# Épître au fils du Loup

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> Source: Bahá'í Library Online (bahai-library.com), curated by Jonah Winters. Used by permission of the curator. Original citation: Bahá'u'lláh, Épître au fils du Loup, bahai-library.com.
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> Religare
> Épître au fils du Loup
> 
> Bahá’u’lláh
> Révélation : 1880
> Edition : MEB 2001 - isbn: 2872030557
> Internet : 23 mai 2016
> 
> Bibliothèque des religions
> 
> www.religare.org           Bahá’íe
> Table des matières
> Introduction .......................................................................................................................................... 2
> Épître au fils du Loup........................................................................................................................... 6
> Index................................................................................................................................................... 71
> 
> © Maison d’éditions bahá’íes, 52 rue Henri Evenpoel, 1030 Bruxelles, Belgique
> 
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> Introduction
> Les bahá’ís qui visitent Isfahán ne manquent pas de faire au Takhti Foulad, parmi les tombes
> échelonnées au pied des collines, au sud du Zenda Roud, le pèlerinage à la demeure dernière de
> ceux qu’ils appellent « le Sultan des Martyrs » et « le Bien-Aimé des Martyrs » C’étaient deux
> riches seyeds bahá’ís, négociants estimés de tous, et que le grand Moudjahid d’Isfahán, Cheikh
> Baghir, fit mettre à mort de la façon la plus atroce, pour ne pas avoir à leur payer une dizaine de
> milliers de tomans qu’il se trouvait leur devoir. Ceci se passait aux environs de 1880, et cet acte du
> Cheikh, qui couronnait toute une série de persécutions et de rapines, lui valut parmi les amis des
> deux frères martyrisés le surnom odieux du « Loup », sous lequel sa notoriété se répandit dans toute
> la Perse. Il mourut misérablement à quelque temps de là.
> 
> Son fils, Cheikh Mohammed Taqi, plus connu sous le nom d’Agha Nadjafi, le Seigneur de Nadjaf,
> lui succéda dans ses redoutables fonctions. Et, bien que le nombre des persécutions sanglantes ait
> heureusement diminué en Perse, où la doctrine si élevée de Bahá’u’lláh ne rencontre plus
> d’opposition chez les membres les plus ignorants du clergé, ses déprédations lui ont acquis une
> impopularité aussi vive chez les musulmans que chez les bahá’ís car la largeur de ses idées lui
> permet de s’emparer indistinctement des biens des uns comme des autres, sans qu’il considère
> toujours nécessaire d’attenter à la vie de ceux dont il convoite les richesses. Il jouit, paraît-il, d’une
> des fortunes les plus considérables de la Perse.
> 
> C’est à lui qu’aux environs de 1890 Bahá’u’lláh adressa la sévère admonestation que nous publions
> aujourd’hui, et que nous considérons comme l’une de ses oeuvres les plus intéressantes. L’Épître au
> fils du Loup (c’est en effet sous ce nom qu’elle est connue parmi les disciples) tire pour nous sa
> valeur, non seulement du fait que c’est un des derniers écrits du Prophète, mais encore de ce qu’elle
> constitue un véritable résumé de son oeuvre fait dans l’espoir d’adoucir un des plus violents
> adversaires de la Cause. Bahá’u’lláh, en lui rappelant les principales étapes de sa mission ; en lui
> citant des passages de ses oeuvres qu’il n’était pas toujours facile de se procurer alors en Perse,
> montre au Nadjafi tout le bien qu’il pourrait faire à son pays en se joignant à lui, au lieu de
> combattre ses idées.
> 
> À un autre point de vue également, l’ouvrage est intéressant. On sait que, dès le début de sa
> mission, Bahá’u’lláh trouva contre lui un certain nombre de bábís qui ne pouvaient accepter
> l’impulsion vers l’universalisme, qu’il avait donnée à la doctrine du Báb. Ils se groupèrent autour de
> son demi-frère Sobhi Azal qui, jusqu’en ces derniers temps, dirigea contre la Cause la plus amère,
> comme la plus stérile, des luttes.
> 
> Cette impuissante opposition n’aurait jamais fait de bruit en dehors des petits groupements persans
> qui s’en sont servis dans leurs querelles politiques, si des historiens européens, dans un esprit
> d’impartialité auquel nous nous plaisons à rendre hommage, mais peut-être un peu trop légèrement,
> n’avaient accueilli dans leurs ouvrages l’écho des calomnies répandues par les azalís contre les
> bahá’ís. C’est ainsi que Bahá’u’lláh et les bahá’ís sont accusés d’amoindrir, de mépriser même, la
> personnalité du Báb, pour grandir celle de son continuateur, et d’empêcher ainsi tous les fidèles
> bábís de se joindre au mouvement. Si pareille accusation devait trouver créance, il ne semblait pas
> que ce pût être auprès de ceux qui, ayant été des premiers à vulgariser en Occident les oeuvres de
> Bahá’u’lláh, savent au contraire que ce dernier attache tant d’importance à la station de son
> Annonciateur, qu’il a fait de l’anniversaire de la déclaration du Báb une des quatre grandes fêtes
> bahá’íes. Est-il besoin de s’excuser du mot « Annonciateur » ? Qui pourrait soutenir que les
> prophéties relatives au Paraclet amoindrissent dans l’esprit des musulmans la personnalité de
> Jésus ?
> 
> En lisant l’Épître au fils du Loup, un critique impartial verra au contraire que Bahá’u’lláh tire, pour
> 
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> ainsi dire, des écrits du Báb les preuves eschatologiques de l’authenticité de sa mission. Il ne pourra
> concevoir comment une pareille accusation a pu se répandre : car amoindrir la personne du Báb, ce
> serait, pour Bahá’u’lláh affaiblir sa propre autorité.
> 
> Il importe d’ailleurs de comprendre que, si Sobhi Azal a prétendu être le successeur du Báb, ce qu’il
> n’y a pas lieu de discuter ici, cela ne pouvait vouloir dire qu’une chose : c’est qu’il était à la tête de
> cette organisation perpétuelle qui devait subsister jusqu’à la venue de la grande Manifestation de
> Dieu annoncée par le Báb. Et le jour où Bahá’u’lláh assuma la position de Man yozherohou’llâh, le
> rôle de son demi-frère était fini. Comment prouver la légitimité de la prétention de Bahá’u’lláh et
> quel critérium possèdent les contemporains pour reconnaître un Prophète ? Il semble qu’il soit
> impossible de trouver une autre règle que celle du Christ : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits »
> [nota : Matthieu, VII, 16] . Et les progrès que le Bahaïsme a faits, tant en Orient qu’en Occident,
> paraissent une preuve suffisante.
> 
> Quelqu’un ayant demandé à ‘Abdu’l-Bahá, lorsqu’il était encore emprisonné à Saint-Jean-d’Acre,
> dans quelles conditions s’était produite la manifestation de son père, il répondit par ces quelques
> lignes que nous reproduisons ici dans toute leur simplicité :
> 
> Bahá’u’lláh, dès son enfance, avait des manières, une attitude et une façon de parler
> extraordinaires, dont tout le monde s’émerveillait. Tous les grands de la Perse disaient : « Ce jeune
> homme est un être étrange » et tous attestaient ses vertus, ses perfections, son intelligence, son
> savoir, sa pénétration, son génie. Même chez ses ennemis, chez ceux qui étaient jaloux de lui, il
> était universellement établi et reconnu qu’Il n’était jamais entré dans une école, qu’Il n’avait rien
> appris dans les classes. Malgré cela son savoir et ses vertus étaient incontestés. Les érudits de la
> Perse venaient Lui exposer les problèmes qui les embarrassaient : Il résolvait leurs difficultés. Bref,
> en Perse, et même dans tout l’Orient personne n’aurait nié son savoir, sa perfection, sa grandeur,
> son pouvoir. Tout ce que disaient ses ennemis, c’est que cet homme était le destructeur des
> fondements de la Loi, que par le pouvoir de son intelligence, de sa pénétration, de sa subtilité, de sa
> raison, de sa sagacité, par l’éloquence de ses explications et la beauté de ses commentaires, il avait
> égaré une foule immense, et qu’il avait renversé la religion établie. Mais on ne contestait pas la
> grandeur de Bahá’u’lláh.
> 
> Aussi, dès le début de la Manifestation du Báb, les amis étaient humbles et respectueux (vis-à-vis de
> Lui), se tournaient vers Lui, et avaient le coeur attiré de son côté. Mais c’est au Concile de Bédecht
> que la sublimité de sa grandeur se manifesta particulièrement : de nombreux amis s’étaient
> spécialement tournés vers Lui. Et tous ceux qu’il rencontrait, ou qui entendaient ses paroles, étaient
> impressionnés, tombaient dans l’anxiété et l’impatience ; inconsciemment ils devenaient humbles et
> enflammés par le feu de l’amour de Dieu.
> 
> Dans les derniers jours de Téhéran, avant le voyage de Bagdad, une foule de croyants, tels que
> Mohammed Taqi Khan le martyr, Soleïman Khan le martyr, Djénabé Azim le martyr, Mirza ‘Ali
> Mohammed le martyr, Molla ‘Adbou’l Fattah le martyr, Mirza ‘Abdou’l Wahtab le martyr, Mirza
> Houssain Kirmâni, comprirent que Bahá’u’lláh possédait une condition supérieure, et reconnurent
> qu’Il était une Manifestation de Dieu. Il composa une Ode dans laquelle on trouve la mention de sa
> condition supérieure, et qui commence par ce vers : « La rosée de l’aveuglement tombe de notre
> attraction ». Tous les amis la récitaient avec l’ardeur et l’attraction les plus grandes ; tout le monde
> sans exception l’admirait, elle était très émouvante.
> 
> Le premier qui comprit la grandeur et la sainteté de Bahá’u’lláh et fut certain qu’il allait
> manifester une Cause glorieuse, fut Molla ‘Adbou’l-Karim Qazvini, que le Báb avait appelé Mirza
> Ahmad, et qui fut l’intermédiaire entre lui et Bahá’u’lláh; il comprit la vérité de la Cause.
> 
> Lorsque Bahá’u’lláh quitta la Perse pour Bagdad, neuf ans après la manifestation du Báb, Il se
> 
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> déclara à ses intimes ; et le bruit de la manifestation houssainique se répandit parmi les amis. Car
> les Persans croyaient qu’après la manifestation du Mahdi promis aurait lieu la manifestation
> houssainique, qui est celle de l’Imam Houssain martyr ; et tous les Persans sont attachés et croient
> à Houssain. Le Báb, dans tous ses livres et ses écrits, annonce à chacun la nouvelle de l’an 9. Entre
> autres : « Vous atteindrez, dans l’an 9, le Bien absolu ; vous l’atteindrez en l’an 9 ! vous
> l’atteindrez ! » Et de même : « Patientez jusqu’à ce que neuf ans se soient écoulés après le Bayán »,
> puis dites : « Il est pur et sacré le Dieu qui est, etc. ». Bref, les prophéties du Báb pour l’année 9
> sont tellement nombreuses qu’on ne peut les citer [toutes]. Il y eut pourtant quelques individus qui
> glissèrent [hors du droit chemin]. Parmi eux fut Mirza Yahyá, Seyed Mohammed Isfahání et
> quelques autres.
> 
> Le « Sermon sur la prière » fut révélé en l’an 9, et le commentaire du verset du Coran ; « Tous les
> aliments étaient licites aux enfants d’Israël sauf ceux que Jacob s’était interdit à lui-même », parut
> cette même année.
> 
> Lorsque Bahá’u’lláh vit l’opposition secrète de Mirza Yahyá et des autres, Il partit seul pour
> Soleïmanyyeh et fut pendant deux ans en retraite. Mirza Yahyá, derrière le voile du déguisement,
> prenait les plus grandes précautions : par crainte du consul général de Perse à Bagdad, changeant
> de vêtements, sous le nom de Hadji ‘Ali, il se mit à vendre des souliers à Bassorah et à
> Souqou’chchoyoukh dans les environs de Bagdad. La Cause s’éteignit entièrement, et la
> proclamation cessa tout à fait : peu s’en fallut qu’elle ne perdît toute renommée et toute beauté.
> 
> Pendant son voyage à Soleïmanyyeh, Bahá’u’lláh rédigea des écrits, parmi lesquels des prières que
> nous possédons aujourd’hui. De même il écrivait des traités sur le Voyage vers Dieu pour les
> érudits et les docteurs de l’Islam : ceux-ci existent également. Il y donne des informations, parmi
> lesquelles se trouvent les paroles suivantes : « Si ce n’était pas contraire à la Loi sublime, je ferais
> mon héritier de celui qui me tuerait. Mais que faire ? Je ne possède rien, et le Roi de la destinée en
> a ainsi décidé ».
> 
> Bref tous les croyants et les Ouléma de Soleïmanyyeh ont parlé de la science, des vertus, des
> perfections de Bahá’u’lláh, et se sont mis à l’aimer. Ils disaient que cet homme était unique et
> appartenait aux élus de Dieu.
> 
> Lorsqu’Il revint de Soleïmanyyeh, Bahá’u’lláh rendit Bagdad lumineux : une seconde fois la
> Proclamation divine retentit, et la Perse s’agita. Il se tenait dans Bagdad à la disposition de tous. À
> ce moment, le gouvernement persan persécutait terriblement les bábís : toutes les peuplades étaient
> prêtes à fomenter des persécutions et des troubles de toutes sortes. À la fin, inquiet de l’influence de
> Bahá’u’lláh, il pensa que Bagdad était trop près de la Perse, et que les Persans qui y passent et qui
> y séjournent étaient trop nombreux ; que pour éteindre ce feu il fallait envoyer Bahá’u’lláh dans
> des contrées plus éloignées. Le gouvernement persan se mit à ce sujet en rapport avec la Porte. On
> fit sortir Bahá’u’lláh de Bagdad avec les honneurs les plus grands. Et il fit sa première étape au
> jardin de Nadjib Pacha situé en dehors de la ville. Il y demeura douze jours. Tout le monde, grands
> et petits, même le gouverneur et les fonctionnaires, vinrent à sa Présence sacrée. Ces douze jours
> sont les jours du Rizwan. Bref, pendant ces douze jours, Il commença, par des signes et des
> allusions à manifester sa mission. Quelques-uns des amis le comprirent parfaitement ; d’autres au
> contraire, ainsi qu’il était à prévoir, ne le comprirent pas bien. Il arriva enfin à Constantinople, et
> la Soura du pèlerinage fut révélée, dans laquelle il ordonne la procession autour de la demeure de
> Bagdad. Dans cette Soura, sa Cause est déclarée, mais il ne dit pas encore « Je suis Celui que Dieu
> manifestera ».
> 
> Après cela le gouvernement persan le fit envoyer, de Constantinople, en Roumélie ; dans ce dernier
> pays, nuit et jour Il révéla de nombreuses Tablettes où Il disait « On m’a chassé de mon pays et on
> m’a exilé à Bagdad, puis on m’a jeté dans un lieu extrêmement lointain, afin que s’éteigne la lampe
> 
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> de la Direction, que soit renversée la Science de Dieu, et que cesse la Proclamation divine. Aussi
> avous-Nous manifesté complètement la Cause et rendu l’argument évident ; Nous avons lancé la
> Proclamation et brandi le drapeau de la Cause de Dieu, afin que chacun puisse voir que ces
> troubles, cette cruauté, cet exil, ce bannissement, ont été cause de la force de pénétration de la
> Parole de Dieu, et de sa renommée universelle : ainsi la voix de la Manifestation du royaume de
> Dieu est parvenue à l’Est et à l’Ouest. »
> 
> Cette proclamation générale eut lieu en 1280. Et tous les amis (en mettant à part la transgression
> de Yahyá et d’un certain nombre de ses adhérents) devinrent de fermes croyants. D’Andrinople, à
> maintes reprises, Il envoya des Tablettes en Perse.
> 
> Telle est l’histoire résumée de la Manifestation de Bahá’u’lláh.
> 
> Hippolyte Dreyfus
> 
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> Épître au fils du Loup.
> 
> Au nom de Dieu, l’Unique, l’Incomparable, le Tout-Puissant, l’Omniscient, le Très-Sage.
> 
> (1)
> Louange à Dieu, l’Éternel qui ne périt point, l’Immortel qui ne décline point, l’Absolu qui ne
> change point. Transcendant en sa souveraineté, il est manifesté par ses signes et caché par ses
> mystères. Sur son ordre, l’étendard de la Parole la plus exaltée se dresse dans le monde de la
> création et la bannière de « Il fait tout ce qu’il veut » flotte sur tous les peuples. Il révéla sa cause
> afin de guider ses créatures, fit descendre ses versets pour manifester sa preuve et son témoignage,
> et embellit de l’ornement de la parole la préface du Livre de l’homme par ses mots : « Le Dieu de
> miséricorde a révélé le Coran, a créé l’homme et lui a enseigné le langage articulé. Il n’est pas
> d’autre Dieu que Lui, l’Unique, l’Incomparable, le Fort, le Puissant, le Bienfaisant ».
> 
> (2)
> Que sur Lui, le Médiateur suprême, la Plume du Très-Haut [nota : le Médiateur suprême et la Plume du
> Très-Haut désignent Bahá’u’lláh] , dont Dieu a fait l’Orient de ses noms et la source de ses attributs les
> plus nobles, repose la lumière diffusée depuis le paradis de la munificence et de la bénédiction
> rayonnant de l’Orient de la volonté de Dieu, le Seigneur du royaume des noms. Par Lui, la lumière
> de l’unité brille au-dessus de l’horizon du monde et la loi de l’unicité se révèle aux nations qui, la
> face radieuse, se tournent vers l’horizon suprême et reconnaissent ce que la Langue du verbe a
> exprimé dans le royaume de sa connaissance : « La terre et le ciel, la gloire et l’autorité
> appartiennent à Dieu, l’Omnipotent, le Tout-Puissant, le Seigneur de grâce abondante ».
> 
> (3)
> Ô illustre savant, prête l’oreille à la voix de cet opprimé. Sincèrement, il t’exhorte pour l’amour de
> Dieu et te conseille ce qui te rapprochera de lui en toutes circonstances. Il est vraiment celui qui
> possède tout, le Suprême. Sache que l’oreille de l’homme fut créée pour écouter la voix divine en ce
> jour que mentionnent tous les livres, les écritures et les épîtres. Purifie d’abord ton âme aux eaux du
> renoncement. Puis pare ta tête de la couronne de la crainte de Dieu et ton temple de l’ornement de la
> confiance en lui. Ensuite, la face tournée vers la plus grande Demeure - le point autour duquel
> gravite tout ce qui habite sur la terre, comme le décrète le Roi éternel -, lève-toi et récite :
> 
> (4)
> « Ô Dieu, mon Dieu, mon désir, mon adoré, mon maître, mon soutien, ma plus grande espérance et
> ma suprême aspiration ! Tu me vois tourné vers Toi, tenant fermement la corde de ta bonté,
> accroché au pan de ta générosité, reconnaissant la sainteté de ton être et la pureté de ton essence et
> témoignant de ton unité et de ton unicité. Je témoigne que tu es l’Unique, l’Incomparable, l’Éternel.
> Tu n’as pris ni partenaire dans ton empire, ni choisi de pair sur terre. Toute chose créée témoigne de
> ce que la Langue de ta grandeur déclara avant sa création. En vérité, tu es Dieu. Il n’est pas d’autre
> Dieu que Toi ! De toute éternité, tu es sanctifié de la mention de tes serviteurs et exalté au-delà de
> toute description de tes créatures. Ô Seigneur, tu vois l’ignorant chercher l’océan de ta
> connaissance, l’assoiffé, les eaux vives de ta parole, l’humilié, le tabernacle de ta gloire, le pauvre,
> le trésor de tes richesses, le suppliant, l’orient de ta sagesse, le faible, la source de ta force,
> l’infortuné, le ciel de ta générosité, le muet, le royaume de ta mention ».
> 
> (5)
> « Ô mon Dieu et mon Roi, je témoigne que tu m’as créé pour me souvenir de toi, te glorifier et
> servir ta cause. Et cependant, j’ai aidé tes ennemis qui brisèrent ton alliance, rejetèrent ton Livre, ne
> crurent pas en toi et répudièrent tes signes. Hélas ! Hélas pour mon obstination et ma honte, pour les
> fautes et les méfaits qui m’ont privé des profondeurs de l’océan de ton unité et m’ont empêché de
> sonder la mer de ta miséricorde ! Hélas ! Trois fois hélas pour mon caractère méprisable et pour la
> 
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> gravité de mes transgressions ! Ô mon Dieu ! Tu m’as appelé à la vie pour exalter ta parole et
> manifester ta cause. Pourtant, prisonnier de mon aveuglement, j’en fus empêché au point de me
> lever pour anéantir tes signes et verser le sang de tes bien-aimés, Orients de tes signes, sources de ta
> révélation et dépositaires de tes mystères ».
> 
> (6)
> « Ô Seigneur, mon Seigneur !
> Ô Seigneur, mon Seigneur ! Et encore, ô Seigneur, mon Seigneur ! Je témoigne que les fruits de
> l’arbre de ta justice sont tombés en raison de mon iniquité, et que le feu de ma rébellion a consumé
> les coeurs des créatures proches de toi et fait fondre les âmes sincères parmi tes serviteurs.
> Ô misérable, misérable que je suis ! Ô cruautés, flagrantes cruautés que j’ai commises ! Malheur à
> moi, malheur à moi pour mon éloignement, mon obstination, mon ignorance, ma bassesse, mon
> désaveu et mon opposition à ton égard ! Pendant combien de jours n’as-tu pas ordonné à tes
> serviteurs et à tes bien-aimés de me protéger, tandis que je leur commandais de te nuire et de nuire à
> ceux en qui tu avais confiance ! Et combien nombreuses furent les nuits durant lesquelles, par ta
> grâce, tu te souvins de moi et me montras ton chemin, tandis que je me détournais de toi et de tes
> signes ! Par ta gloire !
> Ô Toi qui es l’espoir de ceux qui ont reconnu ton unité et le désir des coeurs de ceux qui sont
> détachés de tout sauf de toi ! Je ne trouve nul secours excepté toi, nul roi, nul refuge, nul havre en
> dehors de toi. Hélas, hélas ! En me détournant de toi, j’ai consumé le voile de mon intégrité et, en te
> reniant, j’ai déchiré ce qui protégeait mon honneur. Oh ! Que ne puis-je être au plus profond de la
> terre afin que mes méfaits demeurent ignorés de tes serviteurs !
> Ô mon Seigneur ! Tu vois ce pécheur se tourner vers l’orient de ton indulgence et de ta générosité,
> et cette montagne d’iniquité chercher le ciel de ta miséricorde et de ton pardon. Hélas, hélas ! La
> gravité de mes péchés m’a empêché de m’approcher de la cour de ta miséricorde, et l’horreur de
> mes actes m’a éloigné du sanctuaire de ta présence. En vérité, je suis celui qui a failli à ses devoirs
> envers toi, qui a brisé ton alliance et ton pacte, et qui a commis ce qui suscita les lamentations des
> habitants des cités de ta justice et des Aurores de ta grâce en tes royaumes.
> Ô mon Dieu ! Je témoigne que j’ai négligé tes commandements pour suivre les injonctions de mes
> passions, que j’ai rejeté les lois de ton Livre pour saisir le livre de mon propre désir.
> Ô douleur, ô douleur ! À mesure que croissaient mes iniquités, ton indulgence à mon égard
> augmentait, et plus le feu de ma rébellion devenait ardent, plus ton pardon et ta grâce cherchaient à
> en éteindre les flammes. Par la force de ton pouvoir !
> Ô Toi qui es le désir du monde et le bien-aimé des nations ! Ta longanimité m’a gonflé d’orgueil et
> ta patience m’a enhardi.
> Ô mon Dieu ! Tu vois les larmes que fait couler ma honte et les soupirs que mon insouciance me
> fait exhaler. Je le jure par la grandeur de ta majesté ! Je ne puis trouver pour moi-même aucune
> demeure si ce n’est à l’ombre de la cour de ta générosité, aucun refuge si ce n’est sous le dais de ta
> miséricorde. Tu me vois plongé dans un océan de découragement et de désespoir, après que tu
> m’aies fait entendre ces mots : « Ne désespère point » Par ton pouvoir ! Ma cruelle injustice a coupé
> la corde de mon espoir et ma rébellion a noirci ma face devant le trône de ta justice.
> Ô mon Dieu ! Tu vois celui qui gît devant la porte de ta faveur, honteux de chercher dans les eaux
> vives de ton pardon la main de ta tendre bonté. Tu m’as donné une langue pour t’évoquer et te
> louer ; pourtant, ce qu’elle profère a fait fondre les âmes des élus proches de toi et se consumer les
> coeurs des êtres sincères parmi les habitants des demeures de sainteté. Tu m’as donné des yeux pour
> témoigner de tes signes, lire tes versets et contempler les révélations de ton oeuvre ; mais j’ai rejeté
> ta volonté et j’ai commis ce qui fit gémir tes créatures fidèles et tes serviteurs détachés. Tu m’as
> donné des oreilles pour entendre ta louange, ta glorification, et ce que tu révélas du ciel de ta bonté
> et du firmament de ta volonté. Mais hélas, hélas ! J’ai abandonné ta cause et j’ai ordonné à tes
> serviteurs de blasphémer contre ceux en qui tu avais confiance et contre tes bien-aimés et j’ai
> commis, devant le trône de ta justice, des actes qui suscitèrent les douloureuses lamentations de
> ceux qui ont reconnu ton unité et qui te sont totalement dévoués parmi les habitants de ton royaume.
> 
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> Ô mon Dieu ! Je ne sais lequel de mes méfaits mentionner devant l’océan houleux de ta faveur, ni
> laquelle de mes offenses déclarer, lorsque je suis face aux splendeurs des soleils de tes dons
> merveilleux et de tes libéralités ».
> 
> (7)
> « Par les mystères de ton Livre, par ce qui est dissimulé dans ton savoir et par les perles enfouies
> dans les nacres de l’océan de ta miséricorde, je te supplie, en cet instant, de me compter parmi ceux
> que tu as mentionnés dans ton Livre et décrits dans tes épîtres.
> Ô mon Dieu ! As-tu décrété pour moi quelque joie après ces tribulations, quelque soulagement pour
> succéder à cette affliction, quelque repos après ces malheurs ? Hélas, hélas ! Tu as ordonné que
> chaque chaire soit réservée à ta mention, à la glorification de ta parole et à la révélation de ta cause,
> et moi je suis monté pour proclamer la violation de ton alliance, y exprimer, devant tes serviteurs,
> des paroles telles qu’elles suscitèrent les lamentations des habitants des tabernacles de ta majesté et
> des résidents des cités de ta sagesse. Combien de fois n’as-tu pas fait descendre la nourriture de ta
> parole du ciel de ta générosité ? Et moi qui la refusais ! Combien de fois ne m’as-tu pas convié aux
> douces eaux de ta miséricorde ? Et moi qui choisissais de m’en détourner, pour suivre mon souhait
> et mon désir ! Par ta gloire ! Je ne sais pour quel péché solliciter ta clémence et implorer ton pardon,
> ni pour laquelle de mes iniquités me tourner vers la cour de ta générosité et le sanctuaire de ta
> faveur. Mes offenses et mes péchés sont tels que nul homme ne peut les dénombrer et nulle plume
> les décrire.
> Ô Toi qui changes les ténèbres en lumière et dévoiles les mystères du Sinaï de ta révélation ! Je
> t’implore de m’aider, à tout instant, à placer ma confiance en toi et à m’en remettre à tes soins.
> Ainsi, ô mon Dieu, permets que je me contente de ce qu’a tracé le doigt de ton décret et écrit la
> plume de ton commandement. Tu as le pouvoir de faire ce qui te plaît et tu tiens en tes mains les
> rênes de tout ce qui est dans le ciel et sur la terre. Il n’est pas d’autre Dieu que Toi, l’Omniscient, le
> Très-Sage ».
> 
> (8)
> Ô Shaykh ! [nota : « Le Fils du Loup », Shaykh Muhammad Taqí, prêtre d’Isfáhán, connu sous le nom d’Aqá Najafi.
> Son père avait causé la mort du Roi des Martyrs et celle du Bien-Aimé des martyrs (voir note du verset 118)] Sache
> que ni les calomnies des hommes, ni leurs dénégations, ni leurs ergotages ne peuvent nuire à celui
> qui s’est accroché à la corde de la grâce et qui a saisi le pan de la miséricorde du Seigneur de la
> création. Par Dieu ! Lui, la Gloire de Dieu [nota : Bahá’u’lláh], n’a point parlé mû par son désir. Celui
> qui lui a donné la parole est celui qui a fait parler toutes choses, afin qu’elles puissent le louer et le
> glorifier. Il n’est pas d’autre Dieu que Lui, le Seul, l’Incomparable, le Seigneur de force,
> l’Inconditionné.
> 
> (9)
> Ceux dont la vue est perçante, dont les oreilles sont attentives, dont le coeur est éclairé et la poitrine
> dilatée, reconnaissent le vrai et le faux, et distinguent l’un de l’autre. Récite cette prière qui émane
> de la bouche de cet opprimé, et médite-la d’un coeur libéré de tout attachement. L’oreille pure et
> sanctifiée, sois attentif à sa signification en espérant inhaler le souffle du détachement et avoir pitié
> de toi-même et des autres :
> 
> (10)
> Mon Dieu, objet de mon adoration, but de mon désir, Toi le Très-Généreux, le Très-Compatissant !
> Toute vie est tienne et tout pouvoir réside dans l’étreinte de ton omnipotence. Celui que tu exaltes
> est élevé au-dessus des anges et atteint le rang de « En vérité, nous l’avons élevé vers une place
> sublime » [voir : Coran, 19 : 57] ; et celui que tu abaisses est rendu plus vil que la poussière. Que disje ! Il est moins que rien. Ô divine Providence ! Mauvais, coupables et intempérants, nous
> cherchons malgré tout auprès de toi un « séjour de vérité » [voir: Coran, 54 : 5] et désirons
> ardemment contempler la face du Roi omnipotent. Il t’appartient de commander, toute souveraineté
> est tienne et le royaume de puissance s’incline devant ton ordre. Tout ce que tu fais est pure justice,
> 
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                      Page 8 / 74
> que dis-je, c’est l’essence même de la grâce. Un seul rayon des splendeurs de ton nom, l’infiniment
> Miséricordieux, suffit à bannir et à effacer du monde toute trace de culpabilité, et un seul souffle
> des brises du jour de ta révélation suffit à orner toute l’humanité d’une nouvelle parure. Ô Tout-
> Puissant ! Aux impuissants donne la puissance et aux morts accorde la vie : qu’ainsi ils te trouvent,
> qu’ils soient conduits vers l’océan de ta connaissance et restent fermes dans ta cause. Si l’une des
> nombreuses langues du monde, de l’Orient ou de l’Occident, diffusait au loin le parfum de ta
> louange, elle serait vraiment appréciée et grandement chérie. Si, toutefois, ces langues étaient
> dépourvues de ce parfum, elles seraient, assurément, indignes de toute mention, en parole ou même
> en pensée. Ô Providence ! Nous te prions de montrer ton chemin à tous les hommes et de bien les
> guider. Tu es, en vérité, le Fort, le Tout-Puissant, l’Omniscient, Celui qui voit tout.
> 
> (11)
> Nous supplions Dieu de t’aider à être juste et impartial, et de porter à ta connaissance tout ce qui
> était caché aux yeux des hommes. En vérité, il est le Fort, l’Indépendant. Nous te prions de réfléchir
> à ce qui fut révélé, et d’être loyal et juste dans ton discours afin que les splendeurs du soleil de
> vérité et de sincérité apparaissent, te délivrent des ténèbres de l’ignorance et éclairent le monde par
> la lumière de la connaissance. Cet opprimé n’a fréquenté aucune école, ni assisté aux controverses
> des savants. Par ma vie ! Je ne me suis pas révélé par ma volonté, mais Dieu, de son propre choix,
> m’a manifesté. Dans l’épître adressée à Sa Majesté le Sháh [nota : Násiri’d-Dín Sháh] - que l’assiste
> Dieu, béni et glorifié soit-il - les paroles suivantes se sont déversées de la bouche de cet opprimé :
> 
> (12)
> Ô roi ! Je n’étais qu’un homme comme les autres, endormi sur ma couche, lorsque les brises du
> Très-Glorieux soufflèrent sur moi et me donnèrent la connaissance de tout ce qui fut. Ceci n’est pas
> de moi mais de celui qui est tout-puissant et omniscient. Il m’ordonna d’élever la voix entre ciel et
> terre et, pour cela, il m’advint ce qui fait couler les larmes de tout homme doué d’entendement. Le
> savoir courant parmi les hommes, je ne l’ai pas étudié ; leurs écoles, je ne les ai pas fréquentées.
> Informe-toi dans la ville où j’habitais, afin d’être assuré que je ne suis pas de ceux qui mentent. Je
> ne suis qu’une feuille agitée par les vents de la volonté de ton Seigneur, le Tout-Puissant, le
> Magnifié. Peut-elle rester immobile quand soufflent les vents tempétueux ? Non, par le Seigneur de
> tous les noms et attributs ! Ils la secouent comme ils veulent. L’éphémère n’est que néant face à
> l’Eternel. J’ai entendu ses admonitions impérieuses ; elles m’ont amené à célébrer sa louange
> parmi tous les hommes. En vérité, j’étais comme mort lorsque son ordre fut proféré. La main de la
> volonté de ton Seigneur, le Compatissant, le Miséricordieux, m’a transformé.
> 
> (13)
> Le moment est venu de te purifier aux eaux du détachement qui coulent de la Plume suprême [nota :
> autre formulation pour la Plume du Très-Haut, désignant Bahá’u’lláh] et de réfléchir, uniquement pour
> l’amour de Dieu, à ces choses qui furent envoyées ou manifestées à plusieurs reprises. Ensuite par
> le pouvoir de la sagesse et par la force de ta parole, efforce-toi d’éteindre le feu de l’inimitié et de la
> haine qui couve dans le coeur des peuples du monde. Les messagers divins ont été envoyés ici-bas
> et leurs livres ont été révélés dans le but de faire avancer la connaissance de Dieu et de favoriser
> l’unité et la solidarité parmi les hommes. Mais, à présent, vois comme ils ont fait de la loi de Dieu
> une cause et un prétexte de perversité et de haine. Comme il est déplorable et regrettable que la
> plupart des hommes s’attachent à leurs possessions et s’y noient, alors qu’ils sont inconscients de ce
> que Dieu possède et en sont séparés comme par un voile !
> 
> (14)
> Dis : Ô Dieu, mon Dieu ! Pare ma tête de la couronne de la justice et mon temple de l’ornement de
> l’équité. Tu es, en vérité, le Possesseur de tous les dons et de toutes les générosités.
> 
> (15)
> Justice et équité sont toutes deux des gardiennes qui veillent sur les hommes. Les paroles saintes et
> claires qu’elles révèlent sont la source du bien-être du monde et la protection des nations.
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> (16)
> Voici les paroles qui ont coulé de la plume de cet opprimé dans l’une de ses épîtres : Le but du seul
> vrai Dieu, exaltée soit sa gloire, est d’extraire les gemmes mystiques de la mine de l’homme qui est
> l’orient de sa Cause et le dépositaire des perles de sa connaissance ; car Dieu lui-même, glorifié
> soit-il, est l’Invisible, l’Unique, caché aux yeux des hommes. Considère ce que le Miséricordieux
> révéla dans le Coran : « Les regards des hommes ne l’atteignent pas, mais il scrute les regards. Il
> est le Subtil, il est parfaitement informé » [voir : Coran, 6 : 103].
> 
> (17)
> Les diverses confessions de la terre et les multiples systèmes de croyances religieuses ne devraient
> jamais être autorisés à susciter des sentiments d’animosité parmi les hommes : c’est, en ce jour,
> l’essence même de la foi de Dieu et de sa religion. Ces principes et ces lois, ces systèmes
> fermement établis et puissants ont émané d’une seule et même source et sont des rayons d’une seule
> et même lumière. Qu’ils diffèrent les uns des autres doit être attribué aux nécessités changeantes des
> époques auxquelles ils furent propagés.
> 
> (18)
> Ceins-toi les reins pour l’effort, ô peuple de Bahá [nota : les disciples de Bahá’u’lláh], afin que le
> tumulte des dissensions et des luttes religieuses qui agitent les peuples de la terre soit apaisé, et que
> toute trace en soit complètement effacée. Pour l’amour de Dieu et de ceux qui le servent, lève-toi
> pour aider cette sublime et suprême révélation. Le fanatisme religieux et la haine sont un feu
> dévorant le monde, dont nul ne peut atténuer la violence. Seule la main du pouvoir divin peut
> délivrer l’humanité de cette désolante affliction. Songe à la guerre qui opposa les deux nations [nota
> : la Russie et la Perse] et à la manière dont les deux adversaires abandonnèrent leurs possessions et leur
> vie. Combien de villages furent rayés de la carte !
> 
> (19)
> La parole de Dieu est une lampe dont la lumière brille en ces mots : Vous êtes les fruits d’un même
> arbre et les feuilles d’une même branche. Dans vos rapports les uns avec les autres, faites preuve
> d’un amour et d’une harmonie extrêmes, ainsi que d’amitié et de fraternité. Celui qui est l’Astre de
> vérité m’en porte témoignage ! La lumière de l’unité est si puissante qu’elle peut illuminer la terre
> entière. Le seul vrai Dieu, celui qui connaît toutes choses, témoigne lui-même de la vérité de ces
> paroles.
> 
> (20)
> Efforcez-vous d’atteindre cette condition sublime et transcendante qui peut assurer la protection et
> la sécurité de toute l’humanité. Ce but surpasse tout autre but et cette aspiration est la reine de
> toutes les aspirations. Toutefois, aussi longtemps que les nuages épais de l’oppression qui
> obscurcissent le soleil de la justice ne se seront pas dissipés, il sera difficile à la gloire de cette
> condition d’être dévoilée aux yeux des hommes. Ces épais nuages ne sont autres que les religieux
> de Perse, propagateurs de vaines imaginations ; nous avons, parfois, parlé le langage du législateur
> et, parfois, celui du chercheur de vérité et du mystique ; notre intention suprême, notre souhait le
> plus élevé a toujours été, cependant, de révéler la gloire et la sublimité de cette condition. En vérité,
> Dieu est un témoin suffisant !
> 
> (21)
> Fréquentez tous les hommes, ô peuple de Bahá, dans un esprit d’amitié et de fraternité. Si vous
> possédez quelque vérité, joyau dont les autres sont privés, partagez-la en des termes d’une bonté et
> d’une bienveillance extrêmes. Si elle est acceptée et réalise son dessein, votre objectif est atteint. Si
> quelqu’un la refuse, laissez-le à lui-même et suppliez Dieu de le guider. Gardez-vous de le traiter
> avec malveillance. Un langage bienveillant est l’aimant naturel du coeur des hommes. C’est le pain
> de l’esprit qui donne un sens aux mots, c’est la fontaine lumineuse de la sagesse et de la
> compréhension.
> 
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> (22)
> Par « religieux », dans le passage cité plus haut, nous entendons ces hommes qui, extérieurement, se
> parent des habits du savoir mais qui, intérieurement, en sont dépourvus. Citons à cet égard, de
> l’épître adressée à Sa Majesté le Sháh, certains passages extraits des Paroles cachées qui furent
> révélées par la Plume d’Abhá [nota : la Plume du Très-Glorieux (autre appellation pour la Plume du Très-Haut
> ou la Plume suprême) est Bahá’u’lláh, dont les écrits sont inspirés par l’Esprit-Saint] sous le nom de Livre de
> Fátimih [nota : il s’agit, selon la tradition, du livre révélé par Gabriel pour Fátimih, destiné à la consoler de la mort
> de Muhammad, son père. Ce livre, selon les chiites, serait en possession du Qá’im. Comme ce dernier est caché aux
> yeux des croyants, Bahá’u’lláh lui a donné le nom de « Paroles cachées »] - que les bénédictions de Dieu soient
> sur elle !
> 
> (23)
> Ô vous qui êtes sots et qui cependant passez pour sages ! Pourquoi prenez-vous l’apparence de
> bergers, alors qu’en vous-mêmes vous êtes devenus des loups acharnés contre mon troupeau ?
> Vous êtes comme l’étoile qui se lève avant l’aube et qui, bien qu’elle paraisse lumineuse et
> radieuse, égare les voyageurs de ma cité et les conduit sur les chemins de perdition.
> 
> (24)
> De même, il dit : Ô vous qui êtes sains en apparence mais intérieurement corrompus ! Vous êtes
> comme de l’eau claire mais amère, apparemment pure comme du cristal, mais dont pas une goutte
> ne sera acceptée après avoir été éprouvée par le divin Examinateur. En vérité, le rayon de soleil
> éclaire identiquement la poussière et le miroir ; mais leurs images réfléchies sont aussi différentes
> que l’étoile l’est de la terre; Que dis-je ! Cette différence est incommensurable.
> 
> (25)
> Et il dit également : Ô essence de désir ! Bien des fois à l’aurore, depuis les royaumes de l’infini, je
> suis venu vers ta demeure et t’ai trouvé sur la couche de repos occupé avec d’autres que moi. Aussi,
> tel l’éclair de l’esprit, je suis retourné aux royaumes de gloire céleste et, dans mes retraites d’en
> haut, je n’en ai soufflé mot aux armées de sainteté.
> 
> (26)
> Et il dit encore : Ô esclave du monde ! Que de fois, à l’aurore, la brise de mon affectueuse bonté est
> passée sur toi et t’a trouvé profondément endormi sur la couche de l’insouciance. Alors, pleurant
> sur ta condition, elle est repartie d’où elle était venue.
