und Bäume! Was kann es für den Menschen Erbärmlicheres geben, als die niedrigste Daseinsstufe anzubeten?
Darüber hinaus ist Wissen eine menschliche Eigenschaft, aber auch Unwissenheit; Wahrhaftigkeit ist eine menschliche Eigenschaft, aber auch Lüge; und das Gleiche gilt für Vertrauenswürdigkeit und Verrat, Gerechtigkeit und Tyrannei und so weiter. Kurz gesagt, jede Vollkommenheit und Tugend ist wie jedes Laster eine Eigenschaft des Menschen. Man muss auch die Unterschiede berücksichtigen, die zwischen den Menschen bestehen. Christus hatte die Gestalt eines Menschen ebenso wie Kephas. Mose war ein Mensch und ebenso der Pharao; Abel war ein Mensch und Kain ebenso; Bahá’u’lláh war ein Mensch und YaḥyáA153 ebenso. Deshalb gilt der Mensch als das größte Zeichen Gottes – das heißt, er ist das Buch der Schöpfung – denn alle Geheimnisse des Universums sind in ihm zu finden. Sollte er in die Obhut des wahren Erziehers gelangen und richtig ausgebildet werden, wird er zum Edelstein aller Edelsteine, zum Licht allen Lichtes, zum Inbegriff des Geistes. Er wird zum Mittelpunkt göttlichen Segens, zur Quelle geistiger Attribute, zum Dämmerungsort himmlischen Lichtes und zum Empfänger göttlicher Inspiration. Sollte ihm diese Ausbildung jedoch vorenthalten bleiben, wird er zur Verkörperung satanischer Attribute, zum Inbegriff tierischer Laster und zur Quelle all dessen, was bedrückend und finster ist.
Dies ist die Weisheit des Auftretens der Propheten: Die Menschheit zu erziehen, auf dass der Klumpen Kohle zu einem Diamanten werde und der unfruchtbare Baum veredelt werde und Früchte von größter Süße und Zartheit hervorbringe. Und nachdem die edelste Stufe der Menschenwelt erreicht wurde, kann ein weiterer Fortschritt nur im Grad der Vollkommenheit erzielt werden, aber nicht in der Stufe, denn die Stufen sind endlich, aber für die göttliche Vollkommenheit gibt es keine Grenze.
Sowohl vor als auch nach dem Ablegen dieser stofflichen Hülle schreitet die menschliche Seele in ihrer Vollkommenheit voran, jedoch nicht in der Stufe. Alles Erschaffene entwickelt sich bis zu seinem Gipfel, dem vollendeten Menschen, und es gibt kein höheres Geschöpf als ihn. Der Mensch kann, nachdem er die menschliche Stufe erreicht hat, nur in der Vollkommenheit voranschreiten, aber nicht in der Stufe, denn es gibt keine höhere Stufe, zu der er gelangen kann, als die eines vollendeten Menschen. Er kann sich nur auf der menschlichen Stufe weiterentwickeln, da die Vervollkommnung des Menschen unendlich ist. So gelehrt ein Mensch auch sein mag, es ist immer möglich, sich einen noch gelehrteren vorzustellen.
Weil es nun für die Vollkommenheit des Menschen keine Grenze gibt, kann er auch nach seinem Aufstieg aus dieser Welt Fortschritte in seiner Vervollkommnung machen.

Kapitel 65

Glaube und Taten

Frage: Im Kitáb-i-Aqdas heißt es: »… wer dessen beraubt ist, geht in die Irre, hätte er auch alle gerechten Werke vollbracht.«A154 Was bedeutet dieser Vers?
Antwort: Die Bedeutung dieses gesegneten Verses ist, dass es die Grundlage von Erfolg und Erlösung ist, Gott anzuerkennen, und dass gute Taten, die Frucht des Glaubens sind, aus dieser Anerkennung erwachsen.
Wenn diese Anerkennung nicht erfolgt, bleibt der Mensch wie durch Schleier von Gott getrennt, und wegen dieses Schleiers erreichen seine guten Werke nicht ihre volle und gewünschte Wirkung. Dieser Vers bedeutet nicht, dass die durch Schleier von Gott Getrennten alle gleich sind, ob sie nun Gutes oder Böses tun. Es bedeutet nur, dass Gott anzuerkennen, die Grundlage ist und gute Taten aus dieser Erkenntnis hervorgehen. Dennoch ist sicher, dass unter denen, die wie durch Schleier von Gott getrennt sind, ein Unterschied besteht zwischen dem, der gute Taten vollbringt, und dem Sünder und Übeltäter. Denn die wie durch Schleier von Gott getrennte Seele, die mit gutem Charakter und Verhalten ausgestattet ist, verdient die Vergebung Gottes. Dem wie durch Schleier von Gott getrennten Sünder, der schlechte Charakterzüge und Verhaltensweisen aufweist, bleiben jedoch die Wohltaten und Gaben Gottes versagt. Hierin liegt der Unterschied.
Dieser gesegnete Vers bedeutet daher, dass ohne Gott anzuerkennen, gute Taten allein nicht zu ewiger Erlösung, dauerhaftem Erfolg und Heil und zur Aufnahme in das Reich Gottes führen können.A155

Kapitel 66

Der Fortbestand der vernunftbegabten Seele nach dem körperlichen Tod

Frage: Wodurch wird die vernunftbegabte Seele weiterleben, nachdem sie den Körper abgelegt hat und der Geist emporgestiegen ist? Nehmen wir an, dass die Seelen, die durch die Gnadengaben des Heiligen Geist unterstützt werden, wahres Sein und ewiges Leben erlangen. Aber was wird aus den vernunftbegabten Seelen, die wie durch Schleier von Gott getrennt sind?
Antwort: Manche meinen, der Körper sei das Substanzielle und bestehe durch sich selbst, und der Geist sei unwesentlich und bestehe nur durch das Substanzielle des Körpers. Die Wahrheit ist jedoch, dass die vernunftbegabte Seele das Substanzielle ist, durch das der Körper besteht. Wenn das Nicht-Wesentliche – der Körper – zerstört wird, bleibt das Substanzielle – der Geist – übrig.
Zweitens besteht die vernunftbegabte Seele, mit anderen Worten der menschliche Geist, nicht dadurch, dass sie dem Körper innewohnt, das heißt, sie tritt nicht in ihn ein; denn Innewohnen und Eintreten sind Merkmale von Körpern. Die vernunftbegabte Seele ist darüber erhaben. Sie ist von Anfang an niemals in den Körper eingetreten, andernfalls wäre eine andere Wohnstatt für sie erforderlich, sobald sie den Körper wieder verlässt. Nein, die Verbindung des Geistes mit dem Körper ist so wie die Verbindung dieser Lampe mit einem Spiegel. Wenn der Spiegel rein und makellos ist, erscheint das Licht der Lampe darin, aber wenn der Spiegel zerbrochen oder mit Staub bedeckt ist, bleibt das Licht verborgen.
Die vernunftbegabte Seele – der menschliche Geist – ist von Anfang an nicht in diesen Körper herabgestiegen, noch besteht sie durch ihn, denn sonst wäre sie auch auf etwas Substanzielles angewiesen, nachdem sich die Bestandteile des Körpers aufgelöst haben. Im Gegenteil, die vernunftbegabte Seele ist das Substanzielle, auf das der Körper angewiesen ist. Die vernunftbegabte Seele besitzt von Anfang an ihre Individualität; sie erwirbt sie nicht mittels des Körpers. Was sich höchstens sagen lässt, ist, dass die Individualität und Identität der vernunftbegabten Seele in dieser Welt gestärkt werden kann, und dass die Seele entweder fortschreiten und sich vervollkommnen kann oder dass sie im tiefsten Abgrund der Unwissenheit verbleibt und wie durch Schleier von den Zeichen Gottes getrennt und ihrer Sicht beraubt bleibt.
Frage: Wodurch kann der Geist des Menschen – die vernunftbegabte Seele – Fortschritte machen, nachdem er von dieser sterblichen Welt gegangen ist?
Antwort: Nachdem der Geist vom Körper getrennt ist, macht der menschliche Geist in der göttlichen Welt entweder allein durch die Gunst und Gnade des Herrn Fortschritte, oder durch die Fürsprache und die Gebete anderer menschlicher Seelen oder durch großzügige Spenden und wohltätige Werke, die in seinem Namen dargebracht werden.
Frage: Was geschieht mit Kindern, die vor Erreichen des Reifealters sterben oder gar vor dem Geburtstermin?
Antwort: Diese Kinder weilen unter der Obhut der göttlichen Vorsehung, und da sie keine Sünde begangen haben und unbefleckt vom Schmutz der Welt der Natur sind, werden sie zu Offenbarungen der göttlichen Gnade und die Augen göttlicher Barmherzigkeit werden auf sie gerichtet sein.

Kapitel 67

Ewiges Leben und Eintritt in das Reich Gottes

Du hast nach dem ewigen Leben und dem Eintritt ins Königreich gefragt. Das Königreich wird äußerlich als ›Himmel‹ bezeichnet, aber dies ist nur ein Ausdruck und ein Vergleich, keine Tatsache oder Wirklichkeit. Denn das Königreich ist kein stofflicher Ort, sondern über Raum und Zeit geheiligt. Es ist ein geistiges Reich, eine göttliche Welt, und es ist der Sitz der Souveränität Gottes. Es ist über den Körper und alles Körperliche erhaben und es ist frei und geheiligt von den eitlen Vorstellungen der Menschen. An einen Ort gebunden zu sein, ist ein Merkmal des Körpers und nicht des Geistes: Raum und Zeit umfassen den Körper, nicht den Geist und die Seele.
Beachte, dass der Aufenthaltsort für den Körper des Menschen ein begrenzter Raum ist, nicht mehr als ein Fleckchen Erde. Aber der Geist und Verstand des Menschen durchquert alle Länder und Regionen und sogar die grenzenlose Weite des Himmels; er umfasst alles Dasein und macht Entdeckungen in den Sphären droben und in den unendlichen Weiten des Universums. Dies liegt daran, dass der Geist an keinen Ort gebunden ist: Er ist eine Wirklichkeit ohne Ort, und für den Geist sind Erde und Himmel gleich, da er in beiden Entdeckungen macht. Aber der Körper ist beschränkt auf den Raum und weiß nicht um das, was darüber hinausgeht.
Es gibt also zwei Arten von Leben, das des Körpers und das des Geistes. Das Leben des Körpers ist das stoffliche Leben, aber das Leben des Geistes ist eine himmlische Existenz, die darin besteht, die Gnade des göttlichen Geistes zu empfangen und durch den Odem des Heiligen Geistes belebt zu werden. Obwohl das stoffliche Leben ein Dasein hat, ist es in den Augen der heiligen und geistig gesinnten Seelen völlige Nichtexistenz und Tod. So existiert der Mensch ebenso wie dieser Stein, aber welch ein Unterschied besteht zwischen der Existenz des Menschen und der des Steins! Obwohl der Stein existiert, ist er im Vergleich zur Existenz des Menschen nicht existent.
Mit ›ewigem Leben‹ ist gemeint, die Gnade des Heiligen Geistes zu empfangen, so wie eine Blume an den Gaben und Brisen des Frühlings teilhat. Schau, wie diese Blume anfangs ein rein mineralisches Leben besaß, wie sie aber mit Beginn des Frühlings, dem Herabregnen der Frühlingsschauer und der Hitze der strahlenden Sonne ein anderes Leben fand und mit größter Frische, zart und duftend erschien. Im Vergleich zu diesem Leben war das vorherige Leben der Blume wie der Tod.
Damit soll gesagt sein, dass das Leben des Königreichs das Leben des Geistes ist, dass es ewig währt und über Zeit und Raum geheiligt ist, so wie der menschliche Geist, der an keinen Ort gebunden ist. Denn solltest du den menschlichen Körper gründlich untersuchen, so könntest du doch keinen bestimmten Platz oder Ort für den Geist finden. Der Geist ist an keinen Ort gebunden und er ist immateriell, aber er hat eine Verbindung mit dem Körper, so wie die Sonne eine Verbindung mit diesem Spiegel hat: Die Sonne nimmt keinen Platz im Spiegel ein, aber sie ist damit verbunden. Genauso ist auch die Welt des Königreichs über alles geheiligt, was vom Auge gesehen oder von den anderen Sinnen wie Hören, Riechen, Schmecken oder Fühlen wahrgenommen werden kann.
Wo kann man nun im Menschen diesen Verstand finden, der ihm innewohnt und dessen Existenz außer Zweifel steht? Würdest du den menschlichen Körper mit dem Auge, dem Ohr oder den anderen Sinnen untersuchen, könntest du den Verstand nicht finden, obwohl er eindeutig existiert. Der Verstand hat somit keinen festen Ort, obwohl er mit dem Gehirn verbunden ist. Das Gleiche gilt für das Königreich. Ebenso hat die Liebe keinen festen Ort, aber sie ist mit dem Herzen verbunden. Und genauso hat das Königreich keinen Ort, sondern ist mit der menschlichen Wirklichkeit verbunden.
Der Zugang zum Königreich erfolgt durch die Liebe Gottes, durch Loslösung, durch Läuterung und Heiligkeit, durch Wahrhaftigkeit und Reinheit, durch Standhaftigkeit und Treue und durch Selbstaufopferung.
Aus diesen Erklärungen geht klar hervor, dass der Mensch unsterblich ist und ewig lebt. Wer an Gott glaubt, Ihn liebt und Gewissheit erlangt hat, erfreut sich an diesem gesegneten Leben, das wir das ewige Leben nennen; die aber, die wie durch Schleier von Gott getrennt sind, obwohl sie mit Leben ausgestattet sind, leben doch in Dunkelheit, und ihr Leben ist im Vergleich zu dem der Gläubigen Nichtsein.
So lebt sowohl das Auge als auch der Fingernagel, aber das Leben des Fingernagels im Vergleich zu dem des Auges kommt dem Nichtsein gleich. Der Stein und der Mensch existieren beide, aber verglichen mit dem Menschen hat der Stein keine Existenz und kein Dasein. Denn wenn der Mensch stirbt und sein Körper zerfällt und zugrunde geht, wird er wie der Stein, die Erde und das Mineral. Es ist daher klar, dass das Mineral, obwohl es existiert, verglichen mit dem Menschen nicht existiert.
Ebenso sind die Seelen, die vor Gott verhüllt sind, obwohl sie in dieser Welt und in der kommenden Welt existieren, verglichen mit dem geheiligten Dasein der Kinder des göttlichen Königreichs nicht existent und verloren.

Kapitel 68

Zweierlei Arten von Schicksal

Frage: Ist Schicksal, das in den Heiligen Büchern Erwähnung findet, etwas Unwiderrufliches? Wenn ja, welcher Nutzen liegt in dem Versuch, es abzuwenden?
Antwort: Es gibt zwei Arten von Schicksal: Eines ist unwiderruflich und das andere ist bedingt, oder wie man sagt in der Schwebe. Unwiderrufliches Schicksal ist nicht zu ändern oder abzuwenden, während bedingtes Schicksal eintreffen kann oder auch nicht. So ist das unwiderrufliche Schicksal dieser Lampe, dass ihr Öl verbrannt und verbraucht wird. Ihr endgültiges Verlöschen ist daher gewiss, und es ist unmöglich, diesen Ausgang zu ändern, denn dies ist ihr unwiderrufliches Schicksal. Ebenso wurde der Körper des Menschen mit einer Kraft versehen, deren Abbau und Erschöpfung unvermeidlich zum Zerfall des Körpers führt. Es ist so wie mit dem Öl in dieser Lampe: Sobald es verbrannt und verbraucht ist, wird die Lampe mit Sicherheit verlöschen.
Dem bedingten Schicksal wäre Folgendes vergleichbar: Obwohl noch Öl übrig ist, bläst ein starker Wind und löscht die Lampe aus. Dieses Schicksal ist bedingt. Es ist ratsam, dieses Schicksal abzuwenden, sich davor zu schützen und vorsichtig und umsichtig zu sein. Aber das unwiderrufliche Schicksal, das dem Verbrauch des Lampenöls gleicht, kann nicht geändert, abgewandelt oder verzögert werden. Es ist unausweichlich, die Lampe wird zweifellos verlöschen.

