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Source: Bahá'í Library Online (bahai-library.com), curated by Jonah Winters. Used by permission of the curator. Original citation: Bahá'u'lláh, Les sept vallees et les quatre vallees, bahai-library.com.
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BAHÁ’U’LLÁH

LES SEPT VALLÉES

LES QUATRE VALLÉES
Traduction française par la Commission de traduction

© Maison d'éditions bahá'íes 205, Rue du Trône 1050 Bruxelles, Belgique D/1547/2004/1
ISBN 2-87203-061-1 Imprimé en Belgique
Avant-propos
La Commission de traduction en langue française vous propose dans cette édition une révision des versions
françaises parues jusqu’à présent et notamment de la version publiée par la Maison d’éditions en 1982, Trad. de
F.Bronchain. Ces versions françaises sont basées sur les traductions réalisées en anglais par Ali-Kuli Khan. Sa
traduction des Sept vallées a été publiée en 1906 et 1914 par la Bahai Publishing Society de Chicago et
republiée en 1936 et 1937 par le Bahá’í Publishing Committee, New-York. Cette première version, révisée par
sa fille Marzieh Gail et augmentée de la traduction des Quatre vallées, a été publiée à quatre reprises entre 1945
et 1954 par le Bahá’í Publishing Committee, Wilmette, Ill. Par la suite le Bahá’í Publishing Trust, Wilmette,
en a fait plusieurs éditions entre 1957 et nos jours.
Ces nombreuses éditions montrent tout l’intérêt que ces deux œuvres de Bahá’u’lláh suscitent parmi le
public occidental. De la première d’entre elles, Les sept vallées, Shoghi Effendi a écrit qu’il s’agissait d’un
« traité que l’on peut sans doute considérer comme sa (de Bahá’u’lláh) composition mystique la plus
importante ».
Toute traduction comporte une part d’interprétation et par conséquent une certaine distanciation par rapport
au texte dans la langue d’origine qui, en l’occurrence, est le persan sauf les salutations d’introduction en arabe.
Nader Saiedi rend hommage au « travail exemplaire » et à « la façon poétique dont ces textes complexes ont
été rendus » par ces traducteurs en langue anglaise. Il indique toutefois que ces traductions « ne semblent pas
transmettre adéquatement l’espace métaphorique utilisé par Bahá’u’lláh pour décrire le voyage mystique.
Notre traduction française risquait, dès lors, de nous éloigner encore un peu plus du texte original. Aussi
avons-nous demandé au Dr Shapour Rassekh de comparer notre traduction avec l’original et de nous indiquer
les passages qui s’en écartaient trop. Les remarques que nous avons reçues de sa part nous ont permis de revoir
la traduction afin de la rapprocher de l’original plutôt que de l’en éloigner davantage. Nous tenons donc à
remercier le Dr Rassekh pour cette contribution importante et nous espérons que la version qui est ainsi
présentée, aidera les lecteurs francophones à saisir la pensée de Bahá’u’lláh dans une meilleure mesure et à
bénéficier de ses conseils pour entreprendre ces « voyages mystiques », en attendant qu’une traduction anglaise
plus officielle soit réalisée par le Centre mondial.
Les versets du Coran cités par Bahá’u’lláh sont reproduits selon la traduction de Denise Masson, publiée
dans la Pléiade, sauf indication contraire en note.

La Commission de traduction en langue française.
Introduction.
Œuvre suprême dans le genre de la composition mystique... ainsi pourrait-on qualifier Les
sept vallées de Bahá’u’lláh. Cette dissertation d’une grande profondeur répondait aux
questions posées à l’auteur par le Shaykh Muh∂yi’d-Dín, juge de la ville de Khaniqín, au Nord-
Est de Bagdad, près de la frontière perse. Ce juge était notoirement connu comme adepte
de la philosophie soufie, mysticisme né en Iran il y a douze siècles et venant d’un
mouvement intérieur à l’islam. L’objectif des soufis est l’accès direct auprès de Dieu par la
prière, la méditation, la contemplation et l’extase. Pour définir les étapes de ce processus
spirituel une terminologie spéciale s’élabora et certains soufis adoptèrent la doctrine de la
possibilité de l’approche directe de Dieu, sans l’aide de Muh∂ammad ni d’aucun autre
prophète. Logiquement cette conception aboutissait à la croyance que les soufis pouvaient
se soustraire aux lois religieuses et que pour eux, sinon pour tous, la conscience pouvait être
un guide sûr. Cette théorie fut combattue par les plus grands mystiques persans, Jalálu’d-
Dín Rúmí et al-Ghazzálí, qui affirmaient que, sans l’obéissance aux lois de Dieu révélées par
ses messagers, l’homme ne pouvait atteindre la présence divine.
Quant au juge Shaykh Muh∂yi’d-Dín, il devait vraisemblablement connaître les écrits du
soufi persan du XIIe siècle, Farídu’d-Dín ‘Aππár. Le plus célèbre des ouvrages de ce dernier
est le Mantiqu’π-∏ayr, ou Le Langage des Oiseaux. Il y trace le voyage de l'âme à travers
sept vallées, celles de la recherche, de l’amour, de la connaissance, du détachement, de
l’unité, de la perplexité et de l’anéantissement. Bahá’u’lláh, dans Les sept vallées en persan,
adopte un canevas semblable bien que non identique ; il y décrit les sept étapes du progrès
de l’âme en quête de son être. Les sept vallées affirment que le moyen d’atteindre la
présence de Dieu est de prêter l’oreille au message de la Manifestation d’aujourd’hui.
C’est après son retour à Bagdad, marquant la fin de son séjour dans les montagnes de
Sulaymáníyyih que Bahá’u’lláh écrivit cette épître.
Les quatre vallées, épître écrite à Bagdad à la suite des sept vallées, s’adressait au lettré
Shaykh ‘Abdu’r-Rah∂mán, de Karkúk, ville du Kurdistán iraqien. Elles montrent les quatre
voies par où l’Invisible peut être vu, signalent les quatre stades du cœur humain, et
désignent les quatre sortes de voyageurs mystiques cherchant le Désiré, le Loué, l’Aimant,
le Bien-aimé

Extraits de l’introduction de l’édition de 1952, rédigée par Robert L. Gulick Jr.
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LES SEPT VALLÉES
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Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux.

Loué soit Dieu qui, du néant, a tiré l’existence ! Il a gravé les mystères de la
préexistence sur la tablette de l'homme ; dans le Bayán dont il fit un Livre lumineux pour
ceux qui crurent et se soumirent, il lui a enseigné ce qu'il ignorait ; il le fit témoin de la
création de toutes choses en cet âge de ténèbres et de ruines et, des cimes d'éternité, il l'a
fait parler de sa voix merveilleuse dans le Temple parfait : ainsi tout homme témoignera, en
lui-même et par lui-même qu'en vérité, il n'est pas d'autre Dieu que lui dans la condition de
la Manifestation de son Seigneur, et il trouvera sa voie vers les sommets des réalités jusqu'à
ce que personne ne puisse rien contempler sans y voir Dieu.
Louange et gloire à la première mer émanée de l'océan de la divine Essence, au premier
matin qui a brillé à l'Horizon de l'unité, au premier soleil qui s'est levé au Ciel d'éternité et à
la première flamme qui fut allumée sous le globe d'unicité par la lampe de préexistence : Lui
qui fut Ah∂mad dans le royaume des mondes, Muh∂ammad dans l'assemblée des proches et
Mah∂mud au royaume des sincères. « ...Invoquez-le par quelque nom qu'il vous plaira, il
possède les noms les plus excellents » dans les cœurs de ceux qui savent. Sur sa famille et
sur ses amis soit une paix généreuse, immuable, éternelle !
Ensuite, nous prêtâmes l'oreille à ce que modulait le rossignol de la connaissance sur les
branches de l'arbre de ton âme, et nous perçûmes ce que la colombe de certitude chantait
dans les rameaux de l'arbre de ton cœur. Je crois, en vérité, avoir respiré le parfum suave du
vêtement de ton amour et être parvenu à ta parfaite rencontre par la lecture de ta lettre. Tu
as évoqué ton anéantissement en Dieu et ta vie par lui, et j’ai noté ton amour pour les bienaimés de Dieu, pour les Manifestations de ses noms et pour les Aurores de ses attributs.
Aussi vais-je te révéler certains signes sacrés et resplendissants correspondant aux degrés
de gloire, afin de t'attirer vers la cour de la sainteté, de l'approche et de la beauté, et de
t’amener à un état où, dans toute la création, tu ne verras plus que le visage de ton Bienaimé, l'Honoré, où tu regarderas toutes choses créées comme au jour où rien n'avait encore
été nommé.
C'est ce que chante le Rossignol de l'unité dans le jardin de Ghawthíyyih. Il dit : Et sur la
tablette de ton cœur paraîtront les symboles des mystères subtils de « crains Dieu et il te
donnera la connaissance », et l'oiseau de ton âme se souviendra des sanctuaires sacrés de la
préexistence et s'envolera sur les ailes du désir, dans le ciel de « parcours les chemins frayés
par ton Seigneur », et il recueillera les fruits de la communion dans les jardins de « alors
goûtez à toute espèce de fruit ».
Par ma vie, ô ami, si tu goûtes à ces fruits du vert jardin qui fleurit dans les régions du
savoir quand les lumières orientales de l'essence divine resplendissent dans les miroirs des
noms et attributs, alors le désir ravira de tes mains les rênes de la patience et de
l’hésitation, et ton esprit sera exalté par les éclairs du feu céleste ; tu seras entraîné, loin de
ta patrie de poussière, vers ta véritable patrie céleste au sein des réalités et tu seras élevé à
une condition où tu voleras dans l'air comme tu circules sur la terre, et où tu marcheras sur
la mer comme tu cours sur le sol. Puisse ceci me réjouir ainsi que toi-même, et réjouir
quiconque s'est envolé au Ciel de la connaissance et dont le cœur est rafraîchi par la brise
de certitude qui souffle de la Sheba du Miséricordieux sur le jardin de son être intime.
Paix à celui qui suit le sentier droit !
Au voyageur qui part du séjour de poussière vers la patrie céleste, on apprend qu’il y a
sept étapes que certains nomment les sept vallées et d’autres les sept cités. Aussi
longtemps, dit-on aussi, qu’il n’aura pas quitté son moi et franchi ces étapes, le voyageur ne
pourra ni parvenir à la mer de la proximité et de l’union, ni goûter au vin sans égal.
LA VALLÉE DE LA RECHERCHE

La première vallée est celle de la recherche dans laquelle la monture se nomme patience.
Sans patience, le voyageur n’arrive nulle part et n’atteint aucun but. Qu’il ne perde jamais
courage. Lutterait-il cent mille ans sans parvenir à contempler la beauté de l’Ami qu’il ne
devrait pas vaciller, car ceux qui cherchent la Ka‘bih de « pour nous » se réjouissent à cette
nouvelle : « Nous les guiderons sur nos chemins ». Ils ont pris, dans cette recherche, la
ferme résolution de servir et s’efforcent sans cesse d’aller du niveau de la négligence au
royaume du vouloir. Aucun lien ne les retient, aucun conseil ne les dissuade.
Il incombe à ces serviteurs de purifier leur cœur, source des trésors divins, de tout
attachement, de refuser toute imitation qui consiste à suivre les voies de leurs pères et de
leurs aïeux, et de fermer à tous les habitants du monde les portes de l’amitié comme de
l’inimitié.
Au cours de ce voyage, le chercheur parvient au point d’où il voit toutes les choses
créées à la recherche éperdue de l’Ami. Que de Jacob verra-t-il errer en quête de leur
Joseph ! Que d’amoureux à la poursuite de l’Aimé ! Que de soupirants à la recherche du
Désiré ! À chaque instant il rencontre un problème grave et chaque heure lui découvre un
mystère car, ayant détaché son cœur de ce monde et de l’autre, il est en route vers la
demeure du Bien-Aimé. Le soutien du royaume invisible guide chacun de ses pas et l’ardeur
de sa recherche s’accroît sans cesse.
Pour juger de toute recherche, il faut appliquer le critère du Majnún de l’amour. On
raconte ce qui suit : Le voyant un jour, en larmes, tamiser de la poussière, on lui demande :
« Que fais-tu là ? » - « Je cherche Laylí », répond-il. « Malheureux ! Laylí est un esprit de
pureté et toi, tu la cherches dans la poussière » - « Je la cherche partout, dans l’espoir de la
trouver quelque part… »
Certes, il est honteux pour le sage de chercher le Seigneur des seigneurs dans la
poussière, mais n’est-ce pas là, pourtant, la preuve d'une quête d'une ferveur intense ?
« Celui qui cherche avec ferveur trouve toujours ».
Le vrai chercheur ne poursuit que l’objet de sa quête et l’amant n’a d’autre désir que
l’union avec sa bien-aimée. Il n’y réussira qu’en sacrifiant tout : ce qu’il a vu, entendu et
compris. Rien de cela ne doit subsister s’il veut entrer au royaume de l’esprit, la Cité de Dieu.
Quel labeur pour le trouver, et quelle ardeur si nous voulons boire du miel de la réunion !
Mais si nous goûtons à cette coupe, nous rejetterons le monde.
Sur cette route, le voyageur séjourne en n’importe quelle contrée. Il habite n’importe où.
Il cherche sur chaque visage la beauté de l’Ami. Il s’enquiert partout du Bien-Aimé. Il se joint
à n’importe quelle assemblée. Il recherche la compagnie de tous, espérant ainsi trouver le
secret de l’Aimé dans quelque esprit, ou découvrir sa beauté sur quelque visage.
Si dans sa course, il perçoit, avec l’aide de Dieu, un signe de l’Ami introuvable, et si, du
messager céleste, il respire le parfum du Joseph, si longtemps perdu, alors, sans plus tarder,
il pénétrera dans la vallée de l’amour et se dissoudra dans le feu de l’amour.

LA VALLÉE DE L’AMOUR

Sur cette cité brille, au ciel de l’extase, le soleil du désir illuminant le monde. Y gronde le
feu de l’amour et ses flammes réduisent en cendres la récolte de la raison.
Là, le voyageur n’est plus conscient de rien, pas même de lui-même. Il ne voit ni sagesse
ni ignorance, ni doute ni certitude. Il confond matin de direction et nuit d’erreur. Il fuit
l’impiété et la foi, et le poison mortel est un baume pour lui. C’est ainsi que ‘Aππar a pu
dire :
Erreur pour l’infidèle, confiance pour le fidèle ; Pour le cœur de ‘Aππar, un peu de ta souffrance.

Sans la souffrance, coursier de cette vallée, le voyage n’aurait pas de fin. Dans cet état,
l’amant ne pense qu’au Bien-aimé et ne cherche qu’à se réfugier auprès de l’Ami. À chaque
instant, il offre cent fois sa vie dans le sentier de celui qu’il aime, et à chaque pas, il jette
mille fois sa tête aux pieds de l’Aimé.
Ô mon frère, à moins d’entrer dans l’Égypte de l’amour, tu ne verras jamais le Joseph de
la beauté de l’Ami ; à moins de devenir aveugle comme Jacob, tu n’ouvriras jamais l’œil de
ton être intime ; à moins de te consumer du feu de l’amour, tu ne communieras jamais avec
l’Amant du désir.
Un amant ne craint rien, et rien ne peut lui nuire : tu le verrais grelotter dans le feu, et la
mer ne le mouillerait pas.
L’amant grelotte dans le feu de l’enfer ;Le savant reste sec au milieu de la mer.

L’amour ne veut pas de l’existence et ne tient pas à la vie : dans la mort, il voit la vie et
cherche la gloire dans la honte. Il faut beaucoup de bon sens pour mériter la folie de l’amour
et une grande force d’âme pour être digne des liens de l’Ami. Béni est le cou pris dans son
lacet, et heureuse la tête embrassant la poussière dans le sentier de son amour. Renonce à
toi-même, ô ami, afin de trouver l’Incomparable et renonce à cette terre mortelle pour
chercher abri dans le nid céleste. Si tu veux allumer le feu de l’existence et être prêt à
cheminer vers l’amour, annihile-toi !
L’amour ne saisit âme qui vive, Souris morte n’est pas la chasse du faucon13.

À chaque instant l’amour incendie un monde. Il ruine toute terre où il plante sa bannière.
Être ne signifie rien dans ce royaume et le sage n’y détient pas le pouvoir. Le Léviathan de
l’amour engloutit le maître de la raison et détruit le seigneur de la connaissance. Il avale les
sept mers sans apaiser la soif de son cœur et demande : « Y en a-t-il encore ? » Il se fuit luimême et évite tout ce qui vient du monde.
L’amour est étranger à la terre comme au ciel ;Soixante-douze folies, on y pourrait compter.

L’amour retient dans ses fers d’innombrables victimes et blesse de ses traits autant de
sages. Apprends que toute rougeur dans le monde est le produit de sa colère, et toute
pâleur des joues des hommes est un effet de son poison. Il ne prescrit d’autre remède que la
mort et ne marche que dans la vallée de l’ombre. Pourtant, doux comme le miel est son
venin aux lèvres de l’amant et, aux yeux du chercheur, sa destruction préférable à cent mille
vies.
Il faut donc que les flammes de l’amour consument les voiles du moi satanique pour que
l’esprit ainsi purifié connaisse le rang du Seigneur des mondes.
Allume le feu de l’amour et brûle tout ce qui existe,Ensuite pose le pied sur la terre des amants.

Si l’amoureux, fortifié par le Créateur, échappe aux serres de l’aigle de l’amour, il entre
dans la vallée de la connaissance.

LA VALLÉE DE LA CONNAISSANCE

Il passe ainsi du doute à la certitude, des ténèbres de l’illusion au flambeau de la crainte
de Dieu. Son œil intérieur s’ouvre et il converse dans l’intimité avec son Bien-Aimé. Fermant
la porte des vaines imaginations, il entrouvre celle de la vérité et de la piété. Dans cet état, il
acquiesce au décret de Dieu et voit la guerre comme si c’était la paix. Il découvre dans la
mort les secrets de la vie éternelle. Intérieurement et extérieurement il assiste aux mystères
de la résurrection dans les mondes de la création et dans les âmes des hommes, et d’un
cœur pur il pénètre la sagesse divine des manifestations innombrables de Dieu. Il trouve une
goutte dans l’océan et dans une goutte, il voit les secrets de la mer.
Ouvre le cœur de l’atome, Et vois ! Tu y trouveras un soleil !13

En cette vallée, le voyageur perspicace ne voit dans l’œuvre de Dieu, le Véritable, ni
contradiction ni incohérence ; sans cesse il s’écrie : « Il n’est pas de défaut dans la création
du Dieu de miséricorde ; regarde encore, y vois-tu la moindre faille ? » Dans l’injustice, il voit
la justice, et dans la justice, la grâce. Dans l’ignorance, il perçoit maints savoirs cachés, et
dans la connaissance, cent mille sagesses. Il brise la cage du corps et de ses passions et
s’associe au peuple du royaume immortel. Il gravit les échelons de l’esprit et se hâte vers le
ciel de la signification intérieure. Il vogue sur l’arche de « Nous leur ferons voir nos signes
dans l’univers et en eux-mêmes » et navigue sur la mer de « jusqu’à ce qu’ils voient
clairement que ceci (ce Livre) est la vérité ». Il supporte l’injustice avec patience et la
violence avec amour.
Il était une fois un amoureux qui, loin de sa bien-aimée depuis de longues années,
soupirait en se consumant aux flammes de l’éloignement. Sous l’effet de l’amour, son cœur
perdait patience et son corps se lassait de son esprit. La vie sans elle lui paraissait un leurre
et le temps achevait de l’épuiser. Combien de jours passa-t-il ainsi à sans cesse se languir
d’elle ! Combien de nuits se tint-il éveillé, à souffrir d'elle ! Son corps n’était plus qu'un
souffle, son cœur blessé, un cri de tourment. Il avait offert mille vies pour goûter une seule
fois à la coupe de sa présence, mais sans résultat. Les docteurs ne pouvaient le guérir et ses
compagnons l’avaient abandonné. Las ! les médecins sont sans remède pour le malade
d’amour car seule peut le guérir la faveur de l’aimée.
À la fin, de l’arbre de son désir naquit le fruit de la détresse et, du feu de son espoir, il ne
resta que cendres. Un soir, alors que, las de vivre, il sortait de chez lui pour se rendre à la
place du marché, il s’aperçut qu’un garde le suivait. Il se mit à courir. Le garde fit de même,
rejoint par d’autres gardes. Ils barrèrent toute issue à l’infortuné. Affolé, courant ça et là, le
malheureux se disait : « Ce garde est sûrement ‘Izrá’íl, l’ange de la mort pressé de me
prendre, ou bien c’est un tyran qui cherche à malmener les gens ». Cette victime des flèches
de l’amour gémissait en son cœur et courait toujours lorsqu’il parvint près d’un jardin clôt
d’un mur qu’il escalada à grand-peine car il était très haut. Et, sans plus se soucier de sa vie,
il sauta dans le jardin.
Alors il découvrit sa bien-aimée qui, une lampe à la main, cherchait une bague qu’elle avait
perdue. Apercevant sa ravissante amie, l’amant désespéré poussa un grand soupir, leva les
mains au ciel en prière et s’écria : « Ô Dieu, accorde gloire, richesse et longue vie à ce garde.
Il est l’ange Gabriel venu guider cette pauvre créature ; à moins qu’il ne soit Isráfíl qui donne
vie au misérable que je suis. »
Certes, ses paroles étaient justes car sous l’apparente brutalité de ce garde, l’homme
découvrait maintes justices secrètes et maintes miséricordes voilées. Par sa menace, le
garde avait conduit cet assoiffé du désert de l’amour à la mer de la bien-aimée et, par la
lumière de la rencontre, il avait dissipé la nuit de l’absence. Il avait conduit l’éloigné au jardin
de l’approche et le malade vers le médecin des cœurs.
Si cet amant avait été plus perspicace, il eût, dès le début, béni le garde, prié pour lui et
perçu sa tyrannie comme la justice même. Mais, ignorant le dénouement, il avait gémi et
s'était plaint. Cependant, ceux qui voyagent dans le jardin de la connaissance, voyant la fin
dans le début, voient la paix dans la guerre et l'amitié dans l'hostilité.
Telle est la condition des voyageurs de cette vallée. Quant à ceux des vallées
supérieures, ils voient que la fin et le début ne sont qu’une seule chose ; ils ne voient ni
commencement ni fin, ne considèrent ni premier ni dernier. Mieux, les habitants de la ville
immortelle qui résident aux séjours verdoyants ne voient ni premier ni dernier. Ils fuient tout
ce qui est premier, repoussent tout ce qui est dernier car, rapides comme l’éclair, ils se sont
envolés au-delà des mondes des noms et des attributs. C’est ainsi qu’il est dit : « L’unité
absolue exclut tout attribut ». Et ils ont établi leur séjour à l’ombre de l’Essence.
C'est à ce propos que Khájih ‘Abdu’lláh - que Dieu, le Très-haut, sanctifie son âme bienaimée - a fait une subtile mise au point, et développé une éloquente paraphrase sur la
signification du verset : « Dirige-nous dans le chemin droit », ce qui signifie : « Montre-nous
le droit chemin, c’est-à-dire, honore-nous de l'amour de ton Essence afin de nous libérer de
toute préoccupation de nous-mêmes ou de tout ce qui n'est pas toi, devenant ainsi
entièrement tien, ne connaissant que toi et ne pensant à rien d'autre qu'à toi. »
Ils dépassent même ce rang, car il est dit :
L’amour est un voile entre l’amant et l’aimé ; Mais d’en dire plus je ne suis pas autorisé.15

C’est l’heure où se lève le matin du savoir, et s’éteignent les lampes du voyage et de
l’errance.
À Moïse qui fut force et lumière Ceci resta voilé ;Toi donc qui n’as point d’ailes N’essaie pas de voler.15

Si tu es un homme de communion et de prière, élève-toi sur les ailes que procurent en
soutien les âmes saintes afin d’apercevoir les mystères de l’Ami et d’atteindre les lumières
du Bien-aimé. « En vérité, nous venons de Dieu et nous retournons à lui ».
Parvenu au terme de la vallée de la connaissance, dernier niveau de limitation, le voyageur
entre dans la vallée de l’unité.

