# Dans la Gloire du Pere: Une Biographie de Baha'u'llah

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> Source: Bahá'í Library Online (bahai-library.com), curated by Jonah Winters. Used by permission of the curator. Original citation: Hasan M. Balyuzi, Dans la Gloire du Pere: Une Biographie de Baha'u'llah, bahai-library.com.
> ──────────────────────────────────────────────────────────────────────
> 
> È
> DANS LA GLOIRE DU PÈRE
> 
> Une biographie de bahá’U’lláh
> 
> du même auteur :
> 
> Bahá’u’lláh
> 
> a brief life, followed by an essay entitled
> 
> The word made flesh
> 
> The BáB
> 
> The herald of the day of days
> 
> ‘aBdu’l-Bahá
> 
> The Centre of the Covenant of Bahá’u’lláh
> 
> edward Granville Browne and The Bahá’í faiTh
> 
> muh∂ammad and The Course of islám
> 
> photo de couverture : entrée du tombeau de bahá’u’lláh à bahjí, acre, israël.
> © brigitte aiff
> dans la gloire du Père
> 
> Une biographie de bahá’U’lláh
> 
> h. m. Balyuzi
> 
> tradUction pierre Spierckel
> 
> maison d’édiTions Bahá’íes
> 
> Bruxelles
> 
> GeorGe ronald, PuBlisher
> 46 hiGh sTreeT, KidlinGTon, oxford, ox5 2dn
> 
> © h.m. Balyuzi 1980
> 
> all riGhTs reserved
> 
> © Pour la TraduCTion française
> 
> maison d’édiTions Bahá’íes
> 
> 205, rue du Trône
> 
> 1050 Bruxelles, BelGique
> 
> d/1547/2005/2
> 
> isBn 2-87203-068-9
> 
> imprimé en belgique
> 
> les principes humanitaires et spirituels énoncés par Bahá’u’lláh, il y a des
> dizaines d’années, au n fond de l’orient, et qu’il élabora en un système
> cohérent, sont considérés les uns après les autres, par un monde inconscient
> de leur origine, comme des signes de progrès de la civilisation. et le
> sentiment que l’humanité a rompu avec son passé et que les vieux principes
> ne sont plus utiles devant les urgences du temps présent rend tout homme de
> réflexion perplexe et consterné, à l’exception de ceux qui ont appris à
> trouver dans l’histoire de Bahá’u’lláh le sens de tous les prodiges et présages
> de notre temps. Shoghi effendi Voici l’histoire de bahá’u’lláh,
> 
> dédiée à la gloire inaltérable de son arrière-petit-fils, l’auteur des lignes ci-
> dessus,
> 
> le gardien de la foi bahá’íe.
> 
> préface à la version française
> 
> alí nakhjavaní
> C’esT en 1938 que m. Balyuzi écrivit sa première biographie du fondateur
> de la foi bahá’íe sous la forme d’un petit livret intitulé : Bahá’u’lláh. shoghi
> effendi, le Gardien de la foi bahá’íe fut heureux d’inclure cet essai dans le
> volume viii du Bahá’í world. il écrivit aussi à l’assemblée spirituelle
> nationale des îles britanniques en exprimant l’espoir que m. Balyuzi écrirait
> d’autres ouvrages sur la vie du Báb et sur celle de ‘abdu’l-Bahá.
> 
> après le décès de shoghi effendi en 1957, m. Balyuzi pensa que le centenaire
> de la déclaration de Bahá’u’lláh serait une occasion parfaite pour augmenter
> le contenu de son premier essai. ainsi le livret devint un livre et fut publié en
> 1963
> 
> sous le titre de bahá’u’lláh, a brief life.
> 
> m. Balyuzi termina en 1971 sa biographie de ‘abdu’l-Bahá et en 1973 celle
> du Báb, complétant ainsi la trilogie envisagée par le Gardien. il put de
> nouveau se consacrer à l’enrichissement de la biographie de Bahá’u’lláh,
> d’autant plus que beaucoup de nouveaux documents étaient maintenant
> accessibles.
> 
> le fruit de ses nobles efforts sera bahá’u’lláh, the king of glory, publié en
> 1980 qui présente en un seul volume tous les documents alors disponibles
> sur la vie de Bahá’u’lláh.
> 
> la traduction française de cette troisième et dernière tentative de m. Balyuzi
> pour écrire une biographie historique de Bahá’u’lláh est une étape
> importante dans les annales de l’édition bahá’íe francophone. les premiers
> érudits européens qui s’intéressèrent à la nouvelle religion et qui écrivirent
> longuement sur son histoire et sur ses enseignements étaient tous des
> orientalistes français. le premier centre bahá’í établit sur le sol européen fut
> ouvert à Paris au début du vingtième siècle.
> 
> la première encyclopédie à proposer un article sur les bábís fut le Grand
> larousse du xixe siècle. il est donc juste que les bahá’ís des pays
> francophones puissent lire, enfin, cette biographie exhaustive de Bahá’u’lláh
> en français.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> dans dieu passe près de nous shoghi effendi divise la vie de Bahá’u’lláh en
> quatre périodes :
> 
> 1. les vingt-sept premières années sont caractérisées par les avantages que sa
> haute naissance et la richesse lui confèrent, ainsi que par sa constante
> sollicitude pour les intérêts des pauvres, des malades et des opprimés.
> 
> 2. les neuf années suivantes le montrent actif et exemplaire dans la
> propagation de la religion du Báb.
> 
> 3. elles sont suivies par quatre mois d’emprisonnement dans le síyah-Chál de
> Téhéran, au cours desquels sa vie sera constamment en danger.
> 
> 4. les trente-neuf années de son glorieux ministère qui, d’après shoghi
> effendi,
> 
> « est sans parallèle dans les annales religieuses de toute l’histoire humaine. »
> 
> dans le même ouvrage, shoghi effendi évalue le rang du fondateur de la
> religion bahá’íe. il l’appelle : « celui que la postérité acclamera, et que
> d'innombrables partisans reconnaissent déjà, comme le juge, le législateur et
> le rédempteur de toute l'humanité, comme l'organisateur de la planète tout
> entière, l'unificateur des enfants des hommes, l'inaugurateur du millénaire
> tant attendu, le promoteur d'un nouveau
> 
> " cycle universel ", le fondateur de la très grande paix, la source de la très
> haute justice, le proclamateur de la majorité de toute la race humaine, le
> créateur d'un nouvel ordre mondial, l'inspirateur et le fondateur d'une
> civilisation mondiale. » 2
> 
> dans le livre de la certitude, Bahá’u’lláh définit la nature et le rang des
> manifestations de dieu : « la porte de toute connaissance de l'ancien des jours
> se trouve ainsi fermée à la face de tous les êtres, [...] celui qui est la source
> de grâce infinie a fait surgir du royaume de l'esprit, sous la forme du temple
> humain, ces gemmes lumineuses de sainteté, et il les a manifestées aux
> hommes, pour qu'elles puissent communiquer au monde les mystères de
> l'Être immuable et lui expliquer les subtilités de son impérissable essence. »
> 3 éclairé par le principe général qui précède, on peut lire ce qui suit dans une
> des prières de Bahá’u’lláh : « ô mon dieu, lorsque j’envisage la relation qui
> me lie à toi, j’ai envie de proclamer au monde « en vérité je suis dieu ! » ; et
> lorsque je me regarde, je me découvre plus grossier que la glaise. » 4
> 
> si les disciples de la religion de Bahá’u’lláh considèrent sa révélation comme
> l’accomplissement et le couronnement glorieux des révélations précédentes,
> ils
> 
> PréfaCe à la version française
> 
> croient aussi, comme l’écrit le Gardien de la foi bahá’íe, qu’elle « maintient
> sans aucun compromis les vérités éternelles qu'elles recèlent, reconnaît
> fermement et de manière absolue l'origine divine de leurs auteurs, préserve
> de toute violation la sainteté de leurs écritures authentiques, rejette toute
> intention de diminuer le rang de leurs fondateurs ou de déprécier les idéaux
> spirituels qu'ils inculquent, éclaircit et coordonne leurs fonctions, réaffirme
> leur but commun, immuable et fondamental, réconcilie leurs revendications
> et leurs doctrines en apparence divergentes et admet sans difficulté, et avec
> gratitude, leurs participations respectives dans le déploiement graduel d'une
> révélation divine. Cette révélation reconnaît sans hésiter qu'elle est un simple
> maillon de la chaîne des révélations en continuel développement ; elle ajoute
> à leurs enseignements des lois et ordonnances obéissant à d'impérieuses
> nécessités, lois et ordonnances dictées par la réceptivité croissante d'une
> société en évolution rapide et toujours en transformation ; enfin, elle se
> déclare prête et à même d'unir et de faire fusionner ces révélations divisées
> en sectes et en factions opposées, pour établir une fraternité universelle qui
> œuvre dans le cadre et en accord avec les préceptes d'un ordre divinement
> conçu, ordre unificateur et rédempteur pour le monde » 5
> 
> mon espoir est que ce livre aidera le lecteur - le bahá’í comme celui qui
> étudie les enseignements et les revendications de Bahá’u’lláh - à mieux
> comprendre sa vraie nature et le but de sa mission. Bahá’u’lláh a accepté les
> souffrances, les revers et les persécutions afin que l’humanité, dont la
> maturité approche, considère de plus en plus la terre comme un seul pays et
> les êtres humains comme ses citoyens. Bahá’u’lláh ajoute que puisque
> l’humanité approche de sa maturité, elle a besoin d’un renouvellement de la
> religion : « de même que le corps de l'homme a besoin d'un vêtement pour
> l'habiller, de même il faut que le corps de l'humanité soit revêtu du manteau
> de la justice et de la sagesse. sa robe est la révélation qui lui est accordée par
> dieu. »6
> 
> décembre 2004
> áqá rid∂á-i-Qannád-i-Shírází
> 
> áqá h∆usayn-i-áshchí de káshán
> 
> nabíl-i- a’z∂am, Mullá Muh∂ammad-i-Zarandí
> 
> préface du traducteur
> 
> CeTTe biographie de Bahá’u’lláh fait suite à la chronique de nabíl qui
> rapporte les événements tragiques marquant la courte vie du Báb, dont l’une
> des missions fut de préparer la venue de celui-que-dieu-manifestera :
> Bahá’u’lláh.
> 
> dans ces pages, le lecteur découvrira - phénomène récurrent mais rare dans
> l’histoire du monde - la vie d’une manifestation de dieu, ses joies, son
> courage devant l’adversité, sa souffrance face à la trahison et à l’injustice, sa
> détermination devant les obstacles, son amour des hommes, sa patience
> envers ses adversaires, sa droiture devant les autorités et sa simplicité avec
> les gens qui l’entouraient, sa confiance et sa résignation enfin devant les
> drames qui l’affligèrent. C'est, à ce jour, le récit historique le plus complet
> sur la vie de Bahá’u’lláh et des compagnons qui le suivirent dans ses exils
> successifs. histoire de dévotion et de dévouement, d’abnégation et de
> sacrifices, illustration de la lutte immémoriale du bien et du mal, du jour et
> de la nuit, exemples de force d’âme et de fidélité illustrés par les
> témoignages inestimables des témoins même de ces événements. en effet, m.
> Balyuzi a choisi de diversifier ses sources et en donne la liste dans sa préface
> : à part quelques documents et témoignages divers, mes sources principales
> ont été : la partie inédite de l’immortelle chronique de mullá muh∂ammad-i-
> zarandí, nabíl-i-a’z∂am, les souvenirs de áqá h∂usayn-i-áshchí et le récit de
> áqá muh∂ammad-rid∂áy-i-qannád-i-shírází.
> 
> áqá h∂usayn est le ls de áqá muh∂ammad-Javád-i-Káshání, un des premiers
> bábís.
> 
> orphelin très jeune, il fut emmené à Bagdad où il grandit dans la maison de
> Bahá’u’lláh. il en devint nalement le cuisinier. C’est pourquoi on le connaît
> sous ce surnom de áshchí, le faiseur de bouillon.
> en décembre 1924, áqá h∂usayn-i-áshchí, très âgé, se préparait à mourir
> quand shoghi effendi, le Gardien de la foi bahá’íe, demanda à áqá ‘abdu’r-
> rasúl-i-mans∂úr-i-Káshání de s’asseoir près de son lit et de noter tout ce que
> le mourant pouvait se souvenir des événements des sept décennies passées.
> l’histoire que ‘áshchí avait à dire est fascinante, et le rapport étroit entre les
> réminiscences d’un vieil homme proche de la mort et le récit de áqá rid∂áy-i-
> qannád est étonnant.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> áqá rid∂á, natif de Chiraz, con seur de profession et fervent disciple de
> Bahá’u’lláh, resta toujours à ses côtés depuis la période de Bagdad jusqu’à
> son ascension. il servit ensuite ‘abdu’l-Bahá avec autant de zèle et de
> dévotion jusqu’à sa mort en 1912, alors que ‘abdu’l-Bahá était en amérique.
> 
> áqá rid∂á a indiqué qu’il écrivit son récit à la demande de nabíl-i-a’z∂am et
> qu’il en commença la rédaction au début des années quatre-vingt du dix-
> neuvième siècle. dans la copie que je possède, les dernières pages de la copie
> de son passionnant récit sont manquantes et la date exacte ne peut
> malheureusement être précisée. J’espère qu’il existe une copie complète
> quelque part et qu’on la trouvera, mais il est possible que áqá rid∂á n’ait pas
> terminé son inestimable récit.
> 
> la grande valeur de ces deux documents tient au fait que leurs auteurs furent
> des témoins visuels des événements et non des compilateurs de souvenirs et
> d’anecdotes qu’on leur aurait racontés. les deux hommes furent
> personnellement impliqués dans les événements qu’ils décrivent.
> 
> la chronique de nabíl-i-a’z∂am n’a pas besoin d’être présentée. son premier
> tome publié en anglais sous le titre : the dawn-breakers, l’a déjà fait
> connaître. dans la partie inédite, nabíl, comme áqá rid∂á et áqá h∂usayn,
> relate principalement des événements ou des incidents dans lesquels il est
> impliqué et qu’il a vus de ses propres yeux.
> 
> l’autobiographie de h∂ájí mírzá h∂abíbu’lláh afnán retrace les mois qu’il
> vécut à proximité des résidences de Bahá’u’lláh et son importance est
> capitale. Je suis reconnaissant envers mon cousin abu’l-qásim afnán de
> m’avoir fourni ce texte précieux écrit de la main de son père, et pour m’avoir
> aussi prêté d’autres documents de grande valeur historique.
> 
> les paroles de Bahá’u’lláh rapportées par les différents chroniqueurs et citées
> dans ces pages n’ont pas la valeur de ses écrits. C’est un point sur lequel on
> se doit d’insister. il se peut que ce soient parfois ses propres paroles, mais
> personne ne prenait de notes en ce temps-là. la chronique de nabíl est d’une
> autre catégorie, l’auteur lisant habituellement à Bahá’u’lláh ce qu’il l’avait
> entendu dire ; cependant aucune de ces paroles n’a de valeur scripturaire.
> 
> le lecteur occidental trouvera beaucoup de noms persans dif ciles à lire, mais
> il est impossible de ne pas mentionner, dans une biographie de Bahá’u’lláh,
> ceux qui ont eu un rapport ou un autre avec lui ; et la seule manière de les
> identi er c’est leur nom, même s’il est très compliqué. les Persans n’avaient
> pas de nom de famille. une personne était désignée par une combinaison de
> préfixes et de suf-
> 
> PréfaCe du TraduCTeur
> 
> fixes autour de son prénom qui évitait de la confondre avec une autre, soit
> par le nom de son lieu de naissance : mazandéraní, is∂fahání, shírází, soit par
> un préfixe ou un suffixe honorifique.
> 
> quelques exemples :
> 
> siyyid = descendant de muh∂ammad.
> 
> mírzá = n’a aucun sens par lui-même, mais peut remplacer siyyid ou être
> utilisé en même temps. après le nom, il désigne un prince royal.
> 
> Khán = fut un titre qui perdit peu à peu tout sens, mais resta honorifique.
> 
> h∆ájí ou h∆ájj = indiquait un pèlerinage à la mecque.
> 
> mashhadí ou Karbilá’í = en préfixes, indiquaient un pèlerinage à l’une de ces
> villes ; en suffixes, le lieu de naissance.
> les souverains persans donnèrent aussi de nombreux titres qui, parfois, dési-
> gnaient un rang ou une profession mais qui, rapidement devinrent absurdes
> et furent officiellement supprimés dans les années vingt du vingtième siècle.
> ils se terminent par le mot « dawlih ».
> 
> nous avons utilisés des caractères particuliers pour écrire des lettres qui
> n’existent pas en français et dont nous indiquons ci-dessous le son
> équivalent approxi-matif : sh = ch, ch = tch, d∂ = z, a = é, i = é, á = â, í = î…
> Certaines lettres n’ont pas de son particulier mais représentent des lettres
> particulières : h∂, z∂... Certains signes traduisent des sons discrets : ‘= un h
> muet. Pour aider le lecteur français, on a choisi d’écrire en français les noms
> de lieux et de villes qui ont une graphie connue dans cette langue.
> 
> les citations sont reprises de la dernière traduction en date disponible,
> notamment celle approuvée par la Commission de traduction . les textes
> traduits par l’auteur furent repris lors de la traduction et sont signalés.
> 
> la traduction en français du livre de m. Balyuzi fut un travail d’équipe et le
> traducteur tient à remercier ici mmes Parivash ardei, zakia nasra, mirabelle
> weck, annette zahrai, margarita zahrai ; dr Philippe réhel ; mm louis hénuzet,
> ezzat zahrai et michel zahrai pour leur rôle dans la réussite de cette
> entreprise.
> 
> Pierre spierckel
> 
> 21 avril 2005 / rid∂ván 162
> 
> introduction
> 
> la Perse, terre ancienne d’où s’éleva, il y a trois mille ans, la voix de
> zoroastre appelant les hommes à la pensée juste, à la parole juste et à l’acte
> juste, est le berceau de la religion bábíe-bahá’íe. C’est un immense territoire
> de 1 626 000
> 
> km2 où les villages et les villes sont construits à une altitude moyenne de
> 1500 m.
> 
> sur le plateau iranien on trouve des sommets de 5800 m qui culminent au
> mont damávand au nord. son sommet couvert de neige éternelle est visible
> de Téhéran.
> 
> au-delà de la chaîne de l’elbourz dont fait partie le mont damávand,
> s’étendent les provinces caspiennes de Gilán et de mazandéran, à la
> végétation luxuriante et aux épaisses forêts. le massif de zagros à l’ouest
> descend vers la plaine irakienne, le pays des deux fleuves : le Tigre et
> l’euphrate. il fut un temps où l’irak faisait partie de l’empire perse dont les
> empereurs passaient l’hiver dans la ville de Ctésiphon où l’on peut voir
> encore la célèbre arche de Chosroes, sur les rives du Tigre. au centre et à
> l’est du plateau iranien s’étendent de grands déserts inhospitaliers : dasht-i-
> Kavír et dasht-i-lúπ∂, ornés sur leurs limites de villes oasis telles que yazd et
> Kirmán qui ont résisté courageusement aux ravages des siècles, de la nature
> et de l’homme. au nord-est, près de la frontière avec ce qui fut l’union s o v i
> é t i q u e , o n t r o u v e l a v i l l e s a i n t e d e m a s h h a d q u i imam,
> ‘alí ibn músá’ar-rid∂á. la mosquée de Gawhar-shád dont le mausolée de
> l’imam rid∂á fait partie est un joyau d’architecture considérée comme l’une
> des plus belles structures du monde. voici comment la décrivait un anglais
> qui, vêtu à la persane, osa y pénétrer :
> 
> me précipitant au travers du sombre bazar, je trouvai le dôme que je
> contournai à gauche et, arrivé dans une cour ouverte, je m’arrêtai un instant,
> presque aveuglé par la fanfare de couleurs et de lumière qui m’accueillit. on
> aurait dit qu’un autre soleil s’était allumé. le rectangle n’était qu’un jardin de
> turquoise, de rose, de rouge vif, de bleu profond, avec des touches de
> pourpre, de vert et de jaune parmi les allées couleur brique.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> de grandes arabesques blanches ornaient les arches des ivan (portique,
> galerie ouverte) qui, eux-mêmes, cachaient d’autres jardins, plus ombrés,
> plantés de fritillaires. les grands minarets sur les côtés du sanctuaire
> montaient haut depuis leur base encerclée de lettres cou ques de la taille d’un
> garçon, incrustées d’un réseau de losanges étincelants, et encadraient le
> dôme arrondi, bleu océan, décoré de vrilles jaunes. mais dans toute cette
> diversité, le principe d’unité, l’étincelle de vie de cette apparition
> aveuglante, venait de deux grands textes : l’un, une frise écrite en lettres
> blanches de style suls courait sur un fond bleu gentiane au sommet des
> bâtiments qui entouraient le rectangle de la cour ; l’autre, dans le même
> alphabet, en lettres blanches et jaunes sur fond saphir, se mêlait à un
> alphabet cou que couleur turquoise et courait sur la bordure intérieure et le
> long des trois côtés de l’arche de l’ ivan principal, entre les minarets. on
> raconte que ce dernier texte fut dessiné avec foi en dieu par ‘Baisanghor, ls
> de sháh rukh, ls de Timour Gurkani (Tamerlan) en 821 (1418). ‘Baisanghor
> [Báysunqur] est ce grand calligraphe qui célébra la muni cence de sa mère,
> Gohar shad, par une inscription dont la splendeur explique dé nitivement la
> joie que ressent l’islam en écrivant sur les murs de son architecture.1
> 
> la deuxième ville sainte d’iran est qom, au sud de la capitale, où l’on
> rencontre un autre mausolée célèbre, celui de ma’s∂úmih, une des sœurs du
> huitième imam.
> 
> C’est à qom, autour du sanctuaire de ma’s∂úmih, que quelques-uns des
> monarques safavides et qadjars sont enterrés. Plus au sud encore, sont deux
> des plus célèbres villes d’iran : à 414 km de Téhéran, au cœur du pays,
> ispahan la ville préférée de
> 
> ‘abbás le Grand dont on a dit : is∂fahán, nis∂f-i-Jahán (ispahan : la moitié du
> monde), et à 895 km de la capitale, Chiraz où l’aube se leva en l’an 1844.
> C’est la ville de sa’dí et de h∂á z∂, la ville préférée d’un dirigeant
> bienveillant et exemplaire, Karím Khán-i-zand dont sa’dí a chanté la
> louange.2
> 
> ô divine et bénie sera l’aube
> 
> qui me trouvera de nouveau traversant
> 
> le col alláh-u-akbar allant vers Chiraz.
> 
> ô, voir encore ce paradis sur terre
> 
> où séjourne la sécurité
> 
> et non l’oppression du manque et de la disette.
> 
> au dix-neuvième siècle, ces villes de grand renom furent négligées et ruinées
> inTroduCTion
> 
> par les qadjars. le fondateur de cette dynastie, aghá muh∂ammad Khán
> s’empara de quelques-unes des majestueuses structures érigées par Karím
> Khán à Chiraz et, à ispahan, sulπán-mas’úd mírzá, le z∂illu’s-sulπán, ls aîné
> de nás∂iri’d-dín sháh, dé gura les beautés prodiguées à cette ville par ‘abbás
> le Grand. C’est près de Chiraz que sont situées les ruines monumentales de
> Persépolis, le magni que palais d’apádáná élevé par darius et xerxés et
> incendié par alexandre le Grand, ainsi que naqsh-i-rustam, la tombe des rois
> achéménides.
> 
> entre Chiraz et le littoral du Golf Persique on traverse des chaînes de
> montagnes aux sommets élevés et aux cols dif ciles d’accès avant que le
> plateau ne descende jusqu’au niveau de la mer. au sud-ouest on trouve à la
> fois les puits de pétrole et les ruines de la ville de suse (shúsh) qui connut de
> grands rois et daniel, le prophète des israélites. au-delà du Khúzistán, la
> province des puits de pétrole, on trouve les provinces du luristán et du
> Kurdistan. la chaîne de zagros avec son sommet le plus élevé, l’alvand,
> traverse ces territoires fréquentés par les lurs et les Kurdes, héritiers de
> grandes traditions et vaillants guerriers. sur ses parois de puissants rois
> d’antan ont fait graver leur histoire. C’est aussi là que se nichent deux autres
> villes célèbres : Kirmánsháh et hamadán. Près de hamadán se trouve
> ecbatane, la ville des mèdes. en n, c’est au nord-ouest, près des frontières
> turque et anciennement soviétique, qu’est la ville de Tabriz, illustre capitale
> de sháh ismá’íl, fondateur de la dynastie des safavides, dont la terre fut
> sancti ée au milieu du dix-neuvième siècle par le sang sacré qu’elle but : le
> Báb y fut exécuté en 1850.
> 
> les territoires situés au nord de la rivière aras faisaient partie de l’empire
> iranien avant d’en être soustraits sous le règne de fath-’alí sháh. C’est non
> loin de la rivière aras (l’araxes des Grecs) que le Báb passa de nombreux
> mois en captivité et c’est h∂á z∂ de Chiraz, la ville de naissance du glorieux
> Báb, qui écrivit3 : si tu souffles, ô zéphyr, sur les berges de l’aras,
> 
> Baise la terre de cette vallée et y rafraîchis ton haleine.
> voilà l’iran d’aujourd’hui que les disciples de Bahá’u’lláh, où qu’ils soient,
> reconnaissent comme « la terre sacrée d’iran », le berceau de leur religion.
> en parlant de son futur, ‘abdu’l-Bahá, ls de Bahá’u’lláh et le Centre de son
> alliance,
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> écrivait : « le gouvernement du pays natal de Bahá’u’lláh deviendra le plus
> respecté de tous les gouvernements et… l’iran deviendra le plus prospère des
> pays. »4
> 
> mais au début du dix-neuvième siècle, la Perse devenait rapidement le plus
> sombre des pays. le joug monstrueux des qadjars venait juste de se poser sur
> le cou d’une nation étourdie par des coups successifs. dirigés par des rois
> ignorants et avares, gouvernés par des fonctionnaires vénaux et des
> propriétaires terriens rapaces prenant exemple sur leur brutal souverain, les
> Persans sombraient dans l’hébétude. le pire de la nature humaine et les tares
> les plus haïssables de l’être humain dominaient. on ne rencontrait que
> férocité, envie et cruauté. la Perse devint intellectuellement affamée et
> moralement corrompue. Prétentieux et intéressé, le clergé manipulait un
> peuple crédule au gré de ses rivalités insensées, de ses décisions absurdes et
> de ses déclarations contradictoires ; spirituellement la Perse devint
> moribonde. soixante-dix ans auparavant, dans une ville de la côte où
> résidaient et commerçaient de nombreux étrangers, le gouverneur, sentant la
> nécessité d’une justice civile, avait établi un tribunal et placé à sa tête un
> sage enturbanné et bien versé dans la jurisprudence islamique.
> immédiatement les religieux s’écrièrent qu’un tribunal civil était ∏ághút,
> une idole de l’arabie pré-islamique. le gouverneur leur dit alors que, s’ils
> choisissaient parmi eux celui qui devait être le juge et qu’ensuite tous
> promettaient d’obéir à ses décisions et de les appliquer, lui, gouverneur,
> dissoudrait immédiatement ce tribunal civil. mais ils furent incapables de
> faire le pas qui concéderait la suprématie d’un des leurs sur les autres. le
> tribunal civil subsista et prospéra au grand dam du clergé. il y avait
> naturellement des exceptions importantes à ce déclin généralisé ; mais ces
> exceptions ne servaient qu’à con rmer la règle.
> les manifestations de dieu apparaissent toujours parmi le peuple le plus
> dépravé et le plus amoral de leur temps, dans le pays le plus sot et le plus
> opprimé.
> 
> moïse vint vers un peuple d’esclaves qui n’avait plus de respect pour lui-
> même et qui était la proie de ses imaginations. il mit au dé à la fois la
> puissance du tyran et l’égarement de son propre peuple et il vainquit les
> deux. Jésus apparut dans les rangs les plus bas du même peuple, les enfants
> d’israël, qui avait de nouveau oublié son droit de naissance, était tombé en
> servitude et avait oublié les conseils et les avertissements de ses prophètes. il
> souffrit profondément entre ses mains et aux mains de ses oppresseurs. mais
> à la n il triompha. muh∂ammad, le prophète arabe,
> 
> inTroduCTion
> 
> se leva parmi des idolâtres, grossiers et agressifs, qui enterraient leurs lles
> vivantes, sans lois et prédateurs. d’un peuple disparate et mélancolique il t
> une nation uni ée, lui donna des lois, une vision et une compréhension
> communes et lui apprit à adorer le seul vrai dieu. et au dix-neuvième siècle,
> dans l’ancien pays d’iran, parmi un peuple pataugeant dans l’ignominie,
> apparurent deux manifestations de dieu : l’une, de pure lignée, descendant
> du prophète arabe, l’autre issue de la maison royale d’iran qui dirigea le pays
> avant l’islam. elles avaient le pouvoir de recréer la vie, de conférer aux
> hommes une deuxième naissance. dans ces ténèbres presque impénétrables,
> parmi la noirceur du fanatisme, de l’ignorance et de la rapacité qui
> enveloppaient le peuple iranien, l’étoile de leur religion brilla comme un
> million de soleils illuminant, pour d’innombrables hommes et femmes, le
> chemin vers d’héroïques actions. et elles ne s’adressaient pas qu’au peuple
> iranien, leur appel était destiné à toute l’humanité. elles souffrirent
> gravement elles aussi, comme Jésus de nazareth et muh∂ammad le
> mecquois. mais l’histoire n’offre aucun exemple de quelqu’un qui, osant
> lever la main pour blesser le Báb, ou Bahá’u’lláh, ou leurs disciples, put
> échapper aux conséquences de ses actes.
> 
> les pages qui suivent relatent l’histoire de Bahá’u’lláh ainsi que l’histoire de
> la chute d’une nation sous le joug des qadjars.
> prologue
> 
> la grandeur confondante, la majesté envoûtante et la beauté attendrissante de
> la vie d’une manifestation de dieu ne peuvent s’inscrire dans le seul cadre
> d’événements associés habituellement à une vie sainte. l’immensité d’une
> telle vie se voit dans la mystérieuse influence qu’elle exerce sur
> d’innombrables autres vies, influence qui n’agit pas au travers d’un statut
> social ou de prestige, de richesse, de pouvoir séculier ou de domination
> terrestre, ni même au travers d’une connaissance supérieure ou de la force
> d’une réussite intellectuelle.
> 
> la manifestation de dieu est l’archétype et sa vie est le modèle suprême. sa
> vision, dépassant le temps et l’espace, embrasse le passé et le futur. elle est
> le lien nécessaire et suffisant entre un cycle d’évolution sociale et le suivant.
> sans elle, l’histoire n’a pas de sens et toute coordination est impossible. de
> plus, la manifestation de dieu libère de profondes réserves de pouvoir
> spirituel et réveille les forces latentes de l’homme. C’est par elle, et par elle
> seule que l’homme peut connaître une « nouvelle naissance ». C’est par elle
> et par elle seule que l’homme peut connaître dieu.
> 
> mírzá h∆usayn ‘alí núrí que l’histoire connaît sous le nom de Bahá’u’lláh (la
> Gloire de dieu) naquit à l’aube du deuxième jour du mois de muh∂arram,
> 1233 de l’hégire, c’est-à-dire le 12 novembre 1817, à Téhéran, capitale de la
> Perse.
> 
> ascendance de bahá’u’lláh
> 
> Bahá’u’lláh descend des monarques préislamiques iraniens. sa famille est
> originaire d’une région, au bord de la mer Caspienne, protégée par les hauts
> sommets de la chaîne de l’alborz et dont les habitants, pendant de longues
> années après la victoire des armées arabes, continuèrent de dé er
> l’envahisseur, refusant le nouvel ordre social et la nouvelle religion qu’il
> apportait. lorsque nalement ils s’inclinèrent devant l’inévitable, ce n’est pas
> au système accepté par la majorité des musulmans et représenté par le califat
> de Bagdad qu’ils se plièrent mais au chiisme de la variété zaydí. les siècles
> suivants virent fleurir un certain nombre de dynasties et de petits royaumes
> qui protégeaient leur autonomie dans les profondeurs des épaisses forêts des
> rives de la mer Caspienne et l’immensité des montagnes.
> 
> Curieusement, lorsque sháh ismá’íl uni a l’iran par son allégeance aux
> imams apostoliques de la famille du prophète, áqá rustam-i-rúzafzún, le
> dernier de ces ers potentats, refusa de reconnaître son autorité et choisit le
> parti de muh∂ammad Khán-i-shaybání (aussi connu sous le nom de shaybak
> Khán), le chef ouzbek et sunnite de la Transoxiane qui chercha à
> contrecarrer les ambitions safavides. mais le destin en décida autrement,
> shaybak Khán fut battu et perdit la vie. on raconte que lorsqu’un partisan de
> sháh ismá’íl jeta sur ses genoux la main coupée du chef ouzbek, áqá rustam
> en mourut de frayeur.
> 
> on peut faire remonter la généalogie de Bahá’u’lláh jusqu’à yazdigird iii, le
> dernier monarque sassanide à occuper le trône iranien. le principal de l’école
> zoroastrienne de yazd, ustád Javánmard, posa sept questions à Bahá’u’lláh
> dont la dernière concernait ses ancêtres. les réponses se trouvent dans
> l’épître Shír-Mard (homme-lion), du titre donné à son destinataire par
> Bahá’u’lláh, épître connue aussi sous le titre lawh∂-i-haft-pursish. á la
> septième question, Bahá’u’lláh répondit en faisant référence à la généalogie
> élaborée par mírzá abu’l-fad∂l-i-Gulpáygání. des années plus tard, en 1320
> de l’hégire (10 avril 1902-30 mars 1903), áqá Khusraw Bimán, d’origine
> zoroastrienne aussi, visitant la Terre sainte
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Mírzá ‘abbás, connu sous le titre de Mírzá buzurg, Vazír-i-núrí, le père de
> bahá’u’lláh
> 
> asCendanCe de Bahá’u’lláh
> 
> demanda à des bahá’ís résidents* des informations sur les ancêtres de
> Bahá’u’lláh.
> 
> Cette demande fut présentée à ‘abdu’l-Bahá qui, lui aussi, les renvoya à
> mírzá abu’l-fad∂l-i-Gulpáygání qui visitait alors les états-unis. la réponse de
> ce dernier à áqá Khusraw Bimán fut plus tard publiée à Bombay dans une
> brochure.
> mírzá abu’l-fad∂l, nommé par le Gardien de la foi bahá’íe sur la liste des
> dix-neuf « apôtres de Bahá’u’lláh », était un homme d’une érudition rare,
> toujours inégalée parmi les disciples de Bahá’u’lláh aussi bien d’orient que
> d’occident.
> 
> dans sa réponse à áqá Khusraw Bimán, il explique comment son intérêt pour
> la généalogie de Bahá’u’lláh s’est éveillé et comment ses recherches le
> conduisirent à yazdigird iii, dernier des monarques sassanides d’iran. mais il
> indique ensuite que ce travail, mentionné par Bahá’u’lláh au maître d’école
> de yazd, fut perdu, début 1883, à Téhéran, lors de son arrestation avec
> d’autres bahá’ís sur ordre de Kámrán mírzá, le náyibu’s-salπ∂aníh, ls de
> nás∂iri’d-dín sháh.
> 
> mírzá abu’l-fad∂l écrit qu’au cours de ses recherches, il fut particulièrement
> impressionné par le fait que rid∂á-qulí Khán-i-hidáyat†, connu pour être un
> critique sévère et même un commentateur hostile de la foi bahá’íe, avait
> admis dans son ouvrage nizhád-námih (le livre de généalogie) que les núrí
> de mazandéran descendaient de Chosroes ier, célèbre roi sassanide
> surnommé‘ádil (le Juste). de plus, h∂ájí mírzá rid∂á-qulí, un demi-frère de
> Bahá’u’lláh, af rma catégoriquement à mírzá abu’l-fad∂l que les núrí
> possédaient un arbre généalogique de leur famille qui remontait jusqu’à
> yazdigird, le sassanide.
> 
> le père de Bahá’u’lláh s’appelait mírzá ‘abbás-i-núrí, ls de mírzá rid∂á-qulí
> Big* du village de Tákur, district de núr, province de mazandéran. mírzá
> ‘abbás devint célèbre sous le nom de mírzá Buzurg-i-vazír (mírzá Bozorg, le
> vizir) ‡.
> 
> voici comment : un jour, on montra à fath∂-‘alí sháh (1797-1834) une
> calligraphie de mír ‘imád, célèbre calligraphe. émerveillé par la beauté de ce
> chef-d’œuvre, fath∂-‘alí sháh se demanda si quelqu’un d’autre pourrait
> arriver à cette excellence.
> 
> * dans la brochure publiée à Bombay, ils les nomment : zaynu’l-muqarrabín,
> áqá muh∂ammad-rid∂áy-i-qannád et mírzá mah∂múd-i-Káshání.
> 
> † appelé amíru’sh-shu’ara’, l’émir des Poètes, il était aussi historien, auteur
> du supplément de rawd∂atu’s-S∂afá de Mirkhund. voir e.G. Browne a
> literary history of persia, vol iv et h.m. Balyuzi the báb pages 141, 142.
> 
> ‡ le père de mírzá rid∂á-qulí Big s’appelait aussi mírzá ‘abbás, fils de h∆ájí
> muh∂ammad-rid∂á Big, fils de áqá muh∂ammad-‘alí, fils de áqá fakhr, fils de
> sháhríyár-h∆asan.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> h∂asan-‘alí mírzá, le shujá’u’s-salt∂anih, sixième ls du chah cita le nom de
> mírzá
> 
> ‘abbás-i-núrí. on alla le chercher, on lui montra l’œuvre de mir ‘imád et on le
> mit au dé d’en produire une semblable. mírzá ‘abbás-i-núrí copia d’abord le
> chef-d’œuvre de mir ‘imád puis, après cet exercice, il dessina sa propre
> calligraphie, les t décorer et encadrer d’une manière digne et les présenta au
> chah. l’admiration de fath∂-’alí sháh fut sans borne. un décret royal accorda
> à mírzá ‘abbás le titre de mírzá Buzurg et lui offrit un manteau d’honneur,
> c’est-à-dire un manteau que le monarque lui-même avait porté. de plus, le
> chah exempta les habitants du village de Tákur de toute taxe. quelques
> années plus tard, mírzá Buzurg fut nommé vizir de imám-virdí mírzá,
> douzième ls de fath∂-’alí sháh qui était aussi le ílkhání (chef des clans) de la
> tribu qadjar à laquelle la famille royale appartenait.
> 
> mírzá Buzurg prospéra au service de l’état jusqu’au règne de muh∂ammad
> sháh (1834-48) durant lequel l’animosité du grand vizir h∂ájí mírzá áqásí lui
> t perdre sa position et une grande partie de sa richesse.
> 
> la famille de bahá’u’lláh
> 
> mírzá Buzurg, vazír-i-núrí, le père de Bahá’u’lláh, eut sept femmes dont
> trois concubines. C’est son père, rid∂á-qulí Big qui arrangea son premier
> mariage avec un membre de la famille nommée Khán-nanih, avant même
> que mírzá Buzurg ne quitte le district de núr en mazandéran pour faire
> fortune à Téhéran. deux ls naquirent de cette union : mírzá áqá, l’aîné, et
> mírzá muh∂ammad-h∂asan.
> Bahá’u’lláh relate un souvenir d’enfance dans la lawh∂-i-ra’ís, une épître en
> persan adressée à ‘álí Páshá, le grand vizir ottoman ; au cours du mariage de
> son frère mírzá áqá, qui n’avait plus longtemps à vivre, son attention avait
> été attirée par un spectacle de marionnettes. Par la suite, mírzá Buzurg donna
> la veuve en mariage à son second ls, mírzá muh∂ammad-h∂asan. Cette
> femme était la cousine de mírzá áqá Khán-i-núrí, le deuxième grand vizir de
> nás∂iri’d-dín sháh.
> 
> la seconde femme de mírzá Buzurg était une veuve, Khadíjih Khánum. elle
> avait un ls et deux lles de son premier mariage : mírzá muh∂ammad-’álí,
> sakínih Khánum et s∂ughrá Khánum. mírzá Buzurg épousa Khadíjih
> Khánum et maria sa lle sakínih Khánum à son plus jeune frère mírzá
> muh∂ammad. Khádíjih Khánum est la mère de Bahá’u’lláh (mírzá
> h∂usayn-’álí). l’aîné de ce mariage était une lle, sárih Khánum connue sous
> le nom de ukht (« sœur » en arabe) parce que c’est ainsi que Bahá’u’lláh
> parlait d’elle. le second était un ls, mírzá mihdí qui mourut avant son père, et
> mírzá h∂usayn-’álí (Bahá’u’lláh) fut le troisième. le quatrième enfant, un ls,
> mírzá músá, fut appelé plus tard áqáy-i-Kalím et le cinquième, une lle,
> nisá’Khánum, épousa plus tard mírzá majíd-i-áhí, secrétaire à la légation
> russe.
> 
> la troisième femme de mírzá Buzurg fut Kulthúm Khánum-i-núrí dont il eut
> cinq enfants. d’abord une lle, sháh sulπán Khánum (appelée aussi ‘izzíyyih
> Khánum) qui devint une ardente partisane de mírzá yah∂yá, s∂ubh∂-i-azal.
> Puis trois ls : mírzá Taqí, un poète surnommé Paríshán qui devint un shaykhí
> très opposé à Bahá’u’lláh ; mírzá rid∂á-qulí qui devint h∂ájí suite à son
> pèlerinage à la mecque, et qui resta distant, allant même jusqu’à nier sa
> relation avec
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> deux des fils de Mírzá buzurg-i-núrí : à gauche Mírzá Músá, áqáy-i-kalím,
> frère de bahá’u’lláh. À droite, Mírzá rid∂á-Qulí.
> 
> Bahá’u’lláh (voir p. 468) alors que sa femme, maryam lui fut très dévouée ;
> le troisième ls, mírzá ibráhím, mourut lui aussi du vivant de son père. le
> cinquième enfant que mírzá Buzurg eut de ce mariage fut une autre lle,
> fáπimih-sulπán Khánum qui elle aussi choisit de suivre mírzá yah∂yá dans
> son erreur.
> 
> les trois femmes suivantes de mírzá Buzurg furent des concubines. la
> première, Kúchik Khánum, fut la mère de mírzá yah∂yá. la seconde était une
> Géorgienne, nabát Khánum qui eut une lle, h∂usníyyih Khánum, dont on ne
> sait rien. la dernière concubine, Turkamáníyyih, fut la mère de mírzá
> muh∂ammad-qulí qui fut très dèle à Bahá’u’lláh.
> 
> Puis mírzá Buzurg épousa une lle du chah fath∂-’álí. Cette dame, sháh
> Bigum, surnommée d∂íyá’u’s-salπanih, calligraphe célèbre comme son
> époux, était autoritaire, orgueilleuse et cupide. Ce mariage ne devait apporter
> au vazír-i-núrí qu’infortunes et, à la n, décon ture.
> 
> hájí mírzá áqásí, le premier ministre, était un être vain et revanchard.
> Comme indiqué dans le précédent chapitre, il n’aimait pas mírzá Buzurg,
> notamment parce que celui-ci était un grand ami du célèbre qá’im-maqám,
> mírzá abu’l-qásim de faráhán. Tous les deux s’appréciaient beaucoup,
> comme le montrent les lettres du compendium des lettres du grand ministre*.
> en juin 1835 le qá’im-maqám fut mit traîtreusement à mort par muh∂ammad
> sháh. la manière dont il perdit le pouvoir,
> 
> * Ce compendium fut compilé et édité plus tard à la demande de h∆ájí
> farhád mírzá, le mu‘tamidu’d-dawlih, un frère de muh∂ammad sháh. il fut
> plusieurs fois imprimé sous le titre Munshí’át-i-Qá’im-Maqám, un guide
> d’excellence de style et de diction.
> la famille de Bahá’u’lláh
> 
> deux des fils de Mírzá buzurg-i-núrí : à gauche Mírzá Muh∂ammad-Qulí,
> demi-frère de bahá’u’lláh qui partagea son exil. À droite, Mírzá Yah∂yá,
> S∆ubh∂-i-azal.
> 
> son exécution et l’ascension au pouvoir de hájí mírzá áqásí con rma dans
> l’esprit de mírzá Buzurg que le triste sort de son cher ami devait être attribué
> à la ruse vile du monstre qui avait maintenant les rênes du pouvoir. il ne sut
> pas cacher ses sentiments d’horreur et de dégoût et l’une de ses lettres, qui
> condamnait h∂ají mírzá áqásí, tomba entre les mains de ce dernier qui ne
> tarda pas à réagir. dès qu’il en eut l’occasion, il attaqua mírzá Buzurg. Tout
> d’abord, mírzá Buzurg fut démis de ses fonctions de gouverneur de Burúrjird
> et du luristán. Ce poste qui comprenait aussi le contrôle d’une grande partie
> du territoire Bakhtíyárí, une région troublée et rebelle, avait été con é à
> mírzá Buzurg par son ami, mírzá abu’l-qásim, le qá’im-maqám peu de temps
> après l’accession au trône de muh∂ammad sháh. il existe un document écrit
> par le chah lui-même qui admire et loue les services rendus par mírzá
> Buzurg dans ce rôle. ensuite, h∂ají mírzá áqásí supprima l’allocation
> annuelle de mírzá Buzurg. Puis il t son possible pour perturber les relations
> entre mírzá Buzurg et sa dernière femme d∂íyá’u’s-salt∂anih, la lle de
> fath∂-’álí sháh*. C’est par l’intermédiaire du neveu de d∂íyá’u’s-salt∂anih,
> firaydún mírzá,
> 
> * il semble que mírzá Buzurg fut aussi, pendant quelque temps, le vizir :
> l’officier responsable de la collecte des impôts, dans cette province. mírzá
> Buzurg eut beaucoup de succès dans l’organisation et la levée des impôts
> parmi les tribus lointaines et indisciplinées des lurí ; tâche dans laquelle
> faillirent tous les gouverneurs qui le précédèrent ou le suivirent. dans ces
> notes on a March from Zohab to khuzistan, sir henry rowlinson remarque : «
> la valeur du kátir [unité de taxation valant en général 100 túmáns]varie…
> selon l’état de la province. mais sous l’ancien wasir mírzá Buzurg, qui en
> géra les revenues avec un succès indéniable pendant dix ans, sa valeur
> atteignit 200 túmáns… les 120 kátirs (impôt des tribus de Písh-Kúh) valaient
> 40 000 túmáns et la somme obtenue annuellement de Písh-Kúh était plutôt
> supérieure à cette somme… [rawlinson explique alors la
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> qu’il avait choisi pour être gouverneur de la province de fárs, qu’il l’incita à
> obtenir le divorce. mírzá Buzurg était alors dans une situation nancière
> dramatique car il avait une grande famille et l’allocation annuelle qui lui
> revenait de droit lui avait été supprimée par h∂ájí mírzá áqásí. il lui fallut
> vendre une partie de ses propriétés et en hypothéquer d’autres, dont
> l’ensemble de maisons où il résidait avec sa famille à Téhéran. Ces maisons
> ne lui appartinrent plus pendant quelque temps jusqu’à ce que son ls mírzá
> h∆usayn-‘alí (Bahá’u’lláh) les rachète pour lui. Pour achever cette infortune,
> une inondation détruisit la plus belle aile d’un palais que mírzá Buzurg avait
> fait construire à Tákur et qu’il avait richement meublé.
> 
> d∂íyá’u’s-salt∂anih, avec l’aide du grand vizir et de son puissant neveu
> firaydún mírzá réussit à obtenir le divorce. mais le contrat de mariage était si
> conséquent que le vazír-i-núrí, déjà plongé dans des dif cultés nancières, ne
> pouvait le payer immédiatement. d∂íyá’u’s-salt∂anih t emprisonner mírzá
> Buzurg dans sa propre maison et envoya des hommes pour le battre et le
> torturer jour après jour a n d’obtenir de l’argent. finalement, mírzá Buzurg
> dut revendre ses maisons de Téhéran ainsi qu’une partie des meubles et des
> tapis de valeur qu’elles contenaient.
> 
> Bahá’u’lláh mentionne dans l’ Épître au ls du loup la vente de ces maisons :
> au début nous vivions tous dans une seule maison qui fut plus tard vendue
> aux enchères pour une très petite somme d’argent et les deux frères, farmán-
> farmá
> [firaydún mírzá] et h∂isámu’s-salt∂anih [sultán-murád mírzá] l’achetèrent et
> la divisè-rent entre eux. à la suite de cet événement, mon frère et moi nous
> nous séparâmes. il s’installa près de l’entrée de masjid-i-sháh [la mosquée
> royale] alors que nous vécûmes près de la porte de shimírán. 2
> 
> Kulthúm Khánum, la troisième femme de mírzá Buzurg et la mère de h∂ájí
> rid∂á-qulí, avait hérité de son père cette maison « proche de la mosquée
> royale ».
> 
> classifications des tribus et le système de revenu établi par mírzá Buzurg]…
> Ce système est très simple. une fois les 120 kátirs répartis entre les tribus…
> chaque subdivision détermine le montant qui sera payé par chacun des
> camps dont elle est composée… mais dans un pays sauvage comme celui-là,
> où de nombreuses tribus vivent en état de rébellion ouverte… le gouverneur
> ne remplira certainement pas son contrat avec la couronne sauf à établir des
> moyens de rentrée indirects pour compenser les nombreuses défections.
> mírzá Buzurg établit un système complexe d’amendes et d’honoraires et
> dans cette région où les meurtres et les vols sont monnaie courante, il ne
> manqua pas de possibilités. on raconte qu’il réussit à réunir 20 000 túmáns
> par an de cette manière, sans cruauté ni injustice. » 1
> 
> la famille de Bahá’u’lláh
> 
> C’est là que s’installa mírzá Buzurg. mírzá h∂usayn-’álí (Bahá’u’lláh) loua
> la maison « proche de la porte de shimrán » et s’y installa avec sa mère, sa
> femme, ses autres belles-mères et le reste de ses frères et sœurs. Cette
> maison sera sa résidence pendant les années qu’il passera en Perse. elle était
> proche de la madrisiy-i-mírzá s∂álih∂, le séminaire où mullá h∂usayn-i-
> Bushrú’í séjournera lorsqu’il portera le message du Báb à Téhéran. les
> enfants de Bahá’u’lláh : ‘abdu’l-Bahá (la Plus-Grande-Branche), Bahá’íyyih
> Khánum (la Très-sainte-feuille) et mírzá mihdí (la Plus-Pure-Branche),
> naquirent tous dans cette maison. leur mère est sa première femme, ásíyih
> Khánum.
> 
> la tempête calmée, mírzá Buzurg tenta de récupérer les maisons qu’il avait
> dû vendre, sous la pression, « pour une somme négligeable ». nous avons un
> document écrit par Bahá’u’lláh qui encourage les témoins à con rmer que la
> vente de ces maisons fut faite dans des conditions de pression illégales. mais
> cette tentative échoua et les maisons ne furent pas récupérées.
> 
> mírzá Buzurg décida alors de se retirer en irak, mais il mourut avant de
> partir.
> 
> il décéda en 1839 et son corps fut enterré à najaf, en irak, près de la tombe
> de ‘alí, cousin du prophète muh∂ammad, premier imám apostolique et le
> quatrième calife.
> 
> lui survivaient sept ls et cinq lles. en plus du personnage central de cette
> histoire, nous retrouverons de temps en temps les ls de ce ministre,
> remarquable et très respecté, originaire de núr. de nombreuses collections, en
> iran et ailleurs, possèdent des manuscrits de sa superbe calligraphie qui était
> très admirée. les archives internationales de la foi bahá’íe, sur le mont
> Carmel, possèdent un de ces parchemins.
> 
> d∂íyá’u’s-sal∂tanih, ayant obtenu son divorce et reçu la somme qui lui était
> due, épousa h∂ájí mas’úd-i-Garmrúdí qui fut ministre des affaires étrangères
> d’iran pendant de longues années. ils eurent une lle, sháhansháh Bigum, qui
> embrassa la foi de Bahá’u’lláh. elle regretta toujours ce que sa mère avait
> fait à mírzá Buzurg.
> 
> des deux lles de sháhansháh Bigum elle-même, la première épousa ibn-i-
> as∂daq, l’une des quatre mains de la cause de dieu nommées par
> Bahá’u’lláh, et la seconde épousa intiz∂ámu’s-salt∂anih qui fut très dévoué à
> ‘abdu’l-Bahá et dont les ls rent de grandes carrières au service de l’état.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> les premières années
> 
> Bahá'u’lláh naquit et grandit à Téhéran, dans le quartier de darvázih shimrán
> (la porte shimrán). à l’époque, ce quartier était à la limite de la ville, proche
> du fossé qui fut comblé sous le règne de nas∂iri’d-dín sháh. le nouveau fossé
> creusé bien plus loin fut aussi comblé plus tard. Pourtant, la maison de mírzá
> Buzurg et ses dépendances sont toujours debout.
> 
> Comme ‘abdu’l-Bahá le conta un jour, l’enfance de Bahá’u’lláh fut une
> source d’étonnement pour sa mère. il ne pleurait jamais, n’était jamais agité.
> mírzá Buzurg avait compris que, parmi tous ses enfants, celui-ci était
> différent. on se souvient que la famille de mírzá Buzurg était originaire de
> Tákur dans le district de núr. il y avait construit un manoir et Bahá’u’lláh
> passait toujours une partie de l’année, surtout les mois d’été, à Tákur. en un
> endroit très en vue de ce manoir mírzá Buzurg avait écrit, dans sa
> calligraphie inimitable, les lignes suivantes : en arrivant au seuil du Bien-
> aimé dit « oui ! »
> 
> Car ni salám ni alayk n’ont leur place ici.*
> 
> voici la vallée de l’amour, arrête-toi.
> 
> C’est un sol sacré, ôte tes sandales.†
> 
> et ces vers peuvent encore se lire aujourd’hui.
> 
> à l’âge de cinq ou six ans, Bahá’u’lláh rêva qu’il était dans un jardin où de
> grands oiseaux volaient autour de lui et l’attaquaient sans pouvoir
> l’atteindre. Puis il rêva qu’il nageait dans la mer et que des poissons
> l’attaquaient sans lui faire de mal. Bahá’u’lláh parla de ce rêve à son père
> qui demanda à un devin de le traduire.
> 
> après réflexion, l’homme dit à mírzá Buzurg que l’étendue de la mer était le
> symbole du monde, tandis que les oiseaux et les poissons symbolisaient les
> peuples de
> 
> * salám veut dire paix et alayk = soit sur toi.
> 
> † C'est ce qu'entendit moïse sur le mont sinaï en approchant du Buisson
> ardent.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> calligraphie de Mírzá buzurg-i-núrí
> 
> la terre qui attaquaient son ls parce que celui-ci allait promouvoir une chose
> d’une importance vitale en relation avec l’esprit des hommes. mais ils
> seraient incapables de lui faire du mal car il les vaincrait et accomplirait
> quelque chose d’important.
> 
> on raconte aussi qu’un jour, Bahá’u’lláh avait sept ans, ses parents le
> regardaient marcher dans le jardin. sa mère remarqua qu’il était plutôt petit
> et son père répliqua : « quelle importance ! Tu sais comme il est intelligent et
> quel esprit brillant il a ! ».
> 
> Comme il l’écrivit dans son épître à nas∂iri’d-dín sháh, Bahá’u’lláh ne reçut
> qu’une éducation très limitée : « des sciences répandues parmi les hommes,
> je ne sais rien ; leurs écoles, je ne les ai jamais fréquentées. renseigne-toi
> dans la ville où j’habitais pour t’assurer que je ne mens pas. ».
> 
> à cette époque, on n’enseignait aux enfants de la noblesse que les matières
> qui convenaient à leur état : équitation, tir au fusil, escrime, calligraphie,
> quelques lumières sur les œuvres des poètes classiques du pays, une bonne
> connaissance du coran et pratiquement rien d’autre. les parents engageaient
> pour cela des précepteurs qui devaient aussi leur enseigner les bonnes
> manières.
> 
> mírzá h∆usayn-’alí, le ls du vazír-i-núri, grandissait et grâce à son
> intelligence ne, son esprit éveillé, son caractère droit, sa nature douce, bonne
> et compatis-sante, son renom se répandait.
> 
> les Premières années
> 
> à quinze ans, sa faculté de compréhension rare, sa maîtrise complète de l’art
> de l’argumentation et ses qualités d’exposition étaient célèbres dans toute la
> société.
> 
> Pour autant, il n’était jamais péremptoire ni querelleur mais plutôt courtois et
> patient. seul, le manque de respect pour les messagers de dieu et ses élus
> pouvait déclencher son courroux et même alors, il chapitrait le coupable
> avec calme et gentillesse.
> 
> dans une épître adressée à un bahá’í de Chiraz, Bahá’u’lláh se souvient d’un
> incident de son enfance au cours duquel deux religieux aux immenses
> turbans développaient des sujets théologiques pour le béné ce de deux dames
> voyageant dans un purdah. l’un de ces sujets cherchait à savoir si l’ange
> Gabriel était ou non spirituellement supérieur à qanbar, esclave de ‘alí (le
> premier imam) et très dévoué à son maître. un autre concernait la question de
> savoir si‘abbás, frère de h∂usayn (le troisième imam), qui subit le martyre à
> Kerbéla avec l’imám, était d’un rang supérieur à salmán le Persan qui était
> l’un des compagnons du Prophète muh∂ammad. et Bahá’u’lláh se souvient
> dans cette épître de sa surprise en écoutant le raisonnement, car si Gabriel est
> celui par qui l’esprit-saint descend dans le cœur de l’apôtre de dieu, comme
> l’af rme le saint livre, alors, même le maître de qanbar ne pourrait accéder à
> ces hauteurs spirituelles.
> 
> à yálrúd vivait alors un mujtahid, shaykh muh∂ammad-Taqí (voir addenda
> v).
> 
> il enseignait à plus d’un millier de religieux à qui il présentait, de temps à
> autre, une question particulièrement dif cile à résoudre. Chaque fois qu’il
> retournait chez lui à Tákur, Bahá’u’lláh s’arrêtait à yálrúd et rendait visite au
> mujtahid qui avait des liens éloignés avec sa famille*. ‘abdu’l-Bahá raconte
> que sa grand-mère, qui vivait à yálrúd, alla un matin prier à la maison du
> mujtahid. la prière matina-le terminée, shaykh muh∂ammad-Taqí lui dit qu’il
> avait d’excellentes nouvelles pour elle. dans un rêve, il s’était vu devant une
> maison dans laquelle nul n’était censé entrer car, disait le gardien, le qá’im
> de la maison de muh∂ammad y était enfermé avec mírzá h∂usayn-’alí de núr.
> Tout d’abord, le mujtahid exprima sa surprise : pourquoi le ls d’un vizir
> était-il si privilégié ? mais il se souvint de leur lointain lien de parenté et
> pensa qu’il était la cause de ce privilège.
> 
> Pendant une visite à yálrúd, alors que mírzá h∆usayn-’alí était assis en
> compagnie de shaykh muh∂ammad-Taqí et d’autres érudits ou religieux, on
> lui posa une
> 
> * yálrúd est la ville natale de ásíyih Khánum, la future femme de
> Bahá’u’lláh.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> question que ceux-ci n’avaient pas été capables de résoudre d’une manière
> satisfaisante pour le mujtahid. voici le problème : une tradition islamique af
> rme que
> 
> « fáπimih est la femme la meilleure du monde à l’exception de celle qui est
> née de marie. » marie n’ayant pas eu de lle que voulait dire cette énigme ?
> Bahá’u’lláh répliqua que l’af rmation initiale accentuait l’impossibilité de
> l’alternative puisqu’il ne pouvait y avoir aucune femme comparable à
> fáπimih. C’est comme dire qu’un certain monarque est le plus grand des rois
> de la terre à l’exception de celui qui descend du ciel. Puisqu’aucun roi ne
> descend du ciel, on insiste ainsi sur le fait que ce monarque est unique.
> l’explication de Bahá’u’lláh rendit le mujtahid silencieux. mais le jour
> suivant il reprocha à ses disciples de lui avoir fait faux bond.
> 
> « Pendant des années et des années je vous ai enseignés et éduqués, mais
> quand l’occasion arrive, je vous trouve incapables de réfléchir alors qu’un
> jeune homme sans turban résoud brillamment le problème que je vous ai
> posé. »
> 
> une autre fois, shaykh muh∂ammad-Taqí t un rêve dans lequel il entrait dans
> une pièce remplie de malles qui, lui dit-on, appartenait à Bahá’u’lláh.
> ouvrant l’une d’elles, il la trouva pleine à ras bord de livres ; chaque ligne
> était constellée de brillants dont, dit-il, l’éclat l’éveilla.
> 
> mírzá abu’l-fad∂l-i-Gulpáygání relate dans un de ses ouvrages ce qu’il
> entendit de la bouche d’un religieux. Bahá’u’lláh était présent lors d’une
> réunion au cours de laquelle mírzá naz∂ar-’alí de qazvín (voir addenda v), le
> célèbre murshid sou très estimé par muh∂ammad sháh, dissertait sur le degré
> d’élévation qu’aucun humain ne peut atteindre. il disait en parlant de lui : «
> si mon serviteur venait m’annoncer que le Christ Jésus est à la porte et qu’il
> m’appelle, je suis tellement détaché que je n’aurai pas envie de le voir. »
> Parmi l’assistance, certains restèrent silencieux tandis que les flatteurs
> murmuraient leur admiration. seul mírzá h∂usayn-‘alí osa parler*. il se
> tourna vers ce vantard de qazvín qui avait si peu de respect pour une
> manifestation de dieu, et lui demanda : « vous êtes très proche du souverain
> qui vous est très dévoué. mais si le chef bourreau et dix de ses hommes
> étaient là, derrière cette porte, venant vous chercher par ordre du souverain,
> resteriez-vous calme ou seriez-vous perturbé ? » mírzá naz∂ar-’alí réfléchit
> un peu avant de répondre : « franchement, je serais inquiet. » « alors, reprit
> Bahá’u’lláh, vous ne devriez pas faire de telles af rmations. » et mírzá abu’l-
> fad∂l-i-Gulpáygání relate que tous restèrent silencieux.
> 
> les Premières années
> 
> à quinze ans, sa sœur aînée sárih Khánum épousa mírzá mah∂múd, ls de
> mírzá ismá’íl-i-vazír de yálrúd. Ce mírzá mah∂múd qui ne suivit jamais la
> nouvelle religion, avait une jeune sœur, belle, vive et adorable, ásíyih
> Khánum.
> Bahá’u’lláh avait dix-huit ans lorsque sárih Khánum poussa son père, mírzá
> Buzurg, à demander pour son frère la main de sa belle-sœur. leur mariage eut
> lieu en Jamádíyu’l-ukhrá (Jamádíyu’th-Thání) de l’hégire 1251 (octobre
> 1835). ásíyih Khánum est la mère de ‘abdu’l-Bahá.
> 
> même ceux qui n’aimaient pas son père tenaient Bahá’u’lláh en grande
> estime.
> 
> ainsi, le grand vizir, h∆ájí mírzá áqásí. mírzá Buzurg avait raison de penser
> que h∆ájí mírzá áqásí était à l’origine de la démission et du meurtre de son
> ami, le grand homme mírzá abu’l-qásim, le qá’im-maqám. un jour, des
> rumeurs se répandirent disant que muh∆ammad sháh avait remplacé le h∆ájí
> par un autre grand vizir, amír-nizám de Kirmánsháh. mírzá Buzurg qui était
> alors gouverneur de Burújird et du luristán écrivit au prince Bahman mírzá
> pour lui exprimer sa joie.
> 
> dans sa lettre à ce politicien fantasque qui nit par se réfugier en russie, on
> pouvait lire cette phrase : « Pourvu que ce pervers soit éloigné du chah ! »
> Bahman mírzá qui n’était pas un ami de mírzá Buzurg montra cette lettre à
> h∂ájí mírzá áqásí. furieux, celui-ci t appeler mírzá h∂usayn-’alí et, lui
> montrant la lettre dit :
> 
> « lis ceci. Je ne sais pas ce que j’ai fait à ton père pour mériter cela. » mírzá
> h∂usayn-’alí resta silencieux. alors mírzá shafí’Khán, le s∂áh∂íb-díván qui
> était
> 
> * Ce ne sont pas les paroles exactes prononcées pr Bahá’u’lláh.
> 
> Mírzá abu’l-Qásím-i-Faráhání,
> 
> Qa’im-Maqám
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> certificat de mariage de bahá’u’lláh
> 
> les Premières années
> 
> présent prit la lettre, y jeta un regard et, pour arranger les choses, dit : «
> Cette lettre n’est pas écrite par mírzá Buzurg. quelqu’un a imité son écriture.
> » « impossible !
> 
> s’exclama h∂ájí mírzá áqásí. Personne n’est capable de produire une
> calligraphie aussi belle et une telle prose ! » mírzá h∂usayn-’alí restait
> toujours muet. le h∂ájí se tourna encore une fois vers lui : « que dois-je faire
> ? que puis-je faire ? C’est ton père. Pour toi, je vais essayer d’oublier ceci et
> laisser le temps faire son œuvre.
> 
> mais écris à ton père pour lui dire de ne pas recommencer. »
> 
> l’aube
> 
> C’esT en 1844, sous le règne de muh∂ammad sháh, que se leva l’aube tant
> attendue, le Jour de dieu promis par toutes les écritures de l’humanité. il
> resplendit dans la célèbre et délectable ville de Chiraz où naquirent et
> moururent deux des plus grandes gures de la littérature persane, sa’dí et h∂á
> z∂, qui, chacun à sa manière, prophétisèrent la gloire à venir de leur ville et
> l’apparition de cet astre merveilleux, le soleil de vérité, en la personne du
> Báb.
> 
> h∂á z∂ écrivit :
> 
> Chiraz sera tumultueuse, puis viendra l’orateur
> 
> aux douces et merveilleuses paroles
> 
> qui, tombant de ses lèvres, feront trembler Bagdad.1
> 
> et sa’dí :
> 
> Par dieu ! siège de salomon et mystère de dieu,
> 
> ce royaume ne mérite ni ombre ni mélancolie.2
> 
> Pour célébrer le centenaire de cette aube brillante, le Gardien de la foi
> bahá’íe écrira :
> 
> le vingt-trois mai mil huit cent quarante-quatre marque le commencement de
> la période la plus tumultueuse de l’âge héroïque de l’ère bahá’íe, âge qui voit
> s’ouvrir la plus glorieuse époque du plus grand cycle dont l’histoire
> spirituelle de l’humanité ait, jusqu’à présent, été le témoin. il n’a pas fallu
> plus de neuf courtes années pour couvrir cette période du premier siècle
> bahá’í, la plus spectaculaire, la plus tragique et la plus mouvementée. elle a
> été inaugurée par la naissance d’une révélation dont le porte-parole sera
> acclamé par la postérité comme le Point autour duquel tournent les réalités
> des prophètes et des messagers ; elle s’est terminée avec les premières
> impulsions d’une révélation encore plus puissante dont le jour, af rme
> Bahá’u’lláh lui-même, fut annoncé par tous les prophètes, jour auquel l’âme
> de tous les messagers divins a aspiré, et par
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> lequel dieu a éprouvé les cœurs de l’assemblée tout entière de ses messagers
> et de ses prophètes… Par sa puissance dramatique pure, par la rapidité avec
> laquelle se sont succédés des événements d’une importance considérable, par
> l’holocauste qui marqua sa naissance, les circonstances miraculeuses qui
> entourèrent le martyre de celui qui l’avait déclenchée, par les possibilités
> cachées dont elle avait été si complètement imprégnée dès l’origine et les
> forces auxquelles elle donna nalement naissance, cette période de neuf
> années peut certes occuper un rang unique dans le champ tout entier de
> l’expérience religieuse de l’homme. si l’on passe en revue les épisodes de ce
> premier acte d’un drame sublime, on voit la gure de son héros et maître, le
> Báb, s’élever comme un météore au-dessus de l’horizon de Chiraz, traverser
> du sud au nord le ciel sombre de la Perse, décliner avec une rapidité
> tragique, et périr dans une apothéose de gloire. on voit ses satellites,
> constellations de héros enivrés de l’amour de dieu, monter à ce même
> horizon, irradier la même lumière incandescente, se consumer avec cette
> même rapidité, et imprimer à leur tour un nouvel élan à la vigueur sans cesse
> croissante de la foi naissante de dieu…
> 
> la scène d’ouverture du premier acte de ce grand drame se déroula à Chiraz,
> au premier étage de la modeste demeure du ls d’un drapier, située dans un
> quartier pauvre.
> 
> elle eut lieu à l’heure précédent le coucher du soleil, le vingt-deux mai mil
> huit cent quarante-quatre. les personnages qui y prirent part sont : le Báb, un
> siyyid de pure et sainte lignée, âgé de vingt-cinq ans, et le jeune mullá
> h∂usayn qui, le premier, crut en lui. leur rencontre, qui précéda
> immédiatement cet entretien, a semblé purement acci-dentelle. l’entrevue
> elle-même se prolongea jusqu’à l’aube. l’hôte demeura enfermé, seul avec
> son invité, et la ville endormie fut loin de se douter de l’importance de la
> conversation qu’ils eurent ensemble. nul récit de cette nuit unique est passé à
> la postérité, sauf le compte rendu fragmentaire mais hautement édi ant qui
> tomba des lèvres de mullá h∂usayn.
> 
> « Je restai assis, retenu par le charme de sa parole, oublieux du temps et de
> ceux qui m’attendaient* », a-t-il témoigné après avoir décrit la nature des
> questions posées à son hôte et les réponses décisives qu’il en avait reçues,
> réponses qui avaient établi, sans l’ombre d’un doute, la validité de sa
> prétention à être le qà’im promis. « soudain, l’appel du muezzin invitant les
> dèles à la prière du matin, me tira de l’état d’extase dans lequel,
> apparemment, j’étais tombé. Toutes les délices, toutes les gloires ineffables
> énu-mérées par le Tout-Puissant dans son livre [le coran] comme étant les
> possessions ines-
> 
> * il s’agissait de son frère, de son neveu et d’autres compagnons qui allèrent
> ensemble de Kerbéla à Chiraz, comme attirés par un aimant. leur maître,
> siyyid Káz∂im-i-rashtí, qui venait de mourir, leur avait dit de rester vigilants
> car l’avènement de s∆áhibu’z-zamán, le seigneur de l’Äge, le qá’im de la
> famille de muh∂ammad, était proche.
> 
> l’auBe
> 
> timables des habitants du paradis, je pensai les ressentir cette nuit-là. il me
> sembla que j’étais dans un endroit dont on pourrait dire à juste titre : ici,
> aucune peine ne peut nous atteindre, aucune lassitude ne peut nous toucher ;
> on n’entendra ici ni vains discours ni mensonges, mais seulement cette
> exclamation : « Paix ! Paix ! » là, retentira leur cri :
> 
> « Gloire à toi, ô dieu », leur salutation : « Paix ! » et la n de leur cri : « loué
> soit dieu, le seigneur de toutes les créatures ! »… le sommeil m’avait fui
> cette nuit-là.
> J’étais captivé par la musique de cette voix dont le chant s’élevait et
> s’abaissait tour à tour ; tantôt elle s’ampli ait pour révéler des versets du
> qayyúmu’l-asma’, tantôt elle revenait à de célestes et subtiles harmonies
> pour chanter des prières inconnues. à la n de chaque invocation, il répétait ce
> verset : loin de la gloire de ton seigneur, le Très-Glorieux, soit ce que ses
> créatures af rment de lui ! et que la paix soit sur ses messagers ! loué soit
> dieu, le seigneur de tous les êtres !...
> 
> Cependant, à la lecture du célèbre commentaire sur la Súrih de Joseph, le
> premier livre, le plus grand, le plus puissant de tous les ouvrages de la
> révélation bábíe, et dont le premier chapitre fut écrit tout entier - le fait est
> indubitable - par la plume de son révélateur divin, au cours de cette nuit
> d’entre les nuits, une lumière plus signi cative est projetée sur cet épisode
> qui marque la déclaration de la mission du Báb. la description de cet épisode
> par mullá h∂usayn, au même titre que les premières pages de ce livre
> prouvent l’ampleur et la force de cette déclaration d’importance capitale. la
> prétention de n’être rien moins que le porte-parole de dieu lui-même,
> annoncé par les prophètes des âges révolus, l’af rmation qu’il était en même
> temps le héraut d’un autre, incommensurablement plus grand que lui-même,
> les appels claironnants qu’il adressa aux rois et aux princes de la terre, les
> terribles avertissements lancés au chah muh∂ammad, principal magistrat du
> royaume, le conseil donné à h∂ájí mírzá áqásí de craindre dieu, ainsi que
> l’ordre péremptoire de renoncer à son autorité de grand vizir du chah et de se
> soumettre à celui qui est 1’héritier de la terre et de tout ce qu’elle contient, le
> dé lancé aux dirigeants du monde proclamant l’indépendance de sa cause,
> dénonçant la vanité de leur pouvoir éphémère et les exhortant à renoncer tout
> un chacun à leur domination pour délivrer son message tant aux contrées de
> l’est que de l’ouest, ces faits constituent les traits dominants de ce premier
> contact qui marqua la naissance et xa la date du commencement de l’ère la
> plus glorieuse dans la vie spirituelle de l’humanité. 3
> 
> le Báb (la Porte) exigea de mullá h∂usayn-i-Bushrú’í - qui allait vite être
> connu sous le nom de Bábu’l-Báb (la Porte de la Porte) - de ne dévoiler son
> nom (siyyid
> 
> ‘alí-muh∂ammad) à personne, de ne montrer par aucun signe qu’il avait
> atteint la n de sa recherche, avait été conduit vers le qá’im de la famille de
> muh∂ammad, le
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> s∂áh∂ibu’z-zamán, qu’il l’avait reconnu, avait cru en lui et lui avait donné de
> tout cœur son allégeance. le secret de cette nuit béné que devait, pour
> l’instant, rester secret. le Báb lui dit que dix-sept autres personnes devaient,
> par elles-mêmes, le chercher, le trouver et le reconnaître.
> 
> le Gardien de la foi bahá’íe continue :
> 
> Cependant, ce fut seulement quarante jours plus tard que l’enrôlement des
> dix-sept autres lettres-du-vivant commença. Peu à peu, les uns en état de
> veille, d’autres dans leur sommeil, quelques-uns par le jeûne et par la prière,
> d’autres au cours de rêves et de visions, découvrirent spontanément l’objet
> de leurs recherches et furent enrôlés sous la bannière de la foi nouvellement
> née.4
> 
> ainsi, le dernier à s’enrôler fut mullá muh∂ammad-’alí de Bárfurúsh
> (aujourd’hui appelée Bábul) dans la province du mazandéran, un jeune
> homme de 22 ans destiné à devenir le plus grand de tous. dès son arrivée à
> Chiraz il se trouva nez à nez avec le Báb sur une voie publique et, sans poser
> aucune question, le reconnut immédiatement, à son allure et à sa démarche,
> comme étant le qá’im de la famille de muh∂ammad. le Báb lui conféra le
> titre de quddús qui veut dire : le plus saint et le plus pur.
> 
> le cercle des h∂uruf-i-h∂ayy* était complet. Tous sauf un étaient à Chiraz.
> Ce personnage solitaire était une femme dans la trentaine, érudite, éloquente,
> auteur de vers édi ants, lle, nièce et femme de grands religieux de qazvín.
> elle était tellement persuadée que le seigneur de l’âge était venu, et que
> quiconque prétendrait à ce haut rang devait être cru, que lorsque mírzá
> muh∂ammad-’alíy-i-qazvíní, époux de sa jeune sœur et vaillant disciple de
> siyyid Káz∂im-i-rashtí, quitta Kerbéla à la recherche du qá’im pour lui offrir
> son allégeance, elle lui donna un pli scellé à remettre au seigneur de l’âge
> pendant qu’il devait lui dire ces mots5 : la beauté de ta face étincelle, les
> rayons de ton visage
> 
> se lèvent à l’horizon ;
> alors demande : « ne suis-je pas votre seigneur ? »
> 
> et nous répondrons tous :
> 
> « oui ! tu l’es ! tu l’es ! »
> 
> * h∂urúf est le pluriel de h∂arf, une lettre de l'alphabet et h∂ayy, qui veut dire
> vivant a la valeur numérique de 18.
> 
> l’auBe
> 
> son nom était umm-salamih, mais siyyid Káz∂im l’avait appelée qurratu’l-
> 
> ’ayn (la consolation des yeux). l’histoire bahá’íe la connaît plutôt sous le
> titre que lui a donné Bahá’u’lláh : ∏áhirih (la pure). elle n’a jamais
> rencontré le Báb et pourtant, c’est avec un zèle brûlant, une ardeur
> inébranlable et une détermination inégalable qu’elle se leva pour proclamer
> et promouvoir la religion bábíe abandonnant dans son sentier famille et
> enfants et, nalement, sa vie même.
> 
> alors le Báb appela ses lettres-du-vivant à le rencontrer :
> 
> o mes amis bien-aimés ! vous êtes en ce jour les porteurs du nom de dieu.
> vous avez été choisis comme dépositaires de son mystère. il appartient à
> chacun d’entre vous de manifester les attributs de dieu et de démontrer, par
> vos actes et par vos paroles, les signes de sa justice, de sa puissance et de sa
> gloire. les membres de votre corps doivent témoigner de la noblesse de vos
> intentions, de l’intégrité de votre vie, de la réalité de votre foi et du caractère
> exalté de votre dévotion (...) méditez les paroles que Jésus adressa à ses
> disciples en les envoyant de par le monde propager la cause de dieu. C’est
> par de telles paroles qu’il leur enjoignit de se lever et de remplir leur mission
> : vous êtes comme le feu allumé dans les ténèbres de la nuit au sommet de la
> montagne. que votre lumière resplendisse aux yeux des hommes ! la pureté
> de votre vie et le degré de votre renoncement doivent être tels qu’en vous
> voyant, les peuples de la terre reconnaissent leur Père céleste et se
> rapprochent de lui, qui est la source de pureté et de grâce. (...) vous êtes le
> sel de la terre, mais si le sel a perdu sa saveur avec quoi la lui rendra-t-on ?
> ô mes lettres ! je vous le dis en vérité, ce jour est in niment exalté au-dessus
> des jours des apôtres du passé. la différence en est incommensurable ! vous
> êtes les témoins de l’aurore du jour promis par dieu… vous êtes les
> premières lettres engendrées par le Premier Point, (le Báb) (...) Je vous
> prépare pour la venue d’un grand jour. (...) nul ne connaît encore le secret du
> jour qui doit venir. il ne peut être divulgué et nul ne peut s’en faire une idée.
> l’enfant nouveau-né de ce jour-là, sera plus avancé que les hommes les plus
> sages et les plus vénérables de notre temps. (...) dispersez-vous en tous sens
> à travers ce pays et, d’un pied ferme, d’un cœur sancti é, préparez la voie
> pour sa venue.
> 
> ne considérez pas votre faiblesse et votre fragilité ! fixez votre regard sur le
> pouvoir invincible du seigneur votre dieu tout puissant ! n’est-ce pas grâce à
> lui que, jadis, abraham si faible en apparence, a triomphé des forces de
> nemrod ? a moïse qui n’avait d’autre arme que son bâton, dieu n’a-t-il pas
> assuré la victoire sur Pharaon et ses armées ? et bien que Jésus fut humble et
> pauvre aux yeux des hommes, dieu n’a-t-il pas voulu qu’il triomphât des
> forces conjurées du peuple juif ? n’a-t-il pas assujetti les tribus barbares et
> turbulentes de l’arabie à la discipline sainte et transformatrice de
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> muh∂ammad, son prophète ? levez-vous en son nom, mettez toute votre con
> ance en lui et soyez assurés de l’ultime victoire.6
> 
> le Báb dirigea plus précisément mullá ‘alíy-i-Basπámí vers l’irak, bastion
> des religieux chiites*. il choisit quddús pour l’accompagner en pèlerinage à
> la mecque et à médine et il donna au Bábu’l-Báb une importante mission,
> sacrée et d’une signi cation incommensurable, qui devait être accomplie à
> Téhéran.
> 
> * mullá 'alí fut très vite arrêté, jugé et condamné à mort. on a longtemps cru
> qu'il avait été tué quelque part en irak (à mosul ou au-delà), parce qu'on avait
> plus trace de lui après son arrivée à mosul. mais de récentes recherches dans
> les archives officielles ont établi le fait qu'il est arrivé dans la capitale
> ottomane, qu'il y fut jugé à nouveau et condamné aux travaux forcés sur les
> chantiers navals. ensuite on perd sa trace. (l’auteurr remercie m. sami
> doktoroglu pour cette information).
> 
> en route vers la capitale de la perse
> 
> C’est à saba que je t’envoie, ô zéphir, alouette du matin ;
> 
> vois clairement d’où tu pars et où je t’envoie.
> 
> h∂á z∂
> 
> C’esT une mission enviable et glorieuse qui était con ée à mullá h∆usayn. le
> Báb avait fait allusion à sa nature en termes assurés :
> 
> au cours de ce pèlerinage que nous allons bientôt entreprendre, nous avons
> choisi quddús. nous vous avons laissé derrière nous pour faire face aux
> assauts d’un ennemi féroce et implacable. ayez la certitude, cependant,
> qu’une muni cence d’une gloire indicible vous sera conférée. Poursuivez
> votre voyage vers le nord et visitez, en chemin, ispahan, Káshán, qom et
> Téhéran. implorez la toute-puissante Providence de vous aider, par sa grâce,
> à atteindre, dans cette capitale, le siège de la véritable souveraineté, et à
> entrer dans la maison du Bien-aimé. un secret gît, caché, dans cette ville.
> lorsqu’il sera manifesté, il transformera la terre en paradis. Je souhaite que
> vous puissiez prendre part à sa grâce et reconnaître sa splendeur. de Téhéran,
> rendez-vous au Khorassan et, là, proclamez à nouveau l’appel. de là,
> retournez à najaf et à Kerbéla, où vous atten-drez les mandements de votre
> seigneur. vous accomplirez entièrement, soyez-en certain, la haute mission
> pour laquelle vous avez été créé1
> 
> et lorsqu’arriva le moment de partir, le Báb conforta mullá h∂usayn par des
> paroles d’encouragement :
> 
> ne soyez pas affligé parce que vous n’avez pas été choisi pour
> m’accompagner dans mon pèlerinage à hijáz. Je guiderai en revanche vos
> pas vers la ville qui renferme en son sein un mystère d’une si transcendante
> sainteté que ni h∆ijáz, ni Chiraz ne peuvent espérer l’égaler. Je souhaite que
> vous puissiez, avec l’aide de dieu, écarter les voiles des yeux des négligents
> et puri er les esprits des malveillants. (...) les armées du royaume
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> invisible vous soutiendront et redoubleront vos efforts, soyez-en sûr !
> l’essence du pouvoir gît à présent en vous, et la compagnie de ses anges élus
> gravite autour de vous. ses bras tout-puissants vous entoureront et son esprit
> infaillible continuera toujours à guider vos pas. Celui qui vous aime, aime
> dieu ; et quiconque s’oppose à vous s’est opposé à dieu. quiconque vous
> secourt, dieu le secourra et quiconque vous rejette, dieu le rejettera.2
> 
> mullá h∆usayn était très connu à ispahan. siyyid Káz∂im-i-rashtí, l’avait
> plusieurs fois envoyé dans cette ville célèbre pour obtenir l’approbation du
> célèbre mujtahid h∂ájí siyyid muh∂ammad-Báqir-i-shaftí qui était mort
> depuis. son ls, h∂ají siyyid asadu’lláh, était aujourd’hui aussi amical que son
> père l’avait été ; c’était aussi le cas d’un autre mujtahid remarquable h∂ájí
> muh∂ammad ibráhím-i-Kalbásí. encore plus importante fut l’attitude du
> Géorgien manúchihr Khán, le mu’tamidu’d-dawlih, gouverneur d’ispahan,
> qui refusait d’écouter ceux qui s’opposaient déjà à mullá h∂usayn. Parce
> qu’il n’était pas encore autorisé à dévoiler le nom du Báb, c’est avec
> circonspection que mullá h∂usayn conduisit un certain nombre de gens à
> reconnaître cette nouvelle religion et à l’accepter. le premier converti, que le
> Báb immortalisa dans son livre le bayán, était un jeune homme candide du
> nom de mullá Ja’far, connu par le nom de son travail : Gandum-Pák-Kun, le
> tamiseur de blé, qui mourut à ∏abarsí. le plus admirable de ces nouveaux
> convertis fut mullá s∂ádiq-i-muqaddas-i-Khurásání, un important disciple de
> siyyid Káz∂im, qui, quelques années plus tard, serait un des rares à survivre
> à l’holocauste de ∏abarsí. il rencontra Bahá’u’lláh dans la ville prison
> d’acre, devint un bahá’í aussi ferme qu’il avait été bábí, fut honoré par
> Bahá’u’lláh du titre de ismu’lláhu’l-as∂daq* (le nom de dieu, le véritable) et
> resta dèle et loyal jusqu’à la n de sa vie. son ls, ibn-i-as∂daq, fut l’une des
> quatre mains de la cause de dieu désignées par Bahá’u’lláh, alors que mullá
> s∂ádiq lui-même fut nommé à titre posthume main de la cause par ‘abdu’l-
> Bahá dans son livre Mémorial des dèles.
> mullá h∆usayn ne resta que peu de temps à Káshán, mais il donna la
> nouvelle de l’aube du Jour de dieu à un important marchand de la ville, h∂ájí
> mírzá Jání. il ne
> 
> * quelques-uns de ceux que Bahá'u'lláh nomma ismu'lláh brisèrent son
> alliance : siyyid mihdíy-i-dahijí (ismu'lláh-mihdí), áqá muh∂ammad-Javád-i-
> qazvíní (ismu'lláh-Javád), et áqá Jamál-i-Burúrjirdí (ismu'lláh-Jamál).
> d'autres restèrent fidèles : mullá s∂adiq (ismulláh-as∂daq), zauyn'ul-
> muqarrabín (ismu'lláh-zayn), siyyid
> 
> 'abdu'r-rah∂ím-i-is∂fahání (ismu'lláhir-rah∂ím) et Jináb-i-munír (ismu'lláh-
> muníb) qui mourut à smyrne en 1868.
> 
> d'autres ne sont pas encore identifiés.
> 
> en rouTe vers la CaPiTale de la Perse
> 
> Quelques-uns des personnalités de la cour de Muh∂ammad Sháh : au centre,
> le jeune garçon est násiri’d-dín, le prince héritier. À sa droite derrière lui,
> Mírzá abu’l-Qásim, Qá’im-Maqám ; à sa gauche, h∂ájí Mírzá áqásí. À
> gauche de l’image on aperçoit Manúchihr-khán, Mu‘tamidu’d-dawlih, le
> gouverneur d’ispahan. entre les deux, Mírzá abu’l-h∆asan khán-i-Ílchí,
> ambassadeur persan en grande-bretagne qui inspira le personnage de mírzá
> firouz dans le livre de Morier : hajji Baba d’ispahan (édit. phébus).
> 
> trouva personne pour l’écouter à qom et continua jusqu’à Téhéran. C’est là
> que se trouvait le « mystère » dont le Báb avait parlé, celui que devait
> atteindre le message et la pétition du Báb. mullá h∂usayn ne savait ni où ni
> de quelle manière il devait chercher ce mystère, mais dieu l’avait conduit
> jusqu’au qá’im et il était certain qu’une fois encore il serait guidé vers le but
> de sa recherche. il s’installa dans une école de théologie, la madrisih [école]
> de mírzá s∂álih∂ appelée aussi la madrisih de Páminár (Páy-i-minár) du nom
> du quartier de Téhéran dans lequel cette école était située. h∂ájí mírzá
> muh∂ammad-i-Khurásání, le chef des shaykhís de la capitale, était aussi le
> directeur de cette école. mullá h∂usayn essaya vainement de l’éveiller à la
> réalité de l’aube de ce Jour de dieu, mais mírzá muh∂ammad ne sut que le
> réprimander pour avoir dévié de la voie de siyyid Káz∂im. il trouvait même
> indésirable le séjour de mullá h∂usayn à Téhéran, y voyant une menace pour
> la sécurité et l’intégrité de la communauté shaykhíe. mullá h∂usayn l’assura
> qu’il ne resterait pas
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> longtemps dans la capitale et que, de toute façon, il ne considérait pas avoir
> dit ou fait quoique ce soit pour dénigrer le rang et la position de shaykh
> ah∂mad-i-ah∂sá’í ou de siyyid Káz∂im-i-rashtí.
> 
> a n de ne plus paraître menaçant pour h∂ájí mírzá muh∂ammad-i-Khurásání,
> mullá h∂usayn resta éloigné autant que possible de la madrisih de mírzá
> s∂álih∂. il avait, après tout, un but bien plus important que cet imbroglio
> avec le religieux shaykhí. il quittait l’école tôt le matin et ne revenait à sa
> chambre qu’après le coucher du soleil. mullá muh∂ammad-i-mu’allim
> [enseignant], natif du district de núr en mazandéran, écrivit de quelle
> manière mullá h∂usayn atteint le but de sa recherche et accomplit la mission
> que lui avait con ée le Báb :
> 
> … en ce temps-là, je vivais dans la même école que h∂ájí mírzá
> muh∂ammad et l’on me considérait comme l’un de ses disciples favoris. ma
> chambre touchait la sienne et nous entretenions des relations très amicales. le
> jour où il était occupé à discuter avec mullá h∂usayn, je surpris leur
> conversation du début jusqu’à la n, et je fus profondément touché par
> l’ardeur, la facilité de parole et le savoir de ce jeune étranger. Je fus surpris
> des réponses évasives, de l’arrogance et du comportement dédaigneux de
> h∂ájí mírzá muh∂ammad. Ce jour-là, je me sentis fortement attiré par le
> charme de ce jeune homme et profondément irrité par la conduite indécente
> de mon maître envers lui. Je dissimulai mes sentiments et prétendis ignorer
> ses discussions avec mullá h∂usayn. Je fus pris par un désir passionné de
> rencontrer ce dernier et me hasardai à aller lui rendre visite vers minuit. il ne
> m’attendait pas, mais je frappai à sa porte et le trouvai éveillé, assis près de
> sa lampe. il me reçut affectueusement et me parla avec une courtoisie et une
> tendresse extrêmes. Je soulageai mon cœur et, pendant que je lui parlais, des
> larmes que je ne pouvais retenir, coulaient de mes yeux. « Je puis voir à
> présent, dit-il, la raison pour laquelle j’ai choisi de demeurer ici. votre maître
> a rejeté avec dédain ce message et a méprisé son auteur. mon espoir est que
> son élève puisse, contrairement à son maître, reconnaître la vérité. Comment
> vous appelez-vous et dans quelle ville résidez-vous ? » « Je m’appelle mullá
> muh∂ammad, répondis-je, et mon nom de famille est mu’allim. ma maison
> se trouve à núr dans la province de mazendéran. « dites moi, demanda-t-il, y
> a-t-il de nos jours parmi la famille de feu mírzá Buzurg-i-núrí, qui était
> connu pour son caractère, son charme, ses talents artistiques et intellectuels,
> quelqu’un qui se soit montré capable de préserver les hautes traditions de
> cette illustre maison ?
> 
> - oui, répondis-je, parmi ses ls encore en vie, l’un s’est distingué par les
> mêmes
> 
> en rouTe vers la CaPiTale de la Perse
> 
> traits qui caractérisaient son père. Par sa vie vertueuse, ses grandes
> connaissances, sa bonté et sa libéralité, il s’est montré le noble descendant
> d’un noble père.
> 
> - quelles sont ses occupations ? me demanda-t-il.
> 
> - il réconforte les inconsolables et nourrit les affamés, répondis-je.
> 
> - que savez-vous de son rang et de sa position ?
> 
> - il n’en a pas, dis-je, si ce n’est qu’il secourt les pauvres et les étrangers.
> - Comment s’appelle-t-il ?
> 
> - h∂usayn ‘alí.
> 
> - dans laquelle des écritures de son père excelle-t-il ?
> 
> - son écriture favorite est le shikastih-nasta’líq.
> 
> - a quoi occupe-t-il son temps ?
> 
> - il se promène à travers bois et se complaît à admirer les beautés de la
> campagne.
> 
> - quel âge a-t-il ?
> 
> - vingt-huit ans. »
> 
> la curiosité avec laquelle mullá h∂usayn m’interrogeait et le sentiment de
> plaisir qu’il ressentait à entendre chaque détail que je lui donnais, me surprit
> grandement. se tournant vers moi, avec un visage rayonnant de joie et de
> satisfaction, il s’enquit une fois de plus : « Je présume que vous le
> rencontrez souvent ? »
> 
> - Je me rends fréquemment chez lui, répondis-je.
> 
> - voulez-vous, dit-il, lui remettre, en mains propres, un dépôt de ma part ?
> 
> - Très certainement, répondis-je.
> 
> il me donna alors un parchemin enveloppé dans une pièce de toile et me
> demanda de le lui remettre le lendemain à l’aube. « s’il daignait me
> répondre, ajouta-t-il, auriez-vous l’amabilité de me faire connaître sa
> réponse ? » Je pris le parchemin et, au lever du jour, me levai pour exaucer
> son désir.
> 
> Comme j’approchais de la maison de Bahá’u’lláh, je reconnus son frère
> mírzá músá qui se tenait à la porte et à qui je s savoir l’objet de ma visite. il
> entra dans la maison et réapparut peu après portant un message de
> bienvenue. on m’introduisit auprès de Bahá’u’lláh ; je présentai 1e rouleau à
> mírzá músá, qui 1e déposa devant Bahá’u’lláh.
> 
> Celui-ci nous pria de nous asseoir. dépliant le rouleau, il jeta un coup d’œil
> sur son contenu et commença à nous lire à haute voix certains de ses
> passages. Je restai assis, ravi par le son de sa voix douce et mélodieuse. il
> avait lu une page du rouleau lorsque, se tournant vers son frère, il dit : «
> músá, qu’en dis-tu ? en vérité je le dis, celui qui croit au coran, reconnaît son
> caractère divin, et malgré cela hésite, ne fût-ce qu’un instant, à admettre que
> ces paroles émouvantes sont dotées du même pouvoir régénérateur, s’est
> assurément trompé dans son jugement et a dévié loin du sentier de justice. »
> Puis il se
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> tut. en me congédiant, il me chargea de rapporter à mullá h∂usayn, comme
> cadeau de sa part, un pain de sucre russe et un paquet de thé, et il me pria de
> lui transmettre l’expression de son amour et de sa reconnaissance.
> 
> Je me levai et, rempli de joie, me hâtai de retourner auprès de mullá h∂usayn
> pour lui remettre le cadeau et le message de Bahá’u’lláh. avec quelle joie et
> quelle exulta-tion les reçut-il de ma main ! les paroles me manquent pour
> décrire l’intensité de son émotion. il se mit debout, reçut, tête baissée, le
> cadeau et l’embrassa avec ferveur. il me prit alors dans ses bras, me baisa les
> yeux et dit : « ami chèrement aimé ! Je prie pour que, de même que vous
> m’avez réjoui le cœur, de même dieu vous fasse don d’une éternelle félicité
> et vous inonde le cœur d’un bonheur impérissable. » Je fus stupé é par la
> conduite de mullá h∂usayn. quelle pouvait être, pensai-je en moi-même, la
> nature du lien qui unissait ces deux âmes ? qu’est-ce qui pouvait avoir
> suscité en leurs cœurs une aussi ardente amitié ? Pourquoi mullá h∂usayn,
> aux yeux de qui la pompe et l’apparat de la royauté n’étaient que pure
> futilité, devait-il manifester un tel bonheur à la vue d’un cadeau aussi insigni
> ant de la part de Bahá’u’lláh ? Cette pensée m’intriguait et je ne pouvais en
> découvrir le mystère.
> quelques jours plus tard, mullá h∂usayn partit pour le Khorassan. au moment
> de notre séparation, il dit : « ne soufflez mot à personne de ce que vous avez
> entendu et vu. faites que ceci reste un secret caché en votre sein. ne
> divulguez pas son nom, car ceux qui envient sa position se lèveraient alors
> pour lui nuire. dans vos moments de méditation, priez le Tout-Puissant de le
> protéger a n que, par lui, il puisse exalter les opprimés, enrichir les pauvres
> et racheter les pécheurs. le secret des choses reste caché à nos yeux. il est de
> notre devoir de lancer l’appel du nouveau jour et de proclamer ce divin
> message à tous les hommes. Bien des âmes dans cette ville verseront leur
> sang sur ce sentier. Ce sang irriguera l’arbre de dieu, lui permettra de fleurir
> et d’abriter sous son ombre l’humanité tout entière. »3
> 
> une fois encore, la divine providence avait conduit mullá h∆usayn-i-Bushrú’í
> jusqu’à son but, le plus important de toute l’histoire de l’humanité.
> 
> quant à l’obscur shaykhí, étudiant en théologie, mullá muh∂ammad-i-
> mu’allim-i-núrí que la même providence avait poussé à rechercher la
> compagnie de mullá h∂usayn et à se lier d’amitié avec lui a n de lui montrer
> le chemin vers le but et d’accomplir ainsi un service incomparable, saint et
> très méritoire, il versera son sang sur le même champ de bataille que mullá
> h∂usayn quand un implacable ennemi déchiquettera son corps fragile.
> 
> en rouTe vers la CaPiTale de la Perse
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> -
> 
> ahá’u’lláh.
> 
> azandéran, téhéran et quelques-uns des lieux associés au com ent de la vie
> de b
> 
> encemm
> 
> ontrant la province du M
> 
> erse m
> 
> arte du nord de la pc
> 
> au pays de ses ancêtres
> 
> dès que mírzá h∂usayn-’alí, le ls du vazír-i-núrí, t allégeance à la Cause du
> Báb, il se leva et t tous ses efforts pour promouvoir cette cause. on savait
> qu’il n’avait jamais fréquenté de cours de théologie, ne s’était jamais assis
> aux pieds d’un théologien célèbre, d’un maître, d’un philosophe ou d’un
> guide. on savait aussi qu’il était un maître en dialectique, une fontaine de
> savoir, un modèle d’éloquence. enseignant la religion du Báb, ces grandes
> qualités devinrent plus évidentes, plus intenses, plus pénétrantes.
> 
> il entreprit son premier voyage pour propager la cause du Báb en
> mazandéran, le pays de ses ancêtres. shaykh muh∂ammad-Taqí, le grand
> théologien de núr que nous avons déjà rencontré dans ces pages, était mort et
> c’était maintenant son ls, shaykh muh∂ammad qui occupait sa chaire. Ce
> dernier était convaincu qu’il ne pourrait jamais surpasser ni même égaler la
> puissance d’expression et d’exposition de Bahá’u’lláh. aussi resta-t-il muet
> et dans l’expectative lorsque les efforts de Bahá’u’lláh pour répandre, dans
> tout le district de núr, la nouvelle de l’avènement du Báb attirèrent un grand
> nombre d’éminents citoyens sous la bannière de la nouvelle religion, y
> compris son frère mírzá muh∂ammad-h∂asan et l’héroïque muh∂ammad
> Taqí Khán, un de ses proches parents, ce qui provoqua une opposition et une
> hostilité intenses chez beaucoup d’autres, dont le principal fut mírzá
> 
> ‘azízu’lláh, un oncle de Bahá’u’lláh. mais les élèves de shaykh muh∂ammad
> ne le laissaient pas tranquille et insistaient pour qu’il fasse un effort et
> s’oppose aux activités de Bahá’u’lláh. devant leur insistance il nit par céder
> et désigna ses deux élèves les plus érudits : ses beaux-frères mullá ‘abbás et
> mullá abu’l-qásim, pour rencontrer Bahá’u’lláh et lui lancer un dé . ils le
> rencontrèrent à dárkalá au cours d’une grande réunion de gens venus pour
> l’écouter. Bahá’u’lláh leur expliquait le sens essentiel de la première sourate
> du coran. les deux envoyés s’assirent et écoutèrent avec attention,
> complètement captivés. mullá ‘abbás, le premier, se redressa et, tremblant et
> en pleurs, il dit à ses compagnons : « faites ce que vous
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> voulez, mais en ce qui me concerne, je suis sans voix ; je n’ai plus ni
> mémoire, ni paroles. allez dire à mullá muh∂ammad que dorénavant mon
> devoir est de servir au seuil de mírzá h∂usayn-‘alí ». mullá abu’l-qásim,
> terrassé lui aussi, lui répondit :
> « Comme vous, je ne l’abandonnerai jamais pour servir quelqu’un d’autre.
> ma place aussi est devant sa porte. »
> 
> Bahá’u’lláh vint lui-même au village de sa’ádat-ábád pour rendre visite à
> mullá muh∂ammad. Conscient de son incapacité, ce dernier ne voulut pas
> discuter avec lui et trouva toutes sortes de prétextes pour éviter la rencontre.
> il décida nalement de consulter le coran. il prit le saint livre, l’ouvrit au
> hasard et le referma immédiatement en disant d’une petite voix que les
> versets de cette page n’augu-raient rien de bon.
> 
> voyageant partout dans le pays de ses ancêtres, Bahá’u’lláh rencontra un jour
> un jeune derviche assis au bord d’un ruisseau en train de préparer sa
> nourriture.
> 
> Bahá’u’lláh lui demanda ce qu’il faisait et le jeune homme répondit : « oh, je
> cuisine dieu pour le manger. » la simplicité de cette réponse amusa beaucoup
> Bahá’u’lláh qui t preuve d’une grande gentillesse envers lui.
> 
> Ce derviche, mus∂πafá Big, était de sanandij au Kurdistán. Poète, il avait
> pris le surnom de majzúb (celui qui est attiré). et il devint si attiré par
> Bahá’u’lláh qu’il le suivait partout en chantant ses louanges et en lui
> demandant de « déchirer les voiles… déchirer les voiles… » Beaucoup de
> gens, en voyant son attitude, furent attirés à leur tour et se dévouèrent à
> Bahá’u’lláh.
> 
> premier emprisonnement
> 
> le premier emprisonnement de Bahá’u’lláh eut lieu en rapport avec le
> meurtre de h∂ájí mullá Taqíy-i-Baraghání, l’oncle et le beau-père de
> qurratu’l-’ayn. h∂ájí mullá Taqí (qui sera connu sous le nom de shahíd-i-
> Thálith : le troisième martyr) était un religieux obscurantiste, très étroit
> d’esprit et très hostile envers les personnes et les enseignements de shaykh
> ah∂mad-i-ah∂sá’í et siyyid Káz∂im-i-rashtí.
> 
> du haut de sa chaire il tonnait contre eux en les insultant et c’est pourquoi il
> fut assassiné dans sa mosquée, dans la lumière du petit matin. son assassin,
> fervent admirateur des croyances shaykhíes, avoua publiquement qu’il avait
> poignardé h∂ájí mullá Taqí dans la bouche à cause du langage déplacé de ce
> religieux. natif de Chiraz, diversement appelé mírzá s∂álih∂, mullá
> ‘abdu’lláh ou mírzá ∏áhir, le boulanger, il af rma lors de son procès à
> Téhéran n’avoir jamais été bábí, mais il était en chemin vers máh-Kú pour y
> rencontrer le Báb et étudier sa Cause.
> 
> néanmoins, mullá muh∂ammad, le mari de qurrat’ul-’ayn, était aussi
> fanatique et vindicatif que son père et il en pro ta pour arrêter un grand
> nombre de bábís innocents qui furent envoyés à Téhéran.
> 
> en août 1919, dans le salon de sa résidence de haïfa, ‘abdu’l-Bahá contera à
> un groupe de bahá’ís l’histoire de ce premier emprisonnement de
> Bahá’u’lláh. il leur dira que quatre hommes, dont l’assassin, furent emmenés
> à Téhéran et emprisonnés dans la maison de Khusraw Khán. Bahá’u’lláh
> demanda à mírzá shafí’Khán, le s∂áh∂ib-díván d’expliquer la réalité de la
> situation à h∂ájí mírzá áqásí. s∂áh∂ib-díván, un homme ouvert, avait une
> grande influence sur le grand vizir et il lui transmit le message de
> Bahá’u’lláh, ce qui sembla lui plaire. Puis Bahá’u’lláh et sa suite rendirent
> visite aux prisonniers et leur donnèrent tout l’argent dont ils avaient besoin.
> Bientôt, tout Téhéran parlait de cette histoire.
> 
> l’assassin du mujtahid de qazvín, ayant confessé son crime et voyant que sa
> confession avait été inutile, décida de s’évader. une nuit de neige, il brisa ses
> fers, s’évada de la prison pour se réfugier chez rid∂á Khán, un of cier
> turkoman au service de muh∂ammad sháh. rusé, au lieu de courir vers la
> porte de la maison, il lança
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> sa canne contre elle. la porte s’ouvrit, une planche fut posée sur la neige et
> l’évadé put pénétrer dans la maison. lorsqu’au matin on entreprit les
> recherches, on ne trouva aucune trace de l’évadé. on savait que Bahá’u’lláh
> avait vu les prisonniers et leur avait donné de l’argent. les parents du
> mujtahid assassiné vinrent de qazvín et l’accusèrent d’avoir aidé l’assassin à
> s’évader. Bahá’u’lláh, calme et tranquille, entouré de farráshes et de
> cavaliers, fut conduit à cheval jusqu’à la prison où on l’enferma. Très vite,
> pourtant, on comprit que l’accusation était sans fondement et Bahá’u’lláh fut
> libéré. mais ce que les parents de h∂ájí mullá Taqíy-i-Baraghání ne savaient
> pas c’est que c’était Bahá’u’lláh qui avait ordonné et organisé l’évasion de
> qurratu’l-’ayn hors de leurs griffes1.
> 
> quant au meurtrier du mujtahid, rid∂á Khán le t sortir de Téhéran. ‘abdu’l-
> Bahá raconte que lorsqu’on comprit ce qui s’était passé, on lança un millier
> de cavaliers à la poursuite de rid∂á Khán, mais on ne réussit pas à l’attraper.
> les deux hommes atteignirent en n la forteresse de shaykh ∏abarsí où ils
> connurent la mort des martyrs.
> 
> la conférence de badasht
> 
> la conférence de Badasht est unique dans les annales religieuses de
> l’humanité. Jamais encore durant la vie d’une manifestation de dieu ses
> disciples ne s’étaient réunis pour se concerter, tous ensemble, concernant la
> nature de leur religion et de leurs futures actions. le génie animant cette
> conférence sans précédent, le même qui l’avait organisée, n’était autre que
> mírzá h∂usayn-’alíy-i-núrí qui par la suite fut connu dans la communauté
> bábíe sous le nom de Jináb-i-Bahá*. Comme le Gardien l’a remarqué :
> 
> le but principal de cette réunion était de rendre effective la révélation du
> bayán par une rupture soudaine, complète et dramatique avec le passé, avec
> son organisation, son sacerdoce, ses traditions et ses cultes. le but secondaire
> était d’examiner les moyens de délivrer le Báb de sa cruelle détention à
> Chihríq. le premier objectif réussit pleinement ; le second était destiné, dès le
> début, à échouer1
> 
> Badasht est un hameau situé sur les bords de la mer Caspienne. en arrivant
> dans ce hameau, Bahá’u’lláh loua trois jardins : il en donna un à quddús,
> h∂ájí mullá muh∂ammad-’alíy-i-Bárfurúshí, la dix-huitième et dernière
> lettre-du-vivant et la première d’entre elles par le rang. le deuxième jardin
> fut assigné à qurratu’l-’ayn que Bahá’u’lláh avait sauvée des périls qui
> l’entouraient à qazvín, sa ville natale.
> Bahá’u’lláh s’installa dans le troisième jardin. nabíl-i-a’z∂am écrit : Ceux
> qui s’étaient réunis à Badasht étaient au nombre de quatre-vingt un ; ils
> furent tous, depuis leur arrivée jusqu’à la conclusion de la réunion, les hôtes
> de Bahá’u’lláh.
> 
> Chaque jour, celui-ci révélait une Tablette que mírzá sulaymán-i-núrí
> psalmodiait en présence des croyants réunis. a chacun de ceux-ci, il conféra
> un nouveau nom. il fut
> 
> * il faut noter que le nom « Bahá’u’lláh » fut mentionné pour la première
> fois par le Báb dans son livre le bayán persan, et que c’est en tant que Jináb-
> i-Bahá que mírzá h∆usayn-’alíy-i-núrí fut connu dans la communauté bábíe
> après la conférence de Badasht.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> lui-même désormais désigné sous le nom de Bahá ; à la dernière lettre du
> vivant fut attribué le nom de quddús et à qurratu’l-’ayn celui de ∏áhirih (la
> pure). à l’intention de chacun de ceux qui s’étaient réunis à Badasht, le Báb
> devait révéler une Tablette spéciale dans laquelle il les appelait par le nom
> qui leur avait été récemment octroyé.
> 
> lorsque, plus tard, quelques-uns des condisciples parmi les plus stricts et les
> plus conservateurs décidèrent d’accuser ∏áhirih de rejeter inconsidérément
> les traditions de tout temps respectées dans le passé, le Báb, à qui ces
> plaintes avaient été adressées, répondit : « que puis-je dire de celle que la
> langue de puissance et de gloire a surnommée Tahirih » ?2
> 
> et ce fut qurratu’l-ayn, ∏áhirih la Pure, qui, en ce jour inoubliable du début
> de l’été 1848, lança pour la première fois l’appel claironnant de
> l’émancipation des entraves humaines du passé, choquant un grand nombre
> de ses coreligionnaires consternés. elle apparut devant eux, le voile repoussé
> en arrière, le visage maquillé et offert à tous les yeux. Pour beaucoup d’entre
> eux ce fut comme si le Jour de la résurrection était arrivé (ce qui était le cas
> !). l’un d’eux, ‘abdu’l-Kháliq-i-is∂fahání, se coupa la gorge, tellement il était
> scandalisé et, le sang jaillissant à flots, il quitta l’assemblée en hurlant.
> quelques-uns le suivirent et quittèrent la religion du Báb. quddús était
> furieux. il tenait son sabre à la main et on pouvait croire qu’il allait s’en
> servir sur Táhirih. nabíl écrit, en citant shaykh abú-Turáb : son attitude
> menaçante ne parvint toutefois pas à émouvoir Táhirih. son expression
> gardait la même dignité et la même con ance qu’elle révélait depuis le
> moment de son apparition devant les croyants assemblés. un sentiment de
> joie et de triomphe éclairait à présent son visage. elle se leva de son siège et,
> nullement troublée par le tumulte qu’elle avait provoqué chez ses
> compagnons, commença à s’adresser au reste de l’assemblée. sans la
> moindre préméditation et dans un langage qui ressemblait de manière
> frappante à celui du Qur’án, elle lança son appel avec une inégalable
> éloquence et une profonde ferveur. elle conclut par le verset suivant du
> qur’án : « en vérité, au milieu de jardins et de rivières, les âmes pieuses
> demeureront sur le siège de vérité, en présence du puissant roi. » en
> prononçant ces paroles, elle jeta un regard furtif à la fois sur quddús et sur
> Bahá’u’lláh, de sorte que ceux qui la regardaient ne purent savoir auquel
> d’entre eux elle faisait allusion.3
> 
> l’annonce audacieuse de ∏áhirih eut lieu un jour où Bahá’u’lláh était
> fatigué.
> 
> la ConférenCe de BadashT
> 
> quddús vint lui rendre visite dans son jardin ; d’autres compagnons étaient
> présents. soudain ∏áhirih entra comme un coup de tonnerre. elle déclara : «
> Je suis le verbe énoncé par le qá’im, le verbe qui fera s’enfuir tous les chefs
> et les nobles de la terre ! » Puis elle ajouta : « Ce jour est un jour de
> réjouissance universelle et de fête, le jour où se brisent les chaînes du passé.
> que ceux qui participent à ce grand événement se lèvent et s’embrassent ! » 4
> 
> le calme revenu, Bahá’u’lláh prit les choses en mains. nabíl-i-a’z∂am écrit :
> Cette journée mémorable, ainsi que celles qui la suivirent immédiatement,
> vit naître les réformes les plus révolutionnaires dans la vie et les habitudes
> des disciples du Báb réunis. la vie cultuelle de ceux-ci subit une
> transformation soudaine et fondamentale.
> les prières et les rites auxquels ces adorateurs dévots avaient été formés
> furent irrévocablement abandonnés. une grande confusion régna cependant
> parmi ceux qui s’étaient levés avec tant de zèle pour défendre ces réformes.
> quelques-uns condamnèrent un changement si radical car ils y voyaient
> l’essence de l’hérésie, et refusèrent d’annuler ce qu’ils considéraient comme
> les préceptes inviolables de l’islám. Certains consi -
> 
> dérèrent ∏áhirih comme l’unique juge en de telles affaires et la seule
> personne quali ée pour exiger une obéissance inconditionnelle de la part des
> dèles. d’autres, qui dénon-cèrent son comportement, s’en tinrent à quddús en
> qui ils voyaient l’unique représentant du Báb, la seule personne habilitée à se
> prononcer sur des sujets aussi importants.
> 
> d’autres encore, qui reconnurent aussi bien l’autorité de ∏áhirih que celle de
> quddús, ne virent dans tout cet épisode qu’une épreuve envoyée par dieu et
> destinée à séparer le vrai du faux et à distinguer le dèle du per de.
> 
> (…) Cet état de tension persista pendant quelques jours jusqu’au moment où
> Bahá’u’lláh intervint et que de sa manière magistrale, il réalisa entre eux une
> réconciliation complète. il guérit les plaies que cette vive controverse avait
> causées et dirigea les efforts des deux adversaires sur le chemin du service
> constructif.5
> 
> Bahá’u’lláh t lire la cinquante-sixième sourate du coran, al-wáqi’ah
> (l’évènement), devant toute l’assemblée et lorsqu’ils comprirent le sens et
> les allusions de ces versets du coran, ils réalisèrent que, oui, le Jour de la
> résurrection était sur eux :
> 
> lorsque l’événement arrivera,
> 
> nul ne saura nier son arrivée.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> il abaissera et il élèvera.
> 
> lorsque la terre sera ébranlée par un violent tremblement,
> que les montagnes voleront en éclats
> 
> et deviendront comme la poussière dispersée de tous côtés ;
> 
> lorsque vous, hommes, vous serez partagés en trois classes :
> 
> que les hommes de la droite seront hommes de la droite ;
> 
> que les hommes de la gauche seront hommes de la gauche ;
> 
> que ceux qui ont pris le pas en ce monde dans la foi
> 
> y prendront le pas avant les autres :
> 
> Ceux-ci seront les plus rapprochés de dieu.
> 
> ils habiteront le jardin des délices.
> 
> (il y aura un grand nombre de ceux-ci parmi les peuples anciens, et un petit
> nombre seulement parmi les modernes).
> 
> se reposant sur des sièges ornés d’or et de pierreries,
> 
> accoudés à leur aise et se regardant face à face.
> 
> ils seront servis par des enfants doués d’une jeunesse éternelle, qui leur
> présenteront des gobelets, des aiguières et des coupes, remplis de vin exquis,
> 
> sa vapeur ne leur montera pas à la tête et n’obscurcira pas leur raison.
> 
> ils auront à souhait les fruits qu’ils désireront,
> 
> et la chair des oiseaux les plus rares.
> 
> Près d’eux seront les houris aux beaux yeux noirs
> 
> Pareilles aux perles dans leur nacre.
> 
> Telle sera la récompense de leurs œuvres.
> ils n’y entendront ni discours frivoles ni paroles criminelles on y entendra
> que les paroles : Paix, paix. 6
> 
> Bahá’u’lláh resta à Badasht pendant vingt-deux jours. alors les bábís, ceux
> qui étaient restés fermes et constants, quittèrent le lieu de cette conférence
> historique et, leur foi forti ée, se dirigèrent vers le village de níyálá où ils
> furent attaqués de tous côtés. Bahá’u’lláh lui-même raconta à nabíl :
> 
> nous étions tous réunis dans le village de níyálá et nous reposions au pied
> d’une montagne, lorsqu’à l’aube nous fûmes soudain réveillés par les pierres
> que les gens du voisinage lançaient sur nous du sommet de la montagne. la
> férocité de leur attaque incita nos compagnons à s’enfuir, terri és et
> consternés. J’habillai quddús de mes propres
> 
> la ConférenCe de BadashT
> 
> vêtements et l’envoyai vers un endroit sûr où j’entendais le rejoindre.
> lorsque j’y parvins, je découvris qu’il était parti. Personne parmi nos
> compagnons n’était resté à níyálá, hormis ∏áhirih et un jeune homme de
> Chiraz, mírzá ‘abdu’lláh. la violence de l’attaque menée contre nous avait
> semé la désolation dans notre camp. Je ne trouvais personne à qui je puisse
> con er ∏áhirih, personne à part ce jeune homme qui t preuve à cette
> occasion d’un courage et d’une détermination vraiment surprenants. l’épée à
> la main, indompté malgré le sauvage assaut des habitants de ce village qui
> s’étaient rués pour piller nos biens, il bondissait en avant pour arrêter la main
> de l’assaillant. Bien qu’il fût lui-même blessé à plusieurs endroits du corps,
> il risqua sa vie pour protéger nos biens. Je le priai de renoncer à son acte.
> lorsque le tumulte se fut apaisé, je m’approchai de quelques-uns des
> habitants du village et je pus les persuader de la cruauté et de l’ignominie de
> leur comportement. Je parvins ensuite à recouvrer une partie de nos biens
> pillés.7
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> muh∂ammad sháh
> 
> de badasht à Shaykh ∏abarsí
> 
> quiTTanT Badasht, Bahá’u’lláh se dirigea vers son district d’origine, núr. il
> con a ∏áhirih à shaykh abú-Turáb-i-ishtahárdí pour qu’il la mette à l’abri.
> 
> Pendant ce temps, les adversaires vivant à la capitale (dont, sans doute, h∆ájí
> mírzá áqásí, l’antéchrist de la révélation bábíe) influençaient muh∂ammad
> sháh contre Bahá’u’lláh, le décrivant comme un agitateur. le jour vint où,
> selon nabíl, muh∂ammad sháh déclara : « J’ai jusqu’à présent, refusé de
> prêter attention à ce qu’on racontait contre lui. mon indulgence était motivée
> par ma reconnaissance pour les services que son père a rendus à mon pays.
> Cette fois-ci, cependant, je suis décidé à le mettre à mort. » 1. h∂ájí mírzá
> áqásí obtint en conséquence un édit du chah et donna des instructions à l’un
> des notables du mazandéran pour arrêter Bahá’u’lláh.
> 
> dans une de ses épîtres Bahá’u’lláh indique qu’après son départ de Badasht il
> se dirigea vers núr en d’agréables étapes. il visita sháh-rúd, le district de
> hizárjaríb, Jaz (Gaz), au sud de Bandar-Jaz sur la mer Caspienne et ashraf, -
> village après village, bourg après bourg - jusqu’à ce qu’il arrive à núr. C’est
> sans doute alors que Bahá’u’lláh était à Bandar-Jaz que l’incident suivant se
> déroula.
> 
> ‘abdu’l-Bahá raconte qu’en arrivant à Bandar-Jaz Bahá’u’lláh tomba malade.
> 
> dans cette ville du bord de mer vivait un bábí de grandes qualités du nom de
> mírzá masíh∂. ‘abdu’l-Bahá en parle comme de « l’esprit personni é » qui «
> après avoir lu un seul verset issu de la plume du Point Premier, s’exclama :
> que ce Báb soit mien, vous pouvez avoir tous les autres ! ». C’est alors que
> Bahá’u’lláh était à Bandar-Jaz que mírzá masíh∂ mourut. Bahá’u’lláh
> organisa une réunion commémorative pour lui et écrivit une prière de
> souvenance pour cet homme merveilleux.
> 
> C’est aussi à ce moment-là qu’arriva l’édit de muh∂ammad sháh ordonnant
> son arrestation. Bahá’u’lláh était alors l’hôte de notables de la ville qui,
> accompagnés du représentant de la russie à Bandar-Jaz, qui était persan,
> offrirent à Bahá’u’lláh
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> un passage sur un vaisseau russe qui était à l’ancre. Bahá’u’lláh refusa et ne
> s’enfuit pas. le lendemain, Bahá’u’lláh était invité par un autre notable ainsi
> que le représentant de la russie et de nombreux personnages de la région qui
> voulaient le rencontrer. C’est alors qu’un messager arriva avec la nouvelle
> du décès de muh∂ammad sháh. l’édit ordonnant l’arrestation de Bahá’u’lláh
> venait de perdre toute autorité.
> 
> Pendant ces événements, quddús avait été arrêté et emprisonné dans la ville
> de sárí, dans la maison de mírzá muh∂ammad-Taqí, l’un des principaux
> dignitaires religieux de la province du mazandéran. ∏áhirih aussi avait été
> arrêtée et emmenée à Téhéran où elle avait été mise aux arrêts dans la
> maison de mah∂múd Khán, le kalántar (maire) de la capitale. elle y resta
> jusqu’à son martyre au cours du massacre d’août 1852.
> 
> à Badasht, l’absence de mullá h∂usayn, le Bábu’l-Báb, avait été remarquée.
> il était alors l’invité de h∂amzih mírzá, le h∂ishmatu’d-dawlih (un des frères
> de muh∂ammad sháh et gouverneur général du Khorassan) qui le traitait
> avec courtoisie et considération. quittant le camp du gouverneur général, son
> intention d’aller à Kerbéla fut contrecarrée par une épître du Báb qui
> changea ses plans. dans cette épître le Báb lui donnait un nouveau nom,
> siyyid ‘alí, et lui avait envoyé un de ses turbans verts à porter. il l’envoyait
> dans le mazandéran pour y aider et y seconder quddús en lui demandant de
> porter devant lui un étendard noir. Cet étendard noir serait celui dont parlait
> le Prophète : « si vos yeux contemplent les étendards noirs arrivant du
> Khorassan, hâtez-vous d’aller vers eux, même si vous deviez pour cela
> ramper sur la neige, car ils proclament l’avènement du mihdí promis, le
> vicaire de dieu. » au cours de sa longue marche de Khorassan au
> mazandéran, le Bábu’l-Báb fut rejoint par des bábís qui avaient été à
> Badasht. Peu à peu leur nombre croissait et bientôt, sous l’étendard noir se
> pressaient plus de trois cents compagnons. à Bárfurúsh (Bábul), la ville
> natale de quddús toujours prisonnier à sárí, l’hostilité du sa’ídu’l-ulamá, le
> vindicatif haut dignitaire religieux, obligea les bábís à se servir d’armes pour
> se défendre et, suite à des traîtrises et des serments brisés, ils durent élever
> un mur et construire un fort à shaykh ∏abarsí, au cœur des forêts du
> mazandéran dans lequel ils se réfugièrent.
> 
> en apprenant ces événements, Bahá’u’lláh, toujours à núr, décida de se
> rendre
> 
> de BadashT à shayKh πaBarsí
> 
> à shaykh ∏abarsí. ses préparatifs terminés il alla au village d’afrá qui
> appartenait à un certain naz∂ar-’alí Khán. il s’y arrêta pour ordonner un
> somptueux dîner destiné aux occupants du fort à qui il envoya shaykh abú-
> Turáb-i-ishtahárdí pour les prévenir de son arrivée imminente. ensuite,
> accompagné de naz∂ar-’alí Khán, il se dirigea vers le fort où il fut
> chaleureusement reçu par le Bábu’l-Báb. il faut se rappeler que c’est mullá
> h∂usayn, le Bábu’l-Báb qui, quatre ans avant, avait porté le message du Báb
> à Bahá’u’lláh et qu’il était donc conscient du haut rang de mírzá
> h∂usayn-‘alíy-i-núrí, connu alors sous le nom de Jináb-i-Bahá. mullá
> h∂usayn fut émerveillé de voir et d’entendre Bahá’u’lláh pour la première
> fois ; il concentrait sur lui toute son attention. Bahá’u’lláh approuva tous les
> aménagements faits dans le fort tout en faisant remarquer que ce qui
> manquait le plus était la présence de quddús. n’oublions pas que les bábís ne
> s’étaient pas réunis au mausolée de shaykh ∏abarsí pour se rebeller contre le
> gouvernement, mais plutôt pour se protéger.
> 
> Bahá’u’lláh demanda à mullá mihdíy-i-Khu’í d’aller à sárí avec six hommes
> et d’exiger la libération de quddús. Ce qui fut fait et le principal mujtahid de
> la ville, mírzá muh∂ammad Taqí, eut peur de refuser. C’est ainsi que quddús
> fut libéré après quatre-vingt-quinze jours de détention et put rejoindre les
> compagnons de shaykh
> 
> ∏abarsí. Bahá’u’lláh lui-même quitta le fort accompagné de naz∂ar-’alí
> Khán et de shaykh abú-Turáb et se dirigea, en passant par núr, vers la
> capitale de l’iran avec l’intention de revenir plus tard au fort pour y apporter
> des provisions et d’autres choses nécessaires aux compagnons. C’est la
> promesse qu’il t au Bábu’l-Báb.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> h∆ájí Mírzá áqásí, grand vizir de Muh∂ammad Sháh et
> 
> antéchrist de la révélation bábíe
> 
> la chute de h∂ájí Mírzá áqásí
> 
> le rusé h∆ájí mírzá áqásí, l’antéchrist de la révélation bábíe, savait très bien
> qu’avec la mort de muh∂ammad sháh en septembre 1848, son pouvoir
> deviendrait fragile et que les rênes des affaires lui échapperaient. aussi, dès
> qu’il fut évident que le chah était gravement malade, le grand vizir resta
> éloigné de la résidence royale. et lorsque muh∂ammad sháh rendit son
> dernier soupir le grand vizir était invisible. il s’était fait de nombreux
> ennemis et n’avait personne vers qui se tourner.
> 
> Comme après chaque décès d’un monarque, tout ou presque tout le pays
> plon-geait dans un état de malaise ou de rébellion. à Chiraz, par exemple,
> h∆usayn Khán, l’ájúdán-Báshí, honoré des titres de niz∂ámu’d-dawlih et
> s∂áh∂ib-ikhtíyár, qui gouvernait d’une main de fer et avait forcé Chiraz et
> toute la province à respecter l’ordre, faisait maintenant face à la coalition de
> deux des plus puissants nobles de la province qui étaient déterminés à
> l’évincer : le chef de la tribu qashqá’í et le prudent et cauteleux h∆ájí mírzá
> ‘alí-akbar, le qavámu’l-mulk. le petit peuple avait pris leur parti. C’était ce
> même h∆usayn Khán qui avait outragé le Báb et puni ses disciples et les
> membres de sa famille. maintenant, celui qui avait pourtant réussi à
> soumettre un peuple indocile, qui avait chassé deux gouverneurs dont l’un,
> firaydún mírzá était frère de muh∂ammad sháh, était incapable de résister à
> l’alliance de la populace et des grands et devait s’enfuir. on n’entendit plus
> parler de lui après cette débâcle et sa carrière houleuse prit brusquement n.
> 
> quant aux circonstances de la chute du Premier ministre lui-même, laissons
> Jahángir mírzá, un frère de muh∂ammad sháh et auteur de Tárikh-i-naw (la
> nouvelle histoire) qui en fut témoin, décrire ce qui arriva à h∆ájí mírzá áqásí.
> Cet antéchrist de la révélation bábíe avait déjà reçu l’épître du Báb des
> mains de mullá muh∂ammad ‘alíy-i-zanjání (h∆ujjat) et sa lecture avait dû
> frapper de terreur son cœur de poltron. voici ce que dit, en gros, Jahángir
> mírzá :
> 
> après le décès du souverain, h∂ájí mírzá áqásí t appeler les ministres russe et
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> anglais et, ensemble, ils écrivirent une lettre pour en informer le prince
> héritier qui était à Tabríz. h∆ájí mírzá áqásí fut soudainement envahi par la
> peur et, pour des raisons qui lui sont propres, décida d’emmener ‘abbás
> mírzá, un jeune ls du défunt souverain, jusqu’à sa propriété de ‘abbásábád.
> en conséquence il envoya mah∂múd Pásháy-i-mákú’í chercher ‘abbás mírzá
> qui était à Tajrísh, la résidence d’été du district de shimrán où le chah venait
> de mourir. mais la mission échoua.
> 
> alors h∆ájí mírzá áqásí, après une nuit passée à ‘abbásábád, réunit environ
> mille cinq cents mákú’ís et íravánís et se dirigea vers la citadelle royale de
> Téhéran dont il prit possession et où il s’installa pour attendre. à Tajrísh,
> mírzá nas∂ru’lláh, le s∂adru’l-mamálik, réunit les kháns et les courtisans
> présents, et ils décidèrent de convoquer tous les princes et les grands
> seigneurs présents dans la capitale, d’ordonner aux ‘ulamás et aux mujtahids
> de laver le corps du défunt roi et de le placer dans son linceul, puis d’aller à
> Téhéran pour déposer le corps dans le jardin de lálihzár d’abord et de là dans
> la citadelle royale. mais une fois le corps prêt pour l’enterrement, par crainte
> d’une action malhonnête de h∆ájí mírzá áqásí qui occupait la citadelle
> royale, ils retardèrent son transport et les grands seigneurs et les princes
> retournèrent à la capitale. à ce moment, la mère du prince héritier,
> mahdi-’ulyá, prit les choses en main et informa les délégués étrangers que la
> présence de h∆ájí mírzá áqásí dans la citadelle royale était indésirable. le
> prince Bahrám mírzá, le mu’izzud-dawlih, frère de muh∂ammad sháh, se
> rendit à la citadelle et conseilla à h∆ájí mírzá áqásí de partir. la mère du
> prince héritier ordonna à l’of -
> 
> cier d’artillerie qui commandait les gardes de la citadelle de forcer le h∆ájí à
> partir et celui-ci dirigea son canon vers la demeure du Premier ministre. de
> plus, la nouvelle de la réunion des princes et des courtisans à Tajrísh avait de
> quoi alarmer h∆ájí mírzá áqásí et augmenter sa détresse.
> 
> en n, après une attente de vingt-quatre heures, le h∆ájí sortit de la citadelle,
> entouré de ses cavaliers mákú’ís et íravánís qui, pour la plupart, allaient
> l’abandonner pour se réunir au jardin de Khán-Bábá Khán-i-sardár. le grand
> vizir se retrouvait presque seul et, aucun des villages qu’il approchait ne le
> laissait entrer.
> 
> abandonné, n’ayant plus que cinquante ou soixante cavaliers autour de lui, il
> prit la route de Karaj. núru’lláh Khán-i-sháhsavan qui s’était lancé à sa
> poursuite le rattrapa à la rivière. le h∆ájí était armé de fusils et de pistolets
> qu’il portait soit sur lui soit sur sa selle, ainsi que de dagues, d’une massue et
> d’une épée. il tira sur
> 
> la ChuTe de h∆áJí mírzá áqásí
> 
> núru’lláh Khán avant de lancer son cheval au galop vers le mausolée de sháh
> 
> ‘abdu’l-’az∂ím. núru’lláh Khán le poursuivit jusqu’aux abords du mausolée
> mais le h∆ájí avait pu se réfugier dans le sanctuaire. alors núru’lláh Khán
> s’empara du cheval du h∆ájí et de ses possessions et de tout ce qui
> appartenait aux hommes du h∆ájí, les laissant presque nus.
> dès que mírzá nas∂ru’lláh, le s∂adru’l-mamálik apprit comment le h∆ájí
> avait agi, il intervint de nouveau, informa la mère de l’héritier des
> événements survenus et, en compagnie de tous les princes, les courtisans, les
> nobles et les représentants étrangers, il ramena le corps du souverain défunt
> dans la capitale avec les honneurs militaires et le plaça dans un endroit sûr
> du jardin de lálihzár. il écrivit ensuite à Tabríz pour informer le nouveau
> souverain de tout ce qui s’était passé.
> 
> h∆ájí mírzá áqásí ayant disparu de la scène, abandonné, discrédité, et devenu
> un bástí (celui qui prend refuge dans un bást, un sanctuaire) dans le
> mausolée de sháh
> 
> ‘abdu’l-’az∂ím, il se passa, selon Jahángír mírzá, quelque chose d’inouï :
> quelques personnes rejoignirent mírzá nas∂ru’lláh, qui semblait avoir
> quelques ambitions personnelles, et commencèrent à parler de ce qui
> ressemblerait à une république ou, au moins, à un gouvernement
> constitutionnel. le nouveau chah n’était pas encore arrivé de Tabríz mais,
> comme le dit Jahángír mírzá, sa mère, femme énergique et déterminée à
> éradiquer ces idées stupides, fut à la hauteur de la situation. elle t
> immédiatement protéger le trésor royal puis, par une douce diplomatie gagna
> à sa cause la plupart de ceux qui s’étaient ralliés à mírzá nas∂ru’lláh. elle
> offrit aussi de somptueux cadeaux en argent à certains dignitaires religieux,
> comme áqá muh∂ammad-s∂álih∂ de Kirmánsháh qui fut ensuite envoyé dans
> cette ville pour s’assurer de la loyauté de la population, ou mírzá ‘askarí,
> l’imám-Jum’ih de mashhad qui partit vers cette ville sainte pour les mêmes
> raisons. malgré tout, les perturba-tions furent nombreuses même si certaines
> furent étouffées dans l’œuf comme les activités de muh∂ib-‘alí Khán le
> gouverneur de Kirmánsháh, celles de sayfu’l-mulúk mírzá, ls de fath-‘alí
> sháh et les tentatives d’alláhyár Khán, l’ás∂afu’d-dawlih, ou encore celles de
> ‘alí-sháh, le z∂illu’s-sultán, en irak qui fut stoppé à temps par le représentant
> britannique et le vali ottoman.
> 
> en n, nás∂iri’d-dín et son ministre mírzá Taqí Khán, qui avait en chemin été
> élevé au rang de vazír-niz∂ám et qui bientôt serait honoré du titre de amír
> Kabír, arrivèrent dans la capitale. un décret royal permit au nouveau grand
> vizir d’oc-
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> cuper les propriétés du bastí antéchrist et h∆ájí mírzá áqásí, qui avait
> considérablement vieilli en quelques semaines, dépouillé de sa richesse, reçu
> un sauf-conduit qui lui permit de se réfugier en irak, dans la ville sainte de
> Kerbéla où il mourut neuf mois plus tard.
> 
> deuxième emprisonnement
> 
> C’esT en décembre 1848 que Bahá’u’lláh essaya de remplir sa promesse de
> retourner à shaykh ∏abarsí. il partit avec un certain nombre de bábís pour
> atteindre le fort assiégé. Parmi ceux qui l’accompagnèrent on peut noter :
> h∆ájí mírzá Jáníy-i-Káshání*, mullá Báqir-i-Tabrízí (une des lettres-du-
> vivant du Báb), shaykh abú-Turáb-i-ishtahárdí, áqá siyyid h∆asan-i-Khu’í,
> áqá siyyid h∆usayn-i-Turshízí (l’un des sept martyrs de Téhéran), ‘abdu’l-
> vahháb Big, muh∂ammad-Taqí Kháni-núrí et mírzá yah∂yá s∆ubh∂-i-azal.
> 
> mais Bahá’u’lláh ne put remplir sa promesse car il fut arrêté, avec ses
> compagnons, dans un village situé à quelque quinze kilomètres de shaykh
> T∆abarsí. le village était désert lorsque Bahá’u’lláh et ses compagnons y
> arrivèrent. ils entassèrent leurs armes dans une pièce, loin des foyers, et
> s’installèrent pour la nuit. ils devaient arriver au fort le lendemain. mais
> pendant la nuit, informé par des gardes et des espions de l’armée royale qui
> campait autour de shaykh T∆abarsí, un of cier t encercler le village par un
> grand nombre de soldats et appréhenda Bahá’u’lláh et ses compagnons qu’il
> conduisit au village d’ámul. le général, gouverneur d’ámul, ‘abbás-qulí
> Khán, avait rejoint le camp du prince mihdí-qulí mírzá et c’est le vice-
> gouverneur muh∂ammad-Taqí Khán-i-láríjání qui, reconnaissant
> Bahá’u’lláh, décida de l’installer avec ses compagnons dans sa propre
> demeure.
> 
> mais très vite, apprenant qu’un certain nombre de bábís avaient été accueillis
> avec respect dans la maison du vice-gouverneur au lieu d’être jetés en
> prison, le désordre s’installa dans ámul. Comme d’habitude, les agitateurs
> étaient les membres du clergé, toujours prêts à faire des histoires. les
> religieux d’ámul étaient connus pour leur brutalité (c’est ‘abdu’l-Bahá qui
> les décrit ainsi). ils exigèrent de muh∂ammad-Taqí Khán que Bahá’u’lláh
> soit emmené à la mosquée. le tumulte organisé était si important que, bien
> qu’hésitant, le vice-gouverneur ne put qu’obtem pérer. ensuite les religieux
> déclarèrent que les gens devaient venir à la
> 
> * le marchand qui avait accueilli le Báb à Káshán, qui fut le premier
> chroniqueur de sa religion et qui mourut en martyr en août1852.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> la mosquée d’ámul où bahá’u’lláh fut interrogé et reçut la bastonnade
> mosquée en armes. le lendemain, ils vinrent tous : le boucher et son coutelas,
> le charpentier avec sa hachette. leur intention était de se ruer sur Bahá’u’lláh
> pour l’assassiner. entouré par la multitude, Bahá’u’lláh fut conduit à la
> mosquée où il s’assit sous un des porches. deux marchands de Chiraz invités
> du gouverneur, s’installèrent aussi. les religieux étaient, bien sûr, venus en
> force.
> 
> voici comment ‘abdu’l-Bahá racontera les événements de cette journée,
> installé dans le salon de sa maison de haïfa, un soir d’août 19191. un des
> marchands de Chiraz voulut qu’on interprète pour lui un rêve qu’il avait fait
> la nuit précédente. lorsque Bahá’u’lláh lui demanda de raconter son rêve, le
> marchand commença : « J’ai rêvé que le qá’im de la maison de muh∂ammad
> était présent dans cette mosquée et qu’il tenait son doigt entre les dents. » «
> C’est un blasphème ! » hurla l’un des religieux. mais Bahá’u’lláh lui
> demanda de se calmer, car cela n’avait rien à voir : tenir un doigt entre ses
> dents est un signe de surprise. les deux marchands apprécièrent Bahá’u’lláh.
> au cours de la fouille de h∆ájí mírzá Jání on avait trouvé dans sa poche une
> lettre de siyyid h∆usayn-i-Kátib écrite si rapidement qu’on ne pouvait la lire.
> quelqu’un suggéra que seul mullá ‘alí-Ján saurait déchiffrer cette écriture. et
> on alla chercher celui qui, dans le passé, avait été traité avec générosi-
> 
> deuxième emPrisonnemenT
> 
> té par Bahá’u’lláh. mais il choisit d’oublier cette générosité, prit la lettre et,
> voyant qu’il ne pouvait pas la déchiffrer, il remarqua un mot qui, décida-t-il,
> avait été mal épelé. il s’écria alors que ce texte avait le Báb pour auteur ce
> qui montrait bien son ignorance et son analphabétisme. Bahá’u’lláh, en
> rappelant un incident de la vie de muh∂ammad et en citant un adage du
> prophète, prouva à mullá ‘alí-Ján que ce mot n’était pas celui auquel il
> pensait, que c’était le mot juste et qu’il était bien écrit.
> 
> mullá ‘alí-Ján, embarrassé, se tut.
> 
> abattus, les religieux n’abandonnèrent pas pour autant. ils condamnèrent
> Bahá’u’lláh à la bastonnade. inquiet, muh∂ammad-Taqí Khán leur rappela
> qu’il ne pouvait appliquer leur verdict sans l’accord du sardár (gouverneur).
> il allait lui écrire, mais il faudrait à un cavalier quatre heures pour arriver à
> shaykh T∆abarsí et donner la lettre. en attendant, il convenait d’attendre. les
> religieux ne se laissèrent pas impressionnés par sa demande et exigèrent que
> leur verdict fût appliqué ici et maintenant. mais muh∂ammad-Taqí Khán
> trouva pourtant un moyen de s’opposer à eux. il ordonna à ses hommes de
> démonter, de l’extérieur, le mur de la mosquée, fait de briques d’argile,
> jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’une épaisseur. on se rappelle que Bahá’u’lláh
> était assis sous une arche, près de ce mur. soudain, le mur s’effondra et, par
> le passage ainsi créé, Bahá’u’lláh fut conduit jusqu’à un endroit sûr.
> 
> lorsque des hommes en armes encerclèrent sa maison, muh∂ammad-Taqí
> Khán monta sur le toit pour leur dire que mírzá h∆usayn-’alí était entre ses
> mains et qu’il ne le leur livrerait pas avant d’avoir reçu l’avis du sardár. ses
> hommes à lui, bien armés, prirent des positions défensives, visant avec leurs
> fusils la foule excitée par les religieux. Ce que voyant, la populace se
> dispersa. le lendemain, muh∂ammad-Taqí Khán reçu une lettre de ‘abbás-
> qulí Khán, le gouverneur, qui lui reprochait tout de go d’avoir arrêté
> Bahá’u’lláh. il continuait en menaçant que si le moindre mal était fait à
> Bahá’u’lláh, il détruirait par le feu le village d’ámul. il ne voulait pas qu’une
> vendetta s’installe entre sa famille et celle de mírzá Buzurg-i-núrí.
> 
> muh∂ammad-Taqí Khán montra la lettre aux religieux qui refusèrent de
> composer, af rmant que les questions de croyance étaient de leur ressort et ne
> concernaient pas le Khán. muh∂ammad-Taqí Khán avait un frère qui
> s’appelait mírzá h∆asan, que
> 
> ‘abdu’l-Bahá décrit comme « féroce ». il arriva au cœur de la nuit suivante et
> se dirigea droit vers la maison de son frère. à peine entré, il demanda où était
> Bahá’u’lláh et si la lettre de ‘abbás-qulí Khán était arrivée. il se calma en
> appre-
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> nant que Bahá’u’lláh était toujours là et que la lettre était bien arrivée. on lui
> demanda pourquoi il avait quitté le camp royal. la réponse fut simple : il
> s’était enfui, ainsi que le Prince mihdí-qulí mírzá et ‘abbás-qulí Khán, partis
> on ne savait où. il raconta que les bábís avaient fait une sortie, brisé toutes
> les forti cations qui les assiégeaient, mis en déroute toute l’armée et mis le
> feu à la maison en bois dans laquelle les princes étaient installés. Puis mírzá
> h∆asan se lança dans une diatribe contre les religieux qu’il continua le
> lendemain lorsque ceux-ci vinrent chercher la réponse dé nitive de
> muh∂ammad-Taqí Khán. il utilisa des épithètes choisis, les traitant de
> gredins et de maudits, ce qui les déconcerta. il leur lança :
> 
> « si vous êtes sincères, si vous voulez une jihád, pourquoi ne pas aller à
> shaykh T∆abarsí ? » mais ce n’étaient que des poltrons et, devant ce dé , ils
> abandonnèrent la partie et s’éparpillèrent.
> 
> muh∂ammad-Taqí Khán et mírzá h∆asan ne savaient comment s’excuser et
> désiraient rendre tout ce qui avait été volé, mais Bahá’u’lláh refusa en disant
> : « Tout fut donné dans le sentier de dieu ».
> la manière dont nabíl-i-a’z∂am conte lui aussi cet épisode est, en gros,
> conforme au paragraphe précédent qui est basé sur le récit de ‘abdu’l-Bahá.
> un rajout important dit que le vice-gouverneur, embarrassé par l’insistance
> des religieux qui interrogeaient Bahá’u’lláh dans la mosquée, pour que lui et
> ses compagnons soient mis à mort en tant que bábís, tenta de calmer les
> passions en ordonnant « à ses serviteurs de préparer les verges et d’infliger
> immédiatement la punition méritée par les captifs », promettant ensuite de
> les garder en prison jusqu’au retour du gouverneur. Bahá’u’lláh intervint
> pour empêcher que ses compagnons reçoivent la bastonnade et demanda que
> cette torture soit plutôt appliquée à lui seul. le vice-gouverneur « donna, avec
> hésitation, l’ordre de faire subir à Bahá’u’lláh seul, la vile-nie qu’il avait
> d’abord l’intention d’infliger à ses compagnons.2 » et dans une lettre
> destinée aux croyants orientaux datée de janvier 1929, le Gardien de la foi
> bahá’íe con rma que Bahá’u’lláh avait subi la bastonnade dans le
> mazandéran.
> 
> nabíl rapporte aussi la version personnelle que Bahá’u’lláh donna de cet
> épisode :
> 
> malgré le tumulte que notre arrivée avait soulevé, et face à l’opposition des
> oulémas, mírzá Taqí réussit à nous libérer de leur emprise et à nous conduire
> dans sa propre
> 
> deuxième emPrisonnemenT
> 
> maison. il nous accorda l’hospitalité la plus chaleureuse. de temps à autre, il
> cédait à la pression que les ‘ulamás exerçaient continuellement sur lui, et se
> sentait impuissant à faire échouer leurs tentatives visant à nous nuire. nous
> étions encore chez lui lorsque le sardár, qui avait rejoint l’armée au
> mazandéran, revint à ámul. dès qu’il apprit les indi-gnités dont nous avions
> souffert, il réprimanda mírzá Taqí pour la faiblesse qu’il avait montrée à
> nous protéger de nos ennemis. « qu’importent, demanda-t-il avec
> indignation, les dénonciations de ce peuple ignorant ? Pourquoi vous êtes-
> vous laissé influencer par sa clameur ? vous auriez dû vous contenter
> d’empêcher le groupe de parvenir à destination et, au lieu de le détenir dans
> cette maison, vous auriez dû arranger son retour immédiat sain et sauf à
> Téhéran.3 »
> 
> et dans l’Épître au ls du loup, Bahá’u’lláh fait allusion à son
> emprisonnement :
> 
> « alors que nous étions prisonnier au pays de mím (mazandéran) nous fûmes
> un jour livré aux mains du clergé. Tu peux imaginer ce qui nous arriva.4 »
> 
> le péril évité, Bahá’u’lláh retourna à núr et, de là, se dirigea vers Téhéran.
> 
> Une année importante
> 
> l’année qui va de l’été 1849 à l’été 1850 fut témoin d’un nombre
> d’événements importants dans le ministère du Báb. les onze mois que dura le
> soulèvement de shaykh T∆abarsí au mazandéran se terminèrent, en mai
> 1849, par le martyre de quddús, la dix-huitième lettre-du-vivant et le
> principal disciple du Báb. dans les premiers mois de 1850 la persécution
> contre les bábís devint d’une férocité sans précédent. Téhéran connut
> l’épisode des sept martyrs. à yazd, síyyid yah∂yá-i-dárábí (vah∂íd) se trouva
> entraîné par des mouvements antibábís et dut quitter la ville, mais à nayríz
> (dans la province de fárs, au sud de la Perse) lui et ses compagnons furent
> encerclés, et tombèrent victimes de la trahison de leurs adversaires.
> 
> à zanján, dans le nord, les oulémas chiites agitèrent le peuple qui s’opposa
> au redoutable mullá muh∂ammad-’alí (h∆ujjat) dans un conflit à la
> conclusion aussi tragique, qui dura jusqu’à la n de l’année. en n le Báb lui-
> même fut martyrisé en juillet 1850 à Tabríz. Comme l’écrit nabíl-i-a’z∂am :
> 
> Cette année-là, rendue mémorable par l’héroïsme glorieux dont rent preuve
> les partisans de sa foi, sans parler des circonstances relatives à son propre
> martyre, doit rester à jamais comme l’un des plus glorieux chapitres jamais
> enregistrés dans l’histoire de cette foi écrite avec le sang. le visage entier du
> pays fut assombri par les atrocités que continuait à commettre en toute
> liberté un ennemi cupide et cruel. du Khorassan aux con ns orientaux de la
> Perse, jusqu’à Tabríz située à l’ouest, théâtre du martyre du Báb, et des villes
> du nord telles que zanján et Téhéran, jusqu’à l’extrême sud, c’est-à-dire
> nayríz dans la province de fárs, tout le pays fut plongé dans une obscurité
> qui annonçait l’aurore de la révélation que le h∆usayn attendu devait bientôt
> manifester, révélation plus puissante et plus glorieuse que celle que le Báb
> lui-même avait proclamée.1
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> le rôle de Bahá’u’lláh dans ces évènements fut aussi important. sa maison de
> Téhéran devint un centre de ralliement pour les bábís de la capitale et ceux
> qui passaient par là béné ciaient de son hospitalité. un de ceux qui
> fréquentaient alors la maison de Bahá’u’lláh était vah∂íd qui devait gagner
> une gloire éternelle par son glorieux martyre à nayríz. un autre visiteur fut
> mírzá ‘alíy-i-sayyáh∂ (mullá ádí Guzal de marághih) le courrier du Báb que
> celui-ci envoya en pèlerinage à shaykh T∂abarsí pour prier sur les tombes de
> ces martyrs distingués (voir addenda v pour un résumé de sa vie). un autre
> encore fut mullá ‘abdu’l-Karím-i-qazvíní (mírzá ah∂mad) qui apporta à
> Bahá’u’lláh le plumier, les sceaux et les bagues du Báb.
> 
> mullá muh∂ammad-i-zarandí (nabíl-i-a’z∂am) qui était souvent présent,
> raconte quelques-uns des événements que Bahá’u’lláh connut pendant cette
> année mémorable et notamment l’arrivée de sayyáh∂ et l’accueil qui lui fut
> fait : J’ai entendu áqáy-i-Kalím, qui reçut sayyáh∂ à l’entrée de la maison de
> Bahá’u’lláh à Téhéran, raconter ce qui suit : « C’est au cœur de l’hiver que
> sayyáh∂, de retour de son pèlerinage, vint rendre visite à Bahá’u’lláh. en
> dépit du froid et de la neige d’un hiver rigoureux, il apparut habillé du
> vêtement d’un pauvre derviche, pieds nus et échevelé.
> 
> son cœur était embrasé par la flamme que ce pèlerinage avait allumée en lui.
> dès que siyyid yah∂yáy-i-dárábí, surnommé vah∂íd, qui se trouvait alors
> comme invité chez Bahá’u’lláh, apprit le retour de sayyáh∂ du fort de
> ∏abarsí, il se hâta d’aller se jeter aux pieds du pèlerin, oubliant la pompe et
> l’apparat auxquels était habitué un homme de son rang. Prenant dans ses
> bras les jambes couvertes de boue jusqu’aux genoux, il les baisa avec
> dévotion. Je fus surpris, ce jour-là, de voir les multiples preuves
> d’affectueuse sollicitude que Bahá’u’lláh manifesta envers vah∂íd. il lui
> prodigua des faveurs que je ne l’avais jamais vu accorder à qui que ce fût. le
> ton de sa conversation ne laissa pour moi aucun doute sur le fait que ce
> même vah∂íd devait bientôt se distinguer par des actes non moins
> remarquables que ceux qui avaient immortalisé les défenseurs du fort de
> 
> ∏abarsí. »
> 
> sayyáh∂ passa quelques jours dans cette maison. il fut cependant incapable
> de percevoir, comme l’avait fait vah∂íd, la nature de ce pouvoir qui gisait
> latent en son hôte. Bien qu’il fût lui-même l’objet de la faveur extrême de
> Bahá’u’lláh, il ne saisit pas pour autant la signi cation des bénédictions que
> celui-ci lui conférait. Je l’ai entendu relater les expériences qu’il avait vécues
> et ce, durant son séjour à famagouste : « Bahá’u’lláh me combla de ses
> bontés. quant à vah∂íd, malgré l’éminence de son rang, il me donnait
> invariablement la préséance chaque fois que nous étions en présence de son
> hôte. le
> 
> une année imPorTanTe
> 
> jour de mon arrivée du mazandéran, il alla jusqu’à me baiser les pieds. Bien
> que plongé dans un océan de bonté, je ne pus, en ces jours, apprécier le rang
> qu’occupait alors Bahá’u’lláh ni soupçonner, même faiblement, la nature de
> la mission qu’il était destiné à accomplir. » 2
> 
> ‘abdu’l-Bahá aussi conta cet épisode d’une manière un peu différente. un
> jour qu’il était dans le train entre salt lake City et san-francisco, au cours de
> son voyage historique aux états-unis et au Canada, il parla d’un souvenir
> vieux de soixante ans. C’était à Téhéran dans la maison de son père. il n’était
> alors qu’un petit garçon, et se trouvait assis près de vah∂íd. soudain,
> dépenaillé, un peu inquié-tant, un derviche entra dans la pièce, les pieds
> couverts de boue. C’était mírzá
> 
> ‘alíy-i-sayyáh∂. apprenant qu’il arrivait de máh-Kú où le Báb était
> emprisonné, vah∂íd s’agenouilla pour baiser ces pieds sales qui avaient
> marché sur le sol où était le Báb.
> 
> sayyáh∂ porta aussi au Báb un message de Bahá’u’lláh qui fut dicté à mírzá
> yah∂yá (s∆ubh∂-i-azal) et envoyé en son nom. nabíl en décrit la réponse
> importante : Peu après, nous parvint une réponse écrite de la main même du
> Báb et dans laquelle celui-ci con ait mírzá yah∂yá aux soins de Bahá’u’lláh,
> le priant d’accorder une attention particulière à son éducation et à son
> instruction. Cette communication fut l’objet d’un malentendu pour le peuple
> du Bayán, qui vit en elle une preuve des revendications exagérées qu’il avait
> avancées en faveur de son chef. Bien que le texte de cette réponse soit
> absolument dépourvu de telles prétentions et ne contienne, à part la louange
> qu’elle prodigue à Bahá’u’lláh et la demande qu’elle formule pour
> l’éducation de mírzá yah∂yá, aucune allusion à sa prétendue position, les
> disciples de celui-ci ont cependant imaginé que cette lettre constitue une af
> rmation de l’autorité dont ils ont eux-mêmes investi mírzá yah∂yá.3
> 
> il est probable que l’épisode suivant que racontera ‘abdu’l-Bahá, alors qu’il
> était l’invité de lady Blom eld à londres, eut lieu aussi au cours de cette
> année-là, qurratu’l-’ayn (T∆áhirih) étant prisonnière dans la maison de
> mah∂múd Khán-i-Kalántar. (le fait qu’elle pût visiter Bahá’u’lláh n’est pas
> vraiment surprenant car quelqu’un d’aussi éminent que lui pouvait
> facilement faire en sorte d’être le garant de sa libération provisoire). lady
> Blom eld écrit :
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Petit garçon, il était assis sur les genoux de qurratu’l-’ayn qui était dans le
> salon de sa mère, ásíyih Khánum. la porte de cette pièce étant ouverte, ils
> pouvaient entendre, venant de derrière le rideau, la voix de siyyid yah∂yáy-i-
> dárábí qui parlait et « discutait avec mon père ».
> 
> qurratu’l-’ayn, cette magni que et intrépide poétesse, s’adressant au siyyid de
> sa voix musicale et pénétrante, dit : « ô siyyid, nous ne sommes plus au
> temps des arguments, des discussions, des répétitions oiseuses des
> prophéties ou des traditions. nous sommes au temps des actes ! les jours de
> bavardage sont passés !
> 
> si tu en as le courage, voici l’heure choisie pour le manifester ; si tu es un
> homme d’action, prouve ta virilité en proclamant jour et nuit : « le hérault
> promis est venu ! il est venu le qá’im, l’imám, l’attendu ! il est venu ! »
> ‘abbás effendi nous dit qu’il se souvenait de cet épisode très clairement.
> 
> l’enthousiasme exprimé par son visage aimable et radieux pendant qu’elle
> disait ces mots enthousiasmants derrière le rideau qui pendait devant la
> porte, était vraiment impressionnant.
> 
> ‘abbás effendi ajouta :
> 
> « souvent, au cours de cette courte visite, elle me prit sur ses genoux, me
> câlina et me parla. Je l’admirais profondément. » 4
> 
> symboliquement importante, la remise à Bahá’u’lláh des sceaux et des
> affaires personnelles du Báb est aussi décrite par nabíl :
> 
> quarante jours avant l’arrivée de cet of cier à Chihríq*, le Báb réunit tous les
> documents et les tablettes en sa possession, les plaça avec son plumier, ses
> sceaux et ses bagues d’agate, dans un coffret qu’il con a aux soins de mullá
> Báqir, l’une des lettres-du-vivant. C’est à ce dernier qu’il remit également
> une lettre adressée à mírzá ah∂mad, son secrétaire, dans laquelle il inséra la
> clef de ce coffret. il le pria de prendre le plus grand soin de ce dépôt, en
> souligna le caractère sacré, et pria mullá Báqir d’en cacher à tous le contenu
> sauf à mírzá ah∂mad.
> 
> mullá Báqir partit aussitôt pour qazvín. dix-huit jours plus tard, il atteignit
> cette ville et apprit que mírzá ah∂mad était parti pour qom. il quitta aussitôt
> la ville pour cette destination où il arriva vers le milieu du mois de sha’bán.
> Je me trouvais alors à qom en compagnie d’un certain sádiq-i-Tabrízí, que
> mírzá ah∂mad avait envoyé de zarand
> 
> * C’est l’officier qui, sur l’ordre de l’amír-niz∂ám, devait accompagner le
> Báb de la forteresse de Chihríq où il était prisonnier jusqu’à Tabriz
> 
> une année imPorTanTe
> 
> pour me chercher. J’habitais la même maison que mírzá ah∂mad, une maison
> qu’il avait louée dans le quartier de Bágh-Panbih. en ce temps-là, shaykh
> ‘az∂ím, siyyid ismá’íl et quelques autres compagnons demeuraient avec nous
> dans cette maison. mullá Báqir remit le dépôt entre les mains de mírzá
> ah∂mad qui, sur l’insistance de shaykh ‘az∂ím, l’ouvrit devant nous. nous
> nous émerveillâmes de voir, parmi les choses que contenait ce coffre, un
> parchemin en papier bleu, d’une texture des plus nes, sur lequel le Báb avait,
> de sa propre écriture dans le style d’un n shikastih, écrit sous forme d’un
> pentacle quelque cinq cents versets constitués de dérivés du mot « Bahá ».
> Ce parchemin était parfaitement conservé, absolument immaculé, et donnait
> l’impression, de prime abord, d’être une page imprimée plutôt qu’écrite.
> l’écriture était si ne et si enchevê-trée que, vu de loin, le texte apparaissait
> comme une seule tache d’encre sur le papier.
> 
> nous débordions d’admiration devant un chef-d’œuvre qu’aucun calligraphe,
> croyions-nous, ne pouvait égaler. Ce parchemin fut replacé dans le coffret et
> remis à mírzá ah∂mad qui, le jour même où il le reçut, partit pour Téhéran.
> avant de s’en aller, il nous informa que tout ce qu’il pouvait divulguer de
> cette lettre était l’injonction qu’elle contenait, selon laquelle le dépôt devait
> être remis aux mains de Jináb-i-Bahá à Téhéran.5
> 
> C’est au cours de ce mois de sha’bán, le 9 juillet 1850, qu’eut lieu le martyre
> du Báb. apprenant les dangers qui menaçaient celui-ci, h∆ájí sulaymán Khán
> avait quitté Téhéran. arrivé trop tard pour le délivrer, il put néanmoins
> récupérer ses restes et ceux de son compagnon. Bahá’u’lláh ordonna de les
> cacher à Téhéran.
> 
> Un an à kerbéla
> 
> aPrès le martyre du Báb, mírzá Taqí Khán, le grand vizir responsable de la
> mort du Báb qu’il avait ordonné, demanda à rencontrer Bahá’u’lláh. au cours
> de cette réunion il af rma avec courtoisie mais sans ambiguïté que sans l’aide
> et le support de Bahá’u’lláh les bábís n’auraient pu durer pendant si
> longtemps, résis-tant à des forces gouvernementales bien équipées et bien
> entraînées, à shaykh T∆abarsí comme ailleurs. Pourtant il n’avait jamais pu
> trouver de preuves incontestables de l’implication et de la complicité de
> Bahá’u’lláh. mírzá Taqí Khán exprima ensuite ses regrets que ces superbes
> capacités de Bahá’u’lláh n’aient jamais été mises au service de l’état.
> néanmoins son intention était de recommander au chah de le nommer au
> poste d’amír-i-díván (maître de Cour) ; mais le chah était sur le départ pour
> ispahan et pendant son absence il serait préférable pour Bahá’u’lláh de
> s’éloigner, lui aussi, temporairement de la capitale. même exprimé poliment,
> c’était un ordre du grand vizir. avec courtoisie, Bahá’u’lláh refusa l’offre
> d’emploi gouvernemental et informa mírzá Taqí Khán de son désir d’aller en
> pèlerinage aux villes saintes d’irak. le grand vizir en fut heureux et rassuré.
> en conséquence, Bahá’u’lláh partit pour Kerbéla peu de jours après. il
> raconta lui-même à nabíl-i-a‘zam « si l’amír-niz∂ám avait connu mon vrai
> statut, il m’aurait certainement fait arrêter. mais malgré tous ses efforts pour
> découvrir la vraie situation, il échoua.
> 
> dieu voulut qu’il en reste ignorant. » 1
> 
> au moment où Bahá’u’lláh se préparait à quitter Téhéran, le cercueil
> contenant les restes du Báb et de son dèle disciple arrivait dans la capitale.
> suivant les instructions de Bahá’u’lláh, son frère mírzá músá (áqáy-i-Kalím)
> et mírzá ah∂mad-i-Kátib (mullá ‘abdu’l-Karím-i-qazvíní) cachèrent le
> cercueil en un lieu sûr, dans les bâtiments du mausolée de l’imám-zádih
> h∆asan.
> 
> áqá shukru’lláh-i-núrí et mírzá muh∂ammad-i-mazandéraní, ce dernier ayant
> survécu à shaykh T∆abarsí, accompagnèrent Bahá’u’lláh dans son voyage
> vers l’irak. il passa presque tout le mois d’août 1851, le mois de ramadan, au
> cours
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> duquel les musulmans jeûnent, à Kirmánsháh où le rejoignirent nabíl-i-
> a’z∂am et mullá ‘abdu’l-Karím. il ordonna à ce dernier d’aller à Téhéran et il
> demanda à nabíl d’aller avec mírzá yah∂yá près de sháh-rúd et d’y rester.
> 
> après un arrêt de quelques jours à Bagdad, Bahá’u’lláh atteignit Kerbéla le
> 
> août 1851. h∆ájí siyyid Javád-i-Karbilá’í et shaykh sult∂án, un bábí arabe
> converti par Táhirih, résidaient à Bagdad. un certain siyyid-i-’uluvv qui
> clamait être une personni cation du saint-esprit les avait abusés. Bahá’u’lláh
> traita ce siyyid avec gentillesse mais fermeté et put le persuader de renoncer
> à des prétentions aussi fan-tastiques et de promettre de ne jamais
> recommencer. h∆ájí siyyid Javád-i-Karbilá’í et shaykh sult∂án comprenant à
> quel point ils avaient été trompés retournèrent à leur croyance et restèrent
> fermes dans la foi jusqu’à leur mort.
> 
> shaykh h∆asan-i-zunúzí avait servi le Báb pendant sa captivité en
> azerbaïdjan.
> 
> selon la volonté du Báb qui lui avait demandé d’aller vivre dans cette ville
> sainte, il habitait maintenant à Kerbéla. il avait été disciple de siyyid
> Káz∂im-i-rashtí, et du vivant même de celui-ci avait rencontré le Báb
> pendant le pèlerinage de ce dernier aux villes saintes d’irak, devenant plus
> tard son secrétaire à máh-Kú et à Chihríq. lorsque le Báb apprit que quddús
> et Bábu’l-Báb étaient assiégés dans le mazandéran, il encouragea les bábís à
> partir les aider et dit à shaykh h∆asan : « si je n’avais pas été incarcéré dans
> cette lointaine montagne, j’aurais ressenti comme un devoir le fait d’aller en
> personne au secours de mon bien-aimé quddús. mais tu n’es pas dans la
> même situation. Je veux que tu partes pour Kerbéla y attendre le jour où tu
> contempleras de tes propres yeux la beauté de l’h∆usayn promis.
> 
> souviens-toi de moi alors et offre-lui mon amour et ma soumission. C’est
> une importante mission que je te con e. Prends garde que ton cœur ne
> faillisse et oublie la gloire qui t’es donnée. » 2
> 
> shaykh h∆asan ayant suivit cet ordre vivait à Kerbéla lorsqu’un jour
> d’octobre 1851, dans l’enceinte du mausolée de l’imám h∆usayn, il
> rencontra pour la première fois Bahá’u’lláh dans lequel il reconnu cet
> h∆usayn dont lui avait parlé le Báb. il l’aurait crié sur les toits si Bahá’u’lláh
> ne l’en avait pas empêché.
> 
> au cours du séjour de quelques mois que Bahá’u’lláh t dans les villes saintes
> d’irak, beaucoup d’autres le rencontrèrent et lui devinrent dévoués. on peut
> citer : mírzá ‘abdu’l-vahháb, le glorieux jeune de Chiraz (voir chapitre 18),
> shaykh ‘alí mírzá, de Chiraz aussi, et qui était le neveu de shaykh abú-Turáb,
> l’imám-jum’ih
> 
> un an à KerBéla
> 
> de cette ville qui avait protégé le Báb, et mírzá muh∂ammad-‘alí, célèbre
> médecin de zanján qui, de nombreuses années plus tard, mourra en martyr.
> 
> Pendant cette absence de Bahá’u’lláh d’iran, des événements dramatiques
> s’y déroulaient. Brusquement, poussé par la jalousie et la haine, nás∂iri’d-
> dín sháh renvoya amír Kabír et l’envoya à Káshán. en même temps il
> ordonna à h∆ájí ‘alí Khán, le h∆ájibu’d-dawlih qui allait bientôt persécuter
> les disciples du Báb avec une cruauté sans faille, de rejoindre cette ville et
> d’y assassiner le ministre déchu.
> 
> mírzá nas∂ru’lláh-i-núrí, connu sous le nom de mírzá áqá Khán, devenu
> grand vizir, écrivit à Bahá’u’lláh pour lui demander de revenir en Perse.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Mírzá taqí khán-i-Faráhání, amír kabír,
> 
> grand vizir de nás∂iri’d-dín Sháh
> 
> la chute de l'amír kabír
> C’esT en septembre 1848 que commença le règne désastreux de nás∂iri’d-
> dín sháh, quatrième roi de la dynastie des qadjars, qui sévit pendant
> cinquante ans et dont l’obscurantisme lui t mériter l’épithète de « Tyran de
> Perse » (voir addenda i). Ce fut grâce à l’habileté et à la volonté de fer de
> mírzá Taqí Khán-i-faráhání, l’amir-niz∂ám qui prendrait bientôt le titre
> d’amír Kabír, le Grand émir, sous lequel il est connu, que le trône fut
> fermement acquis à nas∂iri’d-dín qui n’avait alors que dix-huit ans. et
> pourtant, trois ans après son accession au trône, le chah faisait assassiner son
> grand vizir.
> 
> mírzá Taqí Khán, dont le père avait été cuisinier au service du grand mírzá
> abu’l-qásim-i-qá’im-maqám, était sans aucun doute un homme de grandes
> capacités, très dévoué au service de son pays. mais il était aussi impulsif,
> impitoyable et entêté. récemment, comme l’écrit un écrivain persan, il a été
> déi é en iran. ses vertus étaient nombreuses et évidentes, mais ses défauts
> l’étaient aussi. C’est lui qui utilisa son pouvoir considérable pour tenter
> d’écraser et d’éradiquer la religion du Báb et supprimer ses disciples. C’est
> lui qui prit la décision d’ordonner l’exécution du Báb. C’est lui qui faillit
> détruire ‘abbás mírzá, le náyibu’s-salt∂anih (qui reçut plus tard le titre de
> mulk-árá), le demi-frère de nás∂iri’d-dín sháh, dont la mère du souverain
> était maladivement jalouse ; leurs machinations auraient sans doute coûté la
> vie à ‘abbás mírzá sans l’intervention du colonel farrant, le chargé d’affaires
> britannique. mírzá Taqí Khán était autoritaire et inflexible, mais même lui ne
> put empêcher ce poltron inquiet et incompétent, ás∂afu’d-dawlih, et son ls
> h∆asan Khán (sálár), charmant, audacieux mais ambitieux et impétueux, de
> se rebeller une deuxième fois au Khorassan. C’est sult∂án-murád mírzá, le
> h∆isámu’s-salπanih, un des oncles du jeune nás∂iri’d-dín, qui reçut pour
> mission de mettre à genoux sálár et de paci er toute la province du
> Khorassan, ce qu’il t promptement et impitoyablement - une caractéristique
> de tous les grands princes qadjars. il t le siège de mechhed et sálár et son
> malheureux père furent renversés.
> 
> mais à présent, ce n’était plus vers le Khorassan, qui avait connu peu de
> temps
> 
> dans la Gloire du Père
> avant la conférence historique et cruciale de Badasht et l’exode des
> intrépides bábís, qu’il fallait se tourner pour trouver des actes héroïques. a
> présent, des drames se nouaient dans les forêts du mazandéran, dans la ville
> de nayríz (province de fars), et dans la ville de zanján. en ces trois lieux
> quelques centaines de bábís persécutés, pourchassés et assiégés, furent
> forcés de s’armer et de se battre, mettant en fuite des armées entières avant
> d’être vaincus par traîtrise et fausses promesses. l’indomptable mullá
> h∆usayn, quddús le courageux et sept autres lettres-du-vivant, tombèrent à
> shaykh T∆abarsí au mazandéran, en compagnie de dizaines de héros.
> l’audacieux h∆ujjat (l’opiniâtre mullá muh∂ammad-’alí de zanján) et ses
> vaillants compagnons - dont zaynab, jeune lle habillée en garçon qui prit le
> nom masculin de rustam-’alí et surveilla les remparts - défendirent chaque
> pouce de terrain avant de succomber avec une bravoure inégalée. á nayríz,
> l’érudit siyyid yah∂yáy-i-dárábí surnommé vah∂íd, chargé par muh∂ammad
> sháh lui-même d’aller à Chiraz pour enquêter sur la cause du Báb et ses
> revendications et qui lui offrit sa délité totale, mourut en martyr dans des
> circonstances qui rappellent le martyre du troisième imám, Prince-des-
> martyrs, accompagné dans ce martyre par de nombreuses âmes intrépides
> dévouées et consacrées au seigneur de l’âge, le qá’im de la famille de
> muh∂ammad.
> 
> dans la capitale, sept hommes - dont le vénérable h∆ájí mírzá siyyid ‘alí,
> l’oncle du Báb qu’il avait éduqué lorsqu’il devint orphelin - furent décapités
> en public ; pendant que les sept martyrs de Téhéran marchaient résolument
> et d’un pas ferme vers le bourreau, une populace barbare leur criait insultes,
> outrages et moqueries avant de maltraiter leurs corps et d’y mettre le feu.
> 
> Puis, un jour d’été de 1850, sur une place de Tabriz, c’est le glorieux Báb
> lui-même qui fut percé de balles en compagnie d’un disciple que rien au
> monde, pas même la vue de son jeune ls, ne put convaincre de dévier de la
> voie de son seigneur et de renoncer à sa foi.
> 
> l’héroïsme de ces âmes « intoxiquées par dieu » fut vraiment incomparable.
> 
> mais à présent, c’était au tour de mírzá Taqí Khán, sous le vizirat de qui le
> Báb et ses disciples avaient grandement souffert, de connaître le même sort
> que son prédécesseur l’ignorant et intrigant antéchrist de la révélation bábíe.
> il fut sommaire-ment démis de ses fonctions par un monarque aussi
> capricieux qu’ingrat dont il
> 
> la ChuTe de l’amír KaBír
> 
> avait pourtant épousé la propre sœur ‘izzatu’d-dawlih. on lui ordonna de
> s’exiler à Káshán. la tentative du ministre russe pour le protéger mit, dit-on,
> le jeune et instable nás∂iri’d-dín en colère. le chah donna mission à l’un de
> ses courtisans, h∆ájibu’d-dawlih de rejoindre secrètement Káshán pour y
> assassiner mírzá Taqí Khán. h∆ájibu’d-dawlih patienta jusqu’au jour où il
> put pénétrer dans les bains où le grand vizir déchu se trouvait. il lui dit sa
> mission. mírzá Taqí Khán t face à la mort bravement. il choisit de s’ouvrir
> les veines et de mourir comme son sang s’écoulait lentement. ‘izzatu’d-
> dawlih apprit trop tard le sort de son mari pour tenter de le sauver. Peu après
> ce meurtre, nás∂iri’d-dín sháh força sa sœur, jeune veuve, à épouser
> niz∂ámu’l-mulk, ls de son nouveau grand vizir mírzá áqá Khán-i-núrí. mais
> après la chute de mírzá áqá Khán qui ne fut pas assassiné,
> 
> ‘izzatu’d-dawlih obtint le divorce.
