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Source : www.bahai-biblio.org
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L'ORDRE MONDIAL DE BAHÁ'U'LLÁH

Lettres sélectionnées de Shoghi Effendi

Sommaire

1. L'ORDRE MONDIAL DE BAHÁ'U'LLÁH.
Origines de l'ordre mondial bahá'í
Maisons de justice locales et nationales
L'institution du Gardiennat
Le but moteur des institutions bahá'íes
Situation en Égypte
2. L'ORDRE MONDIAL DE BAHÁ'U'LLÁH - AUTRES CONSIDERATIONS
Une bénédiction déguisée
Traits distinctifs de l'ordre mondial bahá'í
L'assaut de tous les peuples et de toutes les tribus
Différence entre la foi bahá'íe et les organisations ecclésiastiques
Un organisme vivant
Le plus grand drame de l'histoire spirituelle du monde
3. LE BUT D'UN NOUVEL ORDRE MONDIAL
Un monde las de la guerre
Les signes d'un chaos imminent
L'impuissance des hommes d'État
Les principes directeurs de l'ordre mondial
Les sept lumières de l'unité
Un super État mondial
Unité dans la diversité
Le principe d'unité
La fédération de l'humanité
Le feu de l'épreuve
Le porte-parole de Dieu
4. L'ÂGE D'OR DE LA CAUSE DE BAHÁ'U'LLÁH
La contribution de l'Amérique à la cause
Déclin de l'empire mortel
Contraste avec les religions du passé
Principe fondamental de la vérité religieuse
Nécessité d'une nouvelle révélation
Le rang du Báb
L'effusion de la grâce divine
Le système politique divin
Notre temple bien-aimé
5. L'AMÉRIQUE ET LA PLUS GRANDE PAIX
6. LA DISPENSATION DE BAHÁ'U'LLÁH
Bahá'u'lláh
Le Báb
'Abdu'l-Bahá
L'ordre administratif
7. LE DÉVELOPPEMENT DE LA CIVILISATION MONDIALE
L'entrée dans l'âge adulte de l'humanité
Le processus d'intégration
L'ultime accomplissement
Les douleurs de la mort et de la naissance
L'effervescence universelle
Cet âge de transition
Effondrement de l'islám
Détérioration des institutions chrétiennes
Signes d'effondrement de la morale
Ecroulement de la structure politique et économique
Le principe de la sécurité collective de Bahá'u'lláh
La communauté du plus Grand Nom
Une religion mondiale
Le jugement divin
Le but : l'unification du monde
GLOSSAIRE
INDEX



1. Aux membres de l'Assemblée Spirituelle Nationale des Bahá'ís des États-Unis et du Canada.

Mes bien chers collaborateurs !

À la lecture de vos dernières communications, j'ai pris connaissance de la nature des doutes qu'a exprimés publiquement une personne tout à fait mal informée des préceptes véritables de la cause concernant la validité des institutions qui sont inextricablement liées à la foi de Bahá'u'lláh. Ce n'est pas parce que je considère un instant ces vagues inquiétudes comme un défi public lancé à la structure qui incarne la foi, et ce n'est pas parce que je doute le moins du monde de l'inébranlable ténacité de la foi des croyants d'Amérique que je me permets d'insister sur ce qui me paraît être une observation appropriée au stade actuel de l'évolution de notre cause bien-aimée. Je suis, en fait, enclin à bien accueillir l'expression de ces appréhensions dans la mesure où elle me fournit une occasion de familiariser les représentants élus des croyants avec l'origine et le caractère des institutions qui sont à la base même de l'ordre mondial instauré par Bahá'u'lláh. Nous devrions être sincèrement reconnaissants envers ces tentatives futiles pour saper notre foi bien-aimée - tentatives qui, de temps à autre, avancent leur visage répugnant et semblent capables un moment de créer une brèche dans les rangs des fidèles, mais qui s'enfoncent finalement dans les ténèbres de l'oubli, et auxquelles on ne pense plus. Nous devrions considérer de tels incidents comme des interventions de la Providence destinées à fortifier notre foi, à clarifier notre vision et à approfondir notre compréhension des éléments essentiels de sa révélation divine.

Origines de l'ordre mondial bahá'í

Il serait toutefois utile et instructif de garder à l'esprit certains principes de base relatifs au Testament de 'Abdu'l-Bahá qui, avec le Kitáb-i-Aqdas, constitue le réceptacle principal dans lequel sont enchâssés les éléments inestimables de cette civilisation divine dont l'établissement est la mission première de la foi bahá'íe. Une étude des dispositions de ces documents sacrés révélera le lien étroit qui existe entre eux, ainsi que l'identité des buts et des méthodes qu'ils inculquent. Loin de considérer leurs stipulations spécifiques comme incompatibles et contradictoires en esprit, tout investigateur équitable admettra volontiers que non seulement elles sont complémentaires, mais qu'elles se confirment mutuellement et sont les parties inséparables d'un seul et même tout. Une comparaison de leur contenu avec les autres Écrits sacrés bahá'ís établira de même la conformité de ce contenu tant avec l'esprit qu'avec la lettre des paroles et des écrits authentifiés de Bahá'u'lláh et de 'Abdu'l-Bahá. En fait, celui qui lit l'Aqdas avec soin et attention n'aura pas de mal à découvrir que le Livre très saint lui-même anticipe, dans de nombreux passages, les institutions ordonnées par 'Abdu'l-Bahá dans son testament. En laissant certaines matières non spécifiées et non réglementées dans son "Livre des lois", Bahá'u'lláh semble avoir délibérément laissé, dans le schéma général de la dispensation bahá'íe, une brèche que les dispositions sans équivoque du Testament du Maître ont comblée. Tenter de les séparer l'un de l'autre, d'insinuer que les enseignements de Bahá'u'lláh n'ont pas été soutenus, dans leur totalité et avec une intégrité absolue, par ce qu'a révélé 'Abdu'l-Bahá dans son testament, est un affront impardonnable à l'égard de la fidélité inébranlable qui a caractérisé la vie et l'oeuvre de notre Maître bien-aimé.
Je ne tenterai pas le moins du monde d'affirmer ou de démontrer l'authenticité du Testament de 'Abdu'l-Bahá, car cela trahirait déjà une appréhension de ma part quant à la confiance unanime des croyants en l'authenticité des derniers souhaits écrits de notre Maître disparu. Je limiterai donc mes observations aux questions susceptibles de les aider à apprécier l'unité essentielle qui est à la base des principes spirituels, humanitaires et administratifs énoncés par l'auteur et par l'interprète de la foi bahá'íe.
Je suis bien en peine d'expliquer cette étrange mentalité qui incline à tenir comme le seul critère de la vérité des enseignements bahá'ís ce qui est reconnu comme n'étant qu'une traduction obscure et non authentifiée d'une déclaration verbale de 'Abdu'l-Bahá, et ce, avec une indifférence et un mépris absolus pour le texte disponible de tous ses écrits universellement reconnus. Je déplore sincèrement les déformations malheureuses qui ont résulté, dans le passé, de l'incapacité de l'interprète de saisir la pensée de 'Abdu'l-Bahá et de son incompétence à traduire de manière adéquate les vérités qui lui ont été révélées par les exposés du Maître. Une grande part de la confusion qui a obscurci la compréhension des croyants devrait être imputée à cette double erreur qu'implique la traduction inexacte d'une déclaration seulement partiellement comprise. Bien souvent, l'interprète n'a même pas réussi à transmettre le sens exact des questions spécifiques posées par l'enquêteur et, par l'insuffisance de sa compréhension et de son expression lorsqu'il communiquait la réponse de 'Abdu'l-Bahá, il a été responsable de rapports en désaccord total avec l'esprit et le but véritables de la cause. Ce fut surtout au vu de la nature trompeuse des comptes rendus des conversations informelles de 'Abdu'l-Bahá avec des pèlerins qui lui rendaient visite que j'ai exhorté les croyants d'Occident à considérer de telles déclarations comme de simples impressions personnelles sur les paroles de leur Maître, et à ne citer et ne considérer comme authentiques que les seules traductions basées sur le texte authentifié de ses paroles rapportées dans la langue originale.
Chaque adepte de la cause devrait se souvenir que le système administratif bahá'í n'est pas une innovation imposée arbitrairement aux bahá'ís du monde depuis l'ascension du Maître, mais qu'il tire son autorité du Testament de 'Abdu'l-Bahá, qu'il est prescrit spécifiquement dans d'innombrables tablettes et que, dans certains de ses traits essentiels, il repose sur les dispositions explicites du Kitáb-i-Aqdas. Ainsi, il unifie et met en corrélation les principes établis séparément par Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá, et il est indissolublement lié aux vérités essentielles de la foi. Dissocier les principes administratifs de la cause de ses enseignements purement spirituels et humanitaires équivaudrait à une mutilation de la cause même, à une séparation qui ne peut qu'aboutir à la désintégration de ses composantes et à l'extinction de la foi elle-même.

Maisons de justice locales et nationales

Il conviendrait de garder soigneusement à l'esprit que les maisons de justice - tant locales qu'internationale - ont été prescrites expressément dans le Kitáb-i-Aqdas; que l'institution de l'Assemblée spirituelle nationale, en tant que corps intermédiaire, désignée dans le Testament du Maître sous le nom de "maison de justice secondaire", dispose de la sanction formelle de 'Abdu'l-Bahá; et que la méthode à suivre pour l'élection des maisons de justice - internationale et nationales - a été exposée par lui dans son testament ainsi que dans nombre de ses tablettes. De plus, les institutions des fonds locaux et nationaux, qui sont maintenant les auxiliaires indispensables de toute assemblée spirituelle locale et nationale, n'ont pas été seulement établies par 'Abdu'l-Bahá dans les tablettes qu'il a révélées aux bahá'ís d'Orient, mais il en a souligné maintes fois l'importance et la nécessité dans ses paroles et ses écrits. La concentration de l'autorité entre les mains des représentants élus des croyants; la nécessité pour chaque adhérent à la foi de se soumettre au jugement réfléchi des assemblées bahá'íes; la préférence de 'Abdu'l-Bahá pour l'unanimité dans la décision; le caractère décisif du vote à la majorité, et même l'intérêt d'une surveillance attentive de toutes les publications bahá'íes; tous ces éléments ont été inculqués assidûment par 'Abdu'l-Bahá, comme le prouvent ses tablettes authentifiées et largement diffusées. Accepter ses enseignements généraux et humanitaires d'une part et, de l'autre, rejeter et écarter, avec une indifférence coupable, ses préceptes plus provocateurs et plus distinctifs serait un acte de déloyauté manifeste à l'égard de ce qu'il a chéri le plus au cours de sa vie.
Que les assemblées spirituelles d'aujourd'hui seront remplacées en temps voulu par les maisons de justice, et qu'elles constituent, à tous égards, des organismes identiques - et non séparés -, 'Abdu'l-Bahá lui-même l'a abondamment confirmé. En fait, dans une tablette adressée aux membres de la première assemblée spirituelle de Chicago - le premier corps bahá'í élu institué aux États-Unis - il les a mentionnés comme étant les membres de la "maison de justice" de cette ville et ainsi, de sa propre plume, il a établi sans l'ombre d'un doute l'identité des assemblées spirituelles bahá'íes d'aujourd'hui avec les maisons de justice auxquelles se référait Bahá'u'lláh. Pour des raisons aisées à imaginer, il a été jugé souhaitable de conférer aux représentants élus des communautés bahá'íes dans le monde l'appellation provisoire d'assemblées spirituelles, un terme qui, au fur et à mesure que la position et les buts de la foi bahá'íe seront mieux compris et reconnus plus pleinement, sera progressivement remplacé par la désignation définitive et plus appropriée de "maison de justice". Les assemblées spirituelles actuelles ne recevront pas seulement une appellation différente à l'avenir, elles auront aussi la faculté d'adjoindre à leurs fonctions actuelles les pouvoirs, les charges et les prérogatives rendues nécessaires par la reconnaissance de la foi de Bahá'u'lláh non seulement comme l'un des systèmes religieux reconnus du monde, mais comme la religion d'État d'une puissance indépendante et souveraine. Et, à mesure que la foi bahá'íe se répandra parmi les masses des peuples d'Orient et d'Occident, et que sa vérité sera adoptée par la majorité des peuples d'un grand nombre des États souverains du monde, la Maison Universelle de Justice atteindra la plénitude de sa puissance et, en tant qu'organe suprême de la fédération bahá'íe, exercera tous les droits, charges et responsabilités qui incomberont au futur super État mondial.
Il convient toutefois de souligner à ce propos que, contrairement à ce qui a été affirmé avec assurance, l'établissement de la Maison Suprême de Justice ne dépend nullement de l'adoption de la foi bahá'íe par la plupart des peuples du monde, ni ne présuppose son acceptation par la majorité des habitants de tel ou tel pays. En fait, 'Abdu'l-Bahá lui-même, dans une de ses premières tablettes, envisageait l'éventualité de la formation de la Maison Universelle de Justice de son vivant et, sans les circonstances défavorables qui prévalaient sous le régime turc, il aurait, selon toute probabilité, pris des mesures préliminaires en vue de son établissement. Il est donc clair que, moyennant des conditions favorables les bahá'ís de Perse et des pays limitrophes sous domination soviétique seraient à même d'élire leurs représentants nationaux, conformément aux principes directeurs énoncés dans les écrits de 'Abdu'l-Bahá, alors le dernier obstacle à la formation effective de la Maison Internationale de Justice aura été éliminé. C'est, en effet, aux maisons nationales de justice d'Orient et d'Occident qu'incombe la tâche d'élire directement les membres de la Maison Internationale de Justice, conformément aux dispositions explicites du Testament. Ce n'est que lorsqu'elles seront elles-mêmes pleinement représentatives de l'ensemble des croyants dans leurs pays respectifs, ce n'est que lorsqu'elles auront acquis le poids et l'expérience qui leur permettront de fonctionner efficacement au sein de la vie organique de la cause, qu'elles pourront aborder leur tâche sacrée et fournir la base spirituelle que nécessite la constitution d'une assemblée aussi auguste dans le monde bahá'í.

L'institution du Gardiennat

Chaque croyant doit aussi comprendre clairement que l'institution du Gardiennat n'abroge en aucune circonstance ni ne réduit, aussi peu que ce soit, les pouvoirs que Bahá'u'lláh a octroyés à la Maison Universelle de Justice dans le Kitáb-i-Aqdas, et qui furent confirmés à maintes reprises et solennellement par 'Abdu'l-Bahá dans son testament. L'institution du Gardiennat ne constitue en aucune manière une contradiction avec le Testament ni avec les Écrits de Bahá'u'lláh, pas plus qu'elle n'annule aucune de ses instructions révélées. Elle rehausse le prestige de cette glorieuse assemblée, stabilise sa position suprême, sauvegarde son unité, assure la continuité de ses travaux sans avoir la moindre prétention d'enfreindre l'inviolabilité de sa sphère de juridiction, qui est clairement définie. Nous sommes, en vérité, trop proches encore d'un document aussi monumental pour prétendre à une compréhension totale de toutes ses implications ou pour oser penser que nous avons saisi les multiples mystères qu'il contient indubitablement. Seules les générations futures pourront comprendre la valeur et la signification attachées à ce chef-d'œuvre divin que la main du Maître Architecte du monde a conçu pour l'unification et le triomphe de la foi mondiale de Bahá'u'lláh. Seuls ceux qui nous succéderont seront en mesure de réaliser la valeur de l'accent d'une force surprenante qui a été donné à l'établissement de la Maison de Justice et du Gardiennat. Eux seuls apprécieront la signification du langage vigoureux utilisé par 'Abdu'l-Bahá lorsqu'il parle de la clique des briseurs d'alliance qui se sont dressés contre lui de son vivant. C'est à eux seuls que sera révélée l'adéquation des institutions instaurées par 'Abdu'l-Bahá à la nature de la société future qui doit émerger du chaos et de la confusion de l'âge actuel. À ce propos, je ne puis qu'être amusé à l'idée, absolument absurde et invraisemblable, selon laquelle Muhammad-'Alí, le premier et le principal instigateur de l'hostilité implacable manifestée à l'encontre de la personne de 'Abdu'l-Bahá, se serait associé librement aux membres de la famille de ce dernier pour forger un testament qui, selon l'auteur elle-même, n'est qu'une "énumération des intrigues" auxquelles Muhammad-'Alí se livra activement trente années durant 1. À une si navrante victime d'idées confuses, la meilleure réponse que je puisse faire est l'expression sincère de ma compassion et de ma pitié, auxquelles s'ajoute le souhait qu'elle puisse être délivrée d'une erreur si profonde. C'est à cause des observations mentionnées ci-dessus que j'ai hésité - après le retard forcé et malencontreux causé par mon mauvais état de santé et par mon absence de Terre sainte à la mort du Maître - à recourir à une diffusion publique générale du Testament, car je me rendais parfaitement compte qu'il s'adressait principalement aux croyants reconnus, et ne concernait qu'indirectement le groupe plus étendu des amis et des sympathisants de la cause.

Le but moteur des institutions bahá'íes

Et maintenant, il nous faut réfléchir au but moteur et aux fonctions primordiales de ces institutions divinement établies, dont le caractère sacré et l'efficacité universelle ne peuvent être démontrés que par l'esprit qu'elles répandent et par le travail qu'elles réalisent effectivement. Il est inutile que j'insiste ici sur ce que j'ai déjà souligné à maintes reprises, à savoir que l'administration de la cause doit être conçue comme un instrument et non comme un substitut à la foi de Bahá'u'lláh, qu'elle doit être considérée comme un canal par lequel les bénédictions qu'il a promises peuvent se répandre, qu'elle doit se garder d'une rigidité qui entraverait et bloquerait les forces libératrices mises en route par sa révélation. Il est inutile que je m'étende actuellement sur ce que j'ai déjà déclaré dans le passé : que les contributions aux fonds nationaux et locaux sont de nature purement volontaire; qu'aucune espèce de coercition ou de sollicitation en matière de fonds ne doit être tolérée au sein de la cause; que des appels généraux adressés aux communautés prises dans leur ensemble devraient être la seule façon de subvenir aux besoins financiers de la foi; que le soutien financier accordé à un nombre très restreint de personnes travaillant dans les domaines de l'enseignement et de l'administration revêt un caractère provisoire; que les restrictions imposées actuellement à la publication de la littérature bahá'íe seront définitivement abolies; que l'activité de l'Unité mondiale est actuellement exercée à titre expérimental afin de tester l'efficacité de la méthode indirecte d'enseignement; que tout le système des assemblées, des comités et des conventions doit être considéré comme un moyen, non comme une fin en soi; que ces organismes se développeront ou déclineront selon la capacité qu'ils auront à promouvoir les intérêts, à coordonner les activités, à appliquer les principes, à incarner les idéaux et à réaliser l'objectif de la foi bahá'íe. Qui, je me le demande, au vu du caractère international de la cause, de l'étendue de ses ramifications, de la complexité croissante de ses affaires, de la diversité de ses adhérents, et du désordre qui assaille de toutes parts la toute jeune foi de Dieu, qui donc peut mettre en doute un seul instant la nécessité d'une structure administrative quelle qu'elle soit, qui assurera, au milieu de la tempête et de l'agitation d'une civilisation en lutte, l'unité de la foi, la sauvegarde de son identité et la protection de ses intérêts ? Répudier la validité des assemblées des ministres élus de la foi de Bahá'u'lláh reviendrait à rejeter les innombrables tablettes dans lesquelles Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá ont exalté leurs privilèges et leurs devoirs, dans lesquelles ils ont souligné la gloire de leur mission, révélé l'immensité de leur tâche, et les ont mises en garde contre les attaques auxquelles elles doivent s'attendre du fait de la sottise de leurs amis comme de la malveillance de leurs ennemis. C'est, assurément, aux dépositaires d'un héritage aussi inestimable qu'il incombe de veiller pieusement à ce que l'outil ne prenne le pas sur la foi elle-même, à ce que le souci indu des menus détails de l'administration de la cause ne vienne obscurcir la vision de ses défenseurs, à ce que la partialité, l'ambition et l'attachement à ce monde ne viennent, au fil du temps, ternir l'éclat, souiller la pureté et altérer l'efficacité de la foi de Bahá'u'lláh.

Situation en Égypte

Dans mes communications précédentes des 10 janvier 1926 et 12 février 1927, j'ai déjà évoqué la situation troublante et pourtant hautement significative qui s'est présentée en Égypte, à la suite du jugement final prononcé par le tribunal religieux musulman de ce pays contre nos frères égyptiens, un jugement qui les dénonçait comme hérétiques, les expulsait de la communauté musulmane et leur refusait l'application et les avantages de la loi musulmane. Je vous ai fait part également des difficultés auxquelles ils sont confrontés et des projets qu'ils ont conçus afin d'obtenir des autorités civiles égyptiennes une reconnaissance du statut indépendant de leur foi. Toutefois, il me faut expliquer que, dans les pays musulmans du Proche et du Moyen-Orient, à l'exception de la Turquie qui a récemment aboli tous les tribunaux religieux sous sa juridiction, chaque communauté religieuse reconnue dispose, pour les affaires liées au statut personnel telles que le mariage, le divorce et l'héritage, de son propre tribunal religieux, totalement indépendant des tribunaux civils et pénaux, car il n'existe pour ces affaires aucun code civil promulgué par le gouvernement couvrant l'ensemble des communautés religieuses. Considérés jusqu'ici comme membres d'une secte de l'islám, les bahá'ís d'Égypte, qui sont pour la plupart d'origine musulmane et ne peuvent, par conséquent, s'adresser aux tribunaux officiels d'une autre religion à des fins de mariage ou de divorce, se trouvent ainsi dans une position délicate et exceptionnelle. Ils ont naturellement décidé de soumettre leur cas au gouvernement égyptien et ils ont préparé à cet effet une requête adressée au chef du cabinet égyptien. Dans ce document, ils ont exposé les raisons qui les poussaient à demander à être officiellement reconnus par leurs gouvernants, ils ont affirmé qu'ils étaient prêts et aptes à exercer les fonctions d'un tribunal bahá'í indépendant, ils ont assuré les autorités de leur obéissance et de leur loyauté absolues envers l'État et de leur volonté de non-intervention dans la politique de leur pays. Ils ont également décidé de joindre au texte de leur requête une copie du jugement du tribunal, un choix d'écrits bahá'ís, et le document établissant les principes de leur constitution nationale qui, à quelques exceptions près, est identique aux statuts et aux règlements promulgués par votre Assemblée.
J'ai insisté pour que les dispositions de leur constitution soient en tous points conformes au texte des statuts et des règlements que vous avez établi, dans le souci de préserver l'uniformité qui, selon moi, est essentielle à toutes les constitutions nationales bahá'íes. Je voudrais donc, à cet égard, vous demander ce que je leur ai déjà suggéré, à savoir que tout amendement que vous pourriez décider d'introduire dans le texte des statuts et des règlements me soit dûment communiqué, afin que je puisse prendre les mesures nécessaires en vue d'introduire des modifications similaires dans le texte de toutes les autres constitutions nationales bahá'íes.
On admettra aisément que, du fait des privilèges particuliers consentis aux communautés religieuses reconnues dans les pays islamiques du Proche et du Moyen-Orient, la requête à soumettre au gouvernement égyptien par l'Assemblée Nationale Bahá'íe d'Égypte est plus substantielle et de portée plus grande que ce qui a déjà été consenti à votre Assemblée par les autorités fédérales. En effet, leur requête concerne essentiellement une demande officielle de reconnaissance, par les plus hautes autorités civiles d'Égypte, de l'Assemblée spirituelle nationale égyptienne en tant que tribunal bahá'í reconnu et indépendant, libre et à même d'exécuter et d'appliquer, dans toutes les affaires de statut personnel, les lois et les décrets qui ont été promulgués par Bahá'u'lláh dans le Kitáb-i-Aqdas.
Je leur ai demandé d'approcher officieusement les autorités concernées et de recueillir le plus d'informations possible, comme mesure préliminaire à la présentation officielle de leur requête historique. Toute assistance que votre Assemblée, après mûre délibération, pourrait juger souhaitable d'apporter aux vaillants promoteurs de la foi dans ce pays sera profondément appréciée et servira à affermir la solidarité qui caractérise les communautés bahá'íes de l'Est et de l'Ouest. Quelle que soit l'issue de ce problème essentiel - et nul ne manquera d'apprécier les possibilités incalculables de la situation actuelle - nous pouvons être assurés que la main qui les guide et qui a libéré ces forces continuera, dans sa sagesse insondable et par son pouvoir omnipotent, à tracer et à diriger leur route vers la gloire, l'émancipation finale et la reconnaissance sans réserve de sa foi.
Votre frère fidèle,
Shoghi.
Haïfa, Palestine,
le 27 février 1929.


2. L'ORDRE MONDIAL DE BAHÁ'U'LLÁH - AUTRES CONSIDERATIONS
Aux bien-aimés du Seigneur et aux servantes du Miséricordieux dans tout l'Ouest.

Mes bien chers collaborateurs !

Parmi les nouvelles qui sont parvenues récemment en Terre sainte et dont la plupart témoignent de la marche triomphante de la cause, quelques-unes semblent trahir une certaine appréhension quant à la validité des institutions qui demeurent inséparablement associées à la foi de Bahá'u'lláh. L'expression de ces doutes semble avoir été suscitée par certains murmures émanant de milieux qui soit sont totalement mal informés des fondements de la révélation bahá'íe, soit cherchent délibérément à semer les graines de la discorde dans le coeur des fidèles.

Une bénédiction déguisée

Considéré à la lumière des expériences passées, le résultat inévitable de ces tentatives futiles - quelque opiniâtres et malveillantes qu'elles puissent être - est de contribuer à une reconnaissance plus large et plus profonde, tant de la part des croyants que des incroyants, des traits spécifiques de la foi proclamée par Bahá'u'lláh. Ces critiques qui la mettent en question, qu'elles soient ou non dictées par la malveillance, ne peuvent servir qu'à galvaniser les âmes de ses ardents défenseurs et à consolider les rangs de ses promoteurs fidèles. Elles délivreront la foi de ces éléments pernicieux dont l'association persistante avec les croyants tend à nuire au bon renom de la cause et à ternir la pureté de son esprit. Nous devrions donc non seulement faire bon accueil aux attaques ouvertes que ses ennemis déclarés lancent continuellement contre elle, mais aussi considérer comme une bénédiction déguisée chacun des assauts qu'elle subit périodiquement du fait de ceux qui apostasient leur foi, ou qui prétendent en être les interprètes fidèles. Loin de saper la foi, de telles attaques, venant de l'intérieur comme de l'extérieur, consolident ses fondements et avivent l'intensité de sa flamme. Visant à obscurcir son éclat, elles proclament au monde entier combien ses préceptes sont élevés, son unité complète, sa position unique et son influence pénétrante.
Je ne pense pas un seul instant que de telles clameurs, principalement imputables à une rage impuissante contre la marche irrésistible de la cause de Dieu, puissent jamais faire du tort aux vaillants combattants de la foi. Car ces âmes héroïques, qu'elles luttent dans la forteresse inexpugnable de l'Amérique ou qu'elles se battent au coeur de l'Europe et, au-delà des mers, jusqu'au continent d'Australasie, ont déjà démontré abondamment la ténacité de leur foi et la valeur immuable de leur conviction.

Traits distinctifs de l'ordre mondial bahá'í

Je pense toutefois qu'il m'incombe, en vertu de la responsabilité attachée au gardiennat de la foi, de m'étendre davantage sur la nature essentielle et les traits distinctifs de cet ordre mondial tel qu'il a été conçu et proclamé par Bahá'u'lláh. Je me sens poussé, au stade actuel de l'évolution de la révélation bahá'íe, à déclarer, de bonne foi et sans aucune réserve, tout ce qui pourrait selon moi être susceptible d'assurer la protection de l'intégrité des institutions naissantes de la foi. Je ressens vivement l'urgence de clarifier certains faits qui révéleraient immédiatement à tout observateur impartial le caractère unique de cette civilisation divine dont les fondements ont été posés par la main infaillible de Bahá'u'lláh, et dont les éléments essentiels ont été divulgués par le Testament de 'Abdu'l-Bahá. Je considère qu'il est de mon devoir d'avertir chaque néophyte dans la foi que les gloires promises de la souveraineté que laissent présager les enseignements bahá'ís ne pourront être révélées que lorsque les temps seront accomplis, que les implications de l'Aqdas et du Testament de 'Abdu'l-Bahá - les réceptacles jumeaux des éléments constitutifs de cette souveraineté - sont d'une portée trop vaste pour que cette génération les saisissent et les apprécient pleinement. Je ne puis m'empêcher d'appeler ceux qui s'identifient à la foi à ne tenir aucun compte des idées en vogue et des modes éphémères du jour, et à prendre conscience, comme jamais auparavant, du fait que les théories discréditées et les institutions chancelantes de la civilisation d'aujourd'hui doivent nécessairement contraster vivement avec les institutions accordées par Dieu et qui sont destinées à s'élever sur leurs ruines. Je prie afin que de toute leur âme et de tout leur coeur ils comprennent pleinement la gloire ineffable de leur vocation, la responsabilité écrasante de leur mission et l'immensité prodigieuse de leur tâche.
Que chaque défenseur sincère de la cause de Bahá'u'lláh se rende bien compte que les tempêtes que cette foi de Dieu devra nécessairement affronter dans sa lutte seront, à mesure que progressera la désintégration de la société, plus violentes que tout ce qu'elle a déjà connu. Qu'il soit conscient que, dès que la formidable revendication de la foi de Bahá'u'lláh sera reconnue dans sa pleine mesure par ces citadelles puissantes et séculaires de l'orthodoxie, dont le but délibéré est le maintien de leur mainmise sur les pensées et les consciences des hommes, cette toute jeune foi devra lutter contre des ennemis plus puissants et plus insidieux que les tortionnaires les plus cruels et les religieux les plus fanatiques qui l'ont tourmentée dans le passé. Au cours des convulsions qui saisiront une civilisation à l'agonie, quels ennemis n'apparaîtront pas qui ajouteront aux outrages qui, déjà, se sont accumulés sur elle ?

L'assaut de tous les peuples et de toutes les tribus

Il nous suffit de nous référer aux avertissements lancés par 'Abdu'l-Bahá pour réaliser l'étendue et la nature des forces destinées à combattre la foi sacrée de Dieu. Dans les moments les plus sombres de sa vie, sous le régime de 'Abdu'l-Hamíd, lorsqu'il s'apprêtait à être déporté vers les régions les plus inhospitalières d'Afrique du Nord, et à une époque où la lumière propice de la révélation bahá'íe commençait seulement à poindre sur l'Ouest, il prononça, dans son message d'adieu au cousin du Báb, ces paroles prophétiques et sinistres : Que la cause est grande, très grande ! Qu'il est féroce l'assaut de tous les peuples et de toutes les tribus de la terre ! Avant longtemps se feront entendre, aux quatre coins du monde, la clameur de la multitude à travers l'Afrique, à travers l'Amérique, le cri de l'Européen et du Turc, le gémissement de l'Inde et de la Chine. Tous sans exception, ils se dresseront, et de toute leur force ils résisteront à sa cause. Alors, les chevaliers du Seigneur, assistés de sa grâce céleste, raffermis par la foi, soutenus par la puissance de leur discernement et renforcés par les légions de l'alliance, se lèveront et manifesteront la vérité du verset : Voyez la confusion qui a frappé les tribus des vaincus !
Aussi formidable que soit la lutte que font présager ces paroles, elles témoignent aussi de la victoire totale que les défenseurs du plus Grand Nom sont destinés à remporter finalement. Des peuples, des nations, des adeptes de croyances différentes se lèveront conjointement et successivement pour briser son unité, saper sa force et avilir son nom sacré. Ils n'assailliront pas seulement l'esprit qu'elle inculque, mais aussi l'administration qui est la voie, l'instrument, l'incarnation de cet esprit. Car, à mesure que deviendra plus apparente l'autorité dont Bahá'u'lláh a investi la future fédération bahá'íe, le défi qui, de toutes parts, sera lancé aux vérités qu'elle renferme se fera plus terrible.

Différence entre la foi bahá'íe et les organisations ecclésiastiques

Il nous faut donc, chers amis, tenter non seulement de nous familiariser avec les traits essentiels de cette oeuvre suprême de Bahá'u'lláh, mais aussi de saisir la différence fondamentale qui existe entre cet ordre universel et divinement conçu, et les principales organisations ecclésiastiques du monde, qu'elles appartiennent à l'Église du Christ ou aux ordonnances de la dispensation de Muhammad.
Car ceux dont le privilège inestimable est de préserver ces institutions bahá'íes, d'en administrer les affaires et d'en promouvoir les intérêts seront, tôt ou tard, confrontés à cette question fondamentale : En quoi et comment cet ordre établi par Bahá'u'lláh, qui n'est en apparence qu'une réplique des institutions établies par le christianisme et l'islám, diffère-t-il de ces dernières ? Les institutions jumelles de la Maison de Justice et du Gardiennat, l'institution des Mains de la cause de Dieu, celle des assemblées nationales et locales, du Mashriqu'l-Adhkár, ne sont-elles que des noms différents donnés aux institutions de la papauté et du califat avec tous les ordres ecclésiastiques qui les accompagnent, que soutiennent et défendent les chrétiens et les musulmans ? Quel peut donc être l'organisme capable d'éviter à ces institutions bahá'íes si manifestement semblables, par certaines de leurs caractéristiques, à celles qui ont été créées par les pères de l'Église et les apôtres de Muhammad, d'assister à la détérioration de leur nature, à la destruction de leur unité et à l'extinction de leur influence, comme ce fut le cas pour toutes les hiérarchies religieuses organisées ? Pourquoi ne subiraient-elles pas, finalement, le même sort que les institutions créées par les successeurs du Christ et de Muhammad ?
De la réponse qui sera donnée à ces questions provocantes dépendra, dans une large mesure, le succès des efforts que font en ce moment même les croyants de tous pays, en vue de l'établissement du royaume de Dieu sur la terre. Tous, ou presque, reconnaîtront que l'esprit que Bahá'u'lláh a insufflé au monde - et qui se manifeste, à des degrés divers d'intensité, à travers les efforts déployés consciemment par ses défenseurs avoués et indirectement par certaines organisations humanitaires - ne pourra jamais imprégner l'humanité et exercer sur elle une influence durable à moins qu'il ne s'incarne dans un ordre visible qui portera son nom, s'identifiera totalement à ses principes et fonctionnera conformément à ses lois. Que Bahá'u'lláh, dans son livre de l'Aqdas et, plus tard, 'Abdu'l-Bahá dans son testament - un document qui confirme, complète et relie entre elles les dispositions de l'Aqdas - aient exposé dans leur intégralité ces éléments essentiels à la constitution de la fédération mondiale bahá'íe, nul ne le niera s'il a lu ces documents. C'est selon ces principes administratifs divinement ordonnés que la dispensation de Bahá'u'lláh - l'arche de salut du genre humain - devra être modelée. C'est de ces principes que découleront toutes les bénédictions futures, et c'est sur eux que reposera, en définitive, son inviolable autorité.
Car Bahá'u'lláh, il nous faut bien le reconnaître, n'a pas seulement imprégné l'humanité d'un esprit nouveau et régénérateur. Il ne s'est pas seulement contenté d'énoncer certains principes universels ou de proposer une philosophie particulière - aussi puissants, justes et universels qu'ils puissent être. Il a en outre, comme 'Abdu'l-Bahá l'a fait après lui et contrairement aux dispensation antérieures, établi clairement et spécifiquement une série de lois, créé des institutions bien définies et révélé l'essentiel d'une économie divine. Or, ces éléments sont destinés à être un modèle pour la société future, un instrument suprême pour l'instauration de la plus grande paix, et le seul moyen d'unifier le monde et de proclamer le règne de la droiture et de la justice sur la terre. Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá n'ont pas seulement révélé toutes les instructions nécessaires à la réalisation pratique des idéaux que les prophètes de Dieu ont évoqués et qui, de temps immémorial, ont enflammé l'imagination des mystiques et des poètes de toutes les époques. Ils ont aussi, dans un langage vigoureux et sans équivoque, désigné ces institutions jumelles de la Maison de Justice et du Gardiennat comme leurs successeurs choisis, ayant pour mission d'appliquer les principes, de promulguer les lois, de protéger les institutions, d'adapter fidèlement et intelligemment la foi aux exigences d'une société en progrès et de faire fructifier l'héritage incorruptible que les fondateurs de la foi ont légué au monde.
Si nous nous tournons vers le passé, si nous examinons l'Évangile et le Qur'án, nous reconnaîtrons aisément que, ni la dispensation chrétienne, ni la dispensation islamique ne peuvent offrir un parallèle au système d'économie divine établi si parfaitement par Bahá'u'lláh, ou aux garanties qu'il a prévues en vue de la protection et du développement de ce système. C'est là - j'en suis profondément convaincu - que réside la réponse aux questions auxquelles j'ai déjà fait référence.
Nul ne contestera, je pense, la raison fondamentale pour laquelle l'unité de l'Église du Christ a été irrémédiablement brisée et son influence minée au cours des siècles, à savoir que l'édifice que les pères de l'Église bâtirent après la mort de son premier apôtre ne reposait en aucune manière sur les directives explicites du Christ lui-même. L'autorité et les traits caractéristiques de son administration ont été entièrement inférés et indirectement dérivés, de façon plus ou moins justifiée, à partir de certaines allusions vagues et fragmentaires qu'ils trouvèrent disséminées parmi ses paroles telles qu'elles sont rapportées dans l'Évangile. Pas un seul des sacrements de l'Église; pas un seul des rites et des cérémonies conçus minutieusement et observés avec ostentation par les pères chrétiens; pas un seul des éléments de la discipline stricte qu'ils ont imposée rigoureusement aux premiers chrétiens; rien de tout cela ne reposait sur un mandat direct du Christ ou n'émanait de ses déclarations explicites. Rien de tout cela n'a été conçu par le Christ, et personne n'a été spécifiquement investi par lui d'une autorité suffisante pour pouvoir interpréter sa parole ou ajouter à ce qu'il n'avait pas explicitement décrété.
Pour cette raison, dans les générations qui suivirent, des voix s'élevèrent pour protester contre l'autorité qui s'était auto-désignée, s'était arrogé des privilèges et des pouvoirs n'émanant pas du texte explicite de l'Évangile de Jésus-Christ, et qui constituait un écart grave par rapport à l'esprit que cet Évangile inculquait aux hommes. Elles soutenaient avec force, et avec raison, que les canons promulgués par les conciles de l'Église n'étaient pas des lois divinement décrétées, mais seulement des inventions humaines qui ne reposaient même pas sur ce qu'avait vraiment dit Jésus. Leur argumentation se basait sur le fait que les paroles vagues et peu concluantes adressées par le Christ à Pierre : "Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église", ne pourraient jamais justifier les mesures extrêmes, les cérémonials compliqués, les croyances et les dogmes paralysants par lesquels ses successeurs avaient progressivement appesanti et obscurci sa foi. S'il avait été possible aux Pères de l'Église, dont l'autorité injustifiée était ainsi violemment attaquée de toutes parts, de réfuter les accusations accumulées contre eux par des citations de propos explicites du Christ au sujet de la future administration de son Église ou de la nature de l'autorité dévolue à ses successeurs, ils auraient sûrement été capables d'étouffer les flammes de la controverse et de préserver l'unité de la chrétienté. L'Évangile, cependant - le seul recueil des paroles du Christ - n'offrait aucun refuge à ces dignitaires de l'Église harcelés qui se trouvaient sans ressources face aux assauts impitoyables de leurs ennemis et qui, finalement, durent se soumettre aux forces schismatiques qui envahirent leurs rangs.
Quant à la révélation mahométane cependant - bien que sa religion, comparée à celle du Christ, fût plus complète et plus précise dans ses instructions relatives à l'administration de sa dispensation -, elle ne donnait, en matière de succession, aucune instruction écrite qui fût décisive et contraignante à ceux dont la mission était de propager sa cause. Car le texte du Qur'án - dont les décrets concernant la prière, le jeûne, le mariage, le divorce, l'héritage, le pèlerinage, etc., sont demeurés intacts et en application après l'écoulement de treize siècles - ne donne aucune directive définie quant à la loi de succession, source de toutes les dissensions, controverses et schismes qui ont démembré et discrédité l'islám.
Tel n'est pas le cas dans la révélation de Bahá'u'lláh. Contrairement à la dispensation du Christ, contrairement à celle de Muhammad, contrairement à toutes les dispensations antérieures, les apôtres de Bahá'u'lláh, dans chaque pays, où qu'ils oeuvrent et peinent, ont devant eux, en langage clair, vigoureux et sans équivoque, toutes les lois, tous les règlements, les principes, les institutions et la direction spirituelle dont ils ont besoin pour la poursuite et l'accomplissement de leur tâche. Pour les problèmes relatifs tant aux dispositions administratives de la dispensation bahá'íe qu'à la succession, incarnées par les institutions jumelles de la Maison de Justice et du Gardiennat, les adeptes de Bahá'u'lláh peuvent recourir à ces preuves irréfutables de la direction divine auxquelles nul ne peut résister, que nul ne peut amoindrir ou ignorer. Là réside le caractère distinctif de la révélation bahá'íe. Là réside la force de l'unité de la foi, celle de la validité d'une révélation qui ne prétend pas détruire ou déprécier les révélations antérieures, mais les relier, les unifier et les accomplir. C'est la raison pour laquelle Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá ont tous deux révélé, et même souligné, certains détails relatifs à l'économie divine qu'ils nous ont léguée, à nous leurs disciples. C'est pourquoi, dans leur testament, ils ont tant insisté sur les pouvoirs et les prérogatives des ministres de leur foi.
Car rien, hormis les instructions explicites de leur livre et le langage étonnamment énergique avec lequel ils ont rédigé les dispositions de leur testament, ne pouvait sauvegarder la foi pour laquelle ils ont tous deux oeuvré si glorieusement durant toute leur vie. Rien d'autre ne pouvait la protéger des hérésies et des calomnies par lesquelles les groupes religieux, les peuples et les gouvernements ont tenté et tenteront, avec toujours plus de vigueur, de l'attaquer dans l'avenir.
Nous devrions aussi garder à l'esprit que le caractère distinctif de la révélation bahá'íe ne réside pas uniquement dans la complétude et la validité incontestable de l'ordre établi par les enseignements de Bahá'u'lláh et de 'Abdu'l-Bahá. La perfection de cet ordre réside aussi dans le fait que ces facteurs, qui dans les dispensations antérieures, sans être revêtus de la moindre autorité par leurs fondateurs, ont été une source de corruption et de maux incalculables pour la foi de Dieu, furent strictement écartés par le texte clair des Écrits de Bahá'u'lláh. Ces pratiques injustifiées relatives aux sacrements du baptême, à la communion, à la confession des péchés, à l'ascétisme, à la domination sacerdotale, aux cérémonials compliqués, à la guerre sainte et à la polygamie ont, sans exception, été supprimées inflexiblement par la plume de Bahá'u'lláh; tandis que la sévérité et la rigueur de certaines pratiques, telles que le jeûne, qui sont nécessaires à l'exercice d'une vie pieuse, ont été considérablement atténuées.

Un organisme vivant

Il faut aussi garder à l'esprit le fait que l'organisation de la cause a été façonnée de telle manière que tout ce que l'on jugera nécessaire d'y incorporer afin de la maintenir à l'avant-garde de tous les mouvements progressistes peut, selon les dispositions prévues par Bahá'u'lláh, y être intégré en toute sécurité. C'est ce qu'attestent les paroles de Bahá'u'lláh consignées dans la "huitième feuille" du Paradis exalté : Il appartient aux administrateurs de la Maison de Justice de délibérer sur ces choses qui n'ont pas été ouvertement révélées dans le Livre, et de faire respecter ce qu'ils ont convenu. Dieu, en vérité, leur donnera l'inspiration de ce qu'Il veut et Il est, en vérité, le Pourvoyeur, l'Omniscient. La Maison de Justice n'a pas seulement été investie par Bahá'u'lláh de l'autorité de légiférer sur tout ce qui n'aurait pas été explicitement et ouvertement consigné dans ses Écrits sacrés, elle s'est également vu conférer, par le Testament de 'Abdu'l-Bahá, le droit et le pouvoir d'abroger, selon les changements et les nécessités du moment, tout ce qui a déjà été décrété et appliqué par une précédente Maison de Justice. À cet égard, il a révélé ce qui suit dans son testament : Et, dès lors que la Maison de Justice a le pouvoir d'édicter des lois qui ne sont pas expressément mentionnées dans le Livre et qui ont trait aux affaires quotidiennes, elle a de même le pouvoir d'abroger ces mêmes lois. Ainsi, par exemple, la Maison de Justice édicte aujourd'hui une certaine loi et la met en vigueur et, cent ans plus tard, les circonstances ayant profondément changé et la situation étant transformée, une autre Maison de Justice aura alors le pouvoir de modifier cette loi en fonction des besoins de l'époque. Si elle peut le faire, c'est que la loi en question ne fait pas partie du texte divin explicite. La Maison de Justice est à la fois l'auteur et le pouvoir abrogatif de ses propres lois. Telle est l'immuabilité de la parole révélée par Bahá'u'lláh. Telle est la souplesse qui caractérise les fonctions de ses ministres désignés. La première préserve l'identité de sa foi et garantit l'intégrité de sa loi. La seconde lui permet, tout comme à un organisme vivant, de se développer et de s'adapter aux besoins et aux nécessités d'une société en continuelle transformation.
Chers amis ! Si faible que puisse paraître aujourd'hui notre foi aux yeux des hommes qui la dénoncent comme un rejeton de l'islám, ou la regardent dédaigneusement comme l'une de ces sectes obscures qui prolifèrent en Occident, ce joyau sans prix de la révélation divine, actuellement encore au stade embryonnaire, se développera au sein de la loi de Bahá'u'lláh et progressera, entier et intact, jusqu'à embrasser l'humanité tout entière. Seuls ceux qui ont déjà reconnu le rang suprême de Bahá'u'lláh, seuls ceux dont les cœurs ont été touchés par son amour et qui se sont familiarisés avec la puissance de son esprit peuvent apprécier comme il convient la valeur de cette économie divine - son don inestimable à l'humanité.
Les chefs religieux, les commentateurs de théories politiques, les dirigeants d'institutions humaines qui assistent actuellement, avec perplexité et consternation, à la faillite de leurs idées et à la désintégration de leurs oeuvres, feraient bien de tourner leur regard vers la révélation de Bahá'u'lláh et de méditer sur l'ordre mondial qui, enchâssé dans ses enseignements, émerge lentement et imperceptiblement du tumulte et du chaos de la civilisation contemporaine. Qu'ils n'aient aucun doute, aucune crainte quant à la nature, à l'origine ou à la validité des institutions que les adeptes de la foi édifient dans le monde. Parce qu'elles sont scellées dans les enseignements mêmes, elles ne sont ni corrompues ni obscurcies par des inférences injustifiées ou des interprétations non autorisées de sa parole.
Combien pressante et sacrée est la responsabilité qui pèse maintenant sur ceux qui connaissent déjà ces enseignements ! Combien glorieuse est la tâche de ceux qui sont appelés à en défendre la vérité et à en démontrer la faisabilité à un monde dépourvu de foi ! Rien, si ce n'est une conviction inébranlable de leur origine divine et de leur nature unique dans les annales de la religion; rien, si ce n'est une ferme détermination de mettre en oeuvre ces enseignements et de les appliquer à l'organisation administrative de la cause, ne peut suffire à établir leur réalité et à garantir leur succès. Combien vaste est la révélation de Bahá'u'lláh ! Combien immense, l'ampleur de ses bénédictions déversées sur l'humanité en ce jour ! Et pourtant, qu'elle est pauvre et inadéquate notre conception de leur importance et de leur gloire ! Cette génération-ci est trop proche d'une révélation aussi colossale pour apprécier pleinement les possibilités infinies de sa foi, le caractère sans précédent de sa cause et les bienfaits mystérieux de sa providence.
Dans l'Íqán, Bahá'u'lláh, désirant mettre en relief le caractère transcendant de ce nouveau jour de Dieu, renforce la puissance de son argument d'une référence au texte d'une tradition exacte et autorisée, qui révèle : La connaissance se compose de vingt-sept lettres. Tout ce qu'ont révélé les prophètes, ce sont deux de ces lettres. Nul homme, à ce jour, n'a connu plus que ces deux lettres. Mais quand surviendra le Qá'im, il suscitera la manifestation des vingt-cinq lettres restantes. Et suivent immédiatement ces paroles de Bahá'u'lláh qui confirment et éclairent cette tradition : Réfléchissez : Il a déclaré que la connaissance se compose de vingt-sept lettres et a considéré tous les prophètes, depuis Adam jusqu'à Muhammad même - "le Sceau" - comme les interprètes de deux lettres seulement. Il dit aussi que le Qá'im révélera toutes les vingt-cinq autres lettres. Voyez par ces paroles combien grand et élevé est son rang ! Son rang surpasse celui de tous les prophètes, et sa révélation transcende l'entendement et la compréhension de tous leurs élus. De sa révélation, les prophètes de Dieu, ses saints et ses élus n'ont pas été informés ou, se conformant à l'impénétrable décret de Dieu, ils ne l'ont pas dévoilée - une telle révélation, ces gens vils et scélérats ont cherché à la mesurer avec leur propre esprit déficient, leur propre intelligence et leur compréhension insuffisante.
Dans un autre passage du même livre, Bahá'u'lláh, faisant allusion à la transformation effectuée par chaque révélation dans les habitudes, les pensées et les comportements des hommes, révèle ces paroles : L'objet de chaque révélation n'est-il pas d'effectuer une transformation complète de la nature de l'humanité, une transformation qui se manifestera tant extérieurement qu'intérieurement, qui affectera à la fois sa vie intime et son comportement ? Car si la nature de l'humanité n'était pas transformée, la futilité de la manifestation universelle de Dieu serait évidente.
Le Christ lui-même, s'adressant à ses disciples, n'a-t-il pas prononcé ces paroles : J'ai encore beaucoup à vous dire, mais vous ne pouvez pas le porter à présent. Mais quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous introduira dans la vérité tout entière.
À la lumière du texte de cette tradition reconnue, ainsi que des paroles du Christ attestées par l'Évangile, tout observateur impartial saisira facilement la grandeur de la foi révélée par Bahá'u'lláh et reconnaîtra la portée prodigieuse de la revendication qu'il a formulée. Il n'est pas étonnant que 'Abdu'l-Bahá ait décrit en des termes si noirs la violence de l'agitation qui entourera, dans les jours à venir, les institutions naissantes de la foi. Actuellement, nous ne pouvons encore que discerner vaguement le commencement de cette tourmente que l'essor et l'ascendance de la cause de Dieu sont destinés à lancer sur le monde.

Le plus grand drame de l'histoire spirituelle du monde

Que ce soit dans la féroce et insidieuse campagne de répression et de cruauté que les dirigeants de Russie ont lancée contre les défenseurs de la foi qu'ils tenaient sous leur autorité; que ce soit dans l'inflexible animosité avec laquelle les shiites de l'islám foulent aux pieds les droits sacrés des adeptes de la cause en ce qui concerne la maison de Bahá'u'lláh à Baghdád; que ce soit dans la rage impuissante qui a poussé les dignitaires ecclésiastiques de la secte sunnite de l'islám à expulser nos frères égyptiens; dans tous ces événements, nous pouvons percevoir les manifestations de la haine implacable que les peuples, les religions et les gouvernements nourrissent envers une foi si pure, si innocente, si glorieuse.
Il est de notre devoir de méditer ces événements en notre coeur, de nous efforcer d'élargir notre vision et d'approfondir notre compréhension de cette cause, et de nous lever, résolument et sans réserve, pour jouer notre rôle - si minime soit-il - dans ce drame, le plus grand de l'histoire spirituelle du monde.
Votre frère et collaborateur,
Shoghi.
Haïfa, Palestine,
le 21 mars 1930.


3. LE BUT D'UN NOUVEL ORDRE MONDIAL

Compagnons adeptes de la foi de Bahá'u'lláh

La marche inexorable des récents événements a mené l'humanité si près du but annoncé par Bahá'u'lláh qu'aucun disciple responsable de sa foi, voyant partout les signes affligeants des douleurs de l'enfantement qui ont saisi le monde, ne peut rester insensible à la pensée de sa délivrance prochaine.
Il ne serait pas inapproprié, à l'heure où nous célébrons dans le monde entier la fin de la première décennie depuis que 'Abdu'l-Bahá nous fut soudainement enlevé, de réfléchir, à la lumière des enseignements qu'il a légués au monde, aux événements qui ont contribué à accélérer l'émergence progressive de l'ordre mondial prévu par Bahá'u'lláh.
Il y a dix ans aujourd'hui que se répandait comme un éclair dans le monde la nouvelle du décès de celui qui, seul, par l'influence de son amour, de sa force et de sa sagesse qui ennoblissent, aurait pu lui apporter, dans les multiples afflictions qu'il allait subir, son soutien et sa consolation.
Comme nous nous rappelons bien, nous la petite troupe de ses adeptes déclarés, qui affirmons avoir reconnu la lumière qui brillait en lui, ses allusions réitérées, au soir de sa vie terrestre, à l'affliction et aux troubles dont souffrirait de plus en plus une humanité obstinée. Qu'il est poignant, pour certains d'entre nous, le souvenir des remarques lourdes de sens qu'il fit en présence des pèlerins et des visiteurs qui se pressaient à sa porte au lendemain des réjouissances qui saluèrent la fin de la guerre mondiale - une guerre qui, par les horreurs qu'elle provoqua, les pertes qu'elle entraîna et les complications qu'elle engendra, devait exercer sur les destinées de l'humanité une influence d'une si grande portée. Comme il insista sereinement, mais pourtant vigoureusement, sur la duperie cruelle qu'un pacte - salué par les peuples et les nations comme l'incarnation de la justice triomphante et l'instrument infaillible d'une paix durable - gardait en réserve pour une humanité impénitente. La paix ! la paix ! - combien de fois l'entendîmes-nous faire cette remarque - les lèvres des peuples et des potentats la proclament sans cesse, tandis que le feu de haines inassouvies couve toujours dans leur coeur. Combien de fois l'entendîmes-nous élever la voix pour déclarer avec assurance - alors que le tumulte d'un enthousiasme triomphant était encore à son apogée, et longtemps avant même que l'inquiétude la plus vague eût été ressentie ou exprimée - que le document prôné comme la charte de libération de l'humanité contenait en lui-même les germes d'une supercherie amère qui allait davantage asservir le monde. Comme elles sont abondantes à présent les preuves qui attestent de la perspicacité de son jugement infaillible !
Dix ans de troubles incessants, si chargés d'angoisse, si lourds de conséquences incalculables pour l'avenir de la civilisation, ont amené le monde au bord d'un désastre trop terrible pour qu'on veuille y réfléchir. Il est, en effet, malheureux le contraste entre les manifestations d'enthousiasme confiant auxquelles se livraient si volontiers les plénipotentiaires à Versailles, et le cri de détresse avouée que vainqueurs et vaincus élèvent ensemble aujourd'hui, à l'heure de la désillusion amère.

Un monde las de la guerre

Ni les forces rassemblées par les artisans et les garants des traités de paix, ni les nobles idéaux qui animaient initialement l'auteur du pacte de la Société des Nations ne furent un rempart suffisant contre les forces de désorganisation interne qui par conséquent assaillirent une structure si laborieusement échafaudée. Ni les dispositions d'un prétendu règlement que les puissances victorieuses tentèrent d'imposer, ni le mécanisme de l'institution que conçut l'illustre et clairvoyant président d'Amérique ne s'avérèrent, en théorie comme en pratique, des instruments capables d'assurer l'intégrité de l'ordre qu'ils s'étaient efforcés d'établir. Les maux dont souffre maintenant le monde, écrivait 'Abdu'l-Bahá en janvier 1920, se multiplieront; l'obscurité qui l'enveloppe s'épaissira. Les Balkans resteront mécontents. Leur effervescence augmentera. Les puissances vaincues continueront à entretenir l'agitation. Elles auront recours à toutes les mesures qui pourraient ranimer la flamme de la guerre. Des mouvements, récents et de portée mondiale, feront tout leur possible pour faire avancer leurs desseins. Le mouvement de la gauche prendra une grande importance. Son influence s'étendra.
Depuis que ces mots furent écrits, le désarroi économique, associé à la confusion politique, aux bouleversements financiers, à l'agitation religieuse et à l'animosité raciale ont, semble-t-il, conspiré pour accroître démesurément le fardeau sous lequel gémit un monde appauvri et las de la guerre. L'effet cumulatif de ces crises, qui se sont succédées avec une rapidité si effarante, a été tel que les fondements mêmes de la société se sont mis à trembler. Le monde, quel que soit le continent vers lequel nous tournions notre regard, si éloignées que puissent être les régions sur lesquelles notre vue s'étend, est partout assailli par des forces qu'il ne peut ni expliquer ni contrôler.
L'Europe, tenue jusqu'ici pour le berceau d'une civilisation hautement vantée, pour le porte-flambeau de la liberté et pour la principale source des forces du commerce mondial et de l'industrie, se trouve désorientée et paralysée à la vue d'un si formidable bouleversement. Des idéaux depuis longtemps en faveur dans la sphère tant politique qu'économique de l'activité humaine sont mis à rude épreuve sous la pression de forces réactionnaires d'une part, et d'un radicalisme insidieux et tenace de l'autre. Du coeur de l'Asie, de lointains grondements, sinistres et insistants, laissent présager l'attaque rangée d'une doctrine qui, par sa négation de Dieu, de ses lois et de ses principes, menace de désorganiser les assises de la société humaine. La clameur d'un nationalisme naissant, doublée d'une recrudescence du scepticisme et de l'incroyance, s'abat comme un surcroît de calamités sur un continent considéré jusque-là comme le symbole de la stabilité séculaire et de la résignation paisible. Du fond de l'Afrique noire, les premiers remous d'une révolte consciente et résolue contre les buts et les méthodes de l'impérialisme politique et économique se font de plus en plus distincts, apportant leur contribution aux vicissitudes croissantes d'un âge troublé. Même l'Amérique - qui tout récemment encore se targuait de sa politique traditionnelle de réserve, du caractère autarcique de son économie, de l'invulnérabilité de ses institutions et des signes de sa prospérité et de son prestige grandissants - n'a pu résister à la poussée des forces qui l'ont entraînée dans l'oeil d'un cyclone économique qui menace à présent d'affaiblir les bases de sa propre vie économique et industrielle. Même la lointaine Australie qui, par son éloignement des foyers d'agitation européens, aurait pu se croire à l'abri des épreuves et des tourments d'un continent malade, a été happée par ce tourbillon de passions et de luttes, impuissante qu'elle fut à se dégager du piège de leur influence pernicieuse.

Les signes d'un chaos imminent

Jamais, en vérité, ne se produisirent - dans les domaines aussi bien social qu'économique ou politique de l'activité humaine - des bouleversements d'une ampleur et d'une profondeur telles que ceux qui se développent actuellement en différentes parties du monde. Jamais les sources de danger ne furent aussi nombreuses et variées que celles qui menacent à présent la structure de la société. Les paroles suivantes de Bahá'u'lláh prennent tout leur sens lorsque nous nous arrêtons un instant pour méditer sur l'état actuel d'un monde étrangement désordonné : Pendant combien de temps l'humanité persistera-t-elle dans son obstination ? Pendant combien de temps l'injustice se perpétuera-t-elle ? Pendant combien de temps encore la confusion et le chaos régneront-ils parmi les hommes ? Pendant combien de temps encore la discorde agitera-t-elle la face de la société ? Les vents du désespoir, hélas, soufflent de tous côtés, et les différends qui divisent et affligent la race humaine s'aggravent de jour en jour. Les signes des bouleversements et du chaos imminents peuvent à présent être discernés, d'autant que l'ordre qui règne actuellement s'avère lamentablement défectueux.
L'inquiétante influence de plus de trente millions d'âmes vivant dans les conditions dévolues aux minorités sur tout le continent européen; l'armée énorme et grandissante des sans-emplois, avec son poids écrasant et son influence démoralisante sur les gouvernements et sur les peuples; la course aux armements, effrénée et perverse, qui engloutit une part toujours plus grande des richesses de nations déjà appauvries; la démoralisation extrême dont souffrent, de plus en plus, les marchés financiers internationaux; l'assaut de la laïcité qui envahit ce qui était regardé autrefois comme les bastions inexpugnables de l'orthodoxie chrétienne et musulmane; tout ceci ressort comme autant de symptômes les plus graves qui ne présagent rien de bon quant à la stabilité future des structures de la civilisation moderne. Il n'est guère étonnant qu'un des plus éminents penseurs d'Europe, honoré pour sa sagesse et sa modération, ait été contraint d'énoncer une affirmation aussi hardie : Le monde traverse la crise la plus grave de l'histoire de la civilisation. Nous sommes, écrit un autre, soit devant une catastrophe mondiale, soit, peut-être, à l'aube d'une ère plus grande, de sagesse et de vérité. C'est en de telles époques, ajoute-t-il, que des religions ont péri et sont nées.
Ne pouvons-nous déjà discerner, en scrutant l'horizon politique, l'alignement de ces forces qui divisent de nouveau le continent européen en camps de combattants virtuels, déterminés à une confrontation qui, à la différence de la dernière guerre, peut marquer la fin d'une époque, d'une très longue et importante époque dans l'histoire de l'évolution humaine ? Nous, les gardiens privilégiés d'une foi inestimable, sommes-nous appelés à être les témoins d'un changement cataclysmique, aussi fondamental politiquement et, spirituellement, aussi bénéfique que celui qui précipita la chute de l'Empire romain en Occident ? Ne se pourrait-il - et tout adepte vigilant de la foi de Bahá'u'lláh devrait prendre le temps d'y réfléchir - que de cette éruption mondiale pussent jaillir des forces d'une telle énergie spirituelle qu'elles rappelleront, et même éclipseront, la splendeur des signes et des merveilles qui accompagnèrent l'établissement de la foi de Jésus-Christ ? Ne se pourrait-il que, de l'agonie d'un monde ébranlé, émergeât un renouveau religieux d'une telle portée et d'une telle vigueur qu'il surpasserait même la puissance de ces forces guidant le monde par lesquelles les religions du passé ont, à intervalles déterminés et selon une sagesse impénétrable, redressé le destin des âges et des peuples sur le déclin ? Ne se pourrait-il que la faillite actuelle de cette civilisation matérialiste tant vantée exterminât d'elle-même l'ivraie qui étouffe à présent le déploiement et la floraison future de la foi militante de Dieu ?
Laissons Bahá'u'lláh lui-même répandre sur notre route la lumière de ses paroles, tandis que nous naviguons parmi les embûches et les malheurs de cet âge troublé ! Il y a plus de cinquante ans, dans un monde qui était encore loin des maux et des épreuves qui le tourmentent aujourd'hui, ces paroles prophétiques coulèrent de sa plume : Le monde est en travail, et son agitation croît de jour en jour. Sa face est tournée vers l'incroyance et l'obstination. Sa condition sera telle qu'il ne serait ni convenable ni décent de la dévoiler à présent. Il s'obstinera longtemps encore dans sa perversité. Et, quand l'heure fixée sera venue, apparaîtra soudain ce qui fera trembler l'humanité de tous ses membres. Alors, et alors seulement, l'étendard divin sera déployé, et le Rossignol du paradis chantera sa mélodie.

L'impuissance des hommes d'État

Amis chèrement aimés ! Vue sous l'angle de la conduite individuelle de l'homme ou sous celui des relations entre les nations et les communautés organisées, l'humanité, hélas, s'est égarée trop loin et a subi un trop grand déclin pour être rachetée par les seuls efforts des meilleurs d'entre ses hommes d'État et ses dirigeants officiels, quelque désintéressés que soient leurs mobiles, quelque concertée que soit leur action, quelque prodigues qu'ils soient de leur zèle et de leur dévouement envers sa cause. Aucun projet que les calculs de la politique la plus altruiste puissent encore imaginer; aucune doctrine que le plus distingué des théoriciens économiques puisse espérer avancer; aucun principe que le plus ardent des moralistes s'efforcerait d'inculquer ne pourra, en dernier ressort, fournir les bases appropriées sur lesquelles puisse être édifié l'avenir d'un monde éperdu. Aucun appel à la tolérance mutuelle que pourraient lancer des personnes sages et expérimentées - si impérieux et insistant soit-il - ne pourra calmer ses passions ni contribuer à rétablir sa vigueur. Aucun plan général de simple coopération internationale organisée, dans quelque sphère que ce soit de l'activité humaine, si ingénieux qu'il soit dans sa conception, si vaste dans sa portée, ne pourra réussir à extirper la racine du mal qui a si rudement bouleversé l'équilibre de la société contemporaine. Même pas, j'ose l'affirmer, la planification effective des instances nécessaires en vue de l'unification politique et économique du monde - un principe prôné de plus en plus ces derniers temps - ne pourra à elle seule procurer l'antidote au poison qui mine sans répit la vitalité des nations et des peuples organisés. Rien d'autre - ne pouvons-nous l'affirmer avec confiance ? - si ce n'est l'adhésion sans réserve au divin programme qu'a énoncé Bahá'u'lláh avec tant de simplicité et de force il y a soixante ans déjà - programme qui incorpore, dans ses traits essentiels, le plan arrêté par Dieu en vue de l'unification de l'humanité en cet âge -, liée à une confiance inébranlable en l'efficacité infaillible de toutes ses dispositions sans exception, ne sera capable, en fin de compte, de résister aux forces de désintégration interne qui, si on les laisse agir, continueront inexorablement à ronger les organes vitaux d'une société désespérée. C'est ce but, celui d'un nouvel ordre mondial - divin dans son origine, universel dans sa portée, équitable dans son principe et provocateur dans son caractère - qu'une humanité harcelée doit s'efforcer d'atteindre.
Prétendre avoir saisi toutes les implications du plan prodigieux de Bahá'u'lláh pour organiser la solidarité humaine à l'échelle mondiale, ou en avoir mesuré toute la portée, serait présomptueux, même de la part des adeptes déclarés de sa foi. Tenter d'en imaginer toutes les possibilités, d'en évaluer les bienfaits futurs et d'en dépeindre la gloire serait prématuré, même à un stade aussi avancé de l'évolution de l'humanité.

Les principes directeurs de l'ordre mondial

Tout ce que nous pouvons raisonnablement oser entreprendre, c'est d'essayer d'entrevoir la première lueur de l'aube promise qui, lorsque les temps seront venus, doit chasser les ténèbres qui enveloppent l'humanité. Tout ce que nous pouvons faire, c'est indiquer, dans leurs très grandes lignes, ce qui nous apparaît comme les principes directeurs qui sous-tendent l'ordre mondial de Bahá'u'lláh, tels qu'ils furent annoncés et développés par 'Abdu'l-Bahá, le centre de son alliance avec toute l'humanité, l'interprète attitré et le commentateur de sa parole.
Que l'inquiétude et les souffrances qui affligent la masse de l'humanité soient, pour une grande part, les conséquences directes de la guerre mondiale, et qu'elles soient imputables au manque de sagesse et à la vue courte des artisans des traités de paix, seul un esprit partial peut se refuser à l'admettre. Que les obligations financières contractées au cours de la guerre ainsi que le fait d'imposer aux vaincus le fardeau écrasant des réparations aient été, pour une très grande part, responsables de la mauvaise répartition des réserves mondiales en or monétaire et de la pénurie qui s'ensuivit, laquelle, à son tour, accentua dans une très large mesure la phénoménale chute des prix, ce qui augmenta impitoyablement les charges des pays appauvris; tout cela, aucun esprit équitable ne le mettrait en doute. Que les dettes intergouvernementales aient imposé une lourde contrainte aux masses populaires d'Europe, qu'elles aient bouleversé l'équilibre des budgets nationaux, qu'elles aient paralysé les industries nationales et contribué à accroître le nombre des chômeurs, cela n'est pas moins évident pour un observateur sans préjugés. Que l'esprit de revanche, de suspicion, de crainte et de rivalité qu'a engendré la guerre, et que les clauses des traités de paix ont perpétué et nourri, ait conduit à une augmentation considérable de la compétition dans la course nationale aux armements - qui a entraîné, l'année dernière, des dépenses totales d'au moins mille millions de livres, dépenses qui, à leur tour, ont accentué les effets de la dépression mondiale - tout ceci encore constitue une vérité que même le plus superficiel des observateurs admettra aisément. Qu'un nationalisme brutal et borné, que les théories d'après-guerre sur l'autodétermination ont servi à renforcer, ait été le principal responsable de la politique des tarifs douaniers élevés et prohibitifs, si nuisibles au flux du commerce international et aux mécanismes de la finance internationale, est un fait que peu de gens s'aviseraient de contester.
Il serait vain, toutefois, de prétendre que la guerre - avec toutes les pertes qu'elle a occasionnées, les passions qu'elle a soulevées et les amertumes qu'elle a laissées derrière elle - ait été responsable à elle seule de la confusion sans précédent où sont actuellement plongées presque toutes les parties du monde civilisé. N'est-il pas manifeste - et c'est l'idée centrale sur laquelle je désire mettre l'accent - que la cause fondamentale du malaise universel est attribuable, non point tellement aux conséquences de ce qui en viendra, tôt ou tard, à être considéré comme une désorganisation temporaire des affaires d'un monde en perpétuel changement, mais surtout à l'échec de ceux qui, s'étant vu confier les destinées immédiates des peuples et des nations, s'avérèrent incapables d'adapter l'ensemble de leurs institutions économiques et politiques aux besoins impérieux d'une époque en rapide évolution ? Ces crises intermittentes qui convulsionnent la société actuelle ne sont-elles pas dues, en premier lieu, à l'incapacité lamentable des dirigeants officiels du monde d'interpréter correctement les signes du temps, de s'affranchir, une fois pour toutes, de leurs idées préconçues et des croyances qui les paralysent, et de remanier l'organisation de leurs gouvernements respectifs selon des normes implicitement contenues dans la déclaration suprême de l'unité de l'humanité de Bahá'u'lláh - le trait distinctif et principal de la foi qu'il a proclamée ? Car le principe de l'unité du genre humain, pierre angulaire de l'empire universel de Bahá'u'lláh, n'implique ni plus ni moins que la mise en application de son plan d'unification du monde - un plan dont nous avons déjà fait mention. Dans chaque dispensation, écrit 'Abdu'l-Bahá, la lumière de la direction divine a été concentrée sur un thème central... En cette révélation merveilleuse, en ce siècle glorieux, le fondement de la foi de Dieu et le caractère distinctif de sa loi, c'est la conscience de l'unité de l'humanité.
Qu'ils sont pathétiques, en vérité, les efforts de ces dirigeants d'institutions humaines qui, avec la plus profonde méconnaissance de l'esprit de leur époque, s'efforcent d'adapter des méthodes nationales appropriées aux temps passés - lorsque les nations se suffisaient à elles-mêmes - à un âge qui doit ou bien réaliser l'unité du monde telle que l'a esquissée Bahá'u'lláh, ou bien périr. À une heure aussi critique de l'histoire de la civilisation, il appartient aux dirigeants de toutes les nations du monde, grandes et petites, de l'Est ou de l'Ouest, aussi bien victorieuses que vaincues, de prêter attention à l'appel clair et puissant de Bahá'u'lláh et, imprégnés d'un sentiment de solidarité mondiale - condition sine qua non de la loyauté envers sa cause - de se lever hardiment pour appliquer intégralement le seul traitement curatif que lui, le divin médecin, a prescrit à une humanité souffrante. Qu'ils bannissent définitivement toute idée préconçue, tout préjugé nationaliste, et tiennent compte du conseil sublime de 'Abdu'l-Bahá, l'interprète autorisé de ses enseignements. Vous servirez le mieux votre pays, répondit 'Abdu'l-Bahá à un haut fonctionnaire au service du gouvernement fédéral des États-Unis d'Amérique qui l'avait questionné sur la meilleure manière de promouvoir les intérêts de son gouvernement et du peuple, si vous vous efforcez, en votre qualité de citoyen du monde, de collaborer à l'application définitive du principe fédéraliste - base du gouvernement de votre propre pays - aux relations qui existent à l'heure actuelle entre les peuples et les nations du monde.
Dans Le Secret de la civilisation divine (Les Forces mystérieuses de civilisation), éminente contribution de 'Abdu'l-Bahá à la future réorganisation du monde, nous lisons ce qui suit :
La vraie civilisation déploiera son drapeau au centre même du monde aussitôt qu'un certain nombre de ses souverains éminents et altruistes - exemples insignes de dévouement et de détermination - se lèveront, animés d'une ferme résolution et d'une vision claire, pour le bien et le bonheur de toute l'humanité, afin de servir la cause de la paix universelle. Ils auront à faire de la cause de la paix l'objet d'une consultation générale et à chercher, par tous les moyens en leur pouvoir, à établir une union des nations du monde. Ils devront conclure un traité à caractère obligatoire et instituer une alliance dont les clauses seront solides, inviolables et bien définies. Ils devront la proclamer au monde entier et lui obtenir la sanction de toute la race humaine. Cette suprême et noble entreprise - la véritable source de la paix et du bien-être du monde entier - devra être tenue pour sacrée par tous les habitants de la terre. Toutes les forces de l'humanité devront se mobiliser pour assurer la stabilité et la permanence de cette très grande alliance. Dans ce pacte universel, les limites et les frontières de tous les pays devront être clairement fixées, les principes régissant les relations réciproques entre gouvernements exactement stipulés, et toutes les obligations et tous les accords internationaux dûment précisés. De même, l'importance des armements de chaque gouvernement devra être strictement limitée car, si l'on permettait à une nation d'augmenter ses préparatifs de guerre et ses forces militaires, la suspicion des autres États s'éveillerait aussitôt. Le principe fondamental à la base de ce pacte solennel devrait être établi de telle sorte que si, par la suite, un gouvernement violait l'une de ces dispositions, tous les gouvernements de la terre devraient se lever pour le réduire à la plus complète soumission ou, mieux encore, l'ensemble de la race humaine devrait se résoudre à détruire ce gouvernement par tous les moyens en son pouvoir. Que ce remède, le plus grand de tous, soit appliqué au corps malade du monde, et il guérira assurément de ses maux et restera éternellement à l'abri de tout danger.
Quelques-uns, ajoute plus loin 'Abdu'l-Bahá, ignorant la puissance latente de l'effort humain, considèrent cette question comme hautement irréaliste, et même hors de portée des efforts les plus acharnés de l'homme. Tel n'est pourtant pas le cas. Au contraire, grâce à l'infaillible clémence de Dieu, à la bonté de ses élus, aux efforts incomparables d'âmes capables et sages, aux pensées et aux idées des dirigeants hors pair de cette époque, absolument rien ne peut être regardé comme inaccessible. L'effort, un effort incessant, est nécessaire. Seule une détermination indomptable pourra le produire. Bien des objectifs qui, autrefois, étaient tenus pour chimériques, sont devenus, de nos jours, faciles et réalisables. Pourquoi faudrait-il que cette sublime et noble cause - l'étoile matinale au firmament de la vraie civilisation et la source de la gloire, du progrès, du bien-être et du succès pour toute l'humanité - soit regardée comme impossible à réaliser ? Assurément, le jour viendra où sa très belle lumière illuminera l'assemblée des hommes.

Les sept lumières de l'unité

Dans une de ses tablettes, 'Abdu'l-Bahá, clarifiant plus amplement son noble sujet, révèle ce qui suit :
Dans les cycles passés, bien que l'harmonie fût établie, l'unité de toute l'humanité n'avait cependant pu être accomplie en raison de l'absence de moyens. Les continents demeuraient largement divisés et, même entre les peuples d'un seul et même continent, l'association et l'échange de pensées étaient pour ainsi dire impossibles. Par conséquent, la communication, la compréhension et l'unité parmi tous les peuples et toutes les familles de la terre étaient inaccessibles. En ce jour, par contre, les moyens de communication se sont multipliés et les cinq continents de la terre se sont virtuellement fondus en un seul... De même, tous les membres de la famille humaine, peuples ou gouvernements, villes ou villages, sont devenus de plus en plus interdépendants; l'autarcie n'est plus possible pour personne, dans la mesure où des liens politiques unissent tous les peuples et toutes les nations, et où ceux tissés par le commerce et l'industrie, l'agriculture et l'éducation se renforcent chaque jour. C'est pourquoi, en ce jour, l'unité de toute l'humanité peut être réalisée. En vérité, ceci n'est rien d'autre qu'une des merveilles de cet âge prodigieux, de ce siècle glorieux. De cela, les temps anciens ont été privés, car ce siècle - le siècle de la lumière - a été doté d'une gloire, d'une puissance et d'un éclat uniques et sans précédent. De là, cette éclosion miraculeuse d'une nouvelle merveille chaque jour. Et à la fin, l'on verra de quel éclat brilleront ses flambeaux sur l'assemblée des hommes.
Voyez comme sa lumière se lève à l'horizon assombri du monde. Le premier flambeau est l'unité dans l'ordre politique, dont les premières lueurs sont déjà discernables. Le deuxième flambeau est l'unité de pensée dans les entreprises mondiales, à l'accomplissement de laquelle on assistera avant peu. Le troisième flambeau est l'unité dans la liberté, qui assurément se réalisera. Le quatrième flambeau est l'unité dans la religion, qui est la pierre angulaire de la fondation même et qui, par le pouvoir de Dieu, sera révélée dans toute sa splendeur. Le cinquième flambeau est l'unité des nations - une unité qui sera fermement établie dans le courant de ce siècle et qui entraînera tous les peuples du monde à se considérer comme les citoyens d'une même patrie. Le sixième flambeau est l'unité des races qui fera, de tous les habitants de la terre, des peuples et des tribus, une seule race. Le septième flambeau est l'unité de langage, c'est-à-dire le choix d'une langue universelle que tous les peuples apprendront, et dans laquelle ils converseront. Tout ceci s'accomplira inévitablement, car la puissance du royaume de Dieu portera aide et assistance à sa réalisation.

Un super État mondial

Il y a plus de soixante ans, dans sa tablette à la reine Victoria, Bahá'u'lláh, s'adressant à "l'assemblée des souverains de la terre", révélait ce qui suit :
Consultez-vous, et que votre seul souci soit ce qui profite au genre humain et en améliore la condition... Considérez le monde comme le corps humain qui, bien que créé complet et parfait, a été affligé, pour des causes diverses, de maux et de souffrances graves. Loin de lui laisser le moindre répit, ses maladies n'ont fait que croître en gravité, car il a été livré au traitement de médecins incapables qui ont éperonné le coursier de leurs désirs terrestres et se sont cruellement trompés. Et s'il arriva que, grâce aux soins d'un médecin compétent, un des membres de ce corps fût guéri, le reste en demeura aussi souffrant qu'auparavant... Voici ce que vous annonce l'Omniscient, le Très-Sage... Ce que le Seigneur a ordonné comme le remède souverain et l'instrument le plus puissant pour la guérison du monde entier est l'union de tous ses peuples en une cause universelle, en une foi commune. Ceci ne peut être atteint que par le pouvoir d'un médecin habile, tout-puissant et inspiré. Ceci, vraiment, est la vérité, et tout le reste n'est qu'erreur.
Dans un autre passage, Bahá'u'lláh ajoute ces paroles :
Nous vous voyons augmenter chaque année vos dépenses et en reporter le fardeau sur le peuple que vous gouvernez; ceci, en vérité, n'est rien d'autre qu'une grave injustice. Craignez les soupirs et les larmes de cet Opprimé, et n'accablez pas vos peuples au-delà de ce qu'ils peuvent supporter... Réconciliez-vous, afin de n'avoir besoin d'autres armements que ceux qui sont nécessaires à la sauvegarde de vos territoires et de vos possessions. Soyez unie, ô assemblée de souverains du monde, car ainsi sera apaisée la tempête de discorde qui souffle parmi vous, et vos peuples trouveront le repos... Si l'un d'entre vous prend les armes contre un autre, levez-vous tous contre lui, car ce n'est là que justice manifeste.
Quelle autre signification pourraient avoir ces graves paroles si ce n'est d'indiquer que la réduction inévitable d'une souveraineté nationale libre de toute contrainte est le prélude indispensable à la formation de la future fédération de toutes les nations du monde ? Une certaine forme de super État mondial devra absolument être élaborée, un super État en faveur duquel toutes les nations du monde auront volontairement abandonné toute prétention à faire la guerre, certains droits à lever des impôts et tout droit à maintenir des armements, si ce n'est pour le maintien de l'ordre dans les territoires relevant de leurs autorités respectives. Un tel État devra inclure dans son orbite un pouvoir exécutif international capable d'imposer son autorité suprême et incontestable à tout membre récalcitrant de la Fédération; un parlement mondial dont les membres seront élus par les peuples dans leurs pays respectifs, avec ratification de cette élection par leurs gouvernements respectifs; et un tribunal suprême dont les jugements auront force de loi, même dans l'éventualité où les parties concernées n'auraient pas volontairement consenti à soumettre leur cas à son examen. Une communauté mondiale dans laquelle toutes les barrières économiques auront été définitivement abattues, et l'interdépendance du capital et du travail explicitement reconnue; dans laquelle les clameurs des luttes et du fanatisme religieux auront été apaisées pour toujours; dans laquelle la flamme de l'animosité raciale aura été définitivement éteinte; dans laquelle un seul code de droit international - issu du jugement réfléchi des représentants fédérés du monde - disposera, pour appliquer sa sanction, de l'intervention immédiate et coercitive des forces conjuguées des unités fédérées; et finalement une communauté mondiale dans laquelle l'acharnement d'un nationalisme militant et capricieux aura été converti en une conscience permanente de la citoyenneté mondiale; voici, en vérité, comment se présente dans ses très grandes lignes l'ordre prévu par Bahá'u'lláh, un ordre qui en viendra à être considéré comme le fruit le plus beau d'un âge qui arrive lentement à maturité.
Dans son message à tout le genre humain, Bahá'u'lláh proclame : Le tabernacle de l'unité a été élevé; ne vous considérez pas les uns les autres comme des étrangers... Vous êtes tous les fruits d'un même arbre, les feuilles d'une même branche... La terre n'est qu'un seul pays et tous les hommes en sont les citoyens... Qu'un homme ne se fasse pas gloire d'aimer son pays, qu'il se glorifie plutôt d'aimer ses semblables.

Unité dans la diversité

Qu'il n'y ait aucun doute quant au but qui anime la loi universelle de Bahá'u'lláh. Loin de viser à la subversion des fondements existants de la société, elle cherche à en élargir les bases et à en remodeler les institutions pour les adapter aux besoins d'un monde en évolution constante. Elle ne peut entrer en conflit avec aucune allégeance légitime, pas plus qu'elle ne peut ébranler les loyalismes fondamentaux. Son objet n'est point d'étouffer la flamme d'un patriotisme sain et intelligent dans le coeur des hommes, ni d'abolir le système de l'autonomie nationale, qui est si indispensable si l'on veut éviter les maux liés à une centralisation excessive. Elle n'ignore pas, ni ne veut supprimer, la diversité due aux origines ethniques, au climat, à l'histoire, aux langues et aux traditions, aux manières de penser et aux coutumes qui différencient les nations et les peuples du monde. Elle en appelle à une loyauté plus large, à une aspiration plus vaste que celles qui ont jamais animé la race humaine; elle insiste sur la nécessité de subordonner les impulsions et les intérêts nationaux aux revendications impérieuses d'un monde unifié; elle refuse une centralisation excessive, d'une part, et rejette toute tentative d'uniformité, de l'autre. Son mot d'ordre est : l'unité dans la diversité, ainsi que 'Abdu'l-Bahá lui-même l'a expliqué : Observez les fleurs d'un jardin. Bien qu'elles diffèrent par leur espèce, leur couleur, leur forme et leur aspect, pourtant, parce qu'elles sont rafraîchies par les eaux d'une même source, revivifiées par les souffles d'une même brise et tonifiées par les rayons d'un même soleil, cette diversité augmente leur charme et ajoute à leur beauté. Comme il serait peu agréable à l'oeil que toutes les fleurs et les plantes, les feuilles et les bourgeons, les fruits, les branches et les arbres de ce jardin aient la même forme et la même couleur ! La diversité des tons, des tailles et des formes enrichit et pare le jardin, rehaussant l'impression qu'il produit. Ainsi, quand diverses nuances de pensée, de tempérament et de caractère se trouveront réunies grâce au pouvoir et à l'influence d'un même agent central, la gloire et la beauté de la perfection humaine seront révélées et rendues manifestes. Seule la puissance céleste du Verbe de Dieu, qui gouverne et transcende les réalités de toutes choses, peut harmoniser les pensées, les sentiments, les idées et les convictions divergentes des enfants des hommes.
L'appel de Bahá'u'lláh est, en premier lieu, dirigé contre toute forme d'esprit de clocher, d'étroitesse d'esprit et de préjugés. Si des idéaux longtemps chéris, si des institutions vénérées, si certains postulats sociaux et certaines formules religieuses ont cessé de promouvoir le bien-être de la grande majorité des hommes, s'ils ne contribuent plus aux besoins d'une humanité en développement continuel, alors, qu'ils soient balayés et relégués dans les oubliettes des doctrines abandonnées et dépassées. Pourquoi, dans un monde soumis à la loi immuable du changement et du déclin, seraient-ils exempts de la détérioration qui doit gagner toute institution humaine ? Car les normes légales, les théories politiques et économiques ont pour seul but la sauvegarde des intérêts de l'humanité dans son ensemble, et l'humanité n'a pas à être crucifiée pour préserver l'intégrité d'une loi ou d'une doctrine particulière.

Le principe d'unité

Qu'il n'y ait point de malentendu. Le principe de l'unité de l'humanité - pivot autour duquel gravitent tous les enseignements de Bahá'u'lláh - n'est pas le simple élan d'une sentimentalité ignorante ou l'expression d'un espoir vague et pieux. L'appel qu'il lance ne doit pas simplement être assimilé au réveil de l'esprit de fraternité et de bonne volonté parmi les hommes, et il ne vise pas seulement à entretenir une coopération harmonieuse entre des peuples de différentes ethnies et nations. Ses implications sont plus profondes, ses revendications sont plus importantes qu'aucune de celles que les prophètes du passé furent autorisés à avancer. Son message ne vaut pas seulement pour l'individu, il vise avant tout la nature des rapports essentiels qui doivent lier tous les États et toutes les nations comme les membres d'une même famille humaine. Il ne constitue pas simplement l'énoncé d'un idéal, mais il est inséparablement associé à une institution propre à incarner sa vérité, à démontrer sa validité et à perpétuer son influence. Il suppose un changement organique dans la structure de la société contemporaine, un changement tel que le monde n'en a jamais connu. Il constitue un défi à la fois audacieux et universel aux mots d'ordre désuets des credos nationaux - credos qui ont fait leur temps et qui, selon le cours normal des événements réglés et contrôlés par la Providence, doivent céder la place à un nouvel Évangile foncièrement différent et infiniment supérieur à ce que, jusqu'ici, il a été donné au monde de concevoir. Ce principe de l'unité n'implique rien de moins que la reconstruction et la démilitarisation du monde civilisé tout entier - un monde qui sera organiquement unifié dans tous les aspects essentiels de sa vie, dans son système politique, son aspiration spirituelle, son commerce et sa finance, son écriture et son langage, et pourtant d'une infinie diversité par les particularités nationales de ses unités fédérées.
Il représentera le couronnement de l'évolution humaine - une évolution dont les prémices ont été la naissance de la vie familiale, dont le développement suivant fut la réalisation de la solidarité tribale, celle-ci conduisant à son tour à la constitution de la cité État, qui s'est élargie plus tard dans l'institution de nations souveraines et indépendantes.
Le principe de l'unité de l'humanité, tel que l'a proclamé Bahá'u'lláh, apporte avec lui ni plus ni moins que l'affirmation solennelle selon laquelle, dans cette prodigieuse évolution, l'accession à ce stade final est non seulement nécessaire mais inéluctable, que sa réalisation approche à grands pas, et que rien si ce n'est un pouvoir né de Dieu ne peut réussir à l'établir.
Une conception si merveilleuse trouve ses premières manifestations dans les efforts sciemment déployés et les modestes débuts déjà réalisés par les adeptes déclarés de la foi de Bahá'u'lláh qui, conscients de la sublimité de leur vocation et initiés aux principes de son administration qui les ennoblissent, progressent dans l'établissement de son royaume sur cette terre. Elle se révèle aussi, indirectement, par la diffusion progressive de l'esprit de solidarité mondiale qui émerge spontanément de l'agitation d'une société désorganisée.
Il serait stimulant de suivre l'histoire de la croissance et du développement de cette conception sublime qui attirera de plus en plus l'attention des gardiens responsables du destin des peuples et des nations. Aux États et aux principautés qui venaient de sortir du chaos provoqué par le grand bouleversement napoléonien, et dont la principale préoccupation était de recouvrer leurs droits à une existence indépendante ou de réaliser leur unité nationale, l'idée d'une solidarité mondiale ne semblait pas seulement éloignée, elle était inconcevable. Il faudra attendre que les forces du nationalisme soient parvenues à renverser les fondements de la Sainte-Alliance - qui avait essayé de brider leur pouvoir grandissant - pour que la possibilité d'un ordre mondial, surpassant en portée les institutions politiques établies par ces nations, en arrive à être envisagée sérieusement. Il faudra la fin de la guerre mondiale pour que ces tenants d'un nationalisme arrogant en viennent à regarder un tel ordre comme le but d'une doctrine pernicieuse visant à saper ce loyalisme essentiel dont dépend le maintien de la vie de leur nation. Avec une vigueur qui rappelait l'énergie avec laquelle les membres de la Sainte-Alliance cherchaient à étouffer l'esprit d'un nationalisme montant parmi les peuples libérés du joug napoléonien, ces champions d'une souveraineté nationale absolue se sont à leur tour mis à travailler - et travaillent encore - à discréditer les principes desquels dépendra finalement leur propre salut.
L'opposition violente qui salua le projet mort-né du protocole de Genève, la manière accablante dont fut ridiculisée la proposition avancée par la suite pour des États-Unis d'Europe, et l'insuccès du projet général pour l'union économique européenne peuvent apparaître comme autant d'échecs aux efforts qu'une poignée de gens clairvoyants déploient avec ardeur pour qu'avance ce noble idéal. Et pourtant, n'avons-nous pas raison de sentir notre courage renouvelé lorsque nous voyons que la seule prise en considération de tels projets est en elle-même un signe de leur progrès régulier dans l'esprit et le coeur des hommes ? Avec les tentatives organisées pour discréditer une si haute conception, n'assistons-nous pas à la répétition, à plus grande échelle, de ces luttes mouvementées et de ces controverses véhémentes qui précédèrent la naissance et aidèrent à la reconstruction des nations unifiées d'Occident ?

La fédération de l'humanité

Prenons un seul exemple : avec quelle assurance n'affirmait-on pas, au cours des journées précédant l'unification des États d'Amérique du Nord, que des barrières insurmontables se dressaient sur la voie de leur fédération finale ! Ne déclarait-on pas partout, et avec insistance, que les intérêts opposés, la méfiance mutuelle, les différences de coutumes et de gouvernements divisant les États étaient tels qu'aucune force, tant spirituelle que temporelle, ne pourrait jamais espérer les harmoniser ou les maîtriser ? Et pourtant, comme la situation qui prédominait il y a cent cinquante ans était différente de celle qui caractérise notre société actuelle ! Il ne serait vraiment pas exagéré de dire que l'absence des moyens que le progrès scientifique moderne a mis à présent au service de l'humanité faisait du problème de souder en une fédération unique les États américains - aussi semblables qu'ils aient pu être par certaines traditions - une tâche infiniment plus complexe que celle à laquelle se trouve confrontée, dans ses efforts pour réaliser l'unification de tout le genre humain, une humanité divisée.
Qui sait si, pour qu'une conception aussi élevée puisse prendre forme, une souffrance plus intense qu'aucune de celles qu'elle a jamais connues ne devra pas être infligée à l'humanité ? Hormis le feu d'une guerre civile, avec toutes ses violences et ses vicissitudes - une guerre qui a failli déchirer la grande République américaine - qu'est-ce qui aurait pu souder ces États, non seulement en une union d'unités indépendantes, mais en une nation, malgré toutes les différences ethniques caractérisant ses parties composantes ? Qu'une révolution aussi fondamentale, entraînant des changements d'une telle portée dans la structure de la société, puisse s'obtenir par le recours aux processus habituels de la diplomatie et de l'éducation semble hautement improbable. Nous n'avons qu'à tourner nos regards vers l'histoire sanglante de l'humanité pour bien comprendre que rien, hormis une intense souffrance, mentale autant que physique, n'a pu précipiter ces changements déterminants qui constituent les jalons les plus marquants de l'histoire de la civilisation humaine.

Le feu de l'épreuve

Si grands et si influents qu'aient pu être autrefois ces changements, une fois placés dans leur juste perspective, ils ne peuvent apparaître que comme des ajustements secondaires préludant à cette transformation d'une envergure et d'une majesté sans parallèle que l'humanité, en cet âge, est obligée de subir. Que rien, hormis les forces d'une catastrophe mondiale, ne puisse précipiter la venue de cette nouvelle phase de la pensée humaine, cela devient, hélas, de plus en plus apparent. Qu'il ne faille rien de moins que le feu d'une épreuve douloureuse, d'une intensité sans égale, pour fondre et souder les entités en désaccord qui constituent les éléments de la civilisation actuelle, et faire d'elles les parties intégrantes de la fédération mondiale de l'avenir, c'est là une vérité que les événements futurs démontreront de manière croissante.
La voix prophétique de Bahá'u'lláh, avertissant les peuples du monde, dans les derniers passages des Paroles cachées, qu'une calamité imprévue les poursuit et qu'un châtiment douloureux les attend, projette, en effet, une lumière sinistre sur le destin immédiat d'une humanité souffrante. Seule une terrible épreuve du feu, d'où l'humanité sortira châtiée et prête, peut réussir à implanter ce sens de la responsabilité que les dirigeants d'un âge nouveau devront assumer.
Et je voudrais à nouveau attirer votre attention sur ces paroles inquiétantes de Bahá'u'lláh, déjà citées : Et, quand l'heure fixée sera venue, apparaîtra soudain ce qui fera trembler l'humanité de tous ses membres.
'Abdu'l-Bahá lui-même n'a-t-il pas déclaré en un langage sans équivoque qu'une autre guerre plus acharnée que la dernière éclaterait assurément ?
De l'accomplissement de cette entreprise colossale, de cette entreprise indiciblement glorieuse, celle qui confondit les ressources de la diplomatie romaine, et que les efforts désespérés de Napoléon ne purent mener à bien, dépendra l'ultime réalisation de ce millenium chanté par les poètes de tous les temps et dont les inspirés rêvèrent longtemps. D'elle dépendra l'accomplissement des prophéties énoncées par les prophètes d'autrefois, où il est dit que les épées seront transformées en socs de charrues, et que le lion et l'agneau dormiront côte à côte. Elle seule peut inaugurer le royaume du Père des cieux comme le promettait la foi de Jésus-Christ. Elle seule peut fonder les bases du nouvel ordre mondial évoqué par Bahá'u'lláh - ordre mondial qui réfléchira, si faiblement que ce soit dans ce monde terrestre, les splendeurs ineffables du royaume d'Abhá.
Un mot encore pour conclure. La proclamation de l'unité de l'humanité - pierre angulaire de l'empire universel de Bahá'u'lláh - ne peut, en aucun cas, se comparer aux expressions d'espoir pieux proférées autrefois. Sa proclamation n'est pas simplement cet appel qu'il lança, seul et sans soutien, à la face de l'opposition implacable et combinée de deux des plus puissants potentats orientaux de son temps - alors qu'il était lui-même un exilé et un prisonnier entre leurs mains. Cette proclamation suppose à la fois un avertissement et une promesse : l'avertissement qu'en elle réside la seule voie de salut d'un monde plongé dans de grandes souffrances, la promesse que sa réalisation est à portée de main.
Prononcée à une époque où l'éventualité de sa réalisation n'avait encore été sérieusement envisagée nulle part au monde, cette proclamation en est venue, grâce à cette force céleste que lui a insufflée l'esprit de Bahá'u'lláh, à être enfin considérée, par un nombre croissant d'hommes avisés, non seulement comme une éventualité prochaine, mais comme l'aboutissement nécessaire des forces agissant maintenant dans le monde.

Le porte-parole de Dieu

Assurément, le monde - resserré et transformé en un seul organisme extrêmement complexe grâce aux merveilleux progrès accomplis dans le domaine de la science physique, et grâce à l'expansion mondiale du commerce et de l'industrie, et occupé à se débattre, sous la pression des forces économiques mondiales, parmi les pièges d'une civilisation matérialiste - a grand besoin d'un rappel de cette vérité qui est à la base de toutes les révélations du passé, reformulée dans un langage approprié à ses besoins essentiels. Et quelle autre voix que celle de Bahá'u'lláh - le porte-parole de Dieu pour cette époque - est capable d'effectuer une transformation de la société aussi radicale que celle qu'il a déjà accomplie dans le coeur de ces hommes et de ces femmes, si divers et apparemment si implacablement hostiles, qui constituent l'effectif de ses adeptes déclarés à travers le monde ?
Que cette conception puissante soit en train de germer rapidement dans l'esprit des hommes, que des voix s'élèvent pour la soutenir, que ses traits saillants doivent bientôt se cristalliser dans la conscience de ceux qui détiennent l'autorité, rares, en vérité, sont ceux qui pourraient en douter. Que ses débuts modestes aient déjà pris la forme d'une administration mondiale, à laquelle les adeptes de la foi de Bahá'u'lláh demeurent associés, seuls ceux dont le coeur est corrompu par les préjugés peuvent ne pas s'en rendre compte.
C'est à nous, mes chers collaborateurs, qu'incombe le devoir souverain de continuer à aider, avec une vision claire et un zèle qui ne tiédit pas, à la construction finale de cet édifice dont Bahá'u'lláh a posé les fondements dans nos coeurs, de tirer une force et un espoir accrus de la tendance générale des événements récents - quelque sombres que soient leurs effets immédiats - et de prier, avec une ferveur incessante, pour qu'il puisse hâter l'approche de la réalisation de cette vision merveilleuse qui constitue l'émanation la plus brillante de son esprit et le plus beau fruit de la plus belle civilisation que le monde ait jamais vue.
Le centième anniversaire de la déclaration de la foi de Bahá'u'lláh ne pourrait-il marquer le commencement d'une ère aussi vaste de l'histoire humaine ?
Votre frère fidèle,
Shoghi.
Haïfa, Palestine,
le 28 novembre 1931.


4. L'ÂGE D'OR DE LA CAUSE DE BAHÁ'U'LLÁH

Aux bien-aimés de Dieu et aux servantes du Miséricordieux à travers les États-Unis et le Canada.

Amis et codéfenseurs de la foi de Bahá'u'lláh !

Si importants qu'aient été les changements qui, récemment, ont frappé une humanité qui s'éveille rapidement en cette phase de transition de son histoire mouvementée, la consolidation régulière des institutions que les administrateurs de la foi de Bahá'u'lláh s'efforcent d'établir dans tous les pays n'en devrait pas sembler moins remarquable, même à ceux qui ne sont encore qu'imparfaitement informés des obstacles qu'ils ont eu à surmonter ou des maigres ressources sur lesquelles ils pouvaient compter.
Qu'une foi qui, il y a dix ans, fut durement ébranlée par la brusque disparition d'un maître incomparable ait pu, face à des obstacles formidables, préserver son unité, résister aux assauts empreints de malignité des malveillants, réduire au silence ses calomniateurs, élargir la base de son administration déjà très étendue et édifier sur celle-ci des institutions qui symbolisent ses idéaux de service et d'adoration envers Dieu devrait être considéré comme une preuve suffisante du pouvoir invincible dont le Tout-Puissant a choisi d'investir cette foi dès sa naissance.
Que la cause associée au nom de Bahá'u'lláh se nourrisse à ces sources cachées de force céleste que nulle énergie émanant d'une personnalité humaine, quels que soient ses attraits, ne peut remplacer; qu'elle ne compte que sur cette seule source mystique à laquelle nul avantage terrestre - que ce soit la richesse, la renommée ou le savoir - ne peut être comparé; qu'elle se propage par des voies mystérieuses en contradiction totale avec les critères acceptés par une grande part de l'humanité : tout cela deviendra, si ce n'est déjà manifeste, toujours plus évident à mesure qu'elle progressera vers de nouvelles conquêtes dans sa lutte pour la régénération spirituelle de l'humanité.
En vérité, comment la cause aurait-elle pu réussir, alors qu'elle ne fut jamais soutenue par les conseils et les ressources des sages, des riches et des savants dans le pays de sa naissance, à briser les entraves qui pesaient sur elle à l'heure de sa naissance, à émerger indemne des tempêtes qui agitèrent son enfance, si son souffle n'avait été vivifié par cet Esprit qui est né de Dieu et dont doit finalement dépendre toute réussite, où et de quelque manière qu'elle soit recherchée ?
Je n'ai pas besoin de rappeler, même très schématiquement, les détails navrants de cette tragédie effroyable qui a marqué l'enfantement douloureux de notre foi bien-aimée en un pays tristement célèbre pour son fanatisme sans frein, son ignorance crasse, sa cruauté débridée. Je n'ai pas à m'étendre non plus sur la vaillance, le courage sublime qui défia les tortionnaires cruels de cette race, ni à souligner le nombre, ou à insister sur la pureté de la vie de ceux qui acceptèrent volontairement la mort afin que leur cause vive et prospère. Il n'est pas non plus nécessaire que je m'attarde sur l'indignation que suscitèrent ces atrocités et sur les sentiments d'admiration sans réserve qui montèrent du coeur d'hommes et de femmes innombrables, dans des régions éloignées de la scène où se produisirent ces cruautés indescriptibles. Il suffira de dire qu'à ces héros de la terre natale de Bahá'u'lláh fut octroyé le privilège inestimable de sceller de leur sang les premiers triomphes de leur foi chérie, et de préparer la voie pour sa victoire prochaine. Dans le sang des martyrs innombrables de la Perse se trouvait la semence de l'administration divinement désignée qui, bien que transplantée de son sol natal, éclôt à présent, grâce à votre sollicitude aimante, pour donner naissance à un ordre nouveau destiné à envelopper l'humanité tout entière.

La contribution de l'Amérique à la cause

Si grandes qu'aient été les réalisations et si inoubliables les services des pionniers de l'âge héroïque de la cause en Perse, la contribution, que leurs descendants spirituels, les croyants d'Amérique, maîtres bâtisseurs de la structure organique de la cause, apportent actuellement à l'accomplissement du plan qui doit inaugurer l'âge d'or de la cause, n'en est pas moins méritoire en cette période ardue de son histoire. J'ose affirmer qu'ils sont rares, sinon inexistants, parmi ces artisans et ces gardiens privilégiés de la constitution de la foi de Bahá'u'lláh, ceux qui sont, fût-ce confusément, conscients du rôle prépondérant que le continent d'Amérique du Nord est destiné à jouer dans l'orientation future de leur cause universelle. De même, seul un petit nombre d'entre eux paraissent suffisamment conscients de l'influence décisive qu'ils exercent déjà dans la direction et la gestion de ses affaires.
Le continent américain, écrivait 'Abdu'l-Bahá en février 1917, est, aux yeux du seul vrai Dieu, le pays où les splendeurs de sa lumière seront révélées, où les mystères de sa foi seront dévoilés, où les hommes droits demeureront et où les hommes libres s'assembleront.
Que les défenseurs de la cause de Bahá'u'lláh, à travers les États-Unis et le Canada, démontrent toujours davantage la vérité de cette affirmation solennelle est évident, même pour un observateur fortuit de leurs états de service nombreux et variés, que ce soit à titre individuel ou grâce à leurs efforts concertés. Les manifestations de loyauté spontanée qui ont caractérisé leur réponse aux souhaits exprimés par un Maître disparu; la générosité avec laquelle ils se sont levés plus d'une fois pour tendre une main secourable aux nécessiteux et aux gens harcelés parmi leurs frères en Perse; la vigueur avec laquelle ils ont résisté aux attaques éhontées que leurs ennemis implacables, tant de l'intérieur que de l'extérieur, lançaient contre eux avec une fréquence toujours accrue; l'exemple que le corps de leurs représentants nationaux a donné aux assemblées sœurs dans l'élaboration des instruments essentiels à l'accomplissement efficace de leurs devoirs collectifs; le succès de leur intervention au bénéfice de leurs collaborateurs persécutés en Russie; le soutien moral qu'ils ont étendu à leurs condisciples égyptiens à un stade éminemment critique de leur combat pour se libérer des entraves de l'orthodoxie islamique; les services historiques rendus par ces pionniers intrépides qui, fidèles à l'appel de 'Abdu'l-Bahá, abandonnèrent leurs foyers pour aller planter, aux extrémités du globe, l'étendard de sa foi; et, le dernier mais non le moindre, la magnificence de leur abnégation, culminant dans l'achèvement de la superstructure du Mashriqu'l-Adhkár; toutes ces réalisations sont autant de témoignages éloquents du caractère indomptable de la foi que Bahá'u'lláh a allumée dans leur coeur.
Qui, au vu d'états de services aussi splendides, peut douter que ces intendants fidèles de la grâce rédemptrice de Dieu aient préservé, entier et intact, l'inestimable héritage confié à leurs soins ? Ne pourrait-on pas penser qu'ils se sont approchés, d'une manière dont seuls les historiens du futur pourront témoigner, de la norme élevée qui caractérisait ces actes de renommée impérissable qu'ont accomplis ceux qui les ont précédés ?
Ce n'est pas en fonction des ressources matérielles dont les membres de cette communauté naissante peuvent disposer à présent; ce n'est pas en fonction de la force numérique de ses défenseurs d'aujourd'hui ni selon les bienfaits directs et tangibles que ses adeptes dévoués peuvent dispenser en ce jour à la multitude des nécessiteux et des inconsolés parmi leurs compatriotes, que ses potentialités devraient être éprouvées, ou sa valeur déterminée. Nulle part ailleurs - si ce n'est dans la pureté de ses préceptes, la sublimité de ses normes, l'intégrité de ses lois, la rationalité de ses revendications, l'étendue de son champ d'action, l'universalité de son programme, la souplesse de ses institutions, la vie de ses fondateurs, l'héroïsme de ses martyrs et la puissance transformatrice de son influence -, l'observateur impartial ne devrait chercher à obtenir le critère véritable qui lui permette de sonder ses mystères ou d'apprécier sa vertu.

Déclin de l'empire mortel

Comme il serait injuste et hors de propos de risquer une comparaison entre la consolidation lente et progressive de la foi proclamée par Bahá'u'lláh et ces mouvements créés par l'homme qui, tirant leur origine des désirs humains et centrant leurs espoirs sur l'autorité du monde mortel, doivent inévitablement décliner et périr ! Nés d'un esprit fini, engendrés par l'imagination humaine et, bien souvent, le fruit de desseins mal conçus, de tels mouvements, parce qu'ils sont nouveaux, qu'ils font appel aux bas instincts de l'homme et qu'ils sont dépendants des ressources d'un monde sordide, réussissent un temps à éblouir les yeux des hommes, pour plonger finalement, des sommets de leur carrière météorique, dans les ténèbres de l'oubli, dissous par les forces mêmes qui avaient contribué à leur création.
Il en est autrement de la révélation de Bahá'u'lláh. Née dans un environnement de dégradation épouvantable, issue d'un sol imbibé de corruption, de haines et de préjugés séculaires, inculquant des principes inconciliables avec les normes de l'époque et affrontant, dès le départ, l'hostilité implacable du gouvernement, de l'Église et du peuple, cette foi naissante de Dieu, grâce au pouvoir céleste dont elle a été investie, a réussi, en moins de quatre-vingt-dix ans, à se libérer des chaînes irritantes de la domination islamique, à proclamer l'autosuffisance de ses idéaux et l'intégrité indépendante de ses lois, à planter sa bannière dans non moins de quarante 1 des pays les plus développés du monde, à établir ses avant-postes dans des pays situés au-delà des mers les plus lointaines, à consacrer ses édifices religieux au coeur même des continents asiatique et américain, à inciter deux des plus puissants gouvernements de l'Ouest à ratifier les instruments essentiels à ses activités administratives, à obtenir des rois les hommages seyant à l'excellence de ses enseignements et, finalement, à imposer ses griefs à l'attention des représentants du plus haut tribunal du monde civilisé, et à recueillir, auprès de ses membres, des affirmations écrites équivalant à une reconnaissance tacite de son statut religieux et à une déclaration expresse du bien-fondé de sa cause.
Pour restreinte que puisse encore paraître sa puissance en tant que force sociale, et si évidente que puisse sembler l'inefficacité, à l'heure actuelle, de son programme universel, nous, qui nous identifions à son nom béni, nous ne pouvons que nous émerveiller de l'étendue de ses réalisations si nous les comparons aux modestes accomplissements qui marquèrent l'avènement des dispensations du passé. Où donc, si ce n'est dans la révélation de Bahá'u'lláh, l'étudiant en religions comparées, libre de préjugés, peut-il alléguer des exemples d'une revendication aussi prodigieuse que celle qu'a avancée l'auteur de cette foi, d'ennemis aussi implacables que ceux auxquels il fut confronté, d'une dévotion plus sublime que celle qu'il suscita, d'une vie aussi mouvementée et captivante que celle qu'il vécut ? Le christianisme ou l'islám, ou l'une des dispensations qui les précédèrent, ont-ils offert des exemples d'une telle alliance de courage et de retenue, de magnanimité et de puissance, de largeur d'esprit et de loyauté, que celle qui caractérisa la conduite des héros de la foi de Bahá'u'lláh ? Trouvons-nous ailleurs des preuves d'une transformation aussi rapide, aussi complète et aussi soudaine que celle qui s'accomplit dans la vie des apôtres du Báb ? Rares sont, en effet, dans les annales authentifiées des religions du passé, les exemples relevés d'une abnégation aussi totale, d'une constance aussi ferme, d'une magnanimité aussi sublime, d'une loyauté aussi inflexible que ceux qui portèrent témoignage de la nature de ce groupe qui survit et survivra éternellement dans la mémoire des hommes, associé à cette révélation divine - la dernière et la plus irrésistible des manifestations de l'amour et de l'omnipotence du Tout-Puissant !

Contraste avec les religions du passé

Nous chercherions vainement, dans le récit des tout premiers débuts de n'importe quelle religion reconnue du passé, des épisodes aussi poignants dans leurs détails ou d'une telle portée dans leurs conséquences, que ceux qui illuminent les pages de l'histoire de cette foi. Les circonstances presque incroyables qui ont accompagné le martyre de ce jeune Prince de gloire; les forces de répression barbare que libéra par la suite cette tragédie; les manifestations d'héroïsme inégalé auxquelles elle donna lieu; les exhortations et les avertissements qui coulèrent à flot de la plume du divin prisonnier dans ses épîtres aux potentats de l'Église et aux monarques et aux dirigeants du monde; la loyauté intrépide avec laquelle nos frères se battent, dans les pays musulmans, avec les forces de l'orthodoxie religieuse; ce sont là sans doute les traits les plus marquants de ce que le monde sera amené à reconnaître comme le plus grand drame de l'histoire spirituelle du monde.
Je n'ai pas besoin de rappeler, à cet égard, les épisodes malheureux qui ont, comme on sait, porté atteinte - et dans une très grande mesure - aux débuts de l'histoire tant du judaïsme que de l'islám. Il n'est pas nécessaire non plus de souligner l'effet préjudiciable des excès, des rivalités et des divisions, des explosions de fanatisme et des actes d'ingratitude qui sont associés aux premiers temps du peuple d'Israël et à la carrière militante des pionniers impitoyables de la foi de Muhammad.
Il suffirait à mon propos d'attirer l'attention sur le grand nombre de ceux qui, au cours des deux premiers siècles de l'ère chrétienne, acquirent une vie ignominieuse en livrant les saintes Écritures aux mains des infidèles, sur la conduite scandaleuse de ces évêques qui furent ainsi stigmatisés en tant que traîtres, sur la discorde de l'Église africaine, sur l'infiltration progressive dans la doctrine chrétienne des principes du culte mithriaque, de l'école de pensée alexandrine, des préceptes du zoroastrisme et de la philosophie grecque, et sur l'adoption par les Églises de Grèce et d'Asie d'institutions de synodes provinciaux d'un modèle qu'elles empruntèrent aux conseils représentatifs de leurs pays respectifs.
Combien grande était l'obstination avec laquelle les juifs convertis parmi les premiers chrétiens persistaient à maintenir les cérémonies de leurs ancêtres, et combien fervent était leur désir intense de les imposer aux gentils ! Les quinze premiers évêques de Jérusalem n'étaient-ils pas tous des juifs circoncis, et la congrégation qu'ils présidaient n'avait-elle pas allié les lois de Moïse à la doctrine du Christ ? N'est-il pas établi que pas plus d'un vingtième des sujets de l'Empire romain ne s'était enrôlé sous la bannière du Christ avant la conversion de Constantin ? La ruine du temple, dans la cité de Jérusalem, et de la religion officielle des juifs ne fut-elle pas fort cruellement ressentie par les "Nazaréens" qui persévérèrent, plus d'un siècle durant, dans la pratique de la loi mosaïque ?
Combien frappant est le contraste lorsque, à la lumière des faits précités, nous nous souvenons du nombre de ces disciples de Bahá'u'lláh qui, en Perse et dans les pays voisins, s'étaient enrôlés lors de son ascension en tant que défenseurs convaincus de sa foi ! Comme il est encourageant d'observer la loyauté constante avec laquelle ses adeptes valeureux préservent la pureté et l'intégrité de ses enseignements, clairs et sans équivoque ! Qu'il est édifiant le spectacle de ceux qui combattent les forces d'une orthodoxie solidement retranchée dans leur lutte pour se libérer des entraves d'une doctrine désuète ! Quelle source d'inspiration que la conduite de ces disciples musulmans de Bahá'u'lláh qui voient - non pas avec regret ou indifférence, mais avec des sentiments de satisfaction non dissimulée - le châtiment mérité que le Tout-Puissant a infligé à ces institutions jumelées du sultanat et du califat, ces instruments du despotisme et ces ennemis jurés de la cause de Dieu !

Principe fondamental de la vérité religieuse

Que nul, cependant, ne se méprenne sur mon propos. La révélation dont Bahá'u'lláh est la source et le centre n'abroge aucune des religions qui l'ont précédée et ne cherche, en aucune manière, à en déformer les traits ou à en déprécier la valeur. Elle se défend d'avoir la moindre intention d'amoindrir un seul des prophètes du passé ou d'amenuiser la vérité éternelle de leurs enseignements. Elle ne peut, en aucune façon, être en désaccord avec l'esprit qui animait leurs revendications, et elle ne cherche pas non plus à saper les fondements de l'allégeance de quiconque envers leur cause. Son but déclaré et primordial est de permettre à chaque adepte de ces religions d'avoir une compréhension plus complète de la religion à laquelle il s'identifie et d'acquérir une perception plus claire de son objectif. Elle n'est ni éclectique dans la présentation de ses vérités ni arrogante dans l'affirmation de ses revendications. Ses enseignements gravitent autour du principe fondamental selon lequel la vérité religieuse n'est pas absolue mais relative, et la révélation divine progressive, non définitive. Elle proclame, sans équivoque et sans la moindre réserve, que toutes les religions établies sont divines par leur origine, identiques dans leurs objectifs, complémentaires dans leurs fonctions, continues dans leur dessein, indispensables par leur valeur pour l'humanité.
Tous les prophètes de Dieu, affirme Bahá'u'lláh dans le Kitáb-i-Íqán, demeurent dans le même tabernacle, volent dans le même ciel, sont assis sur le même trône, prononcent les mêmes paroles et proclament la même foi. Depuis le commencement qui n'a pas de commencement, ces interprètes de l'unité de Dieu et ces canaux de sa parole incessante ont répandu sur l'humanité la lumière de l'invisible beauté et continueront, jusqu'à la fin qui n'a pas de fin à accorder de nouvelles révélations de sa puissance et des expériences supplémentaires de sa gloire inconcevable. Prétendre que n'importe quelle religion particulière revêt un caractère définitif, que toute révélation est terminée, que les portes de la miséricorde divine sont fermées, que des sources de la sainteté éternelle ne se lèvera plus aucun soleil, que l'océan de munificence perpétuelle s'est à jamais apaisé et que, du tabernacle de la gloire ancienne, les messagers de Dieu ont cessé d'être manifestés, ne serait, en effet, rien de moins qu'un pur blasphème.
Ils ne diffèrent, explique Bahá'u'lláh dans cette même épître, que par l'intensité de leur révélation et par la puissance relative de leur lumière. Et ceci non pas en raison de quelque incapacité inhérente à l'un ou à l'autre de révéler dans une plus large mesure la gloire du message qui lui fut confié, mais plutôt à cause de l'immaturité et du manque de préparation de l'âge dans lequel il vécut, qui ne pouvait percevoir et absorber toutes les potentialités latentes de cette foi.
Sachez en toute certitude, explique Bahá'u'lláh, que, dans chaque dispensation, la lumière de la révélation divine a été octroyée aux hommes en proportion directe de leur capacité spirituelle. Considérez le soleil. Comme ses rayons sont faibles au moment où il apparaît au-dessus de l'horizon. Comme sa chaleur et sa puissance augmentent progressivement à mesure qu'il se rapproche de son zénith, permettant pendant ce temps-là à toutes choses créées de s'adapter à l'intensité croissante de sa lumière. Comme il décline régulièrement jusqu'à ce qu'il atteigne le point de son coucher. S'il venait à manifester subitement les énergies latentes qu'il renferme, il provoquerait, sans nul doute, des dommages à toutes choses créées... De même, si le Soleil de Vérité devait révéler soudainement, aux premiers temps de sa manifestation, la pleine mesure des pouvoirs que lui a accordés la providence du Tout-Puissant, la terre de la compréhension humaine serait affaiblie et consumée; car les coeurs des hommes ne supporteraient pas l'intensité de sa révélation et seraient incapables de refléter l'éclat de sa lumière. Consternés et accablés, ils cesseraient d'exister.
C'est pour cette raison - et pour cette raison seulement - que ceux qui ont reconnu la lumière de Dieu en cet âge ne prétendent pas au caractère définitif de la révélation à laquelle ils s'identifient et n'attribuent pas sans bonne raison à la foi qu'ils ont embrassée des pouvoirs et des attributs intrinsèquement supérieurs, ou essentiellement différents de ceux qui ont caractérisé n'importe lequel des systèmes religieux qui l'ont précédée.
Bahá'u'lláh lui-même ne fait-il pas allusion au caractère progressif de la révélation divine et aux limites qu'une sagesse impénétrable a choisi de lui imposer ? Que peut impliquer d'autre ce passage des Paroles cachées, si ce n'est que celui qui le révélait désavouait le caractère définitif de la révélation que lui avait confiée le Tout-Puissant ? Ô fils de la justice ! À la nuit, la beauté de l'Être immortel se rendit des hauteurs émeraude de la fidélité au Sadratu'l-Muntahá, et versa tant de larmes que l'assemblée suprême et les habitants des royaumes célestes gémirent devant ses lamentations. Sur quoi, on lui demanda la raison des pleurs et des gémissements. Il répondit : Selon l'ordre reçu, j'étais dans l'attente sur la colline de la fidélité, mais je n'ai pas humé le parfum de fidélité des habitants de la terre. Alors, invité à revenir, je regardai, et vis que quelques colombes de sainteté étaient douloureusement meurtries dans les griffes des chiens de la terre. Sur ce, la céleste houri, dévoilée et resplendissante, se précipita hors de sa demeure mystique et demanda leur nom; tous furent donnés sauf un. Sur son insistance, la première lettre en fut prononcée, sur quoi les habitants des célestes retraites s'élancèrent hors de leur demeure de gloire. Et tandis que la seconde lettre était dite, tous sans exception tombèrent dans la poussière. À ce moment, une voix se fit entendre du fond du sanctuaire : "Jusque-là, et pas plus loin." En vérité, Nous sommes témoin de ce qu'ils ont fait et de ce qu'ils font encore.
La révélation dont je suis le porteur, déclare explicitement Bahá'u'lláh, est adaptée à la réceptivité et à la capacité spirituelles de l'humanité; autrement, la lumière qui brille en moi ne peut ni croître ni décroître. Tout ce que je manifeste n'est rien de plus ni de moins que la mesure de la gloire divine que Dieu m'a ordonné de révéler.
Si la lumière qui maintenant pénètre à flots une humanité toujours plus réceptive, avec un éclat qui promet d'éclipser la splendeur des triomphes que les forces de la religion ont remportés autrefois; si les signes et les preuves qui proclamèrent son avènement ont été, à maints égards, uniques dans les annales des révélations antérieures; si ses disciples ont manifesté des qualités et des traits inégalés dans l'histoire spirituelle de l'humanité, ceux-ci ne devraient pas être attribués à un mérite supérieur que posséderait la foi de Bahá'u'lláh en tant que révélation isolée et étrangère à toute dispensation précédente, mais plutôt être considérés et expliqués comme la conséquence inévitable des forces qui ont fait de cet âge-ci un âge infiniment plus avancé, plus réceptif et plus pressé de recevoir une part plus ample de la direction spirituelle divine que celle accordée jusqu'ici à l'humanité.

Nécessité d'une nouvelle révélation

Amis chèrement aimés ! Qui, contemplant l'impuissance, les craintes et les misères de l'humanité en ce jour, peut douter plus longtemps de la nécessité d'une nouvelle révélation du pouvoir vivifiant de la direction spirituelle et de l'amour rédempteurs de Dieu ? Qui, assistant, d'une part, aux progrès prodigieux accomplis dans les domaines du savoir, du pouvoir, de l'habileté et du don d'invention des humains et voyant, d'autre part, la nature spécifique, sans précédent, des souffrances qui affligent la société contemporaine et des dangers qui l'accablent, peut être assez aveugle pour douter que l'heure a enfin sonné de l'avènement d'une nouvelle révélation, d'une réaffirmation du dessein divin et, par conséquent, de la renaissance de ces forces spirituelles qui ont, à intervalles déterminés, redressé le cours de la société humaine ? La seule action des forces unificatrices du monde à l'œuvre en cet âge n'exige-t-elle pas que celui qui est le porteur du message de Dieu en ce jour non seulement réaffirme la même norme élevée de comportement individuel que celle inculquée par les prophètes qui l'ont précédé, mais aussi incorpore, dans son appel à tous les gouvernements et à tous les peuples, l'essentiel de ce code social, de cette économie divine qui doit guider l'humanité dans ses efforts concertés en vue d'établir cette fédération universelle destinée à marquer l'avènement du royaume de Dieu sur cette terre ?
Ne pouvons-nous donc, puisque nous reconnaissons la nécessité d'une telle révélation du pouvoir rédempteur de Dieu, méditer sur la suprême majesté du système dévoilé par la main de Bahá'u'lláh en ce jour ? Ne pouvons-nous nous arrêter un moment - même si les préoccupations quotidiennes que doit entraîner la diversité toujours plus grande des activités administratives de sa foi nous pressent - pour réfléchir à la sainteté des responsabilités que nous avons le privilège d'assumer ?

Le rang du Báb

Ce n'est pas seulement dans la nature de la révélation de Bahá'u'lláh - aussi formidable que soit sa revendication - que réside la grandeur de cette dispensation. Car, parmi les traits distinctifs de sa foi, figure, comme une preuve supplémentaire de son unicité, la vérité fondamentale selon laquelle, en la personne de son prédécesseur, le Báb, chaque disciple de Bahá'u'lláh reconnaît non seulement un annonciateur inspiré, mais une manifestation directe de Dieu. C'est leur ferme conviction que, quelque courte qu'ait été la durée de sa dispensation et si brève qu'ait été la période d'application de ses lois, le Báb avait été doué d'un pouvoir qu'aucun fondateur d'aucune religion du passé n'avait, par la providence du Tout-Puissant, été autorisé à posséder. Qu'il ne fut pas seulement le précurseur de la révélation de Bahá'u'lláh, qu'il fut plus qu'un personnage divinement inspiré, que son rang fut celui d'une manifestation de Dieu indépendante et autonome, lui-même le prouve abondamment, ceci est affirmé en termes clairs par Bahá'u'lláh et attesté enfin par le Testament de 'Abdu'l-Bahá.
Nulle part ailleurs que dans le Kitáb-i-Íqán - l'exposé magistral de Bahá'u'lláh de cette vérité unificatrice unique qui se trouve à la base de toutes les révélations du passé - il ne nous est possible d'acquérir une compréhension plus claire du pouvoir des forces inhérentes à cette manifestation préliminaire à laquelle sa propre foi est indissolublement associée. Dissertant sur la portée inexplorée des signes et des preuves qui ont accompagné la révélation proclamée par le Báb, le Qá'im promis, il rappelle ces paroles prophétiques : La connaissance se compose de vingt-sept lettres. Tout ce qu'ont révélé les prophètes, ce sont deux de ces lettres. Nul homme, à ce jour, n'a connu plus que ces deux lettres. Mais quand surviendra le Qá'im, il suscitera la manifestation des vingt-cinq lettres restantes. Voyez, ajoute Bahá'u'lláh, combien grand et élevé est son rang ! De sa révélation, ajoute-t-il encore, les prophètes de Dieu, ses saints et ses élus n'ont pas été informés ou, se conformant à l'impénétrable décret de Dieu, ils ne l'ont pas dévoilée.
Et cependant, si immensément élevé que soit le rang du Báb, et si merveilleux qu'aient été les événements qui ont signalé l'avènement de sa cause, une révélation si prodigieuse ne peut que pâlir devant l'éclat de cet orbe de splendeur inégalée dont il prédit l'apparition et dont il reconnut volontiers la supériorité. Il nous suffit de nous tourner vers les Écrits du Báb lui-même pour apprécier la signification de cette quintessence de la lumière dont il n'était, avec toute la majesté de son pouvoir, que l'humble précurseur choisi.
Maintes et maintes fois le Báb admit, en termes enthousiastes et sans équivoque, le caractère prééminent d'une foi destinée à être rendue manifeste après lui et à supplanter sa cause. Dans le Bayán persan, le réceptacle principal et le mieux préservé de ses lois, il affirme : Le germe, qui détient en lui-même les potentialités de la révélation à venir, est doté d'un pouvoir supérieur aux forces combinées de tous ceux qui me suivent. De tous les hommages que j'ai rendus à celui qui doit venir après moi, proclame le Báb à plusieurs reprises dans ses écrits, en voici le plus grand : mon aveu écrit qu'aucune de mes paroles ne peut le décrire adéquatement, et qu'aucune référence à lui dans mon livre, le Bayán, ne peut rendre justice à sa cause. S'adressant à Siyyid Yahyáy-i-Dárábí, dit Vahíd, le plus érudit et le plus influent parmi ses disciples, il dit : Par la droiture de celui dont le pouvoir fait germer la graine et qui insuffle en toutes choses l'esprit de vie, si je devais être assuré qu'au jour de sa manifestation tu le renierais, je te désavouerais sans hésitation et je répudierais ta foi... Si, d'autre part, on me disait qu'un chrétien qui n'a pas juré fidélité à ma foi croira en lui, celui-là je le considérerais comme la prunelle de mes yeux.

L'effusion de la grâce divine

Si tous les peuples du monde, affirme Bahá'u'lláh lui-même, étaient investis des pouvoirs et des attributs destinés aux Lettres du Vivant, les disciples choisis du Báb, dont le rang est dix mille fois plus glorieux que celui qu'atteignirent les apôtres de jadis, et s'ils devaient hésiter, tous sans exception, fût-ce le temps d'un battement de paupière, à reconnaître la lumière de ma révélation, leur foi serait sans valeur et ils seraient comptés parmi les infidèles. Si immense est l'effusion de la grâce divine en cette dispensation, écrit-il, que si des mains mortelles pouvaient être assez rapides pour les consigner par écrit en l'espace d'un seul jour et d'une seule nuit, il en jaillirait des versets en si grand nombre qu'ils équivaudraient à la totalité du Bayán persan.
Telle est, amis chèrement aimés, l'effusion de grâce céleste octroyée par le Tout-Puissant à cette époque, à ce siècle très éclairé ! Nous sommes trop proches d'une révélation si colossale pour espérer parvenir en ce siècle - le premier de son ère - à une juste appréciation de sa grandeur très élevée, de ses possibilités infinies, de sa beauté transcendante. Aussi réduits que soient nos effectifs actuels, aussi limitées que soient nos capacités ou circonscrite notre influence, nous, qui nous sommes vu confier un héritage aussi pur, tendre et précieux, nous devrions nous efforcer à tout moment, avec une vigilance soutenue, de nous abstenir de toute pensée, parole ou action qui puisse ternir sa splendeur ou porter atteinte à son développement. Combien formidable est notre responsabilité; combien délicate et laborieuse est notre tâche !
Chers amis, si claires et si directes que soient les instructions répétées par notre Maître disparu dans d'innombrables tablettes qu'il a léguées à ses disciples dans le monde, quelques-unes, étant donné l'influence restreinte de la cause à l'Ouest, ont été délibérément cachées à l'ensemble de ses disciples occidentaux qui, malgré leur infériorité numérique, exercent à présent une influence prépondérante sur la direction et l'administration de ses affaires. Par conséquent, je pense qu'il m'incombe, maintenant que le moment est venu, de souligner l'importance d'une instruction qui, au stade actuel de l'évolution de notre foi, devra toujours davantage être mise en avant, qu'il s'agisse de son application à l'Est ou à l'Ouest. Et ce principe n'est autre que celui qui implique la non-participation, de la part des adeptes de la foi de Bahá'u'lláh - tant en leur nom propre que collectivement, en tant qu'assemblées locales ou nationales - à toute forme d'activité susceptible d'être interprétée, directement ou indirectement, comme une ingérence dans les affaires politiques de tel ou tel gouvernement. Que ce soit dans les publications qu'ils créent et qu'ils supervisent, ou dans leurs délibérations officielles et publiques, ou dans les postes qu'ils occupent et les services qu'ils rendent, ou dans les communications qu'ils adressent à leurs condisciples, ou dans leurs rapports avec des hommes éminents et investis d'autorité, ou dans leurs affiliations à des sociétés et à des organisations ayant des affinités avec la cause, c'est pour eux - j'en suis fermement convaincu - une obligation primordiale et sacrée de s'abstenir de toute parole ou de toute action qui puisse être interprétée comme une violation de ce principe vital. Il est de leur devoir, d'une part, de manifester le caractère apolitique de leur foi et, d'autre part, d'affirmer leur loyauté et leur obéissance sans réserve envers tout ce qui représente le jugement réfléchi de leur gouvernement respectif.

Le système politique divin

Qu'ils s'abstiennent de s'associer - en paroles ou en actions - aux activités politiques de leur nation respective, aux politiques de leur gouvernement, aux programmes et aux combines des partis et des factions. Dans ce genre de controverses, il faudrait qu'ils ne portent aucune accusation, ne prennent aucun parti, ne favorisent aucun dessein et ne s'identifient à aucun système préjudiciable aux meilleurs intérêts de cette communauté mondiale qu'ils ont pour but de protéger et d'aider. Qu'ils prennent garde de devenir les instruments de politiciens sans scrupules ou d'être pris au piège par les stratagèmes déloyaux des intrigants et des perfides parmi leurs compatriotes. Qu'ils façonnent leur vie et règlent leur conduite de telle sorte qu'aucune accusation de dissimulation, de fraude, de concussion ou d'intimidation ne puisse être portée contre eux, si peu fondée soit-elle. Qu'ils s'élèvent au-dessus de tout particularisme et de tout esprit de parti, au-dessus des vains conflits, des calculs mesquins, des passions éphémères qui agitent la face, et retiennent l'attention, d'un monde en mutation. Il est de leur devoir de s'efforcer de distinguer, aussi clairement qu'ils le peuvent et, au besoin, avec l'aide de leurs représentants élus, les postes et les fonctions à caractère diplomatique ou politique de ceux qui sont de type purement administratif et qui, en aucune circonstance, ne sont affectés par les changements et les aléas que comportent nécessairement, dans tous les pays, les activités politiques et les gouvernements partisans. Qu'ils affirment leur détermination inébranlable de défendre, fermement et sans réserve, la voie de Bahá'u'lláh, d'éviter les embarras et les querelles mesquines inséparables des activités du politicien, et de devenir les dignes instruments de ce système politique divin qui incarne, pour tous les hommes, l'immuable dessein de Dieu.
Il devrait être parfaitement clair qu'une telle attitude ne suppose pas la moindre indifférence à l'égard de la cause et des intérêts de leur propre pays, ni quelque insubordination de leur part à l'autorité de gouvernements reconnus et établis. Elle ne constitue pas non plus une répudiation de leur obligation sacrée de promouvoir, de la manière la plus efficace, les meilleurs intérêts de leur gouvernement et de leur peuple. Elle dénote le désir, que chérit chaque disciple véritable et loyal de Bahá'u'lláh, de servir, de façon désintéressée, discrète et patriotique, les plus hauts intérêts du pays auquel il appartient, et d'une manière qui n'entraînerait aucune déviation des normes élevées d'intégrité et de véracité associées aux enseignements de sa foi.
À mesure que le nombre de communautés bahá'íes se multipliera dans les diverses parties du monde et que leur pouvoir, en tant que force sociale, deviendra de plus en plus apparent, ces communautés se trouveront sans nul doute soumises toujours davantage à la pression qu'exerceront des hommes de pouvoir et d'influence dans le domaine politique, dans l'espoir d'obtenir le soutien dont ils ont besoin pour l'avancement de leurs objectifs. Ces communautés éprouveront en outre le besoin croissant de pouvoir compter sur la bonne volonté et sur l'assistance de leurs gouvernements respectifs, dans leurs efforts pour élargir la portée et consolider les bases des institutions confiées à leur charge. Qu'ils prennent garde, par leur désir ardent de promouvoir les buts de leur cause bien-aimée, d'être amenés sans le vouloir à "marchander" avec leur foi, à transiger sur leurs principes essentiels ou à sacrifier l'intégrité de leurs idéaux spirituels en échange d'avantages matériels dont pourraient bénéficier leurs institutions. Qu'ils proclament que, quel que soit le pays où ils résident et aussi développées que soient leurs institutions, ou aussi profond que soit leur désir de faire respecter les lois et d'appliquer les principes énoncés par Bahá'u'lláh, ils subordonneront sans hésitation l'action de telles lois et l'application de tels principes aux exigences et aux décrets légaux de leurs gouvernements respectifs. Il n'entre pas dans leurs objectifs, alors qu'ils s'efforcent de conduire et de perfectionner les affaires administratives de leur foi, de violer, quelles que soient les circonstances, les clauses de la constitution de leur pays et encore moins de permettre aux structures de leur administration de supplanter le gouvernement de leurs nations respectives.
Il faudrait aussi garder à l'esprit le fait que l'extension même des activités dans lesquelles nous sommes engagés, et la variété des communautés qui oeuvrent sous des formes diverses de gouvernements - si profondément différents quant à leurs critères, leurs politiques et leurs méthodes - font qu'il est absolument fondamental, pour tous les membres déclarés de l'une ou l'autre de ces communautés, d'éviter toute action qui puisse, en éveillant la suspicion ou en excitant l'antagonisme d'un gouvernement, impliquer leurs frères dans de nouvelles persécutions ou compliquer la nature de leur tâche. De quelle autre manière, pourrais-je demander, une foi aussi étendue dans sa portée - qui transcende les frontières politiques et sociales, qui inclut en son sein une si grande diversité de races et de nations, qui devra de plus en plus faire confiance, à mesure qu'elle progressera, à la bonne volonté et au soutien des divers gouvernements de la terre opposés les uns aux autres - de quelle autre manière une telle foi pourrait-elle réussir à préserver son unité, à sauvegarder ses intérêts et à assurer le développement régulier et pacifique de ses institutions ?
Une telle attitude, cependant, n'est pas dictée par des considérations d'opportunisme égoïste; elle est motivée, d'abord et avant tout, par le large principe selon lequel les disciples de Bahá'u'lláh ne se laisseront pas impliquer, quelles que soient les circonstances, que ce soit à titre individuel ou collectif, dans des affaires qui pourraient entraîner la plus infime déviation des vérités et des idéaux fondamentaux de leur foi. Ni les accusations que des gens mal informés ou mal intentionnés peuvent être amenés à porter contre eux, ni l'attrait des honneurs et des récompenses ne les détermineront jamais à abandonner leur confiance ou à dévier de leur chemin. Que leurs paroles proclament, et que leur conduite témoigne que ceux qui suivent Bahá'u'lláh, quel que soit le pays dans lequel ils résident, ne sont ni poussés par une quelconque ambition égoïste ni assoiffés de pouvoirs, et qu'ils ne se soucient pas des vagues d'impopularité, de méfiance ou de critique qu'une stricte adhésion à leurs normes pourrait provoquer.
Aussi difficile et délicate que soit notre tâche, le pouvoir fortifiant de Bahá'u'lláh et de sa divine direction nous assistera assurément si nous suivons fermement son chemin et si nous nous efforçons de maintenir l'intégrité de ses lois. La lumière de sa grâce rédemptrice, qu'aucune puissance terrestre ne peut obscurcir si nous persévérons, illuminera notre route tandis que nous naviguons parmi les écueils et les pièges d'un âge troublé, et nous permettra d'accomplir nos devoirs d'une manière qui contribue à la gloire et à l'honneur de son nom béni.

Notre temple bien-aimé

Et enfin, frères chèrement aimés, laissez-moi attirer une fois de plus votre attention sur l'action urgente que réclame le Mashriqu'l-Adhkár, notre temple bien-aimé. Ai-je besoin de vous rappeler la nécessité impérative de mener à bien, pendant qu'il en est temps encore, la grande entreprise dans laquelle nous nous sommes engagés aux yeux d'un monde qui nous observe ? Ai-je besoin de souligner le grand préjudice qu'un nouveau retard dans la poursuite de cette tâche divinement ordonnée, même dans ces circonstances critiques et imprévues, infligerait au prestige de notre cause bien-aimée ? Je suis - je peux vous l'assurer - intensément conscient de la rigueur des circonstances auxquelles vous êtes confrontés, des difficultés parmi lesquelles il vous faut oeuvrer, des soucis qui vous accablent, de l'urgence pressante des demandes dont vos ressources épuisées font continuellement l'objet. Je suis toutefois encore plus profondément conscient du caractère sans précédent de l'occasion que vous avez le privilège de saisir et d'utiliser. Je suis conscient des bénédictions incalculables que doit attendre l'achèvement d'une entreprise collective qui, par l'étendue et la nature des sacrifices impliqués, mérite d'être rangée parmi les exemples les plus éminents de la solidarité bahá'íe, depuis que ces actes d'héroïsme brillant immortalisèrent la mémoire des héros de Nayríz, de Zanján et de Tabarsí. J'en appelle donc à vous, amis et condisciples de Bahá'u'lláh, pour une plus grande part d'abnégation, pour un plus grand effort concerté, pour une preuve encore plus irrésistible de la réalité de la foi qui rayonne en vos coeurs.
Et, dans ce fervent plaidoyer, ma voix est, une fois de plus, renforcée par l'ardente et peut-être dernière supplique de la plus Sainte Feuille - dont l'esprit, s'attardant à présent au bord du grand au-delà, se languit de prendre son vol vers le royaume d'Abhá et la présence d'un Père divin et tout-puissant - : l'assurance du joyeux achèvement d'une entreprise dont le progrès a tellement illuminé les derniers jours de sa vie terrestre. Que les croyants d'Amérique, ces vaillants pionniers de la foi de Bahá'u'lláh, répondront unanimement, avec cette même générosité spontanée et cette même mesure d'abnégation qui ont caractérisé leur réponse à ses appels dans le passé, aucune personne qui connaisse bien la vivacité de leur foi ne peut en douter.
Plût à Dieu que, pour la fin du printemps de l'année 1933, les foules qui, des recoins éloignés du globe, afflueront sur les terrains de la grande Foire qui se tiendra au voisinage de ce lieu sacré aient le privilège de contempler, grâce à votre infatigable esprit d'abnégation, la splendeur de son dôme - un dôme qui se dressera, tel un phare flamboyant, comme un symbole d'espoir au milieu des ténèbres d'un monde plongé dans le désespoir.