LA VALLÉE DE L’UNITÉ

Il y boit à la coupe de l’Absolu et contemple les manifestations de l’Unicité. Dans cet état,
il déchire les voiles de la pluralité et, fuyant les mondes charnels, s’envole vers les cieux de
l’unité. Il entend par l’ouïe de Dieu et voit par l’œil de celui-ci les mystères de la création
divine. Il pénètre dans le sanctuaire de l’Ami et partage l’intimité de la tente du Bien-Aimé. Il
sort la main de vérité de la manche de l'Absolu et révèle les secrets du pouvoir. Il ne
s’attribue aucun nom, aucun titre, aucun rang, trouvant dans la louange de Dieu son propre
éloge et le nom de Dieu dans son propre nom. Pour lui « tous les chants sont chants du
Roi 15 » et toute mélodie vient de lui. Il s’assied sur le trône de : « Dis : Tout vient de Dieu »,
et se repose sur le tapis de : « Il n’y a de puissance qu’en Dieu ! ». Il considère toute chose
de l’œil de l’unité. Il voit les rayons de splendeur du soleil divin briller, du Levant de
l’essence, sur tout ce qui existe, et les lumières de l’unité se refléter dans toute la création.
Ton Eminence n’ignore pas que dans les royaumes de l’existence, tout ce qui différencie
les mondes traversés par le voyageur procède de sa propre vision. Nous allons en donner un
exemple pour que la chose soit parfaitement claire. Considère le soleil : il brille d'un même
éclat sur tout ce qui existe et, par ordre du Roi de la manifestation, il dispense sa lumière à
toute la création. Pourtant, où qu’il luise, il se manifeste et accorde ses bienfaits selon les
potentialités du lieu. Ainsi, dans un miroir, il reflète la forme de son disque, et cela est dû à
la sensibilité du miroir. D’un cristal, il fait apparaître du feu, et ailleurs il ne fait voir rien
d’autre que l’effet de son éclat et non son disque parfait. Cependant, comme tu peux le
constater, par cet effet, il contribue, sur l’ordre du Créateur, au développement de chaque
chose selon les aptitudes de celle-ci.
De même, les différentes couleurs deviennent visibles en chaque objet selon sa nature : à
travers un globe jaune, les rayons éclairent en jaune ; si le globe est blanc ou rouge, les
rayons seront perçus blancs ou rouges. Ces différences ne tiennent donc pas à la lumière
elle-même mais à l’objet qu’elle frappe. Un lieu complètement muré, ou couvert d’un toit,
sera privé de lumière et le soleil n’y pourra luire.
Ainsi certaines âmes faibles ont enfermé les champs de la connaissance dans les murs de
l’égoïsme, de la passion, et les ont assombris par les nuages de l’ignorance et de
l’aveuglement. Ces âmes se sont égarées loin des joyaux de sagesse offerts par la foi
lumineuse du Seigneur des messagers, aussi se sont-elles privées des rayons du soleil
spirituel et des mystères de l’éternel Bien-Aimé et se sont-elles exclues du sanctuaire de la
Beauté parfaite, s’interdisant l’accès au Temple de gloire. Telle est la condition des gens de
notre époque !
Que s’élance un Rossignol depuis l’argile du moi jusqu'à la roseraie du cœur, qu’il chante
d’une voix douce et mélodieuse, en arabe ou en persan, les divins mystères dont un seul
mot ranime les morts et souffle l’Esprit saint sur les cendres de cette existence, et tu verras
des milliers de griffes jalouses, des milliers de becs haineux, le traquer de toutes leurs forces
pour le mettre à mort.
Certes, les parfums agréables déplaisent au bousier et l’homme affligé d’un rhume ne
respire pas les arômes suaves. Ainsi fut-il écrit pour instruire l’ignorant :
Guéris ton cerveau de tout rhume Et respire le souffle de Dieu15.

La question des différences dans les objets est maintenant élucidée. Mais tant que le
voyageur fixe son regard sur le lieu d’apparition - tant qu’il s’arrête aux globes colorés -, il ne
perçoit que le jaune, le blanc ou le rouge. C’est l’origine des conflits entre les hommes et la
cause de l’assom-brissement du monde sous l’obscure poussière des esprits bornés. Certains
contemplent les rayons de la lumière tandis que d’autres, buvant au vin de l’unité, ne voient
que le soleil.
Ainsi, parce qu’elles concernent trois différents plans, la compréhension et les explications
des voyageurs varient et c’est de là que viennent constamment les conflits. Certains se
situent au plan de l’unité et le décrivent, d’autres vivent dans le monde des limitations,
d’autres encore en sont toujours au stade du moi, et il en est de complètement aveugles.
Ainsi sont les ignorants aujourd’hui : privés du rayonnement de la Beauté divine, ils avancent
certaines prétentions et, en chaque âge, en chaque cycle, ils infligent au peuple de la mer
d’unité ce qu’eux-mêmes mériteraient. « Si Dieu punissait les hommes de leurs actions
perverses, il ne laisserait sur terre rien de vivant ! Mais il remet cela au jour fixé… »
Ô mon frère, un cœur pur est comme un miroir ; polis-le à l’aide du brunissoir de l’amour
et du détachement de tout ce qui n’est pas Dieu, afin que s’y reflète le vrai soleil et que s’y
lève l’aube du matin éternel. Alors tu comprendras clairement le sens de « Ni ma terre ni
mon ciel ne peuvent me contenir, mais le cœur de mon fidèle serviteur me contient ». Et
cueillant ta vie de tes mains tu la déposeras avec ferveur aux pieds du nouveau Bien-aimé.
Chaque fois que la splendeur du Roi de l’unité se manifeste sur le trône du cœur et de
l’âme, son éclat apparaît dans chaque membre. Alors s’éclaire le secret de la célèbre
tradition : « Un croyant s'approche de moi par la prière jusqu'à ce que je lui réponde. Et
quand je lui ai répondu, je deviens l'ouïe par laquelle il entend… » Car alors, le maître de la
maison paraît chez lui et tous les piliers de la demeure en sont illuminés. L’action et les
effets de la lumière proviennent du Dispensateur de lumière et c’est ainsi que par lui, tout se
meut et que par sa volonté, tout s’élève. Voilà la source où boivent ceux qui sont proches,
ainsi qu’il est dit : « Voici l’eau qui est bue par ceux qui sont proches de Dieu. »
Loin de moi l'idée de donner à ces paroles une idée d’anthropomorphisme et de voir en
elles la descente des mondes de Dieu au rang des créatures. Ton Eminence ne doit en aucun
cas se laisser aller à de telles spéculations. Car Dieu, en son Essence, est au-delà de la
montée et de la descente, de l’entrée et de la sortie. De toute éternité, il est affranchi des
attributs humains et le sera à jamais. Nul ne l’a jamais connu ; nulle âme n’a trouvé la voie
vers son être. Les érudits mystiques se sont tous égarés dans la vallée de sa connaissance
et tous les saints se sont fourvoyés en cherchant à saisir son Essence. Au-delà de
l’entendement du sage, il est sanctifié ; au-delà de la science du savant, il est exalté. Close
est la voie, sacrilège la recherche. Ses signes sont sa preuve, son existence est son
témoignage.
C’est pourquoi les amants du visage du Bien-Aimé ont affirmé : « Ô toi dont l'Essence
seule montre la voie vers son Essence, toi qui es sanctifié au-delà de toute ressemblance
avec tes créatures30 ». Comment le néant absolu pourrait-il chevaucher dans la prairie de la
préexistence ? Comment une ombre fugace pourrait-elle parvenir au Soleil éternel ? L’Ami
n’a-t-il pas dit : « Si ce n’était pour toi, nous ne t’aurions pas connu », et le Bien-aimé33 n’at-il pas ajouté : « ni n’aurions-nous atteint ta présence ».
En réalité la mention de ces degrés du savoir se rapporte à la connaissance des
manifestations de ce Soleil de vérité qui projette sa lumière sur les miroirs. La splendeur de
cette lumière brille dans les cœurs, mais les voiles des sens et des conditions terrestres la
cachent, ainsi en est-il d’une chandelle dans une lanterne de métal. Pour que la lumière luise,
il faut ôter la lanterne.
De même, si tu arraches les voiles trompeurs de ton cœur, les lumières de l’unité s’y
manifesteront.
S’il est vrai qu'il n'existe ni entrée ni sortie pour ces manifestations, ce l’est plus encore
pour cette Essence de l’être, ce mystère désiré de tous. Ô mon frère, traverse ces régions
dans un esprit de recherche et non de conformisme aveugle. Le voyageur sincère ne se
laisse pas arrêter par le gourdin des mots, ni ne se laisse écarter par les mises en garde des
insinuations.
Un rideau peut-il séparer l’amant de l’aimée ? Même le mur d’Alexandre ne peut les séparer.

Nombreux sont les mystères, innombrables les profanes. Des volumes entiers ne
suffiraient pas à saisir le secret du Bien-aimé et ces pages n’épuiseront pas le sujet, ne
serait-il qu’un mot ou qu’un signe. « Le savoir n'est qu'un simple point ; les ignorants l'ont
multiplié30 ».
C’est de la même manière qu’il faut considérer les différences entre les mondes. Les
mondes divins sont une infinité, mais on en parle parfois comme s’ils étaient quatre : le
monde du temps (zamán) qui a un commencement et une fin ; le monde de la durée (dahr)
qui a un commencement mais dont la fin n’est pas révélée ; le monde de la perpétuité
(sarmad) dont le commencement n’est pas connu mais dont on sait qu’il a une fin et le
monde de l’éternité (azal) dont on ne voit ni le commencement ni la fin. Reprendre dans le
détail les différents commentaires sur ces questions serait lassant. Ainsi, certains disent que
le monde de la perpétuité n’a ni début ni fin et donnent le nom d'invisible, d'inconcevable
Empyrée au monde de l'éternité. D’autres encore les nomment : la Cour céleste (Láhút),
l'Empyrée céleste (Jabarút), le Royaume des anges (Malakút) et le monde mortel (Násút).
Les chemins de l’amour sont aussi au nombre de quatre : des créatures au Véritable, du
Véritable aux créatures, des créatures aux créatures et du Véritable au Véritable.
Répugnant à de longues citations des dires anciens, je ne mentionnerai pas les nombreux
propos des mystiques et des savants d’autrefois, car citer les paroles des autres prouve un
savoir acquis et non le don divin. Le peu que j’en ai dit ici ne l’a été que pour sacrifier aux
usages et pour suivre les coutumes des amis. D’ailleurs, de telles matières dépassent le
cadre de cette épître. Ce n’est pas par orgueil que je suis peu disposé à répéter leurs dires,
mais par sagesse et pour prouver ma bonté.
Si Khid∂r a fait sombrer le vaisseau, C’est qu’en ce mal il y avait mille bontés15.

Par ailleurs, ce serviteur se considère démuni et comme un pur néant en présence d’un
aimé de Dieu, et combien moins encore en présence d’un de ses saints. Glorifié soit mon
Seigneur, le Très-Haut ! En outre, mon but n’est pas de commenter les opinions
contradictoires des mystiques mais d’expliquer les étapes du parcours du voyageur.
Bien que l’on ait donné un exemple du commencement et de la fin du monde contingent,
j’en ajouterai un second pour bien mettre en lumière toute sa signification. Que ton
Eminence songe à elle-même : pour ton fils, tu es le premier, mais pour ton père, tu es le
dernier. Extérieurement, tu as l’apparence de la puissance dans les royaumes de la création
divine, mais intérieurement, tu révèles les mystères cachés du dépôt divin qui est en toi.
Ainsi, ces quatre états : commencement, fin, extériorité et intériorité sont des notions qui,
dans l’acception que nous leur donnons, s’appliquent à toi, afin que tu puisses saisir les
quatre états divins et que le rossignol de ton cœur, sur les branches des rosiers de
l’existence, chante depuis les mondes visible et invisible : « Il est le Premier et le Dernier,
celui qui est apparent et celui qui est caché ».
Le caractère relatif de ces explications est dû aux limitations humaines. Mais, ayant
franchi d’un pas la frontière de ce monde relatif et limité, et planté leur tente dans les
mondes de l’autorité et du commandement, ceux qui habitent dans le lieu de délices de
l’Absolu ont, d’une simple étincelle, réduit en cendres ces contingences. D’une goutte de
rosée, ils ont effacé tous ces mots. Ils nagent dans la mer de l’esprit et volent dans
l’atmosphère sainte de la lumière. Dans un tel monde, quelle valeur peuvent bien avoir les
mots, que ce soit premier ou dernier ou d’autres lus et prononcés ? Ici, le premier est le
dernier et le dernier n’est autre que le premier.
Allume dans ton âme le feu de l'amour Et brûle toute pensée et toute adoration15

Ô mon ami, regarde-toi : si tu n’étais devenu père en engendrant un fils, tu n’aurais même
pas compris ces propos. Oublie donc toutes ces choses pour être instruit à l’école de l’unité
par le Maître d’amour, pour retourner à Dieu, échanger ce paysage intérieur irréel contre ta
véritable condition et résider à l’ombre de l’Arbre de la connaissance.
Ô toi qui m’es cher, appauvris-toi afin d’accéder à la cour suprême des richesses, oublietoi afin de boire à la rivière de gloire et de goûter à la parfaite compréhension des poèmes
que tu as demandée.
Il est maintenant clair que ces états dépendent de la vision du voyageur. Dans chaque
ville, il verra un monde, dans chaque vallée, il trouvera une source, dans chaque prairie, il
entendra un chant. Pourtant, le faucon qui plane dans le ciel mystique a dans son cœur bien
d’autres merveilleux chants spirituels et l’oiseau de Perse garde en son âme plus d’une
douce mélodie arabe, mais elles sont et resteront cachées.
Si je parlais, plus d’une raison serait ébranlée. Si j’écrivais, plus d’une plume se briserait.

Paix sur celui qui accomplit ce suprême voyage en suivant le Véritable, éclairé par les
lumières directrices.
Après la traversée des hautes sphères de ce parcours céleste, le voyageur pénètre dans
la vallée du contentement.

LA VALLÉE DU CONTENTEMENT

Là, il ressent les brises du contentement divin soufflant des hauteurs de l’esprit et brûlant
les voiles du besoin. De son œil intérieur et extérieur, il perçoit dans le visible et l’invisible de
toutes choses le jour où : « Dieu enrichira chacun de son abondance ». Du chagrin, il passe à
la béatitude, de l’angoisse à la joie. Sa peine, son affliction cèdent au délice et au
ravissement.
En apparence assis dans la poussière, les voyageurs de cette vallée trônent en réalité sur
les hauteurs de l’esprit, nourris de ses faveurs infinies et abreuvés de ses vins délicats.
La langue ne réussit pas à décrire ces trois dernières vallées et le discours tourne court.
La plume ne s’avance pas dans ces régions et l’encre n’y laisse que taches. Le rossignol du
cœur y a d’autres chants et d’autres secrets qui remuent le cœur et font se récrier l’âme,
mais ce mystère du sens intime ne peut qu’être murmuré de cœur à cœur et confié d’âme à
âme.
Seulement de cœur à cœur se communique la vraie condition du mystique. Nul messager ne sait la dire,
nulle épître la partager34.

Je me suis résigné au silence sur bien des sujets,Mes paroles ne les pourraient estimer et ma langue serait
prise de court.

Ô mon ami, à moins d’entrer dans les jardins de ces mystères, tu ne goûteras jamais au
vin immortel de cette vallée. Y goûterais-tu que tu détournerais les yeux de tout le reste et
boirais de ce vin de la richesse intérieure, que tu te détacherais de tout pour te lier à lui,
offrirais ta vie sur son chemin et sacrifierais ton âme. Mais dans cette condition, il n’est rien
d’autre à oublier : « Dieu était, et rien n’était avec lui30 ». En effet, arrivé à cette étape le
voyageur voit en toutes choses la beauté de l’Ami et jusque dans le feu, il voit le visage de
l’Aimé. Dans l’illusion, il perçoit le secret du réel et dans les attributs, il découvre le mystère
de l’essence. D’un souffle, il a consumé les voiles et d’un clin d’œil dissipé les brumes. Sa
vue pénétrante contemple la création nouvelle et son cœur lucide en saisit les vérités
subtiles. Comme l’atteste assez cette parole : « Nous avons rendu ta vue perçante
aujourd’hui ».
Une fois franchies les sphères du pur contentement, le voyageur accède à la vallée de
l’émerveillement.

LA VALLÉE DE L’ÉMERVEILLEMENT

Il se trouve ballotté dans des océans de grandeur et chaque instant l’émerveille un peu
plus. Parfois il voit que la richesse est la pauvreté même et l’essence du contentement lui
semble pure impuissance. De plus, il est frappé de mutisme devant la beauté du Très-
Glorieux et sa propre vie lui pèse. Nombreux sont les arbres mystiques déracinés par ce
tourbillon d’émerveillement, nombreuses les âmes qui en sortent essoufflées ! Car si celui qui
demeure dans cette vallée apprécie et chérit de telles merveilles, le voyageur s’y trouve en
pleine confusion. À chaque instant, il découvre un monde merveilleux, une nouvelle création,
et d’étonnement en étonnement, il est éperdu de respect devant l'œuvre du Seigneur de
l’unité.
Ô mon frère, méditons sur chaque chose créée et nous y découvrirons des myriades de
sagesses parfaites et y apprendrons des myriades de vérités nouvelles et merveilleuses. Le
rêve est l’un de ces phénomènes de la création. Vois combien de secrets il détient, combien
de sagesses il renferme, combien de mondes il recèle. Observe : tu dors dans une maison
bien close et soudain te voilà transporté dans une ville éloignée dans laquelle tu entres sans
mouvoir les pieds ni fatiguer le corps. Sans les yeux, tu vois ; sans les oreilles, tu entends ;
sans la langue, tu parles. Et il arrive parfois qu’après dix ans passés, tu découvres dans le
monde du temps (zaman) ce que tu avais rêvé cette nuit-là.
Le rêve contient de nombreuses sagesses à méditer, dont seuls les gens de cette vallée
peuvent saisir le sens. D’abord, quel est ce monde dans lequel, sans yeux, sans oreilles, sans
mains et sans langue, on en fait néanmoins usage ? Ensuite, comment se fait-il que tu
constates aujourd’hui dans le monde extérieur, l’effet d’un rêve que tu fis dix ans plus tôt
dans le monde du sommeil ? Médite sur les différences entre ces deux mondes et sur les
mystères qu’ils recèlent afin qu’obtenant confirmations divines et révélations célestes, tu
puisses pénétrer dans les contrées de sainteté.
Dieu, l’Exalté, a placé ces signes dans l’homme afin que les chercheurs ne puissent nier les
mystères de la vie future ni mésestimer ce qui leur fut promis. Car il en est qui, ne se fiant
qu’à la raison, nie ce qu’elle ne comprend pas. Des esprits faibles ne sauraient saisir ce dont
nous venons de parler, qui n’est accessible qu’à la divine et suprême Intelligence :
Comment la faible raison peut-elle embrasser le Coran Ou l’araignée piéger le Phœnix dans sa toile.13

On découvre tous ces états dans la vallée de l’émerveillement et sans se lasser, le
voyageur en recherche toujours plus. En exposant les divers degrés de la contemplation et
en exprimant l'émerveillement, le Seigneur du début et de la fin dit : « Ô Seigneur, augmente
mon étonnement à ton égard ! »
Songe également combien la création de l’homme est parfaite et comme tous ces degrés
et ces états sont latents et cachés en lui.
Te prends-tu pour un corps chétif, Alors qu’en toi l’univers se niche.

Il nous faut donc travailler à détruire notre condition animale jusqu’à ce qu’apparaisse en
nous le sens de l’humain.
Ainsi Luqmán qui avait bu à la source de sagesse et goûté aux eaux de miséricorde,
voulant faire comprendre à son fils Nathan la résurrection et la mort, choisit le rêve comme
preuve et comme exemple. Nous en parlons ici afin que, grâce à ce serviteur mortel, un
souvenir persiste de ce jeune élève de l’école de l’unité divine, de cet ancien versé dans l’art
de la compréhension et du détachement. Il dit : « Ô fils, si tu peux ne pas dormir, tu peux ne
pas mourir. Et si tu es capable de ne pas t'éveiller après ton sommeil, alors tu pourras
échapper à la résurrection. »
Ô mon ami, le cœur est le siège de mystères éternels, n’en fais pas le lieu d’imaginations
fugitives. Ne gâche pas le trésor de ta précieuse vie en participant à ce monde fugace. Tu
viens du monde de sainteté, n’attache pas ton cœur à la terre. Tu es un familier de la cour
de proximité, ne choisis pas la poussière pour demeure.
Sans limites est la description de ces étapes, mais les torts qu’ont fait subir à ce Serviteur
les peuples de la terre m’ont ôté l’envie d’en dire plus :
L'histoire reste incomplète ; je n'ai pas le cœur à l'achever. Aussi, je t'en prie, pardonne-moi15.