> 
> mírzá Taqí Khán avait deux lles qui, des années plus tard, épousèrent des ls
> de nás∂iri’d-dín sháh : Táju’l-mulúk (nommée plus tard ummu’l-Khaqán : la
> mère-du-souverain) fut l’épouse de muz∂affari’d-dín mírzá qui montera un
> jour sur le trône, et hamdamu’l-mulúk, nommée plus tard hamdamu’s-
> salt∂anih, épousa sult∂án-mas’úd mírzá, le z∆illu’s-sultán.
> 
> sir Percy sykes écrit concernant la carrière et la n de mírzá Taqí Khán : on dit
> que les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent. si c’est le cas, il faut avoir
> pitié de l’iran car il est gouverné, comme l’europe médiévale, par des gens
> dont le principal désir est d’amasser des richesses per fas aut nefas. Pourtant,
> les regrets que ressent le voyageur lorsqu’il visite le palais et ses charmants
> jardins de fín (fín, dans les environs de Kháshán, où fut assassiné mírzá Taqí
> Khán) sont encore plus poignants lorsqu’il réfléchit que si ce ministre avait
> pu gouverner pendant vingt ans il aurait pu former quelques hommes
> capables et honnêtes pour lui succéder. l’exécution de l’amír-i-nizam fut une
> vraie calamité pour la Perse. elle arrêta net les progrès si dif -
> cilement accomplis et, comme le futur proche l’a montré, elle aura des effets
> tout aussi désastreux sur ses relations extérieures.1
> 
> il faut admettre en toute justice que malgré les coups terribles que mírzá Taqí
> Khán porta à la nouvelle religion dans le pays qui la vit naître, il était
> néanmoins un réformateur zélé, intègre, honnête et travailleur. la marque de
> ses nombreuses actions subsiste pour rappeler à sa nation, bien des années
> plus tard, les bienfaits
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> obtenus au cours du vizirat de cet homme énigmatique. C’est lui qui fonda
> l’éducation moderne en iran en instituant un collège appelé dáru’l-funún (la
> maison des arts et sciences) et en embauchant dans ce collège des
> instructeurs européens, autrichiens et français. C’est lui qui t les premiers
> pas pour introduire le journa-lisme à l’européenne en iran, avec sa
> conséquence logique, des imprimeries bien gérées. mais ces réformes et ces
> innovations, parmi beaucoup d’autres, n’en font pas pour autant un
> champion de la démocratie et d’un gouvernement démocratique ou
> constitutionnel, comme ses fervents admirateurs l’ont fait croire récemment.
> Par tempérament et dans sa manière d’agir, il était un despote du même
> moule que son royal et capricieux maître.
> 
> la folle tentative d’assassiner nási∂ri’-dín Sháh
> 
> revenu de son pèlerinage aux villes saintes d’irak, Bahá’u’lláh était l’invité
> d’honneur du grand vizir, lorsqu’une tempête d’une force et d’une dimension
> tita-nesques éclata sur la tête des bábís de Téhéran. elle décima leur rang,
> ébranla jusqu’aux fondations leur communauté en déclin et pratiquement la
> réduisit à néant.
> 
> les coupables de leur infortune étaient les plus impulsifs et les plus fougueux
> de leurs membres à qui Bahá’u’lláh avait pourtant conseillé de marcher dans
> les voies de la sagesse et de la modération. mais ils avaient choisi de
> mépriser ses avertissements.
> mullá shaykh-’alí, surnommé ‘az∂ím (Grand) de Turshíz (aujourd’hui,
> Káshmar) dans le Khorassan, un des premiers bábís, vivait à Téhéran et avait
> réuni un petit groupe de bábís autour de lui. ils se réunissaient dans
> différentes maisons, dont celle de h∆ájí sulaymán Khán, lui aussi parmi des
> premiers bábís, un homme courageux et dévoué que Bahá’u’lláh avait
> chargé d’aller à Tabriz récupérer la dépouille du Báb martyrisé et de
> l’apporter à Téhéran. Parmi les bábís proches de mullá shaykh-’alí on
> trouvait s∆ádiq de Tabriz un tailleur, fath∂u’lláh, un graveur de qom et h∆ájí
> qásim de nayríz. Ce dernier avait beaucoup souffert aux mains des
> adversaires de la foi et, aux yeux de ces jeunes gens, le responsable des
> calamités qui leur étaient advenues était le jeune chah ; ils projetèrent de
> l’assassiner. mullá shaykh-’alí faisait partie de cette folie criminelle, mais à
> part lui, on ne connaît pas le nombre de ceux qui y furent impliqués. nabíl-i-
> a’z∂am rapporte que Bahá’u’lláh témoigna que mullá shaykh-’alí avoua tout
> et ses af rmations spontanées et détaillées convainquirent les autorités que
> Bahá’u’lláh n’avait jamais été mis au courant d’un si misérable projet.
> 
> C’est le dimanche 15 août 1852 que s∆ádiq, fath∂u’lláh et h∆ájí qásim
> attaquèrent nás∂ir’d-dín sháh, dans une des résidences d’été du district de
> shimrán.
> 
> aujourd’hui shimrán a été rejoint par la ville et fait partie de la capitale, mais
> en ce temps-là la distance entre les deux lieux était appréciable. le chah et sa
> suite venaient de quitter le palais d’été de níyávarán pour la chasse lorsque
> les trois
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> nás∂iri’d-dín Sháh
> 
> jeunes gens s’approchèrent comme s’ils avaient une pétition demandant
> justice à lui présenter. Ce n’étaient pas des assassins professionnels ; ils
> entreprirent leur acte ignoble d’une manière très maladroite. leurs armes
> n’étaient pas appropriées : courts poignards et pistolets à plombs. ils
> tentèrent de faire tomber le chah de cheval et ne réussirent qu’à lui infliger
> des blessures super cielles. Puis les membres de la suite du chah,
> commencèrent à le protéger en frappant les assaillants. s∆ádiq fut tué sur le
> coup. son corps fut coupé en deux et chaque moitié fut suspendue à l’une des
> nombreuses portes de la capitale : darvázih shimrán, la porte d’où l’on
> 
> la folle TenTaTive
> 
> partait pour les résidences d’été et darváziy-i-sháh ‘abdu’l-’az∂ím*, la porte
> de la route qui passait au sud de la tombe de ce saint. Parce que fath∂’u’lláh
> ne prononça pas un mot sous la torture, on le crut sourd et idiot. on versa
> dans sa gorge du plomb fondu. le sort de h∆ájí qásim fut vite réglé lui aussi.
> 
> alors Téhéran connut la folie. on se lança à la poursuite des bábís. la mère du
> jeune chah criait bruyamment vengeance. h∆ájí ‘alí Khán, h∆ájibu’d-dawlih
> (voir addenda v) de marághih, le farrásh-báshí de la cour, se lança dans une
> recherche frénétique cherchant à arrêter autant de bábís que possible. C’est
> alors que ‘abbás, le serviteur de h∆ájí sulaymán Khán qui avait accepté la foi
> du Báb, retournant sa veste, trahit son maître et ses coreligionnaires. il
> connaissait personnellement de nombreux bábís importants de Téhéran et il
> informa le h∆ájibu’d-dawlih de la réunion que ses coreligionnaires avaient
> organisé dans la maison de son maître. la maison de h∆ájí sulaymán Khán
> fut encerclée et tous les bábis présents arrêtés, quatre-vingt-un en tout, dont
> trente-huit étaient des membres importants de la communauté. ils furent jetés
> dans le síyáh-Chál, le « trou noir ».
> 
> Bahá’u’lláh séjournait alors dans une résidence d’été à afjih (afchih), proche
> de Téhéran. il était l’hôte de Ja’far-qulí Khán, frère de mírzá áqá Khán, le
> s∆adr-i-a’z∂am (grand vizir). le grand vizir lui-même prévint Bahá’u’lláh de
> la catastrophe imminente et particulièrement de la haine colérique et
> vénéneuse de la mère du chah envers lui. ses amis lui proposèrent de le
> protéger des mauvais desseins de ses ennemis jusqu’à ce que le danger
> passe. mais Bahá’u’lláh était calme et tranquille.
> 
> il n’avait rien à craindre et, le lendemain, il partit à cheval vers la cour
> royale. en chemin, dans le village de zargandih, il mit pied à terre chez mírzá
> majíd Khán-i-áhí, le secrétaire de l’envoyé russe, qui était l’époux de sa
> sœur nisá’Khánum.
> 
> apprenant la nouvelle, le h∆ájibu’d-dawlih en informa le chah et le souverain
> ordonna l’arrestation immédiate de Bahá’u’lláh. néanmoins, ses ennemis
> étaient stupéfaits car, alors qu’ils cherchaient à l’arrêter, il venait vers eux de
> sa propre volonté. d’ailleurs, quand Bahá’u’lláh t-il jamais preuve de frayeur
> ou de crainte ?
> 
> * la tombe de sháh ‘abdu’l-’az∂ím ou h∆ad∂rat-i-’abdu’l-’az∂ím, descendant
> du prophète, était alors à plusieurs kilomètres de Téhéran. aujourd’hui, le
> village qui portait le nom de ce saint est proche de la capitale et s’appelle
> shahr-i-ray.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> ils posèrent brutalement leurs mains sur lui et, en route vers le cul-de-basse-
> fosse de Téhéran, la foule se moquait de lui et le couvrait d’injures. Celui qui
> avait été leur ami, leur protecteur, leur bouclier et leur conseil était
> maintenant victime de leur haine fanatique. Jésus avait subi le même sort. le
> dimanche des rameaux les gens vinrent à sa rencontre pour le saluer
> royalement. Jérusalem résonnait des
> 
> « hosanna au ls de david ! », « Béni soit celui qui vient au nom du seigneur ;
> hosanna au plus haut des cieux ! » mais lorsque quelques jours plus tard,
> dans le palais de Ponce Pilate, ils eurent à choisir qui devait mourir :
> Barrabas le criminel convaincu et condamné ou Jésus, la lumière du monde,
> ils demandèrent la mort de Jésus ; ils renièrent le Christ. « Cruci e-le ! »
> crièrent-ils. C’est ainsi que, toujours, le monde traite son véritable ami.
> 
> Mírzá áqá khán-i-núrí, i‘timáqu’d-dawlih, deuxième
> 
> grand vizir de násiri’d-dín Sháh et lointain parent
> de bahá’u’lláh
> 
> la folle TenTaTive
> 
> de la foule qui hurlait des insultes à Bahá’u’lláh et lui jetait des pierres, une
> vieille femme s’avança, une pierre à la main, qu’elle voulait lui jeter. folle de
> rage, elle était pourtant trop faible pour suivre le rythme de l’escorte. elle
> supplia un garde : « laisse-moi une chance de lui jeter cette pierre à la gure !
> » alors Bahá’u’lláh dit aux gardes : « ne décevez pas cette femme ; ne la
> privez pas de ce qu’elle considère comme un acte méritoire aux yeux de
> dieu. » Telle était la mesure de sa compassion.
> 
> Concernant l’attentat contre le chah, voici ce que Bahá’u’lláh écrit dans
> l’Épître au ls du loup :
> 
> nous n’étions aucunement mêlé à cet acte infâme et notre innocence fut
> indiscutablement établie par les tribunaux. néanmoins, on nous arrêta et de
> níyávarán qui était alors la résidence de sa majesté, l’on nous conduisit, à
> pied, enchaîné, tête et pieds nus, à la prison de Téhéran. le cavalier brutal qui
> nous accompagnait arracha notre toque tandis que nous étions entraîné
> précipitamment par une troupe de bourreaux et de policiers. Pendant quatre
> mois nous fûmes enfermé dans un lieu infect entre tous. une fosse étroite et
> sombre eut été préférable au cul-de-basse-fosse où furent con nés cet
> opprimé et d’autres comme lui. à notre arrivée, nos fûmes conduit le long
> d’un corridor noir comme de l’encre, d’où nous descendîmes trois volées de
> marches raides pour arriver au lieu de con nement qui nous était assigné.
> l’endroit était plongé dans une profonde obscurité et le nombre de nos
> compagnons de prison avoisinait les cent cinquante : voleurs, assassins et
> brigands. Bien qu’il fût bondé, il ne comprenait pas d’autre issue que le
> passage par lequel nous étions entré. aucune plume ne peut dépeindre ce
> lieu, aucune langue en décrire l’infâme puanteur. la plupart de ces
> prisonniers n’avaient ni vêtements ni couche sur laquelle reposer. dieu seul
> sait ce qui nous advint en ce lieu empesté et lugubre entre tous !1
> 
> naissance de la révélation bahá’íe
> 
> à Téhéran, le síyáh-Chál, le « Trou-noir », était une basse-fosse sombre,
> humide et débilitante qui ne voyait jamais le soleil. Ce fut un temps le
> réservoir d’eau d’un bain public. on n’y survivait pas longtemps. C’est là,
> pendant l’été de 1852, qu’on entassa, enchaînés, tous les bábís qu’on avait
> pu saisir dans la capitale. Courtisans distingués, humbles artisans, riches
> marchands, étudiants en théologie, toutes les classes de la société y étaient
> représentées.
> 
> Bahá’u’lláh était du nombre. on plaça sur sa nuque l’une des deux chaînes
> les plus craintes de tout le pays, dont le poids excessif courba tout son corps.
> 
> Bahá’u’lláh parle de ces terribles chaînes dans l’ Épître au ls du loup : si
> jamais tu devais visiter le cachot souterrain de sa majesté le chah, demande
> au directeur, chef des geôliers, de te montrer les deux chaînes connues sous
> les noms de qará-Guhar et salásil. Je jure par le soleil de la justice que,
> quatre mois durant, cet opprimé fut tourmenté et entravé par l’une ou l’autre.
> « mon tourment dépasse tous les maux dont se plaignit Jacob et toutes les
> afflictions de Job ne sont qu’une part de mes peines ! » 1
> 
> avec lui était enchaîné un jeune shírází, ‘abdu’l-vahháb (voir chapitre 18).
> 
> déshonoré en apparence, et enchaîné comme un dangereux criminel,
> Bahá’u’lláh reçut néanmoins de nombreux visiteurs d’importance, tels que
> dúst-’alí Khán, le mu’ayyiru’l-mamálik*, niz∂ámu’d-dawlih et h∆ájí mírzá
> mah∂múd, le niz∂ámu’l-
> 
> ’ulamá, précepteur de nás∂iri’d-dín sháh dans sa jeunesse, qui avait assisté
> au procès du Báb à Tabriz. ils descendirent à sa rencontre dans cette fosse
> vermineuse, s’assirent courtoisement près de lui et lui parlèrent très
> respectueusement.
> 
> nabíl, dans son immortelle histoire de la foi bahá’íe, rapporte les paroles
> 
> * soixante ans plus tard, le troisième mu'ayyiru'l-mamálik, dúst-muh∂ammad
> Khán - ls de dúst-'alí Khán et gendre de nás∂iri'd-dín sháh - rencontra
> 'abdu'l-Bahá à londres et lui devint si dévoué qu'il venait en sa présence tous
> les jours et l'accompagnait partout. un jour, mírzá mah∂múd-i-zarqání,
> secrétaire de 'abdu'l-Bahá et chroniqueur de ses voyages, découvrit dúst-
> muh∂ammad Khán contemplant, en pleurant d’abondance, 'abdu'l-Bahá.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> qu’il entendit lui-même de la bouche de Bahá’u’lláh, décrivant les tourments
> de ces journées :
> 
> nous fûmes tous entassés dans une seule cellule, nos pieds dans les fers et,
> autour de notre cou, des chaînes au poids blessant. l’air que nous respirions
> était chargé des plus répugnantes impuretés, alors que le sol sur lequel nous
> étions assis était couvert d’immondices et infesté de vermine. aucun rayon
> de lumière ne pouvait pénétrer dans ce cachot pestilentiel ou réchauffer son
> froid glacial. nous fûmes placés sur deux rangées, l’une en face de l’autre.
> nous avions appris aux compagnons à répéter certains versets que, chaque
> nuit, ils psalmodiaient avec une ferveur extrême. « dieu me suf t.
> 
> il est, en vérité, celui qui suf t à tout ! » entonnait une rangée alors que
> l’autre répondait : « qu’en lui se con ent les âmes con antes ! » Ces joyeuses
> voix continuaient à se faire entendre en chœur jusqu’aux premières heures
> du matin. leur écho remplissait le cachot et, perçant ses murs massifs,
> parvenait aux oreilles de nás∂iri’d-dín sháh, dont le palais n’était pas très
> éloigné de l’endroit où nous étions emprisonnés. « que signi e ce bruit ? » se
> serait-il exclamé. « C’est l’hymne que les bábís entonnent dans leur prison »,
> avait-on répondu. le chah n’avait pas fait d’autres remarques et n’avait pas
> essayé non plus de retenir l’enthousiasme dont faisaient preuve ses
> prisonniers malgré les horreurs de leur incarcération.
> 
> un jour, on nous apporta, dans notre prison, un plateau de viandes rôties que
> le chah, nous dit-on, avait ordonné de distribuer parmi les prisonniers. « le
> chah, ajouta-t-on, dèle au serment qu’il a fait, a choisi ce jour pour vous
> offrir tout cet agneau, tenant ainsi parole. » un profond silence envahit nos
> compagnons, qui s’attendaient à ce que nous donnions une réponse de leur
> part. « nous vous retournons ce présent, répon -
> dîmes-nous ; nous pouvons très bien nous en passer. » la réponse que nous
> fîmes aurait fort irrité les gardes si ceux-ci n’avaient été avides de dévorer la
> nourriture que nous avions refusé de prendre. malgré la faim qui terrassait
> nos compagnons, seul l’un d’entre eux, un certain mírzá h∆usayn-i-
> mutivallíy-i-qumí, exprima le désir de manger la nourriture que le souverain
> avait décidé de nous offrir. avec une force d’âme vraiment héroïque, nos
> compagnons de prison se résignèrent, sans un murmure, à endurer l’état
> pitoyable auquel ils étaient réduits. ils louaient sans cesse dieu au lieu de se
> plaindre du traitement que leur avait réservé le chah, essayant ainsi d’oublier
> les épreuves d’une cruelle captivité.
> 
> Chaque jour nos geôliers, en entrant dans notre cellule, appelaient l’un de
> nos compagnons par son nom, lui ordonnaient de se lever et de les suivre au
> pied de l’échafaud.
> 
> avec quel empressement le compagnon désigné répondait-il à cet appel
> solennel !
> 
> naissanCe de la révélaTion Bahá’íe 103
> 
> libéré de ses chaînes, il bondissait et, dans un état de joie irrépressible,
> s’approchait de nous et nous embrassait. nous cherchions à le réconforter
> avec l’assurance d’une vie éternelle dans l’au-delà et, faisant déborder son
> cœur de joie et d’espoir, l’envoyions gagner la couronne de gloire. il
> embrassait alors, tour à tour, les autres compagnons de prison et partait
> mourir avec autant d’intrépidité qu’il avait vécu. Peu après le martyre de
> chacun de ces compagnons, le bourreau, qui nous était devenu familier, nous
> appre-nait les circonstances de la mort de sa victime, et la joie avec laquelle,
> jusqu’au bout, elle avait enduré ses souffrances. 2
> 
> C’est dans les ténèbres obscures et tragiques du síyáh-Chál que naquit la
> révélation bahá’íe, dans la ville même, Téhéran, où le porteur de cette
> révélation avait vu le jour. dans cette terrible prison destinée aux dangereux
> criminels, on avait choisi d’entasser les survivants brisés et abattus d’une
> communauté qui avait été ère et florissante. autour de Bahá’u’lláh gisaient,
> enchaînés, les bábís qui, ers un jour, portaient maintenant le stigmate
> déshonorant des régicides. excité, l’ennemi ne connaissait pas la pitié et ne
> leur en montra aucune. ils étaient condamnés d’avance, destinés à perdre la
> vie dans d’horribles tortures.
> 
> la communauté du Báb, sans guide, sans but, courait au désastre. on pouvait
> se demander si c’était pour cette n futile, douteuse, infamante que le glorieux
> Báb avait offert sa vie, que le brave, l’indomptable Bábu’l-Báb, le doux et
> inébranlable quddús, le courageux et vaillant h∆ujjat, l’érudit et ferme
> vah∂íd ainsi que d’innombrables autres héros étaient tombés au champ
> d’honneur.
> 
> la réponse était un « non ! » clair et net. Car les bábís, même démoralisés,
> même influencés par des idées étrangères à leur foi, même éloignés des
> justes desseins du Báb, avaient gardé dans leur cœur l’espoir de la promesse
> de la proche venue de « Celui-que-dieu-rendra-manifeste ».
> 
> C’est dans le sentier de cette suprême manifestation de la divinité que le Báb
> avait offert son sang. C’est pour paver la voie à sa venue que les martyrs
> étaient tombés à shaykh T∆abarsí, à zanján et à nayríz. en fait, la raison
> d’être des bábís était de reconnaître « Celui-que-dieu-rendra-manifeste ». «
> Je vous prépare pour la venue d’un grand jour » avait af rmé le Báb aux
> lettres-du-vivant, ses premiers disciples, en les envoyant « s’éparpiller dans
> tout le pays pour, d’un pied ferme et d’un cœur sancti é, préparer la voie de
> sa venue ». le Báb avait promis à ses disciples la « victoire nale » mais,
> curieusement et cruellement, cette victoire leur
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> avait échappé. elle serait à eux, certainement, sous l’étendard de cette
> suprême manifestation de la divinité dont la venue leur était promise et
> qu’ils attendaient avec impatience.
> 
> Bahá’u’lláh nous a donné un témoignage personnel, précis et émouvant des
> heures au cours desquelles il devint conscient de sa mission divine :
> 
> « Pendant les jours où j’étais con né dans la prison de Téhéran, quoique le
> poids irritant des chaînes et l’air empesté m’aient laissé peu de sommeil, il
> me semblait que, dans ces rares moments d’assoupissement, quelque chose
> s’écoulait du sommet de ma tête sur ma poitrine, ainsi qu’un torrent puissant
> se précipite sur la terre du sommet d’une montagne élevée. alors, tous mes
> membres prenaient feu, et à ces moments-là ma langue prononçait des
> paroles qu’aucun homme ne pourrait supporter d’entendre.
> 
> une nuit, en rêve, ces paroles exaltantes se rent entendre de tous côtés : « en
> vérité, nous te rendrons victorieux par toi-même et par ta plume. ne t’afflige
> pas à cause de ce qui t’est arrivé et ne sois pas effrayé, car tu es en sécurité.
> Bientôt, dieu fera paraître les trésors de la terre des hommes qui t’aideront
> par toi-même et par ton nom, avec lesquels dieu a ranimé les cœurs de ceux
> qui l’ont reconnu.
> 
> Tandis que je sombrais sous le poids des afflictions, j’entendis, au-dessus de
> ma tête, une voix merveilleuse et in niment douce qui m’appelait. levant les
> yeux, j’aperçus une créature virginale - personni cation du souvenir du nom
> de mon seigneur - qui flottait dans l’espace, devant moi. son âme tout entière
> était dans une telle joie que son expression resplendissait du bon plaisir de
> dieu, et que son visage rayonnait de la clarté du Très-miséricordieux. entre
> ciel et terre, elle lançait un appel qui captivait le cœur et l’esprit des
> hommes. elle me t part, d’une façon à la fois objective et subjective, de
> nouvelles qui réjouirent mon âme et celle des serviteurs estimés de dieu.
> montrant ma tête du doigt, elle s’adressa à tous ceux qui sont au ciel et à tous
> ceux qui sont sur terre, en ces termes : « au nom de dieu, voici le Bien-aimé
> des mondes et cependant vous ne le comprenez pas. voici la Beauté de dieu
> parmi vous, et la puissance de sa souveraineté en vous, si seulement vous
> pouviez le comprendre. Celui-ci est le mystère de dieu et son trésor, la cause
> de dieu et sa gloire pour tous ceux qui sont dans les royaumes de la
> révélation et de la création, si vous êtes de ceux qui le perçoivent. » 3
> 
> il n’existe rien d’équivalent dans toutes les écritures de l’humanité.
> 
> les martyrs bábís de 1852
> 
> la sauvagerie des cruautés perpétrées sur les martyrs bábís au cours de l’été
> 1852 est si révoltante qu’un militaire autrichien, le capitaine von Goumoens,
> qui était au service de nás∂iri’d-dín sháh, donna sa démission et écrivit à un
> ami cette lettre terrible datée du 29 août 1852 :
> 
> Cher ami, ma dernière lettre du 20 courant mentionnait l’attentat contre le
> roi. Je m’en vais à présent te communiquer le résultat de l’interrogatoire
> auquel les deux criminels ont été soumis. en dépit des terribles tortures
> qu’on leur a infligées, l’interrogatoire ne leur a pas arraché de confession
> compréhensible ; la bouche des fanatiques est restée close, même lorsqu’on a
> tenté, au moyen de pinces rougies au feu et de vis qui percent les membres,
> de découvrir le nom des conspirateurs…
> 
> mais suis-moi, mon ami, toi qui prétends posséder un cœur et une éthique
> européenne, suis-moi pour voir les malheureux qui, les yeux exorbités,
> doivent manger, sur la scène de l’acte, sans aucune sauce, leurs propres
> oreilles amputées ; ou bien ceux dont les dents sont arrachées avec une
> violence inhumaine par la main du bourreau ; ou ceux dont le crâne nu est
> simplement écrasé par les coups d’un marteau ; ou bien l’endroit où le bazar
> est illuminé par de malheureuses victimes car, à droite et à gauche, le peuple
> creuse de profonds trous dans leurs poitrines et leurs épaules, et introduit des
> mèches brûlantes dans leurs blessures.
> 
> J’en ai vu quelques-uns traînés, enchaînés, à travers le bazar, précédés par
> une bande de militaires, et chez qui ces mèches avaient causé de si profondes
> brûlures que la graisse moussait convulsivement dans la blessure à la
> manière d’une lampe qu’on vient d’éteindre. il n’est pas rare de voir
> l’ingéniosité infatigable des orientaux découvrir de nouvelles tortures.
> 
> ils dépècent les plantes des pieds des bábís, plongent les blessures dans de
> l’huile bouillante, ferrent les talons comme on le fait pour le sabot d’un
> cheval, et obligent la victime à courir. aucun cri ne s’échappe du sein de la
> victime ; le tourment est enduré dans un profond silence par le fanatique
> privé de sensation ; il doit alors courir ; le corps ne peut endurer ce que
> l’âme a enduré ; il tombe.
> 
> dans la Gloire du Père
> donnez-lui le coup de grâce ! libérez-le de sa souffrance ! non ! le bourreau
> fait siffler le fouet, et - j’ai dû moi-même le voir - la malheureuse victime de
> centaines de tortures court ! C’est le début de la n. quant à la n elle-même, ils
> pendent les corps grillés et perforés par les mains et les pieds à un arbre, la
> tête vers le bas, et alors chaque Persan peut essayer à volonté sa qualité de
> tireur, à partir d’une distance déterminée mais non trop proche, sur la noble
> proie mise à sa disposition. J’ai vu des corps criblés par près de cent
> cinquante balles. les plus chanceux furent étranglés, lapidés ou étouffés ; les
> autres furent liés à la bouche d’un canon, découpés au sabre, transpercés de
> coups de poignards ou écrasés à coups de marteau et de canne. les
> massacreurs ne furent pas seulement les bourreaux et la populace : de temps
> à autre, le ministère de la justice offrait un malheureux bábí à quelque
> dignitaire qui s’en montrait très heureux, considérant comme un honneur de
> tremper ses mains dans le sang d’une victime ligo-tée et sans défense.
> l’infanterie, la cavalerie, l’artillerie, les ghuláms ou gardes royaux, la
> confréries de métiers : bouchers, boulangers, etc, tous participèrent à cette
> tuerie. un bábí fut présenté au corps des of ciers supérieurs de la garnison. le
> général lui porta le premier coup, puis les autres suivirent, selon leurs
> grades. les militaires persans ne sont pas des soldats mais des bouchers…
> Plût à dieu que je n’eusse pas vécu pour le voir ! mais, de par les devoirs de
> ma profession, j’ai été malheureusement souvent, trop souvent, témoin de
> ces abominations. à présent, je ne quitte plus jamais ma maison, a n de ne
> pas assister à de nouvelles scènes d’horreur. après leur mort, les bábís sont
> coupés en deux et soit cloués à la porte de la ville, soit jetés dans la plaine
> comme nourriture aux chiens et aux chacals. ainsi, le châtiment dépasse
> même les limites qui entourent ce monde cruel, car les musulmans qui ne
> sont pas enterrés n’ont pas le droit d’entrer au paradis du Prophète.
> 
> Puisque mon âme tout entière se révolte contre une telle infamie, contre des
> abominations comme celles qui, selon l’avis de tous, ont été récemment
> perpétrées, je ne resterai plus en rapport avec la scène de tels crimes. » 1
> 
> on voit ici le degré de dégoût et de révulsion ressenti par un of cier
> autrichien civilisé. Pourtant, ceux qui ordonnèrent, approuvèrent et
> commirent de telles sauvageries, s’en glori èrent à plaisir ainsi qu’en
> témoigne le reportage du journal of ciel de l’époque, rúznámiy-i-Vaqáyi’-i-
> ittifáqíyyih.
> sulaymán Khán, cet homme sans peur qui avait récupéré, sur l’ordre de
> Bahá’u’lláh, les restes enchevêtrés du glorieux Báb et de son dèle disciple, t
> partie de ces âmes braves et inflexibles qui moururent dans l’holocauste de
> 1852.
> 
> les marTyrs BáBís de 1852 107
> 
> il aida les bourreaux à creuser neuf trous dans son corps, dans lesquels on
> plaça neuf chandelles allumées. Puis on l’exhiba dans les rues et dans les
> bazars, une foule qui hurlait, braillait, beuglait et se comportait de façon
> démentielle sur ses talons. Jeune et vigoureux, sulaymán Khán était un
> courtisan habitué à commander et à parader. le jour de son martyre, il
> s’exclama au milieu de ses tortures :
> 
> « existe-t-il fastes plus splendides que ceux qui accompagnent, aujourd’hui,
> mon chemin vers la couronne de gloire ? loué soit le Báb qui suscite une
> telle dévotion dans le cœur de ceux qui l’aiment et les dote d’un pouvoir qui
> dépasse celui des rois ! » la flamme des bougies vacillait quand il s’exclama
> : « ô flammes ! il y a longtemps que vous avez perdu vos aiguillons et que
> vous ne pouvez plus me faire souffrir. montrez plus d’ardeur car j’entends,
> par vos langues de feu, la voix qui m’appelle vers mon Bien-aimé ! » 2. Puis,
> aux injures d’un de ses tortionnaires il répondit par ce distique :
> 
> la coupe de vin d’une main et de l’autre les cheveux de l’aimé, Je veux
> danser vers mon destin sur la place du marché. 3
> 
> ainsi mourut sulaymán Khán.
> 
> une autre victime célèbre de cette tourmente fut ∏áhirih, la poétesse de
> qazvín dont le talent égalait la beauté. C’est elle qui, à la conférence de
> Badasht, avait héroïquement lancé l’appel à l’émancipation de son sexe
> opprimé. C’est au cœur de la nuit qu’ils l’étranglèrent et jetèrent son corps
> dans un puits a n d’en faire disparaître toute trace. mais le souvenir de sa
> constance, de son courage et de sa dévotion perdurera. que les aveugles à la
> vérité, les jaloux et les fanatiques la calomnient comme ils la calomnièrent,
> qu’importe ! l’étoile de la poétesse à la bouche d’argent resplendira jusqu’à
> la n des temps. ∏áhirih savait qu’elle allait mourir et était prête. à son
> hôtesse, femme du magistrat chargé de la garder, ∏áhirih s’adressa la veille
> de son martyre : « Je me prépare à rencontrer mon Bien-aimé et souhaite
> vous délivrer du poids de mon emprisonnement. » 4 elle portait une robe de
> mariée.
> 
> Telle fut la force d’âme des bábís et l’ampleur de leur sacri ce.
> 
> siyyid h∆usayn-i-Kátib, surnommé ‘azíz, une des lettres-du-vivant,
> secrétaire du Báb et son compagnon dans les prisons d’azerbaïdjan, fut un
> autre encore de
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> ces bábís connus qui burent la coupe du martyre en cet été 1852. il fut la
> victime des ájúdán-Báshí et des of ciers supérieurs de l’armée qui le
> taillèrent en pièces avec leurs sabres.
> 
> mullá ‘abdu’l-Karím-i-qazvíní (connu sous le nom de mírzá ah∂mad-i-Kátib)
> fut déchiqueté par les poignards des artilleurs. son frère, áqá ‘abdu’l-h∆amíd
> fut aussi martyrisé.
> 
> le martyr dont parle le capitaine von Goumoens, celui qu’on avait ferré
> comme un cheval et forcé à courir était, d’après le journal of ciel, áqá
> muh∂amad-Taqí de Chiraz. les coupables de ce crime odieux furent
> asadu’lláh Khán, maître des écuries de nás∂iri’d-dín sháh, et les employés
> des écuries royales.
> 
> aux étudiants même du dáru’l-funún, l’école récemment créé par amír Kabír,
> on demanda de participer à cette sauvagerie. leur victime fut mírzá nabí de
> damávand, un érudit vivant à Téhéran qu’ils percèrent de leurs épées et de
> leurs lances.
> 
> h∆ájí mírzá Jání, le dèle marchand de Káshán, qui avait été l’hôte du Báb
> dans cette ville et était le premier chroniqueur de sa foi*, fut la victime de
> áqá mihdi, le maliku’t-Tujjár (roi des marchands) et des principaux
> commerçants de la capitale qui l’assaillirent avec diverses armes.
> un autre personnage célèbre fut martyrisé : lut∂f-’alí mírzá de Chriraz, un
> survivant du massacre de shaykh T∆abarsí, descendant des rois afsharides. il
> avait écrit une histoire de l’épisode de shaykh T∆abarsí qu’il ne put terminer.
> le shát∂ir-Báshí (messager en chef) et les shát∂irs (messagers) sous son
> commandement tuèrent lut∂f-’alí mírzá à coups de pierres, de couteaux, de
> dagues et de cannes.
> 
> le journal of ciel qui relate ces horreurs le fait avec orgueil et erté. shát∂ir-
> Báshí avait rendu un grand service au chah le jour même de l’attentat contre
> lui.
> 
> nás∂iri’d-dín sháh était donc prêt à épargner son frère, mírzá sulaymán-qulí,
> connu sous le nom de Khát∂ibu’r-rah∂mán (la voix du miséricordieux). mais
> shát∂ir-Báshí le tua en personne en s’écriant qu’il ne voulait pas d’un bábí
> comme frère.
> 
> h∆usayn-i-mílání, connu sous le nom de h∆usayn-Jáni (bien-aimé h∆usayn)
> qui
> 
> *sa courte chronique a été tellement falsi ée qu’on ne reconnaît plus
> l’original ; elle contient un grand nombre d’élucubrations ; elle a été publiée
> sous le titre nuqt∂atu’l-Káf. Voir edward granville browne and the bahá’í
> Faith, de Balyuzi. on raconte que mírzá áqá Khán, le grand vizir, souhaitait
> sauver h∆ájí mírzá Ján.
> 
> les marTyrs BáBís de 1852 109
> 
> avait avancé la prétention d’avoir un rang spirituel et avait quelques
> disciples fut un autre des martyrs de cet horrible mois d’août. des soldats de
> divers régiments le tuèrent à coups de lances selon leurs détestables
> manières.
> 
> d’après nabíl-i-a’z∂am, trente-huit bábís furent martyrisés de la manière
> décrite, par différents groupes. mais assez parlé des atrocités commises par
> un ennemi vengeur ; contentons-nous maintenant de citer les noms des
> autres martyrs que rapporte le journal of ciel. nulle part dans la capitale
> iranienne on ne trouve de tombes ou de stèles pour commémorer leur
> suprême sacri ce. mais les pages de l’histoire, ornées de leur gloire,
> témoigneront à travers les siècles à venir, de leur héroïsme et de l’infamie et
> de la honte éternelle de leurs bourreaux.
> 
> les autres martyrs nommés sont : siyyid h∆asan-i-Khurásání (h∆ájí mírzá
> h∆asan-i-rad∂aví, survivant de shaykh T∆abarsí, mullá h∆usayn-i-Khurásání
> ; mullá zaynu’l-‘ábidín-i-yazdí, mullá fat∂hu’lláh-i-qumí (un des attaquants
> du chah d’après le journal of ciel), shaykh ‘abbás-i-T∆ihrání, áqá
> muh∂ammad-Báqir-i-najafábádí, mullá mírzá muh∂ammad-i-nayrízí (d’après
> le journal of ciel, il se serait battu dans le mazandéran, à zanján et nayríz
> d’après les nombreuses cica-trices découvertes sur son corps), áqá
> muh∂ammad-’alíy-i-najafábádí, áqá mihdíy-i-Káshání, s∆adiq-i-zanjání
> (peut-être né à Tabriz, il fut l’un des attaquants du chah, tué sur place par
> l’entourage royal), h∆ájí qásim-i-nayrízí (il mourut avec sulaymán Khán et
> de la même manière ; leurs corps furent coupés en deux et suspendus aux
> portes de la ville), mírzá rafí’-i-núrí, mírzá mah∂múd-i-qazvíní, najaf-i-
> Khamsi’í, h∆asan-i-Khamsi’í et muh∂ammad-Báqir-i-quhpáy’í.
> 
> le même journal of ciel mentionne que, leur culpabilité ne pouvant être
> prouvée, nás∂iri’d-dín sháh avait condamné à la prison à vie les personnes
> suivantes : mírzá h∆usayn-’alíy-i-núrí (Bahá’u’lláh), mírzá sulaymán-qulí
> (assassiné par son propre frère, comme dit plus haut), mírzá mah∂múd, áqá
> ‘abdu’lláh ( ls de áqá muh∂ammad-Ja’far), mírzá Javád-i-Khurásání et mírzá
> h∆usayn-i-qumí au sujet duquel le journal ajoute : « Bien que pas vraiment
> coupable, on le garda plus longtemps pour l’interroger »… espérant sans
> doute qu’il impliquererait ‘abbás mírzá, demi-frère de nas∂iri’d-dín sháh
> dont le précepteur était à qom. finalement ils furent tous deux bannis en irak.
> 
> en plus de ceux dont les noms sont cités dans le journal of ciel, on sait que
> les personnes suivantes furent martyrisées en été 1852 : h∆ájí muh∂ammad-
> rid∂áy-i-
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> is∂fahání, ibráhím Big-i-Khurásání, mírzá ‘alí-muh∂ammad-i-núrí (un
> cousin de Bahá’u’lláh par une tante paternelle), mullá ‘abdu’l-faππáh∂ (un
> vieil homme de quatre-vingts ans qui fut amené de Tákur et jeté dans le
> síyáh-Chál où il mourut aussitôt), mullá ‘alí Bábá et áqá muh∂ammad-Taqí
> (tous deux nés à Tákur et amenés à Téhéran ; ils moururent en prison).
> 
> il ne fait pas de doute qu’il y eut d’autres martyrs à Téhéran dont personne,
> ni amis ni ennemis, n’a enregistré les noms.
> 
> à Tákur, district de núr, village natal du père de Bahá’u’lláh, un incident
> advint dont mírzá yah∂yá fut responsable. Connaissant le plan élaboré par
> ‘az∂ím, h∆usayn-Ján-i-mílání et les autres, il quitta Téhéran pour Tákur
> avant sa mise en application. il était si convaincu du succès du plan de ses
> compagnons égarés qu’il prit discrètement des mesures pour consolider sa
> position à Tákur et dans tout le district. mullá ‘alí Bábá, religieux d’âge
> avancé, fut persuadé par mírzá yah∂yá de rejeter ses vêtements de clerc,
> d’homme de savoir, pour revêtir l’uniforme d’un guerrier surarmé et de
> porter une casquette de chasseur. muh∂ammad-Taqí Khán, jeune et facile à
> impressionner, les suivit avec quelques autres et très vite la rumeur se
> répandit que les bábís préparaient un soulèvement. Puis la nouvelle arriva de
> l’échec de la tentative d’assassinat du chah. Terri é, mírzá yah∂yá raconta
> partout qu’il partait pour Téhéran, s’enfuit à cheval de Tákur pour revenir de
> nuit s’y cacher. il sortit de sa cachette déguisé en derviche et, accompagné de
> son oncle, mírzá (ou mullá) zaynu’l-’ábidín et d’un autre homme nommé
> mullá ramad∂án, ils se perdirent dans les forêts du mazandéran pour arriver
> en n à la ville mariti-me de mashhad-sar (aujourd’hui, Bábulsar). de là,
> mírzá yah∂yá et son oncle prirent un bateau jusqu’à anzalí, dans la province
> caspienne de Gílán. d’anzalí ils se dirigèrent vers Bagdad. Pendant ce temps,
> les gens de Tákur, alarmés et dirigés par shaykh ‘azízu’lláh (l’oncle de
> Bahá’u’lláh, qui lui était hostile), continuaient à envoyer des rapports
> exagérément alarmistes à Téhéran. exaspéré, nás∂iri’d-dín sháh ordonna au
> s∆adr-i-a’z∂am, mírzá áqá Khán de donner une bonne leçon aux bábís de
> Tákur. mírzá áqá Khán, lui-même un núrí, savait que les nouvelles de Tákur
> étaient très exagérées mais il devait faire quelque chose pour plaire au chah.
> 
> il choisit donc un régiment de cavaliers commandé par h∆asan-’alí Khán-i-
> qájár secondé par son propre neveu mírzá abú-T∆álib Khán. la sœur de ce
> dernier était mariée à áqá muh∂ammad-h∆asan, un des frères de Bahá’u’lláh.
> Pourtant, malgré
> 
> les marTyrs BáBís de 1852 111
> ces liens familiaux et les avertissements et conseils du Premier ministre,
> malgré les protestations de h∆asan-’alí Khán, mírzá abú-∏álib Khán n’y alla
> pas de main morte. il refusa de rencontrer son beau-frère, terrorisa la
> campagne alentour et laissa ses soldats se déchaîner sur les habitants de
> Tákur dont beaucoup s’enfuirent dans les collines et les montagnes alentour.
> Bábá Khán, muh∂ammad-Taqí Khán et
> 
> ‘abdu’l-vahháb Big étaient trois personnalités bábíes qui s’enfuirent dans les
> collines. le premier réussit à s’enfuir. le second, voyant de loin la conduite
> excessivement brutale des soldats et le sort terrible de ses coreligionnaires,
> annonça à son compagnon qu’il allait retourner au village pour aider, comme
> il pourrait, à soulager les souffrances des habitants de Tákur. Comprenant
> que la situation était désespérée, ‘abdu’l-vahháb Big tenta de l’arrêter, mais
> devant l’entêtement de muh∂ammad-Taqí Khán, il décida de l’accompagner,
> suivi de son serviteur. Comme ils descendaient de la colline, on leur tira
> dessus. ils tombèrent tous les deux pendant que le serviteur, plongeant dans
> la rivière, fut emporté par le courant.
> 
> dans le salon de sa maison de haïfa, au cours d’une soirée d’août 1919,
> 
> ‘abdu’l-Bahá parla de muh∂ammad-Taqí Khán de Tákur, de ses grandes
> qualités et de sa bravoure. il rappela que muh∂ammad-Taqí Khán avait été
> élevé dans le luxe et que sa mère, âgée de quatre-vingts ans, était la
> constance incarnée. après la mort de son ls il ne lui restait qu’une maison en
> ruine qui avait été pillée. Toute la nuit qui suivit elle loua dieu et le remercia,
> disant : « mon seigneur ! je n’avais qu’un ls et je l’ai offert en ton chemin.
> loué sois-tu ! »
> 
> un mois plus tard, continua ‘abdu’l-Bahá, un certain h∆ájí h∆asan-i-Kujúrí
> vint chez la mère de muh∂ammad-Taqí Khán. étant très honnête, il voulait
> lui rembourser une dette qu’il devait à son ls martyr. Pourtant, bien qu’elle
> fut dans le besoin, la vieille dame refusa malgré l’insistance de h∆ájí h∆asan.
> elle lui dit : « la femme de mon ls et ses enfants sont à Téhéran. donne-leur
> l’argent. »
> 
> mírzá abú-∏álib Khán avait arrêté une vingtaine de personnalités bábíes,
> parmi lesquelles le vieux mullá ‘abdu’l-fat∂t∂áh∂, mullá ‘alí Bábáy-i-Buzurg
> (l’ancien), mullá ‘abdu’l-Bábáy-i-Kúchik (le Jeune) et un certain nombre de
> femmes qui furent tous emmenés à Téhéran. les hommes furent jetés dans le
> síyáh-Chál où les trois mentionnés ci-dessus, et trois autres dont
> muh∂ammad-Taqí Big, moururent en présence de Bahá’u’lláh qui ferma lui-
> même les yeux de mullá ‘alí Bábáy-i-Buzurg. ‘abdu’l-Bahá raconte que
> lorsque mírzá abú-∏álib Khán ordonna de cou-
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> áqá Muh∂ammad-h∆asan, le demi-frère aîné de bahá’u’lláh
> 
> per la barbe de mullá ‘abdu’l-fat∂t∂áh∂, le soldat coupa aussi brutalement un
> peu de son menton. Plus mort que vif, ce vieux bábí expira en arrivant au
> síyáh-Chál. le cruel et présomptueux mírzá abú-∏álib Khán obligea son
> propre beau-frère, áqá muh∂ammad-h∆asan qui était chargé de gérer la
> propriété familiale, à quitter Tákur.
> 
> Ce dernier laissa son ls, mírzá Ghulám-’alí, en charge des affaires et partit
> pour Téhéran.
> 
> reçu par nás∂iri’d-dín sháh, mírzá abú-∏álib Khán se vanta de ses actions
> mais le chah, se tournant vers h∆asan-’alí Khán, lui demanda en turc ce qui
> s’était vraiment passé. le chef qadjar, très franchement, dit au chah qu’il
> n’avait vu aucun signe de rébellion à Tákur et que l’envoi des soldats là-bas
> avait eu pour résultat la mort d’un certain nombre d’innocents, le ravage
> d’une grande partie de la région
> 
> les marTyrs BáBís de 1852 113
> 
> ainsi que le pillage et la destruction de la maison de mírzá Buzurg. on
> raconte que nás∂iri’d-dín sháh se sentit honteux et confus. mírzá áqá Khán
> réprimanda son neveu, mais le jeune ambitieux reçut quand même un grade
> dans l’armée et un régiment à commander.
> 
> le destin de ceux qui se rendirent coupables d’exactions à Tákur est inscrit
> dans l’histoire : dans le mois qui suivit, mírzá abú-∏álib Khán, la tête sur les
> genoux de son beau-frère áqá muh∂ammad-h∆asan, rempli d’étonnement
> devant la gentillesse et la compassion dont faisait preuve envers lui le mari
> de sa sœur qu’il avait offen-sé et traité avec mépris, mourut du choléra.
> mírzá Khalíl-i-yálrúdí, qui avait commis des atrocités au cours de la même
> année, tomba d’un pont qu’il traversait à cheval et mourut de ses blessures.
> ∏ahmásb-qulí Khán-i-Kujúrí, lui aussi coupables d’atrocités, fut mis en
> pièces par son entourage. nabí, qui se vantait d’avoir tué muh∂ammad-Taqí
> Khán d’un coup de fusil, tomba de cheval et mourut lors du retour de
> l’armée de Tákur.
> 
> histoire d’un jeune Shírází
> 
> le cœur débordant d’amour pour Bahá’u’lláh, un jeune homme de Chiraz
> s’est immolé ; voici son histoire glorieuse, qui remonte aux premiers mois de
> la nouvelle révélation, telle qu’elle fut contée par Bahá’u’lláh, puis par
> ‘abdu’l-Bahá et écrite par nabíl.
> 
> lorsque mullá ‘alíy-i-Bast∂ámí, lettre-du-vivant que le Báb envoya en irak,
> se mit en route, il n’était encore qu’à une courte distance de Chiraz quand il
> fut rejoint par un jeune homme qui dit se nommer ‘abdu’l-vahháb. son but
> était très simple : il voulait suivre mullá ‘alí partout où irait celui-ci. il avait
> aussi une étrange histoire à conter. laissons parler nabíl-i-a’z∂am :
> « Je vous supplie, dit-il en pleurant à mullá ‘alí, de me permettre de vous
> accompagner dans votre voyage. mon cœur est oppressé par la perplexité ; je
> vous prie de guider mes pas dans la voie de la vérité. la nuit dernière, dans
> mon rêve, j’ai entendu le crieur annoncer, sur la place du marché à Chiraz,
> l’apparition de l’imám ‘alí, le Commandeur des croyants. il appelait la foule
> en ces termes : « levez-vous et cherchez-le. regardez, il retire hors du brasier
> ardent les chartes de liberté et les distribue au peuple. hâtez-vous de le
> rejoindre, car quiconque les reçoit de ses mains sera exempt des souffrances
> du châtiment, et quiconque omet de les obtenir de lui sera privé des
> bénédictions du paradis. » dès que j’entendis la voix du crieur, je me levai et
> abandon-nai mon échoppe, je courus à travers la rue du marché de vakíl en
> direction de l’endroit où mes yeux vous contemplèrent debout en train de
> distribuer ces mêmes chartes au peuple. à tous ceux qui s’approchaient pour
> les recevoir de vos mains, vous leur mur-muriez à l’oreille quelques paroles,
> ce qui les faisait aussitôt s’enfuir consternés et s’exclamer : « malheur à moi,
> car je suis privé des bénédictions de ‘alí et de ses parents !
> 
> ah ! misérable que je suis d’être compté parmi les réprouvés et les déchus ! »
> Je sortis de mon rêve et, plongé dans un océan de pensées, regagnai mon
> échoppe. soudain, je vous vis passer en compagnie d’un homme qui portait
> un turban et qui conversait avec vous. Je sautai de mon siège et, mû par une
> force que je ne pouvais dominer, courus pour vous rattraper. à mon grand
> étonnement, je vous trouvai à l’endroit même que
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> j’avais vu dans mon rêve, en train de réciter des traditions et des versets. me
> tenant à l’écart, à quelque distance de là, je continuai à vous observer, tout
> en restant inaperçu de vous et de votre ami. J’entendis l’homme à qui vous
> vous adressiez protester avec véhémence : « il m’est plus aisé d’être dévoré
> par les flammes de l’enfer que de reconnaître la vérité de vos paroles, dont
> les montagnes ne peuvent supporter le poids ! » a ce rejet dédaigneux, vous
> répondîtes par ces paroles : « même si l’univers entier rejetait sa vérité, cela
> ne pourrait jamais ternir la pureté immaculée de sa robe de grandeur. »
> Puis, le laissant là, vous vous dirigeâtes vers la porte de Kázirán. Je
> continuai à vous suivre jusqu’au moment où je parvins ici. »
> 
> mullá ‘alí essaya d’apaiser le cœur troublé du nouveau venu et de le
> persuader de retourner à son échoppe pour y reprendre son travail quotidien.
> « votre association avec moi, t-il, m’attirerait des ennuis. retournez à Chiraz
> et soyez en paix car vous êtes parmi le peuple des sauvés. il est bien loin de
> la justice de dieu de refuser à un si ardent et si dévoué chercheur, la coupe de
> sa grâce, ou de priver une âme si assoiffée de l’océan de sa révélation. » les
> paroles de mullá ‘alí n’eurent aucun effet. Plus il insistait pour qu’abdu’l-
> vahháb retournât chez lui, plus celui-ci se lamentait et pleurait. mullá ‘alí se
> sentit nalement obligé d’accéder à son désir, se résignant à la volonté divine.
> 
> h∆ájí ‘abdu’l-majíd, le père de ‘abdu’l-vahháb, racontait souvent, les larmes
> aux yeux, ce qui suit : « Comme je regrette profondément l’acte que j’ai
> commis ! Priez dieu qu’il m’accorde la rémission de mon péché. J’étais
> parmi les favoris à la cour des ls du farmán-farmá*, le gouverneur de la
> province de fárs. ma position était telle que nul n’osait s’opposer à moi ni
> me nuire. Personne ne mettait en doute mon autorité et ne se hasardait à
> entraver ma liberté. dès que j’appris que mon ls ‘abdu’l-vahháb avait
> abandonné son échoppe et quitté la ville, je partis en hâte vers la porte de
> Kázirán a n de le rejoindre. armé d’un gourdin avec lequel j’avais l’intention
> de le frapper, je me renseignai sur la route qu’il avait prise.
> 
> on me dit qu’un homme portant un turban venait de traverser la rue et que
> mon ls le suivait. ils semblaient s’être mis d’accord pour quitter ensemble la
> ville. Ces dires attisèrent ma colère et mon indignation. Comment pouvais-je
> tolérer, me disais-je, moi qui occupe déjà une position si privilégiée à la cour
> des ls du farmán-farmá, une conduite si indécente de la part de mon ls ? rien,
> à part le plus sévère des châtiments, croyais-je, ne pourrait effacer l’effet de
> sa conduite scandaleuse.
> 
> Je poursuivis ma recherche jusqu’au moment où je les atteignis. Pris d’une
> fureur sauvage, j’infligeai à mullá ‘alí des maux indescriptibles ! aux coups
> qui le frappaient lourdement, il répondit, avec une extraordinaire sérénité,
> par ces paroles : « retenez
> *Très probablement, h∆usayn-’alí mírzá, fils de fath∂-’alí sháh. le
> gouverneur suivant de fars, pour un court temps, fut firaydún mírzá, frère de
> muh∂ammad-sháh.
> 
> hisToire d’un Jeune shírází
> 
> votre main, ô ‘abdu’l-majíd car l’œil de dieu vous observe. Je le prends à
> témoin que je ne suis nullement responsable de la conduite de votre ls. les
> tortures que vous me faites endurer m’importent peu, car je m’attends aux
> pires afflictions sur le sentier que j’ai choisi de suivre. vos injures,
> comparées à ce qui m’est destiné dans l’avenir, ne sont que gouttes
> comparées à l’océan. en vérité, je vous le dis : vous me survivrez et vous
> reconnaîtrez mon innocence. Grands seront alors vos remords, et profond
> votre chagrin. » dédaignant ses remarques et négligeant son appel, je
> continuai à le frapper jusqu’à épuisement complet. silencieux et héroïque il
> endura, de mes mains, ce châtiment hautement immérité. à la n, j’ordonnai à
> mon ls de me suivre et laissai mullá ‘alí à lui-même.
> 
> sur notre chemin de retour à Chiraz, mon ls me raconta le rêve qu’il avait eu.
> un sentiment de profond regret s’empara peu à peu de moi. l’innocence de
> mullá ‘alí était justi ée à mes yeux, et le souvenir de ma cruauté envers lui
> continua pendant longtemps à oppresser mon âme. l’amertume persista dans
> mon cœur jusqu’au jour où je me sentis contraint à transférer ma résidence
> de Chiraz à Bagdad. »1
> 
> nous rencontrerons ce jeune homme fou de dieu une nouvelle fois à
> Káz∂imayn*, ville sainte proche de Bagdad où il avait ouvert une boutique.
> nous sommes en 1851 et Bahá’u’lláh est temporairement en irak où il est
> venu sur les conseils de mírzá Taqí Khán, l’amír Kabír.
> 
> Bahá’u’lláh visita souvent Káz∂imayn et ses deux mausolées sacrés.
> 
> inévitablement, ce jeune shírází devait le rencontrer et, l’ayant rencontré,
> allait lui devenir attaché avec ferveur. il ne se sentait en paix qu’en présence
> de Bahá’u’lláh qui n’était alors connu que sous le nom de Jináb-i-Bahá par
> les bábís et de mírzá h∆usayn-’alíy-i-núrí par le reste du monde. mírzá
> ‘abdu’l-vahháb souhaitait par-dessus tout retourner en Perse avec
> Bahá’u’lláh. mais Bahá’u’lláh tenta de le convaincre de rester là, avec son
> père, et lui donna une somme d’argent pour qu’il puisse agrandir et
> développer son commerce.
> 
> où peut aller l’amant sinon au pays de son aimée ? et quel chercheur
> trouverait le repos loin du désir de son cœur ? Pour l’amant sincère, la
> réunion est la vie, la séparation la mort. impatient, son cœur n’a point de
> paix. il sacri erait une myriade de vies pour se précipiter vers la demeure de
> son aimée.2
> 
> * on dit aussi que c’est à Kerbéla que ce jeune homme avait son échoppe et
> que c’est là qu’il rencontra Bahá’u’lláh.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> voilà ce qu’écrira la très sublime Plume quelques années plus tard à Bagdad.
> 
> ‘abdu’l-vahháb ne put s’empêcher de suivre Bahá’u’lláh jusqu’à Téhéran. il
> atteignit la capitale au moment de l’attentat raté contre le chah ; la ville était
> en pleine ébullition. lorsque ‘abdu’l-Bahá relatera dans une épître l’histoire
> glorieuse de ce jeune homme, il parlera des fonctionnaires recherchant
> partout les bábís pendant que ‘abdu’l-vahháb, sur la place du marché, louait
> sans peur son seigneur. il fut pris et jeté dans le síyáh-Chál. et là, mírzá
> ‘abdu’l-vahháb-i-shírází trouva en n le repos, cette paix du cœur et de
> l’esprit après laquelle tout son être aspirait. il se trouvait, en permanence, en
> présence de son seigneur : il était enchaîné à Bahá’u’lláh.
> 
> un jour, Bahá’u’lláh dit à nabíl :
> 
> une nuit, nous fûmes réveillé avant le lever du jour par mírzá ‘abdu’l-
> vahháb-i-shírází, qui était attaché aux mêmes chaînes que nous. il avait
> quitté Kázimayn et nous avait suivi jusqu’à Téhéran, où il fut arrêté et jeté
> en prison. il nous demanda si nous étions éveillé et se mit à nous raconter
> son rêve. « J’ai, cette nuit, plané dans un espace d’une beauté et d’une
> immensité infinies. Je semblais être soulevé sur des ailes qui me
> transportaient où je voulais aller. un sentiment de joie extatique m’avait
> envahi l’âme.
> 
> Je volais au milieu de cette immensité, à une vitesse et avec une facilité que
> je ne puis décrire. » « aujourd’hui, répondîmes-nous, ce sera ton tour de te
> sacrifier à cette cause.
> 
> Puisses-tu demeurer jusqu’au bout ferme et inébranlable ! Tu te trouveras
> alors planant dans ce même espace illimité dont tu as rêvé, traversant avec la
> même facilité et à la même vitesse le royaume de l’immortelle souveraineté
> et regardant avec le même ravissement l’horizon infini.
> 
> « Ce matin-là vit le geôlier entrer de nouveau dans notre cellule et prononcer
> le nom de ‘abdu’l-vahháb. se débarrassant de ses chaînes, celui-ci se leva
> d’un bond, étreignit chacun de ses compagnons de prison et, nous prenant
> dans ses bras, nous pressa avec affection contre son cœur. à ce moment, nous
> nous aperçûmes qu’il ne portait pas de chaussures. nous lui donnâmes les
> nôtres, lui dîmes une dernière parole d’encouragement et de réconfort, et
> l’envoyâmes vers le lieu de son martyre. Plus tard, son bourreau vint vers
> nous et loua, en un langage chaleureux, l’esprit dont ce jeune homme avait
> fait preuve. Combien nous rendîmes grâce à dieu pour ce témoignage que le
> bourreau lui-même avait donné ! » 3
> 
> ‘abdu’l-vahhád embrassa les genoux de Bahá’u’lláh puis, chantant et
> dansant,
> 
> hisToire d’un Jeune shírází
> 
> il se jeta dans les bras de la mort. les pires cruautés, les tortures indicibles
> qu’à l’heure de la mort un ennemi avide de carnage infligea à ce glorieux
> jeune homme de Chiraz n’affaiblirent pas son endurance car ses yeux étaient
> rivés sur
> 
> « l’horizon in ni », son cœur pur débordait d’amour et de joie.
> 
> ainsi mourut ‘abdu’l-vahháb, simple jeune homme de Chiraz.
> les années passent. soixante ans après le martyre de ‘abdu’l-vahháb, ‘abdu’l-
> Bahá, le Centre de l’alliance, est aux états-unis, voyageant des rivages de
> l’atlantique à ceux du Paci que. un jour il conte l’histoire du jeune homme de
> Chiraz à un groupe de bahá’ís américains. lua Getsinger, que le Gardien de
> la foi bahá’íe honorera du titre de « mère enseignante de l’occident », est
> parmi ceux qui ont le privilège d’entendre ‘abdu’l-Bahá dire cette
> émouvante histoire. en arrivant à l’instant crucial où ‘abdu’l-vahháb quitte
> Bahá’u’lláh pour aller vers son martyre… mais laissons Juliette Thompson
> terminer l’histoire :
> 
> soudain ‘abdu’l-Bahá changea complètement d’aspect. Comme si l’esprit du
> martyr était entré en lui… la tête droite et frémissante, ses doigts claquant
> dans l’air, tapant du pied en mesure sur le porche au point où nous avions du
> mal à supporter les vibra-tions qu’il engendrait (une sorte de puissance
> électrique irradiait de lui), il chanta le chant du martyr, un chant extatique et
> tragique au-delà de tout ce que j’ai jamais entendu. voilà ce qu’était la Cause
> alors ! voilà ce que c’était que vivre près de lui ! un autre royaume s’ouvrit à
> moi, le royaume de la divine tragédie.
> 
> « ainsi, termina ‘abdu’l-Bahá, chantant et dansant il alla vers sa mort et une
> centaine de bourreaux lui tombèrent dessus ! Plus tard ses vieux parents
> vinrent auprès de Bahá’u’lláh, louant dieu que leur ls ait donné sa vie dans la
> voie de dieu ! »
> 
> il retomba sur son siège. des larmes coulaient de mes yeux rendant toutes
> choses floues. quand je pus voir clair de nouveau je découvris sur son visage
> un air encore plus étrange. sans aucun doute ses yeux étaient xés sur le
> monde invisible. ils étincelaient comme des joyaux, brillants de tant de joie
> que sa vision était presque réelle pour nous.
> 
> un sourire exalté courait sur ses lèvres. d’une voix basse, comme en écho, il
> murmura le chant du martyr. Puis il s’exclama : « voyez l’effet que la mort
> d’un martyr a sur le monde : il a transformé ma condition ! » il y eut un
> moment de silence, puis il dit :
> 
> « Juliette, à quoi penses-tu si profondément ? » « Je pensais à votre
> expression quand vous disiez que votre condition était transformée. Je
> pensais que j’avais vu un éclair de
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> la joie de dieu qui baigne ceux qui meurent avec joie pour l’humanité. » 4
> 
> h∆ájí ‘abdu’l-majíd, le père de ‘abdu’l-vahháb, qui infligea une si terrible
> punition à mullá ‘alíy-i-Bast∂ámí, et sa femme prirent sans hésiter le même
> chemin que leur glorieux ls dès qu’ils posèrent les yeux sur Bahá’u’lláh.
> 
> libération et exil
> 
> la mère de nás∂iri’d-dín sháh exigeait bruyamment la mort de Bahá’u’lláh et
> h∆ájibu’d-dawlih l’aurait sans aucun doute exécuté s’il avait trouvé un
> moyen de le faire. mais chaque fois que ‘abbás, le jeune page qui avait été au
> service de h∆ájí sulaymán Khán le martyr, était amené au síyáh Chál pour
> qu’il identi e Bahá’u’lláh, il af rmait fermement qu’il ne l’avait jamais vu en
> compagnie des bábís dans la maison de son maître. Pendant ce temps, les
> frères et les sœurs de Bahá’u’lláh faisaient tous leurs efforts pour qu’il soit
> libéré, mais nás∂iri’d-dín sháh restait inflexible. il avait décidé que
> Bahá’u’lláh resterait en prison à vie.
> 
> mírzá áqá Khán-i-núrí, le s∆adr-i-a’z∂am qui avait remplacé mírzá Taqí
> Khán devait beaucoup à Bahá’u’lláh. il était tombé en disgrâce alors que
> h∆ájí mírzá áqásí était premier ministre ; il avait été bastonné et condamné à
> payer une amende dont Bahá’u’lláh paya une bonne part. Plus tard, pendant
> son exil à Káshán, il se trouva encore dans une situation nancière dif cile ;
> Bahá’u’lláh vint de nouveau à sa rescousse et, par l’intermédiaire de mírzá
> shafí’, le s∆áh∂ib-díván, lui obtint une pension annuelle de mille neuf cents
> túmáns. Plus tard encore, Bahá’u’lláh aida son ls Káz∂im Khán et sa femme
> à rejoindre leur père à Káshán.
> 
> et maintenant, en 1852, les membres de la famille de Bahá’u’lláh envoyaient
> des cadeaux de valeur et même une forte somme d’argent à mírzá áqá Khán.
> 
> encouragé par mírzá majíd-i-áhí, secrétaire à la légation russe qui, comme
> nous l’avons déjà vu, était marié à la sœur de Bahá’u’lláh, le prince
> dolgorouki, l’ambassadeur russe, pressa aussi le gouvernement de prendre
> une décision rapide et de libérer Bahá’u’lláh. Par ailleurs, ses ennemis
> faisaient tout leur possible pour obtenir sa mise à mort, notamment ceux qui
> cherchaient la protection de la mère vengeresse du chah. le projet de le faire
> identi er par le page de h∆ájí sulaymán Khán ayant échoué, on tenta
> d’empoisonner Bahá’u’lláh. on introduisit une sub-stance délétère dans la
> nourriture qui lui était livrée, mais l’effet en était si fort que Bahá’u’lláh
> cessa immédiatement de consommer de cette nourriture-là.
> 
> mullá shaykh-’alíy-i-Turshízí, surnommé ‘az∂ím, languissait aussi dans le
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Mírzá Majíd-i-áhí, secrétaire à la légation russe et
> 
> beau-frère de bahá’u’lláh
> 
> síyáh Chál. le prince dolgorouki avait demandé avec insistance la possibilité
> pour son représentant, accompagné de h∆ajíbu’d-dawlih et d’un représentant
> du s∆adr-i-a’z∂am, de visiter le síyáh Chál et d’y interroger mullá
> shaykh-’alí.
> ‘az∂ím disculpa complètement Bahá’u’lláh en af rmant qu’il n’avait jamais
> été impliqué dans un complot contre le chah ; il prit sur lui toute la
> responsabilité de la tentative d’assassinat du chah. Bahá’u’lláh a loué le
> courage et la véracité de mullá shaykh-’alí de Turshíz, disant qu’il était
> vraiment ‘az∂ím : grand.
> 
> Cependant, mírzá h∆usayn-i-mutavallí, qui recherchait les faveurs royales,
> tenta d’incriminer Bahá’u’lláh ; ressentant le cynisme d’un tel comportement
> h∆ájibu’d-dawlih gifla mírzá h∆usayn. Cet homme instable, depuis sa
> défection à shaykh T∆abarsí où il avait osé cracher au visage de quddús,
> avait trahi avec constance la foi qu’il avait un jour épousée si
> chaleureusement ; étant alors pré-
> 
> liBéraTion eT exil 123
> 
> cepteur de ‘abbás mírzá, le demi-frère malchanceux de nás∂iri’d-dín sháh, il
> était un des principaux suspects et, pour prouver son innocence, il coupa
> l’oreille de mullá shaykh ‘alí d’un coup de canif. Pourtant cet acte détestable
> ne le sauva pas de la torture. il fut brûlé aux fers rouges et ses hurlements
> s’entendirent dans toute la prison.
> 
> mullá shaykh-’alí avait clairement admis son rôle crucial dans la tentative
> d’assassinat du chah et pourtant mírzá abu’l-qásim, l’imám-Jum’ih de
> Téhéran refusait qu’il soit exécuté. le rapace h∆ájibu’d-dawlih réussit à le
> tromper et, sous de faux prétextes, il réussit à faire signer le verdict à
> l’imám-Jum’ih. mullá shaykh-’alí fut immédiatement mis à mort, un acte
> infâme qui irrita grandement l’imám-Jum’ih.
> 
> ‘az∂ím fut le dernier martyr de l’holocauste de l’été 1852.
> 
> finalement nás∂iri’d-dín sháh accepta de relâcher Bahá’u’lláh mais le
> condamna à l’exil. enchaîné, Bahá’u’lláh avait souffert le martyre pendant
> quatre mois. mírzá áqá Khán envoya un homme de con ance nommé h∆ájí
> ‘alí pour le sortir du síyáh Chál. il fut profondément choqué en découvrant
> les terribles conditions de vie dans cette basse-fosse et l’état de faiblesse de
> Bahá’u’lláh et lui af rma qu’ils ne savaient pas dans quelles terribles
> circonstances ce dernier avait vécu pendant tous ces mois.
> h∆ájí ‘alí proposa son propre manteau à Bahá’u’lláh qui le refusa préférant
> apparaître devant mírzá áqá Khán et les autres membres du gouvernement
> dans les haillons qu’il portait.
> 
> le Gardien, shoghi effendi, écrit :
> 
> à peine se fut-il présenté devant eux que le grand vizir s’adressa à lui en ces
> termes :
> 
> « si vous aviez suivi mon conseil et si vous vous étiez séparé de la foi du
> siyyid-i-Báb, vous n’auriez jamais enduré les peines et les vexations qui
> vous ont accablé. » « si vous aviez suivi mes conseils vous-même, riposta
> Bahá’u’lláh, les affaires du gouvernement n’auraient pas atteint un état aussi
> critique. » mírzá áqá Khán se remémora alors la conversation qu’il avait eue
> avec lui au moment du martyre du Báb, où il avait été averti que « la flamme
> qui avait été allumée flamberait plus ardemment que jamais. » « que me
> conseillez-vous de faire maintenant ? » demanda-t-il à Bahá’u’lláh. la
> réponse vint, ins-tantanée : « ordonnez aux gouverneurs du royaume de
> cesser de verser le sang des innocents, de piller leurs biens, de déshonorer
> leurs femmes et de malmener leurs enfants. »
> 
> le jour même, le grand vizir suivit le conseil ainsi donné ; mais quel qu’en
> fut le résultat, le déroulement des événements ultérieurs prouva amplement
> qu’il fut momentané et négligeable.1
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> on donna un mois à Bahá’u’lláh pour quitter le pays. à sa sortie du síyáh
> Chál, il était trop faible pour commencer un long voyage. il n’avait plus de
> maison, sa demeure ayant été pillée et saccagée ; ses deux femmes et ses
> enfants avaient trouvé un refuge temporaire dans un obscur quartier de la
> capitale. il partit vivre chez son frère, mírzá rid∂á-qulí dont l’épouse,
> myriam, sœur de la deuxième femme de Bahá’u’lláh, qui lui était très
> dévouée, avait fait les arrangements nécessaires pour qu’il puisse se reposer
> et récupérer des forces.
> 
> le Gardien de la foi écrit :
> Ce départ forcé et précipité de Bahá’u’lláh hors de sa terre natale, en
> compagnie de quelques-uns de ses parents, rappelle par certains aspects la
> fuite hâtive de la sainte-famille en égypte, la soudaine émigration de
> muh∂ammad, de la mecque à médine, peu après son accession à son of ce
> prophétique, l’exode de moïse, de son frère et de ses partisans hors de leur
> pays natal, pour répondre à l’ordre divin ; il rappelle surtout l’exil d’abraham
> de la ville d’our, en Chaldée, vers la terre promise, exil qui, par la multitude
> d’avantages qu’il apporta à tant de peuples, de religions et de nations divers,
> offre la ressemblance historique la plus proche quant aux bénédictions
> incalculables destinées à descendre, à notre époque et dans les âges futurs,
> sur toute la race humaine, ceci en raison directe de l’exil souffert par celui
> dont la cause est la fleur et le fruit de toutes les révélations antérieures.2
> 
> le 12 janvier 1853, Bahá’u’lláh et sa famille quittèrent Téhéran,
> accompagnés de deux de ses frères (mírzá músá qui sera connu plus tard
> sous le nom de áqáy-i-Kalím et mírzá muh∂ammad-qulí), d’un représentant
> du gouvernement impérial de Perse et d’un of ciel de la légation russe. le
> dernier ls de Bahá’u’lláh, mírzá mihdí, la Plus-Pure-Branche, étant trop
> jeune fut laissé chez des parents et plusieurs années se passèrent avant qu’il
> puisse rejoindre ses parents. le gouvernement russe avait proposé à
> Bahá’u’lláh de se réfugier sur ses territoires mais il préféra aller en irak. on
> lui avait laissé trop peu de temps pour se préparer, d’autant qu’il avait dû
> d’abord se reposer avant de partir, au cœur de l’hiver, pour un voyage à
> travers les cols élevés des hautes montagnes de l’iran occidental. ni lui, ni sa
> famille, ni ses frères, personne n’avait pu se procurer l’équipement
> nécessaire pour se protéger contre le froid intense de cette altitude.
> 
> on trouve sous la plume du Gardien :
> liBéraTion eT exil 125
> 
> Mírzá rid∂á-Qulí, demi-frère de bahá’u’lláh et mari de Maryam
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> dans une prière qu’il révéla à cette époque, Bahá’u’lláh, s’étendant
> longuement sur les épreuves et les malheurs qu’il avait endurés dans le
> siyáh-Chàl, rend compte ainsi des infortunes subies au cours de ce « terrible
> voyage » : mon dieu, mon maître, mon désir !... Tu as créé cet atome de
> poussiére par la maîtrise achevée de ton pouvoir, et tu l’as nourri de tes
> mains que nul ne peut enchaîner… Tu l’as destiné à des épreuves et à des
> tribulations qu’aucune langue ne peut décrire, et dont aucune de tes tablettes
> ne peut rendre compte avec exactitude. la gorge que tu avais accoutumée au
> contact de la soie, tu l’as en n de compte enserrée de lourdes chaînes, et le
> corps que tu avais enveloppé de brocart et de velours, tu l’as soumis, à la n, à
> l’opprobre d’un cachot. Ton décret m’a entravé de liens innombrables, jetant
> autour de mon cou des chaînes que nul ne peut briser. des années ont passé
> pendant lesquelles les afflictions, telles des ondées de miséricorde, se sont
> déversées sur moi… que de nuits pendant lesquelles le poids des chaînes et
> des fers ne me permirent aucun repos, et que de jours où la paix et la
> tranquillité me furent refusées, en raison des afflictions que me causaient les
> mains et les paroles des hommes ! le pain et l’eau que, dans ta tout
> englobante miséricorde, tu as accordés aux bêtes des champs, furent tous
> deux refusés pendant quelque temps à ce serviteur, et ce que les hommes se
> refusaient à infliger à ceux qui se sont séparés de ta cause, ils permirent
> qu’on me l’infligeât à moi, jusqu’à ce qu’en dé nitive ton décret soit
> irrévocablement xé, et que ton ordre parvienne à ce serviteur de quitter la
> Perse, accompagné d’hommes faibles et d’enfants en bas âge, à l’époque où
> le froid est si intense qu’on ne peut même pas parler, et que neige et glace
> sont en telle abondance qu’il est impossible d’avancer.3
> 
> Bahá’u’lláh approchant de la frontière, une époque se terminait. le peuple de
> Perse était-il conscient de la perte qu’il subissait ? ignorant, bigot, aveuglé
> par les préjugés, dirigé par des hommes égoïstes, trompé par des mensonges,
> il ne pouvait ni voir ni savoir. ainsi le quitta le rédempteur du monde. Celui
> qui avait été aimé et respecté par les riches et les pauvres, les grands et les
> humbles, les princes et les paysans, était maintenant abandonné par ceux à
> qui il avait toujours offert bonté, amour, justice et charité. la Perse perdit la
> présence de Bahá’u’lláh, certes, mais son esprit pouvait-il être absent, de là
> ou de n’importe où ailleurs ?
> 
> en dépit des dif cultés de ce long voyage, Bahá’u’lláh reçut, tout au long du
> chemin, de nombreuses marques de considération. il interdit d’imposer aux
> paysans des taxes pour payer sa nourriture et il refusa les présents offerts par
> les hobe-reaux et les propriétaires des villages qu’il traversait. il t un arrêt de
> quelques
> 
> liBéraTion eT exil 127
> 
> jours à Kirmánsháh où un certain nombre de bábís résidents purent le
> rencontrer, notamment mírzá ‘abdu’lláh, marchand de chaussures originaire
> de qazvín et áqá Ghulám-h∆usayn, un marchand de shúshtar. nabíl dira qu’il
> avait, plus tard, rencontré ce dernier resté toujours très dèle à Bahá’u’lláh.
> aussi, des pèlerins en route vers les villes saintes d’irak, réunis à
> Kirmánsháh, aidèrent à faciliter et à accélérer le départ des exilés.
> 
> à Karand, centre des ‘alíyu’lláhís*, le gouverneur hayát-qulí Khán, lui-même
> membre de cette communauté, accueillit Bahá’u’lláh avec une grande
> révérence.
> 
> « Celui-ci reçut en retour, écrit le Gardien, tant de bonté de la part de
> Bahá’u’lláh que tous les habitants du village furent touchés et continuèrent,
> longtemps après à offrir l’hospitalité à ses disciples allant à Bagdad, si bien
> qu’ils passèrent pour être bábís. »4
> 
> en arrivant à la frontière, Bahá’u’lláh demanda à mírzá músá de partir en
> avant jusqu’à Khániqayn. il y loua un verger embaumé de fleurs car le
> printemps et naw-rúz approchaient. les ruisseaux étaient gorgés d’eau, les
> oiseaux chantaient. d’un côté il y avait une orangeraie et une palmeraie de
> l’autre. C’est là que Bahá’u’lláh s’arrêta pour se reposer. il af rma à son
> entourage que tout ce que ses ennemis avaient fait n’avait servi à rien.
> 
> * Ceux qui divinisent l'imám 'alí. ils sont connus pour leur tolérance, leur
> esprit de charité et leur compassion.
> 
> bagdad, la première année
> 
> Bahá’u’lláh arriva à Bagdad le 8 avril 1853*. son voyage avait duré trois
> mois, au cœur de l’hiver, à travers les hauteurs neigeuses et austères du
> plateau iranien occidental. après les épreuves endurées dans la basse-fosse
> de Téhéran, un voyage de cette longueur, à travers un tel pays et dans de
> telles conditions clima-tiques, aurait brisé l’endurance de n’importe qui,
> alors que ce calvaire l’avait, lui, rendu fort et déterminé.
> 
> après quelques jours à Bagdad, Bahá’u’lláh rejoignit le village de
> Káz∂imayn, distant de cinq kilomètres, où l’on trouve les mausolées du
> septième et du neuvième imáms. mírzá ibráhim Khán de Tabríz, consul
> général de Perse de 1848 à sa mort en décembre 1858, vint lui présenter ses
> respects et suggéra qu’à cause du fanatisme de la population et des pèlerins,
> il serait préférable que Bahá’u’lláh retournât à Bagdad pour s’installer dans
> un des anciens quartiers proche de Káz∂imayn. Bahá’u’lláh accepta et l’on
> chercha une maison appropriée. un mois plus tard lui et sa famille revinrent à
> Bagdad et s’installèrent dans la maison louée à h∆ájí ‘alí madad.
> 
> Bagdad, ville de province de l’empire ottoman, comptait alors 60 000
> habitants.
> 
> Peu de témoignages subsistaient de sa célèbre histoire depuis qu’elle avait
> été construite, entre 762 et 766 de l’ère chrétienne, par le calife abbáside al-
> mans∂úr qui en avait fait la capitale d’un empire allant de l’égypte aux
> confins de la Chine.
> 
> il avait appelé sa ville madínatu’s-salám, la ville de la paix. ses successeurs
> au califat l’avaient agrandie et embellie. au dixième siècle, elle faisait
> environ huit kilomètres et demi de longueur et sept kilomètres et demi de
> largeur, comptait les plus beaux palais, les mosquées les plus grandioses et
> les bazars les plus vastes de l’époque. sa population est alors estimée à un
> million et demi d’habitants. C’est aussi le début de son déclin jusqu’à ce que
> les mongols la ravagent par deux fois, en 1258 et 1401, mettant ainsi un
> terme à son ancienne gloire. en 1534, le sultan ottoman, soliman le
> magnifique conquis Bagdad qui fut tour à tour sous la coupe
> 
> * 28 Jamádíyu’th Thání, 1269 de l’hégire
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Une vue de bagdad et du fleuve, le tigre
> des ottomans et des safavides jusqu’en 1638, date à partir de laquelle elle
> conserva son rôle de centre provincial ottoman jusqu’à la Première Guerre
> mondiale.
> 
> lorsque Bahá’u’lláh s’installa à Bagdad où il demeurera dix ans, les derniers
> membres inconsolables et désorientés de la communauté décimée du Báb,
> apprirent à se tourner vers lui pour des conseils, des directives et pour se
> protéger car mírzá yah∂yá, connu comme le « successeur » du Báb, était
> invisible. ayant réussi, comme nous l’avons vu, à s’échapper de Tákur en
> compagnie de son oncle mírzá zaynu’l-’ábidín, il vivait alors sous le nom de
> h∆ájí ‘alíy-i-lás furúsh dans la rue de Bagdad où se regroupent les
> marchands de charbon de bois (dhughál-furúshán). Bahá’u’lláh désirait qu’il
> retourne en Perse pour y servir la religion du Báb, ainsi que le montrent
> clairement ses mots :
> 
> environ deux mois après notre arrivée en irak suite à l’ordre de sa majesté le
> chah de Perse - que dieu l’assiste -, mírzá yah∂yá nous rejoignit. nous lui
> dîmes :
> 
> « Conformément à l’ordre royal, nous avons été envoyé en ce lieu. mais il
> est souhaitable que tu demeures en Perse. nous enverrons notre frère, mírzá
> músá, dans une autre région. vos noms ne sont pas mentionnés dans le décret
> royal, vous pouvez donc vous lever et servir. » Par la suite, cet opprimé
> quitta Bagdad et se retira du monde pendant deux ans. à notre retour, nous
> constatâmes que mírzá yah∂yá n’était pas parti et diffé-rait son départ. Cet
> opprimé en fut grandement attristé.1
> 
> l’un des premiers à comprendre que Bahá’u’lláh était le conseiller, le guide,
> le
> 
> BaGdad, la Première année 131
> 
> mentor dont la communauté du Báb avait désespérément besoin fut h∆ájí
> háshim-i-
> 
> ‘at∂t∂ár, un riche marchand persan qui vivait dans le nouveau Bagdad. ayant
> atteint sa présence il lui devint tout dévoué et nit par lui jurer délité. nous le
> rencontrerons un peu plus loin dans ces pages. áqá muh∂ammad-h∆asan,
> marchand d’ispahan , siyyid muh∂ammad-ridá et siyyid muh∂ammad Taqí,
> deux fils de siyyid-i-Buká’, h∆ájí ‘abdu’l-majíd-i-shírází, père du glorieux
> martyr mírzá
> 
> ‘abdu’l-vahháb et son frère mírzá h∆asan appelé ‘Gul-i-Guláb (rose rouge,
> littéra-lement : « la fleur de l’eau de rose »), tous étant des Persans qui
> vivaient à Káz∂imayn, se rallièrent autour de Bahá’u’lláh. les rejoignirent
> aussi les bábís arabes de Bagdad et notamment shaykh sultán et áqá
> muh∂ammad-mus∂tafá. un autre vétéran de la religion du Báb qui devait
> bientôt lui aussi comprendre que les espoirs des bábís devaient se recentrer
> sur la personne de Bahá’u’lláh fut h∆ájí siyyid Javád-i-Karbilá’í.
> 
> shaykh-‘alí mírzá de Chiraz, un notable apparenté à l’imám-jum’ih* de cette
> ville, ainsi que siyyid ‘abdu’r-rah∂ím d’ispahan (honoré plus tard du titre de
> ismu’lláhi’r-rah∂ím : le nom de dieu le miséricordieux) et mírzá
> muh∂ammad ‘alí le médecin de zanján qui allait connaître la mort du martyr,
> étaient parmi les bábís les plus notables vivant en Perse qui, dès cette
> époque, furent convaincus que leur seul recours, la seule ancre qui pourrait
> stabiliser et maîtriser le vaisseau de leur foi agité par la tempête, était
> Bahá’u’lláh.
> 
> Pourtant les vents de la dissension soufflaient déjà et les divisions
> apparaissaient. alors qu’il était enchaîné dans le síyáh-Chál de Téhéran et
> que mírzá yah∂yá cherchait constamment à se préserver, Bahá’u’lláh avait
> fait le vœu de tout faire pour régénérer la communauté écrasée du Báb. et
> maintenant, dans l’obscurité qu’il avait choisie, mírzá yah∂yá s’opposait en
> secret à Bahá’u’lláh avec l’aide de siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání qui s’était
> installé à Kerbéla.
> 
> le Gardien de la foi bahá’íe écrit :
> 
> « il n’est pas surprenant que soient sortis de la plume de Bahá’u’lláh - qui ne
> pouvait déjà divulguer le secret qui s’agitait dans son cœur - ces
> avertissements, ces
> 
> * deux imám-jum’ihs de shíráz, shaykh abú-Turáb et son fils h∆ájí shaykh
> yah∂yá qui vécut jusqu’à plus de quatre-vingt dix ans, firent toujours tous
> leurs efforts, depuis le temps du Báb, pour apporter aide et protection aux
> disciples de la religion bábí-bahá’íe. ils réussirent au-delà de tous les espoirs.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> conseils et cette assurance, en un moment où les ombres commençaient à
> s’épaissir autour de lui : les jours d’épreuve sont maintenant venus. des
> océans de dissensions et de tribulations sont en train de se soulever, et dans
> tous les coins et recoins, on élève les bannières du doute pour attiser le mal
> et pour conduire les hommes à la perdition… ne laissez pas la voix de
> quelques soldats du reniement jeter le doute en vous, et ne vous permettez
> pas de négliger Celui qui est la vérité, d’autant plus que dans toutes les
> révélations, de semblables contestations ont eu lieu. dieu établira sa foi en
> dépit de tout et manifestera sa lumière, quoique les provocateurs de sédition
> la détestent… veillez chaque jour pour la cause de dieu. Tous les êtres sont
> prisonniers de son étreinte, et il n’est aucun lieu où quiconque puisse
> s’enfuir. ne pensez pas que la cause de dieu puisse être prise à la légère,
> permettant à quiconque de satisfaire ses caprices. à l’heure actuelle, un
> certain nombre de gens de divers milieux ont émis cette prétention. le temps
> approche où chacun d’eux aura péri et sera perdu, que dis-je, sera réduit à
> néant, devenant une chose oubliée comme la poussière même. » 2
> 
> Pourtant, Bahá’u’lláh gratifia une personne d’un aperçu de ce « secret qui
> s’agitait dans son cœur » C’était un jeune bábí de Káshán nommé mírzá áqá
> Ján. il avait eu un rêve dans lequel apparaissait le Báb, puis il tomba sur des
> écrits de Bahá’u’lláh. apprenant que celui-ci était à Bagdad, il partit pour
> l’irak et rencontra Bahá’u’lláh à Kerbéla. quelle que soit la gravité des actes
> qu’il perpétrera, -
> 
> puisqu’il finit par choisir de briser l’alliance de Bahá’u’lláh et de se perdre
> dans le désert - il reste qu’il fut le premier à reconnaître en Bahá’u’lláh le
> Promis du bayán, le Promis de tous les âges. Plus tard, Bahá’u’lláh
> l’honorera du titre de Khádimu’lláh : serviteur de dieu.
> 
> le Gardien écrit :
> Ce même mírzá áqá Ján, racontant ses expériences á nabíl, lors de cette
> première et inoubliable nuit passée á Kerbéla, en présence de son Bien-aimé
> récemment découvert - alors qu’il était l’hôte de háji mírzá hasan-i-hakim-
> Báshí -, a fait la déclaration suivante : « Comme c’était l’été, Bahá’u’lláh
> avait l’habitude de passer ses soirées et de dormir sur le toit de la maison
> (áqá mírzá muh∂ammad-‘alí et moi nous arrosions le toit, le balayions et
> étendions les tapis jusqu’à ce qu’il vienne, nous parle, dîne et se retire pour
> se reposer). Cette nuit-là, lorsqu’il fut endormi, je m’étendis à quelques pas
> de lui, selon ses directives, pour prendre un bref repos. J’étais á peine levé,
> et… commençais à faire mes prières sur un coin du toit touchant un mur,
> quand j’aperçus sa per-
> 
> BaGdad, la Première année 133
> 
> sonne bénie qui se levait et venait vers moi. quand il fut proche, il me dit : «
> Toi aussi, tu es réveillé. » il se mit alors à psalmodier tout en allant et venant.
> Comment pourrai-je jamais décrire cette voix, ainsi que la modulation des
> versets ? Comment décrire sa démarche tandis qu’à grands pas, il se
> déplaçait devant moi ? il me semblait qu’à chacun de ses pas et à chacune de
> ses paroles, des milliers d’océans de lumière surgissaient en face de moi, des
> milliers de mondes, d’une incomparable splendeur, se dévoilaient à mes
> yeux, et des milliers de soleils dardaient leurs rayons sur moi. sous la clarté
> de la lune qui l’inondait, il continua ainsi à marcher et à chanter. Chaque fois
> qu’il s’approchait de moi, il s’arrêtait, et d’un ton si admirable que nul
> langage ne le peut décrire, il disait : « écoute-moi, mon fils. Par dieu, le
> véritable ! Cette cause sera certainement rendue manifeste. ne tiens aucun
> compte des vains propos du peuple du bayán qui cor-rompt le sens de
> chaque parole. » il continua ainsi de marcher et de psalmodier, et de
> s’adresser à moi jusqu’à l’apparition des premières lueurs de l’aube. Puis, je
> rapportai sa literie dans sa chambre, et lui ayant préparé son thé, je fus
> renvoyé de sa présence. » 3
> 
> nabíl écrit que mírzá áqá Ján lui rapporta plus tard que Bahá’u’lláh lui avait
> dit :
> 
> « si tu me rencontres au marché ne montre pas que tu me connais, sauf si je
> t’appelle. » le même jour, en sortant du bazar je rencontrais sa Personne
> bénie. il m’appela à voix haute et je courus vers lui. sur la place du marché il
> me parla pendant plus d’une heure. Puis il partit pour najaf. il me conseilla :
> « reste à Kerbéla. en revenant
> 
> [de najaf], si je passe par ici, tu m’accompagneras jusqu’à Bagdad ; et si j’y
> vais en passant par h∆illih, je t’enverrai chercher. » Je restais à Kerbéla
> pendant trois mois. Je ramassais des fagots que je vendais aux gardiens des
> bains publics. un jour, shaykh abú-Turáb-i-ishtahárdí me dit, « si je pouvais
> obtenir une copie du bayán persan, je pourrais t’en lire un passage » Je
> répondis « on peut le trouver. » « où ? » demanda shaykh abú-Turáb. Je
> répliquais qu’à Káz∂imayn, h∆ájí ‘abdu’l-majíd-i-shírází en avait une copie
> et je partis immédiatement pour cette ville afin de l’obtenir. en approchant de
> Bagdad je rencontrais abu’l-qásim-i-Káshání et lui demandais où se trouvait
> h∆ájí
> 
> ‘abdu’l-majíd. il crut d’abord que je voulais rencontrer azal mais lorsqu’il
> comprit que mon cœur était captivé par quelqu’un d’autre, il m’en demanda
> la raison et lorsque je lui parlais de l’allure et des paroles de la Beauté abhá,
> il me tendit une épître lumineuse qui avait été révélée pour moi et dans
> laquelle le peuple de Bahá et les qualités de la Beauté abhá étaient
> mentionnés. lorsque la nouvelle de mon arrivée fut apprise à sa Personne
> bénie, il me fit appeler et me dit qu’il avait eu l’intention de m’envoyer
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Mírzá áqá Ján de káshán, khádimu’lláh
> 
> chercher. » 4
> 
> C’est ainsi que mírzá áqá Ján commença ses quarante années de service com
> -
> 
> me assistant, secrétaire et compagnon de Bahá’u’lláh.
> 
> le Gardien de la foi bahá’íe écrit :
> 
> la confiance inspirée à mírzá áqá Ján par ce contact soudain et inattendu avec
> l’esprit et le génie directeur d’une révélation naissante remua profondément
> son âme, cette âme déjà embrasée par l’amour brûlant né en lui quand il
> constata l’ascendant déjà pris par son maître, découvert depuis peu, sur ses
> condisciples, en irak et en Perse. l’intense adoration qui imprégnait tout son
> être, et qui ne pouvait être réfrénée ni dissimulée, fut immédiatement perçue
> par mírzá yah∂yá et par son complice siyyid muh∂ammad.5
> 
> BaGdad, la Première année 135
> 
> C’est à cette époque qu’arriva à Bagdad h∆ájí mírzá Kamálu’d-dín-i-naráqí,
> petit-fils de h∆ájí mullá ah∂mad-i-naráqí, théologien célèbre, et lui-même
> homme de savoir. Par l’intermédiaire d’áqáy-i-Kalím il demanda à mírzá
> yah∂yá d’écrire pour lui un commentaire sur le verset coranique : « Toutes
> les nourritures furent permises aux enfants d’israël ». découvrant que les
> bábís de naráq avaient découvert sa cachette, mírzá yah∂yá fut saisi de
> frayeur. néanmoins, il rédigea un commentaire médiocre, insulte à l’intellect
> d’un homme comme h∆ájí mírzá Kamálu’d-dín qui découvrit ainsi
> l’incompétence de mírzá yah∂yá. il se tourna alors vers Bahá’u’láh pour être
> guidé et éclairé, et c’est en réponse à sa requête que Bahá’u’lláh révéla le
> texte qui a pour titre tablette de kullu’t-∏a’ám (toutes nourritures), dans
> laquelle, comme l’écrit le Gardien :
> 
> israël et ses enfants furent identifiés respectivement au Báb et à ses
> disciples.en raison des allusions qu’elle contenait, de la beauté du style et de
> la puissance du raisonnement, celle-ci enchanta tellement l’âme de son
> bénéficiaire que, si Bahá’u’lláh ne l’avait retenu, il aurait proclamé sur-le-
> champ sa découverte du secret caché de dieu, en la personne de celui qui
> avait révélé cette tablette.6
> 
> la Tablette de kullu’t-∏a’ám devint si célèbre que le cœur jaloux de mírzá
> yah∂yá qui ne pouvait accepter sa propre incapacité, brûla de plus belle.
> siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání, l’antéchrist de la révélation bahá’íe,
> poussait toujours mírzá yah∂yá à s’opposer à Bahá’u’lláh pour le diminuer.
> non seulement les bábís qui commençaient à relever la tête, mais des amis de
> tous les cercles de la société venaient rencontrer Bahá’u’lláh. le vali de
> Bagdad avait constaté que cet exilé, était d’une autre trempe que les
> nombreux princes et principicules persans bannis vers l’irák ou qui s’y
> étaient enfuis. Bahá’u’lláh avait une bonne renommée. C’est lui qui avait
> souffert des mois d’incarcération inhumaine dans la basse-fosse de Téhéran
> pendant que mírzá yah∂yá se condamnait, par sa propre couardise, à se sentir
> toujours en danger, à toujours fuir et, n’osant pas utiliser son nom, à
> poursuivre une existence obscure dans un quartier misérable de Bagdad.
> 
> mírzá zaynu’l-’ábidín, l’oncle avec lequel mírzá yah∂yá avait fuit de Tákur,
> était alors l’invité de Bahá’u’lláh qui venait de le nommer ah∂mad ; les bábís
> l’ap-
> 
> * bábá = père.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> pelaient Jináb-i-Bábá*.
> 
> mírzá áqá Ján conta la suite de la révélation de la Tablette de kullu’t-t∆a’ám
> à nabíl qui l’écrivit : « Jináb-i-Bábá s’approcha et me dit qu’il [Bahá’u’lláh]
> était allé à Káz∂imayn. sans réfléchir je m’y précipitai et, ne sachant où aller,
> je me tins à un carrefour. Je vis alors un siyyid venir vers moi. il me
> demanda : « es-tu le jeune Káshání ? » Puis il ajouta : « viens. il
> [Bahá’u’lláh] a demandé après toi. »
> 
> J’appris plus tard que ce siyyid était siyyid muh∂ammad-Taqí, fils de siyyid-
> i-Buká’qui vivait à Káz∂imayn. Ce jour-là, alors que j’entrais en la sainte
> présence, il parlait à áqá muh∂ammad-h∆asan, le marchand d’ispahan : «
> avant ton arrivée, h∂ájí mírzá Kamálu’d-dín-i-naráqí était là. il avait posé
> une question concernant le verset kullu’t-t∆a’ám à cet endroit-là [voulant
> dire azal], mais n’ayant rien compris à sa réponse, il me demanda la même
> chose. J’écrivis pour lui une réponse que je lui ai lue mais sans la lui donner.
> Je veux te la lire à toi maintenant. » il commença à psalmodier en lisant.
> Comment pourrais-je décrire l’effet produit sur quelqu’un qui entend chaque
> mot prononcé par cette voix sacrée ? entre-temps il lut quelques versets du
> même ton qu’il avait usé cette première nuit à Kerbéla, sur le toit de la
> dáru’sh-shafá [la maison des traitements]. à la fin il demanda : « qu’en dis-tu
> ? » Je répondis : « s’il y avait une justice, tous les érudits [oulémas]
> 
> devraient s’incliner » sa personne bénie répondit : « Comme tu dis : s’il y
> avait une justice. » 7
> 
> à plusieurs reprises cet oncle de Bahá’u’lláh, Jináb-i-Bábá*, jura que s’il
> n’avait pas rencontré son neveu, il aurait complètement perdu la foi.
> 
> mírzá áqá Ján raconta aussi à nabíl qu’un jour, à Káz∂imayn, dans la maison
> de h∆ájí ‘abdu’l-majíd-i-shírází, alors qu’il était en compagnie de áqá
> muh∂ammad-h∆asan-i-is∂fahání en présence de Bahá’u’lláh, ce dernier
> demanda à son hôte s’il aimerait entendre la langue badí (unique) qui, dit-il,
> est le langage utilisé par les habitants de l’un des mondes de dieu. il
> commença alors à psalmodier dans cette langue. mírzá áqá Ján raconte
> qu’entendre cette langue produisait un effet merveilleux et il se souvenait
> qu’un jour Bahá’u’lláh dit à h∆ájí ‘abdu’l-majíd : « h∆ájí, tu as entendu la
> langue badí et tu as témoigné de la suprématie de dieu sur ses mondes. sois
> reconnaissant pour cette grâce et apprécie sa valeur. »
> 
> mírzá yah∂yá n’a jamais levé un doigt pour protéger la religion dont il était
> le chef,
> 
> BaGdad, la Première année 137
> 
> au moins nominal. incité et encouragé par siyyid muh∂ammad et quelques
> autres de même nature, il entreprit secrètement de discréditer Bahá’u’lláh. il
> fit circuler de folles rumeurs, accusant Bahá’u’lláh d’actions, d’opinions et
> d’intentions tout à fait erronées. Ces allusions et sous-entendus finirent par
> être dangereuses pour l’intégrité de la religion du Báb, la menaçant de
> controverses amères et même de divisions fatales et finalement Bahá’u’lláh
> décida de quitter Bagdad et la société des hommes connus de lui et qui le
> connaissaient. Toutes les manifestations de dieu ont connu, au cours de leur
> vie, cette période de retraite. moïse partit dans le désert du sinaï, Bouddha
> rechercha les terres solitaires de l’inde. le Christ marcha dans le désert de
> Judée et muh∂ammad foula les collines parcheminées de l’arabie.
> 
> mírzá áqá Ján lui-même a rendu ce témoignage :
> 
> « la Beauté bénie manifestait une telle tristesse que les membres de mon
> corps en tremblaient. » il raconta encore, comme le rapporte nabíl dans son
> récit, que peu avant le départ de Bahá’u’lláh, il avait eu une fois l’occasion
> de le voir sortir brusquement de chez lui, entre l’aube et le lever du soleil,
> son bonnet de nuit encore sur la tête, et montrant de tels signes d’inquiétude
> qu’il lui fut impossible de regarder son visage, et tout en marchant, il
> observait avec colère : « Ces créatures sont les mêmes qui, pendant trois
> mille ans, ont adoré les idoles et se sont prosternées devant le veau d’or.
> aujourd’hui encore, elles ne sont pas capables de faire mieux. quel rapport
> peut-il y avoir entre ce peuple et Celui qui est l’apparition de la gloire ?
> quels liens peuvent les rattacher à Celui qui est la personnifica-tion suprême
> de tout ce qui est digne d’amour ? » « Je restai debout », a raconté mírzá áqá
> Ján, « cloué au sol, sans vie, desséché comme un arbre mort, prêt à
> succomber sous le choc de la puissance accablante de ses paroles. finalement
> il dit : « ordonne-leur de réciter :
> 
> « qui, hormis dieu, dissipe les difficultés ? dis : loué soit dieu ! lui seul est
> dieu ! Tous sont ses serviteurs et tous sont soumis à ses commandements ! »
> dis-leur de répéter cela cinq cents fois, que dis-je, mille fois, le jour et la
> nuit, qu’ils soient éveillés ou qu’ils dor-ment, afin que, si possible, le visage
> de gloire puisse se révéler à eux, et que des torrents de lumière descendent
> en eux. » lui-même, j’en fus informé par la suite, récita ce même verset, le
> visage empreint de la plus grande tristesse… à plusieurs reprises, au cours de
> ces journées, on l’entendit faire cette remarque : « nous sommes resté un
> certain temps avec ce peuple, et nous n’avons pas réussi à discerner la
> moindre réaction de sa part. » il fit souvent allusion à sa disparition de notre
> milieu, mais aucun de nous n’en comprit le sens. »8
> 
> Sulaymáníyyih
> 
> un matin, la maisonnée s’éveilla. Bahá’u’lláh était parti. nul ne savait où le
> chercher. nous étions le 10 avril 1854.
> 
> C’est vers sulaymáníyyih, au cœur des hautes terres de l’irak kurde que
> Bahá’u’lláh rechercha la solitude. huit ans plus tard il décrivit cet épisode
> dans le livre de la certitude (Kitáb-i-íqán), révélé pour h∆ájí mírzá siyyid
> muh∂ammad, un oncle maternel du Báb :
> 
> espérons que le peuple du Bayán fera preuve d’intelligence et s’envolera
> pour résider dans l’atmosphère de l’esprit, qu’il saura distinguer la vérité de
> l’erreur, et démas-quer les imposteurs. en ces jours le vent de jalousie et
> d’envie est en train de souffler, et je jure, par l’éducateur de tout ce qui
> existe, que depuis le commencement du monde qui n’a jamais commencé,
> jusqu’à nos jours, il n’y a jamais eu jalousie pareille à celle qu’on voit en ce
> moment. des hommes qui n’ont jamais respiré le parfum de la justice ont
> brandi contre nous le drapeau de la révolte ; de tous côtés les épées sont
> tirées, les flèches sont lancées. Je ne me suis jamais mis en avant ni au-
> dessus de qui que ce soit, je me suis au contraire toujours considéré comme
> le compagnon et le très humble et fidèle ami de chacun. avec un pauvre j’ai
> toujours été comme un pauvre, avec les savants et les nobles je me suis
> toujours tenu sur la réserve. et malgré tout, je jure par dieu qui est un, que
> tout ce que j’ai eu à subir des ennemis et des docteurs n’est rien à côté de ce
> que j’ai eu à supporter de la part de ceux qui se disent mes amis : si je le
> racontais, pas un de ceux qui ont l’esprit équitable ne pourrait le supporter !
> 
> et c’est parce que je savais ce qui allait se passer qu’en arrivant ici il y a
> quelques années, je résolus de me confiner dans la solitude ; je demeurai
> ainsi deux ans tout seul, dans les déserts abandonnés. les larmes d’anxiété
> coulaient de mes yeux, et dans mon cœur saignant s’agitait l’océan d’une
> douleur mortelle : combien de nuits ai-je passées à jeun, et combien de
> journées sans repos ! malgré toutes ces calamités et ces afflictions
> continuelles, je jure par celui qui tient mon âme entre ses mains que je n’ai
> jamais été plus heureux. J’ai connu le vrai bonheur et la joie parfaite, car je
> n’avais pas le spectacle des joies et des malheurs, de la santé et des maladies
> de chacun. réfugié en moi-même, oublieux du monde et de tout ce qu’il
> contient, je ne savais pas que les mailles
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> de la destinée divine sont plus serrées que ne le pensent les mortels, et que
> les flèches de la prédestination ne peuvent être évitées. l’homme ne peut
> s’affranchir de la volonté de dieu, et il n’a que la ressource de se soumettre.
> en ce temps, je t’assure que je n’avais nul désir de revenir, et que je ne
> songeais pas à terminer mes pérégrinations ; je ne désirais qu’une seule
> chose, ne pas être l’objet des discussions des croyants, la cause de la révolte
> des disciples et la raison des souffrances ou des tristesses de qui que ce fût.
> C’était là mon unique pensée, malgré tout ce qu’on avait pu dire ou croire.
> mais de la source mystique me vint l’ordre de revenir, et, soumis, je revins
> ici.1
> 
> Pour seul compagnon, Bahá’u’lláh avait choisi áqá abdu’l-qásim-i-
> hamadání. nous verrons que c’est à cause d’un incident qui provoqua la mort
> de áqá abdu’l-qásim dans l’ouest de la Perse, que la famille de Bahá’u’lláh
> apprit où le rechercher. à sulaymáníyyih, Bahá’u’lláh avait complètement
> dissimulé son identité. vêtu d’un costume de derviche, il avait pris le nom de
> darvísh muh∂ammad-i-írání et vivait une existence d’ermite dans les grottes
> au-dessus de la ville (le kashkúl qu’il utilisa pendant cette période est
> aujourd’hui préservé dans le bâtiment des archives bahá’íes internationales
> sur le mont Carmel). des années plus tard, Bahá’u’lláh décrivit sa situation :
> « nous cherchâmes refuge au sommet d’une montagne isolée, à quelques
> trois jours de la plus proche habitation.
> 
> manquants de tous les conforts de la vie, nous restâmes complètement isolé
> de nos compagnons. »2
> 
> de temps à autre Bahá’u’lláh avait besoin de quitter les grottes et descendait
> à sulaymáníyyih. áqá abu’l-qásim lui rendait aussi visite et lui portait des
> provisions. un jour, áqá abu’l-qásim dut quitter Bahá’u’lláh pour retourner
> en Perse afin d’y trouver de l’argent et certaines marchandises. au retour, à la
> frontière, il tomba dans un traquenard monté soit par des voleurs soit par des
> douaniers, et fut mortellement blessé. il fut découvert presque mort et tout ce
> qu’il put dire, c’est qu’il s’appelait abu’l-qásím, qu’il était de hamadán et
> que tout ce qu’il transportait en argent et en marchandises appartenait à
> darvísh muh∂ammad-i-írání qui vivait dans les hautes terres de l’irak kurde.
> 
> dans une épître à maryam, la femme de son frère h∆ájí mírzá rid∂á-qulí,
> Bahá’u’lláh écrivit, peu après son retour de sulaymáníyyih :
> 
> les maux dont j’ai souffert [...] ont effacé de la tablette de la création les torts
> endu-
> 
> sulaymáníyyih 141
> 
> rés par mon premier nom (le Báb). « [...] après des afflictions sans nombre,
> nous attei-gnîmes l’irak, sur l’ordre du tyran de la Perse, et là, après les
> entraves de nos ennemis, nous fûmes affligé par la traîtrise de nos amis. dieu
> sait ce qui m’est arrivé par la suite ! [...]J’errais dans le désert de la
> résignation [...] me déplaçant dans de telles conditions que, pendant mon
> exil, tous les yeux pleurèrent sur mon sort et que toutes les créatures
> versèrent des larmes de sang à cause de ma douleur. les oiseaux du ciel
> étaient mes compagnons et les bêtes des champs mes amies. 3
> 
> aujourd’hui, sulaymáníyyih est une petite ville très plaisante située à 320
> kilomètres de Bagdad, construite au milieu de trois collines et entourée
> d’arbres et de verdure. il devait en être autrement au temps de Bahá’u’lláh.
> le Commandant James f. Jones de la marine nationale indienne qui
> accompagna sir henry rawlinson lors une visite au Kurdistan en 1844, décrit
> la sumaymáníyyih qu’il découvrit :
> 
> sulaymáníyyih, capitale des Pachalic, est un ensemble de petites maisons en
> ruines qui ont une apparence plus misérable que le plus misérable des
> hameaux d’angleterre.
> 
> Cet état n’est pas dû à la seule pauvreté des Kurdes mais aux habitudes
> nomades de ses occupants qui, au printemps, en été et en automne,
> abandonnent la ville et se répandent dans la campagne… après sa deuxième
> fondation par ibrahim Pacha [soixante-deux ans avant], elle s’améliora peu à
> peu et, au temps de rich, s’enorgueillissait d’avoir un millier de maisons. Je
> crois qu’aujourd’hui on ne peut y compter que la moitié de ce nombre de
> maisons habitables et l’on considère qu’elle est insalubre, mal située en
> comparaison des terres plus salubres et moins confinée de la plaine voisine.
> Construite au pied d’une chaîne de montagnes basses et dénudées, qui
> s’élève juste derrière, elle est soit complètement coupée des brises
> rafraîchissantes qui balaient la plaine, soit brûlée par des vents chauds qui
> soufflent avec régularité de l’est et du nord-est au-dessus des crêtes
> surchauffées pendant les mois d’été.4
> 
> Beaucoup de ces habitants importants gardent précieusement la mémoire du
> séjour de Bahá’u’lláh parmi leurs ancêtres. Bien que très impressionnés, les
> gens commencèrent par le prendre pour ce qu’il disait être, un derviche
> voyageur venant de Perse, jusqu’à ce qu’un fragment de son écriture tombe
> entre les mains d’un disciple de shaykh ismá’íl, un murshid soufi de la
> région. Cet homme la montra à son maître qui la trouva extraordinaire. et
> quelques-uns de ses disciples se dépêchèrent
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> de trouver Bahá’u’lláh et ils apprirent beaucoup en sa présence. un jour, ils
> lui demandèrent de leur expliquer quelques-unes des subtilités de al-
> Futúh∂át al-Makkíyyah, œuvre du grand mystique andalou shaykh
> muh∂yí’d-dín ibnu’l-
> 
> ’arabí. Bahá’u’lláh répondit qu’il ne l’avait pas lu et n’en connaissait pas la
> teneur mais qu’il satisferait leur souhait. ainsi, chaque jour, on en lisait une
> page en sa présence puis il exposait les vues du célèbre mystique en les
> expliquant. ils lui demandèrent ensuite de composer une ode dans le style de
> tá’íyyih, œuvre d’un autre mystique célèbre, l’égyptien ibnu’l-fárid∂. il
> accéda aussi à cette demande. il en résultat un poème d’une éloquence
> extrême qui acquit une grande renommée, le Qas∂ídiy-i-izz-i-Varqá’íyyih. il
> comprenait à l’origine 2000 couplets mais Bahá’u’lláh en choisit 127 qu’il
> fit recopier pour les garder. Jusque-là, personne n’avait osé composer une
> ode dans le style même d’ibnu’l-fárid∂.
> ainsi la célébrité de darvïsh muh∂ammad-i-írání commença à se répandre au-
> delà des limites de la petite ville kurde.
> 
> quand Bahá’u’lláh descendait en ville, soit pour utiliser les bains publics,
> soit pour faire quelques achats, il restait au takyih, le séminaire théologique
> de mawláná Khálid. la mosquée originelle dont mawláná Khálid était le
> gardien a, depuis, été détruite mais elle fut reconstruite aux mêmes
> dimensions. aux temps du séjour de Bahá’u’lláh, mawláná Khálid était un
> vieil homme très révéré par les Kurdes. il demanda à darvísh muh∂ammad
> de calligraphier un document qui per-pétuerait le gardiennat de cette
> institution dans sa famille. Ce document, avec d’autres écrits de la plume de
> Bahá’u’lláh, est toujours conservé par des familles de sulaymáníyyih qui
> refusent de s’en séparer à quelque prix que ce soit. il y a trente ans, le
> possesseur de ces reliques de grande valeur affirma que même si on lui en
> offrait un million de dinars [plus d’un million d’euros], il refuserait de
> vendre ce document inestimable car il était certain qu’alors toutes les
> bénédictions divines dont bénéficiait sa famille disparaîtraient. les Kurdes
> ont une grande déférence pour Káká ah∂mad, un saint des temps passés,
> mais tous s’accordent pour affirmer qu’íshán*, le nom donné par vénération
> à darvísh muhyammad-i-írání, lui est supérieur. même la montagne où
> Bahá’u’lláh habitait, sar-Galú, est considérée comme un lieu sacré†
> 
> * íshán veut dire « ils » et Bahá’u’lláh était ainsi appelé avant même son
> départ pour sulaymáníyyih.
> 
> † l’auteur remercie m. mas’ud Berdjis pour les détails récents sur
> sulaymáníyyih et ses habitants.
> sulaymáníyyih 143
> 
> takyih de Mawláná khálid où bahá’u’lláh séjournait à Sulaymáníyyih
> Pendant ces années où Bahá’u’lláh était absent de Bagdad, la fortune des
> bábís avait touché le fond. mírzá yah∂yá, incompétent, terrifié, impuissant,
> ne pouvait et ne voulait rien faire pour enrayer la chute, le désastre imminent
> d’une désintégration totale et irréparable. Trouvant la vie en Perse
> impossible, à cause de la tyrannie ambiante et du venin distillé dans la
> société par des religieux égoïstes, mais aussi à cause de l’anarchie qui
> affligeait la communauté bábíe pourtant très réduite, des âmes sincères et
> dévouées décidèrent d’aller, à grands efforts, jusqu’à Bagdad pour y
> découvrir que mírzá yah∂yá, le chef désigné par le Báb, était introuvable. il
> avait même interdit de prononcer le nom de la rue dans laquelle il vivait. un
> bábí des plus éminents, mullá zaynu’l-‘ábidín de najaf-ábád aux environs
> d’ispahan (honoré par la sublime Plume du titre de Jináb-i-zaynu’l-
> muqarrabín, il était destiné à briller avec éclat dans la constellation des
> apôtres de Bahá’u’lláh) fit le voyage à Bagdad pour échapper à l’hostilité
> croissante des gens et chercher réconfort auprès de mírzá yah∂yá. incapable
> de le rencontrer il refit le voyage dans l’autre sens, désespéré. mais en
> arrivant à la frontière, entendant parler de nouveaux assauts fanatiques, il
> reprit la route vers Bagdad malgré sa fatigue. il en fut récompensé puisque
> peu après son retour, Bahá’u’lláh revint de sulaymáníyyih et mullá zaynu’l-
> muqarrabín trouva tout ce que son âme désirait.
> 
> dans la Gloire du Père
> Sar-galú, où sont situées les grottes où bahá’u’lláh vécut.
> 
> le Gardien de la foi bahá’íe a décrit cette période et les actes honteux
> perpétrés par mírzá yah∂yá et ses acolytes :
> 
> Tandis que les fondements de la grandeur future de Bahá’u’lláh étaient jetés
> dans une terre étrangère, au sein d’un peuple étranger, la situation de la
> communauté bábíe ne faisait qu’empirer rapidement. [...] mírzá yah∂yá,
> enfermé chez lui la plupart du temps, dirigeait secrètement, et par
> correspondance avec ceux des bábís qui avaient sa confiance absolue, une
> campagne destinée à discréditer entièrement Bahá’u’lláh. dans sa crainte de
> quelque adversaire éventuel, il avait envoyé mírzá muhammad-i-
> mazandéraní, l’un de ses partisans, en azerbaïdjan, dans le but exprès
> d’assassiner dayyán, le « dépositaire de la science de dieu » qu’il
> surnommait « Père des iniquités » et flétrissait du nom de tághút [idole], et
> que le Báb avait célébré comme la « troisième lettre croyant en Celui que
> dieu rendra manifeste ». dans sa folie, il avait en outre incité mírzá áqá Ján à
> se rendre à núr, puis à attendre un moment favorable pour attenter avec
> succès à la vie du souverain. [...] il ordonna même, nouvel exemple de
> l’énormité de ses crimes, que mírzá ‘alí-akbar, cousin du Báb et fervent
> admirateur de dayyán, soit mis à mort secrètement, ordre qui fut exécuté
> dans toute son horreur.
> 
> quant à siyyid muh∂ammad à qui son maître mírzá yah∂yá avait désormais
> donné carte blanche, il s’était entouré - comme l’affirme catégoriquement
> nabíl qui, à ce moment,
> 
> sulaymáníyyih 145
> 
> était aussi à Kerbéla - d’une bande de malfaiteurs auxquels il permettait,
> qu’il encou-rageait même, à se saisir, la nuit venue, des turbans que portaient
> les riches pèlerins rassemblés à Kerbéla, à dérober leurs chaussures, à
> dépouiller le sanctuaire de l’imam husayn des sièges et des chandeliers, et à
> s’emparer des gobelets des fontaines publiques. 5
> 
> si les bábís voulaient échapper à l’extinction totale, ils avaient un besoin
> désespéré d’un guide qui ne pouvait être le tremblant et inefficace mírzá
> yah∂yá. Comme le dit ‘abdu’l-Bahá, vingt-cinq hommes avaient prétendu au
> rang du promis du Bayán. Certains étaient rusés et fourbes, d’autres n’étaient
> que des âmes simples et égarées et d’autres encore voyaient qu’ils
> dépassaient en stature mírzá yah∂yá.
> 
> si certains furent irrémédiablement perdus, d’autres vinrent faire pénitence à
> la porte de Bahá’u’lláh.
> 
> lorsqu’on apprit à Bagdad la mort d’áqá abu’l-qásim-i-hamadání qui avait
> disparu en même temps que Bahá’u’lláh, on comprit que darvísh
> muh∂ammad-i-írání qui vivait dans les montagnes au nord du Kurdistan et
> dont la célébrité était arrivée jusqu’à Bagdad, ne pouvait être que
> Bahá’u’lláh. à la demande de la Plus-Grande-Branche qui n’avait que douze
> ans, et d’áqáy-i-Kalím le frère fidèle de Bahá’u’lláh, shaykh sulπán (le beau-
> père d’áqáy-i-Kalím) et un bábí arabe qui s’était converti grâce à ∏áhirih,
> quittèrent Bagdad pour sulaymáníyyih accompagnés de Javád al-ha∆ππáb
> (le bûcheron), lui aussi d’origine arabe, pour trouver Bahá’u’lláh et le
> supplier de revenir. mírzá yah∂yá, se trouvant dans une situation désespérée,
> rejeté et abandonné par les quelques fidèles restants de la religion du Báb
> comme mírzá asadu’lláh-i-dayyán et h∆ájí mírzá músáy-i-qumi, lui écrivit
> aussi pour le supplier de revenir.
> 
> Bahá’u’lláh dit à shaykh sulπán : « si je ne m’étais pas rendu compte du fait
> que la cause bénie du premier Point était à la veille de disparaître
> complètement, et que tout le sang sacré répandu sur le chemin de dieu serait
> ainsi versé en vain, je n’aurais nullement consenti à retourner parmi le
> peuple du Bayán, et je l’aurais abandonné au culte des idoles que son
> imagination avait créées ».6
> 
> en approchant de Bagdad, sur les rives du fleuve des tribulations*, il dit à
> shaykh sulπán que les quelques jours à venir étaient pour lui les derniers
> jours de
> 
> * C’est ainsi que Bahá’u’lláh parlait de la ville des ‘abbásides et de son
> fleuve, le Tigre.
> 
> dans la Gloire du Père
> paix et de tranquillité sur cette terre. des jours que je ne connaîtrai plus
> jamais, 6
> 
> dit-il.
> 
> ils arrivèrent à Bagdad le 19 mars 1856 *. deux années lunaires s’étaient
> écoulées depuis le départ de Bahá’u’lláh qui a décrit la situation qu’il
> retrouva : « nous n’avons trouvé qu’une poignée d’âmes, faibles et
> déprimées, et même complètement perdues et mortes. la cause de dieu
> n’était plus sur aucune lèvre, et nul cœur n’était réceptif à son message. »7
> 
> * 12 rajab 1272 de l’hégire. shaykh sulπán a écrit un livre décrivant sa quête,
> son voyage et son retour en compagnie de Bahá’u’lláh.
> 
> bagdad - amis et ennemis
> 
> de retour à Bagdad, Bahá’u’lláh trouva les bábís avilis et démoralisés. Cette
> situation eut sur lui un effet que le Gardien de la foi bahá’íe décrit ainsi : « la
> tristesse qui l’accabla à son arrivée fut telle, qu’il refusa pendant quelque
> temps de quitter sa maison, sauf pour ses visites à Káz∂imayn et, de temps à
> autre, pour rencontrer quelques-uns de ses amis qui résidaient dans cette
> même ville et à Bagdad. » 1
> 
> les mots de Bahá’u’lláh qu’on peut lire dans le kitáb-i-Íqán sont un
> témoignage suffisant sur les conditions de la communauté bábíe à cette
> époque et sur l’esprit dans lequel il entreprit de revivifier la cause du Báb :
> ma plume est impuissante à dire ce que je vis alors ; et voici maintenant plus
> de deux ans que mes ennemis emploient tous leurs efforts à essayer de me
> faire périr, ainsi que chacun le sait, sans qu’aucun ami ne se soit levé pour
> m’aider ou seulement me montrer de la sympathie ! au contraire, comme la
> pluie du ciel, les déceptions causées par les paroles et les actions de tous
> tombent sur moi les unes après les autres. avec la plus entière soumission,
> j’ai placé ma vie dans ma main, afin que, par la miséricorde divine, cette
> lettre manifeste et révélée soit sacrifiée dans le chemin du Premier Point et
> du verbe sublime ! si tel n’était pas mon vœu, par celui qui manifeste
> l’esprit, je ne resterais pas une seconde de plus dans cette ville ! et le
> témoignage divin me suffit. il n’y a pas de pouvoir ou de puissance qui
> n’émane de dieu ; nous venons de lui et nous retournons à lui !2
> 
> Peu après le retour de Bahá’u’lláh de sulaymáníyyih, il se passa un
> événement qui lui causa une grande douleur. nous avons déjà vu que dans
> son livre Mustayqiz∂, mírzá yah∂yá injurie ouvertement mírzá asadu’lláh-i-
> dayyán qui avait prétendu être le Promis et, profitant de l’absence de
> Bahá’u’lláh il avait envoyé mírzá muh∂ammad-i-mazandéraní en
> azerbaïdjan dans le but d’assassiner ce croyant distingué. or il advint que
> dayyán avait, au même moment, quitté l’azerbaïdjan pour
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Bagdad et mírzá muh∂ammad ne put le trouver. Bahá’u’lláh revenait alors de
> sulaymáníyyih et dayyán, atteignant sa présence, renonça à toutes ses
> prétentions.
> 
> mais mírzá yah∂yá ne changeait pas ses plans facilement ; un jour mírzá
> muh∂ammad réussit à convaincre dayyán de l’accompagner de Káz∂imayn à
> Bagdad et, en route, l’assassina.
> 
> Peu à peu Bahá’u’lláh commença à reconstruire la communauté bábíe, lui
> redonnant sa dignité, restaurant son intégrité et son prestige jusqu’à ce
> qu’ayant sorti les quelques bábís qui restaient encore des profondeurs de
> l’ignominie dans lesquelles ils avaient sombré pendant son absence dans les
> montagnes du Kurdistan, ils relèvent la tête et cessent d’être en butte à toutes
> sortes de brimades.
> 
> un jour, l’un des serviteurs de ‘alí-sháh, le z∆illu’s-sult∂án (voir addenda v)
> insulta un bábí qui entrait dans la résidence de ce prince en exil. Bahá’u’lláh
> envoya un message à z∆illu’s-sult∂án lui demandant d’ordonner à ses
> hommes de tenir leur langue. le prince obéit. Bientôt ses fils shujá’u’d-
> dawlih et sayfu’d-dawlih devinrent des habitués du bírúní de la maison de
> Bahá’u’lláh. zaynu’l-
> 
> ’ábidín Khán, le fakhru’d-dawlih, un noble iranien, disait souvent : « Je ne
> peux l’expliquer, je ne sais pas pourquoi, mais chaque fois que je me sens
> triste et déprimé il me suffit d’aller chez Bahá’u’lláh pour me sentir
> réconforté ».
> 
> Parmi les notables de la ville, quiconque rencontrait Bahá’u’lláh se sentait
> attiré par lui et lui devenait dévoué : shaykh ‘abdu’l-qádir, probablement al-
> Gílání, un ouléma célèbre pour sa calligraphie et qui mourut en 1897,
> ‘abdu’s-salám effendi, mentionné par Bahá’u’lláh dans le kitáb-i-badí, ibn-
> álúsí et siyyid dawúdí, étaient tous des érudits ; ‘abdu’lláh Páshá de
> sulaymáníyyih et son vizir mah∂múd áqá, et mullá ‘alí-mardán (le contrôleur
> des douanes), des fonctionnaires, lui étaient également dévoués.*
> 
> les gens dévoués à Bahá’u’lláh venaient de toutes les classes de la société, et
> ils étaient si nombreux qu’on aurait fait taire quiconque aurait osé prononcer
> un mot désagréable envers lui.
> 
> * abdu’s-salám effendi, probablement shaykh ‘abdu’s-salám ash-shawwáf,
> naquit en 1819 et fut l’élève de shaykh mah∂múd al-álúsí avant de devenir
> l’un des professeurs du collège de théologie al-qádiríya. il mourut en 1900.
> 
> ibn-álúsí, est l’un des cinq fils du célèbre shaykh mah∂múd al-álúsí qui
> mourut en 1854. il n’est pas clair de quel fils il s’agit ici, mais probablement
> de l’un des trois aînés : ‘abdu’lláh, Bahá’ud-dín, ‘abdu’l-Baqí, ou siyyid
> na’mán, Khayru’d-dín.
> 
> siyyid dawúdí est probablement siyyid dawúdí an-naqshbandí al-Khálídí, un
> des oulémas et un shaykh de la branche Khálidíya de la confrérie soufie
> naqshbandí. il mourut en 1882.
> 
> ‘abdu’lláh Páshá était de la famille Bábán, les pachas héréditaires de
> sulaymáníyyih.
> 
> BaGdad - amis eT ennemis 149
> 
> áqá muh∂ammad, Kurde de Perse, était venu à Bagdad pour y ouvrir une
> boutique de kebabs. il n’aimait pas les bábís. sous son influence, les gens du
> bazar, particulièrement les Persans, devinrent assez audacieux pour vouloir
> les maltraiter.
> un jour, un confiseur nommé h∆asan insulta à haute voix quelques-uns des
> compagnons de Bahá’u’lláh qui passaient par là. l’un des bábís du groupe
> revint sur ses pas et frappa violemment h∆asan. le lendemain, áqá
> muh∂ammad interpella ce bábí :
> 
> « Plutôt que de punir toi-même h∆asan tu aurais dû venir me voir pour te
> plaindre, puisque je suis le chef de ce bazar. » sachant très bien que c’était
> áqá muh∂ammad lui-même qui était à l’origine de ces problèmes, le bábí le
> lui dit en face et le battit aussi. fou de rage, le Kurde sauta sur l’estrade de sa
> boutique et hurla que les méchants bábís étaient devenus tellement agressifs
> qu’ils avaient osé le battre. il menaça : « Je vais aller demander justice à leur
> chef. et s’il refuse de m’écouter, je sais ce qu’il me faudra faire. Je prendrai
> les choses en main moi-même. » le jour suivant, alors que Bahá’u’lláh se
> rendait au café, áqá muh∂ammad l’arrêta et se plaignit amèrement des
> actions du jeune bábí. Bahá’u’lláh lui promit qu’il appellerait tous les
> témoins de l’incident pour les interroger. quiconque aurait mal agi serait
> puni. áqá muh∂ammad retourna dans sa boutique, très surpris que
> Bahá’u’lláh lui ait dit que le coupable serait puni, plutôt que de porter le cas
> devant le consul. à cette époque-là, le consul persan était mírzá ibráhím qui
> était parti à Kerbéla. lorsque áqá muh∂ammad courut au consulat pour se
> plaindre, le vice-consul envoya un de ses agents à la maison de Bahá’u’lláh
> pour savoir ce qui s’était passé. on lui répondit clairement que si les
> commerçants du bazar ne cessaient pas de lancer des insultes, ils recevraient
> ce qu’ils méritaient. sans rien dire, et sans parler à Bahá’u’lláh, l’agent
> reparti et le vice-consul fit en sorte que cessa cette histoire. il fit venir áqá
> muh∂ammad et h∆asan, les réprimanda et les emprisonna. quelques jours
> plus tard, les familles des deux hommes vinrent pleurer auprès de
> Bahá’u’lláh car elles n’avaient personne pour s’occuper d’elles.
> 
> Bahá’u’lláh envoya une note au vice-consul qui les libéra. à son retour à
> Bagdad, le consul apprit ce qui s’était passé durant son absence. apprenant la
> conduite insultante des commerçants, il se mit en colère et ordonna de
> remettre en prison les fauteurs de désordre. une inondation avait coupé le
> pont et ils furent poussés dans un quffih (bateau couvert) pour être conduits
> jusqu’au consulat où mírzá ibráhím Khán les rudoya et les emprisonna. après
> quelques jours, leurs familles vinrent de
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> nouveau demander à Bahá’u’lláh d’intervenir et, sur sa demande, les deux
> furent admonestés puis relâchés.
> 
> C’est alors que les quelque 2000 Kurdes d’iran qui vivaient à Bagdad, se
> sentant blessés qu’un de leurs chefs ait subi deux fois punition et détention,
> décidèrent d’exterminer les bábís qui n’étaient à Bagdad, d’après áqá rid∂á,
> qu’une quarantaine, Persans et arabes mélangés. Ces derniers s’assemblèrent
> autour de la maison* de Bahá’u’lláh pour la protéger. lorsque Bahá’u’lláh,
> comme il en avait l’habitude, sortit peu avant le coucher du soleil pour se
> rendre au café, on lui parla de l’intention des Kurdes ; mais il fit comme
> d’habitude et alla d’abord au café de s∆álih∂, situé du côté est du pont, puis
> au café de ‘abdu’lláh situé de l’autre côté du pont et qui était fréquenté par
> des Kurdes et des Persans. il était accompagné de mírzá Javád-i-Khurásání
> avec qui il parlait pendant que quelques bábís marchaient derrière eux. il dit
> à mírzá Javád : « on m’a menacé de mort, mais je ne crains rien, je suis prêt.
> voici ma tête ». il parlait avec tant de véhémence et d’autorité que tous ceux
> qui l’entendirent restèrent muets de stupeur. il entra ensuite dans le café où il
> resta jusqu’à trois heures après le coucher du soleil ; après quoi il rentra chez
> lui et nul n’osa l’approcher. après cet épisode, áqá rid∂á affirme qu’il n’y eut
> plus de désordre ni d’attitude insultante sur la place du marché et que tout fut
> calme.
> 
> Ce fut ensuite un officier supérieur, ‘umar Páshá, qui fut nommé gouverneur
> de Bagdad (voir addenda v). orgueilleux, d’une volonté de fer, il gouverna
> d’une main de fer. C’est lui qui, indifférent aux protestations et aux
> supplications du représentant iranien, contraignit des hordes de Persans
> résidant à Kerbéla à venir jusqu’à Bagdad et à revêtir l’uniforme de l’armée
> ottomane. Beaucoup de ces infortunés durent payer leur liberté d’une grosse
> somme d’argent.
> 
> C’est pendant le gouvernorat de ‘umar Páshá qu’un membre de la famille de
> siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání, nommé mírzá rid∂á, et mírzá ‘alíy-i-nayrízí
> conspirèrent dans le but de nuire à Bahá’u’lláh. sans en référer à ce dernier,
> un ou plusieurs bábís les attaquèrent dans le bazar et mírzá rid∂á mourut sur
> le coup alors que mírzá alí, gravement blessé, parvint à se réfugier dans le
> Seraye, le palais du gouverneur. en découvrant son état, ‘umar Páshá
> demanda, furieux, qui était responsable de cette attaque. apprenant que
> l’auteur de cet assaut sauvage était l’un des membres de la suite de
> Bahá’u’lláh, il ordonna fougueusement de traîner des
> 
> * il s’agit de la maison de sulaymán-i-Ghannám, dans le quartier Karkh de
> Bagdad situé près de la rive occidentale du Tigre.
> 
> BaGdad - amis eT ennemis 151
> 
> carte de bagdad dessinée en 1853-54 par le cdt James F. Jones et par M. W.
> 
> collingwood de la marine indienne. bahá’u’lláh résidait dans le quartier de
> karkh, à gauche du fleuve sur la carte. (tirée de thomas, memoirs by Cdt
> James felix Jones, i.n. )
> 
> dans la Gloire du Père
> canons jusqu’à la résidence de Bahá’u’lláh, mais on lui expliqua que c’était
> impossible. il ordonna alors qu’on lui amène Bahá’u’lláh en personne. siyyid
> dáwúdí qui était présent, intervint : « votre honneur, vous devez savoir qu’il
> ne ne peut être question d’ordonner à l’un de ses serviteurs de se présenter,
> encore moins de lui commander de venir ici en personne ! » en entendant ces
> mots exprimés sans ambages comme un fait évident par un membre éminent
> de la hiérarchie sunnnite, ‘umar Páshá se tut puis envoya mírzá ‘alí à la
> maison de Bahá’u’lláh pour lui demander justice.
> 
> Comme nous l’avons signalé, Bahá’u’lláh n’avait que quelques douzaines de
> bábís avec lui mais son autorité spirituelle et son influence étaient si vastes
> que tous ceux qui se sentaient blessés ou opprimés se pressaient à sa porte,
> demandant son aide et son intercession. áqá rid∂á parle d’un certain yúsuf
> Khán qui, Bahá’u’lláh ayant réparé une injustice dont il était victime,
> proclamait haut et fort qu’il était bábí depuis 1250… dix ans avant la
> déclaration du Báb !
> 
> mullá muh∂ammad-i-zarandí, plus tard nommé nabíl-i-a’z∂am, qui allait
> devenir le grand chroniqueur et historien de la religion bábíe-bahá’íe, et qui
> avait avancé quelques prétentions à être celui qu’on attendait, arriva à
> Bagdad alors que Bahá’u’lláh était encore à sulaymáníyyih. il reconnaît lui-
> même qu’il croyait encore que mírzá yah∂yá était un homme d’importance
> et il chercha à le rencontrer.
> 
> mírzá músá, áqáy-i-Kalím, que nabíl rencontra sur le pont, l’emmena chez
> lui (la maison de ‘alí madad) pour y rencontrer la Plus-Grande-Branche qui
> n’avait alors que dix ans. mírzá músá lui apprit que mírzá yah∂yá ne
> rencontrait personne, ce qui fut confirmé par un message de yah∂yá à nabíl
> lui demandant de quitter Bagdad et de se réfugier à Kerbéla où séjournait
> siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání.
> 
> à Kerbéla, nabíl, observant le comportement désordonné de siyyid
> muh∂ammad et ses plaisanteries enfantines, décida de les mettre par écrit. il
> était malheureux. il avait osé prétendre être le chef car il n’avait pas trouvé
> en mírzá yah∂yá le « berger » d’un troupeau abattu et estropié. il est très
> émouvant lorsqu’il décrit son odyssée spirituelle : comment Bahá’u’lláh
> revint de sulaymáníyyih, comment il parvint en sa présence, comment il
> trouva en lui tout ce qu’il désirait, comment il fit pénitence à sa porte,
> comment en voyant áqá muh∂ammad-i-ibráhím-i-amír-i-nayrízí (voir
> addenda v) balayer la rue, il lui prit le balai des
> 
> BaGdad - amis eT ennemis 153
> 
> mains pour faire de même tel un humble pénitent, comment il pratiqua
> cérémo-nieusement des ablutions dans le Tigre qui symbolisèrent sa pureté
> retrouvée, comment il se débarrassa des vêtements d’un aspirant à la
> prêtrise. après cette renaissance nabíl composa un poème limpide que
> Bahá’u’lláh accepta avec grâce et amour en assurant nabíl que ce poème
> mettait le sceau final à un passé complètement racheté. mullá muh∂ammad-i-
> zarandí était enfin en paix avec lui-même et avec le monde. en apprenant que
> mullá muh∂ammad qu’il honorerait un jour du titre de nabíl-i-a’z∂am avait
> balayé la rue devant sa porte, Bahá’u’lláh reprocha gentiment à son serviteur
> de l’avoir laissé faire et ajouta : « Ce geste me rend honteux ». et lorsqu’on
> répéta ce mot à nabíl il se souvint des vers célèbres du poète sa’dí qui
> méditait sur un verset du Coran3 :
> 
> vois la générosité et la bonté du seigneur :
> 
> au serviteur le péché, à lui la honte.
> 
> áqá muh∂ammad-Karím, un des premiers croyants de Chiraz qui avait été en
> la présence du Báb et connaissait ses pouvoirs était une autre de ces âmes
> égarées qui avait échoué en irak. nabíl le trouva et le conduisit en présence
> de Bahá’u’lláh. il reçut lui aussi ce après quoi tout son être languissait : la
> certitude que la Cause de dieu n’était pas perdue mais placée dans des mains
> sûres.
> 
> h∆ájí muh∂ammad-Taqí de nayríz qui avait été héroïque sous la bannière de
> l’incomparable érudit vahíd et qui avait énormément souffert, était lui aussi
> parmi les premiers croyants venus en irak chercher réconfort et asile ; il
> trouva les deux en la présence de Bahá’u’lláh. l’histoire de h∆ájí
> muh∂ammad-Taqí que Bahá’u’lláh honora plus tard du nom de ayyúb (Job)
> est à la fois émouvante et inspirante. il survécut à l’holocauste de nayríz pour
> tomber dans les griffes de zayn’ul-’ábidín Khán, le sadique et cupide
> gouverneur de cette ville qui s’était copieusement acca-paré les propriétés du
> riche h∆ájí. Chaque jour, en présence du gouverneur qui se moquait de lui, il
> était plongé dans un bassin d’eau glacée, frappé sur la tête chaque fois qu’il
> refaisait surface, puis retiré de l’eau il était fouetté jusqu’au sang pendant
> que le gouverneur riait d’un plaisir évident. en réponse aux moqueries de
> zaynu’l-’ábidín Khán, h∆ájí muh∂ammad-Taqí louait dieu de lui permettre
> de souffrir en son sentier. enfin le gouverneur, fatigué de ses plaisirs
> sataniques, décida
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> de se débarrasser du h∆ájí. mais ses hommes craignaient dieu plus que lui,
> ils laissèrent h∆ájí muh∂ammad-Taqí s’évader en lui disant de partir le plus
> vite et le plus loin possible afin que leur maître ne découvre pas qu’il était
> encore en vie.
> 
> h∆ájí muh∂ammad-Taqí fut abandonné, couvert de blessures, dans le désert.
> avec cette patience superbe qui allait lui gagner le titre de ayyúb de la part de
> la Plume sublime, il réussit à atteindre un village voisin dont le chef était de
> ses amis. Cet homme excellent abrita le h∆ájí pendant un mois, le cachant de
> tous et le soignant.
> 
> mais h∆ájí muh∂ammad-Taqí savait qu’il devait rapidement mettre de la
> distance entre lui et la ville de nayríz. dès qu’il put marcher il quitta le brave
> chef du village et rejoignit une caravane qui se dirigeait vers les cités saintes
> d’irak.
> 
> Beaucoup de pèlerins suivaient à pied cette caravane et h∆ájí muh∂ammad-
> Taqí décida de les accompagner malgré la faiblesse occasionnée par ses
> récentes épreuves. mais d’une tente émergea un homme à l’évidence bien
> équipé pour ce long voyage qui, après avoir bien regardé h∆ájí muh∂ammad-
> Taqí le pria d’être son hôte jusqu’à Kerbéla. « Cette nuit, dans un rêve, le
> prince des martyrs lui-même m’ordonna de t’inviter » lui dit-il. et c’est de
> cette manière miraculeuse que h∆ájí muh∂ammad-Taqí atteint la présence de
> Bahá’u’lláh qui révélera pour lui la lawh∂-
> 
> i-ayyúb ( Épître à Job) qui immortalisera son nom.
> une autre personne qui avait prétendu à l’autorité spirituelle et qui se
> présenta en pénitent à la porte de Bahá’u’lláh fut h∆ájí mírzá músá de qom.
> il était aussi un des premiers croyants et s’était détourné de mírzá yah∂yá qui
> l’avait profondément déçu. Constatant qu’il était lui-même plus compétent et
> plus accompli, plus courageux et plus indépendant que mírzá yah∂yá, et
> voyant, désespéré, le triste sort de la communauté du Báb qui avait eu une si
> bonne renommée, il tenta d’assumer l’autorité du groupe mais, en
> découvrant la réputation de Bahá’u’lláh, il fut très vite conscient de sa
> grossière erreur, vint en hâte à Bagdad où il posa le front sur le porche du
> vrai sauveur. il était si pur et si dépourvu d’égoïsme que Bahá’u’lláh
> remarqua que si le h∆ájí avait insisté dans sa prétention « nous l’aurions tous
> accepté ». en signe de pénitence, h∆ájí mírzá músá décida de jeûner jusqu’à
> la mort mais Bahá’u’lláh l’en empêcha. h∆ájí mírzá músá resta à Bagdad où
> il mourut trois jours après le départ de Bahá’u’lláh pour istanbul.
> 
> le dernier prétendant, mais pas le moindre, dont nous aimerions parler est
> h∆ájí mullá háshim qui avait été un religieux chiite à l’autorité considérable.
> lui aussi,
> 
> BaGdad - amis eT ennemis 155
> 
> ayant réalisé dans quelle erreur il s’était fourvoyé, se tourna vers Bahá’u’lláh
> pour être pardonné et réhabilité et en fut grandement récompensé.
> 
> nous ayant conté dans sa chronique passionnante l’histoire de ces disciples
> dévoués et de ces amis fidèles, nabíl-i-a’z∂am nous apprend qu’ayant
> séjourné trois mois à Bagdad il fut envoyé par Bahá’u’lláh enseigner la foi à
> qazvín. nabíl écrit : « ‘áqá muh∂ammad-ibráhím-i-amír me rattrapa en
> sortant des portes de Bagdad et voulut me donner, de la part de la Perfection
> bénie, l’argent équivalent aux dépenses de mon voyage afin que je loue une
> monture et rejoigne une caravane. Je dis à amír que la première fois que
> j’atteignis la sainte présence, il m’avait gracieusement accordé des moyens
> de vivre suffisants pour que je ne connaisse plus le manque. et je demandais
> à amír de le supplier au seuil de sa bonté de garder en sécurité ce qu’il
> m’avait donné par-dessus tout… pourtant, à l’insistance d’amír, je pris une
> partie de l’argent qu’il avait apporté et lui dit adieu. à chaque instant une
> nouvelle porte s’ouvrait devant moi. on aurait dit que j’avais des ailes pour
> m’envoler au ciel du Bien-aimé. Je ne ressentais pas le besoin d’avoir un
> compagnon de route et les bandits de grand chemin ne m’effrayaient pas. »
> C’est ainsi qu’il décrit avec précision l’état d’ivresse extatique dans lequel il
> voyagea jusqu’à qazvín, au-delà des hauts sommets et des plaines de l’iran
> occidental. il se reposait, dit-il, durant le jour et commençait à marcher deux
> heures après le coucher du soleil. à Kirmansháh il rencontra mïrzá
> ‘abdu’lláh-i-Ghawghá qui avait aussi, semblait-il, avancé quelque prétention
> car, indique nabíl, darvish s∆idq-’alí (voir adddenda v) était près de lui et le
> servait. mais siyyid mihdíy-i-dahíjí affirme dans son ouvrage risálih que
> mírzá ‘abdu’llláh-i-Ghawghá n’a jamais lancé une telle prétention.
> 
> nabíl revint à Bagdad où Bahá’u’lláh lui demanda d’examiner un manuscrit
> du qayyúmu’l-asmá’, copié par áqá siyyid ismá’íl, afin de s’assurer qu’il n’y
> avait pas de fautes. siyyid ismá’íl était venu d’iran plein d’espoir et avait
> atteint la présence de Bahá’u’lláh. il trouva tout ce qu’il espérait, tout ce
> qu’il désirait. C’était un noble, un érudit et un maître calligraphe. on le
> connaît aussi sous le nom de dhabíh∂, à ne pas confondre avec h∆ájí
> muh∂ammad-ismá’íl-i-dhabíh∂-i-Káshání, le frère de h∆ájí mírzá Jání. nabíl
> dit que cela leur prit dix-huit jours. leur tâche terminée, nabíl demanda à
> siyyid ismá’íl de lui parler de son expérience. il savait que le siyyid sortait
> chaque nuit vers minuit et, avec son turban, balayait la rue
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> devant la maison de Bahá’u’lláh, rassemblait la poussière dans son ‘abá et
> allait les jeter dans le Tigre. il disait que cette poussière avait été sanctifiée
> par les pas de Bahá’u’lláh et que rien d’impur ne devait y toucher. à la
> demande de nabíl, siyyid ismá’íl répondit avec précision et abondance,
> tandis que ses yeux s’emplissaient de larmes : « Je ne peux décrire ce que
> j’ai vu. Je lui avais demandé de me nourrir spirituellement, il m’avait
> répondu que cela m’avait été accordé ; ensuite, portes après portes se sont
> ouvertes à mon cœur et mon âme a découvert des pensées qui ne sont pas de
> ce monde. une nuit, depuis son bírúní, sa personne bénie demanda une
> chandelle pour lire un papier et moi, comme d’habitude éperdu
> d'émerveillement devant la chance que j’avais, je pensais soudain : « est-ce
> possible que ce visage dont la vue était l’espoir des messagers de dieu puisse
> se dévoiler dans un temple humain ? » et cette pensée n’avait pas plutôt
> traversé mon esprit que sa voix bénie m’appelait : « áqá siyyid ismá’íl,
> regarde ! » et lorsque je contemplais sa face bénie, je vis ce que nul mot ne
> peut décrire. Je ne peux dire qu’une chose : c’était comme si des centaines
> de milliers d’océans, vastes et baignés de soleil, s’agitaient sur cette face
> bénie. Je ne sais pas ce qui se passa ensuite. Ce que je peux te dire c’est : «
> ne demande jamais cela, sois content de ce qui t’est donné, répète toujours, «
> ô dieu, fais que tout finisse bien pour nous ! » et prie pour que tout finisse
> bien pour moi. »
> 
> l’incident dont siyyid ismá’íl avait parlé à nabíl s’était passé de la manière
> suivante. un jour que Bahá’u’lláh était l’hôte de áqá muh∂ammad-ridáy-i-
> aríd∂, on avait disposé devant lui des plats de fruits et de douceurs. siyyid
> ismá’íl était présent et lorsque Bahá’u’lláh lui donna quelques confiseries il
> exprima son désir de recevoir aussi de la nourriture spirituelle, à quoi
> Bahá’u’lláh répondit : « on te l’a déjà donné. »
> 
> siyyid ismá’íl fut enflammé d’amour pour Bahá’u’lláh comme en témoignent
> les poèmes imprégnés d’amour fou qu’il écrivit 4 :
> 
> entendez-moi
> 
> Je redis, et le disant je brûle :
> 
> « a-t-on jamais vu fleurs foisonner dans le feu ? »
> 
> Je l’affirme, et le disant je brûle.
> 
> déchire les voiles
> 
> apporte les moyens
> 
> BaGdad - amis eT ennemis 157
> 
> exhale le souffle de l’amour,
> 
> Je l’affirme, et le disant je brûle.
> 
> Contemple le jardin du seigneur,
> le pays divin
> 
> Tout en lui atteint au néant.
> 
> Je l’affirme, et le disant je brûle.
> 
> il suffit, ainsi meurent mes paroles :
> 
> « il a enflammé mon âme
> 
> Je répandrai ma vie en son sentier. »
> 
> Je l’affirme, et le disant je brûle.
> 
> C’est à la suite de cet incident que l’on vit siyyid ismá’íl balayer le porche
> de la maison de Bahá’u’lláh avant le lever du soleil. un jour, tôt le matin, on
> le vit quitter Bagdad et se diriger vers Káz∂imayn. arrivé là, il s’assit et, se
> tournant en direction de la maison de Bahá’u’lláh et des mausolées du
> septième et du neuvième imáms, il se coupa la gorge et mourut. C’est par cet
> acte qu’il devint connu sous le nom de dhabíh∂ : sacrifice. et la plume de
> Bahá’u’lláh le glorifia en l’appelant « le bien-aimé et la fierté des martyrs ».
> 
> les gardes des portes de la ville qui l’avaient vu partir, surpris de le voir
> disparaître si vite firent des recherches et le trouvèrent mort, un rasoir à la
> main. ils en informèrent le consul persan et portèrent le corps jusqu’au
> Seraye d’où il fut porté jusqu’à Káz∂imayn et enterré dans le Tall-i-ah∂mar
> (le mont rouge).*
> 
> enfin, il y avait h∆ájí h∆asan-i-Turk. il s’était trouvé en présence de
> Bahá’u’lláh d’abord à Káz∂imayn puis, plusieurs fois à Bagdad. alors une
> vie nouvelle s’était manifestée en lui. Bien que sans instruction, il
> commença à composer un commentaire sur le texte du Báb, le qayyúmu’l-
> asmá. mais la plupart du temps, il ne disait pas un mot. lorsqu’en présence
> de Bahá’u’lláh quelqu’un fit une remarque sur ce silence, ce dernier dit que
> le moment viendrait bientôt où ce serait au h∆ájí de parler. un jour, équipé
> d’un poignard, h∆ájí h∆asan vint en présence de Bahá’u’lláh et
> 
> * le sacrifice de siyyid ismá’íl eut lieu pendant le terme de dabíru’l-mulk
> comme consul de Perse qui dura un an à partir du 8
> juin 1859. il avait succédé à mírzá ibráhím Khán qui mourut le 28 décembre
> 1858 (dates tirées des archives du consulat britannique, fo 195 577 et 624).
> les deux hommes avaient des sentiments amicaux envers Bahá’u’lláh et ses
> compagnons.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> lui demanda la permission de se tenir sur le pont et de proclamer à tous la
> cause de dieu. fermement, mais gentiment, Bahá’u’lláh lui répondit : « h∆ájí,
> range ton poignard. on doit offrir la cause de dieu par amitié et avec amour
> aux âmes qui sont prêtes à la recevoir. elle n’a pas besoin de dagues ou
> d’épées. »
> 
> bagdad - les dernières années
> 
> la conduite d’un jeune étudiant en théologie, converti à la religion du Báb,
> provoqua une nouvelle crise dans les affaires de la communauté bábíe.
> 
> mullá Báqir était ls de l’imám-Jum’ih de qumshíh dans les environs
> d’ispahan. son père l’envoya à najaf y étudier la théologie. C’est là, au cœur
> du monde chiite, qu’il devint pleinement conscient de l’avènement du Báb et
> qu’il rencontra l’illustre nabíl-i-akbar, mullá muh∂ammad (ou áqá
> muh∂ammad) de qá’ín. Ce nabíl avait été l’un des étudiants les plus
> remarquables et les plus érudits du célèbre shaykh murtid∂áy-i-ansárí, le
> plus grand mujtahid chiite de son époque (voir addenda v), et il en avait reçu
> un certi cat d’ijtihád. ses discussions avec áqá muh∂ammad-i-qá’ín
> conduisirent mullá Báqir à épouser avec zèle la religion du Báb. il atteint
> plus tard la présence de Bahá’u’lláh à Bagdad et fut con r-mé dans sa foi. ses
> déboires vinrent de sa fréquentation d’un jeune shaykhí, un disciple de h∆ájí
> muh∂ammad-Karím Khán-i-Kirmání, qui était implacablement opposé à la
> religion du Báb et qui ne cessait d’insulter le Báb et les bábís quand mullá
> Báqir pouvait l’entendre. Ce dernier tenta de persuader le jeune shaykhí
> d’abandonner cette détestable habitude mais en vain et le shaykhí continuait
> à être grossier, excessif, agressif. Jusqu’au jour où mullá Báqir ne put plus
> supporter ce langage ordurier. il t part à ses coreligionnaires de son désir de
> plus en plus grand d’in iger quelque blessure à son tourmenteur. ils
> essayèrent sans succès de le retenir.
> 
> un jour de marché, mullá Báqir attaqua le jeune shaykhí avec un cimeterre.
> on s’interposa, on arrêta mullá Báqir et on l’emmena chez le consul persan
> qui lui conseilla de quitter Bagdad. Cette nuit-là, il prit la route de la Perse.
> mais la malchance le poursuivait. à hamadán il rencontra de nouveau le
> même jeune homme têtu et grossier, qui avait récupéré de ses blessures et
> qui s’empressa de le dénoncer au gouverneur. mullá Báqir fut arrêté et
> fouillé. on trouva sur lui une épître de Bahá’u’lláh qui le réprimandait pour
> son impulsivité.
> 
> le gouverneur d’hamadán décida que mullá Báqir, ayant désobéi à son
> maître,
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> méritait d’être emprisonné. on le jeta en prison et lorsqu’il nit par en sortir, il
> reprit la route vers Bagdad. mais Bahá’u’lláh ne l’accueillit pas de la même
> manière que précédemment. son attaque du jeune shaykhí avait eu des
> répercussions pré-judiciables à la communauté bábíe, et notamment
> l’arrestation d’áqá ‘abdu’r-rasúl et de son frère. Bahá’u’lláh demanda à la
> majorité des bábís de quitter Bagdad.
> 
> Puis, en juillet 1860, mírzá Buzurg Khán-i-qazvíní, le nouveau consul
> persan, entra en scène. C’était un homme important, ancien consul
> d’erzeroum. avant son arrivée des bruits avaient couru affirmant qu’il venait
> ici pour mettre un terme, une bonne fois pour toutes, aux désordres
> provoqués par les bábís. Pour montrer à quel point il était éminent et
> distingué, mírzá Buzurg Khán se pavanait à cheval et faisait le paon en
> public, suivit par un grand nombre de brigands qu’il avait amenés avec lui.
> 
> mírzá Buzurg Khán joignit ses forces à celles de shaykh ‘abdu’l-h∆usayn-i-
> 
> ∏ihrání, shaykhu’l-’iráqayn (voir addenda v), un ennemi implacable de
> Bahá’u’lláh, qui était déjà en irak depuis deux ans. il avait été chargé par
> nás∂iri’d-dín de superviser la restauration plus que nécessaire des Tombeaux
> sacrés.
> 
> le nouveau consul persan t transmettre aux autorités ottomanes un curieux
> message informant qu’il avait l’intention d’arrêter un certain nombre de
> gredins qui s’étaient enfuis d’iran. mus∂t∂afá núrí Páshá, le vali (voir
> addenda v) qui était arrivé en mars 1860, quelques mois avant le consul, était
> un homme juste et il avait entendu ‘abdu’lláh Páshá de sulaymáníyyih parler
> très favorablement de Bahá’u’lláh. il connaissait très bien la vraie mission de
> mírzá Buzurg Khán mais prétendit l’ignorer et dit au consul de procéder à
> ses arrestations. Ce dernier répondit que pour y arriver il aurait besoin de
> l’aide du gouvernement. le vali exprima sa surprise de voir le consul persan
> demander tant de renforts pour arrêter quelques hommes. mírzá Buzurg
> Khán fut alors obligé de dévoiler l’identité des Persans qu’il voulait arrêter.
> mus∂t∂afá núrí Páshá fut encore plus surpris d’entendre parler en termes si
> vulgaires de personnes que tous à Bagdad, grands et petits, tenaient en haute
> estime. il refusa donc toute participation à l’infâme projet de mírzá Buzurg
> Khán qui répliqua maladroitement : « mais ce sont des ennemis de notre
> religion et de la vôtre ! » à quoi le vali répondit sèchement « alors nous ne
> suivons pas la même religion. »
> 
> BaGdad - les dernières années 161
> 
> nabíl écrit que Bahá’u’lláh envoyait régulièrement áqáy-i-Kalím rendre
> visite à mírzá Buzurg Khán. un jour ce consul méprisable af rma avec
> hauteur à mírzá áqáy-i-Kalím qu’il pourrait faire ce qu’il voudrait de
> Bahá’u’lláh. áqáy-i-Kalím lui répondit : « Pourquoi croyez-vous que je
> vienne de temps en temps vous rendre visite ? Pour vous demander un poste
> ? un emploi ? une subvention ? Je ne viens que pour vous montrer nos
> intentions amicales. Par dieu ! si ses faveurs envers vous cessaient, ces
> mêmes hommes qui vous entourent vous détruiraient sans aucun doute ! »
> áqáy-i-Kalím poursuivit en détaillant toutes les intrigues et les mauvais
> coups du consul avec une telle précision que ce dernier ne put que répondre :
> « Ce qui est fait est fait. qu’il [Bahá’u’lláh] continue à me considérer avec
> faveur dans le futur et je serai à son service. » malheureusement, comme
> l’indique nabíl, mírzá Buzurg Khán était incorrigible et il ne cessa jamais de
> conspirer avec shaykh ‘abdu’l-h∆usayn.
> dans ses machinations le consul alla jusqu’à offrir une forte récompense à un
> brigand nommé rid∂á Turk a n qu’il trouve Bahá’u’lláh et le tue. Cette brute
> sans peur et prête à tout pour de l’argent raconta plus tard qu’il avait attendu
> une occasion pour accomplir le vœu du consul. un jour, sachant que
> Bahá’u’lláh allait aux bains, il profita de l’absence de son serviteur, áqá
> muh∂ammad-ibráhím-i-amír, parti faire quelque emplette, pour s’introduire
> dans les bains. mais, comme il le confessa lui-même, lorsqu’il se trouva en
> présence de Bahá’u’lláh, il fut frappé de stupeur et de remords à tel point
> qu’il tourna les talons et s’enfuit.
> 
> alors mírzá Buzurg Khán commença une campagne dans le but d’éloigner
> Bahá’u’lláh de Bagdad. le sagace h∆ájí mírzá h∆usayn Khán, le mushíru’d-
> dawlih, ambassadeur de Perse à istanbul, écrivit à mírzá sa'dí Khán, ministre
> des affaires étrangères de Téhéran (voir addenda v pour les deux hommes)
> que l’ardeur du consul dans cette entreprise n’était pas due à son zèle au
> service de son pays mais avait d’autres motivations. il voulait épouser la lle
> de h∆ájí mírzá hádíy-i-Javáhirí pour son argent et pensait que Bahá’u’lláh
> lui barrait la route. mírzá sa’íd Khán répondit qu’il était au courant de ce fait
> mais que néanmoins il importait que Bahá’u’lláh soit éloigné des frontières
> de la Perse.
> 
> quant à shaykh ‘abdu’l-h∆usayn, c’est un mélange de pur fanatisme et
> d’ambition innée pour toujours plus de célébrité et de réputation qui l’incita
> à fomenter tout ce qu’il put contre Bahá’u’lláh. des dizaines d’années plus
> tard, fád∂il-i-
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> ∏ihrání, petit- ls de cet ennemi invétéré de Bahá’u’lláh, embrassa
> ardemment la cause que, dans son égarement, son grand-père avait tellement
> haïe. il devint célèbre comme enseignant et propagateur de la cause de
> Bahá’u’lláh.
> 
> avant sa nomination comme gouverneur de l’irak, le válí de Bagdad,
> mus∂t∂afá núrí Páshá avait été très proche du sultan ‘abdu’l-majíd. il avait
> pu ainsi s’arranger pour faire renvoyer de son poste à la cour du sultan un
> certain rid∂á Páshá qui, plus tard, retrouva faveurs et nouveau poste. une fois
> bien réinstallé, rid∂á Páshá commença à comploter pour se venger. il t
> envoyer à Bagdad un conseiller militaire nommé ah∂mad TowfíqPáshá avec
> instruction d’accumuler des charges contre mus∂t∂afá núrí Páshá pour
> obtenir sa destitution. on lui promit en récompense de devenir gouverneur à
> son tour. ainsi motivé, ah∂mad Páshá gagna peu à peu la con ance de
> quelques notables de Bagdad qui, connaissant son étroite amitié avec rid∂á
> Páshá et la grande in uence de ce dernier parmi les proches du sultan
> 
> ‘abdu’l-majíd, se prêtèrent à son dessein. on prépara secrètement une liste
> d’accusations de concussion et de corruption qui fut signée par quelques-uns
> des notables et envoyée à istanbul. dès réception du document, rid∂á Páshá
> envoya un télégramme à Bagdad, annonçant la destitution de mus∂t∂afá núrí
> Páshá et sa mise aux arrêts dans sa résidence en attendant qu’il soit
> interrogé.
> 
> ah∂mad Páshá le militaire fut nommé gouverneur en mars 1861 (il fut con
> rmé un peu plus tard) et plaça des sentinelles autour de la résidence du
> pauvre mus∂t∂afá núrí Páshá, empêchant toute relation avec l’extérieur.
> ‘abdu’lláh Páshá de sulaymáníyyih, ami personnel du vali déchu, fut lui-
> même empêché de le rencontrer. se sentant aussi en danger et menacé, il ne
> sut vers qui se tourner sinon vers Bahá’u’lláh qui le reçut gracieusement et
> gentiment, lui conseillant de ne pas se désoler : « va dire au vali de placer sa
> con ance en dieu et de répéter chaque jour, dix-neuf fois ces deux versets : «
> à qui met sa con ance en dieu, dieu suf t » et
> 
> « qui craint dieu, dieu le soulage ». ‘abdu’lláh Páshá dit que nul ne pouvait
> visiter le vali mais Bahá’u’lláh lui conseilla de faire directement appel à
> ah∂mad Páshá : « quand il te verra faire appel à lui comme il convient, il
> t’accordera la permission de voir ton ami. » ‘abdu’lláh Páshá suivit ce
> conseil. ah∂mad Páshá, très impressionné par sa délité, lui permit de visiter
> le vali déchu autant qu’il voudrait. ainsi ‘abdu’lláh Páshá put rendre visite à
> mus∂t∂afá núrí Páshá et lui transmettre le message de Bahá’u’lláh. Très peu
> de jours après, le 14 août 1861, arri-
> 
> BaGdad - les dernières années 163
> va la nouvelle de la mort du sultan ‘abdu’l-majíd et l’accession au trône du
> sultan
> 
> ‘abdu’l-’azíz qui fut suivie par la deuxième expulsion de la cour de rid∂á
> Páshá et la réception d’un télégramme réinstallant mus∂t∂afá núrí Páshá.
> C’était maintenant au tour de ah∂mad Páshá de demander de l’aide en
> rappelant à ‘abdu’lláh Páshá qu’il avait accepté sa requête et qu’à son tour il
> devait intervenir pour le protéger de la colère du vali. le Pacha de
> sulaymáníyyih accepta volontiers d’organiser avec le vali une rencontre qui
> permit la réconciliation des deux hommes. Peu après, le beau-frère du vali
> arriva d’istanbul avec les pleins pouvoirs pour enquêter. la complète
> innocence de mus∂t∂afá núrí Páshá fut prouvée à l’étonnement de tous et il
> revint à ‘abdu’lláh Páshá de leur apprendre à qui le gouverneur devait être
> reconnaissant pour sa délivrance.
> 
> mus∂t∂afá núrí Páshá qui avait été sauvé de la disgrâce par Bahá’u’lláh lui
> resta dévoué jusqu’à la n de sa vie, bien qu’à Bagdad il n’ait pu le
> rencontrer. lorsque Bahá’u’lláh arriva à Constantinople en 1863, mus∂t∂afá
> núrí Páshá y était aussi.
> 
> oubliant toute retenue il vint présenter ses respects à Bahá’u’lláh qui envoya
> la Plus-Grande-Branche et áqáy-i-Kalím rencontrer le pacha. mus∂t∂afá núrí
> Páshá vint lui-même plusieurs fois et le désir de son cœur fut exaucé.
> 
> quant à ‘abdu’lláh Páshá de sulaymáníyyih, qui avait toujours été un ami
> dèle de Bahá’u’lláh, il fut con rmé dans sa foi en lisant les sept vallées. il
> reçut le gouvernorat de ván, qu’il accepta à contre-cœur puisque cela signi
> ait être séparé de Bahá’u’lláh. Plus tard il tenta sans succès de le rejoindre à
> andrinople.
> 
> en 1304 de l’hégire (1886-7) il vint à Beyrouth pour se soigner et trépassa
> dans cette ville.
> 
> deux riches Persans distingués, résidant à Bagdad, furent si attirés par
> Bahá’u’lláh que non seulement ils épousèrent la cause du Báb mais que dans
> leurs testaments ils demandèrent à Bahá’u’lláh de régler leur héritage. l’un
> était h∆ájí mírzá hádíy-i-Javáhirí et l’autre h∆ájí háshim-i-’at∂t∂ár. le ls de
> h∆ájí mírzá hádí, mírzá músá faisait depuis des années le désespoir de son
> père qui avait des raisons de craindre pour son avenir. C’est la
> transformation de mírzá músá à travers son attachement à Bahá’u’lláh qui
> poussa le père à suivre le chemin du ls et à rédiger son testament comme il le
> t. nabíl dit qu’en apprenant ce que rent ces deux Persans connus, shaykh
> ‘abdu’l-h∆usayn et mírzá Buzurg Khán devinrent si furieux qu’ils
> recommencèrent à comploter contre Bahá’u’lláh mais, comme déjà
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> noté, le mushíru’d-dawlih était assez intelligent pour deviner les motivations
> du consul.
> 
> h∆ájí háshim-i-’at∂t∂ár décida d’organiser une fête en honneur de
> Bahá’u’lláh.
> 
> nabíl rapporte qu’elle était si splendide que les Bagdadis af rmaient n’en
> avoir jamais vu de pareille, ce qui fut mentionné devant nás∂iri’d-dín sháh et
> le sultan de Turquie. le jour de la fête, h∆ájí háshim lui-même, en dépit de
> son âge avancé, resta continuellement debout à servir. lorsque tout fut ni, très
> honoré d’avoir été en présence de Bahá’u’lláh, il eut le sentiment de n’avoir
> plus de raison de vivre et, peu après, mourut. en dépit des clauses de son
> testament, ses gendres qui s’étaient alliés avec des gredins commencèrent à
> piller son héritage. quelques hommes intègres de Bagdad vinrent demander à
> Bahá’u’lláh d’intervenir puisque tout le monde connaissait les termes du
> testament de h∆ájí háshim. mais Bahá’u’lláh répondit : « Ce qui nous
> appartenait était la personne bénie du hájí qui a maintenant quitté ce monde.
> quant à sa fortune, que ceux qui entassent les richesses de ce monde s’en
> occupent. » mais lorsque ces mêmes gendres commencèrent à voler la veuve
> et les enfants mineurs du h∆ájí, Bahá’u’lláh intervint, t appeler quelques-uns
> de ceux qui agissaient si injustement et leur conseilla de changer leurs
> manières de faire. ils se soumirent à son autorité. la part des jeunes fut
> séparée du reste et donnée à leur mère, ensuite Bahá’u’lláh nomma une
> personne de con ance pour prendre soin de leur héritage et le faire fructi er
> pour eux.
> de même, dans le cas de l’héritage de h∆ájí mírzá hádíy-i-Javáhirí,
> Bahá’u’lláh t le nécessaire pour que personne ne soit traité avec injustice. il
> demanda à la Plus-Grande-Branche et à áqáy-i-Kalím de s’en occuper. nabíl
> indique que le dixième* de ce que h∆ájí mírzá hádí avait laissé se montait à
> 30 000 túmáns, une somme importante à cette époque, et que Bahá’u’lláh
> avait annoncé son intention en ces termes : « Je donnerai ces 30 000 túmáns
> à mírzá músá, le ls de h∆ájí mírzá hádí, a n qu’il reste en paix avec ses sœurs
> ».
> 
> nabíl insiste sur le fait que ces preuves accumulées de l’autorité de
> Bahá’u’lláh étaient exaspérantes pour shaykh ‘abdu’l-h∆usayn qui, bien que
> mujtahid, investi d’honneurs et de pouvoirs spéciaux par nás∂iri’d-dín sháh,
> n’avait pas la moitié de cette autorité. il préférait fanfaronner : « J’ai fait un
> rêve, disait-il, dans lequel je me tenais debout, sous un dôme, en compagnie
> du chah. au-dessus de sa tête se
> 
> * le dixième (ushr) était la part traditionnellement donnée à l’exécuteur d’un
> testament.
> 
> BaGdad - les dernières années 165
> 
> balançait une feuille sur laquelle étaient écrit en lettres latines quelques
> versets du coran. il semblait que ce fut l’œuvre des bábís. le chah, voyant
> cette feuille, me con rmait que les bábís étaient bien les auteurs de cet
> outrage, mais, m’af rmait-t-il, attends un peu. Bientôt je détruirai ce peuple
> avec l’épée que je porte. » un autre jour, le shaykh relata un autre de ces
> rêves inventés : « Je rêvais que j’étais à cheval, avec plusieurs autres
> personnes, en route pour Téhéran. un des bábís de Bagdad me rattrapa près
> de Khániqayn. il portait une bouteille pleine de sang dont il m’aspergea. Ce
> qui veut dire, interprétait-il, que mes efforts pour détruire ces gens recevront
> l’approbation royale, je serai appelé à Téhéran, mais les bábís m’as-
> sassineront. Ce meurtre rendra furieux le gouvernement et le peuple persan
> qui s’uniront alors pour les éliminer complètement. »
> 
> un proche de shaykh ‘abdu’l-h∆usayn fréquentait la demeure de Bahá’u’lláh
> dans le vain espoir d’y découvrir le secret de l’élixir tant recherché par les
> alchi-mistes. il rapporta ces rêves à Bahá’u’lláh qui, en souriant, répliqua
> que le premier rêve du shaykh indiquait que la source de la révélation du
> Báb était la même que celle du coran, mais renouvelée. quant au second
> rêve, shaykh ‘abdu’l-h∆usayn pouvait être rassuré car aucun bábís ne
> l’assassinerait et il ne serait jamais rappelé pour recevoir plus d’honneurs.
> l’homme répéta au shaykh ce qu’il avait entendu, lui conseilla d’abandonner
> ces extravagances, de rechercher plutôt à rencontrer Bahá’u’lláh pour juger
> par lui-même de la réalité des pouvoirs, de la beauté des paroles et de
> l’élégance du maintien du chef de la communauté bábíe. shaykh
> 
> ‘abdu’l-h∆usayn sembla avoir aimé la suggestion et Bahá’u’lláh accepta de
> le recevoir. mais au dernier moment, le shaykh ne vint pas et continua ses
> intrigues.
> 
> mírzá Buzurg Khán était désappointé par le manque de succès de ses efforts
> pour obtenir la coopération du vali contre les bábís et il entreprit de chercher
> des fêlures dans l’armure d’intégrité qui entourait Bahá’u’lláh a n de pouvoir
> le blesser sérieusement. n’en trouvant pas, sa déception fut grande.
> Conscients de la haine et de l’hostilité du consul persan les amis de
> Bahá’u’lláh le suppliaient de faire le nécessaire pour sa protection et sa
> réponse à leurs suppliques était toujours la même : il plaçait sa con ance en
> dieu et « dieu est le meilleur des protecteurs ».
> 
> mullá ‘alí-mardán, de Karkúk, lui proposa de s’installer dans une des
> confortables maisons qu’il possédait dans cette ville, dans l’espoir que
> l’éloignement, même temporaire, protégerait Bahá’u’lláh du venin du consul
> et de ses acolytes.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> l’échec de la tentative d’assassinat de Bahá’u’lláh par le brutal rid∂á Turk
> avait sans doute grandement irrité le consul. áqá rid∂á écrit que les bábís
> devinrent peu à peu conscients des desseins malveillants de mírzá Buzurg
> Khán et de son alliance avec shaykh ‘abdu’l-h∆usayn ; quelques-uns
> gardaient discrètement un œil vigilant sur la maison de Bahá’u’lláh.
> 
> des années plus tard, en août 1919, ‘abdu’l-Bahá parlait des événements du
> passé aux bahá’ís réunis dans son salon de haïfa. un soir il parla des
> machinations de shaykh ‘abdu’l-h∆usayn et de mírzá Buzurg Khán et le
> docteur lut∂fu’lláh h∆akím prit des notes. sans être du mot à mot, ses notes
> re ètent assez précisément les souvenirs du maître. voici le sens général de
> l’histoire contée par ‘abdu’l-Bahá*:
> 
> lorsque les mujtahids et nás∂iri’d-dín sháh envoyèrent shaykh ‘abdu’l-
> h∆usayn en irak, et qu’il commença à comploter contre la Perfection bénie
> (Bahá’u’lláh), les mujtahids se réunirent à Káz∂imayn pour se préparer à
> lancer une guerre sainte. ils demandèrent l’aide du vali qui répliqua qu’il ne
> pouvait intervenir. ils envoyèrent alors des lettres à Bagdad et un grand
> nombre de Persans et d’arabes chiites se réunirent. la tension montait à
> Bagdad. ils allèrent même chercher shaykh murtid∂á à Kerbéla en lui af
> rmant que la religion était menacée. sur le chemin de Bagdad, shaykh
> murtid∂á eut un accident ; il se tint alors coi et demanda à ce qu’on le laisse
> tranquille. n’ayant pas étudié le cas personnellement, il refusa d’intervenir.