Kapitel 69

Der Einfluss der Sterne und wie alle Dinge miteinander verbunden sind

Frage: Haben die Sterne des Himmels einen geistigen Einfluss auf die menschliche Seele oder nicht?
Antwort: Bestimmte Himmelskörper üben einen physischen Einfluss auf die Erde und ihre Geschöpfe aus, was klar und offensichtlich ist und keiner Erklärung bedarf. Betrachte die Sonne, die Dank göttlicher Gnade die Erde und alle ihre Geschöpfe versorgt. Ohne das Licht und die Wärme der Sonne würden tatsächlich alle irdischen Dinge aufhören zu existieren.
Was geistige Einflüsse betrifft, mag es zwar seltsam erscheinen, dass die Sterne einen geistigen Einfluss auf die menschliche Welt ausüben sollen, aber würdest du tief über diese Angelegenheit nachdenken, wärest du davon nicht sehr überrascht. Damit will ich jedoch nicht behaupten, dass die Astrologen der Antike aus den Bewegungen der Sterne und Planeten die richtigen Schlussfolgerungen gezogen haben, denn das waren bloße Einbildungen, die ihren Ursprung bei den ägyptischen, assyrischen und chaldäischen Priestern hatten, oder vielmehr den törichten Annahmen der Hindus und dem Aberglauben der Griechen, der Römer und anderer Sternenanbeter entstammten. Ich will vielmehr sagen, dass dieses grenzenlose Universum wie der menschliche Körper ist, dessen Teile zusammenhängen und in höchster Vollkommenheit miteinander verbunden sind. Das heißt, so wie die Teile, Glieder und Organe des menschlichen Körpers miteinander verbunden sind und sich gegenseitig unterstützen, verstärken und beeinflussen, so sind auch die Teile und Glieder dieses endlosen Universums miteinander verbunden und beeinflussen sich gegenseitig geistig und stofflich. Zum Beispiel sieht das Auge etwas und es betrifft den gesamten Körper; das Ohr hört und alle Teile des Körpers werden angeregt. Daran besteht kein Zweifel, denn die Welt des Daseins gleicht einem lebendigen Menschen. Zu der Verbindung, die zwischen den verschiedenen Teilen des Universums besteht, gehören notwendigerweise gegenseitige Einflussnahme und Wechselwirkungen, sei es im Stofflichen oder im Geistigen.
Für diejenigen, die den geistigen Einfluss materieller Dinge bestreiten, erwähnen wir hier ein kleines Beispiel: Schöne Klänge, wundersame Töne und harmonische Melodien sind Vorkommnisse, die auf die Luft einwirken; denn Schall besteht aus Luftschwingungen, und diese Schwingungen regen das Trommelfell und die Nerven an und das führt zum Hören. Bedenke, wie die Luftschwingungen, die ein Vorkommnis unter vielen sind und für bedeutungslos gehalten werden, den Geist des Menschen anziehen, ihn mit außerordentlicher Freude erfüllen und zutiefst bewegen: Sie bringen ihn zum Lachen, zum Weinen und können sogar bewirken, dass er sich selbst einer Gefahr aussetzt. Beobachte nun, welche Verbindung zwischen dem Geist des Menschen und den Schwingungen der Luft besteht, die ihn in einen anderen Zustand versetzen und ihn so überwältigen können, dass er jegliche Geduld und Gelassenheit verliert. Überlege, wie seltsam das ist, denn nichts kommt aus dem Sänger hervor und tritt in den Hörer ein, und dennoch werden große geistige Wirkungen erzeugt. Diese enge Beziehung zwischen allen erschaffenen Dingen muss daher zwangsläufig zu geistigen Einflüssen und Wirkungen führen.
Es wurde bereits erwähnt, dass sich Körperteile und Organe im menschlichen Körper gegenseitig beeinflussen. Zum Beispiel sieht das Auge etwas und das Herz wird bewegt. Das Ohr hört und der Geist wird beeinflusst. Das Herz findet Frieden, die Gedanken erweitern sich und alle Glieder des Körpers erfahren einen Zustand des Wohlbefindens. Was für eine Verbindung und Beziehung ist das! Und wenn solche Beziehungen, solche geistigen Einflüsse und Wirkungen zwischen den verschiedenen Körperteilen des Menschen zu finden sind, der ja nur ein einzelnes Geschöpf unter vielen ist, dann müssen mit Sicherheit sowohl geistige als auch materielle Beziehungen zwischen der Gesamtheit der zahllosen Wesen bestehen. Und obwohl unsere gegenwärtigen Methoden und Wissenschaften diese Beziehungen innerhalb der Gesamtheit der Geschöpfe nicht nachweisen können, sind sie dennoch klar und unbestreitbar vorhanden.
Zusammengefasst sind alle Geschöpfe als Gesamtheit und als Einzelne, gemäß Gottes vollendeter Weisheit miteinander verbunden und beeinflussen sich gegenseitig. Wäre dies nicht der Fall, würde die allumfassende Organisation und die universelle Ordnung des Daseins in Unordnung geraten und gestört. Und da alle erschaffenen Dinge aufs Beste miteinander verbunden sind, sind sie wohl geordnet, gestaltet und vollendet.
Diese Frage verdient eine gründliche Untersuchung mit gebührender Aufmerksamkeit und sorgfältigem Nachdenken.

Kapitel 70

Der freie Wille und seine Grenzen

Ist der Mensch frei und uneingeschränkt in allem, was er tut, oder handelt er unter Zwang und ohne Wahlfreiheit?
Antwort: Dies ist eine der wichtigsten Fragen des Göttlichen und die Zusammenhänge sind äußerst verwirrend. So Gott will, werden wir diese Angelegenheit an einem anderen Tag zu Beginn unseres Mittagessens ausführlich erläutern. Jetzt werden wir nur kurz ein paar Worte dazu sagen.
Bestimmte Angelegenheiten unterliegen dem freien Willen des Menschen, wie zum Beispiel gerechtes, unparteiisches oder auch unrechtes, schädliches Handeln – mit anderen Worten, die Wahl zwischen guten und bösen Taten. Es ist ganz offensichtlich, dass der Wille des Menschen bei solchen Taten eine große Rolle spielt. Aber es gibt bestimmte Dinge, zu denen der Mensch gezwungen und genötigt ist, dazu gehören Schlaf, Tod, Krankheit, schwindende Kräfte, Unglück und materieller Verlust. Diese Dinge unterliegen nicht dem Willen des Menschen, und er ist nicht verantwortlich dafür, denn er ist gezwungen, sie zu erdulden. Aber er hat die freie Wahl zwischen guten und bösen Taten, und er führt sie aus eigenem Willen aus.
Wenn er möchte, kann er zum Beispiel seine Tage damit verbringen, Gott zu preisen, und wenn er es wünscht, kann er sich mit anderem als Ihm beschäftigen. Er kann die Kerze seines Herzens mit der Flamme der Liebe Gottes entzünden und ein Wohltäter der Welt werden, oder er kann ein Feind der ganzen Menschheit werden oder seine Vorlieben auf weltliche Dinge richten; er kann sich entscheiden gerecht oder ungerecht zu sein. Über all diese Taten und Handlungen hat er die Kontrolle, und daher ist er dafür verantwortlich.
Es stellt sich jedoch eine andere Frage: Der Mensch befindet sich in einem Zustand völliger Hilflosigkeit und absoluter Armut. Alle Kraft und Macht ist allein bei Gott, und Erhöhung wie Erniedrigung des Menschen hängen vom Willen und der Absicht des Höchsten ab. So heißt es im Neuen Testament, dass Gott wie ein Töpfer sei, der »ein Gefäß zu ehrenvollem und ein anderes zu nicht ehrenvollem Gebrauch«A156 schafft. Nun hat das nicht ehrenvolle Gefäß kein Recht, dem Töpfer Vorwürfe zu machen und zu sagen: »Warum hast du mich nicht zu einem kostbaren Becher gemacht, der von einer Hand zur nächsten gereicht wird?« Diese Worte bedeuten, dass die Seelen unterschiedliche Stufen einnehmen. Was die niedrigste Stufe des Daseins einnimmt, so wie das Mineral, hat kein Recht zu klagen und zu sagen: »O Gott, warum hast Du mir die Vollkommenheit der Pflanze verwehrt?« Ebenso hat die Pflanze kein Recht, sich darüber zu beschweren, dass ihr die Vollkommenheit des Tierreiches vorenthalten bleibt. Und in ähnlicher Weise steht es dem Tier nicht zu, das Fehlen menschlicher Vollkommenheit zu beklagen. Nein, auf ihrer eigenen Stufe sind all diese Dinge vollkommen und müssen die Vollkommenheit dieser Stufe anstreben. Wie zuvor gesagt, ist das von niedrigerem Rang weder berechtigt noch befähigt, die Stufe und Vollkommenheit eines höheren Ranges anzustreben, sondern muss innerhalb des eigenen Ranges voranschreiten.A157
Abgesehen davon sind selbst Ruhe oder Bewegung des Menschen von der Hilfe Gottes abhängig. Sollte er diesen Beistand nicht bekommen, kann er weder Gutes noch Böses tun. Aber wenn mit dem Beistand des allfreigebigen Herrn der Mensch ins Dasein tritt, ist er sowohl zum Guten als auch zum Bösen fähig. Und sollte dieser Beistand enden, wäre er völlig machtlos. Deshalb wird in den Heiligen Schriften von der Hilfe und dem Beistand Gottes gesprochen. Es ist wie bei einem Schiff, das sich durch Wind- oder Dampfkraft bewegt. Sollte diese Kraft unterbrochen werden, könnte sich das Schiff überhaupt nicht bewegen. Unabhängig davon, in welche Richtung das Ruder gedreht wird, treibt die Kraft des Dampfes das Schiff in diese Richtung voran. Wenn das Ruder nach Osten gedreht wird, bewegt sich das Schiff nach Osten, und wenn es nach Westen gerichtet ist, bewegt sich das Schiff nach Westen. Die Fortbewegung wird nicht durch das Schiff selbst bewirkt, sondern durch Wind oder Dampf.
Genauso werden alle Taten des Menschen durch die Kraft göttlichen Beistands gestützt, aber die Entscheidung für Gut oder Böse liegt allein bei ihm. Es ist, als würde der König jemanden zum Gouverneur einer Stadt ernennen, ihm die volle Autorität gewähren und ihm zeigen, was nach dem Gesetz gerecht und ungerecht ist. Sollte der Gouverneur nun ein Unrecht begehen, dann würde, auch wenn er durch die Macht und Autorität des Königs handelte, der König seine Ungerechtigkeit dennoch nicht gutheißen. Und sollte der Gouverneur gerecht handeln, würde dies ebenfalls durch die königliche Autorität geschehen, und der König wäre zufrieden und erfreut über seine Gerechtigkeit.
Das bedeutet, dass die Wahl von Gut und Böse beim Menschen liegt, dass er aber unter allen Umständen auf den lebenserhaltenden Beistand der göttlichen Vorsehung angewiesen ist. Die Souveränität Gottes ist fürwahr gewaltig, und alle befinden sich fest im Griff Seiner Macht. Der Diener kann nichts allein aus eigenem Willen tun: Gott ist allmächtig und verleiht der ganzen Schöpfung Seinen Beistand.
Diese Frage wurde nun eindeutig geklärt und erläutert.

Kapitel 71

Geistige Enthüllungen

Frage: Manche Menschen glauben, dass sie geistige Enthüllungen erleben, das heißt, dass sie mit Geistern kommunizieren. Wie kann das sein?
Antwort: Es gibt zwei Arten von geistigen Enthüllungen: Die eine Art, auf die sich manche Völker beziehen, ist reine Einbildung, während die andere Art echte geistige Visionen sind, wie zum Beispiel die Offenbarungen von Jesaja, von Jeremia und von Johannes.
Bedenke, dass die kontemplativen Kräfte des Menschen zwei Arten von Vorstellungen hervorbringen. Die eine Art besteht aus fundierten und zutreffenden Konzepten, die, verbunden mit Entschlossenheit, in der Welt realisiert werden, etwa in Form von geeigneten Maßnahmen, weisen Ansichten, wissenschaftlichen Entdeckungen und technologischen Neuerungen. Die andere Art besteht aus falschen Ideen und haltlosen Vorstellungen, die fruchtlos bleiben und jeder Grundlage entbehren. Sie branden auf wie die Wellen des Meeres der Täuschung und verblassen wie flüchtige Träume.
Ebenso gibt es zwei Arten von geistigen Enthüllungen. Zum einen gibt es die Visionen der Propheten und die geistigen Enthüllungen der Auserwählten Gottes. Die Visionen der Propheten sind keine Träume, sondern wahre geistige Enthüllungen. Wenn sie also sagen: »Ich habe jemanden in einer solchen Gestalt gesehen, und ich habe solche Worte gesprochen, und er hat eine solche Antwort gegeben«, ereignet sich diese Vision im Wachzustand und nicht in der Traumwelt. Es ist eine geistige Entdeckung, die in Form einer Vision Ausdruck findet.
Die andere Art der geistigen Enthüllung ist reine Einbildung, aber solche Einbildungen nehmen im Kopf eine so greifbare Form an, dass sie vielen leichtgläubigen Menschen real erscheinen. Der offensichtliche Beweis dafür ist, dass nie ein greifbarer Erfolg oder ein Ergebnis aus dieser vermeintlichen Geisterbeschwörung hervorgeht. Nein, das sind nichts als Fabeln und Fiktionen.
Du solltest also wissen, dass die menschliche Wirklichkeit die Wirklichkeit aller Dinge umfasst und deren wahre Natur, ihre Eigenschaften und ihre Geheimnisse entdeckt. Beispielsweise wurden alle Handwerkskünste, Erfindungen, Wissenschaften und Wissensgebiete von der menschlichen Wirklichkeit entdeckt. Einstmals waren sie alle verborgene Geheimnisse, aber die Wirklichkeit des Menschen entdeckte sie allmählich und brachte sie aus der unsichtbaren Welt ins Reich des Sichtbaren. Es ist daher offensichtlich, dass die Wirklichkeit des Menschen alle Dinge umfasst. So befindet er sich in Europa und entdeckt Amerika; er befindet sich auf der Erde und macht Entdeckungen im Kosmos. Er lüftet die Geheimnisse aller Dinge und erfasst die Wirklichkeit aller Wesen. Diese wahren Enthüllungen, die mit der Wirklichkeit übereinstimmen, ähneln Visionen – die in dem geistigen Verständnis, himmlischer Inspiration und engem geistigen Austausch von Menschen bestehen – und so wird der Empfänger sagen, dass er solches gesehen oder gesagt oder gehört hat.
Daher ist klar, dass der Geist auch ohne die Vermittlung der fünf Sinnesorgane, wie etwa Augen und Ohren, zu machtvollen Wahrnehmungen fähig ist. In Bezug auf geistiges Verständnis und innere Enthüllungen gibt es unter den geistig gesinnten Seelen eine Einheit, die jede Vorstellung und jeden Vergleich übertrifft, und einen Austausch, der Raum und Zeit transzendiert. Wenn zum Beispiel im Evangelium geschrieben steht, dass Mose und Elias auf dem Berg Tabor zu Christus kamen, ist klar, dass dies keine stoffliche Zusammenkunft war, sondern ein geistiger Zustand, der als physische Begegnung beschrieben wurde.
Die andere Art, Geister zu beschwören, mit ihnen zu sprechen und zu verkehren, ist leere Einbildung und bloße Illusion, auch wenn sie real erscheinen mag. Mit Verstand und Nachdenken entdeckt der Mensch zuweilen gewisse Wahrheiten, und dieses Nachdenken, dieses Entdecken führen zu konkreten Ergebnissen und sind von Nutzen. Solche Gedanken haben eine feste Grundlage. Aber viele Dinge fallen einem ein, die den Wellen des Meeres leerer Einbildung gleichen; sie tragen keine Früchte und bringen kein Ergebnis. Auch in der Welt des Schlafes mag man einen Traum haben, der genauso eintrifft, während man bei einer anderen Gelegenheit einen Traum haben wird, der absolut zu nichts führt.
Damit soll zum Ausdruck gebracht werden, dass das, was wir als Gespräch oder Kommunikation mit Geistern bezeichnen, von zweierlei Art ist: Die eine ist reine Einbildung, und die andere ist real und besteht aus den in der Bibel erwähnten Visionen, wie den Visionen von Jesaja und Johannes und der Begegnung von Christus mit Mose und Elia. Letztere üben eine wunderbare Wirkung auf Verstand und Denken aus und erzeugen eine starke Anziehung in den Herzen.

Kapitel 72

Heilung ohne Arzneimittel

Frage: Es gibt Menschen, die heilen Erkrankte auf geistige Weise – das heißt ohne Arzneimittel. Wie ist das möglich?
Antwort: Eine ausführliche Erklärung zu diesem Thema wurde bereits früher gegeben. Wenn dir nicht alles klar geworden sein sollte, will ich es hier für dich wiederholen. Wisse, dass es vier Arten der Behandlung und Heilung ohne Arzneimittel gibt. Zwei davon beruhen auf materiellen und die anderen beiden auf geistigen Ursachen.
Was die zwei materiellen Verfahren betrifft, ist eines der Tatsache geschuldet, dass sowohl Gesundheit als auch Krankheit ansteckend sind. Die Ansteckung mit Krankheit geschieht schnell und heftig, wohingegen die Ansteckung durch Gesundheit äußerst langsam und schwach ist. Wenn zwei Körper in Kontakt miteinander sind, kommt es ganz sicher dazu, dass Mikroorganismen von einem auf den anderen übertragen werden. So wie sich eine Krankheit schnell und heftig von einem Körper auf einen anderen überträgt, kann auch die robuste Gesundheit eines gesunden Menschen eine sehr leichte Unpässlichkeit eines Kranken bessern. Das bedeutet, dass die Übertragung einer Krankheit schnell und heftig geschieht, wohingegen sich Gesundheit sehr langsam und mit beschränkter Wirkung überträgt, und nur in Fällen geringfügiger Erkrankung ist diese bescheidene Wirkung spürbar. In solchen Fällen überwindet die Kraft des gesunden Körpers die leichte Schwäche des kranken Körpers und lässt ihn gesunden. Dies ist eine Art der Heilung.
Bei einer anderen geschieht die Heilung durch eine Art magnetischer Kraft des Körpers, bei der die magnetische Kraft des einen Körpers auf einen anderen Körper wirkt und zur Genesung führt. Auch diese Kraft hat nur eine geringfügige Wirkung. So kann jemand seine Hand auf den Kopf oder den Bauch eines Patienten legen und vielleicht wird es ihm nützen. Wieso? Weil die Wirkung des Magnetismus und der Eindruck auf die Psyche des Patienten die Krankheit vertreiben kann. Aber auch diese Wirkung ist ausgesprochen gering und schwach.
Die beiden anderen Arten sind geistiger Natur, also das Mittel zur Heilung ist eine geistige Kraft. Eine davon kommt zum Tragen, wenn ein gesunder Mensch seine ganze Aufmerksamkeit auf einen Kranken richtet und dieser seinerseits voller Zuversicht und vollkommen davon überzeugt ist, von der geistigen Kraft des Gesunden geheilt zu werden, so sehr, dass eine starke Verbindung zwischen ihren Herzen entsteht. Wenn der gesunde Mensch dann alle Anstrengungen unternimmt, um den Kranken zu heilen, und dieser völlig darauf vertraut, dass er gesund wird, kann durch diese von Seele zu Seele wirkenden Einflüsse eine Erregung in seinen Nerven erzeugt werden und schließlich zur Heilung führen. Wenn zum Beispiel ein Kranker plötzlich die frohe Botschaft erhält, dass sein sehnlichster Wunsch erfüllt wurde, kann die Begeisterung darüber seine Nerven so erregen, dass die Beschwerden vollkommen verschwinden. Auf gleiche Weise kann ein plötzlich eintretendes schreckliches Ereignis eine solche Erregung in den Nerven eines gesunden Menschen erzeugen, dass er sofort krank wird. Die Krankheit hat keine materielle Ursache, denn diese Person hat nichts zu sich genommen und ist mit nichts in Berührung gekommen: Allein die Erregung der Nerven hat die Krankheit verursacht. Ebenso kann die plötzliche Erfüllung eines zutiefst gehegten Wunsches solche Freude vermitteln, dass die Nerven erregt und die Gesundheit wiederhergestellt wird.
Kurz gesagt, eine vollständige und perfekte Verbindung zwischen dem geistig gesinnten Arzt und dem Patienten, das heißt eine, bei der der Arzt seine gesamte Aufmerksamkeit auf den Patienten richtet und bei der der Patient ebenfalls seine gesamte Aufmerksamkeit auf den geistig gesinnten Arzt richtet und davon ausgeht, dass Heilung eintritt, verursacht einen Nervenreiz, wodurch die Gesundheit wiederhergestellt wird. Dies ist jedoch nur bis zu einem gewissen Grad und nicht in allen Fällen wirksam. Sollte sich beispielsweise jemand eine schwere Krankheit oder Verletzung zuziehen, werden diese Mittel die Krankheit weder vertreiben noch die Verletzung lindern oder heilen – das heißt, diese Mittel haben keinen Einfluss auf schwere Krankheiten, es sei denn, sie werden durch die Konstitution des Patienten unterstützt, denn eine starke Konstitution wird eine Krankheit oft abwehren. Dies ist die dritte Art der Heilung.
Bei der vierten Art jedoch wird Heilung durch die Kraft des Heiligen Geistes bewirkt. Diese hängt weder vom Körperkontakt, noch vom Sehen und nicht einmal von der Anwesenheit ab: Sie hängt von keiner Bedingung ab. Ob die Krankheit leicht oder schwer ist, ob es einen Kontakt zwischen den Körpern gibt oder nicht, ob eine Verbindung zwischen Patient und Arzt hergestellt wird oder nicht, ob der Patient anwesend ist oder nicht, diese Heilung erfolgt durch die Kraft des Heiligen Geistes.