> 
> (27)
> Cependant, les savants qui sont vraiment parés de l’ornement du savoir et de la bonté sont, en
> vérité, comme une tête pour le corps du monde et comme des yeux pour les nations. Les hommes
> ont toujours été guidés par des âmes aussi nobles, et le seront toujours. Nous supplions Dieu de
> daigner les aider à faire sa volonté et à suivre son bon plaisir. En vérité, il est le Seigneur de tous les
> hommes, le Seigneur de ce monde et de l’autre.
> 
> (28)
> Ô Shaykh ! Nous avons appris que tu t’es détourné de nous et que tu t’es rebellé contre nous ; tu as
> commandé au peuple de me maudire et tu as ordonné de verser le sang des serviteurs de Dieu. Que
> Dieu récompense celui qui a dit :
> J’obéirai de mon plein gré au juge qui a si étrangement décrété que mon sang soit répandu à Hill et
> à Haram [nota : tiré d’une ode de Ibn-i-Fárid, poète soufi égyptien. Haram signifie « sanctuaire ». Cela fait
> référence à deux zones proches de la Kaaba dans lesquelles tout acte de vengeance sanglante était interdit, et aussi à
> quatre mois du calendrier arabe auxquels s’appliquait la même interdiction. Hill désigne la zone et les mois non
> protégés du calendrier arabe].
> En vérité, je le dis ! L’âme chérit et le coeur désire tout ce qui advient sur le chemin de Dieu. En
> son sentier, le poison mortel est miel pur et chaque tribulation, gorgée d’eau cristalline. Dans
> l’épître à Sa Majesté le Sháh, il est écrit :
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> Par celui qui est la vérité ! Je ne redoute aucunes tribulations sur son chemin ni aucune affliction
> dans mon amour pour lui. En vérité, Dieu a fait de l’adversité une rosée matinale sur son vert
> pâturage et une mèche pour sa lampe qui éclaire le ciel et la terre.
> 
> (29)
> Tourne ton coeur vers celui qui est la Kaaba de Dieu, le Secours, l’Absolu, et lève les mains avec
> une conviction telle qu’elle fera lever les mains de toutes choses créées vers le ciel de la grâce de
> Dieu, le Seigneur de tous les mondes. Puis tourne ton visage vers lui de telle manière que les
> visages de tous les êtres se tournent vers son horizon brillant et lumineux, et dis : « Tu me vois, ô
> mon Seigneur, le visage tourné vers le ciel de ta bonté et l’océan de ta faveur, détaché de tout sauf
> de Toi. Par les splendeurs du soleil de ta révélation brillant sur le Sinaï [nota : montagne sur laquelle la
> Loi fut révélée par Dieu à Moïse] et par le rayonnement de l’astre de ta grâce resplendissant à l’horizon
> de ton nom, le Magnanime, je te demande de m’accorder ton pardon et d’avoir pitié de moi. De ta
> plume de gloire, consigne pour moi ce qui, par ton nom, m’élèvera dans le monde de la création.
> Aide-moi, ô mon Seigneur, à me tourner vers toi et à écouter la voix de tes bien-aimés que les
> puissances de la terre ne purent affaiblir, que l’emprise des nations ne parvint à éloigner de toi et
> qui, s’avançant vers toi, dirent : « Dieu est notre Seigneur, le Seigneur de tous ceux qui sont sur la
> terre et de tous ceux qui sont au ciel ».
> 
> (30)
> Ô Shaykh ! En vérité, je le dis, le sceau du vin de choix [nota : le vin de choix et scellé est promis aux
> croyants lorsque viendra le jugement dernier (Coran, 83 : 25-26) ; dans les textes bahá’ís, il s’agit des vérités restées
> cachées et dévoilées au Jour de la manifestation de Bahá’u’lláh] a été brisé au nom de l’Absolu ; ne t’en prive
> point. Cet opprimé ne s’exprime que pour l’amour de Dieu ; toi aussi tu devrais, pour l’amour de
> Dieu, méditer sur ce qui est envoyé et révélé afin qu’en ce jour béni, prenant ta part des effusions
> prodigues de celui qui est véritablement le Très-Généreux, tu n’en sois pas privé. Certes, cela ne
> serait pas difficile pour Dieu : Adam, né de la poussière fut, par la parole de Dieu, élevé au trône
> céleste ; un simple pêcheur [nota : l’apôtre Pierre] devint le dépositaire de la sagesse divine, et Abú
> Dhar [nota : Premier croyant après ‘Alí. Ce berger illettré devint un disciple estimé de Muhammad], le berger,
> devint un prince des nations !
> 
> (31)
> Ô Shaykh ! Ce jour n’est pas et n’a jamais été le jour où les arts et les sciences des hommes peuvent
> être considérés comme une juste norme pour eux, car il est démontré que celui qui en était
> totalement ignorant [nota : le Báb] a gravi le trône d’or le plus pur et occupé le siège d’honneur au
> conseil du savoir, alors que leur interprète et dépositaire reconnu [nota : Shaykh Muhammad Hasan-i-
> Najafí, mujtahid ennemi de la cause de Bahá’u’lláh et du Báb] en demeurait entièrement privé. Par « arts et
> sciences », nous entendons ici ceux qui commencent et se terminent par des mots. Toutefois, les arts
> et les sciences qui donnent de bons résultats, qui produisent des fruits et contribuent au bien-être et
> au confort des hommes, ont été et demeurent acceptables devant Dieu. Si tu prêtais l’oreille à ma
> voix, tu rejetterais toutes tes possessions et tournerais ton visage vers le point d’où surgit l’océan de
> sagesse et de parole et d’où soufflent les douces senteurs de la tendre bonté de ton Seigneur, le
> Compatissant.
> 
> (32)
> À ce propos, nous jugeons bon de relater brièvement certains événements passés afin qu’ils servent
> à défendre la cause de l’équité et de la justice. À l’époque où Sa Majesté le Sháh - que Dieu, son
> Seigneur, le Très-Miséricordieux, l’assiste par sa grâce fortifiante - envisageait un voyage à Isfáhání
> [nota : importante cité du centre de la Perse] , cet opprimé, ayant obtenu son autorisation, visita les saints
> et lumineux tombeaux des Imáms [nota : titre des douze successeurs chiites de Muhammad. Bahá’u’lláh fit ce
> pèlerinage à Karbilá en 1851 où se trouvent les tombeaux de deux Imáms] - que les bénédictions de Dieu soient
> sur eux !
> 
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> À notre retour, nous nous rendîmes à Lavásán en raison de la chaleur excessive qui régnait dans la
> capitale. C’est après notre départ que survint l’attentat à la vie de Sa Majesté - que l’assiste Dieu,
> béni et glorifié soit-il ! Ce furent des jours troubles et les feux de la haine brûlèrent violemment.
> Nombreuses furent les personnes arrêtées et, parmi elles, cet opprimé. Par la justice de Dieu ! Nous
> n’étions aucunement mêlé à cet acte infâme et notre innocence fut indiscutablement établie par les
> tribunaux. Néanmoins, on nous arrêta et de Níyávarán [nota : village dans lequel se trouve une résidence
> royale à une dizaine de kms de Téhéran] , qui était alors la résidence de Sa Majesté, l’on nous conduisit, à
> pied, enchaîné, tête et pieds nus, à la prison de Téhéran [nota : le Síyáh-Chál]. Le cavalier brutal qui
> nous accompagnait arracha notre toque tandis que nous étions entraînés précipitamment par une
> troupe de bourreaux et de policiers.
> Pendant quatre mois, nous fûmes enfermés dans un lieu infect entre tous. Une fosse étroite et
> sombre eut été préférable au cul de basse-fosse où furent confinés cet opprimé et d’autres comme
> lui. À notre arrivée, nous fûmes conduits le long d’un corridor noir comme de l’encre, d’où nous
> descendîmes trois volées de marches raides pour arriver au lieu de confinement qui nous était
> assigné. L’endroit était plongé dans une profonde obscurité et le nombre de nos compagnons de
> prison avoisinait les cent cinquante : voleurs, assassins et brigands. Bien qu’il fût bondé, il ne
> comportait pas d’autre issue que le passage par lequel nous étions entrés. Aucune plume ne peut
> dépeindre ce lieu, aucune langue en décrire l’infâme puanteur. La plupart de ces prisonniers
> n’avaient ni vêtements ni couche sur laquelle reposer. Dieu seul sait ce qui nous advint en ce lieu
> empesté et lugubre entre tous !
> 
> (33)
> Nuit et jour, tandis que nous étions confinés dans cette prison, nous méditions sur les actes, la
> condition et le comportement des bábís, nous demandant ce qui avait pu conduire ce peuple si
> généreux, si noble et d’une telle intelligence, à perpétrer un acte aussi téméraire et aussi monstrueux
> contre la personne de Sa Majesté. Alors cet opprimé décida qu’après sa libération, il se lèverait pour
> entreprendre, avec la plus extrême vigueur, la tâche de régénérer ce peuple.
> 
> (34)
> Une nuit, en rêve, ces paroles exaltées parvinrent de tous côtés à nos oreilles : « En vérité, nous te
> rendrons victorieux par toi-même et par ta plume. Ne t’afflige point de ce qui t’est advenu, et ne
> crains point, car tu es en sécurité. Bientôt, Dieu produira les trésors de la terre : des hommes qui
> t’assisteront par toi-même et par ton nom grâce auquel Dieu a revivifié les coeurs de ceux qui l’ont
> reconnu ».
> 
> (35)
> Et lorsque cet opprimé quitta sa prison, conformément à l’ordre de Sa Majesté le Sháh - qu’il soit
> protégé par Dieu, exalté soit-il - nous voyageâmes vers l’Irak, escorté par des officiers au service
> des gouvernements estimés et honorés de Perse et de Russie. Après notre arrivée, avec l’aide de
> Dieu et de sa divine miséricorde, nous révélâmes, telle une pluie abondante, nos versets que nous
> envoyâmes en diverses parties du monde. Nous exhortâmes tous les hommes et ce peuple en
> particulier, par nos sages conseils et nos affectueuses admonitions, leur interdisant de prendre part à
> des séditions, des querelles, des litiges et des conflits. En conséquence, et par la grâce de Dieu,
> obstination et déraison se transformèrent en piété et compréhension, et les armes devinrent des
> instruments de paix.
> 
> (36)
> En ces jours où je gisais retenu dans la prison de Téhéran, alors que le fardeau des chaînes et l’air
> fétide ne me laissaient que peu de sommeil, il me semblait que, lors de rares instants
> d’assoupissement, quelque chose coulait du sommet de ma tête sur ma poitrine, comme un puissant
> torrent qui se précipite sur la terre de la cime d’une haute montagne. Chaque membre de mon corps
> en était embrasé. À de tels moments, ma langue récitait ce que nul homme ne pourrait supporter
> d’entendre.
> 
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> (37)
> Nous citerons à présent quelques passages, extraits d’écrits révélés spécialement pour ce peuple,
> afin que chacun soit assuré que cet opprimé a agi d’une manière acceptable pour les hommes
> perspicaces, justes et équitables.
> 
> (38)
> Ô amis de Dieu dans ses cités et bien-aimés de Dieu sur ses terres ! Cet opprimé vous enjoint
> l’honnêteté et la piété. Bénie soit la cité qui brille de leurs lumières ! Par elles, l’homme est élevé et
> la porte de la sécurité s’ouvre à toute la création. Heureux l’homme qui s’attache à ces deux vertus
> et en reconnaît la valeur ! Malheur à celui qui en nie le rang !
> 
> (39)
> Une autre fois, furent révélées les paroles suivantes : Nous enjoignons aux serviteurs de Dieu et à
> ses servantes la pureté et la crainte de Dieu, afin qu’ils secouent la torpeur de leurs désirs
> corrompus et se tournent vers Dieu, le Façonneur des cieux et de la terre. Ainsi en avons-nous
> ordonné aux fidèles lorsque l’Astre du monde est apparu à l’horizon de l’Irak. Mon
> emprisonnement ne me nuit point, pas plus que les tribulations endurées ni ce que m’ont affligé mes
> oppresseurs. Me blesse, la conduite de ceux qui portent mon Nom et provoquent par leurs actes les
> lamentations de mon coeur et de ma plume. En vérité, nous désavouons ceux qui propagent le
> désordre dans le pays, s’emparent des biens d’autrui et pénètrent dans une maison sans
> l’autorisation de son propriétaire, à moins qu’ils ne se repentent et ne retournent à Dieu, le
> Magnanime, le Très-Miséricordieux.
> 
> (40)
> Et, en une autre occasion : Ô peuples de la terre ! Empressez-vous d’accomplir le bon plaisir de
> Dieu et guerroyez vaillamment, comme il vous incombe de le faire, afin de proclamer sa cause
> irrésistible et immuable. Nous avons décrété que la guerre sera menée sur le sentier de Dieu avec
> les armées de la sagesse, de la parole, de la bonté et des actions méritoires. Ainsi en a-t-il été
> décidé par celui qui est le Fort, le Tout-Puissant. Il n’est pas de gloire pour celui qui sème le
> désordre sur terre après qu’elle a été si bien faite. Craignez Dieu, ô peuples, et ne soyez pas de
> ceux qui agissent injustement.
> 
> (41)
> En une autre occasion encore : Ne vous injuriez pas. En vérité, nous sommes venu pour unir et
> souder tout ce qui réside sur terre. En porte témoignage ce que l’océan de notre parole a révélé aux
> hommes et, pourtant, la plupart d’entre eux se sont égarés. Si quelqu’un vous injurie ou que des
> adversités vous affectent sur le chemin de Dieu, soyez patients et placez votre confiance en celui qui
> entend et qui voit. En vérité, il observe, perçoit et fait ce qui lui plaît, par le pouvoir de sa
> souveraineté. Il est vraiment le Seigneur de force et de puissance. Dans le Livre de Dieu, le
> Puissant, le Grand, il vous a été interdit de vous engager dans des querelles et des conflits.
> Attachez-vous fermement à tout ce qui vous profitera, à vous et aux peuples du monde. Ainsi vous
> commande le Roi de l’éternité qui est manifeste en son plus grand Nom. En vérité, il est
> l’Ordonnateur, le Très-Sage.
> 
> (42)
> Et encore, en une autre occasion : Prenez garde de ne point verser le sang d’autrui. Tirez l’épée de
> votre langue du fourreau de la parole, vous pourrez ainsi conquérir les citadelles du coeur des
> hommes. Nous avons aboli la loi de la guerre sainte. En vérité, la miséricorde de Dieu a embrassé
> toutes choses créées, si seulement vous pouviez le comprendre !
> 
> (43)
> Et, à nouveau : Ô peuple ! ne sème pas le désordre dans le pays, ne verse le sang de personne,
> n’utilise pas à tort les biens d’autrui, ne suis pas non plus n’importe quel maudit parleur.
> 
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> (44)
> Et, encore : Le soleil de la parole divine ne peut jamais se coucher ni son éclat être terni. En ce
> jour, ces paroles sublimes ont été entendues depuis l’Arbre divin [nota : Sadratu’l-Muntahá, jujubier de la
> limite (Coran, 53 : 14). Littéralement, l’arbre au-delà duquel il n’y a pas de passage. Nom d’un arbre planté par les
> Arabes, dans les temps très anciens, à l’extrémité d’une route et destiné à guider les voyageurs. Symbolise la
> Manifestation divine dans les écrits bahá’ís] au-delà duquel nul ne peut passer : « J’appartiens à celui qui
> m’aime, qui obéit à mes commandements et qui rejette ce qui lui a été interdit dans mon Livre ».
> 
> (45)
> Et en une autre occasion : Le jour est venu de faire mention de Dieu, de célébrer sa louange et de le
> servir ; ne vous en privez point ! Vous êtes les lettres des mots et les mots du Livre. Vous êtes les
> jeunes pousses que la main de la tendre bonté a plantées dans le sol de la miséricorde et qui se sont
> épanouies sous les ondées de la munificence ; il vous a protégés des vents violents de l’incroyance
> et des tempêtes de l’impiété. Il vous a nourris des mains de sa tendre providence. À présent, il est
> temps pour vous de vous couvrir de feuilles et de donner vos fruits. Les fruits de l’homme sont, et
> ont toujours été, les bonnes actions et un caractère digne de louange. Ne privez point les
> insouciants de ces fruits. S’ils sont acceptés, votre but est atteint, ainsi que l’objectif de votre vie.
> S’ils sont refusés, que les disputes continuent à être leur passe-temps [voir : "Laisse-les ensuite s’amuser
> à discuter" (Coran, 6 : 91)] . Ô peuple de Dieu ! Luttez pour que les eaux de votre endurance et de votre
> tendre bonté purifient les coeurs des divers peuples de la terre et les sanctifient de l’animosité et de
> la haine, afin qu’ils deviennent de dignes et honorables réceptacles des splendeurs du Soleil de
> vérité.
> 
> (46)
> Dans la quatrième Splendeur (Ishráq) de l’épître des Splendeurs (Ishráqát), nous avons mentionné :
> Toute cause a besoin d’aide. Dans cette révélation, les armées capables de la rendre victorieuse
> sont celles des actes louables et d’un caractère droit. Le commandant en chef de ces armées a
> toujours été la crainte de Dieu, une crainte qui englobe toutes choses et règne sur toutes choses.
> 
> (47)
> Dans la troisième Effulgence (Tajallí) du livre des Effulgences (Tajallíyát), nous avons mentionné :
> Les arts, les métiers et les sciences enrichissent le monde de l’existence et contribuent à son
> exaltation. La science est comme des ailes pour la vie de l’homme et une échelle pour son
> ascension. Il incombe à chacun de l’acquérir. Néanmoins, il faudrait acquérir des sciences qui
> soient profitables aux peuples de la terre, et non celles qui commencent par des mots et finissent
> par des mots. Grand est le droit des savants et des artisans sur les peuples du monde. De ceci
> témoigne, de manière évidente, le Livre-Mère [nota : Kitáb-i-Aqdas, le Livre-Mère de la révélation bahá’íe ;
> signifie aussi le savoir divin] .
> 
> (48)
> Certes, la connaissance est pour l’homme un véritable trésor, une source de gloire, de générosité, de
> joie, d’exaltation, de réjouissance et d’allégresse. Heureux l’homme qui s’y attache et malheur à
> l’insouciant !
> 
> (49)
> En toutes circonstances, il t’incombe d’inviter les hommes à manifester des qualités spirituelles et
> accomplir de bonnes actions, afin que tous prennent conscience de ce qui les élève et se dirigent,
> par des efforts intenses, vers le rang sublime et le pinacle de gloire. La crainte de Dieu a toujours
> été le facteur primordial de l’éducation de ses créatures. Heureux ceux qui y sont parvenus !
> 
> (50)
> La première parole qu’a révélée la Plume d’Abhá [nota : La Plume du Très-Glorieux (voir note du verset 28)]
> et qu’elle a inscrite sur la première feuille du Paradis [nota :c’est une citation tirée de l’épître de Bahá’u’lláh
> 
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> intitulé « Paroles du paradis » et qui comporte onze sections numérotées, dont chacune est appelée une « feuille »] est
> la suivante : En vérité je le dis, la crainte de Dieu a toujours été une défense sûre et une forteresse
> solide pour tous les peuples du monde. C’est la cause principale de la protection de l’humanité et
> l’instrument suprême de sa préservation. Il existe en fait chez l’homme une faculté qui le détourne
> de tout ce qui est méprisable et indécent et l’en préserve : cette faculté, c’est le sentiment de honte
> [nota : la conscience morale]. Ce dernier cependant se limite à quelques-uns ; tous ne l’ont pas eu et ne
> l’ont pas. Il incombe aux rois et aux chefs spirituels du monde de s’attacher fermement à la
> religion, car c’est elle qui fait apparaître la crainte de Dieu en tout ce qui n’est pas Lui.
> 
> (51)
> La deuxième parole que nous avons consignée sur la deuxième feuille du Paradis est la suivante :
> La Plume du Très-Haut [nota : Bahá’u’lláh (voir note du verset 28)] exhorte en ce moment les
> manifestations de l’autorité et les sources du pouvoir, c’est-à-dire les rois et dirigeants de la terre -
> que Dieu les assiste -, et leur enjoint de soutenir la cause de la religion et d’y adhérer. La religion
> est en vérité le principal instrument pour l’établissement de l’ordre dans le monde et de la
> tranquillité parmi ses peuples. L’affaiblissement des piliers de la religion a fortifié les insensés, les
> a enhardis et rendus plus arrogants. En vérité, je le dis : plus grand est le déclin de la religion, plus
> affligeante est l’obstination de l’impie. Ceci ne peut mener finalement qu’au chaos et à la
> confusion. Écoutez-moi, ô hommes d’intuition, et soyez avertis, vous qui êtes dotés de
> discernement !
> 
> (52)
> Nous espérons que tu prêteras attention à ce que nous avons mentionné afin que tu parviennes à
> détourner les hommes de ce qu’ils possèdent pour les amener à se tourner vers ce que possède Dieu.
> Nous supplions Dieu de délivrer la lumière d’équité et le soleil de justice des épais nuages de la
> rébellion, et de les faire briller sur les hommes. Aucune lumière ne peut être comparée à la lumière
> de la justice. C’est d’elle que dépendent l’établissement de l’ordre dans le monde et la tranquillité
> des nations.
> 
> (53)
> Dans le Livre de la Parole, ces mots sublimes furent consignés. Dis : Ô amis ! Luttez pour que ne
> s’avèrent point vaines les tribulations que cet Opprimé et vous-mêmes avez subies dans le chemin
> de Dieu. Accrochez-vous au pan de la vertu et tenez-vous solidement à la corde de la loyauté et de
> la piété. Préoccupez-vous de ce qui profitera à l’humanité et non de vos désirs égoïstes et
> corrompus. Ô disciples de cet opprimé ! Vous êtes les bergers du genre humain ; délivrez vos
> troupeaux des loups des passions et des désirs funestes, et parez-les de l’ornement de la crainte de
> Dieu. Ceci est le ferme commandement qui, en cet instant, émane de la plume de celui qui est
> l’Ancien des jours. Par la justice de Dieu ! L’épée d’un caractère vertueux, d’une conduite probe,
> est plus tranchante qu’une lame d’acier. La voix de la vraie foi appelle, en cet instant, et dit : Ô
> peuple ! En vérité, le jour est venu où mon Seigneur m’a fait briller d’une lumière dont la splendeur
> a éclipsé les Soleils de la parole [nota : Bayán, dans le texte original]. Craignez le Miséricordieux et ne
> soyez pas de ceux qui se sont égarés.
> 
> (54)
> Voici la troisième parole que nous avons consignée sur la troisième feuille du Paradis : Ô fils de
> l’homme ! Si tes yeux sont tournés vers la miséricorde, renonce à ce qui te profite et attache-toi à ce
> qui profitera à l’humanité. Et si tes yeux sont tournés vers la justice, choisis pour ton voisin ce que
> tu aurais choisi pour toi-même. L’humilité exalte l’homme jusqu’aux cieux de la gloire et de la
> puissance, alors que l’orgueil l’abaisse vers les profondeurs de la misère et de la déchéance. Grand
> est ce jour et puissant cet appel ! Dans une de nos épîtres nous avons révélé ces paroles exaltées :
> « Si le monde de l’esprit devait être complètement transformé en sens de l’ouïe, il pourrait alors
> prétendre être digne d’écouter cette voix qui appelle de l’horizon suprême ; car sans cela, ces
> 
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> oreilles souillées par des histoires mensongères n’ont jamais été et ne seront jamais aptes à
> l’entendre ». Heureux ceux qui écoutent, et malheur aux obstinés !
> 
> (55)
> Prions Dieu - exaltée soit sa gloire - dans l’espoir qu’il daigne assister les rois de la terre,
> manifestations de richesse et de pouvoir, aurores de souveraineté et de gloire, afin qu’ils établissent
> la moindre paix [nota : la paix politique que les nations établiront grâce à leurs propres efforts et qui n’englobe pas
> tous les aspects de la vie humaine. Se distingue de la plus grande paix] . Que Dieu les aide par sa grâce
> fortifiante ! Cette paix est le meilleur moyen pour assurer la tranquillité des nations. Il incombe aux
> souverains du monde - que Dieu les assiste - de s’y attacher fermement dans l’unité, car elle est le
> principal instrument de la protection de l’humanité tout entière. Nous espérons qu’ils se lèveront
> pour réaliser ce qui contribuera au bien-être de l’homme. Il est de leur devoir de réunir une
> assemblée mondiale à laquelle ils assisteront en personne ou délégueront leurs ministres, et de
> mettre en oeuvre toutes les mesures nécessaires à l’établissement de l’unité et de la concorde parmi
> les hommes.
> Ils doivent rejeter les armes de guerre et se tourner vers les instruments de la reconstruction
> universelle. Si un roi se lève contre un autre, tous les autres devront s’unir pour l’en empêcher.
> Ainsi, leurs armes et leurs armements ne seront utiles que dans la mesure où le nécessitera la
> sécurité interne de leurs pays respectifs. S’ils parviennent à ce bien suprême, les citoyens de chaque
> nation poursuivront leurs occupations avec tranquillité et satisfaction, et les gémissements et
> lamentations de la plupart d’entre eux cesseront. Nous supplions Dieu de les aider à agir selon sa
> volonté et son bon plaisir. En vérité, il est le Seigneur du trône d’en-haut et de la terre ici-bas, le
> Seigneur de ce monde et du monde à venir. Il serait préférable et plus approprié que leurs Altesses,
> les rois, participent personnellement à une telle assemblée et promulguent leurs édits. Tout roi qui
> se lève et accomplit cette tâche deviendra, devant Dieu, le point de mire de tous les rois. Qu’il est
> heureux et que sa félicité est grande !
> 
> (56)
> Dans cette région, une folle terreur s’empare de la population chaque fois que des hommes sont
> mobilisés dans l’armée. Les ministres de la guerre de chaque nation, insatiables dans leur désir
> d’ajouter de nouvelles recrues à leurs bataillons, accroissent leurs forces annuellement. Nous avons
> été informé que le gouvernement de Perse - que Dieu l’assiste - a également décidé de renforcer son
> armée. Selon l’opinion de cet opprimé, une force de cent mille hommes parfaitement équipés et
> bien disciplinés devrait suffire. Nous espérons que, par toi, la lumière de la justice brillera avec plus
> d’éclat. Par la droiture de Dieu ! La justice est une force puissante. Avant tout, elle conquiert les
> citadelles des coeurs et des âmes, révèle les secrets du monde de l’existence et porte les étendards
> de l’amour et de la générosité.
> 
> (57)
> Dans les trésors de la connaissance de Dieu gît, caché, un savoir [nota : selon Shoghi Effendi, ce savoir n’a
> pas été révélé] qui éliminera en grande partie la peur, lorsqu’il sera appliqué. Toutefois, ce savoir
> devrait être enseigné dès l’enfance, car il contribuerait grandement à cette élimination. Tout ce qui
> diminue la peur accroît le courage. Si Dieu le voulait, un long commentaire sur ce qui vient d’être
> exposé coulerait de la plume du divin Interprète et révélerait ce qui renouvellerait le monde et les
> nations dans le domaine des arts et des sciences. De même, une parole fut inscrite et consignée par
> la Plume du Très-Haut dans le Livre vermeil [nota : le Livre de l’alliance de Bahá’u’lláh. Voir Dieu passe
> près de nous, Bruxelles, Maison d’éditions bahá’íes, 1976, p. 228] , parole capable de libérer totalement la
> force qui est cachée en l’homme, voire d’en redoubler la puissance. Nous implorons Dieu - exalté et
> glorifié soit-il - de daigner aider ses serviteurs à faire ce qui lui plaît et lui est agréable.
> 
> (58)
> À présent, les ennemis nous encerclent de toute part et attisent le feu de la haine. Ô peuples de la
> terre ! Par ma vie et par la vôtre ! Cet opprimé n’a jamais désiré et ne désire toujours pas le pouvoir.
> 
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> Mon but a toujours été - et est encore - de supprimer tout ce qui est source de conflit entre les
> peuples de la terre et de séparation entre les nations, afin que les hommes soient préservés de tout
> attachement terrestre et rendus libres de s’occuper de leurs propres intérêts. Nous supplions nos
> bien-aimés de ne pas souiller le pan de notre vêtement par la poussière de la duplicité. Qu’ils ne se
> permettent aucune allusion à ce qu’ils ont considéré comme des miracles et des prodiges dans le but
> de rabaisser notre rang et notre condition, ni ne ternissent la pureté et la sainteté de notre nom !
> 
> (59)
> Dieu de grâce et de compassion ! Voici venu le jour où les gens avisés devraient solliciter l’avis de
> cet opprimé et demander à celui qui est la vérité ce qui contribue à la gloire et à la tranquillité des
> hommes. Et pourtant, ils s’efforcent tous avec ardeur d’éteindre cette glorieuse et brillante lumière,
> et cherchent diligemment à établir notre culpabilité ou à élever des objections à notre encontre. Ils
> en sont arrivés à dénaturer grossièrement la conduite de cet opprimé à bien des égards et d’une
> manière qu’il serait inconvenant de mentionner. L’un de nos amis a relaté qu’il avait eu le regret
> d’entendre l’un des habitants de la grande cité [nota : Constantinople], affirmer que, chaque année, une
> somme de cinquante mille túmáns était envoyée de son pays natal à Acre ! [nota : la ville-prison vers
> laquelle Bahá’u’lláh fut finalement exilé. Il y arriva le 31 août 1868. Elle fut appelée Saint Jean d’Acre par les croisés]
> Toutefois, il n’a pas été clairement établi qui avait déboursé cette somme ni par quelles mains elle
> était passée !
> 
> (60)
> Bref, face à tout ce qui lui advint entre leurs mains et tout ce qui fut dit de lui, cet opprimé souffrit
> patiemment et garda le silence. Par la tendre sollicitude de Dieu - exaltée soit sa gloire - et par sa
> miséricorde qui surpasse toutes choses, notre intention est d’éliminer par la force de notre parole,
> tout conflit, toute guerre et tout bain de sang de la surface de la terre.
> En toutes circonstances, quoi qu’on ait dit, nous avons souffert avec la patience qui convient et nous
> nous en sommes remis à Dieu. Pourtant, à cette accusation particulière, nous avons répondu : « Si
> son affirmation est vraie, il lui faut être reconnaissant envers le Seigneur de toute existence, le Roi
> du visible et de l’invisible, d’avoir suscité en Perse un être qui, bien que prisonnier et privé de toute
> aide et assistance, a réussi à établir son ascendant sur ce pays et à en retirer un revenu annuel. Une
> telle réalisation devrait être louée plutôt que censurée, s’il est de ceux qui jugent avec équité. Mais
> si quelqu’un désire s’informer de la situation de cet opprimé, qu’il sache que ces prisonniers,
> persécutés par le monde, lésés par les nations, furent, durant des jours et des nuits, entièrement
> privés des moyens de subsistance les plus élémentaires ». Nous répugnons à mentionner de telles
> choses et n’avons jamais eu - ni n’avons pas davantage à présent - le désir de nous plaindre de notre
> accusateur.
> À l’intérieur des murs de cette prison, un homme très respectable fut obligé, pendant quelque temps,
> de tailler des pierres pour gagner sa vie, alors que d’autres avaient parfois à se nourrir de cette
> divine nourriture qu’est la faim ! Nous supplions Dieu - qu’il soit exalté et glorifié - d’aider tous les
> hommes à être justes et équitables, et de leur accorder la grâce de se repentir et de retourner à lui.
> En vérité, il entend et il est prêt à répondre.
> 
> (61)
> Glorifié sois-tu, ô Seigneur mon Dieu ! Tu vois ce qui est advenu à cet opprimé livré aux mains de
> ceux qui l’ont rejeté et qui se sont levés pour lui nuire et l’avilir d’une manière qu’aucune plume ne
> peut décrire, aucune langue relater, aucun écrit supporter. Tu entends le cri de son coeur, le
> gémissement de son être le plus profond et tu sais ce que firent endurer aux fidèles de tes cités et
> aux élus de ton pays ceux qui ont brisé ton alliance et ton pacte. Ô mon Seigneur, par les soupirs de
> tes adorateurs à travers le monde, par leurs lamentations pour être éloignés de la cour de ta
> présence, par le sang versé pour l’amour de toi et par les coeurs brisés sur ton chemin, je te supplie
> de protéger tes bien-aimés de la cruauté de ceux qui restent ignorants des mystères de ton nom,
> l’Indépendant. Ô mon Seigneur ! Assiste-les, par ton pouvoir qui prévaut sur toutes choses, et aide-
> 
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> les à être patients et endurants. Tu es le Puissant, le Fort, le Généreux. Il n’est pas d’autre Dieu que
> Toi, le Munificent, le Seigneur de grâce abondante.
> 
> (62)
> Loin d’être justes et équitables, certains m’attaquent à présent avec l’épée de la haine et la lance de
> l’inimitié ; ils oublient qu’il sied à toute personne impartiale de secourir celui que le monde a rejeté
> et que les nations ont abandonné, et qu’il faut cultiver la piété et la droiture. À ce jour, la plupart des
> hommes n’ont pu percer le dessein de cet opprimé et n’ont pu comprendre pourquoi il a consenti à
> endurer tant d’afflictions. En attendant, la voix de son coeur crie ces mots : « Oh ! Si mon peuple
> savait ! » Cet opprimé, détaché de toute chose, profère ces paroles suprêmes : « Des vagues
> entourent l’arche de Dieu, le Secours, l’Absolu. Ne crains point les vents tempétueux, ô marin !
> Celui par qui l’aube se lève est avec toi dans cette obscurité qui sème la terreur dans les coeurs de
> tous les hommes à l’exception de ceux qu’il plut à Dieu, le Tout-Puissant, l’Indépendant,
> d’épargner ».
> 
> (63)
> Ô Shaykh ! Je jure par le Soleil de vérité qui se lève et brille au-dessus de l’horizon de cette prison !
> Le seul but de cet opprimé est de rendre le monde meilleur. De ceci porte témoignage tout homme
> de jugement, de discernement, de perspicacité et de compréhension. Bien qu’affligé d’épreuves, il
> s’attache fermement à la corde de la patience et de la fortitude ; content de son sort aux mains de ses
> ennemis, il s’écrie : « J’ai renoncé à mon désir pour ton désir, ô mon Dieu, et à ma volonté pour la
> révélation de ta volonté. Par ta gloire ! Je ne veux être et ne veux vivre que pour servir ta cause, et
> je n’aime ma personne que pour la sacrifier dans ton chemin.
> Ô mon Seigneur ! Tu vois et tu sais que ceux auxquels nous avions demandé d’être justes et
> équitables se sont, injustement et cruellement, levés contre nous. Publiquement, ils étaient avec moi
> mais, secrètement, ils aidaient les ennemis qui se sont levés pour me déshonorer.
> Ô Dieu, mon Dieu ! Je témoigne que tu as créé tes serviteurs pour assister ta cause et exalter ta
> parole ; et pourtant, ils ont aidé tes ennemis. Par ta cause qui englobe le monde de l’existence et par
> ton nom qui soumet le visible et l’invisible, je te supplie de parer les peuples de la terre de la
> lumière de ta justice et d’illuminer leur coeur de l’éclat de ta connaissance. Ô mon Seigneur ! Je
> suis ton serviteur et le fils de ton serviteur. Je témoigne de ton unité, de ton unicité, de la sainteté de
> ton être et de la pureté de ton essence.
> Ô mon Seigneur ! Tu vois tes fidèles à la merci des perfides et des calomniateurs parmi ton peuple.
> Tu sais ce qui nous est advenu aux mains de ceux que tu connais mieux que nous. Leurs actes ont
> déchiré le voile [nota : Ndt : Bahá’u’lláh fait souvent référence au voile qui peut avoir plusieurs significations :
> tantôt il s’agit du voile des vaines imaginations humaines, tantôt il s’agit du voile qui sépare le sacré du profane. Cette
> ambiguïté qui se trouve dans le texte originel, a été maintenue dans la traduction] pour les créatures proches de
> toi. Je te supplie de les aider à obtenir ce qui leur a échappé à l’aube de ta révélation et à l’orient de
> ton inspiration. Tu as le pouvoir de faire ce qui te plaît et en tes mains sont les rênes de tout ce qui
> est au ciel et sur la terre. » La voix plaintive de la vraie foi s’est élevée. Elle s’écrie : « Ô peuple !
> Par la justice de Dieu, je suis parvenue auprès de celui qui m’a manifestée et m’a envoyée sur terre.
> Voici le jour où le Sinaï sourit à celui qui y conversa, le Carmel à celui qui le révéla et le Sadrah
> [nota : Sadratu’l-Muntahá, voir note du verset 44] à celui qui l’enseigna. Craignez Dieu et ne soyez pas de
> ceux qui l’ont renié. Ne vous privez pas de ce qui fut révélé par sa grâce. Au nom de votre
> Seigneur, le Seigneur de tous les noms, prenez les eaux vives de l’immortalité et buvez en souvenir
> de celui qui est le Puissant, l’Incomparable ».
> 
> (64)
> En toutes circonstances, nous enjoignons aux hommes ce qui est bien et leur interdisons ce qui est
> mal. Celui qui est le Seigneur de l’existence est témoin que cet opprimé a demandé à Dieu, pour ses
> créatures, tout ce qui contribue à instaurer l’unité et l’harmonie, l’amitié et la concorde. Par la
> justice de Dieu ! Cet opprimé est incapable de dissimulation. En vérité, il a révélé ce qu’il désirait.
> En vérité, il est le Seigneur de force, l’Indépendant.
> 
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> (65)
> Nous nous référons à nouveau à certaines des paroles sublimes révélées dans l’épître à Sa Majesté
> le Sháh, afin que tu saches avec certitude, que tout ce qui fut mentionné émanait de Dieu :
> Ô Roi ! Je n’étais qu’un homme comme les autres, endormi sur ma couche, lorsque les brises du
> Très-Glorieux soufflèrent sur moi et me donnèrent la connaissance de tout ce qui fut. Ceci n’est pas
> de moi mais de celui qui est tout-puissant et omniscient. Il m’ordonna d’élever la voix entre ciel et
> terre, et pour cela, il m’advint ce qui fait couler les larmes de tout homme d’entendement. Le savoir
> courant parmi les hommes, je ne l’ai pas étudié ; leurs écoles, je ne les ai pas fréquentées. Informetoi dans la ville où j’habitais, afin d’être assuré que je ne suis pas de ceux qui mentent. Je ne suis
> qu’une feuille agitée par les vents de la volonté de ton Seigneur, le Tout-Puissant, le Magnifié.
> Peut-elle rester immobile lorsque soufflent les vents tempétueux ? Non, par le Seigneur de tous les
> noms et attributs ! Ils la secouent comme ils veulent. L’éphémère n’est que néant face à l’Éternel.
> J’ai entendu ses admonitions impérieuses ; elles m’ont amené à célébrer sa louange parmi tous les
> hommes. En vérité, j’étais comme mort lorsque son ordre fut proféré. La main de la volonté de ton
> Seigneur, le Compatissant, le Miséricordieux, m’a transformé. Quelqu’un pourrait-il, de lui-même,
> proférer ce qui lui attirera l’hostilité des hommes, petits et grands ? Non - par celui qui enseigna à
> la Plume les mystères éternels - s’il n’est pas fortifié par la grâce du Tout-Puissant, de
> l’Omnipotent.
> 
> (66)
> Ô Roi ! Considère cet opprimé avec justice, et juge impartialement ce qui lui est advenu. Il est vrai
> que, par sa volonté, Dieu a fait de toi son ombre parmi les hommes et le signe de son pouvoir pour
> ceux qui vivent sur la terre. Juge entre nous et ceux qui nous ont opprimé sans preuve et sans livre
> probant. Ceux qui t’entourent t’aiment dans leur propre intérêt, alors que cet Adolescent t’aime
> pour toi-même. Il n’a d’autre désir que de t’attirer vers le siège de la grâce et de t’amener vers la
> droite de la justice. Ton Seigneur est témoin de ce que je déclare.
> 
> (67)
> Ô Roi ! Si tu tendais l’oreille au crissement de la Plume de gloire et au roucoulement de la
> Colombe d’éternité qui, sur les branches de l’Arbre sacré au-delà duquel il n’est point de passage
> [nota : référence au Sadratu’l-Muntahá. Voir note du verset 44] , chante les louanges de Dieu, l’Auteur de
> tous les noms et le Créateur de la terre et du ciel, tu atteindrais un rang d’où tu ne verrais, dans le
> monde créé, que la splendeur de l’Adoré. Alors ta souveraineté t’apparaîtrait comme le plus
> méprisable de tes biens ; tu l’abandonnerais à celui qui la désire et te tournerais vers l’horizon
> embrasé par la lumière de sa face. Tu ne voudrais plus jamais supporter le fardeau de la
> souveraineté, sauf pour soutenir ton Seigneur, le Très-Haut, le Suprême. Alors l’assemblée céleste
> te bénirait. Ô combien merveilleux serait ce rang sublime, si tu pouvais l’atteindre par la puissance
> d’une souveraineté que tu reconnaîtrais comme provenant du Nom de Dieu !
> 
> (68)
> Tu as dit - ou était-ce quelqu’un d’autre ? : « Que la Sourate de Tawhíd [voir : sourate 112 : L’unité]
> soit traduite, afin que tous sachent et soient totalement persuadés que le seul vrai Dieu n’engendre
> point, et qu’il n’est point engendré. Or, les bábís croient en sa divinité » [nota : celle de Bahá’u’lláh].