> Par l’intermédiaire de zaynu’l-
> 
> ’ábidín Khán le fakhru’d-dawlih, le shaykh envoya ce message à la
> Perfection bénie :
> 
> « Je ne savais pas. si j’avais su je n’y serais pas allé. maintenant je prierai
> pour vous. »
> 
> Ceux qui étaient réunis à Káz∂imayn se préparèrent à partir deux jours plus
> tard pour nous attaquer. nous n’étions alors que quarante-six en tout et notre
> homme le plus fort était áqá asadu’lláh-i-Káshí (Káshání) dont le sabre,
> même lorsqu’il le portait par-dessus son shál (tissu utilisé comme une large
> ceinture) pendillait jusqu’au sol. il y avait aussi un certain siyyid h∆asan de
> Chiraz. Ce n’était pas un croyant, mais un très brave homme. un matin que
> la Perfection bénie était déjà levée et occupée, cet áqá siyyid h∆asan vint
> frapper à notre porte. notre servante noire ouvrit, áqá siyyid h∆asan entra et,
> très agité, demanda : « où est l’áqá (Bahá’u’lláh) ? Je lui dis : « il est allé au
> euve ». « que dis-tu ? » répondit-il. Je lui offris un peu de thé en disant : « il
> va revenir. » il répliqua : « áqá ! le monde est à l’envers !... il est devenu
> dangereux… saviez-vous que la nuit dernière s’est tenu un conseil en
> présence de shaykh ‘abdu’l-h∆usayn
> 
> * ce qui suit n’est pas une traduction exacte mais un rendu dèle.
> BaGdad - les dernières années 167
> 
> et du consul ? ils se sont aussi mis d’accord avec le vali. Pourquoi la Beauté
> bénie a-telle été jusqu’au euve ? ils ont décidé de lancer leur attaque demain.
> » à ce moment la Beauté bénie entra. áqá siyyid h∆asan voulut lui exprimer
> son anxiété, mais la Beauté bénie dit « Parlons d’autre chose. » Plus tard,
> áqá siyyid h∆asan voulut encore se soulager de ce poids, mais la Beauté
> bénie lui assura : « Ceci n’a aucune importance ».
> 
> alors áqá siyyid h∆asan resta pour déjeuner puis reparti chez lui.
> 
> dans l’après-midi, la Perfection bénie sortit. les amis l’entourèrent. Parmi
> eux étaient deux hypocrites : h∆ájí ‘abdu’l-h∆amíd et áqá muh∂ammad-
> Javád-i-is∂fahání. la Perfection bénie marchait de long en large. il se tourna
> soudain vers les amis, disant :
> 
> « vous avez entendu la nouvelle ? les mujtahids et le consul ont réuni dix ou
> vingt mille hommes pour lancer contre nous un jihád. » Puis, s’adressant aux
> deux hypocrites : « allez leur dire que par dieu, le seigneur de tous,
> j’enverrai deux hommes pour les repousser jusqu’à Káz∂imayn. s’ils sont
> capables d’accepter un dé , qu’ils viennent. » les deux hypocrites
> s’empressèrent d’aller répéter ce qu’ils avaient entendu et, devinez quoi : ils
> se dispersèrent !
> 
> áqá rid∂á écrit que durant tout ce temps Bahá’u’lláh ne cessa pas ses visites
> quotidiennes dans les cafés. il y allait seul à l’exception de ses deux
> serviteurs, áqá najaf-’alí et áqá muh∂ammad-ibráhím-i-amír-i-nayrízí et
> même, d’après áqá rid∂á, il partait parfois sans leur demander de
> l’accompagner. il ne montrait ni peur ni anxiété. à l’opposé, mírzá yah∂yá se
> déguisait et ne montrait jamais son visage. il était parfois h∆ájí ‘alíy-i-lás-
> furúsh (le marchand de soie), parfois un marchand de chaussures et de
> pantou es à Bas∂rah, toujours craintif, toujours effrayé.
> 
> Puis mullá h∂asan-i-amú vint rendre visite à Bahá'u'lláh. écoutons ‘abdu’l-
> Bahá nous conter son histoire :
> 
> à Bagdad, il arriva souvent que, dans la réunion bénie, des oulémas de
> l’islam, des juifs et des chrétiens, se trouvaient assemblés avec des savants
> européens. Chacun posait une question ; et quoique ces hommes eussent
> chacun une culture différente, ils recevaient des réponses convaincantes et
> suffisantes, et ils s’en retiraient satisfaits.
> 
> C’est au point que les oulémas persans qui étaient à Kerbéla et à najaf
> choisirent un savant qu’ils chargèrent d’une mission auprès de lui : il
> s’appelait mulla h∆asan-i-amú.
> 
> il vint en la présence sacrée, et posa, de la part des oulémas, un certain
> nombre de questions auxquelles Bahá’u’lláh répondit. Puis h∆asan-i-amú dit
> : « les oulémas reconnais-
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> sent sans hésitation et confessent la science et l’excellence de votre personne
> ; et il est certain pour tous qu’elle n’a pas d’égale ni de semblable dans
> toutes les sciences. et il est aussi reconnu que vous n’avez jamais étudié ni
> travaillé ces sciences. mais les oulémas disent qu’ils ne se contentent pas de
> cela, et qu’ils ne confessent ni ne reconnaissent la vérité de votre mission,
> d’après votre savoir et votre excellence. aussi nous vous demandons de faire
> apparaître un miracle, pour contenter et tranquilliser nos cœurs. »
> 
> Bahá’u’lláh répondit : « Bien que vous n’en ayez nullement le droit (car
> c’est à dieu qu’il appartient de mettre la créature à l’épreuve, et non à celle-
> ci d’éprouver dieu), malgré cela, cette demande est agréée et approuvée.
> mais la cause de dieu n’est pas un théâtre, où l’on représente à chaque heure
> un spectacle, et où chaque jour on demande quelque chose. autrement elle
> deviendrait un jeu d’enfants. les oulémas doivent donc s’assembler et, d’un
> commun accord, choisir un miracle, puis écrire qu’après l’apparition de ce
> miracle ils n’auront plus de doutes sur moi, et que tous reconnaîtront et
> confesseront la vérité de cette cause. qu’ils cachettent cette feuille de papier
> et me l’apportent ; que ceci soit leur critérium. si le miracle apparaît, il ne
> restera pour vous aucun doute, sinon, nous serons convaincu d’imposture. »
> le savant personnage se leva et dit :
> « il n’y a plus rien à dire. » il baisa le genou de Bahá’u’lláh, bien qu’il ne fût
> pas un croyant, et s’en alla. il réunit les oulémas et leur transmit le message
> sacré. Ceux-ci se concertèrent, puis dirent : « Cet homme est un enchanteur,
> peut-être va-t-il accomplir quelque enchantement, et alors nous n’aurons
> plus rien à dire. » et ils n’osèrent pas pousser plus loin.
> 
> quant à h∆asan-i-amú, il parla de cette aventure dans la plupart des réunions
> ; il quitta Kerbéla pour Kirmanshah et Téhéran, et raconta les détails partout,
> parlant de la crainte des oulémas et de leur retraite. ainsi tous ses
> adversaires, en orient, reconnaissaient la grandeur, la noblesse, la science,
> l’excellence de la Beauté bénie et, bien qu’ils fussent ses ennemis, ils
> parlaient toujours de lui comme du « célèbre Bahá’u’lláh ».1
> 
> mullá h∂asan se sentit si honteux qu’il ne put se présenter de nouveau devant
> Bahá’u’lláh. Par l’intermédiaire de zaynu’l-’ábidín Khán le fakhru’d-dawlih,
> il lui envoya un message : « J’ai honte de la conduite de mes collègues. »
> 
> Parmi ce groupe de mujtahids, les dépassant largement par la piété et la
> connaissance, le plus grand de tous était shaykh murtid∂áy-i-ans∂árí.
> incomparable et sans égal en son temps, il refusa catégoriquement de donner
> son appui à ceux qui s’opposaient à Bahá’u’lláh. Chaque fois qu’on lui
> demandait ce qu’il fallait
> 
> BaGdad - les dernières années 169
> 
> penser de Bahá’u’lláh et des bábís, il répondait : « faites votre recherche
> vous-mêmes. »
> 
> Tout à fait à l’opposé, on trouvait le vicieux shaykh ‘abdu’l-h∆usayn-i-
> T∆ihrání.
> 
> Comme l’écrit le Gardien de la foi bahá’íe :
> 
> frustré dans ses tentatives répétées pour accomplir ses desseins malveillants,
> shaykh ‘abdu’l-husayn dirigea alors ses efforts dans une nouvelle direction.
> il promit à son complice de l’élever au rang de ministre de la couronne, s’il
> réussissait à persuader le gouvernement de rappeler Bahá’u’lláh à Téhéran
> pour le remettre en prison. il envoya d’assez longs rapports, presque chaque
> jour, à l’entourage immédiat du chah. il brossait des tableaux extravagants de
> l’ascendant dont jouissait Bahá’u’lláh, en alléguant qu’il avait acquis
> l’obéissance des tribus nomades d’irak. il prétendait qu’il était à même de
> rassembler en un jour au moins cent mille hommes prêts à prendre les armes
> à son commandement. il l’accusait de projeter, de concert avec différents
> chefs persans, un soulèvement contre le souverain.2
> 
> shaykh ‘abdu’l-h∆usayn avait réuni, comme le raconte ‘abdu’l-Bahá, un
> groupe de têtes enturbannées qui voulaient lancer une guerre sainte et
> attaquer les bábís.
> 
> mais comme le commente le Gardien :
> 
> Pourtant, à leur grand étonnement et à leur déception, ils s’aperçurent que,
> lorsqu’il connut leurs desseins, le chef des mujtahids, le fameux shaykh
> murtadáy-i-ansárí, homme connu pour sa tolérance, sa sagesse, sa justice
> rigoureuse, sa piété et la noblesse de son caractère, se refusait à prononcer la
> sentence requise contre les bábís. C’est lui que Bahá’u’lláh célébra plus tard
> dans la lawh-i-sultán, le classant parmi « Ces docteurs qui ont effectivement
> bu à la coupe du renoncement » et qui, « jamais, ne s’opposèrent à lui »,
> celui auquel ‘abdu’l-Bahá fait allusion comme à « l’érudit, l’illustre docteur,
> le noble et réputé savant, le sceau des chercheurs de vérité ». alléguant qu’il
> ne connaissait pas suffisamment les croyances de cette communauté, et
> déclarant qu’il n’avait constaté de la part de ses membres aucun acte
> contraire à l’esprit du coran, il quitta brusquement la réunion sans prêter
> attention aux protestations de ses collègues et retourna à najaf, après avoir
> envoyé un messager à Bahá’u’lláh pour lui exprimer ses regrets de ce qui
> s’était produit, ainsi que ses vœux sincères pour sa protection.2
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Shaykh Murtid∂áy-i-ansárí, le principal mujtahid du monde chiite jusqu’à sa
> mort en 1864
> 
> BaGdad - les dernières années 171
> 
> il semble que shaykh murtid∂á ait été si dégoûté par les propositions de
> shaykh
> 
> ‘abdu’l-h∆usayn et de ses complices qu’il eut envie d’exprimer ses regrets et
> ses prières pour que Bahá’u’lláh soit délivré de la méchanceté et du venin de
> ces hommes. les messagers qui portèrent ses messages sont, comme déjà
> indiqué, zaynu’l-’ábidín Khán le fakhru’d-dawlih et mírzá h∆asan-i-Gul-i-
> Guláb.
> 
> deux ans plus tard, alors que Bahá’u’lláh s’apprêtait à quitter Bagdad, le
> membre d’un groupe du même genre d’enturbannés vint à lui pour lui dire :
> « nous ne savons toujours pas quoi faire ou quoi dire à votre propos. » et
> relatant l’effron-terie de cet homme à nabíl, Bahá’u’lláh dit : « nous lui
> répondîmes : pendant des années shaykh murtid∂á répondait, quand on lui
> posait des questions sur nous,
> 
> « c’est une question de recherche et non d’imitation*. Cherchez et trouvez
> par vous-mêmes. » vous n’avez pas suivi son avis et maintenant que nous
> sommes sur le point de partir, vous venez vers nous avec vos questions. vous
> vous demandez quoi faire ! eh bien, allez lire vos commentaires ! » et
> Bahá’u’lláh ajoutait pour nabíl :
> 
> « nous n’avions jamais parlé ainsi à personne, mais cet homme était si
> évidemment fourbe. »
> 
> Pendant tout son exil à Bagdad, Bahá’u’lláh était prêt à rencontrer les chefs
> religieux, ainsi qu’il en a témoigné :
> 
> nous sommes restés douze ans à Bagdad. malgré notre désir de voir réunie
> une grande assemblée de religieux et d’hommes justes, a n que la vérité soit
> séparée de l’erreur, aucune action ne fut entreprise… nous voulions
> rencontrer les religieux de Perse. mais sitôt qu’ils entendirent parler de ce
> projet ils s’enfuirent en disant « c’est un vrai sor-cier ! » C’est ce que dirent
> dans le passé leurs semblables. Ces religieux n’étaient pas d’accord avec ce
> qu’ils avaient dit et pourtant ils répètent en ce jour ce qui avait été dit avant
> eux ; et ils ne comprennent pas. Par ma vie ! aux yeux du seigneur ils sont
> moins que de la cendre3
> 
> l’attitude louable de shaykh murtid∂áy-i-ans∂árí consterna et découragea
> quelque peu le groupe de shaykh ‘abdu’l-h∆usayn. d’autant plus qu’ils
> échouèrent à répondre aux efforts de mullá h∆assan-i-’amú, démontrant ainsi
> la futilité de leurs accusations. mais la méchanceté rôdait toujours et les
> scélérats n’arrêtaient pas. Pourtant Bahá’u’lláh continuait à vivre comme
> d’habitude, sans se préoccuper
> * l’imitation d’un mujtahid quali é est un des points cardinaux de la doctrine
> chiite.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> des périls qui le menaçaient. souvent, la nuit, il sortait seul pour se promener
> sur les rives du Tigre ou pour aller dans un de ces cafés qu’il fréquenta
> pendant tout son séjour à Bagdad. Parfois, dit nabíl, personne à l’exception
> de la Plus-Grande-Branche et de áqáy-i-Kalím, ne savait où il était allé. il
> allait, sans crainte, sans inquiétude, dans des lieux où ses ennemis
> n’attendaient que l’occasion de lui faire du mal. il leur faisait face partout,
> parlait et même plaisantait avec eux, leur faisant savoir clairement qu’il
> connaissait leurs intentions. alors que Bahá’u’lláh restait ferme, serein, con
> ant, mírzá yah∂yá était à Bas∂rah, déguisé, vendant des pantou es et des
> chaussures. rid∂á Turk, cet homme qui, dans les bains publics, avait voulu
> assassiner Bahá’u’lláh mais s’était enfui en tremblant, raconta quelques
> années plus tard qu’un jour, il se tenait en position, pistolet en main, dans un
> endroit favorable, lorsque Bahá’u’lláh apparut accompagné d’áqáy-i-Kalím.
> il admet lui-même qu’il se sentit si bouleversé en apercevant Bahá’u’lláh
> qu’il en fut paralysé et laissa tomber son pistolet. en arrivant à sa hauteur
> Bahá’u’lláh dit à áqáy-i-Kalím : « ramasse et rends-lui son pistolet puis
> montre-lui le chemin de sa maison, il semble s’être perdu ! ».
> 
> nabíl dit que nuit après nuit les compagnons étaient en alerte, patrouillant
> autour de la maison de Bahá’u’lláh, pour parer à toute attaque. un certain
> siyyid h∆usayn-i-rawd∂ih-Khán - un conteur des souffrances de la famille du
> Prophète -
> 
> était venu de Téhéran en pèlerinage en irak et était très dévoué à
> Bahá’u’lláh. il vint un soir en cachette et dévoila que les ennemis avaient
> incité une centaine de Kurdes à se déguiser en pleureurs de funérailles pour
> ensuite attaquer la maison.
> 
> les bábís arabes, en entendant parler de ce complot se réunirent en force,
> prêts à se défendre. mais Bahá’u’lláh leur assura que tout cela était inutile.
> lorsque la nuit vint, environ quatre heures après le coucher du soleil, les
> pleureurs apparurent dans la rue en se battant la poitrine, et Bahá'u'lláh
> demanda à ses serviteurs d’ouvrir la porte et de les laisser entrer. « Ce sont
> nos invités », dit-il, et il leur t servir des sorbets à l’eau de rose et du thé. ils
> arrivèrent en ennemis et repartirent en amis, admettant volontiers qu’ils
> étaient animés de mauvaises intentions mais que la majesté et la bonté de
> Bahá’u’lláh avaient transformé leur cœur. ils repartirent en criant « que dieu
> punisse vos ennemis ! »
> 
> nabíl écrit que même mírzá h∆usayn-i-mutavallí de qom avait écrit à
> Bahá’u’lláh pour le supplier de ne pas quitter sa demeure pour un temps. en
> 
> BaGdad - les dernières années 173
> 
> réponse, Bahá’u’lláh révéla pour lui une épître qui commence par deux vers
> d’une ode de h∆á z∂ :
> 
> Toutes les perruches de l’inde deviendront fauvettes au chant de miel à cause
> de ce pain de sucre perse envoyé au Bengale.*
> 
> dans cette épître Bahá’u’lláh déclare sans peur qu’il n’hésitera jamais, ne se
> soumettra jamais aux menaces, ne sera jamais effrayé par l’agitation du
> monde.
> 
> « nous brûlons comme un cierge… nous avons consumé tous les voiles. nous
> avons allumé le feu de l’amour… nous ne nous enfuirons pas. nous
> n’essayerons pas de repousser l’étranger. nous prions pour que les calamités
> arrivent…
> 
> qu’importe à une âme céleste que la forme physique soit détruite ? Ce corps
> est pour elle une prison… Jusqu’à l’instant où c’est écrit, personne n’a de
> pouvoir sur nous et, lorsque viendra cet instant, tout notre être ne sera que
> désir de lui… » nabíl parle de la stupéfaction des mujtahids de Kerbéla et de
> najaf en lisant cette épître.
> 
> Parlant à nabíl de ces jours, áqáy-i-Kalím se rappelait qu’il était alors certain
> qu’ils seraient tous immédiatement arrêtés, menottés et remis aux autorités
> persanes car il connaissait bien les motivations de la populace de Bagdad et
> de leurs notables. mais il n’avait pas envie d’en parler à Bahá’u’lláh pour ne
> pas lui causer de peine. il rapporte qu’« une nuit, le sommeil avait quitté mes
> yeux. Je faisais les cent pas dans la cour, me demandant ce qui allait advenir
> de nos femmes et de nos enfants une fois que nous serions arrêtés. Puis
> j’entendis un bruit et, allant à la porte, on me dit qu’un certain nombre de
> personnes avaient été choisies pour monter la garde et patrouiller dans la
> rue… en entendant cela, je compris que tout irait bien… et j’allais me
> coucher. »
> 
> Puis Bahá’u’lláh décida que les compagnons devaient demander la
> nationalité turque a n de recevoir la protection des autorités ottomanes.
> námiq Páshá, le gouverneur de Bagdad, fut ravi d’entendre cela. nabíl
> raconte que áqá muh∂ammad-rid∂áy-i-Kurd qui s’y connaissait en droit,
> amena chaque jour, deux par deux, des compagnons à la maison du
> gouverneur et obtint pour eux des passeports turcs.
> 
> nabíl lui-même, en compagnie de áqá muh∂ammad-ismá’íl-i-Káshání en t
> partie.
> 
> * on a longtemps cru que cette épître connue sous le titre de shikkar-shikan-
> shavand était adressée à mírzá sa’íd Khán, le ministre des affaires étrangères
> de nás∂iri’d-dín sháh. mais nabíl af rme clairement que c’est l’inconstant
> mutavallí de qom qui eut l’honneur de la recevoir..
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Ces visites durèrent près de trois semaines jusqu’à ce que tous les Persans
> soient naturalisés. en apprenant que les compagnons avaient obtenu la
> nationalité ottomane, shaykh ‘abdu’l-h∆usayn et mírzá Buzurg Khán furent
> consternés.
> 
> nabíl écrit qu’en ce temps-là Bahá’u’lláh se rendait souvent à mazra’iy-i-
> vashshásh, une ferme des environs de Bagdad. Presque tous les soirs, alors
> qu’il revenait dans le soleil couchant, nabíl l’attendait près de la porte de sa
> demeure. il arrivait, dit nabíl, que Bahá’u’lláh se rende dans la maison de
> nabúkí, située dans la même rue que la sienne mais de l’autre côté.
> Beaucoup de compagnons, dont nabíl, habitaient dans cette maison. áqá
> muh∂ammad-zamán, un marchand de Chiraz, et ustád ‘alí-akbar-i-najjár (le
> charpentier) y vivaient aussi. shát∂ir-i-rid∂á (voir addenda v) et son frère
> avaient une maison dans la même rue et y avaient installé un moulin et une
> boulangerie. Bahá’u’lláh en était propriétaire et elle fournissait à tous les
> compagnons, gratuitement, le pain dont ils avaient besoin. à quatre-vingt-dix
> ans, le père des deux boulangers, áqá muh∂ammad-s∆ádiq était venu à
> Bagdad depuis ardakán, près de yazd. il racontait beaucoup d’histoires sur la
> conduite des religieux, comment il s’était converti à la religion du Báb, ce
> qui d’après nabíl provoquait des sourires chez Bahá’u’lláh. le vieil homme
> en était heureux et, levant les mains en signe de reconnaissance pour avoir
> eu le privilège d’avoir fait sourire Bahá’u’lláh, il citait le Prophète : «
> quiconque fait rire un croyant c’est comme s’il m’avait fait rire et quiconque
> m’a rendu heureux, dieu sera satisfait de lui. »
> 
> nabíl rapporte encore que l’un des religieux persans, bien nourri, corpulent,
> vint en jour en la présence de Bahá’u’lláh en précisant que son titre était «
> Khátamu’l-mujtahidín » c’est-à-dire, le sceau des mujtahids. et Bahá’u’lláh
> répliqua :
> 
> « inshá’alláh ! » (que dieu le veuille).
> 
> Ce sceau-des-mujtahidín était drôle et amusait beaucoup Bahá’u’lláh en lui
> racontant des histoires. Bahá’u’lláh lui prodiguait beaucoup de gentillesse.
> en fait, chacun : compagnon, visiteur, voisin ou passant, recevait une large
> part de sa générosité. nabíl nous dit que tous les habitants du quartier où
> vivait Bahá’u’lláh recevaient des cadeaux de lui, et notamment les pauvres,
> les handicapés et les orphelins. et lorsqu’il se rendait quelque part, s’il
> rencontrait quelqu’un dans le besoin, il était très généreux. une vieille
> femme de quatre-vingts ans vivait dans une ruine.
> 
> Chaque jour, à l’heure où Bahá’u’lláh se rendait au café près du pont, elle
> l’atten-
> 
> BaGdad - les dernières années 175
> 
> dait au bord de la route. Bahá’u’lláh s’arrêtait, s’enquérait de sa santé et lui
> donnait quelques pièces. elle embrassait ses mains et parfois voulait
> embrasser son visage, mais comme elle était très petite, elle ne pouvait
> l’atteindre et il se penchait vers elle. il disait : « elle sait que je l’aime bien et
> c’est pourquoi elle m’aime en retour. » lorsqu’il quitta Bagdad il t en sorte
> qu’elle reçoive un peu d’argent chaque jour jusqu’à la n de sa vie. quand il
> visitait régulièrement un café, commente nabíl, le lieu devenait tellement
> fréquenté par les notables de la ville que le propriétaire prospérait. un de ces
> cafés appartenait à siyyid h∆abíb, un homme imposant à la barbe blanche,
> président de son quartier. Chaque jour Bahá’u’lláh l’envoyait chercher pour
> lui offrir du thé. Pour siyyid h∆abíb, chaque jour passé sans rencontrer
> Bahá’u’lláh était un jour perdu et il se sentait frustré. après le départ de
> Bahá’u’lláh de Bagdad on ne le vit plus jamais dans son café et il cessa de
> boire du thé. h∆amd, un autre propriétaire de café t de même et abandonna
> sa profession.
> 
> fin 1861 mírzá malkam Khán, qui deviendra prince et aura pour titre
> náz∂imu’d-dawlih, se réfugia à Bagdad. à Téhéran, ses activités et
> notamment la fondation d’une loge maçonnique appelée farámúsh-Khánih
> (la maison de l’oubli), avait grandement énervé nás∂iri’d-dín qui avait
> ordonné son exil. Pourtant mírzá Buzurg Khán t savoir que ses supérieurs lui
> avaient ordonné d’arrêter malkam Khán et de le renvoyer en Perse. inquiet
> ce dernier vint vers Bahá’u’lláh qui, d’après nabíl, jugea plus prudent de le
> loger ailleurs. il fut envoyé au Seraye et remis aux soins du vali qui
> s’arrangea pour l’envoyer à istanbul.
> 
> mírzá muh∂ammad-h∂usayn-i-Kirmání, appelé aussi mírzá muh∂ít∂
> rechercha aussi l’aide de Bahá’u’lláh à la même époque. il s’était battu pour
> devenir le chef du mouvement shaykhí après le décès de siyyid Káz∂im.
> C’est lui qui avait été bouleversé lorsque le Báb l’avait dé é en lui déclarant
> sa mission à l’ombre de la Ka’bah à la mecque. C’est pour répondre à ses
> questions que le Báb avait révélé le s∆ah∂í y-i-Baynu’l-haramayn. malgré
> cela, mírzá muh∂ít∂ s’était détourné du Báb et avait vécu ensuite à Kerbéla
> jusqu’à ce que, plus de vingt ans après, il chercha à organiser une rencontre
> secrète avec Bahá’u’lláh.
> 
> nabíl écrit :
> 
> vers la fin de ses jours, alors qu’il résidait en irak, il exprima, par
> l’intermédiaire
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> d’un des princes persans demeurant à Bagdad, le désir de rencontrer
> Bahá’u’lláh, fei-gnant de se soumettre à lui. il demanda que cette entrevue
> projetée fût considérée comme strictement confidentielle. « dites-lui,
> répondit Bahá’u’lláh, que pendant les jours de ma retraite dans les
> montagnes de sulaymáníyyih, j’ai énoncé, dans une ode de ma composition,
> les conditions essentielles requises de chaque voyageur qui parcourt le
> sentier de la recherche en quête de la vérité. Partagez avec lui ce verset de
> mon ode qui dit : « si ton but est de chérir ta vie, ne t’approche pas de notre
> cour, mais si le désir de ton cœur est de te sacrifier, viens et laisse autrui
> venir avec toi. Car tel est le chemin de la foi si, dans ton cœur, tu cherches la
> réunion avec Bahá ; si tu refuses de parcourir ce sentier, pourquoi nous
> tourmenter ? va-t-en ! » s’il le veut, il se hâtera de venir à moi ouvertement
> et sans réserve ; sinon, je refuse de le voir. » la réponse sans équivoque de
> Bahá’u’lláh déconcerta mírzá muhít. incapable de s’opposer aux directives,
> et ne voulant pas s’y conformer, il partit pour sa résidence à Kerbéla, le jour
> même où il reçut ce message. dès son arrivée, il tomba malade et mourut
> trois jours plus tard.4
> 
> en n, mírzá Buzurg Khán fut rappelé en Perse sans avoir pu atteindre son
> but, mais il y continua sa vendetta contre Bahá’u’lláh. le gouverneur d’irak
> changea aussi et en 1862 mus∂t∂afá núrí Páshá fut remplacé par námiq
> Páshá (voir addenda v) qui, ayant déjà gouverné l’irak, était comme son
> prédécesseur, un homme juste et désintéressé.
> 
> le Gardien de la foi bahá’íe décrit les dernières années à Bagdad : rejetant les
> règles de prudence et de modération et oubliant leur fierté devant le prestige
> grandissant de Bahá’u’lláh, des Persans de haut rang, qui vivaient en exil,
> s’as-seyaient à ses pieds et, selon leurs capacités respectives, se pénétraient
> de son esprit et de sa sagesse. quelques-uns des plus ambitieux d’entre eux
> comme ‘abbás mírzá, un fils du chah muh∂ammad, le vazír-nizám* et mírzá
> malkam Khán ainsi que certains fonctionnaires des gouvernements étrangers
> essayèrent, dans l’étroitesse de leurs vues, d’obtenir son appui et son aide
> pour servir les projets qu’ils caressaient, projets qu’il condamna sans hésiter
> et avec sévérité. le colonel sir arnold Burrows Kemball, alors représentant du
> gouvernement britannique et consul général à Baghdád, ne fut pas, lui non
> plus, insensible à la position qu’occupait maintenant Bahá’u’lláh. entrant en
> correspondance amicale avec lui, il lui offrit, ainsi que l’atteste Bahá’u’lláh
> en personne,
> 
> * il s’agit de mírzá fad∂lu’lláh-i-núrí, frère aîné de mírzá áqá Khán-i-núrí, le
> premier ministre. lorsque ce dernier perdit le pouvoir en 1858, le premier
> perdit aussi son poste. C’est alors qu’il vint à Bagdad et y rencontra
> Bahá’u’lláh. il mourut à Téhéran en 1279 a.h. (1862-3).
> 
> BaGdad - les dernières années 177
> 
> le couvert de la citoyenneté britannique, lui rendit personnellement visite, et
> prit sur lui de transmettre à la reine victoria tout message qu’il souhaiterait
> lui faire parvenir. il se déclara même prêt à faire le nécessaire pour transférer
> sa résidence aux indes ou en tout autre lieu qui lui serait agréable.
> Bahá’u’lláh déclina cette proposition, préférant élire domicile sur le territoire
> du sultan de Turquie. et finalement, pendant la dernière année de son séjour à
> Bagdad, le pacha námiq, alors gouverneur, impressionné par les nombreuses
> marques d’estime et de vénération dont il était l’objet, lui rendit visite afin de
> rendre un hommage personnel à celui qui avait déjà remporté une victoire
> aussi évidente sur les cœurs et les âmes de ceux qui l’avaient rencontré. le
> respect que le gouverneur portait à celui qu’il considérait comme une des
> lumières de cet âge était si profond, qu’il attendit trois mois, au cours
> desquels il reçut cinq ordres réitérés du pacha ‘ali, avant de se résoudre à
> informer Bahá’u’lláh que le désir du gouvernement turc était de le voir partir
> pour la capitale. un jour que Bahá’u’lláh avait envoyé
> 
> ‘abdu’l-Bahá et áqáy-i-Kalím en visite chez ce gouverneur, celui-ci les reçut
> avec une telle recherche et tant de cérémonie, que le gouverneur adjoint
> déclara que jamais encore, à sa connaissance, aucun gouverneur de la ville
> n’avait reçu une notabilité de façon si chaleureuse et si courtoise. à la vérité,
> le sultán ‘abdu’l-majíd avait été si frappé par les rapports favorables de la
> part des différents gouverneurs de Bagdad à son sujet (c’est là le témoignage
> personnel que le délégué du gouverneur donna à Bahá’u’lláh) qu’en
> conséquence, il refusa de donner suite aux requêtes du gouvernement persan,
> soit de le livrer à leur représentant, soit d’ordonner son expulsion du
> territoire turc.
> en aucune des circonstances passées depuis la naissance de la foi, pas même
> durant les jours où le Báb fut salué à ispahan, à Tabriz et à Chihríq par les
> ovations de la foule enthousiasmée, l’un quelconque de ses promoteurs
> n’avait atteint une telle pré-éminence dans l’esprit du public, ou exercé une
> influence d’une telle portée et d’une telle puissance sur un cercle
> d’admirateurs aussi différents.5
> 
> le gouvernement de nás∂iri’d-dín sháh commença à demander avec
> insistance que Bahá’u’lláh soit éloigné de la proximité de ses frontières.
> mírzá h∆usayn Khán, le mushíru’d-dawlih, ambassadeur du chah à istanbul,
> de concert avec d’autres ambassadeurs dont celui de la france, remuait ciel et
> terre pour obtenir le bannissement de Bahá’u’lláh. le grand vizir de Turquie,
> ‘alí Páshá, et fu’ád Páshá, ministre des affaires étrangères (voir addenda v
> pour les deux hommes), qui gouvernaient ensemble l’empire ottoman et qui
> étaient connus pour le radicalisme de
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> leurs tendances réformatrices, nirent par céder aux pressions de plus en plus
> insistantes de mushíru’d-dawlih et demandèrent à námiq Páshá d’inviter
> Bahá’u’lláh à se rendre à istanbul.
> 
> námiq Páshá, au courant de toutes les intrigues, complots, machinations,
> cabales, mensonges, motivés par les peurs et le fanatisme, ne savait pas de
> quelle manière transmettre cette invitation à Bahá’u’lláh. le Gardien, shoghi
> effendi, écrit :
> 
> le respect que le gouverneur portait à celui qu’il considérait comme une des
> lumières de cet âge était si profond, qu’il attendit trois mois, au cours
> desquels il reçut cinq ordres réitérés du pacha ‘alí, avant de se résoudre à
> informer Bahá’u’lláh que le désir du gouvernement turc était de le voir partir
> pour la capitale.6
> 
> Bahá’u’lláh célébra la fête de naw-rúz (1863) à mazra’iy-i-vashshásh. Ce fut
> une occasion heureuse jusqu’à ce que de sa plume, la Plume la plus sublime,
> s’écoule la tablette du Saint nautonier « dont les sombres prédictions, écrit
> shoghi effendi, soulevèrent parmi les compagnons de profondes
> appréhensions ». le cinquième jour après naw-rúz Bahá’u’lláh reçut un
> message du vali, écrit avec une grande courtoisie, lui demandant de venir au
> Seraye. Bahá’u’lláh répondit qu’il n’avait jamais mis le pied en cet endroit
> mais, si le vali le désirait, ils pourraient se rencontrer à la mosquée qui fait
> face au palais du gouverneur. námiq Páshá accepta. s’ouvrirent alors, comme
> l’écrit áqá rid∂á, les portes de la calomnie, des rumeurs fausses ou vraies, et
> des accusations. quelques ennemis af rmaient que Bahá’u’lláh ne tiendrait
> pas parole et qu’il ne viendrait pas à la mosquée. d’autres prédisaient que les
> bábís seraient réunis, arrêtés et remis aux autorités persanes de l’autre côté
> de la frontière. d’autres préféraient penser qu’ils seraient tous noyés dans le
> Tigre.
> 
> un jour, en n d’après-midi comme prévu, Bahá’u’lláh sortit de sa demeure
> accompagné de áqá muh∂ammad-rid∂a, un jeune Kurde parlant couramment
> le turc, et se rendit à la mosquée rendre visite au vali. il interdit à tout autre
> de l’accompagner. la nouvelle fut portée à námiq Páshá qui en fut ravi ; mais
> au dernier moment il changea d’avis et envoya son représentant, porteur de
> la communication qu’il avait reçu d’istanbul.
> 
> BaGdad - les dernières années 179
> 
> Ce n’était pas un ordre mais une invitation de venir à la capitale qui fut
> présentée à Bahá’u’lláh, et il l’accepta dans l’esprit et de la manière dont elle
> avait été offerte.
> 
> en rentrant chez lui, il t savoir qu’il partirait seul. non seulement sa famille,
> mais tous les bábís de Bagdad furent perturbés en entendant ses intentions.
> mais les autorités exprimèrent l’espoir que les membres de sa famille, ses
> frères et un certain nombre de compagnons pourraient l’accompagner.
> 
> Tout se passa exactement à l’inverse de ce que les adversaires avaient
> espéré.
> 
> la révérence que les autorités montraient envers Bahá’u’lláh était
> exemplaire. la somme d’argent qu’on lui offrit pour les dépenses de son
> voyage, il l’offrit le jour même aux pauvres. lorsque, sur l’ordre de
> Bahá'u'lláh, la Plus-Grande-Branche et áqáy-i-Kalím visitèrent le Seraye
> pour rencontrer námiq Páshá, on leur offrit une réception royale. ainsi que
> l’écrivit alors la Plus-Grande-Branche :
> 
> « l’intervention de dieu fut telle que la joie [des adversaires] fut changée en
> tristesse et en chagrin, à tel point que le consul général de Perse à Bagdad
> regretta amèrement les plans et complots élaborés par les conspirateurs.
> námiq Páshá lui-même, le jour où il lui [Bahá’u’lláh] rendit visite, remarqua
> : « avant, ils voulaient que vous partiez. maintenant, ils insistent encore plus
> pour que vous restiez. » 7 ils conspirent et dieu conspire, mais dieu est le
> meilleur des conspirateurs.
> 
> áqá rid∂á écrit que la première nuit, après la rencontre entre Bahá’u’lláh et le
> vice-gouverneur, et son retour de la mosquée, alors que la nouvelle du
> voyage à istanbul se répandait, les bábís de Bagdad étaient écrasés de
> douleur et la pensée de leur séparation prochaine de Bahá’u’lláh les
> empêchait de dormir. Beaucoup décidèrent de mourir plutôt que de souffrir
> les affres de la séparation.
> 
> Graduellement, par des conseils et une attention pleine de tendresse,
> Bahá’u’lláh calma leurs craintes, paci a la peine de leur cœur blessé et les
> emplit de force pour faire face au futur inconnu avec espoir et détermination.
> Pendant les semaines qui précédèrent le temps du départ, Bahá’u’lláh assista
> à des réunions organisées dans les demeures de ses compagnons au cours
> desquelles il leur parla avec amour, compassion et autorité. et áqá rid∂á
> raconte que non seulement les bábís étaient tristes, anxieux, abattus, mais
> toute la population de Bagdad ressentait les douleurs de la séparation.
> 
> en n vint le moment des préparatifs. ustád Báqir et ustád ah∂mad, deux
> frères
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> charpentiers de Káshán, se mirent à construire des kajávih (palanquins) ;
> deux autres frères de Káshán, ustád Báqir et muh∂ammad-ismá’íl, tailleurs
> de profession, cousirent des vêtements adaptés au voyage.
> nabíl-i-a’z∂am fournit dans sa chronique une liste de vingt hommes, autres
> que des membres de sa famille et ses frères, que Bahá’u’lláh choisit pour
> partir avec lui : ustád Báqir et ustád muh∂ammad-isma’il-i-Khayyát de
> Kháshán, tailleurs.
> 
> ustád muh∂ammad-’alíy-i-salmání, garçon de bain et barbier.
> 
> mírzá áqá ján, le serviteur personnel et secrétaire particulier de Bahá’u’lláh,
> à qui fut donné plus tard le titre de Khádimu’lláh : serviteur de dieu.
> 
> áqá muh∂ammad-ibráhím-i-amír-i-nayzirí.
> 
> áqá rid∂áy-i-qannád-i-shírází, le con seur.
> 
> mírzá mah∂múd-i-Káshání.
> 
> darvísh s∆idq-’alíy-i-qazvíní.
> 
> áqá najaf-’alíy-i-zanjání.
> 
> áqá muh∂ammad-Báqir, qahvih-chíy-i-mah∂allátí, le cafetier de mah∂allát.
> 
> áqá muh∂ammad-s∆ádiq-i-is∂fahání.
> 
> áqá muh∂ammad-’alí, Jilawdár-i-yazdí, le cavalier de yazd, connu aussi
> comme s∆abbágh-i-yazdí, le teinturier de yazd.
> 
> áqá muh∂ammad-’alíy-i-is∂fahání.
> 
> áqá mírzá Ja’far-i-yazdí.
> 
> áqá siyyid h∆usayn-i-Káshání.
> 
> Khayyát∂-i-Káshání, tailleur de Kashán.
> 
> áqá muh∂ammad-Báqir-i-Káshání.
> 
> áqá muh∂ammad-ibráhím-i-náz∂ír-i-Káshání.
> 
> h∆ájí ibráhím-i-Káshání.
> mírzá áqá, munír-i-Káshání, nommé ismu’lláhu’l-muníb, le nom de dieu, le
> mécène.
> 
> nabíl ne met pas leurs noms dans sa liste, mais les personnes suivantes voya-
> gèrent avec Bahá’u’lláh, le second de la liste ayant probablement rejoint la
> caravane lors de la deuxième étape du voyage :
> 
> áqá ‘abdu’l-Ghaffár-i-isfahání.
> 
> áqá h∆usayn-i-áshchí.
> 
> áqá muh∂ammad-h∆asan.
> 
> BaGdad - les dernières années 181
> 
> deux autres personnes, pourtant connues pour leur inconstance, furent
> incluses pour diverses raisons dans l’entourage de Bahá’u’lláh : siyyid
> muh∂ammad-i-is∂fahání et hájí mírzá ah∂mad-i-Káshání. Ce dernier, non
> seulement n’avait pas une foi très solide, mais il était de caractère brutal et
> emporté. un jour dans le bazar de Bagdad où il tenait boutique, il avait
> insulté une dame d’importance qui lui avait parlé avec hauteur. nabíl-i-azam
> indique que cette dame était un membre de la famille royale, la mère de
> ‘aynu’l-mulk (plus tard appelé i’tid∂ádi’d-dawlih*). à la suite de cet
> incident, h∆ájí mírzá ah∂mad fut arrêté par mírzá Buzurg Khán, l’envoyé
> perse, mais sauvé par une intervention de Bahá’u’lláh.
> 
> nabíl af rme que cet incident conduisit à la destitution de mírzá Buzurg Khán
> car la lettre de plainte qu’il écrivit à ses supérieurs à Téhéran montrait
> clairement son incapacité et il fut rappelé. Bahá’u’lláh décida alors
> d’emmener h∆ájí mírzá ah∂mad avec lui à istanbul pour éviter qu’une telle
> chose se reproduise pendant son absence. mais ce commerçant káshání
> n’était pas de la même trempe que son illustre frère martyr, h∂ájí mírzá Jání
> ou qu’un autre de ses frères dont nous parlerons plus loin : h∆ájí
> muh∂ammad-isma’íl-i-dhabíh. Bien que plus tard, à andrinople, il soit
> honoré d’une épître de Bahá’u’lláh : l’épître à ah∂mad en persan ( lawh∂-i-
> ah∂mad-i-fársí), texte puissant et d’une haute éloquence, il persista dans sa
> rudesse, prit parti pour mírzá yah∂yá et nit par retourner à Bagdad où il
> connut une mort violente.
> quant à siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání, ses activités stupides à Kerbéla, qui
> avaient porté tort à la réputation de la religion du Báb, rendaient nécessaire
> qu’il fut surveillé bien que Bahá’u’lláh ait d’abord eu l’intention de le laisser
> à Bagdad.
> 
> selon áqá rid∂á, il en appela à ‘abdu’l-Bahá pour avoir l’autorisation de
> rejoindre la caravane. il fut donc inclus dans la suite de Bahá’u’lláh et, dans
> le futur, deviendra célèbre en tant qu’antéchrist de la révélation bahá’íe.
> mírzá yah∂yá l’avait nommé, ainsi que mullá muh∂ammad-Ja’far-i-naráqí,
> un homme de même acabit,
> 
> « témoins du Bayán » ; et pourtant ils se considéraient comme supérieur à ce
> dernier en talents, en connaissances et en intelligence. nabíl-i-a‘zam qui les
> connaissait bien raconte qu’ils s’attendaient à devenir les « rois du Bayán »
> et qu’ils fan-tasmaient en se partageant à l’avance les demeures seigneuriales
> de la noblesse de
> 
> * C’était shír Khán, ls de sulaymán Khán-i-qájár (un oncle maternel de
> nas∂iri’d-dín sháh) et troisième mari de ‘izzatu’d-dawlih, la sœur du chah.
> shír Khán devint le ílkhání des qájár, responsable des cuisines royales.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Téhéran. mullá muh∂ammad-Ja’far allait parfois jusqu’à pointer un doigt
> vers lui lorsqu’il parlait de « Celui que dieu rendra manifeste ».
> 
> en cette période de crise, alors que Bahá’u’lláh préparait, calme et con ant,
> son départ pour un long voyage vers istanbul, mírzá yah∂yá, terrorisé, avait
> quitté Bagdad sans informer ses « témoins » de sa cachette (d’après siyyid
> mihdíy-i-dahijí). lorsque mullá muh∂ammad-Ja’far arriva de Perse il dut
> chercher dans tout l’irak pour trouver mírzá yah∂yá.
> 
> le Gardien, shoghi effendi, écrit :
> 
> sept années de consolidation patiente, ininterrompue et remarquablement
> couronnées de succès, tiraient maintenant à leur fin. une communauté sans
> pasteur, soumise, au-dedans comme au-dehors, à une tension énorme et
> prolongée, et menacée d’anéantissement, avait été ressuscitée et élevée à une
> hauteur sans précédent au cours de ses vingt ans d’histoire. ses fondations
> étant renforcées, son esprit ennobli, ses points de vue transformés, sa
> direction sauvegardée, ses principes fondamentaux restaurés, son prestige
> rehaussé, ses ennemis déconcertés, la main du destin se préparait peu à peu à
> la lancer dans une nouvelle phase de sa carrière mouvementée, phase dans
> laquelle bonheur et malheur tout ensemble allaient lui faire traverser un
> stade de plus dans son évolution. le libérateur, le seul espoir et, en fait, le
> chef reconnu de cette communauté, qui en avait constamment imposé aux
> auteurs de tant de complots destinés à l’assassiner, qui avait rejeté avec
> dédain tous les timides conseils lui enjoignant de fuir loin de la scène du
> danger, qui avait fermement repoussé les offres généreuses et répétées de la
> part d’amis et de disciples désireux d’assurer sa sécurité personnelle, qui
> avait remporté une victoire aussi incontestable sur ses adversaires, ledit
> libérateur était poussé en cette heure propice, de par l’irrésistible processus
> de développement de sa mission, à transférer sa résidence dans un centre
> infiniment plus important, dans la capitale de l’empire ottoman, siège du
> califat, centre administratif de l’islám sunnite, et lieu de séjour du plus
> puissant monarque du monde islamique.8
> 
> traces de la plume très exaltée
> 
> PendanT son séjour à Bagdad, Bahá’u’lláh révéla trois de ses écrits parmi les
> plus connus : les paroles cachées (vers 1858), les sept vallées et le kitáb-i-
> Íqán ou le livre de la certitude (vers 1852). les quatre vallées fut aussi révélé
> pendant cette période.
> 
> se promenant sur les rives du Tigre, Bahá’u’lláh réfléchissait à la proximité
> de dieu (« nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire »*) et
> l’éloignement de l’homme ; l’abondance de la grâce et de l’amour de dieu, et
> le refus obstiné et pervers de l’homme de boire à cette fontaine éternelle. les
> paroles cachées (kalimát-i-Maknúnih) - connu aussi sous le titre de Sah∂í y-
> i-Fát∂imíyyih : le livre de Fát∂imih - est le produit de ses méditations. il
> propose en une prose claire et cap-tivante, en persan et en arabe, ces vérités
> inchangeables et éternelles qu’on trouve au cœur de toutes les religions
> révélées. sa vaste portée, l’exquise tendresse de ses métaphores et de ses
> descriptions, la majesté, une majesté écrasante, de sa conception, élèvent
> l’âme et ouvrent devant les yeux de l’esprit des panoramas sans n sur
> l’amour et la miséricorde de dieu, de sa justice et de sa puissance - une
> puissance universelle. les paroles cachées montrent dans leur clarté
> cristalline la structure même de la foi et de la religion :
> 
> Proféré par la langue de pouvoir et de puissance voici ce qui fut révélé du
> royaume de gloire aux Prophètes d’autrefois. nous en avons extrait la
> quintessence, la revêtant de brièveté en signe de grâce envers les justes, afin
> qu’ils demeurent fidèles à l’alliance de dieu, se montrent dignes de sa
> confiance durant leur vie et acquièrent le joyau de la vertu divine au
> royaume de l’esprit.
> 
> ô fils de l’homme ! voilé en mon être immémorial et dans l’antique éternité
> de mon essence, je connaissais mon amour pour toi, aussi t’ai-je créé. J’ai
> gravé en toi mon image et je t’ai révélé ma beauté.
> 
> * coran : 50, 15
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> ô fils de l’homme ! si tu m’aimes renonce à toi-même ; et si tu cherches mon
> bon plaisir, ne pense pas au tien. ainsi tu mourras en moi et je vivrai en toi,
> éternellement.
> 
> ô fils de l’existence ! des mains du pouvoir, je t’ai formé et des doigts de
> puissance, je t’ai créé ; en toi j’ai placé l’essence de ma lumière. sache t’en
> satisfaire et ne cherche rien d’autre car mon œuvre est parfaite et mon
> commandement impératif. ne le mets ni en question ni en doute.
> 
> ô fils de l’homme ! Tu es mon bien et mon bien ne périt pas. Pourquoi
> crains-tu de mourir ? Tu es ma lumière et ma lumière ne s’éteint jamais.
> Pourquoi crains-tu de t’éteindre ? Tu es ma gloire et ma gloire ne ternit pas.
> Tu es mon vêtement et mon vêtement jamais ne s’use. reste donc ferme en
> ton amour pour moi afin de me trouver au royaume de gloire.
> ô fils de l’esprit ! noble, je t’ai créé, pourquoi t’abaisses-tu ? élève-toi vers ce
> pourquoi tu fus créé.
> 
> ô compagnon de mon trône ! n’écoute pas le mal et ne vois pas le mal, ne
> t’abaisse pas et ne laisse échapper ni soupir ni larmes. ne dis pas de mal afin
> de ne pas en entendre dire de toi, ne grossis pas les fautes des autres pour
> que les tiennes ne paraissent pas graves, et ne souhaite l’humiliation de
> personne afin que la tienne ne soit pas apparente. l’esprit sans tache, le cœur
> immaculé, les pensées pures et l’âme sanctifiée, vis les jours de ta vie plus
> courts qu’un moment fugitif. alors, libre et heureux, tu abandonneras cette
> forme mortelle pour te retirer dans le paradis mystique et demeurer à jamais
> au royaume éternel.
> 
> ô fils de la justice ! où peut aller l’amant sinon au pays de son aimée ? et
> quel chercheur trouverait le repos loin du désir de son cœur ? Pour l’amant
> sincère, la réunion est la vie, la séparation est la mort. impatient, son cœur
> n’a point de paix. il sacrifierait une myriade de vies pour se précipiter vers la
> demeure de son aimée.
> 
> ô enfants de désir ! ôtez le vêtement de fatuité et dépouillez-vous de l’habit
> d’orgueil.
> 
> ô frères ! soyez indulgents les uns pour les autres et ne vous attachez pas aux
> choses d’ici-bas. ne soyez pas fiers dans la gloire ni honteux dans
> l’infortune. Par
> 
> TraCes de la Plume Très exalTée 185
> 
> calligraphie de Mishkín-Qalam. c’est la dernière phrase des Paroles cachées
> en arabe. on y voit trois styles d’écriture : en haut, le nasta‘líq , au milieu, le
> shikastih et en bas, en naskh , la signature du calligraphe : « le serviteur à
> la porte de bahá, Mishkín-Qalam, 99 (1299 de l’hégire - 1881-2) ma beauté
> ! J’ai créé toutes choses de la poussière et je les renverrai à la poussière.
> 
> ô enfants de poussière ! dites aux riches les soupirs nocturnes des pauvres,
> de peur que l’insouciance ne les conduise sur le chemin de la destruction et
> ne les prive de l’arbre de richesse. la générosité et la munificence sont parmi
> mes attributs. heureux celui qui se pare de mes vertus.
> 
> ô tyrans de la terre ! Cessez toute oppression car je me suis promis de ne
> pardonner aucune injustice. Ceci est mon pacte ; je l’ai consigné
> irrévocablement dans la tablette préservée et scellée de mon sceau.1
> 
> Telle est la portée des conseils qu’on trouve dans les paroles cachées.
> 
> les sept vallées fut composé en réponse à des questions de shaykh muh∂yi’d-
> dín, le cadi de Khániqayn*. C’est un bijou de prose mystique, d’une beauté,
> d’une simplicité et d’une profondeur incomparables. dans ce petit ouvrage
> Bahá’u’lláh décrit les étapes qu’un chercheur doit traverser au cours de sa
> quête spirituelle. la n de toute recherche est la connaissance de dieu et cette
> connaissance ne peut
> 
> * un village d’irak proche de la frontière iranienne.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> s’acquérir que par la connaissance de sa manifestation. Ces sept vallées, ou
> étapes, sont la vallée de la recherche, de l’amour, de la connaissance, de
> l’unité, du contentement, de l’émerveillement ; de la vraie pauvreté et de
> l’anéantissement absolu.
> 
> la vallée de la recherche
> 
> la première vallée est celle de la recherche dans laquelle la monture se
> nomme patience. sans patience, le voyageur n’arrive nulle part et n’atteint
> aucun but. (...) lutterait-il cent mille ans sans parvenir à contempler la beauté
> de l’ami qu’il ne devrait pas vaciller (...) au cours de ce voyage, le chercheur
> parvient au point d’où il voit toutes les choses créées à la recherche affolée
> de l’ami…
> 
> la vallée de l’amour
> 
> (...) sans la souffrance, coursier de cette vallée, le voyage n’aurait pas de fin.
> (...) à chaque instant, il offre cent fois sa vie dans le sentier de Celui qu’il
> aime, et à chaque pas il jette mille fois sa tête aux pieds de l’aimé. (...)
> l’amour ne veut pas de l’existence et ne tient pas à la vie : dans la mort il
> voit la vie et cherche la gloire dans la honte…
> 
> la vallée de la connaissance
> 
> en cette vallée, le voyageur perspicace ne voit dans l’œuvre de dieu, le
> véritable, ni contradiction ni incohérence (...) dans l’ignorance il perçoit
> maint savoir caché, et dans la connaissance, cent mille sagesses. (...)
> 
> la vallée de l’unité
> 
> Parvenu au terme de la vallée de la connaissance, dernier état de limitation,
> le voyageur entre dans la vallée de l’unité, boit à la coupe de l’absolu et
> contemple les manifestations de l’unicité. (...) il entend par l’ouïe de dieu et
> voit par son œil les mystères de la création divine (...) il considère toute
> chose de l’œil de l’unité. il voit les rayons de splendeur du soleil divin
> briller, du levant de l’essence, sur tout ce qui existe, et les lumières de l’unité
> se refléter dans toute la création.
> 
> la vallée du contentement
> 
> là, il ressent le contentement divin soufflant des hauteurs de l’esprit. il brûle
> les voiles du besoin et, de son œil intérieur et extérieur, il perçoit dans le
> visible et l’invisible de toutes choses le jour où « dieu pourvoira chacun
> avec largesse ». du chagrin, il passe à la béatitude, de l’angoisse à la joie. sa
> peine, son affliction, cèdent au délice et au ravissement. (...)
> 
> TraCes de la Plume Très exalTée 187
> 
> la vallée de l’émerveillement
> d’abord il voit que la richesse est la pauvreté même et l’essence de la liberté
> lui semble pure impuissance. là, il est frappé de mutisme devant la beauté du
> Très-Glorieux ; ici, sa propre vie lui pèse. (...) le voyageur s’y trouve en
> pleine confusion. à chaque instant, il découvre un monde merveilleux, une
> nouvelle création, et d’étonnement en étonnement, il s’affole de terreur
> devant les œuvres du seigneur de l’unité.
> 
> la vallée de la vraie pauvreté et de l’anéantissement absolu (...) où l’on
> meurt à soi-même pour vivre en dieu, où l’on appauvrit son moi pour
> s’enrichir du désiré. (...) et lorsque tu auras atteint cette très haute condition
> et ce monde immense, tu contempleras l’aimé et tu en oublieras tout le reste.
> (...) dans cette cité, les voiles de lumière eux-mêmes sont déchirés et
> anéantis. (...) ni la parole, ni l’argument, mais l’extase seule peut faire
> comprendre ce sujet. (...) Ces voyages n’ont pas de fin visible dans le monde
> du temps mais le voyageur détaché - s’il reçoit la confirmation invisible et
> l’aide du Gardien de la Cause - peut parcourir les sept étapes en sept pas,
> plutôt en sept souffles, voire en un seul si tel est le désir et la volonté de
> dieu.2
> 
> les quatre vallées, autre diamant de prose mystique fut aussi révélé à
> Bagdad.
> 
> sous la forme d’une lettre adressée à shaykh ‘abdu’r-rah∂mán-i-Karkútí, un
> érudit aux idées larges, son texte est beaucoup plus court mais partage les
> mêmes qualités que les sept vallées.
> 
> le kitáb-i-Íqán ou le livre de la certitude, fut écrit en réponse à des questions
> présentées par h∆ájí mírzá siyyid muh∂ammad, un des oncles maternels du
> Báb, surnommé Khál-i-akbar (l’oncle aîné). avec son frère, h∆ájí mírzá
> h∆asan-’alí, surnommé Khál-i-as∂ghar (l’oncle cadet) il visita les mausolées
> sacrés d’irak en 1862.
> 
> Pendant les six années courtes et mouvementées que dura la mission de leur
> neveu, ils restèrent fermes dans leur soutien et le défendirent, mais aucun
> d’eux ne lui avait fait serment d’allégeance. Bahá’u’lláh lui-même relate
> dans une épître que h∆ájí siyyid Javád-i-Karbilá’í lui parlant de la présence
> de ces deux oncles du Báb en irak, il lui demanda s’ils avaient parlé de la
> cause du Báb. devant sa réponse négative Bahá’u’lláh dit dans cette épître
> qu’il ne souhaitait pas que des parents si proches du Point premier soient
> privés de la grâce conférée par la religion de leur
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> illustre neveu ; il demanda à h∆ájí siyyid Javád de lui faire rencontrer l’un
> des deux.
> 
> alors qu’il était à Chiraz, h∆ájí mírzá siyyid muh∂ammad avait été
> encouragé par un de ses parents, áqá mírzá áqá, núri’d-dín, de partir en irak,
> of ciellement pour un pèlerinage aux lieux saints chiites, mais en réalité pour
> y rencontrer Bahá’u’lláh. (Jeune homme, áqá mírzá áqá avait été converti à
> la religion bábíe par sa tante, Khadíjih Bigum, la femme du Báb). aussi,
> lorsqu’il vit que c’était h∆ájí siyyid Javád-i-Kárbilá’í, qu’il connaissait bien,
> qui lui apportait l’invitation de Bahá’u’lláh, h∆ájí mírzá siyyid muh∂ammad
> accepta avec plaisir. dans la même épître, Bahá’u’lláh mentionne que
> lorsqu’il demanda à h∆ájí mírzá siyyid muh∂ammad ce qui le bloquait dans
> son progrès, celui-ci répliqua que quelques questions le préoccupaient
> profondément. Bahá’u’lláh lui conseilla d’écrire ces questions a n qu’on
> puisse y répondre. récemment, parmi les documents laissés par h∆ájí mírzá
> siyyid muh∂ammad, on a retrouvé les questions présentées à Bahá’u’lláh.
> écrites de sa main, on peut lire que ces questions concernent surtout l’attente
> chiite de l’avènement du qá’im de la famille de muh∂ammad.
> 
> les questions de h∆ájí mírzá siyyid muh∂ammad peuvent se classer en quatre
> groupes :
> 
> 1. le jour de la résurrection. la résurrection sera-t-elle corporelle ? le monde
> déborde d’injustice, comment les bons seront-ils récompensés et les
> méchants punis ?
> 
> 2. le douxième imam est né à une certaine époque et vit toujours. de
> nombreuses traditions l’attestent. Comment peut-on l’expliquer ?
> 
> 3. l’interprétation des écrits saints. Cette cause semble ne pas se conformer
> aux croyances acceptées depuis des années. on ne peut ignorer le sens littéral
> des écritures sacrées. Comment peut-on l’expliquer ?
> 4. suivant les traditions venues des imams, certains événements doivent
> arriver à l’avènement du qá’im. Certains sont mentionnés précisèment.
> aucun n’est arrivé. Comment l’expliquer ?
> 
> voilà le sens général des questions présentées à Bahá’u’lláh par l’oncle du
> Báb.
> 
> en réponse à ces questions Bahá’u’lláh révéla le kitáb-i-Íqán en quarante-
> huit heures. le manuscrit original, écrit de la main de ‘abdu’l-Bahá avec des
> ajouts dans les marges de Bahá’u’lláh lui-même est maintenant préservé
> dans les archives bahá’íes internationales sur le mont Carmel.
> 
> TraCes de la Plume Très exalTée 189
> 
> fát∂imih Khánum afnán, arrière-petite- lle de h∆ájí mírzá siyyid
> muh∂ammad avait hérité de ce manuscrit et l’offrit au Gardien de la foi
> bahá’íe. une copie probablement transcrite pour h∆ájí mírzá h∆asan-‘alí le
> jeune oncle du Báb (qui, bien qu’il n’ait pas accompagné son frère en
> présence de Bahá’u’lláh, ne tarda pas à lui déclarer son allégeance), est daté
> d’un an après sa révélation. il est aujourd’hui en possession d’un des arrière-
> arrière-petit-fils de h∆ájí mírzá h∆asan-‘alí. l’auteur est lui-même en
> possession d’une belle copie de la main de áqá mírzá áqáy-i-rikáb-sáz, le
> premier martyre de Chiraz et porte la date de 1871 (voir le frontispice).
> 
> le livre de la certitude est sans doute le premier des écrits de Bahá’u’lláh à
> avoir été imprimé. une superbe copie, lithographiée sans doute à Bombay et
> non datée, était en circulation au début des années quatre-vingt du dix-
> neuvième siècle.
> 
> dans ce livre, décrit par le Gardien de la foi bahá’íe comme « Prééminent
> parmi les écrits de l’auteur de la révélation bahá’íe », Bahá’u’lláh présente
> une explication logique, claire et irréfutable, du symbolisme des écritures du
> passé et de leurs passages énigmatiques, démontre la réalité de la révélation
> progressive et apporte des preuves pour soutenir la mission divine du Báb.
> shoghi effendi ajoute : de tous les livres révélés par l’auteur de la révélation
> bahá’íe ce livre seul, en abat-tant les barrières séculaires qui avaient séparé
> d’une manière si radicale les grandes religions du monde, a posé
> d’inattaquables et vastes fondements pour une réconciliation complète et
> permanente de leurs fidèles.3.
> 
> on ne peut présenter en une simple citation une image adéquate du vaste
> champ couvert par ce livre important. en parlant des pouvoirs et des signes
> de dieu manifestés dans la création tout entière, Bahá’u’lláh écrit :
> 
> Tout ce qui est dans les cieux et sur terre n’est donc qu’une manifestation
> des attributs et des noms de dieu, si bien que dans chaque atome sont enfouis
> les signes du soleil de réalité.
> 
> sans la puissance de cette manifestation rien n’existerait. Combien de soleils
> de savoir sont cachés dans le moindre atome ! Combien de mers de sagesse
> sont contenues dans une goutte d’eau ! que dire alors de l’homme qui a reçu
> de tels dons et qui est mis au premier rang des êtres existants ? Toutes les
> qualifications et les noms que l’homme attribue à dieu se retrouvent
> potentiellement en lui d’une façon plus parfaite que chez
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> n’importe quel autre être vivant, et en fait, tous ces noms ne qualifient que
> lui-même.
> 
> C’est ce que signifient ces paroles : « l’homme est mon mystère et je suis
> son mystère »
> 
> (...)
> 
> l’homme, qui est la plus digne et la plus parfaite des créatures, est plus
> capable que n’importe quel autre être de représenter et de réunir les qualités
> divines. Ceux d’entre les hommes qui sont les plus parfaits, les meilleurs,
> sont les manifestations du soleil de vérité et l’on peut dire que les autres
> n’existent que par leur vouloir, n’agissent que par leur bonté (...)
> 
> Ces tabernacles de sainteté, ces miroirs qui réfléchissent une lumière
> glorieuse et éternelle, ne sont que les expressions de celui qui est l’invisible
> des invisibles, avec tous ses noms et attributs : savoir, pouvoir, souveraineté,
> grandeur, miséricorde, sagesse, gloire, bonté et générosité.4
> 
> les manifestations de dieu, fondateurs des religions du monde, apportent la
> volonté de dieu et son dessein pour l’humanité. ils sont le logos - le verbe de
> dieu.
> 
> en eux rien ne peut se voir que la réalité et la lumière de dieu.
> 
> Comme les portes sont fermées par lesquelles cette identité réelle serait
> accessible aux hommes, par la miséricorde infinie de celui dont « la
> miséricorde englobe tous les êtres »
> 
> et dont « la merci dépasse toutes choses », les joyaux brillants du monde de
> l’esprit sont apparus sur cette terre dans le corps noble de l’homme et se sont
> manifestés à lui, afin qu’il puisse à son tour faire connaître au monde les
> mystères de cette identité éternelle et de cette impérissable essence. Ces
> saints miroirs, lieux d’apparition de l’ancienne gloire, sont tous, et chacun,
> les interprètes sur terre de celui qui est l’astre central de l’univers, son
> essence et son but ultime. leur savoir est son savoir, leur pouvoir son
> pouvoir, leur puissance sa puissance, leur beauté sa beauté, leur révélation
> un signe de sa gloire immortelle ; ils sont les trésors de la connaissance et les
> dépositaires de la sagesse suprême, l’apparition de la bonté infinie, et les
> aurores du soleil éternel. 5
> 
> Ce n’est qu’un des grands thèmes que dévoile le livre de certitude.
> 
> Parfois, pendant son séjour à Bagdad, Bahá’u’lláh demandait à mírzá áqá
> Ján de laisser les eaux du Tigre emporter au loin les traces de sa plume. dans
> une tablette révélée bien plus tard à acre, Bahá’u’lláh en parle. nabíl se
> souvient que certains de ces écrits furent sauvés grâce aux supplications de
> mírzá áqá Ján et ils furent insérés dans la tablette de munáját-i-h∆úríyyih
> (Prière à la houri).
> 
> la marche du roi de gloire
> le soleil se couchait le 22 avril 1863 (le trente-deuxième jour après naw-rúz),
> lorsque Bahá’u’lláh quitta pour la dernière fois la maison qui avait été sa
> demeure dans la ville des abassides et se dirigea vers la rive du Tigre où un
> quf h attendait pour lui faire traverser le euve jusqu’au jardin de najíb Páshá
> connu sous le nom de najíbíyyih. la voie vers le euve était pleine de monde.
> hommes et femmes, enfants et vieillards, de toutes origines sociales s’étaient
> réunis pour le voir partir et se lamentaient de son départ.
> 
> Tout en se dirigeant vers le euve, Bahá’u’lláh donnait généreusement des
> aumônes aux pauvres, et aux démunis, et consolait, réconfortait ces gens qui
> n’allaient jamais plus le revoir. mais ils étaient si conscients, si malheureux
> de la perte qu’ils allaient subir que les mots ne pouvaient les consoler. et
> n’oublions pas que la grande majorité de ces gens n’avaient aucun lien avec
> la religion du Báb. ibn-álúsí, un dirigeant religieux de la communauté
> sunnite pleurait à chaudes larmes en maudissant nás∂iri’d-dín sháh qui était
> tenu pour responsable de l’exil de Bahá’u’lláh loin de Bagdad. « Cet homme
> n’est pas nás∂iri’d-dín : celui qui aide la religion, mais mukhdhili’d-dín :
> celui qui humilie la religion ». si l’on pense que cette réaction est celle d’un
> notable qui n’avait pas de liens avec la religion du Báb, on peut imaginer les
> sentiments de ceux des bábís qui étaient forcés de rester à Bagdad. áqá rid∂á
> écrit qu’ils étaient si inconsolables que ceux qui devaient accompagner
> Bahá’u’lláh partageaient leur chagrin. « dieu seul sait, dit-il, comment ceux
> qui restaient purent supporter ces jours-là. »
> 
> le printemps eurissait et le jardin de najíb Páshá, qui allait être connu par les
> bahá’ís comme le jardin de rid∂ván (paradis) était empourpré des
> nombreuses nuances des roses éclatantes qui s’épanouissaient abondamment
> ce jour-là. Ceux qui ont écrit à propos de ce 22 avril dans le jardin de
> rid∂ván s’étendent particulièrement sur la beauté des roses, sur la profusion
> et les bénédictions de la nature. un tel jour, où la nature était si exubérante et
> le cœur des hommes si lourd de chagrin,
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> n’était-il pas le jour approprié où proclamer la bonne nouvelle du printemps
> divin ?
> la plume de Bahá’u’lláh écrit à propos de ce jour :
> 
> voici venu le printemps divin, ô Plume sublime, car la fête du miséricordieux
> approche à grands pas. lève-toi donc pour magnifier le nom de dieu devant la
> création tout entière, et célébrer sa louange de telle sorte que toutes choses
> créées en soient régé-nérées et rénovées. Parle, et ne prends aucun repos. le
> soleil de l'allégresse brille à l'horizon de notre nom, le Bienheureux, car le
> nom de ton seigneur, Créateur des cieux, orne le royaume du nom de dieu.
> lève-toi face aux nations de la terre, arme-toi du pouvoir de ce plus grand
> nom, et ne traîne pas.
> 
> Pourquoi t'arrêtes-tu, ô Plume, et cesses-tu de courir sur ma tablette ? l'éclat
> du visage divin t'aurait-il déconcertée, les vains discours des incroyants
> t'auraient-ils à ce point remplie de tristesse que tes mouvements en sont
> paralysés ? que rien ne t'empêche d'exalter la grandeur de ce Jour où le doigt
> de majesté et de pouvoir rompt le sceau du vin de réunion et appelle tous les
> habitants des cieux et de la terre. Tarderas-tu encore, alors que souffle déjà
> sur toi la brise qui annonce le jour de dieu, ou bien seras-tu de ceux qu'un
> voile sépare de lui ?
> 
> ô seigneur de tous les noms et Créateur des cieux, jamais aucun voile ne m'a
> empêchée de reconnaître la gloire de ton Jour qui est le phare du monde
> entier, et qui, devant tous ses habitants, témoigne de l'ancien des jours.
> 
> mon silence a pour cause les voiles qui te cachent aux yeux de tes créatures,
> et la raison de mon mutisme est dans les obstacles qui privent ton peuple de
> reconnaître ta vérité. Tu sais ce qui est en moi, mais j'ignore ce qui est en toi.
> Tu es l'omniscient, l'informé. Par ton nom qui surpasse tous les noms ! si ton
> ordre impérieux et irrésistible devait jamais m'atteindre, il me donnerait le
> pouvoir de revivifier toutes les âmes par ta parole sublime que prononce la
> langue de puissance en ton royaume de gloire, comme je l'ai entendue. il me
> permettrait d'annoncer la révélation de ton resplendissant visage qui a
> manifesté en ton nom, le Perspicace, le Protecteur souverain, l'absolu, tout ce
> qui était caché aux yeux des hommes.
> 
> ô plume, peux-tu trouver autre que moi en ce jour ? qu'est-il advenu de la
> création et de ses manifestations ? et les noms et leur royaume, que sont-ils
> devenus ? où sont passées toutes les choses créées, tant visibles qu'invisibles
> ? et qu'en est-il des secrets cachés et des révélations de l'univers ? vois, la
> création tout entière s'est éteinte ! il ne reste que mon visage, l'éternel, le
> resplendissant, le Très-Glorieux.
> 
> voici le jour où seules se voient les splendeurs de la lumière qui rayonne de
> la face de ton seigneur, le Clément, le Généreux. en vérité, sur notre ordre
> irrésistible et sou-
> 
> la marChe du roi de Gloire 193
> 
> verain, toutes les âmes ont expiré. Puis, nous avons appelé à l'être une
> création nouvelle en signe de notre grâce envers les hommes. Je suis en
> vérité le Très-Généreux, l'ancien des jours.
> 
> voici le jour où le monde invisible s'écrie : « ô Terre, grande est ta
> bénédiction car tu es devenue le marchepied de ton dieu, et tu as été choisie
> pour être le siège de son trône puissant », et le royaume de gloire s'exclame :
> « que ma vie te soit offerte en sacrifice, car le Bien-aimé du Très-
> miséricordieux a établi sur toi sa souveraineté par le pouvoir de son nom
> promis à toutes choses, passées et futures. » voici le jour où mon vêtement
> répand sur toute la création son parfum qui imprègne toute chose embaumée.
> 
> voici le jour où les torrents de la vie éternelle jaillissent de la volonté du
> Très-miséricordieux. de tout votre cœur et de toute votre âme, hâtez-vous d'y
> boire à satiété, ô assemblée des royaumes célestes !
> 
> dis : il est la manifestation de l'inconnaissable, l'invisible des invisibles,
> puissiez-vous le comprendre. il est celui qui découvre à vos yeux le précieux
> Joyau caché, si vous êtes de ceux qui cherchent. il est le Bien-aimé de toutes
> choses passées et futures.
> 
> que votre amour et votre espoir soient placés en lui !
> 
> ô Plume, ta supplique monte jusqu'à nous et nous excusons ton silence.
> qu'est-ce qui a pu te troubler à ce point ?
> 
> ô Bien-aimé de tous les mondes, l'ivresse de ta présence s'est emparée de
> moi.
> lève-toi et proclame devant toute la création que le Très-miséricordieux a
> dirigé ses pas vers le ridván et qu'il y est entré. Puis, guide le peuple jusqu'au
> jardin de délices dont dieu a fait le trône de son paradis. nous t'avons élue
> pour être notre très puissante trompette dont la sonnerie doit annoncer la
> résurrection de toute l'humanité.
> 
> dis : voici le paradis dont les frondaisons portent ce témoignage, inscrit par
> le vin de la Parole : « Celui qui était caché aux yeux des hommes est révélé
> et il est investi du pouvoir et de la souveraineté ! » voici le paradis dont le
> bruissement des feuilles proclame : « ô vous, habitants du ciel et de la terre,
> vient d'apparaître ce qui n'était jamais apparu. Celui qui, de toute éternité,
> avait caché sa face à la vue de la création est maintenant venu ! » de la brise
> qui souffle dans ses branches, s'élève le cri : « le souverain seigneur de
> toutes choses est aujourd'hui manifeste. le royaume est à dieu », et de ses
> ruisseaux sourd le murmure : « Celui que personne n'a contemplé, dont nul
> n'a encore pénétré le secret, soulève le voile de gloire, découvre le visage de
> beauté, et tous les yeux sont réjouis. »
> 
> des plus hauts séjours de ce paradis, les vierges célestes s'écrient : «
> réjouissez-vous, habitants des royaumes d'en-haut, car au cœur même des
> cieux, la voix de l'ancien des jours lance le plus grand appel au nom du Très-
> Glorieux. la main de la
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> munificence passe à la ronde les coupes de vie éternelle. approchez-vous et
> buvez à satiété. savourez ce breuvage vivifiant, ô vous qui incarnez l'attente
> ardente, ô vous qui personnifiez le désir passionné ! »
> 
> voici le jour où le révélateur des noms de dieu sort du tabernacle de gloire et
> proclame pour tous ceux qui sont au ciel et sur terre : « ecartez les coupes du
> paradis avec les eaux vivifiantes qu'elles contiennent, car voici que le peuple
> de Bahá entre dans la demeure bénie de la Présence divine et boit le vin de la
> réunion au calice de la beauté de son seigneur, l'omnipossédant, le Très-haut
> ».
> ô Plume, oublie le monde de la création et tourne-toi vers la face de ton
> seigneur, le seigneur de tous les noms. Puis, pare le monde des faveurs de
> ton seigneur, le roi des jours qui ne finissent point. Car nous respirons le
> parfum du jour où le désir de toutes les nations répand sur les royaumes de
> l'invisible et du visible la lumière resplen-dissante de ses noms les plus
> excellents et les enveloppe de l'éclat des flambeaux de ses faveurs les plus
> précieuses, faveurs que seul peut compter l'omnipotent Protecteur de toute la
> création.
> 
> ne vois les créatures de dieu que par l'œil de la bonté et de la miséricorde,
> car notre tendre sollicitude pénètre toutes choses créées, et notre grâce
> embrasse et la terre et les cieux. voici le jour où les vrais serviteurs de dieu
> partagent les eaux vivifiantes de la réunion, le jour où ceux qui sont proches
> de lui peuvent se désaltérer au fleuve tranquille de l'immortalité, où ceux qui
> croient en son unité boivent le vin de sa présence par la simple
> reconnaissance de celui qui est la fin suprême de tout ; en lui la langue de
> majesté et de gloire lance cet appel : « le royaume est mien. et moi, de mon
> propre droit, je suis son souverain. »
> 
> Par la voix de celui qui est l'unique Bien-aimé, attire le cœur des hommes.
> dis : c'est la voix de dieu, si vous pouviez l'entendre. C'est l'aurore de la
> révélation de dieu, si seulement vous le saviez. C'est l'aube de la cause de
> dieu, si seulement vous la recon-naissiez. C'est la source des
> commandements de dieu, si seulement vous en jugiez avec équité. C'est le
> secret manifeste et caché, puissiez-vous le saisir. ô peuples du monde, rejetez
> en mon nom, qui surpasse tous les autres noms, tout ce que vous possédez et
> plongez-vous dans cet océan qui recèle dans ses profondeurs les perles de la
> sagesse et de la parole et qui s'enfle en mon nom, le Très-miséricordieux.
> ainsi vous instruit celui qui détient le livre mère.
> 
> le Bien-aimé est venu, il tient dans la main droite le vin cacheté de son nom.
> 
> heureux l'homme qui se tourne vers lui, qui boit à satiété et s'écrie : « loué
> sois-tu, ô révélateur des signes de dieu ! » Par la vertu du Tout-Puissant !
> toute chose cachée est révélée par le pouvoir de la vérité. Toutes les faveurs
> de dieu sont dispensées en signe
> 
> la marChe du roi de Gloire 195
> de sa miséricorde, et toutes les eaux de vie éternelle sont offertes aux
> hommes. la main du Bien-aimé fait passer chaque coupe à la ronde, l'une
> après l'autre. approche-toi, ne t'attarde pas, ne fût-ce qu'un instant.
> 
> Bénis ceux qui s'élèvent sur les ailes de l'abnégation et atteignent cet état
> qui, sur l'ordre de dieu, couvre de son ombre la création tout entière. Bénis
> ceux que les vaines imaginations des savants et toutes les armées de la terre
> ne peuvent détourner de sa cause ! qui parmi vous, ô peuple, renoncera au
> monde pour se rapprocher du seigneur de tous les noms ? s'en trouvera-t-il
> un qui, armé du pouvoir de mon nom qui surpasse toutes choses créées,
> rejettera les biens de ce monde et s'attachera de toutes ses forces à ce que lui
> a prescrit d'observer dieu qui connaît toutes choses, tant visibles qu'invisibles
> ? sa générosité est dispensée à chacun, sa promesse est accomplie et sa
> preuve resplendit à l'horizon de la miséricorde. Grande sera la récompense
> de celui qui croit et qui s'exclame : « loué sois-tu, ô Bien-aimé de tous les
> mondes ! magnifié soit ton nom, ô toi, désir de tout cœur éclairé ! »
> 
> ô peuple de Bahá, réjouis-toi d'une joie sans pareille en évoquant ce Jour de
> suprême félicité où s'exprima la langue de l'ancien des jours car il a quitté sa
> demeure pour se rendre au lieu d'où il répandit sur la création tout entière les
> splendeurs de son nom, le Très-miséricordieux. dieu est notre témoin. si
> nous révélions les secrets de ce jour, tous les habitants du ciel et de la terre
> s'évanouiraient et mourraient à l'exception de ceux que préserverait dieu, le
> Tout-Puissant, l'omniscient, le Très-sage.
> 
> l'effet enivrant des paroles de dieu sur le révélateur de ses preuves
> indubitables est tel que sa plume ne peut se mouvoir plus longtemps. et de
> conclure sa tablette par ces paroles : « il n'est de dieu que moi, le sublime, le
> Tout-Puissant, l'excellent, l'omniscient ! »
> 
> alors qu’écrivains et chroniqueurs ont longuement témoigné de la foule des
> gens qui se pressaient, de leurs expressions de tristesse, de l’excellence du
> travail des jardiniers, on ne sait rien de la manière dont Bahá’u’lláh t cette
> déclaration si longtemps attendue. Comme l’écrit le Gardien de la foi bahá’íe
> : sur les circonstances exactes qui entourèrent cette déclaration historique,
> nous ne sommes malheureusement que trés peu renseignés. les paroles que
> Bahá’u’lláh prononça effectivement à cette occasion, la façon dont il
> présenta sa déclaration, la réaction qu’elle produisit, le choc qu’en reçut
> mírzá yah∂yá, l’identité de ceux qui eurent le pri-vilége d’entendre
> Bahá’u’lláh, tout cela reste enveloppé dans une obscurité que les historiens
> futurs auront du mal à percer. la description fragmentaire laissée à la
> postérité
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> par son chroniqueur nabíl représente l’un des rares récits authentiques que
> nous possédions sur les journées mémorables qu’il passa dans ce jardin. «
> Chaque jour, raconte nabíl, avant l’aube, les jardiniers cueillaient les roses
> qui bordaient les quatre avenues du jardin et les empilaient par terre, au
> milieu de sa tente bénie. le tas était si élevé que, lorsque ses compagnons se
> réunissaient pour boire leur thé du matin en sa présence, ils ne pouvaient se
> voir au-dessus. de ses propres mains, Bahá’u’lláh confiait toutes ces roses à
> ceux qu’il renvoyait de sa présence chaque matin, avec mission de les
> remettre de sa part à ses amis arabes et persans de la ville. » « une nuit,
> continue nabíl, la neu-viéme nuit de la lune ascendante, je montais la garde
> avec d’autres, près de sa tente bénie. Comme minuit approchait, je le vis
> sortir de sa tente, passer près de quelques-uns de ses compagnons endormis,
> et commencer à faire les cent pas dans les allées bordées de fleurs du jardin,
> sous le clair de lune. de tous côtés, le chant des rossignols était si fort que,
> seuls, ceux qui étaient proches de lui pouvaient entendre distinctement sa
> voix.
> 
> il continua de marcher jusqu’à ce que, s’arrêtant au milieu de l’une des
> avenues, il observe : « voyez ces rossignols. leur amour pour ces roses est si
> fort que, veillant du crépuscule jusqu’à l’aube, ils gazouillent leurs mélodies
> et, dans une passion brûlante, communient avec l’objet de leur adoration.
> Comment ceux qui se prétendent embrasés d’amour pour la beauté du Bien-
> aimé - celle de la rose même - peuvent-ils se résoudre à dormir ? » Pendant
> trois nuits consécutives je veillais, effectuant des rondes autour de sa tente
> bénie. Chaque fois que je passais près du lit sur lequel il était étendu, je le
> trouvais éveillé, et chaque jour, du matin au soir, je le voyais sans cesse
> occupé à converser avec le flot de visiteurs qui ne cessaient d’arriver de
> Bagdad. Pas une seule fois je ne pus découvrir, dans les paroles qu’il
> prononçait, le moindre indice de dissimulation. » 2
> áqá rid∂á décrit aussi le ot constant des gens qui venaient chaque jour de
> Bagdad rendre visite à Bahá’u’lláh et qui ne supportaient pas d’être séparés
> de lui.
> 
> il explique que la nourriture venait de la maison de Bahá’u’lláh à Bagdad, où
> sa famille résidait encore, ainsi que de la maison de mírzá músáy-i-Javáhirí.
> 
> námiq Páshá lui-même vint et proposa de fournir à Bahá’u’lláh tout le
> nécessaire pour le voyage tout en demandant d’être pardonné. Bahá’u’lláh
> lui assura qu’ils avaient tout le nécessaire et, comme námiq Páshá insistait
> qu’on lui laisse rendre quelque service, Bahá’u’lláh répondit : « sois
> prévenant avec mes amis et traite-les avec bonté. » le vali promit. il écrivit
> aussi une lettre pour tous les of -
> 
> ciels se trouvant sur la route d’istanbul, leur demandant de fournir tout le
> nécessaire aux voyageurs, et con a ce document à l’of cier chargé de les
> accompagner.
> 
> la marChe du roi de Gloire 197
> 
> mais áqá rid∂á indique que tout au long de la route, Bahá’u’lláh refusa
> d’accepter de telles exactions ; ils achetèrent, en les payant toujours, leurs
> provisions. námiq Páshá avait encore une autre demande à faire. il avait un
> superbe cheval qu’il voulait envoyer à Constantinople et demanda la
> permission de le con er aux hommes de Bahá’u’lláh, ce qui fut accepté. áqá
> h∆usayn-i-áshchí raconte que ce cheval, qui devait être rendu au ls de námiq
> Páshá, fut donc con é à siyyid h∆usayn-i-Káshí (Káshání) avec sans doute la
> recommandation de bien le traiter. siyyid h∆usayn était un homme simple,
> plaisant et blagueur. il cherchait toujours à faire ou à dire quelque chose qui
> puisse amuser Bahá’u’lláh et le faire sourire. áshchí raconte qu’il avait
> l’habitude de danser et de faire des cabrioles devant le cheval de
> Bahá’u’lláh, un étalon rouan de belle race appelé sa’údí. un jour, au cours du
> voyage, il vint à la tente de Bahá’u’lláh pour se plaindre que la Plus-Grande-
> Branche donnait assez de foin et d’orge à tous les animaux sauf à son cheval,
> mais voyant ‘abdu’l-Bahá entrer dans la tente il prit ses jambes à son cou et
> s’enfuit au désert. siyyid h∆usayn, d’après áshchí, resta avec Bahá’u’lláh
> jusqu’au départ pour andrinople (édirne). alors Bahá’u’lláh lui demanda de
> retourner chez lui en compagnie d’autres personnes qui les avaient rejoints
> en route. désirant toujours amuser Bahá’u’lláh, il demanda aux bahá’ís qui
> restaient de ne pas oublier, chaque fois que son nom serait mentionné, de
> rappeler quelques-unes de ses pitreries a n de faire sourire Bahá’u’lláh.
> 
> le neuvième jour la famille de Bahá’u’lláh le rejoignit dans le jardin de
> najíbíyyih et le douzième jour fut choisi pour le départ. voilà pourquoi la fête
> de rid∂ván dure douze jours. le dernier jour les gens ne cessaient de se
> presser dans le jardin pour faire leurs adieux. en n les mules furent chargées,
> les palanquins furent harnachés sur leurs dos, les femmes et les enfants
> prirent place dans les palanquins et, vers le coucher du soleil, l’étalon rouan
> fut présenté à Bahá’u’lláh pour qu’il le monte. Toutes les narrations qui nous
> sont parvenues parlent d’un cri de détresse insupportable montant de la foule
> éplorée, voyant Bahá’u’lláh à cheval prêt à partir. le cri « alláh’u’akbar -
> dieu est le plus grand » résonnait régulièrement. on se jetait sous les sabots
> de son cheval et, comme l’exprime áqá rid∂á,
> 
> « c’était comme un cheval céleste avançant sur les corps sancti és de cœurs
> purs. »
> 
> Ce jour-là ils découvrirent à quel point Bahá’u’lláh était bon cavalier. durant
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> toutes les années passées à Bagdad, alors que les chevaux n’avaient jamais
> manqué, áqá rid∂á raconte que Bahá’u’lláh avait toujours choisi de monter
> un âne. un autre symbole de l’autorité divine qu’il déployait maintenant fut
> le nouveau couvre-chef qu’il porta le premier jour de rid∂ván, lorsque
> quittant pour la dernière fois sa demeure il s’installa dans le jardin de
> najíbíyyih avant son départ pour la capitale de l’empire turc. on vit alors
> qu’il portait un táj nement brodé. un certain nombre de ces toques de feutre,
> rouge, verte, jaune et blanche, toutes magni -
> 
> quement brodées avec soin et talent, sont conservées.
> 
> le soleil allait se coucher lorsqu’ils atteignirent firayját, à cinq kilomètres de
> là, sur la rive du Tigre. la caravane s’arrêta pendant sept jours dans ce jardin
> verdoyant entourant un très grand manoir. Bahá’u’lláh y séjourna pendant
> qu’à Bagdad son frère, mírzá músá, s’occupait à régler leurs dernières
> affaires et à empaqueter et charger leurs affaires. à firayját, on t courir les
> chevaux pour les tester et Bahá’u’lláh prouva de nouveau qu’il était un
> excellent cavalier. il avait deux autres chevaux en plus de son étalon sa’údí,
> un nommé farangí et l’autre sa’íd. les jeunes ls de Bahá’u’lláh pouvaient
> occasionnellement monter deux ânes. à firayját les gens continuaient à
> arriver de Bagdad. ils ne pouvaient supporter d’être séparés de la présence
> de Bahá’u’lláh.
> 
> en route, Bahá’u’lláh prenait place dans le palanquin et montait son cheval à
> l’approche d’un village ou d’une petite ville pour rencontrer les notables et
> les of -
> 
> ciels qui, immanquablement, venaient à sa rencontre l’accueillir. un homme
> appelé h∆ájí mah∂múd marchait devant en tenant les rênes de la mule qui
> portait son palanquin pendant que mírzá áqá Ján, mírzá áqáy-i-munir
> surnommé ismu’lláhu’l-muníb, et áqá muh∂ammad-ibráhím-i-amír-i-nayrízí
> marchaient de chaque côté.
> 
> ‘abdu’l-Bahá nous a donné un récit délicieux et vivant de l’esprit de ce
> voyage dans ses souvenirs de mírzá áqáy-i-munír (Jináb-i-munír ; voir
> addenda v) : au temps où Bahá’u’lláh et sa suite quittaient Bagdad en grande
> pompe, Jináb-i-munir accompagnait le groupe à pied. en Perse, le jeune
> homme était connu pour son goût pour une vie agréable et facile, son amour
> du plaisir et aussi pour sa nature tendre et délicate ; il était habitué à faire ce
> qu’il voulait. on peut deviner ce qu’une personne comme lui avait à
> supporter, allant à pied de Bagdad à Constantinople. Ce fut pourtant avec
> plaisir qu’il mesura chaque kilomètre du désert, passant ses jours et ses nuits
> en
> la marChe du roi de Gloire 199
> 
> dessin d’un palanquin ( kajávih ou howdah ) psalmodiant des prières et en
> communiant avec dieu.
> 
> C’était un compagnon très proche pendant ce voyage. Certaines nuits, nous
> marchions chacun d’un côté du palanquin de Bahá’u’lláh, et la joie que nous
> ressentions est indescriptible. Parfois il chantait des poèmes, dont certaines
> odes de h∆á z∂ comme celle qui commence ainsi : « Viens, éparpillons ces
> roses, répandons ce vin », ou cette autre :
> 
> « Pour notre roi bien que nous ployions le genou,
> 
> nous sommes rois de l’étoile du matin.
> 
> nous n’avons pas de couleurs changeantes -
> 
> lions rouges et dragons noirs, c’est nous ! » 3
> 
> le septième jour, la caravane prit en n sa route en direction de
> Constantinople.
> 
> en longeant le Tigre ils arrivèrent à Judaydah en n d’après-midi. il n’y avait
> pas de jardin et l’on dressa les tentes pour une halte de trois jours.
> 
> à Judaydah, shát∂ir-rid∂á rejoignit la caravane amenant avec lui áqá
> muh∂ammad-h∆asan, jeune garçon dont le père áqá ‘abdu’r-rasúl-i-qumí
> était alors prisonnier à Téhéran et devait mourir en martyre à Bagdad. Cet
> áqá muh∂ammad-h∆asan grandit dans la famille de Bahá’u’lláh et le servit
> dèlement.
> 
> Plus tard il fut chargé de s’occuper de la maison des pèlerins à acre. l’auteur
> se souvient clairement de áqá muh∂ammad-h∆asan, alors très âgé, dans
> l’acre des
> 
> dans la Gloire du Père
> années vingt du vingtième siècle. devenu incapable de servir à la maison des
> pèlerins, il s’installa dans la maison de Bahá’u’lláh à acre, Bayt-i-’abbúd, et
> en prit soin. le vieil homme possédait un véritable trésor, de nombreux
> spécimens de l’écriture de Bahá’u’lláh qu’il gardait dans une malle et qu’il
> montrait avec grand plaisir aux visiteurs. h∆ájí muh∂ammad-Taqí, le
> náyibu’l-iyálih, rejoignit aussi Judaydah depuis Bagdad. mais lorsque la
> caravane leva le camp pour reprendre son voyage, Bahá’u’lláh lui ordonna,
> ainsi qu’à shát∂ir-rid∂á, shaykh s∆ádiq-i-yazdí et ustád ‘abdu’l-Karím de
> retourner à Bagdad. shaykh s∆ádiq était un vieil homme très dévoué à
> Bahá’u’lláh. il souffrait tant de sa séparation d’avec lui qu’il ne put trouver
> de repos et, peu de temps après, il partit solitaire, vers istanbul.
> 
> mais ne nit jamais le voyage et mourut en chemin à ma’dan-i-nuqrih. (voir
> page 214)
> 
> áqá rid∂á qui, avec l’aide de mírzá mah∂múd-i-Káshání (voir addenda v)
> était responsable de la cuisine, de la préparation et de la distribution des
> repas, a donné une liste longue et intéressante des autres tâches et de leurs
> responsables : áqá muh∂ammad-Báqir-i-mah∂allátí achetait le café et
> préparait les narguilehs ; deux frères, ustád Báqir et ustád muh∂ammad-
> ismá’íl, natifs de Káshán, s’occupaient du thé et du samovar. áqá
> muh∂ammad-ibráhím-i-amír et áqá najaf-’alí plan-taient les tentes et étaient
> chargés de la sécurité du camp. mírzá áqá Ján et áqáy-i-munír servaient
> Bahá’u’lláh. darvísh s∆idq-’alí, siyyid h∆usayn-i-Káshání et h∆ájí ibráhím
> s’occupaient des chevaux. áqá muh∂ammad-’alíy-i-Jilawdár (voir addenda
> v) étaient chargés de trouver du foin et de l’orge pour les animaux. áqá
> muh∂ammad-ibráhím-i-náz∂ir et mírzá Ja’far achetaient ce dont on avait
> besoin en cours de route. ustád muh∂ammad-’alíy-i-salmání (voir addenda
> v), en plus de pratiquer son art, veillait aux biens et aux tentes pendant le
> voyage. áqá ‘abdu’l-Ghaffár (áqá ‘abdu’lláh ; voir addenda v) qui parlait
> bien le turc se rendait utile en parlant avec les gens de la caravane. les deux
> garçons, áqá muh∂ammad-h∆asan et áqá h∆usayn (connu plus tard sous le
> nom de áshchí) servaient les dames.
> 
> d’après áqá rid∂á les autres membres de la suite de Bahá’u’lláh étaient áqá
> muh∂ammad-’alíy-i-is∂fahání, áqá muh∂ammad-s∂ádiq, siyyid
> muh∂ammad-i-is∂fahání et h∆ájí mírzá ah∂mad-i-Káshání.
> les services rendus par áqá rid∂á lui-même et par mírzá mah∂múd-i-Káshání
> furent décrits par ‘abdu’l-Bahá à son secrétaire :
> 
> la marChe du roi de Gloire 201
> 
> ... [ils] ne s’arrêtaient jamais. dès notre arrivée, ils commençaient
> immédiatement à préparer le repas pour un groupe d’environ soixante-dix
> personnes, et ce, après avoir travaillé dur toute la journée ou toute la nuit à
> guider les chevaux qui portaient le palanquin de la Perfection bénie. quand le
> repas était cuit, tous ceux qui s’étaient endormis s’éveillaient, mangeaient et
> s’endormaient de nouveau. les deux hommes lavaient alors les plats et les
> empaquetaient. ils étaient alors si fatigués qu’ils auraient pu dormir sur du
> rocher nu.
> 
> il leur arrivait, pendant le voyage, alors qu’ils étaient épuisés, de dormir en
> marchant. régulièrement j’en voyais un se mettre soudain à sauter par-ci,
> par-là. on s’aper-cevait alors qu’il s’était endormi et rêvait qu’il avait atteint
> un large ruisseau, d’où le saut !
> 
> en un mot, de Bagdad à sámsún, ils servirent avec une rare délité. aucun être
> humain n’aurait pu supporter avec le sourire ce lourd travail. mais parce
> qu’ils étaient en ammés (par l’esprit de dieu) ils rendirent tous ces services
> avec une grande joie. Je me souviens, lorsque tôt le matin nous allions partir
> pour un autre caravansérail, nous trouvions ces deux hommes profondément
> endormis. il fallait les secouer fort pour qu’ils s’éveillent avec dif culté. mais
> en marchant ils chantaient des prières et des invocations. 4
> 
> ‘abdu’l-Bahá, dans ce même récit, explique brièvement mais explicitement
> la nature du voyage qui les attendait. « souvent, de jour comme de nuit, nous
> couvrions une distance de quarante ou cinquante kilomètres. dès notre
> arrivée au caravansérail, complètement épuisé, tout le monde se couchait et
> s’endormait. exténué, personne n’aurait pu bouger davantage. » quant à lui,
> il n’avait souvent aucun repos, ou si peu, car il avait la tâche de s’occuper de
> la nourriture et des nécessités quotidiennes de tout le groupe, y compris les
> animaux.4
> 
> de Judaydah, la caravane se dirigea vers dilí-’abbás, situé dans une plaine
> verdoyante au bord du euve. les tentes furent à nouveau dressées. mais à
> cause de la chaleur du jour, on avait l’habitude de voyager de nuit et, minuit
> sonnant, la caravane reprit sa route pour arriver le lendemain à qarih-Tapih ;
> l’étape suivante serait s∆aláh∂íyyih, une petite ville proche d’une montagne,
> située sur un af uent de la rivière diyáláh, où résidait un qá’im-maqám. le
> qá’im-maqám et les notables de l’endroit vinrent au-devant de la caravane
> pour saluer les voyageurs et présenter
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> la marche du roi de gloire. le voyage de bahá’u’lláh depuis bagdad jusqu’à
> istanbul.
> 
> la marChe du roi de Gloire 203
> 
> leurs respects. mais leur accueil dépassa les limites des obligations sociales
> et ils organisèrent une vraie fête en l’honneur de leurs invités. après un arrêt
> de deux nuits au cours desquelles les autorités organisèrent des tours de
> garde contre l’incursion de brigands éventuels, la caravane repartit la
> troisième nuit, malgré une obscurité dense et des vents souf ant en tempête.
> áqá rid∂á eut, cette nuit-là, une expérience terri ante. Tout en marchant il
> s’endormait par intermittence ; remarquant que áqá muh∂ammad-ibráhím-i-
> amír s’était accroupi un moment pour réparer le palanquin transportant
> Bahá’u’lláh, il t de même et s’endormit immédiatement.
> 
> il dormit cinq heures d’af lée et à son réveil, aucune caravane en vue ! dans
> la nuit impénétrable son absence n’avait pas été remarquée. C’est le bruit fait
> par quelques hommes chevauchant des ânes qui l’avait éveillé et pensant que
> c’était sa caravane, il partit dans leur direction. mais ils étaient trop rapides.
> effrayé, craintif, il continua à avancer et remarqua soudain le re et d’un feu
> dans le lointain.
> 
> áqá rid∂á se dit que ce devait être le brasero d’áqá muh∂ammad-Báqír. il
> avait raison. C’était l’aube, l’heure de la prière du matin. le palanquin de
> Bahá’u’lláh était arrêté. en rejoignant la caravane, áqá rid∂á rencontra
> d’abord mírzá músá, áqáy-i-Kalím, qui lui apprit qu’on venait juste de
> remarquer son absence et qu’on était prêt à envoyer des hommes à sa
> recherche.
> 
> áqá h∆usayn-i-áshchí rapporte de nombreux incidents semblables et ce
> devait être très courant qu’un voyageur s’égare au cœur de la nuit.
> 
> Ce matin-là la caravane arriva à dúst-Khurmátú (sur les cartes : Tuz-
> Khurmátú) et installa le campement dans un taillis. la nuit suivante les
> emmena jusqu’à la colline de Táwuq où coulait une petite rivière. ils
> passèrent ensuite à Karkúk où ils restèrent deux jours dans un verger en
> dehors de la ville. ils étaient arrivés dans le pays des Kurdes où vivait un
> chef derviche qui avait environ 50 000 disciples éparpillés dans toute la
> mésopotamie. Comme d’habitude, les of ciels vinrent au-devant des visiteurs
> leur rendre hommage. Puis un homme apparemment exalté s’avança en
> hurlant. l’entourage de Bahá’u’lláh voulut l’arrêter mais celui-ci, qui avait
> vécu deux ans parmi ces gens, leur demanda de le laisser tranquille. Karkúk
> était la plus grande ville du bas-Kurdistan, située sur la rivière Khazá-chai
> traver-sée ici par un très haut pont. l’eau était froide, le courant rapide, mais
> un homme, voulant montrer ses capacités, sauta du haut du pont dans la
> rivière. Cet exploit plut beaucoup à Bahá’u’lláh et lorsque le plongeur lui fut
> amené, il lui donna une
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> somme d’argent. quelques grands personnages, en route vers mosul pour
> affaires, rent une courte apparition voulant rendre visite à Bahá’u’lláh, ce qui
> perturba grandement siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání et quelques autres qui
> en restèrent perplexes.
> 
> la route continuait vers irbíl (arbíl) ville historique près de laquelle alexandre
> livra aux Perses une grande bataille en octobre 331 avant J.-C. située sur la
> frontière entre les mondes arabes et kurdes elle n’était plus que ruines
> comparée à sa grandeur d’antan. la plaine dans laquelle elle est construite
> s’ouvre à l’ouest sur la vallée du grand záb, un af uent du Tigre et, au sud,
> sur la vallée du petit záb.
> 
> surmontée d’un château construit au sommet d’une colline, c’était la ville-
> marché des Kurdes de cette région et le siège d’un qá’im-maqám.
> 
> la caravane arriva le jour de al-’íd al-ad∂h∂á, l’une des deux grandes fêtes
> musulmanes qui célèbre le sacri ce d’abraham et au cours de laquelle les
> dèles envahissent la mecque pour accomplir les rites du pèlerinage. les
> notables de la ville vinrent accueillir Bahá’u’lláh en lui offrant de la viande
> d’animaux sacri és. leur attachement à Bahá’u’lláh était évident et
> attendrissant.
> 
> laissant irbíl la caravane arriva aux rives du grand záb. Cette puissante
> rivière sur les rives de laquelle de grandes batailles furent livrées* fut
> franchie par bateau.
> 
> deux mules furent emportées et personne ne put les sauver. le début de la
> nuit se passa dans un campement sur la rive qu’ils avaient atteint et à minuit,
> alors qu’ils étaient prêts à repartir, un grand vent commença de souf er. après
> une courte halte dans un village nommé Barat∂allih, peuplé de chrétiens, ils
> atteignirent mosul une heure ou deux après le lever du soleil.
> un camp fut monté sur la rive est du Tigre où est situé nabíyu’lláh-yúnis qui
> tire son nom de la tombe du prophète Jonas que chrétiens et musulmans
> croient être enterré là. la plus grande partie de l’ancienne ninive s’étend sur
> la rive est mais mosul est bâtie sur la rive ouest, à l’emplacement d’un
> ancien faubourg. Bien qu’en grande partie ruinée, mosul est encore une belle
> ville, située sur les pentes du Jabal-Jubilah, ses maisons formant un
> amphithéâtre de dix kilomètres de circon-férence.
> 
> mírzá yah∂yá, déguisé, était déjà arrivé à mosul en compagnie d’un arabe
> nommé z∆áhir. áqá rid∂á remarque que son attitude l’avait déjà diminué aux
> yeux
> 
> * C’est là que se décida le sort de ommeyades, en janvier 750 de notre ère.
> 
> la marChe du roi de Gloire 205
> 
> de son compagnon, qui était soi-disant son serviteur et, lorsqu’on le
> rencontrait, il se plaignait de la conduite qu’avait z∆áhir envers lui : « il est
> toujours couché et bien qu’il sache combien je déteste l’odeur du tabac, il
> bourre sa pipe constamment et laisse des spirales de fumée se répandre. »
> áqá rid∂á relate que mírzá yah∂yá avouait : « Je n’ai pas quitté Bagdad avec
> vous car j’avais peur qu’on vous livre aux autorités persanes ; je me suis
> donc déguisé pour échapper à cette éventuali-té. » Bahá’u’lláh avait
> pourtant, d’après áqá rid∂á, invité mírzá yah∂yá en ces termes : « si tu veux
> venir aussi j’en informerai námiq Páshá, mais viens à découvert ! » et mírzá
> yah∂yá avait refusé l’invitation. arrivé à mosul, assez loin de la frontière
> persane, mírzá yah∂yá eut enfin le courage de se montrer, tout en gardant son
> déguisement. en dehors de mírzá áqá Ján et de siyyid muh∂ammad-i-
> is∂fahání qui le connaissaient, les autres ne savaient pas qui il était. Certains
> le prenaient pour un juif qui avait rejoint la caravane pour voyager en
> sécurité et ils le traitaient amicalement. il lui arrivait, raconte áqá rid∂á,
> d’entrer dans la tente commune à tous les hommes mais sans révéler son
> identité.
> 
> dans une épître adressée aux bahá’ís de Chiraz, ‘abdu’l-Bahá leur donne un
> rapport détaillé de la vie de mírzá yah∂yá, de ses craintes de poltron, de son
> incompétence, de sa faiblesse devant sa femme, de son évitement constant
> des dangers réels ou imaginaires, de son échec à proclamer la cause du Báb.
> il écrit : en atteignant mosul, un camp fut établi sur la rive du Tigre où les
> notables de la ville af uaient par groupes pour venir en la sainte présence [de
> Bahá’u’lláh]. vers minuit, z∆áhir, l’arabe dont j’ai déjà parlé, vint annoncer
> que son honneur [mírzá yah∂yá] attendait dans une auberge en dehors de la
> ville et souhaitait rencontrer quelqu’un. mon oncle mírzá músá partit tout de
> suite pour le rencontrer. mírzá yah∂yá demanda des nouvelles de sa famille
> et on lui répondit qu’ils étaient là, qu’ils avaient leur propre tente et qu’il
> pouvait aller leur rendre visite. il répondit qu’il pensait que ce n’était pas
> envisageable mais qu’il accompagnerait la caravane dans laquelle sa famille
> voyagerait. C’est ainsi qu’il continua vers diyábakr, la tête couronnée d’une
> corde noire, un bol à aumônes à la main, ne parlant qu’avec les arabes et les
> Turcs de la caravane. à diyábakr, il t savoir qu’il rendrait visite de nuit à sa
> famille et qu’au matin il rejoindrait le gros de la caravane. Ce qu’il fit.
> Puisque h∆ájí siyyid muh∂ammad le connaissait, il prétendit être un
> derviche persan, une de ses connaissances qui venait lui rendre visite. quant
> aux autres amis qui ne l’avaient jamais vu, ils ne le reconnurent
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> pas.5
> 
> ‘abdu’l-Bahá raconte ensuite comment mírzá yah∂yá se lança dans une
> dispute avec siyyid muh∂ammad, l’homme qui dans les années à venir allait
> devenir son principal soutien et son mauvais génie, puis alla s’en plaindre
> auprès de Bahá’u’lláh. après avoir entendu aussi les explications de siyyid
> muh∂ammad, Bahá’u’lláh lui reprocha d’avoir causé une polémique.
> 
> la caravane s’arrêta pendant trois jours à mosul où Bahá’u’lláh et sa suite
> visitèrent les bains publics. au coucher du soleil le troisième jour on leva le
> camp et l’on partit vers zákhú à trois étapes de là. la dernière étape traversait
> une région hostile où vivaient des Kurdes yazídí. la caravane s’arrêta au pied
> d’une montagne. les Kurdes leur refusèrent des sentinelles, ne voulurent pas
> leur vendre de la nourriture, les insultèrent et leur lancèrent des pierres. C’est
> donc les membres de la caravane qui montèrent la garde ; un groupe chantait
> : « à qui est le royaume ? » et un autre groupe répondait : « à dieu, le Tout-
> Puissant, l’omnipotent ». à l’aube, la caravane fatiguée par l’expérience de la
> nuit, reprit lentement son chemin. la route passait maintenant dans une
> région montagneuse, aux passes et dé lés étroits, ombragée par des arbres au
> feuillage épais. áqá rid∂á relate que les progrès étaient forcément lents
> puisque la manœuvre pour faire passer les palanquins était difficile. en
> approchant de zákhú, le qá’im-maqám de l’endroit envoya un grand nombre
> d’hommes pour aider à la progression du voyage et notamment pour les
> palanquins. Chaque palanquin était placé en position puis engagé par quatre
> hommes. C’est ainsi qu’ils allèrent et, en approchant de zákhú, ils trouvèrent
> le qá’im-maqám en personne, entouré des notables de la ville les attendant
> au bord du chemin pour les saluer et rendre hommage à Bahá’u’lláh. ils
> accueillirent les voyageurs avec chaleur et joie et déjà une fête était prête
> que Bahá’u’lláh accepta avec grâce. le mufti insista particulièrement pour
> dire à quel point ils en étaient honorés. Bahá’u’lláh dit au qá’im-maqám : «
> Chaque fois que sur notre chemin on voulait nous traiter en invités et nous
> offrir une fête, nous avons refusé ; l’arche de noé ne s’est posée que sur le
> mont ararat. » áqá rid∂á remarque que zákhú n’était pas très loin du mont
> ararat. la caravane traversa la rivière et áqá rid∂á se souvient de ses eaux
> froides. les tentes furent plantées à l’opposé de la ville. áqá rid∂á se souvient
> que le mufti disait que si Bahá’u’lláh pouvait rester quelques jours dans leur
> ville, tous ses habitants lui seraient très dévoués. mais le jour passa vite et, à
> 
> la marChe du roi de Gloire 207
> 
> Vue de Mosul, depuis la rive opposée du tigre
> 
> (d’apès geary, Through asiatic Turkey )
> la nuit tombée, la caravane reprit sa route vers Jazírih. le qá’im-maqám leur
> avait envoyé divers cadeaux, notamment de la neige, et il avait puni les
> Kurdes rebelles de la nuit précédente. la rivière de zákhú se jetait dans une
> autre rivière qui barrait leur route et le qá’im-maqám leur offrit de nouveau
> une escorte pour les aider à traverser tout en protégeant les palanquins.
> 
> le jour suivant on atteignit Jazírih. la caravane campa au pied d’un vieux
> château au bord d’une rivière. quelques siècles avant, au temps de la
> dynastie kurde des ayyoubides fondée par le célèbre s∆aláhi∂’d-dín
> (saladin), Jazírih était une ville prospère qui avait depuis perdu son
> importance. au quatorzième siècle une grande communauté juive vivait ici
> et, au début du dix-neuvième siècle c’était devenu le refuge des yazídís
> jusqu’à ce qu’une attaque turque les passe presque tous au l de l’épée.
> depuis, la population était principalement kurde.
> 
> au coucher du soleil la caravane reprit sa route vers nis∂íbín qui eut aussi son
> importance dans l’histoire : résidence de Tigranes d’arménie, le protecteur
> romain contre les Parthes, sa population compta plusieurs milliers
> d’habitants ; mais, ayant connu de mauvais jours, elle était devenue le siège
> d’un simple mudír. ici les tentes furent plantées en un endroit délicieux près
> du torrentueux Jakhjakh qui se jette en
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> rapides dans la rivière Khabur.
> 
> de nis∂íbín la caravane se dirigea vers márdín à quelques étapes de là. l’une
> de ces étapes, un lieu appelé h∆asan-ághá, était située sur une plaine aride,
> sans verdure ni pâturage et uthmán, le muletier, se plaignait du manque de
> nourriture pour les bêtes. Cette nuit-là, comme le raconte áqá rid∂á,
> Bahá’u’lláh sortit de sa tente pour s’enquérir du bien-être des membres de sa
> suite.
> 
> ‘abdu’l-Bahá se souvenait de ces jours :
> 
> en ce temps-là, une famine faisait rage le long de notre route. lorsque nous
> arrivions à une étape, mírzá Jaf’ar et moi nous allions à cheval de village en
> village, d’une tente arabe à une tente kurde pour essayer d’obtenir de la
> nourriture, du foin, de l’orge, etc. pour les hommes et les animaux. souvent
> nous ne revenions pas avant minuit.
> 
> un jour nous rencontrâmes un Turc qui fauchait. voyant une grande meule de
> foin nous pensâmes être au bout de nos peines. Je demandai poliment au
> Turc : « nous sommes vos invités et l’une des règles de la religion est
> d’honorer les nouveaux arrivants. on dit que vous êtes un peuple généreux,
> charitable, et que chaque fois que vous recevez un invité vous cuisinez pour
> lui un mouton entier. maintenant, nous avons besoin de ceci et de cela et
> nous sommes prêts à les acheter à votre prix. est-ce assez raisonnable ? »
> 
> il ré échit un moment et dit : « ouvre ton sac ! »
> 
> mírzá Jaf’ar l’ouvrit et le Turc lui donna quelques poignées de foin.
> 
> amusé, je lui dis : « mais mon ami, que pouvons-nous faire avec ce foin ?
> nous avons trente-six animaux et il nous faut nourrir chacun d’eux ! »
> 
> en bref, nous rencontrâmes partout de grandes dif cultés jusqu’à notre
> arrivée à Khárpút. nos animaux étaient devenus maigres et marchaient avec
> dif culté, mais nous ne pouvions trouver ni foin ni orge pour eux. 6
> 
> après h∆asan-ághá la caravane s’arrêta dans un village blotti au pied du mont
> márdín, massif de calcaire surmonté d’une forteresse imprenable. C’est là
> que pendant la nuit deux mules, appartenant à un arabe de la caravane, furent
> volées. le propriétaire était désespéré. Bahá’u’lláh demanda à l’of cier qui
> accompagnait la caravane de tenter de retrouver les animaux. malgré l’aide
> d’autres personnes, la recherche fut sans succès. au moment du départ le
> pauvre arabe vint en larmes supplier Bahá’u’lláh. « vous partez, gémissait-il,
> et je ne retrouverai jamais mes
> 
> la marChe du roi de Gloire 209
> 
> bêtes. » Bahá’u’lláh t immédiatement annuler le départ. « nous irons à
> firdaws, dit-il, et nous y resterons jusqu’à ce que cet homme ait retrouvé ses
> mules. » áqá rid∂á explique que firdaws (Paradis) était un beau manoir bâti
> au sommet de la montagne, entouré d’un verger, près de la ville de márdín
> qui est situé à une altitude de 1200 mètres. et firdaws était vraiment un
> endroit splendide, avec ses nombreux ruisseaux. les palanquins y furent
> conduits et la tête de la caravane qui était déjà partie t demi-tour. le
> gouverneur de márdín, entouré d’officiels et de notables s’empressa de venir
> accueillir Bahá’u’lláh pendant que des hommes étaient chargés de ranger et
> de nettoyer la maison, de remettre en état les ruisseaux et les irrigateurs. Puis
> les notables de la ville commencèrent à arriver aux portes de firdaws, en un
> flot continu, pour présenter leurs hommages. Près de la moitié de la
> population était chrétienne : des arméniens, des chaldéens, des jacobites et
> des syriens qui avaient fui vers les montagnes devant les attaques des
> musulmans et des chrétiens orthodoxes.
> 
> le gouverneur menaçant d’emprisonnement le chef du village où les mules
> avaient été volées, celui-ci proposa une somme d’argent en compensation.
> mais Bahá’u’lláh rétorqua que l’arabe avait le droit de récupérer ses bêtes. le
> deuxième jour le chef du village proposa une note garantie par de hauts
> fonctionnaires de l’état qui offrait de payer une somme de 60 livres, la valeur
> de deux mules, avant un mois. Bahá’u’lláh refusa aussi cette offre. le chef du
> village comprit alors qu’il était inutile d’insister, envoya chercher les mules
> et les rendit à leur malheureux propriétaire. les gens étaient grandement
> surpris car ce n’était jamais arrivé avant.
> 
> aucun objet volé n’avait jamais été rendu, aucun propriétaire volé n’avait
> jamais récupéré son bien. áqá h∆usayn-i-áshchí raconte dans ses mémoires,
> quelque quarante ans plus tard, que divers officiels vinrent expliquer à
> Bahá’u’lláh le rôle qu’ils avaient joué dans la restitution des mules et
> reçurent une récompense appropriée.
> 
> le gouverneur reçut un splendide châle en cachemire, le mufti une copie
> enlumi-née du coran et le chef des cavaliers un fourreau d’épée orné de
> pierres.
> 
> le troisième jour, le but de la halte à firdaws étant atteint, Bahá’u’lláh
> ordonna le départ. on assista alors à un autre événement d’une rare
> splendeur. le chemin passait par la rue principale de la ville de márdín. au
> rythme des tambours, la cavalerie gouvernementale, drapeaux au vent,
> précédait la caravane qui était escor-tée par le mutas∂arríf, d’autres officiels
> et des notables. Toute la population était là,
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> une foule venue acclamer le passage de la caravane. depuis le sommet de la
> montagne la descente fut lente. Puis Bahá’u’lláh dit au revoir à l’escorte et
> lui dit de retourner en ville ; la caravane, elle, continua son chemin à travers
> un paysage de taillis et de prairies luxuriantes. à la tombée du jour on
> s’arrêta dans un lieu verdoyant au bord d’un torrent. on planta les tentes pour
> la nuit. en trois jours et deux étapes on atteignit une autre ville historique,
> diyárbakr, au cœur du Kurdistan.
> 
> diyárbakr, à l’extrême nord de la mésopotamie, est bâtie sur le site de
> l’ancienne ámid, au croisement stratégique de deux routes importantes entre
> les bassins du Tigre et de l’euphrate, au point de rencontre des territoires
> ethniques des Turcs, des arméniens, des Kurdes et des arabes. à six cents
> mètres d’altitude, elle domine une immense plaine très fertile, grenier à blé
> historique du moyen orient. malgré un climat tempéré, l’atmosphère de la
> ville, construite en murs de basalte noir, était malsaine et humide, et ses rues
> étroites et boueuses suffisent peut-être à expliquer la réception désagréable
> qu’elle accorda aux voyageurs.
> 
> quoi qu’il en soit, le vali de diyárbakr, h∆ájí Kíyámilí Páshá, à la différence
> de ses collègues fonctionnaires, et sans qu’on en sache la raison, n’était pas
> du tout amical. il refusa d’aider la caravane à trouver un endroit adéquat
> pour camper. le fonctionnaire chargé d’accompagner la caravane était arrivé
> en ville bien avant pour trouver un tel endroit. mais lorsque la caravane
> arriva devant les portes de la ville, elle dut attendre un long moment avant
> qu’il revienne. on l’avait fait attendre deux heures pour lui dire que la
> caravane devait aller à ‘alí-Párib, au sud de diyárbakr. or ils s’étaient arrêtés
> du mauvais côté et il fallut, avec difficulté, faire demi-tour et contourner la
> ville pour arriver à ‘alí-Párib, un grand verger entourant un beau manoir.
> mais l’entrée leur fut refusée au prétexte que les odeurs de cuisine
> dérangeraient les vers à soie qu’on y élevait. inutile de discuter ; inutile de
> retourner voir le vali récalcitrant, et Bahá’u’lláh dit à sa suite de monter les
> tentes à l’extérieur du verger. Ces manœuvres avaient pris toute la journée et
> ce n’est qu’au coucher du soleil que la caravane put enfin se reposer.
> Ce vali si discourtois reçut peu après sa récompense. on manquait de pain à
> diyárbakr et les prix montèrent exagérément. se posant des questions les
> gens conclurent, à tort ou à raison, que le vali lui-même était responsable de
> leurs malheurs. ils se révoltèrent et lui infligèrent une telle humiliation que le
> gouvernement
> 
> * dans un télégramme du 1er juillet 1863, m. i.G. Taylor, consul britannique
> à diyárbakr, envoya un rapport à l’ambassadeur britannique à Constantinople
> :
> 
> la marChe du roi de Gloire 211
> 
> n’eut d’autre choix que de le limoger.*
> 
> la caravane resta trois jours en dehors de diyárbakr. maintenant qu’ils étaient
> bien loin de la frontière avec l’iran, mírzá yah∂yá se fit reconnaître par tous.
> selon áqá rid∂á il commença même à participer à la vie de la caravane, allant
> en ville avec des compagnons pour faire des emplettes. si l’on se souvient
> que quelques hommes, tels qu’un derviche et un Kurde nommé shaykh
> mah∂múd par exemple, bien que sans lien avec la communauté bábíe
> voyageaient avec la caravane parce
> 
> « Je suis au regret de ne pouvoir faire qu’un rapport négatif sur les
> conditions de ce Pashlik pendant les six derniers mois. le désordre règne
> partout… et le gouvernement semble avoir perdu tout pouvoir et toute
> influence sur la population de la ville et des environs… »
> 
> moins de deux mois avant, le 11 mai 1863, m. Taylor avait signalé l’état
> chaotique de la situation en ces termes :
> « l’administration et la justice reflètent la confusion et la tyrannie qui règnent
> ici. les plaintes, certaines justifiées, d’autres inventées, sont soit étouffées
> soit réglées par intimidations secrètes ou par des parjures sans vergogne » le
> même télégramme indiquait qu’une vingtaine de meurtres avaient été
> accomplis dans la province.
> 
> « les meurtriers n’ont jamais été inquiétés dans l’indifférence générale… »
> (fo 195 752) quant aux émeutes suite à la famine, il en parle dans son
> télégraphe du 1er juillet :
> 
> « à diarbekr (sic) l’incompétence et la corruption du gouvernement des dix-
> huit derniers mois eurent pour conséquence de terribles émeutes causées
> apparemment par le prix élevé du grain - je dis apparemment car, comparé
> avec l’état des réserves et les conditions de la récolte, le prix n’explique pas
> vraiment ces démonstrations inconvenantes dont les vraies causes sont
> ailleurs. voyant cela, le Pacha a emprisonné plusieurs hommes d’influence,
> appartenant au parti qui, semble-t-il, lui est opposé, alors qu’il n’avait eu
> aucun scrupule à leur emprunter plusieurs fois de grosses sommes d’argent.
> 
> Márdín (d’après geary, Through asiatic Turquey )
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> que c’était plus sûr et pour profiter de l’hospitalité qu’elle recevait
> habituellement, on comprend que l’arrivée dans la caravane de mírzá yah∂yá
> à mosul n’ait éveillé aucun intérêt. Certains, comme indiqué précédemment,
> le prenaient pour un juif qui bénéficiait de quelques protections.
> 
> en partant de diyárbakr la caravane se dirigea vers ma’dan-i-mis (mine de
> cuivre). à la fin du premier jour elle s’arrêta au pied d’une montagne. on
> devinait une ville et un château au sommet mais le chemin pour y accéder
> n’était pas facile et personne ne s’y engagea. C’est à cette halte que, au
> coucher du soleil, nabíl-i-a’z∂am, áqá h∆usayn-i-naráqí et une autre
> personne rejoignirent la caravane.
> 
> à ma’dan-i-mis on trouva un prisonnier persan qui réussit à s’approcher du
> palanquin de Bahá’u’lláh et le supplia d’intercéder pour lui. Bahá’u’lláh
> promit qu’arrivé à istanbul il contacterait le représentant persan mírzá
> h∆usayn Khán, le mushíru’d-dawlih, ce qu’il fit en arrivant dans la capitale
> ottomane. il envoya un mot au mushíru’d-dawlih, lui demandant de faire
> libérer le pauvre homme, ce qui fut fait.
> 
> d’après les dépêches du consul britannique de diyárbakr au ministre
> britannique en istanbul, il semble que le qá’im-maqám de ma’dan-i-mis avait
> l’habitude d’emprisonner les gens à la légère. ainsi, peu avant le passage de
> Bahá’u’lláh, un chrétien ionien protégé britannique avait été victime d’une
> foule menée par les
> 
> « l’état des finances de la province est de même défavorable. les taxes sur le
> sel et le tabac, si on les compare avec ce qu’on en attendait, furent de graves
> échecs. et au vu de l’état actuel du pays on ne peut s’attendre à aucune
> amélioration ; » (fo 195 752)
> 
> il indiqua l’origine des émeutes dans son rapport semi-annuel sur le
> commerce, daté lui aussi du 1er juillet 1863, d’où sont tirés les extraits
> suivants :
> 
> « Tout en étant dans la moyenne, les récoltes sont pauvres en comparaison
> des trois dernières années à cause d’un hiver froid et d’un printemps tardif.
> Ce qui angoisse les plus pauvres. il n’y a ni pénurie ni risque de disette au vu
> des réserves de blé des années passées disponibles. mais ces réserves sont
> aux mains de capitalistes qui, considérant la pauvre moisson, ont tendance à
> acheter et à entreposer tout le grain disponible. le pays se trouve ainsi à leur
> merci et ils l’ont déjà démontré en fermant de temps en temps leurs entrepôts
> suivant leurs propres intérêts.
> 
> Cette combinaison : ravages occasionnés par les sauterelles (exagérées par
> des gens malhonnêtes qui espèrent obtenir ainsi du gouvernement un
> meilleur pourcentage sur un grain meilleur marché que l’an dernier) et
> exportations massives de grains vers Kharput, ont provoqué une forte
> élévation des prix. le blé qui cotait en décembre à quatre-vingt dix piastres le
> kilo est maintenant à cent cinquante piastres… de graves émeutes,
> auxquelles ne participaient pourtant que des femmes, en découlèrent : les
> magasins furent forcés, les marchandises furent pillées et des gens connus
> pour spéculer sur les blé, le Pasha et d’autres fonctionnaires du
> gouvernement furent insultés.
> 
> Pour calmer les émeutières auxquelles on ne pouvait opposer la force
> physique, son excellence interdit l’exportation du grain et imposa une marge.
> Ces mesures ont temporairement fait baisser les prix - toujours trop élevés -
> 
> la marChe du roi de Gloire 213
> 
> hommes du qá’im-maqám qui l’avait expulsé de chez lui et pillé sa
> propriété. il fallut presqu’un an au consul britannique pour donner une issu à
> cette affaire. la population était ici moitié musulmane moitié chrétienne,
> mais le pouvoir était aux mains des musulmans qui, d’après le consul, «
> dominaient les chrétiens avec inso-lence et les tenaient à leur merci ».
> C’était en faisant appel à son sentiment religieux qu’on avait lancé la
> population contre ce chrétien. (fo 195 752) C’est à ma’dan-i-mis qu’un
> accident faillit avoir des conséquences dramatiques.
> 
> áqá rid∂á raconte en détail comment la vie de Bahá’u’lláh fut mise en danger
> et comment cette catastrophe fut évitée. dans une passe de montagne, sur un
> chemin étroit, h∆ájí mah∂múd relâcha un peu les rênes de la mule qui portait
> le palanquin de Bahá’u’lláh. l’animal trébucha, perdit son équilibre et
> commença lentement à glisser vers le précipice. Tout s’était passé très vite et
> on ne pouvait que regarder sans rien faire ce qui allait inévitablement arriver.
> l’animal continuait à glisser vers l’abîme. soudain, comme par miracle, la
> mule retrouva son équilibre et lentement s’arrêta de glisser. le péril semblait
> inévitable, écrit áqá rid∂á, et seul un témoin oculaire peut comprendre le côté
> miraculeux du rétablissement de la mule. en réalisant que la Perfection bénie
> était saine et sauve, les larmes de joie coulaient des yeux des témoins.
> 
> on fêta l’évènement en ouvrant une bonbonne d’eau de rose qui embauma
> toute la plaine alentour. vers le coucher du soleil la caravane approcha d’une
> autre passe de montagne plantée de nombreux peupliers et dans laquelle
> courait un petit ruisseau dont l’eau, d’après áqá rid∂á, était délicieuse. on s’y
> arrêta pour la nuit bien qu’il n’y eut aucune habitation en vue. le jour suivant
> on arriva dans un village chrétien. les tentes furent montées à l’ombre de
> nombreux arbres.
> le jour suivant on atteignit la ville fortifiée de Khárpút qui domine une plaine
> couverte de cultures et de vergers. selon áqá rid∂á, elle s’appelait alors
> ma’múrati’l-azízah, la cité glorieuse. à cinq kilomètres de la ville, les
> représentants officiels et les notables attendaient leur arrivée afin de saluer
> les voyageurs et de leur souhaiter la bienvenue. Plus tard, les tentes étant
> montées, c’est le vali lui-et je crains qu’aucune réduction importante ne
> prenne place aussi longtemps que ces mesures seront appliquées. »
> 
> en recevant le télégramme du consul britannique du 11 mai 1863, sir henry
> Bulwer, ambassadeur britannique à istanbul, le fit traduire et le transmit à la
> Porte avec une note recommandant qu’on punisse sévèrement, pour
> l’exemple, les meurtriers et que le vali soit remplacé. en décembre 1863
> h∆ájí Kiyámilí Páshá fut renvoyé et son successeur arriva en janvier 1864.
> (fo 195 752 et 799)
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> même qui vint, accompagné de nombreux notables, présenter ses respects à
> Bahá’u’lláh et, de retour en ville, il envoya des présents : un mouton, de la
> viande, du riz, de la graisse pour la cuisine, des cerises et d’autres
> nourritures. ‘abdu’l-Bahá raconte cet événement heureux et les jours qui
> suivirent à son secrétaire : à Khárpút le Gouverneur général en fonction vint
> nous saluer, amenant avec lui dix voitures chargées de riz, dix sacs d’avoine,
> dix moutons, plusieurs paniers de riz, plusieurs sacs de sucre et des livres de
> beurre, etc. C’est le Gouverneur général, ‘izzat Páshá qui offrait ces cadeaux
> à la Perfection bénie.
> 
> après les expériences que nous venions de vivre et sachant la difficulté qu’il
> y avait à obtenir quelque chose des fermiers, je compris en voyant ces
> présents qu’ils étaient un don de dieu et ils furent acceptés avec joie.
> 
> áqá h∆usayn áshchí était alors aide-cuisinier. il travaillait jour et nuit et
> n’avait plus le temps de dormir.
> 
> nous restâmes à Khárpút une semaine, pour bien nous reposer. Je n’ai fait
> que dormir pendant deux jours et deux nuits.
> le Gouverneur général, ‘izzat Páshá, rendit visite à la Perfection bénie.
> C’était un brave homme qui fit preuve de beaucoup d’amour et d’un grand
> esprit de service.7
> 
> un des jeunes fils de Bahá’u’lláh, mírzá muh∂ammad-’alí, Ghusn-i-akbar (la
> Grande-Branche), tomba malade et la caravane attendit qu’il récupère.
> Pendant ce temps, Bahá’u’lláh et quelques membres de sa suite se rendirent
> aux bains publiques. la ville historique de Khárpút, qui possède un château-
> fort, est au sommet d’une montagne. quelques-uns, dont mírzá Ja’far, y
> grimpèrent pour découvrir la vieille ville qui, dirent-ils, n’était pas
> intéressante.
> 
> quelques jours plus tard, la caravane alla jusqu’à ma’dan-i-nuqrih (mine
> d’argent). ici mourut shaykh s∆ádiq-i-yazdí, celui qui, deux mois après avoir
> été renvoyé à Bagdad, n’avait pas supporté sa séparation d’avec Bahá’u’lláh
> et s’était lancé à pied dans un voyage vers istanbul. ils avaient atteint le
> cours supérieur de l’euphrate qu’ils traversèrent pour installer les tentes sur
> l’autre rive.
> 
> Certains membres de sa suite s’étaient jetés sur des arbres fruitiers, des
> mûriers, nombreux dans cette région, et en engloutissaient voracement les
> fruits, ce qui provoqua la colère de Bahá’u’lláh. il en parla sèchement à son
> frère mírzá muh∂ammad-qulí avant de se retirer dans sa tente. en fin d’après-
> midi, alors qu’il
> 
> la marChe du roi de Gloire 215
> amásíyá (d’après reclus, The universal Geography ) devait sortir de sa tente,
> tous les membres de la troupe, y compris mírzá yah∂yá, l’attendaient à
> l’extérieur et, lorsque Bahá'u'lláh apparut, ils baissèrent tous la tête.
> 
> Bahá’u’lláh sourit et dit : « aujourd’hui, la colère divine a failli vous saisir,
> comme vous l’avez vu. » dans le silence total qui suivit, il s’assit et leur fit
> servir du thé.
> 
> sívás, la grande ville suivante, est à quatre étapes de ma’dan-i-nuqrih. áqá
> rid∂á note que sur ces hauts plateaux d’anatolie, il faisait froid. mais à toutes
> ces étapes les notables étaient toujours là pour accueillir les voyageurs. une
> de ces étapes s’appellait dilík-Tásh. à la suivante, au bord d’une rivière,
> Bahá’u’lláh subit une saignée. áqá rid∂á note que son sang fut jeté dans la
> rivière.
> 
> on arriva enfin à sívás, située à 1200 mètres d’altitude, sur les rives de la
> rivière Kizil-irmak. on campa au nord de cette ville importante et prospère
> située à la jonction des routes de caravanes entre la mer noire, l’euphrate et
> la méditerranée.
> 
> Pourtant, comme le remarque áqá rid∂á, on n’y trouvait aucun verger, les
> fruits de ses arbres étaient chétifs et les légumes venaient de Túqát. au
> coucher du soleil, le vali, suivi de quelques notables et d’officiels, vint
> présenter ses respects. à sívás, Bahá’u’lláh se rendit aux bains publics.
> 
> Puis la caravane se dirigea en trois étapes vers Túqát dans un climat, note
> áqá rid∂á, qui devint très froid. à l’une de ces étapes, ils découvrirent que
> toutes les
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> maisons étaient souterraines. les habitants leur expliquèrent que pendant
> l’hiver ils étaient obligés de vivre sous terre. à une autre étape ils plantèrent
> leurs tentes près d’un grand verger. mírzá yah∂yá aidait aussi à monter une
> tente, tenant une corde à la main et, le remarquant, nabíl-i-a’z∂am composa
> un poème pour décrire ce qu’il faisait.
> à Túqát, ville bénie par une abondance de pommes et de poires au goût
> excellent, ils campèrent sur la rive de la rivière yeshil irmaK (ou iris) qui
> coule en direction de amásíyá.
> 
> Túqát était une ville importante sur la route entre la mésopotamie supérieure
> et istanbul, mais en dépit de carrières de pierre et de marbre dans les collines
> avoisi-nantes et d’une fonderie de cuivre active qui exportait jusqu’en Perse,
> en Turkestan et en égypte, la plupart des habitations étaient des masures
> construites en pisé. en revanche, avec leurs jardins fertiles, les faubourgs
> s’étendaient très loin dans les vallées entre les collines.
> 
> en arrivant à amásíyá la caravane s’arrêta deux jours en dehors de la ville
> appelée « l’oxford d’anatolie » à cause de ces dix-huit collèges théologiques
> et de leurs 2000 étudiants. dans ce bastion de l’orthodoxie musulmane, les
> Grecs et les arméniens formaient pourtant un quart de la population. la ville
> s’étendait dans une étroite vallée de l’iris, dominée par des monts élevés à
> l’ouest et ouverte sur des pentes plus modestes à l’est où de la vigne poussait
> sur des terrasses parsemées de maisons. strabon est né ici et la citadelle qu’il
> décrit existe toujours sur une hauteur de l’ouest. C’était une ville attirante,
> avec de belles mosquées, des fontaines, de vieilles maisons et une propreté
> relative. Comme d’habitude, le gouverneur et les officiels vinrent présenter
> leurs respects. Bahá’u’lláh visita les bains publics et les voyageurs
> trouvèrent de grandes quantités de fruits à acheter. mais leurs ressources en
> argent étant épuisées, mírzá rid∂á nous dit que certains durent vendre leurs
> chevaux ; áqá muh∂ammad-’alíy-i-yazdí obtint un bon prix du sien.
> 
> d’amásíyá on rejoignit iláhíyyih, petite ville agréable, siège d’un qá’im-
> maqám qui vint, en compagnie des officiels, bien au-devant des voyageurs
> pour les saluer. mais découvrant que les tentes étaient arrivées avant les
> hommes, ils montèrent les tentes eux-mêmes puis vinrent présenter leurs
> respects à Bahá’u’lláh. áqá rid∂á se souvient que la pluie tomba pendant
> cette halte et qu’ils y passèrent d’excellents moments car ses habitants
> étaient la gentillesse personnifiée.
> 
> la marChe du roi de Gloire 217
> 
> enfin la caravane s’élança pour la dernière étape de son long voyage par terre
> et se dirigea vers sámsún, sur le littoral de la mer noire. la route passait à
> travers des montagnes couvertes d’épaisses forêts. une mule qui transportait
> des malles se perdit dans ces forêts et ‘abdu’l-Bahá, accompagné de áqá
> muh∂ammad ‘alíy-i-Jilawdár et d’un troisième compagnon, partit à sa
> recherche, la découvrit, et rejoignit la caravane le lendemain dans les
> faubourgs du port de la mer noire. Cette nuit-là la caravane fit une halte dans
> une grande auberge. il ne restait plus qu’une étape avant sámsún et,
> finalement, ils arrivèrent en vue de la mer8. mírzá áqá Ján supplia
> Bahá’u’lláh de révéler une tablette pour marquer cette occasion.
> 
> mírzá áqá Ján apporta du matériel pour écrire et la main de Bahá’u’lláh
> commença à se mouvoir sur le papier pendant que, toujours assis dans son
> palanquin, il disait à voix haute ce qui coulait de sa plume créative. C’est
> ainsi que furent révélés les émouvants versets de la Súriy-i-hawdaj ( Sourate
> du palanquin) alors qu’on s’approchait de la mer noire qui était en vue.
> C’était la fin d’un voyage qui avait duré cent dix jours à travers les régions
> nord de l’irak et le pays des Kurdes, puis à travers les hauts plateaux, les
> montagnes et les vallées d’anatolie. quand Bahá’u’lláh quitta sa maison de
> Bagdad pour la dernière fois, inaugurant le premier jour de la plus grande
> des fêtes, le rid∂ván, c’est la Súriy-i-S∆abr (patience) qui s’était écoulé de la
> plume suprême comme le faisait maintenant la Súriy-i-hawdaj, le dernier
> jour d’un voyage fatiguant mais triomphant qui avait duré quatre mois moins
> dix jours ; áqá rid∂á a copié le texte de la Súriy-i-hawdaj en entier dans son
> journal et décrit avec émotion la puissance et la majesté de cet événement
> merveilleux.
> 
> C’était la digne fin d’un exode dont les instigateurs comptaient qu’il soit
> humiliant mais qui se transforma en une marche royale.
> 
> le voyage par terre terminé, restait un court voyage par mer à accomplir.
> 
> Bahá’u’lláh et sa suite restèrent à sámsún pendant une semaine, attendant
> l’arrivée d’un vapeur ottoman. un inspecteur des routes était arrivé
> d’istanbul au même moment. Captivé par le charme et la bienveillance de
> Bahá’u’lláh il tint à lui présenter diverses recettes de plats turcs et lui prêta
> des chevaux pour lui permettre de découvrir des bâtiments dont il supervisait
> la construction. enfin le vapeur ottoman arriva. les malles, les biens et les
> chevaux chargés sur le vapeur, on les conduisit à bord en deux bateaux ;
> dans l’un se trouvaient Bahá’u’lláh et sa famille, le reste
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> du groupe suivant dans l’autre. au coucher du soleil on leva l’ancre et, le jour
> suivant vers midi on était au large de sinope. après quelques heures on
> continua vers anyábulí qu’on atteignit le jour suivant. le troisième jour,
> dimanche 16 août 1863
> 
> (1 rabi’u’l-avval 1280 de l’hégire), le vapeur jeta l’ancre devant istanbul.
> ainsi se termina ce remarquable voyage du roi de gloire, allant d’une ville à
> la gloire plusieurs fois séculaire : la ville des abbássides à une ville tout aussi
> célèbre : la ville de Constantin le Grand.
> 
> dans la ville de constantin
> 
> lorsque le vapeur jeta l’ancre, le fonctionnaire qui accompagnait les
> voyageurs descendit à terre pour découvrir quels arrangements avaient été
> prévus pour les accueillir. on l’informa que la maison de shamsí Big leur
> avait été attribuée comme résidence et que shamsí Big devait les accueillir
> en personne. des voitures étaient prêtes pour les y conduire. Cette maison
> proche de la mosquée de Khirqiy-i-sharíf*, bien qu’ayant deux étages,
> n’était pas assez grande et il fut vite clair qu’une résidence plus spacieuse
> devait être acquise. ils y restèrent pourtant un mois, entassés, pendant que
> shamsí Big s’acquittait de son rôle d’hôte avec dili-gence et de son mieux. il
> avait engagé deux cuisiniers et, comme l’indique áqá rid∂á, les voyageurs
> aidaient aussi à la préparation des repas.
> 
> le lendemain de l’arrivée de Bahá’u’lláh à Constantinople, un représentant
> de l’ambassadeur de Perse, h∆ájí mírzá h∆usayn Khán, le mushíru’d-dawlih
> vint présenter ses respects et ses compliments, faisant dire qu’étant donné les
> circonstances il ne pouvait venir en personne et devait renoncer au plaisir
> d’une visite. Ce jour-là, vers midi, Bahá’u’lláh se rendit à la mosquée. il en
> prendra l’habitude, comme il l’avait fait à Bagdad. finalement, les seuls
> endroits à istanbul dans lesquels il alla furent les bains publics et les
> mosquées. nombreux furent ceux qui vinrent lui rendre visite pour lui
> présenter leur respect, mais il ne se rendit nulle part à l’exception de la
> maison de son frère. des visiteurs hauts placés lui apprirent que l’usage
> voulait qu’une personne importante, de passage dans la capitale, rendît visite
> 
> * « la mosquée du manteau exalté », ainsi appelée parce que le manteau de
> muh∂ammad est censé y être conservé. une des traditions de l’islám rapporte
> qu’en entendant un poème de Kab ibn zuhayr, le prophète muh∂ammad lui
> donna son manteau (burda). Ce manteau fut acheté au ls du poète par le
> calife mu’áwíyah et t partie plus tard du trésor des califes abbássides. il
> aurait été brûlé lors du sac de Bagdad par húlágú Khán mais on af rme qu’il
> fut sauvé puis transporté en égypte où il fut utilisé pour étayer les prétentions
> du faux califat abbásside sous le règne des mamelucks. lorsque selim ier
> conquit l’égypte en 1517 il transporta ce manteau à istanbul où il est
> toujours, dans cette mosquée. ainsi, ce burda, ou Khirqiy-i-sharíf devint le
> symbole de l’autorité du calife.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> istanbul, l’ancienne constantinople, au dix-neuvième siècle (d’après pardoe,
> Beauties of the Bosphorus )
> 
> trois jours après son arrivée au ministre des affaires étrangères puis, par son
> intermédiaire, au grand vizir, lequel lui permettrait d’être reçu par le sultan.
> on lui recommanda de faire de même. il répondit qu’il n’avait aucun dessein
> à poursuivre, aucune faveur à solliciter, qu’il était à istanbul à l’invitation du
> gouvernement ottoman et qu’en conséquence, c’était à eux de venir à lui
> s’ils avaient quelque chose à lui dire.
> 
> áqá rid∂á raconte un rêve qu’il eut au cours de ces premiers jours à istanbul.
> 
> dans ce rêve, Bahá’u’lláh avait écrit un livre que quelqu’un tenait sur une
> place publique. il y avait aussi un moulin que des gens voulaient mettre en
> route, mais il ne tournait que par saccades, marche, arrêt, marche, arrêt, etc.
> quelqu’un parla du rêve d’áqá rid∂á à Bahá’u’lláh et le soir même, alors
> qu’áqá rid∂á se trouvait en sa présence au moment où il se préparait à partir
> à la mosquée, Bahá’u’lláh lui dit en souriant qu’il devait faire en sorte que le
> moulin tourne. áqá rid∂á se rappelle que pendant longtemps, jusqu’à
> andrinople, de temps à autre Bahá’u’lláh se tournait vers lui en disant « le
> moulin n’a pas encore démarré. »
> 
> Parmi les visiteurs réguliers, on remarquait h∆ájí mírzá s∆afá (voir addenda
> v), un homme qui prétendait être murshid chez certains sou s, un con dent de
> l’am-
> 
> dans la ville de ConsTanTin 221
> 
> bassadeur de Perse h∆ájí mírzá h∆usayn Khán. il ne savait jamais quoi
> répondre à Bahá’u’lláh qui lui parlait avec tant d’autorité qu’un jour sa voix
> résonna jusqu’au rez-de-chaussée. nous retrouverons régulièrement cet
> homme qui n’était pas toujours sincère ni honnête.
> 
> on a vu que la maison de shamsí Big n’était pas adaptée ni assez grande pour
> tant de gens. shamsí Big s’acquittait de sa tâche d’hôte of ciel avec sérieux et
> courtoisie. mais il était nécessaire de trouver une plus grande résidence et, au
> bout d’un mois, on s’installa dans la maison de vísí Páshá, proche de la
> mosquée du sultan muh∂ammad-i-fátih∂, le conquérant de Constantinople.
> C’était une noble résidence ayant un bírúní (partie ouverte sur le monde
> extérieur, c’est-à-dire, réservé aux hommes), et un andarúní (partie intérieure
> réservée aux dames). les deux bâtiments à trois étages disposaient des
> aménagements nécessaires. on y trouvait aussi un bain turc et le bírúní avait
> un grand jardin. des citernes recueillaient l’eau de pluie.
> en dehors des mosquées et des bains publics, le seul endroit que Bahá’u’lláh
> visita de temps en temps était la maison de mírzá músá, áqáy-i-Kalím. il y
> rencontrait divers personnages of ciels porteurs de messages du
> gouvernement. áqá
> 
> ‘abdu’l-Ghaffár qui connaissait bien le turc lui servait d’interprète.
> 
> un jour que mírzá músá s’approchait du bazar Big-Úghlí un photographe lui
> proposa de le prendre en photo gratuitement et de lui en présenter plusieurs
> copies.
> 
> nabíl qui relate l’histoire, écrit que mírzá músá accepta la proposition du
> photographe : « il voulait gagner un peu d’argent en nous photographiant.
> C’est un moyen de gagner sa vie. nous n’allions pas l’en priver. » et nabíl
> ajoute qu’ils furent tous photographiés. (voir p. 222)
> 
> vint le jour où shamsí Big apporta la nouvelle de la possibilité d’un transfert
> vers andrinople. il était clair que c’était un banissement, ordonné par le
> sultan
> 
> ‘abdu’l-’azíz et ses ministres en chef*, sur l’insistance de mushíru’d-dawlih.
> 
> Courroucé, Bahá’u’lláh refusa d’obéir. il n’avait rien fait pour mériter un tel
> traitement. depuis son arrivée à istanbul il était resté à distance des diverses
> factions de la capitale. Plusieurs dignitaires d’istanbul lui avaient rendu
> visite et aucun d’eux n’avait entendu de sa bouche un mot de plainte ou de
> dénonciation.
> 
> au dix-neuvième siècle, une cour orientale bruissait d’une foule d’intrigants
> et
> 
> * ‘alí Páshá, le grand vizir et fu’ad Páshá, ministre des affaires étrangères.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> photo prise à istanbul. assis, de gauche à droite : h∆ájí ah∂mád-i-káshání,
> Mírzá Músá aqáy-i-kalím, Siyyid Muh∂ammad-i-is∂fahání. debout, de
> gauche à droite : áqá Muh∂ammad-i-is∂fahání,
> 
> nabíl-i-a’z∂am
> 
> dans la ville de ConsTanTin 223
> 
> de mécontents qui cherchaient à régler leurs comptes. à Bagdad, Bahá’u’lláh
> avait été contacté par un certain nombre de ces personnes qui espéraient
> gagner l’amitié et le soutien des bábís de Perse. il refusa d’en rencontrer
> certains et ceux qui eurent l’honneur d’être admis en sa présence ne reçurent
> ni encouragements ni promesses de soutien. dans la capitale ottomane
> Bahá’u’lláh se tint à la même règle, refusant d’endosser ou d’encourager
> leurs infâmes desseins. Comme celle de Jésus mille huit cents ans plus tôt, sa
> Cause n’ avait rien à voir avec la trahison et la sédition.
> 
> h∆ájí mírzá s∆afá était de ceux qui avaient conspiré pour que les bábís soient
> éloignés de la capitale et envoyés dans un coin obscur du continent européen
> et il avait maintenant l’audace de se présenter devant Bahá’u’lláh qui,
> comme l’atteste áqá rid∂á, lui parla d’un ton sévère et réprobateur : « si peu
> que nous soyons, nous ne céderons pas, même si chacun de nous subit le
> martyre. » h∆ájí mírzá s∆afá répondit hypocritement : « mais il est
> impossible de s’opposer à un gouvernement. »
> 
> áqá rid∂á nous donne la réponse de Bahá’u’lláh : « Tu voudrais m’effrayer
> en me parlant du pouvoir du gouvernement ? lorsque je me retrouve assailli
> par toutes les épées du monde, aussi seul et débordé que je puisse être, je me
> vois assis sur le trône du pouvoir et de l’autorité. C’est le sort constant des
> manifestations de dieu de ne rencontrer qu’injustice et oppression ; mais
> aucune répression ne les a jamais empêchées de délivrer ce que dieu leur a
> con é ni n’a pu contrecarrer leur dessein. » Puis il mentionna ce croyant de la
> maison de Pharaon dont l’histoire est rela-tée dans le coran, et de sa querelle
> avec le monarque égyptien, et suggéra à h∆ájí mírzá s∆afá de conseiller à
> l’ambassadeur persan de relire ce texte. áqá rid∂á écrit que h∆ájí mírzá
> s∆afá, abasourdi, demanda la permission de partir. Bahá’u’lláh se tourna
> ensuite vers ses disciples : « qu’auriez-vous dit ? voulez-vous que je cause
> votre mort ? désirez-vous boire à la coupe du martyre ? on ne peut trouver
> meilleur moment pour offrir nos vies dans le chemin de notre seigneur. notre
> innocence est claire et manifeste et ils ne pourraient que reconnaître leur
> injustice. » des paroles similaires sont rapportées par áqá rid∂á qui ajoute : «
> à ce moment-là nous étions tous, vraiment, prêts à atteindre ce rang élevé
> avec joie, délité, unité et détachement ; dieu m’est témoin que nous
> attendions le martyre avec ravisse-ment. »
> 
> Puis mírzá yah∂yá, toujours aussi poltron, commença à hésiter et à montrer,
> avec d’autres de son acabit, des signes d’inquiétude et de perplexité. il fut
> désigné
> 
> dans la Gloire du Père
> comme porte-parole pour aller demander à Bahá’u’lláh d’accepter le
> bannissement : « nous avons des femmes et des enfants avec nous qui
> périront aussi. »
> 
> Bahá’u’lláh les rassura : « offrir tout ce qu’on a dans le chemin de dieu est
> un des actes les plus méritoires. » quant aux femmes et aux enfants, dit-il, ils
> pouvaient être envoyés aux résidences des ambassadeurs étrangers qui
> prendraient soin d’eux. áqá rid∂á cite ustád muh∂ammad-’alíy-i-salmání qui
> af rmait avoir vu mírzá yah∂yá, siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání et hájí mírzá
> ah∂mad-i-Káshání comploter ensemble pour trouver un moyen de sauver
> leurs vies. et Bahá’u’lláh, dis-cernant parmi les bábís la possibilité d’une
> scission qui aurait été dommageable à la cause de dieu, accepta avec
> réticence de quitter istanbul. mais il t remarquer qu’une opportunité en or
> avait été manquée qui aurait fait resplendir la gloire de la Cause. « ils nous
> ont invités à venir, aurait-il dit, et bien que totalement innocents ils décident
> de nous châtier. si nous avions résisté, aussi peu que nous soyons, et que
> nous soyons tombés en martyrs au centre même du monde, l’effet de ce sacri
> ce aurait été ressenti dans tous les mondes de dieu. il se peut même que rien
> ne nous serait arrivé. »
> 
> C’est la lâcheté de mírzá yah∂yá qui craignait toujours le danger, passant ses
> jours incognito, ne risquant jamais rien, qui arrêta la main de Bahá’u’lláh.
> 
> il ne faut pas s’imaginer que Bahá’u’lláh se soit maintenant décidé de
> s’isoler complètement du monde. au contraire, les gens allaient et venaient
> en flots aussi constants que d’habitude. des notables locaux, des ministres
> (dont certains d’une manière anonyme, d’après áqá rid∂á) rendaient toujours
> visite à Bahá’u’lláh.
> 
> shujá’u’d-dawlih* était un de ces fréquents visiteurs. même h∆ájí mírzá
> s∆afá continuait à venir. Bahá’u’lláh les recevait avec calme et détachement,
> refusant de s’incliner, refusant de supplier. áqá rid∂á suggère que mírzá
> yah∂yá et ses associés espéraient que Bahá’u’lláh supplierait pour obtenir
> des faveurs, se mettrait à genoux devant ses oppresseurs. mais il écrit que
> des années plus tard les gens mêmes qui étaient responsables du
> bannissement de Bahá’u’lláh reconnaissaient que devant son attitude
> indépendante, son rejet complet de l’hypocrisie et son refus de se mettre à
> genoux pour pro ter de passe-droits ils avaient été impressionnés par sa erté.
> Plus tard, à Téhéran, mushíru’d-dawlih dira que l’attitude et la
> 
> * le prince shujá’u’d-dawlih était un des ls de ‘alí-sháh, le z∆illu’s-s∆ultán et
> un petit- ls de fath-’alí sháh. son père se rebella contre le chah muh∂ammad
> (qui était son neveu) mais sa prise du pouvoir fut de courte durée.
> 
> dans la ville de ConsTanTin 225
> 
> h∆ájí Mírzá S∆afá
> 
> conduite de Bahá’u’lláh augmenta le prestige de ses compatriotes et sauva
> leur réputation à une époque où les princes et les principicules qadjars
> quémandaient bruyamment à la sublime Porte argent et pensions. il af rmera
> que les autorités du gouvernement ottoman comprirent que la Perse avait des
> hommes qui ne s’avi-lissaient pas.
> 
> C’est à cette époque que mourut, à dix-huit mois, sádhijíyyih, lle de
> Bahá’u’lláh. elle fut enterrée dans un terrain près de la Porte d’édirne à
> istanbul.
> 
> d’autres bábís arrivaient maintenant à Constantinople, notamment darvísh
> muh∂ammad que siyyid ismá’íl-i-zavári’í avait converti à la foi. mais leur
> arrivée était contraire aux vœux de Bahá’u’lláh qui ne voulait pas que le
> nombre de bábís augmente à istanbul. áqá h∆usayn-i-qas∂s∂áb (le boucher)
> était un de ces nouveaux arrivés qui un jour, en compagnie de darvísh
> muh∂ammad rencontra Bahá’u’lláh alors qu’il se rendait à une mosquée. il
> les reçut mais avec tristesse. dans les années à venir, ces deux hommes
> auront le plaisir de revoir Bahá’u’lláh en Terre sainte.
> 
> quand tout fut prêt pour le départ vers andrinople, Bahá’u’lláh renvoya un
> certain nombre de ses disciples, notamment mírzá áqáy-i-muníb (qui avait
> marché à
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> côté de son palanquin depuis Bagdad), nabíl-i-a’z∂am, áqá ‘abdu’r-rah∂ím-i-
> misgar (le dinandier), siyyid h∆usayn-i-Káshí (qui s’occupait des chevaux
> pendant le voyage depuis Bagdad), Khayyát-Báshí et h∆ájí Báqir-i-Káshání
> (makhmal-Báf, le veloutier, un de ceux qui étaient arrivés à istanbul plus
> tard). on leur paya les dépenses du voyage. áqá muh∂ammad-’alíy-i-Jilawdár
> aurait dû rester à istanbul mais, nalement, il rejoignit les autres plus tard à
> andrinople. Tous partirent, chacun selon ses directives, à l’exception de
> Khayyát-Báshí qui, désobéissant, voyagea seul vers andrinople où il arriva
> un ou deux jours après les autres.
> 
> C’était au cœur de l’hiver qui peut être très rigoureux dans cette partie
> orientale de l’europe. malgré les voitures, les chariots, les chars à bœufs pour
> leurs affaires, et les animaux de bât fournis, le voyage, qui dura douze jours,
> fut rude et ils arrivèrent très affaiblis. la neige tombait lors de leur départ
> d’istanbul et ils n’étaient pas vêtus pour supporter un froid glacial. en se
> souvenant de leurs souffrances, Bahá’u’lláh déclara : « nos ennemis et, au-
> delà d’eux, tous les gens de bien, pleurèrent en voyant notre sort… nous
> fûmes expulsés dans un état d’humiliation incomparable. » 1
> 
> mírzá mus∂πafáy-i-naráqí arriva à l’instant du départ de la voiture de
> Bahá’u’lláh. ayant été averti de l’imminence de son départ, il avait laissé sa
> famille sur un quai du port et s’était précipité vers sa résidence, mais il ne
> put le voir que pendant quelques brefs instants. sachant mírzá yah∂yá dans
> les parages mírzá mus∂πafá chercha ensuite à le voir mais siyyid
> muh∂ammad-i-is∂fahání et h∂ájí mírzá ah∂mad-i-Káshání le cachèrent
> derrière eux dans la voiture. on se demande quel danger pouvait courir mírzá
> yah∂yá à parler avec mírzá mus∂t∂afáy-i-naráqí, mais le couard yah∂yá
> cherchait toujours à se cacher. C’est áqá-i-Kalím qui, étant l’arrière-garde
> comme d’habitude et s’occupant de toutes les nécessités du voyage,
> rencontra mírzá mus∂t∂afá, un homme brave et héroïque qui acceptera le
> martyre à Tabríz.
> 
> après trois heures de route, à la n de l’après-midi du premier jour, les
> voyageurs arrivèrent à Kúchik-Chakmachih. ‘alí Big, un yúz-Báshí (of cier
> commandant une centaine d’hommes), qui les accompagnait, trouva un
> logement pour Bahá’u’lláh. le lendemain, ils partirent à l’aube et arrivèrent
> vers midi à Búyúk-Chakmachih où ils trouvèrent à se loger dans la maison
> d’un chrétien. mais áqá rid∂á note que certains d’entre eux durent aller se
> loger ailleurs avec tout
> 
> dans la ville de ConsTanTin 227
> 
> le pont de búyúk-chakmachih que bahá’u’lláh
> 
> et ses compagnons traversèrent
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> le matériel de cuisine. à minuit, sous une pluie battante et dans un froid
> intense, ils partirent vers salvarí et atteignirent Birkás le lendemain. la
> dernière étape avant andrinople fut Bábá-iskí. à part le froid extrême, áqá
> rid∂á ne nota rien de particulier pendant ce voyage mais il indique que tous
> les propriétaires des maisons où ils séjournèrent furent largement rémunérés,
> à leur entière satisfaction.
> C’est le samedi 12 décembre 1863 (1 rajab 1280 de l’hégire) qu’ils
> arrivèrent à andrinople, une ville que Bahá’u’lláh caractérisa par ces mots : «
> un lieu où nul n’entre à l’exception de ceux qui se sont rebellés contre
> l’autorité du souverain. »2
> 
> maintenant, Bahá’u’lláh était pratiquement prisonnier du gouvernement
> ottoman.
> 
> Pendant son séjour de quatre mois dans la ville de Constantin le Grand,
> Bahá’u’lláh révéla, en plus de Subh∂ánika-Yá-hú, une épître adressée au
> sultan : lawh∂-i-’abdu’l-azíz-Va-Vukalá. elle fut révélée le jour même où le
> beau-frère du grand vizir vint informer Bahá’u’lláh de la décision prise à son
> encontre. refusant de rencontrer l’envoyé, il délégua ‘abdu’l-Bahá et áqá-i-
> Kalím pour le recevoir et promis de répondre sous trois jours. le matin
> suivant l’épître fut portée par shamsí Big, directement à ‘alí Páshá, avec un
> message de son auteur indiquant que « ceci vient de dieu ». le Gardien de la
> foi bahá’íe décrit avec éloquence cet événement ainsi que le contenu de
> l’épître :
> 
> « J’ignore ce que contenait cette lettre, raconta plus tard shamsí Big à aqày-i-
> Kalím, mais à peine le grand vizir en eut-il pris connaissance qu’il devint
> pâle comme un mort et remarqua : « C’est comme si le roi des rois donnait
> ses ordres à son vassal le plus humble et lui dictait sa conduite. » il était dans
> un tel état de malaise que je sortis à recu-lons. » on rapporte que,
> commentant l’effet produit par cette tablette, Bahá’u’lláh déclara : « quelles
> que soient les mesures prises contre nous par les ministres du sultan
> lorsqu’ils eurent pris connaissance de son contenu, elles ne peuvent être
> considérées comme injustifiables. mais les actes qu’ils ont commis avant de
> l’examiner ne peuvent trouver de justification. »
> 
> d’après nabíl, cette tablette était d’une longueur considérable. elle débutait
> par des paroles adressées au souverain lui-même, elle censurait sévèrement
> ses ministres et mettait en évidence leur défaut de maturité et leur
> incompétence. elle contenait des passages adressés aux ministres eux-
> mêmes, dans lesquels ceux-ci étaient nettement défiés et sévèrement
> exhortés à ne point tirer vanité de leurs possessions de ce monde, ni à
> rechercher étourdiment des richesses dont le temps les dépouillerait
> inexorablement.3
> dans la ville de ConsTanTin 229
> 
> ‘alí páshá, le grand vizir du sultan ‘abdu’l-‘azíz, à
> 
> qui fut adressée la súriy-i-ra’ís
> 
> nous n’avons plus, hélas, le texte de cette épître, mais son contenu peut être
> infé-ré de la lecture de ces paragraphes destinés au sultan ‘abdu’l-’azíz,
> extraits d’une épître que Bahá’u’lláh révéla à andrinople, à une date plus
> tardive, et destinée à l’ensemble des rois, la Súriy-i-Mulúk :
> 
> écoute, ô roi, le discours de celui qui ne dit que la vérité, qui ne te demande
> pas en récompense les choses que dieu t’a accordée et qui jamais ne s’écarte
> du droit chemin.
> 
> C’est lui qui t’appelle à dieu, ton seigneur, qui te montre le droit chemin
> conduisant au vrai bonheur, afin que tu puisses être de ceux qui sont bien.
> 
> Garde-toi, ô roi, de t’entourer de ministres qui suivent leurs inclinations
> corrompues, négligent ce qui leur est confié et manifestement trahissent leur
> mission. sois bienveillant envers les autres comme dieu l’est envers toi, et ne
> laisse pas les intérêts de ton peuple à la merci de tels ministres. ne
> méconnais pas la crainte de dieu, et sois de ceux qui agissent avec droiture.
> entoure-toi de ministres qui exhalent le parfum de la foi et de la justice,
> sollicite leur avis, gardes-en ce qui t’en semblera le meilleur, et sois de ceux
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> qui agissent avec générosité.
> 
> Tiens pour certain que quiconque ne croit pas en dieu n’est ni digne de
> confiance ni véridique. Telle est, en effet, la vérité, l’indubitable vérité. Celui
> qui trahit dieu trahit aussi son roi. rien ne peut le détourner du mal, rien ne
> peut l’empêcher de trahir son voisin, rien ne peut l’amener à agir avec
> droiture.
> 
> Prends soin de ne pas remettre aux mains d’autrui les rênes des affaires de
> ton état, n’accorde pas ta confiance à des ministres qui ne la méritent point,
> ne sois pas de ceux qui vivent dans l’insouciance. (…) assure-toi de ne pas
> laisser le loup devenir le berger du troupeau de dieu, et ne laisse pas à la
> merci des méchants le sort de ceux qu’il aime.
> 
> (…) Celui qui se donne entièrement à dieu, dieu, assurément, sera avec lui ;
> et celui qui a mis son entière confiance en dieu, dieu le préservera, en vérité,
> de tout mal, et le protégera contre les complots des méchants.
> 
> si tu prêtes l’oreille à mes discours et suis mes conseils, dieu t’élèvera à une
> position si éminente que les desseins d’aucun homme sur toute la terre ne
> pourront t’atteindre ni te nuire. (…) saisis-toi des rênes du gouvernement de
> ton peuple et tiens-les fermement examine personnellement tout ce qui s’y
> rapporte. que rien ne t’échappe, car c’est là qu’est pour toi le plus grand
> bien.
> 
> rends grâce à dieu de t’avoir choisi entre tous comme chef suprême de ceux
> qui professent ta foi. (…) la meilleure louange que tu puisses lui adresser est
> d’aimer ceux qu’il aime, de sauvegarder les intérêts de ses serviteurs, de les
> protéger contre les traîtres et de faire en sorte qu’ils ne soient plus opprimés.
> (…) si, par toi, les rivières de la justice venaient à répandre leurs eaux sur tes
> sujets, dieu assurément t’assisterait des armées de l’invisible et du visible, et
> te fortifierait dans tes affaires. (…) ne te repose pas sur tes trésors. Place
> toute ta confiance dans la grâce de dieu, ton seigneur. Compte sur lui en tout
> ce que tu fais, et sois de ceux qui se soumettent à sa volonté. (…)
> ne franchis jamais les bornes de la modération et traite équitablement ceux
> qui te servent. donne-leur selon leurs besoins, mais pas dans une mesure qui
> leur permettrait d’entasser pour eux-mêmes des trésors, de parer leur
> personne, d’embellir leur foyer, d’acquérir ce qui ne leur serait d’aucun
> profit et les ferait compter au nombre des extravagants. exerce envers eux
> une indéfectible justice, de sorte que nul d’entre eux ne soit dans le besoin ni
> ne regorge de richesses. Ce n’est là que justice manifeste.
> 
> ne permets pas que l’abject domine ceux qui sont nobles et dignes
> d’honneur, et ne souffre point que le juste soit à la merci du vil et du
> méprisable, car c’est ce que nous avons constaté lors de notre arrivée dans la
> cité (istanbul), et nous en témoignons. Parmi ses habitants, nous en avons vu
> qui possédaient d’immenses fortunes et vivaient dans une
> 
> dans la ville de ConsTanTin 231
> Sultan ‘abdu’l-‘azíz (archives bettmann)
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> richesse excessive, alors que d’autres vivaient dans la misère et une pauvreté
> abjecte.
> 
> Cela ne saurait convenir à ta souveraineté ni être digne de ton rang.
> 
> (…) veille à ne pas favoriser tes ministres aux dépens de tes sujets. Crains
> les soupirs du pauvre et du juste qui, à chaque aurore, se lamentent sur leur
> triste sort, et sois pour eux un souverain bienveillant. ils sont, en vérité, tes
> trésors sur la terre. il t’appartient donc de mettre tes trésors à l’abri des
> assauts de ceux qui voudraient te les dérober.
> 
> (…)
> 
> Comme si tu te tenais debout en la présence divine, garde sous les yeux
> l’image de l’infaillible Balance de dieu. Chaque jour, chaque instant de ta
> vie, pèse tes actions sur cette balance. fais ton examen de conscience chaque
> jour avant d’y être convié au jour du jugement, jour où personne n’aura la
> force de se tenir debout par crainte de dieu, jour où le cœur des négligents se
> mettra à trembler.
> 
> il incombe à tout roi d’être aussi bienveillant que le soleil qui assure la
> croissance de tous les êtres et donne à chacun son dû, et dont les bienfaits ne
> proviennent pas de lui-même, mais de la volonté du Tout-Puissant, de
> l’omnipotent. un roi doit être aussi généreux, aussi libéral dans sa grâce que
> les nuages dont les ondées bienfaisantes arrosent tous les pays, sur l’ordre de
> celui qui est l’ordonnateur suprême, l’omniscient.
> 
> Prends soin de ne pas t’en remettre entièrement à d’autres pour les affaires
> d’état.
> 
> nul mieux que toi-même ne pourrait remplir tes fonctions. ainsi avec clarté,
> nous te donnons nos sages avis, nous t’envoyons ce qui te permettra de
> passer de la main gauche de l’oppression à la main droite de la justice et de
> t’approcher du resplendissant océan des faveurs de dieu. Telle est la voie que
> suivirent, avant toi, les rois qui gouvernèrent avec équité, sans jamais
> s’écarter d’une rigoureuse justice.
> 
> Tu es l’ombre de dieu sur la terre. efforce-toi donc d’agir de la manière qui
> convient à un rang aussi éminent et aussi majestueux. Tu ne saurais, sans
> déroger à un honneur aussi grand et inestimable, t’abstenir de suivre les
> enseignements qui, par nous, te sont envoyés du ciel. retourne donc à dieu,
> attache-toi fermement à lui, purifie ton cœur du monde et de ses vanités, et
> ne souffre pas qu’un amour étranger y entre pour s’y établir. Jusqu’à ce que
> tu en aies effacé toute trace d’amour profane, l’éclat de la lumière divine n’y
> pourra briller, car dieu n’a donné à chacun qu’un seul cœur. Tel est, en
> vérité, le décret divin enregistré dans son livre antique. et puisque le cœur
> humain, tel que dieu l’a fait, est un et indivisible, il t’incombe de veiller à ce
> que les affections du tien ne soient pas divisées non plus. (…) dieu m’en est
> témoin : Je n’ai, en te révélant ces paroles, d’autre objet que de te détacher
> des choses éphémères de la terre, et de t’aider à entrer dans le royaume de la
> gloire éternelle, afin qu’avec la permission de dieu, tu l’habites et y règnes.
> 
> (…)
> 
> dans la ville de ConsTanTin 233
> 
> que ton oreille, ô roi, soit attentive aux paroles que nous t’adressons.
> Contrains l’oppresseur à renoncer à sa tyrannie, et isole les artisans
> d’iniquité de ceux qui professent ta foi. Par la justice de dieu ! les
> tribulations que nous endurons sont telles que l’angoisse étreint la plume qui
> voudrait les relater. en supporter le récit dépasserait d’ailleurs les forces de
> tout croyant en l’unité de dieu et de tout défenseur de celle-ci. si grandes
> sont nos souffrances que même nos ennemis en ont pleuré ainsi que tout être
> doué de discernement. (…)
> 
> T’ai-je jamais désobéi, ô roi ? ai-je jamais transgressé une de tes lois ? un
> des ministres qui t’ont représenté en irak peut-il établir contre moi la preuve
> du moindre manquement à ma loyauté envers toi ? non, par celui qui est le
> seigneur de tous les mondes !
> Pas un moment nous ne nous sommes rebellé contre toi ni contre aucun de
> tes ministres.
> 
> et jamais, à dieu ne plaise, nous ne le ferons à l’avenir, dussions-nous être
> soumis à des épreuves plus cruelles que celles qu’on nous a infligées dans le
> passé.
> 
> Jour et nuit, soir et matin, nous avons prié dieu pour toi, le suppliant de te
> rendre obéissant à sa loi, et de te garder des assauts des méchants. agis selon
> ton bon plaisir, et traite-nous comme il convient à ton état et comme il sied à
> ta souveraineté. en tout ce que tu désires ou désireras accomplir, n’oublie
> jamais la loi de dieu. dis : louange à dieu, le seigneur de tous les mondes !4
> 
> ‘abdu’l-’azíz ne répondit pas aux appels répétés de Bahá’u’lláh et attira sur
> lui ruines et destructions.
> 
> h∆ájí mírzá h∆usayn Khán, le mushíru’d-dawlih, l’ambassadeur persan qui,
> pendant sept ans avait centralisé l’opposition à Bahá’u’lláh dans la capitale
> de l’empire ottoman, reçut de lui, avant son départ de Constantinople, cet
> avertissement prophétique étonnant :
> 
> quel profit avez-vous retiré, toi et tes pareils, en mettant à mort, pendant des
> années, tant d’opprimés, et en leur infligeant tant de tourments, alors qu’ils
> devenaient cent fois plus nombreux et que vous étiez en pleine confusion, ne
> sachant plus comment libérer vos esprits de cette pensée obsédante… sa
> cause transcende tous les plans que vous combinez, quels qu’ils soient. sache
> bien ceci : si tous les gouvernements de la terre s’unissaient et prenaient ma
> vie ainsi que celle de tous ceux qui portent ce nom, ce feu divin ne serait
> jamais éteint.5
> 
> et plus tard, d’andrinople, il lui adressa un autre reproche dans la Súriy-i-
> Mulúk
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> (l’ Épître aux rois) :
> ô ministre du chah en la cité, imagines-tu que je tienne en ma main le sort
> définitif de la cause de dieu ? Crois-tu que son cours puisse être détourné par
> mon emprisonnement, par la honte qui m’a été infligée ou même par ma
> mort et mon annihilation ?