Kapitel 73

Heilung durch stoffliche Mittel

Wir haben in Verbindung mit der Frage nach Medizin und Heilung durch den Geist erwähnt, wie Krankheiten durch geistige Kräfte geheilt werden können.
Nun werden wir über Heilung durch stoffliche Mittel sprechen. Die Wissenschaft der Medizin steckt noch in den Kinderschuhen, sie hat ihre Reife noch nicht erlangt. Wenn sie aber diese Stufe erreicht, werden Behandlungen mit Mitteln durchgeführt, die nicht abstoßend riechen oder schmecken, das heißt durch Nahrungsmittel, Früchte und Pflanzen, die wohlschmeckend sind und angenehm duften. Denn dass eine Krankheit den menschlichen Körper befällt, liegt entweder an den Körpersäften oder wird durch Nervenreizung verursacht.
Was die Körpersäfte betrifft, die die Hauptursache für Krankheiten sind, so ist ihre Wirkung auf Folgendes zurückzuführen: Der menschliche Körper besteht aus zahlreichen Elementen, die einem bestimmten Gleichgewichtszustand entsprechen. Solange dieses Gleichgewicht erhalten bleibt, ist der Mensch vor Krankheit geschützt. Wird aber dieses grundlegende Gleichgewicht – die wichtigste Voraussetzung für eine gesunde Verfassung – gestört, so wird seine Konstitution so geschwächt, dass es zur Erkrankung kommt.
Wenn zum Beispiel ein Mangel in einem der Bestandteile des Körpers und ein Überfluss in einem anderen auftritt, ist das Gleichgewicht gestört und es kommt zur Erkrankung. So kann für das Gleichgewicht beispielsweise tausend Gramm einer Komponente und fünf Gramm einer anderen erforderlich sein. Wenn das Gewicht der Ersteren auf siebenhundert Gramm fällt und das der Letzteren sich so weit erhöht, dass der Zustand des Gleichgewichts gestört ist, dann wird Krankheit eintreten, und sollte das Gleichgewicht durch Medikamente und Behandlungen wiederhergestellt werden, wird die Krankheit überwunden. Wenn etwa der Zuckeranteil zu hoch wird, beeinträchtigt das die Gesundheit; und wenn der Arzt süße und stärkehaltige Lebensmittel verbietet, nimmt der Zuckeranteil ab, das Gleichgewicht wird wiederhergestellt und die Krankheit wird gebannt.
Nun kann das Gleichgewicht dieser körperlichen Komponenten durch zwei Mittel wiederhergestellt werden, entweder durch Medikamente oder durch Nahrungsmittel, und wenn die Konstitution wieder im Gleichgewicht ist, wird die Krankheit überwunden. Da alle Bestandteile des menschlichen Körpers auch in Pflanzen zu finden sind, würde, wenn eine dieser Komponenten einen Mangel erfährt und man sich dann an Lebensmittel hält, die reich an dieser Komponente sind, das Gleichgewicht wiederhergestellt und Heilung herbeigeführt. Solange es um das Gleichgewicht der Körperbestandteile geht, kann dies gleichermaßen durch Medikamente oder diverse Nahrungsmittel erfolgen.
Von den meisten Krankheiten, die den Menschen befallen, sind auch Tiere betroffen, aber das Tier behandelt sie nicht mit Medikamenten. Der Arzt des Tieres in den Bergen und der Wildnis ist sein Geschmacks- und Geruchssinn. Das kranke Tier riecht die Pflanzen, die in der Wildnis wachsen, frisst solche, die sein Geruch und Geschmack als süß und duftend empfinden, und wird geheilt. Der Grund dafür ist folgender: Wenn zum Beispiel die Zuckerkomponente in seinem Körper unzulänglich wird, sehnt es sich nach Süßem und frisst so süß schmeckende Pflanzen, denn die Natur drängt und leitet es dazu. Wenn das Tier also Dinge frisst, die seinem Geruch und Geschmack entsprechen, nimmt die Zuckerkomponente zu und es gewinnt seine Gesundheit zurück.
So wird klar, dass es möglich ist, Krankheiten durch Früchte und andere Nahrungsmittel zu heilen. Aber da die Wissenschaft der Medizin noch unvollkommen ist, hat man diese Tatsache noch nicht ganz verstanden. Wenn diese Wissenschaft zur Vollkommenheit gelangt, werden Behandlungen mit duftenden Früchten und Pflanzen sowie mit anderen Nahrungsmitteln und mit unterschiedlich temperiertem, heißem oder kaltem Wasser durchgeführt.
Dies ist nur eine kurze Erklärung. So Gott will, werden wir dies ein anderes Mal bei passender Gelegenheit ausführlicher erklären.

Teil 5 – Verschiedene Themen

Kapitel 74

Über Gut und Böse

Die wahren Zusammenhänge zu erklären ist sehr schwierig. Wisse, dass es zwei Arten von erschaffenen Dingen gibt: stoffliche und geistige, mit den Sinnen wahrnehmbare und intelligible. Das heißt, einige Dinge sind mit den Sinnen wahrnehmbar, während andere nur mit dem Verstand wahrgenommen werden können.
Den Sinnen zugängliche Wirklichkeiten sind solche, die von den fünf äußeren Sinnen wahrgenommen werden. So werden beispielsweise äußere Objekte, die das Auge sieht, als mit den Sinnen wahrnehmbar bezeichnet. Intelligible Wirklichkeiten sind solche, die kein äußeres Dasein haben, jedoch mit dem Verstand wahrgenommen werden. Der Verstand selbst ist zum Beispiel eine intelligible Wirklichkeit ohne äußere Existenz. Ebenso sind alle menschlichen Tugenden und Eigenschaften intelligibel und nicht greifbar. Das heißt, sie sind Wirklichkeiten, die mit dem Verstand und nicht mit den Sinnen wahrgenommen werden.
Kurz, geistig erfassbare Wirklichkeiten wie lobenswerte und vollkommene Eigenschaften des Menschen sind ausschließlich gut und existieren wirklich. Das Böse ist einfach deren Nichtvorhandensein. So ist Unwissenheit der Mangel an Wissen, Irrtum der Mangel an Führung, Vergesslichkeit der Mangel an Erinnerung, Torheit der Mangel an Verständnis. All dies für sich genommen ist nichtig und hat keine wirkliche Existenz.
Auch für die den Sinnen zugänglichen Wirklichkeiten gilt: Sie sind gänzlich gut, und schlecht ist lediglich ihr Nichtvorhandensein; das heißt, Blindheit ist der Mangel an Sehvermögen, Taubheit der Mangel an Hörvermögen, Armut der Mangel an Reichtum, Krankheit der Mangel an Gesundheit, Tod das Fehlen des Lebens und Schwäche der Mangel an Kraft.
Hier regt sich ein Zweifel: Skorpione und Schlangen sind giftig – ist das gut oder schlecht, da sie doch wirklich existieren? Ja, es ist wahr, dass Skorpione und Schlangen böse sind, aber nur im Verhältnis zu uns und nicht zu sich selbst, denn ihr Gift ist ihre Waffe und mit ihrem Stich verteidigen sie sich. Aber da die Zusammensetzung ihres Giftes sich nicht mit unserem Körper verträgt, da also die jeweiligen Bestandteile gegeneinander wirken, ist das Gift böse oder vielmehr sind die Bestandteile in ihrer Wechselwirkung böse, während sie in ihrer eigenen Wirklichkeit jeweils gut sind.
Zusammenfassend kann man sagen, dass etwas im Verhältnis zu etwas anderem böse sein kann, aber nicht böse innerhalb der Grenzen seines eigenen Seins. Daraus folgt, dass es das Böse nicht gibt: Was auch immer Gott erschaffen hat, hat Er gut erschaffen. Das Böse besteht lediglich im Nichtvorhandensein. Zum Beispiel ist der Tod die Abwesenheit von Leben: Wenn ein Mensch nicht länger durch seine Lebenskraft erhalten wird, dann stirbt er. Dunkelheit ist die Abwesenheit von Licht: Wenn es kein Licht mehr gibt, herrscht Dunkelheit. Licht ist etwas, was wirklich existiert, aber Dunkelheit existiert nicht wirklich; sie ist nur die Abwesenheit von Licht. Ebenso ist Reichtum etwas, was wirklich existiert, Armut jedoch ist lediglich dessen Abwesenheit.
Damit ist offensichtlich, dass alles Böse bloßes Nichtsein ist. Das Gute ist wirklich existent, Böses ist lediglich dessen Abwesenheit.

Kapitel 75

Zweierlei Arten von Qual

Wisse, dass es zweierlei Arten von Qual gibt, unterschwellige und spürbare Qual. Zum Beispiel ist Unwissenheit selbst schon eine Qual, aber sie ist eine unterschwellige Qual; Gleichgültigkeit gegenüber Gott ist eine Qual; Falschheit ist eine Qual; Ungerechtigkeit und Verrat sind Qualen. Tatsächlich sind alle menschlichen Unvollkommenheiten Qualen, aber es sind subtile Qualen. Eine Person, die mit Einsicht begabt ist, wird sich sicherlich lieber töten lassen, als zu sündigen, und sie lässt sich eher die Zunge herausschneiden, als zu verleumden und zu lügen.
Die andere Art der Qual ist körperlich spürbar und besteht aus physischen Strafen wie Inhaftierung, Prügel, Vertreibung und Verbannung. Die größte aller Qualen für das Volk Gottes ist aber, wie durch Schleier von Ihm getrennt zu sein.

Kapitel 76

Gerechtigkeit und Barmherzigkeit Gottes

Wisse, Gerechtigkeit bedeutet einem jeden zu geben, was ihm gebührt. Wenn zum Beispiel ein Arbeiter von morgens bis abends arbeitet, so fordert es die Gerechtigkeit, dass er seinen Lohn erhält, während Großmut bedeutet, ihn zu belohnen, auch wenn er keine Arbeit geleistet und keine Anstrengung unternommen hat. Wenn du einem Armen, der keine Anstrengung unternommen hat und nichts zu deinem Wohle beigetragen hat, ein unverdientes Almosen gibst, dann ist das Großmut. So bat Christus um Vergebung für die, die für seinen Tod verantwortlich waren: Das ist Großmut.
Darüber hinaus wird die Frage, ob Dinge vortrefflich oder schändlich sind, entweder durch die Vernunft oder durch religiöses Gesetz bestimmt. Für manche beruht sie auf dem religiösen Gesetz, so etwa bei den Juden, die glauben, dass alle Gebote der Thora verbindlich sind und es sich dabei um religiöses Gesetz handelt und nicht um eine Frage der Vernunft. So sagen sie, dass eines der Gebote der Thora ist, dass Fleisch und Butter nicht zusammen gegessen werden dürfen, denn das wäre ›trefah‹ (und ›trefah‹ bedeutet auf Hebräisch unrein, während ›koscher‹ rein bedeutet). Das, so sagen sie, sei eine Frage des religiösen Gesetzes und nicht der Vernunft.
Aber die geistig gesinnten Philosophen sind der Meinung, dass Vortrefflichkeit und Schändlichkeit sowohl von der Vernunft als auch vom religiösen Gesetz abhängen. Auf Vernunft beruht etwa das Verbot von Mord, Diebstahl, Verrat, Falschheit, Heuchelei und Ungerechtigkeit: Jeder vernünftige Mensch kann begreifen, dass diese Dinge alle abscheulich und verwerflich sind. Wenn du einen Mann nur mit einem Dorn stichst, wird er vor Schmerz aufschreien: Wie gut muss er da nachvollziehen können, dass Mord aller Vernunft nach abscheulich und verwerflich ist. Und sollte er ein solches Verbrechen begehen, würde er dafür zur Rechenschaft gezogen werden, ob die prophetische Botschaft ihn erreicht hat oder nicht, denn die Vernunft selbst erkennt den verwerflichen Charakter dieser Tat. Wenn also eine solche Person derart schändliche Taten begeht, wird sie mit Sicherheit zur Verantwortung gezogen.
Aber wenn die prophetischen Anordnungen einen Ort nicht erreicht haben und die Menschen infolgedessen nicht in Übereinstimmung mit den göttlichen Lehren handeln, dann werden sie nach religiösem Gesetz nicht zur Rechenschaft gezogen. Zum Beispiel hat Christus angeordnet, dass man Grausamkeit mit Güte begegnen sollte. Wenn eine Person nichts von dieser Anordnung weiß und instinktiv reagiert, wenn sie also auf eine Verletzung mit einer Gegenverletzung reagiert, dann wird sie nach den Gesetzen der Religion nicht zur Verantwortung gezogen, denn diese göttliche Verfügung ist ihr nicht übermittelt worden. Obwohl ein solcher Mensch keine göttliche Großmut und Gunst verdient, wird Gott mit ihm dennoch nach Seiner Barmherzigkeit verfahren und ihm Vergebung gewähren.
Rache ist jedoch auch der Vernunft nach verwerflich, denn sie nutzt dem Rächer nichts. Wenn ein Mann einen anderen schlägt und das Opfer sich entschließt Rache zu nehmen, indem es den Schlag erwidert, welchen Vorteil bringt ihm das? Wird das ein Balsam für seine Wunde oder ein Mittel gegen seine Schmerzen sein? Nein, Gott bewahre! Beide Taten sind in Wirklichkeit gleich: Beide sind Verletzungen; der einzige Unterschied ist, dass die eine der anderen vorausging. Wenn also das Opfer vergibt, oder besser noch, wenn es genau das Gegenteil tut, ist dies lobenswert.
Was das Staatswesen betrifft, so wird der Angreifer bestraft, aber nicht, um Rache zu üben. Der Zweck dieser Bestrafung besteht vielmehr darin, abzuschrecken und Ungerechtigkeit und Aggression zu bekämpfen, damit andere davon abgehalten werden, ihre Hand ebenfalls in Unterdrückung auszustrecken. Aber wenn das Opfer sich entscheidet zu vergeben und stattdessen größte Barmherzigkeit zu zeigen, dann findet dies vor Gott die höchste Anerkennung.

