« Назад к одиночному виду
Сравнение:
французский ⇄
2 параллелей
Source: Bahá'í Library Online (bahai-library.com), curated by Jonah Winters. Used by permission of the curator. Original citation: Mírzá Abu'l-Faḍl Gulpáygání, La Preuve eclatante, bahai-library.com.
──────────────────────────────────────────────────────────────────────
Mirza Abu’l-Fadl Gulpaygani (1844-1914) est considéré encore aujourd’hui
comme le plus grand des érudits du monde bahá’í. Il est l’auteur de nombreux
ouvrages où la philosophie et la théologie musulmanes sont éclairées par sa
découverte des Écrits sacrés bahá’ís. Il devint bahá’í en 1876.
Dirigé par Bahá’u’lláh il voyagea en Perse puis dans les pays dépendant
alors de la Russie : Achgabad, Samarcande et Boukhara. Plus tard, ‘Abdu’l-Bahá
l’appela en. Palestine avant de l’envoyer à New-York.
Ce traité, La preuve éclatante, est une des dernières œuvres de Mirza Abu’l-
Fadl. Il fut motivé par un article contre la religion bahá’íe d’un
missionnaire presbytérien Peter Z. Easton connu pour ses idées conservatrices,
si conservatrices d’ailleurs qu’elles le poussèrent à abandonner sa
dénomination presbytérienne pour rejoindre des groupes chrétiens plus
sectaires.
On trouvera l’article qui a motivé la réponse de Mirza Abu’l-Fadl à la fin de
cet opuscule.
La Preuve éclatante
Il est le Vivant qui subsiste par lui-même !
Ces jours-ci, les derniers jours de 1911 après J.C. et les premiers jours de 1330 de
l’Hégire, je suis tombé, dans la revue Evangelical Christendom1, sur un curieux
article dont la lecture m’a étonné. J’ai découvert qu’un missionnaire protestant, un
homme qui se considère comme un des savants du XX e siècle, un serviteur de la
pure religion du Christ, un Occidental civilisé et cultivé du nom de Peter Z.
Easton, a été irrité par la diffusion dans les vastes étendues de l’Europe de la sainte
parole de ‘Abdu’l-Bahá à tel point que la jalousie l’a poussé à dépasser les bornes
de la courtoisie et de la bienveillance et à publier un article plein d’exécrations et
de calomnies.
Certes, par jalousie, beaucoup de gens chutent tête baissée du rang élevé de la
courtoisie dans les bas-fonds des paroles vaines, des écrits mensongers et
calomnieux, mais entendre cet homme prestigieux, l’archidiacre Wilberforce,
parlant comme il convient à un savant distingué, appeler ‘Abdu’l-Bahá « Maître » et
le présenter en termes élogieux à une grande assemblée, à enflammé chez Peter Z.
Easton une jalousie violente.
Après avoir lu attentivement son article, il m’a semblé que le seul but de l’auteur
était de tenter d’apaiser le feu de sa jalousie en usant de mots malveillants,
d’imprécations, croyant gagner une victoire en brandissant calomnies et
mensonges, armes en général d’un adversaire faible et ignorant. J’en fus d’autant
plus triste que je n’aurais jamais cru que de tels traits, de tels défauts, puissent être
manifestés par des âmes qui prétendent à la civilisation et à une haute culture
morale.
N’y a-t-il pas assez d’insulteurs, de calomniateurs et de prévaricateurs dans le
monde pour qu’ils s’affichent aussi en Europe ? Peut-on se considérer comme un
professeur de bonnes mœurs, un propagateur des vertus supérieures du
christianisme, et faire preuve d’une qualité qui est le signe et l’attribut le plus
spécifique de l’antéchrist ? Non ! par le Dieu vivant ! Si de glorieuses qualités
existent dans le monde, ces défauts existent aussi a n que les saintes paroles du
Christ : « Vous reconnaîtrez l’arbre à ses fruits » , puissent s’accomplir, et que ceux
qui lui sont dèles soient distingués de ceux qui lui sont opposés.
‘Abdu’l-Bahá invite les Européens à s’approprier les nobles attributs de
l’humanité ; Peter Z. Easton leur enseigne la diffamation, l’exécration, le mensonge
et la calomnie.
‘Abdu’l-Bahá invite les humains à l’unité et à l’harmonie ; Peter Z. Easton les
appelle à la division et à la discorde.
fi
En prière, levant ses mains bénies vers le ciel, ‘Abdu’l-Bahá invoque la
bénédiction et la miséricorde du Tout-Puissant pour les peuples d’Europe ; Peter
fi
Z. Easton veut prouver, dans de savantes revues, à quel point les Orientaux sont
dépourvus des qualités chrétiennes et il souhaite pour eux punitions et tourments.
‘Abdu’l-Bahá commande : « Ne dis de mal de personne et ne souhaite de mal à
personne » ; Peter Z. Easton affirme que nul ne devrait souhaiter de bien à des
gens dont il estime lui-même le nombre à trois millions, ni les considérer comme
dignes de grâce.
Je me pose alors la question : comment distinguer dans l’arbre de l’existence les
bons des mauvais fruits ? Comment comprendre et interpréter ces mots bénis :
« Vous connaîtrez l’arbre à ses fruits » ? Car je pense qu’il n’y a pas d’autre critère
que celui-ci, et Peter Z. Easton ne peut dire le contraire.
Souvenez-vous du verset trente-quatre du douzième chapitre de l’Évangile de
Matthieu, où le Christ dit : « Ô génération de vipères, comment pouvez-vous, étant
mauvais, dire de bonnes choses ».3
Certes, s’il était possible que la canne à sucre produise un jus amer et que la rose
odorante dégage une odeur fétide, le verset : « Vous reconnaîtrez l’arbre à ses
fruits », n’aurait jamais été révélé dans les livres sacrés et n’aurait jamais été
désigné comme le critère à utiliser.
Or les paroles de ’Abdu’l-Bahá consistent à appeler les hommes aux principes de
fidélité, de concorde et à les exhorter à avoir une bonne moralité et de nobles
attributs, tandis que les paroles de Peter Z. Easton consistent en divers degrés de
mensonge, de calomnie, de diffamation et d’exécration,. Le but de tout cela est que
chacune de ces deux personnes manifeste sa nature afin que, les fruits de l’arbre de
l’existence étant différenciés, les hommes puissent choisir le vrai critère.
Bref, après avoir soigneusement lu et pesé cet article j’ai constaté que Peter Z.
Easton, selon son postulat de départ, s’est basé sur « quatre preuves » pour
s’opposer à la grande cause bahá’íe. Nous allons donc mentionner ces quatre
points et montrer clairement la fausseté, dans chaque cas, de ses idées fantaisistes :
– Premier point : Ce qu’ont dit les épistoliers qui, à son avis, ont porté des
accusations contre Bahá’u’lláh, en lui attribuant des qualités contestables.
– Deuxième point : L’affirmation que les enseignements de Bahá’u’lláh sont
panthéistes, le panthéisme étant une fausse doctrine.
– Troisième point : L’affirmation que la religion bahá’íe a l’intention d’établir un
gouvernement despotique, une pratique des gouvernements tyranniques et
réprouvés.
– Quatrième point : la religion bahá’íe ne peut rien montrer de meilleur ou de
supérieur aux autres religions ; autrement dit, quelles sont les nouveautés
apportées par Bahá’u’lláh que l’on ne trouve pas dans la religion chrétienne ?
Pourquoi alors se séparer de cette dernière ?
Il nous faut à présent rédiger une réponse à ces quatre points afin de distinguer la
vérité du mensonge et de l’erreur.
Accusations contre Bahá’u’lláh
Concernant le premier point, le témoignage des narrateurs ; Peter Z. Easton, qui
est missionnaire, s’appuie sur les déclarations de certaines personnes. Dans son
accusation, il dit : « Pourquoi Wilberforce, homme estimable, n’a-t-il pas écouté et
prêté attention aux récits des missionnaires chrétiens qui ont vécu en Perse et dans
les environs d’Acre, et qui ont tous écrit contre Bahá’u’lláh ? » C’est, en résumé,
l’argument avancé par P. Z. Eaton, mais les gens éduqués estiment qu’une telle
preuve est excessivement faible et grossière.
En premier lieu, l’auteur de cet article est vraiment surpris que Peter Z. Easton,
qui se considère comme l’un des érudits du vingtième siècle et comme un juge
compétent pour différencier la vérité du mensonge, qu’un homme de son calibre
donc, s’appuie sur le témoignage d’une seule partie. Il devrait peser les
déclarations d’au moins vingt personnes – positives et négatives, amicales et
hostiles, bonnes et mauvaises – puis réfléchir avec équité aux déclarations des deux
côtés afin de juger avec impartialité pour parvenir à une conclusion véridique sur
la question. En effet, de même que certains ont écrit des avis défavorables sur
Bahá’u’lláh d’autres, historiens orientaux et occidentaux plus perspicaces et plus
subtils, ont consigné sur lui, dans leurs livres, les plus grands éloges. Selon quelle
règle doit-on tirer des conclusions ? Doit-on se contenter du seul jugement d’un
adversaire et considérer comme valable tout ce qu’il a écrit ? Ne peut-on affirmer
qu’écouter les déclarations d’un seul bord et ne pas prêter attention aux autres
témoignages, est une erreur ?
Par ailleurs, les Européens n’ont-ils pas lu l’histoire ? Ne connaissent-ils pas le
célèbre aphorisme : « l’histoire est un éternel recommencement » ? Le grand
philosophe et historien romain Tacite, au début de l’ère chrétienne, alors que le
christianisme commençait à se propager, n’a-t-il pas écrit en des termes on ne peut
plus clairs que « la religion chrétienne est l’ennemie de l’humanité » et ailleurs que
« La religion chrétienne est une exécrable superstition » ? Suétone, autre
philosophe et historien romain, a déclaré que la pure religion chrétienne était
« malhonnête, que son acceptation était contraire à la vérité et à la hauteur d’esprit
et qu’elle nuisait à la loyauté et au civisme ». Reportez-vous aux histoires de l’Église
afin de vérifier vous-mêmes ces affirmations qui témoignent de l’ignorance de
Peter Z. Easton en ce qui concerne les faits historiques.
Bien qu’en voyage actuellement, j’ai avec moi quatre histoires de l’Église
représentant le protestantisme, le catholicisme et l’orthodoxie grecque. Parmi les
livres écrits par les philosophes grecs, romains et alexandrins contre la religion
chrétienne, voire contre la personne même du Christ (gloire à lui !) il y a celui de
Celse, l’un des célèbres philosophes du deuxième siècle chrétien, qui a compilé un
gros livre empli de calomnies et de diffamations terribles contre la pure et sainte
personne du Christ.
Porphyre le Syrien, un des grands philosophes platoniciens, que les historiens de
l’Église considèrent comme un philosophe éminent et un auteur accompli a écrit
un gros livre contre le christianisme y consignant des accusations et des attaques
injurieuses à l’encontre du Christ et de ses disciples. Le livre a été brûlé et détruit
sur ordre de deux empereurs chrétiens, Théodotius II et Valentianus III.
Fronton, éloquent maître de rhétorique, précepteur de l’empereur Marc-Aurèle,
écrivit quinze volumes contre la religion chrétienne et les « ignobles manières » des
chrétiens. Le grand empereur Marc-Aurèle lui-même était réputé pour son
érudition et sa philosophie. Les érudits européens parlent de lui comme du « César
à la sagesse sublime » et ont écrit de beaux chapitres détaillant ses vertus.
L’Américain James Murdock, dans sa traduction de l’Histoire de l’Église, dit à
propos de la grande université fondée par Ammonius Saccas à Alexandrie, qui n’a
pas besoin d’être présentée ni louée en raison de sa renommée : « De cette
université sont sortis deux érudits éminents, l’un étant l’empereur Marc-Aurèle et
l’autre Épictète. »
Bref, ce grand et sage empereur dont vous avez entendu les louanges, parlait des
chrétiens en termes « d’imposteurs hostiles », « d’esprits imparfaits », « dépourvus
de vertus et de qualités admirables ». Cet empereur considérait comme un devoir
d’être hostile aux chrétiens et de s’efforcer de les détruire. Il écrivit : « Vous
devriez demander ce qu’il faut penser de Jésus de Nazareth à son peuple, les Juifs,
et non à ces pauvres Romains, dont aucun ne l’a vu, mais que la bassesse et
l’indolence ont poussés à le suivre. »
Julien, empereur et philosophe éminent, que les chrétiens appellent l’Apostat, a
écrit de nombreux ouvrages dénonçant le christianisme et critiquant les mœurs de
la communauté chrétienne. Il les qualifie d’ennemis du monde de l’humanité.
Quant à ce que les juifs ont écrit au sujet du Christ, il est impossible à la plume de
le rapporter. Un seul point suffit cependant à la sagacité de l’homme intelligent :
ans se sont écoulés depuis la manifestation du Christ et pratiquement aucun
juif n’a encore exprimé le désir de s’intéresser à sa religion. De cela on peut
déduire ce que les érudits juifs ont écrit sur Jésus et les défauts qu’ils lui ont
attribués !
Considérant les faits ci-dessus, demandons à cet auteur étonnant, Peter Z. Easton,
s’il est digne d’un homme de bon sens et sans préjugés, de juger du caractère et
des qualités de Bahá’u’lláh en s’appuyant sur ceux qui ont écrit contre lui. Dans
l’affirmative, comment peut-on ne pas tenir compte de ce que les philosophes
hostiles et les éminents écrivains mentionnés ci-dessus ont déclaré à propos du
Christ ? Comment peut-on se fier au texte des Évangiles écrits par ses disciples
plutôt qu’au témoignage d’hommes érudits ayant étudié les qualités et le caractère
de Jésus ? N’est-ce pas surprenant ?
Mais j’affirme que, ni aux jours du Christ ni de nos jours, un homme intelligent
devrait juger une personne en se fiant à ce que ses ennemis disent d’elle. Au
contraire, il faut regarder les actes de cette personne et réfléchir à ce qui émane
d’elle, reconnaissant ainsi comme bon critère la parole même du Christ : « Vous
reconnaîtrez l’arbre à ses fruits. » En effet, il est prouvé des milliers de fois que
tout grand personnage à de nombreux ennemis qui le jalousent, et lorsqu’un
ennemi se sent impuissant, il s’accroche à la calomnie, à la diffamation, à l’injure et
à l’exécration. C’est pourquoi les sages disent : « La calomnie est l’arme des
faibles ».
Dans sa traduction de l’Histoire de l’Église, James Murdoch écrit : « …bien que les
dirigeants romains aient été pour la plupart tempérants et libéraux envers leurs
sujets en matière de liberté religieuse, ils se sont néanmoins opposés aux chrétiens
et se sont efforcés de les éradiquer pour deux raisons : premièrement, par amour
pour leur propre religion : ils ne voulaient pas permettre aux chrétiens de s’y
immiscer pour l’affaiblir et la dégrader ; deuxièmement, parce que les adversaires
du christianisme accusaient ses adeptes de viles calomnies devant les dirigeants et
de toutes sortes de vices et de défauts, tels que « le manque de piété, l’abandon de
la prière et du culte, le désir de domination et de pouvoir, et la volonté de diriger
et de changer le gouvernement. » Ils accusaient les chrétiens d’actes immoraux et
même de cannibalisme, affirmant qu’ils enlevaient les enfants romains, les tuaient
et préparaient leur chair pour la consommer lors de banquets et de fêtes. »
Et je ne relate qu’une courte liste des calomnies répandues, afin qu’on puisse ainsi
différencier le vrai du faux.
Si l’on réfléchissait à ces faits, on témoignerait que la dépendance à l’égard de ces
mensonges et de ces calomnies a toujours été l’excuse des ennemis de Dieu, alors
que de telles méthodes n’ont jamais permis d’atteindre la connaissance de Dieu ni
de séparer la vérité du mensonge.
Par exemple, comment un homme sensé peut-il se fier aux ennemis de Bahá’u’lláh
qui ont écrit qu’il avait l’intention (Dieu nous en préserve !) d’empoisonner son
frère5 ? Si une telle affirmation devait être prise comme un critère, on ne pourrait
prouver la vérité de personne, car tous les prophètes ont fait l’objet d’insultes et
d’accusations similaires.
Au demeurant, la jalousie et l’inimitié de Mírzá Yahyá, Subh-i Azal6 à l’égard de
Bahá’u’lláh, remontent à l’époque de leur séjour à Bagdad. Lorsque Yahyá
découvrit que les Tablettes révélées par Bahá’u’lláh aidaient la Cause de Dieu,
suscitaient l’expansion de la Parole divine, rassemblaient et unifiaient les amis et
résistaient aux plans et aux activités trompeuses de l’ennemi, Azal lui-même,
craignant pour sa vie (qualité spécifique des menteurs), n’osa plus apparaître en
public ni fréquenter les gens. Alors le feu de la jalousie et de la haine (si ardent
aujourd’hui dans le cœur de M. Easton) s’enflamma dans son cœur, et il planifia à
plusieurs reprises d’assassiner Bahá’u’lláh7.
Il chercha à nouveau à empoisonner Bahá’u’lláh à Andrinople et, selon des sources
dignes de foi, tenta de le faire à deux reprises, mais ne parvenant pas à ses fins, il
usa d’un nouveau stratagème en s’écriant que c’est lui qu’on avait cherché à tuer
en l’empoisonnant.
Il est clair qu’un ennemi faible et vaincu s’abaisse toujours à de telles allégations et
cherche à résister à ses adversaires par le secret et la ruse. Au contraire, la partie
victorieuse, puissante, n’a pas besoin d’employer de tels moyens, et si Bahá’u’lláh
avait voulu supprimer Azal, il était assez puissant et n’aurait pas eu besoin d’une
telle méthode pour exécuter ce plan.
D’ailleurs, de nombreuses preuves historiques tangibles peuvent être fournies
pour prouver que c’est même la puissante plume de Bahá’u’lláh qui a protégé de la
mort ses propres ennemis, tels que Subh-i Azal, le chah Nassered-Dín et certains
grands docteurs et théologiens musulmans.
Sinon, les bábís n’auraient pas laissé vivant un seul de ces personnages. C’est en
effet Bahá’u’lláh qui, par des paroles pures et célestes, plus rafraîchissantes que le
zéphyr du matin qui s’élève de la roseraie, plus limpides que la pluie printanière
qui tombe goutte à goutte des pétales de la rose parfumée, a éduqué ses
compagnons de telle sorte que les gens en étaient stupéfaits. Car, lors des terribles
batailles de Nayríz, de Zanján et du Mazandéran, ces âmes courageuses, dont trois
cent treize résistèrent pendant de nombreux mois à des milliers de soldats des
troupes régulières du gouvernement, ont déconcerté leur ennemi ainsi que les
guerriers d’autres nations, par leur valeur, leur héroïsme, leur courage, leur
fermeté et leur résolution. Les glorieux enseignements de Bahá’u’lláh ont
tellement attendri leur cœur et adoucit leur attitude que depuis les longues années
qui se sont écoulées de son arrivée à Bagdad jusqu’à aujourd’hui, ils ont fait preuve
de tolérance et de retenue au cours de nombreux événements importants et n’ont
commis aucune action susceptible de troubler une âme ou d’être contraire à la loi
d’un gouvernement. Ils ont été tués, mais n’ont tué personne. Ils ont subi de
violentes calamités, mais leurs lèvres ne se sont pas ouvertes pour se plaindre8.
Lorsque Hájí Muhammad-Rida d’Ispahan a été martyrisé dans la ville d’Ashkabad
en 1882, le chef de la police avait constaté que la ville était en pleine effervescence
et que les bahá’ís étaient en danger. Il les autorisa donc à porter des armes, ce
qu’ils ne firent pas, considérant que la mort valait mieux que l’autodéfense. Le
gouvernement avait alors engagé le procès des conspirateurs qui avaient assassiné
le martyr. Après cinq mois de procès, les deux parties ayant été questionnées et
entendues, un haut magistrat du ministère de la guerre, accompagné de troupes,
arriva en provenance de Saint-Pétersbourg. Une audience publique, dont le
compte rendu serait fastidieux, se tint. Ce tribunal ordonna que deux des
meurtriers soient pendus et que les conspirateurs soient emprisonnés à vie aux
travaux forcés en Sibérie. Kamaroff, le vainqueur de Merv, le vice-roi de la
province, était gouverneur et il avait le droit d’alléger cette peine. Trois jours après
la fin du procès, quatre bahá’ís se présentèrent devant lui et intercédèrent pour les
meurtriers condamnés. Le gouverneur, très satisfait de l’excellente conduite et de
la bonne éducation des bahá’ís, accepta leur intercession et exerça son autorité en
changeant le verdict de pendaison en exil et en réduisant la peine des autres des
travaux forcés à une simple réclusion9. Ces évènements ne sont pas fondés sur des
ouï-dire, mais sont consignés dans le registre du gouvernement d’Achkabad et
dans d’autres documents officiels.
Une moralité aussi pure, une telle bonté et une telle douceur, une telle éducation
et une telle noblesse de comportement pourraient-elles être inculquées par
quelqu’un qui aurait tenté d’empoisonner et d’assassiner son propre frère ? Quid
des paroles du Christ : « Vous reconnaîtrez l’arbre à ses fruits » ? Et quid du critère
incarné par les mots : « Car c’est d’après tes paroles que tu seras justifié, et c’est
d’après tes paroles que tu seras condamné. » 10
Est-ce que haïr les gens de Bahá doit conduire à nier tous les critères et toutes les
règles fiables de jugement ? « À vous de juger » 11.
Le panthéisme
Quant au deuxième point, à savoir l’affirmation selon laquelle le credo des bahá’ís
serait panthéiste, il s’agit là aussi d’une calomnie manifeste et d’une accusation
erronée, démontrant l’ignorance de Peter Z. Easton sur ce sujet. En effet, les
enseignements de Bahá’u’lláh ne ressemblent en rien au panthéisme. Le
panthéisme est une question philosophique et son traitement est l’affaire de
savants et d’érudits. Il n’a rien à voir avec la fonction de la révélation ou la position
des fondateurs de religions. Je pense que c’est l’école de philosophie
platonicienne, fondée sur la dévotion, la réclusion, une discipline rigide et le refus
des plaisirs corporels qui est à l’origine du panthéisme. La même philosophie est à
l’origine du célibat dans le christianisme et du soufisme dans l’islam. Elle est
passée des brahmanes de l’Inde aux philosophes d’Athènes et aux platoniciens
d’Alexandrie, connus sous le nom de néoplatoniciens.
Cette école platonicienne tardive soutient que la réalité de l’esprit, qui est une
essence active agissant dans le monde entier, est indivisible. Cette réalité
indivisible, essence simple et identité éternelle, comprend toute chose, et les âmes
de tous les organismes animés ne sont que des rayons émanant de cette réalité
éternelle. Ces platoniciens ont tiré de ce principe la théorie selon laquelle chaque
âme humaine, rayon de la Réalité divine universelle, goutte de la mer de l’éternelle
et sainte Essence, est confinée dans la prison du corps et donc séparée de cette
vraie Réalité simple et universelle. Ils enseignaient que celui qui cherche la
perfection doit s’astreindre à une discipline sévère telle que veilles, prières
continues, jeûne, abstention de tout luxe physique et refus des bienfaits matériels,
afin de libérer son âme de la prison du corps, de l’amener à s’unir à l’éternelle et
seule réelle Réalité pour atteindre l’apogée de la félicité éternelle.
Se référant à cette théorie, Ibn Miskawayh cite dans son ouvrage Tahdhib al-akhlaq
(La Purification des mœurs) une citation du « divin Platon » : « Meurs par ta volonté
et tu vivras par ta nature ». Il s’agit là d’une brève description du panthéisme, de sa
source et de son origine. Si l’on a la curiosité d’étudier la création et la formation
des nations, on trouvera les éléments de cette étonnante doctrine disséminés chez
les pays occidentaux. On retrouvera également le panthéisme dans la pensée des
philosophes grecs. Les références à ce sujet nous sont parvenues par le biais de
traités et d’essais d’érudits, et on en trouve des descriptions dans divers livres et
écrits. Sans le désir d’éviter la prolixité, nous tirerions des exemples de ces écrits
afin que la vérité soit connue des hommes perspicaces, et que l’origine du
panthéisme, ainsi que l’ignorance de Peter Z. Easton à ce sujet, deviennent claires
et manifestes.
‘Abdu’l-Bahá, dans Les leçons de Saint-Jean-d’Acre, montre clairement la position
des tenants du panthéisme. Il affirme que ses adeptes sont opposés à
l’enseignement de tous les Prophètes, de tous les Messagers, et il supprime toutes
les raisons de ces superstitions. On trouvera à la page 294 de ce livre la
superficialité de ces fausses accusations minutieusement exposée12.
Un gouvernement despotique
Pour le troisième point, Peter Z. Easton déclare que l’objectif de la religion bahá’íe
est le retour à un gouvernement despotique.
Au-delà de la fausseté et de la calomnie pure et simple de cette déclaration, c’est
encore une preuve de son manque d’information concernant les lois et les
ordonnances de la foi bahá’íe. Il ignore ainsi ce qui est explicitement révélé dans le
Kitáb-i-Aqdas (Le Livre des lois) concernant l’organisation dans chaque ville du
monde d’une maison de justice dont les membres, selon les conditions énoncées
dans le livre, seront élus par le peuple. Ces membres doivent tenir leurs
consultations dans la plus grande pureté de conscience et de bonne volonté.
D’ailleurs, dans la Tablette « Les bonnes nouvelles » , qui est l’une des Tablettes
bien connues de cette très grande Manifestation, le contenu du dernier paragraphe
est le suivant : « Bien qu’une forme républicaine de gouvernement pro te à tous
les gens du monde, la majesté de la royauté est l’un des signes de Dieu. Nous ne
voulons pas que les pays du monde en restent privés. Si les sages réunissent les
deux formes en une seule, grande sera leur récompense auprès de Dieu» En
d’autres termes, la souveraineté héréditaire devrait être limitée par un parlement
national, une assemblée représentative. De cette façon, les problèmes nationaux et
les questions de citoyenneté trouveront une solution grâce à la coopération de
ces deux institutions ; le pays et la nation pourront ainsi atteindre la perfection et
les gens parviendront au plus haut niveau de bien-être et de prospérité. Cette
« Tablette des bonnes nouvelles », devrait être considérée à tous points de vue
comme l’expression magnifique des paroles célestes, et à sa lecture on s’exclamera
certainement : « Béni soit Dieu, le plus excellent des Créateurs ! »
fi
Dans l’une des longues Tablettes considérées comme suppléments au Kitáb-i-
Aqdas, Bahá’u’lláh prend pour exemple la forme de gouvernement constitutionnel
et l’assemblée représentative du gouvernement britannique15. Ainsi, la forme de ce
grand gouvernement a reçu son approbation. Par conséquent, la crainte d’un
retour au despotisme est due à l’ignorance des commandements de cette très
grande Manifestation et au fait que l’on se fie aux paroles des ennemis concernant
ces questions internationales.
Nouveaux commandements
En ce qui concerne le quatrième et plus important point, il demande : « Quel
nouveau commandement y a-t-il dans la religion bahá’íe qui manque dans le
christianisme ? »
C’est une question absconse qui ne peut être pleinement comprise que si l’on est
bien versée dans les livres des deux religions. Nous l’exposerons néanmoins d’une
manière claire, facilement comprise par tous. Nous expliquerons les
caractéristiques spécifiques de ce grand mouvement et prouverons la nécessité de
cette très-sainte Manifestation, Bahá’u’lláh, pour le confort et l’édification du
monde. Ainsi les personnes désintéressées parviendront à la compréhension et
tout être juste élèvera une action de grâces pour ce grand don de Dieu, le Très-
Glorieux.
Il est évident pour toute âme éclairée que le monde de l’humanité atteindra la
perfection, et que le bonheur et le bien-être, désir des nations et but de tous les
cœurs, seront assurés, lorsque les différences religieuses et le sectarisme, cause
d’aliénation et de séparation, seront complètement éliminés du monde, et que
toutes les brouilles et tous les schismes, ainsi que les divisions raciales,
patriotiques et politiques, etc. seront dissipés. Ainsi les hommes pourront devenir
des frères, aimants et bienveillants les uns envers les autres. Ces terribles guerres,
les plus grandes catastrophes de l’humanité et de la civilisation, disparaîtront. Les
dépenses énormes, sans aucun doute cause de l’appauvrissement des hommes et
de la destruction du monde, ne seront plus consacrées à des activités destructrices
et à des machines infernales. Cette question est si claire, si évidente que l’esprit le
plus déficient peut en juger. Cela étant, cette condition a été confirmée par les
bonnes nouvelles divines et établie par les prophéties célestes. En effet, les saintes
Écritures rapportent explicitement qu’au grand Jour, exalté sous divers noms : « le
dernier jour », « le temps de la fin », « le dernier jour », « le jour du Seigneur »,
etc16, le Seigneur glorieux se révélera et unira toutes les nations dans l’adoration du
Dieu unique. Il enseignera à tous des qualités élevées et spirituelles, au point que
les guerres et les conflits seront éliminés, que la rancune et la haine seront
remplacées par la sociabilité et la paix, et que les instruments de guerre seront
remplacés par des instruments de culture et de commerce. Voilà un bref exposé
des promesses des prophètes concernant le « dernier jour ».
Toutes les nations attendent et anticipent l’avènement d’un tel jour et la venue
d’une si grande cause ; en fait, elles prient et supplient Dieu de hâter son arrivée.
Le sens des prophéties
En effet, toutes les Manifestations de Dieu, les fondateurs de religion qui sont
venus auparavant ont mentionné les signes de ce grand événement dans leurs
livres respectifs, et les ont soulignés et clairement rapportés dans leurs discours.
Mais chacun a rapporté les mêmes signes que son prédécesseur et a répété les
mêmes paroles, sans pour autant expliquer le sens de ces signes et de ces
conditions, ni faire connaître son objectif dans ce domaine. Par exemple, voyez
comment, pendant mille ans, Moïse et les prophètes israélites ont annoncé aux
gens la venue du Seigneur des armées qui harmoniserait et unirait tous les peuples
dans l’adoration d’un Dieu unique. Parmi les signes qu’ils ont annoncés du jour de
sa venue, citons :
• Les cieux repliés.
Le soleil obscurci.
• La lune éteinte.
•
• La chute des étoiles du ciel.
• Les morts qui sortiront de leurs tombeaux.
• Les animaux féroces qui feront la paix avec les animaux domestiques.
• Et qui partageront les mêmes pâturages et la même nourriture.
• Les enfants qui joueront avec des serpents venimeux.
• Le peuple d’Israël, humilié et dispersé parmi toutes les nations de l’Orient
et de l’Occident, qui sera de nouveau rassemblé par le Seigneur des armées,
qui l’établira dans sa terre promise et lui conférera une gloire et une
domination éternelles.
Telles sont, en résumé, quelques-unes des prophéties que tous les prophètes
israélites ont annoncées à leur peuple et consignées dans leurs livres. Ils n’ont
cependant pas affirmé que ces promesses devaient être prises au sens littéral, sans
symbolisme ni interprétation, ni que les textes symboliques n’étaient pas sujets à
commentaires.
Quinze cents ans après Moïse, les mêmes promesses et les mêmes signes ont été
révélés par le Christ – sur lui soit la gloire ! Considérez les versets 29-31 du vingtquatrième chapitre de saint Matthieu17 et les dixième et onzième versets du
troisième chapitre de la deuxième épître de l’apôtre Pierre18, pour constater la
mention très claire de ces promesses et de ces signes. De même, le Christ et ses
disciples se sont contentés de mentionner ces signes, comme l’ont fait les
prophètes israélites, sans chercher à en expliquer le sens. En conséquence, le
clergé chrétien n’était pas d’accord sur l’interprétation de ces livres saints, certains
commentateurs affirmant que ces promesses étaient des déclarations littérales, non
sujettes à interprétation, et qu’elles devaient donc s’accomplir absolument,
d’autres affirmant que ces promesses étaient symboliques et qu’il s’agissait de les
interpréter afin que leur signification réelle devienne évidente, c’est-à-dire attendre
que le Sceau du Livre soit ouvert au dernier jour.
Six cents ans après le Christ, le « Sceau des Prophètes » 19 a annoncé sa mission et
les mêmes promesses ont été à nouveau révélées dans le Coran. Les mêmes
conditions et les mêmes signes ont été répétés à l’identique. Mais là encore, le
Coran ne fait aucune référence au sens de ces prophéties, pas plus qu’il ne précise
si elles sont symboliques ou sujettes à interprétation. Par conséquent, si on
examine ce qui a été dit, on constate très clairement que les plus grands obstacles à
l’unification des nations ont été ces prophéties, ces bonnes nouvelles, ces
conditions et ces signes. En effet, les divers peuples ont été empêchés de s’unir les
uns avec les autres parce que le sens de ces prophéties n’était pas clair.
Donner des exemples conduit à la prolixité, mais je vais le faire dans le but
d’éclairer et d’élucider davantage la question pour le lecteur. Supposons qu’un
missionnaire chrétien dise à un juif : « Cher ami, pourquoi es-tu endormi et
insouciant ? Le Messie promis, dont la venue a été annoncée par tous les
prophètes, est apparu. » Imaginez alors que le juif réponde : « Splendide ! Quelle
belle annonce et quelle joyeuse nouvelle ! Nous, les juifs, avons subordonné tous
nos souhaits à la venue du Messie et nous implorons chaque jour par la prière son
avènement ! Voyons maintenant ce Messie promis que vous déclarez être apparu. »
Le missionnaire chrétien répond : « Le Messie promis est ce malheureux jeune
homme, Jésus de Nazareth, qui a sacrifié sa vie pour la libération et le salut du
monde. » Le juif répondra : « Cher maître, les livres saints font état de signes clairs
concernant l’apparition du Messie, mais aucun d’entre eux ne s’est réalisé. Nous,
les juifs, n’avons pas acquis notre religion si facilement que nous puissions
l’abandonner sans réfléchir. Vous vous considérez comme un enseignant des
Livres saints. Voyez donc dans les Livres saints les passages selon lesquels, au
moment de la venue du Messie promis, le soleil s’obscurcira, la lune se changera
en sang, le nouveau ciel et la nouvelle terre apparaîtront, les étoiles tomberont, les
morts ressusciteront. Où et quand ces prophéties se sont-elles réalisées au temps
du Nazaréen et qui les a vues ? En outre, permettez-moi de vous montrer de
nombreux passages dans lesquels il a été clairement révélé que lorsque le Messie
promis apparaîtra, il rassemblera tous les juifs dispersés dans le monde et les
sauvera de leur grande humiliation, de l’exécration et de la tyrannie qu’ils
subissent. Il les établira en Terre sainte et leur conférera domination et gloire.
Dites-moi maintenant quand Jésus de Nazareth a-t-il accompli cela ? Or, par sa
venue, c’est le contraire qui s’est produit, car nous étions établis en Terre sainte,
mais nous avons été dispersés. Nous étions estimés, nous sommes humiliés. Nous
étions rassemblés, nous sommes dispersés. Nous étions bénis, nous avons été
frappés de malédiction. Tout cela est contraire aux promesses faites au peuple juif.