> 
> misérable est ce qui naît dans ton cœur ! Tu es, en vérité, de ceux qui suivent
> les vaines imaginations de leur cœur. il n’est d’autre dieu que lui. il a le
> pouvoir d’exalter son témoignage, de réaliser la moindre de ses volontés, de
> manifester sa Cause et d’élever celle-ci à une position si éminente que ni tes
> actions ni les actions de ceux qui se sont détournés de lui ne pourront la
> toucher ou lui nuire.
> 
> Crois-tu pouvoir faire échec à sa volonté, l’empêcher d’exécuter son
> jugement ou d’exercer sa souveraineté ? Prétends-tu que quelque chose dans
> le ciel ou sur la terre puisse résister à sa foi ? Par celui qui est la vérité
> éternelle ! rien dans toute la création ne peut contrecarrer son dessein.
> renonce donc à ce qui n’est chez toi que pure suffisance, car jamais l’orgueil
> n’a pu tenir lieu de vérité. sois de ceux qui se repentent sincèrement et
> retournent à dieu, le dieu qui t’a créé, qui t’a nourri et a fait de toi un
> ministre parmi ceux qui professent ta foi.6
> 
> mais heureusement pour mushíru’d-dawlih, son histoire ne se termine pas
> ici.
> 
> dans la lawh∂-i-ibn-i-dhi’b ( Épître au ls du loup) que Bahá’u’lláh révéla à la
> n de sa vie, le seigneur qui toujours pardonne dit ceci de lui : feu son
> excellence mírzá husayn Khán, mushíru’d-dawlih – que dieu lui pardonne –
> a connu cet opprimé. il a sans aucun doute fourni aux autorités un rapport
> circons-tancié sur l’arrivée de cet opprimé à la sublime Porte, ainsi que sur
> ses paroles et ses actes. le jour de notre arrivée, le représentant du
> gouvernement chargé de recevoir les visiteurs officiels nous accueillit et
> nous escorta vers le lieu désigné. en vérité, le gouvernement fit preuve de la
> courtoisie et de la considération les plus grandes à l’égard de ces opprimés.
> le lendemain, le Prince shujá’u’d-dawlih, accompagné de mírzá safá, tous
> deux représentant feu l’ambassadeur mushíru’d-dawlih, le ministre accrédité
> à la cour impériale, vinrent nous rendre visite. il en fut de même pour
> plusieurs ministres du gouvernement impérial, dont feu Kamál Páshá.
> entièrement confiant en dieu et sans jamais exprimer le moindre besoin ni la
> moindre difficulté, cet opprimé
> 
> * mullá Káz∂im-i-samandar, de qazvín, nommé par le Gardien de la foi
> bahá’íe comme l’un des dix-neuf apôtres de Bahá’u’lláh, mentionne dans
> son histoire que ce proche parent de h∆ájí mírzá h∆usayn Khán, le
> mushíru’d-dawlih, s’appelait mírzá muh∂ammad-’alí connu sous le nom de
> Kad-Khudá (chef). voir pages 467-472 pour plus d’informations sur
> mushíru’d-dawlih.
> 
> dans la ville de ConsTanTin 235
> 
> h∆ájí Mírzá h∆usayn khán-i-Qazvíní, Mushíru’d-dawlih, puis Sipahsálár-i-
> a’z∂am, ministre persan à istanbul puis,
> 
> plus tard, grand vizir de nási∂ri’d-dín Sháh
> 
> séjourna pendant quatre mois dans cette cité. Tous ont pu voir clairement ses
> actes ; nul ne saurait les nier, sauf ceux qui le haïssent et ne disent pas la
> vérité. Celui qui a reconnu dieu ne reconnaît nul autre que lui. nous
> n’aimons pas faire mention de ces choses.
> 
> Chaque fois que de hauts dignitaires persans arrivaient dans cette cité, ils
> frappaient à toutes les portes et se donnaient le plus grand mal pour solliciter
> des allocations et des dons. si cet opprimé n’a rien fait pour contribuer à la
> gloire de la Perse, au moins n’a-t-il rien fait pour la déshonorer. feue son
> excellence – que dieu exalte sa condition –
> 
> n’a nullement agi par amitié pour cet opprimé, mais plutôt par sagacité et
> désir secret de servir son gouvernement. J’atteste que la malhonnêteté, qu’il
> méprisait souveraine-ment, ne joua aucun rôle dans ses activités, tellement il
> était fidèle à son gouvernement.
> 
> C’est pourtant lui qui fut responsable de la réclusion de ces opprimés dans la
> Plus Grande Prison. Toutefois, il mérite nos éloges car il fit preuve de fidélité
> dans l’accomplissement de sa tâche. Cet opprimé s’est efforcé de servir et de
> promouvoir en tous temps les intérêts du gouvernement et du peuple, et non
> d’exalter sa propre condition.7
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> et dans une épître adressée à un certain mihdí, Bahá’u’lláh mentionne que
> par la suite, h∆ájí mírzá h∆usayn Khán ne t ni ne dit rien qui eut pu causer
> de la tristesse ; il dit même des paroles admirables. et parce qu’il avait des
> liens étroits avec un croyant, on ne devait rien dire de désagréable à son sujet
> ce lien pouvant faire en sorte que le passé soit pardonné.* ainsi parle le
> seigneur qui toujours pardonne.
> 
> le Gardien de la foi bahá’íe a décrit les quatre mois de séjour de Bahá’u’lláh
> à Constantinople comme étant « l’ouverture de l’un des épisodes les plus
> dramatiques du ministère de Bahá’u’lláh. » sa signi cation, dans le cours de
> son ministère qui dura de près quarante ans est résumée d’une manière
> excellente par shoghi effendi qu’il est bon de citer à ce point critique de
> notre histoire : on peut dire qu’avec l’arrivée de Bahá’u’lláh à
> Constantinople, capitale de l’empire ottoman et siège du califat (saluée par
> les musulmans comme « le dôme de l’islám », mais dénoncée par
> Bahá’u’lláh comme le lieu où était établi le « trône de la tyrannie »), le
> chapitre le plus sinistre et le plus désastreux, mais aussi le plus glorieux de
> l’histoire du premier siècle bahá’í, venait de s’ouvrir. une période pendant
> laquelle des privations inouïes et des épreuves sans précédent furent mêlées
> aux plus nobles triomphes spirituels débutait maintenant. le soleil du
> ministère de Bahá’u’lláh était sur le point d’atteindre son zénith. les années
> les plus importantes de l’âge héroïque de sa dispensation approchaient. le
> processus catastrophique, annoncé déjà depuis l’année soixante par son
> précurseur dans le qayyimu’l-asmá’, commençait à entrer en action.
> 
> il y avait exactement deux décennies que la révélation Bábi avait vu le jour à
> Chiraz, dans la Perse la plus arriérée. en dépit de la cruelle captivité à
> laquelle avait été soumis son auteur, il avait réussi à proclamer ses
> stupéfiantes revendications devant une assemblée distinguée, à Tabriz,
> capitale de l’azerbaïdjan. dans le hameau de Badasht, la dispensation
> annoncée par sa foi avait été mise au jour avec intrépidité par les champions
> de sa cause. dans le désespoir et l’agonie du siyáh-Chál, à Téhéran, neuf ans
> plus tard, cette révélation avait été rapidement et mystérieusement amenée à
> fructifier tout à coup. le processus d’une désagrégation rapide de la
> prospérité de cette foi, qui s’était dessiné petit à petit et accéléré d’une
> manière alarman-te pendant les années de retraite de Bahá’u’lláh dans le
> Kurdistan, avait été arrêté et inversé de façon magistrale, après son retour de
> sulaymáníyyih. les fondations éthiques, morales et doctrinales d’une
> communauté naissante avaient été fermement établies par la suite, au cours
> de son séjour à Bagdad. et finalement, dans le jardin du
> 
> dans la ville de ConsTanTin 237
> 
> ridván, à la veille de son exil à Constantinople, le délai de dix années,
> prescrit par une Providence impénétrable, avait pris fin avec la déclaration de
> sa mission et l’émergence évidente de ce qui devait devenir le noyau d’une
> fraternité pour toute la terre. Ce qui restait maintenant à accomplir, c’était à
> proclamer, dans la ville d’andrinople, cette même mission, devant les chefs
> ecclésiastiques et séculiers du monde, puis ensuite à développer davantage,
> au cours des décades suivantes, dans la prison fortifiée d’acre, les principes
> et préceptes constituant les bases de cette foi, à formuler les lois et
> ordonnances en vue d’assurer son intégrité, à établir, aussitôt après
> l’ascension de Bahá’u’lláh, l’alliance destinée à préserver son unité et à
> perpétuer son influence. [...]
> 
> on peut dire que la phase initiale de cette proclamation a commencé à
> Constan ti -
> nople, avec la communication (dont nous ne possédons malheureusement
> pas le texte) que Bahá’u’lláh adressa au sultan ‘abdu’l-azíz en personne, le
> soi-disant vicaire du Prophète de l’islám, monarque absolu d’un puissant
> empire. Ce personnage, aussi puissant que majestueux, fut le premier des
> souverains du monde à recevoir les divines injonctions, et le premier, en
> orient, à soutenir le choc de la justice distributive de dieu. Cette
> communication fut envoyée à l’occasion de l’édit infâme promulgué par le
> sultan, moins de quatre mois après l’arrivée des exilés dans sa capitale, [...]
> 
> édit prouvant une coalition de fait des gouvernements impériaux de Turquie
> et de Perse contre un adversaire commun, et qui entraîna, à la fin, des
> conséquences si tragiques pour le sultanat, le califat et la dynastie qadjare
> [...]
> 
> ainsi se termine la scène d’ouverture de l’un des épisodes les plus
> dramatiques du ministère de Bahá’u’lláh. le rideau se lève maintenant sur la
> période reconnue comme la plus troublée et la plus critique du premier siècle
> bahá’í, période qui était destinée à précéder la phase la plus glorieuse de ce
> ministère, celle où il proclama son message au monde et à ses dirigeants.8
> 
> andrinople, la prison lointaine
> 
> Ô ah∂mad, n’oublie pas mes bienfaits
> 
> en mon absence. Souviens-toi de mes jours
> 
> durant tes jours, de ma détresse
> 
> et de mon bannissement en cette prison lointaine.
> 
> bahá’u’lláh
> 
> dans l’ Épître à ah∂mad, révélée pour un natif de yazd, Bahá’u’lláh parle
> d’andrinople en l’appelant « la lointaine prison ».1
> 
> Cette ville historique, située dans un coin écarté de l’europe sera le lieu le
> plus éloigné de son pays natal que connaîtra Bahá’u’lláh. Ce sera aussi la
> première fois dans l’histoire connue des religions qu’une manifestation de
> dieu séjournera sur le continent européen.
> 
> andrinople, appelée aujourd’hui édirne, est située dans un méandre de la
> rivière Tunja (Tunca) juste avant qu’elle se jette dans la maritsa. sa position
> stratégique sur la route entre l’asie mineure et les Balkans en avait fait une
> ville importante dans l’antiquité. la ville thrace fut prise par les macédoniens
> qui l’appelè-rent orestias. reconstruite par l’empereur hadrien au deuxième
> siècle de notre ère elle en reçut son nouveau nom : hadrianopolis ou
> andrinople. son histoire fut turbulente et elle connut de nombreuses batailles
> entre les Byzantins et les autres nations jusqu’à sa conquête par les Turcs
> ottomans en 1362. de 1413 à 1458
> 
> andrinople fut la capitale d’un empire ottoman en expansion rapide et,
> istanbul étant devenue la capitale, elle continua d’être un important centre
> administratif et commercial, visité par les sultans et les princes. au cours des
> dix-huitième et dix-neuvième siècles, une série d’événements comme
> l’incendie de 1745, le tremblement de terre de 1751, l’occupation par les
> russes de 1828-1829 et plusieurs muti-neries provoquèrent son déclin. lors
> du séjour de Bahá’u’lláh, andrinople, capitale d’une importante province de
> l’empire turc, comptait 100 000 habitants.
> 
> au premier abord, áqá rid∂á trouva andrinople agréable mais le climat très
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> froid. il remarque que pour des gens habitués, comme eux, au climat chaud
> de l’irak, le climat froid de roumélie est éprouvant, surtout qu’en cette
> première année où l’hiver fut exceptionnellement sévère, ils manquaient de
> vêtements appropriés.
> 
> à leur arrivée, les voyageurs s’entassèrent dans un caravansérail appelé
> Kháni-‘arab au confort réduit. Bahá’u’lláh y resta trois nuits. Puis on trouva,
> pour lui et sa famille, une maison dans le quartier murádíyyih, bâti autour de
> la mosquée murádíyyih élevée par le sultan murád ii, au nord-est de la ville.
> áshchí se souvient qu’elle était en hauteur avec une belle vue sur tout
> andrinople. les autres restèrent à l’auberge où leurs repas étaient servis, en
> provenance de la maison de Bahá’u’lláh. áshchí raconte, lui aussi, la sévérité
> de cet hiver-là. il avait vu sur la route entre Constantinople et andrinople
> plusieurs personnes mortes de froid. le bruit courait à andrinople qu’on
> n’avait pas vu un hiver aussi froid depuis quarante ans et il y eut des chutes
> de neige même au cœur du printemps. les bains publics fermèrent pendant
> plusieurs jours et les sources se tarirent, bloquées par une épaisseur de glace
> telle que les gens durent allumer de grands feux au-dessus d’elles et l’on
> attendit longtemps avant que l’eau recommence à couler. même dans la
> chambre de Bahá’u’lláh, en dépit du réchaud, une carafe d’eau gela dans la
> nuit.
> 
> on ne peut pas douter des souffrances de Bahá’u’lláh et de ses gens qui
> manquaient de tout.
> 
> après un bref séjour dans la résidence du quartier murádíyyih qui était trop
> petite, on trouva pour Bahá’u’lláh une autre maison plus spacieuse dans le
> même quartier, proche de la Takyih des mawlavís*. Ceux qui étaient restés
> dans le caravansérail s’installèrent dans la première résidence libérée par
> Bahá’u’lláh. Jouxtant la seconde résidence, une troisième maison fut louée
> pour áqáy-i-Kalím, mírzá yah∂yá et leurs familles. áqá rid∂á remarque que
> toutes ces maisons étaient vieilles, ouvertes à tout vent et mal construites. se
> protéger du froid fut un problème permanent.
> 
> áqá rid∂á conte l’histoire de ‘alí Big, l’of cier qui avait accompagné
> Bahá’u’lláh et sa suite depuis Constantinople. lorsqu’il vint pour prendre
> congé, il supplia Bahá’u’lláh de l’aider à avoir une promotion. il était yúz-
> Báshí depuis trop
> 
> * lieu de réunion des membres d’un ordre de mystiques, qui a son origine
> chez le grand poète sou Jaláli’d-dín-i-rúmí. il est adjacent à la mosquée
> murádíyyih.
> andrinoPle, la Prison loinTaine 241
> 
> Une vue d’andrinople
> 
> (dans the radio Times hulton Picture library )
> 
> longtemps et n’était plus tout jeune. son plus grand désir était d’obtenir le
> grade de Big-Báshí et d’être nommé à andrinople. Bahá’u’lláh lui assura que
> tout irait bien pour lui et, effectivement, peu de temps après il revint à
> andrinople avec le grade de Big-Báshí. il vint exprimer sa gratitude à
> Bahá’u’lláh et il racontait à qui voulait l’entendre que c’était grâce à
> Bahá’u’lláh qu’il avait obtenu cette remarquable promotion. Pourtant, après
> un certain temps, il eut envie de monter en grade de nouveau. il vint une fois
> de plus demander à Bahá’u’lláh d’assouvir son désir de promotion et il fut
> assuré qu’il obtiendrait le grade supérieur. et un jour, il apparut porteur du
> grade de mír-áláy. il n’arrivait pas à croire qu’il avait eu cette chance
> d’atteindre un rang militaire si élevé et ne cessait d’af rmer haut et clair qu’il
> devait tout à Bahá’u’lláh et il fréquentait les disciples chaque fois qu’il le
> pouvait.
> 
> mais puisqu’il était arrivé si haut en venant de si bas, serait-il déraisonnable
> de vouloir atteindre le rang de pacha ? « Combien d’années veux-tu vivre
> encore ? »
> 
> lui demanda Bahá’u’lláh et, peu de temps après mourut mír-áláy ‘alí Big.
> 
> Pendant ce premier hiver à andrinople, la vie fut vraiment dif cile. on
> ressentit très vite les effets des dif cultés nancières. áqá h∆usayn travaillait
> alors dans les cuisines, d’où son nom de áshchí : « faiseur de bouillon »,
> autrement dit, cuisinier. il se souvient que certains jours on n’avait pour le
> déjeuner que du pain et du fromage. il réussissait pourtant à faire des
> économies qui lui permettaient de
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> préparer, de temps en temps, une fête pour Bahá’u’lláh ; il put aussi acheter
> deux vaches et une chèvre pour fournir la maisonnée en lait et yaourts.
> 
> mírzá áqá se souvient que c’est dans cette maison du quartier murádíyyih
> que fut révélé le mystère de « l’année 80 » (1280 de l’hégire). de plus en
> plus de tablettes sortaient maintenant de la plume créatrice de Bahá’u’lláh.
> des textes comme lawh∂-i-Sayyáh∂ et lawh∂-i-nuqπih annonçaient
> ouvertement avec ardeur, puissance et autorité, sa révélation. et les bábís,
> partout, à l’exception de quelques dissidents, se ralliaient à sa cause et se
> soumettaient à ce décret divin. mírzá yah∂yá, bien que soumis en apparence
> s’était entouré d’égoïstes comme siyyid muh∂ammad-i-is∂fhání et hájí mírzá
> ah∂mad-i-Káshání et ensemble ils élaboraient des plans de subversion et
> d’opposition. la lecture qui va suivre de ces basses intrigues est plutôt
> pénible.
> 
> mais parlons d’abord de la joie, du bonheur de ces loyaux compagnons de
> Bahá’u’lláh décrits par áqá rid∂á et áshchí. qu’importait que l’hiver soit très
> dur, que les circonstances soient dif ciles, qu’ils soient mal habillés et mal
> logés, qu’un futur incertain paraisse sombre et tragique ! ils avaient atteint le
> désir de leur cœur. ils vivaient près de leur seigneur et le servaient avec une
> complète dévotion.
> 
> Jour et nuit ils entendaient, tombant de ses lèvres, des versets majestueux,
> autoritaires, compatissants, qui annonçaient le matin du Jour des jours et ils
> baignaient continûment dans les rayons vivi ant de ce soleil. áqá rid∂á relate
> que Bahá’u’lláh leur rendait souvent visite dans la première maison du
> quartier murádíyyih et dans la maison d’áqá-i-Kalím, son frère, située juste à
> côté de la sienne, où les quelques disciples qui étaient à andrinople se
> réunissaient.
> un jour, au coucher du soleil, alors que Bahá’u’lláh était dehors, il se tourna
> vers ses compagnons et dit en montrant un arbre : « un oiseau perché sur
> cette branche a chanté ces mots à trois reprises « muh∂ammad vint et avec
> lui la calamité ». áqá remarque que certains pensèrent qu’il faisait référence
> à mullá muh∂ammad-i-zarandí, nabíl-i-a’z∂am, car on murmurait qu’il était
> retourné à Constantinople. d’autres comprirent autre chose, mais bientôt il
> fut clair qu’il faisait référence à hájí siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání,
> l’antéchrist de la révélation bahá’íe.
> 
> Bahá’u’lláh resta environ dix mois dans cette seconde maison du quartier
> 
> andrinoPle, la Prison loinTaine 243
> 
> murádíyyih, d’après áqá rid∂á, mais le confort insuf sant et sa situation qui
> en rendait l’accès dif cile rent qu’il désira obtenir une autre résidence, plus
> confortable et plus facile d’accès. un jour Bahá’u’lláh dit à mírzá mah∂múd-
> i-Káshání :
> 
> « Tu es grand et donc plus proche de dieu. Prie pour qu’il nous donne une
> meilleure maison. » quelques jours plus tard on trouva une maison au cœur
> de la ville, au nord de la mosquée de sult∂án salím et toute proche d’elle.
> Cette mosquée, la gloire d’andrinople, fut bâtie au seizième siècle par
> l’architecte sinán et son dôme principal est plus grand de trois mètres que
> celui de sainte-sophie à istanbul. quant à la maison, c’était un vaste manoir
> appelé la maison d’amru’lláh ce qui veut dire
> 
> « la cause de dieu »*. Bahá’u’lláh vint la voir en personne et la trouva
> appropriée.
> 
> mírzá yah∂yá était lui aussi présent. Bahá’u’lláh remarqua : « dieu a répondu
> aux prières d’áqá mírzá mah∂múd. il pria pour que dieu nous donne une
> maison et la réponse à sa prière est cette maison. » son andarúní (partie
> intérieure) de trois étages comportait trente chambres. Bahá’u’lláh et sa
> famille occupèrent l’étage supérieur, mírzá muh∂ammad-qulí et sa famille se
> logèrent au deuxième et quelques serviteurs s’installèrent au rez-de-
> chaussée. Cette grande maison avait son propre bain turc, l’eau courante
> dans la cuisine et une réserve d’eau. áqá rid∂á écrit : « Cette maison était
> parfaite ». le bírúní (partie externe) avait quatre ou cinq belles pièces à
> l’étage supérieur, destinées aux réceptions, ainsi que les installa-tions
> nécessaires pour préparer et pour servir des rafraîchissements. les restes des
> compagnons occupèrent le deuxième étage du bírúní. on trouva deux autres
> maisons dans le même quartier, l’une pour áqáy-i-Kalím et sa famille et
> l’autre pour mírzá yah∂yá et les siens. les repas étaient préparés dans la
> maison d’amr’u’lláh et distribués dans les trois maisons.
> 
> Bahá’u’lláh avaient signalé à ses compagnons qu’il était temps pour eux de
> trouver un travail. áqá rid∂á rapporte que son seul désir était de servir
> Bahá’u’lláh en personne et il pensait que chercher un travail allait à
> l’encontre de ce désir. mais il se trouva que non. un jour, alors qu’ils étaient
> tous en sa présence, Bahá’u’lláh leur dit : « nous vous ordonnons de trouver
> un travail a n de vous occuper utile-ment, d’éviter l’ennui, de gagner de
> l’argent et de nous inviter à festoyer. »
> 
> ils se réunissaient la nuit dans la maison d’amru’lláh et, pendant le jour,
> certains vaquaient à leurs commerces et d’autres servaient la maisonnée. áqá
> 
> * shoghi effendi traduit ce titre : maison du commandement de dieu
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> muh∂ammad-Báqir-i-qahvih-chí et ustád muh∂ammad-‘alíy-i-salmání
> préparaient le thé, le café et les rafraîchissements, et les servaient. áqá
> h∆usayn-i-áshchí, maintenant adulte, occupait la cuisine et préparait les
> repas. áqá muh∂ammad-h∆asan, un tout jeune homme, servait dans
> l’andarúní. áqá muh∂ammad-ibráhím-i-amír (nayrízí) et áqá najaf-qulí
> étaient chargés d’acheter au bazar les provisions et les autres nécessités.
> mírzá áqá Ján était le secrétaire personnel de Bahá’u’lláh. h∆ájí siyyid
> muh∂ammad-i-is∂fahání et h∆ájí mírzá ah∂mad-i-Káshání n’avaient pas de
> rôle particulier dans la maison, n’avaient aucune profession et ne tenaient
> pas de boutique. áqá muh∂ammad-ibráhím-i-náz∂ir (voir addenda v) tissait
> la soie. áqá rid∂á lui-même tenait avec mírzá mah∂múd-i-Káshání une
> boutique de con series. áqá muh∂ammad-‘alí et áqá ‘abdu’l-Ghaffár
> devinrent marchands de tabac.
> áqá muh∂ammad-ismá‘íl et Khayyát-Báshí étaient tailleurs. mírzá Ja‘far et
> áqá muh∂ammad-s∆ádiq (voir addenda v) ouvrirent aussi des boutiques.
> 
> d’après áqá rid∂á, c’est dans la maison d’amru’lláh que naquit, dans la nuit
> du 12 rabí‘u’l-avval 1281 de l’hégire (15 août 1864), mírzá d∆íyá’u’lláh, ls
> de Bahá’u’lláh. « nous étions très heureux, tous ensemble dans cette maison
> et personne ne pensait à en partir. » Cet état de choses dura un an.
> 
> C’est au cours de la deuxième année dans cette maison que siyyid
> muh∂ammad-i-is∂fahání et h∆ájí mírzá ah∂mad-i-Káshání commencèrent à
> montrer ouvertement leur vraie nature, composée de traîtrise et
> d’insubordination. on se rappelle que Bahá’u’lláh avait emmené h∆ájí mírzá
> ah∂mad avec lui en quittant Bagdad pour l’empêcher d’irriter le consul
> général persan qui l’avait fait alors emprisonner parce qu’il ne savait pas se
> taire quand il le fallait. l’épître à ah∂mad en persan, qui résonne de puissance
> et d’autorité, est adressée à ce h∆ájí mírzá ah∂mad : Ton œil est un dépôt qui
> m’appartient ; ne souffre pas que la poussière des vains désirs en ternisse
> l’éclat. Ton oreille est un signe de ma bonté ; ne permets pas que le tumulte
> des impulsions inconvenantes l’empêche d’entendre ma parole qui pénètre
> toute la création. Ton cœur est mon trésor, ne laisse pas la main traîtresse de
> l’ego dérober les perles que j’y ai amassées. Ta main est le symbole de ma
> tendre bonté, ne l’empêche pas de tenir fermement mes tablettes saintes et
> cachées… sans que tu m’en aies prié, j’ai répandu sur toi ma grâce. sans que
> tu n’aies rien demandé, j’ai réalisé ton désir. encore que tu en fusses indigne,
> j’ai choisi à ton intention mes bienfaits les plus précieux et mes faveurs les
> plus nombreuses… ô mes serviteurs, soyez aussi résignés
> 
> andrinoPle, la Prison loinTaine 245
> 
> et soumis que la terre, afin que du sol de votre être fleurissent les jacinthes
> multicolores, saintes et parfumées de ma connaissance. Comme le feu, jetez
> des flammes, pour que s’y consument les voiles de l’insouciance et que les
> cœurs glacés et obstinés s’embrasent sous l’action des énergies vivifiantes de
> l’amour de dieu. soyez légers et libres comme la brise afin d’obtenir l’accès
> de ma cour et de mon inviolable sanctuaire.2
> 
> Pendant ce temps, écrit áqá rid∂á, les compagnons se réunissaient chaque
> nuit dans la grande pièce de la partie externe de la maison d’amru’lláh pour
> lire des prières du Báb car mírzá yah∂yá commençait à montrer des signes
> de défection, mais rien n’était encore évident. de temps en temps il se
> concertait en secret avec siyyid muh∂ammad concernant leurs plans. Pendant
> un certain temps les choses en restèrent là jusqu’à ce que soudain s’ouvrit,
> large et infranchissable, l’abîme causé par la rébellion ouverte de mírzá
> yah∂yá et par le gigantesque bouleversement qui en résulta.
> 
> le Gardien de la foi bahá’íe décrit ainsi la rébellion contre Bahá’u’lláh de
> son demi-frère, son origine, sa nature et la menace qu’elle représenta pour
> cette toute jeune religion :
> 
> une foi datant de vingt ans venait tout juste de se remettre des coups
> successifs qu’elle avait reçus, lorsqu’une crise d’importance primordiale
> l’atteignit et la secoua jusqu’en ses racines. ni le martyre tragique du Báb, ni
> l’attentat odieux contre la vie du souverain, avec ses suites sanglantes, ni le
> bannissement humiliant de Bahá’u’lláh loin de sa terre natale, ni même sa
> retraite de deux ans au Kurdistan, si désastreux que fussent ces événements
> par leurs conséquences, ne peuvent être comparés en gravité avec la
> première grande convulsion interne qui saisit une communauté récemment
> relevée, et menaça de creuser une brèche irréparable dans les rangs de ses
> membres. (...) la conduite monstrueuse de mírzá yah∂yá, l’un des demi-
> frères de Bahá’u’lláh, successeur nominal du Báb et chef reconnu de la
> communauté bábí, amena, par la suite, une période d’adversités qui laissa
> son empreinte sur le destin de la foi pour un demi-siècle au moins.
> 
> Cette crise, au cours de laquelle fut déchiré en deux « le voile le plus cruel »,
> et pendant laquelle s’effectua irrévocablement « la plus grande séparation »,
> Bahá’u’lláh la désigna lui-même sous le nom d’ayyám-i-shidád (jours de
> tension). elle apporta une immense satisfaction aux ennemis extérieurs de la
> foi, civils et ecclésiastiques ; elle les enhardit, faisant leur jeu et soulevant
> leurs railleries ostensibles. elle jeta le trouble et la confusion parmi les amis
> et les défenseurs de Bahá’u’lláh, et elle porta un grave pré-
> 
> dans la Gloire du Père
> judice au prestige de la foi, vis-à-vis de ses admirateurs d’occident*. ourdie
> dès le début du séjour de Bahá’u’lláh à Bagdad, momentanément stoppée par
> les forces créatrices qui, sous son autorité non encore déclarée, animèrent
> une communauté désinté-grée, cette crise éclata finalement, dans toute sa
> violence, au cours des années qui précédèrent immédiatement la
> proclamation de son message. elle causa un chagrin inexprimable à
> Bahá’u’lláh, le vieillissant de façon visible, et elle lui infligea, par ses
> répercussions, le coup le plus rude qu’il eut jamais à subir pendant toute sa
> vie. elle fut for-gée de toutes pièces par les intrigues tortueuses et les
> machinations incessantes de ce même diabolique siyyid muh∂ammad, ce vil
> insinuateur qui, sans tenir compte du conseil de Bahá’u’lláh, avait insisté
> pour l’accompagner à Constantinople et à andrinople et qui, maintenant,
> avec une vigilance sans relâche, redoublait d’efforts pour mener cette crise à
> son terme.
> 
> depuis le retour de Bahá’u’lláh de sulaymáníyyih, mírzá yah∂yá s’était
> déterminé, tantôt à une réclusion sans gloire, dans sa propre demeure, tantôt
> à une retraite, quand un danger menaçait, vers des lieux sûrs tels que hillih et
> Basra. dans cette dernière ville il s’était réfugié, déguisé en juif de Bagdad
> pour devenir marchand de chaussures. sa terreur était si grande qu’il passe
> pour avoir dit un jour : « quiconque prétendra m’avoir vu ou avoir entendu
> ma voix, je le déclarerai infidèle. » ayant appris le départ imminent de
> Bahá’u’lláh pour Constantinople, il se cacha d’abord dans le jardin de
> huvaydar, non loin de Bagdad, où il réfléchit à l’opportunité de fuir en
> abyssinie, aux indes ou en quelque autre pays. refusant de se conformer au
> conseil de Bahá’u’lláh, de s’acheminer vers la Perse et d’y répandre les
> écrits du Báb, il envoya un certain háji muhammad Kázim, qui lui
> ressemblait, à la résidence gouvernementale, pour demander un passeport au
> nom de mírzá ‘alíy-i-Kirmánsháhi, et il quitta Bagdad en y abandonnant ces
> écrits. il se rendit alors à mosul sous un déguisement, accompagné d’un
> arabe bábí nommé záhir, rejoignant là les exilés qui s’étaient mis en route
> pour Constantinople.
> 
> Témoin constant de l’attachement de plus en plus profond des exilés pour
> Bahá’u’lláh et de leur stupéfiante vénération à son égard, s’apercevant
> parfaitement, au cours du voyage vers Constantinople, et plus tard, ses
> relations avec les notables et les gouverneurs d’andrinople, du degré de
> popularité que son frère avait acquis à Bagdad, irrité devant les preuves
> multiples de courage, de dignité et d’indépendance que ce frère avait
> montrées dans ses rapports avec les autorités de la capitale, exaspéré par les
> nombreuses tablettes que l’auteur d’une dispensation récemment affermie
> n’avait cessé de révéler, - volontiers dupe des perspectives alléchantes d’une
> autorité sans conteste que
> 
> * Tels que h.l.m. nicolas et e.G. Brown
> 
> andrinoPle, la Prison loinTaine 247
> 
> lui offrait siyyid muh∂ammad, l’antéchrist de la révélation bahá’íe - de
> même que le chah muh∂ammad avait été induit en erreur par l’antéchrist de
> la révélation bábíe, hàji mírzá áqási -, refusant d’écouter les observations des
> membres éminents de la communauté qui lui écrivaient et lui conseillaient
> d’user de sagesse et de retenue, oublieux de la bonté et des conseils de
> Bahá’u’lláh qui, de treize ans son aîné, avait veillé sur sa prime jeunesse et
> sur sa maturité, enhardi par l’attitude de ce frère qui, l’œil aveugle au péché,
> avait, tant de fois, passé l’éponge sur bon nombre de ses crimes et de ses
> folies, cet archibriseur de l’alliance du Báb, aiguillonné par sa jalousie
> grandissante, et poussé par son amour passionné du pouvoir, fut amené à
> commettre des actes tels qu’ils ne pouvaient plus être cachés ni tolérés. [...]
> 
> des projets désespérés pour empoisonner Bahá’u’lláh et ses compagnons,
> afin de restaurer sa propre autorité disparue, commencèrent à se dessiner
> dans son esprit, une année environ après leur arrivée à andrinople. sachant
> que son demi-frère, áqáy-i-Kalím, possédait des connaissances médicales, il
> chercha, sous divers prétextes, à obtenir des renseignements concernant les
> effets de certains poisons et de certaines herbes.
> 
> Puis, contrairement à ses habitudes, il commença à inviter Bahá’u’lláh chez
> lui et un jour, ayant enduit sa tasse à thé d’un produit qu’il avait composé, il
> réussit à l’empoisonner suffisamment pour le rendre sérieusement malade
> pendant au moins un mois, lui occasionnant de violentes douleurs ainsi
> qu’une forte fièvre, maladie dont Bahá’u’lláh conserva un tremblement des
> mains jusqu’à la fin de sa vie*. son état était si grave qu’un docteur étranger,
> nommé shíshmán, fut appelé pour le soigner. le docteur fut si atterré par son
> teint livide qu’il estima son cas sans espoir, et après être tombé à ses pieds,
> se retira sans lui avoir prescrit de remède. quelques jours plus tard, il tomba
> malade et mourut. avant sa mort, Bahá’u’lláh avait donné à entendre que le
> docteur shishmán avait sacrifié sa vie pour lui. à mírzá áqá Ján, que
> Bahá’u’lláh avait envoyé pour le voir, ce docteur déclara que dieu avait
> exaucé ses prières et qu’après sa mort, un certain dr. Chúpán, auquel il savait
> pouvoir se fier, devrait être appelé à sa place chaque fois que cela serait
> nécessaire.
> 
> dans une autre circonstance, et d’après le témoignage d’une de ses femmes
> qui l’avait momentanément quitté et qui avait révélé les détails de l’acte
> mentionné ci-dessus, ce même mírzá yah∂yá avait empoisonné le puits qui
> fournissait de l’eau à la famille et aux compagnons de Bahá’u’lláh, à la suite
> de quoi les exilés présentèrent d’étranges symptômes de maladie.†3
> 
> * on peut voir aux archives internationales de la foi bahá’íe, sur le mont
> Carmel, un mouchoir taché de sang avec lequel Bahá’u’lláh s’essuya la
> bouche pendant la nuit où, suite à l’empoisonnement, il tomba malade.
> 
> † áqá rid∂á indique que le docteur shíshmán était un chrétien. Cette femme
> de mírzá yah∂yá, qui révéla l’empoisonnement du puits, était selon áqá rid∂á
> une femme de Tafrish, Badrí-Ján, sœur de mírzá nas∂r’ulláh et de mírzá
> rid∂á-qulí.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Bahá’u’lláh avait fait de son mieux pour protéger son frère des conséquences
> de ses « crimes » et de ses « aberrations » ; mais sa bonté et sa générosité
> n’avaient trouvé en échange que venin et haine. le temps, qui éprouve sans
> se tromper ce qui est bien et ce qui est mal, nit par montrer la vraie nature de
> mírzá yah∂yá, la vacui-té de ses prétentions et l’inanité de son but. ayant
> échoué dans sa lâche tentative d’empoisonnement, mírzá yah∂yá se retourna
> contre Bahá’u’lláh pour l’accuser. il af rma que c’était son frère qui avait
> empoisonné la nourriture et en avait consommé ensuite par inadvertance.
> aujourd’hui, plus d’un siècle s’est écoulé, nous pouvons plaindre le
> malfaiteur et la perspective nous permet de voir sa petitesse et son insigni
> ance comparées à l’écrasante majesté de Bahá’u’lláh. on peut même sourire
> devant les accusations et les calomnies de mírzá yah∂yá, mais à l’époque ces
> actes ignominieux ne faisaient qu’augmenter la dureté de la vie de
> Bahá’u’lláh.
> 
> en relatant les circonstances de la longue maladie de Bahá’u’lláh, áqá rid∂á
> dit que les compagnons furent privés de sa présence pendant plusieurs
> semaines. ils étaient très malheureux mais n’avaient pas l’audace de
> demander la permission de lui rendre visite. et puis un soir, pendant sa
> convalescence, alors que la plupart d’entre eux, y compris ‘abdu’l-Bahá et
> son demi-frère mírzá muh∂ammad-‘alí, avaient été invités à dîner chez áqáy-
> i-Kalím et que seuls áqá rid∂á restait là avec deux autres pour transporter du
> bois pour le chauffage, Bahá’u’lláh leur dit de venir et de s’asseoir. il leur
> parla et leur dit à quel point il se sentait faible. Plus tard, dès qu’il fut
> capable de marcher sans aide, il vint rendre visite aux compagnons. non loin
> du quartier murádíyyih se trouvait un terrain planté d’arbres. mírzá
> muh∂ammad-‘alí le loua et mírzá mah∂múd-i-Káshání y planta des fleurs. en
> n d’après-midi Bahá’u’lláh se retirait dans ce lieu ombragé et les
> compagnons, après leur journée de travail, savaient où le trouver. un jour
> Bahá’u’lláh demanda des nouvelles de Khayyát-Báshí qui avait été malade.
> quand áqá rid∂á lui répondit qu’il n’avait aucune nouvelle, Bahá’u’lláh lui
> répliqua qu’il aurait dû rendre visite à Khayyát-Báshí avant de venir au
> jardin. « Je vous dis cela a n que vous appre-niez à prendre soin les uns des
> autres en tous temps et que vous vous préoccupiez les uns des autres » leur
> dit-il. Comme la maison de áqáy-i-Kalím était proche de ce jardin, il arrivait
> que Bahá’u’lláh rendît visite à son frère avant de rentrer chez lui.
> 
> áqá rid∂á relate les circonstances d’un incident embarrassant pour mírzá
> yah∂yá
> 
> andrinoPle, la Prison loinTaine 249
> 
> qui s’est passé dans la maison de áqáy-i-Kalím. shaykh salmán, le célèbre
> messager qui arrivait de Perse porteur de lettres et de demandes et en
> repartait avec des épîtres et des lettres, avait demandé à mírzá yah∂yá de lui
> expliquer le sens de ces deux vers bien connus de sa‘dí :
> 
> l’ami est plus proche de moi que moi-même.
> 
> mais le plus surprenant est mon éloignement de lui.
> la réponse de mírzá yah∂yá était absurde. même siyyid muh∂ammad-i-
> is∂fahání et h∆ájí ah∂mad-i-Káshání qui deviendraient ses lieutenants le jour
> où il se rebelle-rait contre son frère, se joignirent aux autres pour lui montrer
> son erreur et con rmer que sa‘di exprimait poétiquement le sens de ce verset
> du coran : « nous sommes plus proche de lui que sa veine jugulaire » (50
> :15). son ignorance étant évidente, mírzá yah∂yá tenta de noyer le poisson.
> on se rappellera qu’en route vers istanbul siyyid muh∂ammad s’était
> tellement moqué de mírzá yah∂ya au cours d’une dispute que ce dernier s’en
> était plaint à Bahá’u’lláh. áqá rid∂á ajoute que siyyid muh∂ammad ne cessait
> pas de rire et de se moquer de mírzá yah∂yá. Puis, un jour, siyyid
> muh∂ammad af rma qu’il avait été insulté et partit loger au mawlaví-Khánih.
> áqáy-i-Kalím alla le chercher, l’emmena chez lui, le conseilla et le raisonna
> mais cet homme avait une propension à la méchanceté et, la même chose se
> reproduisant, il repartit vivre au mawlaví-Khánih.
> 
> áqá rid∂á témoigne que mírzá yah∂yá ressentait de la haine pour Bahá’u’lláh
> depuis longtemps et qu’il projetait de le tuer. une de ses tentatives est contée
> par ustád muh∂ammad-‘alíy-i-salmání, le barbier, dans son autobiographie :
> un jour, alors que m’occupant des bains j’attendais la Perfection bénie, azal
> entra, se lava et commença à s’appliquer du henné. Je m’assis près de lui
> pour l’aider et il commença à me parler. il mentionna un ancien gouverneur
> de nayríz qui avait tué des croyants et était un ennemi irréductible de la
> Cause. Puis il loua le courage et la bravoure et dit que certains étaient
> courageux de nature et que cela se voyait dans leur conduite le moment
> venu. Puis il revint à nayríz et rappela qu’à un moment ne restait des enfants
> des croyants qu’un seul garçon de dix ou onze ans. un jour que le
> gouverneur était aux bains, ce garçon entra et, au moment où le gouverneur
> sortait de l’eau il le poi-
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Ustád Muh∂ammad-‘alíy-i-Salmání
> 
> gnarda, lui ouvrant grand le ventre. le gouverneur hurla, ses serviteurs se
> précipitèrent, virent le garçon tenant un couteau et l’attaquèrent. Puis ils
> voulurent s’occuper de leur maître mais le garçon, bien que blessé, se releva
> et le poignarda de nouveau. azal reprit ensuite ses louanges sur la bravoure et
> comme il est merveilleux d’être courageux. il continua en disant : « vois ce
> qu’ils font à la Cause. Tout le monde se lève contre moi, même mon frère !
> et moi, malheureux que je suis, je ne connais aucun réconfort. » à sa manière
> de parler on comprenait qu’il impliquait qu’on lui faisait du tort à lui, le
> successeur du Báb et que son frère était son agresseur et un usurpateur (que
> dieu me garde !). Puis il revint sur la bravoure et sur la Cause qui en avait
> bien besoin. en fait, en me racontant l’histoire du gouverneur de nayríz, en
> louant la bravoure et en m’en-courageant, il cherchait seulement à me
> pousser à tuer Bahá’u’lláh.
> 
> en comprenant cela, je fus si troublé que je ne me suis jamais senti aussi
> bouleversé de toute ma vie. J’avais l’impression que le bâtiment s’effondrait
> autour de moi. sans rien dire, mais très perturbé, j’allais m’asseoir dans
> l’antichambre. Je me dis que j’allais retourner dans le bain et lui couper la
> tête, quelles qu’en soient les conséquences.
> Puis que je me dis que l’assassiner n’était pas une mince action et que je
> risquais d’of-fenser Bahá’u’lláh. supposons que je le tue, me disais-je et
> qu’en présence de la Perfection bénie elle me demande pourquoi je l’ai tué,
> que pourrais-je répondre ? Cette
> 
> andrinoPle, la Prison loinTaine 251
> 
> pensée m’empêcha de mettre mon idée à exécution. Je retournais dans les
> bains et dit à azal de « foutre le camp » [en persan gum Shaw est une
> expression très insultante].
> 
> azal se mit à gémir et à trembler et me demanda de verser de l’eau sur sa tête
> pour rincer le henné, ce que je s. il nit de se laver, sortit des bains dans un
> état d’agitation avancé et je ne l’ai jamais revu.
> 
> J’étais dans un tel état que rien ne pouvait me calmer. Ce jour-là, la
> Perfection bénie ne vint pas aux bains mais mírzá músá y vint et je lui dit
> que l’effrayante suggestion d’azal m’avait mis en colère. mírzá músá me
> répondit : ça fait des années qu’il y pense. n’y fait pas attention. il pense à ça
> depuis toujours ! ». Comme personne d’autre ne venait aux bains, je les
> fermais et allait voir le maître [‘abdu’l-Bahá, la Plus-Grande-Branche.] pour
> lui raconter ce que mírzá yah∂yá m’avait dit, comme cela m’avait rendu
> furieux et que j’avais eu envie de le tuer mais que je ne l’avais pas fait. le
> maître remarqua que c’était quelque chose que les gens ne réalisaient pas,
> mais qu’il ne fallait pas en parler et le garder secret. J’allais ensuite voir
> mírzá áqá Ján, lui t un rapport complet de l’incident en lui demandant de le
> rapporter à Bahá’u’lláh. mírzá áqá Ján revint me dire : « Bahá’u’lláh
> demande de dire à ustád muh∂ammad-‘alí de ne mentionner cela à personne.
> »
> 
> Ce soir-là je réunis tous les écrits d’azal et j’allais dans le salon de la maison
> de Bahá’u’lláh pour les brûler dans le brasero. avant cela, je les montrais à
> sept ou huit des croyants présents en con rmant : « Ce sont les écrits d’azal.
> » ils protestèrent en me demandant pourquoi je faisais cela. Je répondis que
> jusqu’à aujourd’hui j’estimais hautement azal mais que maintenant il ne
> valait même pas un chien.
> d’après áqá rid∂á, la tentative de mírzá yah∂ya pour soudoyer le barbier
> était, une entreprise de longue haleine ; il lui fallut au moins trois mois avant
> de trouver le courage de parler ouvertement à ustád muh∂ammad-‘alí.
> Comme on l’a vu, le barbier ressentit une telle rage qu’il faillit se
> débarrasser de mírzá yah∂yá sur place.
> 
> en parlant de cet événement, le Gardien de la foi bahá’íe écrit : Bien que, par
> la suite, Bahá’u’lláh lui eût ordonné de ne raconter cet incident à personne,
> le barbier fut incapable de se retenir et il trahit le secret, plongeant, de ce
> fait, la communauté dans une grande consternation. « quand le secret qu’il
> (mírzá yah∂yá), gardait en son cœur fut révélé par dieu, affirme lui-même
> Bahá’u’lláh, il désavoua pareille intention et l’imputa à ce même serviteur »
> [ustàd muhammad-’ali].4
> 
> Ce même ustád muh∂ammad-‘alí rapporte aussi que mírzá yah∂yá, toujours
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> redoutant d’être reconnu, dit à shamsí Big, qui les avait of ciellement reçus à
> istanbul, qu’il était un serviteur de Bahá’u’lláh. et toujours dans le but de
> cacher son identité, il se réfugiait souvent dans la partie réservée aux
> serviteurs alors qu’il avait une maison à lui.
> 
> les actions de mírzá yah∂yá dans sa vaine tentative de « ranimer son rôle
> moribond de chef » provoquèrent des événements de grande importance qui
> sont décrits par shoghi effendi, alors qu’il continue sa description de ce qu’il
> nomme « la première convulsion interne d’importance » :
> 
> le moment était maintenant arrivé pour celui qui avait si récemment, à la fois
> par ses paroles et dans de nombreuses tablettes, révélé la signification des
> revendications qu’il avait avancées, de faire connaître officiellement le
> caractère de sa mission à celui qui était le remplaçant nominal du Báb. mírzá
> áqá Ján fut donc chargé de porter à mírzá yah∂yá la Súriy-i-amr,
> nouvellement révélée, qui confirmait nettement ces revendications, de lui lire
> tout haut son contenu, et de lui demander une réponse décisive et sans
> équivoque. mírzá yah∂yá demanda une journée de réflexion pour pouvoir
> méditer sa réponse, requête qui lui fut accordée. mais la seule réponse,
> toutefois, qui devait venir, fut une contre-déclaration, spécifiant l’heure et la
> minute où il était devenu le bénéficiaire d’une révélation indépendante,
> révélation qui exigeait la soumission sans réserve à sa personne, de la part
> des peuples de la terre, à l’est comme à l’ouest.
> 
> une assertion aussi présomptueuse, faite par un adversaire aussi perfide à
> l’envoyé de l’auteur d’une révélation si importante, donna le signal de la
> rupture ouverte et définitive entre Bahá’u’lláh et mírzá yahya, rupture qui
> marque l’une des dates les plus sombres de l’histoire bahá’íe. dans l’espoir
> d’apaiser la féroce animosité qui dévorait ses ennemis, et d’assurer à chacun
> des exilés la liberté absolue de choisir entre lui et eux, Bahá’u’lláh se retira
> avec sa famille dans la demeure de ridà Big (shavvàl 22, 1282 a.h.)*, louée à
> sa demande, et il refusa pendant deux mois de fréquenter les amis comme les
> étrangers, y compris ses propres compagnons. il chargea áqáy-i-Kalím de
> partager tous les meubles, literie, vêtements et ustensiles qu’on trouverait
> chez lui, et d’en envoyer la moitié dans la maison de mírzá yah∂yá, de lui
> remettre certaines reliques qu’il convoitait depuis longtemps, comme par
> exemple les sceaux, les bagues et les manuscrits du Báb, et de veiller à ce
> qu’il reçoive sa part entière de la pension fixée par le gouvernement pour la
> subsistance des exilés et de leurs familles. en outre, il fit donner des ordres
> par áqáy-i-Kalím pour que, chaque jour, pendant plusieurs heures, mírzá
> 
> * le 10 mars 1866. Cette maison était dans un autre quartier de la ville
> 
> andrinoPle, la Prison loinTaine 253
> 
> yah∂yá soit aidé à faire ses achats par l’un quelconque des compagnons,
> qu’il pourrait choisir lui-même, et afin qu’il soit sûr que tout envoi à son
> nom, provenant de Perse, lui serait dorénavant remis en main propre.5
> 
> áqá rid∂á parle de la profonde détresse, causée par la réclusion de
> Bahá’u’lláh, que ressentirent les compagnons. h∆ájí mírzá ah∂mad-i-
> Káshání, bien qu’associé avec mírzá yah∂yá, ne resta pas à andrinople mais
> demanda un passeport et partit.
> 
> il arriva jusqu’à Bagdad où il fut assassiné par un arabe soi-disant bahá’í.
> lorsque la nouvelle de l’assassinat crapuleux de h∆ájí mírzá ah∂mad arriva à
> andrinople, Bahá’u’lláh en fut affligé. áqá muh∂ammad-s∆ádiq et mírzá
> Ja‘far préférèrent quitter andrinople eux aussi. mírzá muh∂ammad-qulí, un
> autre demi-frère de Bahá’u’lláh et mírzá áqá Ján, son serviteur personnel et
> secrétaire vinrent le rejoindre dans la maison de rid∂á Big où áqá h∂usayn
> vint faire la cuisine pour la maisonnée. le reste des compagnons, malheureux
> et le cœur brisé, n’eut plus accès à la maison de rid∂á Big sauf un jour, peu
> après le déménagement de la maison d’amru’lláh. Ce jour-là, en début
> d’après-midi, ils furent appelés en présence de Bahá’u’lláh. en leur servant
> du thé il leur dit : « Cette interdiction a une limite.
> 
> Tournez-vous vers dieu. votre conduite doit être telle que vous soyiez
> toujours meilleurs que les autres. que rien ne vous empêche de vous tourner
> vers dieu.
> 
> Placez votre con ance en lui. vénérez-le. soyez patient et indulgent. ne vous
> dis-putez avec personne. » áqá rid∂á, en se souvenant des conseils de
> Bahá’u’lláh, dit que ses paroles étaient si puissantes qu’ils les ressentaient
> jusque dans la moelle de leurs os et que des larmes jaillissaient de leurs
> yeux. Bahá’u’lláh leur demanda ensuite de partir et ordonna à darvísh
> s∆idq-‘alí de visiter tous les jours la maison de mírzá yah∂yá et de faire les
> achats nécessaires pour lui et sa famille. darvísh s∆idq-‘alí haïssait cette
> mission mais il obéit à Bahá’u’lláh jusqu’au jour où mírzá yah∂yá
> déménagea dans le quartier murádiyyih et lui dit qu’il n’avait plus besoin de
> ses services.
> 
> lorsque Bahá’u’lláh décréta que mírzá yah∂yá et sa famille devaient recevoir
> une large part de l’allocation que le gouvernement ottoman donnait aux
> exilés, chaque compagnon reçut aussi sa part de l’argent ainsi que des
> ustensiles utilisés, qu’ils soient en cuivre ou en d’autres matières.
> 
> áqá rid∂á rapporte qu’ils étaient tous étonnés de l’intensité et de la férocité
> des
> 
> dans la Gloire du Père
> sentiments négatifs af chés par mírzá yah∂yá et son entourage. un de ceux
> qui furent attirés par mírzá yah∂yá, un certain h∆ájí ibráhím-i-Káshí, avait
> été traité avec une grande gentillesse, on lui avait donné des lettres pour la
> Perse, on lui avait dit ce qu’il devait dire partout où il irait. mais lorsqu’il
> découvrit la mesquinerie de leurs arguments, il se repentit et rejoignit les
> compagnons. il aurait avoué : « J’ai cru d’abord que leur but était
> d’appliquer des réformes et de chercher la réconciliation. mais, après
> réflexion, j’ai compris qu’ils n’avaient que haine et calomnie à répandre. »
> áqá rid∂á rapporte qu’avec quelques autres il put lire quelques-unes des
> lettres données à hájí ibráhím et qu’ils furent abasourdis de découvrir la
> quantité de mensonges qu’elles contenaient.
> 
> ayant échoué dans leur tentative de séduction de h∆ájí ibráhím-i-Káshí,
> mírzá yah∂yá et ses infâmes complices accomplirent un acte tout aussi
> honteux. une des femmes de mírzá yah∂yá, la mère de son ls mírzá
> ah∂mad*, fut envoyée chez le gouverneur, gémissant et se lamentant, disant
> aux autorités qu’ils avaient faim, n’ayant rien à manger parce que
> Bahá’u’lláh gardait tout l’argent pour lui. or, nous dit áqá rid∂á, c’était à
> l’époque où deux mille túmáns, reçus récemment de qazvín, avaient été
> donnés à mírzá yah∂yá. et il répète qu’il n’y eut jamais un jour où l’on
> négligea les besoins de mírzá yah∂yá et de ceux qui le suivaient. même
> lorsque siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání partit loger au mawlaví-Khánih, il
> continua à recevoir thé, sucre et autres nécessités. à cet endroit de son
> journal áqá rid∂á, après avoir relaté les actes odieux de mírzá yah∂yá et de
> son lieutenant, écrit une prière qu’il a composée :
> 
> « o dieu, Tu sais que je ne mentionne ces événements que dans un but,
> établir la vérité et expliquer la situation. Je mentionne ce qui s’est passé et
> dont j’ai été témoin a n que cela soit clair et évident pour tous. Je n’ai jamais
> ressenti de haine pour personne. J’ai con ance en ta grâce et en ta générosité
> qui me préserveront de l’erreur, qui nous aideront à ne pas dévier du chemin
> de la justice, de l’équité,
> 
> *des dizaines d’années plus tard mírzá ah∂mad se tourna vers ‘abdu’l-Bahá,
> repentant et ayant besoin de soins.
> 
> l’auteur se souvient de lui, dans les années vingt du vingtième siècle, âgé et
> menant une vie tranquille dans la maison des pèlerins sur le mont Carmel. un
> jour qu’un groupe d’étudiants de l’université américaine de Beyrouth, venus
> à haïfa, séjournaient aussi dans la maison des pèlerins (l’auteur en faisait
> partie), le Gardien de la foi bahá’íe leur demanda de ne pas heurter les
> sentiments de ce vieil homme silencieux en parlant, en sa présence, des
> aberrations et des mauvaises actions de son père.
> 
> andrinoPle, la Prison loinTaine 255
> 
> de la délité et de la loyauté, a n que je ne dise que la vérité. Tu con rmes tout
> le monde. Tu es l’omniscient, le Tout-Puissant. »
> 
> Puis áqá rid∂á raconte une histoire encore plus bizarre. on demanda aux
> partisans de mírzá yah∂yá, alors qu’ils étaient en irak, pourquoi il avait
> envoyé sa femme mendier au palais du gouverneur, alors qu’ils savaient très
> bien qu’ils n’avaient besoin de rien. ils répondirent que c’était une idée de
> siyyid muh∂ammad et que mírzá yah∂yá n’en avait rien su. l’explication
> était pire que l’action elle-même !
> 
> en ces jours tumultueux Khurshíd Páshá (voir addenda v) venait d’être
> nommé gouverneur d’andrinople et selon les archives du consul britannique
> (fo 195 794) il avait pris sa charge en mars 1866. son représentant,‘azíz
> Páshá rendit visite à Bahá’u’lláh en faisant preuve d’une humilité et d’une
> révérence remarquables. il se sentait particulièrement attiré par ‘abdu’l-Bahá
> et buvait avec enthousiasme à la fontaine du savoir de Ghus∂n-i-a’z∂am (la
> Plus-Grande-Branche) qui n’était encore qu’un jeune homme d’une
> vingtaine d’années. Beaucoup plus tard, Bahá’u’lláh étant alors exilé à acre,
> ‘azíz Páshá devint le vali de Beyrouth. il vint deux fois à acre pour présenter
> ses respects à Bahá’u’lláh et pour renouveler son amitié avec le ls aîné de
> Bahá’u’lláh qu’il admirait grandement.
> 
> avec obséquiosité mírzá yah∂yá écrivit à Khurshíd Páshá ainsi qu’à ‘azíz
> Páshá qui montra sa lettre, débordante de flatterie excessive, à Ghus∂n-i-
> a’z∂am. áqá rid∂á rapporte que lorsque Bahá’u’lláh apprit la démarche de
> mírzá yah∂yá, il sut que le temps de sa réclusion était terminée ; « le temps
> prévu » était terminé. il dit :
> 
> « nous nous sommes retirés a n de permettre au feu de l’hostilité de
> s’éteindre et d’éviter que de tels actes honteux soient perpétrés, mais ce
> qu’ils accomplirent est pires qu’avant. »
> 
> vint le printemps. « nous avions loué une maison dans un autre quartier, écrit
> áqá rid∂á, et nous vivions là tous ensemble, priant ensemble jour et nuit.
> nous lisions les écrits sacrés et implorions dieu de faire cesser la nuit de la
> séparation, que l’aurore de la proximité se lève et que s’ouvre en n la porte
> vers sa présence.
> 
> et quand nos prières furent exaucées et que les portes de la bénédiction
> s’ouvrirent toutes grandes, nous louâmes une autre maison près de celle de
> rid∂á Big et nous nous installâmes tous là. Cette maison avait un puits avec
> de l’eau potable et la cour était vaste et pleine de parterres de fleurs. Chacun
> à son tour, chaque jour, res-
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> tait à la maison pour faire tout le travail nécessaire : tirer de l’eau, balayer,
> cuisiner, préparer le thé, s’occuper des fleurs comme si tous les autres étaient
> ses invités et qu’il était leur hôte. le dîner terminé, il lavait les plats et les
> couverts et les passait à celui qui, le jour suivant, jouerait le rôle de l’hôte à
> son tour. les Branches
> 
> [les ls de Bahá’u’lláh] venaient tous les jours et parfois aussi la Beauté
> bénie.
> 
> C’était une bonne maison agréable à vivre. »
> 
> des visiteurs, comme áqá ‘alí-akbar-i-Khurásání et shaykh salmán le
> messager, commençaient à arriver à andrinople pour rencontrer Bahá’u’lláh.
> ils étaient très heureux de séjourner dans la maison décrite par áqá rid∂á.
> quelques épîtres furent révélées dans cette maison et les versets s’écoulaient
> des lèvres de Bahá’u’lláh assis au milieu de ses compagnons. il dit un jour,
> áqá rid∂á se souvient… « quel lieu agréable et quelle belle province.
> Pourtant je ne souhaite pas rester ici. Tout changera avant longtemps. » áqá
> rid∂á dit qu’à partir de ce jour-là Bahá’u’lláh parla fréquemment du
> changement qui arrivait, même si on ne le voyait pas venir. áqáy-i-Kalím
> avait lui aussi prit une maison dans ce quartier.
> la maison de rid∂á Big avait un bírúní et un andarúní, le second étant plus
> petit que le premier. le bírúní avait une grande cour ornée d’une variété
> d’arbres, de buissons et de fleurs où Bahá’u’lláh venait quelquefois, plutôt
> en n d’après-midi, et il y faisait les cent pas en parlant aux compagnons. áqá
> rid∂á se souvient d’un de ces jours en particulier où Bahá’u’lláh parlait de
> ceux qui s’étaient opposés à la cause de dieu, avaient tenté de lui porter tort,
> et avaient persécuté les croyants ; il les nommait l’un après l’autre en
> indiquant comment ils avaient été humiliés.
> 
> avant peu, dit-il (et áqá rid∂á écrivit ses paroles) : « vous verrez les tyrans,
> les ennemis et les opposants de la cause de dieu disparaître et triompher le
> verbe de dieu. » il ajouta : « il doit être clair à tous que nous n’avons accepté
> les calamités et ne devînmes captif que pour glori er la cause de dieu et pour
> témoigner de la vérité de son verbe. » Pendant ces jours à andrinople la
> révélation des épîtres et des versets était abondante et proli que. áqá rid∂á
> nous dit que leur abondance était telle que les aghs∂án, les ls de Bahá’u’lláh,
> et mírzá áqá Ján, son serviteur et secrétaire, passaient de longues heures, jour
> et nuit, à les copier et les transcrire.
> 
> Bahá’u’lláh vivait toujours dans la maison de rid∂á Big et venait, de temps à
> autre, passer une heure ou deux dans le verger ou dans le pré proches du
> quartier murádíyyih. Puis la maison d’amr’ulláh, qui avait été louée par ‘azíz
> Páshá, fut
> andrinoPle, la Prison loinTaine 257
> 
> ‘abdu’l-bahá à andrinople
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> libérée de nouveau et Bahá’u’lláh retourna s’y installer. au même moment
> les compagnons déménagèrent dans une maison proche, qui était occupée
> auparavant par mírzá yah∂yá et sa famille. áqáy-i-Kalím déménagea à la
> même époque.
> 
> Parmi les nouveaux arrivants on note h∆ájí-‘alí-‘askar-i-Tabrízí et les frères
> h∆ájí Ja‘far et h∆ájí Taqí (voir addenda v) qui logèrent dans une auberge ;
> siyyid ashraf de zanján qui sera martyrisé plus tard (voir p. 494) accompagné
> de sa sœur ; h∆ájí mírzá h∆aydar-‘alí suivi de h∆ájí mírzá h∆usayn-i-shírází,
> qui bientôt seront arrêtés en égypte et bannis au soudan, vinrent aussi à
> andrinople où ils séjournèrent dans la maison occupée par les compagnons.
> mírzá rid∂á-qulí et mírzá nas∂ru’lláh, deux frères de Tafrish, dont la sœur,
> Badri-ján, mariée à mírzá yah∂yá en était séparée 6, arrivèrent de Téhéran
> vers la même époque et louèrent une maison. dans la maison d’amr’ulláh,
> redevenue la résidence de Bahá’u’lláh, et dans celle des compagnons, des
> réunions se tenaient au cours desquelles ce dernier intervenait. ainsi les
> compagnons, plus qu’honorés, avaient le privilège d’assister au processus de
> révélation et à la manière dont les versets divins s’écoulaient de ses lèvres.
> C’est dans la maison d’amru’lláh que la réponse à ‘alí-muh∂ammad-i-sarráj,
> le tanneur, un partisan de mírzá yah∂yá fut révélée ; elle avait la taille d’un
> livre.
> 
> shaykh salmán le messager, ustád ‘abdu’l-Karím, áqá ‘alí-akbar, áqá
> muh∂ammad-h∆asan et sa sœur durent repartir en irak. ils étaient tristes,
> arrachés à la présence de leur Bien-aimé, mais ils obéirent. áqá rid∂á note
> que le jour de leur départ fut un jour unique, car une fois qu’ils furent partis,
> Bahá’u’lláh le reçut dans l’ andarúní dont on venait d’allumer la lampe, et
> lui demanda s’il avait écrit quelque chose à quelqu’un. Puis il dit : « écris
> ceci maintenant », et d’une voix formidablement puissante et autoritaire, il
> continua « écris ceci : Par la vérité de dieu, de l’horizon de mon visage un
> soleil s’est levé sur lequel la Plume suprême de dieu a inscrit : « en ce jour la
> souveraineté est à dieu, le Tout-Puissant, l’universel, le très-exalté, le Très-
> Glorieux. » Comme une épée plongée dans le dos de satan, lui et ses armées
> sont mis en déroute. ils s’enfuient jusque dans les profondeurs de l’enfer.
> ainsi vient le commandement de dieu. » la Plus-Grande-Branche,
> 
> ‘abdu’l-Bahá, qui était présent fit observer que ce verset devait être écrit
> immédiatement. on amena plume et papier et l’admonition fut écrite ; elle
> servira d’introduction à une épître adressée à siyyid ‘alíy-i-‘arab qui vivait à
> Tabriz.
> 
> andrinoPle, la Prison loinTaine 259
> 
> les azalís, partisans de mírzá yah∂yá, affirment que cet homme fut assassiné
> par shaykh ah∂mad-i-Khurásání. l’agent consulaire britannique de Tabríz le
> confirme dans un rapport et, l’histoire inédite de la foi bahá’íe dans la
> province d’azerbaïdjan écrite par mírzá h∆aydar-‘alí uskú’í et continuée par
> áqá muh∂ammad-h∆usayn-i-mílání, le corrobore. ils affirment qu’au temps
> où Bahá’u’lláh était encore à andrinople, shaykh ah∂mad-i-Khurásání, mírzá
> mus∂t∂afáy-i-naráqí et un derviche du nom de ‘alí naqí arrivèrent à Tabríz,
> en route vers la Turquie ottomane pour y retrouver Bahá’u’lláh. un soir, ils
> rencontrèrent siyyid ‘alíy-i-‘arab qui, au cours de la conversation commença
> à parler de Bahá’u’lláh en termes insultants. Piqués au vif, leur patience à
> bout, ils se précipitèrent sur lui, arrachèrent le châle qu’il portait autour de la
> taille et l’étranglèrent avec. le lendemain on trouva le corps de siyyid ‘alíy-
> i-‘arab, les trois hommes furent arrêtés et, plus tard, décapités en public.*
> selon le rapport du consul britannique, shaykh ah∂mad-i-Khurásání avoua
> facilement qu’il avait tué siyyid ‘alí de ses propres mains. h∆ájí mu‘ínu’s-
> salt∂anih de Tabriz, auteur d’une chronique détaillée sur l’histoire de la
> religion bábíe, assista personnellement à l’exécution des trois bahá’ís. il faut
> remarquer qu’ils ne furent pas décapités à cause du meurtre de siyyid ‘alíy-
> i-‘arab, qui avait peu d’importance aux yeux des autorités, mais parce qu’ils
> étaient bahá’ís.
> 
> Cet épisode déplorable et tragique connut une suite encore plus tragique.
> dans la poche de l’un des martyrs de Tabriz on trouva une pétition adressée à
> Bahá’u’lláh, écrite par mírzá muh∂ammad-‘alí, un médecin très connu de
> zanján.
> 
> les autorités de Tabriz envoyèrent cette lettre à Téhéran. lorsque nás∂iri’d-
> dín l’apprit il écrivit au gouverneur de zanján en lui ordonnant de mettre à
> mort mírzá muh∂ammad-‘alí. une nuit, le médecin fut appelé au palais du
> gouverneur pour voir un malade. à son arrivée, le bourreau l’attendait. on
> apporta un baquet et l’innocent médecin fut décapité sans pitié. Cela dit,
> c’est en assistant à l’exécution des trois martyrs de Tabríz qui ne montrèrent
> aucune peur et moururent joyeusement, que shírzád Khán-i-sartíp un grand
> personnage, se convertit. étranges sont les décrets de la Providence !
> 
> áqá rid∂á rapporte qu’une autre nuit, vers cette époque-là, tous les visiteurs
> et
> 
> * le rapport du consul russe de Tabríz indique qu’ils furent arrêtés en
> décembre 1866 et exécutés le janvier suivant.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Maison de rid∂á big à andrinople (photo de ted cardell)
> 
> la plupart des compagnons étaient réunis en présence de Bahá’u’lláh dans l’
> andarúní. il leur parla de ce qui se passait en irak où s’activaient les
> partisans de mírzá yah∂yá, du comportement de mullá muh∂ammad-Ja‘far-i-
> naráqí, de miracles et de choses surnaturelles. il ne faut pas prendre l’ordre
> naturel des choses à la légère, dit-il, mais si un groupe de gens fait d’un
> événement particulier la pierre de touche de sa conviction, et fait la
> promesse de se soumettre s’il arrive, dans sa bonté dieu fera en sorte que cet
> événement se passe pour eux. Par exemple, continua Bahá’u’lláh, mullá
> muh∂ammad-Ja‘far est infirme et boiteux. qu’il fasse de sa guérison
> l’épreuve de sa foi. à lui de décider : qu’il se tourne vers mírzá yah∂yá
> d’abord, puis, s’il n’obtient pas satisfaction, qu’il se tourne vers le seuil
> exalté.
> 
> le défi de Bahá’u’lláh fut transmis à mullá muh∂ammad-Ja‘far mais il ne
> voulait pas changer. quelques années avant, les religieux chiites d’irak
> s’étaient, eux aussi, dérobés, n’osant accepter un tel défi.
> 
> Bahá’u’lláh résidait toujours dans la maison d’amru’lláh lorsque mírzá áqá
> Ján et áqá ‘abdu’l-Ghaffár furent envoyés à istanbul pour s’opposer aux
> manœuvres de siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání. mais son second séjour dans
> cette habitation serait de courte durée car, six mois plus tard le propriétaire la
> vendit et
> andrinoPle, la Prison loinTaine 261
> 
> Bahá’u’lláh dut louer la maison de ‘izzat áqá, dans un autre quartier de la
> ville. Ce serait sa dernière résidence à andrinople. C’est alors qu’advint un
> événement déci-sif que conte le Gardien :
> 
> C’est dans cette maison, au mois de jamàdiyu’l-avval 1284 a.h. (septembre
> 1867), qu’un événement de la plus haute importance se produisit, qui
> entraîna la déconfiture complète de mírzá yah∂yá et de ses partisans, et
> rendit évident le triomphe de Bahá’u’lláh sur eux, tant aux yeux de ses amis
> que de ses ennemis. un certain mir muh∂ammad*, bábí de Chiraz, fort irrité
> tant par les prétentions de mírzá yah∂yá que par sa réclusion poltronne,
> réussit à obliger siyyid muh∂ammad d’engager celui-ci à rencontrer
> Bahá’u’lláh face à face, de sorte qu’on puisse discerner au grand jour la
> vérité de l’erreur. Présumant de façon stupide que son illustre frère
> n’accepterait jamais une telle proposition, mírzá yah∂yá désigna la mosquée
> de sultán salim comme lieu de rencontre.
> 
> aussitôt informé de cet arrangement, Bahá’u’lláh se mit en route, à pied,
> dans la chaleur de midi, accompagné par ce même mir muh∂ammad†, pour
> ladite mosquée, située dans une partie éloignée de la ville. Tout en marchant
> à travers les rues et les marchés, Bahá’u’lláh récitait des versets, avec une
> voix et d’une manière qui étonnèrent grandement ceux qui le virent et qui
> l’entendirent.
> 
> ainsi qu’il le mentionne dans une tablette, voici quelques-unes des paroles
> qu’il prononça à cette occasion mémorable : « ô muh∂ammad, celui qui est
> l’esprit est vraiment sorti de sa demeure, et avec lui sont sorties les âmes des
> élus de dieu ainsi que la réalité de ses messagers. voyez donc les habitants
> des royaumes célestes, au-dessus de ma tête, et dans ma main, tous les
> témoignages des prophètes. dis : si tous les prêtres, tous les sages, tous les
> rois et gouvernants de la terre se rassemblaient, en vérité je les affron-terais
> et je proclamerais les versets de dieu, le souverain, le Tout-Puissant,
> l’infiniment-sage. Je suis celui qui ne craint personne, quand bien même tous
> ceux qui existent sur terre et dans le ciel se lèveraient contre moi… C’est ma
> main que dieu a rendue blanche pour que tous les mondes la voient. voici
> mon bâton‡ ; si nous le jetions à terre, en vérité, il avalerait toutes les choses
> créées. » mir muÌammad, qui avait été envoyé en avant pour annoncer
> l’arrivée de Bahá’u’lláh, revint bientôt et l’informa que celui qui avait mis
> son autorité au défi souhaitait, en raison de circonstances imprévues, retarder
> l’entrevue d’un jour ou deux.
> 
> de retour chez lui, Bahá’u’lláh révéla une tablette dans laquelle il racontait
> ce qui
> 
> * Cet homme, accompagné de ses animaux de bât faisait partie de la
> caravane des exilés de Bagdad à samsún.
> 
> † mírzá áqá Ján et áqá muh∂ammad-ibráhím-i-amír l’accompagnaient aussi.
> 
> ‡ allusion à moïse
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> s’était passé et fixait la date de l’entrevue manquée ; il apposa son sceau sur
> la tablette et la confia à nabíl†, lui disant de la remettre à l’un des nouveaux
> croyants, mullà muh∂ammad-i-Tabrízí ; ce dernier devait la transmettre à
> siyyid muh∂ammad qui venait souvent à la boutique de ce croyant. il fut
> convenu de demander à siyyid muh∂ammad, avant de lui remettre cette
> tablette, une note cachetée, promettant que mírzá yah∂yá, au cas où il ne
> viendrait pas au lieu du rendez-vous, affirmerait, par écrit, la fausseté de ses
> revendications. siyyid muh∂ammad promit d’apporter, le jour suivant, le
> document en question, mais bien que nabíl, pendant trois jours consécutifs,
> attendît la réponse dans cette boutique, le siyyid n’apparut pas et n’envoya
> aucune note. vingt-trois ans plus tard, nabíl, racontant cet épisode historique
> dans ses chroniques, affirma que cette tablette jamais remise se trouvait
> encore en sa possession, « en aussi bon état que le jour où la Plus-Grande-
> Branche l’avait écrite et où le cachet de l’ancienne Beauté l’avait scellée et
> ornée », témoignage tangible et irréfutable de la suprématie de Bahá’u’lláh,
> établie sur un adversaire vaincu.
> 
> Comme déjà observé, cet épisode, le plus désolant de son ministère, fit naître
> en Bahá’u’lláh une angoisse aiguë. celui que, pendant des mois et des
> années, se lamenta-t-il, j’ai élevé avec les mains de la tendre bonté, s’est
> levé pour prendre ma vie. les cruautés infligées par mes oppresseurs, écrit-il,
> faisant allusion à ces perfides ennemis, m’ont courbé et ont fait blanchir mes
> cheveux. Si tu te présentais devant mon trône tu ne pourrais reconnaître
> l’ancienne beauté, car la fraîcheur de son visage s’est altérée et son éclat
> s’est terni à cause de l’oppression des infidèles. par dieu ! s’écrie-t-il, il
> n’existe aucun point de mon corps qui n’ait été touché par les lances de tes
> machinations. et encore : tu as commis contre ton frère ce qu’aucun homme
> n’a commis contre un autre homme. ce qui est sorti de ta plume, affirme-t-il
> de plus, amena les visages de gloire à se prosterner dans la poussière ; le
> voile de grandeur, dans le paradis sublime, fut, de ce fait, déchiré en deux, et
> les cœurs des élus installés sur les sièges les plus élevés en furent brisés. et
> pourtant, dans le Kitáb-i-aqdas, un seigneur clément assure à ce même frère,
> cette source de perversion, dont l’âme même a donné naissance aux vents de
> la passion qui ont soufflé sur lui, de n’avoir aucune crainte à cause de tes
> actes ; il lui ordonne de retourner à dieu, humble, soumis et effacé, et affirme
> qu’ il te remettra tes péchés, et que ton Seigneur est le clément, le puissant,
> le très-Miséricordieux. (...)
> 
> une brèche temporaire, il fallait l’avouer, avait été faite dans les rangs de ses
> partisans. sa gloire avait été éclipsée et ses annales entachées d’opprobre
> pour toujours. son
> 
> † nabíl, muh∂ammad-Javád-i-qazvíní et mishkín-qalam le célèbre
> calligraphe étaient arrivés à andrinople peu de temps avant et logeaient avec
> les compagnons. áqá muh∂amad-javád-i-qazvíní avait été arrêté à Tabríz en
> même temps que les trois martyrs mais avait été libéré.
> 
> andrinoPle, la Prison loinTaine 263
> 
> nom, cependant, ne pouvait être effacé, son esprit était loin d’être abattu, et
> ce prétendu schisme ne pouvait en scinder l’édifice en deux. l’alliance du
> Báb auquel il a déjà été fait allusion, avec ses vérités immuables, ses
> prophéties incontestables et ses avertissements répétés, montait la garde
> auprès de cette foi, assurant son intégrité, démontrant son incorruptibilité et
> perpétuant son influence.7
> 
> en parlant de cet épisode, áqá rid∂á mentionne un marchand de tabac persan,
> h∆asan áqáy-i-salmásí. Bien que n’étant pas un des croyants, il était au
> courant des événements et était présent lorsque Bahá’u’lláh passa devant sa
> boutique. Ce qui n’empêcha pas plus tard mírzá yah∂yá d’écrire à ses
> partisans pour leur affirmer que c’était Bahá’u’lláh qui n’était pas venu le
> rencontrer et que lui avait été fidèle au rendez-vous. et pour faire bonne
> mesure, il ajouta un autre mensonge, à savoir que personne ne l’avait vu
> pendant le voyage de Bagdad à andrinople, alors que depuis mosul il avait
> voyagé dans la suite de Bahá’u’lláh.
> 
> la maison de ‘izzat áqá était neuve et avait une belle vue sur la rivière et les
> vergers du sud de la ville. ses pièces étaient spacieuses et, même si le bírúní
> était plus petit que l’ andarúní, ils étaient tous les deux assez grands et
> comptaient de grandes cours plantées d’arbres variés. mírzá mah∂múd-i-
> Káshání s’occupait des jardins et des parterres de fleurs. les compagnons
> déménagèrent dans une maison dans le même quartier qui était assez grande
> pour eux et était équipée d’un bain turc. les visiteurs aussi y logeaient,
> notamment mírzá Báqir-i-shírází (voir addenda v) dont la sœur était mariée à
> mírzá yah∂yá. il arriva avec áqá ‘abdu’lláh-i-
> 
> ‘arab. mírzá Báqir déplorait l’insubordination et la défection de mírzá
> yah∂yá et avait écrit un traité réfutant ses prétentions. C’était aussi un
> excellent calligraphe et, pendant son séjour à andrinople, il copia et
> transcrivit de nombreuses épîtres.
> 
> nous avons déjà indiqué en quelle haute estime Khurshíd Páshá, le vali
> d’andrinople, tenait Bahá’u’lláh. áqá h∆usayn-i-áshchí raconte qu’il avait
> très envie d’accueillir au palais du gouverneur Bahá’u’lláh, mais ce dernier
> ne voulut pas accepter l’invitation de Khurshíd Páshá immédiatement.
> Pourtant un soir du mois de ramad∂án, alors que le gouverneur avait invité
> les religieux et les notables de la ville à venir briser le jeûne chez lui, il
> chargea ‘abdu’l-Bahá de supplier Bahá’u’lláh de lui faire l’honneur
> d’assister à cette grande fête parmi cette brillante assemblée. Bahá’u’lláh
> accepta cette invitation. áshchí raconte comment les
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> írzá
> 
> írzá
> 
> ulí
> 
> ulíy-i-
> 
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> :M
> ad-Q
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> alám
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> uh∂am
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> ishkín-Q
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> írzá M
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> qá M
> 
> bdu’l-b
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> :á
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> u’lláh, M
> 
> ahá, M
> 
> ssis, de gauche à droite
> 
> hádim
> 
> bdu’l-b
> i-frère de ‘a
> 
> qá Ján k
> 
> ssis par terre de gauche à droite
> 
> lí (dem
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> ranche, ‘a
> 
> ad-‘a
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> írzá á
> 
> haffár-i-is∂fahání. a
> 
> ahijí. a
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> 
> ure-b
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> ebout de gauche à droite
> 
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> bdu’l-g
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> lus-p
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> írzá M
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> 
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> ahá’u’lláh à a
> 
> ∆usayn-i-á
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> azvíní, M
> 
> úsá á
> 
> as∂ru’lláh-i-tafrish
> 
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> írzá M
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> írzá n
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> pagnons de b
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> ad-Javád-i-Qm
> 
> es com
> líy-i-Sayyáh, á
> 
> uh∂am
> 
> ín (fils de M
> 
> l
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> is∂fahání, M
> 
> ‘a
> 
> M
> 
> avec sans doute un de ses enfants, et Siyyid M
> 
> d
> 
> andrinoPle, la Prison loinTaine 265
> 
> invités, gens riches et savants, étaient fascinés, captivés et transportés par les
> paroles de Bahá’u’lláh. avec humilité et courtoisie ils lui posaient des
> questions dont les réponses, énoncées d’une voix puissante et autoritaire, les
> émerveillaient et les satisfaisaient. áshchí remarque que lorsque le sultan
> décréta l’exil de Bahá’u’lláh ces hommes, affligés, ressentirent cruellement
> cette perte. ayant été ainsi particulièrement honoré par Bahá’u’lláh,
> Khurshíd Páshá demanda à ‘abdu’l-Bahá de passer autant de soirées que
> possible au palais du gouverneur pendant le mois du ramad∂án, ce que la
> Plus-Grande-Branche accepta volontiers.
> 
> de plus en plus de visiteurs arrivaient maintenant à andrinople. les deux
> frères áqá muh∂ammad-ismá‘íl et áqá nas∂ru’lláh restèrent quelque temps.
> ils furent suivis par siyyid mihdíy-i-dahijí, áqá Jamshíd-i-Gurjí (voir
> addenda v), mírzá
> 
> ‘alíy-i-sayyád-i-marághi’í et h∆usayn-i-Baghdádí. ils furent logés dans le
> biruní de la maison de ‘izzat áqá. nous avons déjà signalé l’arrivée de nabíl-
> i-a’z∂am, muh∂ammad-Javád-i-qazvíní et le célèbre calligraphe mishkín-
> qalam. h∆ájí abu’l-qásim-i-shírází arriva d’égypte ; sa fortune fit qu’il fut
> bientôt mêlé aux intrigues de h∆ájí mírzá h∂asan Khán, le consul persan du
> Caire. on continua à tenir régulièrement des réunions, où étaient lus épîtres
> et versets, dans la maison des compagnons et Bahá’u’lláh y assistait souvent.
> Puis on loua une maison pour mishkín-qalam afin qu’il puisse pratiquer son
> art tranquillement. nabíl et áqá Jamshíd l’y rejoignirent plus tard.
> Bahá’u’lláh honora plusieurs fois cette maison de sa présence.
> 
> enfin áqáy-i-Kalím aussi emménagea dans une maison proche de celle de
> ‘izzat áqá.
> 
> les quelques mois de résidence dans la maison de ‘izzat áqá constituent la
> période la plus féconde de tout le ministère de Bahá’u’lláh : épîtres et versets
> coulaient sans discontinuer de sa plume et de ses lèvres. un jour, relate áqá
> rid∂á, Bahá’u’lláh dit à ses compagnons et ses visiteurs, tandis qu’il faisait
> les cent pas dans la cour du bírúní : « aujourd’hui, alors que nous étions aux
> bains, nous avons écrit quelque chose pour nás∂iri’d-dín sháh ; ce n’est pas
> encore transcrit, mais qui acceptera de la lui porter ? » nombreux étaient
> ceux qui désiraient cette distinction mais cette grande mission qui exigerait
> héroïsme et sacrifice était destinée, comme nous le verrons, à un jeune
> homme insensible, pour l’instant, à l’influence de Bahá’u’lláh.
> 
> C’est pendant les éprouvantes années passées à andrinople que Bahá’u’lláh
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> proclama la révélation dont dieu l’avait investi. où trouver une meilleure
> description de cette période fructueuse que sous la plume du Gardien de la
> foi bahá’íe, dans son ouvrage dieu passe près de nous :
> 
> Bien que fléchissant sous le poids du chagrin, et souffrant toujours des
> conséquences de l’attentat à sa vie, et quoiqu’il sût parfaitement qu’un
> nouveau bannissement était probablement imminent, imperturbable devant le
> coup que sa cause avait reçu ainsi que devant les dangers dont elle était
> entourée, Bahá’u’lláh se dressa malgré tout avec une puissance sans égale,
> avant même la fin de cette épreuve, pour annoncer la mission dont il était
> chargé à ceux qui, en orient et en occident, détenaient entre leurs mains les
> rênes du pouvoir temporel suprême. l’étoile du matin de sa révélation était
> destinée, grâce à cette proclamation même, à étinceler au faîte de sa gloire,
> et sa foi à manifester, dans sa plénitude, son divin pouvoir.
> 
> une période d’activité prodigieuse s’ensuivit qui, par ses répercussions,
> l’emporta sur les années de printemps du ministère de Bahá’u’lláh. Jour et
> nuit, écrit un témoin oculaire, les versets divins pleuvaient en quantité telle
> qu’il fut impossible de les consigner tous. mírzá áqá Ján les écrivait au fur et
> à mesure de leur dictée, tandis que la Plus-Grande-Branche était
> continuellement occupée à les transcrire. il n’y avait pas un moment à
> perdre. (...) Bahá’u’lláh, faisant lui-même allusion aux versets qu’il révéla,
> écrit : Tels sont les torrents… provenant des nuées de la bonté divine qu’en
> l’espace d’une heure, l’équivalent d’un millier de versets ont été révélés. la
> grâce octroyée en ce jour est telle, qu’en un jour et une nuit seulement, si
> l’on trouvait un secrétaire capable de l’écrire, la valeur d’un Bayán persan
> serait déversée du ciel de la sainteté divine. J’en jure par dieu, affirme-t-il
> d’autre part, en ces jours, ce qui a été révélé correspond à tout ce qui fut
> envoyé jadis aux Prophètes. Ce qui a déjà été révélé sur cette terre
> (andrinople), déclare-t-il en outre, parlant de l’abondance de ses écrits, les
> secrétaires ne sont pas capables de le transcrire. aussi, la plus grande partie
> n’a-t-elle pas été transcrite.
> 
> déjà, au plus fort de cette grave crise, et même avant qu’elle n’atteignît son
> maximum, des tablettes innombrables coulèrent de la plume de Bahá’u’lláh,
> dans lesquelles il exposait complètement la portée des revendications qu’il
> venait de soutenir. la Súriy-i-amr [ commandement], la lawh-i-nuqtih [
> tablette du point], la lawh-i-ah∂mad
> 
> [ Épître à ah∂mad], la Súriy-i-asháb [ Épître aux compagnons], la lawh-i-
> Sayyáh, la Súriy-i-damm [ tablette du sang], la lawhu’r-rúh [ tablette de
> l’esprit], la lawhu’rrid∂ván [ tablette de rid∂ván], la lawhu’t-tuqá [ tablette
> de la piété ou de la crainte de dieu] sont au nombre des tablettes qu’il avait
> déjà écrites lorsqu’il transféra son domi-
> 
> andrinoPle, la Prison loinTaine 267
> 
> cile dans la maison d’izzat áqá. Presque aussitôt que fut opérée la « plus
> grande séparation », Bahá’u’lláh révéla les tablettes les plus puissantes
> écrites pendant son séjour à andrinople : la Súriy-i-Mulúk [ Épître aux rois],
> l’épître la plus importante, dans laquelle, pour la première fois, il s’adresse à
> l’ensemble des monarques d’orient et d’occident et envoie des messages
> particuliers au sultan de Turquie et à ses ministres, aux rois de la chrétienté,
> aux ambassadeurs français et persan accrédités près la sublime Porte, aux
> chefs ecclésiastiques musulmans à Constantinople, aux sages et aux
> habitants de cette ville, au peuple de Perse et aux philosophes du monde ; le
> kitáb-i-badí‘, son apologie, écrite pour réfuter les accusations lancées contre
> lui par mírzá mihdiy-i-rashti* - œuvre correspondant au kitáb-i-iqán qui fut
> révélé pour défendre la révélation bábíe ; les Munájátháy-i-Síyám ( prières
> du jeûne) écrites en anticipation de son livre de lois ; la première Épître à
> napoléon iii dans laquelle il s’adresse à l’empereur des français et met à
> l’épreuve la sincérité de ses déclarations ; la lawh-i-Sultán, son épître
> détaillée au chah nàsiri’d-dín, dans laquelle sont exposés les buts, les
> objectifs et les principes de sa foi, et démontrée la validité de sa mission ; la
> Súriy-i-ra’ís, commencée dans le village de Káshánih, pendant son voyage à
> Gallipoli, et terminée peu après à Gyáwur-Kyuy, tous ces textes peuvent être
> considérées non seulement comme les plus remarquables des innombrables
> épîtres qu’il révéla à andrinople, mais comme occupant une position capitale
> parmi tous les écrits de l’auteur de la révélation bahá’íe.8
> 
> * Cet homme était juge à istanbul. le Kitáb-i-Badí‘ est écrit comme si áqá
> muh∂ammad-‘alí Tambákú-furúsh-i-is∂fahání répond à mírzá mihdíy-i-
> rashtí. Badí‘ signifie : unique.
> 
> andrinople. les dernières années
> 
> áqá rid∂á nous apprend qu’à l’époque où mírzá yah∂yá ne tint pas sa
> promesse et ne vint pas rencontrer Bahá’u’lláh dans la mosquée, le frère
> fidèle de Bahá’u’lláh, áqáy-i-Kalím, était en anatolie. en passant par
> salonique il était arrivé à smyrne où le rejoindrait plus tard mír muh∂ammad
> qui lui rapportera toute l’histoire de la couardise de mírzá yah∂yá et de son
> rendez-vous manqué. Peu après Bahá’u’lláh chargea nabíl-i-a’z∂am d’aller
> demander à áqáy-i-Kalím de revenir à andrinople et ce dernier obéit
> immédiatement.
> aux environs de l’année 1867 une puissante épître, qui mentionnait une
> vision, fut révélée pour siyyid h∆usayn-’alí, un bábí qui résidait alors à
> Bagdad. la nuit même, le siyyid se sépara complètement des partisans de
> mírzá yah∂yá. lorsque l’épître atteignit Bagdad et que les circonstances de sa
> révélation en furent connues, un certain nombre de bábís firent de même.
> Cette épître n’est pas la lawh∂-i-ru’yá ( Épître de la vision) qui sera révélée
> plus tard en Terre sainte.
> 
> les azalís qui étaient à Bagdad désiraient maintenant se confronter avec les
> bahá’ís au cours d’un débat en présence de religieux juifs, chrétiens et
> musulmans qui devaient agir comme arbitres. les bahá’ís considérèrent
> d’abord ce projet comme absurde mais finirent par accepter que quelques-
> uns de chaque bord rencontrent deux hommes : h∆ájí muh∂ammad-h∆usayn-
> h∆akím-i-qazvíní (médecin de qazvín, voir addenda v) et áqá mírzá ah∂mad-
> i-hindí (l’indien) qui n’avaient accepté ni la revendication de Bahá’u’lláh ni
> la position de mírzá yah∂yá. lawh∂-i-Qamís∂ (la Tablette de la jupe ou du
> vêtement) venait d’arriver d’andrinople et mírzá mihdíy-i-Káshání en lut
> quelques extraits lors de cette réunion. l’ignorant complètement, les
> partisans de mírzá yah∂yá proposèrent de lire le dalá’il-i-Sab’ih ( les sept
> preuves) du Báb, qu’ils interprétèrent d’une manière erronée et la réunion se
> termina sans conclure. mais les deux arbitres, le médecin de qazvín et le bábí
> indien qui, jusque-là s’étaient tenus à l’écart, furent convaincus de la vérité
> de la revendication de Bahá’u’lláh et lui donnèrent leur allégeance sans
> réserve. Plus tard, alors que des troubles s’élevaient à Bagdad, h∆ájí
> muh∂ammad-h∆usayn se leva
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> pour défendre les bahá’ís. « Pour qui te prends-tu ? » lui lança avec
> arrogance le consul persan auquel il renvoya la question : « Pour qui te
> prends-tu, toi ? ». le consul répondit « Je suis le drogman du gouvernement
> ». avec audace le médecin répliqua : « Je suis le drogman de la nation ».
> 
> C’est aussi en 1867 que naquit mírzá Badí’u’lláh, le plus jeune fils de
> Bahá’u’lláh.
> mírzá ‘alíy-i-sayyáh (mullá ádí Guzal) avait été le messager du Báb et,
> pendant un temps, son serviteur personnel. en compagnie de mishkín-qalam
> et áqá Jamshíd-i-Gurjí (ou Bukhárá’í) il quitta andrinople pour istanbul, sans
> qu’on sache exactement pourquoi. ustád muh∂ammad-’alíy-i-salmání
> suggère que mishkín-qalam voulait gagner de l’argent grâce à sa superbe
> calligraphie pratiquement sans égal à l’époque ; et Bahá’u’lláh était
> mécontent de cette décision. quoi qu’il en soit, ce voyage eut pour les trois
> hommes des conséquences incalculables.
> 
> C’est alors que h∆ájí ‘alí-’askar (voir addenda v) qui avait rencontré le Báb à
> Tabríz, s’installa avec sa famille dans la résidence que mishkín-qalam et ses
> deux compagnons avaient libérée. d’autres arrivèrent aussi, notamment áqá
> mírzá zaynu’l-’ábidín, mírzá ‘alí-akbar-i-Bujnurdí et abu’l-qásim Khán
> accompagné d’une dame que áqá rid∂á appelle la princesse. il semble qu’ils
> arrivaient du pèlerinage de la mecque. Puis l’arrivée de la veuve de mírzá
> mus∂t∂afáy-i-naráqí récemment tué à Tabriz et de son fils mus∂t∂afá, d’áqá
> lut∂fu’lláh et de son jeune fils, augmentèrent encore le nombre des bahá’ís
> d’andrinople. siyyid mihdíy-i-dahijí, honoré par Bahá’u’lláh du titre de
> ‘ismu’lláhu’l-mihdí* mais qui, plusieurs années plus tard brisera l’alliance
> de Bahá’u’lláh, partit pour Bagdad et, en route, rencontra les bahá’ís qui
> avaient été arrêtés à Bagdad et étaient exilés à mosul.
> 
> Bahá’u’lláh parle de cette arrestation abusive de ses disciples dans son épître
> à nás∂iri’d-dín sháh. l’arrestation et le transport de ces bahá’ís furent
> précédés à Bagdad du meurtre brutal de áqá ‘abdu’r-rasúl-i-qumí dont la
> tâche consistait à transporter de l’eau dans des outres en peau de chèvres
> depuis le fleuve jusqu’à la maison de Bahá’u’lláh. un matin, ses ennemis
> l’attendaient sur la rive du fleuve.
> 
> ils lui sautèrent dessus et lui ouvrirent le ventre à coups de poignards.
> Chancelant, portant d’une main sa charge d’eau et de l’autre retenant ses
> entrailles, il put atteindre la maison où il s’effondra et mourut. áqá h∆usayn-
> i-áshchí raconte d’une
> 
> * le « nom de dieu qui guide droit »
> andrinoPle. les dernières années 271
> 
> áqá h∆usayn-i-is∂fahání, Mishkín-Qalam
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> manière vivante et émouvante le jour où Bahá’u’lláh reçut la lettre
> annonçant le martyre de áqá ‘abdu’r-rasúl. en entendant Bahá’u’lláh lire les
> circonstances de cet événement, ceux qui étaient présents pleuraient à
> chaudes larmes. Bahá’u’lláh les assura que s’ils pleuraient la mort cruelle de
> áqá ‘abdu’r-rasúl, lui, avait obtenu ce qu’il avait toujours désiré : le rang de
> martyr.
> 
> les autorités ottomanes s’inquiétaient de l’augmentation du nombre des
> bahá’ís à andrinople, surtout depuis que siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání qui
> était parti à istanbul avec áqá Ján Big-i-Kaj-Kuláh, un autre partisan de
> mírzá yah∂yá et un ancien officier de l’artillerie ottomane, ne cessait de
> fournir de fausses informations aux autorités. mishkín-qalam, comme il
> fallait s’y attendre, avait acquis une grande réputation en tant que calligraphe
> et il était très proche de h∆ájí mírzá h∆usayn Khán, l’ambassadeur persan.
> mírzá ‘alíy-i-sayyáh∂ avait, lui aussi, gagné l’estime de l’ambasadeur, mais,
> comme le dit áqá rid∂á (et ustád muh∂ammad-’alí) aucun des deux n’était
> assez circonspect, parlant sans précaution dans les cercles où ils avaient
> accès et notamment en présence de l’ambassadeur. le Gardien de la foi
> bahá’íe parle ainsi de leur manque de sagesse : « les indiscrétions commises
> par quelques-uns de ses [la religion de Bahá’u’lláh] partisans trop zélés, qui
> étaient arrivés à Constantinople, aggravèrent sans aucun doute une situation
> déjà tendue1. »
> 
> Puis arriva la nouvelle que h∆ájí mírzá h∆aydar-’alí, que Bahá’u’lláh avait
> envoyé en égypte, avait été arrêté et banni au soudan. les informations
> arrivant à andrinople n’étaient pas très claires et Bahá’u’lláh envoya nabíl
> enquêter en égypte. nabíl composa un poème en style mathnaví adressé à
> ismá’íl Páshá, le khédive d’égypte et en envoya une copie à andrinople. mais
> il fut lui aussi arrêté et emprisonné à alexandrie. nous reviendrons dans le
> chapitre suivant sur l’histoire de son emprisonnement.
> 
> les événements de Bagdad, les martyres d’iran, les extorsions du consul
> général de Perse au Caire qui conduisirent à l’arrestation, au traitement
> barbare et au bannissement de h∆ájí mírzá h∆aydar-’alí et de ses
> compagnons à Khartoum, la détention inattendue de nabíl-i-a’z∂am à
> alexandrie, les arrestations et les emprisonnements dans la capitale de
> l’empire ottoman moribond auxquels nous allons bientôt assister, tout cela
> ne fut que le prélude d’un dénouement bien plus important qui sera la fin de
> l’épisode d’andrinople. Bahá’u’lláh faisait de plus en plus référence à cet
> événement qui se rapprochait.
> andrinoPle. les dernières années 273
> 
> les premières lignes des Paroles cachées.
> 
> À l’avant-dernière ligne
> 
> commence la première parole : « Ô fils de l’esprit… »
> 
> calligraphiées par Mishkín-Qalam.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> les dernières années à andrinople virent aussi se développer d’importants
> changements internes. les appellations « bábís » et « le peuple du Bayán »
> furent remplacées par « bahá’í » et « le peuple de Bahá » ; la salutation
> alláh’u’akbar (dieu est le plus grand) fut remplacée par allah’u’abhá (dieu
> est le plus glorieux), bien qu’il faille noter que les deux expressions, ainsi
> qu’une troisième : allah’u’ajmal (dieu est le plus beau) aient été acceptées
> par le Báb. la Súriy-i-ghusn (épître concernant la Branche), révélée pour
> mírzá ‘alí-rid∂á, un bahá’í éminent du Khorassan, envisageait le rang de
> Ghus∂nu’lláhu’l-a’z∂am (la Plus-Grande, ou la Puissante-Branche), le fils
> aîné de Bahá’u’lláh qui, connu plus tard sous le nom de ‘abdu’l-Bahá, allait
> devenir le centre de l’alliance incomparable de Bahá’u’lláh. il faut noter
> aussi l’importance du voyage de nabíl-i-a’z∂am à Chiraz puis à Bagdad
> (avant sa mission en égypte), pendant lequel il portait les deux Tablettes du
> pèlerinage ( Súriy-i-h∆ajj i et ii) récemment révélées qu’il récita pendant
> qu’il visitait ces deux villes. nabíl avait aussi des cadeaux pour la femme du
> Báb. mullá Báqir-i-Tabrízí, une des lettres-du-vivant du Báb, toujours vivant
> en ces années soixante-dix du dix-neuvième siècle et mullá s∆adiq-i-
> muqaddas-i-Khurásání, à qui Bahá’u’lláh attribua plus tard le titre
> honorifique d’ismulláhu’l-as∂daq (le nom de dieu le plus fidèle), qui était un
> des rares héros survivant de shaykh T∆abarsí, firent joyeusement acte
> d’allégeance à Bahá’u’lláh. un martyr de la même période, áqá najaf-’alí, lui
> aussi survivant d’un massacre du passé, l’épisode de zanján, donna au
> moment de mourir son or au bourreau et s’éteignit avec sur les lèvres le nom
> de Bahá’u’lláh.
> 
> mírzá músáy-i-Javáhirí avait envoyé de Bagdad trois chevaux en cadeau
> pour Bahá’u’lláh qui, pensant que les frais d’une étable seraient excessifs,
> ordonna qu’on aille les vendre à istanbul. darvísh s∆idq-’alí, áqá
> muh∂ammad-Báqir-i-qahvih-chí et ustád muh∂ammad-’alíy-i-salmání
> partirent pour la capitale avec les chevaux. áqá ‘abdu’l-Ghaffár était parti à
> istanbul aussi, pour vendre quelques marchandises, d’après áqá rid∂á. ils
> n’eurent pas plus tôt posé le pied dans la capitale qu’ils furent arrêtés.
> mishkín-qalam et ses compagnons avaient été arrêtés peu avant, à cause de
> leur franc-parler et des intrigues de leurs ennemis. mais les félons avaient été
> pris dans la nasse eux aussi. siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání et áqá Big-i-
> Kaj-Kuláh furent tous les deux arrêtés et ce dernier fut destitué de son rang
> et de ses décorations ottomanes. áqá rid∂á raconte que des lettres anonymes,
> soi-disant
> andrinoPle. les dernières années 275
> 
> photo prise, probablement vers la fin de l’exil de bahá’u’lláh à andrinople,
> de sa famille et de ses compagnons. assis, de g. à d. : Sans doute
> d∆iyá’u’lláh (demi-frère de ‘abdu’l-bahá), Mírzá Muh∂ammad-Qulí (demi-
> frère de bahá’u’lláh), Mírzá Muh∂ammad-‘alí (demi-frère de ‘abdu’l-bahá),
> Mírzá Músá áqáy-i-kalím. debout : Mírzá áqá Ján khádimu’lláh derrière
> Mírzá Muh∂ammad-‘alí.
> 
> écrites par les bahá’ís et se glorifiant de leur nombre et de leur
> détermination, avaient été jetées dans les maisons des notables d’istanboul.
> Cette manœuvre, dont les auteurs furent aussi les victimes, sera plus ou
> moins exactement reprise quelques décennies plus tard à Téhéran avec le
> même résultat. ustád muh∂ammad-
> 
> ’alí détaille les interrogatoires auquels ils furent soumis. les fonctionnaires
> voulaient savoir si Bahá’u’lláh prétendait être le mahdí. les bahá’ís
> répondirent par la négative, ce qui était la vérité puisque ce titre appartient
> au Báb, mais il semble que cette réponse ne plut pas aux enquêteurs. áqá
> rid∂á et ustád muh∂ammad-’alí parlent tous les deux des fonctionnaires
> confisquant tous les livres et documents en possession des prisonniers sans
> pouvoir y trouver rien de séditieux. et le chef de la police fut si impressionné
> par les prières récitées par áqá muh∂ammad-Báqir qu’il lui demanda de les
> répéter.
> 
> au début, mishkín-qalam et ses compagnons étaient séparés du groupe
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> d’ustád-muh∂ammad-’alí, les uns ignorant l’arrestation des autres. mais ils
> furent très vite réunis. ustád-muh∂ammad-’alí raconte que mishkín-qalam
> était particulièrement affecté de n’avoir ni papier ni plume pour pratiquer
> son art. finalement les autorités cédèrent à ses bruyantes récriminations et,
> pour avoir la paix, lui donnèrent tout le matériel dont il avait besoin ce qui le
> calma. aujourd’hui, ces superbes exemples de calligraphie sortis de sa plume
> pourraient atteindre des centaines ou même des milliers d’euros dans une
> salle des ventes.
> 
> Pendant ce temps, la situation devenait critique à andrinople. les bahá’ís
> furent convoqués plusieurs fois dans les quartiers administratifs du
> gouvernement où, à leur grande surprise, on les compta un par un en
> enregistrant leurs noms. áqá rid∂á rapporte que chaque fois qu’on les
> convoquait ils craignaient de ne pas revenir chez eux. on ignorait ce qui se
> passait ou ce qui allait advenir. mais Bahá’u’lláh le savait. il demanda à
> certains de ses compagnons de quitter andrinople. « Pourquoi tous devraient
> être emprisonnés ? dit-il. il n’y aurait plus personne pour enseigner la cause
> de dieu ! » h∆ájí muh∂ammad-ismáíl-i-dhabíh∂, frère de h∆ájí mírzá
> ah∂mad-i-Káshání, mírzá ‘alí-akbar-i-naráqí et un autre siyyid arrivèrent à
> andrinople au moment où la tempête allait se déchaîner et Bahá’u’lláh,
> refusant qu’ils restent, les pria de repartir pour Gallipoli immédiatement.
> 
> lorsque les ministres du sultan ‘abdu’l-’azíz décidèrent de bannir
> Bahá’u’lláh vers acre et mírzá yah∂yá à Chypre, Kurshíd Páshá, le vali
> d’andrinople qui était très dévoué à Bahá’u’lláh, refusa de s’associer de près
> ou de loin à l’application de l’édit royal. il en informa Bahá’u’lláh en
> exprimant regret et dégoût, fit ses bagages et, ostensiblement parti loin pour
> quelque affaire urgente ; en fait, il déménagea discrètement dans une localité
> proche afin de suivre le cours des événements. Ce fut son représentant qui,
> sans état d’âme, assuma cette tâche odieuse avec une grande rudesse. il faut
> noter que les prédécesseurs de Khurshíd Páshá, muh∂ammad Pásháy-i-
> qibrisí (le Chypriote) qui avait été grand vizir de l’empire ottoman et
> sulaymán Páshá (un soufi de la confrérie qádiríyyih) avaient tous les deux
> exprimé leur admiration et leur estime pour Bahá’u’lláh*.
> 
> áshchí soutient que ‘izzat áqá, le pacha, propriétaire de la maison où résidait
> * suivant les archives du consulat britannique (fo 195 794), muh∂ammad
> Pásháy-i-qibrisi était gouverneur d’andrinople jusqu’en avril 1864 ;
> sulaymán Páshá lui succéda et mourut en décembre 1864 ; ‘áríf Páshá lui
> succéda et mourut en décembre 1865.
> 
> andrinoPle. les dernières années 277
> 
> Bahá’u’lláh, était devenu un espion du gouvernement, entrant à n’importe
> quelle heure pour vérifier qui était là, qui était en visite et qui résidait dans la
> maison. on a vu que l’arrivée de quelques bahá’ís, dont le nombre avait été
> grandement exagéré par les fauteurs de troubles, avait inquiété les autorités.
> Ces fauteurs de troubles avaient planté les graines du doute dans l’esprit
> hébété des ministres du sultan. fu’ád Páshá, ministre des affaires étrangères
> était particulièrement inquiet à l’idée que Bahá’u’lláh puisse être en contact
> avec les révolutionnaires bulgares.
> 
> Ce qui est risible aujourd’hui, le temps ayant passé, était pris très au sérieux
> par un ministre craintif.
> 
> Puis la tempête éclata.
> 
> Fu’ád páshá (dans Farley, Turkey )
> 
> le bannissement à acre
> 
> un matin très tôt, les soldats encerclèrent la maison de Bahá’u’lláh, ne
> laissant personne entrer ni sortir. les bahá’ís qui avaient des boutiques furent
> tous arrêtés et dirigés vers le Seraye.
> 
> áqá rid∂á écrit qu’avant la nuit ils furent tous appelés, un par un, en présence
> des of ciels ottomans et interrogés pour qu’ils admettent être bahá’ís. on leur
> dit que leurs possessions seraient vendues ou mises aux enchères, ce qui fut
> fait le jour suivant. les habitants en furent bouleversés, abasourdis, sidérés. «
> que s’estil passé, demandaient-ils, pour que ces gens soient traités ainsi ?
> nous n’avons jamais trouvé en eux qu’honnêteté, loyauté et piété… Pourquoi
> les soumettre à tant d’injustice et d’atrocité ? ». Certains tentaient de
> consoler les bahá’ís en exprimant leur sympathie et quelques-uns
> sanglotaient.
> 
> Puis, continue áqá rid∂á, un « certain nombre de consuls de pays étrangers
> demandèrent à rencontrer Bahá’u’lláh et exprimèrent le désir de lui rendre
> service.
> 
> « nous pouvons informer nos gouvernements et faire cesser cette action ».
> mais Bahá’u’lláh répliqua : « Pour ce genre d’événement, nous n’avons
> jamais demander l’aide de quelqu’un et nous ne le ferons jamais. » il fut très
> aimable avec eux, puis ils partirent. »
> 
> en se rappelant, beaucoup d’années plus tard, ces événements, áqá h∆usayn-
> i-áshchí dit la même chose, à savoir que Bahá’u’lláh n’avait pas accepté
> l’offre d’aide et d’intervention des puissances étrangères. son récit est plus
> précis puisqu’étant cuisinier, il était libre d’aller et venir dans la maison
> comme il voulait et pouvait assister de près à tout ce qui se passait autour de
> Bahá’u’lláh. il relate les circonstances du siège de la maison de Bahá’u’lláh
> par les troupes ; l’insistance des représentants de Kurshíd Páshá pour qu’il
> quitte andrinople dès que possible ; et son refus d’embarquer pour un autre
> exil, car son serviteur devait une grosse somme d’argent dans le bazar et
> qu’il ne pouvait pas payer cette dette avant que ses hommes à istanbul soient
> libérés pour qu’ils vendent leurs chevaux.
> 
> áshchí continue son récit : «… soudain conscients de que qui se passait, les
> 
> dans la Gloire du Père
> consuls des puissances étrangères vinrent rencontrer Bahá’u’lláh. Bien
> qu’interdisant le passage à tous, les soldats entourant la maison ne purent
> empêcher les consuls d’entrer. ayant présenté leurs hommages, ils dirent
> qu’ils étaient venus d’un commun accord, et que celui que Bahá’u’lláh
> désignerait irait contacter les autorités turques et détournerait ce mauvais
> coup. mais Bahá’u’lláh déclina catégoriquement leur offre plusieurs fois
> répétée d’aide et d’intervention, disant :
> 
> « vous voulez que je vous donne mon accord pour que vous puissiez me
> secourir, mais mon secours est entre les mains de dieu, dieu est mon centre
> et c’est vers lui seul que je me tourne. » áshchí rapporte que les consuls
> continuèrent à venir régulièrement sans que jamais ils en fussent empêchés.
> il les conduisait lui-même en présence de la Plus-Grande-Branche. il ajoute
> que quelques hauts fonctionnaires turcs étaient furieux et scandalisés du
> traitement préférentiel dont béné ciaient ces représentants étrangers.
> l’aisance avec laquelle ils pouvaient rencontrer le ls aîné de Bahá’u’lláh les
> énervait d’autant plus que les fonctionnaires ottomans étaient habituellement
> repoussés sous un prétexte ou un autre. áqá h∆usayn écrit que lorsqu’il
> entendit le Big-Báshí menacer de punir ses troupes dès le lendemain si elles
> n’empêchaient pas les consuls d’entrer dans la maison, il le rapporta à
> Bahá’u’lláh qui sourit et, se tournant vers son ls aîné, lui demanda : « Tu as
> entendu ce que h∆usayn a dit ? » les choses n’en restèrent pas là. áshchí
> raconte que le jour suivant les consuls vinrent comme d’habitude et que les
> gardes ne purent les arrêter. la Plus-Grande-Branche leur répéta la menace de
> l’of cier ottoman ce qui les amusa beaucoup et, en plaisantant, quelqu’un
> suggéra que la prochaine fois ils demanderaient au consul britannique de
> passer le premier et de recevoir les coups du Big-Báshí. quant à cet of cier,
> áqá h∆usayn raconte que ses supérieurs étaient mécontents en entendant
> parler de ses menaces impulsives et le réprimandèrent. ils avaient compris
> leur impuissance à empêcher les visites des représentants étrangers qui
> continuèrent à aller et venir selon leur souhait.
> 
> shoghi effendi parle ainsi des derniers jours de Bahá’u’lláh à andrinople :
> Brusquement, un matin, la maison de Bahá’u’lláh fut entourée de soldats et
> des sentinelles furent postées aux portes ; ses disciples furent convoqués une
> fois de plus par les autorités, interrogés, et ils reçurent l’ordre de se préparer
> à partir. les bien-aimés de dieu et sa famille, déclare Bahá’u’lláh dans la
> Súriy-i-ra’is, ne reçurent aucune nour-
> le BannissemenT à aCre 281
> 
> riture la première nuit… le peuple entoura la maison, et musulmans et
> chrétiens pleurèrent sur nous… nous nous aperçûmes que les pleurs du
> peuple du Fils (les chrétiens) étaient plus forts que les pleurs des autres, un
> signe pour celui qui réfléchit. « une grande agitation saisit le peuple, » écrit
> áqá ridá, l’un des plus vaillants défenseurs de Bahá’u’lláh, exilé tout au long
> avec lui depuis Baghdád jusqu’à ‘akká. « Tous étaient perplexes et pleins de
> regret… les uns exprimaient leur sympathie, d’autres nous consolaient et
> pleuraient sur nous… la plupart de nos biens furent vendus aux enchères, à
> la moitié de leur valeur. » Plusieurs consuls des puissances étrangères
> rendirent visite à Bahá’u’lláh, et se déclarèrent prêts à intervenir en sa faveur
> auprès de leurs gouvernements respectifs, propositions qu’il déclara
> apprécier mais qu’il déclina fermement.
> 
> les consuls de cette ville (andrinople) se sont rassemblés en présence de cet
> homme dans la fleur de l’âge, au moment de son départ, écrit-il lui-même, et
> ont exprimé leur désir de l’aider. Vraiment, ils nous ont témoigné de
> l’affection.
> 
> l’ambassadeur de Perse informa promptement les consuls persans en ‘iráq et
> en egypte que le gouvernement turc avait retiré sa protection aux bábis, et
> qu’ils étaient libres de les traiter comme bon leur semblait.1
> 
> il est vrai qu’il existe, dans des archives gouvernementales, certains
> documents qui suggèrent que c’est Bahá’u’lláh qui demanda l’aide et la
> protection des consuls étrangers (voir addenda ii). il nous est impossible,
> aujourd’hui de résoudre ce problème d’une manière satisfaisante, mais nous
> pouvons indiquer un certain nombre de faits intéressants. Comme nous
> l’avons vu plus haut, Bahá’u’lláh lui-même et les personnes présentes : áqá
> rid∂á et áqá h∆usayn-i-áshchí, en se souvenant des dizaines d’années plus
> tard des événements d’andrinople, déclarent clairement que ce sont les
> consuls qui vinrent proposer aide et protection qui furent courtoisement
> refusées. dans les archives ottomanes on trouve une lettre qui aurait été
> écrite par Bahá’u’lláh en persan alors que le même document dans les
> archives française est écrit dans un mauvais turc. on peut se demander
> pourquoi Bahá’u’lláh écrirait aux Turcs en persan et aux français dans une
> langue qui lui est étrangère. les opinions des experts concernant les
> documents en turc af rment qu’ils sont « écrits par un non-Turc et
> contiennent de nombreuses erreurs de grammaire et d’orthographe.
> 
> quelques mots mal écrits, des mots arabes, suggèrent que les écrivants
> n’étaient pas musulmans ; des arméniens peut-être. » de telles erreurs
> pourraient-elles sortir de la même plume d’où sont sortis le kitáb-i-Íqán, les
> paroles cachées, les sept vallées, le kitáb-i-badí et d’innombrables épîtres en
> arabe ? C’est impossible.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> de plus, l’écriture des documents turcs n’est pas celle de Bahá’u’lláh ni
> d’aucun de ses secrétaires dont d’innombrables spécimens d’écriture
> existent.
> 
> áqá rid∂á écrit : « Bref, le choc fut terrible. la plupart de nos biens furent
> vendus à moitié prix. la réserve de tabac appartenant à h∆ájí ‘alí-’askar fut
> achetée à un très bas prix. on rédigea un billet à ordre promettant de tout
> régler quelques mois après mais nalement il ne fut jamais honoré. áqá
> muh∂ammad-’alíy-i-Jilawdár et áqá muh∂ammad-’alíy-i-is∂fahání (voir
> adddenda v), qui étaient mariés furent obligés de divorcer de leurs épouses
> parce que la famille de celles-ci ne voulaient pas les laisser accompagner
> leurs maris… et la rumeur courait que ceux dont le nom se trouvait dans un
> certain registre auraient la permission de partir tandis que ceux qui n’y
> étaient pas inscrits resteraient là.
> 
> les deux frères h∆ájí Jafar et h∆ájí Taqí résidaient à l’auberge. ils ne furent ni
> molestés ni emprisonnés. on pensait donc qu’ils resteraient là. mais ils
> venaient tout le temps dans le bírúní dont ils pouvaient entrer et sortir sans
> encombre. un soir, après le coucher du soleil, nous étions tous réunis dans le
> birúní ainsi que h∆ájí Ja’far et son frère. h∆ájí Ja’far se leva et se dirigea
> vers la fenêtre donnant sur la rue.
> 
> nous entendîmes alors comme un sifflement et, allant voir, nous découvrîmes
> le h∂ájí la gorge tranchée et le sang jaillissant. nous étions bouleversés. s’il
> mourait, comment pourrions-nous prouver qu’il s’est suicidé ? nous allâmes
> vite en informer la Plus-Grande-Branche qui vint immédiatement dans le
> bírúní. la maison du qádí étant proche il le t chercher ainsi qu’un médecin
> voisin, muh∂ammad effendi. le médecin referma la gorge coupée du h∆ájí ce
> qui eut pour effet de le faire revenir à lui. le qádí lui demanda : « avez-vous
> fait cela vous-même ? »
> 
> - oui, lui fut-il répondu.
> 
> - Pourquoi ?
> 
> - Parce que comprenant que j’allais être privé de la compagnie de mon
> seigneur et de la grâce de sa présence, je n’avais plus le goût de vivre.
> 
> - avec quoi vous êtes-vous tranché la gorge ? demanda ensuite le qádí.
> 
> - un rasoir de barbier acheté au bazar, répondit le h∆ájí.
> 
> on trouva le rasoir qui était tombé dans la rue. on reposa plusieurs fois les
> questions au h∆ájí qui répéta qu’il avait trouvé l’idée de la séparation
> insupportable et avait voulu mourir. on mit toutes ces questions et leurs
> réponses par écrit. »
> 
> le chirurgien expérimenté traita si bien la blessure que s’était infligée hájí
> 
> le BannissemenT à aCre 283
> 
> Vue de gallipoli où bahá’u’lláh, sa famille et ses compagnons passèrent
> quelques jours en août 1868, avant leur départ poour acre Ja’far qu’il le
> guérit. áqá rid∂á note l’étonnement des spectateurs qui disaient :
> « Ces gens savent que l’exil implique l’emprisonnement et une vie très dure
> et pourtant ils préfèrent partir que rester et choisissent la mort plutôt que la
> séparation ; d’où vient cette attirance évidente qui les saisit ? » Certains
> éclatèrent en sanglots devant le sort de hájí Ja’far et d’autres tentèrent de le
> réconforter. en parlant de cette tentative de suicide de h∆ájí Ja’far-i-Tabrízí,
> le Gardien de la foi bahá’íe écrit que c’est « un acte quali é par Bahá’u’lláh
> dans la súriy-i-ra’ís d’« inouï dans les siècles passés que dieu a mis en
> exergue dans cette révélation, preuve du pouvoir de sa puissance. » 2 la
> Súriy-i-ra’ís fut révélée à Káshánih, en route vers Gallipoli.
> 
> h∆ájí Ja’far fut installé dans un lit, dans le bírúní de la maison de
> Bahá’u’lláh qui lui rendit visite, resta à son côté, le consola et lui conseilla :
> « révère dieu et sois content de sa volonté. »
> 
> áqá rid∂á écrit : « on t ensuite les préparations pour émigrer. Premièrement,
> on apporta plusieurs charrettes pour le transport des bagages, qui furent
> accompagnées par quelques compagnons. le même jour, mírzá yah∂yá et sa
> famille partirent, accompagnés de siyyid muh∂ammad. une semaine plus
> tard tout fut prêt pour le voyage de la Perfection bénie.
> 
> au matin arrivèrent des chariots où l’on mit le reste des bagages et, lorsque
> tout
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> fut chargé et que les membres de la famille furent installés, il était presque
> midi. la Perfection bénie sortit alors, couvrit de gentillesses le h∆ájí et son
> frère et les recommanda aux bons soins du propriétaire et de muh∂ammad
> effendi, le chirurgien. Puis, il se tourna vers les voisins et les habitants du
> quartier qui s’étaient réunis pour lui dire adieu. ils approchèrent avec
> tristesse, un par un, pour baiser sa main et la frange de son vêtement,
> exprimant leur douleur de le voir partir et d’être privés de sa présence. Ce
> jour-là fut étrange. on aurait dit que la ville entière, ses remparts et ses portes
> se lamentaient de cette séparation. à midi nous partîmes. la nuit approchant,
> les tentes furent dressées à moins de trois heures d’andrinople. la distance
> entre andrinople et Gallipoli fut couverte en cinq étapes. le deuxième arrêt
> fut Úzún-Kúprí et l’arrêt suivant fut Káshánih. »
> 
> C’est le 12 août 1868 (22 rabí’u’th-Thání, 1285 de l’hégire) que Bahá’u’lláh
> et ses compagnons quittèrent la ville qu’il avait quali ée de « Prison lointaine
> » et de
> 
> « Pays du mystère ». un capitaine turc nommé h∆asan effendi et quelques
> soldats les accompagnaient. le cinquième jour on arriva à Gallipoli. une
> maison avait été désignée pour les recevoir. Bahá’u’lláh, sa famille et les
> femmes s’installèrent à l’étage supérieur. quelques compagnons
> s’installèrent à l’étage en-dessous et d’autres furent logés dans un khán.
> mírzá ‘alíy-i-sayyáh, mishkín-qalam et d’autres bahá’ís amenés d’istanbul,
> étaient arrivés la veille et installés dans ce même caravansérail. mírzá
> yah∂yá et sa famille, ainsi que siyyid muh∂ammad et áqá Ján-i-Kaj-Kuláh
> furent placés dans un autre. les autorités avaient décidé que ustád
> muh∂ammad-’alíy-i-salmání et áqá Jamshíd-i-Gurjí seraient expulsés vers
> l’iran. arrivés à la frontière, ils furent remis aux Kurdes qui s’empressèrent
> de les libérer. Chacun par un chemin différent, ils nirent par arriver à acre.
> 
> ustád muh∂ammad-’alí a raconté leur histoire dans sa courte autobiographie.
> en iran, il rencontra h∆ájí muh∂ammad-ismá’íl-i-dhabíh dont Bahá’u’lláh
> parle en l’appelant anís dans la Súriy-i-ra’ís et qui l’avait rencontré à
> Gallipoli. mírzá ‘alí-akbar-i-naráqí et son ami, un siyyid de shíráz, avaient
> eu, eux aussi, la chance de rencontrer Bahá’u’lláh dans les bains publics.
> ustád muh∂ammad-’alí a écrit à quel point h∆ájí muh∂ammad-ismá’íl fut
> bouleversé et mécontent en apprenant la défection de son frère, l’inconstant
> h∆ájí mírzá ah∂mad-i-Káshání dont ils ignoraient l’assassinat à Bagdad.
> mírzá fath∂-’alí d’ardistán (voir addenda v), honoré par Bahá’u’lláh du titre
> de fath∂-i-a’z∂am (la plus grande victoire) fut l’un de ces émi-
> le BannissemenT à aCre 285
> 
> le sultan ‘abdu’l-‘azíz
> 
> nents bahá’ís qu’ustád muh∂ammad-’alí rencontra au cours de ses
> pérégrinations en iran avant d’arriver en Terre sainte. fath∂-i-a’z∂am reçut
> ustád muh∂ammad-’alí avec une grande bonté et l’accueillit chez lui.
> Bahá’u’lláh dit que fath∂-i-a’z∂am, bien qu’absent, était avec lui en esprit
> tout le long de la route de Bagdad à Constantinople.
> 
> áqá rid∂á écrit sur leur séjour à Gallipoli : « nous y sommes restés quelques
> jours. dieu seul sait comment nous avons résisté à ce moment-là. à un
> moment, la rumeur courut que la Perfection bénie et ses frères seraient
> envoyés en un endroit et que les autres, éparpillés, seraient bannis dans
> différentes localités. Peu après, on disait que tous les compagnons seraient
> envoyés en iran. on parla aussi d’extermination. mais c’était l’idée de la
> séparation et de la dispersion qui nous causait le plus d’anxiété. un soir, le
> capitaine qui nous avait accompagné depuis andrinople vint prendre congé.
> il se tenait avec humilité, exprimant ses regrets à la Perfection bénie qui lui
> dit : « dites au roi qu’il perdra ce territoire et que ses affaires connaîtront la
> confusion totale. et ce n’est pas moi, mais dieu qui parle
> 
> dans la Gloire du Père
> par ma bouche. » il prononça alors des versets que nous pouvions entendre
> depuis le rez-de-chaussée. il s’exprimait avec tant de véhémence et de
> puissance qu’on avait l’impression que les fondations mêmes de la maison
> tremblaient.3 l’homme gardait une attitude soumise et silencieuse. alors la
> Perfection bénie lui dit : « il eut été convenable pour sa majesté le sultan de
> réunir une assemblée et de nous demander d’être présent, a n qu’il puisse
> découvrir la réalité et, s’il avait trouvé le moindre signe de sédition, de
> quelque chose de contraire à la volonté divine, il aurait pu appliquer le
> traitement qu’il nous inflige maintenant. il aurait dû nous demander de lui
> présenter des preuves de ce que nous af rmons et, s’il nous avait pris en
> défaut, il aurait pu nous soumettre alors à ce qu’il lui aurait plu. il n’aurait
> jamais dû permettre de tels méfaits, une telle inimitié, de telles dégâts sans
> raison, simplement pour suivre les ordres des auteurs de malfaisance. » le
> capitaine écouta avec une grande attention et promit de rapporter ce qu’il
> avait entendu. »
> 
> Comme le remarque áqá rid∂á, tout ce que Bahá’u’lláh avait prédit dans la
> Súriy-i-ra’ís se passa exactement comme il l’avait dit : « Proche est le jour
> où le Pays du mystère et ses environs, transformés, échapperont aux mains
> du roi et seront ébranlés ; des lamentations s’élèveront, les preuves des
> méfaits seront visibles de toutes parts, la confusion sera partout en raison de
> ce qui est advenu à ces prisonniers aux mains des armées de l’oppression. le
> cours des choses sera changé, les conditions deviendront si dramatiques que
> le sable même des collines désolées gémira, les arbres sur les montagnes
> sangloteront et le sang jaillira de toutes choses. Tu verras alors le peuple
> dans une profonde détresse. » 4
> 
> il fallut attendre dix ans, mais c’est ce qu’il advint. ‘alí Páshá, à qui la Súriy-
> i-ra’ís était adressée, sombra dans l’oubli au cours de cette décennie.
> ‘abdu’l-
> 
> ’azíz, renversé en 1876, perdit son trône et sa vie. en 1877-78, la guerre
> désastreuse contre la russie vit les russes et leurs alliées bulgares aux portes
> de la ville de Constantin le Grand. andrinople fut occupée par un ennemi
> acharné et grandes furent les souffrances de la population. áqá rid∂á, qui
> écrit des années après, cite un capitaine turc, présent dans les territoires où
> les batailles faisaient rage, qui décrit très clairement l’ampleur de la
> catastrophe que subit le pouvoir ottoman.
> « Plaise à dieu que plus jamais un peuple puisse vivre à de telles époques et
> de tels jours, disait le capitaine turc. le sang coulait sous les arbres et sous les
> 
> le BannissemenT à aCre 287
> 
> pierres. la plaine tout entière était noyée dans le sang et la consternation était
> telle qu’on en n’avait jamais connue de telle. »*
> 
> Très loin de là, en iran, vivait un homme qui luttait pour atteindre à la
> certitude et qui attendait, attendait avec angoisse de voir si la vision du futur
> de Bahá’u’lláh se con rmerait. et lorsque cela se confirma et que l’ennemi
> fondit sur ‘abdu’l-
> 
> ’azíz et son royaume délabré, il véri a deux fois que le rapport sur la chute
> du sultan était vrai. il consacra alors sa vie, sa plume puissante et son
> érudition immense et inégalée à servir Bahá’u’lláh. Cet homme s’appelait
> mírzá abu’l-fad∂l de Gulpáygán.
> 
> le siège de Plevna et la résistance héroïque du commandant turc osman
> (‘uthmán) Páshá malgré des conditions terribles, puis la chute de cette
> forteresse qui ouvrit les portes de l’enfer, enflamma le zèle et la sympathie
> d’un étudiant anglais, ls d’un riche propriétaire de chantier naval de
> newcastke-on-Tyne au point qu’il se tourna vers l’orient et devint un jour
> l’un des plus éminents orientaliste de son siècle. Cet étudiant de l’école
> d’eton était edward Granville Browne dont l’intérêt pour l’orient lui permit
> d’entrer en relation étroite avec la religion de Bahá’u’lláh.
> 
> après trois jours déchirants à Gallipoli, où tout était incertain, ‘umar effendi,
> le Big-Báshí qui avait été envoyé depuis Constantinople pour accompagner
> les exilés leur annonça qu’ils resteraient ensemble, ne seraient pas dispersés
> et qu’ils seraient tous envoyés vers la même destination. il indiqua pourtant
> que seuls ceux dont le nom gurait sur le registre auraient leur voyage payé
> par le gouvernement.
> 
> les autres seraient des exilés volontaires et devraient payer leur voyage. à
> l’étonnement de ‘umar efffendi et d’autres fonctionnaires, h∆ájí ‘alí-askar,
> un vétéran du temps du Báb et quelques autres qui n’étaient pas inclus sur la
> liste achetèrent avec joie leur billet pour embarquer sur le navire, un
> paquebot autrichien. quelle sorte de gens achèteraient leur propre billet pour
> être emmenés vers une prison inconnue dans un pays inconnu, se
> demandaient les fonctionnaires.
> 
> en n le vapeur arriva et jeta l’ancre. áqá rid∂á écrit : « dans la soirée nos
> bagages furent embarqués et le lendemain matin des barques nous portèrent
> à bord.
> 
> la mer était forte. J’avais, avec un autre compagnon, la chance d’être dans la
> 
> * voir l’addenda iii concernant la terrible retraite des troupes turques après le
> siège de Plevna.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> barque où allait s’asseoir la Perfection bénie. Jináb-i-anís et ses amis étaient
> sur le quai. des larmes de profonde détresse coulaient de leurs yeux. la
> Perfection bénie leur dit adieu avec une grande gentillesse, s’installa à sa
> place et nous demanda de nous asseoir. des versets s’écoulaient de ses lèvres,
> … et il dit en plaisantant : « Ce serait drôle que la barque coule ! » mais très
> vite il ajouta avec force et autorité,
> 
> « mais elle ne coulera pas, même battue par tous les vents ! » il continua à
> nous parler jusqu’à l’arrivée au vapeur qui était bondé. Parmi les passagers
> on trouvait le nouveau consul de Perse pour izmír (smyrne) et sa suite. la
> Perfection bénie ne parla à personne. il monta sur le pont supérieur qui était
> très vaste et protégé. nous étions le deuxième jour de Jamádíyu’l-avval 1285
> de l’hégire (21 août 1868).
> 
> le Gardien de la foi bahá’íe écrit :
> 
> les dangers et les épreuves encourus par Bahá’u’lláh, au moment de son
> départ de Gallipoli, étaient si grands qu’il avertit ses compagnons que « ce
> voyage serait différent de tous les précédents », et que celui qui ne se sentait
> pas « assez fort pour affronter l’avenir » ferait mieux « d’aller où il lui
> convenait et de se mettre à l’abri des épreuves car, par la suite, il ne lui serait
> plus possible de s’en aller », avertissement que ses compagnons, à
> l’unanimité, décidèrent de ne pas prendre en considération.5
> 
> au coucher du soleil de ce premier jour du voyage, le navire t escale devant
> madellí d’où, après quelques heures, il repartit dans la nuit vers smyrne qu’il
> atteignit avant le lever du soleil. il resta à l’ancre pendant deux jours. des
> habitants persans montèrent à bord pour saluer leur consul ; ils semblent
> avoir ignoré la présence des exilés. C’est au cours de cette escale que mírzá
> áqáy-i-Káshání (Jináb-i-munír) que Bahá’u’lláh avait honoré du titre de
> ismu’lláhu’l-muníb (le nom de dieu, le suzerain), tomba gravement malade
> et dut être hospitalisé, à sa grande détresse et à celle de tous. la Plus-Grande-
> Branche l’accompagna à terre et resta avec lui jusqu’au bout. il mourut
> rapidement et fut enterré à smyrne. C’est Jináb-i-munír qui, portant une
> lanterne, marchait devant le cheval de Bahá’u’lláh ou devant son palanquin,
> tout au long de la route de Bagdad à la mer noire. C’était un jeune homme
> avenant, très beau, possédant une voix douce et charmante. et il chantait et
> psalmodiait tout en marchant. lorsqu’il devint bábí, son fanatique de père
> l’entraîna dans un champ, le jeta à terre, s’assit sur sa poitrine et était prêt à
> lui trancher la gorge. mais sa vie fut sauvée pour qu’il arrive en présence de
> 
> le BannissemenT à aCre 289
> 
> Bahá’u’lláh et qu’il le serve avec la plus grande dévotion. áqá rid∂á écrit : «
> en fait, à l’instant même où il se jeta aux pieds de la Perfection bénie,
> sanglotant à l’idée de la séparation, il avait déjà renoncé à la vie et regardait
> vers l’horizon de la séparation. »
> 
> au cours de la deuxième nuit, le paquebot leva l’ancre et continua le voyage
> vers alexandrie où il arriva le matin du deuxième jour. les exilés changèrent
> alors de navire. Celui-ci, en route vers haïfa, était aussi de la compagnie
> austria-lloyd.
> 
> un certain nombre de Persans montèrent à bord à alexandrie pour présenter
> leurs respects à Bahá’u’lláh, dont h∆ájí muh∂ammad-’alí Pírzádih (connu
> comme h∆ájí Pírzádih) un célèbre sage sou . les exilés l’ignoraient, mais au
> même moment nabíl-i-a’z∂am était emprisonné à alexandrie. il avait été
> envoyé en égypte par Bahá’u’lláh pour faire appel au Khédive au sujet de la
> situation de mírzá haydar-
> ’alí et de six autres croyants. on savait qu’il était emprisonné en égypte sans
> savoir où. Plusieurs exilés descendirent à terre à alexandrie pour faire
> quelques achats. l’un d’eux, áqá muh∂ammad-ibráhím-i-náz∂ir (le serveur),
> passa devant la prison et nabíl-i-a’z∂am, regardant par la fenêtre, le reconnut
> et, surpris, l’appela.
> 
> mais laissons nabíl lui-même, cet excellent narrateur, détailler les
> circonstances de son arrrestation, de son emprisonnement et de sa rencontre
> inattendue à alexandrie avec Bahá’u’lláh et son entourage :
> 
> J’allais à mans∂úríyyah par le chemin de fer [après son arrivée
> d’andrinople], à la recherche d’áqá siyyid h∆usayn [de Káshán] ; je le
> trouvai et lui expliquai pourquoi j’étais là. il me dit que mírzá h∆asan Khán,
> le consul persan craignait pour sa vie depuis qu’il avait envoyé les sept au
> soudan et il avait mis des espions partout qui devaient l’informer de tout
> étranger arrivant en égypte. « il est préférable que tu me laisses ton
> mathnaví, a n de n’avoir aucun écrit sacré sur toi en allant au Caire. Prend
> une chambre au Takyíy-i-mawlaví chez shaykh ibráhím-i-hamadání qui
> reçoit des subsides d’ismá’íl Páshá, et restes-y jusqu’au retour du Khédive.
> nous trouverons alors un moyen de lui faire parvenir ton mathnaví. J’allais
> donc au Caire et je logeais chez shaykh ibráhím sans savoir que c’était aussi
> un espion. un matin, aux premières heures du jour, je vis dans un rêve la
> Perfection bénie. il me dit : « des gens sont venus me demander la
> permission de faire du mal à mírzá h∆asan Khán. qu’en dis-tu ? » en
> m’éveillant, je sus que quelque chose allait se passer ce jour-là. J’allais
> marcher pendant une heure ou deux dans le parc sayyid-ná h∆usayn.
> soudain, je fus entouré de gens
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> qui me dirent : « on te demande au Seraye. » mais ils me conduisirent chez
> mírzá h∆asan Khán et je compris alors qu’ils avaient parlé du Seraye a n que
> je les suive sans résistance et que je ne dise pas que je n’étais pas un sujet
> persan. après de longues conversations avec le consul, on chargea un of cier
> de m’enchaîner. on me t venir plusieurs fois. une fois, quelques marchands
> persans tels que mírzá siyyid Javád-i-shírází qui, bien que sujet britannique,
> présidait la communauté persane, h∆ájí muh∂ammad-Taqíy-i-namází et
> h∆ájí muh∂ammad-h∆asan-i-Kázirúní étaient tous assis sur des sièges et ils
> me demandèrent de m’asseoir avec eux. J’étais affaibli et évreux. ils me
> montrèrent une photographie de la Plus-Grande-Branche et me demandèrent
> si je savais qui c’était. Je dis : « oui, c’est le ls aîné de Bahá’u’lláh, connu
> sous le nom de
> 
> ‘abbás effendí. Je l’ai plusieurs fois rencontré dans le salon de réception de
> Khurshíd Páshá, le vali d’andrinople. » ils sortirent alors une copie du kitáb-
> i-Íqán et me demandèrent de le lire. Je répondis : « J’ai la èvre et ne peux
> lire. » le consul répondit : « il craint qu’on se moque de lui s’il se met à le
> lire. » Je répliquais : « qu’un autre lise et je me joindrai aux moqueurs. » on
> donna le livre à h∆ájí muh∂ammad-Taqíy-i-namází.
> 
> il lut le passage sur le détachement et le sacri ce des disciples du Point-du-
> Bayán [le Báb] ; « s’ils avaient tort, me demanda-t-il, par quelle preuve
> pourrait-on démontrer la justesse de la cause des gens de Kerbéla ? » il
> continua à lire et tous constinuèrent à rire.
> 
> Puis mírzá Javád me demanda : « Pourquoi es-tu devenu bábí ? si la cause
> du Báb était vraie, ne serais-je pas devenu bábí moi qui suis à la fois siyyid
> et shírází ? » Je répondis : « mais il n’est pas prouvé que je sois un bábí ni
> que toi tu n’en sois pas un. Comme dit le poète h∆á z∂ :
> 
> de Bas∂rah vient h∆asan, de habash vient Bilál
> 
> de shám vient s∆uhayb ; mais du sol de la mecque
> 
> est sorti abú-Jahl ; Comme c’est étrange !*
> 
> Tous les gens présents éclatèrent de rire et mírzá Javád fut décon t. alors le
> consul rappela à l’assistance qu’il n’y avait pas de quoi rire et me renvoya en
> prison ; je priais dieu de ne jamais le revoir. le jour même une affaire
> l’appela à alexandrie. Puis je s un autre rêve dans lequel la Perfection bénie
> me disait : « avant quatre-vingt-un jours, tu auras quelques raisons de te
> réjouir. » arrivant de la mecque, mírzá s∆afá apprit que mírzá h∆asan Khán
> avait jeté un voyageur dans une prison sombre et pitoyable. on lui
> * les références dans ce tercet sont les suivantes : h∂san al-Bas∂ri était un
> maître spirituel piétiste du début de l’islám ; h∆abash, c’est l’éthiopie ; Bilál
> ibn ribáh∂, un des premiers musulmans et le premier muezzin de l’islám,
> désigné par le Prophète ; shám, c’est damas ; s∆uhayb, compagnon de
> muh∂ammad est célèbre pour sa sobriété et abú-Jahl est le pire ennemi du
> Prophète.
> 
> le BannissemenT à aCre 291
> 
> demanda : « Pour l’amour de dieu, dites-lui de libérer cet innocent. » mírzá
> s∆afá lui t des remontrances et télégraphia a n que je sois remis aux autorités
> égyptiennes et envoyé à alexandrie. une fois là-bas, le défunt siyyid h∆usayn
> expliqua, dans une pétition à sharíf Páshá, que ce voyageur était un sujet
> ottoman arrêté et torturé illégalement par le consul de perse. Je passais alors
> du niveau inférieur au niveau supérieur de la prison. on t en sorte que le
> consul persan soit blâmé. dans cette prison, un médecin essaya de me
> convertir à la foi protestante. nous eûmes de longues conversations et il
> devint bahá’í.
> 
> le quatre-ving-unième jour après mon rêve je vis, depuis le toit de la prison,
> áqá muh∂ammad-ibráhím-i-náz∂ír passant dans la rue. Je l’appelai, il
> s’approcha ; je lui demandai ce qu’il faisait là et il m’apprit que la Perfection
> bénie et les compagnons étaient emmenés à acre… il était descendu à terre
> accompagné d’un policier a n de faire quelques achats. il ajouta : « le
> policier ne me laissera pas m’arrêter plus longtemps. Je vais signaler ta
> présence à áqá (la Plus-Grande-Branche). si le navire reste au port plus
> longtemps, j’essaierai de revenir te voir. » il m’avait complètement
> enflammé et maintenant s’en allait ! le médecin était alors absent et lorsqu’il
> revint, il me trouva en larmes, récitant ces vers : « le Bien-aimé est à mes
> côtés mais je suis loin de lui ; je suis sur le rivage de la mer de proximité et
> pourtant, j’en suis privé ! o ami, embarque-moi, embarque-moi dans un siège
> sur le vaisseau de proximité ; je suis impuissant, je suis vaincu, un pauvre
> prisonnier. » fáris, le médecin, rentra dans la soirée et vit ma détresse. il
> s’exclama : « Tu m’avais dit que le quatre-vingt-unième jour après ton rêve
> tu aurais des raisons de te réjouir et nous y sommes. or je te trouve au
> contraire complètement perturbé. Je répondis : « les raisons de me réjouir
> sont vraiment là, mais, hélas, « la datte est sur le palmier, mais notre main ne
> peut l’atteindre. »
> il me dit : « dis-moi ce qui est arrivé, je pourrai peut-être faire quelque
> chose. » Je lui dis que la Perfection bénie était sur ce navire, ce qui le
> perturba grandement lui aussi.
> 
> Puis il dit : « si demain n’avait pas été un vendredi, jour où le Seraye ferme,
> nous aurions pu, tous les deux, obtenir la permission de monter à bord pour
> le rencontrer.
> 
> mais peut-être peut-on faire encore quelque chose. écris ce que tu veux.
> J’écrirai aussi.
> 
> demain, l’une de mes connaisances vient ici. nous lui demanderons de porter
> ces lettres sur le paquebot. » Je racontai mon histoire par écrit et j’y joignis
> tous les poèmes que j’avais composés en prison. fáris le médecin écrivit lui
> aussi une lettre très touchante exprimant sa tristesse. il mit l’ensemble dans
> une enveloppe qu’il donna à un jeune horloger nommé Constantin, à charge
> pour lui de la porter tôt le matin. Je lui donnais le nom de Khádim (mírzá
> áqá Ján) et de quelques autres des compagnons, lui expliquai comment les
> reconnaître et insistai pour qu’il ne donne l’enveloppe à personne avant de
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> les avoir trouvés. il partit au matin. nous étions en observation sur le toit en
> terrasse.
> 
> nous entendîmes d’abord le signal puis le bruit du navire en mouvement et,
> perplexes, nous nous demandions que penser. Puis le navire s’arrêta et
> repartit un quart d’heure après. nous étions sur les nerfs quand soudain
> Constantin revint. il me remit une enveloppe et un paquet enveloppé dans un
> foulard et s’exclama : « Par dieu ! C’est le Père du Christ en personne que
> j’ai rencontré ! » fáris lui embrassa les yeux et dit : « notre lot était le feu de
> la séparation, le tien était la faveur de contempler le Bien-aimé du monde. »
> en réponse à nos courriers nous trouvâmes une épître écrite dans l’écriture de
> révélation*, une lettre de la Plus-Grande-Branche et un sachet empli
> d’amandes nuql, une friandise envoyée par la Plus-Pure-Branche. fáris était
> particulièrement honoré dans l’épître de Bahá’u’lláh. un des témoins de la
> scène a écrit : « J’ai vu plusieurs preuves de puissance que je n’oublierai
> jamais. Comme ce fut le cas aujourd’hui. le navire avançait déjà lorsqu’on
> vit au loin une embarcation. le capitaine t arrêter le navire et ce jeune
> horloger put nous rejoindre et appeler mon nom. Je descendis et il put me
> donner votre enveloppe. Tous les yeux étaient rivés sur nous qui n’étions que
> des exilés, et pourtant, personne ne posa de questions sur l’action du
> capitaine. » 6
> 
> l’escale suivante, Port-saïd, fut atteinte le matin suivant. le paquebot y resta
> à l’ancre toute la journée et ne repartit qu’à la nuit tombée. le jour suivant au
> coucher du soleil il arriva devant Jaffa et, à minuit, partit pour sa destination
> : haïfa.
> 
> * l’écriture rapide par laquelle mírzá áqá Ján écrivait les versets au fur et à
> mesure que Bahá’u’lláh les révélait.
> 
> l’arrivée à acre
> 
> lorsque le paquebot de la compagnie austria-lloyd arriva en vue de haïfa, les
> autorités préparèrent le voyage de mírzá yah∂yá et de ses proches vers
> Chypre.
> 
> il fallut donc séparer les quatre bahá’ís qui avaient été condamnés à
> accompagner mírzá yah∂yá en exil du groupe très soudé des compagnons de
> Bahá’u’lláh. Ces quatre personnes, qui avaient été arrêtées à Constantinople
> étaient, comme nous l’avons vu : mishkín-qalam le célèbre calligraphe,
> mírzá ‘alíy-i-sayyáh (de marághih en azerbaïdjan), áqá muh∂ammad-Báqir-i-
> qahvih-chí et áqá ‘abdu’l-Ghaffár. Tout le monde ressentait naturellement
> une grande détresse lorsque vint l’heure de la séparation. le Gardien de la foi
> bahá’íe écrit : C’est au moment où Bahá’u’lláh avait pris place dans le
> bateau qui devait le conduire au débarcadère de haïfa que ‘abdu’l-Ghaffár,
> l’un des quatre compagnons condamnés à partager l’exil de mírzá yah∂yá et
> que Bahá’u’lláh avait hautement loué pour son détachement, son amour et sa
> confiance en dieu, se jeta, de désespoir, dans la mer en criant : « yá Bahá’u’l-
> abhá ! » sauvé ensuite, il ne fut ramené à grand-peine à la vie que pour être
> forcé par des fonctionnaires inflexibles à continuer son voyage avec la bande
> de mírzá yah∂yá, vers la destination qui lui avait été assignée à l’origine.1
> 
> áqá ‘abdu’l-Ghaffár fut sauvé, comme l’avait été h∆ájí Ja‘far-i-Tabrízí à
> andrinople et, plus tard, ils exauceront leur désir : vivre près de Bahá’u’lláh.
> h∆ájí Ja‘far, ayant récupéré des blessures qu’il s’était lui-même infligées, fut
> emmené à acre en compagnie de son frère. áqá ‘abdu’l-Ghaffár put s’évader
> de Chypre et atteindre la syrie. il changea de nom et vécu en sécurité sous le
> nom de áqá
> 
> ‘abdu’lláh.
> 
> un voilier emporta les exilés depuis haïfa jusqu’à acre de l’autre côté de la
> baie. les rumeurs les plus folles les avaient précédés et les habitants de la
> ville étaient perplexes, curieux, certainement pleins de préjugés, hostiles et
> méprisants.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> l’arrivée à aCre 295
> 
> Certains étaient venus sur le quai pour découvrir le « dieu des Persans » et le
> huer.
> 
> C’est dans l’après-midi du 31 août 1868 correspondant au douzième jour de
> Jamádíyu’l-avval 1285 de l’hégire, que Bahá’u’lláh, sa famille et ses
> compagnons entrèrent dans la Plus-Grande-Prison et furent incarcérés dans
> la citadelle fortifiée.
> 
> acre est une des plus anciennes villes continûment habitées du monde. C’est
> aussi une des villes pour lesquelles on s’est le plus battu, ce qui n’a rien de
> surprenant si l’on considère qu’elle offre le meilleur port naturel de toute la
> côte orientale de la méditerranée, sur la route entre l’égypte et la
> mésopotamie, deux berceaux de civilisation. elle est mentionnée pour la
> première fois en égypte, il y a presque 4000 ans. C’est alors une cité
> cananéenne et phénicienne sous contrôle égyptien. elle reste épisodiquement
> sous ce contrôle avant d’être conquise par les assyriens, puis les Perses, les
> Grecs, les romains, les arabes et les croisés. au trei-zième siècle, saint-Jean-
> d’acre est la capitale du royaume croisé et la dernière position importante
> entre les mains des croisés jusqu’en 1291 quand l’armée mameluke la prit et
> la rasa.
> 
> elle devint pendant un certain temps un village insignifiant de l’empire turc.
> au seizième siècle des marchands français redécouvrent ses avantages
> naturels puis le chef druze fakh∂ru’d-dín rebâtit quelques-unes des ruines
> croisées à la fin du seizième siècle. la résurrection d’acre est dûe à
> z∆áhiru’l-‘umar, un notable de Tibérias qui se découpa une principauté
> personnelle dans l’empire turc déclinant et fit d’acre sa capitale en 1749. le
> gouvernement ottoman reconnut de facto l’autorité de z∆áhiru’l-‘umar en le
> nommant gouverneur de la province d’acre mais, lorsqu’il aida le rebelle ‘alí
> Bey d’égypte, une armée turque vint assiéger acre en 1775. la ville fut prise
> par traîtrise et z∆áhiru’l-‘umar fut tué. l’un des commandants de l’armée de
> siège, ah∂mad Páshá al-Jazzár (le Boucher), un aventurier albanais, fut
> nommé gouverneur en 1776.
> 
> les travaux de reconstruction et de fortification commencés par
> z∆áhiru’l-‘umar furent poursuivis avec énergie par ah∂mad Páshá. al-Jazzár
> était un dirigeant sévère et son influence se faisait sentir dans toute la syrie et
> la Palestine. acre prospéra.
> 
> en 1799, la ville repoussa l’armée de napoléon Bonaparte ce qui mit fin à
> l’aventure orientale de ce dernier.
> 
> al-Jazzár mourut en 1803 et son fils adoptif, sulaymán Páshá, un mameluck,
> construisit lui aussi d’importants bâtiments à acre. à sa mort en 1818, son
> succes-
> 
> dans la Gloire du Père
> la baie de haïfa au début du dix-neuvième siècle. le village de haïfa est au
> premier plan. on devine acre dans le lointain (d’après Wilson, Picturesque
> Palestine ) haïfa au dix-neuvième siècle, avec le mont carmel en arrière-
> plan. (d’après Wilson, Picturesque Palestine )
> 
> l’arrivée à aCre 297
> 
> seur fut ‘abdu’lláh Páshá, fils de ‘alí Páshá lui aussi mameluk et fils adoptif
> d’al-Jazzár.* ‘abdu’lláh Páshá était le quatrième gouverneur de suite à être
> un grand bâtisseur tant en ville qu’à l’extérieur. mais des événements
> égyptiens devaient avoir bientôt des répercussions pour acre.
> muh∂ammad-‘alí Páshá, un aventurier albanais, avait conquis l’égypte et
> s’était révolté contre les ottomans. ‘abdu’lláh Páshá prit parti pour le sultan
> et en 1831 une armée égyptienne conduite par le fils de muh∂ammad-‘alí,
> ibráhím Páshá, assiégea acre. le bombardement fut terrible et, aucune aide
> n’arrivant d’istanbul, ‘abdu’lláh Páshá n’eut d’autre recours que de se
> rendre. il fut traité avec générosité et envoyé en égypte où il fut reçu avec les
> honneurs. il partit plus tard pour istanbul puis, après quelque temps, il
> voyagea jusqu’à médine où il passa le reste de ses jours et fut enterré.
> ibráhím Páshá prévoyant que la présence égyptienne en syrie serait
> contestée, reconstruisit beaucoup des bâtiments que son bombardement avait
> détruits et renforça les défenses d’acre qui devint pour la syrie le rempart
> face à l’égypte.
> 
> à la suite du succès spectaculaire d’ibráhím Páshá de la syrie et jusqu’en
> anatolie, les puissances européennes craignant la désintégration de l’empire
> turc décidèrent d’intervenir. en 1840, une flotte à prédominance britannique
> commandée par l’amiral sir robert stopford apparut devant acre et commença
> de bombarder la ville. après quatre heures et demi de bombardement, il y eut
> une soudaine et très forte explosion et un épais nuage de fumée s’éleva de la
> ville. la réserve principale de poudre avait été touchée, et l’explosion avait
> tué deux compagnies des meilleurs soldats d’ibráhím Páshá. on peut encore
> aujourd’hui voir les effets de cette explosion en remarquant que le mur
> intérieur vers la terre (le mur de z∆áhiru’l-
> 
> ‘umar manque sur la partie orientale du site où l’explosion le détruisit). le
> lendemain, la flotte alliée découvrit qu’ibráhím Páshá avait abandonné la
> ville et faisait retraite vers l’égypte.
> le départ des égyptiens marque un tournant dans l’existence d’acre. de
> capitale d’une importante province, elle fut réduite au rang de centre
> administratif d’une sous-province subordonnée à damas et à Beyrouth.
> z∆áhiru’l-‘umar qui était à l’origine du renouveau de la prospérité d’acre
> avait aussi lancé le processus qui
> 
> * un mameluk était un esclave qui avait été acheté jeune et entraîné comme
> soldat. à la fin de son entraînement, il obtenait habituellement sa liberté et
> devenait un fils adoptif de son maître. Ces gens accédaient souvent à de
> hauts postes et l’égypte fut gouvernée pendant des siècles par une série de
> sultans mamelucks.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> conduirait à son déclin. il avait repris et fortifié la petite ville de haïfa, de
> l’autre côté de la baie d’acre. Plus on avançait dans le dix-neuvième siècle et
> plus il apparaissait que le port d’acre qui s’ensablait ne pourrait plus
> accueillir les vapeurs au fort tirant d’eau. le commerce et la prospérité d’acre
> déclinèrent d’autant plus que ses activités commerciales étaient transferrées
> vers haïfa.*
> 
> lorsque Bahá’u’lláh y arrive, acre, ville prison pour les criminels et les
> prisonniers politiques de l’empire turc, était surnommée la « Bastille du
> Proche-orient ».
> 
> la citadelle dans laquelle Bahá’u’lláh est emprisonné est l’un des bâtiments
> les plus intéressants d’acre. elle est construite sur le site du Grand maneir
> (citadelle) des Chevaliers de saint-Jean-de-l’hospital. leur réfectoire, la «
> crypte de st-Jean », a été dégagé des gravats qui l’avaient comblé et il est
> presque intact sous le bâtiment d’aujourd’hui dans les assises basses duquel
> la maçonnerie croisée est évidente. lorsqu’au seizième siècle le chef druze
> fakhru’d-dín commença à construire sur les ruines croisées, il utilisa les
> ruines du bâtiment des hospitaliers comme base de son palais et de sa
> citadelle. z∆áhiru’l-‘umar et ah∂mad al-Jazzár firent de même, mais les
> bâtiments actuels datent du successeur d’al-Jazzár, sulayman Páshá,
> complétés en 1819 par ‘abdu’lláh Páshá. ils furent utilisés comme caserne et
> comme prison par les Turcs et continuèrent comme prison sous le mandat
> britannique. dans leurs murs sont encore incrustés des boulets de canon
> datant du bombardement de la flotte alliée de l’amiral sir robert stopford en
> 1840.
> 
> áqá rid∂á décrit acre comme « une petite ville aux rues étroites et sordides,
> sales et sombres, tristes et tortueuses, sans une seule maison digne d’être
> remarquée. » il décrit aussi la citadelle :
> 
> Bâtie pour des soldats au temps de Jazzár Páshá, elle est très haute et
> spacieuse, avec un bassin au milieu, des palmiers et des figuiers. au nord-
> ouest, l’étage supérieur bien bâti compte quatre ou cinq pièces avec un
> ayván et un bírúní, une grande pièce avec véranda et quelques autres pièces.
> la Perfection bénie et sa famille occupaient cette partie. áqá mírzá
> muh∂ammad-qulí et sa famille occupait l’étage inférieur. au
> 
> *au contraire du déclin d’acre, les progrès de haïfa furent ininterrompus. les
> « Templiers allemands » qui y arrivèrent peu après Bahá’u’lláh,
> augmentèrent la prospérité de la ville par leurs connaissances techniques et
> indus-trielles. à la fin du dix-neuvième siècle, haïfa était un grand port
> comptant une importante colonie de marchands.
> 
> il était en rapport avec damas par chemin de fer et la plupart des importantes
> Puissances étrangères y avaient établi des représentations consulaires.
> 
> l’arrivée à aCre 299
> 
> Vue sud d’acre
> 
> nord, on trouvait des pièces sur trois étages. h∆ájí ‘alí-‘askar, amír et áqá
> muh∂ammad-Javád occupaient ces pièces. dans le coin nord-ouest il y avait
> des pièces que nous occupions… et à l’ouest il y avait un très bon bain. au
> sud et à l’est on trouvait aussi des pièces spacieuses et l’une d’elles était
> occupée par Jináb-i-Kalím ; quelques compagnons en occupaient d’autres,
> mais la plupart étaient vides. siyyid muh∂ammad et Kaj-Kuláh (áqá-Ján Big)
> résidèrent là quelques jours puis demandèrent au gouvernement de les
> déménager ailleurs. on leur donna une pièce au-dessus de la deuxième porte
> de la ville.
> 
> la nuit de notre arrivée nous souffrîmes du manque d’eau. dans le bassin
> l’eau était croupie. nous voulûmes sortir pour chercher de l’eau fraîche mais
> on nous l’interdit.
> 
> on nous donna du riz venant de la maison de ‘abdu’l-hádí Páshá, le
> gouverneur d’acre, mais il n’y en avait pas assez pour tous. le lendemain, les
> autorités vinrent voir comment cela se passait. elles entrèrent en présence de
> la Perfection bénie qui leur parla avec une telle sagesse et une telle
> connaissance qu’au cours de cette première réunion elles comprirent que ces
> gens étaient érudits, sages et dotés d’une rare compréhension. l’un des
> membres du groupe remarqua, à haute voix, que jamais auparavant des âmes
> aussi pures et sanctifiées n’avaient posé le pied à acre. quelques jours plus
> tard ils amenèrent h∆ájí Jafar et son frère, h∆ájí Taqí.
> 
> la ration pour chaque personne, selon áqá rid∂á et áqá h∆usayn-i-áshchí,
> était de trois pains noirs, salés, immangeables. révolté, áqá h∆usayn, jeune et
> entêté, lança de rudes et insultantes remarques en turc adressées au
> mutas∂arrif, ce qui lui valut une claque de la part de la Plus-Grande-
> Branche. mais áqá h∆usayn remarque que cela permit aussi au gouverneur
> de comprendre la situation. les
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> la porte de la mer par laquelle bahá’u’lláh entra dans acre rations furent
> bientôt officiellement interrompues et on les remplaça par une somme
> quotidienne à partager parmi les compagnons.
> 
> Bientôt vint l’automne avec son cortège d’indispositions et de maladies dues
> aux conditions insalubres d’acre. à l’intérieur des murs de la prison les exilés
> souffrirent grandement.
> 
> on trouvera ci-dessous la liste des exilés qui entrèrent dans la Plus-Grande-
> Prison dans l’après-midi du 31 août 1868. Cette liste fut d’abord rédigée
> avec l’ai-de de mírzá ‘abdu’r-ra’úf, fils de mírzá muh∂ammad-qulí le frère
> de Bahá’u’lláh.
> 
> mais l’auteur, y trouvant des erreurs, l’a quelque peu corrigée. Par exemple,
> mírzá
> 
> ‘abdu’r-ra’úf avait inscrit plusieurs personnes qui arrivèrent à acre plus tard.
> 
> 1. Bahá’u’lláh
> 
> 2. Buyúk Khánum (ásíyih Khánum), la mère de la Plus-Grande-Branche 3.
> ‘abdu’l-Bahá (la Plus-Grande-Branche)
> 
> 4. Bahá’íyyih Khánum (la Très-sainte-feuille)
> 
> 5. mírzá mihdí (la Plus-Pure-Branche)
> 
> 6. mahd-i-‘ulyá, mère de mírzá muh∂ammad-‘alí
> 
> 7. mírzá muh∂ammad-‘alí
> 
> 8. mírzá Badí‘u’lláh, fils de mahd-i-‘ulyá
> 
> 9. mírzá d∆íyá’u’lláh, fils de mahd-i-‘ulyá
> l’arrivée à aCre 301
> 
> 10. s∆amadíyyih Khánum, sœur de mírzá muh∂ammad-‘alí et femme de
> mírzá majdi’d-dín
> 
> 11. mírzá músá, Jináb-i-Kalím, frère de Bahá’u’lláh
> 
> 12. fát∂imih-sult∂án Khánum, fille de shaykh sult∂án-i-‘arab et femme de
> mírzá músá
> 
> 13. h∆avvá Khánum, deuxième femme de mírzá músá
> 
> 14. mírzá majdi’d-dín, fils de mírzá músá et de fát∂imih-sult∂án Khánum 15.
> liqá Khánum, femme de mírzá muh∂ammad-‘alí
> 
> 16. mírzá ‘alí-rid∂á, fils de mírzá músá
> 
> 17. mírzá muh∂ammad-qulí, frère de Bahá’u’lláh
> 
> 18. Khánum Ján, femme de mírzá muh∂ammad-qulí
> 
> 19. nash’ih Khánum, seconde femme de mírzá muh∂ammad-qulí
> 
> 20. mírzá ‘abdu’r-ra’úf, fils de mírzá muh∂ammad-qulí
> 
> 21. mírzá dhikru’lláh, fils de mírzá muh∂ammad-qulí
> 
> 22. mírzá vah∂íd, fils de mírzá muh∂ammad-qulí
> 
> 23. qudsíyyih Khánum, fille de mírzá muh∂ammad-qulí et de nash’ih
> Khánum
> 
> 24. ábájí qazvíní, servante
> 
> 25. Badrí-Ján, femme de mírzá yah∂yá s∆ubh∂-i-azal
> 
> 26. mírzá rid∂á-qulíy-i-Tafrishí, frère de Badrí-Ján
> 
> 27. mírzá fad∂lu’lláh, neveu de mírzá rid∂á-qulí , fils de mírzá nas∂ru’lláh
> (mort à andrinople)
> 28. áqá ‘az∂ím-i-Tafrishí, serviteur de mírzá nas∂ru’lláh et de mírzá rid∂á-
> qulí 29. áqá rid∂áy-i-Tabrízí, qannád
> 
> 30. Gawhar Khánum, femme d’áqá rid∂á, mère de ‘aynu’l-mulk
> 
> 31. mírzá mah∂múd-i-Káshání,
> 
> 32. salt∂anat Khánum, femme de mírzá mah∂múd-i-Káshání, sœur de
> Gawhar Khánum
> 
> 33. h∆ájí áqáy-i-Tabrízí, frère de Gawhar Khánum et de salt∂anat Khánum
> 34. zahra Khánum, mère de h∆ájí áqáy-i-Tabrízí
> 
> 35. áqá rid∂á, frère de h∆ájí áqá
> 
> 36. h∆ájí ‘alí-‘askar-i-Tabrízí
> 
> 37. h∆usayn-áqá qahvih-chí, fils de h∆ájí ‘alí-‘askar
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> 38. Khánum dján, femme de h∆ájí ‘alí-‘askar
> 
> 39. ma‘s∂úmih, fille de h∆ájí ‘alí-‘askar
> 
> 40. fáπ∂imih, fille de h∆ájí ‘alí-‘askar
> 
> 41. h∆usníyyih, fille de h∆ájí ‘alí-‘askar et femme d’áqá muh∂ammad-
> Javád-i-qazvíní
> 
> 42. áqá muh∂ammad-Javád-i-qazvíní
> 
> 43. mashhadí fat∂t∂áh∂, frère de h∆ájí ‘alí-‘askar-i-Tabrízí
> 
> 44. áqá muh∂ammad-‘alíy-i-yazdí
> 
> 45. áqá abu’l-qásím-i-sult∂ánábádí (mort dans la citadelle)
> 46. áqá faraj, cousin de áqá abu’l-qásim
> 
> 47. áqá muh∂ammad-ismá‘íl (mort dans la citadelle)
> 
> 48. áqá muh∂ammad-Báqir, son frère (mort dans la citadelle)
> 
> 49. mírzá Ja‘far-i-yazdí
> 
> 50. za‘farán Khánum, femme de mírzá Ja‘far
> 
> 51. áqá muh∂ammad-ibráhím-i-nayrízí, appelé amír. il faisait partie des bábís
> qui étaient avec vah∂íd à nayríz
> 
> 52. h∆abíbih Khánum, femme d’amír et servante de la maison de
> Bahá’u’lláh 53. Badí‘ih Khánum, fille d’amír et de h∆abíbih, mariée à
> h∆usayn-áqá qahvih-chí
> 
> 54. s∆áh∂ib-Ján Khánum, servante
> 
> 55. mírzá mus∂tafá, fils de s∆áh∂ib-Ján, appelé abú-hurayrih
> 
> 56. darvísh s∆idq-‘alí
> 
> 57. mírzá áqá Ján, secrétaire et serviteur de Bahá’u’lláh
> 
> 58. h∆ájí faraju’lláh-i-Tafrishí
> 
> 59. áqá h∆usayn-i-áshchí
> 
> 60. áqá muh∂ammad-‘alíy-i-is∂fahání
> 
> 61. ustád ah∂mad-i-najjár
> 
> 62. áqá mírzá h∆usayn-i-najjár
> 
> 63. áqá muh∂ammad-ibráhím-i-náz∂ir
> 
> 64. Khayyát-Báshí
> 
> 65. mírzá asadu’lláh
> 66. siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání (azalí)
> 
> 67. áqá Ján Big, appelé Kaj-Kuláh (azalí)
> 
> l’arrivée à aCre 303
> 
> Vue aérienne de la citadelle d’acre. en bas à gauche se voit la contrescarpe
> d’où les pèlerins, interdits d’entrée dans la ville, pouvaient apercevoir
> bahá’u’lláh.
> 
> au premier plan, la maison de ‘abdu’lláh páshá. derrière la citadelle on
> découvre le dôme de la mosquée d’al-Jazzár. entre la mosquée et la citadelle
> est situé le seraye , siège du gouverneur et, à sa gauche, près de la citadelle,
> 
> on voit le petit dôme des bains publics
> 
> le Seigneur des armées
> 
> Portes, élevez vos frontons,
> 
> élevez-vous, portes éternelles,
> 
> qu’il entre le roi de Gloire !
> 
> qui est ce roi de gloire ?
> 
> l’éternel des armées, voilà le roi de gloire. 1
> le Gardien de la foi bahá’íe écrit :
> 
> l’arrivée de Bahá’u’lláh à acre marque le début de la dernière phase de ses
> quarante années de ministère, la phase finale et, à vrai dire, le summum de
> l’exil dans lequel s’est déroulé tout ce ministère. Ce bannissement, qui
> l’avait d’abord amené au voisinage immédiat des citadelles de l’orthodoxie
> chiite… et qui, plus tard, l’avait transporté dans la capitale de l’empire
> ottoman, l’amenant à adresser ses déclarations historiques au sultan, à ses
> ministres et aux chefs religieux de l’islam sunnite, ce bannissement le
> conduisait maintenant à débarquer sur les rivages de la Terre sainte, la terre
> promise par dieu à abraham, consacrée par la révélation de moïse, honorée
> par la vie et les œuvres des patriarches hébreux, des juges, des rois et des
> prophètes, vénérée comme le berceau du christianisme et le lieu où, selon le
> témoignage de ‘abdu’l-Bahá, zoroastre se serait entretenu avec quelques-uns
> des prophètes d’israël, la terre liée enfin, pour l’islám, au voyage nocturne de
> l’apôtre à travers les sept cieux, jusqu’au trône du Tout-Puissant. dans cette
> sainte et attirante contrée, le nid de tous les prophètes de dieu, le vallon de
> l’inscrutable décret de dieu, le site à la blancheur de neige, la terre à la
> splendeur impérissable, l’exilé de Bagdad, d’istanbul et d’andrinople était
> condamné à passer au minimum un tiers de la vie qui lui était accordée, et
> plus de la moitié du temps imparti à sa mission.2
> 
> acre, la Ptolémaïs du monde antique, le st-Jean-d’acre des croisés et leur
> dernier bastion, acre qui refusa de s’incliner devant la puissance de
> Bonaparte, acre
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> qui avait acquis une renommée à travers les siècles, acre était tombée bien
> bas en cette période de son histoire mouvementée. son air et son eau étaient
> infects, pestilentiels. un proverbe disait qu’un oiseau volant au-dessus d’acre
> tomberait raide mort. dans ses menaçantes casernes étaient enfermés pour y
> périr les rebelles, les hors-la-loi, les criminels les plus endurcis de l’empire
> ottoman.
> acre est aussi la ville que david appelle la puissante cité, qu’osée loue
> comme étant une porte d’espoir, dont ézéchiel disait : ensuite il me conduisit
> vers la porte, vers la porte orientale ; et voici, la gloire du dieu d’israël
> s’avançait de l’orient ; sa voix était semblable au bruit des grandes eaux, et
> la terre resplendissait de sa gloire. (...) la gloire de l’éternel entra dans la
> maison par le chemin de la porte orientale3 dont parle en ces mots le
> fondateur de l’islam : Béni l’homme qui a visité acre, béni celui qui a rendu
> visite au visiteur d’acre ! (...) et pour celui qui, à acre, dit : « Glorifié soit
> dieu, louange à dieu, il n’est d’autre dieu que lui, dieu est le plus Grand, et il
> n’est de pouvoir et de force qu’en dieu, le suprême, le Puissant », dieu
> consignera mille bonnes actions et en effacera mille mauvaises ; il l’élèvera
> de mille degrés au paradis et lui pardonnera ses péchés.4
> 
> la ville qui ouvrait ses portes pour recevoir comme un prisonnier le
> rédempteur du monde était une ville ayant atteint le fond de la misère. l’exil
> de Bahá’u’lláh en Terre sainte, son incarcération dans la sinistre citadelle
> d’acre avait pour but, dans l’idée de ses adversaires, de lui infliger le coup
> fatal qui, dans leurs calculs, briserait sa foi et sa vie. nous comprendrons
> l’importance et la portée de cet exil en nous rappelant certaines prophéties
> du passé. ‘abdu’l-Bahá, le centre de l’alliance de Bahá’u’lláh et interprète de
> son message, parle ainsi de cet événement stupéfiant :
> 
> lorsque Bahá’u’lláh arriva dans cette prison, en Terre sainte, les gens
> instruits comprirent que la bonne nouvelle que dieu, par la bouche des
> prophètes, avait donnée deux ou trois mille ans auparavant, était réalisée,
> que dieu était fidèle à la promesse. Car à plusieurs des prophètes il avait
> révélé et donné la bonne nouvelle qui a trait à la Terre sainte : le seigneur des
> armées doit se manifester chez toi. Toutes ces promesses étaient accomplies
> ! et s’il n’y avait pas eu ces persécutions, ces exils et ces bannissements, de
> la part des ennemis, on ne pourrait comprendre pourquoi Bahá’u’lláh aurait
> dû s’enfuir de Perse, et planter sa tente en Terre sainte.5
> 
> le seiGneur des armées 307
> 
> ainsi l’annonce david avec majesté, « qu’il entre le roi de Gloire ! qui est ce
> roi de gloire ? l’éternel des armées, voilà le roi de gloire. » : le désert et le
> pays aride se réjouiront ; la solitude s’égaiera, et fleurira comme un narcisse.
> elle se couvrira de fleurs, et tressaillira de joie, avec chants d’allégresse et
> cris de triomphe.
> 
> la gloire du liban lui sera donnée, la magnificence du Carmel et de saron.
> 
> ils verront la gloire de l’éternel, la magnificence de notre dieu.6
> 
> amos en témoigne :
> 
> de sion l’éternel rugit,
> 
> de Jérusalem il fait entendre sa voix.