Kapitel 77

Die Bestrafung von Kriminellen

Frage: Soll ein Krimineller bestraft werden, oder sollte man ihm vergeben und sein Verbrechen ignorieren?
Antwort: Es gibt zwei Arten von Strafmaßnahmen: Die eine ist Rache und Vergeltung, die andere Bestrafung und Wiedergutmachung. Ein Individuum hat kein Recht auf Rache, aber der Staat hat das Recht, den Verbrecher zu bestrafen. Diese Bestrafung soll andere abschrecken und davon abhalten, ähnliche Verbrechen zu begehen. Sie dient zur Wahrung der Rechte des Menschen und stellt keine Rache dar, denn Rache ist die innere Genugtuung, die daraus resultiert, Gleiches mit Gleichem zu vergelten. Das ist nicht zulässig, da niemand das Recht hat Rache zu üben. Wenn jedoch Verbrecher völlig sich selbst überlassen blieben, würde die Ordnung der Welt aus den Fugen geraten. Während also die Bestrafung eines der unverzichtbaren Erfordernisse des Staatswesens ist, hat der Geschädigte kein Anrecht darauf, Rache zu üben. Im Gegenteil, er sollte Vergebung und Großmut zeigen, denn das ist der Menschenwelt angemessen.
Der Staat muss jedoch Unterdrücker, Mörder und Angreifer bestrafen, um andere abzuschrecken und davon abzuhalten, ähnliche Verbrechen zu begehen. Aber das Wesentliche ist, die Massen so zu erziehen, dass von vornherein keine Verbrechen begangen werden; denn Menschen können so erzogen werden, dass sie gänzlich vor jedem Verbrechen zurückschrecken und das Verbrechen selbst als die größte Strafe und die schlimmste Qual und Bestrafung ansieht. So würden von vornherein keine Straftaten verübt, die diese Bestrafungen nach sich ziehen.
Aber lasst uns nur von dem sprechen, was in der Welt durchführbar ist. Es gibt in der Tat eine Fülle von hohen Idealen und Vorstellungen, die sich nicht verwirklichen lassen. Deshalb müssen wir uns auf das Machbare beschränken.
Wenn zum Beispiel jemand einem anderen Unrecht zufügt, ihn verletzt und angreift, und dieser sich in gleicher Weise revanchiert, ist das Rache und tadelnswert. Wenn Peter den Sohn von Paul tötet, so hat Paul kein Recht, den Sohn von Peter zu töten. Wenn er das tun würde, wäre es ein Akt der Rache und höchst verwerflich. Vielmehr muss er genau anders herum handeln, Vergebung zeigen und, wenn möglich, sogar bereit sein, seinem Angreifer Unterstützung zu gewähren. Das ist wirklich das, was des Menschen würdig ist; denn welchen Nutzen bietet die Rache? Beide Taten sind ein und dasselbe: Wenn die eine verwerflich ist, ist es auch die andere. Der einzige Unterschied ist, dass die eine der anderen vorausging.
Aber der Staat hat das Recht für Schutz und Sicherheit zu sorgen. Er hegt keinen Groll gegen den Mörder, steht ihm nicht feindselig gegenüber, sondern will ihn einzig und allein zum Schutz anderer inhaftieren oder bestrafen. Die Absicht ist nicht Rache zu üben, sondern eine Strafe zu verhängen, durch die die Gesellschaft geschützt wird. Denn sollten andernfalls sowohl die Erben des Opfers als auch die Gesellschaft Vergebung gewähren und das Böse mit Gutem vergelten, würden die Übeltäter niemals ihre Angriffe einstellen, und ständig würde der nächste Mord begangen werden – nein, blutrünstige Menschen würden wie Wölfe die Herde Gottes völlig vernichten. Der Staat verfolgt keine böse Absicht, wenn er eine Strafe verhängt; er handelt unvoreingenommen und will keine Rachegelüste befriedigen. Seine Absicht bei der Verhängung der Strafe ist, andere zu schützen und zu verhindern, dass zukünftig solche verwerflichen Taten verübt werden.
Als Christus also sagte: »Wenn dich jemand auf deine rechte Wange schlägt, dem biete auch die andere dar«A158, war das Ziel, die Menschen zu erziehen, und nicht etwa, einem Wolf zu helfen, der über eine Schafherde herfällt und sie alle verschlingen will. Nein, wenn Christus gewusst hätte, dass ein Wolf in die Herde eingedrungen wäre und die Schafe töten wollte, hätte er es zweifellos verhindert.
So wie Vergebung zu den Attributen der Barmherzigkeit Gottes gehört, so ist die Gerechtigkeit eines der Attribute Seiner Herrschaft. Der Baldachin des Daseins ruht auf dem Pfeiler der Gerechtigkeit, nicht der Vergebung, und das Leben der Menschheit hängt von der Gerechtigkeit und nicht von der Vergebung ab. Würde also von nun an in allen Ländern ein Straferlass gelten, so würde sehr bald die ganze Welt in Unordnung geraten und die Grundlagen menschlichen Lebens würden zerstört. Wenn desgleichen die Mächte Europas dem berüchtigten Attila nicht widerstanden hätten, hätte er keinen einzigen Menschen am Leben gelassen.
Manche Menschen sind wie blutrünstige Wölfe: Bräuchten sie keine Bestrafung zu befürchten, würden sie andere allein zum Vergnügen und zur Unterhaltung töten. Einer der Tyrannen von Persien tötete seinen Lehrer nur zum Vergnügen. Mutawakkil, der berühmte abbasidische Kalif, rief seine Minister, Abgeordneten und Treuhänder zu sich, ließ eine Kiste voller Skorpione unter ihnen frei, verbot allen, sich zu bewegen und brach dann in lautes Gelächter aus, sobald einer von ihnen gestochen wurde.
Zusammenfassend lässt sich sagen, dass das ordnungsgemäße Funktionieren des Staates von Gerechtigkeit und nicht von Vergebung abhängt. Christus meinte also mit Vergebung und Großmut nicht, dass ihr euch – falls eine andere Nation euch überfällt, eure Häuser niederbrennt, euren Besitz plündert, sich an euren Frauen, Kindern und Verwandten vergeht und eure Ehre verletzt – diesem tyrannischen Heer unterwerfen und ihnen jede Art von Ungerechtigkeit und Unterdrückung gestatten müsst. Vielmehr beziehen sich die Worte Christi auf den persönlichen Umgang zweier Personen und besagen, dass bei einem Angriff von einer Person auf eine andere der Geschädigte dem anderen vergeben sollte. Der Staat hingegen muss die Rechte der Menschen schützen. Sollte mich also jemand angreifen, verletzen, unterdrücken und verwunden, so würde ich mich ihm in keinster Weise widersetzen, sondern ihm vergeben. Aber wenn hier jemand Siyyid ManshádíA159 angreifen wollte, würde ich ihn natürlich davon abhalten. Obwohl die Nichteinmischung dem Angreifer als Freundlichkeit erscheinen würde, wäre sie Manshádí gegenüber die reinste Grausamkeit. Wenn also in diesem Moment ein wilder Araber mit gezücktem Schwert den Raum beträte, mit der Absicht dich anzugreifen, zu verletzen oder zu töten, würde ich ihn natürlich daran hindern. Würde ich dich diesem Mann überlassen, wäre das Grausamkeit, und keine Gerechtigkeit. Aber wenn er mir persönlich etwas antun würde, würde ich ihm verzeihen.
Ein letzter Punkt: Der Staatsapparat befasst sich tagtäglich mit der Ausarbeitung von Strafgesetzen und der Bestimmung von Mitteln und Wegen zur Bestrafung. Es werden Gefängnisse gebaut, Ketten und Fesseln angeschafft und Orte vorgesehen für Exil und Verbannung, für Pein und Härte, um dadurch den Verbrecher zu läutern, obwohl es in Wirklichkeit nur dazu führt, dass die Moral sich verschlechtert und der Charakter zerrüttet wird. Das Staatswesen sollte stattdessen Tag und Nacht mit allen Mitteln für eine gute Erziehung der Menschen sorgen, damit sie täglich Fortschritte machen, in Wissenschaft und Gelehrsamkeit vorankommen, lobenswerte Tugenden und Verhaltensweisen erwerben und jede Gewalttätigkeit aufgeben, sodass es erst gar nicht zu Verbrechen kommt. Gegenwärtig herrscht das Gegenteil vor: Der Staat ist unentwegt darauf bedacht, die Strafgesetze zu verschärfen, für Mittel zur Bestrafung, Züchtigung und Hinrichtung zu sorgen und Gefängnisse und Verbannungsorte bereitzustellen, um dann darauf zu warten, dass Verbrechen begangen werden. Das hat einen äußerst schädlichen Einfluss.
Gäbe es aber Bildung und Erziehung für alle, sodass Wissen und Gelehrsamkeit von Tag zu Tag zunähmen, das Verständnis erweitert, die Sichtweisen verfeinert, Sitten und Gebräuche erneuert würden – mit einem Wort, dass Fortschritte auf jeder Stufe der Vollkommenheit gemacht würden – dann würde das Verbrechensaufkommen nachlassen.
Die Erfahrung zeigt, dass Kriminalität bei zivilisierten Völkern weniger verbreitet ist – also bei denen, die wahre Zivilisation erreicht haben. Und wahre Zivilisation ist göttliche Zivilisation, die Zivilisation derer, die materielle und geistige Vollkommenheit in sich vereinen. Da die Wurzel der Kriminalität in der Unwissenheit liegt, gilt: Je weiter Wissen und Gelehrsamkeit entwickelt sind, desto weniger Verbrechen werden begangen. Denke an die gesetzlosen Stämme Afrikas: Wie oft töten sie sich gegenseitig und verzehren sogar Fleisch und Blut des anderen! Warum kommen solche Grausamkeiten nicht in der Schweiz vor? Der Grund liegt eindeutig in Erziehung, Bildung und Tugend.
Deshalb muss der Staat versuchen, Verbrechen von vornherein zu verhindern, anstatt harte Strafmaßnahmen zu ersinnen.

Kapitel 78

Streiks

Du fragst nach Streiks. Im Zusammenhang mit diesem Thema hat es schon große Schwierigkeiten gegeben und das wird auch weiterhin so bleiben. Es gibt zwei Gründe für diese Schwierigkeiten: Der eine liegt in der maßlosen Geldgier und Habsucht der Fabrikbesitzer, der andere liegt in den übertriebenen Forderungen, der Geldgier und Unnachgiebigkeit der Arbeiter. Deshalb muss man sich mit beidem befassen.
Nun, die Grundursache für diese Schwierigkeiten liegt in dem Gesetz der Natur, das die heutige Zivilisation beherrscht, denn das führt dazu, dass eine Handvoll Menschen riesige Vermögen anhäufen, die weit über ihre Bedürfnisse hinausgehen, während die große Mehrheit mittellos, notleidend und hilflos bleibt. Dies steht im Widerspruch zu Gerechtigkeit, Menschlichkeit und Redlichkeit; es ist der Gipfel der Ungerechtigkeit und läuft dem Wohlgefallen des Allbarmherzigen zuwider.
Dieses Missverhältnis ist auf das Menschengeschlecht begrenzt: Unter anderen Geschöpfen, das heißt unter Tieren, herrscht eine gewisse Gerechtigkeit und Gleichheit. So gibt es Gleichheit innerhalb einer Schafherde, oder innerhalb einer Herde von Hirschen in der Wildnis, oder unter den Singvögeln, die in den Bergen, Ebenen und Gärten leben. Die Tiere jeder Art genießen ein gewisses Maß an Gleichheit und unterscheiden sich in ihrer Lebensweise nicht wesentlich voneinander; daher leben sie in vollkommener Ruhe und Zufriedenheit.
Ganz anders steht es um die Menschheit, wo größte Unterdrückung und Ungerechtigkeit zu finden sind. So kannst du einerseits beobachten, wie ein Einzelner, der ein Vermögen angehäuft hat, ein ganzes Land zu seiner persönlichen Kolonie machte, immensen Reichtum erwarb und für einen ununterbrochenen Fluss von Gewinnen und Profiten sorgte, und andererseits, wie hunderttausend hilflose Menschen, schwach und machtlos, nach einem Bissen Brot schmachten. Hier gibt es weder Gleichheit noch Nächstenliebe. Sieh, wie dadurch der allgemeine Friede und das Glück so zerstört wurden und das Wohlergehen der Menschheit so beeinträchtigt wurde, dass das Leben eines Großteils der Menschen sinnlos geworden ist! Denn all der Reichtum, die Macht, der Handel und die Industrie befinden sich in den Händen einiger weniger Menschen, während alle anderen unter der Last endloser Entbehrungen und Schwierigkeiten leiden, aller Vorteile und Vergünstigungen, jeder Annehmlichkeit und Zufriedenheit beraubt sind. Es müssen daher solche Gesetze und Vorschriften erlassen werden, die das übermäßige Vermögen von Wenigen begrenzen und die Grundversorgung der unzähligen Millionen von Armen gewährleisten, um einen gewissen Ausgleich zu erreichen.
Absolute Gleichheit ist jedoch ebenso unmöglich, denn die völlige Gleichheit von Reichtum, Macht, Handel, Landwirtschaft und Industrie würde zu Chaos und Unordnung führen, die Lebensgrundlage vieler zum Erliegen bringen, allgemeine Unzufriedenheit hervorrufen und die geregelte Verwaltung der gemeinschaftlichen Angelegenheiten untergraben. Denn ungerechtfertigte Gleichheit birgt auch Gefahren in sich. Es wäre also besser, zu einem gewissen Ausgleich zu gelangen, und hiermit ist die Verabschiedung solcher Gesetze und Vorschriften gemeint, die die ungerechtfertigte Konzentration des Reichtums in den Händen von Wenigen verhindern und die wesentlichen Bedürfnisse von Vielen befriedigen. Zum Beispiel verdienen die Fabrikbesitzer täglich ein Vermögen, aber der Lohn, den die armen Arbeiter erhalten, kann nicht einmal ihren täglichen Bedarf decken: Das ist höchst ungerecht, und sicherlich kann kein gerechter Mensch das akzeptieren. Daher sollten Gesetze und Verordnungen erlassen werden, so dass den Arbeitern sowohl ein Tageslohn als auch eine Beteiligung an einem Viertel oder Fünftel des Gewinns der Fabrik entsprechend ihrer Mittel gewährt wird oder dass auf andere Weise die Arbeiter so wie die Eigentümer einen gerechten Anteil an den Gewinnen erhalten. Denn das Kapital und die Unternehmensführung kommen von den Letzteren und die Mühe und Arbeit von den Ersteren. Den Arbeitnehmern könnte entweder ein Lohn gewährt werden, der ihren täglichen Bedarf angemessen deckt, sowie ein Recht auf eine Beteiligung an den Einnahmen der Fabrik, wenn sie verletzt, arbeitsunfähig oder krank sein sollten, oder es könnte ein Lohn festgelegt werden, der es den Arbeitnehmern ermöglicht, sowohl ihren täglichen Bedarf zu decken als auch etwas für Zeiten der Schwäche und Arbeitsunfähigkeit zu sparen.
Wenn die Angelegenheiten derart geregelt wären, würden weder die Fabrikbesitzer jeden Tag ein Vermögen ansammeln, das für sie völlig nutzlos ist – denn sollte ihr Vermögen unangemessen zunehmen, dann wäre das eine sehr schwere Bürde und würde ihnen übermäßige Härten und Schwierigkeiten auferlegen, und sie müssten erkennen, dass die Verwaltung eines solchen unmäßigen Vermögens äußerst schwierig ist und die physischen Kräfte eines Menschen erschöpft – noch würden die Arbeiter solche Plagen und Härten erdulden, dass sie jede Kraft verlieren und am Ende ihres Lebens in bitterste Not geraten.
Es ist daher unbestreitbar, dass die Aneignung von übermäßigem Reichtum durch einige wenige Einzelpersonen unter Missachtung der Bedürfnisse der Massen unredlich und ungerecht ist. Ebenso würde absolute Gleichheit die Existenz, das Wohlergehen, den Wohlstand, den Frieden und das geordnete Leben der Menschheit stören. Deshalb ist es natürlich am besten, Mäßigung anzustreben, was für den Reichen bedeutet, dass er erkennt, welche Vorteile es hat, sich im Profitstreben zurückzuhalten und das Wohlergehen der Armen und Bedürftigen zu berücksichtigen, das heißt, einen Tageslohn für die Arbeiter festzulegen und ihnen zudem einen Anteil am Gesamtgewinn der Fabrik zukommen zu lassen.
Kurz gesagt, wenn es um die jeweiligen Rechte der Fabrikbesitzer und der Arbeiter geht, müssen Gesetze erlassen werden, die es Ersteren ermöglichen, angemessene Gewinne zu erzielen und Letztere entsprechend ihren gegenwärtigen und künftigen Bedürfnissen zu versorgen, damit, wenn sie arbeitsunfähig oder alt werden oder sterben und kleine Kinder hinterlassen, sie oder ihre Kinder nicht von bitterer Armut erdrückt werden, sondern eine bescheidene Rente aus den Einnahmen der Fabrik erhalten.
Die Arbeiter ihrerseits sollten keine überzogenen Ansprüche stellen, nicht starrköpfig sein, nicht mehr verlangen als ihnen zusteht und nicht in den Streik treten. Sie sollten gehorchen und sich fügen und keine überhöhten Löhne fordern. Vielmehr sollten die gegenseitigen, ausgewogenen Rechte beider Parteien offiziell festgelegt und nach den Gesetzen der Gerechtigkeit und des Mitgefühls festgeschrieben werden, und jede Partei, die sie verletzt, sollte nach einer fairen Anhörung verurteilt und einem rechtskräftigen Urteil unterzogen werden, das von der Exekutive durchgesetzt wird, so dass alle Angelegenheiten sachgerecht geregelt und alle Probleme angemessen gelöst werden können.
Das Eingreifen der Regierung und der Gerichte in die Probleme, die sich zwischen Eigentümern und Arbeitern ergeben, ist voll und ganz gerechtfertigt, da es sich hierbei nicht um solche Einzelfälle handelt wie eine gewöhnliche Transaktion zwischen zwei Personen, die die Öffentlichkeit nicht betreffen und bei denen die Regierung kein Recht haben sollte, sich einzumischen. Denn Probleme zwischen Eigentümern und Arbeitern, auch wenn sie eine Privatangelegenheit zu sein scheinen, sind dem Gemeinwohl abträglich, da die kommerziellen, industriellen und landwirtschaftlichen Angelegenheiten und sogar die allgemeine Volkswirtschaft allesamt eng miteinander verbunden sind: Ein Schaden für einen bedeutet einen Verlust für alle. Und da die Probleme zwischen Eigentümern und Arbeitern dem Gemeinwohl abträglich sind, haben die Regierung und die Gerichte das Recht einzugreifen.
Selbst im Falle von Meinungsverschiedenheiten, die zwischen zwei Personen in Bezug auf bestimmte Rechte entstehen, ist eine dritte Partei, nämlich die Regierung, erforderlich, um den Streit beizulegen. Wie kann dann das Problem der Streiks, die alles im Land zum Erliegen bringen – seien sie durch die überzogenen Forderungen der Arbeiter oder durch die übertriebene Gier der Fabrikanten entstanden –, weiterhin vernachlässigt werden?
Gütiger Gott! Wie kann jemand seine Mitmenschen hungrig, mittellos und benachteiligt sehen und dabei selbst friedlich und behaglich in seiner herrlichen Villa wohnen? Wie kann man andere in der größten Not sehen und sich dabei an seinem eigenen Glück erfreuen? Deshalb wurde in den göttlichen Religionen verordnet, dass die Reichen jedes Jahr einen Teil ihres Reichtums für die Versorgung der Armen und die Unterstützung der Bedürftigen aufbringen sollen. Dies ist eine der Grundlagen der Religion Gottes und eine für alle verbindliche Verfügung. Und da man in dieser Hinsicht nicht äußerlich von der Regierung genötigt oder verpflichtet wird, vielmehr den Armen aus eigener Herzensgüte und in einem Geist strahlender Freude hilft, ist eine solche Tat höchst lobenswert, angesehen und wohlgefällig.
Das ist mit rechtschaffenen Taten gemeint, wie sie in den göttlichen Büchern und Schriften erwähnt werden.

