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Source : www.bahai-biblio.org
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Lettre d'Abdu'l-Bahá au Professeur Auguste Forel
Traduction de Pierre Spierckel, approuvée par la Commission de Traduction pour la Francophonie en octobre 1997.
Introduction :
Le professeur Auguste Forel est un des grands scientifiques suisses du dix-neuvième siècle. Il étudia particulièrement la vie des fourmis, l'anatomie du cerveau, l'hypnose, la perception sensorielle des insectes, l'hygiène du système nerveux, la sexualité, etc. De 1879 à 1898, il fut professeur de psychiatrie à l'université de Zurich et directeur de l'hôpital psychiatrique de cette ville.
Agnostique militant, il fut aussi un membre actif de la Libre Pensée suisse avant de devenir bahá'í.
Lettre d'Abdu'l-Bahá au Professeur Auguste Forel :
O toi, homme respecté, épris de vérité !
Ta lettre du 28 juillet 1921 m'est parvenue. Elle traite de sujets fort intéressants ce qui prouve, Dieu merci, que tu es toujours jeune et que tu poursuis ta recherche de la vérité. Tes facultés intellectuelles sont actives et les découvertes de ton esprit importantes.
On trouve partout de nombreux exemplaires de l'épître que j'ai envoyée au docteur Fisher et chacun sait qu'elle fut écrite en 1910. D'ailleurs, avant la guerre, j'ai écrit bien d'autres lettres sur le même sujet et il en est également question dans le journal de San Francisco dont la date connue ne laisse subsister aucun doute. Enfin, les philosophes larges d'esprit ont fait l'éloge du discours que j'ai prononcé avec conviction à ladite université. C'est pourquoi je t'envoie ci-joint un exemplaire de ce journal.
Quant à tes oeuvres, elles sont sans aucun doute d'une grande utilité et, si elles étaient publiées, j'aimerais en recevoir un exemplaire de chaque.
Ces matérialistes dont nous avons exposé les opinions sur la Divinité ne sont pas les philosophes en général mais cette catégorie de philosophes matérialistes adorateurs du sensible, qui par une vision étroite, ne se fient qu'à leurs cinq sens, et dont les critères de connaissance se limitent aux sensations. Pour eux, n'est réel que ce que leurs sens peuvent percevoir. Tout ce qui ne tombe pas sous le pouvoir des sens étant inexistant ou douteux, ils considèrent l'existence de la Divinité comme absolument douteuse. Comme tu l'as écrit, il ne s'agit pas des philosophes en général, mais bien des matérialistes à vision étroite. Les philosophes déistes : Socrate, Platon, Aristote, sont dignes de considération et méritent les plus grands éloges pour les services remarquables qu'ils ont rendus à l'humanité, de même que les philosophes matérialistes accomplis, à tendance modérée, qui ont rendu d'importants services eux aussi.
Nous considérons la connaissance et la sagesse comme la base du progrès humain et nous avons de l'estime pour les philosophes larges d'esprit. Lis attentivement le journal de l'Université de San Francisco afin que la vérité t'apparaisse.
Les facultés mentales sont des propriétés inhérentes à l'âme, comme le rayonnement lumineux est la propriété essentielle du soleil. Les rayons solaires se renouvellent mais le soleil reste toujours le même, inchangé. Remarque comme l'intelligence humaine se développe puis s'affaiblit et parfois peut faire totalement défaut, alors que l'âme est immuable. La manifestation de l'intelligence dépend de la santé du corps : une intelligence saine ne peut se manifester que dans un corps sain tandis que l'âme n'est pas conditionnée par le corps.
C'est par le pouvoir de l'âme que l'intelligence comprend, conçoit et exerce son influence, tandis que l'âme est une force libre. C'est par le concret que l'intelligence conçoit l'abstrait, mais l'âme a des manifestations illimitées qui lui sont propres. L'intelligence humaine est bornée, l'âme sans limites. C'est à travers les sens : la vue, l'ouïe, le goût, l'odorat et le toucher que l'intelligence saisit, tandis que l'âme n'a besoin d'aucun intermédiaire. Comme tu peux le remarquer, l'âme est en mouvement et toujours active aussi bien pendant le sommeil qu'à l'état de veille. Il nous arrive de découvrir la solution d'un problème complexe pendant un rêve, alors que nous en étions incapables à l'état de veille. De plus, l'intelligence ne peut rien concevoir si les sens ne fonctionnent plus ; dans le foetus et dans la prime enfance, la faculté de raisonner fait complètement défaut, alors que l'âme est toujours en pleine force. Bref, nombreuses sont les preuves que, malgré la défaillance de la raison, la force de l'âme continue d'exister.
L'esprit cependant existe à des degrés et à des rangs différents. Considérons l'existence de l'esprit dans le minéral ; il est incontestable que celui-ci est doué d'un esprit et qu'il vit selon les exigences de ce rang. Les naturalistes admettent également aujourd'hui ce secret ignoré jadis que tout ce qui existe est doué de vie ; ainsi que Muhammad le dit dans le Qur'án : " toute chose est vivante ".
Le règne végétal possède le pouvoir de croissance et cette force de croissance c'est l'esprit végétal. Le règne animal possède en plus les facultés sensorielles. Dans le monde humain il existe une force qui comprend toutes les autres. Alors que dans les règnes précédents, la faculté de raisonner n'existe pas, dans celui-ci l'âme existe et se manifeste. Les facultés sensorielles ne conçoivent pas l'âme alors que la faculté de raisonner prouve son existence.
De même, l'intelligence prouve l'existence d'une invisible réalité embrassant tous les êtres, qui se révèle et se manifeste dans tous les règnes et dont l'essence dépasse la portée de l'intelligence. Ainsi, le minéral ne conçoit ni la réalité ni les perfections du végétal, le végétal ne saisit pas la nature de l'animal, pas plus que l'animal ne comprend la réalité de l'homme qui, lui, découvre et embrasse toutes choses.
L'animal est prisonnier de la nature et ne peut en transgresser les lois ni les règles, alors qu'il existe dans l'homme un pouvoir supérieur à celui de la nature. Ce pouvoir découvre les lois naturelles, les étudie et les contrôle. Ainsi, les minéraux, les végétaux et les animaux sont prisonniers de la nature : même le soleil, dans toute sa grandeur, lui est tellement subordonné qu'il n'a aucune volonté propre et ne peut s'écarter de ses lois, fut-ce de l'épaisseur d'un cheveu. Les êtres appartenant aux règnes minéral, végétal et animal ne peuvent échapper aux lois naturelles et en sont les esclaves. Alors que l'homme, pourtant prisonnier de la nature par le corps, est cependant libre par l'âme et l'intelligence. Il domine la nature. Remarquons que, selon les lois de la nature, l'homme vit, se déplace et passe son existence sur terre ; mais son âme et son intelligence interviennent dans ces lois et, tel un oiseau, il s'envole. Il parcourt rapidement les mers et, tel un poisson, explore leurs profondeurs et y fait des découvertes. On peut dire que c'est une sérieuse entorse infligée aux lois naturelles.
Considérons l'énergie électrique : cette force violente et indomptée sépare les montagnes et pourtant l'homme l'a emprisonnée dans une ampoule ; à l'évidence, c'est une infraction aux lois naturelles. L'homme découvre ces mystères de la nature qui, conformément aux lois naturelles, devraient rester cachés et, de l'invisible, il les amène sur le plan visible. Ce qui est une transgression des lois. Il découvre de même les propriétés inhérentes des choses qui sont les secrets de la nature. Il met en lumière les faits passés oubliés par la mémoire, et il prévoit, par son pouvoir d'induction, les événements encore inconnus de l'avenir. Ou encore, alors que les communications et les explorations sont limitées aux courtes distances par les lois naturelles, l'homme, par ce pouvoir spirituel qui lui est propre, découvre les réalités des choses et relie l'Orient à l'Occident, ce qui est aussi une infraction aux lois de la nature.
Les images sont fugitives d'après les lois naturelles, mais l'homme les fixe sur une plaque de verre. Ce qui est aussi une dérogation à ces lois. Réfléchis et médite sur ceci : les sciences, les arts, les métiers, inventions et découvertes constituaient autrefois des secrets de la nature qui, en vertu de ses lois, auraient dû rester cachés ; mais par ses capacités de découverte, l'homme enfreint ces lois et rend visibles les secrets cachés dans l'invisible, ce qui, encore une fois, constitue une infraction aux lois naturelles.
En résumé, cette faculté spirituelle de l'homme, invisible à l'oeil, arrache le glaive des doigts de la nature et lui en assène des coups terribles. Toutes les autres créatures, quelle que soit leur importance, sont privées de ces perfections. L'homme possède le pouvoir de la volonté et celui de l'entendement, mais la nature en est privée. Elle est enchaînée, l'homme est libre. La nature est dépourvue d'entendement, l'homme comprend. Elle ignore les événements du passé mais l'homme en est instruit. Elle ne prévoit pas ceux de l'avenir mais l'homme, par son pouvoir de discernement, les prévoit. Elle n'a aucune conscience d'elle- même, l'homme est au courant de toutes choses.
On pourrait supposer que l'homme, n'étant qu'un élément de la nature, toutes les perfections dont il est doué ne sont que des manifestations de cette nature. Par conséquent, loin d'être privée de ces perfections la nature en serait l'origine. À ceci nous répondons que la partie dépendant du tout, il est impossible que la partie possède des perfections dont le tout est privé.
Par " nature ", on entend les propriétés inhérentes des choses et les relations nécessaires qui découlent de la réalité des choses. Ces réalités, quoiqu'infiniment diverses, sont toutefois intimement reliées entre elles. À ces différentes réalités il faut un agent unificateur capable de les relier les unes aux autres. Ainsi les divers membres, organes, éléments et parties qui constituent le corps de l'homme, quoique différents, sont néanmoins tous liés entre eux sous l'action unifiante de ce qu'on appelle l'âme humaine, ce qui leur permet d'agir en complète harmonie avec une régularité absolue, et d'assurer ainsi la continuité de la vie. Le corps humain est cependant tout à fait inconscient de cette action unificatrice ; il agit régulièrement malgré tout et s'acquitte de ses fonctions selon sa volonté.
Les philosophes appartiennent à deux écoles : Socrate le sage croyait en l'unité de Dieu et en la survie de l'âme ; comme ses opinions allaient à l'encontre de celles de ses contemporains à l'esprit borné, ce divin sage fut empoisonné par eux. Tous les philosophes religieux, les hommes de sagesse et de raison, observant le nombre infini des créatures, remarquèrent que, dans cet immense et incommensurable univers, tout aboutit au règne minéral, que ce monde minéral a donné naissance au monde végétal, celui-ci au monde animal, et le monde animal au monde humain. L'aboutissement de cet univers infini, dans toute sa majesté et sa splendeur, c'est l'homme lui-même qui, en cette existence, peine, souffre quelque temps, endure chagrins et maladies puis, à la fin, se désagrège sans laisser ni traces ni fruits. Si cela était vraiment, on pourrait affirmer que cet univers infini, avec toutes ses perfections, aboutit à une erreur, une illusion sans résultat, sans fruit, sans permanence et sans effet. Il serait complètement dépourvu de sens.
Ces philosophes furent convaincus qu'il n'en est pas ainsi ; cette entreprise grandiose avec toute sa puissance, son effarante splendeur et ses perfections infinies, ne peut en fin de compte aboutir au néant. Qu'une autre vie existe est donc certain et, comme le règne végétal est inconscient de l'existence de l'homme, nous ne savons rien de cette grande existence dans l'au-delà, après la vie sur cette terre. Le fait de ne pas concevoir cette vie n'est pas une preuve qu'elle n'existe pas. Ainsi le monde minéral ignore tout à fait ce qui concerne l'homme ; il ne peut comprendre ce monde. Ignorer une chose ne prouve pas son inexistence. Il existe des preuves nombreuses et concluantes pour démontrer que cet univers infini ne peut se terminer par la vie humaine.
Quant à l'Essence de la Divinité, en vérité, elle ne peut en aucun cas être définie par quoi que ce soit d'autre que par sa nature propre, et ne peut jamais être comprise. Car tout ce que l'homme peut concevoir n'est qu'une réalité limitée et non infinie, une réalité bornée et non globale qu'il peut comprendre et contrôler. Il est évident que les conceptions humaines ne sont pas nécessaires mais contingentes, que leur existence est mentale et non matérielle. De plus, l'existence des différents degrés de développement des êtres du monde contingent est un obstacle à la compréhension ; comment serait-il alors possible à ce qui est contingent de concevoir la réalité de l'absolu ? Nous venons de dire que les différents degrés de développement sur le plan contingent constituent un obstacle à la compréhension : les minéraux, les plantes et les animaux sont dépourvus des facultés mentales de l'homme qui découvre les réalités de toutes choses ; il connaît, lui, tous les degrés qui le précèdent. Chaque plan supérieur comprend le plan inférieur et en découvre la réalité, mais l'inférieur n'a pas connaissance du supérieur et ne peut le comprendre.
Ainsi l'homme est incapable de concevoir l'Essence du divin, mais par le raisonnement, et l'observation, par ses intuitions et par la force révélatrice de sa foi, il peut croire en Dieu et éprouver les bienfaits de sa grâce. Il acquiert cette certitude : bien que l'Essence divine soit invisible et que l'existence de Dieu soit intangible, des preuves spirituelles décisives attestent cependant l'existence de cette invisible réalité. Mais en elle-même, cette Essence est au-delà de toute description. Prenons un exemple : la nature de l'éther est inconnue, mais son existence apparaît certaine dans ses effets : chaleur, lumière et électricité qui en sont les vibrations. Ces ondes vibratoires sont la preuve qu'il existe. De même, si nous considérons la surabondance des grâces divines, nous sommes convaincus de l'existence de Dieu. Encore un exemple : remarquons que l'existence des êtres est due à la combinaison d'éléments divers et leur non-existence à la décomposition de leurs éléments constituants, car cette décomposition provoque la dissociation de ces éléments. Considérant donc que l'assemblage d'éléments donne naissance aux êtres, et sachant que ces êtres sont infinis, comment leur cause pourrait-elle être finie dans la mesure où ils en sont l'effet ?
Or, il ne peut y avoir que trois sortes de composition et trois seulement : fortuite, nécessaire ou volontaire. L'assemblage des différents éléments qui forment les êtres ne peut être dû au hasard, car tout effet comporte nécessairement une cause. Il ne peut être obligatoire car, dans ce cas, la composition devrait être une propriété inhérente aux composants, et la propriété inhérente d'une chose ne peut, en aucune manière, en être séparée ; ainsi de la lumière qui rend les choses apparentes, de la chaleur qui dilate les éléments et du rayonnement qui est la propriété essentielle du soleil. Dans ces conditions, la décomposition de n'importe quel corps composé serait impossible puisque la propriété inhérente à un corps ne peut lui être enlevée. Reste le troisième cas, la composition volontaire : une force invisible, connue comme la Puissance première, cause l'union de ces éléments, chaque structure donnant naissance à un être distinct.
En ce qui concerne les qualités et perfections attribuées à cette divine réalité telles que volonté, connaissance, pouvoir et autres qualités éternelles, il s'agit là des signes reflétés par les créatures sur le plan visible, et non des perfections véritables de cette Essence divine impossible à concevoir. Par exemple, en observant les choses créées, on découvre des perfections à l'infini et ces choses montrant une ordonnance et une harmonie des plus parfaites, on en conclut que la puissance éternelle à laquelle ils doivent l'existence ne peut être ignorante ; nous disons qu'Elle est omnisciente. Il est certain qu'elle n'est pas impuissante mais doit être omnipotente. Elle n'est pas pauvre mais possède toutes les richesses. Elle n'est pas inexistante mais à jamais vivante. Ceci a pour but de démontrer que nous donnons ces attributs et ces perfections à l'universelle Réalité uniquement pour lui dénier toute imperfection plutôt que pour affirmer l'existence de perfections inconcevables pour l'esprit humain. C'est pourquoi on dira que ses attributs sont inconnaissables.
En résumé, cette Réalité universelle, pourvue de toutes les qualités et attributs que nous lui assignons, est sanctifiée et hors de portée de notre intelligence et de notre compréhension. Néanmoins, quand on étudie avec un esprit ouvert cet univers infini, on constate que le mouvement sans force motrice et l'effet sans cause sont tous deux impossibles, que tous les êtres se sont formés sous l'empire de nombreuses influences et subissent des réactions continuelles et que ces influences elles-mêmes dépendent d'autres influences. Ainsi, les plantes poussent et prospèrent sous l'action des pluies printanières, mais les nuages eux-mêmes se forment sous l'influence d'autres réactions, ces dernières étant influencées à leur tour par d'autres facteurs. Ainsi encore des plantes et des animaux : ils croissent et se développent sous l'action de ce que les savants de nos jours appellent hydrogène et oxygène. Ils subissent les effets de ces deux éléments qui se forment eux-mêmes à partir d'autres réactions. On peut en dire autant de tous les êtres, qu'ils réagissent sur d'autres ou soient influencés par eux. Ce processus de causalité se poursuit ainsi, et soutenir qu'il continue indéfiniment est manifestement absurde. Aussi un tel enchaînement de causes doit-il obligatoirement conduire en fin de compte à Celui qui est l'Éternel, le Tout-Puissant, l'Indépendant et la Cause ultime. Cette Réalité universelle est imperceptible et invisible. Il faut nécessairement qu'il en soit ainsi, car Elle contient tout et n'est pas contenue, de tels attributs caractérisant l'effet et non la cause.
Si l'on réfléchit, on peut comparer l'homme à un minuscule organisme à l'intérieur d'un fruit ; ce fruit provient de la fleur ; celle-ci s'est épanouie sur l'arbre, qui est nourri par la sève, elle-même produite par la terre et l'eau. Comment cette infime créature pourrait-elle se rendre compte de la nature du jardin, imaginer le jardinier et comprendre son existence ? C'est évidemment impossible. Mais que cet organisme médite et comprenne, et il remarquera que ce jardin, cet arbre, cette fleur et ce fruit n'ont pu, en aucun cas, parvenir d'eux-mêmes à l'existence dans l'ordre et la perfection où on les trouve. Il en est de même pour un esprit réfléchi et raisonnable ; il a la certitude que cet univers infini, dans son immensité et son ordre parfait, n'a pu se former spontanément.