> 
> (69)
> Ô Shaykh ! Cette condition est celle où l’on meurt à soi-même et où l’on vit en Dieu. Toutes les fois
> que je la mentionne, la divinité indique mon effacement complet et absolu. Dans cette condition, je
> n’exerce aucun contrôle ni sur mon bonheur, ni sur mon malheur, ni sur ma vie, ni sur ma
> résurrection.
> 
> (70)
> Ô Shaykh ! Comment les religieux d’aujourd’hui expliquent-ils la gloire resplendissante que le
> Sadrah de la parole a répandue sur le fils de ‘Imrán [nota : Moïse] au Sinaï de la connaissance
> 
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> divine ? Il écouta la parole qu’avait prononcée le Buisson ardent et l’accepta ; et pourtant, la plupart
> des hommes sont privés du pouvoir de comprendre cela, car ils sont soucieux de leurs propres
> affaires et ne sont pas conscients de ce qui appartient à Dieu. Se référant à ce qui précède, le Siyyid
> de Findirisk [nota : célèbre poète et penseur persan, plus connu sous le nom de Mír-Abu’l Qásim-i-Findiriski
> (décédé vers 1640)] a dit à juste titre : « Ce thème, aucun esprit mortel ne peut le saisir, fût-ce celui
> d’Abú-Nasr [nota : Hájí Abú-Nasr Farabí, le fameux moraliste, philosophe et écrivain persan qui vécut au quatrième
> siècle de l’Hégire] ou d’Abú-‘Alí Síná [nota : Avicenne (980-1037)] «. Quelle explication peuvent-ils
> donner à ce qu’a dit le Sceau des prophètes [nota : titre donné à Muhammad dans le Coran (33, 40)] - que
> les âmes de tout autre que lui soient sacrifiées par amour pour lui : « En vérité, vous contemplerez
> votre Seigneur comme vous contemplez la pleine lune dans la quatorzième nuit » ? Le
> Commandeur des croyants [nota : Imám ‘Alí] - que la paix soit sur lui - a dit, d’autre part, dans le
> Khutbiy-i-Ṭutunjíyyih [nota : titre d’un sermon prononcé par l’Imám ‘Alí, commenté par Siyyid Kazim Rashtí] :
> « Préparez-vous à la révélation de celui qui, du buisson ardent sur le mont Sinaï, a conversé avec
> Moïse. » Husayn [nota : le troisième Imám des Chiites, fils de ‘Alí (an 61 après l’Hégire)] , le fils de ‘Alí, - que
> la paix soit sur lui - a dit, de même : « Y a-t-il une révélation qui ne t’a pas été accordée et qui le
> sera à un autre que toi - une révélation dont le révélateur sera celui qui t’a révélé ? Aveugle, l’oeil
> qui ne te voit point ! »
> 
> (71)
> Des paroles similaires émanant des Imáms - que les bénédictions de Dieu soient sur eux - ont été
> consignées ; elles sont de notoriété publique et figurent dans des ouvrages dignes de foi. Béni soit
> celui qui perçoit et qui dit la pure vérité. Bienheureux celui qui, aidé par les eaux vives de la parole
> du Désir de tous les hommes, s’est purifié des chimères et des imaginations vaines, a déchiré les
> voiles du doute au nom du Possesseur de toutes choses, le Très-Haut, a renoncé au monde et à tout
> ce qu’il renferme et s’est dirigé vers la plus grande Prison [nota : la prison d’Acre].
> 
> (72)
> Ô Shaykh ! Aucune brise ne peut se comparer aux brises de la révélation divine, alors que la parole
> proférée par Dieu brille et étincelle, tel le soleil, parmi les livres des hommes. Heureux qui la
> découvre, la reconnaît et dit : « Loué sois-tu, Toi qui es le Désir du monde, et grâce te soit rendue, ô
> Bien-Aimé des coeurs de ceux qui te sont consacrés ! »
> 
> (73)
> Les hommes n’ont pas su comprendre notre intention dans nos références à la divinité. S’ils
> devaient la comprendre, ils se lèveraient de leurs sièges et s’écrieraient : « En vérité, nous
> sollicitons le pardon de Dieu ! » Le Sceau des Prophètes - que soit offerte pour son amour toute âme
> autre que la sienne - dit : « Multiples sont nos relations avec Dieu. Parfois, nous sommes lui-même
> et il est nous-mêmes ; et, parfois, il est ce qu’il est et nous sommes ce que nous sommes [nota :
> Hadith] ».
> 
> (74)
> Par ailleurs, comment se fait-il que tu n’aies pas mentionné ces autres conditions qu’a révélées la
> Plume d’Abhá ? [nota : La Plume du Très-Glorieux (voir note du verset 28)] Maintes et maintes fois, de jour
> comme de nuit, la langue de cet opprimé a exprimé ces sublimes paroles : « Ô Dieu, mon Dieu ! Je
> témoigne de ton unité et de ton unicité ; que tu es Dieu et qu’il n’est pas d’autre Dieu que Toi. Tu es
> de toute éternité sanctifié par-delà la mention et la louange de tout autre que toi, et tu continueras de
> toute éternité à être celui que tu es et as toujours été depuis le commencement. Ô Roi de l’Éternité !
> Par le plus grand Nom, par les splendeurs du Soleil de ta révélation sur le Sinaï de la parole et par
> les flots de l’océan de ta connaissance parmi toutes choses créées, je te supplie de daigner
> m’assister pour que je me rapproche de toi et me détache de tout ce qui n’est pas toi. Par ta gloire, ô
> Seigneur de toute existence et désir de toute création, j’aimerais poser mon visage sur chaque point
> de ta terre afin qu’il soit honoré d’avoir touché un lieu ennobli par les pas de tes bien-aimés ! »
> 
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> (75)
> Par la justice de Dieu ! Les vaines imaginations ont éloigné les hommes de l’horizon de la certitude
> et les ont privés du vin choisi et scellé. En vérité, je dis et je déclare pour l’amour de Dieu : ce
> serviteur, cet opprimé ose à peine revendiquer pour lui une existence quelle qu’elle soit ; à plus
> forte raison, des degrés supérieurs d’existence ! Tout homme de discernement marchant sur cette
> terre se sent décontenancé, car il est pleinement conscient que la source de sa prospérité, de sa
> richesse, de sa puissance, de sa grandeur, de son avancement et de son pouvoir est le sol même que
> foulent les pieds de tous les hommes, ainsi que Dieu l’a ordonné. Quiconque connaît cette vérité est
> sans aucun doute purifié et sanctifié de tout orgueil, arrogance et vanité. Tout ce qui a été dit émane
> de Dieu. En vérité, il en a porté et en porte à présent témoignage ; il est, en vérité, l’Omniscient,
> l’Informé.
> 
> (76)
> Supplie Dieu d’accorder aux hommes une oreille attentive, une vue perçante, un coeur réceptif et
> empli d’amour afin que ses serviteurs parviennent à celui que leur coeur désire et tournent leur
> visage vers leur Bien-Aimé. Des malheurs tels que nul oeil n’en vit jamais frappèrent cet opprimé.
> Il n’hésita jamais à proclamer sa cause. En s’adressant aux rois et aux dirigeants de la terre - que
> Dieu, exalté soit-il, les assiste - il leur transmit ce qui est la source du bien-être, de l’unité, de
> l’harmonie, de la reconstruction du monde et de la tranquillité des nations. Parmi eux, Napoléon III
> aurait fait, semble-t-il, une certaine déclaration qui nous incita à lui envoyer notre épître, alors que
> nous résidions à Andrinople. Il n’y répondit pas. Après notre arrivée dans la plus grande Prison,
> nous parvint une lettre de son ministre, dont la première partie était rédigée en persan et la dernière
> écrite de sa propre main. Dans cette lettre, il écrivait en termes cordiaux : « Sur votre demande, j’ai
> remis votre lettre et n’ai reçu aucune réponse à ce jour. Néanmoins, nous avons fait les
> recommandations nécessaires à notre ambassadeur à Constantinople et à nos consuls dans ces
> régions. Informez-nous de ce que vous désirez et nous le réaliserons. »
> 
> (77)
> Comme ces mots l’indiquent, il comprenait que le but de ce serviteur était de solliciter une aide
> matérielle. C’est pourquoi nous révélâmes en son nom [nota : Napoléon III] dans la Súratu’l-Haykal
> [nota : épître de Bahá’u’lláh qui précède les épîtres aux Rois. Le tout fut écrit sous la forme d’une étoile à cinq
> branches, le symbole de l’être humain] , des versets dont nous citons à présent quelques extraits, afin que
> tu saches que la cause de cet opprimé fut révélée pour l’amour de Dieu, et qu’elle émanait de lui :
> 
> (78)
> Ô roi de Paris ! Dis aux prêtres de ne plus faire sonner les cloches. Par Dieu, le Vrai ! L’appel le
> plus puissant est lancé sous l’aspect de celui qui est le plus grand Nom et les doigts de la volonté de
> ton Seigneur, le Suprême, le Sublime, le font claironner en son Nom, le Tout-Glorieux, au ciel de
> l’immortalité. Ainsi, une fois encore sont descendus sur toi les puissants versets de ton Seigneur,
> afin que tu te lèves pour mentionner Dieu, le créateur de la terre et du ciel, en ces jours où
> gémissent toutes les tribus de la terre, où sont secouées les fondations des cités et où la poussière
> de l’irréligion enveloppe tous les hommes sauf ceux qu’il plait à Dieu, l’Omniscient, le Sage,
> d’épargner. Dis : Celui qui est l’Indépendant est venu sur les nuées de lumière pour vivifier toutes
> choses créées par les brises de son Nom, le Très-Miséricordieux, pour unifier le monde et
> rassembler tous les hommes autour de cette table descendue du ciel. Garde-toi de refuser la grâce
> de Dieu qui t’est envoyée. Elle est meilleure pour toi que tout ce que tu possèdes, car tes biens
> périront, tandis que ce qui vient de Dieu durera. En vérité, il ordonne ce qui lui plaît. Les brises du
> pardon soufflent, venant de ton seigneur, le Dieu de miséricorde ; quiconque se tourne vers elles
> sera purifié de ses péchés, de toute souffrance et de toute maladie. Heureux celui qui se tourne vers
> elles et malheur à qui s’en écarte !
> 
> (79)
> Si tu tendais ton oreille intérieure vers toutes les choses créées, tu entendrais : « L’Ancien des jours
> est apparu dans sa grande gloire ! » Tout célèbre la louange de son Seigneur. Certains ont connu
> 
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                      Page 22 / 74
> Dieu et le mentionnent, d’autres le mentionnent bien qu’ils ne le connaissent pas. Ainsi avons-nous
> consigné notre décret dans une épître manifeste.
> 
> (80)
> Ô Souverain ! Écoute la voix venant du feu allumé dans cet arbre verdoyant, sur ce Sinaï élevé audessus du lieu consacré et blanc comme neige, dominant la cité éternelle : « Certes, il n’est pas
> d’autre Dieu que Moi, le Magnanime, le Très-Miséricordieux. » En vérité, nous avons envoyé celui
> que nous avons soutenu par le Saint-Esprit [nota : Jésus] afin qu’il vous annonce cette Lumière qui a
> brillé de l’horizon de la volonté de votre Seigneur, le Suprême, le Tout-Glorieux, dont les signes se
> sont manifestés en Occident. Tournez vos visages vers lui [nota : Bahá’u’lláh] en ce jour que Dieu a
> exalté au-dessus de tous les autres et où l’infiniment Miséricordieux a répandu la splendeur de sa
> gloire rayonnante sur tous ceux qui sont au ciel et tous ceux qui sont sur terre. Lève-toi pour servir
> Dieu et soutenir sa cause. Il t’aidera assurément par les armées du visible et de l’invisible, et fera
> de toi le roi de tout ce qu’éclaire le soleil. En vérité, ton Seigneur est le Tout-Puissant,
> l’Omnipotent.
> 
> (81)
> Les brises du Très-Miséricordieux passent sur toutes choses créées ; heureux l’homme qui découvre
> leur parfum et qui, d’un coeur pur, se dirige vers elles. Orne ton temple de la parure de mon nom,
> ta parole de mon souvenir et ton coeur de ton amour pour moi, le Tout-Puissant, le Très-Haut.
> Nous ne désirons pour toi que ce qui surpasse ce que tu possèdes et les trésors de la terre. Ton
> Seigneur est assurément celui qui sait, l’Informé. Lève-toi en mon Nom, parmi mes serviteurs, et
> dis : « Ô vous, peuples de la terre ! Tournez-vous vers celui qui s’est tourné vers vous. En vérité, il
> est la face de Dieu parmi vous ; il est son témoignage et votre guide. Il est venu vers vous avec des
> signes qu’il est seul à produire. » La voix du Buisson ardent retentit au centre du monde et le Saint-
> Esprit annonce aux nations : « Voyez ! Le Promis est venu avec un pouvoir évident ».
> 
> (82)
> Ô Roi ! Les astres du ciel de la connaissance sont tombés, ceux qui cherchent à établir par leurs
> propres arguments la vérité de ma cause et qui font mention de Dieu en mon nom. Pourtant, quand
> je me suis présenté, glorieux, devant eux, ils se sont détournés. Ne sont-ils pas parmi les déchus ?
> C’est bien ce que l’Esprit de Dieu [nota : Jésus] annonça quand il vint vous proclamer la vérité, lui
> que les docteurs juifs contestèrent, au point de provoquer les lamentations du Saint-Esprit et faire
> couler les larmes de ceux qui sont proches de Dieu.
> 
> (83)
> Dis : Ô assemblée de moines ! Ne vous isolez pas dans vos églises et vos cloîtres. Avec ma
> permission, quittez-les et consacrez-vous à ce qui profite aux autres et à vous-mêmes. Ainsi vous
> l’ordonne le Seigneur du jour du jugement. Retirez-vous dans la forteresse de mon amour. C’est la
> retraite qui vous convient si vous pouviez le savoir ! Est mort celui qui s’isole dans sa demeure. Il
> incombe aux hommes d’agir pour le bien de l’humanité. Celui qui ne produit aucun fruit est bon à
> jeter au feu. Ainsi vous exhorte votre Seigneur. Il est le Tout-Puissant, le Généreux. Mariez-vous
> afin qu’après vous, un autre se lève à votre suite. Nous vous avons interdit la luxure et non ce qui
> contribue à la fidélité. Etes-vous esclaves des penchants de votre nature et rejetez-vous les lois de
> Dieu ! Craignez Dieu et ne soyez pas insensés. Qui, sinon les hommes, me mentionneront sur terre !
> Comment mes attributs et mes noms seront-ils révélés ! Réfléchissez et ne laissez pas un voile vous
> séparer de lui ni un profond sommeil vous envahir. Celui qui ne s’est pas marié [nota : Jésus] ne
> trouva pas d’endroit où demeurer ni où poser la tête à cause des agissements des perfides. Sa
> Sainteté n’était pas ce que vous avez cru et imaginé, mais plutôt ce qui nous appartient. Demandez
> à comprendre son rang qui est magnifié au-dessus des vaines imaginations des peuples de la terre.
> Heureux ceux qui comprennent !
> 
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> (84)
> Ô Roi ! Nous avons entendu ta réponse au Tsar de Russie concernant la décision de guerre [nota :
> guerre de Crimée] . Certes, ton Seigneur est informé de tout ; il sait. Tu as dit : « J’étais endormi sur
> ma couche quand les cris des opprimés qu’on noyait dans la Mer Noire m’ont réveillé. » Voilà ce
> que nous t’avons entendu dire ; en vérité, Dieu m’est témoin ! Nous attestons que tu n’as pas été
> réveillé par leurs cris, mais par l’impulsion de tes passions. Nous t’avons mis à l’épreuve et nous
> t’avons pris en défaut.
> Comprends le sens de nos propos et sois clairvoyant. Par égard au rang que nous t’avons conféré
> en ce monde mortel, nous ne souhaitons pas t’adresser des paroles de blâme. Nous préférons la
> courtoisie, nous en avons fait le signe de ceux qui sont proches de lui. La courtoisie est réellement
> le vêtement qui sied à tous, jeunes ou vieux. Heureux celui qui en pare son temple et malheur à
> celui qui est privé de cette munificence. Si tu avais parlé avec sincérité, tu n’aurais pas rejeté le
> Livre de Dieu lorsque le Tout-Puissant, le Très-Sage te l’a envoyé. Par lui, nous t’avons éprouvé et
> ne t’avons pas trouvé tel que tu le prétendais.
> Lève-toi et fais amende honorable pour ce qui t’a échappé. Bientôt, le monde et tout ce que tu
> possèdes périront, mais le Royaume appartiendra toujours à Dieu, ton Seigneur et le Seigneur de
> tes pères. Il ne convient pas que tu gères tes affaires selon les exigences de tes désirs. Redoute les
> lamentations de cet opprimé et protège-le des traits des fauteurs d’injustice.
> 
> (85)
> Pour ce que tu as fait, ton royaume sera jeté dans la confusion ; en punition de tes actes, ton empire
> t’échappera. Tu comprendras alors à quel point tu t’es égaré. Dans ton pays, l’agitation
> s’emparera du peuple, à moins que tu ne te lèves pour soutenir cette Cause et ne suives dans ce
> droit chemin celui qui est l’Esprit de Dieu [nota : Jésus]. Ton faste t’a-t-il enorgueilli ? Par ma vie, il
> ne durera pas ! Et même, il disparaîtra bientôt, à moins que tu ne saisisses fermement cette corde
> solide. Nous voyons l’humiliation te menacer, et toi, tu restes insouciant. Dès que tu entends sa voix
> appeler du siège de gloire, il t’appartient d’abandonner tout ce que tu possèdes et de t’écrier :
> « Me voici, ô Seigneur de tout ce qui est sur la terre comme au ciel ! »
> 
> (86)
> Ô Roi ! Nous étions en Irak quand vint l’heure de la séparation. Sur l’ordre du roi de l’islam [nota :
> le sultan de Turquie] , nous nous dirigeâmes vers son pays. Dès notre arrivée, les méchants nous firent
> subir ce que les livres ne pourront jamais raconter fidèlement. C’est alors que se lamentèrent les
> habitants du paradis et ceux qui demeurent dans les retraites sacrées. Malgré cela, un voile épais
> enveloppe toujours les hommes !
> 
> (87)
> En outre, nous avons dit : De jour en jour, que dis-je, d’heure en heure, notre pénible situation
> s’aggrava jusqu’au moment où l’on mit fin à notre réclusion [nota : le bannissement à Andrinople] pour
> nous enfermer, avec une injustice flagrante, dans la plus grande Prison. Et lorsque quelqu’un leur
> demandait : « Pour quel crime sont-ils emprisonnés ? », ils répondaient : « Ils ont cherché à
> remplacer la Foi par une nouvelle religion. » Si vous préférez ce qui est ancien, pourquoi avez-vous
> renoncé à ce qui fut envoyé dans la Torah et dans l’Évangile ? Expliquez cela, ô peuples ! Par ma
> vie ! Pour vous, il n’y a pas d’échappatoire en ce jour. Si c’est cela mon crime, alors Muhammad,
> l’Apôtre de Dieu, l’a commis avant moi et, avant lui, l’Esprit de Dieu [nota : Jésus] et,
> précédemment, Celui qui conversa avec Dieu [nota : Moïse]. Et si mon péché est d’avoir exalté la
> parole de Dieu et d’avoir révélé sa cause, alors je suis vraiment le plus grand des pécheurs ! Un tel
> péché, je ne l’échangerais pas contre les royaumes du ciel et de la terre.
> 
> (88)
> Ailleurs, nous avons dit : À mesure que mes épreuves se multipliaient, mon amour pour Dieu et
> pour sa cause grandissait ; aussi, tout ce que m’infligeaient les rebelles ne pouvait me détourner de
> mon but. Qu’ils m’enfouissent dans les profondeurs de la terre, ils me trouveront voguant au-dessus
> des nuages, invoquant Dieu, le Seigneur fort et puissant ! J’ai offert ma vie dans le chemin de Dieu
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                               Page 24 / 74
> et aspire aux épreuves associées à mon amour pour lui et à son bon plaisir. En témoignent les maux
> qui m’affligent à présent, et qu’aucun autre mortel n’a jamais subis. Chacun de mes cheveux
> proclame le message qu’a proféré le Buisson ardent sur le Sinaï et chaque veine de mon corps
> invoque Dieu en ces termes : « Que n’ai-je été déchirée sur ton chemin afin que le monde soit
> revivifié et tous ses peuples unis ! » Ainsi en a décrété l’Omniscient, l’Informé !
> 
> (89)
> Sache que tes sujets sont un dépôt que Dieu t’a confié. Aussi, veille sur eux comme sur toi-même.
> Prends garde et ne laisse pas les loups devenir les pasteurs du troupeau. Que ni l’orgueil ni la
> vanité ne t’empêchent de te soucier des pauvres et des affligés. En mon Nom, lève-toi au-dessus de
> l’horizon du renoncement, puis tourne-toi vers le Royaume au commandement de ton Seigneur, le
> Fort et le Puissant.
> 
> (90)
> Ailleurs, nous avons dit : Pare ton royaume du vêtement de mon nom et lève-toi pour enseigner ma
> cause. Cela est mieux pour toi que tout ce que tu possèdes. Et Dieu exaltera ton nom parmi tous les
> rois. Il a le pouvoir sur toutes choses. Marche parmi les hommes au nom de Dieu et de son pouvoir,
> afin de manifester ses signes aux peuples de la terre.
> 
> (91)
> Ailleurs, nous avons dit : Comment pouvez-vous vous réclamer du Dieu de miséricorde et
> commettre ce qu’a commis le Malin ? Non ! Par la beauté du Très-Glorifié ! Si seulement vous le
> saviez ! Purifiez votre coeur de l’attachement au monde, votre langue de la calomnie et vos
> membres de tout ce qui vous empêche de vous approcher de Dieu, le Puissant, le Magnifié. Dis :
> par « monde », nous entendons ce qui vous détourne de l’Orient de la révélation et vous pousse
> vers ce qui ne vous profite pas. En vérité, ce qui vous détourne de Dieu en ce jour, c’est par essence
> l’attachement aux biens de ce monde. Evitez-le et approchez-vous de la Vision sublime, cet Orient
> brillant et resplendissant. Ne versez le sang de personne, ô peuple, et ne jugez personne
> injustement. Ainsi vous l’ordonne l’Omniscient, l’Informé. Ceux qui provoquent des désordres dans
> un pays où l’ordre règne transgressent les limites fixées dans le Livre. Misérable sera la demeure
> des transgresseurs !
> 
> (92)
> Ailleurs, nous avons dit : Traitez avec loyauté les biens de votre prochain. Soyez dignes de
> confiance ici-bas et ne privez pas les pauvres de ce que la grâce de Dieu vous a donné. En vérité, il
> vous accordera le double de ce que vous possédez. Il est vraiment le Très-Généreux, le Munificent.
> Ô peuple de Bahá ! Soumettez la citadelle des coeurs par les épées de la sagesse et de la parole. Un
> voile évident enveloppe ceux qui se disputent, mus par leurs désirs. Dis : L’épée de la sagesse est
> plus brûlante que la chaleur de l’été et plus aiguisée que des lames d’acier, si vous pouviez le
> comprendre ! Tirez-la en mon nom et par mon pouvoir ; avec elle, conquérez la cité du coeur de
> ceux qui se sont retranchés dans la forteresse de leurs désirs corrompus. Ainsi vous l’ordonne la
> Plume du Très-Glorieux, tandis qu’elle est menacée par les épées des rebelles. Si vous avez
> connaissance d’un péché commis par autrui, n’en soufflez mot afin que Dieu cache votre propre
> péché. En vérité, il est le Discret, le Seigneur de grâce abondante. Ô vous, les riches de la terre ! Si
> vous rencontrez un pauvre, ne le traitez pas avec dédain. Réfléchissez : de quoi fûtes-vous créés ?
> Tous, vous l’avez été d’un misérable germe.
> 
> (93)
> Ailleurs, nous avons dit : Considérez le monde comme le corps d’un être affligé de maux divers
> dont la guérison dépend de l’agencement harmonieux de tous ses éléments. Rassemblez-vous autour
> de ce que nous avons prescrit et ne marchez pas sur les traces des séditieux. Méditez sur le monde
> et sur la condition de ses habitants. Celui pour lequel fut créé le monde a été emprisonné dans la
> plus désolée des cités [nota : Acre] par suite des actes de ses adversaires acharnés. De l’horizon de
> cette ville-prison, il appelle l’humanité à l’aurore de Dieu, le Très-Haut, le Suprême. Exultes-tu de
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> posséder des trésors, tout en sachant qu’ils périront ? Te réjouis-tu de régner sur un arpent de terre
> alors que, pour le peuple de Bahá, le monde entier n’a pas plus de valeur que la pupille d’une
> fourmi morte ? Laisse-le à ceux qui l’aiment et tourne-toi vers celui qui est le désir du monde. Que
> sont devenus les orgueilleux et leurs palais ? Regarde dans leurs tombes et prends exemple sur
> cette leçon que nous donnons à tous ceux qui observent. Si les brises de la révélation te saisissaient,
> tu fuirais le monde pour te diriger vers le Royaume et tu dépenserais tout ce que tu possèdes pour te
> rapprocher de cette Vision sublime.
> 
> (94)
> Nous chargeâmes un chrétien [nota : César Ketfagou, fils d’un consul de France en Syrie] d’expédier cette
> épître. Il nous informa qu’il en avait transmis l’original et la traduction. Dieu, le Tout-Puissant,
> l’Omniscient, a connaissance de toutes choses.
> 
> (95)
> L’une des parties de la Súratu’l-Haykal est l’épître adressée à Sa Majesté le Tsar de Russie - que
> Dieu, le Suprême, le Glorifié, lui accorde son aide !
> 
> (96)
> Ô Tsar de Russie ! Écoute la voix de Dieu, le Roi, le Saint, et tourne-toi vers le paradis où demeure
> celui qui, dans le concours céleste, porte les titres les plus parfaits et qui, dans le royaume de la
> création, est appelé par le nom de Dieu, le Resplendissant, le Très-Glorieux. Prends garde que tes
> désirs ne t’empêchent de tourner ton visage vers ton Seigneur, le Compatissant, le Très-
> Miséricordieux. Nous avons entendu la supplique que tu as adressée en secret à ton Seigneur.
> Aussi, les brises de ma tendre bonté ont soufflé, la mer de ma miséricorde s’est soulevée et nous
> t’avons répondu en toute sincérité. Ton Seigneur est, en vérité, l’Omniscient, le Très-Sage. Alors
> que je gisais, chargé de chaînes et de fers, dans la prison de Téhéran, un de tes ministres m’a offert
> son aide. C’est pourquoi Dieu t’a réservé un rang que nul autre que lui ne peut comprendre.
> Prends garde de ne pas aliéner cette sublime condition.
> 
> (97)
> Ailleurs, nous avons dit : Celui qui est le Père est venu, et le Fils [nota : Jésus] s’écrie dans la sainte
> vallée : « Me voici, me voici, ô Seigneur mon Dieu ! », tandis que le Sinaï fait le tour de la demeure
> et que le Buisson ardent annonce à haute voix : « Le Très-Généreux est venu, chevauchant les
> nuages. Béni celui qui s’approche de lui et malheur à ceux qui restent éloignés ! »
> 
> (98)
> Lève-toi parmi les hommes au nom de cette cause irrésistible et appelle les nations à Dieu, le
> Puissant, le Grand. Ne sois pas de ceux qui invoquèrent Dieu par l’un de ses noms pour le renier,
> s’en détourner et le condamner avec une évidente injustice lorsque parut celui qui est l’objet de
> tous les noms. Réfléchis et rappelle-toi les jours où vint l’Esprit de Dieu [nota : Jésus], où Hérode
> rendit son verdict contre lui. Mais Dieu le secourut par les armées de l’invisible, le protégea en
> vérité et l’envoya dans un autre pays comme il l’avait promis. En vérité, il ordonne ce qui lui plaît.
> Certes, ton Seigneur protège qui il veut, tant au coeur de l’océan que dans la gueule du dragon ou
> sous l’épée de l’oppresseur.
> 
> (99)
> Ailleurs, nous avons dit : Entends ma voix s’élever de la prison pour t’annoncer ce que ma beauté
> endura à cause des manifestations de ma gloire [nota : les rois] et pour te faire savoir combien
> grande fut ma patience malgré ma puissance et immense ma longanimité malgré mon pouvoir. Par
> ma vie ! Si tu savais ce que ma plume a révélé, si tu découvrais les trésors de ma cause et les perles
> des mystères cachés au fond des océans de mes noms ainsi que dans les coupes de mes paroles, tu
> sacrifierais ta vie sur le chemin de Dieu et languirais d’entrer dans son royaume sublime et
> glorieux. Bien que mon corps soit sous les épées de mes ennemis et mes membres frappés
> 
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> d’innombrables afflictions, sache que mon esprit est rempli d’une allégresse sans comparaison
> avec les joies de la terre.
> 
> (100)
> De même, mentionnons quelques versets de l’épître à Sa Majesté la Reine [nota : la Reine Victoria] -
> que Dieu l’assiste, exalté et glorifié soit-il ! - Nous souhaitons que les brises de la révélation
> soufflent sur toi et t’incitent, uniquement par amour pour Dieu, à te lever et à servir sa cause ; et que
> tu transmettes aux rois les épîtres qui pourraient ne pas leur avoir été remises. Cette mission est une
> grande mission et ce service, un grand service. Dans ces contrées, nombreux sont les religieux
> distingués dont ces siyyids célèbres [nota : ces Siyyids n’ont pas pu être identifiés] pour leur éminence et
> leur distinction. Converse avec eux et montre-leur ce qui a coulé de la Plume de gloire [nota : la
> « Plume de gloire » désigne Bahá’u’lláh (voir note du verset 28)] afin qu’ils bénéficient de l’aide divine pour
> améliorer la condition du monde et régénérer le caractère des peuples des différentes nations ; afin
> que, par les eaux vives des conseils de Dieu, ils éteignent la haine et l’animosité qui couvent
> cachées dans le coeur des hommes. Nous prions Dieu que tu sois aidée ; en vérité, cela ne lui serait
> pas difficile.
> 
> (101)
> Ô Reine de Londres ! Ecoute l’appel de ton Seigneur, le Seigneur de l’humanité, qui, de l’Arbre
> divin, proclame : « En vérité, il n’est pas d’autre Dieu que Moi, le Tout-Puissant, le Très-Sage ! »
> Renonce à tout ce qui est sur terre et couronne la tête de ton royaume de la mention de ton
> Seigneur, le Très-Glorieux. Certes, il est venu en ce monde dans sa gloire suprême et tout ce qui est
> mentionné dans l’Evangile a été accompli. Les pas du Seigneur, le Seigneur de tous les hommes, ont
> honoré la terre de Syrie, et sa présence a enivré le Nord et le Sud. Béni celui qui respire le parfum
> du Très-Miséricordieux en cette aube resplendissante et se tourne vers l’Orient de sa beauté. La
> mosquée El Aqsá [nota : mosquée construite sur l’emplacement du Temple à Jérusalem] frémit sous les brises
> de son Seigneur, le Très-Glorieux, et Bathá [nota : La Mecque] tremble à la voix de Dieu, l’Eminent, le
> Très-Haut. Chacune de leurs pierres loue le Seigneur par ce grand Nom.
> 
> (102)
> Ailleurs, nous avons dit : Nous te mentionnons pour l’amour de Dieu et nous désirons que Dieu, le
> créateur du ciel et de la terre, se souvienne de toi et magnifie ton nom. En vérité, il est témoin de
> mes paroles. Nous avons appris que tu as interdit le commerce des esclaves, hommes et femmes. En
> vérité, c’est ce que Dieu recommande dans cette merveilleuse révélation. Pour cela, il t’a
> certainement réservé une récompense. Il rétribuera en toute équité celui qui fait le bien, homme ou
> femme ; agis donc selon les exhortations de celui qui est l’Omniscient, l’Informé. Quant à celui qui
> s’enorgueillit et se détourne du Dispensateur des signes après les avoir clairement reçus, Dieu
> réduira son oeuvre à néant. Certes, il a pouvoir sur toutes choses. Les actes d’un homme ne sont
> acceptables que s’il a reconnu la Manifestation de Dieu. Quiconque se détourne de celui qui est la
> Vérité fait partie des créatures les plus voilées. Ainsi en a décrété le Fort, le Tout-Puissant.
> 
> (103)
> Nous avons également appris que tu as confié les rênes du gouvernement aux représentants du
> peuple. Tu as certes bien agi ; ainsi, les bases de toutes tes affaires seront renforcées et le coeur de
> tous tes sujets, petits et grands, sera rassuré. Il convient néanmoins que ces représentants soient
> dignes de confiance et soient comptés parmi ses serviteurs, qu’ils se considèrent comme les
> délégués de tous les habitants de la terre. Tel est le conseil que donne, dans cette épître, celui qui
> est le Souverain, le Très-Sage. Et quand l’un de ces parlementaires entre dans l’assemblée, qu’il
> tourne son regard vers l’Horizon suprême et dise : « Ô mon Dieu ! Je te demande, par ton nom le
> plus glorieux, de m’aider à rendre prospères les affaires de tes serviteurs et florissantes tes cités.
> Tu as, en vérité, pouvoir sur toutes choses ! » Béni celui qui, pour l’amour de Dieu, participe à
> cette assemblée et rend une justice parfaite entre les hommes. En réalité, il fait partie des
> bienheureux.
> 
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> (104)
> Ô membres du Parlement de ce pays [nota : le Parlement britannique] et des assemblées des autres
> pays ! Délibérez entre vous et, si vous êtes vigilants, préoccupez-vous surtout de ce qui profite à
> l’humanité et améliore sa condition. Considérez le monde comme un corps humain créé complet et
> parfait que des causes diverses ont affligé de graves maladies et désordres. Il ne connait aucun jour
> de répit ! Au contraire, sa maladie s’aggrave sous le traitement de médecins ignorants qui donnent
> libre cours à leurs désirs personnels et se trompent cruellement. Même si un membre de ce corps
> était guéri grâce aux soins d’un médecin compétent, le reste n’en demeurait pas moins affecté
> comme auparavant. Ainsi vous informe l’Omniscient, le Très-Sage. Nous le voyons aujourd’hui à la
> merci de dirigeants si enivrés d’orgueil qu’ils ne peuvent discerner clairement où réside leur
> avantage, encore moins reconnaître une révélation si déroutante et pleine de défis.
> 
> (105)
> Ailleurs, nous avons dit : Ce que Dieu a ordonné comme le souverain remède et l’instrument le plus
> puissant pour la guérison du monde est l’union de tous ses peuples en une cause universelle, une foi
> commune. Ceci ne peut être réalisé que par le pouvoir d’un médecin compétent, tout-puissant et
> inspiré. Par ma vie ! Telle est la vérité, et tout le reste n’est qu’erreur. Chaque fois que vint cet
> instrument tout puissant, que brilla la lumière de la Source antique, des médecins ignorants lui
> firent obstacle en s’interposant, tels des nuages, entre le monde et lui. Aussi le monde ne s’est-il pas
> rétabli et sa maladie a-t-elle persisté jusqu’à ce jour. En vérité, ces médecins ignorants ont été
> incapables de le protéger ou de prescrire un traitement, et leurs actes ont empêché celui qui est la
> manifestation du Pouvoir parmi les hommes d’atteindre son but.
> 
> (106)
> Considère les jours où la Beauté antique est apparue dans le plus grand Nom pour revivifier le
> monde et unir ses peuples. Pourtant, ils brandirent contre lui leurs épées tranchantes et leurs actes
> suscitèrent les lamentations de l’Esprit fidèle. Ils finirent par l’emprisonner dans la plus désolée
> des cités et brisèrent l’étreinte des fidèles accrochés aux pans de son vêtement. Si quelqu’un leur
> disait : « Le réformateur du monde est venu », ils répondaient : « Il est prouvé qu’il n’est qu’un
> séditieux », alors qu’ils ne l’ont jamais fréquenté et ont admis qu’il n’a jamais cherché à se
> protéger un seul instant. Il fut continuellement à la merci des méchants. Ils le jetèrent d’abord en
> prison, puis le bannirent avant de l’exiler d’un pays à l’autre. Ainsi nous ont-ils condamné. Dieu,
> en vérité, sait ce que je dis.
> 
> (107)
> Cette accusation de sédition fut jadis portée par les pharaons d’Égypte contre l’Interlocuteur de
> Dieu [nota : Moïse]. Lis ce que le Très-Miséricordieux a révélé dans le Coran. Béni et glorifié soit-il,
> lui qui dit : Nous avons envoyé Moïse avec nos signes et un pouvoir incontestable à Pharaon, à
> Hámán [nota : premier ministre du Pharaon] et à Qárún. Ils dirent : « C’est un sorcier, imposteur. »
> Pharaon dit : « Laissez-moi tuer Moïse ! Qu’il invoque donc son Seigneur ! Je crains qu’il n’altère
> votre religion et qu’il ne sème la corruption sur la terre. » Moïse dit : « Je cherche la protection de
> mon Seigneur et votre Seigneur contre tout orgueilleux qui ne croit pas au Jour du Jugement » [voir
> : Coran, 40 : 23-27] .
> 
> (108)
> De tout temps, les hommes ont jugé séditieux chaque réformateur universel et l’ont traité en termes
> que nous connaissons tous. Chaque fois que le Soleil de la révélation divine répandit son éclat
> depuis l’horizon de la volonté de Dieu, des hommes en grand nombre le renièrent, d’autres se
> détournèrent de lui, d’autres encore le calomnièrent. Ils ont ainsi privé les serviteurs de Dieu de la
> tendre providence du Roi de la création. De même, ceux qui, en ce jour, n’ont point rencontré cet
> opprimé et ne l’ont pas fréquenté, ne cessent de dire et de répéter ce que tu as entendu et que tu
> entends encore. Dis : « Ô peuple ! En ce jour, le Soleil de la parole darde ses rayons à l’horizon de
> la générosité, et l’éclat de la révélation de celui qui parla au Sinaï scintille face à toutes les religions.
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> Purifiez et sanctifiez vos âmes, vos coeurs, vos oreilles et vos yeux par les eaux vives de la parole
> du Très-Miséricordieux, puis tournez-vous vers lui. Par la justice de Dieu ! Vous entendrez toutes
> choses proclamer : En vérité, Lui, le Véritable, est venu. Bénis ceux qui jugent avec équité, bénis
> ceux qui se tournent vers lui ! »
> 
> (109)
> Parmi les choses qu’ils attribuèrent à l’Arbre divin [nota : Bahá’u’lláh] se trouvent de fausses
> accusations que dénoncent tout savant informé et tout coeur sage et éclairé. Tu as sans doute étudié
> les versets envoyés ici-bas à propos de l’Interlocuteur de Dieu [nota : Moïse].
> Béni et glorifié soit-il, lui qui révèle : Pharaon dit : « Ne t’avons-nous pas élevé chez nous, tout
> enfant ? N’as-tu pas passé avec nous plusieurs années de ta vie ? Puis tu as commis l’acte que tu as
> commis et tu es un ingrat. » Moïse dit : « Je l’ai commis alors que j’étais au nombre des égarés. Je
> me suis enfui, parce que j’avais peur de vous. Mon Seigneur m’a accordé la sagesse et m’a placé
> au nombre des prophètes » [voir : Coran, 26 : 18 et suivants].
> Béni et glorifié soit-il ! Lui qui dit par ailleurs : Moïse entra dans la ville à l’insu de ses habitants.
> Il y trouva deux hommes qui se battaient : un de ses partisans et un de ses adversaires. Celui qui
> était de son parti demanda son aide contre celui qui était au nombre de ses ennemis. Moïse lui
> donna un coup de poing et le tua. Il dit : « Voici une oeuvre du Démon : c’est un ennemi qui égare
> les hommes « Il dit : « Ô mon Seigneur ! Je me suis fait du tort à moi-même, pardonne-moi. » Dieu
> lui pardonna, il est, en vérité, celui qui pardonne, il est le Miséricordieux. Moïse dit : « Mon
> Seigneur Grâce aux bienfaits dont tu m’as comblé, je ne serai jamais l’allié des criminels. » Il se
> trouvait dans la ville, le lendemain matin, inquiet et regardant de tous côtés, lorsque celui qui, la
> veille, lui avait demandé secours l’appela à grands cris. Moïse lui dit : « Tu es manifestement
> égaré ! » Mais lorsqu’il voulut porter un coup à leur ennemi commun, celui-ci dit : « Ô Moïse !
> Veux-tu me tuer comme l’homme que tu as tué hier ? Tu veux n’être qu’un tyran dans la terre, tu ne
> veux pas être au nombre des réformateurs. » [voir : Coran, sourate 28 : 14 et suivants]
> Maintenant, il te faut une intelligence et une vue saintes et pures pour t’attacher à la justice et à
> l’équité. D’autant que Moïse lui-même reconnut son injustice ainsi que son égarement et confessa
> que la peur s’était emparée de lui, l’incitant à la transgression et à la fuite. Il demanda à Dieu - que
> sa gloire soit exaltée - de lui pardonner, et il fut pardonné.