Accepter Jésus serait donc renié ces glorieux prophètes. »
Bref, à ce stade de la conversation, le missionnaire chrétien ne peut pas répondre
au juif. En effet, il ne comprend pas lui-même le sens réel de ces bonnes nouvelles.
Comment pourrait-il les expliquer aux juifs et les convaincre ? C’est pourquoi,
pendant cette longue période, les missionnaires chrétiens ont tenté de déconcerter
et de troubler les juifs, sans toutefois emprunter le chemin de la vraie connaissance
et de la vraie preuve. Au lieu de les rapprocher des Évangiles, ils les ont contrariés
et éloignés.
C’est pourquoi l’histoire de l’Église nous apprend qu’au cours de cette longue
période, c’est-à-dire depuis la conversion du grand Constantin jusqu’à nos jours,
tant à l’époque de Charlemagne qu’au cours des croisades, ils ont à maintes
reprises tenté de forcer les juifs à accepter le christianisme pour en fin de compte
échouer. Or, s’ils avaient connu la signification de ces bonnes nouvelles, ils
n’auraient pas eu besoin de recourir à la force et à la contrainte.
L’attitude du musulman à l’égard du chrétien est similaire. Lorsque le musulman
veut prouver à un chrétien la véracité de la mission du « Sceau des Prophètes », il
le renvoie aux signes rapportés dans le vingt-quatrième chapitre de l’évangile de
Matthieu. Ce musulman, n’en comprenant pas le sens, se sent obligé de dire que
l’Évangile qui est entre les mains des chrétiens n’est pas l’Évangile originel
descendu avec Jésus. Comme vous pouvez le vérifier, les musulmans établiront
clairement, en paroles et en écrits, que cet évangile a été interpolé par les érudits
chrétiens avant d’être attribué au Christ. . Dans ce cas, le chrétien, pour qui la
réalité de l’Évangile est évidente et l’amour de ce Livre saint fermement établi dans
son cœur, sera stupéfait de la réponse du musulman qu’il jugera fausse. Au lieu de
se seentir en communion et amitié avec le musulman, le chrétien deviendra un
ennemi de la religion islamique et un adversaire des musulmans.
Bref, l’un des grands obstacles à l’unité des nations est cette difficulté expliquée
dans le paragraphe précédent. Tous ces problèmes abscons s’expliquent par
l’affirmation que les missionnaires chrétiens, ne comprenant pas le sens réel des
Livres des religions apparues avant la manifestation du Christ, ne peuvent pas
guider les autres vers leur propre religion. Voilà qui est évident.
Quant aux religions apparues après le Christ, dans la mesure où reculer est
contraire au progrès et à l’avancement évidents dans la marche du monde, le
chrétien ne peut pas inverser le développement et pousser les gens à descendre
sur l’échelle du progrès pour qu’ils le rejoignent. Lord Curzon, ce grand homme, a
en partie compris ce point lorsqu’il écrit : « La conversion des Orientaux à la
religion chrétienne n’a pas de résultat. »
Ce sujet étant clairement élucidé, nous soutenons que l’état actuel du progrès dans
le monde nécessite la venue de la plus grande Manifestation qui est Bahá’u’lláh.
Alors qu’il résidait à Bagdad, le premier livre qu’il révéla fut le Kitáb-i Íqán, qui est
la clé permettant de briser les sceaux des Livres saints. Il y explique les réalités
révélées dans les Écritures. Grâce à lui, les portes de la compréhension des paroles
prophétiques s’ouvrent aux yeux des gens de Bahá, la signification réelle des
bonnes nouvelles divines est révélée et le sens latent et incompris de certains
termes comme « mort », « vie », « ciel », « terre », « soleil », « lune », « étoiles »,
« résurrection », etc. s’éclaircissent. Ainsi, apparaissent les signes de l’accord et
de la concorde entre gens qui étaient hostiles et opposés.
Vous observez en effet que la religion bahá’íe n’en est qu’à ses débuts, mais les
questions et les doctrines difficiles ont été si clairement expliquées et si facilement
acceptées par des gens divers que nombreux parmi les zoroastriens, les juifs, les
nosayris, etc. qui n’ont jamais cru au Christ et n’ont jamais écouté un seul verset
de l’Évangile, sont maintenant devenues des croyants reconnus de Bahá’u’lláh
grâce à l’effet de ses paroles bénies. De plus, ils considèrent le Christ comme le
Seigneur promis et son Livre céleste comme la sainte Parole divine. Ils s’associent
aux chrétiens et fréquentent leurs fêtes et leurs rassemblements avec la plus
grande gentillesse et la plus grande fraternité.
Dans un esprit de grande amitié, je pose une question à cet estimé missionnaire
Peter Z. Easton qui, sans comprendre le moins du monde la signification du
Royaume du Christ, en fait l’éloge : Qu’est-ce qui rend proche le Royaume du
Christ : les signes évidents dont je viens de parler ou l’anathème, l’exécration, les
paroles inconvenantes, la rédaction d’articles avilissants dans des magazines où la
diffamation et la calomnie sont attribuées à des âmes pures et saintes ?
C’est tout à fait étonnant ! Nous ne savons pas ce que M. Easton et ses alliés
entendent par « Royaume du Christ » ni ce qu’il signifie pour eux. Le Royaume du
Christ est-il destiné à la ratification et à l’exécution de sa parole ou à prouver le
contraire des paroles du Christ et à promulguer les attributs de ses ennemis ?
Le Christ déclare clairement : « Bénissez ceux qui vous maudissent » 22, alors que
M. Easton et ses pairs appliquent l’inverse : « Maudissez ceux qui vous bénissent ».
L’âme qui cherche la bénédiction et la miséricorde, ils la caractérisent par des
mots des plus inconvenants et lui souhaitent le mal et la perdition. Bahá’u’lláh
prouve aux nations incrédules que le Christ était le Fils et le Verbe de Dieu, alors
que M. Easton et ses pairs déclarent Bahá’u’lláh l’Antéchrist.
Comme c’est étrange ! Dans sa première épître, Jean l’Évangéliste dit : « Celui qui
pratique la justice est juste » 23, mais eux, ses adversaires disent : « Celui qui
pratique la justice est en vérité un meurtrier et un imposteur » 24. De même, dans
cette épître, il dit : « Quiconque confesse que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu
demeure en lui et lui en Dieu » 24 ; mais eux disent que celui qui, de leur propre
aveu, a convaincu trois millions d’âmes et leur a fait accepter que Jésus était le Fils
et le Verbe de Dieu, est privé de la connaissance de Dieu et ne reçoit pas l’onction
de Dieu. N’avons-nous pas clairement démontré que par la phrase : « Vous
connaîtrez l’arbre à ses fruits », dans le sermon sur la montagne, il faut
comprendre que le but du Christ était que nous ne fassions pas attention aux
fausses accusations et que nous n’écoutions pas ce que les gens de préjugés
répandent parmi les hommes ? Nous devrions au contraire considérer les actes de
chaque personne comme le bon critère pour la juger et faire ainsi la différence
entre vérité et mensonge.
Enseignements bahá’ís nouveaux
Bref, revenons au sujet initial, qui renvoie à la question de Peter Z. Easton :
« Qu’est-ce que Bahá’u’lláh a apporté qui ne se trouve pas dans la religion
chrétienne ? » Le but principal de la Révélation de Bahá’u’lláh est de résoudre les
complexités des Livres célestes, de faciliter l’élimination des différences entre les
nations et d’établir l’unité et l’harmonie entre les différentes parties du monde
humain. C’est une preuve suffisante de la grandeur et de la profondeur de la
religion bahá’íe, mais nous allons maintenant examiner les lois et les ordonnances
de cette religion, expliquer leurs vertus spécifiques, leurs avantages et leurs bons
résultats.
Tout d’abord, le commandement, particulièrement caractéristique de la religion
bahá’íe et que l’on ne retrouve pas dans les autres religions, est de « s’abstenir
d’accorder du crédit aux traditions verbales ». Il est bien connu des historiens que
ce sont les traditions verbales qui ont divisé les juifs en deux grandes sectes. Ces
traditions sont à la base du livre du Talmud et ont causé la division de cette nation.
L’une des deux branches, le rabbinisme, considère les enseignements du Talmud
comme la loi qu’il faut suivre et estime qu’il s’agit du meilleur moyen de préserver
et de pérenniser le peuple juif. L’autre branche, le karaïsme, considère le Talmud
comme une hérésie pure et simple, qui mène à la perdition. Il est donc impossible
d’harmoniser ces deux branches ou de mettre fin à leur opposition mutuelle.
De même, dans la religion chrétienne, la principale cause de schisme et de division
furent ces traditions verbales qualifiées d’authentiques. Chaque Église chrétienne,
la catholique, l’orthodoxe, la jacobite, la nestorienne et d’autres, considère qu’il est
obligatoire de suivre ces traditions héritées et transmises par les pères de leurs
Églises, comme le texte même du Livre saint.
Ainsi, lorsque la question de l’unification des chrétiens se posait dans l’un des
grands conciles, chacun se prévalait de ces traditions qui s’opposaient à l’union et
à l’harmonie. De même en islam, revendiquer les traditions verbales, rapportées du
Fondateur de cette religion après sa mort, a été la cause de la division en diverses
branches, notamment les sunnites, les chiites et les kharajites, ou en écoles
secondaires : hanafite, malakite, chaféite, hanbalite, etc. Chacune s’en tenant à un
ensemble de traditions qu’elle considère comme authentiques.
Bahá’u’lláh a fermé cette porte, la plus grande souce de sédition, car il a clairement
annoncé que « dans la religion de Dieu, on doit se référer aux questions révélées
dans le Livre et toutes les questions qui n’y sont pas dépendent d’une décision de
la Maison de justice. » Ainsi, tous les récits, les relations et les traditions verbales
sont discrédités aux yeux des bahá’ís et la porte de la dissension, la plus grande des
portes de l’enfer, a été fermée à double tour.
Deuxièmement, l’une des lois propre à la religion bahá’íe est l’interdiction
d’interpréter la parole de Dieu, car l’interprétation des paroles et l’exposé
d’opinions personnelles ont été l’un des plus grands moyens de dissension dans
les religions précédentes, la cause de l’assombrissement de l’horizon de la foi et de
l’occultation de la signification réelle du Livre de Dieu.
Il est évident que les hommes instruits n’ont pas tous le même esprit et que les
dons naturels de sagacité et d’intelligence, ou le degré de compréhension et
d’intelligence, varient parmi eux. Ainsi, lorsque la porte de l’interprétation et de la
perversion du sens évident des phrases est ouverte, d’étranges opinions et de
curieuses et contradictoires interprétations en résultent, des sectes différentes
naissent alors au sein d’un même peuple, d’une même communauté.
Par conséquent, Bahá’u’lláh a explicitement ordonné à ses disciples d’abandonner
complètement la voie de l’interprétation pour suivre les paroles révélées dans les
Tablettes selon leur sens évident, afin que ce qui s’est produit parmi les nations
passées ne se reproduise pas parmi le peuple bahá’í et que les événements fâcheux
apparus parmi les diverses sectes en raison de la différence de mentalité et de
point de vue, ne se manifestent pas en ce jour nouveau et prometteur qui est le
jour du Seigneur glorieux.
Ainsi, l’un des commandements explicites de cette grande Manifestation,
Bahá’u’lláh, est l’abrogation des différences qui séparent les hommes. Et l’une des
occasions de dissension est la différence d’opinions entre les savants concernant la
position de la Manifestation de la Cause. Dans les religions précédentes, l’histoire
montre que lorsque, sur une question de ce genre, une différence apparaissait
entre deux docteurs en religion, les deux parties, fermes sur leurs positions,
insistaient sur la justesse de leur point de vue, tandis que les laïcs, selon l’usage,
adhéraient à l’un ou à l’autre, fermant ainsi les portes à l’accord et à l’unité à tel
point que la fraternité religieuse se transforma en une profonde et violente
inimitié, la dissension intellectuelle se terminant en luttes et en guerres sanglantes.
Au quatrième siècle, les divergences de vues entre le prêtre Arius et l’évêque
Alexandre au sujet de la Trinité, ou les divergences du cinquième siècle entre
l’évêque Nestorius et les autres évêques, qui ont provoqué des guerres terribles et
l’effusion d’un sang précieux, en sont de bonnes illustrations. Les conséquences
de ces tristes dissensions ont perduré jusqu’à nos jours. Il s’agit là de preuves
et d’évidences claires pour le point en question.
Le temps nous manque pour mentionner les nombreuses sectes et divisions des
gnostiques et autres, dont les historiens de l’Église ont dénombré plus de trente, et
les ont regroupées sous l’étiquette « nés de la philosophie ». Nous renvoyons tous
ceux qui souhaitent obtenir des informations complètes aux ouvrages qui font
autorité en la matière, afin qu’ils se rendent compte que toutes ces divisions et ces
sectes sont nées des désaccords des savants quant au degré et au rang du Christ, et
de leur insistance sur leurs opinions respectives.
Troisièmement, le désaccord des docteurs quant au rang de la Manifestation de
Dieu est l’une de ces questions abstruses et dif ciles à résoudre qui se sont
révélées dépasser les capacités des grands esprits et qui ont déconcerté un roi aussi
puissant que Constantin le Grand. En effet, malgré l’aide et la coopération des
grands évêques d’Orient et d’Occident, il n’a pas pu réconcilier les différentes
parties de la controverse arienne.
Pendant cette longue période, le pouvoir des conciles locaux, l’épée des puissances
européennes et le verdict des tribunaux inquisitoriaux n’ont pas réussi à éliminer
fi
les divisions et les schismes causés par ces discussions métaphysiques. Mais
l’élimination de ce problème insoluble et de cette maladie incurable par les
moyens les plus simples a été dévoilée dans les ouvrages bahá’ís. En effet, dans
l’une de ses saintes Tablettes, Bahá’u’lláh a révélé ce qui suit : « Puisque les
hommes diffèrent dans leur degré de connaissance, s’il s’avère que deux personnes
ont des points de vue différents en ce qui concerne la nature et le rang de la
Manifestation de Dieu, les deux sont acceptables devant Dieu, car, conformément
au verset béni : « En vérité, nous avons créé des âmes différentes en degrés », Dieu
a créé des hommes différents en compréhension et en manières. Mais si ceux qui
ont deux points de vue s’engagent dans des conflits et des querelles en exprimant
leur point de vue, ils sont tous deux rejetés. En effet, la connaissance de la
Manifestation de Dieu a pour but d’unifier les cœurs, de cultiver les âmes et
d’enseigner la vérité de Dieu, alors que les conflits et les querelles de deux
personnes ayant deux points de vue différents nuiraient à la cause de Dieu. C’est
pourquoi elles sont toutes deux envoyées au feu » 25. Tel est en résumé le contenu
de cette Tablette. Par conséquent, dans cette sainte cause, personne n’a le pouvoir
de créer la discorde et, par crainte de faillir, personne n’ose persister dans sa
propre opinion au détriment de l’harmonie.
Quatrièmement, parmi les lois spécifiques clairement établies dans la Cause de
Bahá’u’lláh figure la loi interdisant l’esclavage26, qui n’est pas mentionnée dans les
autres religions. Comme aucun des anciens Livres célestes n’a interdit ce trafic,
tous les instincts humanitaires qui ont poussé les grandes puissances à l’abolir et à
le détruire n’ont pas pu détourner les gens du peuple de cette pratique abominable
qui a coûté aux gouvernements et aux nations beaucoup d’ennuis et de dépenses.
Par exemple, la libération des esclaves constitue l’une des responsabilités
importantes du gouvernement égyptien. Cela représente une lourde charge pour le
trésor public. En outre, le procès et l’inculpation des personnes coupables de ce
trafic infâme entraînent de grandes afflictions et souvent la ruine de nombreuses
familles notables.
Cinquièmement, parmi les lois propres à cette grande Cause, il y a celle qui rend
« obligatoire pour tous l’exercice d’une profession comme moyen de subsistance, et
l’obéissance à cette loi est considérée comme une prière » 27 Si un homme
perspicace considérait cet important commandement, il pourrait témoigner du
grand bénéfice qu’il contribuerait à réguler les affaires de la civilisation et à
éliminer les obstacles et les calamités de la société humaine. En effet, il est évident
qu’à l’heure actuelle, d’innombrables âmes : moines, anachorètes, ermites, dévots
religieux, dignitaires et autres, bien que saines de corps et de membres,
s’abstiennent de toute occupation et de tout commerce, passant leur temps dans
l’indolence et l’oisiveté et vivant du produit du travail d’autrui. En réalité, ces
hommes sont comme des membres atrophiés du corps de l’humanité et un lourd
fardeau pour les hommes d’industrie et d’agriculture. Lorsque, par une loi
religieuse, ces innombrables âmes abandonneront l’oisiveté et l’indolence et
s’adonneront à des occupations utiles, on comprend combien cela contribuera à la
richesse commune et supprimera les difficultés de la société.
Sixièmement : Une loi rend obligatoire l’éducation des enfants des deux sexes.28
Cette loi est aussi l’un des commandements explicitement révélés dans cette très
grande Cause. Il n’en est pas fait mention dans aucune des autres religions où
l’éducation des gens dépend d’une loi du gouvernement. Précédemment, si un
gouvernement omettait de promulguer un décret prévoyant l’enseignement
obligatoire, et que cette omission entraînait la décadence de l’apprentissage et du
savoir, la nation n’en tenait aucun compte, et les gens ne considéraient comme
responsables, ni eux ni le gouvernement. En effet, aucune loi concernant ce sujet
n’a été révélée dans les Livres saints. Mais lorsqu’une loi est établie dans le Livre
saint d’une nation, chacun des membres de celle-ci se considère comme tenu de
l’appliquer, et personne ne manquera de respecter cette loi, car ils ne dépendront
pas du gouvernement pour le faire.
Septièmement : le commandement interdisant l’anathème et l’injure et obligeant
chacun à s’abstenir de prononcer ce qui peut offenser les hommes29. Car, comme
le montre la science morale, l’anathème, l’injure et les paroles dures et offensantes
sont l’une des plus grandes causes d’aliénation des cœurs, de rancune des esprits,
de haine et d’animosité entre les gens et de cause de guerres calamiteuses. « En
vérité, la guerre commence par les mots » disent les sages et le poète Firdousi a
dit : « Un simple mot peut être cause de guerre ». Un autre vers illustre ce point :
« La blessure infligée par la langue est plus profonde que celle infligée par l’épée ».
Si l’on réfléchit aux divergences et aux schismes dont nous avons parlé, qui se sont
produits parmi les peuples chrétiens, créant des sectes et des écoles différentes,
telles que les ariens, les nestoriens, les gnostiques, etc., allumant le feu de terribles
batailles et de violentes calamités, on constate clairement, d’après le témoignage de
faits authentiques, que la cause principale et initiale de ces divisions et de ces
désastres était la divergence d’opinions entre deux religieux érudits, deux
théologiens, divergence qui donnait lieu à des discussions et à des controverses.
Pour vaincre son adversaire et démontrer la justesse de son point de vue, parce
qu’il était persuadé que sa propre opinion était la bonne, chacun persistait dans
son attitude au point d’en arriver à être dur envers l’autre. Cette dureté conduisait
progressivement à des allusions et à des déclarations gênantes qui, avec le temps,
culminaient en injures, exécrations, luttes et même effusion de sang. Il n’est pas
nécessaire de mentionner ici les conséquences néfastes de ces luttes religieuses et
leurs effets négatifs sur la société humaine. En effet, les calamités causées au cours
des âges par ces divergences sont consignées dans les livres d’histoire de toutes les
nations, et les épreuves qui se poursuivent jusqu’à notre époque, résultats
douloureux de ces dissensions, sont évidentes pour tout homme intelligent.
On pourrait peut-être avancer une objection disant que les ordonnances
interdisant l’anathème et l’exécration se trouvent dans les autres Livres saints,
comme par exemple les commandements du Christ, dans le Sermon sur la
Montagne, dans lequel il déclare très clairement : « …celui qui dira : « Fou » sera
passible de la géhenne de feu » 30 Dans le Coran, il est dit : « Ne maudissez pas ceux
qui prétendent (à une mission spirituelle) sans la permission de Dieu, maudissant
ainsi Dieu comme un ennemi » 31. La réponse à cette objection est évidente pour
les gens perspicaces, car de telles ordonnances et interdictions sont considérées
par les savants comme des commandements éducatifs et non comme des lois et des
textes de loi de la religion. Considérez ce commandement du « Sermon sur la
Montagne », dans lequel il déclare : « Quiconque se met en colère contre son frère
en répondra au tribunal ». Il dit encore : « Ne vous amassez pas de trésors sur la
terre» et encore : « Ne vous inquiétez donc pas du lendemain. » Il dit aussi : « Celui
qui te frappe sur la joue droite présente-lui aussi l’autre » ; et « Si quelqu’un veut
[…] prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau ». Plus loin, il dit : « Donne à
celui qui te demande et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi » 32
Il est évident que les savants et les docteurs des religions chrétienne et musulmane
n’ont pas considéré ces commandements comme impératifs. Les spécialistes du
droit et la jurisprudence n’ont pas jugé que ceux qui désobéissaient à ces lois
méritaient d’être punis et jugés. Au contraire, comme nous l’avons dit, ils ont
unanimement considéré qu’il s’agissait de lois éducatives. De plus, certaines de ces
lois sont telles que les docteurs n’ont pas considéré ceux qui les transgressent
comme des transgresseurs ou des malfaiteurs devant Dieu. Par exemple, déjà
citées : « Celui qui te frappe sur la joue droite présente-lui aussi l’autre », « Donne
à celui qui te demande », « ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi ».
L’énoncé ci-dessus montre clairement pourquoi de tels commandements et
ordonnances n’ont pas été considérés par les dirigeants des gens chrétiens comme
impératifs et obligatoires et pourquoi ils n’ont pas pu faire disparaître l’anathème
et l’exécration dans la communauté humaine.
Mais dans la religion bahá’íe, les commandements interdisant de maudire,
d’injurier, de jurer et de blasphémer ont été révélés comme des lois impératives et
obligatoires. La responsabilité des contrevenants a été révélée dans plusieurs
Tablettes. Des commandements insistants ont été émis en ce qui concerne la
pureté de la plume et de la langue, interdisant d’écrire ou de parler de ce qui
offenserait les hommes. Par exemple, bien que la loi interdisant l’anathème et
l’exécration ait été déjà explicitement énoncée dans plusieurs Tablettes telles que
l’Ishráqát et d’autres, Bahá’u’lláh, à la fin de sa vie, dans le Livre de l’Alliance, a
renforcé et souligné la loi susmentionnée en adressant le commandement suivant
aux gens du monde entier :
« Ô peuples du monde, nous vous exhortons à observer ce qui vous anoblira.
Empoignez la crainte de Dieu et adhérez fermement à ce qui est juste. En vérité, je
vous le dis, la langue est faite pour mentionner ce qui est bon, ne la souillez pas de
propos inconvenants. Dieu pardonne le passé. Que chacun désormais dise ce qui
est bien et convenable et s’abstienne de médisance, de violence et de tout ce qui
est cause de tristesse. Noble est son rang ! Il y a peu, cette glorieuse parole a coulé
de notre précieuse et magnificente Plume : Béni est ce grand Jour où tout ce qui
est latent en l’Homme est et sera rendu manifeste. Noble est l’Homme s’il s’attache
à la justice, à la vérité et reste inébranlable dans la Cause.» 33
Tout être intelligent qui ré échit à ces propos : « Dieu pardonne le passé. Que
chacun désormais dise ce qui est bien et convenable », « Évitez l’anathème,
l’exécration et ce qui perturbe l’homme », verra clairement à quel point est
catégorique l’interdiction de l’anathème et de l’exécration. En effet, selon la loi en
vigueur parmi les gens qui savent, le contenu de cette sainte déclaration est une
interdiction explicite de l’anathème et de l’exécration.
fl
L’objectif visé est de rendre impardonnable la position de celui qui viole ce
commandement puissant et définitif.
Il est ainsi clair pour le lecteur que l’interdiction de l’anathème et de l’exécration
est l’un des commandements particuliers de cette très grande Révélation. Ainsi,
par la faveur de Dieu le Très-Haut, suite aux écrits de la Plume Suprême, cette
action inconvenante et les épreuves qui en résultent pourront disparaître et
l’heureuse nouvelle consignée dans le troisième verset du 22e chapitre de
l’Apocalypse de saint Jean concernant les événements du jour de la Manifestation,
à savoir : « Il n’y aura plus de malédiction dans l’au-delà », sera réalisée.34
Huitièmement, le port d’armes est interdit sauf en cas de nécessité :
Cette ordonnance ne se trouve pas dans les autres religions alors que, dans la
religion bahá’íe, elle est considérée comme un commandement impératif et
essentiel. La grande utilité de cette loi est évidente. Combien de gens incapables
de maîtriser une colère excessive lui ont donné libre cours en utilisant des
armes prêtes à l’emploi ? Si le meurtrier n’avait pas été armé, souvent, au bout
d’une heure, la violence de sa colère se serait apaisée et aucun crime n’en aurait
résulté. Il s’agit là des effets négatifs mineurs du port d’armes. Les gens armés
sont à l’origine d’autres maux plus graves ; ils causent de grandes
révolutions pour les gouvernements et des pertes excessives pour les nations.
Détailler ce sujet serait trop long, néanmoins les afflictions des nations et les
épreuves causées aux gens par le port d’arme sont évidentes.
Neuvièmement : La question relative à la nécessité de la création de la Maison de
justice et de l’institution des Assemblées nationales [c’est-à-dire des parlements] et
des gouvernements constitutionnels36. Ce commandement est également
particulier à cette religion. En effet, dans d’autres religions, il est possible de
restaurer et de fonder des gouvernements despotiques, car l’amour de la
permanence, de l’établissement et de la durée des ordonnances religieuses et la
crainte d’aller à l’encontre de celles-ci sont si profondément enracinés dans les
âmes humaines, en raison de la crainte de Dieu, qu’ils ne disparaîtraient pas en
mille ans et ne seraient pas remplacés, sauf par le renouvellement de la religion et
la réforme des lois.
Voilà brièvement quelques-uns des commandements particuliers à la religion
bahá’íe que l’auteur de ces lignes soumet à cette occasion. Pour des raisons de
brièveté, il a été nécessaire d’omettre d’autres commandements particuliers à cette
très grande Révélation, notamment quelques questions d’éthique comme la
nécessité pour une épouse de recevoir des nouvelles de son mari en voyage ou
absent ; une autre condamnant l’orgueil et l’égoïsme ; une autre encore relative à
la pureté de toutes choses, avec des recommandations et des encouragements à
observer mesures sanitaires et propreté, et à éviter complètement tout ce qui
conduit à la saleté et à l’impureté. Parmi ces commandements, on trouve celui qui
ordonne aux nations de s’entendre pour abolir la guerre et de préserver les
conditions de sécurité et de paix. Pour rendre justice à cet important sujet, il
faudrait compiler un gros volume et non un article si bref, mais il existe de
nombreux commandements de ce type, dont le développement et le détail en
dépasseraient les limites. Pourtant, au risque de les dépasser, je me sens obligé
d’informer le lecteur intéressé d’un des nombreux traits distinctif de la religion
bahá’íe avec l’espoir que cette Cause suprême éclaire largement sa vision et que sa
langue, pure et reconnaissante, offre des louanges à Dieu, le Béni, le Sublime.
Il s’agit d’un problème complexe de la philosophie sociale : la prévention du
monopole et du contrôle des richesses par certains individus. Les philosophes du
monde entier en discutent depuis longtemps. Par de sérieux échanges et de
profondes analyses, les sages d’Europe et d’Amérique, les socialistes en particulier,
se sont efforcés de résoudre ce problème abstrus. Les gouvernements d’Europe et
d’Amérique ont accordé à ce sujet une complète attention ; néanmoins, ils ne sont
toujours pas d’accord et ne sont pas parvenus à un consensus sur la solution à
apporter à cette question qui peut sembler insurmontable. Mais si l’on s’intéresse à
l’institution divine concernant la question de l’héritage et le modus operandi de la
distribution des legs entre les héritiers selon les lois de cette Révélation, on voit
que ce problème d’importance a été résolu de la la plus simple des manières ; la
répartition des richesses entre les nations étant ainsi établie de la meilleure
méthode qui soit.
La mort étant un événement inévitable, si la répartition des biens laissés par ceux
qui montent vers Dieu s’effectue selon la recommandation divine suivante, il sera
impossible à un petit nombre d’accumuler les richesses ou à une famille
particulière d’exercer un monopole, laissant les autres démunis et affligés par la
pauvreté et le besoin. En effet, le puissant Législateur a réglé cette importante
question de la manière suivante : Il a divisé les héritiers du défunt en sept classes,
y compris les enseignants, pères spirituels des individus éclairés. L’héritage est
divisé en parts. Ce nombre est le premier entier divisible par tous les
entiers inférieurs à .. Selon cette division, les sept classes pouvant bénéficier
d’un legs sont les suivantes : en premiers : les enfants, puis l’épouse, le père?
la mère, les frères, les sœurs et les enseignants. Les parents les plus proches sont
les mieux dotés. Chaque classe reçoit son dû en fonction du nombre soixante,
qui s’applique à tous. Il a décrété que ces sept classes mentionnées
entreraient également en possession de leurs droits légitimes, chacune
recevant sa part de cette division .
Lorsque les gens perspicaces réfléchiront à ce qui a été révélé, ils verront que,
grâce à ce commandement, la richesse ne sera jamais monopolisée par un petit
nombre et qu’aucun individu ne pourra s’emparer de la richesse d’un autre par la
force. La richesse circulera toujours entre tous. Tous les hommes hériteront les
uns des autres et tous bénéficieront de ce capital. Certes, lorsqu’on réfléchit à la
répartition effectuée par le Báb dans Le Bayán, on pourrait conclure qu’une telle
répartition affecte l’intérêt des enfants, mais la manière dont elle est prévue dans
l’Aqdas par la plume suprême de Bahá’u’lláh, où l’héritage des enfants est
multiplié, dissipe cette crainte . Pour les gens éclairés, il est évident que dans cette
très grande cause, tous les moyens de confort pour la nation ont été fournis et
qu’un plan de réajustement des affaires du monde, à tous les points de vue, a été
élaboré. Ce qui a été dit ici suffira à répondre brièvement aux objections de M.
Easton et consorts.
Concernant les caractéristiques qui distinguent cette grande Cause des autres lois
et religions de tous les siècles et de toutes les époques : Si les hommes de savoir,
justes et intelligents, réfléchissent aux lois judicieuses du Seigneur de l’humanité,
ils témoigneront sans aucun doute de la perfection de la Providence divine dans les
lois ainsi instituées. Par exemple, ces trois ordonnances fermes et irréfutables, à
savoir, premièrement, la question de l’héritage par laquelle le monopole de la
richesse sera supprimé et la question du socialisme résolue ; deuxièmement, la
question de la paix universelle et des accords internationaux concernant le
désarmement et la conservation des dépenses actuellement consacrées aux
instruments de guerre ; troisièmement, la question de l’ordre donné à tous
d’acquérir une profession, un art ou un métier leur permettant de gagner leur vie,
allégeant ainsi le fardeau des dépenses pour ceux sur qui elles retombent, tels que
les fermiers, les ouvriers, et autres. Ces dépenses sont engendrées par les oisifs et
les chômeurs.
Ces hommes justes et intelligents témoigneront aussi que la réorientation du
monde et le salut de l’humanité face à de grands dangers sont conditionnés par
l’adoption des commandements de cette très grande Manifestation, Bahá’u’lláh.
Ainsi, ils prononceront les paroles bénies : « Béni soit Dieu, Possesseur du
Royaume ! ».
Conclusion
Nous mettons ici un terme à nos propos et, pour conclure cette déclaration, nous
implorons Dieu le Saint, le Suprême, d’accorder à M. Easton et aux autres
négateurs, en sa miséricorde infinie, la lumière de la perspicacité et de la
connaissance afin qu’ils examinent, dans un esprit impartial et désintéressé, ce qui
leur est soumis ici. Ainsi seront-ils informés de la réalité de la Cause divine et
guidés vers la source du salut, de la vie, de la gloire et de la prospérité. et c’est
chose facile à Dieu.
Écrit le 28 décembre 1911, en Syrie,
par la plume de Mírzá Abu’l-Fadl Gulpáygání.
Notes
1. Voir l’annexe de ce volume
2. Référence à ce passage du Sermon sur la montagne : « Gardez-vous des faux
prophètes, qui viennent à vous vêtus en brebis, mais qui au-dedans sont des loups
rapaces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Cueille-t-on des raisins sur
un buisson d’épines, ou des figues sur des chardons ? Ainsi tout bon arbre produit
de bons fruits, mais l’arbre malade produit de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut
pas porter de mauvais fruits, ni un arbre malade porter de bons fruits. Tout arbre
qui ne produit pas un bon fruit, on le coupe et on le jette au feu. Ainsi donc, c’est
à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. » » (T.O.B., Mat. 7:15-20)
3. «Engeance de vipères ! Comment pourriez-vous dire de bonnes choses, alors que
vous êtes mauvais ? » (T.O.B., Mat. 12:34)
4. Mírzá Abu’l-Fadl fait ici référence à certains érudits et théologiens juifs.
5. Cf. Myron H. Phelps, The Master in `Akká (Los Angeles : Kalimát Press, 1985) pp.
57-61 ; Edward G. Browne, A Traveller’s Narrative (Cambridge University Press,
1891) p. 358-59.
6. Subh-i Azal, Mírzá Yahyá, le demi-frère de Bahá’u’lláh. Voir Shoghi Effendi,
Dieu passe près de nous, Maison d’éditions bahá’íes, Bruxelles. 1976.
7. Cf. Muhammad.-’Alíy-Salmání, My Memories of Bahá’u’lláh (Los Angeles :
Kalimát Press, 1982) p. 46-53.
8. Concernant la transformation pacifique des bábís, voir Bahá’u’lláh, Épître au Fils
du Loup, Maison d’éditions bahá’íes, 2001, p. 153-154.
9. Voir Ibid, p. 76-78 ; Anthony A. Lee, "The Rise of the Bahá’í Community of
‘Ishqábád" Bahá’í Studies, Vol. 5 (janvier 1979) p.1-9.
10. Cf. Matt. 12:37.
11. Coran 10:35, 37:154, 68:36.
12. Cf . ‘Abdu’l-Bahá, Les Leçons de Saint-Jean-d’Acre, Les Presses universitaires de
France, 3e édition 1982, chap LXXXII p. 294.
13. Cf. « Bishárát » (Bonnes nouvelles) dans Tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le
Kitab-i-Aqdas, Maison d’éditions bahá’íes, Bruxelles, 2010, p. 21-28.
14. Ibid., p. 28
15. « Le système de gouvernement que le peuple britannique a adopté à Londres
semble être bon, car il est orné de la lumière à la fois de la royauté et de la
consultation des gens. » Bahá’u’lláh, « Lawh-i Dunyá » (Tablette du monde),
Tablettes de Bahá’u’lláh, p. 93.
16. Isa. 2:2 ; Jean 11:24 ; Dan. 12:4, 9 ; Job 19:25 ; Joël 2:31 ; Zeph. 1:14 ; etc.
17. « Aussitôt après ces jours de détresse, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera
plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront
ébranlées. Alors le signe du Fils de l'homme paraîtra dans le ciel, toutes les tribus
de la terre se lamenteront, et elles verront le Fils de l'homme venant sur les nuées
du ciel avec puissance et une grande gloire. Il enverra ses anges avec la trompette
retentissante, et ils rassembleront les élus des quatre vents, depuis une extrémité
des cieux jusqu'à l'autre. » Matt. 24:29-31.