De même, il existe dans la création des énergies invisibles telles que celle de l'éther déjà citée, qui ne peuvent être vues ni décelées. Néanmoins leurs effets : ondes et vibrations, produisent de la chaleur, de la lumière et de l'électricité, ce qui prouve leur existence. Ainsi en est-il des propriétés de croissance, de sensibilité, d'entendement, de réflexion, de mémoire, d'imagination et de discernement ; toutes ces facultés mentales sont invisibles et intangibles mais cependant évidentes par leurs effets.
Considérons maintenant la Force infinie : l'existence même du fini prouve l'existence de l'infini, car ce qui est limité est connu par l'illimité, comme la pauvreté prouve que la richesse existe. Sans richesse, il n'y aurait pas de pauvreté, sans connaissance point d'ignorance et sans lumière, point de ténèbres. L'obscurité prouve que la lumière existe, car l'obscurité est absence de lumière.
Quant à la nature, ce n'est que l'ensemble des propriétés essentielles et des relations nécessaires inhérentes à la réalité des choses. Et ces réalités infinies, en dépit de leurs diverses particularités, sont cependant intimement liées ensembles et dans la plus parfaite harmonie. Si l'on observe les choses avec attention et largesse d'esprit, on acquiert la certitude que chaque réalité n'est qu'une nécessité indispensable aux autres. Aussi une force unifiante est-elle nécessaire pour relier et accorder ces réalités infinies et diverses, afin que chacune des parties constituantes des êtres puisse accomplir sa fonction particulière dans un ordre parfait. Prenons l'exemple du corps humain, et admettons que la partie soit une indication de l'ensemble. Vois comme les diverses parties et les membres du corps humain sont en étroite liaison et harmonieusement unies les unes aux autres. Chaque partie est, à la fois, nécessaire aux autres et possède sa propre fonction. C'est l'esprit qui est l'agent unificateur et qui réunit si bien tous les composants que chacun d'eux remplit son rôle dans un ordre parfait ; ainsi coopération et réactions réciproques deviennent possibles. L'activité de toutes ces parties est régie par des lois qui sont essentielles à la vie. Que cet agent unificateur soit affecté d'une manière ou d'une autre et il est clair que les parties constituantes du corps et ses divers membres cesseront de fonctionner correctement. Bien que cette force unifiante ne soit ni visible ni perceptible dans le corps humain et que son essence soit inconnue, elle se manifeste néanmoins avec la plus grande évidence par ses effets.
Il est ainsi prouvé que les êtres en nombre infini de cet univers merveilleux ne sauraient fonctionner que s'ils sont dirigés et contrôlés par une réalité universelle et qu'ainsi l'ordre règne dans le monde. Par exemple, interaction et coopération entre les parties constitutives du corps humain sont évidentes et indiscutables, et pourtant cela ne suffit pas. Il leur faut un principe unificateur qui dirige et contrôle les parties constituantes afin qu'elles puissent, par interaction et coopération, accomplir en ordre parfait leurs nécessaires fonctions respectives.
Loué soit le Seigneur ! tu sais qu'interactions et coopérations sont des faits établis parmi les êtres, qu'ils soient petits ou grands. Dans le cas de grands organismes, la chose est aussi manifeste que le soleil et dans le cas de corps minuscules, bien que l'interaction soit inconnue, on peut dire que la partie est indicative de l'ensemble. Toutes ces interactions sont en relation avec ce pouvoir général qui est leur pivot, leur centre, leur source et leur puissance motrice. Nous avons observé comme exemple la coopération bien établie entre les différentes parties constitutives du corps humain, ces parties et ces membres rendant des services à tous les autres éléments du corps. Ainsi la main, le pied, l'oeil, l'oreille, l'intelligence, l'imagination aident les différentes parties et les membres du corps humain, mais toutes ces interactions sont reliées entre elles par un pouvoir invisible, qui englobe tout et qui est la cause de la régularité parfaite de ces interactions. Ce pouvoir est la " faculté interne " de l'homme, c'est-à-dire son esprit et sa raison qui sont tous deux invisibles.
Considère encore les réactions qui existent entre les diverses pièces et parties constituantes des engins et des machines industrielles et comment ils communiquent entre eux. Toutes ces réactions et liaisons sont pourtant en rapport avec une direction centrale qui est leur génératrice, leur axe et leur source d'énergie. Cette force centrale, dans un cas, c'est la vapeur, dans l'autre, l'habileté d'un esprit supérieur.
Il est ainsi démontré que les réactions et les relations mutuelles ainsi que la coopération des êtres sont, à l'évidence, sous la dépendance et la volonté d'une Puissance motrice qui est l'origine, le pivot et la source d'énergie de toutes les interactions de l'univers.
De même, toute combinaison, toute structure dépourvue d'un ordre parfait est considérée comme accidentelle. Tout composé dont les éléments présentent des rapports ordonnés, réguliers et parfaits, dont chaque partie est en bonne et due place et constitue une nécessité indispensable pour toutes les autres, est considéré comme un composé façonné par la volonté et la connaissance. On ne peut donc pas douter que ces êtres innombrables et ces associations d'éléments variés, assemblés en une infinité de formes, proviennent nécessairement d'une réalité qui ne peut, en aucune manière, être dépourvue de volonté ou de compréhension. Ceci est clair et évident pour la raison et personne ne peut le nier.
Cela ne signifie pas pour autant que cette Réalité universelle ou ses attributs aient été compris. Ni son essence, ni ses véritables attributs ne sont à la portée de qui que ce soit. Mais je soutiens que cette infinité de créatures, ces rapports nécessaires, ces agencements parfaits procèdent obligatoirement d'une source non dénuée d'intelligence ni de volonté, et que cette composition à l'échelle de l'infini, faite d'une suite illimitée de formes, doit être due à une Sagesse qui embrasse tout. Cette proposition est indéniable, sauf pour l'entêté qui s'obstine à nier l'évidence sur laquelle on ne peut se méprendre ; à ce dernier s'applique le verset béni : " Sourds, muets, aveugles, ils ne reviendront plus. "
Voyons maintenant si les facultés mentales et l'âme de l'homme sont une seule et même entité.
L'imagination, la pensée, l'intelligence sont, en fait, les propriétés inséparables de l'âme ; ces facultés sont les conditions essentielles de la réalité humaine comme les rayons solaires sont une propriété inhérente du soleil. Si l'on compare le temple humain à un miroir, son âme est le soleil et ses facultés mentales sont les rayons émanant de cette source lumineuse. Les rayons peuvent cesser d'atteindre le miroir mais ne peuvent en aucune façon être séparés du soleil.
Bref, le monde de l'homme semble surnaturel par rapport au règne végétal alors qu'en réalité ce n'est pas le cas. Mais par rapport à la plante, la réalité de l'homme, ses facultés d'audition et de vision sont toutes surnaturelles car les plantes sont incapables de concevoir cette réalité et la nature des pouvoirs de l'esprit de l'homme. De la même façon, il est impossible à l'homme de saisir l'Essence divine et la nature du grand au-delà. Cependant, les effusions généreuses de cette divine Essence sont accordées à toutes les créatures et c'est sur ces effusions de la grâce divine - l'âme étant l'une d'elles - que l'homme doit méditer en son coeur plutôt que de réfléchir sur l'Essence divine elle-même. Car c'est là la limite extrême de la compréhension humaine. Comme on l'a vu précédemment, les qualités et les perfections attribuées à l'Essence divine, nous les avons déduites de l'observation des créatures existantes, ce qui ne signifie pas que nous ayons conçu la nature de l'Essence de Dieu ni ses perfections. Affirmer que l'Essence divine est intelligente et libre ne signifie pas que nous ayons sondé la volonté divine et son dessein mais plutôt que nous en avons pris conscience par l'intermédiaire de cette grâce divine qui se révèle et se manifeste dans la réalité des choses.
En ce qui concerne les principes sociaux enseignés par Bahá'u'lláh et largement répandus depuis cinquante ans, ils englobent tous les autres enseignements. Il est clair que sans ces principes, le progrès et l'avancement de l'humanité sont tout à fait impossibles. Tous les peuples du monde trouvent dans ces enseignements divins la réalisation de leurs plus hautes aspirations. Ces enseignements sont comme un arbre qui porterait les meilleurs fruits de tous les arbres. Ainsi les philosophes trouveront dans ces enseignements célestes la solution parfaite aux problèmes sociaux et une manière rationnelle et supérieure d'exposer les questions philosophiques. Les croyants y trouveront la réalité de la religion dévoilée d'une manière éclatante dans ces divins principes, de sorte que ceux-ci sont reconnus clairement et de façon décisive comme le remède réel et efficace aux maux et aux troubles de l'humanité.
Si ces enseignements sublimes étaient répandus dans le monde, l'humanité serait libérée de tous dangers et guerre, de tous maux et troubles continuels. De même, les principes économiques bahá'ís représentent l'idéal suprême de toutes les classes laborieuses et des économistes de tendances diverses. Bref, groupes et partis trouvent la réalisation de leurs idéaux dans les principes de Bahá'u'lláh. il fortifie leur volonté au point d'influencer une grande nation pendant des milliers d'années, de régénérer les âmes et de renouveller la société. Juge de l'immensité de cette Puissance ! À mesure que ces principes seront proclamés dans les églises, dans les mosquées et dans les temples des autres confessions, chez les bouddhistes comme chez les adeptes de Confucius, dans les groupes politiques comme parmi les matérialistes, tous rendront témoignage que ces enseignements apportent une vie nouvelle aux hommes et constituent le remède immédiat à tous les malaises sociaux. Personne ne peut trouver de défaut à aucun de ces principes ; bien au contraire, une fois proclamés, ils seront tous bien accueillis ; chacun, les reconnaissant comme une nécessité vitale, s'écriera : " Voici réellement la vérité, et tout le reste n'est qu'erreur manifeste. "
Quelques mots pour conclure qui seront, pour chacun, une preuve claire et décisive de la vérité. Réfléchis : l'autorité de tous les monarques triomphe pendant leur règne ; celle des philosophes exerce son action de leur vivant sur une poignée de disciples ; mais le pouvoir du Saint-Esprit brille de manière éclatante en la personne des messagers de Dieu ; Elle est extraordinaire et c'est une preuve entièrement suffisante de l'authenticité de la mission des Prophètes de Dieu, une démonstration concluante du pouvoir de l'inspiration divine.
Que la Gloire des Gloires soit sur toi !
'Abdu'l-Bahá, le 21 septembre 1921
Notes :
1/Docteur Fisher . Dans sa lettre à Abdu'l-Bahá, Auguste Forel écrivait :
"D'après M. Wilhelm Herrigel qui les a traduites en allemand, les merveilleuses lettres que je lis en ce moment furent envoyées par vous dès 1910 à une dame, le docteur F. Est-ce vrai ? Ces lettres furent-elles vraiment écrites en 1910, avant la guerre ? Si c'est le cas, je suis vraiment étonné de la clarté prophétique de votre vision".
Ce "docteur F." n'est pas vraiment identifiée. L'hypothèse actuellement retenue est que le Docteur Josephine Fallsheer qui servit comme médecin personnel de la famille de Abdu'l-Bahá, le Docteur Fisher et le docteur F sont une seule et même personne.
2/ le journal de San-Francisco. Il s'agit du "Palo Altan", publié à Palo Alto, siège de l'Université Stanford. Le numéro du 1er novembre 1912 donnait en première page le texte in extenso du discours prononcé le 8 octobre par Abdu'l-Bahá.
Source : www.bahai-biblio.org
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Lettre d'Abdu'l-Bahá au Professeur Auguste Forel
Traduction de Pierre Spierckel, approuvée par la Commission de Traduction pour la Francophonie en octobre 1997.
Introduction :
Le professeur Auguste Forel est un des grands scientifiques suisses du dix-neuvième siècle. Il étudia particulièrement la vie des fourmis, l'anatomie du cerveau, l'hypnose, la perception sensorielle des insectes, l'hygiène du système nerveux, la sexualité, etc. De 1879 à 1898, il fut professeur de psychiatrie à l'université de Zurich et directeur de l'hôpital psychiatrique de cette ville.
Agnostique militant, il fut aussi un membre actif de la Libre Pensée suisse avant de devenir bahá'í.
Lettre d'Abdu'l-Bahá au Professeur Auguste Forel :
O toi, homme respecté, épris de vérité !
Ta lettre du 28 juillet 1921 m'est parvenue. Elle traite de sujets fort intéressants ce qui prouve, Dieu merci, que tu es toujours jeune et que tu poursuis ta recherche de la vérité. Tes facultés intellectuelles sont actives et les découvertes de ton esprit importantes.
On trouve partout de nombreux exemplaires de l'épître que j'ai envoyée au docteur Fisher et chacun sait qu'elle fut écrite en 1910. D'ailleurs, avant la guerre, j'ai écrit bien d'autres lettres sur le même sujet et il en est également question dans le journal de San Francisco dont la date connue ne laisse subsister aucun doute. Enfin, les philosophes larges d'esprit ont fait l'éloge du discours que j'ai prononcé avec conviction à ladite université. C'est pourquoi je t'envoie ci-joint un exemplaire de ce journal.
Quant à tes oeuvres, elles sont sans aucun doute d'une grande utilité et, si elles étaient publiées, j'aimerais en recevoir un exemplaire de chaque.
Ces matérialistes dont nous avons exposé les opinions sur la Divinité ne sont pas les philosophes en général mais cette catégorie de philosophes matérialistes adorateurs du sensible, qui par une vision étroite, ne se fient qu'à leurs cinq sens, et dont les critères de connaissance se limitent aux sensations. Pour eux, n'est réel que ce que leurs sens peuvent percevoir. Tout ce qui ne tombe pas sous le pouvoir des sens étant inexistant ou douteux, ils considèrent l'existence de la Divinité comme absolument douteuse. Comme tu l'as écrit, il ne s'agit pas des philosophes en général, mais bien des matérialistes à vision étroite. Les philosophes déistes : Socrate, Platon, Aristote, sont dignes de considération et méritent les plus grands éloges pour les services remarquables qu'ils ont rendus à l'humanité, de même que les philosophes matérialistes accomplis, à tendance modérée, qui ont rendu d'importants services eux aussi.
Nous considérons la connaissance et la sagesse comme la base du progrès humain et nous avons de l'estime pour les philosophes larges d'esprit. Lis attentivement le journal de l'Université de San Francisco afin que la vérité t'apparaisse.
Les facultés mentales sont des propriétés inhérentes à l'âme, comme le rayonnement lumineux est la propriété essentielle du soleil. Les rayons solaires se renouvellent mais le soleil reste toujours le même, inchangé. Remarque comme l'intelligence humaine se développe puis s'affaiblit et parfois peut faire totalement défaut, alors que l'âme est immuable. La manifestation de l'intelligence dépend de la santé du corps : une intelligence saine ne peut se manifester que dans un corps sain tandis que l'âme n'est pas conditionnée par le corps.
C'est par le pouvoir de l'âme que l'intelligence comprend, conçoit et exerce son influence, tandis que l'âme est une force libre. C'est par le concret que l'intelligence conçoit l'abstrait, mais l'âme a des manifestations illimitées qui lui sont propres. L'intelligence humaine est bornée, l'âme sans limites. C'est à travers les sens : la vue, l'ouïe, le goût, l'odorat et le toucher que l'intelligence saisit, tandis que l'âme n'a besoin d'aucun intermédiaire. Comme tu peux le remarquer, l'âme est en mouvement et toujours active aussi bien pendant le sommeil qu'à l'état de veille. Il nous arrive de découvrir la solution d'un problème complexe pendant un rêve, alors que nous en étions incapables à l'état de veille. De plus, l'intelligence ne peut rien concevoir si les sens ne fonctionnent plus ; dans le foetus et dans la prime enfance, la faculté de raisonner fait complètement défaut, alors que l'âme est toujours en pleine force. Bref, nombreuses sont les preuves que, malgré la défaillance de la raison, la force de l'âme continue d'exister.
L'esprit cependant existe à des degrés et à des rangs différents. Considérons l'existence de l'esprit dans le minéral ; il est incontestable que celui-ci est doué d'un esprit et qu'il vit selon les exigences de ce rang. Les naturalistes admettent également aujourd'hui ce secret ignoré jadis que tout ce qui existe est doué de vie ; ainsi que Muhammad le dit dans le Qur'án : " toute chose est vivante ".
Le règne végétal possède le pouvoir de croissance et cette force de croissance c'est l'esprit végétal. Le règne animal possède en plus les facultés sensorielles. Dans le monde humain il existe une force qui comprend toutes les autres. Alors que dans les règnes précédents, la faculté de raisonner n'existe pas, dans celui-ci l'âme existe et se manifeste. Les facultés sensorielles ne conçoivent pas l'âme alors que la faculté de raisonner prouve son existence.
De même, l'intelligence prouve l'existence d'une invisible réalité embrassant tous les êtres, qui se révèle et se manifeste dans tous les règnes et dont l'essence dépasse la portée de l'intelligence. Ainsi, le minéral ne conçoit ni la réalité ni les perfections du végétal, le végétal ne saisit pas la nature de l'animal, pas plus que l'animal ne comprend la réalité de l'homme qui, lui, découvre et embrasse toutes choses.
L'animal est prisonnier de la nature et ne peut en transgresser les lois ni les règles, alors qu'il existe dans l'homme un pouvoir supérieur à celui de la nature. Ce pouvoir découvre les lois naturelles, les étudie et les contrôle. Ainsi, les minéraux, les végétaux et les animaux sont prisonniers de la nature : même le soleil, dans toute sa grandeur, lui est tellement subordonné qu'il n'a aucune volonté propre et ne peut s'écarter de ses lois, fut-ce de l'épaisseur d'un cheveu. Les êtres appartenant aux règnes minéral, végétal et animal ne peuvent échapper aux lois naturelles et en sont les esclaves. Alors que l'homme, pourtant prisonnier de la nature par le corps, est cependant libre par l'âme et l'intelligence. Il domine la nature. Remarquons que, selon les lois de la nature, l'homme vit, se déplace et passe son existence sur terre ; mais son âme et son intelligence interviennent dans ces lois et, tel un oiseau, il s'envole. Il parcourt rapidement les mers et, tel un poisson, explore leurs profondeurs et y fait des découvertes. On peut dire que c'est une sérieuse entorse infligée aux lois naturelles.