Kapitel 79

Die Wirklichkeit der Welt des Seins

Die Sophisten sind der Ansicht, alles Dasein sei Illusion, ja, jedes einzelne Wesen sei reine Einbildung ohne eigene Existenz – mit anderen Worten, die Existenz alles Erschaffenen gleiche einem Trugbild oder der Spiegelung eines Bildes im Wasser oder in einem Spiegel, und sei lediglich eine Erscheinung ohne jegliche Substanz, Grundlage oder erfassbare Wirklichkeit.
Diese Vorstellung ist falsch, denn obwohl die Existenz der Dinge im Vergleich zur Existenz Gottes eine Illusion ist, ist sie doch in der bedingten Welt fest begründet, nachgewiesen und nicht zu leugnen. Zum Beispiel hat das Mineral im Vergleich zum Menschen keine Existenz, denn der Körper des Menschen wird zum Mineral, wenn er stirbt; im Mineralreich aber existiert das Mineral wirklich. Es ist somit klar, dass Staub im Vergleich zum Menschen nicht existiert oder nur eine scheinbare Existenz hat, dass er aber im Mineralreich existiert.
So ist auch die Existenz des Erschaffenen reine Illusion und völliges Nichtsein im Vergleich zur Existenz Gottes, sie ist eine bloße Erscheinung, wie ein Spiegelbild. Aber obwohl dieses Spiegelbild eine Illusion ist, ist sein Ursprung und seine Wirklichkeit die Person, deren Bild im Spiegel erscheint. Kurz gesagt, die Spiegelung ist eine Illusion im Vergleich zu dem, was gespiegelt wird. Daher ist klar, dass im Vergleich zur Existenz Gottes den erschaffenen Dingen zwar keine Existenz zukommt, sind sie doch wie ein Trugbild oder ein Spiegelbild, aber auf ihrer eigenen Stufe existieren sie.
Deshalb bezeichnete Christus diejenigen als tot, die achtlos gegenüber Gott waren und Seine Wahrheit verleugneten, auch wenn sie augenscheinlich lebendig waren; denn im Verhältnis zu den Gläubigen waren sie tatsächlich tot, blind, taub und stumm. Darauf wies Christus hin, als er sagte: »Lasst die Toten ihre Toten begraben.«A160

Kapitel 80

Präexistenz und Entstehung

Frage: Wie viele Arten von Präexistenz und Entstehung gibt es?
Antwort: Manche Gelehrte und Philosophen sind der Meinung, es gebe zwei Arten von Präexistenz – wesenhafte und zeitlich gebundene – und dass es ebenfalls zwei Arten von Entstehung gibt – wesenhafte und zeitlich gebundene.
Wesenhafte Präexistenz ist eine Existenz, der keine Ursache vorausgeht; der wesenhaften Entstehung geht jedoch eine Ursache voraus. Zeitliche Präexistenz hat keinen Anfang; Entstehung in der Zeit hingegen hat sowohl einen Anfang als auch ein Ende. Denn die Existenz von allem und jedem hängt von vier Ursachen ab: der wirkenden Ursache, der materiellen Ursache, der formgebenden Ursache und der zweckbestimmenden Ursache.A161 So hat dieser Stuhl einen Schöpfer, das ist der Tischler, ein Material, das ist das Holz, eine Form, das ist die eines Stuhls, und einen Zweck, das ist als Sitz zu dienen. Dieser Stuhl ist somit wesenhaft entstanden, denn ihm geht eine Ursache voraus, und seine Existenz hängt davon ab. Das nennt man wesenhafte oder wirkliche Entstehung.
Anders als ihr Schöpfer ist die Welt des Daseins wesenhaft entstanden. Zum Beispiel ist dieses Haus im Vergleich zu seinem Erbauer vom Wesen her geschaffen worden. Da in gleicher Weise der Körper vom Geist abhängt und davon erhalten wird, ist er anders als der Geist wesenhaft entstanden. Umgekehrt braucht der Geist den Körper nicht und ist daher anders als der Körper wesenhaft präexistent. Obwohl die Strahlen immer untrennbar mit der Sonne verbunden sind, ist die Sonne präexistent und die Strahlen sind entstanden; denn die Existenz der Strahlen hängt von der Sonne ab, aber nicht umgekehrt. Die Sonne schenkt ihre Gaben und die Strahlen sind diese Gaben.
Die zweite Überlegung ist, dass Existenz und Nicht-Existenz beide relativ sind. Wenn gesagt wird, dass etwas aus der Nicht-Existenz heraus entstanden ist, ist damit nicht völlige Nicht-Existenz gemeint, sondern vielmehr, dass der vorherige Zustand im Verhältnis zum gegenwärtigen Nicht-Existenz war. Denn völlige Nicht-Existenz kann nicht zur Existenz werden, da ihr schlechthin jede Grundlage zur Existenz fehlt. Der Mensch existiert und das Mineral existiert ebenfalls, aber die Existenz des Minerals ist im Verhältnis zu der des Menschen nicht existent; denn wenn der Körper des Menschen zerstört wird, wird er zu Staub und Mineral, und wenn der Staub in die menschliche Welt übergeht und dieser unbelebte Körper lebendig wird, entsteht der Mensch. Obwohl der Staub – das Mineral – auf seiner eigenen Stufe existiert, ist er im Verhältnis zum Menschen nicht existent. Damit soll zum Ausdruck gebracht werden, dass beides existiert, aber die Existenz von Staub und Mineralien ist im Vergleich zum Menschen Nicht-Existenz, denn wenn der Mensch stirbt, wird er zu Staub und Mineralien.
Deshalb ist die bedingte Welt, obwohl sie existiert, im Vergleich zur Existenz Gottes Nicht-Existenz und Nichtsein. Mensch und Staub existieren beide, aber wie groß ist der Unterschied zwischen der Existenz des Minerals und der des Menschen! Das eine ist im Verhältnis zum anderen nichtexistent. Ebenso ist die Existenz der Schöpfung im Verhältnis zur Existenz Gottes nichtexistent. Obwohl also das Universum existiert, ist es im Verhältnis zu Gott nichtexistent.
So ist klar und offensichtlich, dass das Erschaffene sehr wohl existiert, im Verhältnis zu Gott und Seinem Wort aber nicht existiert. Das Wort Gottes ist Anfang und Ende, wenn es heißt: »Ich bin das Alpha und das Omega«, denn Es ist sowohl die Quelle der Gnade als auch ihr letztes Ziel. Der Schöpfer besitzt seit jeher eine Schöpfung, und die Strahlen gehen seit jeher aus der Sonne der Wahrheit hervor; denn eine Sonne ohne Licht wäre undurchdringliche Dunkelheit. Die Namen und Attribute Gottes setzen die Existenz von erschaffenen Dingen voraus, und ein Ende der Ausgießung der altehrwürdigen Gnade Gottes ist unvorstellbar, denn das stünde im Gegensatz zur göttlichen Vollkommenheit.

Kapitel 81

Reinkarnation

Frage: Was gibt es über Reinkarnation zu sagen, eine Überzeugung, die von den Anhängern einzelner Religionen vertreten wird?
Antwort: Die Absicht der nun folgenden Worte ist, der Wahrheit Ausdruck zu verleihen und nicht die Glaubensüberzeugungen anderer herabzusetzen. Es geht nur darum, den Sachverhalt zu erklären und sonst nichts. Im Übrigen möchten wir weder die tief verwurzelten Überzeugungen anderer anfechten, noch heißen wir das Kritisieren gut.
Wisse, dass es zwei Gruppen von Menschen gibt, die an Reinkarnation glauben. Die einen glauben nicht an geistigen Lohn und geistige Strafe in der nächsten Welt. Sie glauben vielmehr, dass der Mensch seine Strafe oder seinen Lohn durch Reinkarnation und Rückkehr in diese Welt erhält; sie betrachten Himmel und Hölle als auf dieses materielle Reich beschränkt und glauben nicht an ein Jenseits. Diese Gruppe besteht wiederum aus zwei Teilen: Ein Teil glaubt, als harte Strafe nehme der Mensch bisweilen bei der Rückkehr in diese Welt eine Tiergestalt an, und nachdem er diese schmerzhaften Qualen ertragen habe, komme er aus dem Tierreich in die Menschenwelt, was sie als Seelenwanderung bezeichnen. Die andere Gruppe glaubt, dass der Mensch in die gleiche Menschenwelt zurückkehre, aus der er geschieden ist, und dass er Lohn und Strafe des früheren Lebens bei seiner Rückkehr erfahren werde, und dies nennen sie Reinkarnation. Keine dieser beiden Gruppen glaubt an eine Welt jenseits dieser Welt.
Die zweite Gruppe von Menschen, die an Reinkarnation glauben, hält an der nächsten Welt fest und sieht die Reinkarnation als Mittel zur Vervollkommnung, wobei der Mensch allmählich Vollkommenheit erlange, indem er von dieser Welt scheide und wieder zurückkehre, bis er zum Inbegriff der Vollkommenheit gelangt. Das soll heißen, der Mensch bestehe aus Materie und Energie: Am Anfang oder im ersten Zyklus sei die Materie unvollkommen, aber wenn sie wiederholt in diese Welt zurückkehre, mache sie Fortschritte und erwerbe Reinheit und Feinheit, bis sie wie ein polierter Spiegel werde; und dann werde die Energie, die für den Geist steht, darin in aller Vollkommenheit verwirklicht.
Dies ist eine Kurzdarstellung der Überzeugungen derer, die an Reinkarnation oder an Seelenwanderung glauben. Würden wir auf Einzelheiten eingehen, würde es zu lange dauern – diese Zusammenfassung wird genügen. Diese Menschen haben keine rationalen Beweise oder Argumente für ihre Glaubensüberzeugung, die auf bloßen Vermutungen und Schlussfolgerungen, nicht aber auf schlüssigen Beweisen fußt. Man muss von denen, die an Reinkarnation glauben, Beweise fordern und sich nicht mit Folgerungen, Mutmaßungen und Vorahnungen zufrieden geben.
Aber du hast mich um Beweise und Argumente für die Unmöglichkeit von Reinkarnation gebeten und deshalb müssen wir die Gründe für ihre Unmöglichkeit erklären. Der erste Beweis besteht darin: Das Äußere ist Ausdruck des Inneren: Das irdische Reich ist der Spiegel des Himmelreichs, und die materielle Welt steht in Übereinstimmung mit der geistigen Welt. Beachte nun, dass sich in der mit den Sinnen wahrnehmbaren Welt die göttlichen Erscheinungen nicht wiederholen, denn nichts Erschaffenes kann mit etwas anderem Erschaffenen völlig identisch sein. Das Zeichen der Göttlichen Einheit ist in allen Dingen sichtbar und gegenwärtig. Wären alle Kornkammern der Welt mit Getreide gefüllt, hättest du größte Schwierigkeiten auch nur zwei Körner zu finden, die in jeglicher Hinsicht identisch und nicht zu unterscheiden sind: Irgendein Unterschied oder eine Abweichung wird zweifellos zwischen ihnen bestehen. Da nun in allen Dingen der Beweis der Göttlichen Einheit existiert und die Einheit und Einzigkeit Gottes in der Wirklichkeit aller Wesen sichtbar ist, ist die Wiederkehr derselben göttlichen Erscheinung in keiner Weise möglich. Daher wäre Reinkarnation, also die wiederholte Manifestation desselben Geistes in dieser Welt, einschließlich seines früheren Wesens und seiner Vorbedingungen, dieselbe Erscheinung und daher unmöglich. Und da die Wiederkehr derselben göttlichen Erscheinung für stoffliche Wesen unmöglich ist, ist die wiederholte Einnahme derselben Stufe, ob auf dem absteigenden Bogen oder auf dem aufsteigenden Bogen, für geistige Wesen ebenfalls unmöglich, denn die materielle Welt entspricht der geistigen Welt.
In Bezug auf die Spezies jedoch sind Rückkehr und Wiederkehr in der stofflichen Wirklichkeit deutlich sichtbar, das heißt, die Bäume, die in den vergangenen Jahren Blätter, Blüten und Früchte trugen, werden in den kommenden Jahren die gleichen Blätter, Blüten und Früchte tragen. Dies wird als Wiederkehr der Spezies bezeichnet. Würde jemand einwenden, dass Blatt, Blüte und Frucht zerfallen, vom Pflanzenreich ins Mineralreich abgestiegen und wieder in das erstere zurückgekehrt sind, und es somit eine Wiederkehr gegeben hat, würden wir antworten, dass die Blüte, das Blatt und die Frucht des letzten Jahres zerfielen und ihre Bestandteile sich zersetzt und aufgelöst haben. Es ist nicht so, dass dieselben Bestandteile des Blattes und der Früchte des letzten Jahres, die sich zersetzt hatten, wieder zusammengesetzt wurden und zurückgekehrt sind, sondern dass das Wesen der Art durch die Zusammensetzung neuer Elemente zurückgekehrt ist. Ebenso wird der menschliche Körper nach der Zersetzung und Auflösung seiner Bestandteile vollständig zerfallen. Würde dieser Körper aus dem Mineral- oder Pflanzenreich zurückkehren, würde er nicht die gleichen Bestandteile enthalten wie der vorherige Mensch, denn dessen Elemente wurden zersetzt, aufgelöst und überall verteilt. Danach verbinden sich andere Grundbestandteile und ein neuer Körper wird gebildet. Und auch wenn manche Bestandteile des früheren Körpers zur Zusammensetzung des neuen Körpers beitragen, wurden diese Bestandteile nicht genau und vollständig bewahrt, ohne dass etwas hinzugefügt oder entfernt wurde, so dass bei ihrer erneuten Zusammensetzung und Verbindung ein anderes Individuum entsteht. Man kann also nicht daraus schließen, dass dieser Körper mit all seinen Bestandteilen zurückgekehrt wäre, dass das frühere Individuum zu Letzterem geworden wäre, und somit eine Wiederkehr stattgefunden hätte, dass genau derselbe Geist, wie auch der Körper, zurückgekehrt und sein Wesen nach dem Tod wieder in diese Welt gelangt wäre.
Und wollten wir behaupten, dass Reinkarnation zu Vollkommenheit führen soll, damit die Materie an Reinheit und Verfeinerung gewinnt und das Licht des Geistes in ihr mit äußerster Vollkommenheit erscheint, so wäre auch das bloße Einbildung. Denn selbst wenn wir solch einer Annahme zustimmten, kann doch die Erneuerung der Existenz eines Gegenstandes nicht die Transformation seines Wesens bewirken. Denn durch Wiederkehr wird der Stoff der Unvollkommenheit nicht zur Wirklichkeit der Vollkommenheit; völlige Dunkelheit wird nicht zur Quelle des Lichts, elende Schwäche wird nicht zu Macht und Stärke, und ein irdisches Wesen wird nicht zu einer himmlischen Wirklichkeit. Wie oft der HöllenbaumA162 auch zurückkehren mag, er wird niemals eine süße Frucht hervorbringen, noch wird der gute Baum eine bittere Frucht tragen. Es ist also klar, dass Wiederkehr und Rückkehr in die materielle Welt nicht das Mittel sind, um zur Vollkommenheit zu gelangen, und dass es für diese Annahme keinerlei Beweis gibt; sie ist lediglich eine Vermutung. Nein, das Erlangen der Vollkommenheit hängt in Wirklichkeit von der Gnade Gottes ab.
Die Theosophen glauben, dass der Mensch immer wieder zum aufsteigenden Bogen zurückkehren wird, bis er das höchste Zentrum erreicht, wo die Materie wie ein makelloser Spiegel wird, das Licht des Geistes in der Fülle seiner Macht erstrahlt und die wesenhafte Vollkommenheit erreicht ist. Wer jedoch die Fragen des Göttlichen gründlich untersucht hat, ist sich dessen gewiss, dass die materiellen Welten am Ende des absteigenden Bogens enden; dass sich die Stufe des Menschen am Ende des absteigenden Bogens und am Anfang des aufsteigenden Bogens befindet, was dem Höchsten Zentrum gegenüber liegt; und dass vom Anfang bis zum Ende des aufsteigenden Bogens die Stufen des Fortschritts geistiger Natur sind. Der absteigende Bogen wird als der des ›Hervorbringens‹ und der aufsteigende Bogen als der des ›Neuschaffens‹ bezeichnet. Der absteigende Bogen endet in der materiellen Wirklichkeit und der aufsteigende Bogen endet in der geistigen Wirklichkeit. Die Zirkelspitze kehrt ihre Bewegung nicht um, wenn sie einen Kreis beschreibt, denn dies stünde im Widerspruch zur natürlichen Bewegung, zur göttlichen Ordnung und würde die Gesetzmäßigkeit des Kreises stören.
Darüber hinaus besitzt diese materielle Welt keinen so hohen Wert oder solche Vorzüge, dass jemand, der ihrem Käfig entkommen ist, erneut versucht wäre, sich in seiner Schlinge zu verfangen. Nein, durch Gottes ewige Gnade offenbart sich die wahre Fähigkeit und Empfänglichkeit menschlicher Wirklichkeit, indem er die Daseinsstufen durchläuft, aber nicht durch Wiedererscheinen und Rückkehr. Wenn eine Muschel auch nur einmal geöffnet wird, zeigt sich klar und deutlich, ob sie eine glänzende Perle oder wertlose Materie in sich birgt. Wenn eine Pflanze auch nur einmal gewachsen ist, bringt sie entweder Blumen oder Dornen hervor: Sie muss nicht noch einmal wachsen. Davon abgesehen ist Fortschritt und Fortbewegung durch die Welten auf einer direkten Linie gemäß der Ordnung der Natur die Ursache des Daseins, und eine Bewegung gegen die Ordnung und das Gefüge der Natur verursacht den Verfall. Die Rückkehr des Geistes nach dem Tod ist unvereinbar mit der natürlichen Bewegung und widerspricht der göttlichen Ordnung.
Demnach ist es gar nicht möglich, durch Rückkehr zur Existenz zu gelangen: Es ist, als ob der Mensch, nachdem er aus dem Mutterleib befreit wurde, wieder dorthin zurückkehren würde. Betrachte, wie unbegründet die Vorstellungen derer sind, die an Reinkarnation und Seelenwanderung glauben! Sie begreifen den Körper als ein Gefäß und den Geist als seinen Inhalt, wie Wasser und Becher, wobei das Wasser aus einem Becher ausgegossen und in einen anderen eingefüllt wird. Das ist wirklich eine naive Vorstellung: Sie denken nicht tief genug nach, sonst würden sie erkennen, dass der Geist völlig körperlos ist, dass er nicht eintritt oder austritt, und dass er höchstens so mit dem Körper verbunden sein kann wie die Sonne mit dem Spiegel. Wenn der Geist tatsächlich alle Stufen durchlaufen und zu wesenhafter Vollkommenheit gelangen könnte, indem er wiederholt in die materielle Welt zurückkehrt, dann wäre es doch besser gewesen, wenn Gott das Leben des Geistes innerhalb dieser materiellen Welt verlängert hätte, damit er Tugenden und Vollkommenheit erwerben kann, und es so nicht nötig wäre, dass er den Kelch des Todes schmeckt und ein zweites Mal in dieses Leben eintritt.
Diese Auffassung geht auf manche Verfechter der Reinkarnation zurück, die sich vorstellen, das Dasein sei auf diese vergängliche Welt beschränkt, und die die anderen Welten Gottes leugnen, obwohl diese Welten in Wirklichkeit unbegrenzt sind. Würden die Welten Gottes in dieser materiellen Welt gipfeln, dann wäre die ganze Schöpfung sinnlos und das Dasein ein kindisches Spiel. Denn das Endergebnis dieses endlosen Universums, die höchst edle Wirklichkeit des Menschen, würde hier und dort einige Tage in diesem vergänglichen Aufenthaltsort verbringen und seine Belohnungen und Strafen erhalten. Schließlich würde alles Vollkommenheit erreichen, die Schöpfung Gottes mit seinen unendlichen Wesen wäre fertig und vollendet, und so würden die Göttlichkeit des Herrn und die Namen und Attribute Gottes keine Wirkung und keinen Einfluss mehr auf die jetzt existierenden geistigen Wesen haben. »Fern sei der Herrlichkeit deines Herrn, des Allherrlichen, was Seine Geschöpfe von Ihm behaupten!«A163
Die begrenzten Verstandeskräfte der alten Philosophen, wie unter anderem Ptolemäus, hielten das Reich des Lebens und des Daseins für beschränkt auf diese Erdkugel und dachten, dieser unendliche Raum sei in den neun himmlischen Sphären enthalten, von denen alle öde und leer waren. Siehe, wie begrenzt ihre Auffassung und wie unzulänglich ihre Argumentation war! Diejenigen, die an Reinkarnation glauben, stellen sich außerdem vor, dass die geistigen Welten auf jene Bereiche beschränkt sind, die der menschliche Verstand begreifen kann. Einige von ihnen, wie die Drusen und die Nuṣayrís, stellen sich sogar vor, das Dasein sei auf diese materielle Welt beschränkt. Was ist das für eine törichte Annahme! Denn in diesem Universum Gottes, das in äußerster Vollkommenheit, Schönheit und Größe erscheint, gibt es zahllose Sonnen des materiellen Universums. Denk einen Moment lang nach und folgere daraus, wie zahllos und unbegrenzt die geistigen Reiche Gottes, die ja das eigentliche Fundament bilden, sein müssen! »Zieht nun die Lehre daraus, ihr Einsichtigen.«A164
Doch lass uns zu unserem ursprünglichen Thema zurückkehren. In den Heiligen Büchern und Schriften wird von einer »Wiederkunft« gesprochen, aber die Unwissenden haben ihre Bedeutung nicht erfasst und glaubten, sie beziehe sich auf Reinkarnation. Denn was die Propheten Gottes mit »Wiederkunft« meinten, ist nicht die Rückkehr des Wesens, sondern die der Attribute; es ist nicht die Rückkehr der Manifestation Selbst, sondern Seiner Vollkommenheit. Im Evangelium heißt es, dass Johannes, der Sohn Zacharias, Elias sei. Mit diesen Worten ist nicht gemeint, dass die vernunftbegabte Seele und die Persönlichkeit des Elias im Leib des Johannes zurückgekehrt sei, sondern vielmehr, dass die Vollkommenheit und die Eigenschaften des Elias sich deutlich in ihm zeigten.A165
In diesem Raum wurde gestern Abend eine Lampe angezündet: Wenn heute Abend eine weitere Lampe angezündet wird, sagen wir, das Licht der letzten Nacht würde wieder leuchten. Wenn eine Quelle versiegt und das Wasser aufhört zu fließen, dann aber erneut fließt, würden wir sagen, dass es das gleiche Wasser ist, das wieder fließt, so wie wir sagen, dass dieses Licht das gleiche ist wie das frühere Licht. Ebenso wuchsen im letzten Frühjahr Blumen und duftende Kräuter und köstliche Früchte entstanden; nächstes Jahr werden wir sagen, dass diese köstlichen Früchte und diese Blüten, Blumen und süßen Kräuter zurückgekehrt sind. Es ist nicht so, dass dieselben Bestandteile der Blumen des letzten Jahres nach der Zersetzung neu zusammengesetzt wurden und wiederkehrten. Nein, es bedeutet vielmehr, dass die gleiche Frische und Zartheit, der gleiche angenehme Duft und die gleiche wundersame Farbe, die die Blumen des letzten Jahres auszeichneten, genauso in den Blumen dieses Jahres zu finden sind. Kurz gesagt, der Kernpunkt ist die Ähnlichkeit und Gleichartigkeit zwischen den früheren und später auftretenden Blumen. Das ist die »Wiederkehr«, von der in den himmlischen Schriften gesprochen wird. Dies hat Bahá’u’lláh im Kitáb-i-Íqán ausführlich erklärt: Schlage es nach, damit du über die Wahrheit der göttlichen Geheimnisse im Bilde bist. Mit dir seien Gruß und Lobpreis.