Votre frère fidèle,
Shoghi.
Haïfa, Palestine,
le 21 mars 1932.


5. L'AMÉRIQUE ET LA PLUS GRANDE PAIX

Aux bien-aimés du Seigneur et aux servantes du Miséricordieux d'un bout à l'autre des États-Unis et du Canada.

Amis et copromoteurs de la foi de Dieu !

Quarante années se seront écoulées, avant la fin de l'été prochain, depuis la première mention du nom de Bahá'u'lláh sur le continent américain. Elles doivent apparaître bien étranges, à tout observateur qui médite en son coeur la signification d'un jalon aussi important dans l'histoire spirituelle de la grande République américaine, les circonstances qui ont accompagné cette première référence publique à l'auteur de notre foi bien-aimée. Plus étranges encore doivent sembler les associations que les brèves paroles prononcées en cette occasion historique ont dû provoquer dans l'esprit de ceux qui les entendirent.
De pompe et d'apparat, de démonstrations de joie ou d'approbation populaire, il n'y en eut point pour saluer cette première annonce 1 faite aux citoyens américains de l'existence et des buts de la révélation proclamée par Bahá'u'lláh. Et celui qui en fut l'instrument choisi ne croyait pas en la force potentielle contenue dans les nouvelles qu'il transmettait ni ne suspectait la puissance des forces qu'une allusion aussi brève était destinée à libérer.
Annoncé par la bouche d'un défenseur avoué de cet esprit clérical étroit que la foi elle-même défie et cherche à extirper, dépeint, au moment de sa naissance, comme le rejeton obscur d'une doctrine méprisable, le message du plus Grand Nom, nourri par des flots incessants d'épreuves et réchauffé par le soleil des tendres soins de 'Abdu'l-Bahá, est parvenu à enfoncer profondément ses racines dans le sol nourricier de l'Amérique; il a, en moins d'un demi-siècle, étendu ses rejetons et ses vrilles jusqu'aux plus lointains confins du globe, et se tient désormais, revêtu de la majesté de l'édifice consacré qu'il a élevé au coeur de ce continent, déterminé à proclamer son droit et à faire valoir sa capacité de racheter un peuple éprouvé. Privée des avantages que le talent, le rang et les richesses peuvent conférer, la communauté des croyants d'Amérique, malgré son âge tendre, sa force numérique réduite, son expérience limitée, a obtenu, grâce à la sagesse inspirée, à la volonté unifiée, à la loyauté incorruptible de ses administrateurs et de ses enseignants, la distinction d'une primauté incontestée parmi ses communautés soeurs de l'Est et de l'Ouest dans l'avancement de l'avènement de l'âge d'or auguré par Bahá'u'lláh.
Et pourtant, qu'elles furent graves les crises que cette toute jeune communauté, que cette communauté bénie a surmontées au cours de son histoire mouvementée ! Qu'il fut lent et pénible le processus qui l'a progressivement sortie de l'obscurité d'une inattention absolue pour la conduire au grand jour de la reconnaissance publique ! Qu'ils furent sévères les chocs qu'ont subis les rangs de ses adeptes dévoués du fait de la défection des pusillanimes, de la malveillance des méchants, de la traîtrise des orgueilleux et des ambitieux ! À quelles tempêtes de sarcasmes, d'injures et de calomnies ses représentants n'ont-ils pas dû faire face dans leur soutien opiniâtre de l'intégrité et leur défense courageuse du prestige de la foi qu'ils avaient épousée ! Combien persistantes les vicissitudes et déconcertants les revers que ses membres privilégiés, jeunes ou vieux, individuellement et collectivement, ont dû combattre dans leurs efforts héroïques pour se hisser jusqu'aux sommets qu'un Maître aimant les avait appelés à atteindre !
Nombreux et puissants furent ses ennemis, et, aussitôt qu'ils découvrirent les signes de l'ascendant grandissant de ses défenseurs déclarés, ils rivalisèrent entre eux pour lui jeter à la face les accusations les plus viles et lâcher la bonde à leur fureur la plus vive contre l'objet de sa dévotion. Combien de fois n'ont-ils pas ricané de la faiblesse de ses ressources et de la stagnation apparente de sa vie ! De quelle manière cinglante n'ont-ils pas ridiculisé ses origines et, comprenant mal son dessein, ne l'ont-ils pas rejetée comme un appendice inutile d'une doctrine moribonde ! N'ont-ils pas, dans leurs attaques écrites, stigmatisé la personne héroïque du précurseur d'une aussi sainte révélation en tant que lâche renégat, apostat perverti, et dénoncé l'ensemble de ses écrits volumineux comme le vain bavardage d'un homme irréfléchi ? N'ont-ils pas choisi d'attribuer à son fondateur divin les plus vils motifs qu'un intrigant et un usurpateur sans scrupules puissent concevoir, et considéré le Centre de son alliance comme l'incarnation d'une tyrannie impitoyable, comme un fomentateur de discorde et un protagoniste notoire d'expédients et de fraudes ? Ses principes pour l'unification du monde, ces ennemis impuissants d'une foi en progrès constant les ont, maintes et maintes fois, dénoncés comme fondamentalement défectueux, ils ont déclaré son programme universel totalement extravagant et considéré sa vision de l'avenir comme chimérique et positivement mensongère. Les vérités fondamentales qui constituent sa doctrine, les malveillants insensés les ont présentées comme un tissu de dogmes sans fondement; son appareil administratif, ils ont refusé de le distinguer de l'âme même de la foi, et les mystères qu'elle révère et soutient, ils les ont assimilés à de la superstition pure et simple. Le principe d'unification qu'elle préconise et auquel elle s'identifie, ils l'ont compris comme une tentative superficielle d'uniformisation; ses assertions réitérées sur la réalité d'actions surnaturelles, ils les ont condamnées comme vaine croyance en la magie, et la magnificence de son idéalisme, ils l'ont rejetée comme pure utopie. Chacun des processus de purification par lequel une sagesse impénétrable a choisi de purger, périodiquement, la communauté de ses disciples élus de la souillure des indésirables et des indignes, ces victimes d'une jalousie implacable l'ont salué comme un symptôme de l'invasion des forces du schisme qui devait bientôt saper sa force, corrompre sa vigueur et achever sa ruine.
Amis chèrement aimés ! Il n'est pas de ma compétence ni, semble-t-il, de celle de la génération actuelle, de tracer l'histoire précise et complète de la naissance et de la consolidation graduelle de ce bras invincible, de cet organe puissant d'une cause en continuel progrès. Il serait prématuré, à ce stade précoce de son évolution, de tenter une analyse exhaustive, ou d'arriver à une estimation correcte des forces irrésistibles qui l'ont poussée en avant jusqu'à une place aussi élevée parmi les divers instruments que la Main d'omnipotence a façonnés, et qu'elle perfectionne à présent en vue de l'accomplissement de son but divin. Les historiens futurs de cette révélation grandiose, dotés de plumes plus aptes que celles que peuvent prétendre posséder ses défenseurs actuels, transmettront assurément à la postérité un exposé magistral des origines de ces forces qui, par un remarquable mouvement de pendule, ont fait graviter le centre administratif de la foi de son berceau vers les rivages du continent américain, et jusqu'à son coeur même - qui est à présent le ressort et le rempart principal de ses institutions en rapide évolution. C'est à eux que sera dévolue la tâche de consigner l'histoire et d'estimer l'importance d'une révolution aussi radicale dans la destinée d'une foi qui se développe lentement. Ce sont eux qui auront l'occasion d'exalter les vertus et d'immortaliser le souvenir de ces hommes et de ces femmes qui ont participé à son accomplissement. À eux reviendra le privilège d'évaluer la part de chacun de ces maîtres bâtisseurs de l'ordre mondial de Bahá'u'lláh dans l'annonce de ce précieux millenium d'or, dont la promesse est enchâssée dans ses enseignements.
L'histoire de la chrétienté primitive et celle de la naissance de l'islám n'offrent-elles pas, chacune à sa manière, un parallèle frappant avec les débuts de ce phénomène étrange dont nous sommes actuellement les témoins en ce premier siècle de l'ère bahá'íe ? La divine impulsion qui donna naissance à chacun de ces grands systèmes religieux n'a-t-elle pas été amenée, grâce à l'action de ces forces que les progrès irrésistibles de la foi elle-même ont libérées, à rechercher loin de la terre de sa naissance, en des régions plus propices, un terrain accueillant et un milieu mieux approprié à l'incarnation de son esprit et à la propagation de sa cause ? Les Églises asiatiques de Jérusalem, d'Antioche et d'Alexandrie, composées principalement de ces convertis juifs que leur caractère et leur tempérament inclinaient à s'associer de coeur avec les cérémonies traditionnelles de la dispensation mosaïque, n'ont-elles pas été forcées, alors qu'elles déclinaient régulièrement, de reconnaître l'ascendant croissant de leurs frères grecs et romains ? N'ont-elles pas été obligées d'admettre la valeur supérieure et l'efficacité qui ont permis à ces porte-étendard de la cause de Jésus-Christ d'ériger les symboles de son règne mondial sur les ruines d'un empire qui s'effondrait ? L'esprit vital de l'islám n'a-t-il pas été contraint, sous la pression de circonstances similaires, d'abandonner les déserts inhospitaliers de son Arabie natale, théâtre de ses plus grandes souffrances et de ses plus grands exploits, pour donner en un pays lointain le plus beau fruit de sa civilisation en lente évolution ?
Du commencement des temps jusqu'à ce jour, affirme 'Abdu'l-Bahá lui-même, la lumière de la révélation divine s'est levée à l'Est et a dardé ses rayons sur l'Ouest. La clarté ainsi répandue a toutefois acquis, à l'Ouest, un éclat extraordinaire. Considérez la foi proclamée par Jésus : bien qu'elle fût d'abord apparue à l'Est, c'est seulement lorsque sa lumière se répandit sur l'Ouest que la pleine mesure de ses potentialités devint manifeste. Le jour approche, nous assure-t-il dans un autre passage, où vous serez témoins de la manière dont, par la splendeur de la foi de Bahá'u'lláh, l'Ouest aura remplacé l'Est dans le rayonnement de la lumière de la direction spirituelle divine. Dans les livres des prophètes, affirme-t-il encore, certaines bonnes nouvelles sont enregistrées, nouvelles qui sont absolument vraies et indubitables. L'Est a toujours été le point d'aurore du Soleil de Vérité. C'est à l'Est que sont apparus tous les prophètes de Dieu... L'Ouest a reçu son illumination de l'Est mais, à certains égards, la réflexion de la lumière a été plus grande en Occident. Ceci est vrai, en particulier, du christianisme. Jésus-Christ apparut en Palestine et ses enseignements y virent le jour. Bien que les portes du royaume aient d'abord été ouvertes dans ce pays et que les bienfaits de Dieu aient rayonné de son centre, les peuples de l'Ouest ont davantage embrassé et propagé le christianisme que ceux de l'Est.
Il n'est guère étonnant que de la même plume infaillible aient jailli, après la visite mémorable de 'Abdu'l-Bahá à l'Ouest, ces paroles souvent citées dont il me serait impossible d'exagérer l'importance : Le continent d'Amérique, annonça-t-il dans une tablette qui dévoilait son plan divin aux croyants résidant dans les États du nord-est de la République américaine, est, aux yeux du seul vrai Dieu, la terre où seront révélées les splendeurs de sa lumière, où les mystères de sa foi seront dévoilés, où les justes demeureront et où les hommes libres s'assembleront. Puisse cette démocratie américaine, l'entendit-on remarquer au cours de son séjour en Amérique, être la première nation à jeter les bases d'un accord international. Puisse-t-elle être la première nation à proclamer l'unité de l'humanité. Puisse-t-elle être la première à déployer l'étendard de la "plus grande paix"... Le peuple américain est digne en effet d'être le premier à édifier le tabernacle de la grande paix et à proclamer l'unité de l'humanité... Puisse l'Amérique devenir le centre de diffusion de l'illumination spirituelle, et puisse le monde tout entier recevoir cette bénédiction céleste ! Car l'Amérique a développé des facultés et des pouvoirs plus vastes et plus merveilleux que les autres nations... Puissent les habitants de ce pays devenir tels des anges du ciel, leur visage continuellement tourné vers Dieu ! Puissent-ils tous devenir des serviteurs de l'Omnipotent ! Puissent-ils s'élever au-dessus de leurs réalisations matérielles actuelles pour atteindre une telle hauteur, afin que l'illumination céleste puisse jaillir de ce centre vers tous les peuples du monde... Cette nation américaine a la capacité et les moyens d'accomplir ce qui embellira les pages de l'histoire, de devenir l'objet de l'envie du monde et d'être bénie, de l'est à l'ouest, pour le triomphe de son peuple... Le continent américain donne des signes et des preuves d'un très grand progrès. Son avenir est encore plus prometteur, car son influence et son rayonnement s'étendent loin. Il guidera spirituellement toutes les nations.
Paraîtrait-il extravagant, à la lumière de si sublimes paroles, de s'attendre que, du sein d'une région de la terre aussi enviable, de l'agonie et des ruines d'une crise sans précédent, surgisse une renaissance spirituelle qui, à mesure qu'elle se propagera grâce au concours des croyants d'Amérique, rétablira le destin d'un âge décadent ? Ce fut 'Abdu'l-Bahá lui-même - comme en témoignent ses compagnons les plus intimes - qui, en plus d'une occasion, suggéra que l'établissement de la foi de son père sur le continent nord-américain compterait comme la facette la plus éminente du triple but qui, selon lui, constituait l'objectif principal de son ministère. Ce fut lui qui, dans la fleur de l'âge, presque immédiatement après l'ascension de son père, conçut l'idée d'inaugurer sa mission en enrôlant les habitants d'un pays si riche de promesses sous la bannière de Bahá'u'lláh. Ce fut lui qui, dans son infaillible sagesse et la plénitude de son coeur, choisit de dispenser à ses disciples, jusqu'au dernier jour de sa vie, les preuves de sa sollicitude intarissable, et de les inonder des marques de ses faveurs particulières. Ce fut lui qui, au déclin de sa vie, dès qu'il fut délivré des entraves d'une incarcération longue et cruelle, décida de rendre visite au pays qui était demeuré, depuis tant d'années, l'objet de ses soins et de son amour infinis. Ce fut lui qui, par le pouvoir de sa présence et par le charme de son discours, instilla à toute la communauté de ses disciples ces sentiments et ces principes qui, seuls, pourraient les soutenir au milieu des épreuves que la poursuite même de leur tâche engendrerait inévitablement. Ne leur léguait-il pas, à travers les nombreuses fonctions qu'il exerça tandis qu'il demeurait parmi eux, que ce fût dans la pose de la pierre angulaire de leur maison d'adoration ou lors de la fête qu'il leur offrit et durant laquelle il choisit de les servir personnellement, ou lorsqu'il insista, en une occasion plus solennelle, sur les implications de son rang spirituel - ne leur léguait-il pas ainsi délibérément l'essentiel de cet héritage spirituel dont il les savait capables d'assurer la sauvegarde, et qu'ils enrichiraient continuellement par leurs actions ? Et enfin, qui peut douter que, dans le plan divin qu'il dévoila devant eux au soir de sa vie, il les ait investis de cette primauté spirituelle sur laquelle ils pouvaient compter dans l'accomplissement de leur haute destinée ?
Ô vous, apôtres de Bahá'u'lláh, ainsi s'adresse-t-il à eux dans l'une de ses tablettes, puisse ma vie vous être sacrifiée !... Voyez les portes que Bahá'u'lláh a ouvertes devant vous ! Considérez comme est élevé et sublime le rang que vous êtes destinés à atteindre; combien uniques sont les faveurs dont vous avez été dotés. Mes pensées, leur dit-il dans un autre passage, sont tournées vers vous et mon coeur tressaille à la mention de vos noms. Si vous pouviez savoir combien mon âme brûle de votre amour, un si grand bonheur inonderait vos coeurs que vous vous éprendriez les uns des autres. La pleine mesure de votre succès, déclare-t-il dans une autre tablette, n'est pas encore révélée, sa portée n'est pas encore comprise. Bientôt, de vos propres yeux, vous serez témoins de quel éclat chacun de vous, telle une étoile brillante, irradiera au firmament de votre pays la lumière de la direction spirituelle divine, et dispensera à son peuple la gloire d'une vie éternelle. Le champ de vos réalisations futures, affirme-t-il une fois de plus, demeure encore caché. J'espère avec ferveur que, dans un avenir proche, la terre entière pourra être remuée par les résultats de vos accomplissements. Le Tout-Puissant, leur assure-t-il, vous accordera sans aucun doute le secours de sa grâce, Il vous investira des signes de sa puissance et dotera vos âmes du pouvoir fortifiant de son Esprit saint. Ne soyez pas soucieux, les exhorte-t-il, de votre nombre réduit, et ne soyez pas non plus accablés par la grande foule du monde mécréant... Redoublez vos efforts; votre mission est ineffablement glorieuse. Si le succès couronne votre entreprise, l'Amérique deviendra assurément un centre d'où émaneront les ondes du pouvoir spirituel, et le trône du royaume de Dieu, dans la plénitude de sa majesté et de sa gloire, sera fermement établi.
Il les exhorte ainsi : L'espoir que nourrit pour vous 'Abdu'l-Bahá est que le même succès qu'ont remporté vos efforts en Amérique puisse couronner vos tentatives en d'autres régions du monde, que, grâce à vous, la renommée de la cause de Dieu se propage à travers l'Est et l'Ouest, et que l'avènement du royaume du Seigneur des armées soit proclamé sur les cinq continents du globe... Jusqu'ici, vous avez été infatigables dans votre labeur. Que vos efforts, désormais, soient multipliés par mille ! Appelez les gens dans ces pays, dans ces capitales, dans ces îles, dans ces assemblées et dans ces églises à entrer dans le royaume d'Abhá. Il faut que le champ de vos efforts s'étende. Plus sa portée sera grande, plus frappantes seront les preuves de l'assistance divine... Oh ! Que ne puis-je voyager, même à pied et dans le plus extrême dénuement, vers ces régions, et, lançant l'appel "Yá Bahá'u'l-Abhá !" dans les villes, les villages, les montagnes, les déserts et les océans, promouvoir les enseignements divins ! Cela, hélas, je ne puis le faire ! Comme je le déplore intensément ! Plaise à Dieu que vous puissiez l'accomplir. Et finalement, comme pour couronner toutes ses paroles antérieures, 'Abdu'l-Bahá fait cette affirmation solennelle qui incarne sa vision de la destinée spirituelle de l'Amérique : Au moment où ce message divin, porté par les croyants d'Amérique, quittera les rivages de l'Amérique, se répandra sur les continents d'Europe, d'Asie, d'Afrique et d'Australasie, et jusqu'aux îles du Pacifique, alors cette communauté se trouvera fermement établie sur le trône d'un empire éternel. Alors, tous les peuples du monde seront témoins que cette communauté est spirituellement éclairée et guidée divinement. Alors, la terre entière retentira des louanges à sa majesté et à sa grandeur.
C'est à la lumière des paroles de 'Abdu'l-Bahá citées ci-dessus que tout croyant réfléchi et consciencieux devrait méditer sur la portée de ces paroles capitales de Bahá'u'lláh : À l'Est, la lumière de sa révélation a point; à l'Ouest sont apparus les signes de son autorité suprême. Méditez cela dans vos coeurs, ô peuples, et ne soyez pas de ceux qui font la sourde oreille aux avertissements de celui qui est le Tout-Puissant, le Très-Loué... S'ils tentaient de voiler sa lumière sur le continent, il relèverait assurément la tête en plein coeur de l'océan et, élevant la voix, proclamerait : Je suis celui qui donne la vie au monde !
Amis chèrement aimés ! Nos yeux peuvent-ils être assez aveugles pour ne pas reconnaître - dans l'angoisse et le trouble qui, plus qu'en aucun autre pays et d'une manière sans précédent dans son histoire, accablent actuellement la nation américaine - les preuves de l'amorce de cette renaissance spirituelle que ces paroles chargées de sens de 'Abdu'l-Bahá font si clairement présager ? Les affres des tourments intenses que commence à ressentir l'âme d'une nation dans les douleurs de l'enfantement le proclament abondamment. Comparez la triste situation des nations de la terre, et en particulier de cette grande République de l'ouest, avec la fortune grandissante de cette poignée de ses citoyens dont la mission, s'ils demeurent fidèles à leurs responsabilités, est de soigner ses plaies, de restaurer sa confiance et de raviver ses espérances brisées. Comparez les convulsions effroyables, les conflits meurtriers, les querelles mesquines, les controverses usées, les révolutions interminables qui agitent les masses, avec la paisible nouvelle lumière de paix et de vérité qui enveloppe, guide et soutient ces vaillants héritiers de la loi et de l'amour de Bahá'u'lláh. Comparez les institutions en voie de désintégration, la politique gouvernementale vouée au discrédit, les théories fallacieuses, la dégradation épouvantable, la folie et la fureur, les échappatoires, les impostures et les compromis qui caractérisent l'époque actuelle avec la consolidation constante, la discipline sacrée, l'unité et la cohésion, la conviction sûre, la loyauté inflexible, l'abnégation héroïque qui constituent les traits caractéristiques de ces fidèles intendants et hérauts de l'âge d'or de la foi de Bahá'u'lláh.
Il n'est guère étonnant que ces paroles prophétiques aient été révélées par 'Abdu'l-Bahá : L'Est, nous assure-t-il, a été, en vérité, illuminé par la lumière du royaume. Bientôt cette même lumière répandra sur l'Ouest une illumination plus grande encore. Alors, les coeurs de ses peuples seront vivifiés par la puissance des enseignements de Dieu, et leurs âmes embrasées par le feu impérissable de son amour. Le prestige de la foi de Dieu, affirme-t-il, s'est immensément accru. Sa grandeur est à présent manifeste. Le jour approche où elle aura jeté dans le coeur des hommes un tumulte formidable. Réjouissez-vous donc, ô habitants de l'Amérique, réjouissez-vous avec une allégresse extrême !
Mes frères bien-aimés et très estimés ! Lorsque nous faisons un retour sur les quarante années écoulées depuis que les rayons propices de la révélation bahá'íe réchauffèrent et illuminèrent pour la première fois le continent américain, nous constatons qu'elles peuvent être divisées en quatre périodes distinctes, chacune culminant dans un événement assez important pour constituer un jalon essentiel sur la route menant les croyants d'Amérique vers leur victoire promise. De la première de ces quatre décennies (1893-1903), caractérisée par un processus de fermentation lente et régulière, on peut dire qu'elle eut pour point culminant les pèlerinages historiques entrepris par les disciples américains de 'Abdu'l-Bahá vers le tombeau de Bahá'u'lláh. Les dix années suivantes (1903-1913), si riches en essais et épreuves qui ont agité, purifié et stimulé l'ensemble des premiers pionniers de la foi dans ce pays, eurent pour heureuse apogée la visite mémorable de 'Abdu'l-Bahá en Amérique. La troisième période (1913-1923), une période de consolidation paisible et ininterrompue, eut pour résultat inévitable la naissance de cette administration divinement ordonnée dont les bases avaient été établies clairement dans le testament d'un Maître disparu. Les dix années restantes (1923-1933), qui se distinguèrent par de nouvelles évolutions internes aussi bien que par une expansion notable des activités internationales d'une communauté qui s'agrandissait, virent l'achèvement de la superstructure du Mashriqu'l-Adhkár - le rempart puissant de l'administration, le symbole de sa force et le signe de sa gloire future.
Il semblerait que chacune de ces périodes successives ait apporté sa contribution distinctive à l'enrichissement de la vie spirituelle de cette communauté et à la préparation de ses membres à l'exercice des responsabilités formidables de leur mission unique. Les pèlerinages que ses représentants les plus éminents furent poussés à entreprendre en cette première période de son histoire embrasèrent les âmes de ses membres d'un amour et d'un zèle qu'aucune adversité ne put éteindre. Les épreuves et les tribulations qui la frappèrent ensuite permirent à ceux qui y survécurent de comprendre les implications de leur foi, que nulle opposition, si déterminée et organisée qu'elle fût, ne pouvait espérer affaiblir. Les institutions que ses disciples testés et éprouvés établirent par la suite apportèrent à leurs promoteurs cet équilibre et cette stabilité que réclamaient de manière pressante l'accroissement du nombre de ses adeptes et l'extension constante du champ de leurs activités. Et, finalement, le temple que les représentants d'une administration déjà solidement établie eurent l'inspiration d'ériger leur donna cette vision que ni les tempêtes du désordre intérieur ni les rafales de l'agitation internationale ne pourraient obscurcir.
Il me faudrait trop de temps pour tenter ne fût-ce qu'une brève description des premiers remous que l'introduction de la révélation bahá'íe dans le Nouveau Monde, conçue, instituée et dirigée par notre Maître bien-aimé, suscita instantanément. La place me manque également pour conter les circonstances qui entourèrent la visite inoubliable des premiers pèlerins d'Amérique au tombeau sanctifié de Bahá'u'lláh, pour relater les actes qui marquèrent le retour vers leur pays natal de ces porteurs d'un évangile nouveau, ou pour évaluer les conséquences immédiates de leurs accomplissements. Aucune de mes paroles ne suffirait à exprimer à quel point, instantanément, la révélation des espoirs de 'Abdu'l-Bahá, de ses attentes et de ses desseins pour un continent éveillé, électrifia l'esprit et le coeur de ceux qui eurent le privilège de l'entendre, dont il fit les bénéficiaires de ses bénédictions inestimables et les dépositaires élus de sa foi et de sa confiance. Je ne puis espérer me faire jamais l'interprète fidèle des sentiments qui montèrent dans ces coeurs héroïques alors qu'ils étaient assis aux pieds de leur Maître dans le refuge de sa maison prison, brûlant de se fondre dans les effusions de sa sagesse divine et résolus à les préserver. Je ne pourrai jamais rendre un hommage suffisant à cet esprit de détermination inflexible que l'impact d'une personnalité magnétique et le charme d'un verbe puissant allumèrent dans le groupe tout entier de ces pèlerins sur le chemin du retour, de ces hérauts consacrés de l'alliance de Dieu, à une époque aussi décisive de leur histoire. Le souvenir de noms tels que Lua, Chase, MacNutt, Dealy, Goodall, Dodge, Farmer et Brittingham - pour n'en citer que quelques-uns parmi cette galaxie immortelle unie à présent à la gloire de Bahá'u'lláh - demeurera à jamais associé à l'apparition et à l'établissement de sa foi sur le continent américain, et continuera à déverser sur ses annales un éclat que le temps ne ternira jamais.
Ce fut par ces pèlerinages, qui se succédèrent au cours des années qui suivirent immédiatement l'ascension de Bahá'u'lláh, que la splendeur de l'alliance - obscurcie pour un temps par l'ascendant apparent de son archibriseur - sortit victorieuse des vicissitudes qui l'avaient accablée. Ce fut grâce à l'arrivée de ces pèlerins, et d'eux seuls, que fut enfin dissipée la mélancolie qui avait enveloppé les membres inconsolables de la famille de 'Abdu'l-Bahá. Par l'intermédiaire de ces visiteurs successifs, la plus Sainte Feuille - qui, seule avec son frère parmi les membres de la maisonnée de son père, devait faire face à la rébellion de la presque totalité de ses parents et de ses associés - trouva cette consolation qui la soutint si puissamment jusqu'à son dernier souffle. Les forces que ce petit groupe de pèlerins fut à même de libérer au coeur de ce continent sonnèrent le glas de tous les plans ourdis par celui qui aurait voulu la ruine de la cause de Dieu.
Les tablettes révélées ensuite par la plume infatigable de 'Abdu'l-Bahá, qui renfermaient, dans un langage passionné et sans équivoque, ses instructions et ses conseils, ses appels et ses commentaires, ses espoirs et ses désirs, ses craintes et ses avertissements, commencèrent rapidement à être traduites, publiées et diffusées à travers tout le continent de l'Amérique du Nord, apportant au cercle toujours plus large des premiers croyants cette nourriture spirituelle qui, seule, pourrait leur permettre de survivre aux épreuves cruelles qu'ils allaient bientôt subir.
L'heure d'une crise sans précédent approchait toutefois inexorablement. Des signes de discorde, inspirée par l'orgueil et l'ambition, commençaient à ternir l'éclat et à freiner la croissance de la nouvelle communauté que les enseignants apostoliques de ce continent avaient travaillé à établir. Celui-là même qui avait été l'instrument de l'inauguration d'une ère aussi splendide de l'histoire de la foi, auquel le Centre de l'alliance de Bahá'u'lláh avait conféré les titres de "Pierre de Bahá", de "Berger des troupeaux de Dieu", de "Conquérant de l'Amérique", et auquel avait été accordé le privilège unique d'aider 'Abdu'l-Bahá à poser la première pierre du mausolée du Báb sur le mont Carmel - un tel homme, aveuglé par son succès extraordinaire et aspirant à une domination absolue sur les convictions et les activités de ses condisciples, leva insolemment l'étendard de la révolte. Rompant avec 'Abdu'l-Bahá et s'alliant à l'ennemi juré de la foi de Dieu, cet apostat qui s'abusait lui-même s'efforça, en déformant les enseignements de 'Abdu'l-Bahá et en menant une campagne de dénigrement incessant contre sa personne, de saper la foi de ces croyants à la conversion desquels il avait, durant non moins de huit années, oeuvré avec zèle. Par les tracts qu'il publia, par la collaboration active des émissaires de son principal allié, et renforcé par les efforts que commençaient à déployer les ecclésiastiques chrétiens ennemis de la révélation bahá'íe, il réussit à porter à la foi naissante de Dieu un coup dont elle ne put se relever que lentement et péniblement.
Il est inutile que je m'étende sur les effets immédiats de cette fissure grave, bien que passagère, dans les rangs des adeptes américains de la cause de Bahá'u'lláh. Je n'ai pas besoin non plus de disserter sur la nature des écrits diffamatoires dont ils furent submergés. Il me semble également superflu de rappeler les mesures auxquelles eut recours un Maître toujours vigilant afin d'atténuer et, finalement, de dissiper leurs appréhensions. C'est à l'historien du futur qu'il reviendra d'apprécier la valeur de la mission de chacun des quatre messagers choisis par 'Abdu'l-Bahá qui, coup sur coup, furent envoyés par lui afin de pacifier et de revigorer cette communauté troublée. C'est à lui qu'incombera la tâche de retracer, dans l'œuvre que ces délégués de 'Abdu'l-Bahá furent chargés d'entreprendre, les débuts de cette vaste administration dont ces messagers devaient poser la pierre angulaire - une administration dont l'édifice symbolique devait être, par la suite, fondé par 'Abdu'l-Bahá en personne, et dont les bases et la portée devaient être élargies par les dispositions de son testament.
Il me suffit de dire qu'à ce stade de son évolution, les activités d'une foi invincible avaient pris des dimensions telles que, d'une part, elle força ses ennemis à concevoir de nouvelles armes pour leurs attaques à venir et que, d'autre part, elle encouragea son promoteur suprême à enseigner à ses disciples, par les soins de représentants et d'enseignants qualifiés, les rudiments d'une administration qui, au fur et à mesure de son évolution, devrait tout à la fois incarner, protéger et promouvoir son esprit. Les oeuvres d'agresseurs obstinés tels que Vatralsky, Wilson, Jessup et Richardson rivalisent entre elles dans leurs vaines tentatives de ternir sa pureté, de freiner sa marche et de la forcer à la reddition. Devant les accusations de nihilisme, d'hérésie, de gnosticisme musulman, d'immoralité, d'occultisme et de communisme si couramment portées contre elles, les victimes impassibles de telles dénonciations outrageantes, agissant selon les instructions de 'Abdu'l-Bahá, ripostèrent en lançant une série d'activités qui, par leur nature même, devaient être les préliminaires d'institutions administratives permanentes et officiellement reconnues. L'inauguration de la première maison de spiritualité à Chicago, désignée par 'Abdu'l-Bahá comme la "maison de justice" de cette ville; l'établissement de la société de publication bahá'íe; la fondation de la "Green Acre Fellowship" (Fraternité de Green Acre); la publication du Star of the West; la tenue de la première convention nationale bahá'íe, qui coïncida avec le transfert des reliques sacrées du Báb vers le lieu de sa dernière sépulture sur le mont Carmel; la constitution de l'Unité pour le temple bahá'í et la formation du comité exécutif du Mashriqu'l-Adhkár - telles sont les réalisations les plus éclatantes des croyants d'Amérique qui ont immortalisé le souvenir de la période la plus tumultueuse de leur histoire. Lancée par ces actes mêmes sur les mers tourmentées de tribulations incessantes, pilotée par le bras puissant de 'Abdu'l-Bahá et manoeuvrée par les initiatives courageuses et la vitalité abondante d'un groupe de disciples cruellement éprouvés, l'arche de l'alliance de Bahá'u'lláh a, depuis lors, poursuivi inlassablement sa route, dédaigneuse des tempêtes de durs malheurs qui firent rage et qui continueront à l'assaillir tandis qu'elle avance vers le havre promis de sécurité et de paix sans nuages.
Non contente des réalisations qui couronnèrent les efforts concertés de ses représentants élus sur le continent américain, et enhardie par les premiers succès de ses enseignants pionniers hors de ses frontières, en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne, la communauté des croyants d'Amérique résolut d'aller gagner dans des régions lointaines de nouvelles recrues pour l'armée en marche de Bahá'u'lláh. Quittant les rivages occidentaux de leur terre natale, poussés par l'énergie indomptable d'une foi nouvelle, ces enseignants itinérants de l'Évangile de Bahá'u'lláh avancèrent vers les îles du Pacifique, jusqu'en Chine et au Japon, déterminés à établir, au-delà des mers les plus lointaines, les avant-postes de leur foi bien-aimée. Tant chez elle qu'à l'étranger, cette communauté avait maintenant démontré sa capacité d'étendre le champ de ses vastes entreprises et d'en consolider les bases. Les voix irritées qui s'étaient élevées pour protester contre son essor furent noyées par le flot des acclamations avec lesquelles l'Est accueillait ses victoires récentes. Ces néfastes éléments, naguère si menaçants, s'estompaient progressivement, laissant à ces nobles guerriers un champ encore plus vaste pour l'exercice de leur énergie latente.
La foi de Bahá'u'lláh sur le continent américain avait bel et bien été ressuscitée. Tel un phénix, elle s'était relevée dans toute sa fraîcheur, sa vigueur et sa beauté et, à présent, par la voix de ses interprètes triomphants, elle appelait 'Abdu'l-Bahá avec insistance, l'implorant d'entreprendre un voyage vers ses rivages. Les premiers fruits de la mission confiée à ses dignes défenseurs avaient conféré à leur appel un caractère si poignant que 'Abdu'l-Bahá, qui venait d'être libéré des chaînes d'une tyrannie odieuse, ne put y résister. Son grand, son incomparable amour pour ses enfants préférés le força à y répondre. Leur supplication passionnée avait, en outre, été appuyée par les nombreuses invitations que lui avaient adressées les représentants de diverses organisations intéressées, tant religieuses qu'éducatives ou humanitaires, exprimant leur désir ardent d'entendre, de sa bouche même, un exposé des enseignements de son père.
Bien qu'il fût courbé par l'âge, bien qu'il souffrît de maux résultant des soucis accumulés par cinquante années d'exil et de captivité, 'Abdu'l-Bahá partit pour son voyage mémorable, au-delà des mers, vers le pays où il pourrait bénir par sa présence et sanctifier par ses actes les actions grandioses que son esprit avait poussé ses disciples à accomplir. Les circonstances qui marquèrent sa marche triomphale à travers les villes principales des États-Unis et du Canada, ma plume est absolument incapable de les décrire. La joie que suscita l'annonce de son arrivée, la publicité provoquée par ses activités, les forces libérées par ses paroles, l'opposition que les implications de ses enseignements firent naître et les épisodes significatifs auxquels ses paroles et ses actes donnèrent continuellement lieu, il ne fait pas de doute que les générations futures les enregistreront minutieusement et convenablement. Elles décriront avec soin leurs caractéristiques, chériront et préserveront leur souvenir, et transmettront intact à leurs descendants le récit de leurs plus infimes détails. Il serait en effet présomptueux de notre part de tenter, à l'heure actuelle, d'esquisser ne fût-ce que les grandes lignes d'un sujet aussi vaste et captivant. En contemplant, après plus de vingt ans, ce jalon remarquable de l'histoire spirituelle de l'Amérique, nous nous trouvons encore forcés d'admettre notre incapacité à en saisir la portée ou à en pénétrer le mystère. J'ai fait allusion, dans les pages qui précèdent, à quelques-uns des traits les plus saillants de cette visite inoubliable. Ces événements, lorsque nous nous penchons sur le passé, proclament avec éloquence le dessein particulier de 'Abdu'l-Bahá de conférer à la première-née des communautés de l'Ouest, par ces fonctions symboliques, cette primauté spirituelle qui devait être le "droit d'aînesse" des croyants d'Amérique.
Les graines que les activités incessantes de 'Abdu'l-Bahá avaient si généreusement semées avaient doté les États-Unis et le Canada - ou plutôt, le continent tout entier - de potentialités qu'il n'avait jamais connues dans son histoire. Au petit groupe de ses disciples formés et bien-aimés et, par eux, à leur descendants, il avait légué par cette visite un héritage inestimable - un héritage qui contenait l'obligation première et sacrée de se lever et de poursuivre, en ce terrain fertile, l'oeuvre qu'il avait si glorieusement commencée. Nous pouvons confusément imaginer les souhaits qui durent jaillir de son coeur ardent lorsqu'il fit son dernier adieu à cette terre pleine de promesses. Nous pouvons fort bien l'imaginer, la veille de son départ, faisant cette remarque à ses disciples : Une sagesse impénétrable a, dans sa bonté infinie, désigné votre pays natal pour l'exécution d'un dessein grandiose. Par l'intermédiaire de l'alliance de Bahá'u'lláh, moi, son laboureur, j'ai été appelé depuis le début de mon ministère à retourner et ameublir sa terre : les puissants encouragements qui, aux premiers jours de votre apostolat, tombèrent en pluie sur vous, ont préparé et revigoré son sol. Les tribulations qu'on vous a fait subir par la suite ont creusé de profonds sillons dans le champ que j'avais préparé de mes mains. Les graines qui m'avaient été confiées, je les ai disséminées en tous lieux devant vous. Grâce à vos soins affectueux, à vos efforts incessants, chacune de ces graines doit germer, chacune doit donner son fruit prédestiné. Vous devrez bientôt affronter un hiver d'une rigueur sans précédent. Ses nuages menaçants s'amoncellent rapidement à l'horizon. Des vents de tempête vous assailliront de toutes parts. La lumière de l'alliance sera obscurcie par mon départ. Ces rafales puissantes, cette désolation hivernale se dissiperont toutefois. La graine endormie éclatera d'une activité nouvelle. Elle poussera ses bourgeons, elle révélera - en de grandioses institutions - ses feuilles et ses fleurs. Les ondées printanières que les tendres soins miséricordieux de mon père céleste déverseront sur vous permettront à cette jeune plante d'étendre ses rameaux à des régions situées bien au-delà des frontières de votre terre natale. Et, enfin, la montée régulière du soleil de sa révélation, rayonnant de toute la splendeur de son zénith, permettra à cet arbre puissant de sa foi de donner, quand les temps seront accomplis, et sur votre sol, son fruit d'or.
Les implications d'un tel message d'adieu ne pouvaient demeurer longtemps ignorées des disciples initiés de 'Abdu'l-Bahá. À peine avait-il terminé son voyage long et ardu à travers les continents d'Amérique et d'Europe, que les événements terribles auxquels il avait fait allusion commencèrent à se manifester. Un conflit qu'il avait prédit coupa, pour un temps, tout moyen de communication avec ceux en qui il avait été amené à placer une confiance aussi absolue, et dont il attendait tellement en retour. La désolation hivernale, provoquant dégâts et carnages, poursuivit son cours inexorable quatre années durant, tandis que 'Abdu'l-Bahá, dans la solitude paisible de sa résidence à proximité du tombeau sanctifié de Bahá'u'lláh, continuait à communiquer ses pensées et ses souhaits à ceux qu'il avait laissés derrière lui et auxquels il avait accordé les marques uniques de sa faveur. Dans les tablettes immortelles qu'il fut amené à révéler durant ses longues heures de communion avec ses amis chèrement aimés, il dévoila à leurs yeux sa conception de leur destinée spirituelle, son plan pour la mission qu'il désirait les voir entreprendre. Les graines qu'il avait semées de ses mains, il les arrosait à présent avec le même soin, le même amour et la même patience qui avaient caractérisé ses efforts antérieurs, du temps où il oeuvrait parmi eux.
L'appel retentissant qu'avait lancé 'Abdu'l-Bahá fut le signal de l'explosion d'un regain d'activité que, tant dans les motifs qui l'inspirèrent que dans les forces qu'elle mit en mouvement, l'Amérique n'avait guère connu jusqu'alors. Donnant un élan sans précédent à l'oeuvre qu'avaient amorcée les entreprenants ambassadeurs du message de Bahá'u'lláh dans des pays lointains, ce mouvement puissant a continué à s'étendre jusqu'à ce jour, il a gagné en force à mesure qu'il étendait ses ramifications sur la surface du globe, et il continuera d'accélérer sa marche jusqu'à l'accomplissement intégral des derniers souhaits de son premier promoteur.
Abandonnant leur foyer, leur famille, leurs amis et leur situation, brûlant d'un zèle et d'une confiance qu'aucune activité humaine n'aurait pu susciter, une poignée d'hommes et de femmes se levèrent pour accomplir l'ordre que leur avait donné 'Abdu'l-Bahá. Naviguant vers le nord jusqu'en Alaska, poussant vers les Antilles, pénétrant sur le continent sud-américain jusqu'aux rives de l'Amazone et, à travers les Andes, jusqu'aux confins méridionaux de la République argentine, avançant rapidement vers l'ouest, jusqu'à l'île de Tahiti et, au-delà, au continent australien, puis, encore plus loin, jusqu'à la Nouvelle-Zélande et la Tasmanie, ces hérauts intrépides de la foi de Bahá'u'lláh ont réussi, par leurs actes mêmes, à donner à la génération actuelle de leurs condisciples à travers l'Est un exemple dont ils peuvent devenir les émules. Conduits par leur illustre représentante qui, depuis l'appel lancé par 'Abdu'l-Bahá, a fait deux fois le tour du monde et continue, avec une force d'âme et un courage merveilleux, à enrichir ses incomparables états de service, ces hommes et ces femmes ont contribué à étendre, dans une mesure encore inégalée dans l'histoire bahá'íe, l'influence de l'empire universel de Bahá'u'lláh. Confrontés à des obstacles presque insurmontables, ils ont réussi, dans la plupart des pays où ils sont passés ou ont résidé, à proclamer les enseignements de leur foi, à diffuser sa littérature, à défendre sa cause, à jeter les bases de ses institutions et à accroître le nombre de ses adeptes déclarés. Il me serait impossible, dans des limites aussi étroites, de développer le récit de ces actions héroïques. Aucun hommage que je puisse faire ne rendra justice à l'esprit qui a permis à ces porte-étendard de la religion de Dieu de remporter de tels lauriers et de conférer une telle distinction à la génération qui est la leur.
La cause de Bahá'u'lláh avait à cette époque fait le tour du globe. Sa lumière, née dans les ténèbres de la Perse, avait été successivement transmise aux continents européen, africain et américain, et pénétrait à présent au coeur de l'Australie, ceignant ainsi toute la terre d'une ceinture de gloire éclatante. La part qu'ont prise ces disciples dignes et valeureux à illuminer les derniers jours de la vie terrestre de 'Abdu'l-Bahá, lui seul l'a vraiment reconnue et a pu l'apprécier à sa juste valeur. La portée unique et éternelle de ces accomplissements sera assurément révélée par le labeur de la génération montante, leur souvenir sera préservé et exalté comme il convient par leurs oeuvres. Quelle profonde satisfaction dut ressentir 'Abdu'l-Bahá, alors qu'il savait proche l'heure de son départ, en voyant les premiers fruits des services internationaux rendus par ces héros de la foi de son père ! Il avait confié à leurs soins un grand et bel héritage. Au crépuscule de sa vie terrestre, il pouvait se reposer avec satisfaction sur l'assurance sereine qu'on pourrait faire confiance à de telles mains, capables de préserver son intégrité et d'exalter sa vertu.
La disparition de 'Abdu'l-Bahá, si soudaine dans les circonstances qui la causèrent, si dramatique dans ses conséquences, ne pouvait ni entraver l'action d'une force aussi dynamique ni obscurcir son dessein. Ces appels fervents, contenus dans le Testament d'un Maître disparu, ne pouvaient que confirmer son but, définir sa nature et renforcer la promesse de son succès ultime.
Des affres de l'angoisse de ses disciples en deuil, de la fièvre et des désordres qu'avaient précipités les attaques lancées par un ennemi toujours en éveil, était née l'administration de la foi invincible de Bahá'u'lláh. Les énergies puissantes libérées par l'ascension du Centre de son alliance se cristallisèrent dans ce suprême, cet infaillible instrument de l'accomplissement d'un but divin. Le Testament de 'Abdu'l-Bahá en dévoilait la nature, en réaffirmait les fondements, en complétait les principes, en revendiquait le caractère indispensable et en énumérait les principales institutions. Avec la même spontanéité qui avait caractérisé sa réponse au message proclamé par Bahá'u'lláh, l'Amérique s'était à présent levée pour épouser la cause de l'administration qu'avait clairement établie le Testament de son fils. C'est à elle, et à elle seule, qu'il fut donné, durant les années tumultueuses qui suivirent la révélation d'un document aussi capital, de devenir le champion intrépide de cette administration, le pivot de ses toutes nouvelles institutions et le promoteur principal de son influence. À leurs frères perses qui, à l'âge héroïque de la foi, avaient gagné la couronne du martyre, succédaient à présent dignement les croyants d'Amérique, précurseurs de son âge d'or, qui portaient à leur tour la palme d'une victoire remportée de haute lutte. La liste ininterrompue de leurs actes illustres avait établi, sans l'ombre d'un doute, le rôle prépondérant qu'ils avaient joué dans le développement des destinées de leur foi. Dans un monde en proie à la souffrance et glissant vers le chaos, cette communauté - l'avant-garde des forces libératrices de Bahá'u'lláh - réussit, dans les années qui suivirent l'ascension de 'Abdu'l-Bahá, à élever, bien au-dessus des institutions établies par ses communautés soeurs à l'Est et à l'Ouest, ce qui pourrait bien constituer le pilier principal de la future Maison - une Maison que la postérité considérera comme le dernier refuge d'une civilisation chancelante.
Dans la poursuite de leur tâche, ils ne laissèrent ni les murmures des traîtres ni les attaques virulentes de leurs ennemis avérés les détourner de leur noble dessein ou saper leur foi en la sublimité de leur vocation. L'agitation - provoquée par celui qui, dans sa quête incessante et sordide de biens terrestres, aurait, sans l'avertissement de 'Abdu'l-Bahá, souillé le nom immaculé de leur foi - n'avait guère entamé leur sérénité. Formés par les tribulations, protégés par la citadelle de leurs institutions en pleine évolution, ils dédaignèrent ses insinuations et surent, par leur loyauté constante, briser ses espérances. Ils refusèrent de laisser toute prise en considération des services passés et du prestige reconnu de son père et de ses associés affaiblir leur détermination d'ignorer complètement la personne que 'Abdu'l-Bahá avait si énergiquement condamnée. Les attaques voilées par lesquelles une poignée d'enthousiastes abusés cherchèrent par la suite, dans les pages de leur périodique, à freiner le développement et à flétrir les perspectives d'une administration naissante, avaient également échoué. L'attitude qu'adopta ensuite une femme hébétée, ses assertions grotesques, son audace à faire fi du Testament de 'Abdu'l-Bahá et à contester son authenticité, ses tentatives visant à subvertir ses principes furent encore une fois impuissantes à ouvrir la moindre brèche dans les rangs de ses vaillants défenseurs. Les plans déloyaux tramés par l'ambition d'un ennemi perfide et encore plus récent, par lesquels il s'efforce encore à présent de défigurer l'oeuvre éminente de 'Abdu'l-Bahá et de corrompre ses principes administratifs, ces plans sont en passe d'être, une fois de plus, totalement déjoués. Ces tentatives intermittentes et vouées à l'échec, de la part de ses assaillants, pour forcer la reddition de la citadelle nouvellement construite de la foi ont été, dès le début, absolument dédaignées par ses défenseurs. Si féroces qu'aient été les assauts de l'ennemi ou si habiles ses stratagèmes, ils ont refusé de céder un iota des convictions qu'ils chérissent. Ils ont uniformément ignoré ses insinuations et ses vociférations. Les motivations qui inspiraient ses actions, les méthodes qu'il suivait sans trêve, les privilèges précaires dont il semblait provisoirement jouir, ils ne pouvaient que les mépriser. Profitant du succès passager des stratagèmes conçus par leur esprit intrigant, et soutenus par les avantages éphémères que peut conférer la renommée, la capacité ou la fortune, ces représentants notoires de la corruption et de l'hérésie ont réussi à montrer un moment leurs visages hideux, pour disparaître ensuite, aussi rapidement qu'ils s'étaient élevés, dans la boue d'une fin ignominieuse.
De ces épreuves accablantes qui rappellent, par certains de leurs aspects, la tempête violente qui avait accompagné la naissance de la foi dans leur pays natal, les croyants d'Amérique étaient à nouveau sortis vainqueurs, leur marche non déviée, leur renommée intacte, leur héritage préservé. Une série de réalisations magnifiques, chacune plus significative que la précédente, devait conférer un éclat toujours croissant à un état de service déjà illustre. Durant les années sombres qui suivirent immédiatement l'ascension de 'Abdu'l-Bahá, leurs actes brillèrent d'un éclat qui fit d'eux l'objet de l'envie et de l'admiration des moins privilégiés de leurs frères. La communauté tout entière, libre de contrainte et suprêmement confiante, se montrait à la hauteur d'une grande et glorieuse opportunité. Les forces qui avaient motivé sa naissance, qui avaient aidé à son essor, accéléraient à présent sa croissance, d'une telle manière et si rapidement que ni les douleurs d'une affliction mondiale ni les convulsions incessantes d'une époque troublée ne pouvaient paralyser ses efforts ou retarder sa progression.
Sur le plan interne, la communauté s'était engagée dans une série d'entreprises qui devaient lui permettre, d'une part, d'étendre encore le champ de sa juridiction spirituelle et, d'autre part, de façonner les instruments essentiels à la création et à la consolidation des institutions qu'exigeait impérativement une telle extension. À l'extérieur, ses entreprises étaient inspirées par le double objectif visant à poursuivre, encore plus intensément qu'auparavant, l'oeuvre admirable commencée par ses enseignants internationaux sur chacun des cinq continents, et à prendre une part toujours plus grande au traitement et à la solution des problèmes délicats et complexes auxquels était confrontée une foi récemment émancipée. La naissance de l'administration sur ce continent avait marqué ces efforts louables. Sa consolidation progressive était destinée à assurer leur continuité et à accentuer leur efficacité.
Me borner à énumérer les réalisations les plus saillantes qui, dans leur propre pays et au-delà de ses frontières, ont si grandement rehaussé le prestige des croyants d'Amérique et contribué à la gloire et l'honneur du plus Grand Nom constitue tout ce que je peux faire actuellement; je laisse aux générations futures la tâche d'expliquer l'importance de ces accomplissements et d'en estimer la juste valeur. C'est au corps de leurs représentants élus que doit être attribué l'honneur d'avoir été le premier parmi les assemblées soeurs de l'Est et de l'Ouest à concevoir, à promulguer et à légaliser les instruments essentiels à l'exécution efficace de leurs devoirs collectifs - des instruments que chaque communauté bahá'íe convenablement constituée doit considérer comme un modèle digne d'être adopté et imité. C'est également à leurs efforts que doivent être attribuées les réalisations historiques que sont l'établissement de leurs investissements nationaux sur une base permanente et inattaquable, ainsi que la création de l'instance nécessaire à la formation des organes auxiliaires dont la fonction est de gérer, pour le compte de leurs dépositaires, les biens que ceux-ci peuvent acquérir en dehors des limites de leur compétence immédiate. Par le poids de leur soutien moral accordé si généreusement à leurs frères égyptiens, ils ont pu lever quelques-uns des obstacles les plus formidables que la foi ait dû surmonter dans sa lutte pour s'affranchir des chaînes de l'orthodoxie musulmane. Grâce à l'intervention efficace et opportune de ces mêmes représentants élus, ils ont pu prévenir les malheurs et les dangers qui avaient menacé leurs collaborateurs persécutés dans les républiques soviétiques, et parer la fureur qui avait menacé de ruine immédiate l'une des institutions bahá'íes les plus précieuses et les plus nobles. Rien d'autre que l'assistance sincère, qu'elle ait été morale ou financière, que les croyants d'Amérique se sont sentis poussés à plusieurs reprises à accorder, individuellement et collectivement, à leurs frères perses tourmentés et dans le besoin, n'aurait pu sauver ces victimes malheureuses des conséquences des calamités qui les avaient frappées dans les années qui suivirent l'ascension de 'Abdu'l-Bahá. Ce fut la publicité que les efforts de leurs frères d'Amérique avaient suscitée, les protestations qu'ils furent amenés à formuler, les appels et les pétitions qu'ils ont présentés qui atténuèrent ces souffrances et continrent la violence des pires et des plus tyranniques adversaires de la foi dans ce pays. Qui d'autre, si ce n'est l'un de leurs représentants les plus éminents, s'est levé pour imposer à l'attention du plus haut tribunal que le monde ait jamais connu les griefs dont une foi dépouillée de l'un de ses sanctuaires les plus sacrés avait souffert aux mains de l'usurpateur ? Qui d'autre a réussi, par des efforts patients et persistants, à obtenir ces affirmations écrites qui proclament la justice d'une cause persécutée et reconnaissent tacitement son droit à un statut religieux indépendant ? La résolution adoptée par la Commission permanente des mandats de la Société des Nations est celle-ci : La Commission recommande au Conseil de prier le gouvernement britannique de faire des représentations près du gouvernement irakien en vue du redressement immédiat du déni de justice souffert par les requérants (l'Assemblée spirituelle bahá'íe de Baghdád). Qui d'autre qu'un croyant d'Amérique a pu obtenir de la royauté de tels témoignages remarquables et répétés du pouvoir régénérateur de la foi de Dieu, des références aussi frappantes à l'universalité de ses enseignements et à la sublimité de sa mission ? L'enseignement bahá'í, déclare le témoignage écrit de la reine, apporte la paix et la compréhension. Il est comme une vaste étreinte rassemblant tous ceux qui ont longtemps cherché des paroles d'espoir. Il accepte tous les grands prophètes du passé, il ne détruit aucune autre confession et laisse ouvertes toutes les portes. Attristée par les luttes continuelles entre croyants de nombreuses confessions et lassée par leur intolérance mutuelle, j'ai découvert dans l'enseignement bahá'í le véritable esprit du Christ si souvent renié et incompris : l'unité au lieu de la lutte, l'espoir au lieu de la condamnation, l'amour au lieu de la haine, et un grand réconfort pour tous les hommes. Les adeptes américains de la foi de Bahá'u'lláh n'ont-ils pas, grâce au courage manifesté par l'un des membres les plus brillants de leur communauté, contribué à préparer le terrain pour la suppression de ces barrières qui, pendant près d'un siècle, avaient entravé la croissance et paralysé l'énergie de leurs coreligionnaires de Perse ? N'est-ce pas l'Amérique qui, toujours attentive à la supplication passionnée de 'Abdu'l-Bahá, a dépêché aux extrémités du globe un nombre toujours croissant de ses citoyens les plus dévoués - des hommes et des femmes dont l'unique désir de leur vie est de consolider les bases de l'empire universel de Bahá'u'lláh ? Dans les capitales les plus lointaines du nord de l'Europe, dans la plupart de ses États centraux, dans toute la péninsule balkanique, le long des rivages des continents africain, asiatique et sud-américain, l'on peut rencontrer aujourd'hui un petit groupe de pionnières qui, seules et avec de maigres ressources, peinent pour l'avènement du jour qu'a prédit 'Abdu'l-Bahá. L'attitude de la plus Sainte Feuille, alors qu'elle approchait du terme de sa vie, n'a-t-elle pas témoigné éloquemment de la part incomparable que ses amis affectueux et pleins d'abnégation, sur ce continent, prirent à alléger le fardeau qui avait pesé si longtemps et si lourdement sur son coeur ? Et, enfin, qui aurait l'audace de nier que l'achèvement de la superstructure du Mashriqu'l-Adhkár - la gloire suprême des réalisations américaines, passées et présentes - ait forgé cette chaîne mystique qui reliera, plus solidement que jamais, le coeur de ses maîtres bâtisseurs à celui qui est la source et le centre de leur foi et l'objet de leur adoration la plus fidèle ?
Mes coreligionnaires sur le continent américain ! Elles sont grandes, en effet, vos réalisations passées et présentes ! Et immensément plus grands les prodiges que vous réserve l'avenir ! L'édifice qu'ont fait naître vos sacrifices doit encore être habillé. La Maison qui devra être soutenue par la plus haute institution administrative que vos mains aient érigée n'a pas encore été édifiée. Les dispositions du principal réceptacle de ces lois qui devront régir son fonctionnement n'ont, pour la plupart, pas été divulguées à ce jour. L'étendard qui, s'il faut que les souhaits de 'Abdu'l-Bahá se réalisent, doit être levé dans votre propre pays n'a pas encore été déployé. L'unité dont cet étendard doit être le symbole est encore loin d'être établie. Le mécanisme qui doit impérativement incarner et préserver cette unité n'a même pas été créé. Sera-ce l'Amérique, sera-ce l'un des pays d'Europe, qui se lèvera pour assumer la direction indispensable au façonnement des destinées de cet âge troublé ? L'Amérique permettra-t-elle aux communautés soeurs de l'Est ou de l'Ouest d'atteindre à un ascendant tel qu'il la prive de cette primauté spirituelle dont elle a été investie et qu'elle a, jusqu'ici, si noblement gardée ? Ne contribuera-t-elle pas, plutôt, par une nouvelle révélation encore de ces forces intrinsèques qui fondent son existence, à rehausser l'héritage sans prix que lui ont conféré l'amour et la sagesse d'un Maître disparu ?

Son passé a constitué un témoignage de la vivacité inépuisable de sa foi. Son avenir n'en apportera-t-il pas la confirmation ?

Votre frère fidèle,
Shoghi.
Haïfa, Palestine,
le 21 avril 1933.


6. LA DISPENSATION DE BAHÁ'U'LLÁH

Aux bien-aimés de Dieu et aux servantes du Miséricordieux dans tout l'Ouest.

Compagnons de travail dans le divin vignoble !

Le 23 mai de cette année d'heureux augure, le monde bahá'í célébrera le quatre-vingt-dixième anniversaire de la fondation de la foi de Bahá'u'lláh. Nous, qui nous trouvons à présent au seuil de la dernière décennie du premier siècle de l'ère bahá'íe, ne devrions-nous pas nous arrêter pour méditer sur les mystérieuses faveurs d'une révélation si auguste et si importante ? Comme il est vaste, comme il est enchanteur le panorama qui se déroule sous nos yeux après ces quatre-vingt-dix années ! Nous sommes presque écrasés par son imposante grandeur ! La simple contemplation de ce spectacle unique, la représentation, même vague, des circonstances qui ont accompagné la naissance et le développement progressif de cette suprême théophanie, le rappel, même dans leurs très grandes lignes, des luttes affligeantes qui proclamèrent son ascension et accélérèrent son évolution, suffiront à convaincre tout observateur impartial de ces vérités éternelles qui motivent la vie de cette manifestation et qui doivent continuer à la pousser en avant jusqu'à ce qu'elle atteigne la suprématie qu'elle est destinée à exercer.

Bahá'u'lláh

Dominant dans toute son étendue ce spectacle fascinant, l'incomparable figure de Bahá'u'lláh se dresse, transcendante dans sa majesté, inspirant la crainte, sereine, d'une gloire inaccessible. Associée, bien que subordonnée en rang, et investie de l'autorité de présider avec lui aux destinées de cette ère suprême, la gloire juvénile du Báb illumine cette vision - le Báb à la tendresse infinie, au charme irrésistible, à l'héroïsme jamais surpassé, et dont les circonstances dramatiques de la vie courte mais fertile en événements n'eurent point d'égales. Et finalement apparaît, sur un plan qui lui est propre et dans un espace tout à fait distinct de celui qui est occupé par les figures jumelles qui l'ont précédée, la vibrante, la magnétique personnalité de 'Abdu'l-Bahá, qui reflète, à un degré qu'aucun homme - de rang si élevé soit-il - ne peut espérer concurrencer, la gloire et le pouvoir dévolus à ceux-là seuls qui sont les manifestations de Dieu.
Avec l'ascension de 'Abdu'l-Bahá et, plus particulièrement, avec la disparition de sa soeur illustre et bien-aimée, la Feuille la plus exaltée - la dernière survivante d'un âge glorieux et héroïque -, se termine le premier et le plus émouvant chapitre de l'histoire bahá'íe, marquant la conclusion de l'âge primitif et apostolique de la foi de Bahá'u'lláh. C'est 'Abdu'l-Bahá qui, par les dispositions de son testament puissant, a forgé le lien vital qui doit à jamais relier l'âge qui vient d'expirer à celui que nous vivons - la période de transition et de formation de la foi -; une phase qui doit, quand les temps seront accomplis, atteindre son épanouissement et produire ses fruits dans les exploits et les triomphes qui doivent annoncer l'âge d'or de la révélation de Bahá'u'lláh.
Amis chèrement aimés ! Les forces impétueuses si miraculeusement libérées par l'intervention de deux manifestations indépendantes, et qui se suivirent de près, sont maintenant, sous nos yeux et, grâce aux soins des intendants choisis d'une foi d'une envergure grandiose, progressivement rassemblées et disciplinées. Elles se cristallisent lentement en des institutions qui viendront à être considérées comme le sceau et la gloire de l'âge que nous sommes appelés à instaurer et, par nos actes, à immortaliser. De nos efforts actuels et, par dessus tout, de la mesure avec laquelle nous nous efforçons de transformer notre vie d'après le modèle d'héroïsme sublime associé à ceux qui s'en sont allés avant nous, dépendra l'efficacité des instruments que nous façonnons maintenant, ces instruments qui devront ériger la structure de cette bienheureuse communauté des nations qui doit signaler l'âge d'or de notre foi.
Mon propos n'est pas, si je me reporte à ces années passées pleines de faits héroïques, de tenter de passer en revue même sommairement les événements de très grande importance qui se sont produits de 1844 à ce jour. Je n'ai pas non plus l'intention d'entreprendre une analyse des forces qui ont précipité ces événements, ou d'estimer leur influence sur les peuples et les institutions de presque tous les continents du globe. Les biographies authentiques des premiers croyants de la période primitive de notre foi, ainsi que les recherches assidues qu'entreprendront dans l'avenir des historiens bahá'ís compétents, s'allieront afin de transmettre à la postérité cet exposé magistral de l'histoire de cette époque que mes propres efforts ne pourront jamais espérer accomplir. Mon premier souci, en cette période de défi de l'histoire bahá'íe, est plutôt d'attirer l'attention de ceux qui sont destinés à être les maîtres bâtisseurs de l'ordre administratif de Bahá'u'lláh sur certaines vérités fondamentales dont l'élucidation les aidera considérablement dans la poursuite efficace de leur vaste entreprise.
De plus, le statut international, atteint à présent par la religion de Dieu, exige impérativement que ses principes de base soient maintenant clarifiés de manière précise. L'élan sans précédent que les actes illustres des croyants d'Amérique ont donné à la marche en avant de la foi; le vif intérêt que le premier Mashriqu'l-Adhkár de l'Ouest éveille rapidement parmi diverses races et diverses nations; la montée et la consolidation régulière d'institutions bahá'íes dans non moins de quarante des pays les plus évolués du monde; la dissémination de la littérature bahá'íe traduite dans non moins de vingt-cinq des langues les plus largement répandues; le succès qui a accompagné récemment les efforts des croyants persans, dans tout le pays, au cours des premiers pas effectués pour l'établissement - dans les faubourgs de la capitale de leur terre natale - du troisième Mashriqu'l-Adhkár du monde bahá'í; les mesures qui sont prises pour la formation immédiate de leur première assemblée spirituelle nationale, qui représente les intérêts de l'écrasante majorité des adhérents bahá'ís; l'établissement projeté d'un pilier de plus de la Maison Universelle de Justice, le premier dans l'hémisphère Sud; les témoignages d'estime, tant oraux qu'écrits, qu'une foi combattante a obtenus des rois, des institutions gouvernementales, des tribunaux internationaux et des dignitaires ecclésiastiques; la notoriété que lui ont value les accusations lancées contre elle par des ennemis impitoyables, récents et anciens; l'affranchissement formel d'une partie de ses adeptes des entraves de l'orthodoxie musulmane, dans un pays qui peut être considéré comme le plus éclairé parmi les nations islamiques; tous ces faits fournissent largement la preuve de l'impétuosité croissante avec laquelle la communauté invincible du plus Grand Nom marche vers l'ultime victoire.
Amis chèrement aimés ! Je pense qu'il m'incombe, en vertu des obligations et des responsabilités dont je suis appelé à m'acquitter en qualité de gardien de la foi de Bahá'u'lláh, au moment où la lumière de la notoriété se concentre de plus en plus sur nous, d'insister tout particulièrement sur certaines vérités qui sont à la base de notre foi et dont notre premier devoir est de sauvegarder l'intégrité. Ces vérités, si elles sont soutenues vaillamment et assimilées correctement, vont, j'en suis convaincu, grandement renforcer la vigueur de notre vie spirituelle, et elles aideront beaucoup à contrecarrer les machinations d'un ennemi implacable et vigilant.
S'efforcer d'obtenir une compréhension plus adéquate de la signification de la prodigieuse révélation de Bahá'u'lláh doit, c'est mon inaltérable conviction, rester la première obligation et l'objet de l'effort constant de chacun de ses loyaux adeptes. Une compréhension exacte et parfaite d'un système si vaste, d'une révélation si sublime, d'un dépôt si sacré, est, pour des raisons évidentes, hors de la portée et de la compétence de nos esprits limités. Nous pouvons toutefois - et c'est même notre devoir impérieux - chercher, tandis que nous oeuvrons à la propagation de sa foi, à puiser de nouvelles inspirations et un surcroît de soutien dans une compréhension plus claire des vérités qu'elle contient et des principes sur lesquels elle se fonde.
Dans une communication adressée aux croyants d'Amérique au cours de mon explication du rang du Báb, j'ai fait une brève allusion à l'incomparable grandeur de la révélation dont il se considérait lui-même comme l'humble précurseur. Lui que Bahá'u'lláh a acclamé, dans le Kitáb-i-Íqán, comme le Qá'im promis qui n'a pas manifesté moins de vingt-cinq des vingt-sept lettres que tous les prophètes étaient destinés à révéler; lui, un si grand messager, a lui-même attesté la prééminence de cette révélation supérieure qui devait bientôt remplacer la sienne. Le germe, affirme le Báb dans le Bayán persan, qui détient en lui-même les potentialités de la révélation à venir, est doté d'un pouvoir supérieur aux forces combinées de tous ceux qui me suivent. De tous les hommages, affirme-t-il encore, que j'ai rendus à celui qui doit venir après moi, en voici le plus grand : mon aveu écrit qu'aucune de mes paroles ne peut le décrire adéquatement, et qu'aucune référence à lui dans mon livre, le Bayán, ne peut rendre justice à sa cause. Le Bayán, déclare catégoriquement le Báb dans ce même livre, et quiconque y est mentionné, gravite autour de la parole de "celui que Dieu rendra manifeste" de même que l'Álif (l'Évangile), et quiconque y était mentionné, gravitait autour de la parole de Muhammad, l'Apôtre de Dieu. Mille lectures attentives du Bayán, remarque-t-il plus loin, ne peuvent égaler la lecture attentive d'un seul verset qui sera révélé par "celui que Dieu rendra manifeste"... Aujourd'hui, le Bayán est à l'état de semence; au début de la manifestation de "celui que Dieu rendra manifeste", sa perfection finale deviendra apparente... Le Bayán, tout comme ceux qui y croient, se languit de lui avec plus d'ardeur que celle d'aucuns amoureux pour sa bien-aimée... Le Bayán tire toute sa gloire de "celui que Dieu rendra manifeste". Toutes bénédictions soient sur celui qui croit en lui, et malheur à celui qui rejette sa vérité.
S'adressant à Siyyid Yahyáy-i-Dárábí, dit Vahíd, le plus savant, le plus éloquent et le plus influent de ses disciples, le Báb émet cet avertissement : Par la droiture de celui dont le pouvoir fait germer la graine et qui insuffle en toutes choses l'esprit de vie, si je devais être assuré qu'au jour de sa manifestation tu le renierais, je te désavouerais sans hésitation et je répudierais ta foi... Si, d'autre part, on me disait qu'un chrétien qui n'a pas juré fidélité à ma foi croira en lui, celui-là je le considérerais comme la prunelle de mes yeux.
Dans une de ses prières, il communie ainsi avec Bahá'u'lláh : Exalté sois-tu, ô mon Seigneur, l'omnipotent ! Comme ma parole et tout ce qui se rapporte à moi paraissent mesquins et méprisables tant qu'ils ne se rattachent pas à ta grande gloire. Consens que, par l'aide de ta grâce, tout ce qui me concerne puisse être acceptable à ton regard.
Dans le Qayyúmu'l-Asma' - le commentaire du Báb sur la Súrih de Joseph - qui est caractérisé par l'auteur de l'Íqán comme le premier, le plus grand et le plus puissant des livres révélés par le Báb, nous lisons les allusions suivantes à Bahá'u'lláh : Du néant absolu, ô Maître grand et omnipotent, tu m'as tiré par la puissance céleste de ton pouvoir, et tu m'as élevé afin que je proclame cette révélation. En toi seul j'ai placé ma confiance. Je ne me suis attaché à aucune volonté autre que la tienne... Ô toi, vestige de Dieu ! Je me suis entièrement sacrifié pour toi; j'ai accepté des malédictions par amour pour toi et je n'ai ardemment désiré rien d'autre que le martyre dans la voie de ton amour. Il me suffit que Dieu soit mon témoin, l'Exalté, le Protecteur, l'Ancien des jours. Et quand l'heure fixée aura sonné, dit-il, s'adressant encore à Bahá'u'lláh dans le même commentaire, veuille, avec la permission de Dieu, l'infiniment Sage, révéler, des sommets de la très éminente et la très mystique montagne, un reflet ténu, un reflet infinitésimal de ton mystère impénétrable, afin que ceux qui ont reconnu l'éclat radieux de la splendeur sinaïque puissent défaillir et mourir en apercevant un éclair de la lumière ardente et pourpre qui enveloppe ta révélation.
Comme témoignage supplémentaire de la grandeur de la révélation qui s'identifie avec Bahá'u'lláh, on peut encore citer les extraits suivants d'une tablette adressée par 'Abdu'l-Bahá à un éminent adepte zoroastrien de la foi : Tu avais écrit que dans les livres sacrés des disciples de Zoroastre, il est écrit qu'aux derniers jours, au cours de trois dispensations séparées, le soleil doit s'arrêter dans sa course. Dans la première dispensation, il est prédit que le soleil demeurera immobile pendant dix jours; dans la deuxième, qu'il s'arrêtera le double de ce temps; dans la troisième, pas moins d'un mois entier. L'interprétation de cette prophétie est la suivante : la première dispensation à laquelle elle se rapporte est celle de Muhammad, au cours de laquelle le Soleil de Vérité s'arrêta pendant dix jours. Chaque jour compte pour un siècle. La dispensation de Muhammad ne devait, par conséquent, pas durer moins de mille ans, ce qui est précisément la période écoulée depuis le déclin de l'étoile de l'imamat jusqu'à l'avènement de la dispensation proclamée par le Báb. La deuxième dispensation à laquelle cette prophétie fait allusion est celle inaugurée par le Báb lui-même; elle commença en l'année 1260 A.H. et se termina en l'année 1280 A.H. Quant à la troisième dispensation - la révélation proclamée par Bahá'u'lláh -, puisque le Soleil de Vérité, en atteignant cette position, brille dans toute la splendeur de son zénith, sa durée a été fixée à un mois entier, soit le temps maximum que met le soleil à traverser un signe du zodiaque. Ainsi tu peux imaginer la grandeur du cycle bahá'í, un cycle qui doit s'étendre sur une période d'au moins cinq cent mille ans.
À partir du texte de cette interprétation explicite - et qui fait autorité - d'une prophétie si ancienne, on voit clairement à quel point il est nécessaire que chaque adepte fidèle de la foi accepte l'origine divine de la dispensation de Muhammad et soutienne son statut indépendant. La validité de l'imamat est d'ailleurs implicitement reconnue dans ces mêmes passages; cette institution divinement nommée - dont le Báb lui-même était un descendant direct du membre le plus distingué - qui a continué, pendant une période d'au moins deux cent soixante ans, à être le réceptacle choisi de la direction spirituelle du Tout-Puissant et le dépositaire de l'un des deux legs les plus précieux de l'islám.
Cette même prophétie, nous devons en outre le reconnaître, atteste le caractère indépendant de la dispensation bábíe et confirme indirectement la vérité qui dit que, conformément au principe de la révélation progressive, chaque manifestation de Dieu doit nécessairement accorder aux peuples de son temps la direction spirituelle divine dans une mesure plus large que celle qu'une époque antérieure, moins réceptive, aurait pu recevoir ou apprécier. C'est pour cette raison, et non pour quelque mérite supérieur que l'on pourrait attribuer en propre à la foi bahá'íe, que ladite prophétie témoigne de la puissance et de la gloire sans rivales dont la dispensation de Bahá'u'lláh a été investie - une dispensation dont nous commençons seulement à percevoir les potentialités et dont nous ne pourrons jamais déterminer toute la portée.
La foi de Bahá'u'lláh, si nous voulons être fidèles aux formidables implications de son message, devrait en effet être considérée comme le point culminant d'un cycle, comme le stade final d'une série de révélations successives, révélations préliminaires et progressives. Celles-ci, commençant avec Adam et se terminant avec le Báb, ont anticipé, avec une force toujours croissante, l'avènement de ce jour des jours où celui qui est le Promis de tous les âges serait rendu manifeste, et lui ont frayé la voie.
Les paroles de Bahá'u'lláh témoignent abondamment de cette vérité. La seule mention des revendications qu'en un langage véhément, et avec une puissance irrésistible, il avança lui-même à maintes reprises ne peut que démontrer pleinement le caractère de la révélation dont il était le porteur choisi. C'est sur les paroles qui ont coulé de sa plume - la source jaillissante d'une révélation si impétueuse - que nous devrions par conséquent porter notre attention si nous désirons acquérir une compréhension plus claire de son importance et de sa signification. Que ce soit dans son affirmation de la revendication sans précédent qu'il a avancée ou dans ses allusions aux forces mystérieuses qu'il a libérées, dans certains passages de ses Écrits qui exaltent les gloires de son jour longtemps attendu ou qui magnifient le rang qu'atteindront ceux qui ont reconnu ses vertus latentes, Bahá'u'lláh et, à un degré presque égal, le Báb et 'Abdu'l-Bahá ont légué à la postérité des mines de richesses tellement inestimables qu'aucun d'entre nous qui appartenons à cette génération ne peut les estimer à leur juste valeur. Les témoignages portant sur ce thème sont imprégnés d'un pouvoir et révèlent une beauté que ceux-là seuls qui sont versés dans les langues dans lesquelles ces textes ont été révélés à l'origine peuvent prétendre apprécier convenablement. Ces témoignages sont si nombreux qu'il faudrait écrire tout un volume afin de recueillir les plus éminents d'entre eux. Tout ce que je puis m'enhardir à tenter à présent, c'est de partager avec vous seulement certains extraits que j'ai pu glaner dans ces volumineux Écrits.
Je témoigne devant Dieu, proclame Bahá'u'lláh, de la grandeur, de l'inconcevable grandeur de cette révélation. Maintes et maintes fois, dans la plupart de nos tablettes, Nous avons témoigné de cette vérité : l'humanité peut être tirée de son insouciance. Dans cette révélation suprême, annonce-t-il sans équivoque, toutes les dispensations du passé ont atteint l'apogée de leur accomplissement ultime. Ce qui a été rendu manifeste dans cette révélation prééminente - cette révélation très exaltée - n'a pas d'équivalent dans les annales du passé, et les âges futurs n'en verront pas de pareille. Faisant référence à lui-même, il proclame de plus : C'est lui qui, dans l'Ancien Testament, fut nommé Jéhovah, qui, dans les Évangiles, fut désigné comme l'Esprit de Vérité, et qui, dans le Qur'án, fut acclamé comme la Grande Nouvelle. Si ce n'était pour lui, aucun messager divin n'aurait été revêtu de la robe de prophète et aucune écriture sacrée n'aurait été révélée. Toutes choses créées en témoignent. La parole que prononce en ce jour le seul vrai Dieu, bien que cette parole puisse être la plus familière et la plus ordinaire, est investie d'une suprême et unique distinction. La grande masse de l'humanité est encore immature. Aurait-elle acquis une capacité suffisante que Nous lui aurions accordé Notre savoir en une mesure si grande que tous ceux qui demeurent sur la terre et au ciel se seraient trouvés, en vertu de la grâce qui coule de Notre plume, entièrement indépendants de toutes connaissances hormis celle de Dieu, et auraient été établis fermement sur le trône de la tranquillité perpétuelle. J'affirme solennellement devant Dieu que, sur mon front immaculé, la plume de sainteté a inscrit en caractères de gloire éclatante ces mots ardents, ces mots saints au parfum de musc : "Voyez, vous qui demeurez ici-bas, et vous les habitants du ciel, soyez témoins qu'il est, en vérité, votre Bien-Aimé. Il est celui dont le monde de la création n'a pas vu le semblable, celui dont la beauté fascinante a charmé l'œil de Dieu, l'Ordonnateur, le Tout-Puissant, l'Incomparable !"
S'adressant à toute la chrétienté, Bahá'u'lláh s'écrie : Adeptes de l'Évangile, voyez ! Voici que les portes du paradis se sont brusquement ouvertes. Celui qui y était monté est à présent revenu. Écoutez sa voix dont l'appel puissant retentit sur les terres et les mers, annonçant à l'humanité entière l'avènement de cette révélation, une révélation par laquelle la Langue de majesté proclame à présent : "Voyez ! L'engagement sacré a été rempli, car lui, le Promis, est venu !" De la vallée sacrée, la voix du Fils de l'homme crie : "Me voici, me voici, ô Dieu, mon Dieu !"... tandis que du buisson ardent s'élève le cri : "Voyez, le Désir du monde s'est manifesté dans sa gloire transcendante !" Le Père est venu. Ce qui vous avait été promis dans le royaume de Dieu est accompli. Ceci est la parole que le Fils voila quand il dit à ceux qui l'entouraient qu'à ce moment-là ils ne pourraient la supporter... En vérité, l'Esprit de Vérité est venu pour vous introduire dans la vérité tout entière... Il est celui qui glorifia le Fils et exalta sa cause... Le Consolateur dont l'avènement a été promis par tous les Écrits est à présent venu pour qu'il puisse vous révéler toute connaissance et toute sagesse. Cherchez-le sur toute la surface de la terre, peut-être pourrez-vous le trouver.
Appelle Sion, ô Carmel, écrit Bahá'u'lláh, et annonce la bonne nouvelle : "Celui qui était caché aux yeux des mortels est venu ! Sa souveraineté toute victorieuse est manifeste, sa splendeur toute enveloppante est révélée... Hâte-toi et fais le tour de la cité de Dieu qui est descendue du ciel, la céleste Kaaba qu'ont entourée en adoration les élus de Dieu, les coeurs purs et l'assemblée des anges les plus hauts." Je suis, affirme-t-il d'autre part, celui que la langue d'Isaïe a exalté, celui dont le nom fut l'ornement tant de la Torah que de l'Évangile. La gloire du Sinaï s'est hâtée pour faire cercle autour du point d'aurore de cette révélation, tandis que des sommets du royaume on entend la voix du Fils de Dieu qui proclame : "Agissez, ô hommes fiers de la terre, et hâtez-vous vers lui." Le Carmel, en ce jour, s'est empressé en une ardente adoration d'accéder à sa cour, tandis que du coeur de Sion part le cri : "La promesse de tous les âges est maintenant accomplie. Ce qui avait été annoncé dans les saintes Écritures de Dieu, le Bien-Aimé, le Très-Haut, est rendu manifeste !" Le hijáz est éveillé par la brise annonciatrice de la nouvelle de la joyeuse réunion. "Louange à toi, l'entendons-nous s'exclamer, ô mon Seigneur, le Très-Haut. J'étais mort à cause de ma séparation d'avec toi; la brise chargée du parfum de ta présence m'a rendu à la vie. Heureux celui qui se tourne vers toi, et malheur à l'égaré !" Par le seul vrai Dieu, Élie est accouru à ma cour et a gravité nuit et jour autour de mon trône de gloire. Salomon, dans toute sa majesté, tourne autour de moi en adoration en ce jour, prononçant ces paroles très exaltées : "J'ai tourné mon visage vers le tien, ô toi, omnipotent Souverain du monde ! Je suis totalement détaché de toutes les choses qui m'appartiennent, et n'aspire qu'à ce que toi tu possèdes." Si Muhammad, l'Apôtre de Dieu, avait atteint ce jour, écrit Bahá'u'lláh dans une tablette révélée à la veille de son exil à la colonie pénitentiaire d''Akká, il se serait exclamé : "Je te reconnais en vérité, ô toi le Désir des messagers divins !" Si Abraham l'avait atteint, lui aussi se serait prosterné sur le sol et, avec une humilité extrême devant le Seigneur ton Dieu, se serait écrié : "La paix remplit mon coeur, ô toi, Seigneur de tout ce qui est au ciel et sur la terre ! J'atteste que tu as dévoilé à mes yeux toute la gloire de ta puissance et la pleine majesté de ta loi !"... Si Moïse lui-même avait atteint ce jour, il aurait de même élevé la voix pour dire : "Loué sois-tu pour avoir levé sur moi la lumière de ton visage, et m'avoir enrôlé parmi ceux qui ont eu le privilège de contempler ta face !" Le Nord comme le Sud vibrent à l'appel qui annonce l'avènement de notre révélation. Nous pouvons entendre la voix de La Mecque qui acclame : "Louange à toi, ô Seigneur mon Dieu, le Très-Glorieux, pour avoir porté vers moi le souffle odorant du parfum de ta présence !" Jérusalem, de même, s'écrie : "Loué et magnifié sois-tu, ô Bien-Aimé de la terre et du ciel, pour avoir transformé l'agonie de ma séparation d'avec toi en la joie d'une vivifiante réunion !"
Par la justice de Dieu, affirme Bahá'u'lláh, désirant révéler la pleine puissance de son pouvoir invincible, si un homme, seul, se lève au nom de Bahá et revêt l'armure de son amour, le Tout-Puissant lui donnera la victoire, même si les forces de la terre et du ciel se sont déployées contre lui. Par Dieu, à côté de qui il n'est point d'autre Dieu ! Si un homme se lève pour le triomphe de notre cause, Dieu le rendra victorieux des dizaines de milliers d'ennemis, fussent-ils ligués contre lui. Et si son amour pour moi devient plus fort, Dieu établira son ascendant sur toutes les puissances de la terre et du ciel. Ainsi avons-Nous insufflé l'esprit de puissance en tous lieux.
Bahá'u'lláh exalte en ces termes l'âge qui a été témoin de l'avènement de sa révélation : Voici le roi des jours, le jour qui a vu la venue du Bien-Aimé, de celui qui, de toute éternité, a été proclamé le Désir du monde. Le monde de l'existence brille en ce jour de la splendeur de cette divine révélation. Toutes choses créées exaltent sa grâce salvatrice et chantent ses louanges. L'univers est plongé dans une extase de joie et de félicité. Les Écrits des dispensations passées célèbrent le grand jubilé qui doit nécessairement saluer ce très grand jour de Dieu. Heureux celui qui a vécu pour voir ce jour et qui a reconnu son rang. Si l'humanité prêtait attention, comme il sied, à un mot seulement d'une telle louange, elle serait comblée de délices jusqu'à en être subjuguée et éperdue d'émerveillement. Extasiée, elle brillerait alors, resplendissante, au-dessus de l'horizon de la vraie compréhension.
Soyez justes, ô peuples du monde; Bahá'u'lláh en appelle ainsi à l'humanité, est-il convenable et bienséant de votre part de discuter l'autorité d'un être dont "celui qui conversa avec Dieu" (Moïse) a brûlé d'être admis en la présence; un être dont "le bien-aimé de Dieu" (Muhammad) a eu soif de contempler la beauté de la face; un être grâce auquel, par la puissance de son amour, "l'Esprit de Dieu" (Jésus) est monté au ciel; pour l'amour de qui "le Premier Point" (le Báb) a offert sa vie ? Saisissez l'occasion, exhorte-t-il ses disciples, car, en ce jour, un seul instant fugitif surpasse des siècles d'un âge écoulé... Ni le soleil ni la lune n'ont assisté à un jour tel que celui-ci... Il est évident que chaque âge où a vécu une manifestation de Dieu est divinement ordonné et peut, en un sens, être qualifié de jour désigné par Dieu... Cependant, ce jour-ci est unique et doit être distingué de ceux qui l'ont précédé. Le nom de "Sceau des prophètes" en révèle et en démontre pleinement le rang élevé.
S'étendant sur les forces latentes contenues dans sa révélation, Bahá'u'lláh révèle ce qui suit : Par le mouvement de Notre plume de gloire, Nous avons, sur l'ordre de l'omnipotent Ordonnateur, insufflé une vie nouvelle dans chaque être humain et instillé dans chaque mot un pouvoir nouveau. Toutes choses créées proclament les signes de cette régénération mondiale. Ceci, ajoute-t-il, est la plus grande, la plus joyeuse nouvelle apportée à l'humanité par la plume de cet Opprimé. Dans un autre passage, il s'exclame : Qu'elle est grande, la cause ! Qu'il est écrasant, le poids de son message ! Ce jour est celui dont il a été dit : "Ô mon fils, en vérité, Dieu mettra tout en lumière, même s'il ne s'agissait que d'une chose du poids d'un grain de moutarde, et cachée dans un rocher ou dans les cieux ou dans la terre; car Dieu est subtil, informé de tout." Par la justice du seul vrai Dieu ! Si une parcelle d'un joyau est perdue et ensevelie sous une montagne de pierres, et gît cachée au-delà des sept mers, la Main d'omnipotence la révélera assurément en ce jour, pure et lavée de toute souillure. Celui qui s'abreuve aux eaux de ma révélation goûtera à toutes les incorruptibles délices ordonnées par Dieu depuis le commencement qui n'a point de commencement jusqu'à la fin qui n'a point de fin. Chacune des lettres qui tombent de Notre bouche est douée d'un pouvoir régénérateur tel qu'il peut amener à l'existence une nouvelle création, une création dont la grandeur est insondable pour tous hormis Dieu. En vérité, il a connaissance de toutes choses. Il est en notre pouvoir, si tel est notre désir, de donner à un grain de poussière en suspension la capacité d'engendrer, en moins d'un clin d'oeil, des soleils d'une splendeur infinie, inimaginable, de faire qu'une goutte de rosée se déploie en de vastes et innombrables océans, d'infuser dans chaque lettre une force telle qu'elle ait le pouvoir de dévoiler toutes les connaissances des âges passés et à venir. Nous sommes investis d'une puissance qui, amenée à la lumière, transformera le plus mortel des poisons en une panacée d'une efficacité infaillible.
Donnant une appréciation du rang du vrai croyant, Bahá'u'lláh remarque : Par les chagrins qui affligent la beauté du Très-Glorieux ! Le rang prescrit pour le vrai croyant est tel que si une portion de la gloire de ce rang, fût-elle plus petite que le chas d'une aiguille, devait être dévoilée à l'humanité, chacun, à sa vue, serait consumé par le désir ardent de l'atteindre. Pour cette raison, il a été décrété qu'ici-bas, la pleine mesure de la gloire de son propre rang devrait rester cachée aux yeux d'un tel croyant. Si le voile était levé, affirme de même Bahá'u'lláh, si la pleine gloire du rang de ceux qui se sont entièrement tournés vers Dieu, en renonçant au monde par amour pour lui, était rendue manifeste, la création tout entière serait confondue d'étonnement.
Insistant sur le caractère suprême de sa révélation par rapport à la dispensation qui l'a précédée, Bahá'u'lláh affirme ce qui suit : Si tous les peuples du monde étaient investis des pouvoirs et des attributs destinés aux Lettres du Vivant, les disciples choisis du Báb, dont le rang est dix mille fois plus glorieux que celui qu'atteignirent les apôtres de jadis, et s'ils devaient hésiter, tous sans exception, fût-ce le temps d'un battement de paupière, à reconnaître la lumière de ma révélation, leur foi serait sans valeur et ils seraient comptés parmi les infidèles. Si immense est l'effusion de la grâce divine en cette dispensation que, si des mains mortelles pouvaient être assez rapides pour les consigner par écrit en l'espace d'un seul jour et d'une seule nuit, il en jaillirait des versets en si grand nombre qu'ils équivaudraient à la totalité du Bayán persan.
Puis il s'adresse ainsi à ses compatriotes : Ô peuple de Perse ! Prête attention à mon avertissement ! Si je suis tué de tes mains, Dieu assurément suscitera quelqu'un qui prendra la place que ma mort aura laissée vide; car telle est la méthode que Dieu appliqua dans le passé, et tu ne trouveras point de changement dans la manière d'agir de Dieu. Puis encore : S'ils tentaient de voiler sa lumière sur le continent, il relèverait assurément la tête en plein coeur de l'océan et, élevant la voix, proclamerait : "Je suis celui qui donne la vie au monde"... Et s'ils le jetaient dans une sombre fosse, ils le retrouveraient assis sur les plus hautes cimes de la terre, criant à toute l'humanité : "Voyez ! Le Désir du monde est venu dans sa majesté, sa souveraineté, son autorité transcendante !" Et s'il était enterré dans les profondeurs de la terre, son esprit, s'élevant au plus haut du ciel, ferait retentir cet appel : "Voyez l'avènement de la gloire; soyez témoins du royaume de Dieu, le très Saint, le Miséricordieux, le Tout-Puissant !" Et dans une autre déclaration stupéfiante : Dans la gorge de cet adolescent se trouvent emprisonnés des accents qui, révélés à l'humanité en une portion plus petite que le chas d'une aiguille, suffiraient à faire s'écrouler chaque montagne, à décolorer les feuilles des arbres et à faire tomber leurs fruits; chaque tête serait obligée de s'incliner en adoration et chaque visage de se tourner, avec un amour fervent, vers ce Souverain omnipotent qui, à des époques diverses et de manières variées, apparaît sous l'aspect d'une flamme dévorante, d'un océan houleux, d'une lumière radieuse ou encore sous l'apparence de l'arbre qui, enraciné dans le sol de la sainteté, élève ses branches et étend ses rameaux jusqu'au trône de gloire immortelle, et au-delà.
Anticipant le système que la puissance irrésistible de sa loi était destinée à développer dans un âge futur, il écrit : L'équilibre du monde a été bouleversé par la vibrante influence de ce très grand, de ce nouvel ordre mondial. La vie ordonnée de l'humanité a été révolutionnée par l'action de ce système unique, merveilleux, un système tel que des yeux mortels n'en ont jamais vu de semblable. La Main d'omnipotence a établi sa révélation sur un fondement durable, inattaquable. Les assauts violents des luttes humaines sont impuissants à en saper la base, et les théories chimériques des hommes ne réussiront pas à porter atteinte à sa structure.
Dans la Súratu'l-Haykal, l'un des ouvrages les plus provocateurs de Bahá'u'lláh, les versets suivants, dont chacun témoigne de la puissance irrésistible infuse dans la révélation proclamée par son auteur, ont été consignés : On ne voit rien dans mon temple que le temple de Dieu, et dans ma beauté que sa beauté, et dans mon existence que son existence, et dans ma personne que sa personne, et dans mon mouvement que son mouvement, et dans ma soumission que sa soumission, et dans ma plume que sa plume, le Grand, le Très-Loué; il n'y a en mon âme que la vérité et, en moi-même, on ne peut voir que Dieu. L'Esprit saint lui-même a été engendré par l'opération d'une seule lettre révélée par ce très grand Esprit, si vous êtes de ceux qui comprennent... Dans le trésor de Notre sagesse se trouve un savoir non révélé dont un seul mot, si Nous choisissions de le dévoiler à l'humanité, amènerait chaque être humain à reconnaître la manifestation de Dieu et à admettre la vérité de son omniscience, rendrait chacun d'eux capable de découvrir les secrets de toutes les sciences, et lui ferait atteindre un rang si élevé qu'il se trouverait entièrement indépendant de tout savoir, passé et futur. Nous possédons encore d'autres connaissances dont Nous ne pouvons révéler une seule lettre, et Nous n'estimons pas non plus l'humanité capable d'entendre la moindre allusion à leur signification. Ainsi, Nous vous avons informés de la connaissance de Dieu, l'Omniscient, l'infiniment Sage. Le jour approche où Dieu, par un acte émanant de sa volonté, fera surgir une race d'hommes dont la nature est insondable pour tous hormis Dieu, le Tout-Puissant, celui qui subsiste par Lui-même. Bientôt, du sein du pouvoir Il tirera les mains de l'autorité souveraine et de la puissance; des mains qui se lèveront pour remporter la victoire pour cet adolescent, et qui purifieront l'humanité de la corruption des réprouvés et des impies. Ces mains se ceindront les reins pour défendre la foi de Dieu, et elles soumettront, par mon nom, celui qui subsiste par lui-même, le puissant, les peuples et les tribus de la terre. Elles entreront dans les cités et inspireront la crainte au coeur de tous leurs habitants. Telles sont les preuves de la puissance de Dieu; si redoutable, si impétueuse est sa puissance !
Tel est, amis chèrement aimés, le témoignage écrit de Bahá'u'lláh lui-même sur la nature de sa révélation. J'ai déjà fait référence aux affirmations du Báb, dont chacune renforce la puissance de ces déclarations remarquables et en confirment la véracité. Dans ce contexte, il me reste à considérer dans les écrits de 'Abdu'l-Bahá, l'interprète désigné de ces mêmes paroles, les passages qui éclairent davantage et développent diverses particularités de ce thème captivant. Le ton de son discours est à vrai dire aussi intense et son hommage aussi ardent que ceux de Bahá'u'lláh ou du Báb.
Des siècles, et même des âges entiers devront s'écouler, affirme-t-il dans une de ses premières tablettes, avant que le Soleil de Vérité ne luise de nouveau dans sa splendeur estivale ou n'apparaisse une fois encore dans l'éclat radieux de sa gloire printanière... Quelle ne devrait pas être notre reconnaissance d'être en ce jour les bénéficiaires d'une faveur aussi irrésistible ! Puissions-nous avoir dix mille vies, afin de pouvoir les offrir en action de grâce pour un privilège si rare, pour une connaissance si élevée, pour une munificence si inestimable ! La simple contemplation, ajoute-t-il, de la dispensation inaugurée par la Beauté bénie aurait suffi à combler les saints des âges écoulés qui désiraient ardemment participer, pour un instant, à sa gloire immense. Les saints des âges et des siècles passés, tous sans exception, se sont languis, larmes aux yeux, de vivre ne fût-ce qu'un moment le jour de Dieu. Leurs désirs ardents non encore exaucés, ils sont partis pour le grand au-delà. Quelle est donc grande la munificence de la Beauté d'Abhá qui, en ce siècle divinement éclairé, en dépit de notre profonde indignité, a, par sa grâce et sa clémence, insufflé en nous l'esprit de vie, nous a rassemblés sous l'étendard du Bien-Aimé du monde et a choisi de nous accorder un bienfait après lequel les puissants de jadis avaient en vain ardemment soupiré. Les âmes des élus les plus admirables parmi l'assemblée céleste, affirme-t-il également, les saints habitants du plus exalté des paradis sont, en ce jour, pleins du désir brûlant de revenir en ce monde pour pouvoir servir dans les limites de leurs forces le seuil de la Beauté d'Abhá.
Dans un passage qui fait allusion à la croissance et au développement futur de la foi, il déclare : L'éclat de la resplendissante miséricorde de Dieu a enveloppé les peuples et les familles de la terre, et le monde entier est baigné de sa gloire radieuse... Bientôt viendra le jour où la lumière de l'unité divine aura si bien pénétré l'Est et l'Ouest qu'aucun homme n'osera plus l'ignorer. Maintenant, la Main de la puissance divine a posé fermement, dans le monde de l'existence, les bases de cette générosité suprême et de ce don merveilleux. Tout ce qui est en puissance au plus profond de ce cycle sacré va progressivement apparaître et être rendu manifeste, car aujourd'hui n'est que le commencement de sa croissance et l'aurore de la révélation de ses signes. Avant la fin de ce siècle et de cet âge, il sera rendu clair et évident combien merveilleux était ce printemps et combien céleste était ce don.
Pour confirmer le rang élevé du vrai croyant auquel Bahá'u'lláh a fait allusion, il révèle ce qui suit : Le rang qu'atteindra celui qui a réellement reconnu cette révélation est le même que celui qui a été conféré à ceux d'entre les prophètes de la maison d'Israël qui ne sont pas considérés comme des manifestations "douées d'immuabilité".
À propos des manifestations qui sont destinées à suivre la révélation de Bahá'u'lláh, 'Abdu'l-Bahá fait cette déclaration lourde d'importance et définitive : En ce qui concerne les manifestations qui, dans le futur, descendront "à l'ombre des nuages", sachez, en vérité, qu'en ce qui concerne leur relation avec la Source de leur inspiration, elles sont à l'ombre de l'Ancienne Beauté. Cependant, par rapport à l'époque où elles apparaissent, chacune d'elles "fait ce qu'Il veut".
S'adressant, dans une de ses tablettes, à un homme dont l'autorité et la position sont reconnues, 'Abdu'l-Bahá dit ceci : Ô mon ami, le feu immortel que le Seigneur du royaume a allumé au sein de l'arbre sacré brûle avec force au coeur même du monde. La conflagration qu'il provoquera enveloppera la terre entière. Ses flammes ardentes éclaireront ses peuples et ses tribus. Tous les signes ont été révélés; chaque allusion prophétique a été manifestée. Tout ce qui a été enchâssé dans les Écrits saints du passé est devenu évident. Il n'est plus possible de douter ou d'hésiter... Le temps presse. Le divin coursier est impatient, il ne peut plus attendre. Notre devoir est de nous lancer dans la mêlée et, avant qu'il ne soit trop tard, de gagner la victoire. Et finalement, voici ce passage extrêmement émouvant que, dans un de ses moments d'allégresse, il se sentit poussé à adresser à l'un de ses disciples les plus éminents et les plus dignes de sa confiance, durant les premiers temps de son ministère : Que dirai-je de plus ? Que peut encore conter ma plume ? Si puissant est l'appel qui retentit du royaume d'Abhá que ses vibrations assourdissent presque les oreilles des mortels. Il me semble que toute la création est bouleversée et qu'elle éclate sous l'influence fracassante des appels divins provenant du trône de gloire. Je ne peux en écrire davantage.
Amis chèrement aimés ! Ce qui a été dit est suffisant, et les extraits cités des écrits du Báb, de Bahá'u'lláh et de 'Abdu'l-Bahá sont assez nombreux et variés pour convaincre le lecteur consciencieux de la sublimité de ce cycle unique dans l'histoire religieuse du monde. Jamais nous ne pourrons exagérer l'importance ou surestimer l'influence que ce cycle a exercée et qu'il doit exercer toujours plus, au fur et à mesure du déploiement du grand système qui lui est associé, au sein de la confusion d'une civilisation qui s'effondre.
Un mot d'avertissement à quiconque lit ces pages me semble toutefois souhaitable avant de poursuivre le développement de mon explication. Que personne, méditant sur la nature de la révélation de Bahá'u'lláh à la lumière des passages cités plus haut, ne se méprenne quant à son caractère ou quant à l'intention de son auteur. La divinité attribuée à un être aussi grand et l'incarnation complète des noms et des attributs de Dieu dans une personne si sublime ne devraient en aucun cas être mal comprises ou interprétées faussement. Le temple humain qui a été fait le véhicule d'une révélation si intense doit, si nous restons fidèles aux principes de notre foi, demeurer à jamais entièrement distinct de cet "Esprit le plus secret des esprits" et de l'"éternelle Essence des essences"; ce Dieu invisible mais pourtant rationnel, qui, si fort que nous exaltions la divinité de ses manifestations sur la terre, ne peut en aucune manière incarner, dans la forme concrète et limitée d'un être mortel, son infinie, son inconnaissable Réalité, sa Réalité qui ne se corrompt point et embrasse tout. En effet, à la lumière des enseignements de Bahá'u'lláh, le Dieu qui pourrait ainsi incarner sa propre réalité cesserait immédiatement d'être Dieu. Une théorie de l'incarnation divine à ce point grossière et fantastique est aussi éloignée des principes essentiels de la croyance bahá'íe, et incompatible avec eux, que ne le sont les inadmissibles conceptions panthéistes et anthropomorphiques de Dieu que les paroles de Bahá'u'lláh désavouent tout aussi énergiquement, et dont elles exposent de même le caractère fallacieux.
Lui qui, dans d'innombrables passages, a affirmé que ses paroles étaient la voix de la divinité, l'appel de Dieu Lui-même, affirme solennellement dans le Kitáb-i-Íqán : Pour tous les coeurs éclairés et pleins de discernement, il est évident que Dieu, l'inconnaissable Essence, l'Être divin, s'élève incommensurablement au-delà de tout attribut humain tel que l'existence corporelle, l'ascension et la descente, le progrès et la régression... Il est, et Il a toujours été voilé dans l'antique éternité de son essence, et Il restera dans sa réalité perpétuellement caché à la vue des hommes... Il se tient élevé au-delà et au-dessus de toute séparation et de toute union, de toute proximité et de tout éloignement... "Dieu était seul, il n'y avait nul autre que Lui", est un témoignage certain de cette vérité.
Parlant de Dieu, Bahá'u'lláh explique: De temps immémorial, Lui, l'Être divin, a été voilé dans la sainteté ineffable de son Être exalté, et Il restera à jamais enveloppé dans l'impénétrable mystère de son Essence inconnaissable... Dix mille prophètes, chacun d'eux étant un Moïse, sont foudroyés sur le Sinaï de leur recherche par la voix menaçante de Dieu : "Jamais tu ne me contempleras !" cependant qu'une myriade de messagers, chacun aussi grand que Jésus, restent consternés sur leur trône céleste devant l'interdiction : "Mon essence, tu ne l'appréhenderas jamais !" Qu'elle est déroutante pour moi, insignifiant comme je le suis, affirme Bahá'u'lláh dans sa communion avec Dieu, la tentative de comprendre les profondeurs sacrées de ta connaissance ! Qu'ils sont futiles mes efforts pour me représenter la magnitude de la puissance inhérente à ton oeuvre - la révélation de ta puissance créatrice ! Dans une autre prière encore, révélée de sa propre écriture, il atteste : Ô mon Dieu, quand je contemple la relation qui me lie à toi, je suis poussé à proclamer à toutes choses créées : "En vérité, je suis Dieu !" et quand je considère ma propre personne, voilà que je la trouve plus grossière que l'argile !
La porte de la connaissance de l'Ancien des jours, affirme encore Bahá'u'lláh dans le Kitáb-i-Íqán, se trouvant ainsi fermée à la face de tous les êtres, Lui, la Source de grâce infinie, a fait apparaître, du royaume de l'Esprit, sous la noble forme du temple humain, ces gemmes lumineuses de sainteté, et Il les a manifestées à tous les hommes pour qu'ils puissent communiquer au monde les mystères de l'Être immuable et lui révéler les subtilités de son impérissable Essence... Tous les prophètes de Dieu, ses élus bien-aimés, ses messagers sacrés et choisis sont, sans exception, les porteurs de ses noms et les personnifications de ses attributs... Ces tabernacles de sainteté, ces miroirs primordiaux qui reflètent la lumière de gloire impérissable ne sont que des expressions de celui qui est l'Invisible des invisibles.
Que Bahá'u'lláh, compte non tenu de l'intensité écrasante de sa révélation, doit être considéré essentiellement comme une de ces manifestations de Dieu qu'il ne faut jamais identifier à cette Réalité invisible, l'Essence de la divinité elle-même, c'est là l'une des croyances majeures de notre foi, croyance qui ne devrait jamais être obscurcie, et dont aucun de ses adeptes ne devrait permettre qu'on en compromette l'intégrité.
La révélation bahá'íe, qui prétend être l'apogée d'un cycle prophétique et l'accomplissement de la promesse de tous les âges, ne tente en aucun cas d'infirmer ces principes premiers et éternels qui animent et sous-tendent les religions qui l'ont précédée. L'autorité donnée par Dieu dont fut investie chacune d'elles, elle l'admet et l'établit comme son fondement le plus ferme et le plus essentiel. Elle ne les considère sous aucun autre aspect que comme des phases différentes de l'histoire éternelle et de l'évolution constante d'une seule religion, divine et indivisible, dont la révélation bahá'íe elle-même ne constitue qu'une partie intégrante. Elle ne cherche ni à obscurcir leur origine divine ni à amoindrir la grandeur reconnue de leurs réalisations colossales. Elle ne peut approuver aucune tentative visant à fausser leurs caractéristiques ou à rendre sans valeur les vérités qu'elles instillent. Ses enseignements ne s'écartent pas, fût-ce de l'épaisseur d'un cheveu, des vérités qu'elles enchâssent, et le poids de son message ne diminue pas non plus d'un iota l'influence qu'elles exercent ou la fidélité qu'elles inspirent. Loin de viser au renversement des fondements spirituels des systèmes religieux du monde, son but avoué et inaltérable est d'élargir leurs bases, de reformuler leurs principes fondamentaux, de réconcilier leurs objectifs, de ranimer leur vie, de démontrer leur unité, de restaurer la pureté primitive de leurs enseignements, de coordonner leurs fonctions et d'aider à la réalisation de leurs plus hautes aspirations. Ces religions divinement révélées, ainsi qu'un observateur rigoureux l'a exprimé de façon précise, ne sont pas condamnées à disparaître, mais à renaître... L'enfant ne meurt-il pas dans l'adolescent et celui-ci dans l'homme ? Cependant, ni l'enfant ni l'adolescent ne périssent !
Ceux qui sont les astres de la vérité et les miroirs qui reflètent la lumière de l'unité divine, explique Bahá'u'lláh dans le Kitáb-i-Íqán, quels que soient l'âge et le cycle au cours desquels ils sont envoyés de leurs demeures invisibles de gloire antique ici-bas pour éduquer les âmes des hommes et revêtir de grâce toutes choses créées, sont invariablement dotés d'un pouvoir irrésistible et investis d'une souveraineté invincible... Ces miroirs sanctifiés, ces aurores de la gloire antique sont, tous sans exception, les interprètes sur terre de celui qui est l'Orbe central de l'univers, son Essence et sa Fin dernière. De Lui procèdent leur savoir et leur pouvoir; de Lui découle leur souveraineté. La beauté de leur visage n'est qu'un reflet de son image, et leur révélation un signe de sa gloire immortelle... Par eux est transmise une grâce qui est infinie, et par eux est révélée la lumière qui jamais ne faiblit. La parole humaine ne pourra jamais chanter comme il convient leurs louanges, et le discours humain n'expliquera jamais leur mystère. Il ajoute : Puisque ces oiseaux du trône céleste sont tous envoyés du ciel de la volonté de Dieu, et puisqu'ils se lèvent tous pour proclamer sa foi irrésistible, ils doivent être tous considérés comme une seule âme et comme la même personne... Ils demeurent tous dans le même tabernacle, ils volent dans le même ciel, ils sont assis sur le même trône, prononcent les mêmes paroles et proclament la même foi... Ils ne diffèrent que par l'intensité de leur révélation et la puissance relative de leur lumière... Qu'un certain attribut de Dieu n'ait pas été extérieurement manifesté par ces essences du détachement n'implique nullement que ceux qui sont les aurores des attributs de Dieu et les trésors de ses saints noms ne l'aient pas réellement possédé.
Il faut aussi garder à l'esprit que, si grande que soit la puissance manifestée par cette révélation, et si vaste que puisse être l'étendue de la dispensation qu'a inaugurée son auteur, elle rejette énergiquement toute prétention à être prise pour l'ultime révélation de la volonté et du dessein de Dieu pour l'humanité. Défendre une telle conception de sa nature et de ses fonctions équivaudrait à trahir sa cause et à renier sa vérité. Cela serait forcément en complète contradiction avec le principe fondamental qui constitue l'assise de la croyance bahá'íe, le principe selon lequel la vérité religieuse n'est pas absolue mais relative, et la révélation divine ordonnée, continue et progressive, et non point transitoire ou définitive. En effet, le rejet catégorique, par les adeptes de la foi de Bahá'u'lláh, de toute prétention au caractère définitif que l'un ou l'autre système religieux inauguré par les prophètes du passé pourrait faire valoir, est aussi clair et vigoureux que leur propre refus de revendiquer ce même caractère définitif pour la révélation avec laquelle ils s'identifient. Croire que toute révélation est terminée, que les portes de la miséricorde divine sont closes, que, des aurores de l'éternelle sainteté, aucun soleil ne s'élèvera plus, que l'océan de bonté perpétuelle s'est à jamais apaisé, et que, du tabernacle de la gloire ancienne, les messagers de Dieu ont cessé d'être manifestés, doit constituer, aux yeux de tous les adeptes de la foi, une grave, une inexcusable déviation de l'un de ses principes les plus chers et les plus fondamentaux.
Une mention de quelques-unes des paroles déjà citées de Bahá'u'lláh et de 'Abdu'l-Bahá suffira sûrement à établir, sans laisser l'ombre d'un doute, la vérité de ce principe cardinal. De même, le passage suivant des Paroles cachées ne pourrait-il être interprété comme une allusion allégorique au caractère progressif de la révélation divine et comme une reconnaissance, par son auteur, du fait que le message qui lui a été confié n'est pas l'expression finale et ultime de la volonté et de la direction spirituelle du Tout-Puissant ? Ô fils de la justice ! À la nuit, la beauté de l'Être immortel se rendit des hauteurs émeraude de la fidélité jusqu'au Sadratu'l-Muntahá et versa tant de larmes que l'assemblée suprême et les habitants des royaumes célestes gémirent devant ses lamentations. Sur quoi, on lui demanda la raison des pleurs et des gémissements. Il répondit : Selon l'ordre reçu, j'étais dans l'attente sur la colline de fidélité, mais je n'ai pas humé le parfum de fidélité des habitants de la terre. Alors, invité à revenir, je regardai et vis que quelques colombes de sainteté étaient douloureusement meurtries dans les griffes des chiens de la terre. Sur ce, la céleste houri, dévoilée et resplendissante, se précipita hors de sa demeure mystique et demanda leur nom; tous furent donnés, sauf un. Sur son insistance, la première lettre en fut prononcée, sur quoi les habitants des célestes retraites s'élancèrent hors de leur demeure de gloire. Et tandis que la seconde lettre était dite, tous sans exception tombèrent dans la poussière. À ce moment, une voix se fit entendre du fond du sanctuaire : "Jusque-là et pas plus loin." En vérité, Nous sommes témoin de ce qu'ils ont fait et de ce qu'ils font encore.
En un langage plus explicite, Bahá'u'lláh témoigne de cette vérité dans une de ses tablettes révélées à Andrinople : Sachez, en vérité, que le voile qui cache notre face n'a pas été complètement levé. Nous nous sommes révélé dans une mesure correspondant à la capacité des peuples de notre époque. Si l'Ancienne Beauté était dévoilée dans la plénitude de sa gloire, les yeux des mortels seraient aveuglés par l'intensité éblouissante de sa révélation.
Dans la Súriy-i-Sabr, dont la révélation remonte à l'année 1863, au jour même de son arrivée au jardin de Ridván, il affirme ceci : Dieu a envoyé ses messagers ici-bas pour succéder à Moïse et à Jésus, et Il continuera à faire de même jusqu'à "la fin qui n'a pas de fin" pour que, du ciel de la munificence divine, sa grâce puisse être continuellement accordée à l'humanité.
Je n'appréhende rien pour ma propre personne, déclare Bahá'u'lláh encore plus clairement, mes craintes concernent celui qui vous sera envoyé après moi - celui qui sera investi d'une grande souveraineté et d'une autorité suprêmement puissante. Et il écrit encore dans la Súratu'l-Haykal : Dans ces mots que j'ai révélés, ce n'est pas de moi-même qu'il s'agit, mais plutôt de celui qui viendra après moi. Dieu, l'Omniscient, en est témoin. Et il ajoute : N'agissez pas envers lui comme vous l'avez fait avec moi.
Dans un passage plus circonstancié de ses Écrits, le Báb affirme la même vérité. Il est clair et évident, écrit-il dans le Bayán persan, que l'objet de toutes les dispensations antérieures a été de préparer la voie à l'avènement de Muhammad, l'Apôtre de Dieu. Ces dispensations, y compris celle de Muhammad, ont eu, à leur tour, pour objectif la révélation proclamée par le Qá'im. Le but qui sous-tend cette révélation comme celles qui l'ont précédée a été, de même, d'annoncer l'avènement de la foi de celui que Dieu rendra manifeste. Et cette foi - la foi de celui que Dieu rendra manifeste - à son tour, de concert avec toutes les révélations qui l'ont précédée, a pour objet la Manifestation destinée à lui succéder. Et celle-ci, non moins que toutes les révélations antérieures, prépare la voie à la révélation qui est encore à venir. Le processus du lever et du coucher du Soleil de Vérité continuera de cette façon indéfiniment - un processus qui n'a pas eu de commencement et n'aura pas de fin.
Sachez en toute certitude, explique Bahá'u'lláh à ce propos, que, dans chaque dispensation, la lumière de la révélation divine a été octroyée aux hommes en proportion directe de leur capacité spirituelle. Considérez le soleil. Comme ses rayons sont faibles au moment où il apparaît au-dessus de l'horizon. Comme sa chaleur et sa puissance augmentent progressivement à mesure qu'il se rapproche de son zénith, permettant pendant ce temps-là à toutes choses créées de s'adapter à l'intensité croissante de sa lumière. Comme il décline régulièrement jusqu'à ce qu'il atteigne le point de son coucher. S'il venait à manifester subitement les énergies latentes qu'il renferme, il provoquerait, sans nul doute, des dommages à toutes choses créées... De même, si le Soleil de Vérité devait révéler soudainement, aux premiers temps de sa manifestation, la pleine mesure des pouvoirs que lui a accordés la providence du Tout-Puissant, la terre de la compréhension humaine serait dévastée et consumée; car les coeurs des hommes ne supporteraient pas l'intensité de sa révélation et seraient incapables de refléter l'éclat de sa lumière. Consternés et vaincus, ils cesseraient d'exister.
À la lumière de ces déclarations claires et concluantes, il ne fait pas de doute que notre devoir est de rendre incontestablement évident à tous ceux qui cherchent la vérité le fait que, depuis "le commencement qui n'a pas de commencement", les prophètes du Dieu unique et inconnaissable, y compris Bahá'u'lláh lui-même, du fait même qu'ils sont les voies de la grâce de Dieu, les interprètes de son unité, les miroirs de sa lumière et les révélateurs de son dessein, ont tous été investis de l'autorité d'expliquer à l'humanité une mesure toujours plus grande de sa vérité, de sa volonté insondable et de sa direction divine, et qu'ils continueront, jusqu'à "la fin qui n'a pas de fin", d'octroyer des révélations encore plus amples et plus grandioses de sa gloire et de son pouvoir illimités.
Nous ferions bien de méditer en nos coeurs les passages suivants d'une prière révélée par Bahá'u'lláh qui affirme, d'une manière saisissante, la réalité de la grande et essentielle vérité contenue au coeur même de son message à l'humanité, et qui en constitue une preuve supplémentaire : Loué sois-tu, ô Seigneur mon Dieu, pour les révélations merveilleuses de ton décret impénétrable et pour les épreuves multiples et les malheurs que tu m'as destinés. Tantôt, tu m'as livré aux mains de Nimrod; une autre fois, tu as permis que me persécutât la verge du pharaon. Tu es seul à pouvoir estimer, par ta connaissance qui embrasse toutes choses et par l'action de ta volonté, les afflictions incalculables que j'ai subies en leurs mains. À nouveau tu m'as jeté dans la geôle des impies, sans raison si ce n'est que j'étais poussé à murmurer à l'oreille des habitants, les élus bien-aimés de ton royaume, une allusion à la vision que, par la connaissance de toi, tu m'avais inspirée, et dont tu m'avais révélé la signification par la puissance de ton pouvoir. Et à nouveau tu as décrété que j'aurais la tête tranchée par l'épée de l'infidèle. De nouveau j'ai été crucifié pour avoir dévoilé aux yeux des hommes les joyaux cachés de ta glorieuse unité et pour leur avoir révélé les signes merveilleux de ton pouvoir souverain et éternel. Qu'elles furent amères, en un âge ultérieur, les humiliations accumulées sur ma tête dans la plaine de Karbilá ! Comme je me suis senti seul au milieu de ton peuple ! À quel état d'impuissance fus-je réduit en ces lieux ! Non contents de telles indignités, mes persécuteurs me décapitèrent et, portant haut ma tête de pays en pays, ils la promenèrent devant le regard fixe de la multitude des infidèles, et la déposèrent sur les trônes des pervers et des mécréants. Plus tard, je fus suspendu, et ma poitrine fut offerte en cible aux traits de la cruauté maligne de mes ennemis. Mes membres furent criblés de balles et mon corps déchiré. Enfin, en ce jour, voici que mes ennemis perfides se sont ligués contre moi, et ne cessent de comploter pour instiller le venin de la méchanceté et de la haine dans l'âme de tes serviteurs. De toute leur force, ils intriguent afin de réaliser leurs desseins... Mais pour cruel que soit mon sort, ô Dieu, mon Bien-Aimé, je te rends grâce, et mon esprit est plein de gratitude pour tout ce qui m'est advenu dans le sentier de ton bon plaisir. Je suis parfaitement satisfait de ce que tu as ordonné pour moi, et j'accueille avec joie, quelque désastreuses qu'elles puissent être, les souffrances et les afflictions qu'on me fait endurer.

Le Báb

Amis chèrement aimés ! Que le Báb, initiateur de la dispensation bábíe, soit entièrement apte à être rangé parmi les manifestations de Dieu qui se suffisent à elles-mêmes, qu'il ait été investi d'une autorité et d'un pouvoir souverains, et exerce tous les droits et toutes les prérogatives d'un prophète indépendant, c'est encore une autre vérité fondamentale que le message de Bahá'u'lláh proclame avec insistance et que ses adeptes doivent soutenir sans transiger. Qu'il ne doive pas seulement être considéré comme un précurseur inspiré de la révélation bahá'íe, qu'en sa personne, ainsi qu'il en a lui-même témoigné dans le Bayán persan, ait été réalisé le dessein de tous les prophètes qui le précédèrent, c'est une vérité que j'estime de mon devoir de démontrer et de mettre en valeur. Nous manquerions sûrement à notre devoir envers la foi que nous professons, et nous violerions un de ses principes sacrés et fondamentaux si, par nos paroles ou notre conduite, nous hésitions à reconnaître les implications de ce principe de base de la croyance bahá'íe, ou si nous nous refusions à soutenir sans réserve son intégrité et à démontrer sa vérité. En effet, le motif principal qui m'a poussé à entreprendre la tâche de traduire et d'éditer l'immortelle Chronique de Nabíl a été de rendre chaque adepte de la foi de l'Ouest capable de mieux comprendre et de saisir plus aisément les implications formidables de son rang exalté, et de l'admirer et de l'aimer plus ardemment.
Il est indubitable que la revendication du double rang prescrit pour le Báb par le Tout-Puissant - une revendication que le Báb lui-même a si hardiment avancée, que Bahá'u'lláh a affirmée à plusieurs reprises, et à laquelle le Testament de 'Abdu'l-Bahá a finalement donné la sanction de son témoignage - constitue le trait le plus distinctif de la dispensation bahá'íe. Elle constitue une preuve de plus de son caractère unique, une formidable voie d'accès à la force, au pouvoir mystérieux et à l'autorité dont ce cycle sacré a été investi. En effet, la grandeur du Báb ne réside pas essentiellement dans le fait d'avoir été le précurseur divinement choisi d'une révélation aussi transcendante, mais plutôt en ceci qu'il a été investi des pouvoirs propres à l'initiateur d'une ère religieuse distincte, et qu'il a brandi, à un degré qui n'a pas eu d'égal parmi les messagers venus avant lui, le sceptre du prophète indépendant.
La courte durée de sa dispensation, le champ restreint dans lequel ses lois et ses ordonnances ont opéré ne constituent en aucune manière un critère qui permette de juger de son origine divine et d'évaluer la puissance de son message. Bahá'u'lláh lui-même explique : Qu'un laps de temps si court ait séparé cette très grande et merveilleuse révélation de ma propre manifestation antérieure 1 est un secret qu'aucun homme ne peut expliquer, et un mystère qu'aucune intelligence ne peut pénétrer. Sa durée avait été préordonnée et personne ne pourra jamais en découvrir la raison, du moins tant qu'il n'aura pas pris connaissance du contenu de mon Livre caché. Voyez, explique encore Bahá'u'lláh dans le Kitáb-i-Badí', l'une de ses oeuvres qui réfute les arguments du peuple du Bayán, Voyez comment, aussitôt après le terme de la neuvième année de cette merveilleuse, de cette très sainte et miséricordieuse dispensation, le nombre requis d'âmes pures, entièrement consacrées et sanctifiées avait été très secrètement réalisé.
Les événements merveilleux qui annoncèrent l'avènement du fondateur de la dispensation bábíe, les circonstances dramatiques de sa propre vie mouvementée, la tragédie de son martyre qui fut marqué par l'intervention de la puissance divine, le caractère magique de l'influence qu'il exerça sur les plus éminents et les plus puissants de ses compatriotes, toutes choses dont chaque chapitre de l'émouvante Chronique de Nabíl porte témoignage, devraient être tenues en elles-mêmes pour des preuves suffisantes de la validité de sa revendication d'un rang aussi élevé parmi les prophètes.
Quelque vivantes que soient les annales transmises à la postérité par l'éminent chroniqueur de sa vie, un récit aussi brillant doit pâlir devant l'hommage ardent rendu au Báb par la plume de Bahá'u'lláh. Cet hommage, le Báb lui-même l'a amplement étayé par l'affirmation claire de sa revendication, tandis que les témoignages écrits de 'Abdu'l-Bahá ont grandement renforcé sa nature et clarifié sa signification.
Où, si ce n'est dans le Kitáb-i-Íqán, l'étudiant de la dispensation bábíe peut-il essayer de trouver ces affirmations qui attestent sans erreur possible le pouvoir et l'esprit qu'aucun homme, s'il n'est une manifestation de Dieu, ne peut manifester ? Une telle chose, s'exclame Bahá'u'lláh, pouvait-elle être rendue manifeste si ce n'est par le pouvoir d'une révélation divine et par la puissance de l'invincible volonté de Dieu ? Par la justice de Dieu ! Si quelqu'un concevait dans son coeur une révélation si grande, la seule pensée d'une semblable déclaration le confondrait ! Si les coeurs de tous les hommes se pressaient dans son coeur, il hésiterait encore à s'aventurer dans une entreprise si redoutable. Aucun oeil, affirme-t-il dans un autre passage, n'a contemplé une effusion aussi grande de générosité, et aucune oreille n'a ouï une telle révélation de bonté miséricordieuse... Les prophètes "doués d'immuabilité", dont l'élévation et la gloire brillent comme le soleil, furent tous honorés d'un Livre que tous ont vu, et dont les versets ont été dûment vérifiés. Tandis que les versets tombés en pluie de cette nuée de miséricorde divine ont été si abondants que personne n'a encore été capable d'en estimer le nombre... Comment peuvent-ils déprécier cette révélation ? Quel âge vit jamais événements aussi importants ?
Commentant le caractère et l'influence de ces héros et de ces martyrs que l'esprit du Báb avait si magiquement transfigurés, Bahá'u'lláh révèle ce qui suit : Si ces compagnons ne sont pas les vrais, les persévérants chercheurs de Dieu, qui d'autre pourrait être appelé par ce nom ?... Si ces compagnons, avec tous leurs témoignages merveilleux et leurs oeuvres étonnantes, étaient dans l'erreur, qui donc serait digne de revendiquer pour lui-même la vérité ?... Le monde a-t-il, depuis les jours d'Adam, assisté à un tel bouleversement, à un désordre social aussi violent ?... Il me semble que la patience n'a été révélée qu'en vertu de leur force d'âme, et que la fidélité elle-même n'a été engendrée que par leurs actes.
Désireux de mettre en lumière la sublimité du rang exalté du Báb par rapport à celui des prophètes du passé, Bahá'u'lláh, dans cette même épître, affirme : Il n'est point d'entendement capable de saisir la nature de sa révélation, il n'est point de savoir qui puisse comprendre la pleine mesure de sa foi. Il cite ensuite, pour confirmer son argument, ces paroles prophétiques : La connaissance se compose de vingt-sept lettres. Tout ce qu'ont révélé les prophètes, ce sont deux de ces lettres. Nul homme, à ce jour, n'a connu plus que ces deux lettres. Mais quand surviendra le Qá'im, il suscitera la manifestation des vingt-cinq lettres restantes. Voyez, ajoute-t-il, combien grand et élevé est son rang ! Son rang surpasse celui de tous les prophètes, et sa révélation transcende l'entendement et la compréhension de tous leurs élus. De sa révélation, ajoute-t-il encore, les prophètes de Dieu, ses saints et ses élus n'ont pas été informés ou, se conformant à l'impénétrable décret de Dieu, ils ne l'ont pas dévoilée.
De tous les hommages que la plume infaillible de Bahá'u'lláh a choisi d'offrir à la mémoire du Báb, son "Bien-Aimé", le plus mémorable et le plus touchant est ce passage, court mais éloquent, qui rehausse si grandement la valeur des derniers passages de cette même épître. Au sein de tous ces périls, écrit-il, faisant allusion aux épreuves et aux dangers cruels qui l'assaillaient de tous côtés dans la ville de Baghdád, nous demeurons prêt au sacrifice suprême, entièrement résigné à sa volonté, afin que peut-être, par la grâce et la tendre bonté de Dieu, cette lettre révélée et manifeste (Bahá'u'lláh) puisse offrir sa vie en holocauste dans le chemin du Premier Point, du Verbe le plus exalté (le Báb). Par lui, sur l'ordre de qui l'Esprit a parlé, sans ce désir ardent de notre âme, nous n'aurions pas séjourné un instant de plus dans cette cité.
Amis chèrement aimés ! Un éloge aussi retentissant, une assertion aussi hardie émanant de la plume de Bahá'u'lláh dans un ouvrage d'une telle importance trouvent pleinement leur écho dans le langage que la source de la révélation bábíe a choisi pour habiller les revendications qu'il a lui-même avancées : Je suis le Temple Mystique, c'est ainsi que le Báb proclame son rang dans le Qayyúmu'l-Asmá', que la Main de la Toute-Puissance a élevé. Je suis la lampe que le Doigt de Dieu a allumée dans sa niche et a fait briller d'une splendeur immortelle. Je suis la flamme de cette lumière céleste qui brillait sur le Sinaï à l'endroit bienheureux et qui demeurait cachée au sein du buisson ardent. Ô Qurratu'l-'Ayn ! s'écrie-t-il s'adressant à sa propre personne dans le même commentaire, je ne reconnais en toi nul autre que la "Grande Nouvelle", la Nouvelle annoncée par l'assemblée céleste. Sous ce nom, j'en porte témoignage, ceux qui entourent le trône de gloire t'ont connu de toute éternité. Et il ajoute : Avec chacun des prophètes que, dans le passé, Nous avons envoyés ici-bas, Nous avons établi une alliance distincte concernant le "Souvenir de Dieu" et son jour. Grâce au pouvoir de la vérité, le "Souvenir de Dieu" et son jour sont manifestes dans le royaume de gloire devant les yeux des anges qui gravitent autour de son trône de miséricorde. Si tel était Notre désir, affirme-t-il encore, il serait en Notre pouvoir, par l'action d'une seule lettre de Notre révélation, d'obliger le monde et tout ce qu'il renferme à reconnaître, en moins d'un battement de paupière, la vérité de Notre cause.
De la prison forteresse de Máh-Kú, le Báb s'adresse à Muhammad Sháh en ces termes : Je suis le Premier Point à partir de qui ont été engendrées toutes choses créées... Je suis la face de Dieu dont la splendeur ne peut jamais être ternie, la lumière de Dieu dont l'éclat ne peut jamais faiblir... Toutes les clefs du paradis, Dieu a choisi de les placer dans ma main droite, et toutes celles de l'enfer dans ma main gauche... Je suis un des piliers qui soutiennent le Verbe originel de Dieu. Quiconque m'a reconnu a connu tout ce qui est vrai et juste, et a atteint tout ce qui est bon et droit... La substance avec laquelle Dieu m'a créé n'est pas l'argile avec laquelle les autres ont été façonnés. Il m'a accordé ce que les sages de ce monde ne peuvent jamais comprendre ni les fidèles découvrir. Afin de souligner les potentialités latentes illimitées de sa dispensation, le Báb affirme d'une manière caractéristique : Si une minuscule fourmi désire en ce jour être en possession d'un pouvoir tel qu'il la rende capable d'élucider les passages les plus obscurs et les plus déconcertants du Qur'án, son désir sera assurément exaucé, puisque le mystère de la puissance éternelle vibre au plus profond de toutes choses créées. 'Abdu'l-Bahá commente ainsi cette affirmation saisissante : Si une créature si faible peut être douée d'une capacité si subtile, combien plus efficace doit être la force libérée par les effusions généreuses de la grâce de Bahá'u'lláh !
À ces assertions qui font autorité, à ces déclarations solennelles faites par Bahá'u'lláh et le Báb doit s'ajouter le propre témoignage irréfutable de 'Abdu'l-Bahá. Lui, l'interprète désigné des paroles de Bahá'u'lláh et du Báb, corrobore, non point par allusions mais en langage clair et catégorique, tant dans ses tablettes que dans son testament, la véracité des assertions que j'ai déjà mentionnées.
Dans une tablette adressée à un bahá'í du Mázindarán, dans laquelle il dévoile la signification d'une déclaration mal interprétée qui lui a été attribuée, au sujet du lever du Soleil de Vérité en ce siècle, il exprime, en termes brefs mais concluants, ce qui devrait demeurer à jamais notre juste conception de la relation existant entre les deux manifestations associées à la dispensation bahá'íe. En faisant une telle déclaration, explique-t-il, je ne pensais à personne d'autre qu'au Báb et à Bahá'u'lláh, mon intention était de rendre clair le caractère de leur révélation. Celle du Báb peut être comparée au soleil lorsque sa position correspond au premier signe du zodiaque (le signe du Bélier) dans lequel le soleil pénètre à l'équinoxe de printemps. Le rang de la révélation de Bahá'u'lláh, d'autre part, est représenté par le signe du Lion, la position la plus élevée du soleil au solstice d'été. Ceci signifie que cette sainte dispensation est illuminée par l'éclat du Soleil de Vérité qui brille en son point culminant, et dans la plénitude de sa splendeur, de sa chaleur et de sa gloire.
Dans une autre tablette, 'Abdu'l-Bahá affirme plus précisément : Le Báb, l'exalté, est le matin de vérité, la splendeur dont la lumière brille à travers toutes les régions. Il est aussi l'annonciateur de la plus grande Lumière, l'astre d'Abhá. La Beauté bénie est celui qui a été promis par les livres sacrés du passé, la révélation de la source de lumière qui brillait sur le mont Sinaï, dont le feu flamboyait au sein du buisson ardent. Nous sommes, tous sans exception, les serviteurs de leur seuil, et chacun de nous se tient tel un humble gardien à leur porte. Encore plus énergique est l'avertissement suivant : Toute preuve et toute prophétie, toute forme d'évidence, fondées tant sur la raison que sur les textes des Écritures et des traditions, doivent être considérées comme aboutissant aux personnes de Bahá'u'lláh et du Báb. C'est en elles que l'on doit trouver leur accomplissement intégral.
Et finalement, dans son testament, le réceptacle de ses derniers voeux et des instructions qu'il laissa derrière lui dans le passage suivant, dont l'objet spécifique est d'énoncer les principes directeurs de la croyance bahá'íe, 'Abdu'l-Bahá appose le sceau de son témoignage sur le rang double et exalté du Báb : Le fondement de la croyance du peuple de Bahá - puisse ma vie lui être offerte en sacrifice ! - est celui-ci : Sa Sainteté l'Exalté (le Báb) est la manifestation de l'unité et de l'unicité de Dieu, et le précurseur de l'Ancienne Beauté (Bahá'u'lláh). Sa Sainteté la Beauté d'Abhá (Bahá'u'lláh) - puisse ma vie être offerte en sacrifice à ses amis fidèles ! - est la suprême manifestation de Dieu et l'aurore de son Essence la plus divine. Tous les autres, ajoute-t-il significativement, sont ses serviteurs et obéissent à son commandement.