Considérons l'énergie électrique : cette force violente et indomptée sépare les montagnes et pourtant l'homme l'a emprisonnée dans une ampoule ; à l'évidence, c'est une infraction aux lois naturelles. L'homme découvre ces mystères de la nature qui, conformément aux lois naturelles, devraient rester cachés et, de l'invisible, il les amène sur le plan visible. Ce qui est une transgression des lois. Il découvre de même les propriétés inhérentes des choses qui sont les secrets de la nature. Il met en lumière les faits passés oubliés par la mémoire, et il prévoit, par son pouvoir d'induction, les événements encore inconnus de l'avenir. Ou encore, alors que les communications et les explorations sont limitées aux courtes distances par les lois naturelles, l'homme, par ce pouvoir spirituel qui lui est propre, découvre les réalités des choses et relie l'Orient à l'Occident, ce qui est aussi une infraction aux lois de la nature.
Les images sont fugitives d'après les lois naturelles, mais l'homme les fixe sur une plaque de verre. Ce qui est aussi une dérogation à ces lois. Réfléchis et médite sur ceci : les sciences, les arts, les métiers, inventions et découvertes constituaient autrefois des secrets de la nature qui, en vertu de ses lois, auraient dû rester cachés ; mais par ses capacités de découverte, l'homme enfreint ces lois et rend visibles les secrets cachés dans l'invisible, ce qui, encore une fois, constitue une infraction aux lois naturelles.
En résumé, cette faculté spirituelle de l'homme, invisible à l'oeil, arrache le glaive des doigts de la nature et lui en assène des coups terribles. Toutes les autres créatures, quelle que soit leur importance, sont privées de ces perfections. L'homme possède le pouvoir de la volonté et celui de l'entendement, mais la nature en est privée. Elle est enchaînée, l'homme est libre. La nature est dépourvue d'entendement, l'homme comprend. Elle ignore les événements du passé mais l'homme en est instruit. Elle ne prévoit pas ceux de l'avenir mais l'homme, par son pouvoir de discernement, les prévoit. Elle n'a aucune conscience d'elle- même, l'homme est au courant de toutes choses.
On pourrait supposer que l'homme, n'étant qu'un élément de la nature, toutes les perfections dont il est doué ne sont que des manifestations de cette nature. Par conséquent, loin d'être privée de ces perfections la nature en serait l'origine. À ceci nous répondons que la partie dépendant du tout, il est impossible que la partie possède des perfections dont le tout est privé.
Par " nature ", on entend les propriétés inhérentes des choses et les relations nécessaires qui découlent de la réalité des choses. Ces réalités, quoiqu'infiniment diverses, sont toutefois intimement reliées entre elles. À ces différentes réalités il faut un agent unificateur capable de les relier les unes aux autres. Ainsi les divers membres, organes, éléments et parties qui constituent le corps de l'homme, quoique différents, sont néanmoins tous liés entre eux sous l'action unifiante de ce qu'on appelle l'âme humaine, ce qui leur permet d'agir en complète harmonie avec une régularité absolue, et d'assurer ainsi la continuité de la vie. Le corps humain est cependant tout à fait inconscient de cette action unificatrice ; il agit régulièrement malgré tout et s'acquitte de ses fonctions selon sa volonté.
Les philosophes appartiennent à deux écoles : Socrate le sage croyait en l'unité de Dieu et en la survie de l'âme ; comme ses opinions allaient à l'encontre de celles de ses contemporains à l'esprit borné, ce divin sage fut empoisonné par eux. Tous les philosophes religieux, les hommes de sagesse et de raison, observant le nombre infini des créatures, remarquèrent que, dans cet immense et incommensurable univers, tout aboutit au règne minéral, que ce monde minéral a donné naissance au monde végétal, celui-ci au monde animal, et le monde animal au monde humain. L'aboutissement de cet univers infini, dans toute sa majesté et sa splendeur, c'est l'homme lui-même qui, en cette existence, peine, souffre quelque temps, endure chagrins et maladies puis, à la fin, se désagrège sans laisser ni traces ni fruits. Si cela était vraiment, on pourrait affirmer que cet univers infini, avec toutes ses perfections, aboutit à une erreur, une illusion sans résultat, sans fruit, sans permanence et sans effet. Il serait complètement dépourvu de sens.
Ces philosophes furent convaincus qu'il n'en est pas ainsi ; cette entreprise grandiose avec toute sa puissance, son effarante splendeur et ses perfections infinies, ne peut en fin de compte aboutir au néant. Qu'une autre vie existe est donc certain et, comme le règne végétal est inconscient de l'existence de l'homme, nous ne savons rien de cette grande existence dans l'au-delà, après la vie sur cette terre. Le fait de ne pas concevoir cette vie n'est pas une preuve qu'elle n'existe pas. Ainsi le monde minéral ignore tout à fait ce qui concerne l'homme ; il ne peut comprendre ce monde. Ignorer une chose ne prouve pas son inexistence. Il existe des preuves nombreuses et concluantes pour démontrer que cet univers infini ne peut se terminer par la vie humaine.
Quant à l'Essence de la Divinité, en vérité, elle ne peut en aucun cas être définie par quoi que ce soit d'autre que par sa nature propre, et ne peut jamais être comprise. Car tout ce que l'homme peut concevoir n'est qu'une réalité limitée et non infinie, une réalité bornée et non globale qu'il peut comprendre et contrôler. Il est évident que les conceptions humaines ne sont pas nécessaires mais contingentes, que leur existence est mentale et non matérielle. De plus, l'existence des différents degrés de développement des êtres du monde contingent est un obstacle à la compréhension ; comment serait-il alors possible à ce qui est contingent de concevoir la réalité de l'absolu ? Nous venons de dire que les différents degrés de développement sur le plan contingent constituent un obstacle à la compréhension : les minéraux, les plantes et les animaux sont dépourvus des facultés mentales de l'homme qui découvre les réalités de toutes choses ; il connaît, lui, tous les degrés qui le précèdent. Chaque plan supérieur comprend le plan inférieur et en découvre la réalité, mais l'inférieur n'a pas connaissance du supérieur et ne peut le comprendre.
Ainsi l'homme est incapable de concevoir l'Essence du divin, mais par le raisonnement, et l'observation, par ses intuitions et par la force révélatrice de sa foi, il peut croire en Dieu et éprouver les bienfaits de sa grâce. Il acquiert cette certitude : bien que l'Essence divine soit invisible et que l'existence de Dieu soit intangible, des preuves spirituelles décisives attestent cependant l'existence de cette invisible réalité. Mais en elle-même, cette Essence est au-delà de toute description. Prenons un exemple : la nature de l'éther est inconnue, mais son existence apparaît certaine dans ses effets : chaleur, lumière et électricité qui en sont les vibrations. Ces ondes vibratoires sont la preuve qu'il existe. De même, si nous considérons la surabondance des grâces divines, nous sommes convaincus de l'existence de Dieu. Encore un exemple : remarquons que l'existence des êtres est due à la combinaison d'éléments divers et leur non-existence à la décomposition de leurs éléments constituants, car cette décomposition provoque la dissociation de ces éléments. Considérant donc que l'assemblage d'éléments donne naissance aux êtres, et sachant que ces êtres sont infinis, comment leur cause pourrait-elle être finie dans la mesure où ils en sont l'effet ?
Or, il ne peut y avoir que trois sortes de composition et trois seulement : fortuite, nécessaire ou volontaire. L'assemblage des différents éléments qui forment les êtres ne peut être dû au hasard, car tout effet comporte nécessairement une cause. Il ne peut être obligatoire car, dans ce cas, la composition devrait être une propriété inhérente aux composants, et la propriété inhérente d'une chose ne peut, en aucune manière, en être séparée ; ainsi de la lumière qui rend les choses apparentes, de la chaleur qui dilate les éléments et du rayonnement qui est la propriété essentielle du soleil. Dans ces conditions, la décomposition de n'importe quel corps composé serait impossible puisque la propriété inhérente à un corps ne peut lui être enlevée. Reste le troisième cas, la composition volontaire : une force invisible, connue comme la Puissance première, cause l'union de ces éléments, chaque structure donnant naissance à un être distinct.
En ce qui concerne les qualités et perfections attribuées à cette divine réalité telles que volonté, connaissance, pouvoir et autres qualités éternelles, il s'agit là des signes reflétés par les créatures sur le plan visible, et non des perfections véritables de cette Essence divine impossible à concevoir. Par exemple, en observant les choses créées, on découvre des perfections à l'infini et ces choses montrant une ordonnance et une harmonie des plus parfaites, on en conclut que la puissance éternelle à laquelle ils doivent l'existence ne peut être ignorante ; nous disons qu'Elle est omnisciente. Il est certain qu'elle n'est pas impuissante mais doit être omnipotente. Elle n'est pas pauvre mais possède toutes les richesses. Elle n'est pas inexistante mais à jamais vivante. Ceci a pour but de démontrer que nous donnons ces attributs et ces perfections à l'universelle Réalité uniquement pour lui dénier toute imperfection plutôt que pour affirmer l'existence de perfections inconcevables pour l'esprit humain. C'est pourquoi on dira que ses attributs sont inconnaissables.
En résumé, cette Réalité universelle, pourvue de toutes les qualités et attributs que nous lui assignons, est sanctifiée et hors de portée de notre intelligence et de notre compréhension. Néanmoins, quand on étudie avec un esprit ouvert cet univers infini, on constate que le mouvement sans force motrice et l'effet sans cause sont tous deux impossibles, que tous les êtres se sont formés sous l'empire de nombreuses influences et subissent des réactions continuelles et que ces influences elles-mêmes dépendent d'autres influences. Ainsi, les plantes poussent et prospèrent sous l'action des pluies printanières, mais les nuages eux-mêmes se forment sous l'influence d'autres réactions, ces dernières étant influencées à leur tour par d'autres facteurs. Ainsi encore des plantes et des animaux : ils croissent et se développent sous l'action de ce que les savants de nos jours appellent hydrogène et oxygène. Ils subissent les effets de ces deux éléments qui se forment eux-mêmes à partir d'autres réactions. On peut en dire autant de tous les êtres, qu'ils réagissent sur d'autres ou soient influencés par eux. Ce processus de causalité se poursuit ainsi, et soutenir qu'il continue indéfiniment est manifestement absurde. Aussi un tel enchaînement de causes doit-il obligatoirement conduire en fin de compte à Celui qui est l'Éternel, le Tout-Puissant, l'Indépendant et la Cause ultime. Cette Réalité universelle est imperceptible et invisible. Il faut nécessairement qu'il en soit ainsi, car Elle contient tout et n'est pas contenue, de tels attributs caractérisant l'effet et non la cause.
Si l'on réfléchit, on peut comparer l'homme à un minuscule organisme à l'intérieur d'un fruit ; ce fruit provient de la fleur ; celle-ci s'est épanouie sur l'arbre, qui est nourri par la sève, elle-même produite par la terre et l'eau. Comment cette infime créature pourrait-elle se rendre compte de la nature du jardin, imaginer le jardinier et comprendre son existence ? C'est évidemment impossible. Mais que cet organisme médite et comprenne, et il remarquera que ce jardin, cet arbre, cette fleur et ce fruit n'ont pu, en aucun cas, parvenir d'eux-mêmes à l'existence dans l'ordre et la perfection où on les trouve. Il en est de même pour un esprit réfléchi et raisonnable ; il a la certitude que cet univers infini, dans son immensité et son ordre parfait, n'a pu se former spontanément.
De même, il existe dans la création des énergies invisibles telles que celle de l'éther déjà citée, qui ne peuvent être vues ni décelées. Néanmoins leurs effets : ondes et vibrations, produisent de la chaleur, de la lumière et de l'électricité, ce qui prouve leur existence. Ainsi en est-il des propriétés de croissance, de sensibilité, d'entendement, de réflexion, de mémoire, d'imagination et de discernement ; toutes ces facultés mentales sont invisibles et intangibles mais cependant évidentes par leurs effets.
Considérons maintenant la Force infinie : l'existence même du fini prouve l'existence de l'infini, car ce qui est limité est connu par l'illimité, comme la pauvreté prouve que la richesse existe. Sans richesse, il n'y aurait pas de pauvreté, sans connaissance point d'ignorance et sans lumière, point de ténèbres. L'obscurité prouve que la lumière existe, car l'obscurité est absence de lumière.
Quant à la nature, ce n'est que l'ensemble des propriétés essentielles et des relations nécessaires inhérentes à la réalité des choses. Et ces réalités infinies, en dépit de leurs diverses particularités, sont cependant intimement liées ensembles et dans la plus parfaite harmonie. Si l'on observe les choses avec attention et largesse d'esprit, on acquiert la certitude que chaque réalité n'est qu'une nécessité indispensable aux autres. Aussi une force unifiante est-elle nécessaire pour relier et accorder ces réalités infinies et diverses, afin que chacune des parties constituantes des êtres puisse accomplir sa fonction particulière dans un ordre parfait. Prenons l'exemple du corps humain, et admettons que la partie soit une indication de l'ensemble. Vois comme les diverses parties et les membres du corps humain sont en étroite liaison et harmonieusement unies les unes aux autres. Chaque partie est, à la fois, nécessaire aux autres et possède sa propre fonction. C'est l'esprit qui est l'agent unificateur et qui réunit si bien tous les composants que chacun d'eux remplit son rôle dans un ordre parfait ; ainsi coopération et réactions réciproques deviennent possibles. L'activité de toutes ces parties est régie par des lois qui sont essentielles à la vie. Que cet agent unificateur soit affecté d'une manière ou d'une autre et il est clair que les parties constituantes du corps et ses divers membres cesseront de fonctionner correctement. Bien que cette force unifiante ne soit ni visible ni perceptible dans le corps humain et que son essence soit inconnue, elle se manifeste néanmoins avec la plus grande évidence par ses effets.
Il est ainsi prouvé que les êtres en nombre infini de cet univers merveilleux ne sauraient fonctionner que s'ils sont dirigés et contrôlés par une réalité universelle et qu'ainsi l'ordre règne dans le monde. Par exemple, interaction et coopération entre les parties constitutives du corps humain sont évidentes et indiscutables, et pourtant cela ne suffit pas. Il leur faut un principe unificateur qui dirige et contrôle les parties constituantes afin qu'elles puissent, par interaction et coopération, accomplir en ordre parfait leurs nécessaires fonctions respectives.
Loué soit le Seigneur ! tu sais qu'interactions et coopérations sont des faits établis parmi les êtres, qu'ils soient petits ou grands. Dans le cas de grands organismes, la chose est aussi manifeste que le soleil et dans le cas de corps minuscules, bien que l'interaction soit inconnue, on peut dire que la partie est indicative de l'ensemble. Toutes ces interactions sont en relation avec ce pouvoir général qui est leur pivot, leur centre, leur source et leur puissance motrice. Nous avons observé comme exemple la coopération bien établie entre les différentes parties constitutives du corps humain, ces parties et ces membres rendant des services à tous les autres éléments du corps. Ainsi la main, le pied, l'oeil, l'oreille, l'intelligence, l'imagination aident les différentes parties et les membres du corps humain, mais toutes ces interactions sont reliées entre elles par un pouvoir invisible, qui englobe tout et qui est la cause de la régularité parfaite de ces interactions. Ce pouvoir est la " faculté interne " de l'homme, c'est-à-dire son esprit et sa raison qui sont tous deux invisibles.
Considère encore les réactions qui existent entre les diverses pièces et parties constituantes des engins et des machines industrielles et comment ils communiquent entre eux. Toutes ces réactions et liaisons sont pourtant en rapport avec une direction centrale qui est leur génératrice, leur axe et leur source d'énergie. Cette force centrale, dans un cas, c'est la vapeur, dans l'autre, l'habileté d'un esprit supérieur.
Il est ainsi démontré que les réactions et les relations mutuelles ainsi que la coopération des êtres sont, à l'évidence, sous la dépendance et la volonté d'une Puissance motrice qui est l'origine, le pivot et la source d'énergie de toutes les interactions de l'univers.
De même, toute combinaison, toute structure dépourvue d'un ordre parfait est considérée comme accidentelle. Tout composé dont les éléments présentent des rapports ordonnés, réguliers et parfaits, dont chaque partie est en bonne et due place et constitue une nécessité indispensable pour toutes les autres, est considéré comme un composé façonné par la volonté et la connaissance. On ne peut donc pas douter que ces êtres innombrables et ces associations d'éléments variés, assemblés en une infinité de formes, proviennent nécessairement d'une réalité qui ne peut, en aucune manière, être dépourvue de volonté ou de compréhension. Ceci est clair et évident pour la raison et personne ne peut le nier.
Cela ne signifie pas pour autant que cette Réalité universelle ou ses attributs aient été compris. Ni son essence, ni ses véritables attributs ne sont à la portée de qui que ce soit. Mais je soutiens que cette infinité de créatures, ces rapports nécessaires, ces agencements parfaits procèdent obligatoirement d'une source non dénuée d'intelligence ni de volonté, et que cette composition à l'échelle de l'infini, faite d'une suite illimitée de formes, doit être due à une Sagesse qui embrasse tout. Cette proposition est indéniable, sauf pour l'entêté qui s'obstine à nier l'évidence sur laquelle on ne peut se méprendre ; à ce dernier s'applique le verset béni : " Sourds, muets, aveugles, ils ne reviendront plus. "
Voyons maintenant si les facultés mentales et l'âme de l'homme sont une seule et même entité.
L'imagination, la pensée, l'intelligence sont, en fait, les propriétés inséparables de l'âme ; ces facultés sont les conditions essentielles de la réalité humaine comme les rayons solaires sont une propriété inhérente du soleil. Si l'on compare le temple humain à un miroir, son âme est le soleil et ses facultés mentales sont les rayons émanant de cette source lumineuse. Les rayons peuvent cesser d'atteindre le miroir mais ne peuvent en aucune façon être séparés du soleil.