La plume gémit, l’encre s’épanche en pleurs et la rivière du cœur roule des vagues de
sang. « Rien ne nous atteindra, en dehors de ce que Dieu a écrit pour nous ». Paix à celui qui
a suivi le droit sentier !
Après avoir escaladé les hauteurs de l’émerveillement, le voyageur entre dans la vallée de
la vraie pauvreté et de l’anéantissement absolu.

LA VALLÉE DE LA VRAIE PAUVRETÉ ET DE L’ANÉANTISSEMENT ABSOLU

Cette étape est celle où l’on meurt à soi-même pour vivre en Dieu, où l’on s’appauvrit en
soi pour s’enrichir du Désiré. C’est-à-dire qu’on devient pauvre en choses terrestres et riche
de ce qui est dans le monde de Dieu. Car lorsque l’ami fidèle et dévoué atteint la présence
du Bien-Aimé, la beauté étincelante de l’Aimé et le feu du cœur de l’amant embrasent tous
les voiles et les enveloppent. Oui, tout ce qu’il possède, cœur et âme, doit s’enflammer afin
qu’il ne reste que l’Ami.
Quand les attributs de l'Ancien des jours se manifestèrent, Moïse brûla tout attribut terrestre15.

Celui qui arrive à cette condition est purifié de tout ce qui appartient aux créatures. Par
conséquent, qu’importe de ne trouver chez ceux qui ont atteint l’océan de sa présence, ni
richesses ni pensées personnelles qui sont choses contingentes d’un monde périssable. Car
ce qui appartient aux créatures possède d’inhérentes limites alors que ce qui appartient au
seul vrai Dieu en est sanctifié. Méditons longuement cette affirmation afin que le sens en
soit clair. « En vérité, les hommes purs boiront à une coupe dont le mélange sera de
camphre ». Pour comprendre le sens de ce verset, il suffirait de comprendre le sens du mot
« camphre ». C’est de cette condition de pauvreté qu’il est dit : « La pauvreté est ma
gloire ». La pauvreté, intérieure ou extérieure, peut avoir de nombreux sens que je ne juge
pas à propos de dévoiler ici, me réservant pour une autre occasion qui dépendra du désir de
Dieu et de ce que décidera le destin.
Dans cette sphère, la multitude des choses disparaît chez le voyageur, et à l’horizon
d’éternité, s’élève de la nuit la Face divine. Ainsi s’éclaire le sens de : « Tout sur terre
passera, sauf la face de ton Seigneur ».
Ô mon ami, que ton cœur et ton âme entendent les chants de l’esprit. Protége-les à l’égal
de la prunelle de tes yeux car les sagesses divines, comme les pluies printanières,
n’arroseront pas toujours la terre du cœur des hommes. Certes, la bonté du Miséricordieux
ne tarit jamais, mais en chaque cycle, selon une mesure fixée, une part est assignée, un don
est réservé. « La source de toutes choses est dans nos mains, nous les dispenserons avec
une sage économie. » Les nuées miséricordieuses du Bien-Aimé n’arrosent que les jardins de
l’esprit et ce n’est qu’au printemps qu’elles dispensent leurs bienfaits. Les autres saisons ne
connaissent pas cette faveur suprême et les terres stériles n’en profitent jamais.
Ô mon frère, les mers ne contiennent pas toutes des perles, les branches ne fleurissent
pas toutes et les rossignols ne chantent pas sur chacune d'elles. Aussi, avant que le
Rossignol du paradis mystique ne regagne le jardin de Dieu, avant que les rayons de l’Aurore
spirituelle ne retourne au Soleil de vérité, efforce-toi, dans le tas de poussières qu’est le
monde mortel, de capter les effluves du jardin éternel pour vivre à jamais à l’ombre des
peuples de cette cité. Et lorsque tu auras atteint cette très haute condition, tu
contempleras l’Aimé et tu en oublieras tout le reste.
Le Bien-aimé rayonne partout sans voiles Sur les portails et sur les murs, ô hommes de vision !13

Ainsi auras-tu sacrifié la goutte de ta vie pour atteindre l'océan de celui qui donne la vie.
C’est le but que tu t'es choisi et si Dieu le veut, tu l’atteindras.
Dans cette cité, les voiles de lumière eux-mêmes sont déchirés et anéantis. « Pour sa
beauté, il n'y a d'autre voile que la lumière, et sa Face n'est couverte que de sa
révélation30 ». Les insouciants, c'est étrange, sont toujours à la recherche de possessions
matérielles alors que le Bien-aimé est aussi visible que le soleil. Mais c’est l’intensité même
de sa révélation qui le voile, la puissance de son éclat qui le cache.
Sa lumière a brillé, tout comme celle du soleil mais hélas, il est descendu dans la cité des aveugles !15

Dans cette vallée, le voyageur délaisse la condition de « l’unité de l’Etre et l’unité de la
Manifestation » pour parvenir à une unité qui se situe au-delà de ces deux états. Ni la parole,
ni l’argument, mais l’extase seule peut faire comprendre ce sujet. Celui qui est arrivé jusqu’à
cette étape du voyage et qui a respiré l’air de ce jardin sait ce dont nous parlons.
Que dans ces pérégrinations, le voyageur ne s’écarte pas, fut-ce de l’épaisseur d’un
cheveu, de la « Loi » qui est le secret même du « Cheminement », le fruit de l’arbre de
« Vérité ». Il doit au cours de ces étapes, s’accrocher au vêtement de l'obéissance aux
commandements, tenir fermement la corde de l’abstention des choses défendues s’il veut se
nourrir à la coupe de la Loi et connaître les mystères de la Vérité.
Si certains des propos de ce Serviteur n’étaient pas compris ou déconcertaient, il faudrait
reposer les questions afin que nul doute ne subsiste et que le sens en soit aussi clair que la
face du Bien-Aimé brillant dans « l’état de Gloire ».
Ces voyages n'ont pas de fin visible dans le monde du temps (zaman), mais le voyageur
détaché - s’il reçoit la confirmation invisible et l’aide du Gardien de la Cause - peut parcourir
les sept étapes en sept pas, plutôt en sept souffles, voire en un seul si tel est le désir et la
volonté de Dieu. Et cela en raison de « Dieu répand sa grâce sur tels de ses serviteurs, ainsi
qu'il lui plaît ».
Ceux qui s’envolent au ciel d’unité pour atteindre l'océan de l’absolu considèrent cette
cité, vivre éternellement en Dieu, comme l’extrême limite pour les chercheurs mystiques et
l’ultime patrie pour les amants. Mais pour cet être évanescent issu de l’océan mystique,
c’est la première porte de la citadelle du cœur, la première entrée de cette cité pour
l’homme. Pour le cœur, quatre degrés sont prévus qui seraient exposés ici s’il se présentait
une âme-sœur.
Lorsqu'elle voulut dépeindre cet état,La plume se brisa et la page fut déchirée13.

Salám !
Ô mon ami, de nombreux chiens poursuivent cette gazelle du désert de l’unité, et
beaucoup de serres déchirent cette grive des jardins éternels. Embusqués, des corbeaux
impitoyables guettent cet oiseau des paradis de Dieu et le chasseur jaloux traque cette
biche des prairies de l’amour.
Ô Shaykh, cette flamme qui ne désire que brûler dans la lampe du Seigneur et resplendir
dans le globe de l’esprit, efforce-toi de la protéger contre les vents contraires. Car la tête
qui se lève pour l’amour de Dieu sera sûrement tranchée, la vie allumée au feu du désir, à
coup sûr sacrifiée, et le cœur qui se souvient de l’Aimé, gonflé de sang. Comme il est
justement dit :
Vis détaché de l'amour car sa paix n’est qu’angoisseIl commence par la souffrance et finit dans la mort.39

Paix à celui qui suit le droit Sentier !

*****

J'ai réfléchi à tes considérations sur l'interprétation à donner aux noms de cette espèce
commune d'oiseau, Gunjishk (passereau) en persan. Il semble que tu aies pénétré les
mystères des significations cachées. Mais à chaque degré, toute lettre possède une
signification propre à ce degré. En vérité, le voyageur découvre un secret dans chaque nom
et un mystère dans chaque lettre. D'un certain point de vue, ces lettres évoquent l'idée du
sacré.
Káf ou Gáf (K ou G) se rapporte à Kuffi (libre), c'est-à-dire : « Libère-toi de ce que désire
ta passion et avance vers ton Seigneur. »
Nún se réfère à Nazzih (purifier), c’est-à-dire : « Purifie-toi de tout sauf de lui, afin de
renoncer à ta vie pour son amour. »
Jím est Jánib (retire-toi) qui veut dire : « Retire-toi du seuil du seul Vrai si tu possèdes
encore des attributs terrestres. »
Shín est Ushkur (merci) ; « Remercie ton Seigneur tant que tu es sur sa terre, pour qu'il te
rende ce remerciement dans son ciel ; encore que, dans le monde de l'unité, son ciel soit le
même que sa terre. »
Káf se réfère à Kuffi, c’est-à-dire : « Libère-toi des entraves des limitations afin de
parvenir à la connaissance de ce que tu ignores des états de sainteté. »
Si tu écoutais les mélodies de cet Oiseau mortel tu chercherais le calice de vie éternelle et
tu oublierais les coupes périssables.
Paix soit sur ceux qui foulent le droit Sentier !
LES QUATRE VALLÉES
.
Il est le Fort, le Bien-aimé.
Ô lumière de vérité, H∆isám-i-Dín, le généreux,Le monde n’a jamais donné le jour à un prince tel que toi !

Le lien d’amour fut brusquement rompu, et brisé le serment impérissable d’amitié.
Pourquoi ? Dieu me pardonne ! Ma dévotion est-elle moins grande ou mon affection moins
profonde pour qu’ainsi tu m’oublies et m’effaces de tes pensées ?
Quelle fut ma faute qui fit cesser tes faveurs ? Est-ce parce que nous sommes humble et toi de haut
rang ?

Ou bien serait-ce qu’une seule flèche t’ait fait fuir le combat ? N’as-tu pas entendu dire
que la persévérance est un devoir pour ceux qui suivent la voie mystique, le seul guide sûr
vers sa sainte présence ? « Sur ceux qui disent : notre Seigneur est Dieu, et qui vont droit
vers lui, descendront les anges. ».
Le Coran dit aussi : « Va droit au but ainsi qu’on te l’a ordonné. » C’est donc à ceux qui
vivent en la présence de Dieu qu’il appartient de tenir cette conduite.
Suivant l’ordre reçu j’apporte le message, qui est, selon ton goût, soit conseil soit ennui.

Mes lettres sont restées sans réponse, et les sages n’ont pas l’habitude de renouveler
l’expression de leur estime, mais ce nouvel amour brise les us et coutumes de jadis.
Ne nous conte pas l’histoire de Leyla et les malheurs de Majnoun, Ton amour fait perdre au monde le
souvenir des amours passées. Dès que ton nom fut sur les lèvres, les amants s’en saisirent Et ceux
qui en parlent, comme ceux qui l’entendent, se mirent à danser.

Et Roumi parle, divine sagesse et céleste conseil :
À chaque lune, ô bien-aimé, je deviens fou pendant trois jours ; C’est aujourd’hui le premier. C’est
pourquoi tu me vois en joie.

Nous apprenons que tu es allé à Tabriz et à Tiflis pour répandre la connaissance ou que
tout autre grand projet a porté tes pas vers Sanandaj.
Ô éminent ami, ceux qui progressent dans la recherche mystique sont de quatre sortes.
Je les décrirai brièvement afin que les conditions et les qualités de chacun te soient bien
connues.

Quand les voyageurs se donnent le Désiré (maqs∂úd) comme objet de leur recherche, ils
sont dans la condition du soi, ce soi qui est « le Soi de Dieu présent en lui-même avec ses
lois ».
Sur ce plan, le soi n’est pas rejeté mais aimé ; il est agréable et n’a pas à être évité. Bien
qu’à son début ce niveau soit le royaume des conflits, à la fin on y atteint pourtant le trône
de splendeur. Comme ils ont dit : « Ô Abraham de ce jour, ô ami, Abraham de l’Esprit ! tue
ces quatre oiseaux de proie afin qu’après la mort, l’énigme de la vie puisse être résolue.
C’est le niveau du soi qui plaît à Dieu. Souviens-toi de ce verset :
Ô toi, âme apaisée ! retourne à ton Seigneur, satisfaite et agréée.

Qui se termine par :
Entre donc avec mes serviteurs Entre dans mon Paradis13.

Cet état a de nombreux signes, des preuves innombrables. Ainsi est-il écrit : « Nous leur
montrerons bientôt nos Signes, dans l’univers et en eux-mêmes, jusqu’à ce qu’ils voient
clairement que ceci est la Vérité » et qu’il n'est de Dieu que Lui.
On doit donc lire le livre de son propre moi, plutôt qu’un quelconque traité de rhétorique.
Ainsi, il a dit : « Lis ton livre ! Il suffit aujourd’hui pour rendre compte de toi-même ».
On raconte l’histoire du mystique qui partit en voyage avec un grammairien comme
compagnon. Ils abordèrent au rivage de la mer de grandeur. Le mystique, sans hésiter, se
jeta dans les vagues. Mais le grammairien restait perdu dans ses raisonnements qui étaient
comme des mots écrits sur l’eau. Le mystique l’appela : « Pourquoi ne me suis-tu pas ? » Le
grammairien répondit : « Ô frère, je n’ose avancer. Il me faut retourner ». Alors le mystique
lui lança : « Oublie ce que tu as lu dans les ouvrages de Síbavayh et de Qawlavayh, de Ibn-i-
H∆ájíb et de Ibn-i-Málik, et franchis l’eau. »
Il faut ici la mort du moi et non la rhétorique, deviens donc néant et tu marcheras sur les vagues.

De même, il est écrit : « Ne ressemblez pas à ceux qui oublient Dieu ; Dieu fait qu’ils
s’oublient eux-mêmes. Ceux-là sont les pervers ».

Lorsque le but du voyageur est la demeure du Glorifié (Mah∂múd), il s'agit de l’état de la
raison première connue sous le nom de Prophète et de plus grand Pilier. Ici, raison signifie
l’esprit divin, universel, dont la souveraineté illumine toute chose créée, et ne peut donc
concerner les faibles cerveaux car, comme l’a écrit le sage Sana’i :
Comment la faible raison pourrait-elle comprendre le Coran Ou l’araignée prendre au piège un phénix ?
Veux-tu que l’esprit ne te piège pas ? Apprends-lui la science de l’amour de Dieu.

À ce niveau, les épreuves et les échecs que rencontre le voyageur sont nombreux. Ici, il
s’élève jusqu’au ciel ; là, il est jeté dans les profondeurs. Comme il a été dit : « Maintenant tu
m’attires vers les sommets de gloire puis tu me jettes au fond du plus noir abysse ». Le
trésor caché à ce niveau est dévoilé dans ce verset tiré de la sourate de la cave :
« Tu aurais vu le soleil à son lever s’écarter de leur caverne vers la droite et passer à leur
gauche au moment de son coucher tandis qu’ils demeuraient dans un endroit spacieux de la
caverne. Voilà un des Signes de Dieu ! Celui que Dieu dirige est bien dirigé, mais tu ne
trouveras pas de maître pour guider celui que Dieu égare.»
Si un homme pouvait comprendre ce qui est caché dans ce seul verset, cela lui suffirait.
C’est en louant des hommes pareils qu’il a dit : Des hommes que « nul négoce et nul troc
ne… distraient du souvenir de Dieu... ».
Ce niveau donne la vraie mesure du savoir et libère l’homme de ses épreuves. Dans ce
royaume, la recherche de la connaissance n’a pas lieu d’être, car il est dit concernant la voie
à suivre par les voyageurs de ce niveau « Craignez Dieu ! Dieu vous instruit ». Il est dit aussi :
« la connaissance est une lumière que Dieu projette dans le cœur de celui qu’il veut ».
L’homme devrait donc préparer son cœur à être digne de recevoir la grâce descendant du
ciel afin que l’Échanson généreux puisse lui verser à boire, de l’aiguière miséricordieuse, le
vin des bienfaits. « À l’œuvre, travailleurs ! pour en gagner un pareil ».
Et maintenant je dis : « Nous sommes à Dieu et nous retournons à lui ».

Si les amants mystiques désirent s’abriter au cœur de la demeure de l’Aimant (Majdhúb),
qu’ils sachent qu’aucune âme ne peut siéger sur ce trône royal si elle ne reflète pas la
beauté de l’amour. Ce royaume ne peut se décrire par des mots.
L’Amour fuit ce monde-là et ce monde-ci Il contient soixante-douze folies, Le ménestrel d’amour, sur son
luth, chante ce lai :Servitude asservit et royauté trahit.

Cet état exige une pure affection et l’eau claire de l’amitié. Il est écrit, en parlant de ces
compagnons de la Caverne : « Ils ne devancent pas la Parole et ils agissent sur son ordre ».
Ici, le règne de la raison ni l’autorité du soi ne sont suffisants. C’est pourquoi l’un des
Prophètes de Dieu demanda : « Ô mon Seigneur, comment pouvons-nous t’atteindre ? » Et
vint la réponse : « Abandonne ton ego puis viens vers Moi ».
Ils sont de ces gens qui considèrent que même l’endroit le plus misérable abrite le trône
de gloire, et pour eux, la beauté de leur demeure ne diffère pas du champ de la bataille livrée
pour la cause du Bien-aimé.
Les habitants de cette demeure ne parlent pas, mais enfourchent leur destrier. Ils ne
voient que la réalité intérieure du Bien-aimé. Pour eux, paroles sensées sont stupides et
paroles stupides sont pleines de sens. De leur corps ils ne distinguent plus un membre d’un
autre, une partie d’une autre. Pour eux le mirage est la vraie rivière ; pour eux, partir c’est
revenir. Ainsi qu’il fut dit :
L’image de ta beauté atteignit la retraite de l’ermiteIvre, il chercha la taverne où coule le vin.L’amour de toi
rasa la forteresse de la patienceEt la douleur solidement verrouilla la porte de l’espoir.

Assurément ici, l’apprentissage ne sert de rien.
C’est la beauté de l’Aimé qui enseigne les amants,Son visage est leur leçon et leur seul livre.Leur devoir,
apprendre l’émerveillement, l’amour désiré, Sans s’attarder sur de doctes chapitres ou d’ennuyeux thèmes.
La chaîne qui les retient est sa chevelure musquée,Et le schéma cyclique n’est pour eux qu’un pas vers
Lui.

Suit ici une supplique à Dieu, l’Exalté, le Glorifié :
Ô Seigneur, toi dont la bonté accomplit les vœux !Je me tiens devant toi, oubliant tout sauf toi.
Accorde au grain de savoir dans mon esprit De s’élever au-dessus du désir et de la simple
argile;Permets que ton ancien don, cette goutte de sagesse,Se fonde dans ton puissant océan.

Ainsi dis-je : Il n’est de pouvoir ou de puissance qu’en Dieu, le Protecteur, l’Absolu.
Pour les sages mystiques qui ont atteint la beauté de l’Aimé (Mah∂búb) cet état est le
point culminant de la conscience et le secret de la divine providence. Voici le cœur du
mystère : « Il fait ce qu’il veut ; il ordonne ce qui lui plaît ».
Si tous les citoyens du ciel et de la terre s’efforçaient de démêler cette lumineuse
allusion, cette ténébreuse énigme, jusqu’au jour où résonnera la Trompette, ils échoueraient
néanmoins à en comprendre une seule lettre car cela appartient au domaine de l’immuable
décret de Dieu et de son mystère préétabli. Aussi, quand les chercheurs l’interrogèrent à ce
propos, il répondit : « Cette mer est sans fond et nul ne la pourra jamais sonder ». Ils
reposèrent la question et voici sa réponse : « C’est la plus sombre des nuits dans laquelle nul
ne trouve son chemin. »
Qui connaît ce secret sûrement le taira et s’il lui arrivait d’en révéler la moindre trace, on
le clouerait sur la croix. Et pourtant, par le Dieu vivant, s’il existait un vrai chercheur je le lui
dévoilerais. Car il est dit : « L’amour est une lumière qui ne luit jamais dans un cœur
apeuré. »
En vérité, le voyageur qui porte ses pas vers Dieu, vers le Pilier vermeil le long de la voie
nivéenne, n’atteindra jamais son but céleste à moins d’abandonner tout ce que l'homme
possède : « Et s’il ne craint pas Dieu, Dieu le rendra craintif de tout ; alors que toutes choses
craignent celui qui craint Dieu ».
Parle en persan bien que l’arabe te plaise davantage : L’amour sait s’exprimer en plusieurs langues.

Quelle douceur a le distique qui révèle cette vérité :
Vois ! Nos cœurs comme nacres s'entrouvrent, lorsqu'en perles il déverse sa grâce, Et nos vies prêtes à
recevoir les flèches de tribulation qu’il décoche.

Si ce n’était contraire à la loi du Livre, je lèguerais une part de mes biens à celui qui me
mettrait à mort, j’en ferais mon légataire et le doterais, je lui rendrais grâces et chercherais
à rafraîchir mes yeux au toucher de ses mains. Mais qu’y puis-je ? Je ne possède ni biens ni
pouvoir, car Dieu en a ordonné ainsi.
Il me semble en cet instant percevoir le parfum de son vêtement porté par les brises de
l’Égypte de Bahá. En vérité, il paraît être proche bien que les hommes l’imaginent encore
loin. Mon âme inhale les parfums du Bien-aimé, mes sens sont comblés par les fragrances de
mon cher Compagnon.
Au devoir, imposé par de longues années d’amour, obéis ! Conte l’histoire des heureux jours d’antan,
Que le ciel et la terre rient tout leur saoul, Et se réjouissent l’esprit, le cœur et les yeux.

Voici le royaume de la pleine lucidité et de l'abnégation totale. Même l’amour n’est pas la
voie vers cette région et le désir n’y a pas de place. C’est pourquoi il est dit : « l’amour est
un voile entre l’amant et l’aimé. » L’amour devient ici obstacle et barrière, et tout ce qui
n’est pas lui n’est que voile. Saná’í le sage écrivit :
Seul le cœur pur rencontrera le bien-aimé des cœurs, Seule l’âme nue rencontrera la beauté de la rose.