'Abdu'l-Bahá

Amis chèrement aimés ! Dans les pages qui précèdent, je me suis hasardé à essayer de commenter certaines vérités, dont je crois fermement qu'elles sont implicitement contenues dans la revendication de celui qui est la source de la révélation bahá'íe. J'ai tenté, en outre, de dissiper les malentendus qui peuvent naturellement naître dans l'esprit de quiconque médite sur une manifestation aussi surhumaine de la gloire de Dieu. Je me suis efforcé d'expliquer la signification de la divinité dont celui qui est le véhicule d'une énergie si mystérieuse est nécessairement investi. Que le message qu'un être aussi grand a, en cet âge, été chargé par Dieu de transmettre à l'humanité reconnaisse l'origine divine et soutienne les principes essentiels de chaque dispensation inaugurée par les prophètes du passé, et demeure inextricablement lié à chacune d'elles, j'ai aussi tenté de le démontrer de mon mieux. Que l'auteur d'une telle foi, qui rejette la revendication d'une révélation définitive que les chefs spirituels de diverses confessions ont soutenue, ait, malgré l'immensité de sa révélation, désavoué ce caractère pour lui-même, j'ai également ressenti la nécessité d'en faire la preuve et d'y insister. Que le Báb, en dépit de la durée de sa dispensation, ne doive pas être considéré d'abord comme le précurseur choisi de la foi bahá'íe, mais comme celui qui a été investi de l'autorité sans partage qu'a assumée chacun des prophètes indépendants du passé, cela m'a semblé être encore un autre principe fondamental dont l'éclaircissement est extrêmement souhaitable au stade actuel de l'évolution de notre cause.
Une tâche dont je ressens vivement la nécessité à l'heure actuelle est celle de clarifier nos pensées quant au rang occupé par 'Abdu'l-Bahá et à l'importance de sa position dans cette sainte dispensation. En effet, il nous serait difficile - à nous qui sommes aussi près d'une figure si formidable et qui sommes attirés par le pouvoir mystérieux de cette personnalité si magnétique - d'arriver à une compréhension claire et exacte du rôle et du caractère d'un être qui, non seulement dans la dispensation de Bahá'u'lláh, mais aussi dans tout le champ de l'histoire religieuse, remplit une fonction unique. Bien qu'il évolue dans une sphère qui lui est propre, et bien qu'il occupe un rang radicalement différent de ceux de l'auteur et du précurseur de la révélation bahá'íe, il forme avec eux, en vertu du rang qui a été ordonné pour lui par l'alliance de Bahá'u'lláh, ce qu'on peut appeler les trois figures centrales d'une foi qui demeure sans pareille dans l'histoire spirituelle du monde. De concert avec eux, il domine les destinées de cette foi de Dieu encore dans l'enfance, et se tient à une hauteur qu'aucun individu ou aucun corps constitué appelé après lui à pourvoir aux besoins de la foi ne pourra jamais espérer atteindre, avant qu'au moins un millénaire entier ne soit révolu. Rabaisser son rang éminent, en l'assimilant ou en le considérant comme approximativement équivalent à la position de ceux sur lesquels s'est posé le manteau de son autorité, serait un acte d'impiété aussi grave que la croyance également hérétique qui tend à l'élever à un rang d'égalité absolue avec la figure centrale ou avec le précurseur de notre foi. Car, pour immense que soit l'abîme qui sépare 'Abdu'l-Bahá de celui qui est la source d'une révélation indépendante, il est sans commune mesure avec la distance encore plus grande entre celui qui est le Centre de l'alliance et ses serviteurs chargés de poursuivre son oeuvre, quels que soient leur nom, leur rang, leurs fonctions ou leurs accomplissements futurs. Que ceux qui ont connu 'Abdu'l-Bahá et qui, par le contact avec sa personnalité magnétique, en sont arrivés à nourrir pour lui une si fervente admiration, méditent, à la lumière de cette affirmation, sur la grandeur d'un être dont le rang est tellement plus élevé que le sien.
Que 'Abdu'l-Bahá ne soit pas une manifestation de Dieu; que, bien qu'il soit le successeur de son père, il n'occupe point un rang analogue; que personne d'autre, hormis le Báb et Bahá'u'lláh, ne puisse jamais prétendre à un tel rang avant l'expiration d'un millénaire entier, ce sont des vérités enchâssées tant dans les propos explicites du fondateur de notre foi que dans ceux de l'interprète de ses enseignements.
Le Kitáb-i-Aqdas contient cet avertissement formel: Quiconque prétend à une révélation directe de Dieu avant l'expiration de mille ans révolus est assurément un imposteur et un menteur. Nous prions Dieu, par sa grâce, de l'aider à se rétracter et à désavouer pareille prétention. S'il se repent, Dieu lui pardonnera sans nul doute. Si, toutefois, il persiste dans son erreur, Dieu enverra certainement ici-bas quelqu'un qui le traitera sans pitié. Terrible, en effet, est Dieu dans son châtiment ! Quiconque, ajoute-t-il pour souligner plus amplement son avertissement, interprète ce verset autrement que selon sa signification évidente, est privé de l'Esprit de Dieu et de sa miséricorde qui embrasse toutes choses créées. Une autre affirmation décisive précise que : Si un homme devait apparaître avant un laps de temps de mille ans entiers (chaque année se composant de douze mois selon le Qur'án, et de dix-neuf mois chacun de dix-neuf jours d'après le Bayán) et si un tel homme révélait à vos yeux tous les signes de Dieu, rejetez-le sans hésitation !
Les propres déclarations de 'Abdu'l-Bahá, confirmant cet avertissement, ne sont pas moins énergiques et contraignantes : Ceci, proclame-t-il, est ma ferme, mon inébranlable conviction, l'essence de ma croyance déclarée et explicite - une conviction et une croyance que les habitants du royaume d'Abhá partagent entièrement : la Beauté bénie est le Soleil de Vérité, et sa lumière, la lumière de vérité. Le Báb est également le Soleil de Vérité, et sa lumière, la lumière de vérité... Mon rang est le rang de la servitude, une servitude qui est complète, pure et réelle, fermement établie, durable, évidente, explicitement révélée et non sujette à quelque interprétation que ce soit... Je suis l'interprète de la parole de Dieu; telle est mon interprétation.
Dans son propre testament, 'Abdu'l-Bahá n'a-t-il pas - d'un ton et en un langage qui pourraient bien confondre les plus invétérés des briseurs de l'alliance de son père - dépouillé de leur arme principale ceux qui, pendant si longtemps et avec tant de persistance, se sont efforcés de lui imputer l'inculpation d'avoir tacitement revendiqué un rang égal, sinon supérieur, à celui de Bahá'u'lláh ? Le fondement de la croyance du peuple de Bahá est celui-ci, proclame ainsi l'un des passages les plus importants de ce dernier document qui fut laissé afin d'exprimer pour l'éternité les directives et les désirs d'un Maître défunt, Sa Sainteté l'Exalté (le Báb) est la manifestation de l'unité et de l'unicité de Dieu, et le précurseur de l'Ancienne Beauté (Bahá'u'lláh). Sa Sainteté, la Beauté d'Abhá (Bahá'u'lláh) - puisse ma vie être offerte en sacrifice à ses amis fidèles ! - est la suprême manifestation de Dieu et l'aurore de son Essence la plus divine. Tous les autres sont ses serviteurs et obéissent à son commandement.
À partir d'affirmations aussi claires et formellement proclamées, qui ne sont conciliables avec aucune revendication du rang de prophète, nous ne devrions nullement inférer que 'Abdu'l-Bahá n'est qu'un des serviteurs de la Beauté bénie ou, tout au plus, quelqu'un dont la fonction se limite à celle d'un interprète autorisé des enseignements de son père. Loin de moi d'envisager une telle idée ou de vouloir instiller de tels sentiments ! Le considérer sous ce jour est une trahison manifeste de l'héritage inestimable que Bahá'u'lláh a légué à l'humanité. Incommensurablement élevé est le rang que la Plume suprême, au-delà des implications des déclarations écrites de 'Abdu'l-Bahá lui-même, lui a conféré. Que ce soit dans le Kitáb-i-Aqdas, la plus importante et la plus sacrée de toutes les oeuvres de Bahá'u'lláh, ou dans le Kitáb-i-'Ahd, le livre de son alliance, ou dans la Súriy-i-Ghusn (la Tablette de la Branche), les références qui ont été consignées par la plume de Bahá'u'lláh - des références que les tablettes que lui a adressées son père renforcent grandement - investissent 'Abdu'l-Bahá d'un pouvoir et l'entourent d'une auréole de gloire que la génération actuelle ne pourra jamais apprécier de manière adéquate.
Il est, et devrait être considéré à jamais, en tout premier lieu, comme le centre et le pivot de l'incomparable alliance universelle de Bahá'u'lláh, comme son oeuvre la plus exaltée, le miroir immaculé de sa lumière, l'exemple parfait de ses enseignements, l'interprète infaillible de sa parole, la personnification de chaque idéal bahá'í, l'incarnation de toute vertu bahá'íe, la plus Grande Branche issue de l'Antique Racine, le rameau de la loi de Dieu, l'être autour duquel gravitent tous les noms, la cause principale de l'unité de l'humanité, le symbole de la très grande paix, la lune de l'orbe central de cette très sainte dispensation; titres et noms qui sont implicites, et trouvent leur expression la plus juste, la plus élevée et la plus parfaite dans le nom magique de 'Abdu'l-Bahá. Il est, par-delà ces appellations, le mystère de Dieu; une expression choisie par Bahá'u'lláh lui-même pour le désigner et qui, alors qu'elle ne justifie en aucune manière que nous lui assignions le rang de prophète, nous indique comment, en la personne de 'Abdu'l-Bahá, les caractéristiques incompatibles d'une nature humaine et d'une connaissance et d'une perfection suprahumaines ont été fondues et sont en complète harmonie.
Quand l'océan de ma présence aura reflué et que le livre de ma révélation sera achevé, proclame le Kitáb-i-Aqdas, tournez vos visages vers celui qui est le dessein de Dieu, celui qui est la Branche issue de cette Antique Racine. Et encore : Quand la colombe mystique, de son sanctuaire de louange, aura pris son envol pour atteindre son but lointain, sa demeure cachée, soumettez tout ce que vous ne comprenez pas dans le Livre à celui qui est la Branche issue de cette puissante souche.
En outre, dans le Kitáb-i-'Ahd, Bahá'u'lláh déclare solennellement et explicitement : Il incombe aux Aghsán, aux Afnán et à ma parenté de tourner, tous sans exception, leur visage vers la plus Grande Branche. Considérez ce que nous avons révélé dans notre livre le plus sacré : "Quand l'océan de ma présence aura reflué et que le livre de ma révélation sera achevé, tournez vos visages vers celui qui est le dessein de Dieu, celui qui est la Branche issue de cette Antique Racine." L'objet de ce verset sacré n'est autre que la plus Grande Branche ('Abdu'l-Bahá). Ainsi, Nous vous avons miséricordieusement révélé notre puissante volonté, et je suis, en vérité, le Miséricordieux, l'Omnipotent.
Dans la Súriy-i-Ghusn (la Tablette de la Branche) sont consignés les versets suivants : Du Sadratu'l-Muntahá est issu cet être sacré et glorieux, cette Branche de sainteté; heureux celui qui a cherché son refuge et qui est demeuré sous son ombre. En vérité, la Branche de la loi de Dieu a jailli de cette Racine que Dieu a fermement plantée dans le sol de sa volonté et dont la Branche a été élevée si haut qu'elle embrasse toute la création. Magnifié soit-il donc pour cette oeuvre sublime et bénie, pour cette oeuvre puissante et exaltée !... Une parole est sortie, en signe de Notre grâce, de la plus grande tablette; une parole que Dieu a ornée de la parure de sa propre personne, et qu'Il a rendue souveraine sur la terre et sur tout ce qu'elle renferme, et dont Il a fait un signe de sa puissance et de sa grandeur parmi les peuples... Rendez grâce à Dieu, ô peuples, pour son apparition; car, en vérité, il est pour vous la plus haute faveur, le don le plus parfait et, par lui, chaque os qui tombe en poussière est ranimé. Quiconque se tourne vers lui s'est tourné vers Dieu, et quiconque se détourne de lui s'est détourné de ma beauté, a rejeté ma preuve et a péché contre moi. Il est le dépôt de Dieu au milieu de vous, son gage parmi vous, il est sa manifestation pour vous et son apparition parmi ses serviteurs élus... Nous l'avons envoyé ici-bas sous la forme d'un temple humain. Béni et sanctifié soit Dieu, qui crée toutes choses selon son gré par son inviolable, son infaillible décret. Ceux qui se privent de l'ombre de la Branche sont perdus dans le désert de l'erreur, consumés par l'ardeur des désirs terrestres, et ils comptent parmi ceux qui, assurément, périront.
Ô toi qui es la prunelle de mes yeux ! écrit Bahá'u'lláh de sa propre main, s'adressant à 'Abdu'l-Bahá, Ma gloire, l'océan de ma bonté, le soleil de ma générosité, le ciel de ma miséricorde reposent sur toi. Nous prions Dieu d'illuminer le monde à travers ta connaissance et ta sagesse, nous le prions d'ordonner pour toi ce qui réjouira ton coeur et apportera la consolation à tes yeux. Que la gloire de Dieu soit sur toi, écrit-il dans une autre tablette, et sur quiconque te sert et gravite autour de toi. Malheur, grand malheur à qui s'oppose à toi et te fait du tort ! Heureux celui qui te jure fidélité; que le feu de l'enfer tourmente celui qui est ton ennemi. Nous avons fait de toi un refuge pour toute l'humanité, affirme-t-il dans une autre tablette, un bouclier pour tous ceux qui sont au ciel et sur la terre, une forteresse pour quiconque a cru en Dieu, l'Incomparable, l'Omniscient. Dieu veuille que, à travers toi, Il puisse les protéger, les enrichir et les soutenir, et qu'Il puisse t'inspirer ce qui sera une source de richesse pour toutes choses créées, un océan de bonté pour tous les hommes, et l'aurore de miséricorde pour tous les peuples.
Tu sais, ô mon Dieu ! supplie Bahá'u'lláh dans une prière révélée en l'honneur de 'Abdu'l-Bahá, que je ne désire pour lui que ce que tu désires, et que je ne l'ai choisi à d'autre fin que celle que tu lui avais destinée. Rends-le donc victorieux grâce à tes armées terrestres et célestes... Décrète, je t'en conjure - par l'ardeur de mon amour pour toi et par mon aspiration à manifester ta cause -, pour lui aussi bien que pour ceux qui l'aiment, ce que tu as destiné à tes messagers et aux dépositaires de ta révélation. En vérité, tu es le Tout-Puissant, l'Omnipotent.
Dans une lettre dictée par Bahá'u'lláh et adressée par son secrétaire, Mírzá Áqá Ján, à 'Abdu'l-Bahá durant une visite de ce dernier à Beyrouth, nous lisons ce qui suit : Louange à Lui qui a honoré la terre de Bá (Beyrouth) par la présence de celui autour de qui tous les noms gravitent. Tous les atomes de la terre ont annoncé à toutes choses créées que, de derrière la porte de la ville prison, est apparu l'orbe de la beauté de la puissante, de la plus Grande Branche de Dieu - son mystère antique et immuable -, qu'au-dessus de son horizon il a brillé, alors qu'il cheminait vers un autre pays. L'affliction, ainsi, a enveloppé cette ville prison tandis qu'une autre terre se réjouissait... Béni, doublement béni est le sol que ses pas ont foulé, l'oeil que la beauté de son visage a réjoui, l'oreille qui a eu l'honneur d'entendre son appel, le coeur qui a goûté à la douceur de son amour, la poitrine qui s'est dilatée à son souvenir, la plume qui a célébré sa louange, le parchemin qui a porté le témoignage de ses écrits.
'Abdu'l-Bahá, confirmant l'autorité qui lui a été conférée par Bahá'u'lláh, écrit la déclaration suivante : Conformément au texte explicite du Kitáb-i-Aqdas, Bahá'u'lláh a fait du Centre de l'alliance l'interprète de sa parole, une alliance si ferme et si puissante que, depuis le commencement des temps jusqu'à ce jour, aucune dispensation religieuse n'en a produit de semblable.
Aussi exalté que soit le rang de 'Abdu'l-Bahá, et quelque abondantes que soient les louanges dont Bahá'u'lláh a glorifié son fils dans ces tablettes et ces livres sacrés, il ne faut jamais interpréter une telle distinction unique comme conférant à son bénéficiaire un rang identique ou équivalent à celui de son père, la Manifestation elle-même. Donner à l'un de ces passages cités une telle interprétation le ferait immédiatement, et pour des raisons évidentes, entrer en conflit avec les affirmations et les avertissements non moins clairs et authentiques dont j'ai déjà fait mention. En effet, ainsi que je l'ai déjà affirmé, ceux qui surestiment le rang de 'Abdu'l-Bahá sont aussi blâmables et causent autant de mal que ceux qui le sous-estiment. Et ceci pour nulle autre raison excepté que, en insistant sur une inférence entièrement injustifiée faite à partir des Écrits de Bahá'u'lláh, ils donnent involontairement raison à l'ennemi, et lui fournissent continuellement des preuves à l'appui de ses fausses accusations et de ses déclarations trompeuses.
J'estime nécessaire, par conséquent, de déclarer sans aucune équivoque ni hésitation que ni dans le Kitáb-i-Aqdas, ni dans le Livre de l'alliance de Bahá'u'lláh, ni même dans la Tablette de la Branche, ni dans aucune autre tablette révélée par Bahá'u'lláh ou par 'Abdu'l-Bahá, il ne se trouve quoi que ce soit qui autorise l'opinion qui tend à soutenir la soi-disant "unité mystique" de Bahá'u'lláh et de 'Abdu'l-Bahá, ou à identifier ce dernier avec son père ou avec une autre Manifestation antérieure. Cette conception erronée peut être attribuée en partie à une interprétation tout à fait extravagante de certains termes et de certains passages de la Tablette de la Branche, à l'introduction, dans la traduction anglaise, de certains mots qui sont soit inexistants, soit trompeurs, soit ambigus dans leurs connotations. Elle est sans doute fondée principalement sur une déduction absolument injustifiée à partir de certains passages du début d'une tablette de Bahá'u'lláh, dont des extraits reproduits dans les Bahá'í Scriptures précèdent immédiatement ladite Tablette de la Branche, sans toutefois en faire partie. Il faudrait que chaque lecteur de ces extraits comprenne clairement que l'expression "la Langue de l'Ancien" ne désigne nul autre que Dieu, que le terme "le plus Grand Nom" se rapporte évidemment à Bahá'u'lláh et que "l'alliance" dont il est question n'est pas l'alliance spécifique dont Bahá'u'lláh est l'auteur direct et 'Abdu'l-Bahá le centre, mais cette alliance générale que, comme l'inculque l'enseignement bahá'í, Dieu Lui-même établit invariablement avec l'humanité quand Il inaugure une nouvelle dispensation. "La langue" mentionnée dans ces extraits, qui "donne les joyeuses nouvelles", n'est autre que la voix de Dieu parlant de Bahá'u'lláh, et non Bahá'u'lláh parlant de 'Abdu'l-Bahá.
De plus, soutenir que l'assertion "Il est moi-même" - au lieu d'indiquer l'unité mystique de Dieu et de ses manifestations, ainsi que l'explique le Kitáb-i-Íqán - identifie Bahá'u'lláh avec 'Abdu'l-Bahá, constituerait une violation directe du principe souvent répété de l'unicité des manifestations de Dieu, un principe que l'auteur de ces mêmes extraits cherche implicitement à mettre en lumière.
Cette conception équivaudrait aussi à un retour à ces croyances irrationnelles et superstitieuses qui se sont insensiblement glissées, au cours du premier siècle de l'ère chrétienne, dans les enseignements de Jésus-Christ, et qui, en se cristallisant en dogmes admis, ont affaibli l'efficacité de la foi chrétienne et ont obscurci son but.
J'affirme, tel est le commentaire écrit de 'Abdu'l-Bahá lui-même sur la Tablette de la Branche, que le véritable sens, la signification réelle, le secret le plus profond de ces versets, de ces mots eux-mêmes, est ma propre servitude vis-à-vis du seuil sacré de la Beauté d'Abhá, mon effacement complet, mon insignifiance absolue devant lui. Ceci est ma couronne resplendissante, mon ornement le plus précieux. J'en tire orgueil dans le royaume de la terre et du ciel. C'est là ma gloire au sein de la compagnie des élus bien-aimés ! Dans le passage qui suit immédiatement, il nous avertit : Il n'est permis à personne de donner à ces versets une autre interprétation, quelle qu'elle soit. Je suis, affirme-t-il encore à ce propos, selon les textes explicites du Kitáb-i-Aqdas et du Kitáb-i-'Ahd, l'interprète manifeste de la parole de Dieu... Quiconque dévie de mon interprétation est victime de sa propre imagination capricieuse.
En outre, la conclusion inévitable de la croyance qui identifie l'auteur de notre foi avec celui qui est le centre de son alliance serait de placer 'Abdu'l-Bahá dans une position supérieure à celle du Báb, à l'opposé de ce qui constitue le principe fondamental, bien que non encore universellement reconnu, de cette révélation. Elle justifierait aussi l'accusation par laquelle, durant tout le ministère de 'Abdu'l-Bahá, les briseurs d'alliance se sont efforcés de corrompre les esprits et de pervertir la compréhension des disciples loyaux de Bahá'u'lláh.
Il serait plus correct, et conforme aux principes établis par Bahá'u'lláh et par le Báb, qu'au lieu de soutenir cette identité fictive en ce qui concerne 'Abdu'l-Bahá, nous considérions le précurseur et le fondateur de notre foi comme identiques en réalité - une vérité que le texte de la Súratu'l-Haykal affirme de façon indiscutable. Si le Premier Point (le Báb) avait été, comme vous le prétendez, un être autre que moi et avait atteint ma présence, déclare explicitement Bahá'u'lláh, en vérité il ne se serait jamais permis d'être séparé de moi, mais plutôt, au cours de mes jours, nous aurions joui l'un par l'autre de mutuelles délices. Celui qui exprime à présent la parole de Dieu, affirme encore Bahá'u'lláh, n'est autre que le Premier Point, qui a été une nouvelle fois rendu manifeste. Il est, c'est ainsi qu'il parle de lui-même dans une tablette adressée à une des Lettres du Vivant, le même que celui qui apparut en l'an soixante (1260 A.H.). Ceci est, en vérité, un de ses signes grandioses. Qui, implore-t-il dans la Súriy-i-Damm, s'élèvera pour assurer le triomphe de la Beauté première (le Báb), révélée dans le visage de sa manifestation suivante ? Et, se référant à la révélation proclamée par le Báb, il la caractérise inversement comme ma propre manifestation antérieure.
Que 'Abdu'l-Bahá ne soit pas une manifestation de Dieu, qu'il reçoive sa lumière, son inspiration, sa nourriture directement de la source de la révélation bahá'íe; qu'il reflète, tel un miroir clair et parfait, les rayons de la gloire de Bahá'u'lláh et ne possède point de manière inhérente cette réalité, indéfinissable et qui pourtant se répand partout, dont la possession exclusive est la marque distinctive du prophète; que ses paroles, tout en possédant une validité égale, ne soient pas égales en rang à celles de Bahá'u'lláh; qu'il ne doive pas être acclamé comme le retour de Jésus-Christ, le Fils qui viendra "dans la gloire du Père"; ces vérités trouvent une justification supplémentaire et sont encore renforcées par la déclaration suivante que 'Abdu'l-Bahá a adressée à quelques croyants d'Amérique, déclaration par laquelle je mettrai le point final à ce paragraphe : Vous avez écrit qu'il existe un désaccord parmi les croyants en ce qui concerne la "seconde venue du Christ". Mon Dieu ! Maintes fois cette question a été soulevée, et sa réponse a coulé de la plume de 'Abdu'l-Bahá dans une déclaration claire et irréfutable : que les prophéties, en mentionnant le "Seigneur des armées" et "le Christ promis" ont voulu désigner la Perfection bénie (Bahá'u'lláh) et Sa Sainteté l'Exalté (le Báb). Mon nom est 'Abdu'l-Bahá. Ma qualité est 'Abdu'l-Bahá. Ma réalité est 'Abdu'l-Bahá. Ma louange est 'Abdu'l-Bahá. L'assujettissement à la Perfection bénie est mon diadème glorieux et resplendissant, et la servitude envers la race humaine tout entière est ma perpétuelle religion... Je n'ai point de nom, de titre, de mention, de louange autre que 'Abdu'l-Bahá, et je n'en aurai jamais d'autre. Ceci est mon ardent désir. Ceci est mon aspiration la plus profonde. Ceci est ma vie éternelle. Ceci est ma gloire sans fin.

L'ordre administratif

Mes frères en 'Abdu'l-Bahá chèrement aimés ! Avec l'ascension de Bahá'u'lláh, l'astre solaire de la direction spirituelle divine, qui, ainsi que l'avaient prédit Shaykh Ahmad et Siyyid Kázim, s'était levé à Shíráz et, dans sa course vers l'ouest, avait atteint son zénith à Andrinople; cet astre avait finalement disparu derrière l'horizon d''Akká, pour ne plus se lever avant qu'un millénaire entier ne soit révolu. Le coucher d'un orbe si radieux a marqué la fin définitive de la période de révélation divine - l'étape initiale et la plus vivifiante de l'ère bahá'íe. Inaugurée par le Báb, atteignant son apogée avec Bahá'u'lláh, anticipée et exaltée par l'ensemble des prophètes de ce grand cycle prophétique, cette période, excepté durant le court intervalle compris entre le martyre du Báb et les pénibles épreuves subies par Bahá'u'lláh au Síyáh-Chál de .Tihrán, a été caractérisée par près de cinquante années de révélation continue et progressive, une période qui, par sa durée et sa fécondité, doit être considérée comme sans pareille dans toute l'histoire spirituelle du monde.
D'autre part, la mort de 'Abdu'l-Bahá marque la clôture de l'âge héroïque et apostolique de cette dispensation, cette période primitive de notre foi dont les splendeurs ne pourront jamais être égalées, et encore moins être éclipsées par la magnificence qui va assurément caractériser les victoires futures de la révélation de Bahá'u'lláh. Car ni les oeuvres accomplies par les maîtres bâtisseurs des institutions actuelles de la foi de Bahá'u'lláh, ni les triomphes tumultueux que les héros de son âge d'or réussiront à remporter dans les jours à venir ne pourront se mesurer aux oeuvres merveilleuses attachées aux noms de ceux qui lui ont donné la vie et en ont posé les premières fondations, ou être rangées dans la même catégorie. Cet âge premier et créateur de l'ère bahá'íe doit, de par sa nature même, occuper un rang supérieur et distinct de celui de la période de formation où nous sommes entrés, et de l'âge d'or destiné à lui succéder.
'Abdu'l-Bahá, qui incarne une institution à laquelle nous ne pouvons trouver quelque équivalent que ce soit dans un des systèmes religieux reconnus du monde, peut être considéré comme celui qui a clos l'âge dont il faisait lui-même partie, et qui a ouvert celui dans lequel nous oeuvrons maintenant. Son testament devrait donc être considéré comme le lien perpétuel et indissoluble que l'esprit de celui qui est le mystère de Dieu a conçu afin d'assurer la continuité des trois âges qui forment les parties constitutives de la dispensation bahá'íe. La période au cours de laquelle la semence de la foi a lentement germé se trouve ainsi entrelacée avec celle qui doit voir sa floraison ainsi qu'avec l'âge suivant, quand cette graine aura finalement produit son fruit d'or.
Les forces créatrices libérées par la loi de Bahá'u'lláh, en pénétrant et en se développant progressivement dans l'esprit de 'Abdu'l-Bahá ont, par leur impact même et leurs interactions étroites, donné naissance à un instrument qui peut être considéré comme la charte du nouvel ordre mondial, un ordre qui est à la fois la gloire et la promesse de cette très grande dispensation. Nous pouvons donc saluer ce Testament comme le rejeton obligé résultant de cette communication mystique entre celui qui a transmis l'influence génératrice de son dessein divin et celui qui fut son véhicule et son dépositaire choisi. Parce qu'il est l'enfant de l'alliance - l'héritier tant du créateur que de l'interprète de la loi de Dieu -, le Testament de 'Abdu'l-Bahá ne peut davantage être complètement séparé de celui qui en donna l'impulsion causale et originelle, que de celui qui, en fin de compte, le conçut. Le dessein impénétrable de Bahá'u'lláh - nous ne devons jamais l'oublier - a si complètement imprégné la conduite de 'Abdu'l-Bahá, et leurs mobiles à tous deux ont été si intimement liés, que la seule tentative de dissocier les enseignements du premier d'un système établi par celui qui est l'exemple idéal de ces mêmes enseignements équivaudrait à une répudiation d'une des vérités les plus fondamentales et les plus sacrées de la foi.
L'ordre administratif qui, depuis l'ascension de 'Abdu'l-Bahá, a pris forme sous nos yeux et s'est développé progressivement dans non moins de quarante pays, peut être considéré comme la charpente du Testament lui-même, la forteresse inviolable où cet être nouveau-né se nourrit et se développe. Cet ordre administratif, au fur et à mesure qu'il se répandra et s'affermira, manifestera sans aucun doute les potentialités et révélera toutes les implications de ce document capital - cette expression hautement remarquable de la volonté d'une des figures les plus éminentes de la dispensation de Bahá'u'lláh. Lorsque ses parties composantes, ses institutions organiques commenceront à fonctionner avec vigueur et efficacité, il fera valoir son droit et démontrera son aptitude à être considéré, non point seulement comme le noyau, mais comme la structure même du nouvel ordre mondial destiné à englober, lorsque les temps seront révolus, l'humanité tout entière.
Il faudrait noter à cet égard que cet ordre administratif diffère fondamentalement de tout ce que les prophètes ont établi dans le passé, puisque Bahá'u'lláh lui-même en a révélé les principes et établi les institutions, qu'il a désigné la personne destinée à interpréter sa parole et investi de l'autorité nécessaire le corps conçu pour compléter ses ordonnances législatives et les appliquer. Là résident le secret de sa force, son trait distinctif fondamental, et l'assurance d'éviter la désintégration et le schisme. Nulle part dans les Écritures sacrées des systèmes religieux du monde, pas même dans les Écrits de l'inaugurateur de la dispensation bábíe, nous ne trouvons de clauses établissant une alliance ou prévoyant un ordre administratif qui soient comparables, par leur autorité et leur portée, à celles qui sont à la base même de la dispensation bahá'íe. Le christianisme ou l'islám, pour prendre comme exemple deux des religions les plus largement répandues et les plus marquantes parmi les religions reconnues du monde, ont-ils offert quoi que ce soit qui puisse équivaloir ou se mesurer tant au Livre de l'alliance de Bahá'u'lláh qu'au Testament de 'Abdu'l-Bahá ? Les textes des Évangiles ou du Qur'án confèrent-ils une autorité suffisante à ces chefs spirituels et à ces conciles qui ont revendiqué le droit et se sont attribué la fonction d'interpréter les dispositions de leurs Écritures sacrées, et d'administrer les affaires de leurs communautés respectives ? Pierre, le chef reconnu des apôtres, ou l'imám 'Alí, cousin et successeur légitime du Prophète, ont-ils pu, à l'appui de la primauté à tous deux conférée, présenter des affirmations écrites et explicites du Christ et de Muhammad qui auraient réduit au silence ceux qui, tant parmi leurs contemporains qu'au cours d'époques ultérieures, ont répudié leur autorité et ont, par leur action, précipité les schismes qui persistent aujourd'hui encore ? Nous pouvons nous demander en toute confiance où, dans les paroles consignées de Jésus-Christ, nous pouvons trouver, soit en matière de succession, soit en ce qui concerne la stipulation d'un ensemble de lois spécifiques et d'ordonnances administratives clairement définies, et distinctes des principes purement spirituels, quoi que ce soit qui se rapproche des injonctions, des lois et des avertissements détaillés qui abondent dans les paroles authentifiées à la fois de Bahá'u'lláh et de 'Abdu'l-Bahá. Y a-t-il un passage du Qur'án - lequel, en ce qui concerne son code de lois, ses ordonnances administratives et ses pratiques religieuses, marque déjà un progrès notable sur des révélations antérieures plus corrompues - qui puisse être interprété comme établissant sur une base inattaquable l'incontestable autorité dont Muhammad avait, verbalement et à plusieurs reprises, investi son successeur ? De l'auteur de la dispensation bábíe - bien qu'il ait, grâce aux dispositions du Bayán persan, réussi à éviter un schisme aussi permanent et catastrophique que ceux qui affligèrent le christianisme et l'islám - peut-on dire qu'il ait produit, pour sauvegarder sa foi, des moyens aussi définis et efficaces que ceux qui doivent à tout jamais préserver l'unité des adeptes organisés de la foi de Bahá'u'lláh ?
Seule de toutes les révélations antérieures, cette foi a réussi, grâce aux directives explicites, aux avertissements répétés, aux garanties authentiques élaborées et incorporées dans ses enseignements, à ériger une structure dont les adeptes confondus de croyances altérées et défaillantes feraient bien de se rapprocher, de l'examiner avec un esprit critique, et de rechercher, avant qu'il ne soit trop tard, l'invulnérable sécurité de son refuge universel.
Il n'est point étonnant que celui qui, par l'opération de sa volonté, a inauguré un ordre aussi vaste et aussi unique, et qui est le centre d'une alliance aussi puissante, ait pu écrire ces paroles : Si solide et si puissante est cette alliance que, depuis l'origine des temps jusqu'à ce jour, aucune dispensation religieuse n'en a produit de semblable. Tout ce qui est en puissance au plus profond de ce cycle sacré, écrivit-il durant les jours les plus sombres et les plus périlleux de son ministère, apparaîtra progressivement et sera rendu manifeste, car le moment présent n'est que le commencement de sa croissance et l'aurore de la révélation de ses signes. Ne craignez point, telles sont ses paroles rassurantes, qui laissent présager l'essor de l'ordre administratif établi par son testament, ne craignez point si cette Branche devait être séparée de ce monde matériel et se dépouiller de ses feuilles; non, ces feuilles croîtront bien, car cette Branche croîtra après avoir été coupée d'avec le monde d'ici-bas; elle atteindra les sommets les plus élevés de la gloire, et elle portera des fruits tels qu'ils parfumeront le monde de leur fragrance.
À quoi d'autre ces paroles de Bahá'u'lláh peuvent-elles faire allusion, si ce n'est à la puissance et à la majesté que cet ordre administratif - le rudiment de la future communauté mondiale bahá'íe - est destiné à manifester : L'équilibre du monde a été bouleversé par la vibrante influence de ce très grand, de ce nouvel ordre mondial. La vie ordonnée de l'humanité a été révolutionnée par l'action de ce système unique, merveilleux, un système tel que des yeux mortels n'en ont jamais vu de semblable.
Le Báb lui-même, au cours de ses allusions à "celui que Dieu rendra manifeste", anticipe le système et glorifie l'ordre mondial que la révélation de Bahá'u'lláh est destinée à déployer. Dans le troisième chapitre du Bayán persan se trouve cette assertion remarquable du Báb : Bienheureux celui qui fixe son regard constant sur l'ordre de Bahá'u'lláh et rend grâce à son Seigneur ! Car il sera, assurément, rendu manifeste. Dieu en effet l'a décrété irrévocablement dans le Bayán.
Dans les tablettes de Bahá'u'lláh qui désignent avec précision et établissent formellement les institutions des maisons de justice internationale et locales; dans l'institution des Mains de la cause de Dieu que créèrent Bahá'u'lláh d'abord, 'Abdu'l-Bahá ensuite; dans l'institution des assemblées locales et nationales qui fonctionnaient déjà au stade embryonnaire dans les jours qui ont précédé l'ascension de 'Abdu'l-Bahá; dans l'autorité que, dans leurs tablettes, le fondateur de notre foi et le Centre de son alliance ont choisi de leur conférer; dans l'institution du fonds local qui agissait conformément aux injonctions spécifiques adressées par 'Abdu'l-Bahá à certaines assemblées en Perse; dans les versets du Kitáb-i-Aqdas, dont les implications anticipent clairement l'institution du Gardiennat; dans l'explication qu'a donnée 'Abdu'l-Bahá dans une de ses tablettes du principe héréditaire et de la loi de primogéniture, insistant sur le fait que ces deux principes ont été soutenus par les prophètes du passé; dans tous ces éléments nous pouvons discerner les vagues lueurs et découvrir les premières indications de la nature et du fonctionnement de l'ordre administratif que le Testament de 'Abdu'l-Bahá était destiné, plus tard, à proclamer et à établir formellement.
J'ai le sentiment que, dans les circonstances actuelles, il y aurait lieu de tenter une explication du caractère et des fonctions des piliers jumeaux qui soutiennent cette puissante structure administrative : l'institution du Gardiennat et celle de la Maison Universelle de Justice. Décrire dans leur totalité les divers éléments qui fonctionnent en conjonction avec ces institutions dépasse le cadre et l'objet de cet exposé général des vérités fondamentales de la foi. Définir avec précision et minutie les traits distinctifs et analyser de manière exhaustive la nature des rapports qui, d'une part, relient l'un à l'autre ces deux organes fondamentaux du Testament de 'Abdu'l-Bahá et, de l'autre, rattachent chacun d'eux à l'auteur de la foi et au Centre de son alliance, constitue une tâche que les générations futures accompliront sans aucun doute de manière adéquate. Mon intention présente est d'étudier certains traits saillants de ce plan qui, si proches que nous soyons de sa colossale structure, sont déjà définis si clairement que nous trouvons inexcusable de les mal comprendre ou de les ignorer.
Il faudrait tout d'abord affirmer, sans ambiguïté et en termes clairs, que ces institutions jumelles de l'ordre administratif de Bahá'u'lláh devraient être considérées comme divines dans leur origine, essentielles dans leurs fonctions et complémentaires dans leur but et leur dessein. Leur but commun et fondamental est d'assurer la continuité de cette autorité divinement établie qui coule de la source de notre foi, de sauvegarder l'unité de ses adeptes et de maintenir l'intégrité et la flexibilité de ses enseignements. Agissant de concert, ces deux institutions inséparables administrent ses affaires, coordonnent ses activités, favorisent ses intérêts, exécutent ses lois et défendent ses institutions auxiliaires. Chacune d'elles opère séparément au sein d'une sphère de juridiction clairement définie; chacune d'elles est pourvue d'institutions propres qui lui sont concomitantes : des instruments destinés à lui permettre de s'acquitter efficacement de ses responsabilités et de ses devoirs particuliers. Chacune exerce, dans les limites qui lui sont imposées, ses pouvoirs, son autorité, ses droits et ses prérogatives. Ceux-ci ne sont pas contradictoires et ne portent nullement atteinte à la position occupée par chacune de ces institutions. Loin d'être incompatibles ou de se détruire mutuellement, elles sont complémentaires dans leurs fonctions et leur autorité respectives, et sont, fondamentalement et pour toujours, unies dans leurs objectifs.
Complètement séparé de l'institution du Gardiennat, l'ordre mondial de Bahá'u'lláh serait mutilé et privé à jamais de ce principe héréditaire qui, comme l'a écrit 'Abdu'l-Bahá, a été invariablement maintenu par la loi de Dieu. Toutes les dispensations divines, déclare-t-il dans une tablette adressée à un adepte de la foi en Perse, ont conféré au fils aîné des distinctions extraordinaires. Même le rang de prophète lui a été donné par droit d'aînesse. Sans une telle institution, l'intégrité de la foi serait mise en péril et la stabilité de l'édifice tout entier serait gravement menacée. Son prestige souffrirait, les moyens nécessaires pour la rendre capable de maintenir durablement et de manière ininterrompue une même perspective durant une série de générations manqueraient totalement, et la direction spirituelle indispensable pour définir le champ de l'action législative de ses représentants élus lui serait complètement retirée.
Dissocié de la non moins essentielle institution de la Maison Universelle de Justice, ce même système du Testament de 'Abdu'l-Bahá serait paralysé dans son action et incapable de combler les vides que l'auteur du Kitáb-i-Aqdas a laissé délibérément subsister dans le corps de ses ordonnances législatives et administratives.
Il est l'interprète de la parole de Dieu, affirme 'Abdu'l-Bahá à propos des fonctions du Gardien de la foi, ayant recours dans son testament à ce terme qu'il avait choisi lui-même pour réfuter l'argument des briseurs d'alliance qui contestaient son droit d'interpréter les paroles de Bahá'u'lláh. Après lui, ajoute-t-il, le premier-né de sa descendance directe lui succédera. Plus loin il explique : La forteresse puissante demeurera imprenable et sûre par l'obéissance à celui qui est le Gardien de la cause de Dieu. Il incombe aux membres de la Maison de Justice, à tous les Aghsán et les Afnán et aux Mains de la cause de Dieu, de manifester leur obéissance, leur soumission et leur subordination envers le Gardien de la cause de Dieu...
Il incombe aux administrateurs de la Maison de Justice, déclare d'autre part Bahá'u'lláh dans la "huitième feuille du Paradis exalté", de délibérer sur ces choses qui n'ont pas été ouvertement révélées dans le Livre et de faire respecter ce qu'ils ont convenu. Dieu, en vérité, leur donnera l'inspiration de ce qu'Il veut et Il est, en vérité, le Pourvoyeur, l'Omniscient. Quant au très saint Livre (le Kitáb-i-Aqdas), affirme 'Abdu'l-Bahá dans son testament, chacun doit y avoir recours, et tout ce qui n'y est pas expressément consigné doit être référé à la Maison Universelle de Justice. Ce que cette assemblée adopte, soit à l'unanimité, soit à la majorité, est vraiment la vérité et le dessein de Dieu Lui-même. Quiconque s'en écarte se range, en vérité, parmi ceux qui aiment la discorde; il a fait preuve de malignité et s'est détourné du Seigneur de l'alliance.
'Abdu'l-Bahá ne confirme pas seulement dans son testament la déclaration précitée de Bahá'u'lláh, mais il investit cet organisme du droit et du pouvoir supplémentaires d'abroger, selon les exigences du temps, ses propres lois ainsi que celles d'une Maison de Justice antérieure. Puisque la Maison de Justice, déclare-t-il explicitement dans son testament, a le pouvoir de décréter des lois qui ne sont pas expressément consignées dans le Livre et qui portent sur des affaires courantes, elle a également le pouvoir de les abroger... Elle le peut parce que ces lois ne font pas partie du texte divin explicite.
À propos du Gardien et de la Maison Universelle de Justice, nous lisons ces fortes paroles : La jeune Branche sacrée (le Gardien de la cause de Dieu) de même que la Maison Universelle de Justice, qui doit être élue et établie universellement, jouissent toutes deux de la sollicitude et de la protection de la Beauté d'Abhá; elles sont sous la préservation et la direction infaillible de l'Être exalté (le Báb) - puisse ma vie leur être offerte en sacrifice à tous deux ! - Quelles que soient leurs décisions, elles sont de Dieu.
Cette suite de déclarations prouve de façon claire et indubitable que le Gardien de la foi a été fait l'interprète de la Parole, et que la Maison Universelle de Justice a été investie de la fonction de légiférer sur les affaires non expressément révélées dans les enseignements. L'interprétation du Gardien, agissant dans sa propre sphère, a autant d'autorité et est aussi contraignante que les lois de la Maison Internationale de Justice, dont les prérogatives et le droit exclusifs sont de se prononcer et d'émettre le jugement final sur des lois et des ordonnances qui n'ont pas été expressément révélées par Bahá'u'lláh. Aucune de ces deux institutions ne peut empiéter, ni n'empiétera jamais, sur le domaine sacré qui est prescrit à l'autre. Aucune ne cherchera non plus à amoindrir l'autorité spécifique et indubitable dont chacune a été divinement investie.
Quoique le Gardien de la foi ait été désigné comme le chef permanent d'une assemblée si auguste, il ne peut jamais, même temporairement, assumer le droit exclusif de légiférer. Il ne peut outrepasser la décision de la majorité de ses collègues, mais il est tenu d'insister pour qu'ils reconsidèrent toute loi qu'en son âme et conscience il croit être en opposition avec la signification des paroles révélées de Bahá'u'lláh, ou qui dévie de leur esprit. Il interprète ce qui a été spécifiquement révélé, et ne peut légiférer qu'en sa qualité de membre de la Maison Universelle de Justice. Il lui est interdit d'imposer de son propre chef la constitution qui doit gouverner les activités organisées de ses collègues, et d'user de son influence d'une façon qui empiéterait sur la liberté de ceux dont le droit sacré est d'élire l'assemblée de ses collaborateurs.
Il ne faudrait pas oublier que l'institution du Gardiennat a été anticipée par 'Abdu'l-Bahá dans une allusion contenue dans une tablette adressée, longtemps avant son ascension, à trois de ses amis en Perse. Ceux-ci lui ayant demandé si, après son ascension, il y aurait une personne vers laquelle tous les bahá'ís seraient appelés à se tourner, il leur fit la réponse suivante : Quant à la question que vous m'avez posée, sachez, en vérité, que c'est un secret bien gardé, qui est comme une gemme cachée dans sa gangue. Il est prédestiné que cela sera révélé. Le temps viendra où apparaîtra sa lumière, où ses preuves seront rendues manifestes et ses secrets dévoilés.
Amis chèrement aimés ! Si élevée que soit la position de l'institution du Gardiennat et si vitale qu'en soit la fonction dans l'ordre administratif de Bahá'u'lláh, quelque écrasant que doive être le poids de la responsabilité que cette institution assume, son importance, quels que soient les termes du Testament, ne doit en aucun cas être surestimée. Le Gardien de la cause ne doit en aucune circonstance, si grands que soient ses mérites ou ses oeuvres, être élevé au rang qui ferait de lui un coparticipant avec 'Abdu'l-Bahá à la position unique qu'occupe le Centre de l'alliance, et encore moins au rang destiné exclusivement à la manifestation de Dieu. Une déviation aussi grave des principes établis de notre foi n'est rien d'autre qu'un blasphème patent. Ainsi que je l'ai déjà déclaré en me référant au rang de 'Abdu'l-Bahá, si grand que soit l'abîme qui le sépare de l'auteur d'une révélation divine, il ne peut jamais être comparé avec la distance qui le sépare, lui qui est le centre de l'alliance de Bahá'u'lláh, des gardiens qui sont ses ministres choisis. Il y a une grande, une bien plus grande distance séparant le Gardien et le Centre de l'alliance que celle qui sépare le Centre de l'alliance et son auteur.
J'estime de mon devoir solennel de consigner de façon officielle qu'aucun gardien de la foi ne pourra jamais prétendre être l'exemple parfait des enseignements de Bahá'u'lláh ou le miroir immaculé qui réfléchit sa lumière. Bien qu'il soit dominé par la protection infaillible et permanente de Bahá'u'lláh et du Báb, et autant qu'il puisse partager avec 'Abdu'l-Bahá le droit et l'obligation d'interpréter les enseignements bahá'ís, le Gardien demeure cependant essentiellement humain et ne peut, s'il entend demeurer fidèle à son devoir, s'arroger sous quelque prétexte que ce soit les droits, les privilèges et les prérogatives que Bahá'u'lláh a choisi de conférer à son fils. À la lumière de cette vérité, prier le Gardien de la foi, s'adresser à lui en tant que seigneur et maître, le désigner comme sa sainteté, rechercher sa bénédiction, célébrer sa naissance, ou commémorer n'importe quel événement se rapportant à sa vie, équivaudrait à une déviation de ces vérités établies qui sont enchâssées dans notre foi bien-aimée. Le fait que le Gardien ait été spécifiquement doté d'un pouvoir tel qu'il puisse avoir à révéler le sens et à dévoiler les implications des paroles de Bahá'u'lláh et de 'Abdu'l-Bahá ne lui confère pas nécessairement un rang égal à ceux dont il est appelé à interpréter les paroles. Il peut exercer ce droit et remplir cette obligation tout en demeurant infiniment inférieur à tous deux en rang et différent d'eux en nature.
De l'intégrité de ce principe cardinal de notre foi, les paroles, les actes de ses gardiens présent et futurs doivent témoigner amplement. Par leur exemple et leur conduite, ils doivent impérativement établir sa vérité sur une base inattaquable et transmettre aux générations futures des preuves irrécusables de sa réalité.
Pour ma propre part, hésiter à reconnaître une vérité aussi vitale ou vaciller dans la proclamation d'une conviction aussi ferme doit constituer une trahison éhontée de la confiance que 'Abdu'l-Bahá plaça en moi, et une usurpation impardonnable de l'autorité dont lui-même a été investi.
Il faudrait à présent dire un mot concernant la théorie sur laquelle est fondé cet ordre administratif et du principe qui doit gouverner l'action de ses principales institutions. Il serait tout à fait fallacieux de tenter une comparaison entre cet ordre unique, de conception divine, et n'importe quel autre des divers systèmes inventés par l'esprit des hommes, à différentes époques de leur histoire, en vue de la direction des institutions humaines. Une telle tentative trahirait en elle-même un manque d'appréciation absolu de l'excellence de l'oeuvre de son grand auteur. Comment pourrait-il en être autrement, quand nous nous rappelons que cet ordre constitue le modèle même de cette civilisation divine que la loi toute-puissante de Bahá'u'lláh est destinée à établir sur la terre ? Les systèmes d'organisation politique humaine, si divers et toujours changeants, du passé ou du présent, qu'ils soient originaires de l'Est ou de l'Ouest, n'offrent pas de critère adéquat pour estimer la puissance de ses vertus cachées ou apprécier la solidité de ses fondements.
La fédération mondiale bahá'íe de l'avenir, dont ce vaste ordre administratif constitue l'unique charpente, est, en pratique comme en théorie, non seulement unique dans toute l'histoire des institutions politiques, mais encore sans parallèle dans les annales de n'importe lequel des systèmes religieux reconnus du monde. Aucune forme de gouvernement démocratique; aucun système autocratique ou dictatorial, qu'il soit monarchique ou républicain; aucune combinaison intermédiaire d'un ordre purement aristocratique; ni même aucun des types reconnus de théocraties - qu'il s'agisse de la communauté politique hébraïque ou des diverses organisations ecclésiastiques chrétiennes, ou bien de l'imamat ou du califat dans l'islám - ne peut s'identifier avec l'ordre administratif que, de main de maître, son parfait architecte a façonné, ni s'y conformer.
Cet ordre administratif nouvellement né incorpore dans sa structure certains éléments qui se trouvent dans chacune des trois formes reconnues de gouvernement séculier sans être en aucune façon une simple réplique de l'une d'elles, et sans faire entrer dans ses rouages aucune des caractéristiques sujettes à objections qui leur sont propres. Il fond et harmonise, comme aucun gouvernement façonné par des mains mortelles ne l'a accompli jusqu'ici, les vérités salutaires que renferme indubitablement chacun de ces systèmes, sans corrompre l'intégrité de ces vérités émanant de Dieu sur lesquelles il est en fin de compte basé.
L'ordre administratif de la foi de Bahá'u'lláh ne doit, en aucun cas, être considéré comme étant d'un caractère purement démocratique, dans la mesure où l'hypothèse de base, qui requiert que toutes les démocraties se soumettent à l'obligation d'obtenir leur mandat du peuple, ne figure absolument pas dans cette dispensation. Dans la conduite des affaires administratives de la foi, dans la promulgation de la législation nécessaire pour compléter les lois du Kitáb-i-Aqdas, il ne faudrait pas perdre de vue que les membres de la Maison Universelle de Justice ne sont pas, comme les paroles de Bahá'u'lláh le signifient clairement, responsables envers ceux qu'ils représentent, et qu'il ne leur est pas permis de se laisser influencer par les sentiments, par l'opinion générale ou même par les convictions de la masse des fidèles, ou de ceux qui les élisent directement. Ils doivent, dans une attitude empreinte de dévotion, se conformer à ce que leur conscience leur dicte et leur suggère. Ils peuvent, ils doivent en fait, s'informer de la situation qui règne à ce moment-là dans la communauté, ils doivent peser dans leur esprit, sans passion, le bien-fondé de n'importe quel cas soumis à leur examen, mais doivent se réserver le droit d'une décision libre. Dieu, en vérité, les inspirera de tout ce qu'Il veut est la promesse formelle incontestable de Bahá'u'lláh. Eux, et non le corps de ceux qui les élisent soit directement, soit indirectement, ont été ainsi désignés pour être les dépositaires de la direction divine qui est tout à la fois la force vitale et l'ultime sauvegarde de cette révélation. En outre, celui qui symbolise le principe héréditaire dans cette dispensation a été désigné en tant qu'interprète des paroles de son auteur et cesse par conséquent, en vertu de l'autorité effective dont il est investi, d'être le souverain sans pouvoir invariablement associé aux systèmes actuels de monarchies constitutionnelles qui existent dans le monde.
On ne peut pas non plus rejeter l'ordre administratif bahá'í comme étant un système d'autocratie absolue, dur et rigide, ou une vaine imitation de quelque forme de gouvernement ecclésiastique absolutiste, que ce soit la papauté, l'imamat ou toute autre institution similaire, pour la raison évidente que le droit exclusif de légiférer sur des matières non expressément révélées dans les Écrits bahá'ís a été conféré aux représentants internationaux élus des adeptes de Bahá'u'lláh. Ni le Gardien de la foi, ni aucune autre institution hormis la Maison Internationale de Justice ne pourra jamais usurper ce pouvoir vital et essentiel ou empiéter sur ce droit sacré. La suppression de la prêtrise professionnelle, avec ses sacrements concomitants du baptême, de la communion et de la confession des péchés, les lois exigeant l'élection au suffrage universel de toutes les maisons de justice locales, nationales et internationale, l'absence totale d'autorité épiscopale avec les privilèges, les corruptions et les tendances bureaucratiques qui l'accompagnent sont des preuves supplémentaires du caractère non autocratique de l'ordre administratif bahá'í et de sa propension aux méthodes démocratiques dans l'administration de ses affaires.
Cet ordre qui s'identifie au nom de Bahá'u'lláh ne doit pas non plus être confondu avec un système de gouvernement purement aristocratique en raison du fait que, d'une part, il soutient le principe héréditaire et confie au Gardien de la foi l'obligation d'interpréter ses enseignements et que, d'autre part, il pourvoit à l'élection libre et directe, parmi la masse des fidèles, du corps qui constitue son organe législatif suprême.
Bien que l'on ne puisse prétendre que cet ordre administratif ait été modelé sur l'un de ces systèmes reconnus de gouvernement, il incorpore, réconcilie et assimile néanmoins dans son cadre les éléments salutaires que renferme chacun d'eux. L'autorité héréditaire que le Gardien est appelé à exercer, les fonctions vitales et essentielles que remplit la Maison Universelle de Justice, les dispositions spécifiques qui imposent son élection démocratique par les représentants des fidèles, ces éléments concourent à démontrer la vérité selon laquelle cet ordre divinement révélé, qu'on ne peut jamais assimiler à aucun des modèles types de gouvernement cités par Aristote dans ses oeuvres, incorpore et fond les éléments bienfaisants qui se rencontrent dans chacun d'eux avec les vérités spirituelles qui lui servent de base. Les éléments reconnus néfastes inhérents à chacun de ces systèmes étant écartés de façon stricte et permanente, cet ordre unique, quelque longue que soit sa durée, et si étendues que soient ses ramifications, ne peut jamais dégénérer en aucune forme de despotisme, d'oligarchie ou de démagogie qui, tôt ou tard, viendront corrompre les rouages de toutes les institutions politiques de création humaine, par essence défectueuses.
Amis chèrement aimés ! Quelque significatives que soient les origines de cette puissante structure administrative et quelque uniques que soient ses traits caractéristiques, les événements qui peuvent être regardés comme annonciateurs de sa naissance et qui ont marqué l'étape initiale de son évolution n'en semblent pas moins remarquables. Comme il est frappant, comme il est édifiant le contraste entre le processus de consolidation lente et régulière qui caractérise le développement de ses forces naissantes, et la ruée dévastatrice des forces de désintégration qui assaillent les institutions désuètes, tant religieuses que séculières, de la société d'aujourd'hui !
La vitalité que manifestent si fortement les institutions organiques de ce grand ordre en constant développement; les obstacles que le noble courage et la résolution intrépide de ses administrateurs ont déjà surmontés; l'ardeur d'un enthousiasme inextinguible qui rayonne, avec une ferveur non diminuée, dans le coeur de ses enseignants itinérants; les sommets d'abnégation qu'atteignent maintenant ses maîtres bâtisseurs; la largeur de vues, l'espoir confiant, la joie créatrice, la paix intérieure, l'intégrité inflexible, la discipline exemplaire, l'unité et la solidarité inébranlables que manifestent ses vaillants défenseurs; le fait que l'esprit qui l'anime se soit montré à tel point capable d'assimiler en son sein des éléments divers, de les purifier de toute forme de préjugé et de les fondre dans sa propre structure; ce sont là autant de preuves d'un pouvoir qu'une société désillusionnée et tristement ébranlée ne peut guère se permettre d'ignorer.
Comparez ces splendides manifestations de l'esprit qui anime ce corps vibrant de la foi de Bahá'u'lláh avec les cris et la douleur intense, les folies et les vanités, l'amertume et les préjugés, la perversité et les divisions d'un monde souffrant et chaotique. Voyez la peur qui tourmente ses dirigeants et paralyse l'action de ses hommes d'État aveugles et désorientés. Combien violentes sont les haines, combien fausses les ambitions, combien insignifiantes les occupations, combien profondément enracinées les suspicions de ses peuples ! Combien inquiétants sont la licence, la corruption, le manque de foi qui rongent les organes vitaux d'une civilisation chancelante !
Ce processus de détérioration constante qui envahit insidieusement tant de domaines de l'activité et de la pensée humaines ne pourrait-il être considéré comme l'accompagnement nécessaire de la levée de ce bras tout-puissant de Bahá'u'lláh ? Ne pourrions-nous envisager les événements mémorables qui, au cours des vingt dernières années, ont si profondément agité chaque continent de la terre, comme les signes menaçants qui proclament simultanément l'agonie d'une civilisation en état de désagrégation et les douleurs de l'enfantement de cet ordre mondial - cette arche du salut de l'humanité - qui, de toute nécessité, doit s'élever sur ses ruines ?
L'effondrement catastrophique de monarchies et d'empires puissants du continent européen, dont des allusions à certains d'entre eux peuvent être trouvées dans les prophéties de Bahá'u'lláh; le déclin qui a commencé, et se poursuit encore dans la bonne ou la mauvaise fortune, de la hiérarchie shiite sur la terre natale de celui-ci; la chute de la dynastie Qájár, l'ennemie traditionnelle de sa foi; le renversement du sultanat et du califat, les piliers porteurs de l'islám sunnite, avec lequel la destruction de Jérusalem dans la dernière partie du premier siècle de l'ère chrétienne offre un parallèle frappant; la vague de sécularisation qui envahit les institutions ecclésiastiques mahométanes en Égypte, sapant la loyauté de ses plus fermes adhérents; les coups humiliants qui ont profondément troublé quelques-unes des plus puissantes Églises de la chrétienté en Russie, en Europe de l'ouest et en Amérique centrale; la diffusion de ces doctrines subversives qui minent les fondations et renversent la structure de forteresses apparemment imprenables dans les sphères politiques et sociales de l'activité humaine; les signes d'une catastrophe imminente qui évoque étrangement la chute de l'Empire romain d'Occident, et qui menace d'engloutir la totalité de la structure de la civilisation actuelle; autant d'événements qui témoignent du tumulte que la naissance de cet organisme puissant de la religion de Bahá'u'lláh a suscité dans le monde; un tumulte qui s'accroîtra en étendue et en intensité à mesure que les implications de ce plan en constante évolution seront comprises plus pleinement, et que ses ramifications s'étendront plus largement à la surface du globe.
Un mot encore pour conclure. La naissance et l'établissement de cet ordre administratif - la gangue qui enchâsse et abrite une gemme aussi précieuse - constituent la marque distinctive de ce second âge, cet âge de formation de l'ère bahá'íe. Cet ordre administratif viendra à être considéré, à mesure que cet âge s'éloignera de plus en plus de nous, comme le moyen principal ayant reçu plein pouvoir pour inaugurer la phase finale, le couronnement de cette glorieuse dispensation.
Que personne, alors que ce système est encore dans l'enfance, ne se méprenne sur son caractère, n'amoindrisse son importance ou ne dénature son but. La base sur laquelle est fondé cet ordre administratif est l'immuable dessein de Dieu pour l'humanité en ce jour. La source d'où cet ordre tire son inspiration n'est autre que Bahá'u'lláh lui-même. Son bouclier et ses défenseurs sont les armées rangées du royaume d'Abhá. Sa semence est le sang de non moins de vingt mille martyrs qui ont fait le sacrifice de leur vie pour qu'il puisse naître et prospérer. L'axe autour duquel gravitent ses institutions, ce sont les dispositions authentiques du Testament de 'Abdu'l-Bahá. Ses principes directeurs sont les vérités que celui qui est l'infaillible interprète des enseignements de notre foi a si clairement énoncées dans ses allocutions publiques dans tout l'Ouest. Les lois qui gouvernent son action et limitent ses fonctions sont celles qui ont été ordonnées expressément dans le Kitáb-i-Aqdas. Le siège autour duquel se grouperont ses activités spirituelles, humanitaires et administratives est le Mashriqu'l-Adhkár et ses dépendances. Les piliers qui soutiennent son autorité et étayent sa structure sont les institutions jumelles du Gardiennat et de la Maison Universelle de Justice. Le but central et fondamental qui l'anime est l'établissement du nouvel ordre mondial tel que l'a esquissé Bahá'u'lláh. Les méthodes qu'il emploie, le modèle qu'il inculque ne le font s'incliner ni vers l'est ni vers l'ouest, ni vers les juifs ni vers les gentils, ni vers le riche ni vers le pauvre, ni vers l'homme blanc ni vers l'homme de couleur. Son mot d'ordre est l'unification de la race humaine, son drapeau celui de la "plus grande paix", sa perfection l'avènement de ce millenium d'or : le jour où les royaumes de ce monde seront devenus le royaume de Dieu Lui-même, le royaume de Bahá'u'lláh.

Shoghi.
Haïfa, Palestine,
le 8 février 1934.


7. LE DÉVELOPPEMENT DE LA CIVILISATION MONDIALE

Aux bien-aimés de Dieu et aux servantes du Miséricordieux dans tout l'Ouest.

Amis et cohéritiers de la grâce de Bahá'u'lláh !

En tant que votre collaborateur dans l'édification du nouvel ordre mondial qui fut révélé à l'esprit de Bahá'u'lláh et dont la plume de 'Abdu'l-Bahá, son parfait architecte, a décrit les caractéristiques, je m'arrête un instant pour contempler avec vous la scène qui se déroule devant nous près de quinze ans révolus après son décès.
Le contraste entre l'accumulation des preuves de la consolidation constante qui accompagne la montée de l'ordre administratif de la foi de Dieu et les forces de désintégration qui battent en brèche la structure d'une société qui peine est aussi clair qu'impressionnant. Tant au sein du monde bahá'í qu'à l'extérieur, les signes et les indices qui, mystérieusement, annoncent la naissance de cet ordre mondial, dont l'établissement doit marquer l'âge d'or de la cause de Dieu, croissent et se multiplient de jour en jour. Aucun observateur impartial ne peut manquer plus longtemps de les discerner. Il ne peut être trompé par la lenteur laborieuse qui caractérise le développement d'une civilisation que les disciples de Bahá'u'lláh travaillent à établir. Il ne peut pas non plus être induit en erreur par les manifestations éphémères d'un retour de prospérité, qui semblent parfois capable d'enrayer l'influence destructrice des maux chroniques dont sont affligées les institutions d'un âge décadent. Les signes des temps sont trop nombreux et trop contraignants pour qu'il lui soit possible de se méprendre sur leur caractère ou de minimiser leur importance. Il peut, s'il est impartial dans son jugement, reconnaître dans l'enchaînement des événements qui, d'une part, proclament les progrès constants et irrésistibles des institutions directement associées à la révélation de Bahá'u'lláh, et, de l'autre, présagent l'effondrement de ces pouvoirs et de ces principautés qui l'ont ignorée ou combattue; il peut reconnaître, dans tous ces signes, des preuves de l'action de la volonté de Dieu qui pénètre tout, de la réalisation de son plan parfaitement ordonné qui englobe le monde.
Bientôt, proclament les paroles mêmes de Bahá'u'lláh, bientôt le présent ordre des choses sera révolu et un nouvel ordre sera déployé à sa place. En vérité, ton Seigneur dit vrai et Il est celui qui connaît les choses invisibles. Par moi-même, affirme-t-il solennellement, le jour approche où Nous aurons enroulé le monde et tout ce qu'il contient, et où un ordre nouveau sera déployé à sa place. En vérité, sa puissance s'étend sur toutes choses. L'équilibre du monde, explique-t-il, a été bouleversé par la vibrante influence de ce très grand, de ce nouvel ordre mondial. La vie ordonnée de l'humanité a été révolutionnée par l'action de ce système unique, merveilleux, un système tel que des yeux mortels n'en ont jamais vu de semblable. Il avertit les peuples de la terre : Les signes de convulsions et du chaos imminents peuvent désormais être discernés, en ce que l'ordre régnant s'avère lamentablement défectueux.
Amis chèrement aimés ! Ce nouvel ordre mondial, dont la promesse est enchâssée dans la révélation de Bahá'u'lláh et dont les principes fondamentaux ont été énoncés dans les écrits du Centre de son alliance, n'implique rien de moins que l'unification complète de la race humaine tout entière. Cette unification devrait se conformer à des principes qui s'harmoniseraient directement avec l'esprit qui anime et les lois qui régissent le fonctionnement des institutions qui constituent déjà la pierre angulaire de l'ordre administratif de sa foi.
Aucun mécanisme qui tomberait sous le niveau inculqué par la révélation bahá'íe ou qui serait en désaccord avec le modèle sublime décrété par ses enseignements, aucun mécanisme que les efforts collectifs de l'humanité peuvent encore imaginer ne pourra jamais espérer atteindre quelque chose de mieux que cette moindre paix à laquelle l'auteur de notre foi lui-même a fait allusion dans ses Écrits. Maintenant que vous avez refusé la plus grande paix, a-t-il écrit dans son admonestation aux rois et aux dirigeants de la terre, attachez-vous fermement à cette moindre paix, afin de pouvoir peut-être, et dans une certaine mesure, améliorer votre propre condition et celle de ceux qui dépendent de vous. S'étendant sur cette moindre paix, il s'adresse ainsi dans cette même tablette aux dirigeants de la terre : Réconciliez-vous afin de n'avoir besoin d'autres armements que ceux qui sont nécessaires à la sauvegarde de vos territoires et de vos possessions... Soyez unis, ô rois de la terre, car ainsi sera apaisée la tempête de discorde qui souffle parmi vous, et vos peuples trouveront le repos, si vous êtes de ceux qui comprennent. Si l'un d'entre vous prend les armes contre un autre, levez-vous tous contre lui, car ce n'est là que justice manifeste.
La plus grande paix, ainsi qu'elle a été conçue par Bahá'u'lláh - une paix qui doit inévitablement suivre, comme sa conséquence pratique, la spiritualisation du monde et la fusion de toutes ses races, croyances, classes et nations -, ne peut reposer sur d'autre base ni être préservée par d'autre moyen que les ordonnances divines contenues de manière implicite dans l'ordre mondial associé à son saint nom. Dans la tablette qu'il révéla il y a près de soixante-dix ans à la reine Victoria, Bahá'u'lláh déclara, faisant allusion à cette plus grande paix : Ce que le Seigneur a ordonné comme le remède souverain et l'instrument le plus puissant pour la guérison du monde entier est l'union de tous ses peuples en une cause universelle, en une foi commune. Ceci ne peut être atteint que par le pouvoir d'un médecin habile, tout-puissant et inspiré. Ceci, vraiment, est la vérité, et tout le reste n'est qu'erreur... Pensez à ces jours où l'Ancienne Beauté, celui qui est le plus Grand Nom, a été envoyé ici-bas pour la régénération et l'unification de l'humanité. Voyez comment, épées tirées, ils se levèrent contre lui et commirent ce qui fit trembler l'Esprit fidèle. Et toutes les fois que nous leur disions : "Voici, le réformateur du monde est venu !" ils nous répondaient : "Ce n'est, en vérité, qu'un fauteur de troubles." Et dans une autre tablette, Bahá'u'lláh affirme : Il convient à tous les hommes, en ce jour, de s'appuyer fermement sur le plus Grand Nom et d'établir l'unité de l'humanité tout entière. Il n'est de lieu où s'enfuir, de refuge que quiconque puisse chercher, si ce n'est lui.

L'entrée dans l'âge adulte de l'humanité

La révélation de Bahá'u'lláh, dont la mission suprême n'est autre que la réalisation de cette unité organique et spirituelle de l'ensemble de toutes les nations, devrait être considérée, si nous sommes fidèles à ses implications, comme marquant par son avènement l'entrée dans l'âge adulte de la race humaine tout entière. Elle ne devrait pas être regardée simplement comme une autre renaissance spirituelle dans la fortune toujours changeante de l'humanité, ni simplement comme un stade plus avancé dans la chaîne des révélations progressives, ni même comme l'apogée de l'une de ces séries de cycles prophétiques périodiques, mais plutôt comme le signe de l'entrée dans la phase dernière et suprême de l'évolution prodigieuse de la vie collective de l'homme sur cette planète. L'émergence d'une communauté mondiale, la prise de conscience d'une citoyenneté mondiale, l'établissement d'une culture et d'une civilisation mondiales - toutes choses qui se feront en synchronisation avec les premiers stades de l'épanouissement de l'âge d'or de l'ère bahá'íe - devraient être considérés, par leur nature même, en ce qui concerne cette vie terrestre, comme les plus lointaines limites qui puissent être atteintes dans l'organisation de la société humaine, bien que l'homme, en tant qu'individu, en conséquence même d'un tel achèvement, poursuivra indéfiniment sa progression et son développement.
Cette transformation mystique qui touche tout et reste indéfinissable, que nous associons au stade de maturité en tant que moment inévitable dans la vie de l'individu et au développement du fruit, doit, si nous voulons comprendre correctement les paroles de Bahá'u'lláh, avoir sa contrepartie dans l'évolution de l'organisation de la société humaine. Un stade semblable doit, tôt ou tard, être atteint dans la vie collective de l'humanité, engendrant un phénomène plus frappant encore dans les relations mondiales et dotant la race humaine tout entière de potentialités de bien-être telles qu'elles fourniront, à travers la succession des âges, le principal stimulant nécessaire à l'accomplissement final de ses hautes destinées. Un tel stade de maturité dans le processus du gouvernement de l'humanité doit, si nous reconnaissons fidèlement la formidable revendication formulée par Bahá'u'lláh, rester pour toujours identifié à la révélation dont il fut le porteur.
Dans l'un des passages les plus caractéristiques de sa propre révélation et en un langage qui exclut toute possibilité d'erreur, il témoigne de la vérité de ce principe qui est une marque distinctive de la foi bahá'íe : Il a été par Nous décrété que la parole de Dieu et toutes les potentialités qu'elle contient seront manifestées aux hommes de façon strictement conforme aux conditions préordonnées par celui qui est l'Omniscient, le Très-Sage... S'il était permis à cette parole de libérer soudainement toutes les énergies latentes en elle, aucun homme ne pourrait soutenir le poids d'une si grandiose révélation. Considérez ce qui a été envoyé à Muhammad, l'Apôtre de Dieu. La mesure de la révélation dont il était le porteur avait été clairement préordonnée par celui qui est le Tout-Puissant, le Très-Haut. Pourtant, ceux qui l'entendaient ne pouvaient comprendre son dessein que dans la mesure de leur capacité et de leur rang spirituels. Lui, de même, ne dévoilait le visage de la sagesse qu'en proportion de la capacité de ses auditeurs à soutenir le poids de son message. Dès le moment où l'humanité eut atteint le stade de la maturité, la Parole révéla aux yeux des hommes les énergies latentes dont elle avait été dotée, des énergies qui se manifestèrent dans la plénitude de leur gloire quand, en l'an 60, l'Ancienne Beauté apparut en la personne d''Alí-Muhammad, le Báb.
Pour éclaircir cette vérité fondamentale, 'Abdu'l-Bahá a écrit : Toutes les choses créées ont leur degré ou stade de maturité. Cette période, dans la vie d'un arbre, est le temps où il porte des fruits... L'animal atteint également un stade de pleine croissance et de perfection, et, dans le règne humain, l'homme arrive à sa maturité quand la lumière de son intelligence atteint sa puissance et son développement suprêmes... De même, il existe des périodes et des stades dans la vie collective de l'humanité. À une époque, elle était passée par le stade de l'enfance, à une autre période par celui de la jeunesse, mais elle est maintenant entrée dans la phase depuis longtemps prédite de sa maturité, dont les preuves sont partout apparentes... Ce qui, aux premiers âges de la race, répondait aux besoins humains ne peut plus ni rencontrer ni satisfaire aux exigences d'aujourd'hui, en cette période de nouveauté et d'accomplissement. L'humanité est sortie de son état antérieur de limitation et de formation préliminaire. L'homme doit maintenant s'imprégner de vertus nouvelles et de pouvoirs nouveaux, de nouvelles normes morales et de nouvelles capacités. Des grâces nouvelles, des dons parfaits l'attendent et descendent déjà sur lui. Les bienfaits et les bénédictions de la période de jeunesse, bien qu'opportuns et suffisants à l'adolescence de l'humanité, sont maintenant incapables de subvenir aux besoins de sa maturité.

Le processus d'intégration

Une telle crise, si importante et si unique dans la vie de l'humanité organisée, peut, de plus, être comparée au stade culminant atteint dans l'évolution politique de la grande République américaine, le stade qui marqua l'apparition d'une communauté unifiée d'États fédérés. L'éveil d'un nouveau sentiment national et la naissance d'un nouveau type de civilisation, infiniment plus riches et plus nobles que ceux que chacune des parties composant cette communauté pouvait espérer atteindre séparément, ont pour ainsi dire proclamé l'entrée dans l'âge adulte du peuple américain. À l'intérieur des limites territoriales de cette nation, cet achèvement peut être considéré comme l'apogée du processus de gouvernement humain. Les éléments divers et lâchement reliés d'une communauté divisée ont été rassemblés, unifiés et intégrés dans un système cohérent. Bien que cette entité puisse continuer à accroître sa force de cohésion, bien que l'unité déjà réalisée puisse être davantage consolidée, bien que la civilisation à laquelle cette unité pouvait seule avoir donné naissance puisse se développer et prospérer, le mécanisme nécessaire à un tel développement peut être présumé établi dans sa structure essentielle, et l'impulsion nécessaire pour le guider et le soutenir peut être considérée comme fondamentalement donnée. Aucun stade supérieur à cet achèvement de l'unité nationale ne peut être conçu dans les limites géographiques de cette nation, bien que la plus haute destinée réservée à son peuple, en tant qu'élément constitutif d'une entité encore plus vaste qui embrassera l'humanité tout entière, puisse demeurer encore inaccomplie. Mais, pris comme une unité isolée, ce processus d'intégration peut être considéré comme ayant atteint sa réalisation finale et suprême.
Tel est le stade dont s'approche collectivement une humanité en évolution. La révélation confiée à Bahá'u'lláh par l'Ordonnateur tout-puissant, ses fidèles le croient fermement, a été dotée de virtualités à la mesure de l'entrée en maturité de la race humaine, le stade le plus important couronnant son évolution de l'enfance à l'âge adulte.
Les fondateurs successifs de toutes les religions du passé qui, de temps immémorial, ont répandu avec une intensité toujours croissante la splendeur d'une seule révélation commune dans les différents stades qui ont marqué la progression du genre humain vers sa maturité, peuvent donc, en un sens, être considérés comme des manifestations préliminaires, qui anticipent et préparent la voie à l'avènement de ce jour des jours, quand la terre entière aura fructifié et que l'arbre de l'humanité aura produit le fruit qui lui était destiné.
Pour incontestable que soit cette vérité, son caractère revendicatif ne devrait jamais permettre d'obscurcir le dessein ou de déformer le principe qui reste à la base des paroles de Bahá'u'lláh, des paroles qui ont établi pour toujours l'unité absolue de tous les prophètes, lui compris, qu'ils appartiennent au passé ou à l'avenir. Bien que la mission des prophètes qui ont précédé Bahá'u'lláh puisse être considérée sous ce jour, bien que la mesure de la révélation divine confiée à chacun d'eux doive nécessairement différer - étant un résultat de ce processus d'évolution -, leur origine commune, leur unité essentielle et l'identité de leur dessein ne devraient à aucun moment et en aucune circonstance être mal comprises ou niées. Qu'il faille considérer que tous les messagers de Dieu demeurent dans le même tabernacle, volent dans le même ciel, sont assis sur le même trône, prononcent les mêmes paroles et proclament la même foi, cela doit, si haut que nous puissions exalter la part de révélation divine octroyée à l'humanité en ce point culminant de son évolution, rester la base inaltérable et le principe central de la croyance bahá'íe. Aucune variation dans la splendeur que chacune de ces manifestations de la lumière de Dieu a répandue sur le monde ne devrait être attribuée à quelque supériorité inhérente au caractère essentiel de l'une d'elles, mais plutôt à la capacité progressive, à la réceptivité spirituelle toujours croissante que le genre humain, dans sa marche ascendante vers la maturité, n'a cessé de témoigner.

L'ultime accomplissement

Ceux-là seuls qui veulent associer la révélation proclamée par Bahá'u'lláh à l'achèvement d'une si prodigieuse évolution dans la vie collective de la race humaine tout entière peuvent saisir la portée des paroles que, faisant allusion aux gloires de ce jour promis et à la durée de l'ère bahá'íe, il a jugé à propos de prononcer. Voici le roi des jours, s'exclame-t-il, le jour qui a vu la venue du Bien-Aimé, de celui qui, de toute éternité, a été proclamé le Désir du monde. Les Écrits des dispensations passées, affirme-t-il plus loin, célèbrent le grand jubilé qui doit nécessairement saluer ce très grand jour de Dieu. Heureux celui qui a vécu pour voir ce jour et a reconnu son rang. Il est évident, explique-t-il dans un autre passage, que chaque âge au cours duquel une manifestation de Dieu a vécu est décrété divinement et peut, en un sens, être décrit comme le jour désigné par Dieu. Ce jour-ci, cependant, est unique et doit être distingué de ceux qui l'ont précédé. La désignation de "Sceau des prophètes" révèle pleinement son rang élevé. En vérité, le cycle prophétique est terminé. La vérité éternelle est maintenant venue. Il a levé la bannière de la puissance et répand à présent sur le monde la splendeur sans nuage de sa révélation. Dans cette très grandiose révélation, déclare dans un langage catégorique Bahá'u'lláh, toutes les dispensations du passé ont atteint leur plus haut, leur ultime accomplissement. Ce qui a été rendu manifeste dans cette révélation prééminente et très exaltée demeure sans parallèle dans les annales du passé, et les âges futurs ne verront rien de semblable.
Il faudrait, de même, se rappeler les paroles authentiques de 'Abdu'l-Bahá qui confirment avec non moins de force l'immensité sans précédent de la dispensation bahá'íe : Des siècles, affirme-t-il dans une de ses tablettes, voire des âges sans nombre doivent s'écouler avant que brille de nouveau dans sa splendeur estivale le Soleil de Vérité, ou avant qu'il apparaisse une fois encore dans l'éclat radieux de sa gloire printanière... La seule contemplation de la dispensation inaugurée par la Beauté bénie eût suffi à combler les saints des âges passés, qui aspirèrent si ardemment à participer, ne fût-ce qu'un moment, à sa grande gloire. En ce qui concerne les manifestations qui, dans le futur, descendront "à l'ombre des nuages", affirme 'Abdu'l-Bahá dans un langage encore plus précis, sachez, en vérité, qu'en ce qui concerne leur relation avec la Source de leur inspiration, elles sont à l'ombre de l'Ancienne Beauté. Cependant, par rapport à l'époque où elles apparaissent, chacune d'elles "fait ce qu'Il veut". Cette sainte dispensation, explique-t-il en faisant allusion à la révélation de Bahá'u'lláh, est illuminée de la lumière du Soleil de Vérité qui brille depuis la hauteur de son rang très exalté dans la plénitude de sa splendeur, de sa chaleur et de sa gloire.

Les douleurs de la mort et de la naissance

Amis chèrement aimés ! Bien que la révélation de Bahá'u'lláh ait été délivrée au monde, l'ordre mondial que, de toute nécessité, cette révélation doit engendrer n'a pas encore vu le jour. Bien que l'âge héroïque de sa foi soit terminé, les énergies créatrices que cet âge a libérées ne se sont pas encore concrétisées sous la forme de cette société mondiale qui, une fois les temps accomplis, doit refléter l'éclat de sa gloire. Bien que la charpente de son ordre administratif ait été érigée et que la période de formation de l'ère bahá'íe ait débuté, cependant le royaume promis auquel le germe de ses institutions doit aboutir n'est pas encore inauguré. Bien que sa voix se soit élevée, et que les bannières de sa foi aient été hissées dans non moins de quarante pays de l'Est et de l'Ouest, cependant la race humaine entière n'a toutefois pas encore reconnu et proclamé son unité, et l'étendard de sa plus grande paix n'est pas encore hissé.
Les sommets, atteste Bahá'u'lláh lui-même, que par la très miséricordieuse faveur de Dieu, l'homme mortel peut atteindre en ce jour demeurent encore cachés à sa vue. Le monde de l'existence n'a jamais eu, ni ne possède encore, la faculté de recevoir une telle révélation. Le jour approche, cependant, où les potentialités d'une si grande faveur seront, en vertu de son commandement, manifestées aux hommes.
Pour que soit révélée une si grande faveur, une période de troubles intenses et de souffrance généralisée semblerait indispensable. Si resplendissant qu'ait été l'âge qui a témoigné du commencement de la mission confiée à Bahá'u'lláh, l'intervalle de temps qui doit s'écouler avant que cet âge porte son fruit le plus précieux doit être obscurci - et la chose apparaît avec une évidence toujours croissante - par les ténèbres morales et sociales qui, seules, peuvent préparer une humanité impénitente à recueillir la récompense dont son destin est d'hériter.
Nous entrons à présent dans une telle période d'un pas ferme et irrésistible. Parmi les ombres qui, chaque jour davantage, s'épaississent autour de nous, nous pouvons à peine discerner les faibles lueurs de la sublime souveraineté de Bahá'u'lláh qui, par instants, apparaissent à l'horizon de l'histoire. À nous qui sommes "la génération de la pénombre", qui vivons en un temps qu'on peut désigner comme la période d'incubation de la fédération mondiale envisagée par Bahá'u'lláh, à nous a été assignée une tâche dont nous ne pouvons jamais assez apprécier le haut privilège, et dont nous ne pouvons encore percevoir la difficulté que confusément. Nous pouvons bien croire, nous qui sommes appelés à éprouver l'action des forces des ténèbres destinées à libérer un torrent de souffrances atroces, que l'heure la plus sombre qui doit précéder l'aube de l'âge d'or de notre foi n'a pas encore sonné. Si profonde que soit l'obscurité qui encercle déjà le monde, les épreuves pénibles dont la terre doit être affligée ne sont encore qu'en préparation, et leur noirceur ne peut encore être imaginée. Nous nous trouvons au seuil d'un âge dont les convulsions proclament à la fois les affres de l'agonie de l'ordre ancien et les douleurs de l'enfantement du nouveau. Nous pouvons dire que ce nouvel ordre mondial a été conçu sous l'influence créatrice de la foi annoncée par Bahá'u'lláh. Nous pouvons, en ce moment, éprouver ses mouvements dans le sein d'un âge en travail, un âge qui attend l'heure fixée à laquelle il pourra déposer son fardeau et produire son plus beau fruit.
La terre entière, écrit Bahá'u'lláh, est à présent au stade de la gestation. Le jour approche où elle aura produit ses fruits les plus nobles, où auront jailli d'elle les arbres aux plus hautes cimes, les fleurs les plus enchanteresses, les plus célestes bénédictions. Immensément exaltée est la brise qui émane de la robe de ton Seigneur, le Glorifié ! Car voici qu'elle a exhalé son parfum et renouvelé toutes choses ! Heureux celui qui le comprend ! Les vents impétueux de la grâce divine, proclame-t-il dans la Súratu'l-Haykal, sont passés sur toutes choses. Chaque créature a été dotée de toutes les potentialités qu'elle peut porter. Et cependant, les peuples du monde ont refusé cette grâce ! Chaque arbre a été doté des fruits les meilleurs, chaque océan enrichi des gemmes les plus lumineuses. L'homme lui-même a été investi des dons de l'intelligence et du savoir. La création tout entière est devenue le réceptacle de la révélation du Très-Miséricordieux, et la terre le dépositaire des choses impénétrables à tous, sauf à Dieu, le Véritable, celui qui connaît les choses invisibles. Le temps approche où toute chose créée aura déposé son fardeau. Loué soit Dieu qui a accordé cette grâce embrassant toutes choses, tant visibles qu'invisibles !
L'appel de Dieu, en s'élevant, écrivit 'Abdu'l-Bahá, a insufflé une vie nouvelle dans le corps de l'humanité et infusé un nouvel esprit dans toute la création. C'est pour cette raison que le monde a été remué en profondeur et que les coeurs et les consciences des hommes ont été vivifiés. Avant longtemps, les preuves de cette régénération seront révélées, et ceux qui dorment profondément seront éveillés.

L'effervescence universelle

En regardant le monde autour de nous, nous sommes forcés de remarquer les multiples preuves de cette effervescence universelle qui, sur chaque continent du globe et dans chaque domaine de la vie humaine, qu'il soit religieux, social, économique ou politique, purifie et réforme l'humanité en vue du jour où la totalité de la race humaine sera prise en considération et son unité établie. Deux processus peuvent cependant être distingués, chacun tendant, à sa manière et à un rythme accéléré, à porter à leur comble les forces qui sont en train de transformer la face de notre planète. Le premier est essentiellement un processus d'intégration, tandis que le second est fondamentalement destructeur. Le premier, qui se développe progressivement, déploie un système qui peut servir de modèle à la communauté politique mondiale vers laquelle s'achemine sans trêve un monde étrangement désordonné; alors que le dernier, à mesure que s'accroît son influence désintégratrice, tend à renverser avec une violence toujours croissante les barrières vétustes qui cherchent à entraver le progrès de l'humanité vers le but qui lui est assigné. Le processus constructeur, associé à la foi naissante de Bahá'u'lláh, est le signe avant-coureur du nouvel ordre mondial que cette foi doit établir sous peu. Les forces destructrices qui caractérisent l'autre mouvement devraient être identifiées avec une civilisation qui a refusé de répondre à l'attente d'un âge nouveau et qui, par conséquent, décline et s'enfonce dans le chaos.
Une bataille titanesque, une bataille spirituelle d'une ampleur sans pareille, et pourtant ineffablement glorieuse dans ses ultimes conséquences, est en train de se jouer du fait de ces tendances opposées en cette période de transition par laquelle passent à présent la communauté organisée des fidèles de Bahá'u'lláh et l'humanité tout entière.
L'esprit qui s'est incarné dans les institutions d'une foi en plein essor a, au cours de sa marche en avant vers la rédemption du monde, rencontré des forces avec lesquelles il est actuellement aux prises, des forces qui sont, dans la plupart des cas, la négation même de cet esprit, et dont l'existence, perpétuée, doit inévitablement l'empêcher d'accomplir son dessein. Les institutions creuses et épuisées, les doctrines et les croyances surannées, les traditions usées et discréditées que représentent ces forces ont été en certaines circonstances, il faut bien le noter, minées par leur sénilité, la perte de leur pouvoir de cohésion et leur propre corruption. Quelques-unes ont été balayées par les violentes forces que la foi bahá'íe a si mystérieusement libérées à l'heure de sa naissance. D'autres, en conséquence immédiate d'une résistance faible et vaine à sa croissance durant les tous premiers stades de son développement, se sont éteintes et ont été totalement discréditées. D'autres encore, par crainte de l'influence pénétrante des institutions au sein desquelles, en une période plus tardive, s'était incarné cet esprit, avaient mobilisé leurs forces et lancé leurs attaques destinées à essuyer à leur tour, après un succès bref et illusoire, une défaite ignominieuse.

Cet âge de transition

Je n'ai point dessein de rappeler les batailles spirituelles qui en ont résulté, moins encore d'en tenter une analyse détaillée, et mon objet n'est pas non plus d'enregistrer les victoires qui ont rejailli sur la gloire de la foi de Bahá'u'lláh depuis le jour de sa fondation. Plutôt que les événements qui ont marqué le premier âge, l'âge apostolique de la dispensation bahá'íe, mon souci principal se rapporte plutôt aux événements marquants qui ont eu lieu et aux tendances qui caractérisent la période de formation de son développement, cet âge de transition dont les tribulations sont les signes avant-coureurs de cette ère de félicité bénie qui doit concrétiser l'ultime dessein de Dieu pour toute l'humanité.
Dans une communication précédente, j'ai fait une brève allusion à la chute catastrophique des empires et des royaumes puissants survenue à la veille du départ de 'Abdu'l-Bahá, dont on peut dire que la mort a inauguré la phase de l'âge de transition dans lequel nous vivons actuellement. La dissolution de l'Empire allemand, la défaite humiliante infligée à son chef, le successeur et descendant en droite ligne du roi et empereur prussien à qui Bahá'u'lláh avait adressé son avertissement solennel et historique, ainsi que l'extinction de la monarchie austro-hongroise, dernier vestige du Saint-Empire romain jadis si illustre, ces événements furent tous deux précipités par une guerre dont la déclaration marqua l'ouverture de l'âge de frustration appelé à précéder l'établissement de l'ordre mondial de Bahá'u'lláh. Ces deux événements d'une grande importance peuvent être regardés comme les premiers faits de cet âge tumultueux dont nous commençons aujourd'hui à pénétrer les limites qui bordent sa phase la plus noire.
Au conquérant qui vainquit Napoléon III, l'auteur de notre foi avait adressé, au lendemain de sa victoire, dans son très saint Livre, cet avertissement clair et prophétique : Ô Roi de Berlin... Prends garde, de crainte que l'orgueil ne t'empêche de reconnaître l'aube de la révélation divine ! Prends garde que les désirs terrestres ne te cachent, comme un voile, le Seigneur du trône céleste et du monde d'ici-bas ! Voici ce que te conseille la Plume du Très-Haut. Il est, en vérité, le Très-Clément, le Tout-Miséricordieux. Rappelle-toi celui dont la puissance transcendait ta puissance (Napoléon III), et dont le rang surpassait ton rang. Où est-il ? Que sont devenues ses possessions ? Prends garde, et ne sois pas de ceux qui s'abandonnent au sommeil. C'est lui qui, lorsque nous lui fîmes connaître ce que les armées de la tyrannie nous avaient fait endurer, rejeta la tablette de Dieu. Pour cette raison, la disgrâce de toutes parts l'assaillit et lui fit mordre la poussière en une grande défaite. Médite, ô Roi, sur son exemple et sur celui de tous ceux qui comme toi ont conquis des cités et régné sur les hommes. Le Très-Miséricordieux les tira de leurs palais pour les mettre au tombeau. Tiens-toi pour averti, sois de ceux qui réfléchissent.
Ô rives du Rhin, prophétise Bahá'u'lláh dans un autre passage du même livre, nous vous avons vues couvertes de sang, alors que les épées du châtiment étaient tirées contre vous; et ainsi vous connaîtrez une autre infortune. Et nous entendons les lamentations de Berlin, bien qu'elle soit aujourd'hui dans une gloire manifeste.

Effondrement de l'islám

L'effondrement du pouvoir de la hiérarchie shiite, dans un pays qui avait été depuis des siècles l'une des forteresses imprenables du fanatisme musulman, fut l'inévitable conséquence de cette vague de sécularisation qui devait plus tard envahir, tant en Europe qu'en Amérique, quelques-unes des institutions ecclésiastiques les plus puissantes et les plus conservatrices. Sans être une conséquence directe de la dernière guerre, cet ébranlement soudain qui avait saisi ce pilier jusque-là immuable de l'orthodoxie islamique accentua les problèmes et rendit plus profonde l'agitation dont un monde harassé par la guerre avait été affligé. L'islám shiite, sur la terre natale de Bahá'u'lláh et en conséquence directe de son hostilité implacable envers sa foi, avait perdu une fois pour toutes sa puissance combative ainsi que ses droits et ses privilèges, il avait été avili et démoralisé, et il était condamné à une obscurité sans espoir et à l'extinction finale. Cependant, pas moins de vingt mille martyrs avaient dû sacrifier leur vie avant que la cause pour laquelle ils s'étaient levés et étaient morts pût enregistrer cette première victoire sur ceux qui étaient les premiers à répudier ses revendications et à faucher ses vaillants soldats. L'opprobre et la misère s'abattirent sur eux, et ils encoururent la colère de Dieu.
Voyez, écrit Bahá'u'lláh, commentant le déclin d'un peuple déchu, comment les actes et les dires de l'islám shiite ont abattu la ferveur et la joie de ses premiers jours et terni l'éclat immaculé de sa lumière. En ses premiers jours, alors qu'ils adhéraient encore aux principes qui sont associés au nom de leur prophète, le Seigneur de l'humanité, leur parcours fut marqué par une chaîne ininterrompue de victoires et de triomphes. Mais, à mesure qu'ils se détournaient de la voie tracée par leur maître et guide idéal, à mesure qu'ils fuyaient la lumière de Dieu et corrompaient le principe de sa divine unicité, et à mesure qu'ils concentraient toujours davantage leur attention sur ceux qui n'étaient que les révélateurs de la puissance de sa parole, leur pouvoir se changea en faiblesse, leur gloire en honte et leur courage en peur. Vois à présent où ils en sont arrivés.
La chute de la dynastie Qájár, le défenseur déclaré et l'instrument complaisant d'un clergé décadent, fut à peu près synchronisée avec l'humiliation qu'avaient subie les chefs ecclésiastiques shiites. Depuis le sháh Muhammad jusqu'au dernier et faible monarque de cette dynastie, la foi de Bahá'u'lláh s'était vu refuser la considération impartiale, le traitement équitable et désintéressé que sa cause avait exigés à juste titre. Elle avait, au contraire, été atrocement tourmentée, constamment trahie et poursuivie. Le martyre du Báb, l'exil de Bahá'u'lláh, la confiscation de ses biens terrestres, son incarcération à Mázindarán; le règne de la terreur qui le confina dans le plus pestilentiel des cachots; les intrigues, les protestations et les calomnies qui, à trois reprises, le firent exiler à nouveau et conduisirent à son emprisonnement final dans la plus désolée des villes; les mesures honteuses qui, avec la connivence des autorités judiciaires et ecclésiastiques, furent prises contre la personne, les biens et l'honneur de ses innocents fidèles; tous ces faits se distinguent comme étant les actes les plus noirs dont la postérité tiendra à jamais responsable cette dynastie couverte de sang. Un autre des obstacles qui avait cherché à obstruer la marche en avant de la foi était désormais écarté.
Bien que Bahá'u'lláh eût été banni de sa terre natale, la vague de calamités qui avait déferlé si furieusement sur lui et sur les fidèles du Báb était loin de se retirer. Sous la juridiction du sultán de Turquie, l'ennemi juré de sa cause, un nouveau chapitre de l'histoire de ses incessantes épreuves s'était ouvert. Le renversement du sultanat et celui du califat, les piliers jumeaux de l'islám sunnite, ne peuvent être regardés que comme les conséquences inévitables de la persécution cruelle, délibérée et acharnée que lui firent subir les monarques de la maison vacillante d''Uthmán, les successeurs reconnus du prophète Muhammad. De la ville de Constantinople, siège traditionnel tant du sultanat que du califat, les gouvernants de la Turquie s'étaient efforcés, avec un zèle infatigable et durant presque trois quarts de siècle, d'endiguer la marée montante d'une foi qu'ils craignaient et abhorraient. Du jour où Bahá'u'lláh mit le pied sur le sol turc - et devint dès lors virtuellement prisonnier du plus puissant potentat de l'islám - jusqu'à l'année où la Terre sainte se trouva libérée du joug turc, les califes qui se succédèrent, et en particulier les sultáns 'Abdu'l-'Azíz et 'Abdu'l-Hamíd, agissant dans le plein exercice de l'autorité spirituelle et temporelle que leur avait conférée leur haute charge, avaient infligé au fondateur de notre foi et au Centre de son alliance des souffrances et des tribulations telles qu'aucun esprit ne peut les concevoir, ni aucune plume et aucune langue les décrire. Eux seuls pouvaient les avoir mesurées ou supportées.
À diverses reprises, Bahá'u'lláh a témoigné de ces épreuves affligeantes : Par la justice du Tout-Puissant ! Si je devais te rapporter tout ce dont j'ai été victime, les âmes et les esprits des hommes ne pourraient en soutenir le poids. Dieu Lui-même m'en est témoin. Vingt années se sont écoulées durant lesquelles nous avons goûté chaque jour à l'angoisse d'une tribulation nouvelle, a-t-il écrit, s'adressant aux rois de la chrétienté. Aucun de ceux qui nous ont précédé n'a enduré ce que nous avons enduré. Puissiez-vous en prendre conscience ! Ceux qui se sont levés contre nous nous ont mis à mort, ils ont répandu notre sang, pillé nos biens, violé notre honneur. Rappelez-vous mes peines, a-t-il révélé d'autre part, mes soucis et mes angoisses, mes malheurs et mes épreuves, les conditions de ma captivité, les pleurs que j'ai versés, l'amertume de mon angoisse et, actuellement, mon emprisonnement dans ce pays lointain... Si on vous disait ce dont fut affligée l'Ancienne Beauté, vous fuiriez dans le désert, secoués de sanglots... Chaque matin à mon lever, je trouvais, massée derrière ma porte, une foule d'afflictions innombrables; et chaque soir, en me couchant, mon coeur était déchiré de l'angoisse dont l'avait fait souffrir l'infernale cruauté de ses ennemis.
Les ordres que donnèrent ces ennemis, les bannissements qu'ils décrétèrent, les outrages qu'ils infligèrent, les plans qu'ils conçurent, les enquêtes qu'ils menèrent, les menaces qu'ils proférèrent, les atrocités qu'ils étaient prêts à commettre, les intrigues et les bassesses auxquelles eux, leurs ministres, leurs gouverneurs et leurs chefs militaires s'étaient livrés forment un tableau auquel on peut difficilement trouver un équivalent dans l'histoire des religions révélées. Le simple récit des faits les plus saillants de cette sinistre histoire suffirait à remplir un volume. Ils savaient fort bien que le centre spirituel et administratif de la cause qu'ils s'étaient efforcés d'éradiquer était tombé en leur pouvoir, que ses chefs étaient des citoyens turcs et que, quelles que fussent leurs ressources, ils étaient à leur merci. Que durant une période de près de soixante-dix années - alors qu'il était encore dans la plénitude d'une autorité incontestée, alors qu'il était renforcé par les machinations sans fin des autorités civiles et ecclésiastiques d'une nation voisine, alors même qu'il était assuré de l'appui des proches de Bahá'u'lláh qui s'étaient rebellés contre sa cause et s'en étaient séparés -, ce despotisme ait finalement échoué à extirper une poignée de sujets condamnés, cela doit rester, pour tout observateur incroyant, l'un des épisodes les plus intrigants et les plus mystérieux de l'histoire contemporaine.
En dépit des calculs d'un ennemi à la vue courte, la cause dont Bahá'u'lláh demeurait le chef visible avait indéniablement triomphé. Aucun esprit impartial, scrutant au-delà des apparences les conditions entourant le prisonnier d''Akká, ne pouvait plus longtemps s'y tromper ou le nier. Bien que la tension, qui avait baissé, se fût accentuée pour un temps après l'ascension de Bahá'u'lláh et que les périls d'une situation encore instable eussent réapparu, il était devenu de plus en plus évident que les forces insidieuses de décadence qui, depuis de longues années, rongeaient les organes vitaux d'une nation malade, étaient en voie d'atteindre leur paroxysme. Une série de crises internes avaient déjà été déchaînées, dont chacune s'avérait plus dévastatrice que la précédente, et qui devaient finalement amener dans leur sillage un des événements les plus catastrophiques des temps modernes. Le meurtre, en 1876, de cet arrogant despote; le conflit russo-turc qui suivit peu après; les guerres de libération qui lui succédèrent; la montée du mouvement des Jeunes-Turcs; la révolution turque de 1909 qui précipita la chute de 'Abdu'l-Hamíd; les guerres balkaniques avec leurs désastreuses conséquences; la libération de la Palestine qui enchâsse en son sein les villes d''Akká et de Haïfa, le centre mondial d'une foi émancipée; le démembrement supplémentaire que décréta le traité de Versailles; l'abolition du sultanat et la chute de la maison d''Uthmán; l'extinction du califat, la séparation de la religion officielle et de l'État; l'annulation de la loi de la Sharí'at, et la promulgation d'un code civil universel; la suppression de divers ordres, croyances, traditions et cérémonies tenus pour indissolublement liés à la structure de la foi musulmane; tous ces événements se succédèrent avec une facilité et une rapidité qu'aucun homme n'avait osé envisager. Dans tous ces coups dévastateurs, assenés par des amis autant que par des ennemis, par des nations chrétiennes et des croyants musulmans, chaque fidèle de la foi persécutée de Bahá'u'lláh reconnut les preuves de la main du fondateur défunt de sa religion qui, depuis le royaume invisible, déchaînait sur une nation et une religion rebelles un flot de calamités bien méritées.
Comparez les preuves des punitions infligées par Dieu, et qui sont advenues aux persécuteurs de Jésus-Christ, à ces châtiments historiques qui, dans la dernière partie du premier siècle de l'ère bahá'íe, firent mordre la poussière au principal ennemi de la religion de Bahá'u'lláh. L'empereur romain n'avait-il pas, dans la seconde moitié du premier siècle de l'ère chrétienne, après un angoissant siège de Jérusalem, dévasté la cité sainte, détruit le temple, profané et dépouillé de ses trésors le saint des saints, transporté ceux-ci à Rome, créé sur le mont Sion une colonie païenne, massacré les juifs, exilé et dispersé les survivants ?
Comparez, en outre, ces paroles dont témoigne l'Évangile, et que le Christ persécuté adresse à Jérusalem, à l'apostrophe à Constantinople révélée de sa prison lointaine par Bahá'u'lláh, et rapportée dans son très saint Livre : Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble ses poussins sous ses ailes ! Et encore, se lamentant sur la ville : Si tu avais su voir à ton heure ce dont dépend ta paix ! Mais cela, maintenant, est caché à tes yeux... Car un temps viendra où tes ennemis creuseront une tranchée autour de toi et te cerneront de toutes parts, et te jetteront bas et tes enfants avec toi, et ils ne te laisseront pas pierre sur pierre, parce que tu n'as pas connu le jour de la visite de ton Seigneur.
Ô lieu situé sur les rives des deux mers ! s'écrie Bahá'u'lláh dans son apostrophe à la ville de Constantinople, Le trône de la tyrannie, en vérité, a été établi sur toi, et la flamme de la haine a été allumée dans ton sein, de telle manière que l'assemblée céleste et ceux qui se tiennent autour du trône exalté ont fait retentir le ciel de leurs lamentations et de leurs gémissements. Nous voyons en toi les insensés régner sur les sages, et les ténèbres fanfaronner devant la lumière. Tu es en vérité remplie d'un orgueil manifeste. Ta splendeur extérieure t'a-t-elle rendue si vaine ? Par celui qui est le Seigneur de l'humanité ! Cette splendeur périra bientôt, et tes filles et tes veuves et toute ta parentèle qui demeurent en toi se lamenteront. Voici ce dont t'informe l'Omniscient, le Très-Sage.
Au sultán 'Abdu'l-'Azíz, le monarque qui décréta chacun des trois exils de Bahá'u'lláh, le fondateur de notre foi adressa ces paroles alors qu'il était prisonnier dans sa capitale : Écoute, ô Roi, les propos de celui par qui parle la vérité, celui qui ne te demande pas de le récompenser avec les choses que Dieu a choisi de t'accorder, celui qui, infailliblement, suit le droit sentier... Place devant tes yeux l'infaillible balance de Dieu, et, comme si tu te tenais en sa présence, chaque jour et à tout moment de ta vie, pèse tes actions sur cette balance. Fais ton examen de conscience avant d'y être contraint, le jour où nul homme n'aura la force de se tenir debout à cause de sa crainte de Dieu, le jour où les coeurs des insouciants trembleront.
Aux ministres de l'État turc, dans cette même tablette, il révéla ce qui suit : Il vous appartient, ô ministres d'État, de garder les préceptes de Dieu et d'abandonner vos propres lois et règlements, et d'être de ceux qui sont guidés dans le droit chemin. Avant longtemps, vous découvrirez les conséquences de vos actes en cette vaine existence et vous en recueillerez le fruit... Qu'ils sont nombreux ceux qui, dans les temps anciens, ont commis les choses que vous avez commises et qui, bien que d'un rang supérieur au vôtre, sont finalement retournés en poussière et ont été livrés à leur inéluctable perte !... Vous suivrez leurs traces, vous pénétrerez dans une habitation où nul d'entre vous ne trouvera ni amitié ni aide... Les jours de votre vie passeront et toutes les choses dont vous êtes occupés et dont vous tirez tant de vanité périront et, par une cohorte de ses anges, vous serez très certainement cités à comparaître en ce lieu où tremblera de tous ses membres la création tout entière et où frémira la chair de chaque oppresseur. Ceci est le jour qui, inévitablement, fondra sur vous, l'heure que nul ne peut retarder.
Aux habitants de Constantinople, alors qu'il vivait exilé parmi eux, Bahá'u'lláh, dans cette même tablette, adressa ces paroles : Craignez Dieu, habitants de la cité, et gardez-vous de semer parmi les hommes les germes de la dissension... Vos jours passeront comme ont passé les jours de ceux qui vous ont précédés. Vous retournerez à la poussière comme vos pères y sont jadis retournés... À notre arrivée dans la cité, remarque-t-il en outre, nous avons trouvé ses gouverneurs et ses anciens assemblés çà et là comme des enfants s'amusant avec de la terre glaise... Notre oeil spirituel a pleuré sur eux et sur leurs offenses, et sur leur total désintéressement de ce pour quoi ils furent créés... Le jour approche où Dieu aura suscité un peuple qui commémorera notre vie, qui fera le récit de nos épreuves, qui exigera de ceux qui, sans une ombre de preuve, nous traitèrent avec une injustice manifeste, la restitution de nos droits. Dieu assurément domine la vie de ceux qui nous firent du tort, et Il connaît bien leurs agissements. Sans nul doute, à cause de leurs péchés, sa main s'appesantira sur eux. Il est, en vérité, le plus violent de tous les vengeurs. Puis, les exhortant avec compassion : Écoutez donc ma parole, retournez à Dieu et repentez-vous afin que, par sa grâce, Il puisse vous prendre en miséricorde, vous laver de vos péchés et vous pardonner vos offenses. La grandeur de sa miséricorde dépasse la fureur de son courroux, et sa grâce embrasse tous ceux qu'Il a appelés à l'existence et revêtus de la robe de vie, et cela dans le passé comme dans le futur.
Et enfin, dans le Lawh-i-Ra'ís, nous trouvons ces paroles prophétiques : Entends, ô chef... la voix de Dieu, le Souverain, l'Aide dans le péril, celui qui subsiste par Lui- même... Tu as commis, ô chef, une action qui a fait gémir, dans le très exalté paradis, Muhammad, l'Apôtre de Dieu. Le monde t'a rendu si vain que tu t'es détourné de la face de celui dont l'éclat a illuminé l'assemblée céleste. Bientôt tu te trouveras dans un désarroi manifeste... Le jour approche où la Terre du Mystère (Andrinople) et ce qui est près d'elle sera transformé et échappera aux mains du roi, et des troubles violents apparaîtront, et des lamentations s'élèveront, et les preuves de la méchanceté seront révélées de toutes parts, et la confusion s'étendra à cause de ce qui est arrivé à ces prisonniers aux mains des multitudes de l'oppression. Le cours des choses sera altéré et les conditions deviendront si impitoyables que le sable même des collines désolées en gémira, que les arbres sur les montagnes pleureront, et que le sang s'écoulera de toutes choses. Alors tu verras le peuple dans une cruelle détresse.
Treize cents ans avaient dû s'écouler depuis la mort du prophète Muhammad avant que l'illégitimité de l'institution du califat, dont les fondateurs avaient usurpé l'autorité des successeurs légitimes de l'Apôtre de Dieu, ne soit pleinement et publiquement démontrée. Une institution qui avait ainsi, dès ses débuts, piétiné un droit aussi sacré et déchaîné les forces d'un schisme aussi désolant, une institution qui, aux derniers jours, avait porté un coup aussi rude à une foi dont le précurseur était lui-même un descendant de ces mêmes imáms dont elle avait refusé l'autorité, une telle institution méritait vraiment le châtiment qui avait scellé son destin.
Le texte de certaines traditions mahométanes, dont l'authenticité est reconnue par les musulmans eux-mêmes et que d'éminents savants et auteurs orientaux bahá'ís ont abondamment cités, servira à éclairer et à confirmer la thèse que j'ai tenté d'exposer : Aux derniers jours, une terrible calamité s'abattra sur mon peuple aux mains de son prince, une calamité telle qu'on n'entendit jamais parler de plus grande. Elle sera si cruelle que nul ne pourra s'en protéger. Dieu enverra alors un de mes descendants, un être issu de ma souche, qui remplira la terre d'autant d'équité et de justice qu'elle était jusque-là remplie d'iniquité et de tyrannie. Et encore : Un jour viendra pour mon peuple où il ne restera de l'islám qu'un nom, et du Qur'án qu'une simple apparence. Les docteurs de cet âge seront les pires que le monde ait jamais vus. Le mal a procédé d'eux, et sur eux il retombera. Et encore : À cette heure sa malédiction descendra sur vous, et votre blasphème vous accablera, et votre religion restera un mot vide sur vos langues. Et lorsque ces signes apparaîtront parmi vous, prévoyez le jour où une tempête de feu s'abattra sur vous, ou le jour où vous serez défigurés, ou celui où les pierres pleuvront sur vous.
Ô peuple du Qur'án, affirme Bahá'u'lláh de façon significative, en s'adressant aux forces jointes de l'islám sunnite et shiite, en vérité, Muhammad, le prophète de Dieu, a versé des larmes au spectacle de votre cruauté. Vous avez assurément suivi vos désirs mauvais et corrompus, et vous avez détourné votre face de la lumière qui guide. Bientôt, vous verrez le résultat de vos actions; car le Seigneur, mon Dieu, vous guette et surveille votre conduite... Ô assemblée de théologiens musulmans ! Par vos actes, le rang exalté du peuple a été abaissé, l'étendard de l'islám a été renversé, et son trône puissant est tombé.

Détérioration des institutions chrétiennes

Voilà pour l'islám et les coups paralysants qu'ont reçus ses dirigeants et ses institutions - sans compter ceux qu'ils peuvent encore recevoir - en ce premier siècle de l'ère bahá'íe. Si je me suis trop longuement étendu sur ce sujet, si j'ai, dans une mesure disproportionnée, cité à l'appui de ma thèse les Écrits sacrés, c'est uniquement parce que j'ai la ferme conviction que les justes calamités qui se sont abattues sur le principal oppresseur de la foi de Bahá'u'lláh ne devraient pas seulement être comptées au nombre des circonstances émouvantes de cet âge de transition, mais également parmi les événements les plus frappants et les plus significatifs de l'histoire contemporaine.
Par les convulsions qui l'avaient saisi, l'islám, à la fois sunnite et shiite, avait contribué à l'accélération de ce processus destructeur auquel j'ai fait référence précédemment, un processus qui, par son caractère même, doit frayer la voie à cette réorganisation complète et à cette unification que le monde, dans tous les aspects de sa vie, doit accomplir. Qu'en est-il de la chrétienté et des communions avec lesquelles elle s'identifie ? Peut-on dire que ce processus de détérioration qui a attaqué l'édifice de la religion de Muhammad n'a pas réussi à exercer son influence pernicieuse sur les institutions associées à la foi de Jésus-Christ ? Ces institutions ont-elles déjà éprouvé l'impact de ces forces menaçantes ? Leurs fondations sont-elles si solides et leur vitalité si grande qu'elles soient en état de résister à cet assaut ? Deviendront-elles à leur tour, à mesure que s'étend et que s'aggrave la confusion d'un monde chaotique, la proie de leur violence ? Les plus attachées, parmi elles, à l'orthodoxie se sont-elles déjà levées et, si non, se lèveront-elles pour repousser l'assaut d'une cause qui, après avoir renversé les barrières de l'orthodoxie musulmane, s'avance maintenant, tant sur le continent européen que sur le continent américain, jusqu'au coeur même de la chrétienté ? Une telle résistance ne sèmerait-elle pas les germes de dissensions et de désordres nouveaux et, par conséquent, ne servirait-elle pas indirectement à hâter l'avènement du jour promis ?
À ces questions, nous ne pouvons répondre que partiellement. Seul le temps pourra révéler la nature du rôle que les institutions directement associées à la foi chrétienne sont destinées à jouer au cours de cette période de formation de l'ère bahá'íe, en cette sombre époque de transition par laquelle passe à présent l'humanité tout entière. Toutefois, les événements qui se sont déjà produits sont de nature à indiquer la direction que prennent aujourd'hui ces institutions. Nous pouvons, dans une certaine mesure, estimer l'effet probable que produiront sur elles les forces qui opèrent tant au sein de la foi bahá'íe qu'en dehors de celle-ci.
Que les forces de l'irréligion, d'une philosophie purement matérialiste et d'un paganisme non dissimulé aient été libérées, qu'elles soient à présent en train de s'étendre et que, en se renforçant, elles commencent à envahir quelques-unes des institutions chrétiennes les plus puissantes du monde occidental, aucun observateur impartial ne peut manquer de l'admettre. Que ces institutions deviennent de plus en plus inquiètes, que parmi elles quelques-unes soient déjà vaguement conscientes de l'influence omnipénétrante de la cause de Bahá'u'lláh, que, à mesure que leur propre force s'effrite et que leur discipline se relâche, elles regarderont avec une consternation croissante l'avènement de son nouvel ordre mondial et se résoudront peu à peu à l'assaillir, et qu'enfin une telle opposition accélérera, à son tour, leur déclin, bien peu, s'il y en a parmi ceux qui suivent avec attention le progrès de la foi de Bahá'u'lláh, seraient enclins à se poser la question.
La vitalité de la foi des hommes en Dieu, a témoigné Bahá'u'lláh, se meurt dans chaque pays. Seul son divin et salutaire remède peut la rétablir. La corrosion de l'athéisme ronge les organes vitaux de la société humaine. Quoi d'autre peut la nettoyer et la ranimer si ce n'est l'élixir de sa puissante révélation ? Le monde est en travail, a-t-il écrit ailleurs, et son agitation croît de jour en jour. Sa face est tournée vers l'incroyance et l'obstination. Sa condition sera telle qu'il ne serait ni convenable ni décent de la dévoiler à présent.
Cette menace de sécularisation qui a attaqué l'islám et est en train de saper ses dernières institutions, qui a envahi la Perse, pénétré en Inde et relevé triomphalement la tête en Turquie, s'est déjà fait sentir en Europe et en Amérique et est, sous des formes et des appellations variées et à des degrés divers, en train de défier les bases de toute religion établie, et en particulier les institutions et les communautés identifiées à la foi de Jésus-Christ. Il ne serait pas exagéré de dire que nous nous acheminons vers une période que l'historien de l'avenir considérera comme l'une des plus critiques de l'histoire de la chrétienté.
Déjà, quelques-uns des protagonistes de la religion chrétienne admettent la gravité de la situation à laquelle ils doivent faire face. Selon le témoignage consigné dans les rapports officiels de ses missionnaires, une vague de matérialisme envahit le monde. Le dynamisme et la pression de l'industrialisation moderne, qui pénètrent jusqu'aux forêts de l'Afrique centrale et aux plaines de l'Asie centrale, rendent partout les hommes dépendants et préoccupés des choses matérielles. L'Église métropolitaine, tant en chaire qu'à la tribune, a peut-être parlé un peu trop aisément de la menace de sécularisation; pourtant, même en Angleterre, nous pouvons plus qu'entrevoir sa signification. Mais pour l'Église d'outre-mer, ce mouvement est une sombre réalité, un ennemi avec lequel elle est déjà aux prises... L'Église a un nouveau danger à affronter, dans chaque pays l'un après l'autre : une attaque résolue et hostile à parer. Parti de la Russie soviétique, un communisme nettement antireligieux s'étend, vers l'ouest, en Europe et en Amérique, et, vers l'est, en Perse, en Inde, en Chine et au Japon. Il s'agit d'une théorie économique fermement assujettie à l'athéisme. C'est une irréligion religieuse... Elle a un sentiment passionné de sa mission, elle mène sa campagne anti-Dieu contre l'Église métropolitaine et lance en même temps son offensive contre ses têtes de pont en terres non chrétiennes. Une telle attaque, consciente, avérée et organisée contre la religion en général et le christianisme en particulier, est un fait tout à fait nouveau dans l'histoire. Dans certains pays, une autre forme de foi sociale et politique - le nationalisme - est, dans son hostilité résolue au christianisme, tout aussi délibérée. Mais, à la différence de ce qui a lieu pour le communisme, l'attaque nationaliste contre la chrétienté est souvent liée à quelque forme de religion nationale : à l'islám en Perse et en Égypte, au bouddhisme à Ceylan, tandis que la lutte pour les droits des communautés en Inde s'associe à un renouveau tant de l'hindouisme que de l'islám.
Je n'ai pas besoin dans cet ordre d'idée d'exposer ici l'origine et le caractère de ces théories économiques et de ces philosophies politiques de la période de l'après-guerre qui, directement et indirectement, ont exercé et exercent encore leur influence pernicieuse sur les institutions et les croyances liées à l'un des systèmes religieux les plus répandus et les mieux organisés du monde. C'est à leur influence plutôt qu'à leur origine que je m'intéresse principalement. Le développement excessif de l'industrialisation et les maux qu'il entraîne - comme en témoigne la citation faite plus haut -; l'instauration d'une politique agressive et les efforts persistants exercés par les inspirateurs et les organisateurs du mouvement communiste; l'intensification d'un nationalisme militant qui, dans certains pays, s'allie à une campagne de diffamation systématique de toutes les formes d'influence ecclésiastique; tout cela a, sans aucun doute, contribué à la déchristianisation des masses et a été responsable du déclin notable de l'autorité, du prestige et de la puissance de l'Église. La conception même de Dieu, ont proclamé avec insistance les persécuteurs de la religion chrétienne, est une conception dérivée des anciens despotismes orientaux; elle est tout à fait indigne d'hommes libres. La religion, a affirmé un de leurs meneurs, est l'opium du peuple. La religion, déclare le texte de leurs publications officielles, est un moyen d'abrutir le peuple. L'éducation doit tendre à effacer des esprits cette humiliation et cette idiotie.
La philosophie hégélienne qui, dans d'autres pays, sous la forme d'un nationalisme intolérant et militant, a déifié l'État de manière insistante, a inculqué l'esprit de guerre et incité à l'animosité raciale, a, de même, conduit à un affaiblissement marqué de l'Église et à une grave diminution de son influence spirituelle. À la différence de l'offensive hardie qu'un mouvement d'un athéisme déclaré avait choisi de lancer contre elle tant en Union Soviétique qu'au dehors de ses frontières, cette philosophie nationaliste qu'ont soutenue les dirigeants et les gouvernements chrétiens est une attaque dirigée contre l'Église par ceux-là mêmes qui, jusque-là, étaient ses partisans déclarés; c'est une trahison de sa cause par les siens. Elle a été poignardée, de l'extérieur, par les coups d'un athéisme étranger et militant et, de l'intérieur, par ceux des prêcheurs d'une doctrine hérétique. Ces deux forces, chacune opérant dans sa propre sphère et utilisant ses propres armes et ses propres méthodes, ont de plus été grandement encouragées et secondées par l'esprit de modernisme à la mode, profondément imbu d'une philosophie purement matérialiste qui, à mesure qu'elle se répand, tend de plus en plus à séparer la religion et la vie quotidienne de l'homme.
L'effet combiné de ces doctrines étranges et corrompues, de ces philosophies insidieuses et dangereuses, a, naturellement, été durement ressenti par ceux dont les principes inculquaient un esprit et des principes opposés et tout à fait inconciliables. Les conséquences du conflit qui s'ensuivit fatalement entre ces intérêts si divergents ont été, en certains cas, désastreuses, et le dommage qui en a résulté est irréparable. La séparation d'avec l'État et le démembrement de l'Église grecque orthodoxe en Russie, qui a suivi le coup subi par l'Église romaine du fait de l'effondrement de la monarchie austro-hongroise; les troubles qui, plus tard, ont secoué l'Église catholique, et dont sa séparation d'avec l'État en Espagne marqua le point culminant; les persécutions qu'elle subit au Mexique; les perquisitions, les arrestations, les intimidations et le régime de terreur auxquels sont soumis, au coeur de l'Europe, tant les luthériens que les catholiques; la confusion dans laquelle a été jetée une autre branche de l'Église à la suite de la campagne militaire en Afrique; le déclin qui s'amorçait dans la fortune des Missions chrétiennes, tant anglicanes que presbytériennes, en Perse, en Turquie et en Extrême-Orient; les signes de mauvais augure qui laissent présager de sérieuses complications dans les relations précaires et équivoques qui existent actuellement entre le Saint-Siège et certaines nations du continent européen; tels sont les traits les plus frappants des revers qu'ont essuyés, dans presque toutes les régions du monde, les membres et les dirigeants des institutions ecclésiastiques chrétiennes.
Que la solidarité entre certaines de ces institutions ait été irréparablement brisée, le fait est trop évident pour qu'aucun observateur intelligent puisse s'y méprendre ou le nier. L'abîme s'élargit continuellement au sein de leurs adhérents entre les intégristes et les progressistes. Leurs doctrines et leurs dogmes ont été dilués et, dans certains cas, ignorés et abandonnés. Leur emprise sur la conduite des hommes ne cesse de se relâcher, et le personnel de leurs ministères décroît en nombre et en influence. La timidité et le manque de sincérité de leurs prédicateurs sont, dans plusieurs cas, mis en évidence. Leurs dotations ont été supprimées dans quelques pays, et la force de leur formation religieuse a décliné. Leurs temples ont été en partie désertés et détruits, et l'oubli de Dieu, de ses enseignements et de son dessein les a affaiblies, tout en accumulant sur elles les humiliations.
Cette tendance à la désintégration dont l'islám sunnite et shiite a si manifestement souffert ne pourrait-elle pas, quand elle atteindra son point culminant, déchaîner encore d'autres calamités sur les diverses communions de l'Église chrétienne ? De quelle manière et à quelle vitesse ce processus déjà amorcé se développera, l'avenir seul pourra le divulguer. Il n'est pas davantage possible d'estimer aujourd'hui jusqu'à quel point les attaques qu'un clergé, resté puissant, peut encore lancer contre les bastions de la foi de Bahá'u'lláh en Occident accentueront ce déclin et élargiront la portée de désastres inévitables.
Si la chrétienté désire et compte se mettre au service du monde dans la crise actuelle, écrit un ministre de l'Église presbytérienne américaine, il lui faut retourner au christianisme du Christ, remonter, à travers la religion séculaire de Jésus, à la religion originale de Jésus. Sinon, ajoute-t-il éloquemment, l'esprit du Christ vivra dans des institutions autres que les nôtres.
Un déclin si marqué dans la force et la cohésion des éléments constitutifs de la société chrétienne a donné naissance à son tour, ainsi que nous pouvions le prévoir, à l'émergence d'un nombre toujours croissant de sectes obscures, de nouvelles et étranges idolâtries, de vaines philosophies, dont les doctrines sophistiquées ont accru la confusion d'un âge troublé. D'après leurs principes et leurs activités, on peut dire qu'elles reflètent et qu'elles attestent le mécontentement, la révolte et les aspirations confuses des masses désillusionnées qui ont déserté la cause des Églises chrétiennes et se sont retranchées de leur sein.
Un parallèle pourrait presque être établi entre ces systèmes de pensée confus et générateurs de désordre, qui sont le résultat direct de la déconfiture et de l'impuissance qui affligent la foi chrétienne, et l'abondante variété des sectes populaires, des philosophies évasives nées de la mode qui proliféraient aux premiers siècles de l'ère chrétienne, et qui tentèrent de pervertir et d'absorber la religion d'État de ce peuple romain. Les idolâtres qui formaient alors la masse de la population de l'Empire romain occidental se trouvèrent entourés et, dans certains cas, menacés par la secte des néo-platoniciens qui prévalait, par les adhérents aux religions naturistes, par les philosophies gnostiques, par le philonisme, le mithraïsme, les fidèles du culte d'Alexandrie, et par une multitude de sectes et de croyances semblables, tout comme les défenseurs de la foi chrétienne - qui règne actuellement dans le monde occidental -, prennent conscience, en ce premier siècle de l'ère bahá'íe, de ce que leur influence est profondément minée par un flot de croyances, de pratiques et de tendances contradictoires que leur propre faillite a suscitées. Ce fut pourtant cette même religion chrétienne, à présent réduite à un tel état d'impuissance qui, finalement, s'était montrée capable de balayer les institutions du paganisme, de submerger et de supprimer les cultes qui prospéraient à cette époque.
Ces institutions qui se sont écartées loin de l'esprit et des enseignements de Jésus-Christ devront inévitablement, au fur et à mesure que l'embryon de l'ordre mondial de Bahá'u'lláh prend forme et se développe, passer à l'arrière-plan et laisser la voie libre pour le progrès des institutions divinement ordonnées qui sont inextricablement liées à ses enseignements. L'Esprit de Dieu qui, dans l'âge apostolique de l'Église, animait ses membres, la pureté primitive de ses enseignements, l'éclat premier de sa lumière, sans aucun doute, renaîtront et revivront comme la conséquence inévitable de cette nouvelle définition de ses vérités fondamentales et comme la clarification de sa finalité originale.
Car la foi de Bahá'u'lláh - si nous la jugeons loyalement - ne peut, en aucun cas et dans aucun aspect de ses enseignements, se trouver en désaccord - et moins encore en conflit - avec l'intention qui anime la foi de Jésus-Christ ou l'autorité dont elle est investie. Cet hommage éclatant rendu par Bahá'u'lláh lui-même à l'auteur de la foi chrétienne constitue un témoignage suffisant de la vérité de ce principe central de la croyance bahá'íe : Sachez que lorsque le Fils de l'Homme rendit son âme à Dieu, la création tout entière fut secouée de grands sanglots. Cependant, par son sacrifice, il avait infusé dans toutes choses créées une capacité nouvelle. Ses preuves, témoignées parmi tous les peuples de la terre, sont à présent manifestes à vos yeux. La plus profonde sagesse exprimée par les philosophes, le plus profond savoir qu'esprit développa jamais, l'art qu'ont pu produire les mains les plus habiles, l'influence exercée par le plus puissant des souverains ne sont que des manifestations de la puissance vivifiante libérée par son esprit transcendant et resplendissant qui pénètre tout. Nous attestons que, lorsqu'il naquit, il répandit sur toutes choses créées la splendeur de sa gloire. Par lui, le lépreux fut débarrassé de la lèpre de l'ignorance et de la perversité. Par lui, les dévergondés et les obstinés furent guéris. Par son pouvoir qu'il tenait de Dieu, les yeux de l'aveugle furent ouverts et l'âme du pécheur sanctifiée... C'est lui qui purifia le monde. Béni est l'homme qui, le visage inondé de lumière, s'est tourné vers lui.

Signes d'effondrement de la morale

Je ne crois pas qu'il soit utile d'en dire davantage sur le déclin des institutions religieuses dont la désagrégation constitue un aspect si important de la période de formation de l'ère bahá'íe. L'islám était, suite à la vague montante de sécularisation, et en conséquence directe de son hostilité déclarée et persistante à la foi de Bahá'u'lláh, tombé à un degré d'avilissement rarement atteint au cours de son histoire. Le christianisme à son tour, pour des causes qui ne sont pas entièrement différentes de celles qui ont joué dans le cas de sa foi soeur, s'était affaibli de jour en jour et contribuait d'une manière croissante au processus de désagrégation générale, un processus qui doit nécessairement précéder la reconstruction fondamentale de la société humaine.
Les signes d'effondrement de la morale, distincts des signes de décadence des institutions religieuses, n'apparaissent pas moins notables et significatifs. Le déclin qui s'est établi dans l'état des institutions islamiques et chrétiennes a, peut-on dire, sa contre-partie dans la vie et la conduite des individus qui les composent. Dans quelque direction que nous tournions nos regards, et si superficielle que soit notre observation des dires et des faits de la génération présente, nous ne pouvons manquer d'être frappés par les signes de décadence morale dont les hommes et les femmes, tant dans leur vie individuelle qu'à titre collectif, font preuve autour de nous.
Il n'est pas douteux que le déclin de la religion en tant que force sociale, dont la détérioration des institutions religieuses n'est qu'un phénomène extérieur, soit le principal responsable d'un mal si grave et si évident. La religion, écrit Bahá'u'lláh, est le moyen le plus considérable pour l'établissement de l'ordre dans le monde et pour le contentement paisible de tous ceux qui l'habitent. L'affaiblissement des piliers de la religion a affermi les mains des ignorants et les a rendus hardis et arrogants. En vérité, je vous le dis, tout ce qui a abaissé le rang élevé de la religion a renforcé l'obstination des méchants, et le résultat ne peut être que l'anarchie. La religion, dit-il dans une autre tablette, est une lumière radieuse et une forteresse imprenable pour la protection et le bien-être des peuples du monde, car la crainte de Dieu oblige l'homme à s'en tenir fermement à ce qui est bien et à fuir tout mal. Si la lampe de la religion est voilée, la confusion et le chaos s'ensuivront, et les lumières de l'équité, de la justice, de la tranquillité et de la paix cesseront de briller. Sachez, a-t-il écrit à un autre propos, que ceux qui sont vraiment sages ont comparé le monde au temple humain. De même que le corps de l'homme a besoin d'un vêtement pour l'habiller, de même il faut que le corps de l'humanité soit revêtu du manteau de la justice et de la sagesse. Sa robe est la révélation qui lui est accordée par Dieu.
Il n'est donc pas étonnant que, lorsque par suite de la perversité humaine la lumière de la religion est éteinte dans le coeur des hommes, et que la robe divinement assignée, qui est destinée à l'ornement du temple humain, est délibérément rejetée, un déclin déplorable s'établit immédiatement dans le sort de l'humanité, et amène dans son sillage tous les maux qu'une âme rebelle est capable de révéler. La perversion de la nature humaine, la dégradation de la conduite humaine, la corruption et la dissolution des institutions humaines se révèlent, à la faveur de telles circonstances, sous leurs pires et leurs plus révoltants aspects. Le caractère humain est avili, la confiance est ébranlée, les règles de la discipline sont relâchées, la voix de la conscience humaine est étouffée, le sens de la pudeur et de la décence est obscurci, les concepts de devoir, de solidarité, de réciprocité et de loyauté sont faussés, et le sentiment même de la paix, de la joie et de l'espoir s'éteint peu à peu.
Telle est, il faut bien l'admettre, la situation que frôlent les individus et les institutions. Il n'est pas, a écrit Bahá'u'lláh se lamentant sur la condition fâcheuse d'une humanité fourvoyée, il n'est pas deux hommes qui puissent se dire extérieurement et intérieurement unis. Les preuves de la discorde et de la malveillance apparaissent de tous côtés, alors que nous étions tous faits pour l'harmonie et l'union. Pendant combien de temps, s'écrie-t-il dans la même tablette, l'humanité persistera-t-elle dans son obstination ? Pendant combien de temps l'injustice se perpétuera-t-elle ? Pendant combien de temps encore la confusion et le chaos régneront-ils parmi les hommes ? Pendant combien de temps encore la discorde agitera-t-elle la face de la société ? Les vents du désespoir, hélas, soufflent de tous côtés, et les différends qui divisent et affligent la race humaine s'aggravent de jour en jour.
La recrudescence de l'intolérance religieuse, de l'animosité raciale et de l'arrogance patriotique; les manifestations croissantes de l'égoïsme, de la suspicion, de la peur et de la tromperie; l'expansion du terrorisme, de l'illégalité, de l'ivrognerie et du crime; la soif insatiable et la poursuite fiévreuse de la richesse, des plaisirs et des vanités terrestres; l'affaiblissement de la solidarité familiale, le laxisme de la surveillance parentale; la chute complaisante dans la luxure; l'attitude irresponsable vis-à-vis du mariage et la vague montante des divorces qui en résulte; la décadence de la musique et des arts, la contagion de la littérature et la corruption de la presse; l'activité et l'influence croissantes de ces "prophètes de la décadence" qui plaident pour l'union libre, qui prêchent la philosophie du nudisme, qui taxent la modestie de fiction intellectuelle, qui se refusent à considérer la procréation comme l'objet principal et sacré du mariage, qui dénoncent la religion comme étant un opium pour le peuple et qui, si on les laissait faire, ramèneraient la race humaine à la barbarie, au chaos et à l'extinction finale; tels apparaissent les traits caractéristiques d'une société en décadence, une société qui doit ou renaître, ou périr.

Ecroulement de la structure politique et économique

Dans le domaine politique, un déclin semblable, des signes non moins notables de désagrégation et de confusion peuvent être constatés en cet âge qui est le nôtre et dont les historiens futurs pourraient bien reconnaître qu'il fut le préambule du grand âge, dont les jours dorés ne peuvent être encore que vaguement imaginés.
Les événements violents et empreints de passion qui, au cours des dernières années, ont éprouvé au point de la détruire complètement la structure politique et économique de la société, sont trop nombreux et complexes pour, dans les limites de cet aperçu général, tenter d'en estimer adéquatement le caractère. D'ailleurs, ces tribulations, pour cruelles qu'elles aient été, semblent ne pas avoir atteint leur paroxysme et épuisé toute la force de leur puissance destructrice. Le monde entier, de quelque endroit et sous quelque angle que nous l'observions, nous offre le triste et pitoyable spectacle d'un vaste organisme affaibli et moribond, que déchirent politiquement et qu'étranglent économiquement des forces qu'il a cessé de contrôler ou de comprendre. La grande dépression, conséquence des plus dures épreuves que l'humanité ait jamais subies, la désintégration du système de Versailles, la recrudescence du militarisme sous ses aspects les plus menaçants, la faillite de vastes expériences et d'institutions récentes destinées à assurer la paix et la tranquillité des peuples, des classes et des nations ont cruellement désillusionné l'humanité et ont mis son moral au plus bas. Ses espérances se sont, pour la plupart, brisées, sa vitalité a faibli, sa vie s'est étrangement désorganisée, et son unité est gravement compromise.
Sur le continent européen, des haines invétérées et des rivalités croissantes s'agencent, une fois de plus, en des combinaisons destinées à précipiter les tribulations les plus terribles et les plus implacables dont l'humanité ait jamais souffert au cours du long calvaire des nations et des peuples voués au malheur. Sur le continent nord-américain, la détresse économique, la désorganisation industrielle, le mécontentement général suscité par les expériences avortées conçues pour remettre en état l'équilibre économique du pays, l'inquiétude et la crainte que font naître la possibilité de complications politiques en Europe et en Asie; tout cela semble bien présager l'approche de ce qui pourrait se révéler être une des phases les plus critiques de l'histoire de la République américaine. L'Asie, encore dans une large mesure aux prises avec l'une des plus rudes épreuves qu'elle ait connues au cours de sa récente histoire, se voit menacée sur ses frontières orientales par un assaut de forces qui risquent d'intensifier les luttes que l'industrialisation et le nationalisme croissants de ses races émancipées doivent finalement engendrer. Au coeur de l'Afrique flambe l'incendie d'une guerre atroce et sanglante, une guerre qui, quelle qu'en puisse être l'issue, est destinée à exercer, par ses répercussions mondiales, une influence très perturbatrice sur les races et les nations de couleur de l'humanité.
Avec, sous les armes, rien de moins que dix millions d'hommes entraînés et formés au maniement des plus abominables engins destructeurs que la science ait inventés; avec trois fois ce nombre d'individus qui s'agitent et s'irritent sous le joug de races et de gouvernements étrangers; avec une armée tout aussi vaste de citoyens aigris, impuissants à se procurer les marchandises et l'indispensable que d'autres détruisent délibérément; avec une masse plus grande encore d'êtres humains gémissant sous le fardeau d'armements toujours croissants, et appauvris par l'effondrement virtuel du commerce international, avec de tels maux, l'humanité semblerait en définitive être arrivée au début de la phase la plus douloureuse de son existence.
Est-il étonnant que l'un des ministres les plus éminents d'Europe ait délibérément donné cet avertissement au cours d'une récente déclaration : Si la guerre éclate de nouveau sur une grande échelle en Europe, elle doit amener dans son sillage l'effondrement de la civilisation telle que nous la connaissons. Selon le mot de feu Lord Bryce : "Si vous ne tuez pas la guerre, c'est elle qui vous tuera." La pauvre Europe souffre de neurasthénie, atteste une des figures les plus marquantes parmi les dictateurs actuels. Elle a perdu son pouvoir de récupération, la force vitale de cohésion et de synthèse. Une autre guerre nous détruirait. Il est probable, écrit l'un des dignitaires les plus éminents et les plus érudits de l'Église chrétienne, qu'un autre grand conflit européen sera nécessaire pour établir fermement, une fois pour toutes, une autorité internationale. Ce conflit sera la plus horrible des horreurs, et cette génération devra peut-être être appelée à sacrifier des vies par centaines de milliers.
L'échec désastreux des conférences sur l'Économie et le Désarmement; les obstacles auxquels sont confrontées les négociations engagées pour la limitation des armements navals; le retrait des activités et de l'adhésion à la Société des Nations de deux des nations les plus puissantes et les plus fortement armées du monde; l'ineptie du système parlementaire de gouvernement qu'attestent, tant en Europe qu'en Amérique, les événements récents; l'incapacité des leaders et des interprètes du mouvement communiste à justifier le principe tant vanté de la dictature du prolétariat; les périls et les privations auxquels les dirigeants des États totalitaires ont dans les années récentes exposé leurs sujets; tout cela démontre sans l'ombre d'un doute l'impuissance des institutions actuelles à détourner de la société humaine les calamités dont la menace se précise chaque jour davantage. Que reste-t-il, peut se demander une génération désorientée, qui puisse réparer la crevasse qui s'élargit constamment devant elle et qui menace à tout instant de l'engloutir ?
Assaillis de tous côtés par l'accumulation des signes de désintégration, de troubles et de faillites, des hommes et des femmes d'esprit réfléchi, issus d'à peu près toutes les conditions sociales, commencent à douter que la société telle qu'elle est actuellement organisée puisse, livrée à ses seuls efforts, se dégager de la fondrière où elle s'enfonce toujours plus. Tous les systèmes, hormis l'unification de la race humaine, ont été essayés, essayés à de nombreuses reprises, et tous se sont trouvés en défaut. Les guerres se sont succédées, et des conférences sans nombre ont été tenues et ont délibéré. Des traités, des conventions et des pactes ont été péniblement négociés, conclus et révisés. Des systèmes de gouvernement ont été patiemment testés, et continuellement remaniés et remplacés. Des plans économiques de reconstruction ont été soigneusement conçus et méticuleusement exécutés. Et pourtant, les crises ont succédé aux crises, et la rapidité du déclin d'un monde dangereusement instable s'est également accélérée. Un gouffre béant menace d'engloutir, dans une même catastrophe, à la fois les nations satisfaites et les nations insatisfaites, les démocraties et les dictatures, les capitalistes et les salariés, les Européens et les Asiatiques, les juifs et les gentils, les hommes blancs et ceux de couleur. Une providence en colère, pourrait observer un cynique, a abandonné à son sort une planète infortunée et a irrévocablement décidé sa ruine. Cruellement éprouvée et désillusionnée, l'humanité a sans aucun doute perdu son orientation, et elle semble avoir perdu aussi son espoir et sa foi. Elle erre, aveugle et sans guide, au bord du désastre. Un sentiment de fatalité semble l'envahir. L'obscurité qui recouvre sa destinée va s'épaississant à mesure qu'elle s'éloigne de plus en plus de la périphérie de la zone la plus sombre de sa vie agitée pour pénétrer en son coeur même.
Et cependant, tandis que les ombres se font toujours plus profondes, ne pouvons-nous prétendre que des lueurs d'espoir, brillant par intermittence à l'horizon international, apparaissent parfois pour rendre moins lourdes les ténèbres qui encerclent l'humanité ? Ne pourrait-on sincèrement soutenir que, dans un monde de foi incertaine et de pensée troublée, un monde où les armements ne cessent de s'accroître, un monde de haines et de rivalités insatiables, le progrès, si irrégulier soit-il, des forces qui travaillent en harmonie avec l'esprit de cet âge peut déjà être discerné ? Bien que la grande clameur du nationalisme d'après-guerre se fasse tous les jours plus forte et plus insistante, et bien que la Société des Nations soit encore à l'état embryonnaire et que les nuages d'orage qui s'accumulent puissent, pour un temps, éclipser tout à fait ses pouvoirs et oblitérer son fonctionnement, la direction, pourtant, dans laquelle opère l'institution elle-même, est des plus significatives. Les voix qui se sont élevées depuis sa fondation, les efforts qui ont été déployés, le travail qui a déjà été accompli laissent présager les triomphes que cette institution actuellement constituée - ou toute autre qui pourrait prendre sa place - est destinée à remporter.

Le principe de la sécurité collective de Bahá'u'lláh

Un pacte général de sécurité a, depuis sa naissance, été l'objectif central vers lequel les efforts de la Société des Nations ont tendu à converger. Le traité de garantie que ses membres, aux tout premiers stades de son développement, avaient envisagé et discuté; le débat sur le protocole de Genève, dont la discussion suscita plus tard parmi les nations, tant au sein de la Société qu'en dehors d'elle, une si vive controverse; les propositions ultérieures de création des États-Unis d'Europe et d'unification économique de ce continent; et la dernière, mais non la moindre, la politique de sanctions inaugurée par ses membres peuvent être considérés comme les jalons les plus significatifs de son histoire mouvementée. Que non moins de cinquante nations du monde, adhérant toutes à la Société des Nations, aient, après mûre délibération, reconnu et aient été amenées à prononcer leur verdict contre un acte d'agression qu'elles jugeaient avoir été délibérément commis par l'une d'elles, qui compte parmi les premières puissances d'Europe; qu'elles se soient, pour la plupart, mises d'accord pour imposer collectivement des sanctions à l'agresseur condamné et que, dans une large mesure, elles aient réussi à rendre leur décision effective, c'est là, sans aucun doute, un événement sans pareil dans l'histoire humaine. Pour la première fois dans les annales de l'humanité, le système de sécurité collective annoncé par Bahá'u'lláh et expliqué par 'Abdu'l-Bahá a été sérieusement envisagé, discuté et mis à l'épreuve. Pour la première fois dans l'histoire, il a été officiellement reconnu et publiquement déclaré que, pour que ce système de sécurité collective soit effectivement établi, puissance et souplesse sont indispensables - une puissance qui mette en jeu l'usage d'une force suffisante pour assurer l'efficacité du système proposé, et une souplesse propre à rendre une telle organisation capable de répondre aux besoins et aux aspirations légitimes de ses membres lésés. Pour la première fois dans l'histoire humaine, les nations du monde ont tenté un effort pour assumer une responsabilité collective et appuyer d'une réelle préparation à l'action collective leurs engagements verbaux. Et, enfin, pour la première fois dans l'histoire, un mouvement d'opinion publique s'est manifesté pour soutenir le verdict prononcé par les dirigeants et les représentants des nations, et pour assurer une action collective en application d'une telle décision.
Combien claires, combien prophétiques doivent paraître, à la lumière des récents événements internationaux, les paroles prononcées par Bahá'u'lláh : Soyez unie, ô assemblée des souverains de la terre, car ainsi s'apaisera la tempête de la discorde qui souffle parmi vous, et vos peuples trouveront le repos. Si l'un d'entre vous prenait les armes contre un autre, levez-vous tous contre lui, car ce n'est là que justice manifeste. Et, prédisant les efforts qui sont aujourd'hui tentés, il a écrit : Le temps doit venir où la nécessité impérieuse d'une vaste assemblée qui embrasse tous les hommes sera universellement reconnue. Les rois et les dirigeants de la terre devront impérativement y assister et, prenant part à ses délibérations, ils devront considérer les voies et les moyens de poser les fondements de la grande paix du monde parmi les hommes... Et si un roi prend les armes contre un autre, tous conjointement devraient se lever et l'en empêcher.
Les souverains du monde, écrit 'Abdu'l-Bahá, développant ce même thème, doivent conclure un traité irrévocable et établir une convention dont les clauses seront solides, inviolables et précises. Ils doivent la proclamer au monde entier et obtenir pour elle la sanction de toute la race humaine... Toutes les forces de l'humanité doivent être mobilisées en vue d'assurer la stabilité et la permanence de cette plus grande convention... Le principe fondamental sur lequel reposera ce pacte solennel devrait être fixé de telle sorte que, si un gouvernement quelconque s'avisait, plus tard, de violer une de ses clauses, tous les gouvernements de la terre devraient se lever pour le réduire à une soumission complète; bien plus, la race humaine tout entière, avec toutes les ressources dont elle dispose, devrait décider d'intervenir pour détruire ce gouvernement.
Il ne peut y avoir de doute que tout ce qui a déjà été accompli, pour significatif et sans précédent que ce soit dans l'histoire de l'humanité, est encore incommensurablement loin de satisfaire aux exigences essentielles du système anticipé par ces paroles. La Société des Nations, observeront ses adversaires, ne possède pas encore l'universalité qui est la condition prérequise d'une réussite durable dans le règlement efficace des conflits internationaux. Les États-Unis d'Amérique, qui l'ont engendrée, l'ont répudiée et s'en tiennent toujours à l'écart, cependant que l'Allemagne et le Japon, qui figuraient parmi ses plus puissants défenseurs, ont abandonné sa cause et se sont retranchés de son sein. D'autres soutiendront que les décisions auxquelles on est parvenu et l'action engagée jusqu'ici ne devraient être considérées que comme un geste magnifique, plutôt que comme une preuve concluante de l'existence d'une solidarité internationale. D'autres encore peuvent prétendre que, bien qu'un verdict ait été rendu et que des engagements aient été pris, l'action collective doit finalement échouer dans son but ultime, et que la Société elle-même périra, submergée par le flot des tribulations destinées à s'abattre sur la race humaine tout entière. Mais, quoi qu'il advienne, la signification des étapes déjà entreprises ne peut être ignorée. Quel que soit le statut actuel de la Société ou le résultat de son verdict historique, quelques revers et quelques épreuves auxquels elle sera encore appelée à faire face et à subir dans un avenir immédiat, le fait doit être reconnu qu'une décision aussi importante constitue l'un des jalons les plus distinctifs sur la route longue et ardue qui doit la conduire à son but, à ce stade où l'unité du corps entier des nations deviendra le principe directeur de la vie internationale.
Cette étape historique n'est toutefois qu'une faible lueur dans les ténèbres qui enveloppent une humanité désemparée. Elle peut bien s'avérer n'être qu'un bref éclair, une lueur fugitive au milieu d'une confusion qui ne cesse de croître. Le processus de désintégration doit se poursuivre inexorablement, et son influence corrosive doit pénétrer de plus en plus profondément dans le coeur même d'un âge qui s'écroule. Beaucoup de souffrances seront encore nécessaires avant que les nations, les croyances, les classes et les races de l'humanité en lutte se soient fondues dans le creuset de l'affliction universelle, et soient forgées par les feux d'une cruelle épreuve en une communauté organique, un système vaste, unifié et fonctionnant harmonieusement. Des adversités effroyables et impensables, des crises et des bouleversements inimaginables, guerres, famines et pestes, pourraient bien s'allier pour graver dans l'âme d'une génération insouciante ces vérités et ces principes qu'elle a dédaigné de reconnaître et de suivre. Une paralysie plus douloureuse qu'aucune de celles qu'elle a jamais subies doit gagner la structure d'une société disloquée, et l'affliger plus encore avant qu'elle puisse être reconstruite et régénérée.
La civilisation, écrit Bahá'u'lláh, si souvent vantée par des porte-parole érudits des arts et des sciences, si on la laisse franchir les bornes de la modération, apportera aux hommes de grands maux... À se développer avec excès, la civilisation se révélera une source prolifique de mal, tout comme elle a été une source de bien alors qu'on la maintenait dans les limites de la modération... Le jour approche où sa flamme dévorera les cités et où la Langue de grandeur proclamera : "Le royaume est à Dieu, le Tout-Puissant, le Très-Loué." Depuis le moment où la Súriy-i-Ra'ís (la Tablette au Ra'ís) fut révélée, explique-t-il encore, jusqu'au jour présent, le monde n'a jamais connu la paix, et les coeurs de ses peuples n'ont jamais connu le repos. Sa maladie approche du stade du désespoir total, car le vrai médecin est empêché d'administrer le remède, tandis que les praticiens inexpérimentés sont regardés avec faveur et se voient accorder toute liberté d'agir. La poussière de la sédition a assombri le coeur des hommes et aveuglé leurs yeux. Avant longtemps ils se rendront compte des conséquences de ce que leurs mains ont préparé au jour de Dieu. C'est le jour, a-t-il écrit encore, où la terre délivrera son message. Les fauteurs d'iniquité sont pour elle un fardeau... Le Grand Crieur a crié, et les hommes ont été mis en pièces, si grande était la fureur de son courroux ! Les peuples de la main gauche soupirent et gémissent, les peuples de la droite habitent de nobles demeures : ils boivent des mains du Très-Miséricordieux le vin qui est véritablement la vie et ils sont, en vérité, les bienheureux.