Bref, le monde de l'homme semble surnaturel par rapport au règne végétal alors qu'en réalité ce n'est pas le cas. Mais par rapport à la plante, la réalité de l'homme, ses facultés d'audition et de vision sont toutes surnaturelles car les plantes sont incapables de concevoir cette réalité et la nature des pouvoirs de l'esprit de l'homme. De la même façon, il est impossible à l'homme de saisir l'Essence divine et la nature du grand au-delà. Cependant, les effusions généreuses de cette divine Essence sont accordées à toutes les créatures et c'est sur ces effusions de la grâce divine - l'âme étant l'une d'elles - que l'homme doit méditer en son coeur plutôt que de réfléchir sur l'Essence divine elle-même. Car c'est là la limite extrême de la compréhension humaine. Comme on l'a vu précédemment, les qualités et les perfections attribuées à l'Essence divine, nous les avons déduites de l'observation des créatures existantes, ce qui ne signifie pas que nous ayons conçu la nature de l'Essence de Dieu ni ses perfections. Affirmer que l'Essence divine est intelligente et libre ne signifie pas que nous ayons sondé la volonté divine et son dessein mais plutôt que nous en avons pris conscience par l'intermédiaire de cette grâce divine qui se révèle et se manifeste dans la réalité des choses.
En ce qui concerne les principes sociaux enseignés par Bahá'u'lláh et largement répandus depuis cinquante ans, ils englobent tous les autres enseignements. Il est clair que sans ces principes, le progrès et l'avancement de l'humanité sont tout à fait impossibles. Tous les peuples du monde trouvent dans ces enseignements divins la réalisation de leurs plus hautes aspirations. Ces enseignements sont comme un arbre qui porterait les meilleurs fruits de tous les arbres. Ainsi les philosophes trouveront dans ces enseignements célestes la solution parfaite aux problèmes sociaux et une manière rationnelle et supérieure d'exposer les questions philosophiques. Les croyants y trouveront la réalité de la religion dévoilée d'une manière éclatante dans ces divins principes, de sorte que ceux-ci sont reconnus clairement et de façon décisive comme le remède réel et efficace aux maux et aux troubles de l'humanité.
Si ces enseignements sublimes étaient répandus dans le monde, l'humanité serait libérée de tous dangers et guerre, de tous maux et troubles continuels. De même, les principes économiques bahá'ís représentent l'idéal suprême de toutes les classes laborieuses et des économistes de tendances diverses. Bref, groupes et partis trouvent la réalisation de leurs idéaux dans les principes de Bahá'u'lláh. il fortifie leur volonté au point d'influencer une grande nation pendant des milliers d'années, de régénérer les âmes et de renouveller la société. Juge de l'immensité de cette Puissance ! À mesure que ces principes seront proclamés dans les églises, dans les mosquées et dans les temples des autres confessions, chez les bouddhistes comme chez les adeptes de Confucius, dans les groupes politiques comme parmi les matérialistes, tous rendront témoignage que ces enseignements apportent une vie nouvelle aux hommes et constituent le remède immédiat à tous les malaises sociaux. Personne ne peut trouver de défaut à aucun de ces principes ; bien au contraire, une fois proclamés, ils seront tous bien accueillis ; chacun, les reconnaissant comme une nécessité vitale, s'écriera : " Voici réellement la vérité, et tout le reste n'est qu'erreur manifeste. "
Quelques mots pour conclure qui seront, pour chacun, une preuve claire et décisive de la vérité. Réfléchis : l'autorité de tous les monarques triomphe pendant leur règne ; celle des philosophes exerce son action de leur vivant sur une poignée de disciples ; mais le pouvoir du Saint-Esprit brille de manière éclatante en la personne des messagers de Dieu ; Elle est extraordinaire et c'est une preuve entièrement suffisante de l'authenticité de la mission des Prophètes de Dieu, une démonstration concluante du pouvoir de l'inspiration divine.
Que la Gloire des Gloires soit sur toi !
'Abdu'l-Bahá, le 21 septembre 1921
Notes :
1/Docteur Fisher . Dans sa lettre à Abdu'l-Bahá, Auguste Forel écrivait :
"D'après M. Wilhelm Herrigel qui les a traduites en allemand, les merveilleuses lettres que je lis en ce moment furent envoyées par vous dès 1910 à une dame, le docteur F. Est-ce vrai ? Ces lettres furent-elles vraiment écrites en 1910, avant la guerre ? Si c'est le cas, je suis vraiment étonné de la clarté prophétique de votre vision".
Ce "docteur F." n'est pas vraiment identifiée. L'hypothèse actuellement retenue est que le Docteur Josephine Fallsheer qui servit comme médecin personnel de la famille de Abdu'l-Bahá, le Docteur Fisher et le docteur F sont une seule et même personne.
2/ le journal de San-Francisco. Il s'agit du "Palo Altan", publié à Palo Alto, siège de l'Université Stanford. Le numéro du 1er novembre 1912 donnait en première page le texte in extenso du discours prononcé le 8 octobre par Abdu'l-Bahá.
Sendschreiben an Forel á ‘Abdu’l-Bahá á Bahá'í Verlag GmbH, Auflage 4.02 (O-2021-06-12)
Sendschreiben an Forel
‘Abdu’l-Bahá
Dem geschätzten und verehrten Herrn Professor Dr. Forel – auf ihm sei die Herrlichkeit Gottes, des Allherrlichen!
Er ist Gott!
O verehrter Wahrheitssucher! Ihr Brief vom 28. Juli 1921A1 kam an. Sein Inhalt brachte große Freude und bewies, dass Sie – Preis sei Gott! – noch jung sind und nach der Wahrheit suchen, dass Ihre Denkkraft stark und Ihre geistigen Entdeckungen offenkundig sind.
Von dem Brief, den ich an Dr. F.A2 geschrieben hatte, sind viele Abschriften verbreitet worden; jeder weiß, dass er im Jahre 1910 offenbart worden ist. Außer diesem Brief wurden vor dem Kriege viele weitere gleichen Inhalts verfasst, und in der Zeitschrift der Universität von San FranziscoA3 ist auf diese Fragen hingewiesen worden. Das Datum jener Zeitschrift ist zweifellos bekannt, ebenso auch das hohe Lob weitsichtiger Philosophen über einen Vortrag, der in der erwähnten Universität beredsam gehalten wurde;A4 ein Exemplar jener Zeitschrift liegt diesem Briefe bei. Ihre Werke sind zweifellos sehr segensreich; senden Sie uns von jedem ein Exemplar, soweit sie veröffentlicht sind.
Mit den Materialisten, von deren Ansicht über das Göttliche die Rede war, sind nicht die Philosophen im allgemeinen, sondern jene Gruppe engstirniger Materialisten gemeint, die das sinnlich Wahrnehmbare verehren, die sich nur auf die fünf Sinne verlassen und deren Erkenntnismaßstab auf das begrenzt ist, was durch die Sinne wahrnehmbar ist. Alles sinnlich Wahrnehmbare ist ihnen wirklich, während sie alles, was nicht der Macht der Sinne unterliegt, entweder für unwirklich oder für zweifelhaft erachten. Dass es eine Gottheit gibt, halten sie für völlig zweifelhaft.
Wie Sie schreiben, sind also nicht die Philosophen im Allgemeinen angesprochen, sondern die engstirnigen Materialisten. Die an Gott glaubenden Philosophen wie Sokrates, Plato und Aristoteles sind in der Tat verehrungswürdig und verdienen höchstes Lob; denn sie haben der Menschheit hervorragende Dienste erwiesen. Desgleichen schätzen wir die feingebildeten, bescheidenen materialistischen Philosophen, die (der Menschheit) Dienste getan haben.
Wir betrachten Wissen und Weisheit als Grundlagen des Fortschritts der Menschheit und verehren Philosophen von breitem Gesichtsfeld. Lesen Sie die Zeitschrift der Universität von San Franzisco genau durch, damit Ihnen die Wahrheit offenbar werde.
Was die Geisteskräfte angeht, so gehören sie wahrscheinlich zu den angeborenen Eigenschaften der Menschenseele, wie die Leuchtkraft eine Grundeigenschaft der Sonne ist. Die Sonnenstrahlen erneuern sich, aber die Sonne selbst ist beständig und unveränderlich. Bedenken Sie, wie der menschliche Verstand sich entwickelt, wieder nachlässt und manchmal völlig schwindet, während die Seele sich nicht verändert. Damit sich der Verstand offenbare, muss der menschliche Körper heil sein. Ein gesunder Verstand kann nur in einem gesunden Körper wohnen, aber die Seele ist nicht vom Körper abhängig. Durch die Macht der Seele hat der Verstand Begriffs- und Vorstellungsvermögen, durch sie übt er seinen Einfluss aus; aber die Seele ist eine freie Macht. Der Verstand begreift das Abstrakte mit Hilfe des Konkreten, aber die Seele hat unbegrenzte, eigenständige Offenbarungen. Der Verstand ist umgrenzt, die Seele unbegrenzt. Mittels der Sinne – Gesicht, Gehör, Geschmack, Geruch, Gefühl – begreift der Verstand, aber die Seele ist frei von allen Werkzeugen. Wie Sie beobachten, ist die Seele immer in Bewegung und Tätigkeit, ob wir schlafen oder wachen. Es mag sein, dass sie im Traum ein schwieriges Problem löst, das sie im wachen Zustand nicht lösen kann. Überdies kann der Verstand nichts begreifen, wenn die Sinne zu arbeiten aufhören. Im Embryonalzustand und in der frühen Kindheit ist die Verstandesmacht noch gar nicht da, indes die Seele immer mit voller Kraft ausgestattet ist. Kurz, es gibt viele Beweise, dass die Macht der Seele fortbesteht, auch wenn der Verstand verloren geht. Der Geist jedoch hat verschiedene Grade und Stufen.
Was das Vorhandensein des Geistes im Mineral anbelangt, so ist es sicher, dass das Mineral, den Erfordernissen seiner Stufe entsprechend, mit Geist und Leben ausgestattet ist. Auch dieses verborgene Geheimnis ist den Materialisten bekannt geworden. Jetzt behaupten sie, alle Dinge hätten Leben, wie Er im Qur’án spricht: »Alle Dinge sind belebt«.
Im Pflanzenreich kommt die Kraft des Wachstums hinzu, und diese Kraft ist der Geist. In der Tierwelt gibt es die Fähigkeit der Empfindung; im Reiche des Menschen ist jedoch eine allumfassende Macht vorhanden. Auf allen vorangehenden Stufen fehlt die Macht des Verstandes, aber die Seele ist da und offenbart sich. Die Fähigkeit der Empfindung begreift die Seele nicht, aber die Macht des Verstandes beweist ihr Vorhandensein.
Ebenso beweist der Verstand das Vorhandensein einer unsichtbaren Wirklichkeit, die alle Lebewesen umfasst, auf allen Stufen da ist und sich offenbart. Ihr Wesen aber liegt über dem Begriffsvermögen des Verstandes. Auch das Mineralreich kann ja das Wesen und die Vollkommenheiten der Pflanzenwelt nicht verstehen; die Pflanzenwelt begreift nicht das Wesen der Tierwelt, und das Tierreich kann die wesenhafte Wirklichkeit des Menschen, die alle Dinge entdeckt und umfasst, nicht verstehen.
Das Tier ist der Gefangene der Natur, es kann die natürlichen Regeln und Gesetze nicht überschreiten. Im Menschen jedoch ist eine Forscherkraft, die über die natürliche Welt hinausreicht, deren Gesetze beherrscht und beeinflusst. Zum Beispiel sind alle Minerale, Pflanzen und Tiere Gefangene der Natur. Selbst die Sonne mir all ihrer Pracht ist der Natur derart untertan, dass sie keinen eigenen Willen hat und nicht um Haaresbreite von den Naturgesetzen abweichen kann. Ebenso wenig können andere Wesen, ob sie nun dem Mineral-, dem Pflanzen- oder dem Tierreich angehören, von den Naturgesetzen abgehen; sie sind vielmehr allesamt Sklaven der Natur. Der Mensch dagegen, wenn auch körperlich ein Gefangener der Natur, ist in seinem Verstand und seiner Seele frei und herrscht über die Natur.
Bedenken Sie: Nach dem Gesetz der Natur lebt und bewegt sich der Mensch auf der Erde; aber seine Seele und sein Verstand greifen in die Naturgesetze ein, und wie ein Vogel fliegt er durch die Luft. Mit großer Geschwindigkeit fährt er über das Meer, und wie ein Fisch taucht er in die Tiefe und treibt dort seine Forschungen. Das ist fürwahr ein großer Sieg über die Naturgesetze.
Ebenso steht es mit der Elektrizität. Diese unbändige Kraft, die Berge spaltet, bannt der Mensch in eine Glühlampe – ein offenbarer Eingriff in die Naturgesetze. Auch entdeckt der Mensch die verborgenen Geheimnisse der Natur, die nach den Naturgesetzen geheim bleiben sollen; aus dem Bereich des Unsichtbaren bringt er sie auf die Ebene des Sichtbaren – wiederum ein Eingriff in die Naturgesetze. Der Mensch dringt in die tiefsten Eigenheiten der Dinge, die zu den Geheimnissen der Natur gehören. Längst vergangene und vergessene Ereignisse bringt er ans Licht und schließt durch seine Kraft der Induktion auf künftige Geschehnisse, die noch unbekannt sein müssten. Nachrichtenaustausch und Wahrnehmung sind nach den Naturgesetzen auf kurze Entfernungen begrenzt; dennoch verbindet der Mensch den Osten und den Westen dank jener inneren Kraft, die die Wirklichkeiten aller Dinge entdeckt. Auch das ist ein Eingriff in die Naturgesetze. Alle Schatten sind nach dem Naturgesetz flüchtig; der Mensch jedoch bannt sie auf eine Platte – ein weiterer Eingriff in ein Naturgesetz. Überdenken Sie wohl: Alle Wissenschaften, Künste, Handfertigkeiten, Erfindungen und Entdeckungen waren Geheimnisse der Natur und müssten nach den Naturgesetzen verborgen bleiben; aber der Mensch greift durch seine Entdeckerkraft in die Naturgesetze ein und bringt jene verborgenen Geheimnisse aus dem Bereich des Unsichtbaren auf die Ebene des Sichtbaren. Dies sind alles Eingriffe in die Naturgesetze.
Kurz, jene dem Menschen innewohnende, unsichtbare Geisteskraft reißt der Natur das Schwert aus der Hand und versetzt ihr einen schweren Schlag. Alle anderen Wesen, wie groß sie auch seien, sind dieser Vollkommenheiten beraubt. Der Mensch besitzt die Kräfte des Willens und des Verstehens, aber die Natur besitzt sie nicht. Die Natur ist gebunden, der Mensch frei. Die Natur ist ohne Verstand, der Mensch jedoch versteht. Die Natur weiß nichts von der Vergangenheit, der Mensch aber weiß um sie. Die Natur sieht die Zukunft nicht voraus, der Mensch aber erkennt dank seinem Unterscheidungsvermögen, was kommen wird. Die Natur ist ihrer selbst nicht bewusst; der Mensch aber weiß um alle Dinge.
Wenn jemand annimmt, der Mensch sei nur ein Teil der natürlichen Welt, die Vollkommenheiten, die er besitzt, seien nur Erscheinungen der Natur und die Natur sei die Urheberin dieser Vollkommenheiten, deren sie folglich nicht ermangele, so antworten wir: Der Teil hängt vom Ganzen ab; er kann unmöglich Vollkommenheiten besitzen, die das Ganze nicht hat.
Unter ›Natur‹ sind die besonderen Eigenheiten und die zwangsläufigen Beziehungen zu verstehen, die aus den Wirklichkeiten der Dinge herrühren. Diese Wirklichkeiten der Dinge sind eng miteinander verknüpft, obwohl sie höchst mannigfaltig sind. Für diese mannigfaltigen Wirklichkeiten ist eine alles vereinigende Wirkkraft vonnöten, die sie miteinander verbindet. Zum Beispiel sind die Organe und Glieder, Teile und Elemente, die den menschlichen Körper bilden, äußerst verschieden, aber eine alles vereinigende Wirkkraft, die wir die menschliche Seele nennen, verbindet sie untereinander, lässt sie in vollkommener Harmonie und Regelmäßigkeit zusammenwirken und ermöglicht so den Fortbestand des Lebens. Der menschliche Körper ist sich dieser alles vereinenden Wirkkraft völlig unbewusst, und doch hält er sich an ihre Ordnung und arbeitet nach ihrem Willen.
Es gibt zweierlei Schulen von Philosophen. Sokrates der Weise glaubte an die Einheit Gottes und an das Leben der Seele nach dem Tode. Da seine Überzeugung den Ansichten seiner kurzsichtigen Zeitgenossen widersprach, vergiftete man diesen göttlichen Weisen. Alle göttlichen Philosophen, alle Menschen von Weisheit und Einsicht erkennen, wenn sie die unendliche Vielzahl der Lebewesen bedachten, dass in diesem großen, unermesslichen Weltall alle Dinge im Mineralreich ihr Ende finden, dass aber das Ergebnis des Mineralreiches das Pflanzenreich, das Ergebnis des Pflanzenreiches das Tierreich, das Ergebnis des Tierreiches die Welt des Menschen ist. Die Vollendung dieses grenzenlosen Weltalls in seiner ganzen Größe und Herrlichkeit ist der Mensch, der sich in dieser Welt eine Zeitlang müht und von verschiedensten Leiden und Schmerzen quälen lässt; dann zerfällt er, ohne Spuren und Früchte zu hinterlassen. Wäre dem so, würde dieses unendliche Weltall zweifellos mit all seinen Vollkommenheiten zu nichts anderem führen als zu Wahn und Trug, ohne Ergebnis, ohne Frucht, ohne Beständigkeit, ohne Wirkung. Es wäre völlig sinnlos. Sie (die Philosophen) gewannen hieraus die Überzeugung, dass dem nicht so ist: Diese große Werkstatt mit all ihrer Macht, ihrer verwirrenden Großartigkeit und ihren unendlichen Vollkommenheiten kann nicht einfach in ein Nichts versinken. Somit ist sicher, dass es noch ein anderes Leben gibt, und wie das Pflanzenreich das Menschenreich nicht erahnen kann, so wissen auch wir nicht um das hehre Leben, das dem menschlichen Dasein hienieden folgt. Unser Nichtwissen um jenes Leben ist jedoch kein Beweis für sein Nichtsein. Auch das Mineralreich weiß zum Beispiel nichts von der Menschenwelt und kann sie nicht begreifen; aber Unkenntnis ist niemals ein Beweis für Nichtsein. Es gibt zahlreiche schlüssige Beweise dafür, dass diese unendliche Welt mit dem Menschenleben nicht aufhören kann.