> 
> (110)
> Ô Shaykh ! Chaque fois que Dieu, le Véritable - exaltée soit sa gloire - s’est révélé en la personne
> de sa Manifestation, il est venu parmi les hommes avec l’étendard de : « Il fait ce qu’il veut et
> ordonne ce qui lui plaît. » Nul n’a le droit d’en demander les raisons sauf à se détourner de Dieu, le
> Seigneur des seigneurs. Au Jour de chaque manifestation, cela se reproduit de manière évidente. De
> même, ils ont répandu à propos de cet opprimé des calomnies dont les proches de Dieu et ceux qui
> lui sont dévoués ont dénoncé et dénoncent toujours la fausseté. Par la justice de Dieu ! Son manteau
> demeure immaculé en dépit des nombreux détracteurs qui tentent encore de le salir par leurs
> calomnies inconvenantes. Dieu sait, eux ne savent pas. Par la puissance et le pouvoir de Dieu, il
> s’est levé devant les peuples de la terre, appelant les multitudes vers l’Horizon suprême. Ils l’ont
> rejeté et préférèrent s’attacher à des hommes à jamais cachés derrière des voiles et préoccupés de
> leur propre protection. Nombreux sont encore ceux qui cherchent à propager mensonges et
> calomnies, et qui n’ont d’autre but que d’instiller la méfiance dans le coeur et l’âme des hommes.
> Dès que quelqu’un quitte la grande cité [nota : Constantinople] pour visiter ce pays, ils télégraphient
> aussitôt qu’il a volé de l’argent et fui vers Acre. Vers la fin de sa vie, un savant distingué et cultivé
> [nota : Hájí Mírzá Siyyid Hasan Afnán, surnommé Afnán-i-Kabír (le grand Afnán)] visita la Terre sainte,
> cherchant paix et retraite ; ce qu’ils écrivirent à son sujet fit gémir les proches de Dieu et ceux qui
> lui sont dévoués.
> 
> (111)
> Feu son Excellence Mírzá Husayn Khán, Mushíru’d-Dawlih [nota : ambassadeur de Perse à
> Constantinople ; c’est par son influence que Bahá’u’lláh fut transféré de Bagdad à Constantinople (voir Dieu passe
> 
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                     Page 29 / 74
> près de nous, op. cit., pp.138 et 150)] - que Dieu lui pardonne - a connu cet opprimé. Il a sans aucun doute
> fourni aux autorités un rapport circonstancié sur l’arrivée de cet opprimé à la sublime Porte [nota :
> Constantinople] , ainsi que sur ses paroles et ses actes. Le jour de notre arrivée, le représentant du
> gouvernement chargé de recevoir les visiteurs officiels nous accueillit et nous escorta vers le lieu
> désigné. En vérité, le gouvernement fit preuve de la courtoisie et de la considération les plus
> grandes à l’égard de ces opprimés. Le lendemain, le Prince Shujá’u’d-Dawlih [nota : prince persan
> attaché à l’ambassade d’Istanbul durant le règne du sultan ‘Abdu’l-Azíz] , accompagné de Mírzá Safá [nota : Hájí
> Mírzá Hasan-i-Safá, complice de Mírzá Husayn Khán, et qui fut l’ennemi de Bahá’u’lláh à Constantinople] , tous
> deux représentant feu l’ambassadeur Mushíru’d-Dawlih, le Ministre accrédité à la cour impériale,
> vinrent nous rendre visite. Il en fut de même pour plusieurs ministres du gouvernement impérial,
> dont feu Kamál Páshá. Entièrement confiant en Dieu et sans jamais exprimer le moindre besoin ni
> la moindre difficulté, cet opprimé séjourna pendant quatre mois dans cette cité [nota : Constantinople].
> Tous ont pu voir clairement ses actes ; nul ne saurait les nier, sauf ceux qui le haïssent et ne disent
> pas la vérité. Celui qui a reconnu Dieu ne reconnaît nul autre que Lui. Nous n’aimons pas faire
> mention de ces choses.
> 
> (112)
> Chaque fois que de hauts dignitaires persans arrivaient dans cette cité, ils frappaient à toutes les
> portes et se donnaient le plus grand mal pour solliciter des allocations et des dons. Si cet opprimé
> n’a rien fait pour contribuer à la gloire de la Perse, au moins n’a-t-il rien fait pour la déshonorer.
> Feue Son Excellence - que Dieu exalte sa condition - n’a nullement agi par amitié pour cet opprimé,
> mais plutôt par sagacité et désir secret de servir son gouvernement [nota : en ne laissant pas aux Turcs le
> soin d’offrir l’hospitalité à Bahá’u’lláh, il rendait service à la Perse et sauvegardait la dignité de son roi] . J’atteste
> que la malhonnêteté, qu’il méprisait souverainement, ne joua aucun rôle dans ses activités,
> tellement il était fidèle à son gouvernement. C’est pourtant lui qui fut responsable de la réclusion de
> ces opprimés dans la plus grande Prison [nota : Acre]. Toutefois, il mérite nos éloges car il fit preuve
> de fidélité dans l’accomplissement de sa tâche. Cet opprimé s’est efforcé de servir et de promouvoir
> en tout temps les intérêts du gouvernement et du peuple, et non d’exalter sa propre condition.
> Aujourd’hui, des personnes ont constitué un groupe pour diffamer cet opprimé. Lui, néanmoins,
> supplie Dieu - béni et glorifié soit-il - de les aider à retourner à lui, à racheter leur manque de
> discernement, et à se repentir au seuil de sa générosité. En vérité, il est le Clément, le
> Miséricordieux.
> 
> (113)
> Ô Shaykh ! En vérité, ma plume se lamente sur mon sort et mon épître pleure amèrement sur ce qui
> m’est advenu par la faute de celui [nota : Mírzá Yahyá] que nous avons protégé pendant des années et
> qui, jour et nuit, a servi à mes côtés, jusqu’à ce qu’il soit induit en erreur par l’un de mes serviteurs
> appelé Siyyid Muhammad [nota : Siyyid Muhammad Isfahání incita Mírzá Yahyá à se rebeller contre
> Bahá’u’lláh] . En témoignent les pieux serviteurs qui m’ont accompagné en exil de Bagdad jusqu’à
> cette plus grande Prison. Là, tous deux m’infligèrent ce pour quoi se lamente le savant, gémit le
> connaisseur et pleure le juste.
> 
> (114)
> Nous prions Dieu d’aider les égarés à être justes et équitables, et de les rendre conscients de leur
> négligence. En vérité, il est le Très-Généreux, le Munificent. Ô mon Seigneur ! Ne refuse pas à tes
> serviteurs la porte de ta grâce et ne les chasse point de la cour de ta présence. Aide-les à dissiper les
> brumes des vaines imaginations et à déchirer les voiles des chimères et des faux espoirs. Tu es, en
> vérité, Celui qui possède tout, le Très-Haut. Il n’est pas d’autre Dieu que Toi, le Tout-Puissant, le
> Miséricordieux !
> 
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> (115)
> Je le jure par le Soleil du divin témoignage qui est apparu à l’horizon de la certitude ! Nuit et jour,
> cet opprimé s’est attaché à édifier les âmes des hommes, jusqu’à ce que la lumière de la
> connaissance prévale sur les ténèbres de l’ignorance.
> 
> (116)
> Ô Shaykh ! Comme je l’ai déclaré à maintes et maintes reprises, je réaffirme que, par la grâce et la
> volonté irrésistible de Dieu, nous avons accordé pendant près de quarante ans à Sa Majesté le Sháh -
> que Dieu daigne l’assister - une aide que tout représentant de la justice et de l’équité considérerait
> comme incontestable et totale. Nul ne peut le nier, à moins d’être un transgresseur et un pécheur, à
> moins de nous haïr ou de douter de notre vérité.
> Comme c’est étrange ! Jusqu’à présent, les ministres de l’État et les représentants du peuple n’ont
> pas compris la valeur d’un service aussi évident et aussi indéniable ; s’ils en ont eu connaissance, ils
> ont choisi, pour des raisons personnelles, de sciemment l’ignorer. Il y a quarante ans régnaient en
> permanence controverses et conflits qui tourmentaient les serviteurs de Dieu. Mais depuis, aidés par
> les armées de la sagesse, de la parole, de l’exhortation et de la compréhension, ils se sont accrochés
> fermement à la corde de la patience et au pan resplendissant de la fortitude. Ainsi, ce peuple
> maltraité endura avec ténacité tout ce qui lui advint et s’en remit entièrement à Dieu. Et pourtant,
> dans le Mázindarán [nota : province du nord de la Perse] et à Rasht [nota : ville de la province de Gilán, dans le
> nord de la Perse] , un grand nombre d’entre eux furent affreusement tourmentés. Parmi ces derniers
> figurait Hájí Nasir [nota : de Qazvín ; un marchand dont le nom complet était Hájí Muhammad-Nasir; il fut
> martyrisé à Rasht en 1300 après l’Hégire (1882-83 après J.C.)] qui était, sans conteste, une brillante lumière à
> l’horizon de la résignation. Après l’avoir martyrisé, on lui arracha les yeux, on lui coupa le nez, puis
> on lui infligea de telles indignités que des étrangers pleurèrent et se lamentèrent ; ces derniers
> collectèrent secrètement des fonds pour soutenir sa femme et ses enfants.
> 
> (117)
> Ô Shaykh ! Ma plume est atterrée par le récit de ce qui s’est passé. Au pays de Sád [nota : Isfahán], le
> feu de la tyrannie brûla d’une flamme si ardente que tous les justes gémirent. Par ta vie ! Les cités
> du savoir et de l’entendement versèrent de telles larmes que les âmes pieuses et craignant Dieu en
> furent consternées. Hasan et Husayn [nota : deux frères, citoyens riches et honorés d’Isfahán; tous deux Siyyids,
> ils furent martyrisés comme bahá’ís, à la demande de l’Imám-jum’ih de cette ville, Mír Muhammad Husayn, le
> « Serpent » (successeur, à ce poste, de son frère Mír Siyyid Muhammad qui donna son amitié au Báb, voir la Chronique
> de Nabíl, Bruxelles, Maison d’éditions bahá’íes, 1986). Avec « Le Loup », Shaykh Muhammad Báqir, il persécuta les
> bahá’ís et causa la mort de Mírzá Muhammad Hasan et de Mírzá Muhammad Husayn (respectivement le roi et le bienaimé des martyrs)] , ces deux brillantes lumières, offrirent spontanément leur vie dans cette ville. Ni la
> fortune, ni la richesse, ni la gloire ne purent les en dissuader ! Dieu sait ce qui leur advint et,
> pourtant, la plupart l’ignorent !
> 
> (118)
> Avant eux, un nommé Kázim [nota : Mullá Kázim, martyrisé à Isfahán. (voir Edward G. Browne, A Traveller’s
> Narrative, Amsterdam, Philo Press, 1975, note de la p. 400)] et ses compagnons et, après eux, le très honoré
> Ashraf [nota : Áqá Mírzá Ashraf, d’Ábádih, martyrisé à Isfahán en octobre 1888], burent tous à la coupe du
> martyre avec une ferveur et un désir extrêmes ; ils se hâtèrent vers le Compagnon suprême. De
> même, au temps de Sardár ‘Azíz Khán [nota : il était présent à Zanján lors de l’attaque des bábís par les
> troupes du Sháh. (Voir A Traveller’s Narrative, op. cit., note en p.181). Au cours de son mandat de gouverneur de
> Tabríz, plusieurs croyants furent exécutés dans cette ville] , le pieux Mírzá Mustafá [nota : de Naráq ; l’un des
> disciples du Báb, qui fut exécuté à Tabríz (voir ‘Abdu’l-Bahá, Memorials of the Faithful, Wilmette, Illinois, Bahá’í
> Publishing Trust, 1971, pp. 148-150)] et ses compagnons de martyre furent arrêtés et envoyés vers l’Ami
> suprême, vers le très-glorieux Horizon. Bref, dans chaque cité, les preuves d’une tyrannie sans égale
> étaient indubitablement claires et manifestes ; pourtant, nul ne se leva pour se défendre ! Rappelletoi du glorieux Badí [nota : “Le merveilleux” ; Áqá Buzurg du Khurásán, porteur de l’épître au Sháh (voir : Dieu
> passe près de nous, op. cit., p.191)] , qui porta l’épître à Sa Majesté le Sháh, et réfléchis à la manière dont
> 
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                       Page 31 / 74
> il sacrifia sa vie. Ce chevalier qui éperonna son destrier dans l’arène de la renonciation, jeta à terre
> la précieuse couronne de la vie pour l’amour de l’incomparable Ami.
> 
> (119)
> Ô Shaykh ! Si l’on nie de telles choses, que jugera-t-on digne de foi ? Fais éclater la vérité pour
> l’amour de Dieu, et ne sois pas de ceux qui se taisent. On arrêta l’honorable Najaf-‘Alí [nota : l’un des
> 44 survivants de Zanján qui furent amenés à Téhéran où ils furent tous exécutés sauf Najaf-‘Alí, dont un officier eut
> pitié. Quelques années plus tard, toutefois, il fut à nouveau arrêté et décapité (voir : “Dieu passe près de nous”, p.
> 169)] qui, avec ravissement et désir ardent, se hâta vers le champ du martyre en prononçant ces
> paroles : « Nous avons reçu tout à la fois Bahá et le khún-bahá ! » [nota : jeu de mots entre Bahá (arabe),
> Bahá’u’lláh, et khún-bahá (persan), le prix du sang] Sur ces mots, il rendit l’âme. Médite sur la splendeur et
> la gloire répandues par la lumière du détachement qui brille du coeur exalté de Mullá ‘Alí-Ján [nota :
> croyant du Mázindarán, martyrisé à Téhéran (voir : “Dieu passe près de nous” p.192)] . Il était si enthousiasmé
> par les brises de la Parole sublime et par le pouvoir de la Plume de gloire qu’à ses yeux, le champ
> du martyre égalait, que dis-je, surpassait les endroits enchanteurs de la terre. Réfléchis à la conduite
> de ‘Abá-Basír [nota : fils d’un martyr de Zanján et lui-même décapité pour sa foi dans cette ville] et de Siyyid
> Ashraf-i-Zanjání [nota : martyrisé en même temps que ‘Abá Basír (voir Dieu passe près de nous, op. cit., p.191 et
> Extraits des Écrits de Bahá’u’lláh, Bruxelles, Maison d’éditions bahá’íes, 1990, p.89)] . On fit venir la mère
> d’Ashraf pour qu’elle le dissuade dans sa détermination, mais elle l’encouragea à persévérer et à
> subir le plus glorieux des martyres.
> 
> (120)
> Ô Shaykh ! Ce peuple a franchi le détroit des noms et dressé ses tentes sur les rives de la mer du
> renoncement. Il sacrifierait volontiers des myriades de vies, plutôt que de prononcer le mot attendu
> par ses ennemis. Il s’est attaché à ce qui plaît à Dieu, entièrement détaché et libéré des choses
> terrestres. Ces croyants ont préféré avoir la tête tranchée plutôt que proférer une seule parole
> inconvenante. Médite cela en ton coeur. N’ont-ils pas étanché leur soif à l’océan du détachement ?
> La vie en ce monde ne les pas empêchés de subir le martyre sur le chemin de Dieu.
> 
> (121)
> Dans le Mázindarán, on a exterminé un grand nombre de serviteurs de Dieu. Sous la pression des
> calomniateurs, le gouverneur [nota : ce gouverneur n’a pas été identifié. Plusieurs gouverneurs se sont succédé
> dans la province de Mázindarán entre 1844 et 1891, tous plus ou moins hostiles aux bahá’ís] s’appropria une
> grande part de leurs biens. Il les accusa notamment d’avoir amassé des armes, alors que l’enquête
> démontra qu’ils n’avaient rien d’autre qu’un fusil non chargé ! Juste ciel ! Ce peuple n’a que faire
> d’armes de destruction, puisqu’il s’est mobilisé pour reconstruire le monde. Ses armées sont les
> nobles actions, ses armes, les bonnes moeurs et son étendard, la crainte de Dieu. Heureux celui qui
> juge avec équité. Par Dieu ! La patience, le calme, la résignation et le contentement de ces hommes
> étaient si grands qu’ils devinrent les manifestations de la justice. Telle fut leur résistance qu’ils
> acceptèrent d’être tués plutôt que de tuer. Pourtant, ces opprimés de la terre ont enduré des
> tribulations telles que l’histoire du monde n’en a jamais connues et l’oeil des nations jamais vues.
> Comment ont-ils pu se résigner à ces cruelles épreuves et refuser de tendre la main pour s’en
> préserver ? Quelle est la cause de tant d’abnégation et de sérénité ? La vraie raison doit se chercher
> aussi bien dans l’interdit imposé jour et nuit par la Plume de gloire [nota : Bahá’u’lláh] que dans notre
> possession des rênes du pouvoir octroyées par la force et la puissance du Seigneur de toute
> l’humanité.
> 
> (122)
> Souviens-toi du père de Badí’ [nota : « Le merveilleux ». Áqá Buzurg du Khurásán, porteur de l’épître au Sháh
> (voir Dieu passe près de nous, op. cit ., p.191)] . On arrêta ce malheureux et on lui ordonna de maudire et
> d’insulter sa foi. Par la grâce de Dieu et la miséricorde de son Seigneur, il choisit et subit le martyre.
> Si tu voulais compter le nombre des martyrs sur le chemin de Dieu, tu ne le pourrais point.
> Considère l’honorable Siyyid Ismá’íl [nota : croyant de l’époque du Báb qui sacrifia sa vie par amour pour
> Bahá’u’lláh et à qui fut conféré le titre de Zabih] - que la paix de Dieu et sa tendre bonté soient sur lu - ; Il
> 
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> avait coutume de balayer avant le lever du jour le seuil de ma demeure avec son propre turban.
> Finalement, alors qu’il se tenait sur la rive du fleuve, les yeux fixés sur cette maison, il sacrifia sa
> vie de sa propre main.
> 
> (123)
> Médite sur l’influence irrésistible de la parole de Dieu. On ordonna à chacune de ces âmes de
> blasphémer et d’insulter sa foi ; pourtant aucune d’elles ne préféra sa volonté à la volonté de Dieu.
> 
> (124)
> Ô Shaykh ! Dans le passé, celui qui avait été choisi pour être tué n’était qu’une seule personne [nota
> : Ismaël dans la tradition musulmane, Isaac pour les juifs], alors qu’aujourd’hui cet opprimé a suscité pour
> toi ce qui émerveille toute personne sensée. Juge avec impartialité, je t’en adjure, et lève-toi pour
> servir ton Seigneur ! En vérité, il te réservera une récompense que ne sauraient égaler ni les trésors
> de la terre, ni toutes les possessions des rois et des dirigeants. Pour toutes tes affaires, place ta
> confiance en Dieu et remets-les à sa garde ! Il t’accordera une récompense que le Livre veut grande.
> Au cours des jours éphémères de ta vie, accomplis des actions qui répandront le parfum du bon
> plaisir de Dieu et seront parées de l’ornement de son acceptation. Les actes de Balál, l’Ethiopien,
> furent tellement acceptables aux yeux de Dieu que le « sín » de sa langue bégayante surpassa le
> « shín » prononcé par le monde entier [nota : esclave éthiopien, un des premiers adeptes de Muhammad. Le
> Prophète lui confia la tâche d’appeler les fidèles à la prière, et il devint le premier Mu’adhdhin de l’islam malgré son
> défaut de prononciation. Comme il bégayait et prononçait la lettre arabe « Shín » comme le « Sín », il ne pouvait
> énoncer correctement l’adhán, mais la perfection de son coeur compensait cette déficience physique] . Voici le jour
> où tous les peuples doivent répandre la lumière de l’unité et de la concorde. Bref, l’orgueil et la
> vanité de certaines gens ont fait beaucoup de tort à la vraie compréhension et dévasté la demeure de
> la justice et de l’équité.
> 
> (125)
> Ô Shaykh ! Ce qu’a subi cet opprimé est sans pareil, sans égal. Nous avons tout supporté avec la
> meilleure volonté et la plus grande résignation, afin d’édifier les âmes des hommes et d’exalter la
> parole de Dieu. Enfermé dans la prison de la terre de Mím [nota : Amul dans le Mázindarán], nous fûmes
> un jour livré aux mains des dignitaires religieux. Tu peux imaginer ce qui nous advint. Si jamais tu
> devais visiter le cachot souterrain de Sa Majesté le Sháh, demande au directeur, chef des geôliers,
> de te montrer les deux chaînes connues sous les noms de Qará-Guhar et Salásil. Je jure par le Soleil
> de la justice que, quatre mois durant, cet opprimé fut tourmenté et entravé par l’une ou l’autre.
> « Mon tourment dépasse tous les maux dont se plaignit Jacob et toutes les afflictions de Job ne sont
> qu’une part de mes peines ! » [nota : vers faisant partie du Qasídiy-i-Varqá’íyyih (Ode à la colombe), révélé par
> Bahá’u’lláh lors de sa retraite dans le Kurdistan]
> 
> (126)
> De même, médite sur le martyre de Hájí Muhammad-Ridá [nota : Bahá’í de ‘Ishqábád grandement
> respecté, martyrisé en 1889] dans la cité de l’amour [nota : ‘Ishqábád] . Les tyrans de la terre ont soumis ce
> malheureux à de telles épreuves qu’elles suscitèrent les pleurs et les lamentations de nombreux
> étrangers. Ainsi que rapporté et certifié, son corps béni présentait non moins de trente-deux
> blessures. Et pourtant, pas un seul des fidèles ne transgressa mon commandement ou ne leva la
> main en signe de résistance. Quoi qu’il advînt, ils mirent l’ordonnance du Livre au-dessus de leurs
> inclinations, bien qu’ils aient résidé - et résident encore - en très grand nombre dans cette ville.
> 
> (127)
> Nous supplions Sa Majesté le Sháh - que l’assiste Dieu, béni et glorifié soit-il - de réfléchir à tout
> cela et de juger avec équité et justice. Dans la plupart des villes de Perse, de nombreux fidèles ont
> accepté, ces dernières années, d’être tués plutôt que de tuer. Pourtant, la haine qui couvait en
> certains coeurs a éclaté plus violente que jamais. Que des victimes d’oppression intercèdent en
> faveur de leurs ennemis est, aux yeux des dirigeants, un acte princier. D’aucuns ont certainement
> appris que ces opprimés avaient intercédé auprès du gouverneur de cette ville [nota : ‘Ishqábád. Les
> 
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                          Page 33 / 74
> assassins de Hájí Muhammad Ridá furent condamnés à mort par les autorités russes. Les bahá’ís intercédèrent pour
> que la sentence soit adoucie] en faveur des assassins et avaient sollicité l’atténuation de leur sentence.
> Prenez donc exemple, vous qui êtes perspicaces !
> 
> (128)
> Ô Shaykh ! Ces versets limpides furent révélés par la Plume d’Abhá [nota : La Plume du Très-Glorieux
> (voir note du verset 28)] dans l’un de ses écrits : « Ô serviteur, écoute la voix de cet opprimé ! Il a
> enduré des vexations et des épreuves cruelles sur le chemin de Dieu, le Seigneur de tous les noms,
> et fut finalement jeté en prison dans le pays de Ṭá [nota : Téhéran]. Il appela les hommes au paradis
> sublime et, pourtant, ils se saisirent de lui et le traînèrent à travers villes et campagnes. Pour mes
> bien-aimés, combien de nuits sans sommeil à cause de leur amour à mon égard ! Pour moi,
> combien de jours face aux attaques des populations ! Par la justice de Dieu ! Que je sois au sommet
> de montagnes, que je sois dans les profondeurs de la prison de Ṭá, sous les chaînes et les carcans,
> je lui suis reconnaissant, chantant en toutes circonstances ses louanges, occupé à le célébrer,
> tourné vers lui, satisfait de son bon plaisir, humble et soumis devant lui. Ainsi s’écoulèrent mes
> jours jusqu’à ce qu’ils finissent dans cette prison [nota : Acre] qui fait trembler la terre et soupirer
> les cieux. Heureux qui a rejeté ses vaines imaginations lorsque celui qui était caché vint avec les
> étendards de ses signes ! En vérité, nous avons annoncé aux hommes cette très grande révélation et,
> cependant, ils sont dans un état d’étrange stupeur. »
> 
> (129)
> Sur ce, une voix s’éleva du Hijáz, appelant en ces termes : « Grande est ta bénédiction, ô Acre, car
> Dieu a fait de toi la source de sa voix la plus douce et l’aurore de ses signes les plus puissants !
> Heureuse es-tu, car le trône de justice s’est établi en tes murs et le Soleil de la tendre bonté et de la
> générosité de Dieu s’est levé à ton horizon ! Bienheureuse toute personne qui a jugé avec équité
> celui qui est le plus grand Souvenir, malheur à qui s’est égaré dans le doute ! »
> 
> (130)
> Suite à la mort de quelques martyrs, l’épître de la Preuve [nota : Lawh-i-Burhán, adressée par Bahá’u’lláh
> en 1879 à Shaykh Muhammad Baqír (le Loup), père du destinataire de la présente épître] descendit du ciel de la
> révélation, envoyée par celui qui est le Seigneur des religions :
> 
> (131)
> Il est le Tout-Puissant, l’Omniscient, le Très-Sage ! Les vents de la haine ont encerclé l’arche de
> Bathá [nota : La Mecque] à cause des actes des oppresseurs. Ô toi qui es réputé pour ton savoir ! Tu
> as rendu un jugement contre ceux sur qui ont pleuré les livres du monde, en faveur de qui ont
> témoigné les écritures de toutes les religions.
> En vérité, toi, l’égaré, tu es enveloppé d’un voile épais. Par Dieu ! Tu as prononcé une sentence
> contre ceux qui ont illuminé l’horizon de la foi. En témoignent ceux qui sont les Sources de la
> révélation et les Manifestations de la cause de ton Seigneur, le Très-Miséricordieux, et qui ont
> sacrifié leur vie et tous leurs biens dans son droit chemin. Partout, la foi de Dieu a pleuré à cause
> de ta tyrannie, et toi, tu te divertis et tu es de ceux qui exultent. Il n’y a pas de haine dans mon
> coeur, ni pour toi, ni pour personne. Tout homme intelligent te voit, toi et tes semblables, sombrer
> dans une grande déraison. Si tu réalisais ce que tu as fait, tu te jetterais dans le feu, ou tu
> abandonnerais ta demeure pour t’enfuir dans les montagnes, ou encore tu gémirais jusqu’à ton
> retour vers le lieu que t’a assigné le Seigneur de force et de puissance.
> Ô toi qui n’es rien ! Déchire les voiles des vaines chimères et des futiles imaginations, afin de
> contempler le Soleil de la connaissance qui brille de cet horizon resplendissant. Tu as mis en pièces
> des rejetons [nota : le Bien-aimé et le Roi des Martyrs, tous deux siyyids (descendants de Muhammad), voir note du
> verset 118] du Prophète lui-même et tu t’es imaginé que tu avais aidé la foi de Dieu. Telle fut
> l’incitation de ton âme, tu es vraiment parmi les insouciants. Ton acte a consumé les coeurs de
> l’assemblée céleste et de ceux qui gravitent autour de la cause de Dieu, le Seigneur des mondes.
> 
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> L’âme de la chaste Fátimih se lamente de ta cruauté et les habitants du paradis pleurent
> amèrement en ce lieu béni.
> 
> (132)
> Par Dieu, je t’adjure d’être équitable. Quelle preuve produisirent les docteurs juifs pour
> condamner l’Esprit de Dieu [nota : Jésus] lorsqu’il vint à eux au nom de la vérité ? Quelle preuve
> produisirent les pharisiens et les prêtres idolâtres pour renier Muhammad, l’Apôtre de Dieu,
> lorsqu’il vint à eux avec un Livre qui séparait la vérité de l’erreur avec une pertinence qui éclaira
> les ténèbres de la terre et captiva les coeurs de ceux qui le connaissaient ? En fait, tu reproduis en
> ce jour les mêmes preuves que celles qui sont avancées par ces théologiens insensés. En témoigne
> le Souverain du royaume de grâce en cette grande Prison. En vérité, tu as marché sur leurs traces -
> que dis-je ! - Tu les as surpassés en cruauté, pensant que tu aidais la foi et défendais la loi de Dieu,
> l’Omniscient, le Très-Sage. Par celui qui est le Vrai ! Ton iniquité fait gémir Gabriel et pleurer la
> loi de Dieu, par laquelle les brises de la justice soufflent sur tous ceux qui sont au ciel et sur terre.
> Te figurais-tu naïvement tirer profit du jugement que tu as prononcé ? Non, par le Roi de tous les
> noms ! Témoigne de ta perte celui qui a connaissance de toutes les choses mentionnées dans le
> Livre préservé.
> 
> (133)
> Ô toi qui t’es égaré ! Tu ne m’as jamais vu, jamais fréquenté, tu n’as jamais été mon compagnon,
> ne fût-ce qu’un instant. Comment se fait-il que tu aies ordonné de me maudire ? As-tu suivi en cela
> tes propres désirs ou as-tu obéi à ton Seigneur ? Produis donc un signe, si tu es de ceux qui sont
> sincères. Nous attestons que tu as tourné le dos à la loi de Dieu et que tu as donné libre cours aux
> incitations de tes passions. En vérité, Dieu est l’Incomparable, l’Informé, et rien n’échappe à sa
> connaissance. Ô insouciant ! Écoute ce que le Miséricordieux a révélé dans le Coran : « Ne dites
> pas à celui qui vous offre la paix : Tu n’es pas croyant. » [voir : Coran, 4 : 94] Ainsi en a décrété celui
> qui tient dans sa main les royaumes de la révélation et de la création, si tu es de ceux qui écoutent.
> Tu as rejeté le commandement de Dieu pour suivre les incitations de ton propre désir. Malheur à
> toi, ô toi qui doutes ! Si tu me renies, par quelle preuve peux-tu soutenir la vérité que tu
> revendiques ? Produis-la donc, ô toi qui donnes des partenaires à Dieu et te détournes de sa
> souveraineté qui embrasse les mondes !
> 
> (134)
> Sache qu’il est réellement savant, celui qui reconnaît ma révélation, boit à l’océan de ma
> connaissance, s’élève dans l’atmosphère de mon amour, rejette tout ce qui n’est pas moi et saisit
> fermement ce qui est envoyé du royaume de ma parole prodigieuse. Il est vraiment comme un oeil
> pour l’humanité, comme l’esprit de vie pour le corps de toute la création. Glorifié soit l’infiniment
> Miséricordieux qui l’a éclairé et l’a incité à servir sa cause grande et puissante. L’assemblée
> céleste et ceux qui demeurent dans le tabernacle de grandeur le bénissent, eux qui, en mon nom,
> l’Omnipotent, le Tout-Puissant, vident les coupes de mon vin cacheté. Si tu es de ceux qui occupent
> un rang aussi sublime, produis donc un signe émanant de Dieu, le créateur des cieux.
> Et si tu reconnais ton impuissance, maîtrise tes passions et retourne vers ton Seigneur ; peut-être te
> pardonnera-t-il tes péchés par lesquels les feuilles de l’Arbre divin se sont consumées, le Rocher
> [nota : le rocher de Jérusalem où devait s’accomplir le sacrifice d’Ismaël (Isaac) et d’où Muhammad fit son ascension
> nocturne] s’est lamenté et les yeux des hommes intelligents ont pleuré. À cause de toi, le voile de la
> divinité s’est déchiré, l’arche s’est écroulée, la chamelle eut les jarrets coupés [nota : la chamelle du
> prophète Salih dont les infidèles avaient coupé les jarrets] et l’Esprit [nota : Jésus] gémit dans sa sublime
> retraite. Contestes-tu celui qui est venu vers toi avec les preuves et les témoignages divins que toi et
> ceux qui vivent sur terre possédez ?
> Ouvre les yeux afin de contempler cet opprimé qui brille au-dessus de l’horizon de la volonté de
> Dieu, le Souverain, le Vrai, le Resplendissant. Puis ouvre l’oreille de ton coeur et écoute le discours
> de l’Arbre divin qu’a fait croître Dieu, le Tout-Puissant, le Bienfaisant. Malgré ce qui lui est
> advenu à cause de tes transgressions et de celles de tes semblables, cet Arbre claironne et appelle
> 
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                       Page 35 / 74
> tous les hommes au Sadratu’l-Muntahá [nota : voir note du verset 44] et à l’Horizon suprême. Heureuse
> l’âme qui contemple le Signe le plus puissant et l’oreille qui écoute sa voix la plus douce. Malheur
> à celui qui s’en détourne et s’égare.
> 
> (135)
> Ô toi qui t’es éloigné de Dieu ! Si tu daignais regarder l’Arbre divin avec l’oeil de l’équité, tu
> reconnaîtrais les stigmates de ton épée sur ses rameaux, ses branches et ses feuilles. Et pourtant,
> Dieu t’a créé pour le reconnaître et le servir. Réfléchis afin d’admettre ton iniquité et d’être compté
> parmi les repentis. Penses-tu que nous craignions ta cruauté ? Sache avec certitude que, depuis le
> premier jour où la voix de la Plume suprême s’est élevée entre la terre et le ciel, nous avons offert
> notre âme, notre corps, nos fils et nos possessions sur le chemin de Dieu, le Suprême, le Grand.
> Nous nous en glorifions parmi toutes choses créées et parmi l’assemblée céleste. En témoigne ce
> qui nous advint sur cet étroit sentier.
> Par Dieu ! Nos coeurs furent consumés, nos corps crucifiés et notre sang versé, pendant que nos
> yeux fixaient l’horizon de la tendre bonté de leur Seigneur, celui qui témoigne et voit tout. Plus
> cruels étaient leurs maux, plus grand était l’amour du peuple de Bahá. De leur sincérité porte
> témoignage ce que l’infiniment Miséricordieux a révélé dans le Coran. Il dit : « Souhaitez donc la
> mort si vous êtes sincères. » [voir : Coran, 2 : 94] Qui préférer ? Celui qui s’abrite derrière des voiles
> ou celui qui s’offre dans le chemin de Dieu ? Juge avec équité, ne sois pas de ceux qui errent,
> égarés, dans le désert du mensonge. Les eaux vives de l’amour du Très-Miséricordieux les
> enivrèrent au point que ni les armes du monde ni les épées des nations ne les dissuadèrent de
> tourner leur visage vers l’océan de la munificence de leur Seigneur, le Dispensateur, le Généreux.
> 
> (136)
> Par Dieu ! Les difficultés n’ont pu me faire perdre courage et le reniement des religieux n’a pu
> m’affaiblir. J’ai parlé et parle toujours devant tous : « La porte de la grâce est ouverte et celui qui
> est l’Aurore de justice est apparu avec des signes clairs et des preuves évidentes envoyés par Dieu,
> le Seigneur de force et de puissance. » Présente-toi devant moi afin d’entendre les mystères
> qu’entendit le fils de ‘Imrán [nota : Moïse] sur le Sinaï de la sagesse. Ainsi te commande, de sa
> grande Prison, l’Orient de la révélation de ton Seigneur, le Dieu de miséricorde.
> 
> (137)
> Après quoi, les cris et les lamentations de la vraie foi s’élevèrent de nouveau en ces termes : En
> vérité, le Sinaï s’écrie : Ô peuple du Bayán ! Craignez le Miséricordieux ! Je suis parvenu auprès de
> celui qui m’a interpellé. L’extase de ma joie a saisi les pierres et la poussière de la terre. Et le
> Buisson ardent de s’exclamer : Ô peuple du Bayán ! Jugez avec impartialité ce qui a été vraiment
> proclamé. En vérité, il est à présent manifesté le Feu que Dieu révéla à Celui qui conversait avec lui
> [nota : Moïse] . De ceci porte témoignage tout homme intelligent et clairvoyant.
> 
> (138)
> Nous avons mentionné quelques martyrs de cette révélation et, de même, nous avons cité quelques
> versets descendus à leur sujet du royaume de notre parole. Nous voudrions espérer que, libéré de
> tout attachement au monde, tu réfléchisses à ce que nous avons mentionné.
> 
> (139)
> Il t’incombe à présent de considérer le cas de Mírzá Hádí Dawlat-Ábádí [nota : Azalí (partisan de Mírzá
> Yahyá, surnommé Subh-i-Azal) notoire qui abjura sa foi après ces accusations, tout en se prétendant secrètement un
> leader azalí] et de Sád-i-Isfahání [nota : Sadru’l-‘Ulamá, mujtahid et imám de la mosquée de Siyyid ‘Azizu’lláh à
> Téhéran, disciple de Mírzá Yahyá] , qui résident au pays de Ṭá [nota : Téhéran] . Apprenant qu’on l’avait
> traité de bábí, le premier en fut si perturbé qu’il perdit toute assurance et dignité. Il monta en chaire
> et proféra des paroles indignes. De tout temps, la fange du monde, par son seul amour du pouvoir, a
> perpétré des actes qui ont égaré les hommes. Mais ne t’imagine pas que tous les fidèles ressemblent
> à ces deux-là. Nous t’avons décrit la constance, la fermeté, l’opiniâtreté, la certitude, le sang-froid et
> la dignité des martyrs de cette révélation afin que tu sois bien informé. En citant les passages des
> 
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                     Page 36 / 74
> épîtres aux rois et à d’autres personnes, je voulais que tu aies cette certitude : cet opprimé n’a pas
> dissimulé la cause de Dieu ; ce qu’il avait été chargé d’exposer, il l’a proclamé et transmis à la face
> du monde dans le plus éloquent des langages. Toutefois, des êtres timorés, tels que Hádí et consorts,
> ont falsifié la cause de Dieu ; préoccupés de cette vie éphémère, ils ont dit et fait ce qui fit pleurer
> l’0eil de la justice et gémir la Plume de gloire ; tout cela en dépit de leur ignorance des principes de
> cette cause, alors que cet opprimé l’a révélée pour l’amour de Dieu.
> 
> (140)
> Ô Hádí ! Tu as rendu visite à mon frère. À présent, tourne-toi vers la cour de cet opprimé, afin que
> les brises de la révélation et les souffles de l’inspiration t’assistent et te permettent d’atteindre ton
> but. Quiconque, en ce jour, contemple mes signes, distinguera la vérité de l’erreur comme le soleil
> de l’ombre, et en connaîtra le but. Dieu m’est témoin ! Il sait que tout fut mentionné uniquement par
> amour pour lui, afin que tu guides les hommes et délivres les peuples du monde des vaines chimères
> et des futiles imaginations. Dieu de miséricorde ! Jusqu’à maintenant, les dissidents qui m’ont renié
> n’ont pu reconnaître l’Auteur du message envoyé au Héraut, le Point premier ! La connaissance en
> appartient à Dieu, le Seigneur des mondes.
> 
> (141)
> Ô Shaykh, fais des efforts et lève-toi pour servir cette cause. En ce jour, le vin cacheté [nota : voir
> note du verset 30. Les vérités cachées seront révélées lors du Jugement dernier (Coran 83 : 25-26)] est descellé aux
> yeux des hommes. Saisis-le au nom de ton Seigneur, et bois-en à satiété en souvenir du Puissant, de
> l’Incomparable. Jour et nuit, cet opprimé s’est attaché à unir les coeurs des hommes et édifier leurs
> âmes. Les événements qui se déroulèrent en Perse dans les premiers temps ont vraiment attristé les
> êtres nobles et sincères. Chaque année connaissait un nouveau massacre, un pillage ou un bain de
> sang. Un jour, à Zanján [nota : ville de la Perse occidentale qui fut le théâtre du martyre de 1.800 bábís avec, à
> leur tête, Mullá Muhammad ‘Alí, surnommé Hujjat], les événements suscitèrent la plus grande
> consternation, une autre fois, ce fut à Nayríz [nota : ville du sud de la Perse, proche de Shíráz, où eut lieu une
> autre résistance des bábís avec à leur tête Siyyid Yahyáy-i-Dárábí, surnommé Vahíd] , puis encore à Ṭabarsí [nota :
> sanctuaire situé à 20 km au sud-est de Bárfurúsh, où Quddús, Mullá Husayn et de nombreux bábís éminents subirent le
> martyre] ; finalement, il y eut l’épisode de la terre de Ṭá [nota : allusion aux sept martyrs de Téhéran, dont
> l’oncle du Báb, Hájí Mírzá Siyyid ‘Alí (voir Dieu passe près de nous, op. cit., p.44)] . Depuis lors, cet opprimé,
> aidé du seul vrai Dieu - exaltée soit sa gloire - fait connaître à ce peuple maltraité ce qui lui
> convient. Tous se sont détachés de leurs possessions et de celles des autres ; ils ont fixé leur regard
> sur ce qui est à Dieu et s’y sont attachés.
> 
> (142)
> À présent, il incombe à Sa Majesté le Sháh [nota : Násiríd’Dín-Sháh] - que Dieu, l’Exalté, le protège -
> de se comporter envers ce peuple avec bonté et miséricorde. Devant la divine Kaaba, cet opprimé
> jure que ce peuple, outre la vérité et la loyauté, ne manifeste rien qui contredise, de quelque
> manière, les vues édifiantes de Sa Majesté. Chaque nation doit respecter le rang de son souverain ;
> elle doit lui être soumise, exécuter ses ordres et soutenir fermement son autorité. Les souverains de
> la terre ont toujours été les manifestations du pouvoir, de la grandeur et de la majesté de Dieu. Cet
> opprimé ne s’est jamais comporté avec hypocrisie envers quelqu’un. Tout le monde le sait et en
> témoigne. Le respect du rang des souverains est un commandement divin, comme l’attestent
> clairement les paroles des prophètes de Dieu et de ses élus.