> 
> les pâturages des bergers sont dans le deuil,
> 
> et le sommet du Carmel est desséché.7
> 
> et michée l’a prévu :
> 
> ... de l’assyrie et des villes fortifiées, de la forteresse jusqu’au fleuve, d’une
> mer à l’autre, et d’une montagne à l’autre, il viendra.8
> 
> la vie dans la caserne
> 
> la vie était dif cile et pesante dans la caserne d’acre, surtout lorsque les
> exilés tombaient victimes de la malaria ou de la dysenterie apportées par
> l’automne. áqá rid∂á dit qu’ils n’avaient jamais connu de telles èvres avant
> et il indique que la Plus-Grande-Branche, qui faisait très attention à ce qu’il
> mangeait et buvait, ne fut pas frappé comme les autres et put continuer à
> aller et venir, s’occupant des malades et prenant soin d’eux. áqáy-i-Kalím et
> áqá rid∂á aussi purent le seconder auprès des malades. malheureusement,
> trois des exilés moururent. áqá abu’l-qásim-i-sult∂ánábádí fut le premier,
> bientôt suivi par ustád Báqir et son frère ustád ismá‘íl-i-Khayyát qui
> moururent la même nuit et, selon les mots de Bahá’u’lláh, « dans les bras
> l’un de l’autre ». les gardes refusèrent de laisser les exilés assister aux
> funérailles et Bahá’u’lláh dut donner un tapis sur lequel il dormait a n que sa
> vente paie les dépenses exigées par les gardes, lesquels empochèrent l’argent
> et rent enterrer les corps dans leurs habits, sans être lavés, sans linceul et
> sans cercueil. Bahá’u’lláh con rme que l’argent donné aux gardes était le
> double de la somme nécessaire à un enterrement décent. se rappelant les
> souffrances de cette période, il écrit en parlant de lui : « Pendant la plus
> grande partie de sa vie, il a été durement éprouvé entre les griffes de ses
> ennemis. ses souffrances ont à présent atteint leur point cul-minant dans
> cette déprimante prison où ses oppresseurs l’ont jeté si injustement. » 1
> 
> le Gardien de la foi bahá’íe écrit :
> 
> le sultan et ses ministres avaient donné des ordres explicites pour que les
> exilés, accusés de s’être gravement trompés et d’avoir égaré les autres,
> soient soumis à la plus stricte des réclusions. on espérait avec confiance que
> leur condamnation à la prison à vie les conduirait finalement à la mort. le
> farmán du sultan ‘abdu’l-‘azíz, daté du cinq rabi’u’th-tháni 1285 de l’hégire
> (26 juillet 1868), non seulement les condamnait à un bannissement définitif,
> mais encore stipulait une incarcération
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> cre
> 
> ahá’u’lláh à a
> 
> zíz bannissant b
> 
> bddu’l-‘a
> 
> lancé par le sultan ‘a
> 
> án
> 
> texte du farm
> 
> la vie dans la Caserne 311
> 
> rigoureuse, et leur interdisait toute association entre eux ou avec les
> habitants de la localité. le texte du farmán lui-même fut lu publiquement
> dans la principale mosquée de la ville, peu après l’arrivée des exilés, pour en
> avertir la population.2
> 
> les archives of cielles ottomanes révèlent que cette sentence fut
> recommandée par les fonctionnaires chargés d’interroger les bahá’ís et les
> deux azalís arrêtés à istanbul. Ces documents montrent aussi que Khurshíd
> Páshá, le vali d’andrinople, avait défendu les bahá’ís et récusé les
> accusations lancées contre eux.
> 
> dans une épître adressée à áqá mírzá áqáy-i-afnán, núri’d-dín, sous la
> signature de Khádim (mírzá áqá Ján, le secrétaire), Bahá’u’lláh raconte que
> la surveillance exercée par les autorités était telle que lorsqu’ils avaient
> besoin d’un barbier ou d’un garçon de bain, ces derniers venaient
> accompagnés par un policier qui restait présent tout le temps. C’est pourquoi
> Bahá’u’lláh n’utilisa pas le bain pendant un certain temps. on se souvient
> qu’ustád muh∂ammad-‘alíy-i-salmání, qui avait servi de garçon de bain à
> Bahá’u’lláh et qui le servirait encore par la suite, était alors en Perse, expulsé
> par les autorités ottomanes. Cette épître, révélée vingt ans plus tard, insiste
> surtout sur les changements arrivés au cours des années. au début de leur
> emprisonnement, les règles étaient strictement appliquées, alors que lorsque
> l’épître fut révélée, tout le monde pouvait entrer et sortir d’acre sans
> empêchement.
> 
> le Gardien écrit ensuite :
> 
> l’ambassadeur persan, accrédité près la sublime Porte, avait ainsi rassuré son
> gouvernement, dans une lettre écrite un peu plus d’un an après leur
> bannissement à acre :
> 
> « J’ai donné, par télégramme, des instructions écrites, pour lui (Bahá’u’lláh)
> interdire tout rapport avec qui que ce soit, à l’exception de ses femmes et de
> ses enfants, et lui défendre de quitter, en aucune circonstance, la maison dans
> laquelle il est emprisonné…
> 
> il y a trois jours, j’ai envoyé ‘abbás-qulí Khán, consul général à damas, avec
> l’ordre de se rendre directement à acre… pour conférer avec le gouverneur
> au sujet de toutes les mesures nécessaires visant au maintien sévère de leur
> emprisonnement et pour nommer sur place, avant son retour à damas, un
> représentant chargé de s’assurer que les ordres venant de la sublime Porte ne
> seront transgressés d’aucune manière. Je lui ai également donné pour
> instructions de se rendre à acre une fois tous les trois mois, de les surveiller
> lui-même et de soumettre son rapport à la légation. » l’isolement des exilés
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> la citadelle d’acre. bahá’u’lláh fut enfermé dans une pièce dont on peut voir
> la fenêtre à l’étage supérieur,
> à droite du bâtiment.
> 
> était si absolu que les bahá’ís de Perse, troublés par les rumeurs répandues
> par les azalís d’ispahan, selon lesquelles Bahá’u’lláh aurait été noyé,
> persuadèrent le service du télégraphe britannique de Julfá de s’informer pour
> eux à ce sujet.3
> 
> Pourtant, malgré cette action abusive, grossière ingérence dans
> l’administration interne de l’empire turc de l’ambassadeur persan plus d’un
> an après l’arrivée des exilés à acre et en dépit du fait que pas un iota n’ait
> changé dans l’édit original du sultan ‘abdu’l-‘azíz, les fonctionnaires
> ottomans sur place se sentaient de moins en moins motivés, voire incapables,
> d’appliquer des mesures drastiques dans le traitement des prisonniers, et les
> habitants, plus qu’hostiles au début, avaient peu à peu ressenti du respect et
> de la révérence pour les prisonniers de la citadelle.
> 
> l’origine de cette étonnante transformation était l’allure et le comportement
> du ls aîné de Bahá’u’lláh.
> 
> áqá ridá et áqá h∂usayn ont tous deux recopié une courte prière, révélée par
> Bahá’u’lláh à la suite du décès des trois compagnons, que les exilés
> répétaient pour leur protection. en voici le texte :
> 
> au nom du dieu qui pardonne ! Bien que le triste état dans lequel je suis, ô
> mon dieu, me fasse mériter ta colère et ta punition, ton bon plaisir et ta
> générosité demandent à ta clémence d’embrasser tes serviteurs et à tes
> généreuses faveurs de les rencontrer. Je te demande par ton nom, que tu as
> fait le roi de tous les noms, de me protéger
> la vie dans la Caserne 313
> 
> la cellule de bahá’u’lláh dans la citadelle
> 
> par ton pouvoir et ton omnipotence de toute calamité, de tout ce qui te
> répugne et de tout ce qui est contraire à ta volonté. Tu as la suprématie sur
> toutes choses.4
> 
> les maladies étaient toujours présentes, mais il n’y eut plus de décès. áqá
> rid∂á se rappelle que pendant quatre mois, un énorme chaudron de bouillon
> fut préparé pour les malades et le soir, ‘abdu’l-Bahá, la Plus-Grande-
> Branche, distribuait à chacun, selon ses besoins, du riz nature. Puis il tomba
> malade lui aussi, si gravement que les compagnons s’inquiétèrent beaucoup
> pour lui. mais tout se passa bien et la santé revint pour tous.
> 
> áqá h∆usayn-i-áshchí donne plus de détails sur la manière dont la Plus-
> Grande-Branche s’occupait du bien-être et de la santé des compagnons et
> supervisait tout.
> 
> Chaque jour il se tenait à la porte de la citadelle, attendant le retour de ceux
> qui étaient allés en ville faire les achats nécessaires sous la surveillance des
> gardes. il inspectait tout ce qu’ils avaient acheté, fouillant même dans leurs
> poches pour s’assurer que rien de dangereux pour la santé des prisonniers
> n’entrait dans la prison.
> 
> il jetait tout ce qu’il pensait être impropre à leur consommation.
> 
> il y eut un autre cas de maladie grave suivie d’une guérison miraculeuse.
> mírzá Ja‘far-i-yazdí était considéré comme perdu. on appela un médecin
> chrétien
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> nommé Butrus (Peter). il ausculta le pouls du patient puis se redressa
> furieux, protestant qu’il avait été appelé au chevet d’un mort. « Je ne suis pas
> le Christ ! » s’exclama-t-il en partant. áqáy-i-Kalím alla voir Bahá’u’lláh et
> lui parla de l’état de mírzá Ja‘far-i-yazdí. Bahá’u’lláh révéla une prière et dit
> à áqáy-i-Kalím de ne pas désespérer et de continuer à le soigner. Comme le
> dit áqá rid∂á, une vie nouvelle anima mírzá Ja‘far qui recouvra la santé.
> Bahá’u’lláh l’appela par la suite Badí‘u’l-h∂ayát (vie merveilleuse).
> 
> la nouvelle de l’incarcération de Bahá’u’lláh dans la citadelle d’acre était en
> n connue des bahá’ís de Perse. un certain nombre d’entre eux t le voyage
> dans l’espoir d’arriver en présence de leur seigneur. mais les deux azalís qui
> logeaient au-dessus de la porte d’entrée de la ville, surveillaient les entrées et
> faisaient leur rapport aux autorités chaque fois qu’ils reconnaissaient un
> bahá’í.
> 
> immédiatement les fonctionnaires prenaient les mesures nécessaires à
> l’expulsion du bahá’í qui avait réussi à pénétrer dans l’enceinte de la ville.
> Pour arriver à acre, certains d’entre eux avaient marché tout le long du
> chemin, à travers les cols des montagnes de l’ouest de l’iran et les déserts
> d’irak et de syrie. au dernier moment, privés de leur but par les machinations
> des ennemis, leur seule consolation était de se tenir au-delà du deuxième
> fossé, face à la citadelle, pour entrevoir rapidement la silhouette de leur
> seigneur, se tenant derrière les barreaux. et la récompense de leurs mois de
> voyage ardu était, vue de loin, sa main bénie qui s’agitait. Puis la plupart
> d’entre eux retournaient chez eux, reconnaissants du bienfait qui leur avait
> été accordé. Cela suf sait pour allumer dans leur cœur une flamme
> vigoureuse, pour intensi er leur dévouement. d’autres suivirent et
> emportèrent le souvenir de cette silhouette apparaissant derrière les barreaux
> d’une fenêtre, souvenir qu’ils chériront par dessus tout. Pourtant certains,
> comme Badí‘ dont le prochain chapitre relate l’histoire, et nabíl-i-a’z∂am à
> la deuxième tentative, eurent le suprême privilège de se trouver en présence
> de Bahá’u’lláh.
> 
> shoghi effendi écrit :
> 
> Ceux, très rares, qui réussirent à pénétrer dans la ville furent obligés, à leur
> grande désolation, de revenir sur leurs pas sans même avoir vu son visage. le
> premier d’entre eux à parvenir en sa présence fut háji abu’l-hasan-i-ardikáni,
> « celui qui renonçait à lui-même », surnommé amin-i-lláhi (homme de
> confiance de dieu), qui ne put le rencon-
> la vie dans la Caserne 315
> 
> hammám al-páshá, les bains publics où bahá’u’lláh rencontra h∆ájí abu’l-
> h∆asan-i-ardikání, le premier pélerin à pouvoir pénétrer dans acre. le
> bâtiment est aujourd’hui le musée municipal
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> trer qu’au bain public ; il avait été convenu qu’il verrait Bahá’u’lláh sans
> l’approcher ni lui faire le moindre signe de reconnaissance. un autre pèlerin,
> ustád ismá’íl-i-Káshí, venant de mosul, se posta sur le côté opposé du fossé
> et, contemplant pendant des heures, dans une adoration extasiée, la fenêtre
> de son Bien-aimé, ne réussit pas, en définitive, à cause de la faiblesse de sa
> vue, à distinguer son visage. il dut retourner, sans l’avoir vu, à la grotte qui
> lui tenait lieu d’habitation sur le mont Carmel ; cette scène émut jusqu’aux
> larmes la sainte famille qui assistait de loin, avec anxiété, à l’anéantissement
> de son espoir.5
> 
> ustád ismá’íl était l’oncle maternel d’áqá h∆usayn-i-áshchí. C’était un
> entrepreneur en bâtiment qui avait servi farrukh Khán-i-Ghaffárí, l’amínu’d-
> dawlih* de Káshán, l’un des premiers ambassadeurs jamais appointés par le
> gouvernement persan auprès d’une cour européenne, qui avait négocié et
> signé avec la Grande-Bretagne le traité de Paris en 1856.
> 
> áqá h∆usayn se souvient de l’arrivée de son oncle et des mois qui suivirent :
> 
> « arrivant de mosul et ne pouvant arriver (en présence de Bahá’u’lláh) il alla
> s’installer chez Khalíl mans∂úr, le dinandier de Káshán (voir addenda v) qui
> était le premier [bahá’í] à s’être établi à haïfa. là, il s’occupa des pèlerins qui
> arrivaient de toutes les directions. suivant les instructions qu’il recevait
> d’acre et grâce à des intermédiaires secrets, il faisait un rapport sur la
> situation de chaque pèlerin. ensuite, ils suivaient les instructions reçues.
> Khalíl mans∂úr venait parfois à acre pour vendre de la dinanderie, disait
> comment se portaient les pèlerins et prenait des lettres qu’il postait depuis
> haïfa.
> 
> áqá h∆usayn était avec Bahá’u’lláh lorsque son oncle vint se placer au point
> d’où l’on voyait la fenêtre de la prison, sans pouvoir reconnaître son
> seigneur. il se souvenait à quel point lui-même sanglotait et comme
> Bahá’u’lláh était gentil et bienveillant pendant qu’il parlait du
> désappointement de l’entrepreneur de Káshán. à cette occasion Bahá’u’lláh
> dit que bientôt, inch alláh, les portes s’ouvriraient devant les pèlerins qui
> pourraient parvenir en sa présence en toute sécurité. d’après áqá h∆usayn, en
> dehors de son oncle et de áqa muh∂ammad-ibráhím-i-Khalíl-i-mans∂úr,
> 
> * sous le ministère de ‘abdu’l-Bahá, un ls d’amínu’d-dawlih, mihdí Khán-i-
> Ghaffárí, le vazír humáyún et qá’im-maqám, avaient servi sous nás∂iri’d-dín
> sháh et avaient occupé des postes ministériels dans les premiers jours de la
> constitution. à la consternation de sa famille il devint bahá’í et rendit visite à
> ‘abdu’l-Bahá à ramlih, alexandrie en égypte.
> 
> la vie dans la Caserne 317
> deux autres personnes vivaient aussi à haïfa : áqá ‘abdu’lláh, frère de Khalíl
> et Pidar-Ján-i-qazvíní.
> 
> Peu après le départ du navire transportant Bahá’u’lláh, d’alexandrie pour
> haïfa, nabíl-i-a’z∂am que nous avons quitté dans une prison égyptienne, fut
> libéré et banni en anatolie. de là il partit pour Chypre, donna des nouvelles
> aux bahá’ís locaux et continua son chemin jusqu’à acre ; mais les
> machinations des azalís l’empêchèrent de rencontrer Bahá’u’lláh. áqá
> h∆usayn raconte que la première fois que nabíl arriva à acre, il fut repéré,
> intercepté et traîné devant les autorités qui lui demandèrent ce qu’il faisait là.
> il dit qu’il devait acheter des provisions. on ne le laissa faire aucun achat et il
> fut expulsé de la ville. mais à l’extérieur de la citadelle, vers le district de
> ‘izzi’d-dín au nord d’acre, alors qu’il contemplait la forteresse, Bahá’u’lláh
> apparut derrière les barreaux de la fenêtre et lui t signe de la main qu’il
> l’avait reconnu. le même jour une prière fut révélée en son honneur par la
> Plume suprême. nabíl passa ensuite son temps à parcourir le mont Carmel et
> la Galilée, résidant alternativement à haïfa et à nazareth. le Gardien de la foi
> bahá’íe mentionne qu’il vécut aussi quelque temps à hébron. Puis il fut
> appelé à acre et resta quatre-vingt-un jours dans la citadelle.
> 
> áqá muh∂ammad-i-‘alíy-i-qá’iní établit aussi sa résidence à nazareth. à une
> époque, il avait été le con dent de l’émir de qá’inát dans la province du
> Khorasan et il allait souvent à Téhéran. il y rencontra Bahá’u’lláh et ils se
> lièrent d’amitié.
> 
> dès qu’il apprit la revendication de Bahá’u’lláh, sans hésitation il lui jura
> délité et il attira beaucoup de gens importants à cette foi qu’il avait
> embrassée avec tant d’ardeur et de zèle. étant devenu très connu comme bábí
> il dut quitter son pays natal et se dirigea vers la ville prison. il put s’y trouver
> en présence de Bahá’u’lláh et, par la suite, il s’installa à nazareth où il guida
> dans sa recherche un jeune chrétien nommé ‘abdu’lláh effendi maríní qui
> devint bahá’í. Cet ‘abdu’lláh effendi, selon áqá h∆usayn, accéda à des postes
> gouvernementaux importants. il compila un livre de références tirées des
> écritures juives et chrétiennes sur l’avènement de Bahá’u’lláh. mais pendant
> le ministère de ‘abdu’l-Bahá (la Plus-Grande-Branche), il céda à une
> malversation, très courante hélas parmi les fonctionnaires, qui t beaucoup de
> peine à ‘abdu’l-Bahá. s’en rendant compte, ‘abdu’lláh effendi ne put
> supporter sa disgrâce et se suicida.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> áshchí raconte aussi qu’un jour áqá muh∂ammad-‘alíy-i-qá’iní dit à la Plus-
> Grande-Branche qu’il voulait devenir son partenaire en affaires et qu’il avait
> besoin qu’on lui prête sept petites piastres. avec ce capital il acheta quelques
> bobines de coton et des paquets d’aiguilles et se t colporteur dans nazareth et
> les environs. il avait été un homme important, qui avait connu le grand luxe
> au service de l’émir de qá’inát, mais il était maintenant heureux d’être un
> pauvre colporteur parce qu’il vivait près de son seigneur et qu’il pratiquait
> un commerce.
> 
> il en était de même avec l’oncle d’áqá h∆usayn áshchí, l’entrepreneur, qui
> avait connu la prospérité comme employé d’amínu’d-dawlih. lui aussi était
> devenu colporteur, allant ici et là avec un plateau de petits objets et habitant
> dans une grotte sur le mont Carmel.
> 
> 33.
> 
> l’histoire de badí‘
> 
> C’esT depuis la Plus Grande Prison d’andrinople et, plus tard, depuis acre,
> que, dans une série d’épîtres, Bahá’u’lláh interpelle les dirigeants du monde.
> il leur annonce sa mission et les appelle à servir la cause de la paix, de la
> justice et de la droiture. le ton majestueux de ses conseils et de ses
> admonitions révélés dans ces épîtres ne peut que retenir l’attention de tout
> étudiant de la religion bahá’íe.
> 
> voilà un prisonnier, jugé et condamné à tort par une conspiration de tyrans,
> qui se dresse face à une assemblée de souverains, face à l’ensemble de
> l’humanité. il examine les valeurs de la société humaine, les juge et, avec
> assurance, lance un défi audacieux, non seulement à ses oppresseurs, non
> seulement aux ombres éphémères d’un pouvoir terrestre, mais plus
> particulièrement à ces obscures passions, ces sombres motivations et ces
> ténébreuses imaginations qui osent se placer entre l’homme et le but que lui
> a destiné son Créateur. on découvre ici que cet exilé, rejeté, trahi, incarcéré
> et réprouvé est le vrai et seul juge : le roi de Gloire.
> Jamais, depuis le commencement du monde, affirme Bahá’u’lláh, le message
> n’a été proclamé aussi ouvertement. Chacune d’entre elles, écrit-il, faisant
> spécialement allusion aux tablettes qu’il adressa aux souverains de la terre -
> tablettes que ‘abdu’l-Bahá célébra comme un « miracle », est désignée par
> un nom particulier. la première fut appelée le Grondement, la seconde le
> souffle, la troisième l’inévitable, la quatrième la Plaine, la cinquième la
> Catastrophe, et les autres, le son assourdissant de la Trompette, l’evénement
> proche, la grande Terreur, la Trompette, le Clairon et ainsi de suite, de sorte
> que tous les peuples de la terre peuvent savoir avec certitude, et être témoins,
> avec leurs yeux de chair et ceux de l‘âme que celui qui est le seigneur des
> noms a dominé et continuera à dominer, en toutes circonstances, sur tous les
> humains.1
> 
> l’une des premières de ces importantes épîtres est adressée à nás∂iri’d-dín
> sháh.
> 
> elle fut révélée à andrinople mais il fallut attendre plusieurs années avant
> qu’elle soit délivrée à son destinataire. l’histoire du porteur de cette épître,
> comment il l’amena à Téhéran et ce qui lui advint après qu’il eut délivré sa
> missive est poi-
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> gnante, émouvante et épouvantable en même temps. la voici, accompagnée
> d’extraits de cette épître traduits de la version anglaise écrite par shoghi
> effendi.
> 
> mullá muh∂ammad-i-zarandí, nabíl-i-a’z∂am, passa au cours de ses voyages
> (avant l’épisode égyptien, son emprisonnement à alexandrie et son séjour en
> Terre sainte) par níshábúr (ou níshápúr) dans la province du Khorassan.
> C’est là qu’il rencontra h∆ájí ‘abdu’l-majíd-i-shálfurúsh (le marchand de
> châles), commerçant de renom, survivant de shaykh ∏abarsí et, comme le
> dit nabíl, « une vieille connaissance ». h∆ájí ‘abdu’l-majíd l’accueillit chez
> lui où nabíl rencontra shaykh muh∂ammad-i-ma’múrí, l’oncle du martyr
> shaykh ah∂mad-i-Khurásání, occupé à recopier des tablettes de Bahá’u’lláh.
> à sa grande surprise, nabíl vit que h∆ájí
> ‘abdu’l-majíd s’occupait personnellement de tout. il lui demanda s’il n’avait
> pas un fils assez grand pour l’aider. h∆ájí ‘abdu’l-majíd répondit qu’il en
> avait un mais qui refusait de lui obéir. Ce fils, áqá Buzurg était un adolescent
> indocile qui menait une vie excentrique et ne s’intéressait pas du tout aux
> préoccupations de son père.
> 
> en un mot, il faisait le désespoir de sa famille. laissons nabíl nous conter la
> suite de l’histoire :
> 
> Je dis : « envoyez-le chercher, je désire le voir. » il vint. Je découvris un
> grand jeune homme tout dégingandé qui, plutôt que des perfections
> physiques, possédait un cœur simple ; je dis à son père d’en faire mon hôte
> et de confier son sort à dieu… Puis je mentionnais des choses très
> émouvantes qui auraient fait fondre un cœur de pierre » ici, nabíl cite
> quelques vers tirés d’un long poème de Bahá’u’lláh, Qas∂ídiy-i-’izz-i-
> Varqá’íyyih qu’il composa à sulaymáníyyih et dans lesquels il parle de ses
> souffrances et de ses mésaventures.
> 
> en entendant ces sujets divins, le visage du jeune homme rougit, ses yeux
> s’emplirent de larmes et il commença à se lamenter bruyamment. Je calmais
> son agitation, mais pendant toute la nuit, son enthousiasme et son ardeur
> nous gardèrent éveillés shaykh muh∂ammad et moi. nous lûmes et récitâmes
> des versets des écrits saints jusqu’au lever du jour. au matin, alors qu’il
> préparait le samovar pour le thé et qu’il sortait chercher du lait, son père dit :
> « Je n’avais jamais entendu mon fils sangloter. Je croyais que rien ne pouvait
> l’émouvoir. quel sort lui a-t-on jeté pour que ses larmes coulent, qu’il
> gémisse et qu’il soit enflammé par l’amour de dieu ? » Je répondis : « il ne
> se contrôle plus ; laissez-le. » son père répondit : « Cette manière de
> s’oublier soi-même, c’est exactement ce que je désirais. s’il reste ferme dans
> la cause de dieu je me ferai son serviteur. »
> l’hisToire de Badí‘ 321
> 
> áqá buzurg-i-níshápúrí, badí‘
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> áqá Buzurg insistait pour m’accompagner à mashhad mais son père dit : «
> J’ai fait venir shaykh muh∂ammad exprès pour qu’il soit son tuteur, afin
> qu’il apprenne rapidement à lire et à écrire, qu’il étudie le kitáb-i-Íqán et en
> fasse une copie. qu’il réalise cela et alors je lui fournirai un cheval et les frais
> du voyage. »
> 
> à la suite de mon départ du Khorassan et de mon arrivée à Téhéran, shaykh
> fání*
> arriva à níshábúr où il fit savoir qu’il était en route pour Bandar-abbás, puis
> pour Bagdad et enfin pour le Pays du mystère (andrinople). on l’avait
> autorisé à se faire accompagner d’une personne. Jináb-i-abá-Badí‘ (le Père
> de Badí‘) donna à son cher fils cheval et argent afin qu’il me rattrappe à
> Bagdad et que nous puissions voyager ensemble vers la demeure du Bien-
> aimé.
> 
> Badí‘ accompagna le shaykh jusqu’à yazd où ils se séparèrent. lui ayant
> donné tout ce qu’il possédait, seul et à pied, Badí‘ marcha jusqu’à dáru’s-
> salám (la demeure de la paix), Bagdad.
> 
> après l’arrivée de Badí‘ à Bagdad, áqá ‘abdu’r-rasúl fut martyrisé et Badí‘ le
> remplaça servant à boire aux compagnons en portant sur ses épaules l’outre
> d’eau d’áqá
> 
> ‘abdu’r-rasúl. quand les compagnons furent arrêtés et envoyés à mosul, ce
> jeune homme enflammé, bien que souffrant de plusieurs blessures infligées
> par des voyous, prit la route de mosul, atteignit cette ville avant les captifs et
> il continua à leur porter de l’eau. Plus tard, il partit vers la Terre sainte et
> atteignit la présence de la Beauté abhá.2
> 
> le jour vint dans la vie de ce jeune homme de dix-sept ans où il sentit le
> besoin de se tourner vers Bahá’u’lláh. il marcha, marcha depuis mosul
> jusqu’à la méditerranée, jusqu’au pied de la citadelle d’acre où il savait que
> son seigneur était incarcéré.
> 
> il arriva à acre au début de 1869 et, portant toujours la défroque d’un porteur
> d’eau, il n’eut aucun mal à tromper la vigilance des gardes aux portes de la
> ville.
> 
> mais une fois à l’intérieur, il se sentit perdu car, s’il n’avait aucune idée de la
> manière dont il pourrait contacter ses coreligionnaires, il ne pouvait pas non
> plus demander son chemin au risque de se trahir. ne sachant que faire il se
> dirigea vers une mosquée afin d’y prier. dans la soirée, un groupe de Persans
> entra dans la mosquée et, ravi, Badí‘ reconnut ‘abdu’l-Bahá parmi eux. il
> écrivit quelques mots sur un bout de papier qu’il put donner subrepticement
> à ‘abdu’l-Bahá. dans la nuit ; on s’arrangea pour le faire entrer dans la
> citadelle et rencontrer Bahá’u’lláh.
> * une source l’identifie comme shaykh ah∂mad-i-Khurásání qui fut martyrisé
> à Tabríz.
> 
> l’hisToire de Badí‘ 323
> 
> Badí‘ eut l’honneur de deux entrevues avec Bahá’u’lláh. à chaque fois
> Bahá’u’lláh fit des allusions à l’épître qu’il avait déjà révélée, adressée à
> nás∂iri’d-dín sháh, épître qui commence ainsi :
> 
> ô roi terrestre ! entends l’appel de ce vassal : en vérité, je suis un serviteur
> qui croit en dieu et en ses signes et je me suis sacrifié en son chemin. les
> malheurs qui m’affligent, qu’aucun homme n’a jamais supportés, en portent
> témoignage. mon seigneur l’omniscient témoigne de la vérité de mes
> paroles. Je n’ai fait qu’appeler les hommes à dieu, ton seigneur et le seigneur
> des mondes, et par amour de lui j’ai enduré des afflictions que la création
> n’avait jamais vues. 3
> 
> nombreux avaient été les hommes, des vétérans, qui avaient souhaité avoir
> l’honneur de se voir confier cette épître, mais Bahá’u’lláh n’avait pris
> aucune décision et attendait. il attendit longtemps, jusqu’à ce que ce jeune
> homme triste, fatigué, qui venait recevoir le don d’une seconde naissance
> atteigne les portes d’acre et entre dans la citadelle. au cours de ces deux
> entrevues áqá Buzurg du Khorassan rencontra son seigneur face à face et
> devint Badí‘, le merveilleux.
> 
> Bahá’u’lláh écrivit qu’en lui avait été insufflé l’esprit de puissance et de
> force. 4
> 
> nous savons que c’est à lui que fut donné la mission que d’autres, plus vieux,
> plus chevronnés, plus expérimentés que lui avaient espéré accomplir ; nous
> savons que Badí‘ demanda d’avoir l’honneur de porter l’épître au chah et
> que cela lui fut accordé. sortir d’acre en portant cette épître aurait pu être
> dangereux et Badí‘ reçut pour instruction d’aller attendre à haïfa, puis, au
> cours de son voyage vers la Perse de rester seul et de ne contacter aucun
> croyant.
> 
> h∆ájí mírzá h∆aydar-’alí a écrit dans son ouvrage Bihjatu’s-s∆udúr ce qu’il
> avait entendu de la bouche de h∆ájí sháh-muh∂ammad-i-amín :
> on me donna une boîte longue d’un empan et demi et l’on me dit de la lui
> [Badí‘]
> 
> donner à haïfa, accompagnée de quelque argent. Je ne savais pas ce qui était
> dans la boîte. en le retrouvant à haïfa je lui fis part de la bonne nouvelle
> qu’une faveur lui avait été accordée que j’avais été chargé de lui remettre.
> nous nous rencontrâmes à l’extérieur de la ville, sur le mont Carmel, et je lui
> remis la boîte. il la prit à deux mains, l’embrassa puis se prosterna. Je lui
> remis aussi une enveloppe scellée à son nom. il s’éloigna de vingt ou trente
> pas et, se tournant vers la prison de Bahá’u’lláh,
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> s’assit et la lut. il se prosterna de nouveau, le visage joyeux, radieux,
> extatique. Je lui demandai si je pouvais avoir l’honneur de lire, moi aussi,
> l’épître qu’il venait de recevoir mais il répliqua : « il n’est plus temps. » Je
> compris que c’était un sujet dont on ne pouvait parler. qu’était-ce ? Je
> n’avais aucune idée de ce qui se passait ni de l’importance de la tâche qui lui
> avait été confiée.
> 
> Je lui dis : « viens à haïfa, je dois te remettre une somme d’argent. » il
> répliqua :
> 
> « Je ne viens pas en ville avec toi. va chercher l’argent et reviens. » Ce que
> je fis, mais à mon retour je ne pus le trouver nulle part ; il était déjà parti.
> J’écrivis à Beyrouth pour qu’on lui donne l’argent là-bas, mais personne ne
> le vit. ensuite, je n’eus plus de nouvelles jusqu’à ce que j’entende parler de
> son martyre à Téhéran. Je compris alors que cette boîte contenait la lawh∂-i-
> Sulπán et que dans l’enveloppe se trouvait une épître prédisant le martyre de
> cette essence de fermeté et de constance.5
> 
> dans l’un des suppléments à a traveller’s narrative ( récit d’un voyageur),
> edward Granville Browne a traduit les mots adressés au porteur (Badí‘) de
> l’épître à nás∂iri’d-dín sháh. Ce texte, ainsi que le texte de l’épître ont été
> obtenus par les membres du consulat de russie en Perse et envoyés à saint-
> Pétersbourg où ils furent déposés dans la collection de l’institut des langues
> orientales par le directeur, Gamazov. le baron rosen avait envoyé à Browne
> une copie du catalogue de cette collection dans lequel cette épître est bien
> décrite. voici les paroles que Bahá’u’lláh adressa à Badí‘ :
> 
> il est dieu, le Suprême.
> 
> nous demandons à dieu d’envoyer un de ses serviteurs, de le détacher de
> toute contingence et d’orner son cœur de force et de calme afin qu’il aide son
> seigneur parmi les créatures. et, lorsqu’il aura pris conscience de ce qui fut
> révélé pour sa majesté le roi, qu’il se lève et prenne cette épître avec la
> permission de son seigneur, le Puissant, le Généreux, puis qu’il aille
> rapidement jusqu’à la demeure du roi. lorsqu’il sera arrivé près du palais,
> qu’il s’installe dans une auberge et qu’il ne parle à personne jusqu’au jour où
> il se tiendra sur le passage [du roi]. lorsque paraîtront les messagers royaux,
> qu’il offre l’épître avec la plus grande humilité et la plus sincère courtoisie,
> disant :
> 
> « elle est envoyée de la part du Prisonnier » il doit être alors dans un tel état
> que si le roi décrétait sa mise à mort, il n’en serait pas troublé en lui-même et
> qu’il se précipite-rait vers le lieu du sacrifice en criant : « ô seigneur, loué
> sois-tu car tu m’as permis d’aider ta religion et tu as ordonné pour moi le
> martyre en ton sentier ! Par ta gloire, je
> 
> l’hisToire de Badí‘ 325
> 
> n’échangerais pas cette coupe contre toutes les coupes du monde, car tu n’as
> rien ordonné d’équivalent à cela, et Kawthar et salsabíl* ne peuvent rivaliser
> avec ! » mais s’il [le roi] le laisse aller et n’intervient pas contre lui, qu’il
> dise : « loué sois-tu ô seigneur des mondes ! Ton bon plaisir et ce que tu
> m’as destiné en ton sentier me comblent, bien que j’ai désiré que la terre soit
> teinte de mon sang par amour pour toi. mais ton désir est ce qui est bien pour
> moi car tu sais ce qui est en mon âme alors que j’ignore ce qui est dans la
> tienne. Tu es l’omniscient, l’informé. » 6
> 
> h∆ájí sháh-muh∂ammad-i-amín continuait ainsi : « le défunt h∆ájí ‘alí, frère
> de h∆ájí ah∂mad de Port-saïd avait l’habitude de raconter : « entre
> Trébizonde et Tabriz je voyageais en compagnie de Bádí' pendant quelques
> étapes. il était joyeux, rieur, plein de gratitude et d'endurance. Tout ce que je
> savais c’est qu’il avait rencontré Bahá’u’lláh et qu’il retournait chez lui au
> Khorassan. Je remarquais que, régulièrement, environ tous les cent pas, il
> quittait la route et, se tournant vers acre, il se prosternait et l’on pouvait
> l’entendre dire : « ô dieu, ce que tu m’as accor-
> 
> * le nom de deux rivières du paradis.
> 
> Muh∂ammad-Válí khán-i-tunukábuní, nas∂ru’s-Salπanih
> 
> Sipahdár-i-a’z∂am, puis Sipahsálár-i-a’z∂am
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> le récit du martyre de badí‘, par Muh∂ammad-Valí khán, Sipahdár-i-a’z∂am.
> on voit le début de ce récit écrit dans la marge de l’édition persane de les
> leçons de saint-Jean-d’acre.
> 
> l’hisToire de Badí‘ 327
> 
> dé par ta générosité, ne le reprends pas par ta justice… accorde-moi plutôt la
> force de le protéger. »
> 
> solitaire, Badí‘ avançait laborieusement à travers les déserts et les montagnes
> et pendant quatre mois il ne chercha jamais à avoir de compagnon et ne
> choisit personne avec qui partager amicalement son secret. son père ignorait
> son retour. à Téhéran, comme Bahá’u’lláh le lui avait demandé, Badí‘ ne
> rechercha pas ses amis bahá’ís mais passa trois jours à jeûner pendant qu’il
> s’assurait de l’emplacement du campement d’été du chah. Puis il s’y dirigea
> et, assis au sommet d’un rocher il y resta tout le jour afin d’être remarqué et
> amené auprès du chah. le moment vint où le chah partit pour une chasse.
> Badí‘ s’approcha calmement et s’adressa au monarque avec respect : « ô roi,
> je viens vers toi depuis saba, porteur d’un puissant message ! » 4 nás∂iri’d-
> dín sháh fut peut-être interloqué, mais le ton assuré du jeune homme lui avait
> sans doute fait comprendre que ce message venait de Bahá’u’lláh. selon
> shoghi effendi : « le souverain ordonna alors de lui prendre la tablette et de
> la remettre aux mujtahids de Téhéran, en leur commandant de répondre à
> cette épître, ordre qu’ils négligèrent d’exécuter, conseillant de mettre plutôt
> le messager à mort. Plus tard, le chah envoya cette tablette à l’ambassadeur
> de Perse à Constantinople, espérant que sa lecture aviverait davantage
> encore l’animosité des ministres du sultan. » 4
> 
> nous savons que Badí‘ fut torturé et qu’il resta, jusqu’à la fin, calme et
> inébranlable. nous savons que pendant les trois années qui suivirent, la
> plume de Bahá’u’lláh loua sa valeur et sa constance. nous savons aussi qu’il
> reçut le titre de fakhru’sh-shuhadá’, l’orgueil des martyrs et que Bahá’u’lláh
> faisait référence à son « sacrifice sublime » en l’appelant « le sel de mes
> Tablettes ». mais ce sont les voies de la providence qui, étrangement,
> mettront en lumière toute l’histoire des derniers jours de Badí‘, de son
> supplice et de son immolation. C’est une histoire horrible, mais très
> émouvante, une histoire dont chaque bahá’í peut être fier.
> 
> l’abominable cruauté qu’on y découvre, nous rend malade, mais l’intégrité
> inflexible, la foi indomptable et le courage invincible de ce merveilleux
> jeune homme anoblissent l’âme du lecteur.
> 
> Pour comprendre comment tout arriva, comment la providence intervint, il
> nous faut avancer rapidement le long des années, plus de quarante ans en
> avant, pour arriver en 1913.
> 
> dans la Gloire du Père
> au début de 1913, muh∂ammad-valí Khán-i-Tunukábuní, nas∂ru’s-salt∂anih
> et aussi sipahdár-i-a’z∂am (plus tard sipahsálár-i-a’z∂am) était à Paris.
> Tunukábun, la ville natale de ce grand seigneur persan, dont il fut
> gouverneur pendant longtemps, est dans la province du mazandéran. núr,
> Kujúr et Tákur où vivaient les ancêtres de Bahá’u’lláh, appartiennent aussi à
> cette luxuriante province caspienne.
> 
> sipahdár-i-a’z∂am était un des deux leaders nationalistes qui, en 1909,
> marchèrent sur Téhéran à la tête de leurs hommes, afin de restaurer la
> Constitution que muh∂ammad-’alí sháh avait supprimée sur un coup de tête.
> il arriva sur la capitale par le nord, pendant que l’autre leader, le chef
> bakhtíyárí h∆ájí ‘alí-qulí Khán, le sardár-i-as’ad arrivait par le sud.
> 
> lorsque muh∂ammad-’alí sháh fit son coup d’état en juin 1908, soutenu par
> les russes et qu’il envoya sa brigade cosaque dirigée par le colonel liakhoff
> pour dévaster le Baháristán (le Parlement) et arrêter les députés qui avaient
> encouru sa colère, non seulement sipahdár-i-a’z∂am ne lança pas de défi à
> l’autocratie du chah, mais il le soutint activement et commanda les forces
> royales qui investirent la ville de Tabriz qui s’était révoltée. mais il perdit
> très vite ses illusions et peu à peu se trouva dans les rangs de l’opposition à
> muh∂ammad-’alí sháh. à rasht, il devint membre du Conseil révolutionnaire
> et c’est de là qu’il organisa sa marche vers Téhéran.
> 
> Pendant ce temps, la puissante tribu bakhtíyárí et quelques autres dissidents
> se déclarèrent partisans de la Constitution et h∆ájí ‘alí-qulí Khán le sardár-i-
> as’ad, dont le père était mort dans les geôles du tristement célèbre z∆illu’s-
> sulπán*, revint rapidement d’europe afin de seconder son frère aîné,
> s∆amsámu’s-salπanih, qui venait de prendre possession d’ispahan.
> 
> les représentants officiels russes, en accord avec leurs collègues
> britanniques, tentèrent de dissuader sipahdár-i-a’z∂am et sardár-i-as’ad de
> continuer leurs plans.
> 
> ils échouèrent et les forces nationalistes occupèrent Téhéran à la mi-juillet,
> muh∂ammad-’alí sháh se réfugia dans la légation russe et fut déposé. son fils
> aîné, sult∂án-ah∂mad mírzá, 12 ans, fut placé sur le trône, secondé d’un
> régent : le vénérable ‘ad∂udu’l-mulk, chef des notables qájár. sipahdár-i-
> a’z∂am devint le premier
> * mas’úd mírzá, le z∆illu’s-sulπán, était l’aîné des fils survivants de
> nás∂iri’d-dín sháh, qui ne pouvait prétendre au trône parce que sa mère
> n’était pas de famille royale. il en devint acariâtre et manigançait
> constamment pour obtenir ce trône qu’il considérait comme sien.
> 
> l’hisToire de Badí‘ 329
> 
> badí‘, pendant qu’on le torture
> 
> Premier ministre d’un régime constitutionnel restauré. mais en dépit du
> service évident qu’il avait rendu à la cause constitutionnelle, il fut toujours
> suspecté d’être au fond un réactionnaire, avec des sympathies pour l’ex-chah
> et les manigances russes. en réalité, il était au-dessus de cela, autoritaire,
> grand seigneur, sans une once de démagogie. en été 1911, alors que
> sipahdár-i-a’z∂am était de nouveau Premier ministre, muh∂ammad-’alí sháh
> tenta en vain de regagner son trône et son ministre fut contraint de
> démissionner. on pensait qu’il n’agirait pas assez vite ni avec suffisamment
> d’énergie pour contrarier les projets de l’ex-chah. il affirma être venu en
> france pour des raisons médicales, en 1913. quoi qu’il en soit, il était à Paris
> en mars, alors que ‘abdu’l-Bahá visitait la capitale française. à ce moment-là,
> ou peut-être avant, mme laura dreyfus-Barney lui avait présenté un
> exemplaire de l’édition persane du livre de ‘abdu’l-Bahá, les leçons de St-
> Jean-d’acre. un jour, alors que sipahdár-i-a’z∂am y lisait l’histoire de Badí‘,
> il se sou-
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> vint d’un incident de sa jeunesse et l’écrivit dans la marge. et voici ce qu’il
> écrivit* :
> 
> le 6 rabí’u’l-avval 1331
> 
> 26 février 1913 ad
> 
> Paris, hôtel d’albe, avenue des Champs élysées
> 
> Cette année-là, lorsque cette lettre (l’épître de Bahá’u’lláh) fut envoyée, le
> messager arriva auprès du chah qui était dans sa résidence d’été de lár, et
> voici le récit complet de ce qu’il advint.
> 
> le défunt chah nás∂iri’d-dín aimait beaucoup les résidences d’été de lár, núr
> et Kujúr. il ordonna à mon père sá’idu’d-dawlih, le sardár et moi-même
> (j’étais alors un jeune homme avec le rang de sarhang : colonel) de partir
> pour Kujúr et d’y trouver des provisions et des victuailles pour le camp
> royal. « J’arriverai à la résidence de lár puis de là j’irai à Baladih de núr puis
> à Kujúr », dit-il. Ces résidences sont voisines et contiguës. mon père et moi
> étions dans les environs de manjíl-Kujúr lorsque nous apprîmes que le chah
> était arrivé à lár et que là, il avait fait mettre quelqu’un à mort par strangu-
> lation. Puis la rumeur dit que cet homme [qui avait été mis à mort] était un
> messager des bábís. à cette époque-là nul n’avait entendu le mot « bahá’í ».
> Tout le monde se réjouit d’apprendre la mort du messager. Puis le chah vint
> à Baladih de núr. mon père et moi nous y rendîmes pour le saluer. Près du
> village de Baladih où coule une grande rivière, on avait élevé la tente du
> chah mais il n’était pas encore arrivé. Káz∂im Khán-i-Turk, le farrásh-Báshí
> du chah, avait apporté les premiers bagages. nous voulions passer par là et
> mon père, qui avait le rang de mír-Panj [général] et n’avait pas encore reçu
> le titre de sá’idu’d-dawlih, connaissait ce farrásh-Báshí. « allons lui rendre
> visite » me dit-il. nous poussâmes nos montures jusqu’à sa tente puis mîmes
> pied à terre. Káz∂im Khán, en grande pompe, était assis dans la tente où
> nous entrâmes. il reçut mon père avec respect et fit preuve de grande
> gentillesse envers moi. nous nous assîmes et on servit le thé. on parla du
> voyage. Puis mon père demanda : « votre honneur le farrásh-Báshí, qui était
> ce bábí et comment fut-il mis à mort ? » il répondit : « ô mír-Panj !
> 
> laissez-moi vous conter cette histoire. Cet homme était vraiment étrange. à
> safíd-áb-i-lár, le chah prit sa monture pour aller chasser et il se trouve que je
> ne l’avais pas suivi.
> 
> soudain je vis deux cavaliers galoper vers moi. le chah me demandait.
> Bondissant sur mon cheval je vins vers le chah qui me dit qu’un bábí avait
> apporté une lettre. « J’ai ordonné son arrestation, dit le chah, et il est
> maintenant entre les mains du Kishikchí-
> 
> *traduction anglaise du persan par l’auteur.
> 
> l’hisToire de Badí‘ 331
> 
> Báshí [le chef des sentinelles]. allez le chercher et amenez-le au farrásh-
> Khánih.
> 
> Commencez doucement mais, sans résultats, utilisez tous les moyens pour le
> forcer à avouer et à dire qui sont ses amis et où nous pouvons les trouver -
> jusqu’à ce que je revienne de la chasse ». J’allais le chercher chez le
> Kishikchí-Báshí et l’emmenais bras liés. mais apprenez ceci de la sagacité et
> de la vivacité d’esprit du chah. Cet homme était à pied dans la plaine et dès
> qu’il leva son papier en disant qu’il avait une lettre à remettre, le chah
> compris qu’il devait être un bábí et ordonna qu’on l’arrête et qu’on trouve
> toute lettre qu’il pourrait porter. il fut donc arrêté et on trouva dans sa poche
> la lettre qu’il n’avait encore donnée à personne. Je fis venir ce messager et
> lui parlais calmement et gentiment : « raconte-moi tout. qui t’a donné cette
> lettre ? d’où l’amènes-tu ? depuis combien de temps l’as-tu sur toi ? qui sont
> tes compagnons ? » il répondit :
> 
> « Cette lettre me fut remise à acre par h∆adrat-i-Bahá’u’lláh*. il me dit : «
> Tu iras en Perse, seul, et d’une manière ou d’une autre tu remettras cette
> lettre au chah. mais tu risques de mettre ta vie en danger. si tu l’acceptes,
> pars. sinon, j’enverrai un autre messager. » J’ai accepté la mission. Je suis
> parti depuis trois mois. J’ai cherché l’occasion de remettre cette lettre en
> main propre au chah et de la porter à son attention. et grâce à dieu,
> aujourd’hui j’ai réussi ma mission. si tu veux trouver des bahá’ís, il y en a
> beaucoup en Perse mais si tu veux mes compagnons, je suis venu seul. »
> J’insistais pour qu’il me donne le nom de ses compagnons, et le nom des
> bahá’ís de Perse et surtout de Téhéran mais il persista dans son refus : « Je
> n’ai pas de compagnons et je ne connais aucun bahá’í en Perse. » Je lui fis
> une promesse : « si tu me donnes ces noms, j’obtiendrai du chah ta libération
> et t’éviterai la mort. » il répondit : « Être mis à mort est mon plus cher désir.
> Crois-tu me faire peur ? » J’ordonnais alors la bastonnade et les farráshes
> commencèrent à le bastonner, six à la fois. aussi fort qu’on puisse le battre, il
> ne cria jamais ni n’implora. voyant cela, j’ordonnais qu’on le délivrât et le fit
> asseoir près de moi, lui disant de nouveau : « donne-moi le nom de tes
> compagnons. » il ne répondis pas et éclata de rire. apparemment la
> bastonnade ne l’avait pas blessé du tout.
> 
> Cela me mit en colère. J’ordonnai qu’on apporte des fers à marquer et un
> brasero allumé. Pendant qu’on préparait le brasero, je lui dis : « allez, dis la
> vérité, sinon je te fais marquer au fer rouge. » et je remarquais que son rire
> ne faisait qu’augmenter. Je le fis bastonner une seconde fois au point que les
> farráshes étaient fatigués. J’étais fatigué aussi. alors je le fis détacher et
> emmener dans une autre tente, puis je dis aux farráshes qu’ils fassent le
> nécessaire avec les fers rouges pour obtenir sa confession. ils appliquè-rent
> plusieurs fois des fers rouges sur son dos et sa poitrine. J’entendais le
> sifflement de la chair brûlée et je pouvais aussi la sentir. mais nous ne pûmes
> rien en tirer. au cou-
> 
> * sa sainteté Bahá’u’lláh.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Fin du récit du martyre de badí‘ par Sipahdár-i-a’z∂am, commen-çant à la
> phrase « Madame dreyfus m’a envoyé ce livre… »
> 
> l’hisToire de Badí‘ 333
> 
> cher du soleil, le chah revint de la chasse et me fit appeler. Je lui fis un
> rapport sur tout ce qui s’était passé. le chah insista pour que je le fasse parler
> avant de le tuer. Je repartis et lui fis appliquer de nouveau les fers au feu.
> sous le choc du métal rougi, il écla-tait de rire. J’allais jusqu’à consentir à ce
> qu’il dise qu’il avait apporté une supplique et de ne pas parler de lettre, mais
> il refusa aussi cela. alors, perdant mon sang-froid, j’ordonnai d’apporter une
> planche. un farrásh qui maniait une masse utilisée pour chasser les chevilles
> métalliques, plaça la tête de cet homme sur la planche et se tint au-dessus, la
> masse levée. Je lui dis : « si tu donnes le nom de tes compagnons, tu seras
> libéré, sinon, je vais donner l’ordre qu’on abatte cette masse sur ta tête. » il
> recommença à rire et à remercier le ciel pour avoir atteint son but. Je
> proposais de ne parler que de supplique et non de lettre, mais il refusa
> encore. et tous ces fers rouges qui avaient brûlé sa chair ne lui avaient causé
> nulle souffrance. alors, finalement, je fis signe au farrásh qui abattit sa masse
> sur la tête de l’homme. son crâne éclata et son cerveau jaillit par ses narines.
> Puis j’allais faire mon rapport au chah. »
> 
> « Kázim Khán-i-farrash-Báshí était déconcerté par l’attitude et l’endurance
> de cet homme, surpris que ni la bastonnade ni les fers rouges n’aient eu
> d’effet sur lui et ne lui aient causé aucune souffrance. il continua : « a la
> suite de mon rapport le chah me récompensa d’un sardárí [un vêtement de
> dessus] qui lui appartenait. le corps fut enterré sur place, à safíd-áb et nul ne
> sait où il est. » mais les bahá’ís ont depuis découvert l’endroit et c’est pour
> eux un lieu de pèlerinage.
> 
> J’ai entendu ces paroles de Kázim Khán-i-farrash-Báshí de mes propres
> oreilles. il nous raconta tout. J’étais très jeune et je fus très surpris. le chah fit
> envoyer la lettre à Téhéran pour que h∆ájí mullá ‘alíy-i-Kaní et d’autres
> mullás la lisent et y répondent.
> 
> mais ils dirent qu’il n’y avait rien à répondre et h∆ájí mullá ‘alí écrivit à
> mustawfíyu’l-mamálik, qui était alors premier ministre, de dire au chah que :
> si, à dieu ne plaise, vous deviez avoir des doutes concernant l’islam et votre
> foi, je prendrais les actions nécessaires pour dissiper vos doutes. sinon, de
> telles lettres ne méritent pas de réponse.
> 
> la vraie réponse fut ce que vous fîtes à son porteur. il vous faut maintenant
> écrire au sultan ottoman pour qu’il soit très strict avec lui et empêche toute
> communication. »
> 
> C’était pendant le règne du sultan ‘abdu’l-’azíz.
> 
> le 27 rabí’u’l-avval 1331, 2 mars 1913
> 
> écrit à l’hôtel d’albe à Paris.
> « Ce soir je ne peux pas dormir. mme dreyfus m’a envoyé ce livre et je ne
> l’avais pas encore lu. au petit matin je l’ai ouvert et j’ai lu jusqu’au passage
> concernant les épîtres aux rois et à nás∂iri’d-dín sháh. Parce que j’étais
> présent au cours de ce voyage
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> et que j’ai entendu le témoignage personnel de Kázim Khán-i-farrásh-Báshí,
> je l’ai mis par écrit.
> 
> « un an et demi après, en voyage vers Kerbéla, ce Kázim Khán devint fou. le
> chah le fit enchaîner et il mourut misérablement. l’année où je devins
> gouverneur général d’azerbaïdjan, je rencontrais à Tabriz un de ses petit-fils
> qui mendiait. « soyez attentifs, ô gens perspicaces et clairvoyants. »
> 
> muh∂ammad-valí, sipahdár-i-a’z∂am »
> 
> l’appel de Bahá’u’lláh dans l’épître au monarque qadjar résonne au-delà des
> années :
> 
> ô roi ! Je n’étais qu’un homme comme un autre, endormi sur ma couche,
> lorsque soudain les brises du Très-Glorieux passèrent sur moi et
> m’enseignèrent la science de tout ce qui fut. Ceci ne vient pas de moi mais
> de celui qui est le Tout-Puissant, l’omniscient. il m’ordonna d’élever la voix
> entre la terre et le ciel et, pour cela, il m’advint ce qui fait couler les larmes
> de tout homme de discernement. des sciences répandues parmi les hommes,
> je ne sais rien ; leurs écoles, je ne les ai jamais fréquentées.
> 
> renseigne-toi dans la ville où j’habitais pour t’assurer que je ne mens pas.
> simple feuille qu’agitent les vents de la volonté de ton seigneur, le Tout-
> Puissant, le loué, puis-je rester immobile alors que soufflent les vents de la
> tempête ? Par le seigneur de tous les noms et attributs, ils la déplacent
> comme ils veulent. l’évanescence est inexistante face à l’éternel. son ordre
> irrésistible me parvint et me fit célébrer sa louange parmi les peuples. en
> vérité, quand cet ordre me parvint j’étais comme mort ; la main de la volonté
> de ton seigneur, le Compatissant, le miséricordieux, me transforma. Par celui
> qui révéla les mystères éternels à la Plume, qui pourrait de lui-même clamer
> ce que tous les hommes, grands et petits, contesteront, sinon celui qui est
> fortifié par la grâce du Tout-Puissant, du fort ?...
> 
> ô chah ! J’ai subi dans le sentier de dieu ce qu’aucun œil n’a vu et aucune
> oreille entendu… nombreuses les épreuves qui ont plu et pleuvront bientôt
> sur moi ! Je m’avance, le visage tourné vers le Tout-Puissant, le Très
> Généreux, tandis que derrière moi rampe le serpent. mes yeux ont tant pleuré
> que ma couche est trempée… mais ce n’est pas sur moi que je m’attriste. Par
> dieu ! ma tête désire ardemment la lance pour l’amour de son dieu. Je ne suis
> jamais passé près d’un arbre sans que mon cœur lui dise : « ô ! puisses-tu
> être abattu en mon nom pour que mon corps soit sacrifié sur toi, dans le
> chemin de son seigneur !…Par dieu ! la fatigue m’abat, la faim m’épuise, la
> roche nue me sert de lit et les bêtes sauvages sont mes compagnons, mais je
> ne me
> 
> l’hisToire de Badí‘ 335
> 
> plaindrai pas, je le supporterai patiemment comme d’autres, par le pouvoir
> de dieu, l’éternel souverain, le Créateur des nations, l’ont supporté
> patiemment, avec constance et fermeté. et en toutes circonstances je rendrai
> grâce à dieu. nous prions pour que dans sa bonté dieu, loué soit-il, délivre, à
> travers cet emprisonnement, les hommes des chaînes et des fers et leur
> permette de se tourner, avec sincérité, vers la face de celui qui est le Tout-
> Puissant, le Généreux. il est prêt à répondre à quiconque l’invoque et il est
> proche de celui qui communie avec lui. » 8
> 
> Cette épître, vibrante de pouvoir et d’autorité, que l’indomptable Badí‘
> délivra et qu’il refusa obstinément d’appeler une simple supplique était
> certainement per-turbante pour ce tyran capricieux qui avait banni
> Bahá’u’lláh de sa terre natale et avait envisagé son exil dans la lointaine
> roumélie. il s’empressa de détruire le courageux messager. il est vrai qu’il
> eut le désir de répondre à Bahá’u’lláh, mais les maîtres spirituels de
> nási∂ri’d-dín sháh, h∆ájí mullá ‘alíy-i-Kaní et ses acolytes n’eurent pas
> l’élégance d’accepter le défi. ils manquaient des qualités de cœur et d’esprit
> qui les auraient rendus capables d’y répondre. au final, leur échec est
> immense et leur infamie éternelle, alors que le souvenir de l’héroïsme de ce
> jeune homme de dix-sept ans et de son sacrifice brillera d’une splendeur
> inaltérable à travers les siècles.
> 
> le grand sacrifice
> 
> C’esT alors qu’arriva cette grande tragédie de la mort de la Plus-Pure-
> Branche, mírzá mihdí, le plus jeune fils de Bahá’u’lláh. nommé
> Ghus∂nu’lláhu’l-at∂har (la Plus-Pure-Branche) par son père, mírzá mihdí
> était son second fils survivant. il avait la même mère, navvábih Khánum, que
> ‘abdu’l-Bahá (Ghus∂nu’lláhu’l-a’z∂am : la Plus-Grande-Branche). en 1870,
> il avait vingt-deux ans. il aimait, le soir, monter sur le toit de la citadelle
> pour y prier et méditer. de là on découvrait une vue superbe sur le bleu
> profond de la méditerranée, avec en fond la silhouette du mont Carmel et, de
> l’autre côté, la plaine d’acre qui s’étend majestueusement jusqu’au mont
> hébron. un soir qu’il faisait les cent pas sur ce toit, plongé dans ses pensées,
> mírzá mihdí ne remarqua pas une ouverture par laquelle il tomba à l’étage en
> dessous, sur une caisse qui lui perça la poitrine. la blessure était mortelle.
> 
> áqá h∆usayn-i-áshchí se souvenait que le bruit de la chute et le bruit que
> firent les compagnons en se précipitant firent sortir Bahá’u’lláh de sa
> chambre. il s’inquiéta de ce qui était arrivé. la Plus-Pure-Branche expliqua
> qu’il pensait toujours à compter ses pas en allant vers cette ouverture, mais
> que ce soir-là il avait oublié.
> 
> on appela un médecin italien mais ses soins furent inutiles. Bien que
> souffrant beaucoup, la Plus-Pure-Branche restait attentif aux visiteurs, aux
> compagnons qui venaient s’asseoir près de lui, ou qui s’occupaient de ses
> besoins. áqá h∆usayn se souvenait qu’il exprimait sa gêne à être obligé de
> rester allongé en leur présence.
> 
> vingt-deux heures après sa chute, il expira. áqá h∆usayn entendait encore
> Bahá’u’lláh se lamentant : « ô mihdí ! ô mihdí ! » il revoyait Bahá’u’lláh
> demander à son fils peu avant qu’il meure : « áqá, que désires-tu, dis-le moi.
> » et mírzá mihdí de répondre : « Je désire que le peuple de Bahá puisse te
> rencontrer » « il en sera ainsi, lui répondit Bahá’u’lláh. dieu t’accordera ce
> vœu. » il mourut le 23 juin 1870 (23 rabí‘u’l-avval 1287 de l’hégire).
> 
> le Gardien de la foi bahá’íe écrit :
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> la dernière supplication qu’il adressa à un père désolé fut que sa vie puisse
> être acceptée en rançon pour ceux qui n’avaient pas pu atteindre la présence
> de leur Bien-aimé.
> 
> dans une prière d’une signification profonde, que Bahá’u’lláh révéla en
> mémoire de son fils - prière qui élève sa mort au rang de ces grands actes de
> rachat correspondant au sacrifice qu’abraham se disposait à faire de son fils,
> à la crucifixion de Jésus-Christ et au martyre de l’imam h∆usayn, on lit ce
> qui suit : Ô mon dieu, j’ai sacrifié ce que tu m’as donné, afin que tes
> serviteurs puissent être ranimés et que tout ce qui demeure sur la terre soit
> uni, et encore ces paroles prophétiques, adressées à son fils martyr : tu es le
> dépôt de dieu et son trésor en ce pays. bientôt, dieu révélera, par toi, ce qu’il
> a désiré. 1
> 
> áqá h∂usayn raconte encore que shaykh mah∂múd, dont nous dirons bientôt
> la merveilleuse histoire, demanda à la Plus-Grande-Branche l’honneur de
> laver et de couvrir de son linceul le corps de la Plus-Pure-Branche afin que
> les gardes ne posent pas leurs mains sur ce qui est sacré. on dressa une tente
> dans la cour, sous laquelle on coucha le corps de mírzá mihdí et, avec l’aide
> de quelques compagnons (dont áshchí lui-même) qui portèrent de l’eau et
> d’autres accessoires, shaykh mah∂múd prépara le corps du fils martyr de
> Bahá’u’lláh pour son enterrement. la Plus-Grande-Branche, affligé par le
> décès de son frère bien-aimé, le visage marqué de douleur, faisait les cent
> pas à l’extérieur de la tente en surveillant.
> 
> áqá rid∂á indique que les notables d’acre se joignirent au cortège funèbre. le
> Gardien de la foi bahá’íe écrit encore :
> 
> lorsque, en présence de Bahá’u’lláh, fut terminée la toilette de celui qui avait
> été créé de la lumière de bahá, dont la douceur fut attestée par la plume
> suprême de Bahá’u’lláh, et dont les mystères de l’ascension furent
> mentionnés par cette même plume, celui-là fut transporté, sous l’escorte des
> gardes de la forteresse, et enterré au-delà des murs de la cité, en un lieu
> contigu au tombeau de nabí sálih. soixante-dix ans plus tard, ses restes
> devaient être transférés, en même temps que ceux de son illustre mère, sur
> les pentes du mont Carmel, à proximité de la tombe de sa sœur, et sous
> l’ombre du saint sépulcre du Báb.7
> 
> Pendant les quelques années de sa vie d’adulte, mírzá mihdí avait servi à son
> père de secrétaire et l’on possède des épîtres de Bahá’u’lláh écrites de sa
> belle écriture. selon le témoignage d’áqá rid∂á qui l’avait vu grandir de la
> jeunesse à l’âge
> 
> le Grand saCrifiCe 339
> 
> Mírzá Mihdí, ghus∂nu’lláhu’l-aπhar, la plus-pure-branche
> 
> dans la Gloire du Père
> adulte, il était une force parmi les compagnons et, depuis le jour où ils
> quittèrent Bagdad jusqu’à la fin tragique de sa courte vie pure et sans tache,
> il participait à leurs réunions, leur lisait ce qui avait coulé de la Plume
> suprême, leur enseignait des leçons de courtoisie et de patience, de dignité et
> de soumission radieuse à la volonté divine.
> 
> les portes s’ouvrent
> 
> quaTre mois après le décès de la Plus-Pure-Branche, le jour arriva enfin où
> un mouvement de troupes dans l’empire ottoman obligea les autorités à
> utiliser les casernes d’acre. les portes furent alors grandes ouvertes pour les
> exilés qui partirent vers d’autres logements à l’intérieur des murs de la ville.
> 
> Bahá’u’lláh et sa famille furent installés dans la maison de malik, dans le
> quartier fákhúrah, à l’ouest de la ville-prison. la majorité des compagnons
> furent logés dans un caravansérail appelé Khán-i-‘avámíd près du bord de
> mer et les autres trouvèrent des maisons séparées. áqáy-i-Kalím et sa famille
> s’intallèrent dans une maison située dans l’enceinte du caravansérail. le
> Khán-i-‘avamíd, ou Khán al-
> 
> ‘umdán, avait été construit par ah∂mad al-Jazzár en utilisant des piliers
> apportés de Césarée ; sa tour d’horloge est une structure plus moderne
> construite en commémoration du jubilé du sultan ‘abdu’l-h∆amíd. il servira
> de première maison des pèlerins en Terre sainte et beaucoup de bahá’ís
> éminents dont mishkín-qalam, zaynu’l-muqarrabín et h∆ájí mírzá
> h∆aydar-‘alí y résidèrent. ‘abdu’l-Bahá y accueillit de nombreux pèlerins et
> il est probable que Bahá’u’lláh aussi le visita.
> 
> le séjour de Bahá’u’lláh dans la maison de malik dura trois mois. il s’installa
> ensuite dans la maison de mansúr Khavvám, située à l’opposé de la maison
> précédente. il y resta peu de temps avant de s’installer dans la maison de
> rábi’ih qu’il quitta encore quatre mois plus tard quand il lui fallut s’installer
> dans la maison de
> 
> ‘udí Khammár où, dans les mots du Gardien, « la place était tellement
> insuffisante qu’au moins treize personnes des deux sexes durent loger dans
> la même pièce.1 »
> 
> ‘udí Khammár, un notable d’acre, était un chrétien de confession catholique
> romaine maronite. il travaillait avec son neveu, ilyás ‘abbúd, de même
> confession, son voisin. ‘udí Khammár était connu pour son sens de
> l’économie Pourtant, à l’époque où les exilés avaient été condamnés au
> bannissement et à l’incarcération à acre, les gens furent surpris de voir qu’il
> avait l’intention de bâtir un petit palais pour lui-même non loin de Bahjí, qui
> était le palais de
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> ‘abdu’lláh Páshá*. Bahjí est à une demi-heure de la ville. C’est une riche
> demeure bien équipée, entourée d’un délicieux verger de citronniers et
> d’orangers, avec un grand bassin très engageant. le temps passant, le palais
> de ‘abdu’lláh Páshá devint la propriété des Bayd∂úns, une importante
> famille musulmane d’acre qui sera toujours hostile à la religion de
> Bahá’u’lláh. lorsqu’au début du vingtième siècle une commission d’enquête
> fut envoyée par les autorités d’istanbul dans le seul but de condamner
> ‘abdu’l-Bahá, ses membres furent accueillis dans la demeure de
> 
> ‘abdu’l-Ghaní Bayd∂ún.
> ‘udí Khammár se lança dans la construction de son petit palais. ilyás ‘abbúd
> ne voulut pas suivre un projet qu’il jugeait insensé, mais d’autres membres
> de la famille pensaient différemment et se firent construire un certain
> nombre de maisons autour de la demeure de ‘udí Khammár. lorsque
> Khammár déménagea dans son nouveau palais, il loua sa maison dans la
> ville d’acre à Bahá’u’lláh. ilyás ‘abbúd
> 
> * C’est aujourd’hui un centre gouvernemental pour handicapés
> 
> khán-i-‘avámíd ou khán al-‘Umdán où résidèrent
> 
> de nombreux compagnons de bahá’u’lláh
> 
> les PorTes s’ouvrenT 343
> 
> n’apprécia pas la transaction et tenta de l’empêcher. il échoua mais il fit le
> nécessaire pour éviter tout contact avec les exilés qu’il considéra comme des
> voisins tout à fait indésirables. l’événement qui suivit peu après, honteux,
> épouvantable, mais sans doute inévitable, sembla justifier les pires craintes
> d’ilyás ‘abbúd. Ce fut le meurtre de trois azalís par sept bahá’ís, événement
> révoltant qui augmenta considérablement la rigueur et la dureté de la vie de
> Bahá’u’lláh et qui arracha de son cœur ce cri :
> 
> ma captivité ne peut me faire de mal. Ce qui peut me faire du mal, c’est la
> conduite de ceux qui m’aiment, qui se réclament de moi et qui, pourtant,
> commettent ce qui fait gémir mon cœur et ma plume. (...) ma détention ne
> peut m’apporter aucune honte.
> 
> et même, par ma vie, elle me confère de la gloire. Ce qui peut me faire
> honte, c’est la conduite de ceux de mes disciples qui font profession de
> m’aimer et qui, en fait, suivent pourtant le malin.2
> 
> on se rappellera que deux azalís, partisans de mírzá yah∂yá, avaient été
> envoyés à acre par les autorités pour y être enfermés avec les bahá’ís.
> C’étaient siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání (l’antéchrist de la révélation
> bahá’íe) et áqá Ján-i-Kaj-Kuláh, de salmás en azerbaïdjan. en arrivant à acre
> ils avaient demandé à être logés ailleurs. on trouva une chambre à leur
> convenance, située au-dessus des portes de la ville et de la prison appelée
> límán, dans laquelle on jetait les hors-la-loi. de là, ils pouvaient espionner et
> surveiller étroitement tous ceux qui entraient dans acre. ils pourraient ainsi
> dénoncer immédiatement aux autorités l’arrivée d’un disciple de Bahá’u’lláh
> qu’ils auraient reconnu. C’est grâce à leurs machinations que nabíl-i-a’z∂am
> et áqá muh∂ammad-‘alíy-i-qá’iní furent expulsés d’acre dès qu’ils passèrent
> les portes. ils firent mieux, ils leurrèrent un habitant qui représentait le
> consulat iranien en lui promettant de grandes récompenses et des décorations
> s’il se joignait à eux pour contrecarrer les projets bahá’ís. Cet homme fut
> directement responsable de l’expulsion immédiate d’áqá ‘abdu’r-rasúl-i-
> zanjání et ceux qui l’accompagnaient. un jour, na’ím effendi arriva de
> Chypre. C’est mishkín-qalam, le célèbre calligraphe qui avait été exilé dans
> cette île qui lui avait fait connaître la religion bahá’íe. na’ím effendi
> embrassa cette religion avec zèle et rencontra Bahá’u’lláh. la Plus-Grande-
> Branche lui confia des lettres à emporter.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Vue aérienne d’acre
> 
> voir ci-contre pour les légendes
> 
> les PorTes s’ouvrenT 345
> 
> lieux d’acre en rapport avec bahá’u’lláh
> 
> 1. Porte de la mer par laquelle Bahá’u’lláh entra à
> 
> pendant trois jours après le meurtre des azalís.
> 
> acre le 31 août 1868.
> 
> Bahá’u’lláh fut placé dans une des pièces à l’étage
> 
> 2. Trajet le long duquel, selon une tradition orale,
> 
> après la nuit passée au Khán-i-shávirdí. les sept
> 
> Bahá’u’lláh fut emmené jusqu’à l’entrée orientale
> 
> bahá’ís coupables du meurtre y passèrent plusieurs
> 
> de la Citadelle le 31 août 1868.
> 
> années.
> 
> 3. la citadelle et les casernes où Bahá’u’lláh et ses
> 
> 13. mosquée d’al-Jazzár, où fut lu en public, et
> 
> compagnons furent enfermés pendant deux ans,
> 
> peu après son arrivée, le décret du sultan exilant
> 
> deux mois et cinq jours.
> Bahá’u’lláh et incitant la population à craindre et à
> 
> 3a. Cellule de Bahá’u’lláh dans la Citadelle.
> 
> haïr les exilés. on donna plus tard à ‘abdu’l-Bahá
> 
> 4. Bains publics. Bahá’u’lláh s’y rendait toutes les
> 
> une pièce dans le séminaire situé dans la cour de la
> 
> semaines, seule possibilité de sortie de la Citadelle.
> 
> mosquée, en signe du respect dans lequel on le
> 
> C’est là que h∆ájí amín pu entrer en présence de
> 
> tenait.
> 
> Bahá’u’lláh, premier pèlerin à le faire.
> 
> 14. as-súq al-abyad∂ (le bazar blanc) ; toute proche
> 
> 5. l’église st-andré près de laquelle sont situées
> 
> était la maison de mírzá músá, áqáy-i-Kalím, que
> 
> les maisons de malik et de Khavvám, que
> 
> Bahá’u’lláh visita souvent.
> 
> Bahá’u’lláh occupa pendant quelques mois chacu-
> 
> 15. mausolée de nabí-s∆álih∂, entouré d’un cimetiè-
> 
> ne, après sa libération de la Citadelle.
> 
> re qui fut le premier lieu de repos du corps de la
> 
> 6. mausolée de shaykh Ghánim, près duquel se
> Plus-Pure-Branche avant sa translation à haïfa.
> 
> trouve la maison de rábi’ih, habitée par
> 
> d’autres compagnons de Bahá’u’lláh y sont enter-
> 
> Bahá’u’lláh pendant quatre mois, après celle de
> 
> rés.
> 
> Khavvám.
> 
> 16. la Porte de la Terre par laquelle Bahá’u’lláh
> 
> 7. maison de ‘Údí Khammár où Bahá’u’lláh vécut
> 
> quitta acre en juin 1877. C’était la seule porte
> 
> pendant deux ans et révéla le Kitáb-i-aqdas.
> 
> d’entrée de la ville avant le mandat britannique.
> 
> 8. maison de ‘abbúd, mitoyenne de celle de ‘Údí
> 
> Bahá’u’lláh, ‘abdu’l-Bahá et les compagnons
> 
> Khammár dont purent disposer Bahá’u’lláh et sa
> 
> l’utilisèrent souvent.
> 
> famille en 1873. Bahá’u’lláh y vécut pendant
> 
> 17. l’aqueduc réparé par ah∂mad Big Tawfíq, sur la
> 
> quatre ans, dans une pièce dominant la mer.
> 
> suggestion de Bahá’u’lláh. la portion de l’aqueduc
> 
> 9. Khán-i-'avámíd (Khán al-'umdán ou Khán-i-
> montrée sur la carte ne se voit plus aujourd’hui,
> 
> Jurayní). de nombreux compagnons de
> 
> mais on peut en voir d’autres parties sur la route
> 
> Bahá’u’lláh y vécurent dans les ailes nord et est.
> 
> vers Bahjí et mazra’íh.
> 
> les pèlerins y résidaient aussi.
> 
> 18. l’église st-George dont ‘Údí Khammár et sa
> 
> 10. le palais du gouverneur où Bahá’u’lláh fut
> 
> famille étaient de généreux donateurs. le terrain
> 
> interrogé après le meurtre des trois azalís le 22 jan-
> 
> autour de l’église et s’étendant jusqu’à l’église st-
> 
> vier 1872. C’est aujourd’hui une école.
> 
> andré forme le quartier chrétien de la ville.
> 
> 11. Khán-i-shávirdí dans lequel Bahá’u’lláh fut
> 
> 19. Khán-i-afranj où résidèrent quelques croyants
> 
> emprisonné pendant une nuit, et plusieurs de ses
> 
> comme áqá ‘abdu’l-Ghaffár-i-is∂fahání et mírzá
> 
> compagnons pendant plus longtemps, après le
> 
> rid∂áy-i-qannad.
> 
> meurtre des trois azalís du 22 janvier 1872. C’est
> 20. Brèches ouvertes dans les remparts pendant le
> 
> aujourd’hui une école.
> 
> mandat britannique. les lignes en pointillé mon-
> 
> 12. la límán où ‘abdu’l-Bahá fut emprisonné
> 
> tent les principales routes actuelles.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> les azalís et l’agent du consulat iranien découvrirent ce qui se passait et firent
> arrêter na’ím effendi alors qu’il partait pour haïfa. les lettres qu’il portait
> furent confisquées et lui-même fut emmené à Beyrouth et jeté en prison où il
> languit pendant six mois. la Plus-Grande-Branche fit tous ses efforts pour
> convaincre l’agent persan de cesser ses abominables desseins, mais il était
> profondément influencé par les azalís. d’après nabíl-i-a’z∂am, même César
> Catafago qui était devenu un disciple de Bahá’u’lláh et dont le père, Khájih
> louis, agent consulaire français à acre*, avait envoyé l’épître adressée à
> napoléon iii, fut, pendant un certain temps complètement retourné par siyyid
> muh∂ammad-i-is∂fahání ; mais après un certain temps il comprit son erreur
> et retourna à son ancienne allégeance. na’ím effendi fut libéré, retourna à
> Chypre où il prospéra et, selon áqá rid∂á, il accéda à une haute position après
> l’annexion de l’île par les Britanniques. áqá rid∂á relate aussi que na’ím
> effendi revint une seconde fois à acre, avec ses deux fils qu’il amenait à
> istanbul pour y suivre des études supérieures. quand on lui demanda s’il
> savait ce qui était advenu à celui qui lui avait causé tant de souffrances, il
> répondit qu’il n’avait aucune rancune envers lui. en fait, le méchant se fait
> mal lui-même, dit-il, et dieu agit avec justice. l’agent consulaire persan
> connaissait réellement de mauvais jours, ayant perdu sa famille, son
> commerce, sa propriété et presque sa raison.
> 
> repentant, il venait parfois voir les bahá’ís pour exprimer ses remords et ses
> regrets pour les souffrances qu’il avait causées alors qu’il était au sommet du
> pouvoir.
> au moment où les portes de la prison s’ouvrirent pour les exilés, siyyid
> muh∂ammad et Kaj-Kuláh avaient été rejoints par le beau-frère de mírzá
> yah∂yá, mírzá rid∂á-qulí, que Bahá’u’lláh avait expulsé de la compagnie de
> ses disciples à la suite de ses nombreux méfaits. il avait à de nombreuses
> reprises brisé ses promesses solennelles et ses actions ne pouvaient plus être
> tolérées. avec ce renfort les azalís intensifièrent leurs néfastes activités. Plus
> ils faisaient preuve d’audace, plus Bahá’u’lláh conseillait aux compagnons
> patience et indulgence. Par ailleurs,
> 
> * louis Catafago était l’agent consulaire français pour acre et pour haïfa
> pendant un certain nombre d’années.
> 
> mary rogers, dans son ouvrage domestic life in palestine le décrit comme il
> paraissait en 1858 : « l’un de nos voisins, le signor louis Catafago, veuf, était
> le plus riche et le plus influent des chrétiens arabes de haïfa et plus versé en
> littérature arabe que n’importe qui en Pashalíc. il parlait bien l’italien et le
> français et vivait dans un style à moitié européen. ses fils, au collège, étaient
> vêtus à l’européenne, alors que ses filles, plus jeunes, étaient très orientales.
> » (p. 384-385)
> 
> les PorTes s’ouvrenT 347
> 
> la maison de ‘abbúd. la maison de ‘Údí khammár est à l’arrière du
> bâtiment. bahá’u’ll1ah vécut dans les deux maisons.
> 
> il occupa finalement la pièce avec balcon
> avec cette liberté nouvelle dont tous bénéficiaient maintenant, les azalís
> passaient leur temps à trouver de nouveaux alliés pour faire du mal aux
> bahá’ís.
> 
> Puis Bahá’u’lláh révéla la tablette connue sous le nom de tablette du feu,
> d’après son premier verset : « en vérité, le cœur des fidèles se consume dans
> le feu de la séparation. »
> 
> unique parmi les écrits de l’auteur de la religion bahá’íe, ce texte fait
> immédiatement penser à cette intense communion mystique que le Christ
> expérimenta pendant la dernière nuit de sa vie dans le jardin de Gethsémani,
> ainsi que le cri qu’il lancera le jour suivant sur la croix : « mon dieu, mon
> dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » en lisant la tablette du feu, on est ému
> jusqu’au plus profond de soi par l’agonie de la manifestation suprême de
> dieu :
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Bahá se noie dans un océan de tribulations : où est l’arche de ton salut, ô
> sauveur des mondes ?… les branches de l’arbre divin gisent brisées par les
> vents impétueux du destin : où sont les bannières de ton secours, ô défenseur
> des mondes ?…les vents empoisonnés de la sédition jaunissent les feuilles :
> où sont les ondées des nuages de ta générosité, ô donateur des mondes ?…
> 
> vient alors la réponse :
> 
> ô Plume suprême, nous avons entendu ton plus mélodieux appel dans le
> royaume éternel : Prête l’oreille à ce que dit la langue de grandeur, ô victime
> des mondes ! sans le froid, comment pourrait prévaloir la chaleur de tes
> paroles, ô interprète des mondes ?
> 
> sans les calamités, comment pourrait briller le soleil de ta patience, ô lumière
> des mondes ? ne te lamente pas à cause des méchants. Tu fus créé pour subir
> et endurer, ô Patience des mondes !… Tu as planté la bannière de
> l’indépendance sur les plus hauts sommets, et fait surgir l’océan de
> générosité, ô extase des mondes ! Ta solitude fait resplendir le soleil de
> l’unicité et ton bannissement embellit la terre d’unité. sois patient, ô toi,
> exilé des mondes !
> 
> nous avons fait de l’humiliation le vêtement de ta gloire, de l’affliction
> l’ornement de ton temple, ô orgueil des mondes ! Tu vois les cœurs remplis
> de haine, alors montre-toi indulgent, ô toi qui caches les pêchés des mondes
> !…
> 
> Puis, de nouveau, la manifestation suprême du dieu Tout-puissant parle : oui,
> j’entends ton appel, ô Très-Glorieux Bien-aimé ! maintenant la chaleur des
> tribulations et le feu de ta parole étincelante enflamment le visage de Bahá. il
> se présente, fidèle, au lieu du sacrifice, aspirant à ton bon plaisir, ô
> ordonnateur des mondes !3
> 
> qu’on n’aille pas sous-estimer les risques, les dangers et la gravité extrême
> de la situation provoquée par les activités des azalís et leurs associés pour les
> bahá’ís enfermés dans acre. le harcèlement était épuisant, ininterrompu et en
> augmentation constante. la vie même de Bahá’u’lláh était mise en danger par
> le venin de leur hostilité.
> 
> d’après áqá rid∂á, le fait que l’opinion et l’attitude des notables et des
> fonctionnaires, à l’esprit empoisonné par les azalís, soient régulièrement
> transformées après chaque rencontre avec la Plus-Grande-Branche,
> augmentait chez ces malfaiteurs
> 
> les PorTes s’ouvrenT 349
> 
> leur fureur et leur audace. Poussés par une haine et une jalousie sans borne,
> ils faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour blesser Bahá’u’lláh et pour
> jeter le discrédit sur lui, sur sa cause et sur ses disciples. de plus, depuis la
> rupture de mírzá yah∂yá, qu’ils avaient suivi, áqá rid∂á nous apprend que
> mírzá rid∂á-qulí et sa sœur Badrí-Ján n’en faisaient qu’à leur tête et
> voulaient pour eux ce qu’il y avait de mieux. mírzá fad∂lu’lláh, fils de mírzá
> nas∂r’ulláh qui était mort à andrinople, et áqá ‘az∂ím-i-Tafrishí, qui étaient
> venus de Téhéran comme serviteurs des deux frères nas∂ru’lláh et rid∂á-qulí,
> se séparèrent de mírzá rid∂á-qulí et Badrí-Ján et cessèrent de les voir. Cette
> séparation enragea mírzá rid∂á-qulí à un point tel qu’il alla jusqu’à réunir
> quelques écrits de Bahá’u’lláh, en corrompit le texte par des altérations et
> des interprétations dans le but de leur donner un sens hérétique, anti-social et
> provoquant qu’il répandit largement dans le public pour l’inciter à la
> violence.
> 
> C’est alors que certains disciples de Bahá’u’lláh commencèrent à penser aux
> moyens de faire cesser ces activités. en dehors d’áqá h∂usayn et d’áqá rid∂á,
> dont nous avons utilisé les récits, nos sources pour ce terrible épisode
> comportent deux textes historiques, l’un de mírzá áqá Ján, le secrétaire de
> Bahá’u’lláh, et l’autre de áqá muh∂ammad-Javád-i-qazvíní. Ces deux
> hommes furent des témoins oculaires et tous les deux brisèrent l’alliance de
> Bahá’u’lláh après son ascension.
> 
> un arabe bahá’í nommé nás∂ir, connu aussi sous le nom de h∂ájí ‘abbás, vint
> de Beyrouth à acre, déterminé à faire taire les semeurs de troubles. Très
> probablement, il s’agit du même nás∂ir qui était impliqué dans le meurtre de
> h∆ájí mírzá ah∂mad-i-Káshání à Bagdad*. dès son arrivée à acre, son but
> devint clair et, non seulement Bahá’u’lláh ne le soutint pas mais il lui
> ordonna rapidement de retourner à Beyrouth, ce qu’il fit. muh∂ammad-Javád
> cite une épître adressée à nás∂ir qui le poussa à repartir. Ci-dessous, voici la
> traduction de ce texte, d’après le professeur Browne :
> 
> il est le soutien.
> 
> Je témoigne que tu as aidé ton seigneur et que tu es l’un de ses soutiens.
> Toutes
> 
> * d’après la chronique de nabíl, on trouve dans les compagnons de ∏áhirih
> qui l’accompagnent dans son voyage de Bagdad vers la Perse, un certain
> ‘ábid et son fils nás∂ir qui devint connu plus tard sous le nom de h∆ájí
> 
> ‘abbás. si ce nás∂ir est le même homme, et tout le fait penser, on peut dire
> alors que ses actions subséquentes reflètent un peu la ferveur et l’impétuosité
> qu’on pouvait trouver dans l’entourage de la célèbre héroïne bábíe.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> ärcher
> 
> dolf k
> 
> cre prise en 1914 par a
> 
> Vue aérienne d’a
> 
> les PorTes s’ouvrenT 351
> 
> choses témoignent de [la vérité] de mon témoignage : voilà le fond de la
> question, si tu es de ceux qui savent. aux yeux de ton seigneur, l’omniscient,
> qui comprend tout, le devoir d’aide c’est de faire ce qu’il te demande et
> approuve. va et ne fais pas ce d’où sortiraient des troubles ! mets ta
> confiance en dieu. Certes, il prendra qui il voudra, car il a le pouvoir sur
> toute chose. nous avons accepté tes intentions dans le chemin de dieu.
> retourne à ta place et commémore ton seigneur, le Puissant, le loué. » 4
> 
> après le départ de nás∂ir, quelques compagnons qui trouvaient cette situation
> tendue intolérable supplièrent Bahá’u’lláh de leur donner la permission
> d’agir avec les fauteurs de troubles selon leurs méthodes pour mettre fin à
> leurs activités sataniques. mais Bahá’u’lláh, loin de leur accorder la
> permission qu’ils désiraient, leur conseilla avec force d’éviter toute violence
> et toute vengeance. apparemment, muh∂ammad-ibráhím-i-Káshání lui-même
> rejoignit ces hommes mais s’en retira à la suite de l’injonction de
> Bahá’u’lláh. muh∂ammad-Javád rapporte qu’il était présent lorsqu’áqá
> muh∂ammad-ibráhím-i-Káshání suppliait Bahá’u’lláh de leur donner la
> permission d’éliminer siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání et ses associés.
> 
> Bahá’u’lláh ordonna à muh∂ammad-Javád de rentrer chez lui et d’y rester ; il
> ordonna aussi à son frère, mírzá muh∂ammad-qulí, de faire sortir áqá
> muh∂ammad-ibráhím, ce qu’il fit.
> 
> sept compagnons choisirent d’ignorer la forte injonction de Bahá’u’lláh : áqá
> muh∂ammad-i-ibráhím-i-náz∂ír, mírzá h∆usayn-i-najjár (originaire aussi de
> Káshán), áqá h∆usayn-i-áshchí (aussi de Káshán), mírzá Ja’far de yazd,
> ustád ah∂mad-i-najjár, áqá muh∂ammad-‘alíy-i-salmání et ustád ‘abdu’l-
> Karím-i-Kharrát, tous les deux d’ispahan. ils complotèrent pour débarrasser
> acre et les exilés du cauchemar causé par ces hommes mauvais. l’agitation
> était si grande dans toute la communauté que Bahá’u’lláh préféra s’isoler de
> tous. il fit ce qu’il avait déjà fait à andrinople au moment où la rébellion de
> mírzá yah∂yá allait bientôt éclater au grand jour : ne recevant personne, ne
> rencontrant personne.
> 
> les sept hommes persistèrent malgré tout dans leurs plans et commirent ces
> meurtres répugnants. ainsi moururent siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání,
> l’antéchrist de la révélation bahá’íe, l’incorrigible áqá Ján-i-Kaj-Kuláh, bras
> droit de siyyid muh∂ammad depuis andrinople et le capricieux mírzá rid∂á-
> qulíy-i-Tafrishí.
> disons clairement que rien ne justifie le meurtre. mais on peut deviner la
> pres-
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> sion supportée par les bahá’ís par le fait que l’un des sept assassins était áqá
> h∆usayn-i-áshchí dont nous citons souvent des extraits de ses mémoires. il
> est vrai qu’áqá h∆usayn était têtu et obstiné. il avait déjà tenu tête aux plus
> hautes autorités. mais il avait grandi dans la maison de Bahá’u’lláh depuis le
> début du séjour à Bagdad et son dévouement était total et sans équivalent.
> Pourtant, il succomba aux pressions exercées sur les bahá’ís par leurs
> adversaires.
> 
> il se trouve que les trois azalís logeaient dans une maison en face du Seraye.
> le bruit des coups de feu, les cris et les hurlements firent sortir de chez lui
> s∆álih∂ Páshá, le mutas∂arrif. alors le vacarme éclata, écrit áqá rid∂á : «
> Tous, jeunes et vieux, notables et petites gens, le gouverneur et le chef de la
> police, et l’armée, se levèrent comme un seul homme, armés de fusils et
> d’épées, ils se dirigèrent vers les maisons de Bahá’u’lláh et des compagnons,
> arrêtant tous ceux qu’ils rencontraient.
> 
> le mutas∂arrif, sa suite et l’armée entourèrent la maison de la Perfection
> bénie.
> 
> C’était en fin d’après-midi… »
> 
> C’était le moment de la journée où Bahá’u’lláh avait l’habitude de révéler
> des versets : « en vérité, la mer de calamité s’enfle et les rafales couchent
> l’arche de dieu, l’universel, l’absolu. ô nautonier, ne crains pas les
> bourrasques car Celui qui fait se lever l’aurore est avec toi dans cette
> obscurité qui enveloppe les mondes. » 5
> 
> une heure après le coucher du soleil un officier, un fonctionnaire que
> muh∂ammad-Javád appelle sa’íd Big, et ilyás ‘abbúd pénétrèrent dans le
> birúní. la Plus-Grande-Branche, áqá muh∂ammad-‘alíy-i-is∂fahání,
> h∆usayn-áqáy-i-Tabrízí et muh∂ammad-Javád-i-qazvíní étaient présents. les
> fonctionnaires leur demandèrent de les suivre jusqu’au Seraye. Puis ils
> demandèrent que Bahá’u’lláh vienne aussi. la Plus-Grande-Branche alla
> dans les quartiers privés et présenta leur requête à Bahá’u’lláh qui sortit de la
> maison. Comme il faisait très noir, un homme éclaira le chemin avec une
> lanterne.
> 
> áqá ridá nous dit que tous ceux qui rencontrèrent Bahá’u’lláh sur la route
> conduisant à la maison du gouverneur s’étonnèrent de la puissance émanant
> de sa personne. l’un des habitants d’acre, en le voyant ce jour-là, crut
> immédiatement en lui et rejoignit les rangs des compagnons. le Gardien écrit
> :
> 
> les PorTes s’ouvrenT 353
> 
> la consternation qui s’empara d’une communauté déjà accablée fut
> indescriptible.
> 
> l’indignation de Bahá’u’lláh ne connut plus de bornes. dans une tablette
> révélée peu de temps après cet acte, Bahá’u’lláh exprime ainsi son émotion :
> S’il nous fallait raconter tout ce qui nous est arrivé, les cieux se fendraient
> et les montagnes s’écrouleraient. 6
> 
> lorsque Bahá’u’lláh entra dans le Seraye, écrit muh∂ammad-Javád-i-qazvíní,
> s∆álih∂ Páshá le mutas∂arrif, salím mulkí le secrétaire général et d’autres
> fonctionnaires présents se levèrent. en entrant, Bahá’u’lláh prit un siège de
> l’autre côté de la pièce. le silence complet fut rompu par le commandant de
> la garnison : « est-il convenable que vos hommes accomplissent un acte
> aussi odieux ? » à quoi Bahá’u’lláh répondit : « si un soldat sous vos ordres
> brise une règle, serez-vous tenu pour responsable et puni ? » le silence
> retomba puis, d’après áqá rid∂á, Bahá’u’lláh se leva et passa dans une autre
> pièce.
> 
> les fonctionnaires partirent alors à la recherche d’autres compagnons. mírzá
> muh∂ammad-qulí, mírzá muh∂ammad-‘alí le deuxième fils vivant de
> Bahá’u’lláh et mírzá áqá Ján furent emmenés mais áqáy-i-Kalím étant
> malade, ils le laissèrent tranquille. muh∂ammad-Javád-i-qazvíní écrit que
> pendant toute la nuit la ville tout entière fut très agitée. Cette nuit-là, un
> vapeur russe jeta l’ancre devant acre et les fonctionnaires interdirent
> immédiatement tout entrée et toute sortie venant du navire.
> quatre heures après le coucher du soleil, on fit sortir Bahá’u’lláh du bureau
> du gouverneur et on le plaça avec son fils mírzá muh∂ammad-'alí dans une
> pièce du Khán-i-shávirdí*, la Plus-Grande-Branche était enfermé dans la
> prison límán et áqá mírzá muh∂ammad-qulí était placé encore ailleurs. on
> permit à mírzá áqá Ján d’aller à la maison chercher ce dont Bahá’u’lláh avait
> besoin pour la nuit puis il fut placé avec un certain nombre d’autres
> compagnons dans la prison du Seraye. en parlant de ces événements, le
> Gardien de la foi bahá’íe écrit : Bahá’u’lláh fut (...) détenu la première nuit,
> avec l’un de ses fils, dans une chambre du Khán-i-shávirdi ; transféré pour
> les deux nuits suivantes dans un logement plus convenable, au voisinage, il
> ne fut autorisé à regagner son domicile que soixante-dix
> 
> * Khán-i-shávirdí est l’un des caravansérails d’acre, construit probablement
> par al-Jazzár ou par sulaymán Páshá.
> 
> dans son coin sud-ouest on trouve le Burju’s-sulπán la seule encore debout
> des nombreuses tours des croisés qui entourèrent acre. l’aile est de ce khán
> est adjacente à la límán et servait d’extension à la prison, c’est donc
> probablement là que Bahá’u’lláh et son fils furent emprisonnés.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> khán-i-Shávirdí : à droite le burju’s-Sulπán et, derrière l’endroit où il est
> probable que les compagnons furent enfermés.
> heures plus tard. ‘abdu’l-Bahá fut jeté en prison et enchaîné la première nuit,
> après quoi il fut autorisé à rejoindre son père. vingt-cinq de leurs
> compagnons furent enfermés dans une autre prison et mis aux fers… 7
> 
> áqá rid∂á parle de h∂ájí ‘alí-'askar, cette âme dévouée qui, à andrinople, avait
> accepté volontiers le bannissement vers acre et l’emprisonnement. Ce
> croyant de la première heure avait rencontré le Báb des dizaines d’années
> avant et avait immédiatement embrassé sa cause. Comme il avait été absent
> de chez lui toute la journée, il n’avait pas été arrêté, mais ayant appris
> l’incarcération de ses coreligionnaires, il ne put dormir de la nuit et, dès
> l’aube, il se précipita vers le Seraye et frappa à la porte.
> 
> on lui dit de partir et de cesser de faire du bruit, mais il continua à frapper en
> disant qu’il devait partager leur sort. Pour le calmer il fallut le jeter en prison
> avec le reste des compagnons et il se retrouva dans la même pièce que
> Bahá’u’lláh.
> 
> finalement, le gouverneur télégraphia tout ce qui s’était passé à s∆ubh∂í
> Páshá, le vali de syrie qui n’apprécia pas la manière dont Bahá’u’lláh avait
> été traité et réprimanda le mutas∂arrif. le jour suivant Bahá’u’lláh était placé
> dans une pièce au-dessus de la límán.
> 
> les PorTes s’ouvrenT 355
> 
> khán-i-Shávirdí
> 
> l’après-midi du troisième jour, muh∂ammad-Javád écrit que Bahá’u’lláh, la
> Plus-Grande-Branche, mírzá muh∂ammad-'alí et mírzá muh∂ammad-qulí
> furent de nouveau conduits dans le bureau du mutas∂arrif. Bahá’u’lláh
> souffrait ce jour-là d’une légère fièvre et lorsqu’il dit au gouverneur et au
> mufti qu’ils n’avaient pas agi selon les décrets de dieu, le gouverneur
> l’informa qu’il était libre de retourner chez lui. lorsqu’il se leva ils se
> levèrent tous et, avec humilité s’excusèrent pour leur attitude tyrannique.
> alors, suivi de ses trois fils et de mírzá áqá Ján, il retourna à sa demeure.
> 
> le Gardien décrit ainsi l’événement :
> 
> lors de son interrogatoire, on lui demanda de décliner son nom et celui du
> pays d’où il venait. Ceci est plus évident que le soleil, répondit-il. on lui
> posa de nouveau la même question à laquelle il donna cette réponse : Je ne
> juge pas à propos d’en parler.
> 
> reportez-vous au farmán du gouvernement qui se trouve entre vos mains.
> une fois de plus, avec une déférence marquée, ils réitérèrent leur demande,
> sur quoi Bahá’u’lláh prononça, avec puissance et majesté, ces paroles : mon
> nom est Bahá’u’lláh (lumière de dieu), et mon pays est núr (lumière). soyez-
> en informés. se tournant alors vers le mufti, il lui adressa des reproches
> voilés, puis il parla à toute l’assemblée dans un lan-
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> gage si véhément et si élevé que nul n’osa lui répondre. après avoir cité des
> versets de la Súriy-i-Mulúk, il se leva et quitta l’assemblée. aussitôt après, le
> gouverneur lui fit savoir qu’il était libre de retourner chez lui, en exprimant
> ses regrets pour ce qui s’était passé.8
> 
> les sept meurtriers furent enfermés à la límán où ils restèrent sept ans. seize
> autres compagnons furent placés dans la même pièce du caravansérail où
> Bahá’u’lláh avait été détenu. ils y restèrent enfermés six mois.
> 
> dans son ouvrage, muh∂ammad-Javád-i-qazvíní parle ensuite du meurtre,
> antérieur à celui-ci, de deux autres personnes qu’il nomme h∆usayn-'alí de
> Káshán, connu sous le nom de Khayyáπ-Bashí, et h∆ájí ibráhím, lui aussi de
> Káshán. mais il ne donne pas le nom des assassins. Ces deux hommes, qui
> avaient toujours été inconstants, avaient gardé des liens avec les azalís tout
> en vivant avec les compagnons dans le Khán al-'umdán. d’après
> muh∂ammad-Javád, un jour, dans le bazar, h∆ájí ibráhím dénonça, en
> présence de l’intéressé, áqáy-i-Kalím au mufti. Cette action répréhensible
> souleva la colère des compagnons et quelques-uns d’entre eux (leurs noms
> ne sont pas donnés) les auraient assassinés avant de les enterrer dans une
> pièce de l’auberge. Cela se passait à un moment où, à cause de l’animosité
> montante des azalís, Bahá’u’lláh avait cessé de recevoir quiconque. mais
> siyyid-muh∂ammad avait remarqué leur disparition qu’il rapporta aux
> autorités. il n’y avait alors aucune raison de soupçonner un crime. mais après
> l’assassinat des trois azalís, le meurtre des deux káshánís refit surface.
> muh∂ammad-Javád ne mentionne toujours pas de noms mais indique qu’on
> apprit aux autorités que les deux hommes étaient morts du choléra et pour
> éviter qu’ils soient tous mis en quarantaine, on les avait immédiatement et
> discrètement enterrés dans une pièce du caravansérail. les autorités
> exhumèrent les corps et les enterrèrent près de ceux des azalís.
> 
> un autre point intéressant dans le texte de muh∂ammad-Javád-i-qazvíní est
> qu’il appelle Badr-i-Ján la femme de mírzá yah∂yá, sœur de mírzá rid∂á-
> qulíy-i-Tafrishí, qu’on appelle ailleurs Badrí-Ján. quant aux seize hommes
> emprisonnés dans le Khán-i-shávirdí, voici leurs noms : h∆ájí ‘alí-'askar-i-
> Tabrízí, son fils h∆usayn-áqá, et son frère mashhadí faππáh∂ ; hájí Ja’far et
> son frère hájí Taqí ; muh∂ammad-Javád-i-qazvíní lui-même ; áqá faraj-i-
> sult∂ánábádí ; áqá rid∂áy-i-shírází ; mírzá mah∂múd-i-Káshání ; hájí
> faraju’lláh-i-Tafrishí ; áqá ‘az∂ím-i-Tafríshí ; áqá
> 
> les PorTes s’ouvrenT 357
> 
> muh∂ammad-'alíy-i-is∂fahání ; áqá muh∂ammad-i-'alíy-i-yazdí ; darvísh
> s∆idq-
> 
> 'alíy-i-qazvíní ; áqá muh∂ammad-ibráhím-nayrízí connu sous le nom d’amír-
> i-nayzírí et h∆ájí áqáy-i-Tabrízí.
> 
> nabíl-i-a’z∂am et áqá muh∂ammad-h∆asan, le fils de ustád Báqir-i-Káshání,
> furent aussi détenus pendant quelques jours, mais parce qu’ils ne faisaient
> pas partie du groupe des exilés, ils furent envoyés à Tripoli près de
> Beyrouth.
> la situation dans laquelle Bahá’u’lláh et ses compagnons se trouvaient est
> décrite par le Gardien :
> 
> une population déjà mal intentionnée envers les exilés fut, après un pareil
> incident, enflammée d’une animosité effrénée contre tous ceux qui portaient
> le nom de la foi pro-fessée par ces exilés. les accusations d’impiété,
> d’athéisme, de terrorisme et d’hérésie leur furent, ouvertement et sans
> retenue, jetées à la figure. (…) même les enfants des exilés retenus en prison,
> quand ils s’aventuraient à se montrer dans les rues pendant cette période,
> furent poursuivis, dénigrés et bombardés de pierres.
> 
> la coupe des tribulations de Bahá’u’lláh était maintenant prête à déborder…
> 
> même ilyás ‘abbúd fut si inquiet et même terrifié qu’il entreprit de barricader
> sa maison pour en empêcher tout accès depuis la maison de ‘Údí Khammár,
> dans laquelle vivait Bahá’u’lláh.
> 
> áqá rid∂á nous a laissé une image très forte des jours de leur détention dans
> le Khán-i-shárvirdí. les artilleurs chargés de les surveiller s’inquiétaient du
> moindre de leurs mouvements et les traitaient avec une grande rudesse. les
> exilés étaient constamment insultés. Pourtant, peu à peu, leur attitude et leur
> gentillesse brisèrent toutes les barrières au point que leurs geôliers leur
> avouèrent qu’on les avait montés contre eux. le jour vint enfin où, bien avant
> leur libération, les exilés furent autorisés à visiter d’autres maisons ainsi que
> la maison de Bahá’u’lláh. dans l’après-midi ils invitaient les artilleurs et les
> policiers à boire du thé. ils plantèrent des fleurs dans la cour et s’occupèrent
> de la propreté de l’auberge. les geôliers finirent par leur avouer leur dégoût
> de l’attitude des gens haut placés qui restaient inébranlables, refusant de
> libérer définitivement les exilés. mais la libération était proche. le
> gouverneur fut révoqué et ah∂mad Big Tawfíq, un homme juste, le remplaça.
> 
> 36.
> 
> la roue tourne
> 
> enfin, nous dit áqá rid∂á, les artilleurs se révoltèrent contre les
> tergiversations des autorités. ils prirent quelques exilés avec eux et, allant au
> Seraye, dirent carrément : « nous sommes des soldats, pas des geôliers. si ces
> hommes sont des criminels, jetez-les en prison. sinon, laissez-les rentrer
> chez eux en paix. nous refu-sons de continuer à les garder. » les autorités
> cédèrent et finalement le nouveau gouverneur obtint les papiers nécessaires
> et relâcha les compagnons qui avaient été enfermés sans raison dans le
> Khán-i-shávirdí.
> 
> le Gardien de la foi bahá’íe écrit :
> 
> la reconnaissance graduelle de la totale innocence de Bahá’u’lláh par toutes
> les couches de la population, la lente pénétration du véritable esprit de ses
> enseignements dans la solide croûte de leur indifférence et de leur bigoterie,
> le remplacement du gouverneur - dont l’esprit avait été irrémédiablement
> faussé au sujet de la foi et des croyants
> 
> - par ahmad Big Tawfiq, un homme perspicace et humain, les travaux
> ininterrompus de
> 
> ‘abdu’l-Bahá, alors en pleine maturité et qui, par ses contacts avec la masse
> de la population, prouvait de plus en plus ses capacités d’agir en tant que
> bouclier de son père, le renvoi providentiel des fonctionnaires qui avaient
> fait prolonger la réclusion des compagnons innocents de Bahá’u’lláh, tout
> cela préparait la voie à la réaction qui se dessi-nait maintenant… 1
> 
> ah∂mad Big Towfíq fut si ébloui et captivé par la majesté du port, le charme
> des manières, la dignité de l’attitude et la grande connaissance de la Plus-
> Grande-Branche qu’afin de lui montrer sa révérence, il ôtait ses chaussures
> en sa présence.
> 
> les écrits de Bahá’u’lláh que les opposants avaient collectés pour monter les
> autorités contre la foi firent aussi une profonde impression sur cet homme
> juste, désireux d’apprendre. le Gardien écrit encore :
> 
> le bruit courut qu’il choisissait ses conseillers favoris parmi ces mêmes
> exilés qui étaient les disciples du prisonnier commis à sa garde. il avait
> coutume
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> acre vue du nord-est, dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle. À
> droite, la mosquée al-Jazzár. au premier plan, l’acqueduc.
> 
> À gauche au fond, le mont carmel et haïfa.
> 
> (d’après Wilson, Picturesque Palestine )
> 
> d’envoyer son propre fils auprès de ‘abdu’l-Bahá pour qu’il l’éclaire et l’ins-
> truise. C’est à l’occasion d’une audience longtemps désirée avec Bahá’u’lláh
> que celui-ci, répondant au désir du gouverneur de lui rendre quelque service,
> lui suggéra de réparer l’aqueduc*, abandonné et hors d’usage depuis trente
> ans, suggestion qu’il s’empressa de suivre. 2
> 
> áqá rid∂á écrit que la première fois qu’ah∂mad Big Towfíq rencontra la Plus-
> Grande-Branche, c’était sur la plage où ‘abdu’l-Bahá était venu nager. le
> gouverneur vint aussi et s’assit pour l’écouter. il avait lu les écrits, remis au
> gouvernement pour compromettre la foi, ce qui avait eu l’effet inverse et lui
> avait donné envie de rencontrer ‘abdu’l-Bahá. il était très impressionné et
> perplexe. ainsi, voyant que
> 
> ‘abdu’l-Bahá était au bord de la mer, il y vint et tous ses doutes s’envolèrent.
> Par la suite il fit retranscrire pour lui tous les écrits de Bahá’u’lláh qu’il avait
> en sa possession dans le meilleur style calligraphique.
> 
> même ilyás ‘abbúd, qui avait été horrifié de se découvrir voisin de
> Bahá’u’lláh, s’était calmé, et, conquis, il devint si dévoué à Bahá’u’lláh et à
> son fils aîné qu’il fit d’abord démolir les obstacles qu’il avait érigés entre les
> deux mai-
> 
> * Cet aqueduc allait de la source de Kabrí à la maison de ‘abdu’lláh Páshá à
> mazra’ih, puis de là jusqu’à Bahjí pour arriver à acre en entrant près du Burj
> al-Kummandar. le premier qui construisit un aqueduc de Kabrí jusqu’à acre
> fut al-Jazzár, mais il était construit à l’est de celui-ci qui fut édifié par
> sulaymán Páshá en 1814. il fut amélioré par ‘abdu’lláh Páshá qui s’en servait
> pour alimenter ses propriétés de mazra’ih et de Bahjí. mais au moment de
> l’arrivée de Bahá’u’lláh à acre, il était en ruine .
> 
> la roue Tourne 361
> 
> sons pour enfin offrir sa propre maison à Bahá’u’lláh. on se rappelle que
> lorsque
> 
> ‘Údí Khammár avait déménagé dans sa nouvelle demeure hors d’acre, sa
> maison avait été mise à la disposition de Bahá’u’lláh et de sa famille. il
> s’agissait de la maison en arrière de celle de ‘abbúd, éloignée du front de
> mer, dans laquelle Bahá’u’lláh occupait une pièce dominant une cour
> intérieure (le sah∂atu’l-‘abbúd).
> 
> lorsqu’après quelques années ilyás ‘abbúd lui offrit sa maison, Bahá’u’lláh
> déménagea dans une pièce qui regardait la mer et les conditions d’exiguïté
> que connaissait la famille s’améliorèrent. aujourd’hui, l’ensemble des
> maisons dans lesquelles Bahá’u’lláh et sa famille vécurent pendant six ans
> s’appelle : Bayt ‘abbúd. C’est sur l’insistance de cet homme que Bahá’u’lláh
> accepta finalement de recevoir le mutas∂arrif. un jour, en fin d’après-midi, il
> entra en présence de Bahá’u’lláh « humblement et en silence » comme l’écrit
> áqá rid∂á. ilyás ‘abbúd faisait signe à ceux qui étaient présents d’apporter un
> qalyán (houka ou narguilé) pour le gouverneur, mais ah∂mad Big leur fit
> signe de n’en rien faire, car il ne se le permettrait pas en présence de son
> prisonnier. Bahá’u’lláh lui demanda de revoir toutes les situations de ceux
> qui avaient été emprisonnés ce que le gouverneur fit immédiatement. il reprit
> chaque cas avec soin et équité, y compris le cas de ces sept emprisonnés
> dans la pièce, occupée par bahá’u’lláh dans la maison de ‘abbúd, qui fait
> face à la mer (photo : gunther Spank)
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> la terrible límán. Ceux qui savaient que dans le passé les autorités
> demandaient 300 livres sterling avant de laisser quiconque quitter le Khán-i-
> shárvidí, furent étonnés de le voir permettre aux compagnons qui avaient été
> retenus pendant plusieurs mois de retourner chez eux dans l’autre
> caravansérail. et nous savons déjà que les sept meurtriers ne furent pas
> relâchés.
> 
> mais Badrí-Ján continuait à faire des histoires, se plaignant que sa vie était
> en danger, que les compagnons la tueraient comme ils avaient tué son frère
> mírzá rid∂á-qulí. alors ah∂mad Big Towfíq décida qu’elle devrait rejoindre
> son mari, mírzá yah∂yá, ce qu’elle refusa, et il fallut que la police l’emmène
> de force. une fois à Chypre, elle montra son aversion pour mírzá yah∂yá en
> évitant famagouste et en allant vivre dans une autre ville, probablement
> nicosie. de Chypre, elle partit un ou deux ans plus tard, à smyrne puis à
> istanbul où elle habita chez un marchand de tabac persan. nous savons que
> ses filles furent mariées à shaykh ah∂mad-i-rúh∂í et mírzá áqá Khán-i-
> Kirmání.3 six années plus tard, apprenant que la femme de mírzá yah∂yá, la
> mère de mírzá ah∂mad, était morte, elle retourna à Chypre rejoindre son
> mari.
> 
> ainsi se passèrent les deux années du gouvernorat d’ah∂mad Big Towfíq
> avant Vue prise de la pièce de bahá’u’lláh dans la maison de ‘abbúd, 1922
> 
> la roue Tourne 363
> 
> qu’il soit appelé à un autre poste. Pendant ces années, ni Bahá’u’lláh ni son
> fils aîné ne lui avaient fait preuve de faveurs particulières. mais sitôt qu’on
> apprit qu’il allait partir, il reçut une telle hospitalité qu’elle en étonna la
> populace. mais on comprit que lorsqu’il tenait les rênes du pouvoir à acre,
> cette hospitalité aurait pu être mal interprétée. sur la tour près du bord de
> mer, tout près de Bayt ‘abbúd, ‘abdu’l-Bahá fit dresser une tente où le
> gouverneur put recevoir ses invités et tous ceux qui venaient lui dire adieu.
> Pendant tout le temps qu’il resta là préparant son départ, déjeuners et dîners
> lui furent offerts. il demanda une copie du Plus-Grand-nom que mírzá
> muh∂ammad-‘alí, le fils de Bahá’u’lláh, qui était un vrai maître calligraphe,
> dessina pour lui. et jusqu’au dernier jour ah∂mad Big Towfíq exprima sa
> tristesse à devoir bientôt quitter Bahá’u’lláh et son fils aîné.
> 
> ainsi la roue tourna jusqu’à ce que shaykh mah∂múd en personne, le muftí
> d’acre, donne son allégeance au Prisonnier qui, suivant l’ordonnance du
> sultan, calife de la maison ottomane, devait être gardé en étroite réclusion.
> mais personne ne pouvait penser aujourd’hui à appliquer ce décret.
> 
> Passons maintenant à l’histoire de shaykh mah∂múd. C’était un homme
> connu à acre, très fanatique et, au début, très hostile aux exilés. des années
> plus tard, après avoir offert son allégeance à Bahá’u’lláh, il raconta son
> odyssée spirituelle.
> 
> il se souvenait être devenu fou de rage en entendant le farmán* du sultan
> ‘abdu’l-
> ‘azíz lu dans la mosquée et, ne pouvant se contenir, il s’était rendu aux
> portes de la citadelle et avait demandé à y entrer. Comme c’était un citoyen
> important d’acre, les gardes n’osèrent pas ignorer sa demande et le laissèrent
> pénétrer tout en l’informant qu’il ne pourrait pas voir Bahá’u’lláh sans
> permission. il demanda cette permission et la réponse de Bahá’u’lláh fut
> qu’il devait d’abord changer son état d’esprit (grossier et insultant) avant de
> chercher une rencontre. Cette réponse le secoua considérablement mais ne
> diminua pas son hostilité et sa colère. Peu après, il refit une demande de
> rencontrer Bahá’u’lláh. Cette fois, il avait caché une arme sur lui avec
> l’intention de s’en servir. et la réponse vint : qu’il se débarrasse d’abord de
> ce qu’il porte. shaykh mah∂múd fut vraiment surpris. il se demandait, qui
> était cet homme qui connaît le secret des cœurs ? à sa troisième tentative, il
> 
> * Ce farmán avait été perdu, pensait-on, dans l'incendie du Seraye, mais il
> avait survécu au désastre et, de nombreuses années plus tard, il arriva
> comme par miracle entre les mains de 'abdu'l-Bahá.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> avait changé et fut introduit dans la pièce où était Bahá’u’lláh. il se jeta à ses
> pieds en déclarant sa foi en lui, quel qu'il soit !
> 
> ainsi devint bahá'í, shaykh mah∂múd, toujours prêt à servir son seigneur,
> jadis un féroce ennemi.
> 
> mírzá núri'd-dín-i-zayn raconte, dans ses mémoires, que shaykh mah∂múd
> avait l'habitude de sortir dans la campagne environnante, la nuit, portant une
> lanterne. Chaque fois qu'il rencontrait un bahá'í venu de loin et incapable
> d'entrer dans la ville, il lui donnait la lanterne et, le pèlerin portant la
> lanterne comme un serviteur devant son maître, ils entraient dans la ville
> puis dans la citadelle. ils ressor-taient de la même manière. après l'ascension
> de Bahá'u'lláh, en attendant qu'on renforce le mur extérieur de la pièce qui
> sert de tombeau, shaykh mah∂múd monta la garde sous une tente près du
> mur. le travail dura environ une semaine.
> 
> le mariage de la plus-grande-branche
> 
> deux frères originaires d’ispahan, mírzá muh∂ammad-‘alíy-i-nahrí et mírzá
> hádíy-i-nahrí furent guidés par le Bábu’l-Báb vers la religion nouvelle qui
> s’était levée à Chiraz. un troisième frère, mírzá ibráhím, dont le nom est
> immortalisé non pas par ses propres réalisations mais par celles de ses deux
> fils* qui atteignirent au sacrifice suprême, ne les suivit pas dans cette voie. il
> resta non seulement distant mais il aida à priver ses frères d’une bonne part
> de leur patrimoine à cause de leur reconnaissance du qá’im de la famille de
> muh∂ammad lorsqu’il éclaira le monde.
> 
> mírzá muh∂ammad-‘alí et mírzá hádí étaient les fils de mírzá siyyid mihdíy-
> i-nahrí, un homme très fortuné dont le père, siyyid muh∂ammad-i-hindí
> (l’indien), natif de zavárih (petit village proche d’ispahan), avait acquis de
> grandes richesses en inde en épousant une fille de la maison royale indienne.
> Pendant son séjour en inde, un voyant avait promis à siyyid muh∂ammad
> que ses descendants seraient, avant longtemps, témoins de la venue du
> qá’im. C’est pourquoi, il avait spécifié dans son testament que le gros de sa
> fortune devait être placé aux pieds de ce
> 
> « seigneur de l’Âge ».
> 
> après la mort de siyyid muh∂ammad-i-hindí, son fils, h∆ájí siyyid mihdí
> émigra en irak et séjourna à najaf. il y possédait, ainsi qu’à Kerbéla, des
> magasins et des caravansérails construits pour le confort du public. il
> possédait aussi une sorte de petit ruisseau, comme un canal, dont les gens
> bénéficiaient grandement. voilà pourquoi on le connaissait sous le nom de
> nahrí : de la rivière.
> 
> à Kerbéla, du vivant de siyyid Káz∂im-i-rashtí, mírzá muh∂ammad-‘alí et
> mírzá hádí avaient été très attirés par le maintien, la dévotion et la courtoisie
> d’un jeune siyyid de Chiraz. aussi, lorsqu’ils entendirent parler de l’aube qui
> se levait à Chiraz, il se souvinrent de leur rencontre avec le jeune siyyid
> shírází et ils ne se trompaient pas car il s’agissait bien de siyyid ‘alí-
> muh∂ammad, le Báb.
> 
> * Ces fils étaient mírzá h∆asan et mírzá h∆usayn qui gagnèrent la couronne
> du martyre et à qui la Plume très exaltée conferra les titre de sulπánu’s-
> shuhadá (le roi des martyrs) et mah∂búbu’s-shuhadá (le bien-aimé des
> martyrs).
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> on rapporte que la femme de h∆ájí siyyid mihdí était connue pour sa piété et
> sa stricte observance des dévotions de sa religion. avant la naissance de ses
> deux fils, elle avait rêvé une nuit que deux splendides pleines lunes, sortant
> du puits situé dans la cour de leur maison allaient se poser sur l’étagère où
> elle plaçait ses vêtements.
> 
> Ce rêve l’avait tellement enchantée que le lendemain à l’aube elle se
> précipitait vers la maison d’un célèbre mujtahid, h∆ájí siyyid muh∂ammad-
> Báqir-i-shaftí, pour lui demander de l’interpréter. il la rassura, disant que son
> rêve indiquait que deux de ses enfants deviendraient des lumières
> étincelantes dont l’éclat illuminerait les annales de leur famille. Peu après
> naissait mírzá muh∂ammad-‘alí et, quinze mois plus tard, mírzá hádí. en
> grandissant, l’aîné montrait du talent et du goût pour les études théologiques
> tandis que le plus jeune évitait le marché où son père faisait du commerce
> pour se consacrer à une vie de prière et de méditation. le mujtahid dont il est
> question plus haut fut si impressioné par le maintien et l’attitude de mírzá
> hádí qu’il lui donna sa nièce en mariage. Cette dame qui allait devenir la
> belle-mère du roi des martyrs reçu de la Plume sublime [Bahá’u’lláh] le titre
> de shamsu’d-d∆uh∂á (lumineuse orbe).
> 
> d’autres fils de mírzá siyyid mihdíy-i-nahrí s’opposèrent aux deux frères qui
> avaient épousé la cause du Báb et les privèrent de leur part d’héritage. eux
> offrirent à T∆ahirih, pendant son séjour à Kerbéla, une boîte de bijoux qui
> avait appartenu à leur père. C’est en les vendant que T∆ahirih put couvrir ses
> dépenses. mírzá muh∂ammad-‘alí était à ispahan et vivait dans un collège
> théologique, la madrisih-i-Kásihgarán, pendant que sa femme, n’ayant pas
> d’enfants, vécut et mourut à Kerbéla. alors un autre bábí d’ispahan, h∆ájí
> áqá muh∂ammad-i-nafaqih-furúsh, suggéra à mírzá muh∂ammad-‘alí de
> quitter le collège pour venir s’installer dans sa maison et y épouser sa sœur,
> ce qu’il accepta. mais ce mariage aussi resta sans enfant jusqu’à l’arrivée du
> Báb à ispahan.
> le gouverneur d’ispahan, manúchihr Khán, le mu‘tamidu’d-dawlih, avait
> demandé à mír siyyid muh∂ammad, l’imám-Jum‘ih de cette ville, de
> recevoir et de loger le Báb. et l’imám-Jum‘ih avait chargé mírzá ibráhím,
> frère de mírzá muh∂ammad-‘alíy-i-nahrí, qui gérait ses propriétés, d’être
> l’hôte du Báb. une nuit, plusieurs personnes furent invitées pour dîner avec
> le Báb et mírzá muh∂ammad-
> 
> ‘alíy-i-nahrí fut l’un d’eux. le Báb lui demanda s’il avait des enfants et en
> apprenant que, malgré deux mariages, il n’en avait toujours pas, le Báb offrit
> une cuille-
> 
> le mariaGe de la Plus-Grande-BranChe 367
> 
> rée de son dessert à mírzá muh∂ammad-‘alí qui en mangea un peu et garda le
> reste pour sa femme. Peu de temps après, elle fut enceinte. mais de
> nombreux événements s’étaient passés depuis le séjour du Báb à ispahan et il
> était maintenant prisonnier de la forteresse de máh-Kú en azerbaïdjan
> pendant que ses disciples rencontraient opposition et persécution. en réponse
> à l’appel du Báb, mírzá muh∂ammad-‘alíy-i-nahrí et vingt-cinq bábís
> d’ispahan et de ses environs, partirent vers le Khorassan et, avec beaucoup
> d’autres disciples du Báb, se réunirent dans le hameau de Badasht pour
> délibérer. avant de partir il informa sa femme, qui attendait leur enfant, que
> si c'était une fille elle devrait s’appeler fáπimih. et c’est cette enfant,
> première-née du mariage de mírzá muh∂ammad-‘alíy-i-nahrí et de la sœur
> d’áqá muh∂ammad-i-nafaqih-furúsh qui deviendra la femme de la Plus-
> Grande-Branche, le fils aîné de Bahá’u’lláh.
> 
> mírzá muh∂ammad-‘alí a raconté que lorsque la conférence de Badasht fut
> terminée et que ses participants furent attaqués par les habitants de níyálá,
> lui et son frère mírzá hádí, ainsi que d’autres bábís, empruntèrent une route
> pour échapper à leurs persécuteurs. Très fatigué mírzá hádí s’évanouit ; ils se
> réfugièrent dans un caravansérail en ruine, mais au cours de la nuit, mírzá
> hádí mourut. au matin, mírzá muh∂ammad-‘alí s’aperçut que ses
> compagnons étaient déjà partis. son sort semblait désespéré, car où trouver
> de l’aide pour enterrer son cher frère ? alors qu'il se tenait devant les portes
> du caravansérail, les yeux dans le vague, regardant sans les voir les ruines
> qui l’entouraient, apparut une femme qui s’arrêta et lui demanda qui il était
> et ce qu’il faisait. mírzá muh∂ammad-‘alí répondit que le corps de son frère
> mort gisait à l’intérieur et qu’il avait besoin d’aide pour l’enterrer. étonné et
> soulagé il entendit la femme lui répondre : « ne vous faites pas de souci.
> Cette nuit j’ai rêvé de dame fát∂imih qui m’a dit : « un de mes descendants
> vient de mourir dans ce caravansérail, vas-y pour aider à son enterrement »
> et voilà pourquoi je suis là. » alors la femme partit chercher quelques
> hommes dans son village tout proche.
> 
> ils lavèrent et enroulèrent le corps dans un linceul puis le mirent en terre au
> bord de la route. épuisé, ayant vu son frère mourir et n’ayant aucune
> nouvelle de sa sœur depuis Badasht, mírzá muh∂ammad-‘alí retourna à
> ispahan.
> 
> les années passèrent. les rangs bábís avaient été décimés. le Báb avait subi le
> martyre. Puis vint l’attentat contre le chah nás∂iri’d-dín et beaucoup des
> coreligionnaires de mírzá muh∂ammad-‘alí connurent aussi le martyre.
> Jináb-i-Bahá
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> [Bahá’u’lláh], qu’il avait connu à Badasht, fut banni en irak et, entre-temps,
> ses neveux mírzá h∆asan et mírzá h∆usayn avaient embrassé la nouvelle
> religion.
> 
> la célébrité de Jináb-i-Bahá se répandait au loin. l’oncle et les neveux
> décidèrent de partir en irak pour le rencontrer. en chemin, les neveux
> suppliaient souvent leur oncle de se faire leur porte-parole quand ils
> atteindraient l’irak, et mírzá muh∂ammad-‘alí les rassurait : « ne soyez pas
> inquiets. Jináb-i-Bahá et moi sommes devenus de grands amis à Badasht. Je
> le connais très bien. »
> 
> mais dès qu’ils se trouvèrent en présence de Bahá’u’lláh, mírzá
> muh∂ammad-
> 
> ‘alíy-i-nahrí devint muet et sa déférence ne connut plus de limites. en
> sortant, les neveux insistèrent pour savoir ce qui était arrivé à leur oncle, lui
> qui se réclamait d’une grande amitié avec Bahá’u’lláh ; il ne put que leur
> répondre : « mais ce n’est plus le Jináb-i-Bahá que j’ai connu à Badasht. Je
> jure par le dieu Tout-Puissant ! il est bien le Promis du Bayán, « Celui que
> dieu manifestera ».
> 
> Pour sa part, Bahá’u’lláh offrit d’abondance son amour divin à ces croyants
> humbles et dévoués d’ispahan. il rappellera à mírzá muh∂ammad-‘alíy-i-
> nahrí :
> 
> « vous n’avez pas oublié que nous étions proches et de grands amis à
> Badasht. »
> 
> Sháh-Sulπán khánum (khánum buzurg), demi-sœur de bahá’u’lláh
> 
> le mariaGe de la Plus-Grande-BranChe 369
> 
> Bahá’u’lláh avait l’intention de donner sa nièce, shahr-Bánú Khánum, la fille
> de mírzá muh∂ammad-h∆asan, en mariage à son fils aîné. C’était aussi le
> grand espoir du père qui accourut à Bagdad et supplia Bahá’u’lláh de créer
> cette union.
> 
> mais il mourut avant que la Plus-Grande-Branche atteigne l’âge nécessaire.
> et lorsque Bahá’u’lláh envoya áqá muh∂ammad-Javád-i-Káshání (le père
> d’áqá h∆usayn-i-áshchí) à Téhéran, porteur d’une bague et d’un châle de
> cachemire, suivant la coutume du temps, pour demander la main de shahr-
> Bánú Khánum pour
> 
> ‘abbás, la Plus-Grande-Branche, ce fut un échec. sháh-sult∂án Khánum
> (connue sous le nom de Khánum Buzurg : la grande dame), demi-sœur de
> Bahá’u’lláh qui prendra un jour le parti de mírzá yah∂yá, et son demi-frère
> h∆ájí mírzá rid∂á-qulí, qui remplaçait le père décédé de la jeune fille,
> refusèrent de la laisser partir en irak pour épouser la Plus-Grande-Branche.
> elle sera mariée à mírzá ‘alí Khán, fils du grand vizir mírzá áqá Khán. le
> frère de shahr-Bánú Khánum, mírzá fad∂lu’lláh, le niz∂ámu’l-mamálik, un
> disciple dévoué de Bahá’u’lláh, écrivit que sa sœur ne s’habitua jamais à ce
> mariage forcé arrangé par son oncle et sa tante, et se laissa dépérir jusqu’à ce
> que, jeune encore, la tuberculose l’emportât. on a dit que h∆ájí mírzá rid∂á-
> qulí avait refusé le mariage avec la Plus-Grande-Branche parce qu’il
> craignait que cela déplaise à nás∂iri’d-dín sháh qui l’aurait alors réprimandé.
> 
> naturellement, les conjectures allaient bon train pour deviner qui la Plus-
> Grande-Branche allait épouser. on raconte qu’un jour Bahá’u’lláh décrivit à
> siyyid mihdíy-i-dahijí un rêve qu’il avait eu : « nous rêvâmes que le visage
> de la charmante fille de notre frère mírzá h∆asan, dont nous avions demandé
> la main pour la Plus-Grande-Branche, devenait de plus en plus sombre
> jusqu’à ce qu’il disparaisse et soit remplacé par une autre fille au visage et au
> cœur lumineux, et nous la choi-sîmes comme femme pour la Plus-Grande-
> Branche. »
> 
> Pendant ce temps à ispahan, fáπimih Khánum, la fille de mírzá
> muh∂ammad-
> 
> ‘alíy-i-nahrí, fut mariée à son cousin, un jeune frère du roi des martyrs et du
> bien-aimé des martyrs. fáπimih Khánum avait consenti à ce mariage bien
> qu’elle ne l’ait pas désiré, mais, étrangement, à la grande surprise de ses
> parents, pendant leur nuit de noce le jeune époux n’approcha pas son épouse.
> quelque temps plus tard, le jeune homme mourut brusquement. Peu après
> une épître adressée au roi des martyrs arriva à ispahan, dans laquelle
> Bahá’u’lláh écrivait : « nous considérons que nous sommes associés. » il en
> fut surpris et se demanda si l’un des membres de sa
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> famille avait envoyé une supplique à Bahá’u’lláh. mais, après enquête, on
> l’assura que non. il conseilla à tous de n’en souffler mot à personne et
> d’attendre la suite. quelques mois plus tard shaykh salmán le coursier, arriva
> à ispahan. il dit au roi des martyrs : « Je vous apporte la nouvelle d'une
> merveilleuse générosité.
> 
> Je suis chargé d'emmener votre cousine, la fille de feu mírzá
> muh∂ammad-‘alí, en Terre sainte, en passant par la mecque, comme des
> pèlerins en h∂ajj. vous devez faire en sorte que nous soyons prêts à quitter
> ispahan à temps pour le pèlerinage, en passant par Chiraz et Bouchir. Tout
> cela doit être fait dans la discrétion et personne ne doit entendre parler de
> notre voyage avant notre départ. » le temps venu, fáπimih Khánum et son
> frère siyyid yah∂yá, accompagnés par shaykh salmán et un serviteur
> partirent pour Chiraz. en y arrivant, ils s’installèrent dans un caravansérail
> mais, très vite, les afnán vinrent les conduire à la maison de h∆ájí mírzá
> siyyid muh∂ammad, l’oncle maternel du Báb. nous étions en 1872.
> 
> le lendemain, Khadíjih-Bigum, la femme du Báb, rendit visite à fáπimih
> Khánum et la conduisit à la maison de h∆ájí mírzá siyyid ‘alí, l’oncle martyr
> du Báb, où elle-même vivait. Ces deux maisons étaient proches l’une de
> l’autre.
> 
> dans sa courte autobiographie, fáπimih Khánum écrit :
> 
> d’une grande probité, la femme de l’oncle [du Báb] était très pieuse mais elle
> n’était pas confirmée dans cette merveilleuse cause. [C’était une demi-sœur
> de la femme du Báb]. elle disait toujours : « quel tumulte notre mírzá ‘alí-
> muh∂ammad a causé dans le monde ! Tant d’âmes précieuses qui périrent !
> Tant de sang répandu ! » je lui répondais poliment : « Chère madame, notre
> mírzá ‘alí-muh∂ammad était le qá’im de la famille de muh∂ammad, le
> Promis de toutes les écritures. Chaque fois qu’au cours des âges l’appel de
> dieu a résonné, le tumulte causé dans le monde fut le même et des rivières de
> sang coulèrent. C’est toujours pareil. vous qui lisez le coran jour et nuit,
> vous connaissez ces versets : «…et chaque fois qu’un messager vient vers
> vous avec ce que votre âme ne veut pas, vous devenez arrogants, et
> quelques-uns mentent, et quelques-uns sont tués. » ou encore : « ah !
> malheur à ces serviteurs ! Chaque fois qu’un messager vient vers eux, ils se
> moquent de lui. » Je lus encore quelques versets tirés du coran. elle répondit
> : « nul ne sait le sens réel de ce qui est dans le coran, excepté dieu et les
> érudits. » Je répondis ;
> « Très bien, je n’insiste pas, gardez votre opinion et vos préférences. mais
> laissons le coran et lisons ces vers du Mathnaví [la grande œuvre poétique
> de Jaláli’d-dín-i-rúmí].
> 
> qu’inflige Pharaon à moïse, au messager de dieu ?… nous avons passé
> beaucoup de temps à lire le Mathnaví… après notre départ de Chiraz, elle
> accepta la foi.1
> 
> le mariaGe de la Plus-Grande-BranChe 371
> 
> Fáπimih, Munírih khánum, épouse de ‘abdu’l-bahá
> 
> dans la Gloire du Père
> fáπimih Khánum, qui prendra bientôt le nom que lui donnera Bahá’u’lláh :
> munírih Khánum, rapporte dans son autobiographie ce que la femme du Báb
> lui dit d’elle-même :
> 
> une nuit je rêvai que fáπimih [la fille du Prophète] était venue chez nous
> pour demander ma main. mes sœurs et moi allâmes à sa rencontre heureuses
> et impatientes.
> 
> elle se leva, m’embrassa sur le front. dans mon rêve, je sentis qu’elle
> m’approuvait. au matin, je ressentais encore beaucoup de joie, mais la
> modestie m’empêcha de parler de mon rêve à quiconque. le jour même dans
> l’après-midi, la mère de cet être béni [le Báb]
> 
> vint nous rendre visite. ma sœur et moi allâmes à sa rencontre et, exactement
> comme dans mon rêve, elle se leva et m’embrassa sur le front. une fois
> partie, ma sœur aînée me dit qu’elle était venue pour demander ma main. Je
> dis : « quelle chance j’ai ! » et je racontai mon rêve de la nuit précédente… »
> 
> fáπimih Khánum apprécia beaucoup son séjour à Chiraz et particulièrement
> ses rencontres avec la femme du Báb. mais, trop tôt pour elle, vint le
> moment où shaykh salmán accéléra le départ pour l’étape suivante du
> voyage. il dit à fáπimih Khánum et siyyid yah∂yá que Bahá’u’lláh tenait
> beaucoup à ce qu’ils voyagent avec la caravane de pèlerins allant à la
> mecque. en février 1873, après dix-huit jours de mer, ils arrivèrent à Jiddah
> d’où ils continuèrent sur la mecque pour accomplir les rites du pèlerinage. ils
> y rencontrèrent siyyid ‘alí-akbar-i-dahijí (neveu de siyyid mihdí) et sa
> femme qui arrivaient de Terre sainte pour accomplir le h∂ajj et c’est d’eux
> qu’ils apprirent, consternés, qu’à cause du meurtre des azalís, les
> compagnons avaient de nouveau été jetés en prison et que nul n’avait le droit
> d’entrer à acre. mais shaykh salmán restait persuadé que, puisque c’était le
> vœu de Bahá’u’lláh, ils trouveraient un moyen d’entrer dans la ville. à leur
> retour à Jiddah, les attendait une lettre de mírzá áqá Ján qui leur demandait
> de rester là jusqu’au départ des pèlerins, puis de continuer jusqu’à alexandrie
> et d’y attendre un télégramme de Terre sainte. fáπimih Khánum indique
> qu’ils étaient dix-sept bahá’ís réunis à alexandrie. enfin, un câble de
> Bahá’u’lláh arriva, leur enjoignant de se disperser à l’exception de leur
> groupe : fáπimih Khánum, siyyid yah∂yá, shaykh salmán et leur serviteur,
> qui devaient prendre le vapeur autrichien en route pour acre où ils devaient
> rencontrer ‘abdu’l-ah∂ad. Ce dernier, originaire de Chiraz, n’avait pas été
> banni à acre et, sur la demande de Bahá’u’lláh, s’y était ins-
> 
> le mariaGe de la Plus-Grande-BranChe 373
> 
> bahá’íyyih khánum, la plus-Sainte-Feuille, sœur de ‘abdu’l-bahá
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> tallé de lui-même. étant tout à fait libre, il put rendre de nombreux services
> aux compagnons, qui obéissaient aux injonctions de Bahá’u’lláh. mais
> lorsque le vapeur jeta l’ancre devant acre, on ne voyait ‘abdu’l-ah∂ad nulle
> part. Tous les passagers débarquèrent, et la nuit tombant sur le navire vide,
> on remonta la passerelle. Pendant ce temps, shaykh salmán ne cessait
> d’appeler d’une voix forte et c’est à la dernière minute que ‘abdu’l-ah∂ad
> arriva dans une barque. la passerelle fut abaissée de nouveau et ils quittèrent
> le navire. la nuit était très noire et fáπimih Khánum ne vit personne sur le
> quai à l’exception de’áqáy-i-Kalím et ilyás
> 
> ‘abbúd. Plus tard, la Plus-sainte-feuille, sœur de ‘abdu’l-Bahá, lui affirma
> que ce dernier était présent sur le quai à la demande de Bahá’u’lláh, mais
> elle ne le vit pas.
> 
> áqáy-i-Kalím les conduisit au Khán-i-Jurayní (appelé aussi Khán al-‘umdán)
> où il logeait avec sa famille. le lendemain, des membres de la famille de
> Bahá’u’lláh vinrent conduire les nouveaux arrivants en sa présence. fáπimih
> Khánum écrit :
> 
> « ses premiers mots furent : « nous vous avons fait entrer dans la ville-prison
> alors que les portes en sont fermées à la face de tous, afin que le pouvoir de
> dieu soit clair et évident pour tous. » fáπimih Khánum vécut cinq mois dans
> la maison d’áqáy-i-Kalím. elle rencontra régulièrement Bahá’u’lláh et,
> chaque fois qu’áqáy-i-Kalím venait en présence de Bahá’u’lláh, il recevait
> un petit cadeau pour elle.
> 
> fáπimih Khánum écrit :
> 
> un jour áqáy-i-Kalím me dit : « Je t'apporte un merveilleux cadeau de la
> Perfection bénie. il t'a donné un nouveau nom : munírih (lumineuse). » en
> entendant cela, je me souvins immédiatement du rêve dont la Perfection
> bénie avait parlé à áqá siyyid mihdi qui nous l’avait répété. « dans le monde
> des rêves, je vis la fille de mon frère, mírzá h∆asan, tomber malade, la
> couleur de son visage changer et peu à peu elle devint de plus en plus maigre
> et faible, jusqu’à ce qu’elle quitte ce monde. à sa place se tenait une fille au
> visage et au cœur lumineux et nous l’avons choisi pour la Plus-Grande-
> Branche. » n’ayant pas de maison, je vivais dans la maison d’áqá-i-Kalím et,
> chaque fois que le propriétaire, Khájih ‘abbúd, en demandait la raison,
> personne ne lui répondait jusqu’à ce qu’il comprenne par lui-même que
> c’était par manque de place.
> 
> immédiatement il agrandit la partie où logeaient les membres de la sainte
> famille en ouvrant une pièce de sa propre maison qu’il fit magnifiquement
> décorer.
> 
> Khájih‘abbúd présenta la pièce à Bahá'u'lláh en disant : « J’ai fait préparer
> cette
> 
> le mariaGe de la Plus-Grande-BranChe 375
> 
> pièce pour le maître. » Bahá’u’lláh l’accepta et plus rien n’empêchait
> dorénavant le mariage de la Plus-Grande-Branche. Bahá’iyyih Khánum, la
> Plus-sainte-feuille, offrit à munírih Khánum une robe blanche et, trois heures
> après le coucher du soleil, elle fut conduite en présence de Bahá’u’lláh qui,
> comme l’écrit munírih Khánum, reposait alors sous une moustiquaire. la
> langue de grandeur s’adressa alors à elle :
> 
> ô ma feuille et ma servante, par ma grâce inégalée par tous les trésors de la
> terre et des cieux je t’ai choisie et acceptée pour servir ma Plus-Grande-
> Branche. Beaucoup de jeunes filles, à Bagdad, andrinople et dans la grande
> prison, espéraient ce don, mais il leur fut refusé. remercie dieu pour cette
> grande générosité, ce grand cadeau qui t’est offert. que dieu soit avec toi.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> pièce dans laquelle le kitáb-i-aqdas fut révélé, située à l’arrière de la maison
> de ‘abbúd (maison de ‘Údí khammár). Quand bahá’u’lláh déménagea,
> 
> ‘abdu’l-bahá vint l’occuper.
> 
> les meubles datent de cette époque.
> 
> dernières années derrière les murs
> 
> C’esT dans la maison de ‘abbúd en 1873, durant le gouvernorat d’ah∂mad
> Big Tawfíq, que Bahá’u’lláh compléta la révélation du kitáb-i-aqdas, le
> Très-saint livre, contenant les lois et les prescriptions de sa révélation et
> beaucoup d’autres textes. il venait de s’installer dans cette maison
> appartenant à ‘Údí Khammár et les troubles suscités par ses ennemis et ses
> propres compagnons continuaient à monter autour de lui. le kitáb-i-aqdas
> supplante le kitáb-i-bayán révélé par le Báb et sa promulgation, comme
> l’écrit le Gardien, « peut être considérée comme l’acte le plus important de
> sa révélation… »
> 
> en exposant ci-dessous la portée et la signification de ce livre unique le
> Gardien, dévoile une vision qui exprime le caractère central et majestueux
> que le kitáb-i-aqdas est destiné à prendre dans le déploiement d’une société
> mondiale : dépositaire principal de cette loi prévue par le prophète esaïe, et
> que l’auteur de l’apocalypse a décrite comme le nouveau ciel et la nouvelle
> terre, comme le tabernacle de dieu, la cité sainte, l’ épousée, la nouvelle
> Jérusalem venue du ciel, ce très saint livre, auquel le Kitáb-i-iqán fait
> allusion, dont les clauses doivent rester inviolées pendant au moins un
> millénaire, et dont le plan directeur englobera la planète entière, peut être
> considéré comme la plus brillante conception sortie de l’esprit de
> Bahá’u’lláh, comme le livre mère de sa dispensation, la charte du nouvel
> ordre mondial.
> 
> [...] ce livre, ce trésor contenant les gemmes inestimables de sa révélation se
> détache, en vertu des principes qu’il inculque, des institutions
> administratives qu’il prescrit, et de la fonction dont il investit le successeur
> désigné de son auteur, comme une œuvre unique et incomparable entre
> toutes les écritures sacrées du monde. [...] le Kitáb-i-aqdas, révélé, du
> commencement à la fin, par l’auteur de la dispensation lui-même, non
> seulement préserve pour la postérité les lois et ordonnances fondamentales
> sur lesquelles doit reposer la structure de son futur ordre mondial, mais en
> plus du rôle d’interprète donné à son successeur, prescrit les institutions
> nécessaires qui, seules, peuvent garantir l’intégrité et l’unité de sa foi.
> 
> dans cette charte de la future civilisation mondiale, l’auteur - à la fois juge,
> législa-
> 
> dans la Gloire du Père
> teur, unificateur et rédempteur de l’humanité - annonce aux rois de la terre la
> promulgation de la plus grande loi ; il déclare que ces rois sont ses vassaux,
> se proclame lui-même roi des rois, dénie toute intention de porter la main sur
> leurs royaumes, et se réserve le droit de saisir et de posséder le cœur des
> hommes ; il recommande aux chefs ecclésiastiques du monde de ne pas peser
> le livre de dieu selon les normes admises chez eux, et affirme que le livre lui-
> même est la balance juste assignée aux hommes. dans ce livre, il ordonne
> formellement de fonder la Maison de Justice, définit ses fonctions, fixe ses
> revenus et désigne ses membres comme les hommes de justice, les
> représentants de dieu, les administrateurs du très-Miséricordieux ; il fait
> allusion au futur Centre de son alliance et lui décerne le droit d’interpréter
> ses écrits sacrés, et il anticipe d’une manière implicite l’institution du
> Gardiennat ; il se porte garant de l’effet révolutionnaire de son ordre
> mondial, formule la doctrine de l’infaillibilité absolue de la manifestation de
> dieu, affirme que cette infaillibilité est le droit inhérent et exclusif du
> prophète, et écarte la possibilité de la venue d’une autre manifestation avant
> un délai d’au moins un millénaire.
> 
> [...] les appels significatifs, adressés aux présidents des républiques du
> continent américain, d’avoir à saisir leur chance, au jour de dieu, et de
> soutenir la cause de la justice, l’injonction faite aux membres des parlements
> à travers le monde, les pressant d’adopter un langage et une écriture uniques
> pour tous, ses avertissements à Guillaume ier, le vainqueur de napoléon iii,
> les reproches qu’il adressa à françois-Joseph, l’empereur d’autriche, son
> allusion aux lamentations de berlin, quand il interpelle les rives du rhin, sa
> condamnation du trône de la tyrannie établi à Constantinople, l’annonce
> qu’il fit de la fin de sa splendeur visible et des adversités qui allaient
> s’abattre sur ses habitants, les paroles d’encouragement et de réconfort qu’il
> adressa à sa ville natale, lui affirmant que dieu l’a choisie pour être la source
> de joie de toute l’humanité, sa prophétie selon laquelle la voix des héros du
> khorassan s’élèvera pour glorifier leur seigneur, son affirmation que des
> hommes doués d’une grande vaillance seront suscités dans Kirmàn et
> parleront de lui, et enfin son assurance magnanime donnée à un frère perfide,
> qui lui avait apporté tant de tourments, qu’un dieu très généreux et toujours
> clément lui pardonnerait ses iniquités si seulement il se repentait, tout ceci
> contribue à enrichir encore le contenu d’un livre que son auteur désigna
> comme la source de la vraie félicité, la balance juste, la voie droite et
> l’animateur de l’humanité.1
> sa portée est si vaste, affirme Bahá’u’lláh, qu’il englobe tous les hommes
> même avant qu’ils le reconnaissent. avant peu son pouvoir souverain, son
> influence pénétrante et la grandeur de sa puissance seront manifestes sur
> terre.2
> 
> dernières années derrière les murs 379
> 
> au bienveillant gouverneur ah∂mad Big Towfíq succéda l’hypocrite ‘abdu’r-
> rah∂mán Páshá qui, dès son arrivée, commença à jouer un jeu plein de
> duplicité.
> 
> Gentil en apparence, il montra en plusieurs occasions lors de ses rencontres
> avec la Plus-Grande-Branche, amitié et respect. mais par ailleurs,
> discrètement, il restait en contact étroit avec les adversaires de la foi parmi
> les habitants d’acre. et c’est ensemble qu’ils préparèrent une campagne de
> dénigrement des bahá’ís. ils envoyèrent rapport après rapport aux autorités
> supérieures disant que ces exilés, qui avaient été envoyés à acre pour être
> isolés afin d’éviter qu’ils en contaminent d’autres, avaient obtenu un trop
> grand degré de liberté, pouvaient rencontrer qui ils voulaient, allaient
> librement où ils voulaient, tenaient des boutiques prospères, et conduisaient
> des affaires florissantes. un jour, un ordre arriva, rappelant que les bahá’ís
> étaient des prisonniers qui n’avaient pas le droit de tenir des boutiques ni de
> faire des affaires. ‘abdu’r-rah∂mán Páshá, ravi de ces nouvelles instructions
> venues de ses supérieurs, décida de les appliquer d’une manière
> spectaculaire.
> 
> Comme c’était le mois de ramadan, période de jeûne musulman, il prévit de
> faire une descente dans le bazar avec ses hommes et d’ordonner aux bahá’ís
> de fermer leurs boutiques et de les abandonner. un acte pareil, accompli
> publiquement par le gouverneur de la ville lui-même, ne pourrait qu’avoir un
> effet désastreux sur la réputation des bahá’ís.
> 
> la Plus-Grande-Branche avait deviné les tromperies du gouverneur et
> Bahá’u’lláh ordonna aux compagnons de ne pas ouvrir leurs boutiques. le
> jour venu, ‘abdu’r-rah∂mán Páshá entra dans le bazar, hautain et pompeux,
> entouré d’une cour de fonctionnaires serviles et de quelques adversaires de
> la foi. il trouva une première boutique fermée, puis une autre, une troisième
> et une quatrième.
> « nous sommes en ramad∂án, dit-il, ils n’ont pas ouvert leurs boutiques très
> tôt.
> 
> mais sans doute vont-ils venir avant peu. » il attendit donc dans la maison
> des gardes pendant une heure ou deux. Toujours aucun signe de bahá’í
> venant ouvrir sa boutique. soudain, au milieu de la foule apparut le mufti.
> l’inquiétude se lisait sur son visage et il tenait une feuille de papier qu’il
> donna au gouverneur. C’était un cablogramme de raf’at Big qui, de damas,
> annonçait le renvoi de ‘abdu’r-rah∂mán Páshá et la nomination provisoire
> d’as’ad effendi pour le remplacer. il ajoutait qu’il envoyait ses salutations à
> ‘abbás effendi (‘abdu’l-Bahá). ‘abdu’r-rah∂mán Páshá était catastrophé et les
> adversaires de la foi, abasourdis. Pendant ce
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> temps, le chef du bureau du télégraphe se précipitait chez ‘abdu’l-Bahá pour
> lui montrer le cablogramme. un fonctionnaire demanda si ‘abbás effendi
> avait été en contact avec les autorités supérieures. Pas du tout, répondit
> ‘abdu’l-Bahá. il ne s’était plaint à personne. il n’avait fait que prier
> l’assemblée céleste. et áqá rid∂á nous dit que les fonctionnaires affirmaient
> que cet événement était un vrai miracle.
> 
> as’ad effendi avait été chargé de mener une enquête à acre concernant les
> bahá’ís, avant la nomination d’un nouveau gouverneur. les amis de la foi
> l’avaient encouragé à ne pas se hâter ni à faire preuve d’excès de pouvoir. on
> lui avait dit que ces exilés méritaient toute sa considération. il avait bien
> compris la situation et, en arrivant à acre, il dit simplement que ses
> supérieurs l’avaient chargé de faire une enquête. C’est pourquoi il souhaitait
> se trouver en présence de Bahá’u’lláh.
> 
> Bien que sachant que celui-ci ne recevait personne, il renouvela sa requête
> car les adversaires de la foi avaient affirmé que si l’on ne pouvait pas voir
> Bahá’u’lláh c’est qu’il n’était pas là, ayant réussi à s’évader. ilyás ‘abbúd
> intercéda de nouveau et Bahá’u’lláh accepta. as’ad effendi entra en présence
> de Bahá’u’lláh avec humilité et révérence, s’agenouilla et baisa le pan de son
> vêtement et demanda à être béni et confirmé.
> as’ad effendi demeura gouverneur jusqu’à la venue de fayd∂í Páshá qui,
> pendant son bref gouvernorat, améliora grandement le système d’éducation
> d’acre et pourvut la ville d’une bonne alimentation en eau douce. il se
> comportait amicalement avec les exilés. Puis, tout le monde à acre assista à
> un nouveau miracle : les puits qui, jusque-là, n’avaient que de l’eau
> saumâtre, débordèrent soudain d’eau douce et potable. en décrivant cette
> période, le Gardien de la foi bahá’íe écrit : Bien que Bahá’u’lláh n’accordât
> pratiquement jamais d’entrevues personnelles comme il en avait l’habitude à
> Bagdad, son influence était pourtant telle à présent, que les habitants
> attribuaient carrément l’amélioration sensible du climat et de l’eau de leur
> ville à sa présence permanente au milieu d’eux. les titres tels que chef
> auguste et Son altesse, qu’ils lui donnaient lorsqu’ils parlaient de lui,
> indiquent bien la vénération qu’il leur inspirait. 3
> 
> après environ deux mois, fayd∂í Páshá fut rappelé à istanbul et remplacé par
> ibráhím Páshá h∆aqqí qui agit également avec rectitude et gentillesse.
> mus∂πafá d∆íyá
> 
> dernières années derrière les murs 381
> 
> Páshá qui lui succéda et fut le gouverneur d’acre pendant quelques années
> montra encore plus de bonne volonté que ses prédécesseurs et alla jusqu’à
> dire à Bahá’u’lláh qu’il pouvait quitter les limites des murs de la ville et
> s’installer dans la campagne. mais Bahá’u’lláh n’accepta pas cette
> proposition. Comme le rappelle le Gardien, « Pendant presque dix ans
> [Bahá’u’lláh] n’était pas sorti des murs de la ville. son seul exercice avait
> consisté à marcher d’une manière monotone autour de sa chambre. » 4
> voyons maintenant comment ‘abdu’l-Bahá décrit la manière dont son père
> quitta pour toujours les limites des murs de la ville.
> 
> Bahá’u’lláh aimait la beauté et la verdure des campagnes. un jour, il fit cette
> remarque : « Je n’ai vu aucune verdure depuis neuf ans. la campagne est le
> monde de l’âme, la ville est le monde des corps. » quand ce propos me fut
> rapporté, je compris à quel point il avait la nostalgie de la nature et je fus
> convaincu de réussir par mes efforts à satisfaire son désir. il y avait alors à
> acre un homme appelé muh∂ammad Páshá safwat qui nous était
> extrêmement hostile. il possédait un palais appelé « mazra’ih », situé à acre
> au dix-neuvième siècle. la porte de la terre par où bahá’u’lláh quitta la
> ville-prison (d’après Wilson, Picturesque Palestine )
> 
> dans la Gloire du Père
> détail de la porte de la terre d’acre,
> 
> photo prise récemment par hooper dunbar
> 
> dernières années derrière les murs 383
> 
> environ sept kilomètres au nord de la ville, dans un site ravissant tout
> entouré de jardins où coulait un ruisseau. J’allai trouver le propriétaire chez
> lui. Je lui dis : « Páshá, votre palais est vide et vous vivez à acre. » il
> répondit : « Je suis infirme et ne puis quitter la ville. si je vais là-bas, en ce
> lieu solitaire, je me sens loin de mes amis. » Je dis :
> 
> « Puisque vous ne vivez pas là-bas et que la maison est vide, laissez-nous y
> aller. » il fut surpris de la proposition mais ne tarda pas à l’accepter. J’eus la
> maison pour un loyer très minime, environ cinq livres par an ; je lui payai
> cinq années et établis un bail.
> 
> J’envoyai des ouvriers réparer la maison, mettre le jardin en état et j’y fis
> installer des bains. Je fis aussi préparer une voiture pour la Beauté bénie. un
> jour, je résolus d’aller visiter l’endroit moi-même.
> 
> en dépit des firmans répétés nous interdisant de passer la limite des murs de
> la ville, je sortis de la cité. des gendarmes veillaient, mais ils n’élevèrent
> aucune objection et je me dirigeai directement vers le palais. le jour suivant,
> je m’y rendis de nouveau, accompagné de quelques amis et personnalités de
> la ville et je ne fus ni arrêté ni molesté, bien que des gardes et des sentinelles
> veillassent de chaque côté des portes. une autre fois, je préparai un banquet,
> fis mettre la table sous les pins de Bahjí et je réunis les notables et les
> fonctionnaires de la ville. le soir, nous retournâmes tous ensemble à acre.
> 
> le manoir de Mazra‘ih où bahá’u’lláh résida
> 
> après avoir quitté la ville-prison d’acre
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> le manoir de Mazra‘ih tel qu’on peut le voir aujourd’hui
> 
> un jour, je me rendis en la sainte présence de la Beauté bénie et je lui dis : «
> la villa de mazra’ih est prête pour vous recevoir et une voiture attend pour
> vous y conduire. »
> 
> (en ce temps-là, il n’y avait de voiture ni à acre ni à haïfa.) il refusa, disant :
> « Je suis prisonnier. » quelque temps après, je renouvelai ma requête, mais
> sans plus de succès.
> 
> Je m’enhardis jusqu’à en parler une troisième fois, mais la réponse fut
> encore « non »
> 
> et je n’osai pas insister davantage. Cependant, il y avait à acre un certain
> shaykh musulman, homme bien connu et très influent qui vénérait
> Bahá’u’lláh et avait su gagner sa confiance. J’appelai ce shaykh et lui
> expliquai la situation. Je lui dis : « vous êtes hardi ; allez ce soir en la sainte
> présence, mettez-vous à genoux devant elle, prenez-lui les mains et
> n’abandonnez pas avant d’avoir obtenu sa promesse de quitter la ville. » il
> était arabe* !... il se rendit à l’instant auprès de Bahá’u’lláh, s’assit tout près
> de lui, s’empara des mains de la Beauté bénie, les baisa et demanda : «
> Pourquoi ne quittez-vous pas la ville ? » Bahá’u’lláh dit : « Je suis
> prisonnier. » le shaykh répliqua :
> 
> « dieu vous en garde ! qui a le pouvoir de faire de vous un prisonnier ? vous
> vous emprisonnez vous-même. C’est par votre volonté seule que vous avez
> été emprisonné et maintenant je vous supplie de partir d’ici pour vous rendre
> à ce manoir. il est agréable et entouré de verdure. les arbres y sont splendides
> et les oranges y ressemblent à des
> 
> * C’est-à-dire persévérant, tenace, courageux.
> 
> dernières années derrière les murs 385
> 
> le jardin de rid∂ván près d’acre où bahá’u’lláh se reposa sous ces mûriers.
> 
> on peut voir un de ses sièges, à droite
> 
> boules de feu. » aussi longtemps que la Beauté bénie répéta : « Je suis un
> prisonnier, cela est impossible », le shaykh prit ses mains et les embrassa. il
> plaida une heure durant. à la fin, Bahá’u’lláh dit : « Khaylí Khub ! » [très
> bien] et la patience et la persévérance du shaykh se trouvèrent récompensées.
> […] en dépit du sévère firman de
> ‘abdu’l-’azíz qui m’interdisait toute rencontre et communication avec la
> Perfection bénie, je pris la voiture le lendemain et conduisis Bahá’u’lláh au
> manoir. Personne n’y fit objection. Je l’y laissai et revins à la ville. 5
> 
> mazra’ih était un lieu très agréable, loin de l’agitation d’acre. C’était une
> ancienne propriété de ‘abdu’lláh Páshá, une villa d’été qu’il avait construit
> sur les terres de son père. C’est aussi dans un ensemble de maisons d’acre lui
> appartenant que, plus tard, ‘abdu’l-Bahá résida pendant plusieurs années et
> que shoghi effendi, le Gardien de la foi bahá’íe, naquit. aujourd’hui, en
> dehors de son palais de Bahjí (qui a considérablement changé en caractère et
> a perdu son ancien nom) toutes les autres résidences de ‘abdu’lláh Páshá, à
> acre et en dehors de la ville, sont la propriété du centre mondial de la foi
> bahá’íe.
> 
> finalement, Bahá’u’lláh fut libéré de l’atmosphère oppressante d’acre et de
> ses
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> le jardin de rid∂ván et la petite maison où séjourna bahá’u’lláh Vue du
> jardin de rid∂ván
> 
> dernières années derrière les murs 387
> 
> opposants. mazra’ih, situé dans un environnement si agréable, avec sa vue à
> l’est vers la vallée et les collines, et à l’ouest vers la mer proche, lui offrait le
> premier répit depuis de nombreuses années, après l’agression constante pour
> la vue et l’ouïe qu’offre un enfermement dans une ville fortifiée et
> surpeuplée. Comme le dit shoghi effendi, cette résidence et le « jardin de
> na’mayn, petite île située au milieu d’une rivière à l’est de la ville, honoré du
> nom de rid∂ván et que Bahá’u’lláh surnomma la nouvelle Jérusalem et notre
> île verdoyante, » devinrent ses « lieux de retraite favoris ».6
> 
> au temps de son incarcération la plus sévère, Bahá’u’lláh avait écrit : ne
> crai-gnez point. ces portes s’ouvriront. Ma tente sera plantée un jour sur le
> mont carmel et nous connaîtrons la plus grande joie.7
> 
> Compte tenu des circonstances de l’exil et de l’emprisonnement de
> Bahá’u’lláh : les très durs et très stricts décrets du sultan de Turquie, reconnu
> comme le caliphe, le souverain pontife de l’islam ; le caractère retors et
> capricieux du despotisme ottoman et de son administration ; les persécutions
> incessantes organisées par les autorités persanes qui conduisirent les exilés
> jusque dans la ville prison et sa sinistre citadelle ; sans oublier les ennuis
> supplémentaires causés par l’horrible meurtre des azalís, qui aurait pu penser
> que, moins de neuf ans après l’arrivée des exilés à acre, un personnage aussi
> important que shaykh ‘alíy-i-mírí, le mufti de la ville, se jetterait aux pieds
> de Bahá’u’lláh le suppliant de quitter les murs de la ville pour aller
> s’installer à la campagne ?
> 
> néanmoins, tout ce que Bahá’u’lláh avait prédit aux jours les plus noirs se
> réa-lisait. les portes s’ouvrirent, il sortit d’acre librement et sa tente serait
> bientôt dressée sur le mont Carmel.
> 
> les années à bahjí
> 
> Bahá’u’lláh résidait depuis deux ans à mazra‘ih, lorsque le manoir connu
> aujourd’hui sous le nom de Bahjí (délices) et que ‘Údí Khammár avait bâti
> pour lui et sa famille à proximité du vieux palais de ‘abdu’lláh Páshá, fut
> libéré. une épidémie ravageait la campagne et les gens s’enfuyaient. en 1879
> ‘Údí Khammár mourut et fut enterré près du mur de sa maison. alors la Plus-
> Grande-Branche fit les démarches pour obtenir la maison de ‘Údí Khammár
> pour son père. elle fut d’abord louée puis achetée. Bahá’u’lláh s’y installa en
> septembre 1879 et ce majestueux manoir de Bahjí sera sa demeure pour le
> restant de ses jours ; c’est là qu’au-ra lieu son ascension en1892. Proche du
> bord de mer, Bahjí était assez éloigné de l’environnement désolé et terne
> d’acre pour avoir une sorte de beauté rurale, une atmosphère de campagne.
> les pins tout proches qu’on peut voir encore aujourd’hui ajoutent à son
> charme. des fenêtres de sa chambre, Bahá’u’lláh pouvait voir les eaux bleues
> de la méditerranée, les hauts minarets d’acre et, de l’autre côté de la baie, la
> douce silhouette du mont Carmel. le manoir, superbe et splendide, garde
> aujourd’hui le tombeau adjacent qui, pour les bahá’ís est le lieu le plus sacré
> du monde car il contient les restes mortels de Bahá’u’lláh. là, on peut faire
> l’expérience de cette paix de l’âme à laquelle tout le monde aspire.*
> 
> dans bahá’u’lláh et l’ère nouvelle, le docteur J.e. esslemont décrit la vie à
> Bahjí :
> 
> * Bahjí est le nom d’un merveilleux jardin planté par sulaymán Páshá pour
> sa fille, fáπimih. ‘abdu’lláh Páshá, dont le père, ‘alí Páshá, possédait ce
> terrain, l’embellit encore et bâtit un manoir sur le site pour son harem.
> 
> lorsqu’ibráhím Páshá assiégea acre en 1831, il y installa son quartier général.
> la propriété, devenue célèbre pour ses merveilleux jardins et ses bassins
> rafraîchissants alimentés par l’eau de l’aqueduc, devint au temps de
> Bahá’u’lláh la propriété des al-Jamáls, une famille chrétienne qui deviendra
> plus tard ennemie de ‘abdu’l-Bahá.
> 
> Plus tard encore, il passa entre les mains de la famille Baydún qui sera aussi
> ennemi de la foi. aujourd’hui, ses murs abritent une institution
> gouvernementale pour handicapés.
> le manoir de Bahá’u’lláh à Bahjí fut construit par ‘Údí Khammár, à côté du
> manoir de ‘abd’u’lláh Páshá, sur un terrain acheté aux Jamáls. d’après de
> vieilles cartes un bâtiment existait sur ce site, dont les fondations servirent à
> ‘Údí Khammár. d’après l’inscription qu’on peut lire sur le manoir, il fut
> terminé en 1870. C’est probablement le fils de ‘Údí Khammár, andrávis
> Khammár qui le louera à ‘abdu’l-Bahá comme résidence de Bahá’u’lláh.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> ayant, dans ses précédentes années de malheur, montré comment on peut
> glorifier dieu dans la pauvreté et l’ignominie, Bahá’u’lláh, dans ses dernières
> années à Bahjí, montra comment on peut glorifier dieu au sein des honneurs
> et de l’abondance. les offrandes de centaines de milliers de disciples dévoués
> mirent à sa disposition des sommes importantes qu’il fut appelé à
> administrer. Bien que sa vie à Bahjí ait été décrite comme vraiment royale,
> au sens le plus élevé du terme, toutefois il ne faut pas s’imaginer qu’elle
> l’était par la splendeur matérielle et l’extravagance. la Perfection bénie et sa
> famille vivaient d’une façon très simple, très modeste, et toutes les dépenses
> destinées à satisfaire un luxe égoïste étaient exclues de la maison. Près de
> son habitation, les croyants aménagèrent un très beau jardin, appelé ridván
> (paradis), dans lequel il passait souvent plusieurs journées consécutives et
> même des semaines, dor-mant la nuit dans un modeste pavillon construit
> dans le jardin. quelquefois, il s’aven-turait dans la campagne. il visita
> plusieurs fois acre et haïfa et, à plusieurs reprises, sa tente fut plantée sur le
> mont Carmel, comme il l’avait prédit pendant son emprisonnement à acre1
> 
> régulièrement Bahá’u’lláh visitait les demeures de ses compagnons vivant à
> acre et, fréquemment, il rendait visite, de jour comme de nuit, à la demeure
> de ses deux frères : mírzá muh∂ammad-qulí dont les appartements
> surplombaient le Khán-i-shárvirdí, et áqáy-i-Kalím qui logea d’abord dans le
> Khán al-‘umdán puis s’installa dans des locaux au-dessus de Khán-i-
> Pahlaván, à droite de l’entrée du Súq al-abyad∂ (le marché oriental). il y
> avait plusieurs jardins autour de mazra‘ih et du manoir de Bahjí, comme le
> jardin de rid∂ván, le jardin de firdaws, les jardins de Junaynih et de Bustán-i-
> Kabír à mazra‘ih. il visitait aussi des villages voisins, comme yirkih et abú-
> sinán. il avait fait dresser sa tente au sommet d’une colline près d’yirkih,
> passant la journée sous la tente et la nuit dans le village. il y avait aussi des
> collines plus proches d’acre comme Tall-i-fakhkhár, appelée aussi la colline
> de napoléon, près du jardin de rid∂ván. des fouilles archéologiques ont
> montré que c’est le site de l’ancienne cité phénicienne/cananéenne d’acre. et
> la colline appelée samaríyyih qui donne sur Bahjí et où des fleurs rouges
> poussaient en abondance, était appelée Buq‘atu’l-h∆amrá (le lieu vermeil).
> C’est l’armée qui l’occupe aujourd’hui. au printemps, quand la colline ver-
> doyait et se couvrait de fleurs rouges, coquelicots et anémones par exemple,
> Bahá’u’lláh y faisait planter sa tente. et des années plus tard, quand ‘abdu’l-
> Bahá
> 
> les années à BahJí 391
> 
> le manoir de bahá’u’lláh à bahjí. ancienne vue du sud, avant que soient
> plantés les jardins actuels
> 
> sera de nouveau incarcéré à acre, il demandera mélancoliquement à ceux qui
> revenaient du mausolée de son père : « les fleurs sont-elles bien rouges sur
> Buq‘atu’l-h∆amrá ? »
> 
> régulièrement, gouverneurs et fonctionnaires de divers rangs venaient à acre
> et dans ses environs, qui étaient quelquefois malveillants, cupides ou très
> fanatiques et donc, inamicaux envers la religion de Bahá’u’lláh, mais les
> jours où toute la bureaucratie dénigrait la foi et s’y opposait, avaient disparus
> pour de bon. après les tempêtes et les tensions des premières années, les
> années à Bahjí seront calmes et paisibles.
> 
> on a déjà parlé de mus∂t∂afá d∆íyá Páshá, le gouverneur d’acre qui fit savoir
> à Bahá’u’lláh que s’il désirait quitter acre, il ne s’y opposerait pas. áqá rid∂á
> indique que ce gouverneur juste et bienveillant fit preuve de sa bonne
> volonté pendant tout son séjour à acre et, lorsqu’il devint gouverneur de
> Tripoli, il continua à écrire pour exprimer ses sentiments chaleureux. il
> traitait tous les bahá’ís qu’il rencontrait avec beaucoup de considération.
> lorsque ‘abdu’l-Bahá visita Beyrouth, mus∂t∂afá d∆íyá Páshá y était aussi et
> se mit à son service.
> 
> après lui zívar Páshá vint gouverner acre pendant un an. natif d’istanbul, il
> était très fier et ne fréquentait personne. aucun notable n’osait l’aborder sans
> sa permission préalable. Pourtant, après sa première rencontre avec la Plus-
> Grande-Branche il lui devint si dévoué qu’il ne fréquentait plus que lui.
> C’est pendant son gouvernorat que la famille Khavvám dans son entier
> décida de s’opposer à la foi et aux bahá’ís. mans∂úr, le chef de cette famille,
> membre très influent du conseil municipal, qui n’avait reçu que gentillesse
> de la part de la Plus-Grande-Branche.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> mais il devint orgueilleux et vain. un jour, lui et ses amis visitèrent Bahjí et y
> furent très bien accueillis. Puis ils se retirèrent sous les pins pour continuer à
> se dis-traire. là, ils s’amusèrent à battre un arabe qui s’était approché d’eux
> alors qu’il transportait de l’eau pour le manoir. un bahá’í se précipita pour
> sortir le pauvre porteur d’eau de leurs griffes. ils le battirent aussi sans pitié.
> Puis, réalisant l’énormité de leurs actes, ils vinrent au manoir s’excuser. une
> fois de retour à acre, ils changèrent d’attitude et clamèrent partout qu’ils
> avaient été attaqués à Bahjí par des hommes armés de dagues et d’épées.
> Tout cela leur retomba dessus car mans∂úr perdit sa position officielle et, en
> dépit de tous ses efforts, ne retrouva jamais ni la position ni le respect dont il
> bénéficiait avant. il fut obligé d’aller au marché travailler comme changeur.
> 
> C’est pendant le gouvernorat de zívar Páshá, en 1885, que furúghíyyih, une
> des filles de Bahá’u’lláh, fut donnée en mariage à siyyid ‘alí afnán. áqá rid∂á
> rapporte que le mutas∂arrif, tous les dignitaires et les notables d’acre
> assistèrent au mariage. et lorsque zívar Páshá partit à grand regret, ses lettres
> continuèrent régulièrement à indiquer la mesure de sa dévotion.
> 
> le général Gordon, qui s’était rendu célèbre à Khartoum, séjourna en Terre
> sainte pendant l’année 1883 (voir addenda iv). le connaissant sans doute, il
> rendit visite à laurence oliphant, personnage célèbre en son temps, qui vivait
> sur le mont Carmel où sa première femme était enterrée. Gordon connaissait
> aussi sans doute la religion bahá’íe. C’est lui qui, en 1877, avait libéré h∆ájí
> mírzá h∆aydar-
> 
> ‘alí et ses compagnons alors détenus à Khartoum et c’est pour lui que h∆ájí
> mírzá h∆aydar-‘alí avait fait quelques gravures sur verre. on sait qu’un
> général européen a rendu visite à Bahá’u’lláh, mais son nom n’est pas
> connu. le Gardien écrit : « un jour, un général européen à qui une visite avait
> été accordée en compagnie du gouverneur, fut si impressionné qu’il « resta à
> genoux sur le sol près de la porte » 2
> 
> Gordon aurait-il pu être ce général ? Ce n’est qu’une hypothèse, mais elle est
> plau-sible. laurence oliphant comme sir valentine Chirol, ont écrit à propos
> de la visite de Gordon à haïfa et à acre (voir addenda iv). en 1885, Chirol
> écrivain et célèbre correspondant de the times de londres, était en Terre
> sainte. il faisait référence dans les affaires du Proche-orient et de l’asie
> centrale, écrivait abondamment sur le sujet et était un proche de lord Cirzon.