Nun zum Wesen der Gottheit: In Wahrheit ist sie keineswegs durch irgendetwas anderes als sich selbst bestimmt, und es ist unmöglich, sie zu begreifen; denn alles, was der Mensch sich vorstellen kann, ist eine begrenzte, keine unbegrenzte, eine umfasste, keine umfassende Wirklichkeit – eine Wirklichkeit, die vom Menschen begriffen werden kann und von ihm beherrscht wird. Ebenso ist gewiss, dass alle menschlichen Vorstellungen kontingent, nicht absolut sind; sie haben ein gedankliches, kein materielles Sein. Auch sind die Stufenunterschiede in dieser bedingten Welt ein Hindernis für das Verstehen. Wie also kann das Kontingente sich die Wirklichkeit des Absoluten vorstellen? Es ist, wie wir sagten: Die Unterscheidung von Stufen in der bedingten Welt ist ein Hindernis für das Verstehen. Mineralien, Pflanzen und Tiere entbehren der Verstandeskräfte, mit denen der Mensch die Wirklichkeiten aller Dinge entdeckt; nur der Mensch begreift die Stufen unter ihm. Jede höhere Stufe begreift die niedrigere und entdeckt deren Wirklichkeit, aber die niedrigere weiß nichts von der höheren und kann sie nicht begreifen, doch durch die Macht seiner Vernunft, durch Beobachtung, durch seine Einfühlungsgabe und durch die offenbarende Macht seines Glaubens kann er Gott anerkennen und Gottes Gnadengaben entdecken. Er wird gewiss, dass überzeugende (geistige) Beweise das Sein jener unsichtbaren Wirklichkeit bestätigen, auch wenn das Wesen Gottes dem Auge verborgen ist und Gottes Sein nicht fassbar ist. Das Wesen Gottes, wie es in sich selbst besteht, ist jedoch über jede Beschreibung erhaben. So ist auch das Wesen des Äthers unbekannt; dass es ihn aber gibt, wird aus seinen Wirkungen deutlich: Wärme, Licht und Elektrizität sind seine Schwingungen. Durch diese Schwingungen wird das Dasein des Äthers bewiesen. Und wenn wir die Ausgießungen der göttlichen Gnade beobachten, werden wir des göttlichen Seins gewiss. Zum Beispiel beobachten wir, dass das Sein der Lebewesen von der Verbindung verschiedener Elemente abhängt, ihr Nichtsein hinwieder von der Auflösung dieser Bestandteile; denn Auflösung verursacht die Trennung der verschiedenen Elemente. Wenn wir so sehen, dass die Verbindung der Elemente Lebewesen ins Sein ruft, und wissen, dass die Lebewesen – also die Wirkung – unendlich sind, wie kann da die Ursache endlich sein?
Nun gehen alle Gestaltungen auf dreierlei Art vor sich – eine vierte gibt es nicht: zufällig, zwangsläufig und gewollt. Das Zusammenkommen der verschiedenen Bestandteile der Lebewesen kann nicht zufällig sein; denn jede Wirkung setzt eine Ursache voraus. Sie kann nicht zwangsläufig sein; denn dann müsste die Gestaltung eine wesenhafte Eigenschaft der Bestandteile sein. Wesenhafte Eigenschaften einer Sache lassen sich aber nicht von ihr trennen. Das Licht etwa, das die Dinge offenbart, die Wärme, die die Teile sich ausdehnen lässt, und die Strahlen sind wesenhafte Eigenschaften der Sonne. Unter solchen Bedingungen könnte sich keine Gestaltung auflösen, da die wesenhaften Eigenschaften einer Sache nicht von ihr zu trennen sind. Es bleibt die dritte Gestaltung, die gewollte: Eine unsichtbare Kraft, die als die Altehrwürdige Macht beschrieben wird, veranlasst diese Bestandteile zusammenzukommen, wobei jede Gestaltung ein besonderes Lebewesen entstehen lässt.
Die Eigenschaften und Vollkommenheiten, die wir jener göttlichen Wirklichkeit zuschreiben – Wille, Wissen, Macht und andere altehrwürdige Eigenschaften –, sind Zeichen, die das Sein der Lebewesen im Bereich des Sichtbaren widerspiegeln, nicht aber die absoluten Vollkommenheiten des göttlichen Wesens, die nicht begriffen werden können. Wenn wir zum Beispiel die erschaffenen Dinge betrachten, nehmen wir unendliche Vollkommenheiten wahr, und weil die erschaffenen Dinge von höchster Ordnung und Vollendung sind, folgern wir, dass jene Altehrwürdige Macht, von der das Sein dieser Lebewesen abhängt, nicht unwissend sein kann; wir sagen deshalb, sie sei allwissend. Es steht fest, dass sie nicht schwach sein kann; sie muss allmächtig sein. Sie ist nicht arm; sie muss allbesitzend sein. Sie ist keinesfalls nichtseiend; sie muss also ewiglebend sein. Damit soll gezeigt werden, dass die Eigenschaften und Vollkommenheiten, die wir jener umfassenden Wirklichkeit zuschreiben, lediglich Unvollkommenheiten an ihr bestreiten, nicht aber diejenigen Vollkommenheiten, die der Menschengeist sich vorstellen kann, an ihr nachweisen sollen. Folglich sagen wir, dass ihre Eigenschaften unerforschlich sind.
Kurz, jene umfassende Wirklichkeit mit all den Merkmalen und Eigenschaften, die wir ihr zuschreiben, ist heilig und erhaben über allen menschlichen Geist und alles Verständnis. Aber wenn wir mit offenem Bewusstsein über dieses unendliche Weltall nachdenken, stellen wir fest, dass es ohne bewegende Kraft keine Bewegung, ohne Ursache keine Wirkung geben kann, dass jedes Lebewesen unter zahlreichen Einwirkungen entstanden ist und fortgesetzt Rückwirkungen durchmacht. Diese Einwirkungen geschehen als Auswirkungen wieder anderer Einwirkungen. Die Pflanzen zum Beispiel wachsen und blühen durch die Ströme der Frühlingsschauer, die Wolke entsteht durch verschiedene andere Kräfte; diese anderen Kräfte sind Rückwirkungen auf wieder andere Kräfte. Pflanzen und Tiere wachsen und gedeihen unter der Einwirkung dessen, was die Gelehrten unserer Tage als Wasserstoff und Sauerstoff bezeichnen; sie sind Rückwirkungen dieser beiden Elemente. Diese ihrerseits werden unter anderen Einwirkungen gestaltet. Das gleiche kann von anderen Lebewesen gesagt werden, ob sie nun auf wieder andere Lebewesen einwirken oder selbst unter deren Einwirkung stehen. Dieser Prozess der Verursachung setzt sich fort; aber die Behauptung, er habe kein Ende, ist offenkundig absurd. So muss die Ursachenkette zwangsläufig am Ende zu Ihm führen, der der Ewiglebende, der Allmächtige, der Selbstbestehende und die letzte Ursache ist. Diese Allumfassende Wirklichkeit kann nicht sinnlich wahrgenommen werden. Das muss zwangsläufig so sein; denn sie ist allumfassend und nicht begrenzt, und Eigenschaften kennzeichnen die Wirkung, nicht die Ursache.
Wenn wir weiter nachdenken, stellen wir fest, dass der Mensch wie eine winzige Mikrobe in einer Frucht ist. Diese Frucht hat sich aus der Blüte entwickelt, die Blüte ist aus dem Baum gewachsen, der Baum ernährt sich aus dem Pflanzensaft, und der Pflanzensaft ist aus Erde und Wasser gebildet. Wie kann nun diese kleine Mikrobe das Wesen des Gartens begreifen, sich den Gärtner vorstellen und dessen Sein verstehen? Dies ist offenbar unmöglich. Aber wenn jene Mikrobe Verstand hätte und nachdenken könnte, würde ihr klar, dass der Garten und der Baum, die Blüte und die Frucht niemals von selbst in solcher Ordnung und Vollkommenheit entstehen konnten. Auf gleiche Art erkennt die weise, nachdenkliche Seele mit Gewissheit, dass dieses unendliche All in seiner ganzen Herrlichkeit und Ordnung nicht von selbst entstanden sein kann.
Auch in der Welt des Seins gibt es unsichtbare Kräfte wie die vorerwähnte Kraft des Äthers, die nicht sichtbar, nicht sinnlich wahrnehmbar ist. Doch durch die Wirkungen, die der Äther hervorruft, durch seine Wellen und Schwingungen, erscheinen Licht, Wärme und Elektrizität und werden offenbar. Das gleiche gilt für die Kräfte des Wachstums, der Empfindung, des Verstehens, des Denkens, des Erinnerns, der Vorstellung und der Unterscheidung. Alle diese inneren Fähigkeiten sind weder sichtbar noch wahrnehmbar; dennoch werden sie offenkundig durch die Wirkungen, die sie hervorbringen.
Was nun die Macht betrifft, die keine Grenzen kennt, so ist Begrenzung der Beweis für das Vorhandensein des Unbegrenzten; denn das Begrenzte wird durch das Unbegrenzte erkannt, so wie die Schwäche der Beweis dafür ist, dass es Kraft gibt. Ohne Wohlstand gäbe es keine Armut, ohne Wissen keine Unwissenheit, ohne Licht keine Finsternis. Die Finsternis ist ein Beweis für das Vorhandensein des Lichtes, denn Finsternis bedeutet Fehlen von Licht.
Was die Natur angeht, so besteht sie nur aus den wesentlichen Eigenheiten und den zwangsläufigen Beziehungen, die den Wirklichkeiten der Dinge innewohnen. Obwohl diese unendlichen Wirklichkeiten wesensverschieden sind, stehen sie doch in innigster Eintracht und enger Verbindung zueinander. In dem Maße, wie der Mensch seinen Blick weitet und scharf beobachtet, wird er gewahr, dass jede Wirklichkeit nichts als eine wesentliche Voraussetzung anderer Wirklichkeiten ist. Um all diese verschiedenen, unendlichen Wirklichkeiten zu verbinden und in Einklang zu bringen, ist eine alles vereinende Macht vonnöten, die bewirkt, dass jeder Teil des Seins in vollendeter Ordnung seine Aufgabe erfüllt. Betrachten Sie etwa den menschlichen Körper und nehmen Sie an ihm den Teil als Modell für das Ganze. Sehen Sie, wie die verschiedenen Teile und Glieder dieses Körpers eng und einträchtig miteinander verbunden sind. Jeder Teil ist eine wesenhafte Voraussetzung aller anderen Teile, und jeder hat seine besondere Aufgabe. Doch die Seele, die alles vereinende Kraft, verbindet alle Bestandteile so miteinander, dass sie ihre besonderen Aufgaben in vollendeter Ordnung erfüllen; Zusammenarbeit und Rückwirkungen werden auf diese Weise möglich. Alle Teile arbeiten nach gewissen Gesetzen, die lebensnotwendig sind. Wird jene alles vereinende Kraft, die alle Teile steuert, auf irgendeine Weise gestört, dann hören die Bestandteile zweifellos auf, ordnungsgemäß zu arbeiten. Und obwohl die alles vereinende Kraft im menschlichen Tempel weder sichtbar noch wahrnehmbar ist, obwohl sie ihrem Wesen nach unbekannt ist, offenbart sie sich doch mit ganzer Macht durch ihre Wirkungen.
Damit ist bewiesen und dargelegt, dass die unendlich vielen Lebewesen in diesem wundersamen Weltall nur dann ihre Aufgaben richtig erfüllen, wenn sie von jener Allumfassenden Wirklichkeit so gesteuert und überwacht werden, dass Ordnung in der Welt errichtet ist. Zum Beispiel sind Wechselwirkung und Zusammenarbeit zwischen den Bestandteilen des menschlichen Körpers offenkundig und unbestreitbar; das aber ist nicht genug. Eine alles vereinende Kraft ist notwendig, die die Bestandteile steuert und überwacht, damit sie durch Wechselwirkung und Zusammenarbeit ihre notwendigen besonderen Aufgaben in vollkommener Ordnung erfüllen.
Sie wissen genau – gepriesen sei der Herr –, dass Wechselwirkung und Zusammenarbeit zwischen allen Lebewesen, ob groß oder klein, offenkundig und bewiesen sind. Im Falle großer Körper ist die Wechselwirkung so offenbar wie die Sonne; bei kleinen Körpern mag sie unerkannt bleiben, aber der Teil ist ein Zeichen für das Ganze. Alle diese Wechselwirkungen sind folglich mit jener alles umfassenden Kraft verbunden; sie ist ihr Angelpunkt, ihre Mitte, ihr Ursprung und ihr Antrieb.
Wie wir sahen, ist die Zusammenarbeit zwischen den Bestandteilen des menschlichen Körpers klar erwiesen; die Teile und Glieder leisten allen anderen Körperteilen ihre Dienste. Zum Beispiel helfen Hand, Fuß, Auge, Ohr, Verstand und Vorstellungskraft den verschiedenen Teilen und Gliedern des Körpers, aber alle diese Wechselwirkungen sind durch eine unsichtbare, alles umfassende Kraft verknüpft; sie bewirkt, dass diese Wechselwirkungen mit vollkommener Regelmäßigkeit hergestellt werden. Es handelt sich um die innere Fähigkeit des Menschen, das heißt, um seinen Geist und seine Seele, die beide unsichtbar sind.
Beobachten Sie in der gleichen Weise Maschinen und Werkstätten; achten Sie auf die Wechselwirkung zwischen den verschiedenen Bestandteilen und Arbeitsgruppen, wie eng sie miteinander verbunden sind. Alle diese Beziehungen und Wechselwirkungen sind jedoch mit einer zentralen Macht verknüpft, die ihr Antrieb, ihr Angelpunkt und ihr Ursprung ist. Dies kann die Kraft des Dampfes sein oder das Geschick des unternehmerischen Geistes.
Somit ist klar erwiesen, dass die Wechselwirkung, die Zusammenarbeit und die gegenseitigen Beziehungen zwischen den Lebewesen der Steuerung und dem Willen einer bewegenden Macht unterliegen; sie ist der Ursprung, der Antrieb und der Angelpunkt aller Wechselwirkungen des Weltalls.
Jede Anordnung und Gestaltung, die nicht vollkommen in ihrer Ordnung ist, bezeichnen wir als zufällig; ist sie aber geordnet, regelmäßig und vollkommen in ihren Beziehungen, steht jeder Teil am richtigen Platz, bildet jeder Bestandteil eine wesentliche Voraussetzung für alle anderen, dann sprechen wir von einem Gebilde, das durch Willen und Wissen gestaltet wurde. Ohne jeden Zweifel sind diese unendlichen Lebewesen, ist die Vereinigung dieser verschiedenen Elemente zu unzähligen Formen von einer Wirklichkeit ausgegangen, die keineswegs ohne Willen und Verstand sein kann. Das ist für den menschlichen Geist klar erwiesen, und niemand kann es leugnen. Es bedeutet jedoch nicht, dass wir jene umfassende Wirklichkeit oder deren Eigenschaften begriffen. Weder ihr Wesen noch ihre wahren Eigenschaften sind von irgendjemandem erfasst worden ; aber wir halten daran fest, dass diese unendlichen Lebewesen, diese zwangsläufigen Beziehungen, diese vollkommene Anordnung notwendigerweise von einem Ursprung ausgehen, der des Willens und der Vernunft nicht ermangelt, und dass diese unendliche Gestaltung, die sich in unendlich viele Formen ergießt, von einer allumfassenden Weisheit verursacht worden sein muss. Dies kann nur bestreiten, wer halsstarrig und verstockt ist, wer klare, unmissverständliche Zeichen abweist und so zum Gegenstand des heiligen Verses wird: »Taub, stumm und blind sind sie – darum finden sie keine Umkehr«Q1.
Nun zu der Frage, ob die Fähigkeiten des Geistes und die Seele des Menschen ein und dasselbe sind: Die Geisteskräfte sind nur Eigenbesitz der Seele, so etwa Vorstellungskraft, Denkkraft, Verständnis – alles Kräfte, die wesentliche Voraussetzungen der menschlichen Wirklichkeit sind, so, wie der Sonnenstrahl Eigenbesitz der Sonne ist. Der Tempel (Körper) des Menschen ist wie ein Spiegel, seine Seele ist wie die Sonne, und seine Geisteskräfte sind wie die Strahlen, die von dieser Lichtquelle ausgehen. Der Strahl kann aufhören, auf den Spiegel zu fallen, aber er kann nicht von der Sonne getrennt werden.
Kurz, der wesentliche Punkt ist der, dass die Welt des Menschen im Verhältnis zum Pflanzenreich übernatürlich ist – in Wirklichkeit ist sie dies selbstverständlich nicht. Auf die Pflanze bezogen, ist die Wirklichkeit des Menschen, sein Hör- und Sehvermögen, übernatürlich. Für die Pflanze ist es unmöglich, diese Wirklichkeit und das Wesen der menschlichen Geisteskraft zu erfassen. So ist es auch für den Menschen völlig unmöglich, das Wesen des Göttlichen und des Lebens nach dem Tode zu begreifen. Die Gnadengaben des Göttlichen ergießen sich jedoch auf alle Lebewesen, und der Mensch hat die Pflicht, in seinem Herzen über diese Ausgießungen der göttlichen Gnade, zu denen auch seine Seele gehört, nachzudenken – nicht aber über das Wesen der Gottheit. Hier liegt die Grenze menschlichen Begreifens. Wie bereits gesagt, sind die Eigenschaften und Vollkommenheiten, die wir vom Wesen der Gottheit berichten, dem Dasein und der Beobachtung der Lebewesen entnommen, und es ist keineswegs so, dass wir damit Gott in Seinem Wesen und in Seiner Vollkommenheit begriffen hätten. Wenn wir sagen, die göttliche Wirklichkeit sei vernünftig und frei, bedeutet dies nicht, dass wir den Willen und die Absicht Gottes entdeckt hätten, sondern dass wir durch die göttlichen Gnadengaben, die sich in den Wirklichkeiten der Dinge kundtun und offenbaren, Wissen um den Willen und die Absicht Gottes erworben haben.