18. « Le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; en ce jour, les cieux
passeront avec fracas, les éléments embrasés ses dissoudront, et la terre avec les
œuvres qu’elle renferme sera consumée. Puisque donc toutes ces choses doivent
se dissoudre, quelles ne doivent pas être la sainteté de votre conduite et votre
piété, ... ». 2 P. 3:10-11.
19. Muhammad.
20. Les théologiens musulmans enseignent que l’Évangile original enseigné par le
Christ a été perdu et que les écritures utilisées par les chrétiens aujourd’hui sont
corrompues. Bahá’u’lláh rejette cet enseignement dans Le Livre de la Certitude,
Bruxelles. Maison d’éditions bahá’íes, 2014) § 91, 97, 98 notamment.
21. Cf. Ibid.
22. Mathieu 5:44, Luc 6:28.
23. 1 Jean 3:7.
24. 1 Jean 4:15.
25 .Voir Khazeh Fananapazir, "A Tablet of Mírzá Husayn ‘Alí Bahá’u’lláh to Jamál-i
Burújirdí : A Full Provisional Translation", « Bahá’í Studies Bulletin », vol. 5, no. 1-
2 (janvier 1991).
26. Cf. le Kitáb-i-Aqdas, K72.
27. La traduction officielle se lit comme suit : « Nous enjoignons à tous de
s’engager dans un métier ou une profession et nous considérons cette occupation
comme un acte d’adoration. » Bahá’u’lláh, Trustworthiness : A Compilation of
Extracts from the Bahá’í Writings, comp. by the Research Department of the
Universal Maison de justice (Haïfa : Bahá’í World Centre, 1987), nº 34.
28. Cf. Bahá’u’lláh, « Ishráqát », Tablettes de Bahá’u’lláh (Maison d’éditions bahá’íes,
2010) p.81.
29. Cf. Bahá’u’lláh, « Bishárát », Tablettes de Bahá’u’lláh, p. 15.
30. Matt. 5:22.
31. Coran 6:108.
32. Sermon sur la montagne, Matthieu 5 et 6.
33. Bahá’u’lláh, « Kitáb-i-‘Ahd », Tablettes de Bahá’u’lláh, p. 181, 15.2.
34. « Il n’y aura plus de malédiction. »Apoc. 22:3.
35. Kitáb-i-Aqdas, K159, p. 76.
36. Cf. Tablettes de Bahá’u’lláh, p. 93.
37. Mírzá Abu’l-Fadl fait ici référence aux lois bahá’íes sur l’héritage qui
s’appliquent dans les cas où l’on n’a pas écrit de testament. Cf. Kitáb-i-Aqdas, K20-
29.
38. Les règles successorales de Bahá’u’lláh en cas d’intestat sont basées sur celles
du Báb révélées dans Le Bayán, mais Bahá’u’lláh double la part attribuée aux
enfants du défunt.
Bahá’ísme : Un avertissement
par Peter Easton
Il y a mille neuf cents ans, notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ comparaissait
devant un tribunal romain. Le gouverneur, convaincu de son innocence, proposa de le
relâcher. Mais les juifs s’écrièrent : « Ce n’est pas lui, c’est Barabbas ! » Barabbas était
un brigand. C’est ainsi que le peuple élu de Dieu, celui qui, pendant 2000 ans, depuis
Abraham, avait été le bénéficiaire privilégié de sa grâce et de sa miséricorde, « renia le
Saint et le Juste, et demanda qu’on lui accordât un meurtrier. » Cette scène se
rejoue-t-elle aujourd’hui sous nos yeux ? En l’an de grâce 1911, le 17 septembre, à St.
John’s, Westminster, un archidiacre de l’Église d’Angleterre, un homme qui porte un
nom honoré, a placé dans le fauteuil de l’évêque, devant l’autel, le chef d’une secte
orientale dont, dans un discours précédent, il avait fait l’éloge en l’appelant « Maître ».
Qui est cet homme ? Il s’appelle Abbas Effendi. Il préfère cependant être appelé
‘Abdu’l-Bahá, serviteur de Bahá, son père, décédé à Acre, en Syrie, en 1892. Pour savoir
ce que cet homme représente et incarne, nous devons donc nous demander quel genre
d’homme était Bahá, le chef de cette secte, qui lui a donné son nom. Un pire que
Barabbas – traître, assassin et blasphémateur – digne successeur de cette longue lignée
d’antéchrists persans depuis le début de son histoire jusqu’à aujourd’hui. L’histoire est
longue et nécessiterait plus de temps et d’espace qu’il n’est possible de lui accorder ici.
L’article « Les Babis de Perse » qui accompagne ce texte donne un bref aperçu du
principe et de la pratique de ce système antichrétien. Comment est-il possible
qu’un ministre de Jésus-Christ puisse recommander une telle foi ? Ignorait-il le
véritable caractère de la secte ? Pourquoi, alors, l’a-t-il recommandée ? Pourquoi aussi
était-il ignorant ? Ne savait-il pas que la Church Missionary Society avait une mission en
Perse depuis quarante ans, et qu’il lui suffisait de s’informer auprès des missionnaires
de la Société à Londres et dans les environs pour connaître les faits ? Depuis plus de
vingt ans, le professeur Browne, de Cambridge, écrit sur ce sujet. L’archidiacre n’a-t-il
pas connaissance des faits accablants, exposés dans ses ouvrages, concernant le
caractère de Bahá ? A-t-il voulu s’informer auprès des habitants du quartier d’Acre ?
Comme il aurait été facile d’obtenir des informations auprès des missionnaires anglais
et américains de Syrie et de Palestine.
Il y a dix-huit mois, l’archidiacre Wilberforce a écrit à ‘Abdu’l Bahá pour lui dire :
« Nous sommes tous un, derrière le voile » Est-ce là l’enseignement de la Parole de
Dieu ? L’Apôtre dit-il que nous devrions être inégalement associés aux incroyants, que
la justice a partie liée avec l’iniquité, la lumière avec les ténèbres, le Christ avec Bellial,
le temple de Dieu avec les idoles ? C’est en effet l’enseignement du panthéisme sur
lequel sont fondés le bahaïsme et toutes les sectes qui lui sont apparentées. C’est de la
haute antiquité de ans, du début de l’histoire de la Perse, que vient la déclaration
blasphématoire : « Dieu et le diable sous le même joug ». Les hommes de bonne
réputation sont, il est vrai, les bienvenus dans les rangs de ces sectes panthéistes. Ils
font d’excellents pigeons. Mais lorsqu’il s’agit d’accomplir l’œuvre de l’enfer, il faut un
autre type d’homme, un homme dont la conscience est brûlée comme par un fer rouge.
Ce qui est déterminant, ce n’est pas ce que l’homme est, mais l’usage que l’on peut en
faire. « Le mal est le nom d’une des conditions du progrès – il est aussi nécessaire,
voire plus, que ce que vous appelez le bien, à votre et à notre élévation vers des sphères
plus élevées ». Cette idée est concrétisée dans ces sectes panthéistes, en ce sens que les
membres moralement intègres sont con nés dans le cercle extérieur, tandis que les
enfants du malin sont admis dans le sanctuaire intérieur. Voilà donc l’unité tant vantée,
dont Dieu nous préserve. L’archidiacre Wilberforce appelle ‘Abdu’l Bahá « Maître ».
Qu’en est-il du Christ ? Enseigne-t-il que l’on peut servir deux maîtres ? Non. Alors
l’archidiacre doit choisir qui il va servir, le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ
ou l’Antéchrist, Bahá. Il ne peut servir les deux. Que dira le peuple anglais ? Choisira-til ce Barabbas moderne ? Un mot sur l’impact des déclarations de l’archidiacre sur
le travail missionnaire en terre mahométane. Ce travail, comme on le sait, n’est pas
facile. Elle est même si difficile que des hommes comme Lord Curzon sont totalement
incrédules quant à la possibilité d’accomplir quoi que ce soit. Il est certain que les
hommes qui professent être des disciples de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ –
surtout ceux qui sont considérés comme des dirigeants de l’Église – ne devraient rien
faire pour rendre ce travail encore plus difficile. Quoi que l’on puisse dire d’autre des
bahá’ís, on ne peut pas dire qu’ils ne sont pas sages dans leur génération, prompts à
utiliser tous les moyens, justes ou injustes, qui serviront leurs intérêts. Ce qu’il a vu et
entendu ici en Angleterre a grandement encouragé ‘Abdu’l-Bahá à persévérer dans son
projet de faire du bahá’ísme « la religion universelle du monde et la base de la grande
civilisation universelle à venir », comme le montrent ses propres paroles. On ne peut
douter qu’il aura le même effet sur ses disciples, à qui la nouvelle sera transmise, non
pas dans un anglais froid, mais dans les phrases enflammées de l’imagination orientale.
Comme Paul, sur le chemin de Rome, ils seront eux aussi encouragés, mais ce ne sera
pas pour faire avancer le royaume de Dieu, mais le règne de l’Antéchrist.
Les babis de Perse
L’origine du babisme est à rechercher dans le panthéisme persan, un système qui
remonte à plus de 1000 ans et qui a donné naissance à de nombreuses sectes, dont le
babisme est l’une des plus récentes. Toutes ces sectes ont une doctrine fondamentale, à
savoir que le murid, ou disciple, doit s’abandonner absolument, corps et âme, au
murshid, ou guide. Dire que le murshid est, à toutes fins utiles, à la place de Dieu pour le
murid, c’est sous-estimer la question. Lorsque Dieu nous parle, il s’adresse à nous en
tant qu’hommes, en honorant les facultés de raison, de conscience et de volonté dont il
nous a dotés. Si quelque chose prétend être une nouvelle révélation, elle doit répondre
aux exigences de l’ancienne révélation, et s’y tenir ou s’y soustraire. L’idée panthéiste
fi
est différente. La révélation, la conscience, la raison, la volonté sont toutes anéanties. À
chaque instant de l’existence, il n’y a rien d’autre que le pouvoir absolu ; le pouvoir nu
d’une part, et la passivité et la négativité absolues d’autre part. Le murid n’est pas un
homme au sens propre du terme, mais un simple matériau, un simple réceptacle qui
est constamment créé puis mis en pièces, ou rempli puis vidé. Ce qu’il est n’a rien à
voir avec la nature des communications ou des ordres qui lui sont adressés ou imposés.
Selon les critères ordinaires, ils peuvent être raisonnables ou déraisonnables, sages ou
imprudents, saints ou impies, mais il n’a rien à voir avec tout cela. S’il lui est ordonné
de dire la vérité, il dit la vérité. Lui ordonne-t-on de mentir, il ment. Lui donne-t-on
des conseils de sagesse, il les exécute. Lui impose-t-on les caprices les plus fous d’un
fou, ce devoir d’obéissance est exactement le même. Permettez-moi de dire, tout
d’abord, que le système est essentiellement vicieux, car il est basé sur la dégradation du
murid, qui est dépouillé de tout ce qui fait de lui un homme et réduit à un simple
automate. L’honneur et la gloire du murshid se construisent sur la ruine du murid. Il est
impossible de concevoir un contraste plus parfait avec le christianisme. « Parce que je
vis, dit le Sauveur, vous vivrez aussi (Jean 14:19) ». « Et la gloire que tu m’as donnée, je
la leur ai donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un, moi en eux et toi en
moi, pour qu’ils soient parfaits en un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et
que tu les as aimés comme tu m’as aimé (Jean 17:22, 23).
Deuxièmement - Il ne peut être réformé, puisque le premier pas dans la voie de la
réforme est de détruire le système à la racine et à la branche.
Troisièmement - Chaque tentative d’application du principe de ce système s’est
soldée par le mal le plus terrible. La carrière de Mokanna au huitième siècle, dont nous
avons une description vraie et fidèle dans le Lalla Rookh de Moore, celle de Babek au
neuvième et de Karmath au dixième siècle, qui ont tous deux transformé le monde
oriental en Aceldema, ou champ de sang ; plus que tout, celle de Hassan Sabah et de
ses disciples, les Assassins, qui pendant 170 ans, à partir de 1090, ont inauguré un
règne de terreur en comparaison duquel celui de la Révolution française n’était qu’un
jeu d’enfant. Ces exemples et d’autres que l’on pourrait citer, tant dans l’Antiquité que
dans les temps modernes, prouvent amplement notre affirmation.
On nous demande maintenant de croire que le Babisme est une exception à la
règle, que ce système diabolique, satanique – il n’y a pas d’autres mots pour le décrire –
s’est transformé, que le serpent a perdu ses crocs et que le loup est devenu le véritable
protecteur des brebis. Où se trouvent les preuves de cette étonnante affirmation ? Fautil la chercher dans les déclarations blasphématoires de Bahá, selon lesquelles il n’était
pas seulement le Christ, mais aussi Dieu le Père ? Faut-il la chercher dans sa vie,
entachée des crimes les plus bas ? L’homme qui a tenté d’empoisonner son propre
frère, qu’il avait invité à manger avec lui, est-il l’inaugurateur d’une nouvelle
dispensation de la paix sur terre ? Et qu’avons-nous de l’autre côté ? Rien d’autre que
des paroles mielleuses. Le loup est déguisé en brebis, donc ce n’est pas un loup. Ce qui
est encore plus grave, c’est qu’aucune excuse ne peut être invoquée pour cet homme.
C’était un méchant de sang-froid, et non un fou, comme le fondateur des Druses, ou
un enthousiaste trompé, comme nous pouvons supposer que le Bab original était. Il y a
des hommes bons parmi les babis, des hommes qui ont été attirés par le système,
espérant y trouver la vérité qu’ils avaient vainement cherchée dans le mahométisme ;
bons, non pas à cause du système, mais en dépit de lui. Xavier était un saint homme,
mais le jésuitisme est tout sauf saint. Nous devons nous rappeler, en outre, que dans
tous ces systèmes panthéistes, il n’y a qu’un petit nombre de personnes qui sont
d’abord pleinement initiées aux « profondeurs de Satan », que la politique des
dirigeants est de maintenir la multitude dans l’ignorance, et d’avoir quelques
personnes dont la vie pure servira à masquer leur propre corruption. Dans le cas des
Assassins, le caractère de la secte n’a été pleinement exposé au public que plus de
soixante-dix ans après sa fondation.
Il n’est pas nécessaire de gaspiller de la sympathie pour les souffrances des babis. Il
est vrai qu’ils ont terriblement souffert. Qu’ils aient enduré la souffrance avec une
force d’âme et une constance merveilleuses est également vrai. Mais il en a toujours été
ainsi pour ces sectes. Lorsque l’infâme Babek, dont la règle était de faire violer sous
leurs yeux les femmes et les filles de ses captifs, s’est fait arracher les mains et les pieds,
« il a ri et a scellé en souriant avec son sang la gaieté criminelle de ses principes » (Von
Hammer, History of the Assassins, p. 27). En tant qu’enseignants et praticiens de
l’assassinat, les babis méritent amplement tout ce qu’ils ont été appelés à subir.
Il est vain de dire qu’ils n’interviennent pas dans les gouvernements, car, aux yeux
d’un babi, il n’y a pas d’autre gouvernement que celui de son chef. Tant que ce chef est
en état de semi-captivité, l’exercice de son autorité sur les souverains et les pays peut
être mis en veilleuse, de peur qu’il n’attire la vengeance sur sa propre tête. Mais qu’il
devienne un jour un souverain indépendant, et nous pourrons alors nous attendre au
retour de cette époque où il n’y avait de sécurité ni pour le souverain ni pour le peuple,
si ce n’est qu’ils devenaient les esclaves du plus affreux despotisme qui se soit jamais
manifesté sur la terre. Plus de liberté pour les femmes ! Oui, mais depuis l’époque de
Mazdak, ces sectes enseignent la communauté des femmes. Le millénaire à inaugurer
est celui de la science absolue.(Cf. Von Hammer, p. 105 et suivantes)
Après avoir lu cela et bien d’autres choses de ce genre qui se retrouvent dans la
presse publique, on se demande comment il se fait que des chrétiens, hommes et
femmes, puissent être trompés à ce point. Néanmoins, il est vrai que ces projets
panthéistes exercent une terrible fascination qui semble, pour un temps au moins,
priver les hommes de la vue, de l’ouïe et de la compréhension. Il est indéniable qu’ils
contiennent des vues grandioses de la vérité, mais le malheur, l’horreur, c’est que la
vérité, qui devrait être présentée de manière à être édifiante et inspirante, n’est que
l’appât sur l’hameçon qui entraîne l’âme en enfer.
❦
──────────────────────────────────────────────────────────────────────
Mirza Abu’l-Fadl Gulpaygani (1844-1914) est considéré encore aujourd’hui
comme le plus grand des érudits du monde bahá’í. Il est l’auteur de nombreux
ouvrages où la philosophie et la théologie musulmanes sont éclairées par sa
découverte des Écrits sacrés bahá’ís. Il devint bahá’í en 1876.
Dirigé par Bahá’u’lláh il voyagea en Perse puis dans les pays dépendant
alors de la Russie : Achgabad, Samarcande et Boukhara. Plus tard, ‘Abdu’l-Bahá
l’appela en. Palestine avant de l’envoyer à New-York.
Ce traité, La preuve éclatante, est une des dernières œuvres de Mirza Abu’l-
Fadl. Il fut motivé par un article contre la religion bahá’íe d’un
missionnaire presbytérien Peter Z. Easton connu pour ses idées conservatrices,
si conservatrices d’ailleurs qu’elles le poussèrent à abandonner sa
dénomination presbytérienne pour rejoindre des groupes chrétiens plus
sectaires.
On trouvera l’article qui a motivé la réponse de Mirza Abu’l-Fadl à la fin de
cet opuscule.
La Preuve éclatante
Il est le Vivant qui subsiste par lui-même !
Ces jours-ci, les derniers jours de 1911 après J.C. et les premiers jours de 1330 de
l’Hégire, je suis tombé, dans la revue Evangelical Christendom1, sur un curieux
article dont la lecture m’a étonné. J’ai découvert qu’un missionnaire protestant, un
homme qui se considère comme un des savants du XX e siècle, un serviteur de la
pure religion du Christ, un Occidental civilisé et cultivé du nom de Peter Z.
Easton, a été irrité par la diffusion dans les vastes étendues de l’Europe de la sainte
parole de ‘Abdu’l-Bahá à tel point que la jalousie l’a poussé à dépasser les bornes
de la courtoisie et de la bienveillance et à publier un article plein d’exécrations et
de calomnies.
Certes, par jalousie, beaucoup de gens chutent tête baissée du rang élevé de la
courtoisie dans les bas-fonds des paroles vaines, des écrits mensongers et
calomnieux, mais entendre cet homme prestigieux, l’archidiacre Wilberforce,
parlant comme il convient à un savant distingué, appeler ‘Abdu’l-Bahá « Maître » et
le présenter en termes élogieux à une grande assemblée, à enflammé chez Peter Z.
Easton une jalousie violente.
Après avoir lu attentivement son article, il m’a semblé que le seul but de l’auteur
était de tenter d’apaiser le feu de sa jalousie en usant de mots malveillants,
d’imprécations, croyant gagner une victoire en brandissant calomnies et
mensonges, armes en général d’un adversaire faible et ignorant. J’en fus d’autant
plus triste que je n’aurais jamais cru que de tels traits, de tels défauts, puissent être
manifestés par des âmes qui prétendent à la civilisation et à une haute culture
morale.
N’y a-t-il pas assez d’insulteurs, de calomniateurs et de prévaricateurs dans le
monde pour qu’ils s’affichent aussi en Europe ? Peut-on se considérer comme un
professeur de bonnes mœurs, un propagateur des vertus supérieures du
christianisme, et faire preuve d’une qualité qui est le signe et l’attribut le plus
spécifique de l’antéchrist ? Non ! par le Dieu vivant ! Si de glorieuses qualités
existent dans le monde, ces défauts existent aussi a n que les saintes paroles du
Christ : « Vous reconnaîtrez l’arbre à ses fruits » , puissent s’accomplir, et que ceux
qui lui sont dèles soient distingués de ceux qui lui sont opposés.
‘Abdu’l-Bahá invite les Européens à s’approprier les nobles attributs de
l’humanité ; Peter Z. Easton leur enseigne la diffamation, l’exécration, le mensonge
et la calomnie.
‘Abdu’l-Bahá invite les humains à l’unité et à l’harmonie ; Peter Z. Easton les
appelle à la division et à la discorde.
fi
En prière, levant ses mains bénies vers le ciel, ‘Abdu’l-Bahá invoque la
bénédiction et la miséricorde du Tout-Puissant pour les peuples d’Europe ; Peter
fi
Z. Easton veut prouver, dans de savantes revues, à quel point les Orientaux sont
dépourvus des qualités chrétiennes et il souhaite pour eux punitions et tourments.
‘Abdu’l-Bahá commande : « Ne dis de mal de personne et ne souhaite de mal à
personne » ; Peter Z. Easton affirme que nul ne devrait souhaiter de bien à des
gens dont il estime lui-même le nombre à trois millions, ni les considérer comme
dignes de grâce.
Je me pose alors la question : comment distinguer dans l’arbre de l’existence les
bons des mauvais fruits ? Comment comprendre et interpréter ces mots bénis :
« Vous connaîtrez l’arbre à ses fruits » ? Car je pense qu’il n’y a pas d’autre critère
que celui-ci, et Peter Z. Easton ne peut dire le contraire.
Souvenez-vous du verset trente-quatre du douzième chapitre de l’Évangile de
Matthieu, où le Christ dit : « Ô génération de vipères, comment pouvez-vous, étant
mauvais, dire de bonnes choses ».3
Certes, s’il était possible que la canne à sucre produise un jus amer et que la rose
odorante dégage une odeur fétide, le verset : « Vous reconnaîtrez l’arbre à ses
fruits », n’aurait jamais été révélé dans les livres sacrés et n’aurait jamais été
désigné comme le critère à utiliser.
Or les paroles de ’Abdu’l-Bahá consistent à appeler les hommes aux principes de
fidélité, de concorde et à les exhorter à avoir une bonne moralité et de nobles
attributs, tandis que les paroles de Peter Z. Easton consistent en divers degrés de
mensonge, de calomnie, de diffamation et d’exécration,. Le but de tout cela est que
chacune de ces deux personnes manifeste sa nature afin que, les fruits de l’arbre de
l’existence étant différenciés, les hommes puissent choisir le vrai critère.
Bref, après avoir soigneusement lu et pesé cet article j’ai constaté que Peter Z.
Easton, selon son postulat de départ, s’est basé sur « quatre preuves » pour
s’opposer à la grande cause bahá’íe. Nous allons donc mentionner ces quatre
points et montrer clairement la fausseté, dans chaque cas, de ses idées fantaisistes :
– Premier point : Ce qu’ont dit les épistoliers qui, à son avis, ont porté des
accusations contre Bahá’u’lláh, en lui attribuant des qualités contestables.
– Deuxième point : L’affirmation que les enseignements de Bahá’u’lláh sont
panthéistes, le panthéisme étant une fausse doctrine.
– Troisième point : L’affirmation que la religion bahá’íe a l’intention d’établir un
gouvernement despotique, une pratique des gouvernements tyranniques et
réprouvés.
– Quatrième point : la religion bahá’íe ne peut rien montrer de meilleur ou de
supérieur aux autres religions ; autrement dit, quelles sont les nouveautés
apportées par Bahá’u’lláh que l’on ne trouve pas dans la religion chrétienne ?
Pourquoi alors se séparer de cette dernière ?
Il nous faut à présent rédiger une réponse à ces quatre points afin de distinguer la
vérité du mensonge et de l’erreur.
Accusations contre Bahá’u’lláh
Concernant le premier point, le témoignage des narrateurs ; Peter Z. Easton, qui
est missionnaire, s’appuie sur les déclarations de certaines personnes. Dans son
accusation, il dit : « Pourquoi Wilberforce, homme estimable, n’a-t-il pas écouté et
prêté attention aux récits des missionnaires chrétiens qui ont vécu en Perse et dans
les environs d’Acre, et qui ont tous écrit contre Bahá’u’lláh ? » C’est, en résumé,
l’argument avancé par P. Z. Eaton, mais les gens éduqués estiment qu’une telle
preuve est excessivement faible et grossière.
En premier lieu, l’auteur de cet article est vraiment surpris que Peter Z. Easton,
qui se considère comme l’un des érudits du vingtième siècle et comme un juge
compétent pour différencier la vérité du mensonge, qu’un homme de son calibre
donc, s’appuie sur le témoignage d’une seule partie. Il devrait peser les
déclarations d’au moins vingt personnes – positives et négatives, amicales et
hostiles, bonnes et mauvaises – puis réfléchir avec équité aux déclarations des deux
côtés afin de juger avec impartialité pour parvenir à une conclusion véridique sur
la question. En effet, de même que certains ont écrit des avis défavorables sur
Bahá’u’lláh d’autres, historiens orientaux et occidentaux plus perspicaces et plus
subtils, ont consigné sur lui, dans leurs livres, les plus grands éloges. Selon quelle
règle doit-on tirer des conclusions ? Doit-on se contenter du seul jugement d’un
adversaire et considérer comme valable tout ce qu’il a écrit ? Ne peut-on affirmer
qu’écouter les déclarations d’un seul bord et ne pas prêter attention aux autres
témoignages, est une erreur ?
Par ailleurs, les Européens n’ont-ils pas lu l’histoire ? Ne connaissent-ils pas le
célèbre aphorisme : « l’histoire est un éternel recommencement » ? Le grand
philosophe et historien romain Tacite, au début de l’ère chrétienne, alors que le
christianisme commençait à se propager, n’a-t-il pas écrit en des termes on ne peut
plus clairs que « la religion chrétienne est l’ennemie de l’humanité » et ailleurs que
« La religion chrétienne est une exécrable superstition » ? Suétone, autre
philosophe et historien romain, a déclaré que la pure religion chrétienne était
« malhonnête, que son acceptation était contraire à la vérité et à la hauteur d’esprit
et qu’elle nuisait à la loyauté et au civisme ». Reportez-vous aux histoires de l’Église
afin de vérifier vous-mêmes ces affirmations qui témoignent de l’ignorance de
Peter Z. Easton en ce qui concerne les faits historiques.
Bien qu’en voyage actuellement, j’ai avec moi quatre histoires de l’Église
représentant le protestantisme, le catholicisme et l’orthodoxie grecque. Parmi les
livres écrits par les philosophes grecs, romains et alexandrins contre la religion
chrétienne, voire contre la personne même du Christ (gloire à lui !) il y a celui de
Celse, l’un des célèbres philosophes du deuxième siècle chrétien, qui a compilé un
gros livre empli de calomnies et de diffamations terribles contre la pure et sainte
personne du Christ.
Porphyre le Syrien, un des grands philosophes platoniciens, que les historiens de
l’Église considèrent comme un philosophe éminent et un auteur accompli a écrit
un gros livre contre le christianisme y consignant des accusations et des attaques
injurieuses à l’encontre du Christ et de ses disciples. Le livre a été brûlé et détruit
sur ordre de deux empereurs chrétiens, Théodotius II et Valentianus III.
Fronton, éloquent maître de rhétorique, précepteur de l’empereur Marc-Aurèle,
écrivit quinze volumes contre la religion chrétienne et les « ignobles manières » des
chrétiens. Le grand empereur Marc-Aurèle lui-même était réputé pour son
érudition et sa philosophie. Les érudits européens parlent de lui comme du « César
à la sagesse sublime » et ont écrit de beaux chapitres détaillant ses vertus.
L’Américain James Murdock, dans sa traduction de l’Histoire de l’Église, dit à
propos de la grande université fondée par Ammonius Saccas à Alexandrie, qui n’a
pas besoin d’être présentée ni louée en raison de sa renommée : « De cette
université sont sortis deux érudits éminents, l’un étant l’empereur Marc-Aurèle et
l’autre Épictète. »
Bref, ce grand et sage empereur dont vous avez entendu les louanges, parlait des
chrétiens en termes « d’imposteurs hostiles », « d’esprits imparfaits », « dépourvus
de vertus et de qualités admirables ». Cet empereur considérait comme un devoir
d’être hostile aux chrétiens et de s’efforcer de les détruire. Il écrivit : « Vous
devriez demander ce qu’il faut penser de Jésus de Nazareth à son peuple, les Juifs,
et non à ces pauvres Romains, dont aucun ne l’a vu, mais que la bassesse et
l’indolence ont poussés à le suivre. »
Julien, empereur et philosophe éminent, que les chrétiens appellent l’Apostat, a
écrit de nombreux ouvrages dénonçant le christianisme et critiquant les mœurs de
la communauté chrétienne. Il les qualifie d’ennemis du monde de l’humanité.
Quant à ce que les juifs ont écrit au sujet du Christ, il est impossible à la plume de
le rapporter. Un seul point suffit cependant à la sagacité de l’homme intelligent :
ans se sont écoulés depuis la manifestation du Christ et pratiquement aucun
juif n’a encore exprimé le désir de s’intéresser à sa religion. De cela on peut
déduire ce que les érudits juifs ont écrit sur Jésus et les défauts qu’ils lui ont
attribués !
Considérant les faits ci-dessus, demandons à cet auteur étonnant, Peter Z. Easton,
s’il est digne d’un homme de bon sens et sans préjugés, de juger du caractère et
des qualités de Bahá’u’lláh en s’appuyant sur ceux qui ont écrit contre lui. Dans
l’affirmative, comment peut-on ne pas tenir compte de ce que les philosophes
hostiles et les éminents écrivains mentionnés ci-dessus ont déclaré à propos du
Christ ? Comment peut-on se fier au texte des Évangiles écrits par ses disciples
plutôt qu’au témoignage d’hommes érudits ayant étudié les qualités et le caractère
de Jésus ? N’est-ce pas surprenant ?
Mais j’affirme que, ni aux jours du Christ ni de nos jours, un homme intelligent
devrait juger une personne en se fiant à ce que ses ennemis disent d’elle. Au
contraire, il faut regarder les actes de cette personne et réfléchir à ce qui émane
d’elle, reconnaissant ainsi comme bon critère la parole même du Christ : « Vous
reconnaîtrez l’arbre à ses fruits. » En effet, il est prouvé des milliers de fois que
tout grand personnage à de nombreux ennemis qui le jalousent, et lorsqu’un
ennemi se sent impuissant, il s’accroche à la calomnie, à la diffamation, à l’injure et
à l’exécration. C’est pourquoi les sages disent : « La calomnie est l’arme des
faibles ».
Dans sa traduction de l’Histoire de l’Église, James Murdoch écrit : « …bien que les
dirigeants romains aient été pour la plupart tempérants et libéraux envers leurs
sujets en matière de liberté religieuse, ils se sont néanmoins opposés aux chrétiens
et se sont efforcés de les éradiquer pour deux raisons : premièrement, par amour
pour leur propre religion : ils ne voulaient pas permettre aux chrétiens de s’y
immiscer pour l’affaiblir et la dégrader ; deuxièmement, parce que les adversaires
du christianisme accusaient ses adeptes de viles calomnies devant les dirigeants et
de toutes sortes de vices et de défauts, tels que « le manque de piété, l’abandon de
la prière et du culte, le désir de domination et de pouvoir, et la volonté de diriger
et de changer le gouvernement. » Ils accusaient les chrétiens d’actes immoraux et
même de cannibalisme, affirmant qu’ils enlevaient les enfants romains, les tuaient
et préparaient leur chair pour la consommer lors de banquets et de fêtes. »
Et je ne relate qu’une courte liste des calomnies répandues, afin qu’on puisse ainsi
différencier le vrai du faux.
Si l’on réfléchissait à ces faits, on témoignerait que la dépendance à l’égard de ces
mensonges et de ces calomnies a toujours été l’excuse des ennemis de Dieu, alors
que de telles méthodes n’ont jamais permis d’atteindre la connaissance de Dieu ni
de séparer la vérité du mensonge.
Par exemple, comment un homme sensé peut-il se fier aux ennemis de Bahá’u’lláh
qui ont écrit qu’il avait l’intention (Dieu nous en préserve !) d’empoisonner son
frère5 ? Si une telle affirmation devait être prise comme un critère, on ne pourrait
prouver la vérité de personne, car tous les prophètes ont fait l’objet d’insultes et
d’accusations similaires.
Au demeurant, la jalousie et l’inimitié de Mírzá Yahyá, Subh-i Azal6 à l’égard de
Bahá’u’lláh, remontent à l’époque de leur séjour à Bagdad. Lorsque Yahyá
découvrit que les Tablettes révélées par Bahá’u’lláh aidaient la Cause de Dieu,
suscitaient l’expansion de la Parole divine, rassemblaient et unifiaient les amis et
résistaient aux plans et aux activités trompeuses de l’ennemi, Azal lui-même,
craignant pour sa vie (qualité spécifique des menteurs), n’osa plus apparaître en
public ni fréquenter les gens. Alors le feu de la jalousie et de la haine (si ardent
aujourd’hui dans le cœur de M. Easton) s’enflamma dans son cœur, et il planifia à
plusieurs reprises d’assassiner Bahá’u’lláh7.
Il chercha à nouveau à empoisonner Bahá’u’lláh à Andrinople et, selon des sources
dignes de foi, tenta de le faire à deux reprises, mais ne parvenant pas à ses fins, il
usa d’un nouveau stratagème en s’écriant que c’est lui qu’on avait cherché à tuer
en l’empoisonnant.
Il est clair qu’un ennemi faible et vaincu s’abaisse toujours à de telles allégations et
cherche à résister à ses adversaires par le secret et la ruse. Au contraire, la partie
victorieuse, puissante, n’a pas besoin d’employer de tels moyens, et si Bahá’u’lláh
avait voulu supprimer Azal, il était assez puissant et n’aurait pas eu besoin d’une
telle méthode pour exécuter ce plan.
D’ailleurs, de nombreuses preuves historiques tangibles peuvent être fournies
pour prouver que c’est même la puissante plume de Bahá’u’lláh qui a protégé de la
mort ses propres ennemis, tels que Subh-i Azal, le chah Nassered-Dín et certains
grands docteurs et théologiens musulmans.
Sinon, les bábís n’auraient pas laissé vivant un seul de ces personnages. C’est en
effet Bahá’u’lláh qui, par des paroles pures et célestes, plus rafraîchissantes que le
zéphyr du matin qui s’élève de la roseraie, plus limpides que la pluie printanière
qui tombe goutte à goutte des pétales de la rose parfumée, a éduqué ses
compagnons de telle sorte que les gens en étaient stupéfaits. Car, lors des terribles
batailles de Nayríz, de Zanján et du Mazandéran, ces âmes courageuses, dont trois
cent treize résistèrent pendant de nombreux mois à des milliers de soldats des
troupes régulières du gouvernement, ont déconcerté leur ennemi ainsi que les
guerriers d’autres nations, par leur valeur, leur héroïsme, leur courage, leur
fermeté et leur résolution. Les glorieux enseignements de Bahá’u’lláh ont
tellement attendri leur cœur et adoucit leur attitude que depuis les longues années
qui se sont écoulées de son arrivée à Bagdad jusqu’à aujourd’hui, ils ont fait preuve
de tolérance et de retenue au cours de nombreux événements importants et n’ont
commis aucune action susceptible de troubler une âme ou d’être contraire à la loi
d’un gouvernement. Ils ont été tués, mais n’ont tué personne. Ils ont subi de
violentes calamités, mais leurs lèvres ne se sont pas ouvertes pour se plaindre8.