C’est ici le domaine du commandement absolu, libre de tous les attributs terrestres.
Les hauts dignitaires de cette demeure manient avec un bonheur extrême l’autorité divine
dans la cour de l'extase. Oui, ils portent le sceptre royal. Des hauts sièges de la justice, ils
donnent leurs ordres et allouent à chacun le bien qu’il mérite. Ceux qui boivent à cette
coupe habitent les hautes retraites de splendeur au-dessus du trône de l’Ancien des jours et
siègent à l'empyrée du pouvoir dans le pavillon élevé : « Ils n’auront à subir ni soleil ardent,
ni froid glacial ».
Là, les cieux élevés ne sont pas en conflit avec l’humble terre, ni ne tendent à la
surpasser, car c’est le pays de miséricorde et non le royaume des mérites. Bien qu’à tous
moments, ces âmes paraissent remplir une nouvelle fonction, leur condition est toujours la
même. Aussi fut-il dit à propos de cet état : « Aucun travail ne l'empêche d'en faire un
autre ». Et d'un autre état, il est dit : « Chaque jour quelque nouveau travail l'occupe ». Ceci
est le met d'immuable saveur et d'inaltérable couleur. Si tu en consommes, en vérité tu
chanteras ce verset : « Je tourne mon visage… vers celui qui a créé les cieux et la terre. Je
ne suis pas de ceux qui à Dieu ajoutent des dieux ». « Ainsi avons-nous montré à Abraham le
royaume des cieux et de la terre pour qu'il soit au nombre de ceux qui croient fermement ».
Donc, « place ta main dans ton sein, ensuite tends-la avec force, et vois : tu la découvres
éclairant le monde ».
Combien cristalline est cette eau fraîche que verse l'échanson ! Que vif est ce vin pur
servi par la main de l'Aimé ! Combien délicate est cette gorgée prise à la coupe céleste !
Qu'elle profite à ceux qui en boivent, qui goûtent à sa douceur et parviennent à sa
connaissance.
Il ne convient pas que j'en dise plus, Car le lit du ruisseau ne peut contenir la mer.

En vérité, le mystère de ces paroles est celé dans la mémoire de la grande infaillibilité et
repose au sein des trésors de puissance. Il transcende les joyaux de l'explication et dépasse
ce que pourrait dire la plus subtile des langues.
Ici, l'émerveillement est fort apprécié et le dénuement total est essentiel. Aussi a-t-on
écrit : « La pauvreté est ma fierté ». Et encore : « Dieu a un peuple sous le dôme de gloire et
il le cache sous le vêtement de la radieuse pauvreté ». De ces gens, il est écrit dans une
tradition bien connue qu'ils voient avec les yeux de Dieu, qu'ils entendent avec ses oreilles.
À propos de ce royaume, il existe maintes traditions et bien des versets de portée
générale ou particulière. Mais deux d'entre eux suffiront pour éclairer les hommes de cœur
et d'esprit.
Le premier est sa déclaration : « Ô mon serviteur, obéis-moi et je te ferai semblable à moimême. Je dis : Sois, et cela est ; et tu diras : Sois, et cela sera. »
Et puis voici le second : « Ô fils d'Adam, ne cherche l'amitié de personne jusqu'à ce que tu
me trouves, et chaque fois que tu me désireras, tu me trouveras près de toi. »
Même si les preuves énoncées ici sont convaincantes et les allusions prodigieuses, elles ne
concernent pourtant qu'une seule lettre, un simple point. « Telle était déjà, auparavant, la
coutume de Dieu. Tu ne trouveras aucun changement dans la coutume de Dieu ».
J'avais entrepris de rédiger cette lettre, il y a quelque temps déjà, me souvenant de toi,
et comme ta lettre ne m'était pas parvenue, je débutais par quelques mots de reproche.
Mais l'arrivée de ta missive a dissipé ce sentiment et m'a incité à t'écrire. Point n'est besoin
d'invoquer mon affection pour ton Eminence. « Dieu suffit comme témoin ». Pour son
Eminence Shaykh Muh∂ammad (que Dieu, l'Exalté le bénisse), je me bornerai à ces deux
versets que je souhaite lui voir transmis :
J'aspire à ta présence, plus chère que la douceur des cieux. Je vois ton visage, plus beau que les demeures
paradisiaques.

Lorsque je confiai ce message d'amour à ma plume, elle refusa la tâche et défaillit. Puis,
revenant à elle, elle reprit la parole pour déclarer : « Gloire à toi ! Je reviens à toi ! Je suis le
premier des croyants ». Loué soit Dieu, le Seigneur des mondes !
Laisse-nous évoquer certain jour La douleur de la séparation et son malheur. Laisse-nous écrire en
d'autres termes Les secrets de l'amour. – Il en est mieux ainsi. Abandonne sang et bruit, et tout le
reste, Et ne dis rien de plus de Shams-i-Tabríz.

La paix soit avec toi et avec ceux qui t'entourent et parviennent à ta rencontre.
Les abeilles ont dévoré ce que j'écrivis avant ceci, tant l'encre en était douce. Comme
Sa'dí l’a dit : « Je m'abstiens d'en écrire davantage, car la douceur des mots a attiré les
abeilles autour de moi. »
À présent, la main n'en peut écrire davantage et supplie de s'arrêter. Aussi dirais-je enfin :
Qu'elle est loin la gloire de ton Seigneur, le Seigneur de toute grandeur, de ce qu'ils disent
de lui.
Ali-Kuli Khan a accompagné ‘Abdu’l-Bahá dans ses voyages aux USA en qualité d’interprète. Il s’y est établi par
la suite, ayant épousé une américaine. Leur fille Marzieh, par ailleurs très versée dans les Écrits bahá’ís, était donc
tout indiquée pour aider son père dans ces traductions.
Nader Saiedi, Logos and Civilisation, University Press of Maryland, USA, 2000.
Idem, page 79.
La Manifestation de Dieu.
Muh∂ammad, Ah∂mad et Mah∂múd sont des noms et des titres du Prophète, dérivés du verbe « louer »,
« exalter ».
Coran, 17 : 110. « Quel que soit le nom sous lequel vous l’invoquez, les plus beaux noms lui appartiennent »
(Lorsque la traduction des versets du Coran diffère de la traduction de D. Masson, nous donnons celle-ci en note.
NDT).
Sermon de ‘Alí’.
Coran, 2 :282. « Craignez Dieu ! Dieu vous instruit, Dieu connaît toutes choses »
Coran 16 : 69, « Puis mangez de tous les fruits. Suivez docilement les sentiers de votre Seigneur. »
Sanctuaire sacré de La Mecque. Ici, ce mot signifie « le but ».
Coran 29 : 69 : « Oui, nous dirigerons sur nos chemins ceux qui auront combattu pour nous. »
Littéralement Majnún signifie « dément ». C’est le titre du célèbre amoureux de la tradition arabo-persane, dont
la bien-aimée était Laylí, fille d’un prince arabe. Symbolisant le véritable amour humain confinant à l’amour divin,
l’histoire servit de thème à plusieurs poèmes romanesques persans et tout particulièrement à celui de Niz∂ámí en
1188-1189 A.D.
Proverbe arabe
Référence à l’histoire de Joseph dans le Coran et dans l’Ancien Testament.
Farídu’d-Dín ‘Aππár (ca 1150-1230 A.D.), le grand poète soufi persan.
Poème mystique persan
Coran 50 : 30. « Peut-on en ajouter encore ? »
Le Mathnaví. Jalálu’d-Dín Rúmí (1207-1273 A.D.), appelé Máwláná (notre maître), est le plus grand des poètes
soufis persans et le fondateur de l’ordre Mawlaví des « derviches tourneurs ».
Extrait d’une ode de Bahá’u’lláh.
Cf. Coran 67 : 3.
Coran 41 : 53
Cf. Coran 57 : 3.
Paroles attribuées à ’Alí‘.
Shaykh Abú Ismá’íl ‘Abdu’lláh Ans∂árí de Hirát (1006-1088 A.D.) est un maître soufi descendant d’un
compagnon du Prophète, Abú Ayyúb. Il est surtout connu par ses Munáját (supplications) et ses Rubá-iyyát
(quatrains). Ans∂ar signifie Aides ou compagnons de Muh∂ammad à Médine.
Coran 1 : 6.
Les habitants de l’éternelle cité (NDT).
Ceci évoque la recherche mystique de la vérité sous la conduite des « Lumières » ou maîtres soufis. Ici,
Bahá’u’lláh avertit les mystiques de ce que la venue de la Manifestation divine en son Jour, rend la recherche
superflue. C’est ce que ‘Alí exprime par ces mots : « Éteins la lampe quand le soleil se lève ». Le soleil symbolise
ici la Manifestation de Dieu au Jour nouveau.
Coran 2 : 156 « Nous sommes à Dieu et nous retournons à lui ».
Coran 4 : 78
Coran 18 : 39.
Référence par Bahá’u’lláh à sa propre manifestation.
Coran 16 : 61. « Si Dieu s’en prenait aux hommes, à cause de leur injustice, il ne laisserait, sur la terre, aucun
être vivant. Il les prolonge jusqu’à un terme fixé ».
H∆adíth, c’est-à-dire une action ou une parole attribuée par la tradition au Prophète Muh∂ammad ou à l’un des
saints Imáms.
Coran, 83 : 28.
Sermon de ‘Alí.
Le Prophète Muh∂ammad.
H∆áfiz∂ : Shamsu’d-Dín Muh∂ammad de Chiraz, décédé vers 1389 A.D. Un des plus grands poètes persans.
Coran 57 : 3.
Ceci a trait à la notion soufie du plan intérieur, lequel comparé à la vérité révélée n’est qu’irréalité.
Allusion à Bahá’u’lláh lui-même qui n’avait pas encore dévoilé sa mission.
Coran, 4 : 130. « Dieu les enrichira tous deux de son abondance ».
Poème arabe.
Coran 50 :22. « Nous avons ôté ton voile ; ta vue est perçante aujourd’hui. »
Un titre de ‘Alí, le successeur de Muh∂ammad.
‘Alí.
Littéralement Jayh∂ún, une rivière du Turkistán connue aujourd’hui sous le nom de Amou Daria (l’Oxus dans
l’Antiquité. Voir Sohrab et Rustán de Firdousi).
Coran 9 : 51.
Coran 76 : 5.
Muh∂ammad.
Kullu Shay’.
Coran 55 : 26-27. « Tout ce qui se trouve sur la terre disparaîtra. La face de ton Seigneur subsiste… »
Coran 15 : 21. « Il n’y a rien dont les trésors ne soient auprès de nous ; nous ne les faisons descendre que
d’après une mesure déterminée. »
Panthéisme, doctrine soufie attribuée à Ibn-‘Arabí, basée sur le canon « Dieu seul existe. Il est en toutes choses
et toutes choses sont en lui ».
Doctrine opposée à la précédente et défendue par Sirhindí.
Références aux trois étapes de la vie soufie : 1. Sharí‘át ou lois religieuses ; 2. ∏aríqat ou la voie parcourue par
le voyageur mystique à la recherche du Véritable – cette étape comprend l’anachorétisme ; 3. H∆aqíqat ou
Vérité qui, pour le soufi, est le but du voyage à travers les trois stages. Ici, Bahá’u’lláh enseigne que l’obéissance
aux lois religieuses est essentielle, contrairement à la croyance de certains soufis qui pensent être au-dessus de
toute loi dans leur recherche de la vérité.
Maqám-i-Mah∂múd ; Coran 17 : 79.
Coran 2 : 84, selon Blachère : « ce qu’Allah a fait descendre de faveur sur ceux qu’Il veut ». 2 : 90, selon
Masson : « Dieu a gratifié de la Révélation ceux de ses serviteurs qu’il a choisis ».
La paix soit avec toi ! Cette locution est utilisée pour conclure un traité.
Les cinq lettres que comporte ce mot en persan sont : G, N, J, SH, K, soit Gáf, Nún, Jím, Shín, Káf.
Cette citation, de même que les précédentes, est tirée des enseignements de l’islam.
Ceci est une référence dans le style traditionnel persan à Bahá’u’lláh lui-même.
NDT. Cette épître a été intitulée « Les quatre vallées », sans doute par analogie avec la précédente, car le mot
« vallée » n’apparaît pas dans le texte. L’épître évoque quatre sortes de personnes qui suivent chacune une voie
mystique différente. Les sous-titres ont été ajoutés par les traducteurs de la version anglaise. Nous les avons
supprimés pour rester conformes au texte d’origine en persan.
Mathnaví de Rúmí.
Sa’dí, Mus∂lih∂u’d-Dín de Chiraz (ca 1184-1291), auteur célèbre du Gulistán et d’autres œuvres poétiques.
Proverbe persan décrivant un homme renonçant facilement. En l’occurrence, une interprétation est que le
Shaykh aurait pu considérer son rang de leader mystique comme compromis, parce que Bahá’u’lláh l’aurait
informé de la nouvelle vérité.
Coran 41 :30. »Les Anges descendent sur ceux qui disent : « Notre Seigneur est Dieu » et qui persévèrent dans
la rectitude ».
Coran 11 : 112 « Sois droit comme tu en as reçu l’ordre » ; 42 : 15 « marche droit comme on te l’a ordonné ».
Sa’dí.
Ibid.
Senna, capitale du Kurdistán persan.
Ce préambule des Quatre vallées est écrit dans le plus raffiné des styles épistolaires persans. Les règles de la
correspondance classique en persan, requièrent des citations d’œuvres littéraires et des témoignages d’amitié
durable envers le destinataire. Celui-ci est réprimandé pour avoir négligé le scripteur.
H∆adith
Le Mathnaví. Rúmí raconte l’histoire de quatre oiseaux de malheur qui, après leur mise à mort, se changent en
oiseaux de bonté. L’Allégorie enseigne le combat contre ses propres défauts en vue de leur remplacement par
des qualités.
Coran 89 : 27-28.
Coran 41 : 53.
Coran 17 : 14.
Auteurs célèbres de grammaire et de rhétorique.
Le Mathnaví.
Coran 59 : 19.
Un des titres de Muh∂ammad.
Maqám-i-Mah∂múd (rang digne de louanges) est le rang des prophètes indépendants (dignes de constance).
Coran 18 : 17. Référence à l’état de foi complète. Les compagnons de la caverne sont identifiés aux premiers
martyrs chrétiens.
Coran 24 : 37.
Coran 2 : 282.
H∆adíth
Coran 37 : 58, traduction de Kasimirski, chez Flammarion.
Coran 2 : 156.
Majdhúb signifie « celui qui est attiré ». Selon la tradition mystique il désigne celui que Dieu a attiré par son
amour sans qu’il ait eu à faire d’effort pour y parvenir. C’est manifestement une allusion à la Manifestation divine.
C’est également un titre de Muh∂ammad. Cette Manifestation attire également, c’est ce qui a conduit les
traducteurs anglais à traduire « the attracting one ». Nous avons traduit par « aimant » qui a le double sens
d’attraction et d’amour.
Mathnavi . Il faut comprendre : La servitude asservit et trahit la royauté.
Coran 21 : 27.
Sa’dí.
La théorie cyclique de Abu-‘Alí Síná (Avicenne, 930-1037) décrite ainsi dans son quatrain :
Toute forme, toute apparence, qui aujourd’hui s’évanouitDans le trésor du temps sans dommage est gardée.Lorsqu’à sa
place ancienne le monde reviendraSortant de l’invisible, elle montrera sa face.
Le Mathnaví.
Ibid.
Cf Coran 18 : 39.
Coran 2 : 253 ; 5 : 1 etc
Paroles attribuées à ’Alí.
Cette citation est en arabe.
Le Mathnaví.
Ceci fut révélé avant que Bahá’u’lláh ne déclare sa mission. Les lignes qui suivent annoncent l’imminence de sa
manifestation.
Littéralement : le vêtement de Há, la lettre H qui représente ici Bahá.
Allusion à l’histoire de Joseph dans la Bible et le Coran.
Ceci s’adresse à ceux qui ne croient pas à l’avènement imminent de « Celui que Dieu rendra manifeste ».
Le Mathnaví.
Coran 76 : 13.
Cette citation provient d’un des commentateurs du verset 55 : 29 du Coran. Cf. le dictionnaire Lisánu’l-‘Arab.
Coran 55 : 29 « Il crée chaque jour quelque chose de nouveau ».
Coran 6 : 79 « Je ne suis pas au nombre des polythéistes ».
Coran 6 : 75.
Cf. Coran 7 : 105 et ss., H∆adíth.
Le Mathnaví.
‘Is∂mat-i-Kubrá, attribut constant de la Manifestation divine.
Muh∂ammad
H∆adith
Coran, 33 : 62 ; 48 : 23
Coran : 4, 166.
Sa‘dí.
Coran, 7 : 143.
Shams-i-Tabrís, le Soufi qui eut une forte influence sur Jalálu’d-Dín Rúmí, déviant son attention de la science
vers le mysticisme. Une grande partie des œuvres de Rúmí lui sont dédiées. Ces lignes sont du Mathnaví.
Coran 37 :180. « Gloire à ton Seigneur ! Le Seigneur de la Toute-Puissance, très éloigné de ce qu’ils
imaginent. ».

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Les sept et quatre vallées

Les sept vallées

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Les quatre vallées
الألمانية — Sieben Täler – Vier Täler.txt فتح منفصل →
Sieben Täler – Vier Täler á Bahá’u’lláh á Bahá'í Verlag GmbH, Auflage 4.04 (O-2022-02-12)

Sieben Täler – Vier Täler
Bahá’u’lláh

Die Sieben Täler

Im Namen Gottes, des Gnädigen, des Barmherzigen!
Preis sei Gott, Der das Sein aus dem Nichtsein gerufen, Der die Geheimnisse urewigen Vorseins in die Tafel des Menschen gegraben, ihn aus dem BayánA1 das, was er nicht wußte, gelehrt hat und aus ihm ein offenbares Buch gemacht hat für die, die glauben und gehorchen, Der ihn zum Zeugen der Schöpfung aller DingeA2 in diesen Tagen der Finsternis und Trübsal befähigt und ihn auf der erhabensten Höhe der Ewigkeit in ›Seinem edelsten Tempel‹A3 die wunderbarsten Weisen ertönen läßt, die jedem ermöglichen, in sich, durch sich und durch die Stufe der Offenbarung seines Herrn zu bezeugen, daß in Wahrheit kein Gott außer Ihm ist, und so zu den Gipfeln der Wirklichkeit emporzusteigen, bis er in allen Dingen nichts außer Gott sieht.
Segen und Heil dem ersten Meer, das sich aus dem Meer der Wesenheit Gottes ergossen, dem ersten Morgen, der vom Horizonte der Einheit dämmerte, der ersten Sonne, die am Himmel der Ewigkeit erstrahlte, der ersten Flamme, die in der Lampe der Einzigkeit am Lichte des Vorseins entfacht ward, Dem, Der in der Welt der Erhabenen Aḥmad heißt, Muḥammad in der Versammlung der Gott Nahen und Maḥmúd im Königreich der Geweihten!A4 »Und wie immer ihr Ihn anrufet: Er ist der Herr der erhabensten Namen«Q1 in den Herzen derer, die wissen. Überströmender, dauernder und ewiger Friede sei auf Seinem Hause und auf Seinen Gefährten!
Wahrlich, Ich habe das Lied gehört, das die Nachtigall der Erkenntnis in den Ästen des Baumes deines Seins gesungen, und vernommen, was die Taube der Gewißheit in den Zweigen der Laube deines Herzens gegirrt hat. Es war, als hätte Ich beim Lesen deines Briefes den Wohlgeruch vom Kleide deiner Liebe geatmet und mit dir vollkommene Begegnung gefunden. Und da du deine Nichtswerdung in Gott und dein Leben durch Ihn und deine Liebe zu Gottes Geliebten, zu den Offenbarungen Seiner Namen und den Orten des Aufgangs Seiner Attribute erwähnt hast, will Ich dir einige heilige, leuchtende Zeichen der Stufen der Herrlichkeit geben, auf daß du hingezogen werdest zum Hofe der Heiligkeit, Nähe und Schönheit und dorthin gelangest, wo du in der Schöpfung nichts mehr siehst außer dem verklärten Glanz deines Geliebten, des Ehrwürdigen, und du nicht mehr der Geschöpfe gedenkst, es sei denn wie an dem Tage, da nichts erwähnt wird.
Dies ist es, wovon die Nachtigall der Einzigkeit im Garten Ghawthíyyih gesungenA5: »Auf der Tafel deines Herzens wird zu lesen sein das zarte Geheimnis ›Fürchte Gott, und Gott wird dir Erkenntnis verleihen‹Q2, und der Vogel deiner Seele soll sich des Heiligtums ewigen Vorseins erinnern und sich auf Flügeln der Sehnsucht zum Himmel des ›Wandle auf dem Pfade deines Herrn‹Q3 erheben und von den Früchten der Gemeinschaft in den Gärten des ›Alsdann esset von jeglichen Früchten‹Q4 sammeln«A6Q.
Bei meinem Leben, o Freund, würdest du von diesen Früchten aus dem grünenden Garten dieser Blüten genießen, die da aus dem Boden der Erkenntnis unter dem Lichte der Wesenheit Gottes erwachsen, das aus den Spiegeln der Namen und Attribute zurückstrahlt, so würde dir das Verlangen die Zügel der Geduld und Beherrschung aus den Händen reißen, deine Seele durch das Leuchten des Göttlichen Lichtes erbeben lassen, dich weit aus der Heimat des Staubes zu der wirklichen göttlichen Heimat im Mittelpunkt der wahren Bedeutung entführen und dich aufsteigen lassen zu einer Ebene, auf der dich die Lüfte so tragen, wie du auf der Erde einhergehst, und du auf dem Wasser wandelst wie auf dem Lande. Möchte es Mich und dich und jeden erfreuen, der zum Himmel der Erkenntnis emporsteigt, und dessen Herz dadurch erfrischt ist, daß der Zephir der Gewißheit über den Garten seiner innersten Seele von dem Ṣabá des Allbarmherzigen her weht.
Friede sei mit dem, der den rechten Weg geht!
Der Stufen, die den Weg des Wanderers von der irdischen Wohnung zur Göttlichen Heimat bezeichnen, werden sieben gezählt, von manchen als ›Sieben Täler‹, von anderen als ›Sieben Städte‹ bezeichnet. Und es heißt, daß der Wanderer nicht eher zum Meer der Nähe und Einheit gelangen noch von dem unvergleichlichen Weine trinken wird, als bis er sein Ich aufgegeben und die Reise vollendet hat. Das erste Tal ist