La communauté du plus Grand Nom

Qui peuvent être les bienheureux, hormis les membres de la communauté du plus Grand Nom, dont les activités universelles, qui sans cesse se renforcent, constituent le seul processus d'intégration en un monde dont les institutions, tant séculières que religieuses, sont pour la plupart en train de se désintégrer ? Ceux-là sont vraiment les peuples de sa droite, et leur noble demeure est établie sur les fondations de l'ordre mondial de Bahá'u'lláh, l'arche du salut éternel en ce jour très douloureux. Parmi toutes les tribus de la terre, eux seuls peuvent reconnaître, dans le tumulte d'un âge agité, la main du rédempteur divin qui trace sa voie et contrôle sa destinée. Eux seuls ont conscience de la croissance silencieuse de cette communauté politique mondiale ordonnée dont ils sont en train de tisser la toile.
Conscients de leur haute vocation, confiants dans le pouvoir de reconstruction de la société que possède leur foi, ils vont résolument de l'avant, sans peur et sans découragement, et s'efforcent de façonner et de perfectionner les instruments nécessaires grâce auxquels l'ordre mondial encore embryonnaire de Bahá'u'lláh pourra mûrir et se développer. C'est ce processus constructeur, lent et discret, auquel la vie de la communauté universelle bahá'íe est entièrement consacrée, qui constitue l'unique espoir d'une société éprouvée. Car ce processus est animé par l'influence génératrice de l'immuable dessein de Dieu, et il se déroule dans le cadre de l'ordre administratif de sa foi.
Dans un monde dont la structure des institutions politiques et sociales est ébranlée, dont la vision est embrumée, dont la conscience est désorientée, dont les systèmes religieux sont devenus anémiques et ont perdu leur vertu, cet agent curateur, cette puissance transformatrice, cette force cohésive, intensément vivante et envahissant tout, a pris forme, se concrétise sous forme d'institutions, mobilise ses forces et se prépare à la conquête spirituelle et à la rédemption totale de l'humanité. Bien que la société en laquelle s'incarne ses idéaux soit réduite et que ses gains tangibles et directs soient encore peu considérables, les virtualités dont elle a été dotée, et par lesquelles elle est destinée à régénérer l'individu et à reconstruire un monde disloqué, sont incalculables.
Durant près d'un siècle, dans le fracas et le tumulte d'un âge égaré et en dépit des persécutions que n'ont cessé de subir ses dirigeants, ses institutions et ses fidèles, cette foi a réussi à préserver son identité, à renforcer sa puissance et sa stabilité, à maintenir son unité organique, à garantir l'intégrité de ses lois et de ses principes, à ériger ses défenses, et à étendre et affermir ses institutions. Nombreuses et puissantes ont été les forces qui, tant en son sein que de l'extérieur et dans tous les pays proches et lointains, ont intrigué dans le but d'éteindre sa lumière et d'abolir son saint nom. D'aucuns ont renoncé à ses principes et ont ignominieusement trahi sa cause. D'autres ont lancé contre elle les plus violents anathèmes que les dirigeants aigris des institutions ecclésiastiques puissent jamais prononcer. D'autres encore l'ont abreuvée des afflictions et des humiliations que seule une autorité souveraine, agissant dans la plénitude de ses pouvoirs, peut infliger.
Tout ce que ses ennemis, déclarés et secrets, pouvaient espérer réaliser était de retarder son développement et d'obscurcir momentanément ses intentions aux yeux du monde. Ce qu'ils accomplirent en réalité fut de purger et de purifier sa vie, de la pousser à atteindre une plus grande profondeur, de galvaniser son âme, d'émonder ses institutions et de cimenter son unité. Jamais ils ne sont parvenus à créer un schisme, une scission durable dans le vaste corps de ses adhérents.
Ceux qui trahirent sa cause, ses adhérents tièdes et pusillanimes, dépérirent et tombèrent comme des feuilles mortes, sans avoir réussi à ternir son éclat ni à mettre sa structure en péril. Ses plus implacables adversaires, ceux qui l'assaillirent de l'extérieur, furent précipités du haut de leur puissance et, de la plus étonnante façon, rencontrèrent leur funeste destin. La Perse avait été la première à la réprimer et à s'y opposer. Ses monarques étaient misérablement tombés, leur dynastie s'était effondrée, leur nom était exécré, la hiérarchie qui avait été leur alliée et avait soutenu leur État en déclin était à son tour entièrement discréditée. La Turquie - qui, par trois fois, avait banni son fondateur et lui avait infligé un cruel emprisonnement à vie - était passée par une des plus sévères épreuves et des plus profondes révolutions que son histoire ait jamais enregistrées, elle s'était réduite, de l'un des plus puissants empires du monde, à une petite république asiatique; son sultanat était supprimé, sa dynastie renversée, son califat - l'institution la plus puissante de l'islám - aboli.
Entre-temps, la foi qui avait été l'objet de si monstrueuses trahisons et la cible de si tristes assauts croissait en force de jour en jour et ne cessait d'aller de l'avant, sans se laisser intimider ni diviser par les blessures qu'elle avait reçues. Au milieu des épreuves, elle avait inspiré à ses loyaux disciples une résolution qu'aucun obstacle, si formidable fût-il, ne pouvait saper; elle avait allumé dans leur coeur une foi qu'aucun malheur, aussi sombre fût-il, ne pouvait éteindre. Elle avait infusé dans leur coeur une espérance qu'aucune force, si déterminée fût-elle, ne pouvait briser.

Une religion mondiale

Cessant de se présenter comme un mouvement, une fraternité et sous d'autres noms semblables - des dénominations qui constituaient une injustice grave envers son système en développement constant -, se dissociant des appellations telles que secte bábíe, culte asiatique, rejeton de l'islám shiite, avec lesquelles les ignorants et les malveillants avaient l'habitude de la décrire, refusant d'être qualifiée de simple philosophie de vie, ou de code éclectique de conduite éthique, ou même de religion nouvelle, la foi de Bahá'u'lláh réussit visiblement aujourd'hui à démontrer son droit et son titre de religion mondiale, destinée à atteindre, quand les temps seront révolus, le statut d'une fédération englobant le monde, qui serait tout à la fois l'instrument et le gardien de la plus grande paix annoncée par son auteur. Loin d'aspirer à augmenter le nombre des systèmes religieux dont les loyalismes en conflit ont, depuis tant de générations, troublé la paix de l'humanité, cette foi instille en chacun de ses adhérents un amour nouveau pour les diverses religions représentées dans son sein, en même temps qu'une appréciation authentique de l'unité qui les sous-tend.
Elle est comme une vaste étreinte rassemblant tous ceux qui cherchent depuis longtemps des paroles d'espoir, voici comment une personne royale a rendu témoignage de sa revendication et de son rang. Elle accepte tous les grands prophètes venus avant elle, ne détruit aucun autre credo, et laisse ouvertes toutes les portes. L'enseignement bahá'í, a-t-elle encore écrit, apporte la paix à l'âme et l'espoir au coeur. À ceux qui cherchent une assurance, les paroles du Père sont comme une fontaine dans le désert après une longue errance. Leurs écrits, a-t-elle témoigné dans une autre déclaration à propos de Bahá'u'lláh et de 'Abdu'l-Bahá, sont un grand appel à la paix, qui porte au-delà de toutes limites de frontières, s'élève au-dessus de toutes les dissensions au sujet de rites et de dogmes... C'est un message merveilleux que nous ont donné Bahá'u'lláh et son fils 'Abdu'l-Bahá. Ils ne l'ont point délivré dans un esprit agressif, sachant que le germe de la vérité éternelle qu'il porte en lui ne peut que prendre racine et se répandre. Si jamais le nom de Bahá'u'lláh ou de 'Abdu'l-Bahá tombe sous vos yeux, est sa supplique en guise de conclusion, n'écartez point de vous leurs écrits. Recherchez leurs livres, et laissez leurs paroles et leçons glorieuses, pacificatrices et génératrices d'amour pénétrer dans vos coeurs comme elles ont pénétré dans le mien.
La foi de Bahá'u'lláh a assimilé, par la vertu de ses énergies créatrices qui modèrent et ennoblissent, les diverses races, nationalités, credos et classes qui ont recherché son ombre protectrice et ont voué à sa cause une fidélité inébranlable. Elle a changé le coeur de ses adeptes, réduit en cendres leurs préjugés, apaisé leurs passions, exalté leurs conceptions, ennobli leurs motivations, coordonné leurs efforts et transformé leurs conceptions. Tout en préservant leur patriotisme et en sauvegardant leurs loyalismes mineurs, elle leur a donné l'amour de l'humanité et en a fait les défenseurs résolus de ses vrais intérêts. Tout en laissant intacte leur croyance en l'origine divine de leurs religions respectives, elle leur a permis de visualiser le but sous-jacent de ces religions, de découvrir leurs mérites, de reconnaître leur succession, leur interdépendance, leur complétude, leur unité, et de constater le lien vital qui les rattache à elle. Cet amour universel, cet amour transcendant que les fidèles de la foi bahá'íe ressentent pour leurs semblables - quelles que soient leur race, leur nationalité, leur classe ou leur doctrine - n'a rien de mystérieux, et l'on ne peut pas dire non plus qu'il ait été stimulé artificiellement. Il est à la fois spontané et sincère. Ceux dont le coeur est réchauffé par l'influence vivifiante de l'amour créateur de Dieu chérissent ses créatures par amour pour Lui, et reconnaissent dans chaque visage humain un reflet de sa gloire.
À propos de tels hommes et de telles femmes, l'on peut dire en vérité que "toute terre étrangère leur est terre natale, et toute terre natale leur est terre étrangère". Car leur citoyenneté, il faut s'en souvenir, est dans le royaume de Bahá'u'lláh. Bien que prêts à partager pleinement les avantages séculiers et les joies éphémères que peut accorder cette vie terrestre, bien qu'avides de participer à toute activité qui mène à l'abondance, au bonheur et à la paix en cette vie, ils ne peuvent jamais oublier qu'il ne s'agit que d'une étape transitoire, très brève, de leur existence, qu'ils ne sont que des pèlerins et des voyageurs dont le but est la cité céleste, et dont le foyer est le pays de joie et de lumière perpétuelles.
Bien qu'ils soient loyaux envers leurs gouvernements respectifs, bien qu'ils soient profondément intéressés par tout ce qui affecte leur sécurité et leur bien-être, bien qu'ils soient très désireux de participer à tout ce qui favorise leurs meilleurs intérêts, la foi à laquelle les adeptes de Bahá'u'lláh s'identifient est une foi qui a été élevée par Dieu au-dessus des tempêtes, des divisions et des controverses de l'arène politique. Leur foi, ils la conçoivent comme essentiellement apolitique, supranationale, rigoureusement non partisane et entièrement dissociée des ambitions, des activités et des desseins nationalistes. Une telle foi ne connaît pas de division de classe ou de parti. Elle subordonne, sans hésitation et sans équivoque, tous les intérêts particuliers, qu'ils soient personnels, régionaux ou nationaux, à l'intérêt supérieur de l'humanité, fermement convaincue que, dans un monde de nations et de peuples interdépendants, l'avantage d'une partie s'obtient le mieux par celui de l'ensemble, et qu'un bénéfice durable ne peut être conféré aux parties composantes si l'intérêt général du tout est ignoré ou négligé.
Il n'est donc guère étonnant que, par la plume de Bahá'u'lláh, ces paroles fécondes, écrites en anticipation de l'état présent de l'humanité, aient été révélées : Il n'a pas à être fier de lui, celui qui n'aime que son propre pays, car cette fierté appartient plutôt à celui qui aime le monde entier. La terre n'est qu'un seul pays et tous les hommes en sont les citoyens. Et encore : Celui-là en effet est un homme qui, aujourd'hui, se dévoue au service de la race humaine tout entière. Grâce à la puissance libérée par ces paroles exaltées, explique-t-il, il a donné une nouvelle impulsion et a établi une nouvelle direction aux oiseaux des coeurs des hommes, et il a effacé toute trace de restriction et de limitation du saint livre de Dieu.
De plus, croient fermement les bahá'ís, leur foi ne relève pas d'une appellation particulière, elle n'est pas sectaire, et elle est absolument indépendante de tout système ecclésiastique, quelles qu'en soient les formes, l'origine ou les activités. Il n'est pas d'organisation ecclésiastique, avec ses credos, ses traditions, ses limitations et ses vues exclusives (de même qu'il n'est pas de factions, de partis, de systèmes et de programmes politiques actuellement existants) qui puisse être déclarée conforme, en tous ses aspects, aux principes cardinaux de la croyance bahá'íe. Tout fidèle consciencieux de la foi de Bahá'u'lláh peut sans doute souscrire sans difficulté à quelques-uns des principes et des idéaux qui animent les institutions politiques et ecclésiastiques. À aucune d'entre elles il ne pourrait toutefois s'identifier ni adhérer sans réserve aux credos, aux principes et aux programmes sur lesquels elles se fondent.
Comment une foi - il faut garder ceci à l'esprit - dont les institutions divinement ordonnées ont été établies sous la juridiction d'au moins quarante 1 pays différents dont la politique et les intérêts de chacun des gouvernements s'opposent constamment, et deviennent chaque jour plus complexes et plus confus, comment une telle foi, si elle permet à ses adhérents de se mêler, soit individuellement, soit par la voie de ses corps constitués, aux activités politiques, peut-elle réussir à préserver l'intégrité de ses enseignements et à sauvegarder l'unité de ses fidèles ? Comment peut-elle assurer le développement vigoureux, paisible et ininterrompu de ses institutions en expansion ? Comment une foi mise en contact, par ses ramifications, avec des systèmes religieux, des sectes et des confessions mutuellement incompatibles peut-elle être en position, si elle permet à ses adhérents de souscrire à des observances et à des doctrines surannées, de réclamer une allégeance inconditionnelle de la part de ceux qu'elle s'efforce d'incorporer dans son système divinement établi ? Comment peut-elle éviter les frictions, les malentendus et les controverses constantes qu'une affiliation formelle, distincte d'une association, doit inévitablement engendrer?
Ces principes directeurs et régulateurs de la croyance bahá'íe, les défenseurs de la cause de Bahá'u'lláh, à mesure que leur ordre administratif s'étend et se consolide, se sentent tenus de les sanctionner et de les appliquer avec vigilance. Les exigences d'une foi qui se cristallise lentement leur imposent un devoir qu'ils ne peuvent esquiver, une responsabilité qu'ils ne peuvent écarter.
Et ils ne sont pas moins soucieux de la nécessité impérieuse de soutenir et de mettre en application les lois édictées par Bahá'u'lláh, qu'il faut distinguer de ses principes; tous deux constituant la chaîne et la trame des institutions sur lesquelles doit finalement reposer la structure de son ordre mondial. Pour démontrer leur utilité et leur efficacité, pour les mettre à exécution et les faire appliquer, pour sauvegarder leur intégrité, pour saisir leurs implications et pour faciliter leur propagation, les communautés bahá'íes de l'Est, et récemment celles de l'Ouest, déploient les plus grands efforts et sont disposées à faire, si nécessaire, tous les sacrifices requis. Le jour n'est peut-être pas éloigné où, dans certains pays de l'Est dont les communautés religieuses exercent leur propre juridiction en matière de statut personnel, les assemblées bahá'íes pourront être appelées à assumer les devoirs et les responsabilités incombant à des cours de justice bahá'íes officiellement constituées. Elles auront qualité pour exécuter et appliquer, en matière de mariage, de divorce et d'héritage, dans leurs juridictions respectives et avec la sanction des autorités civiles, les lois et les ordonnances qui ont été expressément prévues dans leur plus saint Livre.
La foi de Bahá'u'lláh a, outre ces tendances et ces activités dont témoigne maintenant son évolution, démontré dans d'autres domaines, et partout où a pénétré l'éclat de sa lumière, la puissance de sa force cohésive, de son pouvoir d'intégration et de son esprit invincible. Par l'édification et la consécration, au coeur de l'Amérique du Nord, de sa maison d'adoration; par la construction et la multiplication de ses sièges administratifs dans son pays d'origine et dans les pays voisins; par la création d'instruments légaux destinés à sauvegarder et à régler la vie corporative de ses institutions; par l'accumulation de ressources appropriées, tant matérielles que culturelles, sur chaque continent du globe; par les dotations qu'elle s'est constituées aux environs immédiats de ses tombeaux au centre mondial; par les efforts qu'elle déploie pour collecter, vérifier et systématiser les écrits de ses fondateurs; par les mesures qui sont prises actuellement en vue de l'acquisition des sites historiques associés à la vie de son précurseur et de son auteur, de ses héros et de ses martyrs; par les fondations qui sont posées en vue de la formation et de l'établissement progressifs de ses institutions d'ordre éducatif, culturel et humanitaire; par les efforts vigoureux qui sont déployés pour sauvegarder le caractère, pour stimuler les initiatives et coordonner les activités mondiales de sa jeunesse; par la vitalité extraordinaire avec laquelle ses vaillants défenseurs, ses représentants élus, ses enseignants itinérants et ses administrateurs pionniers plaident sa cause, reculent ses frontières, enrichissent sa littérature et affermissent la base de ses conquêtes et de ses triomphes spirituels; par la reconnaissance officielle que les autorités civiles ont, dans certains cas, été amenées à accorder au corps de ses représentants locaux et nationaux, leur permettant de constituer leurs conseils, d'établir leurs institutions auxiliaires et de sauvegarder leurs dotations; par les facilités que ces mêmes autorités ont consenti à accorder à l'établissement de leurs tombeaux, de leurs édifices consacrés et de leurs institutions d'éducation; par l'enthousiasme et la détermination avec lesquels certaines communautés qui avaient été sévèrement éprouvées et harcelées ont repris leurs activités; par les hommages spontanément rendus par des rois, des princes, des hommes d'État et des érudits à la sublimité de sa cause et au rang de ses fondateurs; par tout cela et par beaucoup d'autres choses encore, la foi de Bahá'u'lláh prouve sans l'ombre d'un doute son caractère viril et son aptitude à neutraliser les influences destructrices auxquelles sont soumis les systèmes religieux, les normes morales et les institutions politiques et sociales.
De l'Islande à la Tasmanie, de Vancouver à la mer de Chine se répand le rayonnement et s'étendent les ramifications de ce système qui enveloppe le monde, de cette fraternité aux multiples nuances et à l'unité fermement établie qui infuse à chaque homme et à chaque femme qu'elle a gagné à sa cause une foi, une espérance et une vigueur qu'une génération égarée a depuis longtemps perdues et est impuissante à retrouver. Ceux qui président aux destinées immédiates de ce monde troublé et portent la responsabilité de son état chaotique, de ses craintes, de ses doutes et de ses misères feront bien, dans leur désorientation, de poser leur regard et de méditer en leur coeur sur les signes de cette grâce salvatrice du Tout-Puissant qui se trouve à leur portée, une grâce qui peut alléger leur fardeau, résoudre leurs perplexités et illuminer leur route.

Le jugement divin

L'humanité tout entière se lamente, se meurt du désir d'être conduite à l'unité et d'atteindre le terme de son long martyre. Et pourtant, elle refuse obstinément d'embrasser la lumière et de reconnaître l'autorité souveraine de la seule puissance qui puisse la tirer de son embarras et détourner d'elle l'affligeante calamité qui menace de l'engloutir.
Elle est lourde de menaces, en effet, la voix de Bahá'u'lláh qui résonne dans ces paroles prophétiques : Ô vous, peuples du monde ! Sachez, en vérité, qu'une calamité imprévue vous poursuit, et qu'un châtiment cruel vous attend. Ne pensez point que les méfaits que vous avez commis ont été effacés de ma vue. Et encore : Nous avons fixé votre heure, ô peuples. Si, à l'heure désignée, vous négligez de vous tourner vers Dieu, sa main en vérité s'appesantira violemment sur vous, et de douloureuses afflictions vous assailliront de tous côtés. Qu'il est cruel, en vérité, le châtiment par lequel votre Seigneur vous châtiera !
Faut-il que l'humanité, déjà si tourmentée, soit affligée de tribulations plus sévères encore, avant que leur influence purificatrice puisse la préparer à entrer dans le royaume céleste qui doit s'établir sur la terre ? Faut-il que l'instauration d'une ère aussi unique, aussi vaste, aussi lumineuse de l'histoire humaine soit précédée d'une catastrophe telle, dans les affaires humaines, qu'elle rappelle, et même surpasse, l'effroyable effondrement de la civilisation romaine aux premiers siècles de l'ère chrétienne ? Faut-il qu'une série de convulsions profondes agite et secoue la race humaine avant que Bahá'u'lláh puisse trôner dans le coeur et la conscience des masses, avant que son ascendance indiscutable soit reconnue universellement, et que soit élevé et établi le noble édifice de son ordre mondial ?
Les longs siècles de première et de seconde enfance par lesquels a dû passer la race humaine s'estompent dans le passé. L'humanité fait maintenant l'expérience des troubles invariablement associés au stade le plus tumultueux de son évolution, le stade de l'adolescence, quand l'impétuosité de la jeunesse et sa véhémence atteignent leur point culminant, avant de faire progressivement place au calme, à la sagesse et à la maturité qui caractérisent le stade de l'âge adulte. Alors, la race humaine atteindra cette stature, cette maturité qui la rendra capable d'acquérir tous les pouvoirs et toutes les capacités dont doit dépendre son développement ultime.

Le but : l'unification du monde

L'unification de l'humanité tout entière est le signe du stade qu'approche à présent la société humaine. L'unité de la famille, celle de la tribu, de la cité, de la nation a été successivement tentée et pleinement établie. L'unité du monde est maintenant le but que s'efforce d'atteindre une humanité harassée. L'édification des nations a pris fin. L'anarchie inhérente à la souveraineté d'État va vers son point culminant. Un monde qui progresse vers sa maturité doit abandonner ce fétiche, il doit reconnaître l'unité et la totalité organique des relations humaines, et établir une fois pour toutes le mécanisme qui incarne le mieux ce principe fondamental de son existence.
Une vie nouvelle, proclame Bahá'u'lláh, s'éveille en cet âge chez tous les peuples de la terre; et pourtant personne n'en a découvert la cause ou perçu le dessein. Ô vous, enfants des hommes, écrit-il en s'adressant à sa génération, le but fondamental qui anime la foi de Dieu et sa religion est de sauvegarder les intérêts de la race humaine et d'en promouvoir l'unité... Tel est le chemin droit, la base fixe et immuable. Ce qui est édifié sur cette base, ni les changements et les hasards du monde ne pourront jamais en diminuer la force, ni la révolution des siècles sans nombre en miner la structure. Le bien-être de l'humanité, déclare-t-il, sa paix et sa sécurité ne pourront être obtenus aussi longtemps que son unité ne sera pas fermement établie. Si puissante est la lumière de l'unité, dit-il dans un autre témoignage, qu'elle peut illuminer la terre entière. Le seul vrai Dieu, Lui qui sait toutes choses, rend Lui-même témoignage de la vérité de ces paroles... Ce but surpasse tous les autres buts, et cette aspiration est la reine de toutes les aspirations. Celui qui est votre Seigneur, le Très-Miséricordieux, a-t-il encore écrit, chérit en son coeur le désir de voir la race humaine tout entière ne former qu'une seule âme et un seul corps. Hâtez-vous de gagner votre part de la grâce et de la miséricorde divines en ce jour qui éclipse tous les autres jours créés.
L'unité de la race humaine, telle que la conçoit Bahá'u'lláh, suppose l'établissement d'une communauté universelle où toutes les nations, les races, les croyances et les classes sont étroitement et définitivement unies, où l'autonomie des États membres ainsi que la liberté et les initiatives personnelles des individus qui les composent sont complètement et catégoriquement sauvegardées. Cette communauté, autant que nous puissions l'imaginer, doit comporter une législature universelle dont les membres, en tant que mandataires de l'humanité tout entière, auront en fin de compte le contrôle de l'ensemble des ressources de toutes les nations qui la composeront, et édicteront les lois nécessaires pour régler la vie, pourvoir aux besoins et harmoniser les relations de tous les peuples et de toutes les races. Un pouvoir exécutif mondial, s'appuyant sur une force internationale, veillera à l'exécution des décisions arrêtées par cette assemblée mondiale, à l'application des lois qu'elle aura votées, et à la sauvegarde de l'unité organique de la communauté tout entière. Un tribunal mondial se prononcera et délivrera son verdict final et contraignant dans tous les conflits qui pourront s'élever entre les divers éléments qui constituent ce système universel. Un mécanisme d'intercommunication mondiale sera imaginé qui embrassera toute la planète, qui sera affranchi des entraves et des restrictions nationales et fonctionnera avec une rapidité merveilleuse et une régularité parfaite. Une métropole mondiale agira comme le centre nerveux d'une civilisation mondiale, le foyer vers lequel convergeront toutes les forces unificatrices de la vie, et d'où rayonneront ses influences vivifiantes. Une langue universelle sera inventée, ou choisie parmi celles qui existent déjà, et enseignée dans les écoles de toutes les nations fédérées comme langue auxiliaire de la langue maternelle. Une écriture universelle, une littérature universelle, un système uniforme et universel de monnaie, de poids et de mesures viendront simplifier et faciliter les relations et la compréhension entre les nations et les races de l'humanité. Dans une telle société mondiale, les deux forces les plus puissantes de la vie humaine, la religion et la science, seront réconciliées, elles coopéreront et se développeront dans l'harmonie. La presse, tout en donnant libre cours à l'expression des vues et des convictions diverses du genre humain, cessera d'être manipulée pernicieusement par des intérêts privés ou publics, et sera libérée de l'influence des gouvernements et des peuples en conflit. Les ressources économiques du monde seront organisées, les sources de matières premières seront détectées et pleinement utilisées, les marchés seront coordonnés et développés, et la distribution des produits sera réglée équitablement.
Rivalités, haines et intrigues entre nations cesseront, et les animosités et les préjugés raciaux feront place à l'amitié raciale, à la compréhension et à la coopération. Les causes de luttes religieuses seront à jamais écartées, les barrières et les restrictions économiques totalement abolies, et la distinction excessive entre les classes sera supprimée. L'indigence d'une part, et l'accumulation des richesses de l'autre, disparaîtront. Les énergies immenses que la guerre économique ou politique dissipe et gaspille seront consacrées à étendre la portée des inventions humaines et du développement technologique, à accroître la productivité de l'humanité, à exterminer la maladie, à pousser plus avant la recherche scientifique, à hausser le niveau de la santé physique, à rendre le cerveau humain plus vif et plus subtil, à exploiter les ressources de la planète jusque-là inemployées et insoupçonnées, à prolonger la vie humaine, et à développer tout autre moyen propre à stimuler la vie intellectuelle, morale et spirituelle de la race humaine tout entière.
Un système de fédération universelle qui régisse la terre entière et exerce sur ses ressources, d'une inimaginable ampleur, une autorité à l'abri de toute discussion, qui incarne et fusionne l'idéal de l'Est et celui de l'Ouest, qui soit affranchi de la malédiction de la guerre et de ses misères, qui tende à l'exploitation de toutes les sources d'énergie disponibles à la surface de la planète, un système dans lequel la force est mise au service de la justice, et dont la vie est soutenue par la reconnaissance universelle d'un seul Dieu et l'obéissance à une seule révélation commune, tel est le but vers lequel les forces unificatrices de la vie poussent l'humanité.
L'un des grands événements qui doivent se produire le jour de la manifestation de cette Branche incomparable, affirme 'Abdu'l-Bahá, est la levée de l'étendard de Dieu parmi toutes les nations. Ceci veut dire que toutes les nations et toutes les tribus seront rassemblées à l'ombre protectrice de cette bannière divine qui n'est autre que la Branche majestueuse elle-même, et elles deviendront une seule nation. L'antagonisme religieux et sectaire, l'hostilité entre les peuples et les races, et les différences entre les nations seront éliminés. Tous les hommes adhéreront à une seule religion, professeront une foi commune, se fondront en une seule race et deviendront un seul peuple. Tous demeureront dans une patrie commune qui est la planète elle-même. Dès maintenant dans le monde de l'existence, a-t-il encore expliqué, la Main de la puissance divine a posé fermement les bases de cette bonté très élevée et de ce don merveilleux. Tout ce qui est latent au coeur de ce cycle sacré apparaîtra progressivement et sera rendu manifeste, car nous ne sommes encore qu'au début de sa croissance, à l'aube de la révélation de ses signes. Avant la fin de ce siècle et de cet âge, il deviendra clair et évident combien merveilleuse était cette vague printanière et combien céleste était ce don.
Non moins captivante est la vision d'Isaïe, le plus grand des prophètes hébraïques, qui prédisait déjà il y a deux mille cinq cents ans le destin que doit, au stade de sa maturité, accomplir l'humanité : Il jugera entre les nations, il sera l'arbitre de peuples nombreux. Ils briseront leurs épées pour en faire des socs et leurs lances pour en faire des serpes. On ne lèvera plus l'épée nation contre nation, on n'apprendra plus à faire la guerre... Un rejeton sortira de la souche de Jessé, un surgeon poussera de ses racines... Il frappera le pays de la férule de sa bouche, et du souffle de ses lèvres fera mourir le méchant. La justice sera la ceinture de ses reins, et la fidélité la ceinture de ses hanches. Le loup habitera avec l'agneau, la panthère se couchera avec le chevreau. Le veau, le lionceau et la bête grasse iront ensemble... Le nourrisson jouera sur le repaire de l'aspic, sur le trou de la vipère le jeune enfant mettra la main. On ne fera plus de mal ni de violence sur toute ma montagne sainte, car le pays sera rempli de la connaissance de Yahvé, comme les eaux couvrent le fond de la mer.
L'auteur de l'Apocalypse, préfigurant la gloire millénaire que doit attester une humanité rachetée et exultante, a rendu un témoignage semblable : Puis je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle - car le premier ciel et la première terre ont disparu, et de mer, il n'y en a plus. Et je vis la Cité sainte, Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, de chez Dieu; elle s'est faite belle, comme une jeune mariée parée pour son époux. J'entendis alors une voix clamer, du trône : "Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux; de mort, il n'y en aura plus; de pleur, de cri et de peine, il n'y en aura plus, car l'ancien monde s'en est allé."
Qui peut douter qu'un tel accomplissement - l'entrée de la race humaine dans l'âge de sa majorité - doive signaler à son tour l'inauguration d'une civilisation mondiale telle que nul oeil mortel n'en a encore contemplée ou que nul esprit humain n'en a encore conçue ? Qui peut imaginer le niveau élevé qu'une telle civilisation est destinée à atteindre au fur et à mesure qu'elle se développera ? Qui peut mesurer les sommets vers lesquels l'intelligence humaine, libérée de ses entraves, est capable de s'élever ? Qui peut se représenter les royaumes que découvrira l'esprit humain, vivifié par la diffusion de la lumière de Bahá'u'lláh qui brillera dans la plénitude de sa gloire ?
Quelle conclusion plus pertinente donner à ce sujet que ces paroles de Bahá'u'lláh, écrites en anticipation de l'âge d'or de sa foi, l'âge où la face de la terre, d'un Pôle à l'autre, reflétera les ineffables splendeurs du paradis d'Abhá ? Voici le jour où rien ne peut être vu excepté les splendeurs de la lumière qui rayonne de la face de ton Seigneur, le Clément, le Très-Généreux. En vérité, par la vertu de Notre irrésistible et toute conquérante souveraineté, Nous avons fait expirer chaque âme. En gage de Notre faveur envers les hommes, Nous avons alors appelé à l'existence une création nouvelle. Je suis, en vérité, le Très-Généreux, l'Ancien des jours. Voici le jour où le monde invisible crie : "Grande est ta béatitude, ô terre, car tu es devenue l'escabeau de ton Seigneur, et tu as été choisie pour être le siège de son puissant trône !" Le royaume de gloire s'exclame : "Puissé-je sacrifier ma vie pour toi, car celui qui est le Bien-Aimé du Très-Miséricordieux, par la puissance de son nom qui a été promis à toutes choses passées et à venir, a établi sur toi sa souveraineté."

Shoghi.
Haïfa, Palestine,
le 11 mars 1936.



GLOSSAIRE

'Abdu'l-'Azíz:
Sultán de l'Empire turc ottoman (règne 1861-1876) qui bannît Bahá'u'lláh de Constantinople (Istanbul) à Edirne (Andrinople) en 1863, et finalement à 'Akká en 1868.

'Abdu'l-Hamíd II:
Sultán de l'Empire turc ottoman (règne 1876-1909). Suite aux intrigues de Mírzá Muhammad-'Alí en 1901, il limita la liberté de 'Abdu'l-Bahá, le confinant lui et sa famille à l'intérieur des murs d''Akká.

Abhá:
Superlatif de "Bahá" (la Gloire), signifie "le plus Glorieux".
La Beauté d'Abhá : Bahá'u'lláh.
Le Royaume d'Abhá : l'autre monde, le royaume où passent les âmes après la mort.

Afnán:
(Rameaux) Les descendants des deux frères de l'épouse du Báb et des oncles maternels de celui-ci.

Aghsán:
(Branches, pluriel de ghusn) La famille de Bahá'u'lláh, spécifiquement ses fils et ses descendants.

Ahmad (Shaykh):
Fondateur de l'École Shaykhí, dont les doctrines ont préparé la venue du Báb.

'Akká:
Nom arabe de la ville de Saint-Jean-d'Acre, située près d'Haïfa sur la côte israélienne. Au dix-neuvième siècle, cette ville servit de ville prison (sous la domination de l'Empire turc).
Le prisonnier d''Akká : Bahá'u'lláh.

Álif:
L'Évangile.

'Alí (ibn Abí Talib):
Cousin et beau fils du prophète Muhammad; pour les musulmans shiites, successeur élu du prophète et premier des douze Imáms.

Ancienne Beauté (l'):
Bahá'u'lláh.

Áqá Ján (Mírzá):
Secrétaire de Bahá'u'lláh. À 16 ans il rencontra Bahá'u'lláh à Karbilá, et il fut le premier à qui Bahá'u'lláh donna un aperçu de son rang, des années avant sa déclaration publique.

Archibriseur (l'):
Voir Muhammad-'Alí

Bá:
Beyrouth.

Bayán persan:
Principal ouvrage doctrinal du Báb.

Chronique de Nabíl:
Ouvrage racontant l'histoire des héros et martyrs des premiers jours de l'ère bábíe et bahá'íe, écrit par Mullá

Muhammad-i-Zarandí (Nabíl-i-A'zam).

"doués d'immuabilité":
Prophètes majeurs, fondateurs de religions, honorés d'un Livre (voir Kitáb-i-Íqán, édition anglaise, p. 216).

Dispensation:
Dans la terminologie chrétienne, ce mot désigne une étape des relations de Dieu avec les créatures : c'est ainsi que l'on parle de la dispensation patriarcale, de celle de Moïse, de la dispensation chrétienne.

Esprit fidèle (l'):
Se réfère à Bahá'u'lláh.

Grande Branche (la plus):
Traduction de ghusn-i-A'zam, 'Abdu'l-Bahá.

Grande Nouvelle (la):
Titre partagé par le Báb et Bahá'u'lláh (parfois traduit par Grande Annonce).

Grand Nom (le plus):
Selon la tradition islamique, parmi les différents noms de Dieu, il y en a un qui est le plus grand, mais l'identité de celui-ci reste cachée jusqu'au jour de la Grande Résurrection. Pour les bahá'ís, le plus Grand Nom est "Bahá", qui signifie gloire, splendeur ou lumière.

Hijáz:
Hedjaz, royaume d'Arabie, capitale La Mecque, où naquit Muhammad.

Kaaba:
(ou ka'bih) littéralement : le cube. Construction en forme de cube dans la cour de la Grande Mosquée de La Mecque, qui contient la pierre noire sacrée. Dans la littérature bahá'íe, ce terme est utilisé métaphoriquement et réfère à Bahá'u'lláh.

Karbilá (plaine de):
Ville où se trouve le tombeau de l'Imám H. usayn en 'Iráq, également lieu de son martyre.

Kitáb-i-'Ahd(í):
Livre de l'Alliance de Bahá'u'lláh. Le testament contenant les volontés de Bahá'u'lláh, écrit entièrement de sa main et descellé le neuvième jour après sa mort.

Kitáb-i-Aqdas:
Le plus Saint Livre. Livre des lois de Bahá'u'lláh, révélé à 'Akká en 1873, alors qu'il résidait dans la maison de 'Údí Khammár.

Kitáb-i-Badí':
Livre écrit par Bahá'u'lláh pour démontrer la validité de sa cause, en réponse aux accusations portées contre lui par Mírzá Mihdíy-i-Gílání.

Kitáb-i-Íqán:
Le livre de la Certitude. Volume révélé par Bahá'u'lláh à Baghdád deux ans avant sa déclaration. Écrit en deux jours et deux nuits, en réponse à des questions que lui posa un oncle du Báb, qui n'était pas convaincu que son neveu remplissait bien toutes les prophéties concernant le Qá'im promis.

Lawh:
Tablette.

Lawh-i-Ra'ís:
voir Súriy-i-Ra'ís.

Máh-Kú:
Forteresse à quatre tours située près d'un village du même nom, dans le nord-ouest de l'Ádharbáyjan, et dans laquelle le Báb fut emprisonné pendant neuf mois.

Mains de la Cause :
Personnes désignées d'abord par Bahá'u'lláh, ensuite par

de Dieu:
Shoghi Effendi, qui étaient chargées des tâches spécifiques de protection et propagation de la foi.

Mashriqu'l-Adhkár:
Lieu de prières, de dévotion ou de lecture de la parole révélée. En général, la maison d'adoration bahá'íe ou le temple et leurs dépendances. Le Mashriqu'l-Adhkár est une construction à neufs côtés surmontée d'un dôme. 'Abdu'l-Bahá en a défini les lignes générales.

Mázindarán:
Province du Nord de l'Írán, au bord de la mer Caspienne. La maison ancestrale de Bahá'u'lláh se trouve dans le Mázindarán.

Muhammad-'Alí:
Un des fils de Bahá'u'lláh et demi-frère de 'Abdu'l-Bahá, qui devint l'archibriseur de l'alliance de Bahá'u'lláh.

Muhammad Sháh:
Sháh de Perse (règne 1834-1848).

Nayríz (héros de):
Village du sud-ouest de l'Írán dans la province de Fárs, qui fut le théatre du martyre de nombreux bábís, dont celui de Vahíd.

Qá'im:
"Celui qui viendra" (de la famille de

Muhammad), le douzième Imám, le Mihdí, attendu par les musulmans shiites. Le Báb déclara être le Quá'im promis.

Qájár (dynastie):
Tribu turkmène qui occupa le trône iranien en 1795 et régna durant toute la vie du Báb, de Bahá'u'lláh et de 'Abdu'l-Bahá, jusqu'à son renversement en 1925.

Qayyúmu'l-Asmá':
Commentaire du Báb sur la Súrih de Joseph.

Qur'án:
Le Coran, livre sacré de l'islám, contenant les révélations de Muhammad.

Qurratu'l-'Ayn:
Consolation des Yeux. Titre donné par le Báb à Fátimih Umm-Salamih, aussi connue sous les noms de Táhirih et Zarrín-Táj; elle était la seule femme Lettre du Vivant, héroïne bábíe, première martyre pour l'émancipation féminine.

Ridván, Jardin de:
Butte verdoyante, à moins d'un kilomètre des murs

(Na'mayn):
d''Akká, autour de laquelle la rivière Na'mayn se divise avant de se jeter dans la mer. Lieu de retraite favori de Bahá'u'lláh.

Ridván, Jardin de:
Jardin de Najíb Páshá, situé sur les rives du Tigre à

(Najíbíyyih):
Baghdád, où Bahá'u'lláh déclara sa mission.

Sadratu'l-Muntahá:
À l'origine, arbre planté par les arabes pour marquer la fin d'une route. Dans les Écrits bahá'ís, symbole de la Manifestation de Dieu, Bahá'u'lláh.

Sharí'at:
Loi religieuse islamique comprenant des parties du Qur'án ainsi que d'autres lois. Elle fut abrogée par les lois révélées par le Báb et Bahá'u'lláh.

Shíráz:
Ville d'Írán qui vit l'ouverture de l'ère bahá'íe par la déclaration du Báb à Mullá H. usayn le soir du 22 mai 1844.

Síyáh-Chál de Tihrán:
La Fosse Noire. Le cachot souterrain à Téhéran dans lequel Bahá'u'lláh fut emprisonné avec de nombreux bábís pendant l'été 1852.

Siyyid Kázim:
Disciple et successeur choisi du Shaykh Ahmad (1793-1843).

Siyyid Yahyáy-i-Dárábí:
Dit Vahíd. Disciple éminent du Báb qui dirigea les bábís durant le soulèvement de Nayríz.

"Souvenir de Dieu":
Dhikru'lláh, titre que prit le Báb dès les premiers jours de son ministère.

Star of the West:
Premier magazine bahá'í du monde occidental, publié en Amérique du Nord de 1910 à avril 1924.

Súratu'l-Haykal:
Sourate du Temple, où Bahá'u'lláh se compare au temple qui reçoit l'Esprit.

Súrih:
Sourate (littéralement : chapitre). Souvent l'équivalent de "Lawh" dans les Écrits bahá'ís.

Súrih de Joseph:
Chapitre du Qur'án relatant, selon la Genèse, l'histoire de Joseph, le fils de Jacob, qui fut vendu comme esclave par ses frères, mais qui fut promu par le pharaon pour régner sur l'Égypte.

Súriy-i-Damm:
Tablette à Nabíl-i-A'.zam, révélée par Bahá'u'lláh pendant son séjour à Andrinople.

Súriy-i-ghusn:
Tablette de la Branche, révélée par Bahá'u'lláh à Andrinople, dans laquelle il décrit le rang de 'Abdu'l-Bahá, à qui il a donné le titre de "la plus Grande Branche".

Súriy-i-Ra'ís:
Tablette au Ra'ís, révélée par Bahá'u'lláh en l'honneur de Muhammad-Ismá'il-Káshání et adressée au Grand Vizir de Turquie, 'Alí Páshá.

Súriy-i-Sabr:
Sourate de la Patience, connue aussi sous le nom de

Lawh-i-Ayyúb (Tablette à Job).

Tabarsí:
Forteresse construite par les bábís en 1848 autour du tombeau de Shaykh Ahmad ibn-i-Abí-Tálib-i-Tabarsí.

Unité Mondiale (l'):
Campagne d'enseignement.

Unité pour le temple:
Organisation nationale créée à Chicago en mars 1909, elle

bahá'í :
fut constituée en société religieuse de l'État de l'Illinois.

'Uthman (maison d'):
Descendant d''Uthman, troisième calife.

"Yá Bahá'u'l-Abhá !":
Forme du plus Grand Nom, utilisée comme invocation et qui peut être traduite par "Ô Gloire des Gloires" ou "Ô Gloire du Tout-Glorieux". Sous forme calligraphique, elle se retrouve souvent en bonne place dans les maisons bahá'íes.

Zanján:
Ville dans le Nord-Ouest de l'Írán où se déroula la plus terrible et la plus dévastatrice des trois campagnes militaires contre les bábís, en mai 1850.




GUIDE DE TRANSLITERATION ET DE PRONONCIATION DES NOMS ARABES OU PERSANS

La transcription des noms arabes ou persans que nous avons employée est celle recommandée par Shoghi Effendi pour les langues utilisant l'alphabet latin, afin d'assurer l'uniformité de l'orthographe des mots. L'adaptation de cette transcription à la prononciation française demande l'établissement préalable de quelques conventions faciles mentionnées ci-dessous :

1. Les lettres qui se prononcent de la même manière qu'en français :
b, p, t, j, h, .h, d, r, z, .z, s, .s, t, .t, f, q, k, l, m, n, v.
Certaines lettres en persan, bien que produisant le même son, s'orthographient de deux manières; afin de les identifier, on souligne l'une d'elles d'un point.

2. Les lettres dont le son est court : a
Les lettres dont le son est long : á âme
í île

3. Les lettres ou groupes de lettres qui produisent un son différent :
th s de saint
ch tch de tchèque
kh entre g et r roulé : ghetto
dh z de zéro
zh je
sh che
.d z de zéro
gh gd de Bagdad (non translitéré)
g gué
u o
ú ou
y ya
' équivalent du h aspiré
' petit silence séparant les syllabes

Nous espérons qu'en raison de cet avantage le lecteur francophone fera volontiers l'effort de s'accoutumer à l'aspect nouveau de certains termes connus généralement sous une autre orthographe, notamment : Muhammad pour Mahomet, Qur'án pour Coran, Mihdí pour Mahdi, Haïfa pour Caïffa, 'Akká pour Saint-Jean-d'Acre, Tihrán pour Téhéran, Shaykh pour Cheikh, etc.



INDEX

'Abdu'l'-'Aziz,
sul .tán de Turquie, 164, 167
Tablette de Bahá'u'lláh à, 167
'Abdu'l-Bahá,
a fondé les institutions administratives, 16, 147
annonce opposition envers la foi, 13, 14, 22
annonce tribulations de l'humanité, 22, 24, 25, 41, 42
anticipe, instaure et confirme le Gardiennat, 6, 139, 140
atteste de la révélation de Bahá'u'lláh, 105
avait prédit la guerre mondiale, 81
crée des institutions bien définies, 16
décès de 'Abdu'l-Bahá, fin âge héroïque et apostolique, 132
décès de, 22, 45, 83, 92, 161
déclarations verbales de, mal interprétées, 3
défini lui-même son rang, 131
destinée spirituelle des croyants d'Amérique, 69, 81
destinée de l'Amérique, 70, 72-74
développe la charte d'un nouvel ordre mondial, 132, 133
écrits de, vérifiés et systématisés, 194
efforts pour établir la foi en Amérique, 70, 75-77, 79-82
énergies libérées par l'ascension d', 83
envoya quatre messagers en Amérique, 77
être autour duquel gravitent tous les noms, 125-127
exemple parfait, 125
explique le principe héréditaire, 136, 137
fête de, à West Englewood, 71
fonction unique de, 122
hostilité de Mu .hammad-'Alí, 7
incarne une institution sans équivalent, 132
instruction instaurant le Gardiennat, 136
instructions de, quelques-unes cachées, 58
" La paix, la paix... proclament... ", 24
lien entre les périodes de la foi, 92, 132
pacte de Versailles, 24
pas retour du Christ, 131
pas une manifestation de Dieu, 122, 130, 131
pas unité mystique avec Bahá'u'lláh, 128
plan divin de, 69, 71, 81
pose de la pierre angulaire de la maison d'adoration, 71
potentialités des États-Unis et du Canada, 80
prière pour, révélée par Bahá'u'lláh, 127
promesse victoire de la foi, 14, 135, 199
rang de, 92, 122, 125, 126, 132, 140
affirmé par lui-même, 124, 127
comparé à Bahá'u'lláh, 123, 127, 130, 140
comparé aux institutions et individus, 123
comparé au Gardien, 140
conféré par Bahá'u'lláh, 121, 122, 125-128
ordonné par l'alliance, 122
servitude, de, 124, 129, 131
surestimé, 128
réalisations des croyants d'Amérique, 47, 48
révèle le rang du vrai croyant, 107
tablettes,
aux croyants d'Amérique, 69, 131
aux membres de la première assemblée spirituelle de Chicago, 4
publiées en Amérique, 76
témoigne et rend hommage au Báb, 117
Testament de, atteste le rang du Báb, 56
textes authentiques de, 3
titres de,
Branche, la, 135
Centre de l'Alliance de Bahá'u'lláh, le, 29, 67, 83, 125, 128-130, 136, 137, 140, 150, 164
Commentateur, le, 29, 32
Grande Branche, la plus, 125, 127
Interprète, l', 29, 31, 105, 120, 124, 125, 128, 130, 133
Mystère de Dieu, le, 124, 127, 132
Parfait architecte de l'ordre administratif, le, 6, 142, 149
tribulations, incomparables, 164
véhicule du dessein divin, 133
visite les continents d'Amérique et d'Europe, 81
visite l'Amérique, 69, 74
visite en Amérique et au Canada, 79
volonté et Testament, voir Testament
'Abdu'l- .Hamíd, 13, 164, 165
Abnégation, 48, 63, 74, 88, 145, 193
Abraham, 100
Acquisition de tombeaux, 194
Adam, 21, 97, 118
Administration bahá'íe, voir Ordre administratif
Afnán, 126, 138
Afrique, 25, 72, 82, 88, 172, 181
églises d', 51
Âge apostolique, voir Âges de la foi de Bahá'u'lláh
Âge présent,
bouleversement, ampleur et profondeur, 26
capacité spirituelle de l', 54, 55
caractéristiques de, 24-29, 42, 159, 161, 171-173, 178-182
chaos et confusion, voir aussi Calamités, 30, 31, 150
universels, 23-31, 73, 146, 157, 170, 179-182
remède aux, 29, 32, 33, 37-39, 42, 43, 55, 145, 151, 171, 178, 187, 196, 197
causes de, 178, 186, 195
confusion politique, 25
désintégration de, avant reconstruction, 73, 145, 146, 149, 157, 158, 161, 177, 182, 186, 195, 196
doctrines dépassées ou abandonnées, 37, 38
efforts pour une sécurité collective, 29, 31, 183, 197
évolution de la société, 40
" génération de la pénombre ", 158
impuissance des hommes d'État, 28
institutions, impuissance des, 28-31, 48, 145, 150, 178, 180-183, 188
l'humanité entre dans sa maturité, 152, 200
prospérité temporaire, 48, 49, 149, 191
transformation sans parallèle de la société, 41
tribulations de, comparées à la chute de l'Empire romain, 196
Âges de la foi de Bahá'u'lláh,
âge d'or, 47, 66, 73, 81, 84, 92, 132, 149, 152, 158, 161, 180, 199, 200
apostolique et primitif, 51, 92, 132, 161
continuité des trois, 132
de transition, 92, 160, 161, 170, 171
formatif, 92, 132, 146, 157, 161, 171, 177
héroïque, 46, 84, 157
premier, rang supérieur et distinct, 132
quatre périodes distinctes, 74
Agh .sán, 126, 138
'Akká, 100, 131, 165
Alaska, 82
Alexandrie, 68
école de pensée d', 51
Allemagne, 78, 185
enseignants d'Amérique en, 78
" Ô rives du Rhin ", 161, 162
Alliance,
de Dieu, 119, 129
distincte pour chaque prophète, 119
Alliance de Bahá'u'lláh,
briseurs de l', 6, 124, 130, 138
centre de l', voir 'Abdu'l-Bahá
livre de l', 125, 128, 130, 134
ordonne le rang de 'Abdu'l-Bahá, 122, 128
pouvoir contenu dans la révélation, 102
pouvoir de l', 14, 81, 135
puissance de l', 135
Amérique, 89
centre du pouvoir spirituel, 72
difficultés économiques de, 25
droit d'aînesse de, 80
édification maison d'adoration, 194
entre dans l'âge adulte, 154
établissement de l'ordre administratif en, 74, 132
foi établie en, 66-71, 74-83
gouvernement ratifie ordre administratif, 49
ineptie du système parlementaire, 182
menacée de sécularisation, 172
ordre administratif établi en, 47, 68, 86
perdra-t-elle sa primauté spirituelle, 89
peuple américain, mission du, 70
premières mentions de la foi, 65
primauté spirituelle de, 89
publications en, 58, 76, 78
quatre messagers de 'Abdu'l-Bahá, 78
réalisations matérielles de, 66, 70
rôle de l', 47, 69, 72, 73, 82
troubles en, 73
unification des États d'Amérique du Nord, 40
visite de 'Abdu'l-Bahá en, 69, 74, 79, 81
Amérique du Sud, 82, 88
Anarchie, causes de l', 177-189
Andrinople, 131, 168
Angleterre, 172
enseignants d'Amérique en, 78
gouvernement de l', a ratifié l'ordre administratif, 49
Animosité raciale, 25, 173, 179, 198
Anniversaire de la foi, 43, 91
Antilles, 82
Antioche, 68
Apocalypse, 200
Aqdas, voir Kitáb-i-Aqdas
Arche de l'alliance, 78
Archibriseur de la foi, 76
Arche du salut, 15, 145, 187
Argentine, 82
Armements, 26, 29, 32, 35, 151, 181-183
Ascétisme, 19
Asie, 25, 72, 172, 181
Assemblées bahá'íes, 8, 15, 136, 193
juridiction propre, 193
locales, 58
nationales, 58
Assemblée spirituelle des bahá'ís de Baghdád, résolution de la société des nations en faveur de l', 87
Assemblées perses, injonctions spécifiques de 'Abdu'l-Bahá aux, 136
Assemblée spirituelle : appellation provisoire, 5
Assemblée spirituelle locale : maison de justice secondaire, 4
Athéisme, 173, 174
Australie, 26, 72, 83
Autonomie nationale : essentielle, 36, 197
Báb, 'Alí-Mu .hammad,
a anticipé l'ordre administratif, 136
a accompli les prophéties, 116, 169
annonciateur, 56, 121
apôtres du, 50, 57, 103
apport et influence du, 117, 118
apport du, 98
attaque contre le, 67
caractéristiques du, 91, 92, 117
citations du, voir Citations
compagnons du, 118
connaissances révélées par le, 56, 94, 118
descendant des Imáms, 97, 169
dispensation du, 56, 96, 113, 116-122
force libérée par sa dispensation, 120
guide le Gardien et les Maisons de justice, 139
manifestation de Dieu, 56, 97, 116, 118, 119, 121, 122, 124
manifestation de Dieu, initiateur,116
martyre du, 50, 96, 117, 163
précurseur de Bahá'u'lláh, 56, 57, 94, 116, 121, 122
proclame la suprématie de Bahá'u'lláh, 57, 94, 96, 97
Qá'im, 21, 56, 94, 113, 118
rang du, 91, 94, 118, 119, 122
attesté par 'Abdu'l-Bahá, 116, 117, 120, 121, 124
attesté par le Testament de 'Abdu'l-Bahá, 56, 116
attesté par Bahá'u'lláh, 21, 56, 118
double rang du, 116, 122
exalte le rang de Bahá'u'lláh, 96
témoigné par La Chronique de Nabíl, 116, 117
réalité identique à Bahá'u'lláh, 130
révélation du, comparée au signe du Bélier, 120, 121
suprématie du, proclamée par Bahá'u'lláh, 21, 118
titres du,
Christ promis, le, 131
Grande Nouvelle, la, 119
Premier Point, le, 102, 120, 130
Qá'im, le, 21, 56, 94, 113, 118
Soleil de Vérité, le, 124
Temple Mystique, le, 119
Verbe, le, 119
caractéristiques de la mission du, 96, 169
tombeau du, 77, 78
Bábís : patience et fidélité, qualités des, 118
Baghdád, 119
appel bahá'í à la Société des Nations, 87
maison de Bahá'u'lláh à, 22
Bahá'ís, voir aussi Croyants,
communauté du plus Grand Nom, 187
garder intégrité des enseignements bahá'ís, 51
préservent pureté et intégrité des enseignements bahá'ís, 51, 94
respecter lois de leurs gouvernements respectifs, 60, 61
Bahá'ís égyptiens,
aidés par les bahá'ís d'Amérique, 47, 86
demandent reconnaissance officielle, 9
statuts et règlements, 9
Bahá'ís perses, 5, 47, 51, 87, 88
martyrs, 46, 50, 84, 118
première assemblée spirituelle nationale, 93
préparation du troisième Mashriqu'l-Adhkár, 93
Bahá'ís russes, 86, 87
Bahá'u'lláh,
accomplit les prophéties du grand cycle prophétique, 97, 110, 121, 131, 156
accusations injustes contre, 67
adresse de, à Constantinople, 166
affirme le rang de prophète du Báb, 56, 94, 116-118
afflictions de, incomparables, 114, 115, 163, 164, 168
âge de chaque dispensation peut être considéré comme jour de Dieu, 102, 120, 156, 157
" À l'Est, la lumière de sa révélation a point; ... ", 73
alliance de, voir Alliance
appel de, 31, 37, 42, 108
ascension de, 51, 165
assure les croyants de la victoire, 101, 106
atteste le rang du Christ, 113, 176
caractère supérieur de la révélation de, 103
caractéristiques de, 91
citations de, voir Citations
dispensation de, comparée avec dispensations du passé, 49, 50
économie divine de, voir Ordre administratif
écrits de, vérifiés et systématisés, 194
esprit de, a insufflé une vie nouvelle, 102
esprit de, requiert un ordre visible, 15
force céleste de, 42
guidance de, à travers principes et institutions, 16
guidance de, direction de, 62, 138
hommage à son " Bien-Aimé ", le Báb, 119
" Je suis celui qui donne la vie au monde ! ", 73, 104
livre de, voir aussi Kitáb-i-Aqdas, 2, 21, 125, 138, 166, 192, 193
lois de, révélées dans le Kitáb-i-Aqdas, voir Kitáb-i-Aqdas
maison de, à Baghdád, 22
Maison Universelle de Justice, inspirée par Dieu, 143
manifestation universelle, 22
manifestation de Dieu, suprême, 91, 95-98, 121, 125
mission de,
médecin divin, 31
poser fondement civilisation divine, 12
suprême, 152
nouvelle révélation, pas avant mille ans, 123, 124
ordonne le rang de 'Abdu'l-Bahá, 122, 125-128
ordre mondial de, voir Ordre mondial
pas de nouvelle manifestation avant mille ans, 131
pas identifié à Dieu, 110
pouvoir de, 10, 62, 98
latent, 120
transformer l'humanité, 16, 43
transformer l'humanité accordé à chaque révélation, 21
précurseur de, voir Báb
première mention de, en Amérique, 65
prière révélée pour 'Abdu'l-Bahá, 127
prophétie de Zoroastre, 96
prophéties de, 26-28, 41, 56, 73, 123, 166-168, 184, 186, 196
puissance irrésistible de sa loi, 104
quintessence de la lumière, 57
rang,
de 'Abdu'l-Bahá ordonné par, 122, 125-128
du vrai croyant, 103, 107
renouveau religieux, 27
révélation,
apogée d'un cycle prophétique, 110
comparée à celle du Báb, 57, 103, 120, 121
progressive et continue, pendant cinquante ans, 132
système d'économie divine, parfaitement établi par, 16
témoignages des manifestations du passé, 100, 113
témoigne du rang de Jésus, 109
titres de,
Ancien des jours, l', 201
Ancienne Beauté, l', 107, 121, 124, 157, 164
Beauté bénie, la, 121, 151, 153, 156
Christ promis, le, 131
Consolateur, le, 99
Désir du monde, le, 99, 101, 104, 156
Grande Nouvelle, la, 119
Grand Nom, le plus, 14, 66, 86, 94, 129, 151
Jéhovah de l'Ancien Testament, 98
Père, le, 99
Plume suprême, la, 125
Promis, le, 99
Promis de tous les âges, le, 97, 121
Seigneur des armées, le, 72, 131
Soleil de Vérité, le, 120, 124, 157
unité avec le Báb, 130
" Vous êtes tous... d'un même arbre... ", 36
Balance de Dieu, 167
Balkans, 24, 88
Baptême, 19
Bayán, 57, 58, 94, 95, 103, 113, 116, 117, 124, 136
Beyrouth, 127
" Bientôt le présent ordre des choses sera révolu... ", 150
Bouddhisme, 173
Branche, 135, 199
la plus Grande, 127
jeune Branche sacrée, le Gardien, 139
Briseurs de l'alliance, 6, 76, 77
Brittingham (I.D.), 76
Bryce, Lord : citation de, 181
Buisson ardent, 99, 119, 121
But divin, 38, 68, 83
avertissement, promesse, 42
réaffirmation du, 55
Calamités,
de portée mondiale, 24, 25, 41, 73, 157, 180-182
prédites, 24, 25, 41, 158, 169, 181, 195
préparent l'humanité à l'ordre mondial de Bahá'u'lláh, 157, 160, 161, 181, 186, 195, 196
rétribution divine, 41, 158, 166-170, 189, 195
souffrances, préparent au changement, 41, 73
Califat, 15, 52, 142, 146, 163, 166, 169, 189
Canada : visite de 'Abdu'l-Bahá au, 80
Capital et travail, 35, 36, 182
Catastrophe mondiale, voir Calamités
Cause bahá'íe, voir Foi de Bahá'u'lláh
Cause bien-aimée : ne pas marchander foi ou transiger principes, 60
Céleste houri, voir Houri
" Celui autour de qui tous les noms gravitent... ", 127
" Celui que Dieu rendra manifeste ", 113, 136
Centralisation excessive : maux liés à, 36
Centre mondial de la foi, 165
Centre administratif de la foi, 68
Chaos : imminent, 26, 150, 160, 179
Chase (Thornton), 76
Châtiment divin : prédit, voir Calamités
Chicago,
grande Foire de 1933, 63
première assemblée spirituelle de, 4
première maison de justice, 4, 78
Tablette de 'Abdu'l-Bahá à, 4
Chine, 14, 79, 172
Chômage, 29
Christ,
adresse du, à Jérusalem, 166
Bahá'u'lláh atteste le rang du, 176, 177
comparaison entre persécuteurs du Christ et de Bahá'u'lláh, 166
Église du, 16
foi du, voir Christianisme
paroles du, 17, 22, 129, 166
pas de directives directes du, 16
promis, 131
retour du, 22
titre du, l' Esprit de Dieu, 102
Christianisme,
apparu à l'Est, 69
chute des Juifs, persécuteurs du Christ, 166
déclin du, 173, 175, 176
détérioration des institutions du, 16, 17, 170-177
deux premiers siècles du, 51
Église du christ,
canons, conciles, inventions humaines, 17
pas de mandat direct du Christ, 17
unité brisée, 16
esprit du, revivra dans la foi de Bahá'u'lláh, 176
esprit du, dans les institutions autres que le, 175
établi à l'Ouest, 69
histoire primitive du, 68
menacé par le sécularisme et le nationalisme, 26, 146, 162, 172-174, 177
missions, 172, 174
naissance des sectes, 175
parallèle entre désintégration du christianisme et de l'humanité, 175, 176
pas de système économique révélé, 16
pas de directives du Christ pour administration et succession, 16, 17
pas de directives du Christ pour administration adéquate, 17, 134, 142
persécution par les juifs, 166
Pierre, autorité de, non précisée, 17, 134
premier siècle, 129, 146, 176, 196
rapports des missionnaires, 172
réaction à la foi de Bahá'u'lláh, 170
résistance à la foi de Bahá'u'lláh, hâtera sa chute, 175
retour aux sources du, 175
schisme inévitable, 17, 134, 135
succession, pas de dispositions pour, 16, 17
Tablette à la chrétienté, 164
Citations de 'Abdu'l-Bahá,
affirme autorité du Kitáb-i-Aqdas et de la Maison Universelle de Justice, 138
" Alors les chevaliers du Seigneur ", victoire promise, 14
Amérique, rôle de l', 47
" Appel de Dieu a insufflé une vie nouvelle... ", 159
avertissant résistances futures contre la foi, 14
centre de l'alliance de Bahá'u'lláh, voir titres de
commentaires sur la Tablette de la Branche, 129
confirme son rôle d'interprète, 128
déclaration aux croyants d'Amérique, rang de 'Abdu'l-Bahá, 131
développement futur de la foi, 106
effet de l'appel du royaume d'Abhá sur la création, 107
espoir d'une direction spirituelle pour l'Amérique, 69, 70
explique le principe héréditaire, 137
force libérée par Bahá'u'lláh, 120
Gardien, autorité et succession du, 138
Gardien et Maison Universelle de Justice guidés par le Báb et Bahá'u'lláh, 139
Gardien est interprète, 138
Gardiennat anticipé depuis longtemps, 140
jour de Bahá'u'lláh, 106
" La vraie civilisation déploiera... ", 32
" La paix, la paix... proclament les... ", 24
" Les maux dont souffrent maintenant le monde... ", 24, 25
" Les souverains du monde... plus grande convention... ", 185
" Les sept lumières de l'unité ", 33, 34
Maison Universelle de Justice, pouvoir d'abroger ses propres lois, 138, 139
manifestations futures à l'ombre de Bahá'u'lláh, 107, 157
maturité, exigence de la, 153, 154
mission spirituelle de l'Amérique et rang qu'elle atteindra, 71, 72
" Observez les fleurs d'un jardin... ", 37
pouvoir de l'alliance de Bahá'u'lláh, 135
prophétie de Zoroastre au sujet de trois dispensations, 96
prophétise essor de l'ordre administratif, 135
prophétise une autre guerre, 41, 42
rang,
de Bahá'u'lláh, affirmé par, 121, 124
de servitude, de, 124, 129
des prophètes, par droit d'aînesse, 137, 138
du vrai croyant, 107
du Báb, attesté par, 120, 121, 124, 131
du Báb et de Bahá'u'lláh, affirmé par, 121, 124
" Réjouissez-vous donc, ô habitants de l'Amérique... ", 74
relation entre le Báb et Bahá'u'lláh, expliquée, 120
révélation divine s'est levée à l'Est, 69
unité du genre humain, 31
Citations de Bahá'u'lláh,
'Abdu'l-Bahá exemple parfait et interprète, 125
accomplit les prophéties du grand cycle prophétique, 98, 99, 101
" Adeptes de l'Évangile, voyez ! ", 99
afflictions incomparables, sort cruel, voir Bahá'u'lláh
" À l'Est, la lumière de sa révélation... ", 73
appel de, appel de Dieu Lui-même, 108, 109
appel de, effet sur la création, 31
" Appelle Sion, ô Carmel... ", 100
assure les croyants de la victoire, 105
atteste du rang du Christ, 102, 109
Báb et Bahá'u'lláh, identiques, 130
" Bientôt le présent ordre des choses sera révolu... ", 150
calamités et châtiments prophétisés, 41
caractéristiques des bábís, 118
" Ce jour est le roi des jours... ", 101
" Celui autour de qui tous les noms gravitent. ", 127
" Chaque créature a été dotée de toutes les potentialités qu'elle peut porter... ", 159
civilisation, échecs de la, 186
concernant le Báb, " La connaissance se compose de... ", 21
consolateur promis, 99
Constantinople, apostrophe à, 166
craintes pour la manifestation suivante, 113
" Des siècles... avant que le Soleil de Vérité... ", 105
désunion universelle, " Pendant combien de temps ? ", 179
Dieu est inconnaissable, 108, 109
Dieu connu par ses messagers (miroirs), 109-111
dispensation du Báb, courte mais complète, 116, 117
" ... effusion de la grâce divine, en cette dispensation... ", 57, 58, 103
" Équilibre du monde a été bouleversé... ", 104, 135, 150
" et quand l'heure fixée sera venue... ", 41
Grâce divine accordée à ce jour, 57
hommage à son " Bien-Aimé ", le Báb, 118
humanité, potentialités bientôt révélées, 157
islám shiite, déclin de, 162, 163
" Je suis celui qui donne la vie au monde. ", 104
" Je témoigne... de la grandeur de cette révélation. ", 98
" La connaissance se compose de vingt-sept lettres... ", 21, 56, 118
" La terre entière est à présent au stade de la gestation... ", 158
" Le monde est en travail... ", 28, 171
" Le rang qu'atteindra celui qui a reconnu cette révélation... ", 107
" Les signes... et du chaos imminents... ", 26
Maison Universelle de Justice, pouvoir législatif de, 19, 20, 138
manifestation de Dieu, suprême, 98, 99, 114
manifeste les attributs de Dieu, 104, 105
messagers successifs, 113
moindre paix et plus grande paix, 151
" Ô rives du Rhin... ", 162
" Ô vous peuples du monde... ", 195
pouvoir de,
invincible, 101
nouveau à chaque mot, 102
prière, unité des manifestations dans la persécution, 114, 115
prophètes, unité et différence des, 52
prophéties concernant Andrinople, 168
prophétise la chute de l'islám, 169, 170
Qá'im, rang du, 56, 118
Qá'im, mission du, 21
" Qu'un homme ne se fasse pas gloire... ", 36
rang,
du Báb, 21, 57, 118
du Báb et de Bahá'u'lláh, affirmés, 120, 121
" Le rang prescrit pour le vrai croyant... ", 103
relation qui le lie à Dieu, 109
relation qui lie le Báb et Bahá'u'lláh, expliquée, 120, 121
religion, pouvoir de la, 178
révélation,
comparée à celle du Báb, 57, 103
divine correspond à la capacité de l'humanité, 113, 114
divine correspond capacité des peuples, 53, 153
forces latentes de la, 102
grandeur de la, 99
nouvelle, pas avant mille ans, 123, 124
transforme l'humanité, 21, 22, 102
" Si un homme, seul, se lève... le Tout-Puissant lui donnera la victoire. ", 101
" Soyez justes, ô peuples du monde... ", 101
tablettes,
à 'Abdu'l-Bahá, mission et pouvoir, 127
à la chrétienté, 164
à la Reine Victoria, unité, 34, 151
à l'Empereur d'Allemagne, prophétie chute de l'Empire, 161, 162
au Ra'ís, 168, 186
au sul.tán 'Abdu'l-'Azíz, 167
de la Branche, 125, 126
témoignages des manifestations du passé, 100
témoigne du rang de Jésus, 102, 109, 113, 176, 177
unité,
des manifestations, (miroirs), 110, 111, 155
seule, assurera la paix du monde, 184
" Voici le roi des jours... ", 156
" Vous êtes tous... d'un même arbre,... ", 36
Citations de traditions mahométanes, prophéties concernant le Báb,
l'islám, le Qur'án, 169
Citations d'Isaïe, 199
Citations du Báb,
anticipe l'ordre mondial de Bahá'u'lláh, 136
" Exalté sois-tu... ", 95
" Je suis le Premier Point ", 120
proclame son rang de prophète, 119
sa soumission et son sacrifice à Bahá'u'lláh, 95
suprématie de la proclamation de Bahá'u'lláh, 57, 94
Citations du Christ : " J'ai encore beaucoup de choses à vous dire... ", 22
Cité État, 38
Citoyens du monde (fédéralisme), 31
Citoyenneté mondiale, 36, 152
possible maintenant, 33
Civilisation,
âge présent, voir Âge présent
changement d'époque, 27
changements déterminants, 41
crise la plus grave de la, 27
faillite de la, 20
future, voir Ordre mondial
la vraie civilisation, paroles de 'Abdu'l-Bahá, 32, 33
maladie de la, 187
perpétuel changement, en, 30, 31
prophéties concernant la, 150, 186
stades successifs de la, 154, 155, 196
Civilisation divine, 12
équivaut au royaume de Dieu, 12
mission première de la foi de Bahá'u'lláh, 2
Civilisation mondiale, 152, 200
Cléricalisme, défié par la foi, 65, 170
Code civil, 166
en Turquie, 9
promulgation d'un, en Turquie, 166
Commission permanente des mandats de la Société des nations, résolution de, 87
Commonwealth bahá'í, voir Ordre mondial
Communauté politique mondiale, 159, 186, 196-201
Communauté politique hébraïque, 142
Communauté du plus Grand Nom, 14, 94, 187
Communications : accessibles sur toute la terre, 33, 197
Communion, sainte, 19, 143
Communisme, 172, 173, 182
Conférences sur l'économie et le désarmement, 182
Confession des péchés, 19, 144
Conflits futurs, 181
Connaissance révélée, 21
Contrainte internationale, 32, 35, 36
Constantin, 51
Constantinople, 163, 164, 168
adresse à, 166
Convention internationale de paix, 32, 33, 185
Convention : première nationale bahá'íe, 78
Conviction, 73
Cours de justice bahá'íes, 193
Création,
bouleversée par appels divins, 107
nouveau ciel, 200
nouvelle, 102, 201
nouvelle race d'hommes, 105
nouvelle société, 154
nouvel ordre mondial, 150, 158
Credos, 38
Crises : cause des, 30, 31
Croyants, voir aussi Croyants d'Amérique,
abnégation, 88
apolitiques, 191-193
association, mais pas affiliation avec institutions politiques ou ecclésiastiques, 58-61, 193
attitude internationaliste, 58
caractéristiques des, 20, 33, 36, 54, 145, 190, 191
communauté du plus Grand Nom, 14, 94, 187
connaître différence entre la foi de Bahá'u'lláh et les organisations ecclésiastiques et gouvernementales, 14-18, 133, 134, 142-145, 192, 193
convictions des, 21, 29
danger de surestimer le rang de 'Abdu'l-Bahá, 128-131
devoir des, 22, 43, 62, 73, 94, 107, 193
diversité des origines des, 8, 43, 61, 145, 190
doivent étudier les paroles de Bahá'u'lláh, 94, 97, 98
égyptiens, 9, 10
hommes avisés, 42
joies terrestres éphémères, 191
missions des, 13, 22, 73, 74, 80, 149, 158
modestes débuts, 38, 39
nationalisme, attitude envers le, 35-37
non ingérence politique, 58-61
normes élevées, 48
occidentaux, quelques enseignements cachés aux, 58
premier âge de la foi, rang supérieur et distinct des, 132
préservent pureté et intégrité de la foi, 51
purification périodique, 11, 67, 188, 189
rang des, 103, 107
réalisations des, accomplissements, 46, 47, 49, 145, 193
reçu héritage pur, 58
responsabilité des, 20, 22, 55, 56, 58-61, 143, 193
soutenus par Dieu, 101
soutenus par le pouvoir de Bahá'u'lláh, 72
tribulations annoncées, 13, 14, 76, 81
transformés par l'esprit de Bahá'u'lláh, 22, 42, 152, 190, 191
unité,
dans la diversité, 37
par identification à la foi, 191
sauvegardée par l'ordre
administratif, 61, 137
universalistes, 191
vaillance, courage sublime, 46, 47
Croyants d'Amérique,
abnégation des, 62, 63, 74
amour de 'Abdu'l-Bahá pour les, 66, 70, 71, 79-81
comparables aux premiers martyrs, 46, 47
enseignants dans des pays lointains, 47, 72, 78, 82, 86, 88
épreuves des, 47, 66, 75, 76, 78, 80, 83-85
érection du Mashriqu'l-Adhkar, voir Mashriqu'l-Adhkar
héritage spirituel, 71
investissements nationaux, 86, 194
légalisation de l'ordre administratif, 49, 86, 194
maîtres bâtisseurs de l'administration bahá'íe, 46, 47, 68, 74, 88, 132
maîtres bâtisseurs des institutions de la foi, 86
mission des, 46, 47, 69-72, 74, 80
ont obtenus des témoignages de la royauté, 87
pionniers, 47, 63, 78, 88
plan divin de 'Abdu'l-Bahá pour les, 69, 71, 81
primauté spirituelle des, 66, 70, 80, 89
réalisations des, accomplissements, 47, 48, 77, 78, 81-85, 93, 132
recours à la Société des nations, 87
ressources matérielles limitées, 48, 62
soutenus par le pouvoir de Bahá'u'lláh, 62, 73
soutiennent croyants en Égypte, Perse, Russie, 47, 86
Tablette aux, 69, 71, 131
Croyants égyptiens, 47, 86
Croyants perses, 5, 51, 87, 88, 93, 136
apôtres du Báb, 50
Cycle bahá'í, 97, 199
sublimé de ce cycle unique, 108
apogée d'un cycle prophétique, 110
Cycles,
bábí, 116, 117
bahá'í, 107, 110, 152
depuis Adam jusqu'à Bahá'u'lláh, 97, 131
prophétiques, 33, 123, 131, 132
Dealy (Paul), 76
Décadence morale, 27, 176, 177, 179
Démilitarisation, 38
Dettes dues à la guerre, 29
Désarmement : conférence sur le, 182
Détresse économique, 26, 29, 180
Défense : forces conjuguées des nations, 36
Désastre, voir Calamités
Dieu,
appel de, a insufflé une vie nouvelle, imposé un nouvel esprit, 159
but divin, 83
conception antropomorphique inadmissible, 108, 109
conception panthéiste inadmissible, 108
connu à travers ses manifestations, 108-111
croyance en, décline, 171
défini par le communisme, 173
dessein de, 55
immuable, 188
ultime, 161
divinité expliquée, 108
" Esprit le plus secret des esprits. ", 108
essence de, inconnaissable, non incarnée, 108
" Essence des essences. ", 108
royaume de, 15, 34, 42, 55, 69, 99, 104, 147, 187, 195
identique au royaume de
Bahá'u'lláh, 147, 191
civilisation divine, 12
promis, 147, 157
voix de, 108
volonté de Dieu, 150
Difficultés actuelles, 180
Direction divine, voir aussi Guidance divine, 18, 31, 55, 62, 69, 71, 72, 97
Dirigeants,
épîtres de Bahá'u'lláh aux dirigeants du monde, 151, 184
épîtres de Bahá'u'lláh aux ministres de Turquie, 167
Dispensation(s),
alliance avec chaque prophète, 119
chaque âge peut être qualifié de jour de Dieu, 102, 120, 156, 157
de Bahá'u'lláh, voir aussi Bahá'u'lláh,
comparée avec les dispensations du passé, 49, 50
pouvoir latent de la, 120
de Mu .hammad, voir Mu .hammad
du Báb, voir aussi Báb,
pouvoir latent de la, 120
futures, 113, 156, 157
jour de chaque, 156
objet de la, 113, 119
Distribution, 198
Divorces, 193
Doctrines dépassées, 37
Dodge (Arthur Pittsbury), 76
Dotations nationales, 86, 194
Droit international, 36
Ecclésiastique(s),
institutions, comparées à l'ordre administratif, 143
système, comparé à l'ordre mondial de Bahá'u'lláh, 134, 142
Économie,
barrières économiques, 35, 36
conférence sur l', 182
désarroi de l', 25
détresse universelle, 181, 182
divine, 16-18, 20, 55
européenne, 40
Écrits de 'Abdu'l-Bahá : attestent le rang de prophète du Báb, 120, 121
Écrits de Bahá'u'lláh : attestent le rang de prophète du Báb, 56, 94, 116-118
Égypte, 9, 10
Élections,
au suffrage universel, 143
méthodes établies par 'Abdu'l-Bahá, 4, 5, 138, 139
principes directeurs énoncés par 'Abdu'l-Bahá, 5
Élie, 100
Empire mortel : déclin de l', 48
Empereur romain, 166, 196
Empire romain, 51
chute de l', 27, 68, 69, 146, 161
cultes de l', 175
premiers chrétiens de l', 68, 69
Ennemis de la cause,
à l'intérieur de la foi, 8, 12, 47, 76, 84, 188, 189
accusations des, cause de notoriété de la foi, 93, 94
archibriseurs, 76
châtiment divin pour les, voir Calamités
écrits des, 67, 78, 84
en Amérique, 47, 65-67, 75, 76, 83, 85
grand, 163
impuissance des, 1, 12, 66, 67, 78, 84, 101, 165, 188, 189
Jessup, Richardson,Vatralsky, Wilson, 78
Perse et Turquie, chute de la, 189
Enseignants d'Amérique : en des pays lointains, 47, 78, 82, 86, 88
Enseignement : méthode indirecte, 8
Enseignements bahá'ís, voir aussi Foi de Bahá'u'lláh,
acceptation de la dispensation de Mu .hammad, 97, 153
assurer intégrité institutions de la foi, 12
attitude envers les politiques partisanes, 58, 191-193
Báb, manifestation et précurseur, voir Báb
Bahá'u'lláh, manifestation suprême, voir Bahá'u'lláh
caractéristiques des, 37, 38
Dieu, l'Invisible des invisibles, 110
Dieu, réalité inconnaissable, 108, 109
entrée de l'humanité dans l'âge adulte, voir aussi Humanité, 152
gloire promise de la foi, quand les temps seront accomplis, 12
intégrité maintenue par ordre administratif, 60, 66-68
intégrité maintenue par les croyants, 51
intégrité et flexibilité des, 137
la manifestation n'est pas Dieu incarné, 108, 109
paix, plus grande, sera établie, voir Paix
science et religion, en accord, 198
unité de l'humanité, voir Unité de l'humanité
unité des manifestations, voir Unité des manifestations
universalité des, 87, 88
Épître de Bahá'u'lláh aux dirigeants du monde, 50
" Équilibre du monde a été bouleversé... ", 135, 150
Esprit clérical, défié par la foi, 65, 170
Esprit de vérité, 98
Est : berceau de la révélation divine, 69, 73
États-Unis,
d'Europe, 7, 8, 39, 40, 183
visite de 'Abdu'l-Bahá aux, d'Amérique, 80, 84, 85
États unis,
fédération des, 154
du monde, 33, 199
Étendard divin, 28
Ethnies,
différentes, 40, 41
diversité des, origines des, 36
Europe, 72, 83, 88
assaut de la laïcité, 27, 146, 162, 172
conflit nécessaire pour établir l'internationalisme, 180, 186
effondrement monarchies et empires, 145, 146, 161
effondrement proche, 26, 182
efforts vers l'ordre mondial, 72, 83, 88, 170
États-Unis d', 7, 8, 39, 40, 183
faiblesse de l', 26, 27, 29
ineptie du système parlementaire, 182
primauté spirituelle ?, 89
Évangile, 16, 17, 99
Évolution humaine, voir Humanité
Exécutif international, 35, 197
Fanatisme, 36, 47, 51, 162
Farmer (Sarah), 76
Fédéralisme, 31, 32
Fédération bahá'íe : future, 14
Fédération mondiale, 34-36, 40, 41, 157, 158, 186, 190, 197-200
Fédération universelle, 199
Fermeté, 21, 60, 62
Feuille, la plus Sainte, 63
Fête du souvenir à West Englewood, 71
Foi : une, commune, 34, 35, 151, 155, 190, 199
Foi de Bahá'u'lláh, voir aussi révélation de Bahá'u'lláh,
a assimilé les diverses races, nations..., 190
abolition des préjugés, 36, 87, 88
accomplit les prophéties des Écritures, 97, 99-101, 105, 107, 120, 121, 131, 132, 156
acquisition des tombeaux, 194
adaptée à la capacité de l'humanité, 53, 97, 99, 111-115, 151-155
affranchie de la domination islamique, 94
âges de, voir Âges
anniversaire, 43, 91
apogée série de cycles prophétiques, 110
aptitude à neutraliser les influences destructrices, 194, 195
arche du salut, 187
arche de l'alliance, 78
archibriseurs, 76, 77
aspects administratif et spirituel de la, 3
à travers le monde par les croyants d'Amérique, 47, 48, 72, 78, 82, 86-88
attaques contre la, 1, 8, 12, 14, 18, 22, 47, 66, 77, 84, 188
autosuffisance de la, 49
avancée de, en Europe, 170
avantages terrestres, 45
bases de l'ordre administratif, 150
bases de l'ordre mondial, les assemblées, 4, 5, 7
berceau de la, 46, 68
but de la, 52, 155, 196-201
adapter individus, états, nations..., 37, 38
obtenir reconnaissance officielle, 9
cause universelle, 151
centenaire de la, 43
centre mondial de la, 165
comparée aux organisations ecclésiastiques, 192
dangers accompagnant sa croissance, 60
déclaration de (1863), 43
défie l'esprit clérical, 65, 170
démontre l'unité de toutes les religions, 52, 56, 110, 111, 122, 190
dessein de, 59, 60
développement de la, 133
différence avec organisation ecclésiastique, 14-18
disciples de, comparés à une humanité désemparée, 145
diversité des disciples, 8, 43, 61, 190
divinité de toutes les religions, 52
doit être distinguée des précédentes, 156
dotée de virtualité, maturité de l'humanité, 155
droit et titre de la, 189, 190
enseignée à travers le monde par des croyants d'Amérique, voir Croyants d'Amérique
épreuves prophétisées, 13, 14, 22, 78
établie dans quarante pays, 49, 93, 157, 192
établissement de, en Amérique, 65, 66, 69, 74-81, 170
établit l'autorité de toutes les religions, 110
établit l'origine divine des religions antérieures, 18, 52, 110, 191
étape dans l'évolution de la foi, 152
évolution de la, 1, 15, 19, 20, 46, 49, 58, 66-68, 85, 91, 93, 143, 145, 157, 160, 161, 170, 187-189, 193-196
gardienne de la plus grande paix, 189
grandeur inconcevable de la, 97, 98
hommages à, 194
immensité de la révélation, 122
incomparable, 12, 21
influence créatrice, âge en travail, 158
instille l'amour de toutes les religions, 190
institutions, voir aussi Ordre administratif,
administratives, ratifiées par deux gouvernements, 49, 86, 194
auront la sanction des autorités civiles, 49, 193, 194
instructions, pas encore toutes révélées, 58, 88
instrument et garantie de la plus grande paix, 189
instrument instauration plus grande paix, 16, 150, 151, 189
insuffle une vie nouvelle à l'humanité, 102
jeûne, pratique du, 19
libérée de la domination islamique, 49
marque distinctive de la, 153
martyrs de, voir Martyrs
mission première de la, établir la civilisation divine, 2
naissance de, 46, 48, 68, 85, 91
âge premier, 132
l'ordre mondial, 158
non politique, non partisane, 58-61
ordre administratif, voir Ordre administratif
ordre mondial, voir aussi Ordre Mondial, 158, 160
organisme vivant, 19
pas,
de classe ou de parti, 191
dernière révélation de Dieu, 52, 112, 122
partisane, 191-193
politique, 191-193
sectaire (indépendante), 192
Perse, berceau de la, 46, 83
persécutée, 165, 166
persécuteurs de la, comparés aux persécuteurs des chrétiens, 166
pionniers de la, croyants d'Amérique, 46, 47, 63, 74, 78, 82
pouvoir, 57, 58, 74, 97, 101, 104, 107, 133
constructeur de la, 160
d'intégration de la, 29, 154, 187, 194
degrés divers de, 15
latent de la, 106, 135, 187
transformateur de l'humanité, 21, 37, 38, 41, 42, 46, 48-50, 151, 152, 190
précurseur de la, voir Báb
principes de la,
abolition des préjugés, 31, 190
accepte tous les grands prophètes, 190
accord de la science et de la religion, 198
démontre l'unité de toutes les religions, 34, 155
divinité de toutes les religions, 52
unité de toutes les religions, 176, 199
protégée des hérésies, 18
protégée par le Livre de Bahá'u'lláh, voir Kitáb-i-Aqdas
puissance de la, apparaît progressivement, 106
purification périodique de la, 188, 189
quatre décades en Amérique, les, 74-76
réalisations, accomplissements de la, 9, 46, 49, 67, 68, 78, 79, 82, 93, 145, 149, 150, 157, 188, 192-195
reconnaissance de la, 87, 190, 193, 194
refuge universel, 135
religion de Mu .hammad affectée par la, 164, 168
religion d'État, d'une puissance souveraine, 5
révélation, progressive, voir Révélation divine
revivifie les religions, 110
sans pareille, 7, 98
source mystique de la, 62
statut international de la, 93
structures administratives, nécessité, sauvegarde, 8
succession prévue pour, voir Ordre administratif
système incomparable, 104
témoignage de la royauté, 87, 190
transcendance humaine, 37
transforme l'humanité, 21, 41-43, 152, 155, 190, 194, 196
trois figures centrales de la, 122
une avec l'esprit de la foi du Christ, 176
unité,
de l'humanité, voir Unité de l'humanité
des institutions de la, 2, 6, 18
des prophètes, voir Manifestations
universelle, 5, 7, 14, 20, 35, 49, 93, 189, 190, 192, 193, 199, 200
validité de la, 18-20
vérité religieuse est relative, 111, 112
victoire de la, 160
atteinte, 162, 165
avant la fin de ce siècle, 106, 107
promise, 14, 20, 101, 105, 135, 160, 199
sur l'islám shiite, 162
Fonds bahá'ís,
appels de, 8
contribution volontaire, 8
institution des, établie par 'Abdu'l-Bahá, 4, 136
local, 136
soutien financier accordé temporairement aux travailleurs, 8
Force : servante de la justice, 198
France, 78
enseignants d'Amérique en, 78
Fraternité de Green Acre, 78
Gardien (Shoghi Effendi),
chef permanent de la Maison Universelle de Justice, 139
insiste sur les vérités de base de la foi, 12, 94
interprète, 138, 139, 141, 143, 144
met en garde contre déviation vérités de base de la foi, 141
ne peut jamais assumer le droit exclusif de légiférer, 139
obéissance au, sauvegarde la foi, 138-142
protégé et guidé par le Báb et Bahá'u'lláh, 139, 140
rang du, expliqué, 138-140
Gardiennat,
anticipé dans le Kitáb-i-Aqdas, 136
anticipé par 'Abdu'l-Bahá, 140
attitude du croyant envers le, 141
autorité du, 14, 137-139, 141, 143
autorité du, héréditaire, 144
confirme les pouvoirs de la Maison Universelle de Justice, 6
fonction du, 12, 16, 137-139, 141, 147
prédestiné, 140
succession, loi de, 16, 18, 133, 136-140, 143
Goodall (Helen S.), 76
Gouvernement américain,
haut fonctionnaire, paroles de 'Abdu'l-Bahá à un, 31
ratifie l'ordre administratif, 86
Gouvernements,
américain, 49
autorité des, 59, 60
d'Angleterre, 49
diverses formes de, 60, 61, 142, 143, 154
Grâce divine,
effusion de la, 57, 58, 103, 168
source de la, 109
Grâce rédemptrice de Dieu, 48
Grande Branche, la plus, 126
Grande dépression, 180
Guerres,
balkaniques, 165
cause des, 24-27, 29, 180, 181
contrainte internationale, 32, 35
dettes dues à la, 29
humanité lasse des, 199
lorsque justifiée, 32, 36, 151, 184
plus de gaspillages dus aux, 198
prophétisées, 41, 42, 181, 186
résultats de la, 161, 162
Guerre mondiale,
prédite par 'Abdu'l-Bahá, 81
résulte de la, 23-27, 29, 39, 162
Guidance de Bahá'u'lláh, 133, 134
Guidance divine, 114, 143
à travers les religions, 27
Haïfa, 165
Heure, fixée, désignée, 28, 41, 55, 96, 158, 195
.Hijáz, 100
Houri, céleste, 54, 112
Humanité, voir aussi Âge présent,
adolescence de l', 196
âge adulte, 152, 153, 155
âges successifs de l', 196
approche l'apogée du désastre, voir Calamités
Bahá'u'lláh a insufflé une vie nouvelle dans l', 102
but de l', unité mondiale, voir Ordre mondial, but de l'
changement structures société comtemporaine, 38
chaque créature a été dotée de pouvoir, 159
comparée aux fleurs d'un jardin, 37
condition de l', 26
diversité des ethnies, 36
douleurs de l'enfantement, 23
encore immature, 98
évolution de l', 28, 36, 42, 45, 46, 52, 54
familles, tribus, cités états, nations, 38, 196
guérison du monde, 151
infinie diversité de l', 38
interdépendance de l', 33, 35, 36, 38, 192
lasse de la guerre, 24, 25, 29, 73
maturité de l', 6, 153, 196
nécessité d'un changement de normes, 31, 34
nécessité d'une nouvelle révélation, 55
potentialités, 102, 105
bientôt révélées, 157
de l', 32, 33, 54, 102, 135
de bien-être de l', 152
réduction souveraineté nationale, 35
sept flambeaux de l'unité, 34
système de sécurité collective, 184
témoin d'un changement cataclysmique, 27
unité de l', voir Unité de l'humanité
Iles du Pacifique, 72, 79
" Il est moi-même ", expliqué par Shoghi Effendi, 129
Imám 'Alí, 134
Imáms, 169
Imamat, 142, 143
Inde, 14, 172
Industrialisation : universelle, 43, 181
Institutions, voir Âge présent
bahá'íes, voir Ordre administratif
chrétiennes, voir Christianisme
Institutions ecclésiastiques,
comparées à l'ordre administratif, 192
différence entre foi bahá'íe et, 14-18
Institutions de l'ordre administratif, établies, 136-138
Intégration, 6, 154, 194
processus d', 198
Interdépendance, 33, 35, 36, 38
Internationalisme,
dépendant de la direction divine, 28, 29, 31, 38, 39, 42
marche vers l', 29, 39, 69, 70
processus de destruction, puis de reconstruction, 40, 159, 160
résultat positif des épreuves mondiales, 28
Interprète : désigné par Bahá'u'lláh, 133
Intolérance, 87, 179
'Iráq : gouvernement d', 87
Irréligion : cause de la décadence mondiale, 28, 171
Isaïe, 100
Islám,
administration et ordonnances plus précises que dans le christianisme, 17
code de loi inadéquat, schisme, 134, 142
début histoire de l', 51, 162
désintégration de, 175, 189
domination de, terminée, 49, 94
grandit dans les pays lointains, 68
lois de succession non précisées, 17, 134
ordre administratif inadéquat, 14, 16
pas de directives pour une administration adéquate, 142
réaction à la foi de Bahá'u'lláh, 170
shiite, 22
sunnite, 22
traditions, 169
Islande, 195
Japon : enseignants d'Amérique au, 79
Jéhovah, 98
Jérusalem, 101
destruction de, 146
le Christ s'adresse à, 166
nouvelle, 200
siège de, 51, 166
Jésus, voir aussi Christ, 109, 113
Jour de Dieu, 171, 186, 200
de Bahá'u'lláh, 160
" Des siècles, des âges devront s'écouler... ", 105
grandeur de ce jour, 21, 57, 58, 97, 102, 155, 156
jour de chaque manifestation, 102, 156
roi des jours, 101
Juifs, 51
Justice, 16, 35, 169, 178, 184
Kaaba, 100
Karbilá, 115
Kitáb-i-Íqan, 21, 52, 54, 94, 109, 111, 117, 129
Kitáb-i-'Ahd, 125, 126, 128, 130
Kitáb-i-Aqdas, 125, 128, 130
anticipe le Gardiennat, 136
au-delà de la compréhension actuelle, 12
base d'un tribunal bahá'í, 10, 193
citations du, 123, 125, 143
lois de Bahá'u'lláh, 2, 3, 6, 15, 19, 128, 130, 132, 136, 138, 142, 143, 147, 193
Kitáb-i-Badí', 117
" La connaissance se compose de vingt-sept lettres... ", 21, 56, 118
Laïcité, 26
Langue auxiliaire universelle, 34, 38, 198
" La terre entière est a présent au stade de la gestation...", 158
Law .h-i-Ra'ís, 168, 186
Législature universelle, 197
Lèpre spirituelle : définition de la, 177
" L'équilibre du monde a été bouleversé... ", 104, 135, 150
Le secret de la civilisation divine, 32
Les forces mystérieuses de la civilisation, 32
Lettres du Vivant : rang des, 57, 103
Liberté, 34
Lois de Moïse, 51
Loi universelle de Bahá'u'lláh, but de la, 36
Lua (Getzinger) : enseignante en Allemagne, 76
Lumières de l'unité, les sept, 33, 34
Máh-Kú, 120
Mains de la cause, 15, 138
établies par Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá, 136
mission des, 105
Maison Universelle de Justice,
auteur et pouvoir abrogatif de ses lois, 19, 20
autorité de la, 18, 137, 138
caractère et fonction de la, 136
conditions nécessaire à l'établissement de la, 5, 88
doit obéissance au Gardien, 138
fonctions de la, 5, 16, 136, 138, 144, 146
importance de la, 6, 84, 138
membres inspirés par Dieu, 19, 20, 138
membres pas responsables envers leurs électeurs, 142, 143
mode d'élection de la, 5, 6
organe suprême de la communauté bahá'íe, 5
pouvoir,
d'abroger ses lois, 19, 20, 139
de décréter des lois, 19, 20, 139
de la législation progressive, 19, 133, 138, 139, 142
protégée et guidée, 139, 143
unité sauvegardée par le Gardiennat, 6
Maisons de justice locales, 4, 78
Maisons de justice nationales, 4, 5
Maisons de justice locales et internationales, 136
Maison d'adoration, 194
Maîtres bâtisseurs, 46, 47, 69, 88, 132
Manifestations,
chacune a un livre, 118
chacune d'elles " fait ce qu'Il veut ", 157
comparées au soleil, 53, 69, 96, 114, 118, 120, 121, 124
différences entre les, 53, 110, 155
divinité expliquée, 108, 111, 122
douées d'immuabilité, 107, 118
futures, 107, 113, 123, 156, 157
maintient de la primogéniture, 136, 137
miroirs, 111, 114
mission des, 21, 55, 110, 111, 114, 152, 155
ont préparé l'humanité pour le jour de Dieu, 155
pas incarnation de Dieu, 108-110
persécutions des, 50, 66, 67, 96, 114, 163-170, 188
pouvoir et esprit des, 117
rang des manifestations, expliqué, 107, 110
signification de la divinité des, 110, 122
Soleil de Vérité, 53, 69, 113, 120, 124, 157
unité des, 52, 56, 110, 111, 113, 114, 119, 122, 129, 155, 191
Mariage, 179, 193
Martyrs,
premiers croyants perses, 46, 48, 50, 118, 147, 162
premiers perses, rendirent possible l'ordre administratif, 46, 147
Mashriqu'l-Adhkár, 15, 49, 66, 88
a demandé des sacrifices, 62
a demandé de l'abnégation, 47, 48, 63
but du, 88
centre administratif, 147
comité exécutif du, 78
d'intérêt international, 93
en Perse, 93
maison d'adoration, 71
nécessité d'achèvement du, 62
pierre angulaire posée par 'Abdu'l-Bahá, 71
symbole de l'administration bahá'íe, 74, 77
Matières premières, 198
Mc Nutt (Howard), 76
Mecque, La, 101
Médecin divin, 31, 35, 151
Militarisme, 180, 181
Millenium, 42, 68, 200
Mírzá Áqá Ján : secrétaire de Bahá'u'lláh, 127
Missionnaires chrétiens : rapports des, 172, 174
Modération nécessaire, 186
Moïse, 51, 100, 101, 109, 113
Monarchie Austro-Hongroise : chute, extinction de la, 161, 174
Monde,
citoyenneté mondiale, 31, 33, 35
comparé au corps humain, 34, 178
communauté mondiale, 34-37
est en travail, 28, 158, 171
organisme affaibli et moribond, 180
organisme complexe, 42
guérison du, voir Calamités, remèdes aux
resserré et transformé, 42, 43
Monnaie : système unique, 198
Mont Sinaï, 121
Mont Carmel, 77, 78, 100
Mu .hammad, 15, 21, 95-97, 100, 101, 134, 164, 168, 169
Apôtre de Dieu, 95, 100, 113, 153, 168, 169
foi de, 9, 14, 17, 51, 113, 146, 153, 162-173
influence sur foi du Christ, 170
Mu .hammad-'Alí, 7
Mu .hammad-Sháh, 163
Tablette du Báb à, 120
" Mystère de Dieu ", 'Abdu'l-Bahá, 124, 127, 132
Nabíl : La Chronique de Nabíl, révèle le rang du Báb, 116, 117
Napoléon, 42
Napoléon III, 161
Nationalisme,
autonomie indispensable, 36, 197
menace du, 25, 29, 30, 36, 39, 172, 181, 183
vrai, 36, 60, 61, 190-192
Nations,
efforts tendant à l'unité des, 40
réduction souveraineté nationale, 35
unité des, 32, 33, 38, 184-186, 196
Nayríz : héros de, 62
Nazaréens, 51
Nimrod, 114
Nom, le plus Grand, 14, 66, 86, 94, 129, 151, 187
Nouvelle, la Grande, 98, 119
Nouvelle race d'hommes, 105
Nouvelle-Zélande, 82
Ouest : dépassera l'Est, par la splendeur de la foi de Bahá'u'lláh, 69
Ordonnances, voir lois, règles, etc.
Ordre ancien : agonie de, 158
Ordre administratif de Bahá'u'lláh, 132-138
assailli par adeptes autres croyances, 14
attaques contre l', 67
attaques dans l'avenir, 18
bases de l', 193
base de l'ordre mondial de Bahá'u'lláh, voir Ordre mondial
but de l', voir Ordre mondial, objectif de l'ordre administratif
centre administratif de la foi, 68
charpente de l'ordre mondial, 193
comparé aux institutions politiques, 192
comparé aux institutions ecclésiastiques, 16, 192
conception divine de l', 8
diffère totalement des institutions du passé, 133
différence avec organisations ecclésiastiques, 14
différence avec tous les systèmes politiques, 142-146
dotations nationales, 86, 194
économie divine, 16, 18, 20, 55
effet sur le monde, 104
élections au suffrage universel, 143
établi et proclamé par le Testament de 'Abdu'l-Bahá, 74, 132, 133, 136, 149
établissement en Amérique, voir Amérique
évidences de sa vitalité, 45, 46, 187-189, 194, 195
garantie contre le schisme, 67, 68, 133, 134, 188
garder intégrité des enseignements bahá'ís, 137
incarnation du plus Grand Nom, 14
institutions de tribunaux bahá'ís, 9, 10, 193
institutions,
assemblées bahá'íes, 193
assemblées, comités, conventions sont des moyens, 8
assemblées locales et nationales fonctionnaient déjà au stade embryonnaire, 136
assemblées nationales et locales, 15
assemblées spirituelles, futures maisons de justice, 4
assurer intégrité des, 12
but moteur des, assurer continuité autorité divinement établie, 7, 137
caractère des, 142
consolidation régulière des, 45, 149, 187
démontre faisabilité de ses enseignements, 20
désignées par Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá, 16
développées dans quarante pays (actuellement 214 pays et territoires), 49, 93, 133, 157, 192
divinement établies, 8
essentielles, 137
établies par 'Abdu'l-Bahá, 3, 16, 77, 136, 146
fonds local, 136
fonds locaux et nationaux, 4, 8
garder l'intégrité des enseignements bahá'ís, 66
Gardiennat, voir Gardiennat
jumelles complémentaires, 14, 18, 137
légalisées, 86
locales et nationales, fonctionnent au stade embryonnaire, 136
Mains de la cause, établie par Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá, 15, 105, 136, 138
maisons de justice, voir Maisons de justice
Mashriqu'l-Adhkár, voir Mashriqu'l-Adhkár
ne peuvent prendre le pas sur la foi, 7, 8
nécessité d'une structure administrative, 8
ordonnées, fondées par Bahá'u'lláh, 1, 3, 16, 133, 136, 176, 193
pas imposées arbitrairement, 3
première assemblée spirituelle nationale en Perse, 93
préservation des, 14, 45
principes qui gouvernent les, 141
principes révélés par Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá, 3, 141
publications bahá'íes, 4, 8, 76, 78, 194
sauvegarde de l'intégrité de la foi, 137
successeurs de Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá, 16
tribunaux bahá'ís indépendants, 9, 10, 193
validité des, 1, 8, 11, 20
instrument de la foi, 7, 8, 14, 16, 67, 68, 83, 92, 157
introduit dans quarante pays (actuellement 214 pays et territoires), 49, 93, 133, 157, 192
Kitáb-i-Aqdas, origine des lois, voir Kitáb-i-Aqdas
légalisé, 49, 194
législation ultérieure, prévue en langage clair, 18, 19, 133, 134, 138, 139, 142
matières non expressément révélées, 143
n'est pas distinctement aristocratique, autocratique, démocratique, monarchique, 142-145
naissance de, 46, 85, 86, 142, 145
objectifs de, principes, voir principes
ordre unique, incomparable, 141
pas,
confondre avec un système aristocratique, 142-145
de comparaison avec un autre système, 141
un système autocratique, 142-145
purement démocratique, 142-145
pouvoir et prérogatives des ministres de la foi, 18
préserver son unité, 67, 134, 196, 197
principes de, 39
base, 2
divinement ordonnés, 15
proclamés et établis par le Testament de 'Abdu'l-Bahá, 147
révélés par Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá, 2
programme divin énoncé par Bahá'u'lláh, 29, 142-146, 150
réaffirmé et complété par 'Abdu'l-Bahá, 83
rendu possible par les martyrs, 46, 147
ressources matérielles, 48, 62, 194
résumé du programme divin, 146, 147
richesses de, 66
secret de sa force, 133, 134
source de l', 146
structures du nouvel ordre mondial, 133
succession prévue, 18, 136-140
suppression de la prêtrise, 19
système unique, 135
textes des statuts et règlements, 10
traits caractéristiques uniques, 144
un instrument de la foi, 133, 188
unique dans systèmes religieux du monde, 134
Ordre mondial de Bahá'u'lláh, 15
activité de l'Unité mondiale, expérience d'enseignement indirect, 8
alliance, base de l', 135
allusion à la puissance de, 135
arche du salut, 15
arche de l'alliance, 78
Báb, anticipe l', 136
Bahá'u'lláh, anticipe l', 104
base de l', 5, 6, 105, 133, 135, 150, 158
base de l'ordre administratif, 150, 160
but de l', bénédictions futures, 15
but de l', l'unité mondiale, 29, 31, 36, 41-43, 150, 151, 184, 196-201
calamité qui précède l'établissement de l', voir Calamités
caractéristiques de l', 35-37, 197, 198
charte développée par 'Abdu'l-Bahá, 132, 133
charte du nouvel ordre mondial, base de la, 132, 133
conçu et proclamé par Bahá'u'lláh, 12
croyants d'Amérique, maîtres bâtisseurs, 46, 47, 68
divinement conçu, 14, 15
économie divine de Bahá'u'lláh, 16
effets sur le monde, 135, 145, 149, 150, 188
embryon de l', 176
émergence progressive, 23
" Équilibre du monde a été bouleversé par... ", 104, 135, 150
établi dans Testament de 'Abdu'l-Bahá, 135
évolution de l', 20, 21, 149, 158-160, 187-189
fédération mondiale, 142
fondé par Bahá'u'lláh, 133
incarnation de l'esprit de Bahá'u'lláh, 15
institutions chrétiennes passeront à l'arrière-plan, 176
institutions établies par 'Abdu'l-Bahá, 12, 150
Kitáb-i-Aqdas, source des lois pour l', voir Kitáb-i-Aqdas
naissance de l', 46, 68, 74, 83, 149, 157, 158
nouvel ordre mondial, 29
objectif de l'ordre administratif, 7, 15, 39, 146, 147
ordre administratif, base, charpente de l', 142
origine de l', 2
persécutions, résistance à, 188
principes, 29, 192
administratifs, 3
de l', 15
de primogéniture et héréditaire, 136
héréditaire, essentiel, 16, 17, 136, 143, 144
révélés par Bahá'u'lláh, 29, 133
programme divin de Bahá'u'lláh, 150, 151
prophéties prédisant l', 186, 187
révélé par Bahá'u'lláh, 29, 104, 150, 157, 158
schisme impossible, 134, 188, 189
structure, base de, 135
traits essentiels de, 12, 29
unique, 142
unité mondiale, voir but de l' ordre mondial
Orthodoxie, 13, 50, 51
Pacte de la Société des Nations, 24
Paix,
moindre, 150, 151
plus grande, 70, 147, 151
convention sur la, 185
établie par l'économie divine
de Bahá'u'lláh, 198, 199
remède contre les maux du
monde, 32, 33, 151, 157, 190
sera établie par l'économie divine de Bahá'u'lláh, 16, 185
Paix universelle,
conditions de la, 31, 33
défense de la, par les forces conjuguées des nations, 36
réduction souveraineté nationale, 35
Palestine, 69, 164, 165
Papauté, 15, 143
Parlement mondial : directives au, 34-36, 184, 197
Paroles cachées, 41, 54, 112
Patriotisme, 60
sain et intelligent, 36, 191
vrai, 31, 190, 191
Pèlerinage à 'Akká, 75-77
" Pendant combien de temps... ", 26
Perse, 46, 51, 162, 172, 174, 189
Pharaon, 115
Philosophie grecque, 51
Philosophie hégélienne, 173
Pierre : autorité de, non précisée, 17, 134
Pionniers de la foi, 47, 63, 74, 78, 82, 88
Plan divin de 'Abdu'l-Bahá, 69, 71, 81
Plus grande paix, voir aussi Paix, 70, 47, 151
Poids et mesures, système unique, 198
Point, Premier, 102, 119, 120
Politique,
attitude des bahá'ís, 59, 192, 193
communauté politique mondiale, 187
confusion, 25
éviter antagonisme et suspicion des gouvernements, 60, 61
pas d'ingérence dans les affaires politiques, 58
système, divin, 59
variété des communautés, 60, 61
Porte-parole de Dieu, 42
Préjugés, 31
abolition des, 35-37, 49, 145, 190
Presse, 179, 198
Prêtrise,
suppression de la, 143
domination non justifiée, 19
Prière : révélée pour 'Abdu'l-Bahá, 127
Primogéniture, 136, 138
droit d'aînesse, 137, 138
principe héréditaire, 143, 144
Principe héréditaire, 136-138, 143, 144
Principes bahá'ís, voir Foi de Bahá'u'lláh
Programme divin, voir Ordre administratif
Promesse de tous les âges, 100
Promis, le, 97, 99, 131
celui qui a été promis, 121
de tous les âges, 97
Prophète,
rang du, 109
Prophétie(s),
accomplissement des, 81, 98, 110, 121, 145, 146, 156
anticipe l'Ordre mondial, 104
concernant,
Bahá'u'lláh, 97-99, 121
le Báb, 121
l'islám, 169
l'ordre mondial, 104, 150, 151, 186, 187
de 'Abdu'l-Bahá, 13, 14, 24, 25, 32, 33, 41, 42, 74, 81
de Bahá'u'lláh, 27, 28, 41, 105, 150, 151, 161, 162, 166-169, 186, 187, 195
de l'Apocalypse, 200
Protocole de Genève, 39, 183
Publications bahá'íes, 4, 8, 76, 78, 194
apolitiques, 58
en vingt-cinq langues, 93
littérature en de lointains pays, 82
société de, 78
supervision des, 4, 8, 58
Qá'im, 21, 56, 94, 113, 118
Qájár : dynastie, chute de la, 146, 163
Qayyúmu'l-Asmá', 95, 119
Qurratu'l 'Ayn, 119
" Qu'un homme ne se fasse pas gloire d'aimer son pays... ", 36
Qur'án, 16, 18, 120, 134, 169
Races,
animosité raciale, 36
diversité des origines, 36, 37
unité des, 34, 147, 151, 159, 192, 197
Radicalisme, 25
Ra'ís : Tablette au, 168, 186
Reine Victoria : Tablette à la, 34, 151
Relations entre nations et races, 198
Religion mondiale, 190
Religion(s),
accord avec la science, 198
croyance en déclin, 25, 171, 177, 178
déclin de, cause de la décadence morale, 25, 177, 178
définie par le communisme, 173
définie par Bahá'u'lláh, 178
différences entre les, 111, 155
menacées par le nationalisme et le sécularisme, 172, 173
mondiale, voir Foi de Bahá'u'lláh
mort et naissance des, 27
origine divine des, 52, 110, 191
principe fondamental des, 52
progressives, 110, 111
reformulent besoins essentiels de la société, 43
rôle des religions, 37
similitude de l'histoire et de l'établissement des, 68
stade d'évolution d'une religion, 50, 110, 155
unité des, 34, 35, 52, 55, 110, 111, 122, 155, 176, 190, 199
unité des prophètes, voir Manifestations
vitale pour l'ordre mondial, 178
Remèdes contre les maux du monde, voir Âge présent
Renouveau religieux, 27, 70, 73
Ressources économiques, 198
Retour du Christ (Esprit), 22, 99, 131
Révélation bahá'íe, voir Foi de Bahá'u'lláh
Révélation de Bahá'u'lláh, voir aussi Foi de Bahá'u'lláh,
aboutissement de toutes les révélations du passé, 94, 95, 97-100, 110, 155, 156, 196
adaptée à la capacité de l'humanité, voir Foi de Bahá'u'lláh
caractère distinctif de la, 18
comparée,
à celle du Báb, 57, 103, 120, 121
au signe du Lion, 121
au soleil, 121
aux révélations précédentes, 15, 16, 49-52, 54, 55, 103, 121, 131, 132, 134, 135, 142, 152, 156
importance, influence de la, 108
nouvelle révélation, pas avant mille ans, 123, 124, 131
pas la dernière révélation, 52, 53, 112, 122
relie et accomplit les révélations du passé, 18
revendications plus importantes que les prophètes du passé, 38
trop proche pour apprécier grandeur et possibilités, 58
une, avec les révélations du passé, 52, 56, 110, 122, 137, 191
Révélation divine,
comparée au soleil, 53, 69, 114, 120, 121
nécessaire aujourd'hui, 29, 38, 39, 42, 43, 55
nouvelle, pas avant mille ans, 123, 124, 131
pas définitive, 122
pouvoir de la, 117
selon capacité de l'humanité, 37, 38, 97, 99, 111, 114, 152
transforme le genre humain, 21, 36-39, 46, 48, 49, 118, 152, 155, 177, 190, 195, 197
Révélation du Báb : comparée au signe du Bélier, 120, 121
Révélation nouvelle,
nécessité d'une, 55
pas avant mille ans, 123, 124, 131
Ri .dván, 113
Royaume de Dieu, voir aussi Dieu, 42, 55, 69, 99
Royauté : hommage rendu par la, 49, 87, 93, 190, 194
Russie, 146
bahá'ís de, 22, 47, 86, 87
communisme, campagne universelle, 172
Église grecque orthodoxe en, 174
Sadratu'l-Muntahá, 54, 113, 126
Sainte Feuille, la plus, 63, 76, 88, 92
Salomon, 100
Sanctions, 183, 184
" Sceau ", 21, 156
Scepticisme, 25
Schisme, 17, 67, 134, 169, 188
Science et religion en accord, 198
Sciences, 42, 105
Sectes, 175
Sécularisation, 26, 146, 162, 172, 177
et nationalisme, 172-174
Sécurité collective,
adhésion au programme divin de, 29
conditions pour la, 38, 39, 42
principe,
de Bahá'u'lláh, sur la, 31, 183-187, 197
de la, 184
unité du genre humain, 29, 31, 33, 70, 152, 183-185, 197, 199
sept flambeaux, 34
solidarité mondiale, 39
système de, 184
Sharí'at : loi de, annulée, 166
Shaykh A .hmad, 131
Shiite : déclin de l'islám, 170
Shíráz, 131
Siège de l'ordre administratif, 147, 194
Sion, 100, 166
Síyáh-Chál de Ti .hrán, 132
Siyyid Ká .zim, 131
Siyyid Ya .hyáy-i-Dárábí, 57
Société des nations,
Commission permanente des mandats de la, résolution de la, 87, 88
dépourvue d'universalité, 182, 185
destinée à disparaître, 185
efforts tendant à l'unité des nations, 183, 184, 186
objectif de la, sécurité collective, 183
pacte de la, 24
reconnaissance tacite du statut religieux de la foi, 49
résolution adoptée en faveur de l'Assemblée Spirituelle Locale des bahá'ís de Baghdád, 87
Soleil de Vérité : comparé au soleil, 53, 69, 113, 120, 124, 157
Souveraineté nationale : réduction de la, 35
Star of the West, 78
Statuts et règlements, 10
Succession, voir Gardiennat
Succession : pas définitivement fixée par les manifestations du passé, 16, 17, 134
Sul.tán de Turquie : ennemi juré de la cause, 163
Sultanat, 52, 146, 163, 166, 189
Sunnite : islám, 163, 170
Super État mondial : futur, 5, 34, 35
Suratu'l-Haykal, 104, 130, 158
Súry-i-Damm, 130
Súry-i-Ghu.sn (Tablette de la Branche), 124, 126
Súry-i-Ra'ís, 186
Système administratif bahá'í : tire son autorité du Testament de 'Abdu'l-Bahá, 3
Système(s),
faillites des, 182
parlementaire, ineptie du, 182
.Tabarsí : héros de, 62
Tablettes de Bahá'u'lláh,
à 'Abdu'l-Bahá, 127
à la chrétienté, 94
à la Reine Victoria, 34, 151
à l'Empereur d'Allemagne, 161, 162
au Ra'ís, 168, 186
au sul.tán 'Abdu'l-'Azíz, 167
aux dirigeants du monde, 50, 151, 164, 184
aux ministres turcs, 167
de la Branche, 124, 126, 128, 129
Tablettes de 'Abdu'l-Bahá,
a envisagé instauration Maison Universelle de Justice, de son vivant, 5
à l'assemblée spirituelle de Chicago, 4
aux croyants d'Amérique, 69, 71
commentaires sur la Tablette de la Branche, 127, 128
concernant le rang du Báb et de Bahá'u'lláh, 120, 121, 124, 156
confirme le rang de prophète du Báb, 56, 116
confirme le rang de prophète de Bahá'u'lláh, 124
confirme les pouvoirs des maisons de justice, 136
Tablette du Báb : à Mu .hammad-Sháh, 120
Tahiti, 82
Tasmanie, 82, 195
Taxation internationale, 35
Testament de 'Abdu'l-Bahá,
action paralysée si dissociée de la Maison Universelle de Justice, 138
anticipé dans l'Aqdas, 2
atteste l'état de prophète de Bahá'u'lláh, 124
atteste l'état de prophète du Báb, 56, 116
authenticité du, 84
chacun doit avoir recours à l'Aqdas, 138
citations du, 19, 20, 124, 138, 139
concernant le rang du Báb et de Bahá'u'lláh, 106
confirme le pouvoir des maisons de justice secondaires, 4
confirme pouvoirs de la Maison Universelle de Justice, 6, 19
et Kitáb-i-Aqdas,
buts et méthodes identiques, 2, 15
complémentaires, 2, 3, 15, 19, 147
conformes aux autres écrits de leur auteur, 2
réceptacles jumeaux des institutions bahá'íes, 2, 6, 12, 15, 16, 147
établit l'ordre administratif, 2, 3, 12, 18, 74, 77, 83, 133-137, 147
forge les liens qui relie les âges de la foi, 92, 132
instaure le Gardiennat, 6, 138
rejeton résultant de la communication entre Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá, 133
témoigne du double rang exalté du Báb, 121
Tombeaux, 81, 194
Torah, 100
Traditions musulmanes : prophéties concernant le Báb, l'islám, le Qur'án, citations, 169
Traité de paix, 24, 29, 182
Traité de Versailles, 165, 166, 180
Traité de garantie, 183
Tribunal suprême, 35, 197
Tribunaux bahá'ís, 9, 10
Tribunaux ecclésiastiques, Proche et Moyen-Orient, 9
Turquie,
abolition des tribunaux religieux, 9
chute de la, 189
convulsions internes, 165
dirigeants de la, persécutent Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá, 163, 164
libération de la Terre sainte, 164
menacée par la sécularisation, 172
mouvement des Jeunes-Turcs, 165
Unification du monde, 29-31, 38, 40, 42, 55, 67, 70, 150, 151, 170, 196-201
Uniformisation, 37, 67
Unité, 89
dans la diversité, 37, 38, 191
des écrits bahá'ís, 2, 15
des nations, voir Nations
des prophètes du passé voir aussi Manifestations, 114, 119
des religions, voir Religions
du monde, voir Ordre mondial, but de l'
les sept lumières de l', (flambeaux), 33, 34
progressive, phases de développement de la société, 196
Unité de l'humanité, 197, 150
accessible aujourd'hui, 33, 37, 38, 40, 42, 151, 152
avertissement et promesse, 42
base de la paix et de la sécurité, 29, 31, 33, 70, 152, 183-185, 197, 199
inéluctable, 39
principe révélé par Bahá'u'lláh, 38, 39
principe de l', 29, 31, 34, 35, 38, 39, 42, 67, 147, 150, 192, 196
protocole de Genève, opposition au, 39
reformuler besoins essentiels de l'humanité, 43
thème central de la foi, 31
un pas en avant, 32, 33, 38-43, 69, 70, 154, 156, 159, 186, 196
Unité pour le temple bahá'í, 78
Universalisme,
centralisation excessive, 37
conditions requises, 28, 197
unification économique et politique, 28
Va .híd, 57, 95
Vancouver, 195
Versailles, traité de, 24
Victoire,
assurée, 14, 20, 46, 101, 105, 135, 199
promise, 160
Vie spirituelle, renforcée par les vérités de la foi, 94
Voix de Dieu : paroles de Bahá'u'lláh, 108, 129
" Vous êtes tous... d'un même arbre... ", 36
Wilson, Woodrow : Président d'Amérique, 24
Zanján : héros de, 62
Zoroastre, 96
prophétie de, 96
prophétie de, annonce la dispensation bábíe, 96
prophétie de, atteste le pouvoir de Bahá'u'lláh, 96, 97
Zoroastrisme, 51

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Die Weltordnung Bahá’u’lláhs á Shoghi Effendi á Bahá'í Verlag GmbH, Auflage 4.01 (O-2025-03-03)

Die Weltordnung Bahá’u’lláhs
Shoghi Effendi

Die Weltordnung Bahá’u’lláhs

An die Mitglieder des Nationalen Geistigen Rates der Bahá’í in den Vereinigten Staaten und Kanada
Innig geliebte Mitarbeiter,
beim Durchlesen Ihrer letzten Mitteilungen bin ich mit der Art der Zweifel bekannt geworden, die jemand, der über die wahren Gebote der Sache Gottes in keiner Weise Bescheid weiß, an der Rechtsgültigkeit von Institutionen geäußert hat, welche mit dem Glauben Bahá’u’lláhs untrennbar verwoben sind.

Nicht dass ich auch nur für einen Augenblick solche ohnmächtigen Zweifel im Lichte einer mutwilligen Belastung für das Bauwerk, das unseren Glauben verkörpert, betrachtete, nicht dass ich im geringsten die unbeugsame Glaubenstreue der amerikanischen Gläubigen bezweifelte, wenn ich näher auf das einzugehen versuche, was mir beim gegenwärtigen Entwicklungsstand unserer geliebten Sache zweckmäßige Beobachtungen zu sein scheinen.

In der Tat neige ich dazu, die jetzt zum Ausdruck gekommenen Befürchtungen zu begrüßen, weil sie mir die Gelegenheit bieten, die gewählten Vertreter der Gläubigen mit dem Ursprung und dem Charakter derjenigen Institutionen bekannt zu machen, die zur Grundlage der von Bahá’u’lláh angekündigten Weltordnung gehören.

Wir sollten für solche eitlen Versuche, unseren geliebten Glauben zu untergraben, wahrhaft dankbar sein – Angriffsversuche, die ihr hässliches Gesicht von Zeit zu Zeit hervorstrecken, vorübergehend eine Bresche in die Reihen der Gläubigen zu schlagen scheinen, zuletzt aber in die Nacht der Vergessenheit zurücksinken, bis keiner mehr an sie denkt.

Solche Ereignisse sollten wir als Eingriffe der Vorsehung betrachten.

Sie haben den Sinn, unseren Glauben zu festigen, unseren Blick zu schärfen, unser Verständnis für die Wesensmerkmale Seiner göttlichen Offenbarung zu vertiefen.

Quellen der Bahá’í-Weltordnung

Wie dem auch sei, es wäre nützlich und lehrreich, sich gewisse grundlegende Prinzipien mit Bezug auf das Testament ‘Abdu’l-Bahás zu merken, bildet das Testament ‘Abdu’l-Bahás doch zusammen mit dem Kitáb-i-Aqdas jene Schatzkammer, in der die kostbaren Bauteile jener göttlichen Kultur verwahrt liegen, deren Errichtung die Hauptaufgabe des Bahá’í-Glaubens ist.

Eine Untersuchung der Vorkehrungen jener geheiligten Urkunden wird die enge Verbundenheit zwischen ihnen offenbaren, ebenso die Entsprechung von Zweck und Methode, die sie uns auferlegen.

Weit davon entfernt, ihre besonderen Bestimmungen als unvereinbar und dem Geist nach widersprüchlich zu betrachten, wird jeder aufrichtige Sucher bereitwillig gelten lassen, dass sie einander nicht nur ergänzen, sondern gegenseitig bestätigen und untrennbare Teile eines vollendeten Ganzen sind.

Auch ein Vergleich ihres Textes mit den anderen heiligen Schriften des Bahá’í-Glaubens wird die Übereinstimmung ihres gesamten Inhalts sowohl mit dem Geist als auch mit dem Buchstaben der bestätigten Schriften und Aussprüche Bahá’u’lláhs und ‘Abdu’l-Bahás ergeben.

Wer das Buch Aqdas sorgfältig und aufmerksam liest, wird in der Tat unschwer entdecken, dass dieses Heiligste Buch an mehreren Stellen diejenigen Institutionen vorwegnimmt, die ‘Abdu’l-Bahá in Seinem Willen einsetzt.

Indem Er gewisse Angelegenheiten in Seinem Buch der Gesetze unbestimmt und ungeregelt ließ, scheint Bahá’u’lláh absichtlich eine Lücke im allgemeinen System Seiner Fügungen offen gelassen zu haben, eine Lücke, die die unzweideutigen Vorkehrungen des Meisters in seinem Testament ausgefüllt haben.

Der Versuch, das eine vom anderen zu scheiden, oder der zweifelnde Gedanke, ‘Abdu’l-Bahá habe die Lehren Bahá’u’lláhs mit dem, was Er in Seinem Letzten Willen offenbarte, nicht zur Gänze und mit absoluter Unversehrtheit aufrechterhalten – all dies wäre eine unverzeihliche Beleidigung für die unerschütterliche Treue, die das Leben und Wirken unseres geliebten Meisters ausgezeichnet hat.
Ich will keineswegs versuchen, die Glaubwürdigkeit des Testaments ‘Abdu’l-Bahás zu verteidigen oder zu beweisen; denn dies würde eine Besorgnis meinerseits um das einmütige Vertrauen der Gläubigen in die Echtheit der letzten schriftlichen Wünsche unseres heimgegangenen Meisters verraten. Vielmehr will ich meine Betrachtungen auf diejenigen Punkte beschränken, die den Gläubigen helfen könnten, die Wesenseinheit der geistigen, menschenfreundlichen und administrativen Grundsätze, die vom Urheber und vom Ausleger des Bahá’í-Glaubens dargelegt wurden, zu würdigen.
Ich kann mir jene seltsame Geisteshaltung nicht erklären, die dazu neigt, das als einziges Merkmal für die Wahrheit der Bahá’í-Lehren anzusehen, was anerkanntermaßen nur die unklare, unbestätigte Übersetzung einer mündlichen Erklärung ‘Abdu’l-Bahás ist, und dies alles trotz und ungeachtet aller Seiner weltweit anerkannten Schriften.

Aufrichtig beklage ich die unglücklichen Sinnverdrehungen, die in vergangenen Tagen aufkamen durch die Unfähigkeit des Übersetzers, die Bedeutung der Worte ‘Abdu’l-Bahás zu begreifen und diejenigen Wahrheiten richtig wiederzugeben, die ihm in den Erklärungen des Meisters offenbart worden sind.

Viel von der Verwirrung, die das Verständnis der Gläubigen verdunkelt, ist dieser zweifachen Fehlerquelle der ungenauen Wiedergabe einer nur teilweise verstandenen Erklärung zuzuschreiben.

Oft hat der Dolmetscher nicht einmal den genauen Sinn der Fragen, die an ‘Abdu’l-Bahá gerichtet wurden, übermitteln können, und seine mangelhafte Aufnahme und Wiedergabe der Antwort ‘Abdu’l-Bahás wurde verantwortlich für Berichte, die dem wahren Geist und Zweck der Sache Gottes völlig widersprechen.

Hauptsächlich deshalb, weil die Berichte über zwanglose Unterhaltungen ‘Abdu’l-Bahás mit Pilgern oft in die Irre führen, habe ich die Gläubigen im Westen nachdrücklich gebeten, solche Äußerungen nur als persönliche Eindrücke von den Worten ihres Meisters anzusehen und nur solche Übersetzungen als verbürgt zu betrachten und zu zitieren, die auf dem beglaubigten Text Seiner in der Originalsprache aufgezeichneten Äußerungen beruhen.
Jeder Anhänger der Sache Gottes sollte sich bewusst sein, dass das System der Bahá’í-Gemeindeordnung keine Neuerung ist, die den Bahá’í der ganzen Welt seit dem Hinscheiden des Meisters willkürlich auferlegt worden wäre; vielmehr leitet dieses System seine Amtsgewalt aus dem Testament ‘Abdu’l-Bahás ab, es ist in unzähligen Sendschreiben ins einzelne gehend verordnet und beruht in einigen Wesenszügen auf den ausdrücklichen Vorkehrungen des Kitáb-i-Aqdas. So vereint dieses System die Grundsätze, die Bahá’u’lláh und ‘Abdu’l-Bahá, jeder für sich, niedergelegt haben; es bezieht diese Grundsätze wechselseitig aufeinander und ist unlöslich mit den wesentlichen Wahrheiten unseres Glaubens verbunden. Die Verwaltungsgrundsätze der Sache Gottes von den rein geistigen und menschenfreundlichen Lehren trennen zu wollen, würde eine leibliche Verstümmelung der Sache Gottes bedeuten. Eine solche Trennung könnte nur zu einer Auflösung in ihre Bestandteile und zum Erlöschen des Glaubens selbst führen.

Die örtlichen und die nationalen Häuser der Gerechtigkeit

Wir sollten uns sorgsam merken, dass die örtlichen Häuser der Gerechtigkeit ebenso wie das internationale Haus der Gerechtigkeit ausdrücklich im Kitáb-i-Aqdas anbefohlen worden sind.

Die Institution des Nationalen Geistigen Rates als Zwischeninstanz, auf die in des Meisters Testament als »Sekundäres Haus der Gerechtigkeit«Q1 Bezug genommen wird, hat die ausdrückliche Bestätigung ‘Abdu’l-Bahás, und das Verfahren für die Wahl des internationalen und der nationalen Häuser der Gerechtigkeit hat Er sowohl in Seinem Testament als auch in einer Reihe von Sendschreiben niedergelegt.

Überdies sind die Einrichtungen der örtlichen und nationalen Fonds, die heute die notwendigen Ergänzungen aller örtlichen wie nationalen Geistigen Räte sind, nicht nur in den Sendschreiben begründet, die ‘Abdu’l-Bahá für die Bahá’í des Ostens offenbarte; ihre Wichtigkeit und Notwendigkeit hat Er auch wiederholt in Seinen Äußerungen und Schriften betont.

Die Zusammenfassung der Amtsgewalt in den Händen der gewählten Vertreter der Gläubigen, die notwendige Unterordnung jedes Anhängers unseres Glaubens unter das wohlüberlegte Urteil der Bahá’í-Räte, Seine Vorliebe für einstimmige Beschlüsse, der Entscheidungscharakter der Stimmenmehrheit, ja selbst wie wünschenswert es sei, alle Bahá’í-Veröffentlichungen genau zu überwachen – all dies hat ‘Abdu’l-Bahá den Gläubigen emsig eingeschärft, wie es Seine beglaubigten und weit verbreiteten Sendschreiben bezeugen.

Seine umfassenden, menschenfreundlichen Lehren auf der einen Seite anzunehmen, andererseits aber Seine noch herausfordernderen, noch einzigartigeren Gebote nachlässig und gleichgültig zu verwerfen und abzulehnen – das wäre ein Akt offenbarer Untreue jenen Werten gegenüber, die Er in Seinem Leben am meisten schätzte.
Dass die Geistigen Räte von heute zu gegebener Zeit durch die Häuser der Gerechtigkeit ersetzt werden, dass es sich im Grunde um dieselben und keine besonderen Körperschaften handelt, hat ‘Abdu’l-Bahá selbst vollauf bestätigt.

In einem Sendschreiben an die Mitglieder des ersten Geistigen Rates von Chicago, der ersten gewählten Bahá’í-Körperschaft in den Vereinigten Staaten, hat Er sie als die Mitglieder des »Hauses der Gerechtigkeit«Q2 für jene Stadt angesprochen und so mit Seiner eigenen Feder über jeden Zweifel hinaus die Identität der gegenwärtigen Geistigen Räte und der Häuser der Gerechtigkeit, von denen Bahá’u’lláh sprach, bestätigt.

Aus Gründen, die unschwer zu durchschauen sind, wurde es als ratsam erachtet, den gewählten Vertretern der Bahá’í-Gemeinden in aller Welt die vorübergehende Bezeichnung Geistige Räte zu geben – eine Benennung, die in dem Maße, wie die Bedeutung und die Ziele des Bahá’í-Glaubens besser verstanden und umfassender anerkannt werden, nach und nach durch die bleibende, passendere Bezeichnung Häuser der Gerechtigkeit ersetzt werden wird.

Die heutigen Geistigen Räte werden in der Zukunft nicht nur anders benannt werden; sie werden auch in die Lage versetzt sein, ihren gegenwärtigen Aufgaben diejenigen Machtbefugnisse, Pflichten und Hoheitsrechte hinzuzufügen, welche die Anerkennung des Glaubens Bahá’u’lláhs nicht nur als eines der anerkannten religiösen Systeme der Welt, sondern als die Staatsreligion einer unabhängigen, souveränen Macht erfordern.

Und in dem Maße, wie der Bahá’í-Glaube die Völkermassen des Ostens und des Westens durchdringt, wie seine Wahrheit von der Mehrheit der Völker in einer Reihe von souveränen Staaten dieser Welt angenommen wird, erlangt das Universale Haus der Gerechtigkeit die Fülle seiner Macht, um als oberstes Organ des Bahá’í-Gemeinwesens alle die Rechte, Pflichten und Verantwortlichkeiten wahrzunehmen, die dem künftigen Welt-Überstaat obliegen.
Es muss jedoch in diesem Zusammenhang darauf hingewiesen werden, dass im Gegensatz zu der Erwartung, die hier zuversichtlich ausgedrückt wurde, die Errichtung des obersten Hauses der Gerechtigkeit keineswegs davon abhängig ist, dass die breiten Massen der Völker dieser Welt den Bahá’í-Glauben annehmen, noch setzt sie die Annahme des Glaubens durch die Bevölkerungsmehrheit irgendeines Landes voraus.

Tatsächlich erwog ‘Abdu’l-Bahá in einem Seiner frühesten Sendschreiben die Möglichkeit, das Universale Haus der Gerechtigkeit zu Seinen eigenen Lebzeiten zu errichten, und wären die Umstände unter dem türkischen Regime nicht so ungünstig gewesen, hätte Er mit großer Wahrscheinlichkeit die ersten Vorkehrungen dafür getroffen.

Daraus erhellt, dass unter günstigen Umständen, wenn die Bahá’í Persiens und der benachbarten Länder unter sowjetischer Herrschaft ihre nationalen Vertreter nach den Grundsätzen, die in den Schriften ‘Abdu’l-Bahás niedergelegt sind, wählen können, das letzte Hindernis auf dem Weg zur endgültigen Bildung des Internationalen Hauses der Gerechtigkeit beseitigt sein wird.

Denn den Nationalen Häusern der Gerechtigkeit im Osten wie im Westen fällt nach den ausdrücklichen Bestimmungen des Testaments die Aufgabe zu, die Mitglieder des Internationalen Hauses der Gerechtigkeit direkt zu wählen.

Erst wenn sie selbst die Gesamtheit der Gläubigen in ihren jeweiligen Ländern voll repräsentieren, erst wenn sie die Geltung und die Erfahrung erworben haben, die sie befähigen, tatkräftig am organischen Leben der Sache Gottes teilzunehmen, können sie an ihre heilige Aufgabe gehen und die geistige Grundlage für die Bildung einer so erhabenen Körperschaft in der Bahá’í-Welt schaffen.

Die Institution des Hütertums

Jeder Gläubige muss auch voll begreifen, dass die Institution des Hütertums die Gewalten, die Bahá’u’lláh dem Universalen Haus der Gerechtigkeit im Kitáb-i-Aqdas verliehen und die ‘Abdu’l-Bahá wiederholt und feierlich in Seinem Testament bestätigt hat, unter keinen Umständen aufhebt oder sie im geringsten schmälert.

Das Hütertum stellt auf keinen Fall einen Widerspruch zu dem Testament und den Schriften Bahá’u’lláhs dar, noch hebt es irgendeine Seiner offenbarten Weisungen auf.

Es steigert das Ansehen jener erhabenen Ratsversammlung, festigt ihren höchsten Rang, sichert ihre Einheit, wahrt die Beständigkeit ihrer Bemühungen, ohne sich im mindesten einen Verstoß gegen die Unverletzlichkeit ihres klar bestimmten Rechtsbereichs anzumaßen.

Wir stehen einer derart gewaltigen Urkunde wirklich noch zu nahe, um für uns selbst ein volles Verständnis aller in ihr verborgenen Wirkkräfte beanspruchen oder behaupten zu können, wir hätten die mannigfachen Geheimnisse begriffen, die sie ohne Zweifel enthält.

Erst künftige Geschlechter können den Wert und die Bedeutung dieses göttlichen Meisterwerkes fassen, das die Hand des Weltenschöpfers für die Einigung und für den Triumph des weltweiten Glaubens Bahá’u’lláhs entworfen hat.

Erst jene, die nach uns kommen, werden in der Lage sein, die überraschend starke Betonung, die auf die Institutionen des Hauses der Gerechtigkeit und des Hütertums gelegt wurde, voll in ihrem Wert abzuschätzen.

Erst sie werden die Bedeutung der energischen Sprache würdigen, die ‘Abdu’l-Bahá für die Bande von Bundesbrechern verwendet, die sich Ihm zu Seinen Lebzeiten widersetzt haben.

Erst ihnen wird die Eignung der von ‘Abdu’l-Bahá begründeten Institutionen für das Wesensbild der künftigen Gesellschaft offenbar werden, einer Gesellschaft, die aus den chaotischen Wirren unserer Zeit auftauchen wird.