> Comme l’on demandait à l’Esprit [nota : Jésus] - que la paix soit sur lui - : Ô Esprit de Dieu ! Est-il
> licite de rendre hommage à César ? Il répondit Oui, rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce
> qui est à Dieu [voir : Matthieu, 22 : 21]. Et il ne l’interdit point. Selon le jugement d’hommes
> clairvoyants, ces deux paroles n’en font qu’une, car il aurait interdit ce qui appartenait à César si
> cela ne venait pas de Dieu. Et de même, dans le verset sacré : Obéissez à Dieu ! Obéissez au
> Prophète et à ceux d’entre vous qui détiennent l’autorité [voir : Coran, 4 : 59]. Par « ceux qui
> détiennent l’autorité », nous entendons en premier lieu et plus spécialement les Imáms - que les
> bénédictions divines reposent sur eux ! En vérité, ils sont les manifestations du pouvoir de Dieu, les
> 
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                       Page 37 / 74
> sources de son autorité, les dépositaires de son savoir et les aurores de ses commandements. En
> second lieu, ces paroles se réfèrent aux rois et aux dirigeants, tout au moins ceux qui illuminent et
> font briller les horizons du monde par la lumière de leur justice. Nous voudrions espérer que Sa
> Majesté le Sháh brille de cette lumière de justice qui enveloppe de son éclat toutes les familles de la
> terre. Il incombe à chacun de supplier de sa part le seul vrai Dieu afin qu’il lui accorde ce qui sied
> en ce jour.
> 
> (143)
> Ô Dieu, mon Dieu, mon maître, mon soutien, mon désir et mon bien-aimé ! Par les mystères cachés
> en ta connaissance, par les signes répandant le parfum de ta tendre bonté, par les flots de l’océan de
> ta munificence, par le ciel de ta grâce et de ta générosité, par le sang versé en ton sentier et par les
> coeurs consumés dans leur amour pour toi, je te demande d’aider Sa Majesté le Sháh de ton pouvoir
> et de ta souveraineté, afin qu’il manifeste ce qui demeurera éternellement inscrit dans tes livres, tes
> écritures et tes épîtres. Ô mon Seigneur ! Tiens sa main dans la main de ta toute-puissance, éclairele de la lumière de ta connaissance et revêt-le de la parure de tes vertus. Tu as le pouvoir de faire ce
> qui te plaît et en tes mains sont les rênes de toutes choses créées. Il n’est pas d’autre Dieu que Toi,
> le Magnanime, le Très-Généreux.
> 
> (144)
> Dans l’épître aux Romains [voir : Romains, 13 : 1-2], Saint Paul a écrit : Que tout homme soit soumis
> aux autorités qui exercent le pouvoir, car il n’y a d’autorité que par Dieu et celles qui existent sont
> établies par lui. Ainsi, celui qui s’oppose à l’autorité se rebelle contre l’ordre voulu par Dieu.
> Et plus loin, Saint Paul a écrit : En punissant, elle est au service de Dieu pour manifester sa colère
> envers le malfaiteur [voir : Romains, 13 : 4] . Il dit que l’apparence des rois, leur majesté et leur
> pouvoir viennent de Dieu.
> 
> (145)
> En outre, les traditions anciennes rapportent des références que les théologiens ont vues et
> entendues. Ô Shaykh, nous supplions Dieu, le Seigneur des mondes - béni et glorifié soit-il - de
> t’aider à saisir fermement ce qui est descendu du ciel de sa générosité Les théologiens doivent
> s’associer à Sa Majesté le Sháh et s’attacher à ce qui garantira la protection, la sécurité, le bien-être
> et la prospérité des hommes. Un roi juste, plus que quiconque, est proche de Dieu. En témoigne
> celui qui parle dans sa plus grande Prison. Par Dieu ! Il n’est pas d’autre Dieu que Lui, l’Unique,
> l’Incomparable, le Tout-Puissant, l’Omniscient, le Très-Sage.
> 
> (146)
> Pour l’amour de Dieu, médite, ne fût-ce qu’une heure, sur les événements d’hier et d’aujourd’hui.
> Tu te détournerais alors de ce qui est à toi pour t’attacher à ce qui est à Dieu, et tu contribuerais à
> exalter sa parole. Depuis la création du monde jusqu’à ce jour, les tribus de la terre n’ont-elles
> jamais accepté une lumière ou une révélation née de l’aurore de la volonté divine et reconnu sa
> cause ? Où peut-on la trouver, et quel est son nom ? Le Sceau des Prophètes [nota : Muhammad] - que
> lui soit sacrifié tout ce qui n’est pas lui -, avant lui l’Esprit de Dieu [nota : Jésus] et en remontant dans
> le temps jusqu’à la première Manifestation, tous ont cruellement souffert lors de leur apparition.
> Certains furent tenus pour possédés, d’autres déclarés imposteurs et traités d’une manière que la
> plume répugne à décrire. Par Dieu ! Toute la création soupire devant ce qui leur advint et pourtant
> la plupart des gens sont plongés dans une ignorance évidente ! Nous prions Dieu de les aider à
> retourner à lui et à se repentir au seuil de sa miséricorde. Il a pouvoir sur toutes choses.
> 
> (147)
> En ce moment, la voix perçante de la Plume suprême s’élève et s’adresse à moi en ces termes :
> « Exhorte le Shaykh comme tu as exhorté l’une de tes branches [nota : Mírzá Badi’u’lláh, frère de Mírzá
> Muhammad ‘Alí, demi-frères de ‘Abdu’l-Bahá] afin que les brises de ta parole l’attirent et le rapprochent de
> Dieu, le Seigneur des mondes ».
> 
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> (148)
> Sois généreux dans la prospérité et reconnaissant dans l’adversité. Sois digne de la confiance de
> ton voisin et regarde-le avec un visage radieux et amical. Sois un trésor pour le pauvre, un
> avertissement pour le riche, un écho au cri du nécessiteux, et préserve la sainteté de ton
> engagement. Sois impartial dans tes jugements et réservé dans tes paroles. Ne sois injuste envers
> personne et sois humble devant tous les hommes. Sois une lampe pour ceux qui marchent dans les
> ténèbres, une joie pour ceux qui souffrent, une mer pour les assoiffés, un havre pour ceux qui sont
> dans la détresse, un soutien et un défenseur pour la victime de l’oppression. Que l’intégrité et la
> droiture caractérisent tous tes actes. Sois un foyer pour l’étranger, un baume pour celui qui souffre,
> une tour de puissance pour le fugitif. Sois les yeux de l’aveugle, un phare pour guider les égarés.
> Sois un ornement pour le visage de la vérité, une couronne au front de la fidélité, un pilier au
> temple de la rectitude, un souffle de vie au corps de l’humanité, un emblème pour les armées de la
> justice, un luminaire à l’horizon de la vertu, une goutte de rosée sur le sol du coeur humain, une
> arche sur l’océan de la connaissance, un soleil au ciel de la générosité, une pierre sur le diadème
> de la sagesse, une brillante lumière au firmament de ta génération, un fruit sur l’arbre de
> l’humilité. Nous prions Dieu de te protéger du feu de la jalousie et de la froidure de la haine. En
> vérité, il est proche, prêt à répondre.
> Ainsi ma langue s’adressa-t-elle à l’une de mes branches [nota : Mírzá Badi’u’lláh (voir note du verset
> 147)] ; nous l’avons mentionné à nos bien-aimés qui ont rejeté leurs vaines imaginations et se sont
> accrochés à ce qui leur fut prescrit le jour où s’est levé le Soleil de la certitude à l’horizon de la
> volonté de Dieu, le Seigneur des mondes. C’est en ce jour que l’oiseau de la parole a chanté sa
> mélodie sur les branches, au nom de son Seigneur, le Dieu de miséricorde. Heureux qui, sur les
> ailes du désir, s’élève vers Dieu, le Seigneur du jour du Jugement !
> 
> (149)
> Le seul vrai Dieu sait sans conteste que cet opprimé fut en tous temps confronté à d’extrêmes périls,
> ainsi que le confirme la compagnie de ses fidèles. Sans les tribulations qui m’ont frappé sur le
> chemin de Dieu, la vie n’aurait eu pour moi nulle douceur et mon existence ne m’aurait été d’aucun
> profit. Pour ceux qui sont doués de discernement et dont le regard est fixé sur la Vision sublime, ce
> n’est point un secret que j’ai vécu la plus grande partie de ma vie comme un esclave, assis sous une
> épée suspendue à un fil, ignorant si elle tomberait tôt ou tard. En dépit de tout cela, nous rendons
> grâce à Dieu, le Seigneur des mondes. Ma langue intérieure récite cette prière jour et nuit :
> Gloire à toi, ô mon Dieu ! Sans les tribulations endurées dans ton chemin, comment pourrait-on
> reconnaître tes vrais amants. Et sans les épreuves subies par amour pour toi, comment le rang de
> ceux qui te désirent pourrait-il être révélé ? Ta puissance m’en est témoin ! Ceux qui t’adorent ont
> pour compagnon les pleurs qu’ils versent, ceux qui te cherchent ont pour consolateurs les
> gémissements qu’ils poussent et ceux qui courent à ta rencontre ont pour nourriture les fragments
> de leur coeur brisé. Combien douce est à mon palais l’amertume de la mort rencontrée sur ton
> sentier et combien précieux sont à mes yeux les traits que tes ennemis envoient lorsqu’ils sont reçus
> pour que ta parole soit exaltée ! Ô mon Dieu et mon Maître ! Laisse-moi savourer chaque gorgée
> de ce que tu désires pour moi dans ta cause, et envoie-moi tout ce que tu as décrété dans ton amour.
> Par ta gloire ! Je ne souhaite que ce que tu souhaites, et ne chéris que ce que tu chéris. De tout
> temps, j’ai placé en toi toute ma foi et ma confiance. Tu es, en vérité, Celui qui possède tout, le
> Très-Haut. Ô mon Dieu, je te supplie d’élever au rang de défenseurs de cette révélation ceux qui
> sont dignes de ton nom et de ta souveraineté, afin qu’ils évoquent mon souvenir parmi tes créatures
> et hissent les étendards de ta victoire sur ton royaume. Pare-les également de tes vertus et de tes
> commandements. Tu fais ce qui te plaît. Il n’est pas d’autre Dieu que toi, le Secours, l’Absolu.
> 
> (150)
> Puis la voix de la vraie foi s’élève et appelle encore et encore en ces termes : « Ô assemblée de la
> terre ! Par Dieu ! Je suis la vraie foi de Dieu parmi vous. Gardez-vous de me renier. Dieu m’a
> manifestée par une lumière qui a embrassé tous ceux qui sont sur la terre et dans les cieux. Ô
> 
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> peuple ! Juge équitablement ma manifestation, la révélation de ma gloire et l’éclat de ma lumière, et
> ne sois point de ceux qui font preuve d’iniquité ».
> 
> (151)
> Ô Shaykh ! Cet opprimé supplie Dieu - béni et glorifié soit-il - de faire de toi celui qui ouvre la
> porte de la justice et révèle sa cause parmi ses serviteurs. En vérité, il est le Tout-Puissant,
> l’Omnipotent, le Très-Généreux.
> 
> (152)
> Ô Shaykh ! Implore le seul vrai Dieu de sanctifier les oreilles, les yeux et les coeurs de l’humanité,
> et de la protéger des désirs d’une inclination corrompue. En effet, la malveillance est une grave
> maladie qui empêche l’homme de reconnaître le grand Être et lui interdit les splendeurs du soleil de
> certitude. Nous prions et espérons que Dieu, dans sa grâce et sa miséricorde, supprimera ce puissant
> obstacle. En vérité, il est le Puissant, le Conquérant, l’Omnipotent.
> 
> (153)
> À cet instant, une voix s’élève de la droite du Lieu lumineux : « Par Dieu ! Il n’est pas d’autre Dieu
> que Lui, l’Ordonnateur, le Très-Sage ! Récite au Shaykh les derniers versets de l’épître de la Preuve
> [nota : Lawh-i-Burhán] afin qu’ils l’attirent vers l’horizon de la révélation de son Seigneur, le Dieu de
> miséricorde. Peut-être se lèvera-t-il alors pour aider ma cause par des signes clairs et des
> témoignages exaltés, et proclamera-t-il aux hommes ce qu’a proféré la Langue du témoignage : le
> Royaume est à Dieu, le Seigneur des mondes ! »
> 
> (154)
> Lis attentivement le Kitáb-i-Íqán [nota : Le livre de la certitude, révélé par Bahá’u’lláh à Bagdad en 1862] et
> ce que l’infiniment Miséricordieux révéla au roi de Paris [nota : l’empereur Napoléon III], ainsi qu’à ses
> semblables, afin de te tenir informé des événements du passé et d’être persuadé que nous n’avons
> pas cherché à propager le désordre dans le pays où l’ordre régnait. Nous exhortons ses serviteurs,
> uniquement pour l’amour de Dieu. Que celui qui le désire se tourne vers lui et que celui qui le
> désire s’en détourne. Notre Seigneur, le Miséricordieux, est vraiment celui qui suffit à tout, le Très-
> Loué. Ô familles de la terre ! En ce jour, aucune chose ni aucun nom ne peut vous être de quelque
> profit, hormis ce nom dont Dieu a fait la manifestation de sa cause et l’aurore de ses titres les plus
> excellents pour les habitants du royaume de la création. Béni celui qui reconnaît la fragrance de
> l’infiniment Miséricordieux et qui est compté parmi les âmes résolues ! Vos sciences ne vous
> profiteront point en ce jour, ni vos arts ni vos trésors ni votre gloire. Rejetez-les tous derrière vous
> et tournez vos visages vers la Parole suprême qui met distinctement en valeur les écritures, les livres
> et cette épître limpide. Ô peuple, rejette ce qu’a composé la plume de tes vaines chimères et futiles
> imaginations. Par Dieu ! Le soleil de la connaissance s’est levé à l’horizon de la certitude.
> 
> (155)
> Ô toi qui t’es égaré ! Si tu as quelque doute concernant notre conduite, sache que nous attestons ce
> que Dieu lui-même attesta avant la création de la terre et des cieux : il n’est pas d’autre Dieu que
> Lui, le Tout-Puissant, le Très-Généreux. Nous témoignons qu’il est un dans son essence, un dans
> ses attributs. Nul ne peut l’égaler dans tout l’univers, ni lui être associé dans toute la création. Il a
> envoyé ses messagers et révélé ses livres afin d’indiquer le droit chemin à ses créatures.
> 
> (156)
> Le Sháh fut-il informé de tes actes et choisit-il de fermer les yeux ? Ou bien fut-il effrayé par le
> hurlement d’une bande de loups qui ont quitté le chemin de Dieu pour te suivre sans livre ni preuve
> évidente ? Nous avons entendu dire que les provinces de Perse étaient parées de l’ornement de la
> justice. Toutefois, en les observant attentivement, elles sont à nos yeux les orients de la tyrannie et
> les aurores de l’injustice. Nous voyons la justice entre les griffes de la tyrannie. Nous supplions
> Dieu de la délivrer par le pouvoir de sa puissance et de sa souveraineté. En vérité, il éclipse tout ce
> qui est sur la terre et dans les cieux. Que personne ne s’arroge le droit de protester contre quiconque
> 
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> au sujet de ce qu’a subi la cause de Dieu ! Il incombe à celui qui a tourné son visage vers l’Horizon
> sublime de s’accrocher fermement à la corde de la patience et de placer sa confiance en Dieu, le
> Secours, l’Indépendant. Ô vous, bien-aimés de Dieu ! Buvez longuement à la source de la sagesse,
> élancez-vous vers le ciel de la sagesse, exprimez-vous avec les mots de la sagesse et de l’éloquence.
> Ainsi vous commande votre Seigneur, le Tout-Puissant, l’Omniscient.
> 
> (157)
> Ô insouciant ! Ne compte ni sur ta gloire ni sur ton pouvoir. Tu es semblable au tout dernier rayon
> du soleil sur la cime des montagnes. Bientôt il disparaîtra comme l’a décrété Dieu, le Possesseur de
> toutes choses, le Très-Haut. Ta gloire et la gloire de tes semblables vous ont été retirées. En vérité,
> en ordonna ainsi celui auprès de qui repose le Livre-Mère [nota : le Livre originel et symbolique, préservé
> aux cieux, d’où sont tirés tous les Livres saints] . Où est-il, celui qui lutta contre Dieu ? Où s’en est-il allé,
> celui qui renia ses signes et se détourna de sa souveraineté ? Où sont-ils, ceux qui ont tué ses élus et
> répandu le sang de ses saints, Réfléchis ! Peut-être percevras-tu les relents de tes actes, ô fol
> incrédule ! À cause de toi, l’Apôtre [nota : Muhammad] se lamenta et la chaste Fátimih pleura, les
> pays furent dévastés et les ténèbres s’abattirent sur toutes les régions de la terre. Ô assemblée de
> religieux ! À cause de vous, le peuple fut avili, la bannière de l’islam amenée et son puissant trône
> renversé. Chaque fois qu’un homme clairvoyant s’est évertué à promouvoir ce qui exalterait l’islam,
> vos clameurs se sont élevées, empêchant cet homme d’atteindre son but et laissant le pays dans un
> triste délabrement.
> 
> (158)
> Ô ma Plume suprême ! Souviens-toi du serpent [nota : Mir Muhammad Husayn, Imám-Jum’ih d’Isfahán]
> dont la cruauté provoqua les gémissements de la création et fit trembler les membres des saints.
> Ainsi te l’ordonne de ce rang glorieux le Seigneur de tous les noms.
> La chaste Fátimih gémit de ton iniquité et toi, tu t’imagines être de la famille de l’Apôtre de Dieu !
> Telle est l’incitation de ton âme, ô toi qui t’es détourné de Dieu, le Seigneur de tout ce qui a été et
> qui sera. Juge équitablement, ô serpent ! Pour quel crime as-tu mordu les enfants de l’Apôtre de
> Dieu et as-tu pillé leurs biens ? [nota : Siyyid Hasan et Siyyid Husayn, respectivement le roi et le bien-aimé des
> martyrs, descendants de Muhammad] As-tu renié celui qui te créa par son injonction « sois, et cela fut » ?
> Tu as traité les enfants de l’Apôtre de Dieu comme ne l’ont fait ni ‘Ád avec Húd [nota : prophète
> envoyé à la tribu de ‘Ád, qui descendait de Shem et était hautement civilisée. Il invita le peuple à adorer un seul Dieu,
> mais il fut rejeté (Coran 7 : 63-70, etc.)] , ni Thamúd avec Sálih [nota : prophète arabe postérieur à Húd, qui
> formula un avertissement similaire à la tribu de Thamúd. Il fut, lui aussi, rejeté par le peuple (Coran, 7 : 71 et 9 : 71)] ,
> ni les juifs avec l’Esprit de Dieu [nota : Jésus], le Seigneur de toute existence. Vas-tu nier les signes
> de ton Seigneur qui, à peine révélés au ciel de sa cause, firent s’incliner devant eux tous les livres
> du monde ?
> Médite afin de prendre conscience de ton acte, ô créature réprouvée et insouciante ! Bientôt les
> souffles du châtiment se saisiront de toi comme ils se saisirent d’autres avant toi. Ô toi qui associes
> des pairs à Dieu, le Seigneur du visible et de l’invisible, prends garde ! Voici le jour que Dieu
> annonça par la bouche de son Apôtre. Réfléchis afin de comprendre ce que l’infiniment
> Miséricordieux envoya dans le Coran et dans cette épître gravée. Voici le jour où celui qui est
> l’Aurore de la révélation vient avec des signes évidents et innombrables. Voici le jour où tout
> homme doué de perception découvre le parfum de la brise de l’infiniment Miséricordieux dans le
> monde de la création, où tout homme doué d’intuition se hâte vers les eaux vives de la clémence de
> son Seigneur, le Roi des rois. Ô insouciant ! À nouveau, le récit du sacrifice [nota : le sacrifice d’Ismaël,
> selon le Coran] a été relaté : celui qui devait être offert a dirigé ses pas vers le lieu du sacrifice et n’en
> est point revenu en raison de tes actes, ô créature perverse et haineuse ! Imagines-tu que le martyre
> puisse affaiblir cette cause ? Non, par celui dont Dieu a fait le dépositaire de sa révélation, si tu es
> de ceux qui comprennent. Ô toi qui associes des pairs à Dieu ! Malheur à toi et malheur à ceux qui,
> sans signe évident ni livre probant, t’ont choisi pour chef.
> Combien d’oppresseurs avant toi se sont levés pour éteindre la lumière de Dieu, combien d’impies
> ont tué et pillé jusqu’à ce que les coeurs et les âmes des hommes gémissent de leur cruauté ! Le
> 
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> soleil de justice est obscurci par celui qui incarne la tyrannie sur le trône de la haine, et pourtant, le
> peuple ne comprend point. Ô insensé ! Tu as tué les enfants de l’Apôtre et pillé leurs possessions.
> Dis ! Selon toi, étaient-ce eux ou leurs possessions qui renièrent Dieu ? Juge avec équité, ô ignorant
> qu’un voile sépare de Dieu ! Tu t’accroches à la tyrannie et rejettes la justice ; sur quoi, toutes
> choses créées se lamentent, et tu fais toujours partie des rebelles. Tu as mis à mort les vieillards et
> pillé les biens des jeunes.
> Crois-tu que tu profiteras de ce que ton iniquité a entassé ? Non, par moi-même ! Ainsi t’informe
> celui qui connaît toutes choses. Par Dieu ! Tu ne profiteras pas de ce que tu possèdes ni de ce que tu
> as accumulé par ta cruauté. Ainsi témoigne ton Seigneur, l’Omniscient. Tu t’es levé pour éteindre la
> lumière de cette cause, mais sous peu, ton propre feu s’éteindra sur son ordre. En vérité, il est le
> Seigneur de force et de puissance. Ni les transformations et soubresauts du monde, ni les pouvoirs
> des nations ne peuvent l’arrêter. Il fait ce qui lui plaît et ordonne ce qu’il veut par le pouvoir de sa
> souveraineté.
> Considère la chamelle [nota : la chamelle du prophète Sálih, dont les infidèles avaient coupé les jarrets]. Bien
> qu’elle ne soit qu’un animal, l’infiniment Miséricordieux l’a si bien exaltée que les langues de la
> terre l’ont mentionnée et ont célébré sa louange. En vérité, il couvre de son ombre tout ce qui est sur
> la terre et dans les cieux. Il n’est pas d’autre Dieu que Lui, le Tout-Puissant, le Très-Haut. Ainsi,
> des soleils de nos paroles avons-nous paré le ciel de notre épître. Heureux celui qui est parvenu
> jusqu’à eux et est éclairé par leur lumière. Malheur à ceux qui se sont détournés, nous ont renié et
> errent loin de nous ! Louange à Dieu, le Seigneur des mondes !
> 
> (159)
> Ô Shaykh ! Nous t’avons permis d’entendre les mélodies du Rossignol du paradis et t’avons dévoilé
> les signes que Dieu, par son irrésistible commandement, a révélés dans la plus grande Prison, afin
> que ton oeil se réjouisse et que ton âme soit sereine. Certes, il est le Dieu de toute bonté, le
> Généreux. Par le pouvoir de son témoignage, lève-toi pour servir la cause de Dieu, ton Seigneur, le
> Dieu de miséricorde. Si ta foi est hésitante, prends mon épître et garde-la dans le giron de la
> confiance. Lorsque tu atteindras le lieu de résurrection et que Dieu te demandera par quelle preuve
> tu as cru en cette révélation, produis cette épître et dis : « Par ce livre, sacré, puissant,
> incomparable. » Sur quoi, tous tendront les mains vers toi, se saisiront de l’épître, la presseront sur
> leurs lèvres et respireront le parfum de la parole de Dieu, le Seigneur des mondes.
> Si Dieu devait te tourmenter pour avoir cru en ses signes dans cette révélation, pour quelle raison
> tourmenterait-il ceux qui ont méconnu Muhammad, l’Apôtre de Dieu, et avant lui Jésus, le fils de
> Marie, et avant lui Moïse, l’Interlocuteur de Dieu, et avant lui Abraham, l’Ami de Dieu, et ainsi de
> suite jusqu’à la première Manifestation créée par la volonté de ton Seigneur, le Puissant,
> l’Universel. Ainsi avons-nous révélé nos versets à un autre avant toi et te les rappelons-nous en ce
> jour, afin que tu comprennes et ne doutes point. Ô toi qui prétends être la voix de la connaissance !
> Cette cause est trop évidente pour être obscurcie, trop manifeste pour être cachée. Elle brille comme
> le soleil en sa gloire méridienne. Nul ne peut la nier, à moins de haïr ou de douter.
> 
> (160)
> À présent, il convient de nous tourner vers le Désiré et de nous attacher à ces sublimes paroles : « Ô
> Dieu, mon Dieu ! Tu as allumé la lampe de ta cause avec l’huile de la sagesse ; protège-la des vents
> contraires. La lampe est à toi, le verre est à toi et toutes choses sur la terre et dans les cieux sont
> dans les mains de ton pouvoir. Confère la justice aux dirigeants et aux clercs l’impartialité. Tu es le
> Tout-Puissant qui, par le mouvement de sa plume, a aidé sa cause irrésistible et guidé ses bienaimés sur le droit chemin. Tu es le possesseur du pouvoir et le roi de la puissance. Il n’est pas
> d’autre Dieu que Toi, le Fort, l’Indépendant. » Puis dis : « Ô Dieu, mon Dieu ! Je te rends grâce, car
> la main généreuse de ton nom, l’Absolu, m’a fait boire de ton vin cacheté. Par les splendeurs de
> l’Aurore de ta révélation, par la puissance de ton Verbe sublime et par le pouvoir de ta Plume
> sublime, dont le mouvement enchante les réalités de toutes choses créées, je te supplie d’aider Sa
> Majesté le Sháh à rendre ta cause victorieuse, à se tourner vers l’horizon de ta révélation et à diriger
> son visage vers les lumières de ta face. Ô mon Seigneur ! Aide-le à se rapprocher de toi ; puis, aide-
> 
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                   Page 42 / 74
> le par les armées de la terre et des cieux. Ô toi qui es le Seigneur de tous les noms et le créateur des
> cieux ! Par la lumière de ta cause et par le feu de l’arbre divin de ta tendre bonté, je t’implore
> d’aider Sa Majesté à révéler ta cause parmi tes créatures. Aussi, ouvre devant elle les portes de ta
> grâce, de ta miséricorde et de ta munificence. Tu as le pouvoir de faire ce qui te plaît par ta parole :
> Sois, et elle est [voir : Coran, 16 : 40].
> 
> (161)
> Ô Shaykh ! Nous avions saisi les rênes de l’autorité par le pouvoir de Dieu et sa divine puissance,
> comme seul peut le faire celui qui est le Puissant, le Fort. Nul n’avait le pouvoir de provoquer
> discorde ou sédition. Mais à présent, comme ils n’ont pas su apprécier cette tendre bonté et ces
> générosités, ils ont été et continueront à être affligés par les châtiments inhérents à leurs actes.
> Tenant compte des progrès secrets de la Corde offerte [nota : Alliance renouvelée par Bahá’u’lláh, Kitáb-i-
> Aqdas, op. cit., §117 : « Tenez-vous fermement à cette poignée sûre et à la corde de ma cause puissante et
> inattaquable »] , les fonctionnaires de l’État ont, par tous les moyens, poussé et aidé mes adversaires à
> me nuire. Dans la grande cité [nota : Constantinople], ils ont incité un très grand nombre de personnes
> à s’opposer à cet opprimé. Les choses en sont arrivées à un point tel que les autorités de cette ville
> ont agi en faisant honte au gouvernement et à la population. Un éminent siyyid [nota : Hájí Mírzá
> Siyyid Hasan Afnán, un beau-frère du Báb] , considéré par tous comme un marchand très honoré dont
> l’intégrité notoire, le comportement irréprochable et la réputation en matière commerciale étaient
> reconnus par la majorité des personnes impartiales, visita un jour Beyrouth. En raison de son amitié
> pour cet opprimé, les dites autorités informèrent par télégraphe le drogman persan [nota : Interprète
> dans les pays du Levant] que ce siyyid, accompagné de son serviteur, avait, entre autres, volé une
> somme d’argent avant de se rendre à Acre.
> Leur dessein, dans cette affaire, était de déshonorer cet opprimé. Et pourtant, les habitants de ce
> pays sont loin de se laisser détourner du droit chemin de la vérité et de la rectitude par ces récits
> malséants. Bref, ces autorités m’attaquent de toutes parts et soutiennent mes adversaires. Toutefois,
> cet opprimé supplie le seul vrai Dieu d’assurer à chacun ce qui convient en ces jours. Jour et nuit, je
> fixe mon regard sur ces paroles limpides que je prononce : « Ô Dieu, mon Dieu ! Par le soleil de ta
> grâce, par l’océan de ta connaissance et par le ciel de ta justice, je te supplie d’amener ceux qui
> t’ont renié à se repentir, ceux qui se sont détournés de toi à revenir vers toi et ceux qui t’ont
> calomnié à être justes et impartiaux. Ô mon Seigneur ! Aide-les à retourner vers toi et à se repentir
> au seuil de ta grâce. Tu as le pouvoir de faire ce que tu veux, entre tes mains sont les rênes de tout
> ce qui est sur la terre et dans les cieux. Louange à Dieu, le Seigneur des mondes ! »
> 
> (162)
> Le temps est proche où ce qui est caché dans l’âme et le coeur des hommes sera dévoilé. C’est le
> jour dont Luqmán [nota : célèbre figure légendaire connue pour sa sagesse (voir Coran, sourate 31)] parla à son
> fils, jour que le Seigneur de gloire annonça et fît connaître par ces paroles à son Ami [nota :
> Muhammad] - exalté soit-il - : Ô mon fils ! En vérité, Dieu dévoilera toutes choses, même grosses
> comme un grain de moutarde, même cachées dans une roche, sur la terre ou dans les cieux car
> Dieu est clairvoyant, omniscient... En ce jour, les apparences et tout ce que les hommes dissimulent
> en leur sein seront dévoilés et mis à nu devant le trône de sa révélation. Rien, absolument rien, ne
> peut échapper à sa connaissance. Il entend, il voit, car il est en vérité Celui qui entend tout, Celui
> qui voit tout. Comme il est étrange qu’ils ne distinguent pas le loyal du perfide !
> 
> (163)
> Si seulement Sa Majesté le Sháh de Perse - que Dieu perpétue sa souveraineté - daignait s’enquérir
> auprès des consuls de l’honorable gouvernement persan qui séjournèrent dans ce pays, afin d’être
> informé des activités et du comportement de cet opprimé ! En résumé, ils excitèrent un grand
> nombre de personnes, comme Akhtar [nota : « L’Étoile », journal réformiste persan publié à Constantinople et
> influencé par les Azalís] et les autres ; ils s’emploient toujours à propager des calomnies. Il est clair
> qu’on assaille avec l’épée de la haine et les flèches de l’inimitié celui qu’on sait proscrit parmi les
> hommes, banni d’un pays à l’autre. Ce n’est ni la première fois qu’une telle iniquité est perpétrée, ni
> 
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                  Page 43 / 74
> la première coupe jetée à terre, ni le premier voile coupé en deux sur le chemin de Dieu, le Seigneur
> des mondes. Cependant, cet opprimé demeurait calme et silencieux dans la plus grande Prison,
> occupé par ses propres affaires, entièrement détaché de tout ce qui n’est pas Dieu. L’iniquité
> s’intensifia si cruellement que les plumes du monde sont impuissantes à la décrire.
> 
> (164)
> À ce sujet, il convient de mentionner un événement afin que les hommes s’accrochent fermement à
> la corde de la justice et de la loyauté : Hájí Shaykh Muhammad ‘Alí [nota : négociant bahá’í de Qazvín,
> en Perse, connu sous le nom de Nabíl Ibn-i-Nabíl; il vécut à Istanbul à partir de 1882 et se suicida dans cette ville le
> 1er mars 1890 après J.C] - que la gloire de Dieu, l’Éternel, soit sur lui - était un marchand d’excellente
> renommée, bien connu de la plupart des habitants de la grande Cité [nota : Constantinople]. On
> observa, il n’y a guère, la profonde détresse de cette âme pieuse et sincère alors que l’ambassade de
> Perse à Constantinople s’évertuait en secret à répandre des calomnies. Si bien qu’une nuit, il se jeta
> dans la mer, mais fut sauvé par des passants qui heureusement arrivaient à cet instant. On commenta
> longuement son acte qu’on interpréta de diverses manières.
> Une nuit, il se rendit à une mosquée. Selon le gardien, il veilla jusqu’au matin, offrant prières et
> supplications, plein d’ardeur et les yeux baignés de larmes. Comme le gardien l’entendit
> interrompre subitement ses dévotions, il alla vers lui et constata qu’il avait rendu l’âme. L’on trouva
> auprès de lui un flacon vide : il s’était empoisonné. Stupéfait, le gardien transmit en quelques mots
> la nouvelle à la population. L’on découvrit alors que le défunt avait laissé deux testaments. Dans le
> premier, il reconnaissait et confessait l’unicité de Dieu, déclarait que son Être exalté n’a ni pair ni
> égal et que son essence est glorifiée au-dessus de toutes louange et description. Il témoignait
> également de la révélation des prophètes et des saints, et reconnaissait ce qui est mentionné dans les
> livres de Dieu, le Seigneur de tous les hommes. Sur une autre page, il avait rédigé une prière qu’il
> concluait par ces mots : « Ce serviteur et les bien-aimés de Dieu sont perplexes. D’une part, la
> Plume du Très-Haut a interdit à tous les hommes la sédition, la contestation ou les conflits, d’autre
> part, la même Plume a révélé ces sublimes paroles : Si quelqu’un, en présence de la Manifestation,
> découvrait une intention maligne chez quiconque, il ne devrait pas s’opposer à lui, mais le laisser
> entre les mains de Dieu. » Comme ce commandement est clair et fermement établi, que par ailleurs,
> des calomnies humainement insupportables ont été proférées, ce serviteur a choisi de commettre ce
> très grave péché.
> Je tourne mes supplications vers l’océan de la générosité de Dieu et vers le paradis de la
> miséricorde divine, et j’espère qu’il absoudra, par la plume de sa grâce et de sa munificence, les
> méfaits de ce serviteur. Bien que mes péchés soient multiples, mes méfaits innombrables, je
> m’accroche avec ténacité à la corde de sa bonté et au pan de sa générosité. Dieu m’en est témoin,
> ceux qui sont proches de son seuil le savent, ce serviteur ne pouvait supporter d’entendre les
> mensonges proférés par les âmes perfides. Aussi ai-je commis cet acte. Si Dieu me châtie, qu’il soit
> loué pour ce qu’il fait, et s’il me pardonne, que son commandement soit obéi ».
> 
> (165)
> Ô Shaykh ! Réfléchis maintenant à l’influence de la parole de Dieu, peut-être te tourneras-tu alors
> de la gauche des vaines imaginations vers la droite de la certitude. Dans la cause de Dieu, cet
> opprimé n’a jamais agi avec hypocrisie envers qui que ce soit ; il a vigoureusement proclamé la
> parole de Dieu à la face de ses créatures. Que celui qui le souhaite se tourne vers elle, et que celui
> qui le souhaite s’en détourne. Toutefois, si des choses aussi claires, manifestes et indubitables sont
> niées, quelles sont celles qui peuvent être jugées acceptables et dignes de foi aux yeux des hommes
> perspicaces ? Nous supplions Dieu - béni et glorifié soit-il - de pardonner à celui que j’ai mentionné
> plus haut [nota : Hájí Shaykh Muhammad-‘Alí] et de changer ses méfaits en bonnes actions. En vérité, il
> est le Tout-Puissant, le Très-Généreux.
> 
> (166)
> Il s’est produit de telles choses dans cette révélation que les interprètes de la science et du savoir ou
> les manifestations de la justice et de l’équité n’ont d’autre choix que de les reconnaître. En ce jour,
> 
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                          Page 44 / 74
> il t’incombe de te lever, animé d’un pouvoir céleste, et de dissiper, aidé de la connaissance, les
> doutes des peuples du monde, afin qu’ils soient sanctifiés, qu’ils dirigent leurs pas vers le très grand
> Océan et qu’ils adhèrent fermement au dessein de Dieu.
> 
> (167)
> Quiconque s’est détourné de moi s’est attaché à ses vaines paroles et a opposé ses objections à celui
> qui est la vérité. Dieu de miséricorde ! Les références à la divinité que firent les saints et les élus de
> Dieu sont cause de reniements et de rejets. L’Imám Sádiq [nota : Ja’far-i-Sádiq, le sixième Imám chiite (83-
> 148 après l’Hégire)] a dit : « La servitude est une substance dont l’essence est la divinité. » Le
> Commandeur des fidèles [nota : Imám ‘Alí] répondit à un Arabe qui l’interrogeait au sujet de l’âme :
> « La troisième est l’âme qui est divine et céleste. C’est une énergie divine, une substance simple et
> autonome. » Et, plus loin, il dit - que la paix soit sur lui - : « Par conséquent, elle est l’essence
> sublime de Dieu, l’arbre de la béatitude, l’arbre au-delà duquel il n’est point de passage, le jardin du
> repos. »
> L’Imám Sádiq a dit : « Lorsque notre Qá’im [nota : littéralement : « Celui qui se lèvera », le Promis de l’islam
> chiite] se lèvera, la terre brillera de la lumière de son Seigneur. » De même, on attribue à Abí-
> ‘Abdi’lláh [nota : nom donné dans la littérature islamique à l’Imám Ja’fár Sádiq] - que la paix soit sur lui - une
> longue tradition dans laquelle on trouve ces paroles sublimes : « Et après cela, celui qui est
> l’Irrésistible - exalté et glorifié soit-il - descendra des nuages avec les anges. » Dans le divin Coran,
> on peut lire : « Que peuvent-ils attendre, sinon que Dieu descende vers eux entouré de nuages ? » Et
> dans la tradition de Mufaddal [nota : Abú Ja’far-i-Ṭúsí, surnommé Mufaddal, disciple dévoué de l’Imám Sádiq,
> dont il a transmis de nombreuses traditions] , il est dit : « Le Qá’im appuiera le dos contre le sanctuaire
> [nota : La Kaaba : édifice en forme de cube, au centre de la mosquée à La Mecque, qui renferme la Pierre noire] , il
> tendra la main, et voici qu’elle sera blanche comme neige mais intacte. Et il dira : « Ceci est la main
> de Dieu, la main droite de Dieu, qui émane de Dieu, sur l’ordre de Dieu ! » Quelle que soit la
> manière d’interpréter ces traditions, il convient d’interpréter de même les écrits de la Plume
> suprême.
> Le Commandeur des croyants [nota : Imám ‘Alí] a dit : « Je suis celui qui ne peut être ni nommé ni
> décrit. » De même, il a dit : « Extérieurement, je suis un Imám ; intérieurement, je suis l’Invisible,
> l’Inconnaissable. » Abú-Ja’far-i-Ṭúsí relate : « Je dis à Abí ‘Abdu’lláh : Vous êtes la voie
> mentionnée dans le livre de Dieu, vous êtes le tribut, vous êtes le pèlerinage.
> Il répondit : Ô homme ! Nous sommes la voie mentionnée dans le livre de Dieu - exalté et glorifié
> soit-il -, nous sommes le tribut et nous sommes le jeûne, nous sommes le pèlerinage et nous sommes
> le mois sacré, nous sommes la ville sainte et nous sommes la Kaaba de Dieu, nous sommes la
> Qiblih de Dieu et nous sommes la face de Dieu ».
> Jábir [nota : Abú-Ja’far-i-Ṭúsí et Jábir, comme Mufaddal, transmirent les traditions émanant de l’Imám Sádiq]
> rapporte qu’Abú-Ja’far - que la paix soit sur lui - s’adressa à lui en ces termes : « Ô Jábir ! Porte ton
> attention sur le Bayán et les Ma’ání » Il ajouta - que la paix soit sur lui - : « Quant au Bayán [nota : le
> principal ouvrage doctrinal du fondateur de la dispensation bábíe] , il consiste en ce que tu reconnaisses en
> Dieu - glorifié soit-il - celui qui n’a point d’égal, à ce que tu l’adores et refuses de lui associer des
> pairs. Quant aux Ma’ání [nota : référence aux Imáms en tant que dépositaires des significations secrètes de la
> Parole de Dieu] , nous sommes sa signification, son flanc, sa main, sa langue, sa cause, son
> commandement, son savoir et son droit. Si nous souhaitons quelque chose, c’est Dieu qui le
> souhaite, et il désire ce que nous désirons. »
> De plus, le Commandeur des croyants [nota : Imám ‘Alí] - que la paix soit sur lui - a dit : « Comment
> puis-je adorer un Seigneur que je n’ai pas vu ? » Et ailleurs : « Je n’ai perçu aucune chose si je n’ai
> pas perçu Dieu avant, Dieu après ou Dieu avec elle ».
> 
> (168)
> Ô Shaykh ! Médite sur ce qui précède. Par le pouvoir du nom de l’Absolu, peut-être boiras-tu du vin
> cacheté et trouveras-tu ce que nul n’est capable de comprendre. Ceins-toi les reins pour l’effort et
> dirige-toi vers le royaume sublime afin de percevoir les souffles de la révélation et de l’inspiration
> tandis qu’ils descendent sur moi. Puisses-tu ainsi en profiter ! En vérité, je le dis : pour la cause de
> 
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                       Page 45 / 74
> Dieu, il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais de pair ni d’égal. Déchire les voiles des vaines
> imaginations. En vérité, il te fortifiera et t’assistera en gage de sa grâce. Il est vraiment le Fort, le
> Conquérant, le Tout-Puissant. L’Arbre sacré lance toujours son appel parmi les hommes, ne souffre
> point d’en être privé tandis qu’il en est temps encore. Place ta confiance en Dieu, remets-lui tes
> affaires et entre dans la plus grande Prison, afin d’entendre ce qu’aucune oreille n’a jamais entendu
> et de voir ce qu’aucun oeil n’a jamais vu. Après un tel exposé, peut-il encore y avoir place pour le
> doute ? Non, par Dieu qui veille sur sa cause ! En vérité, je le dis : ce jour, ces paroles sacrées
> « mais il est l’Apôtre de Dieu et le Sceau des prophètes » ont trouvé leur accomplissement dans le
> verset Le jour où les hommes se tiendront devant le Seigneur des mondes [voir : Coran, 83 : 6]. Rends
> grâce à Dieu pour cette générosité.