Kapitel 82

Die Einheit des Seins

Frage: Was hat es mit der ›Einheit des Seins‹ auf sich, die von den Theosophen und den Sufis vertreten wird, und was meinen sie eigentlich damit?A166 Ist diese Glaubensüberzeugung wahr oder nicht?
Antwort: Wisse, dass die Idee von der Einheit des Seins sehr alt und nicht nur auf die Theosophen und die Sufis beschränkt ist. Tatsächlich haben einige griechische Philosophen sie verfochten, wie etwa Aristoteles, der sagte: »Die nicht-zusammengesetzte Wirklichkeit ist die Summe aller Dinge, aber sie ist kein einzelnes von ihnen.«A167 »Nicht-zusammengesetzt« steht hier im Gegensatz zu ›zusammengesetzt‹, das heißt, diese eine Wirklichkeit, die über Zusammensetzung und Teilung geheiligt und erhaben ist, habe sich in unzählige Formen aufgelöst. So sei das wirkliche Sein alle Dinge, aber es sei kein einzelnes davon.
Die Verfechter der Einheit des Seins sind der Ansicht, wahres Sein sei wie der Ozean und alle erschaffenen Dinge glichen dessen Wellen. Diese Wellen, symbolhaft für alles Erschaffene, seien die zahllosen Formen, die dieses wirkliche Sein annähme. Daher sei jene geheiligte Wirklichkeit das präexistente Meer, und die zahllosen Formen des Erschaffenen seien die davon erzeugten Wellen dieses Meeres.
Ebenso vergleichen sie dies mit der Eins und den unendlichen Zahlen, da sich Erstere in den Werten Letzterer manifestiere, denn alle Zahlen seien die Wiederholung der Eins. So sei Zwei die Wiederholung von Eins, und dementsprechend gehe es weiter mit den anderen Zahlen.
Einer der Beweise, den sie anführen, ist: Alles Erschaffene sei Gegenstand des göttlichen Wissens und kein Wissen könne ohne den Gegenstand des Wissens erlangt werden, denn Wissen beziehe sich auf etwas, das existiere, nicht auf etwas Nicht-Existentes. Wie kann völliges Nichtsein im Spiegel des Wissens spezifiziert und konkretisiert werden? Daraus folge, dass die Wirklichkeiten aller zum Wissen des Allhöchsten gehörenden erschaffenen Dinge eine intelligible Existenz hätten, da sie vom göttlichen Wissen gestaltet seien, und sie präexistent seien, da das göttliche Wissen präexistent sei. Sofern das Wissen präexistent sei, müsse es auch der Gegenstand des Wissens sein. Die Spezifizierung und Konkretisierung des Erschaffenen – Gegenstand des präexistenten Wissens des göttlichen Wesens – seien identisch mit dem göttlichen Wissen selbst. Der Grund dafür sei, dass die Wirklichkeit, das Wissen und jeder Wissensgegenstand des göttlichen Wesens als ein Zustand absoluter Einheit begriffen werden müssten. Andernfalls würde das göttliche Wesen zum Sitz verschiedenster Phänomene und eine Vielzahl von Präexistenzen wären zwingend, was abwegig sei.
So kommen sie zum Schluss, der Gegenstand des Wissens sei identisch mit dem Wissen selbst, und das Wissen wiederum sei identisch mit dem Wesen, das heißt, dass der Wissende, das Wissen und der Gegenstand des Wissens eine einzige Wirklichkeit seien. Jede andere Vorstellung würde zwangsläufig zu vielfältigen Präexistenzen und zu endlosem Rückschritt, ja sogar zu unzähligen Präexistenzen führen. Und da innerhalb des Wissens Gottes die Konkretisierung und Spezifizierung erschaffener Dinge mit Seinem Wesen identisch und davon vollkommen ununterscheidbar seien, herrsche wahre Einheit vor, und jeder Gegenstand des Wissens sei in einer nicht-zusammengesetzten und ungeteilten Weise in der Wirklichkeit des göttlichen Wesens eingeschlossen und darin enthalten. Mit anderen Worten, alle erschaffenen Dinge wären in einer nicht-zusammengesetzten und ungeteilten Weise Gegenstand des Wissens des Allerhöchsten und identisch mit Seinem Wesen. Und durch das manifeste Erscheinen Gottes erhielten diese Konkretisierungen und Spezifizierungen, die eine intelligible Existenz hätten, das heißt vom göttlichen Wissen gestaltet wären, in der äußeren Welt ihre tatsächliche Existenz und so hätte jene wahre Existenz sich in unzählige Formen aufgelöst. Das bildet die Grundlage ihrer Argumentation.
Theosophen und Sufis bilden zwei Gruppen. Eine Gruppe, die Mehrheit, glaubt aus reiner Nachahmung an die Einheit des Seins und hat die wahre Bedeutung der Lehren ihrer führenden Vertreter nicht verstanden. Denn die meisten Sufis verstehen unter ›Dasein‹ das allgemeine Dasein, das vom Verstand und Geist des Menschen erkannt wird, das heißt, für den Menschen begreifbar ist.
Dieses allgemeine Dasein ist jedoch nur eines von vielen nicht-wesentlichen Ereignissen, die in die Wirklichkeit erschaffener Dinge eintreten, während die Essenz der erschaffenen Dinge das Substanzielle ist. Dieses nicht-wesentliche Dasein, das genauso wie die Eigenschaften der Dinge von eben diesen Dingen abhängt, ist nur ein nicht-wesentliches Ereignis unter vielen.
Das Substanzielle steht nun zweifellos über dem Nicht-Wesentlichen, denn das Substanzielle ist das Primäre und das Nicht-Wesentliche ist das Untergeordnete; das Substanzielle besteht durch sich selbst, während das Nicht-Wesentliche auf etwas fußt – das heißt, es braucht etwas Substanzielles, durch das es bestehen kann.
Nach der oben erwähnten Anschauungsweise wäre Gott Seiner Schöpfung untergeordnet und ihrer bedürftig und die Schöpfung könnte gänzlich auf Ihn verzichten.
Um dies zu veranschaulichen: Immer, wenn einzelne Elemente sich in Übereinstimmung mit der universalen göttlichen Ordnung verbinden, tritt ein bestimmtes Wesen ins Dasein. Das heißt, wenn bestimmte Elemente verbunden werden, entsteht ein pflanzliches Wesen; wenn andere verbunden werden, entsteht ein tierisches Wesen; wenn noch andere verbunden werden, treten andere Dinge ins Dasein. In jedem Fall ergibt sich die Existenz von Dingen aus ihrer Wirklichkeit. Wie könnte dann ein solches Sein, das eines von vielen nicht-wesentlichen Dingen ist, und das etwas Substanzielles erfordert, durch das es leben kann, vom Wesen her präexistent und Erzeuger aller Dinge sein?
Die wahren Gelehrten unter den Theosophen und Sufis sind jedoch nach eingehender Prüfung der Sachlage zu dem Schluss gekommen, dass es zwei Arten des Daseins gibt. Zum einen ist es das allgemeine Dasein, das der Mensch mit seinem Verstand begreift. Dieses Dasein ist entstanden und ist eines von vielen nicht-wesentlichen Dingen, wohingegen die Wirklichkeit der Dinge das Substanzielle ist. Die Einheit des Seins ist aber nicht das gemeinhin wahrgenommene Dasein, sondern die wirkliche Existenz, die geheiligt und über jede Darstellung erhaben ist, eine Existenz, durch die alles ins Dasein tritt. Diese Existenz ist nur eine; alle Dinge – wie Materie, Energie und das allgemeine Dasein, das vom menschlichen Verstand erfasst wird – sind durch diese eine Existenz entstanden. Das ist die Wahrheit, die dem Glauben der Theosophen und der Sufis zugrunde liegt.
Kurz gesagt, die Propheten und die Philosophen stimmen in einem Punkt überein, nämlich, dass die Ursache, durch die alles entsteht, nur eine ist. Der Unterschied besteht darin, dass die Propheten lehren, dass Gottes Wissen nicht von der Existenz des Erschaffenen abhängt, während das Wissen der Geschöpfe die Existenz von Gegenständen des Wissens erfordert. Sollte das göttliche Wissen irgendetwas benötigen, dann wäre es wie das Wissen der Geschöpfe und nicht das Wissen Gottes; denn das Präexistente ist unvereinbar mit dem Erzeugten und das Erzeugte ist dem Präexistenten entgegengesetzt. Das, was wir für die Entstehung der Schöpfung als Voraussetzungen bekräftigen, lehnen wir für Gott ab; denn eine der Eigenschaften des Notwendigerweise Existierenden Seins ist es, geheiligt und über alle Unvollkommenheiten erhaben zu sein.
Zum Beispiel sehen wir im Erzeugten Unwissenheit; im Präexistenten erkennen wir Wissen. Im Erzeugten sehen wir Schwäche, im Präexistenten erkennen wir Macht. Im Erzeugten sehen wir Armut, im Präexistenten erkennen wir Reichtum. Daher ist das Erzeugte die Quelle aller Unvollkommenheiten, und das Präexistente ist der Inbegriff aller Vollkommenheit. Und da das Wissen des Erzeugten auf Gegenstände des Wissens angewiesen ist, muss das Wissen des Präexistenten unabhängig von deren Existenz sein. Daraus folgt, dass die Spezifizierung und Konkretisierung des Erschaffenen, die Gegenstand des göttlichen Wissens sind, nicht präexistent sind. Darüber hinaus versetzen die Attribute der göttlichen Vollkommenheit den menschlichen Verstand nicht in die Lage zu entscheiden, ob das göttliche Wissen Gegenstände braucht oder nicht.
Kurz gesagt, was vorhin erwähnt wurde ist der wichtigste Beweis für die Sufis; wenn wir alle ihre Argumente ansprechen und darauf eingehen wollten, würde es sehr lange dauern. Das Gesagte ist jedoch der entscheidendste Beweis und deutlichste Beleg, den die Gelehrten unter den Sufis und Theosophen vorgebracht haben.
Die wahre Existenz, durch die alles verwirklicht wird, also die Wirklichkeit des göttlichen Wesens, durch die alle Geschöpfe ins Dasein getreten sind, wird von allen anerkannt. Der Unterschied besteht darin, dass die Sufis behaupten, die Wirklichkeiten aller Dinge sei die Manifestation des Einen, während die Propheten sagen, dass sie aus dem Einen emanieren. Und in der Tat gibt es einen bedeutenden Unterschied zwischen Manifestation und Emanation. Erscheinen durch Manifestation bedeutet, dass sich etwas Einzelnes in zahllosen Formen manifestiert. Wenn etwa ein Samenkorn, also etwas Einzelnes, das mit der Vollkommenheit des Pflanzenreiches ausgestattet ist, sich manifestiert, geht es in unendlich viele Formen von Zweigen, Blättern, Blumen und Früchten über. Das nennt man Erscheinen durch Manifestation, während beim Erscheinen durch Emanation der Eine in den Höhen Seiner Heiligkeit transzendent bleibt, und die Existenz der Geschöpfe aus Ihm durch Emanation, nicht durch Manifestation erlangt wird. Das ist vergleichbar mit der Sonne: Die Strahlen gehen von ihr aus und scheinen auf alle Dinge, aber die Sonne verbleibt in den Höhen ihrer Heiligkeit. Sie steigt nicht herab; sie geht nicht über in die Form der Strahlen; sie nimmt keine individuelle Gestalt an durch Spezifizierung und Konkretisierung: Das Präexistente wird nicht zum Entstandenen; absoluter Reichtum gelangt nicht in die Fesseln der Armut; uneingeschränkte Vollkommenheit wird nicht in völlige Unvollkommenheit umgewandelt.
Zusammengefasst sprechen die Sufis nur von Gott und der Schöpfung und glauben, dass Gott in die unendlichen Formen Seiner Schöpfung übergegangen sei und sich durch sie manifestiert habe, gleichsam wie das Meer, das in den unendlichen Formen seiner Wellen erscheint. Diese erzeugten und unvollkommenen Wellen seien identisch mit dem präexistenten Meer, das der Inbegriff aller göttlichen Vollkommenheit sei. Die Propheten vertreten jedoch die Sicht, dass es die Welt Gottes, die Welt des Königreichs und die Welt der Schöpfung gibt – drei Dinge. Die erste Emanation ist die ausströmende Gnade des Königreiches, die aus Gott emaniert und sich in der Wirklichkeit aller Dinge zeigt, so wie die von der Sonne ausgehenden Strahlen von allen Dingen reflektiert werden. Und diese Gnade – die Strahlen – erscheint in zahllosen Formen in der Wirklichkeit aller Dinge und wird entsprechend deren Fähigkeit, Empfänglichkeit und Wesen spezifiziert und konkretisiert. Aber die Behauptung der Sufis würde bedeuten, dass absoluter Reichtum zu Armut herabsteigt, dass das Präexistente sich auf die entstandenen Formen beschränkt und dass sich der Inbegriff der Macht im Spiegel der Ohnmacht spiegelt und den innewohnenden Grenzen der bedingten Welt unterworfen ist. Und das ist ein offensichtlicher Irrtum, denn wir stellen fest, dass die Wirklichkeit des Menschen, der das edelste aller Geschöpfe ist, nicht zur Wirklichkeit des Tieres hinabsteigt; dass das Wesen des Tieres, das mit der Kraft der Empfindung ausgestattet ist, sich nicht auf die Stufe der Pflanze herablässt; und dass die Wirklichkeit der Pflanze, die die Kraft des Wachstums ist, nicht zur Wirklichkeit des Minerals herabsteigt.
Kurz gesagt, höhere Wirklichkeiten steigen nicht herab oder begeben sich auf die Stufe untergeordneter Wirklichkeiten. Wie könnte die allumfassende Wirklichkeit Gottes, die alle Beschreibungen und Attribute transzendiert, trotz ihrer absoluten Erhabenheit und Heiligkeit sich in die Formen und Wirklichkeiten der bedingten Welt auflösen, die die Quelle der Unvollkommenheit schlechthin sind? Das wäre reine Fantasie und eine haltlose Mutmaßung. Dieses Wesen der Heiligkeit ist im Gegenteil die Gesamtheit aller göttlichen Vollkommenheit des Herrn, und alle Geschöpfe erhalten Erleuchtung aus den Emanationen Seiner Erscheinung und sie haben Teil an den Lichtstrahlen Seiner himmlischen Vollkommenheit und Schönheit, gerade so, wie alle irdischen Geschöpfe die Gnade des Lichts durch die Strahlen der Sonne erhalten. Aber die Sonne erniedrigt sich nicht und steigt nicht zu den ihr entströmten Wirklichkeiten dieser irdischen Wesen herab.
Nach dem Abendessen und in Anbetracht der späten Stunde, ist keine Zeit mehr für weitere Ausführungen.