das Tal des Suchens,

und Geduld ist das Fahrzeug, mit dem man hindurchgelangt. Ohne Geduld findet der Wanderer zu keinem Ende noch Ziel. Nie darf der Mut ihm entsinken, und müßte er hunderttausend Jahre lang sich bemühen, ohne die Schönheit des Freundes zu schauen, so dürfte er doch nicht verzagen, denn jene, die die Ka‘bahA7 des »hin zu Uns« zu finden bestrebt sind, wird die Verheißung erfreuen: »Wir werden sie leiten auf Unseren Wegen.«Q5 Sie haben sich in ihrem Suchen mit Festigkeit zu dienen entschlossen und trachten unablässig danach, sich von der Stätte der Nachlässigkeit abzukehren und der Welt des Seins zuzuwenden. Kein Band hält sie auf, und kein Rat kann sie hindern.
Das Herz dieser Diener, die Quelle göttlicher Schätze, muß frei sein von jedem Makel; sie dürfen nicht länger blindlings die Bräuche ihrer Väter und Ahnen befolgen und müssen das Tor des Freundlich- oder Feindlichseins für alle Bewohner der Erde verschließen.
Auf dieser Wanderung wird der Suchende eine Stufe erreichen, auf der er alle Geschöpfe in verwirrter Suche nach dem Freunde sieht. Wie manchen Jakob wird er erblicken, der seinem Josef nachjagt, wie manchen Liebenden gewahren, den das Verlangen nach dem Geliebten treibt, und eine Welt von Sehnenden tut sich ihm auf, die nach dem Ersehnten suchen. Jeder Augenblick läßt ihn bedeutsames Neues, jede Stunde ein Geheimnis erschauen, denn sein Herz ist gelöst von dieser und der anderen Welt, er ist auf dem Weg zur Ka‘bahA8 des Geliebten. Die Hilfe des Unsichtbaren umgibt ihn bei allen seinen Schritten, und die Glut seines Suchens ist entfacht.
Ermeßt das Suchen an dem Majnún der Liebe.A9 Es heißt, daß man Majnún eines Tages erblickte, wie er tränenden Auges die Erde siebte. Man fragte ihn: »Was machst du da?« Er sprach: »Ich suche nach Laylí.« Da sagte man zu ihm: »Weh dir! Ist Laylí doch reinen Geistes und du suchst sie im Staube.« Er antwortete: »Ich suche sie überall, vielleicht, daß ich sie irgendwo finde.«
Fürwahr, wenn die Weisen auch sagen, es zieme sich nicht, den Herrn der Herren im Staub zu suchen, so zeugt solch ein Tun doch von heißestem Verlangen des Suchens. »Wer sucht mit Bemühen, wird sicherlich finden.«A10
Der wahrhafte Sucher verfolgt nichts als den Gegenstand seines Verlangens, und der Liebende hat kein Ziel als die Vereinigung mit dem Geliebten. Doch wird der Sucher nur dann sein Ziel erreichen, wenn er allen Dingen entsagt: er muß alles, was er gesehen, gehört und verstanden hat, in den Wind schlagen können, um in das Reich des Geistes zu kommen, das die Stadt Gottes ist. Ernste Bemühung ist nötig in unserem Suchen nach Ihm und heißer Eifer, damit wir den Honig der Vereinigung mit Ihm zu kosten vermögen. Doch trinken wir aus diesem Kelch, so werden wir die Welt von uns werfen.
Auf dieser Wanderung wird der Reisende in allen Ländern verweilen und überall wohnen. In jedem Antlitz sucht er die Schönheit des Freundes, und in jedem Land schaut er nach dem Geliebten aus. Keine Gesellschaft meidet er, und sucht die Gemeinschaft mit einem jeden, damit er vielleicht das Geheimnis des Freundes in irgendeiner Seele entdecke oder die Schönheit des Geliebten in irgendeinem Angesicht schaue.
Wenn es ihm auf dieser Wanderung mit Gottes Hilfe gelingt, eine Spur des unauffindbaren Freundes zu finden und von dem Göttlichen Boten den Duft des verlorenen Josef A11 zu spüren, dann wird er sofort das

Tal der Liebe

betreten und im Feuer der Liebe zerschmelzen. Über dieser Stadt erhebt sich der Himmel des Entzückens, die alles erleuchtende Sonne der Sehnsucht scheint, und das Feuer der Liebe ist entfacht, und wenn das Feuer der Liebe entflammt ist, wird es die Ernte der Vernunft zu Asche verbrennen.
In diesem Zustand ist sich der Wanderer weder seiner selbst noch dessen, was außer ihm ist, bewußt. Er sieht weder Wissen noch Unwissenheit, weder Zweifel noch Gewißheit, noch erkennt er den Morgen der Führung oder die Nacht des Irrtums. Er flieht vor Unglaube und Glaube, und tödliches Gift ist ihm köstlich. Es ist wie ‘AṭṭárA12 gesagt hat:
»Laßt die Ungläubigen irren, die Gläubigen glauben; ‘Aṭṭárs Herz sucht nichts als ein Atom Deines Leides!«
Schmerz ist in diesem Tal das Fahrzeug, ohne das man niemals die Reise vollendet. In diesem Zustand hat der Liebende keinen anderen Gedanken als an den Geliebten, und er sucht keine Zuflucht außer beim Freunde. Auf dem Pfad zum Geliebten wird er hundertmal willig das Leben opfern und bei jedem Schritt tausendmal das Haupt zu Füßen des Freundes legen.
O mein Bruder! Ehe du nicht in das Ägypten der Liebe eingehst, wirst du nicht dem Josef der Schönheit des Freundes begegnen; und ehe du nicht wie Jakob nach außen erblindest, wirst du nie mit dem inneren Auge schauen. Solange du nicht vom Feuer der Liebe entflammt bist, wirst du dich nicht mit dem Freunde der Sehnsucht vereinen.
Der Liebende fürchtet nichts, und kein Leid kann ihm etwas antun. Du findest ihn kühl im Feuer und trocken im Meere:
»Ein Liebender ist, wer kalt im Feuer der Hölle, ein Wissender, wer trocken bleibt in der Tiefe des Meeres«. Q6
Liebe trägt keine Sehnsucht nach Dasein und hängt nicht am Leben. Sie sieht Leben im Tod und sucht Ruhm in der Schande. Ein Übermaß an geistiger Gesundheit ist nötig, ehe jemand des Wahnsinns der Liebe würdig, und eine Fülle von Geist, bis er der Bande des Freundes wert wird. Gepriesen der Hals, der in Seiner Schlinge sich gefangen, und glücklich das Haupt, das auf dem Pfad Seiner Liebe gefallen! Darum, o mein Freund, entsage deinem Selbst, auf daß du den Unvergleichlichen findest. Gehe an dieser sterblichen Erde vorüber, um in dem himmlischen Neste eine Heimat zu suchen. Werde zu Nichts, wenn du das Feuer des Seins zu entfachen wünschst, und sei bereit zum Weg der Liebe:
»Nicht befällt die Liebe die lebensgierige Seele, nicht jagt der Falke der leblosen Maus nach«. Q7
Liebe setzt in jedem Augenblick eine Welt in Flammen und zerstört alle Länder, in denen sie ihr Banner entfaltet. In ihrem Land hat das Dasein keinen Platz, und in ihrem Reich ist kein Raum für die Weisen. Sie verschlingt wie ein Ungeheuer die Vernunftbegabten und vernichtet die Einsichtsvollsten. Sieben Meere verschlingt sie, ohne den Durst ihres Herzens zu stillen, und spricht noch: »Gibt es da kein anderes mehr?«Q8 Sie flieht vor sich selbst und wendet sich von allem ab, was auf Erden ist:
»Die Liebe ist Erde und Himmel fremd, in ihr ist zweiundsiebenzigfältiger Wahnsinn«. Q9
Zahllose Opfer fängt die Liebe in ihren Schlingen, und unzählige Weise werden durch ihre Pfeile verwundet. Alles Rot in der Welt rechne ihrem Zorn zu und alle Blässe in den Gesichtern der Menschen ihrem Gifte. Sie kennt keine andere Heilung als den Tod und keine andere Zuflucht als im Tal des Nichtseins. Und dennoch ist dem Liebenden ihr Gift süßer als Honig und dem Suchenden das Nichtsein, das sie verursacht, erwünschter als hunderttausendfältiges Leben.
Darum muß das Feuer der Liebe die Schleier des teuflischen Selbstes verbrennen, damit der Geist geläutert und rein sei und die Stufe des Herrn der Welten erkenne.
»Entfach’ das Feuer der Liebe und verbrenne alle Dinge, dann geh in der Liebenden Land ein«. Q10
Ist der Liebende durch Gottes Beistand den Krallen des Adlers der Liebe entronnen, so gelangt er in das

Tal der Erkenntnis,

und er wird vom Zweifel zur Gewißheit, vom Dunkel der Täuschung zum Lichte der Führung in der Gottesfurcht kommen. Er wird mit dem Auge des inneren Schauens sehen und in vertraute Zwiesprache mit seinem Geliebten treten. Er wird die Pforte der Wahrheit und Ehrfurcht öffnen und die Türen der eitlen Einbildungen schließen. In diesem Zustand wird er sich dem Ratschluß Gottes ergeben, im Krieg den Frieden erblicken und im Tod die Geheimnisse ewigen Lebens erkennen. Mit den inneren und äußeren Augen sieht er die Geheimnisse der Auferstehung im Bereich der Schöpfung und in den Seelen der Menschen, und ein reines Herz läßt ihn die ewige Weisheit in den unendlichen Offenbarungen Gottes erfühlen. Im Meer erblickt er gleichsam einen Tropfen und in einem Tropfen das Geheimnis des Meeres:
»Spalte den Kern des Atoms auf, so findest du eine Sonne darin«. Q11
In diesem Tal sieht der Wanderer in Gottes Werk nichts als deutliche Schickung, und immerzu muß er rufen: »Es gibt keinen Makel in des barmherzigen Gottes Schöpfung. Schau nur um dich, ob du den mindesten Fehler siehst!«Q12 Er wird die Gerechtigkeit in der Ungerechtigkeit und die Gnade in der Gerechtigkeit schauen, manche Erkenntnis sehen, die in der Unwissenheit schlummert, und in der Erkenntnis hunderttausendfache Weisheit erblicken. Er zerbricht den Käfig des Körpers und der Leidenschaften und verbindet sich mit den Bewohnern des unsterblichen Reiches. Er steigt auf den Stufen der inneren Wahrheit empor und eilt zu den Himmeln der inneren Bedeutung. Er schifft sich in die Arche des: »Wir werden ihnen Unser Zeichen in der Welt und in ihnen selber weisen«Q13 ein, und er fährt über das Meer des »bis daß ihnen offenbar wird, daß dies (d. h. das Buch) die Wahrheit ist«Q14. Wenn ihn Ungerechtigkeit trifft, so ist er geduldig, ist er das Opfer des Zorns, so vergilt er mit Liebe.
Es wird erzählt, wie ein liebender Mann durch lange Jahre hindurch unter den Qualen der Trennung von der Geliebten gelitten hatte und vom Feuer des Fernseins verzehrt ward. Durch die Gewalt der Liebe wurde sein Herz der Geduld bar und sein Körper des Lebens müde. Leben ohne sie schien ihm Blendwerk, und die Zeit begann, ihn zu verzehren. Wie viele Tage verbrachte er ruhelos in Sehnsucht nach ihr, und in wie vielen Nächten floh ihn der Schlaf in seinem Schmerz nach ihr. So wurde sein Körper zum Seufzer, und die Wundheit seines Herzens machte ihn zum Wehlaut. Vergebens hätte er tausend Leben verschenkt, um nur einen Tropfen vom Wein ihrer Gegenwart zu kosten; aber es gelang ihm nicht. Kein Arzt vermochte ihn zu heilen, und seine Nähe wurde von den Freunden gemieden. Ärzte kennen kein Mittel, um Liebe zu heilen, nur die Hand der Geliebten vermag ihm zu helfen.
Schließlich trieb der Baum seiner Sehnsucht die Frucht der Verzweiflung, und das Feuer seiner Hoffnung erstarb in der Asche, so daß er eines Abends lebensmüde sein Haus verließ und die Straße hinauszog. Plötzlich gewahrte er, wie ihn eine Nachtwache verfolgte. Er versuchte zu fliehen, doch die Wache eilte ihm nach, und es wurden ihrer viele, so daß ihm am Ende jeder Ausweg verstellt war. Gehetzt schrie er auf, lief ohne Ziel hin und her und stöhnte: »Gewiß ist diese Wache ‘Izrá’íl, mein Engel des Todes, daß sie sich so eilt, mich zu packen, oder es ist ein Menschenschinder, der nach mir greift.« So kam dieser weidwunde Liebende mit Füßen, die liefen, und einem Herzen, das ächzte, bis an die Mauer eines Gartens, die er mit größter Mühe erklomm. Aber oben angelangt, erkannte er ihre schwindelnde Höhe und stürzte sich, sein Leben nicht achtend, hinab in den Garten.
Doch siehe, welch ein Anblick! Dort war seine Geliebte, eine Lampe in der Hand, einen Ring suchend, den sie verloren hatte. Und als er, der sein Herz verloren, sie, die es ihm geraubt hatte, ansah, entrang sich ihm ein Seufzer der Erlösung, und er rief, die Hände zum Himmel erhoben: »O Gott, gib der Wache Ruhm, Reichtum und langes Leben, denn sicher war sie der Engel Gabriel, der mich geführt hat, oder Isráfíl, der Engel des Lebens, der mich, den Gequälten, erquickte.«
Dieser Mann hatte recht, denn wieviel Gerechtigkeit und Erbarmen waren in der scheinbaren Grausamkeit jener Wache verborgen! In ihrem Grimm hatte sie den in der Wüste der Liebe Verdurstenden zum Meere der Geliebten geführt und die Finsternis der Trennung durch das Licht des Wiedersehens vertrieben. Sie hatte den Entfernten in den Garten der Nähe und die leidende Seele zum Arzte des Herzens geleitet.
Hätte der Liebende im voraus den Ausgang gesehen, so hätte er von Anfang an die Wache gesegnet und für sie gebetet, in ihrer Grausamkeit die Gerechtigkeit erkennend; doch da er das Ende nicht absah, begann er von Anfang an zu klagen und zu weinen. Die Wanderer aber in den Gärten der Erkenntnis sehen das Ende im Beginn und darum den Frieden im Krieg und die Freundlichkeit im Zorn.
Dies ist der Zustand derer, die in diesem Tal sind. Was indessen die Wanderer in den höheren Tälern betrifft, so machen sie keinen Unterschied mehr zwischen Anfang und Ende, sie sehen weder Anfang noch Ende, weder »Erstes« noch »Letztes«Q15, ja, die, die in der Stadt der Ewigkeit in dem grünenden Garten wohnen, sehen nicht einmal das »weder Erstes noch Letztes«. Überall fliehen sie das »Erste« und bekämpfen das »Letzte«, sind sie doch durch die Reiche der Namen gewandert und haben die Welten der Eigenschaften durchmessen mit der Schnelle des Blitzes. Wie die Überlieferung sagt: »Die wahre Göttliche Einheit kennt keinerlei Eigenschaften«Q16. Sie wohnen unter dem Schatten der Wesenheit Gottes.
Es ist so, wie Khájih ‘Abdu’lláh A13 – Gott heilige seinen herrlichen Geist – in seiner feinsinnigen, beredten Erklärung des Verses: »Zeige uns den richtigen Weg«Q17 gesagt hat: »Zeige uns den richtigen Weg, heißt, ehre uns mit der Liebe Deiner Wesenheit, so daß wir von jedem Gedanken an uns und an alles andere außer Dir befreit und von Dir allein erfüllt sind, nichts kennen als Dich, nichts sehen als Dich und an nichts denken außer an Dich.«
Nein, sie erheben sich sogar über diese Stufe hinaus, denn es heißt:
»Liebe ist ein Schleier zwischen dem Liebenden und dem Geliebten. Mehr darf ich nicht sagen«. Q18
In dieser Stunde ist der Morgen der Erkenntnis emporgestiegen, und die Wanderlampen verlöschen: A14
»Durch Schleier davon getrennt war Moses trotz all Seiner Kraft und Seinem Licht. Du, der du gar keine Schwingen hast, versuch nicht zu fliegen«. Q19
Bist du ein Mensch der Einkehr und des Gebetes, dann fliege auf mit den Flügeln des Beistandes heiliger Seelen, um die Geheimnisse des Freundes zu sehen und zum Lichte des Geliebten zu gelangen. »Wahrlich, wir kommen von Gott, und zu Ihm kehren wir zurück«Q20.
Wenn der Wanderer das Tal der Erkenntnis durchmessen hat, das das letzte begrenzte Land ist, so gelangt er zum

Tal der Einheit.