Zu unseren gesellschaftspolitischen Grundsätzen: Die Lehren Seiner Heiligkeit Bahá’u’lláhs, die schon vor 50 Jahren (um 1870) weit verbreitet wurden, umfassen alle anderen Lehren. Es ist klar erwiesen, dass die Menschheit ohne diese Lehren in keiner Weise fortschreiten und vorankommen kann. Jede Gemeinschaft auf der Welt findet in diesen göttlichen Lehren die Verwirklichung ihres höchsten Strebens. Sie sind wie ein Baum, der unter allen Bäumen die besten Früchte trägt. Die Philosophen zum Beispiel sehen in diesen himmlischen Lehren die vollkommene Lösung ihrer gesellschaftlichen Probleme und gleichzeitig eine wahre, vornehme Darlegung von Sachverhalten, die sich auf philosophische Fragen beziehen. Religiöse Menschen schauen die Wirklichkeit der Religion in diesen himmlischen Lehren deutlich offenbart; klar und schlüssig finden sie bewiesen, dass diese Lehren das wirkliche Heilmittel für die Leiden und Gebrechen der ganzen Menschheit sind. Wenn diese erhabenen Lehren Verbreitung finden, wird die Menschheit von allen Gefahren, von allen ihren chronischen Leiden und Krankheiten befreit. So verkörpern die Bahá’í-Grundsätze für das Wirtschaftsleben die höchsten Bestrebungen aller lohnabhängigen Klassen wie auch diejenigen der verschiedenen wirtschaftswissenschaftlichen Schulen.
Kurz, alle Interessengruppen und Parteien finden ihre Ziele in den Lehren Bahá’u’lláhs verwirklicht. Wenn diese Lehren in Kirchen, Moscheen und anderen Andachtsstätten – sei es bei den Anhängern Buddhas oder denen des Konfuzius –, in politischen Zirkeln oder unter den Materialisten verkündet werden, müssen alle bezeugen, dass diese Lehren der Menschheit neues Leben verleihen und das rasch wirksame Heilmittel für alle Krankheiten des Gesellschaftslebens sind. Niemand kann an irgendeiner dieser Lehren etwas auszusetzen haben; einmal dargelegt, werden sie alle Beifall finden. Jeder wird bekennen, wie lebenswichtig diese Lehren sind, und wird ausrufen: »Dies ist gewisslich die Wahrheit, und neben der Wahrheit gibt es nichts als offenkundigen Irrtum«.
Diese wenigen Worte sind nun aufgezeichnet, und sie werden für jeden ein klarer, schlüssiger Beweis der Wahrheit sein. Denken Sie in Ihrem Herzen darüber nach! Der Wille jedes Philosophen findet bei einer Handvoll Schüler zu seinen Lebzeiten Ausdruck. Aber die Macht des Heiligen Geistes strahlt hell aus der Wirklichkeit der Gottesboten und stählt deren Willen in solcher Weise, dass er ein großes Volk über Jahrtausende hin beeinflusst, die Menschenseele neu erschafft und die ganze Menschheit neu belebt. Bedenken Sie, wie groß diese Macht ist! Es ist eine ungewöhnliche Macht, ein allgenügender Beweis für die Wahrheit in der Sendung der Propheten Gottes, ein untrügliches Zeichen für die Kraft göttlicher Eingebung.
Die Herrlichkeit des Allherrlichen sei mit Ihnen!
Haifa, 21. September1921 (gez.) ‘Abdu’l-Bahá ‘Abbás
Anhang – Der Brief von Forel an ‘Abdu’l-Bahá
Hochverehrter Herr,
ich habe soeben wunderbare Briefe gelesen, die Sie nach Angaben von Herrn Wilhelm Herrigel, der sie ins Deutsche übersetzte, 1910 an eine Dame, Frau Dr. F., gerichtet haben. Trifft dies zu? Sind diese Briefe tatsächlich bereits 1910, vor dem Weltkrieg, geschrieben worden? In diesem Fall bin ich höchst erstaunt über Ihren prophetischen Scharfblick.
Aber ich habe Ihnen eine sehr wichtige Frage zu stellen. Ich muss Ihnen sagen, dass ich mit meinen nunmehr 72 Jahren immer von den Wahrheiten der Wissenschaft begeistert war. Schon 1874 habe ich ein umfangreiches Buch über die Verhaltensweisen der Ameisen geschrieben, und seit dieser Zeit Werke über die Anatomie des Gehirns, über Hypnose, über die Sinneswahrnehmungen der Insekten, über die Hygiene des Nervensystems, über die sexuelle Frage usw. Von 1879 bis 1898 war ich Professor für Psychiatrie an der Universität Zürich und Direktor der dortigen Irrenanstalt. Von da her werden Sie den Grund meiner folgenden Frage verstehen.
Gelesen habe ich überdies die Statuten der Bahai-Religion oder vielmehr ihre Grundsatzerklärungen, ferner Ihre Abhandlung (aus dem Englischen von Miss Goodall übersetzt) wider den ›Glauben der Naturphilosophen über Gott‹ und das Gespräch von Professor Edw. G. BrowneA5 mit Baha’o’llah 1890 in Akka. Schließlich habe ich das Buch von Mirza Abul Fazl über die Geschichte der Bahai-Religion in Deutsch gelesenA6.
Aus diesem Schrifttum scheint hervorzugehen, dass Sie die Naturphilosophen im Allgemeinen solcher Irrtümer beschuldigen, die nur bei gewissen Fanatikern eines strengen Materialismus zutreffen, welche – wie Oswald und Haeckel –, ohne sich darüber Rechenschaft abzulegen, eine ›Metaphysik der Energie oder der Materie‹ begründen. Man vergeudet seine Zeit damit, die Atome, die Energie, das Unendliche, das Universum usw. gelehrt abzuhandeln; das sind nur sinnleere Worte. Ich für meinen Teil bin Monist im folgenden Sinn: Ich bin sicher, dass die Funktionen des Gehirns und der menschlichen Seele nur ein untrennbares Ganzes sind. Folglich kann ich nicht an ein Fortleben der individuellen Seele nach dem Tod des Gehirns glauben. Dieser Monismus gehört in den Bereich der Wissenschaft und lässt sich induktiv beweisen. Dagegen erkläre ich mich wie der Philosoph Sokrates und der große Naturforscher Darwin in Sachen der Metaphysik als absoluten Agnostiker, das heißt, ›Gott‹ ist für mich nichts als das – mutmaßlich absolute, aber für den Menschen absolut unerkennbare – Wesen des Universums. Es ist demnach absolut nutzlos, es mit Eigenschaften und mit irgendwelchen Absichten ausstatten zu wollen. ›Gott‹, das heißt das vermutete Metaphysisch-Absolute, ist der Ursprung dessen, was schlecht und was gut ist, mit Bezug auf uns ebenso wie mit Bezug auf jedes andere Wesen. Warum? Wir wissen es nicht, und jeder Versuch einer Auslegung ist nutzlos, ja schädlich. Wenn wir Gott ergründen wollen, bewegen wir uns nur in falschen Zirkelschlüssen. Aus diesem Grund habe ich herein mit 16 Jahren die christliche ›Konfirmation‹ abgelehnt. Ich gehöre keinem Bekenntnis an.
Nun behaupten Sie aber in ihrer Auseinandersetzung mit den Vertretern des Naturalismus, Herrigel und den Bahai zufolge, Gott habe ein eigenes BewusstseinA7, einen Willen, die Macht der Wahl; er sei vollkommen. Bewusstsein, Wille, Wahlfreiheit sind aber persönlich menschliche Eigenschaften, und was Vollkommenheit sein könnte, davon haben wir keine Vorstellung. Ihr Gott wäre demnach ›persönlich, das heißt einem Menschen, einem idealisierten Menschen ähnlich‹. Andere Textstellen Ihrer prachtvollen internationalen Religion stimmen nicht mit einer gewissen Beschränktheit, die aus dem ganzen Buch von Mirza Abul Fazl hervorgeht, überein. Abul Fazl greift die Freidenker ganz gehörig an. Trotz all meiner Bewunderung für Ihre menschlichen Grundsätze bekenne ich somit, dass ich Ihre ›göttlichen‹ Grundsätze nicht verstehe. Hier also meine Frage:
Kann ich, ja oder nein, mit meinem vorerwähnten Agnostizismus der Bahai-Religion angehören, ohne mich selbst und andere zu belügen?
Ich habe 1916 oder 1917 einen Aufsatz über das veröffentlicht, was ich die wissenschaftliche Religion des ›Gemeinwohls‹ genannt habe, im Sinne des oben Erwähnten, mit ähnlichen Wesenszügen wie Ihre Religion. Am 15. Februar 1921 kehre ich an meinen Wohnort Yvorne (Waadt), Schweiz, zurück; wenn Sie mir dorthin antworten, kann ich Ihnen diesen Aufsatz schicken.
Gestatten Sie, hochverehrter Herr, den Ausdruck meiner Gefühle aufrichtiger Bewunderung.
(gez.) Dr. A. Forel vormals Professor an der Universität Zürich Rüppurr bei Karlsruhe, 28. XII. 20, Baden, Deutschland Auerstraße 24
P.S.: Nur um meine Frage zu begründen, habe ich oben ausschließlich diejenigen Punkte dargelegt, in denen ich die Bahai-Religion von meinem Glauben, abweichen sehe, wobei ich sie nach Herrigel usw., beurteile. In allem Übrigen, vor allem unter dem Gesichtspunkt der Moral oder Humanethik und der umfassenden Toleranz für alle Glaubensbekenntnisse auf der Erde, kann ich Sie nur bewundern und mit allen meinen Kräften unterstützen.
Quellenangaben
Q1 Qur’án 2:18 – Anm. d. Hrsg.
Anmerkungen
A1 Die Antwort bezieht sich eindeutig auf Forels Brief (siehe ap:1–9), der gemäß vorliegender Kopie »28. XII. 20« datiert ist.
A2 Im Englischen ›Dr. Fisher‹. Forel schreibt von ›Frau Dr. F.‹ Es handelt sich mit großer Wahrscheinlichkeit um Frau Dr. Fallscher, die langjährige Hausärztin ‘Abdu’l-Bahás in Haifa. ›Fisher‹ und ›Fallscher‹ werden in persisch-arabischer Schrift fast gleich ausgedrückt. – Anm. d. Hrsg.
A3 Stanford University, Palo Alto 1912. Die Rede ‘Abdu’l-Bahás wurde in einer Lokalzeigung veröffentlicht und auch in die Ansprachensammlung Promulgation of Universal Peace mit aufgenommmen. [Ins deutsche Übersetzt wurde sie in Bahá’í-Briefe 42, Oktober 1970, p. 1178 ff. – Anm. d. Hrsg.].
A4 ‘Abdu’l-Bahá unterscheidet darin westlich-moderne, materialistisch-empirische Philosophie von griechisch-persischer, normativer, rationalistischer Philosophie und erläutert den Unterschied an den Theorien über das Wesen der Natur und den Ursprung des Menschen.
A5 Englischer Orientalist, 1862–1926. Vgl. H. M. Balyuzi Edward Granville Browne and the Bahá’í Faith, George Ronald, London 1970 – Anm. d. Hrsg.
A6 Abu’l-Faḍl-i-Gulpáygání, Geschichte und Wahrheitsbeweise der Bahá’í-Religion, Verlag des deutschen Bahá’í-Bundes, Stuttgart 1919.
A7 Im französischen Brieftext »une conscience de lui« – Anm. d. Hrsg.
Sendschreiben an Forel
‘Abdu’l-Bahá
Dem geschätzten und verehrten Herrn Professor Dr. Forel – auf ihm sei die Herrlichkeit Gottes, des Allherrlichen!
Er ist Gott!
O verehrter Wahrheitssucher! Ihr Brief vom 28. Juli 1921A1 kam an. Sein Inhalt brachte große Freude und bewies, dass Sie – Preis sei Gott! – noch jung sind und nach der Wahrheit suchen, dass Ihre Denkkraft stark und Ihre geistigen Entdeckungen offenkundig sind.
Von dem Brief, den ich an Dr. F.A2 geschrieben hatte, sind viele Abschriften verbreitet worden; jeder weiß, dass er im Jahre 1910 offenbart worden ist. Außer diesem Brief wurden vor dem Kriege viele weitere gleichen Inhalts verfasst, und in der Zeitschrift der Universität von San FranziscoA3 ist auf diese Fragen hingewiesen worden. Das Datum jener Zeitschrift ist zweifellos bekannt, ebenso auch das hohe Lob weitsichtiger Philosophen über einen Vortrag, der in der erwähnten Universität beredsam gehalten wurde;A4 ein Exemplar jener Zeitschrift liegt diesem Briefe bei. Ihre Werke sind zweifellos sehr segensreich; senden Sie uns von jedem ein Exemplar, soweit sie veröffentlicht sind.
Mit den Materialisten, von deren Ansicht über das Göttliche die Rede war, sind nicht die Philosophen im allgemeinen, sondern jene Gruppe engstirniger Materialisten gemeint, die das sinnlich Wahrnehmbare verehren, die sich nur auf die fünf Sinne verlassen und deren Erkenntnismaßstab auf das begrenzt ist, was durch die Sinne wahrnehmbar ist. Alles sinnlich Wahrnehmbare ist ihnen wirklich, während sie alles, was nicht der Macht der Sinne unterliegt, entweder für unwirklich oder für zweifelhaft erachten. Dass es eine Gottheit gibt, halten sie für völlig zweifelhaft.
Wie Sie schreiben, sind also nicht die Philosophen im Allgemeinen angesprochen, sondern die engstirnigen Materialisten. Die an Gott glaubenden Philosophen wie Sokrates, Plato und Aristoteles sind in der Tat verehrungswürdig und verdienen höchstes Lob; denn sie haben der Menschheit hervorragende Dienste erwiesen. Desgleichen schätzen wir die feingebildeten, bescheidenen materialistischen Philosophen, die (der Menschheit) Dienste getan haben.
Wir betrachten Wissen und Weisheit als Grundlagen des Fortschritts der Menschheit und verehren Philosophen von breitem Gesichtsfeld. Lesen Sie die Zeitschrift der Universität von San Franzisco genau durch, damit Ihnen die Wahrheit offenbar werde.
Was die Geisteskräfte angeht, so gehören sie wahrscheinlich zu den angeborenen Eigenschaften der Menschenseele, wie die Leuchtkraft eine Grundeigenschaft der Sonne ist. Die Sonnenstrahlen erneuern sich, aber die Sonne selbst ist beständig und unveränderlich. Bedenken Sie, wie der menschliche Verstand sich entwickelt, wieder nachlässt und manchmal völlig schwindet, während die Seele sich nicht verändert. Damit sich der Verstand offenbare, muss der menschliche Körper heil sein. Ein gesunder Verstand kann nur in einem gesunden Körper wohnen, aber die Seele ist nicht vom Körper abhängig. Durch die Macht der Seele hat der Verstand Begriffs- und Vorstellungsvermögen, durch sie übt er seinen Einfluss aus; aber die Seele ist eine freie Macht. Der Verstand begreift das Abstrakte mit Hilfe des Konkreten, aber die Seele hat unbegrenzte, eigenständige Offenbarungen. Der Verstand ist umgrenzt, die Seele unbegrenzt. Mittels der Sinne – Gesicht, Gehör, Geschmack, Geruch, Gefühl – begreift der Verstand, aber die Seele ist frei von allen Werkzeugen. Wie Sie beobachten, ist die Seele immer in Bewegung und Tätigkeit, ob wir schlafen oder wachen. Es mag sein, dass sie im Traum ein schwieriges Problem löst, das sie im wachen Zustand nicht lösen kann. Überdies kann der Verstand nichts begreifen, wenn die Sinne zu arbeiten aufhören. Im Embryonalzustand und in der frühen Kindheit ist die Verstandesmacht noch gar nicht da, indes die Seele immer mit voller Kraft ausgestattet ist. Kurz, es gibt viele Beweise, dass die Macht der Seele fortbesteht, auch wenn der Verstand verloren geht. Der Geist jedoch hat verschiedene Grade und Stufen.
Was das Vorhandensein des Geistes im Mineral anbelangt, so ist es sicher, dass das Mineral, den Erfordernissen seiner Stufe entsprechend, mit Geist und Leben ausgestattet ist. Auch dieses verborgene Geheimnis ist den Materialisten bekannt geworden. Jetzt behaupten sie, alle Dinge hätten Leben, wie Er im Qur’án spricht: »Alle Dinge sind belebt«.
Im Pflanzenreich kommt die Kraft des Wachstums hinzu, und diese Kraft ist der Geist. In der Tierwelt gibt es die Fähigkeit der Empfindung; im Reiche des Menschen ist jedoch eine allumfassende Macht vorhanden. Auf allen vorangehenden Stufen fehlt die Macht des Verstandes, aber die Seele ist da und offenbart sich. Die Fähigkeit der Empfindung begreift die Seele nicht, aber die Macht des Verstandes beweist ihr Vorhandensein.
Ebenso beweist der Verstand das Vorhandensein einer unsichtbaren Wirklichkeit, die alle Lebewesen umfasst, auf allen Stufen da ist und sich offenbart. Ihr Wesen aber liegt über dem Begriffsvermögen des Verstandes. Auch das Mineralreich kann ja das Wesen und die Vollkommenheiten der Pflanzenwelt nicht verstehen; die Pflanzenwelt begreift nicht das Wesen der Tierwelt, und das Tierreich kann die wesenhafte Wirklichkeit des Menschen, die alle Dinge entdeckt und umfasst, nicht verstehen.
Das Tier ist der Gefangene der Natur, es kann die natürlichen Regeln und Gesetze nicht überschreiten. Im Menschen jedoch ist eine Forscherkraft, die über die natürliche Welt hinausreicht, deren Gesetze beherrscht und beeinflusst. Zum Beispiel sind alle Minerale, Pflanzen und Tiere Gefangene der Natur. Selbst die Sonne mir all ihrer Pracht ist der Natur derart untertan, dass sie keinen eigenen Willen hat und nicht um Haaresbreite von den Naturgesetzen abweichen kann. Ebenso wenig können andere Wesen, ob sie nun dem Mineral-, dem Pflanzen- oder dem Tierreich angehören, von den Naturgesetzen abgehen; sie sind vielmehr allesamt Sklaven der Natur. Der Mensch dagegen, wenn auch körperlich ein Gefangener der Natur, ist in seinem Verstand und seiner Seele frei und herrscht über die Natur.