> 
> (169)
> Ô Shaykh ! Les brises de la révélation ne peuvent jamais être confondues avec d’autres brises. À
> présent, l’Arbre au-delà duquel il n’est point de passage [nota : Bahá’u’lláh (voir note du verset 47)] se
> tient devant toi, chargé de fruits innombrables ; ne te souille pas de vaines chimères, comme
> d’autres le font dans le passé. Ces paroles proclament d’elles-mêmes la vraie nature de la foi de
> Dieu. C’est lui qui témoigne de toutes choses. Pour démontrer la vérité de sa révélation, il ne
> dépend et n’a jamais dépendu de qui que ce soit. Près d’une centaine de recueils de versets évidents
> et de paroles limpides ont déjà été envoyés du ciel de la volonté du Révélateur des signes ; ils sont à
> la disposition de tous. Il t’appartient de te diriger vers le But ultime, la Fin suprême, le Sommet
> sublime, afin d’entendre et de contempler ce qui a été révélé par Dieu, le Seigneur des mondes.
> 
> (170)
> Médite un instant sur les versets relatifs à la présence divine [nota : dans le Coran, il est question de
> « Rencontre de Dieu ou vision de Dieu ». Shoghi Effendi a traduit par « Présence divine »] , révélés dans le Coran
> par le Seigneur du royaume des noms ; peut-être découvriras-tu le droit chemin et deviendras-tu un
> instrument qui guidera ses créatures. Il faut que des gens comme toi se lèvent aujourd’hui pour
> servir cette cause. L’avilissement de cet opprimé, de même que ta gloire passeront. Efforce-toi
> d’accomplir une oeuvre dont le parfum ne disparaîtra jamais de la terre. À propos de la présence
> divine, aucun négateur n’a été ni ne sera capable de réfuter ou de rejeter ce qui a été révélé.
> Il dit - béni et exalté soit-il - : Dieu est celui qui a élevé les cieux sans colonnes visibles. Il s’est
> ensuite assis en majesté sur le Trône. Il a soumis le soleil et la lune - chacun d’eux poursuit sa
> course vers un terme fixé -, il dirige toutes choses avec attention et il explique les Signes. Peut-être
> croire-vous fermement à la rencontre de votre Seigneur ! [voir : Coran, 13 : 2]
> Il dit aussi : Pour celui qui espère la rencontre de Dieu, le terme fixé par Dieu approche. Dieu est
> celui qui entend et qui sait. [voir : Coran, 29 :5]
> Il dit encore - exalté soit-il - Ceux qui sont incrédules à l’égard des Signes de Dieu et de sa
> Rencontre, voilà ceux qui désespèrent de ma miséricorde, voilà ceux qui subiront un châtiment
> douloureux [voir : Coran 29 : 23].
> De même : Ils disent : « Après que nous aurons disparu dans la terre, redeviendrons-nous une
> nouvelle création ? » car ils ne croient pas à la Rencontre de leur Seigneur [voir : Coran 32 : 10].
> De même, il dit : Ne doutent-ils pas de la Rencontre de leur Seigneur ? La Science de Dieu
> n’enveloppe-t-elle pas toute chose ?
> Et, encore : Quant à ceux qui n’attendent pas notre rencontre, à ceux qui sont satisfaits de la vie de
> ce monde, à ceux qui y trouvent la tranquillité et qui restent indifférents à nos Signes : Voilà ceux
> dont le refuge sera le Feu, pour prix de ce qu’ils ont fait [voir : Coran, 10 : 7-8].
> Également : Ceux qui n’attendent pas notre Rencontre disent, lorsque nos Versets leur sont lus
> comme autant de preuves évidentes : « Apportez-nous un autre Coran ! » ou bien « Change celuici ! » Dis : « Il ne m’appartient pas de le changer de mon propre chef ; je ne fais que me conformer
> à ce qui m’est révélé. Oui, je crains, si je désobéis à mon Seigneur, le châtiment d’un Jour
> terrible » [voir : Coran, 10 : 15].
> 
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> De même, il dit : Nous avons ensuite donné le Livre à Moïse ; il est parfait pour celui qui l’observe
> de son mieux ; c’est une explication de toute chose ; une Direction et une Miséricorde. Peut-être
> croiront-ils à la rencontre de leur Seigneur [voir : Coran, 6 : 154].
> Plus loin : Tels sont ceux qui ne croient pas aux Signes de leur Seigneur et à sa rencontre. Leurs
> actions sont vaines et nous n’attribuons aucun poids à celle-ci le Jour de la Résurrection. Leur
> rétribution sera la Géhenne, parce qu’ils n’ont pas cru et qu’ils se sont moqués de mes Signes et de
> mes envoyés [voir : Coran 18 : 105-106].
> Il dit également : Est-ce que l’histoire de Moïse t’est parvenue ? Il vit un feu et dit à sa famille :
> « Restez ici ! J’aperçois un feu ; peut-être vous apporterai-je un tison ou ce feu me fera-t-il trouver
> une direction ? » Comme il s’approchait, on l’appela : « Ô Moïse ! Je suis, en vérité, ton Seigneur !
> Ôte tes sandales : tu es dans la vallée sainte de Tuwa [nota : Vallée sacrée dans le Sinaï]. Je t’ai choisi !
> Écoute ce qui t’est révélé : Moi, en vérité, je suis Dieu ! Il n’y a de Dieu que moi. Adore-moi
> donc ! »
> De même, il dit : N’ont-ils pas réfléchi en eux-mêmes ? Dieu n’a pas créé les cieux et la terre, et ce
> qui se trouve entre les deux qu’en toute vérité et pour un temps déterminé Beaucoup d’hommes,
> cependant, nient la Rencontre de leur Seigneur [voir : Coran, 30 : 8].
> Plus loin : Ne pensent-ils pas qu’ils seront ressuscités un Jour terrible, le Jour où les hommes se
> tiendront debout devant le Seigneur des mondes ?
> Et encore : Nous avons donné le Livre à Moïse. Ne doute pas de sa rencontre [voir : Coran 32 : 23].
> Également : Non !... Quand la terre sera réduite en poudre ; quand ton Seigneur viendra ainsi que
> les Anges, rang par rang [voir : Coran 89 : 21-22].
> Il dit aussi : Ils voudraient, avec leur bouche, éteindre la lumière de Dieu, alors que Dieu ne veut
> que parachever sa lumière, en dépit des incrédules [voir : Coran 9 : 32].
> Enfin : Lorsque Moïse voyageait avec sa famille, après avoir accompli le temps fixé, il aperçut un
> feu du côté du Mont. Il dit à sa famille : « Demeurez ici ; j’aperçois un feu, peut-être vous en
> apporterai-je une nouvelle ou bien, un tison ardent ; peut-être vous réchaufferez-vous. » Quand il y
> fut arrivé, on l’appela du côté droit de la vallée dans la contrée bénie et du milieu de l’arbre : « Ô
> Moïse ! Je suis, en vérité le Seigneur des mondes ! » [voir : Coran, 28 : 29-30]
> 
> (171)
> Dans tous les livres divins, la promesse de la présence divine est explicitement mentionnée. Et cette
> présence, c’est la présence de celui qui est l’Aurore des signes, l’Orient des preuves évidentes, la
> Manifestation des noms excellents et la Source des attributs du vrai Dieu - exaltée soit sa gloire -.
> Dieu, en son essence et en son être même, a toujours été invisible, inaccessible et inconnaissable.
> Par présence, il faut comprendre la présence de celui qui est le représentant de Dieu parmi les
> hommes. En outre, Dieu n’a jamais eu et n’aura jamais de pair ni de semblable. Car si c’était le cas,
> comment pourrait-on démontrer que son être est exalté au-dessus de toute comparaison et
> ressemblance, et que son essence en est sanctifiée ? En résumé, ce qui fut révélé dans le Kitáb-i-
> Íqán [nota : Le livre de la certitude, révélé par Bahá’u’lláh à Bagdad en 1862] concernant la présence et la
> révélation de Dieu suffit aux justes. Nous le supplions - exalté soit-il - d’aider chacun à devenir
> l’essence de la loyauté et à se rapprocher de lui. En vérité, il est le Seigneur de force et de pouvoir.
> Il n’est pas d’autre Dieu que Lui, Celui qui entend tout, le Seigneur de la parole, le Tout-Puissant, le
> Très-Loué.
> 
> (172)
> Ô toi qui es réputé pour ton savoir ! Ordonne aux hommes de faire ce qui est louable et ne sois pas
> de ceux qui tardent. Observe d’un regard perçant ! Sur ordre du Seigneur du royaume de la parole le
> Roi du ciel de la connaissance, le Soleil de vérité luit, resplendissant, au-dessus de l’horizon de la
> cité-prison d’Acre. Les opposants ne l’ont point voilé et dix mille armées déployées contre lui n’ont
> pu l’empêcher de briller. Tu n’as plus d’excuse : tu dois soit le reconnaître, soit - Dieu t’en garde -
> te lever pour renier tous les prophètes !
> 
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> (173)
> Ô Shaykh, songe à la secte chiite [nota :l’une des deux grandes sectes de l’islam, qui prédomine en Perse].
> Combien d’édifices n’ont-ils pas bâtis des mains des vaines chimères et des futiles imaginations et
> combien de cités n’ont-ils pas construites ! Finalement, ces superstitions se transformèrent en balles
> destinées au Prince du monde [nota : allusion à l’exécution du Báb]. Pas une seule âme parmi les
> dirigeants de cette secte ne le reconnut au jour de sa révélation ! Chaque fois que son nom béni était
> mentionné, tous disaient : « Que Dieu hâte la joie qu’apportera sa venue ! ». Mais au jour de la
> révélation de ce Soleil de vérité, tous, comme il fut observé, s’exclamèrent : « Que Dieu hâte son
> châtiment ! » Celui qui était l’Essence de l’être et le Seigneur du visible et de l’invisible fut attaché,
> et ils commirent ce qui fit pleurer la tablette et gémir la plume. Les cris des âmes sincères éclatèrent
> et les larmes des élus coulèrent.
> 
> (174)
> Ô Shaykh ! Médite et sois juste dans tes paroles. Avec l’aide de Dieu, les disciples de Shaykh-i-
> Ahsá’í [nota : Shaykh Ahmad, fondateur de l’école shaykhí qui annonça l’imminence de l’arrivé du Qa’im] ont
> perçu ce qui avait été voilé à la compréhension des autres et ce dont ils furent privés. Bref, en
> chaque âge, en chaque siècle, des divergences provoquées par des âmes menteuses et impies sont
> apparues au jour de la manifestation des Aurores de la révélation, des Orients de l’inspiration, des
> Dépositaires de la connaissance divine. Il n’est pas permis de s’étendre sur ce point. Tu es toi-même
> le mieux informé et le plus familiarisé avec les vaines chimères des superstitieux et les futiles
> imaginations de ceux qui doutent.
> 
> (175)
> En ce jour, cet opprimé te demande, ainsi qu’aux autres religieux qui ont bu à la coupe de la
> connaissance de Dieu et sont éclairés par les paroles resplendissantes du Soleil de justice, de
> désigner quelqu’un, sans en parler à personne, et de l’envoyer à Chypre en lui permettant d’y
> demeurer quelque temps et d’y rencontrer Mírzá Yahyá [nota : le plus jeune des demi-frères de Bahá’u’lláh
> et son implacable ennemi] . Peut-être deviendra-t-il conscient des principes essentiels de cette foi et de la
> source des lois et des commandements de Dieu.
> 
> (176)
> Pour peu que tu médites, tu témoigneras de la sagesse, du pouvoir et de la souveraineté de Dieu -
> exaltée soit sa gloire. Quelques-uns qui ignoraient cette cause et ne nous avaient pas rencontré, ont
> proféré de telles calomnies que toutes choses, notamment les âmes convaincues, heureuses et
> agréables à Dieu, ont dû donner un démenti à ces imposteurs. Si tu t’en donnes maintenant la peine,
> la vérité de cette cause deviendra évidente pour l’humanité et ses peuples seront délivrés de cette
> obscurité cruelle et oppressante. Qui d’autre que Bahá peut s’exprimer à la face des hommes et qui
> d’autre que lui a le pouvoir d’annoncer ce que lui ordonna Dieu, le Seigneur des armées ?
> 
> (177)
> Cet insouciant [nota : Mírzá Yahyá] s’est maintenant attaché à la pratique de Rawdih-Khání [nota :
> lamentation traditionnelle pour l’Imám Husayn] . Je le jure par Dieu ! Il est manifestement dans l’erreur.
> Car ce peuple croit que lors de la révélation du Qá’im, les Imáms - que la paix de Dieu soit sur eux -
> se sont levés de leurs tombeaux. Telle est la vérité, cela ne fait aucun doute. Nous supplions Dieu
> d’accorder aux superstitieux une part des eaux vives de la certitude qui jaillissent de la source de la
> Plume suprême, afin que chacun obtienne ce qui convient à ces jours.
> 
> (178)
> Ô Shaykh ! Entouré de tribulations, cet opprimé consigne ces paroles. De toutes parts, on aperçoit la
> flamme de l’oppression et de la tyrannie. Ainsi, la nouvelle nous parvient que nos bien-aimés [nota :
> Hájí Mullá ‘Alí-Akbar et Hájí Amín, Mains de la cause, arrêtés en 1891 et incarcérés dans la prison de Qazvín] ont
> été arrêtés en terre de Ṭá [nota : Téhéran], bien que le soleil, la lune, la terre et la mer témoignent que
> ce peuple est paré de l’ornement de la loyauté, qu’il ne s’attache et ne s’attachera à rien d’autre que
> 
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> ce qui garantit la grandeur du gouvernement, le maintien de l’ordre au sein de la nation et la
> tranquillité des habitants.
> 
> (179)
> Ô Shaykh ! Combien de fois ne l’avons-nous pas répété : pendant bien des années, nous avons
> soutenu Sa Majesté le Sháh. Aucun incident fâcheux ne s’est produit en Perse depuis bien
> longtemps. Le Pouvoir a tenu fermement en ses mains les rênes des agitateurs au sein des diverses
> sectes. Personne n’a transgressé ses limites. Par Dieu ! Cette communauté n’est pas, et n’a jamais
> été, encline à commettre des méfaits. Son coeur est illuminé de la lumière de la crainte de Dieu et
> paré de l’ornement de son amour. Sa préoccupation est, aujourd’hui comme hier, le mieux-être du
> monde. Son but est d’éliminer les divergences, d’éteindre la flamme de la haine et de l’inimitié, afin
> que la terre entière soit considérée comme un seul et même pays.
> 
> (180)
> De même, les officiels de l’ambassade de Perse dans la grande Cité [nota : Constantinople] cherchent
> avec détermination et constance à exterminer ces opprimés. Ils désirent une chose et Dieu en désire
> une autre. Considère maintenant ce qui advient en chaque pays aux fidèles de Dieu : tantôt ils sont
> accusés de vol et de larcin, tantôt ils sont calomniés d’une manière sans équivalent dans le monde.
> Réponds honnêtement : quelles pouvaient être les conséquences à l’étranger, de l’accusation de vol
> portée par l’ambassade de Perse contre ses propres sujets ? Cet opprimé en ressentit de la honte, non
> pas en raison de l’humiliation subie, mais plutôt à cause de la perception par des ambassadeurs
> étrangers de l’incompétence et de l’incompréhension de personnalités éminentes de l’ambassade de
> Perse.
> « Lances-tu tes calomnies à la face de ceux dont le seul vrai Dieu a fait les dépositaires des trésors
> de son septième ciel ? » [nota : vers du Mathnavi du poète persan Rumí]
> Bref, au lieu de chercher, comme ils auraient dû le faire, à parvenir aux rangs les plus élevés grâce à
> celui qui occupe cette condition sublime et à requérir son avis, ils s’efforcent toujours d’éteindre sa
> lumière. Toutefois, comme rapporté, Son Excellence l’ambassadeur Mu’ínu’l-Mulk, Mírzá Muhsin
> Khán - que Dieu l’assiste - était absent de Constantinople à ce moment. Cela s’est produit parce que
> l’on croyait Sa Majesté le Sháh de Perse - que le Très-Miséricordieux l’assiste - courroucée contre
> ceux qui ont atteint et côtoient le Sanctuaire de la sagesse. Dieu est témoin et sait que cet opprimé
> s’est toujours attaché à tout ce qui contribuait à la gloire du gouvernement et de la nation. En vérité,
> Dieu est un témoin suffisant.
> 
> (181)
> Décrivant le peuple de Bahá, la Plume suprême a révélé ces paroles : « En vérité, ce sont des
> hommes qui ne s’attardent point lorsqu’ils passent dans des cités d’or pur et se détournent
> lorsqu’ils rencontrent les femmes les plus belles et les plus gracieuses. »
> Voilà ce qu’a révélé la Plume suprême pour le peuple de Bahá, de la part du Conseiller, de
> l’Omniscient. Dans les derniers passages de l’épître à Sa Majesté l’Empereur de Paris [nota :
> Napoléon III] ont été révélées ces paroles exaltées :
> Te réjouis-tu des trésors que tu possèdes, sachant qu’ils périraient ? Te réjouis-tu de gouverner un
> empan de terre quand, pour le peuple de Bahá, le monde entier ne vaut pas plus que la pupille de
> l’oeil d’une fourmi morte ? Abandonne-les à ceux qui s’y attachent et tourne-toi vers le Désir du
> monde.
> 
> (182)
> Seul Dieu - exaltée soit sa gloire - connaît ce qui advint à cet opprimé. Chaque jour apporte à
> l’ambassade de Constantinople un nouveau récit d’incidents dirigés contre nous. Dieu de
> miséricorde ! L’unique objet de leurs machinations est d’éliminer ce serviteur. Ils oublient,
> toutefois, que l’humiliation dans le chemin de Dieu est ma gloire véritable. Dans les journaux, on
> pouvait lire notamment : « À propos des agissements frauduleux de certains exilés d’Acre et de
> leurs exactions contre plusieurs personnes, etc... »
> 
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> Pour les partisans de la justice et les aurores d’équité, l’intention de l’auteur était évidente et
> explicite son objectif. En résumé, celui-ci m’infligea toutes sortes de cruautés, d’injustices et de
> tourments. Par Dieu ! Cet opprimé n’échangerait point ce lieu d’exil pour la demeure la plus
> sublime. Aux yeux de toute personne perspicace, ce qui advient dans le sentier de Dieu est gloire
> manifeste et rang suprême. Nous avons dit précédemment :
> « Gloire à toi, ô mon Dieu ! Sans les tribulations endurées dans ton chemin, pourrait-on
> reconnaître tes vrais amants ; et sans les épreuves subies par amour pour toi, comment le rang de
> ceux qui te désirent pourrait-il être révélé ? »
> 
> (183)
> Chaque jour, ils répandaient de nouvelles calomnies et telle était notre humiliation. Mais cet
> opprimé ne se départit pas de la patience qui s’imposait. Si seulement Sa Majesté le Sháh demandait
> un rapport sur ce qui nous advint à Constantinople afin d’être pleinement informé des faits réels ! Ô
> Sháh ! Par ton Seigneur, le Dieu de miséricorde ! Je t’adjure d’examiner cette affaire d’un oeil
> impartial. Trouvera-t-on un juste qui, en ce jour, jugera selon ce que Dieu a envoyé dans son Livre ?
> Où est la personne impartiale qui examinera équitablement ce qui fut perpétré contre nous sans
> preuve ni témoignage irréfutable ?
> 
> (184)
> Ô Shaykh ! Médite sur le comportement des hommes. Les habitants des cités de la connaissance et
> de la sagesse sont perplexes et se demandent pourquoi la secte chiite qui, de tous les peuples du
> monde, se considère comme la plus savante, la plus honnête et la plus dévote, s’est égarée au jour
> de sa révélation et a fait preuve d’une cruauté sans précédent. Il t’incombe de réfléchir un instant.
> Depuis les débuts de cette secte jusqu’à maintenant, combien de religieux dont aucun n’a compris la
> nature de cette révélation ! Quelle peut être la cause de cette négligence ? Si nous devions la
> mentionner, leurs membres se briseraient. Qu’ils méditent des milliers d’années durant ! Peut-être
> obtiendront-ils quelques gouttes de l’océan de la connaissance et découvriront-ils ce qu’ils négligent
> aujourd’hui.
> 
> (185)
> Alors que je marchais sur la terre de Ṭá [nota : Téhéran], l’aurore des signes de ton Seigneur,
> j’entendis les lamentations des minbars [nota : chaire d’une mosquée] et leurs supplications vers Dieu,
> béni et glorifié soit-il. Ils s’écriaient : « Ô Dieu du monde et Seigneur des nations ! Tu vois notre
> condition et ce qui nous est advenu par la cruauté de tes serviteurs. Tu nous créas et tu nous révélas
> pour te glorifier et te louer. À présent, tu entends ce que les rebelles proclament à notre sujet en tes
> jours. Par ta puissance ! Notre âme fond et nos membres frissonnent. Hélas, hélas ! Puisses-tu ne
> nous avoir jamais créés, jamais révélés ! »
> 
> (186)
> À ces paroles, le coeur des proches de Dieu se consume et s’élèvent les cris des serviteurs dévoués.
> Maintes et maintes fois avons-nous, pour l’amour de Dieu, convoqué des religieux éminents et les
> avons-nous invités vers l’Horizon sublime afin qu’aux jours de sa révélation ils puissent obtenir leur
> part de l’océan de la parole du Désir du monde et n’en demeurent pas totalement privés.
> 
> (187)
> Dans la plupart de nos épîtres, cette exhortation retentissante est descendue du ciel de sa
> miséricorde qui englobe toutes choses. Nous avons dit notamment :
> Ô assemblée de dirigeants et de religieux ! Tendez l’oreille vers la voix s’élevant de l’horizon
> d’Acre. En vérité, elle vous dirige dans le droit chemin, vous rapproche de Lui et vous conduit à la
> condition dont Dieu a fait la source de sa révélation et l’orient de ses splendeurs. Ô peuples du
> monde ! Le plus grand Nom est apparu de la part de l’antique Roi. Il a annoncé aux hommes la
> révélation cachée dans sa connaissance, préservée dans le trésor de sa protection et consignée par
> la Plume suprême dans les livres de Dieu, le Seigneur des seigneurs. Ô peuple de Shín ! [nota :
> 
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> Chiráz] As-tu oublié ma tendre bonté et ma miséricorde surpassant toutes choses créées et procédant
> de Dieu qui courbe l’échine des hommes ?
> 
> (188)
> Le Kitáb-i-Aqdas [nota : Le Très-Saint Livre de Bahá’u’lláh, renfermant sa Loi et constituant la charte de son
> nouvel ordre mondial, (1873)] révèle ce qui suit :
> Dis : Ô chefs religieux ! Ne pesez pas le Livre de Dieu selon les normes et les connaissances qui ont
> cours parmi vous, car le Livre est lui-même l’infaillible balance établie parmi les hommes. Cette
> balance parfaite doit peser ce que possèdent tous les peuples et les gens de la terre et ses poids
> doivent être vérifiés d’après son propre étalon, puissiez-vous le savoir. L’oeil de ma tendre bonté
> pleure douloureusement sur vous, car vous n’avez pas su reconnaître celui que vous appeliez de
> jour et de nuit, soir et matin.
> Ô peuple ! Le visage blanc comme neige et le coeur radieux, avance vers le sanctuaire vermeil et
> béni où s’écrie l’Arbre au-delà duquel il n’y a pas de passage [nota : Sadratu’l-Muntahá : arbre planté
> par les Arabes dans les temps anciens à l’extrémité d’une route. Symboliquement, la Manifestation divine (voir note du
> verset 47)] : « En Vérité, il n’est pas d’autre Dieu que Moi, l’omnipotent Protecteur, l’Absolu ! »
> Ô chefs religieux de Perse ! Qui, parmi vous, peut rivaliser avec moi en perspicacité ou en
> intuition ? Où est celui qui osera se prétendre mon égal en paroles ou en sagesse ? Non, par mon
> Seigneur, le Très Miséricordieux ! Tous sur terre passeront ; et voici la Face de votre Seigneur, le
> Tout-Puissant, le Bien-Aimé. [nota : selon le Coran, tout sera anéanti sur la terre lors du jugement dernier, seule
> la Face de Dieu demeurera. Selon l’interprétation bahá’íe, tout sera récréé par la nouvelle révélation]
> Ô peuple, nous avons décrété que la fin suprême et dernière de toute étude est la reconnaissance de
> celui qui est l’objet de tout savoir ; et, pourtant, voyez comme vous avez laissé votre science
> s’interposer, telle un voile, entre vous et celui qui est l’Aurore de cette lumière, par qui chaque
> chose cachée fut révélée.
> Dis : Voici en vérité le ciel où le Livre-Mère [nota : le Livre originel et symbolique, préservé aux cieux, d’où
> sont tirés tous les Livres saints] est précieusement gardé, si seulement vous pouviez le comprendre. Il est
> celui qui a fait crier le Rocher [nota : Abraham], celui qui a poussé le Buisson ardent [nota : Moïse] à
> élever la voix sur le mont dominant la Terre sainte et à proclamer : « Le royaume est à Dieu, le
> souverain Seigneur de tous, le Tout-Puissant, Celui qui aime ! « Nous n’avons fréquenté aucune
> école ni lu aucun de vos commentaires.
> Prêtez l’oreille aux paroles de celui qui ne possède pas une science acquise, paroles par lesquelles
> il vous appelle à Dieu, l’Éternel. Cela vaut mieux pour vous que de posséder tous les trésors de la
> terre, puissiez-vous le comprendre ! Quiconque interprète ce qui est envoyé du ciel de la révélation
> et en altère le sens évident fait assurément partie de ceux qui ont perverti la sublime parole de
> Dieu ; il est compté parmi les égarés dans le Livre lumineux. [nota : Kitáb-i-Aqdas, op. cit., §99 à 105]
> 
> (189)
> Puis nous entendîmes les plaintes de la vraie Foi et nous lui dîmes : « Ô vraie Foi ! Pourquoi
> t’entends-je crier dans la nuit, gémir pendant le jour et te lamenter à l’aurore ? » Elle répondit : « Ô
> Prince du monde, manifesté par le plus grand Nom ! Les insouciants ont tailladé les jarrets de ta
> blanche chamelle [nota : la chamelle du prophète Sálih dont les infidèles avaient coupé les jarrets], fait sombrer
> ton arche vermeille, voulu éteindre ta lumière et voiler la face de ta Cause. C’est pourquoi s’élève la
> voix de mes lamentations, comme se lamentent toutes choses créées. Cependant, la plupart des
> hommes n’en sont pas conscients ». Aujourd’hui, la vraie Foi s’agrippe au pan de notre générosité
> et gravite autour de notre personne.
> 
> (190)
> Ô Shaykh ! Entre en ma présence, contemple ce que n’a jamais contemplé l’oeil de l’univers et
> entends ce que n’a jamais entendu l’oreille de la création tout entière. Ainsi pourras-tu te libérer du
> bourbier des vaines chimères et tourner ton visage vers le rang suprême d’où cet opprimé
> proclame : « Le royaume est à Dieu, le Tout-Puissant, le Très-Loué ! » Nous aimerions que, grâce à
> tes efforts, les ailes des hommes soient purifiées de la boue de l’ego et du désir, qu’elles soient
> 
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> rendues dignes de s’élever jusqu’au ciel de l’amour divin. Les ailes souillées de fange ne pourront
> jamais s’envoler. En témoignent les défenseurs de la justice et de l’équité [nota : les Manifestations de
> Dieu] . Pourtant, le peuple est en proie à un doute évident.
> 
> (191)
> Ô Shaykh ! De tous côtés s’élèvent contre nous des objections telles que notre plume a honte de les
> rapporter. Néanmoins, en vertu de notre grande miséricorde, nous y avons répondu, en fonction de
> la compréhension des hommes afin qu’ils soient sauvés du feu de la négation et du refus et soient
> illuminés par la lumière de la confirmation et de l’acceptation. L’équité est bien rare, et la justice est
> morte.
> 
> (192)
> En réponse à certaines personnes, nous avons entre autres révélé, du royaume de la science divine,
> ces versets limpides :
> Ô toi qui as tourné ton visage vers les splendeurs de ma face ! De vagues chimères ont circonvenu
> les habitants de la terre et les ont empêchés de se tourner vers l’horizon de la certitude, vers son
> éclat, ses manifestations et ses lumières. Les superstitions les séparent de celui qui ne dépend que
> de lui-même. Mus par leurs propres fantaisies, ils parlent et ne comprennent point.
> Ainsi, il y a ceux qui disent : « Les versets furent-ils révélés ? » Dis : « Oui, par le Seigneur des
> cieux ! »
> « L’heure est-elle venue ? » « Bien plus, elle est passée, par le Dispensateur des signes évidents !
> En vérité, l’Inévitable est là, et lui, le Vrai, est apparu avec preuves et témoignages. Le chemin est
> grand ouvert, l’humanité est cruellement affligée et apeurée. Les peuples, secoués par des
> tremblements de terre, se lamentent par crainte de Dieu, le Fort, l’Irrésistible. »
> Dis : « La sonnerie assourdissante de la trompette a retenti et ce jour est le jour de Dieu, l’Unique,
> l’Indépendant. »
> « La catastrophe est-elle passée ? » Dis : « Oui, par le Seigneur des seigneurs ! » « La résurrection
> est-elle arrivée ? » « Bien plus, l’Indépendant est apparu avec le royaume de ses signes ! »
> « Vois-tu des hommes abattus ? » « Oui, par mon Seigneur, l’Exalté, le Très-Haut ! »
> « Les souches d’arbres furent-elles déracinées ? » « Oui, et plus encore : les montagnes sont
> réduites en poussière par le Seigneur des attributs ! »
> Ils disent : « Où est le paradis ? Où est l’enfer ? » Dis : « Le premier est réunion avec moi, le
> second, ton ego, ô toi qui associes des pairs à Dieu, toi qui doutes. »
> Ils disent : « Nous ne voyons pas la balance. » Dis : « Assurément, par mon Seigneur, le Dieu de
> miséricorde ! Nul ne peut la voir, excepté ceux qui sont clairvoyants. »
> « Les étoiles sont-elles tombées ? » Dis : « Oui, lorsque l’Indépendant résidait au pays du mystère
> [nota : Andrinople] .
> Soyez avertis, vous qui êtes doués de discernement ! » Tous les signes apparurent quand nous
> sortîmes la main de pouvoir du sein de la majesté et de la puissance. En vérité, le héraut appela à
> grands cris quand fut venu le temps promis. Ceux qui reconnurent les splendeurs du Sinaï se sont
> évanouis dans le désert de l’hésitation devant la terrifiante majesté de ton Seigneur, le Seigneur de
> la création.
> La trompette interroge : « A-t-on donné du clairon ? » Dis : « Oui, par le roi de la révélation !
> Lorsqu’il gravit le trône de son nom, l’Infiniment Miséricordieux. » L’aurore de la clémence de ton
> Seigneur, source de toute lumière, a chassé les ténèbres. La brise du Très-Miséricordieux a soufflé
> et a revivifié les âmes dans le tombeau de leurs corps. Ainsi le décret fut accompli par Dieu, le
> Puissant, le Bienfaiteur.
> Ceux qui se sont égarés disent : « Quand les cieux furent-ils fendus ? » Dis : « Pendant que vous
> gisiez dans les tombes de la rébellion et de l’erreur ! » Parmi les négligents, il y a celui qui se frotte
> les yeux et regarde à droite et à gauche. Dis : « Tu es aveugle ! Il n’est pas de refuge où tu pourrais
> fuir. »
> Et si parmi eux, un autre dit : « Des hommes furent-ils rassemblés ? » Dis : « Oui, par mon
> Seigneur ! pendant que tu gisais dans le berceau des chimères. »
> 
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> A celui d’entre eux qui dit : « Le Livre a-t-il été envoyé par le pouvoir de la vraie Foi ? », dis : « La
> vraie Foi elle-même est stupéfaite. Craignez Dieu, ô vous, les sages ! »
> Il y aussi celui qui dit : « Suis-je associé à d’autres et aveugle ? » Dis : « Oui, par Celui qui
> chevauche les nuages ! » Le paradis est couvert de roses mystiques et l’enfer brûle du feu des
> impies.
> Dis : « La lumière a jailli de l’horizon de la révélation et la terre tout entière s’est illuminée dès la
> venue de celui qui est le Seigneur du jour de l’alliance ! » Ont péri ceux qui doutaient et prospéré
> celui qui s’est tourné vers l’Orient de la certitude, guidé par la lumière de la sécurité.
> Béni sois-tu, toi qui as fixé ton regard sur moi, car je t’ai révélé cette épître qui élève l’âme des
> hommes. Apprends-la par coeur et récite-la. Par ma vie ! C’est la porte de la clémence de ton
> Seigneur.
> Bienheureux qui la récite soir et matin. En vérité, nous entendons ton éloge de cette cause qui
> pulvérise la montagne de la connaissance et fait trébucher les hommes. Que ma gloire soit sur toi et
> sur qui se tourne vers le Tout-Puissant, le Très-Généreux ! L’épître est terminée, mais le thème est
> inépuisable. Sois patient, car ton Seigneur est patient.
> 
> (193)
> Ces versets, nous les avons révélés peu après notre arrivée dans la ville-prison d’Acre et nous te les
> adressons pour que tu apprennes ce que leurs bouches mensongères ont proféré lorsqu’ils connurent
> la puissance et la souveraineté de notre cause. Les fondements des vaines chimères ont tremblé, le
> ciel des futiles imaginations s’est déchiré et, pourtant, les hommes sont dans le doute et en conflit
> avec Lui. Ils renient le témoignage de Dieu et sa preuve alors qu’il vint du ciel du pouvoir avec le
> monde de ses signes. Ils rejettent ce qui est prescrit et commettent ce qui leur est interdit dans le
> Livre. Ils abandonnent leur Dieu et s’attachent à leurs désirs. Quelle négligence et quelle erreur ! Ils
> lisent les versets et les renient. Ils contemplent les signes évidents et s’en écartent. Certes, ils sont
> plongés dans un étrange aveuglement.
> 
> (194)
> Nous exhortons nos bien-aimés à craindre Dieu car la crainte de Dieu est la source de tous les actes
> nobles et de toutes les vertus. Elle commande les armées de la justice dans la cité de Bahá. Heureux
> l’homme qui s’abrite sous son lumineux étendard et s’y attache fermement. En vérité, il est du
> nombre des compagnons de l’Arche vermeille mentionnée dans le Qayyúm-i-Asmá. [nota :
> commentaire de la Sourate de Joseph, le premier ouvrage révélé par le Báb]
> 
> (195)
> Dis : « Ô peuple de Dieu ! Ornez vos coeurs de la parure de la loyauté et de la piété, puis aidez
> votre Seigneur avec les armées des actes nobles et un caractère louable. Dans nos livres, nos écrits,
> nos manuscrits et nos épîtres, nous vous avons interdit les dissensions et les conflits, ne souhaitant
> rien d’autre que votre élévation et votre progrès. En témoignent les cieux et leurs étoiles, le soleil et
> son éclat, les arbres et leurs feuilles, les mers et leurs vagues, la terre et ses trésors. Nous prions
> Dieu d’assister ses bien-aimés et de leur dispenser ce qui leur convient dans cette bienheureuse,
> puissante et merveilleuse condition spirituelle ».
> 
> (196)
> Dans une autre épître, nous avons dit :
> Ô toi qui as fixé ton regard sur ma face ! Exhorte les hommes à craindre Dieu. Par Dieu ! Cette
> crainte commande de l’armée de ton Seigneur. Des actes nobles et un caractère louable en sont les
> troupes. De tout temps, elle a conquis la cité du coeur des hommes et levé les étendards de
> l’autorité et du triomphe au-dessus de tous les autres étendards.
> 
> (197)
> Nous te citerons à présent la fidélité et son rang aux yeux de Dieu, ton Seigneur, le Seigneur du
> trône puissant. Un jour, nous nous rendîmes dans notre île verdoyante. À notre arrivée, nous
> contemplâmes les eaux rapides de sa rivière et ses arbres luxuriants au travers desquels se jouait le
> 
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> soleil. Regardant vers la droite, nous vîmes ce que la plume est impuissante à décrire ; elle est
> incapable de relater ce que vit l’oeil du Seigneur de l’humanité en ce lieu sanctifié et sublime, exalté
> et béni. Nous tournant alors vers la gauche, nous contemplâmes l’une des beautés du paradis
> suprême qui, dressée sur une colonne de lumière, s’écriait avec force :
> « Ô habitants du ciel et de la terre ! Voyez ma beauté, mon apparence, ma splendeur et mon éclat.
> Par Dieu, le vrai ! Je suis la Fidélité, sa manifestation et sa beauté. Je récompenserai quiconque
> s’attachera à moi, reconnaîtra mon rang et ma condition, et se tiendra fermement au pan de ma
> robe. Je suis le plus grand ornement du peuple de Bahá et l’habit de gloire pour tous ceux qui sont
> dans le royaume de la création. Je suis l’instrument suprême de la prospérité du monde et l’horizon
> de certitude pour tous les êtres. »
> Ainsi t’avons-nous révélé ce qui rapprochera les hommes du Seigneur de la création.
> 
> (198)
> Cet opprimé a toujours convié les peuples du monde à ce qui les élève et les rapproche de Dieu. De
> l’horizon suprême est apparu ce qui ne laisse aucune place à l’hésitation, au rejet ou au reniement.
> Toutefois, les obstinés n’en ont pas profité et n’ont fait qu’aggraver leur perte.
> 
> (199)
> Ô Shaykh ! Il incombe aux religieux de s’unir à Sa Majesté le Sháh - que Dieu l’assiste - et de
> s’attacher, nuit et jour, à rehausser l’état du gouvernement et de la nation. Ce peuple s’efforce
> d’éclairer les âmes des hommes et de réhabiliter leur condition. En témoigne ce que la Plume
> suprême révèle dans cette épître limpide. Comme les choses sont souvent simples et faciles à
> accomplir ! Pourtant, la plupart des hommes restent insouciants et se préoccupent de ce qui leur fait
> perdre leur temps !
> 
> (200)
> Un jour à Constantinople, Kamál Páshá [nota : premier ministre à la Cour du Sultan ‘Abdu’l-‘Azíz] rendit
> visite à cet opprimé. Notre conversation porta sur des sujets bénéfiques à l’homme. Il dit qu’il avait
> appris plusieurs langues. À cela, nous observâmes : « Vous avez perdu votre temps. Il vous
> appartient, à vous et aux autres membres du gouvernement, de vous réunir pour choisir une des
> langues et une des écritures existantes, ou bien de créer une langue et une écriture nouvelles, à
> enseigner aux enfants des écoles du monde entier. Ainsi ils n’apprendraient que deux langues : leur
> langue maternelle et la langue dans laquelle s’entretiendraient tous les peuples du monde. Si l’on
> s’en tient à ce qui vient d’être mentionné, la terre entière sera considérée comme un seul pays, et ses
> habitants libérés de la nécessité d’apprendre et d’enseigner des langues différentes. » Devant nous,
> il acquiesça et manifesta même une grande joie et une entière satisfaction. Nous lui demandâmes
> alors de soumettre la question aux fonctionnaires et aux ministres du gouvernement, afin que ce
> projet puisse être mis en oeuvre dans les différentes provinces. Toutefois, bien qu’il revînt souvent
> nous voir par la suite, il ne fit jamais plus référence à ce sujet ; pourtant, notre suggestion aurait
> contribué à la concorde et à l’unité des peuples du monde.
> 
> (201)
> Nous souhaiterions que le gouvernement persan adopte le projet et en assure la mise en oeuvre.
> Actuellement, une langue et une écriture nouvelles ont été créées [nota : l’espéranto fut créé en 1887 par
> Zamenhof et le Volapük en 1890 par Johan Martin Schleyer. On ne sait pas à qui Bahá’u’lláh fait ici allusion] . Si tu
> le désires, nous te les communiquerons. Notre but est que tous les hommes s’emploient à réduire le
> travail et les efforts inutiles afin que leur vie s’écoule et s’achève utilement. En vérité, Dieu est le
> Secours, le Savant, l’Ordonnateur, l’Omniscient.
> 
> (202)
> Si Dieu le veut, la Perse pourra se parer de ce qui lui a manqué jusqu’à présent. Dis : « Ô Sháh !
> Efforce-toi d’illuminer tous les peuples du monde par les éclats resplendissants du soleil de ta
> justice. Cet opprimé ne souhaite que la fidélité, la sincérité, la pureté et tout ce qui profite à
> l’humanité. » Ne le considère point comme un traître. Glorifié es-tu, ô mon Dieu, mon maître et
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> mon soutien ! Aide Sa Majesté le Sháh à exécuter tes lois et tes commandements et à manifester ta
> justice parmi tes serviteurs. Tu es, en vérité, le Très-Généreux, le Seigneur de grâce abondante, le
> Tout-Puissant. La cause de Dieu est venue en signe de sa grâce. Heureux ceux qui agissent ;
> heureux ceux qui comprennent ; heureux celui qui s’est attaché à la vérité, détaché de tout ce qui est
> sur la terre et dans les cieux !