Er wird aus dem Kelch des Unumschränkten trinken und auf die Offenbarungen der Einheit schauen. Auf dieser Stufe zerreißt er die Schleier der Vielfältigkeit und fliegt aus der Welt der Leidenschaften empor zum Himmel der Einzigkeit. Er wird mit göttlichen Ohren hören und mit göttlichen Augen die Geheimnisse der ewigen Schöpfung schauen. Er tritt in die verborgenen Gemächer des Freundes ein und wird zum Vertrauten im Zelte des Geliebten. Er streckt die Hand der Wahrheit aus dem Mantel des Unumschränkten hervor und zeigt das Geheimnis der Macht auf. Sich selbst rechnet er weder Namen noch Ruhm oder Rang zu, denn er erkennt, daß sein eigenes Lob in Gottes Lob ist und sein eigener Name im Namen des Wahrhaftigen. In allen Stimmen hört er die Stimme des Herrn und in »allen Gesängen Gottes Gesänge«Q21. Er sitzt auf dem Thron des »Sprich: es kommt alles von Gott«Q22 und ruht auf dem Teppich des »Es gibt keine Kraft und keine Macht außer durch Gott«Q23. Alles erblickt er mit dem Auge der Einheit und erkennt, daß die schimmernden Strahlen der Göttlichen Sonne alles, was ist, vom Aufgangsort der Wirklichkeit her gleicherweise bescheinen, und daß das Licht der Einzigkeit alle Geschöpfe erleuchtet.
Du weißt, daß alle Mannigfaltigkeit, die der Wanderer auf seiner Fahrt in der Erscheinungswelt sieht, allein in ihm selbst liegt. Zum klaren Verständnis nennen wir dir folgende Beispiele: Schau, wie die sichtbare Sonne alles Erschaffene durch den Willen des Königs der Offenbarung mit dem nämlichen Licht beleuchtet und doch an jedem Ort verschieden erscheint und ihr Licht so gibt, wie es durch die Eigenart des empfangenden Ortes bedingt ist. So erscheint sie im Spiegel, seiner Empfänglichkeit entsprechend, als Scheibe, im Kristall läßt sie Feuer erscheinen, während aus anderen Dingen nur ihre Wirkung und nicht ihre Scheibe zurückstrahlt. Und durch diese Wirkung bildet sie, wie du siehst, auf Befehl des Schöpfers alles gemäß seiner besonderen Beschaffenheit.
So erscheint auch die Farbe des Lichtes verschieden, je nachdem, wo es hinfällt: zum Beispiel erscheinen die Strahlen durch ein gelbes Lampenglas gelb, durch ein weißes weiß, durch ein rotes rot. Die Mannigfaltigkeit kommt nicht durch das Licht, sondern durch den Ort, auf den es trifft, und wenn der Ort ihm durch irgendein Hemmnis, eine Mauer oder ein Hausdach verwehrt ist, so bleibt er des Glanzes benommen, und die Sonne kann nicht dorthin scheinen.
So erklärt es sich, daß auch manche schwache Seele der Sonne der geistigen Bedeutung und der Geheimnisse des ewigen Geliebten beraubt ist, da sie den Boden der Erkenntnis mit der Mauer des Ichs und des Begehrens und durch die Schleier der Achtlosigkeit und Blindheit begrenzt hat. So wird sie ferngehalten von den Juwelen der Weisheit und der offenbaren Religion des Herrn der Boten und vom Eingang zum Heiligtum der Erhabenen Schönheit und von der Ka‘bahA15 der Herrlichkeit. Dies ist der Zustand der heutigen Menschen.
Und wenn sich eine NachtigallA16 über den Staub des niederen Selbstes aufschwingen würde, um in den Zweigen des Rosenbusches des Herzens zu wohnen, und sie die Geheimnisse Gottes in arabischen Weisen und lieblichen persischen Liedern verkünden würde, von denen ein einziges Wort die Toten zum Leben zurückbringt und über die ausgedörrten Gebeine den Heiligen Geist gießt, so würdest du sehen, wie tausend Krallen des Neides und aber tausend Schnäbel des Hasses sie zu erjagen und mit aller Macht zu vernichten bestrebt sind.
Ja, Wohlgerüche erscheinen dem Käfer übelriechend, und wem der Schnupfen den Geruch nimmt, den wird der Duft nicht berühren. Darum heißt es, den Unwissenden zur Leitung:
»Heil’ dir den Kopf und die Nase von Schnupfen, damit du den Dufthauch Gottes verspürst«. Q24
So kannst du den Unterschied in den Dingen verstehen. Wenn der Wanderer nur auf den Ort der Erscheinung achtet, wenn er gleichsam die verschiedenfarbigen Gläser anschaut, dann sieht er gelb, rot und weiß. Durch eine solche Art der Betrachtung ist die Menschheit ins Streiten geraten, und die Welt wurde von trübendem Staub umzogen, den menschliche Enge emporgeweht hat. Andere sehen die Strahlen des Lichtes, während die dritten, die vom Wein der Einheit getrunken haben, nichts als die Sonne selber schauen.
Weil nun die Wanderer in diesen drei verschiedenen Höhen dahinziehen, sind ihr Erkennen und ihre Benennung der Dinge verschieden, und so kommen fortgesetzt Gegensätze in die Welt. Einige weilen auf der Höhe der Einheit und sprechen von jener Welt, andere befinden sich in den Welten der Begrenzung und andere im Lande des Ichs, und wieder andere sind völlig von Schleiern umgeben. So erklärt es sich, daß die Unwissenden dieser Tage, die keinen Anteil am Glanz der Göttlichen Schönheit haben, mancherlei Ansprüche erheben und in jedem Zeitalter das Volk des Meeres der Einheit behandeln, wie sie selber behandelt zu werden verdienten. »Wenn Gott die Menschen für ihre Verderbtheiten strafte, so würde sich nichts auf der Erde mehr regen. Doch Er gibt ihnen Frist bis zu einem Tag, der bestimmt ist«Q25.
O mein Bruder! Ein reines Herz ist wie ein Spiegel, mache ihn durch Liebe und Loslösung rein von allem außer Gott, auf daß sich die wahre Sonne darin spiegeln und der ewige Morgen emporsteigen möge. Dann wirst du klar den Sinn des Verses verstehen: »Weder Meine Erde noch Mein Himmel vermögen Mich zu fassen, aber im Herzen Meiner getreuen Diener ist Meine Wohnung«Q26. Und so wirst du dein Leben in die Hand nehmen und es mit unendlicher Sehnsucht dem neuen Geliebten zu Füßen legen.
Wann immer die Strahlen der Offenbarung des Königs der Einheit auf den Thron des Herzens und der Seele des Menschen fallen, werden sie in allen Gliedern des Körpers sichtbar werden, und jener bekannte Vers wird seinen verborgenen Sinn bekunden: »Ein Diener nähert sich Mir im Gebet, bis Ich ihm Antwort gewähre, und wenn Ich ihm Antwort gewährt habe, dann werde Ich das Ohr, womit er hört …« Denn der Herr des Hauses ist in Seinem Hause erschienen, und alle Säulen darin erstrahlen in Seinem Lichte. Des Lichtes Wirkung und Kraft kommen vom Spender des Lichtes her, darum bewegt sich alles durch Ihn und erhebt sich nach Seinem Willen. Dies ist die Quelle, daraus jene trinken, die Gott nahe sind, wie es geschrieben steht: »Eine Quelle, aus der jene sich laben, die Gott nahe sind«Q27.
Man muß sich hüten, diesen Erklärungen die Deutung einer Vermenschlichung Gottes zu geben oder darin einen Abstieg der Welten Gottes auf die Ebene der Geschöpfe zu sehen. Auch du solltest dich nicht zu solchen Annahmen verleiten lassen, denn Er ist in Seinem Wesen erhaben über Aufstieg und Abstieg, Eintritt und Austritt. Stets war und ist Er frei von den Eigenschaften der Menschen. Niemand hat Ihn jemals begriffen, und keine Seele kann Sein Wesen je erfassen; alle Weisheit der Mystik wird zum Irrtum im Tal Seiner Erkenntnis, und alle Heiligen werden verwirrt, wenn sie Sein Wesen begreifen wollen. Heilig ist Er über allem Verstehen der Verständnisbegabten und erhaben über das Erkennen der Weisen. »Der Weg (zur Erkenntnis Seines Wesens) ist versperrt und das Suchen verworfen. Sein Zeugnis sind Seine Zeichen und Sein Sein ist Sein Beweis.«Q28
So haben denn die, die das Angesicht des Geliebten verehren, gesagt: »O Du, Dessen Wesen allein zu Deinem Wesen hinführt und Der über alle Vergleiche mit Seinen Geschöpfen geheiligt ist!«Q29 Wie kann völliges Nichts neben dem, was von Ewigkeit her ist, bestehen, wie sich der sterbliche Schatten mit der ewigen Sonne vergleichen? Der FreundA17 hat gesagt: »Ohne Dich hätten wir Dich nicht zu erkennen vermocht«Q30, und der Geliebte hat gesprochen: »und wären wir nicht zu Dir vorgedrungen.«Q31
Diese Erklärungen für die Stufen der Erkenntnis beziehen sich einzig auf die Erkenntnis der Offenbarungen jener Sonne der Wirklichkeit, die ihr Licht auf die Spiegel wirft. Der Abglanz dieses Lichtes ist in den Herzen, aber er wird verdeckt durch die Schleier der Sinne und die Gegebenheiten des irdischen Daseins wie eine Kerze in einer eisernen Glocke, und nur wenn man die Glocke entfernt, wird das Licht darunter erscheinen.
In gleicher Weise wird dir das Licht der Einheit erstrahlen, wenn du die Hüllen der Einbildung vom Herzen hinwegnimmst.
So ergibt sich, daß auch die Strahlen weder Eintritt noch Austritt haben, wieviel weniger dann das Wesen des Seins und das ersehnte Geheimnis. O mein Bruder! Denke über diese Stufe im Geiste des Suchens nach, anstatt blindlings der Meinung anderer zu folgen. Drohende Menschenworte dürfen den Wanderer nicht schrecken, noch darf ihn begriffliche Willkür in seinem Fortschritt behindern.
»Wie kann ein Vorhang Geliebte von Liebendem trennen? Selbst Alexanders Mauer ist für sie keine Schranke«. Q32
Geheimnisse gibt es viele, aber Unwissende unzählige. Bücher reichen nicht aus, um des Geliebten Geheimnis zu fassen, noch können es diese Seiten erschöpfen, und wäre es auch nur ein Wort, nur ein einziges Zeichen.»Erkenntnis ist nur ein einziger Punkt, durch die Unwissenden aber wird er vervielfacht«Q33.
Betrachte unter dem gleichen Gesichtspunkt die Unterscheidung zwischen den Welten. Obgleich die Welten Gottes unendlich sind, haben sie manche in vier Stufen gegliedert: in die Welt der Zeit (Zamán), die anfängt und endet, die Welt der Dauer (Dahr), die einen Anfang hat, bei der man jedoch das Ende nicht absieht, die Welt der Stetigkeit (Sarmad), von der man den Anfang nicht kennt, von der man jedoch weiß, daß sie endet, und die Welt der Ewigkeit (Azal), die weder anfängt noch endet. Vielerlei bliebe dazu zu erklären, doch es würde ermüden. Einige haben gemeint, die Welt der Stetigkeit sei ohne Anfang und Ende, und andere, die Welt der Ewigkeit sei der unsichtbare, unbezwingliche Feuerhimmel. Andere nennen diese Welten die Welten des himmlischen Hofes (Láhút), des Lichthimmels (Jabarút), des Engelreichs (Malakút), und die sterbliche Welt (Násút).
Auch die Wege der Liebe werden mit vier angegeben, von denen einer vom Geschöpf hin zu Gott, der zweite von Gott zum Geschöpf, der dritte von Geschöpf zu Geschöpf, der vierte dagegen von Gott zu Gott führt.
Viel haben die Weisen und Gelehrten vor Mir darüber geschrieben, was Ich hier nicht erwähne, denn Ich möchte nicht weiter auf früher Geschriebenes eingehen, da über die Worte anderer zu reden ein Zeichen erworbenen Wissens und nicht der Göttlichen Gabe wäre. Selbst das, was hier gesagt ist, fand nur entsprechend dem menschlichen Brauch und der Weise der Freunde Erwähnung. Solche Erklärungen überschreiten auch die diesem Schreiben gezogenen Grenzen. Nicht aus Stolz unterlasse Ich, von ihren Worten zu sprechen, sondern um Weisheit zu bekunden und Gunst zu erweisen.
»Wenn KhiḍrA18 das Schiff auf dem Meer dem Untergang preisgab, so lag tausendfach Recht in diesem Unrecht.« Q34
Dieser Diener erachtet Sich völlig als Nichts neben einem Geliebten Gottes, wieviel mehr noch in der Gegenwart Seiner Erwählten. Preis sei Meinem Herrn, dem Höchsten! Unser Ziel ist überdies, die Wegstrecken des Wanderers zu erklären und nicht, die widerstreitenden Worte der Mystiker zu erwähnen.
Wenn auch ein kurzes, Anfang und Ende der Welt der Beziehung und der Eigenschaften betreffendes Beispiel schon gegeben worden ist, so sei ein weiteres noch genannt, um vollends den Sinn des Gesagten zu erläutern: Sinne über dich selbst nach, wie du in bezug auf deinen Sohn der Erste, in Hinsicht auf deinen Vater dagegen der Letzte, als Erscheinung nach außen hin Ausdruck für die Macht des Göttlichen Schöpfungswillens und nach innen das verborgene Geheimnis bist, das in dich als Göttliche Gabe gelegt ward. So läßt sich sagen, daß sich in dir als Anfang und Ende, Erscheinung und Verborgenes, jene erwähnten vier Weisen äußern, so daß du in diesen vier Zuständen, womit du begnadet worden bist, die vier Zustände Gottes gleichermaßen zu verstehen imstande bist, und die Nachtigall deines Herzens von allen Zweigen des Rosengartens des verborgenen wie des sichtbaren Seins singt: »Gott wahrlich ist der Erste und der Letzte, der Offenbare und der Verborgene«Q35.
Das Gesagte gilt nur für die Stufen der Welt der Beziehung entsprechend der menschlichen Begrenzung. Diejenigen aber, die sich mit einem Schritt über die Welt der Beziehung und Begrenzung erhoben haben und auf dem beglückenden Boden des Unumschränkten verweilen, die ihr Zelt in der Welt der höchsten Macht und des Gebotes errichten, haben alle diese Beziehungen getilgt mit einem einzigen Funken und alle diese Worte gelöscht mit einem einzigen Tautropfen. Sie schwimmen im Meer des Geistes und durchschweben die heiligen Lüfte des Lichtes. Wie können auf dieser Stufe Worte bestehen, die Unterscheidungen wie »Erster« und »Letzter« oder dergleichen schaffen? In diesem Reich fällt der Erste mit dem Letzten und der Letzte mit dem Ersten zusammen.
»Entflamme in deiner Seele ein Feuer der Liebe und verbrenne alle Gedanken und Worte!« Q36
Schau in dich, o mein Freund. Wenn du nicht Vater geworden wärest und keinen Sohn gezeugt hättest, so würden dir diese Worte nicht einmal bekannt sein. Darum vergiß all dies, damit du in der Schule der Einheit unter der Leitung des Meisters der Liebe lernest und wieder zu Gott zurückkehrest. So magst du dich aus dem Zustand der inneren Unwirklichkeit lösenA19 und zu deiner wahren Bestimmung gelangen, um im Schatten des Baumes der Erkenntnis zu wohnen.
O du Hochgeliebter! Werde arm, damit du den hehren Hof des Reichtums betretest, beuge deinen Rücken in Demut, damit du aus dem Strom der Herrlichkeit trinkest und den Sinn der Gedichte verstehest, um den du gefragt hast.
So ist es denn klar, daß diese Stufen je nach dem Standpunkt des Wanderers verschieden erscheinen. Er sieht in jeder Stadt eine Welt, trifft in jedem Tal eine Quelle und hört in jeder Steppe den Klang eines Liedes. Der Falke des geheimnisvollen Himmels jedoch trägt viele wundersame Weisen des Geistes im Herzen, und der persische Vogel birgt manches süße arabische Lied in der Seele, aber sie sind und bleiben verborgen.A20
»Spräche ich weiter, würd’ mancher Verstand sich verwirren, und wenn ich schriebe, brächen die Federn.«Q37.
Friede sei mit dem, der diese herrliche Reise vollendet und dem Wahrhaftigen folgt durch die Lichter der Führung!
Hat der Wanderer die Höhen seiner himmelanstrebenden Reise durchmessen, so gelangt er zum

Tal des Genügens.

In diesem Tal empfindet er den Windhauch Göttlichen Genügens, der von der Ebene des Geistes her weht. Er verbrennt die Schleier des Mangels und schaut mit dem inneren und dem äußeren Auge das Verborgene und die Erscheinung aller Dinge, das Zeugnis des Tages, an dem »Gott aus Seiner Fülle heraus jedem vergelten wird«Q38. Seine Trübsal schlägt um in Entzücken, sein Kummer in Freude, und seine Bedrückung und Schwermut wird Frohsinn und Wonne.
Obschon von außen gesehen die Wanderer in diesem Tal auf der Erde verweilen, so thronen sie innerlich doch auf den Höhen des wahren Sinnes. Sie nehmen teil an den unerschöpflichen Gaben der inneren Bedeutung und trinken vom köstlichen Wein des Geistes.
Die Zunge ist nicht imstande, diese drei letzten Täler zu schildern, und die Sprache ist unzulänglich. Die Feder dringt nicht in ihr Gebiet, und die Tinte hinterläßt nichts als schwärzende Spuren. Auf diesen Stufen hat die Nachtigall des Herzens andere Weisen und Geheimnisse, die das Herz bewegen und die Seele in Erregung versetzen, doch will dieses Rätsel der wahren Bedeutung nur von Herz zu Herz offenbart und von Brust zu Brust anvertraut sein.
»Herz zu Herz allein kann von der Wonne der (um Gottes Geheimnisse) Wissenden sagen, kein Bote kann es künden, kein Brief es enthalten«. Q39
»Ohnmacht zwingt auch, auf vieles zu schweigen, und wollte ich sprechen, würden Worte versagen.« Q40
O Freund, ehe du nicht den Garten dieser inneren Bedeutungen erreicht hast, wirst du nicht vom unvergänglichen Wein dieses Tales trinken. Würdest du aber davon kosten, so würdest du alles andere vergessen und aus dem Kelch des Genügens trinken. Du würdest dich von allem anderen lösen, um dich Ihm zu verbinden, dein Leben auf Seinem Wege verschenken und deine Seele Ihm opfern – obwohl in dem Tal nichts anderes mehr ist, das du vergessen müßtest: »Da war Gott und nichts anderes außer Ihm«Q41. Denn in diesem Tal sieht der Wanderer überall die Schönheit des Freundes. Selbst im Feuer schaut er das Angesicht des Geliebten. Unwirkliches wird ihm zum Zeichen der Wirklichkeit, und die Eigenschaften werden ihm zum Zeugnis für das Geheimnis des göttlichen Wesens; hat er doch mit einem Hauch die Schleier verweht und mit einem einzigen Blick die Hüllen durchdrungen. Mit unterscheidendem Auge wird er die neue Schöpfung gewahr, und mit lichtem Herzen begreift er die sinnreichen Zeichen. Das Wort: »An diesem Tage werden Wir deinen Blick mit Unterscheidung begaben«Q42 bezeugt dies und genügt hier.
Wenn die Gefilde des lauteren Genügens vom Wanderer durchmessen sind, so gelangt er zum

Tal des Staunens.

Er taucht ein in die Meere erhabener Größe, und mit jedem Augenblick wächst sein Staunen. Bald scheint ihm der Reichtum reine Armut und das Wesen der Freiheit völlige Ohnmacht, bald wieder vergeht er vor der Schönheit des allherrlichen Gottes oder wird er seines eigenen Daseins müde. Wie viele Bäume der inneren Bedeutung hat der Windstoß des Staunens entwurzelt, wie viele Seelen des Atems beraubt! Denn in diesem Tal wird der Wanderer in Verwirrung gestürzt. Aber all diese Wunder sind dem, der zum Ziel kam, höchst willkommen. Jeder Augenblick zeigt ihm Welten des Wunders und eine neue Schöpfung. Er wandert von Verwunderung zu Verwunderung und vergeht aus Ehrfurcht vor den Werken des Herrn der Einheit.
Ja, mein Bruder, wenn wir über irgendeines der erschaffenen Dinge nachdenken, so werden wir hunderttausend vollkommene Weisheiten finden und ungezähltes wundersames und neues Wissen erfahren. Eine der erschaffenen Erscheinungen ist der Traum: Sieh, wie viele Geheimnisse er birgt, welche Weisheiten er enthält, und wie groß die Zahl der Welten ist, die er einschließt. Du schläfst in einer verschlossenen Wohnung und weilst doch plötzlich weitab in einer Stadt, in die du eintrittst, ohne die Glieder zu rühren oder dich des Körpers zu bedienen, du siehst ohne Augen, hörst ohne Ohren und sprichst ohne Zunge. Und vielleicht geschieht es, daß du zehn Jahre danach in der äußeren Welt dem, was du nächtlich im Traum geschaut hast, begegnest.
Viele Weisheiten sind im Traum, dessen wahren Sinn niemand sonst als der Wanderer in diesem Tale wirklich verstehen kann. Vor allem, was ist das für eine Welt, in der wir uns ohne Auge, Ohr, Hand oder Zunge dieser Sinne bedienen? Sodann, wie kommt es, daß sich dir heute in der äußeren Welt ein Traum verwirklicht, den du vielleicht zehn Jahre vorher geträumt hast? Denke über den Unterschied zwischen diesen beiden Welten nach und über die Geheimnisse, die darin verborgen liegen, damit dir göttliche Bestätigung und himmlische Entdeckung zuteil werden und du die Welten der Heiligkeit begreifest.
Gott, der Erhabene, hat diese Zeichen in die Menschen gelegt, damit die Philosophen die Geheimnisse des Fortlebens nicht zu leugnen vermögen, noch herabsetzen, was ihnen verheißen ist. Denn einige stützen sich allein auf die Vernunft und leugnen, was von ihr nicht erfaßt wird, obwohl außer der Göttlichen, Höchsten Vernunft nie die schwache Vernunft die eben geschilderten Dinge zu begreifen imstande ist.
»Wie kann die schwache Vernunft den Qur’án begreifen oder die Spinne einen Phönix im Netz erjagen?« Q43
Alle diese Welten erleben wir im Tal des Staunens, und der Wanderer begehrt jeden Augenblick, mehr zu erschauen. Nie wird er dessen müde. Darum hat der ›Herr der Ersten und Letzten‹A21 über die Stufen des Sinnens und den Ausdruck des Staunens gesprochen: »O Herr, laß mein Staunen über Dich wachsen!«Q44
Denke gleicherweise über die Vollkommenheit in der Schöpfung des Menschen nach, in der alle diese Welten und Stufen verborgen und versiegelt sind:
»Wähnst du dich nur eine schwächliche Form,wo in dir doch das Weltall im Kleinen verborgen ruht?«. Q45
Bemühen wir uns darum, in uns das Tierhafte zu vernichten, damit sich die wahre Bedeutung des Menschen offenbare.
So gab LuqmánA22, der aus der Quelle der Weisheit trank und aus dem Meere der Gnade kostete, seinem Sohne Nathan den Traum als Beispiel und Beweis für die Auferstehung und den Tod an. Wir erwähnen dies hier, damit die Erinnerung an jenen Jüngling in der Schule der Göttlichen Einheit, an jenen Älteren in der Kunst der Belehrung und Vergeistigung durch diesen demütigen Diener bewahrt bleibe. Er sagte: »O Sohn! Vermagst du den Schlaf zu bezwingen, so kannst du auch den Tod besiegen, und vermagst du dein Erwachen aus dem Schlaf zu verhüten, so kannst du auch deine Auferstehung vom Tode verhindern.«
O Freund! Dein Herz ist der Sitz ewiger Geheimnisse, mache es nicht zur Heimstatt sterblicher Gedanken und vergeude den Schatz deines kostbaren Lebens nicht, indem du ihn dieser vergänglichen Welt preisgibst. Du kommst aus der Welt der Heiligkeit, hänge dein Herz nicht an die Erde. Du bist ein Bewohner des Hofes der Nähe, erwähle dir nicht die Welt des Staubes zur Heimat.
Kurz, diese Stufen zu beschreiben ist noch kein Ende, doch ist dieser Diener um der vielen Schläge willen, die ihm die Bewohner dieser Welt versetzt haben, nicht gestimmt fortzufahren.
»Unvollendet blieb diese Rede, und ich habe nicht das Herz dazu. Bitte, verzeih mir!« Q46
Die Feder klagt und die Tinte weint, und der StromA23 des Herzens wälzt Wogen des Blutes. »Nichts, als was Gott uns bestimmt hat, wird uns begegnen«Q47. Friede sei mit dem, der den Rechten Weg geht!
Hat der Wanderer die Höhen des Staunens erstiegen, so betritt er

das Tal der wahren Armut und des völligen Vergehens.