> dans un chapitre intitulé « la renaissance du babisme » de son livre the
> Middle eastern Question and Some political
> les années à BahJí 393
> 
> le balcon extérieur jouxtant la pièce où vivait bahá’u’lláh, à bahjí. on peut
> voir quelques-unes des peintures qui ornent les murs
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> problems of indian defence, il écrivait : « C’est en tant qu’invité d’oliphant
> que je bénéficiais en 1885 de l’hospitalité de Bahá’u lláh… »
> 
> il arriva qu’après le départ de zívar Páshá, le nouveau gouverneur envoyé à
> acre y était déjà venu. il était à la fois cupide et fanatique. C’était un Kurde
> nommé muh∂ammad-yúsuf, un pacha de damas qui avait déjà eu l’occasion
> de découvrir l’immense connaissance et l’érudition de la Plus-Grande-
> Branche, et qui l’admirait. un soir, à l’époque de sa première fonction, un
> certain nombre de chrétiens et de musulmans, tous érudits, s’étaient réunis
> en sa présence pour débattre. les chrétiens commençaient à prendre
> l’avantage et le gouverneur kurde n’aimait pas voir ses coreligionnaires
> musulmans perdre du terrain. Connaissant le génie intellectuel du fils aîné de
> Bahá’u’lláh, il lui fit discrètement savoir qu’il l’attendait chez lui.
> 
> la Plus-Grande-Branche était alors dans la citadelle. il arriva chez le
> gouverneur et ce dernier l’accueillit chaleureusement, comme s’il ne
> s’attendait pas à le voir.
> 
> une fois le café servit, on exposa l’objet du débat que ‘abdu’l-Bahá résolut
> avec efficacité de façon convaincante. les chrétiens hésitèrent ensuite à
> répondre à une question qu’il leur posa et sur laquelle ils ne voulaient pas
> s’engager. Puis l’un d’entre eux, l’intelligent as‘ad sayqal dit : « vous savez
> à quoi ressemble notre ville, et vous savez à quoi ressemble damas. et
> pourtant, nous préférons vivre ici. »
> 
> il voulait dire que leur religion chrétienne était comme leur ville natale,
> quelle que soit la splendeur de l’islam qu’il comparait à damas. la Plus-
> Grande-Branche répondit : « après cette déclaration, je n’ai plus rien à dire.
> » le mutas∂arrrif et ses amis furent très impressionnés.
> 
> à son retour à acre, le pacha kurde ne trouva pas de résidence disponible. le
> gouvernement avait vendu la spacieuse résidence du gouveneur à la
> confrérie soufie shádhilí qui voulait construire à la place un takyih. zívar
> Páshá parti, les shádhilís commencèrent les travaux et le nouveau
> gouverneur dut louer une maison près de Bayt‘abbúd.
> 
> Bahá’u’lláh résidait alors à Bahjí mais la Plus-Grande-Branche et sa famille
> résidaient à acre. C’est alors que le vali* arriva en visite de damas et
> séjourna chez le mutas∂arrif. le mufti de nazareth, très estimé pour sa
> situation et ses mérites personnels, était arrivé à acre peu avant le
> gouverneur kurde. la Plus-Grande-
> 
> *C’était probablement nashíd Páshá qui, selon les archives britanniques,
> était gouverneur-général de damas d’octobre 1885 à 1888. (fo 195 1510 et
> 1613).
> les années à BahJí 395
> 
> Branche l’avait accueillit chez lui dans Bayt‘abbúd. Tout autour, d’autres
> belles maisons étaient aussi habitées par des bahá’ís. l’hospitalité que
> recevait shaykh yúsuf était particulièrement vexante pour les adversaires de
> la foi. ils se disaient que dans le futur, quels que soient leurs efforts, ils
> n’auraient aucun éclat comparé à la manière dont les bahá’ís traitaient le
> mufti de nazareth. dévorés de jalousie, ils commencèrent à influencer l’esprit
> changeant du nouveau mutas∂arrif. Pourquoi, lui demandaient-ils, ces gens
> auraient-ils le droit d’habiter quelques-unes des plus belles maisons de la
> ville alors que lui devait se contenter de louer une maison insi-gnifiante ?
> 
> le mufti de nazareth était déjà venu à acre et était alors tombé sous le charme
> du caractère, de la connaissance, de l’éloquence et du maintien majestueux
> du fils aîné de Bahá’u’lláh. ils avaient une correspondance régulière ; il lui
> avait envoyé en cadeau un noble cheval et l’avait invité à nazareth. à propos
> de cette visite et de la visite suivante de shaykh yúsuf, le Gardien, shoghi
> effendi, écrit : l’accueil magnifique qu’il reçut auprés du shaykh yúsuf, le
> savant et trés estimé mufti de nazareth, qui agissait en qualité d’hôte de la
> part des valis de Beyrouth et qui avait envoyé tous les notables de la
> communauté à sa rencontre, sur la route, à plusieurs milles de la ville dont il
> approchait, accompagné par son frère et par le mufti d’acre, ainsi que la
> brillante réception que fit ‘abdu’l-Bahá à ce même shaykh yúsuf quand il
> vint le visiter à acre, étaient de nature à exciter l’envie de ceux qui,
> seulement quelques années plus tôt, l’avaient traité, ainsi que ses
> compagnons d’exil, avec des sentiments de condescendance et de mépris.3
> 
> muh∂ammad-yúsuf Páshá, sous l’influence maléfique des hommes hostiles à
> Bahá’u’lláh et à ses disciples, commença à faire d’incessantes demandes. il
> voulait prendre possession de la maison où vivaient la Plus-Grande-Branche
> et sa famille.
> 
> il prétendit que le vali l’avait exigé, mais lorsque ce dernier l’apprit, il nia
> fortement avoir un rapport quelconque avec cette demande, affirmant qu’il
> n’avait pas besoin d’une autre maison. mais cela ne découragea pas le cupide
> gouverneur qui continua à exiger la maison alors que la mère de ‘abdu’l-
> Bahá, qui vivait alors à acre, était gravement malade.
> néanmoins, la Plus-Grande-Branche affirma que dès qu’il aurait trouvé une
> autre maison, il laisserait le gouverneur disposer de la grande maison qu’il
> récla-
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> mait. et pendant tout le temps où ‘abdu’l-Bahá était inquiet et occupé par la
> santé déclinante de sa mère, muh∂ammad-yúsuf Páshá continuait à exiger la
> disposition de Bayt‘abbúd. Puis, en 1886, ásíyyíh Khánum décéda. Tous les
> notables d’acre et les ecclésiastiques musulmans et chrétiens suivirent le
> cortège funèbre qui était précédé de muezzins et de récitants du coran. les
> enfants d’âge scolaire suivirent le cortège en chantant des poèmes exprimant
> leur chagrin. ‘abdu’l-Bahá était écrasé par l’affliction et pourtant, le
> gouverneur continua d’insister. aussitôt qu’il put, la Plus-Grande-Branche
> quitta la maison et la lui transmit. Puis, l’année suivante, la communauté
> bahá’íe subit une grande perte dans le décès de mírzá músá, áqáy-i-Kalím
> qui avait été un pilier de la foi et était toujours prêt à servir son frère de
> toutes les manières possibles.
> 
> mais la cupidité de muh∂ammad-yúsuf Páshá n’était pas facilement
> rassasiée.
> 
> devant ses exigences et son attitude agressive, ‘abdu’l-Bahá resta calme et
> posé, n’exprima aucune plainte et s’isola des gens. Pendant ce temps le
> mutas∂arrif, aidé de quelques complices aussi corrompus que lui, détournait
> des fonds. un certain as‘ad effendi, le qá’im-maqám de nazareth, surveillait
> activement tout ce qui se passait à acre et envoyait ses rapports aux autorités
> supérieures. un marchand d’acre qui présidait la Chambre de commerce,
> prétendait hypocritement être un ami des exilés. il assura la Plus-Grande-
> Branche qu’il savait comment agir avec le mutas∂arrif. Prétendant
> sympathiser, parlant avec mépris de l’absence de loyauté et de la cupidité de
> gens comme le mutas∂arrif, il affirma enfin qu’avec une certaine somme
> d’argent muh∂ammad-yúsuf Páshá deviendrait plus amical dans le futur.
> 
> áqá rid∂á écrit que la Plus-Grande-Branche répondit simplement que s’il ne
> s’agissait que d’une question de cadeau, cela pourrait s’arranger, puis il
> quitta l’hypocrite et se retira pour prier. le marchand restait là, assis à
> attendre que d’une minute à l’autre des sacs emplis de pièces lui soient
> apportés. ‘abdu’l-Bahá revint lui dire que tout ce qui était nécessaire avait
> été envoyé ; le marchand devait aller voir par lui-même. au Seraye il trouva
> une atmosphère morose et apprit à sa grande surprise qu’un cablogramme
> était arrivé annonçant la révocation du pacha kurde et de ses complices pour
> prévarication. une commission d’enquête était déjà en route. alors le
> marchand comprit ce que ‘abdu’l-Bahá avait voulu dire, et un profond
> étonnement se lut sur son visage.
> 
> déconfit, muh∂ammad-yúsuf Páshá ressentit des remords en apprenant ce qui
> 
> les années à BahJí 397
> 
> s’était passé et il assura le marchand que les exilés n’avaient rien à voir avec
> les actions de ses supérieurs. C’était leurs prières qui avaient amené sa chute.
> Puis il écrivit une lettre et partit pour le jardin de rid∂ván en espérant
> pouvoir présenter ses excuses à ‘abdu’l-Bahá. Celui-ci « était absent et le
> gouverneur déchu demanda à áqá rid∂á de transmettre à la Plus-Grande-
> Branche l’expression de ses regrets et de ses remords.
> 
> quelques jours plus tard les fonctionnaires chargés d’enquêter sur les
> malversations de muh∂ammad-yúsuf Páshá arrivèrent de Beyrouth. l’un
> d’entre eux, ah∂mad fá’iq effendi était, ainsi que son frère, bahá’í. Ceux qui
> étaient au courant furent surpris de voir un bahá’í chargé d’enquêter sur les
> méfaits de personnes inamicales envers les exilés. d’autant que le secrétaire
> en chef du Seraye d’acre avait fait preuve envers eux d’une extrême
> malveillance. Pourtant, lui comme d’autres, se tournèrent vers Bahá’u’lláh et
> vers son fils aîné pour demander aide et pardon. et tout le temps qu’ah∂mad
> fá’iq effendi fut occupé à enquêter sur les irrégularités de l’administration
> des fonds gouvernementaux, ni Bahá’u’lláh ni la Plus-Grande-Branche
> n’acceptèrent de le rencontrer.
> 
> au grand étonnement des habitants d’acre, les malfaiteurs qui, par leurs
> propres actions connaissaient de mauvais jours, bénéficiaient de la part de
> Bahá’u’lláh et de son fils d’une grande générosité. le secrétaire en chef
> s’était enfui vers damas en laissant sa famille derrière lui. ‘abdu’l-Bahá
> répondit à tous leurs besoins et les fit partir accompagnés par deux bahá’ís.
> dans une épître adressée à h∆ájí mírzá Buzurg-i-afnán, un cousin du Báb qui
> vivait et commerçait à hongkong, Bahá’u’lláh mentionne ce pacha kurde,
> son hostilité et sa chute. dans la même épître il demande à l’afnán de lui
> envoyer quelques paires de bonnes lunettes cerclées d’or ou d’argent qu’il
> désire offrir en cadeau aux valis de Beyrouth et de damas.
> 
> ah∂mad Páshá fut le nouveau gouverneur d’acre. il avait reçu des
> instructions pour être particulièrement respectueux envers Bahá’u’lláh. il
> gouverna acre pendant près de deux ans, passant beaucoup de temps en
> compagnie de ‘abdu’l-bahá. C’est pendant son gouvernorat que le vali de
> Beyrouth vint à acre en bateau et que tous les grands dignitaires, et ‘abdu’l-
> Bahá, vinrent l’accueillir. le vali insista auprès de ce dernier pour qu’il
> présente à Bahá’u’lláh ses respects et le prie de lui accorder une estime
> généreuse et des bénédictions. et il chargea un fonctionnaire, nus∂úhí Big,
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> la pièce où vivait bahá’u’lláh à bahjí. c’est là qu’il reçut e.g. brown. Son
> ascension y eut lieu en 1892
> 
> d’offrir à Bahá’u’lláh un melon, fruit qui en ce temps-là était rare dans ces
> régions.
> 
> le gouverneur d’acre suivant fut ‘arif effendi. son père avait connu la Plus-
> Grande-Branche à andrinople et le tenait en haute estime. Pendant le
> gouvernorat de ‘arif effendi, Bahá’u’lláh visita haïfa et y resta pendant près
> de trois mois.
> 
> au printemps 1890, edward Granville Browne, membre du pembroke college
> à Cambridge, et futur éminent orientaliste, arriva à acre. il y venait pour
> rencontrer Bahá’u’lláh… notre histoire serait incomplète sans l’inclusion de
> l’unique et incomparable portrait de Bahá’u’lláh qu’edward Browne a légué
> à la postérité.
> 
> C’est en fait le seul de ce genre qui existe. aujourd’hui, le visiteur qui arrive
> à Bahjí peut lire ce document fixé sur le mur avant de pénétrer dans la
> chambre de Bahá’u’lláh ; il peut ainsi essayer de recréer en imagination
> l’entrevue accordée à l’orientaliste anglais :
> 
> … mon guide s’arrêta un instant pour que j’ôte mes chaussures. Puis, alors
> que j’en-
> 
> * le vilayet de Beyrouth fut séparée du vilayet de damas en mars 1888,
> principalement grâce aux efforts du grand vizir Kíyámil Páshá qui avait été
> gouverneur de Beyrouth selon les archives du consulat britannique (fo 195
> 1613)
> 
> les années à BahJí 399
> 
> le táj de bahá’u’lláh, placé dans le coin du divan
> 
> où il aimait s’asseoir
> trais, il se recula et d’un geste rapide de la main replaça le rideau. Je me
> trouvais dans une grande pièce occupée à une extrémité par un divan bas ; en
> face de la porte se trouvaient deux ou trois chaises. Je me doutais vaguement
> où j’allais et qui j’allais rencontrer (bien qu’aucune indication précise ne
> m’ait été donnée), mais il se passa une ou deux secondes avant que je réalise,
> avec un sursaut d’étonnement respectueux, que la pièce n’était pas vide.
> dans le coin où le divan rencontrait le mur, un vénérable et merveilleux
> personnage était assis. il portait un couvre-chef en feutre comme ceux que
> les derviches appellent táj, mais d’une hauteur et d’une façon inhabituelles,
> autour duquel s’enroulait un petit turban blanc. le visage que je contemplais
> était inoubliable bien qu’indescriptible. les yeux perçants semblaient lire
> jusqu’au fond de l’âme, le pouvoir et l’autorité siégeaient sur l’ample front,
> les rides profondes du front et du visage impliquaient un âge que les
> cheveux, noirs de jais, comme la barbe luxuriante descendant jusqu’à la
> taille, semblaient contredire. inutile de demander en présence de qui je me
> tenais, et je m’inclinais devant celui qui est l’objet d’une dévotion et d’un
> amour que les rois peuvent envier et après lesquels les empereurs peuvent
> soupirer en vain.
> 
> une voix douce et digne me pria de m’asseoir et dit : « loué soit dieu, tu es
> arrivé !… Tu es venu voir un prisonnier, un exilé… nous ne désirons que le
> bien du monde et le bonheur des nations et pourtant, on nous considère
> comme un fauteur de troubles,
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> la colonie des « templiers » allemands en 1877, au pied du mont carmel.
> bahá’u’lláh y séjourna pendant deux de ses séjours à haïfa (dessin de Jokob
> Schumacher, chef de la colonie et vice-consul américain jusqu’à sa mort en
> 1891).
> 
> une cause de conflits, digne de la prison et de l’exil… que toutes les nations
> soient unies dans la foi et que tous les hommes soient frères ; que les liens de
> l’affection et de l’unité entre les fils des hommes soient renforcés ; que la
> diversité des religions cesse et les différences de races s’effacent, quel mal y
> a-t-il à cela ?… malgré tout, cela viendra. Ces luttes stériles, ces guerres
> ruineuses passeront et la « Plus-Grande-Paix » viendra… n’avez-vous pas
> besoin de cela aussi en europe ? n’est-ce pas ce que le Christ a promis ?
> Pourtant nous voyons vos rois et vos dirigeants dépenser plus généreusement
> leurs trésors dans des moyens de destruction de la race humaine que dans ce
> qui pourrait conduire au bonheur de l’humanité… Ces guerres, ces
> discordes, ces massacres doivent cesser et les hommes doivent être comme
> une famille, tous apparentés… qu’un homme ne se glorifie pas d’aimer son
> pays, mais plutôt en ceci, qu’il aime ses semblables… »
> 
> autant que je m’en souvienne, tels furent les mots que, parmi d’autres,
> j’entendis de la bouche de Bahá. que ceux qui les lisent se demandent si de
> telles doctrines méritent la mort et l’emprisonnement et si le monde aurait à
> gagner ou à perdre à leur diffusion. 4
> 
> le Gardien de la foi bahá’íe indique que Bahá’u’lláh visita quatre fois haïfa.
> la première visite, de courte durée, lors de son transfert du vapeur de la
> lloyd-Triestino, en 1868. la deuxième ne dura que quelques jours ; il
> séjourna dans Bayt-i-fanduq, une maison de la colonie allemande qui
> subsiste encore en partie. une
> les années à BahJí 401
> 
> plan de haïfa vers 1880
> 
> épître datée, écrite par mírzá áqá Ján, indique que Bahá’u’lláh était à haïfa
> en août 1883, probablement la date de sa deuxième visite. il y revint pour la
> troisième fois en 1890, alors que edward Granville Browne arrivait à acre.
> Pendant ce séjour, il resta d’abord aux abords de la ville, près de Bayt-i-
> zahlán puis alla s’installer dans une maison de la colonie allemande connue
> sous le nom de la maison oliphant. sa tente fut plantée sur un terrain juste en
> face. sa quatrième et dernière visite eut lieu en 1891. Ce fut la plus longue et
> c’est ici que les membres de la famille afnán le rencontreront en juillet,
> comme nous le décrirons plus loin. Bahá’u’lláh resta à haïfa pendant trois
> mois, séjournant dans la maison d’ilyás abyad, près de la colonie allemande,
> et sa tente était dressée à proximité.
> 
> un jour, alors qu’il se tenait près d’un cyprès solitaire à mi-hauteur du mont
> Carmel, Bahá’u’lláh indiqua une surface rocheuse juste en dessous et dit à
> son fils aîné que c’est là que devrait être bâti le mausolée qui recueillerait les
> restes du prophète-martyr, son glorieux hérault dont le corps était caché et
> changeait de lieu régulièrement depuis la deuxième nuit qui suivit le 9 juillet
> 1850, jour qui vit le Báb fusillé sur la place publique de Tabriz. il faudra plus
> de dix ans à ‘abdu’l-Bahá
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> le mausolée du báb construit par ‘abdu’l-bahá. la superstructure actuelle fut
> rajoutée par Shoghi effendi
> 
> pour accomplir la tâche que lui avait confié son père. aujourd’hui, à l’endroit
> exact indiqué par Bahá’u’lláh, se dresse un mausolée d’une grande beauté,
> surmonté d’un dôme doré qui reflète toutes les nuances du ciel et de la mer
> et entouré de jardins d’une splendeur inexprimable qui ravissent les yeux et
> l’âme. C’est dans ce mausolée élevé avec soin par ‘abdu’l-Bahá et son petit-
> fils shoghi effendi que les restes mélangés du Báb et de son disciple mírzá
> muh∂ammad-‘alíy-i-zunúzí sont couchés, inséparables dans la mort. Ce
> mausolée, la « reine du Carmel » donne à toute l’humanité ce message que le
> mal ne triomphe finalement jamais.
> 
> C’est aussi au cours de ce séjour de trois mois que Bahá’u’lláh visita la
> grotte d’élie au-dessus de laquelle est construit un monastère chrétien. et
> c’est sur un pro-montoire tout proche, où dans les années à venir sera
> construite une majestueuse maison d’adoration (mashriqu’l-adhkár), qu’il
> révéla l’importante Épître à carmel, lawh∂-i-karmil, dont voici le texte :
> Toute gloire soit à ce jour, jour où les fragrances de la miséricorde ont été
> répandues sur toutes choses créées, jour tant béni et sans rival dans les âges
> et les siècles passés, jour où la face de l'ancien des jours s'est tournée vers
> son siège sacré. alors, on enten-
> les années à BahJí 403
> 
> Midh∂at páshá
> 
> dit les voix de toutes choses créées et, au-delà, celles de l'assemblée céleste
> proclamer :
> 
> « hâte-toi, ô Carmel, car voici que s'est levée sur toi la lumière de la face de
> dieu, le souverain du royaume des noms et le façonneur des cieux. »
> 
> sur quoi, transporté de joie et élevant la voix, il s'écrie : « que ma vie te soit
> offerte en sacrifice car tu as fixé ton regard sur moi, tu m'as accordé tes
> bienfaits et dirigé tes pas vers moi. Je me consumais d'être séparé de toi, ô
> source de vie éternelle, et mon éloignement de ta présence avait réduit mon
> âme en cendres. loué es-tu pour m'avoir permis d'entendre ton appel, pour
> m'avoir honoré de tes pas et pour avoir ranimé mon âme par le parfum
> vivifiant de ton jour et le son vibrant de ta Plume, son qui est par ta volonté
> l'appel de la trompette parmi ton peuple. et lorsque fut venue l'heure où
> devait être manifestée ta foi irrésistible, tu insufflas à ta Plume un souffle de
> ton esprit et voici la création tout entière ébranlée jusqu'en ses fondements,
> dévoilant à l'humanité des mystères recelés dans les trésors de celui qui
> possède toutes choses créées.
> 
> dès que sa voix eut atteint ce lieu très exalté, nous répondîmes : « rends
> grâce à ton seigneur, ô Carmel. le feu de la séparation te consumait
> rapidement lorsque l'océan de ma présence s'enflant devant toi, est venu
> réjouir tes yeux et ceux de toute la création, et remplir d'allégresse toutes
> choses visibles et invisibles. sois comblé de joie, car en ce jour dieu a établi
> son trône sur toi, a fait de toi l'orient de ses signes et l'aurore des preuves de
> sa révélation. heureux celui qui gravite autour de toi, proclame la révélation
> de ta gloire et relate ce que la bonté du seigneur ton dieu a fait pleuvoir sur
> toi. saisis le
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> le hall central du manoir de bahjí
> 
> calice d'immortalité au nom de ton seigneur, le Très-Glorieux, et rends-lui
> grâce d'avoir, en gage de sa miséricorde, changé ta peine en allégresse, ton
> chagrin en joie sereine. en vérité, il chérit ce lieu qui est devenu le siège de
> son trône, que ses pas ont marqué, qu'il a honoré de sa présence, d'où il a
> lancé son appel et sur lequel il a versé ses larmes.
> 
> « appelle sion, ô Carmel, et annonce la joyeuse nouvelle : celui qui était
> caché aux yeux des mortels est venu ; sa souveraineté conquérante est
> manifeste ; son universelle splendeur est révélée. Prends garde d'hésiter ou
> de t'arrêter. hâte-toi de faire le tour de la cité de dieu descendue du ciel, la
> céleste Kaaba, autour de laquelle gravitent les élus de dieu, les cœurs purs et
> l'assemblée des anges les plus exaltés. oh, combien j'ai hâte d'annoncer en
> chaque lieu de la terre et d'apporter à chacune de ses cités la bonne nouvelle
> de cette révélation qui attire le cœur du sinaï et au nom de laquelle le
> Buisson ardent proclame : « C'est à dieu, le seigneur des seigneurs,
> qu'appartiennent les royaumes du ciel et de la terre ». en vérité, voici le jour
> où la terre et la mer se réjouissent de cette annonce, le jour pour lequel ont
> été accumulées ces choses que dieu a décidé de révéler dans sa bonté
> inconcevable au cœur et à l'esprit humain. avant peu, dieu fera voguer son
> arche sur toi et rendra manifeste le peuple de Bahá mentionné dans le livre
> des noms. »
> 
> sanctifié est le seigneur de toute l'humanité. la mention de son nom fait
> vibrer tous les atomes de la terre et incite la langue de grandeur à dévoiler ce
> qui est enfoui dans son
> 
> les années à BahJí 405
> 
> Vue aérienne de bahjí avec les bâtiments d’origine
> 
> savoir et dissimulé dans le trésor de sa puissance. Par la force de son nom, le
> Tout-Puissant, le Très-haut, il est, en vérité, le souverain de tout ce qui est
> dans les cieux et sur la terre. 5
> 
> C’est aussi pendant les dernières années à Bahjí que l’étendue des pouvoirs
> et des capacités de ‘abdu’l-Bahá – la Plus-Grande-Branche – devint évidente
> pour tous, amis ou ennemis. il servait de bouclier à son père contre les
> pressions du monde extérieur, ce dont Bahá’u’lláh lui-même témoigna. C’est
> pour cette raison que ‘abdu’l-Bahá vivait à acre.
> 
> en 1879 ‘abdu’l-Bahá se rendit à Beyrouth à l’invitation de midh∂at Páshá,
> le vali de la province de syrie que le peuple de Turquie révère sous le titre de
> « Père de la Constitution ».* Ce voyage historique, sans parallèle dans les
> annales religieuses de l’humanité, fut ainsi immortalisé par la Plume sublime
> : louange à lui qui a honoré la terre de Bá par la présence de celui autour de
> qui tous les noms gravitent. Tous les atomes de la terre ont annoncé à toutes
> choses créées que, de derrière la porte de la ville-prison est apparu l’orbe de
> la beauté de la puissante, de
> 
> * selon les archives consulaires britanniques, midh∂at Páshá était gouverneur
> général à damas de novembre 1878
> 
> à août 1880. il visita haïfa et acre en mai 1880 (fo 195 12 1 et 1306) (voir p.
> 498).
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> la Plus-Grande-Branche de dieu - son mystère antique et immuable -, qu’au-
> dessus de son horizon il a brillé, alors qu’il cheminait vers un autre pays.
> 
> l’affliction, ainsi, a enveloppé cette ville-prison tandis qu’une autre terre se
> réjouis-sait. exalté, incommensurablement exalté est notre seigneur, le
> façonneur des cieux et le Créateur de toutes choses, lui dont la souveraineté
> a fait s’ouvrir les portes de la prison, amenant ainsi à la réalité ce qui fut
> jadis promis dans les tablettes. il a, en vérité, le pouvoir sur tout ce qu’il
> veut, et son emprise domine la création tout entière. il est le Tout-Puissant,
> l’omniscient, le Très-sage.
> 
> Béni, doublement béni est le sol que ses pas ont foulé, l’œil que la beauté de
> son visage a réjoui, l’oreille qui a eu l’honneur d’entendre son appel, le cœur
> qui a goûté à la douceur de son amour, la poitrine qui s’est dilatée à son
> souvenir, la plume qui a célébré sa louange, le parchemin qui a porté le
> témoignage de ses écrits.
> 
> nous implorons dieu - qu’il soit béni et exalté - qu’il nous fasse l’honneur
> d’une rencontre prochaine. il est en vérité Celui qui entend tout, le Tout-
> Puissant, Celui qui est prêt à répondre.6
> 
> Ce voyage de ‘abdu’l-Bahá à Beyrouth a une importance particulière car il
> fut entrepris sur invitation du vali de la province de syrie à quelqu’un qui
> était toujours prisonnier de l’empire ottoman. l’édit du sultan ‘abdu’l-‘azíz,
> détrôné quelque trois ans avant, n’a jamais été révoqué.
> 
> à Beyrouth, après avoir rencontré le célèbre vali qui avait été pour beaucoup
> dans le renversement du sultan ‘abdu’l-azíz, la Plus-Grande-Branche
> rencontra un certain nombre d’hommes éminents de tous milieux, dont
> shaykh muh∂ammad-
> 
> ‘abduh, futur grand mufti d’égypte. Cet homme droit et bon fut si
> complètement captivé par la profondeur des connaissances, le charme,
> l’allure et les manières de
> 
> ‘abdu’l-Bahá qu’il décida de le suivre jusqu’à acre, mais la Plus-Grande-
> Branche le dissuada de prendre cette décision irrévocable. les lettres qu’il
> envoya à
> 
> ‘abdu’l-Bahá, ainsi que celles d’autres personnages importants de syrie,
> témoignent de l’influence et de l’estime que mentionne edward Granville
> Browne, lorsqu’il décrit sa rencontre avec la Plus-Grande-Branche en avril
> 1890 : rarement ai-je rencontré quelqu’un dont l’apparence m’impressionna
> autant. Grand, bien bâti, droit comme une flèche, tout de blanc vêtu, turban
> blanc, longues boucles noires tombant presqu’aux épaules, front large et
> puissant indiquant un intellect fort combiné à une volonté inflexible, yeux
> d’aigle, traits marqués mais plaisants, - telle fut
> les années à BahJí 407
> 
> Shaykh Muh∂ammad-taqí, le « Fils du loup », à qui bahá’u’lláh adressa son
> dernier ouvrage
> 
> ma première impression de ‘abbás effendi, (áqá) le « maître » par excellence
> comme l’appellent les bábís. nos conversations ne firent qu’augmenter le
> respect que son apparence m’avait, dès l’abord, inspiré. Je crois qu’on aurait
> du mal à trouver, même parmi les gens diserts, vifs et subtils de son peuple,
> quelqu’un de plus éloquent, de plus magistral dans ses arguments, de plus
> pertinent dans ses exemples, de plus intimement au fait des livres sacrés
> juifs, chrétiens et musulmans. face à ces qualités, combinées à son port
> majestueux et cordial à la fois, je ne m’étonnais plus de l’influence et de
> l’estime dont il bénéficie même au-delà du cercle des disciples de son père.
> Parmi ceux qui l’ont rencontré, personne ne doute de la grandeur et du
> pouvoir de cet homme.7
> 
> ‘abdu’l-Bahá était alors en pleine maturité. après l’ascension de son père,
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> lorsque le manteau de l’autorité reposa sur ses épaules, la trahison de son
> demi-frère le vieillit prématurément.
> 
> Bahá’u’lláh consacra les dernières années de sa vie à écrire et à révéler
> d’innombrables tablettes, épîtres et traités sur des sujets spirituels et
> éducatifs de toutes sortes. ‘abdu’l-Bahá le protégeait avec une grande
> compétence des interférences du monde extérieur ; il rencontrait les
> fonctionnaires du gouvernement, les chercheurs, les érudits, n’admettant en
> présence de Bahá’u’lláh que ceux qui avaient de vrais problèmes à résoudre.
> 
> Concernant la constante révélation issue de la sublime Plume, le Gardien
> écrit : effectivement, par leur portée et par leur volume, ses écrits, parus au
> cours de ses années de réclusion dans la plus grande prison, dépassèrent, tant
> à andrinople qu’à Bagdad, les torrents déversés par sa plume. Plus
> remarquable que le changement radical des conditions de sa vie même à
> acre, d’une portée supérieure, par ses conséquences spirituelles, à la
> campagne de répression poursuivie sans répit par les ennemis de sa foi dans
> son pays natal, cette extension sans précédent dans la variété de ses œuvres
> doit placer cette période de relégation dans cette prison parmi l’une des plus
> vivifiantes et des plus fructueuses pour le développement de sa foi.
> 
> les vents d’orage qui soufflèrent sur la foi au début du ministère de
> Bahá’u’lláh, le froid d’hiver et la désolation qui accueillirent le
> commencement de sa carrière prophétique peu après son bannissement de
> Téhéran furent suivis, pendant la seconde partie de son séjour à Bagdad, par
> ce qu’on peut considérer comme les années printanières de sa mission,
> années qui virent s’épanouir en une activité manifeste les forces inhérentes à
> cette graine divine, forces restées en sommeil depuis la fin tragique de son
> précurseur.
> 
> avec son arrivée à andrinople, et à la suite de la proclamation de sa mission,
> le soleil de sa révélation s’était pour ainsi dire élevé jusqu’à son zénith et,
> comme en témoignent le style et le ton de ses écrits, il resplendissait dans la
> plénitude de sa gloire estivale.
> 
> C’est pendant la période d’incarcération de Bahá’u’lláh à acre qu’un lent
> processus de développement fut mené à son terme, et que les fruits de choix
> de cette mission furent finalement récoltés.
> 
> si l’on examine attentivement l’immense domaine qu’embrassent les œuvres
> de Bahá’u’lláh au cours de cette période, on s’aperçoit que ces œuvres
> appartiennent à trois catégories différentes. la première comprend les écrits
> qui font suite à la proclamation de sa mission à andrinople. la seconde
> contient les lois et les ordonnances de sa révé-
> 
> les années à BahJí 409
> 
> lation qui, pour la plus grande part, sont consignées dans le kitáb-i-aqdas,
> son très-Saint livre. dans la troisième catégorie doivent se ranger les tablettes
> qui, d’une part, formulent et de l’autre réaffirment les principes essentiels et
> les préceptes fondamentaux de cette révélation.8
> 
> dans cette troisième vaste catégorie mentionnée par le Gardien, on trouve
> des textes comme lawh∂-i-aqdas ( la très-sainte tablette) adressée plus
> particulièrement aux chrétiens ; bishárát ( les bonnes nouvelles) ; ∏arázát (
> les ornements), tajallíyát ( les effulgences), ishráqát ( les splendeurs),
> lawh∂-i-burhán ( l’épître de la preuve) adressée à shaykh muh∂ammad-
> Báqir d’ispahan, un des religieux responsables du martyre de sulπánu’sh-
> shuhadá’(le roi-des-martyrs) et de mah∂bubu’sh-shuhadá’(bien-aimé-des-
> martyrs), lawh∂-i-dunyá ( l’épître au monde) révélée en l’honneur d’áqá
> mírzá áqá afnán à la suite de la mort des sept martyrs de yazd qui furent tués
> sur ordre de sulπán-husayn mírzá, Jalálu’d-dawlih, fils de sulπán-mas‘úd
> mírzá, z∆illu’s-sulπán ; lawh∂-i-hikmat ( l’épître de la Sagesse), révélée en
> honneur d’áqá muh∂ammad, connu sous les titres de nabíl-i-akbar ou nabíl-i-
> qá’íní, un élève du célèbre shaykh murtid∂áy-i-ans∂árí ; enfin kalimát-i-
> Firdawsíyyih ( les paroles du paradis).
> 
> le dernier ouvrage qui coula de la plume créative de Bahá’u’lláh fut l’épître
> au fils du loup. il fut révélé en 1891 et adressé à shaykh muh∂ammad-Taqí,
> plus connu sous les noms de shaykh najafí ou áqá najafí, fils de shaykh
> muh∂ammad-Báqir, religieux d’ispahan stigmatisé par Bahá’u’lláh qui
> l’appela dhi’b (le loup).
> 
> ensemble, mír muh∂ammad-h∂usayn, l’imám-Jum‘ih de cette ville, shaykh
> muh∂ammad-Báqir et sulπán-mas‘úd mírzá, le z∆illu’s-sulπán avaient
> conspiré et poussé au martyre des deux frères mírzá h∆asan, sulπánu’sh-
> shuhadá’et de mírzá h∆usayn, mah∂bubu’sh-shuhadá’. mír muh∂ammad-
> h∂usayn, l’imám-Jum‘ih, condamné par Bahá’u’lláh sous le titre de raqshá
> (la vipère) mourut horriblement en 1881. la maladie qui l’emporta fit que son
> corps devint si répugnant que personne n’osa s’en approcher. quelques
> porteurs l’enterrèrent rapidement dans une fosse inconnue. son complice, «
> le loup » mourut en irak quelque trois ans plus tard, abandonné de tous. dans
> l’épître adressée au fils de cet homme, lui aussi un ennemi invétéré et notoire
> de la foi dont la cupidité et les machinations furent à l’origine de meurtres et
> de persécutions, Bahá’u’lláh réitéra le défi lancé à ses
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> détracteurs. son appel vient de dieu, sa confiance est en dieu et aucun
> pouvoir terrestre ne peut le détourner de son but. dans ce livre, sa « dernière
> remarquable tablette » 9 on trouve aussi une sélection représentative puisée
> dans tous ses écrits et présentée par lui-même. un aspect important de
> l’épître est la version personnelle de Bahá’u’lláh qui narre les terribles
> évènements provoqués par les adeptes de mírzá yah∂yá, qui se passèrent à
> Constantinople et dont l’issue fut tragique.
> 
> notre prochain chapitre est consacré à l’exposé qu’en fait Bahá’u’lláh dans
> l’Épître au Fils du loup et aux détails de ces événements qui jetèrent une
> ombre sur les dernières années de sa vie.
> 
> Par leur portée, leur étendue et leur profondeur, les écrits de Bahá’u’lláh sont
> inégalés parmi les écritures saintes du passé. mírzá abu’l-fad∂l Gulpáygání,
> l’érudit et enseignant bahá’í, les classait en quatre catégories : lois et
> ordonnances ; méditations et prières ; interprétations des écritures du passé ;
> discours et exhorta-tions. il écrit à propos de la première catégorie : «
> Certains contiennent des lois ou des règles par lesquelles les droits et les
> intérêts des nations peuvent être garantis car ces lois sont promulguées afin
> de répondre aux nécessités de chaque pays et sont acceptables à l’esprit de
> tout homme intelligent. Par leur universalité, elles ressemblent aux lois de la
> nature qui protègent le progrès et le développement des peuples ; elles
> apporteront l’union et l’harmonie universelle. » 10
> 
> Bahá’u’lláh affirme que le volume de ses paroles révélées est égal à
> l’ensemble des écrits des manifestations de dieu qui l’ont précédé. il ne faut
> pas oublier l’avantage inégalable qu’ont ses écrits sur les livres saints
> d’antan : le texte original existe, bien protégé. les générations futures
> n'auront pas l'écrasante responsabilité de décider de l'authenticité des œuvres
> attribuées au prophète. la tradition orale n'a pas de place dans les écritures de
> la religion bahá'íe.
> 
> activités des azalís à istanbul
> 
> dans les années quatre-vingt et au début des années quatre-vingt-dix du dix-
> neuvième siècle, istanbul était devenu un centre d’activité pour les partisans
> de mírzá yah∂yá. ils faisaient tout leur possible pour nuire aux bahá’ís.
> shaykh ah∂mad-i-rúh∂í et ‘abdu’l-h∆usayn Khán-i-Bardsírí plus connu sous
> le nom de mírzá áqá Khán-i-Kirmání, tous deux mariés à des filles de mírzá
> yah∂yá s∆ubh∂-i-azal, vivaient à istanbul. C’étaient des hommes de talents
> dans beaucoup de domaines et ils possédaient des plumes faciles. et tous
> deux étaient des ennemis invétérés de Bahá’u’lláh. une autre personne
> hostile à la religion proclamée par Bahá’u’lláh et vivant aussi à istanbul était
> siyyid Jamálu’d-dín-i-asadábádí*, connu sous le nom d’afghani, cet oiseau
> des tempêtes de la politique orientale, avocat du panislamisme. shaykh
> ah∂mad et mírzá áqá Khán s’attachèrent à afghani, en dépit du fait que ce
> subtil semeur de troubles s’opposait aussi à la religion du Báb. lorsque mírzá
> áqá Khán visita acre, en apparence pour rechercher la vérité, Bahá’u’lláh fit
> la remarque que son but était seulement de créer confusion et méfaits. et
> comme prévu, en quittant acre, mírzá áqá Khán répéta qu’il n’avait trouvé là
> que mensonge et duplicité.
> 
> áqá muh∂ammad-∏áhir de Tabriz avait créé à istanbul, dès 1875, un journal
> intitulé akhtar (l’étoile) qui fut publié pendant vingt ans et qui déplaisait
> beaucoup à nás∂iri’d-dín sháh. il tomba sous l’influence de mírzá áqá Khán
> qui y contribua régulièrement. dans l’ Épître au Fils du loup, Bahá’u’lláh
> fait référence aux activités des azalís :
> 
> [...] dans la grande cité [istanbul], ils ont incité un très grand nombre de
> personnes à s’opposer à cet opprimé. les choses en sont arrivées à un point
> tel que les autorités de cette ville ont agi en faisant honte au gouvernement et
> à la population. un éminent siyyid, considéré par tous comme un marchand
> très honoré dont l’intégrité notoire, le
> 
> * asadábád est dans les environs de hamadán, à l’ouest de l’iran.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Mírzá áqá khán-i-kirmání (gauche) et Shaykh ah∂mad-i-rúh∂í (browne, The
> Persian revolution of 1905-1909 )
> 
> comportement irréprochable et la réputation en matière commerciale étaient
> reconnus par la majorité des personnes impartiales, visita un jour Beyrouth*.
> en raison de son amitié pour cet opprimé, les dites autorités informèrent par
> télégraphe le drogman persan que ce siyyid, accompagné de son serviteur,
> avait notamment volé une somme d’argent avant de se rendre à acre. leur
> dessein, dans cette affaire, était de déshonorer cet opprimé. [...]
> [...] en résumé, ils excitèrent un grand nombre de personnes, comme akhtar
> [le journal] et les autres ; ils s’emploient toujours à propager des calomnies.
> il est clair qu’on assaille avec l’épée de la haine et les flèches de l’inimitié
> celui qu’on sait pros-crit parmi les hommes, banni d’un pays à l’autre. Ce
> n’est ni la première fois qu’une telle iniquité est perpétrée, ni la première
> coupe jetée à terre, ni le premier voile coupé en deux sur le chemin de dieu,
> le seigneur des mondes. Cependant, cet opprimé demeurait calme et
> silencieux dans la Plus-Grande-Prison, occupé par ses propres
> 
> * h∂ájí mírzá siyyid h∂asan, afnán-i-Kabír (le grand afnán), frère de la
> femme du Báb.
> 
> aCTiviTés des azalís à isTanBul 413
> 
> affaires, entièrement détaché de tout ce qui n’est pas dieu. l’iniquité
> s’intensifia si cruellement que les plumes du monde sont impuissantes à la
> décrire. à ce sujet, il convient de mentionner un événement afin que les
> hommes s’accrochent fermement à la corde de la justice et de la loyauté :
> hájí shaykh muh∂ammad ‘alí - que la gloire de dieu, l’éternel, soit sur lui -
> était un marchand d’excellente renommée, bien connu de la plupart des
> habitants de la grande Cité. on observa, il n’y a guère, la profonde détresse
> de cette âme pieuse et sincère alors que l’ambassade de Perse à istanbul
> s’évertuait en secret à répandre des calomnies. si bien qu’une nuit, il se jeta
> dans la mer, mais fut sauvé par des passants qui heureusement arrivaient à
> cet instant. on commenta longuement son acte qu’on interpréta de diverses
> manières. une nuit, il se rendit à une mosquée. selon le gardien, il veilla
> jusqu’au matin, offrant prières et supplications, plein d’ardeur et les yeux
> baignés de larmes. Comme le gardien l’entendit interrompre subi-tement ses
> dévotions, il alla vers lui et constata qu’il avait rendu l’âme. l’on trouva
> auprès de lui un flacon vide : il s’était empoisonné. stupéfait, le gardien
> transmit en quelques mots la nouvelle à la population. l’on découvrit alors
> que le défunt avait laissé deux testaments. dans le premier, il reconnaissait et
> confessait l’unicité de dieu, déclarait que son Être exalté n’a ni pair ni égal et
> que son essence est glorifiée au-dessus de toutes louange et description. il
> témoignait également de la révélation des prophètes et des saints, et
> reconnaissait ce qui est mentionné dans les livres de dieu, le seigneur de tous
> les hommes. sur une autre page, il avait rédigé une prière qu’il concluait par
> ces mots : « Ce serviteur et les bien-aimés de dieu sont perplexes. d’une part,
> la Plume du Très-haut a interdit à tous les hommes la sédition, la
> contestation ou les conflits, d’autre part, la même Plume a révélé ces
> sublimes paroles : Si quelqu’un, en présence de la Manifestation, découvrait
> une intention maligne chez quiconque, il ne devrait pas s’opposer à lui, mais
> le laisser entre les mains de dieu .» Comme ce commandement est clair et
> fermement établi, que par ailleurs, des calomnies humaine-ment
> insupportables ont été proférées, ce serviteur a choisi de commettre ce très
> grave péché. Je tourne mes supplications vers l’océan de la générosité de
> dieu et vers le paradis de la miséricorde divine, et j’espère qu’il absoudra,
> par la plume de sa grâce et de sa munificence, les méfaits de ce serviteur.
> Bien que mes péchés soient multiples, mes méfaits innombrables, je
> m’accroche avec ténacité à la corde de sa bonté et au pan de sa générosité.
> dieu m’en est témoin, ceux qui sont proches de son seuil le savent, ce
> serviteur ne pouvait supporter d’entendre les mensonges proférés par les
> âmes perfides.
> 
> aussi ai-je commis cet acte. si dieu me châtie, qu’il soit loué pour ce qu’il
> fait, et s’il me pardonne, que son commandement soit obéi ».
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> [...] nous supplions dieu - béni et glorifié soit-il - de pardonner à celui que
> j’ai mentionné plus haut (h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí) et de changer ses
> méfaits en bonnes actions. en vérité, il est le Tout-Puissant, le Très-
> Généreux.1
> 
> h∂ájí shaykh muh∂ammad-‘alí, appelé nabíl ibn nabíl, était un frère de
> shaykh Káz∂im de qazvín, surnommé par Bahá’u’lláh samandar
> (salamandre). les deux frères étaient des commerçants très réputés. leur père,
> shaykh muh∂ammad, surnommé nabíl, épousa la religion du Báb dès les
> premiers temps et mourut à Bagdad un an avant la déclaration de
> Bahá’u’lláh. Ce sont les intrigues des disciples de mírzá yah∂yá à istanbul
> qui poussèrent nabíl ibn nabíl à se suicider et voici l’histoire de leurs
> scandaleuses actions, dans la mesure où l’auteur fut capable de les
> reconstituer avec les documents disponibles.
> les afnán, la famille du Báb, avaient de vastes intérêts commerciaux. h∆ájí
> mírzá muh∂ammad-‘alí, un fils de h∆ájí mírzá siyyid muh∂ammad, un oncle
> maternel du Báb, résidait à hong-Kong. son frère, h∆ájí mírzá muh∂ammad-
> Taqí, le vakílu’d-dawlih, résidait à yazd (puis plus tard à ‘ishqábád). à
> Bombay, il y avait toujours un ou deux afnán qui géraient une maison
> d’édition et une imprimerie prospères, d’où sortiront les premiers livres
> bahá’ís imprimés : le kitáb-i-iqtidárát et le kitáb-i-Mubín*. áqá mírzá áqá,
> núri’d-dín, faisait à Port-saïd du commerce sous le nom de núri’d-dín
> h∆asan. h∆ájí mírzá siyyid h∆asan, afnán-i-Kabír (le grand afnán), frère de
> la femme du Báb, résidait à Beyrouth avec son fils h∆ájí siyyid ‘alí, marié à
> furúghíyyih Khánum.
> 
> de plus, les afnán avaient des partenaires ou des agents dans un certain
> nombre d’autres centres commerciaux. áqá ‘alí-haydar-i-shirvání était leur
> partenaire dans le Caucase avant qu’il parte pour Téhéran. h∆ájí shaykh
> muh∂ammad-‘alí était leur partenaire à istanbul. un troisième partenaire dans
> la capitale ottomane était áqá muh∂ammad-‘alíy-i-is∂fahání qui tomba
> progressivement sous l’influence des partisans de mírzá yah∂yá dont shaykh
> ah∂mad-i-rúh∂í et mírzá áqá Khán-i-Kirmání étaient les plus importants.
> mais il y en avait d’autres, aussi actifs et aussi malfaisants, comme shaykh
> muh∂ammad-i-yazdí, áqá muh∂ammad-‘alíy-i-Tabrízí (que Bahá’u’lláh avait
> expulsé à cause de ses méfaits répétés) et najaf-‘alí Khán qui avait des liens
> avec l’ambassade persane. servant la cause de siyyid Jamálu’d-
> 
> * Ce sont des tablettes de Bahá’u’lláh, calligraphiées par mishkín-qalam.
> 
> aCTiviTés des azalís à isTanBul 415
> dín-i-asadábádí (afghání) on rencontrait shaykh ah∂mad-i-rúhí, mírzá áqá
> Khán-i-Kirmání et h∆ájí mírzá h∆asan Khán, le Khabíru’l-mulk (ancien
> consul général de Perse à istanbul), mais il n’est pas certain que ce dernier
> ait été un azalí.
> 
> ils finiront tous les trois ensemble et de la même façon : décapités à Tabriz
> en 1896
> 
> sur l’ordre et en présence de muh∂ammad-‘alí mírzá (plus tard sháh), le
> prince héritier de Perse.
> 
> avant peu mírzá áqá Khán et áqá muh∂ammad-∏áhir, le fondateur et
> propriétaire du journal akhtar se disputeront, mais au pire de la crise
> résultant des activités des azalís, ce journal était complètement dominé par
> mírzá áqá Khán et ses acolytes. Curieusement il semble que la rupture fut
> causée par le mariage d’une fille d’áqá muh∂ammad-∏áhir avec mírzá
> h∆usayn-i-sharíf-i-Káshání, fils de mullá muh∂ammad-Ja‘far-i-naráqí,
> anciennement l’un des plus ardents partisans de mírzá yah∂yá. Ce mullá
> muh∂ammad-Ja‘far était l’auteur d’un ouvrage réfutant les preuves de
> Bahá’u’lláh, intitulé tadhkíratu’l-gháfilín ( rappel aux étourdis). après avoir
> parcouru en tous sens l’irak à la recherche de mírzá yah∂yá qui avait omis
> d’infor-h∆ájí Mírzá h∆asan khán, le khabíru’l-Mulk
> 
> (browne, The Persian revolution of 1905-1909 )
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> mer son champion zélé de son départ, il s’était réfugié à Káz∂imayn. mais
> cette ville est très proche de Bagdad et regorge de pèlerins. mullá
> muh∂ammad-Ja‘far étant connu pour être bábí, le consul général de Perse,
> mírzá Buzurg Khán estima que l’endroit n’était pas sûr pour lui. aussi,
> décida-t-il de l’emmener avec lui lorsqu’il repartit pour l’iran en 1869. deux
> enfants, mírzá h∂usayn, fils de mullá muh∂ammad-Ja‘far et mírzá núru’lláh*
> un des fils de mírzá yah∂yá qui était alors bloqué en irak, furent aussi du
> voyage. en arrivant à Kirmánsháh, mullá muh∂ammad-Ja‘far tomba malade
> et dut arrêter le voyage. mírzá Buzurg Khán l’abandonna avec les deux
> enfants aux bons soins du prince imám-qulí mírzá, l’imádu’d-dawlih,
> gouverneur de la ville. lorsque mullá muh∂ammad-Ja‘far fut guéri, imádu’d-
> dawlih les envoya tous les trois sous escorte à Téhéran où on les jeta dans le
> siyáh-Chál. mullá muh∂ammad-Ja‘far sera empoisonné en prison et les
> enfants furent libérés. nous reprendrons plus tard l’histoire de h∆ájí mírzá
> h∆usayn-i-sharíf-i-Káshání, fils de mullá muh∂ammad-Ja‘far.
> 
> dans le numéro trente-six du journal akhtar daté du 12 août 1886, fut publiée
> une lettre signée par áqá muh∂ammad-‘alíy-i-is∂fahání accusant afnán-i-
> Kabír et ses fils de fourberie, de complot pour frauduleusement le priver de
> ses richesses, et même de vol. sa déclaration péremptoire accusait de
> tricherie, de trahison, de mauvaise foi et de duplicité tous les
> coreligionnaires de afnán-i-Kabír. il écrivait vouloir exposer leurs
> mensonges à ses compatriotes pour les prévenir et il déclarait comme nul et
> non avenu quelque document qui, d’après lui, lui avait été sou-tiré par h∆ájí
> mírzá siyyid h∆asan. il affirmait que tous liens avec afnán-i-Kabír et ses fils
> étaient rompus, que leur partenariat était terminé et qu’ils lui devaient une
> énorme somme d’argent. il ajoutait qu’il présenterait plus tard son cas, avec
> toutes les preuves nécessaires, au consul général de Perse de Constantinople.
> il ajoutait que, parmi ces preuves, il avait des écrits du guide spirituel de
> h∆ájí mírzá siyyid h∆asan.
> 
> dans l’ Épître au Fils du loup Bahá’u’lláh affirme catégoriquement que :
> aucun incident fâcheux ne s’est produit en Perse depuis bien longtemps. le
> pouvoir a tenu fermement en ses mains les rênes des agitateurs au sein des
> diverses sectes.
> 
> Personne n’a transgressé ses limites. Par dieu ! Cette communauté n’est pas,
> et n’a
> 
> * mírzá núru’lláh devint médecin et s’installa à rasht dans la province
> caspienne de Gilán.
> 
> aCTiviTés des azalís à isTanBul 417
> 
> jamais été, encline à commettre des méfaits. son cœur est illuminé de la
> lumière de la crainte de dieu et paré de l’ornement de son amour. sa
> préoccupation est, aujourd’hui comme hier, le mieux-être du monde. [...]
> de même, les officiels de l’ambassade de Perse dans la grande Cité cherchent
> avec détermination et constance à exterminer ces opprimés. ils désirent une
> chose et dieu en désire une autre. Considère maintenant ce qui advient en
> chaque pays aux fidèles de dieu : tantôt ils sont accusés de vol et de larcin,
> tantôt ils sont calomniés d’une manière sans équivalent dans le monde.
> réponds honnêtement : quelles pouvaient être les conséquences à l’étranger,
> de l’accusation de vol portée par l’ambassade de Perse contre ses propres
> sujets ? Cet opprimé en ressentit de la honte, non pas en raison de
> l’humiliation subie, mais plutôt à cause de la perception par des
> ambassadeurs étrangers de l’incompétence et de l’incompréhension de
> personnalités éminentes de l’ambassade de Perse. [...] Bref, au lieu de
> chercher, comme ils auraient dû le faire, à parvenir aux rangs les plus élevés
> grâce à celui qui occupe cette condition sublime et à requérir son avis, ils
> s’efforcent toujours d’éteindre sa lumière. Toutefois, comme rapporté, son
> excellence l’ambassadeur mu‘ínu’l-mulk, mírzá muh∂sin Khán - que dieu
> l’assiste -
> 
> était absent de istanbul à ce moment. Cela s’est produit parce que l’on
> croyait sa majesté le chah de Perse - que le Très-miséricordieux l’assiste -
> courroucée contre ceux qui ont atteint et côtoient le sanctuaire de la sagesse.
> dieu est témoin et sait que cet opprimé s’est toujours attaché à tout ce qui
> contribuait à la gloire du gouvernement et de la nation. en vérité, dieu est un
> témoin suffisant.
> 
> décrivant le peuple de Bahá, la Plume suprême a révélé ces paroles : en
> vérité, ce sont des hommes qui ne s’attardent point lorsqu’ils passent dans
> des cités d’or pur et se détournent lorsqu’ils rencontrent les femmes les plus
> belles et les plus gracieuses. »
> 
> voilà ce qu’a révélé la Plume suprême pour le peuple de Bahá, de la part du
> Conseiller, de l’omniscient. dans les derniers passages de l’épître à sa
> majesté l’empereur de Paris [napoléon iii] ont été révélées ces paroles
> exaltées : te réjouis-tu des trésors que tu possèdes, sachant qu’ils périraient
> ? te réjouis-tu de gouverner un empan de terre quand, pour le peuple de
> bahá, le monde entier ne vaut pas plus que la pupille de l’œil d’une fourmi
> morte ? abandonne-les à ceux qui s’y attachent et tourne-toi vers le désir du
> monde.
> seul dieu - exaltée soit sa gloire - connaît ce qui advint à cet opprimé.
> Chaque jour apporte à l’ambassade d’istanbul un nouveau récit d’incidents
> dirigés contre nous. dieu de miséricorde ! l’unique objet de leurs
> machinations est d’éliminer ce serviteur. ils oublient, toutefois, que
> l’humiliation dans le chemin de dieu est ma gloire véritable.
> 
> dans les journaux, on pouvait lire notamment : À propos des agissements
> frauduleux de
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> certains exilés d’acre et de leurs exactions contre plusieurs personnes, etc...
> Pour les partisans de la justice et les aurores d’équité, l’intention de l’auteur
> était évidente et explicite son objectif. en résumé, celui-ci m’infligea toutes
> sortes de cruautés, d’injustices et de tourments. Par dieu ! Cet opprimé
> n’échangerait point ce lieu d’exil pour la demeure la plus sublime. aux yeux
> de toute personne perspicace, ce qui advient dans le sentier de dieu est gloire
> manifeste et rang suprême. [...] cet opprimé ne se départit pas de la patience
> qui s’imposait. si seulement sa majesté le chah demandait un rapport sur ce
> qui nous advint à istanbul afin d’être pleinement informé des faits réels ! [...]
> 
> Trouvera-t-on un juste qui, en ce jour, jugera selon ce que dieu a envoyé
> dans son livre ? où est la personne impartiale qui examinera équitablement
> ce qui fut perpétré contre nous sans preuve ni témoignage irréfutable ? 2
> 
> dans d’autres épîtres telles que celles adressées à áqá mírzá áqá, núri’d-dín et
> à Karbilá’í h∆ájí-Bábá, un bahá’í de zarqán (près de Chiraz, dans la province
> de fars), Bahá’u’lláh parle en particulier des accusations lancées contre
> afnán-i-Kabír. malheureusement, l’auteur n’a pu trouver nulle part une
> collection complète du journal akhtar et dans les numéros qui appartenaient
> à edward Granville Browne et qui sont déposés à la bibliothèque de
> l’université de Cambridge, on ne trouve aucune référence aux intrigues des
> azalís à istanbul. Peut-être qu’il n’existe nulle part une collection complète
> de akhtar. alors qu’il était sous l’influence marquée de mírzá áqá Khán-i-
> Kirmání, nás∂iri’d-dín sháh en avait interdit la circulation en Perse. mais un
> jour mírzá áqá Khán se fâcha avec áqá muh∂ammad-∏áhir et ce dernier eut
> de plus en plus de difficultés financières à produire son journal.
> 
> alors intervint ‘alá’u’l-mulk, l’ambassadeur de Perse à istanbul, qui demanda
> à son gouvernement de subventionner le journal afin que áqá muh∂ammad-
> ∏áhir puisse continuer à le publier comme contrepoids au journal qánún,
> publié à londres par mírzá malkam Khán le náz∂imu’d-dawlih, qui était très
> critique envers le gouvernement de Perse et qui lançait de vicieuses
> campagnes notamment contre mírzá ‘alí-asghar Khán l’amínu’s-sult∂án*, le
> s∆adr-i-a’z∂am du chah, un
> 
> *lors de l’assassinat de nás∂iri’d-dín sháh en 1896, amínu’s-sult∂án était le
> s∆adr-i-a’z∂am ou grand vizir. C’est grâce à son stratagème que les désordes
> purent être évités ce jour-là. Certains écrivains modernes ont suggéré que
> amínu’s-sult∂án lui-même était impliqué dans le meurtre de nás∂iri’d-dín
> sháh ; c’est ridicule. en 1898, sulaymán Khán, connu comme Jamál effendi,
> vint d’acre avec notamment comme mission de rencontrer amínu’s-sult∂án à
> qom, ville dans laquelle il s’était retiré après sa destitution par le chah
> muz∂affari’d-dín. il était arrivé au ministre déchu de parler en faveur des
> bahá’ís opprimés. mais, revenu aux affaires, il oublia vite ses promesses.
> 
> aCTiviTés des azalís à isTanBul 419
> 
> homme compétent et astucieux quoique peu scrupuleux. il existe un
> document écrit de la main du chah qui approuve les subventions pour áqá
> muh∂ammad-∏áhir et son journal. mais l’éclat des jours passés ne revint
> jamais et akhtar disparut.
> 
> les intrigues d’istanbul sont assez compliquées à raconter, comme toutes les
> intrigues. mais on peut les diviser en plusieurs épisodes. Tout ce qui
> concerne nabíl ibn nabíl est décrit en détail dans une brochure écrite par son
> neveu, mírzá
> 
> ‘abdu’l-h∆usayn, fils de shaykh Káz∂im-i-samandar. mais il n’existe pas de
> récit continu des événements concernant les afnán. les manques dans le récit
> doivent être complétés.
> 
> Comme indiqué ci-dessus, les afnán avaient une chaîne d’intérêts
> commerciaux qui allait de hong-Kong à istanbul. vers 1882, hájí shaykh
> muh∂ammad-‘alí de qazvín qui faisait du commerce chez lui depuis des
> années, s’installa à istanbul à la demande de Bahá’u’lláh. Pendant sept ans, il
> y géra un commerce. on ne sait pas s’il fut tout de suite un partenaire des
> afnán ou s’il le devint plus tard. on ignore aussi lequel des fils de h∆ájí mírzá
> siyyid h∆asan, l’afnán-i-Kabír, resta assez longtemps à istanbul à cette
> époque. mais on est certain que hájí shaykh muh∂ammad-‘alí y dirigeait et
> gérait personnellement une entreprise pendant toutes ces années. il devint
> ainsi connu dans la capitale ottomane, traitant également avec les gens de
> toutes croyances : juifs, chrétiens et musulmans. de même, les pèlerins Mírzá
> ‘alí-asghar khán, l’amínu’s-Sulπán
> 
> (browne, The Persian revolution of 1905-1909 )
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> de toutes les religions, en route pour la mecque, Jérusalem ou acre recevaient
> de lui conseils, aide et directives. Cette célébrité justifiée donna aux disciples
> de mírzá yah∂yá, des hommes comme shaykh muh∂ammad-i-yazdí, shaykh
> ah∂mad-rúh∂í, mírzá áqá Khán-i-Kirmání, l’idée de le surveiller de près. Par
> ailleurs, par l’intermédiaire de h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí, la Plus-
> Grande-Branche était en communication régulière avec des fonctionnaires
> ottomans comme núrí Big, et il est probable que les azalís étaient au courant
> du fait.
> 
> mírzá áqá Khán commença à fréquenter la boutique de hájí shaykh
> muh∂ammad-‘alí, venant chaque jour poser de nouvelles questions,
> exprimant enfin son désir d’embrasser la foi bahá’íe. mais il désirait d’abord
> visiter acre et être témoin de la vérité de ce qu’on lui avait dit. il demanda à
> hájí shaykh muh∂ammad-‘alí d’obtenir la permission de Bahá’u’lláh pour
> qu’il puisse aller à acre. déjà, deux ans avant, mírzá yah∂yá de qazvín, dont
> le père était un partisan de mírzá yah∂yá s∆ubh∂-i-azal, avait fini par voir
> son erreur et était devenu un croyant confirmé dans la religion de
> Bahá’u’lláh. hájí shaykh muh∂ammad-‘alí espérait donc que mírzá áqá Khán
> suivrait le même chemin. mais cela ne se ferait pas, car on allait vite
> s’apercevoir que c’était un dissimulateur.
> 
> áqá muh∂ammad-‘alíy-i-is∂fahání était, lui aussi, à istanbul depuis quelques
> années. on ne sait rien de ses antécédents. il commerçait sur une petite
> échelle et prenait des commissions sur des affaires qu’il négociait. n’ayant
> jamais reçu que des marques d’amitié de la part de hájí shaykh
> muh∂ammad-‘alí, il n’en était pas moins jaloux de la grande réussite du
> marchand de qazvín et il envoyait des rapports négatifs à certains de ses
> clients et répandait des fausses rumeurs sur son compte. hájí shaykh
> muh∂ammad-‘alí eut alors une idée pour contrecarrer la malveillance de áqá
> muh∂ammad-‘alí et proposa un accord commercial entre les afnán, lui-même
> et cet is∂fahání. les afnán acceptèrent. Ce partenariat dura plusieurs années,
> prospéra et l’is∂fahání en tira de grands profits. mais, peu à peu, il tomba
> sous la coupe d’áqá muh∂ammad-‘alíy-i-Tabrízí (expulsé par Bahá’u’lláh) et
> les adeptes de s∆ubh∂-i-azal. C’est à la même époque que mírzá áqá Khán
> avait pris de l’ascendant sur áqá muh∂ammad-Táhir le fondateur et rédacteur
> de akhtar.
> 
> les rumeurs malveillantes répandues par les deux muh∂ammad-‘alí, l’un de
> Tabriz et l’autre d’ispahan , devinrent si persistantes que Bahá’u’lláh envoya
> h∂ájí siyyid Javád-i-yazdí pour enquêter et trouver la vérité. Ce vénérable
> siyyid resta
> 
> aCTiviTés des azalís à isTanBul 421
> 
> quelque temps à istanbul et comprit très vite que les adversaires de la
> religion n’élaboraient que des mensonges. mais un jour vint où hájí shaykh
> muh∂ammad-
> 
> ‘alí ne put plus supporter le poids des fausses rumeurs, des diffamations et
> des insinuations. il n’avait que son neveu mírzá ‘abdu’l-h∆usayn avec lui, et
> se sentait très seul. une nuit, il se jeta dans la mer mais fut secouru par des
> bateleurs.
> 
> les douaniers et les badauds qui le connaissaient bien furent très surpris. hájí
> shaykh muh∂ammad-‘alí vécut pour voir un autre jour, mais la pensée qu’il
> avait tenté de se suicider et le fait de lire dans les journaux, et
> particulièrement akhtar, des articles rapportant le fait, l’écrasaient.
> 
> C’est alors qu’arriva de Terre sainte, en route pour ‘ishqábád, hájí mírzá
> abu’l-qásim-i-náz∂ir, né à ispahan. áqá muh∂amad-‘alí n’avait pas encore
> dévoi-lé sa vraie nature. en prévision de ses plans abominables, il réussit,
> étant aussi d’ispahan, à convaincre náz∂ír de rester à istanbul. mais il
> comprit bientôt que náz∂ir ne deviendrait jamais un jouet entre ses mains et
> ne l’aiderait pas. Puis il entendit dire que quelques-uns des afnán visiteraient
> bientôt istanbul et qu’ils pourraient effectuer quelques changements dans le
> magasin qu’ils possédaient tous en commun. un jour, il fit savoir que 400
> livres avaient été volées dans les coffres de leur magasin ; il joua si bien
> l’accusateur que tout le monde le crut. il devait 60 livres de salaires non
> payés à un pauvre siyyid, lui aussi is∂fahání, qui travaillait pour lui. il laissa
> les soupçons se tourner vers ce dernier. sous les pressions du consul général
> persan manipulé par les azalís, ce siyyid muh∂ammad, un honnête
> musulman, fut arrêté par la police et resta prisonnier pendant deux mois.
> 
> il finit par pouvoir se disculper et affirma haut et fort que áqá muh∂amad-‘alí
> était un menteur et un tricheur qui lui devait 60 livres et qui, ayant entendu
> parler de l’arrivée des siyyids shírází (les afnán), avait décidé d’utiliser cette
> ruse pour leur voler 400 livres.
> 
> Pendant ce temps, la nouvelle de la tentative de suicide de hájí shaykh
> muh∂ammad-‘alí était arrivée en Terre sainte et Bahá’u’lláh lui enjoignit de
> quitter istanbul, après ce séjour de sept ans, et de venir à acre. mírzá
> muh∂sin, un jeune fils de afnán-i-Kabír fut choisi pour le remplacer dans ses
> lourdes tâches.
> 
> son neveu, mírzá ‘abdu’l-h∆usayn, qui connaissait bien tous les détails des
> métiers du commerce, devait rester là-bas pour aider le jeune homme. h∆ájí
> shaykh muh∂ammad-‘alí quitta la capitale ottomane en mars 1889, notant
> dans son jour-
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> nal sa joie d’être libéré de tous les soucis et les anxiétés que les ennemis
> avaient fait peser sur lui dans cette ville.
> 
> la veille du départ de h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí, náz∂ir avait trouvé,
> cachée dans les toilettes publiques de qárshí, une somme de 125 livres et, il
> en avait parlé à áqá muh∂ammad-‘alí, au grand regret de hájí shaykh. Tous
> les partisans de mírzá yah∂yá présents à istanbul encouragèrent áqá
> muh∂ammad-‘alí de porter plainte contre náz∂ir. Pourtant, c’était lui qui
> avait supplié náz∂ir de rester à istanbul et cela faisait deux mois déjà que
> náz∂ir avait trouvé l’argent sans avoir cherché à cacher sa découverte.
> néanmoins áqá muh∂ammad-‘alí l’accusa sans vergogne d’avoir volé les 400
> livres dans le coffre du magasin et alla jusqu’à se plaindre par écrit à
> Bahá’u’lláh. il reçut de Terre sainte une réponse, signée par Khádimu’lláh,
> lui disant que s’il était capable de prouver son accusation contre náz∂ir, il
> recevrait d’áqá mírzá muh∂sin-i-afnán la somme qu’il prétendait avoir été
> volée, plus les intérêts.
> 
> en plus de muh∂ammad-‘alíy-i-Tabrízí et des principaux azalís d’istanbul, un
> fils de mírzá yah∂yá était aussi dans la capitale ottomane. Tous ces gens,
> soutenus par akhtar qui était alors manipulé par mírzá áqá Khán, lançaient
> en chœur des accusations. lorsqu’il était parti pour son voyage jusqu’à
> ‘ishqábád, náz∂ir avait laissé sa famille en Terre sainte ; son séjour à istanbul
> s’étant prolongé et ayant la permission de Bahá’u’lláh de revenir voir sa
> famille, il décida, devant les terribles accusations de áqá muh∂ammad-‘alí,
> de partir immédiatement. mais il fut arrêté, l’ambassadeur de Perse,
> mu‘ínu’l-mulk, qui le connaissait personnellement, dirigea le procès dans
> l’ambassade, conclut en sa faveur et le blanchit complètement.
> 
> en dépit de ce verdict clair, áqá muh∂ammad-‘alí, poussé par son homonyme
> de Tabriz et par shaykh muh∂ammad-i-yazdí, traîna náz∂ir devant les
> tribunaux ottomans qui, cette fois, établirent son innocence de manière
> irrévocable.
> áqá muh∂ammad-‘alí, piqué au vif par la défaite qu’il venait de subir en
> présence de shaykh muh∂sin Khán, le mu‘ínu’l-mulk et devant les tribunaux
> ottomans, cessa tout faux-semblant et, se montrant sous son vrai jour, écrivit
> cette fameuse lettre au journal akhtar dont nous avons déjà parlée et dans
> laquelle il accusait méchamment h∆ájí mírzá siyyid h∆asan, l’afnán-i-Kabír,
> ses fils et, par des sous-entendus, tous ses coreligionnaires, de fourberie et de
> pratiques douteuses. il osa même mentionner Bahá’u’lláh. Pendant ce temps,
> mírzá muh∂sin-i-
> 
> aCTiviTés des azalís à isTanBul 423
> 
> afnán et mírzá ‘abdu’l-h∆usayn avaient terminé les affaires du magasin
> d’istanbul, vendu les meubles des bureaux et étaient partis en Terre sainte.
> 
> l’auteur possède une lettre de áqá mírzá muh∂sín qui indique que
> Bahá’u’lláh avait demandé à un autre fils d’afnán-i-Kabír, áqá siyyid
> ah∂mad d’aller à istanbul réfuter les graves et impudentes accusations d’áqá
> muh∂ammad-‘alí d’ispahan .
> 
> on demanda aussi à h∆ájí mírzá abu’l-qásim-i-názir et à h∆ájí abu’l-h∆asan-
> i-amín d’aller à istanbul, le premier pour y faire ses propres affaires et le
> second pour aider áqá siyyid muh∂ammad. mírzá ‘abdu’l-h∆usayn affirme
> qu’en réalité áqá muh∂ammad-‘alí devait aux afnán et à h∆ájí amín une
> somme considérable d’argent. en dépit de son attitude, áqá siyyid ah∂mad et
> h∆ájí amín tentèrent de régler les choses à l’amiable, sans succès. la
> présence à istanbul de h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí devenait de nouveau
> nécessaire. en septembre 1889, accompagné de son neveu et d’áqá
> muh∂ammad leur serviteur, il embarqua pour istanbul, le cœur lourd.
> Bahá’u’lláh lui avait dit de ne pas y rester trop longtemps et de continuer
> jusqu’en Perse. les choses allaient se passer différemment.
> 
> selon mírzá ‘abdu’l-h∂usayn et fád∂il-i-mazandéraní qui l’ont écrit tous les
> deux, h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí put prouver devant le tribunal ottoman
> et devant l’ambassadeur de Perse, avec l’aide de preuves tirées des registres
> et des livres de comptes, l’imposture de muh∂ammad-‘alíy-i-is∂fahání.
> d’importants marchands d’istanbul, persans ou non, signèrent volontiers un
> document affirmant leur conviction que l’is∂fahání qui avait calomnié ses
> anciens partenaires, avait menti, avait trompé les gens et, de fait, devait aux
> bahá’ís une somme d’argent considérable.
> 
> en dépit du succès de h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí et de la déroute du
> renégat d’ispahan , les adversaires de la foi bahá’íe devinrent encore plus
> hardis, fabriquant de nouvelles calomnies et les répandant abondamment. ils
> répandirent la fausse nouvelle que les autorités ottomanes avaient décidé de
> mettre le feu au manoir de Bahjí pour détruire le centre et la source même de
> la nouvelle religion. h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí, tout en faisant son
> devoir loyalement et fidèlement, était constamment soumis à l’effet usant de
> ces calomnies et aux moqueries des ignorants ; il finit par ne plus le
> supporter et se suicida. áqá siyyid ah∂mad organisa une réunion
> commémorative à laquelle assista mu‘ínu’l-mulk, l’ambassadeur persan qui
> était si ému par la mort tragique de h∆ájí shaykh qu’il en pleura. on raconte
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> qu’il dit : « nous avions un marchand sage, sagace et intègre ; et maintenant
> nous l’avons perdu. »
> 
> h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí était parti loin des conspirateurs et des
> malveillants, mais l’histoire des intrigues contre les bahá’ís à istanbul ne
> s’arrête pas avec son décès. áqá siyyid ah∂mad-i-afnán était toujours là, dont
> la vue était insupportable aux deux muh∂ammad-‘alí, l’is∂fahání et le
> Tabrízí. mais on avait aussi besoin de lui ailleurs et Bahá’u’lláh ordonna à
> áqá ‘azízu’lláh-i-Jadhdháb, bahá’í d’origine juive de mashhad, d’aller à
> istanbul accélérer le départ de áqá siyyid ah∂mad. il devait aussi s’occuper
> des intérêts commerciaux des afnán. h∆ájí siyyid mírzá, un frère de siyyid
> ah∂mad qui résidait à yazd, devait 12 000 tomans à áqá ‘alí-haydar-i-
> shírvání un marchand de grande réputation qui s’occupait de transférer le
> h∆uqúqu’lláh* de chez h∆ájí abu’l-h∆asan-i-amín vers la Terre sainte.
> 
> áqá ‘alí-haydar avait été agent des afnán dans le Caucase mais il résidait
> depuis quelques années à Téhéran où edward Granville Browne le rencontra
> en 1888. en ces années-là, certaines personnes qui avaient échoué
> commercialement faisaient le siège de quelques-uns des afnán. il semble que
> h∆ájí siyyid mírzá ait eu tendance à temporiser dans le paiement de ses
> dettes et dans une épître, Bahá’u’lláh lui enjoint sévèrement de payer ses
> dettes sans tarder.
> 
> Bahá’u’lláh désirait que áqá siyyid ah∂mad visite d’abord la Terre sainte
> avant de repartir pour ‘ishqábád pour y vendre des terrains que les afnán
> avaient achetés quelques années avant, afin de régler leurs comptes avec áqá
> ‘alí-haydar. à ce moment-là, h∆ájí abu’l-h∆asan-i-amín languissait en prison
> à qazvín en compagnie de h∆ájí mullá ‘alí-akbar-i-shahmírzádí (une main de
> la cause de dieu connu sous le nom de h∂ájí ákhund)†. Bahá’u’lláh demanda
> à Jadhdháb de transmettre ce message à áqá siyyid ah∂mad : nous
> t’ordonnons de ne pas rester à istanbul un moment de plus et de partir
> immédiatement. Jadhdháb qui faisait du commerce depuis un certain temps
> en Transcaucasie et possédait un passeport de l’émir de Bukhárá (ce qui
> équivalait à avoir un passeport russe) voyagea sur un vapeur égyptien et
> retourna à istanbul le plus vite possible. il arriva dans la capitale ottomane
> dans les premiers jours d’août 1891, en plein mois sacré de muh∂arram ; áqá
> siyyid
> 
> * « le droit de dieu » un paiement que doivent acquitter les croyants, institué
> dans le kitáb-i-aqdas.
> 
> † Bahá’u’lláh fait référence à cette situation dans la Tablette au monde,
> lawh-i-dunyá, révélée en honneur de áqá mírzá áqá, núri’d-dín.
> 
> aCTiviTés des azalís à isTanBul 425
> 
> ah∂mad avait donc retardé son départ. mais Jadhdháb, obéissant à l’ordre de
> Bahá’u’lláh, insistait auprès de áqá siyyid ah∂mad pour qu’il parte le plus tôt
> possible. finalement, tout fut prêt pour qu’il parte dans l’après-midi de
> ‘áshúrá, le dix de muh∂arram, le jour du martyre de l’imam h∆usayn. il y
> avait alors à istanbul un marchand d’ispahan appelé áqá h∆usayn-‘alí qui
> fréquentait aussi bien les musulmans que les azalís et les bahá’ís. le soir de
> ‘áshúrá, il invita áqá siyyid ah∂mad, Jadhdháb et d’autres à une
> commémoration du martyre du troisième imam qui se tiendrait dans
> l’auberge du Khán-i-válidih et après laquelle, selon la coutume, se tiendrait
> un grand repas. Khán-i-válidih était le lieu de prédilection des Persans et
> beaucoup d’entre eux y tenaient un bureau ou même y habitaient. au début
> du dîner, on s’aperçut que shaykh ah∂mad-i-rúh∂í, muh∂ammad-‘alíy-i-
> Tabrízí et muh∂ammad-‘alíy-i-is∂fahání étaient aussi présents. ils ne
> cessaient de jeter des regards furtifs vers áqá siyyid ah∂mad et Jadhdháb qui,
> plus tard, accompagnés de mírzá ismá’íl Khán le fonctionnaire chargé des
> passeports à l’ambassade de Perse (originaire de rasht) et un courtier nommé
> h∆ájí muh∂ammad-Javád-i-is∂fahání, tous les deux bahá’ís, se retirèrent
> dans la demeure et le bureau de l’afnán situés tous deux dans l’auberge
> d’áyinih-lí. en passant dans le vestibule qui conduit à l’auberge ils
> rencontrèrent áqá nas∂ru’lláh-i-ardakání, le serviteur de áqá siyyid ah∂mad
> qui était assis avec les régisseurs de l’auberge et un certain nombre de débar-
> deurs. l’afnán demanda à son serviteur : « Pourquoi n’es-tu pas venu au
> Khán-i-válidih comme je te l’avais demandé ? » et nas∂ru’lláh répondit que
> la police l’en avait empêché. le lendemain matin, Jadhdháb, guidé par
> nas∂ru’lláh, visita la tombe de h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí que
> Bahá’u’lláh lui avait demandé de réparer et de couvrir d’une dalle de
> marbre. nas∂ru’lláh lui ayant indiqué la tombe le quitta pour vaquer à ses
> affaires et retourna rapidement en ville. ayant terminé sa mission vers midi,
> jour de ‘áshúrá, Jadhdháb retourna en ville pour y découvrir siyyid ah∂mad,
> mírzá ismá’íl Khán et h∆ájí muh∂ammad-Javád plongés dans la
> consternation. après son départ ce matin, la police était venue les informer
> que l’ambassade de Perse avait reçu une plainte venant des deux
> muh∂ammad-‘alí – le Tabrízí et l’is∂fahání. ils accusaient áqá nas∂ru’lláh-i-
> ardakání, le serviteur de áqá siyyid ah∂mad de s’être introduit la veille dans
> leurs bureaux pendant qu’ils étaient invités à l’auberge de Khán-i-válidih,
> d’avoir brisé la serrure de leur coffre et d’avoir volé plusieurs milliers de
> livres ainsi que tous les documents pouvant prou-
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> ver que les bahá’ís leur devaient de l’argent. ils ajoutaient que ce voleur,
> suivant son maître, était sur le point de s’échapper en route vers acre et qu’il
> devait être arrêté immédiatement. Jadhdháb rappela à áqá siyyid ah∂mad
> qu’on l’avait prévenu de quitter la capitale ottomane immédiatement et sans
> délai. quelques heures plus tard, lui et son serviteur étaient à bord d’un
> vapeur autrichien.
> Jadhdháb vérifia qu’ils étaient bien partis et, de retour en ville, dut faire face
> à une citation à comparaître venant de l’ambassade persane. Ces jours-là, ni
> mu‘ínu’l-mulk l’ambassadeur, ni h∆ájí mírzá najaf-‘alí Khán son
> représentant, qui avaient tous deux des relations amicales avec Jadhdháb,
> n’étaient à istanbul. le consul était un arménien, uvánis Khán, qui
> deviendrait plus tard amabssadeur de Perse à Tokyo, et qui ne connaissait
> pas tout ce qui s’était passé. la disparition d’áqá siyyid ah∂mad et de son
> serviteur l’avait rendu furieux. mais Jadhdháb sut lui résister, réussit à le
> convaincre que c’était par méchanceté que les plaignants avaient agi et qu’il
> n’y avait pas de problème de vol.
> 
> nous avons déjà parlé dans ce chapitre de la relation tendue existant entre
> mírzá áqá Khán et áqá muh∂ammad-Táhir à cause du mariage de la fille de
> ce dernier avec mírzá h∆usayn-i-sharíf-i-Káshání. dans les archives de mírzá
> malkam Khán offertes à la Bibliothèque nationale de Paris par sa veuve, on
> trouve de nombreuses lettres écrites à malkam par mírzá áqá Khán. et ces
> lettres sont vraiment surprenantes. en plus de vilipender mírzá h∆usayn-i-
> sharíf et de dénigrer áqá muh∂ammad-Táhir, l’auteur y affirme des choses
> invraisemblables comme, par exemple, que les bábís d’istanbul croient que
> malkam est le Christ descendu du ciel, dont le retour doit suivre le retour du
> mahdí qui est le qá’im de la famille de muh∂ammad. mírzá áqá Khán
> dépasse les limites de la crédibilité en affirmant aussi que c’était le chef de
> ces bábís (il devait penser aux azalís) qui avait dû leur donner des
> indications dans ce sens et, dans une autre lettre, il affirme que cette
> déclaration extraordinaire a été faite par le chef des bábís. qui pourrait être
> ce chef, sinon mírzá yah∂yá s∆ubh∂-i-azal ? mais est-il pensable que mírzá
> yah∂yá, aussi stupide soit-il, puisse avoir fait une déclaration aussi ridicule ?
> mírzá áqá Khán, tout astucieux qu’il fut, ne connaissait-il pas mieux mírzá
> malkam Khán pour lui écrire des bêtises pareilles dans le but de se faire bien
> voir ? Pour salir le nom de mírzá h∂usayn-i-sharíf, il alla jusqu’à dire à
> malkam que ce « rustre » gendre de áqá muh∂ammad-Táhir lui avait
> demandé, contre une forte rémunération, de composer
> 
> aCTiviTés des azalís à isTanBul 427
> 
> un livre sur le Báb et les bábís dont il avait une grande connaissance. il avait
> beaucoup travaillé pour écrire ce livre*, disait-il, mais non seulement mírzá
> h∆usayn ne l’avait pas payé mais il le montrait à tout istanbul comme preuve
> que mírzá áqá Khán était un bábí ! (Tout le monde savait, naturellement, que
> mírzá áqá Khán et shaykh ah∂mad-i-rúh∂í avaient épousé des filles de mírzá
> yah∂yá). Ces lettres de mírzá áqá Khán à mírzá malkam Khán prouvent
> abondamment sa nature intri-gante.
> 
> mírzá h∆usayn-i-sharíf entra au service du gouvernement indien, prit sa
> retraite devenu riche et fut fait chevalier. sir mírzá h∆usayn finit ses jours au
> Caire où il vivait dans une abondance remarquable. il mourut sans
> descendance et lorsque son frère, shaykh mihdíy-i-sharíf-i-Káshání qui était
> maître d’école à Téhéran, se précipita au Caire, il eut la douleur de constater
> que le consul général de Perse en égypte s’était emparé de toute la fortune de
> sir mírzá h∆usayn-i-sharíf.
> 
> on connaît le destin de mírzá áqá Khán-i-Kirmání et shaykh ah∂mad-i-rúhí :
> ils furent emprisonnés et exécutés en 1896†. mais on ignore le destin des
> deux muh∂ammad-‘alí, le Tabrízí et l’is∂fahání. les intrigues et les
> malversations des partisans de mírzá yah∂yá à istanbul causèrent beaucoup
> de chagrin à Bahá’u’lláh jusqu’à la fin de sa vie, provoquant la perte d’une
> vie précieuse, ridiculisant et méprisant, pendant un certain temps, des
> hommes de grande intégrité dont la probité et la crédibilité étaient largement
> reconnues par tous. mais ils ne laissèrent pas de marques indélébiles dans les
> annales de la religion de Bahá’u’lláh. l’arche du salut résista à toutes les
> tempêtes et à toutes les pressions de l’époque.
> 
> * il doit s’agir du tome intitulé khulás∂atu’l-bayán : sommaire du Bayán.
> 
> † voir page 414-415
> 
> extraits d’une autobiographie
> 
> voiCi quelques pages de l’autobiographie de h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh afnán,
> fils de áqá mírzá áqá que Bahá’u’lláh nomma núri’d-dín, lumière de la foi. le
> père de áqá mírzá áqá était h∆ájí mírzá zaynu’l-’ábidín, qui était le cousin de
> siyyid muh∂ammad-rid∂á, le père du Báb. un autre cousin du père du Báb,
> mírzá mah∂múd-i-Khushnivís (le calligraphe) eut un fils nommé h∆ájí mírzá
> muh∂ammad-h∆asan (1815-95) qui, sous le nom de mírzáy-i-shírazí devint
> le plus éminent mujtahid chiite de son temps. h∆ájí siyyid Javád, l’imám-
> Jumih de Kirmán, lui aussi un grand personnage de son temps, était un autre
> cousin du père du Báb. Comme mírzáy-i-shírází, il croyait secrètement en
> son glorieux cousin, convaincu qu’il était le qá’im de la famille de
> muh∂ammad. nul n’entendit jamais tomber de leurs lèvres une condamnation
> de la religion du Báb et, chaque fois que ce fut possible, ils en protégèrent
> les disciples. un des exemples les plus éclatants est le respect et la
> considération dont fit preuve l’imám-Jum’ih de Kírmán envers quddús.
> 
> la mère de áqá mírzá áqá, zahrá Bigum, était la sœur de Khadíjih Bigum la
> femme du Báb, toutes deux étant les filles de mírzá ‘alí, un marchand de
> Chiraz.
> 
> et la mère de h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh (voir addenda v) était maryam-sulπán
> Bigum, une fille de h∆ájí mírzá abu’l-qásim, l’un des frères de la femme du
> Báb.
> 
> l’autre frère était h∆ájí mírzá siyyid h∆asan, appelé afnán-i-Kabír, le grand
> afnán.
> 
> le premier membre de la famille à embrasser avec zèle la cause de leur
> parent fut sa femme, suivie par h∆ájí mírzá siyyid ‘alí, un oncle maternel
> appelé Khál-i-a’z∂am : le Très-Grand-oncle, qui était devenu son tuteur
> lorsque le Báb devint orphelin et qui fit partie des sept martyrs de Téhéran.
> 
> áqá mírzá áqá, núri’d-dín, fut le troisième à le faire. C’est sa tante
> maternelle, la femme du Báb, qui le guida vers la religion bábíe et l’aida à la
> comprendre et à l’accepter. à son tour, áqá mírzá áqá convainquit h∆ájí
> mírzá siyyid muh∂amad, appelé Khál-i-akbar, un autre oncle maternel du
> Báb, qui voyagea jusqu’en irak, sous couvert d’un pèlerinage aux villes
> saintes, afin de rencontrer Bahá’u’lláh.
> 
> Très vite, dans tout Chiraz et au-delà, áqá mírzá áqá, núri’d-dín, devint si
> connu
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> áb
> 
> la généalogie paternelle du b
> exTraiTs d’une auToBioGraPhie 431
> 
> áqá Mírzá áqá afnán, núri’d-dín
> 
> comme disciple fervent et dévoué de Bahá’u’lláh que sa vie fut en danger,
> surtout à la suite du martyre, à ispahan, du roi des martyrs et du Bien-aimé
> des martyrs.
> 
> les membres plus âgés de la famille, présidés par h∆ájí mírzá abu’l-qásim, le
> beau-père de áqá mírzá áqá, núri’d-dín, jugèrent préférable qu’il quitte la
> ville immédiatement. Comme le rapporte son fils h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh,
> en vingt-quatre heures il quittait Chiraz en route pour Bombay où il s’installa
> pendant un certain temps avant d’aller installer à Port-saïd un commerce
> appelé núrid-dín h∆asan.
> 
> zahrá Bigum, la mère de áqá mírzá áqá, mourut en octobre 1889 et, quelques
> mois plus tard, Bahá’u’lláh demanda à toute la famille de venir en Terre
> sainte.
> 
> mírzá Jalál, le fils aîné, resta à Chiraz comme gardien de la maison du Báb.
> h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh avait alors quatorze ans. lui, sa mère maryam-
> sulπán Bigum, sa sœur Túbá Khánum, ses frères mírzá Buzurg et mírzá
> d∆íyá’u’lláh, un serviteur bahá’í de Káshán, et zívar-sulπán Khánum dont le
> fils, áqá mírzá hádí sera le père de shoghi effendi, le futur Gardien de la foi
> bahá’íe, quittèrent Chiraz pour la Terre sainte. leur voyage vers Bouchir à
> travers les passes montagneuses, la même route que le Báb avait parcourue
> quatre fois, fut très pénible et à l’arrivée, la chaleur
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> excessive les rendit tous malades. h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh écrit : à Bouchir,
> nous restâmes dans la maison de h∆ájí mírzá ‘abdu’lláh Khán, oncle de
> muvaqqari’d-dawlih, qui était de nos parents. lorsque muh∂ammad Khán-i-
> Balúch fut emprisonné à Chiraz, il s’arrangea pour le libérer… Plus tard, à
> acre, au temps de la Perfection bénie, je rencontrerai ce muh∂ammad Khán
> qui était devenu berger ».
> 
> après plus d’un mois à Bouchir, le groupe continua par la mer, traversant le
> golf Persique et la mer rouge, ce qui n’était pas sans danger. Près de la ville
> de lingih, proche d’aden, le navire fut frappé par une terrible tempête, un
> trou apparu dans la coque et, plus loin, sur la mer rouge, le moteur prit feu.
> après ces frayeurs, ils arrivèrent à Port-saïd où ils furent accueillis par leur
> père, áqá siyyid áqá et un frère aîné. « nous restâmes sept mois à Port-saïd,
> écrit h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh, puis mon père supplia la Perfection bénie de
> nous permettre d’atteindre sa présence, ce qui fut accordé. »
> 
> Par bateau, ils arrivèrent, fin juillet 1891, à haïfa où Bahá’u’lláh résidait
> alors.
> 
> h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh écrit : « feu Jináb-i-manshádí nous accueillit à bord
> suivant les ordres de la Perfection bénie, arrangea notre débarquement, nous
> fit passer la douane et nous conduisit jusqu’à la tente de Bahá’u’lláh qui était
> dressée au pied du mont Carmel. Je n’ai pas oublié ce jour. C’était tôt le
> matin, le soleil n’était pas encore très haut au-dessus du mont, l’air était très
> frais et vivifiant. dans la tente, Jináb-i-manshádí nous parlait, demandant des
> nouvelles des bahá’ís de Chiraz, lorsque soudain, mírzá mus∂πafá (appelé
> abú-hurayrih, d’après le nom d’un disciple inconstant de muh∂ammad), un
> serviteur de Bahá’u’lláh qui plus tard brisera l’alliance, entra pour nous
> conduire dans la maison en présence de la Perfection bénie*. il repoussa le
> rideau. Tous nos espoirs et nos vœux les plus chers étaient accomplis. la
> beauté abhá se tenait au milieu de la pièce. nous fûmes bouleversés d’être en
> sa présence et de voir son lumineux visage… nos pleurs coulaient sans
> retenue pendant que nous tournions autour de sa Personne bénie. il s’assit
> sur le divan et nous invita à nous asseoir aussi. nous nous assîmes, tous les
> quatre frères, par terre. sur notre droite, mírzá áqá Ján était assis avec le
> samovar et le
> 
> *Bahá’u’lláh fit planter sa tente sur les pentes du mont Carmel. on en connait
> la position exacte qui est, depuis des années, la possession du centre mondial
> bahá’í. Pendant ces séjours à haïfa il loua aussi des maisons dans le
> voisinage de la colonie allemande. quant à mírzá mustafá, dont le père
> mourut en martyr (voir dans l’index à l’entrée : mírzá mus∂tafá-i-naráqí) il
> suivit muh∂ammad-‘alí et finit ses jours près de Tibérias dans une propriété
> appartenant à mírzá majdi’d-dín.
> 
> exTraiTs d’une auToBioGraPhie 433
> 
> lieux saints bahá’ís à acre et à haïfa
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Spécimen de « l’écriture de révélation » écrite par Mírzá áqá ján.
> 
> c’est le troisième Tajallí de la tablette de Tajallíyát. (lire p. 440)
> 
> exTraiTs d’une auToBioGraPhie 435
> 
> service à thé devant lui. la Perfection bénie lui dit : « sers du thé aux jeunes
> afnán qui viennent juste d’arriver » Puis, se tournant vers nous : « o fleurs de
> la roseraie de l’honoré afnán ! vous êtes bienvenus, vous êtes les bienvenus !
> votre départ de Chiraz fut très difficile et pénible. la volonté de dieu et la
> détermination de Jináb-i-afnán vous a menés jusqu’au seuil sacré. entourés
> de danger pendant votre voyage en mer, dieu vous protégea. voyez :
> aujourd’hui même des milliers de gens marchent entre s∆afá et marwih [sur
> un pied]*. le Bien-aimé du monde de l’existence réside en ce pays, mais tous
> sont négligents, insouciants, inconscients, ignorants. vous êtes les vrais
> h∂ájís (pèlerins) » il répéta trois fois : « vous êtes les vrais pèlerins ». alors
> que j’écoutais, émerveillé, les paroles du Bien-aimé des mondes, des vers de
> mawlavís† me vinrent à l’esprit :1
> 
> o h∂ájís ! vous qui avez accompli le h∂ájj, où êtes-vous, où êtes-vous ?
> 
> le Bien-aimé est ici, venez, venez.
> 
> le Bien-aimé est votre voisin, de l’autre côté du mur ;
> 
> Pourquoi vous perdre dans le désert sauvage ?
> 
> à l’instant même, la Perfection bénie se tourna vers moi et dit : « les
> mystiques ont des choses à dire sur ce sujet. » Puis il demanda à mírzá áqá
> Ján de nous reverser du thé. nous quittâmes ensuite sa présence.
> 
> on avait loué pour nous la maison proche de la sienne. nous habitions à
> proximité de la demeure de la Beauté abhá. d’avoir atteint son seuil béni, de
> rencontrer des vétérans de la foi et des résidents de Terre sainte, avait tout
> effacé de notre esprit. la douceur de la vie et les extases spirituelles que nous
> connûmes pendant ces journées dépassent la description… il faisait alors très
> chaud à haïfa en cette période et, n’y étant pas habitués, nous tombions
> souvent malades. mais les générosités de notre seigneur bien-aimé étaient
> illimitées. les flots de l’océan de sa générosité et de sa bonté se répandaient
> constamment. Je me souviens d’un jour où nous avions été appelés en sa
> présence à trois heures de l’après-midi. mírzá h∆abíbu’lláh avait alors une
> forte fièvre et son frère aîné tenta de le dissuader de nous
> 
> * le dixième jour de dhu’l-h∆ijjih-‘íd al-ad∂h∂á ou ‘íd-i-qurbán (la fête du
> sacrifice) : le jour du pèlerinage à la mecque. un des rites du pèlerinage
> consiste à traverser sept fois la distance entre ces deux monts où, d’après la
> tradition, hagar courut sept fois à la recherche d’une source pour étancher la
> soif de son fils.
> 
> † Jaláli’d-dín-i-rúmí, le plus grand poète mystique de Perse.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Site du jardin de Junaynih au nord d’acre
> 
> accompagner, mais en vain. il écrit : « se tournant vers moi la Perfection
> bénie dit :
> 
> « Tu es fiévreux ». J’inclinais la tête pour acquiescer. il ajouta : « la fièvre
> fait partie de ce pays. quiconque y vient doit l’attraper. » Puis il commanda
> du thé pour nous. Je commençais à transpirer au point que mes vêtements en
> furent trempés.
> 
> alors la Perfection bénie dit : « va te changer. la fièvre ne t’embêtera plus. »
> 
> Pendant les neuf mois que nous restâmes en Terre sainte, je n’eus plus
> jamais de fièvre. »
> 
> après quinze jours, l’aîné des quatre frères retourna à Port-saïd et leur père
> put venir en Terre sainte. la nouvelle de la mort des sept martyrs de yazd
> attrista profondément Bahá’u’lláh. mírzá h∆abíbu’lláh indique que pendant
> neuf jours toute révélation cessa et que personne ne fut admis en sa présence.
> Puis, le neuvième jour, tout le monde fut convoqué. la tristesse profonde qui
> l’enveloppait était indescriptible. « il parla longuement des qadjar et de leurs
> œuvres. Puis il cita les évènements de yazd et, avec sévérité, la langue de
> grandeur parla ainsi de Jalálu’d-dawlih et de z∆illu’s-sulπán : « z∆illu’s-
> sulπán m’a écrit, de sa main, une lettre et me la fit porter par h∆ájí sayyáh
> [hájí muh∂ammad-’alíy-i-sayyáh]. il me demandait de l’aider avec les bábís
> à supprimer son Sháh-bábá [son père, le chah].
> 
> « si vous m’aidez, m’écrivit-il, je vous donnerai la liberté, une
> reconnaissance officielle, et je vous aiderai et vous soutiendrai, je ferai
> amende honorable pour le
> 
> exTraiTs d’une auToBioGraPhie 437
> 
> passé. quoi qu’ait fait Sháh-bábá, je ferai l’exact contraire. » la lettre était
> pleine de ce genre d’affirmations. voici quelle fut notre réponse : « il est
> obligatoire pour nous deux, toi comme moi, de prier pour le chah. ne m’écris
> plus jamais ce genre de lettre. ne fais plus jamais ce genre de demande à cet
> opprimé. nous nous sommes levé pour améliorer les mœurs d’un certain
> nombre de gens à qui le monde a fait du tort. si nous recherchions le pouvoir,
> quel poste serait mieux que celui d’un vizir en Perse ? » Cette réponse reçue,
> il perdit tout espoir de nous manipuler et agit maintenant de cette manière. si
> nous envoyions sa lettre à nás∂riri’d-dín sháh, il serait écorché vif. mais dieu
> est celui qui cache, il cache les actes de ses serviteurs. » Puis il ajouta : « ne
> soyez ni tristes ni découragés. que votre cœur cesse de pleurer. l’arbre sacré
> de la cause de dieu est fertilisé par le sang des martyrs. un arbre qui n’est pas
> arrosé ne croît pas et ne donne pas de fruits. avant longtemps, le nom des
> qadjar sera oublié et le pays de Perse en sera purifié. » quant à Jalálu’d-
> dawlih, la Perfection bénie dit : « les actes de cet ingrat ont fait couler des
> larmes de sang aux habitants du paradis » Trente-deux ans plus tard, le règne
> des qadjar prit fin et ils furent renversés. » la première tablette révélée après
> les neuf jours fut lawh-i-dunyá ( Épître au monde) dont fut honoré áqá mírzá
> áqá.
> 
> la référence à Jalálu’d-dawlih se trouve dans cette épître : « le tyran du pays
> de yá (yazd) a commis ce qui fit pleurer des larmes de sang à l’assemblée
> céleste » 2
> 
> une copie de l’ Épître au monde, calligraphiée par zaynu’l-muqarrabín, fut
> offerte par Bahá’u’lláh lui-même à h∆ájí mírzá Buzurg, un frère aîné de
> h∆ájí mírzá habíbu’lláh.
> l’auteur continue : « quinze jours après l’arrivée de mon père, alors que notre
> temps de séjour tirait à sa fin, une épidémie de choléra éclata en syrie et au
> liban.
> 
> le gouvernement décréta la mise en quarantaine des frontières. mon père
> demanda la permission de partir, elle lui fut refusée ; pas tant que l’épidémie
> ferait rage.
> 
> Ce fut pour nous une félicité suprême. l’automne arriva et l’air d’acre et de
> haïfa s’améliora. la Perfection bénie quitta haïfa pour s’installer à Bahjí. on
> nous proposa une petite maison proche du manoir… elle était située en sorte
> que nous voyions la pièce bénie où il résidait. en nous levant à l’aube pour
> prier, nous pouvions voir cette pièce déjà éclairée où des épîtres étaient
> révélées. la Perfection bénie faisait des va-et-vient dans cette pièce et le
> secrétaire écrivait. dans mon souvenir, c’était toujours mírzá áqá Ján qui
> écrivait le verbe révélé. en ce temps-là,
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> le jardin de rid∂ván
> 
> feu mírzá yúsuf Khán-i-vujdání et feu áqá siyyid asadu’lláh-i-qumí
> donnaient, dans le manoir, des cours particuliers aux Branches. la Perfection
> bénie avait enjoint à mes frères et à moi de suivre ces leçons. Tous les jours
> nous allions, au rez-de-chaussée du manoir, dans une pièce utilisée comme
> salle de classe, afin d’y suivre les cours. C’est feu mishkín-qalam qui nous
> enseignait la calligraphie…
> 
> « le premier jour de muh∂arram 1309 (7 août 1891), la Perfection bénie célé-
> brait l’anniversaire de la naissance du Báb*. mon père était corpulent et,
> souffrant de rhumatismes, il ne pouvait s’asseoir sur le sol. la Perfection
> bénie dit :
> 
> « apportez une chaise pour l’afnán » puis, « apportez des chaises pour ses
> fils aussi » et ainsi nous nous assîmes sur des chaises… la Perfection bénie
> distribua elle-même des baklavas aux personnes présentes. Puis elle dit : «
> nous sommes le jour où h∆ad∂rat-i-mubashshir [le héraut] est arrivé dans ce
> monde en l’illuminant de sa lumière. nous avons toutes les raisons de nous
> réjouir… » le lendemain, deuxième jour de muh∂arram, était l’anniversaire
> du maître des jours et du monde de l’existence [Bahá’u’lláh]. au matin, tous
> les pèlerins et les résidents furent
> 
> * à cause du calendrier lunaire utilisé ici, la date du calendrier chrétien varie.
> 
> exTraiTs d’une auToBioGraPhie 439
> 
> convoqués en sa sainte présence. il parla de la sublimité de sa venue, du
> pouvoir de la Plume suprême, des circonstances de son exil et de son arrivée
> dans la Plus Grande Prison. Puis il parla longuement des agressions et de
> transgressions des tyrans et des ecclésiastiques. il dit : « nás∂iri’d-dín sháh et
> ‘abdu’l-‘azíz ont péché contre nous et ont endommagé le corps de la cause
> de dieu. la tyrannie de
> 
> ‘abdu’l-‘azíz était de loin la pire car il a banni, sans raison aucune, celui que
> les mondes ont maltraité dans la plus grande prison. alors que nás∂iri’d-dín
> sháh se mettait en colère chaque fois qu’en touchant ses membres il sentait
> les plombs sous sa peau, à la suite des actes inconsidérés des croyants des
> premiers jours. et cela lui faisait commettre des actes cruels et adopter des
> mesures tyranniques contre les croyants, répandant le sang d’innocents. en
> dépit des actes du chah et du gouvernement, les amis ne cessent de
> démontrer ouvertement leur foi et ne prennent aucune précaution. Comment
> les en blâmer ? Ces deux grandes fêtes ont été unies en une seule, augurant
> d’un futur éclatant. » Puis la Perfection bénie récita ces deux vers de h∆áfiz∂
> :
> 
> Ces jours plus amers que le venin passeront
> 
> et les jours doux comme le miel reviendront.3
> 
> elle nous redonna des douceurs et nous quittâmes sa présence.
> 
> J’ai déjà indiqué que notre maison était adjacente au manoir. nous avions
> l’habitude de nous lever à l’aube pour prier. un matin, avant le lever du
> soleil, un serviteur vint annoncer que la Perfection bénie venait chez nous. il
> plaça cette couronne d’honneur éternel sur la tête de ces serviteurs. Cette
> nouvelle nous fit pleurer de joie et nous sortîmes en hâte. nous vîmes sa
> personne bénie venir vers notre maison dans toute sa gloire et sa puissance.
> nous nous prosternâmes en lui baisant les pieds. la terre foulée par ses pieds
> bénis, nous en fîmes le khôl de nos yeux…
> 
> il entra dans notre maison, nous offrant cet honneur éternel. Je lui offris une
> tasse de thé qu’il but à moitié avant de me la rendre. il m’offrit un chapelet
> noir, en bois d’olivier, qu’il portait. Ce chapelet, qui m’est aussi précieux
> que la vie, est maintenant dans les archives de la maison [du Báb] à Chiraz.
> 
> J’ai aussi indiqué que la pièce bénie où il vivait était visible de notre maison.
> 
> nous l’aperçûmes plusieurs fois, à l’aube et au petit matin, exprimer le verbe
> révé-
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Une vue du manoir de bahjí
> 
> avant que les jardins actuels soient dessinés
> 
> lé et mírzá áqá Ján l’écrire à mesure. mírzá áqá Ján avait plusieurs calames,
> bien coupés et bien épointés, de l’encre et du papier tout prêts. le flot des
> versets tombant du ciel de la révélation était rapide, comme la houle d’un
> océan impétueux.
> 
> mírzá áqá Ján écrivait aussi vite qu’il pouvait, si vite que parfois le calame
> lui sau-tait des doigts. il en prenait alors immédiatement un autre, mais il
> arrivait qu’il ne puisse tenir le rythme. il disait : « Je suis incapable d’écrire
> » et la Perfection bénie répétait ce qu’elle venait de dire.
> 
> h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh raconte que Bahá’u’lláh avait demandé à h∆ájí
> mírzá Buzurg d’écrire une copie de Qas∂ídiy-i-’izz-i-Varqá’íyyih, le poème
> qu’il avait composé à sulaymáníyyih. le travail finit, Bahá’u’lláh lui donna
> un plumier fait à ispahan qui comportait une écritoire en argent. il fait
> aujourd’hui partie des archives de la maison du Báb. une autre fois,
> Bahá’u’lláh appela h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh et lui dit qu’il avait demandé à
> mírzá yúsuf Khán et à áqá siyyid asadu’lláh de faire très attention à son
> instruction, puis il lui donna une bouteille d’eau de rose en disant : « Cette
> eau de rose vient de qams∂ar de Káshán. elle a mis quarante jours pour
> arriver ici. dieu a créé cette eau de rose pour des jours comme celui-ci qui est
> le seigneur des jours. » h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh dit regretter n’avoir
> 
> exTraiTs d’une auToBioGraPhie 441
> 
> pas gardé un peu de cette eau de rose qu’il distribua au cours des années à
> tous les amis.
> 
> ensuite, h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh raconte d’une manière détaillée, une
> journée en présence de Bahá’u’lláh au jardin de Junaynih. abú-hurayrih vint
> un soir annoncer que le lendemain Bahá’u’lláh voulait visiter Junaynih et
> qu’il avait invité tout le monde, pèlerins et résidents, à se joindre à lui. Cette
> nuit-là, la joie ressentie à l’idée de passer toute une journée en présence de la
> Perfection bénie les tint tous éveillés. le soleil n’était pas levé qu’ils étaient
> tous réunis devant les portes du manoir. une heure plus tard, Bahá’u’lláh
> sortit et enfourcha un âne blanc qui lui avait été offert par áqá Ghulám-’alí et
> áqá muh∂ammad-háshim, tous deux de Káshán. C’était une magnifique
> matinée. en chemin vers le jardin de Junaynih où tout avait été préparé pour
> l’arrivée de Bahá’u’lláh, l’air était frais et revigorant.
> 
> h∆ájí Khávar, qui résidait depuis des années en Terre sainte et qui était plutôt
> grand, tenait une ombrelle au-dessus de la tête de Bahá’u’lláh pour le
> protéger du soleil.
> 
> et c’est ainsi qu’ils arrivèrent au jardin. après le déjeuner, ‘abdu’l-Bahá
> devait arriver d’acre et Bahá’u’lláh leur dit : « áqá arrive, allez vite à sa
> rencontre. » h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh écrit qu’il arriva plusieurs fois, alors
> que ‘abdu’l-Bahá approchait du lieu où les gens étaient réunis en présence de
> Bahá’u’lláh, que celui-ci leur dise : « áqá arrive, allez vite à sa rencontre. »
> ‘abdu’l-Bahá approcha alors, entouré de tous, et vint très humblement en
> présence de la Perfection bénie qui dit : « le jardin n’était pas assez agréable
> ce matin, mais maintenant, avec l’arrivée d’áqá, il est devenu très plaisant. »
> Puis, se tournant vers ‘abdu’l-Bahá : « dommage que tu n’aies pas pu venir
> ce matin. » ‘abdu’l-Bahá répondit : « le gouverneur et d’autres avaient
> prévenu qu’ils passeraient ce matin. il a fallu que je les reçoive et leur offre
> l’hospitalité. » la Perfection bénie sourit et dit : « áqá est notre bouclier et le
> bouclier de tous. Tous ici vivent à l’aise, dans le confort et le calme.
> 
> fréquenter ces gens-là est très difficile et c’est áqá qui s’occupe de tout et
> fournit les moyens pour le bien-être et la paix de tous. que dieu le préserve
> du mal de tous les envieux et des méchants. » Bahá’u’lláh continua : « un
> jour à Bagdad, un mendiant demandait l’aumône. Je lui donnais un majídí et
> il me dit : « va en paix, jeune homme, que h∂adrat-i-‘abbás* t’aide. » il pria
> pour nous et ce fut une bonne
> 
> * ‘abbás, frère de l’imam h∆usayn, le troisième imam, souffrit le martyre
> avec lui à Kerbéla ; il est très révéré et loué par les chiites. ‘abdu’l-Bahá a
> pour nom ‘abbás.
> 
> dans la Gloire du Père
> prière. » C’est une heure avant le coucher du soleil que Bahá’u’lláh rentra
> sur son âne et, comme dans la matinée, tous l’accompagnèrent jusqu’aux
> portes du manoir où ils le quittèrent.
> 
> h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh conte un autre incident : « le jardin de Jamál était
> l’un des jardins éloignés d’acre mais proches du manoir de Bahjí. en passant
> dans ce jardin, on avait une belle vue sur le manoir. la porte de la pièce de
> séjour de la Perfection bénie donnait dans cette direction et, chaque fois que
> ‘abdu’l-Bahá approchait par cette route, dès que le manoir était en vue, il
> descendait de cheval et faisait le reste du chemin à pied dans une attitude
> d’humilité et de profond respect.
> 
> Je me souviens très bien du jour où nous étions tous en présence de la
> Perfection bénie avec les aghsán et d’autres, dont nabíl-i-a’z∂am, afnán-i-
> Kabír, áqá rid∂áy-i-shírází, ustád muh∂ammad-’alíy-i-salmání, mishkín-
> qalam, mon père et áqá muh∂ammad-h∆asan dans la maison des pèlerins.
> soudain, la Perfection bénie, se retournant pour regarder la plaine, vit
> ‘abdu’l-Bahá approchant du manoir. il dit :
> 
> « áqá arrive, allez l’accueillir. » nous nous précipitâmes et, entourant « celui
> autour de qui tournent tous les noms » [‘abdu’l-Bahá] nous revînmes jusqu’à
> la présence de la Perfection bénie. » h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh cite encore un
> certain nombre de gens qui étaient présents, qui assistèrent à tout cela et qui
> pourtant, des années plus tard, allaient briser l’alliance. il faut savoir que ces
> années-là, Bahá’u’lláh avertissait souvent les croyants de la nécessité de
> rester ferme et loyal à l’alliance. un jour, il montra du doigt mírzá
> muh∂ammad-’alí, mírzá d∆íyá’u’lláh et mírzá Badí’u’lláh et leur dit : « si
> l’un de nos aghsán quittait, fut-ce pour un moment, l’ombre de la Cause, il
> cesserait d’avoir une quelconque importance. »
> 
> une autre fois, ils étaient en présence de Bahá’u’lláh et mírzá d∆íyá’u’lláh
> entra en disant : « áqá demande la permission d’aller avec tous les amis au
> jardin de Junaynih. » « qui demande cela ? » demanda Bahá’u’lláh. mírzá
> d∆íyá’u’lláh répondit : « áqáy-i-Ghus∂n-i-akbar » [la Grande-Branche]. avec
> colère, Bahá’u’lláh répliqua : « il n’y a qu’un seul áqá [ Maître, sans autre
> précision ], tous les autres ont un nom. Cet áqá est « Celui autour de qui
> tournent tous les noms. », Ghus∂n-i-a’z∂am (la Plus-Grande-Branche). »
> h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh se souvient d’une soirée dans le jardin de rid∂ván,
> alors qu’ils étaient en présence de Bahá’u’lláh. l’air était frais, pur et
> parfumé ; il tombait une pluie légère. Bahá’u’lláh leur parla des jours de
> Bagdad, de mírzá
> 
> exTraiTs d’une auToBioGraPhie 443
> 
> le manoir de bahjí
> 
> yah∂yá et de ses partisans. il leur rappela que mírzá yah∂yá avait épousé la
> sœur de mullá rajab-’alí, la seconde femme du Báb puis l’avait donnée à
> siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání, malgré l’injonction du Báb. Cet acte
> honteux avait empêché la mère du Báb de donner son allégeance à la foi,
> disait Bahá’u’lláh, et l’on voyait sur son visage la tristesse que lui causait le
> souvenir de ces jours à Bagdad.
> 
> áqá mírzá áqá, le père de h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh, était aussi très affecté,
> mais Bahá’u’lláh lui dit : « ne pleure pas. loué soit dieu, la mère de cet être
> saint a cru, à la fin de sa vie. » Ce même après-midi, dans le jardin de
> rid∂ván, Bahá’u’lláh parla de certains religieux chiites, de nás∂iri’d-dín sháh
> et du sultan ‘abdu’l-’azíz, de leur échec total, malgré leurs grands efforts,
> dans leur tentative d’éteindre la lumière de la religion de dieu. il dit : « avant
> longtemps, vous verrez des gens de toutes les nations se réunir à l’ombre de
> la tente de la Cause de dieu. »
> 
> h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh se souvient qu’un autre jour, Bahá’u’lláh parla du
> martyr mullá ‘alíy-i-sabzivárí. C’est lui qui, alors qu’on le conduisait à
> l’échafaud, demanda au bourreau de lui ouvrir une veine et, lorsqu’une
> partie de sa gorge fut coupée, il emplit sa main de son sang et en teinta sa
> barbe blanche. Puis, se tournant vers la foule, il lança : « écoutez-moi ! le
> jour de son martyre, h∆usayn ibn
> 
> ‘alí [ le troisième imam, martyrisé à Kerbéla] dit : « y at-t-il quelqu’un
> vraiment capable d’obtenir la victoire, qui puisse venir à mon aide ? » et moi
> je dis, à vous
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> tous, y a-t-il quelqu’un vraiment capable de voir, qui puisse me contempler ?
> » et Bahá’u’lláh, après avoir raconté l’histoire, répéta plusieurs fois « quelles
> paroles lourdes de sens exprima cet homme et voyez comme il témoigna
> avec son précieux sang, de la vérité de sa foi ! les gens le virent mais n’en
> furent pas émus et, sans pitié, ils mirent à mort cette âme innocente. Tous ces
> événements étonnants augmentent la grandeur de cette Cause bénie. ils
> seront tous inscrits dans les pages de l’histoire et les générations futures en
> seront fières. »
> 
> une des personnes présentes ce jour-là était h∆ájí abu’l-h∆asan de Chiraz, le
> père de mírzá muh∂ammad-Báqir Khán dihqán (écrit couramment dehkan).
> il avait voyagé sur le même bateau que le Báb, tous les deux pèlerins vers la
> mecque, et ce jour-là il demanda à Bahá’u’lláh : « Comment se fait-il que
> tant d’années après le martyre du Premier Point, nás∂iri’d-dín sháh soit
> toujours au pouvoir, infligeant tant de blessures à la foi et aux croyants, et
> que dieu l’épargne, alors qu’après le martyre de l’imam h∆usayn, yazíd
> n’avait plus que trois ans à vivre ? » Bahá’u’lláh répondit : « dieu lui a
> accordé sa grâce à cause des actes erronées de certains croyants des premiers
> jours, et de leur tentative de l’assassiner. mais son temps est compté aussi,
> vous verrez. »
> 
> neuf mois étaient passés depuis l’arrivée d’égypte du groupe, l’épidémie de
> choléra avait cessé et l’heure du départ avait sonné. l’autobiographie de
> h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh décrit de manière poignante la dernière fois qu’ils
> furent en présence de Bahá’u’lláh. à la suite de cette rencontre, sur
> l’instruction de Bahá’u’lláh, sa mère reçut des mains de Bahá’íyyih
> Khánum, la Plus-Grande-feuille, une bague qui avait été portée par
> Bahá’u’lláh. aujourd’hui, cette bague est dans les archives de la maison du
> Báb.
> 
> l’ascension de bahá’u’lláh
> 
> dans les premières heures du 29 mai 1892, quelques semaines seulement
> après le départ des afnán, Bahá’u’lláh quitta son temple humain. un
> télégramme rédigé par ‘abdu’l-Bahá porta la nouvelle au sultan ‘abdu’l-
> h∆amíd, le despote de Turquie : « le soleil de Bahá s’est couché. »
> 
> ‘abdu’l-h∆amíd de Turquie et nás∂iri’d-dín sháh de Perse se réjouirent,
> inconscients du fait que le soleil de Bahá continuerait de briller dans tout
> l’éclat du plein midi. ses rayons continueraient de transmettre énergie et vie
> aux cœurs et à l’esprit des hommes en les revivifiant et en leur permettant de
> percer les sombres et denses nuages de la superstition, de la bigoterie et des
> préjugés, de dissiper les brumes épaisses et oppressantes du désespoir et de
> la désillusion et de jeter une lumière révélatrice sur les problèmes déroutants
> qui déconcertent une humanité rétive, épuisée et ballottée par les tempêtes.
> l’homme, l’homme ingrat, essaya d’atténuer sa brillance, de nier sa
> puissance, de rejeter ses dons, de mépriser ses prétentions… futiles et vaines
> tentatives car la preuve véritable du soleil reste le soleil.
> 
> à peine plus d’un siècle nous sépare de ces jours où Bahá’u’lláh vivait parmi
> les hommes. la religion qu’il a proclamée s’est répandue dans le monde, va
> de triomphes en triomphes et le resplendissant édifice qu’il a bâti est là,
> offrant certitude et paix à un monde en déséquilibre.
> 
> dans son testament, Bahá’u’lláh désigna son fils aîné, celui que nous
> connais-sons sous le nom de ‘abdu’l-Bahá (serviteur de la Gloire), comme le
> centre de son alliance avec tous les hommes, le seul interprète autorisé de
> son verbe révélé. son nom était ‘abbás. son père l’appelait Ghus∂nu’lláhu’l-
> a’z∂am : la Plus-Grande-Branche, et sirru’lláh : le mystère-de-dieu.
> Bahá’u’lláh en parlait aussi en l’appelant, comme les bahá’ís, « áqá », le
> maître. C’est lui, le mystère de dieu, qui choisit pour lui-même après
> l’ascension de son père, de s’appeler ‘abdu’l-Bahá.
> le testament de Bahá’u’lláh est un document vraiment unique. Jamais
> auparavant une manifestation de dieu n’avait, d’une façon si explicite, établi
> une
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> alliance destinée à protéger et à renforcer sa religion, ni désigné d’une
> manière aussi indubitable celui qui serait son successeur avec le pouvoir
> d’écarter les machinations des égoïstes, de garder pur et sans tache son
> verbe, de préserver et de garder l’unité de ses disciples, d’interdire tout
> sectarisme et de bannir toute corruption. l’alliance de bahá’u’lláh est,
> d’après ‘abdu’l-Bahá lui-même , la « solide poignée » mentionnée, depuis la
> fondation du monde, dans les livres, les tablettes et les Écritures du passé,
> [...] le pivot de l’unité de l’humanité n’est rien d’autre que le pouvoir de
> l’alliance. de plus, ‘abdu’l-Bahá l’affirme, la lampe de l’alliance est la
> lumière du monde, et les caractères tracés par la plume du très-haut sont un
> océan sans limite.[...] la puissance de l’alliance est semblable à la chaleur
> du soleil qui vivifie et favorise le développement de toutes les choses créées
> sur la terre. de la même façon, la lumière de l’alliance est l’éducatrice des
> consciences, des esprits, des cœurs et des âmes des hommes. 1
> 
> le Gardien, shoghi effendi, écrit aussi :
> 
> Célébré par l’auteur de l’apocalypse comme l’ arche de son testament (celui
> de dieu), en rapport avec le rassemblement sous l’arbre d’anisá (arbre de
> vie) dont parle Bahá’u’lláh dans les paroles cachées, glorifié par lui dans
> d’autres passages de ses écrits comme l’ arche de salut et la corde tendue
> entre la terre et le royaume abhá, cette alliance a été léguée à la postérité
> sous forme d’un testament qui, avec le kitáb-i-aqdas et plusieurs tablettes -
> dans lesquels le rang et la condition spirituelle d’abdu’l-Bahá sont révélés
> sans équivoque -, constituent les principaux supports que le seigneur de
> l’alliance a conçus pour protéger et soutenir, après son ascension, le Centre
> désigné de sa foi, l’artisan de ses institutions futures.2
> 
> C’est sur ce roc, le roc de l’alliance, que l’édifice de l’ordre mondial est
> construit. C’est cette arche, l’arche de l’alliance, qui a porté la Cause de
> Bahá’u’lláh en sécurité à travers des tempêtes et des ouragans à l’intensité
> indépassable. les nombreux Judas qui tentèrent de percer le bouclier de
> l’alliance ne connurent que déconfiture.
> 
> dans son testament, le kitáb-i-‘ahd ( livre de l’alliance), Bahá’u’lláh écrit :
> Bien qu’il n’existe aucune des vanités du monde dans le royaume de gloire,
> nous
> 
> l’asCension de Bahá’u’lláh 447
> 
> ’abdu’l-bahá, le centre de l’alliance de bahá’u’lláh
> 
> dans la Gloire du Père
> avons cependant légué à nos héritiers, parmi les trésors de la confiance et de
> la résignation, un héritage parfait et inestimable. nous n’avons pas transmis
> de trésors terrestres ni ajouté les soins qu’ils entraînent. [...] le dessein de cet
> opprimé en supportant les malheurs et les tribulations, en révélant les versets
> sacrés et en fournissant des preuves, n’a été que d’éteindre la flamme de la
> haine et de l’inimitié afin que l’horizon du cœur des hommes soit illuminé
> par la lumière de la concorde et atteigne une paix et une quiétude réelles. [...]
> en vérité je le dis, la langue est faite pour mentionner ce qui est bien, ne la
> salissez pas de paroles inconvenantes. [...] sublime est le rang de l’homme !
> [...]
> 
> Grand et béni est ce jour - jour où tout ce qui est latent chez l’homme a été et
> sera rendu manifeste. sublime est le rang de l’homme s’il s’accroche
> solidement à l’honnêteté et à la vérité et s’il reste ferme et stable dans la
> cause. [...]
> 
> ô vous qui vivez sur terre ! la religion de dieu fut conçue pour l’amour et
> l’unité ; n’en faites pas une raison d’inimitié et de dissensions. aux yeux des
> hommes perspicaces et des témoins de la vision très sublime, tout ce qui
> représente un moyen efficace pour sauvegarder et promouvoir le bonheur et
> le bien-être des enfants des hommes a déjà été révélé par la Plume de gloire.
> [...]
> 
> ne laissez pas les voies de la justice être cause de confusion, ni l’instrument
> de l’union être une occasion de discorde. nous serions trop heureux d’espérer
> que le peuple de Bahá soit guidé par les paroles bénies : dis : Toutes choses
> sont de dieu.
> 
> Cette parole exaltée est comme l’eau capable d’éteindre le feu de la haine et
> de l’inimitié qui couve dans le cœur et la poitrine des hommes. Par cette
> simple parole, les peuples et les tribus en lutte parviendront à la lumière de
> la vraie unité. en vérité, il dit la vérité et montre la voie. il est le Tout-
> Puissant, le suprême, le miséricordieux.3
> 
> le Gardien écrit :
> 
> dans ce document incomparable et de haute importance, l’auteur montre le
> caractère de cet excellent, cet inestimable héritage qu’il lègue à ses héritiers,
> indique de nouveau le but fondamental de sa révélation, enjoint les peuples
> du monde à s’accrocher fermement à ce qui élèvera leur condition, leur
> annonce que dieu a pardonné ce qui est passé, souligne le caractère sublime
> de la condition humaine et révèle le but primordial de la foi de dieu ; il invite
> les croyants à prier pour le bien-être des rois de la terre qui sont les
> manifestations du pouvoir et les aurores de la puissance et des richesses de
> dieu, et il confie à ceux-ci le gouvernement du monde, choisit le cœur des
> hommes pour domaine propre, interdit catégoriquement la lutte et la
> discorde, commande à ses fidèles d’aider ceux des souverains qui sont parés
> des ornements de l’équité et de la jus-
> 
> l’asCension de Bahá’u’lláh 449
> 
> tice, et recommande en particulier aux aghsán [ses fils] de réfléchir à la force
> extraordinaire et au pouvoir consommé qui se trouvent dissimulés dans le
> monde de l’existence. il leur ordonne de plus, ainsi qu’aux afnán [parents du
> Báb] et à ses propres parents, de se tourner tous sans exception vers la plus-
> grande-branche [‘abdu’l-Bahá] ; il l’identifie avec « celui que dieu avait en
> vue », « ce1ui qui est issu de cette racine préexistante » dont il est parlé dans
> le Kitáb-i-aqdas. il décide que le rang de la « Grande-Branche » (mírzá
> muh∂ammad’ali) vient après celui de la « Plus-Grande-Branche » (‘abdu’l-
> Bahá). il exhorte les croyants à traiter les aghsán avec considération et
> affection, leur conseille de respecter sa famille et ses parents ainsi que ceux
> du Báb, refuse à ses fils tout droit à la propriété des autres et leur enjoint,
> ainsi qu’à ses parents et à ceux du Báb, de craindre dieu, de faire ce qui est
> convenable et bienséant et de se conformer à ce qui élévera leur état. il
> invite tous les hommes à ne pas permettre que les mesures assurant l’ordre
> dégénèrent en cause de confusion ni que l’instrument de l’union devienne
> une occasion de discorde, et il conclut par une exhortation invitant les fidèles
> à servir toutes les nations et à lutter pour l’ amélioration du monde. 4
> 
> Bahá’u’lláh avait quitté ce monde et beaucoup vinrent assister à ses
> obsèques. ils ne lui avaient pas juré fidélité, ils n’avaient pas reconnu en lui
> le rédempteur de l’humanité, mais ils connaissaient la stature de l’être qui
> venait de les quitter. ils venaient de tous les milieux, de toutes les sectes, de
> toutes religions, de toutes les nations ; il y avait des fonctionnaires, des
> notables, des prêtres, des érudits, des poètes, des hommes de lettres, des
> riches et des pauvres. on remarquait des druzes, des musulmans sunnites et
> chiites, des chrétiens de diverses églises et des juifs.
> 
> depuis des villes connues dans l’histoire du monde, comme damas et alep ou
> le Caire, ils envoyaient des éloges, des poèmes, des panégyriques et des
> hommages.
> 
> Pourtant, au moment de son ascension, Bahá’u’lláh était toujours prisonnier
> du gouvernement turc. aucun édit impérial venant du sultan ne l’avait libéré.
> 
> quelle différence entre le jour de son ascension, alors que la plaine entre acre
> et le manoir de Bahjí regorgeait d’une foule venue lui rendre hommage et se
> lamenter sur sa perte, et ce jour lointain, près de vingt-quatre étés avant, où
> une horde de gens ignorants s’étaient réunis sur le front de mer d’acre,
> attendant son arrivée pour l’insulter et se moquer de lui. son destin alors
> semblait être une défaite complète, permanente et absolue et maintenant, son
> triomphe était total.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> ai 1979
> 
> ahjí. Vue prise en m
> 
> anoir de b
> 
> le m
> l’asCension de Bahá’u’lláh 451
> 
> étranges, en vérité, et impressionnants, furent les contrastes de son séjour
> parmi les hommes, et particulièrement en Terre sainte.
> 
> insulté dans sa province natale, dépouillé de toutes les possessions qu’il avait
> en abondance, deux fois emprisonné dans de répugnantes prisons pour
> voleurs et hors-la-loi, quatre fois exilé, lâchement trahi par un frère qu’il
> protégeait, forcé de rechercher la solitude dans des montagnes désolées,
> attaqué férocement par les puissants et les misérables, il tint bon avec une
> assurance et une constance qu’aucune adversité ne put ébranler, qu’aucun
> cataclysme ne put contrarier. et à un nombre croissant de fidèles, il conféra le
> don suprême dont Jésus parla à nicodème lorsque ce noble juif le rencontra
> au cœur de la nuit : le don d’une seconde naissance. il toucha le cœur de
> nombreux hommes et, par son pouvoir divin, gagna leur fidélité. ses
> disciples n’étaient pas les seuls à ressentir son envergure et son charisme.
> Beaucoup de ceux qui avaient commencé par le renier, le vilipender et
> s’opposer à lui, furent finalement conquis par son charme, sa majesté, sa
> gentillesse et la radiance de son être.
> 
> nombreux furent ses adversaires qui, sans aller jusqu’à s’enrôler dans les
> rangs de ses fidèles, témoignèrent de sa suprématie et s’en firent les
> défenseurs.
> 
> le mausolée de bahá'u'lláh est au centre de cette vue prise vers 1919. le
> manoir et les autres bâtiments existants alors
> 
> se voient derrière et de chaque côté.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> en ce jour d’été, où était le fier ‘abdu’l-‘azíz, le sultan turc qui avait décrété
> son exil et son incarcération ? où était le hautain napoléon iii, empereur des
> français, qui avait dédaigné ses injonctions ? Battus, oubliés. et nási∂ri’d-
> dín, le « tyran de Perse », qui l’avait expulsé de son pays natal et l’avait
> forcé deux fois à prendre la route de l’exil ? Cinq ans après l'ascension de
> Bahá'u'lláh, il tombera sous les balles d'un assaillant, la veille même de son
> jubilé. l’histoire montre que terrible fut la chute de tous ceux qui, puissants
> ou misérables, osèrent défier Bahá’u’lláh et réfuter sa souveraineté. mírzá
> yah∂yá, le frère qui avait refusé son autorité et comploté sa mort, mourut
> obscurément à Chypre, plus de trente ans après avoir, en 1878, obtenu sa
> liberté. or, pendant toutes ces mornes années, bien que libre d’agir et de
> bouger, il resta un homme incapable d’user de sa liberté. à la fin, en 1912, il
> était si abandonné de tous que, d’après le témoignage écrit de son fils, il n’y
> eut personne du « peuple du Bayán » pour le porter en terre suivant les
> prescriptions de la religion bábíe.
> 
> aucun de ceux qui s’opposèrent à Bahá’u’lláh, tentèrent de détruire sa cause
> ou ses disciples, n’échappa à la honte, aux catastrophes et à l’humiliation.
> 
> le même télégramme qui donnait la nouvelle de l’ascension de Bahá’u’lláh,
> informa aussi le sultan que son temple terrestre serait déposé dans une
> maison proche du manoir de Bahjí, ce que ‘abdu’l-h∆amíd accepta.
> 
> le Gardien écrit :
> 
> Bahá’u’lláh fut donc emmené pour son dernier repos dans la pièce la plus
> septentrio-nale de la demeure de son gendre* qui, des trois maisons
> contiguës au manoir, à l’ouest, occupait la position nord. il fut inhumé peu
> après le coucher du soleil, le jour même de son ascension.
> 
> l’inconsolable nabíl, qui avait eu le privilège d’une audience privée avec
> Bahá’u’lláh pendant sa maladie, et que ‘abdu’l-Bahá avait chargé de choisir
> les extraits constituant la prière de souvenance qu’on récite maintenant dans
> le très saint tombeau, nabíl qui, dans sa douleur intolérable, se jeta dans la
> mer peu après la disparition de son Bien-aimé, décrit ainsi l’agonie de ces
> journées : « il me semble que la commotion spirituelle qui s’est emparée du
> monde de poussière a fait trembler tous les mondes de dieu… Je suis
> incapable de dépeindre, ni mentalement ni de vive voix, les conditions
> 
> * h∆ájí siyyid ‘alí afnán, fils de h∆ájí mírzá siyyid h∆assan - afnán-i-Kabír
> 
> l’asCension de Bahá’u’lláh 453
> 
> entrée du mausolée de bahá’u’lláh
> 
> dans la Gloire du Père
> dans lesquelles nous nous trouvions… au milieu de la confusion qui régnait,
> on pouvait voir une multitude de gens, habitant acre et les villages voisins,
> se presser dans les champs entourant le manoir, et qui pleuraient, se frappant
> la tête et exhalant leur chagrin à grands cris. »
> 
> Pendant toute une semaine, un grand nombre de pleureurs, riches ou
> pauvres, restèrent avec la famille endeuillée, prenant part à sa désolation,
> partageant jour et nuit la nourriture distribuée avec largesse par ses
> membres. des notables, parmi lesquels on comptait des chiites, des sunnites,
> des chrétiens, des juifs et des druzes ainsi que des poètes, des oulémas et des
> fonctionnaires du gouvernement s’unirent pour déplorer la perte et pour
> exalter les vertus et la grandeur de Bahá’u’lláh, beaucoup d’entre eux lui
> rendant un témoignage écrit, en vers et en prose, soit en arabe, soit en turc.
> de tels hommages furent reçus, en provenance de villes lointaines telles que
> damas, alep, Beyrouth et le Caire. Ces témoignages éclatants furent, sans
> exception, remis à ‘abdu’l-Bahá qui représentait maintenant la cause du chef
> défunt et à qui, dans ces apologies, les louanges étaient souvent mêlées à
> l’hommage qu’on rendait à son père.
> 
> et pourtant, ces manifestations exubérantes de chagrin et ces marques de
> louange et d’admiration, que l’ascension de Bahá’u’lláh avait fait surgir
> spontanément chez les incroyants de Terre sainte et des pays environnants,
> ne furent qu’une goutte, comparées à l'océan de douleur et aux innombrables
> preuves de dévotion sans borne qui, à l'heure où le soleil de vérité se coucha,
> s'échappèrent du cœur des myriades de croyants qui avaient embrassé sa
> cause et qui étaient décidés à porter bien haut son étendard, en Perse, en
> russie, en irak, en Turquie, en Palestine, en égypte et en syrie.
> 
> avec l'ascension de Bahá'u'lláh se termine une période qui, sous bien des
> rapports, reste sans parallèle dans l'histoire religieuse du monde. le premier
> siècle de l’ère bahá’íe avait atteint maintenant le milieu de son cours. une
> époque que nulle période des dispensations antérieures ne surpassa pour sa
> sublimité, sa fécondité et sa durée, caractérisée, sauf pour un court intervalle
> de trois ans, par un demi-siècle de révélation continue et progressive, était
> révolue. le message proclamé par le Báb avait produit son fruit d’or.5
> 
> Ce livre n’est qu’une futile tentative d’attraper un océan avec une tasse ou
> d’observer le soleil à travers un verre blanc ! loin, très loin des efforts de
> l’homme est la possibilité de faire le portrait d’une manifestation des
> qualités et des attributs du dieu Tout-Puissant. et particulièrement quand il
> s’agit de la vie de celui dont la venue implique « la maturité de toute la race
> humaine » et sous la direction de qui la terre deviendra une seule patrie.
> 
> addenda i
> 
> le règne désastreux de nás∂iri'd-dín Sháh
> 
> les qadjar furent les ommeyades de la Perse. C'étaient des usurpateurs ;
> traîtres, ils ne savaient pas et ne voulaient pas tenir un serment.
> 
> en 1795, l’ardeur révolutionnaire de la france s’était calmée, robespierre, ses
> œuvres et les vestiges de la Convention étaient choses du passé ; la grande
> Catherine, la tsarine de russie, n’avait plus qu’un an à vivre ; le fondateur de
> la dynastie qadjar, le méprisable agha muh∂ammad Khán devint le monarque
> incontesté de la Perse. ainsi commença pour la Perse un long cauchemar, une
> période absolument désastreuse. les qadjar furent, tout à tour, cruels,
> luxurieux, faibles, obscurantistes et tyranniques. sous leur joug, la Perse
> tomba d’une infamie dans une autre.
> 
> la Perse a un passé brillant dont elle peut être fière. elle eut de grands rois,
> des ministres et des administrateurs remarquables, de grands religieux et de
> grands mystiques, de grands poètes et hommes de lettre, des hommes de l’art
> et des bâtisseurs éminents. mais, sous les qadjar, elle connut les abîmes de
> l’humiliation, surtout au cours du désastreux règne de nás∂iri’d-dín sháh
> (1848-1896) qui fit connaître à la Perse souffrances après souffrances, déclin
> après décadence. la corruption devint généralisée. intellectuellement
> affamée, spirituellement moribonde, moralement décrépite, elle cessa de
> compter dans le chœur des nations. la chute rapide d’une nation qui est
> montée à de telles hauteurs de réussite est toujours pitoyable, étonnante et
> tragique.
> 
> ’abbás mírzá, le mulk-árá, demi-frère de nás∂iri’d-dín sháh, qui souffrit toute
> sa vie par la faute de ce monarque cupide et vindicatif, écrit, dans son
> autobiographie, cette épitaphe pour lui-même :
> il vaut mieux, pour un homme, laisser derrière lui un bon souvenir : (le
> joyeux nom de núshíraván* est : vivre, associé à justice, mais, depuis
> longtemps, il n’y a pas de núshíraván dans le monde)
> 
> *Chosroes i, le monarque sassanide. Ces vers sont de sa’dí.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> à la différence de nás∂iri’d-dín sháh qui, après quarante-neuf années
> [lunaires] de règne, n’a laissé derrière lui qu’ignorance, aliénation, ruine du
> pays, absence d’éducation pour les fonctionnaires comme pour les sujets du
> roi, qui a ruiné et pillé la Perse au-delà des possibilités de réforme et de
> rédemption, qui fit preuve de folie à un point tel que ni les lèvres ni la plume
> ne peuvent adéquatement en témoigner.1
> 
> le Gardien parle ainsi de ce dirigeant qui ruina la Perse :
> 
> násiri’d-dín sháh, flétri par Bahá’u’lláh comme le Prince des oppresseurs,
> comme celui qui avait commis ce qui a provoqué les lamentations des
> habitants des cités de justice et d’équité, était, à l’époque considérée, en
> pleine maturité, et avait atteint au sommet du pouvoir despotique. seul
> arbitre des destinées d’une nation solidement ancrée dans les traditions
> immémoriales de l’orient, (…) chef d’une administration dans laquelle
> chaque agent était, selon le cas, tour à tour le suborneur ou le suborné, allié,
> dans son antagonisme contre la foi, à un ordre sacerdotal qui constituait une
> véritable église d’état, (…), ce capricieux monarque, ne pouvant plus se
> saisir de la personne de Bahá’u’lláh, dut se contenter d’essayer d’écraser, sur
> ses propres états, les restes d’une communauté hautement redoutée qui
> venait de ressusciter. après le chah, rang et pouvoir revenaient à ses trois fils
> aînés auxquels, en vue de l’administration intérieure du pays, il avait
> pratiquement délégué son autorité et qu’il avait placés à la tête de toutes les
> provinces de son royaume. il avait confié la province de l’azerbaïdjan au
> faible et timide muzaffari’d-dín mírzá, héritier du trône, qui était tombé sous
> l’influence de la secte shaykhi et manifestait un respect marqué aux mullás.
> sous l’autorité sévère et brutale du rusé mas’úd mírzá, couramment appelé
> zillu’s-sultán, son fils aîné survivant, dont la mère était d’origine plébéienne,
> le chah avait placé plus des deux cinquièmes de son royaume, y compris les
> provinces de yazd et d’ispahan, tandis que, à la tête des provinces de Gilán et
> du mazandéran, il avait placé Kámrán mírzá, son fils préféré, généralement
> appelé par son titre de náyibu’s-saltanih*, et l’avait nommé gouverneur de
> Téhéran, ministre de la guerre et commandant en chef de son armée. Telle
> était la rivalité entre ces deux derniers princes qui se disputaient les faveurs
> de leur père, que chacun d’eux, aidé des chefs mujtahids relevant de sa
> juridiction, tâchait d’éclipser l’autre par des efforts bien intentionnés pour
> chasser, piller et exterminer les membres d’une
> 
> *le jour où nasi∂ri’d-dín sháh fut assassiné, zillu’s-sulπán était à ispahan ; il
> offrit immédiatement sa soumission et sa loyauté au frère qu’il méprisait tant
> et qu’il avait dans le passé tenté de supplanter, car il savait qu’il n’avait
> aucune chance d’accéder au trône.
> 
> Kámrán mírzá, le náyibu’s-salπanih, était à Téhéran. mais lui, qui était
> ministre de la guerre et gouverneur de la capital était un tel couard qu’il se
> cacha et que rien ne put le convaincre de revenir s’occuper de ses charges. il
> fut même absent à la cérémonie de préparation avant enterrement du corps
> de son père.
> 
> le rèGne de nas∂iri’d-dín sháh 457
> 
> communauté sans défense, laquelle, sur l’ordre de Bahá’u’lláh, avait cessé
> d’offrir une résistance armée, même en cas de légitime défense, et appliquait
> son mot d’ordre qu’il vaut mieux être tué que de tuer.
> 
> dans le clergé, les provocateurs de discorde, háji mullá‘alíy-i-Kaní et siyyid
> sádiq-i-Tabátabá’i, les deux principaux mujtahids de Téhéran, ainsi que leur
> collègue d’ispahan, shaykh muhammad-Báqir et mir muhammad husayn,
> l’imám-jum’ih de cette ville, n’étaient pas non plus disposés à laisser passer
> la moindre occasion de frapper, avec toute la force et l’autorité dont ils
> disposaient, un adversaire dont ils avaient encore plus de raisons que le
> souverain lui-même de craindre les influences libérales.2
> 
> le même’abbás mírzá, le mulk-árá, se souvient de son horreur devant ce qu’il
> découvrit lorsqu’il fut envoyé, contre son gré, pour gouverner la ville de
> zanján et ses environs. Trente ans après l’holocauste dont furent victimes le
> brave h∆ujjat et ses compagnons, de grandes parties de la ville étaient encore
> en ruines. la ville grouillait de plaignants qui possédaient des décisions de
> justice contradictoires prises par différents fonctionnaires ou plusieurs
> ecclésiastiques. les finances gouvernementales étaient dans un désordre
> complet. les chefs de tribus faisaient chacun leur propre loi. le peuple n’avait
> personne vers qui se tourner pour obtenir réparation après les nombreuses
> extorsions dont il avait été victime. mulk-árá avait été exilé en irak pendant
> vingt-sept ans et, parce qu’il avait beaucoup souffert lui-même aux mains de
> nási∂ri’d-dín sháh, on ne pouvait pas attendre de lui des critiques objectives.
> mais tout impitoyables que soient ses sentiments concernant le chah et le
> gouvernement délabré de la Perse, ses observations sont largement
> confirmées par d’autres sources. muh∂ammad-h∆asan Khán, fils de h∆ájí’alí
> Khán, le h∆ájibu’d-dawlih (qui avait d’abord eu le titre de s∆aní’u’d-dawlih,
> puis celui de i’timádu’-
> 
> salπanih, qui servit fidèlement à la cour de nási∂ri’d-dín pendant de longues
> années afin de finir comme ministre des Publications) laissa un volumineux
> journal intime.
> 
> un coup d’œil rapide dans ce journal, qui couvre une vingtaine d’années,
> suffit pour découvrir la corruption fondamentale du chah et de ceux qui
> l’entouraient et qu’il aimait, l’instabilité qui imprégnait la vie quotidienne,
> les pratiques haïssables et même parfois horribles qui se répandirent pendant
> ce règne. muh∂ammad-h∆asan Khán, qui parlait français, était bien au
> courant des coutumes européennes et on lui doit un certain nombre de
> traductions et d’écrits originaux. il mourut peu avant son maître, et nous
> reviendrons plus tard à son journal, remarquable par sa franchise.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> mais voyons d’abord les preuves que nous apporte valentine Chirol, un
> célèbre journaliste britannique, qui sera plus tard anobli, et qui visita la
> Perse. en 1884, il représentait les intérêts commerciaux de nordenfelt, un
> suédois résidant en angleterre, qui commercialisait un nouveau modèle de
> mitrailleuse et désirait faire des affaires avec le gouvernement persan.
> nordenfelt avait d’abord contacté mírzá malkam Khán, le náz∂imu’d-dawlih,
> ambassadeur de Perse à londres, qui « l’encouragea grandement » et lui
> conseilla de préparer la voie en présentant un exemplaire de son arme au
> chah en personne, « afin de s’assurer de l’intérêt personnel de sa majesté en
> cette affaire.
> 
> valentine Chirol écrit :
> 
> nordenfelt, connaissant mon goût des voyages et faisant confiance à
> l’expérience que j’avais acquise dans les us et coutumes de l’orient, me
> demanda d’entreprendre cette mission. la Perse était encore pour moi un
> nom que j’évoquais avec respect et j’acceptais son offre. le premier
> problème à résoudre fut le transport de la mitrailleuse jusqu’à Téhéran. la
> route la plus courte et la plus pratique, à cette époque-là, passait par la
> russie, traversait la Caspienne jusqu’au port d’enzeli et de là, par la route, si
> on pouvait appeler cela une route, arrivait à la capitale persane. mais le
> gouvernement russe n’avait pas l’intention d’encourager l’introduction
> d’armes de guerre modernes en Perse et la seule route possible passait par le
> golf Persique jusqu’à Bouchir, où je devais prendre les choses en main et
> m’assurer que tout arrive en sécurité à Téhéran, en passant par Chiraz et
> ispahan.
> 
> Chirol décrit précisément l’ascension du plateau iranien, à travers les très
> difficiles passes entre Bouchir et Chiraz, ce qui aujourd’hui se fait par des
> tunnels qui sont des merveilles de réalisation technique. à ispahan, z∆illu’s-
> sulπán insista pour voir la mitrailleuse et voulut la voir fonctionner ce qui
> décontenança Chirol. mais il n’y avait pas moyen de l’éviter et il fallut
> s’exécuter. z∆illu’s-sulπán fut très satisfait. Chirol continue :
> 
> au cours d’un trajet dans un paysage particulièrement désolé, chauffé à blanc
> par un soleil brûlant dans un ciel sans nuages, je tombai sur une scène qui
> illustre bien les méthodes primitives utilisées dans les pays vraiment
> orientaux pour faire régner la loi et l’ordre. devant nous, sur la large piste
> usée par d’innombrables caravanes, sur laquelle on ne trouve aucun
> indicateur, aucune borne, j’aperçus au loin un poteau de la hau-
> 
> le rèGne de nas∂iri’d-dín sháh 459
> teur d’un homme. en nous en approchant, je vis ce qui avait dû être un
> visage humain et des épaules. le pauvre homme qui avait peut-être été,
> comme on me l’apprit plus tard, un célèbre brigand, avait été enfoncé de
> force dans un pilier creux formé de pierres soigneusement empilées, puis on
> avait versé du ciment jusqu’à la hauteur des épaules.
> 
> on l’avait laissé là quelques heures à vivre jusqu’à ce que les myriades de
> mouches encombrant son visage, ou plus rapidement, la pitié des oiseaux de
> proie, mettent un terme à sa torture…
> 
> en attendant, j’avais beaucoup de temps pour découvrir les beautés
> d’ispahan, bien que de la splendide ville qui excitait l’émerveillement et
> l’admiration des voyageurs européens du temps où elisabeth régnait en
> angleterre et akbar à delhi, ne survécûs-sent que les traces suffisantes pour
> montrer le contraste entre le seizième et le dix-neuvième siècle. des quartiers
> entiers étaient détruits et déserts. les bazars qui furent les meilleurs et les
> plus actifs centres commerciaux de l’asie occidentale, étaient pour certains
> complètement abandonnés et pour d’autres seulement partiellement actifs. le
> Chehar Bagh [Chihár Bágh] existait toujours, mais les platanes géants
> plantés le long de ses avenues étaient très clairsemés. l’eau ne coulait plus
> sur ses bords dans des canaux de marbre et des bassins ornés. en dépit de la
> négligence avec laquelle la dynastie qadjar semble délibérément traiter les
> traces de la grandeur de ses prédécesseurs safavides, la superbe mosquée
> érigée par Chah abbás sur le meidan, est toujours unique, malgré quelques
> blessures, dans toute la gloire de ses tuiles bleu-vert. quant à l’ancien palais
> des princes safavides où zill-es-sultan réside en tant que prince-gouverneur,
> les quelques tentatives maladroites pour le restaurer ont plus endommagé la
> beauté artistique du bâtiment que les ravages d’un vandalisme délibéré. la
> population de toute la ville, en y ajoutant les villages des plaines
> environnantes, atteint les 250 000
> 
> habitants, alors que deux siècles et demi auparavant, la population de la ville
> seule oscillait entre 600 000 et 1 100 0000 habitants et que Chardin avait
> compté 1500 villages dans un rayon de dix lieues. envolés sont les jours où
> le fier peuple d’ispahan se vantait d’être la moitié du monde…
> 
> Puis je me dirigeais vers sultanabad, le centre de l’industrie des tapis, où
> j’eus une amusante illustration de cet énorme imposteur qui se prenait pour
> un gouvernement. sur les portes du principal atelier dans lequel les meilleurs
> artisans, payés une misère, tissaient des tapis pour le chah lui-même, on
> pouvait lire, sur un panneau cloué très ostensiblement, qu’il était interdit
> sous la menace des plus sévères punitions, d’utiliser des teintures d’aniline «
> que les méchants essaient d’importer du pays des infidèles ». mais à
> l’intérieur, on eut du mal à me montrer un seul tapis destiné aux palais
> royaux pour lequel on n’avait pas utilisé d’aniline. ainsi, pendant le reste de
> mon pénible et lent
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> voyage jusqu’à Téhéran, je rencontrai toujours le même contraste dans les
> méthodes négligées du gouvernement, entre ce qu’on disait et ce qu’on
> faisait, entre l’abjecte misère d’un grand nombre et le luxe malsain de
> quelques-uns, entre quelques petites oasis fertiles et de grands espaces
> stériles de déserts vides.
> 
> l’été battait son plein lorsque j’arrivai à Téhéran et j’acceptai avec joie
> l’hospitalité de l’ambassadeur français, m. de Ballois, dans sa résidence
> d’été de Tejrish… la légation russe était toute proche et la légation
> britannique pas beaucoup plus loin dans une autre direction vers Gulaheh.
> l’allemagne n’avait même pas de représentant* car Bismark ne désirait pas
> se lancer dans une politique mondiale. l’angleterre et la russie étaient les
> seules puissances importantes et l’influence britannique sur Téhéran n’était,
> pour l’instant, pas remise en question. Pendant vingt-cinq ans la Grande-
> Bretagne avait été représentée par trois ambassadeurs† succcessifs dont
> l’expérience diplomatique était principalement limitée à la Perse, pour qui
> Téhéran était le centre de l’univers et le chah le seul potentat d’importance
> dans leur petit monde… Je n’ai jamais vu autant de jalousies mesquines et
> de tempêtes dans un verre d’eau que celles qui faisaient rage entre les
> différentes légations européennes et, parfois, à l’intérieur de chaque
> légation… en Perse même, la lutte anglo-russe était pour l’instant au point
> mort. C’était l’année où les troupes russes avaient occupé merv, et la russie
> consolidait la nouvelle position acquise sur la route de herat, repoussant
> encore sa frontière vers les frontières afghanes.
> nas∂irid-dín shah avait visité deux fois l’europe et avait accueilli quelques
> européens qui devaient s’occcuper à réformer l’administration. Parmi eux,
> seul, le général autrichien schindler accomplit un travail de fond, notamment
> dans le domaine des sciences et de l’histoire naturelle, qui étaient pourtant
> en dehors de ses fonctions officielles.
> 
> les autres provoquaient l’hilarité générale par la splendeur de leurs
> uniformes et leur habileté à jouer des faiblesses de leurs employés persans.
> l’un d’eux qui mettait en place un service postal international avait coutume,
> quand le vin l’échauffait, de parler du roi des rois familièrement en
> l’appelant ma vache à lait, et, pour augmenter son salaire officiel, on lui
> attribuait l’invention d’une pratique, largement adoptée plus tard dans les
> républiques d’amérique centrale, qui consistait à publier des timbres postaux
> qu’il retirait tout de suite après de la circulation, pour ensuite les vendre avec
> de grands bénéfices aux philatélistes européens. les scandales de la cour du
> chah et ses immenses anderouns (l’équivalent persans du harem) étaient
> aussi honteux que ceux de ses fils et
> 
> * en 1878, au cours de son second voyage en europe, nás∂iri’d-dín sháh
> avait eu des entrevues avec le Kaiser Guillaume 1er et Bismark. en 1883, il
> contacta Bismark pour qu’ils échangent des représentants. en 1885, mírzá
> rid∂á Khán Giránmáyih, le mu’ayyídu’s-salπánih, était nommé envoyé
> persan à Berlin et Bismark envoyait Graf von Braunschweig à Téhéran.
> (umB).
> 
> † Charles alison (mort à Téhéran), w. Taylor Thomson, sir ronald Thomson.
> 4hmB)
> 
> le rèGne de nas∂iri’d-dín sháh 461
> 
> des autres membres de sa famille qui occupaient les plus hauts postes de
> l’état. le plus tristement célèbre était naib-es-sultaneh, ministre de la guerre
> qu’on disait manger
> 
> « une centaine de rations », c’est-à-dire l’équivalent en argent, pour chaque
> ration que mangeait la populace déguenillée qui composait l’armée persane.
> la corruption était endémique, comme je le découvris rapidement à mes
> dépends.
> 
> Car, bien que ma mitrailleuse nordenfelt soit arrivée à temps et que j’eus
> reçu quelques aimables messages du chah me promettant de fixer un jour
> pour sa présentation, je n’eus jamais l’occasion de la déballer et, finalement,
> je la renvoyai en angleterre via Bouchir.
> 
> en effet, j’avais compris que la route jusqu’au palais royal devrait être pavée
> de tomans d’or pour arriver à satisfaire la cupidité de la longue chaîne de
> fonctionnaires, grands et petits, sans aucun espoir, au final, de faire des
> affaires sérieuses. le ministre britannique était trop olympien pour s’occuper
> de mes petites affaires et le ministre français ne pouvait évidemment me
> donner aucune aide officielle.
> 
> la france ayant peu d’intérêts politiques en Perse, m. de Ballois était devenu
> un observateur détaché et quelque peu cynique des us et coutumes persanes
> et, dès mon arrivée, il me prévint que dans ce pays-ci il n’y avait rien à faire
> pour les honnêtes gens.
> 
> nordenfelt, qui avait un grand sens de l’humour, était plus amusé que
> dégoûté et m’envoya volontiers un télégramme me demandant de rentrer et
> d’envoyer le chah à Jéricho.
> 
> sur le retour, le zill aurait aimé garder la mitrailleuse à isfahan, mais il eut
> peur d’of-fenser son père qui, je l’appris plus tard, piqua une grosse colère
> lorsqu’il apprit que j’étais reparti, mais il était trop tard.
> 
> Chirol retourna en angleterre par la russie. il espérait découvrir, comme tout
> journaliste, une partie de la voie ferrée transcaspienne que les russes
> commençaient à construire en asie centrale. la légation l’avait aidé en lui
> donnant des lettres de recommandation du ministre russe des affaires
> étrangères. mais lorsqu’il arriva à Khrasnovodsk sur les rives orientales de la
> Caspienne, un jeune aide de camp vint à bord du navire et le conduisit à la
> résidence du gouverneur où il fut retenu, virtuellement prisonnier, pendant
> trente-six heures avant d’être reconduit sur le même bateau qui repartait de
> l’autre côté de la Caspienne. le gouverneur lui expliqua clairement qu’il ne
> pouvait s’approcher de la voie ferrée et qu’il serait son hôte jusqu’au départ
> du navire. Chirol écrit :
> 
> mon hôte, qui était bien sûr général, m’expliqua, au cours d’une soirée où
> l’abondante consommation de vodka avait délié sa langue, que seule la
> conscience de son
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> énorme responsabilité en tant que Gouverneur des marches de l’asie Centrale
> pour son auguste maître, le tsar, lui permettait de supporter un endroit aussi
> morne, après avoir connu, pendant de nombreuses années, les plaisirs de la
> vie de cour à la capitale. il est vrai que j’appris de la bouche du capitaine du
> vapeur que les bénéfices retirés de ce poste était proportionnels à ses
> responsabilités. mais j’en avais vu assez pour me convaincre que c’était cette
> politique d’expansion à long terme en asie centrale qui, tôt ou tard, se
> transformerait en suprématie russe à Téhéran, qui expliquait le secret que la
> russie imposait, dans cette région désolée, sur la construction d’une grande
> voie ferrée longeant la frontière russo-persane à l’est de la Caspienne.3
> 
> les forces russes prirent Khrasnovdosk en 1869 et, peu après attaquèrent
> Chíkíshlíyár à l’embouchure de la rivière atrak. la Perse protesta, sans
> résultat.
> 
> les Turkmènes prédateurs était une épine dans le pied de la Perse comme de
> la russie. ils pénétraient régulièrement très profondément dans le territoire
> perse, ou russe, et emportaient hommes, femmes et enfants pour les vendre
> sur leurs marchés aux esclaves. les efforts russes pour soumettre les
> Turkmènes réussirent là où les perses avaient échoué.
> 
> à la suite des malheureux accords signés dans la partie orientale du territoire
> qu’il gouvernait, sulπán-murád mírzá, le h∆isámu’s-salπanih, le gouverneur
> général du Khorassan, qui avait capturé hirát, se tourna vers le nord. en
> 1875, il invita huit notables Turkmènes à mashhad où, fidèle à lui-même, ce
> fourbe, cet oncle de nási∂ri’d-dín sháh les arrêta et les jeta en prison. ayant
> momentanément triomphé des Turkmènes de cette infâme manière,
> h∆isámu’s-salπanih conduisit son armée à la conquête de marv qu’il occupa
> facilement. marv, comme hirát, avait toujours fait partie du Khorassan. hélas,
> trois ans plus tard, le gouverneur-général suivant, h∆amzih mírzá, le
> h∆ishmatu’d-dawlih (un autre oncle du chah), tout en ayant repris h∆irát, fut
> ignominieusement battu par les Turkmènes et marv, perdue, retomba dans
> les griffes russes. Pauvre h∆amzih mírzá, il n’avait pas de chance : battu
> d’abord par sálár puis par les Turkmènes. il faut porter à son crédit que
> lorsqu’il était gouverneur général d’azerbaïdjan, il refusa bravement d’obéir
> aux ordres de Téhéran lui enjoignant d’exécuter le Báb et mírzá Taqí Khán
> dut charger son propre frère, vazír-niz∂ám, des arrangements et de la
> supervision de cette injuste mission.
> 
> la déroute de h∆amzih mírzá eut lieu au cours de la bataille de marv contre
> les
> 
> le rèGne de nas∂iri’d-dín sháh 463
> nas∂iri’d-dín Sháh, à paris en 1889
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Turkmènes Takkih qui lui prirent même ses canons. il perdit aussi,
> évidemment, son gouvernorat. nás∂iri’d-dín était si dégoûté par l’échec de
> son oncle (qui était largement dû à l’incompétence du vizir du Khorassan),
> qu’il écrivit sur une photo de ce pauvre oncle le mot najis - l’ignoble
> h∆ishmatu’d-dawlih. quelques-uns des canons perdus aux Turkmènes furent
> repris par une expédition lancée contre eux depuis sarakhs qui devint un
> poste frontière. incidemment, les Turkmènes savaient pris tant de prisonniers
> qu’il en résultat une sérieuse chute des cours sur leurs marchés aux esclaves
> !
> 
> Puis la russie commença son avance en Transoxiane. le Khánate de Khívih
> sur lequel la Perse avait un droit mais n’était pas capable d’exercer son
> autorité, fut aisément renversé et les Turkmènes yamút soumis. mais la
> manœuvre du général lomakin contre les Turkmènes Takkih devait échouer,
> par manque de préparation.
> 
> Bien que les Turkmènes aient été sauvagement décimés par l’artillerie à
> Gi’uk Tappih (la Colline bleue), c’est l’échec des russes à les déloger et à les
> mettre à genoux qui fut remarqué dans la campagne du général lomakin. Ce
> fut un coup terrible pour le prestige russe. le général skobelev remplaça
> bientôt le général lomakin, et dès janvier 1881, en dépit de leur résistance
> désespérée, les Turkmènes perdirent leur position de la Colline bleue et la
> ville histoirque de marv, partie indiscutable du Khorassan, devint possession
> russe. il est vrai que la victoire russe soulagea la Perse des déprédations
> turkmènes, mais la perte de la ville de marv fut ressentie avec tristesse
> comme une perte humiliante.
> 
> la Perse subit, dans le Baloutchistan, une autre perte pendant le règne de
> nás∂iri’d-dín sháh. Cette province avait longtemps connu des troubles. sir
> frederic Golgsmid, le premier directeur des télégraphes de Perse, y rencontra
> des obstacles insurmontables en 1864 parce qu’il n’y avait personne, à
> l’ouest de Gúwádur, petit port du golf d’oman, avec qui il pouvait traiter
> avec confiance. le Khán de Kalát n’y exerçait qu’une autorité fantoche.
> 
> Ces derniers temps la Perse pratique une politique audacieuse à makran et
> dans le Baloutchistan, qui commença probablement dès 1856, quand fut
> signé le traité avec muscat qui comporte un article demandant au sultan
> d’aider le passage des troupes perses vers l’est en direction de Bandar’abbás
> et sa région. depuis la rivière sudaij jusqu’à Chahbar vers l’est, on compte
> environ 150 miles qui sont au pouvoir d’un puissant chef de tribu Baloutche,
> mir’abdu’llah ibn murad muhammad. il avait reconnu, douze
> 
> le rèGne de nas∂iri’d-dín sháh 465
> 
> ans auparavant, la suzeraineté perse mais, selon certains chefs baloutches,
> (…) il attendait une occasion de rejeter cette allégeance. le dilemme (…)
> consistait à décider si mir’abdu’llah était capable d’agir de sa propre
> autorité, malgré ses obligations envers la Perse, ou s’il serait injuste pour lui
> et les autres chefs baloutches dans la même situation, de demander
> directement à la Perse la permission de construire le télégraphe à travers le
> territoire qu’ils considéraient comme le leur, bien que son contrôle leur en
> eut été retiré temporairement par la Perse. Parce que si la souveraineté de la
> Perse était reconnue de tous, les chefs locaux pouvaient se venger en
> empêchant la construction du télégraphe.
> 
> Chahbar était une petite ville de la côte, soumise à muscat dont la juridiction
> s’étendait le long de la côte jusqu’à Gwatar vers l’est. les villes de Gwaatar
> et Jiwani, sur l’autre rive de la baie de Gwatar, étaient dirigées par de petits
> chefs baloutches indépendants. après Jiwani, on trouvait Gwadur qui (…)
> avait été donnée à perpétuité à saiyid sultan ibn ahmad de muscat par un
> ancien Khan de Kalat. (…) le Khan de Kalat contrôlait la côte sur quatre-
> vingt miles, à l’est de Gwadur, et de là jusqu’à la frontière du sind le pays
> était sous l’autorité du Jam de las Bailah qui était de la famille du Khan et
> son sujet. aucun des deux (…) n’avait d’objection à la construction du
> télégraphe à travers leur territoire et tous les deux étaient capables de le
> protéger.4
> 
> la côte de makrán, déserte, désolée et inhospitalière, où les armées
> d’alexandre de macédoine avaient incroyablement souffert lors de leur retour
> de l’inde, n’avait aucun intérêt à part leur position stratégique et le fait que
> leur sort était lié à celui du Baloutchistan et du sístán. sous le règne de
> muh∂ammad sháh la juridiction persane s’était largement étendue sur la côte
> de makrán, mais lorsque vint le temps de construire la ligne télégraphique,
> disputes et troubles éclatèrent jusqu’à ce qu’on nomme une commission qui
> devait dessiner la frontière. Cette commission connut beaucoup de
> difficultés. alors Goldsmid alla à Gwadur et le major lovett qui, selon sir
> Percy sykes, « avait fait une enquête sur la frontière proposée et pouvait
> compléter les informations déjà réunies » l’y rencontra ; le commissaire
> britannique décida de tracer la frontière à l’est de Gwatar ce qui fut
> finalement accepté par nási∂ri’d-dín sháh. T. sykes remarque que bien que le
> monarque qadjar n’en voulait pas au début, la décision fut favorable à la
> Perse.
> 
> il y eut ensuite le délicat problème de sístán à régler entre la Perse et
> l’afghanistan. Ce dernier pays était dans un état de désordre chronique,
> alimenté en partie par la peur de la Grande-Bretagne. C’était avant l’époque
> où
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> amír’abdu’r-rah∂mán Khán y ferait régner l’ordre. en tout cas, les autorités
> persanes pensaient, non sans raison, que la Grande-Bretagne pouvait, si elle
> le déci-dait, faire cesser les incursions afghanes dans les régions qui
> dépendaient sans aucun doute de la Perse. sir frederic Goldsmid, secondé par
> le général Pollock délégué par le vice-roi lord mayo, et le docteur Bellew, un
> orientaliste de renom, établirent un accord entre la Perse et l’afghanistan.
> mir’alam Khán, l’émír de qá’inát refusa de collaborer parce que son
> domaine était contigu à sístán. mais nás∂iri’d-dín sháh accepta l’accord
> proposé par Goldsmid.
> 
> la frontière entre la Perse et la Turquie sera un sujet de contestation et de
> conflit jusqu’à la veille de l’entrée de la Turquie dans la première Guerre
> mondiale. mais en 1851, lord Palmerson avait pourtant tenté de régler la
> question.
> en 1870, nás∂iri’d-dín sháh décida de visiter les villes saintes d’irak. on
> rappela d’istanbul h∆ájí mírzá h∆usayn Khán, le mushíru’d-dawlih qui
> devait s’occuper des formalités nécessaires au voyage. C’était la première
> fois qu’un monarque se rendait à Kerbéla, à nadjaf et dans les autres
> mausolées d’irak en tant que pèlerin. ses prédécesseurs avaient fait le
> voyage, mais comme guerriers et conquérants ; nás∂iri’d-dín sháh, lui,
> rédigea un journal de pèlerinage qui fut publié de son vivant.
> 
> Pendant le pèlerinage du chah, le vali de Bagdad était midh∂at Páshá, le
> célèbre réformateur et constitutionaliste turc. il s’avança jusqu’à Khániqayn
> pour accueillir le chah et lui souhaiter la bienvenue. dix ans plus tard,
> devenu vali de Beyrouth, il invita la Plus-Grande-Branche,’abdu’l-Bahá, à
> visiter cette ville.
> 
> h∆ájí mírzá h∆aydar-’alí, cet enseignant expérimenté, qui vers la fin de sa
> vie était connu des pèlerins bahá’ís sous le nom d’ange du Carmel, écrit dans
> sa biographie inédite de mírzá abu’l-fad∂l de Gulpáygán, à propos de
> mushíru’d-dawlih et des événements de ce temps-là :
> 
> lorsque (…) nás∂iri’d-dín sháh quitta Téhéran pour son pèlerinage aux
> mausolées sacrées, mushíru’d-dawlih bannit les bahá’ís à mosul.
> l’ambassadeur avait quitté istanbul, en passant par alep, pour être à Bagdad à
> l’arrivée du chah. à alep, il fit arrêter shaykh salmán, qui était bien connu et
> qui avait sur lui deux ou trois cents pétitions destinées à Bahá’u’lláh. il
> confiscqua aussi tous les objets et les cadeaux que shaykh salmán portait
> avec lui et l’enferma dans une pièce mal entretenue de la maison où
> 
> le rèGne de nas∂iri’d-dín sháh 467
> 
> mushíru’d-dawlih résidait. shaykh salmán m’a raconté : « dans la soirée,
> [mushíru’d-dawlih], les consuls et leurs courtisans se promenaient dans la
> cour. Je le vis et l’entendis dire : « nous étions certains que la cause de
> Bahá’u’lláh était une affaire politique et qu’il ne cherchait qu’à obtenir
> pouvoir, souveraineté et richesses afin d’être célèbre.
> 
> C’est pourquoi nous avons fait tous nos efforts pour le détruire. mais quelles
> que soient les blessures infligées, le nombre de bannissements, et tout ce que
> nous avons pu lui faire subir en plus, son pouvoir, son autorité et sa célébrité,
> sa grandeur, son éminence ne faisaient que s’accroître. Très étonnés, nous
> cherchions à en trouver la raison. et maintenant, je découvre que ce salmán a
> sur lui environ trois cents pétitions et qu’aucune d’elles ne parle de politique,
> de gouvernement, d’état, de nation. Toutes les blessures, les
> emprisonnements, les bannissements, les exécutions et les pillages que
> subissent les bahá’ís depuis toujours, on ne les mentionne jamais et on ne
> trouve aucune plainte dans ces pétitions. elles ne contiennent que des
> supplications et ne parlent que de sujets spirituels. Par exemple : « o dieu !
> protège-moi des maux de l’égoïsme et des désirs charnels, rends-moi
> constant et fidèle à ta Cause, libère-moi de tout sauf de toi, et fortifie-nous
> afin que nous puisssions servir tous les peuples du monde, que nous
> puissions embrasser la main du bourreau et, dansant et claquant des mains,
> que nous nous précipitions vers l’échafaud. » ensuite, il demanda qu’on lui
> apporte deux ou trois de ces pétitions et les fit lire à haute voix. Tous
> admirèrent l’éloquence et l’excellence du style et de la composition. Puis
> mushíru’d-dawlih dit : « Pourquoi opprimer de tels gens, qui aiment dieu,
> qui recherchent dieu et qui lui parlent ? dans son livre, le coran, dieu relate
> l’histoire du croyant qui vivait dans le palais de Pharaon, afin de nous
> rappeler que s’il y a tromperie, le faussaire ne durera pas longtemps, mais si
> celui contre lequel nous luttons détient la vérité, cela nous retombera dessus
> et il en sera fini de nous ; nous serons les perdants et paierons le prix fort. Je
> n’ai rien découvert dans leurs actes ni dans leurs paroles qui puisse être
> dangereux pour l’état. Tout ce que nous avons entendu venait de leurs
> ennemis, de ceux qui les réfutent ou d’ignorants. de plus, vous avez tous vu,
> comme je l’ai moi-même expérimenté, que plus nous les insultons, plus nous
> les dénigrons, plus nous les tuons, et plus leur nombre augmente, plus ils
> deviennent forts, puissants et célèbres. ils vivent aujourd’hui dans l’aisance,
> en pleine santé et pleine gloire. » mushíru’d-dawlih parlait ainsi et les autres
> étaient d’accord, donnant des exemples. le lendemain matin, il me fit
> chercher, s’excusa et me dit : « J’ai été induit en erreur et je te remercie, car
> grâce à toi j’ai compris la vérité. un gouvernement ne doit pas interférer avec
> les affaires spirituelles et toutes les questions en rapport avec la croyance et
> la conscience. » il me rendit toutes les pétitions et ordonna à ses hommes de
> me redonner toutes les marchandises et les autres objets qu’on m’avait
> confisqués, ce
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> qu’ils firent sous ses yeux. il écrivit ensuite une lettre de recommandation
> pour le vice-consul de Beyrouth, qui disait : « accordez au shaykh la plus
> grande considération et votre protection. veillez à ce qu’il atteigne acre avec
> tout ce qu’il transporte et qu’il arrive en présence de h∆adrat-i-’abbás effendi
> » il ajouta pour moi : « embrasse-lui les mains de ma part, présente-lui mes
> excuses et demande-lui son pardon. supplie-le de me confirmer dans mon
> désir de corriger les erreurs passées.