> 
> (203)
> Ô Shaykh ! Dirige-toi vers le rivage du très grand océan, puis pénètre dans l’Arche vermeille [nota :
> chacune des révélations du passé était désignée comme « Arche ». C’est ici une référence à la cause de Bahá’u’lláh]
> que Dieu, dans le Qayyúm-i-Asmá [nota : commentaire de la Sourate de Joseph, le premier ouvrage révélé par
> le Báb] , a réservée au peuple de Bahá. En vérité, elle vogue sur terre et mer. Quiconque y pénètre est
> sauvé ; qui s’en détourne, est perdu. Si tu devais l’atteindre et y entrer, tourne ton visage vers la
> Kaaba de Dieu, le Secours, l’Absolu, et dis : « Ô mon Dieu ! Je te supplie par ta lumière la plus
> glorieuse, et en vérité toutes tes lumières sont glorieuses. » Alors les portes du royaume s’ouvriront
> toutes grandes devant toi, tu contempleras ce que les yeux n’ont jamais contemplé et entendras ce
> que les oreilles n’ont jamais entendu. Cet opprimé t’exhorte comme il le fit auparavant ; il n’a
> jamais eu d’autre désir que de te voir pénétrer dans l’océan de l’unité de Dieu, le Seigneur des
> mondes. Voici le jour où toutes choses créées proclament et donnent aux hommes la bonne nouvelle
> de cette révélation par laquelle apparaît ce qui était caché et préservé dans la science de Dieu, le
> Puissant, le Magnifié.
> 
> (204)
> Ô Shaykh ! Tu as entendu les douces mélodies des colombes de la parole roucoulant sur les
> branches de l’arbre de la connaissance. Écoute à présent les chants des oiseaux de la sagesse
> s’élevant dans le paradis suprême. En vérité, ils t’apprendront ce que tu ignorais. Prête l’oreille à ce
> qu’a proféré la langue de la puissance et du pouvoir dans les livres de Dieu, le Désir des coeurs qui
> comprennent. En ce moment, une voix s’élève de l’Arbre au-delà duquel il n’est point de passage,
> au coeur du paradis suprême ; elle m’ordonne de te relater ce qu’ont révélé les livres et les épîtres et
> ce qu’a proféré mon précurseur qui sacrifia sa vie pour cette grande nouvelle et ce droit chemin. Il a
> dit et, assurément, il dit la vérité :
> Pour le mentionner, j’ai écrit ces mots semblables à des pierres précieuses : « Aucune de mes
> allusions, aucune mention dans le Bayán, ne peut lui rendre justice. »
> Plus loin, au sujet de cette puissante révélation et de cette suprême proclamation, il dit - exalté et
> glorifié soit-il - :
> Il est élevé et sanctifié au-dessus de toute tentative de le révéler, si ce n’est par lui-même, et audessus de toute description par l’une de ses créatures. Moi-même, je ne suis que le premier
> serviteur à croire en lui et en ses signes, à prendre ma part des doux parfums de ses paroles
> exhalés par les prémices du paradis de sa connaissance. Oui, par sa gloire ! Il est la vérité. Il n’est
> pas d’autre Dieu que Lui. Tous se sont levés à son commandement.
> Telles sont les paroles chantées par la colombe de vérité sur les branches de l’arbre divin. Heureux
> celui qui a prêté l’oreille à son chant et bu aux océans de la Parole divine que recèle chacun de ces
> mots. Dans d’autres circonstances, la voix du Bayán s’est fait entendre des plus hautes branches.
> Il dit - béni et glorifié soit-il -: En l’an neuf [nota : la neuvième année de la révélation bábíe, 1269 de l’hégire,
> pendant laquelle Bahá’u’lláh reçut sa révélation] , vous connaîtrez la plénitude.
> De même, il dit : En l’an neuf, vous atteindrez la présence de Dieu.
> Ces mélodies, chantées par les oiseaux des cités de la connaissance, sont conformes à ce que le
> Très-Miséricordieux a révélé dans le Coran. Heureux les perspicaces ; bénis ceux qui comprennent !
> 
> (205)
> Ô Shaykh ! Je le jure par Dieu ! La rivière de la miséricorde coule, l’océan de la parole se soulève et
> le soleil de la révélation brille, resplendissant. Le coeur pur et empli de joie, récite avec sincérité les
> paroles sublimes révélées par mon précurseur, le Point premier. S’adressant à Son Excellence
> ‘Azím [nota : Mullá Shaykh ‘Alí Khurásání, surnommé ‘Azím (grand), un des premiers disciples du Báb, à qui celui-
> 
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> ci révéla le nom et l’avènement de Bahá’u’lláh dans le Livre des cinq rangs. Martyrisé en 1852 à Téhéran] , il dit -
> glorifiée soit sa parole - :
> C’est en vérité, ce que nous t’avons promis juste avant de répondre à ton appel. Attends que neuf se
> soit écoulé à partir du temps du Bayán. Puis exclame-toi : « Béni soit Dieu, le plus excellent des
> créateurs ! » Dis : « En vérité, personne n’a compris cette annonce, excepté Dieu. Et le jour venu,
> vous l’ignorerez. »
> La neuvième année, cette révélation suprême apparut, brillant au-dessus de l’horizon de la volonté
> divine. Nul ne peut la nier, si ce n’est l’insouciant et le sceptique. Nous prions Dieu d’aider ses
> serviteurs à retourner vers lui et à implorer son pardon pour ce qu’ils ont commis en cette vie
> stérile. En vérité, il est l’Indulgent, le Très-Miséricordieux.
> Par ailleurs, mon précurseur dit : Je suis le premier serviteur à croire en lui et en ses signes.
> De même, dans le Bayán persan, il dit - béni et glorifié soit-il - : Certes, il est celui qui, en toutes
> circonstances, proclame : « En vérité, je suis Dieu !... »
> Ce que nous entendons par « divinité » a été précisé antérieurement. En vérité, nous avons déchiré
> les voiles et révélé ce qui rapprochera les hommes de Dieu qui fait ployer l’échine des hommes.
> Heureux l’homme parvenu à la justice et à l’équité par cette grâce qui a embrassé tout ce qui est sur
> la terre et dans les cieux, conformément à l’ordre de Dieu, le Seigneur des mondes.
> 
> (206)
> Ô Shaykh ! Écoute d’une oreille impartiale les mélodies de l’Évangile. Prophétisant les choses à
> venir, il dit - glorifiée soit sa parole - : Mais ce jour et cette heure, nul ne les connaît, ni les anges
> des cieux, ni le Fils, personne sinon le Père, et lui seul [voir : Matthieu, 24 : 36].
> Le Père, ici, désigne Dieu - exaltée soit sa gloire ! En vérité, il est le véritable Educateur et le Maître
> spirituel.
> 
> (207)
> Joël dit : Grand est le jour du Seigneur, redoutable à l’extrême : qui peut le supporter ! [voir : Joël,
> 2 : 11]
> D’abord, dans la sublime parole contenue dans l’Évangile, il dit que nul ne connaît le moment de la
> révélation, que nul ne le sait, excepté Dieu, l’Omniscient, le Savant. Ensuite, il expose la grandeur
> de la révélation.
> De même, dans le Coran, il est dit : Sur quoi s’interrogent-ils mutuellement ? Sur l’Annonce
> solennelle. » [voir : Coran, 78 : 1-2]
> La voici, l’annonce dont la grandeur fut mentionnée dans la plupart des livres anciens et plus
> récents. C’est elle, l’annonce qui a fait trembler les membres de l’humanité à l’exception de ceux
> que Dieu, le Protecteur, le Secours, le Sauveur, a voulu épargner. Le peuple a vu, de ses propres
> yeux, comment tous les hommes et toutes les choses furent plongés dans la confusion et dans une
> cruelle perplexité, à l’exception de ceux que Dieu a choisi d’exempter.
> 
> (208)
> Ô Shaykh ! Grande est la cause et grande l’annonce ! Avec patience et tranquillité, réfléchis aux
> signes resplendissants, aux paroles sublimes et à tout ce qui est révélé en ces jours. Peut-être
> comprendras-tu les mystères cachés dans les livres et t’efforceras-tu de guider ses serviteurs. De ton
> oreille interne, écoute la voix de Jérémie qui dit : Malheur ! Oui, grand est ce jour-là, aucun ne lui
> ressemble. [voir : Jérémie, 30 : 7] Si tu observais d’un oeil impartial, tu percevrais la grandeur de ce
> jour. Prête l’oreille à la voix de ce conseiller omniscient et ne souffre point d’être privé de la
> miséricorde qui surpasse toutes choses créées, visibles et invisibles. Prête l’oreille au chant de
> David.
> Il dit : Qui me mènera vers la ville fortifiée ? [voir : Psaumes, 108 : 11]
> La ville fortifiée est Acre qui fut surnommée la plus grande Prison et qui possède une forteresse et
> de puissants remparts.
> 
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> (209)
> Ô Shaykh ! Lis ce dont a parlé Isaïe dans son livre.
> Il dit : Quant à toi, monte sur une haute montagne, Sion, joyeuse messagère, élève avec énergie ta
> voix, Jérusalem, joyeuse messagère élève-la, ne crains pas, dis aux villes de Juda : « Voici votre
> Dieu. Voici le Seigneur Dieu ! Avec vigueur il vient, et son bras lui assurera la souveraineté » [voir :
> Isaïe, 40 : 9-10] .
> En ce jour, tous les signes sont apparus. La grande Cité est descendue du ciel et Sion tremble et
> exulte à l’annonce de la révélation divine, car elle a entendu la voix de Dieu résonner de toutes
> parts. En ce jour, Jérusalem est parvenue à un nouvel Évangile, car le cèdre s’élève à la place du
> sycomore. Jérusalem, lieu de pèlerinage de tous les peuples du monde, a été surnommée la Ville
> sainte. Avec Sion et la Palestine, elle est située dans ces régions. C’est pourquoi il a été dit : « Béni
> l’homme qui a migré vers Acre ».
> 
> (210)
> Amos dit : De Sion, le Seigneur rugit et de Jérusalem, il donne de la voix, les pâturages des bergers
> sont désolés, et la crête du Carmel desséchée. [voir : Amos, 1 : 2]
> Dans le livre de Dieu, le Carmel est appelé la colline de Dieu et son vignoble. C’est là que, par la
> grâce du Seigneur de la révélation, se dresse le tabernacle de gloire. Heureux ceux qui y
> parviennent ; heureux ceux qui se tournent vers lui !
> Et, de même, Amos dit : Notre Dieu viendra, et il ne gardera point le silence.
> 
> (211)
> Ô Shaykh ! Songe aux paroles que le Désir du monde adressa à Amos.
> Il dit : prépare-toi à rencontrer ton Dieu, Israël : Car voici celui qui façonne les montagnes, qui
> crée le vent, qui révèle à l’homme quel est son dessein, qui fait de l’aurore des ténèbres, qui marche
> sur les hauteurs de la terre, il se nomme le Seigneur, le Dieu des puissances. [voir : Amos, 4 : 12]
> Il dit que « fait de l’aurore des ténèbres », [nota : Nous suivons ici la version de la traduction de Crampon. De
> même Segond traduit : « qui change l’aurore en ténèbres »] cela signifie que, par la puissance et le pouvoir
> de Dieu, sera changé en ténèbres celui qui se considère comme le vrai matin à l’époque de la
> manifestation de l’Interlocuteur du mont Sinaï. En vérité, il est la fausse aurore, bien qu’il se prenne
> pour la vraie [nota : allusion aux faux prophètes]. Malheur à lui et malheur à ceux qui le suivent sans la
> moindre preuve venant de Dieu, le Seigneur des mondes.
> 
> (212)
> Isaïe dit : et ce jour-là, le Seigneur seul sera exalté [voir : Isaïe, 2 :11].
> Concernant la grandeur de la révélation, il dit : Va dans les rochers, cache-toi dans la terre, devant
> la terreur du Seigneur et l’éclat de sa majesté [voir : Isaïe, 2 : 18].
> Et, ailleurs, il dit : Qu’ils se réjouissent, le désert et la terre aride, que la steppe exulte et fleurisse,
> qu’elle se couvre de fleurs des champs, qu’elle saute et danse et crie de joie ! La gloire du Liban lui
> est donnée, la splendeur du Carmel et du Sharôn, et on verra la gloire du Seigneur, la splendeur de
> notre Dieu. [voir : Isaïe, 35 : 1-2]
> 
> (213)
> Ces passages ne nécessitent aucun commentaire. Ils sont éclatants et manifestes comme le soleil,
> brillants et lumineux comme la lumière. Toute personne impartiale est conduite vers le jardin de la
> compréhension par le parfum de ces paroles et reçoit ce dont la plupart des hommes sont séparés et
> privés. Dis : « Crains Dieu, ô peuple, et ne partage point les doutes de ceux qui parlent fort, ont
> brisé l’alliance de Dieu et son pacte, ont renié sa miséricorde qui a précédé tout ce qui est sur la
> terre et dans les cieux ».
> 
> (214)
> Il dit de même : « Dis à ceux qui ont le coeur craintif : soyez forts, ne craignez point, contemplez
> votre Dieu. » Ce verset sacré est une preuve de la grandeur de la révélation et de la grandeur de la
> Cause, car la sonnerie de trompette [nota : trompette mentionnée dans le Coran pour annoncer le Jugement
> 
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                    Page 57 / 74
> dernier] doit nécessairement répandre la confusion à travers le monde, la peur et les frissons parmi
> les hommes. Heureux celui qui est illuminé par la confiance et le détachement. Les tribulations de
> ce jour-là ne l’arrêteront, ni ne l’inquiéteront. Ainsi a parlé la Langue d’explication, sur l’ordre de
> l’infiniment Miséricordieux. En vérité, il est le Fort, le Conquérant, le Tout-Puissant. À présent, il
> incombe à ceux qui sont dotés d’une oreille et d’un oeil attentifs, de méditer ces paroles sublimes
> qui recèlent chacune des océans de signification et d’explication. Peut-être qu’ainsi, les paroles
> proférées par celui qui est le Seigneur de la révélation permettront à ses serviteurs d’atteindre avec
> la joie et le rayonnement les plus intenses le but suprême et le sommet sublime : l’Orient de cette
> voix.
> 
> (215)
> Ô Shaykh ! Si tu percevais le souffle de ma parole, ne fût-ce que par le chas d’une aiguille, tu
> renoncerais au monde et à tout ce qu’il contient, et tu tournerais ton visage vers les lumières de la
> face du Désiré. Quoi qu’il en soit, des significations innombrables gisent cachées dans les paroles
> de celui qui est l’Esprit. [nota : Jésus] Certes, il fit référence à de nombreuses choses, mais comme il
> ne trouva personne qui possédât une oreille ou un oeil attentifs, il choisit d’en dissimuler la plupart.
> Comme il le dit : J’ai encore bien des choses à vous dire, mais vous ne pouvez les porter
> maintenant. [voir : Jean, 16, 12]
> Cette Aurore de la révélation dit que ce jour-là, le promis révélera les choses qui sont à venir. Ainsi
> dans le Kitáb-i-Aqdas, [nota : Le Très-Saint Livre, la plus importante des oeuvres de Bahá’u’lláh, renfermant sa
> Loi et constituant la charte de son nouvel ordre mondial (1873)] les épîtres aux rois, la Lawh-i-Ra’ís [nota :
> épître de Bahá’u’lláh au Grand Vizir ‘Alí Páshá] et la Lawh-i-Fu’ád [nota : épître révélée par Bahá’u’lláh et
> adressée à Shaykh-Kázim-i-Samandar; il y est fait référence à Fu’ád Páshá, décédé en 1869] , la plupart des choses
> qui se sont produites sur cette terre furent annoncées et prophétisées par la Plume suprême.
> 
> (216)
> Dans le Kitáb-i-Aqdas, nous révélâmes :
> Que rien ne t’attriste, Ô terre de Ṭá [nota : Téhéran], car Dieu t’a choisie pour être la source de joie
> de toute l’humanité. Si telle est sa volonté, il bénira ton trône en la personne de celui qui
> gouvernera avec justice et rassemblera le troupeau de Dieu dispersé par les loups. Un tel souverain
> se tournera dans la joie et l’allégresse vers le peuple de Bahá et il étendra sur lui ses faveurs. En
> vérité, il est, aux yeux de Dieu, comme un joyau parmi les hommes. Sur lui reposent pour toujours
> la gloire de Dieu et la gloire de tous ceux qui demeurent dans le royaume de sa révélation. » [nota :
> Kitáb-i-Aqdas, op. cit., K91]
> En plus de ces versets révélés autrefois, nous avons ensuite révélé :
> « Ô Dieu, mon Dieu ! Par les lumières de ta face, par les vagues de l’océan de ta révélation et par
> les splendeurs éclatantes du soleil de ta parole, Bahá te supplie et t’implore d’aider le Sháh à se
> montrer équitable et impartial. Si tel est ton désir, bénis à travers lui le trône de l’autorité et de la
> souveraineté. Tu as le pouvoir de faire ce qui te plaît. Il n’est point d’autre Dieu que Toi, toi qui
> entends et qui es prêt à répondre. » [nota : épître à Násiri’d-Dín Sháh] « Que la joie t’inonde, ô terre de
> Ṭá, car Dieu, en faisant naître en tes murs la Manifestation de sa gloire, a fait de toi « l’aube de sa
> lumière.» Sois heureuse de ce nom qui t’a été conféré, et par lequel le Soleil de grâce a répandu sa
> splendeur, a illuminé la terre et le ciel. Avant longtemps, l’état de tes affaires changera et les rênes
> du pouvoir passeront aux mains du peuple. [nota : la révolution constitutionnelle eut lieu en 1905-1906, soit
> dix ans après l’assassinat de Násiri’d-Dín Sháh] En vérité, ton Seigneur est l’Omniscient. Son autorité
> embrasse toutes choses. Sois assuré de la bienveillante faveur de ton Seigneur. L’oeil de sa tendre
> bonté sera, de toute éternité, fixé sur toi. Le jour approche où ton agitation se transformera en paix
> et en tranquillité. Ainsi en a-t-il été décrété dans le Livre merveilleux. [voir : Kitáb-i-Aqdas, op. cit., K92
> et K93]
> 
> (217)
> De même, dans la Lawh-i-Fu’ád et dans l’épître au souverain de Paris [nota : Napoléon III] ainsi que
> dans d’autres épîtres, nous avons révélé ce qui incitera toute personne impartiale à témoigner du
> 
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                     Page 58 / 74
> pouvoir, de la majesté et de la sagesse de Dieu - exaltée soit sa gloire. Si les hommes observaient
> avec l’oeil de la justice, ils découvriraient et comprendraient le secret de ce verset béni : Et il n’est
> point de chose vive ou desséchée qui ne soit notée dans un écrit spécifique [nota : locution courante
> signifiant que tout ce qui existe au monde est connu de Dieu] . Toutefois, en ce jour, les hommes rejettent la
> vérité et ne peuvent comprendre ce qui en vérité a été dispensé par le Révélateur, l’Ancien des
> jours. Dieu de miséricorde ! De toutes parts apparaissent des signes évidents et, pourtant, la plupart
> des hommes se privent du bonheur de les examiner et de les comprendre. Nous supplions Dieu
> d’accorder son aide à tous les hommes pour qu’ils reconnaissent les perles qui gisent cachées dans
> les nacres du plus grand Océan et s’exclament : « Loué sois-tu, ô Dieu du monde ! »
> 
> (218)
> Ô assemblée d’hommes équitables ! Méditez en contemplant les vagues de l’océan de la parole et
> de la science de Dieu afin de témoigner, à haute voix et dans votre for intérieur, qu’auprès de lui
> réside la connaissance de tout ce qui est consigné dans le Livre. Rien n’échappe à sa connaissance.
> En vérité, il manifesta ce qui était caché lorsqu’à son retour, il gravit le trône du Bayán. Tout ce qui
> fut révélé s’est réalisé ou se réalisera sur la terre, mot pour mot. Aucune possibilité n’était donc
> laissée à qui que ce soit de se détourner ou de protester. Néanmoins, comme l’équité est méconnue
> et voilée, la plupart des hommes parlent, mus par leurs propres chimères.
> 
> (219)
> Ô Dieu, mon Dieu ! N’empêche pas tes serviteurs de tourner leurs visages vers la lumière de la
> certitude apparue à l’horizon de ta volonté et ne souffre point, ô mon Dieu, qu’ils soient privés des
> océans de tes signes. Ils sont, ô mon Seigneur, tes serviteurs en tes cités et tes esclaves en tes
> régions. Si tu n’es point miséricordieux envers eux, qui donc le sera ? Ô mon Dieu, saisis les mains
> de ceux qui se noient dans la mer des superstitions et délivre-les par ton pouvoir et ta souveraineté.
> Sauve-les par les armes de ta puissance. Tu as le pouvoir de faire ce que tu veux, dans ta main
> droite sont les rênes de tout ce qui est sur la terre et dans les cieux.
> 
> (220)
> De même, le Point premier dit : Contemplez-le par ses propres yeux. Car si vous le regardez avec
> les yeux d’un autre, jamais vous ne le reconnaîtrez ni le connaîtrez.
> Ceci se réfère spécifiquement à cette révélation suprême. Heureux ceux qui jugent avec impartialité.
> De même, il dit : Le germe qui recèle les potentialités de la révélation à venir est, sur une seule
> année, doté d’une puissance supérieure aux forces combinées du Bayán tout entier.
> Ces bonnes nouvelles du Bayán et des Livres des âges écoulés sont mentionnées à maintes reprises
> sous des noms divers et dans de nombreux livres afin que les hommes puissent juger équitablement
> ce qui est apparu et ce qui a brillé à l’horizon de la volonté de Dieu, le Seigneur du puissant trône.
> 
> (221)
> Ô Shaykh ! Dis au peuple du Bayán : « Médite ces paroles bénies où il dit : L’ensemble du Bayán
> n’est qu’une feuille parmi les feuilles de son paradis. Sois impartial, ô peuple, et ne sois pas compté
> parmi les égarés dans le livre de Dieu, le Seigneur des mondes. »
> En ce jour, l’Arbre sacré se tient devant toi, chargé de fruits célestes, nouveaux et merveilleux.
> Contemple-le, détaché de tout sauf de lui. Ainsi a parlé la Langue de la puissance et du pouvoir en
> ce lieu que Dieu a paré des traces de son plus grand Nom et de sa grande Nouvelle.
> 
> (222)
> De même, il dit : Tant que neuf ne sera pas écoulé depuis le début de cette cause, la réalité des
> choses créées ne sera point manifestée. Tout ce que tu as vu jusqu’à présent n’est que germe
> jusqu’au moment où nous le revêtirons de chair. Sois patient jusqu’à ce que tu contemples une
> nouvelle création. Dis : « Béni soit Dieu, le meilleur des créateurs ! »
> De même, au sujet du pouvoir de cette révélation, il dit : Celui que Dieu rendra manifeste a le droit
> de rejeter l’être le plus grand de la terre, car une telle personne n’est qu’une créature entre ses
> mains et toutes choses l’adorent. Après Hín [nota : 68, selon la notation de l’abjad : Celui que Dieu rendra
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                  Page 59 / 74
> manifeste doit donc apparaître après l’année 68 (1268), donc en 1269 de l’hégire (1852-1853)] , une Cause vous
> sera donnée, que vous connaîtrez en son temps.
> Il dit également : Sache, avec une certitude absolue et selon le décret ferme et irrévocable, que
> Dieu - exaltée soit sa gloire, magnifiée sa puissance, sanctifiée sa sainteté, glorifiée sa grandeur et
> louées ses voies - fait connaître chaque chose à travers sa propre réalité ; qui donc peut le
> connaître si ce n’est par lui-même ?
> Plus loin, il dit - exalté et glorifié soit-il - : Prends garde, prends garde, de peur qu’aux jours de sa
> révélation, le Váhid du Bayán [nota : Le Báb et les dix-huit Lettres du Vivant, la valeur numérique de Váhid étant
> dix-neuf] ne s’interpose comme un voile entre lui et toi, dans la mesure où ce Váhid n’est à ses yeux
> qu’une créature. Prends garde, prends garde aussi que les paroles révélées dans le Bayán ne
> s’interpose comme un voile entre lui et toi.
> À nouveau, il dit - exalté soit-il - : Ne le regarde point avec un oeil autre que le sien. Car quiconque
> le regarde avec son oeil le reconnaîtra ; sinon, il lui restera caché. Cherche-le et regarde-le si tu
> veux chercher Dieu et sa présence.
> De même, il dit : Il est préférable pour toi de ne réciter qu’un seul des versets de Celui que Dieu
> rendra manifeste, plutôt que de réciter la totalité du Bayán ; car ce jour-là, cet unique verset peut te
> sauver, alors que le Bayán tout entier ne peut le faire.
> 
> (223)
> Dis : Ô peuple du Bayán ! Sois juste, sois juste ! Et de nouveau, sois juste, sois juste ! Ne sois pas
> de ceux qui, jour et nuit, mentionnèrent la Manifestation de la cause de Dieu et qui, lorsqu’elle
> apparut par sa grâce et que l’horizon de la révélation fut illuminé, prononcèrent contre elle un
> jugement qui suscita les lamentations des habitants du royaume de gloire et de ceux qui gravitent
> autour de la volonté de Dieu, l’Omniscient, le Très-Sage.
> 
> (224)
> Médite ces paroles sublimes où il dit : En vérité, je crois en lui, en sa foi, en son livre, en ses
> témoignages, en ses voies et en tout ce qui émane de lui à leur sujet. Je me glorifie de ma relation
> avec lui et suis fier de ma croyance en lui.
> De même, il dit : Ô peuple du Bayán et vous tous qui êtes en son sein ! Reconnaissez les limites qui
> vous sont fixées, car une personne telle que le Point du Bayán lui-même a cru en Celui que Dieu
> rendra manifeste, avant même la création de toutes choses. En vérité, je m’en glorifie devant tous
> ceux qui sont dans le royaume du ciel et de la terre.
> Par Dieu ! Tous les atomes de l’univers gémissent et se lamentent devant les cruautés perpétrées par
> les rebelles parmi le peuple du Bayán. Où sont ceux qui sont doués d’entendement et de
> perception ? Nous supplions Dieu - béni et glorifié soit-il - de les inviter et les exhorter à ce qui leur
> profitera, de les détourner de ce qui leur nuira. En vérité, il est le Fort, le Conquérant, le Tout-
> Puissant.
> 
> (225)
> De même, il dit : Ne souffrez point qu’un voile ne vous sépare de Dieu après qu’il se soit lui-même
> révélé. Car tout ce qui a été exalté dans le Bayán n’est qu’un anneau dans ma main, et moi-même,
> je ne suis vraiment qu’un anneau dans la main de Celui que Dieu rendra manifeste - glorifiée soit
> sa mention ! Il le tourne comme il lui plaît, pour en faire ce qui lui plaît et le glisser là où lui plaît.
> En vérité, il est le Secours, le Très-Haut.
> Pareillement, il dit : S’il faisait un prophète de chacun des habitants de la terre, ils seraient tous, en
> vérité, considérés comme des prophètes aux yeux de Dieu.
> Il dit encore : Au jour de la révélation de Celui que Dieu rendra manifeste, tous ceux qui demeurent
> sur terre seront égaux à ses yeux. En vérité, celui qu’il ordonne prophète a été prophète depuis le
> commencement qui n’a point de commencement et le demeurera jusqu’à la fin qui n’a pas de fin,
> puisque c’est un acte de Dieu. Et celui qu’il nomme vice-roi le sera dans tous les mondes, car c’est
> un acte de Dieu. La volonté de Dieu ne peut en aucun cas être révélée si ce n’est par la volonté de
> 
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                     Page 60 / 74
> Celui que Dieu rendra manifeste, ni le désir de Dieu être manifesté si ce n’est par son désir. En
> vérité, il est le Conquérant, le Tout-Puissant, le Très-Haut.
> 
> (226)
> En résumé il a décrété ce qui contribue, en toute occasion, à la conversion, au progrès, à l’élévation
> et à la gouverne des hommes. Toutefois, quelques êtres injustes sont devenus un voile, une barrière
> infranchissable, empêchant les autres de se tourner vers les lumières de sa face. Nous prions Dieu
> de les bannir par sa souveraineté et de les saisir par son étreinte. En vérité, il est le Seigneur de
> Force, le Puissant, l’infiniment Sage.
> 
> (227)
> De même, il dit : Que sa mention soit glorifiée ! Il ressemble au soleil. Si l’on plaçait face à lui
> d’innombrables miroirs, chacun d’eux, selon sa capacité, refléterait la splendeur de ce soleil ; si
> l’on n’en plaçait aucun, il continuerait toujours à se lever et à se coucher, et seuls les miroirs
> seraient privés de sa lumière. En vérité, je n’ai point failli à mon devoir d’avertir ce peuple et de
> fournir les moyens pour qu’il se tourne vers Dieu, son Seigneur, qu’il croie en lui, son Créateur. Si,
> au jour de sa révélation, tous ceux qui sont sur la terre font acte d’allégeance envers lui, mon être
> intime se réjouira, puisque tous auront atteint l’apogée de leur existence, auront été amenés face à
> face avec leur Bien-aimé et auront reconnu, dans toute la mesure possible dans le monde de
> l’existence, la splendeur de celui qui est le Désir de leurs coeurs. Sinon, mon âme sera très triste.
> J’ai vraiment éduqué toutes choses dans ce but. Comment, alors, quelqu’un peut-il rester séparé de
> lui ? C’est pour cela que j’ai invoqué Dieu et continuerai à le faire. En vérité, il est proche, prêt à
> répondre.
> 
> (228)
> De même, il dit : Ils refuseront même à cet Arbre qui n’est ni d’Orient ni d’Occident le nom de
> croyant, car s’ils le nommaient ainsi, ils ne réussiraient pas à l’attrister.
> Ô monde, ton oreille a-t-elle perçu combien impuissantes ont été ces paroles révélées par la volonté
> de celui qui est l’Orient de tous les noms ?
> Il dit : J’ai éduqué tous les hommes afin qu’ils reconnaissent cette révélation et, cependant, le
> peuple du Bayán refuse d’accorder le nom de croyant à cet Arbre béni qui n’appartient ni à
> l’Orient ni à l’Occident.
> Hélas, hélas ! Que de choses me sont arrivées ! Par Dieu ! Ce qui m’est advenu aux mains de celui
> que j’ai élevé jour et nuit [nota : Mírzá Yahyá] a suscité les lamentations du Saint-Esprit et des
> habitants du tabernacle de la grandeur de Dieu, le Seigneur de ce jour merveilleux.
> 
> (229)
> De même, réfutant certains mécréants, il dit : Car nul ne connaît le temps de la révélation, excepté
> Dieu. À quelque époque qu’il apparaisse, tous doivent reconnaître le Point de vérité et rendre
> grâce à Dieu.
> Ceux qui se sont détournés de moi ont parlé comme les disciples de Jean-Baptiste. Eux aussi
> protestaient en ces termes contre celui qui était l’Esprit [nota : Jésus] : « La mission de Jean n’est pas
> encore terminée ; pourquoi es-tu venu ? » Il en est de même aujourd’hui ; ceux qui nous ont rejeté
> ont proféré ce qui fait soupirer et se lamenter tout ce qui existe, sans même nous connaître, ayant,
> de tout temps, ignoré les principes fondamentaux de cette cause, ne sachant de qui elle procède ou
> ce qu’elle signifie. Par ma vie ! Le muet ne pourra jamais affronter celui qui incarne le royaume de
> la parole. Crains Dieu, ô peuple ! Lis ce qui fut révélé en vérité dans le huitième paragraphe du
> sixième chapitre du Bayán, et ne sois pas de ceux qui se sont détournés.
> De même, il a ordonné : Une fois tous les dix-neuf jours, ce paragraphe doit être lu afin que, au
> temps de la révélation de Celui que Dieu rendra manifeste, ils ne soient pas aveuglés par des
> considérations étrangères aux versets qui ont été, et demeurent, les plus importants de tous les
> témoignages et de toutes les preuves.
> 
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                              Page 61 / 74
> (230)
> Jean, fils de Zacharie, a dit ce que mon précurseur a dit :
> Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. Certes, je vous baptise avec l’eau du repentir,
> mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je suis indigne de porter ses chaussures
> [nota : ce passage se réfère vraisemblablement à Jean I : 23-27 dont voici le texte : Je suis la voix de celui qui crie
> dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme l’a dit le prophète Isaïe. Or ceux qui avaient été envoyés
> étaient des Pharisiens. Ils continuèrent à l’interroger en disant : « Si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète,
> pourquoi baptises-tu ? » Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Au milieu de vous se tient celui que vous ne
> connaissez pas; il vient après moi et je ne suis même pas digne de dénouer la lanière de sa sandale »] .
> C’est ainsi que mon précurseur, en signe de soumission et d’humilité, a dit : La totalité du Bayán
> n’est qu’une feuille parmi les feuilles de son paradis.
> De même, il dit : Je suis le premier à l’adorer et je suis fier de mon lien avec lui.
> Et pourtant, ô hommes, le peuple du Bayán a agi de manière telle que même Dhi’l-Jawshan [nota :
> terme arabe signifiant « revêtu d’une armure » et appliqué à Mullá ‘Abdu’lláh, l’assassin de l’Imám Husayn] , Ibn-i-
> Anas et Asbahí [nota : deux zélateurs arabes qui participèrent directement à l’assassinat de l’Imám Husayn] ont
> cherché et cherchent encore refuge auprès de Dieu pour de tels actes. Au vu et au su de toutes les
> religions, cet opprimé s’est attaché, jour et nuit, à exalter la cause de Dieu, tandis que ces hommes
> se sont accrochés à ce qui cause humiliation et préjudice.
> 
> (231)
> Il dit aussi : Reconnaissez-le par ses versets. Car plus vous négligerez de chercher à le connaître et
> plus vous serez cruellement voilés, cachés par le feu.
> Ô vous qui, parmi le peuple du Bayán, vous êtes détournés de moi ! Méditez ces dires sublimes qui
> dispensent la source des paroles du Point de la connaissance. Et maintenant, écoutez ceci.
> Il dit : En ce jour, le Soleil de vérité interpellera le peuple du Bayán et récitera cette sourate du
> Coran : « Dis : Ô vous les incrédules ! Je n’adore pas ce que vous adorez, et vous n’adorez pas ce
> que j’adore. Moi, je n’adore pas ce que vous adorez, vous, vous n’adorerez pas ce que j’adore. À
> vous votre religion ; à moi ma Religion. » [voir : Coran, Sourate 109]
> Dieu de miséricorde ! En dépit de ces déclarations limpides, de ces signes brillants et lumineux, ils
> sont tous plongés dans leurs chimères qui leur font ignorer le Désiré et le voilent à leurs yeux. Ô
> vous les égarés ! Réveillez-vous du sommeil de l’insouciance et prêtez l’oreille aux paroles de mon
> précurseur.
> Il dit : Lorsque l’arbre de l’affirmation se détourne de lui, il est considéré comme l’arbre du
> reniement, et lorsque l’arbre du reniement se tourne vers lui, il est considéré comme l’arbre de
> l’affirmation.
> De même, il dit : Si quelqu’un revendique une révélation et ne peut produire de preuve, ne protestez
> pas et ne l’attristez pas !
> Bref, nuit et jour, cet opprimé prononce ces mots : « Dis : ô infidèles ! » dans l’espoir d’éveiller le
> peuple et de le parer de l’ornement de l’équité.
> 
> (232)
> À présent, médite ces paroles qui exhalent le souffle du désespoir. Dans sa douloureuse invocation à
> Dieu, le Seigneur des mondes, il dit :
> Glorifié sois-tu, ô mon Dieu ! Témoigne que par ce Livre, j’ai conclu une alliance avec toutes
> choses créées concernant la mission de Celui que tu rendras manifeste, avant même que soit établie
> l’alliance relative à ma propre mission. Toi et ceux qui ont cru en tes signes, vous êtes des témoins
> suffisants. En vérité, tu me suffis. En toi, j’ai placé ma confiance ! En vérité, tu tiens compte de
> toutes choses.
> 
> (233)
> Ailleurs, il dit : Ô miroirs semblables au soleil ! [nota : disciples choisis par le Báb pour guider la
> communauté] Regardez le Soleil de vérité ! Vraiment, vous dépendez de lui, si seulement vous pouviez
> le percevoir ! Vous êtes comme des poissons qui se déplacent dans les eaux de la mer sans la voir et
> se demandent de quoi ils dépendent.
> 
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                          Page 62 / 74
> De même, il dit : Je porte plainte auprès de toi, ô Miroir de ma générosité, contre tous les autres
> miroirs. Ils me regardent tous à travers leurs propres couleurs.
> Ces paroles furent révélées par la Source de la révélation de l’infiniment Généreux et furent
> adressées à Siyyid Javád, connu sous le nom de Karbilá’í [nota : élevé à Karbilá (d’où son surnom), ce
> disciple de Kázim Rashtí et ami du grand-oncle du Báb rencontra le Báb alors qu’il était un enfant. Par la suite, il
> devint bábí par l’intermédiaire de Mullá Alí Bastámí. Il reconnut Bahá’u’lláh avant sa déclaration, à Bagdad et est
> connu, à cause de sa sainteté, sous le nom de « Siyyid-i-Núr ». Il mourut à Kirmán, en Perse] .
> Dieu atteste, et le monde en porte témoignage, que ce siyyid est demeuré fidèle à cet opprimé et
> qu’il a même réfuté en détail les arguments de ceux qui se sont détournés de moi. En outre, deux
> communications dans lesquelles il témoigne de la révélation du Véritable et dans lesquelles les
> preuves de son détachement de tout sauf de lui sont claires et manifestes, furent envoyées par nous à
> Haydar-‘Alí [nota : bahá’í dévoué qui, du vivant de Bahá’u’lláh puis de ‘Abdu’l-Bahá, fit de multiples voyages au
> service de la Cause et fut très souvent persécuté. Il mourut à Haïfa en 1920. Auteur du récit intitulé Bihjatu’s-Sudúr
> (Délice de mon coeur)] .
> L’écriture de ce siyyid est reconnaissable et connue de tous. Le but de tout ceci est de permettre que
> les eaux vives de la reconnaissance baignent ceux qui nous ont reniés et que la lumière de la
> conversion illumine ceux qui se sont détournés. Dieu m’en est témoin, cet opprimé n’a d’autre but
> que de transmettre la parole de Dieu. Heureux les justes et malheur à ceux qui se détournent ! Ceuxci ont comploté à maintes reprises et agissent avec duplicité de diverses manières. C’est ainsi qu’ils
> se sont procuré un portrait de ce siyyid et l’ont collé avec celui d’autres personnes sur une feuille
> portant, en tête, un portrait de Mírzá Yahyá. Bref, ils se sont servi de tous les moyens pour rejeter le
> Véritable. Dis : « Le Véritable est venu, manifeste comme le soleil. Quel malheur qu’il soit venu
> dans la cité des aveugles ! » Le siyyid en question admonesta les négateurs et les somma de
> reconnaître l’Horizon suprême, mais il ne put empreindre ces pierres que ne peut marquer aucune
> empreinte. Ils le calomnièrent au point qu’il chercha refuge en Dieu - exaltée soit sa gloire ! Les
> suppliques qu’il adressa à cette sainte Cour sont en notre possession. Heureux les équitables !
> 
> (234)
> À présent, rappelle-toi comment le Point premier se plaignit des Miroirs [nota : disciples choisis par le
> Báb pour guider la communauté] , dans l’espoir de voir les hommes s’éveiller, se tourner de la gauche des
> vaines chimères et des futiles imaginations vers la droite de la foi et de la certitude et découvrir ce
> qui leur est voilé. En vérité, c’est dans le but de reconnaître cette très grande Cause qu’ils sont sortis
> du monde de la non-existence pour entrer dans le monde de l’existence.
> De même, il dit : Ô mon Dieu, consacre-lui cet Arbre [nota : Le Báb] tout entier, afin qu’en soient
> révélés tous les fruits que Dieu y a créés en faveur de celui qu’il a choisi pour révéler tout ce qui lui
> plaît. Par ta gloire ! Que cet Arbre ne porte jamais une branche, une feuille ou un fruit qui ne
> s’incline devant lui au jour de sa révélation ou qui refuse de te louer par son intermédiaire, comme
> il sied à la splendeur de sa très glorieuse révélation et à la sublimité de sa retraite suprême. Ô mon
> Dieu ! Si tu voyais une branche, une feuille ou un de mes fruits omettre de s’incliner devant lui au
> jour de sa révélation, retranche-le de cet arbre, ô mon Dieu, car il n’est pas de moi et ne retournera
> pas à moi.
> 
> (235)
> Ô peuple du Bayán ! Je le jure par Dieu ! Cet opprimé n’a d’autre intention que de proclamer la
> cause qu’il est chargé de révéler. Tendez vers lui votre oreille intérieure et vous entendrez chaque
> membre, chaque veine et même chacun des cheveux de cet opprimé, exprimer ce qui émouvra et
> ravira le concours céleste et le monde de la création.
> 
> (236)
> Ô Hádí ! [nota : Mírzá Hádí Dawlat-Ábádí, célèbre théologien d’Isfahán qui devint un disciple de Mírzá Yahyá et fut,
> par la suite, désigné comme son successeur] Le fanatisme aveugle des temps passés a détourné du droit
> chemin les créatures infortunées. Pense à la secte chiite. Douze siècles durant, ils ont tous invoqué :
> « Ô Qá’im ! » [nota : depuis le début, les chiites attendent la venue du Qá’im], pour finir par rendre contre lui
> une sentence de mort et par lui faire subir le martyre, bien qu’ils croient en Dieu, le Véritable -
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                        Page 63 / 74
> exaltée soit sa gloire - l’acceptent et le reconnaissent, comme ils acceptent et reconnaissent le
> Sceau des prophètes et les Elus [nota : Imáms]. À présent, il convient de réfléchir un instant pour
> découvrir ce qui est advenu entre Dieu et ses créatures, et connaître les actes qui ont provoqué
> opposition et reniement.