Nur belustigen kann mich in diesem Zusammenhang die widersinnige, phantastische Idee, Muḥammad-‘Alí, der Anstifter und Brennpunkt der hartnäckigen Feindseligkeiten gegen die Person ‘Abdu’l-Bahás, habe sich unbefangen mit den Familienmitgliedern ‘Abdu’l-Bahás zusammengetan, um ein Testament zu fälschen, das nach den Worten der Verfasserin nur eine »Wiedergabe der Ränke« sei, mit denen sich Muḥammad-‘Alí dreißig Jahre lang beschäftigte.

Einem so hoffnungslosen Opfer verwirrter Vorstellungen kann ich wohl am besten mit dem aufrichtigen Ausdruck meines Mitleids erwidern und hoffen, sie möge aus derart tiefsitzenden Wahnideen befreit werden.

Wegen der vorerwähnten Beobachtungen habe ich auch nach der unglücklichen, unvermeidlichen Verzögerung infolge meines schlechten Gesundheitszustandes und meiner Abwesenheit vom Heiligen Land zur Zeit des Hinscheidens unseres Meisters zunächst Bedenken gehabt, von der Möglichkeit einer allgemeinen Veröffentlichung des Testamentes Gebrauch zu machen.

Ich war mir voll bewusst, dass es sich in erster Linie an die anerkannten Gläubigen wandte und nur mittelbar den weiteren Kreis der Freunde und Sympathisanten der Sache Gottes anging.

Das Daseinsziel der Bahá’í-Institutionen

Und nun geziemt es uns, über Daseinsziel und Hauptaufgaben dieser von Gott eingesetzten Institutionen nachzudenken.

Wie heilig ihre Wesensart und wie allumfassend ihre Wirksamkeit ist, kann sich nur durch den Geist beweisen, den sie verbreiten, und durch die Leistungen, die sie bereits vollbringen.

Ich brauche mich nicht bei dem aufzuhalten, was ich schon wiederholt und nachdrücklich betont habe: dass die Gemeindeordnung der Sache Gottes als Werkzeug, nicht aber als Ersatz für den Glauben Bahá’u’lláhs zu verstehen ist, dass sie als ein Kanal für Seinen uns verheißenen Segen betrachtet werden sollte, dass sie uns vor jener Glaubensstrenge bewahren sollte, welche die befreienden Kräfte, die Seiner Offenbarung entströmen, hemmen und binden würde.

Auch brauche ich mich hier und heute nicht über das zu verbreiten, was ich in der Vergangenheit erklärt habe: dass Beiträge zu den örtlichen und nationalen Fonds durch und durch freiwillig sind, dass keinerlei Zwang, keine direkte Aufforderung zugunsten der Fonds in der Sache Gottes geduldet werden darf, dass allgemeine Aufrufe, die sich an die Gemeinden als Ganzes wenden, die einzige Form sein sollen, in welcher der Finanzbedarf unseres Glaubens gedeckt wird, dass die finanzielle Unterstützung, die einzelnen wenigen Mitarbeitern auf den Gebieten des Lehrens und der Verwaltung gewährt wird, vorübergehender Natur ist, dass die gegenwärtigen Einschränkungen der Veröffentlichung von Bahá’í-Literatur gewiss wegfallen werden, dass die Kampagne für die Welteinheit als Versuch für die Wirksamkeit der mittelbaren Lehrmethode durchgeführt wird, dass der ganze Apparat von Räten, Ausschüssen und Nationaltagungen als Mittel und nicht als Zweck zu betrachten ist, dass sie stehen und fallen mit ihrer Fähigkeit, die Interessen des Bahá’í-Glaubens zu fördern, seine Tätigkeiten zu koordinieren, seine Grundsätze anzuwenden, seine Ideale zu verkörpern und seine Aufgaben zu erfüllen.

Wie könnte man, so darf ich wohl fragen, auch nur für einen Augenblick die Notwendigkeit eines Verwaltungsapparats in irgendeiner Form bezweifeln, eines Apparats, der inmitten des Sturms und Drangs einer ringenden Zivilisation die Einheit dieses Glaubens, die Beständigkeit seines Wesens, den Schutz seiner Interessen wahrt, wenn man den internationalen Charakter der Sache Gottes sieht, ihre weit ausholenden Verzweigungen, die zunehmende Verflechtung ihrer Angelegenheiten, die Mannigfaltigkeit ihrer Anhänger und die Wirrsal, die den noch jugendschwachen Glauben Gottes von allen Seiten bestürmt?

Die Rechtsgültigkeit der Räte aus gewählten Dienern des Glaubens Bahá’u’lláhs zu verwerfen, würde die Abweisung jener zahllosen Sendschreiben bedeuten, in denen Bahá’u’lláh und ‘Abdu’l-Bahá die Stufe dieser »Treuhänder des Barmherzigen«Q3 gerühmt, ihre Vorrechte und Pflichten gepriesen, die Herrlichkeit ihrer Sendung betont, die Unermesslichkeit ihrer Aufgabe offenbart und sie vor den Angriffen gewarnt haben, die sie von der Torheit ihrer Freunde und der Niedertracht ihrer Feinde zwangsläufig gewärtigen müssen.

Jene, in deren Hände ein so kostbares Erbe gelegt wurde, haben fürwahr andächtig darüber zu wachen, dass nicht das Werkzeug den Glauben ersetze, dass keine übertriebene Sorge um unbedeutende Einzelheiten, die sich aus der Verwaltung der Sache Gottes ergeben, ihren Verfechtern den Blick trübe, dass nicht Parteilichkeit, Ehrgeiz und Weltsinn im Laufe der Zeit den Strahlenglanz des Glaubens Bahá’u’lláhs umwölken, seine Reinheit besudeln und seine Wirksamkeit beeinträchtigen.

Die Lage in Ägypten

Bereits in meinen früheren Mitteilungen vom 10.

Januar 1926 und vom 12.

Februar 1927 ging ich auf die verwirrende, aber höchst bedeutsame Lage ein, die sich in Ägypten aus einem rechtsgültigen Urteil des muslimisch-geistlichen Gerichtshofes jenes Landes ergeben hat.

Unsere ägyptischen Brüder wurden darin als Ketzer gebrandmarkt und aus dem Kreis der gläubigen Muslime ausgestoßen; die Anwendung islámischen Rechtes und seine Vorteile wurden ihnen verwehrt.

Ich habe Sie auch mit den Schwierigkeiten bekanntgemacht, denen sie gegenüberstehen, ebenso mit ihren Plänen, von den ägyptischen Zivilbehörden eine Anerkennung der Unabhängigkeit ihres Glaubens zu erlangen.

Dazu muss erläutert werden, dass in den muslimischen Ländern des Nahen und Mittleren Ostens – ausgenommen die Türkei, die kürzlich alle religiösen Gerichte unter ihrer Herrschaft abgeschafft hat – jede religiöse Gemeinschaft in Sachen des Personenstandes wie Eheschließungen, Scheidungen, Erbangelegenheiten ihr eigenes geistliches Gerichtswesen hat, das von den Zivil- und Strafgerichten völlig unabhängig ist.

Es gibt für solche Fälle kein bürgerliches Gesetzbuch, das vom Staat verkündet ist und die verschiedenen Religionsgemeinschaften umfasst.

Bislang wurden die Bahá’í in Ägypten als eine Sekte des Islám betrachtet, zumal sie größtenteils muslimischen Hintergrund haben.

Sie waren deshalb außerstande, sich in Ehe- und Scheidungssachen an die anerkannten religiösen Gerichte eines anderen Bekenntnisses zu wenden.

Nunmehr sehen sie sich demzufolge in einer heiklen und ungewöhnlichen Rechtsstellung.

Natürlich haben sie den Entschluss gefasst, ihren Fall der ägyptischen Regierung zu unterbreiten, und haben zu diesem Zweck eine Petition verfasst, die sich an den Kabinettschef wendet.

In dieser Urkunde haben sie die Gründe dargelegt, die sie dazu zwingen, von ihrer Obrigkeit Anerkennung zu verlangen; ferner haben sie ihre Bereitschaft und ihre Befähigung bestätigt, die Amtspflichten eines unabhängigen Bahá’í-Gerichts auszuüben, und haben jene ihres unbedingten Gehorsams und ihrer Loyalität dem Staat gegenüber sowie ihrer Nichteinmischung in die politischen Angelegenheiten ihres Landes versichert.

Auch haben sie sich entschlossen, ihrer Petition eine Abschrift des muslimischen Gerichtsurteils, eine Auswahl aus den Bahá’í-Schriften sowie das Dokument beizufügen, das die Grundsätze ihrer nationalen Satzung darstellt und mit wenigen Ausnahmen der Treuhandschaftserklärung und Satzung Ihres eigenen Rates entspricht.
Ich habe darauf bestanden, dass die Vorschriften ihrer Satzung in allen Einzelheiten mit dem Text der von Ihnen in den USA beschlossenen Treuhandschaftserklärung und Satzung übereinstimmen. Auf diese Weise bin ich bestrebt, die Einheitlichkeit zu wahren, die ich für alle nationalen Bahá’í-Satzungen als notwendig erachte. Deshalb möchte ich Sie in diesem Zusammenhang um das bitten, was ich bereits dem ägyptischen Rat zu verstehen gegeben habe: Jedwede Änderung, die Sie am Text der Treuhandschaftserklärung und der Satzung beschließen mögen, sollte mir tunlichst mitgeteilt werden, damit ich die notwendigen Schritte für die Herbeiführung entsprechender Änderungen in den Texten aller anderen nationalen Bahá’í-Satzungen einleiten kann.
In Anbetracht der besonderen Vorrechte, die den anerkannten Glaubensgemeinschaften in den islámischen Ländern des Nahen und Mittleren Ostens gewährt sind, versteht es sich, dass das Gesuch des Nationalen Rates der Bahá’í von Ägypten an die Regierung des Landes umfassender und weitreichender ist als das, was die dortigen Bundesbehörden Ihrem Rat eingeräumt haben, handelt es sich doch in Ägypten darum, dass die höchsten Zivilbehörden den Nationalen Geistigen Rat als verbindlichen, unabhängigen Bahá’í-Gerichtshof anerkennen, einen Gerichtshof, der die Freiheit und die Befähigung hat, die von Bahá’u’lláh im Kitáb-i-Aqdas verkündeten Gesetze und Gebote in allen Angelegenheiten des Personenstandes auszuführen und anzuwenden.
Ich habe gebeten, man möge zunächst formlos an die zuständigen Behörden herantreten und sich so eingehend wie möglich erkundigen, ehe man dieses historische Gesuch in aller Form einbringt. Jede Unterstützung, die Ihr Rat nach sorgfältiger Beratung den tapferen Vorkämpfern unseres Glaubens in jenem Land zweckmäßigerweise gewähren kann, wird aufs wärmste begrüßt werden und die Solidarität bestätigen, die die Bahá’í-Gemeinden des Ostens und des Westens kennzeichnet. Was immer das Ergebnis dieses gewaltigen Vorhabens sein mag – jeder muss die unschätzbaren Möglichkeiten der gegenwärtigen Lage anerkennen, und wir können sicher sein, dass Er, dessen Hand der Führung diese Kräfte entfesselt hat, in Seiner unergründlichen Weisheit und in Seiner Allmacht weiterhin deren Lauf bestimmen und auf den Ruhm, die endgültige Befreiung und die uneingeschränkte Anerkennung Seines Glaubens hinlenken wird.
Ihr wahrer Bruder Shoghi
Haifa, Palästina 27. Februar 1929

Die Weltordnung Bahá’u’lláhs: weitere Betrachtungen

An die Geliebten des Herrn und die Dienerinnen des Barmherzigen in der westlichen Welt
Innig geliebte Mitarbeiter,
die meisten Berichte, die in letzter Zeit das Heilige Land erreichten, bezeugen den triumphalen Vormarsch der Sache Gottes. Einige wenige scheinen jedoch eine bestimmte Auffassung von der Gültigkeit jener Institutionen zu verraten, die untrennbar mit dem Glauben Bahá’u’lláhs verbunden sind. Die dabei ausgedrückten Bedenken scheinen verstärkt zu werden durch Geflüster aus Kreisen, die entweder über die Grundlagen der Bahá’í-Offenbarung völlig falsch unterrichtet sind oder es bewusst darauf anlegen, die Saaten der Zwietracht in die Herzen der Gläubigen zu streuen.

Ein Glück im Unglück

Betrachtet man solche vergeblichen Angriffe im Lichte vergangener Erfahrungen, so ist ihr unausbleibliches Ergebnis, so hartnäckig und böswillig sie auch sein mögen, dass sie zu einer breiteren und tieferen Anerkennung der Wesenszüge des von Bahá’u’lláh verkündeten Glaubens, sowohl bei Gläubigen wie bei Ungläubigen, beitragen. Ob solche Kritik, solche Herausforderung von böser Absicht diktiert ist oder nicht, sie kann nur dazu dienen, die Seelen der leidenschaftlichen Verfechter dieses Glaubens aneinanderzuschweißen und die Reihen seiner aufrichtigen Verkünder zu schließen. Kritik von außen wird den Glauben von solchen schädlichen Elementen reinigen, deren fortdauernde Verbindung mit den Gläubigen den guten Namen der Sache Gottes in Misskredit zu bringen und die Reinheit ihres Geistes zu beflecken droht. Deshalb sollten wir nicht nur die offenen Attacken, die verschworene Feinde hartnäckig gegen unsere Sache reiten, willkommen heißen, sondern jeden Sturm des Unheils, den Abtrünnige, aber auch solche auslösen, die treue Vertreter unserer Sache zu sein beanspruchen, als ein Glück im Unglück betrachten. Statt den Glauben zu untergraben, stärken solche Angriffe von innen oder außen seine Grundlagen und fachen seine Flamme an. Ausgeheckt, um seinen Strahlenglanz zu verdunkeln, verkünden Angriffe aller Welt die erhabene Wesensart seiner Gebote, seine vollkommene Einheit, seinen einzigartigen Rang, seinen durchdringenden Einfluss.
Keinen Augenblick lang habe ich das Empfinden, solches Geschrei, wie es zumeist einer ohnmächtigen Wut über den unaufhaltsamen Vormarsch der Sache Gottes zuzuschreiben ist, könne die tapferen Soldaten des Glaubens jemals betrüben. Denn diese heldenmütigen Seelen haben bereits ihre Glaubenstreue und den bleibenden Wert ihrer Überzeugung vollauf bewiesen, ob sie nun in Amerikas uneinnehmbarer Feste stehen, im Herzen Europas oder fern über dem Meer auf dem australischen Erdteil kämpfen.

Die Wesenszüge der Bahá’í-Weltordnung

Ich fühle mich jedoch kraft der Verantwortung, die dem Hüteramt des Glaubens beigelegt ist, verpflichtet, den eigentümlichen Charakter und die Wesenszüge einer Weltordnung, wie sie Bahá’u’lláh erdacht und verkündet hat, noch ausführlicher zu behandeln.

Zum gegenwärtigen Entwicklungsstand der Bahá’í-Offenbarung sehe ich mich gedrängt, offen und ohne jeden Vorbehalt auszuführen, was meiner Auffassung nach die keimenden Institutionen unseres Glaubens schützen und unversehrt erhalten wird.

Besonders stark empfinde ich die Notwendigkeit, gewisse Tatsachen zu erhellen, die jedem ehrlichen Betrachter sogleich den einzigartigen Charakter jener göttlichen Kultur enthüllen, deren Grundlagen die unfehlbare Hand Bahá’u’lláhs gelegt hat und deren wesentliche Bestandteile im Testament ‘Abdu’l-Bahás erschlossen sind.

Dabei halte ich es für meine Pflicht, jeden Anfänger in unserem Glauben von vornherein darauf aufmerksam zu machen, dass die verheißene Herrlichkeit jener Oberherrschaft, die die Bahá’í-Lehren erahnen lassen, erst in der Fülle der Zeit offenbar werden kann, und dass ferner die Folgerungen aus dem Aqdas und dem Willen ‘Abdu’l-Bahás als den beiden zueinandergehörigen Schatzkammern für die Bauteile jener Oberherrschaft zu weitreichend sind, als dass sie unsere Generation bereits begreifen und voll würdigen könnte.

Auch kann ich nicht umhin, alle aufrechten Bekenner dieses Glaubens aufzufordern, die vorherrschende Begriffswelt und die flüchtigen Modeströmungen der Gegenwart außer acht zu lassen und sich wie nie zuvor bewusst zu werden, dass die verblasenen Theorien und die wankenden Institutionen der heutigen Unkultur unvermeidlich in scharfem Kontrast zu jenen göttlich eingesetzten Institutionen, die sich auf ihren Ruinen erheben werden, erscheinen müssen.

Ich bete darum, dass die Gläubigen aus ganzem Herzen und mit ganzer Seele den unbeschreiblichen Ruhm ihrer Berufung, die überwältigende Verantwortung ihrer Mission und die ehrfurchtgebietende Grenzenlosigkeit ihrer Aufgabe erkennen mögen.
Denn jeder ernsthafte Verteidiger der Sache Bahá’u’lláhs sollte einsehen, dass die Stürme, die den Glauben Gottes in seinem Kampf umtoben, mit wachsender Auflösung der Gesellschaft schlimmer werden als alles, was er bisher erfahren hat. Jeder sollte sich bewusst sein, dass mit dem Tag, da jene altgedienten, machtvollen Burgfesten der Orthodoxie, deren wohlbedachtes Ziel es ist, Gedanken und Gewissen der Menschen in ihrem Würgegriff zu halten, den ungeheuren Anspruch des Glaubens Bahá’u’lláhs in vollem Umfang wahrnehmen, dieser jugendschwache Glaube mit Feinden zu kämpfen haben wird, die weit mächtiger, weit heimtückischer sind als die grausamsten Folterknechte und die fanatischsten Geistlichen, die ihm in der Vergangenheit nachgestellt haben. Was mag nicht noch alles an Feinden auf uns zukommen im Laufe der Erschütterungen, die eine sterbende Zivilisation ergreifen! Wer wird nicht noch alles die Schmach mehren, die bereits auf den Glauben Gottes gehäuft worden ist!

Ein Angriff aller Völker und Geschlechter

Wir müssen uns nur der Warnungen ‘Abdu’l-Bahás erinnern, um Art und Ausmaß derjenigen Kräfte, die mit Gottes heiligem Glauben im Streit liegen werden, zu verstehen. In den dunkelsten Stunden Seines Lebens, als Er unter ‘Abdu’l-Ḥamíds Herrschaft vor der Verbannung in die unwirtlichsten Gegenden Nordafrikas stand, zu einer Zeit, als das glückverheißende Licht der Bahá’í-Offenbarung erst gerade anfing, über dem Westen aufzusteigen, äußerte Er in Seiner Abschiedsbotschaft an den Vetter des Báb diese prophetischen Worte voll schlimmer Vorbedeutung: »Wie groß, wie überaus groß ist diese Sache! Wie heftig wird der Angriff aller Völker und Geschlechter der Erde. Bald wird nah und fern das Geschrei der Massen in ganz Afrika, ganz Amerika, der Kampfruf der Europäer und der Türken, das Murren Indiens und Chinas zu hören sein. Wie ein Mann und mit all ihrer Macht werden sie sich erheben, um Seiner Sache zu widerstehen. Dann werden die Ritter des Herrn mit dem Beistand Seiner Gnade aus der Höhe, gestählt im Glauben, unterstützt durch die Macht der Erkenntnis und verstärkt durch die Legionen des Bundes, sich erheben und die Wahrheit des Verses offenbaren: ›Sehet die Verwirrung, die die Scharen der Besiegten befallen hat!‹A1«
So ungeheuer der Kampf auch ist, den Seine Worte erahnen lassen, bezeugen sie auch den vollständigen Sieg, den die Vorkämpfer des Größten Namens letztlich erreichen werden. Völker, Nationen, Gläubige verschiedener Bekenntnisse – alle werden sich zusammen und nacheinander erheben, um die Einheit unseres Glaubens zu erschüttern, seine Kraft zu schwächen, seinen heiligen Namen zu entwürdigen. Nicht nur gegen seinen Geist werden sie anstürmen, sondern auch gegen die Gemeindeordnung, die der Kanal, das Werkzeug, die Verkörperung dieses Geistes ist. Denn je deutlicher die Amtsgewalt, welche Bahá’u’lláh in das künftige Bahá’í-Gemeinwesen gelegt hat, hervortritt, desto grimmiger wird die Herausforderung sein, die seinen Wahrheiten aus allen Richtungen entgegenstürmt.

Der Unterschied zwischen der Bahá’í-Religion und geistlichen Organisationen

Nicht nur obliegt es uns, liebe Freunde, uns um Vertrautheit mit den Wesenszügen dieser erhabensten Schöpfung Bahá’u’lláhs zu mühen. Wir müssen auch den grundlegenden Unterschied zwischen dieser weltumspannenden, göttlich eingesetzten Ordnung und den wichtigsten geistlichen Organisationen dieser Welt begreifen, ob sie nun der Kirche Christi oder der Ordnung der muḥammadanischen Sendung zuzurechnen sind.
Werden sich doch alle, deren unschätzbares Vorrecht es ist, über diesen Bahá’í-Institutionen zu wachen, ihre Angelegenheiten zu verwalten und ihre Interessen zu fördern, früher oder später solchen eindringlichen Fragen gegenübersehen: »Wo und wie unterscheidet sich diese Ordnung Bahá’u’lláhs von den Institutionen des Christentums und des Islám, wenn sie doch dem äußeren Anschein nach nur eine Nachbildung davon ist? Sind die beiden Institutionen des Hauses der Gerechtigkeit und des Hütertums, die Institution der Hände der Sache Gottes, die Institution der nationalen und örtlichen Räte, die Institution des Mashriqu’l-Adhkár nicht nur andere Namen für die Institutionen des Papsttums und des Khalífats mit all ihren zugehörigen Kirchenordnungen, wie sie die Christen und die Muslime vertreten und verteidigen? Was könnte möglicherweise die Wirkkraft sein, die diese Bahá’í-Institutionen, die in manchen Zügen denjenigen der Kirchenväter und der Apostel Muḥammads zum Verwechseln ähnlich sind, vor demselben Verderb ihres Charakters, demselben Bruch ihrer Einheit, demselben Erlöschen ihres Einflusses bewahrt, wie sie alle organisierten religiösen Hierarchien befallen haben? Warum sollten sie nicht letztlich dasselbe Schicksal erleiden, das die von den Nachfahren Christi und Muḥammads aufgebauten Institutionen ereilt hat?«
Von der Antwort auf diese herausfordernden Fragen wird in hohem Maß der Erfolg aller Bemühungen abhängen, denen sich die Gläubigen aller Länder heute für die Errichtung des Reiches Gottes auf Erden unterziehen. Fast jeder wird anerkennen, dass der Geisteshauch Bahá’u’lláhs auf diese Welt, wie er sich mit unterschiedlicher Stärke durch die bewussten Anstrengungen Seiner erklärten Anhänger, mittelbar durch gewisse menschendienliche Organisationen offenbart, die Menschheit nur durchdringen und einen dauernden Einfluss auf sie nur ausüben kann, sofern und sobald er sich in einer sichtbaren Ordnung verkörpert, die Seinen Namen trägt, sich völlig mit Seinen Grundsätzen verbindet und in Übereinstimmung mit Seinen Gesetzen arbeitet. Dass Bahá’u’lláh in Seinem Buch Aqdas und später ‘Abdu’l-Bahá in Seinem Testament – einer Urkunde, die die Vorkehrungen des Aqdas bestätigt, ergänzt und aufeinander bezieht – jene Wesenselemente für die Verfassung des Bahá’í-Weltgemeinwesens vollständig dargetan haben, wird keiner leugnen, der diese Urkunden gelesen hat. Nach diesen göttlich verordneten Verfassungsnormen muss die Sendung Bahá’u’lláhs, die Arche menschlicher Errettung, notwendigerweise gestaltet werden. Aus ihnen muss aller künftige Segen strömen, auf ihnen muss seine unverletzliche Amtsgewalt im Grunde ruhen.
Bahá’u’lláh hat nämlich nicht nur – das sollten wir bereitwillig anerkennen – die Menschheit mit einem neuen Geist der Wiedergeburt erfüllt.

Er hat nicht nur gewisse allgemeine Grundsätze ausgesprochen, nicht nur eine bestimmte Philosophie entwickelt, wie machtvoll, richtig und umfassend sie auch sein mögen.

Er hat vielmehr, wie auch ‘Abdu’l-Bahá nach Ihm, im Gegensatz zu den Sendungen der Vergangenheit klar und bestimmt ein Gesetzeswerk niedergelegt, klar umgrenzte Institutionen geschaffen und das Wesentliche für eine göttliche Ökonomie besorgt.

All dies ist dazu bestimmt, Modell für die künftige Gesellschaft zu sein, höchsterhabenes Werkzeug für die Errichtung des Größten Friedens, die Wirkkraft für die Einigung der Welt, die Verkündigung des Reiches der Tugend und Gerechtigkeit auf Erden.

Keineswegs haben beide alle Anweisungen offenbart, deren es für die praktische Verwirklichung jener Ideale bedarf, die die Propheten Gottes geschaut haben und die seit unvordenklichen Zeiten die Einbildungskraft der Seher und Dichter aller Zeiten entflammt haben.

Sie haben auch in eindeutiger und eindringlicher Sprache die Zwillingsinstitutionen des Hauses der Gerechtigkeit und des Hütertums als ihre erwählten Nachfolger eingesetzt und ihnen die Aufgabe übertragen, die Grundsätze anzuwenden, die Gesetze zu verkünden, die Institutionen zu schützen, den Glauben bundestreu und vernunftgemäß den Erfordernissen einer fortschreitenden Gesellschaft anzupassen und das unverbrüchliche Erbe zu vollenden, das die Begründer dieses Glaubens der Welt hinterlassen haben.
Wenn wir auf die Vergangenheit zurückschauen, wenn wir das gesamte Evangelium und den Qur’án durchforschen, werden wir bereitwillig anerkennen, dass weder die christliche noch die islámische Sendung eine Parallele zu bieten haben, ob man nun das göttliche Ordnungssystem nimmt, das Bahá’u’lláh so sorgfältig begründet hat, oder die Vorsichtsmaßnahmen, die Er für dessen Schutz und Fortschritt getroffen hat. Darin liegt nach meiner festen Überzeugung die Antwort auf jene Fragen, die ich angeführt habe.
Niemand wird, meine ich, die Tatsache anzweifeln, dass der Hauptgrund, warum die Einheit der Kirche Christi auf nicht wiedergutzumachende Weise erschüttert und ihr Einfluss im Laufe der Zeit untergraben wurde, darin liegt, dass das Bauwerk, das die Kirchenväter nach dem Hinscheiden Seines Ersten Apostels errichtet hatten, nicht auf Christi eigenen und ausdrücklichen Weisungen ruhte. Die Amtsgewalt und die Merkmale ihrer Verwaltung sind nur gefolgert und mittelbar, mehr oder minder berechtigt, aus einigen ungenauen, bruchstückhaften Hinweisen abgeleitet, die sie unter Seinen im Evangelium aufgezeichneten Worten verstreut fanden. Keines der kirchlichen Sakramente, keiner der Riten und keine der Zeremonien, welche die Kirchenväter kunstvoll ausgearbeitet und prunkvoll zelebriert haben, keine der Maßregeln harter Zucht, die sie den einfachen Christen unerbittlich auferlegten – nichts davon beruht unmittelbar auf der Vollmacht Christi oder ging von Seinen ausdrücklichen Worten aus. Nichts davon hat Christus geschaffen, noch hat Er eine dieser Institutionen besonders mit der hinreichenden Vollmacht belehnt, Sein Wort auszulegen oder dem, was Er nicht ausdrücklich geboten hat, etwas hinzuzufügen.
Das ist der Grund, warum sich unter späteren Geschlechtern Stimmen des Protests erhoben gegen eine selbsternannte Amtsgewalt, die sich Vorrechte und Vollmachten, welche nicht aus dem klaren Text des Evangeliums Jesu Christi hervorgingen, anmaßte und damit eine schwerwiegende Abweichung vom Geist dieses Evangeliums darstellte.

Mit aller Macht und vollem Recht führten diese Stimmen des Protestes aus, die kanonischen Schriften, wie sie von den Kirchenkonzilien verkündet wurden, seien keine gottgegebenen Gesetze, vielmehr nur menschliche Vorkehrungen, die nicht einmal auf tatsächlichen Äußerungen Jesu beruhten.

Ihre Beweisführung kreiste um die Tatsache, dass die ungenauen, kaum beweiskräftigen Worte Christi an Petrus:

»Du bist Petrus, und auf diesen Felsen will Ich Meine Kirche bauen«Q4, niemals die extremen Zwangsmittel, das kunstvolle Zeremoniell, die einengenden Dogmen und Glaubenssätze rechtfertigen könnten, mit denen Seine Nachfolger Schritt für Schritt Seinen Glauben überbürdet und verfinstert haben.

Wäre es den Kirchenvätern, deren ungerechtfertigte Autorität so von allen Seiten heftig angegangen wurde, möglich gewesen, die auf ihr Haupt gehäuften Anklagen dadurch zu widerlegen, dass sie bestimmte Äußerungen Christi zur künftigen Verwaltung Seiner Kirche oder zum Wesen der Amtsmacht Seiner Nachfolger hätten anführen können, dann wären sie sicherlich in der Lage gewesen, die Flammen des Streites zu löschen und die Einheit der Christenheit zu erhalten.

Das Evangelium aber, die einzige Schatzkammer der Äußerungen Christi, bot den gequälten Kirchenführern keinen derartigen Schutz.

Hilflos standen sie dem unbarmherzigen Angriff ihrer Feinde gegenüber, und schließlich mussten sie sich den Kräften der Spaltung, die in ihre Reihen eindrangen, beugen.
Obwohl in der Offenbarung Muḥammads die Frage der Verwaltung Seiner Sendung wesentlich vollständiger und genauer durch Vorkehrungen geregelt ist, verglichen mit dem Glauben Christi, gab es doch in der Frage der Nachfolge keine schriftliche, keine bindende und schlüssige Anweisung an jene, die Seine Sache zu verkünden hatten. Im Text des Qur’án stehen zwar Verordnungen über Gebet, Fasten, Eheschließung und Ehescheidung, Erbschaft, Pilgerfahrt und dergleichen, Verordnungen, die auch nach Ablauf von dreizehnhundert Jahren noch unversehrt wirksam sind. Hingegen gibt dieser Text des Qur’án keine schlüssige Führung zum Gesetz der Nachfolge, der Quelle aller Meinungsverschiedenheiten, Streitigkeiten und Spaltungen, die den Islám zerstückelt und seinen Ruf untergraben haben.
Nicht so die Offenbarung Bahá’u’lláhs! Anders als in der Sendung Christi, anders als in der Sendung Muḥammads, anders als in allen Sendungen der Vergangenheit haben die Apostel Bahá’u’lláhs in allen Landen, wo immer sie arbeiten und sich mühen, vor sich in klarer, eindeutiger, eindringlicher Sprache alle die Gesetze und Regeln, die Grundsätze, die Institutionen und die Führung, derer sie für die Verfolgung und Vollendung ihrer Aufgabe bedürfen. Ob es um die Verwaltungsregeln der Bahá’í-Sache oder um die Frage der Nachfolge geht, wie sie in den Zwillingsinstitutionen des Hauses der Gerechtigkeit und des Hütertums verkörpert wird, immer können die Nachfolger Bahá’u’lláhs unwiderlegliche Beweise göttlicher Führung zu Hilfe rufen, denen keiner widerstehen, die keiner schmälern oder leugnen kann. Darin liegt das unterscheidende Merkmal der Bahá’í-Offenbarung. Darin liegt die machtvolle Einheit dieses Glaubens, die zwingende Kraft einer Offenbarung, die mit dem Anspruch auftritt, frühere Offenbarungen nicht zu zerstören oder herabzusetzen, sondern sie zu verbinden, zu vereinen und zu erfüllen. Dies ist der Grund, warum sowohl Bahá’u’lláh als auch ‘Abdu’l-Bahá gewisse Einzelheiten im Zusammenhang mit dem uns, ihren Nachfolgern, hinterlassenen göttlichen Ordnungssystem offenbart, ja mit besonderem Gewicht versehen haben. Das ist es auch, warum in ihrem Willen und Testament solcher Nachdruck auf die Vollmachten und Hoheitsrechte der Diener ihres Glaubens gelegt wurde.
Denn nur die ausdrücklichen Anweisungen ihres Buches, nur die erstaunlich eindringliche Sprache, in die sie die Vorkehrungen ihres Testamentes gekleidet haben, können diesen Glauben, für den sie sich beide so ruhmreich ihr ganzes Leben lang mühten, letzten Endes schützen. Nur dieses kann ihn vor den Ketzereien und Verleumdungen bewahren, mit denen ihn Bekenntnisse, Völker und Regierungen anzufallen versuchten und in gesteigertem Maße weiterhin zu bestürmen suchen werden.
Auch sollten wir uns bewusst sein, dass das Unterscheidungsmerkmal der Bahá’í-Offenbarung nicht allein in der Vollständigkeit und der unzweifelhaften Rechtsgültigkeit des Glaubenssystems besteht, das Bahá’u’lláh und ‘Abdu’l-Bahá mit ihren Lehren begründet haben. Ihre Vortrefflichkeit liegt auch in der Tatsache des wirksamen Ausschlusses solcher Elemente, die in vergangenen Sendungen ohne die geringste Vollmacht der jeweiligen Religionsstifter Quelle des Verderbs waren und dem Glauben Gottes unabsehbaren Schaden zufügten. Durch den klaren Text der Schriften Bahá’u’lláhs sind sie beseitigt worden. Unberechtigte Bräuche in Verbindung mit dem Sakrament der Taufe, dem Abendmahl, der Beichte, der Askese, der Priesterherrschaft, kunstvollem Zeremoniell, dem heiligen Krieg und der Vielweiberei sind allesamt durch die Feder Bahá’u’lláhs streng untersagt worden. Andererseits sind gewisse Vorschriften wie das Fasten, die für das Glaubensleben des einzelnen unerlässlich sind, in ihrer Strenge beträchtlich gemildert worden.

Ein lebendiger Organismus

Der Verwaltungsapparat der Sache Gottes, des sollten wir uns gleichfalls bewusst sein, ist so gestaltet worden, dass ihm nach den Vorkehrungen Bahá’u’lláhs all das, was als notwendig erachtet wird, um diese Sache an der Spitze aller fortschrittlichen Bewegungen zu halten, getrost einverleibt werden kann.

Dies bezeugen die Worte Bahá’u’lláhs, wie sie auf dem Achten Blatt des Erhabenen Paradieses aufgezeichnet sind:

»Die Vertrauensleute des Hauses der Gerechtigkeit haben über jene Dinge zu beraten, die nicht ausdrücklich im Buche offenbart sind, und zu vollziehen, was sie für gut halten.

Gott wird ihnen wahrlich eingeben, was Er will, und Er ist, wahrlich, der Versorger, der Allwissende.«Q5 Dem Haus der Gerechtigkeit wurde von Bahá’u’lláh nicht nur die Gewalt verliehen, Gesetze über alle Gegenstände zu erlassen, die nicht ausdrücklich und buchstäblich in Seinen heiligen Schriften verzeichnet sind.

Im Testament ‘Abdu’l-Bahás ist ihm überdies das Recht und die Gewalt übertragen, alles, was von einem früheren Haus der Gerechtigkeit an Gesetzen erlassen und durchgeführt wurde, den Veränderungen und Erfordernissen der Zeit entsprechend aufzuheben.

In diesem Zusammenhang offenbarte Er folgendes in Seinem Letzten Willen:

»… und da das Haus der Gerechtigkeit die Gewalt hat, Gesetze zu erlassen, die nicht ausdrücklich im Buch verzeichnet sind und sich auf alltägliche Angelegenheiten beziehen, so hat es auch die Gewalt, diese Gesetze aufzuheben.

So wird zum Beispiel heute das Haus der Gerechtigkeit ein Gesetz erlassen und vollziehen; in hundert Jahren, wenn die Verhältnisse sich grundlegend gewandelt und die äußeren Bedingungen sich geändert haben, wird ein anderes Haus der Gerechtigkeit die Gewalt haben, jenes Gesetz den Zeiterfordernissen entsprechend zu ändern.

Es kann dies tun, da jenes Gesetz keinen Teil des ausdrücklichen göttlichen Textes bildet.

Das Haus der Gerechtigkeit ist sowohl Urheber als auch Aufheber seiner Gesetze.«Q6 So lautet unveränderlich ‘Abdu’l-Bahás offenbartes Wort.

So weit geht die Anpassungsfähigkeit, die die Tätigkeit Seiner ernannten Diener kennzeichnet.

Die Unveränderlichkeit wahrt die Identität Seines Glaubens und schützt die Unversehrtheit Seines Gesetzes.

Die Anpassungsfähigkeit ermöglicht diesem Glauben, sich wie ein lebendiger Organismus auszudehnen und auf die Bedürfnisse und Erfordernisse einer ewig sich wandelnden Gesellschaft einzustellen.
Liebe Freunde! Mag unser Glaube den Augen der Menschen, die ihn entweder als einen Ableger des Islám schmähen oder ihn verächtlich als eine von jenen zahlreichen obskuren Sekten im heutigen Westen abtun, auch kraftlos erscheinen – diese kostbare Perle göttlicher Offenbarung, heute noch im Zustand des Embryos, wird sich in der Muschel ihrer Gesetze entwickeln. Ungeteilt und ungeschwächt wird dieser Glaube vorwärts drängen, bis er die ganze Menschheit umspannt. Nur diejenigen, welche bereits die überragende Stufe Bahá’u’lláhs anerkannt haben, nur sie, deren Herzen Seine Liebe berührt hat und die mit der Macht Seines Geistes vertraut geworden sind, können den Wert dieses göttlichen Ordnungssystems – Seiner unschätzbaren Gnadengabe an die Menschheit – angemessen würdigen.
Religionsführer, Vertreter politischer Theorien, Verwalter menschlicher Institutionen, die heutzutage verwirrt und bestürzt den Bankrott ihrer Ideen, den Zusammenbruch ihrer Lebensarbeit feststellen – sie alle täten gut daran, ihren Blick auf die Offenbarung Bahá’u’lláhs zu richten und über die Weltordnung nachzudenken, die in Seinen Lehren beschlossen ist und sich langsam, kaum merklich aus dem Wirrwarr und Chaos der gegenwärtigen Zivilisation erhebt. Was die Natur, den Ursprung oder die Gültigkeit der Institutionen anlangt, die die Anhänger dieses Glaubens in aller Welt errichten, so brauchen sich jene keinen Ängsten und Zweifeln auszusetzen; in die Lehren selbst sind diese Institutionen eingebettet, unverfälscht und unverfinstert durch unhaltbare Einmischungen oder durch unrechtmäßige Auslegungen Seines Wortes.
Wie dringlich, wie heilig ist die Verantwortung, die jetzt auf allen lastet, die bereits mit den Lehren Bahá’u’lláhs vertraut sind! Wie ruhmreich ist die Aufgabe derer, die ihre Wahrheit zu verteidigen, ihre Durchführbarkeit einer ungläubigen Welt zu erweisen berufen sind! Nur die unerschütterliche Gewissheit ihres göttlichen Ursprungs und ihrer Einmaligkeit in den Annalen der Religion, nur der beharrliche Vorsatz, sie auf den Verwaltungsapparat der Sache Gottes anzuwenden, kann dazu hinreichen, ihre Wirklichkeit unter Beweis zu stellen und ihren Erfolg zu sichern. Wie unermesslich ist die Offenbarung Bahá’u’lláhs! Wie groß ist das Ausmaß Seiner Segnungen für die Menschheit an diesem Tage! Und doch, wie armselig, wie unzureichend ist unser Verständnis ihrer Bedeutung und ihrer Herrlichkeit. Unser Geschlecht steht einer so gewaltigen Offenbarung zu nahe, um die unendlichen Möglichkeiten Seines Glaubens, den einmaligen Charakter Seiner Sache, die geheimnisvollen Fügungen Seiner Vorsehung voll zu würdigen.
Im Íqán wünscht Bahá’u’lláh den alles überragenden Charakter dieses neuen Tages Gottes zu betonen; Er verstärkt die Kraft Seiner Beweisführung, indem Er sich auf den Text einer gültigen und anerkannten Überlieferung bezieht, die folgendes offenbart: »Wissen ist siebenundzwanzig Buchstaben. Alle Propheten haben zwei Buchstaben davon offenbart. Kein Mensch hat bis heute mehr als diese zwei Buchstaben gekannt. Wenn aber der Qá’im sich erheben wird, dann wird Er die übrigen fünfundzwanzig Buchstaben offenbar machen.«Q7 Und unmittelbar darauf diese bestärkenden, aufklärenden Worte Bahá’u’lláhs: »Bedenke: Er hat dargelegt, dass das Wissen aus siebenundzwanzig Buchstaben besteht und dass alle Propheten von Adam bis zu Muḥammad, dem ›Siegel‹Q8, nur zwei dieser Buchstaben erklärt haben. Und Er sagt dazu, dass der Qá’im alle übrigen fünfundzwanzig Buchstaben enthüllen werde. Entnimm diesem Ausspruch, wie groß und erhaben Seine Stufe ist! Sein Rang übertrifft den aller Propheten, Seine Offenbarung geht über das Erkennen und Begreifen aller ihrer Auserwählten. Eine Offenbarung, von der die Propheten Gottes, Seine Heiligen und Erwählten entweder nicht unterrichtet worden sind oder die sie nach Gottes unerforschlichem Ratschluss nicht enthüllt haben – eine solche Offenbarung sucht dieses nichtswürdige, gemeine Volk mit seinem mangelhaften Geist, seiner mangelhaften Bildung und Erkenntnis zu messen.«Q9
An einer weiteren Stelle dieses Buches befasst sich Bahá’u’lláh mit der Wandlung, die jede Offenbarung in den Wegen, Gedanken und Sitten des Volkes hervorruft, und offenbart diese Worte: »Ist es nicht das Ziel jeder Offenbarung, eine Wandlung und Änderung in der ganzen Wesensart der Menschheit zu bewirken, eine Wandlung, die sich äußerlich wie innerlich erweisen und das innere Leben wie die äußeren Verhältnisse gestalten soll? Denn würde der Charakter der Menschen nicht gewandelt, so wären Gottes allumfassende Manifestationen offensichtlich ohne Nutzen.«Q10
Wandte sich nicht Christus selbst an Seine Jünger mit den Worten: »Ich habe euch noch viel zu sagen, aber ihr könnt es jetzt nicht tragen. Wenn aber Er, der Geist der Wahrheit, kommt, wird Er euch in alle Wahrheit führen«Q11?
Aus dem Text jener anerkannten Überlieferung ebenso wie aus den Worten Christi, die das Evangelium bezeugt, wird jeder vorurteilslose Betrachter die Bedeutung des von Bahá’u’lláh offenbarten Glaubens begreifen und das überwältigende Gewicht Seines Anspruchs erkennen. Kein Wunder, dass ‘Abdu’l-Bahá die heftige Agitation, die die keimenden Institutionen dieses Glaubens in künftigen Tagen auf sich ziehen werden, in so grellen Farben geschildert hat. Erst in Umrissen können wir heute die Anfänge jenes Aufruhrs erkennen, den der Aufstieg und die Überlegenheit der Sache Gottes unweigerlich in die Welt bringen werden.

Das größte Drama der Geistesgeschichte

In der grausamen, heimtückischen Unterdrückungskampagne der Beherrscher Russlands gegen die Verteidiger unseres Glaubens unter ihrer Gewalt, in der hartnäckigen Feindseligkeit, mit der im islámischen Bereich die Shí‘iten auf den geheiligten Rechten der Anhänger der Sache Gottes herumtreten, was Bahá’u’lláhs Haus in Baghdád angeht, in der ohnmächtigen Wut, welche die geistlichen Führer der sunnítischen Sekte des Islám dazu getrieben hat, unsere ägyptischen Brüder aus ihrer Mitte auszustoßen – in allen diesen Erscheinungen können wir die Offenbarungen des unbarmherzigen Hasses wahrnehmen, den Völker, Religionen und Regierungen für einen so reinen, so schuldlosen, so ruhmreichen Glauben hegen.
Unser ist die Pflicht, diese Dinge in unseren Herzen zu bewegen, uns um ein erweitertes Weltbild zu mühen, unser Verständnis für die Sache Gottes zu vertiefen und uns dann entschlossen und rückhaltlos aufzumachen, um unsere Rolle, wie klein sie auch sei, in diesem größten Drama in der Geistesgeschichte der Welt zu spielen.
Ihr Bruder und Mitarbeiter Shoghi
Haifa, Palästina, 21. März 1930

Das Ziel: Die neue Weltordnung

Gefährten im Glauben Bahá’u’lláhs!
Der unerbittliche Lauf der jüngsten Ereignisse trägt die Menschheit dem Ziel, das Bahá’u’lláh erahnen ließ, so nahe, dass kein verantwortungsbewusster Anhänger Seines Glaubens, der die Welt überall in schmerzlichen Wehen sieht, bei dem Gedanken an ihre kommende Erlösung ungerührt bleiben kann.
Es erscheint angebracht, zu einer Zeit, da wir das erste Jahrzehnt seit dem plötzlichen Heimgang ‘Abdu’l-BahásA2 aus unserer Mitte beschließen, im Lichte der Lehren, die Er der Welt vermacht hat, über jene Ereignisse nachzudenken, die dazu beitragen, das stufenweise Sichtbarwerden der von Bahá’u’lláh vorausgeschauten Weltordnung zu beschleunigen.
Vor zehn Jahren, an eben diesem Tage, eilte die Nachricht vom Heimgang Dessen um die Welt, der allein ihr in den vielen Trübsalen, die sie zu erleiden bestimmt war, durch den veredelnden Einfluss Seiner Liebe, Kraft und Weisheit hätte Halt und Trost geben können.
Wie gut können wir, die kleine Schar Seiner erklärten Anhänger, die wir beanspruchen, das Licht, das in Ihm strahlte, erkannt zu haben, uns der wiederholten Anspielungen erinnern, die Er am Abend Seines Erdenlebens auf die Trübsale und den Aufruhr machte, von denen eine verderbte Menschheit in steigendem Maße befallen würde.

Wie schmerzlich haben sich manchem von uns die gedankenschweren Bemerkungen eingeprägt, die Er in Gegenwart von Pilgern und Besuchern machte, als sie nach den Jubelfeiern zur Beendigung des Weltkriegs wieder zu Seiner Tür strömten – am Ende eines Krieges, der durch das Grauen, das er wachgerufen, die Verluste, die er hinterlassen, und die Verwicklungen, die er mit sich gebracht hat, einen so weitreichenden Einfluss auf die Geschicke der Menschheit üben sollte.

Wie gelassen und doch wie machtvoll brandmarkte Er die grausame Täuschung, die ein Pakt, den die Völker und Nationen als jubelnde Verkörperung der Gerechtigkeit, als unfehlbares Werkzeug dauerhaften Friedens priesen, für eine unbußfertige Menschheit bereithielt:

»Friede, Friede!« hörten wir Ihn oft sagen, »unaufhörlich verkünden die Lippen der Machthaber und der Völker ›Frieden, Frieden‹, während das Feuer ungestillten Hasses noch in ihren Herzen schwelt.«Q12 Wie oft hörten wir Ihn Seine Stimme erheben, als triumphale Begeisterung noch Wellen schlug, lange bevor die leisesten Bedenken empfunden oder ausgedrückt wurden!

Mit Entschiedenheit erklärte Er, das als die Charta einer befreiten Menschheit gepriesene Dokument berge Saaten bitterster Enttäuschungen, die die Welt nur noch schlimmer versklaven werden.

Wie überreich sind jetzt die Beweise, die den Scharfblick Seines unfehlbaren Urteils bezeugen!
Zehn Jahre endloser Unruhe, angefüllt von Ängsten und von unabschätzbaren Folgen für die Zukunft der Zivilisation, haben die Welt an den Rand eines Unheils geführt, zu schrecklich, um darüber nachzudenken. Traurig ist der Kontrast zwischen den Kundgebungen zuversichtlicher Begeisterung, denen sich die Bevollmächtigten in Versailles so freimütig hingaben, und dem Schrei unverhohlener Not, den nun Sieger und Besiegte gleichermaßen in der Stunde bitterer Ernüchterung erheben.

Eine kriegsmüde Welt

Weder die Macht, die die Gestalter und Bürgen der Friedensverträge aufboten, noch die stolzen Ideale, die den Verfasser der Völkerbundsatzung ursprünglich beseelten, erwiesen sich als ausreichendes Bollwerk gegen die Kräfte innerer Zersetzung, die eine so mühsam ausgedachte Struktur ständig angreifen. Weder die Vorkehrungen des sogenannten Verständigungsfriedens, den die Siegermächte durchsetzen wollten, noch die Maschinerie einer Institution, die Amerikas berühmter und weitsichtiger Präsident ersonnen hatte, erwiesen sich in Theorie oder Praxis als ausreichende Mittel, die Unverletzlichkeit der angestrebten Ordnung zu sichern. »Die Krankheiten, an denen die Welt jetzt leidet«, schrieb ‘Abdu’l-Bahá im Januar 1920, »werden sich vervielfachen; die Dunkelheit, die sie umschließt, wird sich vertiefen. Der Balkan wird unzufrieden bleiben. Seine Ruhelosigkeit wird wachsen. Die besiegten Mächte werden weiterwühlen. Sie werden zu jeder Maßnahme greifen, die die Flamme des Krieges wieder entzündet. Neugeschaffene Bewegungen von weltweiter Bedeutung werden alle Kräfte für den Fortschritt ihrer Pläne aufbieten. Die Bewegung der Linken wird große Bedeutung erlangen. Ihr Einfluss wird sich ausbreiten.«Q13
Seitdem jene Worte geschrieben wurden, scheint sich wirtschaftliche Not mit politischer Verwirrung, finanziellen Umwälzungen, religiöser Ruhelosigkeit und Rassenhass verschworen zu haben, die Last unermesslich zu vergrößern, unter der eine verarmte, kriegsmüde Welt ächzt. Die kumulative Wirkung dieser Krisen, die mit so bestürzender Schnelligkeit aufeinander folgen, ist derart, dass die Gesellschaft in ihren Grundfesten erzittert. Welchen Kontinent wir auch betrachten, welches noch so abgelegene Gebiet wir in den Blick fassen, überall sehen wir die Welt von Mächten bedrängt, die sie weder erklären noch zügeln kann.
Europa, bis jetzt als die Wiege einer hochgepriesenen Zivilisation, als Fackelträger der Freiheit, als Triebfeder der Kräfte des Handels und der Industrie betrachtet, steht bestürzt und gelähmt beim Anblick eines so ungeheuren Umsturzes.

Lang gehegte Ideale, auf politischem nicht weniger als auf wirtschaftlichem Gebiet menschlicher Tätigkeit, werden einerseits unter dem Druck reaktionärer Mächte, andererseits von einem heimtückischen und hartnäckigen Radikalismus schwer geprüft.

Aus dem Herzen Asiens kündet fernes, unheildrohendes, beharrliches Grollen den steten Vormarsch einer Weltanschauung, die durch ihre Leugnung Gottes, Seiner Gesetze und Leitsätze die Grundlagen der menschlichen Gesellschaft aufzubrechen droht.

Der Lärm eines wachsenden Nationalismus, gepaart mit dem Wiederaufleben von Skeptizismus und Unglauben, kommt als zusätzliches Unglück über einen Kontinent, der bis jetzt als das Symbol jahrhundertelanger Stabilität und ungestörter Entsagung galt.

Im dunkelsten Afrika kann man die ersten Regungen einer bewussten, entschlossenen Revolte gegen die Ziele und Methoden des politischen und wirtschaftlichen Imperialismus in steigendem Maße erkennen, einer Revolte, die ihr Teil zu den wachsenden Veränderungen eines geplagten Zeitalters beiträgt.

Nicht einmal Amerika, das bis vor kurzem stolz auf seine traditionelle Politik der Abgeschiedenheit und seine wirtschaftliche Selbstversorgung, auf die Unverletzbarkeit seiner Institutionen und die Beweise seines wachsenden Wohlstands und Ansehens war, konnte den Triebkräften standhalten, die es in den Strudel eines wirtschaftlichen Wirbelsturms zogen, der nun die Grundlagen seines eigenen industriellen und wirtschaftlichen Lebens zu entkräften droht.

Selbst das entlegene Australien, das dank seiner Entfernung von den Sturmzentren Europas gegen die Prüfungen und Plagen eines leidenden Kontinents gefeit scheinen konnte, wurde von diesem Wirbel der Leidenschaft und des Kampfes erfasst, unfähig, sich aus den Verstrickungen zu lösen.

Die Zeichen des drohenden Chaos

In der Tat gab es nie zuvor so weit verbreitete, so tiefgreifende soziale, wirtschaftliche oder politische Umwälzungen, wie sie jetzt in verschiedenen Teilen der Welt vor sich gehen. Nie gab es so viele, so verschiedenartige Gefahrenherde, wie sie jetzt die Struktur der Gesellschaft bedrohen. Bedeutsam sind wahrlich die folgenden Worte Bahá’u’lláhs, wenn wir innehalten, um über den gegenwärtigen Zustand einer seltsam verwirrten Welt nachzudenken: »Wie lange wird die Menschheit in ihrem Eigensinn verharren? Wie lange wird das Unrecht fortbestehen? Wie lange sollen Chaos und Verwirrung unter den Menschen herrschen? Wie lange wird Zwietracht das Antlitz der Gesellschaft zerwühlen? … Ach, die Winde der Verzweiflung wehen aus jeder Richtung, und der Hader, der das Menschengeschlecht spaltet und peinigt, nimmt täglich zu. Die Zeichen drohender Erschütterungen und des Chaos sind jetzt deutlich zu sehen, zumal die bestehende Ordnung erbärmlich mangelhaft erscheint.«Q14
Der Unruhefaktor von über 30 Millionen Menschen, die auf dem europäischen Kontinent als Minderheiten leben; die große, noch weiter wachsende Armee der Arbeitslosen mit ihren erdrückenden Lasten und ihrem demoralisierenden Einfluss auf Regierungen und Völker, das niederträchtige, zügellose Wettrüsten, das den bereits verarmten Nationen immer größere Teile ihrer Substanz wegzehrt, die völlige Demoralisierung, unter der die internationalen Finanzmärkte in steigendem Maße leiden, die Verweltlichung, die alles, was bis jetzt als die unbezwingbaren Stützen des Christentums und des Isláms erachtet wurde, angreift und durchdringt – diese Erscheinungen stechen als die ernstesten Symptome hervor, als unheilvolles Omen, was die künftige Stabilität der modernen Zivilisation anbelangt. Kein Wunder, dass einer der führenden Denker Europas, der ob seiner Weisheit und Zurückhaltung geschätzt wird, sich zu der kühnen Feststellung gezwungen sah: »Die Welt macht die schlimmste Krise der Kulturgeschichte durch.« »Wir stehen«, schreibt ein anderer, »entweder vor einer Weltkatastrophe oder aber am Tagesanbruch eines größeren Zeitalters der Wahrheit und der Weisheit.« »Gerade in solchen Zeiten«, fügt er hinzu, »sind Religionen untergegangen und geboren worden.«
Können wir nicht, wenn wir den politischen Horizont absuchen, schon die Trennlinien jener Kräfte erkennen, die von neuem den europäischen Kontinent in mögliche Kriegslager teilen, jedes zu einem Kampf entschlossen, der ungleich dem letzten Krieg das Ende einer Epoche, einer gewaltigen Epoche in der Geschichte der menschlichen Entwicklung, darstellen würde?

Sind wir, die bevorrechtigten Bewahrer eines unschätzbaren Glaubens, dazu berufen, Zeugen einer sintflutartigen Umwälzung zu sein, politisch so tiefgreifend und geistig so segensreich wie der Untergang des weströmischen Reiches?

Könnte es nicht dazu kommen – jeder wachsame Anhänger des Glaubens Bahá’u’lláhs sollte wohl innehalten, um dies zu überdenken –, dass aus dieser Welteruption Kräfte von einer geistigen Energie strömen, wie sie den Glanz jener Zeichen und Wunder, welche die Errichtung des Glaubens Jesu Christi begleiteten, in Erinnerung rufen oder gar in den Schatten stellen?

Könnte nicht aus dem Todeskampf dieser erschütterten Welt eine religiöse Erneuerung von solchem Umfang und solcher Macht hervorgehen, dass sie sogar die weltbewegende Wirkkraft übertrifft, mit der die früheren Religionen, in bestimmten Zeitabständen und einer unergründlichen Weisheit gemäß, gefallenen Völkern und Zeiten neue Lebensschicksale eröffneten?

Könnte nicht der Bankrott der gegenwärtigen, hochgepriesenen materialistischen Zivilisation als solcher das rankende Unkraut hinwegreißen, das heute Gottes ringenden Glauben an der Entfaltung und an der nachfolgenden Blüte hindert?
Lassen Sie Bahá’u’lláh selbst die Leuchtkraft Seiner Worte auf unsere Bahn ergießen, während wir unseren Kurs zwischen den Fallgruben und Trübsalen dieses gequälten Zeitalters hindurchsteuern. Vor über fünfzig JahrenA3 und in einer Welt, der die übel und Anfechtungen, die sie jetzt peinigen, noch ferne lagen, entflossen Seiner Feder die folgenden prophetischen Worte: »Die Welt liegt in Wehen, und ihre Erregung wächst von Tag zu Tag. Ihr Antlitz ist auf Eigensinn und Unglauben gerichtet. Ihr Zustand wird so werden, dass es nicht angemessen und schicklich wäre, ihn jetzt zu enthüllen. Lange wird ihre Verderbtheit währen. Und wenn die festgesetzte Stunde kommt, wird plötzlich erscheinen, was der Menschheit Glieder zittern macht. Dann und erst dann wird das göttliche Banner entfaltet, und die Nachtigall des Paradieses wird ihr Lied singen.«Q15

Die Unfähigkeit der Staatskunst

Innig geliebte Freunde!

Ob wir die Menschheit im Lichte der persönlichen Lebensführung oder der Beziehungen zwischen den organisierten Gemeinschaften und Nationen betrachten, sie ist leider zu weit abgeirrt, hat einen zu tiefen Niedergang erlitten, als dass sie allein durch die unbeholfenen Anstrengungen selbst der besten unter ihren anerkannten Herrschern und Staatsmännern – wie uneigennützig ihre Beweggründe, wie wohlabgestimmt ihr Handeln, wie rückhaltlos ihr Eifer und ihre Hingabe an ihre Sache auch seien – erlöst werden könnte.

Kein Plan, den die Berechnungen höchster Staatskunst noch ersännen, kein Lehrgebäude, das die hervorragendsten Vertreter der Wirtschaftstheorie noch errichteten, kein Grundsatz, den der glühendste Moralist noch einimpfen wollte, können letzten Endes ausreichende Grundlagen bieten, auf die die Zukunft einer verwirrten Welt gebaut werden kann.

Kein Aufruf zu gegenseitiger Duldsamkeit, den die Weltweisen erheben, wie zwingend und nachdrücklich er auch sein mag, kann die Leidenschaften dieser Welt beruhigen oder ihr helfen, ihre Lebenskraft zurückzugewinnen.

Auch hat kein rein organisatorischer Gesamtplan internationaler Zusammenarbeit, auf welchem Gebiet menschlichen Wirkens er sich immer bewegt, wie geistreich er erdacht und wie umfassend er auch aufgefasst wird, den gewünschten Erfolg, wenn es darum geht, die Grundursache des Übels zu beseitigen, das die heutige Gesellschaft so hart aus dem Gleichgewicht geworfen hat.

Ja, ich wage zu behaupten, dass nicht einmal das Ersinnen eines Ordnungsgefüges, wie es für die politische und wirtschaftliche Vereinigung der Menschheit erforderlich ist – eine Grundforderung, die in letzter Zeit immer stärker vertreten wird, – dass nicht einmal dieser Vorgang aus sich selbst heraus das Heilmittel gegen das Gift bieten könnte, welches ständig die Kraftreserven der entwickelten Völker und Nationen auszehrt.

Was sonst, so können wir getrost fragen, als die vorbehaltlose Annahme des göttlichen Programms, das Bahá’u’lláh vor bereits sechzig JahrenA4 mit solcher Macht und Schlichtheit verkündet hat, eines Programms, das in seinen Wesenszügen Gottes Plan für die Vereinigung der Menschheit in diesem Zeitalter zum Ausdruck bringt, kann in Verbindung mit der unüberwindlichen Gewissheit der sicheren Wirkung aller seiner Vorkehrungen schließlich den Kräften innerer Auflösung widerstehen, die sich, wenn ihnen kein Einhalt geboten wird, immer tiefer in das Mark einer verzweifelten Gesellschaft hineinfressen?

Diesem Ziel – dem Ziel einer neuen Weltordnung, göttlich im Ursprung, allumfassend in der Reichweite, unparteiisch im Grundsatz, herausfordernd im Charakter – muss eine gequälte Menschheit zustreben.
Zu behaupten, alle Zusammenhänge von Bahá’u’lláhs gewaltigem Plan weltweiter Solidarität erfasst oder seine Bedeutung ergründet zu haben, wäre selbst vonseiten der erklärten Anhänger Seines Glaubens vermessen. Ja, der Versuch, sich diesen Plan mit all seinen Möglichkeiten vorzustellen, seine künftigen Vorteile abzuschätzen, sich seine Größe auszumalen, wäre sogar in dem heute so fortgeschrittenen Stadium der Entwicklung der Menschheit verfrüht.

Die Leitsätze der Weltordnung

Das einzige, was wir vernünftigerweise versuchen können, ist, uns zu bemühen, einen Schimmer der ersten Lichtstreifen der verheißenen Dämmerung zu erhaschen, die, wenn die Zeit gekommen ist, das die Menschheit umschließende Dunkel verjagen wird. Lediglich in groben Zügen können wir herausstellen, was uns als die leitenden Prinzipien erscheint, die der Weltordnung Bahá’u’lláhs zugrunde liegen, wie sie ‘Abdu’l-Bahá, Mittelpunkt Seines Bundes mit der ganzen Menschheit und ernannter Ausleger und Erklärer Seines Wortes, ausführlich dargestellt und erläutert hat.
Dass die Unruhe und das Leid, die die Masse der Menschheit peinigen, in einem nicht geringen Maße die unmittelbaren Folgen des Weltkriegs sind, dass sie der Unklugheit und Kurzsichtigkeit der Gestalter der Friedensverträge zugeschrieben werden müssen, kann nur ein Voreingenommener sich weigern zuzugeben.

Dass die finanziellen Verpflichtungen, die im Laufe des Krieges eingegangen wurden, wie auch die erdrückende Bürde der Reparationen, die auf den Besiegten lastet, in großem Maße verantwortlich sind für die schlechte Verteilung und die daraus folgende Verknappung der Vorräte an Währungsgold in der Welt, was hinwieder die noch nie dagewesenen Preisstürze wesentlich verschlimmerte und dabei die Lasten der verarmten Länder unbarmherzig erhöhte, wird kein Unparteiischer in Frage stellen.

Dass die zwischenstaatlichen Schulden die Massen der Bevölkerung in Europa gefährlich überbeanspruchten, das Gleichgewicht der Staatshaushalte umwarfen, die nationalen Industrien lähmten und die Arbeitslosenzahlen steigerten, ist dem vorurteilsfreien Beobachter nicht weniger offensichtlich.

Dass der Geist der Rache, des Argwohns, der Furcht und der Rivalität, den der Krieg hervorrief und den die Bestimmungen der Friedensverträge verewigen und fördern halfen, zu einem enormen Anwachsen des internationalen Wettrüstens führte, was im letzten JahrA5 Gesamtausgaben von nicht weniger als einer Milliarde Pfund ausmachte und die weltweite Depression verschärfte, ist eine Wahrheit, die sogar der oberflächlichste Beobachter bereitwillig zugeben wird.

Dass ein engstirniger, brutaler Nationalismus, den die Nachkriegstheorie des Selbstbestimmungsrechts verstärken half, hauptverantwortlich ist für die Politik überhöhter, ja prohibitiver Zölle, die dem heilsamen Strom des internationalen Handels ebenso schaden wie dem Mechanismus des internationalen Finanzwesens, ist eine Tatsache, die nur wenige anzufechten wagen.
Die Behauptung wäre jedoch müßig, allein der Krieg mit all seinen Folgeschäden, seinen entfesselten Leidenschaften und seiner Hinterlassenschaft an Leid sei verantwortlich für die beispiellose Verwirrung, in die fast jeder Lebensbereich der zivilisierten Welt gegenwärtig gestürzt ist.

Ist es nicht eine Tatsache – und das ist der Kerngedanke, den ich hier betonen möchte –, dass die grundlegende Ursache dieser weltweiten Unruhe nicht so sehr den Auswirkungen dessen zuzuschreiben ist, was man früher oder später als eine vorübergehende Gewichtsverlagerung in den Angelegenheiten einer sich ständig wandelnden Welt betrachten wird, sondern vielmehr dem Versäumnis jener, die die unmittelbaren Schicksale von Völkern und Nationen in Händen halten, – dem Versäumnis, ihr System wirtschaftlicher und politischer Institutionen den zwingenden Notwendigkeiten eines Zeitalters stürmischer Entwicklung anzupassen?

Gehen diese immer wiederkehrenden Krisen, die die heutige Gesellschaft durchzucken, nicht hauptsächlich zu Lasten der bedauerlichen Unfähigkeit der anerkannten Führer in der Welt, die Zeichen der Zeit richtig zu lesen, sich ein für alle Mal von ihren vorgefassten Meinungen, ihren engen Glaubensvorstellungen zu lösen und das Räderwerk ihrer jeweiligen Regierungen nach den Maßstäben zu erneuern, die sich aus Bahá’u’lláhs Verkündigung der Einheit der Menschheit, dem hauptsächlichen und hervorragenden Merkmal Seines Glaubens, zwingend ergeben?

Denn dieses Prinzip der Einheit der Menschheit, Eckstein der weltumspannenden Herrschaft Bahá’u’lláhs, erfordert nicht mehr und nicht weniger als die Durchführung Seines Planes zur Vereinigung der Welt – des Planes, den wir bereits erwähnt haben.

»In jeder Sendung«, schreibt ‘Abdu’l-Bahá, »war das Licht göttlicher Führung brennpunktartig auf ein zentrales Thema gerichtet … In dieser wundersamen Offenbarung, diesem herrlichen Jahrhundert, ist die Grundlage des Glaubens Gottes und das hervorstechende Merkmal Seines Gesetzes das Bewusstsein der Einheit der Menschheit.«
Wie kläglich sind doch die Bemühungen jener Führer menschlicher Institutionen, welche in völliger Missachtung des Zeitgeistes bestrebt sind, nationale Verfahrensweisen, die längst vergangenen Tagen selbstgenügsamer Nationen entsprachen, einem Zeitalter anzupassen, das entweder, wie von Bahá’u’lláh vorgezeichnet, die Einheit der Welt erreichen oder aber zugrunde gehen muss.

In einer so kritischen Stunde der Kulturgeschichte geziemt es den Führern aller Nationen der Erde, groß und klein, im Osten wie im Westen, Sieger oder Besiegte, dem Posaunenruf Bahá’u’lláhs Beachtung zu schenken und, völlig durchdrungen von einem Empfinden der Weltsolidarität, dem sine qua non der Treue zu Seiner Sache, sich mannhaft zu erheben, um den einen Heilsplan, den Er, der göttliche Arzt, für eine gequälte Menschheit verordnet hat, zur Gänze durchzuführen.

Mögen sie ein für alle Mal jede vorgefasste Meinung, jedes nationale Vorurteil ablegen und den erhabenen Rat ‘Abdu’l-Bahás, des autorisierten Erklärers Seiner Lehren, beachten:

»Sie können Ihrem Land am besten dienen«, erwiderte ‘Abdu’l-Bahá einem hohen Beamten im Dienste der Bundesregierung der Vereinigten Staaten von Amerika auf die Frage, wie er die Interessen seiner Regierung und seines Volkes am besten fördern könnte, »indem Sie in Ihrer Eigenschaft als Weltbürger bestrebt sind mitzuhelfen, dass das Prinzip des Föderalismus, das der Regierung Ihres eigenen Landes zugrunde liegt, endlich auf die Beziehungen angewandt wird, die jetzt zwischen den Völkern und Nationen der Welt bestehen.«Q16
In Das Geheimnis göttlicher Kultur, jenem hervorragenden Beitrag ‘Abdu’l-Bahás zur künftigen Neuordnung der Welt, lesen wir folgendes:
»Wahre Kultur wird ihr Banner mitten im Herzen der Welt entfalten, sobald eine gewisse Zahl ihrer vorzüglichen und hochgesinnten Herrscher – leuchtende Vorbilder der Ergebenheit und Entschlossenheit – mit festem Entschluss und klarem Blick zu Nutz und Glück der ganzen Menschheit daran geht, den Weltfrieden zu stiften.

Sie müssen die Friedensfrage zum Gegenstand gemeinsamer Beratung machen und mit allen ihnen zu Gebote stehenden Mitteln versuchen, einen Weltvölkerbund zu schaffen.

Sie müssen einen verbindlichen Vertrag und einen Bund schließen, dessen Verfügungen eindeutig, unverletzlich und bestimmt sind.

Sie müssen ihn der ganzen Welt bekannt geben und die Bestätigung der gesamten Menschheit für ihn erlangen.

Dieses erhabene und edle Unterfangen – der wahre Quell des Friedens und Wohlergehens für alle Welt – sollte allen, die auf Erden wohnen, heilig sein.

Alle Kräfte der Menschheit müssen frei gemacht werden, um die Dauer und den Bestand dieses größten aller Bündnisse zu sichern.

In diesem allumfassenden Vertrag sollten die Grenzen jedes einzelnen Landes deutlich festgelegt, die Grundsätze, die den Beziehungen der Regierungen untereinander zugrunde liegen, klar verzeichnet und alle internationalen Vereinbarungen und Verpflichtungen bekräftigt werden.

In gleicher Weise sollte der Umfang der Rüstungen für jede Regierung genauestens umgrenzt werden, denn wenn die Zunahme der Kriegsvorbereitungen und Truppenstärken in irgendeinem Land gestattet würde, so würde dadurch das Misstrauen anderer geweckt werden.

Die Hauptgrundlage dieses feierlichen Vertrages sollte so festgelegt werden, dass bei späterer Verletzung einer Bestimmung durch eine Regierung sich alle Regierungen der Erde erheben, um jene wieder zu voller Unterwerfung unter den Vertrag zu bringen, nein, die gesamte Menschheit sollte sich entschließen, mit allen ihr zu Gebote stehenden Mitteln jene Regierung zu stürzen.

Sollte dieses größte aller Heilmittel auf den kranken Weltkörper angewandt werden, so wird er sich gewiss wieder von seinen Leiden erholen und dauernd bewahrt und heil bleiben.« Q17
»Einzelne«, fügt Er weiter hinzu, »welche die im menschlichen Streben ruhende Kraft nicht kennen, halten diese Gedanken für völlig undurchführbar, ja für jenseits dessen, was selbst die äußersten Anstrengungen des Menschen je erreichen können; doch dies ist nicht der Fall. Im Gegenteil kann dank der unerschöpflichen Gnade Gottes, der Herzensgüte Seiner Begünstigten, den beispiellosen Bemühungen weiser und fähiger Seelen und den Gedanken der unvergleichlichen Führer dieses Zeitalters nichts, was es auch sei, als unerreichbar angesehen werden. Eifer, unermüdlicher Eifer ist nötig. Nur unbezähmbare Entschlusskraft kann das Werk vollbringen. Manches hat man in vergangenen Zeiten als reines Hirngespinst betrachtet; heute ist es leicht durchführbar geworden. Warum sollte diese wichtigste und erhabenste Sache – das Tagesgestirn am Himmelszelt wahrer Kultur und die Ursache des Ruhmes, des Fortschrittes, des Wohlergehens und Erfolges der ganzen Menschheit – unmöglich sein? Der Tag wird sicher kommen, an dem ihr klares Licht Erleuchtung über die gesamte Menschheit gießen wird.«Q18

Die sieben Lichtstrahlen der Einheit

Um Sein hehres Thema weiter zu erläutern, offenbarte ‘Abdu’l-Bahá in einem Seiner Sendschreiben folgendes:
»Obwohl in vergangenen Religionszyklen Einklang begründet wurde, war in Ermangelung der Mittel die Einheit der Menschheit unerreichbar.

Die Kontinente blieben weit voneinander getrennt, ja sogar unter den Völkern ein und desselben Kontinents waren Verbindung und Austausch nahezu unmöglich.

Infolgedessen waren Umgang, Verständigung und Einheit zwischen allen Völkern und Geschlechtern der Erde unerreichbar.

Heute jedoch haben sich die Kommunikationsmittel vervielfacht, und die fünf Kontinente der Erde sind im Grunde genommen zu einem Ganzen verschmolzen. … Ebenso sind alle Glieder der menschlichen Familie, ob Völker oder Regierungen, Städte oder Dörfer, in steigendem Maße voneinander abhängig geworden.

Keiner kann mehr in Selbstgenügsamkeit leben, weil politische Bindungen alle Völker und Nationen vereinen, die Bande des Handels und der Industrie, der Landwirtschaft und des Bildungswesens Tag für Tag stärker werden.

Folglich ist die Einheit der ganzen Menschheit heutzutage erreichbar geworden.

Wahrlich, dies istnur eines der Wunder dieses wunderbaren Zeitalters; dieses ruhmreichen Jahrhunderts.

Die vergangenen Zeitalter waren all dessen beraubt, denn dieses Jahrhundert – das Jahrhundert des Lichtes – ist mit einzigartiger, unvergleichlicher Herrlichkeit, mit Macht und Erleuchtung ausgestattet worden.

Darum entfaltet sich mit jedem Tag ein ungeschautes, erstaunliches Wunder.

Schließlich wird man sehen, wie hell seine Lichtstrahlen in der Gemeinschaft der Menschen leuchten werden.
Sieh, wie dieses Licht nun am dunklen Horizont der Welt zu dämmern beginnt! Der erste Lichtstrahl ist die Einheit im politischen Bereich; der allererste Schimmer davon lässt sich nunmehr erkennen. Der zweite Lichtstrahl ist die Einheit des Denkens in weltweiten Unternehmungen, die bald vollzogen werden wird. Der dritte Lichtstrahl ist die Einheit in der Freiheit, die sicherlich eintreten wird. Der vierte Lichtstrahl ist die Einheit in der Religion, der Eckstein, auf dem die Grundlage ruht; auch sie wird durch die Macht Gottes in ihrer ganzen Strahlenfülle offenbar werden. Der fünfte Lichtstrahl ist die Einheit der Nationen – eine Einheit, die in diesem Jahrhundert sicher begründet werden wird, so dass sich alle Völker der Welt als Bürger eines gemeinsamen Vaterlandes betrachten. Der sechste Lichtstrahl ist die Einheit der Rassen, die alle Erdenbewohner zu Völkern und Geschlechtern einer Rasse macht. Der siebte Lichtstrahl ist die Einheit der Sprache, das heißt die Wahl einer universalen Sprache, in der alle Menschen unterrichtet werden und miteinander verkehren. All dies wird unausweichlich eintreten, weil die Macht des Reiches Gottes seine Verwirklichung fördern und unterstützen wird.« Q19

Ein Welt-Überstaat

In Seinem Sendschreiben an Königin Viktoria wandte sich Bahá’u’lláh vor über 60 JahrenA6 an die »Schar der Herrscher auf Erden« und offenbarte folgende Worte:
»Beratet miteinander über das, was der Menschheit nützt und ihre Lage bessert …. Betrachtet die Welt wie einen menschlichen Leib, der bei seiner Erschaffung gesund und vollkommen war, jedoch aus vielerlei Ursachen von schweren Störungen und Krankheiten befallen wurde. Nicht einen Tag lang wurde ihm Linderung zuteil, nein, seine Krankheit verschlimmerte sich noch, weil er in die Hände unfähiger Ärzte fiel, die sich nur von ihren persönlichen Wünschen leiten ließen und sich schmählich irrten. Und wurde einmal ein Organ von einem fähigen Arzt geheilt, so blieb doch der Rest so krank wie zuvor. So unterrichtet euch der Allwissende, der Allweise. … Die wirksamste Arznei, das mächtigste Mittel, das der Herr für die Heilung der Welt verfügt hat, ist die Vereinigung aller Völker in einer allumfassenden Sache, in einem gemeinsamen Glauben. Nur ein allmächtiger, erleuchteter Arzt hat die Fähigkeit, diese Einheit zu stiften. Bei Meinem Leben, dies ist die Wahrheit, und alles andere nichts als Irrtum.« Q20
In einem weiteren Abschnitt fügt Bahá’u’lláh diese Worte hinzu: »Wir sehen euch Jahr um Jahr eure Ausgaben vermehren und diese Lasten euren Untertanen aufbürden. Das ist, wahrlich, ein großes Unrecht. Fürchtet die Seufzer und Tränen dessen, dem Unrecht geschah, und belastet eure Völker nicht … Versöhnt euch miteinander, so dass ihr nicht mehr an Rüstung benötigt, als der Schutz eurer Herrschaftsgebiete erfordert. Hütet euch, den Rat des Allwissenden, des Getreuen, zu missachten. Seid einig, o Könige auf Erden, denn nur so wird der Sturm der Zwietracht gestillt, und nur so werden eure Völker Ruhe finden – o dass ihr es verstündet! Wenn einer von euch gegen einen anderen zu den Waffen greift, so geht vereint gegen ihn vor, denn dies ist nichts als offenbare Gerechtigkeit.«Q21
Was anderes können diese schwerwiegenden Worte bedeuten als den Hinweis, dass die Einschränkung der vollen nationalen Souveränität als unerlässlicher erster Schritt zur Bildung des künftigen Gemeinwesens aller Nationen der Erde unumgänglich geworden ist?

Ein Welt-Überstaat, an den alle Nationen der Erde willig den Anspruch, Krieg zu führen, gewisse Rechte der Erhebung von Steuern und alle Rechte auf Kriegsrüstung außer zur Aufrechterhaltung der inneren Ordnung in ihren Gebieten abtreten – ein solcher Staat muss notwendigerweise in irgendeiner Form entwickelt werden.

Sein Organisationsrahmen wird eine internationale Exekutive einschließen müssen, die jedem widerspenstigen Mitglied der Gemeinschaft ihre höchste und unantastbare Autorität aufzwingen kann; ein Weltparlament, dessen Mitglieder durch das Volk aller Länder gewählt werden und in ihrer Amtsübernahme von den jeweiligen Regierungen bestätigt werden, sowie einen Obersten Gerichtshof, dessen Urteil bindende Gültigkeit haben wird, selbst in Fällen, in denen die Parteien ihren Streit nicht freiwillig seiner Rechtsfindung unterwerfen.

Eine Weltgemeinschaft, in der alle wirtschaftlichen Schranken für immer niedergerissen werden, in der die gegenseitige Abhängigkeit von Kapital und Arbeit ausdrücklich anerkannt wird, in der das Geschrei religiösen Eifers und Streites endgültig verstummt ist, in der die Flamme des Rassenhasses ein für alle Mal gelöscht ist, deren einheitliches System internationalen Rechts als Ergebnis der wohlüberlegten Entscheidung der weltweit vereinigten Volksvertreter durch das sofortige, zwingende Eingreifen der vereinten Streitkräfte der Verbündeten sanktioniert wird; und schließlich: eine Weltgemeinschaft, in der der Sturm eines tollkühn-militanten Nationalismus in ein dauerhaftes Bewusstsein des Weltbürgertums verwandelt ist – so wahrlich sieht, in groben Zügen gezeichnet, die von Bahá’u’lláh vorausgeschaute Ordnung aus, eine Ordnung, die einmal als die edelste Frucht eines langsam heranreifenden Zeitalters betrachtet werden wird.
»Das Tabernakel der Eintracht«, verkündet Bahá’u’lláh in Seiner Botschaft an die ganze Menschheit, »ist errichtet; betrachtet einander nicht als Fremde. … Ihr seid die Früchte eines Baumes, die Blätter eines Zweiges. … Die Erde ist nur ein Land und alle Menschen sind seine Bürger. … Es rühme sich nicht, wer sein Vaterland liebt, sondern wer die ganze Welt liebt.«Q22

Einheit in der Mannigfaltigkeit

Der belebende Sinn des weltweiten Gesetzes Bahá’u’lláhs darf keine Befürchtungen hervorrufen. Weit davon entfernt, auf den Umsturz der bestehenden Gesellschaftsordnung abzuzielen, sucht es ihre Grundlage zu erweitern, ihre Institutionen in einer Weise umzugestalten, die mit den Bedürfnissen einer stets sich wandelnden Welt in Einklang steht. Es kann mit keiner rechtmäßigen Untertanenpflicht in Widerspruch sein, noch kann es wirkliche Treue untergraben. Seine Absicht ist weder, die Flamme einer vernünftigen Vaterlandsliebe in den Herzen der Menschen zu ersticken, noch den Grundsatz nationaler Selbständigkeit abzuschaffen, der so wesentlich ist, wenn die Übel übertriebener Zentralisation vermieden werden sollen. Es übersieht weder die Verschiedenheiten der völkischen Herkunft, des Klimas, der Geschichte, Sprache und Überlieferung, des Denkens und der Gewohnheit, die die Völker und Länder der Welt unterschiedlich gestalten, noch versucht es, sie auszumerzen. Es ruft nach größerer Treue, stärkerem Bemühen als irgendein anderes, das je die Menschenwelt beseelt hat. Es besteht auf der Unterordnung nationaler Regungen und Belange unter die zwingenden Ansprüche einer geeinten Welt. Es verwirft einerseits die übersteigerte Zentralisation und entsagt zum andern allen Versuchen der Gleichmacherei. Seine Losung ist Einheit in der Mannigfaltigkeit, wie ‘Abdu’l-Bahá selbst erklärte:
»Betrachtet die Blumen eines Gartens. Obwohl sie nach Art, Farbe, Form und Gestalt verschieden sind, werden sie doch vom Wasser einer Quelle erfrischt, vom selben Windhauch belebt und von den Strahlen einer Sonne gestärkt, und so erhöht die Verschiedenheit ihren Reiz und steigert ihre Schönheit. Wie unerfreulich wäre es für das Auge, wenn alle Blumen und Pflanzen, Blätter und Blüten, Früchte, Zweige und Bäume jenes Gartens die gleiche Form und Farbe hätten! Verschiedenheit in Farbe, Form und Gestalt bereichert und verschönert den Garten und erhöht dessen Ausdruck. Werden verschiedene Schattierungen von Gedanken, Temperamenten und Charakteren unter der Macht und dem Einfluss einer zentralen Kraftquelle zusammengeführt, so wird in gleicher Weise die Schönheit und der Glanz menschlicher Vollkommenheit offenbar und sichtbar werden. Nichts als die himmlische Macht des Wortes Gottes, die die Wirklichkeit aller Dinge beherrscht und übersteigt, ist fähig, die auseinandergehenden Gedanken, Gefühle, Ideen und Überzeugungen der Menschenkinder in Einklang zu bringen.« Q23
Der Ruf Bahá’u’lláhs ist in erster Linie gegen jede Art von Provinzialismus, jede Engstirnigkeit, jedes Vorurteil gerichtet. Wenn lang gehegte Ideale, wenn altehrwürdige Institutionen, wenn gesellschaftliche Postulate und religiöse Glaubensbekenntnisse das Wohl der Gesamtheit aller Menschen nicht mehr fördern, wenn sie den Bedürfnissen einer sich ständig entwickelnden Menschheit nicht länger gerecht werden, dann fegt sie hinweg und verbannt sie in die Rumpelkammer veralteter und vergessener Doktrinen! Warum sollten sie in einer Welt, die dem unabänderlichen Gesetz des Wandels und des Verfalls unterliegt, von der Entartung verschont bleiben, die alle menschlichen Einrichtungen zwangsläufig ereilt? Rechtsnormen, politische und wirtschaftliche Theorien sind nur dazu da, die Interessen der Menschheit als Ganzes zu schützen; nicht aber ist die Menschheit dazu da, für die unversehrte Aufrechterhaltung eines bestimmten Gesetzes oder Lehrsatzes gekreuzigt zu werden.

Das Prinzip der Einheit

Hier darf sich kein Denkfehler einschleichen!

Der Grundsatz der Einheit der Menschheit – der Angelpunkt, um den alle Lehren Bahá’u’lláhs kreisen – ist kein bloßer Ausdruck unkundiger Gefühlsseligkeit oder unklarer frommer Hoffnung.

Sein Ruf ist nicht gleichbedeutend mit einer bloßen Wiedererweckung des Geistes der Brüderlichkeit und des guten Willens unter den Menschen, noch geht es nur um die Förderung harmonischer Zusammenarbeit zwischen einzelnen Völkern und Ländern.

Die Folgerungen gehen tiefer, der Anspruch ist höher als alles, was den früheren Propheten zu äußern erlaubt war.

Die Botschaft gilt nicht nur dem einzelnen, sondern befasst sich in erster Linie mit der Natur jener notwendigen Beziehungen, die alle Staaten und Nationen als Glieder einer menschlichen Familie verbinden müssen.

Der Grundsatz der Einheit stellt nicht nur die Verkündigung eines Ideals dar, sondern ist unzertrennlich mit einer Institution verbunden, die seine Wahrheit verkörpert, seine Gültigkeit bekundet und seinen Einfluss dauernd zur Geltung bringt.

Er verlangt eine organische, strukturelle Veränderung der heutigen Gesellschaft, eine Veränderung, wie sie die Welt noch nicht erlebt hat.

Er stellt eine Herausforderung, kühn und weltumfassend, für die nationalen Glaubensparolen dar, deren Zeit vorüber ist und die im normalen Verlauf der Ereignisse, wie die Vorsehung sie formt und fügt, einem neuen Evangelium Platz machen müssen, das grundlegend anders und unendlich höherwertig ist als das, was die Welt bis jetzt begriffen hat.

Er fordert nichts Geringeres als den Wiederaufbau und die Entmilitarisierung der ganzen zivilisierten Welt, einer Welt, die in allen Grundfragen des Lebens, in ihrem politischen Mechanismus, ihren geistigen Bestrebungen, in Handel und Finanzwesen, Schrift und Sprache organisch zusammengewachsen und doch in den nationalen Eigentümlichkeiten ihrer verbündeten Staatenglieder von einer unendlichen Mannigfaltigkeit ist.
Er stellt die Vollendung der menschlichen Entwicklung dar, einer Entwicklung, die ihren Uranfang in der Geburt des Familienlebens hat, deren weitere Entfaltung zur Stammeseinheit und zur Bildung des Stadtstaates führte, und die sich später zur Bildung unabhängiger, souveräner Nationen erweiterte.
Das Prinzip der Einheit der Menschheit, wie Bahá’u’lláh es verkündet, bringt nicht mehr und nicht weniger als die heilige Versicherung mit sich, dass der Durchbruch zu dieser letzten Stufe einer unendlich langen Entwicklung nicht nur notwendig, sondern unumgänglich ist, dass sich seine Verwirklichung rasch nähert und dass nichts außer einer Kraft, die aus Gott geboren ist, ihn erfolgreich herbeiführen kann.
Dieser wundervolle Plan findet seine ersten Kundgebungen in dem bewussten Bemühen und den bescheidenen praktischen Erfolgen der erklärten Anhänger Bahá’u’lláhs, die, der Erhabenheit ihrer Berufung eingedenk und in die veredelnden Grundsätze Seiner Gemeinschaftsordnung eingeweiht, voranstreben, das Reich Gottes auf Erden zu errichten. Mittelbar drückt sich dieser Plan in der allmählichen Verbreitung des Geistes der Weltsolidarität aus, der spontan aus dem Wirrwarr einer ungeordneten Gesellschaft aufsteigt.
Es wäre anregend, das geschichtliche Wachstum und die Entfaltung dieses erhabenen Gottesplanes, der in steigendem Maße die Aufmerksamkeit der für das Schicksal von Völkern und Nationen Verantwortlichen auf sich ziehen muss, zu verfolgen. Den Staaten und Fürstentümern, die aus den Wirren der großen napoleonischen Umwälzung ans Licht traten und deren Hauptziel es war, ihre Rechte auf selbstbestimmte Existenz wiederzugewinnen oder aber ihre nationale Einheit zu erlangen, schien ein Plan der Weltsolidarität nicht nur ferne Phantasie, sondern schlechthin unbegreiflich. Erst als die Kräfte des Nationalismus die Grundlagen der Heiligen Allianz, die ihre aufkommende Macht zu zügeln suchte, umgestoßen hatten, wurde die Möglichkeit einer Weltordnung, die in ihrer Reichweite die politischen Einrichtungen dieser Nationen überragt, ernsthaft erwogen. Erst nach dem Weltkrieg begannen diese Vertreter eines hochmütigen Nationalismus damit, eine solche Weltordnung als Gegenstand einer verderblichen Lehre zu betrachten, die nur darauf abzielte, die Loyalität, von der ihr nationales Leben abhängt, zu untergraben. Mit demselben Nachdruck, mit dem die Mitglieder der Heiligen Allianz den aufkommenden Nationalismus in den vom napoleonischen Joch befreiten Völkern zu ersticken suchten, kämpften und kämpfen diese Verfechter einer uneingeschränkten nationalen Souveränität, um Grundsätze unglaubwürdig zu machen, von denen ihre eigene Rettung letztlich abhängen muss.
Die hitzige Opposition, die dem misslungenen Versuch des Genfer ProtokollsA7 entgegenprallte, der Spott, mit dem man den nachfolgenden Vorschlag der Vereinigten Staaten von Europa überschüttete, und der Fehlschlag des Rahmenplanes für eine europäische Wirtschaftsunion können als Rückschläge in den Bemühungen betrachtet werden, die eine Handvoll weitsichtiger Menschen ernsthaft unternimmt, um diesem edlen Ideal näher zu kommen. Und doch: Haben wir nicht das Recht, neuen Mut zu schöpfen, wenn wir feststellen, dass bereits die Diskussion solcher Vorschläge ein Beweis für ihr ständiges Wachstum in den Gedanken und Herzen der Menschen ist? Können wir nicht in den organisierten Versuchen, einen so erhabenen Plan zu verunglimpfen, auf einer breiteren Ebene die Wiederholung jener aufwühlenden Kämpfe und hitzigen Kontroversen sehen, die der Geburt der geschlossenen Nationalstaaten des Westens vorangingen und zu ihrem Wiederaufbau beitrugen?

Die Föderation der Menschheit

Nehmen wir nur ein Beispiel: Wie überzeugt klangen die Erklärungen, die in den Tagen vor der Vereinigung der Staaten des nordamerikanischen Kontinents über die unüberwindlichen Schranken auf dem Weg zu diesem Zusammenschluss abgegeben wurden! Hat man nicht ausführlich und nachdrücklich dargelegt, die widersprüchlichen Interessen, das gegenseitige Misstrauen, die Unterschiede in Amtsführung und Brauchtum zwischen den Staaten seien so stark, dass keine geistliche oder weltliche Macht jemals hoffen dürfe, sie zu harmonisieren oder zu beherrschen? Und doch, wie verschieden waren die vor 150 JahrenA8 herrschenden Bedingungen von denen, die für die heutige Gesellschaft bezeichnend sind! Ohne Übertreibung kann man sagen, dass das Fehlen jener Erleichterungen, die der neueste wissenschaftliche Fortschritt der heutigen Menschheit dienstbar machte, das Problem, die amerikanischen Staaten zu einem Bund zu verschweißen, weit komplizierter machte als es die Aufgabe ist, der eine gespaltene Menschheit bei ihrem Bemühen um Welteinheit gegenübersteht.
Wer weiß andererseits, ob nicht für die Verwirklichung eines so erhabenen Planes noch schlimmere Leiden über die Menschheit kommen müssen als alle, die sie bis jetzt ausgestanden hat? Konnte etwas Geringeres als das Feuer eines Bürgerkrieges mit all seiner Gewalttätigkeit und seinen Wechselfällen – ein Krieg, der die große amerikanische Republik fast gespalten hätte – die Staaten nicht nur zu einem Bund unabhängiger Einheiten, sondern zu einer Nation verschmelzen, trotz all der völkischen Unterschiede, die ihre Bestandteile charakterisieren? Dass eine so grundlegende Umwälzung mit einem so weitreichenden Wandel in der Gesellschaftsstruktur auf dem gewöhnlichen Weg der Diplomatie und der Erziehung erreicht werden kann, scheint höchst unwahrscheinlich. Wir brauchen nur die blutgetränkte Menschheitsgeschichte zu betrachten, um festzustellen, dass allein die heftigste geistige und körperliche Pein imstande war, derart epochemachende Wandlungen, wie sie die wichtigsten Wahrzeichen der Kulturentwicklung bilden, rasch herbeizuführen.

Das Feuer des Gottesgerichts

So groß und weitreichend jene früheren Veränderungen auch gewesen sind – in ihrer richtigen Perspektive betrachtet, können sie doch nur als zweitrangige Anpassungsvorgänge erscheinen, als Vorspiel für diese Wandlung von unvergleichlicher Majestät und Reichweite, die die Menschheit in unserem Zeitalter erdulden muss. Dass nur die Kräfte einer Weltkatastrophe eine derart neue Phase menschlichen Denkens vorantreiben können, wird leider immer deutlicher. Dass nichts Geringeres als das Feuer eines harten Gottesgerichts, heftiger als je zuvor, die uneinigen Elemente der heutigen Zivilisation zu sich ergänzenden Bestandteilen des künftigen Weltgemeinwesens verschweißen und verschmelzen kann, ist eine Wahrheit, die künftige Ereignisse immer mehr beweisen werden.
Die prophetische Stimme Bahá’u’lláhs warnte in den abschließenden Sprüchen der Verborgenen Worte »die Völker der Welt«, dass »unerwartete Trübsal sie verfolgt und schmerzhafte Vergeltung ihrer harrt«Q24. Dies wirft in der Tat ein gespenstisches Licht auf die unmittelbaren Geschicke einer bekümmerten Menschheit. Nur eine Feuerprobe, aus der diese Menschheit geläutert und vorbereitet wiederersteht, kann ihr ein Gefühl für die Verantwortung einbrennen, welche die Führer eines neugeborenen Zeitalters auf ihre Schultern nehmen müssen.
Zum wiederholten Male möchte ich Ihre Aufmerksamkeit auf jene bedeutenden Worte Bahá’u’lláhs lenken, die ich bereits angeführt habe: »Und wenn die festgesetzte Stunde kommt, wird plötzlich erscheinen, was der Menschheit Glieder zittern macht.«Q25
Hat nicht ‘Abdu’l-Bahá selbst in unzweideutiger Sprache versichert, dass »ein zweiter Krieg, grimmiger als der letzte, sicherlich ausbrechen wird«Q26?
Von der Vollendung dieses kolossalen, dieses unsagbar ruhmreichen Unternehmens – eines Unternehmens, das die Erfindergabe römischer Staatskunst in Verwirrung stürzte, vor dem die verzweifelten Kraftakte eines Napoleon versagten – wird die endgültige Verwirklichung jenes Tausendjährigen Reiches abhängen, von dem die Dichter aller Zeiten sangen und die Seher seit alters träumten. Von dieser Vollendung wird es abhängen, dass die Verheißungen der alten Propheten sich erfüllen, wonach die Schwerter zu Pflugscharen geschmiedet werden und der Löwe und das Lamm beisammen ruhen. Allein diese Vollendung kann zum Reich des Himmlischen Vaters führen, wie es der Glaube Jesu Christi verheißen hat. Allein diese Vollendung kann das Fundament für die neue Weltordnung, wie sie Bahá’u’lláh vor Augen stand, legen – eine Weltordnung, die, wenn auch nur schwach, auf Erden den unbeschreiblichen Strahlenglanz des Reiches Abhá widerspiegeln wird.
Ein weiteres Wort zum Beschluss: Die Verkündigung der Einheit der Menschheit – der Eckstein der allumfassenden Herrschaft Bahá’u’lláhs – kann unter keinen Umständen mit solchen Verlautbarungen frommer Hoffnung verglichen werden, wie sie früher geäußert wurden. Bahá’u’lláh hat nicht nur einen Ruf erschallen lassen, allein und ohne Hilfe im Angesicht des hartnäckigen, vereinten Widerstandes zweier der mächtigsten orientalischen Herrscher Seiner Zeit, während Er selbst ein Verbannter und Gefangener in ihren Händen war. Sein Ruf enthält zugleich eine Warnung und ein Versprechen: eine Warnung, dass in ihm selbst das einzige Mittel zum Heil einer grausam leidenden Welt liegt, und ein Versprechen, dass die Verwirklichung dieses Heils nahe bevorsteht.
Verkündet zu einer Zeit, als man seine Möglichkeit noch in keinem Teil der Erde ernstlich ins Auge fasste, wird dieser Ruf kraft der himmlischen Macht des Geistes Bahá’u’lláhs heute von einer wachsenden Zahl denkender Menschen nicht nur als eine sich anbahnende Möglichkeit betrachtet, sondern als das notwendige Ergebnis der Kräfte, die in unserer Welt am Werke sind.

Das Sprachrohr Gottes

Sicherlich hat es diese Welt – durch den erstaunlichen Fortschritt im Reich der Physik sowie durch die weltweite Ausdehnung von Handel und Industrie zusammengeschrumpft und in einen eng verflochtenen Organismus verwandelt, unter dem lastenden Druck der weltwirtschaftlichen Mächte und inmitten der Fallgruben einer materialistischen Zivilisation – bitter nötig, dass ihr die Wahrheit, die allen Offenbarungen der Vergangenheit zugrunde liegt, neu dargereicht wird, und zwar in einer Sprache, die ihren wesentlichen Bedürfnissen entspricht. Und welche Stimme außer Bahá’u’lláh, dem Sprachrohr Gottes für dieses Zeitalter, ist imstande, eine Veränderung der Gesellschaft herbeizuführen, so radikal wie die Veränderung, die Er bereits in den Herzen jener Männer und Frauen bewirkte, die aus ihrer scheinbaren Verschiedenartigkeit und Unversöhnlichkeit zur Körperschaft Seiner erklärten Anhänger auf der ganzen Erde zusammengewachsen sind?
Dass eine so mächtige Idee im menschlichen Denken rasch aufblühen wird, dass sich Stimmen zu ihrer Unterstützung erheben werden, dass ihre wesentlichen Strukturen im Bewusstsein der Machthaber rasch kristallisieren müssen, kann in der Tat kaum jemand bezweifeln. Dass ihre bescheidenen Anfänge in der weltweiten Gemeinschaftsordnung, die das Wesen der Anhängerschaft Bahá’u’lláhs ausmacht, bereits Gestalt annehmen, können nur jene, deren Herzen vom Vorurteil vergiftet sind, übersehen.
Uns, geliebte Mitarbeiter, fällt die alles andere überragende Pflicht zu, mit klarer Schau und unablässigem Eifer weiter zur Vollendung jenes Bauwerks beizutragen, dessen Grundmauern Bahá’u’lláh in unsere Herzen gelegt hat. Uns obliegt es, gesteigerte Hoffnung und Kraft aus dem allgemeinen Trend der Ereignisse abzuleiten, wie dunkel ihre unmittelbaren Auswirkungen auch sein mögen, und mit unverminderter Inbrunst zu beten, Er möge die Verwirklichung jener wunderbaren Vision beschleunigen, jener strahlendsten Ausgießung Seines Geistes, jener edelsten Frucht der edelsten Kultur, die die Welt je gesehen hat.
Könnte nicht der hundertste Jahrestag der Erklärung Bahá’u’lláhsA9 den feierlichen Beginn eines so gewaltigen Zeitalters in der Menschheitsgeschichte kennzeichnen?
Ihr wahrer Bruder Shoghi
Haifa, Palästina 28. November 1931

Das Goldene Zeitalter der Sache Bahá’u’lláhs

An die Geliebten Gottes und die Dienerinnen des Barmherzigen in den Vereinigten Staaten und in Kanada
Freunde und Mitverteidiger des Glaubens Bahá’u’lláhs:
wie bedeutsam die Veränderungen einer rasch erwachenden Menschheit in dieser Übergangsphase ihrer wechselvollen Geschichte auch sind, die beständige Festigung der Institutionen, welche in jenem Land zu errichten die Verwalter des Glaubens Bahá’u’lláhs sich mühen, sollten selbst jenen, die bislang nur unvollkommen mit den zu überwindenden Hindernissen oder den kargen Ressourcen bekannt sind, ebenso bedeutsam erscheinen.
Dass ein Glaube, der vor zehn JahrenA10 durch den plötzlichen Tod eines unvergleichlichen Meisters schwer erschüttert wurde, im Angesicht furchtbarer Hindernisse seine Einheit bewahrte, dem boshaften Angriff seiner Feinde widerstand, seine Verleumder zum Schweigen brachte, die Grundlagen seiner ausgedehnten Gemeindeordnung verbreiterte und Institutionen, die seine Ideale der Andacht und des Dienstes versinnbildlichen, auf diesen Grundlagen errichtete – das alles sollte als voller Beweis für die unbesiegbare Macht gelten, mit welcher der Allmächtige diesen Glauben von seinen Uranfängen an auszustatten beliebte.
Dass die mit dem Namen Bahá’u’lláhs verknüpfte Sache sich aus verborgenen Quellen himmlischer Kraft versorgt, die keine noch so machtvolle menschliche Persönlichkeit von noch so zauberhaftem Glanz ersetzen kann; dass sie voll auf jenen mystischen Born vertraut, mit dem kein weltlicher Vorzug, kein Reichtum, kein Ruhm, keine Gelehrsamkeit wetteifern kann; dass sie sich auf eine geheimnisvolle Weise verbreitet, die den von aller Welt angenommenen Maßstäben völlig widerspricht – all dies wird, soweit noch nicht ersichtlich, in wachsendem Maße offenbar werden, während die Sache Gottes in ihrem Kampf um die geistige Wiedergeburt der Menschheit zu immer neuen Siegen voranstürmt.
Wie hätte diese Sache auch, ohne jede Unterstützung durch den Rat und die Expertise der Weisen, der Reichen und der Gelehrten ihres Vaterlandes, so erfolgreich die Ketten brechen können, die zur Stunde ihrer Geburt auf ihr lasteten, wie hätte sie unversehrt den Stürmen entrinnen können, die ihre Kindheit durchwühlten, wäre ihr Lebensodem nicht von jenem Geist getragen, der aus Gott geboren ist und von dem jeder Erfolg, wie und wo er auch angestrebt wird, letzten Endes abhängt?
Ich brauche hier nicht, auch nicht im kürzesten Umriss, an die herzzerreißenden Einzelheiten jenes entsetzlichen Trauerspiels um die Geburt unseres geliebten Glaubens erinnern, inszeniert in einem Lande, das für seinen ungezügelten Fanatismus, seine krasse Unbildung, seine ungezähmte Grausamkeit berüchtigt ist. Auch brauche ich nicht bei dem Heldenmut zu verweilen, der hehren Seelenstärke, welche den grausamen Folterknechten jenes Volkes Trotz bot, oder die große Zahl, die reine Lebensführung derjenigen zu betonen, die bereitwillig starben, damit ihre Sache lebe und gedeihe. Notwendig ist es auch nicht, auf die Entrüstung und die Gefühle uneingeschränkter Bewunderung einzugehen, die jene unbeschreiblichen Gräueltaten in den Herzen von zahllosen Männern und Frauen weit entfernt von ihrem Schauplatz auslösten. Es genüge zu sagen, dass diesen Helden im Geburtsland Bahá’u’lláhs das unschätzbare Vorrecht verliehen wurde, die frühen Triumphe ihres zärtlich gehegten Glaubens mit ihrem Lebensblut zu besiegeln und den Weg für seinen bevorstehenden Sieg zu bereiten. Im Blute jener ungezählten persischen Märtyrer lag die Saat der göttlich bestimmten Gemeindeordnungordnung, welche jetzt, aus ihrem Heimatboden wegverpflanzt, unter Ihrer liebenden Fürsorge zu einer neuen Ordnung aufblüht, um letztlich die ganze Menschheit in ihrem Schatten zu vereinen.

Amerikas Beitrag zur Sache Gottes

Denn so groß die Errungenschaften, so unvergesslich die Dienste jener persischen Pioniere im heroischen Zeitalter der Sache Gottes waren, der Beitrag, den ihre geistigen Nachkommen, die amerikanischen Gläubigen, als Baumeister der organischen Struktur dieser Sache heute für die Erfüllung eines Planes leisten, der das Goldene Zeitalter eben dieser Sache einleiten soll – dieser Beitrag ist in dem gegenwärtigen, einsatzheischenden Abschnitt der Glaubensgeschichte um nichts weniger verdienstvoll. Kaum einer, das wage ich zu behaupten, kaum einer der bevorrechtigten Gestalter und Wächter der Verfassung des Glaubens Bahá’u’lláhs hat die Hauptrolle, die der nordamerikanische Erdteil in der künftigen Ausrichtung ihres weltumspannenden Glaubens zu spielen bestimmt ist, auch nur in Umrissen erkannt. Auch scheint sich noch keine merkliche Anzahl von ihnen des entscheidenden Einflusses genügend bewusst zu sein, den sie bereits jetzt auf die Führung und Leitung der Belange dieses Glaubens ausüben.
»Der Erdteil Amerika«, schrieb ‘Abdu’l-Bahá im Februar 1917, »ist in den Augen des einen wahren Gottes dasjenige Land, in dem der Strahlenglanz Seines Lichtes offenbart, die Geheimnisse Seines Glaubens entschleiert, die Rechtschaffenen wohnen und die Freien sich versammeln werden.«Q27
Dass die Anhänger der Sache Bahá’u’lláhs in den ganzen Vereinigten Staaten und in Kanada zunehmend die Wahrheit dieser feierlichen Bestätigung erweisen, wird selbst einem oberflächlichen Betrachter der Berichte über ihre mannigfachen Dienste, ihre persönlichen wie gemeinschaftlichen Bemühungen, deutlich.

Die spontanen Treuebekundungen, die ihre Antwort auf die ausdrücklichen Wünsche unseres heimgegangenen Meisters kennzeichneten, die Großzügigkeit, mit der sie bei mehr als einer Gelegenheit den Bedürftigen und Bedrängten unter ihren persischen Brüdern hilfreich die Hand reichten, die Tatkraft, mit der sie sich der schamlosen Angriffe erwehrten, welche unbeugsame Feinde von innen und außen immer häufiger gegen sie richteten, das Beispiel, das die Körperschaft ihrer nationalen Vertreter den Schwesterräten mit der Gestaltung der Werkzeuge für die wirksame Erledigung ihrer gemeinsamen Pflichten gab, ihr erfolgreiches Einstehen für ihre unterdrückten Mitarbeiter in Russland, die moralische Unterstützung für ihre ägyptischen Glaubensbrüder in einem gefährlichen Abschnitt des dortigen Kampfes um die Befreiung von den Fesseln islámischer Orthodoxie, die historischen Dienste jener wackeren Pioniere, die, dem Ruf ‘Abdu’l-Bahás getreu, Heim und Herd verließen, um in den äußersten Ecken des Erdballs das Banner Seines Glaubens aufzupflanzen, und nicht zuletzt die ganze Pracht ihrer Selbstaufopferung, wie sie in der Vollendung des Außenaufbaus des Mashriqu’l-Adhkár gipfelte – jede dieser Errungenschaften ist ein beredtes Zeugnis für den unbezwinglichen Glauben, den Bahá’u’lláh in ihren Herzen entzündet hat.
Wer kann bezweifeln, wenn er über einen so herrlichen Bericht des Dienens nachsinnt, dass diese gläubigen Sachwalter der erlösenden Gnade Gottes das kostbare ihnen anvertraute Erbe ungeteilt und unvermindert bewahrt haben? Sind sie nicht, so könnte man wohl überlegen, dem hohen Maßstab, der die unauslöschlichen Ruhmestaten ihrer Vorgänger kennzeichnete, auf eine Art und Weise, die erst künftige Geschichtsforscher werden zeigen können, bereits recht nahegekommen?
Nicht die materiellen Ressourcen, welche die Mitglieder dieser jugendschwachen Gemeinde heute heranziehen können, nicht die zahlenmäßige Stärke ihrer gegenwärtigen Anhänger, kein wie auch immer gearteter greifbarer Nutzen, den ihre Jünger jetzt schon den Massen der Mühseligen und Beladenen unter ihren Volksgenossen stiften könnten – nichts von alledem sollte Prüfstein für ihre Möglichkeiten oder Maßstab für ihren Wert sein. Nur in ihren reinen Geboten, nur in ihren erhabenen Normen, ihren unversehrbaren Gesetzen, ihren vernünftigen Ansprüchen, ihrem weiten Weltbild, ihrem umfassenden Programm, ihren anpassungsfähigen Institutionen, nur im Leben ihrer Begründer, im Heldenmut ihrer Märtyrer und in der verwandelnden Macht ihres Einflusses sollte der vorurteilslose Betrachter die wahren Maßstäbe suchen, die es ihm ermöglichen, die Geheimnisse dieser Gemeinschaft auszuloten oder ihre Tugenden abzuschätzen.

Der Niedergang sterblicher Herrschaft

Wie unfair, wie unmaßgeblich wäre das Wagnis eines Vergleiches zwischen der langsamen, schrittweisen Festigung des von Bahá’u’lláh verkündeten Glaubens und jenen von Menschen geschaffenen Bewegungen, die ihren Ursprung in menschlichen Begierden haben, ihre Hoffnungen auf sterbliche Herrschaft richten und demzufolge unausweichlich niedergehen und verderben müssen! Einem begrenzten Geist entsprungen, aus menschlichem Wahn gezeugt und oft das Ergebnis schlecht durchdachter Pläne, vermögen solche Bewegungen aufgrund ihrer Neuheit, ihres Appells an die niederen Instinkte im Menschen und ihrer Abhängigkeit von den Ressourcen einer eigennützigen Welt die Augen der Menschen eine Zeitlang zu blenden, aber nur, um schließlich aus den Höhen einer meteorhaften Bahn in das Dunkel des Vergessens zu stürzen, aufgelöst von denselben Kräften, die ihre Bildung unterstützt haben.
Anders die Offenbarung Bahá’u’lláhs!

Hineingeboren in eine Umwelt von entsetzlicher Verderbtheit, entsprossen aus einem Untergrund, den Menschenalter hindurch Bestechlichkeit, Hass und Vorurteil aufgeweicht hatten, Grundsätze verkündend, die mit den anerkannten Maßstäben seiner Zeit völlig unvereinbar waren, und von Anbeginn an der gnadenlosen Feindschaft von Regierung, Geistlichkeit und Volk ausgesetzt, vermochte dieser keimende Gottesglaube dank seiner Ausstattung an himmlischer Kraft sich in weniger als neunzig Jahren von den lastenden Ketten islámischer Vorherrschaft zu befreien, die Selbständigkeit seiner Ideale wie auch die Unabhängigkeit und Vollständigkeit seiner Gesetze zu verkünden, sein Banner in nicht weniger als vierzig der höchst entwickelten Länder dieser Welt aufzupflanzen, seine Vorposten in Ländern jenseits der fernsten Meere aufzustellen, seine Glaubensgebäude mitten im Herzen des asiatischen und des amerikanischen Kontinents einzuweihen, zwei der mächtigsten Regierungen des Westens zu veranlassen, die für seine Verwaltungstätigkeiten wesentlichen Instrumente zu ratifizieren, aus königlicher Familie die Vortrefflichkeit seiner Lehren gebührend anerkannt zu erhalten und schließlich die Vertreter des obersten Gerichtes der zivilisierten Welt dazu zu veranlassen, dass sie seinen Beschwerden Aufmerksamkeit zollten und dass die Mitglieder dieses Gerichts schriftliche Bestätigungen abgaben, die einer stillschweigenden Anerkennung seines religiösen Status und einer ausdrücklichen Erklärung, sein Rechtsstandpunkt sei recht und billig, gleichkamen.
So begrenzt seine gesellschaftliche Macht bislang scheinen mag, so augenfällig es auch sein mag, dass das weltumspannende Programm dieses Glaubens gegenwärtig noch unwirksam ist, – wir, die wir uns unter seinem gesegneten Namen scharen, können uns über das Ausmaß seiner Erfolge nur wundern, wenn wir sie mit den mäßigen Ergebnissen zu Beginn vorvergangener Sendungen vergleichen.

Wo sonst, wenn nicht einmalig in der Offenbarung Bahá’u’lláhs, kann der unvoreingenommene Student der vergleichenden Religionswissenschaft einen so erstaunlichen Anspruch wie denjenigen des Begründers unseres Glaubens, so gnadenlose Feinde wie jene, denen Er die Stirn bot, eine so vollendete Hingabe wie die, welche Er in den Herzen entzündete, ein so ereignisreiches, so fesselndes Leben wie das, welches Er führte, belegt finden?

Haben Christentum und Islám, hat irgendeine ihnen vorangegangene Sendung Gottes Beispiele solcher Verbindungen aus Mut und Zucht, aus Rittertugend und Macht, aus Weitherzigkeit und Grundsatztreue geboten, wie sie die Lebensführung der Helden des Glaubens Bahá’u’lláhs kennzeichnen?

Wo sonst finden wir Beweise einer so raschen, so vollständigen, so plötzlichen Wandlung wie derjenigen, die im Leben der Jünger des Báb bewirkt wurde?

Spärlich sind fürwahr die in verbürgten Annalen früherer Religionen aufgezeichneten Fälle einer so vollständigen Selbstverleugnung, einer so unerschütterlichen Standhaftigkeit, einer so hehren Großmut, einer so unbeugsamen Glaubenstreue, wie sie in allen ihren Wesenszügen jene unsterbliche Schar erwies, die mit dieser göttlichen Offenbarung, dieser letzten und zwingendsten Manifestation der Liebe und der Allmacht des Allmächtigen, namensgleich sind.

Vergleich mit den Religionen der Vergangenheit

Vergebens werden wir in den Aufzeichnungen über die ersten Anfänge irgendeiner der anerkannten früheren Religionen nach Episoden suchen, die so packend in ihren Einzelheiten oder so weitreichend in ihren Folgen sind wie jene, welche das Buch der Geschichte dieses Glaubens zieren. Die fast unglaublichen Umstände beim Märtyrertum jenes jugendlichen Prinzen der HerrlichkeitA11, die Kräfte barbarischer Unterdrückung, welche diese Tragödie in der Folgezeit freisetzte, die Offenbarungen unübertroffenen Heldenmutes, welche sie hervorrief, die Ermahnungen und Warnungen, welche der Feder des göttlichen Gefangenen in Seinen Sendschreiben an die Potentaten der Kirche, an die Monarchen und die Herrscher der Welt entströmten, die furchtlose Glaubenstreue, mit der unsere Brüder in den muslimischen Ländern gegen die Mächte der religiösen Orthodoxie ankämpfen – all dies lässt sich zu den wesentlichsten Zügen eines Geschehens rechnen, das die Welt schließlich als das größte Drama ihrer Geistesgeschichte anerkennen wird.
Ich brauche in diesem Zusammenhang jene unglücklichen Ereignisse, welche zugegebenermaßen die Frühgeschichte sowohl des Judentums wie des Islám in sehr starkem Maße beeinträchtigt haben, nicht ins Gedächtnis zu rufen. Ebenso wenig ist es nötig, die Schadenswirkungen der Ausschweifungen, Rivalitäten und Spaltungen, der Ausbrüche von Fanatismus und Undank zu betonen, wie sie mit der frühen Entwicklung des Volkes Israel und mit dem kriegerischen Aufschwung der grausamen Vorkämpfer für den Glauben Muḥammads verknüpft sind.
Für meine Zwecke genügt es, die Aufmerksamkeit auf die große Zahl jener zu lenken, die in den ersten beiden Jahrhunderten des christlichen Zeitalters »sich ein schmähliches Leben erkauften, indem sie die heiligen Schriften den Ungläubigen in die Hand lieferten«, ferner auf das anstößige Verhalten jener Bischöfe, die dadurch als Verräter gebrandmarkt wurden, auf die Zwietracht in der afrikanischen Kirche, das allmähliche Einsickern von Grundzügen des Mithraskultes, der alexandrinischen Denkschule, von Lehren des Zoroastriertums und der griechischen Philosophie in die christliche Lehre, und schließlich darauf, wie die Kirchen Griechenlands und Asiens mit der Institution der Provinzialsynoden den repräsentativen Beratungsgremien ihrer Länder ein Verwaltungsmodell entlehnten.
Wie groß war doch die Hartnäckigkeit, mit der die bekehrten Juden unter den frühen Christen an den Zeremonien ihrer Vorfahren festhielten, und wie brennend war ihr Verlangen, jene Bräuche auch den Heidenchristen aufzuerlegen! Waren nicht die ersten fünfzehn Bischöfe von Jerusalem alle beschnittene Juden, und hatten nicht die Kongregationen, denen sie vorsaßen, die Gesetze Mose mit den Lehren Christi vereinigt? Ist es nicht Tatsache, dass nur der zwanzigste Teil der Untertanen im Römischen Reich unter dem Banner Christi versammelt war, ehe Konstantin bekehrt wurde? Bekamen die sogenannten Nazarener nicht die Zerstörung des Tempels in der Stadt Jerusalem und der jüdischen Staatsreligion hart zu spüren, nachdem sie mehr als ein Jahrhundert lang in der Ausübung des mosaischen Gesetzes verharrt waren?
Wie auffallend ist der Gegensatz, wenn wir im Lichte der vorgenannten Tatsachen die Zahl der Anhänger Bahá’u’lláhs ins Gedächtnis rufen, die sich zur Zeit Seines Hinscheidens in Persien und den angrenzenden Ländern als überzeugte Verfechter Seines Glaubens bekannten! Wie ermutigend, die unverbrüchliche Treue zu beobachten, mit der Seine tapferen Jünger die Reinheit und Unversehrtheit Seiner klaren, unzweideutigen Lehren schützen! Wie erbauend der Anblick derjenigen, die mit den Streitkräften einer fest verschanzten Orthodoxie im Kampf um ihre Befreiung von den Fesseln eines veralteten Glaubens liegen! Wie begeisternd das Verhalten jener muslimischen Anhänger Bahá’u’lláhs, die – keineswegs mit Bedauern oder Gleichgültigkeit, sondern mit Gefühlen offener Befriedigung – die verdiente Züchtigung beobachten, die der Allmächtige den Zwillingsinstitutionen des Sulṭánats und des Khalífats zufügte, jenen Triebwerken der Gewaltherrschaft, jenen verschworenen Feinden der Sache Gottes!

Der Leit- und Grundsatz religiöser Wahrheit

Aber niemand möge meine Absicht missverstehen. Die Offenbarung, deren Quelle und Mittelpunkt Bahá’u’lláh ist, hebt keine der Religionen auf, die ihr vorangegangen sind, noch versucht sie im Geringsten, deren Wesenszüge zu verdrehen oder deren Wert herabzusetzen. Sie distanziert sich von jedem Vorhaben, Propheten der Vergangenheit in den Schatten zu stellen oder die ewige Wahrheit ihrer Lehren zu beschneiden. Mit dem Geist, der deren Anspruch beseelt, kann die Offenbarung Bahá’u’lláhs in keinerlei Konflikt geraten, noch sucht sie das Treuebekenntnis eines Menschen zu deren Sache zu untergraben. Ihr erklärtes, ihr vorrangiges Ziel ist es, jeden Anhänger dieser Bekenntnisse zu befähigen, ein umfassenderes Verständnis für seine angestammte Religion und einen klareren Begriff vom Ziel derselben zu gewinnen. Bahá’u’lláhs Offenbarung ist weder eklektisch in der Darlegung ihrer Wahrheiten noch anmaßend in der Bekräftigung ihres Anspruchs. Ihre Lehren drehen sich um den Leit- und Grundsatz, dass religiöse Wahrheit nicht absolut, sondern relativ, göttliche Offenbarung fortschreitend und nicht endgültig ist. Unzweideutig, ohne den geringsten Vorbehalt bekennt sie, dass alle anerkannten Religionen göttlich im Ursprung, identisch in ihren Zielen, einander ergänzend in ihren Aufgaben, kontinuierlich in ihrer Zielsetzung und unabdingbar in ihrem Wert für die Menschheit sind.
»Alle Propheten Gottes«, bekräftigt Bahá’u’lláh im Kitáb-i-Íqán, »wohnen im selben Tabernakel, schweben im selben Himmel, sitzen auf demselben Thron, sprechen dieselbe Sprache und verkünden denselben Glauben«Q28. Von dem »Anfang an, der keinen Anfang hat«, haben diese Vertreter der Einheit Gottes, diese Kanäle Seiner fortgesetzten Äußerung, das Licht der unsichtbaren Schönheit auf die Menschheit ergossen, und bis zum »Ende, das kein Ende hat«, werden sie fortfahren, neue Offenbarungen Seiner Macht und zusätzliche Erfahrungen Seiner unbegreiflichen Herrlichkeit darzureichen. Die Behauptung, eine bestimmte Religion sei endgültig, »alle Offenbarung sei beendet, die Tore göttlicher Gnade seien geschlossen, vom Dämmerort ewiger Heiligkeit gehe keine Sonne mehr auf, das Weltmeer immerwährenden Segens ruhe für immer still und aus dem Tabernakel altehrwürdiger Herrlichkeit werden keine Boten Gottes mehr offenbar«Q29, wäre in der Tat nichts Geringeres als schiere Gotteslästerung.
»Sie unterscheiden sich«, erläutert Bahá’u’lláh im selben Lehrbrief, »nur durch den Stärkegrad ihrer Offenbarung und durch die vergleichsweise Strahlkraft ihres Lichtes«Q30, und dies nicht wegen der ihm eigenen Unfähigkeit eines von ihnen, die ihm anvertraute Botschaft und deren Herrlichkeit in höherem Maße zu offenbaren, sondern wegen der Unreife und der mangelnden Vorbereitung des Zeitalters jedes Propheten, der Unfähigkeit, die vollen Möglichkeiten des jeweiligen Glaubens einzuschätzen und aufzunehmen.
»Wisse mit Sicherheit«, lehrt Bahá’u’lláh, »dass in jeder Sendung das Licht göttlicher Offenbarung den Menschen in unmittelbarem Verhältnis zu ihrer geistigen Fassungskraft dargereicht wird. Betrachte die Sonne! Wie schwach sind ihre Strahlen in dem Augenblick, da sie am Horizont aufgeht. Wie nehmen ihre Wärme und Kraft allmählich zu, während sie sich dem Zenit nähert und unterdessen alles Erschaffene befähigt, sich der zunehmenden Stärke ihres Lichtes anzupassen. Wie gleichmäßig nimmt sie wieder ab, bis sie den Punkt ihres Untergangs erreicht. Würde sie plötzlich alle in ihr verborgenen Kräfte offenbaren, so würde dies zweifellos allem Erschaffenen Schaden zufügen … Wenn nun die Sonne der Wahrheit in den frühesten Graden ihrer Offenbarung plötzlich das volle Maß der Kräfte, die ihr die Vorsehung des Allmächtigen verliehen hat, enthüllte, würde die Erde menschlichen Begreifens verdorren und vergehen, denn die Menschenherzen würden weder die Stärke ihrer Offenbarung ertragen noch fähig sein, den Glanz ihres Lichtes weiter zu spiegeln. Bestürzt und überwältigt würden sie aufhören zu bestehen«Q31.
Aus diesem Grunde – und nur aus diesem – beanspruchen jene, die das Licht Gottes in unserem Zeitalter erkannt haben, keine Endgültigkeit für die Offenbarung, zu der sie sich bekennen. Auch sprechen sie dem Glauben, den sie angenommen haben, keine Kräfte und Eigenschaften zu, die denjenigen der vorangegangenen Religionssysteme wesenhaft überlegen wären oder sich existentiell von jenen unterschieden.
Spielt nicht Bahá’u’lláh selbst auf das Fortschreiten göttlicher Offenbarung und auf die Begrenzungen an, die eine unerforschliche Weisheit Ihm selbst aufzuerlegen beliebte?

Was sonst kann diese Stelle in den Verborgenen Worten bedeuten, wenn nicht die Aussage, dass Er, ihr Offenbarer, Endgültigkeit für die Ihm vom Allmächtigen anvertraute Offenbarung in Abrede stellt?

»O Sohn der Gerechtigkeit!

Zur Nachtzeit begab sich die Schönheit des Unsterblichen von der smaragdenen Höhe der Treue zum Sadratu’l-Muntahá und weinte so bitterlich, dass die himmlischen Heerscharen und die Bewohner der Reiche droben in das Klagen einstimmten.

Nach dem Grunde des Klagens und Weinens befragt, gab Er zur Antwort:

Wie geheißen, weilte Ich erwartungsvoll auf dem Hügel der Treue, ohne von denen, die auf Erden wohnen, den Wohlgeruch der Treue zu atmen.

Danach zur Rückkehr aufgefordert, schaute Ich um Mich, und siehe – gewisse Tauben der Heiligkeit mussten schmerzlich in den Fängen irdischer Raubtiere leiden.

Daraufhin eilte die Himmelsdienerin entschleiert und strahlend aus ihrer mystischen Wohnstatt hervor und fragte nach ihren Namen, und alle wurden genannt bis auf einen.

Als auf dringendes Bitten der erste Buchstabe erklang, strömten die Bewohner der himmlischen Gemächer aus ihrer Wohnstatt der Herrlichkeit herbei.

Und da der zweite Buchstabe ausgesprochen wurde, fielen sie allesamt nieder in den Staub.

In diesem Augenblick erscholl ein Ruf aus dem innersten Heiligtum: ›Bis hierher und nicht weiter!‹ Wahrlich, Wir bezeugen, was sie getan haben und noch tun.«Q32
»Die Offenbarung, deren Träger Ich bin«, erklärt Bahá’u’lláh ausdrücklich, »ist der geistigen Empfänglichkeit und Aufnahmefähigkeit der Menschheit angepasst. Anders kann das Licht, das in Mir scheint, weder zu- noch abnehmen. Alles, was Ich offenbare, ist nicht mehr und nicht weniger als das Maß der göttlichen Herrlichkeit, das zu enthüllen Mir Gott geboten hat.«Q33
Wenn das Licht, das heute auf eine zunehmend empfängliche Menschheit flutet, eine Strahlkraft hat, die den Glanz aller von den Kräften der Religion in vergangenen Tagen erreichten Triumphe zu übertreffen verspricht, wenn die Zeichen und Merkmale, die das Kommen dieses Lichtes ankündigten, in vielerlei Hinsicht einzigartig in den Annalen der Offenbarung sind, wenn seine Jünger Wesenszüge und Tugenden dargetan haben, die in der Geistesgeschichte der Menschheit ohne Beispiel sind, dann sollten solche Unterschiede nicht einem höheren Wert zugeschrieben werden, den der Glaube Bahá’u’lláhs als eine von früheren Sendungen völlig getrennte, andersartige Offenbarung besäße. Vielmehr sollten diese Unterschiede als das unvermeidliche Ergebnis jener Kräfte betrachtet und erklärt werden, die das gegenwärtige Zeitalter zu einem Zeitalter machten, das unendlich fortgeschrittener, empfänglicher, unendlich bedürftiger nach einem größeren Maß göttlicher Führung ist, als bislang der Menschheit dargeboten wurde.

Die Notwendigkeit einer neuen Offenbarung

Innig geliebte Freunde!

Wer kann, wenn er die Hilflosigkeit, die Ängste und Nöte der heutigen Menschheit überdenkt, die Notwendigkeit einer neuen Offenbarung der belebenden Macht göttlicher Erlösung, Liebe und Führung noch länger in Frage stellen?

Wer kann, wenn er auf der einen Seite die riesigen Fortschritte im Bereich menschlichen Wissens, menschlicher Macht, Geschicklichkeit und Erfindungsgabe wahrnimmt, auf der anderen Seite aber die noch nie dagewesene Art von Leiden sieht, die Gefahren, welche die moderne Gesellschaft bedrängen – wer kann da so blind sein anzuzweifeln, dass nun endlich die Stunde für das Kommen einer neuen Offenbarung geschlagen hat, die Stunde für eine neue Bekräftigung der göttlichen Absicht und für die daraus folgende Wiederbelebung jener geistigen Kräfte, die in festgesetzten Zeitabständen die Geschicke der menschlichen Gesellschaft immer wieder ins Lot gebracht haben?

Bringt es nicht das Wirken der weltvereinenden Kräfte, die in diesem Zeitalter am Werke sind, zwangsläufig mit sich, dass Er, der Träger der Botschaft Gottes an diesem Tage, nicht nur dasselbe erhabene Richtmaß persönlichen Verhaltens, wie sie die vor Ihm gekommenen Propheten eingeschärft haben, neu bestätigen muss, dass Er vielmehr in Seinem Aufruf an alle Regierungen und Völker die Wesenszüge jenes gesellschaftlichen Grundgesetzes, jene göttliche Ökonomie vergegenständlichen muss, welche die gemeinsamen Anstrengungen der Menschheit zur Errichtung jenes allumfassenden, das Kommen des Reiches Gottes auf Erden ankündigenden Bundesstaates, lenken und steuern muss?
Wenn wir die Notwendigkeit einer solchen Offenbarung von Gottes erlösender Macht anerkennen, sollten wir da nicht über die unerreichte Großartigkeit des Systems nachsinnen, das die Hand Bahá’u’lláhs an diesem Tage entfaltet hat? Sollten wir nicht trotz der täglich drängenden Aufgaben, die der ständig wachsende Bereich der Verwaltungstätigkeiten Seines Glaubens mit sich bringt, innehalten, um über die Heiligkeit der Verpflichtungen nachzudenken, die zu übernehmen unser Vorrecht ist?

Die Stufe des Báb

So unvorstellbar groß auch der Anspruch Bahá’u’lláhs ist, liegt doch die Größe dieser Sendung nicht nur im Charakter Seiner Offenbarung; denn zu den unterscheidenden Merkmalen Seines Glaubens zählt als ein weiterer Beweis der Einzigartigkeit die Grundwahrheit, dass jeder Anhänger Bahá’u’lláhs in der Person Seines Vorläufers, des Báb, nicht nur einen geistbeseelten Vorboten, sondern eine unmittelbare Manifestation Gottes erkennt. Es ist der feste Glaube aller Bahá’í, dass dem Báb – ungeachtet der kurzen Dauer Seiner Sendung und der zeitlich begrenzten Gültigkeit Seiner Gesetze – eine Wirkkraft verliehen war, wie sie die Vorsehung des Allmächtigen keinem Religionsstifter der Vergangenheit zuerkannt hatte. Dass Er nicht nur Vorläufer für die Offenbarung Bahá’u’lláhs war, dass Er mehr war als eine gottbeseelte Persönlichkeit, dass Ihm die Stufe einer unabhängigen, völlig selbständigen Manifestation Gottes zukommt, wird von Ihm selbst zur Genüge dargelegt, von Bahá’u’lláh in unmissverständlichen Worten bestätigt und schließlich auch im Willen und Testament ‘Abdu’l-Bahás bezeugt.
Nirgends können wir einen klareren Begriff von den machtvollen Wirkkräften erlangen, die jener vorbereitenden, mit Seinem eigenen Glauben unlöslich verbundenen Manifestation Gottes eigen sind, als im Kitáb-i-Íqán, Bahá’u’lláhs meisterlicher Erläuterung der einen allvereinenden Wahrheit, die allen Offenbarungen der Vergangenheit zugrunde liegt. Bahá’u’lláh lässt sich dort über die unergründliche Bedeutung der Zeichen und Merkmale aus, welche die vom Báb, dem verheißenen Qá’im, verkündete Offenbarung begleitet haben. Er ruft dann diese prophetischen Worte in Erinnerung: »Wissen ist siebenundzwanzig Buchstaben. Alle Propheten haben zwei Buchstaben davon offenbart. Kein Mensch hat bis heute mehr als diese zwei Buchstaben gekannt. Wenn aber der Qá’im sich erheben wird, dann wird Er die übrigen fünfundzwanzig Buchstaben offenbar machen«Q34. »Siehe«, fügt Bahá’u’lláh hinzu, »wie groß und erhaben Seine Stufe ist.« »Eine Offenbarung«, ergänzt Er weiter, »von der die Propheten Gottes, Seine Heiligen und Auserwählten, entweder nicht unterrichtet worden sind oder die sie nach Gottes unerforschlichem Ratschluss nicht enthüllt haben.«Q35
Und doch, so unermesslich erhaben die Stufe des Báb auch ist, so wundersam auch die Ereignisse waren, die das Kommen Seiner Sache anzeigten, kann doch eine so einzigartige Offenbarung nur erblassen vor dem Strahlenglanz jenes Tagesgestirns unübertroffener Lichtfülle, dessen Aufgang Er vorhergesagt und dessen Überlegenheit Er bereits anerkannt hat. Wir brauchen uns nur den Schriften des Báb selbst zuzuwenden, um die Bedeutung jenes Inbegriffs allen Lichtes abzuschätzen, dem gegenüber Er in all der Majestät Seiner Macht nur ein demütiger, erwählter Vorläufer war.
Immer wieder anerkennt der Báb in glühender, unzweideutiger Sprache den überlegenen Charakter eines Glaubens, der unwiderruflich nach Ihm selbst offenbar werden und Seine Sache ersetzen sollte. »Der Keim«, so bekräftigt Er im Persischen Bayán, der wichtigsten und besterhaltenen Schatzkammer Seiner Gesetze, »der die Möglichkeiten dieser bald kommenden Offenbarung in sich birgt, ist mit einer Macht ausgestattet, die den vereinten Kräften aller, die Mir folgen, überlegen ist.«Q36 »Von allen Tributen«, verkündet der Báb wiederholt in Seinen Schriften, »die Ich Ihm gezollt habe, der nach Mir kommen wird, ist der größte Mein schriftliches Bekenntnis, dass keines Meiner Worte Ihn angemessen beschreiben, keine Anspielung auf Ihn in Meinem Buche, dem Bayán, Seiner Sache Gerechtigkeit widerfahren lassen kann.«Q37 An Siyyid Yaḥyáy-i-Dárábí, mit Beinamen Vaḥíd, den gelehrtesten und einflussreichsten unter Seinen Anhängern, wandte Er sich mit den Worten: »Bei der Gerechtigkeit Dessen, der durch Seine Macht die Saat zum Keimen bringt und der den Odem des Lebens in alle Dinge haucht: Wäre Ich gewiss, dass du Ihn in den Tagen Seiner Manifestation leugnen würdest, Ich würde dich ohne Zögern verstoßen und deinen Glauben verwerfen … Würde Mir andererseits gesagt, ein Christ, der Meinem Glauben nicht huldigt, werde an Ihn glauben, dann würde Ich ihn wertschätzen wie Meinen Augapfel.«

Die Ausgießung göttlicher Gnade

»Wären alle Völker der Welt«, so bestätigt Bahá’u’lláh selbst, »ausgestattet mit den Kräften und Eigenschaften, die den Buchstaben des Lebendigen, den erwählten Jüngern des Báb, vorbehalten sind, deren Stufe zehntausendmal ruhmreicher ist als die der Apostel vergangener Tage, und würden sie, einer wie alle, nur einen Augenblick lang zögern, das Licht Meiner Offenbarung zu erkennen –, ihr Glaube würde ihnen nichts nützen, und sie würden zu den Ungläubigen gezählt.« »So gewaltig«, schreibt Er, »ist die Ausgießung göttlicher Gnade in dieser Sendung, dass, wären menschliche Hände schnell genug, sie aufzuzeichnen, innerhalb des Zeitraumes eines einzigen Tages und einer Nacht Verse von solcher Zahl hervorströmten, dass sie dem ganzen Persischen Bayán entsprächen.«
Solcher Art, innig geliebte Freunde, ist die Ausgießung himmlischer Gnade, die der Allmächtige diesem Zeitalter, diesem höchst erleuchteten Jahrhundert, gewährt hat! Wir stehen einer so gewaltigen Offenbarung zeitlich zu nahe, als dass wir erwarten könnten, in diesem ersten Jahrhundert ihres Zeitalters zu einer rechten Abschätzung ihrer erhabenen Größe, ihrer unendlichen Möglichkeiten und ihrer überragenden Schönheit zu gelangen. Wie klein auch unsere gegenwärtige Zahl, wie begrenzt unsere Fähigkeiten oder wie beschränkt unser Einfluss sein mag, immer sollten wir, deren Händen ein so reines, zartes und kostbares Erbe anvertraut ist, mit unermüdlicher Wachsamkeit danach streben, uns von jedem Gedanken, Wort oder Tun zu enthalten, die seinen Glanz trüben oder sein Wachstum schädigen könnten. Wie ungeheuer groß ist unsere Verantwortung, wie heikel und mühsam die uns aufgegebene Arbeit!
Geliebte Freunde!

So klar und nachdrücklich die Weisungen auch sind, die unser heimgegangener Meister in zahllosen Sendschreiben ein ums andere Mal wiederholt hat, sind doch infolge des begrenzten Einflusses der Sache Gottes im Westen einige dieser Weisungen absichtlich von der Gemeinschaft Seiner westlichen Jünger ferngehalten worden.

Trotz ihrer zahlenmäßigen Unterlegenheit üben diese aber nunmehr einen vorherrschenden Einfluss auf die Leitung und Verwaltung der Glaubensangelegenheiten aus.

Ich fühle mich daher verpflichtet, nun, da die Zeit reif ist, die Bedeutung einer Anweisung hervorzuheben, die im gegenwärtigen Entwicklungsstadium unseres Glaubens, ohne Rücksicht darauf, ob sie auf den Osten oder auf den Westen angewandt wird, in wachsendem Maße betont werden sollte.

Dieses Prinzip ist kein anderes als das, welches die Nichtteilnahme der Anhänger des Glaubens Bahá’u’lláhs – gleichviel, ob als einzelne oder gemeinschaftlich als örtliche oder nationale Räte – an jeglicher Art von Betätigung enthält, die mittelbar oder unmittelbar als Einmischung in die politischen Angelegenheiten einer bestimmten Regierung gedeutet werden könnte.

Mag es sich um die von ihnen herausgebrachten oder überwachten Veröffentlichungen oder um ihre offiziellen und öffentlichen Beratungen, die von ihnen bekleideten Ämter und Dienste, die an ihre Mitgläubigen gerichteten Mitteilungen, ihren Umgang mit hochgestellten und angesehenen Persönlichkeiten oder um ihre Zusammenarbeit mit verwandten Vereinigungen und Organisationen handeln, immer ist es nach meiner festen Überzeugung ihre erste und geheiligte Pflicht, sich in Wort und Tat von allem zu enthalten, was als Verletzung dieses lebenswichtigen Grundsatzes gedeutet werden könnte.

Sie haben die Pflicht, ihre uneingeschränkte Loyalität und ihren unbedingten Gehorsam gegenüber allem zu bekunden, was die wohlüberlegte Auffassung ihrer jeweiligen Regierung ist.

Die göttliche Politik

Sie sollten vermeiden, sich in Worten oder in Taten auf die politischen Bestrebungen ihrer jeweiligen Nation, auf die Diplomatie ihrer Regierung, auf die Aktionspläne und Programme von Parteien und Interessengruppen einzulassen.

In solchen Auseinandersetzungen sollten sie niemandem an irgend etwas die Schuld geben, keine Partei ergreifen, keinerlei Pläne fördern und sich selbst mit keinem System identifizieren, das den besten Interessen der weltweiten Bruderschaft, die zu behüten und zu fördern ihr eigenes Ziel ist, Abbruch tun könnte.

Sie sollten auf der Hut sein, dass sie nicht zu Werkzeugen gewissenloser Politiker werden oder sich in den Fallstricken verfangen, die die Verschwörer und die Verräter unter ihren Landsleuten ausspannen.

Ihr Leben sollten sie so gestalten und ihr Verhalten so einstellen, dass keine noch so unbegründete Beschuldigung der Heimlichkeit, Falschheit, Bestechung oder Einschüchterung gegen sie erhoben werden möge.