Kapitel 83

Die vier Wege zur Erkenntnis

Es gibt nur vier anerkannte Wege zur Erkenntnis, das heißt vier Wege um die Wirklichkeit der Dinge zu verstehen.
Der erste Weg geht über die Sinne, das heißt, alles, was Auge, Ohr, Gaumen, Nase und Tastsinn wahrnehmen, wird als »mit den Sinnen wahrnehmbar« bezeichnet. Derzeit halten alle europäischen Philosophen dies für den vollkommenen Weg. Sie behaupten, dass Sinneswahrnehmung der beste Weg sei, und dies ist ihnen heilig. Und doch ist der Weg über die Sinne unzulänglich, da er irreführend sein kann. Zum Beispiel ist das Sehvermögen von allen Sinnen der bedeutendste. Das Sehvermögen jedoch sieht in einer Luftspiegelung Wasser und hält Bilder, die im Spiegel erscheinen, für real; es nimmt große Körper als klein wahr, sieht in einem wirbelnden Punkt einen Kreis, stellt sich vor, dass die Erde feststeht und die Sonne sich bewegt und ist vielen anderen Irrtümern ähnlicher Art ausgesetzt. Man kann sich also nicht vorbehaltlos auf die Sinne verlassen.
Der zweite Weg ist der des Intellekts, der Hauptweg zur Erkenntnis für jene Säulen der Weisheit, die alten Philosophen. Durch die Verstandeskraft leiteten sie Dinge her und stützten sich auf rationale Argumente: Alle ihre Argumente basieren auf der Vernunft. Trotzdem wichen ihre Auffassungen stark voneinander ab. Sie änderten sogar ihre eigene Sichtweise: Zwanzig Jahre lang leiteten sie mit rationalen Argumenten die Existenz von etwas her und widerlegten dieselbe später wiederum mittels rationaler Argumente. Auch Platon bewies zunächst durch rationale Argumente die Unbeweglichkeit der Erde und die Bewegung der Sonne, und belegte dann, wiederum durch rationale Argumente, die zentrale Position der Sonne und die Bewegung der Erde. Dann verbreitete sich die ptolemäische Theorie, und Platons Theorie geriet völlig in Vergessenheit, bis ein moderner Astronom sie wieder aufleben ließ. So vertraten die Mathematiker unterschiedliche Ansichten, obwohl sich alle auf rationale Argumente stützten.
Ebenso belegten sie irgendwann etwas durch rationale Argumente und widerlegten es dann später, wiederum durch rationale Argumente. So hielt ein Philosoph einige Zeit an einer Sichtweise fest und führte eine Reihe von Beweisen und Argumenten an, um sie zu belegen, und danach änderte er seine Meinung und widerlegte seine frühere Haltung durch rationale Argumente.
Es ist daher offensichtlich, dass der Weg der Vernunft unvollkommen ist, wie die Kontroversen zwischen den alten Philosophen sowie die mangelnde Übereinstimmung und die Neigung, ihre eigenen Ansichten zu ändern, beweisen. Denn wenn der Weg des Intellekts vollkommen wäre, sollten alle einig in ihren Ansichten sein und in ihren Meinungen übereinstimmen.
Der dritte Weg ist der der Überlieferung, also der Text der Heiligen Schrift, wenn es heißt: »Gott sagte dies in der Thora«, oder »Gott sagte dies im Evangelium.« Auch dieser Weg ist nicht fehlerlos, denn die Überlieferungen müssen mit dem Verstand begriffen werden. Da der Verstand selbst zum Irrtum neigt, wie kann man da sagen, dass er zur vollkommenen Wahrheit gelangen werde und sich nicht irre, wenn er die Bedeutung der Überlieferung herleitet und begreift? Denn der Verstand unterliegt Irrtümern und kann nicht zur Gewissheit führen. Das ist der Weg der Religionsführer. Was sie dem Text des Buches entnehmen, ist lediglich, was ihr Verstand begreift, und nicht unbedingt die Wahrheit in der Angelegenheit; denn der Verstand ist wie ein Waage, und die in den Texten enthaltenen Bedeutungen sind wie die zu wiegenden Gegenstände. Wenn die Waage nicht stimmt, wie kann das Gewicht ermittelt werden?
Wisse daher, dass das, was die Menschen besitzen und für wahr erachten, dem Irrtum unterworfen ist. Denn wenn die Sinneswahrnehmung als Beweis oder Widerlegung herangezogen wird, ist dieser Weg eindeutig unvollkommen; wenn ein rationaler Beweis erbracht wird, gilt dasselbe; und ebenso, wenn ein Beweis durch Überlieferung erbracht wird. Damit ist klar, dass der Mensch keinen Weg der Erkenntnis besitzt, auf den er sich verlassen kann.
Die Gnade des Heiligen Geistes hingegen ist der wahre Weg, über den es keinen Zweifel und keine Ungewissheit gibt. Diese Gnade besteht in den Bestätigungen des Heiligen Geistes, die dem Menschen gewährt werden und durch die er Gewissheit erlangt.

Kapitel 84

Gute Taten und ihre geistigen Voraussetzungen

Frage: Die Gutes tun, der ganzen Menschheit wohlgesinnt sind, einen lobenswerten Charakter haben, allen Menschen Liebe und Freundlichkeit entgegenbringen, sich um die Armen kümmern und für allumfassenden Frieden arbeiten – warum bedürfen sie der göttlichen Lehren, auf die sie doch ihrer Überzeugung nach gut und gerne verzichten können? In welcher Lage befinden sich solche Menschen?
Antwort: Wisse, dass solches Verhalten, solche Worte und Taten gelobt und anerkannt werden sollen, und dass sie der Menschheit zur Ehre gereichen. Aber diese Taten allein reichen nicht aus: Sie sind ein Körper von größter Schönheit, aber ohne Geist. Nein, was zu ewigem Leben, immerwährender Ehre, umfassender Erleuchtung und zu wahrem Erfolg und zu Erlösung führt, ist in erster Linie die Erkenntnis Gottes. Es ist klar, dass die Erkenntnis Gottes Vorrang vor jeder anderen Erkenntnis hat und die größte Tugend der menschlichen Welt darstellt. Denn die Wirklichkeit der Dinge zu verstehen verschafft im Reich des Seins einen materiellen Vorteil und bewirkt den Fortschritt der äußeren Zivilisation, die Erkenntnis Gottes hingegen ist die Ursache für Fortschritt und Hingezogensein des Geistes, wahre Schau und Einsicht, Erhöhung der Menschheit, das Erscheinen göttlicher Kultur, die Besserung der Sitten und Erleuchtung des Bewusstseins.
An zweiter Stelle steht die Liebe zu Gott. Das Licht dieser Liebe wird durch die Erkenntnis Gottes in der Lampe des Herzens entzündet und seine Strahlen verbreiten sich, erleuchten die Welt und verleihen dem Menschen das Leben des Königreichs. Und die Frucht menschlicher Existenz ist in Wahrheit die Liebe Gottes, sie ist der Geist des Lebens und ewige Gnade. Gäbe es die Liebe Gottes nicht, wäre die bedingte Welt in tiefe Dunkelheit gehüllt. Gäbe es die Liebe Gottes nicht, wären die Menschenherzen des Lebens und der Regungen des Gewissens beraubt. Gäbe es die Liebe Gottes nicht, würde die Vollkommenheit der menschlichen Welt ganz und gar verschwinden. Gäbe es die Liebe Gottes nicht, gäbe es keine wahre Verbindung der Menschenherzen. Gäbe es die Liebe Gottes nicht, ginge jede geistige Vereinigung verloren. Gäbe es die Liebe Gottes nicht, würde das Licht der Einheit der Menschheit verlöschen. Gäbe es die Liebe Gottes nicht, würden sich Ost und West niemals wie zwei Liebende umarmen. Gäbe es die Liebe Gottes nicht, würden Zwietracht und Spaltung nicht in Gemeinschaft verwandelt. Gäbe es die Liebe Gottes nicht, würde Entfremdung nicht der Einheit weichen. Gäbe es die Liebe Gottes nicht, würde der Fremde nicht zum Freund werden. Die Liebe in der Menschenwelt ist ein Strahl der Liebe Gottes und eine Spiegelung Seiner Freigebigkeit.
Es ist klar, dass sich die Lebenswirklichkeit von Mensch zu Mensch unterscheidet, dass Meinungen und Sichtweisen voneinander abweichen, und dass diese Verschiedenheit der Gedanken, Meinungen, Auffassungen und Ansichten unter den Einzelnen eine wesentliche Notwendigkeit ist. Denn verschiedene Stufen in der Schöpfung gehören zu den wesentlichen Erfordernissen des Daseins, das unzählige Formen annimmt. Wir benötigen daher eine allumfassende Macht, die allen Gedanken, Meinungen und Empfindungen überlegen ist, die diese Trennungen aufheben und alle Menschen unter die Herrschaft des Prinzips der Einheit der Menschheit bringen kann. Und es ist klar und offensichtlich, dass die größte Macht in der Menschenwelt die Liebe Gottes ist. Sie versammelt die verschiedenen Völker im Schatten des Tabernakels der Einheit und fördert größte Liebe und Verbundenheit unter feindseligen und streitenden Völkern und Nationen.
Schau in welch großer Zahl sich die verschiedenen Nationen, Volksgruppen, Sippen und Stämme nach der Ankunft Christi durch die Kraft der Liebe Gottes im Schatten Seines Wortes versammelten. Denke daran, wie die Unterschiede und Spaltungen von tausend Jahren vollständig beseitigt wurden, wie die Illusion der Überlegenheit von Rasse und Nation aufgelöst wurde, wie die Einheit im Fühlen und Denken erreicht wurde und alle wahrhaftige und vergeistigte Christen wurden.
Die dritte Tugend des Menschen ist die reine Absicht, sie bildet das Fundament aller guten Taten. Manche Wahrheitssucher denken, dass die Absicht der Tat überlegen sei, denn eine reine Absicht sei nichts als Licht und völlig geheiligt von der geringsten Spur von Bosheit, List oder Betrug. Man kann nämlich eine Handlung ausführen, die rechtschaffen erscheint, in Wirklichkeit aber aus Eigennutz geschieht. Zum Beispiel zieht ein Metzger ein Schaf auf und sorgt für seine Sicherheit, aber diese gute Tat des Metzgers ist durch die Hoffnung auf Profit motiviert, und am Ende all dieser Sorgfalt wird das arme Schaf geschlachtet. Wie zahlreich sind die guten und gerechten Taten, die in Wirklichkeit aus Eigennutz geboren werden! Aber die reine Absicht ist erhaben über solche Mängel.
Kurz gesagt, gute Taten werden erst dann vollkommen und vollendet sein, wenn die Erkenntnis Gottes erworben wurde, die Liebe Gottes sich manifestiert, geistiges Hingezogensein und reine Beweggründe erlangt worden sind. Andernfalls sind gute Taten zwar lobenswert, aber wenn sie nicht aus der Erkenntnis Gottes, aus der Liebe zu Gott und aus einer aufrichtigen Absicht geschehen, werden sie unvollkommen sein. Zum Beispiel muss das menschliche Dasein jede Vollkommenheit besitzen, um vollständig zu sein. Die Sehkraft ist kostbar und wird hoch geschätzt, aber sie muss durch das Hörvermögen unterstützt werden; das Hörvermögen wird hoch geschätzt, aber es muss durch Beredsamkeit unterstützt werden; die Beredsamkeit wird hoch geschätzt, aber sie muss durch Verstandeskraft unterstützt werden; und so ist es auch mit den anderen Kräften, Organen und Körperteilen des Menschen. Wenn all diese Kräfte, Sinne, Teile und Organe kombiniert werden, wird Vollkommenheit erreicht.
In der heutigen Welt treffen wir Menschen, die aufrichtig das Wohl aller Menschen wünschen, die alles tun, was in ihrer Macht steht, um den Armen zu helfen und den Unterdrückten beizustehen, und die sich für den allumfassenden Frieden und das allgemeine Wohlergehen einsetzen. Doch so vollkommen sie in dieser Hinsicht auch sein mögen, sie bleiben der Erkenntnis und der Liebe Gottes beraubt und sind somit unvollkommen.
Galen, der Arzt, schrieb in seinem Kommentar zu Platons Abhandlung über die Staatskunst, dass religiöse Überzeugungen einen großen Einfluss auf die wahre Zivilisation ausüben, und der Beweis dafür sei: Die meisten Menschen können eine Abfolge logischer Argumente nicht erfassen und brauchen daher symbolische Andeutungen auf Lohn und Strafe in der nächsten Welt. Das Zeichen dafür ist, dass wir heute ein Volk sehen, das als Christen bezeichnet wird, die an die Belohnungen und Strafen der nächsten Welt glauben und gute Taten aufweisen, die denen eines wahren Philosophen gleichen. So sehen wir alle deutlich, dass sie keine Angst vor dem Tod haben und dass sie aufgrund ihrer glühenden Sehnsucht nach Gerechtigkeit und Billigkeit als wahre Philosophen anzusehen sind.A168
Nun sieh genau, wie groß die Aufrichtigkeit, die Selbstverleugnung, die geistigen Empfindungen, die reinen Absichten und die guten Taten der christlichen Gläubigen für Galen, einen Philosophen und Arzt, der selbst kein Christ war, gewesen sein müssen, dass er die Sitten und die Vollkommenheit dieser Menschen bezeugte und sie wahre Philosophen nannte. Solche Tugenden und Eigenschaften können nicht allein durch gute Taten erreicht werden. Wenn Tugend nur bedeutet, dass etwas Gutes erreicht und verliehen wird, warum loben wir dann nicht diese brennende Lampe, die den Raum erhellt, da doch ihr Licht ohne Zweifel eine gute Sache ist? Die Sonne nährt alle irdischen Dinge und fördert ihr Wachstum und ihre Entwicklung durch ihre Wärme und ihr Licht – was gibt es Besseres? Da dieses Gute jedoch nicht guten Absichten und der Liebe und Erkenntnis Gottes entspringt, beeindruckt es nicht im Geringsten. Aber wenn jemand einem anderen ein Glas Wasser anbietet, wird ihm Wertschätzung und Dankbarkeit entgegengebracht. Ein gedankenloser Mensch könnte sagen: »Diese Sonne, die der Welt Licht spendet und diese Gabenfülle manifestiert, muss sicherlich gelobt und verherrlicht werden. Denn warum sollten wir einen Menschen für ein so bescheidenes Geschenk loben, der Sonne aber keinen Dank erweisen?« Wenn wir jedoch mit dem Auge der Wahrheit schauten, würden wir sehen, dass das bescheidene Geschenk, das dieser Mensch macht, aus der Regung des Bewusstseins stammt und daher lobenswert ist, während das Licht und die Hitze der Sonne nicht darauf zurückzuführen sind und sie daher unser Lob und unsere Dankbarkeit nicht verdienen. In gleicher Weise sollten diejenigen, die gute Taten vollbringen, gelobt werden, aber wenn diese Taten nicht aus der Erkenntnis und Liebe Gottes hervorgehen, sind sie gewiss unvollkommen.
Wenn du abgesehen davon diese Angelegenheit gerecht betrachtest, wirst du sehen, dass auch die guten Taten der Nichtgläubigen ihren Ursprung in den göttlichen Lehren haben. Das heißt, von alters her ermahnten die Propheten die Menschen zu solchen Taten, erklärten ihre Vorteile und erläuterten ihre positiven Wirkungen; diese Lehren verbreiteten sich dann unter den Menschen, erreichten nach und nach die Nichtgläubigen und zogen ihre Herzen zu dieser Vollkommenheit hin; und als sie diese Handlungen lobenswert fanden und sahen, dass sie Freude und Glück unter den Menschen hervorriefen, passten sie sich ihnen an. So entspringen auch diese Taten den göttlichen Lehren. Aber um das zu sehen, ist ein gewisses Maß an Unparteilichkeit erforderlich.
Gelobt sei Gott, du hast Persien besucht und erlebt, wie die geheiligten Brisen Bahá’u’lláhs Perser dazu brachten, der ganzen Menschheit liebevolle Freundlichkeit zu erweisen. Wenn sie früher auf einen Anhänger einer anderen Religion trafen, haben sie ihn mit äußerster Feindschaft, mit Hass und Bosheit angegriffen und ihn sogar als unrein angesehen. Sie verbrannten das Evangelium und die Thora und wuschen sich die Hände, wenn sie durch das Berühren dieser Bücher verunreinigt waren. Aber jetzt rezitieren und kommentieren die meisten von ihnen bei ihren Treffen und Versammlungen, dem Anlass entsprechend, etwas aus diesen beiden Büchern und erklären und erläutern ihre inneren Bedeutungen und Geheimnisse. Sie begegnen ihren Feinden mit Freundlichkeit und behandeln blutrünstige Wölfe mit zärtlicher Fürsorge, als wären es die Gazellen auf den Wiesen der Liebe Gottes. Du hast ihr Verhalten und ihren Charakter gesehen, und du hast von den Sitten der Perser in vergangenen Zeiten gehört. Kann dieser Sittenwandel und diese Verbesserung von Sprache und Verhalten anders als durch die Liebe Gottes herbeigeführt werden? Nein, bei Gott! Sollten wir versuchen, solche Sitten und Gebräuche allein durch Wissen und Bildung zu verbreiten, würden tausend Jahre vergehen, und doch wären sie von den Massen nicht umgesetzt worden.
Dies wurde Dank der Liebe Gottes an diesem Tag mit größter Leichtigkeit erreicht. Merkt auf, o ihr mit verständigem Herzen!