> 
> et h∆ájí mírzá h∆aydar-’alí continue :
> 
> ainsi, lorsque mushíru’d-dawlih arriva à Téhéran et que des ministres, de
> grands personnages et des notables vinrent lui rendre visite, il y avait parmi
> eux le défunt h∆ájí mírzá rid∂á-qulí […] le demi-frère de la Perfection bénie.
> quelqu’un le présenta comme étant le frère de Bahá’u’lláh, ce qui l’effraya et
> il protesta en disant : « mon père était très connu, pourquoi ne pas me
> présenter comme son fils ? » Cette remarque mit mushíru’d-dawlih en colère
> et il réprimanda h∆ájí mírzá rid∂á-qulí : « vous devriez être fier d’être le
> frère de Bahá’u’lláh et vous en glorifier. qu’il soit persan est une cause de
> fierté et d’honneur pour la Perse et son peuple. les princes, les vizirs ou les
> émirs qui venaient à istanbul étaient souvent la cause de la honte et du
> dénigrement du peuple et du gouvernement persans. Jour après jour, abjects,
> flagorneurs, ils allaient, pleurni-chant, d’un vizir chez un pacha, se plaignant
> et insultant le chah et les notables de Perse, demandant rentes et pensions.
> représentant le caractère du peuple de ce pays, ils ne montraient
> qu’incongruité, bestialité, vénalité et dégradation. au contraire, Bahá’u’lláh,
> bien qu’exilé par le gouvernement, se comporta avec fermeté, calme,
> assurance et dignité, noblesse et détachement, au point de ranimer la Perse et
> les Persans et de réjouir leurs yeux. il ne fréquenta personne. il ne chercha à
> rencontrer personne. Tous ceux qui lui rendirent visite furent reçus avec
> gentillesse. il leur parla de l’ancienne civilisation persane, des bonnes
> manières et de l’humanité de ce peuple. il agit de telle sorte qui tous
> témoignèrent de sa grandeur et de sa noblesse. ils comprirent que la Perse
> compte des hommes cultivés, civilisés et humains. »
> 
> h∆ájí mírzá h∆usayn Khán, avait quitté définitivement istanbul et il
> accompagna nás∂iri’d-dín sháh jusqu’à Téhéran, où ils arrivèrent dans les
> premiers jours de février 1871. en novembre de la même année, il fut élevé à
> la position de s∆adr-i-a’z∂am (grand vizir), position restée vacante après la
> chute et le renvoi de mírzá áqá Khán, fin août 1858. (incidemment, la chute
> de mírzá áqá Khán provoqua la disgrâce de ses parents de Chiraz qui étaient
> responsables des atrocités de nayríz : ses cousins, mírzá naím et mikr-’alí
> Khán, shujá’u’l-mulk, ainsi qu’un fonctionnaire, jusque là bien réputé
> 
> le rèGne de nas∂iri’d-dín sháh 469
> 
> comme chef du ministère de la Justice, hájí háshím Khán.)
> 
> h∆ájí mírzá h∆aydar-’alí continue, à propos de mushíru’d-dawlih :
> régulièrement, dans de nombreuses réunions où notables et grands
> personnages étaient présents, il disait : « J’ai essayé de lutter contre
> Bahá’u’lláh et de lui résister avec l’aide de la puissance de deux états, et
> l’organisation politique de deux gouvernements.
> 
> mais plus j’essayais, plus son pouvoir et son autorité croissaient. » et il
> racontait l’histoire de la détention de shaykh salmán, de son examen des
> pétitions que le shaykh portait, grâce à quoi « je compris que les puissances
> de ce monde sont incapables de résister à cette Cause ». il fit aussi
> comprendre au chah que s’opposer à ces gens était nui-sible pour l’état. à
> plusieurs reprises, lorsque dans diverses villes et villages de Perse, à
> l’instigation de gens malveillants, ou à cause de la cupidité des autorités, les
> amis étaient arrêtés, cet homme remarquable, juste, sage et bon, les fit
> libérer. au Conseil d’état, il déclara que le gouvernement avait fait une
> grosse erreur en bannissant et en expul-sant Bahá’u’lláh, car sa cause,
> victorieuse, se répandrait dans le monde entier. il aurait été un prisonnier en
> Perse, dans le futur les gens seraient venus en pèlerinage à son tombeau de
> partout, et cela aurait augmenté la richesse de la nation. Tout comme
> maintenant les Persans dépensent leur argent en pèlerinage à la mecque et à
> médine, et aux mausolées sacrés en dehors de la Perse, dans le futur, les gens
> dépenseraient leur argent pour visiter la tombe de Bahá’u’lláh et celles de
> ses compagnons bannis de ce pays.
> 
> Cet homme [mushíru’d-dawlih] servait le peuple et le gouvernement de
> Perse avec une véracité et une perspicacité totales. après avoir fait tout le
> mal possible et opprimer au maximum cette Cause, il finit par juger la
> question avec équité et justice, et rendit autant de services qu’il le put.
> 
> Très vite mushíru’d-dawlih réussit à persuader nás∂iri’dín sháh de visiter
> l’europe. il voulait que son souverain voie de ses propres yeux les progrès
> faits par l’europe et les européens. Cette visite eut lieu au printemps 1873. à
> windsor, la reine victoria décora le chah de l’ordre de la Jarretière, signe
> évident de relations amicales.
> 
> le 25 juillet de l’année précédente, le chah avait accordé au baron Julius de
> reuter, le fondateur de l’agence d’information mondialement célèbre, une
> concession aux nombreuses ramifications. Cette décision avait été préparée
> et dirigée par le nouveau grand vizir. la concession reuter comprenait des
> projets comme la construction d’une voie de chemin de fer depuis la mer
> Caspienne jusqu’au golf
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Persique, d’une ligne de tramway à Téhéran, et l’exploitation de toutes les
> ressources minières du pays. reuter venait alors de choisir la nationalité
> britannique et la russie voyait cela avec quelque appréhension. néanmoins,
> malgré ces peurs et ces suspicions, le tsar alexandre ii (1855-1881) reçut très
> chaleureusement le chah à st-Pétersbourg.
> 
> en l’absence du chah, le régent était un de ses oncles, h∆ájí farhád mírzá. le
> mu’tamidu’d-dawlih et des courtisans menés par le ministre des affaires
> étrangères, mírzá sa’id Khán, le mu’taminu’l-mulk, avaient formé un parti
> s’opposant au s∆adr-i-a’z∂am. Cette opposition devint si forte que lorsque le
> chah retrouva la terre persane au port d’anzalí, il fut contraint de reprendre le
> poste de grand vizir à mushíru’d-dawlih. on a raconté que les russes s’étaient
> mis de mèche avec mírzá sa’íd Khán pour provoquer la chute de mushíru’d-
> dawlih qui avait entre-temps reçu le titre supplémentaire de sipahsálár-i-
> a’z∂am. vrai ou faux, le chah était maintenant très en colère et dès son retour
> dans la capitale, il entra en action, brisa le parti des courtisans et dispersa
> tous ceux qui avaient participé au complot. mírzá sa’íd Khán perdit son
> portefeuille de ministre des affaires étrangères qui fut donné à mushíru’d-
> dawlih, et il fut exilé à mashhad comme gardien du mausolée de l’imám
> rid∂á. et la charge de s∆adr-i-a’z∂am resta, une fois de plus vacante,
> jusqu’en 1884, lorsqu’elle fut imposée à mírzá yúsuf, le mustawfíyu’l-
> mamálik. la concession reuter mourut de sa belle mort. h∆ájí mullá’alíy-i-
> Kaní et siyyid s∆álih∂-
> 
> i-’arab, deux des plus importants religieux de la capitale, étaient aussi
> impliqués dans le complot contre mushíru’d-dawlih qu’ils avaient dénoncé,
> dans leur obscurantisme, comme un rénégat et un impie. et certains écrivains
> alléguèrent que le principal comploteur était mu’tamidu’d-dawlih, l’oncle du
> chah.
> 
> mírzá sa’íd Khán était un habitué du ministère des affaires étrangères, ayant
> occupé ce poste après la mort de son précédent occupant, mírzá
> muh∂ammad-’alí Khán-i-shírází, en février 1852, d’abord comme secrétaire
> d’état puis comme ministre. en compagnie de mírzá Káz∂im Khán, le
> niz∂ámu’l-mulk, fils aîné du núrí s∆adr-i-a’z∂am, il avait pris part à la tuerie
> des bábís de 1852. ils avaient tiré les premiers sur mullá h∆usayn-i-
> Khurásání. il était aussi largement responsable du bannissement de
> Bahá’u’lláh de l’irak vers la Turquie, ayant conseillé à mushíru’d-dawlih,
> alors à istanbul, de persuader les autorités ottomanes de la nécessité
> d’éloigner Bahá’u’lláh de la proximité des territoires persans. mais,
> épisodique-
> 
> le rèGne de nas∂iri’d-dín sháh 471
> ment, mírzá sa’íd Khán eut quelques gestes amicaux envers les bahá’ís ce
> qui fit croire à ces derniers que l’épître connue sous le titre de Shikkar-
> Shikan Shavand lui était adressée*. en mai 1880 mírzá sa’íd Khán fut
> rappelé de mashhad et reprit son poste aux affaires étrangères. il mourut au
> printemps 1884.
> 
> mírzá yúsuf, le mustawfíyu’l-mamálik, dont le vizirat ne dura que très peu
> de temps (il mourut moins de deux ans après sa nomination), était l’un des
> hommes les plus remarquables de son temps. Profondément droit,
> incorruptible et sans peur, il était appelé généralement « áqá » ou « Jináb-i-
> áqá », même par nás∂iri’d-dín sháh. on l’avait accusé d’avoir participé à
> l’exécution des bábís de 1852 (il aurait été le premier à tirer sur mullá
> zaynu’l-’ábidín-i-yazdí), mais il l’avait toujours nié fermement, avait écrit à
> ce sujet à Bahá’u’lláh et en avait reçu une réponse aimable. (voir addenda v)
> 
> mushíru’d-dawlih, bien que n’étant plus le s∆adr-i-a’z∂am, réussit à
> convaincre le chah de visiter une nouvelle fois l’europe. Cette deuxième
> visite eut lieu en 1878, l’année du Congrès de Berlin, alors que l’europe était
> dans une situation
> 
> * voir p. 173
> 
> Mírzá Yúsuf-i-ashtíyání, le Mustawfíyu’l-Mamálik
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> instable. la russie, bien que directement impliquée dans le conflit, accueillit
> chaleureusement nási∂ri’d-dín sháh. on organisa en son honneur une
> manœuvre militaire de grande envergure et il tomba tellement amoureux de
> l’uniforme, des armes et de l’allure des cosaques russes, qu’il demanda au
> Tsar alexandre de mettre à sa disposition quelques officiers russes et
> quelques instructeurs afin qu’ils organisent pour lui une force similaire. Ce
> fut le début de la brigade cosaque persane, qui devint plus tard une division,
> une unité militaire qui allait jouer un rôle important dans le destin de la Perse
> et qui resterait sous commandement russe jusqu’en automne 1920. le colonel
> de mantovitch (le premier commandant et organisateur de cette unité) et son
> équipe, arrivèrent à Téhéran en janvier 1879. à vienne, le chah engagea aussi
> des officiers autrichiens qui arrivèrent dans la capitale persane un mois avant
> les russes, commandés eux aussi par un colonel nommé schynovsky. mais
> leur mission s’avéra impossible, contrecarrée par la rivalité russe. on prétend
> que mírzá sa’íd Khán retrouva son ancien poste sur l’insistance de la russie
> qui regardait avec méfiance la politique de mushíru’d-dawlih. en décembre
> 1881, mírzá sa’íd Khán signa, avec l’envoyé russe, le traité d’ákhál, par
> lequel la Perse renonçait à toutes ses prétentions frontalières sur la
> Transoxanie.
> 
> mushíru’d-dawlih reçut d’abord le poste de gouverneur de sa ville, qazvín
> puis, à la suite de l’assasssinat du tsar alexandre ii, il fut nommé à la tête de
> la mission envoyée à st-Petersbourg porter les condoléances de nás∂iri’d-dín
> sháh à alexandre iii. à son retour, il fut envoyé à mashhad comme gardien du
> mausolée de l’imam rid∂á et gouverneur du Khorassan. C’est là qu’il mourut
> en novembre 1881, et tout le monde s’accorde pour dire qu’il fut
> probablement empoisonné sur l’ordre de nás∂iri’d-dín sháh.
> 
> i’timádu’s-salπanih écrit dans son journal que ni le chah ni ses oncles
> (mu’tamidu’d-dawlih et h∆isámu’s-salπanih) ne cachèrent leur joie en
> apprenant le décès de mushíru’d-dawlih. nás∂iri’d-dín sháh avait pris
> l’habitude de se servir libéralement des richesses de n’importe quel notable,
> ou personne connue de son royaume qui mourait riche. il fit de même avec
> mushíru’d-dawlih le sipahsálár-i-a’z∂am, bien que sa veuve soit une fille de
> fath-’alí sháh. on peut lire dans le journal d’i’timádu’s-salπanih : « durant
> ces deux derniers jours, tous les ministres ont été très occupés, dans le
> Conseil, à préparer la liste des manuscrits et des bijoux du défunt mushíru’d-
> dawlih. son testament et ses comptes bancaires ne sont pas
> le rèGne de nas∂iri’d-dín sháh 473
> 
> encore connus. » et plus loin : « h∆akímu’l-mulk [mírzá’alí-naqí] a été
> chargé de négocier avec qamaru’s-salπanih, la veuve du sipahsálár, en vue
> d’en obtenir de l’argent en espèces pour le chah… »*6
> 
> le titre de mushíru’d-dawlih fut donné alors à yah∂yá Khán, le mu’tamidu’l-
> mulk, frère de mírzá h∆usayn Khán, connu aussi sous le titre de sipahsálár.
> C’est le nom donné à la magnifique mosquée et au séminaire qu’il a
> construit à Téhéran et richement doté. les deux bâtiments qui possèdent l’une
> des meilleures bibliothèques de Perse, jouèrent un grand rôle dans la suite de
> l’histoire de la nation. le Baháristán, le siège de la chambre basse du
> Parlement, contigu à la mosquée, fut reconstruit après le bombardement qui
> le ruina au cours du coup d’état de muh∂ammad-’alí sháh en 1908, mais on
> devine encore sa splendeur originale. le
> 
> * un cas semblable fut celui de ’imádu’d-dawlih, un prince qadjar,
> gouverneur de Kirmánsháh. quand il mourut, d’aucuns ont suggéré
> qu’i’timádu’s-salπanih aurait dû se précipiter pour collecter des bijoux et
> d’autres richesses, pour le bénéfice du chah. mais il refusa cet honneur.
> 
> Siyyid Jamálu’d-dín-i-asadábádí, plus
> 
> connu sous le nom de al-afghání (browne,
> 
> The Persian revolution of 1905-1909 )
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Baháristán était aussi une création du sipahsálár-i-a’z∂am que nás∂iri’d-dín
> sháh avait récupérée. C’est son fils, muz∂affarí’d-dín sháh qui en fit don à la
> nation pour qu’il devienne le siège du parlement lorque la constitution fut
> promulguée.
> 
> le nouveau mushíru’d-dawlih fut aussi ministre des affaires étrangères
> pendant quelque temps, et ce fut pendant son ministère qu’en hiver 1882-
> 1883, s.G.
> Benjamin fut nommé par le président arthur pour représenter les états-unis à
> Téhéran : ce fut le premier représentant américain en Perse. en janvier 1885,
> nás∂iri’d-dín sháh fit l’achat d’un vaisseau allemand de 600 tonneaux,
> baptisé persépolis, qui servit dans le golf Persique et d’un vaisseau plus
> petit, le Shúsh.
> 
> leurs équipages étaient allemands. le premier ministre allemand, Graf von
> Braunschweig, ouvrit une école allemande à Téhéran et ses étudiants allaient
> en allemagne suivre leurs études supérieures. le bruit courait que les
> allemands avaient obtenu une concession pour la construction d’une voie
> ferrée. des allemands naviguant dans le golf Persique, le fait déplaisait aux
> anglais ; la construction d’une voie ferrée au nord inquiétait les russes. en
> 1887, le chah fut forcé de promettre à la russie qu’il n’accorderait jamais, en
> aucune circonstance, une concession pour la construction d’une voie ferrée à
> aucun étranger sans le consentement du gouvernement du tsar. un an plus
> tard, sur l’insistance des Britanniques, le libre passage de tous les
> commerçants étrangers le long de la rivière Kárún, dans la province du
> Khúzistán fut officiellement notifié à toutes les représentations
> diplomatiques de Téhéran. à la suite de cette annonce, une firme britannique,
> lynch Brothers, commença à commercer dans le Kárún. il fallut donner à la
> russie une compensation pour ce qu’elle considérait comme une victoire
> anglaise et elle reçut le droit d’utiliser le port d’anzalí sur la mer Caspienne.
> 
> la même année 1888, nás∂iri’d-dín sháh, qui avait laissé vacant le poste de
> s∆adr-i-a’z∂am après la mort de mustawfiyu’l-mamálik, éleva à ce poste
> important mírzá’alí-as∂ghar, l’aminu’s-sulπán. Comme son adversaire mírzá
> malkam Khán le náz∂imu’d-dawlih, qui était alors envoyé persan à la cour
> d’angleterre, c’est un personnage controversé de l’histoire de Perse. il a ses
> admirateurs et ses détracteurs. C’était, sans nul doute, un homme astucieux
> et capable ainsi que le prouve-ra son action rapide au moment de l’assassinat
> de nás∂iri’d-dín sháh. mais il était très différent d’hommes comme sipahsálár
> et mustawfíyu’l-mamálik. C’est lui qui persuada cette fois-là le chah
> d’entreprendre un troisième voyage en europe. le
> le rèGne de nas∂iri’d-dín sháh 475
> 
> chah et son entourage élargi, qui comprenait à la fois s∆adr-i-a’z∂am et notre
> chroniqueur, i’timádu’s-salπanih (très critique et opposé à l’aminu’s-sulπán),
> quitta Téhéran en avril 1889 et, par le Caucase, arriva à st-Petersbourg où le
> tsar alexandre iii, comme son prédécesseur, fit à nás∂iri’d-dín sháh un
> accueil impressionnant. la Grande-Bretagne avait aussi envoyé une
> invitation au chah. la reine victoria, le prince de Galles (plus tard édouard
> vii) et lord salisbury, le Premier ministre, offrirent au chah une réception
> remarquablement amicale. il resta en Grande-Bretagne pendant un mois,
> mais ce long séjour qui pouvait sembler une réussite éminente ne donna que
> des fruits amers comme nous allons le voir. un autre résultat de ce troisième
> voyage en europe fut sa rencontre à munich avec siyyid Jamálu’d-dín-i-
> asadábádí, plus connu sous le nom d’afghání, qui fut invité à visiter une
> seconde fois le pays de ses ancêtres. sa visite précédente, en 1886, s’était
> terminée d’une manière catastrophique ; cette fois, le désastre serait total.
> 
> le sultan’abdu’l-h∆amíd ii
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> afghání était un provocateur dans le monde politique oriental, et le principal
> avocat du panislamisme. disons clairement qu’il n’avait aucune sympathie
> pour la religion de Bahá’u’lláh. C’était sans aucun doute un homme
> remarquable, plein de talents, éloquant, érudit, passionné en parole et par
> écrit. il pouvait être tour à tour doux* et inébranlable. le professeur elie
> Kedourie, de l’école des sciences éco-nomiques et politiques de londres, le
> décrit ainsi : « on peut voir que la carrière réelle du sage de l’orient ne
> ressemble pas à sa légende. Ce que sa carrière laissait présager : l’activisme
> politique et la transformation de la religion en idéologie politique, est
> maintenant arrivé et les conséquences en sont visibles autour de nous. il faut
> aussi noter que cet homme et ses partisans qui, de n’importe quel point de
> vue, doivent être considérés comme des corrupteurs de l’islam tel que les
> orthodoxes l’envisagent et le pratiquent, n’ont jamais vu leur doctrine
> critiquée et encore moins réfutée, par les représentants de l’orthodoxie.9 »
> Perspicace et bien informé, un biographe persan de siyyid Jamálu’d-dín écrit
> : « il y a un point à noter, dans cette préface, qui aidera à comprendre siyyid
> Jamálu’d-dín et sa pensée : quel que soit le personnage il croyait
> profondément en ce qu’il savait et ce qu’il faisait ; c’était avant tout un
> homme d’action. Plus que tout, il détestait les tyrans. une de ses brillantes
> pensées était celle-ci : « Je suis opposé à la fois au tyran et à la victime du
> tyran. Pour moi, le tyran est un ennemi parce qu’il tyrannise ; et je n’aime
> pas la victime parce qu’elle lui permet de la tyranniser, rendant le tyran
> encore pire.10 » m. halabí fait aussi un parallèle intéressant entre midh∂at
> Páshá et siyyid Jamálu’d-dín. Tous les deux souffrirent beaucoup aux mains
> de deux tyrans implacables. le sultan’abdu’l-h∆amíd maltraita le premier et
> le chah nás∂iri’d-dín, le second. lorsque midh∂at Páshá fut relâché et
> rejoignit l’europe, il ne se lança pas dans une longue diatribe contre le sultan
> ; alors que dès qu’il quitta le sol persan, siyyid Jamálu’d-dín se lança dans
> une campagne vitupérante contre le chah qui culmina dans son assassinat. le
> siyyid était en pleine activité lorsqu’edward Browne le rencontra à londres.
> Browne écrit : «…je le rencontrai alors que j’étais
> 
> * dans le journal personnel du père de l’auteur, on peut lire à la date du 3
> octobre 1886 : « rendu visite ce matin à sittid Jamálu’d-dín. il est logé près
> de chez moi. C’est un homme très doux et bon, vêtu à l’arabe, la tête
> couronné d’un petit turban noir. il est corpulent et a le teint olivâtre. il a
> probalement plus de cinquante ans et porte une barbe courte et noire. il me
> dit que bien qu’il signe « afghání », il est originaire d’hamadán. dans sa
> jeunesse, il était allé dans les villes saintes d’irak pour poursuivre ses études.
> C’est de là qu’il était parti, il y a plus de trente ans, pour l’afghanistan.
> depuis, il a voyagé ici et là, résidant quelque temps en égypte. C’est un
> homme de talent, très érudit. J’ai aimé converser avec lui. »
> 
> le rèGne de nas∂iri’d-dín sháh 477
> 
> invité par le défunt prince malkom Khán à holland Park qui, jusqu’à la
> querelle que cet éminent diplomate eut avec le chah en 1889, était la légation
> persane…
> 
> pendant son séjour à londres, il parla dans différents meetings et écrivit
> divers articles sur« le règne de la terreur en Perse », attaquant la personne du
> chah et mettant même en question son état mental, avec une grande violence.
> » 11
> 
> l’éloignement de mírzá (ou prince) malkam Khán fut un autre résultat de la
> troisième visite du chah en europe. un accord douteux, où chacun arracha
> des concessions à l’autre, à propos d’une loterie d’état, fit que malkam (qui,
> comme siyyid Jamálu’d-dín, avait une bonne plume), déçu, eut le sentiment
> d’avoir été humilié par nás∂iri’d-dín sháh et son s∆adr-i-a’z∂am, pendant
> que le cupide monarque eut le sentiment d’avoir été floué. leur relation s’en
> ressentit, devint tendue puis, finalement, se brisa. malkam avait été un
> protégé de mírzá h∆usayn Khán, le mushíru’d-dawlih qui l’avait sauvé du
> désert politique dans lequel il était tombé lors d’une première disgrâce. on se
> rappellera aussi qu’à Bagdad, Bahá’u’lláh l’avait sorti des griffes de mírzá
> Buzurg Khán.
> 
> malkam se lança alors dans la publication d’un journal, intitulé Qánún (la
> loi).
> 
> en tout, quarante-et-un numéros seront imprimés à londres. il faut y ajouter
> les pamphlets politiques et sociaux qui sortaient constament de la plume de
> malkam.
> 
> amínu’s-sulπán était la cible favorite de la critique féroce de malkam. Qánún
> était interdit en Perse par édit royal mais beaucoup de personnes influentes le
> recevaient malgré tout. et, conseillé par amínu’s-sulπán, le chah continuait à
> donner des concessions qui eurent des répercussions considérables. en
> décembre 1889, reuter obtint une concession pour créer une banque et des
> billets de banque, et l’on vit naître la Banque impériale de Perse. en janvier
> 1890, le gouvernement russe reçut une concession pour construire des routes
> et des voies ferrées dans le nord. en mars de la même année, le major Gerald
> f. Talbot gagna une concession pour instituer un monopole sur le commerce
> du tabac en Perse. Cette concession qu’on appela la régie des tabacs,
> scandalisa les propriétaires de champs de tabac et un grand nombre de
> marchands qui achetaient et vendaient le tabac, à tel point qu’une rebellion
> fut lancée par mírzáy-i-shírází l’ecclésiastique le plus influent de l’époque. il
> interdit totalement l’usage du tabac et nás∂iri’d-dín fut surpris de découvrir
> que dans son propre harem, les narguilés ou qalyán étaient abandonnés. un
> seul religieux important de Téhéran, siyyid ‘abdu’lláh-i-Bihbahání (qui
> jouera plus tard
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> un grand rôle dans le mouvement constitutionnel) osa défier l’interdiction et
> apporta son qalyán jusqu’à la chaire de la mosquée. en avril 1892, à
> l’encontre de toutes les coutumes, le chah dut emprunter 500 000 livres
> sterlings à la nouvelle Banque impériale, les donna en compensation à la
> compagnie anglaise et annula la concession de la régie.
> 
> nás∂iri’d-dín sháh commença à faire arrêter les partisans de siyyid Jamálu’d-
> dín et de mírzá malkam Khán. l’homme qui allait le tuer un jour se retrouva
> en prison, avec beaucoup d’autres, à cette occasion. deux importants bahá’ís,
> h∆ájí abu’l-h∆asasn-i-ardakání, connu sous le nom de h∂ájí amín, et h∆ájí
> mullá’alí-akbar-i-shahmírzádí, appelé h∆ájí ákhund, y étaient aussi
> emprisonnés. à cette occasion Bahá’u’lláh révéla la lawh∂-i-dunyá ( tablette
> au monde).
> 
> après l’annulation de la régie, nás∂iri’d-dín sháh n’avait plus que quatre ans
> à vivre. la veille de son jubilé, le 19 avril 1896, au cœur du mausolée de
> h∂ad∂rat-i-
> 
> ’abdu’l-’az∂ím, un fervent partisan de siyyid Jamálu’d-dín appelé mírzá
> rid∂áy-i-Kirmání, fit feu sur lui. la balle lui ouvrit le cœur et il mourut sur le
> coup. seules la sagacité et l’action rapide d’amínu’s-sulπán, qui réussit à
> cacher l’assassinat, empêcha la capitale de plonger dans le chaos.
> 
> lorsqu’on demanda à l’assassin pourquoi il avait abattu le monarque plutôt
> que n’importe lequel des hommes haut placés qui l’entouraient, et
> notamment Kámrán mírzá, le náyibu’s-salπanih, un fils du chah qui l’avait
> personnellement fait souffrir, ce disciple de siyyid Jamálu’d-dín répondit par
> un vers du Mathnaví, l’œuvre immortelle de mawláná Jaláli’d-dín-i-rúmí : «
> un poisson pourrit par la tête, pas par la queue ».
> 
> addenda ii
> 
> démarches effectuées
> 
> auprès des consuls lors
> 
> du bannissement de bahá’u’lláh à acre
> 
> Ci-dessous le lecteur trouvera un bref résumé des faits en relation avec
> certains documents des archives gouvernementales (voir page 281).
> 
> le 6 août 1868, m. John e. Blunt, consul britannique à andrinople, envoya le
> message suivant à m. elliot, le ministre britannique à istanbul : J’ai l’honneur
> de transmettre ci-joint à votre excellence, une copie de la lettre que le
> révérend rosenberg, missionnaire protestant en ce lieu, m’a adressée à
> propos d’un certain shek [shaykh] mirza hussein alí effendi [Bahá’u’lláh],
> chef d’une secte persane appelée « babie » qui est en exil à andrinople avec
> une quarantaine de ses adhérents depuis plus de six ans et qui est sur le point
> d’être déporté à Gallipoli et de là, vers l’intérieur de l’afrique, me semble-t-
> il.
> 
> hier, avant que cette lettre me soit adressée, le révérend rosenberg et Boghos
> agha, le chef de la communauté protestante locale, m’ont rendu visite et me
> demandèrent de tenter de persuader les autorités ottomanes locales de ne pas
> déporter ce shek et ses adhérents. mais comme ils me dirent aussi que la
> mesure dont se plaint le shek ne vient pas de ces autorités mais que c’est un
> ordre impératif qui vient de la sublime Porte, j’ai respectueusement refusé
> leur requête.
> m. rosenberg me dit alors qu’il m’adresserait la lettre ci-jointe et exprima
> l’espoir que je ferai un rapport sur le sujet à votre excellence. Je ne connais
> pas les croyances de cette secte « babie ». le révérend rosenberg et Boghos
> agha pensent qu’ils les tirent des saintes écritures, ce qui explique leur
> sympathie et leur zèle pour le shek. Tout ce que je peux dire c’est que le
> shek en question a mené une vie tout à fait exemplaire dans cette ville. il est
> considéré avec une sympathie mêlée de respect et d’estime, par les
> musulmans locaux, et qu’il fut bien traité par les autorités ottomanes.
> l’impression générale ici est que la persécution dont il fait maintenant l’objet
> vient du gouvernement persan et de sa légation à istanbul. » (fo 195 901)
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> le révérend rosenberg cité dans cette dépêche était un missionnaire de la
> société Britannique pour la Propagation de l’évangile parmi les Juifs. C’est
> lui qui avait attiré l’attention de Blunt sur la situation qui menaçait
> Bahá’u’lláh. quelques jours plus tard, le 10 août 1868, Blunt envoya une
> autre dépêche concernant un appel que, disait-il, Bahá’u’lláh lui avait
> adressé :
> 
> en référence à ma dépêche n° 54 du 6 courant relative au cas de shek hussein
> alí effendi chef de la secte persane appelée « babie », j’ai l’honneur de
> rapporter à votre excellence que ce matin, j’ai reçu du shek en question, le
> papier ci-joint qui, écrit en turc, demande la protection de ce consulat. le
> même appel a été envoyé par le shek à mes collègues de la ville.
> 
> Peu après que le dit appel m’ait été remis, mon collègue autrichien vint me
> voir et me demanda ce que je proposais de faire. Je répondis qu’à mon
> humble avis je ne pouvais pas agir dans ce cas officiellement sans
> instructions de l’ambassade, et que j’avais déjà informé votre excellence de
> la question. monsieur de Camerloher semble être du même avis et m’a dit
> qu’il avait aussi informé le baron Prokesh.
> 
> mais, considérant, avec monsieur de Camerloher, que nous avons de bonnes
> raisons de penser que le shek et son groupe vont probablement être remis par
> le gouvernement ottoman aux mains des autorités persanes et que le
> gouvernement ottoman se rendra ainsi coupable d’un abus de confiance
> envers ces pauvres gens qui mettra leur vie en péril, et qui en conséquence
> ternira sa réputation, nous avons décidé d’envoyer à nos ambassades
> respectives le télégramme que nous avons expédié ce matin et dont voici la
> copie :
> 
> « hussein alí effendi et soixante-dix personnes vont être envoyés aujourd’hui
> à Gallipoli pour y être remis entre les mains d’un agent du chah. il a adressé
> un appel écrit demandant la protection du corps consulaire étranger. les
> soussignés ont décidé de solliciter des instructions de leurs ambassades
> respectives avant toute action. mon collègue demande que ce télégramme
> soit communiqué au baron Prokesh. »
> 
> Je prends la liberté d’ajouter que mon collègue autrichien m’a dit que le
> baron Prokesh connaît personnellement le shek et qu’il l’a fortement
> recommandé au consulat autrichien.
> 
> Je regrette que le départ rapide du courrier aujourd’hui m’empêche de
> préparer une traduction du papier que je joins. » (fo 195 901)
> 
> malheureusement, la pièce jointe au télégramme de Blunt est absente des
> 
> démarChes auPrès des Consuls 481
> 
> fichiers du british public record office. mais Blunt ayant signalé qu’un appel
> similaire avait été adressé aux autres consuls d’andrinople, des recherches
> furent faites dans les archives des affaires étrangères françaises. on découvrit
> que le consul français de l’époque, ferdinand ronzevalle, avait bien envoyé
> le 14 août 1868, cet appel au ministre français, nicolas Bourée. le texte de
> cet appel consiste en huit lignes écrites en turc, signées, avec un sceau sur
> lequel on peut lire
> 
> « h∆usayn ‘alí ».
> 
> ainsi, au moins trois ministres de puissances étrangères représentées à
> istanbul, faisaient des enquêtes sur Bahá’u’lláh. ils reçurent tous la même
> réponse de la part de ‘alí-Páshá comme de fu’ád Páshá : les disciples de
> Bahá’u’lláh provoquaient des discordes entre musulmans en essayant de les
> convertir à une nouvelle religion, et la légation persane n’était absolument
> pas impliquée.
> 
> le 13 août 1868, Blunt fit un rapport :
> 
> Je prends la liberté de rapporter que j’ai agi dans cette affaire en conformité
> avec les ordres de votre excellence.
> 
> avant de recevoir ces ordres, mirza hussein alí (…) me demanda, par
> l’intermédiaire du révérend rosenberg, de venir le voir, mais je déclinai
> respectueusement l’invitation car il était aux arrêts dans sa maison et sous la
> surveillance de la police (…) le mirza et ses adhérents ont été envoyés à
> Gallipoli dans la soirée de lundi dernier (…) » (fo 195 901)
> 
> mais le révérend rosenberg continua ses efforts pour aider Bahá’u’lláh. le 15
> 
> août 1868, il envoya à Blunt une copie de ce qui serait une lettre de
> Bahá'u'lláh à l’alliance évangélique de londres, leur demandant d’intervenir
> auprès des autorités ottomanes afin que la tolérance religieuse soit appliquée
> aussi aux bahá'ís.
> 
> l'alliance évangélique se consacrait à obtenir la tolérance religieuse pour les
> chrétiens dans le monde.
> 
> addenda iii
> 
> conséquences du siège de plevna
> 
> les extraits qui suivent sont extraits du balkan Volunteers1. Ce livre consacré
> aux docteurs et à l’aide humanitaire envoyés d’angleterre pendant la guerre
> de 1877-1878, confirme largement l’histoire du capitaine turc qui parlait du
> « sang qui coulait sous les arbres et sous les pierres ». (voir p. 286)
> 
> la situation des blessés dans les hôpitaux de Plevna était pire que tout ce
> qu’ils [les médecins anglais] avaient vu jusque-là. ryan, le seul docteur
> présent dans la forteresse assiégée, les conduisit à travers des pièces pleines
> de blessés pour lesquels il n’avait rien d’autre que du chloroforme, pas de
> pansements stériles, pas de provisions, pas de soupe. on avait fait des
> bandages avec les tissus bariolés trouvés au bazar, et les teintures s’étaient
> révélées empoisonnées. les blessures avaient été bouchées avec du coton
> hydrophile. on trouvait des cas de variole, de gangrène, de typhoïde et tous
> avaient des poux. d’après le correspondant de the times, l’état des hôpitaux «
> rendait ridicule la description par defoe de la léproserie de la Peste »…
> 
> après la chute de Plevna, la grande retraite commença : les troupes turques se
> retiraient à travers la boue, la neige et la glace [...] jusqu’à Philippopolis [...]
> puis varna [...]
> 
> depuis la frontière serbe jusqu’à Gallipoli puis salonique. avec elles, se
> traînant le long des mêmes sentiers à bestiaux, rampant au flanc des mêmes
> collines, venaient les réfugiés : le filet d’eau d’il y a six mois était devenu un
> torrent, toute la population musulmane de Bulgarie et de roumélie s’enfuyant
> devant la vengeance des moscovites… la retraite devint une déroute […].
> 
> [...] lorsque l’ordre d’évacuer l’hôpital d’andrinople fut donné, la populace
> turque et le personnel turc s’enfuirent ; les docteurs de stafford house
> [britanniques] « se répandirent dans les camps, rattrapèrent les bœufs, les
> attelèrent et les firent transporter les blessés pour quitter l’hôpital. » à
> Philippolis, huit cent cinquante blessés furent placés dans des hangars vides,
> le long de la gare, en attente de trains qui ne vinrent jamais.
> 
> la ville était en proie à la panique, les bâtiments en feu [...] deux jours plus
> tard, les russes entrèrent dans la ville. à ce moment-là, les blessés encore
> vivants n’étaient plus que cent vingt [...]
> 
> [...] a rustchuk, la fin fut encore plus dramatique. un obus russe tomba sur
> l’hôpi-
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> tal le 29 décembre 1877. les deux docteurs, stiven et Beresford, sortirent
> précipitamment en agitant vigoureusement le drapeau du Croissant rouge,
> mais encore plus d’obus éclatèrent. les docteurs passèrent la nuit à
> déménager leurs patients, depuis les salles détruites dans les autres. le
> lendemain, le bombardement recommença. Terrifiés, tous les patients qui
> pouvaient marcher, et tous les membres locaux du personnel se précipitèrent
> dehors, dans la neige. Comme l’écrit stiven : « le docteur Beresford et moi
> étions seuls avec environ quatre-vingt patients, et nous faisions de notre
> mieux pour assurer leur sécurité. » à la tombée de la nuit, entre trente et
> quarante obus étaient tombés sur l’hôpital. Puis le tir cessa et les deux
> docteurs transportèrent leurs patients depuis les bâtiments en ruines,
> jusqu’en ville. le lendemain, ils les mirent sur un train qui les conduisit à
> l’hôpital de varna. [...]
> 
> young sandwich… et hume, deux vétérans de la campagne de serbie,
> rejoignirent la division Baker Pasha dans sa retraite de Tatar Bazardijk vers
> Philippopolis puis au-delà des montagnes de rhodope. le télégraphe et le
> train ne fonctionnaient plus et sandwich se retrouva sur des routes escarpées
> couvertes de glace. hume arriva à Philippopolis plus rapidement mais non
> sans danger, ayant fait le voyage le long de la voie ferrée, d’abord dans une
> machine qu’il avait réquésitionnée, puis sur un chariot actionné à la main. la
> retraite vers le sud à travers les montagnes fut un terrible voyage.
> 
> « de chaque côté, sur la glace, dans la neige, des chevaux trébuchant et
> tombant, des soldats et des blessés mélangés en effroyable confusion avec
> des femmes et des enfants qui fuyaient leurs maisons brûlées, tous peinant
> laborieusement vers les sommets. dans la plaine en dessous on pouvait voir
> les Cosaques arrivant au pied des collines et, de là, tirant sur la masse des
> fuyards. » [...]
> 
> à la gare de Tatar Bazardijk, des milliers de gens s’entassaient tous les jours
> dans des wagons ouverts, « blancs, bleus et noirs, gelés » et Bartlett fit ce
> qu’il pouvait pour leur apporter de la nourriture et de la chaleur, mais il n’y
> avait aucune organisation possible. Puis on apprit que la voie ferrée avait été
> coupée un peu plus loin ; l’attente avait été vaine. ils furent tous forcés de
> faire retraite au-delà des montagnes rhodope, jusqu’à la mer.
> 
> robert e. master qui travaillait pour la fondation Turque de Compassion,
> avait eu plus de chance. il était resté à sofia pendant un mois avant la prise
> de la ville par les russes. il avait réussi à faire fonctionner une soupe
> populaire où, pour un penny par jour et par personne, il nourrissait vingt-
> cinq mille réfugiés ; « chacun recevait trois quarts de litre d’une bonne soupe
> bien épaisse et assez de bois de chauffage pour leur tenir chaud. » il partit
> par le train avant que les russes arrivent, pour un voyage où l’horreur ne fit
> qu’augmenter. il fallut trois jours au train pour aller d’andrinople à
> 
> ConséquenCes du sièGe de Plevna 485
> 
> Constantinople, ses wagons ouverts remplis à craquer de femmes, d’enfants
> et de soldats, entassés sans abri, ni chauffage, ni nourriture. Beaucoup
> moururent, quelques-uns naquirent, d’autres désespéraient de l’avenir tous
> ou presque, fous de douleur, d’horreur et de faim, jetant leurs enfants dans le
> vide quand le train passait sur un pont… » au cours de l’arrêt dans une gare
> entre andrinople et Constantinople, Blunt travailla sans cesse pour leur
> apporter du pain et des vêtements ; mais ils étaient trop nombreux et tout ce
> qu’il faisait lui semblait inutile. master, envoyé de Constantinople avec un
> wagon de nourriture, trouva Blunt épuisé et malade. il prit les choses en
> main. « Je réussis à nourrir les gens, mais je ne pouvais pas empêcher le
> froid. Cadavres après cadavres tombaient des wagons, étaient transportés
> plus loin et enterrés… C’était affreux à voir et pourtant les réfugiés restaient
> calmes. Je n’entendais aucun murmure, sauf de la part des Circassiens qui
> menaçaient de brûler la gare si le chef de gare ne faisait pas partir le train
> immédiatement. Ces gentlemen attaquèrent même mon fourgon de pain,
> mais j’arrivai à le refermer à temps. »
> 
> à Constantinople on attendait les soldats, les blessés, les réfugiés, l’armée
> russe ou l’angleterre qui viendrait aider la Turquie. »
> 
> addenda iV
> 
> le général gordon à haïfa et acre
> 
> laurenCe oliphant écrit, sous le titre de la dernière visite du général gordon à
> haïfa :
> 
> Je l’ai rencontré pour la première fois, il y a vingt-neuf ans, dans les
> tranchées devant sébastopol. C’était alors un jeune officier inconnu, et
> j’aurais oublié ces circonstances si nous ne nous étions retrouvés trois ans
> plus tard en Chine… Je quittais la Chine avant qu’il n’entre au service
> chinois… mais j’en avais assez vu pour surveiller sa carrière avec un grand
> intérêt ; pourtant nos chemins ne se recroisèrent pas jusqu’à ce qu’un jour, il
> y a deux ans environ [écrit le 10 mai 1885], je reçoive une lettre venant de
> Jaffa et signée C.G. Gordon qui me demandait des informations sur les
> conditions de résidence à haïfa et exprimait son intention de me rendre
> visite. Comme j’avais plusieurs amis de ce nom-là, je fus déconcerté sur le
> moment… C’est par hasard que l’après-midi de ce jour, le vice-consul me
> demanda si je connaissais un certain général Gordon, car il avait reçu
> quelques lettres à ce nom. Je compris immédiatement qui était mon
> correspondant et lui envoyai une cordiale invitation à laquelle il répondit
> rapidement, et nous passâmes ensemble quelques jours très agréables…
> 
> après quelques jours à haïfa, le général Gordon retourna à Jérusalem en me
> promettant de revenir deux mois plus tard planter sa tente près de la mienne
> à esfia, au sommet du Carmel. J’étais impatient de retrouver sa compagnie
> pour partager l’agréable étendue sauvage de cette montagne et, dans ma tête,
> j’avais déjà repéré un endroit à cinquante mètres de ma tente pour qu’il y
> plante la sienne lorsqu’à mon grand désappointement, je reçus une lettre de
> lui me disant qu’il était si intéressé par ses études bibliques dans la ville
> sainte, qu’il pensait être de son devoir de changer ses plans, car il n’aurait
> peut-être jamais plus la possibilité de vérifier l’exactitude des vues qu’il
> avait concernant l’aspect typique de la configuration de cette ville…
> 
> vers la fin de l’année il écrivit, disant qu’il avait été nommé au Congo et me
> disait adieu. Curieusement, dans ma réponse je lui disais seulement au revoir
> car j’étais certain que je le reverrai avant qu’il quitte le pays. quelques jours
> après il arrivait à haïfa.
> 
> il avait embarqué à Jaffa, en route vers Port-saïd dans un voilier local et le
> mauvais temps l’avait poussé si loin de sa route d’origine que son équipage
> était venu ici se repo-
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> ser… il y resta une semaine… un jour, je le vis écrire une note sur une
> feuille de papier.
> il me demanda le prénom des deux amis chez qui nous étions. Je les lui
> donnai et, pensant sans doute que ma curiosité méritait d’être assouvie, il dit
> : « Je les ajoute sur ma liste de prières. » un autre jour, après avoir émis des
> avis très négatifs sur un très haut personnage que je ne nommerai pas, il
> ajouta : « Je prie pour lui régulièrement. » Tout cela sans une once de
> prétention. il détestait par-dessus tout l’hypocrisie… il était très drôle et un
> compagnon très agréable pour ceux qui le connaissaient intimement. il ne
> lançait jamais la conversation sur la question religieuse… il partit de haïfa le
> 18 ou 19
> 
> décembre 1883, à pied, jusqu’à acre où il trouva le vapeur qui devait
> l’emporter directement jusqu’à marseille. ses bagages le suivirent dans une
> carriole.
> 
> ses derniers mots furent pour dire qu’il était certain cette fois que nous ne
> nous reverrions jamais. Je répondis qu’il s’était déjà trompé et que j’espérais
> qu’il se trom-pait encore. il me dit non, qu’il avait l’impression d’avoir
> encore beaucoup de choses à faire pour dieu sur cette terre et qu’il ne
> repartirait jamais du Congo. un mois plus tard, il était en haute-égypte.
> 
> à haïfa, pratiquement personne ne le connaissait, et c’était caractéristique de
> sa personnalité. apercevant un beau jardin qui appartenait à un riche syrien,
> près d’acre, il entra s’y promener, fut abordé par le propriétaire qui lui
> demanda qui il était. il répondit « Gordon Páshá ». mon ami syrien, qui me
> raconta l’histoire, rit d’un air incrédule et lui montra poliment la sortie.
> Gordon partit sans insister sur son identité. le propriétaire me dit qu’il était
> certain qu’on se moquait de lui parce que Gordon, lorsqu’on lui parlait en
> anglais répondait en mauvais arabe et, lorsqu’on lui demanda son nom, il
> avait à moitié sorti son portefeuille, comme s’il allait donner sa carte, puis
> après réflexion l’avait laissé dans sa poche et avait répondu verbalement.
> ainsi, mon ami perdit sa chance de pouvoir recevoir au dépourvu un ange, ce
> qu’il ne cessa jamais de regretter, d’autant plus que ses amis prenaient plaisir
> à le taquiner là-dessus.
> 
> la dernière lettre que je reçus de Gordon est datée de Khartoum, le 6 mars. »
> 
> sir valentine Chirol écrit dans Fifty Years in a changing World ( cinquante
> ans dans un monde qui change) :
> «… je me souviens de ma rencontre avec Gordon, quelques mois avant son
> fol espoir au soudan, chez laurence oliphant sur le mont Carmel. Gordon
> vivait alors à Jérusalem, entièrement absorbé par l’étude de la topographie
> biblique. les français, toujours plus jaloux et suspicieux de toutes les
> activités britanniques dans cette région depuis notre occupation de l’égypte,
> ne pouvaient pas croire, même un instant, que pour
> 
> le Général Gordon à haïfa 489
> 
> un anglais, et un général de la réputation mondiale de Gordon, la
> topographie biblique n’était pas une couverture pour cacher de sinistres
> activités politiques. le consulat français de Jérusalem surveillait tous ses
> mouvements. il nous raconta qu’il était parti la veille pour son habituelle
> longue promenade dans la campagne et il remarqua rapidement qu’il était,
> comme d’habitude, suivi par un syrien qui devait être employé par les
> français pour le surveiller. aussi, au lieu de revenir après quelques
> kilomètres, il décida de continuer pour voir si l’homme se fatiguerait. il lui
> fallut marcher longtemps pour cela et alors, il était trop tard pour rentrer à
> Jérusalem avant la nuit. il décida donc de continuer jusqu’à naplous, à 35 ou
> 40 miles et, ayant dormi là, il eut l’idée de continuer le jour suivant jusqu’à
> haïfa ; voilà pourquoi il était là, et il se demandait si oliphant pouvait le loger
> pour la nuit ? » (p. 60)
> 
> note
> 
> Charles George Gordon (1833-1885) était un anglais qui servit dans le corps
> des ingénieurs royaux pendant le siège de sébastopol et la capture de Pékin.
> Plus tard (1863-1864) il écrasa, à la tête d’une force chinoise, une
> formidable révolte et fut reconnu comme l’un des meilleurs soldats de son
> temps. après six ans en angleterre, pendant lesquels il passa son temps libre à
> soulager les pauvres, à nourrir et à habiller les orphelins sans logis et à
> visiter les malades, il accepta l’offre du khédive d’égypte et put ouvrir
> d’autres territoires dans les régions du nil équato-rial. en 1877, il devint
> gouverneur du soudan, explora un vaste territoire et acquit une réputation
> mondiale pour ses réussites dans le gouvernement et l’industrie. il
> démissionna en 1880 pour raison de santé et passa presqu’un an en Palestine.
> Puis, à la demande du gouvernement britannique, il partit relever les
> garnisons dans les territoires rebelles d’égypte. il atteignit Khartoum mais,
> un mois plus tard, le mahdi commença un siège qui devait durer cinq mois.
> une force de délivrance arriva d’angleterre en janvier 1885, découvrit que
> Khartoum avait été capturée et Gordon assassiné sur les marches du palais.
> 
> addenda V
> 
> notes bliographiques
> 
> les brèves notes qui suivent concernent quelques-unes des personnes
> mentionnées dans ce livre, qu’elles soient ou non disciples de Bahá’u’lláh.
> Certains personnages importants ne sont pas inclus parce que l’information
> les concernant est disponible dans des ouvrages de référence faciles à
> trouver.
> 
> Ces notes furent écrites par le dr moojan momen et celles qui traitent de
> bahá’ís sont en partie basées sur l’ouvrage de ‘abdu’l-Bahá Memorials of the
> Faithful ( Mémorial des dèles). l’auteur remercie m. sami doktoroglu pour
> les informations fournies pour quelques pachas turcs.
> 
> ‘abdu’l-ghaffár-i-is∂fahání, áqá
> 
> áqá ‘abdu’l-Ghaffár-i-is∂fahání était un commerçant d’ispahan qui devint
> bábí au cours d’un voyage à Bagdad. il fut l’un des compagnons de
> Bahá’u’lláh dans son exil à andrinople. Bahá’u’lláh l’envoya à istanbul où il
> fut arrêté et envoyé en exil à Chypre. lorsque le navire qui transportait
> Bahá’u’lláh et ses compagnons d’exil, arriva à haïfa, il se jeta dans la mer,
> incapable de supporter sa séparation avec Bahá’u’lláh, mais il faut sauvé et
> envoyé à Chypre. il réussit à s’en échapper le 29
> 
> septembre 1870 et rejoignit Bahá’u’lláh à acre. il s’installa dans le Khán-i-
> afranj.
> 
> Pour se cacher des autorités, il changea de nom et se t appeler áqá
> ‘abdu’lláh.
> 
> après l’ascension de Bahá’u’lláh, il alla vivre à damas où il mourut. (cf.
> Mémorial des dèles)
> 
> ‘abdu’l-h∆usayn-i-∏ihrání, Shaykh
> shaykh ‘abdu’l-h∆usayn-i-∏ihrání, connu sous le nom de
> shaykhu’l-‘iráqayn, était ls de ‘alíy-i-∏ihrání. il eut une éducation religieuse
> classique et fut l’élève de h∆ájí siyyid shafíy-i-Burújirdí. il vivait à Téhéran,
> était un proche associé de mírzá Taqí Khán, l’amír Kabír, et en fut
> l’exécuteur testamentaire. avec l’argent de l’héritage, il construisit à Téhéran
> une mosquée et une madrisih dont il fut directeur.
> 
> en 1858, nás∂iri’d-dín sháh le chargea de la mission de redorer le dôme du
> tom-
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> beau de h∆usayn à Kerbéla, en irak. Cette mission réussie, il fut chargé de
> dorer le dôme du mausolée askaríyayn à sámarrá. il tomba malade à
> Káz∂imayn, mourut le 16 décembre 1869 et est enterré à Kerbéla.
> 
> ádí guzal, Mullá (‘alíy-i-Sayyáh∂, Mírzá)
> 
> mullá ádí Guzal de marághih, mieux connu sous le nom de mírzá ‘alíy-i-
> sayyáh∂, devint bábí dans les débuts de la religion. homme de con ance du
> Báb il était aussi son messager pendant les jours où ce dernier était
> emprisonné à máh-Kú et à Chihríq. le Báb lui con a plusieurs missions ; il
> fut le premier à visiter le site du combat de shaykh ∏abarsí pour y réciter
> des prières de souvenance pour les martyrs. Pendant les persécutions bábíes
> les plus sévères, mírzá ‘alí s’enfuit en irak et vécut à Kerbéla. Pendant le
> séjour de Bahá’u’lláh à andrinople, mírzá ‘alí vint dans cette ville mais fut
> envoyé par Bahá’u’lláh à istanbul. il y fut arrêté et interrogé et, lors de l’exil
> de Bahá’u’lláh d’andrinople à acre, il fut l’un de ses disciples à être envoyé à
> Chypre avec mírzá yah∂yá. il mourut à famagouste le 4 août 1871.
> 
> ‘alí khán, h∆ájí, h∆ájibu’d-dawlih
> 
> h∆ájí ‘alí Khán est né à marághih. il entra au service de muh∂ammad sháh,
> qui n’était encore que gouverneur de cette ville, alors que son père était
> gouverneur d’azerbaïdjan. lorsque muh∂ammad sháh monta sur le trône,
> h∆ájí ‘alí Khán devint intendant du palais. il tomba en disgrâce et fut exilé
> en irak à la suite de rumeurs concernant des affaires louches entre lui et
> mahd-‘ulyá, la femme du chah. mais c’est grâce à l’influence de cette
> dernière qu’il retrouva sa position et, à la mort du chah, il eut de nouveau le
> poste d’intendant du palais. au début de 1849, mírzá Taqí Khán le nomma
> farrásh-Báshí et il le récompensa de cette faveur en l’assassinant en 1852. en
> récompense, il fut nommé h∆ájibu’d-dawlih. il continua une carrière en
> dents de scie, en disgrâce de nouveau lors de la chute de mírzá áqá Khán, il
> retrouva son poste, toujours grâce à mahd-‘ulyá. il mourut en 1876.
> 
> son ls était muh∂ammad-h∆asan Khán, i‘timádu’s-salt∂anih. le Gardien de la
> foi bahá’íe a écrit :
> 
> le hájibu’d-dawlih, ce monstre altéré de sang, qui avait pourchassé avec
> acharne-
> 
> noTes BioGraPhiques 493
> 
> ment un si grand nombre de bábís innocents et sans défense, tomba victime,
> à son tour, de la furie des terribles lurs qui, après l’avoir dépouillé de ses
> biens, lui coupèrent la barbe et le forcèrent à la manger, puis l’ayant sellé et
> bridé, montèrent sur son dos et le promenèrent devant la population. en n, on
> se livra à des atrocités honteuses sur les femmes et les enfants appartenant à
> sa famille.1
> 
> ‘alí páshá, Muh∂ammad amín
> 
> muh∂ammad amín ‘alí Páshá, ls d’un boutiquier, est né à istanbul en février
> 1815. ayant appris le français, il put obtenir un poste dans le bureau des
> traductions du gouvernement ottoman en 1833. il participa à plusieurs
> missions à l’étranger et fut ambassadeur de Turquie à londres en 1838-1839.
> en 1840 il devint ministre des affaires étrangères pendant une courte période
> et retrouva cette position en 1846 sous rashíd Páshá. en 1852, il devint grand
> vizir pendant quelques mois puis, en 1854, fut nommé de nouveau ministre
> des affaires étrangères ; en 1855 il redevint grand vizir jusqu’à l’année
> suivante. il continua dans ces hautes positions pendant presque tout le reste
> de sa vie. il fut ministre des affaires étrangères en 1857-1858, en juillet 1861
> et novembre 1861 à 1867, grand vizir en 1858-1859, en 1861 et en 1867-
> 1871. après le décès de fu’ád Páshá en 1869, il combina le poste de grand
> vizir avec les affaires étrangères. C’était un bon diplomate et il faisait partie
> du petit groupe d’hommes d’état turcs qui voulaient faire entrer la Turquie
> dans le dix-neuvième siècle ; mais il était autoritaire et hautain dans ses
> manières. il mourut après trois mois de maladie le 7 septembre 1871.
> 
> ‘alí-‘askar-i-tabrízí, h∆ájí
> 
> h∆ájí ‘alí-‘askar-i-Tabrízí, était un marchand connu de Tabríz et un bábí du
> temps du Báb. Persécuté, il nit par quitter sa maison et émigra avec son frère
> et sa famille jusqu’à andrinople où il s’installa et gagna sa vie comme
> colporteur. il fut arrêté et suivit Bahá'u'lláh à acre où il mourut en 1874. (cf
> Mémorial des dèles)
> 
> ‘alí-Sháh, Z∆illu’s-Sulπán
> 
> ‘alí-sháh est le dixième ls de fath∂-‘alí sháh, frère consanguin de ‘abbás
> mírzá, le frère de muh∂ammad sháh. il fut gouverneur de Téhéran et, à la
> mort de fath∂-
> 
> ‘alí sháh en 1834, tenta de prendre le trône sous le nom de ‘ádil sháh. après
> un
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> court règne de quarante jours, qui lui t presque vider, à la recherche de
> soutiens, le magot amassé par la cupidité de son père, il fut renversé par
> muh∂ammad sháh quand ce dernier arriva à Téhéran. emprisonné, il réussit à
> s’évader vers la russie.
> 
> il s’installa nalement à Bagdad où il vivait encore lorsque Bahá’u’lláh y
> arriva.
> 
> il mourut en 1854.
> 
> ashraf, áqá Siyyid
> 
> le père d’áqá siyyid ashraf, mír Jalíl, était un des compagnons de h∆ujjat. il
> se maria dans les premiers jours du soulèvement de zanján et áqá siyyid
> ashraf naquit durant cette période. mír Jalíl fut emprisonné à Téhéran et
> exécuté, laissant sa femme, umm-i-ashraf (le mère d’ashraf) élever seule ses
> enfants. Âgé d’un peu plus de vingt ans, áqá siyyid ashraf vint deux fois à
> andrinople et rencontra Bahá’u’lláh. Peu après son retour du deuxième
> voyage, il fut arrêté et condamné à mort comme bábí. la manière dont il
> refusa fermement de renier sa foi et dont sa mère, qu’on avait amenée pour
> qu’elle l’encourage à abjurer, l’encouragea à rester ferme, fut louée à
> plusieurs reprises par Bahá’u’lláh. le martyre d’áqá siyyid ashraf eut lieu en
> 1870.
> 
> báqir-i-Shírází, Mírzá
> 
> mírzá Báqir séjourna quelque temps à andrinople avant de retourner à
> Chiraz. il commença à y enseigner la foi et, pour cela, voyagea de ville en
> village. il vécut quelque temps en hindíyán puis revint à Chiraz. en 1288 de
> l’hégire (1871-1872) il fut emprisonné pendant quatre mois avec d’autres
> bábís avant d’être expulsé de la ville. il partit à Kirmán, y enseigna la foi et
> fut aussi expulsé de cette ville-là. il vécut alors à sírján mais fut arrêté une
> nouvelle fois par le gouverneur de Kírmán et passa quatre mois en prison
> avant d’être étranglé. son corps fut jeté au-delà des remparts de la ville.
> 
> Fath∂-‘alí, Mírzá, Fath∂-i-a’z∂am
> 
> mírzá fath∂-‘alí, nommé fath∂-i-a’z∂am par Bahá’u’lláh, était un des
> principaux bahá’ís d’ardistán près d’ispahan. ils avaient été quelques-uns à
> accepter le Báb dans cette ville lorsque mullá ‘alí-akbar-i-ardistání et mullá
> s∆ádiq-i-muqaddas y passèrent, à la suite de la persécution qu’ils avaient
> subie, avec quddús, en 1845 à
> 
> noTes BioGraPhiques 495
> 
> Chiraz. il fut plus tard l’un des premiers bábís à reconnaître le rang de
> Bahá’u’lláh.
> 
> sans pouvoir l’accompagner, il offrit à Bahá’u’lláh le cheval qu’il montait
> lorsqu’il partit pour istanbul (cf page 197). il retourna à ardistán et y servit
> Bahá’u’lláh comme point de contact pour distribuer les épîtres aux croyants
> de Perse. il devait parfois user de son jugement pour deviner à qui certaines
> étaient adressées car le nom du destinataire n’était pas indiqué. son ls épousa
> la lle de mullá ‘alí-akbar. il mourut peu avant l’ascension de Bahá’u’lláh qui
> révéla une prière de souvenance en son honneur.
> 
> Fu’ád páshá (keçeci-Zádih Muh∂ammad)
> 
> fu’ád Páshá naquit à istanbul en 1815, ls du célèbre poète et érudit, ‘izzat
> mullá.
> 
> au cours de ses études médicales, il apprit le français. il passa trois ans
> comme médecin militaire puis se t engager en 1837 par le Bureau des
> traductions. il fut chargé de plusieurs importantes missions diplomatiques
> jusqu’en 1852 où il fut nommé ministre des affaires étrangères sous ‘alí
> Páshá. il fut aussi ministre des affaires étrangères en 1855-1856, 1858-1860,
> 1861 et 1867 et servit comme grand vizir en 1861-1863 et 1863-1866 en
> alternance avec ‘alí Páshá. fu’ád encouragea la modernisation de l’état
> ottoman et participa grandement au développement de la langue turque. il
> mourut le 12 février 1869 à nice, d’une maladie cardiaque.
> 
> h∆abíbu’lláh afnán, h∆ájí Mírzá
> 
> h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh naquit à Chiraz le 7 février 1875. il fut prénommé
> muh∂ammad-‘alí mais plus tard son père changea de nom pour h∆abíbu’lláh
> par respect pour le fait qu’un des enfants de Bahá’u’lláh s’appelait
> muh∂ammad-‘alí.
> 
> h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh grandit à Chiraz, en contact régulier avec la femme
> du Báb qui était sa tante. en septembre 1890 il partit, en compagnie de sa
> mère, ses frères et sa sœur, rejoindre leur père en égypte. de là, il partirent
> pour haïfa où ils restèrent pendant neuf mois en présence de Bahá’u’lláh. la
> famille retourna ensuite à Port-saïd où ils avaient établi un commerce. après
> l’ascension de Bahá’u’lláh, h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh resta en égypte tandis
> que son père partait pour la Perse. il était souvent en compagnie de mírzá
> abu’l-fad∂l qui résidait aussi en égypte. il rendit plusieurs fois visite à
> ‘abdu’l-Bahá en Terre sainte. en 1900,
> 
> ‘abdu’l-Bahá lui demanda de retourner à Chiraz pour superviser les travaux
> de
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> restauration de la maison du Báb et le nomma gardien de cette maison. il
> mourut en 1951.
> 
> h∆amzih Mírzá, h∆ishmatu’d-dawlih
> 
> h∆amzih mírzá était le vingt-et-unième fils de ‘abbás mírzá, un oncle de
> nási∂ri’d-dín sháh. en 1847 il fut nommé gouverneur du Khorassan mais la
> révolte du sálár l’empêcha d’y exercer son autorité et, lorsqu’à la mort de
> muh∂ammad sháh cette rébellion s’intensifia, il fut forcé de s’enfuir en
> afghanistan. Gouverneur d’azerbaïdjan dès 1849, il refusa en 1850 de mettre
> en œuvre l’ordre d’exécution du Báb. nommé de nouveau gouverneur du
> Khorassan il fut battu par les Turkmènes en 1860-61. Gouverneur de
> diverses provinces, il mourut en 1880, au cours d’une campagne militaire
> contre le rebelle shaykh ‘ubaydu’lláh.
> 
> h∆usayn khán, h∆ájí Mírzá, Mushíru’d-dawlih.
> 
> h∆ájí mírzá h∆usayn Khán, le mushíru’d-dawlih et sipahsálár-i-a’z∂am, ls
> aîné de mírzá nabí Khán-i-qazvíní naquit en 1243 de l’hégire (1827-1828). il
> t son éducation en europe mais n’y resta pas longtemps. en 1849, il fut
> nommé consul persan à Bombay par mírzá Taqí Khán et, en 1854, devint
> consul général à Tiflis. il fut promu ministre à istanbul en 1858, reçut le titre
> de mushíru’d-dawlih en 1865
> 
> et devint ambassadeur en juin 1869. en novembre et décembre 1870,
> nás∂iri’d-dín sháh t un pèlerinage à Kerbéla et najaf. en tant qu’ambassadeur
> de Perse en Turquie, mírzá h∆usayn Khán s’occupa de toutes les
> préparations du voyage et vint d’istanbul à la rencontre du chah.
> favorablement impressionné par son ambassadeur, le chah lui demanda de
> l’accompagner jusqu’à Téhéran où, en septembre 1871, il fut fait ministre de
> la Guerre avec le titre de sipahsálár-i-a’z∂am. en novembre 1871 il fut of
> ciellement nommé premier ministre. son ministère fut marqué par un certain
> nombre de réformes mais on s’en souviendra à cause de la concession reuter
> de juillet 1872. en 1873, il prépara le premier voyage européen du chah et
> l’accompagna. Pendant leur absence, l’opposition à mírzá h∆usayn Khán se
> renforça et à son retour en Perse, à anzalí, le chah reçut une avalanche de
> suppliques pour qu’il renvoie mírzá h∆usayn Khán. le chah eut d’abord
> envie de résister mais céda bientôt aux pressions et renvoya mírzá h∆usayn
> Khán en décembre 1873. il fut nommé ministre des affaires étrangères et,
> l’année suivante, ministre
> 
> noTes BioGraPhiques 497
> 
> de la Guerre également. il accompagna le chah pendant son deuxième
> voyage en europe en 1878. en 1880 il devint gouverneur de qazvín et,
> l’année suivante, fut le représentant personnel du chah au couronnement du
> tsar alexandre iii. devenu gouverneur du Khorassan, il mourut moins de deux
> mois plus tard, le 14 novembre 1881, probablement empoisonné.
> 
> h∆usayn-i-áshchí, áqá
> 
> áqá h∆usayn naquit à Káshán. son père, áqá muh∂ammad-Javád avait
> rencontré le Báb, pendant le séjour de ce dernier dans cette ville, dans la
> maison de son oncle h∆ájí mírzá Jání, et était devenu bábí. Bahá’u’lláh était
> à Bagdad lorsqu’áqá muh∂ammad-Javád y arriva et s’installa avec son ls.
> Bahá’u’lláh lui con a la mission d’aller à Téhéran demander à son frère,
> mírzá muh∂ammad-h∆asan, la main de sa lle pour ‘abdu’l-Bahá. au retour de
> cette mission, il tomba malade à Kirmánsháh et mourut en arrivant à
> Bagdad. áqá h∆usayn fut élevé pendant quelque temps par son oncle, ustád
> ismá‘íl mais, au moment de quitter Bagdad, Bahá’u’lláh lui t l’honneur de
> l’accueillir dans sa maisonnée, d’abord pour servir les femmes, puis comme
> cuisinier. áshchí veut dire cuisinier, ou faiseur de bouillon. il accompagna
> Bahá’u’lláh dans tous ses exils, jusqu’à acre. impliqué dans le meurtre des
> azalís, il t un an de prison. il ouvrit ensuite une petite boutique à acre et
> vécut, pendant le ministère de ‘abdu’l-Bahá jusqu’au gardiennat de la foi et
> mourut en 1346 de l’hégire (1927-1928).
> 
> Ja‘far-i-tabrízí, h∆ájí et taqí-i-tabrízí, h∆ájí
> 
> ils étaient trois frères de Tabriz, colporteurs de métier, qui étaient devenus
> bábís du temps du Báb. le plus âgé, h∆ájí h∆asan, rencontra Bahá’u’lláh à
> Bagdad. il devint si connu comme bábí et enseigna d’une manière si ouverte,
> que les ennemis de la foi l’attirèrent dans un jardin et le tuèrent. h∆ájí Ja‘far
> et son frère h∆ájí Taqí allèrent s’installer à andrinople. incapable de
> supporter la séparation au moment où Bahá’u’lláh quittait andrinople, h∆ájí
> Ja‘far se coupa la gorge et lui et son frère attendirent que la blessure
> cicatrise. alors, sur l’ordre de Bahá’u’lláh, ils vinrent deux mois plus tard à
> acre. une nuit, h∆ájí Ja‘far tomba du toit du caravansérail et mourut. de
> même, h∆ájí Taqí mourut d’une chute du toit sur lequel il récitait des prières.
> h∆ájí Taqí est appelé par certaines sources Karbilá’í Taqí et mashhadí Taqí.
> (cf Mémorial des dèles)
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Jamshíd-i-gurjí, áqá
> 
> áqá Jamshíd-i-Gurjí était, comme son nom l’implique, de Géorgie, mais il
> grandit à Káshán où il devint bábí. il alla jusqu’à andrinople pour y
> rencontrer Bahá’u’lláh qui, après quelque temps, lui enjoignit de rejoindre
> istanbul. C’est là que les efforts de l’ambassade persane réussirent à le faire
> arrêter et envoyer, avec ustád muh∂ammad-‘alíy-i-salmání jusqu’en Perse
> dans des conditions très dures. à la frontière, ils furent remis aux mains de
> chefs de tribus kurdes qui les libérèrent. ils purent rejoindre ainsi
> Bahá’u’lláh à acre. áqá Jamshíd resta à acre jusqu’à sa mort.
> 
> khalíl Mans∂úr et ‘abdu’lláh, áqá
> 
> áqá muh∂ammad-ibráhím, Khalíl mans∂úr, de Káshán était encore jeune
> lorsqu’il entendit parler du Báb et crut en lui. il réussit à convaincre aussi sa
> mère et ses frères. il voyagea jusqu’à Bagdad où il rencontra Bahá’u’lláh.
> Peu après, il retourna à Káshán et conduisit sa famille à Bagdad où ils
> s’installèrent. après le départ de Bahá’u’lláh, il fut, avec sa famille, parmi
> ceux qu’on exila à mosul. mais, pendant la deuxième année de
> l’emprisonnement de Bahá’u’lláh dans la citadelle d’acre, lui et son frère áqá
> ‘abdu’lláh vinrent jusqu’à haïfa où ils s’installèrent comme chaudronniers.
> ils purent ainsi rendre de nombreux services aux pèlerins qui arrivaient ainsi
> que répondre aux besoins de la sainte famille. (cf Mémorial des dèles)
> khurshíd páshá, voir Muh∂ammad khurshíd páshá
> 
> Mah∂múd-i-káshání, Mírzá
> 
> mírzá mah∂múd-i-Káshání était jeune lorsqu’il devint bábí à Káshán et
> émigra à Bagdad. il fut partenaire de áqá muh∂ammad-rid∂á dans sa
> boutique de con seur, et ils devinrent comme deux frères, partageant tout.
> lorsque Bahá’u’lláh quitta Bagdad, ils l’accompagnèrent constamment
> jusqu’à acre. après le décès de Bahá’u’lláh, ils continuèrent à servir ‘abdu’l-
> Bahá jusqu’à ce qu’ils meurent, l’un après l’autre, vers 1920. (cf Mémorial
> des dèles)
> 
> Midh∂at páshá
> 
> midh∂at Páshá naquit à istanbul en octobre 1822. fils d’un juge turc, il tint
> plusieurs
> 
> noTes BioGraPhiques 499
> 
> postes gouvernementaux avant de devenir gouverneur des districts
> danubiens.
> 
> lorsqu’en 1864, fut publié le décret réorganisant les vilayats, il eut la tâche
> de le mettre en application dans cette région. il réussit très bien cette
> mission, augmenta la prospérité de la province, administra strictement la
> justice entre ses habitants tant chrétiens que musulmans. en 1869, il fut
> envoyé à Bagdad où il continua d’appliquer sa politique de réforme et de
> modernisation. nás∂iri’d-dín sháh fut très impressionné en visitant cette
> province. en 1872, il fut fait grand vizir, mais fut bientôt renvoyé. il utilisa sa
> retraite forcée pour établir les plans d’une constitution turque et, lors de
> l’accession du sultan ‘abdu’l-h∆amíd en 1876, il réussit à faire proclamer
> cette constitution. il devint lui-même grand vizir. mais l’arrogant et
> réactionnaire ‘abdu’l-h∆amíd ne supportait aucune limite à ses pouvoirs et,
> dès 1877, midh∂at fut renvoyé et exilé. sous la pression britannique, il fut
> nommé gouverneur de syrie en 1878 puis transferé à smyrne en 1880. mais
> ‘abdu’l-h∆amíd ne pouvait pas lui pardonner. en 1881 il fut arrêté et accusé
> du meurtre du sultan
> ‘abdu’l-‘azíz et, bien que l’accusation fût évidemment fausse, il fut déclaré
> coupable et condamné à mort. la sentence fut muée en exil à ∏á’if en arabie,
> à la suite de fortes pressions des Puissances européennes. mais ‘abdu’l-
> h∆amíd n’aimait pas être contrecarré dans ses projets et s’arrangea pour que
> son ennemi soit mis à mort secrètement à Tá’íf en avril 1883. il fut peut-être
> l’administrateur le plus capable de la Turquie du dix-neuvième siècle.
> 
> Muh∂ammad khurshíd páshá (Mehmed hourshid pas∂a)
> 
> muh∂ammad Khurshíd Páshá fut ministre et gouverneur provincial pendant
> le règne du sultan ‘abdu’l-‘azíz et les premiers jours du règne de ‘abdu’l-
> h∆amíd. esclave de yah∂yá Páshá il avait été instruit pour être secrétaire au
> ministère des affaires étrangères. il servit en syrie sous fu‘ád Páshá, et devint
> gouverneur de sidon, puis d’erzeroum. en 1863, il devint ministre des
> finances. Pendant qu’il était gouverneur d’andrinople il fut aussi ministre des
> fondations religieuses. Plus tard, il fut parfois gouverneur de
> ma‘múratu’l-‘azíz, de sivas et ministre des finances. il mourut en 1878 à
> ankara alors qu’il était gouverneur de cette ville.
> 
> Muh∂ammad-‘alíy-i-is∂fahání, áqá
> 
> áqá muh∂ammad-‘alí était un proche parent de l’imám-Jum‘ih d’ispahan et
> devint
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> bábí lorsque le Báb passa dans cette ville. il partit plus tard à Bagdad et fut
> un compagnon de Bahá’u’lláh jusqu’à sa mort à acre en 1305 de l’hégire
> (1887-1888). (cf Mémorial des dèles)
> 
> Muh∂ammad-‘alíy-i-Jilawdár-i-Yazdí, áqá
> 
> Connu aussi sous le nom de s∆abbágh-i-yazdí, devint bábí à Bagdad et
> acompagna Bahá’u’lláh jusqu’à istanbul. lorsque Bahá’u’lláh fut exilé à
> andrinople, il resta à istanbul a n d’y aider les pèlerins de passage. Plus tard,
> il rejoignit Bahá’u’lláh et fut exilé avec lui à acre. Plus tard, il monta un
> commerce à sidon. après l’ascension de Bahá’u’lláh, il revint à acre où il
> vécut jusqu’à sa mort. (cf Mémorial des dèles)
> 
> Muh∂ammad-h∆usayn, h∆ájí, h∆akím-i-Qazvíní
> 
> h∆ájí muh∂ammad-h∆usayn, médecin de qazvín, résidait à Bagdad. il faisait
> partie des bábís et rencontra fréquemment Bahá’u’lláh jusqu’au départ de ce
> dernier. en 1868, avec d’autres bahá’ís, il fut exilé à mosul. il rejoignit acre
> un peu plus tard avant de retourner en Perse y enseigner la Cause. arrêté à
> Téhéran, il passa quelque temps en prison. libéré, il partit pour Bagdad où il
> fut de nouveau arrêté et condamné à l’exil à mosul. mais mírzá músá
> Javáhirí intercéda en sa faveur et il fut autorisé à vivre le reste de ses jours à
> Bagdad.
> 
> Muh∂ammad-ibráhím-i-amír-i-nayrízí, áqá
> 
> áqá muh∂ammad-ibráhím, né à nayríz accepta la religion du Báb dans sa
> jeunesse.
> 
> avec ses deux frères il participa aux deux soulèvements de nayríz mais ils
> purent échapper au massacre général qui suivit le second. Bien qu’arrêté par
> plusieurs soldats, áqá muh∂ammad-ibráhím réussit à détacher ses liens et à
> libérer ses frères. il partit ensuite s’installer à Bagdad. il accompagna
> Bahá’u’lláh dans ses exils, de Bagdad jusqu’à acre où il s’installa. il épousa
> h∆abíbih qui était une servante de la maisonnée de Bahá’u’lláh. après
> l’ascension de celui-ci, il fut un temps enseignant des enfants bahá’ís mais,
> sa santé déclinant, il mourut et est enterré à acre. (cf Mémorial des dèles)
> 
> noTes BioGraPhiques 501
> 
> Muh∂ammad-ibráhím-i-náz∂ir-i-káshání, áqá
> 
> áqá muh∂ammad-ibráhím, émigra de Káshán à Bagdad, puis il accompagna
> Bahá’u’lláh dans chaque étape de son exil, jusqu’à acre. il gagnait sa vie
> comme tisserand et charpentier. Plus tard, pendant la période d’acre, il fut
> gardien de la maison de Bahá’u’lláh et lui servait aussi de garçon de bain. il
> mourut vers 1920
> 
> et est enterré à acre.
> Muh∂ammad-rid∂áy-i-Qannád-i-Shírází, áqá
> 
> áqá muh∂ammad-rid∂á, né à Chiraz, vivait à Bagdad quand il entendit parler
> de la foi et crut. il possédait une petite boutique de pâtisserie et mírzá
> mah∂múd-i-Káshání devint son partenaire. ‘abdu’l-Bahá dit qu’ils étaient
> devenus comme deux frères. il accompagna Bahá’u’lláh dans tous ses exils
> et servit Bahá’u’lláh puis ‘abdu’l-Bahá comme intendant jusqu’à sa mort en
> 1912. il est enterré à acre.
> 
> (cf Mémorial des dèles)
> 
> Muh∂ammad-S∆ádiq-i-is∂fahání, áqá
> 
> áqá muh∂ammad-s∆ádiq avait trois frères et tous les quatre, avec leur oncle,
> vivaient près de la maison de Bahá’u’lláh à Bagdad. C’est ainsi qu’ils
> connurent la foi et devinrent des croyants. lorsque Bahá’u’lláh quitta
> Bagdad, áqá muh∂ammad-s∆ádiq l’accompagna jusqu’à andrinople où il
> reçut la permission de retrouver sa famille à Bagdad. il fut parmi les bahá’ís
> exilés à mosul où il mourut.
> 
> Muh∂ammad-taqí, Shaykh, ‘allámiy-i-núrí
> 
> shaykh muh∂ammad-Taqí, connu sous le nom de ‘allámiy-i-núrí, naquit à
> núr en 1787, ls de mírzá ‘alí-muh∂ammad-i-mustawfí. ayant terminé ses
> études religieuses à najaf et Kerbéla, il revint à núr où il devint l’un des
> principaux mujtahid s de son époque et la principale autorité religieuse du
> mazandéran. il donnait des cours à yálrúd et à sa‘ádat-ábád où, plus tard,
> unre mosquée reçut son nom.
> 
> mírzá Buzurg, le père de Bahá’u’lláh, en t son exécuteur testamentaire.
> shaykh muh∂ammad-Taqí mourut en 1259 de l’hégire (1843-1844).
> 
> Munír, Mírzá áqáy-i-, Jináb-i-Muníb
> 
> mírzá áqáy-i- munír était de Káshán. son père, un marchand, était un ennemi
> actif
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> de la religion du Báb. mírzá áqá rencontra des bábís peu après le martyre du
> Báb et devint un des croyants. il cacha d’abord sa nouvelle croyance à son
> père, mais peu à peu, le fait qu’il soit bábí fut connu de tous. l’ouléma de
> Káshán déclara qu’il était un incroyant et réclama son sang. son père,
> craignant pour sa propre sécurité décida de se débarrasser de ce ls
> encombrant et, avec l’aide de quelques complices, le captura, le ligota et
> l’emporta hors de la ville avec l’intention de le tuer. mais mírzá áqá réussit à
> s’évader et s’enfuit à Bagdad où il s’installa et s’occupa à recopier les textes
> saints bábís. il revint en Perse, à pied et visita Téhéran, qazvín, nayríz et
> d’autres lieux où il distribuait ces textes aux croyants. au cours du voyage
> entre Bagdad et istanbul, il marcha devant le palanquin de Bahá’u’lláh en
> portant une lanterne. à istanbul, Bahá’u’lláh lui demanda de retourner en irak
> et en Perse pour y enseigner la Cause et con rmer les croyants. C’est pendant
> qu’il était en Perse qu’il reçut, d’andrinople, une épître de Bahá’u’lláh lui
> enjoignant d’informer les bábís d’iran qu’il avait déclaré être « Celui que
> dieu manifestera », le Promis du Báb. il fut ainsi le premier à l’annoncer aux
> bábís de Téhéran et d’ailleurs. il revint à andrinople peu avant le départ de
> Bahá’u’lláh pour son dernier exil à acre. il insista pour accompagner les
> exilés malgré la maladie qui le frappait déjà. à bord du bateau il devint de
> plus en plus malade jusqu’à ce que le capitaine insiste pour le débarquer à
> smyrne. ‘abdu’l-Bahá le conduisit à l’hôpital de cette ville où il mourut peu
> après. Bahá’u’lláh l’a honoré du titre de ismu’lláhu’l-muníb : le nom de
> dieu, le suzerain. (cf Mémorial des dèles) Murtid∂áy-i-ans∂árí, Shaykh
> 
> shaykh murtid∂áy-i-ans∂árí est né à dizfúl, dans le sud-ouest de la Perse vers
> 1799.
> 
> il étudia en irak, avec les plus grands mujtahids du monde chiite puis
> voyagea dans toute la Perse avant de s’installer à najaf en 1833. vers 1850,
> après le décès d’autres mujtahids importants, il fut reconnu, tant en irak
> qu’en Perse et en inde, comme le premier des mujtahids du monde chiite. il
> était célèbre pour sa mémoire, sa rapidité à résoudre des problèmes dif ciles,
> et son détachement. on dit qu’à sa mort il ne possédait que sept túmáns qui
> étaient la somme de ses dettes, au contraire d’autres mujtahids comme
> shaykh muh∂ammad-Báqir, dit « le loup » et h∆ájí mullá ‘alíy-i-Kaní qui
> s’enrichirent énormément. il mourut à najaf le 18
> novembre 1864.
> 
> noTes BioGraPhiques 503
> 
> Mus∂t∂afá núrí páshá
> 
> mus∂t∂afá núrí Páshá était le ls de h∆asan ághá, un résident de qandílí. Très
> tôt orphelin de père, il fut élevé par Ja‘far ághá, le mari de sa grand-mère. en
> 1813, il était employé à la cour royale puis passa au Trésor. il devint Kátib-i-
> sirr, secrétaire particulier du sultan. il fut plusieurs fois gouverneur,
> notamment à Bagdad de 1860 à 1861. lorsqu’il mourut en 1879, il était l’un
> des pachas les plus vieux.
> 
> námiq páshá (Mehmad namik pas∂a)
> 
> námiq Páshá est né en 1804 à Konya. il entra dans l’armée récemment
> transformée par le sultan ottoman mah∂múd ii et fut envoyé à Paris pour y
> être entraîné.
> 
> lorsqu’il revint, il fut rapidement promu au rang de général et fut plus tard
> envoyé comme ambassadeur à londres (1834). Promu au rang de Mushír
> (maréchal) il créa, avec ahmed fevzi Páshá, la première académie militaire
> de l’empire ottoman.
> 
> il occupa ensuite des postes importants, notamment comme gouverneur de
> Bagdad (1851-1852), Mushír du Túpkhánih (1852), gouverneur de Bas∂rah
> (1854-1857), gouverneur d’arabie (1857-1858), puis de nouveau gouverneur
> de Bagdad (1861-1868). il revint quelque temps à Paris avant d’arriver au
> plus haut grade de l’armée : Saraskar. il occupa aussi plusieurs postes
> ministériels ; notamment ministre sans portefeuille dans le gouvernement de
> muh∂ammad rushdí, en 1876. il parlait le français, l’anglais et l’arabe et,
> bien que connu comme un libéral dans sa jeunesse, avec les années, il devint
> de plus en plus conservateur. il était l’un des plus vieux pachas lorsqu’il
> mourut en 1892.
> 
> naz∂ar-‘alí, Mírzá, h∆akím-báshí
> 
> mírzá naz∂ar-‘alí, né à qazvín, pratiquait la médecine à hamadán à l’époque
> où muh∂ammad mírzá (qui deviendrait muh∂ammad sháh) en devint
> gouverneur. il fut remarqué par muh∂ammad mírzá lorsqu’il réussit à le
> soigner d’une attaque de goutte là où d’autres médecins avaient échoué.
> Connaissant l’inclination du prince pour le sou sme, mírzá naz∂ar-‘alí se
> dota des signes extérieurs d’un sou a n d’augmenter son influence sur le
> prince héritier. lorsque le prince devint chah, mírzá naz∂ar-‘alí fut nommé
> h∆akim-Báshí et conserva son influence, allant jusqu’à contester l’autorité
> du premier ministre h∆ájí mírzá áqásí. l’hostilité entre eux prit de grandes
> proportions et nalement, après la découverte d’un complot contre
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> le Premier ministre, mírzá naz∂ar-‘alí fut exilé. il se réfugia à qom et y resta
> jusqu’à la mort de muh∂ammad sháh. il t alors un dernier effort pour devenir
> Premier ministre, mais il fut renvoyé à qom où il mourut.
> 
> rid∂á, áqá, voir Muh∂ammad-rid∂áy-i-Qannád-i-Shírází, áqá rid∂á, Shátir-
> shátir-rid∂á, d’ardikán devint un croyant dans les premiers jours de la
> religion bábíe, et fut vite connu comme tel. il rencontra une opposition
> croissante dans sa ville natale et fut souvent arrêté. Puis il dut quitter
> ardikán et vécut pendant quelque temps dans le désert jusqu’à ce qu’il
> arrive à Bagdad. il ouvrit une boulangerie à côté de la maison de
> Bahá’u’lláh et devint le fournisseur de la sainte famille et des croyants.
> après le départ de Bahá’u’lláh, il retourna en ardikán où il continua à vivre
> de son pain. il fut de nouveau forcé de partir et s’installa quelque temps à
> yazd. il mourut à ardikán à un âge avancé.
> 
> S∆afá, h∆ájí Mírzá
> 
> rid∂á-qulí, appelé aussi qanbar-‘alí et mieux connu sous le nom de h∆ájí
> mírzá s∆afá, naquit dans une famille de savád-Kúh, dans le mazandéran. né
> en 1212 de l’hégire (1797-1798), il étudia auprès des grands mujtahids
> d’irak avant de revêtir le costume d’un derviche de l’ordre ni‘matu’lláhí,
> voyagea dans le proche-orient et l’afrique du nord et accomplit le
> pèlerinage à la mecque au cours de ses errances. ses voyages l’amenèrent à
> istanbul où il devint le murshid (guide spirituel) de mírzá h∆usayn Khán,
> l’ambassadeur de Perse. lorsque mírzá h∆usayn Khán devint Premier
> ministre, h∆ájí mírzá s∆afá vint à Téhéran et résida dans sa demeure. il
> continua à exercer une grande influence sur le Premier ministre jusqu’à sa
> mort en 1874. mírzá h∆usayn Khán t construire un mausolée entouré de
> jardins sur sa tombe.
> 
> Sa‘íd khán-i-ans∂árí, Mírzá, Mu’taminu’l-Mulk
> 
> mírzá sa‘íd Khán-i-ans∂árí est né en 1231 de l’hégire (1815-1816), ls du
> shaykhu’l-islám de Garmrúd. il reçut l’éducation d’un mollah et le serait
> probablement resté sans sa rencontre avec mírzá Taqí Khán, l’amír-niz∂ám
> qui l’employa
> 
> noTes BioGraPhiques 505
> 
> comme son secrétaire privé. il devint ministre des affaires étrangères en
> 1852. il resta à ce poste jusqu’en 1873, où il fut remplacé par mírzá h∆usayn
> Khán, et devint mutavallí-Báshí du mausolée de l’imám rid∂á à mashhad. il
> redevint ministre des affaires étrangères en 1880 et resta à ce poste jusqu’à
> sa mort le 5 mars 1884. Trois ans après sa mort, son ls apporta à la Cour un
> millier de lettres envoyées à son père au cours des années par les diplomates
> persans à l’étranger et par les diplomates européens à Téhéran ; aucune
> n’avait été ouverte. C’est ainsi que le ministère des affaires étrangères de
> Perse avait été géré pendant un quart de siècle.
> 
> S∆idq-‘alíy-i-Qazvíní, darvísh
> 
> darvísh s∆idq-‘alí résidait à qazvín lorsqu’il entendit parler de la foi et il
> quitta la Perse pour Bagdad. il devint l’un des compagnons de Bahá’u’lláh
> et le suivit dans tous ses exils. Bahá’u’lláh lui t l’honneur de choisir un jour
> particulier, chaque année, qui lui est consacré et au cours duquel tous les
> derviches devraient se réunir.
> 
> il mourut en 1299 de l’hégire (1880-1881) et sa tombe est à acre. (voir
> Mémorial des dèles).
> 
> ‘Umar lüπfí páshá
> 
> michel lattas (plus tard, ‘umar lüπfí Páshá) Croate autrichien, est né à
> Plaski en 1806. à la suite de bouleversements politiques en hongrie, il se
> réfugia en Turquie en 1828, se convertit à l’islam et changea de nom. il
> devint l’un des principaux dignitaires de l’empire ottoman. il devint sardár
> akram, commandant en chef des armées turques en 1855 et gouverneur
> général d’irak en 1858-1859. Comme gouverneur de Bagddad il fut
> remarqué pour son traitement sévère de tribus dissidentes. il mourut à
> istanbul en 1871.
> 
> Ustád Muh∂ammad-‘alíy-i-Salmání
> 
> ustád muh∂ammad-‘alí devint croyant au temps du Báb et perdit une oreille
> dans la persécution de 1852. il vint ensuite à Bagdad et accompagna
> Bahá’u’lláh jusqu’à andrinople. dans ce livre, on parle des événements qu’il
> connut à andrinople, de son arrestation et de sa déportation en Perse, de sa
> libération par les Kurdes et de son arrivée à acre. Parce que l’eau de la ville
> n’était pas potable, il décida de transporter de l’eau, dans des peaux de
> chèvres, sur une longue distance, a n que la
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> sainte famille et les compagnons puissent boire de l’eau claire. il fut
> impliqué dans le meurtre des azalís et, après sa libération de prison,
> s’installa dans une petite boutique du bazar où il pratiquait des opérations
> chirurgicales mineures. après l’ascension de Bahá’u’lláh il s’installa à
> ‘ishqábád jusqu’à sa mort.
> 
> Yúsuf-i-ashtíyání, Mírzá, Mustawfíyu’l-Mamálik
> 
> mírzá yúsuf-i-ashtíyání, est né en 1812. son père, le mustawfíyu’l-mamálik,
> était chargé des finances et, à la mort de son père en 1845, il hérita du titre
> et de la position. Très opposé à mírzá áqá Khán-i-núrí, il vécut retiré à
> ashtíyán pendant tout le temps où ce dernier fut Premier ministre. après la
> chute de mírzá áqá Khán-i-núrí, il occupa plusieurs positions
> gouvernementales importantes, sans jamais lâcher le poste prestigieux et
> très lucratif de ministre des finances. de 1867 à 1871, il fut le principal
> ministre du chah. mais lorsque mírzá h∆usayn Khán vint au pouvoir en
> 1871, mírzá yúsuf se retira de nouveau jusqu’à la chute de mírzá h∆usayn
> Khán en 1873. il retrouva alors son ancien poste. il reçut en 1877 le titre de
> vazír-i-a’z∂am et agit comme Premier ministre sans avoir vraiment le titre
> de s∆adr-i-a’z∂am avant 1881. il mourut en 1886.
> 
> Yúsuf kamál páshá
> 
> yúsuf Kamál Páshá est né en 1808. orphelin dès son plus jeune âge, il fut
> élevé par son oncle ‘uthmán Páshá, un des plus célèbres ministres de son
> époque. yúsuf Kamál entra au service de l’état comme secrétaire en 1829. il
> grimpa progressivement les échelons et arriva à des postes importants,
> ayant plusieurs fois des responsabilités ministérielles et devenant membre du
> Conseil d’état. en 1861, il fut nommé adjoint de fu‘ád Páshá, le grand vizir,
> et le remplaça lorsque celui-ci démissionna. yúsuf Kamál Páshá mourut à
> istanbul en 1876.
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> ' abá. Cape ou houppelande.
> 
> aghs∂án. Branches ; ce sont les fils et les descendants mâles de Bahá'u'lláh.
> ájùdán-báshi. adjudant chef.
> 
> amír-i-dívan. Chef de la cour.
> 
> andarúni. Partie intérieure d'une maison, réservée aux dames.
> 
> ayván, ivan. véranda, portique.
> 
> azalí. Partisan de mírzá yah∂yá, s∆ubh∂-i-azal.
> 
> bábá. Père.
> 
> bast. sanctuaire. un bastí s'y est réfugié.
> 
> big-báshí. major dans l'armée turque.
> 
> birùni. Partie extérieure d'une maison, réservée aux hommes.
> 
> cadi. Juge.
> 
> chiites. disciples du premier lmám, 'alí, cousin et gendre de muh∂ammad,
> l'un de ses successeurs héréditaires ; les sunnites, plus nombreux, s'en
> tiennent à la suite des califes élus qui commence avec abù-Bakr.
> 
> derviche. un soufi ayant fait le vœu de pauvreté.
> 
> Farmán. ordre or décret.
> 
> Farmán-Farmá. Commandant.
> 
> Farrásh. valet de pied, garde
> 
> Farrásh-báshí. Chef des gardes ou chambellan.
> 
> Farrásh-khánih. institution du farrásh-Báshí.
> 
> ghus∂nu'lláhu'l-a’z∂am (ghus∂n-i-a’z∂am). la Plus-Grande-Branche.
> 
> h∆ájí. musulman qui a fait le pèlerinage à la mecque, ou h∆ájj.
> h∆uqúqu'lláh. droit de dieu : paiement par les croyants institué dans le
> kitáb-i-aqdas.
> 
> ijtihád. droit des religieux chiites à publier ex cathedra des décrets et des
> jugements.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> ilkhání. Chef de clan.
> 
> imam. Pour les chiites, concerne en particulier l'un des douze successeurs
> apostoliques de muh∂ammad. un imam est aussi celui qui conduit la prière
> d'une assemblée.
> 
> lmám-Jum'ih. membre des oulémas qui dirige la grande prière du vendredi.
> 
> Jihád. Guerre sainte.
> 
> kad-khudá. Chef d'un village ou du quartier d'une ville.
> 
> kalántar. maire.
> 
> kashkúl. Bol utilisé par les derviches pour mendier.
> 
> khán. Prince ou chef. un khán est aussi une auberge.
> 
> límán. Prison.
> 
> Madris∂ih. école ou collège religieux.
> 
> Mahdi. la manifestation attendue par les musulmans à la fin des temps.
> 
> Mír-áláy. Colonel dans l'armée turque.
> 
> Mírzá. Prince lorsque placé après le nom, simplement « monsieur » placé
> avant.
> 
> Mudír. Gouverneur local, sous l'autorité du qá'im-maqám.
> Mujtahid. docteur de la loi.
> 
> Mullá. quelqu'un qui a reçu une éducation théologique.
> 
> Murshid. Guide spirituel soufi.
> 
> Mutas∂arrif. Gouverneur, sous l'autorité du váli.
> 
> Mutavallí. Gardien d'une fondation religieuse.
> 
> pacha. Titre honorifique donné en Turquie aux gouverneurs de province, aux
> ministres, aux officiers supérieurs.
> 
> Qá'im. « Celui qui se lèvera », le Promis de l'islam chiite.
> 
> Qá'im-Maqám. Gouverneur local, sous l'autorité du mutas∂arrif.
> 
> Qalyán. narguilé.
> 
> Quffih. Bateau rond, couvert.
> 
> S∆adr-i-a’z∂am. grand vizir, Premier ministre.
> 
> Sardár. sirdar, chef militaire.
> 
> Seraye. siège du gouvernement, centre administratif du gouvernement.
> 
> Sháπir-báshí. messsager en chef.
> 
> Glossaire
> 
> Shaykh. ancien, enseignant, maître derviche, etc.
> 
> Shaykhí. membre de l'école fondée par shaykh ah∂mad-i-ah∂sá'i.
> 
> Siyyid. descendant de muh∂ammad ; a le droit de porter un turban vert.
> 
> Soufi. mystique musulman.
> Súrih. sourate, chapitre du coran.
> 
> táj. « couronne », couvre-chef en feutre.
> 
> takyih. séminaire soufi.
> 
> túmán. unité de monnaie persane.
> 
> ouléma. « Ceux qui savent », théologiens.
> 
> Vali, Gouverneur-général d'une province turque.
> 
> Vizir, ministre d'état.
> 
> Vazír-niz∂ám. ministre des armée.
> 
> Viláyat. Province turque.
> 
> Yùz-báshi. Centurion, chef d'un groupe de cent hommes.
> 
> références
> 
> PréfaCe à la version française
> 
> 1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 101.
> 
> 2 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p 89.
> 
> 3 Bahá’u’lláh, Florilège, n° 19.
> 
> 4 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 109.
> 
> 5 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 95.
> 
> 6 shoghi effendi, l’ordre mondial de bahá’u’lláh, p. 178.
> inTroduCTion
> 1 Byron, the road to oxiana, p. 243-4 (traduction française P. spierckel).
> 
> 2 Traduction d’après h. m. Balyuzi.
> 
> 3 Traduction d’après h. m. Balyuzi.
> 
> 4 Tiré d’une compilation publiée il y a quelques années par l’assemblée
> spirituelle nationale des Bahá’ís d’iran.
> 
> la famille de Bahá’u’lláh
> 
> 1 ferrier, caravan Journeys, p. 503-5.
> 
> 2 Bahá’u’lláh, Épître au Fils du loup, p. 196.
> 
> l’auBe
> 
> 1 Traduction d’après h. m. Balyuzi.
> 
> 2 Traduction d’après h. m. Balyuzi.
> 
> 3 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 3-7.
> 
> 4 ibid. p. 7.
> 
> 5 ross (ed.), a persian anthology, p. 72 traduction e. G. Browne. (traduction
> française P. spierckel).
> 
> 6 nabíl, la chronique de nabíl, p. 81.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> en rouTe vers la CaPiTale
> 1 nabíl, la chronique de nabíl, p. 77.
> 
> 2 nabíl, la chronique de nabíl, p. 85.
> 
> 3 nabíl, la chronique de nabíl, p. 99-102.
> 
> Premier emPrisonnemenT
> 
> 1 voir Balyuzi, the báb, p. 166-7.
> 
> la ConférenCe de BadashT
> 
> 1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 30.
> 
> 2 nabíl, la chronique de nabíl, p. 277.
> 
> 3 nabíl, la chronique de nabíl, p. 279.
> 
> 4 nabíl, la chronique de nabíl, p. 279.
> 
> 5 nabíl, la chronique de nabíl, p. 280.
> 
> 6 coran, sourate 56, traduction de Kasimirski.
> 
> 7 nabíl, la chronique de nabíl, p. 282.
> 
> de BadashT à shayKh ∏aBarsí
> 
> 1 nabíl, la chronique de nabíl, p. 282.
> 
> 2 nabíl, la chronique de nabíl, p. 330.
> 
> deuxième emPrisonmenT
> 
> 1 notes prises par le dr lutfu’lláh hakim d’une causerie de ‘abdu’l-Bahá’s à
> des pèlerins, en août 1919.
> 
> 2 nabíl, la chronique de nabíl, p. 345.
> 
> 3 nabíl, la chronique de nabíl, p. 548.
> 4 Bahá’u’lláh, Épître au Fils du loup, p. 88.
> 
> une année imPorTanTe
> 
> 1 nabíl, la chronique de nabíl, p. 432-433.
> 
> 2 nabíl, la chronique de nabíl, p .406-407.
> 
> 3 nabíl, la chronique de nabíl, p. 407.
> 
> 4 Blomfield, the chosen highway, p. 22 (traduction française P. spierckel).
> 
> référenCes 517
> 
> 5 nabíl, la chronique de nabíl, p. 472-473.
> 
> un an à KerBéla
> 
> 1 d’après l’histoire inédite de nabíl.
> 
> 2 Paraphrase de nabíl, la chronique de nabíl, p. 30.
> 
> la ChuTe de l’amír KaBír
> 
> sykes, history of persia, vol. 11, P. 346 (3rd edn).
> 
> la folle TenTaTive d’assassiner nás∆iri’d-dín sháh
> 
> Bahá’u’lláh, Épître au Fils du loup, p. 23.
> 
> naissanCe de la révélaTion Bahá’íe
> 
> 1 Bahá’u’lláh, Épître au Fils du loup, p. 89.
> 
> 2 nabíl, la chronique de nabíl, p. 582-584.
> 
> 3 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 96-97, notes. Ce sont les
> paroles de Bahá’u’lláh qui sont citées ici.
> 
> les marTyrs BáBís de 1852
> 1 Browne, materials for the study of the Bábí religion, p. 268-71.
> 
> 2 nabíl, la chronique de nabíl, p. 574.
> 
> 3 Browne, The Traveller’s narrative, vol. 11, p. 334.
> 
> 4 nabíl, la chronique de nabíl, p. 574.
> 
> l’hisToire d’un Jeune shírází
> 
> 1 nabíl, la chronique de nabíl, p. 77-80.
> 
> 2 Bahá’u’lláh, les paroles cachées révélées en persan n° 4, p. 32-33.
> 
> 3 nabíl, la chronique de nabíl, p. 584.
> 
> 4 Thompson, ‘abdul baha’s First days in america, p. 34.
> 
> liBéraTion eT exils
> 
> 1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 100.
> 
> 2 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 102.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> 3 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 103.
> 
> 4 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 103
> 
> BaGdad, la Première année
> 
> 1 Bahá’u’lláh, Épître au Fils du loup, p. 189.
> 
> 2 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 109.
> 
> 3 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 109-110. la phrase entre
> crochets est une addition de l’auteur tirée de l’histoire inédite de nabíl.
> 4 histoire inédite de nabíl.
> 
> 5 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 110.
> 
> 6 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 110-111.
> 
> 7 histoire inédite de nabíl.
> 
> 8 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 112-113.
> 
> sulaymániyyih
> 
> 1 Bahá’u’lláh, le livre de la certitude, p. 119-120.
> 
> 2 nabíl, la chronique de nabíl, p. 548-549.
> 
> 3 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 113, avec des extraits
> supplémentaires traduits par l’auteur.
> 
> 4 Thomas (ed.), Memoirs by commander James Felix Jones, p. 207-8
> (traduction française P. spierckel).
> 
> 5 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 118.
> 
> 6 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 119.
> 
> 7 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 119.
> 
> BaGdad – amis eT ennemis
> 
> 1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 119.
> 
> 2 Bahá’u’lláh, le livre de la certitude, p. 120-121.
> 
> 3 récit tiré de l’histoire inédite de nabíl.
> 
> 4 récit tiré du journal inédit de áqá rid∂á.
> 
> BaGdad, les dernières années
> 1 ‘abdu’l-Bahá, les leçons de Saint-Jean d’acre, chap. 9.
> 
> référenCes 519
> 
> 2 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 136.
> 
> 3 shoghi effendi, the promised day is come, p. 88.
> 
> 4 nabíl, la chronique de nabíl, p. 132.
> 
> 5 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 125-126.
> 
> 6 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 125.
> 
> 7 ibid. p. 142. la phrase suivante est tirée du coran, 8:30.
> 
> 8 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 137-138.
> 
> TraCes de la Plume Très exalTée
> 
> 1 Bahá’u’lláh, les paroles cachées en arabe 0, 3, 7, 12, 14, 22, en persan 44,
> 4, 47, 48, 49, 64.
> 
> 2 extraits de Bahá’u’lláh, les sept vallées, les quatre vallées, édition meb
> 2004.
> 
> 3 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 132-133.
> 
> 4 Bahá’u’lláh, le livre de la certitude, p. 49-50.
> 
> 5 Bahá’u’lláh, le livre de la certitude, p. 48-49.
> 
> la marChe du roi de Gloire
> 
> 1 Bahá’u’lláh, extraits des Écrits de bahá’u’lláh, sect xiv…
> 
> 2 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 145.
> 
> 3 ‘abdu’l-Bahà, Memorials of the Faithful, p. 145-6.
> 4 « star of the west », vol. xii (1922-3), p. 277-8.
> 
> 5 extrait d’un tablette inédite, traduite d’après le texte de h. m. Balyuzi.
> 
> 6 « star of the west », idem, p. 278.
> 
> 7 ibid.
> 
> 8 la plupart des informations géographique et historiques non-bahá’íes sont
> tirées de reclus, la géographie universelle.
> 
> dans la ville de ConsTanTin
> 
> 1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 152.
> 
> 2 ibid.
> 
> 3 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 151.
> 
> 4 Bahá’u’lláh, la proclamation de bahá’u’lláh, p. 47-54.
> 
> 5 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 152.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> 6 Bahá’u’lláh, Florilège, n° 113.
> 
> 7 Bahá’u’lláh, Épitre au Fils du loup, p. 77-78.
> 
> 8 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 149-150, 153.
> 
> andrinoPle, la loinTaine Prison
> 
> la citation en tête du chapitre est tirée de l’ Épître à ah∂mad qu’on trouve
> dans la plupart des livres de prières bahá’ís.
> 
> 2 Bahá’u’lláh, Florilège, n° 152.
> 3 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 155-158.
> 
> 4 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 158.
> 
> 5 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 158-159.
> 
> 6 voir Balyuzi, granville browne and the bahá ‘í Faith, p. 83-4.
> 
> 7 ibid. p. 36.
> 
> 8 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 162-163.
> 
> 9 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 162-16.
> 
> andrinoPle, les dernières années
> 
> 1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 170.
> 
> 2 Balyuzi, ‘abdul-bahá, p. 22-23.
> 
> 3 Balyuzi, the báb, p. 51-52.
> 
> 4 ibid. p. 185-8.
> 
> le BannissemenT à aCre
> 
> 1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 170-71.
> 
> 2 ibid. p. 171.
> 
> 3 Cité aussi ibid. p. 171.
> 
> 4 shoghi effendi, Voici le jour promis, chapitre 23.
> 
> 5 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 172.
> 
> 6 Tiré de l’histoire inédite de nabíl.
> 
> l’arrivée à aCre
> 1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 172-173.
> 
> référenCes 521
> 
> le seiGneur des armées
> 
> 1 la bible, Psaumes 24 : 9-10.
> 
> 2 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 175.
> 
> 3 la bible, ezéchiel, 43 : 1-2, 4.
> 
> 4 Cité dans Bahá’u’lláh, Épître au Fils du loup, p. 179.
> 
> 5 ‘abdu’l-Bahá, les leçons St-Jean-d’acre, chap 9.
> 
> 6 la bible, esaïe 35 : 1-2.
> 
> 7 la bible, amos 1:2.
> 
> 8 la bible, michée 7:12.
> 
> la vie dans la Caserne
> 
> 1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 179.
> 
> 2 ibid 178.
> 
> 3 ibid 178.
> 
> 4 Traduit d’après h. m. Balyuzi.
> 
> 5 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 179.
> 
> l’hisToire de Badí‘
> 
> 1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 203.
> 
> 2 d’après l’histoire non publiée de nabíl.
> 3 Traduction d’après celle de h. m. Balyuzi.
> 
> 4 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p.191.
> 
> 5 Traduction d’après celle de h. m. Balyuzi.
> 
> 6 Cité dans Browne, a traveller’s narrative, vol. 11, p. 391-2.
> 
> 7 from haydar-alí, bihjatu’s-S∂udúr, traduit par h. m. Balyuzi.
> 
> 8 Bahá’u’lláh, la proclamation de bahá’u’lláh, p. 57-60.
> 
> le Grand saCrifiCe
> 
> 1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 180.
> 
> 2 ibid, 180.
> 
> les PorTes s’ouvrenT
> 
> 1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 181.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> 2 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 181.
> 
> 3 prières bahá’íes, 2002. p. 209-214.
> 
> 4 Browne, Materials for the Study of the bàbi religion, p. 53-4.
> 
> 5 lshráq-Khávarí, rahíq-i-Makhtúm, vol. 11, p. 147, traduit par h. m.
> Balyuzi.
> 
> 6 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p.181.
> 
> 7 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p.182.
> 
> 8 ibid, 182.
> 9 ibid, 182.
> 
> la roue Tourne
> 
> 1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p.183.
> 
> 2 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p.183.
> 
> 3 Balyuzi, granville browne and the bahà’í Faith, p. 21-3.
> 
> le mariaGe de la Plus-Grande-BranChe
> 
> 1 Ce chapitre est, en grande partie, inspiré par cette autobiographie.
> 
> 2 coran 2:81 et 36:2.
> 
> dernières années derrière les murs
> 
> 1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 204. 250-206.
> 
> 2 shoghi effendi, Synopsis & codification du kitáb-i-aqdas, p. 3.
> 
> 3 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p.184.
> 
> 4 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p.193.
> 
> 5 esslemont, bahá’u’lláh et l’ère nouvelle, chapitre 3.
> 
> 6 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p.193.
> 
> 7 esslemont, bahá’u’lláh et l’ère nouvelle, chapitre 3.
> 
> les années à BahJí
> 
> 1 esslemont, bahá’u’lláh et l’ère nouvelle chapitre 3, § 12.
> 
> 2 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 184.
> 
> 3 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 185.
> 4 Browne, a traveller’s narrative, vol. ii, xxxix-xl.
> 
> 5 Bahá’u’lláh, Florilège, n° 11.
> 
> référenCes 523
> 
> 6 Bahá’u’lláh, tablettes de bahá’u’lláh révélées après le kitáb-i-aqdas, p.
> 237.
> 
> 7 Browne, idem, xxxvi.
> 
> 8 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p.196-197.
> 
> 9 ibid. p 197.
> 
> 10 mirzà abu’l-fadl. the bahà’i proofs, p. 70-72.
> 
> aCTiviTés des azalis à ConsTanTinoPle
> 
> 1 Bahá’u’lláh, Épître au Fils du loup, p. 161, 163,165.
> 
> 2 Bahá’u’lláh, Épître au Fils du loup, §179-180-181.
> 
> exTraiTs d’une auToBioGraPhie
> 
> Tous les extraits de cette autobiographie furent traduits par h. m. Balyuzi.
> 
> 1 Traduit par h. m. Balyuzi.
> 
> 2 Bahá’u’lláh, tablettes de bahá’u’lláh révélées après le kitáb-i-aqdas, p.
> 89.
> 
> 3 Traduit par h. m. Balyuzi.
> 
> l’asCension de Bahá’u’lláh
> 
> 1 Paroles de ‘abdu’l-Bahà citées dans shoghi effendi, dieu passe près de
> nous, p. 228.
> 
> 2 ibid. p. 239.
> 3 Bahá’u’lláh, tablettes de bahá’u’lláh révélées après le kitáb-i-aqdas, p.
> 229.
> 
> 4 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 229.
> 
> 5 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 212-213.
> 
> le rèGne désasTreux de nás∆iri’d-din sháh
> 
> 1 mulk-árá, Sharh∂-h∆al-i-‘abbás Mírzá, Mulk-árá, p. 62-5.
> 
> 2 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p.189-190.
> 
> 3 Chirol, Fifty Years in a changing World, p. 144-58, pour les extraits qui
> suivent.
> 
> 4 Kelly, britain and the persian gulf, p. 557-8.
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> 5 Traduction de h. m. Balyuzi.
> 
> 6 i‘timádu’s-salπanih, rúznámiy-i-kháπirat, p. 129, 136, 143, 145.
> 
> 7 voir Balyuzi, edward granville browne and the bahá’í Faith, p. 89, 93-4.
> 
> 8 voir ibid., dans l’index pour Jamálu’d-dín al-afghání, siyyid.
> 
> 9 Kedourie, afghani and ‘abduh, p. 63.
> 
> 10 h∆alabí, Zindigí va S∆afarháy-i-Siyyid Jamálu’d-dín-i-asadábádí, p. 8 de
> la préface.
> 
> 11 Browne, the persian revolution, p. 11.
> 
> ConséquenCes du sièGe de Plevna
> 
> 1 anderson, the balkan Volunteers, p. 148-52, 181-2.
> le Général Gordon à haïfa eT aCre
> 
> 1 oliphant, haïfa or life in Modern palestine, p. 274-80.
> 
> noTes BioGraPhiques
> 
> 1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 79.
> 
> indeX
> 
> la première partie de l’index indique les ouvrages de bahá’u’lláh décrits,
> cités ou mentionnés. les titres sont en italiques. les notes sont indiquées par
> l’abréviation « n » après le numéro de la page.
> 
> i. TaBleTTes, éPÎTres eT éCriTs de Bahá’u’lláh
> 
> Bishárát (Bonnes nouvelles), 409
> 
> lawh-i-Karmil (épître à Carmel), 402, 402-405
> 
> law-i-Kulu’π-∏a‘ám (Tablette de Toute nourriture),
> 
> épître au fils du loup (lawh∂-i-ibn-i-dhi’b), 233,
> 
> 409, 411, 416, 33, 99, 101, 410
> 
> lawh-i-maryam (Tablette à maryam), 140-141
> 
> épîtres à napoléon iii (lawh∂-i-nápulyún) i, 267 ; ii,
> 
> lawh-i-nuqπih (Tablette du Point), 242, 266
> 
> 346, 417
> 
> lawh-i-qamís∂ (Tablette de l’habit), 269
> 
> lawh-i-ru’yá (Tablette de la vision), 269
> ishráqát (splendeurs), 409
> 
> lawh-i-sayyáh, 242, 266
> 
> lawh-i-sultán (Tablette à nás∂iri’d-dín sháh), 36,
> 
> Kalimát-i-firdawsíyyih (Paroles du paradis), 409
> 
> 169, 267, 270, 324, 334-335
> 
> Kalimát-i-maknúnih, voir les paroles cachées
> 
> lawh-i-rid∂ván (Tablette de rid∂ván), 266, 192-195
> 
> Kitáb-i-‘ahd (livre de l’alliance, Testament de
> 
> lawhu’r-rúh∂ (Tablette de l’esprit), 266
> 
> Bahá’u’lláh), 445, 446-448, 449
> 
> lawhu’t- Tuqá (Tablette de la Piété ou de la Crainte
> 
> Kitáb-i-aqdas (le Très-saint livre), 345, 377-378,
> 
> de dieu), 266
> 
> 409, 424n, 446 ; vue de la pièce dans laquelle il
> 
> fut révélé, 376
> 
> munáját-i-h∆úríyyih (Prière à la houri), 190
> 
> Kitáb-i-Badí’, 148, 267, 281
> 
> Kitáb-i-íqán (le livre de la certitude), 139-140, 147,
> 
> paroles cachées (les) (Kalimát-i-maknúnih, ou s∆ahí-
> 
> 183, 187-188, 189, 267, 281, 290, 377 ; illustra-
> fiy-i-fátimíyyh), 183-184-185, 446 ; illustra-
> 
> tion, frontispice
> 
> tions, en calligraphie de mishkín-qalam, 161,
> 
> lawh-i- abdu’l-‘azíz-va-vukalá (Tablette au sultan
> 
> Prières pour le jeûne, 267
> 
> ‘abdu’l-’azíz), 227, 236
> 
> Prières révélées à acre, 314, 317 ; en mémoire de
> 
> lawh-i-ahmad (Tablette à ahmad, en arabe), 239
> 
> mírzá mihdí, 338
> 
> lawh-i-ahmad-i-fársí (Tablette à ahmad, en per-
> 
> san), 181, 244-245, 266
> 
> qas∂ídiy-i-‘izz-i-varqá’íyyih, une ode, 142, 320, 440
> 
> lawh-i-aqdas (la Très-sainte-épître), 409
> 
> quatre vallées (les) (Chihár-vádí), 183
> 
> lawh-i-ard-i-Bá (Tablette de la terre de Bá), 405-406
> 
> lawh-i-ayyúb (Tablette d’ayyùb), 154 ; autre titre :
> 
> sept vallées (les) (haft-vádí), 163, 183, 185-187,
> 
> surih-i-sabr (Patience), 217
> 
> lawh-i-i-Burhán (Tablette de la preuve), 409
> 
> shikkar-shikan-shavand, 173n, 471
> 
> lawh-i-dunyá (Tablette du monde), 409, 424n, 437,
> 
> shír-mard (l’homme-lion) voir lawh∂-i-haft-Pursish
> 
> subh∂ánika-yá-hú, 227
> 
> lawh-i-haft-Pusish, voir shír-mard
> 
> s∆ah∂ífiy-i-fátmíyyih, voir les paroles cachées
> 
> lawh-i-hikmat (Tablette de la sagesse), 409
> 
> súriy-i-amr (Commandement), 252, 266
> 
> lawh-i-ibn-i-dhi’b, voir épître au fils du loup
> 
> súriy-i-damm, 266
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> súriy-i-as∂h∂áb (épître aux compagnons), 267
> 
> súriy-i-Ghus∂n (épître à la Branche), 274
> 
> súriy-i-h∆ajj i et ii (tablettes de pèlerinage) 267, 274
> 
> súriy-i-howdaj (Tablette du palanquin), 217
> 
> súriy-i-mulúk (tablettes aux rois) 228-232, 233, 267
> 
> súriy-i-ra’ís (Chef), 28, 267, 281, 283, 284, 286
> Tablette (épître) à ah∂mad, voir lawh∂-i-ah∂mad
> 
> Tablette du feu (ih∂tiráq), 321- 2
> 
> Tablette du saint-nautonier (lawh∂-i-malláhu’l-quds)
> 
> Tablette de souvenance, (zíyárat-námih), 452
> 
> tablettes de souvenance pour :
> 
> fath∂-‘alí, mírzá, fath∂-i-a’z∂ám, 495
> 
> masíh∂, mírzá, 67
> 
> Tajallíyát (effulgences) 409 ; illustration en « écriture
> 
> de la révélation », 440
> 
> ∏arázát (ornements), 409
> 
> Tablettes variées à :
> 
> afnán, h∆ájí siyyid mírzá, 424
> 
> ‘alíy-i-‘arab, siyyid, 258
> 
> ‘alí-muh∂ammad-i-sarráj, 258
> 
> áqá Ján, mírzá, 133
> 
> áqá mírzá áqá, núri’d-dín, 311, 418
> 
> Badí‘, 324-325
> 
> Bahá’í de Chiraz, 37
> 
> Báqir, mullá, 160
> Buzurg-i-afnán, h∆ájí mírzá, 397
> 
> h∆usayn-‘alí, siyyid, 269
> 
> Javádi-Karbilá’í, h∆ájí siyyid, 188
> 
> Karbilá’í h∆ájí-Bábá, 418
> 
> mihdí, 234
> 
> muh∂ammad-i-is∂fahání, siyyid, 262
> 
> munír, mírzá áqáy-i-, 502
> 
> nabíl-i-a’z∂am, 282
> 
> nás∂ír, 349, 351
> 
> sulπánu’sh-shuhadá (roi des martyrs), 370
> 
> inconnu, 261, 352, 353, 387, 401
> 
> il. index Général
> 
> A
> 
> 228-9, 236 ; interpellé dans súriy-i-mulúk, 228-
> 
> ábájí qazvíní, une servante exilée à acre, 301
> 
> 234, 267 ; ses ministres décident de bannir
> 
> ‘abbás, frère de l’imam h∆usayn, 37, 441n
> 
> Bahá’u’lláh à acre, 276-7 ; son décret banissant
> 
> ‘abbás le Grand, 18, 19
> 
> Bahá’u’lláh à acre : 236, 309-12, 363, 385, 406,
> ‘abbás mírzá frère de muh∂ammad sháh, 476-478
> 
> 431 ; aucune raison pour ce bannissement, 429 ;
> 
> ‘abbás mírzá (mulk-árá), illustration (possible), fils
> 
> avertissement de Bahá’u’lláh depuis Gallipoli,
> 
> de muh∂ammad sháh et demi-frère de násiri’d-dín
> 
> 285-6 ; perd son trône et meurt, 286 ; mentionné,
> 
> sháh, 72, 91, 112 ; banni en irak, 109 ; cherche
> 
> 163, 333, 378, 387
> 
> l’aide de Bahá’u’lláh, 176 ; autobiographie cri-
> 
> ‘abdu’l-Bahá (abbás effendi) : illustrations, 257, 264,
> 
> tique de násiri’d-dín sháh, 436-7 ; décrit zanján’
> 
> 447 ; noms et titres, 405, 441n ; naissance, 33 ; se
> 
> souvient de ∏áhirih et de vahid, 83-84 ; décrit le
> 
> ‘abbás, mullá 57
> 
> premier emprisonnement de Bahá’u’lláh, 59, son
> 
> ‘abbás, sháh, 459
> 
> séjour á Bandar-Jaz, 67, son emprisonnement en
> 
> ‘abbás-i-núri, mírzá voir Buzurg-i-vazír, mírzá
> 
> ámul, 76-78 ; conte les morts de 1852 de
> ‘abbás-qulí Khán, Gouverneur d’ámul, 75, 77-78
> 
> muh∂ammad-Taqí Khán, 111, et de mullá ‘abdu’l-
> 
> passim
> 
> faππáh∂, 111 ; exalte le martyre de ‘abdu’l-vahháb,
> 
> ‘abbás-qulí Khán, consul-général persan á damas,
> 
> 118, et chante le chant des martyrs, 119 ; á
> 
> Bagdad : recherche Bahá’u’lláh á sulaymáníyyih,
> 
> ‘abbás-i-Tihráni, shaykh, martyre de 1852, 109
> 
> 145 ; décrit le complot de shaykh ‘abdu’l-h∆usayn
> 
> ‘abbásábád, 72
> 
> and mírzá Buzurg Khán, 166-167, mission de
> 
> ‘abbásides, 129, 145n, 191, 218, 219n,
> 
> mullá h∆asan-i-’amú, 167-168, changement d’atti-
> 
> ‘abbúd, house of (Bayt-i-’abbúd), acre, illustra-
> 
> tude des adversaires á Bagdad, 179 ; recopie le
> 
> tions : extérieur, 347, pièces de Bahá’u’lláh, 361,
> 
> manuscript original de Kitáb-i-iqán, 188 ; décrit
> 
> vue sur la mer, 363, pièce où fut révélé le Kitáb-i-
> 
> shaykh murtid∂áy-i-ansári. 169 ; accueilli par
> aqdas, 376 ; rendue disponible pour Bahá’u’lláh,
> 
> námiq Páshá 177, 179 ; émigre á istanbul, 180 ;
> 
> 361 ; pièce disponible pour le mariage de ‘abdu’l-
> 
> décrit son voyage vers istanbul, 198-199, 201,
> 
> Bahá 375 ; Kitáb-i-aqdas révélé dans, 377 ; rési-
> 
> 205-206 (mírzá yah∂yá), 208 ; à andrinople :
> 
> dence de ‘abdu’l-Bahá et de sa famille, et leur
> 
> conseille le silence concernant les complots de
> 
> déménagement, 394-6 ; mentionnée, 200, 357,
> 
> mírzá yah∂yá, 251 ; a l’amitié du vice-gouverneur,
> 
> 363 ; voir aussi la maison de’Údí Khammár,
> 
> 255 ; écrit des épîtres non transmises á mírzá
> 
> ‘abbúd, ilyás, changements d’attitude envers
> 
> yah∂yá 262 ; accepte l’invitation du gouverneur,
> 
> Bahá’u’lláh, 360-1 ; intercède auprès du gouver-
> 
> 265 ; transcrit les Tablettes proclamant la nouvelle
> 
> neur, 361, barricade sa maison, 357 ; offre la pièce
> 
> révélation, 266 ; ce qui arrive quand Bahá’u’lláh
> 
> pour le mariage de ‘abdu’l-Bahá 374 ; mention-
> 
> est banni vers acre, 280, 282 ; amène áqáy-i-
> née, 341, 342, 343, 352, 357, 374 ; voir
> 
> munir à terre à smyrne, 288 ; envoie des lettres à
> 
> aussi’abbúd, maison de
> 
> nabíl à alexandrie, 292 ; à acre : entre dans la
> 
> ‘abdu’l-ah∂ad, de Chiraz, 372-374
> 
> citadelle, 300 ; développe l’importance de l’arri-
> 
> ‘abdu’l-’az∂ím, sháh (hadrat-i-), mausolée de,73, 96,
> 
> vée de Bahá’u’lláh en Terre sainte, 306 ; prend
> 
> soin des exilés dans la citadelle, 309, 312 ; aide
> 
> ‘abdu’l-‘azíz, sulπán (règne : 1861 -76), illustrations,
> 
> Badí’à entrer dans la citadelle, 322 ; son chagrin à
> 
> 231, 285, 310 (son décret banissant Bahá’u’lláh) ;
> 
> la mort de la Plus-Pure-Branche, 338 ; accueille
> 
> bannit Bahá’u’lláh á andrinople, 221 ; épître á,
> 
> des pèlerins, 341 ; emprisonné lors du meurtre des
> 
> trois azalís, 353-6 ; son mariage, 369-370, 374-
> 
> Baháu’lláh, le roi de Gloire
> 
> 375 ; son maintien et son comportement transfor-
> ‘abdu’l-hádí Páshá gouverneur d’acre, 299
> 
> me l’attitude des habitants d’acre, 312, 348, 359 ;
> 
> ‘abdu’l-h∆amíd, áqá, martyre de 1852, 108
> 
> relations avec ah∂mad Big Tawfiq, 359, 363 ; inci-
> 
> ‘abdu’l-h∆amíd, hájí, bábí déloyal, 167-168
> 
> dent lors du renvoi de ‘abdu’r-rahmán Páshá
> 
> ‘abdu’l-h∆amíd ii, sulπan (règne 1876-1909), illustra-
> 
> 379 ; loue et prépare le manoir de mazra’ih, 381-
> 
> tion, 457 ; 341, 445, 475, 499
> 
> 383 ; achète le manoir de Bahjí, 389 ; relations
> 
> ‘abdu’l-h∆usayn Khán-i-Bardsírí, voir áqá Khán-i-
> 
> avec les autres gouverneurs, 391, 394, 396, 397 ;
> 
> Kirmání, mírzá
> 
> discussion avec des chrétiens, 394 ; échange
> 
> ‘abdu’l-h∆usayn, mírzá décrit les intrigues des azalís à
> 
> d’hospitalité avec le mufti de nazareth, 395 ; géné-
> 
> istanbul, 419, 423 ; aide mírzá muhsin, 322-423 ;
> 
> rosité envers les malfaiteurs, 397 ; résidence et
> 
> mentionné, 421
> 
> déménagement de Bayt-i-abbúd, 394-396 ; visite
> ‘abdu’l-h∆usayn-i-∏ihrání, shaykh
> 
> (shaykhu’l-
> 
> Beyrout (1879), 405, 406 ; Tablette de Bahá’u’lláh
> 
> ‘iráqayn), complote contre Bahá’u’lláh à Bagdad,
> 
> concernant ses visites et le louant, 405-406 ; admi-
> 
> 160, 168 ; ses rêves, 164-165 ; ses complots, avec
> 
> ré par shaykh muh∂ammad-‘abduh, 406 ; capacités
> 
> le consul persan, et ses actions décrites, 166-172
> 
> et pouvoirs évidents, 405-408 ; résidence dans la
> 
> passim ; note biographique, 491-492 ; mentionné,
> 
> maison de ‘abdu’lláh Páshá, 385 ; décrit par e. G.
> 
> 162, 173
> 
> Browne, 406 ; mission donnée par Bahá’u’lláh
> 
> ‘abdu’l-Karím, ustád, 200, 258
> 
> pour construire le mausolée pour le Báb, 401 ; pro-
> 
> ‘abdu’l-Karím-i-Kharrát, d’ispahan, participe au
> 
> tège Bahá’u’lláh, 405, 408 ; arrivée au jardin de
> 
> meutre des trois azalís, 351, 356
> 
> Junaynih, 441 ; Bahá’u’lláh envoie des bahá’is
> 
> ‘abdu’l-Karím-i-qazvíní, mullá (ah∂mad-i-Kátib,
> pour l’accueillir et loue son travail, 4441,442 ; son
> 
> mírzá), transmet des épîtres et les objets person-
> 
> profond respect en approchant de Bahá’u’lláh et en
> 
> nels du Báb á Bahá’u’lláh, 82 ; cache la dépouille
> 
> sa présence, 423, 424 ; informe le sultan de l’as-
> 
> du Báb, 87 ; rencontre Bahá’u’lláh á Kirmánsháh,
> 
> cension de Bahá’u’lláh, 445 ; contenu du testa-
> 
> 87 ; martyre, 108
> 
> ment de Bahá’u’lláh le concernant, 445-446, 449 ;
> 
> ‘abdu’l-Kháliq-i-is∂fahání, se coupe la gorge á
> 
> successeur de Bahá’u’lláh, 345, 449 ; son rang
> 
> Badasht, 62
> 
> comme centre de l’alliance, 274, 445, 446, comme
> 
> ‘abdu’l-majíd, sultan (meurt en 1861), 161, 162, 177
> 
> commentateur du verbe révélé, 441,445 ; décrit
> 
> ‘abdu’l-majíd-i-shálfurúsh, h∆ájí, père de Badí’et sur-
> 
> l’alliance de Bahá’u’lláh, 448 ; choisit nabíl pour
> 
> vivant de ∏abarsí, 320 ; nabíl reste avec, 320, 322
> 
> compiler la prière de souvenance, 452 ; vieillit par
> 
> ‘abdu’l-majíd-i-shírází, h∆ájí, père de ‘abdu’l-
> la trahison de ses demi-frères, 408 ; arrivée de la
> 
> vahháb, le persécute ainsi que mulla ‘alíy-i-
> 
> commission d’enquête, 342 ; visite Paris, 329 ;
> 
> Bastámí, 116 ; accepte Bahá’u’lláh, 119 ; soutien
> 
> reçoit l’original du décret de ‘abdu’l-‘azíz, 363n ;
> 
> Bahá’u’lláh en irak, 131 ; entend la langue badí’,
> 
> prévoit un brillant futur pour la Perse, 19 ; men-
> 
> 136 ; mentionné, 133
> 
> tionne le voyage de zoroastre en Terre sainte, 305 ;
> 
> ‘abdu’l-qádir, shaykh (al-Gilání), notable de Bagdad,
> 
> voir aussi 27, 34, 37, 50, 101n, 115, 152, 163, 164, 148
> 
> 172, 181, 197, 217, 227, 248, 254n, 258, 318,
> 
> ‘abdu’l-vahháb Big, Bábi tué á Tákur, 111
> 
> 316n, 317, 337, 345, 346, 390
> 
> ‘abdu’l-vahháb-i-shírází, mírzá son histoire et son
> 
> ‘abdu’l-faππáh∂, mullá martyre de 1852, 110, 111
> 
> martyre, 118 ; mentionné, 117, 131
> 
> ‘abdu’l-Ghaffár-i-is∂fahání, áqá, illustration, 264 ;
> 
> ‘abdu’lláh, áqá, fils d’áqá muh∂ammad Ja’far, 109
> 
> émigre à istanbul, 180 ; interprète turc, 200, 221 ;
> ‘abdu’lláh, áqá, of Káshán, fils de Khalil mansúr,
> 
> à andrinople, 244 ; envoyé à istanbul pour s’oppo-
> 
> 317 ; note biographique, 498
> 
> ser aux machinations, 261 ; emprisonné à istanbul,
> 
> ‘abdu’lláh effendi, de nazareth, 317
> 
> 274 ; tente de se suicider mais est envoyé à
> 
> ‘abdulláh ibn murad muh∂ammad, mir, 464
> 
> Chypre, puis s’évade, 293 ; note biographique,
> 
> ‘abdu’lláh Khán, h∆ájí mírzá á Búshihr, 432
> 
> 491 ; mentionné, 345
> 
> ‘abdu’lláh, mírzá de qazvin, rencontre Bahá’u’lláh á
> 
> index
> 
> Kirmánsháh, 127
> 
> acre, 314 ; envoyé à istanbul, 423 ; emprisonné,
> 
> ‘abdu’lláh, mírzá de Chiraz, protège ∏áhirih, 65
> 
> 424, 478
> 
> ‘abdu’lláh, mullá, de Chiraz, assassine l’oncle de
> 
> abu’l-qásim, h∆ájí mírzá frère de la femme du Báb,
> 
> ∏áhirih, 59-60
> 429, 431
> 
> ‘abdu’lláh Páshá gouverneur de la province d’acre
> 
> abu’l-qásim Khán, arrive á andrinople, 270
> 
> (1818-31), palais et jardins de Bahjí. 342, 360n;
> 
> abu’l-qásim, mírzá imám-Jum’ih de Téhéran, 123
> 
> manoir de mazra’ih, 360n, 385 ; ses résidences
> 
> abu’l-qásim, mírzá. de faráhán, qá’im maqám, illus-
> 
> sont la propriété du centre mondial bahá’í, 385 ;
> 
> trations, 51 ; voir 31, 91
> 
> mentionné, 297, 298
> 
> abu’l-qásim, mullá, accepte Bahá’u’lláh à núr, 58
> 
> ‘abdu’lláh Páshá de sulaymáníyyih, 148, 160, 162-
> 
> abu’l-qásim-i-hamadání, áqá, compagnon de
> 
> 163 passim
> 
> Bahá’u’lláh á sulaymáníyyih, 140, 145
> 
> ‘abdu’lláh-i-’arab, áqá, 263
> 
> abu’l-qásim-i-Káshání, rencontre mírzá áqá Ján près
> 
> ‘abdu’lláh-i-Bihbahání, siyyid, important religieux de
> 
> de Bagdad, 133
> 
> Téhéran, 478
> abu’l-qásim-i-názir, h∆ájí mírzá d’ispahan, activités à
> 
> ‘abdu’lláh-i-Ghawghá, prétend à un rang spirituel,
> 
> istanbul, 421-423 passim
> 
> abu’l-qásim-i-shírází, h∆ájí, bábí d’égypte, 265
> 
> ‘abdu’r-rahím-i-is∂fahání (ismu’lláhi’r-rahím), 50n,
> 
> abu’l-qásim-i-sulπánábádí, áqá, meurt dans la cita-
> 
> delle, 302, 309
> 
> ‘abdu’r-rahím-i-misgar, áqá, 226
> 
> achéménide, dynastie, 19
> 
> ‘abdu’r-rahmán Khán, amír, d’afghanistan, 465
> 
> acre, illustrations : vue sud d’acre, 299, la Porte de la
> 
> ‘abdu’r-rahmán Páshá gouverneur d’acre, 379
> 
> mer, 300, vue aérienne, 303, 344, 350, hammam
> 
> ‘abdu’r-rasúl-i-mansúr-i-Kásháni, 13
> 
> al-Páshá (bain public), 315, Citadelle et caserne,
> 
> ‘abdu’r-rasúl-i-qumí, áqá, martyrisé á Bagdad, 270,
> 
> 312, 313, Khán-i-’avámid, 342, carte des lieux
> 
> 322 ; mentionné, 160, 199
> d’acre associés à Bahá’u’lláh. 3344-345, maison
> 
> ‘abdu’r-rasúl-i-zanjání, 343
> 
> de’abbúd et ‘Údí Khammár, 347, pièce de
> 
> ‘abdu’r-ra’úf, mírzá fils de mírzá muh∂ammad-qulí,
> 
> Bahá’u’lláh dans la maison de ‘abbúd, 347, Khán-
> 
> exilé á acre, compile une liste des exilés, 300, 301
> 
> i-shávirdi and Burju’s-sulπán, 354, Khán-i-
> 
> ‘abdu’s-salám effendi, notable de Bagdad, 148n
> 
> shávirdi, 355, vue de la mosquée d’al-Jazzár et de
> 
> abhá, royaume, 446
> 
> l’ancien aqueduc, 360, chambre de Bahá’u’lláh
> 
> abraham, prophète, 47, 124, 204, 305, 338
> 
> dans la maison de ’Údí Khammár, 376. Porte de la
> 
> abú-hurayrih (mírzá mustafa), 302, 432, 441
> 
> terre, 381, 382, carte des lieux saints bahá’ís à
> 
> abú-Jahl, ennemi du Prophète muh∂ammad, 290n
> 
> haïfa et acre, 433. Premiers noms, 305 ; histoire et
> 
> abú-sinán, village, 390
> 
> description d’acre, 295, 305, 390 ; prophéties
> 
> abú-Tálib Khán, mírzá charger de faire régner l’ordre
> bibliques et musulmanes à propos de, 306 ;
> 
> á Tákur, et décès, 111-112
> 
> Bahá’u’lláh entre dans la citadelle avec sa famille
> 
> abú-Turáb, shaykh, imám-Jum’ih de Chiraz, 62, 131n
> 
> et ses compagnons, 293, 449, signification de l’ar-
> 
> abú-Turáb-i-ishtahárdí, shaykh, 67, 69, 75, 133,
> 
> rivée de Bahá’u’lláh, 306 ; attitudes et rapports des
> 
> abu’l-fadl-i-Gulpáygání, mírzá élabore une généalo-
> 
> habitants avec les exilés, 293, 311, 312, 357, 359,
> 
> gie de Bahá’u’lláh, 27 ; relate une anecdote
> 
> 379-381 passim, 392, 395, emprisonnement allégé,
> 
> concernant Bahá’u’lláh, 38 ; classe les écrits de
> 
> 311 ; arrivée de Badí’, 322 ; notables présents aux
> 
> Bahá’u’lláh, 410 ; biographie de, 466 ; réside en
> 
> funérailles de la Plus-Pure-Branche, 328 ; rési-
> 
> égypte, 495
> 
> dences de Bahá’u’lláh, 341, 343 ; hostilités et
> 
> abu’l-h∆asan, h∆ájí, de Chiraz, 444
> 
> assassinat de trois azalís, 346, 351, 387, interroga-
> 
> abu’l-hasan Khán-i-ilchí, illustration, 51
> tion et détention de Bahá’u’lláh, 352, 374 ;
> 
> abu’l-hasan-i-ardikání, h∆ájí (amín-i-lláhi), illustra-
> 
> meurtre de deux Káshánis, 356, libération des
> 
> tion, 315, premier pèlerin á voir Bahá’u’lláh à
> 
> bahá’is innocents, 359 ; arrivée et mariage de
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> munírih Khánum, 374, ordre aux exilés de fermer
> 
> 437 ; Bahá’u’lláh leur rend visite, 439 ; départ,
> 
> leurs boutiques, 379 ; amélioration du climat et de
> 
> 444 ; note biographique, 495
> 
> l’eau, 380 ; attitude des fonctionnaires les der-
> 
> afnán. h∆ájí siyyid mírzá. fils de afnán-i-Kabír, 424
> 
> nières années, 391 ; Bahá’u’lláh quitte la ville pri-
> 
> afnán-i-Kabir, h∆ájí mírzá siyyid h∆asan), frère de la son, 385 ; ‘abdu’l-
> Bahá et sa famille restent à
> 
> femme du Báb, 414 ; Bahá’u’lláh écrit à propos
> 
> acre, 394, 405 ; visite de mid∂hat Páshá, 405n ; au
> 
> des accusations contre, 418 ; intérêts commerciaux
> 
> moment de l’ascension de Baha’u’lláh, 449, 454 ;
> 
> à Beyrouth, 414 ; accusations publiées à istanbul,
> le Gardien détaille les principaux événements du
> 
> 422, 423 ; son fils à istanbul, 419, 421, 423 ; men-
> 
> ministère de Bahá’u’lláh à acre, 236-237, men-
> 
> tionné, 412, 416, 442
> 
> tionné, 389n. 408, 487
> 
> afrá, mazandéran, village, 69
> 
> ádí Guzal, mull1á (mírzá‘alíy-i-sayyáh), de
> 
> afshárides rois, 108
> 
> marághih, illustration, 264 ; arrive à andrinople,
> 
> Âge héroïque (ère bahá’íe), 43, 236
> 
> 265, part pour istanbul, 270, 272 : arrive à
> 
> aghsán (Branches), fils et descendants masculins de
> 
> Gallipoli, 284, est envoyé à Chypre, 293, note
> 
> Bahá’u’lláh, 256, 438, 442, 448, 449
> 
> bibliographique, 492
> 
> ah∂mad Big Tawfiq, gouverneur d’acre, relâche les
> 
> adirnih (Porte), istanbul, 225
> 
> bahá’ís innocents après le meurtre des azalís, 359;
> 
> andrinople (adirnih, edirne), illustrations : vue de la
> 
> admiration pour ‘abdu’l-Bahá, 359-360 ; restaure
> ville, 241, maison de rid∂á Big, 260, ‘abdu’l-Bahá
> 
> l’aqueduc, 345, 360 ; reçut par Bahá’u’lláh, 363 ;
> 
> et ses compagnons, 275, famille et compagnons de
> 
> envoie Badri-Ján à Chypre, 362 ; quitte acre, 363 ;
> 
> Bahá’u’lláh, 275 ; voyage de Bahá’u’lláh vers,
> 
> mentionné, 357, 363
> 
> 225 ; arrivée de Bahá’u’lláh, 227 ; description de,
> 
> ah∂mad fa’iq effendi, enquête sur l’administration fis-
> 
> 239-240 ; résidences de Bahá’u’lláh et de ses com-
> 
> cale d’acre, 397
> 
> pagnons, 240-244 passim, 252, 255, 256, 261,
> 
> ah∂mad, mírzá fils de mírzá yah∂yá 254, 362
> 
> 265 ; proclamation de Bahá’u’lláh. 236, 265, 266,
> 
> ah∂mad Páshá (al-Jazzár), Gouverneur de la province
> 
> 408 ; augmentation du nombre des bahá’ís cause
> 
> d’acre, 295, passim, 360n
> 
> d’inquiétude, 270, 278 ; développements des der-
> 
> ah∂mad Páshá, gouverneur d’acre, 397
> 
> nières années, 274 ; circonstances du bannissement
> 
> ah∂mad TowfíqPáshá, gouverneur de Bagdad, 162
> de Bahá’u’lláh et de ses compagnons vers acre,
> 
> ah∂mad-i-afnán, áqá siyyid, envoyé à istanbul par
> 
> 276 ; prophétie de Bahá’u’lláh concernant
> 
> Bahá’u’lláh, 423-426 passim
> 
> andrinople, 286 ; évacuation de la population
> 
> ah∂mad-i-ah∂sá’í, shaykh, 52, 59
> 
> après la chute de Plevna, 483-484
> 
> ah∂mad-i-hindí, áqá mírzá, bábi qui devient bahá’i à
> 
> ‘ad∂udu’l-mulk, régent, 329
> 
> Bagdad, 269
> 
> afghanistan, 465, 466, 476n, 496
> 
> ah∂mad-i-Káshání, h∆ájí mírzá, illustration, 222 ; immi-
> 
> afjih (afchih), résidence d’été, 97
> 
> grant à istanbul, 180 ; reçoit la Tablette à ah∂mad
> 
> afnán, famille, généalogie paternelle du Báb, 430 ;
> 
> en persan, suit mírzá yah∂yá, 180, 226 ; Tablette
> 
> intérêts commerciaux, 414, 419, 424 ; partenaires
> 
> citée, 244 ; ses intrigues à andrinople, 244 ; quitte
> 
> et agents, 414, 419. 424 ; activités des azalís à
> 
> andrinople, 251 ; assassiné à Bagdad, 181, 349 ;
> istanbul, chap. 40 ; quelques membres, 429-431 ;
> 
> mentionné, i79, 244, 249, 276
> 
> description de leur pèlerinage en Terre sainte, chap
> 
> ah∂mad-i-Kátib, mírzá voir ‘abdu’l-Karím-i-qazvíní, 41 ; recommandations
> de Bahá’u’lláh, 449
> 
> mullá
> 
> afnán, h∆ájí mírzá habíbu’lláh, autobiographie, 14,
> 
> ah∂mad-i-Khurásání, shaykh, accusé de meurtre et exé-
> 
> chap. 41 ; invitation de Bahá’u’lláh et voyage vers
> 
> cuté, 259, un des trois martyrs de Tabriz, 259 ; son
> 
> la Terre sainte, avec sa famille, 431 ; rencontre
> 
> oncle instruit Badí’320 ; a peut-être emmené
> 
> avec Bahá’u’lláh à haïfa, 432-435 ; rencontres
> 
> Badí’à yazd, 322n
> 
> avec Bahá’u’lláh à et près de Bahjí, 435-441 ;
> 
> ah∂mad-i-najjár-i-Káshání, ustád, migrant à istanbul,
> 
> fièvre à haïfa, 436 ; ils s’installent près du manoir,
> 
> 170 : exilé à acre, 302 ; participe au meurtre de
> 
> index
> 
> trois azalís, 351
> ‘alí, mírzá, père de la femme du Báb, 429
> 
> ah∂mad-i-naráqí, h∆ájí mullá, religieux célèbre, 135
> 
> ‘alí naqí, un des martyrs de Tabriz, 259
> 
> ah∂mad-i-rúh∂i, shaykh, illustration, 412 ; épouse la
> 
> ‘alí Páshá, père de ‘abdu’lláh Páshá 297, 389n
> 
> fille de mírzá yah∂yá, 411, 427, ennemi de
> 
> ‘alí Páshá muh∂ammad amín, grand vizir ottoman,
> 
> Bahá’u’lláh, 414, 415 : exécuté à Tabriz, 415, 427
> 
> illustration, 229 ; accepte le départ de Bahá’u’lláh
> 
> ahmed fevzi Páshá 503
> 
> de Bagdad, 177-178 ; ordonne le bannissement de
> 
> akbar, Jaláli’d-dín (1556-1605), 459
> 
> Bahá’u’lláh à andrinople, 221 ; explique son exil
> 
> ákhál, traité de, 472
> 
> à acre, 481 ; reçoit l’épître au sultan, 227 ; súriy
> 
> akhtar (étoile), journal d’istanbul, 411, 412, 415-422
> 
> (lawh)-i-ra’ís addressée, et son destin, 29, 286 ;
> 
> ákhund, h∆ájí, main de la cause de dieu, 424,478
> 
> alterne dans les hauts postes avec fu’ád Páshá
> 
> al-Jazzár, voir ah∂mad Páshá
> 495 ; note biographique, 493
> 
> ‘alam Khán mir, émir de qá’inat, 317, 466
> 
> ‘alí-akbar, h∆ájí mírzá (qavámu’l-mulk), 71
> 
> ‘alá’u’l-mulk, ambassadeur persan à istanbul, 418
> 
> ‘alí-akbar, mírzá, cousin du Báb, 144
> 
> alep, arrestation et libération de shaykh salmán, 466 ;
> 
> ‘alí-akbar-i-ardistání, mullá, un des premiers bábís,
> 
> mentionné, 449, 454
> 
> alexandre le grand, 19, 204, 465
> 
> ‘alí-akbar-i-Bujnurdí, mírzá arrive à andrinople, 270
> 
> alexandre ii, Tsar (1855-1881) 470-472
> 
> ‘alí-akbar-i-dahijí, siyyid, 372
> 
> alexandre iii, Tsar (1881-94).472, 475, 497
> 
> ‘alí-akbar-i-Khurásání, áqá, 256,
> 
> alexandrie, les exilés à acre y changent de bateau pour
> 
> ‘alí-akbar-i-najjár, ustád, partage une maison avec
> 
> haïfa, 289 ; détention de nabíl, 272, 289, 292 ;
> 
> nabíl, 174
> 
> contact de nabíl avec Bahá’u’lláh, 317 ; arrivée de
> ‘alí-akbar-i-naráqí, mírzá envoyé à Gallipoli, 276,
> 
> la future femme de ‘abdu’l-Bahá et de ses compa-
> 
> gnons, 372
> 
> ‘alí akbar-i-shahmírzádí, hájí mullá (h∂ájí ákhund),
> 
> ‘alí, imam, cousin du prophète muh∂ammad, 33, 37,
> 
> 424, 478
> 
> 115, 127n
> 
> ‘alíy-i-’arab, siyyid. reçoit des épîtres de
> 
> ‘alí afnán, h∆ájí siyyid, épouse la fille de Bahá’u’lláh,
> 
> Bahá’u’lláh, 258 ; assassiné, 259
> 
> 392 ; vit à Beyrouth. 414 ; Bahá’u’lláh est enterré
> 
> ‘alí asghar Khán, mírzá (aminu’s-sultán), illustra-
> 
> dans son logis, 452n
> 
> tion, 393 ; quelques détails de sa vie, 393 ; devient
> 
> ‘alí Bábáy-i-Buzurg, mullá de Tákur, martyre de
> 
> grand vizir et persuade le chah de visiter l’europe,
> 
> 1852, 111
> 
> 474 ; s’oppose à mírzá malkam Khán, 477 ; cache
> 
> ‘alí Bábáy-i-Kúchik, meurt dans le siyáh-Chál. 111
> l’assassinat du chah, 478
> 
> ‘alí Big (yúz-Báshí), 226, 240
> 
> ‘alí-‘askar-i-Tabrízí, h∆ájí, a rencontré le Báb, 270,
> 
> ‘alí, h∆ájí, sort Bahá’u’lláh du siyáh-Chál, 123
> 
> arrive à andrinople, 282 ; s’exile volontairement à
> 
> ‘alí, h∆ájí mírzá siyyid (Khál-i-a’z∂am), tuteur du Báb,
> 
> acre 288 ; entre et vit dans la citadelle, 302, 299 ;
> 
> il l’accepte, 429, martyr, 92, 429 : la veuve du Báb
> 
> prisonnier volontaire lors du meurtre des azalís,
> 
> vit dans sa maison, 370 ; attitude de sa femme
> 
> 354, 356 ; note biographique, 493
> 
> envers le Báb et son acceptation, 372
> 
> ‘alíy-i-Bastámí, mullá (lettre-du-vivant), 48 ; ren-
> 
> ‘alí ibn músá, ar-rid∂á, imam (imam rid∂á), mausolée
> 
> contre avec ‘abdu’l vahháb et son père, 115-117,
> 
> de, 17
> 
> ‘alí Khán, h∆ájí (h∆ájibu’d-dawlih), chargé d’exécuter
> 
> ‘alí haydar-i-shirvání, áqá partenaire des afnán dans
> 
> amir Kabir, 89, 93 ; actions après l’attentat contre
> le Caucase, 414 ; s’occupe des transferts du
> 
> le chah, 97 ; voulait exécuter Bahá’u’lláh, 121 ;
> 
> huqúqu’lláh, 424 ;
> 
> voit Bahá’u’lláh dans le siyáh-Chál, 122 ;
> 
> ‘alí Ján, mullá à ámul, 77
> 
> tue‘az∂ím, 123 ; note biographique, 492
> 
> ‘alíy-i-Kaní, h∆ájí mullá maître spirituel de násiri’d
> 
> ‘alí Khán, mírzá, 369
> 
> dín sháh, 333, 335, 470,
> 
> ‘alí madad, h∆ájí, 129
> 
> ‘alíy-i-Kirmánsháhí, mírzá (mírzá yah∂yá), 246
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> ‘alíy-i-lás-furúsh (mírzá yah∂yá), 130, 167
> 
> 256, 258, 260
> 
> ‘alí mardán, mullá. notable de Bagdad, 148,165
> 
> ámul, illustration de la mosquée de, 76 ; Bahá’u’lláh
> 
> ‘alíy-i-mírí, shaykh, mufti d’acre 387,
> 
> et ses compagnons emprisonnés, 75 ; Bahá’u’lláh
> 
> ‘alí-muh∂ammad, siyyid, voir Báb, le
> reçoit la bastonnade, 78
> 
> ‘alí-muh∂ammad-i-mustawfi, mírzá, 501
> 
> anatolie, 216-217 passim, 297, 317
> 
> ‘alí-muh∂ammad-i-núrí, mírzá, martyr de 1852, 109
> 
> « ancien des Jours », 192-195 passim, 402
> 
> ‘alí-muh∂ammad-i-sarráj, reçoit une réponse de
> 
> andrávís Khammár, fils de ’Údí Khammár, 389n
> 
> Bahá’u’lláh, 258
> 
> anís, Jináb-i-, voir muh∂ammad ismá’íl i-dhabíh, h∆ájí
> 
> ‘alí-naqí, mírzá (hakimu’l mulk), 472
> 
> ankara, Turquie, 499
> 
> ‘alíy-i-nayrizí, mírzá, attaqué à Bagdad, 151
> 
> anyábulí (inebolu) Turquie, 218
> 
> ‘alí-qulí Khán, h∆ájí (sardár-i-as‘ad), chef bakhtiyári,
> 
> anzalí, Perse, 110, 470, 474, 496
> 
> apocalypse (de saint Jean), 377, 446
> 
> ‘alí-rid∂á, mírzá, fils de mírzá músá, exilé à acre, 301
> 
> « apôtres de Bahá’u’lláh », 27, 143, 234n
> 
> ‘alí-rid∂á mírzá, súriy-i-Ghusn révélé pour, 274
> apôtres, du Christ, 48
> 
> ‘alí sháh (‘ádil sháh, z∆illu’s-sulπán), à la mort de áqá Ján Big-i-Kaj Kuláh,
> partisan de mírzá yah∂yá
> 
> muh∂ammad sháh, 73, 224n ; incident à Bagdad,
> 
> 272 ; dégradé, 274, à Gallipoli, 284 ; exilé à acre
> 
> 148 ; ses fils fréquentent la maison de Bahá’u’lláh.
> 
> 302 ; vit au-dessus de la Porte d’entrée d’acre,
> 
> 148 ; note biographique, 493-494, cité, 19, 458,
> 
> 299, 343, 352 ; actions hostiles à acre 314, 343,
> 
> 346-349 ; assassiné, 351
> 
> ‘alíy-i-sabzivárí, mullá, Bahá’u’lláh décrit son marty-
> 
> áqá Ján, mírzá, of Káshán, secrétaire de Bahá’u’lláh,
> 
> re, 443
> 
> illustrations, 134, 264 ; rencontre Bahá’u’lláh à
> 
> ‘alíy-i-sayyáh, mírzá voir ádi Guzal, mullá
> 
> Kerbéla, premier à reconnaître son rang, 132-136 ;
> 
> ‘alíy-i-Tihrání, père de shaykh ‘abdu’l h∆usayn-i-
> 
> les services qu’il rend à Bahá’u’lláh, 133, 257,
> 
> Tihrání, 491
> 
> 266, 311, 401, 422, 437 ; description de « l’écritu-
> alison, Charles, ministre britannique à Téhéran, 460n
> 
> re de révélation », 440, illustration 434 ; se sou-
> 
> ‘alíyu’lláhís, 127
> 
> vient des premiers incidents à Bagdad, 136-137 ;
> 
> alláh-u-ahhá, 274
> 
> émigre à istanbul, 180 ; pendant le voyage vers
> 
> alláh-u-akbar, 197, 274
> 
> istanbul, 200, 205, 217 ; envoyé à istanbul pour
> 
> alláhyár Khán (asafu’d dawlih), 73
> 
> empêcher les problèmes, 260 ; accompagne
> 
> allemagne, visite de nás∂iri’d-dín shah (1878), 460n ;
> 
> Bahá’u’lláh à la mosquée pour rencontrer mírzá
> 
> échange d’envoyés avec la Perse, 460n : entre-
> 
> yah∂yá, 261n ; exilé à acre, 302 ; emprisonné à la
> 
> prises en Perse, 474
> 
> suite du meurtre des azalís 353, 355 ; décrit les cir-
> 
> alliance, du Báb, 263 ; de Bahá’u’lláh, 236, 349, 442,
> 
> constances du meurtre dans un document histo-
> 
> rique, 349 ; brisera l’alliance de Bahá’u’lláh, 132,
> alliance évangélique de londres, 481
> 
> 349 ; mentionné, 144, 190, 244, 251, 253, 372, 435
> 
> alvand, mont, 19
> 
> áqáy-i-Kalím, voir músá, mírzá
> 
> amásiyá (amasya), Turquie, illustration, 215, étape du
> 
> áqá Khán-i-Kirmání, mírzá, illustration, 412 ; épouse
> 
> voyage depuis Bagdad, 216-217
> 
> une fille de mírzá yah∂yá, 362, 411, 427 ; ennemi
> 
> ámid, ancienne ville, 210
> 
> de Bahá’u’lláh, 411, 415 ; visite acre, 411, 420 ;
> 
> amín-i-iláhí, voir abu’l-h∆asan-i-ardikáni, h∆ájí
> 
> écrit dans akhtar, 411 ; rompt avec áqá
> 
> aminu’s-sulπán, voir ‘alí asghar Khán, mírzá
> 
> muh∂ammad Táhir, 411, 418, 426 ; ses lettres à
> 
> amír Kabír, voir Taqi Khán-i-faráháni, mírzá
> 
> mírzá malkam Khán, 426-427 ; exécuté à Tabriz
> 
> amír nizám, voir Taqi Khán-i-faráháni, mírzá
> 
> (1896), 414, 427 ; mentionné, 420, 422
> 
> amír-niz∂ám, de Kirmánsháh, 39
> 
> áqá Khán-i-núrí, mírzá (i’timádu’d-dawlih), illustra-
> amos, le prophète, 307
> 
> tion, 98 ; premier ministre, 29, 93 ; avertit
> 
> amru’lláh, maison de, andrinople, 243, 244, 245, 253,
> 
> Bahá’u’lláh d’un danger, 97 ; ordonne des actions
> 
> index
> 
> disciplinaires à Tákur, 110 ; conseil de Bahá’u’lláh
> 
> asadu’lláh, h∆ájí siyyid, d’ispahan, fils d’un mujtahid
> 
> à sa sortie du siyáh-Chál, 123-124 ; démis de son
> 
> célèbre, 50
> 
> poste de premier ministre et ses parents sont dis-
> 
> asadu’lláh Khán, tue des martyrs de 1852, 108
> 
> grâciés, 469 ; mentionné, 108n, 93, 177n, 369
> 
> asadu’lláh, mírzá (dayyán), de Khuy, condamné à
> 
> áqá mírzá áqá, núri’d-dín, illustration, 431 ; parent
> 
> mort par mírzá yah∂yá, 144, 148 ; rejette mírzá
> 
> des oncles du Báb, converti par la femme du Báb,
> 
> yabyá, 145
> 
> 188, 429 ; ses parents, femme et fils, 430 ;
> 
> asad’u’lláh. mírzá, exilé à acre, 305
> quelques détails de sa vie, 429, 431-432 ; à Port-
> 
> asad’u’lláh-i-Káshí- (Kásháni), áqá, 166
> 
> saïd, 414 ; Bahá’u’lláh décrit les conditions à acre
> 
> asadu’lláh-i-qumí, áqá siyyid, précepteur des fils de
> 
> dans une épître à, 311 ; épître concernant afnán-i-
> 
> Bahá’u’lláh, 438, 441
> 
> Kabir, 418 ; visite en Terre sainte, 436, 438-439,
> 
> ásafu’d-dawlih, se rebelle au Khorassan, 91
> 
> 442, 4443 ; lawh-i-dunyá (épître au monde) révé-
> 
> ashchí, voir h∆usayn-i-ashchí, áqá
> 
> lée pour, 409, 424, 437 ; mentionné, 434, 445
> 
> ashraf, village, 67
> 
> áqá mírzá áqáy-i-rikáb sáz, premier martyr de
> 
> ashraf, áqá siyyid, de zanján, 258 ; note biogra-
> 
> Chiraz, auteur de la copie du Kitáb-i-iqán du fron-
> 
> phique, 494
> 
> tispice), 189
> 
> ‘áshúrá, mois de muharram, 425
> 
> áqáy-i-munír, voir munír, mírzá áqáy-i
> 
> asíyih Khánum (Buyúk or navvábih Khánum), pre-
> áqáy-i-Tabrízí, h∆ájí, exilé à acre, 301 ; emprisonné à
> 
> mière femme de Bahá’u’lláh et mère de ‘abdu’l-
> 
> la suite du meurtre des azalís, 356
> 
> Bahá, 33, 39 ; exilée à acre, 300 ; maladie et décès
> 
> áqásí, h∆ájí mírzá, antéchrist de la révélation bábíe, (1886), 395-396 ; ses
> restes enterrés sur le mont
> 
> illustrations, 51, 53, grand vizir, 28 ; antagonisme
> 
> Carmel, 338 ; mentionnée, 84, 337
> 
> envers mírzá Buzurg, 31-32, 41 ; son estime pour
> 
> askáríyayn, mausolée, samarra, 492
> 
> Bahá’u’lláh, 41 ; conseil du Báb, 45 ; ordonne l’ar-
> 
> assemblée céleste, 403
> 
> restation de Bahá’u’lláh, 67 ; reçoit une épître du
> 
> assemblée suprême, 437
> 
> Báb, 71-72 ; son attitude après la mort de
> 
> assyrie, assyriens, 295, 308
> 
> muh∂ammad sháh, chap. 10 ; exile et décès. 73 ;
> 
> atrak, rivière, 462
> 
> mentionné, 59, 119, 246
> 
> autrichiens, 105-107, 460, 472, 480, 480
> 
> aqueduc d’acre, illustration, 360 ; mentionné, 345,
> ‘aynu’l-mulk (i’tidádi’d-dawlih), voir shir Khán
> 
> ayyúb (Job), voir muh∂ammad-Taqí, h∆ájí, de nayriz
> 
> arabes, prise d’acre par les, 295
> 
> azalís, partisans de mírzá yah∂yá, à Bagdad, 269-270 ;
> 
> ararat, mont, 207
> 
> à acre, 311, 314, 317, 346-347, 356 : meurtre à
> 
> aras (araxes), rivière, 19
> 
> acre, 343, 345, 351-352, d’ispahan, 312 ; activités
> 
> arbre de vie (anísá’), 55, 446
> 
> à istanbul, chap. 40 ; mentionnés, 259, 426
> 
> arche de l’alliance, 446
> 
> azerbaïdjan, 88, 107 236 259 293 334 343 367 462 -
> 
> arche de dieu, 403
> 
> histoire locale de la foi, inédite, 259
> 
> arche de noé, 206
> 
> ‘az∂ím (mulla shaykh-‘alí), de Turshíz, rôle crucial
> 
> archives internationales bahá’íes, 34, 140, 189, 247n
> 
> dans l’attentat contre le chah 95, 122 ; mort dans le
> 
> ardikán, 504
> siyáh-Chál, 123 ; mentionné, 84, 110
> 
> ardistán, 494
> 
> ‘az∂ím-i-Tafrishí, áqá, exilé à acre, 301 ; emprisonné
> 
> ‘árif effendi, gouverneur d’acre, 397
> 
> après le meurtre des azalís, 356, mentionné, 349
> 
> ‘árif Páshá, Gouverneur d’andrinople, 277n
> 
> ‘azíz Páshá, vice-gouverneur d’andrinople. 255 ;
> 
> arméniens, 216
> 
> visite Bahá’u’lláh et ‘abdu’l-Bahá quand il est
> 
> arthur, Président (usa), 474
> 
> vali de Beyrout, 255 ; met en œuvre le bannisse-
> 
> as súq al abyao (the white Bazar), 345, 390
> 
> ment de Bahá’u’lláh à acre, 277 ; mentionné, 258
> 
> as’ad effendi, remplaçant du gouverneur d’acre, 380
> 
> ‘azízu’lláh, mírzá (shaykh), oncle of Bahá’u’lláh, 57,
> 
> as’ad effendi, qá’im maqám de nazareth, 396
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> ‘azízu’lláh-i-Jadhdháb, áqá, envoyé à istanbul par
> Bahá’u’lláh défend la, 267 ; mentionné, 44, 123,
> 
> Bahá’u’lláh, 424-425, 426
> 
> 191, 452
> 
> Bábís, illustrations, 222, 264 ; mullá h∆usayn attire les
> 
> B
> 
> premiers croyants, 50, 51, 54 ; à la conférence de
> 
> Báb, le (siyyid ‘alí-muh∂ammad), généalogie paternel-
> 
> Badasht, 61-65 passim, attaqués à niyálá, 65 ;
> 
> le, 430 ; naissance et lignée, 19, 438, anniversaire
> 
> rejoignent mullá h∆usayn dans la marche avec le
> 
> de naissance, 438 ; pèlerinage aux villes saintes
> 
> drapeau noir, 68, recherchent la sécurité dans
> 
> d’irak, 88 ; déclaration, circonstances et significa-
> 
> shaykh ∏abarsí, 68 ; groupe arrêté avec
> 
> tion, chap. 4 ; lettres-du-vivant, 47 ; donne sa
> 
> Bahá’u’lláh à ámul, 75, 78-79 ; début des persécu-
> 
> mission à mullá h∆usayn, 48, 69, pèlerinage à
> 
> tions, 81, 92, héros intoxiqués de dieu, 44 ; inter-
> 
> la mecque, 48, 443 ; emprisonment, 19 ; relation
> 
> prètent mal le message du Báb concernant mírzá
> avec la conférence de Badasht, 61 ; ordonne à
> 
> yah∂yá, 83, conseils de Bahá’u’lláh aux, 95, tenta-
> 
> mullá h∆usayn d’aider quddús, 68 ; épître à h∆ájí
> 
> tive contre la vie du chah, et suites, 95-97, 101,
> 
> mírzá aqási, 71-72 : envoie ses Tablettes et ses
> 
> 103 ; comportement dans le siyáh-Chál, 102-103 ;
> 
> effets personnels à Bahá’u’lláh, 84-85 ; descrip-
> 
> martyrs de 1852, chap. 17 ; attaque des bábís de
> 
> tion de son parchemin en forme de pentacle. 84-85,
> 
> Tákur, 110 -111 ; bábís de Kirmánsháh rencon-
> 
> ses paroles et ses instructions à shaykh hasan-i-
> 
> trent Bahá’u’lláh, 127 ; conditions de vie, à
> 
> zunúzi, 88 ; son martyre, 19, 81, 85, 87, 91, 92,
> 
> Bagdad, 129, 130, 133, 135, 137, 139, 143-146
> 
> 462 ; son corps récupéré et caché, 85, 87-88, 107 ;
> 
> passim, 147, 148, 155 ; ressuscités par
> 
> désir de Bahá’u’lláh de se sacrifier pour lui, 147,
> 
> Bahá’u’lláh, 182 ; nombre à Bagdad, 126, 152 ;
> 
> importants événements de son ministère, 81 ; son
> 
> attaquent les opposants, 150, Bahá’u’lláh conseille
> alliance, 263 ; salutations approuvées par lui,
> 
> à quelques-uns de quitter Bagdad, 160 ; efforts
> 
> 274 ; dalá’il-i-sab’ih (les sept preuves), 269 ;
> 
> pour protéger Bahá’u’lláh à Bagdad, 166, 167-168,
> 
> Kitáb-i-Bayán (persan), 377, voir Bayán ; écrits
> 
> 172-173, 173 ; Persans obtiennent la nationalité
> 
> abandonnés par mírzá yah∂yá, 246 ; processus
> 
> ottomane, 173, désespérés en apprenant le départ
> 
> catastrophiques prévus 236, son sépulcre (mauso-
> 
> de Bahá’u’lláh de Bagdad, 179 ; tristes à cause du
> 
> lée), 338, 401, voir mausolée du Báb, rêve de sa
> 
> départ de Bahá’u’lláh, 191 ; dans le jardin de
> 
> femme avant son mariage, 372, quelques membres
> 
> rid∂ván (Bagdad), 196 ; noms de ceux qui partirent
> 
> de sa famille qui acceptèrent sa foi, 429-431, voir
> 
> pour istanbul, 180 : pressés de donner leur vie à
> 
> afnán, d’autres qui acceptèrent la foi, 443 ; sa
> 
> istanbul, 223 ; plus de bábís arrivent à istanbul et
> 
> seconde femme, 443 ; gardien de sa maison, 432 ;
> 
> quelques-uns s’en vont, 225, 256 passim, 263,
> archives de sa maison, 440, 444, épisode de la
> 
> 265 ; souffrances physiques en allant à andrinople
> 
> naissance de la femme de ‘abdu’l-Bahá, 367 ;
> 
> et sur place, 226, 240 ; la vie à andrinople, 242,
> 
> mentionné, 59, 67, 71, 77, 84n, 88, 92, 102, 103,
> 
> 244, 256, 258 ; résultats de la trahison de mírzá
> 
> 105, 107, 123, 135, 159, 175, 176, 187, 252, 269,
> 
> yah∂yá, 245, 252-253 ; réunions avec Bahá’u’lláh à
> 
> 338, 370-374 passim, 432
> 
> andrinople, 242-243, 244, 248, 253, 256, 258,
> 
> Bábá-iskí, Turquie, 36
> 
> 260, 265 ; à Bagdad quelques-uns cessent toute
> 
> Bábá Khán, bábí de Tákur, 111
> 
> relation avec les azalís, 269 ; on les appelle
> 
> Bábíe, religion et révélation, shoghi effendi résume les
> 
> bahá’ís, 274 ; mentionnés, 121, 127, 179. 223, 290
> 
> principaux événements, 236 ; premier choniqueur,
> 
> Bábul (Bárfurúsh), 46, 68
> 
> 107, chronique-histoire de, 259 ; opposition de
> 
> Bábu’l-Báb, voir h∆usayn-i-Bushrú’í, mullá
> amír Kabír, 91, 92 ; menacée à Bagdad, 137 ;
> 
> Bábulsar (mashhad sar), 110
> 
> crise de la défection de mírzá yah∂yá 246, rupture
> 
> Badasht, conférence de, chap. 8, 236, 367, mentionnée,
> 
> temporaire mais protégée par l’alliance du Báb,
> 
> 67, 68
> 
> 263 ; Bahá’u’lláh prêt à se sacrifier pour, 147 ;
> 
> Badí‘ (áqá Buzurg), illustrations, 321, 329 ; chap. 33
> 
> Badí‘, langue, 136
> 
> index
> 
> Badí’ih Khánum, exilée à acre, 302
> 
> Bahá’u’lláh, 454 ; voir « peuple de Bahá »
> 
> Badí’u’lláh, mírzá. fils de Bahá’u’lláh, 270, exilé à
> 
> Bahá’íyyih Khánum, la Plus-sainte-feuille, illustra-
> 
> acre, 300 ; avertissements de Bahá’u’lláh, 442
> 
> tion, 373 ; naissance, 33 ; exilée à acre, 300 ; au
> 
> Badrí-Ján (Badr-i-Jahán), femme de mírzá yah∂yá,
> 
> temps du mariage de ‘abdu’l Bahá, 375 ; son
> 
> révèle la tentative d’empoisonnement de
> cadeau pour le départ des afnán, 444 ; sa tombe
> 
> Bahá’u’lláh, 247 ; exilée à acre, 301 ; envoyée à
> 
> sur le mt Carmel, 338
> 
> Chypre, 362, mariages de ses filles, 362 ; mention-
> 
> Baháristán, bâtiment du parlement iranien, 328, 473
> 
> née, , 258 , 349, 356
> 
> Bahá’u’lláh (mírzá h∆usayn ‘alíy-i-núri) : titres,
> 
> Bagdad, illustration, 130, plan de la ville, 151 ; des-Jináb-i-Bahá, 61, Gloire
> de dieu, 22 ; famille,
> 
> cription de, 129, visite de Bahá’u’lláh en 1851, 88,
> 
> enfance et jeunesse (1817-1844) : ascendance,
> 
> arrivée de mírzá yah∂yá et de son oncle, 110, début
> 
> chap. 1 ; naissance, 22, 35 ; père, 27, 29, 33 ; sou-
> 
> de l’exil de Bahá’u’lláh, 129 ; son retour de
> 
> tien de son père, 32, 33, 41 ; mère, 29 ; famille,
> 
> sulaymáníyyih, 147, 237 ; sa maison dans le quar-
> 
> chap. 2 ; voir index pour les noms des parents ; tier Karkh, 150n ; il attire
> nobles et notables, 148,
> 
> enfance et jeunesse, chap. 3 ; son propre rêve, 35 ;
> 
> 149, 176, 380 ; il visite les cafés, 172 ; peuple de,
> 
> à propos de, 233, apparence dans son enfance, 36 ;
> au moment de son départ, 191, 196, 197 ; quelques
> 
> qualités personnelles, 37 ; éducation, 36, 57, 334 ;
> 
> bábís cessent toute relation avec les azalís, 269 ;
> 
> visite yálrúd, 37, 38 ; réponds aux questions, 38 ;
> 
> bahá’is envoyés à mosul, 270, voir mosul ; arrivée
> 
> premier marriage, 39 ; illustration du certificat de
> 
> de Badí’, 322 ; premières années de la mission de
> 
> mariage, 40 ; a l’estime du premier ministre, 39,
> 
> Bahá’u’lláh, 408 ; mentionnée 141, 217, 219n,
> 
> 41, Téhéran, núr, et Kerbéla (1844-53) : personna-
> 
> 223, 237
> 
> lité et activités, 52-53, 57 ; résidences, à Téhéran.