Dies ist die Stufe, auf der das Ich stirbt und in Gott lebt, arm in sich selbst und reich durch den Ersehnten. Wenn wir auf dieser Stufe von Armut sprechen, so ist damit die Armut von allem gemeint, was in der erschaffenen Welt ist, und Reichtum durch alles, was in der Welt Gottes ist. Denn wenn ein aufrichtig Liebender und ergebener Freund in die Gegenwart des Geliebten tritt, so werden die leuchtende Schönheit des Geliebten und die Herzglut des Liebenden ein Feuer entzünden, durch das alle Hüllen und Schleier, ja alles, was er hat, vom Herzen bis zur Haut, verbrennen, und nichts verbleibt außer dem Freunde.
»Als sich die Eigenschaften des Urewigen offenbarten, verbrannte Moses die Eigenschaften der vergänglichen Dinge.« Q48
Wer diese Stufe erreicht hat, ist über alles, was von der Welt ist, geheiligt. Wenn darum die, die zu diesem Meer Seiner Gegenwart hingefunden, nichts mehr von den vergänglichen Dingen in der sterblichen Welt besitzen, sei es äußeres Gut oder eigene Meinung, so ist darin kein Harm, denn was immer die Geschöpfe besitzen, ist begrenzt durch ihre eigene Begrenzung, doch was Gottes ist, ist darüber geheiligt; viel Nachdenken erfordern diese Worte, damit ihr Sinn klar wird. »Wahrlich, der Gerechte wird aus einem Kelche trinken, dem Kampfer beigemischt ist«Q49. Würdet ihr begreifen, was »Kampfer« bedeutet, so würde der wahre Sinn euch klar sein. Diese Stufe ist jene Art Armut, von der gesagt ist: »Die Armut gereicht mir zum Ruhm«Q50. Es gibt mancherlei Stufen und Bedeutungen der äußeren und der inneren Armut, deren Erwähnung Ich hier nicht für zweckmäßig halte und die Ich darum, so Gott will und es die Vorsehung befiehlt, für ein andermal zurückhalte.
Dies ist eine Stufe, auf der im Wanderer die Kennzeichen aller DingeA24 vergehen und sich das Angesicht Gottes am Morgen der Ewigkeit aus dem Dunkel heraushebt und die Bedeutung des »alles auf Erden ist vergänglich außer Seinem Angesicht«Q51 offenbar wird.
O mein Freund! Lausche der Weise des Geistes mit Herz und Seele und schätze sie wie das Licht deiner Augen, denn nicht immer werden die göttlichen Weisheiten wie Frühlingsregen auf die Schollen der menschlichen Herzen strömen. Wenn auch des Allgütigen Gnade ohne Unterlaß strömt, so ist doch jeder Zeit und jedem Abschnitt ein bestimmter Anteil verordnet und eine gewisse Gabe bereitgehalten, die nach festgesetztem Maße gespendet wird. »Nichts ist, dessen Fülle nicht in Unserer Hand liegt, und Wir teilen davon nur das gesetzte Maß aus«Q52. Die Wolke der Gnade des Geliebten strömt nur auf den Garten des Geistes hernieder und spendet ihre Gunst nur im Frühling. Die übrigen Jahreszeiten sind dieser größten Gnade beraubt, und unfruchtbare Gebiete haben keinen Anteil an ihrer Gunst.
O mein Bruder! Nicht jedes Meer enthält Perlen, nicht an jedem Zweig erblühen Rosen, noch wird die Nachtigall überall singen. Darum bemühe dich, ehe die Nachtigall des Paradieses der inneren Bedeutung sich wieder zum Garten Gottes aufschwingt und die Strahlen des himmlischen Morgens zur Sonne der Wahrheit heimkehren – vielleicht vermagst du dann auf diesem vergänglichen Haufen Staubes einen Hauch aus dem ewigen Garten zu eratmen und im Schatten der Bewohner dieser ewigen Stadt zu verbleiben. Wenn du einmal diese höchste Stufe erreicht hast und zu dieser mächtigen Ebene gelangt bist, wirst du auf den Geliebten schauen und alles andere vergessen.
»An Tor und Mauer schaut der Freund hervor entschleiert, o ihr, die ihr Sehkraft habt.« Q53
So hast du nun den Tropfen des Lebens geopfert und dafür das Meer Dessen, Der das Leben spendet, gewonnen. Das ist das Ziel, nach dem du gefragt hast. So Gott will, wirst du es erreichen.
In dieser Stadt zerreißen und vergehen selbst die Schleier des Lichtes. »Nichts umschleiert Seine Schönheit außer dem Licht, und nichts umhüllt Sein Antlitz außer der Offenbarung«Q54. Wie seltsam, daß die Achtlosen nach Flitter und unedlem Metall jagen, während der Geliebte gleich der Sonne offenbar ist! Ja, durch die Stärke Seiner Offenbarung ist Er verdeckt, und im Überfluß Seines Glanzes bleibt Er verborgen.
»Mit dem Glanz der Sonne hat er geleuchtet, doch ach, in die Stadt der Blinden ist er gekommen«Q55.
In diesem Tal läßt der Wanderer die Stufen der ›Einheit des Wesens und der Erscheinung‹A25 hinter sich liegen und gelangt zu einer Einheit, die über beide geheiligt ist. Verzückung allein kann das Gesagte begreifen, nicht Erörterungen oder Wortstreit. Nur wer auf dieser Ebene geweilt oder den Hauch dieses Gartens eratmet hat, weiß, was Wir meinen.
Auf diesen ganzen Wanderungen darf der Wanderer nicht um Haaresbreite abgehen vom ›Gesetz‹, das in der Tat das Geheimnis des ›Weges‹ und die Frucht vom Baume der ›Wahrheit‹ ist.A26 Auf allen Stufen muß er sich an das Gewand des Gehorsams zu den Geboten halten und fest das Seil des Vermeidens alles Verbotenen fassen, damit er aus dem Kelch des Gesetzes genährt und mit den Geheimnissen der Wahrheit bekannt wird.
Was immer von diesen Meinen Erklärungen nicht verstanden wurde oder verwirren mag, sollte nochmals erfragt werden, damit kein Zweifel mehr bleibt und der Sinn gleich dem Antlitz des Geliebten klar am »Ort des Ruhmes«Q56 erscheine.
Obwohl diese Reisen im Zeitlichen ohne erkennbares Ende scheinen, kann der gelöste Wanderer, wenn ihm unsichtbare Bestätigung zufließt und der Hüter der Sache ihm beisteht, diese sieben Stufen mit sieben Schritten, oder mit sieben Atemzügen, ja gar in einem Atem, durchmessen, wenn dies Gott zuläßt und wünscht, denn »Er gibt Seinen Dienern durch Seine Gnade, wem immer Er will«Q57.
Wer in den Himmel der Einzigkeit aufgestiegen und zum Meer des Unumschränkten gelangt ist, der erkennt diese Stufe, die das Leben in Gott ist, als äußerstes Ziel für die mit mystischem Wissen Begabten und als höchstes Heim für die Liebenden. Doch für diesen in der See der inneren Bedeutung Aufgelösten ist diese Stufe das erste Tor zur Feste des Herzens, durch das der Mensch zum ersten Mal in die Stadt des Herzens eintritt. Es gibt für das Herz noch vier weitere Stufen, worüber berichtet werden mag, wenn eine verwandte Seele sich findet.
»Als die Feder diese Stufe zu beschreiben anhob, zerbrach sie und riß den Bogen in Stücke.«. Q58
Salám!A27
O Mein Freund! Viele Hunde hetzen diese Gazelle aus der Wüste der Einheit, und viele Krallen verwunden diese Nachtigall des ewigen Gartens. Unbarmherzige Krähen lauern im Hinterhalt auf diesen Vogel der Göttlichen Himmel, und der Jäger der Eifersucht jagt dieses Reh der Auen der Liebe.
O Shaykh, mache dein Bemühen zu einem Schirm, damit er vielleicht diese Flamme vor den Gegenwinden beschütze, obgleich dieses Licht sich sehnt, in der Lampe Gottes unter dem Schirm des Geistes zu brennen. Denn das Haupt, das sich in der Liebe Gottes erhebt, wird sicherlich unter dem Schwerte fallen, das Leben, das von Sehnsucht entflammt ist, gewißlich geopfert und das Herz, das sich dem Gedanken des Geliebten verbunden hat, sicher von Blut überströmen. Wie schön ist gesagt:
»Lebe gelöst von der Liebe, denn selbst ihre Ruhe ist peinvoll. Mit Leiden beginnt sie, und Tod ist ihr Ende«Q59.
Friede sei mit dem, der den Rechten Weg geht!
***
Was du über deine Gedanken bezüglich der Bedeutung (des Namens) des bekannten Vogels geschrieben hast, den die Perser Gunjishk (Sperling) nennen, wurde gelesen?A28 Es scheint, daß du mit mystischer Wahrheit wohl vertraut bist. Doch haben die verschiedenen Buchstaben auf jeder Stufe, gemäß den Gegebenheiten der betreffenden Stufe, ihren besonderen Sinn, ja, der Wanderer findet in jedem Namen ein Sinnbild und in jedem Buchstaben eine verborgene Bedeutung. In einem Sinne weisen diese Buchstaben auf ›Heiligkeit‹ hin:
Káf oder Gáf (K oder G) soviel wie ›Kuffi‹ (›frei‹) bedeutet: »Befreie dich von allem, wonach dein Begehr steht, alsdann wende dich deinem Herrn zu.«
Nún (N), ›Nazzih‹ (›reinige‹), bedeutet: »Reinige dich von allem außer Ihm, damit du dein Leben in Seiner Liebe hingeben mögest.«
Jím (J), ›Jánib‹ (›ziehe zurück‹), bedeutet: »Ziehe dich von der Schwelle des wahrhaftigen Gottes zurück, solange du noch die Zeichen der Welt trägst.«
Shín (Sh), ›Ushkur‹ (›danke‹), bedeutet: »Danke deinem Herrn auf Seiner Erde, daß Er dich segne in Seinem Himmel. Doch sind in der Welt der Einheit dieser Himmel und Seine Erde eins.«
Káf (K), ›Kuffi‹, bedeutet: »›Tue hinweg‹ die Schleier der Begrenzung, damit du erkennest, was dir von den Stufen der Heiligkeit nicht bekannt war«A29.
Wenn du den Weisen dieses sterblichen VogelsA30 lauschtest, würdest du nach dem ewigen Kelch begehren und auf den vergänglichen Becher verzichten.
Friede sei mit dem, der den Rechten Weg geht!

Die Vier Täler

Er ist der Starke, der Inniggeliebte!
»O Licht der Wahrheit, Ḥisám-i-Dín, du Gütiger, Die Welt hat noch keinen Fürsten hervorgebracht, der Dir gliche«Q60.
Ich frage Mich, warum das Band der Liebe so plötzlich zerrissen und der feste Bund der Freundschaft gebrochen wurde. Ließ Meine Ehrerbietung – was Gott verhüten möge – jemals nach, oder erschlaffte die Reinheit Meiner Liebe, daß du Mich vergaßest und aus deinem Gedächtnis auslöschtest?
»Welcher Fehler von Mir ließ deine Gunst schwinden? Ist es darum, weil Wir gering sind, und du von hohem Range?« Q61
Oder vertrieb dich ein einziger Pfeil vom Schlachtfelde?A31 Hat man dir nicht gesagt, daß Treue auf dem mystischen Weg notwendig und der wahre Führer zu Seiner heiligen Gegenwart ist? »Auf jene, die sprechen ›Gott ist unser Herr‹ und die standhaft dabei bleiben – auf jene steigen die Engel herab«Q62.
Auch ist gesagt: »Gehe standhaft voran, wie es dir befohlen ward«Q63. Denn dieser Weg ist bindend für jene, die in der Gegenwart Gottes wohnen.
»Ich erfülle meine Pflicht und überbringe die Botschaft – nicht achtend, ob sie dir Rat oder Ärger schenkt.« Q64
Obgleich Ich auf Meine Briefe keine Antwort erhalten habe und es sich für den Weisen nicht ziemt, eine Äußerung seiner Achtung zu wiederholen, so hat doch diese neue Liebe alle alten Regeln und Gepflogenheiten aufgehoben.
»Erzähle uns nicht die Geschichte von Laylí und von Majnúns Kummer – deine Liebe ließ die Welt alle alte Liebe vergessen. Einst, als dein Name auf den Zungen war, vernahmen ihn die Liebenden – und er ließ Sprecher und Hörer vor Freude tanzen.« Q65
Über göttliche Weisheit und himmlischen Rat sagt Rúmí:
»Nach jedem Mond, o mein Geliebter, bin ich drei Tage lang außer mir; heute ist der erste Tag – darum bin ich so glücklich.« Q66
Es wurde Mir berichtet, daß du nach Tabríz und Tiflís gereist bist, um dort Weisheit zu säen, oder daß du anderer hoher Ziele wegen nach SanandajA32 gegangen bist.A33
O Mein teurer Freund! Wer die Höhen der Wanderschaft erklimmt, wird nach vier Stufen gerechnet. Ich erwähne sie kurz, damit dir die Stufe und Eigenart jeder dieser vier Arten klar werden.

Das erste Tal

Wenn die Wanderer nach dem ›Ersehnten‹ (Maqṣúd) streben, so erstreckt sich diese Stufe auf das Ich – jenes, das das »Ich Gottes ist, wie es mit Gesetzen in Ihm steht«Q67.
In diesem Zustand wird das Ich geliebt und nicht verworfen. Es ist hocherfreulich und muß nicht gemieden werden. Obschon diese Stufe am Anfang eine Ebene des Konfliktes ist, so besteht doch ihr Ende im Erreichen des Thrones der Herrlichkeit. So heißt es: »O Abraham dieses Tages, o Freund Abraham des Geistes! Töte diese vier Raubvögel«Q68, damit dadurch das Geheimnis des Lebens nach dem Tode offenbar werde.
Dies ist die Stufe des Ichs, das Gott wohlgefällig ist. Das besagt der Vers:
»O Seele, die du zur Ruhe gehst – kehre zurück zu deinem Herrn, zufrieden und Ihm wohlgefällig!« Q69
und er endet:
»werde einer Meiner Diener und tritt ein in Mein Paradies.« Q70
Diese Stufe kennt viele Zeichen und unzählige Beweise. Daher ist gesagt: »Darauf werden Wir ihnen Unsere Zeichen in den Regionen der Erde und in ihnen selbst weisen, damit ihnen klar werden möge, daß es die Wahrheit ist«Q71 und daß es keinen Gott gibt außer Ihm.
So muß man nun lieber das Buch der eigenen Seele lesen denn eine bloße, schönrednerische Abhandlung. Darum hat Er gesagt: »Lies dein Buch! Du bedarfst keines anderen als deiner selbst, um Rechenschaft über dich abzulegen an diesem Tage«Q72.
Es wird erzählt, daß einst ein um das Göttliche Wissender mit einem gelehrten Grammatiker auf eine Reise ging. Sie kamen an die Küste der See der Erhabenheit. Der Weise warf sich ohne Zaudern in die Fluten, aber der Gelehrte stand da, gedankenverloren in Erörterungen, die auf Wasser geschriebenen Worten glichen. Der Weise rief ihm zu: »Warum folgst du nicht?« Er aber antwortete: »O mein Bruder, ich wage nicht, dir zu folgen, ich muß wohl wieder umkehren.« Da rief ihm der Weise zu: »Vergiß, was du in den Büchern von Síbavíyih und Qawlavíyih, von Ibn-i-Ḥájib und Ibn-i-MálikA34 gelesen hast, überquere das Wasser.«
»Des niederen Selbstes Tod ist hier vonnöten, kein Wissen um Worte: Darum werde zu Nichts und sicher wandelst du auf den Wellen.« Q73
Auch ist gesagt: »Zähle nicht zu jenen, die Gott vergessen haben, und die Gott deshalb sich selbst vergessen ließ. Sie sind in der Tat gottlos«Q74.

Das zweite Tal

Wenn das Ziel des Wanderers das Gemach des ›Preiswürdigen‹ (Maḥmúd)A35 ist, gehört diese Stufe der Urvernunft an, die als der Offenbarer und der Größte Pfeiler bekannt istA36. Aber mit Vernunft ist hier der göttliche, universale Geist gemeint, dessen Herrschaft die ganze Schöpfung erleuchtet, nicht aber jedes schwache Gehirn – so, wie von dem weisen Saná’íA37 geschrieben wurde:
»Wie kann schwache Vernunft den Qur’án erfassen? Wie kann eine Spinne einen Phönix in ihrem Netz erjagen? Willst du, daß dein Verstand nicht plötzlich dich in eine Schlinge wirft, dann lehre ihn das Wissen um die Liebe Gottes.« Q75
In diesem Zustand trifft der Wanderer auf unzählige Prüfungen und Rückschläge. Bald wird er himmelwärts erhoben – bald wird er in die Tiefe hinabgeschleudert, wie gesagt ward: »Nun ziehst Du mich zum Gipfel der Herrlichkeit empor, und dann wirfst Du mich in den tiefsten Abgrund.« Das verborgene Geheimnis dieses Zustandes wurde geoffenbart in dem heiligen Verse der Súrah Die Höhle:A38
»Hättest du nur die Sonne bei ihrem Aufgang zur Rechten ihrer (der Gefährten) Höhle vorüberwandern und sie (die Gefährten) bei ihrem Untergang zur Linken zurücklassen sehen können, indes sie (die Gefährten) sich in ihrem weiten Raume befanden. Dies ist eines der Zeichen Gottes. Wahrhaft geleitet ist, wen Gott leitet. Für jenen aber, den Gott in die Irre gehen läßt, wirst du keinen Helfer finden.« Q76
Sollte jemand verstehen, was alles in diesem Vers verborgen liegt, so wird ihm dies genügen. Darum hat Er zum Preise solcher Menschen gesagt: »Sie sind Menschen, die weder Ware noch Handel von der Erwähnung Gottes abhält«Q77.
Diese Stufe verleiht das wahre Maß der Erkenntnis, und sie befreit den Menschen von Prüfungen. In einem solchen Zustande braucht man nicht nach der Erkenntnis zu suchen, denn Er hat, was die Führung der Wanderer auf dieser Stufe anbelangt, gesagt: »Fürchtet Gott, und Gott wird euch lehren«Q78. Gleicherweise ward gesagt: »Erkenntnis ist ein Licht, das Gott, wem immer Er will, ins Herz gießt«Q79.
Darum soll man sein Herz zu einer Stätte bereiten, die der Ausgießung himmlischer Gnade würdig ist, damit der gütige Träger des Kelches einen den Wein der Gunst aus dem Kelche der Barmherzigkeit trinken lasse. »Laßt die sich Mühenden um solches ringen«Q80.
Nun aber sage Ich: »Wahrlich, wir sind Gottes und zu Ihm werden wir zurückkehren«Q81.

Das dritte Tal

Wenn die liebenden Sucher im Bereich des ›Anziehenden‹A39 wohnen wollen, vermag außer der Schönheit der Liebe keine Seele diesen königlichen Thron innezuhaben. Dieses Reich kann nicht mit Worten beschrieben werden.
»Die Liebe meidet diese Welt und jene Welt – sie enthält zweiundsiebzigfältigen Wahnsinn. Der Sänger der Liebe spielt auf der Harfe das Lied: Dienen unterjocht und Herrschaft verführt.« Q82
Dieser Zustand erfordert reine Zuneigung und den klaren Strom des Verbundenseins. Bei Erwähnung jener Gefährten in der HöhleA40 heißt es: »Sie sprechen nicht, bevor Er spricht, und sie befolgen Seine Befehle«Q83.
Auf dieser Stufe genügt weder die Herrschaft der Vernunft noch die Macht des niederen Selbstes. Darum fragte einer der Offenbarer Gottes: »O mein Herr, wie sollen wir zu Dir gelangen?« Und Er antwortete: »Gib dein Selbst auf, dann nähere dich Mir.«
Dies sind Menschen, welche den niedersten Ort als eins mit dem Throne der Herrlichkeit ansehen und die den Hof der Schönheit gleich zählen dem Schlachtfelde, auf dem für die Sache des Geliebten gestritten wurde.
Die Bewohner dieser Stufe sprechen keine Worte, vielmehr reiten sie nur auf ihren Rossen dahin. Sie sehen im Geliebten nichts denn Seine innerste Wirklichkeit. Sie betrachten alle sinnvollen Worte als sinnlos, und alle sinnlosen Worte als bedeutungsvoll. Sie vermögen kein Glied vom andern, noch zwischen einzelnen Teilen zu unterscheiden. Die Luftspiegelung nennen sie den Fluß selbst, und sie rechnen die Abfahrt als Rückkehr, so wie gesagt ward:
»Die Beschreibung Deiner Schönheit erreichte das Tal des Einsiedlers; Da verließ ihn die Vernunft, und er eilte zur Schenke, wo sie den Wein kaufen und verkaufen. Deine Liebe zertrümmerte vollständig die Festung der Geduld, Deine Schmerzen verstellten völlig das Tor der Hoffnung.« Q84
In diesem Zustand werden Unterweisungen gewißlich vergeblich sein.
»Der Liebenden Lehrer ist die Schönheit des Geliebten, Sein Antlitz ist ihr Unterricht und allein ihr Lehrbuch. Das Lernen von Staunen, sehnsüchtiger Liebe ist ihre Pflicht, Sie schauen nicht auf wortkluge Abhandlungen und träge Themen. Die Kette, die sie bindet, ist Sein moschusduftendes Haar. Das Bild der WiederkehrA41 ist ihnen nur eine Stufe zu Ihm.« Q85
Nun ein Gebet zu Gott, dem Erhabenen, dem Verherrlichten:
»O Gott! O Du, Dessen Gnade Wünsche gewährt! Ich stehe vor Dir, alles außer Dir vergessend. Gib, daß das Fünkchen Erkenntnis in meiner Seele vorden Leidenschaften und dem Niederen der Erde bewahrt bleibe. Gib, daß Dein urewiges Geschenk für mich, der Tropfen Weisheit, mit Deinem mächtigen Meere vereinigt werde.« Q86
So spreche Ich: »Es gibt keine Macht und keine Herrschaft außer bei Gott«Q87, dem Beschützer, dem Selbstbestehenden.