> 
> (237)
> Ô Hádí ! Ainsi que tous l’attestent, nous avons entendu la plainte des minbars [nota : chaire d’une
> mosquée] du haut desquels, comme tous l’attestent, les religieux injurièrent le Véritable au moment
> de sa manifestation. À celui qui est l’Essence de l’Être et à ses compagnons, ils firent ce que l’oeil
> du monde n’avait jamais vu ni son oreille entendu. Tu as exhorté le peuple, et tu l’exhortes toujours,
> te prétendant son vice-roi et son miroir, alors que tu ignores tout de cette Cause, car tu n’as pas été à
> mes côtés.
> 
> (238)
> Chacun, parmi ce peuple, sait bien que Siyyid Muhammad [nota : Hájí Siyyid Muhammad Isfahání,
> « l’antéchrist de la révélation bahá’íe », qui inspira les infamies perpétrées par Mírzá Yahyá] n’était que l’un de
> nos serviteurs. À l’époque où, sur la demande du gouvernement impérial ottoman, nous nous
> rendîmes dans la capitale, il nous accompagna. Or, par la suite, il commit - je le jure par Dieu - ce
> qui fit couler les larmes de la Plume du Très-Haut et gémir son épître. C’est pourquoi nous le
> chassâmes ; sur quoi il rejoignit Mírzá Yahyá et fit ce que n’a jamais fait aucun tyran. Nous
> l’abandonnâmes en lui disant : « Hors de ma vue, ô insouciant ! » Sur ces mots, il rejoignit l’ordre
> des Mawlavis [nota : derviches tourneurs] et demeura en leur compagnie jusqu’à ce que nous parvint
> l’ordre de partir.
> 
> (239)
> Ô Hádí ! N’accepte pas de devenir l’instrument qui propage de nouvelles superstitions ; refuse
> d’établir, une fois encore, une secte semblable à celle des chiites. Réfléchis à la quantité de sang
> répandu. Toi avec les autres qui se prétendent savants, et avec les théologiens chiites, vous avez
> tous, dès les premières années, maudit le Véritable et décrété que son sang sacré devait être versé.
> Crains Dieu, ô Hádí ! Ne permets pas que les hommes soient à nouveau affligés des superstitions du
> passé. Crains Dieu et ne sois point de ceux qui se montrent injustes. En ces jours, nous avons appris
> que tu as tenté de mettre la main sur chaque exemplaire du Bayán pour le détruire. Pour l’amour de
> Dieu, cet opprimé te prie de renoncer à ton projet. Pas plus hier qu’aujourd’hui ton intelligence et
> ton jugement ne surpassent l’intelligence et le jugement du Prince du monde [nota : Le Báb]. Dieu
> atteste et témoigne que cet opprimé n’a pas lu le Bayán et n’a pas été informé de son contenu. On
> sait toutefois, de manière claire et indubitable qu’il a voulu que le livre du Bayán soit le fondement
> de ses oeuvres. Crains Dieu, et ne t’ingère point dans des affaires qui, de très loin, te dépassent.
> Douze siècles durant, les malheureux chiites ont été égarés par ceux qui te ressemblent dans le
> piège des vaines chimères et des futiles imaginations. Finalement, au jour du jugement, se produisit
> ce qui incita les oppresseurs de jadis à chercher refuge auprès du Véritable.
> 
> (240)
> Perçois à présent le cri du Point que ses paroles ont fait jaillir. Si sur cet Arbre - son être béni -
> apparaissait un fruit, une feuille ou une branche qui ne croie pas en lui, il supplierait Dieu de
> l’arracher sans hésiter. De même, il dit : Si quelqu’un affirmait quelque chose sans preuve, ne le
> rejetez pas. Pourtant, bien que confirmé à présent par une centaine de livres, tu l’as rejeté et tu t’en
> réjouis !
> 
> (241)
> Une fois de plus, je te supplie d’examiner attentivement ce qui a été dispensé. En cette révélation,
> les brises de la parole ne sont pas comparables à celles des âges antérieurs. Continuellement affligé,
> cet opprimé ne trouva aucun lieu sûr pour étudier les écrits du Très-Exalté [nota : Le Báb] ou ceux de
> tout autre. Environ deux mois après notre arrivée en Irak suite à l’ordre de Sa Majesté le Sháh de
> Perse - que Dieu l’assiste -, Mírzá Yahyá nous rejoignit. Nous lui dîmes : « Conformément à l’ordre
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                      Page 64 / 74
> royal, nous avons été envoyé en ce lieu. Mais il est souhaitable que tu demeures en Perse. Nous
> enverrons notre frère, Mírzá Músá [nota : frère de Bahá’u’lláh qui lui demeura fidèle], dans une autre
> région. Vos noms ne sont pas mentionnés dans le décret royal, vous pouvez donc vous lever et
> servir. » Par la suite, cet opprimé quitta Bagdad et se retira du monde pendant deux ans [nota :
> Bahá’u’lláh se retira dans les montagnes du Kurdistan] . À notre retour, nous constatâmes que Mírzá Yahyá
> n’était pas parti et différait son départ. Cet opprimé en fut grandement attristé. Dieu atteste et
> témoigne que nous nous sommes, à tout moment, préoccupé de la propagation de cette cause. Ni les
> chaînes, ni les carcans, ni les fers, ni l’emprisonnement n’ont pu nous empêcher de révéler notre
> rang. Dans ce pays, nous interdîmes toute sédition et tout acte déplacé et impie. Jour et nuit, nous
> diffusâmes nos épîtres dans toutes les directions. Nous n’avions d’autre but que d’amender l’âme
> des hommes et d’exalter la parole sacrée.
> 
> (242)
> Nous désignâmes certaines personnes pour rassembler tout particulièrement les écrits du Point
> premier. Cela fait, nous convoquâmes dans un endroit précis Mírzá Yahyá et Mírzá Vahháb-i-
> Khurásání, connu sous le nom de Mírzá Javád [nota : figure éminente parmi les premiers croyants et qui vécut
> durant les ministères du Báb et de Bahá’u’lláh] . Suivant nos instructions, ils menèrent à bien la tâche de
> transcrire deux exemplaires des oeuvres du Point premier. Je le jure par Dieu ! Du fait de ses
> relations constantes avec tout le monde, cet opprimé n’a point consulté ces livres ni jeté un regard
> sur ces écrits. Lorsque nous partîmes, ils étaient en la possession de ces deux personnes. Il fut
> convenu que Mírzá Yahyá emporterait ces écrits en Perse afin de les diffuser à travers le pays. À la
> demande des ministres du gouvernement ottoman, cet opprimé se rendit alors à la capitale,
> Constantinople. Lorsque nous arrivâmes à Mosul, nous constatâmes que Mírzá Yahyá y était arrivé
> avant nous et qu’il nous y attendait. Bref, les livres et les écrits furent laissés à Bagdad, tandis qu’il
> se rendait lui-même à Constantinople pour rejoindre ces serviteurs.
> Dieu m’est témoin ! Que Mírzá Yahyá, ignorant nos efforts assidus, ait abandonné les écrits et
> rejoint les exilés affecta cet opprimé. Pendant longtemps, celui-ci fut accablé de chagrins infinis
> jusqu’à ce qu’il pût, en application de mesures dont nul n’est informé, hormis le seul vrai Dieu,
> expédier les écrits dans un autre pays, car en Irak, tous les documents doivent être examinés chaque
> mois, de peur qu’ils ne pourrissent et ne disparaissent. Mais Dieu les protégea et les envoya en un
> lieu qu’il avait antérieurement ordonné. En vérité, il est le Protecteur, le Sauveur.
> 
> (243)
> Partout où se rendit cet opprimé, Mírzá Yahyá le suivit. Toi-même tu l’as vu et tu sais fort bien que
> tout cela est la vérité. Cependant, le siyyid d’Isfahán [nota : Hájí Siyyid Muhammad Isfahání (voir note du
> verset 234)] le dupa sournoisement. Leurs actes provoquèrent la plus grande consternation. Si
> seulement tu voulais enquêter auprès des officiels du gouvernement sur la conduite de Mírzá Yahyá
> dans ce pays ! Par Dieu, l’Unique, l’Incomparable, le Fort, le Tout-Puissant ! Je t’adjure d’examiner
> attentivement les communications adressées en son nom au Point premier, afin de contempler les
> signes de Celui qui est la vérité aussi claire que le soleil. De même, il émane des paroles du Point du
> Bayán - puisse chacun sacrifier son âme par amour pour lui - ce qu’aucun voile ne peut obscurcir ni
> dissimuler, pas plus ceux de la gloire que ceux qui sont interposés par les égarés. En vérité, les
> voiles ont été déchirés par le doigt de la volonté de ton Seigneur, le Fort, le Conquérant, le Tout-
> Puissant. Ah ! ceux qui m’ont calomnié et envié sont dans un état bien désespéré. Il y a peu, on
> m’apprit que tu attribuais à d’autres le Kitáb-i-Íqán [nota : Le livre de la certitude, révélé par Bahá’u’lláh à
> Bagdad en 1862] et quelques autres épîtres. Par Dieu ! Quelle cruelle injustice ! Ils sont incapables
> d’en comprendre le sens, encore moins de les révéler !
> 
> (244)
> Hasan-i-Mázindarání [nota : Muhammad Hasan, croyant originaire de Mázindarán, province natale de
> Bahá’u’lláh. Il est le fils de Mírzá Zaynu’l-‘Abidín, un oncle paternel de Bahá’u’lláh] était porteur de soixantedix épîtres. Après sa mort, elles ne furent point remises à leurs destinataires, mais confiées à l’une
> des soeurs de cet opprimé [nota : Sháh Sultán Khanúm qui rejoignit Mírzá Yahyá] qui, sans raison aucune,
> 
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                     Page 65 / 74
> s’était détournée de moi. Dieu sait ce qu’il advint de ces épîtres. Cette soeur n’avait jamais vécu
> avec nous. Par le Soleil de vérité, je jure qu’après ces événements, elle ne vit jamais Mírzá Yahyá et
> resta ignorante de notre cause, car, en ces jours-là, elle nous était hostile. Elle vivait dans un
> quartier, et cet opprimé dans un autre. Toutefois, en signe de notre tendre bonté, de notre affection
> et de notre miséricorde, nous nous rendîmes auprès d’elle et de sa mère quelques jours avant notre
> départ [nota : départ en exil pour Bagdad] afin qu’elle goûte aux eaux vives de la foi et qu’elle parvienne
> à ce qui la rapprocherait de Dieu en ce jour. Dieu sait et en témoigne, comme elle-même l’atteste,
> que je n’avais pas d’autre intention. Finalement - loué soit Dieu - elle y parvint par Sa grâce et fut
> revêtue de la parure de l’amour. Mais à la suite de notre bannissement d’Irak et de notre départ pour
> Constantinople, nous cessâmes de recevoir de ses nouvelles.
> Après notre séparation sur la terre de Ṭá [nota : Téhéran], nous cessâmes de rencontrer Mírzá Ridá-
> Qulí [nota : l’un des frères de Bahá’u’lláh qui ne reconnut pas son rang], notre frère, et aucune nouvelle
> particulière la concernant ne nous parvint. Autrefois, nous vivions tous dans la même maison qui fut
> ensuite vendue aux enchères pour une somme négligeable.
> Les deux frères, Farmán-Farmá [nota : titre conféré au prince Firaydún Mírzá, fils du prince ‘Abbas Mírzá et
> frère de Muhammad Sháh] et Hisámu’s-Saltanih [nota : titre du prince Nurad Mírzá, petit-fils de Fath-‘Alí Sháh] ,
> l’achetèrent et se la partagèrent. Après cela, nous nous séparâmes de notre frère. Il établit sa
> résidence à proximité de l’entrée de la Masjid-i-Sháh [nota : grande mosquée à Téhéran, construite par
> Fath-‘Alí Sháh] , tandis que nous habitions près de la porte de Shimírán [nota : district au nord de Téhéran] .
> Par la suite, cette soeur adopta à notre égard une attitude hostile sans la moindre raison. Cet
> opprimé garda le silence en toutes circonstances. Malgré cela, de Núr, elle ramena chez elle la fille
> de notre défunt frère Mírzá Muhammad-Hasan - que sur lui soit la gloire de Dieu, sa paix et sa
> miséricorde - qui était fiancée à la plus grande Branche, et l’envoya dans un autre lieu. Quelquesuns de nos compagnons et amis en divers endroits s’en plaignirent, car il s’agissait d’un acte très
> grave, désapprouvé par tous les bien-aimés de Dieu. Il est étrange que notre soeur l’ait amenée dans
> sa propre maison pour, ensuite, l’envoyer ailleurs !
> Malgré cela, cet opprimé demeura - et demeure encore - calme et silencieux. Un mot, pourtant, fut
> dit pour tranquilliser nos bien-aimés. Dieu atteste et témoigne que tout ce qui fut dit est la vérité et
> fut proféré avec sincérité. Personne parmi nos bien-aimés, où qu’ils soient, ne pouvait croire notre
> soeur capable d’un acte aussi contraire aux convenances, à l’affection et à l’amitié. Réalisant qu’à la
> suite de cet incident, les liens étaient rompus, ils [nota : la soeur de Bahá’u’lláh et Mírzá Yahyá] se
> conduisirent d’une manière que toi et d’autres connaissez fort bien. Est donc évidente l’intensité de
> la douleur dont cet acte accable cet opprimé. Par la suite, elle prit parti pour Mírzá Yahyá. Des
> rapports contradictoires nous parviennent à présent à son sujet et nous ne savons pas vraiment ce
> qu’elle dit ni ce qu’elle fait. Nous supplions Dieu - béni et glorifié soit-il - de faire en sorte qu’elle
> se tourne vers lui, et de l’aider à se repentir devant le seuil de sa grâce. Il est vraiment le Puissant, le
> Clément ; en vérité, il est le Tout-Puissant, le Magnanime.
> 
> (245)
> De même, dans une autre circonstance, il [nota : Le Báb] dit : « S’il apparaissait en cet instant même,
> je serais le premier à l’adorer et le premier à m’incliner devant lui. » Sois équitable, ô peuple ! Le
> Très-Élevé [nota : Le Báb] voulait s’assurer que l’imminence de la révélation n’éloigne pas les
> hommes de la loi divine et éternelle, comme elle avait empêché les compagnons de Jean-Baptiste de
> reconnaître celui qui est l’Esprit [nota : Jésus].
> Combien de fois n’a-t-il pas dit : Ne souffrez pas que le Bayán et tout ce qui est révélé dans cet
> ouvrage vous séparent de cette essence de l’Être, ce Seigneur du visible et de l’invisible. Si, malgré
> cette irrévocable injonction, quelqu’un reste assujetti au Bayán, il est en vérité sorti de l’ombre de
> l’Arbre béni et exalté. Sois équitable, ô peuple, et ne sois pas du nombre des insouciants.
> 
> (246)
> Il dit aussi : Ne laissez pas les noms s’interposer comme un voile entre vous et celui qui est leur
> Seigneur ; pas même le nom de prophète, car un tel nom n’est qu’une création de sa parole.
> 
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                    Page 66 / 74
> Également, dans la septième porte de la deuxième unité [nota : le Bayán persan est divisé en dix chapitres
> appelés váhid (unité), chaque chapitre étant divisé en sections appelées « Báb » (porte)] , il dit : Ô peuple du
> Bayán ! N’agis point comme l’a fait le peuple du Coran, car, si tu le fais, les fruits de ta nuit se
> réduiront à néant.
> Et, plus loin, il dit - glorifiée soit sa mention - : Si tu parviens à sa révélation et si tu lui obéis, tu
> auras révélé le fruit du Bayán ; sinon, tu es indigne d’être mentionné devant Dieu. Aie pitié de toimême ! Si tu n’aides pas celui qui est la Manifestation de la souveraineté de Dieu, au moins ne sois
> pas pour lui une source de tristesse.
> Et, plus loin, il dit - magnifié soit son rang - : Si tu ne parviens pas en présence de Dieu, au moins
> ne tourmente pas le Signe de Dieu. Si tu renonces à ce qui peut lui nuire, tu renonceras à ce dont
> peuvent bénéficier ceux qui reconnaissent le Bayán. Mais je sais que tu refuseras de le faire.
> 
> (247)
> Ô Hádí ! [nota : Mírzá Hádí Dawlat-Ábádí, célèbre théologien d’Isfahán qui devint un disciple de Mírzá Yahyá et fut,
> par la suite, désigné comme son successeur (voir note du verset 236)] Ne serait-ce pas à cause de ces
> indubitables paroles que tu as décidé de rejeter le Bayán ? Prête l’oreille à la voix de cet opprimé et
> renonce à cette oppression qui fait trembler les fondements du Bayán. Je n’ai été ni à Chihríq ni à
> Mákú. À l’heure actuelle circulent parmi tes disciples des déclarations identiques à celles formulées
> par les chiites qui disent que le Coran est incomplet.
> Ces gens prétendent également que ce Bayán n’est point l’original. Or, la copie transcrite de la main
> de Siyyid Husayn [nota : Siyyid Husayn-i-Yazdí, principal secrétaire du Báb. Emprisonné avec lui, il le renia sur
> son ordre au moment où ils allaient être exécutés à Tabríz, afin de pouvoir aller porter ses instructions à Bahá’u’lláh et
> aux bábís] est disponible, de même que celle de la main de Mírzá Ahmad [nota : alias Mullá ‘Abdu’l-
> Karím de Qazvín, disciple dévoué du Báb et de Bahá’u’lláh, et secrétaire du Báb qui, avant la mort de ce dernier, remit
> les présents et les effets du Báb à Bahá’u’lláh] .
> 
> (248)
> Est-il opprimé à tes yeux celui [nota : Mírzá Yahyá] qui n’a jamais reçu un seul coup en ce bas monde
> et qui vit continuellement entouré de cinq servantes de Dieu ? Quant au Véritable [nota : Bahá’u’lláh]
> qui, depuis son jeune âge jusqu’à ce jour, est aux mains de ses ennemis, accablé des pires
> tourments, l’accuseras-tu de ce dont les Juifs n’ont même jamais accusé le Christ ? Écoute la voix
> de cet opprimé, et ne sois pas de ceux qui sont complètement égarés.
> 
> (249)
> Et le Báb dit encore : Nombreux sont les feux que Dieu transforme en lumière grâce à Celui que
> Dieu rendra manifeste ; nombreuses les lumières qu’il transforme en feu ! Je considère son
> apparition comme le soleil au milieu du ciel et la disparition de toutes choses comme celle des
> étoiles de la nuit au lever du jour.
> Ô monde ! As-tu des oreilles pour entendre la voix du Véritable et juger cette révélation avec
> équité ? Dès que celle-ci apparut, le Sinaï s’exclama : « Celui qui conversa à mon sujet est venu
> avec des signes évidents et des preuves resplendissantes, en dépit de chaque insouciant qui s’est
> profondément égaré et de chaque calomniateur qui a souhaité éteindre la lumière de Dieu par ses
> mensonges et effacer les signes de Dieu par sa malveillance. En vérité, ils sont de ceux qui ont agi
> injustement dans le Livre de Dieu, le Seigneur des mondes ».
> 
> (250)
> Il dit de même : Le Bayán, du début à la fin, est le dépositaire de tous ses attributs et le gardien de
> son feu comme de sa lumière.
> Dieu de grandeur ! L’âme est saisie par le parfum de sa parole, car il proclame ce qu’il voit avec
> une infinie tristesse. De même, à la « Lettre du Vivant », Mullá Báqir [nota : Natif de Tabríz, homme de
> grand savoir; il devint une Lettre du Vivant. Était avec Bahá’u’lláh à Núr, dans le Mázindarán et à Badasht. Survécut à
> toutes les autres Lettres du Vivant] - que sur lui reposent la gloire de Dieu et sa tendre bonté -, il dit:
> Peut-être pourras-tu dans huit années, au jour de sa révélation, parvenir en sa présence.
> 
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> (251)
> Sache-le, ô Hádí, et sois de ceux qui écoutent. Juge avec équité. Les compagnons de Dieu et les
> témoins de celui qui est la vérité ont, pour la plupart, souffert le martyre. Toi, pourtant, tu es encore
> vivant. Comment se fait-il que tu aies été épargné ? Je le jure par Dieu ! C’est grâce à ton reniement
> [nota : voir note du verset 236] , alors que le martyre de ces âmes bénies est dû à leur déclaration de foi.
> Tout être juste et impartial en témoigne, car la cause et la motivation de chacune d’elles sont claires
> et manifestes comme le soleil.
> 
> (252)
> De même, il s’adresse en ces termes à Dayyán [nota : titre conféré par le Báb à Asadu’lláh de Khoy, croyant
> dévoué et éminent. Il fut la troisième personne à reconnaître le véritable rang de Bahá’u’lláh avant la déclaration de
> celui-ci. Il fut assassiné à Bagdad par les disciples de Mírzá Yahyá (voir la Chronique de Nabíl, op. cit., p.228)] , qui
> fut maltraité et souffrit le martyre : Tu reconnaîtras ta valeur dans les paroles de Celui que Dieu
> rendra manifeste.
> Il l’appelle d’ailleurs la troisième Lettre à croire en Celui que Dieu rendra manifeste en disant : Ô
> toi qui es la troisième Lettre à croire en Celui que Dieu rendra manifeste.
> Et il ajoute : Toutefois, si Dieu le veut, il te fera connaître par les paroles de Celui que Dieu rendra
> manifeste.
> Et ce Dayyán qui était, selon les paroles du Point - que les âmes de tous sauf la sienne, soient
> sacrifiées par amour pour lui -, le dépositaire de la confiance du seul vrai Dieu - exaltée soit sa
> gloire - et le trésor des perles de sa connaissance, subit un martyre si cruel que le concours céleste
> pleura et se lamenta. C’est à lui que le Báb enseigna le savoir caché et préservé, et confia ces
> paroles :
> Ô toi qui as reçu le nom de Dayyán ! [nota : attribut de Dieu signifiant Juge suprême] Voici un savoir
> caché et préservé. Nous te l’avons apporté et te l’avons confié comme une marque d’honneur
> émanant de Dieu, car l’oeil de ton coeur est pur. Tu en apprécieras la valeur et en chériras
> l’excellence. En vérité, Dieu a daigné conférer au Point du Bayán un savoir caché et préservé,
> comme jamais encore il n’en avait envoyé ici-bas avant cette révélation. Il est plus précieux aux
> yeux de Dieu - glorifié soit-il - que tout autre savoir. En vérité, il en a fait sa preuve, tout comme il
> a fait des versets sa preuve.
> Cet être maltraité, dépositaire du savoir de Dieu, ainsi que Mírzá ‘Alí-Akbar [nota : cousin paternel du
> Báb et ami intime de Dayyán. Il fut assassiné par les disciples de Mírzá Yahyá] , l’un des parents du Point
> premier - sur lui, la gloire de Dieu et sa miséricorde -, Abu’l-Qásim-i-Káshí [nota : érudit bábí de
> Káshán qui fut assassiné à Bagdad par les disciples de Mírzá Yahyá] et plusieurs autres disciples, subirent le
> martyre sur ordre de Mírzá Yahyá.
> 
> (253)
> Ô Hádí ! Son livre [nota : le livre du Báb], qu’il a intitulé « Mustayqiz », est en ta possession. Lis-le !
> Même si tu l’as déjà parcouru, relis-le ! Peut-être pourras-tu obtenir pour toi-même une situation
> élevée sous le dais de la Vérité.
> 
> (254)
> Il en fut de même pour Siyyid Ibráhím [nota : surnommé Khalíl par le Báb ; disciple de la première heure du
> Báb, il jouissait de la pleine confiance de ce dernier. Plus tard, à Bagdad, il reconnut le véritable rang de Bahá’u’lláh
> qui le protégea contre les noirs desseins de Yahyá] , au sujet duquel ces paroles émanèrent de la plume du
> Point premier - que sa parole soit magnifiée - : Ô toi qui es mentionné comme mon ami dans mes
> écrits, comme mon souvenir dans mes livres, en sus de mes écrits, et comme mon nom dans le
> Bayán !
> De Mírzá Yahyá, Siyyid Ibráhím et Dayyán reçurent les surnoms de « Père des iniquités » et « Père
> des calamités. » Juge avec équité : combien cruel fut le sort de ces êtres maltraités, alors que l’un ne
> cherchait qu’à le servir et que l’autre était son invité. Bref, je le jure par Dieu ! Il commit de tels
> actes que notre plume a honte de les relater.
> 
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> (255)
> Songe un instant au déshonneur infligé au Point premier [nota : allusion au mariage de Mírzá Yahyá avec la
> seconde épouse du Báb, malgré l’interdiction prononcée par celui-ci] . Considère ce qui est arrivé. Lorsque,
> suite à l’intervention de quelques personnes qui l’avaient longtemps cherché dans le désert, cet
> opprimé retourna à Bagdad après une retraite de deux années durant lesquelles il erra à travers les
> déserts et les montagnes, Mírzá Muhammad-‘Alí de Rasht vint le voir et relata, devant une vaste
> assemblée, les manoeuvres affectant l’honneur du Báb, qui avaient véritablement accablé de chagrin
> toutes les contrées. Mon Dieu ! Comment ont-ils pu approuver cette très cruelle trahison ? Nous
> supplions Dieu d’aider l’auteur de cet acte à se repentir et à retourner à lui. En vérité, il est le
> Secours, le Très-Sage.
> 
> (256)
> Quant à Dayyán - sur lui, la gloire de Dieu et sa miséricorde -, il parvint en notre présence
> conformément à ce qui avait été révélé par la plume du Point premier. Nous prions Dieu d’aider les
> insouciants à se tourner vers lui, ceux qui se sont détournés à se diriger vers lui et ceux qui l’ont
> renié à reconnaître cette cause à l’apparition de laquelle toutes choses créées proclamèrent : « Il est
> venu, celui qui était caché dans le réceptacle de la connaissance et inscrit par la Plume du Très-Haut
> dans ses livres, ses écritures, ses manuscrits et ses épîtres ! »
> 
> (257)
> À cet égard, il nous a semblé nécessaire de mentionner les traditions qui ont été consignées
> concernant la cité bénie et honorée d’Acre, dans l’espoir que tu cherches, ô Hádí, un chemin vers la
> vérité et une voie vers Dieu.
> 
> (258)
> Au nom de Dieu, le Compatissant, le Miséricordieux !
> 
> (259)
> Il a été consigné ce qui suit concernant les mérites d’Acre, de la mer et de ‘Aynu’l-Baqar [nota : la
> source de la vache, ancienne source située à Acre] qui se trouve à Acre :
> 
> (260)
> ‘Abdu’l-‘Azíz, fils de ‘Abdu-Salám [nota : célèbre théologien sunnite], nous a relaté que le prophète -
> sur lui, les bénédictions de Dieu et son salut - avait dit : Acre est une ville de Syrie que Dieu a
> particulièrement gratifiée.
> 
> (261)
> Ibn-i-Mas’úd [nota : Abdulláh Ibn-i-Mas’úd, l’un des premiers musulmans arabes à l’époque de Muhammad] -
> puisse Dieu lui être favorable - a déclaré : « Le prophète - sur lui, les bénédictions de Dieu et son
> salut - a dit :
> De tous les rivages, le meilleur est celui d’Ashkelon [nota : ville côtière du sud de la Palestine (voir Juges
> 14,19)] , et Acre, en vérité, est meilleur qu’Ashkelon. La supériorité d’Acre sur Ashkelon et sur tous
> les autres rivages est comme celle de Muhammad sur tous les autres prophètes. Je vous apporte des
> nouvelles d’une cité entre deux montagnes en Syrie, au milieu d’un pâturage, qui porte le nom
> d’Acre. En vérité, à celui qui y pénètre avec l’ardent désir de la connaître et de la visiter, Dieu
> pardonnera les péchés passés et à venir. Quant à celui qui sort de cette cité autrement qu’en qualité
> de pèlerin, son départ ne sera point béni par Dieu. Il y a dans cette cité une source appelée source
> de la Vache. Dieu remplira de lumière le coeur de quiconque en boit, ne fût-ce qu’une gorgée ; il le
> protégera de la très grande terreur au jour de la résurrection. »
> 
> (262)
> Anas, fils de Málik [nota : Anas Ibn Málik, compagnon de Muhammad, fondateur de l’école malékite, une des
> quatre écoles de jurisprudence dans l’islam sunnite] - que Dieu soit content de lui - a déclaré :
> 
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> L’Apôtre de Dieu - sur lui, les bénédictions de Dieu et ses salutations - a dit : « Près du rivage de la
> mer s’élève une cité, suspendue au-dessous du trône, appelée Acre. À celui qui y demeure, ferme et
> dans l’attente d’une récompense de Dieu - exalté soit-il -, Dieu réservera, jusqu’au jour de la
> résurrection, la récompense prévue pour ceux qui se sont montrés patients, se sont levés, puis
> agenouillés et prosternés devant lui ».
> 
> (263)
> Et le prophète - sur lui, les bénédictions de Dieu et son salut - a dit :
> Je vous parle d’une cité sur le littoral, toute blanche, et dont la blancheur plaît à Dieu - exalté soitil - Elle porte le nom d’Acre. Celui qui a été piqué par l’une de ses puces est meilleur aux yeux de
> Dieu que celui qui a été grièvement blessé sur son chemin. Elle s’élèvera jusqu’au paradis, la voix
> de celui qui lance, dans cette ville, l’appel à la prière ; et celui qui demeure sept jours dans cette
> cité face à l’ennemi sera uni par Dieu à Khidr [nota : nom d’un saint légendaire et immortel (voir Coran
> 18.62, note)] - que la paix soit sur lui !. Dieu le protégera de la très grande terreur au jour de la
> résurrection : « Il y a des rois et des princes au paradis. Or, les pauvres d’Acre sont les rois du
> paradis et ses princes. Un mois à Acre vaut mieux que mille ans ailleurs ».
> 
> (264)
> L’Apôtre de Dieu - sur lui, les bénédictions de Dieu et son salut - aurait déclaré ce qui suit :
> Béni l’homme qui a visité Acre, béni celui qui a rendu visite au visiteur d’Acre ! Béni celui qui a bu
> à la source de la Vache et s’est lavé à son eau, car les jeunes filles aux yeux noirs s’abreuvent au
> camphre du paradis qui provient de la source de la Vache, de la source de Salván [nota : source à
> Jérusalem, également connue sous le nom de Siloé] et du puits de Zamzam ! [nota : puits à La Mecque considéré
> comme sacré par les musulmans] Heureux celui qui a bu à ces sources et s’est lavé dans leurs eaux, car
> Dieu a interdit au feu de l’enfer de le toucher, lui et son corps, au jour de la résurrection !
> 
> (265)
> Le prophète - sur lui, les bénédictions de Dieu et son salut - aurait dit :
> Il y a, dans Acre, des oeuvres surérogatoires et des actes bénéfiques que Dieu a spécialement
> octroyés à qui il lui plaît. Et pour celui qui, à Acre, dit : « Glorifié soit Dieu, louange à Dieu, il
> n’est d’autre Dieu que Lui, Dieu est le plus Grand, et il n’est de pouvoir et de force qu’en Dieu, le
> Suprême, le Puissant », Dieu consignera mille bonnes actions et en effacera mille mauvaises ; il
> l’élèvera de mille degrés au paradis et lui pardonnera ses péchés. Et de quiconque dit à Acre « je
> demande pardon à Dieu », Dieu pardonnera tous les péchés. Et celui qui commémore Dieu à Acre,
> le matin et le soir, la nuit et à l’aube, est meilleur aux yeux de Dieu que celui qui porte épées,
> lances et armes sur le chemin de Dieu - exalté soit-il !
> 
> (266)
> L’Apôtre de Dieu - sur lui, les bénédictions de Dieu et son salut - a dit également :
> De celui qui, le soir, regarde la mer et dit au coucher du soleil : « Dieu est le plus grand ! », Dieu
> pardonnera les péchés, fussent-ils amoncelés tels des tas de sable. Et de celui qui compte quarante
> vagues tout en répétant : « Dieu - exalté soit-il - est le plus grand ! », Dieu pardonnera les péchés,
> passés et à venir.
> 
> (267)
> L’Apôtre de Dieu - sur lui, les bénédictions de Dieu et son salut - a dit :
> Celui qui regarde la mer pendant toute une nuit est meilleur que celui qui passe deux mois entiers
> entre le Rukn et le Maqám [nota : la colonne et la pierre noire de La Mecque]. Et celui qui a été élevé au
> bord de la mer est meilleur que celui qui a été élevé ailleurs. Et celui qui est allongé sur le rivage
> est l’égal de celui qui se tient debout en d’autres lieux.
> 
> (268)
> Assurément, l’Apôtre de Dieu - que les bénédictions de Dieu, exalté soit-il, et son salut soient sur
> lui - a dit la vérité.
> 
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> Index
> 
> Abraham, §159.
> Amos,
> Prophéties d’§210,
> 211.
> Andrinople, §76, voir notes des §87, 192.
> Aqdas, §188, 215, 216, voir note des §47, 161.
> Arts et sciences, §31, 47, 57.
> Báb, §234, 242, 243, 252, 254, 255, 256.
> Prophéties concernant Bahá’u’lláh, §205, 220, 249, 252.
> Bagdad, §113, 241, 242, 255, voir note des §111, 233, 244, 252
> Bahá’u’lláh,
> but de §35, 58, 60, 63, 65, 76, 77, 141, 233, 241.
> courage §136, 139.
> détachement §62, 233.
> emprisonnement de §32, 33, 39, 87, 93, 95, 106, 125, 241.
> exhortations de §35, 38, 39, 40, 53, 54, 64, 148.
> mission lui annoncée §12, 14, 36.
> non scolarisé §11, 188.
> prophétie accomplie de l’Évangile §101, 142, 206, 215, 230.
> rang de §2, 67, 72, 79, 136.
> résignation de §125, 135, 149.
> révélation anticipée §70.
> révélation qui n’est pas de sa propre volonté §12, 64,
> source de son chagrin, §59.
> tribulations de §7, 28, 39, 53, 121, 149, 178, 182, 213.
> victoire assurée §34.
> Bayán, §167, 203, 204, 205, 220, 221, 222, 225, 229, 230, 239, 245, 246, 247, 250, 254
> peuple du Bayán §137, 221, 223, 224, 228, 230, 231, 235, 246.
> Point du Bayán §224, 243, 252.
> Buisson ardent, §70, 81, 88, 97, 137, 188.
> Caractère, §45, 46, 53, 100,195, 196.
> Carmel, §63, 210, 212.
> Christ, voir Jésus.
> Conscience morale, voir note des §50.
> Constantinople, §59, 76, 110, 111, 161, 164, 180, 182, 183, 200, 242, 244, voir note des §111, 163.
> Coran, §1, 2, 107, 133, 135, 158, 167, 170, 204, 207, 231, 246, 247, voir note des §10, 16, 30, 44, 45, 70, 109, 141,
> 142, 158, 160, 162, 168, 170 à 172, 188, 214, 231, 263.
> Courtoisie, §84, 111.
> Création,
> but de la, §5, 16, 135.
> monde de la, §29, 158.
> nouvelle, §170.
> royaume de la, §96, 154, 197.
> Dieu,
> amour de, §3, 13, 18, 30,75 , 77, 102, 103, 118, 139, 146, 154, 186.
> confiance en, §124, 156, 168.
> crainte de, §3, 39, 46, 49, 50, 53, 121, 179, 192, 194.
> dépendent de, §6, 124, 156.
> dessein de, §166.
> Inconnaissable, §17.
> miséricorde de, §42.
> pouvoir de, §110, 142,161, 211.
> Enfer, §192, 264.
> Fátimih, §22, 131, 157.
> Fermeté, §139
> Fidélité, §83, 112.
> Foi,
> 
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> Foi de Dieu, §17, 131, 150, 169.
> vraie foi, §53, 63, 137, 150, 189, 192.
> Honnêteté, §38.
> Humilité, §54, 148, 230.
> Incrédules, §231.
> Imams, §32, 70, 177.
> Íqán, §154, 171, 243.
> Isaïe, §209, 212.
> prophéties de, voir note des §209, 212, 230.
> Ismaël,
> prophéties d’, voir note des §124, 134, 158.
> ‘Ishqábád, voir note des §126, 127.
> Ishráqát,
> épître de, §46.
> Islám, §86, 157, voir note des §124, 167, 173, 262.
> Jean-Baptiste, §229, 245.
> Jérémie, §208
> prophétie de, voir note des §208,
> Jésus, §80, 82, 83, 85, 87, 97, 98, 132, 134, 142, 145, 158, 214, 219, 245.
> Joël,
> prophétie de, voir note des §207.
> Jour,
> de Dieu §192.
> de la résurrection §170, 192, 261, 262, 263, 264.
> Langue,
> du Verbe, §2, 4, 153, 204, 214, 221.
> universelle, §200, 201.
> Manifestations,
> buts des prophètes, §13
> prophètes de Dieu §102, 110, voir note des §44, 188, 190
> prophètes de la Cause §131
> infaillibilité des, §110, 155
> rang des, §69-75
> reconnaissance des, §102, 154.
> tribulations des, §107, 146.
> unité des, 98, 131, 132.
> Martyrs, §122, 130, 138, 139.
> de Téhéran voir note des §141.
> Roi et Bien-aimé des, §2, 98, 125, 159.
> Médecin,
> divin, §93, 104, 105.
> Moines, §83.
> Moïse, §70, 107, 109, 159, 170, voir note des §29, 87, 136, 137, 188.
> Monde, §91, 93
> condition du, §104.
> Muhammad, §87, 132, 159, 261, voir note des §22, 30,32, 70, 124, 134, 146, 157, 162, 261, 262.
> prophéties de, §260-267.
> Napoléon III,
> épîtres à, 76-93, 181.
> Obéissance,
> à la volonté de Dieu, §122-127.
> Paix, §35, 133, 216
> moindre paix §55
> Paradis, §85, 96, 128, 131, 164, 192, 197, 204, 263, 264, 265.
> Paroles de Dieu, §19, 30, 72, 87, 123, 125, 159, 160, 165, 188, 233, voir note des §131.
> Paroles Cachées,
> extraits de, §22.
> Partenaire avec Dieu, §4, 133, 155, 158.
> Patience, §6, 60, 63, 99, 116, 121, 156, 183, 208.
> Pauvre, §4, 89, 92, 148, 263.
> Perse,
> Épître au Sháh de, §12, 28.
> Peur,
> 
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> élimination de la, §37.
> Piété, §35, 38, 45, 53, 62, 195.
> Point premier,
> voir Báb.
> Point du Bayán,
> voir Bayán.
> Présence de Dieu, §170, 171, 204, 222, 246, 250.
> Prophéties,
> voir Amos, Báb, Jérémie, Joël, Muhammad,
> Pureté, §39, 202.
> Qá’im, §167, 177, 236, voir note des §22.
> Religieux, §20, 22, 70, 100, 125, 136, 157, 175, 184, 186, 187, 188, 199, 237.
> Religion, §17, 50, 51, 87, 107, 108, 130, 131, 230, 231.
> essence de la, §17
> éveil de la, §51
> nouvelle, §87
> source d’ordre, §51.
> Remède,
> contre les maux du monde §104.
> Renoncement, §3, 89, 120.
> Résurrection, §69, 159, 170, 192, 261-264.
> Rétribution, §170.
> Révélation,
> de Bahá’u’lláh §46, 70, 102, 104, 128, 133, 149, 159, 166, 184, 203-205, 209, 214, 220, 222, 231, 234, 241,
> 245, 246, 249, 252.
> Rois, §50, 51, 55, 76, 90, 100, 124, 139, voir note des §77, 99.
> Napoléon III, de France, §77-94
> Reine Victoria, d’Angleterre, §100.
> Épître au Sháh de Perse, §12, 28, 65, 118.
> Tsar de Russie, §95-100.
> Sagesse,
> divine..§30, 180, 217.
> Savoir,
> vrai..§7.
> caché §57, 252.
> Sceptiques, §205.
> Sciences et arts, §30, 31.
> Secte Chiite, §172, 184, 236, 239, 247, voir note des §22, 32, 70, 167, 236.
> Sinaï, §88, 97, 108, 136, 137, 192, 211, 249, voir note des §170.
> Soeur de Bahá’u’lláh, §244.
> Tajallíyát
> Épître de Bahá’u’lláh, §46.
> Téhéran §128, 139, 141, 178, 216, 244, voir note des §32, 119, 119, 139, 141, 205, 244.
> Travail,
> réduction du, §201.
> Tribulations,
> voir Bahá’u’lláh.
> Unité,
> enjointe par Bahá’u’lláh, §41, 64.
> de Dieu §74, 204.
> de la religion §17.
> des Prophètes §98.
> pouvoir de l’, §19.
> Victoria, Reine d’Angleterre, Épître à §100.
> Yahyá, Mírzá, §175, 233, 238, 241-244, 252, 254, voir note des §113, 139, 177, 228, 236, 238, 244, 247, 248, 252, 254,
> 255.
> 
> Épître au fils du Loup - www.religare.org                                                        Page 73 / 74
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> — *Épître au fils du Loup (Used by permission of the curator)*