Sie sollten sich über jegliche Absonderung und Parteilichkeit, über den fruchtlosen Wortstreit, die kleinlichen Berechnungen und die vergänglichen Leidenschaften erheben, die das Antlitz einer sich wandelnden Welt erregen und ihre Aufmerksamkeit fesseln.

Es ist ihre Pflicht, so klar wie möglich und notfalls mit Hilfe ihrer gewählten Vertreter zu unterscheiden zwischen Stellungen und Aufgaben diplomatischer oder politischer und solchen rein verwaltungsmäßiger Art, die der zwangsläufige Wandel und Wechsel der politischen Tätigkeiten und Parteienregierungen jedes Landes unter keinen Umständen berührt.

Sie sollten ihre unbeugsame Entschlossenheit unter Beweis stellen, fest und rückhaltlos für den Weg Bahá’u’lláhs einzustehen, die von den Bestrebungen der Politiker untrennbaren Verwicklungen und Streitigkeiten zu meiden und zu wertvollen Triebkräften jener göttlichen Politik zu werden, welche die Verkörperung von Gottes unwandelbarem Plan für die ganze Menschheit darstellt.
Unmissverständlich muss klargestellt werden, dass eine solche Haltung weder die leiseste Gleichgültigkeit gegenüber den Anliegen und Belangen ihres eigenen Landes noch irgendeine Form von Widerspenstigkeit gegen die Amtsgewalt anerkannter und festbegründeter Regierungen mit sich bringt. Ebenso wenig bedeutet sie eine Verleugnung ihrer heiligen Pflicht, die Interessen ihrer Regierung und ihres Volkes auf wirksamste Art zu fördern. Diese Haltung drückt vielmehr den Wunsch jedes wahren, ergebenen Anhängers Bahá’u’lláhs aus, den höchsten Interessen des Landes, dem er angehört, in selbstloser, bescheidener und vaterländischer Weise sowie auf solche Art zu dienen, dass kein Abweichen von den mit den Lehren seines Glaubens verbundenen hohen Grundsätzen der Rechtschaffenheit und der Wahrheitsliebe damit verknüpft ist.
In dem Maße, wie sich die Zahl der Bahá’í-Gemeinden in den verschiedenen Weltteilen vervielfacht und ihre Macht als gesellschaftliche Kraft fortschreitend spürbar wird, werden sie zweifellos dem wachsenden Druck von Machthabern und politisch Einflussreichen ausgesetzt sein – Leuten, die Unterstützung im Verfolgen ihrer eigenen Ziele erwarten.

In wachsendem Maße werden die Gemeinden auch das Bedürfnis nach dem Wohlwollen und der Unterstützung ihrer jeweiligen Regierungen spüren, weil sie sich bemühen, die Reichweite der ihrer Obhut unterstellten Institutionen zu erweitern und deren Grundlagen zu festigen.

Sie sollten auf der Hut sein, dass sie nicht in ihrem Eifer, die Ziele ihrer geliebten Sache zu fördern, unabsichtlich dazu geführt werden, mit ihrem Glauben zu feilschen, ihre wesentlichen Grundsätze Kompromissen auszusetzen oder um irgendwelcher materieller Vorteile für ihre Institutionen willen die Unversehrtheit ihrer geistigen Ideale aufzuopfern.

Sie sollten verkünden, dass sie – einerlei, in welchem Land sie wohnen, wie fortgeschritten ihre Institutionen, wie tief ihr Verlangen auch sei, die von Bahá’u’lláh verkündeten Gesetze anzuwenden und Seine Grundsätze zu verfolgen – die Anwendung dieser Gesetze und die Verfolgung dieser Grundsätze immer den Anforderungen und den rechtmäßigen Anordnungen ihrer jeweiligen Regierungen ohne Zögern unterordnen werden.

Keineswegs haben sie in ihrem Bemühen, die Verwaltungsangelegenheiten ihres Glaubens zu führen und zu vervollkommnen, die Absicht, unter irgendwelchen Umständen die Bestimmungen der Verfassung ihres Landes zu verletzen oder gar mit dem Apparat ihrer Gemeindeordnung die Regierung ihres jeweiligen Landes zu verdrängen.
Auch sollte bedacht werden, dass es gerade durch die gegenwärtige Ausweitung unserer Tätigkeiten und durch die Vielfalt der Gemeinden, die sich unter den verschiedensten Regierungsformen mit wesenhaft unterschiedlichen Maßstäben, Zielen und Methoden mühen, absolut unabdingbar für alle erklärten Mitglieder dieser Gemeinden ist, jedwede Handlung zu vermeiden, die bei einer Regierung Verdacht wecken, Gegenwehr herausfordern, ihre Brüder in neue Verfolgungen verwickeln oder ihnen ihre Aufgaben den Umständen nach erschweren könnte. Wie sonst, möchte ich fragen, könnte ein so weitgesteckter Glaube, der politische und gesellschaftliche Grenzen überschreitet, der eine so große Vielzahl von Rassen und Nationen umgreift und sich bei seinem Vormarsch in wachsendem Maße auf das Wohlwollen und den Beistand der verschiedenartigsten, untereinander zerstrittenen Regierungen der Erde stützen muss – wie sonst könnte es einem solchen Glauben gelingen, seine Einheit zu wahren, seine Interessen zu schützen und die stetige, friedliche Entwicklung seiner Institutionen zu sichern?
Eine derartige Haltung ist jedoch keineswegs von selbstischen Nützlichkeitserwägungen diktiert; vielmehr ist sie zuerst und zuvorderst von dem klaren Grundsatz bestimmt, dass sich die Anhänger Bahá’u’lláhs unter keinen Umständen, weder persönlich noch gemeinschaftlich, in Angelegenheiten verwickeln lassen, die auch nur die geringste Abweichung von den Grundwahrheiten und Idealen ihres Glaubens nach sich zögen. Weder Anschuldigungen der Unwissenden und Böswilligen noch Verlockungen mit Lohn und Ehre können sie dazu verleiten, das ihnen Anvertraute im Stich zu lassen oder von ihrem Pfade abzuirren. Ihre Worte sollten verkünden und ihr Verhalten bezeugen, dass die Nachfolger Bahá’u’lláhs, in welchem Land sie auch wohnen, von keiner selbstischen Ehrsucht getrieben sind, dass sie weder nach Macht dürsten noch sich um die Wogen der Unbeliebtheit, des Misstrauens oder der Kritik kümmern, die ihr genaues Festhalten an ihren Maßstäben hervorrufen könnte.
Wie schwierig und heikel unsere Aufgabe auch sei, die stützende Macht Bahá’u’lláhs und Seine göttliche Führung werden uns sicherlich beistehen, wenn wir Seinem Pfad unentwegt folgen und die Unversehrtheit Seiner Gesetze zu bewahren trachten. Das Licht Seiner erlösenden Gnade, das keine irdische Macht verdunkeln kann, wird, so wir nur ausharren, unseren Weg erleuchten, während wir mitten durch die Schlingen und Fallen eines unruhigen Zeitalters unseren Kurs steuern, und es wird uns befähigen, unsere Pflichten in solcher Weise zu erfüllen, dass es Seinem gesegneten Namen zu Ruhm und Ehre gereicht.

Unser geliebter Tempel

Lassen Sie mich zum Schluss, innig geliebte Brüder, noch einmal Ihre Aufmerksamkeit auf die drängenden Erfordernisse des Mashriqu’l-Adhkárs, unseres geliebten Tempels, lenken.

Brauche ich Sie überhaupt an die gebieterische Notwendigkeit zu erinnern, dieses große Unternehmen, an das wir in den Augen einer scharf beobachtenden Welt gebunden sind, zu einem erfolgreichen Abschluss zu führen, solange uns dafür die Zeit bleibt?

Brauche ich den großen Schaden hervorzuheben, den weiterer Verzug in der Verfolgung dieser göttlich bestimmten Aufgabe gerade unter so kritischen, unvorhergesehenen Umständen dem Ansehen unserer geliebten Sache zufügen muss?

Ich bin mir, das kann ich Sie versichern, der knappen Verhältnisse, in denen Sie sich befinden, klar bewusst, ebenso der Schwierigkeiten, unter denen Sie sich mühen, der Sorgen, die auf Ihnen lasten, der drängenden Eile der fortgesetzt an Ihre erschöpften Ressourcen gestellten Ansprüche.

Noch tiefer bin ich mir jedoch des unvergleichlichen Ranges jener Möglichkeit gewiss, die zu ergreifen und in die Tat umzusetzen Ihr Vorrecht ist.

Ich bin mir der unabschätzbaren Segnungen gewiss, die den Abschluss eines Gemeinschaftsvorhabens erwarten, welches nach Wert und Umfang der damit verbundenen Opfer unter die hervorragendsten Beispiele von Bahá’í-Solidarität seit den Taten strahlenden Heldentums, wie sie das Gedenken an die Heroen von Nayríz, Zanján und Ṭabarsí unsterblich macht, gezählt zu werden verdient.

Deshalb, Freunde und Mitjünger Bahá’u’lláhs, appelliere ich bei Ihnen an ein noch reicheres Maß an Selbstaufopferung, an eine noch höhere Stufe gemeinsamer Anstrengung, an einen noch zwingenderen Beweis für die Wirklichkeit des Glaubens, der in Ihnen glüht.
Und bei dieser inbrünstigen Bitte wird meine Stimme noch weiter verstärkt durch das leidenschaftliche, vielleicht das letzte Flehen des Größten Heiligen BlattesA12, deren Geist nun am Übergang zum großen Jenseits schwebt und sich danach sehnt, auf seinem Flug in das Reich Abhá, in die Gegenwart eines göttlichen, eines allmächtigen Vaters, ein Zeichen der Gewissheit für die freudige Vollendung eines Unternehmens mit sich zu führen, dessen Fortschritte ihr die letzten Tage ihres Erdenlebens so strahlend erhellt haben. Dass die amerikanischen Gläubigen, jene kühnen, beherzten Pioniere des Glaubens Bahá’u’lláhs, einmütig mit derselben spontanen Großzügigkeit, demselben Maß an Selbstaufopferung antworten werden, wie sie ihre Antworten auf die Appelle des Größten Heiligen Blattes in der Vergangenheit gekennzeichnet haben, daran kann niemand zweifeln, der mit der Lebendigkeit ihres Glaubens vertraut ist.
Wolle Gott, dass mit dem Ausklang des Frühlings im Jahre 1933 die Scharen, die aus den entlegensten Ecken des Erdballs zu den Ausstellungsflächen jener großen Messe in der Nachbarschaft dieses geweihten Heiligtums drängen, als Ergebnis Ihres standhaften Geistes der Selbstaufopferung das Vorrecht haben werden, auf den festlichen Glanz seiner Kuppel zu schauen – einer Kuppel, die als flammendes Leuchtfeuer, als Symbol der Hoffnung inmitten des Düsters einer verzweifelnden Welt aufragen wird.
Ihr wahrer Bruder Shoghi
Haifa, Palästina 21. März 1932

Amerika und der Größte Friede

An die Geliebten des Herrn und die Dienerinnen des Barmherzigen in den Vereinigten Staaten und in Kanada
Freunde und Mitkämpfer für den Glauben Gottes!
Vierzig Jahre werden vor dem Ende des kommenden Sommers verstrichen sein, seitdem der Name Bahá’u’lláhs zum ersten Mal auf dem amerikanischen Erdteil erwähnt wurde. Seltsam müssen in der Tat jedem Beobachter, der die Bedeutung eines derart wichtigen Wendepunkts in der Geistesgeschichte der großen amerikanischen Republik in seinem Herzen bewegt, die Umstände vorkommen, unter denen diese erste öffentliche Bezugnahme auf den Urheber unseres geliebten Glaubens geschah. Noch seltsamer müssen die Gedankenverbindungen erscheinen, welche die kurzen Worte, die bei dieser historischen Gelegenheit geäußert wurden, in den Gemütern der Zuhörer ausgelöst haben müssen.
Nichts von Pomp und Staat, nichts von Bekundungen öffentlichen Jubels oder volkstümlichen Beifalls bei diesem ersten HinweisA13 amerikanischer Bürger auf das Bestehen und die Zielsetzung der von Bahá’u’lláh verkündeten Offenbarung. Auch bekannte sich er, der das erwählte Werkzeug dafür war, keineswegs selbst als einer, der an die der überbrachten Botschaft innewohnende Gewalt glaubte, noch vermutete er das Ausmaß der Kräfte, die seine beiläufige Erwähnung entfesseln sollte.
Angekündigt durch den Mund eines erklärten Verfechters jener engstirnigen Kirchlichkeit, die unser Glaube herausfordert und zu tilgen sucht, zur Stunde ihrer Geburt als obskurer Ableger eines schändlichen Irrglaubens bezeichnet, konnte die Botschaft des Größten Namens doch, gespeist von den Strömen unaufhörlicher Prüfungen und erwärmt vom Sonnenschein der zärtlichen Fürsorge ‘Abdu’l-Bahás, ihre Wurzeln tief in den fruchtbaren Boden Amerikas schlagen und in weniger als einem halben Jahrhundert ihre Schösslinge und Ableger bis in die entlegensten Ecken des Erdballs entsenden. Heute steht sie da, gekleidet in die Pracht des geweihten Baus, den sie im Herzen dieses Erdteils aufgerichtet hat, fest entschlossen, ihre Ansprüche zu verkünden und ihre Fähigkeit, ein schwer verwundetes Volk zu erlösen, unter Beweis zu stellen. Ohne sich auf Vorteile wie Talent, Rang und Reichtümer stützen zu können, hat die Gemeinde der amerikanischen Gläubigen trotz ihres zarten Alters, ihrer geringen Zahl, ihrer beschränkten Erfahrung, kraft der begnadeten Weisheit, des vereinten Willens und der unverbrüchlichen Bundestreue ihrer Verwalter und Lehrer die Würde unbestrittener Führerschaft unter ihren Schwestergemeinden in Ost und West bei der tatkräftigen Beschleunigung des Kommens des von Bahá’u’lláh erwarteten Goldenen Zeitalters erlangt.
Und doch! Wie schwer wogen die Krisen, welche diese jugendliche, diese gesegnete Gemeinde im Verlauf ihrer bewegten Geschichte glücklich überwunden hat! Wie langsam und schmerzlich war der Prozess, der sie Schritt für Schritt aus einem unbeachteten Dahindämmern ins helle Tageslicht öffentlicher Anerkennung brachte! Wie hart waren die Schläge, die mit dem Abfall der Kleinmütigen, mit der Bosheit der Unheilstifter, mit der Verräterei der Hochmütigen und Ehrgeizigen durch die Reihen ihrer ergebenen Anhänger gingen! Welche Stürme von Spott, Schimpf und Ehrabschneiderei hatten ihre Vertreter zu gewärtigen, während sie die Unversehrtheit ihres erkorenen Glaubens unerschütterlich wahrten und seinen guten Namen tapfer verteidigten! Wie unaufhörlich waren die Wechselfälle, wie verwirrend die Rückschläge, welche ihre bevorrechtigten Mitglieder, junge und alte gleichermaßen, in ihrem heldenhaften Bemühen, jene Höhen zu erstürmen, die ihnen ein liebender Meister zu erreichen gebot, durchzukämpfen hatten!
Zahllos und mächtig waren die Feinde des Glaubens.

Kaum hatten diese an seinen erklärten Trägern die Beweise wachsender Überlegenheit entdeckt, da wetteiferten sie miteinander darin, ihnen die gemeinsten Anschuldigungen ins Gesicht zu schleudern und über den Gegenstand ihrer Verehrung die Schale ihres grimmigsten Zornes auszugießen.

Wie oft haben sie über die bescheidenen Mittel dieser Gemeinde und über ihr scheinbar stockendes Leben gespöttelt!

Wie beißend verlachten sie diese wegen ihres Ursprungs und taten sie in völliger Fehleinschätzung ihrer Ziele als nutzlosen Fortsatz eines welkenden Glaubens ab!

Haben sie nicht in ihren schriftlichen Angriffen die heldische Person des Vorläufers einer so geheiligten Offenbarung als feigen Widerrufler, als verdrehten Abtrünnigen gegeißelt, haben sie nicht die gesamte Reihe Seiner umfangreichen Schriften als das leere Geschwätz eines Hirnlosen gebrandmarkt?

Haben sie nicht ihrem göttlichen Begründer die gemeinsten Beweggründe angedichtet, die ein skrupelloser Verschwörer, ein Thronräuber hegen könnte?

Haben Sie nicht den Mittelpunkt Seines Bundes als die Verkörperung grausamer Gewaltherrschaft hingestellt, als Unheilstifter, als allbekanntes Beispiel orientalischer List und Tücke?

Die weltvereinenden Grundsätze eines stetig wachsenden Glaubens haben diese ohnmächtigen Feinde immer wieder als von Grund auf mangelhaft abgetan, sein allumfassendes Programm als völlig phantastisch dargestellt, seinen Ausblick auf die Zukunft als Hirngespinst, als mutwilligen Betrug betrachtet.

Die grundlegenden Wahrheiten, welche die Lehraussage dieses Glaubens bilden, haben seine törichten Gegner als einen Deckmantel für leere Dogmen ausgegeben; sie haben sich gewehrt, seinen Verwaltungsapparat von seinem innersten Wesen zu unterscheiden, und die Mysterien, die dieser Glaube verehrt und verteidigt, haben sie als reinen Aberglauben abgetan.

Den Grundsatz der Einheit, für den dieser Glaube eintritt und mit dem er gleichgesetzt wird, haben sie als einen öden Versuch der Gleichmacherei missdeutet; seine wiederholten Bekräftigungen, dass es übernatürliche Wirkkräfte gibt, haben sie als hohlen Zauberglauben verurteilt, die Herrlichkeit seines Idealismus als bloße Utopie verworfen.

Jeden Reinigungsprozess, durch den eine unerforschliche Weisheit von Zeit zu Zeit die Körperschaft Seiner erwählten Anhänger vom Schmutz des Unerwünschten und Wertlosen zu läutern beliebte, haben diese Opfer einer unerbittlichen Eifersucht als ein Anzeichen für die einbrechenden Kräfte der Spaltung begrüßt, Kräfte, welche bald die innere Festigkeit dieses Glaubens auszehren, seinen Lebensodem ersticken, seinen Niedergang besiegeln sollten.
Innig geliebte Freunde!

Es ist nicht an mir noch scheint es für jemanden aus unserer Generation statthaft zu sein, die genaue und vollständige Geschichte des Aufstiegs und der fortschreitenden Festigung dieses unbesiegbaren Armes, dieses machtvollen Organs der stetig sich entwickelnden Sache Gottes nachzuzeichnen.

Zum jetzigen frühen Stand der Entwicklung wäre es voreilig, wollte man eine erschöpfende Analyse versuchen oder zu einer richtigen Einschätzung der Triebkräfte kommen, die diese Gemeinde auf ihren erhabenen Rang unter den zahlreichen Werkzeugen gehoben haben, welche die Hand des Allmächtigen für die Durchführung Seiner göttlichen Absicht bereitet hat und nun weiter verfeinert.

Künftige Geschichtsschreiber dieser machtvollen Offenbarung mit kundigeren Federn, als je einer ihrer gegenwärtigen Anhänger sie für sich beanspruchen kann, werden zweifellos der Nachwelt eine meisterliche Darstellung des Ursprungs jener Kräfte hinterlassen, die in einzigartigem Pendelschwung das Verwaltungszentrum unseres Glaubens weit weg von seiner Wiege an die Küsten des amerikanischen Erdteils und in dessen Herz hinein verlagerten, hin zur gegenwärtigen Haupttriebfeder und Hauptbastei ihrer rasch sich entwickelnden Institutionen.

Ihnen wird dann auch die Aufgabe zukommen, den Ablauf einer derart grundlegenden Umwälzung in den Geschicken eines langsam reifenden Glaubens aufzuzeichnen und seine Bedeutung abzuschätzen.

Ihnen wird die Gelegenheit zuteil, die Tugenden jener Männer und Frauen zu preisen, die an der Vollendung dieses Prozesses teilnahmen, und deren Gedächtnis unsterblich zu machen.

Sie werden das Vorrecht haben, den Anteil jedes einzelnen dieser Vorkämpfer und Baumeister der Weltordnung Bahá’u’lláhs an der Einleitung jenes Goldenen Zeitalters, dessen Verheißung in Seinen Lehren verwahrt liegt, zu bewerten.
Bietet nicht die Geschichte des frühen Christentums und die des Aufstiegs des Islám, jede auf ihre eigene Art, eine verblüffende Parallele zu der denkwürdigen Erscheinung, deren Anfänge wir jetzt, im ersten Jahrhundert des Bahá’í-Zeitalters, miterleben?

Ist nicht der göttliche Impuls, der jedem großen Religionssystem das Leben schenkte, unter der Einwirkung jener Kräfte, die das unaufhaltsame Wachstum des Glaubens entfesselte, aus seinem Geburtsland abgelenkt worden, um sich in günstigeren Himmelsstrichen ein vorbereitetes Feld und bessere Lebensbedingungen für die Verkörperung seines Geistes und die Verkündigung seiner Sache zu suchen?

Waren nicht die asiatischen Kirchen von Jerusalem, Antiochia und Alexandrien, die hauptsächlich aus bekehrten Juden bestanden und nach deren Charakter und Temperament dazu neigten, sich auf das überlieferte Zeremoniell der mosaischen Sendung einzustimmen – waren nicht diese Kirchen gezwungen, das wachsende Übergewicht ihrer griechischen und römischen Brüder zur Kenntnis zu nehmen?

Mussten sie nicht die Überlegenheit und die geschulte Tüchtigkeit anerkennen, die jene Bannerträger der Sache Jesu Christi befähigte, die Zeichen Seiner Weltherrschaft auf den Ruinen eines zusammenbrechenden Imperiums aufzupflanzen?

War nicht der den Islám belebende Geist unter dem Druck ähnlicher Verhältnisse gezwungen, die ungastlichen Wüsten seiner arabischen Heimat, die Schauplätze seiner größten Leiden und Heldentaten, zu verlassen, um in einem fernen Land die köstlichste Frucht seiner langsam reifenden Kultur hervorzubringen?
»Vom Anbeginn der Zeit bis auf den heutigen Tag«, bekräftigt ‘Abdu’l-Bahá selbst, »ist das Licht göttlicher Offenbarung im Osten aufgegangen und hat seine Strahlen auf den Westen ergossen. Im Westen aber hat seine Leuchtkraft ungewöhnliches Feuer erlangt. Betrachte den Glauben, den Jesus verkündete. Obgleich er zuerst im Osten erschien, wurde doch das volle Maß seiner Möglichkeiten erst offenbar, als sich sein Licht auf den Westen ergoss.« »Der Tag naht heran«, so versichert Er uns an einer anderen Stelle, »da ihr bezeugen werdet, wie durch den Strahlenglanz des Glaubens Bahá’u’lláhs der Westen den Osten abgelöst haben wird und das Licht göttlicher Führung verbreiten wird.« »In den Büchern der Propheten«, bestätigt Er des Weiteren, »sind gewisse Frohe Botschaften aufgezeichnet, die völlig wahr und unzweifelhaft sind. Der Osten war allezeit der Aufgangsort für die Sonne der Wahrheit. Im Osten sind alle Propheten Gottes aufgetreten … Der Westen hat vom Osten Erleuchtung erfahren, aber in mancherlei Hinsicht war die Widerspiegelung des Lichtes im Abendland stärker. Dies gilt besonders für die Christenheit. Jesus Christus erschien in Palästina, Seine Lehren wurden in jenem Land begründet. Aber obwohl die Tore des Königreichs dort zuerst geöffnet und die Gnadengaben Gottes vom Mittelpunkt jenes Landes weithin verbreitet wurden, haben die Menschen des Westens das Christentum umfassender angenommen und verkündet als die Menschen des Ostens.«Q38
Was Wunder, dass nach ‘Abdu’l-Bahás denkwürdigem Besuch im Westen aus derselben unfehlbaren Feder folgende oft zitierten Worte strömten, deren Bedeutung ich kaum zu überschätzen vermöchte:

»Der amerikanische Erdteil«, so verkündet Er in einem Sendschreiben, das den in den nordöstlichen Staaten der amerikanischen Republik wohnenden Gläubigen Seinen Göttlichen Plan darstellt, »ist in den Augen des einen wahren Gottes das Land, wo der Strahlenglanz Seines Lichtes offenbart, die Geheimnisse Seines Glaubens enthüllt, wo die Rechtschaffenen wohnen und die Freien sich versammeln werden.«Q39 »Möge diese amerikanische Demokratie«, so hörte man Ihn während Seines Aufenthalts in Amerika bemerken, »die erste Nation sein, welche die Grundlage internationaler Verständigung aufbaut.

Möge sie die erste Nation sein, die Einheit der Menschheit zu verkünden.

Möge sie die erste sein, das Banner des ›Größten Friedens‹Q40 zu entfalten … Das amerikanische Volk ist in der Tat würdig, das erste zu sein, um das Tabernakel des großen Friedens aufzurichten und die Einheit der Menschheit aller Welt zu verkünden … Möge Amerika zum Vertriebszentrum geistiger Erleuchtung werden und alle Welt diese himmlische Gabe aufnehmen!

Denn Amerika hat Kräfte und Fähigkeiten entwickelt, größer und wunderbarer als andere Nationen. … Mögen die Bewohner dieses Landes wie himmlische Engel werden, ihr Angesicht beständig auf Gott gerichtet.

Mögen sie alle Diener des Allmächtigen werden.

Mögen sie sich über ihre gegenwärtigen materiellen Errungenschaften hinaus zu solchen Höhen erheben, dass himmlische Erleuchtung aus diesem Mittelpunkt zu allen Völkern der Welt ströme … Die amerikanische Nation ist gerüstet und befähigt, das zu erreichen, was die Seiten im Buch der Geschichte ziert, der Neid aller Welt zu werden und im Osten wie im Westen für die Triumphe ihres Volkes selig gepriesen zu werden … Der amerikanische Erdteil weist Zeichen und Beweise für überaus große Errungenschaften auf Seine Zukunft ist noch verheißungsvoller, denn sein Einfluss und seine Erleuchtung sind weitreichend.

Er wird alle Nationen geistig führen.«Q41
Wäre es im Lichte so erhabener Äußerungen überspannt zu erwarten, aus der Mitte eines so beneidenswerten Weltteils, aus der Seelenqual und dem Strandgut einer Krise von nie dagewesenem Ausmaß werde eine geistige Wiedergeburt hervorbrechen, die sich vermittels der amerikanischen Gläubigen verkündet und die Geschicke eines niedergegangenen Zeitalters wiederherstellt? ‘Abdu’l-Bahá selbst war es, der nach dem Zeugnis Seiner vertrautesten Begleiter bei mehr als einer Gelegenheit andeutete, die Begründung von Seines Vaters Glauben auf dem nordamerikanischen Kontinent rage als das bedeutendste der drei Ziele hervor, die Er zusammen als den Hauptzweck Seines Amtes verstand.

Er war es auch, der in der Blüte Seines Lebens, fast unmittelbar nach Seines Vaters Heimgang, den Gedanken fasste, Seine Sendung damit einzuleiten, dass er die Bewohner eines so vielversprechenden Landes unter dem Banner Bahá’u’lláhs sammle.

In Seiner unfehlbaren Weisheit und aus überquellendem Herzen beliebte Er, Seinen bevorzugten Jüngern bis zum letzten Tag Seines Lebens die Zeichen Seiner unversieglichen Sorge zuzuwenden und sie mit den Zeugnissen Seiner besonderen Gunst zu überschütten.

Er war es auch, der in vorgerücktem Alter, kaum von den Ketten langer, grausamer Kerkerhaft befreit, den Entschluss fasste, jenes Land zu besuchen, das schon so viele Jahre hindurch der Gegenstand Seiner unendlichen Liebe und Fürsorge gewesen war.

Er war es, der durch die Macht Seiner Gegenwart und den Charme Seiner Äußerung der gesamten Gemeinschaft Seiner Anhänger jene Empfindungen und Grundsätze einflößte, die allein sie durch die mit der Verfolgung ihrer Aufgabe unvermeidlichen Prüfungen aufrechterhalten konnten.

Vermachte Er nicht ihnen allen mit den verschiedensten feierlichen Handlungen, die Er während Seines Aufenthalts unter ihnen wahrnahm, ob bei der Grundsteinlegung zu ihrem Haus der Andacht, ob bei dem Fest, das Er ihnen gab und bei dem es Ihm gefiel, sie persönlich zu bedienen, oder durch die Betonung, die Er bei einer ernsteren Gelegenheit auf die Folgerungen aus Seiner geistigen Stufe legte, – vermachte Er nicht dadurch ihnen allen mit Bedacht die Wesenszüge jenes geistigen Erbes, das sie, wie Er wohl wusste, tüchtig wahren und durch ihre Taten ständig bereichern würden?

Und wer könnte schließlich bezweifeln, dass Er sie in dem Göttlichen Plan, den Er in den Abendstunden Seines Lebens ihren Augen enthüllte, mit einem geistigen Vorrang belehnte, auf den sie sich bei der Erfüllung ihrer hohen Bestimmung verlassen konnten?
»O ihr Apostel Bahá’u’lláhs!« so redet Er sie in einem Seiner Sendschreiben an, »Möge mein Leben ein Opfer für euch sein! … Sehet die Tore, die Bahá’u’lláh vor euch eröffnet hat!

Bedenket, wie hehr und erhaben die Stufe ist, die zu erreichen euch bestimmt wurde, wie einzigartig die Gunstbeweise sind, die euch verliehen wurden.«Q42 »Meine Gedanken«, sagt Er ihnen an anderer Stelle, »sind euch zugewandt, und bei eurer Erwähnung hüpft mir das Herz in der Brust.

Könntet ihr doch wissen, wie meine Seele in Liebe zu euch erglüht; so großes Glück würde euch da ins Herz fluten, dass ihr ineinander verliebt wäret.«Q43 »Das volle Maß eures Erfolges«, erklärt Er in einem weiteren Sendschreiben, »ist noch nicht enthüllt, seine Bedeutung ist noch nicht verstanden.

Bald werdet ihr mit eigenen Augen bezeugen, wie leuchtend jeder von euch, einem hellen Sterne gleich, vom Himmelszelt eures Landes das Licht göttlicher Führung herniederstrahlt und allem Volke dort die Herrlichkeit ewigen Lebens verleiht.«Q44 »Die Reichweite eurer künftigen Errungenschaften«, bestätigt Er ein anderes Mal, »ist noch verborgen.

Ich hoffe inbrünstig, dass die Ergebnisse eurer Errungenschaften in naher Zukunft die ganze Erde bewegen und aufrütteln werden.«Q45 »Der Allmächtige«, versichert Er ihnen, »wird euch zweifellos die Hilfe Seiner Gnade gewähren.

Er wird euch mit den Zeichen Seiner Macht bekleiden und wird euch mit der stützenden Kraft Seines heiligen Geistes ausstatten.« »Seid nicht besorgt«, so ermahnt Er sie, »über eure geringe Zahl, noch seid niedergedrückt von der Menschenmasse einer ungläubigen Welt … Mühet euch; denn eure Sendung ist unaussprechlich ruhmreich.

Wenn der Erfolg euer Unternehmen krönt, wird sich Amerika sicherlich zu einem Mittelpunkt entwickeln, von dem Wellen geistiger Macht ausstrahlen, und der Thron des Reiches Gottes wird in der Fülle seiner Majestät und Herrlichkeit festgegründet sein.«Q46
»Die Hoffnung, welche ‘Abdu’l-Bahá für euch hegt«, so drängt Er sie, »ist, dass derselbe Erfolg, der eure Bemühungen in Amerika begleitete, auch eure Anstrengungen in anderen Teilen der Welt kröne, dass durch euch der Ruhm der Sache Gottes überall im Osten wie im Westen verbreitet und das Kommen des Reiches des Herrn der Heerscharen in allen fünf Teilen des Erdballs öffentlich verkündet werde … Bisher waret ihr unermüdlich in euren Tätigkeiten.

Lasst eure Anstrengungen künftig tausendfach wachsen.

Fordert das Volk dieser Länder in ihren Hauptstädten, auf ihren Inseln, in ihren Versammlungen und Kirchen auf zum Eintritt in das Königreich Abhá!

Die Reichweite eurer Bemühungen muss unbedingt ausgedehnt werden.

Je weiter sie geht, desto eindrucksvoller werden die Beweise göttlichen Beistands sein … O könnte ich doch diese Gegenden durchreisen, wenn auch zu Fuß und in tiefster Armut, in den Städten, den Dörfern, den Bergen, Wüsten und Meeren den Ruf Yá Bahá’u’l-Abhá erheben und die göttlichen Lehren verbreiten!

Leider kann ich das nicht!

Wie schmerzlich beklage ich dies!

So Gott will, könnt ihr es erreichen.«Q47 Und schließlich, als wollte Er alle Seine früheren Äußerungen krönen, diese feierliche Bekräftigung Seiner Schau von Amerikas geistiger Bestimmung:

»Sobald die amerikanischen Gläubigen diese göttliche Botschaft von den Küsten Amerikas weggetragen und quer durch die Erdteile Europa, Asien, Afrika und Australasien bis hin zu den Inseln des Stillen Ozeans verbreitet haben, wird sich diese Gemeinde unverrückbar auf dem Thron unsterblicher Herrschaft sitzen sehen.

Dann werden alle Völker der Welt bezeugen, dass diese Gemeinde geistig erleuchtet und göttlich geführt ist.

Dann wird der ganze Erdball widerhallen vom Lobpreis ihrer Majestät und Größe.«Q48
Im Lichte der vorstehend angeführten Worte ‘Abdu’l-Bahás sollte jeder nachdenkliche und gewissenhafte Gläubige die Bedeutung dieser gewichtigen Äußerung Bahá’u’lláhs erwägen: »Im Osten ist das Licht Seiner Offenbarung angebrochen; im Westen sind die Zeichen Seiner Herrschaft erschienen. Denke tief im Herzen darüber nach, o Volk, und gehöre nicht zu denen, die für Seine, des Allmächtigen, des Allgepriesenen, Ermahnungen taube Ohren habenA14 … Sollten sie das Licht Seiner Offenbarung auf dem Festland zu verdecken suchen, dann wird es sicherlich sein Haupt mitten im Herzen des Weltmeeres erheben und mit lauter Stimme verkünden: ›Ich bin der Lebensspender der Welt!‹«
Innig geliebte Freunde!

Kann unser Auge so trübe sein, dass es inmitten der Qual und der Unruhe, die heutzutage schlimmer als in jedem anderen Land und in einer durch ihre ganze Geschichte hindurch noch nie dagewesenen Weise die amerikanische Nation heimsuchen, die Anzeichen jener beginnenden geistigen Wiedergeburt verkennen, welche die bedeutungsschweren Worte ‘Abdu’l-Bahás so klar voraussagen?

Schmerz und Todespein, wie sie die Seele einer in Wehen liegenden Nation nun auszukosten beginnt, verkünden jene Wiedergeburt in überreichem Maße.

Setzen Sie gegen die traurige Lage der Nationen dieser Erde und besonders der großen Republik des Westens das wachsende Glück jener Handvoll ihrer Bürger, deren Sendung es ist, wenn sie nur ihrem Erbe treu bleiben, die Wunden dieser Nation zu heilen, ihr Vertrauen neu zu bauen und ihre erschütterten Hoffnungen wiederzubeleben.

Setzen Sie gegen die furchtbaren Zuckungen, die mörderischen Auseinandersetzungen, die kleinlichen Wortstreitereien, die überholten Gegensätze, die endlosen Umwälzungen, welche die Massen aufwühlen – setzen Sie dagegen das ruhige neue Licht des Friedens und der Wahrheit, das die tapferen Erben von Bahá’u’lláhs Gesetzen und Bahá’u’lláhs Liebe umhüllt, führt und erhält.

Vergleichen Sie die sich auflösenden Institutionen, die in Misskredit geratene Staatskunst, die veralteten Theorien, die erschreckende Entartung, die Torheiten und Tollheiten, die Schliche, Kniffe und Kompromisse, welche das gegenwärtige Zeitalter kennzeichnen, mit der stetigen Festigung, der heiligen Selbstzucht, der Einheit und Verbundenheit, der gewissen Überzeugung, der unbeugsamen Bundestreue, der heldenmütigen Selbstaufopferung, welche das Gütesiegel dieser glaubensstarken Verweser und Vorboten für das Goldene Zeitalter der Religion Bahá’u’lláhs bilden.
Kein Wunder, dass ‘Abdu’l-Bahá diese prophetischen Worte offenbart hat: »Der Osten«, so versichert Er uns, »ist wahrlich vom Lichte des Reiches Gottes erleuchtet worden. Bald wird dieses selbe Licht noch größeren Glanz auf den Westen ergießen. Dann werden die Herzen seines Volkes belebt durch die Kraft der Lehren Gottes, und ihre Seelen werden glühen im unvergänglichen Feuer Seiner Liebe.« »Das Ansehen des Glaubens Gottes«, so bestätigt Er, »ist unermesslich gewachsen. Seine Größe ist nunmehr offenkundig. Der Tag naht, da er entsetzlichen Aufruhr in die Menschenherzen geworfen haben wird. Freuet euch darüber, o ihr Bewohner Amerikas, freuet euch mit jubelnder Freude!«
Meine hochgeschätzten, meine innig geliebten Brüder!

Wenn wir auf die vierzig Jahre zurückblicken, die vergangen sind, seitdem die glückverheißenden Strahlen der Bahá’í-Offenbarung zum ersten Male den Erdteil Amerika erwärmt und erleuchtet haben, dann merken wir, dass diese vierzig Jahre in vier deutlich verschiedene Zeitabschnitte zerfallen, von denen jeder in einem Ereignis von solcher Bedeutung gipfelte, dass es einen Meilenstein auf dem Weg der amerikanischen Gläubigen zu ihrem verheißenen Siege darstellt.

Das erste dieser vier JahrzehnteA15 ist gekennzeichnet durch einen Vorgang langsamer, stetiger Gärung; wir können sagen, dass dieser Abschnitt in den historischen Pilgerreisen der amerikanischen Jünger ‘Abdu’l-Bahás zum Schreine Bahá’u’lláhs gipfelte.

Die folgenden zehn JahreA16 waren voll von Proben und Prüfungen, welche die Körperschaft der ersten Pioniere des Glaubens dortzulande aufrüttelten, läuterten und kräftigten; ihr glückstrahlender Gipfelpunkt war ‘Abdu’l-Bahás denkwürdiger Besuch Amerikas.

Die dritte PeriodeA17, ein Abschnitt ruhiger, ununterbrochener Festigung, führte unausweichlich zur Geburt jener göttlich bestimmten Gemeindeordnung, deren Grundlagen der Letzte Wille des dahingegangenen Meisters unverkennbar gelegt hat.

Die letzten zehn JahreA18 zeichneten sich durchgehend durch die weitere innere Entwicklung wie auch durch eine beachtliche Ausdehnung der internationalen Tätigkeiten einer wachsenden Gemeinde aus; sie sind Zeuge der Fertigstellung des Überbaus am Mashriqu’l-Adhkár, dem machtvollen Bollwerk jener Gemeindeordnung, Sinnbild ihrer Stärke, Kennzeichen ihrer künftigen Herrlichkeit.
Jeder dieser aufeinanderfolgenden Zeitabschnitte hat, so will es mir scheinen, seinen besonderen Teil dazu beigetragen, das geistige Leben dieser Gemeinde zu bereichern und ihre Glieder auf die ungeheure Verantwortung ihrer einzigartigen Sendung vorzubereiten. Die Pilgerreisen, zu denen sich ihre führenden Vertreter im ersten Abschnitt ihrer Geschichte bewegt fühlten, entflammten die Seelen ihrer Mitglieder mit solcher Liebe und solchem Eifer, dass noch so schlimme Widerwärtigkeiten sie nicht mehr löschen konnten. Die Prüfungen und Trübsale, welche die Gemeinde daraufhin erduldete, vermittelten denen, die sie überstanden, einen Begriff von der Tragweite ihres Glaubens, den kein noch so entschlossener und wohlorganisierter Widerstand mehr schwächen konnte. Die Institutionen, welche die erprobten und geprüften Anhänger dieser Gemeinde später errichteten, gaben ihren Vorkämpfern das stabile Gleichgewicht, das sie bei ihrer wachsenden Zahl und bei der unaufhörlichen Ausweitung ihrer Tätigkeiten dringend brauchten. Und schließlich bot den Vertretern einer bereits festgegründeten Gemeindeordnung der Tempel, den zu errichten ihnen eingegeben worden war, eine Zukunftsschau, welche weder die Stürme innerer Unordnung noch die Wirbelwinde internationaler Unruhe verfinstern konnten.
Es würde zu lange dauern, wollte ich hier versuchen, auch nur eine kurze Beschreibung der ersten Druckwellen zu geben, die die Einführung der Bahá’í-Offenbarung in der Neuen Welt, wie unser geliebter Meister sie plante, einleitete und steuerte, unmittelbar auslöste.

Der begrenzte Raum erlaubt mir auch nicht, die Begleitumstände jenes epochemachenden Besuches der ersten amerikanischen Pilger an Bahá’u’lláhs geweihtem Schreine zu erzählen, von den Taten zu berichten, welche die Rückkehr jener Träger eines neugeborenen Evangeliums kennzeichneten, oder die unmittelbaren Folgen ihrer Errungenschaften zu bewerten.

Kein Wort aus meiner Feder könnte genügend ausdrücken, wie die enthüllten Hoffnungen, Erwartungen und Ziele ‘Abdu’l-Bahás für einen erwachenden Weltteil spontan Geist und Herz derer elektrisierten, die ihm zuzuhören das Vorrecht hatten, die zu Empfängern Seiner kostbaren Segnungen und zu Schatzkammern Seines Vertrauens und Seiner Zuversicht erwählt waren.

Nie kann ich hoffen, die in jenen heldenmütigen Herzen wogenden Gefühle angemessen darzustellen, wie sie ihrem Meister zu Füßen saßen, unter dem Obdach Seiner Gefängniswohnung, die Ausgießungen Seiner göttlichen Weisheit eifrig aufsaugend und sorgsam speichernd.

Nie kann ich dem Geist unbeugsamer Entschlossenheit hinreichenden Tribut zollen, jenem Geist, den der Aufprall auf eine Persönlichkeit von magnetischer Anziehungskraft, der Zauber einer machtvollen Redeweise bei der ganzen Gesellschaft dieser heimkehrenden Pilger, dieser geweihten Herolde des neuen Gottesbundes, in einem so entscheidenden Abschnitt ihrer Geschichte entzündet hat.

Das Gedenken an Namen wie Lua, Chase, MacNutt, Dealy, Goodall, Dodge, Farmer und Brittingham – um nur einige wenige Sterne aus jener unsterblichen, erlesenen Schar zu nennen, die jetzt zur Herrlichkeit Bahá’u’lláhs versammelt ist – wird für alle Zeit mit dem Aufstieg und der Begründung Seines Glaubens auf dem amerikanischen Kontinent verknüpft sein und wird auf dessen Annalen einen Glanz werfen, der nie verblassen kann.
Durch diese Pilgerfahrten, wie sie in den ersten Jahren nach dem Heimgang Bahá’u’lláhs aufeinanderfolgten, trat der Strahlenglanz des Bundes, der beim scheinbaren Aufstieg des Erzbundesbrechers vorübergehend in Wolken gehüllt war, sieghaft aus den Wechselfällen, die es heimgesucht hatten, hervor. Die Ankunft dieser Pilger – und nur sie – vertrieb schließlich das Düster, das die untröstlichen Familienangehörigen ‘Abdu’l-Bahás umhüllt hatte. Diese nacheinander eintreffenden Besucher bewirkten beim Größten Heiligen Blatt, die mit ihrem Bruder zusammen, allein unter allen Mitgliedern des väterlichen Haushalts, der Auflehnung fast aller Verwandten und Freunde entgegenzutreten hatte, jene Tröstung, die sie bis zum Ende ihres Lebens aufrecht erhielt. Und die Kräfte, welche diese kleine Gruppe heimkehrender Pilger im Herzen Nordamerikas entfesseln konnte, gaben jedem Anschlag jenes Schurken, der die Sache Gottes dort zu zerstören suchte, den Rest.
Die Sendschreiben, welche die nimmermüde Feder ‘Abdu’l-Bahás in der Folgezeit offenbarte, verkörperten in leidenschaftlicher, eindeutiger Sprache Seine Anweisungen und Ratschläge, Seine Aufrufe und Anmerkungen, Seine Hoffnungen und Wünsche, Seine Befürchtungen und Warnungen. Bald wurden sie, eines nach dem anderen, übersetzt, veröffentlicht und weit und breit auf dem nordamerikanischen Erdteil in Umlauf gesetzt. Sie versorgten den wachsenden Kreis der ersten Gläubigen mit dem Beistand, der allein sie befähigte, die schweren, bald auf sie zukommenden Prüfungen zu bestehen.
Denn unerbittlich nahte die Stunde einer beispiellosen Krise.

Anzeichen von Meinungsverschiedenheiten, wie Stolz und Ehrgeiz sie in Gang setzen, begannen den Strahlenglanz der neugeborenen Gemeinde, welche die apostolischen Lehrer jenes Weltteils arbeitsam begründet hatten, zu verdüstern und ihr Wachstum zu hemmen.

Er, der das Werkzeug für die Einleitung eines so glänzenden Abschnitts in der Geschichte des Glaubens war, dem der Mittelpunkt des Bundes Bahá’u’lláhs Titel wie »Petrus Bahás«, »Hirte der Herde Gottes«, »Eroberer Amerikas« verliehen hatte, dem das einzigartige Vorrecht zuteil geworden war, ‘Abdu’l-Bahá bei der Grundsteinlegung für den Schrein des Báb am Berge Karmel zur Hand zu gehen – dieser Mann, geblendet durch seinen außergewöhnlichen Erfolg und besessen vom Ehrgeiz nach unkontrollierter Herrschaft über den Glauben und die Tätigkeit seiner Mitjünger, pflanzte dreist das Banner des Aufruhrs auf.

Er trennte sich von ‘Abdu’l-Bahá und tat sich mit dem Erzbundesbrecher des Gottesglaubens zusammen.

So suchte dieser irregeleitete Abtrünnige die Lehren zu verdrehen, einen Feldzug übelster Schmähungen gegen die Person ‘Abdu’l-Bahás einzuleiten und dadurch den Glauben derjenigen Freunde zu untergraben, die zu bekehren er sich nicht weniger als acht Jahre lang emsig bemüht hatte.

Mit den Traktaten, die er veröffentlichte, mit der aktiven Unterstützung von Abgesandten seines Hauptverbündeten und verstärkt durch die Bemühungen der allmählich heranwachsenden kirchenchristlichen Feinde der Bahá’í-Offenbarung gelang es ihm, dem keimenden Glauben Gottes einen Schlag zu versetzen, von dem sich dieser nur langsam unter Schmerzen wieder erholte.
Bei den unmittelbaren Auswirkungen dieser ernsten, aber vorübergehenden Spaltung in den Reihen der amerikanischen Anhänger der Sache Bahá’u’lláhs brauche ich nicht zu verweilen, noch muss ich mich über den Charakter der Schmähschriften auslassen, die auf sie niederströmten. Auch scheint es unnötig, die Maßnahmen aufzuzählen, die ein allzeit wachsamer Meister ergriff, um ihre Befürchtungen zu mildern und schließlich zu zerstreuen. Der künftige Geschichtsschreiber wird die Bedeutung der Sendung jedes der fünf erwählten Botschafter abzuschätzen haben, die ‘Abdu’l-Bahá in rascher Aufeinanderfolge absandte, um jene vielgeprüfte Gemeinde zu beruhigen und neu zu stärken. Er wird in den Aufgaben, die jenen Abgesandten ‘Abdu’l-Bahás gestellt waren, die Anfänge einer weitgespannten Gemeindeordnung nachzuweisen haben, deren Grundstein diese Botschafter zu legen beauftragt waren, deren symbolisches Bauwerk Er zu einem späteren Zeitpunkt persönlich stiftete und deren Grundlage und Reichweite die Vorkehrungen Seines Letzten Willens ausbreiten sollten.
Es genüge zu sagen, dass die Tätigkeiten eines unbesiegbaren Glaubens auf dieser Stufe seiner Entwicklung bereits einen Umfang angenommen hatten, der auf der einen Seite seine Feinde zwang, neue Waffen für ihre geplanten Angriffe zu ersinnen, auf der anderen Seite aber seinen höchsten Verfechter ermutigte, seine Anhänger durch befähigte Vertreter und Lehrer in die Anfangsgründe einer Gemeindeordnung einzuweisen, die mit fortschreitender Entfaltung den Geist dieses Glaubens zugleich verkörpern, bewahren und hegen sollte.

Die Arbeiten von so hartnäckigen Gegnern wie Vatralsky, Wilson, Jessup und Richardson nehmen es in ihren nutzlosen Versuchen, die Reinheit dieses Glaubens zu besudeln, seinen Vormarsch aufzuhalten und seine Kapitulation zu erzwingen, eine mit der anderen auf.

Den Vorwürfen des Nihilismus, des Ketzertums, des muḥammadanischen Gnostizismus, der Unmoral, des Okkultismus und des Kommunismus, die so ungestört gegen sie erhoben wurden, begegneten die unerschrockenen, nach den Anweisungen ‘Abdu’l-Bahás vorgehenden Opfer solcher schändlichen Anklagen dadurch, dass sie eine Reihe von Tätigkeiten einleiteten, die ihrer Natur nach Vorläufer von ständigen, offiziell anerkannten Verwaltungseinrichtungen sein sollten.

Die feierliche Einsetzung des ersten Hauses der Geistigkeit in Chicago, von ‘Abdu’l-Bahá als das »Haus der Gerechtigkeit«Q49 jener Stadt bezeichnet; die Gründung der Bahá’í-Veröffentlichungsgesellschaft; die Bildung der Green Acre-Gemeinschaft; die Herausgabe des Star of the West; die Abhaltung der ersten Bahá’í-Nationaltagung, die zeitlich mit der Überführung der heiligen Überreste des Báb zu ihrem endgültigen Ruheort am Berge Karmel zusammenfiel, schließlich die gerichtliche Eintragung der ›Bahá’í Temple Unity‹ und die Bildung des Geschäftsführenden Ausschusses für den Mashriqu’l-Adhkár – diese Maßnahmen ragen als die bemerkenswertesten Errungenschaften der amerikanischen Gläubigen hervor und haben den stürmischsten Abschnitt ihrer Geschichte im Gedächtnis aller unsterblich gemacht.

Dies waren die Taten, welche die Arche des Bundes Bahá’u’lláhs in die aufgewühlten Wogen unaufhörlicher Drangsale hinein vom Stapel ließen, damit sie, gesteuert vom machtvollen Arm ‘Abdu’l-Bahás, bemannt mit einer Schar schwer geprüfter Jünger voll kühnen Wagemuts und überquellender Lebenskraft, seit jenen Tagen stetig ihren Kurs verfolgen konnte, ungeachtet all der Stürme bitteren Missgeschicks, die sie umtost haben und weiterhin umtosen werden, während sie sich ihren Weg zu dem verheißenen Hafen ungetrübten, gesicherten Friedens bahnt.
Unzufrieden mit den Errungenschaften, welche die gemeinschaftlichen Bemühungen ihrer gewählten Vertreter auf dem amerikanischen Kontinent krönten, und ermutigt von den Anfangserfolgen ihrer Pioniere und Lehrer jenseits der Grenzen in Großbritannien, Frankreich und Deutschland, entschloss sich die Gemeinde der amerikanischen Gläubigen, in fernen Himmelsstrichen neue Rekruten für die vorrückende Heeresmacht Bahá’u’lláhs zu gewinnen. An den Westküsten ihres Vaterlands in See stechend, getrieben von der unbezwinglichen Kraft eines neugeborenen Glaubens, drängten die Reiselehrer für das Evangelium Bahá’u’lláhs zu den Inseln des Stillen Ozeans und weiter bis nach China und Japan, fest entschlossen, auch jenseits der weitesten Meere die Vorposten ihres Glaubens zu errichten. Zu Hause so gut wie in der Ferne hatte diese Gemeinde unterdessen ihre Fähigkeit bewiesen, die Reichweite ihrer ausgedehnten Bemühungen zu steigern und deren Grundlagen zu festigen. Ärgerliche Stimmen, die im Protest gegen den Aufstieg dieser Gemeinde erhoben wurden, übertönte der Beifall, mit dem der Osten ihre neuesten Siege begrüßte, und die hässlichen Gestalten, die so drohend aufgeragt waren, verschwanden allmählich im Hintergrund. So bot sich diesen edlen Kämpen ein noch weiteres Feld für die Erprobung ihrer schlummernden Kräfte.
Der Glaube Bahá’u’lláhs war auf dem amerikanischen Kontinent in der Tat zu neuem Leben erweckt worden. Dem Phönix gleich hatte er sich in ganzer Frische, Kraft und Schönheit erhoben und bat nun durch die Stimme seiner frohlockenden Vertreter ‘Abdu’l-Bahá inständig, eine Reise zu den Ufern Amerikas zu unternehmen. Die ersten Früchte der Sendung, die den würdigen Verfechtern dieses Glaubens anvertraut worden war, gaben ihrer Bitte solches Gewicht, dass ‘Abdu’l-Bahá, eben erst aus den Fesseln peinvoller Gewaltherrschaft befreit, nicht widerstehen konnte. Seine große, Seine unvergleichliche Liebe zu Seinen eigenen, bevorzugten Kindern trieb Ihn an, ihrem Ruf zu antworten. Ihr dringendes, ja leidenschaftliches Flehen war überdies durch zahlreiche Einladungen von Vertretern interessierter Organisationen religiösen, erzieherischen und menschenfreundlichen Hintergrunds verstärkt worden. Sie alle hatten heftig danach verlangt, aus Seinem eigenen Munde eine Darlegung der Lehren Seines Vaters zu erhalten.
Obwohl Er vom Alter niedergebeugt war, obwohl Er unter Krankheiten litt, die sich aus der Ansammlung von Sorgen in fünfzig Jahren Verbannung und Gefangenschaft ergeben hatten, machte sich ‘Abdu’l-Bahá zu Seiner denkwürdigen Reise über die Meere zu dem Lande auf, wo Er durch Seine Gegenwart und Seine Taten die machtvollen Leistungen, zu deren Vollendung Sein Geist Seine Jünger angeführt hatte, zu segnen und zu heiligen gedachte.

Die Umstände zu schildern, welche Seinen Triumphzug durch die wichtigsten Städte der Vereinigten Staaten und Kanadas begleiteten, ist meine Feder unfähig.

Die Freude, welche die Ankündigung Seines Kommens hervorrief, das öffentliche Ansehen, das Seine Tätigkeiten herbeiführte, die Kräfte, welche Seine Äußerungen auslösten, der Widerstand, den die Folgerungen aus Seinen Lehren schürten, die eindrucksvollen Episoden, zu denen Seine Worte und Taten auf Schritt und Tritt Anlass gaben – das alles werden künftige Geschlechter ohne Zweifel genau und angemessen beschreiben.

Sie werden diese Geschehnisse sorgsam in allen ihren Zügen nachzeichnen, werden sie im Gedächtnis hegen und bewahren und ihren Nachkommen den Bericht selbst über die beiläufigsten Einzelheiten unverkürzt übermitteln.

Vermessen wäre es in der Tat, wollten wir jetzt schon versuchen, auch nur die nackten Umrisse eines so umfassenden, so fesselnden Themas aufs Papier zu bannen.

Wenn wir nach Ablauf von mehr als zwanzig Jahren über diesen denkwürdigen Wendepunkt in der Geistesgeschichte Amerikas nachsinnen, müssen wir noch immer unsere Unfähigkeit bekennen, seine Tragweite zu verstehen oder sein Mysterium auszuloten.

Ich habe in den vorangehenden Abschnitten auf einige wenige besonders hervorspringende Züge dieses unvergesslichen Besuches angespielt.

Im Rückblick auf die Geschehnisse verkünden sie uns beredsam ‘Abdu’l-Bahás besondere Absicht, durch solche symbolischen Handlungen auf die erstgeborene Gemeinde des Westens jenen geistigen Vorrang zu übertragen, der das Geburtsrecht der amerikanischen Gläubigen sein sollte.
Die Saaten, die ‘Abdu’l-Bahá, unermüdlich tätig, so freizügig ausstreute, hatten die Vereinigten Staaten und Kanada, nein den ganzen Kontinent, mit Möglichkeiten wie nie zuvor in seiner Geschichte ausgestattet.

Der kleinen Schar Seiner geschulten und geliebten Jünger und durch diese deren Nachkommen hatte Er vermittels dieses Besuches ein unschätzbares Erbe vermacht – ein Erbe, das die heilige, vorrangige Pflicht in sich trug, sich aufzumachen und auf jenem fruchtbaren Acker die Arbeit weiterzuführen, die Er so ruhmreich eingeleitet hatte.

Nur blass können wir uns die Wünsche ausmalen, die Ihm aus heißem Herzen aufgestiegen sein müssen, als Er jenem verheißungsvollen Lande Sein letztes Lebewohl sagte.

Eine unerforschliche Weisheit, so können wir Ihn in unserer Vorstellung Seinen Jüngern gegenüber am Vorabend Seines Abschieds bemerken hören, hat in ihrer unendlichen Großmut euer Geburtsland für die Ausführung eines machtvollen Planes auserkoren.

Durch die Wirksamkeit des Bundes Bahá’u’lláhs bin ich von Anbeginn meines Amtes an dazu berufen gewesen, hier zu erscheinen und diesen Acker umzubrechen.

Die machtvollen Bestätigungen, die in den ersten Jahren eurer Laufbahn auf euch herniedergeströmt sind, haben diesen Grund und Boden zubereitet und gekräftigt.

Die Prüfungen, die ihr späterhin zu erdulden hattet, haben in den Acker, den meine Hände bereitet hatten, tiefe Furchen gezogen.

Die mir anvertrauten Saaten sind nun weithin vor euch ausgestreut.

Unter eurer liebenden Fürsorge, durch euren unaufhörlichen Einsatz muss jedes Korn dieser Saaten keimen und seine vorherbestimmte Frucht bringen.

Bald wird euch ein Winter, streng wie nie zuvor, überkommen.

Seine Wolken ziehen schnell am Horizont zusammen.

Stürme werden euch von allen Seiten umtoben.

Das Licht des Bundes wird durch meinen Weggang verdunkelt werden.

Diese mächtigen Windstöße, diese winterliche Öde werden jedoch vergehen.

Die schlummernde Saat wird zu frischer Tat aufbrechen.

Sie wird ihre Keime treiben, wird in machtvollen Institutionen ihre Blätter und Blüten zeigen.

Die Frühlingsschauer, welche die sanften Segnungen meines himmlischen Vaters auf euch herabregnen lassen, werden diese zarte Pflanze befähigen, ihre Zweige weit über die Grenzen eures Heimatlandes hinaus in ferne Gebiete auszubreiten.

Und schließlich wird die stetig steigende Sonne Seiner Offenbarung, wenn sie erst in ihrem Mittagsglanz erstrahlt, diesen machtvollen Baum Seines Glaubens in den Stand setzen, zur rechten Zeit auf eurem Felde seine goldenen Früchte zu bringen.
Der tiefere Sinn einer solchen Abschiedsbotschaft konnte ‘Abdu’l-Bahás eingeweihten Jüngern nicht lange unentdeckt bleiben. Kaum hatte Er Seine lange, mühsame Reise quer durch Amerika und Europa beendet, da begannen sich bereits die furchtbaren Ereignisse zu offenbaren, auf die Er angespielt hatte. Eine Auseinandersetzung, wie Er sie vorhergesagt hatte, trennte vorübergehend alle Mittel der Verständigung mit jenen, in die Er so grenzenlose Zuversicht gesetzt hatte und von denen Er so viel zurückerwartete. Die winterliche Öde mit all ihren Verheerungen und Blutbädern setzte ihren unbarmherzigen Lauf vier Jahre lang fort, während Er, zurückgezogen in die ruhige Einsamkeit Seines Wohnsitzes, dem heiligen Schreine Bahá’u’lláhs unmittelbar benachbart, fortfuhr, Seine Gedanken und Wünsche denen zu übermitteln, die Er zurückgelassen hatte und denen Er die einzigartigen Zeichen Seiner Gunst hatte zuteil werden lassen. In den unsterblichen Sendschreiben, die Seine Feder in den langen Stunden seelischer Verbindung zu Seinen innig geliebten Freunden zu offenbaren bewegt wurde, entfaltete Er vor ihren Augen Seine Idee von ihrer geistigen Bestimmung, Seinen Plan für die Sendung, die Er von ihnen übernommen wissen wollte. So bewässerte Er die Saaten, die Seine Hände ausgestreut hatten, mit derselben Fürsorge, derselben Liebe und Geduld, die bereits Seine früheren Bemühungen, während Er noch in ihrer Mitte wirkte, gekennzeichnet hatten.
Der Posaunenruf, den ‘Abdu’l-Bahá hat erschallen lassen, war das Zeichen für den Ausbruch neuer Aktivitäten, wie sie nach den Beweggründen und den dabei entfalteten Kräften Amerika noch selten erlebt hatte. Diese mächtige Bewegung gab der Arbeit, welche die wagemutigen Botschafter Bahá’u’lláhs in fernen Ländern eingeleitet hatten, neuen Auftrieb. Sie breitete sich bis auf den heutigen Tag weiter aus und gewann neuen Schwung in dem Maße, wie sie ihre Verzweigungen über die ganze Erdoberfläche ausdehnte. So wird sie fürderhin ihren Vormarsch beschleunigen, bis die letzten Wünsche ihres ursprünglichen Begründers vollständig erfüllt sein werden.
Heim und Herd, Familie, Freunde und Beruf verlassend, erhob sich eine Handvoll Männer und Frauen, angefeuert von einem Eifer und von einer Zuversicht, wie sie keine menschliche Organisation bewirken kann.

So zogen sie hinaus, den Auftrag ‘Abdu’l-Bahás zu erfüllen.

Sie fuhren nordwärts bis nach Alaska, stießen nach Westindien vor, durchdrangen den südamerikanischen Erdteil bis zu den Gestaden des Amazonas und quer durch die Anden bis in den südlichsten Zipfel der Republik Argentinien, eilten westwärts zur Insel Tahiti, weiter zum Erdteil Australien und von dort noch weiter nach Neuseeland und Tasmanien.

Durch solche Taten gelang es diesen furchtlosen Herolden des Glaubens Bahá’u’lláhs, der lebenden Generation ihrer Mitgläubigen ein Vorbild zu setzen, dem diese wohl nacheifern können.

Angeführt von ihrer erleuchteten Vertreterin, die seit dem Rufe ‘Abdu’l-Bahás zweimal die Welt umkreiste und heute noch mit wunderbarem Mut und bemerkenswerter Seelenkraft die unvergleichliche Liste ihrer Dienste bereichert, waren diese Männer und Frauen Werkzeuge dafür, dass sich der Einfluss von Bahá’u’lláhs weltumspannender Oberhoheit in einem von der Bahá’í-Geschichte noch unübertroffenen Maße ausdehnte.

Angesichts fast unüberwindlicher Schwierigkeiten gelang es ihnen in den meisten Ländern, durch die sie kamen oder in denen sie sich niederließen, die Lehren ihres Glaubens öffentlich zu verkünden, seine Literatur zu verbreiten, seine Sache zu verteidigen, den Grund für seine Institutionen zu legen und die Zahl seiner erklärten Anhänger zu verstärken.

Unmöglich kann ich in diesem engen Rahmen den Bericht solcher heldenhaften Leistungen entfalten, noch kann ein Tribut von meiner Seite dem Geiste gerecht werden, der diese Fahnenträger der Religion Gottes in die Lage versetzte, derartige Lorbeeren zu gewinnen und der Generation, der sie angehören, solche Würde zu verleihen.
Unterdessen hatte die Sache Bahá’u’lláhs bereits den Erdball umspannt. Ihr Licht, im finstersten Persien geboren, war nacheinander in den europäischen, den afrikanischen und den amerikanischen Erdteil hineingetragen worden. Es durchdrang jetzt das Herz Australiens und umkränzte damit die ganze Erde mit einer Lichterbrücke von strahlender Herrlichkeit. Das Maß, in dem derart würdige und beherzte Jünger ‘Abdu’l-Bahás die letzten Tage Seines Erdenlebens erleuchtet haben, hat Er allein wahrhaft erkannt und kann nur Er selbst hinreichend abschätzen. Die einzigartige, ewige Bedeutung dieser Errungenschaften werden die Arbeiten der heranwachsenden Generation sicherlich enthüllen; ihre Werke werden das Andenken daran in geeigneter Weise bewahren und erhöhen. Welch tiefe Befriedigung muss ‘Abdu’l-Bahá empfunden haben, wenn Er im Bewusstsein der herannahenden Stunde Seines Abschieds die ersten Früchte des internationalen Dienstes dieser Helden im Glauben Seines Vaters miterlebte! Ihrer Obhut hatte Er ein großes, ein stattliches Erbe anvertraut. Im Dämmerlicht Seines schwindenden Erdenlebens konnte Er zufrieden, sicher und gewiss sein, dass derart fähige Hände verlässlich die Unversehrtheit dieses Erbes wahren und dessen Vorzüge steigern werden.
Das Hinscheiden ‘Abdu’l-Bahás, so plötzlich nach seinen Ursachen und Umständen, so dramatisch in seinen Auswirkungen, konnte diese dynamische Kraft weder in ihrer Wirksamkeit behindern noch in ihrer Zielsetzung verdunkeln. Die feurigen Appelle, wie sie im Willen und Testament des dahingegangenen Meisters verkörpert sind, konnten vielmehr ihr Ziel nur bestätigen, ihren Charakter näher bestimmen und die Verheißung ihres endgültigen Erfolges verstärken.
Aus dem Schmerz und der Seelenqual, die Seine verwaisten Anhänger erduldeten, wurde inmitten des Staubes und der Hitze, die die Angriffe eines allzeit lauernden Feindes hinterlassen hatten, die Gemeindeordnung des unbesiegbaren Glaubens Bahá’u’lláhs geboren.

Die mächtigen Kräfte, entfesselt durch die Himmelfahrt des Mittelpunktes Seines Bundes, kristallisierten sich in diesem höchsten, diesem unfehlbaren Organ für die Durchsetzung eines göttlichen Zieles.

Willen und Testament ‘Abdu’l-Bahás entschleierten seinen Charakter, bestätigten seine Grundlagen, ergänzten seine Prinzipien, bekräftigten seine Unerlässlichkeit und zählten seine wichtigsten Institutionen auf.

Mit demselben raschen inneren Antrieb, der seinerzeit den ersten Widerhall auf die von Bahá’u’lláh verkündete Botschaft gekennzeichnet hatte, erhob sich nun Amerika aufs Neue und trat für die Sache dieser Gemeindeordnung ein, die der Wille und das Testament Seines Sohnes unmissverständlich begründet hatten.

Amerika und nur Amerika war es gegeben, in den bewegten Jahren, die der Offenbarung einer derart bedeutungsschweren Urkunde folgten, zum furchtlosen Vorkämpfer dieser Ordnung, zum Angelpunkt ihrer neugeborenen Institution, zum Führer und Träger ihres Einflusses zu werden.

Ihren persischen Brüdern, die im heroischen Zeitalter des Glaubens die Krone des Märtyrertums erworben hatten, folgten die amerikanischen Gläubigen, Vorläufer des Goldenen Zeitalters dieses Glaubens, nunmehr würdevoll nach; sie trugen nun ihrerseits die Palme eines hart erkämpften Sieges.

Über den Schatten eines Zweifels hinaus hat der ungebrochene Rekord ihrer ruhmreichen Taten ihren überwiegenden Anteil an der Gestaltung der Geschicke ihres Glaubens bewiesen.

In einer Welt, die sich vor Schmerzen krümmt und immer tiefer ins Chaos sinkt, konnte diese Gemeinde als Vorhut der befreienden Streitkräfte Bahá’u’lláhs in den Jahren nach ‘Abdu’l-Bahás Hinscheiden, weit über die Institutionen ihrer Schwestergemeinden in Ost und West hinaus, Institutionen schaffen, die sehr wohl die Hauptsäule jenes künftigen Hauses darstellen können, eines Hauses, welches die Nachwelt als letzte Zuflucht einer wankenden Kultur betrachten wird.
Weder dem Geflüster der Verräter noch den heftigen Angriffen ihrer erklärten Feinde erlaubten sie beim Verfolgen ihrer Aufgaben, sie selbst von ihren hohen Zielen abzulenken oder ihren Glauben an die Erhabenheit ihrer Berufung zu untergraben.

Die Aufwiegelung durch denjenigen, der mit seiner unaufhörlichen, eigennützigen Jagd nach irdischen Reichtümern den guten Namen ihres Glaubens besudelt hätte, wäre er nicht von ‘Abdu’l-Bahá verwarnt worden, ließ sie im Ganzen ungestört.

Durch Drangsale geschult und in der Feste ihrer rasch sich entwickelnden Institutionen geborgen, lachten sie seiner Anspielungen, und in ihrer unerschütterlichen Bundestreue waren sie fähig, seine Hoffnungen zunichte zu machen.

Sie weigerten sich, ihm das wohlerworbene Ansehen und die früheren Dienste seines Vaters und seiner Genossen zugutezuhalten und somit in ihrer Entschlossenheit wankend zu werden, einen Mann, den ‘Abdu’l-Bahá so nachdrücklich verurteilt hatte, völlig unbeachtet zu lassen.

Auch die verhüllten Angriffe, mit denen eine Handvoll irregeleiteter Schwärmer später auf den Seiten ihrer Zeitschrift das Wachstum einer jugendlichen Gemeindeordnung aufzuhalten und deren Erwartungen im Keim zu ersticken suchten, verfehlten völlig ihr Ziel.

Die Haltung, die ein betörtes Weib in der Folge einnahm, ihre drolligen Behauptungen, ihre Kühnheit, den Letzten Willen ‘Abdu’l-Bahás verächtlich zu machen und seine Echtheit anzuzweifeln, schließlich ihre Versuche, die Grundsätze dieses Letzten Willens umzustoßen – das alles war wiederum außerstande, auch nur die geringste Bresche in die Reihen seiner tapferen Verfechter zu schlagen.

Die verräterischen Anschläge, die der Ehrgeiz eines hinterlistigen, noch später aufgetretenen Feindes ersonnen hat, mit denen dieser noch immer bestrebt ist, ‘Abdu’l-Bahás edles Werk zu entstellen und dessen Verwaltungsgrundsätze zu verderben, sind ein weiteres Mal vollständig vereitelt worden.

Solche immer wieder einsetzenden, immer wieder missglückten Versuche von Seiten seiner Gegner, die Übergabe des neuerbauten Bollwerks des Glaubens zu erzwingen, haben dessen Verteidiger vom ersten Tag an mit Verachtung übergangen.

Wie grimmig die Angriffe des Feindes, wie geschickt seine Kriegslisten je sein mochten, haben diese Verteidiger sich geweigert, auch nur ein Jota, auch nur ein Tüttelchen von ihren tief verinnerlichten Überzeugungen preiszugeben.

Seine Anspielungen und sein Geschrei haben sie folgerichtig übergangen.

Die Beweggründe, die seine Taten antrieben, die Methoden, nach denen er hartnäckig vorging, die widerruflichen Vorrechte, deren er sich vorübergehend zu erfreuen schien – all dies konnten sie nur gering schätzen.

Vorübergehend gelang es solchen berüchtigten Trägern von Verderbnis und Ketzerei durch die Ränke, die ihre überhitzten Gehirne geschmiedet hatten, und unterstützt von vergänglichen Vorteilen, wie Bekanntheit, Geschicklichkeit oder Vermögen sie bieten können, ihre hässlichen Züge emporzurecken, aber nur, um so schnell, wie sie sich erhoben hatten, in den Schmutz eines schmählichen Endes zurückzusinken.
Aus der Mitte dieser quälenden Prüfungen, die in mancherlei Hinsicht an den grimmigen Sturm bei der Geburt des Glaubens in ihrem Heimatland erinnerten, stiegen die amerikanischen Gläubigen siegreich empor, in ihrem Kurs unbeirrt, in ihrem Ruf unbefleckt, in ihrem Erbe ungeschmälert. Eine Reihe großartiger Errungenschaften, eine bedeutsamer als die andere, sollte nunmehr zunehmenden Glanz auf die bereits hell leuchtende Liste von Verdiensten ergießen. In den dunklen Jahren unmittelbar nach ‘Abdu’l-Bahás Heimgang strahlten ihre Taten bereits eine Leuchtkraft aus, die bei ihren weniger bevorrechtigten Brüdern Neid und Bewunderung weckte. Die ganze Gemeinde, ungebunden und in höchstem Maße zuversichtlich, erhob sich, eine große, eine ruhmreiche Möglichkeit wahrzunehmen. Die Kräfte, welche ihre Geburt eingeleitet und zu ihrem Aufstieg beigetragen hatten, beschleunigten nun ihr Wachstum in solcher Weise und mit solcher Schnelligkeit, dass weder die Schmerzen weltweiter Leiderfahrungen noch die unaufhörlichen Zuckungen eines zerrütteten Zeitalters ihre Anstrengungen lähmen oder ihren Vormarsch aufhalten konnten.
Innerlich hatte die Gemeinde eine Reihe von Unternehmungen eingeleitet, die sie einerseits befähigten, die Reichweite ihrer geistigen Amtsgewalt noch weiter auszudehnen, und andererseits, die wesentlichen Werkzeuge für die Begründung und Festigung der Institutionen, die jene Ausdehnung gebieterisch erforderte, zu schmieden. Nach außen hin waren ihre Unternehmungen von der zweifachen Zielsetzung beseelt, zum einen noch eingehender als zuvor die bewundernswerte Arbeit weiterzuverfolgen, die ihre internationalen Lehrer eingeleitet hatten, und zum andern wachsenden Anteil an der Behandlung und Lösung der heiklen, verwickelten Probleme zu nehmen, denen ein soeben von seinen Fesseln befreiter Glaube in wachsendem Maße gegenüberstand. Die Geburt der Gemeindeordnung auf jenem Kontinent hatte diese lobenswerten Bemühungen offengelegt, und die schrittweise Festigung dieser Ordnung war dazu bestimmt, die Gewähr für die Fortsetzung solcher Bemühungen zu bieten und deren Wirksamkeit zu steigern.
Alles, was ich gegenwärtig tun kann, ist, die am weitesten hervorragenden Errungenschaften aufzuzählen, wie sie das Ansehen der amerikanischen Gläubigen in ihrem eigenen Land und weit über dessen Grenzen hinaus so hoch emporgehoben und zu Ruhm und Ehre des Größten Namens beigetragen haben.

Künftigen Geschlechtern muss die Aufgabe überlassen bleiben, die Bedeutung dieser Errungenschaften darzustellen und ihren Wert gerecht abzuschätzen.

Der Körperschaft ihrer erwählten Vertreter ist die Ehre zuzurechnen, die erste unter ihren Schwesterräten in Ost und West gewesen zu sein, welche die wesentlichen Werkzeuge für die wirksame Erledigung ihrer gemeinsamen Pflichten ersonnen, verkündet und gesetzlich verankert hat – Werkzeuge, die jede richtig begründete Bahá’í-Gemeinde als ein Modell betrachten muss, das wert ist, angepasst und nachvollzogen zu werden.

Ihren Bemühungen ist desgleichen der historische Erfolg zuzuschreiben, dass sie ihre nationalen Besitzungen auf eine dauerhafte, unangreifbare Grundlage gestellt und die notwendige Rechtsbasis für die Bildung solcher Hilfsorgane geschaffen hat, die im Namen ihrer Treuhänder Besitzungen, die diese jenseits der Grenzen ihres unmittelbaren Rechtsbereichs erwerben, zu verwalten befugt sind.

Mit dem Gewicht der moralischen Unterstützung, die sie ihren ägyptischen Brüdern so freizügig gewährte, konnte sie einige der schrecklichsten Hindernisse beseitigen, die der Glaube in seinem Kampf um die Befreiung aus den Fesseln muslimischer Orthodoxie zu überwinden hatte.

Durch das wirksame, rechtzeitige Eingreifen dieser selben erwählten Vertreter waren die amerikanischen Gläubigen in der Lage, die Sorgen und Gefahren abzuwenden, die ihre verfolgten Mitarbeiter in den Sowjetrepubliken bedroht hatten, und die Raserei zu parieren, die eine der wertvollsten und vornehmsten Bahá’í-Institutionen unmittelbar zu zerstören drohte.

Nichts als die beherzte Hilfe, welche die amerikanischen Gläubigen, moralisch wie finanziell, einzeln wie gemeinsam bei mehreren Gelegenheiten den Bedürftigen und Gepeinigten unter ihren Brüdern in Persien zu gewähren bewegt waren, hätte diese unglücklichen Opfer der Auswirkungen unheilvoller Entwicklungen, die sie in den Jahren nach ‘Abdu’l-Bahás Heimgang ereilt hatten, retten können.

Die öffentliche Aufmerksamkeit, welche die Bemühungen ihrer amerikanischen Brüder erregt hatten, die Proteste, welche sie einzulegen sich veranlasst sahen, die Aufrufe und Bittschriften, die sie unterbreiteten – dies alles linderte diese Leiden und bändigte die Gewalttätigkeit der schlimmsten und grausamsten Gegner des Glaubens dortzulande.

Wer sonst außer einem ihrer vornehmsten Vertreter hat sich erhoben, um dem höchsten Gerichtshof, den die Welt bislang gesehen hat, Aufmerksamkeit für die Übelstände abzunötigen, die der Glaube, dem eines seiner wichtigsten Heiligtümer geraubt worden war, von den Händen des unrechtmäßigen Besitzergreifers zu erdulden hatte?

Wer sonst hatte durch geduldige, hartnäckige Bemühungen jene schriftlichen Bestätigungen erlangt, die das Recht einer verfolgten Sache verkündeten und stillschweigend ihren Anspruch auf einen unabhängigen religiösen Status bekräftigten?

»Die Kommission«, so lautet die Resolution der Ständigen Mandatskommission des Völkerbundes, »empfiehlt dem Rat, die britische Regierung zu ersuchen, bei der irakischen Regierung vorstellig zu werden, um die Verweigerung des Rechtsschutzes, welche die GesuchstellerA19 erlitten haben, unverzüglich zu bereinigen«Q50.

Konnte irgend jemand außer einer amerikanischen Gläubigen aus königlicher Feder so einzigartige, wiederholte Zeugnisse für die wiederbelebende Macht des Glaubens Gottes, so eindrucksvolle Verweise auf die weltumspannende Kraft seiner Lehren und die Erhabenheit seiner Sendung erlangen?

»Die Bahá’í-Lehre«, so das schriftliche Zeugnis der Königin, »bringt Frieden und Verständigung.

Sie ist wie eine große Umarmung, welche alle zusammenführt, die lange nach Worten der Hoffnung gesucht haben.

Sie anerkennt alle großen Propheten der Vergangenheit, zerstört keine anderen Glaubensbekenntnisse und lässt alle Tore offen.

Traurig über den fortgesetzten Kampf zwischen Gläubigen vieler Konfessionen und ihrer wechselseitigen Unduldsamkeit überdrüssig, entdeckte ich in der Bahá’í-Lehre den wahren Geist Christi, wie er so oft verleugnet und missverstanden wurde:

Einheit statt Kampf, Hoffnung statt Verdammung, Liebe statt Hass und große neue Gewissheit für alle Menschen.«Q51 Haben nicht die amerikanischen Anhänger des Glaubens Bahá’u’lláhs durch die mutige Tat eines der brillantesten Mitglieder ihrer Gemeinde dazu beigetragen, den Weg zur Beseitigung jener Hindernisse, die fast ein volles Jahrhundert hindurch das Anwachsen ihrer Glaubensbrüder in Persien gehemmt und deren Kräfte gelähmt haben, zu bahnen?

War es nicht Amerika, allzeit der leidenschaftlichen Bitte ‘Abdu’l-Bahás eingedenk, das bis in die letzten Winkel der Erde eine stetig wachsende Zahl seiner ergebensten Bürger entsandte – Männer und Frauen, deren einziger Lebenswunsch es ist, die Grundlagen für Bahá’u’lláhs weltumspannende Herrschaft zu festigen?

In den nördlichsten Hauptstädten Europas, in den meisten seiner mittleren Staaten, quer durch den Balkan, entlang den Küsten des afrikanischen, des asiatischen und des südamerikanischen Erdteils findet man heute eine kleine Schar weiblicher Pioniere, die sich allein und mit bescheidenen Hilfsmitteln für das Kommen des Tages abmühen, den ‘Abdu’l-Bahá verheißen hat.

Hat nicht die Haltung des Größten Heiligen Blattes gegen Ende ihres Lebens beredtes Zeugnis für den unvergleichlichen Anteil abgelegt, in dem ihre standhaften, opferfreudigen Geliebten auf diesem Kontinent die Last erleichterten, die ihr so lange und so schwer auf dem Herzen lag?

Und wer könnte schließlich die Stirn haben zu bestreiten, dass die Vollendung des Überbaus am Mashriqu’l-Adhkár – die krönende Ruhmestat unter Amerikas vergangenen und gegenwärtigen Erfolgen – jene mystische Kette geschmiedet hat, welche die Herzen seiner bevorrechtigten Baumeister noch fester als je zuvor mit Ihm, der Quelle und dem Mittelpunkt ihres Glaubens, dem Gegenstand ihrer tiefen und wahren Anbetung – verbinden soll?
Mitgläubige auf dem amerikanischen Kontinent!

Groß waren in der Tat Ihre vergangenen, groß sind Ihre gegenwärtigen Errungenschaften!

Unermesslich viel größer sind die Wunder, die die Zukunft für Sie bereithält!

Das Bauwerk, das Ihre Opfergaben aufgerichtet haben, muss noch verkleidet werden.

Das HausA20, das von den höchsten Verwaltungseinrichtungen, die Ihre Hände geschaffen haben, getragen sein muss, ist noch nicht erbaut.

Die Vorkehrungen, die in der Hauptlagerstätte für jene Gesetze verwahrt liegen, welche die Tätigkeit jenes Hauses regeln, sind bis heute noch größtenteils nicht bekanntgegeben.

Das Banner, das nach ‘Abdu’l-Bahás Wünschen in Ihrem eigenen Lande aufgerichtet werden muss, ist noch nicht entfaltet.

Die Einheit, deren Sinnbild jenes Banner sein soll, ist bei weitem noch nicht begründet.

Der Verwaltungsapparat, der diese Einheit verkörpern und bewahren muss, ist noch nicht einmal geschaffen.

Wird es Amerika sein, wird es eines der Länder Europas sein, das sich erhebt, die Führerschaft zu übernehmen, die für die Gestaltung der Geschicke dieses leidgeprüften Zeitalters notwendig ist?

Wird es Amerika zulassen, dass eine seiner Schwestergemeinden in Ost oder West eine Überlegenheit erlangt, die Amerika jenes geistigen Vorrangs beraubt, mit dem es belehnt wurde und den es bislang so vornehm bewahrt hat?

Wird Amerika nicht vielmehr durch eine weitere Offenbarung der ihm innewohnenden, sein Leben bewegenden Kräfte dazu beitragen, dass das kostbare Erbe, welches der dahingegangene Meister ihm in Seiner Liebe und Weisheit vermacht hat, gemehrt werde?
Die Vergangenheit Amerikas war ein Zeugnis für die unerschöpfliche Lebenskraft seines Glaubens. Sollte nicht seine Zukunft dies bestätigen?
Ihr wahrer Bruder Shoghi
Haifa, Palästina 21. April 1933

Die Sendung Bahá’u’lláhs

Bahá’u’lláh

An die Geliebten Gottes und die Dienerinnen des Barmherzigen im Westen!
Mitarbeiter im göttlichen Weinberg!
Am 23. Mai dieses bedeutsamen Jahres 1934 feiert die Bahá’í-Welt die neunzigste Wiederkehr der Begründung des Glaubens Bahá’u’lláhs. Wir, die wir uns in dieser Stunde an der Schwelle zum letzten Jahrzehnt des ersten Jahrhunderts im Bahá’í-Zeitalter befinden, mögen wohl innehalten, um über die geheimnisvolle Sendung einer so erhabenen und gewaltigen Offenbarung nachzudenken. Wie weit, wie beglückend ist die Aussicht, die der Verlauf von neunzig Jahren vor unserem Blick entfaltet! Fast überwältigt uns ihre erhabene Größe. Dieses einzigartige Schauspiel zu betrachten, sich, wenn auch nur undeutlich, die Begleitumstände der Geburt und allmählichen Entwicklung dieser erhabenen Theophanie vor Augen zu führen, sich wenigstens in Umrissen die leidvollen Kämpfe in die Erinnerung zu rufen, die ihren Aufstieg verkündet und ihren Verlauf beschleunigt haben, dies wird genügen, um jeden vorurteilsfreien Beobachter von jenen ewigen Wahrheiten zu überzeugen, die den Grund und Anstoß ihres Lebens bilden und sie auch weiterhin bis zur Vollendung ihres vorbestimmten Aufstiegs vorwärts treiben.
Den ganzen Raum dieses berückenden Schauspiels überragend erhebt sich die unvergleichliche Gestalt Bahá’u’lláhs, erhaben in Seiner Majestät, voll Ruhe, ehrfurchtgebietend und unerreichbar herrlich. Ihm eng verbunden und, obgleich im Rang untergeordnet, doch mit der Vollmacht zu gemeinsamem Thronen über den Geschicken dieser höchsten Sendung ausgestattet, leuchtet auf dieses geistige Bild die jugendliche Herrlichkeit des Báb mit Seiner unendlichen Zartheit, Seiner unwiderstehlichen Anmut, Seinem unübertroffenen Heldentum und der Einzigartigkeit der dramatischen Begebnisse Seines so kurzen, doch so ereignisreichen Lebens. Und schließlich erhebt sich auf Seiner eigenen Stufe und in einer von den Ihm vorangegangenen Zwillingsgestalten ganz verschiedenen Art die ergreifende und anziehende Persönlichkeit ‘Abdu’l-Bahás, die in einem Grade, den kein Mensch auf noch so hoher Stufe je zu erreichen hoffen kann, die Herrlichkeit und Macht widerstrahlt, mit der die Manifestationen Gottes allein geschmückt sind.
Mit ‘Abdu’l-Bahás Heimgang, genauer mit dem Hinscheiden Seiner geliebten und erlauchten Schwester, des Erhabensten Blattes, der letzten Überlebenden eines glorreichen und heldenhaften Zeitalters, findet das erste und erschütterndste Kapitel der Bahá’í-Geschichte seinen Abschluss, ein Abschnitt, der das Ende des ersten, des apostolischen Zeitalters des Glaubens Bahá’u’lláhs darstellt. Es war ‘Abdu’l-Bahá, der durch die Vorsorge und das Gewicht Seines Willens und Testamentes die lebendige Kette schmiedete, die für alle Zeit das eben vergangene Zeitalter mit dem gegenwärtigen, der Übergangs- und Aufbauzeit des Glaubens, verbinden muss, einem Stadium, das in der Fülle der Zeit in den Heldentaten und Triumphen, die das Goldene Zeitalter der Offenbarung Bahá’u’lláhs künden werden, Blüten treiben und Früchte tragen wird.
Geliebte Freunde! Die vorstoßenden Kräfte, die das Wirken zweier unabhängiger und rasch einander folgender Manifestationen so wunderbar entfesselt hat, werden jetzt vor unseren Augen unter der Obhut der erwählten Diener eines weitgetragenen Glaubens nach und nach gemustert und geordnet. Sie formen sich langsam zu Institutionen, die man dereinst als Ausdruck und Ruhm des Zeitalters betrachten wird, das aufzubauen und durch unsere Taten zu verewigen wir berufen sind. Denn aus unseren derzeitigen Bemühungen und vor allem dem Ausmaß, in dem wir unser Leben nach dem erhabenen, heldischen Vorbild derer gestalten, die vor uns gingen, muss sich die Wirksamkeit der nun durch uns erstehenden Werkzeuge ergeben, Werkzeuge, die das Gebäude jenes segensreichen Gemeinwesens errichten, das das Kennzeichen des Goldenen Zeitalters unseres Glaubens werden muss.
Ich beabsichtige nicht, wenn ich auf diese gedrängten Jahre heldenhafter Taten zurückschaue, auch nur einen flüchtigen Überblick über die mächtigen Ereignisse zu wagen, die sich seit 1844 bis zum heutigen Tage zugetragen haben. Auch hege ich nicht die Absicht, die Kräfte, die ihre Auslösung herbeiführten, zu untersuchen noch deren Einfluss auf die Völker und ihre Einrichtungen in fast allen Kontinenten des Erdballs abzuschätzen. Die verbürgten Aufzeichnungen über das Leben der ersten Gläubigen des Ursprungszeitalters unseres Glaubens werden im Verein mit den künftigen unablässigen Forschungen der zuständigen Bahá’í-Historiker der Nachwelt eine so meisterhafte Darlegung der Geschichte jenes Zeitalters übermitteln, wie sie meine eigenen Bemühungen nie vollbringen könnten. Meine Hauptaufgabe in dieser aufrüttelnden Periode der Bahá’í-Geschichte ist vielmehr, bei denen, die zu ersten Baumeistern der Gemeindeordnung Bahá’u’lláhs berufen sind, Aufmerksamkeit für gewisse grundlegende Wahrheiten zu wecken, deren Erläuterung ihnen bei der wirkungsvollen Durchführung ihres gewaltigen Unternehmens in höchstem Maße helfen muss.
Die internationale Stellung, die die Religion Gottes bis dahin erreicht hat, verlangt gebieterisch, dass ihre Grundprinzipien jetzt endgültig geklärt werden.

Der beispiellose Antrieb, den die erhabenen Taten der amerikanischen Gläubigen dem Vormarsch unseres Glaubens gaben, das nachdrückliche Interesse, das der erste Mashriqu’l-Adhkár des Westens rasch unter den verschiedenen Rassen und Völkern auslöst, die Errichtung und beständige Festigung von Bahá’í-Einrichtungen in nicht weniger als vierzigA21 der fortgeschrittensten Länder in der Welt, die Verbreitung von Bahá’í-Schriften in nicht weniger als fünfundzwanzigA22 der meistgesprochenen Sprachen, der Erfolg, der erst kürzlich den umfassenden Bemühungen der persischen Gläubigen bei den ersten Schritten zur Errichtung des dritten Mashriqu’l-Adhkár der Bahá’í-Welt in der nächsten Umgebung der Hauptstadt ihres Heimatlandes beschieden war, ihre Maßnahmen zur sofortigen Bildung des ersten Nationalen Geistigen Rates, der die Interessen der überwältigenden Mehrheit der Bahá’í vertritt, die geplante Errichtung eines weiteren Pfeilers des Universalen Hauses der Gerechtigkeit, des ersten seiner Art auf der südlichen Hemisphäre, die Anerkennungen, die ein ringender Glaube mündlich und schriftlich von königlicher Seite, Regierungsstellen, internationalen Schiedsgerichtshöfen und kirchlichen Würdenträgern erhalten hat, die öffentliche Aufmerksamkeit, die ihm die Angriffe unerbittlicher neuer wie alter Feinde eingetragen haben, die förmliche Befreiung einer Anzahl seiner Anhänger aus den Fesseln muslimischer Orthodoxie in einem Lande, das als die aufgeklärteste unter den islámischen Nationen anzusehen ist, – all dies liefert den vollen Beweis für den wachsenden Schwung, mit dem die unüberwindliche Gemeinschaft des Größten Namens dem endgültigen Sieg entgegenschreitet.
Innig geliebte Freunde! Ich fühle kraft der Pflichten und Verantwortlichkeiten, denen zu genügen ich als Hüter des Glaubens Bahá’u’lláhs berufen bin, mich in einer Zeit, da die Aufmerksamkeit der Öffentlichkeit in wachsendem Maße auf uns gerichtet ist, aufgerufen, besonderes Gewicht auf gewisse Wahrheiten zu legen, die die Grundlage unseres Glaubens bilden und deren Unverfälschtheit zu wahren unsere erste Aufgabe ist. Diese Wahrheiten werden bei tapferer Vertretung und richtigem Verstehen nach meiner Überzeugung die Kräfte unseres geistigen Lebens mächtig stärken und uns höchst dienlich sein, den Machenschaften eines unerbittlichen, wachsamen Feindes zu begegnen.
Das Bestreben, ein besseres Verständnis für die Bedeutung der überwältigenden Offenbarung Bahá’u’lláhs zu erlangen, muss nach meiner unumstößlichen Überzeugung immer erste Pflicht und Ziel des unablässigen Bemühens eines jeden ihrer getreuen Jünger bleiben. Das genaue, sorgsame Begreifen einer so großen Ordnung, einer so erhabenen Offenbarung, eines so heiligen Glaubens liegt aus augenfälligen Gründen außerhalb des Bereiches und der Fassungskraft unseres begrenzten Geistes. Dennoch können wir, ja müssen wir versuchen, in der Arbeit für die Verbreitung Seines Glaubens neue Eingebung und vermehrten Rückhalt durch ein klareres Verständnis der von ihm verwahrten Wahrheiten und der ihm zu Grunde liegenden Prinzipien zu erlangen.
In einer Mitteilung an die amerikanischen Gläubigen habe ich im Verlaufe meiner Erläuterung der Stufe des Báb flüchtig die unvergleichliche Größe der Offenbarung, als deren bescheidenen Vorläufer Er sich betrachtet hat, erwähnt.

Er, den Bahá’u’lláh im Kitáb-i-Íqán den verheißenen Qá’im nennt, der nicht weniger als fünfundzwanzig der siebenundzwanzig Buchstaben, die allen Propheten zu offenbaren bestimmt war, offenbart hat, Er, der ein so großer Offenbarer ist, hat selbst Zeugnis für den Vorrang jener noch höheren Offenbarung, die binnen kurzem Seine eigene überholen würde, abgelegt.

»Der Keim«, so erklärt der Báb im Persischen Bayán, »der alle Möglichkeiten der kommenden Offenbarung in sich birgt, ist mit einer höheren Macht begnadet als die vereinten Kräfte derer, die Mir anhängen.«Q52 »Von allen Ehrungen«, so erklärt Er weiter, »die Ich Ihm, der nach Mir kommen wird, gezollt habe, ist die größte Mein schriftliches Bekenntnis, dass keines Meiner Worte Ihn angemessen beschreiben kann noch irgendeinem Hinweise auf Ihn in Meinem Buche, dem Bayán, vergönnt ist, Seiner Sache gerecht zu werden.«Q53 »Der Bayán«, so erklärt Er nachdrücklich im gleichen Buche, »und was immer darin enthalten ist, kreist um die Rede von ›Dem, den Gott offenbaren wird‹, so wie das AlifA23 und alles, was darinnen ist, sich um die Rede von Muḥammad, dem Apostel Gottes, dreht.«Q54 »Ein tausendmaliges Durchlesen des Bayán «, bemerkt Er ferner, »kann nicht dem Lesen eines einzigen Verses gleichkommen, den ›Er, den Gott offenbaren wird‹, enthüllen wird …A24 Heute befindet sich der Bayán im Zustand eines Samenkorns; mit Beginn der Offenbarung ›Dessen, den Gott offenbaren wird‹, wird seine endgültige Vollkommenheit zutage tretenA25 … Der Bayán und diejenigen, die an ihn glauben, sehnen sich leidenschaftlicher nach Ihm, als sich je ein Liebender nach der Geliebten sehnte … Der Bayán leitet alle seine Herrlichkeit von ›Ihm‹ her, ›den Gott offenbaren wird.‹ Aller Segen sei auf dem, der an Ihn glaubt, und Weh begegne dem, der Seine Wahrheit abweist.«
Sich an Siyyid Yaḥyáy-i-Dárábí, genannt Vaḥíd, den gelehrtesten, beredtesten und einflussreichsten unter Seinen Jüngern, wendend, äußert der Báb die folgende Warnung: »Bei der Rechtschaffenheit Dessen, der mit Seiner Macht den Samen keimen heißt und allen Dingen den Geist des Lebens einhaucht, – wäre Ich gewiss, dass du Ihn am Tage Seiner Manifestation verleugnest, Ich würde dich, ohne zu zögern, ausstoßen und deinen Glauben verwerfen … Würde Mir andererseits gesagt, dass ein Christ, der nicht Meinem Glauben anhängt, an Ihn glauben wird, Ich würde ihn wie Meinen Augapfel schätzen.«
In einem Seiner Gebete hält Er mit Bahá’u’lláh die folgende Zwiesprache: »Erhaben bist Du, o mein Herr der Allmächtige! Wie schwach und armselig erscheint mein Wort und alles, was mir zugehört, es sei denn, dass es Beziehung zu Deiner großen Herrlichkeit besitze. Gewähre, dass durch den Beistand Deiner Gnade, was immer mir gehört, vor Deinem Antlitz angenommen werde.«
Im Qayyúmu’l-Asmá’, dem Kommentar des Báb zur Súrih von Joseph, den der Verfasser des Íqán »das erste, größte und mächtigste«Q55 der durch den Báb offenbarten Bücher nennt, sind folgende Hinweise auf Bahá’u’lláh zu lesen: »Aus dem äußersten Nichtsein hast Du, o großer und allmächtiger Meister, mich durch das himmlische Wirken Deiner Macht hervorgebracht und mich erhoben, diese Offenbarung zu verkünden. Ich habe niemanden als Dich zu Meinem Glaubenshort gemacht, ich habe mich an keinen anderen Willen als an den Deinen geklammert … O Du Spur Gottes! Ich habe mich ganz für Dich geopfert; Ich habe um Deinetwillen Verfluchungen auf mich genommen und nach nichts verlangt als nach dem Märtyrertode auf dem Pfade Deiner Liebe. Wahrhaftiger Zeuge für mich ist Gott, der Erhabene, der Beschützer, der Altehrwürdige der Tage.«Q56 »Und wenn die vorbestimmte Stunde da sein wird«, so wendet Er sich im gleichen Kommentar nochmals an Bahá’u’lláh, »so wollest Du mit der Erlaubnis Gottes, des Allweisen, von den Höhen des erhabensten und geheimnisvollsten Berges einen schwachen, unendlich feinen Schimmer Deines undurchdringlichen Geheimnisses offenbaren, damit die, die das Licht vom Glanze des Sinai erkannt haben, dahinschwinden und sterben mögen im Anblick eines Blitzstrahls des erschütternden, tiefroten Lichtes, das Deine Offenbarung einhüllt.«Q57
Als weiteres Zeugnis für die Größe der Offenbarung Bahá’u’lláhs mögen hier folgende Auszüge aus einem von ‘Abdu’l-Bahá an einen hervorragenden Zoroastrier-Bahá’í gerichteten Sendschreiben Erwähnung finden:

»Du hast geschrieben, es stehe in den heiligen Büchern der Anhänger Zarathustras, dass während der letzten Tage die Sonne in drei getrennten Sendungen zum Stillstand kommen müsse.

In der ersten Sendung, so lautet die Voraussage, wird die Sonne zehn Tage lang bewegungslos verharren, in der zweiten doppelt so lange und in der dritten nicht weniger als einen vollen Monat.

Die Auslegung dieser Prophezeiung ist, dass die erste Sendung, auf die sich diese Angaben beziehen, die Sendung Muḥammads ist, während der die Sonne der Wahrheit zehn Tage hindurch stillstand.

Jeder der Tage zählt als ein Jahrhundert.

Die Sendung Muḥammads musste darnach zum mindesten tausend Jahre dauern, was auch genau die Zeit vom Sinken des Sterns des Imámats bis zum Beginn der durch den Báb verkündeten Sendung ist.

Die zweite Sendung, auf die diese Prophezeiung anspielt, ist die des Báb, die im Jahre 1260 d.

H. anfing und im Jahre 1280 d.

H. endete.

Die Zeitdauer der dritten Sendung, der von Bahá’u’lláh verkündeten Offenbarung, wurde, da die Sonne der Wahrheit mit Erreichen dieses Standes in der Fülle ihres Mittagsglanzes leuchtet, mit einem vollen Monat angegeben, was die längste Zeit bedeutet, die die Sonne zum Durchlaufen eines Zeichens des Tierkreises benötigt.

Hieraus kannst du die Größe des Bahá’í-Zyklusses ermessen, eines Zyklusses, der sich über einen Zeitraum von mindestens fünfhunderttausend Jahren erstrecken muss.«
Aus dem Wortlaut dieser klaren, bevollmächtigten Auslegung einer uralten Prophezeiung geht hervor, wie nötig es für jeden getreuen Anhänger des Glaubens ist, den göttlichen Ursprung der Sendung Muḥammads anzunehmen und deren unabhängige Stufe zu verteidigen. Ebenso wird in diesen Zeilen die unbedingte Gültigkeit des Imámats, jener göttlich verordneten Einrichtung bestätigt, von deren hervorragendstem Glied der Báb selbst ein direkter Spross war, und die nicht weniger als zweihundertsechzig Jahre lang fortwährend die erwählte Empfängerin der Führung des Allmächtigen und der Verwahrungsort eines der beiden kostbarsten Vermächtnisse des Islám war.
Diese gleiche Prophezeiung beweist, wie wir auch den unabhängigen Charakter der Bábí-Sendung anerkennen müssen, und bestätigt mittelbar die Wahrheit, dass in Übereinstimmung mit dem Grundsatz der fortschreitenden Offenbarung jede Manifestation Gottes den Menschen ihres Tages notwendigerweise ein Maß an göttlicher Führung gewähren muss, das größer ist als jenes, das ein vorangegangenes oder weniger aufnahmefähiges Zeitalter hätte empfangen oder anerkennen können. Aus diesem Grunde und nicht etwa wegen eines ihr eigenen höheren Wertes, der der Bahá’í-Religion vielleicht beigemessen wird, zeugt diese Prophezeiung für die unvergleichliche Macht und Herrlichkeit, mit der die Sendung Bahá’u’lláhs ausgestattet wurde, eine Sendung, deren Möglichkeiten wir erst wahrzunehmen beginnen und deren volle Tragweite wir niemals abzusehen vermögen.
Der Glaube Bahá’u’lláhs sollte in der Tat, wenn wir treu zu den gewaltigen Folgerungen dieser Botschaft stehen wollen, als der Höhepunkt eines Zyklusses, der letzte Abschnitt in einer Reihe aufeinanderfolgender, vorläufiger, fortschreitender Offenbarungen betrachtet werden, die, beginnend mit Adam und endend mit dem Báb, den Weg bereitet und mit wachsendem Nachdruck das Kommen jenes Tages der Tage angekündigt haben, da Er, der Verheißene aller Zeitalter, offenbart wird.
Diese Wahrheit bezeugen die Äußerungen Bahá’u’lláhs in reichem Maße.

Eine bloße Andeutung der von Ihm selbst wiederholt in gewaltiger Sprache und mit zwingender Macht erhobenen Ansprüche kann den Charakter der Offenbarung, deren erwählter Träger Er gewesen ist, erschöpfend darlegen.

Wir sollten darum unsere Aufmerksamkeit auf die Seiner Feder, dem Urquell einer so gewaltigen Offenbarung, entströmten Worte richten, wenn wir ihre Wichtigkeit und Bedeutung klarer erkennen wollen.

Ob in der Bekräftigung Seines noch nie dagewesenen Anspruches oder in Seinen Anspielungen auf die geheimnisvollen Kräfte, die Er entfesselt hat, ob an solchen Stellen, wo er die Herrlichkeiten Seines langersehnten Tages preist, oder an solchen, wo Er die Stufe jener preist, die die verborgenen Vorzüge dieses Tages erkennen – immer hat Bahá’u’lláh, und in nahezu gleichem Ausmaße der Báb und ‘Abdu’l-Bahá, der Nachwelt Fundgruben eines so unschätzbaren Reichtums hinterlassen, wie sie keiner von uns, die wir dem heutigen Geschlechte angehören, hoch genug zu schätzen vermag.

Derartige Zeugnisse zu diesem Thema sind von einer solchen Kraft durchdrungen und offenbaren eine solche Schönheit, dass nur diejenigen beanspruchen können, ihren Wert hinlänglich abzuschätzen, denen es möglich ist, die Worte in der Ursprache zu lesen.

So groß ist die Zahl dieser Beweise, dass ein ganzes Werk geschrieben werden müsste, um nur die hervorragendsten davon zusammenzustellen.

Alles, was ich gegenwärtig unternehmen und wagen kann, ist, Ihnen Stellen mitzuteilen, die ich aus Seinen umfangreichen Schriften auszuziehen vermochte.
»Ich bezeuge vor Gott«, verkündet Bahá’u’lláh, »die Größe, die unfassbare Größe dieser Offenbarung.

Wieder und immer wieder haben Wir in den meisten Unserer Schriften für diese Wahrheit Zeugnis abgelegt, auf dass die Menschheit aus ihrer Nachlässigkeit erwache.« »In dieser mächtigsten Offenbarung«, so erklärt Er unzweideutig, »finden alle Sendungen der Vergangenheit ihre höchste, ihre endgültige Erfüllung.«Q58 »Was in dieser überragenden, erhabensten Offenbarung kundgegeben wurde, hat in den Annalen der Vergangenheit nicht seinesgleichen noch wird eine künftige Zeit desgleichen schauen.« »Er ist es«, so verkündet Er, auf Sich selbst bezogen, weiter, »dessen Name im Alten Testament Jehova war, den das Evangelium den Geist der Wahrheit nannte und der im Qur’án als die Große Verkündigung angerufen wurde.« »Nur um Seinetwillen sind alle Gottgesandten mit dem Mantel des Prophetentums geschmückt, nur für Ihn ist jede der heiligen Schriften offenbart worden.

Dies bezeugen alle erschaffenen Dinge.« »Das Wort, das der eine wahre Gott an diesem Tag verkündet – und sollte dieses Wort auch der gebräuchlichste und alltäglichste Ausdruck sein –, ist mit höchster, einzigartiger Auszeichnung bekleidet.« »Allgemein ist die Menschheit noch unreif.

Hätte sie genügend Fähigkeit erworben, Wir hätten ihr ein so großes Maß von Unserem Wissen abgegeben, dass alle, die auf Erden und im Himmel wohnen, sich durch die aus Unserer Feder strömende Gnade als völlig von allem Wissen außer der Erkenntnis Gottes losgelöst empfänden und sicher auf dem Thron beständiger Ruhe säßen.« »Die Feder der Heiligkeit, Ich bestätige es feierlich vor Gott, hat auf Meine schneeweiße Stirn mit Buchstaben von strahlender Herrlichkeit jene glühenden, moschusduftenden, heiligen Worte aufgeschrieben: ›Schauet auf, die ihr auf Erden wohnet, und ihr, Bewohner des Himmels, werdet Zeugen:

Er ist in Wahrheit euer Vielgeliebter.

Er ist es, desgleichen die Welt der Schöpfung nicht gesehen, Er, dessen berauschende Schönheit das Auge Gottes, des Befehlers, des Allmächtigen, des Unvergleichlichen, entzückt hat!‹«
»Ihr Anhänger des Evangeliums«, ruft Bahá’u’lláh, sich an die gesamte Christenheit wendend, »schauet hin, die Tore des Himmels sind weit geöffnet. Er, der zum Himmel aufgefahren war, ist nun gekommen. Hört auf Seine Stimme, die laut über Länder und Meere schallt und aller Menschheit den Anbruch dieser Offenbarung kund tut, einer Offenbarung, durch deren Walten die Zunge der Erhabenheit jetzt verkündet: ›Siehe, das heilige Liebespfand ist eingelöst, denn Er, der Verheißene, ist gekommen!‹«»Die Stimme des Menschensohnes ruft laut aus dem geheiligten Tal: ›Hier bin ich, hier bin ich, o Gott, mein Gott!‹A26 … indessen aus dem Brennenden Busch der Schrei tönt: ›Sehet, der Ersehnte der Welt ist in Seiner erhabenen Herrlichkeit offenbart!‹ Der Vater ist gekommen. Was euch verheißen ward im Reiche Gottes, ist erfüllt. Dies ist das Wort, das der Sohn verhüllte, da Er zu denen, die um Ihn waren, sprach, dass sie ›es heute noch nicht tragen‹Q59 könnten … Wahrlich, der Geist der Wahrheit ist gekommen, dass Er euch in die ganze Wahrheit leite … Er ist der Eine, der den Sohn verherrlichte und Seine Sache erhöhte …«Q»Der Tröster, dessen Kommen alle Schriften verheißen haben, ist nun da, damit Er euch alle Erkenntnis und Weisheit offenbare. Suchet Ihn auf dem ganzen Erdenrund – vielleicht, dass ihr Ihn findet.«
»Rufe aus gen Zion, o Karmel«, schreibt Bahá’u’lláh, »und künde die frohe Botschaft: ›Er, der den sterblichen Augen verborgen war, ist nun gekommen!

Seine allbesiegende Herrschaft wurde offenbar, Sein alles umstrahlender Glanz entschleiert … Eile hin zu Ihm und umschreite die Stadt Gottes, die vom Himmel herabkam – die himmlische Ka‘bah, die Gottes Begünstigte in Anbetung umkreisen, die Reinen im Herzen, die Gefährten der erhabensten Engel.‹«Q60»Ich bin der Eine«, so bestätigt Er in einem anderen Zusammenhang, »den die Zunge Jesajas pries, der Eine, mit dessen Namen die Thora wie auch das Evangelium geschmückt ward.«Q61 »Die Herrlichkeit des Sinai ist herbeigeeilt, den Tagesanbruch dieser Offenbarung zu umkreisen, indessen aus den Höhen des Königreiches die Stimme des Gottessohnes hörbar wird, die da verkündet: ›Reget euch, ihr Stolzen auf Erden, und eilet zu Ihm.‹ Der Karmel hat sich an diesem Tage aufgemacht, in sehnsuchtsvoller Anbetung zu Seinem Hofe zu kommen, während aus Zions Herz der Schrei hervordringt: ›Die Verheißung aller Zeitalter ging in Erfüllung.

Was in den heiligen Schriften Gottes, des Geliebten, des Höchsten, angekündigt wurde, ist erschienen!‹« »Ḥijáz ward neu belebt vom Hauche, der die Botschaft freudiger Vereinigung verkündet: ›Gepriesen seiest Du‹, so hören Wir es rufen: ›O mein Herr, Du Höchster!

Ich war tot, weil ich von Dir getrennt war.

Der Atem, den die Düfte Deiner Gegenwart durchtränkten, gab mich dem Leben wieder.

Glücklich ist, wer sich Dir zukehrt, und wehe dem, der irregeht.‹« »Bei dem einen wahren Gott!

Elias ist an Meinen Hof geeilt und hat zur Tag- und Nachtzeit Meinen Thron der Herrlichkeit umschritten.« »Salomo in seiner ganzen Majestät umwandelt Mich an diesem Tage verehrungsvoll, die höchsterhabenen Worte sprechend: ›Ich habe mein Angesicht dem Deinen zugewandt, o Du allmächtiger Herr der Welt!

Ich bin von allem, was mein ist, ganz gelöst und sehne mich nach dem, was Du besitzest.‹« »Hätte Muḥammad, der Gesandte Gottes, diesen Tag erlebt«, schreibt Bahá’u’lláh in einem Sendschreiben, das Er am Vorabend Seiner Verbannung in die Strafkolonie ‘Akká offenbarte, »Er [hätte] ausgerufen: ›Ich habe Dich wahrlich erkannt, o du Sehnsucht der Gottesboten!‹ Hätte Abraham ihn erlebt, so hätte Er sich niedergeworfen und in größter Demut vor dem Herrn, deinem Gott, ausgerufen: ›Mein Herz ist voll des Friedens, o Du Herr über alles im Himmel und auf Erden!

Ich bezeuge, dass Du vor meinen Augen die ganze Herrlichkeit Deiner Macht und die Majestät Deines Gesetzes enthüllt hast!‹ … Hätte Moses diesen Tag erlebt, so hätte auch Er Seine Stimme erhoben: ›Aller Lobpreis sei Dir, dass Du mir Deine Schönheit enthülltest und mich zu denen zählst, die das Vorrecht haben, Dein Antlitz zu schauen!‹«Q62 »Nord und Süd erbeben bei dem Rufe, der das Kommen Unserer Offenbarung kündet.

Wir können die Stimme Mekkas sagen hören: ›Aller Ruhm sei Dir, o Herr mein Gott, Allherrlicher, dass Du über mich den Odem, den Deine Gegenwart durchhauchte, strömen ließest!‹ Und auch Jerusalem ruft laut: ›Gepriesen und verherrlicht seist Du, o Geliebter der Erde und des Himmels, dass Du die Qual meiner Trennung von Dir in die Freude lebengebender Vereinigung gekehrt hast!‹«
»Bei der Gerechtigkeit Gottes«, erklärt Bahá’u’lláh in dem Wunsch, die ganze Stärke Seiner unüberwindlichen Macht zu offenbaren, »sollte ein Mensch im Namen Bahás sich ganz allein erheben und mit Seiner Liebe gürten, so wird der Allmächtige ihn siegreich machen, selbst wenn sich die Gewalten des Himmels und der Erde gegen ihn verbündeten.« »Bei Gott, neben dem es keinen anderen Gott gibt! Sollte jemand für den Triumph Unserer Sache aufstehen, so wird ihm Gott zum Sieg verhelfen, auch wenn Zehntausende von Feinden sich gegen ihn zusammenschlössen. Und wenn seine Liebe zu Mir noch weiter wächst, wird Gott seine Erhebung über alle Mächte des Himmels und der Erde bewirken. So ergossen Wir den Geist der Kraft in alle Bereiche.«
»Dies ist der König der Tage«, preist Er das Zeitalter, das Zeuge des Erscheinens Seiner Offenbarung ist, »der Tag, der den Heißgeliebten hat kommen sehen, Ihn, nach dem die Sehnsucht der Welt seit aller Ewigkeit gegangen.«»Die Welt des Seins strahlt an diesem Tage wider vom Abglanz dieser göttlichen Offenbarung. Alle erschaffenen Dinge rühmen und lobpreisen Seine rettende Gnade. Das Weltall ist erfüllt von einem Rausch der Freude und des Glücks. Die Heiligen Schriften früherer Sendungen feiern das große Jubelfest, das diesen größten Tag Gottes begrüßen muss. Wohl dem, der diesen Tag erlebt und schaut und seine Stufe erkennt.«»Würde die Menschheit auch nur einem einzigen Worte dieses Lobpreises gebührende Beachtung schenken, sie wäre derart von Entzücken erfüllt, dass sie überwältigt wäre und in Staunen sänke. Hingerissen würde sie strahlend über dem Horizonte wirklichen Verstehens leuchten.«
»Seid gerecht, ihr Völker der Erde«, ruft Er der Menschheit zu, »ist es angebracht und ziemt es euch, die Vollmacht Dessen in Frage zu stellen, dessen Gegenwart ›Er, der mit Gott redete‹A27 ersehnte, dessen Angesicht in ganzer Schönheit ›der Vielgeliebte Gottes‹A28 zu schauen verlangte, durch dessen Macht der Liebe der ›Geist Gottes‹A29 in den Himmel aufstieg und um dessentwillen der ›Erste Punkt‹Q63A30 Sein Leben hingab?«Q»Nehmet die Gelegenheit wahr«, ermahnt Er Seine Anhänger, »denn schon ein flüchtiger Augenblick dieses Tages wiegt Jahrhunderte vergangener Zeiten auf … Weder Sonne noch Mond haben einen Tag, der diesem gleicht, gesehen … Es ist klar, dass jedes Zeitalter, in dem eine Manifestation Gottes gelebt hat, göttlich verordnet ist und in gewissem Sinne als Gottes festgesetzter Tag bezeichnet werden kann. Dieser Tag ist jedoch einzigartig und muss von den vorausgegangenen unterschieden werden. Die Bezeichnung ›Siegel der Propheten‹Q64 offenbart und beweist vollkommen seine hohe Stufe.«Q65
Auf die in Seiner Offenbarung verborgenen Kräfte näher eingehend, enthüllt Bahá’u’lláh folgendes:

»Indem Wir Unsere Feder der Herrlichkeit bewegten, haben Wir auf Befehl des allmächtigen Gebieters in jede menschliche Hülle neues Leben gehaucht und jedem Worte neue Kraft gegeben.

Alle erschaffenen Dinge verkünden die Tatsache dieser weltumfassenden Neubelebung.« »Dies ist«, fügt Er hinzu, »die größte, die freudigste Botschaft, die der Menschheit durch die Feder dieses Unterdrückten zuteil ward.«Q66 »Wie groß«, ruft Er an anderer Stelle aus, »ist diese Sache, wie erschütternd die Gewichtigkeit ihrer Botschaft!

Dies ist der Tag, von dem gesagt ist: ›O mein Sohn!

Wahrhaftig, Gott wird alle Dinge ans Licht bringen, und wenn sie auch nur das Gewicht eines Senfkorns hätten, in einem Felsen oder im Himmel oder auf Erden verborgen wären, denn Gott durchdringt alles und weiß alles.‹Q67«Q »Bei der Gerechtigkeit des einen, wahren Gottes!

Ginge ein Splitter eines Edelsteines verloren, so dass er unter einem Berg von Steinen begraben und hinter den sieben Meeren verborgen läge, die Hand des Allmächtigen würde ihn dennoch sicherlich an diesem Tage rein und von allem Staub befreit zum Lichte bringen.« »Wer an den Wassern Meiner Offenbarung teilhat, wird alle unvergänglichen Wonnen kosten, von Gott verordnet vom Anfang, der keinen Anfang hat, bis zum Ende, das kein Ende hat.« »Jeder einzelne Buchstabe, der von Unserem Munde ausgeht, ist derart mit wiederbelebender Kraft versehen, dass er imstande ist, eine neue Schöpfung wachzurufen – eine Schöpfung, deren Größe unerforschlich ist für alle außer Gott.

Er, fürwahr, hat Kenntnis von allen Dingen.« »Es steht in Unserer Macht, sofern Wir es wollten, aus ein paar Körnchen fliegenden Staubes in weniger als einem Augenblick Sonnen von unendlicher, unausdenklicher Herrlichkeit zu erzeugen, einen Tautropfen zu weiten, zahllosen Meeren schwellen zu lassen und in jeden Buchstaben eine solche Kraft zu gießen, dass er alles Wissen vergangener und kommender Zeitalter enthüllen könnte.«Q68 »Wir sind im Besitze einer Macht, die, ans Licht gebracht, das tödlichste Gift in ein Allheilmittel von unfehlbarer Wirkung wandelt.«
Die Stufe des wahren Gläubigen bezeichnend, äußert Er: »Bei den Leiden, die die Schönheit des Allherrlichen heimsuchen! Derart ist die für den wahrhaft Gläubigen vorgesehene Stufe, dass, würde ihr Glanz der Menschheit auch nur um weniger als die Weite eines Nadelöhrs entschleiert, ein jeder Suchende vor Sehnsucht nach diesem Ziel verginge. Aus diesem Grunde wurde verordnet, dass in diesem Erdenleben das volle Maß des Glanzes der Stufe eines solchen Gläubigen vor dessen eigenen Augen verborgen bleibe …« »Würde der Schleier gelüftet«, so bestätigt Er ähnlich, »und der volle Glanz der Stufe derer offenbar, die sich Gott gänzlich zugewendet und in ihrer Liebe zu Ihm der Welt entsagt haben, so wäre die gesamte Schöpfung wie vom Donner gerührt.«Q69
Den überragenden Rang Seiner Offenbarung im Vergleich zu der ihr vorausgegangenen hervorhebend, bekräftigt Bahá’u’lláh: »Wären alle Völker der Erde ausgestattet mit den Kräften und Eigenschaften, die für die Buchstaben des Lebendigen, die erwählten Jünger des Báb, bestimmt sind, deren Stufe zehntausendmal herrlicher ist als irgendeine, die die Apostel früherer Zeit erreichten, und würden sie allesamt auch nur für die Dauer eines Augenblicks zögern, das Licht Meiner Offenbarung anzuerkennen, so ist ihr Glaube dennoch nutzlos und sie werden zu den Ungetreuen gerechnet.« »So ungeheuer mächtig ist die Ausgießung der göttlichen Gnade in dieser Sendung, dass, wären sterbliche Hände rasch genug, sie aufzuzeichnen, innerhalb nur eines Tages und einer Nacht Verse in solcher Zahl herniederströmten, wie es dem ganzen Persischen Bayán entspräche.«
»Beachte Meine Warnung, o Volk Persiens!« so äußert Er Seinen Landsleuten gegenüber, »wenn deine Hand Mich fällen sollte, wird Gott gewisslich jemanden erwecken, der den Platz, der durch Meinen Tod frei wird, ausfüllt, denn solcherweise hat Gott seit alters her gehandelt, und keinen Wandel könnt ihr in Gottes Art zu walten finden.«Q70 »Sollten sie versuchen, Sein Licht auf dem Festland zu verdecken, so wird Er sicherlich Sein Haupt inmitten des größten Meeres erheben, die Stimme ertönen lassen und verkünden: ›Ich bin es, der der Welt das Leben spendet!‹ … Und wenn sie Ihn in eine finstere Grube werfen, so werden sie Ihn auf den höchsten Höhen der Erde sitzend und laut der ganzen Menschheit rufend finden: ›Sehet, das Verlangen der Welt ist in Seiner Erhabenheit, in Seiner Macht, mit Seinem ewigen Reich gekommen!‹ Und läge Er in den tiefsten Erdentiefen begraben, Sein Geist erhöbe sich zum Zenit des Himmels und ließe den Ruf erschallen: ›Sehet die Herrlichkeit, die da kommt, und werdet Zeugen des Reiches Gottes, des Heiligsten, des Gnadenreichen, des Allmächtigen!‹«Q71 »Die Kehle dieses Jünglings«, so heißt es in einer anderen erstaunlichen Erklärung, »schließt Laute ein, die, würden sie der Menschheit auch nur um weniger als die Weite eines Nadelöhrs freigegeben, genügten, um alle Berge zu zerschmettern, die Blätter der Bäume zu verfärben und ihre Früchte abzuwerfen.

Sie würden jede Stirn zwingen, sich andachtsvoll zu neigen, und jedes Antlitz, sich in Anbetung diesem allmächtigen Gebieter zuzuwenden, der in mancherlei Zeit und Art erscheint als verzehrende Flamme, als wogendes Weltmeer, als strahlendes Licht, als der Baum, im Boden der Heiligkeit verwurzelt, der seine Zweige hoch erhebt und seine Äste bis zum Thron unsterblicher Herrlichkeit und noch weiter ausstreckt.«
Den Plan vorwegnehmend, den die unüberwindliche Macht Seines Gesetzes in einer späteren Zeit zu entfalten bestimmt ist, schrieb Er: »Die Welt ist aus dem Gleichgewicht geraten durch die Schwungkraft dieser größten, dieser neuen Weltordnung. Das geregelte Leben der Menschheit ist aufgewühlt durch das Wirken dieses einzigartigen, dieses wundersamen Systems, desgleichen kein sterbliches Auge je gesehen hat.«Q72 »Die Hand der Allmacht hat Seine Offenbarung auf einen unverletzlichen, dauerhaften Grund gestellt. Stürme menschlichen Streites vermögen ihre Grundfesten nicht zu schwächen, noch werden die wunderlichen Ideen der Menschen ihrem Aufbau schaden können.«
In der Súratu’l-Haykal, einem der bedeutsamsten Werke Bahá’u’lláhs, sind folgende Verse aufgezeichnet, von denen jeder die unwiderstehliche Macht bezeugt, die der Offenbarung ihres Urhebers innewohnt:

»Nichts ist in Meinem Tempel zu sehen als Gottes Tempel, nichts ist in Meiner Schönheit zu erblicken als Seine Schönheit, in Meinem Wesen nur das Seine und in Meinem Selbst nur Seines und in Meiner Bewegung nur Seine Bewegung und in Meiner Ergebung nur Seine Ergebung und in Meiner Feder nur Seine Feder, die Mächtige, die Allgepriesene.

Nichts ist in Meiner Seele als die Wahrheit, und nichts ist in Mir selbst zu sehen außer Gott.«Q73 »Der Heilige Geist selbst wurde durch die Wirkung eines einzigen Buchstabens gezeugt, den dieser Größte Geist offenbart hat – gehörtet ihr doch zu denen, die begreifen!«Q74 … »In der Schatzkammer Unserer Weisheit liegt eine Erkenntnis verborgen, von der ein einziges Wort, beliebten Wir, es der Menschheit zu enthüllen, jedes menschliche Wesen dazu brächte, Gottes Manifestation zu erkennen und Seine Allwissenheit anzunehmen, und jedermann in den Stand versetzte, die Geheimnisse aller Wissenschaften zu entdecken und die Höhe einer Stufe zu erreichen, die ihn vollkommen unabhängig von aller bisherigen und künftigen Gelehrtheit sähe.

Mehr Kenntnis noch besitzen Wir, von der Wir nicht einen Buchstaben enthüllen können, noch finden Wir die Menschheit fähig, auch nur die leiseste Andeutung ihres Sinns zu vernehmen.

Also haben Wir euch über das Wissen Gottes, des Allwissenden, des Allweisen, unterrichtet.«Q75 »Der Tag ist nahe, da Gott durch einen Akt seines Willens ein menschliches Geschlecht erstehen lassen wird, dessen Wesen für keinen außer Gott, dem Allmächtigen, dem Selbstbestehenden, ergründbar ist.«Q76 »Bald wird Er aus dem Busen der Kraft die Hände der Überlegenheit und der Macht ausstrecken – Hände, die sich erheben werden, um dieses Jünglings Sieg zu erringen, Hände, die die Menschheit reinigen werden von der Befleckung derer, die ausgestoßen und gottlos sind.

Diese Hände werden ihre Lenden umgürten, dass sie den Glauben Gottes schirmen, und werden in Meinem Namen, der Selbstbestehende, der Mächtige, die Völker und Geschlechter der Erde unterwerfen.

Sie werden in die Städte einziehen und die Herzen aller ihrer Bewohner in Furcht versetzen.

Derart sind die Zeugnisse von Gottes Macht; wie furchtbar, wie hinreißend doch Seine Macht ist!«Q77
So lautet, innig geliebte Freunde, Bahá’u’lláhs eigenes schriftliches Zeugnis für die Natur Seiner Offenbarung. Auf die Bestätigungen durch den Báb, von denen jede einzelne das Gewicht dieser außerordentlichen Erklärungen erhöht und ihren Wahrheitsgehalt erhärtet, wurde schon eingangs hingewiesen. Was mir in diesem Zusammenhang noch zu betrachten bleibt, sind Abschnitte aus den Schriften ‘Abdu’l-Bahás – des eingesetzten Auslegers dieser nämlichen Erklärungen –, die weiteres Licht auf verschiedene Punkte unseres fesselnden Themas werfen und es erweitern. Der Ton Seiner Sprache ist in der Tat genauso nachdrücklich und Sein Beitrag nicht minder glühend, als es diejenigen Bahá’u’lláhs und des Báb sind.
»Jahrhunderte, nein, ganze Zeitalter müssen vergehen«, so bestätigt Er in einem Seiner frühesten Sendschreiben, »ehe das Tagesgestirn der Wahrheit wieder in seinem Mittagsglanze leuchtet oder zum weiteren Male in prangendem Frühlingsschimmer aufgeht … Wie dankbar müssen wir sein, dass wir an diesem Tage zu Empfängern einer so überwältigenden Gunst gemacht sind!

Besäßen wir doch zehntausend Leben, um sie in Danksagung für ein so seltenes Vorrecht, eine so hohe Gabe, eine so unschätzbare Wohltat hinzugeben!« »Allein schon die Betrachtung der Sendung, die mit der Gesegneten Schönheit anhebt«, sagt Er weiter, »hätte ausgereicht, die Heiligen verflossener Zeitalter zu überwältigen – Heilige, die sich sehnten, einen Augenblick lang an dieser großen Herrlichkeit teilzunehmen.« »Die Heiligen der vergangenen Zeitalter und Jahrhunderte haben, jeder und alle, unter Tränen danach geschmachtet, dass sie am Tage Gottes, und wäre es nur für die Dauer eines Augenblicks, leben dürften.

In ungestillter Sehnsucht gingen sie in das große Jenseits ein.

Wie groß ist daher die Gnadenfülle der Schönheit Abhá, die, trotz unserer äußersten Unwürdigkeit, durch Seine Gnade und Barmherzigkeit in diesem göttlich erleuchteten Jahrhundert uns den Geist des Lebens eingehaucht, uns unter dem Banner des Geliebten der Welt gesammelt und uns eine Gabe zu verleihen beliebt hat, um die die Machthaber vergangener Zeitalter vergeblich flehten.« »Die Seelen der Begünstigten unter den Heerscharen der Höhe«, so bestätigt Er gleichfalls, »die geheiligten Bewohner des erhabensten Paradieses, sind an diesem Tage von dem brennenden Wunsche erfüllt, in diese Welt zurückzukehren, um, was sie an Dienst zu tun vermögen, an der Schwelle der Schönheit Abhá leisten zu dürfen.«
»Der Glanz der strahlenden Barmherzigkeit Gottes«, erklärt Er in einem auf das Wachstum und die künftige Entwicklung des Glaubens deutenden Abschnitt, »hat die Völker und Geschlechter der Erde umhüllt, und die gesamte Welt ist in seine leuchtende Herrlichkeit gebadet … Bald wird der Tag erscheinen, da das Licht der göttlichen Einheit Osten und Westen so durchdrungen haben wird, dass fürder kein Mensch mehr wagen kann, es nicht zu beachten.« »Die Hand der göttlichen Macht hat in der Welt des Seins nunmehr den festen Grund für diese höchste Gabe und dieses wundersame Geschenk gelegt. Was immer im Innersten dieses heiligen Zyklus verborgen ruht, wird nach und nach erscheinen und geäußert werden, denn heute ist erst der Anfang seines Wachstums und die Morgenstunde der Offenbarung seiner Zeichen. Noch ehe dieses Jahrhundert und dieser Zeitabschnitt zu Ende gehen, wird klar und offenbar sein, wie wunderbar dieser Frühling und wie himmlisch dieses Geschenk war!«
In Bestätigung der erhabenen Stufe des wahren Gläubigen, auf die sich Bahá’u’lláh bezog, offenbart Er folgendes: »Die Stufe, die der erreichen wird, der diese Offenbarung wahrhaft anerkennt, ist die gleiche, wie sie für diejenigen Propheten aus dem Hause Israel verordnet ist, die nicht als ›mit Beständigkeit begabte‹Q78 Manifestationen angesehen werden.«Q
Bezüglich der Manifestationen, die auserwählt sind, auf die Offenbarung Bahá’u’lláhs zu folgen, gibt uns ‘Abdu’l-Bahá diese bestimmte und gewichtige Erklärung: »Was die Manifestationen anbelangt, die künftig ›in den Schatten der Wolken‹Q79 herniedersteigen werden, so wisse wahrlich, dass sie, auf ihr Verhältnis zur Quelle ihrer Eingebung bezogen, unter dem Schatten der Urewigen Schönheit stehen. Doch in Beziehung zum jeweiligen Zeitalter, in dem sie erscheinen, wird jeder von ihnen ›tun, was immer Er will.‹Q80«Q
»O mein Freund!« so wendet Er sich in einem Seiner Sendschreiben an eine Persönlichkeit von anerkannter Autorität und Stellung, »das unauslöschliche Feuer, das vom Herrn des Königreiches in dem heiligen Baum entzündet wurde, brennt der Welt ungestüm im innersten Herzen. Die daraus erwachsende Feuersbrunst wird die gesamte Erde umfassen, ihre Flamme die Völker und Geschlechter erleuchten. Alle Zeichen sind enthüllt, alle prophetischen Hinweise sind offenbar. Was immer in allen Schriften der Vergangenheit verborgen war, ist nun erschienen. Zu zweifeln oder zu zaudern ist künftighin nicht möglich … Die Zeit drängt. Das Schlachtross Gottes ist voll Ungeduld und kann nicht säumen. Unser ist die Pflicht, vorwärts zu stürmen und, ehe es zu spät sein mag, den Sieg zu erringen.« Und zum Schlusse noch jene ergreifendsten Worte, die es Ihn in einem Seiner Augenblicke des Jauchzens während der frühesten Tage Seiner Berufung an einen Seiner vertrautesten und hervorragendsten Anhänger zu richten trieb: »Was soll ich sonst noch weiter sagen? Was kann meine Feder noch berichten? So laut ist der Ruf, der vom Reich Abhá widerhallt, dass sterbliche Ohren unter seinen Schwingungen fast taub werden. Die ganze Schöpfung, dünkt mich, ist im Begriff, durch den erschütternden Einfluss der göttlichen Forderungen, die vom Throne der Herrlichkeit hervorgehen, gesprengt zu werden und zu bersten. Mehr denn dies kann ich nicht schreiben.«
Innig geliebte Freunde! Genügend ist gesagt, und die herangezogenen Abschnitte aus den Schriften des Báb, Bahá’u’lláhs und ‘Abdu’l-Bahás sind zahlreich und mannigfach genug, um den gewissenhaften Leser von der Erhabenheit dieses in der religiösen Weltgeschichte einzigartigen Zyklus zu überzeugen. Es wäre ganz unmöglich, seine Bedeutung zu übertreiben oder den Einfluss zu überschätzen, den er hervorgerufen hat und in wachsendem Maße weiter hervorrufen muss, sobald sich sein großer Plan inmitten der Umwälzungen einer zusammenbrechenden Zivilisation entfaltet.
Für jeden, der diese Zeilen lesen mag, scheint mir indessen doch ein Wort der Warnung ratsam, bevor ich fortfahre, meine Beweise zu entwickeln.

Es möge niemand, der im Lichte der vorerwähnten Abschnitte über das Wesen der Offenbarung Bahá’u’lláhs nachdenkt, deren Charakter missverstehen oder die Absicht ihres Urhebers missdeuten.

Die Göttlichkeit, die einem so großen Wesen beigegeben wurde, und die vollkommene Verkörperung der Namen und Eigenschaften Gottes in einer so erhabenen Persönlichkeit sollten unter keinen Umständen falsch verstanden oder dargestellt werden.

Der zum Träger einer so überwältigenden Offenbarung erkorene menschliche Tempel muss, wenn wir den Lehren unseres Glaubens treu sind, stets voll gesondert bleiben von dem »innersten Geist des Geistes« und der »ewigen Wesenheit der Wesenheiten«Q81 – jenem unsichtbaren und doch der Vernunft entsprechenden Gott, dessen unerkennbare, unzerstörbare und allumfassende Wirklichkeit, wie sehr wir auch immer die Göttlichkeit Seiner Manifestationen auf Erden preisen, sich doch keineswegs in Gestalt eines sterblichen Geschöpfes, verdichtet und umgrenzt, verkörpern kann.

Der Gott fürwahr, der so Seine eigene Wirklichkeit verkörpern wollte, würde, im Lichte der Lehren Bahá’u’lláhs gesehen, im gleichen Augenblick nicht mehr Gott sein.

Ein derart unverdauter, phantastischer Glaube an eine göttliche Verkörperung ist vom Wesen des Bahá’í-Glaubens so entfernt und mit ihm ebenso unvereinbar wie die nicht weniger unzulässigen pantheistischen und anthropomorphen Vorstellungen von Gott, die Bahá’u’lláhs Worte nachdrücklich zurückweisen und deren Trugschluss sie uns zeigen.
Er, der in unzähligen Darlegungen für Seine Äußerungen beansprucht, die »Stimme des Göttlichen, der Ruf Gottes«Q82 zu sein, bestätigt im Kitáb-i-Íqán feierlich: »Jedwedem einsichtsvollen und erleuchteten Herzen ist es klar, dass Gott, die unerforschliche Wesenheit, das göttliche Sein, unermesslich erhaben ist über jedes menschliche Kennzeichen wie körperliches Dasein, Aufstieg und Abstieg, Fortschritt und Rückschritt … Er ist und war von jeher in der altehrwürdigen Ewigkeit Seines Wesens verhüllt und wird in Seiner Wirklichkeit dem Schauen des Menschen ewiglich verborgen bleiben … Er ist erhaben und jenseits aller Trennung und Einigung, aller Nähe und Ferne … ›Gott war allein, niemand war da neben Ihm‹, ist ein sicheres Zeugnis dieser Wahrheit.«Q84
»Seit undenklichen Zeiten«, so erklärt Bahá’u’lláh, indem Er über Gott spricht, »war Er, das Göttliche Sein, in der unnennbaren Heiligkeit Seines erhabenen Selbstes verborgen, und Er wird ewig weiter im unergründlichen Geheimnis Seiner unerkennbaren Wesenheit verhüllt sein … Zehntausend Propheten, jeder ein Moses, sind auf dem Sinai ihres Suchens wie vom Donner gerührt, da Gottes verbietende Stimme ihr ›Du sollst Mich niemals schauen!‹A31 spricht, indessen eine Myriade Sendboten, jeder so groß wie Jesus, bei dem Verbot: ›Du sollst Mein Wesen nie erkennen!‹ bestürzt auf ihren himmlischen Thronen erbeben.«Q85 »Wie verwirrend ist für mich in meiner Bedeutungslosigkeit«, beteuert Bahá’u’lláh, da Er mit Gott spricht, »der Versuch, die heiligen Tiefen Deines Wissens zu ergründen! Wie nichtig ist mein Mühen, mir eine Vorstellung von der Größe der Macht, die in Deinen Werken ruht, zu machen, von der Offenbarung Deiner schöpferischen Kraft!«Q86 »Wenn ich, o Gott, der Verwandtschaft nachsinne, die mich mit Dir verbindet«, bezeugt Er in einem weiteren, in eigener Handschrift offenbarten Gebete, »so fühle ich mich bewogen, allen erschaffenen Dingen zu verkünden: ›Wahrlich, Ich bin Gott!‹; und wenn ich mein eigenes Selbst betrachte, siehe, so finde ich, dass es geringer als der Staub ist!«
»Das Tor zur Erkenntnis des Altehrwürdigen der Tage«, stellt Bahá’u’lláh im Kitáb-i-Íqán fest, »ist so vor dem Antlitz aller Wesen verschlossen. Darum hat Er, der Quell unendlicher Gnade … jene leuchtenden Edelsteine der Heiligkeit aus dem Reiche des Geistes in der edlen Gestalt des menschlichen Tempels erscheinen und allen Menschen offenbar werden lassen, auf dass sie der Welt einen Anteil an den Mysterien des unveränderlichen Seins schenken und ihr von Seinem köstlichen, unsterblichen Wesen künden … Alle Propheten Gottes, Seine wohlbegnadeten, Seine heiligen und erwählten Gesandten, sind ohne Ausnahme die Träger Seiner Namen und die Verkörperungen Seiner Eigenschaften … Diese Tabernakel der Heiligkeit, diese ersten Spiegel, die das Licht unvergänglicher Herrlichkeit widerstrahlen, sind nur Ausdruck von Ihm, dem Unsichtbaren der Unsichtbaren.«Q87
Dass Bahá’u’lláh Seinem Wesen nach, trotz der überwältigenden Wucht Seiner Offenbarung, als eine dieser Manifestationen Gottes anzusehen ist und niemals gleichgesetzt werden kann mit jener unsichtbaren Wirklichkeit, dem Wesen des Göttlichen an sich, ist eines der wichtigsten Bekenntnisse unseres Glaubens, das nie verdunkelt werden und dessen Unverletzlichkeit anzutasten keiner seiner Anhänger gestatten darf.
Ebenso darf die Bahá’í-Offenbarung, die den Anspruch erhebt, der Höhepunkt eines prophetischen Zyklus und die Erfüllung der Verheißung aller Zeiten zu sein, unter keinen Umständen versuchen, jene die vorangegangenen Religionen beseelenden und ihnen zugrundeliegenden ersten und immerwährenden Grundsätze für ungültig zu erklären.

Die jeder Religion verliehene, gottgegebene Autorität bestätigt und erklärt sie als ihre festeste, eigentliche Grundlage.

Die Bahá’í-Offenbarung betrachtet sie in keinem anderen Lichte denn als verschiedene Stufen in der ewigen Geschichte und andauernden Entwicklung einer göttlichen, unteilbaren Religion, von der sie selbst nur ein abzulösender Teil ist.