Lorsque Hájí Muhammad-Rida d’Ispahan a été martyrisé dans la ville d’Ashkabad
en 1882, le chef de la police avait constaté que la ville était en pleine effervescence
et que les bahá’ís étaient en danger. Il les autorisa donc à porter des armes, ce
qu’ils ne firent pas, considérant que la mort valait mieux que l’autodéfense. Le
gouvernement avait alors engagé le procès des conspirateurs qui avaient assassiné
le martyr. Après cinq mois de procès, les deux parties ayant été questionnées et
entendues, un haut magistrat du ministère de la guerre, accompagné de troupes,
arriva en provenance de Saint-Pétersbourg. Une audience publique, dont le
compte rendu serait fastidieux, se tint. Ce tribunal ordonna que deux des
meurtriers soient pendus et que les conspirateurs soient emprisonnés à vie aux
travaux forcés en Sibérie. Kamaroff, le vainqueur de Merv, le vice-roi de la
province, était gouverneur et il avait le droit d’alléger cette peine. Trois jours après
la fin du procès, quatre bahá’ís se présentèrent devant lui et intercédèrent pour les
meurtriers condamnés. Le gouverneur, très satisfait de l’excellente conduite et de
la bonne éducation des bahá’ís, accepta leur intercession et exerça son autorité en
changeant le verdict de pendaison en exil et en réduisant la peine des autres des
travaux forcés à une simple réclusion9. Ces évènements ne sont pas fondés sur des
ouï-dire, mais sont consignés dans le registre du gouvernement d’Achkabad et
dans d’autres documents officiels.
Une moralité aussi pure, une telle bonté et une telle douceur, une telle éducation
et une telle noblesse de comportement pourraient-elles être inculquées par
quelqu’un qui aurait tenté d’empoisonner et d’assassiner son propre frère ? Quid
des paroles du Christ : « Vous reconnaîtrez l’arbre à ses fruits » ? Et quid du critère
incarné par les mots : « Car c’est d’après tes paroles que tu seras justifié, et c’est
d’après tes paroles que tu seras condamné. » 10
Est-ce que haïr les gens de Bahá doit conduire à nier tous les critères et toutes les
règles fiables de jugement ? « À vous de juger » 11.
Le panthéisme
Quant au deuxième point, à savoir l’affirmation selon laquelle le credo des bahá’ís
serait panthéiste, il s’agit là aussi d’une calomnie manifeste et d’une accusation
erronée, démontrant l’ignorance de Peter Z. Easton sur ce sujet. En effet, les
enseignements de Bahá’u’lláh ne ressemblent en rien au panthéisme. Le
panthéisme est une question philosophique et son traitement est l’affaire de
savants et d’érudits. Il n’a rien à voir avec la fonction de la révélation ou la position
des fondateurs de religions. Je pense que c’est l’école de philosophie
platonicienne, fondée sur la dévotion, la réclusion, une discipline rigide et le refus
des plaisirs corporels qui est à l’origine du panthéisme. La même philosophie est à
l’origine du célibat dans le christianisme et du soufisme dans l’islam. Elle est
passée des brahmanes de l’Inde aux philosophes d’Athènes et aux platoniciens
d’Alexandrie, connus sous le nom de néoplatoniciens.
Cette école platonicienne tardive soutient que la réalité de l’esprit, qui est une
essence active agissant dans le monde entier, est indivisible. Cette réalité
indivisible, essence simple et identité éternelle, comprend toute chose, et les âmes
de tous les organismes animés ne sont que des rayons émanant de cette réalité
éternelle. Ces platoniciens ont tiré de ce principe la théorie selon laquelle chaque
âme humaine, rayon de la Réalité divine universelle, goutte de la mer de l’éternelle
et sainte Essence, est confinée dans la prison du corps et donc séparée de cette
vraie Réalité simple et universelle. Ils enseignaient que celui qui cherche la
perfection doit s’astreindre à une discipline sévère telle que veilles, prières
continues, jeûne, abstention de tout luxe physique et refus des bienfaits matériels,
afin de libérer son âme de la prison du corps, de l’amener à s’unir à l’éternelle et
seule réelle Réalité pour atteindre l’apogée de la félicité éternelle.
Se référant à cette théorie, Ibn Miskawayh cite dans son ouvrage Tahdhib al-akhlaq
(La Purification des mœurs) une citation du « divin Platon » : « Meurs par ta volonté
et tu vivras par ta nature ». Il s’agit là d’une brève description du panthéisme, de sa
source et de son origine. Si l’on a la curiosité d’étudier la création et la formation
des nations, on trouvera les éléments de cette étonnante doctrine disséminés chez
les pays occidentaux. On retrouvera également le panthéisme dans la pensée des
philosophes grecs. Les références à ce sujet nous sont parvenues par le biais de
traités et d’essais d’érudits, et on en trouve des descriptions dans divers livres et
écrits. Sans le désir d’éviter la prolixité, nous tirerions des exemples de ces écrits
afin que la vérité soit connue des hommes perspicaces, et que l’origine du
panthéisme, ainsi que l’ignorance de Peter Z. Easton à ce sujet, deviennent claires
et manifestes.
‘Abdu’l-Bahá, dans Les leçons de Saint-Jean-d’Acre, montre clairement la position
des tenants du panthéisme. Il affirme que ses adeptes sont opposés à
l’enseignement de tous les Prophètes, de tous les Messagers, et il supprime toutes
les raisons de ces superstitions. On trouvera à la page 294 de ce livre la
superficialité de ces fausses accusations minutieusement exposée12.
Un gouvernement despotique
Pour le troisième point, Peter Z. Easton déclare que l’objectif de la religion bahá’íe
est le retour à un gouvernement despotique.
Au-delà de la fausseté et de la calomnie pure et simple de cette déclaration, c’est
encore une preuve de son manque d’information concernant les lois et les
ordonnances de la foi bahá’íe. Il ignore ainsi ce qui est explicitement révélé dans le
Kitáb-i-Aqdas (Le Livre des lois) concernant l’organisation dans chaque ville du
monde d’une maison de justice dont les membres, selon les conditions énoncées
dans le livre, seront élus par le peuple. Ces membres doivent tenir leurs
consultations dans la plus grande pureté de conscience et de bonne volonté.
D’ailleurs, dans la Tablette « Les bonnes nouvelles » , qui est l’une des Tablettes
bien connues de cette très grande Manifestation, le contenu du dernier paragraphe
est le suivant : « Bien qu’une forme républicaine de gouvernement pro te à tous
les gens du monde, la majesté de la royauté est l’un des signes de Dieu. Nous ne
voulons pas que les pays du monde en restent privés. Si les sages réunissent les
deux formes en une seule, grande sera leur récompense auprès de Dieu» En
d’autres termes, la souveraineté héréditaire devrait être limitée par un parlement
national, une assemblée représentative. De cette façon, les problèmes nationaux et
les questions de citoyenneté trouveront une solution grâce à la coopération de
ces deux institutions ; le pays et la nation pourront ainsi atteindre la perfection et
les gens parviendront au plus haut niveau de bien-être et de prospérité. Cette
« Tablette des bonnes nouvelles », devrait être considérée à tous points de vue
comme l’expression magnifique des paroles célestes, et à sa lecture on s’exclamera
certainement : « Béni soit Dieu, le plus excellent des Créateurs ! »
fi
Dans l’une des longues Tablettes considérées comme suppléments au Kitáb-i-
Aqdas, Bahá’u’lláh prend pour exemple la forme de gouvernement constitutionnel
et l’assemblée représentative du gouvernement britannique15. Ainsi, la forme de ce
grand gouvernement a reçu son approbation. Par conséquent, la crainte d’un
retour au despotisme est due à l’ignorance des commandements de cette très
grande Manifestation et au fait que l’on se fie aux paroles des ennemis concernant
ces questions internationales.
Nouveaux commandements
En ce qui concerne le quatrième et plus important point, il demande : « Quel
nouveau commandement y a-t-il dans la religion bahá’íe qui manque dans le
christianisme ? »
C’est une question absconse qui ne peut être pleinement comprise que si l’on est
bien versée dans les livres des deux religions. Nous l’exposerons néanmoins d’une
manière claire, facilement comprise par tous. Nous expliquerons les
caractéristiques spécifiques de ce grand mouvement et prouverons la nécessité de
cette très-sainte Manifestation, Bahá’u’lláh, pour le confort et l’édification du
monde. Ainsi les personnes désintéressées parviendront à la compréhension et
tout être juste élèvera une action de grâces pour ce grand don de Dieu, le Très-
Glorieux.
Il est évident pour toute âme éclairée que le monde de l’humanité atteindra la
perfection, et que le bonheur et le bien-être, désir des nations et but de tous les
cœurs, seront assurés, lorsque les différences religieuses et le sectarisme, cause
d’aliénation et de séparation, seront complètement éliminés du monde, et que
toutes les brouilles et tous les schismes, ainsi que les divisions raciales,
patriotiques et politiques, etc. seront dissipés. Ainsi les hommes pourront devenir
des frères, aimants et bienveillants les uns envers les autres. Ces terribles guerres,
les plus grandes catastrophes de l’humanité et de la civilisation, disparaîtront. Les
dépenses énormes, sans aucun doute cause de l’appauvrissement des hommes et
de la destruction du monde, ne seront plus consacrées à des activités destructrices
et à des machines infernales. Cette question est si claire, si évidente que l’esprit le
plus déficient peut en juger. Cela étant, cette condition a été confirmée par les
bonnes nouvelles divines et établie par les prophéties célestes. En effet, les saintes
Écritures rapportent explicitement qu’au grand Jour, exalté sous divers noms : « le
dernier jour », « le temps de la fin », « le dernier jour », « le jour du Seigneur »,
etc16, le Seigneur glorieux se révélera et unira toutes les nations dans l’adoration du
Dieu unique. Il enseignera à tous des qualités élevées et spirituelles, au point que
les guerres et les conflits seront éliminés, que la rancune et la haine seront
remplacées par la sociabilité et la paix, et que les instruments de guerre seront
remplacés par des instruments de culture et de commerce. Voilà un bref exposé
des promesses des prophètes concernant le « dernier jour ».
Toutes les nations attendent et anticipent l’avènement d’un tel jour et la venue
d’une si grande cause ; en fait, elles prient et supplient Dieu de hâter son arrivée.
Le sens des prophéties
En effet, toutes les Manifestations de Dieu, les fondateurs de religion qui sont
venus auparavant ont mentionné les signes de ce grand événement dans leurs
livres respectifs, et les ont soulignés et clairement rapportés dans leurs discours.
Mais chacun a rapporté les mêmes signes que son prédécesseur et a répété les
mêmes paroles, sans pour autant expliquer le sens de ces signes et de ces
conditions, ni faire connaître son objectif dans ce domaine. Par exemple, voyez
comment, pendant mille ans, Moïse et les prophètes israélites ont annoncé aux
gens la venue du Seigneur des armées qui harmoniserait et unirait tous les peuples
dans l’adoration d’un Dieu unique. Parmi les signes qu’ils ont annoncés du jour de
sa venue, citons :
• Les cieux repliés.
Le soleil obscurci.
• La lune éteinte.
•
• La chute des étoiles du ciel.
• Les morts qui sortiront de leurs tombeaux.
• Les animaux féroces qui feront la paix avec les animaux domestiques.
• Et qui partageront les mêmes pâturages et la même nourriture.
• Les enfants qui joueront avec des serpents venimeux.
• Le peuple d’Israël, humilié et dispersé parmi toutes les nations de l’Orient
et de l’Occident, qui sera de nouveau rassemblé par le Seigneur des armées,
qui l’établira dans sa terre promise et lui conférera une gloire et une
domination éternelles.
Telles sont, en résumé, quelques-unes des prophéties que tous les prophètes
israélites ont annoncées à leur peuple et consignées dans leurs livres. Ils n’ont
cependant pas affirmé que ces promesses devaient être prises au sens littéral, sans
symbolisme ni interprétation, ni que les textes symboliques n’étaient pas sujets à
commentaires.
Quinze cents ans après Moïse, les mêmes promesses et les mêmes signes ont été
révélés par le Christ – sur lui soit la gloire ! Considérez les versets 29-31 du vingtquatrième chapitre de saint Matthieu17 et les dixième et onzième versets du
troisième chapitre de la deuxième épître de l’apôtre Pierre18, pour constater la
mention très claire de ces promesses et de ces signes. De même, le Christ et ses
disciples se sont contentés de mentionner ces signes, comme l’ont fait les
prophètes israélites, sans chercher à en expliquer le sens. En conséquence, le
clergé chrétien n’était pas d’accord sur l’interprétation de ces livres saints, certains
commentateurs affirmant que ces promesses étaient des déclarations littérales, non
sujettes à interprétation, et qu’elles devaient donc s’accomplir absolument,
d’autres affirmant que ces promesses étaient symboliques et qu’il s’agissait de les
interpréter afin que leur signification réelle devienne évidente, c’est-à-dire attendre
que le Sceau du Livre soit ouvert au dernier jour.
Six cents ans après le Christ, le « Sceau des Prophètes » 19 a annoncé sa mission et
les mêmes promesses ont été à nouveau révélées dans le Coran. Les mêmes
conditions et les mêmes signes ont été répétés à l’identique. Mais là encore, le
Coran ne fait aucune référence au sens de ces prophéties, pas plus qu’il ne précise
si elles sont symboliques ou sujettes à interprétation. Par conséquent, si on
examine ce qui a été dit, on constate très clairement que les plus grands obstacles à
l’unification des nations ont été ces prophéties, ces bonnes nouvelles, ces
conditions et ces signes. En effet, les divers peuples ont été empêchés de s’unir les
uns avec les autres parce que le sens de ces prophéties n’était pas clair.
Donner des exemples conduit à la prolixité, mais je vais le faire dans le but
d’éclairer et d’élucider davantage la question pour le lecteur. Supposons qu’un
missionnaire chrétien dise à un juif : « Cher ami, pourquoi es-tu endormi et
insouciant ? Le Messie promis, dont la venue a été annoncée par tous les
prophètes, est apparu. » Imaginez alors que le juif réponde : « Splendide ! Quelle
belle annonce et quelle joyeuse nouvelle ! Nous, les juifs, avons subordonné tous
nos souhaits à la venue du Messie et nous implorons chaque jour par la prière son
avènement ! Voyons maintenant ce Messie promis que vous déclarez être apparu. »
Le missionnaire chrétien répond : « Le Messie promis est ce malheureux jeune
homme, Jésus de Nazareth, qui a sacrifié sa vie pour la libération et le salut du
monde. » Le juif répondra : « Cher maître, les livres saints font état de signes clairs
concernant l’apparition du Messie, mais aucun d’entre eux ne s’est réalisé. Nous,
les juifs, n’avons pas acquis notre religion si facilement que nous puissions
l’abandonner sans réfléchir. Vous vous considérez comme un enseignant des
Livres saints. Voyez donc dans les Livres saints les passages selon lesquels, au
moment de la venue du Messie promis, le soleil s’obscurcira, la lune se changera
en sang, le nouveau ciel et la nouvelle terre apparaîtront, les étoiles tomberont, les
morts ressusciteront. Où et quand ces prophéties se sont-elles réalisées au temps
du Nazaréen et qui les a vues ? En outre, permettez-moi de vous montrer de
nombreux passages dans lesquels il a été clairement révélé que lorsque le Messie
promis apparaîtra, il rassemblera tous les juifs dispersés dans le monde et les
sauvera de leur grande humiliation, de l’exécration et de la tyrannie qu’ils
subissent. Il les établira en Terre sainte et leur conférera domination et gloire.
Dites-moi maintenant quand Jésus de Nazareth a-t-il accompli cela ? Or, par sa
venue, c’est le contraire qui s’est produit, car nous étions établis en Terre sainte,
mais nous avons été dispersés. Nous étions estimés, nous sommes humiliés. Nous
étions rassemblés, nous sommes dispersés. Nous étions bénis, nous avons été
frappés de malédiction. Tout cela est contraire aux promesses faites au peuple juif.
Accepter Jésus serait donc renié ces glorieux prophètes. »
Bref, à ce stade de la conversation, le missionnaire chrétien ne peut pas répondre
au juif. En effet, il ne comprend pas lui-même le sens réel de ces bonnes nouvelles.
Comment pourrait-il les expliquer aux juifs et les convaincre ? C’est pourquoi,
pendant cette longue période, les missionnaires chrétiens ont tenté de déconcerter
et de troubler les juifs, sans toutefois emprunter le chemin de la vraie connaissance
et de la vraie preuve. Au lieu de les rapprocher des Évangiles, ils les ont contrariés
et éloignés.
C’est pourquoi l’histoire de l’Église nous apprend qu’au cours de cette longue
période, c’est-à-dire depuis la conversion du grand Constantin jusqu’à nos jours,
tant à l’époque de Charlemagne qu’au cours des croisades, ils ont à maintes
reprises tenté de forcer les juifs à accepter le christianisme pour en fin de compte
échouer. Or, s’ils avaient connu la signification de ces bonnes nouvelles, ils
n’auraient pas eu besoin de recourir à la force et à la contrainte.
L’attitude du musulman à l’égard du chrétien est similaire. Lorsque le musulman
veut prouver à un chrétien la véracité de la mission du « Sceau des Prophètes », il
le renvoie aux signes rapportés dans le vingt-quatrième chapitre de l’évangile de
Matthieu. Ce musulman, n’en comprenant pas le sens, se sent obligé de dire que
l’Évangile qui est entre les mains des chrétiens n’est pas l’Évangile originel
descendu avec Jésus. Comme vous pouvez le vérifier, les musulmans établiront
clairement, en paroles et en écrits, que cet évangile a été interpolé par les érudits
chrétiens avant d’être attribué au Christ. . Dans ce cas, le chrétien, pour qui la
réalité de l’Évangile est évidente et l’amour de ce Livre saint fermement établi dans
son cœur, sera stupéfait de la réponse du musulman qu’il jugera fausse. Au lieu de
se seentir en communion et amitié avec le musulman, le chrétien deviendra un
ennemi de la religion islamique et un adversaire des musulmans.
Bref, l’un des grands obstacles à l’unité des nations est cette difficulté expliquée
dans le paragraphe précédent. Tous ces problèmes abscons s’expliquent par
l’affirmation que les missionnaires chrétiens, ne comprenant pas le sens réel des
Livres des religions apparues avant la manifestation du Christ, ne peuvent pas
guider les autres vers leur propre religion. Voilà qui est évident.
Quant aux religions apparues après le Christ, dans la mesure où reculer est
contraire au progrès et à l’avancement évidents dans la marche du monde, le
chrétien ne peut pas inverser le développement et pousser les gens à descendre
sur l’échelle du progrès pour qu’ils le rejoignent. Lord Curzon, ce grand homme, a
en partie compris ce point lorsqu’il écrit : « La conversion des Orientaux à la
religion chrétienne n’a pas de résultat. »
Ce sujet étant clairement élucidé, nous soutenons que l’état actuel du progrès dans
le monde nécessite la venue de la plus grande Manifestation qui est Bahá’u’lláh.
Alors qu’il résidait à Bagdad, le premier livre qu’il révéla fut le Kitáb-i Íqán, qui est
la clé permettant de briser les sceaux des Livres saints. Il y explique les réalités
révélées dans les Écritures. Grâce à lui, les portes de la compréhension des paroles
prophétiques s’ouvrent aux yeux des gens de Bahá, la signification réelle des
bonnes nouvelles divines est révélée et le sens latent et incompris de certains
termes comme « mort », « vie », « ciel », « terre », « soleil », « lune », « étoiles »,
« résurrection », etc. s’éclaircissent. Ainsi, apparaissent les signes de l’accord et
de la concorde entre gens qui étaient hostiles et opposés.
Vous observez en effet que la religion bahá’íe n’en est qu’à ses débuts, mais les
questions et les doctrines difficiles ont été si clairement expliquées et si facilement
acceptées par des gens divers que nombreux parmi les zoroastriens, les juifs, les
nosayris, etc. qui n’ont jamais cru au Christ et n’ont jamais écouté un seul verset
de l’Évangile, sont maintenant devenues des croyants reconnus de Bahá’u’lláh
grâce à l’effet de ses paroles bénies. De plus, ils considèrent le Christ comme le
Seigneur promis et son Livre céleste comme la sainte Parole divine. Ils s’associent
aux chrétiens et fréquentent leurs fêtes et leurs rassemblements avec la plus
grande gentillesse et la plus grande fraternité.
Dans un esprit de grande amitié, je pose une question à cet estimé missionnaire
Peter Z. Easton qui, sans comprendre le moins du monde la signification du
Royaume du Christ, en fait l’éloge : Qu’est-ce qui rend proche le Royaume du
Christ : les signes évidents dont je viens de parler ou l’anathème, l’exécration, les
paroles inconvenantes, la rédaction d’articles avilissants dans des magazines où la
diffamation et la calomnie sont attribuées à des âmes pures et saintes ?
C’est tout à fait étonnant ! Nous ne savons pas ce que M. Easton et ses alliés
entendent par « Royaume du Christ » ni ce qu’il signifie pour eux. Le Royaume du
Christ est-il destiné à la ratification et à l’exécution de sa parole ou à prouver le
contraire des paroles du Christ et à promulguer les attributs de ses ennemis ?
Le Christ déclare clairement : « Bénissez ceux qui vous maudissent » 22, alors que
M. Easton et ses pairs appliquent l’inverse : « Maudissez ceux qui vous bénissent ».
L’âme qui cherche la bénédiction et la miséricorde, ils la caractérisent par des
mots des plus inconvenants et lui souhaitent le mal et la perdition. Bahá’u’lláh
prouve aux nations incrédules que le Christ était le Fils et le Verbe de Dieu, alors
que M. Easton et ses pairs déclarent Bahá’u’lláh l’Antéchrist.
Comme c’est étrange ! Dans sa première épître, Jean l’Évangéliste dit : « Celui qui
pratique la justice est juste » 23, mais eux, ses adversaires disent : « Celui qui
pratique la justice est en vérité un meurtrier et un imposteur » 24. De même, dans
cette épître, il dit : « Quiconque confesse que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu
demeure en lui et lui en Dieu » 24 ; mais eux disent que celui qui, de leur propre
aveu, a convaincu trois millions d’âmes et leur a fait accepter que Jésus était le Fils
et le Verbe de Dieu, est privé de la connaissance de Dieu et ne reçoit pas l’onction
de Dieu. N’avons-nous pas clairement démontré que par la phrase : « Vous
connaîtrez l’arbre à ses fruits », dans le sermon sur la montagne, il faut
comprendre que le but du Christ était que nous ne fassions pas attention aux
fausses accusations et que nous n’écoutions pas ce que les gens de préjugés
répandent parmi les hommes ? Nous devrions au contraire considérer les actes de
chaque personne comme le bon critère pour la juger et faire ainsi la différence
entre vérité et mensonge.
Enseignements bahá’ís nouveaux
Bref, revenons au sujet initial, qui renvoie à la question de Peter Z. Easton :
« Qu’est-ce que Bahá’u’lláh a apporté qui ne se trouve pas dans la religion
chrétienne ? » Le but principal de la Révélation de Bahá’u’lláh est de résoudre les
complexités des Livres célestes, de faciliter l’élimination des différences entre les
nations et d’établir l’unité et l’harmonie entre les différentes parties du monde
humain. C’est une preuve suffisante de la grandeur et de la profondeur de la
religion bahá’íe, mais nous allons maintenant examiner les lois et les ordonnances
de cette religion, expliquer leurs vertus spécifiques, leurs avantages et leurs bons
résultats.
Tout d’abord, le commandement, particulièrement caractéristique de la religion
bahá’íe et que l’on ne retrouve pas dans les autres religions, est de « s’abstenir
d’accorder du crédit aux traditions verbales ». Il est bien connu des historiens que
ce sont les traditions verbales qui ont divisé les juifs en deux grandes sectes. Ces
traditions sont à la base du livre du Talmud et ont causé la division de cette nation.
L’une des deux branches, le rabbinisme, considère les enseignements du Talmud
comme la loi qu’il faut suivre et estime qu’il s’agit du meilleur moyen de préserver
et de pérenniser le peuple juif. L’autre branche, le karaïsme, considère le Talmud
comme une hérésie pure et simple, qui mène à la perdition. Il est donc impossible
d’harmoniser ces deux branches ou de mettre fin à leur opposition mutuelle.
De même, dans la religion chrétienne, la principale cause de schisme et de division
furent ces traditions verbales qualifiées d’authentiques. Chaque Église chrétienne,
la catholique, l’orthodoxe, la jacobite, la nestorienne et d’autres, considère qu’il est
obligatoire de suivre ces traditions héritées et transmises par les pères de leurs
Églises, comme le texte même du Livre saint.
Ainsi, lorsque la question de l’unification des chrétiens se posait dans l’un des
grands conciles, chacun se prévalait de ces traditions qui s’opposaient à l’union et
à l’harmonie. De même en islam, revendiquer les traditions verbales, rapportées du
Fondateur de cette religion après sa mort, a été la cause de la division en diverses
branches, notamment les sunnites, les chiites et les kharajites, ou en écoles
secondaires : hanafite, malakite, chaféite, hanbalite, etc. Chacune s’en tenant à un
ensemble de traditions qu’elle considère comme authentiques.
Bahá’u’lláh a fermé cette porte, la plus grande souce de sédition, car il a clairement
annoncé que « dans la religion de Dieu, on doit se référer aux questions révélées
dans le Livre et toutes les questions qui n’y sont pas dépendent d’une décision de
la Maison de justice. » Ainsi, tous les récits, les relations et les traditions verbales
sont discrédités aux yeux des bahá’ís et la porte de la dissension, la plus grande des
portes de l’enfer, a été fermée à double tour.
Deuxièmement, l’une des lois propre à la religion bahá’íe est l’interdiction
d’interpréter la parole de Dieu, car l’interprétation des paroles et l’exposé
d’opinions personnelles ont été l’un des plus grands moyens de dissension dans
les religions précédentes, la cause de l’assombrissement de l’horizon de la foi et de
l’occultation de la signification réelle du Livre de Dieu.
Il est évident que les hommes instruits n’ont pas tous le même esprit et que les
dons naturels de sagacité et d’intelligence, ou le degré de compréhension et
d’intelligence, varient parmi eux. Ainsi, lorsque la porte de l’interprétation et de la
perversion du sens évident des phrases est ouverte, d’étranges opinions et de
curieuses et contradictoires interprétations en résultent, des sectes différentes
naissent alors au sein d’un même peuple, d’une même communauté.
Par conséquent, Bahá’u’lláh a explicitement ordonné à ses disciples d’abandonner
complètement la voie de l’interprétation pour suivre les paroles révélées dans les
Tablettes selon leur sens évident, afin que ce qui s’est produit parmi les nations
passées ne se reproduise pas parmi le peuple bahá’í et que les événements fâcheux
apparus parmi les diverses sectes en raison de la différence de mentalité et de
point de vue, ne se manifestent pas en ce jour nouveau et prometteur qui est le
jour du Seigneur glorieux.
Ainsi, l’un des commandements explicites de cette grande Manifestation,
Bahá’u’lláh, est l’abrogation des différences qui séparent les hommes. Et l’une des
occasions de dissension est la différence d’opinions entre les savants concernant la
position de la Manifestation de la Cause. Dans les religions précédentes, l’histoire
montre que lorsque, sur une question de ce genre, une différence apparaissait
entre deux docteurs en religion, les deux parties, fermes sur leurs positions,
insistaient sur la justesse de leur point de vue, tandis que les laïcs, selon l’usage,
adhéraient à l’un ou à l’autre, fermant ainsi les portes à l’accord et à l’unité à tel
point que la fraternité religieuse se transforma en une profonde et violente
inimitié, la dissension intellectuelle se terminant en luttes et en guerres sanglantes.
Au quatrième siècle, les divergences de vues entre le prêtre Arius et l’évêque
Alexandre au sujet de la Trinité, ou les divergences du cinquième siècle entre
l’évêque Nestorius et les autres évêques, qui ont provoqué des guerres terribles et
l’effusion d’un sang précieux, en sont de bonnes illustrations. Les conséquences
de ces tristes dissensions ont perduré jusqu’à nos jours. Il s’agit là de preuves
et d’évidences claires pour le point en question.
Le temps nous manque pour mentionner les nombreuses sectes et divisions des
gnostiques et autres, dont les historiens de l’Église ont dénombré plus de trente, et
les ont regroupées sous l’étiquette « nés de la philosophie ». Nous renvoyons tous
ceux qui souhaitent obtenir des informations complètes aux ouvrages qui font
autorité en la matière, afin qu’ils se rendent compte que toutes ces divisions et ces
sectes sont nées des désaccords des savants quant au degré et au rang du Christ, et
de leur insistance sur leurs opinions respectives.
Troisièmement, le désaccord des docteurs quant au rang de la Manifestation de
Dieu est l’une de ces questions abstruses et dif ciles à résoudre qui se sont
révélées dépasser les capacités des grands esprits et qui ont déconcerté un roi aussi
puissant que Constantin le Grand. En effet, malgré l’aide et la coopération des
grands évêques d’Orient et d’Occident, il n’a pas pu réconcilier les différentes
parties de la controverse arienne.
Pendant cette longue période, le pouvoir des conciles locaux, l’épée des puissances
européennes et le verdict des tribunaux inquisitoriaux n’ont pas réussi à éliminer
fi
les divisions et les schismes causés par ces discussions métaphysiques. Mais
l’élimination de ce problème insoluble et de cette maladie incurable par les
moyens les plus simples a été dévoilée dans les ouvrages bahá’ís. En effet, dans
l’une de ses saintes Tablettes, Bahá’u’lláh a révélé ce qui suit : « Puisque les
hommes diffèrent dans leur degré de connaissance, s’il s’avère que deux personnes
ont des points de vue différents en ce qui concerne la nature et le rang de la
Manifestation de Dieu, les deux sont acceptables devant Dieu, car, conformément
au verset béni : « En vérité, nous avons créé des âmes différentes en degrés », Dieu
a créé des hommes différents en compréhension et en manières. Mais si ceux qui
ont deux points de vue s’engagent dans des conflits et des querelles en exprimant
leur point de vue, ils sont tous deux rejetés. En effet, la connaissance de la
Manifestation de Dieu a pour but d’unifier les cœurs, de cultiver les âmes et
d’enseigner la vérité de Dieu, alors que les conflits et les querelles de deux
personnes ayant deux points de vue différents nuiraient à la cause de Dieu. C’est
pourquoi elles sont toutes deux envoyées au feu » 25. Tel est en résumé le contenu
de cette Tablette. Par conséquent, dans cette sainte cause, personne n’a le pouvoir
de créer la discorde et, par crainte de faillir, personne n’ose persister dans sa
propre opinion au détriment de l’harmonie.
Quatrièmement, parmi les lois spécifiques clairement établies dans la Cause de
Bahá’u’lláh figure la loi interdisant l’esclavage26, qui n’est pas mentionnée dans les
autres religions. Comme aucun des anciens Livres célestes n’a interdit ce trafic,
tous les instincts humanitaires qui ont poussé les grandes puissances à l’abolir et à
le détruire n’ont pas pu détourner les gens du peuple de cette pratique abominable
qui a coûté aux gouvernements et aux nations beaucoup d’ennuis et de dépenses.
Par exemple, la libération des esclaves constitue l’une des responsabilités
importantes du gouvernement égyptien. Cela représente une lourde charge pour le
trésor public. En outre, le procès et l’inculpation des personnes coupables de ce
trafic infâme entraînent de grandes afflictions et souvent la ruine de nombreuses
familles notables.
Cinquièmement, parmi les lois propres à cette grande Cause, il y a celle qui rend
« obligatoire pour tous l’exercice d’une profession comme moyen de subsistance, et
l’obéissance à cette loi est considérée comme une prière » 27 Si un homme
perspicace considérait cet important commandement, il pourrait témoigner du
grand bénéfice qu’il contribuerait à réguler les affaires de la civilisation et à
éliminer les obstacles et les calamités de la société humaine. En effet, il est évident
qu’à l’heure actuelle, d’innombrables âmes : moines, anachorètes, ermites, dévots
religieux, dignitaires et autres, bien que saines de corps et de membres,
s’abstiennent de toute occupation et de tout commerce, passant leur temps dans
l’indolence et l’oisiveté et vivant du produit du travail d’autrui. En réalité, ces
hommes sont comme des membres atrophiés du corps de l’humanité et un lourd
fardeau pour les hommes d’industrie et d’agriculture. Lorsque, par une loi
religieuse, ces innombrables âmes abandonneront l’oisiveté et l’indolence et
s’adonneront à des occupations utiles, on comprend combien cela contribuera à la
richesse commune et supprimera les difficultés de la société.
Sixièmement : Une loi rend obligatoire l’éducation des enfants des deux sexes.28
Cette loi est aussi l’un des commandements explicitement révélés dans cette très
grande Cause. Il n’en est pas fait mention dans aucune des autres religions où
l’éducation des gens dépend d’une loi du gouvernement. Précédemment, si un
gouvernement omettait de promulguer un décret prévoyant l’enseignement
obligatoire, et que cette omission entraînait la décadence de l’apprentissage et du
savoir, la nation n’en tenait aucun compte, et les gens ne considéraient comme
responsables, ni eux ni le gouvernement. En effet, aucune loi concernant ce sujet
n’a été révélée dans les Livres saints. Mais lorsqu’une loi est établie dans le Livre
saint d’une nation, chacun des membres de celle-ci se considère comme tenu de
l’appliquer, et personne ne manquera de respecter cette loi, car ils ne dépendront
pas du gouvernement pour le faire.
Septièmement : le commandement interdisant l’anathème et l’injure et obligeant
chacun à s’abstenir de prononcer ce qui peut offenser les hommes29. Car, comme
le montre la science morale, l’anathème, l’injure et les paroles dures et offensantes
sont l’une des plus grandes causes d’aliénation des cœurs, de rancune des esprits,
de haine et d’animosité entre les gens et de cause de guerres calamiteuses. « En
vérité, la guerre commence par les mots » disent les sages et le poète Firdousi a
dit : « Un simple mot peut être cause de guerre ». Un autre vers illustre ce point :
« La blessure infligée par la langue est plus profonde que celle infligée par l’épée ».
Si l’on réfléchit aux divergences et aux schismes dont nous avons parlé, qui se sont
produits parmi les peuples chrétiens, créant des sectes et des écoles différentes,
telles que les ariens, les nestoriens, les gnostiques, etc., allumant le feu de terribles
batailles et de violentes calamités, on constate clairement, d’après le témoignage de
faits authentiques, que la cause principale et initiale de ces divisions et de ces
désastres était la divergence d’opinions entre deux religieux érudits, deux
théologiens, divergence qui donnait lieu à des discussions et à des controverses.