> 
> Bahá’is, illustration, 275 ( voir aussi bábís) ; attitude 33, 81- 82, à Tákur, 35
> ; reçoit un manuscrit du
> 
> envers l’iran, 19 ; à Bagdad, 269 ; leur arrivée à
> 
> Báb, 53-55 ; Propage la religion bábíe dans le
> 
> andrinople inquiète, 272, 277 ; bahá’ís de Bagdad
> 
> mazandéran, 57-58 ; premier emprisonment, chap.
> 
> envoyés à mosul, 270, voir mosul ; les bábis
> 
> 7 ; à la conférence de Badasht, chap. 8, 367 ; atta-
> 
> deviennent bahá’ís, 274 ; les fonctionnaires
> qué à niyálá, 64-65 ; voyage à núr, 67,
> 
> d’andrinople inscrivent les noms, 276 ; circons-
> 
> muh∂ammad sháh ordonne son arrestation et sa
> 
> tances du bannissement à acre, 279-284 ; adden-
> 
> mort, mais meurt, 67, 68 ; à Bandar Jaz, 67, 68 ;
> 
> da ii ; à Gallipoli, 284 ; voyage vers acre, 287-
> 
> visite shaykh ∏abarsí, 69 ; à l’intention d’y reve-
> 
> 288, 292 ; contact avec nabíl à alexandrie, 289,
> 
> nir, 69, 75 ; emprisonné et bastonné à ámul, chap.
> 
> 291-292 ; emprisonnés dans la citadelle d’acre,
> 
> 11 ; étend son hospitalité aux bábís de Téhéran,
> 
> 295. 299-300 ; noms de ceux qui entrent dans la
> 
> chap. 12 ; envoie un message au Báb et reçoit la
> 
> citadelle, 300-302 ; conditions d’emprisonment,
> 
> réponse, 83 ; reçoit les Tablettes et les effets per-
> 
> 309, 311-313 ; bahá’is persans cherchent des infor-
> 
> sonnels du Báb, 84-85 ; parchemin du Báb avec les
> 
> mations sur Bahá’u’lláh, 312, 314 ; pèlerins à acre
> 
> variations du mot « Bahá », 85 ; indique les diffé-
> 
> 314, 316-318, 364, 372 ; meurtre des azalís à acre
> rentes caches pour les restes du Báb, 87-95 ; ren-
> 
> et emprisonnement des bahá’is, 351, 349-357 ; les
> 
> contre amir Kabir, 87, 117 ; année passée à
> 
> innocents du meurtre relâchés, 359 ; activités hos-
> 
> Kerbéla et dans les villes saintes, chap. 13, 117 ;
> 
> tiles des azalís à istanbul, chap. 40 ; Bahá’u’lláh
> 
> son rang est reconnu par shaykh h∆asan-i-zunúzí,
> 
> célèbre les bahá’ís de Perse, 416-417 ; Bahá’u’lláh
> 
> 88 ; conseille ‘abdu’l-vahháb, 117 ; actions et
> 
> parle aux pèlerins et aux résidents de Bahjí, 439,
> 
> arrestation après la tentative d’assassinat du chah,
> 
> au jardin de Junaynih, 441-442 ; son exhortation,
> 
> 97-98 ; innocenter de cette action 95, 98, 109,
> 
> 449 ; tentatives pour exterminer les bahá’ís de
> 
> 122 ; emprisonné pendant quatre mois dans le
> 
> Perse, 456 ; cesser toute résistance armée, 457 ;
> 
> siyáh-Chál, 98, chap. 16, 109, 111, 118, 121-123,
> 
> nature spirituelle des pétitions présentées à
> 
> 131, 236 ; encourage ‘abdu’l-vahháb avant son
> 
> Bahá’u’lláh, 467 ; au temps de l’ascension de
> martyre, 118 ; importants visiteurs dans sa prison,
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> 101 ; naissance de sa révélation, 103, 104, 334 ;
> 
> comme femme pour ‘abdu’l Bahá, 369 ; demande
> 
> condamné à la prison à vie, 109, 121 ; tentative de
> 
> à son frère pour cette union, 369 ; mariage empê-
> 
> l’assassiner, 121 ; libéré du siyáh-Chál, 121-123 ;
> 
> ché, 369 ; arrivée des oncles du Báb, 432 ; écrits
> 
> aides et conseils mírzá áqá Khán-i-núri, 121,
> 
> de Bagdad : chap. 24 ; voir index, Part 1, pour les
> 
> 123 ; banni de Perse. 123, 124, 126 ; Bagdad
> 
> écrits décrits ; enseignements concernant : le rang
> 
> (1853-63) : voyage jusqu’à Bagdad et son sens,
> 
> de l’homme, 183-185,190 ; étapes dans sa
> 
> 124, 126-127, 129 ; résidence, 129, 191 ; relations
> 
> recherche spirituelle, 186 ; signes de dieu dans la
> 
> avec les bábís d’irak : son intention de régénérer la
> 
> création, 189 ; nature des manifestations de dieu,
> 
> communauté, 131, 148 ; sa réussite. 182 ; se tour-
> 189 ; campagne pour l’éloigner de Bagdad, 169 ;
> 
> ner vers lui pour être guidé, 130-131, 133-134,
> 
> le sultan refuse de l’expulser des territoires turcs,
> 
> 135, 145 ; les avertit et les encourage, 132 ; décrit
> 
> 177 ; demande aux compagnons d’obtenir la natio-
> 
> leur condition et leur conduite, 139, 146, 147 ; les
> 
> nalité ottomane, 173 ; on lui propose la protection
> 
> individus qu’il a sauvé, 153-158 ; demande à la
> 
> de la citoyenneté britannique, 177 ; célèbre naw-
> 
> plupart de quitter Bagdad, 160 ; leurs efforts pour
> 
> rúz et révèle la Tablette du saint-nautonnier,
> 
> le protéger, 165, 166, 172 : il leur rend visite, 174,
> 
> 178 ; invité à istanbul par le Gouvernement otto-
> 
> 179 ; il établit les fondations de la communauté,
> 
> man, 178-179 ; préparation du voyage, 179 ; noms
> 
> 236 ; les réconforte en partant pour istanbul, 179 ;
> 
> de ceux qui choissisent d’émigrer, 180 ; poussé par
> 
> ses relations avec mírzá yah∂yá et ceux qui le sui-
> 
> sa mission, 182 ; quitte Bagdad et s’arrête au jar-
> 
> vent : s’occupe de mírzá yabyá dans sa jeunesse,
> din de rid∂ván, 191 ; sens révélé dans la Tablette de
> 
> 83, 247 ; lui conseille de retourner en Perse, 130,
> 
> rid∂ván (citée), 192-196 ; déclaration de sa mis-
> 
> 246 ; est l’objet de la jalousie et de l’opposition,
> 
> sion, 236 ; circonstances obscures, 195 ; descrip-
> 
> 131, 135, 137, 144 ; lui conseille de voyager
> 
> tion de la fête de ridván, 196-197 ; námiq Páshá
> 
> ouvertement jusqu’à istanbul, 205 ; opposition de
> 
> visite le jardin et écrit aux fonctionnaires, 196 ;
> 
> mírzá Buzurg Khán et de shaykh ‘abdu’l-
> 
> signes d’autorité divine, 198, istaanboul et
> 
> h∆usayn : 160-161, 163, 166, 169, 176 ; tentative
> 
> andrinople (1863-68) : départ avec son escorte
> 
> d’assassinat, 161, 172 ; tentative de lancer la guer-
> 
> manière de voyager, 198-199 ; illustration d’un
> 
> re sainte, 166, 169 ; les rêves du shaykh, 165 ;
> 
> palanquin, 199 ; description des étapes et des évé-
> 
> dévoile son rang : à mírzá áqá Ján, 132-134 ; à
> 
> nements du voyage, 198-218 ; carte, 202 ; tâches
> 
> h∆ájí mírzá Kamálu’d-dín, 135-136 ; mírzá
> des compagnons et conditions physiques, 200-201,
> 
> muh∂ammad ‘alíy-i-nahri reconnaît son rang,
> 
> 208, 214 ; accueil chaleureux et respect montré par
> 
> 368 ; grands personnages attirés par lui : 135,
> 
> les autorités pendant le voyage, 203-207 passim, 148,162-164, 168, 175,
> 176-178, 477 ; influence et
> 
> 209-210, 214-218 passim ; quelques actions de
> 
> célébrité : 149-150, 152, 161, 163, 164, 174, 177,
> 
> Bahá’u’lláh pendant le voyage, 204-216 passim ;
> 
> 179, 191, 368 ; ses relations avec les chefs reli-
> 
> sa vie en danger, 213 ; révèle súriy-i-hawdaj,
> 
> gieux : 167-168, 171-172, 174 ; accepte de faire un
> 
> 217 ; arrive à istanbul, 218-219 ; résidences, 219,
> 
> miracle, 167-168, 260 ; loue shaykh murtidáy-i-
> 
> 221 ; relations avec les officiels et les notables,
> 
> ansári, 171 ; désire rencontrer les religieux, 172 ;
> 
> 219, 220-221 ; 223, 224, 227. 232, 213-14, 466-
> 
> répond à mírzá muh∂iπ, 176 ; mírzá áqá Ján com-
> 
> 468, 469 ; observations sur l’état de la ville, 230 ;
> 
> mence son travail de serviteur et secrétaire, 134 ;
> 
> banissement à andrinople, 221 ; réaction à l’exil,
> conseille la pratique de la prière « qui, hormis
> 
> 221, 223-224 ; mort du bébé fille, 225 ; renvoie
> 
> dieu… », 137, de deux versets, 162 ; décide de
> 
> quelques disciples, 225 ; Tablettes révélées à
> 
> s’isoler, 137, 139 ; son but, 140 ; résidence à
> 
> istanbul, 227, 237 ; conseille le sultan
> 
> sylaymáníyyih : 139-140, 236 ; compose une ode,
> 
> ‘abdu’l‘azíz dans la súriy-i-mulúk (citée), 228-
> 
> 142, 176, 320, 440 ; calligraphie, 142 ; célébrité,
> 
> 232 ; mots pour et concernant h∆ájí mírzá h∆usayn
> 
> 142, 145 ; retourne à Bagdad, 140, 143 ; raison de
> 
> Khán, 233-234 ; sens de son séjour à istanbul, 234-
> 
> son retour, 145 ; envisage la fille de son frère
> 
> 237 ; le voyage vers andrinople, 226-227, 240 ;
> 
> index
> 
> décrit andrinople 227, 239 ; en europe, le plus
> 
> sainte, chap. 31 ; condamné au bannissement per-
> 
> loin de son pays natal, 239 ; résidences pour lui et
> 
> pétuel et à une stricte incarcération, 309-311 ; pré-
> ses compagnons, 240, 243, 253, 255, 256, 258,
> 
> dit qu’il plantera sa tente sur le mt Carmel, 387,
> 
> 261, 263 ; conditions de vie difficiles, 240-242 ;
> 
> 390 ; transformation progressive de l’attitude des
> 
> incident de ‘alí Big, l’officier, 240 ; proclamation
> 
> officiels et des habitants, 311-312, 359-361, 363-
> 
> de sa mission et de sa révélation, 236, 242, 266-
> 
> 364, 380, 387, 391, 397 ; prière révélée pour la
> 
> 267, 319, 408 ; révélation prolifique de tablettes,
> 
> mort de trois compagnons, 312-313 ; pour la gué-
> 
> 256, 265-267 ; opposition, subversion, et finale-
> 
> rison d’un autre, 314 ; pour nabíl, 317 ; bahá’ís de
> 
> ment rébellion de mírzá yah∂yá et de ses disciples,
> 
> Perse découvrent où il est et certains tentent de le
> 
> 242, 244-248, 249-252, 254 ; référence à siyyid
> 
> voir, 314, 316-317 ; le premier qui réussit, 316 ;
> 
> muh∂ammad-i-is∂fahání, 242 ; malade suite à
> 
> prédit l’arrivée en sécurité des pèlerins, 316 ; pro-
> 
> empoisonnement, 247 ; ses compagnons : leur
> 
> clamation aux dirigeants du monde continue, 319-
> bonheur, 242, 244, 256 ; son association avec, 242,
> 
> 320, 378 ; reçoit Badí’, lui confie la mission de
> 
> 248, 253, 256, 258, 260, 265, 272, 284 ; conseille
> 
> porter la lettre au chah, révèle une épître pour lui,
> 
> de faire du commerce, 243 ; nécessité de prendre
> 
> 323, 324 ; références à Badí’ et titre conféré, 327 ;
> 
> soin les uns des autres, 248 ; conseillés de faire
> 
> extraits de l’épître au chah et sa réaction, 334-
> 
> confiance à dieu, 253 ; chagrinés de sa réclusion,
> 
> 335 ; mort de mírzá mihdi, son dernier vœu, cha-
> 
> 253 ; prière d’áqá rid∂á, 254-255 ; quelques-uns
> 
> grin de son père, prière à sa mémoire et louanges,
> 
> sont renvoyés, 276 ; anxieux lorsque Bahá’u’lláh
> 
> chap. 34 ; est sorti de la citadelle, 341 ; résidences
> 
> est banni, 282, 285 ; les prévient du futur, 316 ;
> 
> à l’intérieur des murs de la ville, 342, 343, 361 ;
> 
> quatre sont envoyés à Chypre, 293 ; les autres exi-
> 
> machinations de trois azalís, 343-349 : interdit la
> 
> lés à acre, 300-303 ; informe officiellement
> 
> vengeance et s’isole, 349, 351, 356 ; meurtre des
> mírzá yah∂yá de sa mission, 252 ; rupture définiti-
> 
> azalís, 351 ; emmené au palais du gouverneur,
> 
> ve avec mírzá yah∂yá, 252, 262 ; sa réclusion et rai-
> 
> interrogé, retenu pendant trois jours, 352-355 ; ses
> 
> son pour, 252, 253, 255 ; attitude du gouverneur et
> 
> réponses pendant son interrogation, 355-356 ; ani-
> 
> de son adjoint, 233, 265, 276-277 ; accepte l’invi-
> 
> mosité de la population, 357 ; reçoit ah∂mad Big
> 
> tation du gouverneur, 265, 383 ; explique pourquoi
> 
> Tawfiq, suggère la restauration de l’aqueduc et de
> 
> il accepte les calamités et prévoit le triomphe de sa
> 
> reconsidérer la situation des prisonniers, 360, 361-
> 
> cause, 256 ; arrivée d’autres bahá’ís, 256, 258,
> 
> 362 ; reçoit l’allégeance de shaykh mahmúd, 363-
> 
> 262n, 263, 265, 270, 276 ; révèle un puissant aver-
> 
> 364 ; mariage de ‘abdu’l-Bahá : rêve de sa future
> 
> tissement, 258 ; explique que les miracles sont des
> 
> femme, chap. 37 ; Kitáb-i-aqdas : le termine,
> 
> tests de foi, 260 ; établit son ascendance sur mírzá
> 
> 377 ; sa portée et son sens, 377-379 ; contient les
> yah∂yá, 261-262 ; promet à mírzá yah∂yá le pardon
> 
> lois fondamentales, 377 ; décrit les institutions de
> 
> de dieu, 263 ; révèle lawh-i-sult∂án pour nás∂iri’d
> 
> l’ordre mondial, 377-378 ; reçoit as’ad effendi,
> 
> dín shah, 265, 267, 319, 3334-335 ; fait allusion à
> 
> 380 ; est autorisé à vivre en dehors de la ville, 381 ;
> 
> la fin de son séjour à andrinople, 272 ; bannit à
> 
> circonstances de son installation à mazra’ih, 383-
> 
> acre avec ses compagnons. 276-284, 479, 481 ;
> 
> 387 ; jardin de rid∂ván (na’mayn) son lieu de
> 
> refuse les propositions des consuls étrangers, 279-
> 
> retraite préféré, 387 ; s’installe dans le manoir de
> 
> 282 ; événements à Gallipoli, 284-287 ; avertisse-
> 
> Bahjí (1879), 389 : sa vie au manoir, 389-390 ;
> 
> ment au sultan et prophétie concernant
> 
> rend visite aux compagnons à acre, ainsi qu’aux
> 
> andrinople, 285, 378 ; voyage vers acre, 288-
> 
> jardins proches, aux villages et aux collines, 389-
> 
> 293 ; contact avec nabíl à alexandrie, 291 ; acre
> 
> 390 ; reçoit un général européen, 392 ; offre l’hos-
> et Bahjí (1868- 92) : entre dans la Plus-Grande-
> 
> pitalité à sir valentine Chirol, 394 ; réplique à
> 
> Prison, 295 ; liste des exilés qui l’accompagnent,
> 
> mírzá yúsuf, mustawfiyu’l mamálik, 471 ; mort
> 
> 300-303 ; leur installation, 299-300 ; première
> 
> et funérailles d’ásíyih Khánum, 395-396 ; généro-
> 
> réunion avec officiels, 299 ; sens de l’exil en Terre
> 
> sité envers ses opposants, 397 ; cadeaux aux valis,
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> 397 ; ordonne aux bahá’ís de cesser la résistance
> 
> sultan informé de l’ascension, 445 ; le « soleil de
> 
> armée, 457 ; visite haïfa, 398, 401, 432n ; deman-
> 
> Bahá » continue à briller et à revivifier les
> 
> de à ‘abdu’l-Bahá de construire le mausolée du
> 
> hommes, 445 ; sa religion triomphe, 445 ;
> 
> Báb, 401 ; révèle la lawh-i-Karmel, (citée) 402-
> 
> Testament nommant ‘abdu’l-Bahá comme Centre
> 
> 405 ; condition future du mt Carmel, 404 ; est
> 
> de l’alliance et interprète du verbe, 445 : titres
> impatient d’annoncer sa révélation à toutes les
> 
> donnés à ‘abdu’l-Bahá, 445 ; sens de l’alliance
> 
> villes, 404 ; reçoit e. G. Browne, qui le décrit et
> 
> léguée dans son testament et termes du testament,
> 
> cite ses paroles, 398-400 ; ‘abdu’l Bahá : protège
> 
> 446-449 ; définit le rôle de sa famille, 449 ; per-
> 
> son père, 405, 407-408, 441 ; une épître révélée
> 
> sonnes présentes au temps de l’ascension, 449,
> 
> quand il visite Beyrout, 405-406 ; rang de ‘abdu’l-
> 
> 454 ; contraste entre sa vie, sa mort, et celles de ses
> 
> Bahá expliqué, 377-378, 405-406, 442, 449 ;
> 
> adversaires, 452 ; enterrement, 452 ; Tablette de
> 
> écrits : y consacre ses dernières années, 407-409 ;
> 
> souvenance, 452 ; pièce du mausolée renforcé,
> 
> classés par le Gardien, 409, par mírzá abu’l fad∂l,
> 
> 462 ; son ascension termine période sans égale
> 
> 410 ; Tablettes énonçant les principes, 409 ; son
> 
> dans l’histoire religieuse, 454 ; sens de cet événe-
> 
> dernier livre, épître au fils du loup 409-410 ;
> 
> ment, 454 ; sa vie et ses actions, quelques aspects :
> quantité et authenticité, 410 ; paroles sans égales,
> 
> parle de lui et de ses sentiments, 136, 137-141,
> 
> 14 ; ennemis à istanbul : noms, 411 ; décrit les
> 
> 147 ; ses souffrances, 79, 98-99, 101, 102, 104,
> 
> activités hostiles des azalís, 411-414, des officiels
> 
> 123-124, 126, 129, 137, 139, 140, 141, 146, 147,
> 
> persans. 417-418 ; envoie h∆ájí shaykh
> 
> 232, 246, 262, 266, 309, 334, 357, et son but en les
> 
> muh∂ammad ‘alí de qazvín à istanbul, 419 ; invité
> 
> supportant, 448 ; son courage, 97, 150, 166-168.
> 
> plus tard à acre, 421 ; commande à áqá mírzá
> 
> 172, 173, 182, 261 ; son humour, 58, 174, 197,
> 
> muhsin-i-afnán de soulager, 421, mais le h∆ájí doit
> 
> 220 ; sa colère, 37, 137, 214, 442 ; effets causés
> 
> revenir, 423, envoie d’autres s’opposer aux accusa-
> 
> par sa voix et sa personne, 58, 88, 133, 136, 156,
> 
> tions et régler les affaires, 423 ; demande à áqá
> 
> 161, 172, 368, 399 ; attitude envers les messagers
> 
> siyyid ah∂mad-i-afnán de partir, 424 ; dernières
> 
> de dieu, 37, 38, 190, 378 ; mains de la Cause
> années attristées par les intrigues, 427 ; famille de
> 
> nommées par, 34, 50, 424 ; noms donnés à
> 
> áqá mírzá áqá núri’d-dín : appelée en terre sain-
> 
> qurratu’l-‘ayn, 47, 62 ; bábís à Badasht, 62 ;
> 
> te, 432 ; à haïfa quand le groupe arrive (1891),
> 
> mírzá áqá Ján, 132 ; mullá muh∂ammad-i-zarandí,
> 
> 432 ; les accueille, 432 ; voir habibu’lláh afnán,
> 
> 153 ; áqá siyyid ismá’íl-i-zavári’í, 157 ; Badí’,
> 
> h∆ájí mírzá, pour des réunions de famille avec
> 
> 327 ; fátimih Khánum, 372 ; shaykh Kázim de
> 
> Bahá’u’lláh ; attristé par la mort des sept martyrs
> 
> qazvín, 414 ; áqá mírzá áqá, 429, voir ismu’lláh
> 
> de yazd, 436 ; commente les actes de Jalálu’d
> 
> (le nom de dieu) ; futur de la Perse et de Téhéran,
> 
> dawlih, zillu’s sulπán, et des qadjar, 436-437 ;
> 
> 19, 378.
> 
> explique le rôle des martyrs, 443-444 ; révèle
> 
> Bahjí, illustrations : le manoir et ses bâtiments
> 
> lawh-i-dunyá, 437 ; parle du Báb et de lui-même,
> 
> annexes, 391 ; balcon et peintures murales, 393 ;
> 438-439 ; compare les attitudes tyranniques du sul-
> 
> pièce de séjour de Bahá’u’lláh, 398 ; son divan et
> 
> tan ‘abdu’l‘azíz et du chah nás∂iri’d dín, 439 ;
> 
> son taj, 399 ; hall central du manoir, 404, vue
> 
> processus de la révélation expliqué et illustré, 440 ;
> 
> aérienne des bâtiments d’origine, 405 ; manoir
> 
> chevauche jusqu’au jardin de Junaynih, 441 ;
> 
> avant que les jardins actuels soient plantés, 440 ; le
> 
> envoie les bahá’ís accueillir ‘abdu’l-Bahá, 441,
> 
> manoir aujourd’hui, 443 ; vue aérienne en mai
> 
> 442 ; conseille à ses fils d’être fermes, 442 ; parle
> 
> 1979, 450 ; le mausolée de Bahá’u’lláh les pre-
> 
> de mírzá yah∂yá, de la mère du Báb, des religieux
> 
> mières années, 451 ; entrée du mausolée aujour-
> 
> chiites, et de mullá ‘alíy-i-sabzivári, 443 ; prévoit
> 
> d’hui, 453 ; palais de ‘abdu’lláh Páshá, 342, 385,
> 
> que toutes les nations entreront dans la cause, 443 ;
> 
> 389 ; aqueduc, 360n ; manoir bâti par ‘udi
> 
> explique le long règne de násiri’d dín shah, 444 ;
> 
> Khammár, 389 ; manoir acheté pour Bahá’u’lláh,
> mais le stigmatise, 456 ; ascension et testament :
> 
> 389 ; sa vie à Bahjí, 390, 437-444 ; visite de e.G.
> 
> index
> 
> Browne, 398 ; Bahá’u’lláh revient d’un séjour à
> 
> Bouddha, 137
> 
> haïfa (1891), 437 ; ascension et enterrement de
> 
> Bourée, nicolas, ministre français à istanbul, 481
> 
> Bahá’u’lláh, 449, 452 ; voir mausolée de
> 
> Branche, la-Plus-Pure-, la, voir mihdí, mírzá
> 
> Bahá’u’lláh ; mentionné, 392, 394, 423
> 
> Braunschweig, Graf von, premier diplomate allemand
> 
> Bahman mírzá, Prince, 39
> 
> à Téhéran, 460n, 474
> 
> Bahrám mírzá, Prince (mu’izzu’d-dawlih), 72
> 
> Britannique, flotte devant acre (1840), 297 ; Traité de
> 
> Bakhtíyárí, territoire, 31 ; chef, 328
> 
> Paris (1856), 316 ; construit le système télégra-
> 
> Ballois, m. de, ministre français à Téhéran, 460, 461
> 
> phique en Perse (1864), 465 ; frontière persane
> Balouchistan. 464
> 
> avec le Balúchistán, 465 ; bureau télégraphique à
> 
> Balyuzi, h.m., journal de son père, cité, 477n
> 
> Julfá, 311 ; visites de nás∂iri’d-dín sháh, 469
> 
> Bandar ‘abbás, 464
> 
> (1873), 475 (1889) ; docteurs pendant la guerre de
> 
> Bandar Jaz (Bandar Gaz), 67
> 
> 1877-8, 483 ; influence à Téhéran (1884), 460 ;
> 
> Báqir, mullá, bábí qui soutient Bahá’u’lláh, 159-160
> 
> obtient le passage libre sur la rivière Karún, 474 ;
> 
> Báqir, ustád, voir muh∂ammad Báqir-i-Kásháni, áqá mandat pour la
> Palestine, 298, 345 ; mentionné,
> 
> (ustád)
> 
> Báqir-i-Káshání, h∆ájí (makhmal Báf), 226
> 
> Britanniques, représentants diplomates, andrinople,
> 
> Báqir-i-Káshání, ustád, 180
> 
> 280, addenda ii passim ; Bagdad, 176 ; diyárbakr,
> 
> Báqir-i-shírází, mírzá, écrit un traité réfutant les pré-
> 
> 212n, 213 ; istanbul, 212-213n, 213 ; Tabriz, 259 ;
> 
> tentions de mírzá yah∂yá, 263 ; note biographique,
> Téhéran, 72, 459, 461
> 
> Britannique, société pour la Propagation de l’évangi-
> 
> Báqir-i-Tabrízí, mullá, lettre-du-vivant, 75, 84, 274
> 
> le, 480
> 
> Baraπallih, irak, étape du voyage depuis Bagdad, 204
> 
> Browne, edward Granville, siège de Plevna lui donne
> 
> Bárfurúsh, voir Bábul
> 
> envie de faire des études orientales, 287 ; traduc-
> 
> Bas∂rah, 167, 172, 246
> 
> tion de l’épître à Badí’, 324-325 ; effet de la défec-
> 
> Bayán, 50, 61, 133, 145, 266, 274, 377
> 
> tion de mírzá yah∂yá, 246 ; visite acre et décrit sa
> 
> Bayd∂ún, ‘abdu’l-Ghani, 342 ; famille, 389n
> 
> renconte avec Bahá’u’lláh, 398, 401 ; décrit sa ren-
> 
> Bayt-i-‘abbúd, voir maison de ‘abbúd
> 
> contre avec ‘abdu’l-Bahá, 406-407 ; décrit siyyid
> 
> Bayt-i-fanduq, haïfa, où Bahá’u’lláh séjourna, 400
> 
> Jamálu’d-dín à londres, 476 ; mentionné 418, 424
> 
> Bayt-i-zahlán, haïfa, Bahá’u’lláh séjourna à côté, 401
> Bukhárá, 424
> 
> Bellew, dr, orientaliste, 466
> 
> Bulgarie, 483
> 
> « Bien-aimé des martyrs », voir h∆usayn, mírzá
> 
> Bulwer, sir henry, ambassadeur britannique à istanbul,
> 
> Benjamin, premier americain envoyé en Perse, 474
> 
> 213n, 213
> 
> Berdjis, mas‘ud. 142n
> 
> Buq‘atu’l-h∆amrá’(le lieu vermeil), colline près de
> 
> Berlin, 378
> 
> Bahjí, 391
> 
> Beyrouth, visite de ‘abdu’l-Bahá, 405-406 ; vilayet de
> 
> Burj al-Kummandar, acre, 360n
> 
> Beyrouth, 398n ; afnán marié à une fille de
> 
> Burju’s-sulπán, tour des croisés à acre, 353n ; illustra-
> 
> Bahá’u’lláh à, 414 ; mentionné, 297
> 
> tion, 354
> 
> Bibliothèque nationale, Paris, 426
> 
> Buisson ardent, 404
> 
> Bihjatu’s-s∆udúr, cité, 323
> Burújird, 31
> 
> Bilál ibn ribáh∂, premier muezzin de l’islam, 290n
> 
> Búshihr (Bouchir), 432, 460
> 
> Birkás, Turquie, 226
> 
> Bustán-i-Kabír, jardin à mazra’ih, 390
> 
> Bismarck, Prince, homme d’état allemand, 460
> 
> Buyúk Khánum, voir ásiyih Khánum
> 
> Blunt, John e., British consul à andrinople, addenda ii
> 
> Búyúk Chakmachih, Turquie, 226 ; illustration du
> 
> passim
> 
> pont, 227
> 
> Boghos agha, dirigeant protestant d’andrinople, 479
> 
> Buzurg, h∆ájí mírzá, frère de h∆ájí mírzá habibu’lláh
> 
> Bombay, 27, 189, 414, 431, 496
> 
> afnán, 431, 437, 438, 440
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Buzurg-i-vazír, mírzá (‘abbás-i-núrí mírzá), père de
> 
> Chevaliers de saint-Jean (hospitaliers), 298
> 
> Bahá’u’lláh, illustration, 26 ; origine du nom. 27-
> Chihríq, où le Báb fut emprisonné, 61, 84, 88
> 
> 28 ; ancêtres. 27n ; famille, 29-34 ; père de
> 
> Chiites, chiisme : zaydí, 25 ; en irak, 48, 261 ; clergé,
> 
> Bahá’u’lláh, 27, 35, 36 ; nommé vizir, 28, et sa
> 
> 81, 260, 443, 502, 504 ; doctrine, 171n ; attente du
> 
> réussite, 32n ; amitié avec mírzá abu’l-qásim, 31,
> 
> qá’im, 188 ; mujtahids qui recommandent la mort
> 
> 39 ; inimitié de h∆ájí mírzá áqásí, 28, 31-32 ; gou-
> 
> de Badí’, 327, et refusent de répondre à l’épître au
> 
> vernorat, 31 ; sa dernière femme divorce, 32, 34 ;
> 
> chah de Bahá’u’lláh, 327, 333, 335 ; « église-
> 
> difficultés financières et autres, 32-33 ; décès
> 
> état », 456 ; mentionné, 305, 449
> 
> (1839) et enterrement, 33 ; calligraphie : illustra-
> 
> Chíkíshlíyár, près de l’embouchure de la rivière atrak,
> 
> tion, 36, voir 28, 35, 41 ; maisons de, à Téhéran.
> 
> 32, 33, 35, à Tákur, 32, 35 ; personnalité décrite,
> 
> Chine, 129, 486, 465
> 
> 53 ; mentionné, 110
> Chiraz, déclaration du Báb, 43-46 passim, 236 ; pre-Buzurg Khán-i-qazvíní,
> mírzá, consul persan à
> 
> mier martyr bábí, 189 ; épître de ‘abdu’l-Bahá
> 
> Bagdad et sa campagne contre Bahá’u’lláh, 160,
> 
> concernant mírzá yah∂yá, 205 ; munírih Khánum
> 
> 163, 165 ; ‘abdu’l-Bahá parle de ses complots,
> 
> s’y arrête en route vers acre, 370 ; mentionné, 18,
> 
> 166-167, promesse de shaykh ‘abdu’l-h∆usayn,
> 
> 19, 71, 115-118 passim, 131, 365, 431-432, 458, 169 ; rappelé en Perse il
> continue sa vendetta,
> 
> 495, 501
> 
> 176 ; raison de sa révocation, 181 ; mentionné,
> 
> Chirol, sir valentine, conte sa visite en Perse (1884),
> 
> 174, 176, 416, 477
> 
> 458-462 ; en Terre sainte, il est reçu par
> 
> Buzurg-i-afnán, h∆ájí mírzá, cousin du Báb à hong-
> 
> Bahá’u’lláh, 394 ; cité à propos du général
> 
> Kong, 397
> 
> Gordon, 488
> 
> Byzantins, 239
> 
> Chosroes i, roi sassanide, 27, 455n
> Chrétiens, Christianisme : croisés, 295, 298, 305 ; rois
> 
> C
> 
> de la chrétienté à qui s’adresse Bahá’u’lláh, 267 ;
> 
> Caire, le 265, 272, 449
> 
> au temps du bannissement de Bahá’u’lláh
> 
> Califat, 25, 235-236
> 
> d’andrinople, 281 ; épître adressée à, 409 ; au
> 
> Cambridge, Bibliothèque universitaire de, 418
> 
> temps de l’ascension de Bahá’u’lláh, 449 ; monas-
> 
> Camerloher, m. de, consul autrichien à andrinople,
> 
> tère sur le mt Carmel, 402 ; mentionnés, 204, 209,
> 
> 212, 213, 226, 305, 314, 341, 347
> 
> Cananéenne, 295, 390
> 
> Christ, voir Jésus, le Christ
> 
> Carmel, mont, illustration, 296 ; prophéties bibliques
> 
> Citadelle, la (la Plus-grande-Prison), acre, illustra-
> 
> sur, 307 ; prédiction de Bahá’u’lláh concernant,
> 
> tions : extérieur, 312, pièce occupée par
> 
> 387, 390 ; lawh-i-Karmil révélée, 402 ; Badí’
> Bahá’u’lláh, 313 ; description de, 298, 306 ;
> 
> reçoit l’épître au sháh, 324 ; Bahá’u’lláh indique
> 
> Bahá’u’lláh et ses compagons emprisonnés, 295 ;
> 
> le site pour le mausolée du Báb, 401 ; sa tente au
> 
> liste des exilés à acre, 300-302 ; partie réservée à
> 
> pied du, 432, 432n ; les restes de la Branche-la-
> 
> Bahá’u’lláh et sa famille, 298 ; mort de trois exi-
> 
> Plus-Pure et de sa mère portés sur, 338 ; mention-
> 
> lés, 309, 312 ; sévérité de l’imprisonnement et son
> 
> né, 316, 317, 389, 392, 486
> 
> atténuation, 309, 311-313 ; arrivée des pèlerins,
> 
> Caspienne, mer, 25, 458, 461, 470, 474
> 
> 314, 316-317 ; Bahá’u’lláh et les exilés sortent de,
> 
> Catafago, Kháji louis, agent consulaire français, acre,
> 
> 341 ; mentionnée, 394
> 
> 346 ; son fils César, 346
> 
> Chúpán, dr, 247
> 
> Catherine la Grande, Tsarine de russie, 455
> 
> Chypre, mírzá yah∂yá banni à, avec sa famille et quatre
> 
> Celui que dieu manifestera, 103-104, 368
> bahá’ís. 276, 293 ; exil de áqá ‘abdu’l-Ghaffár,
> 
> Césarée, 341
> 
> 293 ; exil de mullá adi Guzal, 293 ; nabíl visite,
> 
> Chahbar (Cháhbahár), 464
> 
> 317 ; Badri Ján y est envoyée, 362 ; décès de
> 
> mírzá yah∂yá. 452 ; mentionné, 343, 346
> 
> index
> 
> Circassiens, 485
> 
> Caire, 265, 272, 289-290, 427 ; à damas, 311 ; en
> 
> Cité de dieu, 404
> 
> europe, 316 ; à istanbul, 413, 416, 417, 421, 426,
> 
> Colonie des « Templiers » allemands, haïfa, 401, illus-
> 
> 480, voir ∆h∆usayn Khán, h∆ájí mírzá ; à izmir, 288 ; tration, 401
> 
> à londres, 477
> 
> Congo, 488
> 
> diyáláh, rivière, 201
> 
> Congrès de Berlin, 471
> 
> d∆iyárbakr (diyarbakir). Turquie, étape du voyage
> 
> Constantin le Grand, 219
> depuis Bagdad, 205, 210-211
> 
> Constitution (Perse), 328, 473, 477
> 
> d∆iyá’u’lláh, mírzá, fils de Bahá’u’lláh, illustration,
> 
> Consuls des Puissances étrangères, à andrinople, 279-
> 
> 264 ; naissance, 244 ; exilé à acre, 301 ; avertisse-
> 
> 281, 479-480, d’irak et d’égypte, 281
> 
> ment de Bahá’u’lláh, 442
> 
> Cosaques, russes, 484 ; Brigade, iran, 328
> 
> dí∆yá’u’lláh, mírzá, frère de h∆ájí mullá h∆abibu’lláh
> 
> Croisés, acre leur capitale, 295 ; leurs constructions
> 
> afnán, 431, 438
> 
> dans la citadelle, 298 ; Burju’s-sulπán, tour à acre,
> 
> d∆íyá’u’s-saltánih (sháh Bigum), femme de mírzá
> 
> 353n ; st-Jean- d’acre, 305
> 
> Buzurg, 30 ; divorce et règlement du mariage, 32-
> 
> Ctésiphon, 17
> 
> Curzon, lord. 394
> 
> dizfúl. Perse, 502
> 
> doktoroglu, sami, 48n, 491
> D
> 
> dolgorouki, Prince, ministre russe en iran, son rôle
> 
> dabíru’l-mulk, consul persan à Bagdad, 157
> 
> dans la libération de Bahá’u’lláh in 1852, 121,
> 
> damas, 290n, 297, 311. 394, 449 ; vilayet de damas,
> 
> 122 ; légation officielle qui accompagnes
> 
> 398n
> 
> Bahá’u’lláh à Bagdad, 124
> 
> damávand, mt, 17
> 
> druzes, 295, 449
> 
> daniel, le Prophète, 19
> 
> dúst-‘alí Khán (mu‘ayyiru’l-mamálik), 101
> 
> danube, districts du, empire ottoman, 480
> 
> dúst-muh∂ammad Khán, 101n
> 
> darius, roi achéménide, 19
> 
> dúst-Khurmátú (Tuz Khurmátú), irak, étape du voya-
> 
> dárkalá, 57
> 
> ge depuis Bagdad, 203
> 
> dáru’l-funún, collège, instituté par amír Kabír, 93,
> 
> E
> 
> dasht-i-Kavír, 17
> 
> eau de rose, Bahá’u’lláh en parle, 440
> 
> dasht-i-lút, 17
> 
> ecbatane, 19
> 
> david, le Psalmiste, 306, 307
> 
> écritures, bahá’íes, catégories listées, 409, 410 ; éten-
> 
> dawúdí, siyyid, notable de Bagdad, 148, 152
> 
> due de 408, 410, 446
> 
> dayyán, voir asadu’lláh, mírzá, of Khuy
> 
> édirne, voir andrinople
> 
> déclaration de Bahá’u’lláh, 195-196, 236
> 
> edward vii, 475
> 
> dhabíh∂, voir ismá’íl-i-zavári’í, áqá sivyid
> 
> égypte, relation historique avec acre, 295, 297, déten-
> 
> dhabíh, voir muh∂ammad-ismá‘íl-i-dhabíh∂-i-Kásháni
> 
> tion de h∆ájí mírzá haydar ‘alí. 272, 289 ; empri-
> 
> dhikru’lláh, mírzá. fils de mírzá muh∂ammad-qulí,
> 
> sonment de nabíl, 289-292 ; mentionnée, 124,
> 
> exilé à acre, 301
> 129, 216, 219n, 258, 265, 488-489 passim, 476
> 
> dieu, pouvoirs et signes de, 190 ; face de, 402 ; trône
> 
> elbourz chaîne de l’, 17
> 
> établi sur mt Carmel, 404
> 
> élie, grotte d’, mt Carmel, 402
> 
> dili-‘abbás, irak, étape du voyage depuis Bagdad, 201
> 
> elizabeth i, reine d’angleterre, 459
> 
> dilík-Tásh, Turquie, étape du voyage depuis Bagdad,
> 
> elliot, mr, ministre britannique à istanbul. 479
> 
> émir de qá’inát (mir’alam Khán), 318, 466
> 
> diplomates persans : à acre, 343, 346 ; à Bagdad, 129,
> 
> erzeroum (erzerum), Turquie, 160
> 
> 149, 157, voir Buzurg Khán-i-qazviní, mírzá ; au
> 
> esfia (‘isfiya), village druze, mt Carmel. 487
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> esslemont, dr J. f., 390
> 
> fáπimih, fille de muh∂ammad, 38, 183, 372
> 
> « étendard noir », 68
> fáπimih, exilée à acre, 302
> 
> éthiopie, 290n
> 
> fáπimih Bigum, mère du Báb, accepte la foi, 443
> 
> euphrate, fleuve, 17, 210, 215
> 
> fáπimih Khánum, voir munírih Khánuni
> 
> europe : Puissances interviennent à acre (1840), 297 ;
> 
> fáπimih Khánum afnán, 189
> 
> trois visites de nás∂iri’d-dín shah, 469, 470, 471,
> 
> fáπimih sulπán Khánum, femme de mírzá músá, exilée
> 
> 474, 475 ; légations à Téhéran (1884), 460 ; admi-
> 
> à acre, 301
> 
> nistateurs européens à Téhéran (1884), 460-461 ;
> 
> fáπimih sultán Khánum, fille de mírzá Buzurg, 30
> 
> besoin de paix, 400 ; mentionnée, 481
> 
> fayd∂í Páshá, gouverneur d’acre, 380
> 
> euxine (mer noire), 217
> 
> fín, près de Káshán, 93
> 
> firaydún mírzá (farmán-farmá), 32, 71, 116n
> 
> F
> 
> firayját, irak, étape du voyage depuis Bagdad, 198
> fád∂il-i-mazandéraní, 423
> 
> firdaws, 208
> 
> fád∂il-i-∏ihrání, célèbre enseignant bahá’í, 162
> 
> firdaws, jardin de, près d’acre, 390
> 
> fád∂lu’lláh, mírzá (niz∂ámu’l mamálik), 369
> 
> foi, miracles sont des tests pour la. 260
> 
> fad∂lu’lláh, mírzá, exilé à acre, 301
> 
> foi bahá’íe, berceau de la, 19 ; fruit révélations précé-
> 
> fad∂lu’lláh-i-núrí, mírzá (vazír-niz∂ám), 176
> 
> dentes, 124 ; heure de la manifestation, 376-404 ;
> 
> fakhru’d-dín, chef druse, 295, 298
> 
> indiscrétions des disciples à istanbul, 272 ; déjoue
> 
> famagouste, 82, 362, 492
> 
> les intrigues des azalís d’istanbul, 427 ; l’alliance
> 
> famille de Bahá’u’lláh (la sainte famille), voyage
> 
> la protège, 466 ; aucun lien avec la sédition, 223 ;
> 
> d’exil à Bagdad, 124, 126 ; entend parler de
> 
> rôle des martyrs, 437 ; les gouvernements ne peu-
> 
> Bahá’u’lláh à sulaymáníyyih, 140 ; part au jardin
> 
> vent la vaincre, 233 ; succès, 445 ; shoghi effendi
> de rid∂ván (Bagdad), 197 ; accompagne
> 
> en cite les principaux événements, 236 ;
> 
> Bahá’u’lláh à istanbul, 179 ; à acre, 316, 374 ;
> 
> mushíru’d-dawlih change d’opinion sur, 467-468,
> 
> précepteurs des fils, 438 ; aghsán, 442, 448, 449 ;
> 
> 469 ; au temps de l’ascension de Bahá’u’lláh, 454 ;
> 
> au temps de l’ascension de Bahá’u’lláh, 454
> 
> Bahá’u’lláh promet que le monde entier l’accep-
> 
> faraj-i-sulπánábádí, áqá, exilé à acre, 302 ; arrêté lors
> 
> tera, 443 ; archives internationales, 33, 140, 188,
> 
> du meurtre des azalís, 356
> 
> 247n
> 
> faraju’lláh-i-Tafrishí, h∆ájí, exilé à acre, 302 ; arrêté france, 455, 481
> 
> lors du meurtre des azalís, 357
> 
> françois-Joseph, empereur, 378
> 
> farhád mírzá, h∆ájí (mu’tamidu’d-dawlih), 30n, 470,
> 
> fu’ád Páshá, Keçeci-zádih muh∂ammad, illustration,
> 
> 277 ; ministre ottoman des affaires étrangères,
> 
> fáris, médecin à alexandrie, 291
> 177 ; ordonne le bannissement de Bahá’u’lláh à
> 
> farmán (édit) du sultan ‘abdu’l-‘azíz. illustration,
> 
> andrinople, 221, 277 ; note biographique, 495 ;
> 
> 310 ; 236, 2309-311, 363, 385. 406, 449
> 
> mentionnée, 481,493
> 
> farmán-farmá, gouverneur de fars, 116
> 
> furúghíyyih Khánum, fille de Bahá’u’lláh, 392, 414
> 
> farrant, Colonel. chargé d’affaires britannique, 91
> 
> farrukh Khán-i-Ghaffári (aminu’d-dawlih). de
> 
> G
> 
> Káshán, envoyé persan en europe, 316 ; son fils
> 
> Gabriel, ange, 37
> 
> devient bahá’í, 316n ; mentionné, 318
> 
> Gallipoli, illustration, 283, Bahá’u’lláh et ses compa-
> 
> fárs, province de Perse, 32, 81
> 
> gnons s’y arrêtent en route vers acre, 284, 284-
> 
> fath∂-‘alí, mírzá (fath∂-i-a’z∂am), 285 ; note biogra-
> 
> 285, 287 ; mentionné, 267, addenda ii passim ;
> 
> phique, 494
> 
> addenda iii, 483
> fath∂-‘alí shah, 28, 30, 116n, 224n, 472, 493
> 
> Garmrúd, 504
> 
> fath∂u’lláh-i-qumí, mullá, martyr de 1852, 95-96, 109
> 
> Gawhar Khánum, exilée à acre, 301
> 
> index
> 
> Gawhar-shád, mosquée de, 17-18
> 
> sim
> 
> Getsinger, lua, célèbre enseignante bahá’íe, 119
> 
> h∆ájibu’d-dawlih, voir ‘alí Khán, h∆ájí
> 
> Ghulám-‘alí, áqá, of Káshán, 441
> 
> h∆akím, dr lutfu’lláh. 166
> 
> Ghulám-‘alí, mírzá. neveu de Bahá’u’lláh, 113
> 
> h∆akímu’l-mulk (mírzá ‘alí naqí), 472
> 
> Ghulám-h∆usayn, áqá, de shúshtar, rencontre
> 
> hamadán, 19, 140, 159, 476n, 503
> 
> Bahá’u’lláh à Kirmánsháh, 127
> 
> hamdamu’l-mulk (hamdamu’s-saltanih), fille d’amír
> 
> Gílán, province de Perse, 17, 110, 456
> 
> Kabír, 93
> Gi’uk Tappih (Geok Teppe), 463-464
> 
> hammám al-Páshá, illustration, 315 ; mentionné. 316,
> 
> Ghánim, shaykh, mausolée de, 345
> 
> Goldsmid, sir frederic, 464-466
> 
> h∆amzih mírzá (h∆ishmatu’d-dawlih), gouverneur-
> 
> Gordon, Charles George, général, en Terre sainte, 392 ;
> 
> général du Khurásán, 68 ; refuse d’exécuter le
> 
> décrit par Chirol et oliphant, 487-489 ; note bio-
> 
> Báb, 462 ; reconquiert hirát, mais perd marv, 462 ;
> 
> graphique, 489
> 
> note biographique, 496
> 
> Goumoens, von, captaine, rapporte les martyrs des
> 
> h∆asan ághá, père de mustafá núri Páshá, 503
> 
> bábís, 105-106 ; mentionné, 107
> 
> h∆asan effendi, capitaine turc, 284
> 
> Gouvernorat (Palais du gouverneur, seraye), acre :
> 
> h∆asan, h∆ájí, de Tabriz, rencontre Bahá’u’lláh à
> 
> 345, 352-354, 359, 363n
> 
> Bagdad, 497
> Grecs, 295
> 
> h∆asan Khán (sálár), se rebelle au Khurásán, 91
> 
> Gardien de la foi bahá’íe, voir shoghi effendi
> 
> h∆asan Khán, h∆ájí mírzá (Khabíru’l-mulk), illustra-
> 
> Guerre mondiale, Première, 466
> 
> tion, 415 : peut-être azalí, décapité à Tabriz (1896),
> 
> Guillaume 1er, de Prussie et d’allemagne, 378, 460n
> 
> Gul-i-Guláb, voir h∆asan, mírzá
> 
> h∆asan Khán, h∆ájí mírzá. consul persan au Caire, 265,
> 
> Gwadur (Gúwádur), dans le golf d’oman, 464, 465
> 
> 272, 289-291 passim
> 
> Gwatar (Gúwátar), ville et baie, 465
> 
> h∆asan Khán, mírzá (vazír-niz∂ám), frère de mírzá Taqí
> 
> Gyáwur Kyuy, village, Turquie, 267
> 
> Khán, 462
> 
> h∆asan, mírzá, frère de muh∂ammad Taqí Khán d’ámul,
> 
> H
> 
> h∆abíbih Khánum, exilée à acre, 302 ; mentionnée, 500
> h∆asan, mírzá (Gul-i-Guláb), soutien Bahá’u’lláh, 131 ;
> 
> hádí, áqá mírzá, père de shoghi effendi, 432
> 
> messager de shaykh murtidá vers Bahá’u’lláh,
> 
> hádiy-i-Javáhirí, h∆ájí mírzá, Persan de Bagdad, 161,
> 
> 163-164
> 
> h∆asan, mírzá (mustawfíyu’l-mamálik), 506
> 
> hádiy-i-nahrí, mírzá, récit de sa vie et de sa mort, 365-
> 
> h∆asan, mírzá (sulπánu’sh-shuhadá’), reçoit épîtres et
> 
> 367 passim
> 
> instructions de Bahá’u’lláh, 370 ; mentionné,
> 
> hadrien, empereur romain, 239
> 
> 365n, 368, 409
> 
> h∆áfiz∂, 18 ; cité, 19, 43, 49, 173, 199, 290, 439
> 
> h∆asan ághá, Turquie, étape du voyage depuis Bagdad,
> 
> hagar, 435n
> 
> haïfa. illustrations : Baie et ville avec mt Carmel, 296,
> 
> h∆asan-‘alí, h∆ájí mírzá (Khál-i-as∂ghar), oncle mater-
> 
> colonie « templière » allemande, 401, mausolée du
> nel du Báb, 187, 189
> 
> Báb, 402, carte de haïfa en 1880, 401, carte des
> 
> h∆asan-‘alí Khán-i-qájár, commande l’attaque de
> 
> lieux saints bahá’ís, 433 ; développement de, 298 ;
> 
> Tákur, 110, 113
> 
> Bahá’u’lláh arrive, 293, 400 ; colons bahá’ís à,
> 
> h∆asan-‘alí mírzá (shujá’u’s-saltanih), 28
> 
> 316 ; quatre visites de Bahá’u’lláh, 400-401, 432,
> 
> h∆asan-i-‘amú, mullá, envoyé par les oulémas voir
> 
> 434n ; visite de midh∂at Páshá, 405n ; le groupe des
> 
> Bahá’u’lláh, 167-168, 172
> 
> afnán arrive (juillet 1891), 432 ; climat et maladie
> 
> h∆asan al-Basrí, voyant du début de l’islam, 290n
> 
> à, 435 ; visite du général Gordon, addenda iv pas-
> 
> h∆asan-i-hakím Báshrí, h∆ájí mírzá, hôte de
> 
> Bahá’u’lláh à Kerbéla, 132
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> h∆asan-i-Khamsi’í, martyr de 1852, 109
> 
> l’exil de Bahá’u’lláh à acre, 234 ; informe les
> h∆asan-i-Khu’í, 75
> 
> consuls persans d’irak et d’égypte que la protec-
> 
> h∆asan-i-Khurásání, siyyid (h∆asan-i-rad∂avi, h∆ájí
> 
> tion turque est retirée, 310 ; agit pour s’assurer de
> 
> mírzá), martyr de 1852, 109
> 
> la dureté de l’emprisonnement à acre, 312 ; chah
> 
> h∆asan-i-Kujúrí, h∆ájí, 111
> 
> lui envoie l’épître qu’il a reçue de Bahá’u’lláh,
> 
> h∆asan-i-Turk, h∆ájí, soutien Bahá’u’lláh à Bagdad, 157
> 
> 326 ; commandé de se rendre à Bagdad pour y
> 
> h∆asan-i-zunúzí, shaykh, secrétaire du Báb, 67 ; recon-
> 
> recevoir le chah, 466 ; arrestation et libération de
> 
> naît Bahá’u’lláh à Kerbéla (oct. 1851), 88
> 
> shaykh salmán, et effet des pétitions bahá’íes sur
> 
> háshim, h∆ájí mullá, religieux chiite, 154
> 
> Bahá’u’lláh, 466-469 ; devient grand vizir, 468 ;
> 
> háshim Khán, h∆ájí. fonctionnaire de Chiraz, 468
> 
> organise la concession reuter, 469 ; révoqué
> 
> háshim-i-‘aππár, h∆ájí, marchand de Bagdad qui accep-
> 
> comme grand vizir, 470-471 ; devient ministre des
> te Bahá’u’lláh, 131, 163
> 
> affaires étrangères, 470 ; postes suivants et décès,
> 
> h∆avvá Khánum, femme de mírzá músá, exilée à
> 
> 472 ; chah obtient de l’argent pour sa propriété,
> 
> Bagdad, 301
> 
> 472 ; son frère hérite de son titre, 473 ; Bahá’u’lláh
> 
> hayát-qulí Khán. gouverneur de Karand, 127
> 
> lui pardonne dans l’épître au fils du loup, 233-
> 
> h∆aydar-‘alí, h∆ájí mírzá, arrive à andrinople, 258 ;
> 
> 234, et dans une autre épître, 234 ; note biogra-
> 
> banni au soudan, 271, 274 ; nabíl fait appel de sa
> 
> phique, 496 ; mentionné, 164, 219, 221, 223, 267,
> 
> détention, 289 ; libéré, 392 ; mémoire cité concer-
> 
> 471, 477, 505, 506
> 
> nant Badí’, 324, et mushíru’d-dawlih, 466 ; men-
> 
> h∆usayn Khán (niz∂ámu’d-dawlih, s∆áh∂ib-ikhtíyár),
> 
> tionné, 341
> 
> gouverneur de fárs, 71
> 
> h∆aydar-‘alí uskú’í, mírzá. auteur d’une histoire de la
> 
> h∆usayn, mírzá (mah∂búbu’sh-shuhadá’), 365n, 368,
> foi en azerbaïdjan, 259
> 
> 370, 409,
> 
> herat (hirát), 460, 462
> 
> h∆usayn, le Promis, 88
> 
> hindíyán. 494
> 
> h∆usayn ‘alíy-i-isfahání, áqá, marchand à istanbul,
> 
> h∆isámu’s-saltanih, voir sulπán murád mírzá
> 
> h∆ishmatu’d-dawlih, voir hamzih mírzá
> 
> h∆usayn ‘alí, Khayyát-i-Káshání (Khayyát-Báshi),
> 
> hizárjaríb, district de Perse, 67
> 
> émigre à istanbul, 180 ; exilé à acre, 303 ; assassi-
> 
> hong-Kong, 397, 414
> 
> né à acre, 356, mentionné, 226, 244, 248
> 
> hongrie, 505
> 
> h∆usayn ‘alí, mírzá, voir Bahá’u’lláh
> 
> h∆ujjat (mullá muh∂ammad ‘alíy-i-zanjání), porte une
> 
> h∆usayn ‘alí mírzá (farmán farmá), 116n, 149
> 
> épître du Báb au premier ministre, 71 ; battu à
> 
> h∆usayn ‘alí, sivyid, bábí de Bagdad, 269
> zanján, 81, 92, mentionné, 103, 494
> 
> h∆usayn aqáy-i-qahvih-chí, de Tabriz, exilé à acre
> 
> húlágú Khán, 219n
> 
> 301 ; arrêté après le meurtre des azalís, 352, 357
> 
> h∆uqúqu’lláh, 424
> 
> h∆usayn-i-ashchí, áqá, illustrations, 12, 264 ; vie et
> 
> h∆urúf-i-h∆ayy, voir lettres-du-vivant
> 
> souvenirs, 13, 14 ; caractère et dévouement, 352 ;
> 
> h∆usayn, imam. 92, 154, 338, 425, 441n, 443, 444,
> 
> émigre à istanbul, 181 ; cuisinier de Bahá’u’lláh,
> 
> 492 ; mausolée de, 88
> 
> 242, 244, 270, 279 ; exilé à acre, 302 ; oncle d’un
> 
> h∆usayn Khán, h∆ájí mírzá (mushíru’d-dawlih), illus-
> 
> pélerin à acre, 316, 318, participe au meurtre de
> 
> tration, 235 ; ambassadeur persan à istanbul. 160 ;
> 
> trois azalís, 351, 356 ; note biographique, 497 ;
> 
> son rôle dans le départ de Bahá’u’lláh de Bagdad,
> 
> mentionné, 200, 214, 369
> 
> 177, 470 ; Bahá’u’lláh intercède pour un persan à
> 
> h∆usayn-i-Bagdadí, visite andrinople, 265
> ma’dan-i-mis, 212 ; insiste pour que Bahá’u’lláh
> 
> h∆usayn-i-Bushrú’í, mullá (Bábu’l-Báb), raconte la
> 
> soit banni à andrinople, 221 ; Bahá’u’lláh l’admo-
> 
> déclaration du Báb, 44-46 ; reçoit du Báb mission
> 
> neste, 233 ; loue Bahá’u’lláh et ses compagnons
> 
> d’aller à Téhéran, 48, 49-50, 69 ; son voyage, 49-
> 
> lorsqu’il est à istanbul, 224 ; son estime pour
> 
> 51 ; arrive et accomplit sa mission, 51-54 ; le Báb
> 
> mishkín-qalam and sayyáh∂, 272 ; responsable de
> 
> lui demande d’aider quddús, 68 ; les bábís se joi-
> 
> index
> 
> gnent à lui sous l’étendard noir, 68 ; à shaykh
> 
> 180, assassiné à acre, 356, mentionné 200, 254
> 
> ∏abarsí et décès, 55, 69, 92 ; mentionné, 103, 365
> 
> ‘id al-ad∂h∂á, al-, fête musulmane, 204, 435n
> 
> h∆usayn-i-is∂fahání, áqá (mírzá), voir mishkín-qalam iláhíyyih, Turquie,
> étape du voyage depuis Bagdad,
> 
> h∆usayn Ján-i-milání, martyr de 1852, 108, 110
> 
> h∆usayn-i-Káshání (Káshi), áqá siyyid, émigre à
> ilyás abyad, maison de, haïfa, où Bahá’u’lláh séjour-
> 
> istanbul, 180 ; renvoyé chez lui depuis
> 
> na, 401
> 
> andrinople, 197 ; mentionné, 200, 226
> 
> ‘imádu’d-dawlih, voir imám qulí mírzá, prince
> 
> h∆usayn-i-Kátib, siyyid, de yazd, lettre-du-vivant et
> 
> imams, 25, 129, douzième, 188 ; voir ‘alí, h∆usayn, martyr de 1852, 76, 107
> 
> rid∂á (imams)
> 
> h∆usayn-i-Khurásání, mullá, martyr de 1852, 109, 470
> 
> imám-qulí mírzá, Prince (‘imádu’d-dawlih), gouver-
> 
> h∆usayn-i-mutavallíy-i-qumí, mírzá. déserte à ∏abarsi,
> 
> neur de Kirmánsháh, 416, 473n
> 
> 122 ; attitude dans le síyáh-Chál et histoire,
> 
> imám-virdí mírzá, fils de fath∂-‘alí shah, 28
> 
> 102,122 ; condamné à la prison à vie mais banni,
> 
> imám-zádih h∆asan, mausolée de, où fut caché le corps
> 
> 109 ; inquiétude pour la sécurité de Bahá’u’lláh,
> 
> du Báb, 87
> 
> 172 : tablette révélée pour, 173
> 
> lnde, 177, 365, 465, 502
> h∆usayn-i-najjár, áqá mírzá, exilé à acre, 302 ; parti-
> 
> institut de langues orientales, st-Petersbourg, 324
> 
> cipe au meurtre des trois azalís, 351, 356
> 
> intiz∂ámu’s-salπanih, dévouée à ‘abdu’l¬Bahá, 34
> 
> h∆usayn-i-naráqí, áqá, rejoint le voyage partant de
> 
> irak, tombe de mírzá Buzurg, 33 ; fief des religieux
> 
> Bagdad, 212
> 
> chiites, 48 ; séjour de Bahá’u’lláh à Kerbéla et
> 
> h∆usayn-i-qas∂s∂ab, áqá, 225
> 
> dans les villes saintes, chap. 13 ; il choisit l’irak h∆usayn-i-rawdih-Khán,
> siyyid, dévoile à Bahá’u’lláh
> 
> pour son exil, 124, son séjour en Kurdistan irakien,
> 
> les complots contre lui, 172
> 
> chap. 21 ; visites des villes saintes par nás∂iri’d-
> 
> h∆usayn-i-sharif-i-Káshání, mírzá, épouse la fille de
> 
> dín sháh, 466 ; mentionné 17, 73, 130, 187, 188,
> 
> áqá muh∂ammad Táhir, 415 ; accusations contre,
> 
> 217, 232, 476n, 502, 503, 504
> 
> 426 ; fait chevalier, 427
> 
> irbíl (arbil, erbil), irak, étape du voyage depuis
> 
> h∆usayn-i-shírází, h∆ájí mírzá, banni au soudan, 258
> Bagdad, 204
> 
> h∆usayn-i-Turshízí, áqá siyyid, un des sept martyrs de
> 
> iris (yeshil irmak), rivière, 216
> 
> Téhéran, 75
> 
> isaïe (ésaïe), le prophète, 377
> 
> h∆usníyyih, exilé à acre, 302
> 
> íshán (« ils »), une désignation de Bahá’u’lláh, 142
> 
> h∆usníyyih Khánum, fille de mírzá Buzurg, 30
> 
> ‘ishqábád, 414, 506
> 
> islam, 63, 394, 476
> 
> I
> 
> ismá’íl Khán, mírzá, employé bahá’í de l’ambassade
> 
> ibn-álúsí, érudit sunnite attiré par Bahá’u’lláh, 148,
> 
> de Perse, istanbul, 425
> 
> ismá’íl Páshá, khédive d’égypte, 272, 289
> 
> ibn-i-as∂daq, main de la cause de dieu, 34, 50
> 
> ismá’íl, sháh, foundateur de la dynastie safavide, 19,
> 
> ibnu’l fárid∂, mystique égyptien, 142
> 
> ibráhím Big-i-Khurásání, martyr de 1852, 109
> 
> ismá’íl, shaykh, murshid soufi à sulaymáníyyih, 141
> 
> ibráhím Khán, mírzá, consul persan à Bagdad, 129,
> 
> ismá’íl, siyyid, présent à qom lorsque arrivent les
> 
> 149, 157n
> 
> effets personels du Báb, 85
> 
> ibráhím, mírzá, père du roi des martyrs et du bien-
> 
> ismá’íl-i-Káshi (Káshání), ustád, parmi les premiers
> 
> aimé des martyrs, 365, 366
> 
> pèlerins à acre, 316
> 
> ibráhím Páshá, conquiert acre mais est battu par la
> 
> ismá’íl-i-zavári’í, áqá siyyid (dhabih∂), son histoire,
> 
> flotte européenne, 297, 389n
> 
> son poème et son sacrifice, 155 ; mentionné, 225
> 
> ibráhím Páshá háqqí, gouverneur d’acre, 380
> 
> ismu’lláh (le nom de dieu), titre donné à plusieurs
> 
> ibráhím-i-Káshaní (Káshí) h∆ájí, émigre à istanbul,
> 
> personnes, 50n ; individus, 50, 288
> 
> ispahan, visite de mullá h∆usayn, 50 ; séjour du Báb,
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> 366 ; situation lors de la visite de Chirol, 459 ;
> 
> période la plus féconde du ministère de
> 
> mentionné, 18, 19, 328, 456 (province), 499
> 
> Bahá’u’lláh, 265-266 ; propriétaire espion du gou-
> 
> israël, 135
> 
> vernement, 277
> 
> istanbul : illustrations, vue du Bosphore, 220 ; mírzá
> 
> ‘izzat mullá, père de fu’ád Páshá, 495
> 
> musá et d’autres bábis, 200 ; usage des noms par
> 
> ‘izzat Páshá, gouverneur-général de Khárpút, 214
> 
> l’auteur, 14-15 ; mullá ‘alíy-i-Bastámí arrive,
> 
> ‘izzatu’d-dawlih, femme d’amír Kabír, 93, 181n
> 
> 48n ; ambassadeur persan, voir h∆usayn Khán, h∆ájí
> 
> mírzá ; Bahá’u’lláh invité à se rendre à istanbul,
> 
> J
> 
> 178, 220 ; sa famille et ses compagnons l’accom-
> 
> Jabal-Jubilah, sur les côteaux de mosul, 204
> 
> pagnent (liste), 180 ; sens de ce déplacement, 182 ;
> 
> Jadhdháb, voir ‘azízu’lláh-i-Jadhdháb, áqá Ja‘far
> détails du voyage, 191, 197-218, 261n, 285, 289 ;
> 
> aghá, élève mus∂tafá núri Páshá, 503
> 
> révélation de la súriy-i-hawdaj, 217 ; ministre bri-
> 
> Ja’far, mullá (Gandum-Pák-Kun), premier bábí
> 
> tannique, 210n, 212, 213n, 479 ; arrivée de
> 
> d’ispahan, 50
> 
> Bahá’u’lláh, 218-219, 234 ; description de la ville,
> 
> Ja’far-qulí Khán, hôte de Bahá’u’lláh en 1852, 97
> 
> 180 ; mosquées, 219-221 passim, 225, 243 ; per-
> 
> Ja‘far-i-Tabrizí, h∆ájí, se coupe la gorge quand
> 
> sonnes haut placées rendent visite à Bahá’u’lláh,
> 
> Bahá’u’lláh est banni à acre, 282 ; emmené à
> 
> 163, 219, 221, 224, 234 ; résidences de
> 
> acre, 293, 299 ; arrêté lors du meurtre des trois
> 
> Bahá’u’lláh et de ses compagnons, 219, 221 ; ses
> 
> azalís, 356 ; note biographique, 497 ; mentionné,
> 
> activités à, 219-220, 223, 224, 234 ; ses observa-
> 
> tions sur les habitants, 230, sur les dignitaires per-
> 
> Ja‘far-i-yazdí, áqá mírzá, émigre à istanbul, 180 ;
> sans, 234 ; ambassadeur persan est le centre de
> 
> exilé à acre, 302 ; participe au meurtre des trois
> 
> l’opposition, 232 ; description tardive par l’ambas-
> 
> azalís, 351, 356 ; mentionné, 200, 208, 214, 314,
> 
> sadeur de l’attitude de Bahá’u’lláh et des digni-
> 
> taires, 468 : contacts de Bahá’u’lláh avec h∆ájí
> 
> Jaffa, 292, 487
> 
> mírzá safá, 220-221, 223 ; son bannissement à
> 
> Jahángír mírzá, son réçit de la chute de h∆ájí mírzá andrinople, 221, 224,
> 227, 236, 481 ; décès de sa
> 
> áqási, chap. 10
> 
> fille en bas âge, 225 ; plus de bábis arrivent, 225-
> 
> Jakhjakh, rivière, 207
> 
> 226, certains sont envoyés au loin, 226 ; départ
> 
> Jalál, mírzá, gardien de la maison du Báb, 431
> 
> pour andrinople après un séjour de quatre mois,
> 
> Jaláli’d dín-i-rúmi, cité, 435, 478 ; mentionné, 240n,
> 
> 226, 227 ; Tablettes révélées, 227-228, 233, 236 ;
> 
> 434n
> 
> shoghi effendi évalue l’importance du séjour,
> Jalálu’d-dawlih (sulπán-h∆usayn mírzá), 409, 436-437
> 
> 235-236 ; bahá’ís partent d’andrinople pour
> 
> Jam de las Bailah, 465
> 
> contrer les malfaiteurs, 214 ; le Kitáb-i-Badí‘ réfu-
> 
> Jamál effendi (sulaymán Khán), 418n
> 
> te les accusations d’un juge d’istanbul , 267 ;
> 
> al-Jamál, famille, 389n
> 
> quelques bahá’ís et azalís quittent andrinople pour
> 
> Jamál, jardin de, 442
> 
> istanbul (leurs actions, leur arrestation, leur inter-
> 
> Jamál-i-Burújirdí, áqá (ismu’lláhu’l-Jamál), 51n
> 
> rogatoire, leur emprisonnement), 270, 272, 275,
> 
> Jamálu’d-dín-i-asadábádi, siyyid (afghání), illustra-
> 
> 293, 311 ; activités des azalís à istanbul, chap. 40 ;
> 
> tion, 473 ; hostile à la religion du Báb et de
> 
> attente des réfugiés et de l’armée en retraite après
> 
> Bahá’u’lláh, 411 ; personnalité et activités, 476 ;
> 
> la chute de Plevna, 485 ; mentionné, 240, 243,
> 
> rencontre nás∂iri’d-dín sháh, 475 ; exécuté à
> 
> 252, 287, 297, 305, 342, 378, 491, 493, 495, 496,
> Tabriz, 414, 415 ; mentionné, 478
> 
> 498, 500, 502, 504, 506
> 
> Jamshíd-i-Gurji (Bukhárá’i), áqá, note biographique,
> 
> i‘timádu’s-salπanih, voir muh∂ammad h∆asan Khán
> 
> 498 ; mentionné, 265, 270, 284
> 
> izmír, voir smyrne
> 
> Ján, Khánum, femme de mírzá muh∂ammad-qulí, exi-
> 
> ‘izzat áqá (Páshá), maison de, dernière résidence de
> 
> lée à acre, 301
> 
> Bahá’u’lláh à andrinople, 261 ; description, 263 ;
> 
> index
> 
> Ján, Khánum, femme de h∆ájí ‘alí askar-i-Tabrízí, exi-
> 
> Kamál Páshá, yúsuf, voir yusuf Kamál Páshá
> 
> lée à acre, 302
> 
> Kamálu’d-dín-i-naráqí, h∆ájí mírzá, 135
> 
> Jání, h∆ájí mírzá, arrêté à ámul, 75, 77 ; martyr de Kámrán mírzá
> (náyibu’s-saltanih), 27, 456, 461, 478
> 
> 1852, 108 ; mentionné, 50, 155, 181
> 
> Karand, village, 127
> 
> Javád, h∆ájí siyyid, lmám Jum’ih de Kirmán, 429
> Kerbéla, mort de h∆ájí mírzá áqási, 74 ; séjour de
> 
> Javád, le h∆at∂t∂áb, 145
> 
> Bahá’u’lláh, chap. 13 ; mírzá áqá Ján rencontre
> 
> Javád-i-Karbilá’í, h∆ájí siyyid, rencontre Bahá’u’lláh à
> 
> Bahá’u’lláh, 132-133 ; nabíl à, 152 ; mentionné,
> 
> Kerbéla (1851), 88 ; reconnaît le rang de
> 
> 46, 68, 117n, 131, 365, 466, 492, 501
> 
> Bahá’u’lláh à Bagdad, 131 ; parle à Bahá’u’lláh de
> 
> Karbilá’í, h∆ájí-Bábá, de zarqán, 418
> 
> sa visite aux oncles du Báb, 187
> 
> Karím Khán-i-zand, 18
> 
> Javád-i-Khurásání, mírzá, condamné en 1852, 132 ; à
> 
> Karkúk, irak, étape du voyage depuis Bagdad, 202-
> 
> Bagdad, 150
> 
> 203 ; mentionnée, 165
> 
> Javád-i-shirází, mírzá siyyid, marchand du Caire, 290
> 
> Kárún, rivière, 474
> 
> Javánmard, ustád, 25
> 
> Káshán, visite de mullá h∆usayn, 50 ; mort d’amir
> 
> Jaz (Gaz), village de Perse, 67
> Kabir, 93 ; mentionnée, 121, 498 passim, 502
> 
> Jazírih, étape du voyage depuis Bagdad, 207
> 
> Káshánih, Turquie, où fut commencée la súriy-i-rais,
> 
> al-Jazzár, mosquée de, acre, illustration, 360 ; men-
> 
> 267, 283
> 
> tionné, 345
> 
> Káz∂im Khán (niz∂ámu’l-mulk), 121, 470
> 
> Jazzár Páshá, voir ah∂mad Páshá
> 
> Káz∂im Khán-i-Turk (farrásh-Báshí), décrit les tortures
> 
> Jérusalem, 98, 281, 377
> 
> et la mort de Badí’, 330-333, 334
> 
> Jésus, le Christ, 20, 38, 47, 98, 137, 223, 338, 347, Káz∂im-i-rashtí, siyyid,
> 44n, 46, 50-52 passim, 59, 88, 400, 426, 451
> 
> 175, 365
> 
> Jiddah (Jaddih), 372
> 
> Káz∂im-i-samandar, mullá (shaykh), de qazvin, 234n,
> 
> Jináb-i-manshádí (muh∂ammad-Taqi, siyyid), 432
> 
> 414, 419
> 
> Jiwaní, 465
> 
> Káz∂imayn, souvent visité par Bahá’u’lláh, 117, 135,
> 
> Jonas, 204
> 147 ; mujtahids envisagent la guerre sainte, 166 ;
> 
> Jones, Commandant James f., 141
> 
> mentionné, 129, 131, 148, 157, 492
> 
> Jour de dieu, décrit par le Báb, 47-48 ; décrit par
> 
> Kemball, Colonel sir arnold Burrows, 176
> 
> Bahá’u’lláh, 192-195, 404, mentionné, 43, 45, 51,
> 
> Khabíru’l-mulk, voir h∆asan Khán, h∆ájí mírzá
> 
> Khabur, rivière, 207
> 
> Jour de la résurrection, 62, 63, 188
> 
> Khadíjih Bigum, femme du Báb, 188 ; rêve avant son
> 
> Judas, 446
> 
> mariage, 372 ; la première à accepter le Báb, 429 ;
> 
> Judaydah, irak, étape du voyage depuis Bagdad, 199-
> 
> vit dans la maison de h∆ájí mírzá siyyid-‘alí, 370,
> 
> 200, 201,202
> 
> 372 ; sa rencontre avec munirih Khánum, 370,
> 
> Juifs, 207, 449 ; voir prophètes hébreux
> 
> 372 ; mentionnée, 495
> 
> Junayníh, jardin de (mazra’ih), illustration du site, 436 ;
> Khadijih Khánum, mère de Bahá’u’lláh, 29 ; enfance
> 
> visité par Bahá’u’lláh, 441 ; mentionné, 390, 442
> 
> de Bahá’u’lláh, 35, 36 ; mentionné2, 28
> 
> Khalil mansúr (muh∂ammad ibráhim, áqá, de Káshán),
> 
> premier bahá’í à s’installer à haïfa, 316 ; note bio-
> 
> K
> 
> graphique, 498
> 
> Kaaba, céleste (Cité de dieu), 404
> 
> Khalíl-i-yálrúdí, mírzá, 113
> 
> Ka’b ibn zuhayr, 219n
> 
> Khán-i-afranj, acre, 345, 491
> 
> Kabri, source près d’acre, 360n
> 
> Khán-i-‘arab, andrinople, 240
> 
> Káká ah∂mad, saint kurde, 142
> 
> Khán-i-‘avámid (Jurayni, al-‘umdán), acre, illustra-
> 
> Kalát, Khán de, 464, 465
> 
> tion, 3342 ; carte, 344 ; mentionné, 341, 345
> 
> Khán Bábá Khán-i-sardár, jardin de, 72
> 
> dans la Gloire du Père
> Khán-i-Jurayní, 345, 374 ; voir Khán-i-‘avámid
> 
> voyage depuis Bagdad, 203, 204, 206, 208, 217 ;
> 
> Khán nanih, femme de mírzá Buzurg, 29
> 
> mentionné, 19, 141-142 passim, 284, 498, 505
> 
> Khán-i-Pahlaván, acre, 390
> 
> Kurdistan, 19, 58, 140, 141, 203, 210, 236
> 
> Khán-i-shávirdí, acre, illustrations, 354, 355 ; men-
> 
> tionné, 345, 353, 356, 359, 362, 390
> 
> L
> 
> Khán al-’umdán, 341, 345, 356, 374, 390 ; voir Khán-
> 
> lálihzár, jardin, 72, 73
> 
> i-‘avámíd
> 
> langue universelle, 378
> 
> Khán-i-válidih, istanbul, 425
> 
> leçons de saint-Jean-d’acre, les, illustrations, texte
> 
> Khániqayn, 127, 466
> 
> persan annoté par sipahdár-i-a’z∂am, 326, 332 ;
> 
> Khartoum, bannissement de h∆ájí mírzá h∆aydar-‘alí et
> 
> mentionné, 329
> 
> de ses compagnons, 272 ; général Gordon à, 488,
> lettres-du-vivant (h∆urúf-i-hayy), reconnaissent le
> 
> 489 ; mentionné, 392
> 
> Báb, 46 ; le Báb s‘adresse à elles, 47-48 ; sept
> 
> Khárpút (harput), Turquie, étape du voyage depuis
> 
> meurent à ∏abarsi, 92 ; quelques individus, voir
> 
> Bagdad, 208, 214
> 
> ‘alíy-i-Bastámí, Báqir-i-Tabrízí, h∆usayn-i-
> 
> Khávar, h∆ájí, résident bahá’í en Terre sainte, 441
> 
> Bushrú’i, h∆usayn-i-Kátib, muh∂ammad ‘alíy-i-
> 
> Khavvám, mansúr, à acre, maison de, 341, 345 ;
> 
> qazviní, quddús, Táhirih ; mentionné, 75, 103,
> 
> famille, 391, 392
> 
> 107, 115
> 
> Khayyát-Báshí, voir h∆usayn ‘alí, Khayyát-i-Káshání
> 
> liakhoff, Colonel, 328
> 
> Khazá-chai, rivière, 203
> 
> liban, 307
> 
> Khirqiy-i-sharíf, mosquée de, istanbul, 219
> 
> lieu vermeil (Buq’atu’l-h∆amrá’), colline près de
> 
> Khorassan, prophétie du « drapeau noir », 68 ; men-
> Bahjí, 390
> 
> tionné, 91, 378, 462-464 passim, 496, 497
> 
> límán, prison à acre, 343, 345, 353, 355, 362
> 
> Khrasnovodsk, sur la mer caspienne, 462
> 
> liqá Khánum, femme de mírzá muh∂ammad-‘alí, exilé
> 
> Khulás∂atu’l Bayán, ouvrage de mírzá áqá Khán, 427n
> 
> à acre, 301
> 
> Khurshíd Páshá, voir muh∂ammad Khurshid Páshá
> 
> listes, des compagnons de Bahá’u’lláh ; des émigrants
> 
> Khusraw Bimán, áqá, 27
> 
> à istanbul, 180 ; des exilés envoyés à acre, 300-
> 
> Khusraw Khán, 59
> 
> Khúzistán, 19, 474
> 
> livre des noms, 404
> 
> Kirmán, 17, 378, 494
> 
> lomakin, Général, 464
> 
> Kirmánsháh, Bahá’u’lláh y passe un mois (1851), 88 ;
> 
> lovett, major, 465
> 
> y rencontre des bábís (1852), 127 ; mentionné, 19,
> luristán, 19, 31
> 
> 39, 73, 88, 155
> 
> lurs (tribu), lurí (membres de la tribu), 19, 31n, 493
> 
> Kitáb-i-iqtidárát, collection de Tablettes de
> 
> lutf-‘alí mírzá, de Chiraz, martyr de 1852, 108
> 
> Bahá’u’lláh, 414
> 
> lutfu’lláh, áqá, arrive andrinople, 270
> 
> Kitáb-i-mubín, collection de Tablettes de Bahá’u’lláh,
> 
> M
> 
> Kiyámil Páshá, grand vizir ottoman, 398n
> 
> Kiyámilí Páshá, h∆ájí, vali de d∆iyárbakr, 210, 211-213n
> 
> ma’dan-i-mis (maden), Turquie, étape du voyage
> 
> Kizil irmak, rivière, 215
> 
> depuis Bagdad, 212-213
> 
> Koetschet, dr Josef, 460
> 
> ma’dan-i-nuqrih, Turquie, étape du voyage depuis
> 
> Konya, 503
> 
> Bagdad, 215
> 
> Kúchik Khánum, mère de mírzá yah∂yá, 30
> madelli, escale du voyage vers acre, 288
> 
> Kúchik Chakmachih, Turquie, 226
> 
> madrisiy-i-mírzá s∆álih, Téhéran, 33, 51, 52
> 
> Kulthúm Khánum-i-núrí, femme de mírzá Buzurg, 29,
> 
> madrisiy-i-Kásihgarán, ispahan, 366
> 
> máh-Kú (mákú), où le Báb fut emprisonné, 59, 83, 88,
> 
> Kurdes, viennent attaquer Bahá’u’lláh, 172 ; pendant le
> 
> index
> 
> mahd-i-‘ulyá, mère de mírzá muh∂ammad-‘alí, exilée
> 
> mamelouks, 295, 297
> 
> à acre, 300
> 
> ma‘múratu’l-‘azíz, 499
> 
> mahd-i-‘ulyá, mère de nás∂iri’d -dín shah, 72, 73, 97,
> 
> manifestations (Prophètes, messagers) de dieu, attitu-
> 
> 121, 492
> 
> de bahá’íe envers, 37 ; annonce jour de dieu, 292
> 
> mahdí (mihdí), 68, 275, 426
> passim ; caractère unique de la conférence de
> 
> mah∂múd áqá, notable de Bagdad, 148
> 
> Badasht, 61 ; décrites par Bahá’u’lláh, 190, 223 ;
> 
> mah∂múd, h∆ájí, guidait le palanquin de Bahá’u’lláh,
> 
> Bahá’u’lláh se décrit lui-même, 193-195, 223 ;
> 
> 198, 213
> 
> Bahá’u’lláh fut la première à vivre sur le continent
> 
> mah∂múd, h∆ájí mírzá (nizámu’l-‘ulamá), tuteur du
> 
> européen, 239 ; proclamation de Bahá’u’lláh équi-
> 
> chah, 101
> 
> vaut en étendue à toutes les révélations passées,
> 
> mah∂múd Khán, Kalántar de Téhéran 68, 83
> 
> 266 ; et la Terre sainte, 305 ; doctrine de l’infailli-
> 
> mah∂múd, mírzá, frère d’ásiyih Khánum, 39
> 
> bilité de, 378 ; mentionnées, 19, 22, 410, 446, 449
> 
> mah∂múd, mírzá, condamné à la prison à vie en 1852,
> 
> mans∂úr, al-, calífe abbáside, 129
> 
> mans∂úr Khavvám, maison de, acre, 341
> 
> mah∂múd Pásháy-i-mákú’í, 72
> mantovitch, colonel de, 472
> 
> mah∂múd, shaykh, d’acre, prépare le corps de la Plus-
> 
> manúchihr Khán (mu’tamidu’d-dawlih), illustration,
> 
> Pure -Branche pour son enterrement, 338 ; accepte
> 
> 51 ; mentionné, 50, 366
> 
> Bahá’u’lláh, 363 ; fait entrer les pèlerins dans
> 
> marághih, 492
> 
> acre, 364 ; surveille la tombe de Bahá’u’lláh, 364
> 
> márdín, Turquie, illustration, 211 ; étape de la marche
> 
> mah∂múd ii, sultan, 503
> 
> depuis Bagdad, 208-210
> 
> mah∂múd al-álúsí, shaykh, enseignant célèbre, 148n
> 
> marseille, 488
> 
> mah∂múd-i-Káshání, mírzá, émigre à istanbul, 180 ;
> 
> martyrs, leur sang fertilise la Cause de dieu, 437 ; fier-
> 
> pendant le voyage, 200, 201 ; à andrinople, 243,
> 
> té des futures générations, 444 ; noms des indivi-
> 
> 244, 248, 263 ; exilé à acre, 301 ; emprisonné au
> 
> dus, 92, 106-109, 118, 123, 259, 272, 274, 409,
> 
> temps du meurtre des trois azalís, 356 ; note bio-
> 
> graphique, 498 ; mentionné, 501
> 
> marie, mère de Jésus, 38
> 
> mah∂múd-i-Khushnivís, cousin du père du Báb, 429
> 
> maryam, femme du demi-frère de Bahá’u’lláh, 30 ;
> 
> mah∂múd-i-qazvíní, mírzá, martyr de 1852, 109
> 
> soigne Bahá’u’lláh après sortie du siyáh -Chál,
> 
> mah∂múd-i-zarqání, mírzá, secrétaire de ‘abdu’l-Bahá,
> 
> 124 ; épître à, 140-141
> 
> 101n
> 
> maryam-sultán Bigum, fille du frère de la femme du
> 
> maison de Justice, 378
> 
> Báb, 429 ; voyage jusqu’en Terre sainte, 432 ;
> 
> majdi’d-dín, mírzá, fils de mírzá músá, illustration
> 
> reçoit des cadeaux de la Plus-sainte-feuille, 444
> 
> (enfant), 264 ; exilé à acre, 301 ; mentionné, 432n
> 
> marv (merv), 460, 462 passim
> 
> majíd Khán-i-áhí, mírzá, secrétaire de la légation
> 
> mashhad, 17, 91, 462, 470
> 
> russe, illustration, 121 ; marié à la sœur de
> mashhadí faππáh∂, exilé à acre, 302 ; emprisonné lors
> 
> Bahá’u’lláh, 29, 97 ; demande au Prince
> 
> du meurtre des trois azalís, 356
> 
> dolgorouki d’aider Bahá’u’lláh, 121
> 
> mashriqu’l-adhkár (maison d’adoration), mt Carmel,
> 
> makrán, 464, 465
> 
> mal, 402
> 
> masíh∂, mírzá, prière de souvenance pour, 67
> 
> malik, maison de, acre, 341, 345
> 
> masjid-i-sháh, 33
> 
> malkam Khán, mírzá, plus tard, Prince (názimu’d-
> 
> mas’úd-i-Garmrúdí, ministre des affaires étrangères
> 
> dawlih), cherche l’aide de Bahá’u’lláh à Bagdad,
> 
> de Perse, 34
> 
> 175, 176, 477 ; rédige et publie qánán, 418 ;
> 
> ma’s∂úmih, exilé à akká, 302
> 
> lettres de mírzá áqá Khán, 426 ; représentant per-
> 
> mathnaví, 289, 478
> 
> san à londres, 474, 476 ; s’oppose à nás∂iri’d-dín
> mausolée du Báb, illustration, 402 (avant la superstruc-
> 
> shah, 477-478 ; mentionné, 458
> 
> ture) ; ordonné par Bahá’u’lláh et construit par
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> ‘abdul-Bahá, 401 ; mentionné, 338
> 
> mihdíy-i-Káshání, áqá, martyr de 1852, 109
> 
> mausolée de Bahá’u’lláh, illustrations, en 1919, 451,
> 
> mihdíy-i-Khu’í, mullá, 69
> 
> entrée aujourd’hui, 453 ; mentionné, 364, 389,
> 
> mihdíy-i-nahrí, mírzá (h∆ájí) siyyid, 365
> 
> 390, 452, 469
> 
> mihdí-qulí mírzá, Prince, 75, 78
> 
> mawlaví-Khánih, andrinople, 249, 254
> 
> mihdíy-i-rashtí, mírzá, juge à istanbul, 267
> 
> mayo, lord, vice-roi de l’inde, 466
> 
> mír‘alam Khán, émír de qá’inát, 317, 466
> 
> mazandéran, province, carte, 56 ; Bahá’u’lláh propage
> 
> mír ‘alí Khán (shujá‘u’l-mulk), 469
> 
> la religion du Báb, chap. 6 ; conférence de
> mír ‘imád, calligraphe, 28
> 
> Badasht, 61 ; notables rencontre Bahá’u’lláh, 61-
> 
> mír Jalíl, dans la révolte de zanján, 494
> 
> 68 ; bábís à shaykh ∏abarsí, 69, 92 ; mentionné,
> 
> mír muh∂ammad, bábí de Chiraz, 261, 269
> 
> 17, 27, 29, 79, 82, 110, 456, 501, 504
> 
> mír muh∂ammad-h∆usayn, imám-Jum’ih d’ispahan,
> 
> mazra’ih, manoir de, proche d’acre, illustrations, 383,
> 
> 409, 457
> 
> 384 ; loué pour Bahá’u’lláh, 383-387 ; mentionné,
> 
> mír siyyid muh∂ammad, imám-Jum’ih d’ispahan, 366
> 
> 360n, 389, 390
> 
> miracles, Bahá’u’lláh en propose un aux oulémas, 167-
> 
> mazra‘iy-i-vashshásh, ferme près de Bagdad, 174,178
> 
> 168 ; tests de foi, 260
> 
> mecque, la, pèlerinage du Báb, 48 ; pèlerinage de
> 
> mírzá áqá, fils de mírzá Buzurg, 29
> 
> munírih Khánum, 370, 372 ; mentionné, 124, 204,
> 
> mírzáy-i-shírází, religieux de Téhéran, 429, 477
> 
> 434n, 504
> mishkín-qalam (áqá h∆usayn-i-is∂faháni), illustrations,
> 
> médine, 48, 124, 297
> 
> de lui-même, 264, 271, de sa calligraphie, 185,
> 
> méditerranée, port d’acre, 295 ; mentionné, 389
> 
> 273 ; arrive à andrinople, 262n, 265 ; va à
> 
> mémorial des fidèles, 50, 491
> 
> istanbul, 270, 272 ; arrêté, 274 ; amené à Gallipoli,
> 
> mer noire (euxine), 217, 218
> 
> 284 ; envoyé à Chypre, 293 ; enseigne la calligra-
> 
> mésopotamie, 203, 210, 216, 295
> 
> phie à Bahjí, 438 ; valeur de sa calligraphie, 276 ;
> 
> michée, le prophète, 307
> 
> mentionné, 341, 343, 442
> 
> midh∂at Páshá, valí de syrie, illustration, 403 ; invite moïse, références de
> Bahá’u’lláh à, 261 ; mentionné,
> 
> ‘abdu’l-Bahá à visiter Beyrouth, 405, 406, 466 ;
> 
> 20, 35n, 47, 124, 137, 305, 370
> 
> visite haïfa et acre, 405n ; valí de Bagdad pendant
> 
> mongols, 129
> 
> le pèlerinage de nás∂iri’d-dín sháh, 466 ; comparé
> 
> Plus-Grande-Branche, la, voir ‘abdu’l-Bahá
> à siyyid Jamálu’d -dín, 476 ; note biographique,
> 
> Plus Grande Paix, 400
> 
> 498-499
> 
> Plus Grande Prison, voir Citadelle
> 
> mihdí, voir mahdi
> 
> mosul, irak, illustration, 207 ; étape du voyage depuis
> 
> mihdí, áqá (maliku’t Tujjár), assassine h∆ájí mírzá
> 
> Bagdad, 204-206 ; bahá’ís de Bagdad envoyés à,
> 
> Jáni, 108
> 
> 270, 322, 498, 500, 501 ; arrivée de Badí’, 322 ;
> 
> mihdí Khán-i-Ghaffári, 316n
> 
> mentionné, 48n, 212, 316
> 
> mihdí, mírzá (la Plus-Pure-Branche), illustrations,
> 
> mu‘awíyah, calife, 219n
> 
> 264, 339 ; naissance (1848), 33 ; laissé à Téhéran
> 
> mu‘ayyiru’l-mamálik, voir dúst-‘alí Khán et dúst
> 
> parce qu’enfant, 124 ; personnalíté et rôle de secré-
> 
> muh∂ammad Khán
> 
> taire, 335-340 ; envoie un cadeau à nabíl à
> 
> muh∂ammad, le Prophète, 20, 37, 48, 68, 77, 124, 137,
> alexandrie, 292 ; exilé à acre, 300 ; sa chute,
> 
> 174, 219n, 290n, 305, 306, 370
> 
> décès et enterrement, 337, 338, 345 ; dernière
> 
> muh∂ammad, darvísh, bábí qui va à istanbul et acre,
> 
> volonté, 338 ; prière de Bahá’u’lláh pour, 338 ;
> 
> mentionné, 341
> 
> muh∂ammad, h∆ájí mírzá siyyid (Khál-i-akbar), oncle
> 
> mihdíy-i-dahijí, siyyid (ismu’lláhu’l-mihdí), illustra-
> 
> maternel du Báb, Kitáb-i-íqán révélé pour, 139,
> 
> tion, 264 ; titre, 51n ; arrive à andrinople, 265 ; va à
> 
> 187-190 ; reçoit munírih Khánum, 370 ; mention-
> 
> Bagdad, 270 ; Bahá’u’lláh lui raconte un rêve, 369,
> 
> né, 414, 429
> 
> 374 ; brise l’alliance, 51n ; mentionné, 155, 182
> 
> muh∂ammad Khán, ághá, fondateur de la dynastie qad-
> 
> index
> 
> jar, 19 ; son règne marque le début du déclin de la
> 
> sements de Bahá’u’lláh, 442 ; son rang, 449 ; men-
> Perse, 455
> 
> tionné, 248, 432n, 495
> 
> muh∂ammad Khán-i-Balúch, va à acre, 432
> 
> muh∂ammad-‘alí, mírzá, demi-frère de Bahá’u’lláh, 29
> 
> muh∂ammad Khurshíd Páshá, vali d’andrinople, 255 ;
> 
> muh∂ammad-‘alí, mírzá, médecin bábí de zanján, ren-
> 
> Bahá’u’lláh accepte invitation, 265 ; refuse de par-
> 
> contre Bahá’u’lláh à Karbilá, 89 ; se rapproche de
> 
> ticiper au bannissement de Bahá’u’lláh à acre,
> 
> lui à Bagdad, 131 ; assassiné, 259
> 
> 176 ; défend bahá’ís interrogés à istanbul, 311 ;
> 
> muh∂ammad-‘alí, mírzá (Kad-Khudá), bahá’í parent de
> 
> note biographique, 499 ; mentionné, 290
> 
> mushíru’d-dawlih, 234n
> 
> muh∂ammad, mullá, mari de ∏áhirih, 59
> 
> muh∂ammad-‘alí sháh, coup d’état raté 1908, 328,
> 
> muh∂ammad Pásháy-i-qibrisí, gouverneur d’andri-
> 
> 329, 415
> 
> nople, 276
> 
> muh∂ammad-‘alí Tambákú, furúsh-i-is∂fahání, áqá,
> muh∂ammad Páshá s∆afwat, propriétaire de mazra’ih,
> 
> 267n
> 
> muh∂ammad-‘alíy-i-Bárfurúshí, h∆ájí mullá, voir
> 
> muh∂ammad rushdí, Premier ministre ottoman, 503
> 
> quddús
> 
> muh∂ammad shah (règne 1834-48), illustration, 66 ;
> 
> muh∂ammad-‘alíy-i-is∂fahání, áqá, émigre à istanbul,
> 
> envoie vah∂íd vérifier les revendications du Báb,
> 
> 180, 200 ; à andrinople, 244, 282 ; exilé à acre,
> 
> 92 ; le Báb le prévient, 45 ; édit d’arrestation de
> 
> 302 ; emprisonné lors du meurtre de trois azalís,
> 
> Bahá’u’lláh, 67 ; décès et enterrement, 68, 71-73
> 
> 352, 357 ; note biographique, 499-500
> 
> passim ; mentionné, 28, 31, 39, 43, 59, 116n, 224n,
> 
> muh∂ammad-‘alíy-i-is∂fahání, áqá, partenaire des
> 
> 247, 465, 492, 494, 496, 504
> 
> afnán à istanbul, 414, 420 ; publie des accusations
> 
> muh∂ammad, shaykh (mullá,) religieux de núr, 57, 58
> 
> contre afnán-i-Kabir et les bahá’ís, 416, 423 ;
> muh∂ammad, shaykh (nabíl), bábí qui meurt à Bagdad,
> 
> jalousie et autres accusations, 421-422 passim ; 414
> 
> mentionné, 425, 427
> 
> muh∂ammad-‘abduh, shaykh, Grand mufti d’égypte,
> 
> muh∂ammad-‘alíy-i-Jilawdár-i-yazdí, áqá (s∆abbágh-i-
> 
> yazdí), émigre à istanbul, 180 ; pendant son voya-
> 
> muh∂ammad-‘alí, h∆ájí mírzá (afnán), résident à
> 
> ge, 200, 217 ; exilé à acre, 302 ; note biogra-
> 
> hong-Kong, 414
> 
> phique, 500 ; mentionné, 226, 282
> 
> muh∂ammad-‘alí, h∆ájí shaykh (nabíl ibn nabíl), de
> 
> muh∂ammad-‘alíy-i-nahrí, mírzá, père de munírih
> 
> qazvín, s’installe à istanbul, 419 ; partenaire des
> 
> Khánum, accepte le Báb, 365 ; détails biogra-
> 
> afnán (1882-9), 414, 420 ; maintient les contacts
> 
> phiques, 365-368 ; circonstances de la naissance
> 
> avec les officiels ottoman, 420 ; prend áqá
> 
> de sa fille, 366 ; rencontre Bahá’u’lláh à Badasht et
> 
> muh∂ammad-‘alíy-i-is∂faháni comme partenaire,
> en irak, 368 ; mentionné, 369
> 
> 420 ; son neveau décrit les intrigues contre, 419 ;
> 
> muh∂ammad-‘alíy-i-najafábádí, áqá, martyr de 1852,
> 
> tentative de suicide, 421 ; Bahá’u’lláh l’invite à
> 
> acre, 421 ; retourne à istanbul, 423 ; prouve que
> 
> muh∂ammad-‘alí Pirzádih (h∆ájí Pirzádih), voyant
> 
> les charges contre les afnán sont fausses, 423 ; se
> 
> soufi, 289
> 
> suicide, 423 ; Bahá’u’lláh décrit circonstances de
> 
> muh∂ammad-‘alíy-i-qá’iní, áqá, accepte le Báb et
> 
> son suicide, 413-414 ; l’ambassadeur persan assis-
> 
> Bahá’u’lláh, 317 ; s’installe à nazareth, 317-318 ;
> 
> te aux funérailles et fait l’éloge de, 424 ;
> 
> mentionné, 343
> 
> Bahá’u’lláh s’occupe de la tombe, 425
> 
> muh∂ammad-‘alíy-i-qazviní, mírzá, lettre-du-vivant,
> 
> muh∂ammad-‘alí Khán-i-shírází, mírzá, ministre
> 
> des affaires étrangères, 470
> muh∂ammad-‘alíy-i-salmání, ustád, d’ispahan, illus-
> 
> muh∂ammad-‘alí, mírzá (Ghusn-i-akbar), illustra-
> 
> tration, 250 ; émigre à istanbul, 180, 200 ;
> 
> tions, 264, 275 ; fils de Bahá’u’lláh, 214 ; exilé à
> 
> explique le complot de mírzá yah∂yá pour tuer
> 
> acre, 300 ; emprisonné lors du meurtre de trois
> 
> Bahá‘u’lláh, 249-252 ; arrêté à istanbul, décrit les
> 
> azalís, 353, 355 ; maître calligraphe, 363 ; avertis-
> 
> interrogatoires, 274 ; expulsé vers la Perse mais
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> libéré par les Kurdes, 284, 311 ; décrit les événe-
> 
> Káz∂imayn, 131, 136
> 
> ments en Perse, 284-285 ; participe au meurtre des
> 
> muh∂ammad-háshim, áqá, de Káshán, 441
> 
> trois azalís, 351, 356 ; note biographique, 505 ;
> 
> muh∂ammad-i-hindi, siyyid, de zavárih, arrière-grand-
> 
> mentionné, 224, 244, 270, 272, 442
> 
> père du roi et du Bien-aimé des martyrs, 365
> 
> muh∂ammad-‘alíy-i-sayyáh∂, h∆ájí, 436
> muh∂ammad-h∆usayn, h∆ájí (h∆akím-i-qazvíní), devient
> 
> muh∂ammad-‘alíy-i-Tabrízí, áqá, un azalí, 414, 422,
> 
> bahá’í à Bagdad, 269-270 ; note biographique, 500
> 
> 425, 427
> 
> muh∂ammad-h∆usayn-i-Kirmání (mírzá muh∂it), diri-
> 
> muh∂ammad-‘alíy-i-yazdí, áqá, exilé à acre, 302 ;
> 
> geant shaykhí, 175
> 
> emprisonné lors du meurtre des trois azalís, 357
> 
> muh∂ammad-h∆usayn-i-milání, áqá, 259
> 
> muh∂ammad-‘alíy-i-zanjání, mullá, voir h∆ujjat
> 
> muh∂ammad-ibráhím, áqá, de Káshán, voir Khalíl
> 
> muh∂ammad-‘alíy-i-zunúzí, disciple qui mourut avec
> 
> mansúr
> 
> le Báb, 402
> 
> muh∂ammad-ibráhím-i-amír-i-nayrízí, áqá, serviteur
> 
> muh∂ammad-Báqir, áqá, qahvih-chíy-i-mah∂allátí,
> 
> de Bahá’u’lláh, 167 ; émigre à istanbul, 180 ; pen-
> 
> émigre à istanbul, 180 ; pendant le voyage, 200,
> 
> dant le voyage, 198, 200, 203 ; accompagne
> 
> 203 ; emprisonné à istanbul, 274 ; envoyé à
> Bahá’u’lláh pour rencontrer mírzá yah∂yá, 261n ;
> 
> Chypre, 293 ; mentionné, 244
> 
> exilé à acre, 302 ; emprisonné lors du meurtre des
> 
> muh∂ammad-Báqir Khán dihqán (dehkan), mírzá 468
> 
> trois azalís, 357 ; note biographique, 500 ; men-
> 
> muh∂ammad-Báqir, shaykh, d’ispahan (le loup), 409,
> 
> tionné, 152,155,161,244
> 
> 457, 502
> 
> muh∂ammad ibráhím-i-Kalbásí, h∆ájí, autorité religieu-
> 
> muh∂ammad-Báqir-i-Káshání, áqá, émigre à istanbul,
> 
> se, 50
> 
> muh∂ammad ibráhím-i-Káshání, áqá, 351
> 
> muh∂ammad-Báqir-i-Káshání, áqá (ustád), tailleur,
> 
> muh∂ammad ibráhím-i-náz∂ir-i-Káshání, áqá, émigre à
> 
> émigre à istanbul, 180, 200 ; exilé à acre, 302 ; sa
> 
> istanbul, 180, 200 ; contacte nabíl à alexandrie,
> 
> mort dans la citadelle, 309 ; son fils, 357 ; men-
> 
> 291 ; exilé à acre, 302 ; participe au meurtre des
> 
> tionné, 244
> trois azalís, 351, 356 ; note biographique, 405 ;
> 
> muh∂ammad-Báqir-i-najafábádí, áqá, martyr de 1852,
> 
> mentionné, 244
> 
> muh∂ammad-i-írání, darvish, nom pris par Bahá’u’lláh
> 
> muh∂ammad-Báqir-i-quhpáy’í, martyr de 1852, 109
> 
> à sulaymáníyyih, 140-144 passim
> 
> muh∂ammad-Báqir-i-shaftí, h∆ájí siyyid, célèbre mujta-
> 
> muh∂ammad-i-is∂fahání, siyyid, illustration, 222 ; anté-
> 
> hid, 50, 366
> 
> christ de la révélation bahá’íe, 181, 246 ; son atti-
> 
> muh∂ammad-h∆asan, áqá (mírzá), illustration, 112 ;
> 
> tude à Kerbéla, 131, 152, 181 ; incite mírzá yah∂yá,
> 
> frère de Bahá’u’lláh, 29 ; accepte le Báb, 57 ; inci-
> 
> 135, 137 ; émigre à istanbul, 181 ; ambition et acti-
> 
> dent à Tákur (1852), 110, 113 ; sa fille devait
> 
> vités, 182 ; pendant son voyage vers istanbul, 200,
> 
> épouser ‘abdu’l-Bahá, 368-369, 369, 374
> 
> 204-205 passim ; intrigues à andrinople, 242-246
> 
> muh∂ammad-h∆asan, áqá, émigre à istanbul, 180, 200 ;
> passim, 255, 261 ; réunion ratée entre Bahá’u’lláh
> 
> à andrinople, 244 ; envoyé en irak, 258 ; gardien
> 
> et mírzá yah∂yá, 261-262 ; problèmes créés à
> 
> de la maison des pèlerins à acre et Bayt-i-abbúd,
> 
> istanbul, 272 ; arrêté à istanbul, 274, 311 ; exilé à
> 
> 199-200 ; mentionné, 442
> 
> acre, 284, 302, 343 ; vit au-dessus de la porte de
> 
> muh∂ammad-h∆asan, áqá, fils de ustád Báqir-i-
> 
> la ville, 299, 343, 352 ; actions hostiles à acre,
> 
> Káshání, envoyé à Tripoli, 357
> 
> 314, 343, 346-349 ; assassiné par des bahá’ís,
> 
> muh∂ammad-h∆asan, h∆ájí mírzá (mírzáy-i-shírází),
> 
> 351 ; mentionné, 135, 150, 224, 244, 249, 254,
> 
> éminent mujtahid chiite, 429
> 
> 356, 443
> 
> muh∂ammad-h∆asan Khán (i’timádu’s-salπanih), fils de
> 
> muh∂ammad-ismá‘íl, áqá, visite andrinople, 265
> 
> h∆ájibu’d-dawlih, 457 ; son journal, 457, 472 ;
> 
> muhámmad-ismá‘íl-i-dhábih∂-i-Káshání, h∆ájí (Jináb-i-
> 
> mentionné, 30n, 473n, 475, 492
> ánís), ses frères, 155, 181 ; envoyé à Gállipoli,
> 
> muh∂ammad-h∆asan-i-is∂fahání, áqá, aide Bahá'u'lláh à
> 
> 276, 284, 288 ; entend parler de la défection de son
> 
> index
> 
> frère, 284
> 
> muh∂ammad-qulíy-i-is∂fahání, áqá, illustration, 264
> 
> muh∂ammad-ismá‘íl-i-Khayvát, áqá (ustád), de
> 
> muh∂ammad-rid∂á, áqá, accompagne Báhá’u’lláh à
> 
> Káshán, émigre à istanbul, 180 ; exilé à acre, 302 ;
> 
> Bághdád, 178
> 
> meurt dans la citadelle, 309 ; mentionné, 173, 200,
> 
> muh∂ammad-rid∂á, siyyid, père du Báb, 429
> 
> muh∂ammad-rid∂á, siyyid, soutien Báhá’u’lláh à
> 
> muh∂ammad-Já‘fár-i-naraqí, mullá, nommé par mírzá
> 
> Bagdad, 131
> 
> yáh∂yá « Témoin du Bayán », 181 ; craint le défi de
> 
> muh∂ammad-rid∂áy-i-is∂fahání, h∆ájí, martyr de 1852,
> 
> Báhá’u’lláh, 259-261 ; détails de sa vie et de sa
> 
> mort, 415-416
> 
> muh∂ammad-rid∂áy-i-Kurd, guide les bábís pour obtenir
> 
> muh∂ammad-Javád-i-is∂faháni, áqá, bábí hypocrite de
> 
> la nationalité ottomane, 173
> 
> Bagdad, 167
> 
> muh∂ammad-rid∂áy-i-qannád-i-shírází, áqá, illustra-
> 
> muh∂ammad-Javád-i-is∂fáháni, h∆ájí, courtier bahá’í à
> 
> tion, 12 ; vie et récit, 14 ; émigre à istanbul, 180 ;
> 
> istanbul, 425
> 
> pendant le voyage, 200, 203 ; sa prière à
> 
> muh∂ammad-Javád-i-Kásháni, áqá, père de áshchí, 13,
> 
> andrinople, 254-255 ; écrit l’admonition puissan-
> 
> 369, 497
> 
> te de Báhá’u’lláh, 258 ; exilé à acre, 301 ; arrêté
> 
> muh∂ammad-Jávád-i-qázvíní, áqá, illustration, 264 ;
> 
> au temps du meurtre des trois azalís, 357 ; décrit
> 
> titre d’ismu’lláhu’l-Jávád, 50n ; exilé à acre, 302 ;
> 
> par shoghi effendi, 281 ; note biographique, 501 ;
> 
> rapporte le meurtre des azalís, 349, 351 ; arrêté au
> mentionné, 244, 309, 397, 442
> 
> temps du meurtre, 352, 357 ; plus tard brise
> 
> muh∂ammad-s∆ádiq, áqá, d’ardakán, bábí à Bagdad,
> 
> l’alliance, 349 ; mentionné, 262n, 265, 299
> 
> muh∂ammad-Karím, áqá, de Chiraz, vétéran bábí qui
> 
> muh∂ammad-s∆ádiq-i-is∂faháni, áqá, illustration, 222 ;
> 
> accepte Báhá’u’lláh, 153
> 
> émigre à istanbul, 180, 200 ; quitte andrinople au
> 
> muh∂ammad-Karím Khán-i-Kirmání, h∆ájí, dirigeant
> 
> moment de la rupture, 253, note biographique,
> 
> shaykhi, 159
> 
> 501 ; mentionné, 244
> 
> muh∂ammad-i-Khurásání, h∆ájí mírzá, 51, 52
> 
> muh∂ammad-s∆álih∂, áqá, religieux de Kirmánsháh, 73
> 
> muh∂ammad-i-má‘múrí, shaykh, dans la maison de
> 
> muh∂ammad-i-Tábrízí, mullá, possède des tablettes
> 
> Badí‘, 320
> 
> jamais données à mírzá yah∂yá, 262
> 
> muh∂ammad-i-mázindáráni, mírzá, encouragé à assas-
> muh∂ammad-Táhir, áqá, de Tábriz, fonde le journal
> 
> siner dayyán, 144, 147-148 ; mentionné, 88
> 
> akhtar, 411 ; se sépare de mírzá áqá Khán, 415,
> 
> muh∂ammad-i-mu‘allim, mullá, aide mullá h∆usayn,
> 
> 418-426 ; akhtar est banni puis subventionné,
> 
> 52-53
> 
> 418-419
> 
> muh∂ammad-mus∂tafá, áqá, bábí arabe à Bagdad, 131
> 
> muh∂ammad-Taqí, áqá, de Chiraz, martyr de 1852, 108
> 
> muhámmád-i-nafaqih-furúsh, bábí d’ispahan, 366,
> 
> muh∂ammad-Táqí, áqá, de Tákur, martyr de 1852, 110
> 
> muh∂ammad-Táqí Big, meurt dans le siyáh-Chál, 111
> 
> muh∂ammad-i-nayrízí, mullá mírzá, martyr de 1852,
> 
> muh∂ammad-Táqí, h∆ádjí (ayyúb), de nayríz, son his-
> 
> toire, son épître, 153-154
> 
> muh∂ammad-i-qá’iní, mullá or áqá (nábíl-akbár),
> 
> muh∂ammad-Táqí, h∆ádjí (náyibu’l-iyálih), 200
> 
> 159, 409
> muh∂ammad-Táqí, h∆ájí mírzá (vakilu’d-dawlih), cou-
> 
> muh∂ammad-qulí, mírzá, illustrations, 31, 264, 277 ;
> 
> sin du Báb, 414
> 
> demi-frère fidèle de Bahá’u’lláh, 30 ; accompagne
> 
> muh∂ammad-Táqí Khán-i-núrí, parent de Bahá’u’lláh
> 
> Báhá’u’lláh à Bagdad, 143 ; assiste à la colère de
> 
> tué à Tákur (1852), 75, 110-113 passim
> 
> Bahá’u’lláh, 214 ; exilé à acre, 301 ; son logement
> 
> muh∂ammad-Táqí Khán-i-lárijání, vice-gouverneur
> 
> dans la citadelle, 298 ; arrêté au temps du meurtre
> 
> d’ámul, chap. 11
> 
> des trois azalís, 353-355 ; Báhá’u’lláh vient de
> 
> muh∂ammad-Táqí, mírzá, religieux de sári, 69
> 
> Bahjí lui rendre visite, 390 ; mentionné, 132, 243,
> 
> muh∂ammad-Táqí, shaykh (mullá, h∆ájí mírzá), célèbre
> 
> 248, 253, 300
> 
> mujtahid, rêve de, et contacte Bahá’u’lláh, 37, 38 ;
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> note biographique, 501 ; mentionné, 57
> murádíyyih, quartier d’andrinople, 240-243 passim, muh∂ammad-Táqí,
> shaykh (áqá or shaykh najafí),
> 
> 248, 253, 256 ; mosquée, 240, 240n
> 
> illustration, 407 ; Épître au Fils du loup, adressé
> 
> murtid∂áy-i-ansári, shaykh, illustration, 170 ; principal
> 
> à, 409
> 
> mujtahid chiite, 159 ; refuse de soutenir la guerre
> 
> muh∂ammad-Táqí, siyyid, aide Bahá’u’lláh à Bagdad,
> 
> sainte, 166 ; refuse de persécuter Bahá’u’lláh, qui
> 
> le loue, 168, 171, 172 ; enseignant de nabíl-i-
> 
> muh∂ammad-Táqí, siyyid (Jináb-i-manshádí), 432
> 
> akbar, 409 ; note biographique, 502-503
> 
> muh∂ammad valí Khán-i-Tunukábuní (sipahdár-i-
> 
> músá, mírzá (áqáy-i-Kalím, Jináb-i-Kalím), illustra-
> 
> a’z∂am), illustrations, de lui-même, 325, de ces
> 
> tions, 30, 222, 275 ; jeune frère de Bahá’u’lláh,
> 
> notes concernant Badí’, 326, 332 ; ses titres, 328 ;
> 
> 29 ; cache les restes du Báb, 87 ; accompagne
> 
> activités politiques en Perse, 328; va en france,
> 
> Bahá’u’lláh à Bagdad, 124, 127 ; commence à
> 329 ; relate les détails des tortures et de la mort de
> 
> chercher Bahá’u’lláh, 145 ; rend visite à mírzá
> 
> Badí’, 330-334
> 
> Buzurg Khán, 161 ; son anxiété à Bagdad, 173 ;
> 
> muh∂ammad-i-yazdí, shaykh, azalí d’istanbul , 414,
> 
> accueilli par námiq Páshá, 177, 179 ; pendant la
> 
> 420, 422
> 
> marche depuis Bagdad, 203, 205 ; photographié à
> 
> muh∂ammad-yúsuf, deux fois mutas∂arrif d’acre, 394-
> 
> istanbul, 222 ; conseille ustád muh∂ammad-‘alíy-
> 
> i-salmání, 251 ; s’occupe des moyens de subsis-
> 
> muh∂ammad-zamán, áqá, de Chiraz, partage sa maison
> 
> tance de mírzá yah∂yá, 252 ; revient d’anatolie,
> 
> avec nabíl, 174
> 
> 269 ; exilée à acre, 301 ; son logement dans la
> 
> muh∂ammad-i-zarandi, mullá, voir nabíl-i-a’z∂am
> 
> citadelle, 299 ; actions dans la citadelle, 309, 314 ;
> 
> muh∂sín Khán, mírzá (mu’ínu’l-mulk), ambassadeur
> 
> résidences à acre, 341, 345, 390 ; accueille la futu-
> de Perse à istanbul, assiste réunion commémorati-
> 
> re femme de ‘abdu’l Bahá, 374 ; Bahá’u’lláh vient
> 
> ve de h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí et le loue,
> 
> de Bahjí lui rendre visite, 390 ; mentionné, 53, 82,
> 
> 423-424 ; mentionné, 416, 422, 426
> 
> 130, 135, 163, 164, 172, 221, 226, 227, 242, 243,
> 
> muhs∂ín-i-afnán, áqá mírzá, fils d’afnán-i-Kabir,
> 
> 248-249 passim, 258, 265, 353, 356
> 
> envoyé à istanbul pour remonter la maison com-
> 
> músáy-i-Javáhirí, mírzá, 196, 274
> 
> mercial, 421-422, 423
> 
> músáy-i-qumí, h∆ájí mírzá, rejette mírzá yah∂yá, 145 ;
> 
> muh∂yi’d-dín ibnu’l-‘arabí, mystique andalou, 142
> 
> accepte Bahá’u’lláh à Bagdad, 154
> 
> muh∂yi’d-dín, shaykh, cadi de Khániqayn, 185
> 
> muscat (masqat), 362
> 
> muníb, Jináb-i-, voir munír, mírzá áqáy-i-
> 
> mushíru’d-dawlih, voir h∆usayn Khán, h∆ájí mírzá ; mu’ínu’l-mulk, voir
> muh∂sín Khán, mírzá
> 
> aussi yah∂yá Khán chefs musulmans et habitants à
> 
> m u’inu’s-saltanih, h∆ájí, de Tabriz, auteur d’une chro-
> qui s’adresse Bahá’u’lláh, 267 ; à l’ascension de
> 
> nique de la religion bábíe, 259
> 
> Bahá’u’lláh, 449 ; note bibliographique, 496
> 
> munich, 475
> 
> mus∂tafá Big (majzúb), poète, 58
> 
> munír, mírzá áqáy-i- (Jináb-i-munír, ou muníb), de
> 
> mus∂tafá diyá Páshá, mutas∂arrif d’acre, permet à
> 
> Káshán, titre de ismu’lláhu’l-muníb, 50n ; émigre
> 
> Bahá’u’lláh de sortir des remparts d’acre, 381,
> 
> à istanbul, 180 ; pendant le voyage, 198-199, 200 ;
> 
> 391 ; sa bonne volonté envers ‘abdu’l-Bahá et les
> 
> envoyé d’istanbul, 225 ; débarqué à izmir pour y
> 
> bahá’ís, 391
> 
> mourir, 288 ; note biographique, 501
> 
> mus∂tafá, mírzá, voir abú hurayrih
> 
> munírih Khánum (fátimih Khánum), femme de
> 
> mus∂tafá núri Páshá, vali d’irak, 160-163 passim ; ren-
> 
> ‘abdu’l Bahá, illustration, 371 ; circonstances de
> 
> contre Bahá’u’lláh à istanbul, 163 ; note biogra-
> 
> sa naissance, 366-367 ; premier mariage blanc,
> phique, 503
> 
> 369 ; voyage à acre, 370-374 ; son séjour à
> 
> mus∂tafáy-i-naráqi, mírzá, circonstances de sa mort à
> 
> Chiraz, 370, 372 ; à acre, 374 ; Bahá’u’lláh lui
> 
> Tabriz, 226, 259 ; sa veuve et son enfant, 270 ; son
> 
> donne un nouveau nom et l’appelle, 374
> 
> fils, 432n
> 
> munshí’át-i-qá’im maqám, 30n
> 
> mustawfíyu’l-mamálik, voir
> 
> yúsuf-i-ashtiyání,
> 
> index
> 
> mírzá ; aussi h∆asan, mírzá
> 
> sadeur persan à istanbul, 414, 426
> 
> mustayqíz∂, livre de mírzá yah∂yá, 147
> 
> najaf ‘alíy-i-zanjání, áqá, serviteur de Bahá’u’lláh,
> 
> mu’tamidu’d-dawlih, voir farhád mírzá, h∆ájí
> 
> 167 ; émigrant à istanbul, 180, 200 ; mort en mar-
> 
> muvaqqari’d-dawlih, 432
> 
> tyr, 274
> muzaffari’d-dín mírzá (plus tard, chah), 93, 418n,
> 
> najaf-i-Khamsi’í, martyr de 1852, 109
> 
> 456,
> 
> najaf qulí, áqá, 244
> 
> najíb Páshá, 191
> 
> N
> 
> najíbíyyih, jardin (jardin de ridván), Bagdad, 191,
> 
> nabát Khánum, concubine de mírzá Buzurg, 30
> 
> 197, 198
> 
> nabí Khán-i-qazvíní, mírzá, père de mushíru’d-
> 
> na‘mayn, jardin de, voir jardin de rid∂ván, acre
> 
> dawlih, 496
> 
> námiq Páshá (mehmed namik Pasa), Gouverneur de
> 
> nabí, mírzá, de damávand, martyr de 1852, 108
> 
> Bagdad, 173, 176 ; rend visite à Bahá’u’lláh, 177 ;
> 
> nabí sálih, mausolée de, 338, 345
> 
> accueille ‘abdu’l-Bahá et mírzá músá, 177, 179 ;
> 
> nabíl ibn nabíl, voir muh∂ammad ‘alí, h∆ájí shaykh
> 
> informe Bahá’u’lláh de l’invitation à istanbul,
> 
> nabíl-i-akbar, voir muh∂ammad-i-qá’iní, mullá
> 178 ; visite le Jardin de ridván, 196-197 ; note
> 
> nabíl-i-a’z∂am (mulla muh∂ammad-i-zarandi), illustra-
> 
> biographique, 503 ; mentionné, 205
> 
> tions, 12, 222, 264 ; chronique, 14 ; fréquente
> 
> naplous (nablus), 489
> 
> Bahá’u’lláh à Téhéran, 82 ; à qom lorsqu’arrivent
> 
> napoléon Bonaparte, 295, 305
> 
> les effets personnels du Báb, 84 ; rencontre
> 
> napoléon iii, Tablettes à, première, 267 ; deuxième,
> 
> Bahá’u’lláh à Kirmánsháh, 88 ; arrive à Bagdad et
> 
> 346, 417 ; mentionné, 378, 452
> 
> trouve Bahá’u’lláh, 152 ; envoyé à qazvin, 155 ; le
> 
> napoléon, colline de (Tall-i-fakhkhár), 390
> 
> récit de áqá siyyid ismá’íl-i-zavári’i, 156 ; prend
> 
> nashíd Páshá, gouverneur général de damas, 394n
> 
> la nationalité ottomane, 174 ; partage sa maison
> 
> nash’ih Khánum, femme de mírzá muh∂ammad qulí,
> 
> avec les bábís, 174 ; sa description authentique de
> 
> exilé à acre, 301
> 
> la déclaration de Bahá’u’lláh, 196 ; rejoint la
> násir (h∆ájí’abbás), Tablette à, 349, 351
> 
> marche depuis Bagdad, 212 ; renvoyé d’istanbul ,
> 
> nás∂iri’d-dín sháh (règne 1848-96) illustrations, 51,
> 
> 225 ; on lui confit une Tablette pour mírzá yah∂yá
> 
> 96, 463 ; circonstances de son accession au trône,
> 
> qui n’est pas délivrée, 262 ; envoyé en anatolie,
> 
> 72-73 passim ; renvoie amir Kabir et ordonne sa
> 
> 269, 317 ; mission à Chiraz et à Bagdad, 274 ; mis-
> 
> mort, 89, 91, 92-94 passim ; attentats contre sa vie, sion en égypte et
> emprisonné à alexandrie, 272,
> 
> chap. 15, 95, 122, 444 ; son attitude vis-à-vis de
> 
> 274, 289 ; en anatolie et à Chypre où il est libéré,
> 
> Bahá’u’lláh et de son bannissement, 121, 123 ;
> 
> 317 ; arrive à acre, 314 ; vit à haifa, hébron et
> 
> bannit malkam Khán, 175 ; pressions pour éloi-
> 
> nazareth, 317 ; son séjour dans la citadelle, 317 ;
> 
> gner Bahá’u’lláh de Bagdad, 177 ; épître de
> 
> son récit de sa rencontre avec Badí’ et son père,
> 
> Bahá’u’lláh à, et circonstances, 265, 267, 319,
> 
> 320-322 ; arrêté et envoyé à Tripoli, 357 ; à Bahjí,
> 
> 323-326, 331, 333, 335 ; épître citée, 323, 334-
> 442, 452 ; compile la prière de souvenance, 452 ;
> 
> 335 ; résidences d’été qu’il visite, 330 ; demande
> 
> décrit les événements au moment de l’ascension de
> 
> de zillu’s sultán pour le détruire, 436-437 ; son
> 
> Bahá’u’lláh, 452, 454 ; son suicide, 452 ; mention-
> 
> règne conduit à la dégradation de la situation de
> 
> né, 95, 109, 115, 174, 190, 216, 242, 265, 343
> 
> son pays, 455-457 ; stigmatisé par Bahá’u’lláh,
> 
> nabíyu’lláh yúnís, 204
> 
> 456 ; Bahá’u’lláh explique la longueur de son
> 
> na’ím effendi, de Chypre, 343, 346
> 
> règne, 443-444 ; délègue son autorité à ses trois
> 
> na’ím, mírzá, cousin de mírzá áqá Khán-i-núri, 469
> 
> fils, 456 ; la tentative d’assassinat le pousse à
> 
> najaf, tombe de mírzá Buzurg, 17 ; mentionné, 111,
> 
> prendre de dures mesures contre les bahá’ís, 439 ;
> 
> 159, 167, 173, 466,
> 
> observations de Chirol, 458-462 ; visite les villes
> 
> najaf ‘alí Khán, h∆ájí mírzá, représentant de l’ambas-
> 
> saintes d’irak (1870), 466, 496 ; ses trois visites en
> europe : première (1873), 469, 496, deuxième
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> (1878), 460n, 471, 497, troisième (1889), 474,
> 
> Bagdad, 208
> 
> 475, 477 ; renvoie mushíru’d-dawlih comme
> 
> níyálá, village, 64-65, 367
> 
> grand vizir et disperse le parti des courtissans,
> 
> níyávarán, villégiature, 95, 99
> 
> 470 ; heureux d’apprendre le décès de mushíru’d-
> 
> niz∂ámu’d-dawlih, voir dúst ‘alí Khán
> 
> dawlih et négocie pour gagner de l’argent sur ses
> 
> niz∂ámu’l-mamálik, voir fadlu’lláh, mírzá
> 
> propriétés, 472-473 ; vole le Baháristán, 473 ;
> 
> niz∂ámu’l-mulk, fils de mírzá áqá Khán-i-núri, 93
> 
> perte de territoires, 462-466, 472 ; concessions
> 
> nizhád námih (le livre des ancêtres), 27
> 
> accordées puis annulées, 470, 478 ; relations avec
> 
> nordenfelt, homme d’affaire suédois, 458, 461
> 
> mírzá malkam Khán, 477 ; interdiction puis, plus
> nouvelle Jérusalem, 377, 387
> 
> tard, subvention du journal akhár, 411, 418-419 ;
> 
> nuqtalu’l-Káf, 108n
> 
> achat de navires allemands, 474 ; relations avec
> 
> núr, district, 27, 29, 35, 52, 67, 69, 79, 110, 144, 501
> 
> siyyid Jamálu’d dín, 476-478 passim ; célébra-
> 
> núrí, de mazandéran,27
> 
> tions du jubilée, 478 ; assassinat, 418n, 452, 456n,
> 
> núrí Big, fonctionnaire ottoman à istanbul, 420
> 
> 457, 474, 478 ; mentionné, 19, 27, 87, 101, 102,
> 
> núri’d-dín-i-zayn, mírzá (zeine), 364
> 
> 108, 109, 113, 160, 164, 166, 173n, 181n, 191,
> 
> núru’lláh Khán-i-sháhsavan, 72
> 
> 259, 316n, 328n, 417, 418, 462, 472, 491, 496,
> 
> núru’lláh, mírzá, fils de mírzá yah∂yá, 416
> 
> 499, 506
> 
> nas∂ru’lláh, áqá, frère de áqá muh∂ammad-ismá’íl, 265
> 
> O
> 
> nas∂ru’lláh, mírzá (s∆adru’l-mamálik), 72, 73
> 
> oliphant, laurence, 392, 401, 487-488, 489
> nas∂ru’lláh-i-ardakání, áqá, 425
> 
> oman (’ummán), Golf d’, 464
> 
> nas∂ru’lláh-i-núri, mírzá, voir áqá Khán-i-núri
> 
> omeyyades, 204n, 455
> 
> nas∂ru’lláh-i-Tafrishí, mírzá, illustration, 264 ; men-
> 
> ottomans, diplomates et gouverneurs : ambassadeur, à
> 
> tionné, 247n, 258, 349
> 
> londres, 493, 480 ; gouverneurs, à acre, 299, 352-
> 
> navires autrichiens, 287, 288, 293, 317, 372, 400
> 
> 356, 357, 359-363 passim, 377, 380 passim, 391, navvábih Khánum, voir
> asiyih Khánum
> 
> 392, 394-397 passim ; valis : à andrinople, 255, naw-rúz, en 1852, 127 ; en
> 1863, 178 ; mentionné,
> 
> 265, 276, 277, 311, 499 ; à acre, 295, 297-299
> 
> passim, 342, 353n, 360n, 387 ; à Bagdad, 73, 135,
> 
> náyibu’s-salπanih, voir Kámrán mírzá
> 
> 150, 152, 159-163 passim, 176-179 passim, 196-nayriz, 81, 92, 95, 103, 109,
> 154, 250, 500
> 
> 197, 466, 498-499, 503, 505 ; à Beyrouth, 255 ; à
> 
> nazar ‘alí Khán, 69
> 
> damas, 354-355, 395, 405n, 406
> nazar ‘alí, mírzá, de qazvin (h∆akím-Báshi), célèbre
> 
> ottoman, empire : contrôle acre, 295, 297, 298 ; fonc-
> 
> murshid soufi, 38 ; note biographique, 503
> 
> tionnaires à andrinople, 272, 279, 280, 479, 480 ;
> 
> nazareth, 317, 394
> 
> à acre, 312 ; à Constantinople, 412, 419, 422,
> 
> názimu’d-dawlih, voir malkam Khán, mírzá
> 
> 423 ; archives officielles, 281-282, 311 ; première
> 
> názir, voir abu’l qásim-i-názir, h∆ájí mírzá, d’ispahan académie militaire,
> 503 ; nationalité turque accor-nice, france, 495
> 
> dée aux bábís, 174 ; allocation mensuelle accordé
> 
> nicodème, 451
> 
> aux exilés bábís, 253 ; retraite après la chute de
> 
> nicolas, a. l. m., 246n
> 
> Plevna, addenda iii ; frontière avec la Perse, 465-
> 
> nicosie, Chypre, 362
> 
> 466 ; voir aussi andrinople, acre, Bagdad,
> 
> nil, 489
> 
> istanbul, sublime Porte, sultans ‘abdu’- ‘azíz and
> 
> ni‘matu’lláhí, confrérie soufie, 504
> 
> ‘abdu’l-hamid ii, ‘alí Páshá, fu’ád Páshá, diplo-
> ninive, 204
> 
> mates et gouverneurs ottomans, 129, 327, 387
> 
> nisá’Khánum, sœur de Bahá’u’lláh, 29 ; mariée au
> 
> ordre mondial de Bahá’u’lláh, 377, 446
> 
> secrétaire de la légation russe, 29, 97
> 
> osée, le prophète, 307
> 
> níshápúr (níshábúr), 320
> 
> ouléma, de Kerbéla et de najaf, envoient un de leurs
> 
> nis∂íbín (nusaybin), Turquie, étape du voyage depuis
> 
> index
> 
> représentants voir Bahá’u’lláh, 167-168
> 
> ovanes (uvanís) Khán musá‘id, consul persan à
> 
> Porte de la terre, acre, illustrations, 381, 382 ; men-istanbul, 426
> 
> tionnée, 345, 383
> 
> Port-saïd, 292, 414, 432, 436, 495
> 
> P
> 
> Présidents des républiques d’amérique, 378
> 
> palanquin (howdah, kajávih), illustration, 199 ; men-
> Printemps divin, 192
> 
> tionné, 198-199, 206, 212, 217
> 
> Proclamation, par Bahá’u’lláh, 236, 267
> 
> Pahlaván rid∂á, bábí de Káshán, 303n
> 
> Prokesh, Baron, ministre autrichien à istanbul, 480
> 
> Palestine, 295, 489
> 
> Terre promise, 124
> 
> Palmerston, lord, 466
> 
> Promis le, 132, 145, 368
> 
> Panislamisme, 476
> 
> Prophètes de dieu, voir manifestations de dieu
> 
> Paradis, 193
> 
> Prophètes hébreux, chap. 31
> 
> Paris, traité de (1856), 316
> 
> Ptolémaïs (acre), 305
> 
> Parlement, en Perse, 473
> 
> Pékin, 489
> 
> Q
> 
> Peuple de Bahá, décrit par Bahá’u’lláh, 417 ; mention-
> 
> qá’im, de la famille de muh∂ammad, 37, 45, 46, 51, 63,
> né, 274, 404, 448
> 
> 76, 92, 365, 370, 426, 429 ; questions le concer-
> 
> Persépolis, 19
> 
> nant, 188
> 
> Perse : carte du n. de la Perse, 56 ; description de, 17-
> 
> qá’im-maqám, voir abu’l-qásim, mírzá, de faráhán
> 
> 20 ; son futur, 19, apparition du Báb, 43-44, réus-
> 
> qadjar, dynastie, princes et chefs, 18-20 passim, 112, sites d’amír Kábír, 94 ;
> Bahá’u’lláh banni de, 123-236, 436 ; tribu, 28 ; Bahá'u'lláh prophétise la
> 
> 124, 126, 306, Bahá’u’lláh s’adresse à ses peuples,
> 
> chute, 437 ; déclin de la Perse sous, 455-457 ;
> 
> 267 ; martyre, 271-272, 436-437 ; Bahá’u’lláh pro-
> 
> mentionné, 91
> 
> phétise la chute des qadjar, 437 ; tentatives d’ex-
> 
> qamaru’s-salπanih, veuve de mushíru’d-dawlih, 473
> 
> terminer la communauté bahá’íe, 456-457 ; déclin
> 
> qandílí, ville, 503
> 
> and dégradation sous le régime des qadjar, 455-
> 
> qánún, journal publié par mírzá malkam Khán, 477
> 
> 456, 459-461 passim ; description de la visite de qará Guhar, une lourde
> chaîne, 101
> Chirol (1884), 458-461 ; empiétement et pertes de
> 
> qarih-Tapih, irak, étape du voyage depuis Bagdad, 203
> 
> territoires, 460-465, 472 ; concessions accordées
> 
> qashqá’í, tribu, 71
> 
> par nás∂iri’d-dín sháh, 470, 477 ; dotations à
> 
> « qui, hormis dieu », prière du Báb, 137
> 
> Téhéran, 473 ; Parlement, 473 ; entreprises alle-
> 
> qásim-i-nayrízí, h∆ájí, attaqua le chah, 95, 109
> 
> mandes en, 474 ; mentionné, 43, 140, 224, 387,
> 
> qayyúmu’l-asmá‘, révélé par le Báb, 45, 155, 235
> 
> 503 ; voir persans
> 
> qazvín, 46, 59, 61, 84, 155, 472, 500, 505
> 
> Persans : princes, 135, 148, 149, 176 ; présentent leurs
> 
> qom, 18, 84, 95, 504
> 
> respects à Bahá’u’lláh à alexandrie, 289 ; à
> 
> quddús (muh∂ammad ‘alíy-i-Bárfurúshí, h∆ájí mullá),
> 
> istanbul, 468 ; mentionné, 295
> 
> reconnaît le Báb, 46 ; accompagne le Báb en pèle-
> 
> persique, Golf, 469, 474
> 
> rinage, 48 ; à la conférence de Badasht, 61-64 pas-
> Pharaon, 223, 370, 467
> 
> sim ; Bahá’u’lláh donne nom, 62 ; emprisonné à
> 
> Phéniciens, 295, 390
> 
> sárí, 68 ; libéré va à shaykh ∏abarsí, 69 ; le désir
> 
> Philippopolis (Plovdiv), Bulgarie, 483, 484
> 
> du Báb de l’aider en personne, 88 ; martyre, 81 ;
> 
> Pidar Ján-i-qazvíní, bahá’í à haïfa, 317
> 
> mentionné, 92, 103, 429, 494
> 
> pèlerins, maison des, acre, 200, 341 ; mt Carmel, 254n
> 
> qudsíyyih Khánum, fille de mírzá muh∂ammad-qulí,
> 
> Plevna (Bulgarie), siège de, 287, addenda iii
> 
> exilé à acre, 301
> 
> Pollock, général, 466
> 
> coran, cité, 62, 63-64, 183, 249, 370 ; mentionné, 36, Porte de la mer, acre,
> illustration, 299 ; mentionné,
> 
> 153, 165, 223, 467
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> qurratu’l-‘ayn, voir ∏áhirih
> 
> ridá Páshá, à la cour du sultan, 162
> 
> rid∂á sháπír-, 174, 200 ; note biographique, 504, tente
> R
> 
> d’assassiner Bahá’u’lláh, 161, 166, 172
> 
> rabí‘ih, maison de, acre 341, 345
> 
> rid∂á-i-Kirmání, mírzá assassine nás∂iri’d-dín sháh,
> 
> raf‘at Big, à damas 379
> 
> rafí‘-i-núrí, mirza martyr de 1852, 109
> 
> rid∂á-qulí (qanbar-‘alí), voir s∆afá h∆ájí mírzá
> 
> rajab-‘alí, mullá, 443
> 
> rid∂á-qulí Big, grand-père de Bahá’u’lláh, 27, 29
> 
> ramad∂án mullá, s’enfuit de Tákur avec mírzá yah∂yá,
> 
> rid∂á-qulí, mírzá, illustrations. 30, 125 ; demi-frère de
> 
> Bahá’u’lláh, 27 ; épouse maryam mais garde ses
> 
> rang de l’homme, 190, 448
> 
> distances vis-à-vis de Bahá’u’lláh, 30, 468 ; après
> 
> rashid Páshá, grand vizir ottoman, 493
> 
> sa libération (1852) Bahá’u’lláh se repose chez lui,
> 
> rawlinson, sir henry, 31n, 141
> 
> 124 ; empêche le mariage prévu de ‘abdu’l-Bahá,
> rédempteur, du monde, 126
> 
> 369-370 ; réprimandé par mushíru’d-dawlih,
> 
> régie des Tabacs, 477
> 
> 468 ; mentionné, 140
> 
> reine du Carmel, 402
> 
> rid∂á-qulí Khán-i-hidáyat, 27
> 
> religion, rôle de la, 448
> 
> rid∂á-qulí mírzá (náyibu’l-íyálih), prince persan à
> 
> religieux, réunion avec Bahá’u’lláh à Bagdad, 167-
> 
> Bagdad, 149
> 
> 168 ; désir de Bahá’u’lláh de rencontrer les théolo-
> 
> rid∂á-qulí-i-Tafrishí, mírzá, frère de Badrí-Ján, 247n ;
> 
> giens persans, 169-171
> 
> arrive à andrinople, 258 ; exilé à acre, 301 ;
> 
> représentants diplomatiques français, 177, 267, 346,
> 
> actions hostiles et assassinat à acre, 346-349, 351,
> 
> 361, 480-481, 489
> 
> représentants officiels et diplomatiques russes, 29, 71,
> 
> rid∂ván : Jardin à Bagdad (jardin de najíbíyyih), 191,
> 72, 92, 97, 121, 122, 124, 259n
> 
> 196, 198, 236 ; Tablette du, 192-195 ; fête de, 197,
> 
> reuter, Baron Julius de, la concession reuter, 469,
> 
> 198, 217 ; jardin à acre (jardin de na’mayn), illus-
> 
> 496, Banque impériale de Perse, 477
> 
> trations, 385, 386, 438, mentionné 387, 390, 391,
> 
> révélation, de Bahá’u’lláh, début de, 81 ; naissance
> 
> 397, 442-443
> 
> dans le siyáh-Chál, 103, 236 ; proclamée
> 
> risálih, de siyyid mihdíy-i-dahijí, 155
> 
> à andrinople, 266-267, dans lawh∂-i-Karmil, 404 ;
> 
> robespierre, 455
> 
> « écriture de révélation », 439, illustration, 434 ;
> 
> « roi de Gloire », 305, 306
> 
> du Báb, défense de, par Bahá’u’lláh, 267
> 
> « roi des martyrs », voir h∆asan, mírzá
> 
> rhin, fleuve, 378
> 
> rois et dirigeants, le défi du Báb aux, 45 ; conseil de
> 
> rhodope mts., Bulgarie, 484
> 
> Bahá’u’lláh aux, 228-229 ; premiers à recevoir
> rid∂á áqá, l’auteur, voir muh∂ammad-rid∂á-i-qannád-i-l’appel divin, 236 ;
> súriy-i-mulúk, 267 ; leur rang,
> 
> shírází, áqá
> 
> rid∂á áqá, frère de h∆ájí aqáy-i-Tabrízí, exilé à acre,
> 
> roger, mary, 346n
> 
> romains, 295
> 
> rid∂á Big, maison à andrinople, illustration 260, décri-
> 
> ronzevalle, ferdinand, consul français en exercice à
> 
> te, 256, mentionnée, 252, 253, 258
> 
> andrinople, 481
> 
> rid∂á, imam (’ali ibn músá ar-rid∂á) mausolée de, 17,
> 
> rosen, Baron victor, 324
> 
> 470, 472, 505
> 
> rosenberg, rev., missionaire protestant à andrinople.
> 
> rid∂á Khán, meurt à shaykh ∏abarsí, 60
> 
> addenda ii passim
> 
> rid∂á Khán Giránmáyih mírzá (mu‘ayyidu’s-salπanih),
> 
> roumélie, 240, 335, 483
> 
> 460n
> rúmí voir Jaláli’d-dín-i-rúmí
> 
> rid∂á mírzá, parent de siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání,
> 
> russie : son gouvernement propose un refuge à
> 
> Bahá’u’lláh, 124 ; soumet les Turkomans, 462 ;
> 
> n’apprécie pas la concession reuter, 470 ; visite de
> 
> index
> 
> nas∂iri’d-dín sháh, 470, 475 ; guerre de 1877-78
> 
> Báb, 175
> 
> avec la Turquie, 286 ; siège de Plevna et poursuite
> 
> sa‘íd Khán-i-ansárí, mírzá (mu’taminu’l-mulk),
> 
> des troupes ottomanes après la chute, 287, adden-
> 
> ministre des affaires étrangères, 161 ; conduit
> 
> da iii ; Cosaques et brigade cosaque de Perse,
> 
> l’opposition contre mushíru’d-dawlih, 470 ; perd
> 
> 472 ; avance en Transoxanie, 464 ; prise de marv,
> 
> son poste puis est rétabli, 470-471 ; signe le Traité
> 
> 460, 462, 464 ; étend sa frontière avec
> 
> de ákhál, 472 ; l’épître shikkar-shikan-shavand
> l’afghanistan, 460 ; construit la voie ferrée trans-
> 
> ne lui est pas destinée, 173n, 471 ; note biogra-
> 
> caspienne, 461 ; obtient le droit d’utiliser les eaux
> 
> phique, 504
> 
> côtières à anzalí, 474 ; concession pour construire
> 
> sa‘ídu’l-’ulamá, religieux de Bárfurúsh, 68
> 
> routes et voies ferrées en Perse, 477 ; mentionnée,
> 
> sakínih Khánum, demi-sœur de Bahá’u’lláh, 29
> 
> 458, 470, 324, 460, 462
> 
> s∆aláh∂i’d-dín (saladin), 207
> 
> rustam-i-rúzafzún, áqá, 25
> 
> s∆aláh∂íyyih, irak, étape du voyage depuis Bagdad, 202
> 
> rustchuk (ruse), Bulgarie, 483
> 
> sálár (h∆asan Khán), 91, 462, 496
> 
> rúznámiy-i-vaqáyi‘-i-ittifáqíyyih, gazette officielle de
> 
> salásil, une lourde chaîne, 101
> 
> Téhéran, rapporte les martyres de 1852, 106, 107,
> 
> s∆álih∂, mírzá, oncle de Táhirih, assassiné, chap. 7
> 
> s∆álih∂ Páshá, gouverneur d’acre, 352-356, 357
> s∆álih∂-i-‘arab, siyyid, religieux de Téhéran, 470
> 
> S
> 
> salisbury, lord, premier ministre britannique, 475
> 
> st-andré, église de, acre, 345
> 
> salmán, shaykh, conduit munírih Khánum à acre,
> 
> st-George, église de, acre, 345
> 
> 370-372 ; pétitions qu’il porte lorsqu’il est arrêté à
> 
> st-Petersbourg (léningrad), 470, 472, 475
> 
> à alep, 467-469 ; mentionné, 249, 256, 258
> 
> ste-sophie, istanbul, dôme de, 243
> 
> salmán-i-fársi, compagnon de muh∂ammad, 38
> 
> sa‘ádat ábád, village, 58, 501
> 
> sálmání, voir muh∂ammad-‘alíy-i-salmání, ustád
> 
> s∆abbágh-i-yazdí, voir muh∂ammad-‘alíy-i-Jilawdár-i-
> 
> salomon, 43
> 
> yazdí
> 
> salonique (Thessaloníki), 483
> 
> sádhijíyyih, fille de Bahá’u’lláh qui mourut enfant,
> 
> salt lake City, 83
> 
> salπanat Khánum, exilée à acre, 301
> 
> sa‘di, cité, 18, 43, 153, 249, 455
> 
> salvarí, Turquie, 226
> 
> s∆ádiq-i-muqaddas-i-Khurásání,
> 
> mullá,
> 
> titre
> 
> s∆amadíyyih Khánum, sœur de mírzá muh∂ammad-‘alí,
> 
> d’ismu’lláhu’l-as∂daq, 50n ; accepte Bahá’u’lláh à
> 
> exilé à acre, 301
> 
> andrinople, 274 ; mentionné, 494
> 
> samaríyyih, colline proche de Bahjí, 390
> 
> s∆ádiq-i-Tabáπabá’i, chef mujtahid de Téhéran, 457
> 
> sámarrá, 492
> 
> s∆ádiq-i-Tabrízí (zanjání), attente à la vie du chah, 84,
> 
> s∆ams∂ámu’s-s∆alπanih, 328
> 
> 95, 96, 109
> 
> sámsún, Turquie, étape de la marche depuis Bagdad,
> 
> s∆ádiq-i-yazdí, shaykh, meurt en route vers istanbul,
> 
> 201, 217
> 
> 200, 214
> san francisco, 83
> 
> s∆afá, h∆ájí mírzá (rid∂á-qulí, qanbar-‘alí), murshid de
> 
> sar-Galú, montagne, illustration, 144 ; mentionné, 142
> 
> h∆ájí mírzá h∆usayn Khán, ses entrevues avec
> 
> sarakhs, poste frontière de Perse, 464
> 
> Bahá’u’lláh, 220-221, 223, 224, 234 ; note biogra-
> 
> sardár-i-as‘ad, voir ‘alí-qulí Khán, h∆ájí
> 
> phique, 504 ; mentionné, 291
> 
> sárí, mazandéran, 68, 69
> 
> safavide, dynastie, 19, 129, 459
> 
> sárih Khánum (ukht), sœur aînée de Bahá’u’lláh, 29,
> 
> s∆áh∂ib díván, voir shafi‘ Khán, mírzá
> 
> s∆áh∂ib-Ján Khánum, une servante, exilé à acre, 302
> 
> saron, 307
> 
> s∆áh∂ibu’z-zamán, 46
> 
> sassanide, dynastie, 25, 27
> 
> s∆ah∂ífiy-i-Baynu’l haramayn, Tablette révélée par le
> 
> sayfu’d-dawlih, fils de ‘alí sháh, 148
> 
> sayfu’l-mulúk mírzá, fils de fath-‘alí sháh, 73
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> sayyáh, voir ádí Guzal, mullá ; aussi muh∂ammad-
> 
> souffrit la bastonnade, 78 ; ses commentaires sur la
> 
> ‘alíy-i-sayyáh, h∆ájí
> 
> Tablette du saint nautonier, 178 ; reçoit le manus-
> 
> schindler, général autrichien, 460
> 
> crit original du Kitáb-i-íqán, 189 ; décrit le Kitáb-
> 
> schynovsky, colonel, officier autrichien à Téhéran,
> 
> i-aqdas, 377-378 ; nomme les apôtres de
> 
> Bahá’u’lláh, 234n ; termine le mausolée du Báb,
> 
> sébastopol, 487, 489
> 
> 401-402 ; mentionné, 11, 27, 254n, 497
> 
> seigneur des armées, 305, 306
> 
> shujá’u’d-dawlih, Prince, fils de ‘alí-sháh, 148, 224,
> 
> selim i, 219n
> 
> sept martyrs de Téhéran, 81, 92, 429 ; de yazd, 409,
> 
> shujá’u’l-mulk (mihr-‘alí Khán), 468
> 
> shukru’lláh-i-núri, áqá, accompagne Bahá’u’lláh à
> 
> shádhilí, confrérie, acre, 394
> 
> Kerbéla, 88
> 
> shafí‘ Khán, mírzá (s∆áh∂ib diván), 39, 59, 121
> 
> shúshtar, ville, 127
> 
> shariy-i-Burújirdí, h∆ájí siyyid, 491
> 
> sidon, 499, 500
> 
> sháh muh∂ammad-i-amín, h∆ájí, décrit comment Badí‘
> 
> s∆idq-‘alíy-i-qazvíní, darvísh, émigre à istanbul, 180,
> 
> reçoit l’ Épître au chah, 323
> 
> 200 ; emprisonné à istanbul, 274 ; exilé à acre,
> 
> sháh-rúd, 67, 88
> 
> 302 ; arrêté au temps des meurtres des trois azalís,
> 
> sháh-sulπán Khánum (‘izziyih Khánum, Khánum
> 
> 357 ; note biographique, 505 ; mentionné, 155,
> 
> Buzurg), illustration, 368 ; demi-sœur de
> 
> Bahá’u’lláh, 29-30 ; empêche le mariage prévu de
> 
> sinaï, 404
> ‘abdu’l-Bahá, 369
> 
> sinán, architecte, 243
> 
> sháhansháh Bigum, fille de diyá’u’s-salπanih, 33 ; ses
> 
> sind, 465
> 
> filles, 34
> 
> sinope (sinop), Turquie, port, au cours de la marche
> 
> shahr-Bánú Khánum, devait épouser ‘abdu’l-Bahá,
> 
> depuis Bagdad, 218
> 
> sion, 307, 404
> 
> shahr-i-ray (anciennement Cháh ‘abdu’l-‘az∂ím), vil-
> 
> sipahdár-i-a’z∂am, voir muh∂ammad-valí Khán-i-
> 
> lage, 97n
> 
> Tunukábuní
> 
> shamsí Big, 219, 221, 227, 252
> 
> sipahsálár-i-a’z∂am, voir h∆usayn Khán, h∆ájí mírzá ; shamsu’d-duhá,
> belle-mère du roi des martyrs, 366
> 
> aussi yah∂yá Khán
> 
> shátir-Báshí, dénonce son frère au cours du massacre
> 
> sírján, Perse, 494
> 
> de 1852, 108
> sistán, 465
> 
> shaybak Khán (muh∂ammad Khán-i-shaybáni), 25
> 
> sívás, Turquie, étape du voyage depuis Bagdad, 215,
> 
> shaykh-‘alí mírzá, de Chiraz, rencontre Bahá’u’lláh à
> 
> Kerbéla, 88 ; mentionné, 131
> 
> síyáh-Chál, cul-de-fosse à Téhéran, bábís emprisonnés
> 
> shaykh-‘alí, mullá, voir ‘az∂ím
> 
> (1852), 97, 103, 111 ; Bahá’u’lláh décrit le cadre et
> 
> shaykh Ghánim, mausolée de, acre, 345
> 
> les conditions de son emprisonnement, 98-102,
> 
> shaykhis, 52, 159, 456
> 
> 126 ; arrivée et mort de ‘abdu’l-vahháb, 118 ;
> 
> shimrán (shimirán), porte de, 33, 35, 96 ; district de,
> 
> mort de’az∂ím, 122 ; visiteurs et libération de
> 
> 72, 95
> 
> Bahá’u’lláh, 121-124 ; mentionné, 131, 236, 316
> 
> shír Khán (‘aynu’l-mulk, i’tid∂ádi’d-dawlih), ilkhání
> 
> siyyid-i-Buká’, 131, 136
> 
> des qadjars, 181
> skobelev, général russe, 464
> 
> shirzád Khán-i-sartíp, haut fonctionnaire qui devint
> 
> smyrne (izmír), 50n, 288, 362, 499, 502
> 
> bahá’í, 259
> 
> sofia, Bulgarie, 484
> 
> shishmán, docteur qui soigne Bahá’u’lláh, 247
> 
> stopford, admiral sir robert, 297, 298
> 
> shoghi effendi, Gardien de la foi bahá’íe, son lieu de
> 
> strabo, 216
> 
> naissance, 385 ; son père, 431 ; gardiennat prévu
> 
> s∆ubh∂-i-azal, voir yah∂yá, mírzá
> 
> par Bahá’u’lláh, 378 ; indique que Bahá'u'lláh
> 
> s∆ubh∂í Páshá, vali de syrie, 354
> 
> index
> 
> sublime Porte, 311, 479
> 
> T
> 
> soudan, 258, 272, 489
> 
> ∏abarsí, shaykh, bábís s‘y réfugient, 68 ; visite de
> 
> soufis, confrérie qádiriyyih, 276 ; mentionné, 289
> Bahá’u’lláh, 69 ; son intention de revenir, 69, 75 ;
> 
> s∆ughrá Khánum, demi-sœur de Bahá’u’lláh, 29
> 
> fin du soulèvement, 81 ; histoire de, 107-108 ;
> 
> s∆uhayb, compagnon de muh∂ammad, 290n
> 
> mentionné, 50, 56, 60, 77, 103, 109, 274, 320
> 
> sulaymán le magnifique, sultan ottoman, 129
> 
> Tabriz, martyre du Báb, 19, 81, 85, 92 ; meurtre de
> 
> sulaymán Khán, h∆ájí, récupère les restes du Báb et de
> 
> siyyid-‘alíy-i-arab, 259 ; exécution d’azalís
> 
> son compagnon, 85, 95 ; bábís arrêté dans sa mai-
> 
> (1896), 415 ; mentionné, 73, 95, 236, 497
> 
> son (1852), 97 ; martyre, 106-107, 109 ; mention-
> 
> ∏áhirih (umm-salamih, qurratu’l-‘ayn), description,
> 
> né, 95, 121
> 
> 46-47, 84, 107 ; accepte le Báb, 47 ; son sauveta-
> 
> sulaymán Khán (Jamál effendi), 418n
> 
> ge, 60 ; rencontre vah∂íd, 83-84 ; à la conférence de
> 
> sulaymán Khán-i-qájár, 181n
> 
> Badasht, chap. 8 passim, 107 ; Bahá’u’lláh la
> 
> sulaymán Páshá, gouverneur de andrinople, 276n
> nomme, 62 ; protégée à niyálá, 65 ; arrêtée et
> 
> sulaymán Páshá, gouverneur de province d’acre, 295,
> 
> emprisonnée à Téhéran, 68, 83 ; martyre, 68, 107 ;
> 
> 298, 353n, 360n, 389n
> 
> mentionnée, 59, 88, 145, 349n, 366
> 
> sulaymán-i-núri, mírzá, 61
> 
> ∏ahmásb-qulí Khán-i-Kujúri, 113
> 
> sulaymán-qulí, mírzá (Khátibu’r rahmán), martyr de
> 
> ∏á’if, arabie, 499
> 
> 1852, 107, 108-109
> 
> Tá’íyyih, ode, 142
> 
> sulaymáníyyih, irak kurde, Bahá’u’lláh cherche à
> 
> Tajrísh, résidence d’été, 72, 460
> 
> s’isoler, 139-140 ; sa vie, 140-142, ville décrite,
> 
> Táju’l-mulúk (ummu’l-Khaqán), 93
> 
> 141 ; attitude des habitants, 142 ; pachas hérédi-
> 
> Tákur, manoir de mírzá Buzurg, 32, 35, 37 ; attaqué,
> 
> taires, 148n ; odes révélées par Bahá’u’lláh, 142,
> 
> 110-113 ; mentionné, 27, 28, 110
> 
> 176 ; son retour à Bagdad, 145, 236 ; mentionné,
> Takyih, séminaire théologique, de mawláná Khálid,
> 
> 143, 147, 148, 152, 441
> 
> illustration, 143, mentionné, 142 ; des mawlavis,
> 
> sulπán, shaykh, bábí arabe, rencontre Bahá’u’lláh à
> 
> 240, 289
> 
> Kerbéla, 88 ; le soutien à Bagdad, 131 ; le cherche
> 
> Talbot, major Gerald f., 477
> 
> et le trouve à sulaymáníyyih, 145 ; son livre écrit
> 
> Tall-i-fakhkhár (colline de napoléon), acre, 390
> 
> sur le voyage, 146n
> 
> Taqí Khán-i-faráhání, mírzá (amír Kabír), illustra-
> 
> sulπán-ah∂mad mírzá (plus tard, sháh), 328
> 
> tion, 90 ; titres, 73 ; devient grand vizir, 73 ; ordon-
> 
> sulπán-h∆usayn mírzá (Jalálu’d-dawlih), 409, 436-437
> 
> ne la mort du Báb, 87, 462 ; efforts pour supprimer
> 
> sulπán ibn ah∂mad, saiyid, de muscat, 465
> 
> la religion bábíe, 91, 92 ; rencontre Bahá’u’lláh et
> 
> sulπán-mas’úd mírzá (z∆illu’s-sulπán), 19, 93, 328,
> 
> conseille une absence temporaire, 88 ; renvoyé par
> 
> 409, 436, 456, 458, 459
> le chah qui ordonne sa mort, 89, 91, 93, 492 ;
> 
> sulπán muh∂ammad-i-fátih∂, mosquée d’istanbul, 221
> 
> caractère et accomplissements, 91, 93-94 ; femme
> 
> sulπán-murád mírzá (h∆isámu’s-salπanih), gouverneur-
> 
> and filles, 92, 93, 107 ; mentionné, 86n, 121, 492,
> 
> général du Khorassan, 32, 91, 462, 473
> 
> 496, 504
> 
> sulπán salím, mosquée d’andrinople, 243, 261
> 
> Taqí, mírzá (Parishán), fils de mírzá Buzurg, 29
> 
> sulπánábád, 459
> 
> Taqíy-i-Baraghání, h∆ájí mullá (shahíd-i-Thálith), 59,
> 
> sunnites, 305, 449
> 
> súq al abyad∂, acre, 390
> 
> Taqíy-i-Tabrízí, h∆ájí (Karbilá’i Taqi, mashhadi Taqi),
> 
> sourate de Joseph, 45
> 
> note biographique, 497 (avec frère, Ja’far-i-
> 
> suse (shúsh), 19
> 
> Tabrizi, h∆ájí) ; mentionné, 258, 282-283, 293, 299,
> 
> sykes, sir Percy, son opinion d’amir Kabir, 93 ; men-
> 
> tionné, 465
> 
> Tatar-Bazardijk (Pazardzhik), Bulgarie, 484
> 
> syrie, 295, 297, 499
> 
> Táwuq, irak, étape du voyage depuis Bagdad, 203
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> Taylor, 1. G., British consul à diyárbakr, 211-212n
> 
> famille de, 345 ; son manoir à Bahjí, 389 ; mort,
> 
> Télégraphe, construction du, en Perse, 465
> 
> 389 ; voir ‘Údí Khammár, maison de ‘Údí
> 
> Templiers allemands, 298n, 400
> 
> Khammár, maison de, acre, illustration, pièce où
> 
> Terre sainte, chap. 31, 392, 451
> 
> le Kitáb-i-aqdas fut révélé, 376 ; mentionné, 341,
> 
> Thompson, Juliet, 119
> 
> 342, 345, 357, 361
> 
> Thomson, sir ronald, ministre britannique à Téhéran,
> 
> ‘uluvv, siyyid-i-, 88
> 
> 460n
> ‘umar effendi, Big-Báshí, accompagne les exilés
> 
> Thomson, w. Taylor, ministre britannique à Téhéran,
> 
> bahá’ís au départ de Gallipoli, 287
> 
> 460n
> 
> ‘umar lüπfí Páshá, gouverneur de Bagdad, 150 ; note
> 
> Tiflis, 496
> 
> biographique, 505
> 
> Tigranes, en arménie, 207
> 
> umm-i-ashraf, mère d’áqá siyyid ashraf, le martyr,
> 
> Tigre, fleuve, cafés visités par Bahá’u’lláh, 172, 175 ;
> 
> le voyage depuis Bagdad, 191, 198, 199, 205, 210,
> 
> umm-salamih, voir ∏áhirih
> 
> mentionné, 17, 145, 150n, 153, 178, 183, 190
> 
> états-unis d’amérique, 474
> 
> Téhéran, ville natale de Bahá’u’lláh, 22 ; maison de
> 
> unité des peuples, 448
> 
> mírzá Buzurg, 32, 33 ; maison de Bahá’u’lláh, 33 ;
> 
> ustád muh∂ammad-‘alíy-i-salmání, voir muh∂ammad-
> 
> mission de mullá h∆usayn, 49 ; arrestation de ∏áhi-
> ‘alíy-i-salmání
> 
> rih, 68 ; invités de Bahá’u’lláh, chap. 12 passim ;
> 
> ‘uthmán Páshá, ministre ottoman, 506
> 
> Bahá’u’lláh reçoit les affaires personnelles du Báb,
> 
> Úzún-Kúprí, Turquie, 284
> 
> 84-85 ; restes du Báb cachés, 85 ; sept martyrs,
> 
> 81, 92, 429 ; tentative d’assassinat du chah, chap.
> 
> V
> 
> 15 passim, 118 ; martyrs de 1852, chap. 17 ;
> 
> vah∂íd (siyyid yah∂yáy-i-dárábí), le chah l’envoie véri-
> 
> Bahá’u’lláh par en exil, 124 ; Bahá’u’lláh s’adres-
> 
> fier les dires du Báb, 92 ; invité de Bahá’u’lláh,
> 
> se à, 378 ; visite de Chirol, 458-461 ; assassinat de
> 
> 82 ; rencontres avec sayyáh∂ and ∏áhirih, 82-84 ;
> 
> násiri’d-dín sháh, 478 ( voir násiri’d-dín sháh) ;
> 
> reconnaît la position de Bahá’u’lláh, 82-84 ; mar-
> 
> mentionné, 19, 29, 101, 105, 118, 456 ; voir síyáh-
> 
> tyrisé à nayriz, 81, 92 ; mentionné, 103
> 
> Chál
> 
> vah∂íd, mírzá, fils de mírzá muh∂ammad-qulí, exilé à
> Testament de Bahá’u’lláh (Kitáb-i-‘ahd), provisions
> 
> acre, 301
> 
> du, 445, 446, 449 ; cité, 446
> 
> vakílu’d-dawlih (muh∂ammad-Taqí, h∆ájí mírzá), 414
> 
> The Times, londres, 392, 483
> 
> varna, Bulgarie, 483, 484
> 
> Traditions islamiques, 188, 219n
> 
> verbe de dieu, 190
> 
> transcaspien, chemin de fer, 461
> 
> victoria, reine, 177, 469, 475
> 
> Transoxanie, 25, 464, 472
> 
> Túbá Khánum, sœur de h∆ájí mírzá habibu’lláh afnán,
> 
> W
> 
> Túpkhánih, 503
> 
> windsor, château de, 469
> 
> Túqát (Tokat), Turquie, étape du voyage depuis
> 
> Bagdad, 216
> 
> Turkamáníyyih, mère de muh∂ammad-qulí, 30
> 
> X
> Turkestan, 216
> 
> xerxès, 19
> 
> Turkomans, 462-464
> 
> Y
> 
> U
> 
> yah∂yá, h∆ájí shaykh, imám-Jum‘ih de Chiraz, 131n
> 
> ‘ubaydu’lláh, shaykh, 496
> 
> yah∂yá Khán (mushíru’d-daw1ih, mu‘tamídu’l-mulk),
> 
> ‘Údí Khammár, détails biographiques, 341-342, 361 ;
> 
> 473, 474
> 
> index
> 
> yah∂yá, mírzá (s∆ubh∂-i-azal), illustration, 31 ; demi-
> 
> illustration, 471 ; devient grand vizir, 470 ; person-
> 
> frère de Bahá’u’lláh, 30 ; successeur du Báb, 130,
> 
> nalité, 471 ; note biographique, 506 ; mentionné,
> 
> 245 ; Báb le confie aux soins de Bahá’u’lláh, 83 ;
> 
> 333, 474
> 
> arrêté à ámul, 75, 78-79 ; va à Tákur, puis s’enfuit
> 
> vers Bagdad, 110 ; Bahá’u’lláh désire qu’il retour-
> Z
> 
> ne en Perse, 130, 246 ; comportement à Bagdad,
> 
> záb, grand et petit, rivières, 204
> 
> 130, 131, 135, 136, 143-145, 167, 246, 443 ; son
> 
> za‘farán Khánum, exilée à acre, 302
> 
> livre mustayqiz∂, 147 ; incite au meurtre de
> 
> zagros mt., 17, 19
> 
> dayyán, 147 ; refuse de rencontrer nabíl, 152 ; à
> 
> z∆áhir, bábí arabe, 205, 246
> 
> Bas∂rah, 167, 172 ; nomme des « Témoins du
> 
> z∆áhiru’l-‘umar, gouverneur de la province d’acre,
> 
> Bayán », 181 ; s’enfuit de Bagdad, 182 ; abandon-
> 
> 295, 297, 298
> 
> ne des écrits du Báb, 246 ; atteint mosul et des-
> 
> zahrá Bigum, sœur de la femme du Báb, 429, 431
> 
> cription de ‘abdu’l-Bahá, 205 ; rejoint la carava-
> 
> zahrá Khánum, exilée à acre, 301
> 
> ne, 205, 212 ; supplie Bahá’u’lláh d’accepter le
> 
> zákhú (zakho), irak, étape du voyage depuis Bagdad,
> 
> bannissement à andrinople, 224 ; ses intrigues à
> 
> andrinople, 242, 245 ; sa rébellion, 245-246 ; ses
> 
> zanján, soulèvement de, 81, 92, 103, 109, 274, 494 ;
> 
> tentatives pour empoisonner Bahá’u’lláh, 247-
> 
> meurtre de mírzá muh∂ammad-‘alí, médecin, 259 ;
> 
> 248 ; son ignorance révélée, 249 ; ses complots
> 
> situation trois décennies après le soulèvement, 457
> 
> pour assassiner Bahá’u’lláh, 249-252 ; sa rupture
> 
> zarand, 84
> 
> d’avec Bahá’u’lláh 252-255 ; ses partisans en irak,
> 
> zargandih, 97
> 
> 255, 259 ; ne vient pas au rendez-vous avec
> 
> zaynab (rustam-‘alí), soulèvement de zanján, 92
> 
> Bahá’u’lláh, 261-263, 269 ; sa description par
> 
> zaynu’l-‘ábidín, áqá mírzá, arrive à andrinople, 270
> 
> Bahá’u’lláh, 262-263 ; le briseur par excellence de
> 
> zaynu’l-‘ábidín, h∆ájí mírzá, père de áqá mírzá áqá,
> 
> l’alliance du Báb, 247 ; banni à Chypre, 276 ; quit-
> 
> núri’d-dín, 429
> 
> te andrinople, 284 ; ses femmes, 363, 443, voir
> zaynu’l-‘ábidín Khán (fakhru’d-dawlih), noble de
> 
> Badrí-Ján ; ses enfants, 363, 411, 415, 427 ; assu-
> 
> Bagdad, 148, 166, 168, 171
> 
> rance de Bahá’u’lláh, 376 ; est libéré (1878), 452 ;
> 
> zaynu’l-‘ábidín Khán, gouverneur de nayriz, 153
> 
> activités de ses partisans à istanbul, chap. 40 ; sa
> 
> zaynu’l-‘ábidín, mírzá (mullá, Jináb-i-Bábá), oncle
> 
> mort à Chypre (l912), 452 ; mentionné, 133-135
> 
> de Bahá’u’lláh, s’enfuit de Tákur avec mírzá
> 
> passim, 145, 154, 195, 216, 226, 240, 243, 258, yah∂yá, 110 ; rencontre
> Bahá’u’lláh, 135-136
> 
> 259, 272, 349, 351, 369, 426-427
> 
> zaynu’l-‘ábidín, mullá, de najaf-ábád, apôtre de
> 
> yah∂yá, mírzá, de qazvín, 420
> 
> Bahá’u’lláh, nommé ismu’lláhu’l-zayn, 50n ;
> 
> yah∂yá Páshá, 499
> 
> désigné Jináb-i-zaynu’l-muqarrabín, 143 ; men-
> 
> yah∂yá, siyyid, frère de munírih Khánum, 370, 372
> 
> tionné, 27n, 341
> 
> yah∂yáy-i-dárábí, siyyid, voir vahíd
> 
> zaynu’l-‘ábidín-i-yazdí, mullá, martyr de 1852, 109,
> yálrúd, 37
> 
> yazd, 17, 25, 81, 436, 456, 504
> 
> zaynu’l-muqarrabin, Jináb-i-, voir zaynu’l-‘ábidín, yazdigird iii, 25, 27
> 
> mullá, de najaf-ábád
> 
> yazíd i, calife ommeyade, 444
> 
> zillu’s-sulπán, voir ‘alí-sháh and sulπán-mas‘úd
> 
> yazídís (Kurdes), 206, 207
> 
> mírzá
> 
> yirkih, village, 390
> 
> zívar Páshá, gouverneur d’acre, 391, 392, 394
> 
> yúsuf Kamál Páshá, note biographique, 506 ; mention-
> 
> zívar-sulπán Khánum, grand-mère de shoghi effendi,
> 
> né, 234
> 
> yúsuf Khán-i-vujdání, mírzá, tuteur à Bahji, 438, 440
> 
> zoroastre, 17, 305
> 
> yúsuf, shaykh, mufti de nazareth, 394-395
> 
> yúsuf-i-ashtíyáni, mírzá (mustawfíyu’l-mamálik),
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> table des matières
> 
> Chapitres
> 
> pag
> 
> es
> 
> Préface à la version française
> 
> Préface du traducteur
> 
> introduction
> Prologue 2
> 
> 1. ascendance de Bahá’u’lláh
> 
> 2. la famille de Bahá’u’lláh
> 
> 3. les premières années 3 5
> 
> 4. l'aube
> 
> 5. en route vers la capitale de la Perse 4
> 
> 6. au pays de ses ancêtres
> 
> 7. Premier emprisonnement
> 
> 8. la conférence de Badasht
> 
> 9. de Badasht à shaykh ∏abarsí
> 
> 10. la chute de h∆ájí mírzá áqásí
> 
> 11. deuxième emprisonnement
> 
> 12. une année importante
> 
> 13. un an à Kerbéla
> 
> 14. la chute de l'amír Kabír
> 
> 15. la folle tentative d'assassiner nás∂iri'd-dín sháh
> 
> 16. naissance de la révélation bahá'íe
> 
> 17. les martyres bábís de 1852
> 
> 18. histoire d'un jeune shírází
> 
> 19. libération et exil
> 
> 20. Bagdad, la première année
> 
> 21. sulaymáníyyih
> 
> 22. Bagdad, amis et ennemis
> 
> 23. Bagdad, les dernières années
> 
> 24. Traces de la Plume très exaltée
> 
> 25. la marche du roi de Gloire
> 
> 26. dans la ville de Constantin
> 
> dans la Gloire du Père
> 
> 27. andrinople, la prison lointaine
> 
> 28. les dernières années à andrinople
> 
> 29. Bannissement à acre
> 
> 30. l’arrivée à acre
> 
> 31. le seigneur des armées
> 
> 32. la vie dans la caserne
> 
> 33. l'histoire de Badí'
> 
> 34. le grand sacrifice
> 
> 35. les portes s'ouvrent
> 
> 36. la roue tourne
> 
> 37.le mariage de la Plus-Grande-Branche
> 
> 38. dernières années derrières les murs
> 
> 39. les années à Bahjí
> 
> 40. activités des azalís à istanbul
> 
> 41. extraits d'une autobiographie
> 
> 42. l'ascension de Bahá'u'lláh
> 
> addenda
> 
> i. le règne désastreux de nás∂iri'd-dín sháh
> 
> ii. démarches effectuées auprès des consuls
> 
> lors du banisssement de Bahá'u'lláh à acre
> 
> iii. Conséquences du siège de Plevna
> 
> iv. le général Gordon à haïfa et acre
> 
> v. notes biographiques
> 
> Bibliographie
> 
> Glossaire
> 
> références
> 
> index
>
> — *Dans la Gloire du Pere: Une Biographie de Baha'u'llah (Used by permission of the curator)*