Sie versucht auch nicht, deren göttlichen Ursprung zu verdunkeln noch die anerkannte Größe ihrer gewaltigen Werke zu verkleinern.

Sie wird keinen Versuch unterstützen, der darauf abzielt, deren Wesenszüge zu entstellen oder die von ihnen nahegebrachten Wahrheiten zu widerlegen.

Ihre Lehren weichen nicht um Haaresbreite von den Wahrheiten ab, die jene enthalten, noch nimmt das Gewicht ihrer Sendung auch nur ein Jota oder Pünktchen von dem durch jene ausgeübten Einfluss oder von der durch sie eingeflößten Treue.

Weit entfernt davon, den Umsturz des geistigen Unterbaues der religiösen Systeme in der Welt zu erstreben, ist es ihre erklärte, unerschütterliche Absicht, deren Grundlagen zu erweitern, ihre Grundmauern neu aufzurichten, ihre Ziele miteinander in Übereinstimmung zu bringen, ihr Leben neu zu stärken, ihre Einheit zu beweisen, die ursprüngliche Reinheit ihrer Lehren wiederherzustellen, ihre Aufgaben einander zuzuordnen und zur Verwirklichung ihrer höchsten Bestrebungen beizutragen.

Diese göttlich offenbarten Religionen sind, wie ein sorgfältiger Betrachter anschaulich gesagt hat, »nicht dazu bestimmt zu sterben, sondern wiedergeboren zu werden … ›Stirbt nicht das Kind im Jüngling und der Jüngling im Mann, und doch geht weder Kind noch Jüngling unter?‹«Q88
»… die Sonnen der Wahrheit und die Spiegel des Lichtes göttlicher Einheit«, so erklärt Bahá’u’lláh im Kitáb-i-Íqán, sind »unwandelbar mit allbezwingender Macht versehen und mit unbesiegbarer Souveränität bekleidet […], in welchem Zeitalter und Zyklus sie auch aus den unsichtbaren Wohnstätten altehrwürdiger Herrlichkeit in diese Welt herabgesandt wurden, um die Menschenseelen zu erziehen und allen erschaffenen Dingen Gnade zu erweisen. … Diese geheiligten Spiegel, diese Aufgangsorte altehrwürdiger Herrlichkeit sind allesamt auf Erden die Vertreter Dessen, der innerster Kern, reinstes Wesen und letztes Ziel des Weltalls ist.

Von Ihm geht ihre Erkenntnis und Macht aus, von Ihm leitet sich ihre Souveränität ab.

Die Schönheit ihres Antlitzes ist nur eine Widerspiegelung Seines Bildes, ihre Offenbarung ein Zeichen Seiner unsterblichen Herrlichkeit. … Durch sie wird eine Gnade vermittelt, die unendlich ist, und durch sie wird das Licht enthüllt, das nimmer verlöschen kann. … Die menschliche Zunge kann niemals angemessen ihren Lobpreis singen, menschliche Rede nie ihr Mysterium enthüllen.«Q89 »Da diese Vögel des himmlischen Thrones«, so ergänzt Er, »alle aus dem Himmel des Willens Gottes herabgesandt sind, da sie alle sich erheben, Seinen unwiderstehlichen Glauben zu verkünden, sind sie wie eine Seele und ein Wesen anzusehen. …[du wirst erkennen, dass] sie alle im selben Heiligtum wohnen, sich zum selben Himmel aufschwingen, auf demselben Throne sitzen, dieselbe Sprache sprechen und denselben Glauben verkünden. … Sie unterscheiden sich nur in der Stärke ihrer Offenbarung und in der Wirkkraft ihres Lichtes. … Dass eine bestimmte Eigenschaft Gottes durch diese Wesen der Loslösung nach außen hin nicht offenbart wurde, besagt keineswegs, dass sie, die Morgenröten der Attribute Gottes und Schatzkammern Seiner heiligen Namen, diese nicht wirklich besessen hätten.«Q90
Wir sollten weiterhin bedenken, dass, wie groß auch immer die durch diese Offenbarung kundgetane Macht und wie ausgedehnt auch immer die Reichweite der Sendung sein mag, die ihr Urheber eröffnet hat, sie dennoch nachdrücklich den Anspruch, als endgültige Offenbarung des Willens Gottes und Seiner Absicht für die Menschheit angesehen zu werden, ablehnt.

Eine solche Vorstellung von ihrem Wesen und ihrer Wirksamkeit zu hegen, würde einem Verrat an ihrer Sache und einer Verleugnung ihrer Wahrheit gleichkommen.

Sie müsste notwendigerweise im Widerspruch mit der fundamentalen Lehre sein, die die Grundlage des Bahá’í-Glaubens bildet, der Lehre, dass religiöse Wahrheit nicht absolut, sondern relativ ist, dass die göttliche Offenbarung wohlgeordnet, dauernd und fortschreitend und nicht starr oder endlich ist.

Die entschiedene Zurückweisung des Anspruchs auf Endgültigkeit, den irgendeines der durch die Propheten der Vergangenheit ins Leben gerufenen religiösen Systeme erheben mag, ist bei den Anhängern des Glaubens Bahá’u’lláhs genauso klar und nachdrücklich wie ihre eigene Weigerung, die gleiche Endgültigkeit für die Offenbarung zu beanspruchen, unter deren Banner sie sich scharen.

Zu glauben, »alle Offenbarung sei abgeschlossen, die Tore göttlicher Gnade seien zugesperrt, von den Aufgangsorten ewiger Heiligkeit erhebe sich keine Sonne mehr, das Weltmeer ewigwährender Freigebigkeit liege für immer still und die Boten Gottes haben aufgehört, sich aus dem Zelt urewiger Herrlichkeit heraus zu offenbaren«Q91, das muss in den Augen eines jeden Anhängers des Glaubens ein schweres, unverantwortliches Abgehen von einem seiner höchstgeschätzten, grundlegenden Prinzipien darstellen.
Ein Hinweis auf einige der bereits angeführten Äußerungen Bahá’u’lláhs und ‘Abdu’l-Bahás wird sicherlich genügen, die Wahrheit dieser grundlegenden Lehre über alle Zweifel zu erheben.

Könnte nicht auch der folgende Abschnitt aus den Verborgenen Worten als sinnbildliche Anspielung auf das Fortschreiten der göttlichen Offenbarung und als Bestätigung seitens ihres Urhebers gedeutet werden, dass die Botschaft, mit der Er betraut wurde, nicht der abschließende und endgültige Ausdruck des Willens und der Führung des Allmächtigen ist?

»O Sohn der Gerechtigkeit!

Zur Nachtzeit begab sich die Schönheit des Unsterblichen von der smaragdenen Höhe der Treue zum Sadratu’l-Muntahá und weinte so bitterlich, dass die himmlischen Heerscharen und die Bewohner der Reiche droben in das Klagen einstimmten.

Nach dem Grund des Klagens und Weinens befragt, gab Er zur Antwort:

Wie geheißen, weilte Ich erwartungsvoll auf dem Hügel der Treue, ohne von denen, die auf Erden wohnen, den Wohlgeruch der Treue zu atmen.

Danach zur Rückkehr aufgefordert, schaute Ich um Mich und siehe – gewisse Tauben der Heiligkeit mussten schmerzlich in den Fängen irdischer Raubtiere leiden.

Daraufhin eilte die Himmelsdienerin entschleiert und strahlend aus ihrer mystischen Wohnstatt hervor und fragte nach ihren Namen, und alle wurden genannt bis auf einen.

Als auf dringendes Bitten der erste Buchstabe erklang, strömten die Bewohner der himmlischen Gemächer aus ihrer Wohnstatt der Herrlichkeit herbei.

Und da der zweite Buchstabe ausgesprochen wurde, fielen sie allesamt nieder in den Staub.

In diesem Augenblick erscholl ein Ruf aus dem innersten Heiligtum: ›Bis hierher und nicht weiter!‹ Wahrlich, Wir bezeugen, was sie getan haben und noch tun.«Q92
In deutlicherer Sprache legt Bahá’u’lláh mit einem Seiner in Adrianopel offenbarten Sendschreiben Zeugnis ab für diese Wahrheit: »Wisse wahrlich, dass der Schleier, der Unser Angesicht verbirgt, nicht vollkommen gelüftet wurde. Wir haben Unser Selbst in einem Grad enthüllt, wie es der Aufnahmefähigkeit der Menschheit Unseres Zeitalters gemäß ist. Würde die Urewige Schönheit in der Fülle Ihrer Herrlichkeit entschleiert, so würden sterbliche Augen durch den grellen Glanz Ihrer Offenbarung geblendet.«
In der Súriy-i-Ṣabr, die bereits im Jahre 1863, genau am Tage Seiner Ankunft im Garten Riḍván offenbart wurde, bestätigt Er: »Gott hat Seine Boten herniedergesandt, damit sie auf Moses und Jesus folgten, und Er wird fortfahren, so zu tun bis an das ›Ende, das kein Ende hat‹, auf dass Seine Gnade aus dem Himmel göttlicher Freigebigkeit fortwährend auf die Menschheit komme.«
»Ich hege keine Befürchtungen um Meinetwillen«, betont Bahá’u’lláh noch stärker, »Ich fürchte nur für Ihn, der nach Mir zu euch herabgesandt wird – für Ihn, der mit viel Hoheit und gewaltiger Herrschaft ausgestattet sein wird.« Und wieder schreibt Er in der Súratu’l-Haykal: »Jene Worte, die Ich offenbart habe, beziehen sich nicht auf Mich, sondern auf Ihn, der nach Mir kommt. Gott, der Allwissende, ist mein Zeuge!« »Verfahret nicht mit Ihm«, fügt Er hinzu, »wie ihr mit Mir verfahren.«Q93
In einem eingehenderen Abschnitt Seiner Schriften unterstreicht der Báb die gleiche Wahrheit: »Es ist klar und augenscheinlich«, schreibt Er im Persischen Bayán, »dass der Zweck aller früheren Sendungen der war, den Weg für das Kommen Muḥammads, des Apostels Gottes, zu bereiten. Sie, einschließlich der muḥammadanischen Sendung, hatten ihrerseits als Ziel die durch den Qá’im verkündete Offenbarung. Die Absicht, die dieser Offenbarung sowie allen ihr vorausgegangenen zu Grunde lag, war gleichfalls, den Anbruch des Glaubens Dessen zu verkünden, den Gott offenbaren wird. Und dieser Glaube – der Glaube Dessen, den Gott offenbaren wird – hat seinerseits, zusammen mit allen ihm vorangegangenen Offenbarungen, die Manifestation zum Ziel, die bestimmt ist, ihm zu folgen. Und die letztere bereitet, nicht minder als alle ihr vorangegangenen Offenbarungen, den Weg für die Offenbarung, die danach folgt. Der Prozess des Auf- und Untergehens der Sonne der Wahrheit wird unbegrenzt so weitergehen, – ein Prozess, für den kein Anfang war und kein Ende sein wird.«Q94
»Wisse mit Sicherheit«, so erklärt in diesem Zusammenhang Bahá’u’lláh, »dass in jeder Sendung das Licht göttlicher Offenbarung den Menschen in unmittelbarem Verhältnis zu ihrer geistigen Fassungskraft dargereicht wird. Betrachte die Sonne! Wie schwach sind ihre Strahlen in dem Augenblick, da sie am Horizont aufgeht. Wie nehmen ihre Wärme und Kraft allmählich zu, während sie sich dem Zenit nähert und unterdessen alles Erschaffene befähigt, sich der zunehmenden Stärke ihres Lichtes anzupassen. Wie gleichmäßig nimmt sie wieder ab, bis sie den Punkt ihres Untergangs erreicht. Würde sie plötzlich alle in ihr verborgenen Kräfte offenbaren, so würde dies zweifellos allem Erschaffenen Schaden zufügen … Wenn nun die Sonne der Wahrheit in den frühesten Graden ihrer Offenbarung plötzlich das volle Maß der Kräfte, die ihr die Vorsehung des Allmächtigen verliehen hat, enthüllte, würde die Erde menschlichen Begreifens verdorren und vergehen, denn die Menschenherzen würden weder die Stärke ihrer Offenbarung ertragen noch fähig sein, den Glanz ihres Lichtes widerzuspiegeln. Bestürzt und überwältigt würden sie zu bestehen aufhören.«Q95
Im Lichte dieser klaren, überzeugenden Darlegungen erwächst uns die eindeutige Pflicht, jedem Wahrheitssucher unzweifelhaft klarzumachen, dass »vom Anfang an, der keinen Anfang hat«, alle Propheten des einen, unerforschlichen Gottes, Bahá’u’lláh eingeschlossen, als Kanäle der Gnade Gottes, Erklärer Seiner Einheit, Spiegel Seines Lichtes und Offenbarer Seiner Absichten beauftragt sind, der Menschheit ein immer größeres Maß Seiner Wirklichkeit, Seines unerforschlichen Willens und Seiner göttlichen Führung zu enthüllen, und dass sie bis zum »Ende, das kein Ende hat«Q96, auch fernerhin noch umfassendere und mächtigere Offenbarungen Seiner grenzenlosen Macht und Herrlichkeit gewähren werden.
Wir mögen wohl die folgenden Abschnitte aus einem durch Bahá’u’lláh offenbarten Gebete im Herzen bewegen, die einen eindrucksvollen Beweis und eine weitere Bestätigung für die Echtheit jener großen, wesentlichen Wahrheit darstellen, die im Innersten Seiner Botschaft an die Menschheit liegt:

»O Herr, mein Gott!

Preis sei Dir für die wunderbaren Offenbarungen Deines unerforschlichen Ratschlusses, für die mannigfachen Leiden und Heimsuchungen, die Du für mich bestimmt hast.

Einmal hast Du mich den Händen Nimrods überantwortet, ein andermal hast Du gestattet, dass mich Pharaos Zuchtrute peinigte.

Du allein kannst durch Deine allumfassende Erkenntnis und das Wirken Deines Willens die unsagbaren Schmerzen ermessen, die ich unter ihren Händen erduldete.

Und wieder warfst Du mich in die Gefängniszelle der Gottlosen aus dem einzigen Grund, weil ich mich getrieben fühlte, den bevorzugten Bewohnern Deines Reiches eine Andeutung von jenem Gesicht ins Ohr zu flüstern, das Du mich durch Deine Erkenntnis schauen ließest und dessen Bedeutung Du mir durch die Kraft Deiner Macht offenbart hast.

Und wieder bestimmtest Du, dass ich durch das Schwert der Ungläubigen enthauptet wurde.

Dann wieder ward ich gekreuzigt, weil ich den Augen der Menschen die verborgenen Edelsteine Deiner herrlichen Einheit enthüllte und ihnen die wunderbaren Zeichen Deiner unumschränkten und ewigen Macht offenbarte.

Wie bitter häuften sich in einem späteren Zeitalter auf der Ebene von Karbilá die Demütigungen auf mich!

Wie einsam fühlte ich mich inmitten Deines Volkes!

Zu welch einem Zustand der Hilflosigkeit wurde ich in jenem Land herabgewürdigt!

Von solchen Schändlichkeiten noch nicht befriedigt, schlugen meine Verfolger mir das Haupt ab und trugen es hoch von Land zu Land, stellten es den gaffenden Blicken der ungläubigen Menge zur Schau und legten es auf den Sitzen der Verderbten und Ungetreuen nieder.

In einem späteren Zeitalter wurde ich erhängt; meine Brust wurde zur Zielscheibe für die Pfeile der heimtückischen Grausamkeit meiner Feinde gemacht.

Meine Glieder wurden von Kugeln durchlöchert und mein Körper ward auseinandergerissen.

Sieh endlich, wie sich an diesem Tage meine verräterischen Feinde gegen mich verbündet haben und unentwegt darauf sinnen, das Gift des Hasses und der Bosheit in die Seelen Deiner Diener zu träufeln.

Mit aller Macht schmieden sie Ränke, um ihre Absicht auszuführen … So bitter auch meine Lage sein mag, o Gott, mein Vielgeliebter, ich zolle Dir Dank, und mein Geist ist für alles dankbar, was mir auf dem Pfade Deines Wohlgefallens begegnet.

Ich bin zufrieden mit dem, was Du für mich verordnet hast, und begrüße die Schmerzen und Leiden, die ich erfahren muss – wie betrübend sie auch seien.«Q97

Der Báb

Innig geliebte Freunde! Dass der Báb, der Stifter der Bábí-Sendung, voll berechtigt ist, die Stufe einer der sich selbst genügenden Manifestationen Gottes einzunehmen, dass Ihm höchste Macht und Autorität verliehen worden ist und Er alle Rechte und Vorrechte des unabhängigen Propheten ausübt, ist eine weitere grundlegende Wahrheit, die die Botschaft Bahá’u’lláhs eindringlich verkündet, und an der ihre Anhänger unnachgiebig festhalten müssen. Dass Er nicht lediglich als inspirierter Vorläufer der Bahá’í-Offenbarung anzusehen ist, dass in Seiner Person, wie Er selbst im Persischen Bayán bezeugt, die Absicht aller Ihm vorangegangenen Propheten erfüllt wurde, ist eine Wahrheit, die zu beweisen und zu betonen ich mich verpflichtet fühle. Wir würden sicherlich unsere Pflicht gegenüber dem von uns bekannten Glauben versäumen und einen seiner grundlegenden und heiligen Lehrsätze verletzen, wollten wir in unseren Worten oder Taten zögern, die Folgerungen aus diesem Grundsatz des Bahá’í-Glaubens zu erkennen, oder ablehnen, rückhaltlos dessen Unantastbarkeit zu wahren und seine Wahrheit zu bekunden. Tatsächlich ist der Hauptbeweggrund, der mich trieb, die Arbeit der Herausgabe und Übersetzung von Nabíls unsterblichem Bericht auf mich zu nehmen, der gewesen, jedem Anhänger des Glaubens im Westen zu ermöglichen, die gewaltigen Folgerungen aus Seiner erhabenen Stufe besser zu verstehen, leichter zu erfassen und Ihn darum noch heißer zu bewundern und zu lieben.
Es kann kein Zweifel darüber bestehen, dass der Anspruch auf die vom Allmächtigen für den Báb bestimmte doppelte Stufe – ein Anspruch, für den Er selbst so mutig eingetreten ist, den Bahá’u’lláh wiederholt bekräftigt und zuletzt das Zeugnis von ‘Abdu’l-Bahás Willen und Testament bestätigt hat – das wichtigste Unterscheidungsmerkmal der Bahá’í-Sendung darstellt. Er ist ein weiteres Zeichen ihrer Einzigartigkeit, eine gewaltige Erhöhung der Kraft, der geheimnisvollen Macht und Autorität, mit der dieser heilige Zyklus ausgestattet wurde. Tatsächlich besteht die Größe des Báb nicht zuerst darin, dass Er der gottberufene Vorläufer einer so erhabenen Offenbarung ist, sondern vielmehr darin, dass Er mit Kräften ausgerüstet war, wie sie dem Stifter einer eigenen religiösen Sendung innewohnen, und dass Er bis zu einem von keinem der vorangegangenen Sendboten erreichten Grade das Zepter unabhängiger Prophetenschaft geführt hat.
Die kurze Dauer Seiner Sendung, der enge Rahmen, in dem zu wirken Seinen Gesetzen und Verordnungen bestimmt war, bieten keinen Maßstab irgendwelcher Art, um ihren göttlichen Ursprung abzuschätzen und die Stärke ihrer Botschaft zu bewerten. »Dass eine so kurze Zeitspanne«, so erklärt Bahá’u’lláh selbst, »diese machtvolle, wunderbare Offenbarung von Meiner Mir vorausgegangenen Manifestation getrennt hat, ist ein Geheimnis, das kein Mensch enträtseln, und ein Mysterium, das kein Geist ergründen kann. Ihre Zeitdauer war vorherbestimmt, und kein Mensch wird je den Grund dafür entdecken, es sei denn, dass er über den Inhalt Meines Verborgenen Buches unterrichtet werde.« »Sehet hin«, erklärt Bahá’u’lláh desweiteren im Kitáb-i-Badí‘, einem Seiner Werke, das die Schlussfolgerungen des Volkes des Bayán zurückweist, »sehet hin, wie unmittelbar nach Ablauf des neunten Jahres dieser wunderbaren, heiligsten und gnadenreichen Sendung die erforderliche Zahl der reinen, sich völlig hingebenden und geheiligten Seelen ganz im Verborgenen vollendet wurde.«
Die wundersamen Begebenheiten, die das Kommen des Stifters der Bábí-Sendung ankündigten, die dramatischen Umstände Seines eigenen ereignisreichen Lebens, die übernatürliche Tragödie Seines Märtyrertums, der Zauber des Einflusses, den Er auf die hervorragendsten und mächtigsten Seiner Landsleute ausübte – alles in jedem Kapitel der ergreifenden Aufzeichnungen Nabíls bezeugt dies –, sollte als ausreichender Beweis für die Gültigkeit Seines Anspruchs auf eine so erhabene Stufe unter den Propheten gelten.
Wie anschaulich aber auch immer der Bericht sein mag, den der hervorragende Verfasser der Geschichte Seines Lebens der Nachwelt überliefert hat, muss doch selbst eine so klare Schilderung matt erscheinen gegen die glühende Anerkennung, die die Feder Bahá’u’lláhs dem Báb gezollt hat. Diese Anerkennung wurde vollauf vom Báb durch die klare Verfechtung Seines Anspruchs unterstützt, und die schriftlichen Bezeugungen ‘Abdu’l-Bahás haben deren Eigenart nachdrücklich bekräftigt und ihre Bedeutung klargelegt.
Wo sonst als im Kitáb-i-Íqán könnten wir bei Beschäftigung mit der Bábí-Sendung nach jenen Bestätigungen forschen, die unverkennbar die Macht und den Geist bezeugen, die kein Mensch zu offenbaren vermag, er sei denn selbst eine Manifestation Gottes? »Könnte so etwas zutage treten ohne die Kraft einer göttlichen Offenbarung und ohne das Walten von Gottes unbesiegbarem Willen? Bei der Gerechtigkeit Gottes! Würde jemand eine so große Offenbarung in seinem Herzen hegen, so würde allein der Gedanke daran ihn alsbald vernichten! Würden sich die Herzen aller Menschen in seinem Herzen vereinen, so würde er dennoch zögern, ein so erhabenes Unterfangen zu wagen.«Q98 »Kein Auge«, bestätigt Er an anderer Stelle, »hat jemals eine so große Ausgießung von Mildtätigkeit geschaut und nie ein Ohr eine solche Offenbarung der Güte vernommen … Die Propheten, die ›mit Beständigkeit begabt‹Q99 sind, deren Erhabenheit und Herrlichkeit klar wie die Sonne leuchten, wurden alle mit einem Buch ausgezeichnet, das alle gesehen haben und dessen Verse regelrecht festgesetzt sind. Die Verse aber, die aus dieser Wolke göttlicher Gnade geströmt sind, waren so überreichlich, dass noch niemand imstande war, ihre Zahl zu schätzen … Wie könnte man diese Offenbarung schmälern? Ist je ein Zeitalter Zeuge derart bedeutsamer Ereignisse gewesen?«Q100
Über den Charakter und den Einfluss jener Helden und Märtyrer, die der Geist des Báb so magisch verwandelt hat, offenbart Bahá’u’lláh die folgenden Worte: »Wenn diese Gefährten nicht die wahren Sucher nach Gott waren, wer sonst könnte mit diesem Namen benannt werden? … Wenn diese Gefährten in all ihrer wundervollen Zeugenschaft, mit all ihren wunderbaren Werken falsch wären, wer wäre es dann wohl wert, die Wahrheit für sich zu beanspruchen? … Hat die Welt seit Adams Tagen je solchen Aufruhr, solch heftige Erregung gesehen? … Mich dünkt, Geduld ward nur durch ihre Seelenstärke offenbart und Glaubenstreue nur durch ihre Taten bezeugt.«Q101
In dem Wunsche, die Erhabenheit der hohen Stufe des Báb im Vergleich zu jener der früheren Propheten zu betonen, erklärt Bahá’u’lláh in dieser selben Epistel: »Kein Verstand kann die Natur Seiner Offenbarung begreifen, noch kann irgendeine Erkenntnis das volle Maß Seines Glaubens fassen.« Dann führt Er zur Bekräftigung Seiner These diese prophetischen Worte an: »›Wissen ist siebenundzwanzig Buchstaben. Alle Propheten haben zwei Buchstaben davon offenbart. Kein Mensch hat bis heute mehr als diese zwei Buchstaben gekannt. Wenn aber der Qá’im sich erheben wird, dann wird Er die übrigen fünfundzwanzig Buchstaben offenbar machen.‹Q102«Q »Bedenke«, fügt Er hinzu, »wie groß und erhaben Seine Stufe ist. Sein Rang übertrifft den aller Propheten, und Seine Offenbarung geht über das Erkennen und Begreifen aller ihrer Auserwählten.«Q103 »Von Seiner Offenbarung«, so ergänzt Er weiter, »sind die Propheten Gottes, Seine Heiligen und Auserwählten entweder nicht unterrichtet worden, oder sie haben dies nach Gottes unerforschlichem Ratschluss nicht enthüllt.«Q104
Von allen Huldigungen, die Bahá’u’lláhs unfehlbare Feder dem Báb, Seinem »Meistgeliebten«, zum Gedächtnis entgegenzubringen beliebte, ist die denkwürdigste und erschütterndste dieser kurze, doch beredte Abschnitt, der die letzten Absätze jener selben Epistel so außerordentlich bereichert: »Mitten in all dem«, schreibt Er mit Bezug auf die schmerzlichen Prüfungen und Gefahren, die Ihn in der Stadt Baghdád bedrängten, »stehen Wir, dem Leben entsagend und Seinem Willen völlig ergeben. Möge durch Gottes Güte dieser offenbarte und kundgemachte BuchstabeA32 Sein Leben als Opfer auf dem Pfade des Ersten Punktes, des erhabensten WortesA33, darbringen. Bei Ihm, auf dessen Geheiß der Geist gesprochen hat – wäre es nicht aus dieser Sehnsucht Unserer Seele, wir hätten keinen Augenblick länger in dieser Stadt verweilt.«Q105
Geliebte Freunde!

Ein so weithallendes Lob, eine so unanfechtbare Bekräftigung aus der Feder Bahá’u’lláhs in einem so gewichtigen Werke findet ein volles Echo in der Sprache, die der Urquell der Bábí-Offenbarung zum Ausdruck der von Ihm erhobenen Ansprüche gewählt hat.

»Ich bin der mystische Tempel«, so gibt der Báb Seine Stufe im Qayyúmu’l-Asmá’ bekannt, »den die Hand der Allmacht baute.

Ich bin die Lampe, die Gottes Finger in ihrer Nische entzündet hat und mit unsterblichem Glanze leuchten ließ.

Ich bin die Flamme jenes himmlischen Lichtes, das über dem Sinai an der Stätte der Freude aufgeleuchtet und im Brennenden Busch verborgen war.«Q106 »O Qurratu’l-‘Ayn!«, so ruft Er in jener gleichen Auslegung sich selbst zu, »Ich erkenne in Dir keinen anderen als ›die Große Verkündigung‹ – die Verkündigung, die die himmlischen Heerscharen verkünden.

Ich bezeuge, dass Dich an diesem Namen jene, die den Thron des erhabenen Glanzes umkreisen, seit je erkannten.«Q107 »Mit jedem der Propheten, die Wir in vergangenen Zeiten herniedersandten«, sagt Er weiter, »haben Wir einen besonderen Bund geschlossen bezüglich der ›Erwähnung Gottes‹ und Seines Tages.

Im Reiche des Glanzes und durch die Macht der Wahrheit kundgetan, steht die ›Erwähnung Gottes‹ und Sein Tag im Angesicht der Engel, die Seinen Gnadenstuhl umgeben.«Q108 »Wenn Wir es wünschten«, versichert Er noch einmal, »so wäre Uns gegeben, durch die Wirkung auch nur eines Buchstabens Unserer Offenbarung die Welt und alles, was darinnen ist, zu zwingen, in weniger als einem Augenblick die Wahrheit Unserer Sache anzuerkennen.«Q109
»Ich bin der Erste Punkt«, so wendet sich der Báb von der Festung Máh-Kú aus an Muḥammad Sháh, »daraus alles Erschaffene gezeugt ward … Ich bin das Antlitz Gottes, dessen Glanz sich nie verdunkeln lässt, das Leuchten von Gottes Licht, das nie verblassen kann … Gott hat beliebt, Mir alle Schlüssel des Himmels in die rechte Hand zu legen und alle Schlüssel der Hölle in Meine Linke … Ich bin ein Tragpfeiler des Ersten Wortes Gottes. Wer immer Mich anerkennt, hat alles erkannt, was wahr und recht ist, und hat alles erreicht, was gut und ziemlich ist … Der Stoff, daraus Gott Mich geschaffen hat, ist nicht der Staub, daraus andere wurden. Er gab Mir, was die Weltweisen nie erfassen noch die Getreuen je enthüllen können.«Q110 »Sollte«, so bekräftigt der Báb in dem Wunsche, die in Seiner Sendung verborgenen grenzenlosen Fähigkeiten zu betonen, »eine winzige Ameise an diesem Tag begehren, mit der Macht begabt zu sein, die schwierigsten und verwirrendsten Stellen des Qur’án zu enträtseln, so würde zweifellos ihr Wunsch erfüllt werden, da ja das Mysterium ewiger Macht im innersten Wesen aller erschaffenen Dinge schwingt.« »Wenn ein so hilfloses Geschöpf«, so lautet ‘Abdu’l-Bahás Erklärung zu dieser überraschenden Versicherung, »mit einer so hohen Möglichkeit begabt werden kann, um wie viel wirksamer muss dann die Kraft sein, die durch die freigebigen Ausgießungen der Gnade Bahá’u’lláhs frei ward!«
Diesen gebieterischen Aussagen und feierlichen Erklärungen Bahá’u’lláhs und des Báb muss ‘Abdu’l-Bahás eigenes unabänderliches Zeugnis beigefügt werden. Er, der berufene Erklärer der Worte Bahá’u’lláhs und des Báb, bekräftigt, nicht etwa nur mittelbar, sondern in klarer und entschiedener Sprache sowohl in Seinen Schriften als auch in Seinem Testament die Wahrheit der Darlegungen, auf die ich mich bereits bezogen habe.
In einem Sendschreiben an einen Bahá’í in Mázindarán, in dem Er den Sinn einer Ihm zugeschriebenen, falsch gedeuteten Erklärung über den Aufgang der Sonne der Wahrheit in diesem Jahrhundert klarlegt, entwickelt Er kurz und bündig, was für alle Zeiten unser wahrer Begriff für die Beziehungen zwischen den beiden mit der Bahá’í-Sendung verbundenen Manifestationen bleiben sollte. »Mit einer solchen Darlegung«, so erklärt Er, »hatte Ich niemand anderen als den Báb und Bahá’u’lláh gemeint. Meine Absicht war, die Wesensart ihrer Offenbarungen zu erläutern. Die Offenbarung des Báb kann mit der Sonne bei ihrem Stand im ersten Tierkreiszeichen, dem Widder, verglichen werden, in das sie mit der Frühlings-Tagundnachtgleiche eintritt. Die Stufe der Offenbarung Bahá’u’lláhs aber wird vom Zeichen des Löwen dargestellt, der höchsten Stellung der Sonne im Hochsommer. Das heißt, diese heilige Sendung leuchtet hell mit dem Licht der Sonne der Wahrheit von ihrem erhabensten Stand in der Fülle ihres Glanzes, ihrer Wärme und Herrlichkeit.«
»Der Báb, der Erhabene«, bestätigt ‘Abdu’l-Bahá ausführlicher in einem anderen Seiner Sendschreiben, »ist der Morgen der Wahrheit, dessen Strahlenglanz durch alle Himmel leuchtet. Er ist ebenso der Vorbote des Größten Lichtes, des Tagesgestirns Abhá. Die Gesegnete Schönheit ist der Verheißene der heiligen Bücher der Vergangenheit, die Offenbarung des Lichtquells, der auf dem Berge Sinai schien, dessen Feuer im Brennenden Busche glühte. Wir sind, einer wie alle, Diener an ihrer Schwelle und stehen jeder als geringer Wächter an ihrer Türe.« »Jedweder Beweis und jede Prophezeiung«, so lautet Seine noch nachdrücklichere Ermahnung, »jede Art von Zeugnis, das sich auf die Vernunft oder die Texte der heiligen Schriften und Überlieferungen stützt, ist als in den Personen Bahá’u’lláhs und des Báb verankert anzusehen. In ihnen erfahren sie ihre vollkommene Erfüllung.«
Und schließlich setzt Er in Seinem Willen und Testament, das Seine letzten Wünsche und Abschiedslehren verwahrt, in folgendem, eigens die Leitgrundsätze des Bahá’í-Glaubens darzutun bestimmten Absatz das Siegel Seines Zeugnisses auf die zweifache und erhabene Stufe des Báb: »Die Glaubensgrundlage des Volkes Bahás – möge mein Leben ihm zum Opfer dienen – ist diese: Seine Heiligkeit der ErhabeneA34 ist die Manifestation der Einheit und Einzigkeit Gottes und der Vorläufer der Urewigen SchönheitA35. Seine Heiligkeit die Schönheit AbháA36 – möge mein Leben als Opfer für Seine standhaften Freunde dargeboten sein – ist Gottes erhabenste Manifestation und der Tagesanbruch Seines göttlichsten Wesens.« »Alle anderen«, setzt Er bedeutungsvoll hinzu, »sind Seine Diener und folgen Seinem Gebot.«Q111

‘Abdu’l-Bahá

Innig geliebte Freunde!

Ich habe auf den vorangegangenen Seiten versucht, eine Darlegung jener Wahrheiten zu geben, die, wie ich fest glaube, im Anspruch Dessen verankert liegen, der der Urquell der Bahá’í-Offenbarung ist.

Ich habe mich ferner bemüht, Missverständnisse aufzuklären, die naturgemäß in der Meinung eines jeden auftauchen mögen, der über eine so übermenschliche Offenbarung der Herrlichkeit Gottes nachdenkt.

Es war mein Bestreben, die Bedeutung der Göttlichkeit zu erklären, mit der der Träger einer so geheimnisvollen Kraft notwendigerweise ausgestattet sein muss.

Dass die Botschaft, mit deren Übermittlung an die Menschheit ein so erhabenes Wesen in diesem Zeitalter von Gott beauftragt wurde, den göttlichen Ursprung und die Grundprinzipien einer jeden durch die Propheten der Vergangenheit eingeleiteten Sendung anerkennt und aufrechterhält, dass sie mit jeder einzelnen von ihnen aufs innigste verbunden ist, das habe ich ebenfalls nach besten Kräften zu erklären versucht.

Dass der Urheber eines solchen Glaubens den Anspruch auf Endgültigkeit, wie ihn Führer der verschiedensten Bekenntnisse erheben, ablehnt und trotz der ungeheuren Größe Seiner Offenbarung für Sich selbst verwirft, auch dies habe ich zu beweisen und zu betonen für notwendig erachtet.

Zu erläutern, dass der Báb, der Dauer Seiner Sendung ungeachtet, nicht zuerst als der erkorene Vorläufer des Bahá’í-Glaubens, sondern als Einer angesehen werden sollte, dem jene ungeteilte Autorität verliehen ist, wie sie sämtliche unabhängigen Propheten der Vergangenheit beansprucht haben, dünkte mich ein weiteres Grundprinzip, das zu erläutern im augenblicklichen Zustand der Entwicklung unserer Sache außerordentlich wünschenswert erscheint.
Wir sollten nun, wie ich deutlich fühle, den Versuch machen, unsere Auffassung der von ‘Abdu’l-Bahá eingenommenen Stufe und der Bedeutung Seiner Stellung in dieser heiligen Sendung klarzustellen.

Es ist in der Tat für uns, die wir zeitlich einer so ungeheuer großen Gestalt so nahe stehen und von der geheimnisvollen Kraft einer so anziehenden Persönlichkeit gefesselt werden, schwer, einen klaren, genauen Begriff von der Rolle und dem Charakter Dessen zu erhalten, der nicht nur in der Sendung Bahá’u’lláhs, sondern auch auf dem gesamten Gebiet der Religionsgeschichte ein einzig dastehendes Amt hat.

Obgleich Er sich in Seiner eigenen Sphäre bewegt und eine Stufe einnimmt, die völlig verschieden von denjenigen des Urhebers und des Vorläufers der Bahá’í-Offenbarung ist, bildet Er doch kraft der Stellung, die Ihm durch den Bund Bahá’u’lláhs zuteil ward, mit jenen zusammen das, was wir als die drei Zentralgestalten eines Glaubens bezeichnen können, der in der Geistesgeschichte der Welt einzig ist.

Vereint mit ihnen thront Er über den Geschicken dieses jungen Gottesglaubens in einer Höhe, die kein einzelner und keine nach Ihm seinem Wohl verpflichtete Körperschaft jemals während einer Zeitdauer von mindestens einem vollen Jahrtausend zu erreichen hoffen können.

Seinen erhabenen Rang dadurch zu verkleinern, dass man Seine Stufe gleich oder doch nahezu gleich der Stellung derer achtet, auf die der Mantel Seiner Autorität gefallen ist, wäre ein Akt mangelnder Ehrfurcht und ebenso schwerwiegend wie der nicht weniger ketzerische Glaube, der Ihn auf die Stufe absoluter Gleichheit entweder mit der Hauptgestalt oder dem Vorläufer unseres Glaubens stellen möchte.

So groß auch der Abstand ist, der ‘Abdu’l-Bahá von Dem trennt, der die Quelle einer unabhängigen Offenbarung bildet, so ist er doch niemals mit dem noch größeren Abstand zu vergleichen, der zwischen Ihm, dem Mittelpunkt des Bundes, und Seinen zur Weiterführung Seines Werkes berufenen Dienern liegt, wie immer sie auch heißen und welcher Art ihr Rang, ihr Aufgabenbereich oder ihre künftigen Taten seien.

Mögen jene, die ‘Abdu’l-Bahá gekannt haben und durch die Berührung mit Seiner anziehenden Persönlichkeit dazu gekommen sind, glühende Bewunderung für Ihn zu hegen, im Lichte dieser Darlegung über die Größe Dessen nachdenken, dessen Stufe so hoch über der Seinen ist.
Dass ‘Abdu’l-Bahá keine Manifestation Gottes ist, dass Er, obgleich der Nachfolger Seines Vaters, dennoch nicht die gleiche Stufe einnimmt, dass niemand außer dem Báb und Bahá’u’lláh vor Ablauf eines vollen Jahrtausends Anspruch auf eine solche Stufe erheben kann, ist eine Wahrheit, die den diesbezüglichen Aussprüchen beider, sowohl des Stifters unseres Glaubens als auch des Erläuterers Seiner Lehren, zugrunde liegt.
»Wer vor dem Ablauf eines vollen Jahrtausends Anspruch auf eine unmittelbare Offenbarung Gottes erhebt«, so lautet die im Kitáb-i-Aqdas geäußerte ausdrückliche Warnung, »der ist fürwahr ein lügnerischer Betrüger. Wir bitten Gott, dass Er ihm gnädig beistehe, damit er einen solchen Anspruch widerrufe und verwerfe. Sofern er bereut, wird Gott ihm ohne Zweifel vergeben. Wenn er jedoch in seinem Irrtum beharrt, wird Gott gewisslich jemanden herabsenden, der unbarmherzig mit ihm verfährt, denn furchtbar, in der Tat, ist Gott in Seiner Strafe!« »Wer immer diesen Vers«, so fügt Er um des stärkeren Nachdrucks willen hinzu, »anders auslegt, als sein klarer Sinn ist, der beraubt sich des Geistes Gottes und Seiner alles Erschaffene umfassenden Gnade.«Q112 »Sollte ein Mensch«, so lautet eine andere entscheidende Erklärung, »bevor noch volle tausend Jahre vorbei sind, auftreten – jedes der Jahre zu zwölf Monaten nach dem Qur’án und zu neunzehn Monaten zu neunzehn Tagen nach dem Bayán gerechnet – und sollte gleich ein solcher Mensch vor euren Augen alle Zeichen Gottes offenbaren, so sollt ihr ihn doch ohne Zögern von euch weisen.«
Die Erklärungen, die ‘Abdu’l-Bahá selbst in Übereinstimmung mit dieser Warnung abgibt, sind nicht weniger nachdrücklich und verpflichtend: »Dies ist«, so sagt Er, »meine feste, unerschütterliche Überzeugung, das Wesen meines rückhaltlosen, ausdrücklichen Glaubens, eine Überzeugung und ein Glaube, den die Bewohner des Abhá-Königreichs vollkommen teilen: Die Gesegnete SchönheitA37 ist die Sonne der Wahrheit, und Ihr Licht ist das Licht der Wahrheit. Der Báb ist gleicherweise die Sonne der Wahrheit, und Sein Licht ist das Licht der Wahrheit … Meine Stufe ist die Stufe des Dienstes, eines Dienstes, der vollständig, rein und wirklich, sicher begründet, andauernd, deutlich, ausdrücklich offenbart und keiner irgendwie gearteten Deutung unterworfen ist … Ich bin der Ausleger des Wortes Gottes; dies ist meine Auslegung.«
Entreißt nicht ‘Abdu’l-Bahá in Seinem eigenen Willen – mit einem Ton und einer Sprache, die auch die hartnäckigsten Verletzer des Bundes Seines Vaters wohl verwirren können – denjenigen Personen ihre stärkste Waffe, die so lange und mit solcher Beharrlichkeit getrachtet hatten, Ihn durch die Behauptung zu belasten, dass Er stillschweigend Anspruch auf eine ebenso hohe, wenn nicht höhere Stufe als diejenige Bahá’u’lláhs erhöbe? »Die Glaubensgrundlage des Volkes Bahás«, so lautet einer der gewichtigsten Abschnitte jener letzten Urkunde, die hinterlassen wurde, um für alle Zeiten die Weisungen und Wünsche eines dahingegangenen Meisters zu verkünden, »ist diese: Seine Heiligkeit der ErhabeneA38 ist die Manifestation der Einheit und Einzigkeit Gottes und der Vorläufer der Urewigen Schönheit. Seine Heiligkeit die Schönheit AbháA39 – möge mein Leben ein Opfer für Seine standhaften Freunde sein – ist die erhabenste Manifestation Gottes und der Tagesanbruch Seines göttlichsten Wesens. Alle anderen sind Seine Diener und folgen Seinem Gebot.«Q113
Aus solchen klaren, in aller Form niedergelegten Erklärungen, die mit irgendwelchen Behauptungen eines Anspruchs auf Prophetenschaft unvereinbar sind, sollte indessen keineswegs gefolgert werden, dass ‘Abdu’l-Bahá nur einer der Diener der Gesegneten Schönheit oder im besten Falle jemand ist, dessen Aufgabe sich auf die Tätigkeit eines bevollmächtigten Auslegers der Lehren Seines Vaters beschränkt. Es sei mir ferne, derartige Ansichten zu hegen oder anderen solche Empfindungen einflößen zu wollen. Ihn in einem solchen Lichte zu betrachten, ist offenkundiger Verrat an dem unschätzbaren Erbe, das Bahá’u’lláh der Menschheit hinterlassen hat. Unermesslich erhaben ist die Ihm durch die Erhabene Feder verliehene Stufe über die aus diesen Seinen eigenen schriftlichen Erklärungen sich ergebenden Folgerungen. Sei es im Kitáb-i-Aqdas, dem bedeutungsvollsten und heiligsten aller Werke Bahá’u’lláhs, im Kitáb-i-‘Ahd, dem Buche Seines Bundes, oder in der Súriy-i-Ghuṣn [Tafel vom Ast], überall statten diese durch die Feder Bahá’u’lláhs niedergeschriebenen Hinweise – Hinweise, die durch die von Seinem Vater an Ihn gerichteten Sendschreiben noch gewaltig unterstrichen werden – ‘Abdu’l-Bahá mit einer Macht aus und umgeben sie Ihn mit einem Glanze, wie sie das heutige Geschlecht nie hinreichend wird würdigen können.
Er ist zuerst und vor allem der Mittelpunkt und die Achse des unvergleichlichen und allumfassenden Bundes Bahá’u’lláhs und sollte für immer so betrachtet werden, als Seine erhabenste Schöpfung, der fleckenlose Spiegel Seines Lichtes, das vollkommene Beispiel Seiner Lehren, der niemals irrende Ausleger Seines Wortes, der Ausdruck eines jeglichen Bahá’í-Ideals, die Verkörperung jeder Bahá’í-Tugend, der Mächtigste Ast, der aus der Urewigen Wurzel hervorging, der Arm des göttlichen Gesetzes, das Wesen, »um das sich alle Namen bewegen«Q114, die Triebkraft der Vereinigung der Menschheit, das Banner des Größten Friedens, der Mond des Zentralgestirns dieser heiligsten Sendung. Dies alles sind Benennungen und Ehrennamen, die sich aus Seiner Stufe ergeben und ihren getreuesten, höchsten, edelsten Ausdruck in dem Zaubernamen ‘Abdu’l-Bahá finden. Er ist, jenseits von allen diesen Benennungen, »das Geheimnis Gottes« – ein Ausdruck, den Bahá’u’lláh selbst gewählt hat, um Ihn zu bezeichnen, und der, ohne uns irgendwie zur Zuerkennung der Stufe der Prophetenschaft zu berechtigen, andeutet, wie in der Gestalt ‘Abdu’l-Bahás die auseinanderlaufenden Kennzeichen menschlicher Natur und übermenschlicher Erkenntnis und Vollkommenheit verschmolzen und in völlige Übereinstimmung gebracht sind.
»Wenn das Meer Meiner Gegenwart verebbt und das Buch Meiner Offenbarung abgeschlossen ist«, verkündet das Kitáb-i-Aqdas, »wendet euer Angesicht zu Ihm, den Gott bestimmt hat, der aus dieser Urewigen Wurzel entsprungen ist.«Q115 Und weiter: »Wenn sich die Mystische Taube aus ihrem Tempel des Lobpreises emporgeschwungen und ihr fernes Ziel, ihre verborgene Behausung, erreicht hat, wendet euch in allem, was ihr im Buche nicht versteht, an Ihn, der aus diesem mächtigen Stamm hervorging.«Q116
Auch im Kitáb-i-‘Ahd erklärt Bahá’u’lláh feierlich und ausdrücklich: »Es ist den Aghṣán, den Afnán und Meiner Verwandtschaft zur Pflicht gemacht, dass sie allesamt ihr Antlitz dem Mächtigsten Ast zuwenden. Beachtet, was Wir in Unserem Heiligsten Buche offenbart haben: ›Wenn das Meer Meiner Gegenwart verebbt und das Buch Meiner Offenbarung abgeschlossen ist, so wendet euer Angesicht zu Ihm, den Gott bestimmt hat, der aus dieser Urewigen Wurzel kam.‹Q117 Der Gegenstand dieses heiligen Verses ist kein anderer als der Mächtigste AstA40. So haben Wir euch gnädig Unseren machtvollen Willen offenbart, und wahrlich, Ich bin der Gnadenvolle, der Allmächtige.«Q118
In der Súriy-i-Ghuṣn sind folgende Verse aufgezeichnet:»

Vom Sadratu’l-Muntahá ist dieses heilige und erhabene Wesen, dieser Zweig der Heiligkeit, entsprossen.

Wohl dem, der bei Ihm Zuflucht sucht und unter Seinem Schatten weilt.

Wahrlich, der Ast des Gesetzes Gottes ist von dieser Wurzel ausgegangen, die Gott fest in den Boden Seines Willens pflanzte und deren Ast in einem Maß erhoben wurde, dass er die ganze Schöpfung überschattet.

Gepriesen sei Er für dieses erhabene, dieses segensreiche, mächtige und herrliche Werk! … Ein Wort ist aus der Größten Tafel als Zeichen Unserer Gnade hervorgegangen, ein Wort, das Gott mit dem Schmucke Seines eigenen Wesens zierte und zum Herren über die Erde und alles, was auf ihr ist, und zu einem Zeichen Seiner Größe und Macht unter ihren Bewohnern setzte … Danke Gott, o Volk, dass Er erschienen ist, denn wahrlich, Er ist für euch die größte Gnade, die vollkommenste Güte, und durch Ihn wird jedes modernde Gebein lebendig.

Wer Ihm sich zuwendet, hat sich Gott zugewandt, und wer sich von Ihm abkehrt, hat sich von Meiner Schönheit abgekehrt, hat Meinen Beweis verworfen und sich gegen Mich vergangen.

Er ist der Vertraute Gottes unter euch, Sein Pfand in euch, Seine Offenbarung für euch und Seine Erscheinung unter Seinen begünstigten Dienern … Wir haben Ihn herabgesandt in der Gestalt eines menschlichen Tempels.

Gesegnet und geheiligt sei Gott, der durch Seinen unumstößlichen, unfehlbaren Ratschluss werden lässt, was immer Er wünscht.

Wer nicht im Schatten des Astes bleibt, der ist verloren in der Wüste des Irrtums.

Die Glut der weltlichen Wünsche zehrt ihn auf, und er gehört zu denen, die sicherlich untergehen.«Q119
»O Du, der Du Mein Augapfel bist!«, schreibt Bahá’u’lláh mit eigener Hand an ‘Abdu’l-Bahá, »Meine Herrlichkeit, das Weltmeer Meiner Güte, die Sonne Meiner Freigebigkeit, der Himmel Meiner Barmherzigkeit seien mit Dir! Wir bitten Gott, Er möge die Welt erleuchten mit Deinem Wissen und Deiner Weisheit und für Dich verordnen, was Dein Herz erfreue und Dein Auge tröste.« »Gottes Herrlichkeit sei auf Dir«, schreibt Er in einem anderen Sendschreiben, »sowie auf allen, die Dir dienen und um Dich sind. Weh, großes Weh begegne dem, der sich Dir widersetzt und Dich beleidigt. Wohl dem, der Dir die Treue zuschwört! Das Feuer der Hölle aber möge jene peinigen, die Dir feind sind.« »Wir machten Dich zu einer Zuflucht für die ganze Menschheit«, bezeugt Er in einem weiteren Sendschreiben, »zu einem Schild für alle, die im Himmel und auf Erden sind, zu einer Feste für alle, die an Gott, den Unvergleichlichen, den Allwissenden, glauben. Gott gebe Dir, dass Er durch Dich sie schütze, sie reich mache und erhalte und dass Er Dich mit dem erfülle, was zu einer Quelle für den Wohlstand aller erschaffenen Dinge, zu einem Meer der Freigebigkeit für alle Menschen und zum Tagesanbruch des Erbarmens über alle Völker werde.«
»Du weißt, o Mein Gott«, fleht Bahá’u’lláh in einem zu Ehren ‘Abdu’l-Bahás offenbarten Gebete, »dass Ich für Ihn nichts anderes wünsche, als was Du selbst wünschest, und Ihn zu keinem anderen Zweck bestimmte als zu dem, den Du für Ihn bestimmt hast. Verhilf Ihm darum zum Sieg durch Deine Heerscharen des Himmels und der Erde … Verordne – Ich bitte Dich bei der Inbrunst Meiner Liebe zu Dir und bei Meiner Sehnsucht, Deine Sache zu offenbaren – verordne für Ihn und die, die Ihn lieben, was Du für Deine Botschafter und die Treuhänder Deiner Offenbarung angeordnet. Wahrlich, Du bist der Allmächtige, der Allgewaltige.«
In einem von Bahá’u’lláh diktierten und durch Seinen Schreiber Mírzá Áqá Ján mit Anschrift versehenen Schreiben an ‘Abdu’l-Bahá, der zu der Zeit auf Besuch in Beirut weilte, lesen wir: »Gepriesen sei Er, der das Land BáA41 mit der Anwesenheit Dessen ehrte, den alle Namen umkreisen. Sämtliche Atome der Erde haben allem Erschaffenen kundgetan, dass von den Toren der Gefängnisstadt her der Stern der Schönheit des großen, des Mächtigsten Astes Gottes – Sein urewiges und unabwandelbares Geheimnis – aufgegangen ist und, über ihrem Horizonte leuchtend, nun in ein anderes Land zieht. Kummer hat diese Gefängnisstadt darum erfüllt, dieweil ein anderes Land jubelt. Gesegnet, zweifach gesegnet ist der Boden, den Seine Füße treten, das Auge, das von der Schönheit Seines Antlitzes entzückt ward, das Ohr, dem die Ehre widerfahren, Seinem Ruf zu lauschen, das Herz, das Seiner Liebe Süße kostet, die Brust, die im Gedenken an Ihn weit wird, die Feder, die Seinen Lobpreis kündet, das Pergament, das das Zeugnis Seiner Schrift trägt!«Q120
Die Ihm von Bahá’u’lláh verliehene Autorität bestätigend, stellt ‘Abdu’l-Bahá fest: »Im Einklang mit dem ausdrücklichen Wortlaut des Kitáb-i-Aqdas hat Bahá’u’lláh zum Ausleger Seines Wortes den Mittelpunkt des Bundes gemacht – eines Bundes, so fest und so mächtig, wie ihn ähnlich keine religiöse Sendung seit Anbeginn der Zeit bis auf den heutigen Tag hervorgebracht hat.«
Wie erhaben aber der Rang ‘Abdu’l-Bahás und wie überreich der Lobpreis immer sei, womit Bahá’u’lláh in diesen heiligen Büchern und Sendschreiben Seinen Sohn verherrlicht, so darf doch eine so beispiellose Auszeichnung nie in einem Sinn gedeutet werden, als verliehe sie ihrem Empfänger eine Stufe, die gleichbedeutend oder auch nur gleichwertig mit derjenigen Seines Vaters, der Manifestation selbst, ist. Irgendwelchen der angeführten Stellen eine derartige Auslegung zu geben, würde sie sofort aus einleuchtenden Gründen in Widerspruch mit den nicht weniger klaren und beglaubigten Versicherungen und Warnungen bringen, auf die ich bereits hinwies. In der Tat sind, wie ich schon weiter oben schrieb, diejenigen, die ‘Abdu’l-Bahás Stufe überschätzen, genauso tadelnswert, und sie haben ebenso viel Schaden angerichtet wie diejenigen, die sie unterschätzen. Und das aus keinem anderen Grunde, als dass sie durch ihr Beharren auf einer völlig ungerechtfertigten Folgerung aus Bahá’u’lláhs Schriften unbewusst dem Feind eine Rechtfertigung erteilen und ihm fortdauernd Stoff für seine falschen Beschuldigungen und irreführenden Darstellungen liefern.
Ich erachte es daher für nötig, eindeutig und ohne Zögern festzustellen, dass weder das Kitáb-i-Aqdas noch auch das Buch des Bundes Bahá’u’lláhs oder gar die Tafel vom Ast oder irgendein anderes Sendschreiben, ob es nun von Bahá’u’lláh oder ‘Abdu’l-Bahá offenbart sei, die geringste Begründung für die Auffassung enthält, die zur Aufrechterhaltung der sogenannten »mystischen Einheit« von Bahá’u’lláh und ‘Abdu’l-Bahá oder zur Annahme einer Identität des letzteren mit Seinem Vater oder mit einer der vorangegangenen Manifestationen neigt.

Diese so irrige Auffassung entspringt zu einem Teil wohl einer völlig abwegigen Auslegung gewisser Ausdrücke und Stellen in der Tafel vom Ast und der Einfügung gewisser Worte in dessen englische Übersetzung, die entweder nicht vorhanden, oder irreführend und doppelsinnig sind.

Sie gründet zweifellos hauptsächlich auf einer völlig ungerechtfertigten Schlussfolgerung aus den Anfangsstellen einer Tafel Bahá’u’lláhs, die in Bahá’í Scriptures auszugsweise unmittelbar vor der genannten Tafel vom Ast gestellt ist, ohne jedoch dazuzugehören.

Es sollte jedem Leser dieser Auszüge klargemacht werden, dass mit dem Ausdruck »die Zunge des Urewigen« niemand anders als Gott gemeint, dass die Redewendung »der Größte Name« ein klarer Hinweis auf Bahá’u’lláh und dass der angeführte »Bund«Q121 nicht der besondere Bund ist, dessen unmittelbarer Stifter Bahá’u’lláh und dessen Mittelpunkt ‘Abdu’l-Bahá war, sondern dass damit der allgemeine Bund gemeint ist, den, wie die Bahá’í-Lehre betont, Gott selbst unverbrüchlich mit der Menschheit schließt, sooft Er eine neue Sendung einleitet.

»Die Zunge«, die, wie es in jenen Auszügen heißt, die »frohe Botschaft spendet«, ist nichts anderes als die Stimme Gottes, die sich auf Bahá’u’lláh bezieht, und nicht Bahá’u’lláh, der sich auf ‘Abdu’l-Bahá bezöge.
Zu behaupten, dass die Versicherung »Er ist Ich selbst« – statt die mystische Einheit Gottes mit Seinen Manifestationen zu bezeichnen, wie dies im Kitáb-i-Íqán erklärt ist –, die Identität Bahá’u’lláhs mit ‘Abdu’l-Bahá begründe, würde geradezu eine Verletzung des oft wiederholten Grundsatzes der Einheit der Manifestationen Gottes bilden – eines Grundsatzes, den der Urheber eben jener Auszüge durch die sich daraus ergebende Folgerung betonen wollte.
Es würde auch auf einen Rückfall in jene vernunftwidrigen, abergläubischen Glaubenssätze hinauslaufen, die sich im ersten Jahrhundert des christlichen Zeitalters unversehens in die Lehren Jesu Christi eingeschlichen und durch Verdichtung zu anerkannten Dogmen die Wirkkraft des christlichen Glaubens geschwächt und seine Absichten verdunkelt haben.
»Ich versichere«, so lautet ‘Abdu’l-Bahás eigene schriftliche Auslegung der Tafel vom Ast, »dass der wirkliche Sinn, die wahre Bedeutung, das innerste Geheimnis dieser Verse, eben dieser Worte, meine eigene Dienstbarkeit an der heiligen Schwelle der Schönheit Abhá, meine völlige Selbstaufgabe, meine äußerste Bedeutungslosigkeit vor Ihm ist. Das ist meine leuchtende Krone und meine köstlichste Zierde. Dessen rühme ich mich im Reiche, das im Himmel und auf Erden ist, dessen freue ich mich im Kreise der Begünstigten!« »Niemandem ist gestattet«, so warnt Er uns im unmittelbar darauf folgenden Absatz, »diesen Versen irgendeinen anderen Sinn zu geben.« »Ich bin«, bekräftigt Er in diesem Zusammenhang, »gemäß dem ausdrücklichen Wortlaut des Kitáb-i-Aqdas und des Kitáb-i-‘Ahd, der offenbare Ausleger des Wortes Gottes. … Wer auch immer von meiner Auslegung abweicht, ist ein Opfer seiner eigenen Einbildung.«
Noch mehr: Die unvermeidliche Schlussfolgerung aus dem Glauben an die Identität des Stifters unseres Glaubens mit Ihm, der Mittelpunkt Seines Bundes ist, wäre, dass ‘Abdu’l-Bahá in eine über den Báb erhobene Stellung rückte, während gerade das Gegenteil davon das grundlegende, wenn auch bislang noch nicht allgemein erkannte Prinzip dieser Offenbarung ist. Es würde auch die Beschuldigungen rechtfertigen, mit denen die Bundesbrecher sich während der ganzen Amtszeit ‘Abdu’l-Bahás bemühten, die Gemüter zu vergiften und die Auffassung der getreuen Nachfolger Bahá’u’lláhs zu verdrehen.
Es wäre richtiger und stünde mit den festgelegten Prinzipien Bahá’u’lláhs und des Báb in besserem Einklang, wenn wir, statt an dieser erdichteten Identität in Bezug auf ‘Abdu’l-Bahá festzuhalten, den Vorläufer und den Stifter unseres Glaubens als ihrer Wirklichkeit nach identisch ansähen – eine Wahrheit, die der Wortlaut der Súratu’l-Haykal unmissverständlich bestätigt. »Wäre, wie ihr geltend macht, der Erste PunktA42 irgendjemand außer Mir gewesen«, so lautet die ausdrückliche Feststellung Bahá’u’lláhs, »und wäre Er in Meine Nähe gekommen, wahrlich, Er hätte sich nie gestattet, sich von Mir zu trennen, sondern Wir würden Uns in Meinen Tagen gegenseitig ergötzt haben.«Q122 »Er, der nun Gottes Wort verkündigt«, so bekräftigt Bahá’u’lláh nochmals, »ist kein anderer als der Erste Punkt, der jetzt aufs neue offenbart ward.« »Er ist«, so sagt Er in einem an einen der Buchstaben des Lebendigen gerichteten Sendschreiben über sich selbst, »der Gleiche wie Er, der im Jahre sechzigA43 erschien. Das, wahrlich, ist einer Seiner machtvollen Zeichen.« »Wer«, so fragt Er in der Súriy-i-Damm, »wird sich erheben, um den Sieg der Ersten SchönheitA44 zu sichern, die im Angesicht Seiner Ihm folgenden Manifestation offenbart wurde?« Indem Er sich auf die durch den Báb verkündete Offenbarung bezieht, beschreibt Er sie umgekehrt als »Meine Mir vorangegangene Manifestation«Q123.
Dass ‘Abdu’l-Bahá keine Manifestation Gottes ist, dass Er Sein Licht, Seine Erleuchtung und Kraft unmittelbar aus der Quelle der Bahá’í-Offenbarung erhält, dass Er, gleich einem klaren und vollkommenen Spiegel, das Licht der Herrlichkeit Bahá’u’lláhs zurückstrahlt und nicht etwa angestammt jene unbestimmbare und dennoch alles durchdringende Wirklichkeit besitzt, deren ausschließlicher Besitz das Kennzeichen des Prophetentums bildet, dass Seine Worte nicht im gleichen Range mit den Äußerungen Bahá’u’lláhs stehen, obwohl sie die gleiche Gültigkeit wie jene besitzen, dass Er nicht als die Wiederkehr Jesu Christi anzusehen ist, des Sohnes, der da kommen wird »in der Herrlichkeit des Vaters«Q124, – alle diese Wahrheiten finden eine verstärkte Rechtfertigung und weitere Erhärtung in der folgenden Erklärung ‘Abdu’l-Bahás an einige Gläubige in Amerika, mit der ich diesen Abschnitt angemessen schließen möchte:

»Ihr habt geschrieben, dass unter den Gläubigen verschiedene Meinungen über das ›Zweite Kommen Christi‹ bestehen.

Gütiger Gott!

Immer und immer wieder ist diese Frage aufgetaucht und zur Antwort darauf in klarer und unwiderleglicher Darlegung aus der Feder ‘Abdu’l-Bahás geflossen, dass das, was die Prophezeiungen mit dem ›Herren der Heerscharen‹ und dem ›Verheißenen Christus‹ meinten, die Gesegnete VollkommenheitA45 und Seine Heiligkeit der ErhabeneA46 ist.

Mein Name ist ‘Abdu’l-Bahá.

Meine Auszeichnung ist ‘Abdu’l-Bahá.

Meine Wirklichkeit ist ‘Abdu’l-Bahá.

Mein Ruhm ist ‘Abdu’l-Bahá.

Unterwerfung unter die Gesegnete Vollkommenheit ist meine köstliche und strahlende Krone und Dienst am ganzen Menschengeschlecht meine immerwährende Religion … Kein anderer Name, kein Titel, keine Erwähnung, keine Empfehlung ist mir eigen, noch will ich sie je zu eigen haben denn nur ‘Abdu’l-Bahá.

Das ist mein Wunsch.

Das ist meine größte Sehnsucht.

Das ist mein ewiges Leben.

Das ist meine nie vergehende Ehre!«Q125

Die Administrative Ordnung

Innig geliebte Brüder und Schwestern im Namen ‘Abdu’l-Bahás! Mit dem Hinscheiden Bahá’u’lláhs war das Tagesgestirn göttlicher Führung, das sich, wie von Shaykh Aḥmad und Siyyid Káẓim vorausgesagt, in Shíráz erhoben und in seinem Lauf nach Westen den Höhepunkt in Adrianopel erreicht hatte, schließlich am Horizont von ‘Akká untergegangen, um sich vor Ablauf eines vollen Jahrtausends nicht wieder zu erheben. Mit dem Herabsinken eines so strahlenden Himmelskörpers endete nun die Phase der Göttlichen Offenbarung – die erste und belebendste Phase des Bahá’í-Zeitalters. Vom Báb begonnen, durch Bahá’u’lláh vollendet, von der gesamten Schar der Propheten dieses großen prophetischen Zyklus vorausgesehen und gepriesen, ist dieser Zeitabschnitt, abgesehen von einer kurzen Unterbrechung zwischen dem Märtyrertod des Báb und den aufrüttelnden Erlebnissen Bahá’u’lláhs im Síyáh-Chál von Ṭihrán, gekennzeichnet durch fast fünfzig Jahre beständiger und fortschreitender Offenbarung, ein Zeitabschnitt, der in seiner Dauer und Fruchtbarkeit als beispiellos in der gesamten Religionsgeschichte der Welt betrachtet werden muss.
Das Hinscheiden ‘Abdu’l-Bahás wiederum kennzeichnet das Ende des Heroischen und Apostolischen Zeitalters dieser Sendung, das Ende jener Anfangszeit unseres Glaubens, deren Herrlichkeit niemals mit der Großartigkeit der künftigen Siege der Offenbarung Bahá’u’lláhs verglichen oder gar davon in den Schatten gestellt werden kann. Denn weder die Errungenschaften der Baumeister der heutigen Institutionen des Glaubens Bahá’u’lláhs noch die aufsehenerregenden Triumphe, die die Helden des Goldenen Zeitalters in kommenden Tagen erringen werden, können sich mit dem wunderbaren Werk messen, das mit den Namen derer verknüpft ist, die es ins Leben gerufen und seine ursprünglichen Grundlagen gelegt haben, noch können sie in die gleiche Kategorie eingeordnet werden. Seinem Wesen nach steht jener erste, schöpferische Abschnitt des Bahá’í-Zeitalters notwendig über und abseits der gestaltgebenden Epoche, in die wir jetzt eingetreten sind, und dem goldenen Zeitalter, das ihr folgen wird.
Von ‘Abdu’l-Bahá, Der eine Institution verkörpert, für die wir keinerlei Gegenstück in irgendeinem der anerkannten religiösen Weltsysteme finden, kann man sagen, Er habe das Zeitalter, dem Er selbst angehörte, abgeschlossen und das Zeitalter, in dem wir heute arbeiten, eingeleitet. Sein Wille und Testament sollte daher als das dauerhafte, unauflösliche Bindeglied betrachtet werden, das der Geist Dessen, Der das Geheimnis Gottes ist, konzipiert hat, um die Kontinuität der drei Zeitalter zu sichern, die die Bestandteile der Bahá’í-Sendung bilden. Die Zeit, in der die Saat des Glaubens langsam zu keimen begann, ist also sowohl mit derjenigen verflochten, die sein Aufblühen erleben wird, als auch mit dem späteren Zeitalter, in dem diese Saat schließlich ihre goldenen Früchte tragen wird.
Die durch das Gesetz Bahá’u’lláhs freigesetzten schöpferischen Kräfte, die den Geist ‘Abdu’l-Bahás durchdringen und sich in ihm entfalten, haben durch ihren direkten Einfluss und ihre enge Wechselwirkung ein Instrument ins Leben gerufen, das als die Charta der Neuen Weltordnung angesehen werden kann, die zugleich der Glanz und die Verheißung dieser größten Sendung ist. Man kann also das Testament würdigen als natürliche Folge und Frucht aus der mystischen Vereinigung Dessen, Der den schöpferischen Einfluss Seiner göttlichen Absicht kundtat, mit Dem Einen, Der ihr Mittler und auserwählter Empfänger war. Als Kind des Bundes – dem Erben sowohl des Urhebers als auch des Auslegers des Gesetzes Gottes – kann das Testament ‘Abdu’l-Bahás so wenig von Ihm, von Dem der ursprüngliche Antrieb ausging, wie von Dem, Der es letztlich konzipiert hat, getrennt werden. Bahá’u’lláhs unergründliche Absicht hat, wie wir uns stets vor Augen halten müssen, die Handlungsweise ‘Abdu’l-Bahás so vollständig durchdrungen und Ihre Beweggründe waren derart eng verbunden, dass der bloße Versuch, die Lehren Bahá’u’lláhs von irgendeinem durch das vollkommene Vorbild dieser selben Lehren eingeführten System zu trennen, der Ablehnung einer der heiligsten, grundlegenden Wahrheiten des Glaubens gleichkäme.
Die Administrative Ordnung, die sich seit ‘Abdu’l-Bahás Hinscheiden ständig weiterentwickelt hat und unter unseren Augen in nicht weniger als vierzig Ländern der Welt Gestalt annimmt, kann als das Rahmenwerk des Testaments betrachtet werden, als unangreifbare Festung, in der dieses neugeborene Kind genährt und herangezogen wird. Während diese Administrative Ordnung sich ausbreitet und festigt, wird sie zweifellos ihr Potenzial zeigen und die volle Tragweite dieses bedeutsamen Dokuments offenbaren – dieses höchst bemerkenswerten Ausdrucks des Willens einer der bemerkenswertesten Gestalten der Offenbarung Bahá’u’lláhs. Sobald ihre Bestandteile, ihre organischen Institutionen beginnen, effizient und kraftvoll zu funktionieren, wird sie ihren Anspruch behaupten und ihre Befähigung unter Beweis stellen, nicht nur als Keimzelle, sondern als das Modell der Neuen Weltordnung angesehen zu werden, die dazu bestimmt ist, zur festgesetzten Zeit die gesamte Menschheit zu umfassen.
In diesem Zusammenhang ist anzumerken, dass diese Administrative Ordnung sich grundlegend von allem unterscheidet, was irgendein Prophet zuvor festgelegt hat, denn Bahá’u’lláh hat Selbst ihre Grundlagen offenbart, ihre Institutionen geschaffen, die Person, die Sein Wort auslegen soll, ernannt und der Körperschaft, die Seine Gesetze und Gebote ergänzen und anwenden soll, die erforderliche Amtsgewalt übertragen.

Hierin liegt das Geheimnis ihrer Kraft, ihre grundlegende Besonderheit und ihr Schutz vor Auflösung und Spaltung.

Nirgendwo in den heiligen Schriften irgendeines der religiösen Weltsysteme, nicht einmal in den Schriften des Stifters der Bábí-Sendung, finden wir irgendwelche Vorkehrungen für die Errichtung eines Bundes oder für eine Verwaltungsordnung, die sich an Ausmaß und Autorität mit denen vergleichen lassen, die der Bahá’í-Sendung zugrunde liegen.

Haben Christentum oder Islám, um nur zwei der am weitesten verbreiteten und bedeutendsten der anerkannten Weltreligionen zu nennen, etwas zu bieten, das sich mit Bahá’u’lláhs Buch des Bundes oder dem Testament ‘Abdu’l-Bahás messen oder als gleichwertig angesehen werden kann?

Haben die Führer und Körperschaften, die das Recht beanspruchen und die Aufgabe übernommen haben, die Verordnungen ihrer heiligen Schriften auszulegen und die Angelegenheiten der betreffenden Gemeinschaften zu verwalten, durch den Text des Evangeliums oder des Qur’án ausreichende Autorität verliehen bekommen?

Konnte Petrus, das anerkannte Oberhaupt der Apostel, oder der Imám ‘Alí, der Vetter und rechtmäßige Nachfolger des Propheten, zur Bekräftigung des Vorrangs, mit dem sie beide ausgestattet waren, schriftliche und ausdrückliche Bestätigungen von Christus und Muḥammad vorlegen, um damit unter ihren Zeitgenossen oder in einer späteren Zeit jene zum Schweigen zu bringen, die ihre Autorität zurückwiesen und durch ihr Handeln die Spaltungen herbeigeführt haben, die bis zum heutigen Tag andauern?

Wo können wir, so dürfen wir getrost fragen, in den überlieferten Worten Jesu Christi, irgendetwas neben den rein geistigen Prinzipien finden, das bezüglich der Nachfolge oder der Verfügung besonderer Gesetze und klar definierter Verwaltungsvorschriften, auch nur annähernd vergleichbar ist mit den detaillierten Anordnungen, Gesetzen und Warnungen, die so reichlich in den verbürgten Äußerungen sowohl Bahá’u’lláhs als auch ‘Abdu’l-Bahás zu finden sind?

Kann irgendein Abschnitt des Qur’án, der hinsichtlich seiner Gesetze, Verwaltungs- und Andachtsvorschriften bereits einen bemerkenswerten Fortschritt gegenüber stärker verfälschten früheren Offenbarungen aufweist, dahin ausgelegt werden, dass er die unbestreitbare Autorität, die Muḥammad Seinem Nachfolger mündlich und bei mehreren Gelegenheiten übertragen hatte, auf eine unangreifbare Grundlage stellt?

Dem Stifter der Bábí-Sendung ist es gelungen, durch die Vorschriften des Persischen Bayán eine dauerhafte und verhängnisvolle Glaubensspaltung, wie sie die Christenheit und den Islám befallen hat, abzuwenden, doch kann von Ihm gesagt werden, dass Er Einrichtungen zum Schutze Seines Glaubens geschaffen hat, die so fest umrissen und wirksam sind wie diejenigen, die für alle Zeit die Einheit der organisierten Anhänger des Glaubens Bahá’u’lláhs bewahren müssen?
Unter allen bisherigen Offenbarungen hat einzig dieser Glaube durch die ausdrücklichen Anweisungen, die wiederholten Warnungen und die verbürgten Schutzmaßnahmen, die in seinen Lehren enthalten und dargelegt sind, eine Struktur geschaffen, der sich die verstörten Anhänger der gescheiterten und zerbrochenen Glaubensrichtungen sehr wohl nähern können, um sie kritisch zu prüfen und, bevor es zu spät ist, die unverletzliche Sicherheit ihres weltumfassenden Schutzes aufzusuchen.
So ist es nicht verwunderlich, dass Er, Der kraft Seines Willens eine so umfassende und einzigartige Ordnung ins Leben gerufen hat und Mittelpunkt eines so mächtigen Bundes ist, folgende Worte niedergeschrieben hat: »So fest und mächtig ist dieser Bund, dass von Anbeginn der Zeit bis heute keine religiöse Sendung etwas Vergleichbares hervorgebracht hat.« »Was auch immer im Innersten dieses heiligen Zyklus noch verborgen ist«, schrieb Er in den dunkelsten und gefährlichsten Tagen Seiner Sendung, »wird allmählich zum Vorschein kommen und offenkundig werden, denn dies ist erst der Anfang seines Wachstums und der Tagesanbruch der Offenbarung seiner Zeichen.« »Fürchtet euch nicht«, lauten Seine beruhigenden Worte, die den Aufstieg der durch Seinen Willen geschaffenen Administrativen Ordnung erahnen lassen, »fürchtet euch nicht, wenn dieser Ast von der irdischen Welt getrennt wird und seine Blätter abwirft; tatsächlich werden seine Blätter sprießen, denn dieser Ast wird wachsen, nachdem er von der niederen Welt abgeschnitten wurde, er wird zum höchsten Gipfel der Herrlichkeit gelangen und Früchte tragen, die die Welt mit ihrem Wohlgeruch erfüllen werden«.
Worauf sonst als auf die Macht und Majestät, die diese Administrative Ordnung – die Vorstufe des zukünftigen allumfassenden Bahá’í-Gemeinwesens – zu offenbaren bestimmt ist, könnten folgende Worte Bahá’u’lláhs hinweisen: »Die Welt ist aus dem Gleichgewicht geraten durch die Schwungkraft dieser größten, dieser neuen Weltordnung. Das geregelte Leben der Menschen ist aufgewühlt durch das Wirken dieses einzigartigen, dieses wundersamen Systems, desgleichen kein sterbliches Auge je gesehen hat.«
Der Báb selbst kündigt in Seinen Hinweisen auf »Den, Den Gott offenbaren wird«, das System an und verherrlicht die Weltordnung, die die Offenbarung Bahá’u’lláhs zu entfalten bestimmt ist. »Wohl dem«, so heißt es in Seiner bedeutsamen Erklärung im dritten Kapitel des Persischen Bayán, »der seinen Blick auf die Ordnung Bahá’u’lláhs lenkt und seinem Herrn dankt! Denn Er wird sicherlich offenbar werden. Gott hat es wahrlich unwiderruflich im Bayán verordnet.«
In den Schriften Bahá’u’lláhs, in denen die Institutionen des Internationalen Hauses und der Örtlichen Häuser der Gerechtigkeit ausdrücklich vorgesehen und formal festgelegt sind; in der Institution der Hände der Sache Gottes, die zuerst von Bahá’u’lláh, danach von ‘Abdu’l-Bahá ins Leben gerufen wurde; in der Institution der örtlichen und nationalen Räte, die bereits vor dem Hinscheiden ‘Abdu’l-Bahás noch in ihrer frühesten Entwicklungsphase tätig waren; in der Amtsgewalt, womit sie der Stifter unseres Glaubens und der Mittelpunkt Seines Bundes in Ihren Schriften auszustatten beliebten; in der Institution des örtlichen Fonds, der nach den von ‘Abdu’l-Bahá an bestimmte Räte in Persien gerichteten genauen Anweisungen verwaltet wurde; in den Versen des Kitáb-i-Aqdas, die in ihren Folgerungen deutlich die Institution des Hütertums vorwegnehmen; in der Erklärung, die ‘Abdu’l-Bahá in einem Seiner Sendschreiben für das von den Propheten der Vergangenheit hochgehaltene Erbprinzip und das Erstgeburtsrecht gab, sowie in dem Nachdruck, den Er darauf legte – in all dem können wir bereits den schwachen Schimmer und die ersten Andeutungen des Wesens und Wirkens der Administrativen Ordnung erkennen, die zu einem späteren Zeitpunkt durch den Letzten Willen ‘Abdu’l-Bahás verkündet und formal begründet werden sollte.
An dieser Stelle sollte meines Erachtens versucht werden, den Charakter und die Funktionen der beiden Säulen zu erklären, die diese mächtige Administrative Struktur tragen – die Institutionen des Hütertums und des Universalen Hauses der Gerechtigkeit. Die verschiedenen Elemente, die mit diesen Institutionen zusammenwirken, in ihrer Gesamtheit zu beschreiben, würde den Rahmen und den Zweck dieser allgemeinen Darlegung der grundlegenden Wahrheiten des Glaubens sprengen. Genau die Merkmale zu definieren und bis ins kleinste Detail die Art der Beziehung zu ergründen, die einerseits diese beiden grundlegenden Organe des Letzten Willens ‘Abdu’l-Bahás miteinander verbindet, andererseits ein jedes von ihnen mit dem Stifter des Glaubens und dem Mittelpunkt Seines Bundes verknüpft, ist eine Aufgabe, die künftige Generationen zweifellos angemessen erfüllen werden. Ich möchte einige hervorstechende Merkmale dieser Anordnung herausarbeiten, die, wie nah wir auch vor seinem gewaltigen Bauwerk stehen mögen, sich doch bereits so klar abzeichnen, dass es unverzeihlich wäre, sie fehlzudeuten oder sie zu ignorieren.
Es muss gleich zu Anfang klar und unmissverständlich gesagt werden, dass diese Zwillingsinstitutionen der Administrativen Ordnung Bahá’u’lláhs ihrem Ursprung nach als göttlich, ihren Aufgaben nach als unentbehrlich, ihrem Zweck nach als einander ergänzend anzusehen sind. Ihr gemeinsames, grundlegendes Ziel ist, die Kontinuität der göttlich verordneten Autorität, die der Quelle unseres Glaubens entspringt, sicherzustellen, die Einheit der Gläubigen zu schützen und die Unversehrtheit und Anpassungsfähigkeit der Lehren zu wahren. Gemeinsam verwalten diese beiden untrennbaren Institutionen die Angelegenheiten des Glaubens, koordinieren seine Aktivitäten, fördern seine Interessen, wenden seine Gesetze an und schützen seine untergeordneten Institutionen. Jede einzelne wirkt in einem klar abgegrenzten Rechtsbereich, jede ist mit eigenen Hilfsinstitutionen ausgestattet – Werkzeuge für die wirksame Wahrnehmung ihrer besonderen Aufgaben und Pflichten. Jede übt innerhalb der ihr gesetzten Grenzen ihre Macht und Autorität, ihre Rechte und Vorrechte aus. Diese stehen weder in Widerspruch zueinander, noch schmälern sie im Geringsten die Stellung, die jede dieser Institutionen einnimmt. Weit davon entfernt, unvereinbar zu sein oder sich gegenseitig zu schädigen, ergänzen sie einander in ihrer Amtsgewalt und ihren Aufgaben und sind in ihren Zielen dauerhaft und grundlegend vereinigt.
Getrennt von der Institution des Hütertums wäre die Weltordnung Bahá’u’lláhs entstellt und dauerhaft des Erbprinzips beraubt, das, wie ‘Abdu’l-Bahá schreibt, unabänderlich durch das Gesetz Gottes beibehalten worden ist. »In allen göttlichen Sendungen«, so erklärt Er in einem Sendschreiben an einen Anhänger des Glaubens in Persien, »ist dem ältesten Sohn eine besondere Auszeichnung zuteilgeworden. Sogar die Stufe des Prophetentums war sein Geburtsrecht.« Ohne eine solche Institution wäre die Unversehrtheit des Glaubens bedroht und die Festigkeit seines Gefüges ernsthaft gefährdet. Sein Ansehen würde leiden, das Mittel, das einen ungetrübten Ausblick über eine Reihe von Generationen ermöglicht, würde komplett fehlen und die notwendige Führung, um den Gesetzgebungsbereich seiner gewählten Vertreter genau zu bestimmen, wäre ihm gänzlich entzogen.
Getrennt von der nicht weniger wichtigen Institution des Universalen Hauses der Gerechtigkeit wäre dieses vom Willen ‘Abdu’l-Bahás verfügte System in seiner Wirksamkeit gehemmt und außerstande, die Lücken auszufüllen, die der Verfasser des Kitáb-i-Aqdas mit Bedacht im Gefüge Seiner Gesetzes- und Verwaltungsanordnungen gelassen hat.
»Er ist der Ausleger des Wortes Gottes«, bekräftigt ‘Abdu’l-Bahá bezogen auf die Aufgaben des Hüters des Glaubens und benutzt damit in Seinem letzten Willen genau denselben Ausdruck, den Er bei der Zurückweisung der Einwände der Bundesbrecher wählte, die Sein Recht zur Auslegung der Äußerungen Bahá’u’lláhs bestritten hatten. »Ihm wird«, fügt Er hinzu, »der Erstgeborene seiner direkten Nachkommen folgen.« »Die feste Burg«, erklärt er weiter, »bleibt sicher und uneinnehmbar durch den Gehorsam gegen ihn, den Hüter der Sache Gottes.« »Die Mitglieder des Universalen Hauses der Gerechtigkeit, alle Aghṣán, Afnán und Hände der Sache Gottes haben die Pflicht, dem Hüter der Sache Gottes Gehorsam, Ergebenheit und Unterordnung zu bezeigen.«
»Die Vertrauensleute des Hauses der Gerechtigkeit haben über jene Dinge zu beraten«, erklärt Bahá’u’lláh andererseits auf dem Achten Blatt des Erhabenen Paradieses, »die nicht ausdrücklich im Buche offenbart sind, und zu vollziehen, was sie für gut halten. Gott wird ihnen wahrlich eingeben, was Er will, und Er ist, wahrlich, der Versorger, der Allwissende.« »Dem Heiligsten Buche« [Kitáb-i-Aqdas], erklärt ‘Abdu’l-Bahá in Seinem Willen, »muss sich jeder zuwenden, und was darin nicht ausdrücklich verwahrt ist, ist dem Universalen Haus der Gerechtigkeit vorzulegen. Was diese Körperschaft einstimmig oder mit Stimmenmehrheit beschließt, ist die Wahrheit und Gottes eigener Wille. Wer davon abweicht, gehört fürwahr zu denen, die Zwietracht lieben, böse Absichten bekunden und sich vom Herrn des Bundes abwenden.«
‘Abdu’l-Bahá bestätigt in Seinem Willen nicht nur die oben erwähnte Erklärung Bahá’u’lláhs, sondern er belehnt diese Körperschaft auch mit dem weiteren Recht und der Vollmacht, sowohl die eigenen gesetzlichen Verfügungen als auch diejenigen eines vorangegangenen Hauses der Gerechtigkeit je nach den Zeiterfordernissen aufzuheben. »Da dieses Haus der Gerechtigkeit«, so heißt es ausdrücklich in Seinem Willen, »die Gewalt hat, Gesetze zu erlassen, die nicht ausdrücklich im Buche enthalten sind und sich auf täglich neue Angelegenheiten beziehen, hat es auch die Gewalt, solche Gesetze aufzuheben. Es kann dies tun, weil solche Gesetze nicht Teil des expliziten göttlichen Textes sind.«
Hinsichtlich beider, des Hüters und des Universalen Hauses der Gerechtigkeit, lesen wir folgende eindringlichen Worte: »Der heilige, jugendliche Ast, der Hüter der Sache Gottes, wie auch das Universale Haus der Gerechtigkeit, das universell zu wählen und einzusetzen ist, stehen beide unter der Fürsorge und dem Schutz der Schönheit Abhá, unter dem Schirm und der unfehlbaren Führung Seiner Heiligkeit des Erhabenen (des Báb) – möge mein Leben ein Opfer für sie beide sein. Was immer sie entscheiden, ist von Gott.«
Aus diesen Darlegungen wird unzweifelhaft klar und deutlich, dass der Hüter des Glaubens zum Ausleger des Wortes bestimmt wurde und dem Universalen Haus der Gerechtigkeit die Gesetzgebungsgewalt für die Angelegenheiten verliehen worden ist, die nicht ausdrücklich in den Lehren offenbart sind. Die Auslegung durch den Hüter ist innerhalb seines Bereiches ebenso autoritativ und bindend wie die Erlasse des Internationalen Hauses der Gerechtigkeit, dessen ausschließliches Recht und Vorrecht es ist, über solche Gesetze und Verordnungen, die Bahá’u’lláh nicht ausdrücklich offenbart hat, zu befinden und letztgültig zu entscheiden. Keine von beiden Institutionen kann oder wird jemals den heiligen und festgeschriebenen Verantwortungsbereich der anderen verletzen. Keine von ihnen wird versuchen, die besondere, unbestrittene Amtsgewalt zu schmälern, mit der beide von Gott ausgestattet wurden.
Obwohl der Hüter des Glaubens zum ständigen Oberhaupt einer so erhabenen Körperschaft gemacht worden ist, kann er doch nie, nicht einmal vorübergehend, das Recht ausschließlicher Gesetzgebung beanspruchen. Er kann die Mehrheitsentscheidung seiner Amtskollegen nicht aufheben, ist jedoch verpflichtet, bei jeder Gesetzesvorlage auf einer nochmaligen Behandlung durch sie zu bestehen, wenn sie nach seinem Gewissen dem Sinn der offenbarten Äußerungen Bahá’u’lláhs widerspricht und von deren Geiste abweicht. Er legt aus, was ausdrücklich offenbart worden ist, und kann nicht gesetzgeberisch tätig sein, es sei denn in seiner Eigenschaft als Mitglied des Universalen Hauses der Gerechtigkeit. Es ist ihm verwehrt, eigenständig die Verfassung zu erlassen, die die geordnete Tätigkeit seiner Amtskollegen bestimmen soll, oder seinen Einfluss in einer Weise geltend zu machen, die die Freiheit derjenigen beeinträchtigt, deren geheiligtes Recht es ist, die Körperschaft seiner Mitarbeiter zu wählen.
Man sollte nicht vergessen, dass ‘Abdu’l-Bahá lange vor Seinem eigenen Hinscheiden, in einem Sendschreiben an drei Seiner Freunde in Persien, die Institution des Hütertums bereits angedeutet hat. Auf ihre Frage, ob es eine Person gibt, an die sich alle Bahá’í nach Seinem Tod zu wenden hätten, gab Er folgende Antwort: »Was eure an mich gerichtete Frage anbelangt, so wisset fürwahr, dass die Antwort darauf ein wohl gehütetes Geheimnis ist. Es ist wie eine Perle verborgen in ihrer Muschel. Dass es offenbart wird, ist vorherbestimmt. Die Zeit wird kommen, da ihr Licht erscheint, ihre Beweise offengelegt und ihre Geheimnisse enträtselt werden.«
Geliebte Freunde! Wie erhaben die Stellung und wie wesentlich die Aufgabe der Institution des Hütertums in der Administrative Ordnung Bahá’u’lláhs auch ist und wie überwältigend das Gewicht der Verantwortung, die sie trägt, auch sein mag, so darf doch ihre Bedeutung, wie auch immer die Formulierung im Letzten Willen lauten mag, keinesfalls überbetont werden. Der Hüter des Glaubens darf ungeachtet seiner Verdienste oder seiner Leistungen unter keinen Umständen zu einem Rang erhoben werden, der ihn neben ‘Abdu’l-Bahá an der einzigartigen Stellung teilhaben lässt, die der Mittelpunkt des Bundes einnimmt – wie viel weniger zu der Stufe, die ausschließlich der Manifestation Gottes bestimmt ist. Eine so schwerwiegende Abweichung von den festgelegten Grundsätzen unseres Glaubens wäre nichts anderes als unverhohlene Gotteslästerung. Wie ich schon in meinen Ausführungen über die Stufe ‘Abdu’l-Bahás dargelegt habe, ist die Kluft zwischen Ihm und dem Urheber einer göttlichen Offenbarung, wie groß sie auch sein mag, niemals vergleichbar mit dem Abstand zwischen Ihm, dem Mittelpunkt des Bundes Bahá’u’lláhs, und den Hütern, die seine auserwählten Amtsträger sind. Es besteht ein weit, weit größerer Abstand zwischen dem Hüter und dem Mittelpunkt des Bundes, als zwischen dem Mittelpunkt des Bundes und seinem Urheber.
Kein Hüter des Glaubens – ich fühle die feierliche Pflicht zu dieser Feststellung – kann je beanspruchen, das vollkommene Beispiel der Lehren Bahá’u’lláhs oder der makellose Spiegel zu sein, der Sein Licht zurückstrahlt. Unter dem unfehlbaren und unerschütterlichen Schutz Bahá’u’lláhs und des Báb mag er zwar das Recht und die Pflicht zur Auslegung der Bahá’í-Lehren in hohem Maße mit ‘Abdu’l-Bahá teilen, doch bleibt er im Wesentlichen ein Mensch und kann sich, wenn er seinem Amt treu bleiben will, nicht unter irgendeinem Vorwand die Rechte und Privilegien anmaßen, die Bahá’u’lláh Seinem Sohn zu übertragen beliebte. Zum Hüter des Glaubens zu beten, ihn als Herr und Meister anzureden, als ›Seine Heiligkeit‹ zu bezeichnen, seinen Segen zu suchen, seinen Geburtstag zu feiern oder irgendein Ereignis, das mit seinem Leben verknüpft ist, festlich zu begehen, wäre im Lichte dieser Wahrheit gleichbedeutend mit einem Abweichen von den in unserem geliebten Glauben verankerten und festgesetzten Wahrheiten. Die Tatsache, dass der Hüter speziell mit der erforderlichen Fähigkeit ausgestattet ist, die Bedeutung und die Auswirkungen der Worte Bahá’u’lláhs und ‘Abdu’l-Bahás zu enthüllen, stellt ihn nicht notwendigerweise auf die gleiche Stufe mit Denen, Deren Worte auszulegen er berufen ist. Er kann dieses Recht ausüben, dieser Verpflichtung nachkommen und doch beiden im Rang unendlich unterlegen sein und sich in seinem Wesen von Ihnen unterscheiden.
Die Unverletzlichkeit dieses Hauptgrundsatzes unseres Glaubens muss durch die Worte und Taten seines gegenwärtigen Hüters wie auch der zukünftigen hinreichend bezeugt werden. Durch ihr Verhalten und ihr Beispiel müssen sie dessen Wahrheit auf ein unumstößliches Fundament stellen und den künftigen Generationen unanfechtbare Beweise für seine Wirklichkeit übermitteln.
Ein Zögern meinerseits, eine so wesentliche Wahrheit anzuerkennen, oder ein Zaudern, eine so feste Überzeugung zu bekunden, würde einen schamlosen Bruch des von ‘Abdu’l-Bahá in mich gesetzten Vertrauens darstellen und wäre eine unverzeihliche Anmaßung der Autorität, mit der Er Selbst ausgestattet wurde.
Nun noch ein Wort zu der theoretischen Grundlage, auf die sich diese Administrative Ordnung stützt, und zu dem Grundsatz, der für die Arbeitsweise ihrer Hauptinstitutionen gelten soll. Einen Vergleich anzustellen zwischen dieser einzigartigen, gottgegebenen Ordnung und irgendeinem der vielen Systeme, die Menschen zu verschiedenen Zeiten ihrer Geschichte für die staatliche Verwaltung menschlicher Institutionen ersonnen haben, wäre völlig irreführend. Ein solcher Versuch verriete an sich schon einen Mangel an voller Wertschätzung für die Vortrefflichkeit des Werkes ihres großen Urhebers. Wie könnte es auch anders sein, wenn wir bedenken, dass diese Ordnung das Muster jener göttlichen Zivilisation vorgibt, die durch das allmächtige Gesetz Bahá’u’lláhs auf Erden errichtet werden soll. Die verschiedenen, sich ständig ändernden politischen Systeme der Menschheit, ob in der Vergangenheit oder in der Gegenwart, ob sie ihren Ursprung im Osten oder im Westen haben, bieten kein geeignetes Kriterium, um das Ausmaß ihrer verborgenen Kräfte oder die Tragfähigkeit ihrer Grundlagen zu beurteilen.
Das Bahá’í-Weltgemeinwesen der Zukunft, das allein auf dieser weitreichenden Administrativen Ordnung beruht, ist nicht nur in Theorie und Praxis einzigartig in der gesamten Geschichte der politischen Institutionen, es gibt auch kein Gegenstück in den Annalen irgendeines der anerkannten Religionssysteme der Welt. Keine demokratische Regierungsform, kein autokratisches oder diktatorisches System, ob monarchisch oder republikanisch, keine rein aristokratische Zwischenlösung, nicht einmal eine der anerkannten Formen der Theokratie, sei es das hebräische Gemeinwesen, seien es die verschiedenen christlichen Kirchenorganisationen, das Imámat oder das Khalífat im Islám – nichts von alledem kann mit der von der Meisterhand ihres vollendeten Architekten gebildeten Administrativen Ordnung gleichgesetzt oder als mit ihr übereinstimmend bezeichnet werden.
Diese neugeborene Administrative Ordnung vereint in ihrer Struktur gewisse Elemente, die in jeder der drei anerkannten Formen weltlicher Herrschaft zu finden sind, ohne jedoch in irgendeiner Hinsicht eine bloße Nachbildung einer von ihnen zu sein und ohne in ihr System irgendwelche der fragwürdigen Merkmale einzuführen, die jene von Natur aus besitzen. Wie kein Herrschaftssystem, das von Menschenhand geschaffen wurde, vereint und harmonisiert sie die förderlichen Wahrheiten, die jedes dieser Systeme zweifellos enthält, ohne die Integrität der gottgegebenen Wahrheiten zu beeinträchtigen, auf die sie sich letztlich gründet.
Die Administrative Ordnung des Glaubens Bahá’u’lláhs darf keineswegs als rein demokratisch angesehen werden, da die Grundvoraussetzung, nach der alle Demokratien in ihren Mandaten prinzipiell vom Volk abhängen, in dieser Sendung völlig fehlt.

In der Regelung der Verwaltungsangelegenheiten des Glaubens und bei der Gesetzgebung, die zur Ergänzung der Gesetze des Kitáb-i-Aqdas notwendig ist, sind nach Bahá’u’lláhs klaren Worten die Mitglieder des Universalen Hauses der Gerechtigkeit wohlgemerkt nicht verantwortlich gegenüber jenen, die sie vertreten, noch dürfen sie sich von den Gefühlen, der allgemeinen Meinung oder gar der Überzeugung der Masse der Gläubigen oder derer, die sie direkt wählen, beherrschen lassen.

Sie müssen in einer Haltung des Gebets den Vorgaben und Eingebungen ihres Gewissens folgen.

Sie dürfen, ja sie müssen sich mit den Gegebenheiten in der Gemeinde vertraut machen, müssen leidenschaftslos die Sachlage in jedem Fall, der ihnen zur Beratung vorgelegt wird, abwägen, aber sie müssen sich das Recht der freien Entscheidung vorbehalten.

»Gott wird ihnen wahrlich eingeben, was immer Er will«, lautet Bahá’u’lláhs unumstößliche Zusicherung.

Sie, und nicht die Gesamtheit derer, die sie direkt oder indirekt gewählt haben, sind so zu Empfängern der göttlichen Führung geworden, die Herzblut und höchster Schutz dieser Offenbarung ist.

Er, der das Prinzip der Erbfolge in dieser Sendung symbolisiert, wurde darüber hinaus zum Ausleger der Worte ihres Urhebers bestimmt und aufgrund dieser ihm verliehenen Autorität hört er folglich auf, die Symbolfigur zu sein, die normalerweise mit den bestehenden Systemen konstitutioneller Monarchien in Verbindung gebracht wird.
Die Bahá’í-Administration kann auch keineswegs abgetan werden als ein festgefügtes, starres System uneingeschränkter Autokratie oder als belanglose Nachahmung irgendeiner Art von absolutistischer Kirchenherrschaft, sei es das Papsttum, das Imámat oder irgendeine ähnliche Einrichtung, und zwar aus dem offensichtlichen Grund, dass das Recht zur Gesetzgebung in Angelegenheiten, die nicht ausdrücklich in den Bahá’í-Schriften offenbart sind, ausschließlich den international gewählten Vertretern der Anhänger Bahá’u’lláhs übertragen ist. Weder der Hüter des Glaubens noch irgendeine andere Institution als das Internationale Haus der Gerechtigkeit kann jemals diese wichtige, wesentliche Macht an sich reißen oder dieses heilige Recht beanspruchen. Die Aufhebung des Berufspriestertums und der damit verbundenen Sakramente der Taufe, des Abendmahls und der Beichte, die Gesetze, die die Einsetzung aller örtlichen, nationalen und internationalen Häuser der Gerechtigkeit durch allgemeine Wahl erfordern, das vollkommene Fehlen bischöflicher Autorität mit den sie begleitenden Privilegien, Korrumpierungen und bürokratischen Tendenzen sind weitere Beweise für den nicht-autokratischen Charakter der Bahá’í-Administration und ihre Tendenz zu demokratischen Methoden in der Verwaltung ihrer Angelegenheiten.
Diese mit dem Namen Bahá’u’lláhs gekennzeichnete Ordnung sollte auch nicht mit irgendeiner rein aristokratischen Herrschaftsform verwechselt werden, da sie einerseits das Prinzip der Erbfolge wahrt und den Hüter des Glaubens mit der Pflicht zur Auslegung ihrer Lehren betraut, andererseits für die Körperschaft, die ihr höchstes gesetzgebendes Gremium bildet, die freie und direkte Wahl aus der Menge der Gläubigen vorsieht.
Auch wenn man von dieser Administrativen Ordnung nicht sagen kann, dass sie irgendeinem der anerkannten Herrschaftssysteme nachgebildet ist, verkörpert, versöhnt und vereint sie doch in sich die gesunden Bestandteile, die in jedem von ihnen zu finden sind. Die erblich übertragene Autorität, die auszuüben der Hüter berufen ist, die entscheidenden und wesentlichen Funktionen, die das Universale Haus der Gerechtigkeit erfüllt, die besonderen Bestimmungen, die seine demokratische Wahl durch die Vertreter der Gläubigen vorschreiben – all dies zusammen zeigt die Wahrheit, dass diese göttlich offenbarte Ordnung, die mit keiner der von Aristoteles in seinen Werken beschriebenen Regierungsformen vergleichbar ist, die geistigen Wahrheiten, auf denen sie beruht, mit den nützlichen Elementen, die in jeder dieser Herrschaftsformen zu finden sind, verkörpert und verschmelzt. Da die zugegebenermaßen jedem dieser Systeme innewohnenden Übel strikt und dauerhaft ausgeschlossen sind, kann diese einzigartige Ordnung, wie lange sie auch bestehen und wie weit sie sich auch verzweigen mag, doch niemals zu irgendeiner Form von Despotismus, Oligarchie oder Demagogie entarten, die früher oder später die Maschinerie aller menschengemachten und im Wesentlichen mangelhaften politischen Institutionen korrumpieren müssen.
Geliebte Freunde! So bedeutsam der Ursprung dieses mächtigen Verwaltungsbaues und so einzigartig seine Merkmale auch sind, so bemerkenswert erscheinen die Ereignisse, von denen man sagen kann, dass sie sein Entstehen angekündigt und den ersten Abschnitt seiner Entwicklung ausgezeichnet haben. Wie eindrucksvoll, wie erhebend ist der Kontrast zwischen dem Vorgang langsamer und stetiger Konsolidierung, der das Wachstum seiner jungen Kräfte kennzeichnet, und dem verheerenden Ansturm der Kräfte des Zerfalls, die die veralteten religiösen und weltlichen Institutionen der heutigen Gesellschaft bestürmen!
Die Lebenskraft, die die organischen Institutionen dieser großen, sich ständig ausbreitenden Ordnung in so hohem Maße zeigen; die Hindernisse, die bereits durch den großen Mut und die unbeirrte Entschlossenheit ihrer Administratoren überwunden sind; das Feuer einer unauslöschlichen Begeisterung, das mit nicht nachlassender Intensität in den Herzen ihrer Reiselehrer glüht; die Höhen der Selbstaufopferung, die ihre Vorkämpfer erklimmen; die Weite der Vision, die zuversichtliche Hoffnung, die schöpferische Freude, der innere Friede, die unbestechliche Integrität, die vorbildliche Disziplin, die unauflösliche Einheit und Solidarität, die ihre mutigen Verfechter an den Tag legen, der Grad, in dem ihr beweglicher Geist sich fähig erwiesen hat, die immer vielfältigeren Elemente in ihrem Umkreis zu integrieren, sie von jeglicher Art von Vorurteil zu reinigen und mit ihrer eigenen Struktur zu verschmelzen, dies sind Beweise einer Macht, die eine enttäuschte, bejammernswert erschütterte Gesellschaft kaum ignorieren kann.
Vergleichen Sie diese großartigen Ausdrucksformen des Geistes, die diesen lebendigen Körper des Glaubens Bahá’u’lláhs beseelen, mit den Schreien und Qualen, den Torheiten und Eitelkeiten, der Bitternis und den Vorurteilen, der Bosheit und den Spaltungen einer kranken und chaotischen Welt. Sehen Sie die Angst, die ihre Machthaber peinigt und die Handlungsfähigkeit ihrer blinden und verwirrten Staatsmänner lähmt. Wie heftig ist der Hass, wie falsch der Ehrgeiz, wie kleinlich die Bestrebungen, wie tief verwurzelt das Misstrauen der Völker! Wie beunruhigend ist die Gesetzlosigkeit, die Korruption, der Unglaube, die sich ins Lebensmark einer wankenden Zivilisation hineinfressen!
Könnte dieser Prozess des stetigen Verfalls, der schleichend so viele Bereiche des menschlichen Handelns und Denkens erfasst, nicht als eine notwendige Begleiterscheinung des Anhebens von Bahá’u’lláhs allmächtigem Arm angesehen werden? Könnten wir nicht in den folgenschweren Ereignissen, die im Laufe der letzten zwanzig Jahre jeden Kontinent der Erde so tief erschüttert haben, unheilvolle Zeichen sehen, die gleichermaßen die Qualen einer untergehenden Zivilisation und die Geburtswehen jener Weltordnung, jener Arche der menschlichen Erlösung, verkünden, die sich auf ihren Trümmern erheben muss?
Der verheerende Untergang mächtiger König- und Kaiserreiche auf dem europäischen Kontinent, auf den in einigen Fällen Bahá’u’lláhs Prophezeiungen hindeuten; der bereits eingetretene und noch andauernde Niedergang der Geschicke der shí‘itischen Geistlichkeit Seines Geburtslandes; der Sturz der Qájáren-Dynastie, des Erbfeindes Seines Glaubens; der Untergang des Sultanates und des Kalifates, der tragenden Säulen des sunnítischen Islám, zu dem die Zerstörung Jerusalems gegen Ende des ersten Jahrhunderts christlicher Zeit eine auffallende Parallele bietet; die Woge der Verweltlichung, die die geistlichen Institutionen des Islám in Ägypten überflutet und die Loyalität ihrer treuesten Anhänger untergräbt; die demütigenden Schläge, die einige der mächtigsten Kirchen des Christentums in Russland, Westeuropa und Mittelamerika getroffen haben; die Verbreitung jener umstürzlerischen Lehren, die die Grundlagen der scheinbar uneinnehmbaren Festungen im politischen und sozialen Bereich menschlicher Tätigkeiten untergraben und ihr Gebäude zum Einsturz bringen; die Anzeichen einer bevorstehenden, auffallend an den Untergang des Römischen Reiches im Abendland erinnernden Katastrophe, die das ganze Gefüge der heutigen Zivilisation hinwegzufegen droht, – dies alles zeugt von den Turbulenzen, die die Geburt dieses machtvollen Organs der Religion Bahá’u’lláhs in der Welt ausgelöst hat – Turbulenzen, die in dem Maße an Umfang und Intensität zunehmen werden, in dem die Auswirkungen dieser sich ständig weiterentwickelnden Ordnung besser verstanden werden und ihre Verzweigungen sich weiter über die Oberfläche des Erdballs erstrecken.
Noch ein Wort zum Schluss: Aufstieg und Aufbau dieser Administrativen Ordnung, der äußeren Hülle, die ein so kostbares Juwel schützt und bewahrt, kennzeichnen diese zweite, gestaltende Epoche des Bahá’í-Zeitalters. Sie wird, während sie immer weiter aus unserem Blickfeld rückt, als das Hauptinstrument angesehen werden, das befähigt ist, die letzte Phase, die Vollendung dieser herrlichen Sendung, einzuleiten.
Niemand sollte, solange dieses System noch in den Kinderschuhen steckt, sein Wesen verkennen, seine Bedeutung schmälern oder seinen Zweck missdeuten.

Das Fundament, auf dem diese Administrative Ordnung steht, ist Gottes unwandelbare Absicht für die Menschheit in dieser Zeit.

Der Quell, aus dem sie ihre Eingebung empfängt, ist kein Geringerer als Bahá’u’lláh selbst.

Die Heerscharen des Reiches Abhá stehen zu ihrem Schutz und ihrer Verteidigung bereit.

Ihr Saatgut ist das Blut von nicht weniger als zwanzigtausend Märtyrern, die ihr Leben opferten, damit sie entstehen und erblühen kann.

Die Achse, um die sich ihre Institutionen drehen, sind die authentischen Vorkehrungen des Willens und Testaments ‘Abdu’l-Bahás.

Ihre Leitsätze sind die Wahrheiten, die Er, der nicht irrende Ausleger der Lehren unseres Glaubens, so deutlich in Seinen öffentlichen Ansprachen im Abendland verkündet hat.

Die Gesetze, die ihre Tätigkeiten regeln und ihren Aufgabenbereich bestimmen, wurden ausdrücklich im Kitáb-i-Aqdas festgelegt.

Der Ort, an dem sich ihre geistigen, wohltätigen und administrativen Bemühungen konzentrieren werden, ist der Mashriqu’l-Adhkár und seine Nebeneinrichtungen.

Die Säulen, die ihre Amtsgewalt tragen und ihr Gefüge stützen, sind die Zwillingsinstitutionen des Hütertums und des Universalen Hauses der Gerechtigkeit.

Das zentrale, grundlegende Ziel, das sie beseelt, ist der Aufbau der Neuen Weltordnung, wie Bahá’u’lláh sie entworfen hat.

Die Methoden, die sie anwendet, der Standard, den sie anlegt, richtet sich weder zum Osten noch zum Westen, weder zu den Juden noch zu den Heiden, weder zu den Reichen noch zu den Armen, weder zu den Weißen noch zu den Farbigen.

Ihre Losung ist die Einheit der Menschheit, ihr Standard der ›Größte Friede‹, ihre Krönung der Anbruch des Goldenen Zeitalters – der Tag, da die Reiche dieser Welt zum Reiche Gottes geworden sind, zum Reich Bahá’u’lláhs.
Shoghi
Haifa, Palästina, 8. Februar 1934

Die Entfaltung der Weltkultur

An die Geliebten Gottes und die Dienerinnen des Barmherzigen überall im Westen
Freunde und Miterben der Gnade Bahá’u’lláhs!
Als Ihr Teilhaber am Aufbau der Neuen Weltordnung, die der Geist Bahá’u’lláhs erschaut und deren Wesenszüge die Feder ‘Abdu’l-Bahás, ihres vollendeten Baumeisters, gezeichnet hat, halte ich inne, um mit Ihnen die Szene zu betrachten, die sich nach Ablauf von fast fünfzehn Jahren seit ‘Abdu’l-Bahás Hinscheiden vor uns ausbreitet.
Ebenso deutlich wie fesselnd ist der Gegensatz zwischen den sich häufenden Beweisen stetiger Festigung, wie sie den Aufschwung der Gemeindeordnung des Gottesglaubens begleiten, und den Kräften der Zersetzung, die gegen das Gefüge einer in Geburtswehen liegenden Gesellschaft anprallen.

Innerhalb wie außerhalb der Bahá’í-Welt mehren, ja vervielfachen sich Tag für Tag die Zeichen und Merkmale, die in geheimnisvoller Weise die Geburt jener Weltordnung ankünden, deren Errichtung das Goldene Zeitalter der Sache Gottes auszeichnen muss.

Kein unparteiischer Betrachter kann sie länger übersehen.

Ein solcher lässt sich weder durch die schmerzhafte Trägheit täuschen, mit der sich die Kultur, die zu begründen die Anhänger Bahá’u’lláhs sich mühen, entfaltet, noch lässt er sich durch die kurzlebigen Äußerungen wiedergekehrten Wohlstandes verleiten, die zuweilen in der Lage scheinen, dem zerstörerischen Einfluss chronischer Übel auf die Institutionen eines niedergehenden Zeitalters Einhalt zu bieten.

Zu zahlreich, zu zwingend sind die Zeichen der Zeit, als dass sie ihm gestatteten, ihre Wesensart misszuverstehen oder ihre Bedeutung zu unterschätzen.

Wenn der Beobachter gerecht in seinem Urteil bleiben will, kann er in der Kette von Ereignissen, die einerseits vom unaufhaltsamen Vormarsch jener Institutionen künden, welche unmittelbar mit der Offenbarung Bahá’u’lláhs verknüpft sind, andererseits den Niedergang jener Mächte und Fürstlichkeiten anzeigen, die diese Offenbarung entweder nicht beachtet oder sich ihr entgegengestellt haben, Beweise für das Wirken des alldurchdringenden Willens Gottes, für die Gestaltung Seines vortrefflich geordneten, weltumspannenden Planes erkennen.
»Bald«, so verkünden es Bahá’u’lláhs eigene Worte, »wird die Ordnung des heutigen Tages aufgerollt und eine neue an ihrer Statt verbreitet werden. Wahrlich, dein Herr spricht die Wahrheit, und Er weiß um das Ungeschaute.«Q126 »Bei Meinem Selbst!«, erklärt Er feierlich, »der Tag naht, da Wir die Welt und alles, was darinnen ist, aufgerollt und eine neue Ordnung an ihrer Statt verbreitet haben werden. Er ist, wahrlich, mächtig über alle Dinge.«Q127 »Die Welt«, erläutert Er, »ist aus dem Gleichgewicht geraten durch die Schwungkraft dieser größten, dieser neuen Weltordnung. Das geregelte Leben der Menschheit ist aufgewühlt durch das Wirken dieses einzigartigen, dieses wundersamen Systems, desgleichen kein sterbliches Auge je gesehen hat.«Q128 »Die Zeichen drohender Erschütterungen und des Chaos«, so warnt Er die Völker der Welt, »sind jetzt deutlich zu sehen, zumal die herrschende Ordnung erbärmlich mangelhaft erscheint.«Q129
Innig geliebte Freunde! Diese neue Weltordnung, deren Verheißung in der Offenbarung Bahá’u’lláhs verankert ist, deren Hauptgrundsätze in den Schriften des Mittelpunktes Seines Bundes aufgestellt sind, bringt nicht weniger als die völlige Einigung des ganzen Menschengeschlechts mit sich. Diese Einigung muss sich nach solchen Grundsätzen richten, wie sie unmittelbar mit dem Geist übereinstimmen, der jene Institutionen beseelt, welche die Grundstruktur der Gemeindeordnung Seines Glaubens bilden, ebenso mit den Gesetzen, welche die Tätigkeit dieser Institutionen steuern.
Kein Apparat, der hinter dem Maßstab der Bahá’í-Offenbarung zurückbleibt und dem erhabenen Modell der Lehren Bahá’u’lláhs widerspricht, sei er durch die vereinten Bemühungen der Menschheit auch noch so gut ausgeklügelt, kann je hoffen, irgend etwas über jenen »Geringeren Frieden« hinaus zu vollbringen, auf den der Begründer unseres Glaubens in Seinen Schriften selbst angespielt hat. »Jetzt, da ihr den Größten Frieden abgelehnt habt«, schrieb Er zur Ermahnung der Könige und Herrscher der Erde, »haltet euch an diesen, den Geringeren Frieden, damit ihr eure eigene Lage und die eurer Untertanen einigermaßen bessern möget.«Q130 Im selben Sendschreiben spricht Er eingehender über diesen Geringeren Frieden und wendet sich wie folgt an die Herrscher der Erde: »Versöhnt euch, so dass ihr nicht mehr Kriegsrüstungen brauchet, als in dem Maße, um eure Länder und Herrschaften zu schützen … Seid vereinigt, o Könige der Erde, denn dadurch wird der Sturm der Zwietracht unter euch gestillt, und eure Völker werden Ruhe finden – so ihr zu denen gehöret, die verständig sind. Sollte einer von euch die Waffen gegen einen anderen ergreifen, so erhebt euch alle gegen ihn; denn dies ist nichts als offenbare Gerechtigkeit.«Q131
Der Größte Friede andererseits, wie ihn Bahá’u’lláh versteht – ein Friede, der sich unausweichlich als praktische Folge aus der Vergeistigung der Welt und der Verschmelzung aller ihrer Rassen, Bekenntnisse, Klassen und Nationen ergibt –, kann auf keine andere Grundlage gestellt und durch keine andere Wirkkraft bewahrt werden als die gottgegebenen Satzungen, die in der mit Seinem heiligen Namen verbundenen Weltordnung inbegriffen sind.

In Seinem vor fast siebzig Jahren der Königin Victoria offenbarten Sendschreiben erklärt Bahá’u’lláh, auf diesen Größten Frieden anspielend:

»Was der Herr als höchstes Mittel und mächtigstes Werkzeug für die Heilung der ganzen Welt verordnet hat, ist die Vereinigung aller ihrer Völker in einer allumfassenden Sache, einem gemeinsamen Glauben.

Dies kann auf keine andere Weise erreicht werden als durch die Macht eines befähigten, allgewaltigen und erleuchteten Arztes.

Wahrlich, dies ist die Wahrheit, und alles andere ist nichts als Irrtum … Denke nach über diese Tage, in denen die Altehrwürdige Schönheit, Er, welcher der Größte Name ist, herniedergesandt ward, die Menschheit wiederzubeleben und zu vereinen.

Sieh, wie sie sich mit gezückten Schwertern gegen Ihn erhoben und begingen, was den Geist des Glaubens zittern ließ.

Und wann immer Wir ihnen sagten: ›Sehet, der Welterneuerer ist gekommen‹, erwiderten sie: ›Er ist wahrlich der Unheilstifter einer.‹«Q132 »Es geziemt allen Menschen an diesem Tag«, versichert Er in einem anderen Sendschreiben, »sich fest an den Größten Namen zu halten und die Einheit der ganzen Menschheit aufzurichten.

Es gibt keine Stätte, wohin einer fliehen kann, keine Zuflucht, die jemand suchen kann außer Ihm.«Q133

Die Menschheit wird mündig

Die Offenbarung Bahá’u’lláhs, deren höchstes Ziel es ist, diese organische, geistige Einheit aller Nationen in ihrer Gesamtheit zu vollenden, muss, wenn wir zu ihren selbstverständlichen Folgerungen stehen, als Signal für den Eintritt des gesamten Menschengeschlechts in den Zustand der Mündigkeit betrachtet werden. Sie darf nicht nur als eine weitere geistige Erneuerung in den allzeit wechselnden Geschicken der Menschheit angesehen werden, nicht nur als ein weiteres Glied in einer Kette fortschreitender Offenbarungen, selbst nicht nur als der Gipfelpunkt in einer Stufenfolge wiederholter prophetischer Zyklen. Vielmehr bezeichnet die Offenbarung Bahá’u’lláhs die letzte, höchste Stufe in der atemberaubenden Entwicklung des menschlichen Gesellschaftslebens auf diesem Planeten. Das Hervortreten einer Weltgemeinschaft, das Bewusstsein des Weltbürgertums, die Begründung einer Weltzivilisation und Weltkultur – Strukturen, die allesamt mit den Anfangsstadien in der Entfaltung des Goldenen Zeitalters der Bahá’í-Ära zusammenfallen müssen – sollten ihrer wahren Natur nach, was dieses planetarische Leben anbelangt, als die äußersten Grenzen für die Organisation der menschlichen Gesellschaft angesehen werden, wenngleich der Mensch als Einzelwesen im Ergebnis dieser Vollendung unbegrenzt weiter fortschreiten, sich weiter entwickeln wird und muss.
Die geheimnisvolle, allesdurchdringende und doch letztlich unbestimmbare Wandlung, die wir im Leben des Einzelwesens und in der Entwicklung der Frucht als Reifezustand bezeichnen, muss, wenn wir Bahá’u’lláhs Äußerungen richtig begreifen, in der organisatorischen Entwicklung der menschlichen Gesellschaft ihr Gegenstück haben. Früher oder später muss ein ähnlicher Reifezustand im Gemeinschaftsleben der Menschheit eintreten, ein noch eindrucksvolleres Erscheinungsbild in den weltweiten Verhältnissen hervorbringen und das ganze Menschengeschlecht mit solchen Möglichkeiten der Wohlfahrt ausstatten, wie sie während der nachfolgenden Zeitalter den für die letztliche Erfüllung ihrer hohen Bestimmung notwendigen Antrieb bilden. Ein solcher Reifezustand im Ablauf menschlicher Regierungsgeschäfte muss, wenn wir den herausfordernden Anspruch Bahá’u’lláhs richtig erkennen, für alle Zeiten mit der Offenbarung, deren Träger Er war, gleichgesetzt werden.
An einer besonders charakteristischen Stelle Seines Offenbarungswerkes bezeugt Er in unmissverständlicher Sprache die Wahrheit dieses hervorstechenden Grundzuges im Bahá’í-Glauben: »Es ist von Uns verordnet worden, dass das Wort Gottes und alle seine Möglichkeiten in genauer Übereinstimmung mit solchen Verhältnissen offenbart werden sollen, wie sie von Ihm, dem Allwissenden, dem Allweisen, vorherbestimmt worden sind … Würde es zugelassen, dass das Wort plötzlich alle ihm innewohnenden Kräfte entfesselt, könnte kein Mensch die Wucht einer so mächtigen Offenbarung ertragen … Erwäge, was Muḥammad, dem Gesandten Gottes, herabgesandt worden ist. Das Maß der Offenbarung, deren Träger Er war, ist zuvor von Ihm, dem Allmächtigen, dem Allmachtvollen, deutlich bestimmt worden. Jene, die Ihn hörten, konnten jedoch Seine Absicht nur bis zu dem Grade ihrer Stufe und geistigen Aufnahmefähigkeit begreifen. So entschleierte Er das Antlitz der Weisheit nach Maßgabe ihrer Fähigkeit, die Last Seiner Botschaft zu tragen. Kaum aber hatte die Menschheit die Stufe der Reife erreicht, da enthüllte das Wort vor den Augen der Menschen die verborgenen Energien, mit denen es ausgestattet ist – Energien, die sich in der Fülle ihrer Herrlichkeit offenbarten, als im Jahre sechzigA47 die Altehrwürdige Schönheit in der Person ‘Alí-Muḥammads, des Báb, erschien.«Q134
‘Abdu’l-Bahá erläutert diese Grundwahrheit und schreibt: »Alles Erschaffene hat seinen Grad oder seine Stufe der Reife. Der Reifezustand im Leben eines Baumes ist die Zeit, da er Früchte trägt … Das Tier erreicht eine Stufe des vollen Wachstums und der Vollständigkeit, und im Menschenreich gelangt der Mensch zur Reife, wenn das Licht seines Verstandes die höchste Macht und Entwicklung erreicht … Ähnlich gibt es Abschnitte und Stufen im Gesellschaftsleben der Menschheit. Einmal durchwanderte sie ihre Kindheit, späterhin ihre Jugendzeit, aber jetzt ist sie in ihre lange verheißene Reifezeit eingetreten, deren Beweise überall offenkundig sind … Was den menschlichen Bedürfnissen in der Frühgeschichte unseres Geschlechts angemessen war, ist weder passend noch genügend für die Erfordernisse des heutigen Tages, dieser Zeit des Neuen und der Vollendung. Die Menschheit hat sich aus ihrem früheren Zustand der Begrenztheit und der Vorerziehung erhoben. Jetzt muss der Mensch mit neuen Tugenden und Kräften, mit neuen sittlichen Maßstäben, mit neuen Fähigkeiten erfüllt werden. Neue Wohltaten, vollkommene Gaben, warten auf ihn und senken sich schon auf ihn herab. Die Gaben und Segnungen der Jugendzeit, wenngleich sie während des Heranwachsens der Menschheit passten und genügten, sind nunmehr außerstande, den Erfordernissen ihrer Reifezeit zu entsprechen.«Q135

Der Vorgang der Einswerdung

Eine derart einmalige, bedeutsame Krise im Leben der organisierten Menschheit kann überdies mit dem Höhepunkt in der politischen Entwicklung der großen amerikanischen Republik verglichen werden – einem Stadium, das durch die Bildung einer vereinten Gemeinschaft verbundener Staaten gekennzeichnet war.

Ein neues Nationalbewusstsein regte sich, ein neuer Kulturtypus war geboren, unendlich reicher und edler als irgendeiner, den die völkischen Bestandteile dieser neuen Nation, jeder für sich, hätten zu erreichen hoffen können.

Auf solche Weise, kann man sagen, ist die Mündigkeit des amerikanischen Volkes verkündet worden.

Innerhalb der gebietsmäßigen Grenzen dieser Nation ist jene Vollendung als der Höhepunkt in der Entwicklung menschlicher Regierung zu betrachten.

Die mannigfachen, nur lose verbundenen Teile einer getrennten Gemeinschaft wurden zusammengebracht, vereint und zu einem ganzheitlichen System verschmolzen.

Auch wenn diese Ganzheit weiter wachsende innere Anziehungskraft gewinnen kann, auch wenn die vollzogene Einheit weiter gefestigt werden mag, auch wenn die Kultur, die nur aus dieser Einheit geboren werden konnte, sich ausbreiten und blühen mag, lässt sich doch sagen, dass der für diese Entfaltung lebenswichtige Apparat damals aufgebaut und der für ihre Steuerung und Erhaltung notwendige Anstoß damals vermittelt worden ist.

Über diese Vollendung der nationalen Einheit hinaus ist in den geographischen Grenzen jener Nation keine weitere Entwicklungsstufe vorstellbar, wenngleich die höchste Bestimmung ihres Volkes als Bestandteil einer noch größeren, die ganze Menschheit umfassenden Ganzheit noch unerfüllt bleibt.

Betrachtet man jene Nation als gesonderte Einheit, dann lässt sich sagen, dass dieser Vorgang der Einswerdung seine höchste, endgültige Vollendung erreicht hat.
Das ist auch die Stufe, der sich eine in der Entwicklung befindliche Menschheit gemeinsam nähert. Die Offenbarung, die der Allmächtige Gebieter Bahá’u’lláh anvertraut hat, ist nach dem festen Glauben Seiner Anhänger mit Möglichkeiten ausgestattet, wie sie der Reife des Menschengeschlechts, der krönenden, folgenschwersten Etappe zwischen seiner Kindheit und seiner Mannhaftigkeit, angemessen sind.
Die aufeinanderfolgenden Begründer aller vergangenen Religionen, die seit unvordenklichen Zeiten mit wachsender Stärke den Glanz einer gemeinsamen Offenbarung auf die verschiedenen Stufen des Fortschritts der Menschheit zu ihrer Reife hin ergossen haben, mögen daher in gewissem Sinn als vorläufige Manifestationen Gottes, als Vorboten und Wegbereiter für das Kommen jenes Tages der Tage betrachtet werden, da die ganze Erde Frucht tragen und der Baum der Menschheit seine vorbestimmte Ernte bringen wird.
So unbestreitbar diese Wahrheit ist, darf ihr herausfordernder Charakter doch nie die Absicht verdunkeln oder den Grundsatz verdrehen, der allen Äußerungen Bahá’u’lláhs zugrunde liegt, Äußerungen, die für alle Zeiten die völlige Einheit aller Propheten Gottes, Ihn selbst einbegriffen, in der Vergangenheit wie in der Zukunft, begründen.

Obwohl die Sendung der Bahá’u’lláh vorangegangenen Propheten in dem erwähnten Lichte gesehen werden kann, obwohl das jedem von ihnen anvertraute Maß göttlicher Offenbarung im Ergebnis dieses Entwicklungsprozesses notwendig unterschiedlich ist, dürfen ihr gemeinsamer Ursprung, ihre Wesenseinheit, ihre gleiche Absicht zu keiner Zeit und unter keinen Umständen missverstanden oder geleugnet werden.

Dass alle Gottgesandten so zu sehen sind, dass sie »im gleichen Heiligtum wohnen, im gleichen Himmel schweben, auf dem gleichen Throne sitzen, die gleiche Rede führen und den gleichen Glauben verkünden«Q136, muss die unabänderliche Grundlage, der Hauptlehrsatz des Bahá’í-Glaubens bleiben, wie sehr wir auch das Maß göttlicher Offenbarung preisen, das der Menschheit auf dieser krönenden Stufe ihrer Entwicklung gewährt worden ist.

Unterschiede in dem Strahlenglanz, den jede dieser Manifestationen des göttlichen Lichtes über die Welt ergossen hat, sollten nicht einer innewohnenden Überlegenheit zugeschrieben werden, mit der die eine oder andere von ihnen wesenhaft ausgestattet worden wäre, sondern vielmehr der fortschreitenden Fassungskraft, der stetig wachsenden geistigen Empfänglichkeit, die das Menschengeschlecht auf seinem Fortschritt zur Reife unabänderlich an den Tag gelegt hat.

Die letzte Vollendung

Nur wer willens ist, die Offenbarung Bahá’u’lláhs mit der Vollendung einer so gewaltigen Entwicklung im Gemeinschaftsleben des ganzen Menschengeschlechts in Verbindung zu bringen, kann die Bedeutung jener Worte begreifen, die Er als passend für eine Anspielung auf die Herrlichkeit dieses verheißenen Tages und auf die Dauer des Bahá’í-Zeitalters erachtet hat.

»Dies ist der König der Tage«, ruft Er aus, »der Tag, welcher den Heißgeliebten hat kommen sehen, Ihn, nach dem die Sehnsucht der Welt seit aller Ewigkeit gegangen.« »Die Heiligen Schriften früherer Sendungen«, versichert Er weiter, »feiern das große Jubelfest, das diesen größten Tag Gottes begrüßen muss.

Wohl steht es um den, der diesen Tag erlebt und schaut und seine Stufe erkennt.« »Es ist klar«, erläutert Er an anderer Stelle, »dass jedes Zeitalter, in dem eine Manifestation Gottes gelebt hat, göttlich verordnet ist und in gewissem Sinn als Gottes festgesetzter Tag bezeichnet werden kann.

Dieser Tag jedoch ist einzigartig und muss von den vorausgegangenen unterschieden werden.

Die Bezeichnung ›Siegel der Propheten‹Q137 enthüllt seine hohe Stufe völlig.

Der prophetische Zyklus ist wahrlich beendet.

Er, der die Ewige Wahrheit ist, ist jetzt gekommen.

Er hat das Banner der Macht gehisst und ergießt nunmehr auf die Welt den unumwölkten Glanz Seiner Offenbarung.«Q138 »In dieser mächtigsten Offenbarung«, erklärt Er in kategorischer Sprache, »haben alle Sendungen der Vergangenheit ihre höchste, ihre letzte Vollendung erlangt.

Was in dieser überragenden, dieser erhabensten Offenbarung kundgemacht worden ist, steht ohne Beispiel in den Annalen der Vergangenheit da, noch werden künftige Zeitalter Gleichartiges schauen.«
‘Abdu’l-Bahás verbürgte Erklärungen sollten gleichfalls ins Gedächtnis gerufen werden, da sie nicht weniger nachdrücklich die beispiellose Unermesslichkeit der Sendung Bahá’u’lláhs bestätigen. »Jahrhunderte«, bekräftigt Er in einem Seiner Sendschreiben, »nein, ungezählte Zeitalter müssen vergehen, ehe das Tagesgestirn der Wahrheit wieder in seiner hochsommerlichen Pracht erstrahlt oder aufs neue im Glanze frühlingsfrischer Herrlichkeit scheint … Allein die innere Schau der Sendung, die von der Gesegneten Schönheit eingeleitet wurde, konnte genügen, die Heiligen vergangener Zeitalter zu verzücken – Heilige, die sich danach sehnten, auch nur für einen Augenblick an seiner großen Herrlichkeit teilzuhaben.« »Was jene Manifestationen angeht, die zukünftig ›in den Schatten der Wolken‹Q139 herniederkommen werden«, bestätigt Er in noch deutlicherer Sprache, »so wisse wahrlich, dass sie in ihrer Beziehung zur Quelle ihrer Eingebung unter dem Schatten der Altehrwürdigen Schönheit stehen. Jedoch in ihrer Beziehung zu dem Zeitalter, in dem sie erscheinen, tut jeder von ihnen, ›was immer Er will.‹Q140«Q »Diese heilige Sendung«, erläutert Er mit Blick auf die Offenbarung Bahá’u’lláhs, »ist vom Lichte der Sonne der Wahrheit erleuchtet, wie sie von ihrer erhabensten Stufe, in der Fülle ihres Glanzes, ihrer Glut und ihrer Herrlichkeit strahlt.«Q141

Todesqualen und Geburtswehen

Innig geliebte Freunde! Obgleich die Offenbarung Bahá’u’lláhs geschehen ist, ist doch die Weltordnung, die eine solche Offenbarung zeugen muss, noch ungeboren. Obgleich das heroische Zeitalter Seines Glaubens vergangen ist, sind die schöpferischen Kräfte, die jenes Zeitalter entfesselt hat, noch nicht in derjenigen Weltgesellschaft auskristallisiert, die in der Fülle der Zeit den Glanz Seiner Herrlichkeit widerspiegeln soll. Obgleich das Rahmenwerk Seiner Gemeindeordnung errichtet ist, obgleich der gestaltgebende Abschnitt des Bahá’í-Zeitalters begonnen hat, ist doch das verheißene Reich Gottes, zu dem die Saat Seiner Institutionen heranreift, noch nicht ausgerufen. Obgleich Er Seine Stimme erhoben hat, obgleich die Zeichen Seines Glaubens in nicht weniger als vierzig Ländern des Ostens wie des Westens aufgerichtet worden sind, ist doch die Ganzheit des Menschengeschlechts noch nicht anerkannt, seine Einheit noch nicht verkündet, das Banner des Größten Friedens noch nicht gehisst.
»Die Höhen«, bezeugt Bahá’u’lláh selbst, »die durch Gottes huldvollste Gnade der sterbliche Mensch an diesem Tag erreichen kann, sind seinem Blick bis jetzt verborgen. Noch nie hat die Welt des Seins die Fassungskraft für eine solche Offenbarung besessen und besitzt sie auch heute nicht. Der Tag naht jedoch heran, da die Möglichkeiten einer so großen Gunst kraft Seines Geheißes den Menschen offenbart werden.«Q142
Für die Offenbarung einer so großen Gunst scheint eine Übergangszeit schlimmer Unruhen und weitverbreiteter Leiden unausweichlich. So glänzend das Zeitalter war, das den Beginn der Bahá’u’lláh anvertrauten Sendung miterlebte, wird doch in wachsendem Maße offenkundig, dass die Zeitspanne, die zu verstreichen hat, ehe jenes Zeitalter seine köstlichste Frucht trägt, von sittlicher und gesellschaftspolitischer Finsternis überschattet sein muss, weil nur so eine unbußfertige Menschheit auf das reiche Erbe vorbereitet wird, das sie antreten soll.
In eine solche Übergangszeit gleiten wir jetzt stetig und unwiderstehlich hinein.

Inmitten der Schatten, die sich immer dichter um uns scharen, können wir am Horizont der Weltgeschichte schwach den ersten Schimmer von Bahá’u’lláhs überirdischer Herrschaft erkennen.

Uns fällt als »Generation des Zwielichts«, deren Lebenstage als die Brutzeit des von Bahá’u’lláh vorhergeschauten Weltgemeinwesens bezeichnet werden können, eine Aufgabe zu, deren hohes Vorrecht wir niemals hinreichend würdigen können und deren Mühsal wir bis jetzt erst in Umrissen wahrnehmen.

Berufen, das Wirken dunkler Mächte, welche eine Flut lähmender Heimsuchungen auszulösen bestimmt sind, am eigenen Leibe zu erfahren, können wir wohl glauben, dass die finsterste Stunde, die dem Anbruch des Goldenen Zeitalters unseres Glaubens vorangehen muss, noch nicht geschlagen hat.

So undurchdringlich das Düster ist, das die Welt bereits umgibt, ist doch das Gottesgericht, das diese Welt erwartet, erst in Vorbereitung, und keiner kann sich bereits vorstellen, wie finster es werden wird.

Wir stehen an der Schwelle eines Zeitalters, dessen Zuckungen zugleich die Todesqualen der alten Ordnung und die Geburtswehen der neuen künden.

Durch den zeugenden Einfluss des von Bahá’u’lláh gestifteten Glaubens ist, so kann man sagen, diese neue Weltordnung empfangen worden.

Wir können gegenwärtig ihre Bewegungen im Mutterleib eines kreißenden Zeitalters wahrnehmen – eines Zeitalters, das auf die festgesetzte Stunde wartet, in der es seine Last abwerfen und seine schönste Frucht erbringen kann.
»Die ganze Erde«, schreibt Bahá’u’lláh, »ist jetzt in einem Zustand der Trächtigkeit. Der Tag naht heran, da sie ihre edelsten Früchte zeitigt, da ihr die stattlichsten Bäume, die köstlichsten Blüten, die himmlischsten Segnungen entsprießen. Unermesslich erhaben ist der Hauch, der dem Gewande deines Herrn, des Gepriesenen, entströmt! Denn siehe, sein Duft ist verbreitet und macht alle Dinge neu. Wohl dem, der begreift.«»Die brausenden Winde der göttlichen Gnade«, verkündet Er in der Súratu’l-Haykal, »sind über alle Dinge gekommen. Jedes Geschöpf ist mit all den Möglichkeiten, die es tragen kann, ausgestattet worden. Und doch haben die Völker der Welt diese Gnade abgelehnt! Jeder Baum ist mit den erlesensten Früchten begabt, jedes Meer mit den leuchtendsten Edelsteinen bereichert worden. Der Mensch selbst wurde mit den Gaben des Verständnisses und der Erkenntnis belehnt. Die ganze Schöpfung ist zur Empfängerin geworden für die Offenbarung des Allbarmherzigen, und die Erde zur Schatzkammer für solche Dinge, die unerforschlich sind für alle außer Gott, der Wahrheit, dem Wissenden um das Ungeschaute. Die Zeit naht, da alles Erschaffene seine Last abwirft. Verherrlicht sei Gott, der Verleiher dieser Gnade, die alles umfasst, das Sichtbare wie das Unsichtbare!«Q143
»Als der Ruf Gottes erhoben ward«, so hat ‘Abdu’l-Bahá geschrieben, »hauchte er dem Körper der Menschheit neues Leben ein und goss einen neuen Geist in die ganze Schöpfung. Aus diesem Grunde ist die Welt bis in ihre Tiefen bewegt, Herz und Gewissen der Menschen sind erfrischt. Binnen kurzem werden die Zeichen dieser Wiedergeburt offenbar, die tief Schlafenden werden erweckt.«Q144

Umfassende Gärung

Wenn wir die Welt um uns betrachten, können wir nicht umhin, die mannigfachen Beweise der umfassenden Gärung wahrzunehmen, welche die Menschheit in jedem Teil des Erdballs und auf jedem Gebiet des menschlichen Lebens im Vorgefühl des Tages, an dem die Ganzheit des Menschengeschlechts anerkannt und ihre Einheit begründet sein wird, läutert und neu gestaltet.

Ein zweifacher Vorgang lässt sich hier jedoch unterscheiden, wobei jeder dieser beiden Prozesse auf seine eigene Weise und mit wachsender Schwungkraft darauf angelegt ist, jene Mächte, die das Antlitz unseres Planeten umgestalten, zum Höhepunkt zu führen.

Der erste Vorgang ist dem Wesen nach ein Integrationsprozess, während der zweite von Grund auf zersetzend ist.

Im Zuge seiner stetigen Entwicklung entfaltet der erste Prozess ein System, das recht wohl als Modell jenes Weltgemeinwesens dienen kann, zu dem eine seltsam in Unordnung geratene Welt beständig fortschreitet.

Demgegenüber führt der zweite Prozess in dem Maße, wie sein zersetzender Einfluss sich vertieft, zu einem immer gewaltsameren Niederreißen der veralteten Schranken, die den Fortschritt der Menschheit zu ihrem vorbestimmten Ziel zu hemmen drohen.

Der aufbauende Prozess ist verknüpft mit dem jugendlichen Glauben Bahá’u’lláhs; er ist der Vorbote der neuen Weltordnung, die dieser Glaube bald errichten muss.

Die zerstörerischen Mächte, die den anderen Vorgang kennzeichnen, sollten mit einer Zivilisation gleichgesetzt werden, die ihre Antwort auf die Erwartung eines neuen Zeitalters verweigert hat und demzufolge in Chaos und Niedergang verfällt.
Ein titanischer, ein geistiger Kampf, noch nie dagewesen in solchen Ausmaßen und doch unaussprechlich herrlich in seinen letzten Folgen, wird im Ergebnis dieser gegensätzlichen Bestrebungen während der heutigen Übergangszeit, die von der organisierten Gemeinschaft der Anhänger Bahá’u’lláhs und von der Menschheit als Ganzem durchschritten werden muss, geführt.
Der in den Institutionen eines aufsteigenden Glaubens verkörperte Geist stieß auf seinem Vormarsch zur Erlösung der Welt auf Mächte, die ihn bekriegen und größtenteils seine genaue Verneinung sind. Der Fortbestand dieser Mächte muss ihn unausweichlich hindern, sein Ziel zu erreichen. Sinnentleerte, abgetragene Institutionen, veraltende Lehren und Bekenntnisse, abgenutzte, unglaubwürdig gewordene Überlieferungen, wie jene Mächte sie vertreten, sind in gewissen Fällen – und das muss bemerkt werden – infolge ihrer Altersschwäche, ihres Verlusts an innerem Zusammenhalt und der ihnen eigentümlichen Verdorbenheit völlig untergraben. Einzelne dieser Mächte sind von den anstürmenden Gewalten, die der Bahá’í-Glaube zur Stunde seiner Geburt auf so geheimnisvolle Weise entfesselt hat, hinweggefegt worden. Andere sind als unmittelbare Folge eines vergeblichen, schwächlichen Widerstands gegen den Aufstieg dieses Glaubens während der frühen Abschnitte seiner Entwicklung ausgestorben und völlig in Misskredit geraten. Wieder andere hatten aus Furcht vor dem durchdringenden Einfluss der Institutionen, in denen sich eben jener Geist späterhin verkörpern sollte, alle Kräfte gesammelt und ihren Angriff vorangetragen, nur um nach kurzem, trügerischem Erfolg eine schimpfliche Niederlage zu erleiden.