Pour vaincre son adversaire et démontrer la justesse de son point de vue, parce
qu’il était persuadé que sa propre opinion était la bonne, chacun persistait dans
son attitude au point d’en arriver à être dur envers l’autre. Cette dureté conduisait
progressivement à des allusions et à des déclarations gênantes qui, avec le temps,
culminaient en injures, exécrations, luttes et même effusion de sang. Il n’est pas
nécessaire de mentionner ici les conséquences néfastes de ces luttes religieuses et
leurs effets négatifs sur la société humaine. En effet, les calamités causées au cours
des âges par ces divergences sont consignées dans les livres d’histoire de toutes les
nations, et les épreuves qui se poursuivent jusqu’à notre époque, résultats
douloureux de ces dissensions, sont évidentes pour tout homme intelligent.
On pourrait peut-être avancer une objection disant que les ordonnances
interdisant l’anathème et l’exécration se trouvent dans les autres Livres saints,
comme par exemple les commandements du Christ, dans le Sermon sur la
Montagne, dans lequel il déclare très clairement : « …celui qui dira : « Fou » sera
passible de la géhenne de feu » 30 Dans le Coran, il est dit : « Ne maudissez pas ceux
qui prétendent (à une mission spirituelle) sans la permission de Dieu, maudissant
ainsi Dieu comme un ennemi » 31. La réponse à cette objection est évidente pour
les gens perspicaces, car de telles ordonnances et interdictions sont considérées
par les savants comme des commandements éducatifs et non comme des lois et des
textes de loi de la religion. Considérez ce commandement du « Sermon sur la
Montagne », dans lequel il déclare : « Quiconque se met en colère contre son frère
en répondra au tribunal ». Il dit encore : « Ne vous amassez pas de trésors sur la
terre» et encore : « Ne vous inquiétez donc pas du lendemain. » Il dit aussi : « Celui
qui te frappe sur la joue droite présente-lui aussi l’autre » ; et « Si quelqu’un veut
[…] prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau ». Plus loin, il dit : « Donne à
celui qui te demande et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi » 32
Il est évident que les savants et les docteurs des religions chrétienne et musulmane
n’ont pas considéré ces commandements comme impératifs. Les spécialistes du
droit et la jurisprudence n’ont pas jugé que ceux qui désobéissaient à ces lois
méritaient d’être punis et jugés. Au contraire, comme nous l’avons dit, ils ont
unanimement considéré qu’il s’agissait de lois éducatives. De plus, certaines de ces
lois sont telles que les docteurs n’ont pas considéré ceux qui les transgressent
comme des transgresseurs ou des malfaiteurs devant Dieu. Par exemple, déjà
citées : « Celui qui te frappe sur la joue droite présente-lui aussi l’autre », « Donne
à celui qui te demande », « ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi ».
L’énoncé ci-dessus montre clairement pourquoi de tels commandements et
ordonnances n’ont pas été considérés par les dirigeants des gens chrétiens comme
impératifs et obligatoires et pourquoi ils n’ont pas pu faire disparaître l’anathème
et l’exécration dans la communauté humaine.
Mais dans la religion bahá’íe, les commandements interdisant de maudire,
d’injurier, de jurer et de blasphémer ont été révélés comme des lois impératives et
obligatoires. La responsabilité des contrevenants a été révélée dans plusieurs
Tablettes. Des commandements insistants ont été émis en ce qui concerne la
pureté de la plume et de la langue, interdisant d’écrire ou de parler de ce qui
offenserait les hommes. Par exemple, bien que la loi interdisant l’anathème et
l’exécration ait été déjà explicitement énoncée dans plusieurs Tablettes telles que
l’Ishráqát et d’autres, Bahá’u’lláh, à la fin de sa vie, dans le Livre de l’Alliance, a
renforcé et souligné la loi susmentionnée en adressant le commandement suivant
aux gens du monde entier :
« Ô peuples du monde, nous vous exhortons à observer ce qui vous anoblira.
Empoignez la crainte de Dieu et adhérez fermement à ce qui est juste. En vérité, je
vous le dis, la langue est faite pour mentionner ce qui est bon, ne la souillez pas de
propos inconvenants. Dieu pardonne le passé. Que chacun désormais dise ce qui
est bien et convenable et s’abstienne de médisance, de violence et de tout ce qui
est cause de tristesse. Noble est son rang ! Il y a peu, cette glorieuse parole a coulé
de notre précieuse et magnificente Plume : Béni est ce grand Jour où tout ce qui
est latent en l’Homme est et sera rendu manifeste. Noble est l’Homme s’il s’attache
à la justice, à la vérité et reste inébranlable dans la Cause.» 33
Tout être intelligent qui ré échit à ces propos : « Dieu pardonne le passé. Que
chacun désormais dise ce qui est bien et convenable », « Évitez l’anathème,
l’exécration et ce qui perturbe l’homme », verra clairement à quel point est
catégorique l’interdiction de l’anathème et de l’exécration. En effet, selon la loi en
vigueur parmi les gens qui savent, le contenu de cette sainte déclaration est une
interdiction explicite de l’anathème et de l’exécration.
fl
L’objectif visé est de rendre impardonnable la position de celui qui viole ce
commandement puissant et définitif.
Il est ainsi clair pour le lecteur que l’interdiction de l’anathème et de l’exécration
est l’un des commandements particuliers de cette très grande Révélation. Ainsi,
par la faveur de Dieu le Très-Haut, suite aux écrits de la Plume Suprême, cette
action inconvenante et les épreuves qui en résultent pourront disparaître et
l’heureuse nouvelle consignée dans le troisième verset du 22e chapitre de
l’Apocalypse de saint Jean concernant les événements du jour de la Manifestation,
à savoir : « Il n’y aura plus de malédiction dans l’au-delà », sera réalisée.34
Huitièmement, le port d’armes est interdit sauf en cas de nécessité :
Cette ordonnance ne se trouve pas dans les autres religions alors que, dans la
religion bahá’íe, elle est considérée comme un commandement impératif et
essentiel. La grande utilité de cette loi est évidente. Combien de gens incapables
de maîtriser une colère excessive lui ont donné libre cours en utilisant des
armes prêtes à l’emploi ? Si le meurtrier n’avait pas été armé, souvent, au bout
d’une heure, la violence de sa colère se serait apaisée et aucun crime n’en aurait
résulté. Il s’agit là des effets négatifs mineurs du port d’armes. Les gens armés
sont à l’origine d’autres maux plus graves ; ils causent de grandes
révolutions pour les gouvernements et des pertes excessives pour les nations.
Détailler ce sujet serait trop long, néanmoins les afflictions des nations et les
épreuves causées aux gens par le port d’arme sont évidentes.
Neuvièmement : La question relative à la nécessité de la création de la Maison de
justice et de l’institution des Assemblées nationales [c’est-à-dire des parlements] et
des gouvernements constitutionnels36. Ce commandement est également
particulier à cette religion. En effet, dans d’autres religions, il est possible de
restaurer et de fonder des gouvernements despotiques, car l’amour de la
permanence, de l’établissement et de la durée des ordonnances religieuses et la
crainte d’aller à l’encontre de celles-ci sont si profondément enracinés dans les
âmes humaines, en raison de la crainte de Dieu, qu’ils ne disparaîtraient pas en
mille ans et ne seraient pas remplacés, sauf par le renouvellement de la religion et
la réforme des lois.
Voilà brièvement quelques-uns des commandements particuliers à la religion
bahá’íe que l’auteur de ces lignes soumet à cette occasion. Pour des raisons de
brièveté, il a été nécessaire d’omettre d’autres commandements particuliers à cette
très grande Révélation, notamment quelques questions d’éthique comme la
nécessité pour une épouse de recevoir des nouvelles de son mari en voyage ou
absent ; une autre condamnant l’orgueil et l’égoïsme ; une autre encore relative à
la pureté de toutes choses, avec des recommandations et des encouragements à
observer mesures sanitaires et propreté, et à éviter complètement tout ce qui
conduit à la saleté et à l’impureté. Parmi ces commandements, on trouve celui qui
ordonne aux nations de s’entendre pour abolir la guerre et de préserver les
conditions de sécurité et de paix. Pour rendre justice à cet important sujet, il
faudrait compiler un gros volume et non un article si bref, mais il existe de
nombreux commandements de ce type, dont le développement et le détail en
dépasseraient les limites. Pourtant, au risque de les dépasser, je me sens obligé
d’informer le lecteur intéressé d’un des nombreux traits distinctif de la religion
bahá’íe avec l’espoir que cette Cause suprême éclaire largement sa vision et que sa
langue, pure et reconnaissante, offre des louanges à Dieu, le Béni, le Sublime.
Il s’agit d’un problème complexe de la philosophie sociale : la prévention du
monopole et du contrôle des richesses par certains individus. Les philosophes du
monde entier en discutent depuis longtemps. Par de sérieux échanges et de
profondes analyses, les sages d’Europe et d’Amérique, les socialistes en particulier,
se sont efforcés de résoudre ce problème abstrus. Les gouvernements d’Europe et
d’Amérique ont accordé à ce sujet une complète attention ; néanmoins, ils ne sont
toujours pas d’accord et ne sont pas parvenus à un consensus sur la solution à
apporter à cette question qui peut sembler insurmontable. Mais si l’on s’intéresse à
l’institution divine concernant la question de l’héritage et le modus operandi de la
distribution des legs entre les héritiers selon les lois de cette Révélation, on voit
que ce problème d’importance a été résolu de la la plus simple des manières ; la
répartition des richesses entre les nations étant ainsi établie de la meilleure
méthode qui soit.
La mort étant un événement inévitable, si la répartition des biens laissés par ceux
qui montent vers Dieu s’effectue selon la recommandation divine suivante, il sera
impossible à un petit nombre d’accumuler les richesses ou à une famille
particulière d’exercer un monopole, laissant les autres démunis et affligés par la
pauvreté et le besoin. En effet, le puissant Législateur a réglé cette importante
question de la manière suivante : Il a divisé les héritiers du défunt en sept classes,
y compris les enseignants, pères spirituels des individus éclairés. L’héritage est
divisé en parts. Ce nombre est le premier entier divisible par tous les
entiers inférieurs à .. Selon cette division, les sept classes pouvant bénéficier
d’un legs sont les suivantes : en premiers : les enfants, puis l’épouse, le père?
la mère, les frères, les sœurs et les enseignants. Les parents les plus proches sont
les mieux dotés. Chaque classe reçoit son dû en fonction du nombre soixante,
qui s’applique à tous. Il a décrété que ces sept classes mentionnées
entreraient également en possession de leurs droits légitimes, chacune
recevant sa part de cette division .
Lorsque les gens perspicaces réfléchiront à ce qui a été révélé, ils verront que,
grâce à ce commandement, la richesse ne sera jamais monopolisée par un petit
nombre et qu’aucun individu ne pourra s’emparer de la richesse d’un autre par la
force. La richesse circulera toujours entre tous. Tous les hommes hériteront les
uns des autres et tous bénéficieront de ce capital. Certes, lorsqu’on réfléchit à la
répartition effectuée par le Báb dans Le Bayán, on pourrait conclure qu’une telle
répartition affecte l’intérêt des enfants, mais la manière dont elle est prévue dans
l’Aqdas par la plume suprême de Bahá’u’lláh, où l’héritage des enfants est
multiplié, dissipe cette crainte . Pour les gens éclairés, il est évident que dans cette
très grande cause, tous les moyens de confort pour la nation ont été fournis et
qu’un plan de réajustement des affaires du monde, à tous les points de vue, a été
élaboré. Ce qui a été dit ici suffira à répondre brièvement aux objections de M.
Easton et consorts.
Concernant les caractéristiques qui distinguent cette grande Cause des autres lois
et religions de tous les siècles et de toutes les époques : Si les hommes de savoir,
justes et intelligents, réfléchissent aux lois judicieuses du Seigneur de l’humanité,
ils témoigneront sans aucun doute de la perfection de la Providence divine dans les
lois ainsi instituées. Par exemple, ces trois ordonnances fermes et irréfutables, à
savoir, premièrement, la question de l’héritage par laquelle le monopole de la
richesse sera supprimé et la question du socialisme résolue ; deuxièmement, la
question de la paix universelle et des accords internationaux concernant le
désarmement et la conservation des dépenses actuellement consacrées aux
instruments de guerre ; troisièmement, la question de l’ordre donné à tous
d’acquérir une profession, un art ou un métier leur permettant de gagner leur vie,
allégeant ainsi le fardeau des dépenses pour ceux sur qui elles retombent, tels que
les fermiers, les ouvriers, et autres. Ces dépenses sont engendrées par les oisifs et
les chômeurs.
Ces hommes justes et intelligents témoigneront aussi que la réorientation du
monde et le salut de l’humanité face à de grands dangers sont conditionnés par
l’adoption des commandements de cette très grande Manifestation, Bahá’u’lláh.
Ainsi, ils prononceront les paroles bénies : « Béni soit Dieu, Possesseur du
Royaume ! ».
Conclusion
Nous mettons ici un terme à nos propos et, pour conclure cette déclaration, nous
implorons Dieu le Saint, le Suprême, d’accorder à M. Easton et aux autres
négateurs, en sa miséricorde infinie, la lumière de la perspicacité et de la
connaissance afin qu’ils examinent, dans un esprit impartial et désintéressé, ce qui
leur est soumis ici. Ainsi seront-ils informés de la réalité de la Cause divine et
guidés vers la source du salut, de la vie, de la gloire et de la prospérité. et c’est
chose facile à Dieu.
Écrit le 28 décembre 1911, en Syrie,
par la plume de Mírzá Abu’l-Fadl Gulpáygání.
Notes
1. Voir l’annexe de ce volume
2. Référence à ce passage du Sermon sur la montagne : « Gardez-vous des faux
prophètes, qui viennent à vous vêtus en brebis, mais qui au-dedans sont des loups
rapaces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Cueille-t-on des raisins sur
un buisson d’épines, ou des figues sur des chardons ? Ainsi tout bon arbre produit
de bons fruits, mais l’arbre malade produit de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut
pas porter de mauvais fruits, ni un arbre malade porter de bons fruits. Tout arbre
qui ne produit pas un bon fruit, on le coupe et on le jette au feu. Ainsi donc, c’est
à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. » » (T.O.B., Mat. 7:15-20)
3. «Engeance de vipères ! Comment pourriez-vous dire de bonnes choses, alors que
vous êtes mauvais ? » (T.O.B., Mat. 12:34)
4. Mírzá Abu’l-Fadl fait ici référence à certains érudits et théologiens juifs.
5. Cf. Myron H. Phelps, The Master in `Akká (Los Angeles : Kalimát Press, 1985) pp.
57-61 ; Edward G. Browne, A Traveller’s Narrative (Cambridge University Press,
1891) p. 358-59.
6. Subh-i Azal, Mírzá Yahyá, le demi-frère de Bahá’u’lláh. Voir Shoghi Effendi,
Dieu passe près de nous, Maison d’éditions bahá’íes, Bruxelles. 1976.
7. Cf. Muhammad.-’Alíy-Salmání, My Memories of Bahá’u’lláh (Los Angeles :
Kalimát Press, 1982) p. 46-53.
8. Concernant la transformation pacifique des bábís, voir Bahá’u’lláh, Épître au Fils
du Loup, Maison d’éditions bahá’íes, 2001, p. 153-154.
9. Voir Ibid, p. 76-78 ; Anthony A. Lee, "The Rise of the Bahá’í Community of
‘Ishqábád" Bahá’í Studies, Vol. 5 (janvier 1979) p.1-9.
10. Cf. Matt. 12:37.
11. Coran 10:35, 37:154, 68:36.
12. Cf . ‘Abdu’l-Bahá, Les Leçons de Saint-Jean-d’Acre, Les Presses universitaires de
France, 3e édition 1982, chap LXXXII p. 294.
13. Cf. « Bishárát » (Bonnes nouvelles) dans Tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le
Kitab-i-Aqdas, Maison d’éditions bahá’íes, Bruxelles, 2010, p. 21-28.
14. Ibid., p. 28
15. « Le système de gouvernement que le peuple britannique a adopté à Londres
semble être bon, car il est orné de la lumière à la fois de la royauté et de la
consultation des gens. » Bahá’u’lláh, « Lawh-i Dunyá » (Tablette du monde),
Tablettes de Bahá’u’lláh, p. 93.
16. Isa. 2:2 ; Jean 11:24 ; Dan. 12:4, 9 ; Job 19:25 ; Joël 2:31 ; Zeph. 1:14 ; etc.
17. « Aussitôt après ces jours de détresse, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera
plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront
ébranlées. Alors le signe du Fils de l'homme paraîtra dans le ciel, toutes les tribus
de la terre se lamenteront, et elles verront le Fils de l'homme venant sur les nuées
du ciel avec puissance et une grande gloire. Il enverra ses anges avec la trompette
retentissante, et ils rassembleront les élus des quatre vents, depuis une extrémité
des cieux jusqu'à l'autre. » Matt. 24:29-31.
18. « Le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; en ce jour, les cieux
passeront avec fracas, les éléments embrasés ses dissoudront, et la terre avec les
œuvres qu’elle renferme sera consumée. Puisque donc toutes ces choses doivent
se dissoudre, quelles ne doivent pas être la sainteté de votre conduite et votre
piété, ... ». 2 P. 3:10-11.
19. Muhammad.
20. Les théologiens musulmans enseignent que l’Évangile original enseigné par le
Christ a été perdu et que les écritures utilisées par les chrétiens aujourd’hui sont
corrompues. Bahá’u’lláh rejette cet enseignement dans Le Livre de la Certitude,
Bruxelles. Maison d’éditions bahá’íes, 2014) § 91, 97, 98 notamment.
21. Cf. Ibid.
22. Mathieu 5:44, Luc 6:28.
23. 1 Jean 3:7.
24. 1 Jean 4:15.
25 .Voir Khazeh Fananapazir, "A Tablet of Mírzá Husayn ‘Alí Bahá’u’lláh to Jamál-i
Burújirdí : A Full Provisional Translation", « Bahá’í Studies Bulletin », vol. 5, no. 1-
2 (janvier 1991).
26. Cf. le Kitáb-i-Aqdas, K72.
27. La traduction officielle se lit comme suit : « Nous enjoignons à tous de
s’engager dans un métier ou une profession et nous considérons cette occupation
comme un acte d’adoration. » Bahá’u’lláh, Trustworthiness : A Compilation of
Extracts from the Bahá’í Writings, comp. by the Research Department of the
Universal Maison de justice (Haïfa : Bahá’í World Centre, 1987), nº 34.
28. Cf. Bahá’u’lláh, « Ishráqát », Tablettes de Bahá’u’lláh (Maison d’éditions bahá’íes,
2010) p.81.
29. Cf. Bahá’u’lláh, « Bishárát », Tablettes de Bahá’u’lláh, p. 15.
30. Matt. 5:22.
31. Coran 6:108.
32. Sermon sur la montagne, Matthieu 5 et 6.
33. Bahá’u’lláh, « Kitáb-i-‘Ahd », Tablettes de Bahá’u’lláh, p. 181, 15.2.
34. « Il n’y aura plus de malédiction. »Apoc. 22:3.
35. Kitáb-i-Aqdas, K159, p. 76.
36. Cf. Tablettes de Bahá’u’lláh, p. 93.
37. Mírzá Abu’l-Fadl fait ici référence aux lois bahá’íes sur l’héritage qui
s’appliquent dans les cas où l’on n’a pas écrit de testament. Cf. Kitáb-i-Aqdas, K20-
29.
38. Les règles successorales de Bahá’u’lláh en cas d’intestat sont basées sur celles
du Báb révélées dans Le Bayán, mais Bahá’u’lláh double la part attribuée aux
enfants du défunt.
Bahá’ísme : Un avertissement
par Peter Easton
Il y a mille neuf cents ans, notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ comparaissait
devant un tribunal romain. Le gouverneur, convaincu de son innocence, proposa de le
relâcher. Mais les juifs s’écrièrent : « Ce n’est pas lui, c’est Barabbas ! » Barabbas était
un brigand. C’est ainsi que le peuple élu de Dieu, celui qui, pendant 2000 ans, depuis
Abraham, avait été le bénéficiaire privilégié de sa grâce et de sa miséricorde, « renia le
Saint et le Juste, et demanda qu’on lui accordât un meurtrier. » Cette scène se
rejoue-t-elle aujourd’hui sous nos yeux ? En l’an de grâce 1911, le 17 septembre, à St.
John’s, Westminster, un archidiacre de l’Église d’Angleterre, un homme qui porte un
nom honoré, a placé dans le fauteuil de l’évêque, devant l’autel, le chef d’une secte
orientale dont, dans un discours précédent, il avait fait l’éloge en l’appelant « Maître ».
Qui est cet homme ? Il s’appelle Abbas Effendi. Il préfère cependant être appelé
‘Abdu’l-Bahá, serviteur de Bahá, son père, décédé à Acre, en Syrie, en 1892. Pour savoir
ce que cet homme représente et incarne, nous devons donc nous demander quel genre
d’homme était Bahá, le chef de cette secte, qui lui a donné son nom. Un pire que
Barabbas – traître, assassin et blasphémateur – digne successeur de cette longue lignée
d’antéchrists persans depuis le début de son histoire jusqu’à aujourd’hui. L’histoire est
longue et nécessiterait plus de temps et d’espace qu’il n’est possible de lui accorder ici.
L’article « Les Babis de Perse » qui accompagne ce texte donne un bref aperçu du
principe et de la pratique de ce système antichrétien. Comment est-il possible
qu’un ministre de Jésus-Christ puisse recommander une telle foi ? Ignorait-il le
véritable caractère de la secte ? Pourquoi, alors, l’a-t-il recommandée ? Pourquoi aussi
était-il ignorant ? Ne savait-il pas que la Church Missionary Society avait une mission en
Perse depuis quarante ans, et qu’il lui suffisait de s’informer auprès des missionnaires
de la Société à Londres et dans les environs pour connaître les faits ? Depuis plus de
vingt ans, le professeur Browne, de Cambridge, écrit sur ce sujet. L’archidiacre n’a-t-il
pas connaissance des faits accablants, exposés dans ses ouvrages, concernant le
caractère de Bahá ? A-t-il voulu s’informer auprès des habitants du quartier d’Acre ?
Comme il aurait été facile d’obtenir des informations auprès des missionnaires anglais
et américains de Syrie et de Palestine.
Il y a dix-huit mois, l’archidiacre Wilberforce a écrit à ‘Abdu’l Bahá pour lui dire :
« Nous sommes tous un, derrière le voile » Est-ce là l’enseignement de la Parole de
Dieu ? L’Apôtre dit-il que nous devrions être inégalement associés aux incroyants, que
la justice a partie liée avec l’iniquité, la lumière avec les ténèbres, le Christ avec Bellial,
le temple de Dieu avec les idoles ? C’est en effet l’enseignement du panthéisme sur
lequel sont fondés le bahaïsme et toutes les sectes qui lui sont apparentées. C’est de la
haute antiquité de ans, du début de l’histoire de la Perse, que vient la déclaration
blasphématoire : « Dieu et le diable sous le même joug ». Les hommes de bonne
réputation sont, il est vrai, les bienvenus dans les rangs de ces sectes panthéistes. Ils
font d’excellents pigeons. Mais lorsqu’il s’agit d’accomplir l’œuvre de l’enfer, il faut un
autre type d’homme, un homme dont la conscience est brûlée comme par un fer rouge.
Ce qui est déterminant, ce n’est pas ce que l’homme est, mais l’usage que l’on peut en
faire. « Le mal est le nom d’une des conditions du progrès – il est aussi nécessaire,
voire plus, que ce que vous appelez le bien, à votre et à notre élévation vers des sphères
plus élevées ». Cette idée est concrétisée dans ces sectes panthéistes, en ce sens que les
membres moralement intègres sont con nés dans le cercle extérieur, tandis que les
enfants du malin sont admis dans le sanctuaire intérieur. Voilà donc l’unité tant vantée,
dont Dieu nous préserve. L’archidiacre Wilberforce appelle ‘Abdu’l Bahá « Maître ».
Qu’en est-il du Christ ? Enseigne-t-il que l’on peut servir deux maîtres ? Non. Alors
l’archidiacre doit choisir qui il va servir, le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ
ou l’Antéchrist, Bahá. Il ne peut servir les deux. Que dira le peuple anglais ? Choisira-til ce Barabbas moderne ? Un mot sur l’impact des déclarations de l’archidiacre sur
le travail missionnaire en terre mahométane. Ce travail, comme on le sait, n’est pas
facile. Elle est même si difficile que des hommes comme Lord Curzon sont totalement
incrédules quant à la possibilité d’accomplir quoi que ce soit. Il est certain que les
hommes qui professent être des disciples de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ –
surtout ceux qui sont considérés comme des dirigeants de l’Église – ne devraient rien
faire pour rendre ce travail encore plus difficile. Quoi que l’on puisse dire d’autre des
bahá’ís, on ne peut pas dire qu’ils ne sont pas sages dans leur génération, prompts à
utiliser tous les moyens, justes ou injustes, qui serviront leurs intérêts. Ce qu’il a vu et
entendu ici en Angleterre a grandement encouragé ‘Abdu’l-Bahá à persévérer dans son
projet de faire du bahá’ísme « la religion universelle du monde et la base de la grande
civilisation universelle à venir », comme le montrent ses propres paroles. On ne peut
douter qu’il aura le même effet sur ses disciples, à qui la nouvelle sera transmise, non
pas dans un anglais froid, mais dans les phrases enflammées de l’imagination orientale.
Comme Paul, sur le chemin de Rome, ils seront eux aussi encouragés, mais ce ne sera
pas pour faire avancer le royaume de Dieu, mais le règne de l’Antéchrist.
Les babis de Perse
L’origine du babisme est à rechercher dans le panthéisme persan, un système qui
remonte à plus de 1000 ans et qui a donné naissance à de nombreuses sectes, dont le
babisme est l’une des plus récentes. Toutes ces sectes ont une doctrine fondamentale, à
savoir que le murid, ou disciple, doit s’abandonner absolument, corps et âme, au
murshid, ou guide. Dire que le murshid est, à toutes fins utiles, à la place de Dieu pour le
murid, c’est sous-estimer la question. Lorsque Dieu nous parle, il s’adresse à nous en
tant qu’hommes, en honorant les facultés de raison, de conscience et de volonté dont il
nous a dotés. Si quelque chose prétend être une nouvelle révélation, elle doit répondre
aux exigences de l’ancienne révélation, et s’y tenir ou s’y soustraire. L’idée panthéiste
fi
est différente. La révélation, la conscience, la raison, la volonté sont toutes anéanties. À
chaque instant de l’existence, il n’y a rien d’autre que le pouvoir absolu ; le pouvoir nu
d’une part, et la passivité et la négativité absolues d’autre part. Le murid n’est pas un
homme au sens propre du terme, mais un simple matériau, un simple réceptacle qui
est constamment créé puis mis en pièces, ou rempli puis vidé. Ce qu’il est n’a rien à
voir avec la nature des communications ou des ordres qui lui sont adressés ou imposés.
Selon les critères ordinaires, ils peuvent être raisonnables ou déraisonnables, sages ou
imprudents, saints ou impies, mais il n’a rien à voir avec tout cela. S’il lui est ordonné
de dire la vérité, il dit la vérité. Lui ordonne-t-on de mentir, il ment. Lui donne-t-on
des conseils de sagesse, il les exécute. Lui impose-t-on les caprices les plus fous d’un
fou, ce devoir d’obéissance est exactement le même. Permettez-moi de dire, tout
d’abord, que le système est essentiellement vicieux, car il est basé sur la dégradation du
murid, qui est dépouillé de tout ce qui fait de lui un homme et réduit à un simple
automate. L’honneur et la gloire du murshid se construisent sur la ruine du murid. Il est
impossible de concevoir un contraste plus parfait avec le christianisme. « Parce que je
vis, dit le Sauveur, vous vivrez aussi (Jean 14:19) ». « Et la gloire que tu m’as donnée, je
la leur ai donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un, moi en eux et toi en
moi, pour qu’ils soient parfaits en un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et
que tu les as aimés comme tu m’as aimé (Jean 17:22, 23).
Deuxièmement - Il ne peut être réformé, puisque le premier pas dans la voie de la
réforme est de détruire le système à la racine et à la branche.
Troisièmement - Chaque tentative d’application du principe de ce système s’est
soldée par le mal le plus terrible. La carrière de Mokanna au huitième siècle, dont nous
avons une description vraie et fidèle dans le Lalla Rookh de Moore, celle de Babek au
neuvième et de Karmath au dixième siècle, qui ont tous deux transformé le monde
oriental en Aceldema, ou champ de sang ; plus que tout, celle de Hassan Sabah et de
ses disciples, les Assassins, qui pendant 170 ans, à partir de 1090, ont inauguré un
règne de terreur en comparaison duquel celui de la Révolution française n’était qu’un
jeu d’enfant. Ces exemples et d’autres que l’on pourrait citer, tant dans l’Antiquité que
dans les temps modernes, prouvent amplement notre affirmation.
On nous demande maintenant de croire que le Babisme est une exception à la
règle, que ce système diabolique, satanique – il n’y a pas d’autres mots pour le décrire –
s’est transformé, que le serpent a perdu ses crocs et que le loup est devenu le véritable
protecteur des brebis. Où se trouvent les preuves de cette étonnante affirmation ? Fautil la chercher dans les déclarations blasphématoires de Bahá, selon lesquelles il n’était
pas seulement le Christ, mais aussi Dieu le Père ? Faut-il la chercher dans sa vie,
entachée des crimes les plus bas ? L’homme qui a tenté d’empoisonner son propre
frère, qu’il avait invité à manger avec lui, est-il l’inaugurateur d’une nouvelle
dispensation de la paix sur terre ? Et qu’avons-nous de l’autre côté ? Rien d’autre que
des paroles mielleuses. Le loup est déguisé en brebis, donc ce n’est pas un loup. Ce qui
est encore plus grave, c’est qu’aucune excuse ne peut être invoquée pour cet homme.
C’était un méchant de sang-froid, et non un fou, comme le fondateur des Druses, ou
un enthousiaste trompé, comme nous pouvons supposer que le Bab original était. Il y a
des hommes bons parmi les babis, des hommes qui ont été attirés par le système,
espérant y trouver la vérité qu’ils avaient vainement cherchée dans le mahométisme ;
bons, non pas à cause du système, mais en dépit de lui. Xavier était un saint homme,
mais le jésuitisme est tout sauf saint. Nous devons nous rappeler, en outre, que dans
tous ces systèmes panthéistes, il n’y a qu’un petit nombre de personnes qui sont
d’abord pleinement initiées aux « profondeurs de Satan », que la politique des
dirigeants est de maintenir la multitude dans l’ignorance, et d’avoir quelques
personnes dont la vie pure servira à masquer leur propre corruption. Dans le cas des
Assassins, le caractère de la secte n’a été pleinement exposé au public que plus de
soixante-dix ans après sa fondation.
Il n’est pas nécessaire de gaspiller de la sympathie pour les souffrances des babis. Il
est vrai qu’ils ont terriblement souffert. Qu’ils aient enduré la souffrance avec une
force d’âme et une constance merveilleuses est également vrai. Mais il en a toujours été
ainsi pour ces sectes. Lorsque l’infâme Babek, dont la règle était de faire violer sous
leurs yeux les femmes et les filles de ses captifs, s’est fait arracher les mains et les pieds,
« il a ri et a scellé en souriant avec son sang la gaieté criminelle de ses principes » (Von
Hammer, History of the Assassins, p. 27). En tant qu’enseignants et praticiens de
l’assassinat, les babis méritent amplement tout ce qu’ils ont été appelés à subir.
Il est vain de dire qu’ils n’interviennent pas dans les gouvernements, car, aux yeux
d’un babi, il n’y a pas d’autre gouvernement que celui de son chef. Tant que ce chef est
en état de semi-captivité, l’exercice de son autorité sur les souverains et les pays peut
être mis en veilleuse, de peur qu’il n’attire la vengeance sur sa propre tête. Mais qu’il
devienne un jour un souverain indépendant, et nous pourrons alors nous attendre au
retour de cette époque où il n’y avait de sécurité ni pour le souverain ni pour le peuple,
si ce n’est qu’ils devenaient les esclaves du plus affreux despotisme qui se soit jamais
manifesté sur la terre. Plus de liberté pour les femmes ! Oui, mais depuis l’époque de
Mazdak, ces sectes enseignent la communauté des femmes. Le millénaire à inaugurer
est celui de la science absolue.(Cf. Von Hammer, p. 105 et suivantes)
Après avoir lu cela et bien d’autres choses de ce genre qui se retrouvent dans la
presse publique, on se demande comment il se fait que des chrétiens, hommes et
femmes, puissent être trompés à ce point. Néanmoins, il est vrai que ces projets
panthéistes exercent une terrible fascination qui semble, pour un temps au moins,
priver les hommes de la vue, de l’ouïe et de la compréhension. Il est indéniable qu’ils
contiennent des vues grandioses de la vérité, mais le malheur, l’horreur, c’est que la
vérité, qui devrait être présentée de manière à être édifiante et inspirante, n’est que
l’appât sur l’hameçon qui entraîne l’âme en enfer.
❦
Glänzender Beweis
Geschrieben am 28. Dezember 1911 in Syrien von
Mirza Abul Fazl Gulpaygan
Herausgegeben von der
Bahá’í Vereinigung Zuffenhausen
(Ab Seite 20)
...Als vierten und wichtigsten Punkt führt er (Peter Z. Easton) an: „Welch’ neues Gebot enthält die Bahá’í-
Religion, das im Christentum fehlt?“
Obgleich diese Frage etwas unbegreifliches ist und von einer Person nicht vollständig verstanden werden
kann, sofern sie in den Büchern dieser zwei Religionen nicht gut bewandert ist, so wollen wir diese Frage
doch derart deutlich auslegen, daß sie von jedermann leicht verstanden werden kann, und wir wollen die
hauptsächlichsten, charakteristischen Züge dieser großen Bewegung erläutern und die Notwendigkeit dieser
Höchstheiligen Offenbarung für die Stärkung und den Aufbau der Welt beweisen. So mögen unparteiische
Menschen Einsicht bekommen und jeder rechtlich Denkende möge seine Dankesbezeigungen für diese gro-
ße Gnadenerteilung Gottes, des Glorreichen, darbringen.
Es ist für jeden denkenden Menschen klar, daß die Menschheit Vollkommenheit erreichen wird und daß
Glück und Wohlergehen, welche der Wunsch der Nationen und das Ziel aller Herzen sind, sicher kommen
werden, sobald die religiösen Unterschiede und Einteilungen, die die Ursache der Abneigung und Entfrem-
dung der Menschen sind und alle Trennungen und Spaltungen, die mit der Verschiedenheit der Rasse, des
Vaterlandes, der Politik usw. zusammenhängen, bei den Menschen aufgehoben sind. So mögen die Men-
schen wie Brüder werden, die sich gegenseitig lieben und gütig zueinander sind. Diese schrecklichen Kriege,
welche die größten Katastrophen der Menschheit und Zivilisation sind, werden verschwinden. Die ungeheu-
ren Summen, deren Ausgabe unzweifelhaft die Verarmung der Menschen und die Zerstörung der Welt ver-
ursacht, werden nicht länger mehr zum Zwecke der Zerstörung und für höllische Maschinen aufgeopfert wer-
den. Diese Frage ist so klar und einleuchtend, daß auch der beschränkteste Mensch sich darüber ein Urteil
bilden kann. Überdies ist dieses Zustandekommen durch die göttlichen Frohen Botschaften bestätigt und
durch himmlische Prophezeiungen erhärtet worden. Denn die himmlischen Bücher enthalten deutliche Anga-
ben, daß an dem „großen Tage“, der verschiedentlich benannt ist, wie der „der letzte Tag“, „die Zeit des En-
des“, „der jüngste Tag“, „der Tag Gottes“ usw., der glorreiche Herr herabsteigen wird und alle Nationen ver-
einigen wird in der Verehrung des einen Gottes. Er wird allen Menschen derart hohe und geistige Eigen-
schaften anerziehen, daß Krieg und Streit ausgerottet sein werden, daß Groll und Haß durch Eintracht und
Frieden ersetzt sein werden und daß alle Werkzeuge des Krieges in Geräte für die Landwirtschaft und den
Handel umgewandelt werden. Dies ist eine kurze Angabe der Verheißungen der Propheten, bezüglich des
„letzten Tages“.