Das vierte Tal

Wenn die um das Geheimnis Wissenden zu denen gehören, die zu der Schönheit des ›Geliebten‹ (Maḥbúb) gelangt sind, ist dieser Zustand der Gipfel der Bewußtheit und das Mysterium göttlicher Führung. Dies ist der Kern des Geheimnisses: »Er tut, was immer Er will, und Er verordnet, was immer Er wünscht«Q88.
Sollten alle Bewohner der Himmel und der Erde diese leuchtende Anspielung und dieses tiefe Rätsel bis zu dem Tag, da die Trompete erschallt, enthüllen, so würden sie dennoch nicht einmal einen einzigen Buchstaben verstehen können. Denn solches ist der Zustand der Göttlichen Verordnung und des vorbestimmten Geheimnisses. Wenn daher Fragende sich danach erkundigen, antwortet Er: »Es ist eine See ohne Grund, die niemals je ergründet wird«Q89. Wiederum fragten sie, Er aber sprach: »Es ist die finsterste Nacht, durch die niemand seinen Weg finden kann.«Q90
Wer dieses Geheimnis erfaßt, wird es gewißlich verbergen, und sollte er nur eine einzige Spur von ihm offenbaren, so würden sie ihn kreuzigen. Doch, bei dem lebendigen Gott, wenn es aufrichtige Sucher geben würde, würde Ich es ihnen offenbaren. So ist gesagt: »Die Liebe ist ein Licht, das niemals in einem furchtsamen Herzen wohnt.«
Wahrlich, der Wanderer, welcher zu Gott und zu dem Roten Pfeiler auf dem schneeweißen Pfade wandert, wird dieses Ziel nur durch vollständige Aufgabe alles dessen erreichen, was Menschen besitzen: »Und wenn er Gott nicht fürchtet, wird Gott ihn alle Dinge fürchten lassen. Wer aber Gott fürchtet, den fürchten alle Dinge«Q91.
»Sprich Persisch, wenn auch Arabisch dir besser gefällt. Ein Liebender vermag viele Sprachen zu sprechen.« Q92
Wie schön beschreiben diese beiden Zeilen eine solche Wahrheit:
»Wenn Er Gnade gleich Perlen regnen läßt, siehst du unsere Herzen gleich Muscheln geöffnet, Wenn Er Pfeile der Seelenpein schleudert, ist unser Leben die Zielscheibe.« Q93
Wenn es nicht gegen das Gesetz des Buches wäre, würde Ich gewißlich einen Teil Meines Besitzes dem vermachen, der Mich erschlüge; Ich würde ihn zu Meinem Erben einsetzen, ja, Ich würde ihm sogar Dankbarkeit erzeigen und trachten, Meine Augen mit der Berührung seiner Hand zu erfrischen. Aber was vermag Ich zu tun? Ich habe keinen Besitz und keine Macht – und dies hat Gott so verordnet.A42
In diesem Augenblick vermeine Ich den süßen Duft Seines GewandesA43 einzuatmen, wie er aus dem Ägypten von BaháA44 kommt, als ob Er wirklich nahe sei, obschon Ihn die Menschen weit weg wähnen mögen.A45 Meine Seele atmet den Wohlgeruch ein, der vom Geliebten ausgeht, Mein Sinn ist erfüllt von dem süßen Dufte Meines liebenden Begleiters.
»Der Pflicht genüge langer Jahre des Liebens und plaudere von jenen glücklichen Zeiten, daß Erde und Himmel darob vor Freude jauchzen, Verstand und Herz und Auge sich daran ergötzen.« Q94
Diese Ebene ist die Ebene vollkommener Bewußtheit und äußerster Selbstauslöschung. Selbst Liebe hat keinen Zugang zu diesem Bereiche, und Sehnsucht hat hier keinen Raum; wie schon gesagt ward: »Liebe ist ein Schleier zwischen dem Liebenden und dem Geliebten«Q95. Die Liebe wird auf dieser Stufe zum Hemmnis und zur Schranke, und alles außer Ihm wird zu einem trennenden Vorhange. Darum sagte der Weise Saná’í:
»Kein von Verlangen erfülltes Herz wird jenen treffen, der das Herz an sich nimmt, keine in einen Schleier gehüllte Seele wird mit der Rose der Schönheit Vereinigung erfahren.« Q96
Denn dies ist die Welt des Unbedingten Gebotes, und sie ist geheiligt von allen irdischen Eigenschaften.
Die erhabenen Bewohner dieser Stätte üben göttliche Herrschaft aus im Hofe des Frohlockens, in Freude und Wonne, und sie tragen das Zepter der Macht. Auf den erhabenen Sitzen der Gerechtigkeit erlassen sie ihre Verordnungen und verleihen Gaben, nach eines jeden rechtmäßigem Anteil. Jene, welche aus diesem Becher trinken, wohnen in den hohen Gemächern des Glanzes über dem Throne des Urewigen der Tage, und sie ruhen im Lichthimmel der Macht im Zelte der Erhabenheit: »Jene fühlen dort weder die Hitze der Sonne noch starre Kälte«Q97.
Hier stehen die erhabenen Himmel in keinem Gegensatz zur niederen Erde, noch suchen sie diese zu übertreffen. Denn dies ist das Land der Gnade und nicht das Reich der Unterscheidung. Obschon sie in jedem Augenblick einen anderen Dienst leisten, so ist doch der Zustand dieser Seelen immer der gleiche. So wurde über dieses Reich gesagt: »Kein Werk wird Ihn vor einem anderen zurückhalten«Q98. Und zum anderen heißt es: »Er erscheint jeden Tag mit einem neuen Werk«Q99. Dies ist die Nahrung, deren Geschmack sich niemals ändert und deren Farbe nimmer schwindet. Wenn du von ihr genießest, wirst du wahrlich diesen Vers singen: »Wahrlich, ich wende mein Angesicht zu Ihm, Der Himmel und Erde erschuf, … und ich zähle nicht zu denen, die Ihm Götter beigesellten«Q100. »Gleicherweise zeigten Wir Abraham die Reiche der Himmel und der Erde, damit Er zu den wahrhaft Wissenden gehöre«Q101. Darum lege deine Hand auf deine Brust; alsdann strecke sie aus mit Macht und siehe, du wirst sie als ein Licht für die ganze Welt erkennen.A46
Wie rein ist doch dieses frische Wasser, das der anbietet, der den Kelch trägt! Wie klar ist dieser reine Wein aus der Hand des Geliebten! Wie kostbar ist ein Trunk aus dem himmlischen Kelche! Möge er jene erfrischen, welche davon trinken, seine Süße genießen und zu seiner Erkenntnis gelangen.
»Mehr zu sagen geziemt sich nicht, kein Strombett kann das Meer ja fassen.« Q102
Denn das Geheimnis dieser Äußerung ist verborgen im Speicher der Großen UnfehlbarkeitA47 und ist niedergelegt in den Schatzkammern der Macht. Es ist geheiligt vor den Edelsteinen der Erklärung und steht über dem Scharfsinn der Erläuterung.
In diesem Zustande wird das Staunen hochgeschätzt, und vollkommene Armut ist wesentlich. Darum heißt es: »Armut ist Mein Stolz«Q103. Und gleicherweise wird gesagt: »Gott hält ein Volk unter dem Dom der Herrlichkeit, welches Er im Gewand leuchtender Armut verbirgt«Q104. Dies sind jene, welche mit Seinen Augen sehen und mit Seinen Ohren hören, wie es in der bekannten Überlieferung berichtet ist.
Bezüglich dieses Zustandes gibt es viele Überlieferungen und Verse von allgemeiner und besonderer Bedeutung – zwei davon werden jedoch ausreichen, um sich den mit Herz und Verstand Ausgestatteten als Licht zu erweisen.
Zum ersten der Spruch: »O Mein Diener! Gehorche Mir, und Ich werde dich Mir Selbst ähnlich machen. Ich sage ›Es sei‹ und es ist, und du wirst sagen ›Es sei‹ und es wird sein.«
Und zum zweiten: »O Sohn Adams! Geselle dich zu niemandem, ehe du Mich nicht gefunden hast, und wann immer du nach Mir verlangst, wirst du Mich dir nahe finden.«
Welche erhabenen Beweise und wundervollen Hinweise auch immer hier erwähnt wurden, so beachte davon doch nur einen Buchstaben und einen einzigen Punkt. »Dies ist Gottes Weg …, und du wirst kein Abgehen vom Wege Gottes feststellen können«Q105.
Mich deiner erinnernd, hatte Ich dieses Schreiben vor einiger Zeit begonnen. Da jedoch damals dein Brief noch nicht angekommen war, wurden eingangs einige Worte der Klage erwähnt. Aber nun vertrieb dein letztes Schreiben dieses Gefühl und veranlaßte Mich, dir diesen Brief zu senden. Es erübrigt sich, von Meiner Liebe zu dir zu sprechen. »Gott genügt hierfür als Zeuge«Q106. Was Shaykh Muḥammad anbetrifft, – Gott der Allmächtige möge ihn segnen! – so beschränke Ich Mich auf die beiden folgenden Verse, um deren Übermittlung an ihn Ich bitte:
»Ich suche deine Nähe, die angenehmer als der süße Himmel ist; Ich betrachte dein Antlitz, das lieblicher denn der Garten des Paradieses ist« Q107
Als Ich diese Liebesbotschaft der Feder anvertraute, weigerte sie sich, die Last zu tragen und wurde ohnmächtig. Als sie das Bewußtsein wiedererlangte, sprach sie: »Preis sei Dir! Ich bereue vor Dir, und ich bin die erste unter denen, die glauben«Q108. Preis sei Gott, dem Herrn der Welten!
»Laßt uns ein andermal künden von Wunde und Weh dieser Trennung. Es ist besser, wenn die Geheimnisse der Liebe auf andere Weise erzählt werden. Suche nicht Streit, Geschrei und ähnliches, sprich nimmermehr von Shams-i-Tabrízí.« A48
Friede ruhe auf dir und auf jenen, die um dich sind und deine Begegnung erfahren.
Was Ich zuvor geschrieben habe, wurde von den Fliegen verzehrt. Dies geschah, weil die Tinte so süß war – wie Sa‘dí schrieb: »Ich werde nicht mehr weiterschreiben, denn meine Worte sind so süß, daß ich von Fliegen belästigt werde«Q109.
Nun aber ist die Hand unfähig, mehr zu schreiben, und fordert, es sei genug. Darum sage Ich: »Die Herrlichkeit deines Herrn, des Herrn aller Größe, ist weit erhaben über alles, was sie Ihm zuschreiben«Q110.

Quellenangaben

Q1 Qur’án 17:110.
Q2 Qur’án 2:282.
Q3 Qur’án 16:69.
Q4 Qur’án 16:69.
Q5 Qur’án 29:69. Eigentlich: »Die aber sich treulich um Uns mühen, die werden Wir leiten auf Unseren Wegen.«.
Q6 Mystischer persischer Vers.
Q7 Mystischer persischer Vers, vgl. auch. Verborgene Worte arab. 7.
Q8 Qur’án 50:29.
Q9 Rúmí, Mathnaví. Jaláli’d-Dín-i-Rúmí (1207–1273), genannt Mawláná (Meister) ist der größte persische Ṣúfí-Dichter und der Begründer der Mawlaví, des ›wirbelnden‹ Derwisch-Ordens. Verfasser des Mathnaví, ein Gedicht in 6 Büchern (ca. 1246–1273).
Q10 Aus einem religiösen Gedicht Bahá’u’lláhs
Q11 Mystischer persischer Vers.
Q12 Qur’án 67:3.
Q13 Qur’án 41:53.
Q14 Qur’án 41:53.
Q15 Qur’án 57:3.
Q16 Wird ‘Alí zugeschrieben.
Q17 Qur’án 1:6.
Q18 Rúmí, Mathnaví 27.
Q19 Rúmí, Mathnaví
Q20 Qur’án 2:156 .
Q21 Rúmí, Mathnaví.
Q22 Qur’án 4:78.
Q23 Qur’án 18:39.
Q24 Rúmí, Mathnaví .
Q25 Qur’án 16:61.
Q26 Ḥadíth d. h. Ausspruch oder Tat, die von Muḥammad oder einem der heiligen Imáme überliefert wurden. [Gelten z. T. im sunnítischen Islám neben dem Qur’án als kanonische Texte].
Q27 Qur’án 83:28.
Q28 Aus einer Predigt ‘Alís.
Q29 Ḥadíth .
Q30 Muḥammad, Ḥadíth – Anm. d. Hrsg.
Q31 Muḥammad, Ḥadíth – Anm. d. Hrsg.
Q32 Shamsu’d-Dín Muḥammad Ḥáfiẓ aus Shíráz (1320–90). Verfasser unübertroffener mystischer Gedichte in der Ghaselenform.
Q33 Ḥadíth .
Q34 Rúmí, Mathnaví.
Q35 Qur’án 57:3.
Q36 Rúmí, Mathnaví .
Q37 Rúmí, Mathnaví
Q38 Qur’án 4:130.
Q39 Shamsu’d-Dín Muḥammad Ḥáfiẓ
Q40 Arabischer Vers.
Q41 Ḥadíth .
Q42 Qur’án 50:22.
Q43 Mystischer persischer Vers.
Q44 ‘Alí, Ḥadíth – Anm. d. Hrsg.
Q45 ‘Alí, Ḥadíth
Q46 Rúmí, Mathnaví .
Q47 Qur’án 9:51.
Q48 Rúmí, Mathnaví .
Q49 Qur’án 76:5.
Q50 Muḥammad.
Q51 Qur’án 55:26–27.
Q52 Qur’án 15:21.
Q53 Farídu’d-Dín ‘Aṭṭár (ca. 1150–1230 A.D.), der berühmte persische Ṣúfí-Dichter.
Q54 Ḥadíth .
Q55 Rúmí, Mathnaví .
Q56 Qur’án 17:79 (Maqám-i-Maḥmúd).
Q57 Qur’án 2:90.
Q58 Mystischer persischer Vers.
Q59 Arabischer Vers.
Q60 Aus dem Mathnaví des Jaláli’d-Dín-i-Rúmí (1207–1273).
Q61 Verse von Sa‘dí, Muṣliḥu’d-Dín aus Shíráz (ca. 1184–1291). Bedeutender persischer Dichter, Verfasser des Bústán (Garten) und des Gulistán (Rosengarten).
Q62 Qur’án 41:30.
Q63 Qur’án 11:112, Qur’án 42:15.
Q64 Vers von Sa‘dí.
Q65 Vers von Sa‘dí .
Q66 Rúmí .
Q67 Islámische Überlieferung (Ḥadíth).
Q68 Aus dem Mathnaví von Jaláli’d-Dín-i-Rúmí. Der Dichter berichtet hier von 4 Raubvögeln, die nach ihrem Tod in 4 liebliche Vögel verwandelt wurden. Damit soll die Aufgabe schlechter Eigenschaften und ihr Ersatz durch gute Tugenden angedeutet werden.
Q69 Qur’án 89:27–28.
Q70 Qur’án 89:29–30.
Q71 Qur’án 41:53.
Q72 Qur’án 17:14.
Q73 Rúmí, Mathnaví .
Q74 Qur’án 59:19.
Q75 Saná’í.
Q76 Qur’án 18:17.
Q77 Qur’án 24:37.
Q78 Qur’án 2:282.
Q79 Ḥadíth.
Q80 Qur’án 37:61.
Q81 Qur’án 2:156.
Q82 Rúmí, Mathnaví.
Q83 Qur’án 21:27.
Q84 Verse von Sa‘dí .
Q85 Rúmí: aus dem Mathnaví .
Q86 Rúmí: aus dem Mathnaví .
Q87 Qur’án 18:39.[Das Zitat aus dem Qur’án geht nicht bis zum Ende des Absatzes. Ich habe die Anführungszeichen und die Fußnote verschoben]
Q88 Qur’án 2:253, 5:1.
Q89 Ḥadíth, der ‘Alí, dem Schwiegersohn Muḥammads, zugeschrieben wird.
Q90 ‘Alí, Ḥadíth – Anm. d. Hrsg.
Q91 Arabischer Spruch.
Q92 Rúmí: aus dem Mathnaví .
Q93 Persischer Spruch – Anm. d. Hrsg.
Q94 Rúmí: aus dem Mathnaví .
Q95 Ḥadíth – Anm. d. Hrsg.
Q96 Saná’í, – Anm. d. Hrsg.
Q97 Qur’án 76:13.
Q98 Dieses Zitat ist von einem der Erklärer des Qur’án-Verses 55:29 verfaßt worden. Vgl. das Wörterbuch Lisánu’l-‘Arab.
Q99 Qur’án 55:29.
Q100 Qur’án 6:79.
Q101 Qur’án 6:75.
Q102 Rúmí: aus dem Mathnaví .
Q103 Muḥammad, Ḥadíth.
Q104 Ḥadíth.
Q105 Qur’án 33:62 und 48:23.
Q106 Qur’án 4:166.
Q107 Verse von Sa‘dí, .
Q108 Qur’án 7:143.
Q109 Verse von Sa‘dí, – Anm. d. Hrsg.
Q110 Qur’án 37:180.

Anmerkungen

A1 Gesetzbuch des Báb – Anm. d. Hrsg.
A2 Kull-i-Shay’.
A3 d. i. dem Offenbarer.
A4 Muḥammad, Aḥmad und Maḥmúd sind Namen und Titel des Offenbarers, abgeleitet von dem Verb für ›loben, erhöhen‹.
A5 Bezieht sich auf eine Predigt von Imám ‘Alí.
A6 Worte ‘Alís, des Schwiegersohns und Nachfolgers Muḥammads – Anm. d. Hrsg.
A7 Heiligtum in Mekka; hier bedeutet es ›Ziel‹.
A8 Heiligtum in Mekka; hier bedeutet es ›Ziel‹.
A9 Majnún bedeutet wörtlich ›wahnsinnig‹. Es ist der Name des berühmten Liebenden in der arabischen und persischen Dichtung, dessen Geliebte Laylí war, die Tochter eines arabischen Prinzen. In ihnen ist die echte, menschliche Liebe verkörpert, die an die göttliche grenzt. Die Geschichte findet sich in vielen schwärmerischen persischen Gedichten, vor allem bei Niẓámí von Ganjih (1140–1202) im 3. Stück seines Panj Ganj (5 Schätze) von 1188/89.
A10 Arabisches Sprichwort.
A11 Bezieht sich auf die Josefsgeschichte im Alten Testament und im Qur’án.
A12 Farídu’d-Dín ‘Aṭṭár (ca. 1150–1230 A.D.), the great Persian Ṣúfí poet.
A13 Shaykh Abú-Ismá‘íl-‘Abdu’lláh Anṣárí aus Hirát (1006–1088), Ṣúfí-Führer und Nachkomme von Muḥammads Begleiter Abú-Ayyúb. Verfasser der Munáját (Bittgebete) und der Rubá‘íyyát (vierzeilige Strophen). ›Anṣár‹ bedeutet ›Helfer‹ oder Begleiter Muḥammads in Medina.
A14 »Lösch die Lampe, wenn die Sonne erschienen ist« (‘Alí) – Die Sonne bezieht sich auf den Offenbarer Gottes am neuen Tag. Eine Warnung, keinen menschlichen Führern zu folgen, wenn der Tag des göttlichen Offenbarers erschienen ist. Nach der Ṣúfí-Lehre erfolgt die mystische Wanderung und Suche nach der Wahrheit unter der Führung des ›Lichtes‹, d. h. der Ṣúfí-Führer.
A15 Das Heiligtum in Mekka. Hier in der Bedeutung von ›Ziel‹.
A16 Dies bezieht sich auf Bahá’u’lláhs eigene Offenbarung.
A17 Name für Muḥammad.
A18 Eigentlich ›der Grüne‹. Meist mit der im Qur’án (18:59–81) erwähnten Person gleichgesetzt. Er soll den Quell des Lebens entdeckt und davon getrunken haben, daher dessen ›Wächter‹ genannt. Er steht für die wahre Führung, der man unbedingt zu folgen verpflichtet ist – Anm. d. Hrsg.
A19 Dies bezieht sich auf die Ṣúfí-Idee von der inneren Ebene, die im Vergleich zur geoffenbarten Wahrheit unwirklich ist.
A20 Bezieht sich auf Bahá’u’lláh, der Seine Sendung damals noch nicht erklärt hatte – Anm. d. Hrsg.
A21 Ehrenname ‘Alís – Anm. d. Hrsg.
A22 Ein Weiser, nach dem die 31. Súrah des Qur’án benannt ist. Rúmí sieht in ihm einen Sklaven. Oft wird er mit Aesop gleichgesetzt – Anm. d. Hrsg.
A23 Eigentlich ›Jayhún‹, ein Fluß in Turkistán.
A24 arabisch Kull-i-Shay’ – Anm. d. Hrsg.
A25 Pantheismus, eine Ṣúfí-Lehre, abgeleitet von der Formel: »Nur Gott ist; Er ist in allen Dingen, und alle Dinge ruhen in Ihm.«.
A26 Dies bezieht sich auf die 3 Stufen eines Ṣúfí-Lebens: 1. Sharí‘at (religiöses Gesetz), 2. Ṭaríqat (Pfad, auf dem der mystische Wanderer auf der Suche nach Gott geht; diese Stufe schließt Einsiedler ein). 3. Ḥaqíqat (Wahrheit, die dem Ṣúfí Ziel bedeutet). Bahá’u’lláh lehnt hier die Ansicht einiger Ṣúfí ab, wonach auf der Suche nach Wahrheit das religiöse Gesetz übergangen werden dürfe.
A27 ›Friede‹. Dieses Wort wird verwendet um eine Ausführung abzuschließen.
A28 Die fünf Buchstaben dieses persischen Wortes sind: G, N, J, Sh, K, d. h. Gáf, Nún, Jím, Shín, Káf.
A29 Diese, sowie die vorangehenden Passagen beziehen sich auf islámische Lehren.
A30 Das ist im traditionellen persischen Stil ein Hinweis auf Bahá’u’lláh selbst.
A31 Persisches Sprichwort. Bezeichnung für einen rasch entmutigten Menschen. Es steht hier in der Bedeutung, daß der Shaykh seine Stellung als Führer des mystischen Ṣúfí-Ordens durch die Verkündung der neuen Wahrheit durch Bahá’u’lláh gefährdet sehen könnte.
A32 Senna, die Hauptstadt der persischen Provinz Kurdistán.
A33 Diese Einleitung zu den Vier Tälern ist in erlesenem persischen Briefstil verfaßt. Die Regeln für die Abfassung eines Briefes in Persisch verlangen Zitate aus berühmten Schriftwerken und Versicherungen von unverbrüchlicher Liebe für den Empfänger, der gleichzeitig getadelt wird, den Schreiber vergessen zu haben.
A34 Namen bekannter arabischer Grammatiker und Rhetoriker.
A35 Eine Eigenschaft Gottes und einer der Titel Muḥammads.
A36 Maqám-i-Maḥmúd (preiswürdige Stufe), bezeichnet den mit Standhaftigkeit ausgestatteten Rang der Offenbarer.
A37 Der erste bedeutende persische Dichter der Mystik. Er verfaßte das Ḥidíqatu’l-Ḥaqíqat (Garten der Wahrheit) um 1131. Er stammt aus Ghazná oder Balkh – Anm. d. Hrsg.
A38 Qur’án 18. Sie bezieht sich auf die Stufe unbedingten Glaubens. Die ›Gefährten der Höhle‹ sind die frühen christlichen Märtyrer.
A39 Majdhúb – Jene göttliche Eigenschaft, die alle Geschöpfe zu Ihm hinzieht.
A40 Die Gefährten der Höhle sind die frühen christl. Märtyrer – Anm. d. Hrsg.
A41 Die Zyklentheorie des Abu-‘Alí Síná (Avicenna; 980–1037), von ihm selbst in einem Vierzeiler niedergeschrieben: »Jede Erscheinung, jede Gestalt, die heute vergeht, Wird in der Schatzkammer der Zeit sicher verwahrt. Wenn die Welt wieder zu ihrem Ausgangsorte zurückkehrt Holt Er ihr Antlitz aus dem Unsichtbaren hervor«.Vgl. dazu ‘Abdu’l-Bahá, in: Beantwortete Fragen Kap. 81: Reinkarnation.
A42 Dies wurde vor Bahá’u’lláhs Erklärung (1863) geoffenbart. Die folgenden Zeilen beziehen sich auf das nahe Bevorstehen dieses Ereignisses.
A43 Wörtlich: ›das Gewand von Há‹. ›Há‹ bedeutet den Buchstaben ›H‹, der hier ›Bahá‹ versinnbildlicht.
A44 Dies bezieht sich auf die Josephserzählung in der Bibel und im Qur’án.
A45 Gemeint sind damit die, die nicht die unmittelbar bevorstehende Erklärung Dessen erwarteten, Den Gott offenbaren wird.
A46 Vgl. dazu Qur’án 7:108, 27:12, 28.32 und das Ḥadíth
A47 ‘Iṣmat-i-Kubrá: die unveränderliche Eigenschaft der Göttlichen Manifestation.
A48 Shams-i-Tabrízí, ein Ṣúfí, der auf Jaláli’d-Dín-i-Rúmí großen Einfluß ausübte, indem er dessen Aufmerksamkeit von der Wissenschaft auf die Mystik lenkte. Viele Werke Rúmís sind ihm gewidmet. Diese Zeilen stammen aus dem Mathnaví.