Unsere Zeit des Übergangs

Es ist nicht meine Absicht, die nachfolgenden geistigen Kämpfe in Erinnerung zu rufen oder gar im Einzelnen genau zu untersuchen, noch will ich die Siege aufzählen, die dem Glauben Bahá’u’lláhs seit dem Tage seiner Begründung zum Ruhm gereichten. Die Hauptsache sind mir nicht jene Geschehnisse, die das erste, das apostolische Zeitalter der Bahá’í-Sendung ausgezeichnet haben, sondern viel eher die herausragenden Ereignisse und Strömungen, die den gestaltgebenden Abschnitt ihrer Entwicklung, unsere Zeit des Übergangs, kennzeichnen – eine Zeit, deren Trübsale Vorboten sind für jene Ära der Wonne und der Glückseligkeit, die Gottes letztes Ziel für die ganze Menschheit verkörpert.
Auf den katastrophalen Zusammenbruch mächtiger Königtümer und Kaiserreiche am Vorabend des Hinscheidens ‘Abdu’l-Bahás, dessen Heimgang als Beginn der Eröffnungsphase unserer Zeit des Übergangs angesprochen werden kann, habe ich in einer früheren Mitteilung kurz angespielt. Die Auflösung des deutschen Kaiserreiches, die demütigende Niederlage, die seinem Herrscher zugefügt wurde, dem Nachfolger und geradlinigen Abkommen jenes preußischen Königs und Kaisers, an den Bahá’u’lláh Seine feierliche, historische Warnung gerichtet hatte, wie auch die Auslöschung der österreichisch-ungarischen Monarchie, Überbleibsel des vormals großen Heiligen Römischen Reiches, wurden beide durch einen Krieg beschleunigt, dessen Ausbruch den Beginn eines Zeitalters der Frustration kennzeichnet, das seinerseits der Errichtung der Weltordnung Bahá’u’lláhs voranzugehen bestimmt ist. Beide bedeutsamen Ereignisse können als die ersten Vorfälle dieses wirren Zeitalters betrachtet werden, und heute treten wir in die Randzonen seines Kernschattens langsam ein.
An den Besieger Napoleons III. richtete der Begründer unseres Glaubens unmittelbar nach des Königs Sieg in Seinem Heiligsten Buche diese klare, bedeutungsschwere Warnung: »O König von Berlin! … Hüte dich, dass nicht Hochmut dich hindere, den Tagesanbruch göttlicher Offenbarung zu erkennen, dass irdische Begierden dich nicht wie ein Schleier von dem Herrn des Thrones in der Höhe und hienieden auf Erden trennen. Dies rät dir die Feder des Höchsten. Er, wahrlich, ist der Gnädigste, der Allgütige. Denke an den, dessen Macht deine Macht überstiegA48 und dessen Rang deinen Rang übertraf. Wo ist er? Wohin ist entschwunden, was er besaß? Sei gewarnt und gehöre nicht zu denen, die tief schlafen. Er war es, der das Sendschreiben Gottes wegwarf, als Wir ihm kundtaten, was die Scharen der Tyrannei Uns hatten erdulden lassen. Deshalb kam Schande von allen Seiten über ihn, und er fiel in den Staub mit großem Verlust. Denke tief über ihn nach, o König, und über jene, die gleich dir Städte erobert und Menschen beherrscht haben. Der Allbarmherzige brachte sie aus ihren Palästen hinab in ihre Gräber. Sei gewarnt und gehöre zu denen, die nachdenken.«Q145
»O Ufer des Rheins!« prophezeit Bahá’u’lláh an einer anderen Stelle desselben Buches, »Wir haben euch mit Blut bedeckt gesehen, weil die Schwerter der Vergeltung gegen euch gezückt wurden. Und so wird es euch noch einmal ergehen. Und wir hören das Wehklagen Berlins, obwohl es heute in deutlichem Ruhmesglanz steht.«Q146

Der Zusammenbruch des Islám

Der Machtverfall der shí‘itischen Geistlichkeit in einem Lande, das jahrhundertelang zu den uneinnehmbaren Bollwerken des muslimischen Fanatismus gehört hatte, war die unvermeidliche Folge jener Woge der Verweltlichung, die später auch einige der mächtigsten, konservativsten Kircheneinrichtungen auf dem europäischen wie dem amerikanischen Kontinent durchdringen sollte. Auch wenn sie nicht das unmittelbare Ergebnis des letzten Krieges war, verstärkte diese plötzliche Erschütterung der bislang bewegungslosen Pfeiler islámischer Orthodoxie die Probleme und vermehrte die Ruhelosigkeit, die eine kriegsmüde Welt quälten. In Bahá’u’lláhs Geburtsland hatte der shí‘itische Islám als unmittelbare Folge seiner unerbittlichen Feindseligkeit gegen Bahá’u’lláhs Glauben alle kämpferische Kraft verloren, seine Rechte und Privilegien eingebüßt. Er wurde erniedrigt und sittenverderbt, endgültig zu hoffnungsloser Finsternis und schließlich zum Erlöschen verurteilt. Nicht weniger als zwanzigtausend Märtyrer mussten jedoch ihr Leben opfern, ehe die Sache, für die sie lebten und starben, diesen ersten Sieg über jene verzeichnen konnte, welche die ersten gewesen waren, deren Ansprüche zu verwerfen und deren tapfere Krieger niederzumähen. »Niedertracht und Elend waren ihnen eingeprägt, und mit Zorn kehrten sie von Gott zurück.«Q147
»Sehet«, bemerkt Bahá’u’lláh zum Niedergang eines gefallenen Volkes, »wie die Sprüche und Taten des Shí‘ah-Islám die Freude und den Eifer seiner frühen Tage abgestumpft, wie sie den vormaligen Glanz seines Lichtes getrübt haben. In den ersten Tagen, als sie sich noch an die Regeln hielten, die mit dem Namen ihres Propheten, des Herrn der Menschheit, verbunden sind, da war ihr Lebenslauf gekennzeichnet von einer ununterbrochenen Kette von Siegen und Triumphen. Als sie aber Schritt um Schritt vom Pfade ihres vollkommenen Vorbilds und Meisters abirrten, als sie sich vom Lichte Gottes abkehrten und den Grundsatz Seiner göttlichen Einheit verfälschten, als sie ihr Augenmerk immer mehr und immer ausschließlicher auf jene richteten, die nur Entschleierer waren für die Macht Seines Wortes, da wandelte sich ihre Macht in Ohnmacht, ihr Ruhm in Schande, ihr Mut in Angst. Du selbst bist Zeuge, wie weit es mit ihnen gekommen ist.«Q148
Der Sturz der Qájáren-Dynastie, der anerkannten Verteidigerin und des willigen Werkzeugs einer verrotteten Geistlichkeit, fiel zeitlich fast zusammen mit der Demütigung, welche die shí‘itischen Glaubensführer über sich ergehen lassen mussten. Von Muḥammad Sháh bis zu dem letzten, schwächlichen Monarchen dieses Herrscherhauses wurde dem Glauben Bahá’u’lláhs die unvoreingenommene Beachtung, die interessenfreie und gerechte Behandlung versagt, die die Sache Bahá’u’lláhs rechtmäßig gefordert hatte. Im Gegenteil: Dieser Glaube wurde grausam gequält, fortgesetzt verraten und verfolgt. Das Martyrium des Báb, die Verbannung Bahá’u’lláhs, die Beschlagnahme Seiner weltlichen Besitzungen, Seine Einkerkerung in Mázindarán, die Schreckensherrschaft, welche Ihn in das ekelhafteste aller Verließe warf, die Ränke, Proteste und Verleumdungen, die Ihn dreimal aufs neue verbannten und schließlich zu Seiner Gefangenschaft in der trostlosesten aller Städte führten, die schändlichen Urteilssprüche, die im stillschweigenden Einvernehmen von richterlichen und geistlichen Gewalten gegen Person, Eigentum und Ehre Seiner unschuldigen Anhänger ergingen – dies sind die auffälligsten Schandtaten, für welche die Nachwelt dieses blutbefleckte Herrscherhaus zur Rechenschaft ziehen wird. Ein weiteres Hindernis, das den Vormarsch des Glaubens aufzuhalten versucht hatte, war jetzt beseitigt.
Auch nach der Verbannung Bahá’u’lláhs aus Seinem Vaterland war die Flut der Leiden, die mit solchem Ungestüm über iIhm und den Anhängern des Báb zusammengeschlagen war, noch keineswegs abgeebbt.

Im Rechtsbereich des Sulṭáns der Türkei, des Erzfeindes Seiner Sache, war ein neues Kapitel der Geschichte Seiner immer wiederkehrenden Prüfungen eröffnet worden.

Der Sturz des Sulṭánats und Khalífats, der Doppelpfeiler des sunnítischen Islám, kann daher in keinem anderen Lichte denn als unvermeidliche Folge der grimmigen, nachhaltigen, wohlüberlegten Verfolgungen betrachtet werden, welche die Herrscher des wankenden Hauses ‘Uthmán, die anerkannten Nachfolger des Propheten Muḥammad, der Sache Gottes zuteil werden ließen.

Von der Stadt Konstantinopel aus, dem überkommenen Sitz sowohl des Sulṭánats als auch des Khalífats, hatten die Herrscher der Türkei während einer Zeitspanne von fast drei Vierteln eines Jahrhunderts mit unvermindertem Eifer die Flut eines Glaubens, den sie fürchteten und verabscheuten, zu dämmen gesucht.

Beginnend mit der Zeit, als Bahá’u’lláh den Fuß auf türkischen Boden setzte, als Er damit im Grunde genommen Gefangener des mächtigsten Potentaten des Islám wurde, bis zum Jahr der Befreiung des Heiligen Landes vom türkischen Joch hatten die aufeinanderfolgenden Khalífen, besonders die Sulṭáne ‘Abdu’l-‘Azíz und ‘Abdu’l-Ḥamíd, in uneingeschränkter Ausübung der geistlichen wie weltlichen Gewalt, die ihr erhabenes Amt ihnen verlieh, den Begründer unseres Glaubens ebenso wie den Mittelpunkt Seines Bundes mit Qualen und Leiden gepeinigt, wie kein Geist sie ergründen und keine Feder oder Zunge sie beschreiben kann.

Nur sie selbst konnten solche Pein ermessen und ertragen.
Von diesen schmerzlichen Prüfungen hat Bahá’u’lláh wiederholt Zeugnis abgelegt: »Bei der Gerechtigkeit des Allmächtigen! Würde Ich dir alles aufzählen, was Mich befallen hat, Seele und Gemüt der Menschen wären unfähig, die Last all dessen zu tragen. Gott selbst ist Mir Zeuge.«Q149 »Zwanzig Jahre sind vergangen«, schrieb Er, an die Könige der Christenheit gewandt, »in denen Wir jeden Tag die Pein einer neuen Trübsal gekostet haben. Keiner von denen, die vor Uns waren, hat Dinge erduldet, wie Wir sie erdulden. Könntet ihr es doch erkennen! Die sich gegen uns erhoben, haben uns hingerichtet, unser Blut vergossen, unser Eigentum geplündert, unsere Ehre verletzt.«Q150 »Gedenke Meiner Schmerzen«, offenbart Er in anderem Zusammenhang, »Meiner Sorge und Unruhe, Meiner Leiden und Prüfungen, Meines Zustands der Gefangenschaft, der Tränen, die Ich vergoss, und nun Meiner Kerkerhaft in diesem entlegenen Lande … Könnte man dir sagen, was die Altehrwürdige Schönheit befallen hat, du flöhest hinaus in die Wildnis und weintest mit großem Wehe … Jeden Morgen, den Ich Mich von Meinem Lager erhob, fand Ich die Heerscharen ungezählter Heimsuchungen hinter Meiner Tür versammelt, und jeden Abend, wenn Ich Mich niederlegte, siehe, da war Mein Herz zerrissen von all dem, was es von der teuflischen Grausamkeit seiner Feinde erduldet hat.«Q151
Die Befehle, welche diese Feinde erließen, die Verbannungen, welche sie anordneten, die Beleidigungen, welche sie zufügten, die Pläne, welche sie schmiedeten, die Untersuchungen, welche sie einleiteten, die Drohungen, welche sie aussprachen, die Gräueltaten, zu denen sie gewillt waren, die Ränke und Niederträchtigkeiten, zu denen sie, ihre Minister, ihre Statthalter und Militärgewaltigen sich erniedrigten – dies alles ergibt einen Bericht, wie er kaum seinesgleichen in der Geschichte einer Offenbarungsreligion findet.

Die bloße Aufzählung der hervorstechendsten Züge dieses dunklen Dramas würde Bände füllen.

Sie waren sich wohl bewusst, dass der geistige und administrative Mittelpunkt der Sache, die auszurotten sie bestrebt waren, nunmehr in ihren Herrschaftsbereich übergewechselt war, dass deren Führer türkische Untertanen waren, dass jegliche Mittel, über die jene verfügten, ihrer eigenen Gnade ausgeliefert waren.

Dass es während einer Zeit von fast siebzig Jahren dieser Gewaltherrschaft, die noch in der Fülle ihrer unangefochtenen Zwangsmittel stand, die durch nie endende Machenschaften der staatlichen und geistlichen Behörden eines Nachbarlandes noch gekräftigt und durch die Unterstützung jener Verwandten Bahá’u’lláhs, die sich gegen Seine Sache aufgelehnt und sich davon getrennt hatten, noch ermutigt wurden – dass es dieser Gewaltherrschaft am Ende nicht gelungen ist, eine bloße Handvoll verurteilter Untertanen auszurotten, muss für jeden nichtgläubigen Betrachter eine der fesselndsten, geheimnisvollsten Episoden der Zeitgeschichte bleiben.
Die Sache, deren sichtbares Oberhaupt noch immer Bahá’u’lláh war, hatte trotz der Berechnungen eines kurzsichtigen Feindes unbestreitbar triumphiert.

Kein unbefangener Geist, der durch die äußeren Lebensumstände des Gefangenen von ‘Akká hindurchblickte, konnte dies noch länger verkennen oder abstreiten.

Obgleich sich die verminderte Spannung in den Verhältnissen nach dem Hinscheiden Bahá’u’lláhs vorübergehend wieder erhöhte und die Gefahren einer immer noch ungefestigten Lage wieder auflebten, war es doch in wachsendem Maße offenkundig, dass die heimtückischen Kräfte des Verfalls, die sich durch lange Jahre in die Eingeweide einer zerrütteten Nation gewühlt hatten, nunmehr einem Gipfelpunkt zustrebten.

Eine Reihe innerer Zuckungen, jede verheerender als die vorhergehende, war bereits entfesselt, um schließlich eines der katastrophalsten Ereignisse der Neuzeit nach sich zu ziehen.

Die Ermordung jenes anmaßenden Despoten im Jahre 1876, der russisch-türkische Zusammenstoß, der kurz darauf folgte, dann die Befreiungskriege, der Aufstieg der Jungtürkischen Bewegung, die türkische Revolution von 1909, die den Sturz ‘Abdu’l-Ḥamíds beschleunigte, die Balkankriege mit ihren unheilvollen Folgen, die Befreiung Palästinas mit den Städten ‘Akká und Haifa, dem Weltzentrum eines der Knechtschaft entronnenen Glaubens, im Herzen dieses Landes, die weitere Zerstückelung des türkischen Reiches durch den Vertrag von Versailles, die Abschaffung des Sulṭánats und der Untergang des Hauses ‘Uthmán, die Auslöschung des Khalífats, die Beseitigung der Staatsreligion, die Aufhebung des Gesetzes der Sharí‘ah und die Verkündung eines allgemeinen Bürgerlichen Gesetzbuches, die Unterdrückung verschiedener Orden, Glaubensbekenntnisse, Überlieferungen und Zeremonien, die man für unauflöslich verwoben mit der Struktur der muslimischen Religion gehalten hatte – all dies folgte mit einer Leichtigkeit und Schnelligkeit, wie sie kein Mensch sich auszumalen gewagt hätte.

In diesen verheerenden Schlägen, die von Freunden und Feinden, von christlichen Nationen wie von bekennenden Muslimen gleichermaßen ausgeteilt wurden, erkannte jeder Anhänger des verfolgten Glaubens Bahá’u’lláhs Zeichen der lenkenden Hand des verstorbenen Begründers seiner Religion, der aus dem Reich des Unsichtbaren eine Flut wohlverdienter Trübsale über einer widersetzlichen Religion und Nation entfesselte.
Vergleichen Sie die Zeichen göttlicher Heimsuchung, wie sie die Verfolger Jesu Christi befiel, mit diesen geschichtsträchtigen Vergeltungen, die im zweiten Teil des ersten Jahrhunderts des Bahá’í-Zeitalters die Hauptfeinde der Religion Bahá’u’lláhs in den Staub warfen. Hatte nicht der römische Kaiser in der zweiten Hälfte des ersten Jahrhunderts christlicher Zeitrechnung nach einer qualvollen Belagerung Jerusalems die heilige Stadt verwüstet, den Tempel zerstört, das Allerheiligste entweiht und seiner Schätze beraubt, um diese nach Rom zu schaffen? Hatte er nicht auf dem Berge Zion eine heidnische Kolonie errichtet, die Juden niedergemetzelt, die Überlebenden verbannt und zerstreut?
Vergleichen Sie ferner die Worte, die der verfolgte Christus nach dem Zeugnis des Evangeliums an Jerusalem richtete, mit Bahá’u’lláhs Botschaft für Konstantinopel, die Er in Seinem fernen Gefängnis offenbarte und in Seinem Heiligsten Buche aufzeichnete: »O Jerusalem, Jerusalem, die du die Propheten tötest und sie steinigest, die zu dir gesandt sind, wie oft wollte Ich deine Kinder versammeln, wie eine Henne ihre Küken unter ihre Flügel nimmt!«Q152 Und wieder, als Er über diese Stadt weinte: »Hättest du doch, gerade du, wenigstens an diesem deinem Tage die Dinge erkannt, die deinem Frieden dienen! Aber nun sind sie vor deinen Augen verborgen. Denn die Tage werden über dich kommen, da deine Feinde einen Graben um dich legen und dich umzingeln und von jeder Seite bezwingen und dem Erdboden gleichmachen werden, und deine Kinder mit dir. Und sie werden keinen Stein in dir auf dem andern lassen, weil du die Zeit deiner Heimsuchung nicht kanntest.«Q153
»O Ort, an den Ufern zweier Meere gelegen!« so wendet sich Bahá’u’lláh an die Stadt Konstantinopel. »Wahrlich, der Thron der Tyrannei ist in dir errichtet, und die Flamme des Hasses ist in deinem Busen auf solche Weise entzündet, dass die Scharen der Höhe und jene, die den Erhabenen Thron umkreisen, jammern und wehklagen. Wir sehen in dir die Narren über die Weisen herrschen, und die Finsternis brüstet sich gegenüber dem Lichte. Du bist in der Tat von sichtbarem Hochmut erfüllt. Hat dein äußerer Glanz dich hoffärtig gemacht? Bei Ihm, welcher der Herr der Menschheit ist! Er soll bald vergehen, und deine Töchter und deine Witwen und alle Geschlechter, die in dir wohnen, werden wehklagen. So belehrt dich der Allwissende, der Allweise.«Q154
An Sulṭán ‘Abdu’l-‘Azíz, jenen Monarchen, der alle drei Verbannungen Bahá’u’lláhs anordnete, richtete der Begründer unseres Glaubens während Seiner Gefangenschaft in des Sulṭáns Hauptstadt diese Worte: »Höre, o König, auf die Rede Dessen, der die Wahrheit spricht, der nicht von dir verlangt, dass du Ihn mit dem entlohnest, was Gott dir zu schenken beliebte, und der unfehlbar auf dem geraden Pfade wandelt … Halte dir Gottes unfehlbare Waage vor Augen und wäge damit wie einer, der in Seiner Gegenwart steht, deine Handlungen jeden Tag, jeden Augenblick deines Lebens. Ziehe dich selbst zur Verantwortung, ehe du zur Rechenschaft gezogen wirst an dem Tag, da aus Furcht vor Gott kein Mensch die Kraft haben wird, aufrecht zu stehen, an dem Tag, da die Herzen der Achtlosen erzittern werden.«Q155
Den Ministern des türkischen Staates offenbarte Er im selben Sendschreiben: »Euch geziemt es, o Minister des Staates, die Gebote Gottes zu halten, eure eigenen Gesetze und Verordnungen aufzugeben und zu den Rechtgeleiteten zu gehören … Binnen kurzem werdet ihr die Folgen dessen erkennen, was ihr in diesem eitlen Leben getan habt, und werdet dafür entlohnt werden … Wie viele haben in vergangenen Zeiten dasselbe wie ihr getan und sind, auch wenn sie euch im Rang übertrafen, am Ende zum Staube zurückgekehrt und unausweichlich dem Gericht verfallen! … Ihr werdet den Spuren jener folgen und eine Wohnstatt betreten müssen, wo keiner euch Freund noch Helfer ist … Die Tage eures Lebens werden schwinden, und alles, womit ihr euch abgebt und worin ihr euch rühmt, wird vergehen, und ganz sicherlich wird euch eine Schar Seiner Engel an jenen Ort laden, da die Glieder der ganzen Schöpfung erbeben und jeder Bedrücker erschaudert … Dies ist der Tag, der unentrinnbar über euch kommen wird, die Stunde, die niemand aufschieben kann.«Q156
An die Bewohner Konstantinopels richtete Bahá’u’lláh, während Er als Verbannter unter ihnen lebte, im selben Sendschreiben diese Worte:

»Fürchtet Gott, ihr Bewohner der Stadt, und säet nicht die Saaten der Zwietracht unter den Menschen … Eure Tage werden schwinden wie die Tage jener, die vor euch waren.

Zum Staube werdet ihr zurückkehren, wie eure Vorväter zum Staube zurückkehrten.«Q157 »Bei Unserer Ankunft in der Stadt«, bemerkt Er ferner, »kamen Uns ihre Herrscher und Ältesten wie Kinder vor, die sich zusammentun und mit Lehm spielen … Unser inneres Auge weinte bitterlich über sie und ihre Übertretungen und ihre völlige Missachtung dessen, wozu sie erschaffen sind … Der Tag naht, da Gott ein Volk erwecken wird, das sich Unserer Tage erinnern, die Geschichte Unserer Prüfungen erzählen und Unsere Rechte von denen einfordern wird, die Uns ohne den geringsten Beweis offenbares Unrecht getan haben.

Wahrlich, Gott ist der Herr über das Leben Unserer Peiniger, und Er ist ihrer Werke wohl gewahr.

Er wird sie gewiss um ihrer Sünden willen ergreifen.

Wahrlich, Er ist der grimmigste der Rächer.«Q158 »Höret daher auf Meine Rede«, ermahnt Er sie in Güte, »kehret zurück zu Gott und bereuet, damit Er in Seiner Gnade sich euer erbarme, eure Sünden hinwegwasche und eure Schuld vergebe.

Die Größe Seines Erbarmens übertrifft den Ingrimm Seines Zornes, und Seine Gnade umgreift in der Zukunft wie in der Vergangenheit alle, die ins Dasein gerufen und mit dem Gewande des Lebens bekleidet werden.«Q159
Schließlich finden wir im Lawḥ-i-Ra’ís die folgenden prophetischen Worte aufgezeichnet: »Höre, o Anführer, … auf die Stimme Gottes, des Herrschers, des Helfers in Gefahr, des Selbstbestehenden … Du hast begangen, o Anführer, was Muḥammad, den Gesandten Gottes, im Erhabensten Paradiese aufstöhnen ließ. Die Welt hat dich so stolz gemacht, dass du dich abkehrtest von dem Angesicht, dessen Glanz die Himmlischen Heerscharen erleuchtet hat. Bald wirst du offenkundig verloren sein … Der Tag naht heran, da das Land der GeheimnisseA49 und seine Umgebung verwandelt und den Händen des Königs entgleiten werden. Aufruhr wird entstehen, die Stimme des Wehklagens wird erschallen, und die Zeichen des Unheils werden überall offenbar werden, und Verwirrung wird sich ausbreiten um dessentwillen, was diesen Gefangenen zugestoßen ist von den Scharen der Unterdrücker. Der Lauf der Dinge wird sich ändern, und die Zustände werden so drückend werden, dass sogar die Sandkörner auf den öden Hügeln stöhnen und die Bäume auf den Bergen weinen werden, und Blut wird überall fließen. Dann wirst du das Volk in schmerzlichem Elend schauen.«Q160
Dreizehnhundert Jahre mussten seit dem Tode des Propheten Muḥammad vergehen, ehe voll und öffentlich die Unrechtmäßigkeit der Institution des Khalífats bewiesen werden konnte, deren Begründer die Amtsgewalt der rechtmäßigen Nachfolger des Gesandten Gottes an sich gerissen hatten. Diese Institution, die an ihrem Anfang so heiliges Recht mit Füßen getreten und die Kräfte einer so unseligen Glaubensspaltung entfesselt hatte, diese Institution, die in ihren letzten Tagen einem Glauben, dessen Vorläufer ein Nachkomme derselben Imáme war, deren Vollmacht sie verwarf, so empfindliche Schläge versetzte, verdiente durchaus die Züchtigung, die nun ihr Schicksal besiegelte.
Der Wortlaut gewisser Überlieferungen von Muḥammad, deren Echtheit die Muslime selbst anerkennen und die von bedeutenden Bahá’í-Gelehrten und -Schriftstellern ausführlich zitiert worden sind, wird den Beweis erhärten und den Gegenstand beleuchten, den ich zu erläutern versuche: »In den letzten Tagen wird schwere Trübsal Mein Volk von seinen Herrschern her befallen, so schlimm, dass keiner je Schlimmeres hörte. So heftig wird sie sein, dass niemand Zuflucht finden kann. Dann wird Gott einen Meiner Nachkommen, einen Spross Meiner Familie herniedersenden, und Er wird die Erde mit Redlichkeit und Gerechtigkeit erfüllen, wie sie mit Ungerechtigkeit und Tyrannei gefüllt gewesen ist.« Und weiterhin: »Eines Tages wird Mein Volk bezeugen, dass vom Islám nichts weiter geblieben ist als ein Name und vom Qur’án nichts als bloße Erscheinung. Die Schriftgelehrten jener Zeit werden die schlimmsten sein, die die Welt je gesehen hat. Unheil ist von ihnen ausgegangen, und auf sie wird es zurückfallen.« Und ein andermal: »Zu jener Stunde wird Sein Fluch auf euch herabkommen, und euer Fluch wird euch heimsuchen, und eure Religion wird ein leeres Wort auf eurer Zunge bleiben. Und wenn diese Zeichen unter euch erscheinen, dann erwartet den Tag, da der rotglühende Wind über euch hinjagt, oder den Tag, da ihr verunstaltet werdet oder da Steine auf euch herabregnen.«
»O Volk des Qur’án«, so bezeugt Bahá’u’lláh bedeutungsschwer, an die vereinten Kräfte des sunnítischen und des shí‘itischen Islám gewandt, »wahrlich, der Prophet Gottes, Muḥammad, vergießt Tränen beim Anblick eurer Grausamkeit. Zweifellos seid ihr euren üblen und verderbten Lüsten gefolgt und habt euer Gesicht vom Lichte der Führung abgekehrt. Bald werdet ihr die Folgen eurer Taten bezeugen; denn der Herr, Mein Gott, ist auf der Hut und wacht über euer Verhalten … O Schar der Muslim-Geistlichen! Eure Taten haben die erhabene Stufe des Volkes erniedrigt, das Banner des Islám umgestoßen und seinen mächtigen Thron gestürzt.«

Verfall der christlichen Kirchen

So viel über den Islám und die lähmenden Schläge, die seine Führer und Institutionen in diesem ersten Jahrhundert der Bahá’í-Zeitrechnung erhalten haben – und vielleicht noch erhalten werden. Wenn ich zu lange bei diesem Thema verweilt bin, wenn ich in übergroßem Maße Stellen aus den heiligen Schriften zur Unterstützung meiner Aussagen herangezogen habe, so war es nur in der festen Überzeugung, dass diese Vergeltungsschläge, die auf den schlimmsten Unterdrücker des Glaubens Bahá’u’lláhs herabgeregnet sind, zu den erregenden Begebenheiten unserer Übergangszeit und darüber hinaus zu den bestürzendsten, bedeutsamsten Geschehnissen der Zeitgeschichte zu zählen sind.
Der sunnítische wie der shí‘itische Islám hatten mit den Erschütterungen, die sie ergriffen haben, zur Beschleunigung des oben erwähnten Zersetzungsprozesses beigetragen – eines Vorgangs, der seinem Wesen nach den Weg für die völlige Neugestaltung und Einigung der Welt in jedem Lebensbereich bereiten muss. Wie aber steht es mit dem Christentum und seinen Glaubensbekenntnissen? Lässt sich sagen, dass dieser Vorgang der Entartung, der die Religion Muḥammads in ihrer Struktur angegriffen hat, die dem Glauben Jesu Christi verbundenen Institutionen mit seinem Gifthauch verschont hat? Oder haben diese Institutionen bereits den Aufprall jener drohenden Mächte erfahren? Sind ihre Grundlagen so sicher, ist ihre Lebenskraft so groß, dass sie dem Angriff jener Mächte widerstehen können? Oder werden sie deren Heftigkeit zur Beute fallen, wenn sich nunmehr die Verwirrung einer chaotischen Welt ausbreitet und vertieft? Haben sich die Strenggläubigen unter ihnen erhoben, und wenn nicht, werden sie sich erheben, um den Andrang einer Sache zurückzuschlagen, welche bereits die Schranken muslimischer Orthodoxie niedergerissen hat und jetzt im europäischen wie im amerikanischen Erdteil zum Herzen der Christenheit vordringt? Würde solcher Widerstand die Saaten weiterer Zwietracht und Verwirrung säen und folglich mittelbar zur beschleunigten Ankunft des verheißenen Tages beitragen?
Auf solche Fragen können wir nur teilweise antworten. Die Zeit allein kann jene Rolle ihrem Wesen nach enthüllen, welche die unmittelbar mit dem christlichen Glauben verbundenen Institutionen in diesem gestaltgebenden Abschnitt des Bahá’í-Zeitalters, dieser dunklen Zeit des Übergangs für die ganze Menschheit, zu übernehmen bestimmt sind. Ereignisse jedoch, die bereits eingetreten sind, können ihrer Natur nach die Richtung aufzeigen, in die sich diese Institutionen bewegen. Bis zu einem gewissen Grade können wir die wahrscheinlichen Rückwirkungen jener Kräfte abschätzen, die innerhalb wie außerhalb des Bahá’í-Glaubens auf die Kirchen Einfluss gewinnen.
Dass die Kräfte des Unglaubens, einer rein materialistischen Philosophie, des unverhohlenen Heidentums entfesselt sind, dass sie sich nunmehr ausbreiten, sich festigen und dadurch in mancherlei besonders machtvolle christliche Institutionen der westlichen Welt einzudringen beginnen, muss jeder unbefangene Beobachter zugestehen. Dass diese Institutionen zunehmend starrsinnig werden, dass einige wenige unter ihnen bereits in Umrissen den durchdringenden Einfluss der Sache Bahá’u’lláhs erkennen, dass sie in dem Maße, wie ihre innere Kraft abnimmt und ihre Disziplin sich lockert, mit wachsender Bestürzung den Aufstieg Seiner neuen Weltordnung verfolgen und sich nach und nach zum Angriff auf diese entschließen werden, dass solcher Widerstand jedoch ihren Niedergang beschleunigt, wird unter denen, die den Fortschritt Seiner Sache aufmerksam beobachten, kaum jemand in Frage stellen wollen.
»Die Lebenskraft des Glaubens der Menschen an Gott«, bezeugt Bahá’u’lláh, »stirbt aus in allen Landen. Nur Seine heilende Arznei kann sie jemals wiederherstellen. Der Rost der Gottlosigkeit frisst sich in das Triebwerk der menschlichen Gesellschaft. Was außer dem Heiltrank Seiner mächtigen Offenbarung kann sie reinigen und neu beleben?«Q161»Die Welt liegt in Wehen«, schreibt Er weiterhin, »ihre Unruhe wächst von Tag zu Tag. Ihr Antlitz ist auf Eigensinn und Unglauben gerichtet. Ihr Zustand wird so werden, dass es nicht angemessen noch schicklich wäre, ihn jetzt zu enthüllen.«Q162
Die Gefahr der Verweltlichung, die den Islám angreift und seine noch übriggebliebenen Institutionen untergräbt, die Persien befällt, Indien durchdringt und in der Türkei triumphierend das Haupt hebt, hat sich bereits in Europa ebenso wie in Amerika kundgetan und stellt nunmehr jede fest begründete Religion von der Grundlage her in Frage, besonders aber jene Institutionen und Gemeinschaften, die mit dem Glauben Jesu Christi gleichzusetzen sind. Es wäre keine Übertreibung zu sagen, dass wir in einen Zeitabschnitt eintreten, den der künftige Geschichtsschreiber als einen der kritischsten in der Geschichte des Christentums betrachten wird.
Schon räumen einige Hauptfiguren der christlichen Religion ein, wie ernst die Lage ist, der sie gegenüberstehen.

»Eine Woge des Materialismus fegt rund um die Welt«, lautet das Zeugnis ihrer Missionare, wie es in amtlichen Berichten bekundet ist.

»Die Druckwelle des modernen Industrialismus dringt bis in die Urwälder Zentralafrikas und die Steppen Innerasiens.

Sie macht die Menschen überall abhängig von materiellen Dingen und nimmt sie ganz dafür in Anspruch.

Daheim hat die Kirche vielleicht zu glattzüngig von der Kanzel oder vom Rednerpult herunter über die Gefahr der Verweltlichung gesprochen, obgleich wir selbst in England mehr als nur einen Schimmer von ihrer Tragweite mitbekommen.

Aber für die Kirche in Übersee ist das schreckliche Wirklichkeit, ein Feind, mit dem sie bereits handgemein ist … In einem Land nach dem andern sieht sich die Kirche einer neuen Gefahr gegenüber, einem entschlossenen, feindseligen Angriff.

Aus Sowjetrussland stößt ein entschieden religionsfeindlicher Kommunismus westwärts nach Europa und Amerika, ostwärts nach Persien, Indien, China und Japan vor.

Er ist eine Wirtschaftstheorie, untrennbar mit der Gottlosigkeit zusammengeschirrt.

Er ist religiöse Religionslosigkeit … Er hat einen leidenschaftlichen Missionsgeist, betreibt seinen Feldzug gegen Gott daheim an den Grundmauern der Kirche und greift ihre vorderste Linie in den nichtchristlichen Ländern an.

Ein derart vollbewusster, unverhohlener, organisierter Angriff gegen die Religion im Allgemeinen und das Christentum im Besonderen ist etwas Neues in der Weltgeschichte.

Ebenso wohlüberlegt in seiner entschiedenen Feindschaft gegenüber dem Christentum ist in einigen Ländern eine andere Form des sozialen und politischen Glaubens: der Nationalismus.

Aber im Gegensatz zum Kommunismus ist der nationalistische Angriff auf das Christentum oft eng verknüpft mit irgendeiner Form nationaler Religion: mit dem Islám in Persien und in Ägypten, mit dem Buddhismus in Ceylon, während der Kampf um Selbstverwaltungsrechte in Indien mit einer Wiederbelebung sowohl des Hinduismus als auch des Islám verbunden ist.«
Ich brauche in diesem Zusammenhang nicht zu versuchen, den Ursprung und das Wesen jener Wirtschaftstheorien und Gesellschaftsphilosophien der Nachkriegszeit zu erläutern, die direkt und mittelbar ihren verderblichen Einfluss auf die Institutionen und die Glaubenslehren eines der weitestverbreiteten, bestorganisierten Religionssysteme dieser Welt ausgeübt haben und weiterhin ausüben.

Ich befasse mich mehr mit ihrem Einfluss als mit ihrem Ursprung.

Das übermäßige Wachstum der Industrialisierung und ihrer üblen Begleitumstände, von denen das vorstehende Zitat Zeugnis ablegt, die aggressive Politik und die beharrlichen Anstrengungen der Urheber und Organisatoren der kommunistischen Bewegung, die Verstärkung eines kriegerischen Militarismus, in gewissen Ländern mit einer systematischen Verleumdungskampagne gegen jede Form kirchlichen Einflusses verbunden – dies alles hat zweifellos zur Entchristlichung der Massen beigetragen und ist für den bemerkenswerten Niedergang der Kirche, was ihre Autorität, ihr Ansehen und ihre Macht angeht, verantwortlich.

»Die ganze Vorstellung von Gott«, verkünden die Verfolger der christlichen Religion hartnäckig, »ist vom altorientalischen Despotismus abgeleitet, eine Vorstellung, die des freien Mannes völlig unwürdig ist.« »Religion«, hat einer ihrer Führer behauptet, »ist das Opium des Volkes«Q163.

»Religion«, so der Wortlaut ihrer amtlichen Veröffentlichungen, »ist eine Brutalisierung des Volkes.

Die Erziehung muss so gesteuert werden, dass sie diese schwachsinnige Erniedrigung aus der Seele des Volkes auslöscht.«
In anderen Ländern hebt die Hegelsche Philosophie in Gestalt eines unduldsamen, kämpferischen Nationalismus den vergöttlichten Staat hervor, schärft den Kriegsgeist und reizt zum Rassenhass. So führt sie gleichermaßen zu einer auffallenden Schwächung der Kirche und zu einer schweren Minderung ihres geistigen Einflusses. Im Unterschied zu dem kühnen Angriff, den eine erklärtermaßen atheistische Bewegung innerhalb der Sowjetunion wie außerhalb ihrer Grenzen gegen die Kirche in Gang setzt, ist diese nationalistische Philosophie, von christlichen Führern und Regierungen vertreten, eine Attacke gegen die Kirche, die ihre eigenen bisherigen Anhänger gegen sie richten, ein Verrat ihrer Sache durch ihr eigenes Fleisch und Blut. So wird sie durch einen artfremden, kriegerischen Atheismus von außen und durch die Prediger einer ketzerischen Lehre von innen gleichermaßen durchbohrt. Beide Kräfte, jede in ihrem besonderen Bereich wirkend und ihre eigenen Waffen und Methoden gebrauchend, werden mächtig gestärkt und ermutigt durch den herrschenden Geist des Modernismus mit seiner Betonung einer rein materialistischen Philosophie, die in dem Maße, wie sie sich ausbreitet, die Religion vom Alltagsleben des Menschen abzutrennen droht.
Der Wirkungsverbund dieser seltsamen, verderbten Lehren, dieser gefährlichen, trügerischen Philosophien, wird natürlich von jenen besonders stark empfunden, die von ihren Glaubenslehren einen entgegengesetzten, völlig unvereinbaren Geist und Grundsatz eingeimpft bekommen.

Die Folgen des unvermeidlichen Zusammenpralls dieser widerstreitenden Interessen waren in manchen Fällen verheerend, der entstandene Schaden nicht wiedergutzumachen.

Die Entstaatlichung und Zerstückelung der orthodoxen Kirche in Russland, die auf den von der römischen Kirche erlittenen Schlag im Gefolge des Zusammenbruchs der österreichisch-ungarischen Monarchie folgte, die Erregung, welche die katholische Kirche in Spanien ergriff und in ihrer Trennung vom Staate gipfelte, die Verfolgung derselben Kirche in Mexiko, die Haussuchungen, Verhaftungen, Einschüchterungen und Unterdrückungen, denen Katholiken und Lutheraner im Herzen Europas gleichermaßen unterworfen werden, die Unruhe, in die ein anderer Zweig der Kirche im Ergebnis des Kriegszuges in Afrika versetzt ist, der Niedergang in den Geschicken christlicher Missionen, anglikanischer wie presbyterianischer, in Persien, in der Türkei und im Fernen Osten, die unheilvollen Zeichen, die ernste Verwicklungen in den heutzutage zweideutigen, unsicheren Beziehungen zwischen dem päpstlichen Stuhl und gewissen Nationen auf dem europäischen Kontinent ankünden – dies sind die hervorstechenden Züge der Rückschläge, welche die Mitglieder und die Führer der kirchenchristlichen Institutionen erleiden.
Dass der innere Zusammenhalt von manchen dieser Institutionen in nicht wiedergutzumachender Weise erschüttert ist, liegt für jeden scharfsinnigen Betrachter zu offen, als dass er es missdeuten oder abstreiten könnte. Die Kluft zwischen den Buchstabengläubigen und den Freisinnigen unter den Kirchenmitgliedern weitet sich stetig aus. Die Glaubenssätze und Dogmen dieser Institutionen sind verwässert; in manchen Fällen sind sie unbeachtet und aufgegeben. Ihr Zugriff auf das menschliche Verhalten lockert sich, ihr Klerus schwindet in seiner Personalstärke wie in seinem Einfluss dahin. Die Furchtsamkeit und Unaufrichtigkeit ihrer Prediger zeigt sich an vielen Beispielen. Ihre Stiftungen sind in manchen Ländern verschwunden, der Gehalt ihrer religiösen Ausbildung ist abgesunken. Ihre Andachtsstätten sind zum Teil verlassen, zum Teil zerstört; Missachtung für Gott, Seine Lehren und Seine Ziele hat sie gelähmt und Erniedrigung auf sie gehäuft.
Könnte es nicht sein, dass die Auflösungserscheinungen, unter denen der sunnítische und der shí‘itische Islám so auffallend leiden, in dem Maße, wie sie ihren Höhepunkt erreichen, noch weiteres Unheil für die verschiedenen Bekenntnisse der christlichen Kirche entfesseln? In welcher Weise und mit welcher Geschwindigkeit dieser Vorgang, der bereits eingesetzt hat, sich weiter entwickelt, das kann nur die Zukunft zeigen. Auch kann gegenwärtig noch nicht abgeschätzt werden, in welchem Ausmaß die Angriffe einer noch immer mächtigen Geistlichkeit gegen die Bollwerke des Glaubens Bahá’u’lláhs im Westen diesen Niedergang verstärken und die Reichweite unausbleiblicher Unglücksfälle erweitern.
Wenn die Christenheit wünscht und erwartet, der Welt in der gegenwärtigen Krise zu dienen, so schreibt ein Geistlicher der presbyterianischen Kirche in Amerika, dann muss sie »durch das Christentum hindurch zu Christus zurückblenden, durch die jahrhundertealte Religion um Jesus zurück zur ursprünglichen Religion Jesu«. Andernfalls, fügt er bedeutungsvoll hinzu, »wird der Geist Christi in anderen Institutionen als den unsrigen leben«.
Ein so deutlicher Niedergang an Kraft und Zusammenhalt der Bestandteile, welche die christliche Gesellschaft bilden, führt seinerseits, wie leicht vorauszusehen, zum Aufstieg einer wachsenden Zahl obskurer Kulte, seltsamer neuer Andachtsformen, fruchtloser Philosophien, deren ausgeklügelte Lehren die Verwirrung eines geplagten Zeitalters mehren. In ihren Lehrsätzen und Bestrebungen spiegeln und bezeugen sie, so kann man sagen, den Aufruhr, die Unzufriedenheit, die wirren Hoffnungen der enttäuschten Massen, welche die Sache der christlichen Kirchen verlassen und ihre Mitgliedschaft aufgegeben haben.
Fast kann man eine Parallele ziehen zwischen den verworrenen und verwirrenden Gedankensystemen, die das unmittelbare Ergebnis der Hilflosigkeit und des Durcheinanders im christlichen Glauben sind, und der großen Vielfalt von Volkskulten, von Mode- und Fluchtphilosophien, wie sie während der ersten Jahrhunderte christlicher Zeitrechnung blühten und die Staatsreligion des römischen Volkes aufzusaugen und zu verkehren suchten. Die heidnischen Gottsucher, die damals die große Bevölkerungsmasse des weströmischen Reiches ausmachten, sahen sich umringt, vielfach sogar bedroht, von der weitverbreiteten Sekte der Neuplatoniker, von den Anhängern der Naturreligionen, von gnostischen Philosophen, vom Philonismus, vom Mithraskult, von den Anhängern des alexandrinischen Kultes und einer Menge verwandter Sekten und Glaubenslehren, ganz ähnlich wie die Verteidiger des christlichen Glaubens, der heute vorherrschenden Religion der westlichen Welt, im ersten Jahrhundert der Bahá’í-Zeitrechnung gewahr werden, wie ihr Einfluss unterspült wird von einer Flut widerstreitender Glaubenslehren, Gebräuche und Richtungen, die ihr eigener Bankrott zu schaffen geholfen hat. Damals war aber dieselbe christliche Religion, die heute in einen solchen Zustand der Unfähigkeit verfallen ist, schließlich fähig, die Institutionen des Heidentums hinwegzufegen, die zuvor blühenden Kulte zu überlagern und zu unterdrücken.
Institutionen, die vom Geist und von den Lehren Jesu Christi weit abgeirrt sind, müssen in dem Maße, wie die keimende Weltordnung Bahá’u’lláhs Gestalt annimmt und sich entfaltet, zwangsläufig in den Hintergrund treten und dem Fortschritt der göttlich eingesetzten Institutionen Platz machen, die mit Seinen Lehren unzertrennlich verwoben sind. Der innewohnende Geist Gottes, der im apostolischen Zeitalter der Kirche ihre Mitglieder beseelte, die ursprüngliche Reinheit ihrer Lehren, der erste Glanz ihres Lichtes werden ohne Zweifel als unausbleibliche Folge dieser erneuten Bestimmung ihrer grundlegenden Wahrheiten und als Klarstellung ihres eigentlichen Zieles wiedergeboren und neu belebt werden.
Denn der Glaube Bahá’u’lláhs kann, wenn wir ihn glaubenstreu einordnen, niemals und unter keinem Gesichtspunkt seiner Lehren von dem Ziel, das den Glauben Jesu Christi beseelt, oder von der göttlichen Vollmacht, die in den Glauben Jesu Christi gelegt ist, abweichen oder gar damit im Streite liegen.

Die glühende Huldigung, die Bahá’u’lláh selbst dem Begründer der christlichen Religion darzubringen sich bewogen fühlte, stellt ein allgenügendes Zeugnis für die Wahrheit dieses zentralen Grundsatzes im Bahá’í-Glauben aus:

»Wisse, dass die ganze Schöpfung in großer Trauer weinte, als der Menschensohn Seinen Odem zu Gott aufgab.

Indem Er sich selbst opferte, wurde jedoch allem Erschaffenen eine neue Fähigkeit eingeflößt.

Die Beweise hierfür, bei allen Völkern der Erde bezeugt, sind nun vor dir offenbar.

Die tiefste Weisheit, welche die Weisen äußern, die gründlichste Gelehrsamkeit, die irgendein Geist entfaltet, die Künste, welche die fähigsten Hände hervorbringen, der Einfluss, den die kraftvollsten Herrscher üben, sind nur Offenbarungen der belebenden Macht, die Sein überragender, Sein alldurchdringender und strahlender Geist entfesselt hat.

Wir bezeugen, dass Er, als Er in die Welt trat, den Glanz Seiner Herrlichkeit über alles Erschaffene ergoss.

Durch Ihn wurde der Aussätzige vom Aussatz der Verderbtheit und der Unwissenheit geheilt.

Durch Ihn wurden der Unreine und der Widerspenstige geläutert.

Durch Seine aus dem allmächtigen Gott geborene Macht wurden dem Blinden die Augen geöffnet und dem Sünder die Seele geheiligt … Er ist es, Der die Welt geläutert hat.

Selig ist der Mensch, der sich Ihm mit lichtstrahlendem Angesicht zuwendet.«Q164

Zeichen des sittlichen Niedergangs

Über den Niedergang der religiösen Institutionen, deren Auflösung einen so wichtigen Gesichtspunkt des gestaltgebenden Abschnitts im Bahá’í-Zeitalter darstellt, braucht meines Erachtens nichts mehr gesagt zu werden. Der Islám ist, als Ergebnis der anschwellenden Flut der Verweltlichung und in unmittelbarer Folge seiner erklärten, beharrlichen Feindschaft gegen den Glauben Bahá’u’lláhs gleichermaßen, zu Tiefen der Erniedrigung abgesunken, wie er sie nur selten in seiner Geschichte erreicht hat. Das Christentum ist ebenfalls aus Gründen, die denen im Fall seines Schwesterglaubens nicht ganz unähnlich sind, ständig schwächer geworden und steuert in wachsendem Maße sein Teil zum Vorgang allgemeinen Verfalls bei – zu einem Vorgang, der dem Wiederaufbau der menschlichen Gesellschaft von Grund auf notwendig vorangehen muss.
Die Merkmale sittlichen Niedergangs, wie sie sich von den Anzeichen für den Verfall der religiösen Institutionen unterscheiden, scheinen nicht weniger bemerkbar und bedeutsam zu sein. Der Verfall, der in den Geschicken der islámischen und christlichen Institutionen eingesetzt hat, findet, so kann man wohl sagen, im Leben und Verhalten der einzelnen Menschen, die jene Institutionen bilden, sein Gegenstück. In welche Richtung wir auch den Blick wenden, wie oberflächlich wir auch die Taten und Reden der gegenwärtigen Generation beobachten, wir können nicht umhin, von den Beweisen sittlichen Verfalls, welche die Männer und Frauen um uns her in ihrem persönlichen Leben nicht weniger denn als Bestandteile der Gesellschaft zur Schau stellen, betroffen zu sein.
Es kann keinen Zweifel darüber geben, dass der Verfall der Religion als gesellschaftlicher Macht, für den die Entartung religiöser Institutionen ja nur ein äußeres Anzeichen ist, die Hauptverantwortung für einen derart schlimmen, derart offenkundigen Übelstand trägt.

»Die Religion«, schreibt Bahá’u’lláh, »ist das wichtigste Mittel zur Begründung von Ordnung in der Welt und zur Befriedung aller, die darin wohnen.

Die Schwächung der Pfeiler der Religion stärkt die Hände der Unwissenden und macht sie dreist und anmaßend.

Wahrlich, Ich sage, was immer die erhabene Stellung der Religion erniedrigt, vermehrt die Widerspenstigkeit der Gottlosen, und das Ergebnis kann nur Gesetzlosigkeit sein.«Q165 »Die Religion«, stellt Er in einem anderen Sendschreiben fest, »ist ein strahlendes Licht und ein uneinnehmbares Bollwerk für den Schutz und die Wohlfahrt der Völker dieser Welt; denn die Gottesfurcht treibt den Menschen an, sich fest an das zu halten, was gut ist, und alles Böse zu meiden.

Sollte die Lampe der Religion verdunkelt werden, so werden Chaos und Wirrnis die Folge sein, und die Lichter der Ehrlichkeit, der Gerechtigkeit, der Ruhe und des Friedens werden zu scheinen aufhören.«Q166 »Wisse«, schreibt Er in wieder anderem Zusammenhang, »dass die wahrhaft Weisen die Welt mit dem menschlichen Tempel vergleichen.

Wie der Körper des Menschen eines Gewandes bedarf, sich zu kleiden, so muss der Menschheit Körper mit dem Mantel der Gerechtigkeit und Weisheit geschmückt sein.

Ihr Prachtgewand ist die Offenbarung, die Gott ihr verliehen hat.«Q167
Kein Wunder, dass beklagenswerter Niedergang einsetzt, wenn als Ergebnis menschlicher Verderbtheit das Licht der Religion in den Menschenherzen erlischt, wenn das gottbestimmte Prachtgewand, das den menschlichen Tempel schmücken soll, mit Vorbedacht weggeworfen wird, und kein Wunder, dass dieser Niedergang alle Übel nach sich zieht, die eine widerspenstige Seele zu enthüllen vermag. Die Verderbnis der menschlichen Natur, die Erniedrigung des menschlichen Verhaltens, die Entartung und Auflösung menschlicher Institutionen offenbaren sich unter solchen Umständen in ihren schlimmsten, abstoßendsten Bildern. Der menschliche Charakter wird entwürdigt, jedes Vertrauen wird erschüttert, die Zügel der Disziplin werden locker, die Stimme des menschlichen Gewissens wird zum Schweigen gebracht, der Sinn für Scham und Anstand wird verdunkelt, die Vorstellungen von Pflicht, Zusammenhalt, Gegenseitigkeit und Treue werden verdreht, das Empfinden für Friedfertigkeit, Freude und Hoffnung wird nach und nach ausgelöscht.
Das ist, gestehen wir es uns nur ein, der Zustand, dem sich die einzelnen Menschen und die Institutionen gleichermaßen nähern. »Keine zwei Menschen«, schreibt Bahá’u’lláh, die traurige Lage einer irrenden Menschheit beklagend, »keine zwei Menschen lassen sich finden, von denen man sagen könnte, sie seien äußerlich wie innerlich einig. Die Zeichen der Zwietracht und Bosheit sind überall sichtbar, obgleich alle zu Einklang und Eintracht erschaffen sind.«Q168 »Wie lange«, ruft Er im selben Sendschreiben aus, »will die Menschheit in ihrem Eigensinn verharren? Wie lange wird das Unrecht fortbestehen? Wie lange sollen Chaos und Verwirrung unter den Menschen herrschen? Wie lange wird Zwietracht das Antlitz der Gesellschaft zerwühlen? … Die Winde der Verzweiflung wehen aus jeder Richtung, und der Hader, der das Menschengeschlecht spaltet und peinigt, nimmt täglich zu.«Q169
Der Wiederausbruch der religiösen Unduldsamkeit, der Rassenfeindschaft, der chauvinistischen Anmaßung, die wachsenden Beweise von Selbstsucht, Argwohn, Angst und Betrug, die Ausbreitung des Terrorismus, der Gesetzlosigkeit, der Trunksucht, des Verbrechens, der unstillbare Durst und das fieberhafte Trachten nach weltlichen Nichtigkeiten, Reichtümern und Vergnügungen, die Schwächung der Familienzusammengehörigkeit, die Lockerung der elterlichen Gewalt, das Abgleiten in schwelgerisches Sichgehenlassen, die verantwortungslose Einstellung zur Ehe und ihr zufolge die steigende Flut von Scheidungen, die Entartung von Kunst und Musik, die Vergiftung der Literatur und die Verderbnis der Presse, der wachsende Einfluss und die Geschäftigkeit jener »Propheten des Verfalls«, die für die Kameradschaftsehe eintreten, eine Philosophie der Nacktkultur predigen, Mäßigung ein Hirngespinst nennen, Propheten, welche die Hervorbringung von Kindern als geheiligten Hauptzweck der Ehe ablehnen, die Religion als Opium des Volkes schmähen und, wenn man ihnen freien Lauf ließe, die Menschheit zurück zur Barbarei, zum Chaos und zum schließlichen Erlöschen führen würden – das sind die hervorstechenden Merkmale einer zerfallenden Gesellschaft, die entweder wiedergeboren wird oder umkommen muss.

Der Zusammenbruch der politischen und wirtschaftlichen Struktur

Politisch ist ein ähnlicher Niedergang, ein nicht minder deutlicher Beweis für Auflösung und Wirrnis in der Epoche, in der wir leben, festzustellen — in einer Zeit, die ein künftiger Geschichtsschreiber sehr wohl als Einleitung zu dem großen Zeitalter, dessen goldene Tage wir uns erst in Umrissen vorstellen können, erkennen mag.
Die leidenschaftlichen, gewalttätigen Ereignisse, die sich in den letzten Jahren bis fast zu dem Punkte zugespitzt haben, da die politische und wirtschaftliche Struktur der Gesellschaft völlig zusammenbricht, sind zu zahlreich und zu verwickelt, als dass wir im Rahmen dieses allgemeinen Überblicks versuchen könnten, zu einer angemessenen Bewertung ihrer Wesenszüge zu gelangen. Auch scheinen diese Heimsuchungen, so schmerzlich sie gewesen sein mögen, noch nicht den Höhepunkt erreicht und die volle Wucht ihrer Zerstörungskraft ausgeübt zu haben. Die ganze Welt, wo und wie wir sie auch überblicken, bietet uns das traurige, jämmerliche Schauspiel eines ungeheuren, entkräfteten, im Sterben liegenden Organismus, politisch zerrissen und wirtschaftlich erdrosselt von Kräften, die er nicht mehr kontrollieren oder auch nur begreifen kann. Die Weltwirtschaftskrise, Nachspiel der schlimmsten Gottesgerichte, welche die Menschheit je erlitten hat, die Auflösung des Versailler Systems, das Wiedererstarken des Militarismus in seiner bedrohlichsten Erscheinung, der Fehlschlag ausgedehnter Experimente und das Versagen neugeborener Institutionen vor der Aufgabe, Ruhe und Frieden der Völker, Klassen und Nationen zu sichern, all dies hat die Menschheit bitter enttäuscht und niedergeschlagen. Ihre Hoffnungen sind größtenteils zunichte gemacht, ihre Lebenskraft verebbt, ihr Dasein ist seltsam aus den Fugen geraten, ihre Einheit ist ernstlich gefährdet.
Auf dem europäischen Festland gliedern eingefleischter Hass und wachsender Wettkampf die unglücklichen Völker und Nationen ein weiteres Mal in Fronten, die unerbittlich die schrecklichsten Heimsuchungen herbeizuführen drohen, welche die Menschheit in der ganzen langen Geschichte ihres Martyriums erduldet hat. Auf dem nordamerikanischen Kontinent deuten wirtschaftliche Not, industrielle Zerrüttung, weitverbreitete Unzufriedenheit über die fehlgeschlagenen Versuche, eine unausgeglichene Wirtschaftsstruktur wieder in Ordnung zu bringen, ferner eine unruhige Furcht vor der Möglichkeit politischer Verwicklungen in Europa und in Asien darauf hin, dass eine Entwicklungsphase im Kommen ist, die sich als eine der kritischsten in der Geschichte der amerikanischen Republik erweisen könnte. Asien befindet sich noch weitgehend im Griff einer der schwersten Prüfungen seiner neueren Geschichte und sieht sich nunmehr an seinen östlichen Grenzen bedroht und bestürmt von Mächten, welche die Kämpfe des wachsenden Nationalismus und der fortschreitenden Industrialisierung seiner sich befreienden Volksgruppen zu verstärken trachten. Im Herzen Afrikas flammt das Feuer eines grimmigen, blutigen Krieges, der, wie sein Ausgang auch werden mag, durch seine weltweiten Rückwirkungen einen verwirrenden Einfluss auf die Rassen und die farbigen Nationen der Menschheit ausstrahlt.
Mit nicht weniger als zehn Millionen Mann unter Waffen, gedrillt und ausgebildet im Umgang mit den scheußlichsten Vernichtungsmaschinen, welche die Wissenschaft ersonnen hat, mit dreimal so vielen, die über die Herrschaft fremder Rassen und Regierungen aufgebracht und erzürnt sind, mit einem gleich großen Heer verbitterter Bürger, die sich jene materiellen Güter primitivster Notdurft nicht beschaffen können, welche andere bewusst vernichten, mit einer noch größeren Masse menschlicher Wesen, die unter weiter wachsenden Rüstungslasten ächzen und durch den Zusammenbruch des Welthandels verarmt sind – mit Übelständen wie diesen scheint die Menschheit endgültig in den Vorhof der qualvollsten Zeitspanne ihres Daseins einzutreten.
Muss man sich darüber wundern, dass ein bekannter europäischer Minister kürzlich in einer Erklärung mit Vorbedacht diese Warnung geäußert haben soll: »Wenn in Europa nochmals ein Krieg größeren Umfangs ausbricht, muss das den Zusammenbruch der Zivilisation, wie wir sie kennen, zur Folge haben. In den Worten des verstorbenen Lord Bryce: ›Wenn ihr den Krieg nicht beendet, wird der Krieg euch beenden.‹«Q170 »Das arme Europa ist nervenschwach«, bekundet eine der herausragenden Figuren unter seinen gegenwärtigen Diktatoren. »Es hat seine Erholungsfähigkeit verloren, die Lebenskraft des Zusammenhalts, der Synthese. Ein weiterer Krieg würde uns vernichten.« »Wahrscheinlich«, so schreibt einer der hervorragendsten, gelehrtesten Würdenträger der christlichen Kirche, »muss es einen weiteren großen Konflikt in Europa geben, damit ein für alle Mal eine internationale Gewalt endgültig begründet wird. Dieser Konflikt wird der schrecklichste der schrecklichen werden, und möglicherweise wird unsere Generation bestimmt sein, Hunderttausende von Leben zu opfern.«
Das unglückselige Scheitern sowohl der Abrüstungs- als auch der Wirtschaftskonferenz, die Hemmnisse gegen die Verhandlungen über die Begrenzung der Bewaffnung zur See, der Rückzug zweier der mächtigsten, am schwersten bewaffneten Nationen der Welt aus ihrer Tätigkeit im Völkerbund und ihrer Zugehörigkeit dazu, die Untauglichkeit des parlamentarischen Systems, wie sie die neuesten Entwicklungen in Europa und Amerika bezeugen, die Unfähigkeit der Führer und Vertreter der kommunistischen Bewegung, den vielgepriesenen Grundsatz der Diktatur des Proletariats durch ihr Verhalten zu rechtfertigen, die Gefahren und Entbehrungen, denen die Herrscher der totalitären Staaten in den letzten Jahren ihre Untertanen ausgesetzt haben – all dies beweist über den Schatten eines Zweifels hinaus die Unfähigkeit der heutigen Institutionen, jenes Unheil abzuwenden, das die menschliche Gesellschaft in wachsendem Maße bedroht. Was bleibt da übrig, so mag ein verwirrtes Geschlecht wohl fragen, um die Kluft zu beseitigen, die sich ständig weitet und es jederzeit verschlingen kann?
Auf allen Seiten von sich häufenden Beweisen der Auflösung, des Aufruhrs und des Bankrotts umgeben, beginnen ernsthafte Männer und Frauen aus fast allen Lebensbereichen daran zu zweifeln, dass die Gesellschaft in ihrer jetzigen Organisation sich aus eigener Kraft aus dem Morast ziehen kann, in den sie immer tiefer sinkt.

Außer der Vereinigung der ganzen Menschheit wurde jedes System versucht, immer aufs Neue versucht und für mangelhaft befunden.

Kriege wurden immer wieder ausgetragen, Konferenzen ohne Zahl veranstaltet.

Verträge, Pakte und Bündnisse wurden emsig ausgehandelt, abgeschlossen und neu überarbeitet.

Regierungssysteme wurden geduldig durchgeprüft, beständig neugeformt und voneinander abgelöst.

Pläne des wirtschaftlichen Wiederaufbaus wurden sorgfältig ausgedacht und peinlich genau ausgeführt.

Und dennoch folgte Krise auf Krise.

Die Geschwindigkeit des Niedergangs einer gefährlich schwankenden Welt hat sich entsprechend beschleunigt.

Ein gähnender Abgrund droht satte wie hungrige Nationen, Demokratien wie Diktaturen, Kapitalisten wie Lohnempfänger, Europäer wie Asiaten, Juden wie Heiden, Weiße wie Farbige zu verschlingen.

Eine zornige Vorsehung, so könnte ein Zyniker bemerken, hat einen hilflosen Planeten seinem Verhängnis überlassen und sein Schicksal unwiderruflich besiegelt.

Schmerzgeprüft und enttäuscht, hat die Menschheit zweifellos die Orientierung und, wie es scheint, auch Glauben und Hoffnung verloren.

Schwankend, hirtenlos, blind steht sie am Rande des Unheils.

Ein Gefühl von unabwendbarem Verhängnis scheint sie zu durchdringen.

Immer tieferes Düster senkt sich auf ihr Geschick, während sie immer weiter aus dem Vorhof in die eigentliche Dunkelzone ihres aufgewühlten Lebens hineingleitet.
Und doch: Sollten wir nicht, während die Schatten sich schwarz verdichten, alle Aufmerksamkeit darauf richten, dass Schimmer der Hoffnung immer wieder am internationalen Horizont aufblinken und das Dunkel mindern, das die Menschheit umgibt? Wäre es Lüge zu behaupten, in einer Welt unsteten Glaubens und wirren Denkens, in einer Welt stetig wachsender Kriegsrüstungen, unersättlichen Hasses und Wettkampfes lasse sich der – wenn auch unausgewogene – Fortschritt jener Kräfte, die im Einklang mit dem Zeitgeist arbeiten, bereits ausmachen? Obgleich der Urschrei des Nachkriegs-Nationalismus tagtäglich lauter und aufdringlicher schallt, obgleich der Völkerbund noch im Keimzustand ist, obgleich die Gewitterwolken, die sich zusammenziehen, vorübergehend seine Kräfte völlig verdunkeln und seinen Apparat völlig vernichten mögen, ist doch die Richtung, in der diese Institution wirkt, höchst bedeutungsvoll. Die seit ihrem Anbeginn erhobenen Stimmen, die unternommenen Anstrengungen, die bereits geleistete Arbeit lassen jene Triumphe erahnen, welche die jetzt geschaffene Institution oder eine andere, sie ablösende Körperschaft, zu erringen bestimmt ist.

Bahá’u’lláhs Grundsatz kollektiver Sicherheit

Ein allgemeines Sicherheitsabkommen war das Hauptziel, in welchem diese Bemühungen seit der Geburtsstunde des Völkerbundes zusammenstrebten.

Der Sicherheitspakt, den die Mitglieder des Bundes in seiner ersten Entwicklungsphase erwogen und beraten hatten, die Debatte über das Genfer Protokoll, dessen Erörterung später unter den Nationen innerhalb wie außerhalb des Bundes so heftigen Streit erregte, der darauf folgende Vorschlag für Vereinigte Staaten von Europa und für den wirtschaftlichen Zusammenschluss des Kontinents, und nicht zuletzt die von den Mitgliedern eingeleitete Sanktionspolitik lassen sich als die wichtigsten Marksteine der wechselvollen Geschichte des Völkerbunds betrachten.

Dass nicht weniger als fünfzig Nationen der Welt, alle Mitglieder des Völkerbundes, nach reiflicher Beratung zur Verurteilung einer Angriffshandlung kamen, die einer ihrer Bundesgenossen, eine Großmacht Europas, ihrer Meinung nach vorsätzlich begangen hatte, dass sie sich veranlasst sahen, dieses Urteil zu verkünden, dass sie meistenteils übereinkamen, gemeinsame Sanktionen gegen den verurteilten Angreifer zu verhängen, dass ihnen die Durchführung dieses Beschlusses sehr weitgehend gelang, ist zweifellos ein Ereignis ohnegleichen in der menschlichen Geschichte.

Zum ersten Mal in der Menschheitsgeschichte wurde so das System kollektiver Sicherheit, das Bahá’u’lláh vorhergesagt und ‘Abdu’l-Bahá erläutert hat, ernsthaft erwogen, erörtert und versucht.

Zum ersten Mal in der Geschichte wurde von Amts wegen anerkannt und öffentlich festgestellt, dass für die wirksame Errichtung dieses Systems kollektiver Sicherheit Festigkeit und Anpassungsfähigkeit gleichermaßen vonnöten sind – Festigkeit mit Einschluss des Gebrauchs angemessener Machtmittel als Gewähr für die Wirksamkeit des vorgeschlagenen Systems, Anpassungsfähigkeit des geplanten Apparats, damit er die rechtmäßigen Bedürfnisse und Bestrebungen seiner zu Schaden gekommenen Verfechter sicherstellen kann.

Zum ersten Mal in der Menschheitsgeschichte haben sich die Nationen der Welt um den Versuch gemüht, kollektive Verantwortung auf sich zu nehmen und ihre verbalen Versprechungen durch die wirkliche Vorbereitung für gemeinsame Maßnahmen zu ergänzen.

Und weiter machte sich zum ersten Mal in der Geschichte eine öffentliche Meinung als Bewegung bemerkbar, welche die von den nationalen Führern und Volksvertretern verkündete Entscheidung unterstützte, um kollektive Maßnahmen im Verfolg dieser Entscheidung zu sichern.
Wie klar, wie prophetisch müssen im Lichte der jüngsten internationalen Entwicklungen die Worte klingen, die Bahá’u’lláh geäußert hat: »Seid einig, o Schar der Herrscher dieser Welt, denn dadurch wird der Sturm des Haders unter euch gestillt, und eure Völker finden Ruhe. Sollte einer von euch gegen einen anderen die Waffen ergreifen, so erhebt euch alle gegen ihn, denn dies ist nichts als offenbare Gerechtigkeit.«Q171 »Die Zeit muss kommen«, schreibt Er in Voraussicht der tastenden Bemühungen, die jetzt angestellt werden, »da die gebieterische Notwendigkeit für die Abhaltung einer ausgedehnten, allumfassenden Versammlung der Menschen weltweit erkannt wird. Die Herrscher und Könige der Erde müssen ihr unbedingt beiwohnen, an ihren Beratungen teilnehmen und solche Mittel und Wege erörtern, die den Grund zum Größten Weltfrieden unter den Menschen legen … Sollte ein König die Waffen gegen einen anderen ergreifen, so müssen sich alle vereint erheben und ihn daran hindern.«Q172
»Die Herrscher der Welt«, schreibt ‘Abdu’l-Bahá in Ausarbeitung dieses Themas, »müssen einen verbindlichen Vertrag und einen Bund schließen, dessen Verfügungen eindeutig, unverletzlich und bestimmt sind. Sie müssen ihn der ganzen Welt bekanntgeben und die Bestätigung des gesamten Menschengeschlechts für ihn erlangen … Alle Kräfte der Menschheit müssen frei gemacht werden, um die Dauer und den Bestand dieses größten aller Bündnisse zu sichern … Die Hauptgrundlage dieses feierlichen Vertrages sollte so festgelegt werden, dass bei einer späteren Verletzung einer Bestimmung durch eine Regierung sich alle Regierungen der Erde erheben, um jene wieder zu voller Unterwerfung unter den Vertrag zu bringen, nein, die Menschheit als Ganzes sollte sich entschließen, mit allen ihr zu Gebote stehenden Mitteln jene Regierung zu stürzen.«Q173
So bedeutend und beispiellos das bisher Erreichte auch in der Menschheitsgeschichte dasteht, bleibt es doch ohne jeden Zweifel unermesslich weit hinter den lebensnotwendigen Anforderungen des Systems, das diese Worte voraussehen, zurück.

Dem Völkerbund fehlt noch, wie seine Gegner bemerken, die Weltweite, das Grunderfordernis dauerhaften Erfolges in der wirksamen Erledigung internationaler Streitfragen.

Die Vereinigten Staaten von Amerika, sein Stammvater, haben ihn verschmäht und halten sich abseits, während Deutschland und Japan, die zu seinen mächtigsten Stützen zählten, seine Sache im Stich ließen und ihre Mitgliedschaft niederlegten.

Die gefassten Beschlüsse und die bislang durchgeführten Maßnahmen, so werden andere behaupten, sollten nicht für mehr als eine großartige Geste gehalten werden, kaum jedoch für einen schlüssigen Beweis internationaler Solidarität.

Wieder andere mögen behaupten, dass trotz der verkündeten Entscheidung, trotz der gegebenen Zusagen kollektive Maßnahmen letzten Endes den eigentlichen Zweck verfehlen, dass der Völkerbund selbst zugrunde gehen und von der Flut von Heimsuchungen, die über das ganze Menschengeschlecht kommen müsse, weggespült werde.

Sei es, wie es will, die Bedeutung der bereits unternommenen Schritte ist nicht zu leugnen.

Wie immer die gegenwärtige Rechtslage des Völkerbunds auch sei, was immer seine historische Entscheidung nach sich ziehe, welche Prüfungen und Rückschläge er in nächster Zukunft auch gewärtigen und ertragen muss, die Tatsache bleibt anzuerkennen, dass eine derart wichtige Entscheidung einen der bedeutendsten Meilensteine auf dem langen, mühseligen Weg darstellt, der den Bund zu seinem Endziel führen muss: der Stufe, auf der die Einheit der gesamten Körperschaft der Nationen zum Leitgrundsatz des internationalen Lebens gemacht sein wird.
Dieser historische Schritt ist jedoch nur ein matter Schimmer in dem Dunkel, das eine aufgewühlte Menschheit umhüllt. Wohl kann er sich gar nur als ein kurzes Aufleuchten, ein flüchtiger Schein inmitten immer tieferer Wirrnis erweisen. Unerbittlich muss der Prozess der Auflösung weitergehen, muss seinen ätzenden Einfluss immer tiefer ins Mark eines hinfälligen Zeitalters hineintreiben. Viel Leid wird nötig sein, ehe die streitenden Nationen, Bekenntnisse, Klassen und Rassen der Menschheit im Schmelztiegel weltweiter Heimsuchung verschmolzen und im Feuer eines grimmigen Gottesgerichts zu einem organischen Gemeinwesen, einem großen, geeinten, harmonisch arbeitenden System geschmiedet sein werden. Unvorstellbar schreckliche Not, ungeahnte Krisen und Aufstände, Krieg, Hunger und Pestilenz mögen sich wohl vereinen, um in die Seele eines achtlosen Geschlechts jene Wahrheiten und Grundsätze einzugraben, die anzuerkennen und zu befolgen es verschmäht hat. Eine Lähmung, schmerzlicher als jede, die sie bis jetzt erlitten hat, muss das Gewebe einer zerbrochenen Gesellschaft durchschaudern und heimsuchen, ehe sie neu erbaut und wiedergeboren werden kann.
»Die von den gelehrten Größen der Kunst und der Wissenschaft so oft gepriesene Zivilisation«, schreibt Bahá’u’lláh, »wird großes Unglück über die Menschen bringen, wenn man ihr gestattet, die Grenzen der Mäßigung zu überschreiten … Ins Übermaß gesteigert, wird sich die Zivilisation als eine ebenso ergiebige Quelle des Übels erweisen, wie sie, in den Schranken der Mäßigung gehalten, eine Quelle des Guten war … Es naht der Tag, da ihre Flamme die Städte verschlingt, da die Zunge der Größe verkündet: ›Das Reich ist Gottes, des Allmächtigen, des Allgepriesenen!‹«Q174»Seit dem Augenblick, da die Súriy-i-Ra’ísA50 offenbart wurde«, so erklärt Er weiter, »bis auf den heutigen Tag ist weder die Welt zur Ruhe gekommen noch sind die Herzen ihrer Bewohner in Frieden gewesen … Ihre Krankheit nähert sich dem Zustand äußerster Hoffnungslosigkeit, da der wahre Arzt gehindert wird, das Heilmittel zu reichen, während man ungeübte Quacksalber mit Wohlgefallen sieht und ihnen volle Handlungsfreiheit gewährt.

Der Staub des Aufruhrs umwölkt der Menschen Herzen und blendet ihre Augen.

Bald werden sie die Folgen dessen sehen, was ihre Hände am Tage Gottes bewirkt haben.«Q175 »Dies ist der Tag«, schreibt Er weiter, »da die Erde ihre Botschaft preisgeben soll.

Die Übeltäter sind ihr eine Last … Der Rufer hat gerufen, und die Menschen wurden hinweg gefegt, so groß war Seines Zornes Rasen.

Das Volk zur Linken seufzt und klagt.

Das Volk zur Rechten aber wohnt in herrlichen Gemächern.

Sie trinken den Wein, der wahrhaft Leben ist, aus den Händen des Allbarmherzigen, und sie sind, wahrlich, die Glückseligen.«Q176

Die Gemeinde des Größten Namens

Wer anders können die Glückseligen sein, wenn nicht die Gemeinde des Größten Namens, deren weltumfassende, ständig mehr gefestigte Wirksamkeit den eigentlichen Integrationsprozess darstellt in einer Welt, deren weltliche wie geistliche Institutionen sich meistenteils auflösen? Sie sind wahrlich »das Volk zur Rechten«Q177, dessen »herrliche Gemächer« auf den Grundmauern der Weltordnung Bahá’u’lláhs errichtet sind, der Arche ewigen Heils an diesem schrecklichsten aller Tage. Sie allein unter allen Geschlechtern auf Erden können inmitten der Wirrnis einer stürmischen Zeit erkennen, wie die Hand des göttlichen Erlösers den Lauf der Dinge vorzeichnet und die Geschicke lenkt. Sie allein wissen um das stille Wachstum jener geordneten Weltverfassung, deren Stoff sie selbst weben.
Im Bewusstsein ihrer hohen Berufung, im Vertrauen auf die gesellschaftsbildende Macht ihres Glaubens, drängen sie unerschrocken vorwärts, unverzagt bemüht, die notwendigen Werkzeuge für die Aufzucht und Entwicklung der keimhaften Weltordnung Bahá’u’lláhs zu schmieden und zu vervollkommnen. Das ist der langsame, unaufdringliche Aufbauvorgang, dem das gesamte Leben der weltweiten Bahá’í-Ge-meinschaft geweiht ist. Er verkörpert die einzige Hoffnung einer todkranken Gesellschaft; denn dieser Vorgang wird vorangetrieben durch den schöpferischen Einfluss des unveränderlichen göttlichen Willens, und er entfaltet sich im Rahmenwerk der Gemeindeordnung Seines Glaubens.
In einer Welt, deren Gefüge politischer und gesellschaftlicher Institutionen schadhaft, deren Gewissen irregeführt ist, deren Religionssysteme blutleer geworden sind und ihre Tugendkraft verloren haben, hat nun dieses heilende Mittel, diese den Teig durchsäuernde Macht, diese zementierende Kraft, allbelebend und alldurchdringend, Gestalt angenommen. Sie verdichtet sich in Institutionen, mobilisiert ihre Kräfte und bereitet sich für die geistige Eroberung und völlige Erlösung der Menschheit. Mag die Gemeinschaft, die solche Ideale verkörpert, auch klein sein, mag der unmittelbare, greifbare Nutzen, den sie stiftet, auch noch unbedeutend sein, so sind doch die Möglichkeiten, mit denen sie ausgestattet ist und durch die sie den einzelnen Menschen zur Wiedergeburt, die zerbrochene Welt zum Wiederaufbau zu führen bestimmt ist, völlig unabsehbar.
Fast ein Jahrhundert lang konnte diese Gemeinschaft inmitten des Lärms und des Aufruhrs einer außer sich geratenen Zeit, trotz der ununterbrochenen Verfolgungen, denen ihre Führer, ihre Institutionen und ihre Anhänger ausgesetzt waren, ihre Identität wahren, ihre innere Kraft und Stärke mehren, ihre organische Einheit behaupten, ihre Gesetze und Grundsätze rein erhalten, ihre Verteidigungsanlagen bauen, ihre Institutionen erweitern und festigen. Zahlreich und mächtig waren die Kräfte, die von innen wie von außen, in fernen Landen und im nahen Umkreis, ihr Licht zu löschen und ihren heiligen Namen zu tilgen suchten. Manche haben sich von ihren Grundsätzen abgekehrt und ihre Sache schmählich verraten. Andere haben gegen sie die zornigsten Bannflüche geschleudert, deren erbitterte Führer kirchlicher Institutionen fähig sind. Wieder andere haben Trübsale und Demütigungen auf sie gehäuft, wie sie nur eine unumschränkte Obrigkeit in der Fülle ihrer Macht verhängen kann.
Das Äußerste, was ihre offenen und geheimen Feinde zu erreichen hoffen konnten, war eine Verzögerung ihres Wachstums und eine vorübergehende Verdunkelung ihrer Ziele. Was sie aber wirklich erreichten, war, dass ihr Leben geläutert, gereinigt und zu noch größerer Tiefe angeregt wurde, dass ihre Seele förmlich galvanisiert wurde, ihre Institutionen ausgeputzt, ihre Einheit verfestigt. Ein Schisma, eine bleibende Kluft in der großen Körperschaft ihrer Anhänger, konnten die Feinde nie schaffen.
Die Verräter an der Sache Gottes, die Lauen und Verzagten unter ihren Anhängern, welkten dahin und fielen wie dürre Blätter ab, ohne die Macht, ihren Strahlenglanz zu umwölken oder ihren Bau zu gefährden. Ihre unerbittlichsten Feinde, die Angreifer von außen, wurden aus ihren Machtstellungen gestürzt und auf die erstaunlichste Weise von ihrem Schicksal ereilt. Persien war das erste Land, das die Sache Gottes unterdrückte und bekämpfte, und Persiens Monarchen waren elend zugrunde gegangen, ihr Herrscherhaus war zusammengebrochen, ihr Name wurde verflucht, die Geistlichkeit, die mit ihnen verbündet war und ihren Staat im Niedergang gestützt hatte, war gänzlich in Verruf geraten. Die Türkei, die den Begründer dieser Sache dreimal verbannt und Ihm Seine grausame, lebenslange Kerkerhaft auferlegt hatte, war durch eines der schwersten Gottesgerichte, eine der folgenreichsten Revolutionen ihrer Geschichte gegangen und von einem der mächtigsten Großreiche zu einer bescheidenen asiatischen Republik zusammengeschrumpft. Ihr Sultanat war ausgelöscht, ihr Herrscherhaus gestürzt, ihr Khalífat, die mächtigste Institution des Islám, abgeschafft.
Unterdessen schritt der Glaube, welcher Gegenstand so ungeheurer Verrätereien, Ziel so schmerzlicher Angriffe gewesen war, von Erfolg zu Erfolg, unerschrocken und ungespalten durch die Wunden, die er einstecken musste. Mitten in den Heimsuchungen begeisterte er seine getreuen Anhänger mit einer Entschlossenheit, die kein noch so furchtbares Hindernis untergraben konnte. In ihren Herzen hatte er eine Zuversicht entzündet, wie sie kein noch so finsteres Unglück mehr zu löschen in der Lage war. Ihren Herzen hatte er eine Hoffnung eingegeben, die keine noch so entschlossene Macht mehr erschüttern konnte.

Eine Weltreligion

Der Glaube Bahá’u’lláhs hat aufgehört, sich als eine Bewegung zu verstehen, als eine Bruderschaft oder dergleichen – Bezeichnungen, die seinem stetig sich entfaltenden System grobes Unrecht getan haben. Er rückt ab von Benennungen wie Bábí-Sekte, asiatischer Kult und Ableger des shí‘itischen Islám, womit ihn die Unwissenden und Böswilligen zu behängen pflegten. Er lehnt es ab, als bloße Lebensphilosophie, als eklektisches System sittlicher Lebensführung, ja selbst als nur eine neue Religion etikettiert zu werden. Vielmehr beweist der Glaube Bahá’u’lláhs nunmehr mit sichtbarem Erfolg seinen Anspruch und sein Anrecht auf Anerkennung als eine Weltreligion, dazu bestimmt, in der Fülle der Zeit die Stellung eines weltumfassenden Gemeinwesens einzunehmen, das gleichzeitig Werkzeug und Hüter des von seinem Begründer angekündigten Größten Friedens ist. Weit davon entfernt, die Vielzahl der bestehenden Religionssysteme vermehren zu wollen, deren gegensätzliche Treuepflichten viele Menschenalter hindurch den Frieden der Menschheit gestört haben, vermittelt dieser Glaube jedem seiner Anhänger eine neue Liebe für die verschiedenen Religionen, die in seinem Bereich vertreten sind, und für die Einheit, die ihnen allen zugrunde liegt.
»Er ist wie eine weite Umarmung«, so das Zeugnis einer KöniginA51 für den Anspruch und die Stellung dieses Glaubens, »eine Umarmung, die alle jene zusammenführt, welche lange nach Worten der Hoffnung gesucht haben. Er anerkennt alle großen Propheten, die ihm vorangegangen sind, reißt keine anderen Glaubensbekenntnisse nieder und lässt alle Türen offen.«Q178 »Die Bahá’í-Lehre«, schreibt sie weiter, »bringt der Seele Frieden und dem Herzen Hoffnung. Wer nach Gewissheit sucht, dem sind die Worte des Vaters wie ein Springquell in der Wüste nach langer Wanderschaft.«Q179 »Ihre Schriften«, bezeugt sie in einer anderen Erklärung mit Bezug auf Bahá’u’lláh und ‘Abdu’l-Bahá, »sind ein großer Ruf zum Frieden, der über alle Grenzpfähle hinausreicht und alle Meinungsverschiedenheiten wegen Riten und Dogmen übersteigt … Es ist eine wundersame Botschaft, die Bahá’u’lláh und Sein Sohn ‘Abdu’l-Bahá uns gegeben haben. Beide haben diese Botschaft nicht aggressiv aufgemacht, weil sie wussten, dass der Keim ewiger Wahrheit, der in ihrem Innersten liegt, Wurzeln schlagen und sich ausdehnen muss.«Q180 »Wenn je der Name Bahá’u’lláhs oder ‘Abdu’l-Bahás«, so ihre abschließende Mahnung, »Ihnen zur Kenntnis kommt, legen Sie ihre Schriften nicht beiseite! Durchforschen Sie ihre Bücher, lassen Sie ihre herrlichen, friedebringenden, liebeschaffenden Worte und Lehren in Ihr Herz dringen, wie sie in das meinige gedrungen sind.«Q181
Kraft seiner schöpferischen, steuernden, veredelnden Energien hat der Glaube Bahá’u’lláhs die vielerlei Rassen, Nationalitäten, Glaubensbekenntnisse und Gesellschaftsschichten, die seinen Schatten gesucht und seiner Sache unverbrüchliche Lehenstreue gelobt haben, einander angeglichen.

Er hat die Herzen seiner Anhänger gewandelt, ihre Vorurteile hinweggeschmolzen, ihre Leidenschaften gestillt, ihren Lebensstil gehoben, ihre Beweggründe veredelt, ihre Bemühungen aufeinander abgestimmt, ihre Erwartungen umgestaltet.

Ihre Vaterlandsliebe haben die Anhänger Bahá’u’lláhs bewahrt.

Ihre nachgeordneten Treuepflichten haben sie abgesichert, aber darüber hinaus hat sie ihr Glaube zu Liebenden der Menschheit und zu festen Stützen für deren besten, wahrsten Interessen gemacht.

Ihren Glauben an den göttlichen Ursprung ihrer jeweiligen Religionen haben sie sich unversehrt erhalten, aber darüber hinaus hat sie ihre neue Überzeugung befähigt, sich von dem Zweck, der diesen Religionen zugrunde liegt, ein Bild zu machen, deren besonderen Verdienste, Aufeinanderfolge, wechselseitige Abhängigkeit, Ganzheit und Einheit wahrzunehmen und das Band anzuerkennen, das sie mit ihrem neuen Glauben lebendig verknüpft.

Die allumfassende, überragende Liebe der Anhänger des Bahá’í-Glaubens für ihre Mitmenschen, gleich welcher Rasse, welchen Bekenntnisses, welcher Klasse oder Nation, ist weder geheimnisvoll noch könnte man sagen, sie sei künstlich aufgeputscht.

Sie ist spontan und echt.

Wessen Herz vom kraftspendenden Einfluss der schöpferischen Liebe Gottes erwärmt ist, der liebt Gottes Geschöpfe um Gottes willen und erkennt in jedem menschlichen Antlitz ein Zeichen Seiner widerstrahlenden Herrlichkeit.
Von solchen Männern und Frauen kann in Wahrheit gesagt werden, für sie sei »jedes fremde Land ein Vaterland, und jedes Vaterland ein fremdes Land«Q182. Denn ihr Bürgerrecht – das muss festgehalten werden – ist das Königreich Bahá’u’lláhs. Durchaus willens, an den zeitlichen Segnungen und flüchtigen Freuden dieses irdischen Lebens bis zum letzten teilzuhaben, durchaus darauf bedacht, an jeder Tätigkeit für Reichtum, Glück und Frieden dieses Erdenlebens mitzuwirken, können sie doch keinen Augenblick lang vergessen, dass es sich hier nur um einen vorübergehenden, nur um einen kurzen Abschnitt ihres Daseins handelt, dass jene, die diesen Abschnitt durchleben, nur Pilger und Wanderer sind, deren Ziel die Himmlische Stadt und deren Heimat das Land unversieglicher Freude und Herrlichkeit ist.
Ihren jeweiligen Regierungen treu ergeben, an allen Fragen, die deren Sicherheit und Wohlfahrt berühren, ernsthaften Anteil nehmend, auf ihren eigenen Beitrag zur Förderung der besten Interessen ihrer Regierungen bedacht, glauben die Anhänger Bahá’u’lláhs dennoch fest, dass Gott die Sache, für die sie einstehen, hoch über die Stürme, Spaltungen und Gegensätze der politischen Kampfbahn erhoben hat. Sie erfassen ihren Glauben als dem Wesen nach unpolitisch, supranational, streng unparteiisch und völlig losgelöst von nationalistischen Ambitionen, Bestrebungen und Plänen. Solch ein Glaube kennt keine Teilung in Klassen oder Parteien. Ohne Zögern, ohne Zweideutigkeit ordnet er jedes Sonderinteresse persönlicher, regionaler oder nationaler Art den alles überragenden Interessen der Menschheit unter, fest davon überzeugt, dass in einer Welt gegenseitig abhängiger Völker und Nationen das Wohl des Teils am besten durch das Wohl des Ganzen zu erreichen ist und dass der Teil keinen bleibenden Nutzen gewinnen kann, wenn das allgemeine Wohl des Ganzen bestritten oder vernachlässigt wird.
Kein Wunder, dass die Feder Bahá’u’lláhs in der Vorausschau auf den gegenwärtigen Zustand der Menschheit offenbarte: »Ruhm gebührt nicht dem, der sein eigenes Land liebt, sondern dem, der die ganze Welt liebt. Die Erde ist nur ein Land, und alle Menschen sind seine Bürger.«Q183 Und wiederum: »Der wahrlich ist Mensch, der sich heute dem Dienste an der ganzen Menschheit weiht.«Q184 »Durch die Macht, die mit diesen erhabenen Worten entfesselt worden ist, hat Er den Vögeln der Menschenherzen frischen Schwung und neue Richtung gegeben und jede Spur von Vorbehalt und Grenze aus Gottes Heiligem Buch getilgt.«Q185
Mehr noch: Ihr Glaube ist nach der festen Überzeugung der Bahá’í überkonfessionell, nicht sektiererisch, und völlig getrennt von jedem Kirchensystem, einerlei, welcher Form, welchen Ursprungs oder welcher Tätigkeit es auch sei. Keine kirchliche Organisation mit den ihr eigenen Glaubensbekenntnissen, Überlieferungen, Begrenzungen und beschränkten Erwartungen lässt sich – ebenso wenig wie alle bestehenden politischen Gruppierungen, Parteien, Systeme und Programme – als nach allen Gesichtspunkten vereinbar mit den Hauptlehren des Bahá’í-Glaubens bezeichnen. Manche dieser Grundsätze und Ideale, wie sie politische und kirchliche Institutionen beseelen, kann jeder gewissenhafte Anhänger des Glaubens Bahá’u’lláhs ohne Zweifel bereitwillig unterschreiben, aber mit keiner dieser Institutionen kann er sich identifizieren, noch kann er deren Glaubensbekenntnisse, Grundsätze und Programme vorbehaltlos unterzeichnen.
Wie könnte ein Glaube – das sollte weiterhin bedacht werden –, dessen gottgewollte Institutionen im Rechtsbereich von nicht weniger als vierzig verschiedenen Ländern begründet sind, Ländern, deren Regierungspolitik und Interessen ständig aneinanderstoßen und Tag für Tag wirrer und verwickelter werden, – wie könnte ein solcher Glaube erfolgreich die Unversehrtheit seiner Lehren und die Einheit seiner Anhänger wahren, wenn er diesen gestattete, sich einzeln oder organisiert durch ihre Räte auf politische Betätigungen einzulassen? Wie könnte er die kraftvolle, ununterbrochene, friedliche Entwicklung seiner sich ausbreitenden Institutionen sichern? Wie könnte ein Glaube, den seine Verzweigungen mit gegenseitig unvereinbaren Religionssystemen, Sekten und Bekenntnissen in Berührung gebracht haben, die unbedingte Ergebenheit derer beanspruchen, die er in sein gottbestimmtes System einzugliedern sucht, wenn er seinen Anhängern erlaubte, in überholte Bräuche und Lehren einzuwilligen? Wie könnte er die fortgesetzten Reibereien, Missverständnisse und Streitigkeiten vermeiden, die sich aus einer formellen Angliederung – im Unterschied zu einem geselligen Umgang – unvermeidlich ergäben?
Diese leitenden und steuernden Grundsätze des Bahá’í-Glaubens zu verfechten und umsichtig anzuwenden, sehen sich die Vertreter der Sache Bahá’u’lláhs in dem Maße gehalten, wie sich ihre Gemeindeordnung erweitert und festigt. Die Erfordernisse eines langsam kristallisierenden Glaubens auferlegen ihnen eine Verpflichtung, die sie nicht umgehen, eine Verantwortung, der sie sich nicht entziehen können.
Auch vergessen sie nicht die gebieterische Notwendigkeit, die Gesetze, welche Bahá’u’lláh gegeben hat – im Unterschied zu Seinen Leit- und Grundsätzen – zu verfechten und anzuwenden, bilden doch Gesetze und Grundsätze zusammen Kette und Schuss jener Institutionen, auf denen der Bau Seiner Weltordnung letzten Endes ruhen muss. Um ihre Nützlichkeit und Wirksamkeit darzulegen, um sie auszuführen und anzuwenden, ihre Unversehrtheit zu wahren, ihre Folgerungen zu begreifen und ihre öffentliche Verbreitung zu ermöglichen, entfalten die Bahá’í-Gemeinden im Osten und neuerdings im Westen äußerste Anstrengungen und sind nötigenfalls zu allen verlangten Opfern bereit. Der Tag mag nicht mehr fern sein, da in gewissen Ländern des Ostens, in denen die Religionsgemeinschaften standesamtliche Rechte üben, die Bahá’í-Räte berufen sein werden, die Pflichten und Verantwortlichkeiten amtlich verfasster Bahá’í-Gerichtshöfe zu übernehmen. Sie werden dann bevollmächtigt sein, in Sachen wie Eheschließung, Scheidung und Erbschaft innerhalb ihres jeweiligen Rechtsbereichs und mit Genehmigung der Zivilbehörden solche Gesetze und Verordnungen auszuführen und anzuwenden, die ausdrücklich in ihrem Heiligsten Buche vorgesehen sind.
Über solche Strömungen und Tätigkeiten hinaus, wie sie die Entwicklung jetzt zeigt, hat der Glaube Bahá’u’lláhs auf anderen Gebieten, wo immer der Glanz seines Lichtes in die Tiefe gedrungen ist, die Kraft seines inneren Zusammenhalts, seiner Integrationsfähigkeit, seines unbesiegbaren Geistes unter Beweis gestellt.

Die Errichtung und Einweihung des Hauses der Andacht im Herzen des nordamerikanischen Erdteils, der Aufbau und die Vermehrung der Verwaltungssitze im Lande seiner Geburt und in den Nachbarstaaten, die Gestaltung der gesetzlichen Werkzeuge für die Sicherung und Leitung des Gemeinschaftslebens in seinen Institutionen, die Ansammlung ausreichender materieller wie kultureller Hilfsmittel auf jedem Kontinent des Erdballs, die Stiftungen, die der Glaube in nächster Umgebung der Schreine an seinem Weltzentrum begründet hat, die Bemühungen um die Sammlung, Beglaubigung und systematische Ordnung der Schriften seiner Begründer, die Maßnahmen für den Erwerb jener historischen Stätten, die mit dem Leben seines Vorläufers und seines Begründers, seiner Helden und Märtyrer verknüpft sind, die Grundlagen, die für die allmähliche Bildung und den Bau seiner Erziehungs-, Kultur- und Sozialeinrichtungen gelegt worden sind, die tatkräftigen Bemühungen um die Sicherung der besonderen Wesensart, die Anregung der Initiative und die Zuordnung der weltweiten Tätigkeiten seiner Jugend, die außergewöhnliche Lebenskraft, mit der seine tapferen Verteidiger, seine gewählten Vertreter, seine Reiselehrer und seine bahnbrechenden Verwalter seine Sache vertreten, seine Grenzpfähle weitertragen, sein Schrifttum bereichern und die Grundlagen seiner geistigen Eroberungen und Triumphe stärken, die Anerkennung, welche die Zivilbehörden in gewissen Fällen der Körperschaft ihrer örtlichen und nationalen Vertreter zu zollen veranlasst wurden, wodurch jene in der Lage waren, ihre Räte gesetzlich einzutragen, ihre Hilfsinstitutionen aufzubauen und ihre Stiftungen rechtlich abzusichern, die Vergünstigungen, welche jene selben Behörden den Schreinen dieses Glaubens, seinen geweihten Bauten und seinen Erziehungseinrichtungen gewährten, die entschlossene Begeisterung, mit der gewisse schwergeprüfte und gequälte Gemeinden ihre Tätigkeiten wieder aufnehmen, die spontane Anerkennung, die eine Königin, Prinzen, Staatsmänner und Gelehrte der Erhabenheit seiner Sache und der Stufe seines Begründers zollten – diese und viele andere Erscheinungen beweisen über jeden Zweifel hinaus die Kraft und Fähigkeit, mit der der Glaube Bahá’u’lláhs jenen zerstörerischen Einflüssen entgegenwirkt, denen Religionssysteme, sittliche Maßstäbe, politische und gesellschaftliche Institutionen ansonsten ausgesetzt sind.
Von Island bis Tasmanien, von Vancouver bis zum chinesischen Meer breitet sich der Glanz und dehnen sich die Verzweigungen dieses weltumspannenden Systems, dieser vielfarbigen, festverknüpften Bruderschaft. Jedem Mann und jeder Frau, die es für seine Sache gewonnen hat, vermittelt dieses System eine Hoffnung und eine Tatkraft, wie sie ein eigensinniges Geschlecht seit langem verloren hat und wieder zu erlangen machtlos ist. Jene, die über die unmittelbaren Geschicke dieser gepeinigten Welt die Aufsicht führen, für ihren chaotischen Zustand, ihre Ängste, Zweifel und Trübsale verantwortlich sind, tun in ihrer Verwirrung gut daran, ihr Augenmerk auf die Beweise dieser rettenden Gnade des Allmächtigen zu lenken und in ihrem Herzen darüber nachzudenken – einer Gnade, die ihre eigene Last erleichtern, ihre Verlegenheit beseitigen, ihren Pfad erleuchten kann.

Göttliche Vergeltung

Das ganze Menschengeschlecht stöhnt und schmachtet danach, zur Einheit geführt zu werden und sein lange Zeitalter währendes Martyrium zu beenden. Und dennoch weigert es sich hartnäckig, das Licht aufzunehmen und die souveräne Amtsgewalt jener einzigen Macht anzuerkennen, die es aus seinen Verwicklungen befreien und das leidvolle Unheil abwenden kann, das es in den Abgrund zu reißen droht.
Schicksalsträchtig ist in der Tat die Stimme Bahá’u’lláhs, die aus diesen prophetischen Worten klingt: »O Völker der Welt! Wisset wahrlich, dass unerwartetes Unheil euch verfolgt und schmerzliche Vergeltung euer harrt. Wähnet nicht, was ihr begangen habt, sei vor Meinem Angesicht getilgt.«Q186 Und wiederum: »Wir haben euch eine Frist gesetzt, o Völker. Wenn ihr versäumt, euch bis zur festgesetzten Stunde Gott zuzuwenden, wird Er wahrlich gewaltig Hand an euch legen und schwere Leiden von allen Seiten über euch kommen lassen. Wie streng ist fürwahr die Züchtigung, mit der euer Herr euch dann züchtigen wird!«Q187
Muss die Menschheit wirklich, gepeinigt wie sie schon ist, noch schlimmer von Drangsalen befallen werden, ehe deren läuternder Einfluss sie für den Eintritt in das himmlische Königreich, das auf Erden errichtet werden soll, vorbereiten kann? Muss der Beginn eines so großen, so einzigartigen, so erleuchteten Zeitalters angekündigt werden durch eine Katastrophe in den menschlichen Angelegenheiten von solchen Ausmaßen, dass sie den entsetzlichen Zusammenbruch der römischen Kultur in den ersten Jahrhunderten des christlichen Zeitalters in Erinnerung ruft, ja übertrifft? Muss eine Folge tiefgreifender Erschütterungen das Menschengeschlecht rütteln und schütteln, ehe Bahá’u’lláh im Herzen und Gewissen der Massen auf den Thron gesetzt werden kann, ehe Seine Überlegenheit allgemein und unumstritten anerkannt wird, ehe das edle Bauwerk Seiner Weltordnung aufgeschlagen und errichtet wird?
Die langen Zeiten der Kindheit und der Minderjährigkeit, welche die Menschheit zu durchschreiten hatte, sind in den Hintergrund getreten. Die Menschheit erlebt jetzt die Erregungen, die unabänderlich mit der stürmischsten Stufe ihrer Entwicklung, dem Jünglingsalter, verbunden sind. In dieser Zeit erreichen jugendliche Unbändigkeit und Heftigkeit den Höhepunkt; sie müssen Schritt für Schritt von der Ruhe, der Weisheit und der Vollendung abgelöst werden, welche die Stufe des Mannesalters kennzeichnen. Dann wird das Menschengeschlecht jene Gestalt der Reife erlangen, die es befähigen wird, alle die Kräfte und Fähigkeiten zu erwerben, von denen seine Entwicklung letztlich abhängt.

Welteinheit ist das Ziel

Die Vereinigung der ganzen Menschheit ist das Kennzeichen der Stufe, der sich die menschliche Gesellschaft heute nähert. Die Einheit der Familie, des Stammes, des Stadtstaates und der Nation ist nacheinander in Angriff genommen und völlig erreicht worden. Welteinheit ist das Ziel, dem eine gequälte Menschheit zustrebt. Der Aufbau von Nationalstaaten ist zu einem Ende gekommen. Die Anarchie, die der nationalstaatlichen Souveränität anhaftet, nähert sich heute einem Höhepunkt. Eine Welt, die zur Reife heranwächst, muss diesen Fetisch aufgeben, die Einheit und Ganzheit der menschlichen Beziehungen erkennen und ein für alle Mal den Apparat aufrichten, der diesen Leitgrundsatz ihres Daseins am besten zu verkörpern vermag.
»Neues Leben«, verkündet Bahá’u’lláh, »regt sich in diesem Zeitalter bei allen Völkern der Erde, und doch hat niemand seine Ursache entdeckt oder seinen Antrieb wahrgenommen.«Q188 »O ihr Menschenkinder«, redet Er Seine Zeitgenossen an, »die Grundabsicht, die den Glauben Gottes und Seine Religion beseelt, ist, das Wohl des Menschengeschlechts zu sichern und seine Einheit zu fördern … Dies ist der gerade Pfad, die feste, unverrückbare Grundlage. Was immer auf diese Grundlage gebaut wird, dessen Stärke können Wandel und Wechsel der Welt nie beeinträchtigen, noch wird der Ablauf zahlloser Jahrhunderte seinen Bau untergraben.«Q189 »Die Wohlfahrt der Menschheit«, erklärt Er, »ihr Friede und ihre Sicherheit sind unerreichbar, wenn und bevor nicht ihre Einheit fest begründet ist.«Q190 »So mächtig ist das Licht der Einheit«, so lautet Sein weiteres Zeugnis, »dass es die ganze Erde zu erleuchten vermag. Der eine wahre Gott, der alle Dinge kennt, bezeugt die Wahrheit dieser Worte … Dieses Ziel überragt jedes andere Ziel, und dieses Streben ist der Fürst allen Strebens.«Q191 »Er, der euer Herr ist, der Allerbarmer«, so hat Er ferner geschrieben, »hegt in Seinem Herzen den Wunsch, die ganze Menschheit als eine Seele und einen Körper zu sehen. Eilt, euren Anteil an Gottes Huld und Barmherzigkeit zu erlangen an diesem Tage, der alle anderen erschaffenen Tage in den Schatten stellt.«Q192
Die Einheit des Menschengeschlechts, wie sie Bahá’u’lláh vorausschaut, umschließt die Begründung eines Weltgemeinwesens, in welchem alle Nationen, Rassen, Glaubensbekenntnisse und Klassen eng und dauerhaft vereint, die Autonomie seiner nationalstaatlichen Glieder sowie die persönliche Freiheit und Selbständigkeit der einzelnen Menschen, aus denen es gebildet ist, ausdrücklich und völlig gesichert sind.

Dieses Gemeinwesen muss, soweit wir es uns vorstellen können, aus einer Weltlegislative bestehen, deren Mitglieder als Treuhänder der ganzen Menschheit die gesamten Ressourcen aller Mitgliedstaaten überwachen.

Sie muss die erforderlichen Gesetze geben, um das Leben aller Rassen und Völker zu steuern, ihre Bedürfnisse zu befriedigen und ihre wechselseitigen Beziehungen anzupassen.

Eine Weltexekutive, gestützt auf eine internationale Streitmacht, wird die Beschlüsse jener Weltlegislative ausführen, deren Gesetze anwenden und die organische Einheit des ganzen Gemeinwesens sichern.

Ein Weltgerichtshof wird seine bindende, endgültige Entscheidung in sämtlichen Streitfragen, die zwischen den vielen Gliedern dieses allumfassenden Systems auftreten können, fällen und zustellen.

Ein Netzwerk weltweiter Kommunikation wird ersonnen werden; es wird den ganzen Erdball umspannen und, von allen nationalen Hindernissen und Beschränkungen frei, mit wunderbarer Schnelligkeit und vollkommener Pünktlichkeit ablaufen.

Eine Welthauptstadt wird als Nervenzentrum einer Weltzivilisation und als Brennpunkt wirken, in dem die einigenden Lebenskräfte zusammenlaufen und von dem ihre kraftbringenden Einflüsse ausstrahlen werden.

Eine Weltsprache wird entweder geschaffen oder unter den bestehenden Sprachen ausgewählt und in den Schulen aller verbündeten Nationen als ein Hilfsmittel neben der jeweiligen Muttersprache gelehrt werden.

Eine Weltschrift, eine Weltliteratur, ein einheitliches, allumfassendes Währungs-, Gewichts- und Maßsystem werden den Verkehr und die Verständigung unter den Nationen und Rassen der Menschheit vereinfachen und erleichtern.

In dieser Weltgesellschaft werden Wissenschaft und Religion, die beiden gewaltigsten Kräfte im menschlichen Leben, in Einklang gebracht sein; sie werden zusammenwirken und sich harmonisch entwickeln.

Die Presse wird in einem solchen System der Darlegung der verschiedenen Ansichten und Überzeugungen der Menschheit vollen Spielraum gewähren, aber nicht mehr durch althergebrachte Interessen, seien sie persönlicher oder allgemeiner Natur, unheilvoll gelenkt sein; vom Einfluss streitender Regierungen und Völker wird sie befreit sein.

Die wirtschaftlichen Hilfsmittel der Welt werden organisiert, ihre Rohstoffquellen erschlossen und restlos nutzbar gemacht, ihre Märkte aufeinander abgestimmt und entwickelt, die Verteilung ihrer Erzeugnisse unparteiisch geregelt werden.
Nationale Rivalität, Hass und Intrigen werden aufhören, Feindseligkeiten und Rassenvorurteile werden durch Freundschaft, Verständigung und Zusammenarbeit ersetzt werden. Die Ursachen religiöser Zwistigkeiten werden für immer aus dem Wege geräumt werden; wirtschaftliche Schranken und Hindernisse werden völlig beseitigt, der maßlose Klassenunterschied verwischt werden. Mangel auf der einen Seite und unmäßige Anhäufung von Eigentumsrechten auf der anderen Seite werden verschwinden. Die ungeheuren Kräfte, die für die wirtschaftliche oder politische Kriegsführung verzettelt und vergeudet werden, fließen Zwecken zu, welche die Reichweite menschlicher Erfindungen erweitern, die technische Entwicklung fördern, die Produktivität der Menschheit steigern, Krankheiten ausrotten, wissenschaftliche Forschungen ausdehnen, den körperlichen Gesundheitszustand heben, den menschlichen Verstand schärfen und verfeinern, die ungenutzten, ungeahnten Ressourcen dieser Erde ausbeuten, das menschliche Dasein verlängern und jedwedes andere Mittel fördern, welches das verstandliche, sittliche und geistige Leben des ganzen Menschengeschlechts anzuregen vermag.
Ein Weltbundsystem, das die ganze Erde beherrscht und unanfechtbare Amtsgewalt über ihre unvorstellbar großen Ressourcen hat, das die Ideale sowohl des Ostens wie auch des Westens verkörpert und in Einklang bringt, vom Fluch und Elend des Krieges befreit und auf die Ausnützung aller verfügbaren Kraftquellen der Erdoberfläche bedacht ist, ein System, in dem die Gewalt zur Dienerin der Gerechtigkeit gemacht ist, dessen Leben von der allumfassenden Anerkennung eines Gottes und vom Gehorsam gegen eine gemeinsame Offenbarung getragen ist – dies ist das Ziel, dem die Menschheit, durch die vereinenden Lebenskräfte angetrieben, zustrebt.
»Eines der großen Ereignisse«, bekräftigt ‘Abdu’l-Bahá, »welches sich am Tage der Offenbarung jenes unvergleichlichen Zweiges zuträgt, ist das Aufpflanzen des Banners Gottes unter allen Nationen. Damit ist gemeint, dass alle Nationen und Geschlechter im Schatten dieses göttlichen Banners, welches nichts anderes als der Zweig des Herrn selbst ist, versammelt und zu einer einzigen Nation verschmolzen werden. Religiöser und sektiererischer Gegensatz, Rassen- und Völkerfeindschaft, Streitigkeiten zwischen den Nationen werden ausgemerzt werden. Alle Menschen werden einer Religion angehören, werden einen gemeinsamen Glauben haben, werden zu einer einzigen Rasse vermischt und ein einziges Volk werden. Alle werden in einem gemeinsamen Vaterland wohnen, und das ist der Erdball als Ganzes.«Q193 »Nunmehr hat in der Welt des Seins«, so erklärt Er weiter, »die Hand göttlicher Macht die Grundlagen dieser allerhöchsten Gnadengabe fest begründet. Was auch im Innersten dieses heiligen Zyklus verborgen ruht, es wird allmählich erscheinen und offenbar gemacht werden; denn jetzt ist erst der Beginn seines Wachstums und der Morgen der Offenbarung seiner Zeichen. Noch vor dem Ende dieses Jahrhunderts und dieses Zeitalters wird klar und augenscheinlich gemacht sein, wie wundersam jene Frühlingszeit war und wie himmlisch jene Gabe.«Q194
Nicht weniger fesselnd ist die Vision Jesajas, des größten der jüdischen Propheten, der schon vor zweitausendfünfhundert Jahren die Bestimmung vorausschaute, zu der die Menschheit im Zustand ihrer Reife gelangen muss: »Und ErA52 wird richten unter den Nationen und strafen viele Völker. Da werden sie ihre Schwerter zu Pflugscharen und ihre Speere zu Sicheln machen. Denn kein Volk wird das Schwert gegen das andere erheben, und sie werden hinfort nicht mehr die Kriegskunst lernen … Und es wird ein Reis aufgehen aus Isais Stamm und ein Schößling aus seinen Wurzeln hervorbrechen … Und er wird die Erde schlagen mit dem Stabe seines Mundes und mit dem Odem seiner Lippen den Frevler töten. Gerechtigkeit wird der Gurt seiner Lenden sein und Glaube der Gurt seiner Hüften. Der Wolf wird beim Lamme wohnen, und der Parder wird lagern beim Böcklein. Das Kalb und der junge Löwe und das Mastvieh sind beisammen … Und der Säugling wird spielen am Loch der Natter, und ein Entwöhnter wird seine Hand in die Höhle des Basilisken stecken. Nirgends wird man Schaden tun noch verderben auf meinem ganzen heiligen Berge; denn das Land wird voll sein der Erkenntnis des Herrn, wie die Wasser das Meer bedecken.«Q195
Der Verfasser der Apokalypse legt, die tausendjährige Herrlichkeit einer erlösten, frohlockenden Menschheit vorstellend, ein ähnliches Zeugnis ab: »Und ich sah einen neuen Himmel und eine neue Erde, denn der erste Himmel und die erste Erde sind vergangen; auch das Meer ist nicht mehr. Und ich, Johannes, sah die Heilige Stadt, das neue Jerusalem, herniedersteigen aus dem Himmel von Gott her, gekleidet wie eine Braut, die geschmückt ist für ihren Mann. Und ich hörte eine laute Stimme vom Himmel her rufen: ›Sehet, das Zelt Gottes unter den Menschen! Er wird wohnen bei ihnen, und sie werden Sein Volk sein, und Gott selbst wird bei ihnen sein als ihr Gott. Und Gott wird alle Tränen wegwischen von ihren Augen; der Tod wird nicht mehr sein und nicht Trauer und Klage und Mühsal; denn das Frühere ist vergangen.‹«Q196
Wer könnte bezweifeln, dass solche Vollendung – die Volljährigkeit des Menschengeschlechts – ihrerseits den Beginn einer Weltkultur bezeichnen muss, wie sie noch kein sterbliches Auge je gesehen, kein menschlicher Geist je erfasst hat? Wer ist da, der sich die erhabene Stufe vorstellen könnte, die eine solche Kultur in dem Maße, wie sie sich entfaltet, zu erreichen bestimmt ist? Wer kann die Höhen ermessen, zu denen sich der menschliche Verstand aufschwingen wird, wenn er erst von seinen Fesseln befreit ist? Wer kann die Reiche schauen, die der Menschengeist entdecken wird, nachdem er von dem strömenden Licht Bahá’u’lláhs in der Fülle seiner Herrlichkeit belebt sein wird?
Welchen passenderen Abschluss gäbe es für dieses Thema als diese Worte Bahá’u’lláhs, die Er in der Vorausschau auf das Goldene Zeitalter Seines Glaubens schrieb, das Zeitalter, da das Antlitz der Erde von Pol zu Pol den unbeschreiblichen Strahlenglanz des Paradieses Abhá widerspiegeln wird? »Dies ist der Tag, da nichts als der Glanz des Lichtes zu sehen ist, der vom Antlitz deines Herrn, des Gnädigen, des Mildtätigsten, leuchtet. Wahrlich, Wir haben jede Seele verhauchen lassen kraft Unserer unwiderstehlichen, allunterwerfenden Herrschaft. Wir haben sodann eine neue Schöpfung ins Dasein gerufen, als ein Zeichen unserer Gnade für die Menschen. Ich bin wahrlich der Allgütige, der Altehrwürdige der Tage. Dies ist der Tag, da die unsichtbare Welt ausruft: ›Groß ist deine Glückseligkeit, o Erde, denn du bist zum Schemel deines Gottes gemacht und zum Sitz Seines mächtigen Thrones erkoren!‹A53 Das Reich der Herrlichkeit ruft laut: ›Könnte doch mein Leben ein Opfer für dich sein, denn Er, der Geliebte des Allerbarmers, hat auf dir Seine Herrschaft errichtet durch die Macht Seines Namens, der allen Dingen, den vergangenen wie den künftigen, verheißen worden ist.‹«Q197
Shoghi
Haifa, Palästina, 11. März 1936

Quellenangaben

Q1 ‘Abdu’l-Bahá, Wille und Testament 25, in: Dokumente des Bundes 2:25 – Anm. d. Hrsg.
Q2 ‘Abdu’l-Bahá, in: Tablets of Abdul-Baha 1:1 Fn1, 3:1 Fn1 – Anm. d. Hrsg.
Q3 vgl. Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Aqdas 1:21 – Anm. d. Hrsg.
Q4 Mt. 16:18 – Anm. d. Hrsg.
Q5 Bahá’u’lláh, Kalimát-i-Firdawsíyyih, in: Botschaften aus ‘Akká 6:28 – Anm. d. Hrsg.
Q6 ‘Abdu’l-Bahá, Wille und Testament 38, in: Dokumente des Bundes 2:38 – Anm. d. Hrsg.
Q7 Imám Ja‘far-i-Ṣádiq, zitiert in: Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 272 – Anm. d. Hrsg.
Q8 Qur’án 33:40 – Anm. d. Hrsg.
Q9 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 272 – Anm. d. Hrsg.
Q10 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 270 – Anm. d. Hrsg.
Q11 Joh. 16:12–13 – Anm. d. Hrsg.
Q12
Q13 ‘Abdu’l-Bahá, Briefe und Botschaften 202:14 – Anm. d. Hrsg.
Q14 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Maqṣúd, in: Botschaften aus ‘Akká 11:25, 11:26 (auch in: Ährenlese 110) – Anm. d. Hrsg.
Q15 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 61:1 – Anm. d. Hrsg.
Q16
Q17 ‘Abdu’l-Bahá, Geheimnis göttlicher Kultur 120, S. 62–63 – Anm. d. Hrsg.
Q18 ‘Abdu’l-Bahá, Geheimnis göttlicher Kultur 122, S. 64 – Anm. d. Hrsg.
Q19 ‘Abdu’l-Bahá, in: Briefe und Botschaften 15:6–7 – Anm. d. Hrsg.
Q20 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Malikih, in: Anspruch und Verkündigung 1:174, 1:176 – Anm. d. Hrsg.
Q21 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Malikih, in: Anspruch und Verkündigung 1:179, 1:181–182 – Anm. d. Hrsg.
Q22 Bahá’u’lláh, vgl. Lawḥ-i-Maqṣúd, Ishráqát, in: Botschaften aus ‘Akká 11:5, 8:56, 11:12, 8:56 – Anm. d. Hrsg.
Q23 ‘Abdu’l-Bahá, in: Sendschreiben zum göttlichen Plan 14:4 – Anm. d. Hrsg.
Q24 vgl. Bahá’u’lláh, Verborgene Worte pers. 63 – Anm. d. Hrsg.
Q25 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 61:1 – Anm. d. Hrsg.
Q26 ‘Abdu’l-Bahá, in: Briefe und Botschaften 228:2 – Anm. d. Hrsg.
Q27 ‘Abdu’l-Bahá, in: Sendschreiben zum göttlichen Plan 9:2 – Anm. d. Hrsg.
Q28 vgl. Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 162 – Anm. d. Hrsg.
Q29 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 148 – Anm. d. Hrsg.
Q30 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 110 – Anm. d. Hrsg.
Q31 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 38:1 – Anm. d. Hrsg.
Q32 Bahá’u’lláh, Verborgene Worte pers. 77 – Anm. d. Hrsg.
Q33 Bahá’u’lláh,
Q34 Imám Ja‘far-i-Ṣádiq, zitiert in: Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 272 – Anm. d. Hrsg.
Q35 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 272 – Anm. d. Hrsg.
Q36 Báb, Bayán-i-Fársí, zitiert von Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 6:2 – Anm. d. Hrsg.
Q37 Báb, zitiert von Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 6:2 – Anm. d. Hrsg.
Q38 ‘Abdu’l-Bahá, in: Foundations of World Unity, p. 72 – Anm. d. Hrsg.
Q39 ‘Abdu’l-Bahá, in: Sendschreiben zum göttlichen Plan 9:2 – Anm. d. Hrsg.
Q40 vgl. Bahá’u’lláh, Ishráqát, in: Botschaften aus ‘Akká 8:52, Lawḥ-i-Malikih, in: Anspruch und Verkündigung 1:180 – Anm. d. Hrsg.
Q41 ‘Abdu’l-Bahá, in: Sendschreiben zum göttlichen Plan 14:6, 14:6, 8:5, 8:5, 42:6, 43:1 – Anm. d. Hrsg.
Q42 ‘Abdu’l-Bahá, in: Sendschreiben zum göttlichen Plan 8:5 – Anm. d. Hrsg.
Q43 ‘Abdu’l-Bahá, in: Sendschreiben zum göttlichen Plan 8:9 – Anm. d. Hrsg.
Q44 ‘Abdu’l-Bahá, in: Sendschreiben zum göttlichen Plan 7:1 – Anm. d. Hrsg.
Q45 ‘Abdu’l-Bahá, in: Sendschreiben zum göttlichen Plan 7:3 – Anm. d. Hrsg.
Q46 ‘Abdu’l-Bahá, in: Sendschreiben zum göttlichen Plan 13:4 – Anm. d. Hrsg.
Q47 ‘Abdu’l-Bahá, in: Sendschreiben zum göttlichen Plan 7:3, 7:15, 7:7 – Anm. d. Hrsg.
Q48 ‘Abdu’l-Bahá, in: Sendschreiben zum göttlichen Plan 7:4 – Anm. d. Hrsg.
Q49 ‘Abdu’l-Bahá, in: Tablets of Abdul-Baha 1:1 Fn1, 3:1 Fn1 – Anm. d. Hrsg.
Q50 Permanent Mandates Commission of the League of Nations, in: Excerpts from the Minutes of the Twenty-Second Session of the Permanent Mandates Commission of the League of Nations Held at Geneva from November 3rd to December 6th, 1932, in Bahá’í World, vol. 5, p. 351 – Anm. d. Hrsg.
Q51 Marie of Rumania, berichtet in: Martha Root, Queen Marie of Rumania, Bahá’í World, vol. VI, p. 581 – Anm. d. Hrsg.
Q52 Báb, zitiert in: Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 6:2 – Anm. d. Hrsg.
Q53 Báb, zitiert in: Bahá’u’lláh, Kalimát-i-Firdawsíyyih, in: Botschaften aus ‘Akká 6:53 – Anm. d. Hrsg.
Q54 Báb, Bayán-i-Fársí 3:3 – Anm. d. Hrsg.
Q55 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 258 – Anm. d. Hrsg.
Q56 Báb, Qayyúmu’l-Asmá’ 58, in: Eine Auswahl aus Seinen Schriften, 2:28:6, 2:29:1 – Anm. d. Hrsg.
Q57 Báb, Qayyúmu’l-Asmá’ 28, in: Eine Auswahl aus Seinen Schriften, 2:18:2 – Anm. d. Hrsg.
Q58 vgl. Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 115:10, 161:4 – Anm. d. Hrsg.
Q59 vgl. Joh. 16:12 – Anm. d. Hrsg.
Q60 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Karmil, in: Botschaften aus ‘Akká 1:4 – Anm. d. Hrsg.
Q61 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Malik-i-Rús, in: Anspruch und Verkündigung 1:164 – Anm. d. Hrsg.
Q62 Bahá’u’lláh, Súriy-i-Ra’ís, in: Anspruch und Verkündigung 2:18 – Anm. d. Hrsg.
Q63 vgl. Báb, Brief an Muḥammad Sháh, in: Eine Auswahl aus Seinen Schriften 1:4:4 – Anm. d. Hrsg.
Q64 Qur’án 33:40 – Anm. d. Hrsg.
Q65 Bahá’u’lláh, Ährenlese 25:1 (nur der Teil nach dem letzten Auslassungszeichen) – Anm. d. Hrsg.
Q66 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Dunyá, in: Botschaften aus ‘Akká 7:5 – Anm. d. Hrsg.
Q67 Qur’án 31:16 – Anm. d. Hrsg.
Q68 Bahá’u’lláh, Súriy-i-Haykal, in: Anspruch und Verkündigung 1:75 – Anm. d. Hrsg.
Q69 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 93:14 – Anm. d. Hrsg.
Q70 Bahá’u’lláh, Súriy-i-Mulúk, in: Anspruch und Verkündigung 5:96 – Anm. d. Hrsg.
Q71 vgl. Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Páp in Anspruch und Verkündigung 1:116 – Anm. d. Hrsg.
Q72 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Aqdas 1:181 – Anm. d. Hrsg.
Q73 Bahá’u’lláh, Súriy-i-Haykal, in: Anspruch und Verkündigung 1:44 – Anm. d. Hrsg.
Q74 Bahá’u’lláh, Súriy-i-Haykal, in: Anspruch und Verkündigung 1:50 – Anm. d. Hrsg.
Q75 Bahá’u’lláh, Súriy-i-Haykal, in: Anspruch und Verkündigung 1:66 – Anm. d. Hrsg.
Q76 Bahá’u’lláh, Súriy-i-Haykal, in: Anspruch und Verkündigung 1:8 – Anm. d. Hrsg.
Q77 Bahá’u’lláh, Súriy-i-Haykal, in: Anspruch und Verkündigung 1:34 – Anm. d. Hrsg.
Q78 Qur’án 46:35 – Anm. d. Hrsg.
Q79 Qur’án 2:210 – Anm. d. Hrsg.
Q80 vgl. Qur’án 2:253, 3:40, 14:27; 22:14, 22:18 – Anm. d. Hrsg.
Q81 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 196 – Anm. d. Hrsg.
Q82 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 196 – Anm. d. Hrsg.
Q83 Ḥadíth – Anm. d. Hrsg.
Q84 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 104, 104, 104, 105 – Anm. d. Hrsg.
Q85 vgl. Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 26:3, 26:3 – Anm. d. Hrsg.
Q86 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 26:4 – Anm. d. Hrsg.
Q87 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 106, 106, 110, 109 – Anm. d. Hrsg.
Q88 Henrik Ibsen, Emperor and Galilean, in The Collected Work of Henrik Ibsen, vol. V, p. 371 – Anm. d. Hrsg.
Q89 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 103, 106, 106, 109 – Anm. d. Hrsg.
Q90 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 161, 162, 110, 110 – Anm. d. Hrsg.
Q91 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 148 – Anm. d. Hrsg.
Q92 Bahá’u’lláh, Verborgene Worte pers. 77 – Anm. d. Hrsg.
Q93 Bahá’u’lláh, Súriy-i-Haykal, in: Anspruch und Verkündigung 1:80 – Anm. d. Hrsg.
Q94 Báb, Bayán-i-Fársí 4:12, in: Eine Auswahl aus Seinen Schriften, 3:34:1 – Anm. d. Hrsg.
Q95 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 38:1 – Anm. d. Hrsg.
Q96 vgl. Báb, Dalá’il-i-Sab‘ih, in Eine Auswahl aus Seinen Schriften 4:10:4, Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 171, 178 – Anm. d. Hrsg.
Q97 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 39:1 – Anm. d. Hrsg.
Q98 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 257 – Anm. d. Hrsg.
Q99 Qur’án 46:35 – Anm. d. Hrsg.
Q100 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 240, 240, 251 – Anm. d. Hrsg.
Q101 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 251, 251, 264, 264 – Anm. d. Hrsg.
Q102 Imám Ṣádiq, Ḥadíth recorded in: Biḥáru’l-Anvár, ‘Aválim, Yanbú‘ – Anm. d. Hrsg.
Q103 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 272 – Anm. d. Hrsg.
Q104 vgl. Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 272 – Anm. d. Hrsg.
Q105 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 279 – Anm. d. Hrsg.
Q106 Báb, Qayyúmu’l-Asmá’ 94, in: Eine Auswahl aus Seinen Schriften, 2:57:1 – Anm. d. Hrsg.
Q107 Báb, Qayyúmu’l-Asmá’ 88, in: Eine Auswahl aus Seinen Schriften, 2:54:1 – Anm. d. Hrsg.
Q108 Báb, Qayyúmu’l-Asmá’ 91, in: Eine Auswahl aus Seinen Schriften, 2:44:2 – Anm. d. Hrsg.
Q109 Báb, Qayyúmu’l-Asmá’ 87, in: Eine Auswahl aus Seinen Schriften, 2:43:1 – Anm. d. Hrsg.
Q110 Báb, Brief an Muḥammad Sháh, in: Eine Auswahl aus Seinen Schriften, 1:4:4, 1:4:4, 1:4:3, 1:4:1, 1:4:1 – Anm. d. Hrsg.
Q111 ‘Abdu’l-Bahá, Wille und Testament 37 – Anm. d. Hrsg.
Q112 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Aqdas 1:37 – Anm. d. Hrsg.
Q113 ‘Abdu’l-Bahá, Wille und Testament 37 – Anm. d. Hrsg.
Q114 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Arḍ-i-Bá, in: Botschaften aus ‘Akká 16:1 – Anm. d. Hrsg.
Q115 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Aqdas 1:121 – Anm. d. Hrsg.
Q116 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Aqdas 1:174 – Anm. d. Hrsg.
Q117 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Aqdas 1:121 – Anm. d. Hrsg.
Q118 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-‘Ahd, in: Botschaften aus ‘Akká 15:9 – Anm. d. Hrsg.
Q119 Bahá’u’lláh, Súriy-i-Ghuṣn, in Days of Remembrance 29:4, 29:5, 29:6, 29:8 – Anm. d. Hrsg.
Q120 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Arḍ-i-Bá, in: Botschaften aus ‘Akká 16:1, 16:2 – Anm. d. Hrsg.
Q121 Bahá’u’lláh, Baha’i Scriptures 527, p. 255: »In Seinem Namen, der vom Horizont der Macht hervorstrahlt! Wahrlich, die Zunge des Urewigen verkündet an jene, die in der Welt sind, frohe Botschaft über das Erscheinen des Größten Namens und der Seinen Bund schließt unter den Völkern.« – Anm. d. Hrsg.
Q122 Bahá’u’lláh, Súriy-i-Haykal, in Anspruch und Verkündigung 1:96 – Anm. d. Hrsg.
Q123 Siehe 6:55 – Anm. d. Hrsg.
Q124 Mk. 8:38, Mt. 16:27 – Anm. d. Hrsg.
Q125 ‘Abdu’l-Bahá, Tablets of Abdul-Baha Abbas, p. 429–430 – Anm. d. Hrsg.
Q126 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 4:2 – Anm. d. Hrsg.
Q127 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 143:3 – Anm. d. Hrsg.
Q128 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Aqdas 1:181 – Anm. d. Hrsg.
Q129 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Maqṣúd, in: Botschaften aus ‘Akká 11:26 – Anm. d. Hrsg.
Q130 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Malikih, in: Anspruch und Verkündigung 1:180 – Anm. d. Hrsg.
Q131 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Malikih, in: Anspruch und Verkündigung 1:181, 1:182 – Anm. d. Hrsg.
Q132 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Malikih, in: Anspruch und Verkündigung 1:176, 1:177 – Anm. d. Hrsg.
Q133 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 100:7 – Anm. d. Hrsg.
Q134 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 33:1, 33:1, 33:2 – Anm. d. Hrsg.
Q135 ‘Abdu’l-Bahá, in: Promulgation of Universal Peace 130:2, 130:2, 130:4, 130:4 – Anm. d. Hrsg.
Q136 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Íqán 162 – Anm. d. Hrsg.
Q137 Qur’án 33:40 – Anm. d. Hrsg.
Q138 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 25:1 – Anm. d. Hrsg.
Q139 Qur’án 2:210 – Anm. d. Hrsg.
Q140 vgl. Qur’án 2:253, 3:40, 14:27; 22:14, 22:18 – Anm. d. Hrsg.
Q141 ‘Abdu’l-Bahá,
Q142 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 109:1 – Anm. d. Hrsg.
Q143 Bahá’u’lláh, Súriy-i-Haykal, in: Anspruch und Verkündigung 1:47 – Anm. d. Hrsg.
Q144 ‘Abdu’l-Bahá,
Q145 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Aqdas 1:86 – Anm. d. Hrsg.
Q146 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Aqdas 1:90 – Anm. d. Hrsg.
Q147 Qur’án 2:61 – Anm. d. Hrsg.
Q148 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 82:1 – Anm. d. Hrsg.
Q149 Bahá’u’lláh, in: Days of Remembrance 34:9 – Anm. d. Hrsg.
Q150 Bahá’u’lláh, Súriy-i-Mulúk, in: Anspruch und Verkündigung 5:20 – Anm. d. Hrsg.
Q151 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 62:1, 62:1, 62:2 – Anm. d. Hrsg.
Q152 Mt. 23:37 – Anm. d. Hrsg.
Q153 Lk. 19:41–43 – Anm. d. Hrsg.
Q154 Bahá’u’lláh, Kitáb-i-Aqdas 1:89 – Anm. d. Hrsg.
Q155 Bahá’u’lláh, Súriy-i-Mulúk, in: Anspruch und Verkündigung 5:58, 5:69 – Anm. d. Hrsg.
Q156 Bahá’u’lláh, Súriy-i-Mulúk, in: Anspruch und Verkündigung 5:26, 5:26, 5:27, 5:27, 5:36, 5:36 – Anm. d. Hrsg.
Q157 Bahá’u’lláh, Súriy-i-Mulúk, in: Anspruch und Verkündigung 5:37 – Anm. d. Hrsg.
Q158 Bahá’u’lláh, Súriy-i-Mulúk, in: Anspruch und Verkündigung 5:39, 5:42, 5:53 – Anm. d. Hrsg.
Q159 Bahá’u’lláh, Súriy-i-Mulúk, in: Anspruch und Verkündigung 5:54 – Anm. d. Hrsg.
Q160 Bahá’u’lláh, Súriy-i-Ra’ís, in: Anspruch und Verkündigung 2:1 – Anm. d. Hrsg.
Q161 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 99:1 – Anm. d. Hrsg.
Q162 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 61:1 – Anm. d. Hrsg.
Q163 Karl Marx, Einführung, Zur Kritik der Hegelschen Rechts-Philosophie – Anm. d. Hrsg.
Q164 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 36:1–2, 36:3 – Anm. d. Hrsg.
Q165 vgl. Bahá’u’lláh, Kalimát-i-Firdawsíyyih, in: Botschaften aus ‘Akká 6:18 – Anm. d. Hrsg.
Q166 Bahá’u’lláh, Ishráqát, in: Botschaften aus ‘Akká 8:51 – Anm. d. Hrsg.
Q167 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 34:7 – Anm. d. Hrsg.
Q168 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Maqṣúd, in: Botschaften aus ‘Akká 11:5 – Anm. d. Hrsg.
Q169 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Maqṣúd, in: Botschaften aus ‘Akká 11:25, 11:26 – Anm. d. Hrsg.
Q170 Anthony Eden, (UK Außenminister) Ansprache in Warwick, 1936-01-17 – Anm. d. Hrsg.
Q171 vgl. Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Malikih, in: Anspruch und Verkündigung 1:182 (dies könnte die Textquelle in unterschiedlicher (englischer) Übersetzung sein, oder auch eine sehr ähnliche, zu einem anderen Text gehörige Passage) – Anm. d. Hrsg.
Q172 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Maqṣúd, in: Botschaften aus ‘Akká 11:7 – Anm. d. Hrsg.
Q173 ‘Abdu’l-Bahá, Geheimnis göttlicher Kultur 120 – Anm. d. Hrsg.
Q174 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 164:2 – Anm. d. Hrsg.
Q175 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 16:3 – Anm. d. Hrsg.
Q176 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 17:2 – Anm. d. Hrsg.
Q177 vgl. Qur’án 56:8, 56:27, 56:38, 56:90–91, 90:18 – Anm. d. Hrsg.
Q178 Marie von Rumänien, berichtet in: Martha Root, Queen Marie of Rumania, Bahá’í World, vol. VI, p. 581 – Anm. d. Hrsg.
Q179 Marie von Rumänien, berichtet in: Martha Root, Queen Marie of Rumania, Bahá’í World, vol. VI, p. 582 – Anm. d. Hrsg.
Q180 Marie von Rumänien, in: Toronto Daily Star, May 4, 1926, reproduziert in: Bahá’í World, vol. II, p. 174 – Anm. d. Hrsg.
Q181 Marie von Rumänien in: Toronto Daily Star, May 4, 1926, reproduziert in: Bahá’í World, vol. II, p. 174 – Anm. d. Hrsg.
Q182 Unbekannter Autor, Brief an Diognet, Kap. 5 (https://bkv.unifr.ch/works/46/versions/58/divisions/44265) – Anm. d. Hrsg.
Q183 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Maqṣúd, in: Botschaften aus ‘Akká 11:12 – Anm. d. Hrsg.
Q184 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Maqṣúd, in: Botschaften aus ‘Akká 11:12 – Anm. d. Hrsg.
Q185 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Dunyá, in: Botschaften aus ‘Akká 7:12 – Anm. d. Hrsg.
Q186 Bahá’u’lláh, Verborgene Worte pers. 63 – Anm. d. Hrsg.
Q187 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 108:1 – Anm. d. Hrsg.
Q188 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 96:2 – Anm. d. Hrsg.
Q189 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Maqṣúd, in: Botschaften aus ‘Akká 11:14 – Anm. d. Hrsg.
Q190 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 131:2 – Anm. d. Hrsg.
Q191 Bahá’u’lláh, Brief an den Sohn des Wolfes 19, 20 – Anm. d. Hrsg.
Q192 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Nápulyún II, in: Anspruch und Verkündigung 1:154 – Anm. d. Hrsg.
Q193 ‘Abdu’l-Bahá, in: Beantwortete Fragen 12:7 – Anm. d. Hrsg.
Q194 ‘Abdu’l-Bahá,
Q195 Jes. 2:4, 11:1, 11:4–6, 12:1 – Anm. d. Hrsg.
Q196 Offb. 21:1–4, – Anm. d. Hrsg.
Q197 Bahá’u’lláh, in: Ährenlese 14:5–6, – Anm. d. Hrsg.

Anmerkungen

A1 Qur’án 6:93 –
A2 am 28. November 1921 – Anm. d. Hrsg.
A3 um 1880 – Anm. d. Hrsg.
A4 um 1870 – Anm. d. Hrsg.
A5 1930 – Anm. d. Hrsg.
A6 um 1870 – Anm. d. Hrsg.
A7 Genfer Protokoll über die Ächtung des Angriffskrieges 1924 – Anm. d. Hrsg.
A8 um 1780 – Anm. d. Hrsg.
A9 1863 – Anm. d. Hrsg.
A10 1921 – Anm. d. Hrsg.
A11 Der Báb erlitt den Märtyrertod am 9. Juli 1850 – Anm. d. Hrsg.
A12 Bahíyyih Khánum (1847-1932), älteste Tochter Bahá’u’lláhs. vgl. Index zu Rúḥíyyih Rabbani, The Priceless Pearl, London 1969, und Bahá’í-Briefe 16/April 1964 S. 390 ff. – Anm. d. Hrsg.
A13 Die Erwähnung geschah in einem Vortrag von Dr. Henry H. Jessup vor dem Parlament der Religionen, Columbia-Ausstellung, Chicago 1893 – Anm. d. BWC
A14 Bahá’u’lláh, Lawḥ-i-Aqdas, in: Botschaften aus ‘Akká 2:13 – Anm. d. Hrsg.
A15 1893–1903.
A16 1903–1913.
A17 1913–1923.
A18 1923–1933.
A19 der Geistige Rat der Bahá’í in Baghdád.
A20 Das Universale Haus der Gerechtigkeit – Anm. d. Hrsg.
A21 im Jahre 1934 – Anm. d. Hrsg.
A22 im Jahre 1934 – Anm. d. Hrsg.
A23 das Evangelium.
A24 Báb, Bayán-i-Fársí 5:8, in: Eine Auswahl aus Seinen Schriften, 3:32:1 – Anm. d. Hrsg.
A25 Báb, Bayán-i-Fársí 2:7, in: Eine Auswahl aus Seinen Schriften 3:35:2, – Anm. d. Hrsg.
A26 vgl. Gen. 22:1, 22:11, 31:11, 46:2, Ex. 3:4, 1 Kön. 3:4, Jes. 6:8, Báb, in: Eine Auswahl aus Seinen Schriften 7:34:3 – Anm. d. Hrsg.
A27 Moses.
A28 Muḥammad.
A29 Jesus.
A30 der Báb.
A31 vgl. Ex. 33:18–23, Qur’án 7:143 – Anm. d. Hrsg.
A32 Bahá’u’lláh.
A33 des Báb.
A34 der Báb.
A35 Bahá’u’lláh.
A36 Bahá’u’lláh.
A37 Bahá’u’lláh – Anm. d. Hrsg.
A38 der Báb.
A39 Bahá’u’lláh.
A40 ‘Abdu’l-Bahá.
A41 Beirut.
A42 der Báb.
A43 1260 d. H.
A44 des Báb.
A45 Bahá’u’lláh.
A46 der Báb.
A47 1844 n. Chr – Anm. d. Hrsg.
A48 Napoleon III.
A49 Adrianopel.
A50 das Sendschreiben an den türkischen Großwesir ‘Álí Páshá, August 1868 – Anm. d. Hrsg.
A51 Königin Maria von Rumänien, Enkelin der Queen Victoria und des Zaren Alexander II., an die Bahá’u’lláh Sendschreiben gerichtet hatte, nahm 1926 den Bahá’í-Glauben an und bekannte sich öffentlich zu ihm – Anm. d. Hrsg.
A52 der Herr.
A53 vgl. Jes. 66:1 – Anm. d. Hrsg.