Es ist selbstverständlich, daß alle Nationen das anbrechen eines solchen Tages und das Kommen einer
solch großen Bewegung erwarten und ersehnen; noch mehr, sie beten und flehen zu Gott um dessen baldige
Ankunft.
Aber die größten Hindernisse bei den Völkern sind die Zeichen der Bedingungen, welche mit dieser hehren
Offenbarung und diesem versprochenen Tag erscheinen sollen; denn alle Offenbarer Gottes und alle Religi-
onsgründer vergangener Zeiten haben die Zeichen dieses großen Ereignisses in ihren bemerkenswerten
Büchern erwähnt und in ihren Äußerungen nachdrücklich und deutlich klargelegt. Aber jeder Prophet, wel-
cher erschien, beurkundete eben die gleichen Zeichen, welche von seinem Vorgänger erwähnt wurden und
wiederholte dieselben Worte, jedoch ohne die Bedeutung jener Zeichen und Zustände zu erklären oder seine
Zuhörer mit diesen bekannt zu machen. Betrachtet z.B. wie vor Tausenden von Jahren Seine Heiligkeit Mose
und die israelitischen Propheten dem Volk frohe Botschaften verkündeten vom Kommen des Herrn der
Heerscharen, der alle in der Verehrung des Einen Gottes einigen und vereinigen werde. Unter den von ihnen
angekündigten Zeichen bezüglich des Tages Seines Kommens befinden sich folgende:
1. Das Aufrollen der Himmel
2. wird verfinstert werden.
3. Der Mond wird sein Licht nicht Die Sonne spenden
4. Die Sterne werden vom Himmel fallen.
5. Die Toten werden von ihren Gräbern auferstehen
6. Die wilden Tiere werden im Frieden leben mit den Tieren auf der Weide
7. Sie werden dieselbe Weide und Nahrung benützen.
8. Die Kinder werden mit giftigen Schlangen spielen
9. Das Volk Israel, das in jenen Tagen in allen Nationen des Ostens und Westens zerstreut sein wird und
gedemütigt worden ist, wird wieder gesammelt sein durch den Herrn der Heerscharen, der sie in ihr ver-
heißenes Land einsetzen und ihnen ewigen Ruhm und immerwährende Herrschaft verleihen wird.
Dies sind in gedrängter Kürze einige der Prophezeiungen, die alle israelitischen Propheten ihrem Volk ver-
kündigten und in ihren Büchern weissagten. Sie sprachen sich jedoch nicht darüber aus, ob diese Verspre-
chungen buchstäblich, nicht sinnbildlich und ohne Auslegung zu nehmen sind oder ob der Text sinnbildlich
ausgelegt werden soll.
Fünfzehnhundert Jahre nach der Zeit Seiner Heiligkeit Mose wurden ganz dieselben Verheißungen und Zei-
chen durch Seine Heiligkeit Christus - auf Ihm sei die Herrlichkeit - geoffenbart! Betrachtet den 29. - 31. Vers
des 24. Kapitels Matthäus und den 10. Und 11. Vers im 3. Kapitel der 2. Epistel des Apostels Petrus, damit
ihr die Erwähnung dieser Verheißungen und Zeichen mit absoluter Klarheit bezeugen könnt. Gleicherweise
beschränkten sich Seine Heiligkeit Christus und Seine Jünger auf die bloße Erwähnung dieser Zeichen, wie
dies durch die israelitischen Propheten geschehen war, und unternahmen es nicht, ihre Bedeutung zu erklä-
ren. Späterhin stimmten die christlichen Gelehrten in der Auslegung dieser heiligen Bücher nicht überein.
Einige sagten, daß diese Versprechungen buchstäblich gemeint und deshalb äußerlich in Erfüllung gehen
müssen und nicht Gegenstand der Auslegung seien. Wieder andere stellten fest, daß diese Versprechungen
bildlich gemeint und deshalb äußerlich in Erfüllung gehen müssen und nicht Gegenstand der Auslegung sei-
en. Wieder andere stellten fest, daß diese Versprechungen bildlich seien und daß ihr Wortlaut der Auslegung
bedürfe, damit ihre wirkliche Bedeutung dadurch klar werden möge; d.h. daß das Siegel des Buches in den
„letzten Tagen“ entfernt werden wird. Sechshundert Jahre nach Seiner Heiligkeit Christus verkündete das
„Siegel der Propheten“ Mohammed, Seine Mission und ganz dieselben Verheißungen wurden wieder im Ko-
ran geoffenbart. Dieselben Bedingungen und Zeichen wurden abermals wiederholt. Aber auch der Koran gab
keine Erläuterungen über die Bedeutung und Absicht dieser Prophezeiungen, auch ist in ihm nicht festge-
setzt ob sie sinnbildlich zu nehmen oder Gegenstand der Auslegung sein sollten. Wenn wir in Betracht zie-
hen wollten, was festgesetzt worden ist, so werden wir überaus deutlich finden, daß die größten Hindernisse
gegen die Vereinigung der Nationen gerade diese Prophezeiungen, frohen Botschaften, Bedingungen und
Zeichen gewesen sind. Denn die verschiedenen Völker sind an einer Vereinigung verhindert worden, weil
das, was durch jene Prophezeiungen beabsichtigt war, nicht klar gelegt worden war.
Obgleich Erläuterungen zu Weitläufigkeit führen möchten, so können wir diese dennoch nicht umgehen zum
Zwecke der Belehrung und Weitererläuterung des Gegenstandes für den Leser. Nehmen wir z.B. an, ein
christlicher Missionar würde zu einem Juden sagen: „Lieber Freund, weshalb schläfst du und bist unacht-
sam? Der verheißene Messias, dessen Kommen von allen Propheten vorausgesagt wurde, ist erschienen.“
Der Jude, denke ich wird antworten: Wie herrlich, wie prächtig! Welch schöne frohe Botschaften und erfreuli-
che Neuigkeiten! Wir Juden haben all unsere Wünsche von dem Kommen des Messias abhängig gemacht
und bitten täglich im Gebet um Sein Kommen! Nun, wir wollen diesen verheißenen Messias sehen, von dem
du berichtest, Er sei erschienen!“
Der christliche Missionar antwortet: „Der verheißene Messias war jener gekränkte Jüngling, Jesum von Na-
zareth, der Sein Leben für die Befreiung und Erlösung der Welt gab. Der Jude würde antworten: „O verehrter
Lehrer, bezüglich des Kommens des Messias sind in den heiligen Büchern klare Zeichen angegeben, von
denen keines zutraf. Wir Juden haben unsere Religion nicht so leicht gefunden, daß wir sie sorglos aufgeben
könnten. Sie halten sich selbst für einen Lehrer der heiligen Bücher. Betrachten Sie in den himmlischen Bü-
chern die Worte, daß zur Zeit des Kommens des verheißenen Messias die Sonne verdunkelt sein werde, der
Mond sich in Blut verwandeln, die Sterne vom Himmel fallen und die Toten auferstehen werden. Wo und
wann erfüllten sich diese Prophezeiungen während der Tage des Nazareners und wer sah sie? Lassen Sie
mich Ihnen weiter zahlreiche Stellen zeigen, in denen deutlich geoffenbart worden ist, daß, wenn der verhei-
ßene Messias erscheint, Er alle Juden die über die ganze Welt zerstreut sind, zusammenbringen wird und
sie von den großen Demütigungen, Flüchen und Unterdrückungen, welche sie erdulden, erlösen wird. Dann
wid Er sie in das heilige Land einsetzen und ihnen Herrschaft und ewigen Ruhm verleihen. Nun erzählen Sie
mir, wann erfüllte Jesus von Nazareth solche Dinge? Nein, durch Seine Offenbarung trat das Gegenteil in
Erscheinung, denn wir hatten uns im heiligen Lande niedergelassen, wurden aber durch Sein kommen zer-
streut. Wir waren geachtet, wir sind gedemütigt worden; wir waren vereinigt, wir sind zerstreut worden; wir
waren gesegnet, wir wurden mit Verwünschungen gekränkt. All dies stand im Widerspruch zu den Verhei-
ßungen, die dem israelitischen Volke gegeben sind. So würde „Jesum annehmen“ gleichbedeutend sein, mit
Verleugnung jener herrlichen Propheten.
Kurz, über diesen Punkt der Unterredung würde es dem christlichen Missionar mißlingen, dem Juden eine
Antwort zu geben. Denn er versteht die wirkliche Bedeutung dieser frohen Botschaft nicht. Wie könnte er sie
denn den Juden erklären und sie überzeugen und vergewissern? Also haben während dieser langen zeit die
Missionare der christlichen Religion versucht, den Juden eine Niederlage beizubringen und sie zu verwirren,
jedoch ohne den Weg wahren Wissens und wirklichen Beweises zu beschreiten. Anstatt sie näher zum E-
vangelium zu bringen, belästigten sie dieselben und führten sie davon weg.
Es ist auch in der Kirchengeschichte bestätigt, daß in dieser langen Zeit, d.h. seit der Bekehrung Konstantins
des Großen bis in die heutige Zeit, ebenso wie in den Tagen Karls des Großen und während der Kreuzzüge
wiederholt versucht wurde, die Juden zu zwingen, das Christentum anzunehmen, aber schließlich wurde dies
unterlassen. Hätten sie die Bedeutung dieser frohen Botschaft erkannt, so wäre es nicht nötig gewesen,
Gewalt und Zwang anzuwenden.
Ähnlich ist die Stellung der Moslimen zu den Christen. Wenn der Moslem einem Christen die Wahrheit der
Mission des „Siegels der Propheten“ zu beweisen wünscht, so verweist er den Christen auf die Zeichen, die
im 24. Kapitel Matthäus angegeben sind. Dann wird jener Mohammedaner, der deren Bedeutung nicht ver-
steht, genötigt sein, zu sagen, daß dies in den Händen der Christen befindliche Evangelium nicht das ur-
sprüngliche Evangelium ist, das durch Jesus kam - auf Ihm sei Friede! Wie sie sehen, werden die Moham-
medaner in Wort und klar beweisen, daß dieses Evangelium von den christlichen Gelehrten eingeschaltet
und daß es Seiner Heiligkeit Christus zugeschrieben worden ist. In diesem Falle wird der Christ, dem die
Wirklichkeit das Evangeliums klar und offen ist und bei dem die Liebe zu seinem Heiligen Buch fest in sei-
nem Herzen gegründet ist, bestürzt sein über die unrichtige Antwort des Muselmanns. Anstatt ein Kamerad
und Freund des Muselmanns zu werden, wird der Christ ein Feind der islamischen Religion und ein Gegner
des mohammedanischen Volkes.
Kurz, eines der größten Hindernisse für die Vereinigung der Nationen ist diese Schwierigkeit, welche in der
vorhergehenden Erläuterung angegeben worden ist. All diese verborgenen Fragen sind verwickelt und durch
die Tatsache erklärlich, daß die christlichen Missionare, weil sie die wirkliche Bedeutung der Religionsbücher,
welche vor der Offenbarung Seiner Heiligkeit Christi - auf Ihm sei der Friede - erschienen sind, nicht verstan-
den haben! Und deshalb können sie andere nicht zu ihrer eigenen Religion führen. Dies ist sonnenklar und
offenbar bewiesen.
Was die Religionen betrifft, die nach Seiner Heiligkeit Christus aufkamen, so können die Christen, da Rück-
gang und Rückschritt in Widerspruch zu natürlicher Bewegung stehen und das Gegenteil von Fortschritt und
Entwicklung bedeuten, was in irdischen Dingen sichtbar und offenbar ist, die Entwicklung nicht hemmen und
andere Menschen nicht veranlassen, von der Leiter des Fortschritts herabzusteigen, um sich mit ihnen zu
vereinigen. Der große Lord Curzon hat dies teilweise verstanden, wenn er schreibt: „Die Bekehrung der Asia-
ten zum Christentum ist erfolglos und wirkungslos.“
Nun, da dieser Gegenstand deutlich erklärt worden ist, fügen wir uns in die Tatsache, daß die gegenwärtige
Stufe des Fortschritts in der Welt abhängig ist von der Größten Offenbarung. Das erste Buch, das Bahá’u’lláh
während Seines Verweilens in Bagdad offenbarte, ist das „Kitáb-Iqán“ (Buch der Gewißheit); dieses ist der
Schlüssel zum Lösen der Siegel von den himmlischen Büchern. Es umfaßt die Wirklichkeiten (Wahrheiten),
die in der Heiligen Schrift geoffenbart sind. Durch dieses Buch wurden die Tore zum Verständnis der Worte
der Propheten für die Augen der Diener Bahás geöffnet, die wirkliche Bedeutung der „Göttlichen Frohen Bot-
schaften“ wurde geoffenbart und die Urabsichten solcher Ausdrücke, die verborgen und unbekannt waren,
wurden erklärt. Solche Ausdrücke sind: „Tod, Leben, Himmel, Erde, Sonne, Mond, Sterne, Auferstehung
usw. Auf diese Weise wurde es leichter möglich, Einigkeit zu erzielen und es wurden die Hindernisse für eine
internationale Verständigung weggeschafft. Die Anzeichen und Eigenschaften der Eintracht und Überein-
stimmung zwischen Feinden und Gegnern wurden offenbar und erkannt. Denn Sie sehen, daß, obgleich die
Bahá’í Religion erst in ihren Anfängen ist, durch sie doch schwierige Fragen und Lehrsätze (Meinungen) so
klar erklärt wurden und von verschiedenen Menschen so leicht angenommen worden sind, daß zahlreiche
Seelen unter den Zoroastern, Juden und anderen, welche weder an Seine Heiligkeit Christus als den verhei-
ßenen Herrn und sein himmlisches Buch als Göttliches Heiliges Wort. Sie verbinden und vereinigen sich mit
den Christen bei ihren Festen und Versammlungen in äußerster Liebe und Gemeinschaft.
Im Geiste äußerster Liebe und Freundschaft sei eine Frage gestellt an diesen verehrten Missionar Herrn
Peter Z. Easton, der ohne das geringste Verständnis von der Bedeutung des Königreiches Christi zu haben,
dasselbe preist: Sind diese sichtbaren Zeichen die Ursache der Gegenwart des Königreiches Christi, oder
sind es Kirchenbann, Verwünschungen, unanständige Worte, das Schreiben von erniedrigenden Artikeln in
Zeitschriften, wobei reinen und heiligen Seelen Schmähungen und Verleumdungen zugefügt werden?
Dies ist höchst verwunderlich! Wir wissen nicht, was für Herrn Easton und seine Bundesgenossen das Kö-
nigreich Christi ist und bedeutet. Hat das Königreich Christi dessen Worte zu bestätigen und auszuführen,
oder hat es das Gegenteil der Worte Christi zu beweisen und die Eigenschaften Seiner Feinde zu verkün-
den?
Seine Heiligkeit Christus sagt deutlich: „Segnet, die Euch fluchen,“ während Herr Easton und seine Gefähr-
ten die Bedeutung von „Fluchet, die Euch segnen“ ausführen.
Die Seele, welche Segen und Gnade sucht, wird von ihnen mit überaus unanständigen Worten bedacht und
sie wünschen solcher Seele Übel und Verderben. Bahá’u’lláh beweist den ungläubigen Nationen, daß Seine
Heiligkeit Christus der Sohn Gottes und das Wort Gottes war, während Herr Easton und seine Gefährten Ihn
für den Antichrist halten.
Sonderbar! Johannes, der Evangelist, der von Christus geliebte, sagt in seinem 1. Brief Kap. 2 V. 29: „wer
recht tut, der ist von ihm geboren,“ aber diese Gegner sagen: „Wer eine gerechte Tat vollbringt, ist wahrlich
ein Mörder und ein Betrüger.“ Gleicherweise sagt er in seinem 1. Brief Kap. 1, V. 23: „wer den Shn bekennet,
der hat auch den Vater“, aber sie sagen, daß einer, der nach seiner eigenen Schätzung, drei Millionen See-
len überzeugt hat und sie zum Glauben an Jesum den Sohn Gottes und daß Er das Wort Gottes ist, brachte,
der Erkenntnis des Herrn beraubt sei und keinen Teil am Wohlgeruch Gottes habe. Ist es nicht immer klar
gezeigt und vollauf bewiesen, daß wir heute, gemäß der Worte aus der Bergpredigt: „An ihren Früchten sollt
ihr sie erkennen“, die Absicht Seiner Heiligkeit Christi verstehen sollen, daß wir falschen Beschuldigungen
keine Aufmerksamkeit schenken und die Aussagen vorurteilsvoller Menschen über ihre Mitmenschen nicht
mit anhören sollen? Wir sollten hingegen die Taten jedes einzelnen als dessen richtiges Kennzeichen anse-
hen und durch diese Unparteilichkeit zwischen Wahrheit und Falschheit unterscheiden.
Kurz, wir wollen zurückkehren zu dem ursprünglichen Gegenstand, der sich auf Herrn Peter Z. Eastons Fra-
ge bezieht: „Was hat Bahá’u’lláh gebracht, das sich in der christlichen Religion nicht befände?“ Obgleich der
große Zweck der Offenbarung Bahá’u’lláhs, der darin besteht, die Geheimnisse der himmlischen Bü-
cher zu erklären, die Beseitigung der Entfremdung zwischen den Nationen zu erleichtern, Einigkeit
und Harmonie zwischen allen Teilen der Welt zu errichten, genügend Beweis für die Größe und Voll-
kommenheit der Bahá’í-Religion ist, so wollen wir, dessen ungeachtet, dennoch die Gesetze und Verordnun-
gen dieser Religion betrachten, ihre besonderen Vorzüge, und ihre Vorteile und guten Erfolge erläutern.
Erstens, ein Gebot, welches besonders ein charakteristisches Merkmal der Bahá’í-Religion ist und sich in
keiner anderen Religion befindet, ist folgendes: „Enthaltet euch des Glaubens an mündliche Überliefe-
rungen.“ Es ist den Gelehrten wohl bekannt, es daß mündliche Überlieferung war, was die Juden in zwei
große Sekten teilte. Solche Überlieferungen sind die Grundlage des Buches Talmud und waren die Ursache
der Teilung dieser einen Nation. Eine der zwei Religionsspaltungen, Rabbinim genannt, betrachtet die Lehren
des Talmud als das Gesetz, das befolgt werden muß, und legt ihm (dem Talmud) die größte Bedeutung bei
für die Erhaltung und Fortdauer des Volkes Israel. Aber die andere Sekte, Eharraim, betrachtet den Talmud
als reine Ketzerei und als Veranlassung zur Verderbnis. So können diese zwei Sekten unmöglich zur Über-
einstimmung gebracht werden oder dazu, ihre gegenseitig feindliche Gesinnung abzulegen.
In ähnlicher weise und aus demselben Anlaß entstand in der christlichen Religion, durch die mündlichen
Überlieferungen, welche als „glaubwürdig“ bezeichnet wurden, Spaltung und Trennung. Eine jede der christli-
chen Kirchen, sowohl die Katholische, als auch die Orthodoxe, die Jakobitische, die Nestorianische und an-
dere, sieht es als Pflicht an, diesen Überlieferungen, die sie von den Kirchenvätern ererbt und dokumentiert
bekommen haben, als dem wahren Text des Heiligen Buches, zu folgen.
Wenn auf irgend einem der großen Konzilien von der Vereinigung der Christen die Rede gewesen wäre, so
hätten sie sich von diesen ererbten Überlieferungen befreit, die einer Vereinigung und Einigkeit sich entge-
genstellten. Gleicherweise bestand in der Religion des Islams das Sichstützen auf diese mündlichen Überlie-
ferungen, welche auf den Gründer dieser Religion, nach dessen Tod bezug nahmen, die Ursache der Tren-
nung und Absonderung in verschiedene Hauptsekten, wie Sunniten, Schiiten und Kharajiten oder in den un-
tergeordneten Schulen der Hanositen, Malakiten, Schasiiten, Haubiliiten usw.
Eine jede dieser Sekten hält an einer Reihe von Überlieferungen fest, die ihre eigene Sekte für echt hält.
Aber Bahá’u’lláh schloß für die Menschheit dieses Tor, welches die größte Ursache der Empörung ist, denn
Er hat deutlich verkündet, „daß in der Religion Gottes alle beurkundeten Dinge sich auf das Buch be-
ziehen und alle nicht beurkundeten Dinge von der Entscheidung des Hauses der Gerechtigkeit ab-
hängen.“ So wird beim Bahá’í-Volke allen Erzählungen, Berichten und mündlichen Überlieferungen nicht
getraut und das Tor der Uneinigkeit, welches das größte Tor der Hölle ist, ist nun verschlossen und verriegelt
worden.
Zweitens: Eines der Gesetze und eine der Verordnungen, die der Bahá’í-Religion eigen sind, ist das Gesetz,
das verbietet, das Wort Gottes auszulegen. Denn die Auslegung des Wortes und die Erklärung durch per-
sönliche Meinung sind der größte Anlaß zur Uneinigkeit in den früheren Religionen, die Ursache der Verdun-
kelung des Glaubenshorizontes, und die Veranlassung zur Verschleierung der wirklichen Bedeutung des
Buches Gottes gewesen.
Es ist eine bekannte Tatsache, daß gelehrte Männer in ihren Ansichten nicht übereinstimmen und daß die
natürlichen Gaben von Scharfsinn und Intelligenz oder der Mangel an Verstand und Fassungskraft in hohem
Grade bei ihnen verschieden sind. So werden, wenn das Tor der Erklärung und Verdrehung des Wortes für
ihre persönliche Meinung geöffnet ist, sonderbare Ansichten und seltsame, widersprechende Erklärungen
hervorgehen und verschiedene Sekten werden bei dem einen Volk und aus einer religiösen Gemeinschaft
entstehen.
Folgerichtig hat Bahá’u’lláh Seinen Nachfolgern ausdrücklich befohlen, das Tor der Erklärung gänzlich zu
verlassen und den in den Tableten geoffenbarten Worten, gemäß ihrer äußeren Bedeutung, zu folgen, so
daß die Begebenheiten, welch bei früheren Nationen sich ereigneten, beim Bahá’í-Volk nicht wiederkehren
möchten und daß die unwillkommenen Ereignisse, die bei den verschiedenen Sekten, - entstanden durch
den Unterschied in der Ausdrucksweise und in den Geischtspunkten, - erschienen sind, an diesen neuen
bedeutungsvollen Tage, dem Tag des glorreichen Herrn, nicht wieder zu Tage treten möchten.
Drittens: So ist eines der ausdrücklichsten Gebote dieser Größten Offenbarung die Vorschrift, Unterschiede,
welche die Menschen trennen, abzuschaffen. Dies deshalb, weil eine der Veranlassungen zur Uneinigkeit in
der verschiedenen Ansicht der Schüler bezüglich der Stufe des Offenbarers besteht. In früheren Religionen
ist es, wie dies sogar die Geschichte zeigt, Tatsache geworden, daß, wenn in einer Frage dieser Art sich ein
Unterschied zwischen zwei Doktoren der Religion ergab, beide Teile auf ihrem Standpunkte beharrten und
ihrerseits zäh festhielten, während die Laien, wie gewöhnlich teils dem einen und teils dem anderen anhingen
und so die Tore der Übereinstimmung und Einigkeit so fest schlossen, daß religiöse Brüderlichkeit sich in
tiefe und bittere Feindschaft verwandelte und wissenschaftliche Uneinigkeit in blutigen Streit und Krieg ausar-
tete. Dies erklärt sich durch die Streitigkeiten, welche sich im vierten Jahrhundert A.D. zwischen dem Priester
Arius und dem Bischof Alexander von Konstantinopel oder die Dreieinigkeit, erhoben; desgleichen durch
Nestorianischen Streitigkeiten, welche im fünften Jahrhundert zwischen dem Bischof Nestorian von Konstan-
tinopel und den anderen Bischöfen Platz griffen und schreckliche Kriege verursachten, bei denen kostbares
Blut vergossen wurde. Die Wirkung dieser traurigen Zwistigkeiten hat bis heute angehalten. Dies sind klare
Beweise und Zeugnisse für den in Frage stehenden Gegenstand.
Die Zeit erlaubt uns nicht, der zahlreichen Sekten und Trennungen der Gnostiker und anderer zu erwähnen,
von welchen die Kirchenhistoriker mehr als dreißig aufgezählt haben und sie unter dem Ausdruck, „Ausge-
burten der Philosophie“ der Kirchengeschichte einverleibt haben. All diejenigen, die genaue Berichte wün-
schen, werden auf glaubwürdige Bücher über diesen Gegenstand verwiesen, damit sie deutlich zu sehen
vermögen, daß alle diese Trennungen und Sekten herrührten von der Uneinigkeit der Gelehrten über den
Grad und die Stufe Seiner Heiligkeit Christi, und von ihrem starren Beharren auf ihren diesbezüglichen Mei-
nungen. Ein Gegenstand des Streites der Gelehrten war eine jener schwer zu begreifenden und schwierigen
Fragen bezüglich der Stufe der Offenbarung Gottes, die sich als über die Macht menschlichen Geistes hi-
nausgehend erwies und die einen mächtigen König, wie Konstantin den Großen, zu Grunde richtete. Denn
trotzt des Beistandes und der Mitwirkung der großen Bischöfe des Ostens und Westens konnte er die ver-
schiedenen Parteien in der aryanischen Streitfrage nicht vereinigen. Nein, während dieser langen Zeit miß-
lang es der Macht örtlicher Konzilien, dem Schwerte der europäischen Mächte und dem Urteil der Ketzerge-
richt, die durch übersinnliche Erörterungen verursachten Trennung und Spaltungen wegzuräumen. Aber die
Entwirrung dieses unauflöslichen Knotens und die Heilung dieser unheilbaren Krankheit, auf die leichteste
Art, ist in der Bahá’í-Literatur angegeben, den Bahá’u’lláh hat in einem Seiner heiligen Tablete deutlich fol-
gendes geoffenbart: „ Da die Menschen in bezug auf den Grad ihres Wissens verscheiden sind, so werden,
wenn zwei Personen gefunden werden, die bezüglich des Grades und der Stufe der Offenbarung Gottes
verschiedener Ansicht sind, beide vor Gott angenommen werden, gemäß der gesegneten Verse: „Wahrlich,
wir haben Seelen erschaffen auf verschiedener Stufe“, denn Gott hat Menschen mit verschiedenem Verstand
und von verschiedener Art erschaffen. Aber, wenn jene, die verschiedene Ansichten haben, beim Erklären
ihre Ansichten in Zank und Streit geraten, so werden sie beide verworfen. Denn die Erkenntnis von der
Offenbarung Gottes haben, heißt, die Herzen vereinigen, Seelen veredeln und die Wahrheit Gottes
lehren, während Zank und Streit zwischen zwei Personen von verschiedenen Ansichten der Sache Gottes
Schaden zufügen würde. Folgerichtig werden beide dem Feuer überantwortet.“ Dies war kurz der Inhalt des
gesegneten Tablets. Demgemäß hat in dieser heiligen Sache niemand das Recht, Zwietracht zu sägen, und
aus Furcht zu fallen, wagt niemand auf seiner eigenen Meinung auf Kosten der Eintracht zu beharren.
Viertens: Unter den besonderen Gesetzen, die in der Sache Bahá’u’lláhs klar niedergelegt sind, befindet sich
das Gesetz, das „die Sklaverei verbietet.“ Davon ist in anderen Religionen nichts erwähnt. Da keines der
früheren himmlischen Bücher diesen Handel verboten hat, so konnten all’ die menschenfreundlichen Bestre-
bungen, welche die Großmächte unterstützten, um die Sklaverei abzuschaffen und zu vernichten, das ge-
wöhnliche Vok nicht abhalten von dieser abscheulichen Handlung, welche den Regierungen und Nationen
große Unruhen und Kosten verursacht hat. So bildet zum Beispiel die Befreiung der Sklaven eine der wich-
tigsten und verantwortlichsten Handlungen der ägyptischen Regierung. Dies zwingt zu einem schweren Ader-
laß des Staatsschatzes. Ferner bringt das Verhör und die Anklage jener, die dieses schändlichen Handels
schuldig befunden werden, großen Kummer über viele angesehene Familien und oft deren Untergang.
Fünftens: Unter den besonderen Gesetzen dieser großen Sache befindet sich das Gesetz, das es jedem zur
Pflicht macht, sich in einem rechtmäßigen Beruf als Mittel zum Lebensunterhalt zu betätigen und der
Gehorsam gegen dieses Gesetz wird angenommen als eine Handlung des Gebets. Wenn ein einsichti-
ger Mann über dieses wichtige Gebot nachdenkt, so wird er die großen Wohltaten bezeugen, zu denen die-
ses Gebot beiträgt, indem es die Angelegenheiten der Zivilisation ordnet und unter der menschlichen Gesell-
schaft Hindernisse und Schwierigkeiten wegschafft. Denn man sieht, wie heutzutage zahlreiche Menschen,
bezeichnet als Mönche, Einsiedler, Eremiten, religiöse Frömmler und Würdenträger und andere, mit gesun-
dem Körper und gesunden Gliedern, sich jeder Beschäftigung und jeden Berufes enthalten und Zeit in Träg-
heit und Faulheit zubringen und vom Ertrag der Arbeit anderer Menschen leben. In Wirklichkeit gleichen sol-
che Menschen abgestorbenen Gliedern am Körper der Menschheit und sind für die Gewerbetreibenden und
die Landwirte eine schwere Last. Wenn diese zahlreichen Seelen durch ein Gebot der Religion von ihrer
Faulheit und Trägheit ablassen und sich mit nützlichen Dingen beschäftigen, so wird sich wohl verwirklichen
lassen, wie viel dies dann zum Gemeinwohl beitragen und Schwierigkeiten des Staates beseitigen wird.
Sechstens: Das Gesetz, das die Erziehung der Kinder beiderlei Geschlechts zur Pflicht macht. Dieses Ge-
setz ist auch eines der Gebote, das in dieser überaus großen Sache ausdrücklich geoffenbart worden ist und
bezüglich dessen sich in keiner der anderen Religionen eine Erwähnung findet. Denn in den anderen Religi-
onen ist die Erziehung der Massen von den Gesetzen der Regierung abhängig gemacht. Wenn in früheren
Zeiten eine Regierung es unterließ, ein Dekret ergehen zu lassen, das zwangsweise Erziehung vorsah, und
dieses Unterlassen einen Verfall der Gelehrsamkeit und der Wissenschaft bewirkte, so machte das Volk
weder sich selbst noch die Regierung dafür verantwortlich. Denn in den Himmlischen Büchern ist bezüglich
dieses Gegenstandes kein Gesetz geoffenbart worden. Aber wenn in den Himmlischen Büchern einer Nation
ein Gesetz niedergelegt ist, so wird jedes einzelne Mitglied sich verpflichtet fühlen, es auszuführen und nie-
mand wird es unterlassen, dieses Gesetz zu erfüllen, denn sie wollen nicht von der Regierung abhängig sein,
daß diese es ausführe.
Siebtens: Das Gebot, das Verwünschen und Fluchen verbietet und es jedermann zur Pflicht macht, sich je-
der beleidigenden Äußerung den Menschen gegenüber zu enthalten. Denn wie in der Sittenlehre gezeigt
wird, sind Fluchen, Schimpfen, harte und herausfordernde Worte an einer Entfremdung der Herzen am meis-
ten schuld und erfüllen die Gemüter mit Groll, erzeugen Haß und Abneigung zwischen den Menschen und
entzünden das Feuer verhängnisvoller Streitigkeiten untereinander. So sagt ein weiser Mann: „Wahrlich, der
Krieg beginnt mit Worten“ und der Dichter Firdousi hat gesagt: „Ein einziges Wort ist die Ursache des Krie-
ges“; ein anderer Vers, der den in Frage kommenden Punkt erhellt, heißt: „Die mit der Zunge beigefügte
Wunde ist tiefer, als die mit dem Schwert beigefügte.“ Würde jemand über die bereits besprochenen Streitig-
keiten und Spaltungen nachdenken, die unter den christlichen Völkern aufkamen und so verschiedene Sek-
ten und Richtungen erzeugten, wie die Aryaner, Nestorianer, Gnostiker und andere mehr, und das Feuer
schrecklicher Schlachten und gräßlichen Elends entzündeten, so würde er aus dem glaubhaften Zeugnis der
Geschichte ersehen, daß die wesentliche und anfängliche Ursache solcher Trennung und solchen Unglücks
in der Meinungsverschiedenheit, dem Ergebnis von Erörterungen und gelehrten Streitigkeiten zweier religiö-
ser Gelehrten bestand. Um seiner Gegner zu überwältigen und die Richtigkeit der eigenen Ansicht zu bewei-
sen, oder weil jeder seine Meinung für richtig hält, beharrt jeder auf seinem Standpunkt und so führt dies
endlich zur Barschheit gegen den anderen. Diese Strenge führt allmählich zu merkwürdigen Anspielungen
und widersinnigen Behauptungen, um dann in Schmähungen, Verwünschen, Kämpfen und sogar Blutvergie-
ßen zu gipfeln. Das nachteilige Entstehen dieser Religionsstreite und ihr übler Einfluß auf die menschliche
Gesellschaft bedarf hier keiner Erwähnung. Denn das Elend, das durch diese Streitigkeiten in vergangenen
Zeiten entstand, ist in den Geschichtsbüchern jeder Nation aufgeführt und die Ungerechtigkeiten, die sich als
die schmerzliche Wirkung jener Mißhelligkeiten, bis in unsere Zeit herein fortgesetzt haben, sind jedem den-
kenden Menschen bemerkbar.