Bedenken Sie: Nach dem Gesetz der Natur lebt und bewegt sich der Mensch auf der Erde; aber seine Seele und sein Verstand greifen in die Naturgesetze ein, und wie ein Vogel fliegt er durch die Luft. Mit großer Geschwindigkeit fährt er über das Meer, und wie ein Fisch taucht er in die Tiefe und treibt dort seine Forschungen. Das ist fürwahr ein großer Sieg über die Naturgesetze.
Ebenso steht es mit der Elektrizität. Diese unbändige Kraft, die Berge spaltet, bannt der Mensch in eine Glühlampe – ein offenbarer Eingriff in die Naturgesetze. Auch entdeckt der Mensch die verborgenen Geheimnisse der Natur, die nach den Naturgesetzen geheim bleiben sollen; aus dem Bereich des Unsichtbaren bringt er sie auf die Ebene des Sichtbaren – wiederum ein Eingriff in die Naturgesetze. Der Mensch dringt in die tiefsten Eigenheiten der Dinge, die zu den Geheimnissen der Natur gehören. Längst vergangene und vergessene Ereignisse bringt er ans Licht und schließt durch seine Kraft der Induktion auf künftige Geschehnisse, die noch unbekannt sein müssten. Nachrichtenaustausch und Wahrnehmung sind nach den Naturgesetzen auf kurze Entfernungen begrenzt; dennoch verbindet der Mensch den Osten und den Westen dank jener inneren Kraft, die die Wirklichkeiten aller Dinge entdeckt. Auch das ist ein Eingriff in die Naturgesetze. Alle Schatten sind nach dem Naturgesetz flüchtig; der Mensch jedoch bannt sie auf eine Platte – ein weiterer Eingriff in ein Naturgesetz. Überdenken Sie wohl: Alle Wissenschaften, Künste, Handfertigkeiten, Erfindungen und Entdeckungen waren Geheimnisse der Natur und müssten nach den Naturgesetzen verborgen bleiben; aber der Mensch greift durch seine Entdeckerkraft in die Naturgesetze ein und bringt jene verborgenen Geheimnisse aus dem Bereich des Unsichtbaren auf die Ebene des Sichtbaren. Dies sind alles Eingriffe in die Naturgesetze.
Kurz, jene dem Menschen innewohnende, unsichtbare Geisteskraft reißt der Natur das Schwert aus der Hand und versetzt ihr einen schweren Schlag. Alle anderen Wesen, wie groß sie auch seien, sind dieser Vollkommenheiten beraubt. Der Mensch besitzt die Kräfte des Willens und des Verstehens, aber die Natur besitzt sie nicht. Die Natur ist gebunden, der Mensch frei. Die Natur ist ohne Verstand, der Mensch jedoch versteht. Die Natur weiß nichts von der Vergangenheit, der Mensch aber weiß um sie. Die Natur sieht die Zukunft nicht voraus, der Mensch aber erkennt dank seinem Unterscheidungsvermögen, was kommen wird. Die Natur ist ihrer selbst nicht bewusst; der Mensch aber weiß um alle Dinge.
Wenn jemand annimmt, der Mensch sei nur ein Teil der natürlichen Welt, die Vollkommenheiten, die er besitzt, seien nur Erscheinungen der Natur und die Natur sei die Urheberin dieser Vollkommenheiten, deren sie folglich nicht ermangele, so antworten wir: Der Teil hängt vom Ganzen ab; er kann unmöglich Vollkommenheiten besitzen, die das Ganze nicht hat.
Unter ›Natur‹ sind die besonderen Eigenheiten und die zwangsläufigen Beziehungen zu verstehen, die aus den Wirklichkeiten der Dinge herrühren. Diese Wirklichkeiten der Dinge sind eng miteinander verknüpft, obwohl sie höchst mannigfaltig sind. Für diese mannigfaltigen Wirklichkeiten ist eine alles vereinigende Wirkkraft vonnöten, die sie miteinander verbindet. Zum Beispiel sind die Organe und Glieder, Teile und Elemente, die den menschlichen Körper bilden, äußerst verschieden, aber eine alles vereinigende Wirkkraft, die wir die menschliche Seele nennen, verbindet sie untereinander, lässt sie in vollkommener Harmonie und Regelmäßigkeit zusammenwirken und ermöglicht so den Fortbestand des Lebens. Der menschliche Körper ist sich dieser alles vereinenden Wirkkraft völlig unbewusst, und doch hält er sich an ihre Ordnung und arbeitet nach ihrem Willen.
Es gibt zweierlei Schulen von Philosophen. Sokrates der Weise glaubte an die Einheit Gottes und an das Leben der Seele nach dem Tode. Da seine Überzeugung den Ansichten seiner kurzsichtigen Zeitgenossen widersprach, vergiftete man diesen göttlichen Weisen. Alle göttlichen Philosophen, alle Menschen von Weisheit und Einsicht erkennen, wenn sie die unendliche Vielzahl der Lebewesen bedachten, dass in diesem großen, unermesslichen Weltall alle Dinge im Mineralreich ihr Ende finden, dass aber das Ergebnis des Mineralreiches das Pflanzenreich, das Ergebnis des Pflanzenreiches das Tierreich, das Ergebnis des Tierreiches die Welt des Menschen ist. Die Vollendung dieses grenzenlosen Weltalls in seiner ganzen Größe und Herrlichkeit ist der Mensch, der sich in dieser Welt eine Zeitlang müht und von verschiedensten Leiden und Schmerzen quälen lässt; dann zerfällt er, ohne Spuren und Früchte zu hinterlassen. Wäre dem so, würde dieses unendliche Weltall zweifellos mit all seinen Vollkommenheiten zu nichts anderem führen als zu Wahn und Trug, ohne Ergebnis, ohne Frucht, ohne Beständigkeit, ohne Wirkung. Es wäre völlig sinnlos. Sie (die Philosophen) gewannen hieraus die Überzeugung, dass dem nicht so ist: Diese große Werkstatt mit all ihrer Macht, ihrer verwirrenden Großartigkeit und ihren unendlichen Vollkommenheiten kann nicht einfach in ein Nichts versinken. Somit ist sicher, dass es noch ein anderes Leben gibt, und wie das Pflanzenreich das Menschenreich nicht erahnen kann, so wissen auch wir nicht um das hehre Leben, das dem menschlichen Dasein hienieden folgt. Unser Nichtwissen um jenes Leben ist jedoch kein Beweis für sein Nichtsein. Auch das Mineralreich weiß zum Beispiel nichts von der Menschenwelt und kann sie nicht begreifen; aber Unkenntnis ist niemals ein Beweis für Nichtsein. Es gibt zahlreiche schlüssige Beweise dafür, dass diese unendliche Welt mit dem Menschenleben nicht aufhören kann.
Nun zum Wesen der Gottheit: In Wahrheit ist sie keineswegs durch irgendetwas anderes als sich selbst bestimmt, und es ist unmöglich, sie zu begreifen; denn alles, was der Mensch sich vorstellen kann, ist eine begrenzte, keine unbegrenzte, eine umfasste, keine umfassende Wirklichkeit – eine Wirklichkeit, die vom Menschen begriffen werden kann und von ihm beherrscht wird. Ebenso ist gewiss, dass alle menschlichen Vorstellungen kontingent, nicht absolut sind; sie haben ein gedankliches, kein materielles Sein. Auch sind die Stufenunterschiede in dieser bedingten Welt ein Hindernis für das Verstehen. Wie also kann das Kontingente sich die Wirklichkeit des Absoluten vorstellen? Es ist, wie wir sagten: Die Unterscheidung von Stufen in der bedingten Welt ist ein Hindernis für das Verstehen. Mineralien, Pflanzen und Tiere entbehren der Verstandeskräfte, mit denen der Mensch die Wirklichkeiten aller Dinge entdeckt; nur der Mensch begreift die Stufen unter ihm. Jede höhere Stufe begreift die niedrigere und entdeckt deren Wirklichkeit, aber die niedrigere weiß nichts von der höheren und kann sie nicht begreifen, doch durch die Macht seiner Vernunft, durch Beobachtung, durch seine Einfühlungsgabe und durch die offenbarende Macht seines Glaubens kann er Gott anerkennen und Gottes Gnadengaben entdecken. Er wird gewiss, dass überzeugende (geistige) Beweise das Sein jener unsichtbaren Wirklichkeit bestätigen, auch wenn das Wesen Gottes dem Auge verborgen ist und Gottes Sein nicht fassbar ist. Das Wesen Gottes, wie es in sich selbst besteht, ist jedoch über jede Beschreibung erhaben. So ist auch das Wesen des Äthers unbekannt; dass es ihn aber gibt, wird aus seinen Wirkungen deutlich: Wärme, Licht und Elektrizität sind seine Schwingungen. Durch diese Schwingungen wird das Dasein des Äthers bewiesen. Und wenn wir die Ausgießungen der göttlichen Gnade beobachten, werden wir des göttlichen Seins gewiss. Zum Beispiel beobachten wir, dass das Sein der Lebewesen von der Verbindung verschiedener Elemente abhängt, ihr Nichtsein hinwieder von der Auflösung dieser Bestandteile; denn Auflösung verursacht die Trennung der verschiedenen Elemente. Wenn wir so sehen, dass die Verbindung der Elemente Lebewesen ins Sein ruft, und wissen, dass die Lebewesen – also die Wirkung – unendlich sind, wie kann da die Ursache endlich sein?
Nun gehen alle Gestaltungen auf dreierlei Art vor sich – eine vierte gibt es nicht: zufällig, zwangsläufig und gewollt. Das Zusammenkommen der verschiedenen Bestandteile der Lebewesen kann nicht zufällig sein; denn jede Wirkung setzt eine Ursache voraus. Sie kann nicht zwangsläufig sein; denn dann müsste die Gestaltung eine wesenhafte Eigenschaft der Bestandteile sein. Wesenhafte Eigenschaften einer Sache lassen sich aber nicht von ihr trennen. Das Licht etwa, das die Dinge offenbart, die Wärme, die die Teile sich ausdehnen lässt, und die Strahlen sind wesenhafte Eigenschaften der Sonne. Unter solchen Bedingungen könnte sich keine Gestaltung auflösen, da die wesenhaften Eigenschaften einer Sache nicht von ihr zu trennen sind. Es bleibt die dritte Gestaltung, die gewollte: Eine unsichtbare Kraft, die als die Altehrwürdige Macht beschrieben wird, veranlasst diese Bestandteile zusammenzukommen, wobei jede Gestaltung ein besonderes Lebewesen entstehen lässt.
Die Eigenschaften und Vollkommenheiten, die wir jener göttlichen Wirklichkeit zuschreiben – Wille, Wissen, Macht und andere altehrwürdige Eigenschaften –, sind Zeichen, die das Sein der Lebewesen im Bereich des Sichtbaren widerspiegeln, nicht aber die absoluten Vollkommenheiten des göttlichen Wesens, die nicht begriffen werden können. Wenn wir zum Beispiel die erschaffenen Dinge betrachten, nehmen wir unendliche Vollkommenheiten wahr, und weil die erschaffenen Dinge von höchster Ordnung und Vollendung sind, folgern wir, dass jene Altehrwürdige Macht, von der das Sein dieser Lebewesen abhängt, nicht unwissend sein kann; wir sagen deshalb, sie sei allwissend. Es steht fest, dass sie nicht schwach sein kann; sie muss allmächtig sein. Sie ist nicht arm; sie muss allbesitzend sein. Sie ist keinesfalls nichtseiend; sie muss also ewiglebend sein. Damit soll gezeigt werden, dass die Eigenschaften und Vollkommenheiten, die wir jener umfassenden Wirklichkeit zuschreiben, lediglich Unvollkommenheiten an ihr bestreiten, nicht aber diejenigen Vollkommenheiten, die der Menschengeist sich vorstellen kann, an ihr nachweisen sollen. Folglich sagen wir, dass ihre Eigenschaften unerforschlich sind.
Kurz, jene umfassende Wirklichkeit mit all den Merkmalen und Eigenschaften, die wir ihr zuschreiben, ist heilig und erhaben über allen menschlichen Geist und alles Verständnis. Aber wenn wir mit offenem Bewusstsein über dieses unendliche Weltall nachdenken, stellen wir fest, dass es ohne bewegende Kraft keine Bewegung, ohne Ursache keine Wirkung geben kann, dass jedes Lebewesen unter zahlreichen Einwirkungen entstanden ist und fortgesetzt Rückwirkungen durchmacht. Diese Einwirkungen geschehen als Auswirkungen wieder anderer Einwirkungen. Die Pflanzen zum Beispiel wachsen und blühen durch die Ströme der Frühlingsschauer, die Wolke entsteht durch verschiedene andere Kräfte; diese anderen Kräfte sind Rückwirkungen auf wieder andere Kräfte. Pflanzen und Tiere wachsen und gedeihen unter der Einwirkung dessen, was die Gelehrten unserer Tage als Wasserstoff und Sauerstoff bezeichnen; sie sind Rückwirkungen dieser beiden Elemente. Diese ihrerseits werden unter anderen Einwirkungen gestaltet. Das gleiche kann von anderen Lebewesen gesagt werden, ob sie nun auf wieder andere Lebewesen einwirken oder selbst unter deren Einwirkung stehen. Dieser Prozess der Verursachung setzt sich fort; aber die Behauptung, er habe kein Ende, ist offenkundig absurd. So muss die Ursachenkette zwangsläufig am Ende zu Ihm führen, der der Ewiglebende, der Allmächtige, der Selbstbestehende und die letzte Ursache ist. Diese Allumfassende Wirklichkeit kann nicht sinnlich wahrgenommen werden. Das muss zwangsläufig so sein; denn sie ist allumfassend und nicht begrenzt, und Eigenschaften kennzeichnen die Wirkung, nicht die Ursache.
Wenn wir weiter nachdenken, stellen wir fest, dass der Mensch wie eine winzige Mikrobe in einer Frucht ist. Diese Frucht hat sich aus der Blüte entwickelt, die Blüte ist aus dem Baum gewachsen, der Baum ernährt sich aus dem Pflanzensaft, und der Pflanzensaft ist aus Erde und Wasser gebildet. Wie kann nun diese kleine Mikrobe das Wesen des Gartens begreifen, sich den Gärtner vorstellen und dessen Sein verstehen? Dies ist offenbar unmöglich. Aber wenn jene Mikrobe Verstand hätte und nachdenken könnte, würde ihr klar, dass der Garten und der Baum, die Blüte und die Frucht niemals von selbst in solcher Ordnung und Vollkommenheit entstehen konnten. Auf gleiche Art erkennt die weise, nachdenkliche Seele mit Gewissheit, dass dieses unendliche All in seiner ganzen Herrlichkeit und Ordnung nicht von selbst entstanden sein kann.
Auch in der Welt des Seins gibt es unsichtbare Kräfte wie die vorerwähnte Kraft des Äthers, die nicht sichtbar, nicht sinnlich wahrnehmbar ist. Doch durch die Wirkungen, die der Äther hervorruft, durch seine Wellen und Schwingungen, erscheinen Licht, Wärme und Elektrizität und werden offenbar. Das gleiche gilt für die Kräfte des Wachstums, der Empfindung, des Verstehens, des Denkens, des Erinnerns, der Vorstellung und der Unterscheidung. Alle diese inneren Fähigkeiten sind weder sichtbar noch wahrnehmbar; dennoch werden sie offenkundig durch die Wirkungen, die sie hervorbringen.
Was nun die Macht betrifft, die keine Grenzen kennt, so ist Begrenzung der Beweis für das Vorhandensein des Unbegrenzten; denn das Begrenzte wird durch das Unbegrenzte erkannt, so wie die Schwäche der Beweis dafür ist, dass es Kraft gibt. Ohne Wohlstand gäbe es keine Armut, ohne Wissen keine Unwissenheit, ohne Licht keine Finsternis. Die Finsternis ist ein Beweis für das Vorhandensein des Lichtes, denn Finsternis bedeutet Fehlen von Licht.
Was die Natur angeht, so besteht sie nur aus den wesentlichen Eigenheiten und den zwangsläufigen Beziehungen, die den Wirklichkeiten der Dinge innewohnen. Obwohl diese unendlichen Wirklichkeiten wesensverschieden sind, stehen sie doch in innigster Eintracht und enger Verbindung zueinander. In dem Maße, wie der Mensch seinen Blick weitet und scharf beobachtet, wird er gewahr, dass jede Wirklichkeit nichts als eine wesentliche Voraussetzung anderer Wirklichkeiten ist. Um all diese verschiedenen, unendlichen Wirklichkeiten zu verbinden und in Einklang zu bringen, ist eine alles vereinende Macht vonnöten, die bewirkt, dass jeder Teil des Seins in vollendeter Ordnung seine Aufgabe erfüllt. Betrachten Sie etwa den menschlichen Körper und nehmen Sie an ihm den Teil als Modell für das Ganze. Sehen Sie, wie die verschiedenen Teile und Glieder dieses Körpers eng und einträchtig miteinander verbunden sind. Jeder Teil ist eine wesenhafte Voraussetzung aller anderen Teile, und jeder hat seine besondere Aufgabe. Doch die Seele, die alles vereinende Kraft, verbindet alle Bestandteile so miteinander, dass sie ihre besonderen Aufgaben in vollendeter Ordnung erfüllen; Zusammenarbeit und Rückwirkungen werden auf diese Weise möglich. Alle Teile arbeiten nach gewissen Gesetzen, die lebensnotwendig sind. Wird jene alles vereinende Kraft, die alle Teile steuert, auf irgendeine Weise gestört, dann hören die Bestandteile zweifellos auf, ordnungsgemäß zu arbeiten. Und obwohl die alles vereinende Kraft im menschlichen Tempel weder sichtbar noch wahrnehmbar ist, obwohl sie ihrem Wesen nach unbekannt ist, offenbart sie sich doch mit ganzer Macht durch ihre Wirkungen.
Damit ist bewiesen und dargelegt, dass die unendlich vielen Lebewesen in diesem wundersamen Weltall nur dann ihre Aufgaben richtig erfüllen, wenn sie von jener Allumfassenden Wirklichkeit so gesteuert und überwacht werden, dass Ordnung in der Welt errichtet ist. Zum Beispiel sind Wechselwirkung und Zusammenarbeit zwischen den Bestandteilen des menschlichen Körpers offenkundig und unbestreitbar; das aber ist nicht genug. Eine alles vereinende Kraft ist notwendig, die die Bestandteile steuert und überwacht, damit sie durch Wechselwirkung und Zusammenarbeit ihre notwendigen besonderen Aufgaben in vollkommener Ordnung erfüllen.
Sie wissen genau – gepriesen sei der Herr –, dass Wechselwirkung und Zusammenarbeit zwischen allen Lebewesen, ob groß oder klein, offenkundig und bewiesen sind. Im Falle großer Körper ist die Wechselwirkung so offenbar wie die Sonne; bei kleinen Körpern mag sie unerkannt bleiben, aber der Teil ist ein Zeichen für das Ganze. Alle diese Wechselwirkungen sind folglich mit jener alles umfassenden Kraft verbunden; sie ist ihr Angelpunkt, ihre Mitte, ihr Ursprung und ihr Antrieb.
Wie wir sahen, ist die Zusammenarbeit zwischen den Bestandteilen des menschlichen Körpers klar erwiesen; die Teile und Glieder leisten allen anderen Körperteilen ihre Dienste. Zum Beispiel helfen Hand, Fuß, Auge, Ohr, Verstand und Vorstellungskraft den verschiedenen Teilen und Gliedern des Körpers, aber alle diese Wechselwirkungen sind durch eine unsichtbare, alles umfassende Kraft verknüpft; sie bewirkt, dass diese Wechselwirkungen mit vollkommener Regelmäßigkeit hergestellt werden. Es handelt sich um die innere Fähigkeit des Menschen, das heißt, um seinen Geist und seine Seele, die beide unsichtbar sind.
Beobachten Sie in der gleichen Weise Maschinen und Werkstätten; achten Sie auf die Wechselwirkung zwischen den verschiedenen Bestandteilen und Arbeitsgruppen, wie eng sie miteinander verbunden sind. Alle diese Beziehungen und Wechselwirkungen sind jedoch mit einer zentralen Macht verknüpft, die ihr Antrieb, ihr Angelpunkt und ihr Ursprung ist. Dies kann die Kraft des Dampfes sein oder das Geschick des unternehmerischen Geistes.
Somit ist klar erwiesen, dass die Wechselwirkung, die Zusammenarbeit und die gegenseitigen Beziehungen zwischen den Lebewesen der Steuerung und dem Willen einer bewegenden Macht unterliegen; sie ist der Ursprung, der Antrieb und der Angelpunkt aller Wechselwirkungen des Weltalls.
Jede Anordnung und Gestaltung, die nicht vollkommen in ihrer Ordnung ist, bezeichnen wir als zufällig; ist sie aber geordnet, regelmäßig und vollkommen in ihren Beziehungen, steht jeder Teil am richtigen Platz, bildet jeder Bestandteil eine wesentliche Voraussetzung für alle anderen, dann sprechen wir von einem Gebilde, das durch Willen und Wissen gestaltet wurde. Ohne jeden Zweifel sind diese unendlichen Lebewesen, ist die Vereinigung dieser verschiedenen Elemente zu unzähligen Formen von einer Wirklichkeit ausgegangen, die keineswegs ohne Willen und Verstand sein kann. Das ist für den menschlichen Geist klar erwiesen, und niemand kann es leugnen. Es bedeutet jedoch nicht, dass wir jene umfassende Wirklichkeit oder deren Eigenschaften begriffen. Weder ihr Wesen noch ihre wahren Eigenschaften sind von irgendjemandem erfasst worden ; aber wir halten daran fest, dass diese unendlichen Lebewesen, diese zwangsläufigen Beziehungen, diese vollkommene Anordnung notwendigerweise von einem Ursprung ausgehen, der des Willens und der Vernunft nicht ermangelt, und dass diese unendliche Gestaltung, die sich in unendlich viele Formen ergießt, von einer allumfassenden Weisheit verursacht worden sein muss. Dies kann nur bestreiten, wer halsstarrig und verstockt ist, wer klare, unmissverständliche Zeichen abweist und so zum Gegenstand des heiligen Verses wird: »Taub, stumm und blind sind sie – darum finden sie keine Umkehr«Q1.
Nun zu der Frage, ob die Fähigkeiten des Geistes und die Seele des Menschen ein und dasselbe sind: Die Geisteskräfte sind nur Eigenbesitz der Seele, so etwa Vorstellungskraft, Denkkraft, Verständnis – alles Kräfte, die wesentliche Voraussetzungen der menschlichen Wirklichkeit sind, so, wie der Sonnenstrahl Eigenbesitz der Sonne ist. Der Tempel (Körper) des Menschen ist wie ein Spiegel, seine Seele ist wie die Sonne, und seine Geisteskräfte sind wie die Strahlen, die von dieser Lichtquelle ausgehen. Der Strahl kann aufhören, auf den Spiegel zu fallen, aber er kann nicht von der Sonne getrennt werden.
Kurz, der wesentliche Punkt ist der, dass die Welt des Menschen im Verhältnis zum Pflanzenreich übernatürlich ist – in Wirklichkeit ist sie dies selbstverständlich nicht. Auf die Pflanze bezogen, ist die Wirklichkeit des Menschen, sein Hör- und Sehvermögen, übernatürlich. Für die Pflanze ist es unmöglich, diese Wirklichkeit und das Wesen der menschlichen Geisteskraft zu erfassen. So ist es auch für den Menschen völlig unmöglich, das Wesen des Göttlichen und des Lebens nach dem Tode zu begreifen. Die Gnadengaben des Göttlichen ergießen sich jedoch auf alle Lebewesen, und der Mensch hat die Pflicht, in seinem Herzen über diese Ausgießungen der göttlichen Gnade, zu denen auch seine Seele gehört, nachzudenken – nicht aber über das Wesen der Gottheit. Hier liegt die Grenze menschlichen Begreifens. Wie bereits gesagt, sind die Eigenschaften und Vollkommenheiten, die wir vom Wesen der Gottheit berichten, dem Dasein und der Beobachtung der Lebewesen entnommen, und es ist keineswegs so, dass wir damit Gott in Seinem Wesen und in Seiner Vollkommenheit begriffen hätten. Wenn wir sagen, die göttliche Wirklichkeit sei vernünftig und frei, bedeutet dies nicht, dass wir den Willen und die Absicht Gottes entdeckt hätten, sondern dass wir durch die göttlichen Gnadengaben, die sich in den Wirklichkeiten der Dinge kundtun und offenbaren, Wissen um den Willen und die Absicht Gottes erworben haben.
Zu unseren gesellschaftspolitischen Grundsätzen: Die Lehren Seiner Heiligkeit Bahá’u’lláhs, die schon vor 50 Jahren (um 1870) weit verbreitet wurden, umfassen alle anderen Lehren. Es ist klar erwiesen, dass die Menschheit ohne diese Lehren in keiner Weise fortschreiten und vorankommen kann. Jede Gemeinschaft auf der Welt findet in diesen göttlichen Lehren die Verwirklichung ihres höchsten Strebens. Sie sind wie ein Baum, der unter allen Bäumen die besten Früchte trägt. Die Philosophen zum Beispiel sehen in diesen himmlischen Lehren die vollkommene Lösung ihrer gesellschaftlichen Probleme und gleichzeitig eine wahre, vornehme Darlegung von Sachverhalten, die sich auf philosophische Fragen beziehen. Religiöse Menschen schauen die Wirklichkeit der Religion in diesen himmlischen Lehren deutlich offenbart; klar und schlüssig finden sie bewiesen, dass diese Lehren das wirkliche Heilmittel für die Leiden und Gebrechen der ganzen Menschheit sind. Wenn diese erhabenen Lehren Verbreitung finden, wird die Menschheit von allen Gefahren, von allen ihren chronischen Leiden und Krankheiten befreit. So verkörpern die Bahá’í-Grundsätze für das Wirtschaftsleben die höchsten Bestrebungen aller lohnabhängigen Klassen wie auch diejenigen der verschiedenen wirtschaftswissenschaftlichen Schulen.
Kurz, alle Interessengruppen und Parteien finden ihre Ziele in den Lehren Bahá’u’lláhs verwirklicht. Wenn diese Lehren in Kirchen, Moscheen und anderen Andachtsstätten – sei es bei den Anhängern Buddhas oder denen des Konfuzius –, in politischen Zirkeln oder unter den Materialisten verkündet werden, müssen alle bezeugen, dass diese Lehren der Menschheit neues Leben verleihen und das rasch wirksame Heilmittel für alle Krankheiten des Gesellschaftslebens sind. Niemand kann an irgendeiner dieser Lehren etwas auszusetzen haben; einmal dargelegt, werden sie alle Beifall finden. Jeder wird bekennen, wie lebenswichtig diese Lehren sind, und wird ausrufen: »Dies ist gewisslich die Wahrheit, und neben der Wahrheit gibt es nichts als offenkundigen Irrtum«.
Diese wenigen Worte sind nun aufgezeichnet, und sie werden für jeden ein klarer, schlüssiger Beweis der Wahrheit sein. Denken Sie in Ihrem Herzen darüber nach! Der Wille jedes Philosophen findet bei einer Handvoll Schüler zu seinen Lebzeiten Ausdruck. Aber die Macht des Heiligen Geistes strahlt hell aus der Wirklichkeit der Gottesboten und stählt deren Willen in solcher Weise, dass er ein großes Volk über Jahrtausende hin beeinflusst, die Menschenseele neu erschafft und die ganze Menschheit neu belebt. Bedenken Sie, wie groß diese Macht ist! Es ist eine ungewöhnliche Macht, ein allgenügender Beweis für die Wahrheit in der Sendung der Propheten Gottes, ein untrügliches Zeichen für die Kraft göttlicher Eingebung.
Die Herrlichkeit des Allherrlichen sei mit Ihnen!
Haifa, 21. September1921 (gez.) ‘Abdu’l-Bahá ‘Abbás
Anhang – Der Brief von Forel an ‘Abdu’l-Bahá
Hochverehrter Herr,
ich habe soeben wunderbare Briefe gelesen, die Sie nach Angaben von Herrn Wilhelm Herrigel, der sie ins Deutsche übersetzte, 1910 an eine Dame, Frau Dr. F., gerichtet haben. Trifft dies zu? Sind diese Briefe tatsächlich bereits 1910, vor dem Weltkrieg, geschrieben worden? In diesem Fall bin ich höchst erstaunt über Ihren prophetischen Scharfblick.
Aber ich habe Ihnen eine sehr wichtige Frage zu stellen. Ich muss Ihnen sagen, dass ich mit meinen nunmehr 72 Jahren immer von den Wahrheiten der Wissenschaft begeistert war. Schon 1874 habe ich ein umfangreiches Buch über die Verhaltensweisen der Ameisen geschrieben, und seit dieser Zeit Werke über die Anatomie des Gehirns, über Hypnose, über die Sinneswahrnehmungen der Insekten, über die Hygiene des Nervensystems, über die sexuelle Frage usw. Von 1879 bis 1898 war ich Professor für Psychiatrie an der Universität Zürich und Direktor der dortigen Irrenanstalt. Von da her werden Sie den Grund meiner folgenden Frage verstehen.
Gelesen habe ich überdies die Statuten der Bahai-Religion oder vielmehr ihre Grundsatzerklärungen, ferner Ihre Abhandlung (aus dem Englischen von Miss Goodall übersetzt) wider den ›Glauben der Naturphilosophen über Gott‹ und das Gespräch von Professor Edw. G. BrowneA5 mit Baha’o’llah 1890 in Akka. Schließlich habe ich das Buch von Mirza Abul Fazl über die Geschichte der Bahai-Religion in Deutsch gelesenA6.
Aus diesem Schrifttum scheint hervorzugehen, dass Sie die Naturphilosophen im Allgemeinen solcher Irrtümer beschuldigen, die nur bei gewissen Fanatikern eines strengen Materialismus zutreffen, welche – wie Oswald und Haeckel –, ohne sich darüber Rechenschaft abzulegen, eine ›Metaphysik der Energie oder der Materie‹ begründen. Man vergeudet seine Zeit damit, die Atome, die Energie, das Unendliche, das Universum usw. gelehrt abzuhandeln; das sind nur sinnleere Worte. Ich für meinen Teil bin Monist im folgenden Sinn: Ich bin sicher, dass die Funktionen des Gehirns und der menschlichen Seele nur ein untrennbares Ganzes sind. Folglich kann ich nicht an ein Fortleben der individuellen Seele nach dem Tod des Gehirns glauben. Dieser Monismus gehört in den Bereich der Wissenschaft und lässt sich induktiv beweisen. Dagegen erkläre ich mich wie der Philosoph Sokrates und der große Naturforscher Darwin in Sachen der Metaphysik als absoluten Agnostiker, das heißt, ›Gott‹ ist für mich nichts als das – mutmaßlich absolute, aber für den Menschen absolut unerkennbare – Wesen des Universums. Es ist demnach absolut nutzlos, es mit Eigenschaften und mit irgendwelchen Absichten ausstatten zu wollen. ›Gott‹, das heißt das vermutete Metaphysisch-Absolute, ist der Ursprung dessen, was schlecht und was gut ist, mit Bezug auf uns ebenso wie mit Bezug auf jedes andere Wesen. Warum? Wir wissen es nicht, und jeder Versuch einer Auslegung ist nutzlos, ja schädlich. Wenn wir Gott ergründen wollen, bewegen wir uns nur in falschen Zirkelschlüssen. Aus diesem Grund habe ich herein mit 16 Jahren die christliche ›Konfirmation‹ abgelehnt. Ich gehöre keinem Bekenntnis an.
Nun behaupten Sie aber in ihrer Auseinandersetzung mit den Vertretern des Naturalismus, Herrigel und den Bahai zufolge, Gott habe ein eigenes BewusstseinA7, einen Willen, die Macht der Wahl; er sei vollkommen. Bewusstsein, Wille, Wahlfreiheit sind aber persönlich menschliche Eigenschaften, und was Vollkommenheit sein könnte, davon haben wir keine Vorstellung. Ihr Gott wäre demnach ›persönlich, das heißt einem Menschen, einem idealisierten Menschen ähnlich‹. Andere Textstellen Ihrer prachtvollen internationalen Religion stimmen nicht mit einer gewissen Beschränktheit, die aus dem ganzen Buch von Mirza Abul Fazl hervorgeht, überein. Abul Fazl greift die Freidenker ganz gehörig an. Trotz all meiner Bewunderung für Ihre menschlichen Grundsätze bekenne ich somit, dass ich Ihre ›göttlichen‹ Grundsätze nicht verstehe. Hier also meine Frage:
Kann ich, ja oder nein, mit meinem vorerwähnten Agnostizismus der Bahai-Religion angehören, ohne mich selbst und andere zu belügen?
Ich habe 1916 oder 1917 einen Aufsatz über das veröffentlicht, was ich die wissenschaftliche Religion des ›Gemeinwohls‹ genannt habe, im Sinne des oben Erwähnten, mit ähnlichen Wesenszügen wie Ihre Religion. Am 15. Februar 1921 kehre ich an meinen Wohnort Yvorne (Waadt), Schweiz, zurück; wenn Sie mir dorthin antworten, kann ich Ihnen diesen Aufsatz schicken.
Gestatten Sie, hochverehrter Herr, den Ausdruck meiner Gefühle aufrichtiger Bewunderung.
(gez.) Dr. A. Forel vormals Professor an der Universität Zürich Rüppurr bei Karlsruhe, 28. XII. 20, Baden, Deutschland Auerstraße 24
P.S.: Nur um meine Frage zu begründen, habe ich oben ausschließlich diejenigen Punkte dargelegt, in denen ich die Bahai-Religion von meinem Glauben, abweichen sehe, wobei ich sie nach Herrigel usw., beurteile. In allem Übrigen, vor allem unter dem Gesichtspunkt der Moral oder Humanethik und der umfassenden Toleranz für alle Glaubensbekenntnisse auf der Erde, kann ich Sie nur bewundern und mit allen meinen Kräften unterstützen.
Quellenangaben
Q1 Qur’án 2:18 – Anm. d. Hrsg.
Anmerkungen
A1 Die Antwort bezieht sich eindeutig auf Forels Brief (siehe ap:1–9), der gemäß vorliegender Kopie »28. XII. 20« datiert ist.
A2 Im Englischen ›Dr. Fisher‹. Forel schreibt von ›Frau Dr. F.‹ Es handelt sich mit großer Wahrscheinlichkeit um Frau Dr. Fallscher, die langjährige Hausärztin ‘Abdu’l-Bahás in Haifa. ›Fisher‹ und ›Fallscher‹ werden in persisch-arabischer Schrift fast gleich ausgedrückt. – Anm. d. Hrsg.
A3 Stanford University, Palo Alto 1912. Die Rede ‘Abdu’l-Bahás wurde in einer Lokalzeigung veröffentlicht und auch in die Ansprachensammlung Promulgation of Universal Peace mit aufgenommmen. [Ins deutsche Übersetzt wurde sie in Bahá’í-Briefe 42, Oktober 1970, p. 1178 ff. – Anm. d. Hrsg.].
A4 ‘Abdu’l-Bahá unterscheidet darin westlich-moderne, materialistisch-empirische Philosophie von griechisch-persischer, normativer, rationalistischer Philosophie und erläutert den Unterschied an den Theorien über das Wesen der Natur und den Ursprung des Menschen.
A5 Englischer Orientalist, 1862–1926. Vgl. H. M. Balyuzi Edward Granville Browne and the Bahá’í Faith, George Ronald, London 1970 – Anm. d. Hrsg.
A6 Abu’l-Faḍl-i-Gulpáygání, Geschichte und Wahrheitsbeweise der Bahá’í-Religion, Verlag des deutschen Bahá’í-Bundes, Stuttgart 1919.
A7 Im französischen Brieftext »une conscience de lui« – Anm. d. Hrsg.
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