Literaturverzeichnis

Bahá’u’lláh
– Anspruch und Verkündigung, Sendbriefe aus Edirne und ‘Akká, Hofheim, 2007
– Ährenlese, Eine Auswahl aus den Schriften Bahá’u’lláhs, Hofheim, 7. Auflage, 2012, Nachdruck der 4. revidierten Auflage 1999 als Taschenbuch
– Brief an den Sohn des Wolfes, Auflage 2.02-online (2019-02-20), bibliothek.bahai.de, Bahá’í Verlag 2019
– Kitáb-i-Aqdas – Das Heiligste Buch, Hofheim, 2000
– Kitáb-i-Íqán – Das Buch der Gewissheit, Frankfurt am Main, 1958, 4. völlig überarbeitete Auflage: Hofheim 2004
– Verborgene Worte, Hofheim, 12.Auflage, 2015
Balyuzi, H. M.
– Bahá’u’lláh – Der Herr der Herrlichkeit, Hofheim, 1991
‘Abdu’l-Bahá
– Briefe und Botschaften, Hofheim, 1992
– The Promulgation of Universal Peace, translation Howard MacNutt, Wilmette, IL, 2012
– Ansprachen in Paris, Hofheim, 2014, 10. Veränderte Auflage
Aristoteles
– Physik
Bibel, verschiedene Ausgaben
Qur’án, verschiedene Ausgaben
Nicholson, R. A.
– Mysticism, The Legacy of Islam, edited by Sir Thomas Arnold und Alfred Guillaume, Oxford 1931, S. 224
Shoghi Effendi
– Die Weltordnung Bahá’u’lláhs, Briefe von Shoghi Effendi, Hofheim, 1977
– Der verheißene Tag ist gekommen, Frankfurt, 1967
– Gott geht vorüber, Hofheim, 2019, Auflage, 4.01-P(2019-10-16)
Platon
– Parmenides, nach der Übersetzung Francis MacDonald Cornford
Plotin
– Enneaden, nach der Übersetzung von Armstrong
Ibn Abí Uṣaybi‘ih
– ‘Uyúnu’l-Anbá’ fí Ṭabaqáti’l-Aṭibbá’, Kairo 1882
Jurjí Zaydán
– Umayyads and ‘Abbásids: Being the Fourth Part of Jurjí Zaydán’s History of Islamic Civilization, translation D. S. Margoliouth, London 1987
Alle Bibel- und Qur‘ánpassagen wurden verbatim aus im deutschsprachigen Raum erhältlichen Übersetzungen zitiert, wobei jeweils diejenige Version gewählt wurde, die möglichst gut mit der englischen Übersetzungsvorlage übereinstimmt.

Quellenangaben

Anmerkungen

A1 Vergleiche zum Beispiel: ‘Abdu’l-Bahá, Briefe und Botschaften, 30:2; ‘Abdu’l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, Ansprache am 1. September 1912, im Haus von Mr. und Mrs. William Sutherland Maxwell; ‘Abdu’l-Bahá, Ansprachen in Paris, 2:1 und 28:6
A2 Kapitel 46, Absatz 7
A3 Shoghi Effendi, Gott geht vorüber 482
A4 Aus einem Brief Shoghi Effendis vom 13. März 1923 an die Bahá’í in Australasien.
A5 Aus einem Brief vom 14. November 1940 im Auftrag von Shoghi Effendi an einen einzelnen Gläubigen.
A6 Genesis 1:26
A7 Vergleiche: Johannes 6:42
A8 Vergleiche: Jurjí Zaydán, Umayyads and ‘Abbásids: Being the Fourth Part of Jurjí Zaydán’s History of Islamic Civilization, translation D. S. Margoliouth, London 1987, S. 125ff.
A9 ‘Umar
A10 Kopernikus
A11 Qur’án 36:38
A12 Qur’án 36:40
A13 Galileo
A14 ‘Abdu’l-Bahá bezieht sich auf den Báb mit Dessen Titel Ḥaḍrat-i-A‘lá – Seine Heiligkeit der Erhabene –, aber Er wird hier mit dem Namen bezeichnet, unter dem Er im Westen bekannt ist.
A15 ‘Abdu’l-Bahá bezieht sich hier auf Bahá’u’lláh mit Dessen Titel Jamál-i-Mubárak (die Gesegnete Schönheit). Er wird auch Jamál-i-Qidam (Urewige Schönheit) und Qalam-i-A‘lá (Feder des Höchsten) genannt, aber Er wird hier durchweg nach Seinem Titel Bahá’u’lláh benannt, unter dem Er im Westen bekannt ist.
A16 Bahá’u’lláh wurde zuerst von Ṭihrán nach Baghdád verbannt, dann nach Konstantinopel (Istanbul) und Adrianopel (Edirne). 1868 wurde Er in ‘Akká, dem „Größten Gefängnis“, inhaftiert, und verstarb 1892 in der näheren Umgebung.
A17 Zwei Städte im Irak, in denen sich die Grabmäler des ersten und des dritten Imáms der Shí‘iten befinden, und die wichtige Pilgerstätten sind.
A18 Bahá’u’lláhs erstes Sendschreiben an Napoleon III. wurde in Adrianopel offenbart, das Bahá’u’lláh als »entlegenen Kerker« bezeichnete. (siehe Bahá’u’lláh, Brief an den Sohn des Wolfes 76).
A19 Vergleiche: Bahá’u’lláh, Súriy-i-Haykal, in: Anspruch und Verkündigung 1:138
A20 Der Sohn des französischen Konsuls in Syrien, der laut Nabíl-i-A‘ẓam ein Anhänger Bahá’u’lláhs war. Vergleiche: Balyuzi, H. M., Bahá’u’lláh – Der Herr der Herrlichkeit, S. 371
A21 Vergleiche: Bahá’u’lláh, Súriy-i-Haykal, in: Anspruch und Verkündigung 1:221
A22 ›Yá Bahá’u’l-Abhá‹, eine Anrufung des Größten Namens Gottes (der Allherrliche, oder auch der Herrlichste).
A23 Bahá’u’lláh
A24 Vergleiche: Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán – Das Buch der Gewissheit 213
A25 Siehe oben, Kapitel 8–9
A26 Vergleiche: Daniel 9:24
A27 Vergleiche: Numeri 14:34; Hesekiel 4:6
A28 Das heißt, Muḥammads Frau und deren Cousine Varaqih-ibn-i-Nawfal.
A29 Da das öffentliche Wirken Muḥammads zehn Jahre vor der Hijrah begann, entspricht dieses Datum dem Jahr 1280 n.d.H. bzw. 1863 n.Chr.
A30 Offenbarung 11:3
A31 Qur’án 48:8
A32 Offenbarung 11:4
A33 Offenbarung 11:5
A34 Offenbarung 11:6
A35 Offenbarung 11:6
A36 Offenbarung 11:6
A37 Offenbarung 11:7
A38 Offenbarung 11:7
A39 Offenbarung 11:7
A40 Offenbarung 11:8
A41 Offenbarung 11:9
A42 Offenbarung 11:10
A43 Offenbarung 11:11
A44 Offenbarung 11:12
A45 Der Báb und Quddús
A46 Offenbarung 11:12
A47 Offenbarung 11:13
A48 Offenbarung 11:13
A49 Offenbarung 11:14
A50 Hesekiel 30:1–3
A51 Offenbarung 11:15
A52 Offenbarung 11:16–17
A53 »In Bezug auf die vierundzwanzig Ältesten erklärte der Meister in einem Sendschreiben, dass es sich um den Báb, die 18 Buchstaben des Lebendigen und fünf andere handelt, die in Zukunft bekannt werden würden.« (Aus einem Brief vom Juli 1943 an einen einzelnen Gläubigen, geschrieben im Auftrag Shoghi Effendis) ‘Abdu’l-Bahá benannte in einem Sendschreiben eine der verbleibenden fünf Personen als Ḥájí Mírzá Muḥammad-Taqí Afnán, Vakílu’d-Dawlih.
A54 Offenbarung 11:18
A55 Offenbarung 11:18
A56 Offenbarung 11:18
A57 Offenbarung 11:18
A58 Offenbarung 11:19
A59 Offenbarung 11:19
A60 Offenbarung 11:19
A61 Offenbarung 11:19
A62 Die Übersetzung des Absatzes folgt bis zu dieser Stelle Shoghi Effendis überarbeiteter Übersetzung, wie zitiert in: Shoghi Effendi, Die Weltordnung Bahá’u’lláhs, S. 299 und in: Shoghi Effendi, Der verheißene Tag ist gekommen, S. 183. Es ist zu beachten, dass das Wort ›Nahál‹, das im Englischen ›rod‹ entspricht und in den Absätzen 1–2 als solches wiedergegeben wurde, in diesem Absatz als ›Schössling‹ wiedergegeben wurde. Beide Begriffe beziehen sich auf Bahá’u’lláh.
A63 Offenbarung 21:1–3
A64 Offenbarung 21:2
A65 Offenbarung 12:2
A66 Offenbarung 12:3–4
A67 Offenbarung 12:4
A68 Offenbarung 12:5
A69 Offenbarung 12:5
A70 Offenbarung 12:6
A71 Offenbarung 12:6
A72 Offenbarung 12:6
A73 Das Wort ›Sa‘ádat‹, das hier als ›Glück‹ wiedergegeben wird, hat weitere Bedeutungen wie Wohlstand, Freude und Wohlbefinden.
A74 Vergleiche: Matthäus 3:16–17, Markus 1:10–11, Lukas 3:22
A75 Vergleiche: Exodus 13:21–22
A76 Vergleiche: Johannes 10:38
A77 Aus Bahá’u’lláhs Sendschreiben an Náṣiri’d-Dín Sháh, in Súriy-i-Haykal, in: Brief an den Sohn des Wolfes 12
A78 Qur’án 19:17; vergleiche auch Lukas 1:26–28
A79 Qur’án 36:36
A80 Vergleiche Qur’án 13:3
A81 Johannes 1:12–13
A82 Genesis 2:7
A83 Vergleiche: Matthäus 3:11, Markus 1:8, Lukas 3:16, Johannes 1:33
A84 Vergleiche: Apostelgeschichte 15:20
A85 ‘Abdu’l-Bahá bezieht sich hier auf das Konzept von Hitze und Kälte, das in der traditionellen islamischen Medizin eine wichtige Rolle spielt.
A86 Johannes 6:51
A87 Matthäus 26:26
A88 Matthäus 8:22, Johannes 3:6
A89 Vergleiche: Matthäus 13:14–15, Johannes 12:39–40
A90 Vergleiche: Matthäus 24:29–30
A91 Vergleiche: Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán – Das Buch der Gewissheit, Absatz 27–42 und 66–87
A92 Vergleiche: Johannes 3:13
A93 Masíkh (Monster), eine Verzerrung von Masíḥ (Messias).
A94 Vergleiche: 1 Thessaloniker 5:2, 2 Petrus 3:10
A95 Johannes 17:5
A96 Vergleiche: Johannes 6:50–51
A97 Vergleiche: Genesis 2:16–17
A98 Vergleiche: Genesis 3:5
A99 Vergleiche: Genesis 3:11–15, 22
A100 Bahá’u’lláh
A101 Vergleiche: Johannes 6:51
A102 D.h. Juden und Christen
A103 Matthäus 8:22
A104 Matthäus 12:31–2
A105 Matthäus 22:14
A106 Qur’án 2:105 und 3:74
A107 Matthäus 22:14
A108 Vergleiche: Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán – Das Buch der Gewissheit 156–179
A109 Vergleiche: Johannes 1:19–21
A110 Das heißt, die Individualität von Johannes.
A111 Vergleiche Matthäus 23:34–36
A112 Matthäus 16:18
A113 Der Vorname von Petrus war Simon, aber Christus nannte ihn Kephas, was den griechischen Wörtern ›Petros‹ oder ›Petra‹ entspricht und ›Fels‹ bedeutet.
A114 Vergleiche: Matthäus 16:14–18
A115 An anderer Stelle umfasst ‘Abdu’l-Bahás Klassifizierung auch den Geist des Minerals, vergleiche Beantwortete Fragen Kapitel 64, Briefe und Botschaften 30:2, und The Promulgation of Universal Peace (2012), S. 95, 264f., 336, 360 und 377f.
A116 Aus einer Überlieferung, die Imám ‘Alí zugeschrieben wird.
A117 Qur’án 6:103
A118 Aus einer Überlieferung, die Imám ‘Alí zugeschrieben wird.
A119 Qur’án 59:2
A120 Vergleiche: Johannes 14:11 und 17:21
A121 ‘Abdu’l-Bahá nimmt hier eine Frage über den Beginn der Offenbarung Bahá’u’lláhs vorweg, die in Kapitel 16 und 39 ausführlicher behandelt wird.
A122 Vergleiche: Ährenlese, Eine Auswahl aus den Schriften Bahá’u’lláhs, Kapitel 41, und Bahá’u’lláh, Súriy-i-Haykal, in: Anspruch und Verkündigung 1:192
A123 Johannes 1:1
A124 Matthäus 6:9, Lukas 11:2
A125 Siehe: Kapitel 14
A126 Johannes 1:1
A127 Vergleiche: Exodus 20:4–5, Deuteronomium 5:8–9
A128 Vergleiche: Numeri 13–14
A129 Qur’án 48:1–2
A130 Matthäus 19:16–17
A131 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Aqdas – Das Heiligste Buch 47
A132 Das Wort ›Naw‘‹, das hier und in den folgenden Kapiteln als ›Art‹ übersetzt wird, hat eine Reihe von Bedeutungen, darunter ›Art‹, ›Gattung‹ und ›Spezies‹. ‘Abdu’l-Bahá verwendet das Wort nicht in der modernen biologischen Bedeutung, sondern in der Bedeutung unveränderlicher archetypischer Formen.
A133 In einer Tafel schreibt Bahá’u’lláh diese Worte Hermes zu.
A134 Siehe zum Beispiel Kapitel 2 und 80
A135 Qur’án 23:14 und Bahá’u’lláh, Verborgene Worte, pers. 9
A136 Genesis 1:26
A137 Wie im nächsten Kapitel zu sehen ist, verwendet ‘Abdu’l-Bahá die Begriffe ›In Erscheinung treten durch Emanation‹ und ›Hervorgehen durch Emanation‹ synonym.
A138 Vergleiche: Kapitel 80
A139 Vergleiche: Genesis 2:7
A140 Johannes 1:1
A141 Johannes 1:1
A142 Vergleiche: zum Beispiel Johannes 14:10–11 und 17:21
A143 Siehe: Kapitel 36
A144 Vergleiche: Genesis 9:22–7
A145 Ein solcher Unterschied in den Fähigkeiten muss unweigerlich zu einem Unterschied im Charakter führen.
A146 Vergleiche: Ährenlese aus den Schriften Bahá’u’lláhs, Kapitel 41; und Bahá’u’lláh, Súriy-i-Haykal, in: Anspruch und Verkündigung 1:192
A147 Vergleiche: Offenbarung 22:13
A148 Vergleiche: Kapitel 48
A149 Vergleiche: Johannes 3:5
A150 Vergleiche: Johannes 1:13
A151 Qur’án 23:14
A152 ‘Abdu’l-Bahá wendet sich hier direkt an Laura Clifford Barney, deren Vater 1902 verstorben war.
A153 Mírzá Yaḥyá, Halbbruder und eingeschworener Feind Bahá’u’lláhs
A154 »Die erste Pflicht, die Gott Seinen Dienern auferlegt, ist die Anerkennung Dessen, der der Tagesanbruch Seiner Offenbarung, der Urquell Seiner Gesetze ist und Gott im Reiche Seiner Sache und in der Welt der Schöpfung vertritt. Wer diese Pflicht erfüllt, hat alles Gute erreicht, und wer dessen beraubt ist, geht in die Irre, hätte er auch alle gerechten Werke vollbracht.«(Kitáb-i-Aqdas – Das Heiligste Buch 1)
A155 Siehe Kapitel 84 für eine ausführlichere Erörterung dieses Themas.
A156 Römer 9:21
A157 Siehe: Kapitel 32, 62 und 63
A158 Vergleiche: Matthäus 5:39
A159 Ein Bahá’í, der mit am Tisch saß.
A160 Matthäus 8:22
A161 Vergleiche: Aristoteles, Physik 194b16–195a1
A162 Der Baum von Zaqqúm, erwähnt in Qur’án 17:60, 37:62–66, 44:43–46 und 56:52–53
A163 Vergleiche: Qur’án 37:180
A164 Qur’án 59:2
A165 Siehe: Kapitel 33 für eine ausführlichere Erörterung dieses Themas.
A166 Wie ‘Abdu’l-Bahá erklärt, liegt der Ursprung der Idee jedoch sehr weit zurück, seine Geschichte im islamischen Denken beginnt mit Ibnu’l-‘Arabí (1165–1240). »Ibnu’l-‘Arabí ist ein überzeugter Monist, und der Name seiner Lehre (Vaḥdatu’l-Vujúd, die Einheit der Existenz) beschreibt sie treffend. Er ist der Ansicht, dass alle Dinge im Wissen Gottes als Vorstellung präexistent sind, von dort aus emanieren und dorthin schließlich zurückkehren.« Nicholson, R. A., Mysticism, The Legacy of Islam, edited by Sir Thomas Arnold und Alfred Guillaume, Oxford 1931, S. 224
A167 Vergleiche: Plotin, Enneaden 5.2.1: »Das Eine ist alles und auch nicht eins.« (nach der Übersetzung von Armstrong); und Platon, Parmenides 160b2-3: »Wenn es also das Eine gibt, ist das Eine sowohl Alles als auch Nichts, sowohl in Bezug auf sich selbst als auch auf die anderen« (nach der Übersetzung von Cornford). In der Tradition der islamischen Philosophen werden einige der Schriften des Plotin Aristoteles zugeschrieben.
A168 Vergleiche: Ibn Abí Uṣaybi‘ih, ‘Uyúnu’l-Anbá’ fí Ṭabaqáti’l-Aṭibbá’, Kairo 1882, 1:76–77