Vielleicht mag jemand mit einem Einwand kommen und fragen, daß sich in den anderen Himmlischen Bü-
chern Verordnungen vorfinden, die Bannfluch und Verwünschung verbieten, so z.B. die Gebote Seiner Hei-
ligkeit Christi, bekannt als Bergpredigt, worin Er klar festsetzt: Wer zu einem anderen sagt: „Du Narr, der ist
des höllischen Feuers schuldig.“ Im Koran heißt es: „Verfluche diejenigen nicht, welche sich ohne die Erlaub-
nis Gottes, auf einen (geistigen) Auftrag stützen, denn damit verfluchst du ohne dein Wissen Gott als einen
Feind.“ Die Antwort auf obige Einwendung ist jedem einsichtigen klar, denn solche Gebote und Verbote wer-
den nach der Meinung der Gelehrten als Gebote der Erziehung angesehen und nicht als Gesetze und Ver-
ordnungen der Religion. Betrachte folgendes Gebot aus der Bergpredigt, worin Er sagt: „Jeder, der seinem
Bruder zürnt, soll dem Gericht verfallen sein.“ Wieder sagt Er: „Sammelt euch nicht Schätze auf Erden“ und
wieder: „Sorget nicht für den morgenden Tag.“ Auch: „Wer dich schlägt auf die rechte Wange, dem biete
auch die andere!“ und „Wer mit dir rechten und dir den Rock nehmen will, dem laß auch den Mantel.“ Dar-
nach sagt Er: „Gib dem, der dich bittet und von dem, der von dir borgen will, wende dich nicht ab.“
Es ist vollständig klar, daß die Gelehrten und Weisen der christlichen und mohammedanischen Religion die-
se Verordnungen nicht als Befehle angesehen haben. Verständige Menschen, die in den Gesetzen und den
Rechtswissenschaften bewandert sind, haben diejenigen, die diesen Gesetzen nicht gehorchen und dadurch
Bestrafung und Verhör verdienten, nicht verurteilt. Nein, wie schon erwähnt, haben sie diese Gebote ein-
trächtig zu den erzieherischen Gesetzen gezählt. Überdies sind einige dieser Gesetze derart, daß die Gelehr-
ten diejenigen, die dieselben geringschätzen, nicht als Übertreter oder Übeltäter vor Gott ansehen. Z.B.:
„Wer dich schlägt auf die rechte Wange, dem biete auch die andere!“ „Gib dem, der dich bittet.“ „Von dem,
der von dir borgen will, wende dich nicht ab.“ Die vorstehenden Angaben werden deutlich zeigen, warum
solche Gebote und Verordnungen von den Führern der christlichen Völker nicht als dringende Pflicht und als
bindend beachtet wurden und warum sie Fluchen Verwünschen nicht bei der Gemeinde beseitigen konnten.
Aber in der Bahá’í-Religion sind die Gebote, welche Fluchen, Schimpfen und Gotteslästern verbieten,
als Befehle und als bindende Gesetze offenbart. Die Verantwortlichkeit, die auf den Übertretern ruht, ist in
verschiedenen Tablets geoffenbart worden. Eindringliche Gebote sind bezüglich der Reinheit des geschrie-
benen und gesprochenen Wortes ausgegeben worden, die das Schreiben oder Sprechen all dessen, was die
Menschen beleidigt, verbieten. Z.B. obgleich in verschiedenen Sendschreiben, wie im „Ishrakat“ und ande-
ren, das Gesetz, welches das Fluchen und Verwünschen verbietet, ausdrücklich aufgestellt worden ist, so
hat Bahá’u’lláh, während Seiner letzten Tage, in dem gesegneten „Buch des Bundes“ das obige Gesetz bes-
tätigt und nachdrücklich betont, indem Er folgendes Gebot an die Bewohner der Welt richtet:
„Wir gemahnen euch, o Völker der Welt, alles zu befolgen, was eure Stufe erhöht. Klammert euch an
die Gottesfurcht und haltet euch fest an das Recht. Wahrlich, Ich sage: Die Zunge ist dazu da, vom
Guten zu sprechen; befleckt sie nicht mit übler Rede. Gott hat vergeben, was vergangen ist. Von nun
an äußere jeder, was sich schickt; jeder enthalte sich der üblen Nachrede, der Schmähung und all
dessen, was andere Menschen traurig macht. Erhaben ist die Stufe des Menschen!
Vor einiger Zeit wurde dieses erhabene Wort aus der Schatzkammer der Feder Abhas geoffenbart: „Heute
ist ein großer gesegneter Tag! Was im Menschen verborgen war, ist heute geoffenbart und verkündet
worden. Die Stufe des Menschen ist groß, wenn er der Wahrhaftigkeit und Wahrheit anhängt und fest
und standhaft in der Sache Gottes bleibt.“ Jede geistige Seele, die über folgende Äußerung nachdenkt:
„Gott hat vergeben, was vergangen ist. Von nun an äußere jeder, was sich schickt; jeder enthalte sich
der üblen Nachrede, der Schmähung und all dessen, was andere Menschen traurig macht,“ wird deut-
lich sehen, wie nachdrücklich eine Verordnung ausgegeben wurde, die das Verbot des Bannfluchs und der
Verwünschungen bestätigt. Unter den Menschen der Wissenschaft ist der Sinn dieser gesegneten Äußerung,
da im Einklang mit den bestehenden Gesetzen, ein deutliches Verbot von Bannfluch und Verwünschungen.
Damit wird das unverzeihliche Benehmen desjenigen gezeigt, der dieses mächtige Gebot und diese ent-
scheidende, gesegnete Verordnung übertritt.
In diesem Falle ist es dem Einsichtsvolle erkennbar, offenbar und sicher bestätigt, daß das Verbot, das von
Bannfluch und Verwünschung handelt, ein ganz besonderer Befehl und eines der besonderen Gebote dieser
Größten Offenbarung ist. So mag, durch die Gunst Gottes, des Höchsten, durch die Äußerungen der Erha-
benen Feder, solch unziemliche Handlung mit dem dadurch entstehenden Gottesurteil, bei den Menschen
auf Erden verschwinden und es mögen die Frohen Botschaften, die im 3. Vers des 22. Kapitels der Offenba-
rung Johannes, betreffend der Ereignisse am Tage der Offenbarung, gegeben sind, nämlich: „Und Gebann-
tes soll es nicht mehr geben“, verwirklicht werden.
Achtens: Bezieht sich auf das Tragen von Waffen, ausgenommen in Zeiten der Notwendigkeit. Diese Ver-
ordnung befindet sich in anderen Religionen nicht, wird aber in der Bahá’í-Religion als Befehl und ein wichti-
ges Gebot angesehen. Der große Nutzen dieses Gesetzes ist überaus klar und offenbar. Wie viele Seelen,
die nicht imstande sind, sich bei übermäßigem Zorn zu beherrschen, haben sich durch den Gebrauch von
Waffen, die gerade zur Hand waren, hinreißen lassen? Wenn der Mörder nicht bewaffnet gewesen wäre, so
wäre oft nach einer Stunde die Heftigkeit seines Zornes verflogen und ein Verbrechen wäre nicht geschehen.
Das sind die minder üblen Wirkungen des Waffentragens. Es gibt anderes großes Unglück, das durch die
Menschen, die Waffen tragen, fortwährend gezeitigt wird; dieselben erzeugen große Revolutionen und über-
mäßige Verluste für die Regierung und Nationen. Einzelheiten hierüber lassen sich nicht in Kürze wiederge-
ben und führen zu Weitschweifigkeit, dessen ungeachtet ist es aufmerksamen Menschen klar, was die Nati-
onen erdulden und wie das Volk darüber urteilt.
Neuntens: Die Frage, ob es notwendig ist, ein Haus der Gerechtigkeit zu gründen und Nationalversamm-
lungen und verfassungsmäßige Regierungen einzurichten. Dieses Gebot ist gleicherweise eine Besonderheit
dieser klaren Religion und ist in den früheren nicht erwähnt. Denn unter den anderen Religionen ist es für
eine willkürliche Regierung möglich, sich ein- und festzusetzen, weil die Beharrlichkeit auf religiösen Verord-
nungen, der Hang zur Einrichtung und zur Fortdauer religiöser Verordnungen und die Frucht, gegen diese
bestehenden Verordnungen zu verstoßen, in den Seelen der Menschen, durch die Furcht Gottes, so tief ein-
gewurzelt ist, daß diese Gepflogenheiten in 1000 Jahren nicht aufgehoben und nicht beiseite gesetzt würden,
außer durch Erneuerung der Religion und Verbesserung der Gesetze.
Diese sind in kurzem einige der besonderen Gebote Bahá’í-Religion, welcher Schreiber dieser Zeilen bei
dieser Gelegenheit Erwähnung getan hat. Die Rücksichtnahme auf die Kürze hat es notwendig gemacht, die
Erwähnung anderer, besonderer Gebote dieser Größten Offenbarung wegzulassen.
Unter diesen befinden sich Sittenlehren und Angaben bezüglich der Rückkehr eines auf Reisen oder sonst
abwesenden Mannes zu seiner Frau. Ein anderes betrifft das Verbot von Hochmut und Egoismus. Ein ande-
res besteht bezüglich der Reinheit aller Dinge, mit der Anempfehlung und Aufmunterung zu gesundheitlichen
Maßregeln, Reinlichkeit zu beobachten und unbedingt alles zu meiden, was zu Schmutz und Unreinlichkeit
fürht. Unter denselben befindet sich ein Gebot, welches das Einvernehmen der Nationen auf die Abschaffung
von Krieg und Streit lenkt und die Bedingungen für Sicherheit und Frieden enthält. Viele solche Gebote sind
vorhanden, deren weitere und eingehende Ausführungen außerhalb des Bereichs dieser Schrift liegen. Um
diesem überaus wichtigen Gegenstand Gerechtigkeit angedeihen zu lassen, wäre es notwendig, ein großes
Buch zu schreiben und nicht einen kurzen Artikel. Aber, obgleich der Artikel dadurch eine größere Länge
annehmen mag, so bin ich dennoch genötigt die unterrichteten Menschen an einen besonderen charakteris-
tischen Zug von den vielen in der Bahá’í-Religion zu ermahnen. Vielleicht vermag ein strahlendes Gesicht zu
der großen Gnadenerteilung dieser höchsten Sache zu gelangen und die reine Zunge mag Gott, dem Ge-
segneten, dem Erhabenen, Lob und Dank sagen.
Ferner: eines der schwierigen Probleme sozialer Philosophie befaßt sich mit der Einschränkung der Monopo-
le und der Beherrschung des Reichtums durch einige wenige Personen. Dieser Gegenstands it von den
Weltweisen vor vielen Jahren erörtert worden. Die Gelehrten Europas und Amerikas, besonders die Sozialis-
ten, haben sich, in der Bemühung, dieses schwierige Problem zu lösen, mit umständlichen Erörterungen und
endlosen Zergliederungen befaßt. Die Regierungen Europas und Amerikas haben diesem Gegenstand er-
schöpfende Aufmerksamkeit geschenkt, dennoch haben sie sich in ihren Meinungen noch nicht geeinigt und
sind noch zu keinem Endresultat bezüglich eines geeigneten Mittels zur Lösung dieser unlösbar scheinenden
Frage gelangt.
Aber, wenn jemand die göttliche Einrichtung, bezüglich der Frage des Erbens und die angegebene Art der
Verteilung von Vermächtnissen unter Erben, gemäß der Gesetze dieses Zeitalters in Erwägung zieht und
darüber nachdenkt, so wird er erkennen, daß dieses sehr wichtige Problem auf die einfachste Art gelöst wor-
den ist. Die Verteilung von Reichtum unter die Nationen wurde auf die beste Art gelöst.
Da der Tod für die Menschen ein unvermeidliches Ereignis ist, so wird es, wenn die Verteilung des Besitzes
derjenigen, die zu Gott eingegangen sind, entsprechend dieser göttlichen Anweisung vorgenommen wird,
unmöglich sein, daß Reichtum von einigen wenigen angehäuft wird oder daß irgend eine besondere Familie
ein Monopol ausübt, und daß andere des Reichtums beraubt sind und durch Armut und Dürftigkeit unglück-
lich sind. Denn der Mächtige Gesetzgeber hat sich mit dieser wichtigen Angelegenheit folgendermaßen be-
faßt: Er hat das Erbe der Abgeschiedenen in 7 Klassen aufgeteilt, die Lehrer eingeschlossen welche die geis-
tigen Väter der erleuchteten Menschen sind. Das Erbe wird geteilt entsprechend der Zahl 2520, welche die
niedrigste Zahl ist, in welcher sämtliche Zahlen von 1-9 enthalten sind. Nach dieser Teilung sind folgende die
sieben für Vermächtnissen geltenden Klassen:
Erstens: Nachkommen
Zweitens: Frauen
Drittens: Väter
Viertens: Mütter
Fünftens: Brüder
Sechstens: Schwestern
Siebtens: Lehrer
Die nächsten Verwandten sind am besten bedacht. Jede Klasse erhält ihren Anteil in Vielfachen von der Zahl
60, die in allen Anteilen enthalten ist. Er hat verordnet, daß diese 7 erwähnten Klassen unparteiisch in den
Besitz ihrer gesetzlichen Rechte kommen und ein jedes seinen Anteil aus dieser Teilung erhalte. Wenn ein-
sichtige Menschen über das nachdenken, was hierüber geoffenbart wurde, so werden sie sehen, das die
Wirkung dieses Befehls diese ist, daß Reichtum nicht ausschließlich auf einige wenige beschränkt sein wird
und daß niemand durch rein gewalttätige Geschicklichkeit in den Besitz von eines anderen Reichtum gelan-
gen wird. Reichtum wird immer unter allen im Umlauf sein. Alle Menschen werden von einander erben und
alle werden aus diesem Besitz Nutzen ziehen. Ja, wenn jemand über die durch den Báb im Buch „Bayán“
erwähnte Teilung nachdenkt, so wird er daraus folgern, daß solch eine Teilung, wie die erwähnte, den Vorteil
durch die „Erhabene Feder“ vollzogen ist und worin das Erbteil der Kinder vermehrt ist, vertreibt diese Be-
fürchtung. Für alle einsichtsvollen Menschen ist es klar, daß in dieser Nation vorgesehen sind und daß der
Plan für die Schlichtung von Angelegenheiten der Menschen aller Zonen aufgestellt worden ist. Was hier
niedergelegt worden ist, wird genügen, um kurz die Darlegungen von Herrn Easton und ähnlich Gesinnten zu
beantworten.
Nun einiges bezüglich der Frage nach besonderen Merkmalen, worin sich diese „Große Sache“ von anderen
Gesetzen und Religionen aller Völker, aller Zeiten unterscheidet. Wenn edeldenkende und verständige Men-
schen der Wissenschaft über die scharfsinnigen Gesetze des „Herrn der Menschheit“ nachdenken und sich
über dieselben besinnen, so werden sie zweifellos Zeugnis von der Vollkommenheit der „Göttlichen Vorse-
hung“, die in diesen verordneten Gesetzen sich zeigt, ablegen. Zum Beispiel über folgende drei bestimmte
und unwiderlegliche Befehle, nämlich, erstens: „die Erbschaftsfrage, wodurch der ausschließliche Reichtum
weniger Menschen vereitelt wird und die Frage des Sozialismus gelöst ist; zweitens: die Frage des Weltfrie-
dens und internationaler Vereinbarungen bezüglich der Entwaffnung und des zur Zeit bestehenden Aufwan-
des für Kriegsrüstungen; drittens: das Gebot wonach es allen Menschen geboten ist, einen Beruf zu erlernen,
den des Künstlers oder den des Kaufmanns, durch welchen sie ihren Lebensunterhalt bestreiten und noch
die Last derjenigen erleichtern, welche bedrückt sind, wie Landleute, die Arbeiter und andere mehr. Diese
Ausgaben rühren von den Faulenzern und unbeschäftigten Gliedern der menschlichen Gesellschaft her.
Diese edel denkenden und klugen Menschen werden somit bezeugen, daß die Wiederherstellung der Ord-
nung dieser Welt und die Rettung der Menschheit aus großen Gefahren bedingt ist durch die Befolgung der
Befehle dieser „Größten Offenbarung“. Dann werden sie die gesegneten Worte aussprechen: „Gesegnet ist
Gott, der Besitzer der Herrschaft und des Königreiches.“
Nun hier angelangt, bringen wir unsere Ausführungen zu ende und am Schlusse dieses Berichtes stehen wir
Gott, den Gesegneten, den Erhabenen, inständig an, Herrn Easton und anderen Verleugnungen, durch Sei-
ne unendliche Gnade, das Licht der Einsicht und Erkenntnis zu verleihen, daß sie anblicken mögen, was von
einem unparteiischen und uneigennützigen Gemüt vorgelegt wurde. Dann werden sie über die Wirklichkeit
der Göttlichen Sache unterrichtet werden und zur Quelle der Seligkeit, zum Leben, zur Herrlichkeit und zum
Glück geführt werden. Und dies ist durch Gottes Gunst nicht schwer.
Geschrieben am 28. Dezember 1911 in Syrien
Mirza Abul Fazl Gulpaygan
aus dem Englischen übersetzt von Friedrich Schweizer
Vertiefung: Glänzender Bweis von Mirza Abul Fazl Gulpaygan ( Roland Zimmel)
Hamburg, den 12.06.2003 Datei:D:\WINWORD2\BASTU\BEWEIS.DOC Seite: 1 von 9
Geschrieben am 28. Dezember 1911 in Syrien von
Mirza Abul Fazl Gulpaygan
Herausgegeben von der
Bahá’í Vereinigung Zuffenhausen
(Ab Seite 20)
...Als vierten und wichtigsten Punkt führt er (Peter Z. Easton) an: „Welch’ neues Gebot enthält die Bahá’í-
Religion, das im Christentum fehlt?“
Obgleich diese Frage etwas unbegreifliches ist und von einer Person nicht vollständig verstanden werden
kann, sofern sie in den Büchern dieser zwei Religionen nicht gut bewandert ist, so wollen wir diese Frage
doch derart deutlich auslegen, daß sie von jedermann leicht verstanden werden kann, und wir wollen die
hauptsächlichsten, charakteristischen Züge dieser großen Bewegung erläutern und die Notwendigkeit dieser
Höchstheiligen Offenbarung für die Stärkung und den Aufbau der Welt beweisen. So mögen unparteiische
Menschen Einsicht bekommen und jeder rechtlich Denkende möge seine Dankesbezeigungen für diese gro-
ße Gnadenerteilung Gottes, des Glorreichen, darbringen.
Es ist für jeden denkenden Menschen klar, daß die Menschheit Vollkommenheit erreichen wird und daß
Glück und Wohlergehen, welche der Wunsch der Nationen und das Ziel aller Herzen sind, sicher kommen
werden, sobald die religiösen Unterschiede und Einteilungen, die die Ursache der Abneigung und Entfrem-
dung der Menschen sind und alle Trennungen und Spaltungen, die mit der Verschiedenheit der Rasse, des
Vaterlandes, der Politik usw. zusammenhängen, bei den Menschen aufgehoben sind. So mögen die Men-
schen wie Brüder werden, die sich gegenseitig lieben und gütig zueinander sind. Diese schrecklichen Kriege,
welche die größten Katastrophen der Menschheit und Zivilisation sind, werden verschwinden. Die ungeheu-
ren Summen, deren Ausgabe unzweifelhaft die Verarmung der Menschen und die Zerstörung der Welt ver-
ursacht, werden nicht länger mehr zum Zwecke der Zerstörung und für höllische Maschinen aufgeopfert wer-
den. Diese Frage ist so klar und einleuchtend, daß auch der beschränkteste Mensch sich darüber ein Urteil
bilden kann. Überdies ist dieses Zustandekommen durch die göttlichen Frohen Botschaften bestätigt und
durch himmlische Prophezeiungen erhärtet worden. Denn die himmlischen Bücher enthalten deutliche Anga-
ben, daß an dem „großen Tage“, der verschiedentlich benannt ist, wie der „der letzte Tag“, „die Zeit des En-
des“, „der jüngste Tag“, „der Tag Gottes“ usw., der glorreiche Herr herabsteigen wird und alle Nationen ver-
einigen wird in der Verehrung des einen Gottes. Er wird allen Menschen derart hohe und geistige Eigen-
schaften anerziehen, daß Krieg und Streit ausgerottet sein werden, daß Groll und Haß durch Eintracht und
Frieden ersetzt sein werden und daß alle Werkzeuge des Krieges in Geräte für die Landwirtschaft und den
Handel umgewandelt werden. Dies ist eine kurze Angabe der Verheißungen der Propheten, bezüglich des
„letzten Tages“.
Es ist selbstverständlich, daß alle Nationen das anbrechen eines solchen Tages und das Kommen einer
solch großen Bewegung erwarten und ersehnen; noch mehr, sie beten und flehen zu Gott um dessen baldige
Ankunft.
Aber die größten Hindernisse bei den Völkern sind die Zeichen der Bedingungen, welche mit dieser hehren
Offenbarung und diesem versprochenen Tag erscheinen sollen; denn alle Offenbarer Gottes und alle Religi-
onsgründer vergangener Zeiten haben die Zeichen dieses großen Ereignisses in ihren bemerkenswerten
Büchern erwähnt und in ihren Äußerungen nachdrücklich und deutlich klargelegt. Aber jeder Prophet, wel-
cher erschien, beurkundete eben die gleichen Zeichen, welche von seinem Vorgänger erwähnt wurden und
wiederholte dieselben Worte, jedoch ohne die Bedeutung jener Zeichen und Zustände zu erklären oder seine
Zuhörer mit diesen bekannt zu machen. Betrachtet z.B. wie vor Tausenden von Jahren Seine Heiligkeit Mose
und die israelitischen Propheten dem Volk frohe Botschaften verkündeten vom Kommen des Herrn der
Heerscharen, der alle in der Verehrung des Einen Gottes einigen und vereinigen werde. Unter den von ihnen
angekündigten Zeichen bezüglich des Tages Seines Kommens befinden sich folgende:
1. Das Aufrollen der Himmel
2. wird verfinstert werden.
3. Der Mond wird sein Licht nicht Die Sonne spenden
4. Die Sterne werden vom Himmel fallen.
5. Die Toten werden von ihren Gräbern auferstehen
6. Die wilden Tiere werden im Frieden leben mit den Tieren auf der Weide
7. Sie werden dieselbe Weide und Nahrung benützen.
8. Die Kinder werden mit giftigen Schlangen spielen
9. Das Volk Israel, das in jenen Tagen in allen Nationen des Ostens und Westens zerstreut sein wird und
gedemütigt worden ist, wird wieder gesammelt sein durch den Herrn der Heerscharen, der sie in ihr ver-
heißenes Land einsetzen und ihnen ewigen Ruhm und immerwährende Herrschaft verleihen wird.
Dies sind in gedrängter Kürze einige der Prophezeiungen, die alle israelitischen Propheten ihrem Volk ver-
kündigten und in ihren Büchern weissagten. Sie sprachen sich jedoch nicht darüber aus, ob diese Verspre-
chungen buchstäblich, nicht sinnbildlich und ohne Auslegung zu nehmen sind oder ob der Text sinnbildlich
ausgelegt werden soll.
Fünfzehnhundert Jahre nach der Zeit Seiner Heiligkeit Mose wurden ganz dieselben Verheißungen und Zei-
chen durch Seine Heiligkeit Christus - auf Ihm sei die Herrlichkeit - geoffenbart! Betrachtet den 29. - 31. Vers
des 24. Kapitels Matthäus und den 10. Und 11. Vers im 3. Kapitel der 2. Epistel des Apostels Petrus, damit
ihr die Erwähnung dieser Verheißungen und Zeichen mit absoluter Klarheit bezeugen könnt. Gleicherweise
beschränkten sich Seine Heiligkeit Christus und Seine Jünger auf die bloße Erwähnung dieser Zeichen, wie
dies durch die israelitischen Propheten geschehen war, und unternahmen es nicht, ihre Bedeutung zu erklä-
ren. Späterhin stimmten die christlichen Gelehrten in der Auslegung dieser heiligen Bücher nicht überein.
Einige sagten, daß diese Versprechungen buchstäblich gemeint und deshalb äußerlich in Erfüllung gehen
müssen und nicht Gegenstand der Auslegung seien. Wieder andere stellten fest, daß diese Versprechungen
bildlich gemeint und deshalb äußerlich in Erfüllung gehen müssen und nicht Gegenstand der Auslegung sei-
en. Wieder andere stellten fest, daß diese Versprechungen bildlich seien und daß ihr Wortlaut der Auslegung
bedürfe, damit ihre wirkliche Bedeutung dadurch klar werden möge; d.h. daß das Siegel des Buches in den
„letzten Tagen“ entfernt werden wird. Sechshundert Jahre nach Seiner Heiligkeit Christus verkündete das
„Siegel der Propheten“ Mohammed, Seine Mission und ganz dieselben Verheißungen wurden wieder im Ko-
ran geoffenbart. Dieselben Bedingungen und Zeichen wurden abermals wiederholt. Aber auch der Koran gab
keine Erläuterungen über die Bedeutung und Absicht dieser Prophezeiungen, auch ist in ihm nicht festge-
setzt ob sie sinnbildlich zu nehmen oder Gegenstand der Auslegung sein sollten. Wenn wir in Betracht zie-
hen wollten, was festgesetzt worden ist, so werden wir überaus deutlich finden, daß die größten Hindernisse
gegen die Vereinigung der Nationen gerade diese Prophezeiungen, frohen Botschaften, Bedingungen und
Zeichen gewesen sind. Denn die verschiedenen Völker sind an einer Vereinigung verhindert worden, weil
das, was durch jene Prophezeiungen beabsichtigt war, nicht klar gelegt worden war.
Obgleich Erläuterungen zu Weitläufigkeit führen möchten, so können wir diese dennoch nicht umgehen zum
Zwecke der Belehrung und Weitererläuterung des Gegenstandes für den Leser. Nehmen wir z.B. an, ein
christlicher Missionar würde zu einem Juden sagen: „Lieber Freund, weshalb schläfst du und bist unacht-
sam? Der verheißene Messias, dessen Kommen von allen Propheten vorausgesagt wurde, ist erschienen.“
Der Jude, denke ich wird antworten: Wie herrlich, wie prächtig! Welch schöne frohe Botschaften und erfreuli-
che Neuigkeiten! Wir Juden haben all unsere Wünsche von dem Kommen des Messias abhängig gemacht
und bitten täglich im Gebet um Sein Kommen! Nun, wir wollen diesen verheißenen Messias sehen, von dem
du berichtest, Er sei erschienen!“
Der christliche Missionar antwortet: „Der verheißene Messias war jener gekränkte Jüngling, Jesum von Na-
zareth, der Sein Leben für die Befreiung und Erlösung der Welt gab. Der Jude würde antworten: „O verehrter
Lehrer, bezüglich des Kommens des Messias sind in den heiligen Büchern klare Zeichen angegeben, von
denen keines zutraf. Wir Juden haben unsere Religion nicht so leicht gefunden, daß wir sie sorglos aufgeben
könnten. Sie halten sich selbst für einen Lehrer der heiligen Bücher. Betrachten Sie in den himmlischen Bü-
chern die Worte, daß zur Zeit des Kommens des verheißenen Messias die Sonne verdunkelt sein werde, der
Mond sich in Blut verwandeln, die Sterne vom Himmel fallen und die Toten auferstehen werden. Wo und
wann erfüllten sich diese Prophezeiungen während der Tage des Nazareners und wer sah sie? Lassen Sie
mich Ihnen weiter zahlreiche Stellen zeigen, in denen deutlich geoffenbart worden ist, daß, wenn der verhei-
ßene Messias erscheint, Er alle Juden die über die ganze Welt zerstreut sind, zusammenbringen wird und
sie von den großen Demütigungen, Flüchen und Unterdrückungen, welche sie erdulden, erlösen wird. Dann
wid Er sie in das heilige Land einsetzen und ihnen Herrschaft und ewigen Ruhm verleihen. Nun erzählen Sie
mir, wann erfüllte Jesus von Nazareth solche Dinge? Nein, durch Seine Offenbarung trat das Gegenteil in
Erscheinung, denn wir hatten uns im heiligen Lande niedergelassen, wurden aber durch Sein kommen zer-
streut. Wir waren geachtet, wir sind gedemütigt worden; wir waren vereinigt, wir sind zerstreut worden; wir
waren gesegnet, wir wurden mit Verwünschungen gekränkt. All dies stand im Widerspruch zu den Verhei-
ßungen, die dem israelitischen Volke gegeben sind. So würde „Jesum annehmen“ gleichbedeutend sein, mit
Verleugnung jener herrlichen Propheten.
Kurz, über diesen Punkt der Unterredung würde es dem christlichen Missionar mißlingen, dem Juden eine
Antwort zu geben. Denn er versteht die wirkliche Bedeutung dieser frohen Botschaft nicht. Wie könnte er sie
denn den Juden erklären und sie überzeugen und vergewissern? Also haben während dieser langen zeit die
Missionare der christlichen Religion versucht, den Juden eine Niederlage beizubringen und sie zu verwirren,
jedoch ohne den Weg wahren Wissens und wirklichen Beweises zu beschreiten. Anstatt sie näher zum E-
vangelium zu bringen, belästigten sie dieselben und führten sie davon weg.
Es ist auch in der Kirchengeschichte bestätigt, daß in dieser langen Zeit, d.h. seit der Bekehrung Konstantins
des Großen bis in die heutige Zeit, ebenso wie in den Tagen Karls des Großen und während der Kreuzzüge
wiederholt versucht wurde, die Juden zu zwingen, das Christentum anzunehmen, aber schließlich wurde dies
unterlassen. Hätten sie die Bedeutung dieser frohen Botschaft erkannt, so wäre es nicht nötig gewesen,
Gewalt und Zwang anzuwenden.
Ähnlich ist die Stellung der Moslimen zu den Christen. Wenn der Moslem einem Christen die Wahrheit der
Mission des „Siegels der Propheten“ zu beweisen wünscht, so verweist er den Christen auf die Zeichen, die
im 24. Kapitel Matthäus angegeben sind. Dann wird jener Mohammedaner, der deren Bedeutung nicht ver-
steht, genötigt sein, zu sagen, daß dies in den Händen der Christen befindliche Evangelium nicht das ur-
sprüngliche Evangelium ist, das durch Jesus kam - auf Ihm sei Friede! Wie sie sehen, werden die Moham-
medaner in Wort und klar beweisen, daß dieses Evangelium von den christlichen Gelehrten eingeschaltet
und daß es Seiner Heiligkeit Christus zugeschrieben worden ist. In diesem Falle wird der Christ, dem die
Wirklichkeit das Evangeliums klar und offen ist und bei dem die Liebe zu seinem Heiligen Buch fest in sei-
nem Herzen gegründet ist, bestürzt sein über die unrichtige Antwort des Muselmanns. Anstatt ein Kamerad
und Freund des Muselmanns zu werden, wird der Christ ein Feind der islamischen Religion und ein Gegner
des mohammedanischen Volkes.
Kurz, eines der größten Hindernisse für die Vereinigung der Nationen ist diese Schwierigkeit, welche in der
vorhergehenden Erläuterung angegeben worden ist. All diese verborgenen Fragen sind verwickelt und durch
die Tatsache erklärlich, daß die christlichen Missionare, weil sie die wirkliche Bedeutung der Religionsbücher,
welche vor der Offenbarung Seiner Heiligkeit Christi - auf Ihm sei der Friede - erschienen sind, nicht verstan-
den haben! Und deshalb können sie andere nicht zu ihrer eigenen Religion führen. Dies ist sonnenklar und
offenbar bewiesen.
Was die Religionen betrifft, die nach Seiner Heiligkeit Christus aufkamen, so können die Christen, da Rück-
gang und Rückschritt in Widerspruch zu natürlicher Bewegung stehen und das Gegenteil von Fortschritt und
Entwicklung bedeuten, was in irdischen Dingen sichtbar und offenbar ist, die Entwicklung nicht hemmen und
andere Menschen nicht veranlassen, von der Leiter des Fortschritts herabzusteigen, um sich mit ihnen zu
vereinigen. Der große Lord Curzon hat dies teilweise verstanden, wenn er schreibt: „Die Bekehrung der Asia-
ten zum Christentum ist erfolglos und wirkungslos.“
Nun, da dieser Gegenstand deutlich erklärt worden ist, fügen wir uns in die Tatsache, daß die gegenwärtige
Stufe des Fortschritts in der Welt abhängig ist von der Größten Offenbarung. Das erste Buch, das Bahá’u’lláh
während Seines Verweilens in Bagdad offenbarte, ist das „Kitáb-Iqán“ (Buch der Gewißheit); dieses ist der
Schlüssel zum Lösen der Siegel von den himmlischen Büchern. Es umfaßt die Wirklichkeiten (Wahrheiten),
die in der Heiligen Schrift geoffenbart sind. Durch dieses Buch wurden die Tore zum Verständnis der Worte
der Propheten für die Augen der Diener Bahás geöffnet, die wirkliche Bedeutung der „Göttlichen Frohen Bot-
schaften“ wurde geoffenbart und die Urabsichten solcher Ausdrücke, die verborgen und unbekannt waren,
wurden erklärt. Solche Ausdrücke sind: „Tod, Leben, Himmel, Erde, Sonne, Mond, Sterne, Auferstehung
usw. Auf diese Weise wurde es leichter möglich, Einigkeit zu erzielen und es wurden die Hindernisse für eine
internationale Verständigung weggeschafft. Die Anzeichen und Eigenschaften der Eintracht und Überein-
stimmung zwischen Feinden und Gegnern wurden offenbar und erkannt. Denn Sie sehen, daß, obgleich die
Bahá’í Religion erst in ihren Anfängen ist, durch sie doch schwierige Fragen und Lehrsätze (Meinungen) so
klar erklärt wurden und von verschiedenen Menschen so leicht angenommen worden sind, daß zahlreiche
Seelen unter den Zoroastern, Juden und anderen, welche weder an Seine Heiligkeit Christus als den verhei-
ßenen Herrn und sein himmlisches Buch als Göttliches Heiliges Wort. Sie verbinden und vereinigen sich mit
den Christen bei ihren Festen und Versammlungen in äußerster Liebe und Gemeinschaft.
Im Geiste äußerster Liebe und Freundschaft sei eine Frage gestellt an diesen verehrten Missionar Herrn
Peter Z. Easton, der ohne das geringste Verständnis von der Bedeutung des Königreiches Christi zu haben,
dasselbe preist: Sind diese sichtbaren Zeichen die Ursache der Gegenwart des Königreiches Christi, oder
sind es Kirchenbann, Verwünschungen, unanständige Worte, das Schreiben von erniedrigenden Artikeln in
Zeitschriften, wobei reinen und heiligen Seelen Schmähungen und Verleumdungen zugefügt werden?
Dies ist höchst verwunderlich! Wir wissen nicht, was für Herrn Easton und seine Bundesgenossen das Kö-
nigreich Christi ist und bedeutet. Hat das Königreich Christi dessen Worte zu bestätigen und auszuführen,
oder hat es das Gegenteil der Worte Christi zu beweisen und die Eigenschaften Seiner Feinde zu verkün-
den?
Seine Heiligkeit Christus sagt deutlich: „Segnet, die Euch fluchen,“ während Herr Easton und seine Gefähr-
ten die Bedeutung von „Fluchet, die Euch segnen“ ausführen.
Die Seele, welche Segen und Gnade sucht, wird von ihnen mit überaus unanständigen Worten bedacht und
sie wünschen solcher Seele Übel und Verderben. Bahá’u’lláh beweist den ungläubigen Nationen, daß Seine
Heiligkeit Christus der Sohn Gottes und das Wort Gottes war, während Herr Easton und seine Gefährten Ihn
für den Antichrist halten.
Sonderbar! Johannes, der Evangelist, der von Christus geliebte, sagt in seinem 1. Brief Kap. 2 V. 29: „wer
recht tut, der ist von ihm geboren,“ aber diese Gegner sagen: „Wer eine gerechte Tat vollbringt, ist wahrlich
ein Mörder und ein Betrüger.“ Gleicherweise sagt er in seinem 1. Brief Kap. 1, V. 23: „wer den Shn bekennet,
der hat auch den Vater“, aber sie sagen, daß einer, der nach seiner eigenen Schätzung, drei Millionen See-
len überzeugt hat und sie zum Glauben an Jesum den Sohn Gottes und daß Er das Wort Gottes ist, brachte,
der Erkenntnis des Herrn beraubt sei und keinen Teil am Wohlgeruch Gottes habe. Ist es nicht immer klar
gezeigt und vollauf bewiesen, daß wir heute, gemäß der Worte aus der Bergpredigt: „An ihren Früchten sollt
ihr sie erkennen“, die Absicht Seiner Heiligkeit Christi verstehen sollen, daß wir falschen Beschuldigungen
keine Aufmerksamkeit schenken und die Aussagen vorurteilsvoller Menschen über ihre Mitmenschen nicht
mit anhören sollen? Wir sollten hingegen die Taten jedes einzelnen als dessen richtiges Kennzeichen anse-
hen und durch diese Unparteilichkeit zwischen Wahrheit und Falschheit unterscheiden.
Kurz, wir wollen zurückkehren zu dem ursprünglichen Gegenstand, der sich auf Herrn Peter Z. Eastons Fra-
ge bezieht: „Was hat Bahá’u’lláh gebracht, das sich in der christlichen Religion nicht befände?“ Obgleich der
große Zweck der Offenbarung Bahá’u’lláhs, der darin besteht, die Geheimnisse der himmlischen Bü-
cher zu erklären, die Beseitigung der Entfremdung zwischen den Nationen zu erleichtern, Einigkeit
und Harmonie zwischen allen Teilen der Welt zu errichten, genügend Beweis für die Größe und Voll-
kommenheit der Bahá’í-Religion ist, so wollen wir, dessen ungeachtet, dennoch die Gesetze und Verordnun-
gen dieser Religion betrachten, ihre besonderen Vorzüge, und ihre Vorteile und guten Erfolge erläutern.
Erstens, ein Gebot, welches besonders ein charakteristisches Merkmal der Bahá’í-Religion ist und sich in
keiner anderen Religion befindet, ist folgendes: „Enthaltet euch des Glaubens an mündliche Überliefe-
rungen.“ Es ist den Gelehrten wohl bekannt, es daß mündliche Überlieferung war, was die Juden in zwei
große Sekten teilte. Solche Überlieferungen sind die Grundlage des Buches Talmud und waren die Ursache
der Teilung dieser einen Nation. Eine der zwei Religionsspaltungen, Rabbinim genannt, betrachtet die Lehren
des Talmud als das Gesetz, das befolgt werden muß, und legt ihm (dem Talmud) die größte Bedeutung bei
für die Erhaltung und Fortdauer des Volkes Israel. Aber die andere Sekte, Eharraim, betrachtet den Talmud
als reine Ketzerei und als Veranlassung zur Verderbnis. So können diese zwei Sekten unmöglich zur Über-
einstimmung gebracht werden oder dazu, ihre gegenseitig feindliche Gesinnung abzulegen.
In ähnlicher weise und aus demselben Anlaß entstand in der christlichen Religion, durch die mündlichen
Überlieferungen, welche als „glaubwürdig“ bezeichnet wurden, Spaltung und Trennung. Eine jede der christli-
chen Kirchen, sowohl die Katholische, als auch die Orthodoxe, die Jakobitische, die Nestorianische und an-
dere, sieht es als Pflicht an, diesen Überlieferungen, die sie von den Kirchenvätern ererbt und dokumentiert
bekommen haben, als dem wahren Text des Heiligen Buches, zu folgen.
Wenn auf irgend einem der großen Konzilien von der Vereinigung der Christen die Rede gewesen wäre, so
hätten sie sich von diesen ererbten Überlieferungen befreit, die einer Vereinigung und Einigkeit sich entge-
genstellten. Gleicherweise bestand in der Religion des Islams das Sichstützen auf diese mündlichen Überlie-
ferungen, welche auf den Gründer dieser Religion, nach dessen Tod bezug nahmen, die Ursache der Tren-
nung und Absonderung in verschiedene Hauptsekten, wie Sunniten, Schiiten und Kharajiten oder in den un-
tergeordneten Schulen der Hanositen, Malakiten, Schasiiten, Haubiliiten usw.
Eine jede dieser Sekten hält an einer Reihe von Überlieferungen fest, die ihre eigene Sekte für echt hält.
Aber Bahá’u’lláh schloß für die Menschheit dieses Tor, welches die größte Ursache der Empörung ist, denn
Er hat deutlich verkündet, „daß in der Religion Gottes alle beurkundeten Dinge sich auf das Buch be-
ziehen und alle nicht beurkundeten Dinge von der Entscheidung des Hauses der Gerechtigkeit ab-
hängen.“ So wird beim Bahá’í-Volke allen Erzählungen, Berichten und mündlichen Überlieferungen nicht
getraut und das Tor der Uneinigkeit, welches das größte Tor der Hölle ist, ist nun verschlossen und verriegelt
worden.
Zweitens: Eines der Gesetze und eine der Verordnungen, die der Bahá’í-Religion eigen sind, ist das Gesetz,
das verbietet, das Wort Gottes auszulegen. Denn die Auslegung des Wortes und die Erklärung durch per-
sönliche Meinung sind der größte Anlaß zur Uneinigkeit in den früheren Religionen, die Ursache der Verdun-
kelung des Glaubenshorizontes, und die Veranlassung zur Verschleierung der wirklichen Bedeutung des
Buches Gottes gewesen.
Es ist eine bekannte Tatsache, daß gelehrte Männer in ihren Ansichten nicht übereinstimmen und daß die
natürlichen Gaben von Scharfsinn und Intelligenz oder der Mangel an Verstand und Fassungskraft in hohem
Grade bei ihnen verschieden sind. So werden, wenn das Tor der Erklärung und Verdrehung des Wortes für
ihre persönliche Meinung geöffnet ist, sonderbare Ansichten und seltsame, widersprechende Erklärungen
hervorgehen und verschiedene Sekten werden bei dem einen Volk und aus einer religiösen Gemeinschaft
entstehen.
Folgerichtig hat Bahá’u’lláh Seinen Nachfolgern ausdrücklich befohlen, das Tor der Erklärung gänzlich zu
verlassen und den in den Tableten geoffenbarten Worten, gemäß ihrer äußeren Bedeutung, zu folgen, so
daß die Begebenheiten, welch bei früheren Nationen sich ereigneten, beim Bahá’í-Volk nicht wiederkehren
möchten und daß die unwillkommenen Ereignisse, die bei den verschiedenen Sekten, - entstanden durch
den Unterschied in der Ausdrucksweise und in den Geischtspunkten, - erschienen sind, an diesen neuen
bedeutungsvollen Tage, dem Tag des glorreichen Herrn, nicht wieder zu Tage treten möchten.
Drittens: So ist eines der ausdrücklichsten Gebote dieser Größten Offenbarung die Vorschrift, Unterschiede,
welche die Menschen trennen, abzuschaffen. Dies deshalb, weil eine der Veranlassungen zur Uneinigkeit in
der verschiedenen Ansicht der Schüler bezüglich der Stufe des Offenbarers besteht. In früheren Religionen
ist es, wie dies sogar die Geschichte zeigt, Tatsache geworden, daß, wenn in einer Frage dieser Art sich ein
Unterschied zwischen zwei Doktoren der Religion ergab, beide Teile auf ihrem Standpunkte beharrten und
ihrerseits zäh festhielten, während die Laien, wie gewöhnlich teils dem einen und teils dem anderen anhingen
und so die Tore der Übereinstimmung und Einigkeit so fest schlossen, daß religiöse Brüderlichkeit sich in
tiefe und bittere Feindschaft verwandelte und wissenschaftliche Uneinigkeit in blutigen Streit und Krieg ausar-
tete. Dies erklärt sich durch die Streitigkeiten, welche sich im vierten Jahrhundert A.D. zwischen dem Priester
Arius und dem Bischof Alexander von Konstantinopel oder die Dreieinigkeit, erhoben; desgleichen durch
Nestorianischen Streitigkeiten, welche im fünften Jahrhundert zwischen dem Bischof Nestorian von Konstan-
tinopel und den anderen Bischöfen Platz griffen und schreckliche Kriege verursachten, bei denen kostbares
Blut vergossen wurde. Die Wirkung dieser traurigen Zwistigkeiten hat bis heute angehalten. Dies sind klare
Beweise und Zeugnisse für den in Frage stehenden Gegenstand.
Die Zeit erlaubt uns nicht, der zahlreichen Sekten und Trennungen der Gnostiker und anderer zu erwähnen,
von welchen die Kirchenhistoriker mehr als dreißig aufgezählt haben und sie unter dem Ausdruck, „Ausge-
burten der Philosophie“ der Kirchengeschichte einverleibt haben. All diejenigen, die genaue Berichte wün-
schen, werden auf glaubwürdige Bücher über diesen Gegenstand verwiesen, damit sie deutlich zu sehen
vermögen, daß alle diese Trennungen und Sekten herrührten von der Uneinigkeit der Gelehrten über den
Grad und die Stufe Seiner Heiligkeit Christi, und von ihrem starren Beharren auf ihren diesbezüglichen Mei-
nungen. Ein Gegenstand des Streites der Gelehrten war eine jener schwer zu begreifenden und schwierigen
Fragen bezüglich der Stufe der Offenbarung Gottes, die sich als über die Macht menschlichen Geistes hi-
nausgehend erwies und die einen mächtigen König, wie Konstantin den Großen, zu Grunde richtete. Denn
trotzt des Beistandes und der Mitwirkung der großen Bischöfe des Ostens und Westens konnte er die ver-
schiedenen Parteien in der aryanischen Streitfrage nicht vereinigen. Nein, während dieser langen Zeit miß-
lang es der Macht örtlicher Konzilien, dem Schwerte der europäischen Mächte und dem Urteil der Ketzerge-
richt, die durch übersinnliche Erörterungen verursachten Trennung und Spaltungen wegzuräumen. Aber die
Entwirrung dieses unauflöslichen Knotens und die Heilung dieser unheilbaren Krankheit, auf die leichteste
Art, ist in der Bahá’í-Literatur angegeben, den Bahá’u’lláh hat in einem Seiner heiligen Tablete deutlich fol-
gendes geoffenbart: „ Da die Menschen in bezug auf den Grad ihres Wissens verscheiden sind, so werden,
wenn zwei Personen gefunden werden, die bezüglich des Grades und der Stufe der Offenbarung Gottes
verschiedener Ansicht sind, beide vor Gott angenommen werden, gemäß der gesegneten Verse: „Wahrlich,
wir haben Seelen erschaffen auf verschiedener Stufe“, denn Gott hat Menschen mit verschiedenem Verstand
und von verschiedener Art erschaffen. Aber, wenn jene, die verschiedene Ansichten haben, beim Erklären
ihre Ansichten in Zank und Streit geraten, so werden sie beide verworfen. Denn die Erkenntnis von der
Offenbarung Gottes haben, heißt, die Herzen vereinigen, Seelen veredeln und die Wahrheit Gottes
lehren, während Zank und Streit zwischen zwei Personen von verschiedenen Ansichten der Sache Gottes
Schaden zufügen würde. Folgerichtig werden beide dem Feuer überantwortet.“ Dies war kurz der Inhalt des
gesegneten Tablets. Demgemäß hat in dieser heiligen Sache niemand das Recht, Zwietracht zu sägen, und
aus Furcht zu fallen, wagt niemand auf seiner eigenen Meinung auf Kosten der Eintracht zu beharren.
Viertens: Unter den besonderen Gesetzen, die in der Sache Bahá’u’lláhs klar niedergelegt sind, befindet sich
das Gesetz, das „die Sklaverei verbietet.“ Davon ist in anderen Religionen nichts erwähnt. Da keines der
früheren himmlischen Bücher diesen Handel verboten hat, so konnten all’ die menschenfreundlichen Bestre-
bungen, welche die Großmächte unterstützten, um die Sklaverei abzuschaffen und zu vernichten, das ge-
wöhnliche Vok nicht abhalten von dieser abscheulichen Handlung, welche den Regierungen und Nationen
große Unruhen und Kosten verursacht hat. So bildet zum Beispiel die Befreiung der Sklaven eine der wich-
tigsten und verantwortlichsten Handlungen der ägyptischen Regierung. Dies zwingt zu einem schweren Ader-
laß des Staatsschatzes. Ferner bringt das Verhör und die Anklage jener, die dieses schändlichen Handels
schuldig befunden werden, großen Kummer über viele angesehene Familien und oft deren Untergang.
Fünftens: Unter den besonderen Gesetzen dieser großen Sache befindet sich das Gesetz, das es jedem zur
Pflicht macht, sich in einem rechtmäßigen Beruf als Mittel zum Lebensunterhalt zu betätigen und der
Gehorsam gegen dieses Gesetz wird angenommen als eine Handlung des Gebets. Wenn ein einsichti-
ger Mann über dieses wichtige Gebot nachdenkt, so wird er die großen Wohltaten bezeugen, zu denen die-
ses Gebot beiträgt, indem es die Angelegenheiten der Zivilisation ordnet und unter der menschlichen Gesell-
schaft Hindernisse und Schwierigkeiten wegschafft. Denn man sieht, wie heutzutage zahlreiche Menschen,
bezeichnet als Mönche, Einsiedler, Eremiten, religiöse Frömmler und Würdenträger und andere, mit gesun-
dem Körper und gesunden Gliedern, sich jeder Beschäftigung und jeden Berufes enthalten und Zeit in Träg-
heit und Faulheit zubringen und vom Ertrag der Arbeit anderer Menschen leben. In Wirklichkeit gleichen sol-
che Menschen abgestorbenen Gliedern am Körper der Menschheit und sind für die Gewerbetreibenden und
die Landwirte eine schwere Last. Wenn diese zahlreichen Seelen durch ein Gebot der Religion von ihrer
Faulheit und Trägheit ablassen und sich mit nützlichen Dingen beschäftigen, so wird sich wohl verwirklichen
lassen, wie viel dies dann zum Gemeinwohl beitragen und Schwierigkeiten des Staates beseitigen wird.
Sechstens: Das Gesetz, das die Erziehung der Kinder beiderlei Geschlechts zur Pflicht macht. Dieses Ge-
setz ist auch eines der Gebote, das in dieser überaus großen Sache ausdrücklich geoffenbart worden ist und
bezüglich dessen sich in keiner der anderen Religionen eine Erwähnung findet. Denn in den anderen Religi-
onen ist die Erziehung der Massen von den Gesetzen der Regierung abhängig gemacht. Wenn in früheren
Zeiten eine Regierung es unterließ, ein Dekret ergehen zu lassen, das zwangsweise Erziehung vorsah, und
dieses Unterlassen einen Verfall der Gelehrsamkeit und der Wissenschaft bewirkte, so machte das Volk
weder sich selbst noch die Regierung dafür verantwortlich. Denn in den Himmlischen Büchern ist bezüglich
dieses Gegenstandes kein Gesetz geoffenbart worden. Aber wenn in den Himmlischen Büchern einer Nation
ein Gesetz niedergelegt ist, so wird jedes einzelne Mitglied sich verpflichtet fühlen, es auszuführen und nie-
mand wird es unterlassen, dieses Gesetz zu erfüllen, denn sie wollen nicht von der Regierung abhängig sein,
daß diese es ausführe.
Siebtens: Das Gebot, das Verwünschen und Fluchen verbietet und es jedermann zur Pflicht macht, sich je-
der beleidigenden Äußerung den Menschen gegenüber zu enthalten. Denn wie in der Sittenlehre gezeigt
wird, sind Fluchen, Schimpfen, harte und herausfordernde Worte an einer Entfremdung der Herzen am meis-
ten schuld und erfüllen die Gemüter mit Groll, erzeugen Haß und Abneigung zwischen den Menschen und
entzünden das Feuer verhängnisvoller Streitigkeiten untereinander. So sagt ein weiser Mann: „Wahrlich, der
Krieg beginnt mit Worten“ und der Dichter Firdousi hat gesagt: „Ein einziges Wort ist die Ursache des Krie-
ges“; ein anderer Vers, der den in Frage kommenden Punkt erhellt, heißt: „Die mit der Zunge beigefügte
Wunde ist tiefer, als die mit dem Schwert beigefügte.“ Würde jemand über die bereits besprochenen Streitig-
keiten und Spaltungen nachdenken, die unter den christlichen Völkern aufkamen und so verschiedene Sek-
ten und Richtungen erzeugten, wie die Aryaner, Nestorianer, Gnostiker und andere mehr, und das Feuer
schrecklicher Schlachten und gräßlichen Elends entzündeten, so würde er aus dem glaubhaften Zeugnis der
Geschichte ersehen, daß die wesentliche und anfängliche Ursache solcher Trennung und solchen Unglücks
in der Meinungsverschiedenheit, dem Ergebnis von Erörterungen und gelehrten Streitigkeiten zweier religiö-
ser Gelehrten bestand. Um seiner Gegner zu überwältigen und die Richtigkeit der eigenen Ansicht zu bewei-
sen, oder weil jeder seine Meinung für richtig hält, beharrt jeder auf seinem Standpunkt und so führt dies
endlich zur Barschheit gegen den anderen. Diese Strenge führt allmählich zu merkwürdigen Anspielungen
und widersinnigen Behauptungen, um dann in Schmähungen, Verwünschen, Kämpfen und sogar Blutvergie-
ßen zu gipfeln. Das nachteilige Entstehen dieser Religionsstreite und ihr übler Einfluß auf die menschliche
Gesellschaft bedarf hier keiner Erwähnung. Denn das Elend, das durch diese Streitigkeiten in vergangenen
Zeiten entstand, ist in den Geschichtsbüchern jeder Nation aufgeführt und die Ungerechtigkeiten, die sich als
die schmerzliche Wirkung jener Mißhelligkeiten, bis in unsere Zeit herein fortgesetzt haben, sind jedem den-
kenden Menschen bemerkbar.
Vielleicht mag jemand mit einem Einwand kommen und fragen, daß sich in den anderen Himmlischen Bü-
chern Verordnungen vorfinden, die Bannfluch und Verwünschung verbieten, so z.B. die Gebote Seiner Hei-
ligkeit Christi, bekannt als Bergpredigt, worin Er klar festsetzt: Wer zu einem anderen sagt: „Du Narr, der ist
des höllischen Feuers schuldig.“ Im Koran heißt es: „Verfluche diejenigen nicht, welche sich ohne die Erlaub-
nis Gottes, auf einen (geistigen) Auftrag stützen, denn damit verfluchst du ohne dein Wissen Gott als einen
Feind.“ Die Antwort auf obige Einwendung ist jedem einsichtigen klar, denn solche Gebote und Verbote wer-
den nach der Meinung der Gelehrten als Gebote der Erziehung angesehen und nicht als Gesetze und Ver-
ordnungen der Religion. Betrachte folgendes Gebot aus der Bergpredigt, worin Er sagt: „Jeder, der seinem
Bruder zürnt, soll dem Gericht verfallen sein.“ Wieder sagt Er: „Sammelt euch nicht Schätze auf Erden“ und
wieder: „Sorget nicht für den morgenden Tag.“ Auch: „Wer dich schlägt auf die rechte Wange, dem biete
auch die andere!“ und „Wer mit dir rechten und dir den Rock nehmen will, dem laß auch den Mantel.“ Dar-
nach sagt Er: „Gib dem, der dich bittet und von dem, der von dir borgen will, wende dich nicht ab.“
Es ist vollständig klar, daß die Gelehrten und Weisen der christlichen und mohammedanischen Religion die-
se Verordnungen nicht als Befehle angesehen haben. Verständige Menschen, die in den Gesetzen und den
Rechtswissenschaften bewandert sind, haben diejenigen, die diesen Gesetzen nicht gehorchen und dadurch
Bestrafung und Verhör verdienten, nicht verurteilt. Nein, wie schon erwähnt, haben sie diese Gebote ein-
trächtig zu den erzieherischen Gesetzen gezählt. Überdies sind einige dieser Gesetze derart, daß die Gelehr-
ten diejenigen, die dieselben geringschätzen, nicht als Übertreter oder Übeltäter vor Gott ansehen. Z.B.:
„Wer dich schlägt auf die rechte Wange, dem biete auch die andere!“ „Gib dem, der dich bittet.“ „Von dem,
der von dir borgen will, wende dich nicht ab.“ Die vorstehenden Angaben werden deutlich zeigen, warum
solche Gebote und Verordnungen von den Führern der christlichen Völker nicht als dringende Pflicht und als
bindend beachtet wurden und warum sie Fluchen Verwünschen nicht bei der Gemeinde beseitigen konnten.
Aber in der Bahá’í-Religion sind die Gebote, welche Fluchen, Schimpfen und Gotteslästern verbieten,
als Befehle und als bindende Gesetze offenbart. Die Verantwortlichkeit, die auf den Übertretern ruht, ist in
verschiedenen Tablets geoffenbart worden. Eindringliche Gebote sind bezüglich der Reinheit des geschrie-
benen und gesprochenen Wortes ausgegeben worden, die das Schreiben oder Sprechen all dessen, was die
Menschen beleidigt, verbieten. Z.B. obgleich in verschiedenen Sendschreiben, wie im „Ishrakat“ und ande-
ren, das Gesetz, welches das Fluchen und Verwünschen verbietet, ausdrücklich aufgestellt worden ist, so
hat Bahá’u’lláh, während Seiner letzten Tage, in dem gesegneten „Buch des Bundes“ das obige Gesetz bes-
tätigt und nachdrücklich betont, indem Er folgendes Gebot an die Bewohner der Welt richtet:
„Wir gemahnen euch, o Völker der Welt, alles zu befolgen, was eure Stufe erhöht. Klammert euch an
die Gottesfurcht und haltet euch fest an das Recht. Wahrlich, Ich sage: Die Zunge ist dazu da, vom
Guten zu sprechen; befleckt sie nicht mit übler Rede. Gott hat vergeben, was vergangen ist. Von nun
an äußere jeder, was sich schickt; jeder enthalte sich der üblen Nachrede, der Schmähung und all
dessen, was andere Menschen traurig macht. Erhaben ist die Stufe des Menschen!
Vor einiger Zeit wurde dieses erhabene Wort aus der Schatzkammer der Feder Abhas geoffenbart: „Heute
ist ein großer gesegneter Tag! Was im Menschen verborgen war, ist heute geoffenbart und verkündet
worden. Die Stufe des Menschen ist groß, wenn er der Wahrhaftigkeit und Wahrheit anhängt und fest
und standhaft in der Sache Gottes bleibt.“ Jede geistige Seele, die über folgende Äußerung nachdenkt:
„Gott hat vergeben, was vergangen ist. Von nun an äußere jeder, was sich schickt; jeder enthalte sich
der üblen Nachrede, der Schmähung und all dessen, was andere Menschen traurig macht,“ wird deut-
lich sehen, wie nachdrücklich eine Verordnung ausgegeben wurde, die das Verbot des Bannfluchs und der
Verwünschungen bestätigt. Unter den Menschen der Wissenschaft ist der Sinn dieser gesegneten Äußerung,
da im Einklang mit den bestehenden Gesetzen, ein deutliches Verbot von Bannfluch und Verwünschungen.
Damit wird das unverzeihliche Benehmen desjenigen gezeigt, der dieses mächtige Gebot und diese ent-
scheidende, gesegnete Verordnung übertritt.
In diesem Falle ist es dem Einsichtsvolle erkennbar, offenbar und sicher bestätigt, daß das Verbot, das von
Bannfluch und Verwünschung handelt, ein ganz besonderer Befehl und eines der besonderen Gebote dieser
Größten Offenbarung ist. So mag, durch die Gunst Gottes, des Höchsten, durch die Äußerungen der Erha-
benen Feder, solch unziemliche Handlung mit dem dadurch entstehenden Gottesurteil, bei den Menschen
auf Erden verschwinden und es mögen die Frohen Botschaften, die im 3. Vers des 22. Kapitels der Offenba-
rung Johannes, betreffend der Ereignisse am Tage der Offenbarung, gegeben sind, nämlich: „Und Gebann-
tes soll es nicht mehr geben“, verwirklicht werden.
Achtens: Bezieht sich auf das Tragen von Waffen, ausgenommen in Zeiten der Notwendigkeit. Diese Ver-
ordnung befindet sich in anderen Religionen nicht, wird aber in der Bahá’í-Religion als Befehl und ein wichti-
ges Gebot angesehen. Der große Nutzen dieses Gesetzes ist überaus klar und offenbar. Wie viele Seelen,
die nicht imstande sind, sich bei übermäßigem Zorn zu beherrschen, haben sich durch den Gebrauch von
Waffen, die gerade zur Hand waren, hinreißen lassen? Wenn der Mörder nicht bewaffnet gewesen wäre, so
wäre oft nach einer Stunde die Heftigkeit seines Zornes verflogen und ein Verbrechen wäre nicht geschehen.
Das sind die minder üblen Wirkungen des Waffentragens. Es gibt anderes großes Unglück, das durch die
Menschen, die Waffen tragen, fortwährend gezeitigt wird; dieselben erzeugen große Revolutionen und über-
mäßige Verluste für die Regierung und Nationen. Einzelheiten hierüber lassen sich nicht in Kürze wiederge-
ben und führen zu Weitschweifigkeit, dessen ungeachtet ist es aufmerksamen Menschen klar, was die Nati-
onen erdulden und wie das Volk darüber urteilt.
Neuntens: Die Frage, ob es notwendig ist, ein Haus der Gerechtigkeit zu gründen und Nationalversamm-
lungen und verfassungsmäßige Regierungen einzurichten. Dieses Gebot ist gleicherweise eine Besonderheit
dieser klaren Religion und ist in den früheren nicht erwähnt. Denn unter den anderen Religionen ist es für
eine willkürliche Regierung möglich, sich ein- und festzusetzen, weil die Beharrlichkeit auf religiösen Verord-
nungen, der Hang zur Einrichtung und zur Fortdauer religiöser Verordnungen und die Frucht, gegen diese
bestehenden Verordnungen zu verstoßen, in den Seelen der Menschen, durch die Furcht Gottes, so tief ein-
gewurzelt ist, daß diese Gepflogenheiten in 1000 Jahren nicht aufgehoben und nicht beiseite gesetzt würden,
außer durch Erneuerung der Religion und Verbesserung der Gesetze.
Diese sind in kurzem einige der besonderen Gebote Bahá’í-Religion, welcher Schreiber dieser Zeilen bei
dieser Gelegenheit Erwähnung getan hat. Die Rücksichtnahme auf die Kürze hat es notwendig gemacht, die
Erwähnung anderer, besonderer Gebote dieser Größten Offenbarung wegzulassen.
Unter diesen befinden sich Sittenlehren und Angaben bezüglich der Rückkehr eines auf Reisen oder sonst
abwesenden Mannes zu seiner Frau. Ein anderes betrifft das Verbot von Hochmut und Egoismus. Ein ande-
res besteht bezüglich der Reinheit aller Dinge, mit der Anempfehlung und Aufmunterung zu gesundheitlichen
Maßregeln, Reinlichkeit zu beobachten und unbedingt alles zu meiden, was zu Schmutz und Unreinlichkeit
fürht. Unter denselben befindet sich ein Gebot, welches das Einvernehmen der Nationen auf die Abschaffung
von Krieg und Streit lenkt und die Bedingungen für Sicherheit und Frieden enthält. Viele solche Gebote sind
vorhanden, deren weitere und eingehende Ausführungen außerhalb des Bereichs dieser Schrift liegen. Um
diesem überaus wichtigen Gegenstand Gerechtigkeit angedeihen zu lassen, wäre es notwendig, ein großes
Buch zu schreiben und nicht einen kurzen Artikel. Aber, obgleich der Artikel dadurch eine größere Länge
annehmen mag, so bin ich dennoch genötigt die unterrichteten Menschen an einen besonderen charakteris-
tischen Zug von den vielen in der Bahá’í-Religion zu ermahnen. Vielleicht vermag ein strahlendes Gesicht zu
der großen Gnadenerteilung dieser höchsten Sache zu gelangen und die reine Zunge mag Gott, dem Ge-
segneten, dem Erhabenen, Lob und Dank sagen.
Ferner: eines der schwierigen Probleme sozialer Philosophie befaßt sich mit der Einschränkung der Monopo-
le und der Beherrschung des Reichtums durch einige wenige Personen. Dieser Gegenstands it von den
Weltweisen vor vielen Jahren erörtert worden. Die Gelehrten Europas und Amerikas, besonders die Sozialis-
ten, haben sich, in der Bemühung, dieses schwierige Problem zu lösen, mit umständlichen Erörterungen und
endlosen Zergliederungen befaßt. Die Regierungen Europas und Amerikas haben diesem Gegenstand er-
schöpfende Aufmerksamkeit geschenkt, dennoch haben sie sich in ihren Meinungen noch nicht geeinigt und
sind noch zu keinem Endresultat bezüglich eines geeigneten Mittels zur Lösung dieser unlösbar scheinenden
Frage gelangt.
Aber, wenn jemand die göttliche Einrichtung, bezüglich der Frage des Erbens und die angegebene Art der
Verteilung von Vermächtnissen unter Erben, gemäß der Gesetze dieses Zeitalters in Erwägung zieht und
darüber nachdenkt, so wird er erkennen, daß dieses sehr wichtige Problem auf die einfachste Art gelöst wor-
den ist. Die Verteilung von Reichtum unter die Nationen wurde auf die beste Art gelöst.
Da der Tod für die Menschen ein unvermeidliches Ereignis ist, so wird es, wenn die Verteilung des Besitzes
derjenigen, die zu Gott eingegangen sind, entsprechend dieser göttlichen Anweisung vorgenommen wird,
unmöglich sein, daß Reichtum von einigen wenigen angehäuft wird oder daß irgend eine besondere Familie
ein Monopol ausübt, und daß andere des Reichtums beraubt sind und durch Armut und Dürftigkeit unglück-
lich sind. Denn der Mächtige Gesetzgeber hat sich mit dieser wichtigen Angelegenheit folgendermaßen be-
faßt: Er hat das Erbe der Abgeschiedenen in 7 Klassen aufgeteilt, die Lehrer eingeschlossen welche die geis-
tigen Väter der erleuchteten Menschen sind. Das Erbe wird geteilt entsprechend der Zahl 2520, welche die
niedrigste Zahl ist, in welcher sämtliche Zahlen von 1-9 enthalten sind. Nach dieser Teilung sind folgende die
sieben für Vermächtnissen geltenden Klassen:
Erstens: Nachkommen
Zweitens: Frauen
Drittens: Väter
Viertens: Mütter
Fünftens: Brüder
Sechstens: Schwestern
Siebtens: Lehrer
Die nächsten Verwandten sind am besten bedacht. Jede Klasse erhält ihren Anteil in Vielfachen von der Zahl
60, die in allen Anteilen enthalten ist. Er hat verordnet, daß diese 7 erwähnten Klassen unparteiisch in den
Besitz ihrer gesetzlichen Rechte kommen und ein jedes seinen Anteil aus dieser Teilung erhalte. Wenn ein-
sichtige Menschen über das nachdenken, was hierüber geoffenbart wurde, so werden sie sehen, das die
Wirkung dieses Befehls diese ist, daß Reichtum nicht ausschließlich auf einige wenige beschränkt sein wird
und daß niemand durch rein gewalttätige Geschicklichkeit in den Besitz von eines anderen Reichtum gelan-
gen wird. Reichtum wird immer unter allen im Umlauf sein. Alle Menschen werden von einander erben und
alle werden aus diesem Besitz Nutzen ziehen. Ja, wenn jemand über die durch den Báb im Buch „Bayán“
erwähnte Teilung nachdenkt, so wird er daraus folgern, daß solch eine Teilung, wie die erwähnte, den Vorteil
durch die „Erhabene Feder“ vollzogen ist und worin das Erbteil der Kinder vermehrt ist, vertreibt diese Be-
fürchtung. Für alle einsichtsvollen Menschen ist es klar, daß in dieser Nation vorgesehen sind und daß der
Plan für die Schlichtung von Angelegenheiten der Menschen aller Zonen aufgestellt worden ist. Was hier
niedergelegt worden ist, wird genügen, um kurz die Darlegungen von Herrn Easton und ähnlich Gesinnten zu
beantworten.
Nun einiges bezüglich der Frage nach besonderen Merkmalen, worin sich diese „Große Sache“ von anderen
Gesetzen und Religionen aller Völker, aller Zeiten unterscheidet. Wenn edeldenkende und verständige Men-
schen der Wissenschaft über die scharfsinnigen Gesetze des „Herrn der Menschheit“ nachdenken und sich
über dieselben besinnen, so werden sie zweifellos Zeugnis von der Vollkommenheit der „Göttlichen Vorse-
hung“, die in diesen verordneten Gesetzen sich zeigt, ablegen. Zum Beispiel über folgende drei bestimmte
und unwiderlegliche Befehle, nämlich, erstens: „die Erbschaftsfrage, wodurch der ausschließliche Reichtum
weniger Menschen vereitelt wird und die Frage des Sozialismus gelöst ist; zweitens: die Frage des Weltfrie-
dens und internationaler Vereinbarungen bezüglich der Entwaffnung und des zur Zeit bestehenden Aufwan-
des für Kriegsrüstungen; drittens: das Gebot wonach es allen Menschen geboten ist, einen Beruf zu erlernen,
den des Künstlers oder den des Kaufmanns, durch welchen sie ihren Lebensunterhalt bestreiten und noch
die Last derjenigen erleichtern, welche bedrückt sind, wie Landleute, die Arbeiter und andere mehr. Diese
Ausgaben rühren von den Faulenzern und unbeschäftigten Gliedern der menschlichen Gesellschaft her.
Diese edel denkenden und klugen Menschen werden somit bezeugen, daß die Wiederherstellung der Ord-
nung dieser Welt und die Rettung der Menschheit aus großen Gefahren bedingt ist durch die Befolgung der
Befehle dieser „Größten Offenbarung“. Dann werden sie die gesegneten Worte aussprechen: „Gesegnet ist
Gott, der Besitzer der Herrschaft und des Königreiches.“
Nun hier angelangt, bringen wir unsere Ausführungen zu ende und am Schlusse dieses Berichtes stehen wir
Gott, den Gesegneten, den Erhabenen, inständig an, Herrn Easton und anderen Verleugnungen, durch Sei-
ne unendliche Gnade, das Licht der Einsicht und Erkenntnis zu verleihen, daß sie anblicken mögen, was von
einem unparteiischen und uneigennützigen Gemüt vorgelegt wurde. Dann werden sie über die Wirklichkeit
der Göttlichen Sache unterrichtet werden und zur Quelle der Seligkeit, zum Leben, zur Herrlichkeit und zum
Glück geführt werden. Und dies ist durch Gottes Gunst nicht schwer.
Geschrieben am 28. Dezember 1911 in Syrien
Mirza Abul Fazl Gulpaygan
aus dem Englischen übersetzt von Friedrich Schweizer
Vertiefung: Glänzender Bweis von Mirza Abul Fazl Gulpaygan ( Roland Zimmel)
Hamburg, den 12.06.2003 Datei:D:\WINWORD2\BASTU\BEWEIS.DOC Seite: 1 von 9
Выбрать другой текст
параллелей: