# De l'action sociale

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> Source: Bahá'í Library Online (bahai-library.com), curated by Jonah Winters. Used by permission of the curator. Original citation: Bahá'u'lláh, De l'action sociale, bahai-library.com.
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> De l’action sociale
> 
> Compilation préparée par le Département
> de la Recherche de la Maison universelle de justice
> V ersion française par la Commission de traduction,
> 
> août 2021
> 
> 1. Concepts et principes sous-jacents
> 2. Le concept de développement social et économique contenu dans les
> Enseignements
> 3. Une maturité collective et une civilisation sans cesse en progrès
> 4. Unité et Justice
> 5. Le rôle de la connaissance
> 6. Nature du développement social et économique bahá'í
> 7. Cohérence entre les dimensions matérielles et spirituelles de l'existence
> 8. Renforcement des capacités, participation et croissance organique
> 9. L'émergence des actions sociales
> 10. Développement communautaire et mouvement des populations
> 11. Méthodes et approches
> 12. Éducation et action systématique
> 13. Consultation et collaboration
> 14. Utilisation des moyens matériels
> 15. Thèmes choisis relatifs au développement social et économique
> 16. Éducation
> 17. Agriculture
> 18. L’économie
> 19. La santé
> 20. Les arts, les médias et la technologie
> 
> Concepts et principes sous-jacents
> 
> Le concept de développement social et économique contenu dans les
> Enseignements
> 
> Favorisez le développement des cités de Dieu et de ses contrées, et que les accents joyeux de ses
> favoris l’y glorifient. En vérité, le cœur des hommes est édifié par le pouvoir de la langue, comme
> les maisons et les cités sont construites avec les mains et par d’autres moyens. Nous avons à
> chaque fin, assigné un moyen ; servez-vous-en, et placez votre espérance et votre confiance en
> Dieu, l’Omniscient, le Très-Sage.
> (Bahá’u’lláh, le Kitáb-i-A qdas, par. 160) [1]
> L’objet de chaque révélation est d’effectuer une transformation complète de la nature de
> l’humanité, une transformation qui se manifestera tant intérieurement qu’extérieurement, qui
> affectera sa vie intime et son comportement.
> (Bahá’u’lláh, le Kitáb-i-Íqán : le Livre de la Certitude) [2]
> 
> […] ce qui a coulé de la Plume très exaltée conduit à la gloire, au progrès et à l’éducation de tous
> les peuples et de toutes les familles de la terre. C’est en effet le remède souverain pour tous les
> maux, puissent-ils seulement le comprendre et le percevoir
> (Bahá’u’lláh, tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le Kitáb-i-A qdas, p. 76, Maison d’éditions
> bahá'íes, 1994) [3]
> 
> Ô peuple de Dieu ! Prêtez l’oreille à ce qui, une fois respecté, assurera la liberté, le bien-être, la
> tranquillité, l’élévation, et le progrès de tous les hommes.
> (Bahá’u’lláh, tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le Kitáb-i-A qdas, p. 97) [4]
> 
> Dévoilé et découvert, cet Opprimé a, de tout temps, proclamé à la face de tous les peuples du
> monde ce qui servira de clef pour ouvrir les portes des sciences, des arts, de la connaissance, du
> bien-être, de la prospérité et de la richesse.
> (Bahá’u’lláh, Tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le Kitáb-i-A qdas, p. 101) [5]
> 
> Le progrès du monde, le développement des nations, la tranquillité des peuples et la paix de tous
> ceux qui vivent sur la terre constituent quelques-uns des principes et des ordonnances de Dieu. La
> religion octroie à l’homme le plus précieux des présents, elle lui offre la coupe de la prospérité,
> elle lui accorde la vie éternelle et dispense des avantages impérissables à l’humanité.
> (Bahá’u’lláh, Tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le Kitáb-i-A qdas, p. 134) [6]
> 
> Dieu, le Véritable, m’est témoin, et chaque atome de l’existence est là pour attester que nous
> avons clairement établi les moyens propres à favoriser l’élévation, le progrès, l’éducation, la
> protection et la régénération des peuples de la terre, et que ces moyens sont révélés par la Plume
> de gloire dans les saints Livres et les saintes Tablettes.
> (Bahá’u’lláh, Tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le Kitáb-i-A qdas, p. 135) [7]
> 
> Est en fait un homme celui qui, aujourd’hui, se consacre au service de la race humaine tout
> entière. Le Grand Être dit : Béni et heureux l’homme qui se lève pour promouvoir les meilleurs
> intérêts des peuples et des familles de la terre.
> (Bahá’u’lláh, Tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le Kitáb-i-A qdas, p. 176) [8]
> 
> Ce serviteur appelle chaque âme diligente et entreprenante à se lever et à faire l’impossible pour
> rétablir la situation dans toutes les régions et ranimer les morts par les eaux vivifiantes de la
> sagesse et de la parole en vertu de l’amour qu’il porte à Dieu, l’Unique, l’Incomparable, le Tout-
> Puissant, le Bienfaisant.
> (Bahá’u’lláh, Tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le Kitáb-i-A qdas, p. 181) [9]
> 
> Tout âge a son problème propre, toute âme son aspiration particulière. Le remède qui convient
> aux afflictions du présent jour ne saurait être celui que réclameront les maux d’un âge ultérieur.
> Enquérez-vous soigneusement des besoins de l’âge dans lequel vous vivez et que toutes vos
> délibérations portent sur ce que cet âge requiert.
> (Bahá’u’lláh, Le Tabernacle de l’Unité : Les réponses de Bahá’u’lláh à Mánikchí Ṣáḥib et
> autres écrits (Haifa : Bahá’í World Centre, 2006), § 1.4) [10]
> 
> Il appartient aux aimés de Dieu de s'occuper en toutes circonstances de ce qui est propice à
> l'édification des âmes, à l'avancement du monde de l’existence et à l'exaltation de la parole de
> Dieu, dont la réalisation dépend des délibérations des membres de la Maison de Justice. Heureux
> ceux qui s'efforcent de rendre service au monde de l'humanité. L'influence de ces âmes conduira
> le monde, de la difficulté au confort, de la pauvreté à la richesse et de l'humiliation à la gloire.
> (Bahá'u'lláh, extrait d'une tablette traduite du persan) [11]
> 
> Une fois en session, il leur appartient de discuter, au nom des serviteurs de Dieu, des affaires et
> des intérêts de tous […] De la même manière, ils doivent examiner des questions telles que le
> raffinement des mœurs, la préservation de la dignité humaine, le développement des villes et le
> régime politique dont Dieu a fait un rempart pour ses terres et une forteresse pour son peuple.
> (Bahá'u'lláh, extrait d'une tablette traduite du persan) [12]
> 
> Dieu nous a donné des yeux pour que nous puissions voir le monde autour de nous et saisir tout
> ce qui fera progresser la civilisation et les arts de vivre. Il nous a pourvus d’oreilles afin que nous
> puissions entendre avec profit la sagesse des savants et des philosophes et nous lever pour la
> mettre en pratique et la promouvoir. Nous avons été dotés de sens et de facultés pour les vouer au
> service du bien commun, afin que, nous distinguant par rapport à toute autre forme de vie par la
> perceptivité et la raison, nous puissions travailler en tout temps et de toutes les manières, que
> l'occasion soit grande ou petite, ordinaire ou extraordinaire, jusqu'à ce que l'humanité entière soit
> à coup sûr rassemblée dans la forteresse imprenable de la connaissance. Nous devons
> constamment établir de nouvelles bases pour le bonheur humain et créer et promouvoir de
> nouveaux instruments à cette fin. Combien excellent, combien honorable est l’homme qui se
> dresse pour affronter ses responsabilités ; combien misérable et méprisable est celui qui ferme les
> yeux au bien-être de la société et gaspille sa précieuse vie à la poursuite de ses propres intérêts et
> de ses avantages personnels. Le bonheur suprême appartient à l’homme et si dans l’arène de la
> civilisation et de la justice, il éperonne le coursier de ses efforts, il verra les signes de Dieu dans
> le monde et dans son âme.
> (‘Abdu'l-Bahá, Le Secret de la civilisation divine p. 19-20, Maison d’éditions baha’ies, 1973)
> [13]
> 
> Déploie tous les efforts possibles dans les domaines du développement et de la civilisation,
> dans l'acquisition de connaissances, l'accroissement des échanges commerciaux,
> l'amélioration de l'agriculture et la promotion des découvertes modernes.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [14]
> 
> En tout temps guide les amis de Dieu et conseille à chacun de se préoccuper jour et nuit de ce
> qui est propice à la gloire durable de la Perse, de déployer le maximum d’efforts et
> d’initiatives afin d'affiner le caractère et les mœurs, de travailler assidûment, de viser de
> nobles objectifs, de promouvoir l'amour et l'affection et de favoriser le progrès et le
> développement de l'industrie, de l'agriculture et du commerce.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [15]
> Les amis doivent œuvrer à développer la Perse, c'est-à-dire qu'ils doivent déployer de grands
> efforts pour promouvoir l'agriculture, l'industrie, le commerce, l'éducation, les arts et les
> sciences.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [16]
> 
> Et maintenant, en reconnaissance de l'aide, de la confirmation, de la protection et de l'amour
> bienveillant dont le Seigneur Très-Glorieux a fait preuve envers eux, les bien-aimés de Dieu
> doivent, avec une grande sagesse, s’efforcer de consolider les piliers de la cause de Dieu,
> d'établir et de promouvoir la religion de Dieu, de diffuser les parfums de Dieu et d'exalter la
> parole de Dieu. Ils doivent déployer tous les efforts possibles pour le développement des
> âmes à toutes les étapes de l'existence. Ils doivent éduquer les enfants et leur enseigner des
> arts utiles, atteindre des degrés de civilisation toujours plus élevés, multiplier les artisanats et
> les industries nationales, promouvoir le commerce, améliorer l'agriculture, assurer l'éducation
> de tous, instruire les femmes, les mettre à l’honneur, et faire preuve de considération envers
> les servantes de Dieu. Ils doivent s'efforcer, cœur et âme, de créer l'amour et l'unité entre les
> amis, de servir le gouvernement, d'être fidèles au trône, d’être bienveillants envers chacun et
> d'obéir au valeureux souverain.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [17].
> 
> La question de l’enseignement, son orientation, ses modalités, son développement, sa
> consolidation, aussi essentiels soient-ils pour les intérêts de la Cause, ne constituent
> nullement la seule question qui devrait recevoir toute l'attention de ces assemblées. Une étude
> attentive des Tablettes de Bahá'u'lláh et de ‘Abdu'l-Bahá révélera que d'autres devoirs, non
> moins vitaux pour les intérêts de la Cause, incombent aux représentants élus par les amis dans
> chaque localité. […]
> Ils doivent faire tout leur possible pour tendre à tout moment une main secourable aux
> pauvres, aux malades, aux handicapées, aux orphelins, aux veuves, indépendamment de leur
> couleur, de leur caste et de leur croyance.
> Ils doivent promouvoir par tous les moyens l'éveil matériel aussi bien que spirituel de la
> jeunesse et les moyens pour l’éducation des enfants, ils doivent établir, chaque fois que
> possible, des institutions éducatives bahá'íes, organiser et superviser leur travail et fournir les
> meilleurs moyens pour leur progrès et leur développement. […]
> Ils doivent prendre en charge l'organisation des réunions régulières des amis, des fêtes et
> des anniversaires, ainsi que des rassemblements spéciaux destinés à servir et à promouvoir les
> intérêts sociaux, intellectuels et spirituels de leurs semblables.
> (Shoghi Effendi, extrait d'une lettre du 12 mars 1923, dans Bahá'í A dministration :
> Selected Messages, 1922-1932, p. 37-38) [18]
> 
> Dès le début de son extraordinaire mission, Bahá'u'lláh attire l'attention des nations sur la
> nécessité d'ordonner les affaires humaines de manière à faire naître un monde unifié dans tous
> les aspects essentiels de la vie. Dans des versets et des tablettes innombrables, il déclare à
> plusieurs reprises et de manière variée que le « progrès du monde » et le « développement des
> nations » faisaient partie des ordonnances de Dieu pour ce jour. L'unité de l'humanité, qui est
> à la fois le principe de fonctionnement et le but ultime de sa Révélation, implique la
> réalisation d'une cohérence dynamique entre les exigences spirituelles et pratiques de la vie
> sur terre. Le caractère indispensable de cette cohérence est illustré sans équivoque par son
> institution du mashriqu’l-adhkár, le centre spirituel de chaque communauté bahá'íe autour
> duquel doivent fleurir des dépendances consacrées au progrès social, philanthropique,
> éducatif et scientifique de l'humanité. Ainsi, nous pouvons aisément comprendre que, bien
> qu'il ait été jusqu'à présent impossible pour les institutions bahá'íes en général de mettre
> l'accent sur les activités de développement, le concept de développement social et
> économique est inscrit dans les enseignements sacrés de notre foi. Le Maître bien-aimé, par
> ses paroles et ses actes édifiants, a donné l'exemple de l'application de ce concept à la
> reconstruction de la société. Voyez, par exemple, le progrès social et économique que les
> croyants iraniens ont atteint sous la direction aimante du Maître et, par la suite, avec
> l'encouragement indéfectible du Gardien de la Cause.
> (La Maison universelle de justice, extrait d'un message du 20 octobre 1983 aux bahá'ís du
> monde) [19].
> 
> ‘Abdu’l-Bahá nous a exhortés à répondre à « deux appels » qui mèneront au « succès et à la
> prospérité » lancés « des hauteurs du bonheur de l’humanité » : L'un est l'appel à la
> « civilisation », au « progrès du monde matériel ». Il comprend les « lois », les « directives »,
> les « arts et les sciences » par lesquels l'humanité se développe. L'autre est « l’appel de Dieu
> qui remue l'âme » et dont dépend le bonheur éternel de l'humanité. « Ce second appel, a
> expliqué le Maître, repose sur les instructions et les exhortations du Seigneur et sur les
> admonitions et les émotions altruistes appartenant au domaine de la morale qui éclairent la
> lampe des réalités humaines telle une lumière brillante. Son pouvoir pénétrant est la parole de
> Dieu ». En continuant à travailler dans vos groupements, vous serez impliqués de plus en plus
> dans la vie de la société qui vous entoure et serez mis au défi d'étendre le processus
> d'apprentissage systématique dans lequel vous êtes engagés pour y inclure un éventail
> croissant d'activités humaines. Dans les approches, les méthodes et les instruments que vous
> adopterez, il vous faudra atteindre le même degré de cohérence que celui qui caractérise le
> modèle de croissance en cours.
> (La Maison universelle de justice, message de Riḍván 2008 aux bahá'ís du monde) [20]
> 
> Le mot « politique » a un sens large, et il est donc important de faire la distinction entre l'activité
> politique partisane, le débat et l'action visant à apporter un changement social constructif. Si le
> premier nous est proscrit, le second nous est enjoint. En effet, un objectif central de la
> communauté bahá'íe est la transformation de la société. Le traité de ‘Abdu'l-Bahá, Le secret de la
> civilisation divine, démontre amplement l'engagement de la Foi à promouvoir le changement
> social sans entrer dans l'arène de la politique partisane. De même, d'innombrables passages des
> écrits bahá'ís encouragent les croyants à contribuer à l'amélioration du monde. « Occupez-vous
> sérieusement des besoins de l'époque dans laquelle vous vivez, déclare Bahá'u'lláh, et centrez vos
> délibérations sur ses exigences et ses besoins ».
> ‘Abdu'l-Bahá exhorte ses amis à « exceller dans toutes les vertus du monde humain : la fidélité et
> la sincérité, la justice et la loyauté, la fermeté et la constance, les actions philanthropiques et le
> service rendu aux hommes, l'amour envers chaque être humain, l'unité et l'accord avec tous les
> peuples, l'élimination des préjugés et la promotion de la paix internationale ». De plus, dans une
> lettre écrite en son nom, Shoghi Effendi explique que « tout comme les amis doivent absolument
> se garder de donner l'impression de s'identifier ou d'identifier la Cause à un parti politique, ils ne
> doivent pas s’interdire de participer, avec d'autres groupes progressistes, à des conférences ou des
> comités destinés à promouvoir une activité en total accord avec nos enseignements ». Dans une
> autre lettre écrite en son nom en 1948, alors que l'inégalité raciale était inscrite dans les lois de
> nombreux États des États-Unis, il indique qu'il n'y a « aucune objection à ce que les étudiants
> participent à ce qui correspond si évidemment à l'esprit de nos enseignements, comme une
> manifestation sur le campus contre les préjugés raciaux ». Les bahá'ís doivent donc aborder sans
> cesse, en paroles et en actes, toute une série de questions sociales.
> (Extrait d'une lettre datée du 23 décembre 2008, écrite au nom de la Maison universelle
> de justice à un croyant) [21]
> 
> Une maturité collective et une civilisation sans cesse en progrès
> 
> Tous les hommes ont été créés pour travailler au développement incessant de la civilisation.
> (Bahá’u’lláh, Florilège d’écrits par. 109.2, Maison d’éditions baha’ies, 2006) [22]
> 
> Tous les hommes sont appelés à l’existence pour améliorer le monde. Il incombe à chaque âme de
> se lever et de servir ses frères pour l’amour de Dieu.
> (Bahá’u’lláh, Le tabernacle de l’unité par. 2.42) [23]
> 
> Et l’honneur et la distinction de l’individu résident en ceci que, parmi les multitudes du globe, il
> devienne une source de bien social. Peut-on concevoir un plus grand bienfait que celui-ci : un
> individu, regardant en lui-même, découvre que, par la grâce fortifiante de Dieu, il est devenu une
> cause de paix et de bien-être, de bonheur et d’avantage pour ses frères ? Non, par le seul vrai
> Dieu, il n’y a pas de plus grande bénédiction ni de plus complet délice.
> 
> (‘Abdu’l-Bahá, Le Secret de la Civilisation Divine, p. 18-19) [24]
> 
> Ô toi qui portes le nom du Chaste ! (1) La mer de générosité a déferlé si haut que les eaux de la
> grâce infinie submergent les rivages de l'existence. Le monde contingent a donc été mis en
> mouvement de façon merveilleuse, a été ranimé et béni. Les esprits ont atteint de nouveaux
> sommets, la compréhension s'est accrue, le mouvement s’est accéléré et le progrès s’est imposé
> dans tous les aspects de la vie. Ainsi, de grandes découvertes ont été faites, de puissantes
> entreprises ont été fondées, de merveilleuses inventions sont apparues et les mystères de l'univers
> sont passés du plan invisible au plan du visible. C'est pourquoi les amis doivent, tous, faire des
> efforts significatifs pour découvrir une nouvelle invention et une nouvelle science, s'engager dans
> une grande entreprise, ou manifester un pouvoir ou un don dans le monde humain. Je prie Dieu
> de t’aider et de te confirmer dans toutes les situations. Que la Gloire des Gloires repose sur toi.
> (‘Abdu'l-Bahá, tiré d'une tablette traduite du persan) [25]
> ____
> (1) Yaḥyá, nom arabe de Jean le Baptiste, surnommé « le Chaste ». Voir Coran 3:39.
> 
> Toutes les choses créées ont leur degré de maturité. La période de maturité dans la vie d'un arbre
> est le moment où il porte ses fruits. La maturité d'une plante est le moment de sa floraison.
> L'animal atteint un stade de pleine croissance et de plénitude et, dans le règne humain, la maturité
> est atteinte lorsque les lumières de l'intelligence connaissent leur plus grande puissance et leur
> plus grand développement. […]
> De même, il y a des périodes, des étapes, dans la vie de l'humanité dans son ensemble; à
> un moment elle est passée par l’enfance, à un autre moment par la jeunesse mais maintenant elle
> est entrée dans sa longue période annoncée de maturité dont les preuves sont partout visibles. Par
> conséquent, les besoins et les conditions des périodes précédentes ont changé et de nouvelles
> exigences qui caractérisent l'âge actuel du monde de l'humanité sont apparues. Ce qui était
> applicable aux besoins de l’espèce humaine au début de son histoire ne peut ni répondre aux
> exigences de ce jour ni les satisfaire en cette période de nouveauté et d’accomplissement.
> L'humanité a dépassé ses anciennes limites et sa formation initiale. L'homme doit maintenant
> s'imprégner de nouvelles vertus et de nouveaux pouvoirs, d’une nouvelle moralité et de nouvelles
> capacités. De nouvelles générosités et perfections, de nouveaux bienfaits l'attendent et descendent
> déjà sur lui. Les dons et les grâces de la période de jeunesse, bien qu'opportuns et suffisants
> pendant l'adolescence du monde humain, sont maintenant incapables de répondre aux besoins de
> sa maturité.
> (‘Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace : Talks Delivered by ‘A bdu'l-Bahá
> during His V isit to the United States and Canada in 1912 (Wilmette : Bahá'í Publishing, 2012),
> p. 617-618) [26]
> 
> Bahá’u’lláh l’atteste lui-même : Les sommets, que par la très miséricordieuse faveur de Dieu,
> l’homme mortel peut atteindre en ce jour demeurent encore cachés à sa vue. Le monde de
> l’existence n’a jamais eu, ni ne possède encore, la faculté de recevoir une telle révélation. Le jour
> approche, cependant, où les potentialités d’une si grande faveur seront, en vertu de son
> commandement, manifestées aux hommes.
> Pour que soit révélée une si grande faveur, une période de troubles intenses et de
> souffrance généralisée semblerait indispensable. Si resplendissant qu’ait été l’âge qui a témoigné
> du commencement de la mission confiée à Bahá’u’lláh, l’intervalle de temps qui doit s’écouler
> avant que cet âge porte son fruit le plus précieux doit être obscurci – et la chose apparaît avec une
> évidence toujours croissante – par les ténèbres morales et sociales qui, seules, peuvent préparer
> une humanité impénitente à recueillir la récompense dont son destin est d’hériter.
> Nous entrons à présent dans une telle période d’un pas ferme et irrésistible. Parmi les
> ombres qui, chaque jour davantage, s’épaississent autour de nous, nous pouvons à peine discerner
> les faibles lueurs de la sublime souveraineté de Bahá’u’lláh qui, par instants, apparaissent à
> l’horizon de l’histoire. À nous qui sommes « la génération de la pénombre », qui vivons en un
> temps qu’on peut désigner comme la période d’incubation de la fédération mondiale envisagée
> par Bahá’u’lláh, à nous a été assignée une tâche dont nous ne pouvons jamais assez apprécier le
> haut privilège, et dont nous ne pouvons encore percevoir la difficulté que confusément. Nous
> pouvons bien croire, nous qui sommes appelés à éprouver l’action des forces des ténèbres
> destinées à libérer un torrent de souffrances atroces, que l’heure la plus sombre qui doit précéder
> l’âge d’or de notre foi n’a pas encore sonné. Si profonde que soit l’obscurité qui encercle déjà le
> monde, les épreuves pénibles dont la terre doit être affligée ne sont encore qu’en préparation, et
> leur noirceur ne peut encore être imaginée. Nous nous trouvons au seuil d’un âge dont les
> convulsions proclament à la fois les affres de l’agonie de l’ordre ancien et les douleurs de
> l’enfantement du nouveau. Nous pouvons dire que ce nouvel ordre mondial a été conçu sous
> l’influence créatrice de la foi annoncée par Bahá’u’lláh. Nous pouvons, en ce moment, éprouver
> ses mouvements dans le sein d’un âge en travail, un âge qui attend l’heure fixée à laquelle il
> pourra déposer son fardeau et produire son plus beau fruit.
> (Shoghi Effendi, d’une lettre datée du 11 mars 1936, publiée dans L’Ordre mondial de
> Bahá’u’lláh, chapitre VII, p. 157-158, Maison d’éditions bahá'íes, 1993) [27]
> 
> En regardant le monde autour de nous, nous sommes forcés de remarquer les multiples preuves
> de cette effervescence universelle qui, sur chaque continent du globe et dans chaque domaine de
> la vie humaine, religieux, social, économique ou politique purifie et réforme l'humanité en vue du
> jour où la totalité de l’espèce humaine sera prise en considération et son unité établie. Deux
> processus peuvent cependant être distingués, chacun tendant, à sa manière et à un rythme accéléré,
> à porter à leur comble les forces qui sont en train de transformer la face de notre planète. Le
> premier est essentiellement un processus d'intégration, tandis que le second est fondamentalement
> destructeur. Le premier, qui se développe progressivement, déploie un système qui peut servir de
> modèle à la communauté politique mondiale vers laquelle s'achemine sans trêve un monde
> étrangement désordonné ; alors que le second, à mesure que s'accroît son influence désintégratice,
> tend à renverser avec une violence toujours croissante les barrières vétustes qui cherchent à
> entraver le progrès de l'humanité vers le but qui lui est assigné. Le processus constructeur, associé
> à la foi naissante de Bahá'u'lláh, est le signe avant-coureur du nouvel ordre mondial que cette Foi
> doit établir sous peu. Les forces destructrices qui caractérisent l'autre mouvement devraient être
> identifiées avec une civilisation qui a refusé de répondre à l'attente d'un âge nouveau et qui, par
> conséquent, décline et s'enfonce dans le chaos.
> (Shoghi Effendi L’Ordre mondial de Bahá’u’lláh, p. 159-160) [28]
> 
> Les longs siècles de première et de seconde enfance par lesquels a dû passer l’espèce humaine
> s'estompent dans le passé. L'humanité fait maintenant l'expérience des troubles invariablement
> associés au stade le plus tumultueux de son évolution, le stade de l'adolescence, quand
> l'impétuosité de la jeunesse et sa véhémence atteignent leur point culminant, avant de faire
> progressivement place au calme, à la sagesse et à la maturité qui caractérisent le stade de l'âge
> adulte. Alors, l’espèce humaine atteindra cette stature, cette maturité qui la rendra capable
> d'acquérir tous les pouvoirs et toutes les capacités dont doit dépendre son développement ultime.
> (Shoghi Effendi L’Ordre mondial de Bahá’u’lláh, p. 196) [29]
> 
> De tous les principes que renferment ces Tablettes, le plus nécessaire à la vie est le principe de
> l'unicité et de l'intégrité de la race humaine, qu’on peut considérer comme la marque distinctive
> de la Révélation de Bahá'u'lláh et le pivot de ses enseignements. […] Bahá'u'lláh déclare : « En
> vérité, nous sommes venu pour unir, pour souder tout ce qui est sur la terre. » « Si puissante est
> la lumière de l'unité » dit-il encore, « qu'elle peut éclairer la terre entière. » L’unité, déclare-t-il
> est le but « qui prévaut sur tous les buts » et « la reine de toutes les aspirations » de sa Révélation.
> Il proclame : « Le monde est un seul pays dont tous les hommes sont les citoyens. » Il affirme
> aussi que l'unification de l'humanité, dernière étape de son évolution vers la maturité, est
> inévitable, que « bientôt, l’état de choses actuel sera révolu et qu’un nouvel ordre sera déployé à
> sa place », que « toute la terre est actuellement en état de gestation », que « le jour approche où
> elle produira ses fruits les plus magnifiques, où elle portera les arbres les plus élancés, les fleurs
> les plus ravissantes, les plus grands bienfaits du ciel ». Il déplore l'imperfection de la situation
> actuelle, dénonce l'insuffisance du patriotisme en tant que force capable de diriger et de maîtriser
> la société humaine et considère que « l'amour de l'humanité » et le service consacré à ses intérêts
> sont les objectifs les plus louables et les plus dignes des efforts de l'homme.
> (Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous, p. 207-208, Maison d’éditions baha’ies, 1976) [30]
> Une conception particulière de l'histoire, de son cours et de son orientation est indissociable de la
> perspective bahá'íe sur la politique. Les disciples de Bahá’u’lláh ont tous la ferme conviction que
> l’humanité s'approche aujourd'hui du couronnement d'un processus millénaire qui l'a menée de
> son enfance collective au seuil de la maturité, étape qui verra l'unification de l’espèce humaine. À
> l’instar de l'individu qui traverse la période instable mais prometteuse de l'adolescence, au cours
> de laquelle des pouvoirs et des capacités latents se révèlent, l'humanité dans son ensemble est au
> cœur d’une transition sans précédent. Derrière les turbulences et l'agitation de la vie
> contemporaine se cachent les à-coups de la lutte de l’humanité pour atteindre sa maturité. Les
> pratiques et les conventions largement acceptées, les attitudes et les habitudes profondément
> ancrées, sont rendues une à une obsolètes, alors que les impératifs de l’âge adulte commencent à
> s'affirmer.
> Les bahá'ís sont encouragés à voir dans les changements révolutionnaires qui se produisent dans
> chaque sphère de la vie l'interaction de deux processus fondamentaux. L'un est destructeur, l'autre
> intégrateur. Chacun à sa manière sert à conduire l'humanité sur la voie qui mène à sa pleine
> maturité. Les effets du premier se manifestent partout : vicissitudes qui affligent les institutions
> traditionnelles, impuissance des dirigeants à tous les niveaux à réparer les fractures qui
> apparaissent dans la structure de la société, démantèlement des normes sociales qui ont longtemps
> tenu en échec des passions incontrôlables, découragement et indifférence dont font preuve non
> seulement les individus mais aussi des sociétés entières qui ont perdu tout sens vital de leur raison
> d’être. Leurs effets sont dévastateurs, mais les forces de désintégration ont tendance à balayer les
> barrières qui bloquent le progrès de l'humanité, ouvrant ainsi un espace où le processus
> d'intégration peut rassembler divers groupes et révélant de nouvelles possibilités de coopération
> et de collaboration. Les bahá'ís, bien entendu, s'efforcent de s'aligner, individuellement et
> collectivement, sur les forces associées au processus d'intégration qui, ils en sont convaincus,
> continuera à gagner en force, quelle que soit la morosité des horizons proches. Les affaires
> humaines seront complètement réorganisées et une ère de paix universelle sera inaugurée. […]
> Dans une Tablette écrite il y a près d’un siècle et demi, Bahá’u’lláh compare le monde au
> corps humain ; c’est la vision inspirée de cette analogie qui anime l’effort bahá’í pour découvrir
> la nature d’un nouvel ensemble de relations entre ces trois protagonistes : l'individu, les
> institutions et la communauté. La coopération est le principe qui régit le fonctionnement de ce
> système. Tout comme l'apparition de l'âme rationnelle dans le monde de l'existence est rendue
> possible par l'association complexe d'innombrables cellules, dont l'organisation en tissus et
> organes permet la réalisation de capacités particulières, la civilisation peut être considérée comme
> le résultat d'un ensemble d'interactions entre des composantes diverses et étroitement intégrées
> qui ont transcendé l'objectif étroit de ne s'occuper que de leur propre existence. Et tout comme la
> viabilité de chaque cellule et de chaque organe dépend de la santé du corps dans son ensemble, la
> prospérité de chaque individu, de chaque famille, de chaque peuple doit être recherchée dans le
> bien-être de l'ensemble du genre humain.
> (La Maison universelle de justice, extrait d'un message du 2 mars 2013 aux bahá'ís d'Iran)
> [31]
> 
> Unité et Justice
> 
> […] La lumière des hommes est la justice. Ne laissez pas les vents contraires de l’oppression et
> de la tyrannie l’éteindre. Le but de la justice est l’apparition de l’unité parmi les hommes […]
> Fermez les yeux à l’aliénation et fixez votre regard sur l’unité. Adhérez avec ténacité à ce qui
> mènera au bien-être et à la tranquillité de toute l’humanité. Cette étendue de terre n’est qu’une
> seule patrie et une seule demeure. Il vous appartient d’abandonner toute vaine gloire, source
> d’aliénation et de tourner vos cœurs vers tout ce qui garantit l’harmonie.
> 
> (Bahá’u’lláh,     Tablettes     de     Bahá’u’lláh      révélées     après     le     Kitáb-i-A qdas,
> p. 69-70) [32]
> 
> Le Grand-Être dit : Ô bien-aimés ! Le tabernacle de l’unité est dressé ; ne vous considérez pas
> comme des étrangers. Vous êtes les fruits d’un seul arbre, les feuilles d’une seule branche. Nous
> caressons l’espoir que la lumière de la justice descende sur le monde et le purifie de la tyrannie.
> Si les dirigeants et les rois de la terre, les symboles du pouvoir de Dieu – exaltée soit sa gloire –
> se lèvent et décident de se consacrer à tout ce qui favorisera les plus grands intérêts de l’humanité
> tout entière, le règne de la justice sera assurément établi parmi les enfants des hommes.
> […] Il n’est aucune force sur terre pour égaler dans son pouvoir conquérant la force de la justice
> et de la sagesse. En vérité j’affirme qu’il n’existe pas et qu’il n’a jamais existé d’armée plus
> puissante que celle de la justice et de la sagesse. […] Il est certain que si le soleil de la justice,
> obscurci par les nuages de la tyrannie, devait rayonner sur les hommes, la face de la terre en serait
> complètement transformée.
> (Bahá’u’lláh, Tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le Kitáb-i-A qdas, p. 172-173) [33]
> 
> Nous supplions Dieu de délivrer la lumière d’équité et le soleil de justice des épais nuages de la
> rébellion, et de les faire briller sur les hommes. Aucune lumière ne peut être comparée à la
> lumière de la justice. C’est d’elle que dépendent l’établissement de l’ordre dans le monde et la
> tranquillité des nations.
> (Bahá’u’lláh, Épître au Fils du loup (Maison d’éditions bahai’es, 2001), §52, p. 33) [ 34]
> 
> Le deuxième attribut de la perfection est la justice et l'impartialité. Cela signifie ne pas tenir
> compte de ses avantages personnels et égoïstes et appliquer les lois de Dieu sans se soucier de
> quoi que ce soit d'autre. Cela signifie ne se considérer que comme l'un des serviteurs de Dieu, le
> Possesseur de toutes choses, et, sauf à aspirer à une distinction spirituelle, ne jamais tenter de se
> distinguer des autres. Cela signifie considérer le bien-être de la communauté comme le sien
> propre. Cela signifie en bref, considérer l'humanité comme un seul individu, et soi-même comme
> un membre de ce corps social, et savoir avec certitude que si une douleur ou une blessure affecte
> un membre de ce corps, elle doit inévitablement entraîner une souffrance pour tous les autres.
> (‘Abdu’l-Bahá, Le secret de la civilisation divine, p. 61) [35]
> 
> Ô bien-aimés de Dieu ! Sachez, en vérité, que le bonheur de l'humanité réside dans l'unité et
> l'harmonie du genre humain, et que les développements spirituels et matériels sont conditionnés
> par l'amour et l'amitié entre tous les hommes.
> (‘Abdu’l-Bahá, Sélections des Écrits d’‘A bdu’l-Bahá, p. 284, Maison d’éditions baha’ies, 1983)
> [36]
> 
> Ô ami de l'humanité ! Loué soit Dieu ! Ton intention était bonne, tu as acquis des connaissances
> et des savoirs et ton désir est de servir les peuples du monde. Je prie Dieu que tu atteignes ce but
> et que tu manifestes ce qui est caché dans ton cœur. Dans le monde de la création, les bonnes
> intentions sont de deux sortes. La première est spécifique et vise des personnes en particulier ;
> elle est limitée et sa portée est extrêmement restreinte. La seconde est dirigée vers toutes les
> choses créées ; elle infuse tout et son champ d'action est très étendu. Tout ce qui est entrepris par
> amour du bien universel vient de Dieu. Par conséquent, si des actions peuvent se rapporter plus
> ou moins au bien général parmi les nations civilisées, seule l’action entièrement orientée vers le
> bien général est la parole de Dieu, la sagesse divine. Elle est le pouvoir qui peut changer et
> transformer fondamentalement le monde de l’existence. Cette force est créatrice ; elle est
> génératrice, revitalisante et fait naître une nouvelle création. Efforce-toi donc de poursuivre ce qui
> sera cause du progrès du monde de l'humanité et te conduira à la glorification perpétuelle et à la
> vie éternelle. Salut et louange à toi.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [37]
> 
> Qu’il n’y ait point de malentendu. Le principe de l’unité de l’humanité – pivot autour duquel
> gravitent tous les enseignements de Bahá’u’lláh – n’est pas le simple élan d’une sentimentalité
> ignorante ou l’expression d’un espoir vague et pieux. L'appel qu’il lance ne doit pas simplement
> être assimilé au réveil de l’esprit de fraternité et de bonne volonté parmi les hommes, et il ne vise
> pas seulement à entretenir une coopération harmonieuse entre des peuples de différentes ethnies
> et nations. Ses implications sont plus profondes, ses revendications sont plus importantes
> qu’aucune de celles que les prophètes du passé furent autorisés à avancer. Son message ne vaut
> pas seulement pour l’individu, il vise avant tout la nature des rapports essentiels qui doivent lier
> tous les états et toutes les nations comme les membres d’une même famille humaine. Il ne
> constitue pas simplement l’énoncé d’un idéal, mais il est inséparablement associé à une
> institution propre à incarner sa vérité, à démontrer sa validité et à perpétuer son influence. Il
> suppose un changement organique dans la structure de la société contemporaine, un changement
> tel que le monde n’en a jamais connu. Il constitue un défi à la fois audacieux et universel aux
> mots d’ordre désuets des crédos nationaux - crédos qui ont fait leur temps et qui, selon le cours
> normal des événements réglés et contrôlés par la Providence, doivent céder la place à un nouvel
> Évangile foncièrement différent et infiniment supérieur à ce que, jusqu’ici, il a été donné au
> monde de concevoir. Ce principe de l’unité n’implique rien de moins que la reconstruction et la
> démilitarisation du monde civilisé tout entier – un monde qui sera organiquement unifié dans tous
> les aspects essentiels de sa vie, dans son système politique, son aspiration spirituelle, son
> commerce et sa finance, son écriture et son langage, et pourtant d’une infinie diversité par les
> particularités           nationales             de            ses          unités          fédérées.
> 
> (Shoghi Effendi, d‘une lettre datée du 28 novembre 1931, dans L’Ordre mondial de
> Bahá’u’lláh, p. 37–38) [38]
> 
> Ils conçoivent leur religion comme étant essentiellement apolitique, supranationale,
> rigoureusement non partisane et entièrement dissociée des ambitions, des activités et des desseins
> nationalistes. Une telle foi ne connaît pas de division de classe ou de parti. Elle subordonne, sans
> hésitation ni équivoque, tous les intérêts particuliers, qu'il soit personnels, régionaux ou nationaux,
> à l’intérêt supérieur de l'humanité, fermement convaincue que, dans un monde de nations et de
> peuples interdépendants, l'avantage d’une partie s’obtient le mieux par celui de l'ensemble, et
> qu’un bénéfice durable ne peut être conféré aux parties composantes si l’intérêt général du tout
> est ignoré ou négligé.
> 
> (Shoghi Effendi, d‘une lettre datée du 11 Mars 1936, dans L’Ordre mondial de
> Bahá’u’lláh, p. 191-192) [39]
> L'unification de l'humanité tout entière est le signe du stade qu’approche à présent la société
> humaine. L’unité de la famille, de la tribu, de la cité, de la nation a été successivement tentée et
> pleinement établie. L'unité du monde est maintenant le but que s’efforce d’atteindre une humanité
> harassée. L'édification des nations a pris fin. L'anarchie inhérente à la souveraineté de l’État
> atteint son point culminant. Un monde qui progresse vers sa maturité doit abandonner ce fétiche,
> il doit reconnaître l'unité et la totalité organique des relations humaines, et établir une fois pour
> toutes le mécanisme qui incarne le mieux ce principe fondamental de son existence.
> 
> (Shoghi Effendi, d’une lettre datée du 11 mars 1936, dans L’Ordre mondial de
> Bahá’u’lláh, p. 196) [40].
> 
> Le nationalisme débridé, qui se distingue d'un patriotisme sain et légitime, doit céder la place à
> une loyauté plus large, à l'amour de l'humanité dans son ensemble. La déclaration de Bahá'u'lláh
> est la suivante : « La terre n'est qu'un seul pays, dont tous les hommes sont les citoyens. » Le
> concept de citoyenneté mondiale est le résultat direct de la contraction du monde en un seul
> village grâce aux progrès scientifiques et à l'indiscutable interdépendance des nations. L'amour de
> tous les peuples du monde n'exclut pas l'amour de son pays. Dans une société mondialisée, la
> partie progresse d’autant mieux que l’ensemble progresse.
> (La Maison universelle de justice, extrait d'un message d'octobre 1985 aux peuples du
> monde). [41]
> 
> […] non seulement les talents et les capacités de l'humanité sont partagés par tous ses membres,
> mais en fin de compte ses problèmes et ses afflictions touchent également tout le monde. Que ce
> soit dans la maladie ou dans la santé, la famille humaine constitue une seule espèce et l’état de
> l'un de ses membres ne peut être intelligemment considéré indépendamment de cette unicité
> systémique. Comme l'état actuel du monde ne l'illustre que trop clairement, les tentatives des
> dirigeants de la société de procéder autrement ne font qu'exacerber les problèmes.
> (Extrait d'une lettre datée du 27 novembre 2001, écrite au nom de la Maison universelle
> de justice à un croyant). [42]
> 
> La description que fait Shoghi Effendi du processus de désintégration qui s'accélère dans le
> monde est en effet pénétrante. Tout aussi frappante est la précision avec laquelle il a analysé les
> forces associées au processus d'intégration. Il a parlé d'une « diffusion progressive de l'esprit de
> solidarité mondiale qui naît spontanément de la confusion qui règne dans une société
> désorganisée » comme étant une manifestation indirecte de la conception de Bahá'u'lláh du
> principe de l'unité de l'humanité. Cet esprit de solidarité a continué de s'étendre au fil des
> décennies et aujourd'hui, ses effets se manifestent dans toute une série de développements, depuis
> le rejet de préjugés raciaux profondément ancrés jusqu’à l'émergence d'une conscience de
> citoyenneté mondiale, depuis la prise de conscience accrue de l'environnement jusqu’aux efforts
> de collaboration dans la promotion de la santé publique, depuis le souci des droits de l'homme
> jusqu’à la poursuite systématique de l'éducation universelle, depuis la mise en place d'activités
> interconfessionnelles jusqu’à l'efflorescence de centaines de milliers d'organisations locales,
> nationales et internationales engagées dans une forme ou une autre d'action sociale.
> (La Maison universelle de justice, Riḍván 2006, message aux bahá’ís du monde) [43]
> 
> Les efforts organisés de la communauté bahá'íe sont renforcés par les nombreuses initiatives
> individuelles de croyants travaillant dans divers domaines – en tant que bénévoles, professionnels
> ou experts – pour contribuer au changement social. La nature caractéristique de leur approche
> évite les conflits et la lutte pour le pouvoir ; elle s’efforce en même temps d'unir les gens dans la
> recherche des principes moraux et spirituels sous-jacents et des mesures pratiques pouvant
> conduire à la juste résolution des problèmes qui affligent la société. Les bahá'ís perçoivent
> l'humanité comme un corps unique dont tous les membres sont inséparablement liés les uns aux
> autres. Un ordre social structuré pour répondre aux besoins d'un groupe au détriment d'un autre se
> traduit par l'injustice et l'oppression alors que l'intérêt supérieur de chaque partie constituante est
> réalisé en considérant ses besoins dans le contexte du bien-être de l'ensemble.
> (Extrait d'une lettre datée du 23 décembre 2008, écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à un croyant) [44]
> 
> Comme vous le savez d’après votre étude des écrits bahá'ís le principe qui imprègne tous les
> aspects de la vie organisée de la planète est l’unité de l’humanité, la marque de l’âge de la
> maturité. Que l’humanité constitue un seul peuple est une vérité qui, autrefois considérée avec
> scepticisme, revendique aujourd’hui une acceptation généralisée. Le rejet de préjugés
> profondément enracinés et un sentiment croissant de citoyenneté mondiale font partie des signes
> de cette prise de conscience accrue. Pourtant, aussi prometteuse que puisse être l’élévation de la
> conscience collective, elle ne doit être considérée que comme la première étape d’un processus
> qui prendra des décennies – voire des siècles – à se dérouler. Car le principe de l’unité de
> l’humanité, tel que proclamé par Bahá'u'lláh, ne demande pas simplement la coopération entre les
> peuples et les nations. Il appelle à une reconceptualisation complète des relations qui soutiennent
> la société. L’aggravation de la crise environnementale, entraînée par un système qui tolère le
> pillage des ressources naturelles pour satisfaire une soif insatiable de posséder toujours plus,
> suggère à quel point la conception actuelle de la relation de l’humanité avec la nature est
> totalement inadéquate ; la détérioration de l’environnement familial, accompagnée de
> l’augmentation de l’exploitation systématique des femmes et des enfants dans le monde, montre à
> quel point les notions erronées qui définissent les relations de la cellule familiale sont
> omniprésentes ; la persistance du despotisme, d’une part, et le mépris croissant de l’autorité,
> d’autre part, révèlent à quel point la relation actuelle entre l’individu et les institutions de la
> société est insatisfaisante pour une humanité mûre ; la concentration de la richesse matérielle
> entre les mains d’une minorité de la population mondiale montre à quel point les relations entre
> les nombreux secteurs de ce qui est aujourd’hui une communauté mondiale émergente sont
> fondamentalement mal conçues. Le principe de l’unité de l’humanité implique donc un
> changement organique dans la structure même de la société.
> (Maison universelle de justice, extrait d’un message aux bahá’ís d’Iran, 2 mars 2013) [45]
> 
> Toutefois, bien que l’unité mondiale soit possible – non, inévitable – elle ne peut en fin de
> compte se réaliser sans une acceptation inconditionnelle de l’unité du genre humain, que le
> Gardien décrit comme « le pivot autour duquel gravitent tous les enseignements de Bahá'u'lláh ».
> Avec quelle clairvoyance et quelle éloquence a-t-il exposé les profondes implications de ce
> principe cardinal ! Il a clairement vu, dans la turbulence qui secouait les affaires du monde,
> comment le fait que l’humanité n’est qu’un seul peuple doit être le fondement d’un nouvel ordre.
> Le vaste éventail des relations qui existent entre les nations – et en leur sein – doit être
> entièrement examiné dans cette optique. Pour qu’une telle vision se concrétise, il faudra tôt ou
> tard que les dirigeants du monde réalisent un exploit politique historique. Hélas, la volonté
> d’accomplir cet exploit fait toujours défaut. L’humanité est plongée dans une crise d’identité,
> alors que divers peuples et groupes peinent à se définir, à déterminer leur place dans le monde et
> comment ils devraient agir. Sans la vision d’une identité partagée et d’un but commun, ils
> s’enlisent dans des idéologies antagoniques et des luttes de pouvoir. Un nombre apparemment
> incalculable de permutations des notions de « nous » et « eux » définit les identités collectives de
> façon toujours plus restrictive et en les opposant les unes aux autres. Avec le temps, cet
> éclatement en groupes d’intérêts divergents a fragilisé la cohésion de la société même. Des
> conceptions opposées de la primauté d’un peuple particulier sont colportées, en faisant
> abstraction de la réalité qui est que l’humanité suit un parcours commun dans lequel tous sont des
> protagonistes. Songez à la différence radicale qui sépare cette conception fragmentée de l’identité
> humaine de celle qui découle de la reconnaissance de l’unité de l’humanité. Dans cette
> perspective, la diversité qui caractérise la famille humaine, loin d’aller à l’encontre de son unité,
> ajoute à sa richesse. L’unité, dans son acception bahá'íe, renferme le concept essentiel de
> diversité, qui la distingue de l’uniformité. C’est par l’amour pour tous et la subordination des
> allégeances de moindre importance au véritable intérêt du genre humain que l’unité du monde
> peut être établie et que les manifestations infinies de la diversité humaine peuvent s’épanouir
> pleinement.
> (Maison universelle de justice, extrait d’un message du 18 janvier 2019 aux bahá’ís du
> monde). [46]
> 
> Le rôle de la connaissance
> 
> La connaissance est un des dons merveilleux de Dieu. Il incombe à chacun de l’acquérir. Certains
> arts et moyens matériels aujourd’hui manifestes ont été acquis grâce à sa connaissance et à sa
> sagesse révélées dans des épîtres et des tablettes par sa Plume très exaltée – Plume qui recèle un
> trésor d’où les perles précieuses de la sagesse et de la parole, ainsi que les arts et les métiers du
> monde, sont amenés à la lumière.
> (Bahá’u’lláh, Tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le Kitáb-i-A qdas, p. 39) [47]
> 
> La connaissance est comme les ailes pour la vie de l’homme et une échelle pour son ascension. Il
> incombe à chacun de l’acquérir. Néanmoins il faudrait acquérir la connaissance des sciences qui
> sont profitables aux peuples de la terre, mais non de celles qui commencent par des mots et
> finissent par des mots. […] En vérité, la connaissance est un véritable trésor pour l’homme et une
> source de gloire, de bonté, de joie, d’exaltation, de courage et de bonheur pour lui.
> (Bahá’u’lláh,     Tablettes     de    Bahá’u’lláh     révélées    après    le     Kitáb-i-A qdas,
> p. 53-54), [48]
> 
> Le Grand Être dit : Les savants de cette époque doivent inciter les gens à acquérir ces branches de
> la connaissance qui sont utiles et dont ils peuvent, ainsi que la plupart des hommes, tirer bénéfice.
> Les recherches académiques qui commencent et finissent par des mots n’ont jamais eu de valeur
> et ne vaudront jamais rien.
> (Bahá’u’lláh, Tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le Kitáb-i-A qdas, p. 177) [49]
> En ce jour, le fruit de choix sur l’arbre de la connaissance est celui qui sert au bien-être de
> l’humanité et qui sauvegarde ses intérêts.
> (Bahá’u’lláh, Le tabernacle de l’unité, §1.16, p. 9-10, Maison d’éditions bahá'íes, 2007). [50]
> Fais tout ton possible pour acquérir les perfections nécessaires à la vie spirituelle et à la vie
> matérielle, car les fruits de l'arbre humain ont toujours été et seront toujours la perfection des
> deux. Il n'est pas souhaitable qu'un homme soit laissé sans connaissances ou compétences, car il
> n'est alors qu'un arbre stérile. Ensuite, dans la mesure où les capacités et les aptitudes le
> permettent, tu dois orner l'arbre de l’existence de fruits tels que la connaissance, la sagesse, la
> perception spirituelle et l’éloquence.
> (Bahá'u'lláh, extrait d'une tablette traduite du persan) [51]
> 
> […] chaque branche du savoir, si elle est associée à l’amour divin, est approuvée et digne de
> louanges mais, privé de son amour, le savoir est stérile – en vérité, il conduit à la démence.
> Chaque domaine de la connaissance, chaque science, est comme un arbre : si le fruit qu’il produit
> est l’amour de Dieu, alors c’est un arbre béni mais, si ce n’est pas le cas, cet arbre n’est que du
> bois desséché et ne pourra servir qu’à faire du feu.
> (‘Abdu’l-Bahá, Sélections des écrits d’‘A bdu’l-Bahá, p. 179-180) [52]
> 
> Fais de grands efforts pour acquérir les connaissances avancées de l'époque, et tout ton possible
> pour faire progresser la civilisation divine.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [53]
> 
> Une bonne conduite et une haute moralité sont primordiales, car si le caractère n’est pas formé,
> l'acquisition de connaissances ne pourra que s'avérer néfaste. La connaissance est louable
> lorsqu'elle est associée à une conduite éthique et à un noble caractère, sinon, c'est un poison
> mortel, un terrible danger. Un médecin malveillant, qui trahit la confiance qu’on lui fait, peut
> provoquer la mort, et devenir source de nombreuses infirmités et maladies.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [54]
> 
> Plus ils s'efforceront d'élargir le champ de leurs connaissances, meilleur et plus gratifiant en sera
> le résultat. Que les aimés de Dieu, jeunes ou vieux, hommes ou femmes, chacun selon ses
> capacités, s'investissent et ne ménagent pas leurs efforts pour acquérir les différentes branches
> actuelles des arts et de la connaissance, tant spirituelle que séculière. Que dans leurs réunions leur
> conversation se limite à des propos élevés et à des informations sur l’actualité des connaissances.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite de l'arabe) [55]
> 
> Il est clair que l’instruction est le plus grand don de Dieu et que la connaissance et son
> acquisition sont une bénédiction du ciel. Il incombe donc aux amis de Dieu de s’évertuer à
> promouvoir la connaissance divine, la culture et les sciences, en sorte que ceux qui sont
> aujourd'hui des écoliers deviennent les plus érudits de toute la communauté des sages. C'est un
> service rendu à Dieu lui-même, et c'est l'un de ses commandements inéluctables.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [56]
> 
> […] La religion de Dieu est la promulgatrice de la vérité, la fondatrice de la science et de la
> connaissance, qu’elle est pleine d’affection pour les savants, qu’elle est la civilisatrice de
> l’humanité, qu’elle a découvert les mystères des créatures et projeté la lumière sur les horizons.
> Comment, dans de telles conditions, serait-elle l’adversaire de la science ? J’en demande pardon à
> Dieu ! Pour Dieu, la science est la plus belle des qualités de l’homme, et la plus noble de ses
> perfections. S’opposer à la science, c’est faire acte d’ignorant, et celui qui déteste la science et les
> connaissances n’est pas un homme mais un animal sans intelligence ; car la science c’est la
> lumière, la vie, la félicité, la perfection, la beauté, le moyen d’approcher le seuil de l’unité ; c’est
> l’honneur et la vertu de l’humanité, et la plus grande faveur de Dieu ! La science c’est le salut, et
> l’ignorance la perte sans recours. Heureux ceux qui passent leurs jours à acquérir les sciences, à
> découvrir les mystères des créatures et à pénétrer les détails de la vérité.
> (‘Abdu’l-Bahá, les leçons de Saint-Jean-d’A cre, Presses universitaires de France 1970
> p. 153-154) [57]
> 
> Toutes les sciences, les connaissances, les arts, les inventions, les institutions, les entreprises et
> les découvertes proviennent des facultés de l’âme douée de raison. Il fut un temps où c’étaient des
> mystères préservés, des secrets cachés et inconnus ; l’âme douée de raison les a peu à peu
> découverts et amenés du domaine de l’invisible et du caché à celui de l’évidence. C’est le plus
> grand pouvoir de l’intelligence dans la nature ; son essor et sa portée suprême consistent à
> comprendre la réalité, les particularités et les caractéristiques des contingences.
> (‘Abdu’l-Bahá, les leçons de Saint-Jean-d’A cre, p. 248-249) [58]
> 
> La science est la première émanation de Dieu vers l'homme. Tout être créé incarne la potentialité
> de la perfection matérielle, mais la capacité de recherche intellectuelle et d'acquisition
> scientifique est une vertu supérieure spécifique à l'homme. Les autres êtres et les organismes, sont
> privés de cette potentialité et de cet accomplissement. Dieu a créé ou déposé dans l'homme cet
> amour de la réalité. Le développement et le progrès d'une nation sont fonction de la mesure et du
> degré de ses réalisations scientifiques. Par ce moyen, sa grandeur est continuellement accrue et,
> jour après jour, le bien-être et la prospérité de son peuple sont assurés.
> (‘Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, p. 67) [59]
> 
> Tous les Livres saints, les prophètes divins, les sages et les philosophes s'accordent à dire que la
> guerre détruit le progrès humain et que la paix le construit. Ils s'accordent à dire que la guerre et
> les conflits sapent les fondements de l'humanité. Par conséquent, une force est nécessaire pour
> prévenir la guerre, proclamer et établir l'unité de l'humanité.
> Mais admettre la nécessité de cette force n'est pas suffisant. Comprendre que la richesse est
> souhaitable, n'est pas s'enrichir. Reconnaître que les réalisations scientifiques sont appréciables ne
> confère pas un savoir scientifique. Connaître l'excellence de l'honneur ne rend pas un homme
> honorable. La connaissance des conditions humaines et des remèdes qui leur sont nécessaires
> n'est pas cause de l’amélioration de ces conditions. Admettre que la santé est bonne ne donne pas
> la santé. Un médecin compétent est nécessaire pour remédier aux conditions humaines existantes.
> De même qu'un médecin doit avoir une connaissance complète de la pathologie, du diagnostic, de
> la thérapeutique et du traitement, de même ce Médecin de l’humanité doit être sage, habile et
> compétent avant d’obtenir une guérison. La simple connaissance de la maladie ne donne pas la
> santé; cette connaissance doit être appliquée et le remède doit être mis en œuvre.
> La connaissance, la volonté et l'action conditionnent la réalisation de tout objectif. Si ces trois
> conditions ne sont pas réunies, il n'y a ni mise en pratique ni résultats.
> (‘Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, p. 217-218) [60]
> 
> Accepter les enseignements de Bahá'u'lláh implique l'engagement de s'efforcer d'atteindre sa
> maturité spirituelle personnelle, de participer aux efforts collectifs pour construire une société
> prospère et de contribuer au bien commun. La science et la religion sont les deux systèmes de
> connaissance inséparables et interdépendants qui font progresser la civilisation. Selon les mots de
> ‘Abdu'l-Bahá, « Le progrès du monde de l'humanité dépend de la connaissance, et son déclin est
> dû à l'ignorance. Lorsque le genre humain acquiert des connaissances, il devient céleste, et
> lorsqu’il acquiert le savoir, il revêt des attributs seigneuriaux ». Chercher à acquérir des
> connaissances et des savoirs, étudier des sciences et des métiers utiles, font partie des croyances
> fondamentales des disciples de Bahá'u'lláh. Par conséquent, pour contrer les difficultés qui vous
> sont imposées sur le chemin de l'enseignement supérieur, vous avez choisi la solution à long
> terme de vous engager dans une collaboration constructive avec d'autres partisans de la paix et de
> la réconciliation afin de construire une société progressiste et ordonnée, engagée dans la
> promotion de la connaissance et de la justice sociale.
> (La Maison universelle de justice, extrait d'un message du 17 juin 2011 aux croyants
> dans le Berceau de la Foi) [61]
> 
> L'un des aspects cruciaux du cadre conceptuel, qui nécessitera une attention particulière dans les
> années à venir, est la production et la mise en pratique de connaissances.
> Au cœur de la plupart des disciplines du savoir humain se trouve un consensus relatif sur la
> méthodologie : c’est-à-dire une compréhension des méthodes et de la façon de les utiliser de
> manière appropriée pour enquêter systématiquement sur la réalité et obtenir ainsi des résultats
> fiables et des conclusions solides. Les bahá'ís qui sont impliqués dans diverses disciplines –
> économie, éducation, histoire, sciences sociales, philosophie et bien d'autres – connaissent
> évidemment les méthodes employées dans leur domaine et s'y consacrent pleinement. C’est à eux
> de réfléchir sérieusement aux implications que les vérités trouvées dans la Révélation auraient sur
> leur travail. Le principe de l'harmonie de la science et de la religion fidèlement respecté, garantira
> que les croyances religieuses ne succombent pas à la superstition et que les découvertes
> scientifiques ne sont pas récupérées par le matérialisme.
> (Extrait d'une lettre datée du 24 juillet 2013 écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à une Assemblée spirituelle nationale) [62]
> 
> Au fond, une grande partie des efforts de la communauté bahá'íe a été consacrée à traiter la cause
> première des préjugés religieux : l’ignorance. La Maison de justice a déclaré : « La perpétuation
> de l'ignorance est une forme d'oppression des plus graves ; elle renforce les nombreux murs de
> préjugés qui font obstacle à la réalisation de l'unité de l'humanité. […] L'accès à la connaissance
> est le droit de chaque être humain, et participer, chacun selon ses talents et ses capacités, à sa
> production, à son application et à sa diffusion est une responsabilité que tous doivent assumer
> dans la grande entreprise de construction d'une civilisation mondiale prospère. » Cette orientation
> s'est particulièrement manifestée d’abord dans l'accent mis par la communauté bahá'íe sur
> l'éducation, préoccupation centrale depuis les débuts de la Foi, ensuite dans ses efforts pour
> favoriser chez les individus une conscience et une capacité croissantes à reconnaître les préjugés
> et à les combattre, et aussi dans sa pratique d'utiliser des processus consultatifs dans toutes ses
> affaires et enfin dans son engagement et son soutien des systèmes jumeaux de connaissance de la
> science et de la religion comme nécessaires pour l'avancement de la civilisation. En outre, le
> développement de la vie de l'esprit et la recherche indépendante de la réalité, valorisés dans les
> Écrits bahá'ís, servent à donner aux individus les moyens de distinguer la vérité de l’erreur, ce qui
> est essentiel si l'on veut éliminer les préjugés, les superstitions et les traditions surannées qui font
> obstacle à l'unité. ‘Abdu'l-Bahá affirme à cet égard que « une fois que chaque âme aura cherché la
> vérité, la société sera libérée de ces ténèbres qui consistent à continuellement répéter le passé ».
> (Extrait d'une lettre datée du 27 décembre 2017, écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à un croyant) [63]
> Nature du développement social et économique bahá'í
> 
> Cohérence entre les dimensions matérielles et spirituelles de l'existence
> 
> [… ] dans les cieux et sur la terre, chaque chose est la preuve directe de la révélation en elle-
> même des attributs et des noms de Dieu puisqu’en tout atome sont enchâssés les signes qui
> portent un éloquent témoignage de la révélation de cette très grande Lumière.
> (Bahá’u’lláh, le Kitáb-i-Íqán : le livre de la Certitude §107, p. 80 Maison d’éditions
> bahá’íes, 2014) [64]
> 
> La religion est en vérité le principal instrument pour l’établissement de l’ordre dans le monde et
> de la tranquillité parmi ses peuples. […] Plus grand est le déclin de la religion plus affligeante est
> l’obstination de l’impie. Ceci ne peut mener finalement qu’au chaos et à la confusion.
> (Bahá’u’lláh, Tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le Kitáb-i-A qdas, p. 66) [65]
> 
> … La religion doit être conforme à la science et à la raison pour qu’elle puisse exercer une
> influence sur le cœur des hommes. Elle doit reposer sur des bases solides et ne pas s’en tenir aux
> imitations.
> (‘Abdu’l-Bahá, première Tablette à La Haye) [66]
> 
> Le bonheur de l’humanité ne sera pas atteint tant que la civilisation matérielle ne sera pas
> associée à la civilisation divine, bien que cette civilisation matérielle soit l’un des moyens
> concourant au progrès du monde humain. La civilisation matérielle est comme le verre d’une
> lampe. La civilisation divine est la lampe même. Sans la lumière, le verre reste obscur. La
> civilisation matérielle est comme le corps. Aussi gracieux, élégant et beau qu’il soit, il est
> inanimé. La civilisation divine est comme l’esprit. Le corps reçoit la vie de l’esprit, sans lequel il
> devient un cadavre. Ainsi il est prouvé que l’humanité a besoin des souffles de l’Esprit-Saint.
> Sans l’esprit, le monde est privé de vie et, sans cette lumière, l’humanité est plongée dans une
> obscurité totale.
> (‘Abdu’l-Bahá, première Tablette à La Haye) [67]
> 
> […] tant que les réalisations matérielles et les vertus humaines ne seront pas renforcées par des
> perfections d’ordre spirituel, par des qualités lumineuses et par les caractéristiques de la
> miséricorde, ces réalisations et ces vertus demeureront stériles, et le bonheur du monde de
> l’humanité – ce but ultime – ne sera pas atteint. Car même si les réalisations matérielles et le
> développement du monde physique apportent la prospérité qui révèle de façon exquise les buts
> auxquels elle tend, la menace du danger, de cruelles calamités et de violentes afflictions n’en
> demeure pas moins présente.
> (‘Abdu’l-Bahá, Sélections des écrits d’‘A bdu’l-Bahá, p. 282 [68]
> 
> Nous espérons que les bien-aimés de Dieu et les servantes du Miséricordieux contribueront,
> conformément aux Enseignements célestes, à l'unité du monde de l'humanité, considéreront la
> religion comme la base de l'amour et de la fraternité entre les peuples, s'efforceront d'harmoniser
> la religion et la science, deviendront un trésor de richesses pour les pauvres et un refuge et un
> asile pour les fugitifs, apporteront joie et clarté aux démunis, et aideront les nécessiteux par la
> grâce fortifiante du Très-Miséricordieux.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [69]
> 
> La civilisation matérielle est semblable à la lampe, alors que la civilisation spirituelle est la
> lumière de cette lampe. Si la civilisation matérielle et la civilisation spirituelle s'unissent, alors
> nous aurons la lampe et sa lumière, et le résultat sera parfait. Car la civilisation matérielle est
> semblable à un beau corps, et la civilisation spirituelle est semblable à l'esprit de vie. Si ce
> merveilleux esprit de vie entre dans ce beau corps, le corps deviendra un canal pour la répartition
> et le développement des perfections de l'humanité.
> (‘Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, p. 15) [70]
> 
> Deux ailes sont nécessaires à l’homme. Une aile est le pouvoir physique et la civilisation
> matérielle, l’autre est le pouvoir spirituel et la civilisation divine. Avec une seule aile, le vol est
> impossible. Deux ailes sont essentielles. Par conséquent, quel que soit le degré d'avancement de
> la civilisation matérielle, elle ne peut s’élever vers la perfection qu’avec l’aide de la civilisation
> spirituelle.
> (‘Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, p. 16) [71]
> 
> Quel que soit le degré d’avancement du monde matériel, il ne peut faire le bonheur de l'humanité.
> Ce n'est que lorsque la civilisation matérielle et la civilisation spirituelle seront liées et
> coordonnées que ce bonheur sera assuré. Alors, la civilisation matérielle n’alimentera plus les
> forces du mal de son énergie en détruisant l'unité de l'humanité, car dans la civilisation matérielle,
> le bien et le mal avancent ensemble et au même rythme. Prenons par exemple le progrès matériel
> de l'homme au cours de la dernière décennie. Des établissements scolaires, des hôpitaux, des
> institutions philanthropiques, des académies scientifiques et des centres philosophiques ont été
> fondés, mais simultanément à ces preuves de développement, l'invention et la production de
> moyens et d'armes de destruction humaine ont augmenté. […]
> Tout cela est le résultat de la civilisation matérielle. Par conséquent, bien que le progrès
> matériel favorise les buts nobles de la vie, il sert en même temps les buts ignobles. […] Que les
> préceptes moraux et les fondements de la civilisation divine s'unissent au progrès matériel de
> l'homme et sans aucun doute le bonheur du monde humain sera atteint et, de toutes parts, la
> bonne nouvelle de la paix sur terre sera annoncée. Alors l'humanité réalisera des progrès
> extraordinaires, la sphère de l'intelligence humaine sera incommensurablement élargie, de
> merveilleuses inventions apparaîtront et l'esprit de Dieu se révélera. Tous les hommes se
> réuniront dans la joie et l’exaltation et la vie éternelle sera accordée aux enfants du Royaume.
> […] Par conséquent, la civilisation matérielle et la civilisation divine, ou altruiste, doivent
> progresser ensemble jusqu'à ce que les aspirations et les désirs les plus élevés de l'humanité se
> réalisent.
> (‘Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, p. 151-152) [72]
> 
> La connaissance scientifique est la plus haute réalisation sur le plan humain, car la science
> découvre ce qui est réel. Cette science est de deux sortes : matérielle et spirituelle. La science
> matérielle est l’étude des phénomènes naturels. La science divine est la découverte et la mise en
> pratique des vérités spirituelles. Le monde de l'humanité doit acquérir les deux. Un oiseau a deux
> ailes ; il ne peut pas voler avec une seule. La science matérielle et la science spirituelle sont les
> deux ailes de l'élévation et de l’accomplissement de l’être humain. Les deux sont nécessaires,
> l’une naturelle, l'autre surnaturelle ; l'une matérielle, l'autre divine.
> (‘Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, p. 195-196) [73]
> Dieu a doté l'homme d'intelligence et de raison par lesquelles il lui incombe de déterminer la
> véracité des questions et des propositions. Si les croyances et les opinions religieuses sont jugées
> contraires aux normes de la science, elles ne sont que superstitions et chimères ; car l’inverse de
> la connaissance est l'ignorance, et l'enfant de l'ignorance est la superstition. Il est incontestable
> qu'il doit y avoir un accord entre la vraie religion et la science. Si une question est jugée contraire
> à la raison, la foi et la croyance en celle-ci sont impossibles, et il n'y a pas d'autre résultat
> qu’indécision et hésitation.
> (‘Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, p. 251-252) [74]
> 
> Peu importe comment le monde de l’humanité progresse sur le plan de la civilisation matérielle, il
> a néanmoins besoin du développement spirituel mentionné dans l'Évangile. Les vertus du monde
> matériel sont limitées, alors que les vertus divines sont illimitées. Dans la mesure où les vertus
> matérielles sont limitées, le besoin qu'a l'homme des perfections du monde divin est illimité.
> Tout au long de l'histoire de l'humanité, nous constatons que si le sommet même des vertus
> humaines a été atteint à diverses époques, elles étaient pourtant limitées, alors que les réalisations
> divines ont toujours été illimitées et infinies. Le limité a toujours besoin de l'illimité. Le matériel
> doit être en corrélation avec le spirituel. Le matériel peut être comparé au corps, mais les vertus
> divines sont le souffle de l’Esprit saint lui-même. Le corps sans esprit n'est pas capable d'un
> véritable accomplissement. Aussi beau et excellent qu’il soit, néanmoins il a besoin de l'esprit. Le
> verre de la lampe, aussi poli et parfait soit-il, a besoin de la lumière. Sans la lumière, la lampe ou
> la bougie n’éclairent pas. Sans l'esprit, le corps n'est pas productif.
> (‘Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, p. 287) [75]
> 
> La guerre mondiale qui vient de se terminer, ainsi que le traité de paix et ses conséquences, ont
> appris à l'humanité que si les préjugés nationaux, religieux et politiques ne sont pas abolis, si la
> fraternité universelle n'est pas établie, si la civilisation spirituelle n’est pas mise sur un pied
> d'égalité avec la civilisation matérielle, et ne change pas ainsi le niveau de la moralité
> individuelle, nationale et internationale, le monde est voué à l'échec et la société à la destruction
> totale.
> (Extrait d'une lettre écrite vers 1924 au nom de Shoghi Effendi à un croyant) [76]
> 
> Les problèmes sociaux et économiques actuels auxquels est confronté le peuple britannique
> occupent certainement toute son attention, mais ils devraient également servir de rappel et le
> rapprocher des questions spirituelles. Les gens doivent prendre conscience que, sans un
> changement complet de nos perspectives et une réforme totale des principes directeurs de notre
> vie, comme la Cause les encourage à le faire, nos problèmes sociaux et économiques ne peuvent
> être résolus ni nos conditions améliorées.
> (Extrait d'une lettre du 7 novembre 1931 écrite au nom de Shoghi Effendi à un croyant) [77]
> 
> Ce n'est pas seulement de bien-être matériel dont les gens ont besoin. Ce dont ils ont
> désespérément besoin, c'est de savoir comment vivre leur vie, ils ont besoin de savoir qui ils sont,
> dans quel but ils existent et comment ils doivent agir les uns envers les autres ; et, une fois qu'ils
> connaissent les réponses à ces questions, il faut les aider à appliquer progressivement ces
> réponses au quotidien. C'est à la solution de ce problème fondamental de l'humanité que la
> majeure partie de notre énergie et de nos ressources devrait être consacrée. […]
> […] nous savons que le fonctionnement du monde matériel n'est que le reflet des conditions
> spirituelles et que tant que les conditions spirituelles n’auront pas changé il ne peut y avoir de
> changement durable pour l’amélioration des affaires matérielles.
> (La Maison universelle de justice, d'un message du 19 novembre 1974 à une Assemblée
> spirituelle nationale) [78]
> 
> En ce qui concerne l'harmonie de la science et de la religion, les Écrits des Personnages centraux
> de la Foi et les commentaires du Gardien montrent très clairement que la tâche de l'humanité, y
> compris de la communauté bahá'íe qui lui sert de levain, est de créer une civilisation mondiale qui
> incarne les dimensions à la fois spirituelles et matérielles de l'existence. La nature et la portée
> d'une telle civilisation dépassent toujours tout ce que la génération actuelle peut concevoir. La
> poursuite de cette vaste entreprise dépendra d'une interaction progressive entre les vérités et les
> principes de la religion et les découvertes et les éclairages de la recherche scientifique. Cela
> implique de vivre avec des ambiguïtés, caractéristique naturelle et incontournable du processus
> d'exploration de la réalité.
> Cela exige également que nous ne limitions pas la science à une école de pensée particulière ou à
> une quelconque approche méthodologique qui serait postulée au cours de son développement. Le
> défi que doivent relever les intellectuels bahá’ís est de diriger cette mission de manière
> responsable, car ce sont eux qui possèdent à la fois les connaissances inestimables de la
> Révélation et les avantages conférés par la recherche scientifique.
> (Extrait d'une lettre du 19 mai 1995 écrite au nom de la Maison universelle de justice à un
> croyant) [79]
> 
> […] la religion et la science sont les deux systèmes de connaissance indispensables au
> développement de la conscience. Loin de s’opposer, ces modes fondamentaux d’exploration de la
> réalité sont mutuellement dépendants et ont donné leurs plus beaux fruits en ces périodes rares
> mais heureuses de l’histoire où leur caractère complémentaire a été admis et où il a été possible
> de les associer. Il sera toujours nécessaire de se référer à une direction morale et spirituelle pour
> assurer la bonne application des connaissances et du savoir-faire issus des progrès scientifiques ;
> quant aux convictions religieuses, aussi précieuses soient-elles, il importe de les soumettre, de
> bon gré, à l’examen impartial de la méthode scientifique.
> (La Maison universelle de justice, extrait d’un message daté d’avril 2002 aux dirigeants des
> religions du monde) [80]
> 
> […] La science et la religion sont deux systèmes complémentaires de connaissance et de pratique
> permettant aux êtres humains de comprendre le monde autour d’eux et grâce auxquels la
> civilisation progresse ; la religion, sans la science, dégénère rapidement en superstition et en
> fanatisme, alors que la science, sans la religion, devient l’instrument d’un matérialisme grossier ;
> la véritable prospérité, fruit d’une cohérence dynamique entre les nécessités matérielles et
> spirituelles de la vie, sera de plus en plus inaccessible, tant et aussi longtemps que la
> consommation effrénée continuera d’avoir l’effet de l’opium sur l’âme humaine. […]
> (La Maison universelle de justice, extrait d’un message du 2 mars 2013 aux bahá’ís d’Iran)
> [81]
> 
> En tant que lieu d’où doivent rayonner des forces spirituelles le mashriqu’l-adhkár est l’élément
> central des dépendances qui doivent être érigées pour le bien-être de l’humanité, et l’expression
> d’une volonté commune et d’un désir ardent de servir. Ces dépendances – des centres
> d’enseignement, d’apprentissage des sciences ainsi que d’initiatives culturelles et humanitaires –
> incarnent les idéaux du progrès social et spirituel qui doit s’accomplir grâce à l’application des
> connaissances, et montrent comment, quand elles sont en harmonie, religion et science élèvent le
> rang de l’être humain et mènent à la prospérité de la civilisation. Comme vos vies l’illustrent
> amplement, quoiqu’essentielle à la vie intérieure de l’être humain et indispensable à la croissance
> spirituelle, la prière doit aussi se traduire par des actions qui reflètent extérieurement cette
> transformation intérieure. Ce concept de prière – inséparable du service – est promulgué par le
> mashriqu’l-adhkár.
> (La Maison universelle de justice, extrait d’un message du 18 décembre 2014 aux bahá’ís
> d’Iran) [82]
> 
> Renforcement des capacités, participation et croissance organique
> 
> Nous devons maintenant prendre la ferme résolution de nous lever et de saisir tous ces
> instruments servant à promouvoir la paix, le bien-être, le bonheur et la connaissance, la culture et
> l’industrie, la dignité, la valeur et le rang, de tout le genre humain. Ainsi par les eaux réparatrices
> de l’intention pure et de l’effort altruiste, la terre des potentialités humaines fleurira par sa propre
> excellence interne, s’épanouira en qualités dignes de louanges, fleurira et fructifiera jusqu’à
> rivaliser avec la roseraie du savoir appartenant à nos aïeux.
> (‘Abdu’l-Bahá, le Secret de la Civilisation divine, p. 20-21)
> [83]
> 
> Le monde de la politique est semblable au monde de l’homme ; c’est d’abord une semence qui
> passe graduellement à la condition d’embryon ou de fœtus, acquérant une structure osseuse, se
> couvrant de chair, prenant sa propre forme spéciale jusqu’à ce que, enfin, il atteigne la sphère où
> il peut convenablement satisfaire aux paroles : « le plus excellent des Créateurs ». Comme ceci
> est une nécessité de la création et se base sur la Sagesse universelle, de même le monde politique
> ne peut évoluer instantanément du nadir de l’imperfection au zénith de la justice et de la
> perfection. Et qui plus est, les individus qualifiés doivent œuvrer jour et nuit, usant de tous les
> moyens conduisant au progrès, jusqu’à ce que gouvernement et peuple se développent sous tous
> les rapports, jour après jour, et même d’un instant à l’autre.
> (‘Abdu’l-Bahá, le Secret de la civilisation divine, p. 135-136) [84]
> 
> Dans toutes les religions prophétiques, les affaires philanthropiques étaient limitées à leurs
> peuples respectifs seulement, à l'exception de points secondaires comme la charité, qu'il était
> permis d'étendre à d'autres. Mais dans cette merveilleuse religion, les entreprises philanthropiques
> sont pour toute l'humanité, sans aucune exception, car c'est une manifestation de la miséricorde
> de Dieu.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'un discours traduit du persan) [85]
> 
> C’est ainsi que, dans la graine, l’arbre existe, mais il est latent et caché ; lorsqu’elle croît et se
> développe, un arbre complet apparaît. De même, la croissance et le développement de tous les
> êtres se font par degrés ; c’est la règle générale de Dieu et l’ordre de la nature. La graine ne
> devient pas un arbre tout d’un coup, l’embryon ne devient pas homme en une seule fois, le
> minéral ne devient pas une pierre en une seule fois. Non, ils croissent et se développent peu à peu,
> et ils parviennent à la limite de la perfection.
> (‘Abdu’l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean-d’A cre, p. 227) [86]
> 
> Dans un organisme vivant, la pleine mesure de son développement n'est pas connue ou achevée
> au moment de sa conception ou de sa naissance. Tout développement et toute évolution
> impliquent des étapes progressives ou des degrés. Par exemple, le progrès spirituel peut être
> assimilé à la lumière de l'aube. Bien que cette lumière de l'aube soit faible et pâle, un homme sage
> qui voit la course du soleil à son lever peut prédire l'ascension du soleil dans toute sa gloire et son
> éclat. Il sait avec certitude que c'est le début de sa manifestation et que plus tard, il assumera une
> grande puissance et un grand pouvoir. Ou encore, s'il prend une graine et observe qu'elle germe, il
> sait avec certitude qu'elle finira par devenir un arbre.
> (‘Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, p. 181-182) [87]
> 
> En ce siècle radieux, les réalités des choses ont été révélées, et ce qui est vrai doit remonter à la
> surface. Parmi ces réalités, il y a le principe de l'égalité de l'homme et de la femme : égalité des
> droits et des prérogatives dans tout ce qui touche à l’humain. […] La femme doit surtout
> consacrer son énergie et ses capacités aux sciences industrielles et agricoles, en cherchant à aider
> l'humanité dans ce qui est le plus nécessaire. Par ce moyen, elle prouvera ses compétences et
> assurera la reconnaissance de l'égalité dans l'équation sociale et économique.
> (‘Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, p. 395) [88]
> 
> Une autre exigence essentielle est l'accélération des tâches de transcription, de collecte et de
> transmission des Écrits sacrés en Terre sainte, et l'enregistrement de l'histoire générale de la
> Cause de Dieu. Les croyants occidentaux des contrées lointaines du monde libre, qui ont entrepris
> de poursuivre d'importants plans, souhaitent et attendent que ces deux tâches soient rapidement
> accomplies et que les préparatifs nécessaires à leurs prochains projets soient effectués sans délai,
> ce qui leur permettra de concrétiser leurs espoirs et leurs plans d'avenir et de donner un grand
> élan à la propagation de la sainte Cause.
> Il en va de même pour la participation des amis aux associations caritatives, scientifiques et
> littéraires. Les amis doivent, avec sagesse et modération, après une concertation attentive, et selon
> leurs capacités et leurs moyens, aider toute association qui vise sincèrement à contribuer au bien
> commun et aux meilleurs intérêts de l'humanité. Ils doivent y participer dans la mesure du
> possible, tout en s’abstenant de s'impliquer le moins du monde en politique que ce soit dans leurs
> actes, leur cœur ou leurs paroles, et doivent éviter et fuir toute association avec des partis
> malveillants et contestataires.
> (Shoghi Effendi, extrait d'une lettre de septembre 1926 adressée aux bahá'ís d’Orient, traduite
> du persan) [89]
> 
> Nous ne pouvons pas séparer le cœur humain de l'environnement extérieur et dire qu'une fois l'un
> des deux réformé, tout ira mieux. L'homme a un lien organique avec le monde. Sa vie intérieure
> façonne l'environnement et elle-même est profondément affectée par son environnement.
> L'homme a un lien organique avec le monde. Sa vie intérieure façonne l'environnement et elle-
> même est profondément affectée par celui-ci. L'un agit sur l'autre et chaque changement durable
> dans la vie de l'homme est le résultat de ces réactions mutuelles.
> (Extrait d'une lettre datée du 17 février 1933, écrite au nom de Shoghi Effendi à un croyant)
> [90].
> « Compare le monde au corps humain » écrit Bahá’u’lláh à la reine Victoria. […] Dans le corps
> humain chaque cellule, chaque organe, chaque nerf, a son rôle à jouer. Quand tous le font, le
> corps est en bonne santé, vigoureux, rayonnant, prêt pour chaque action qu’on lui demande
> d’accomplir. Aucune cellule, aussi humble soit-elle, ne vit isolée du reste du corps, que ce soit
> pour le servir ou pour en retirer quelque chose. Cela est vrai du corps de l’humanité parmi
> laquelle Dieu « a doté chacun de talents et de facultés » et cela est vrai au plus haut degré pour le
> corps de la communauté mondiale bahá'íe, car ce corps est déjà un organisme, uni dans ses
> aspirations, uni dans ses méthodes, recherchant l’assistance et la confirmation de la même Source,
> et illuminé du savoir conscient de son unité. Par conséquent, dans ce corps organique, divinement
> guidé, béni et illuminé, la participation de chaque croyant est de la plus haute importance. C’est
> une source d’énergie et de vitalité encore inconnue de nous.
> Le véritable secret de la participation universelle réside dans le vœu souvent exprimé du Maître,
> que les amis doivent s’aimer les uns les autres, constamment s’encourager les uns les autres,
> collaborer, être comme une seule âme dans un seul corps, et en faisant cela, devenir un corps
> véritablement organique, sain, animé et illuminé par l’esprit. Au sein d’un tel corps, tous
> recevront la santé spirituelle et la vitalité de l’organisme lui-même, les fleurs et les fruits les plus
> parfaits apparaîtront.
> (La Maison universelle de justice, extraits d’un message daté de septembre 1964 aux bahá’ís
> du monde) [91]
> 
> Comme vous pouvez le constater, tous ces projets de développement sont en relation directe avec
> le travail d'enseignement dans la mesure où les communautés bahá'íes doivent atteindre une
> certaine taille avant de pouvoir commencer à mettre en œuvre un grand nombre d'entre eux.
> Comment, par exemple, une communauté bahá'íe peut-elle démontrer efficacement l'abolition des
> préjugés qui divisent les habitants d'un pays tant qu'elle ne compte pas dans ses rangs un
> échantillon représentatif de ces habitants ? Une graine est le début de la vie d'un arbre et revêt une
> importance considérable pour cette raison, mais tant qu'elle n'est pas devenue un arbre en fleurs,
> cette graine ne peut pas produire de fruits. Une communauté bahá'íe de neuf croyants est donc
> une étape essentielle, car elle peut donner naissance à l'institution divine de l'assemblée spirituelle
> locale, mais elle n'est encore qu'une graine, et doit croître en taille et en diversité avant de
> produire des fruits vraiment convaincants pour ses concitoyens.
> (Extrait d'une lettre du 3 janvier 1982 écrite au nom de la Maison universelle de justice à un
> croyant) [92].
> 
> La Maison de justice considère deux principes comme fondamentaux pour la majorité de tels
> projets de développement social et économique, bien qu'il y ait, bien sûr, des exceptions. Le
> premier est qu'ils doivent être fondés sur une infrastructure de communautés locales bahá'íes
> existantes et suffisamment fortes. Le second est que la conduite à long terme du projet doit viser
> l'autosuffisance et ne pas dépendre d'un soutien financier continu de l'extérieur.
> Le premier principe implique que les projets de développement social et économique qui doivent
> être entrepris maintenant constituent une étape naturelle de la croissance de la communauté
> bahá'íe et sont nécessaires à la communauté elle-même, même si, bien entendu, un segment
> beaucoup plus large de la société en bénéficiera. […]
> Le deuxième principe doit tenir compte du fait que tout projet lancé par la Cause doit être
> conçu pour croître de manière saine et régulière, et non pour s'effondrer par usure. En d'autres
> termes, l'aide et les fonds extérieurs, bahá'ís et non bahá'ís, peuvent être utilisés pour des
> acquisitions de biens, pour faire des évaluations, pour lancer des activités, pour apporter de
> l'expertise, mais l'objectif doit être que chaque projet se poursuive et se développe grâce à la
> main-d'œuvre, aux fonds et à l'enthousiasme des bahá'ís locaux, même si toute aide extérieure
> devait être supprimée.
> (Extrait d'une lettre du 8 mai 1984 écrite au nom de la Maison universelle de justice à une
> Assemblée spirituelle nationale) [93].
> 
> Le deuxième principe fondamental (2) qui nous permet de comprendre le schéma vers lequel
> Bahá'u'lláh souhaite que la société humaine évolue est le principe de la croissance organique qui
> exige que les détails du développement et la compréhension précise de ces détails, ne deviennent
> disponibles qu'avec le temps et avec l'aide des conseils donnés par cette Autorité centrale de la
> Cause vers laquelle tout le monde doit se tourner. À cet égard, on peut utiliser l’image d'un arbre.
> Si un agriculteur plante un arbre, il ne peut pas indiquer à ce moment-là quelle sera sa hauteur
> exacte, le nombre de ses branches ou le moment exact de sa floraison. Il peut cependant donner
> une estimation générale de sa taille et de son mode de croissance et peut dire avec assurance quels
> fruits il portera. Il en va de même pour l'évolution de l'Ordre mondial de Bahá'u'lláh.
> (Extrait d'une lettre datée du 27 avril 1995, écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à un croyant) [94].
> _______
> (2) Le premier mentionné dans cette lettre est « le principe selon lequel les écrits de ‘Abdu'l-Bahá
> et du Gardien sont profondément imprégnés de l'esprit de la Révélation de Bahá'u'lláh et
> intimement liés aux enseignements de Bahá'u'lláh lui-même. » Cf. Messages from the Universal
> House of Justice, 1986 – 2001, the Fourth Epoch of the Formative A ge (Wilmette : Bahá'í
> Publishing, 2009), §201.9 – 201.11.
> 
> Ces projets comprennent des écoles, des programmes d'alphabétisation, des cours d'éducation
> morale, des formations universitaires, des programmes sanitaires, des projets spéciaux pour la
> promotion des femmes et des groupes minoritaires, des programmes agricoles et des programmes
> spécifiques pour la préservation de l'environnement, etc. L'expérience a montré que si l'aide est
> fournie depuis l'étranger sans la coopération et l'implication des habitants locaux, ceux-ci ne
> considèrent pas le projet comme leur appartenant et ne s’en sentent pas responsables, mais s'ils
> initient le processus d'identification de leurs besoins et prennent part aux processus de décision et
> d'exécution, ils se sentiront responsables de la préservation et de la poursuite du projet.
> (Extrait d'une lettre du 30 juillet 1996 écrite au nom de la Maison universelle de justice à un
> croyant) [95].
> 
> La communauté bahá'íe mondiale est un tout organique qui transcende les divisions prévalentes
> dans la société actuelle, telles que « Nord » et « Sud », « développé » et « en développement ».
> Les efforts de développement social et économique sont entrepris par les bahá'ís, quel que soit le
> degré de prospérité matérielle atteint par leur nation, alors qu'ils s'efforcent d'appliquer les
> enseignements de Bahá'u'lláh au processus de construction d'une nouvelle civilisation. Chaque
> adepte de Bahá'u'lláh est membre de cette communauté mondiale et peut à juste titre proposer de
> contribuer à une entreprise spécifique dans n'importe quel pays. Au fur et à mesure que les amis
> acquièrent de l'expérience dans le domaine du développement social et économique, et qu'ils
> progressent dans leurs études des diverses branches de l'enseignement ou dans leurs domaines
> professionnels, sur tous les continents des personnes apparaissent qui ont une expertise dans un
> aspect ou un autre du travail de développement et souhaitent offrir leurs services pour des projets
> dans leur pays ou à l'étranger. Si leurs énergies ne sont pas canalisées efficacement et si on ne
> leur donne pas une image réaliste des efforts de développement des bahá’ís, ces amis seront plus
> tard frustrés lorsqu'ils réaliseront que la capacité à utiliser leurs talents et leurs services dans les
> projets bahá'ís à l'étranger est limitée.
> Pour cette raison, il est important que les conférences, les séminaires et le matériel promotionnel
> ne renforcent pas une certaine image des « projets de développement » celle qui est généralement
> perçue par la société. Les actions des bahá'ís dans ce domaine prennent généralement la forme
> d'initiatives de la base menées par de petits groupes de croyants dans les villes et villages où ils
> résident. Au fur et à mesure que ces initiatives se développent, certaines se transforment en
> programmes plus substantiels dotés de structures administratives permanentes. Néanmoins, très
> peu d'entre elles peuvent être comparées au type de projets complexes promus et financés par les
> agences gouvernementales et les grandes organisations non gouvernementales.
> L'utilisation efficace des talents de personnes possédant une expertise particulière exige
> également de la vigilance pour s'assurer que l'initiative de certains, généralement ceux qui ont
> accès à plus de ressources, ne finissent par étouffer les initiatives des autres. L’Ordre
> administratif est structuré de manière à encourager l'initiative et à garantir le droit des personnes à
> participer de manière significative au développement de leur propre communauté. En
> conséquence, les activités des amis sont placées sous la direction des institutions de la Foi dans
> leur pays respectif. […]
> En général, le facteur déterminant pour faire correspondre les offres de service et d'aide aux
> projets devrait être la capacité des projets à recevoir de l'aide et non la quantité des ressources
> disponibles. À ce stade de la croissance de la Foi, il est tout à fait possible que les talents des amis,
> en particulier ceux de ***, dépassent la capacité des projets de développement à d’autres endroits
> à recevoir de l'aide. À cet égard, l'approche en deux volets que vous poursuivez semble la plus
> appropriée. Tout en vous efforçant de contribuer à accroître la capacité des projets dans le monde
> entier, vous encouragez individuellement chaque croyant des pays matériellement plus prospères
> à s'impliquer dans les projets bahá'ís chez eux. Vous devez également continuer à les encourager
> à participer à des projets dignes en dehors de la Foi afin d'influencer leur domaine professionnel
> et de l’imprégner des enseignements de Bahá'u'lláh. Ils doivent être assurés que cela est,
> intrinsèquement, un service extraordinaire rendu à la Cause et ne pas avoir le sentiment de servir
> la Foi seulement s'ils se consacrent directement aux projets bahá'ís.
> (La Maison universelle de justice, extrait d'un mémorandum du 11 mars 1997 adressé au
> Bureau du développement économique et social) [96].
> 
> Le besoin criant de l'humanité ne sera pas comblé par une lutte entre des ambitions concurrentes
> ou par une protestation contre l'un ou l'autre des innombrables maux qui affligent une époque
> désespérée. Il nécessite plutôt un changement fondamental de conscience, une acceptation sans
> réserve de l'enseignement de Bahá'u'lláh selon lequel le temps est venu pour chaque être humain
> sur terre d'apprendre à accepter la responsabilité du bien-être de la famille humaine tout entière.
> (La Maison universelle de justice, extrait d'un message du 24 mai 2001 aux croyants
> réunis pour les événements marquant l'achèvement des projets sur le mont Carmel). [97]
> 
> Comme vous le savez, l'attention du monde bahá'í a été, et continuera à être pendant au moins les
> quinze prochaines années, concentrée sur l'avancement du processus d'entrée en troupes. On
> s'attend à ce qu’à mesure que ce processus s’accélère au niveau local, l'une des conséquences
> naturelles soit l'émergence d'une vie communautaire bahá'íe dynamique, caractérisée par le désir
> d'appliquer les enseignements de Bahá'u'lláh aux besoins de la société. Une action sociale
> efficace en résultera donc, à mesure que les capacités de tous les membres de la communauté
> augmentent et que la conscience collective s'élève.
> (Extrait d'une lettre datée du 6 septembre 2006, écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à un croyant) [98]
> 
> Une plus grande implication dans la vie de la société, individuellement et collectivement, sera un
> résultat inévitable à mesure que le processus de croissance s'accélère dans les groupements
> avancés. Dans les communautés bahá'íes disposant de ressources limitées, une trop grande
> implication dans ces efforts à un stade précoce peut dissiper leurs énergies et nuire à la cohérence
> des activités nécessaires à la croissance. Pourtant, dans les régions où la Foi s'est suffisamment
> consolidée, il est naturel d'attendre des bahá'ís qu'ils s'engagent dans l'action sociale, en
> commençant par trouver des moyens d'appliquer les Enseignements aux problèmes qui affectent
> leurs familles, leurs voisins et les communautés dans lesquelles ils vivent.
> (Extrait d'une lettre du 11 septembre 2008 écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à un croyant) [99].
> 
> Dans son message du Riḍván 2008, la Maison de justice a fait remarquer qu'à mesure que le
> travail d'expansion et de consolidation progresse, les bahá'ís seront de plus en plus impliqués dans
> la vie de la société qui les entoure. La nature de cette implication sera nécessairement organique,
> progressive et guidée par le processus d'apprentissage dans lequel les croyants de partout sont
> déjà engagés. De plus, il est à espérer que l'implication croissante de la communauté bahá'íe dans
> la société se fera naturellement dans chaque groupement à travers le monde.
> (Extrait d'une lettre datée du 16 juin 2009, écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à un croyant) [100]
> 
> […] chaque être humain et chaque ensemble d’individus, qu’ils soient ou non du nombre des
> disciples de Bahá’u’lláh, peuvent s’inspirer de ses enseignements et profiter des perles de
> sagesse et de connaissance qui les aideront à relever les défis auxquels ils font face. En fait, la
> civilisation qui s’annonce à l’humanité ne sera pas atteinte par les seuls efforts de la communauté
> bahá'íe. De nombreux groupes et organisations, animés par l’esprit de solidarité mondiale qui est
> une manifestation indirecte de la conception de Bahá’u’lláh du principe de l’unité de l’humanité,
> contribueront à la civilisation destinée à émerger de la confusion et du chaos de la société
> d’aujourd’hui.
> (La Maison universelle de justice, Riḍván 2010, message aux bahá'ís du monde)             [101]
> 
> Comme l'indique le message du Riḍván, le changement social n'est pas un projet qu'un groupe de
> personnes réalise au profit d'un autre. Le message explique que la portée et la complexité de
> l'action sociale doivent être à la mesure des ressources humaines disponibles dans un village ou
> un quartier pour la mener à bien. Cela implique que les efforts doivent commencer à une échelle
> modeste et se développer de façon organique au fur et à mesure que se développent les capacités
> de la population – essentiellement la capacité d’appliquer à la réalité sociale, avec une efficacité
> croissante, les éléments de la Révélation de Bahá'u'lláh, ainsi que les contenus et les méthodes de
> la science.
> Dans cette optique, la Maison de justice a clairement indiqué dans nombre de ses récents
> messages qu'au stade actuel du développement de la Foi, le renforcement des capacités à
> répondre aux besoins matériels d'une communauté locale ne doit pas être considéré
> indépendamment d'un processus déjà mis en route pour répondre à ses besoins spirituels. Ce
> processus, bien entendu, prend de l'ampleur à mesure que des réunions de prière, des classes
> d'enfants, des groupes de juniors et des cercles d'étude sont mis en place dans une région. Il est
> dirigé par les institutions et les agences de la Foi et dépend fortement des initiatives pour le bien-
> être de leurs communautés d'un nombre croissant d'individus dans la région concernée. Ce sont
> ces individus – hommes et femmes, jeunes et vieux – qui, ainsi habilités, commencent à prendre
> des décisions concernant leur progrès spirituel et matériel et à les mettre en œuvre augmentant au
> fur et à mesure leur capacité collective.
> Selon les circonstances de la région, les efforts d'une organisation de développement à but non
> lucratif, opérant en accord avec les principes de la Foi, pourraient contribuer à faciliter ce
> processus d’autonomisation et de responsabilisation désormais plus complexe, qui se déroule
> dans la région. Une telle organisation, qui émerge elle-même de manière organique et se renforce
> avec le temps, fonctionne sous la direction morale des institutions du pays. Les personnes les
> plus intimement impliquées dans l'organisation se soumettent par nécessité à la discipline
> nécessaire pour que leurs efforts servent constamment à contribuer à l'autonomisation et à la
> responsabilisation d'une population, ce qui exige d'elles qu'elles travaillent avec la base, aux
> côtés des personnes elles-mêmes, qu'elles partagent leurs luttes et qu'elles reconnaissent que les
> avantages économiques seront peu nombreux.
> (Extrait d'une lettre datée du 18 juillet 2010 écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à un croyant) [102]
> 
> Une petite communauté, dont les membres sont unis par leurs croyances communes,
> caractérisées par leurs idéaux élevés, compétents dans la gestion de leurs affaires et veillant à
> leurs besoins et peut-être engagés dans plusieurs projets humanitaires, une telle communauté,
> florissante, mais à une distance confortable de la réalité vécue par les masses de l’humanité, ne
> peut jamais espérer servir de modèle pour restructurer l’ensemble de la société. Le fait que la
> communauté mondiale bahá'íe ait réussi à éviter les dangers de l’autosatisfaction est une source
> de joie éternelle pour nous. En effet, la communauté a bien en main son expansion et sa
> consolidation. Cependant, gérer les affaires d’innombrables habitants de villes et de villages
> autour du monde – hisser bien haut l’étendard de l’ordre mondial de Bahá'u'lláh pour que tous le
> voient           –           est           encore           un          objectif           lointain.
> C’est en cela, alors, que réside le défi qui doit être relevé par ceux qui sont à l’avant-garde du
> processus d’apprentissage qui continuera d’avancer au cours du prochain Plan. Où que
> s’établisse un programme intensif de croissance, que les amis ne ménagent aucun effort pour
> augmenter le niveau de participation. Qu’ils s’évertuent au maximum pour s’assurer que le
> système qu’ils ont si laborieusement édifié ne se referme pas sur lui-même, mais qu’il se déploie
> progressivement pour accueillir de plus en plus de personnes. […] Et qu’ils n’oublient pas les
> leçons du passé qui n’ont laissé aucun doute sur le fait qu’un groupe relativement réduit de
> tenants actifs de la Cause, quelles que soient leurs ressources, quel que soit leur engagement, ne
> peut répondre aux besoins de communautés comprenant des centaines, encore moins des milliers,
> d’hommes, de femmes et d’enfants.
> (La Maison universelle de justice, extrait d'un message du 28 décembre 2010 à la       Conférence
> des Corps continentaux des conseillers) [103]
> 
> Le modèle de vie spirituelle et sociale qui prend forme dans les groupements comprenant des
> cercles d'étude, des classes d'enfants, des groupes de juniors, des réunions de prière, des visites à
> domicile, des efforts d'enseignement et des réunions de réflexion, ainsi que les célébrations des
> jours saints, des fêtes des dix-neuf jours et autres réunions, offre d'abondantes possibilités
> d'engagement, d'expérience, de consultation et d'apprentissage qui conduiront à un changement
> dans la compréhension et l'action personnelles et collectives. Les questions de préjugés de race,
> de classe et de couleur se poseront inévitablement lorsque les amis s'adresseront à des
> populations diverses, en particulier dans le contexte resserré des quartiers.
> Là, chaque activité peut prendre la forme la plus adaptée à la culture et aux intérêts de la
> population, afin que les nouveaux croyants soient vivifiés et confirmés dans un environnement
> nourricier et familier, jusqu'à être en mesure d'offrir leur part à la résolution des défis auxquels
> est confrontée une communauté bahá'íe en pleine croissance. Car il ne s'agit pas d'un processus
> que certains mènent au nom d'autres bénéficiaires passifs – simple extension d'une congrégation
> et invitation au paternalisme – mais d'un processus dans lequel un nombre toujours croissant de
> gens reconnaissent et assument la responsabilité de la transformation de l'humanité mise en route
> par Bahá'u'lláh. Dans un environnement d'amour et de confiance né d'une croyance, d'une
> pratique et d'une mission communes, des individus d’origine ethnique différentes vont acquérir
> cette connexion intime du cœur et de l’esprit dont dépendent la compréhension mutuelle et le
> changement.
> Grâce à leur formation et à leur approfondissement, un nombre croissant de croyants
> s'inspireront des Écrits pour aborder avec sensibilité et efficacité les questions de préjugés
> raciaux qui se posent dans leur vie personnelle et familiale, parmi les membres de la
> communauté, dans les interactions sociales et sur le lieu de travail. À mesure que les
> programmes de croissance progressent et que la portée et l'intensité des activités augmentent, les
> amis seront amenés à participer à des échanges d’idées et, avec le temps, à des initiatives d'action
> sociale qui viennent de la base où les questions relatives à l'absence de préjugés émergent
> naturellement, que ce soit directement ou indirectement.
> (Extrait d'une lettre datée du 10 avril 2011 écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à un croyant) [104]
> 
> Vous connaissez sans doute les directives fournies par la Maison universelle de justice dans son
> message du Riḍván 2010 concernant « certains concepts fondamentaux » qui se rapportent à des
> exemples d'action sociale menée par les bahá'ís, qui comprendraient des projets de
> développement social et économique. Parmi ceux-ci figurent les principes selon lesquels « si
> l'action sociale peut impliquer l’offre de biens et de services sous une forme ou une autre, sa
> préoccupation première doit être de renforcer la capacité d'une population donnée à participer à
> la création d'un monde meilleur » et que « le changement social n'est pas un projet qu'un groupe
> de personnes réalise au bénéfice d'un autre. » En effet, il est préférable que de tels projets soient
> lancés de l’intérieur des communautés auxquelles ils sont censés profiter, et il faut veiller à ce
> que les ressources disponibles en dehors de la communauté ne définissent pas la nature des
> projets entrepris. Dans les endroits du monde où le processus de croissance progresse bien, les
> capacités accrues que le processus de l’institut de formation favorise chez les individus donnent
> naturellement naissance à des programmes durables d'action sociale à la base, car ce sont les
> membres d'une communauté donnée qui sont les mieux placés pour comprendre leur réalité
> sociale, évaluer leurs besoins et tracer leur propre voie de progrès. C'est pourquoi on déconseille
> aux bahá'ís de concevoir et de mettre en œuvre des projets de développement dans d'autres pays
> que le leur.
> (Extrait d'une lettre datée du 22 octobre 2012, écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à un croyant) [105]
> 
> Ce qu’il faut dire clairement ici, c’est que les bahá’ís ne croient pas que la transformation ainsi
> envisagée se produira exclusivement grâce à leurs propres efforts. Ils n’essaient pas non plus de
> créer un mouvement qui chercherait à imposer à la société leur vision de l’avenir. Chaque nation
> et chaque groupe – en fait chaque individu – contribuera, à un degré plus ou moins grand, à
> l’émergence de la civilisation mondiale vers laquelle l’humanité se dirige irrésistiblement.
> (La Maison universelle de justice, extrait d’un message du 2 mars 2013 aux bahá’ís d’Iran [106]
> 
> Au cœur d'une telle approche se trouve la question du développement des capacités. Groupement
> après groupement il a été observé que la capacité à faire des efforts dans le domaine de l'action
> sociale s'accroît progressivement à mesure qu'un nombre croissant d'individus sont impliqués
> dans le processus de l'institut et sont aidés à consacrer leurs énergies à la transformation
> spirituelle et matérielle des régions dans lesquelles ils vivent. En général, les efforts de
> développement social et économique bahá'ís commencent à la base, sont modestes au départ et se
> développent de manière organique, en fonction des ressources humaines et financières locales
> dont ils disposent. À cet égard, comme l'indique le message du Riḍván 2010, le changement
> social ne doit pas être conçu comme le projet qu'un groupe réalise au bénéfice d'un autre, ni être
> réduit à la simple offre de biens ou de services. À la lumière de ces considérations, on
> déconseille aux bahá'ís de mettre en œuvre des projets dans des pays où ils ne résident pas.
> En outre, pour un certain nombre de raisons, il convient de faire preuve d'une grande prudence
> dans les cas où des fonds extérieurs sont mis à disposition pour une entreprise spécifique.
> L'expérience a montré, par exemple, que le droit de la communauté locale à tracer sa propre voie
> de progrès peut être compromis lorsque ceux qui fournissent des ressources extérieures à la
> communauté assument la responsabilité de la gestion et de la direction d'une initiative ou
> exercent une influence indue sur la nature des projets entrepris. De plus, les organisations qui
> dépendent uniquement d'un soutien extérieur ont souvent du mal à maintenir leurs activités en
> cas de retrait de ces sources de financement. Afin d'éviter de tels problèmes, le Bureau du
> développement économique et social du Centre mondial bahá'í aide à coordonner le flux de
> ressources destinées aux projets de développement inspirés par les bahá'ís, en tenant compte à la
> fois des conditions de la région et de la maturité des initiatives spécifiques.
> (Extrait d'une lettre datée du 19 avril 2013 écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à un croyant) [107]
> 
> ... le développement, du point de vue bahá’í, est considéré comme un processus dont les
> protagonistes sont les gens eux-mêmes. L'accent est mis sur le renforcement de la capacité des
> communautés à prendre des décisions concernant leur progrès spirituel et matériel et à les mettre
> en œuvre. Cela nécessite un processus par lequel de petites initiatives émergent organiquement
> d'un modèle de vie communautaire qui est créé au fur et à mesure que les amis d’un groupement
> donné acquièrent de l'expérience dans l'application du cadre d'action associé au Plan de cinq ans.
> En s'engageant dans les processus d'expansion et de consolidation, les croyants acquièrent par
> leurs efforts une compréhension plus fine des défis auxquels sont confrontées les populations
> qu'ils servent et apprennent progressivement à appliquer les enseignements de la Foi aux besoins
> pressants de leurs communautés. L'expérience, partout dans le monde bahá’í, a démontré qu'il est
> généralement improductif d'introduire à un stade précoce, des agences, des technologies ou des
> sources de financement externes, c'est-à-dire avant que la capacité de lancer et de maintenir des
> projets ne soit établie à la base.
> (Extrait d'une lettre datée du 30 décembre 2014 écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à un croyant) [108]
> 
> Dans ses premiers stades de développement, l’effort systématique visant à atteindre une
> population et à favoriser sa participation au processus de développement des capacités s’accélère
> nettement lorsque les membres de cette population sont eux-mêmes à l’avant-garde de cet effort.
> Ces personnes auront une compréhension unique des forces et des structures qui, dans leurs
> sociétés, peuvent renforcer les efforts en cours.
> (La Maison universelle de justice, extrait d'un message du 29 décembre 2015 à la conférence
> des Corps continentaux des conseillers) [109]
> 
> ... Les bahá'ís s'engagent dans les villes et les villages du monde entier pour établir un modèle de
> vie qui invite un nombre croissant de personnes, indépendamment de leurs origines, à y
> participer. Ce modèle, qui exprime la cohérence dynamique entre les dimensions matérielle et
> spirituelle de la vie, comprend des cours d'éducation spirituelle pour les enfants, dans lesquels ils
> développent également une profonde appréciation de l'unité fondamentale des différentes
> religions du monde, des groupes qui aident les jeunes à traverser une étape cruciale de leur vie et
> à résister aux forces corrosives qui les visent particulièrement, des cercles d'étude dans lesquels
> les participants réfléchissent à la nature spirituelle de l'existence et développent leur capacité à
> servir la communauté et la société, des rassemblements pour la prière collective qui renforcent la
> dévotion de la communauté et, avec le temps, un éventail croissant d'efforts pour le
> développement social et économique.
> Ce modèle de vie communautaire donne naissance à de nouvelles communautés dynamiques et
> résolues où les relations sont fondées sur l’unicité de l'humanité, la participation universelle, la
> justice et l'absence de préjugés. Tous sont les bienvenus. Le processus en cours vise à favoriser
> la collaboration et à renforcer les capacités au sein de chaque groupe humain – sans
> considération de classe ou de religion, sans souci d'ethnicité ou de race, et indépendamment du
> genre ou du statut social – afin de se lever pour contribuer au progrès de la civilisation.
> (Extrait d'une lettre datée du 27 décembre 2017, écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à un croyant) [110]
> 
> L'émergence des actions sociales
> 
> Il a pris connaissance avec un vif intérêt du plan que vous avez conçu pour l'intensification de la
> production agricole en vue de faire face, en ces temps de guerre, à une éventuelle pénurie
> alimentaire. Bien qu'il soit pleinement conscient de la nécessité de présenter un tel plan et qu'il
> apprécie profondément les nobles motifs qui vous ont poussé à aborder ce problème, il pense
> néanmoins que le temps n'est pas encore venu pour les croyants, en tant que corps, d'entreprendre
> des expériences sociales et économiques de ce caractère et de cette portée. Ni les ressources
> matérielles dont ils disposent, ni leur force numérique ne sont suffisantes pour leur donner un
> espoir raisonnable de se lancer avec succès dans un projet de ce genre.
> (Extrait d'une lettre du 6 novembre 1940 écrite au nom de Shoghi Effendi à un croyant) [111]
> 
> Ce n'est pas maintenant le moment pour les amis de chercher à établir un village bahá'í ; ils
> doivent s’attaquer de toute urgence à des tâches précises de la plus haute importance et c’est là
> qu’ils doivent concentrer leur attention. Le Gardien ne pense pas non plus qu'il soit nécessaire
> pour les amis d'acheter des terres en ce moment. À l'avenir, lorsqu'ils auront atteint les objectifs
> que leur a fixés le Maître bien-aimé lui-même, ils pourront développer davantage de projets pour
> la communauté mais pour l’heure de telles entreprises ne feraient que dissiper leurs forces, qui
> devraient toutes être dirigées vers le travail d'enseignement.
> (Extrait d'une lettre du 26 mars 1943, écrite au nom de Shoghi Effendi à un croyant)
> [112]
> Les croyants ne doivent pas quitter des yeux leurs tâches immédiates qui consistent à consolider
> patiemment leurs institutions administratives, à établir de nouvelles assemblées […] et à
> s'efforcer de perfectionner le modèle de vie bahá'í, car ce sont des choses qu'aucun autre groupe
> de personnes dans le monde ne peut faire ou ne fera, et eux seuls sont capables de fournir le
> fondement spirituel et l'exemple sur lesquels les grands projets mondiaux doivent finalement
> reposer. Dans le même temps, tous les efforts doivent être faits en ce moment pour diffuser les
> enseignements et les mettre en corrélation avec la situation critique de l'humanité et avec les
> plans pour son avenir.
> (Extrait d'une lettre du 29 mars 1945 écrite au nom de Shoghi Effendi à une Assemblée
> spirituelle nationale) [113]
> 
> Un très vaste horizon s’ouvre devant nous, illuminé par une manifestation croissante et
> universelle des potentialités inhérentes à la Cause pour mettre en ordre les affaires des hommes.
> À cette lumière on peut discerner non seulement nos tâches immédiates mais, plus faiblement,
> les nouvelles poursuites et entreprises dans lesquelles nous devrons sous peu nous engager […]
> Les forces libérées par Bahá’u’lláh s’accordent aux nécessités des temps. Nous devons, en
> conséquence, avoir l’absolue confiance que la nouvelle pulsation de l’énergie vibrant
> actuellement dans la Cause lui conférera le pouvoir de rencontrer les défis à venir pour aider,
> selon la maturité et les ressources, au développement de la vie sociale et économique des peuples,
> collaborer aux forces conduisant à l’établissement de l’ordre dans le monde, influencer
> l’exploitation et l’usage constructif de la technologie moderne, rehausser par tous les moyens le
> prestige et le progrès de la Foi et améliorer les conditions de la plupart des hommes.
> (La Maison universelle de justice, Riḍván 140 (1983), message aux bahá’ís du monde) [114]
> 
> Le message de la Maison de justice du 20 octobre 1983 a clairement énoncé les concepts, défini
> les objectifs et exposé les principes directeurs pour la sélection et la mise en œuvre des projets,
> programmes ou activités de développement bahá'ís. La grande majorité des projets bahá'ís seront
> essentiellement générés à la base et, dans un premier temps, selon les besoins, recevront une aide
> de sources bahá'íes, en termes de finances et de main-d'œuvre. Les projets seront, comme vous
> l'avez déjà supposé, à but non lucratif et concerneront principalement des activités étroitement
> liées à l'éducation, à la santé et à l'hygiène, à l'agriculture et à de simples activités de
> développement de la communauté. Il est à espérer que tous ces types de projets reflètent la force
> des principes spirituels enchâssés dans les enseignements de Bahá'u'lláh.
> À l'heure actuelle, il est important que nos entreprises soient modestes dans leur portée. Ensuite,
> à mesure que nous gagnons en confiance et en expérience et que nos ressources augmentent,
> notre travail englobera des objectifs élargis et les amis exploreront de nouveaux domaines
> d'activité sociale et économique.
> (Extrait d'une lettre du 22 décembre 1983, écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à un croyant) [115]
> 
> Le rapport entre l'enseignement et le développement social et économique doit être considéré à la
> fois en fonction de certains principes fondamentaux et dans le contexte des processus qui
> caractérisent la croissance de la communauté bahá'íe. Vous connaissez bien les principes
> pertinents, qui sont notamment les suivants : les bahá'ís doivent transmettre les enseignements de
> Bahá'u'lláh à l'humanité de manière généreuse et inconditionnelle, afin que les gens les
> appliquent aux problèmes sociaux urgents et s'élèvent matériellement et spirituellement. Dans
> leurs relations avec la société en général, les amis doivent être honnêtes et éviter toute trace de
> tromperie. Les projets de développement social et économique ne doivent pas être utilisés
> comme une incitation à la conversion et les fonds provenant de non-bahá'ís ne doivent pas être
> utilisés à des fins strictement bahá'íes.
> Rien de tout cela ne diminue l'importance de l'obligation sacrée d'enseigner la Cause.
> L'enseignement doit rester la passion dominante de la vie de chaque croyant et devenir une
> préoccupation majeure de la communauté bahá'íe.
> Au fur et à mesure que la communauté bahá'íe est passée d'une étape à l'autre, l'éventail des
> activités qu'elle a pu entreprendre s'est élargi. Sa croissance a été de nature organique et a
> impliqué une différenciation progressive des fonctions. Lorsque la communauté bahá'íe était de
> petite taille, toutes ses interactions avec la société dans son ensemble s'intégraient facilement
> sous l'appellation d'enseignement direct et indirect. Mais, avec le temps, de nouvelles dimensions
> du travail sont apparues : participation à la société civile, travail diplomatique très organisé,
> action sociale et ainsi de suite – chaque action ayant ses propres objectifs, méthodes et ressources.
> Dans un certain sens, il est possible de qualifier toutes ces activités « d’enseignement », puisque
> leur but ultime est de diffuser les parfums divins, d’offrir la Révélation de Bahá'u'lláh à
> l'humanité et de servir la société. Cependant, en pratique, il semble plus fructueux de les traiter
> comme des domaines d'action distincts mais complémentaires. Par exemple, désigner certains
> efforts de développement social et économique comme un enseignement indirect peut créer une
> confusion d'au moins deux façons : D'une part, cela peut donner l'impression que les activités de
> développement devraient avoir pour objectif premier et immédiat le recrutement de nouveaux
> croyants, ce qui n'est évidemment pas le cas ; d’autre part, cela peut suggérer à certains amis
> qu'ils remplissent leur obligation d'enseigner en participant simplement à l'action sociale.
> Le développement social et économique est un domaine d'activité important en soi. Sa
> justification ne doit pas être recherchée dans sa capacité à produire des déclarations. C’est un
> complément à l'enseignement et il y contribue également. Naturellement, lorsque les efforts dans
> le domaine du développement sont couronnés de succès, ils augmentent l'intérêt du public pour
> la Foi et créent de nouvelles possibilités d'enseignement pour la communauté bahá'íe, possibilités
> que les amis devraient saisir par leurs activités d'expansion et de consolidation.
> (La Maison universelle de justice, extrait d'un mémorandum du 27 avril 1998 adressé au
> Bureau du développement économique et social) [116].
> 
> L'un des principes de base régissant le développement social et économique bahá'í est que les
> amis devraient donner les enseignements de Bahá'u'lláh à l'humanité de manière généreuse et
> inconditionnelle, afin que les gens du monde entier les appliquent aux problèmes sociaux urgents
> et améliorent leur vie individuelle et collective, tant dans les dimensions matérielles que
> spirituelles.
> L'accès au Verbe de Dieu ne doit pas être conditionné à l'acceptation de Bahá'u'lláh comme
> Manifestation de Dieu pour aujourd'hui. De plus, lorsque les circonstances l'exigent il serait
> parfois approprié de s’abstenir de mentionner explicitement la Source d'inspiration qui sous-tend
> un programme éducatif développé sur la base de ses Enseignements. Dans cette optique, il existe
> une série d'options que les amis peuvent envisager lors de la création de matériel éducatif qui
> s'inspire des enseignements et des principes de la Foi.
> (Extrait d'une lettre du 11 juin 2006, écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à un croyant) [117]
> 
> Il faut s'attendre à ce que le désir d'entreprendre une action sociale accompagne le changement
> collectif qui commence à se produire dans un village ou un quartier, à mesure que les prières en
> commun et les visites à domicile se conjuguent avec des activités d'éducation spirituelle de la
> population pour créer un riche modèle de vie communautaire. L'action sociale peut, bien entendu,
> aller des efforts les plus informels et de durée limitée à des programmes de développement social
> et économique d'un niveau élevé de complexité et de sophistication promus par des organisations
> non gouvernementales d'inspiration bahá'íe – toutes concernées par l'application des
> enseignements à certains besoins identifiés dans des domaines tels que la santé, l'éducation,
> l'agriculture et l'environnement.
> (Extrait d'une lettre du 4 janvier 2009, écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à une Assemblée spirituelle nationale) [118]
> 
> Dans notre message du Ridvan 2008, nous indiquions que les amis, alors qu’ils continuent à
> œuvrer au niveau du groupement, seront de plus en plus entraînés dans la vie de la société et
> seront mis au défi d’élargir le processus d’apprentissage systématique dans lequel ils sont
> engagés pour y inclure une gamme croissante d’activités humaines. Une riche trame de vie
> communautaire se dessine dans chaque groupement à mesure que les moments de recueillement
> collectif, entremêlés de discussions entreprises dans le cadre intime des foyers, sont tissés avec
> des activités qui dispensent une éducation spirituelle à toutes les composantes de la population :
> les adultes, les jeunes et les enfants. La conscience sociale se voit naturellement aiguisée quand,
> par exemple, des conversations stimulantes se multiplient entre parents au sujet des aspirations
> de leurs enfants ou que des projets de service fleurissent à l’initiative des jeunes adolescents. À
> partir du moment où les ressources humaines du groupement sont en nombre suffisant et où le
> modèle de croissance est fermement établi, l’engagement de la communauté dans la société peut,
> et doit en fait, s’accroître. En cette étape cruciale dans l’évolution du Plan, où tant de
> groupements se rapprochent d’une telle phase, il semble approprié que les amis, partout,
> méditent sur la nature des contributions que leurs communautés grandissantes et vibrantes vont
> apporter au progrès matériel et spirituel de la société. À cet égard, il serait utile de considérer
> deux domaines d’activité étroitement liés, qui se renforcent mutuellement : l’implication dans
> l’action sociale et la participation aux débats en cours dans la société […]
> L’action sociale peut être représentée avec plus de justesse comme un éventail d’interventions,
> allant d’activités assez informelles de durée limitée entreprises par des individus ou de petits
> groupes d’amis jusqu’à des programmes socio-économiques très complexes et sophistiqués
> exécutés par des organisations d’inspiration bahá'íe. Quelles que soient sa portée et son
> envergure, toute action sociale cherche à mettre en pratique les enseignements et principes de la
> Foi pour améliorer, un tant soit peu, tel ou tel aspect de la vie sociale et économique d’une
> population. De tels efforts se distinguent en conséquence par leur objectif avoué de promouvoir
> le bien-être matériel de la population, en plus de sa santé spirituelle. Dans les enseignements
> bahá'ís, une importance capitale est accordée à la notion que la civilisation mondiale qui se
> profile maintenant à l’horizon de l’humanité doit réaliser une cohérence dynamique entre les
> exigences matérielles et spirituelles de la vie. Il est évident qu’un tel idéal a de profondes
> implications vis-à-vis de la nature de toute action sociale entreprise par les bahá’ís, quelles que
> soient sa portée et sa sphère d’influence. Bien que les conditions diffèrent d’un pays à l’autre, et
> peut-être d’un groupement à l’autre, amenant les amis à poursuivre des actions très variées, tous
> doivent garder à l’esprit certains concepts fondamentaux. Le rôle central que joue le savoir dans
> l’existence sociale en est un. La perpétuation de l’ignorance est une forme on ne peut plus grave
> d’oppression ; elle renforce les multiples murs de préjugés qui barrent la voie vers
> l’accomplissement de l’unité de l’humanité, lequel est à la fois le but et le principe moteur de la
> révélation de Bahá’u’lláh. L’accès au savoir est le droit de tout être humain, et contribuer à le
> générer, à l’appliquer et à le diffuser est une responsabilité que tous doivent assumer dans la
> grande entreprise de construction d’une civilisation mondiale prospère – chacun et chacune en
> fonction de ses talents et possibilités. La justice exige une participation universelle. Par
> conséquent, bien que l’action sociale puisse impliquer, d’une façon ou d’une autre, la fourniture
> de biens et de services, sa principale préoccupation doit être de développer, au sein d’une
> population donnée, la capacité de contribuer à la création d’un monde meilleur. Le changement
> social n’est pas un projet qu’un groupe de personnes réalise pour le bénéfice d’un autre groupe.
> La portée et la complexité de l’action sociale doivent correspondre aux ressources humaines
> disponibles dans le village ou dans le quartier pour la mener de l’avant. Les efforts commencent
> donc au mieux à une échelle modeste et se développent de façon organique à mesure que la
> capacité se développe au sein de la population. La capacité se hisse, bien sûr, à des niveaux plus
> élevés à mesure que les protagonistes du changement social apprennent à appliquer à leur réalité
> sociale, avec de plus en plus d’efficacité, des éléments de la révélation de Bahá’u’lláh,
> accompagnés des données et des méthodes scientifiques. Ils doivent s’efforcer de comprendre
> cette réalité sociale de façon conforme aux enseignements de Bahá’u’lláh, voyant en leur
> prochain une pierre précieuse d’une valeur inestimable et reconnaissant les effets du double
> processus d’intégration et de désintégration à la fois sur les cœurs et les esprits, de même que sur
> les structures sociales. […]
> Une plus grande implication dans la vie de la société ne devrait pas être recherchée d’une
> façon prématurée. Elle se développera naturellement à mesure que, dans chaque groupement, les
> amis persévéreront dans leurs efforts pour appliquer les dispositions du Plan à travers un
> processus d’actions, de réflexion, de consultation et d’étude, et qu’ils apprendront en
> conséquence. La participation dans la vie de la société s’épanouira au fur et à mesure que la
> capacité de la communauté à promouvoir sa propre croissance et à maintenir sa vitalité se
> développera. Elle parviendra à être cohérente avec les efforts pour élargir et consolider la
> communauté dans la mesure où elle utilisera les éléments du cadre conceptuel qui régit la série
> actuelle de plans mondiaux. Et elle contribuera au mouvement des peuples vers la vision de
> Bahá’u’lláh d’une civilisation mondiale prospère et pacifique pour autant qu’elle emploie ces
> éléments de façon créative dans de nouveaux domaines d’apprentissage.
> (La Maison universelle de justice, Riḍván 2010, message aux bahá’ís du monde) [119]
> 
> Alors qu’au cours de la dernière année, l’expansion et la consolidation ont progressé sans
> interruption, d’autres domaines importants d’activité ont aussi avancé, souvent en étroit parallèle.
> Les progrès observés sur le plan de la culture dans certains villages et quartiers, qui sont en
> grande partie dus aux acquis engendrés par la participation bahá'íe à l’action sociale, en sont un
> excellent exemple. Notre Bureau du développement social et économique a récemment préparé
> un document qui condense trente années d’expérience accumulée sur le terrain dans ce domaine
> depuis son établissement au Centre mondial bahá'í. On y fait notamment observer que l’institut
> de formation fournit une impulsion vitale aux efforts pour s’engager dans l’action sociale. Cela
> ne se fait pas uniquement grâce à l’augmentation des ressources humaines qu’il favorise. Les
> perceptions, qualités et aptitudes spirituelles profondes que cultive le processus de l’institut se
> sont révélées tout aussi essentielles pour prendre part à l’action sociale qu’elles le sont pour
> contribuer au processus de croissance. Plus loin dans le document, on explique comment les
> sphères d’activité distinctes de la communauté bahá'íe sont régies par un cadre conceptuel
> commun et évolutif, composé d’éléments qui se renforcent mutuellement bien qu’ils s’expriment
> de diverses façons dans des champs d’action différents. Le document que nous venons de décrire
> a récemment été communiqué aux assemblées spirituelles nationales. Nous les invitons à
> examiner, en consultation avec les conseillers, comment les concepts qu’il explore peuvent
> contribuer à intensifier les efforts actuels dans le domaine de l’action sociale menés sous leurs
> auspices et à sensibiliser davantage à cette dimension importante de l’activité bahá'íe. Il ne faut
> pas voir là un appel général à une action d’envergure dans ce domaine – l’action sociale émerge
> naturellement à mesure qu’une communauté en expansion se renforce – mais il apparaît opportun
> que les amis réfléchissent plus en profondeur à la portée de leurs efforts en vue de transformer la
> société. Le vaste mouvement d’apprentissage qu’on observe dans ce domaine impose des
> exigences accrues au Bureau du développement social et économique, et des mesures sont prises
> pour garantir que son fonctionnement évolue en proportion.
> (La Maison universelle de justice, Riḍván 2013, message aux bahá’ís du monde)           [120]
> 
> Ces dernières années, il est devenu évident que dans les communautés où l'accent a été mis sur
> les éléments de développement des capacités du Plan de cinq ans, l’aptitude des amis à s'engager
> dans l'action sociale s'est considérablement accrue. En conséquence, il serait bon que vous
> encouragiez les amis à persévérer dans leurs efforts pour renforcer l'institut de formation et les
> activités du plan, car c'est là que réside la clé pour multiplier vos ressources humaines et créer
> une communauté vibrante, unie et aimante. Au fur et à mesure qu'ils progresseront sur cette voie,
> ils seront de plus en plus capables de contribuer de manière tangible à la résolution pratique des
> problèmes auxquels sont confrontées les populations à la base dans les villes et les communes,
> les quartiers et les villages.
> (Extrait d'une lettre datée du 1er octobre 2015 écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à une Assemblée spirituelle nationale) [121]
> 
> Les premiers signes de l’action sociale découlent naturellement d’une augmentation tant des
> ressources que de la conscience des implications de la Révélation sur la vie d’une population. Il
> n’est pas rare que des initiatives de cette sorte émergent d’une manière organique du programme
> d’autonomisation spirituelle des juniors ou qu’elles soient prises lors de rencontres
> communautaires, à la suite de consultations sur la situation locale. Ces efforts peuvent prendre
> diverses formes : par exemple, une aide à la formation des enfants, des projets pour rehausser le
> cadre de vie, et des activités pour améliorer la santé et prévenir les maladies. Certaines initiatives
> se révèlent durables et prennent graduellement de l’ampleur. En différents endroits, la fondation
> d’une école communautaire au niveau local est née d’un grand souci d’offrir une éducation
> appropriée aux enfants et d’une conscience de l’importance de cette éducation, qui ont découlé
> naturellement d’une étude des documents de l’institut. À l’occasion, les efforts des amis peuvent
> être grandement renforcés par le travail d’une organisation d’inspiration bahá'íe déjà en place et
> fonctionnant dans le voisinage. Si humble que puisse être un exemple d’action sociale à ses
> débuts, il montre qu’une population cultive en son sein une capacité essentielle, d’un potentiel et
> d’une portée infinis pour les siècles à venir : celle d’apprendre comment appliquer la Révélation
> aux multiples dimensions de l’existence sociale. Toutes ces initiatives servent également à
> rehausser, aux niveaux individuel et collectif, la participation aux débats dominants de la
> communauté élargie. Comme prévu, les amis sont amenés à participer davantage à la vie de la
> société – un développement qui, depuis le tout début, est inhérent au modèle d’activité dans un
> groupement, mais qui est aujourd’hui beaucoup plus marqué.
> (La Maison universelle de justice, extrait d'un message du 29 décembre 2015 à la conférence
> des Corps continentaux des conseillers) [122]
> 
> En général, les projets de développement bahá'ís commencent à la base et sont, dans un premier
> temps, soutenus par les ressources humaines et financières disponibles localement. Si ces projets
> sont introduits prématurément dans un groupement, ils risquent de dissiper les énergies et de
> distraire les amis qui devraient s'occuper en priorité de faire avancer le processus d'expansion et
> de consolidation. À cet égard, l'expérience a montré que les écoles de quartier, comme d'autres
> efforts d'action sociale, se sont révélées plus durables lorsqu'elles émergent dans des localités
> dotées d'un processus d'institut solide, comme un prolongement naturel des activités de
> construction communautaire en cours. Dans ces localités, les conditions de création d'une école
> sont favorisées par le fait qu'un nombre croissant de personnes participent à l'étude de la séquence
> principale des cours de l'institut, étude qui sert à doter de plus en plus d'individus des qualités,
> attitudes et compétences requises pour contribuer aux processus de transformation spirituelle et
> matérielle. En outre, lorsque les efforts visant à multiplier et à renforcer les classes d'enfants et les
> groupes de juniors favorisent le sentiment d'appropriation par la communauté de l'éducation des
> jeunes générations, ils entraînent une augmentation de la capacité collective à mettre en œuvre
> des projets encore plus complexes.
> (Extrait d'une lettre du 9 avril 2017, écrite au nom de la Maison universelle de justice à
> une Assemblée spirituelle nationale) [123]
> 
> À mesure que le travail de construction communautaire s’intensifie, les amis utilisent les
> nouvelles capacités qu’ils ont acquises afin d’améliorer la situation au sein de la société dans
> laquelle ils vivent, leur enthousiasme émanant de leur étude des enseignements divins. Le nombre
> des projets à court terme a bondi, les programmes officiels ont étendu leur portée, et les
> organismes de développement d’inspiration bahá'íe engagés dans l’éducation, la santé,
> l’agriculture et d’autres domaines sont maintenant plus nombreux. Dans la transformation qui en
> résulte et qu’on observe dans la vie individuelle et collective des populations, on peut constater
> l’émergence incontestable du pouvoir de reconstruction sociale que possède la cause de
> Bahá’u’lláh. Il n’est donc pas surprenant que les Bureaux de la Communauté internationale
> bahá'íe s’inspirent de plus en plus de ces exemples d’action sociale – qu’elle soit simple ou
> complexe, d’une durée déterminée ou à long terme – dans les efforts qu’ils déploient pour
> participer au débat d’idées en cours dans la société.
> (La Maison universelle de justice, Riḍván 2018, message aux bahá’ís du monde)         [124]
> 
> Durant les ministères de ‘Abdu’l-Bahá et Shoghi Effendi, la première communauté à compter
> suffisamment de membres pour pouvoir commencer à appliquer d’une manière systématique les
> enseignements de Bahá’u’lláh afin de conjuguer progrès matériel et spirituel fut celle des
> croyants du berceau de la Foi. Le flot constant de directives provenant de la Terre sainte a permis
> aux bahá’ís d’Iran de réaliser des avancées extraordinaires en l’espace d’à peine une ou deux
> générations et de contribuer de façon particulière au progrès de leur nation. Un réseau d’écoles
> dispensant une éducation morale et formelle, notamment aux filles, s’est considérablement
> développé. L’analphabétisme a presque été éliminé dans la communauté bahá’íe. Des initiatives
> philanthropiques ont vu le jour. Les préjugés entre groupes ethniques et religieux, exacerbés dans
> l’ensemble de la société, ont été éradiqués dans l’étreinte affectueuse de la communauté. Des
> villages se sont distingués par leur propreté, leur ordre et leur progrès. Et les croyants de cette
> contrée ont contribué à ériger, dans une autre contrée, le premier mashriqu’l-adhkár et ses
> dépendances conçues pour « apporter le soulagement à celui qui souffre, la subsistance au pauvre,
> l’abri au voyageur, la consolation à l’affligé et l’éducation à l’ignorant ». Au fil du temps, dans
> diverses régions du monde, des initiatives dispersées émanant d’autres communautés sont venues
> intensifier ces efforts. Cependant, comme Shoghi Effendi l’avait fait remarquer à une
> communauté, le nombre de croyants était alors trop faible pour provoquer un changement
> important dans l’ensemble de la société, et pendant plus du premier demi-siècle de l’âge de
> formation, les croyants ont été encouragés à concentrer leur énergie à propager la Foi, puisque les
> bahá’ís étaient seuls à pouvoir effectuer cette tâche – leur principale obligation spirituelle,
> d’ailleurs – qui devait les préparer au moment où ils pourraient s’employer plus directement à
> résoudre les problèmes de l’humanité.
> Il y a trente-cinq ans, les conditions prévalant à l’intérieur et à l’extérieur de la communauté se
> sont réunies pour offrir de nouvelles possibilités de participer plus activement à la vie de la
> société. La Foi avait atteint, dans son évolution, un stade où les processus de développement
> social et économique devaient être incorporés dans ses activités régulières, et en octobre 1983,
> nous avons invité les bahá’ís du monde à s’engager dans ce nouveau champ d’activité. Le Bureau
> du développement social et économique a été créé au Centre mondial bahá’í pour nous aider à
> promouvoir et à coordonner les actions des amis partout dans le monde. Les activités bahá’íes
> dans le domaine du développement social et économique, quel que soit leur degré de complexité,
> se comptaient alors par centaines. Leur nombre atteint aujourd’hui les dizaines de milliers, y
> compris des centaines de projets durables tels que des écoles et des dizaines d’organismes de
> développement. Le large éventail des activités en cours déploie des efforts de villages et quartiers
> en régions et nations, relevant toute une série de défis, notamment ceux de l’éducation de l’école
> maternelle à l’université, de l’alphabétisation, de la santé, de l’environnement, du soutien aux
> réfugiés, de la promotion de la femme, de l’autonomisation des juniors, de l’élimination des
> préjugés raciaux, de l’agriculture, des économies locales et du développement des villages. Le
> pouvoir de reconstruction sociale que possède la cause de Bahá’u’lláh commence à se manifester
> plus systématiquement dans la vie collective des amis grâce à l’accélération du processus
> d’expansion et de consolidation, en particulier dans les groupements avancés. Outre cela, bien sûr,
> d’innombrables croyants, dans leurs activités professionnelles et bénévoles, consacrent leur
> énergie et leurs connaissances à des projets et à des organismes créés pour le bien commun.
> Une fois de plus, donc, nous constatons que des forces agissant à l’intérieur et à l’extérieur de la
> Foi permettent de passer à une nouvelle étape dans le travail de développement social et
> économique dans le monde bahá’í. C’est pourquoi, en cette occasion sacrée que constituent les
> fêtes des Anniversaires jumeaux, nous avons le plaisir d’annoncer que le Bureau du
> développement social et économique évolue pour devenir une nouvelle institution d’envergure
> planétaire créée au Centre mondial, l’Organisation internationale bahá’íe de développement. De
> plus, un Fonds bahá’í de développement sera institué, dans lequel le nouvel organisme puisera
> pour soutenir, partout dans le monde, des activités de développement, qu’elles soient établies de
> longue date ou récentes ; il sera subventionné par la Maison de justice, et les individus et les
> institutions pourront y contribuer.
> (La Maison universelle de justice, extrait d’un message du 9 novembre 2018 aux bahá’ís du
> monde) [125]
> 
> Développement communautaire et mouvement des populations
> 
> Ô peuple du monde ! Édifiez dans tous les pays des maisons d’adoration au nom de celui qui est
> le Seigneur de toutes les religions. Faites-les aussi parfaites qu’il est possible ici-bas et ornez-les
> de ce qui leur convient, sans image ni effigie. Puis, d’une joie radieuse, célébrez-y les louanges
> de votre Seigneur, le Très-Compatissant. En vérité, son souvenir réjouit les yeux et illumine le
> cœur.
> (Bahá’u’lláh, le Kitáb-i-A qdas, § 31) [126]
> […] tous les membres de la famille humaine – qu’il s’agisse de peuples ou de gouvernements, de
> villes ou de villages – sont toujours plus dépendants les uns des autres. L’autarcie n’est plus
> possible pour quiconque, dans la mesure où des liens politiques unissent tous les peuples et les
> nations et où les relations commerciales, industrielles, agricoles et pédagogiques s’intensifient
> jour après jour. L’unité de toute l’humanité peut donc aujourd’hui être réalisée.
> (‘Abdu’l-Bahá, Sélections des écrits d’‘A bdu’l-Bahá, p. 31) [127]
> 
> Bien que le mashriqu’l-adhkár soit, d’après son apparence, une structure matérielle, il exerce
> cependant un effet d’ordre spirituel. Il forge entre les cœurs des liens d’unité ; c’est un centre
> communautaire destiné aux âmes humaines. Chaque ville dans laquelle, au temps de la
> Manifestation, fut édifié un temple, a fait naître la sécurité, la constance et la paix, car de tels
> édifices ont été voués à la perpétuelle glorification de Dieu, et le cœur humain ne saurait trouver
> de repos en dehors de la souvenance de Dieu. Par le Dieu de miséricorde ! L’édifice de la Maison
> d’Adoration exerce une puissante influence sur toutes les phases de la vie. En orient, l’expérience
> a clairement montré qu’il s’agissait là d’un fait bien établi. Même si, dans quelque petit village,
> une maison était désignée pour faire fonction de mashriqu’l-adhkár, son existence avait une
> portée significative. Quel pourrait être alors l’impact d’un temple spécialement édifié dans ce
> but !
> (‘Abdu’l-Bahá, Sélections des écrits d’‘A bdu’l-Bahá, p. 95) [128]
> 
> Le mashriqu’l-adhkár est l’une des institutions les plus vitales du monde, et il possède de
> nombreuses branches annexes. Tout en étant une maison d’adoration, il est également rattaché à
> un hôpital, à un dispensaire, à une maison d’accueil pour les voyageurs, à une école pour les
> orphelins et à un établissement d’études universitaires. Chaque mashriqu’l-adhkár est relié à ces
> cinq structures. Mon espoir est que le mashriqu’l-adhkár sera maintenant fondé en Amérique et
> que peu à peu, l’hôpital, l’école, l’université, le dispensaire et la maison d’accueil seront créés
> ensuite, et que toutes ces institutions fonctionneront dans les meilleures conditions d’organisation
> et d’efficacité. Portez ces questions à la connaissance des bien-aimés du Seigneur, afin qu’ils
> comprennent à quel point l’importance de ce « Point d’aurore de la commémoration de Dieu » est
> grande. Le temple n’est pas seulement un lieu d’adoration ; il est plutôt, à tous égards, un
> ensemble complet.
> (‘Abdu’l-Bahá, Sélections des écrits d’‘A bdu’l-Bahá, p. 99) [129]
> 
> Le fondement de la vie, de l’existence, est la coopération et l'aide mutuelle, tandis que la cause de
> l'anéantissement et de la dégradation est la cessation de l'aide et du secours. Plus élevé est le
> règne de l'existence et plus vigoureuse et vitale devient cette importante question de coopération
> et de secours. Dans le règne humain, par conséquent, la coopération et l'aide mutuelle sont plus
> achevées et plus parfaites que celles qui prévalent dans les autres règnes, à tel point que la vie de
> l'humanité dépend entièrement de ce principe. Parmi les amis de Dieu, en particulier, cette base
> solide doit être fortifiée de telle sorte que chaque âme puisse aider l'autre dans toutes les
> questions, qu'elles concernent les réalités spirituelles et les vérités intérieures ou les aspects
> matériels et physiques de la vie. C'est notamment le cas de la création d'institutions publiques qui
> profitent à tous, et en particulier du mash̲ riqu’l-adh̲ kár, qui constitue le plus grand des
> fondements divins.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [130]
> Les responsabilités des membres des assemblées spirituelles qui sont engagés dans
> l'enseignement de la Cause de Dieu dans les pays orientaux ont été clairement établies dans les
> Textes sacrés. Ces Textes les invitent à travailler à l'amélioration des mœurs et à la diffusion des
> moyens d’acquérir des connaissances, à s'efforcer d'éradiquer l'ignorance et l'obscurité, à éliminer
> les préjugés et à renforcer le fondement de la vraie foi dans le cœur et l'esprit des gens, à chercher
> à développer l'autonomie et à éviter l'imitation aveugle, à viser à améliorer la gestion efficace de
> leurs affaires et à observer la pureté et le raffinement en toutes circonstances, à montrer leur
> attachement à la véracité et à l'honnêteté, et leur capacité à se conduire avec franchise, courage et
> résolution.
> De même, ces Textes leur enjoignent d'apporter leur soutien au développement agricole et
> industriel, de consolider les bases de l'assistance mutuelle et de la coopération, de promouvoir
> l'émancipation et la promotion des femmes et de soutenir l'éducation obligatoire des deux sexes,
> d'encourager l'application des principes de consultation entre toutes les classes sociales et
> d'adhérer dans toutes leurs interactions à une norme d'intégrité scrupuleuse.
> (Shoghi Effendi, extrait d'une lettre du 30 janvier 1926 adressée aux assemblées spirituelles
> locales en Orient, traduite du persan) [131]
> 
> Il existe actuellement de nombreux villages en Inde, aux Philippines, en Afrique, en Amérique
> latine, etc. où les bahá'ís sont majoritaires ou forment même la population entière du village. L'un
> des objectifs du plan de cinq ans, vous vous en souvenez, est de développer les caractéristiques de
> la vie communautaire bahá'íe, et c'est avant tout à ces villages que s'adresse cet objectif. Les
> assemblées spirituelles locales de ces villages doivent progressivement élargir le champ de leurs
> activités, non seulement pour développer chaque aspect de la vie spirituelle des croyants sous leur
> juridiction, mais aussi, par la consultation des bahá'ís, et grâce à des principes tels que l'harmonie
> entre la science et la religion, l'importance de l'éducation, et le travail considéré comme une
> forme de prière, pour promouvoir les bonnes pratiques de l'agriculture et d'autres compétences
> dans la vie des gens. Pour cela, ils auront besoin de l'aide d'experts bahá'ís d'autres pays. Il s'agit
> d'une entreprise de grande envergure, qui est lancée progressivement partout et chaque fois que
> cela est possible.
> (Extrait d'une lettre datée du 27 juillet 1976, écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à un croyant) [132]
> 
> Lorsque la communauté bahá'íe d'un village représente une proportion importante de la
> population, elle a de nombreuses occasions d'être un exemple et d’encourager les moyens
> d'améliorer la qualité de vie dans le village. Parmi les initiatives qu'elle pourrait prendre, on peut
> citer des mesures visant à favoriser l'éducation des enfants, l'alphabétisation des adultes et la
> formation des femmes pour qu'elles s'acquittent au mieux de leurs responsabilités de mères et
> jouent un rôle accru dans la vie administrative et sociale du village, l'encouragement des habitants
> du village à se réunir pour des prières, peut-être à l’aube, indépendamment de leurs différentes
> croyances religieuses, le soutien des efforts visant à améliorer l'hygiène et la santé du village, y
> compris l'attention portée à l'approvisionnement en eau pure, la préservation de la propreté de
> l'environnement du village et la sensibilisation aux effets nocifs des stupéfiants et des substances
> intoxicantes. Il ne fait aucun doute que d'autres possibilités se présenteront à la communauté
> bahá'íe du village et à son Assemblée spirituelle locale.
> (Extrait d'une lettre du 25 juillet 1988 écrite au nom de la Maison universelle de justice à une
> Assemblée spirituelle nationale) [133]
> Il est évident qu’une communauté est plus que la somme de ses membres : c’est une unité
> complète de civilisation, formée d’individus, de familles et d’institutions qui sont à l’origine ou
> qui soutiennent des systèmes, des services et des organisations, travaillant ensemble à un but
> commun pour le bien-être des gens, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de ses propres limites.
> C’est aussi un ensemble de participants divers, interactifs, qui tendent vers l’unité dans une
> inlassable quête de progrès spirituel et social. Partout, les bahá'ís n’en sont qu’au tout début de la
> construction communautaire et doivent consacrer d’énormes efforts aux tâches qui les attendent.
> Comme nous le disions dans un précédent message, l’épanouissement de la communauté, surtout
> au niveau local, exige que l’on valorise considérablement les modes de comportement par
> lesquels l’expression collective des vertus des individus et le fonctionnement des assemblées
> spirituelles se manifestent autant dans l’unité et l’amitié de la communauté que dans le
> dynamisme de ses activités et de sa croissance. Pour cela, il faut que tous les composants de la
> communauté, adultes, jeunes et enfants, s’intègrent dans les activités, qu’elles soient spirituelles,
> sociales, éducatives ou administratives, et s’impliquent dans les plans d’enseignement et de
> développement locaux. Il faut aussi une volonté collective et un sens de mission pour perpétuer
> l’assemblée spirituelle en participant aux élections annuelles, sans oublier la pratique collective
> de la prière. Il est donc essentiel pour la vie spirituelle de la communauté que les amis organisent
> des réunions de prières régulières, dans les centres bahá'ís locaux lorsqu’ils existent, ou ailleurs,
> notamment chez les croyants.
> (La Maison universelle de justice, Riḍván 153 (1996), message aux bahá’ís du monde) [134]
> 
> Souvent, comme vous les savez, dans un groupement rural constitué de villages et peut-être d’une
> ou deux villes, pendant que le modèle d’action associé à un programme intensif de croissance est
> établi, les efforts des amis se limitent à quelques localités. Une fois en place, cependant, le
> modèle peut être étendu rapidement village après village, comme expliqué dans notre message du
> Ridván cette année. Assez tôt, dans chaque localité, l’assemblée spirituelle locale voit le jour et
> son développement progressif suit une trajectoire parallèle et intimement liée au processus
> naissant de croissance qui se déploie dans le village. Et, de manière assez semblable à l’évolution
> d’autres facettes de ce processus, le développement de l’assemblée locale peut être mieux
> compris dans l’optique du renforcement de capacités.
> Ce qui doit se produire en premier lieu est relativement simple : la prise de conscience
> individuelle du processus de croissance qui prend de la vitesse dans le village, prise de
> conscience qui est née de l’implication personnelle de chaque membre dans les activités
> fondamentales, doit se fondre en une conscience collective qui reconnaisse à la fois la nature de la
> transformation en cours et l’obligation de l’assemblée de l’encourager. Sans aucun doute, une
> juste attention devra être accordée à certaines fonctions administratives de base – par exemple, se
> réunir de manière assez régulière, célébrer les fêtes des dix-neuf jours et planifier les jours saints,
> établir un fonds local et organiser les élections annuelles conformément aux principes bahá'ís.
> Toutefois, il ne devrait pas s’avérer difficile pour l’assemblée locale de lancer, de pair avec ces
> efforts et avec l’encouragement d’un assistant d’un membre des corps auxiliaires, la consultation,
> en tant qu’institution, sur un ou deux sujets spécifiques présentant un intérêt immédiat pour la vie
> de la communauté : comment le caractère spirituel du village est rehaussé par les efforts des
> personnes qui ont terminé le premier cours de l’institut ; comment se développe le potentiel des
> juniors grâce au programme pour leur responsabilisation et habilitation spirituelles ; comment se
> renforce le tissu spirituel et social de la communauté lorsque les amis vont les uns chez les autres.
> Alors que l’assemblée consulte sur de telles questions concrètes et apprend à alimenter le
> processus de croissance avec amour et patience, sa relation avec le comité d’enseignement de
> groupement et l’institut de formation s’affermit de plus en plus dans un but commun. Mais, plus
> important encore, elle commencera à jeter les bases sur lesquelles peut se construire ce lien
> éminemment affectueux et de soutien véritable, décrit par le bien-aimé Gardien dans nombre de
> ses messages, que toutes les assemblées spirituelles locales devraient établir avec chaque croyant.
> De toute évidence, l’apprentissage de la consultation sur des sujets spécifiques en rapport avec le
> plan mondial, pour essentiel qu’il soit, ne représente qu’une dimension du processus de
> renforcement des capacités dans laquelle l’assemblée spirituelle locale doit s’engager. Son
> développement continu implique l’adhésion à l’injonction établie par ‘Abdu’l-Bahá que « toute
> discussion devrait être limitée aux affaires spirituelles se rapportant à l’éducation des âmes,
> l’instruction des enfants, le soulagement des pauvres, l’aide aux faibles dans toutes les classes du
> monde, la bienveillance envers tous les peuples, la diffusion du parfum de Dieu et l’élévation de
> ses Paroles sacrées. » Sa progression constante exige un engagement inébranlable à promouvoir
> les meilleurs intérêts de la communauté et une vigilance à protéger le processus de croissance
> contre les forces de la décadence morale qui menacent de l’enrayer. Son progrès continu fait
> appel à un sens des responsabilités qui s’étend au-delà du cercle des amis et des familles engagés
> dans les activités fondamentales pour englober toute la population du village. Et le fait de
> soutenir sa maturation progressive représente une foi inébranlable en la promesse faite par
> ‘Abdu’l-Bahá qu’il entourera chaque assemblée spirituelle de l’étreinte de ses soins et de sa
> protection.
> Associée à cet essor de la conscience collective, se trouve la capacité croissante de l’assemblée de
> bien évaluer et utiliser les ressources, financières et autres, tant au soutien des activités
> communautaires que dans l’exercice de ses fonctions administratives, ce qui, le moment venu,
> peut inclure la nomination judicieuse de comités et l’entretien d’installations modestes destinées à
> son fonctionnement. Non moins vitale est sa capacité à favoriser un environnement propice à la
> participation d’un grand nombre dans l’action unifiée et de s’assurer que leurs énergies et talents
> contribuent au progrès. À tous ces égards, le bien-être spirituel de la communauté reste au
> premier plan de la pensée de l’assemblée. Et lorsque surgissent d’inévitables problèmes, que ce
> soit en rapport à une activité ou entre les personnes, ils seront traités par une assemblée spirituelle
> locale qui aura tellement gagné la confiance des membres de la communauté que tous se
> tourneront naturellement vers elle pour demander de l’aide. Cela implique que l’assemblée ait
> appris, par expérience, comment aider les croyants à abandonner les états d’esprit partisans qui
> sèment la discorde, comment trouver les germes de l’unité, même dans les situations les plus
> confuses et épineuses et comment veiller à leur progrès, lentement et avec amour, en soutenant à
> tout moment le principe de la justice.
> À mesure que la communauté grandit et développe sa capacité à maintenir la vitalité, les amis,
> nous l‘avons indiqué dans le passé, seront encore plus impliqués dans la vie de la société et mis
> au défi de se servir des approches qu’ils auront développées pour répondre à un éventail
> grandissant de questions auxquelles leur village est confronté. La question de la cohérence,
> tellement essentielle à la croissance déjà accomplie, et tellement fondamentale au cadre d’action
> évolutif du Plan, assume désormais de nouvelles dimensions. Beaucoup retombera sur
> l’assemblée locale, non pas comme un exécuteur de projets, mais comme la voix de l’autorité
> morale, pour veiller à ce que l’intégrité des efforts des amis ne soit pas compromise, alors qu’ils
> s’efforcent d’appliquer les enseignements de la Foi pour améliorer les conditions grâce à un
> processus d’action, de réflexion et de consultation.
> Notre message du Ridván décrivait quelques-unes des caractéristiques de l’action sociale à la
> base, et les conditions qu’elle doit remplir. Les efforts déployés dans un village commenceront en
> général sur une petite échelle, peut-être par l’émergence de groupes d’amis, chacun s’occupant
> d’un besoin social ou économique spécifique qu’il aura identifié et chacun poursuivant un
> ensemble simple de mesures adéquates. La consultation pendant la fête des dix-neuf jours crée un
> espace pour que la prise de conscience sociale croissante de la communauté trouve une
> expression constructive. Quelle que soit la nature des activités entreprises, l’assemblée locale doit
> être attentive aux pièges potentiels et aider les amis, si nécessaire, à s’en distancer – l’attrait de
> projets trop ambitieux qui absorberaient les énergies et qui à la longue se révéleraient
> indéfendables, la tentation de subventions financières qui signifieraient une entorse aux principes
> bahá'ís, les promesses de technologies aux apparences trompeuses qui dépouilleraient le village
> de son patrimoine culturel et le conduiraient à la fragmentation et à la discordance. Finalement, la
> force du processus de l’institut dans le village, et les capacités rehaussées qu’il a favorisées chez
> les personnes, pourraient permettre aux amis de profiter des méthodes et programmes à
> l’efficacité prouvée, qui ont été développés par l’une des organisations d’inspiration bahá'íe et qui
> ont été introduits dans le groupement à la suggestion et avec l’appui de notre Bureau de
> développement économique et social. En outre, l’assemblée doit apprendre à interagir avec les
> structures sociales et politiques de la localité, tout en sensibilisant progressivement les esprits à la
> présence de la Foi et à l’influence qu’elle exerce sur les progrès du village.
> Ce qui est exposé brièvement dans les paragraphes précédents ne représente que quelques-uns des
> attributs que les assemblées spirituelles locales, dans nombre de villages du monde,
> développeront progressivement pour répondre aux besoins de communautés qui intègrent de plus
> en plus de gens. À mesure qu’elles manifesteront davantage leurs capacités et leurs pouvoirs
> latents, leurs membres en viendront à être considérés par les habitants de chaque village comme
> « les personnes de confiance du Miséricordieux parmi les hommes ». Ainsi ces assemblées seront
> devenues « des lampes étincelantes et des jardins célestes d’où sont diffusés en toutes régions les
> parfums de sainteté, et d’où les lumières de la connaissance sont répandues sur toutes choses
> créées. De ces assemblées, l’esprit de vie rayonne dans toutes les directions. »
> (La Maison universelle de justice, extrait d'un message du 28 décembre 2010 à la conférence
> des Corps continentaux des conseillers) [135]
> 
> Dans ce paysage d’activité florissante, une perspective mérite une mention particulière. Dans le
> message que nous vous avons adressé il y a trois ans, nous exprimions l’espoir que dans les
> groupements où un programme intensif de croissance est en cours d’exécution, les amis
> s’efforcent d’en apprendre davantage sur les façons de construire une communauté en
> développant des centres d’activité intense dans des quartiers et des villages. Nos attentes ont été
> dépassées, car même dans les groupements où le programme de croissance n’a pas encore atteint
> une telle intensité, les efforts de quelques-uns pour mettre en place des activités de base parmi les
> habitants de zones de plus petite taille ont démontré à de multiples reprises leur efficacité.
> Essentiellement, cette approche est centrée sur la réponse aux enseignements de Bahá’u’lláh de la
> part de populations qui sont prêtes pour la transformation spirituelle que sa révélation encourage.
> Grâce à leur participation au processus éducatif promu par l’institut de formation, elles sont
> incitées à rejeter la torpeur et l’indifférence que leur inculquent les forces de la société et à
> rechercher plutôt des modèles d’action qui se révèlent capables de changer leur vie. Dans les
> quartiers ou les villages où cette approche progresse depuis quelques années et où les amis restent
> concentrés sur leur objectif, des résultats remarquables apparaissent d’une manière graduelle mais
> indéniable. Les jeunes sont habilités à assumer la responsabilité du développement des plus
> jeunes autour d’eux. Les générations plus âgées apprécient la contribution des jeunes à des
> discussions constructives sur les affaires de l’ensemble de la communauté. Pour les jeunes
> comme pour les moins jeunes, la discipline que cultive le processus éducatif de la communauté
> développe la capacité de consulter, et de nouveaux espaces propices à des conversations
> réfléchies sont créés. Néanmoins, le changement ne se limite pas simplement aux bahá'ís et à
> ceux qui participent aux activités de base que demande le Plan, desquels on pourrait
> raisonnablement attendre à ce qu’ils adoptent peu à peu de nouvelles façons de penser. L’esprit
> même du lieu est influencé. Une attitude de prière apparaît chez une grande partie de la
> population. Les manifestations de l’égalité de l’homme et de la femme deviennent plus marquées.
> L’éducation des enfants, garçons et filles, retient davantage l’attention. La nature des relations
> familiales – modelées par des prémisses séculaires – se transforme de façon perceptible. Un
> sentiment du devoir envers sa communauté et son environnement physique immédiats se
> généralise. Même le fléau des préjugés, qui a jeté son ombre sinistre sur toutes les sociétés,
> commence à céder la place à la force impérieuse de l’unité. En bref, le travail de construction
> communautaire dans lequel les amis sont engagés influence des aspects de la culture.
> (La Maison universelle de justice, Riḍván 2013, message aux bahá’ís du monde) [136]
> 
> Une maison d'adoration fait bien sûr partie intégrante du processus de construction
> communautaire, et sa construction représente un jalon important dans le développement d'une
> communauté. La Maison de justice espère que les amis de ***, grâce au zèle et à la détermination
> avec lesquels ils poursuivent les activités essentielles du plan de cinq ans, accéléreront le jour où
> il sera opportun de construire un mas̲ h̲ riqu’l-ad̲ h̲ kár dans votre pays.
> (Extrait d'une lettre du 12 décembre 2013 écrite au nom de la Maison universelle de justice à
> un croyant). [137]
> 
> Ce qui sous-tend ce processus, depuis le tout début, est évidemment un mouvement collectif vers
> la vision de la prospérité matérielle et spirituelle qu’a exposée Celui qui donne la vie au monde.
> Mais quand de si grands nombres sont concernés, le mouvement d’une population entière devient
> perceptible.
> Ce mouvement se remarque particulièrement dans les groupements où un mashriqu’l-adhkár local
> doit être établi. On trouve un tel groupement au Vanuatu. Les amis qui vivent sur l’île de Tanna
> ont consenti un effort suprême pour sensibiliser la population à la maison d’adoration prévue, et
> ils ont déjà engagé, de diverses façons, une conversation de plus en plus vaste sur ce thème avec
> pas moins du tiers des 30 000 habitants de l’île. La capacité à entretenir une conversation élevée
> entre tant de gens s’est raffinée grâce à des années d’expérience passées à faire connaître les
> enseignements de Bahá’u’lláh et à élargir la portée d’un institut de formation dynamique. Sur l’île,
> les groupes de juniors se développent particulièrement bien, forts de l’appui de chefs de village
> qui constatent le renforcement de l’autonomie spirituelle des participants. Encouragés par l’unité
> et le dévouement qui existent entre eux, ces jeunes ont non seulement secoué leur apathie mais,
> grâce à divers projets concrets, ils ont aussi trouvé des façons de travailler à l’amélioration de
> leur communauté, ce qui a eu pour résultat de motiver à l’action constructive des personnes de
> tous les âges, et en particulier leurs propres parents. Chez les croyants et dans l’ensemble de la
> société, on reconnaît le bienfait de pouvoir se tourner vers une assemblée spirituelle locale pour
> demander conseil et pour résoudre des situations difficiles et, partant, sagesse et sensibilité
> caractérisent de plus en plus les décisions des assemblées spirituelles. Beaucoup dans tout cela
> indique que l’effet exercé sur une population peut être profond lorsque les éléments du cadre
> d’action du Plan sont réunis en un tout cohérent. Et c’est dans le contexte de l’expansion et de la
> consolidation en cours – le trentième cycle du programme intensif de croissance s’est récemment
> achevé – que les amis explorent activement, avec tous les autres habitants de l’île, ce que signifie
> le fait qu’un mashriqu’l-adhkár, « un centre collectif pour les âmes humaines » soit édifié chez
> eux. Avec le concours actif de chefs traditionnels, les habitants de l’île de Tanna ont présenté pas
> moins de cent projets de dessin pour le temple ; cela montre à quel point la Maison d’adoration
> captive l’imagination, et ouvre des perspectives passionnantes pour l’influence qu’il se prépare à
> exercer sur les vies vécues à son ombre.
> (La Maison universelle de justice, Riḍván 2014, message aux bahá’ís du monde) [138]
> […] une maison d'adoration sera le centre spirituel d'une communauté et, avec les dépendances
> qui seront créées, contribuera à un modèle florissant de vie collective. Actuellement, les
> premières maisons d'adoration de chaque continent servent de temples nationaux aux pays dans
> lesquels elles sont situées, et elles servent également les communautés de leur voisinage, en
> jouant un rôle important dans les activités locales. Au fur et à mesure que le processus de
> croissance se déroulera, de plus en plus de temples seront érigés aux niveaux national et local, et
> on en apprendra beaucoup sur leur nature et sur la façon dont ils contribuent au processus de
> construction communautaire. Les nombreux aspects du fonctionnement de cette institution
> apparaîtront alors progressivement. Comme l'a écrit Shoghi Effendi, « Aucune institution autre
> que le mashriqu’l-adhkár ne peut fournir de manière aussi adéquate les éléments essentiels de
> l’adoration et du service bahá'ís, tous deux si vitaux pour la régénération du monde ».
> (Extrait d'une lettre du 26 janvier 2015, écrite au nom de la Maison universelle de justice à un
> croyant ) [139]
> 
> Dans certains des groupements où la croissance a avancé à ce point, un développement encore
> plus exaltant s’est produit. Il existe, au sein de ces groupements, des lieux où un pourcentage
> significatif de l’ensemble de la population est maintenant impliqué dans les activités de
> construction communautaire. Par exemple, dans certains petits villages, l’institut a réussi à
> amener tous les enfants et les juniors à participer à ses programmes. Quand les activités ont une
> grande portée, l’impact de la Foi sur la société devient plus évident. La communauté bahá'íe jouit
> d’une plus grande considération en tant que voix distincte sur le plan moral dans la vie d’une
> population, et peut présenter un point de vue éclairé aux discours qui l’entourent et qui portent,
> entre autres, sur le développement des jeunes générations.
> Des personnes faisant autorité dans la société élargie commencent à puiser dans les
> compréhensions et l’expérience grâce aux initiatives d’action sociale inspirées par les
> enseignements de Bahá’u’lláh. Des conversations influencées par ces enseignements, portant sur
> le bien commun, imprègnent un échantillon toujours plus vaste de la population, à tel point qu’on
> en perçoit l’effet sur le discours ambiant dans une localité. En dehors de la communauté bahá'íe,
> les gens commencent à considérer l’assemblée spirituelle locale comme une source rayonnante de
> sagesse vers laquelle ils peuvent aussi se tourner pour être éclairés.
> Nous reconnaissons que de tels développements ne sont encore qu’une perspective lointaine pour
> beaucoup, même dans les groupements où le modèle d’activité englobe de grands nombres. Mais
> c’est là le travail à réaliser maintenant dans certains endroits. Dans ces groupements, pendant que
> les amis sont encore occupés à soutenir le processus de croissance, d’autres dimensions de
> l’entreprise bahá'íe réclament une part de plus en plus grande de leur attention. Ils cherchent à
> comprendre comment une population locale en plein essor peut transformer la société dont elle
> fait partie intégrante. Cela constituera une nouvelle frontière d’apprentissage dans un proche
> avenir, alors que seront générées des compréhensions qui, à la longue, profiteront à l’ensemble du
> monde bahá'í.
> (La Maison universelle de justice, extrait d'un message du 29 décembre 2015 à la conférence
> des Corps continentaux des conseillers) [140]
> 
> À mesure que le travail s’intensifie dans des milliers de villages et de quartiers, une vie
> communautaire dynamique s’implante dans chacun d’eux. On constate un accroissement
> important du nombre de groupements où est désormais solidement établi le système par lequel ce
> modèle d’activité peut s’étendre à de plus en plus d’endroits, permettant ainsi aux amis de
> franchir le troisième jalon dans un continuum de développement. Et c’est ici, aux frontières de
> l’apprentissage effectué par le monde bahá'í, en particulier dans le mouvement des populations
> vers la vision de Bahá’u’lláh, que non seulement les gens entrent nombreux dans le cadre
> accueillant et de plus en plus large des activités bahá'íes mais que les amis apprennent également
> comment des groupes importants en viennent à s’identifier à la communauté du Plus-Grand-Nom.
> Dans de tels lieux, nous voyons les activités éducatives de la Foi prendre un caractère plus
> officiel, alors que les enfants passent aisément d’une année à l’autre et que les niveaux du
> programme d’autonomisation spirituelle des juniors se succèdent sans discontinuer. L’institut de
> formation, dans ces endroits, apprend comment s’assurer que suffisamment de ressources
> humaines sont mobilisées pour pourvoir à l’édification spirituelle et morale d’un nombre toujours
> croissant d’enfants et de juniors. La participation à ces activités fondamentales fait tellement
> partie intégrante de la culture de la population qu’elle est perçue comme un aspect indispensable
> de la vie d’une communauté. Un nouveau dynamisme apparaît chez une population qui prend en
> main son propre développement, et elle s’immunise contre les forces sociétales qui engendrent la
> passivité. Les possibilités de progrès matériel et spirituel prennent forme. La réalité sociale
> commence à se transformer.
> (La Maison universelle de justice, Riḍván 2018, message aux bahá'ís du monde) [141]
> 
> Méthodes et approches
> 
> Éducation et action systématique
> 
> Le but de l’éducation devrait être la promotion du bien-être des personnes. […] La véritable
> éducation est celle qui conduit au bien-être du monde, et non à l'orgueil et à la vanité, à la
> tyrannie, à la violence et aux exactions.
> (Bahá'u'lláh, extrait d'une tablette traduite du persan) [142]
> 
> [… ] le bonheur, la grandeur, le rang, le plaisir et la paix d’un individu n’ont jamais résidé
> dans sa propre richesse mais dans l’excellence de son caractère, sa ferme résolution, l’étendue de
> son savoir et son aptitude à résoudre des problèmes ardus.
> (‘Abdu’l-Bahá, Le Secret de la civilisation divine p. 43,) [143]
> 
> Certains piliers ont été établis en tant que supports inébranlables de la Foi de Dieu. Les plus
> puissants sont l’étude et l’utilisation de l’esprit, le développement de la conscience et la
> connaissance intime des réalités de l’univers et des mystères de Dieu Tout-Puissant.
> Promouvoir la connaissance est donc un devoir inéluctable imposé à chacun des amis de Dieu.
> (‘Abdu’l-Bahá, Sélections des écrits d’‘A bdu’l-Bahá, p. 125) [144]
> 
> Tous les bienfaits sont d'origine divine, mais aucun ne peut être comparé à cette puissance
> d'investigation et de recherche intellectuelle qui est un don éternel produisant des fruits de délices
> sans fin. […] C'est pourquoi vous devriez faire les efforts les plus sincères pour acquérir des
> connaissances scientifiques et artistiques. Plus votre réussite sera grande, plus votre niveau dans
> le plan divin sera élevé. L'homme de connaissance est perspicace et doué de vision, alors que
> l’ignorant qui néglige ce développement est aveugle. L'esprit d'investigation est attentif, vivant ;
> l'esprit insensible et indifférent est sourd et mort. L'homme scientifique est un véritable symbole,
> un représentant de l'humanité, car grâce à des processus de raisonnement inductif et des
> recherches, il est informé de tout ce qui concerne l'humanité, son statut, ses conditions et son
> vécu. Il étudie la théorie du corps politique, comprend les problèmes sociaux et tisse la toile et la
> texture de la civilisation. En fait, la science peut être comparée à un miroir dans lequel les formes
> et les images infinies des choses existantes sont révélées et réfléchies. Elle est le fondement
> même de tout développement individuel et national. Sans cette base de recherche, le
> développement est impossible. C'est pourquoi il faut chercher avec diligence à connaître et
> comprendre tout ce qui relève du domaine de ce don merveilleux.
> (‘Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, p. 67-68) [145]
> 
> La situation actuelle du monde – instabilité économique, dissensions sociales, mécontentement
> politique et méfiance internationale – devrait réveiller les jeunes de leur sommeil et les amener à
> se demander ce que l'avenir leur réserve. Ce sont certainement eux qui souffriront le plus si une
> calamité s'abat sur le monde. Ils devraient donc ouvrir les yeux sur les conditions existantes,
> étudier les forces du mal qui sont en jeu puis, d’un effort concerté, se lever et apporter les
> réformes nécessaires, réformes qui devront contenir dans leur champ d'application les phases
> spirituelles ainsi que sociales et politiques de la vie humaine.
> (Extrait d'une lettre datée du 13 mars 1932, écrite au nom de Shoghi Effendi à un croyant)
> [146].
> 
> La systématisation assure la cohérence des lignes d’action sur la base de plans bien conçus. Dans
> un sens général, cela implique une approche ordonnée dans tout ce qui concerne le service bahá'í,
> que ce soit dans l’enseignement ou l’administration, dans une entreprise individuelle ou collective.
> Tout en permettant l’initiative individuelle et la spontanéité, il suggère la nécessité d’être lucide,
> méthodique, efficace, constant, équilibré et harmonieux. La systématisation est un mode de
> fonctionnement nécessaire animé par l’urgence d’agir.
> (La Maison universelle de justice, Riḍván 155 (1998), message aux bahá’ís du monde)
> [147]
> 
> Si l'apprentissage doit être le principal mode de fonctionnement d'une communauté, les visions,
> les stratégies, les objectifs et les méthodes doivent être réexaminés sans cesse. À mesure que les
> tâches sont accomplies, les obstacles éliminés, les ressources multipliées et les enseignements
> tirés, des modifications doivent être apportées aux objectifs et aux méthodes, mais de manière à
> maintenir la continuité de l'action.
> (The Institution of the Counsellors, un document préparé par la Maison universelle de justice
> (Haifa : Bahá'í World Centre, 2001), p. 24) [148]
> 
> L'une de vos tâches principales sera celle d’accroître la compréhension de la valeur de l’action
> systématique, déjà accentuée par les succès que celle-ci a apportés. Arriver à une vision unie de la
> croissance qui se base sur une appréciation réaliste des possibilités et des ressources ; développer
> des stratégies qui lui donnent sa structure ; concevoir et exécuter des plans d’action qui sont à la
> mesure des capacités ; faire les réglages nécessaires tout en assurant la continuité ; tirer parti des
> succès – voici quelques-unes des conditions de la systématisation que chaque communauté doit
> apprendre et intérioriser.
> (La Maison universelle de justice, extrait d'un message du 27 décembre 2005 à la conférence
> des Corps continentaux des conseillers) [149]
> 
> Cette évolution de la conscience collective peut être discernée dans la fréquence croissante avec
> laquelle le mot « accompagner » apparaît dans les conversations des amis, mot qui revêt un sens
> nouveau alors qu’il s’intègre dans le vocabulaire commun de la communauté bahá'íe. Elle est le
> signe d’un renforcement important d’une culture dont l’apprentissage est le mode de
> fonctionnement, un mode qui favorise la participation informée de personnes de plus en plus
> nombreuses dans un effort unifié visant à appliquer les enseignements de Bahá’u’lláh à la
> construction d’une civilisation divine, ce que le Gardien définit comme la mission première de la
> Foi. Une telle approche offre un contraste frappant avec la faillite spirituelle et les mœurs
> décadentes d’un ordre social révolu qui cherche si souvent à exploiter l’énergie humaine par la
> domination, par la cupidité, par la culpabilisation et par la manipulation.
> 
> Dans les relations entre les amis, cette évolution dans la culture s’exprime donc au niveau de la
> qualité de leurs interactions. L’apprentissage en tant que mode de fonctionnement requiert que
> tous adoptent une attitude d’humilité, où l’on devient oublieux de soi, plaçant son entière
> confiance en Dieu, s’en remettant à son pouvoir qui soutient tout, et confiant en son infaillible
> assistance, sachant que lui, et lui seul, peut faire du moucheron un aigle, de la goutte d’eau un
> océan sans limite. Et dans un tel état, les âmes œuvrent ensemble sans relâche, ne se réjouissant
> pas tant de leurs propres réalisations que du progrès et des services des autres, à tel point que
> s’aider les uns les autres à gravir les sommets du service à la Cause et à planer dans les cieux de
> la connaissance de Dieu est en tout temps au centre de leurs pensées. C’est ce que nous voyons
> dans le modèle actuel d’activité qui émerge à travers la planète, propagé par les jeunes et les
> moins jeunes, par les bahá'ís de longue date et les nouveaux adhérents, travaillant les uns aux
> côtés                                           des                                          autres.
> 
> Non seulement ce progrès dans la culture exerce-t-il son influence sur les relations entre les
> individus, mais ses effets se font aussi ressentir dans la conduite des affaires administratives de la
> Foi. Dans la mesure où l’apprentissage est devenu le trait distinctif du mode de fonctionnement
> de la communauté, certains aspects de la prise de décision se rapportant à l’expansion et à la
> consolidation ont été délégués à l’ensemble des croyants, ce qui permet à la planification et à
> l’exécution d’être plus réactives aux réalités rencontrées sur le terrain […]
> 
> La révélation de Bahá’u’lláh est vaste. Elle demande un changement profond, non seulement
> au niveau de l’individu mais aussi de la structure de la société. « Le but de chaque Manifestation,
> proclame-t-il lui-même, est précisément la transformation et le perfectionnement de l’humanité,
> changement qui doit affecter sa vie intérieure et ses conditions extérieures. » Le travail qui
> progresse aujourd’hui dans chaque coin de la planète représente l’étape la plus récente de l’effort
> déployé par les baha’ís pour créer le noyau de la glorieuse civilisation enchâssée dans ses
> enseignements, dont l’établissement est une entreprise d’une magnitude et d’une complexité
> infinies, entreprise qui exigera de l’humanité des siècles d’efforts avant de porter ses fruits. Il n’y
> a pas de raccourci, pas de formule. Ce n’est qu’à mesure que des efforts sont faits pour tirer parti
> des perspectives offertes par la révélation de Bahá’u’lláh, pour accéder à la connaissance que la
> race humaine accumule, pour appliquer ses enseignements de façon intelligente à la vie de
> l’humanité, et pour se concerter sur les questions qui sont soulevées, que l’apprentissage
> nécessaire sera réalisé et la capacité développée.
> (La Maison universelle de justice, Riḍván 2010, message aux Bahá’ís du monde). [150]
> Bien sûr, les questions auxquelles le processus d’apprentissage en cours dans toutes les régions
> du monde doit répondre sont nombreuses : comment rassembler des gens d’origines diverses dans
> un environnement qui, exempt de la menace constante de conflits et caractérisé par sa nature
> spirituelle, les encourage à abandonner les mentalités partisanes qui sont sources de discorde,
> favorise des degrés plus élevés d’unité de pensée et d’action, et suscite une participation sans
> réserve ? comment administrer les affaires d’une communauté qui n’a pas de classe dirigeante
> exerçant des fonctions sacerdotales et pouvant revendiquer des honneurs et des privilèges ?
> comment permettre à des contingents d’hommes et de femmes de se libérer des entraves de la
> passivité et des chaînes de l’oppression pour s’engager dans des activités propices à leur
> développement spirituel, social et intellectuel ? comment aider des jeunes à s’orienter, à une étape
> cruciale de leur vie, et à être habilités afin de diriger leurs énergies vers l’avancement de la
> civilisation ? comment créer, au sein de la famille, une dynamique qui mène à la prospérité
> matérielle et spirituelle sans faire naître chez les nouvelles générations le sentiment d’être séparé
> d’un « autre » illusoire ni alimenter la moindre tendance à exploiter ceux qui sont relégués dans
> cette catégorie ? comment faire en sorte que la prise de décisions bénéficie d’une diversité de
> points de vue grâce à un processus consultatif qui, compris comme la recherche collective de la
> réalité, encourage le détachement des opinions personnelles, accorde une attention nécessaire aux
> données empiriques valables, et n’élève pas de simples opinions au rang de fait ni ne définit la
> vérité comme un compromis entre des groupes aux intérêts adverses ? Afin d’explorer de telles
> questions et les innombrables autres qui surgiront certainement, la communauté bahá’íe a adopté
> un mode de fonctionnement qui se caractérise par l’action, la réflexion, la consultation et l’étude
> – une étude qui implique non seulement de se référer constamment aux écrits de la Foi, mais
> également d’analyser scientifiquement l’évolution des traits caractéristiques qui se dessinent. Les
> questions suivantes sont d’ailleurs elles-mêmes l’objet d’un examen régulier : comment maintenir
> un tel mode d’apprentissage dans l’action ? comment faire en sorte qu’un nombre croissant de
> personnes participent à la génération et à l’application des connaissances utiles ? et comment
> concevoir des structures pour la systématisation d’une expérience mondiale en expansion et pour
> la diffusion équitable des enseignements qu’on en a tirés ?
> L’orientation générale du processus d’apprentissage dans lequel est engagée la communauté
> bahá’íe est définie par une série de plans mondiaux dont les dispositions sont établies par la
> Maison universelle de justice. Le développement des capacités est le mot d’ordre de ces plans : ils
> ont pour but de permettre aux protagonistes d’un effort collectif de renforcer les fondations
> spirituelles des villages et des quartiers, de répondre à certains de leurs besoins sociaux et
> économiques et de contribuer aux discours prévalents dans la société, tout en maintenant la
> cohérence nécessaire dans les méthodes et les approches.
> (La Maison universelle de justice, extrait d'un message du 2 mars 2013 aux bahá'ís d'Iran)
> [151]
> 
> Au centre des efforts visant à faire progresser le travail d'expansion et de consolidation, l'action
> sociale et l'implication dans les débats de la société, se trouve la notion de cadre conceptuel
> évolutif, une matrice qui organise la pensée, donne forme aux activités et qui devient plus
> élaborée à mesure que l'expérience s'accumule. Il serait bon que les éléments de ce cadre […]
> puissent être consciemment et progressivement clarifiés […]. Le plus important d'entre eux est
> peut-être l'apprentissage par l’action. Les amis participent à un processus continu d'action, de
> réflexion, d'étude et de consultation afin d’aborder les obstacles et de partager les succès, de
> réexaminer et de réviser les stratégies et les méthodes, et de systématiser et d'améliorer les efforts
> au fil du temps.
> (Extrait d'une lettre du 24 juillet 2013 écrite au nom de la Maison universelle de justice à une
> Assemblée spirituelle nationale) [152]
> 
> L'approche bahá'íe des questions que vous avez soulevées est une approche qui sera élaborée au
> fil du temps grâce à des efforts patients et persistants et au processus d'apprentissage dans lequel
> la communauté bahá'íe est engagée. Ce processus sera complété par des recherches et des
> discussions et par des efforts pour corréler les enseignements et la pensée moderne, y compris
> l'identification des similitudes et des différences entre les enseignements et les constructions
> sociales contemporaines. L'implication des croyants dans les débats de la société dans divers
> espaces sociaux permettra d'affiner les connaissances acquises. L'étude continue des
> enseignements et l'effort systématique pour traduire les principes bahá'ís en action, en s'engageant
> dans les processus de construction communautaire d'éducation des enfants et des jeunes et
> d'action sociale, aideront à affiner notre compréhension de l'intention de Bahá'u'lláh pour
> l'humanité dans tous les domaines de la vie. Dans les années à venir, la capacité de la
> communauté bahá'íe à contribuer au changement social qui amènera une évolution des mentalités,
> augmentera et les réponses aux questions qui semblent aujourd'hui insolubles apparaîtront par un
> processus de changement organique, plutôt que par l'imposition de perspectives spécifiques.
> (Extrait d'une lettre datée du 21 janvier 2014 écrite au nom de la Maison universelle de justice
> à un croyant) [153]
> 
> À maints égards, les communautés qui ont réalisé les plus grands progrès tracent un chemin que
> les autres pourront suivre. Mais quel que soit le niveau d’activité dans un groupement, c’est la
> capacité d’apprendre aux côtés des amis de l’endroit, dans un même cadre d’action, qui favorise
> le progrès sur la voie du développement. Tous contribuent à cette entreprise ; l’apport de chacun
> vient enrichir le tout. Les groupements les plus dynamiques sont ceux dans lesquels,
> indépendamment des ressources dont dispose la communauté ou du nombre d’activités
> entreprises, les amis comprennent que leur tâche consiste à déterminer ce qu’il faut pour qu’il y
> ait progrès – les capacités naissantes qu’il faut cultiver, les nouvelles compétences que l’on se
> doit d’acquérir, les initiateurs d’un effort balbutiant qu’il faut accompagner, l’espace de réflexion
> qu’on doit développer, l’entreprise collective qu’il faut coordonner – et à trouver ensuite des
> façons créatives de rendre disponibles le temps et les ressources nécessaires pour y parvenir. Le
> seul fait que toute situation présente ses propres défis permet à chaque communauté, non
> seulement de profiter des leçons apprises ailleurs dans le monde bahá'í, mais aussi de contribuer à
> cet ensemble de connaissances. Être conscient de cette réalité libère l’individu de la vaine quête
> d’une formule rigide pour l’action, tout en permettant aux connaissances acquises dans divers
> milieux d’éclairer le processus de croissance, qui revêt une forme particulière dans le cadre de vie
> de chacun. Toute cette approche est en totale contradiction avec les conceptions étroites du
> « succès »                                             et                                          de
> l’ « échec » qui engendrent la frénésie ou paralysent la volonté. Il faut être détaché. Quand
> l’effort est déployé uniquement pour Dieu, alors tout ce qui advient lui appartient et chaque
> victoire remportée en son nom est une occasion de célébrer ses louanges.
> (La Maison universelle de justice, Riḍván 2014, message aux Bahá’ís du monde) [154]
> 
> ... la capacité d'apprentissage, qui représentait un héritage inestimable des plans précédents, est en
> train d'être étendue au-delà du domaine de l'expansion et de la consolidation pour englober
> d'autres domaines du projet bahá'í, notamment l'action sociale et la participation aux débats
> dominants dans la société.
> (La Maison universelle de justice, extrait d'un message du 29 décembre 2015 à la Conférence
> des Corps continentaux des conseillers.)
> [155]
> 
> Consultation et Collaboration
> 
> Ô peuple de Dieu ! Prêtez l’oreille à ce qui, une fois respecté, assurera la liberté, le bien-être, la
> tranquillité, l’élévation et le progrès de tous les hommes. Certaines lois et certains principes sont
> nécessaires et indispensables pour la Perse. Cependant il convient que ces mesures soient
> adoptées en conformité avec les opinions motivées par Sa Majesté – puisse Dieu l’aider par sa
> grâce – des théologiens érudits et des dirigeants de haut rang. Un lieu, soumis à leur approbation,
> devrait être fixé pour qu’ils puissent s’y rencontrer. Là, ils devraient saisir fermement la corde de
> la consultation et adopter, puis appliquer, ce qui mène à la sécurité, à la prospérité, à la richesse et
> à la tranquillité des peuples. En effet, si l’on adoptait toute autre mesure que celle-là, elle ne
> pourrait que produire chaos et confusion.
> (Bahá’u’lláh, Tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le Kitáb-i-A qdas, p. 97) [156]
> 
> Le Grand Être dit : Le ciel de la sagesse divine est illuminé par deux luminaires qui sont la
> consultation et la compassion. Consultez-vous en toutes matières, car la consultation est comme
> un phare qui montre le chemin et qui dispense la compréhension.
> (Bahá’u’lláh, Tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le Kitáb-i-A qdas, p. 177) [157]
> 
> Si vous parcourez les pays du globe, vous observerez d’un côté les séquelles de la ruine et de la
> destruction et, de l’autre, les signes de la civilisation et du progrès. Cette désolation et cette ruine
> sont le résultat des guerres, des conflits et des dissensions, alors que tout développement et tout
> progrès sont les fruits des lumières de la vertu, de la coopération et de la concorde.
> (‘Abdu’l-Bahá, Sélections des écrits d’‘A bdu’l-Bahá, p. 286)          [158]
> 
> En bref, toute chose organisée en harmonie, avec amour et pureté de motif, aura un résultat
> lumineux, mais si la moindre trace d'aliénation prévaut, le résultat sera obscurité sur obscurité
> [... ] Les discussions doivent toutes se limiter aux questions spirituelles qui concernent la
> formation des âmes, l'instruction des enfants, le secours des pauvres, l'aide aux faibles dans toutes
> les classes de la société, la bonté envers tous les peuples, la diffusion des parfums de Dieu et
> l'exaltation de sa sainte parole.
> (‘Abdu'l-Bahá, cité par Shoghi Effendi dans une lettre du 5 mars 1922, dans Bahá’í
> A dministration, p. 22) [159].
> 
> On doit consulter avec d’autres sur toutes les questions, qu'elles soient majeures ou mineures, afin
> de prendre conscience de ce qui est bon. La consultation donne un aperçu des choses et permet
> d'approfondir des questions qui sont inconnues. La lumière de la vérité brille sur les visages de
> ceux qui se consultent. […] Les membres qui se consultent doivent cependant se comporter avec
> le plus grand amour, l'harmonie et la sincérité les uns envers les autres. Le principe de la
> consultation est l'un des éléments les plus fondamentaux de l'édifice divin. Même dans leurs
> affaires ordinaires, les membres de la société devraient se consulter.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [160]
> 
> Certaines créatures peuvent vivre seules et solitaires. Un arbre, par exemple, peut vivre sans l'aide
> et la coopération d'autres arbres. Certains animaux sont isolés et mènent une existence séparée de
> leur espèce. Mais cela est impossible pour l'homme. Dans sa vie individuelle et sociale, la
> coopération et l'association sont essentielles. C'est par l'association et la rencontre que nous
> trouvons le bonheur et le développement, individuel et collectif.
> Par exemple, lorsqu'il y a des relations et une coopération entre deux villages, le progrès de
> chacun sera assuré. De même, si une intercommunication s'établit entre deux villes, les deux en
> tireront profit et progresseront. Et si une base d'accord réciproque est établie entre deux pays,
> leurs intérêts individuels et mutuels trouveront un grand développement. […] Il est donc évident
> que les résultats de cette base d'accord et d'entente sont innombrables et illimités.
> (‘Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, p. 48) [161]
> 
> Le besoin suprême de l'humanité est la coopération et la réciprocité. Plus les liens de fraternité et
> de solidarité entre les hommes seront forts, plus le pouvoir de construction et d'accomplissement
> sera grand dans tous les domaines de l'activité humaine. Sans coopération et sans réciprocité,
> l’individu au sein de la société humaine reste égocentrique, peu inspiré par des buts altruistes,
> limité et solitaire dans son développement comme les organismes animaux et végétaux des règnes
> inférieurs.
> (‘Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, p. 478-479) [162]
> 
> La Beauté-Ancienne, exaltée soit son Très-Grand-Nom, déclare : « Le dais de l'ordre mondial
> s'élève sur les deux piliers de la consultation et de la compassion », et ‘Abdu'l-Bahá affirme dans
> l'une de ses Tablettes : « Le but de la consultation est de montrer que les opinions de plusieurs
> individus sont assurément préférables à celles d'un seul homme, de même que le pouvoir de
> plusieurs hommes est bien sûr plus grand que celui d'un seul homme. Ainsi, la consultation est
> recevable en présence du Tout-Puissant, et a été enjointe aux croyants, afin qu'ils puissent se
> concerter sur des questions ordinaires et personnelles, ainsi que sur les affaires qui sont de nature
> générale et universelle.
> Par exemple, lorsqu'un homme a un projet à accomplir, s'il consulte certains de ses proches, ce
> qui est acceptable sera bien sûr examiné et dévoilé à ses yeux, et la vérité sera révélée. De même,
> à un niveau plus élevé, si les habitants d'un village se consultent sur leurs affaires, la bonne
> solution sera certainement révélée. De la même manière, les membres de chaque profession, par
> exemple dans l'industrie, devraient se consulter, et ceux du commerce devraient se consulter de la
> même manière sur les affaires des entreprises. Bref, la consultation est souhaitable et acceptable
> en toutes choses et sur toutes les questions".
> (Shoghi Effendi, extrait d'une lettre du 15 février 1922 adressée à une Assemblée spirituelle
> locale - traduit du persan) [163]
> 
> Le principe de la consultation, qui constitue l'une des lois fondamentales de l'administration, doit
> être appliqué à toutes les activités bahá'íes qui touchent aux intérêts collectifs de la Foi, car c'est
> par la coopération et l'échange continu de pensées et d'opinions que la Cause peut le mieux
> sauvegarder et favoriser ses intérêts. À moins d'être soutenues et enrichies par les expériences et
> la sagesse collectives du groupe, l'initiative individuelle, la capacité personnelle et l'ingéniosité,
> bien qu'indispensables sont totalement incapables de réaliser une tâche aussi énorme.
> (Extrait d'une lettre du 30 août 1933, écrite au nom de Shoghi Effendi à un croyant) [164]
> 
> Rien ne peut mieux assurer le succès de vos efforts que cette concertation étroite et continue, et il
> vous conseille donc d'adopter cette méthode dans toutes vos activités futures.
> (Extrait d'une lettre du 30 mai 1937 écrite au nom de Shoghi Effendi à deux croyants) [165]
> 
> C’est avec de telles pensées à l’esprit que les bahá’ís collaborent, dans la mesure de leurs
> ressources, avec un nombre croissant de mouvements, d’organisations, de groupes et de
> personnes, établissant des partenariats qui s’efforcent de transformer la société, de faire avancer
> la cause de l’unité, de promouvoir le bien-être de l’humanité et de contribuer à la solidarité
> mondiale. En effet, la norme édictée par des passages tels que ceux cités ci-dessus incite la
> communauté bahá’íe à s’engager activement dans autant d’aspects que possibles de la vie
> contemporaine. En choisissant leurs domaines de collaboration, les bahá’ís doivent garder à
> l’esprit le principe, enchâssé dans leurs enseignements, que les moyens doivent être en accord
> avec les fins ; des objectifs nobles ne peuvent pas être atteints par des moyens indignes. Plus
> particulièrement, on ne peut pas bâtir une unité durable par des actions qui reposent sur
> l’affrontement ni supposer qu’un conflit d’intérêts inhérent est à la base de toutes les interactions
> humaines, aussi subtilement que ce soit. Il faut souligner ici qu’en dépit des limitations
> qu’impose l’adhésion à ce principe, la communauté n’a pas fait l’expérience d’un manque
> d’occasions de collaboration ; il y a tant de gens dans le monde aujourd’hui qui travaillent avec
> ardeur pour atteindre l’un ou l’autre des objectifs qu’ils ont en commun avec les bahá’ís. À cet
> égard, ces derniers prennent également soin de ne pas franchir certaines limites dans leurs
> rapports avec leurs collègues et associés. Ils ne doivent considérer aucun projet commun comme
> l’occasion d’imposer leurs convictions religieuses. Une conscience excessive de sa propre
> rectitude et les autres manifestations regrettables de zèle religieux doivent être absolument évitées.
> Les bahá’ís offrent cependant volontiers à leurs collaborateurs les leçons qu’ils ont apprises à
> travers leur propre expérience, de même qu’ils sont heureux d’intégrer, dans leurs efforts de
> construction communautaire, la compréhension acquise au cours de cette collaboration.
> (La Maison universelle de justice, extrait d'un message du 2 mars 2013 aux bahá'ís d'Iran)
> [166]
> 
> Dans leurs réflexions sur la façon de contribuer à l'amélioration du monde, les bahá'ís
> reconnaîtront certainement que les manifestations ne sont pas le seul moyen, ni même le plus
> efficace, dont ils disposent. Au contraire, ils peuvent apprendre au fil du temps et développer des
> capacités pour aider leurs concitoyens à formuler leurs préoccupations d'une manière qui dépasse
> les divisions, à partager des points de vue d'une manière qui transcende les approches
> conflictuelles, et à créer des espaces où travailler ensemble à la recherche de solutions aux
> problèmes qui affligent leur nation. Comme le déclare Bahá'u'lláh : « Dis : nul homme ne peut
> atteindre son véritable rang que par sa justice. Aucun pouvoir ne peut exister si ce n'est à travers
> l'unité. Aucun bien-être ne peut être atteint si ce n'est par la consultation. » Dans cette optique, la
> justice est en effet essentielle pour résister aux vaines imaginations et aux chimères des
> manœuvres sociales et politiques, pour voir la réalité de ses propres yeux et pour identifier les
> exigences d'un ordre social équitable. Mais l'unité – forgée par des processus consultatifs, par
> l'action et la réflexion – est alors essentielle pour obtenir le pouvoir nécessaire à un changement
> social positif.
> (Extrait d'une lettre du 27 avril 2017, écrite au nom de la Maison universelle de justice à un
> croyant) [167]
> Les concepts et principes associés à la consultation bahá'íe éclairent sur la manière dont
> les amis doivent interagir les uns avec les autres et sur la façon dont ils participent aux débats et
> aux actions sociales. La consultation fournit un moyen de parvenir à une compréhension
> commune et de définir un plan d'action collectif. Elle implique un effort sans entraves,
> respectueux, digne et impartial de la part d'un groupe de personnes pour échanger des points de
> vue, rechercher la vérité et tenter de parvenir à un consensus. En effet, si une divergence
> d'opinions initiale est le point de départ de l'examen d'une question afin de parvenir à une
> meilleure compréhension et à un consensus, elle ne doit pas devenir une cause de rancœur,
> d'aversion ou d'éloignement. En agissant de manière unie, une conclusion sur une ligne de
> conduite particulière peut être mise en pratique et révisée si nécessaire par un processus
> d'apprentissage. Dans le cas contraire, comme l'explique ‘Abdu'l-Bahá, « s’entêter et persister
> chacun dans son opinion conduira en fin de compte à la discorde, aux querelles, et la vérité
> restera cachée ».
> (Extrait d'une lettre du 29 novembre 2017, écrite au nom de la Maison universelle de justice à
> trois croyants) [168]
> 
> Utilisation des moyens matériels
> Saisissez-vous de la corde des ressources matérielles, tout en mettant votre entière confiance en
> Dieu, le Dispensateur de toutes ressources
> (Bahá’u’lláh, Tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le Kitáb-i-A qdas, p. 26)   [169]
> 
> En ce jour, il incombe à chacun de servir la Cause de Dieu, cependant que Celui qui est la Vérité
> éternelle – exalté soit sa gloire – a rendu l'accomplissement de toute entreprise sur terre
> dépendant des moyens matériels.
> (Bahá'u'lláh, extrait d'une tablette traduite du persan) [170]
> 
> La richesse est louable au plus haut point si elle est acquise par l’effort personnel d’un individu et
> avec la grâce de Dieu, dans le commerce, l’agriculture, l’art et l’industrie et si elle est employée à
> des buts philanthropiques. Surtout si un individu, judicieux et plein de ressources, inaugurait des
> mesures qui enrichiraient universellement les masses, il ne pourrait exister de plus grande
> entreprise, et elle serait, aux yeux de Dieu, la réalisation suprême ; car un tel bienfaiteur
> rencontrerait les besoins et assurerait le confort et le bien-être d’une grande multitude. La richesse
> est très louable pour autant que toute la population en profite. Si, toutefois, quelques-uns sont
> extrêmement riches alors que les autres sont misérables, et qu’aucun fruit ni bénéfice ne
> découlent de cette richesse, elle n’est alors qu’un danger pour son possesseur. Si, d’autre part, elle
> sert à promouvoir le savoir, à fonder des écoles élémentaires et autres, à encourager les arts et
> l’industrie, à éduquer le pauvre et l’orphelin – bref, si elle est consacrée au bien-être de la
> société – son possesseur se distinguera devant Dieu et les hommes comme le plus excellent de
> tous ceux qui sont sur la terre et sera considéré comme l’un de ceux qui peuplent le paradis
> (‘Abdu’l-Bahá, Le Secret de la civilisation divine, p. 44-45) [171]
> 
> Tu as posé des questions sur les moyens matériels et la prière. La prière est comme l'esprit et les
> moyens matériels sont comme la main de l'homme. L'esprit opère par l'intermédiaire de la main.
> Bien que le seul vrai Dieu soit celui qui pourvoit à tout, c'est la terre qui est le moyen de fournir
> la nourriture. « Le ciel a de quoi vous nourrir » (Coran 51 :22) et lorsque la nourriture est
> décrétée par Dieu, elle devient disponible, quels que soient les moyens. Lorsque l'homme refuse
> d'utiliser des moyens matériels, il est comme un assoiffé qui cherche à étancher sa soif par
> d'autres moyens que l'eau ou d'autres liquides. Le Seigneur tout-puissant est le fournisseur de
> l'eau, et son créateur, et il a décrété qu'elle devait être utilisée pour étancher la soif de l'homme,
> mais son utilisation dépend de la volonté divine. Si elle n'est pas conforme à cette volonté,
> l'homme est affligé d'une soif que les océans ne peuvent pas étancher.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [172]
> 
> Ô serviteur de Dieu ! Pour ‘Abdu'l-Bahá, être sans abri c’est comme être chez lui, et la prison
> lugubre est comme un nid. Il cherche une noble demeure, mais dans le monde de Dieu ; il désire
> le « Temple fréquenté », mais dans le royaume céleste.
> Un édifice terrestre, même s'il est élevé aussi haut que les cieux, finira par tomber en ruine, ou
> devenir un obscur tombeau. La construction d'édifices, de palais, de manoirs et de demeures
> seigneuriales est acceptable et louable dans la religion de Dieu, mais il ne faut pas s'y attacher ni
> y accorder son affection. L'intention doit être le progrès du monde et l'établissement de la
> civilisation humaine. Un homme de connaissance et de compréhension véritables construira des
> structures publiques, c'est-à-dire des lieux qui appartiennent à tous une maison d’adoration, une
> école pour enseigner aux enfants de tous âges, un foyer pour les voyageurs, un hôpital – car tout
> bâtiment public est un édifice divin, éternel et perpétuel. Salutations et louanges !
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [173]
> 
> Cependant, la charité n'implique pas nécessairement un projet qui s'inscrirait dans le cadre du
> travail de développement. Dans sa forme la plus simple, elle suggère seulement le transfert de
> ressources, financières ou autres, de ceux qui ont beaucoup à ceux qui n'ont pas assez. Le motif
> qui incite à un tel acte de bienveillance est, bien entendu, louable – Bahá'u'lláh lui-même déclare
> que « la charité est agréable et louable aux yeux de Dieu et est considérée comme le prince des
> actes bons ». Néanmoins, la manière dont elle est pratiquée doit être soigneusement examinée. Il
> est important, par exemple, d'éviter tout soupçon de paternalisme, et le donateur doit être
> conscient des valeurs implicites de tout système de redistribution qu'il établit.
> (Extrait d'une lettre du 22 octobre 2012, écrite au nom de la Maison universelle de justice à
> un croyant) [174]
> 
> La civilisation future envisagée par Bahá’u’lláh sera prospère ; ce sera une civilisation dans
> laquelle les vastes ressources du monde seront utilisées pour l’élévation et la régénération de
> l’humanité,     et    non     pour      son      avilissement    et   sa    destruction.    […]
> Les bahá'ís mènent leur vie au sein d’une société profondément désordonnée dans ses affaires
> matérielles. Le processus de construction communautaire qu’ils font avancer dans leurs
> groupements cultive un ensemble d’attitudes envers la richesse et les possessions qui diffèrent
> beaucoup de celles qui prévalent dans le monde.
> (La Maison universelle de justice, extrait d'un message du 29 décembre 2015 à la conférence
> des Corps continentaux des conseillers) [175]
> 
> Juger de la valeur d’une personne surtout en fonction de ce qu’elle peut accumuler et de la
> quantité des biens qu’elle peut consommer comparativement aux autres est totalement étranger à
> la pensée bahá’íe. Mais les enseignements n’approuvent pas non plus un rejet catégorique de la
> richesse comme étant intrinsèquement détestable ou immorale, et l’ascétisme est interdit. La
> richesse doit servir l’humanité. Son utilisation doit se faire en accord avec les principes
> spirituels ; des systèmes doivent être créés en s’inspirant de ces principes. De plus, selon les
> paroles mémorables de Bahá’u’lláh, « aucune lumière ne peut être comparée à la lumière de la
> justice. C’est d’elle que dépendent l’établissement de l’ordre dans le monde et la tranquillité des
> nations ».
> (Message de la Maison universelle de justice du 1er Mars 2017 aux bahá'ís du monde,
> traduction française révisée par l’Assemblée spirituelle nationale de France) [176]
> 
> Thèmes choisis relatifs au développement social et économique
> 
> Éducation
> 
> L’homme est le talisman suprême. Un manque d’éducation adéquate l’a cependant privé de ce
> qu’il possède par nature. D’un mot sorti de la bouche de Dieu, il fut appelé à l’existence ; d’un
> mot de plus, il fut amené à reconnaître la Source de son éducation ; d’un autre mot encore, son
> rang et sa destinée ont été assurés. Le Grand Être dit : considérez l’homme comme une mine
> riche en pierres précieuses d’une valeur inestimable. L’éducation peut à elle seule l’amener à lui
> faire livrer ses trésors et permettre à l’humanité d’en profiter.
> (Bahá’u’lláh, Tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le Kitáb-i-A qdas, p. 169-170) [177]
> 
> Nous prescrivons à tous les hommes ce qui conduira à l'exaltation de la parole de Dieu parmi ses
> serviteurs ainsi qu'au progrès du monde de l'être et à l’édification des âmes. À cette fin, le
> meilleur moyen est l'éducation de l'enfant. Chacun doit s'y tenir. En vérité, nous vous avons
> imposé cette charge dans de nombreuses Tablettes ainsi que dans mon Très-Saint-Livre. Heureux
> celui qui s’y conforme.
> (Bahá'u'lláh, extrait d'une tablette traduite du persan) [178]
> 
> Une enquête serrée démontrera que la première cause d’oppression, d’injustice, de malhonnêteté,
> d’irrégularité et de désordre est le manque de foi religieuse et l’absence d’éducation des gens.
> Quand, par exemple, les gens sont sincèrement pieux, éduqués, instruits et qu’une difficulté se
> présente, ils peuvent s’adresser aux autorités locales. S’ils n’y trouvent pas la justice et la
> reconnaissance de leurs droits et s’ils voient que la conduite du gouvernement local n’est pas en
> harmonie avec le bon plaisir divin et la justice royale, ils peuvent présenter leur cause devant les
> Cours supérieures et décrire les manquements apportés par l’administration locale à la loi
> spirituelle. Ces Cours peuvent alors exiger la remise du dossier local et ainsi justice sera faite.
> Présentement, toutefois, à cause d’une scolarité inadéquate, la majeure partie de la population ne
> possède même pas le vocabulaire nécessaire pour expliquer ce qu’elle veut.
> (‘Abdu’l-Bahá, Le Secret de la civilisation divine, p. 37-38) [179]
> 
> L’exigence primordiale, la plus urgente, est la promotion de l’éducation. Il est inconcevable
> qu’une nation quelconque atteigne à la prospérité et au succès sans qu’on se préoccupe de ce
> problème suprême et fondamental. La première raison du déclin et de la chute des peuples est
> l’ignorance. De nos jours, la masse est ignorante même des questions courantes ; elle peut
> d’autant moins comprendre d’une manière complète les importants problèmes et les besoins
> complexes.
> (‘Abdu’l-Bahá, Le Secret de la civilisation divine, p. 137) [180]
> 
> Observez attentivement comment l’éducation et les arts de la civilisation apportent l’honneur, la
> prospérité, l’indépendance et la liberté à un peuple et à son gouvernement.
> De plus il est d’une nécessité vitale d’instituer des écoles par toute la Perse, même dans les
> moindres cités rurales et les villages, et d’encourager le peuple, de toutes les façons possibles, à
> inciter leurs enfants à apprendre à lire et à écrire. Si nécessaire, l’éducation doit même devenir
> obligatoire. Tant que les nerfs et les artères de la nation ne seront pas ravivés, toute mesure sera
> vaine ; car le peuple est semblable au corps humain et la détermination ainsi que la volonté de
> lutte sont comme l’âme ; un corps sans âme est inerte. Ce pouvoir dynamique est présent à un
> suprême degré dans la nature même du peuple persan et la diffusion de l’éducation le libérera.
> (‘Abdu’l-Bahá, Le Secret de la civilisation divine, p. 139-140) [181]
> 
> Et, au nombre des enseignements de Bahá’u’lláh il y a la promotion de l’éducation. Chaque
> enfant doit être instruit dans les sciences autant qu’il est nécessaire. Si les parents sont en mesure
> de pourvoir aux frais de son éducation, c’est parfait ; autrement, la communauté doit procurer les
> moyens pour l’enseignement de cet enfant.
> (‘Abdu’l-Bahá, première Tablette à La Haye) [182]
> 
> L’éducation et la formation des enfants sont au nombre des actes les plus méritoires de
> l’humanité et attirent les grâces et les faveurs du Très-Miséricordieux, car l’éducation est
> l’indispensable fondement de toute excellence humaine et permet à l’homme de se frayer un
> chemin vers les sommets de gloire éternelle.
> (‘Abdu’l-Bahá, Sélections des écrits d’‘A bdu’l-Bahá, p. 128) [183]
> 
> En conséquence, l’école des enfants doit être un lieu d’ordre et de discipline extrêmes.
> L’instruction doit être complète de sorte que les caractères puissent s’affiner et se rectifier. Ainsi,
> dès le plus jeune âge, au tréfonds de l’être intime de chaque enfant, sera déposée la fondation
> divine et érigée la structure de sainteté.
> (‘Abdu’l-Bahá, Sélections des écrits d’‘A bdu’l-Bahá, p. 136) [184]
> 
> Créez des écoles qui sont bien organisées et qui promeuvent les bases de l'enseignement dans les
> différentes branches du savoir, savoir dispensé par des enseignants purs et sanctifiés, distingués
> pour leurs normes de conduite élevées et leur excellence générale, et fermes dans leur foi, des
> érudits et des éducateurs ayant une connaissance approfondie des sciences et des arts. […]
> Il faut y inclure la promotion des arts, la découverte de nouvelles merveilles, l'expansion du
> commerce et le développement de l'industrie. Les instruments de civilisation et l'embellissement
> du pays doivent également être encouragés. […]
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [185]
> 
> L'un des amis nous a envoyé une lettre concernant l'école d'Achgabat dans laquelle il déclare que,
> Dieu soit loué, les amis s'efforcent maintenant d’y mettre de l'ordre. Ils ont nommé des
> enseignants qualifiés pour leur tâche, et dorénavant le plus grand soin sera consacré à la
> supervision et à la gestion de l'école. […]
> L'une des entreprises les plus importantes est l'éducation des enfants, car c’est d’adorer Dieu, le
> Saint, le Très-Loué, et de servir sa cause que dépendent le succès et la prospérité.
> Le plus grand de tous les grands services est l'éducation des enfants et la promotion des divers
> sciences, métiers et arts. Loué soit Dieu, vous déployez actuellement des efforts considérables à
> cette fin. Plus vous persévérerez dans cette tâche essentielle, plus vous serez témoins des
> confirmations de Dieu, à tel point que vous en serez vous-mêmes étonnés.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [186]
> 
> Cette école est l'une des institutions vitales et essentielles qui, en fait, soutiennent et fortifient
> l'édifice de l'humanité. Si Dieu le veut, elle se développera et se perfectionnera sur tous les plans.
> Une fois que cette école aura été perfectionnée à tous égards, une fois qu'elle aura été amenée à
> s'épanouir et à dépasser toutes les autres écoles, alors, les unes après les autres, de plus en plus
> d'écoles devront être créées.
> Nous voulons dire par là que les amis doivent se concentrer sur l'éducation et la formation de tous
> les enfants de Perse, afin que tous, ayant, à l'école du savoir véritable, acquis la faculté de
> comprendre et appris à connaître les réalités profondes de l'univers, continuent à découvrir les
> signes et les mystères de Dieu, et soient éclairés par les lumières de la connaissance du Seigneur,
> et par son amour. C'est vraiment la meilleure façon d'éduquer tout le monde.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [187]
> 
> Efforcez-vous d'acquérir les différentes branches de la connaissance et une compréhension
> véritable. Appliquez-vous à réussir des réalisations tant matérielles que spirituelles.
> Encouragez les enfants dès leur plus jeune âge à maîtriser tous les types de savoir et à les rendre
> désireux de devenir compétents dans tous les arts – le but étant que, par la grâce favorable de
> Dieu, le cœur de chacun devienne un miroir révélant les secrets de l'univers, pénétrant la réalité la
> plus intime de toutes choses, et que chacun puisse acquérir une renommée mondiale dans toutes
> les branches de la connaissance, la science aussi bien que les arts.
> Ne négligez surtout pas l'éducation des enfants. Élevez-les de façon qu'ils possèdent des qualités
> spirituelles et qu'ils soient assurés des dons et des faveurs du Seigneur.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [188]
> 
> Votre lettre est éloquente, son contenu original est exprimé avec sensibilité, et elle témoigne de
> vos grands et louables efforts pour éduquer les enfants, filles et garçons. Il s'agit là d'une des plus
> importantes entreprises humaines. Tous les moyens d'éducation possibles doivent être mis à la
> disposition des enfants bahá'ís, tendres plantes du jardin divin, car en cela réside l'illumination de
> l'humanité.
> Loué soit Dieu, les amis d’Achgabat ont jeté des bases solides, inattaquables. C'est dans la Cité
> de l'Amour que la première maison d’adoration bahá'íe a été érigée, et aujourd'hui, dans cette
> ville, les moyens d'éducation des enfants sont également développés, dans la mesure où même
> pendant les années de guerre, ce devoir n'a pas été négligé, et des lacunes ont même été comblées.
> Il vous faut maintenant élargir le champ de vos efforts et élaborer des plans pour créer des écoles
> d'enseignement supérieur, afin que la Cité de l'Amour devienne le centre focal des bahá'ís pour
> les sciences et les arts. Grâce à l'aide généreuse de la Beauté-Bénie, des moyens seront fournis à
> cet effet.
> Consacrez une attention particulière à l'école des filles, car la grandeur de cette époque
> merveilleuse se manifestera par le progrès dans le monde des femmes. C'est pourquoi vous
> observez que dans chaque pays le monde des femmes est en marche, et cela est dû à l'impact de la
> Très-Grande-Manifestation, et à la puissance des enseignements de Dieu.
> L'instruction dans les écoles doit commencer par l'enseignement de la religion. Après la
> formation religieuse, le cœur de l'enfant étant relié à l'amour de Dieu, il faut poursuivre son
> éducation dans les autres branches de la connaissance.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [189]
> 
> Faites votre possible pour améliorer l'école Tarbíyat et pour développer l'ordre et la discipline
> dans cette institution. Utilisez tous les moyens pour faire de cette école un jardin du Très-
> Miséricordieux, d'où les lumières de l'apprentissage projetteront leurs rayons, et où les enfants,
> qu'ils soient bahá'ís ou non, seront éduqués à un degré tel qu'ils deviendront les dons de Dieu à
> l'homme, et la fierté du genre humain. Qu'ils fassent les plus grands progrès dans le laps de temps
> le plus court possible, qu'ils ouvrent grand les yeux et découvrent les réalités intérieures de toutes
> choses, qu'ils deviennent compétents dans tous les arts et toutes les techniques, et qu'ils
> apprennent à saisir les secrets de toutes choses dans leur essence – cette faculté étant l'un des
> effets clairement évidents de la servitude au Seuil sacré.
> Il est certain que vous ferez tous les efforts nécessaires pour y parvenir, et que vous établirez
> également des plans pour l'ouverture d'un certain nombre d'écoles. Ces écoles d'études
> supérieures doivent être à la fois des centres de formation du comportement et des attitudes, et
> elles doivent privilégier l’éducation du caractère et du comportement par rapport à
> l’apprentissage des sciences et des arts. La bonne conduite et la haute moralité doivent primer, car
> si le caractère n'est pas formé, l'acquisition de connaissances ne pourra que s'avérer préjudiciable.
> La connaissance est louable lorsqu'elle est associée à une conduite éthique et à un caractère
> vertueux sinon, c’est un poison mortel, un terrible danger. Un vil médecin qui trahit la confiance
> qu’on lui accorde, peut provoquer la mort, et devenir la source de nombreuses infirmités et
> maladies.
> Consacrez la plus grande attention à cette question, car le principe fondamental, fondateur d'une
> école est avant tout la formation morale, le caractère et la correction de la conduite.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [190]
> 
> Les matières à enseigner dans les écoles pour enfants sont nombreuses et, faute de temps, nous ne
> pouvons en aborder que quelques-unes : la première formation et la plus importante est celle du
> comportement et du bon caractère, l’acquisition de qualités, ainsi que l'éveil du désir de
> s'accomplir, de se perfectionner, de s'attacher à la religion de Dieu et de rester ferme dans ses lois,
> c’est-à-dire de consentir à une obéissance totale à tout gouvernement juste, de faire preuve de
> loyauté et de confiance envers le dirigeant en place, d’être des personnes bienveillantes envers
> l'humanité, et d’être bon pour tous.
> De plus, il faut insister sur l’exemplarité du caractère, sur l'instruction dans les arts, les sciences
> utiles et les langues étrangères. Sans oublier, la récitation des prières pour le bien-être du
> souverain et des gouvernés ; et il faut éviter les ouvrages matérialistes courants chez ceux qui ne
> voient que la cause naturelle, les histoires d'amour, et les livres qui éveillent les passions.
> Pour résumer, que toutes les leçons soient entièrement consacrées à l'acquisition des perfections
> humaines.
> Voilà, en bref, des indications pour le programme de ces écoles.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [191]
> 
> Votre lettre est arrivée et a suscité la plus grande joie, avec la nouvelle que, loué soit Dieu, à
> Hamadán une association d'aide et de secours a été créée. J'espère qu'elle deviendra une source de
> prospérité et d'assistance pour tous, et que des moyens seront fournis pour apaiser le cœur des
> pauvres et des faibles, et pour éduquer les orphelins et les autres enfants.
> La question de la formation des enfants et de la prise en charge des orphelins est extrêmement
> importante, mais le plus important de tout est l'éducation des filles, car ces dernières seront un
> jour mères, et la mère est la première enseignante de l'enfant. La manière dont elle l’élève
> façonnera l’enfant, et les résultats de cette première formation resteront avec l'individu tout au
> long de sa vie, et il serait très difficile de les modifier. Comment une mère, elle-même ignorante
> et sans formation, pourrait-elle éduquer son enfant ? Il est donc clair que l'éducation des filles a
> des conséquences bien plus importantes que celle des garçons. Ce fait est extrêmement important,
> et il faut s'en occuper avec la plus grande énergie et le plus grand dévouement.
> Dieu dit dans le Coran que ceux qui ont la connaissance et ceux qui ne l'ont pas ne sont pas égaux.
> L'ignorance est donc totalement à blâmer, que ce soit chez l'homme ou chez la femme ; en fait,
> chez la femme, le mal est plus grand. J'espère donc que les amis feront de grands efforts pour
> éduquer leurs enfants, fils et filles de la même manière. Ceci est la vérité, et en dehors de la vérité,
> il n'y a manifestement rien d'autre que la perdition.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite de l'arabe et du persan) [192]
> 
> Dans cette nouvelle et merveilleuse Cause, l'avancement de toutes les branches de la
> connaissance est un principe vital immuable, et tous les amis ont le devoir de faire les efforts
> nécessaires pour atteindre ce but, afin que la cause de la Lumière-Manifeste se répande partout et
> que chaque enfant, selon son besoin, reçoive sa part des sciences et des arts jusqu'à ce que l'on ne
> trouve plus un seul enfant de la campagne complètement privé de scolarité.
> Il est essentiel que les bases de la connaissance soient enseignées. Il est essentiel que tous
> puissent lire et écrire. C'est pourquoi cette nouvelle institution est digne d'éloges, et son
> programme doit être encouragé. Espérons que d'autres villages vous prendront pour modèle et
> que dans chaque village où il y a un certain nombre de croyants, une école sera fondée où les
> enfants pourront étudier la lecture, l'écriture et les connaissances de base.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [193]
> 
> Bahá'u'lláh a annoncé que dans la mesure où l'ignorance et le manque d'éducation sont des
> barrières qui séparent les hommes, tous doivent recevoir formation et instruction. Cette
> disposition permettra de remédier au manque de compréhension mutuelle et de promouvoir l'unité
> de l'humanité. L'éducation universelle est une loi universelle.
> (‘Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, p. 417) [194]
> 
> Parmi les obligations sacrées qui incombent aux assemblées spirituelles figurent la promotion de
> l’éducation, la création d'écoles et la mise en place des équipements et installations scolaires
> nécessaires pour chaque garçon et chaque fille.
> Chaque enfant, sans exception, doit dès son plus jeune âge étudier de manière approfondie l'art de
> la lecture et de l'écriture, et selon ses goûts, ses inclinations et le degré de ses capacités et de ses
> talents, il doit se consacrer avec assiduité à l'acquisition d'arts et de compétences bénéfiques, de
> diverses langues, de l’éloquence et de la technologie contemporaine.
> Aider les enfants des pauvres à réussir dans ces matières, et en particulier à apprendre les
> compétences de base, incombe aux membres des assemblées spirituelles et fait partie des
> obligations imposées à la conscience des administrateurs de Dieu dans chaque pays : « Celui qui
> élève son fils ou le fils d'un autre, c'est comme s'il avait élevé un de mes fils ; sur lui repose ma
> gloire, mon amour, ma bonté, ma miséricorde, qui enveloppent le monde ».
> (Shoghi Effendi, extrait d'une lettre du 8 juin 1925 adressée aux assemblées spirituelles
> d’Orient, traduite du persan) [195]
> Vous aviez posé des questions sur la pauvreté et la richesse, sur les pauvres à la peine et les riches
> dans le confort, et vous aviez exprimé votre étonnement et votre surprise devant cet état de fait
> […]
> Il n'est cependant pas question de dire que tous les pauvres deviendront riches et que tous
> seront égaux. Un tel concept revient à dire que les ignorants et les analphabètes deviendront les
> sages de l'époque et les érudits des érudits. Au contraire, lorsque l'éducation deviendra obligatoire
> et universelle, l'ignorance et l'analphabétisme diminueront et plus personne ne restera privé
> d'éducation. Mais, comme l’origine des différences réside dans la capacité et l'aptitude de la
> personne, et que ces distinctions sont liées au degré de son intelligence et de ses capacités
> mentales, les gens ne seront pas égaux dans leurs connaissances, leurs études et leurs
> compréhensions. Autrement dit le monde de la création exige des nuances dans la condition des
> gens et des degrés dans les différences existant entre eux, afin que les affaires du monde soient
> organisées et ordonnées. La diversité des espèces créées, leur apparence physique ou leur
> condition, est le moyen de leur protection, de leur pérennité, de leur unité et de leur harmonie.
> Chaque partie est le complément de l'autre.
> (Extrait d'une lettre du 22 mai 1928 écrite au nom de Shoghi Effendi à un croyant, traduite du
> persan) [196]
> 
> ... Bahá'u'lláh considérait l'éducation comme l'un des facteurs les plus fondamentaux d'une
> véritable civilisation. Toutefois, pour être adaptée et bénéfique, cette éducation doit être de nature
> intégrale et doit prendre en considération non seulement le côté physique et intellectuel de
> l'homme, mais aussi ses aspects spirituels et éthiques.
> (Extrait d'une lettre du 9 juillet 1931 écrite au nom de Shoghi Effendi à un croyant) [197]
> 
> Vous lui avez demandé des informations détaillées concernant le programme éducatif bahá'í. Il
> n'existe pas encore de programme bahá'í et il n'y a pas de publications bahá'íes exclusivement
> consacrées à ce sujet, car les enseignements de Bahá'u'lláh et de ‘Abdu'l-Bahá ne présentent pas
> un système éducatif défini et détaillé, mais se contentent de proposer certains principes de base et
> d'énoncer un certain nombre d'idéaux pédagogiques qui devraient guider les futurs éducateurs
> bahá'ís dans leurs efforts pour formuler un programme d'enseignement adéquat qui serait en
> parfaite harmonie avec l'esprit des enseignements bahá'ís et répondrait ainsi aux exigences et aux
> besoins de l'époque moderne.
> Ces principes de base sont disponibles dans les écrits sacrés de la Cause ; ils devraient être
> étudiés avec soin et progressivement incorporés dans les différents programmes des lycées et des
> universités. Mais la tâche de formuler un système d'éducation qui serait officiellement reconnu
> par la Cause et appliqué en tant que tel dans le monde bahá'í, tâche que l'actuelle génération de
> croyants ne peut évidemment pas entreprendre, doit être accomplie progressivement par les
> universitaires et les éducateurs bahá'ís de l'avenir.
> (Extrait d'une lettre du 7 juin 1939, écrite au nom de Shoghi Effendi à un croyant) [198]
> 
> L'éducation est un vaste domaine, et les théories éducatives abondent. Beaucoup ont certainement
> un mérite considérable, mais il faut se rappeler qu'aucune n'est exempte de présupposés sur la
> nature de l'être humain et de la société. Un processus éducatif devrait, par exemple, faire prendre
> conscience à un enfant de ses potentialités, mais la glorification de soi doit être scrupuleusement
> évitée. C'est souvent au nom de la confiance en soi que l'on renforce l'ego. De même, le jeu a sa
> place dans l'éducation des jeunes. Les enfants et les jeunes ont cependant prouvé à maintes
> reprises leur capacité à s'engager dans des discussions sur des sujets abstraits, entreprises à un
> niveau approprié à leur âge, et à tirer une grande joie de la recherche sérieuse de la
> compréhension. Un processus éducatif qui dilue le contenu dans une mer de divertissement
> hypnotique ne leur rend pas service.
> (La Maison universelle de justice, extrait d'un message du 12 décembre 2011 à toutes les
> assemblées spirituelles nationales) [199]
> 
> Agriculture
> Alors que nous étions dans la prison d’Acre, nous révélâmes dans le livre pourpre ce qui conduit
> à l’évolution de l’humanité et à la reconstruction du monde. Les paroles écrites dans ce Livre par
> la Plume du Seigneur de la création comprennent ce qui suit et qui constitue les principes
> fondamentaux devant régir l’administration des affaires des hommes :
> Premièrement : il incombe aux ministres de la Maison de justice de promouvoir la moindre paix
> afin que les peuples de la terre puissent être délivrés du fardeau des dépenses exorbitantes. Ce
> principe est impératif et absolument essentiel, car les hostilités et les conflits sont les racines de
> l’affliction et du malheur.
> Deuxièmement : les langues devraient être réduites à une seule langue commune, qui serait
> enseignée dans toutes les écoles du monde.
> Troisièmement : il appartient à l’homme d’adhérer avec ténacité à ce qui favorisera la fraternité,
> la bonté et l’unité.
> Quatrièmement : chacun, homme ou femme, devrait remettre à une personne de confiance une
> partie de ce qu’il ou elle gagne par son activité commerciale, agricole ou autre, pour la formation
> et l’éducation des enfants, à dépenser à cette fin au su des administrateurs de la Maison de justice,
> Cinquièmement : une attention spéciale doit être accordée à l’agriculture. Bien qu’elle soit
> mentionnée en cinquième lieu, il ne fait aucun doute que cette parole précède les autres.
> (Bahá’u’lláh, Tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le Kitáb-i-A qdas, p. 93 - 94)       [200]
> 
> Dans ta lettre, tu avais fait référence à l'agriculture. À ce sujet, il a établi la règle universelle
> suivante : il incombe à chacun, même s'il ne réside pas plus d'un jour dans un pays donné, de se
> livrer à un artisanat, à un commerce ou à l'agriculture, et la poursuite même de cette vocation est,
> aux yeux du seul vrai Dieu, identique à la prière. Cette règle a été illustrée par la communauté
> bahá'íe à l'époque où elle fut menacée d’être exilée d’Irak car, pendant qu'elle préparait son
> voyage, elle s'occupait à cultiver la terre et lorsqu'elle partit, elle reçut des instructions pour que le
> fruit de son travail soit distribué entre les amis.
> (Bahá'u'lláh, extrait d'une tablette traduite du persan) [201].
> 
> Lorsque vous longez un jardin dans lequel légumes, plantes, fleurs, herbes odoriférantes se
> combinent pour former un tout harmonieux, c’est la preuve que ce jardin et cette roseraie ont été
> cultivés et arrangés par les soins d’un excellent jardinier. Alors qu’un jardin en désordre, confus,
> mal entretenu indique un manque de soin par un jardinier expérimenté et n’est qu’un fouillis de
> mauvaises herbes.
> (‘Abdu’l-Bahá, Première Tablette à La Haye)          [202]
> Efforce-toi, autant que tu le peux, de bien posséder la science de l’agriculture car, selon les
> enseignements divins, l’acquisition des sciences et le perfectionnement des arts sont considérés
> comme des actes d’adoration. Lorsqu’un homme entreprend, de toute son énergie, l’acquisition
> d’une science ou le perfectionnement d’un art, c’est comme s’il adorait Dieu dans ses églises et
> ses temples. Ainsi, lorsque tu entres dans une école d’agronomie et que tu t’efforces d’acquérir la
> connaissance de cette branche de la science, tu accomplis, nuit et jour, des actes d’adoration –
> actes qui sont agréés au seuil du Tout-Puissant. Or qu’y a-t-il de plus grand, dans la munificence,
> que de considérer la science comme un acte d’adoration et l’art comme un service à l’égard du
> royaume de Dieu ?
> (‘Abdu’l-Bahá, Sélections des écrits d’‘A bdu’l-Bahá, p. 143-144) [203]
> 
> Puisque ton cher enfant passe ses examens, je souhaite ardemment au Seuil divin que, par la
> grâce et la faveur de Dieu, il rencontre le succès, et qu'à l'avenir il puisse étudier l'agriculture et
> en maîtriser les différentes branches, pratiques et théoriques. L'agriculture est une science noble
> et, si ton fils devient compétent dans ce domaine, il pourra assurer le confort d'un nombre
> incalculable de personnes.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [204]
> 
> En vérité, le commerce, l'agriculture et l'industrie ne devraient pas être des obstacles empêchant
> de servir le seul vrai Dieu. En effet, ces activités sont de très puissants instruments pour prouver
> clairement notre piété et notre fiabilité ainsi que des preuves évidentes des qualités du Seigneur
> miséricordieux.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [205].
> 
> La crise qui existe dans le monde ne se limite pas aux agriculteurs. Ses effets ont atteint tous les
> moyens de subsistance. Les agriculteurs sont en quelque sorte mieux lotis parce qu'ils ont au
> moins de quoi se nourrir. Mais dans l'ensemble, la crise sert un grand objectif. Elle élargit les
> perspectives de l'homme, lui apprenant à penser à l'échelle internationale, l'obligeant à prendre en
> considération l’intérêt de ses voisins s'il souhaite améliorer sa propre condition.
> (Extrait d'une lettre du 2 mars 1932, écrite au nom de Shoghi Effendi à un croyant) [206]
> 
> L’économie
> 
> Ô mes serviteurs ! Vous êtes les arbres de mon jardin ; vous devez produire des fruits merveilleux
> et de bel aspect, dont vous-mêmes et d’autres profiteront. Il appartient donc à chacun d’exercer
> un métier ou une profession, car c’est là le secret de la richesse, ô hommes d’intelligence. En
> effet, les résultats dépendent des moyens et la grâce de Dieu vous suffira amplement. Les arbres
> qui ne donnent pas de fruits ont été et seront toujours bons à mettre au feu.
> (Bahá’u’lláh, Les Paroles cachées, Persan, nº 80) [207]
> 
> Si ces enseignements sublimes étaient répandus dans le monde, l’humanité serait sauvée de tous
> dangers et guérie de tous ses maux et troubles continuels. De même, tous les principes
> économiques bahá’ís représentent l’idéal suprême de toutes les classes laborieuses et des
> économistes de tendances diverses.
> (‘Abdu’l-Bahá, Tablette au Professeur Forel, p. 28, Maison d’éditions baha’ies, 1974) [208]
> Pour exposer brièvement le sujet, disons que les enseignements de Bahá’u’lláh préconisent le
> partage volontaire, et ceci est bien meilleur que l’égalisation de la richesse, car l’égalisation doit
> être imposée de l’extérieur, alors que le partage est affaire de libre choix.
> L’homme atteint à la perfection par de bonnes actions qu’il accomplit volontairement et non par
> les bonnes actions dont la réalisation lui a été imposée. Le partage est un acte de justice que l’on
> choisit à titre personnel ; autrement dit, les riches devraient accorder leur assistance aux pauvres,
> dépenser leur fortune au profit des indigents, mais de leur plein gré, et non parce qu’ils y ont été
> contraints par la force, car la force ne récolte que le trouble et provoque la ruine de l’ordre social.
> D’un autre côté, le partage volontaire, la dépense – librement consentie – de sa propre richesse,
> contribue au bien-être et à la paix sociale, éclaire le monde et prodigue l’honneur à l’humanité.
> (‘Abdu’l-Bahá, Sélections des écrits d’‘A bdu’l-Bahá, p. 114) [209]
> 
> Ô mes amis spirituels ! L'un des plus grands moyens de réaliser des progrès modernes, la
> prospérité des nations et la civilisation des peuples c’est la création de sociétés pour le commerce,
> l'industrie et d'autres sources de richesse, dans la mesure où une société est un symbole d'unité,
> d'unicité et d'harmonie dans la Cause de Dieu. Il est très difficile pour l’homme de réussir quoi
> que ce soit individuellement, mais lorsqu'on s'assemble pour établir une société, ses membres
> seront en mesure d'accomplir ensemble de grandes tâches. Prenons, par exemple, une armée. Si
> chaque soldat allait au combat individuellement, il se battrait avec la force d'un seul homme, mais
> lorsqu'une troupe est formée, chaque membre de cette troupe résiste avec une puissance mille fois
> supérieure, car la puissance de mille individus converge vers un seul point. Il en va de même dans
> d'autres domaines. Cependant, toute entreprise commerciale doit être établie sur des principes
> divins. Ses fondements devraient être la fiabilité, la piété et la probité, afin de protéger les droits
> des gens et de devenir, jour après jour, un aimant de fidélité, en sorte que les confirmations du
> Très-Glorieux puissent être dévoilées. En outre, une entreprise légitime doit faire tout ce qui est
> en son pouvoir pour protéger les droits des personnes dans toutes les affaires, grandes ou petites,
> et pour administrer les affaires de l’entreprise avec la plus grande perfection, droiture et soin. Si
> elle est ainsi conduite, cette entreprise, sans l'ombre d'un doute, deviendra le réceptacle des
> bénédictions, et elle attirera les confirmations du Seigneur de toutes les bontés et, sous la
> protection du Plus-Grand-Nom, restera à l'abri de tout malheur. Sur vous soient salutations et
> louanges.
> (‘Abdu'l-Bahá, tiré d'une tablette traduite du persan) [210]
> 
> En matière d’économie on doit commencer par l'agriculteur et continuer ensuite avec les autres
> classes dans la mesure où le nombre d'agriculteurs est bien plus important que celui de toutes les
> autres. Il convient donc de commencer par l'agriculteur pour les questions d'économie, car
> l'agriculteur est le premier agent actif de la société humaine. En bref, il faut créer dans chaque
> village un conseil parmi les sages et placer les affaires de ce village sous le contrôle de ce conseil.
> De même, une coopérative devrait être fondée avec la nomination d'un secrétaire. Au moment de
> la récolte, sous la direction de ce conseil, un certain pourcentage de la récolte totale devrait être
> affecté à ce service.
> La coopérative a sept recettes : L’impôt d’un dixième sur les revenus, les taxes sur les animaux,
> les biens sans héritier, tous les objets trouvés dont les propriétaires sont introuvables, un tiers de
> tous les objets de valeur trouvés, un tiers des produits de toutes les mines, et les contributions
> volontaires.
> Ce service a également sept dépenses :
> 1. Les dépenses générales de fonctionnement de la coopérative, telles que le salaire du secrétaire
> et l'administration de la santé publique.
> 2. L’impôt versé au gouvernement.
> 3. Les taxes sur les animaux versées au gouvernement.
> 4. Coûts de fonctionnement d'un orphelinat.
> 5. Frais de fonctionnement d'un foyer pour invalides.
> 6. Frais de fonctionnement d'une école.
> 7. Paiement de subventions pour fournir un soutien nécessaire aux pauvres.
> 
> La première recette est l’impôt d’un dixième sur les revenus. Il doit être perçu comme suit : Si le
> revenu d'une personne est de cinq cents dollars par exemple et que ses dépenses nécessaires sont
> équivalentes, aucun impôt ne sera perçu. Si les dépenses d'une autre personne sont de cinq cents
> dollars alors que son revenu est de mille dollars, un dixième lui sera retiré, car il a plus que ses
> besoins ; s'il donne un dixième de l'excédent, ses moyens d'existence ne seront pas affectés. Si
> les dépenses d'un autre sont de mille dollars et ses revenus de cinq mille dollars, comme il a
> quatre mille dollars d'excédent, il devra donner un dixième et demi. Si une autre personne a des
> dépenses nécessaires de mille dollars, mais que son revenu est de dix mille dollars, il lui faudra
> payer deux dixièmes car son surplus représente une somme importante. Et si les dépenses
> nécessaires d'une autre personne sont de quatre ou cinq mille dollars, et ses revenus de cent mille
> dollars, un quart lui sera demandé. En revanche, si le revenu d'une personne est de deux cents,
> mais que les besoins absolument essentiels à sa subsistance sont de cinq cents dollars, et à
> condition qu'elle n'ait pas été négligente dans son travail ou que sa ferme n'ait pas été bénie par
> une bonne récolte, cette personne devra recevoir l'aide de la coopérative afin qu'elle ne reste pas
> dans le besoin et puisse vivre dans le confort.
> Une certaine somme doit être mise de côté par la coopérative pour les orphelins du village et une
> certaine somme pour les invalides. Une certaine somme doit être prélevée sur cette institution
> pour les personnes nécessiteuses et incapables de gagner leur vie, et une certaine somme pour le
> système d'éducation du village. Enfin, un certain montant doit être réservé à l'administration de la
> santé publique. S'il reste quoi que ce soit dans le fonds local, cette somme doit être transférée à un
> fonds national pour les dépenses nationales.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [211]
> 
> Il faut donc instituer un règlement et des lois qui réglementeraient les fortunes excessives de
> certains particuliers et limiteraient la misère de millions de pauvres, on obtiendra ainsi une
> certaine modération.
> Cependant l’égalité absolue est tout aussi impossible ; car l’égalité absolue dans les fortunes, les
> honneurs, le commerce, l’agriculture, l’industrie, aboutirait au manque de bien-être, au
> découragement, à la désorganisation des moyens d’existence, et au désappointement universel ;
> l’ordre des affaires de la collectivité serait tout à fait détruit. Ainsi, il y a une grande sagesse dans
> le fait que l’égalité n’est pas imposée par la loi. Il est donc préférable que la modération fasse son
> œuvre. Elle consiste, au moyen de lois et de règlements, à empêcher la constitution de fortunes
> excessives de certains individus, et à protéger les besoins essentiels de la masse. Par exemple, les
> fabricants et les industriels amassent chaque jour un trésor, et les pauvres travailleurs ne gagnent
> pas leur subsistance journalière ; cela, c’est le comble de l’iniquité et aucun homme juste ne
> l’accepterait.
> 
> Il faut donc établir des lois et de règlements qui permettraient au corps des ouvriers de recevoir
> leur salaire du maître de fabrique, et qui les associeraient dans le quart ou le cinquième des
> bénéfices, selon les nécessités de la fabrique ; ou bien que le corps des ouvriers et le fabricant
> soient associés d’une façon équitable dans les bénéfices et les avantages. En effet, la direction des
> affaires et l’administration viennent du chef de la fabrique et l’ouvrage et le travail du corps des
> ouvriers. Ou bien les ouvriers recevront un salaire qui leur assurera une subsistance convenable et
> lorsqu’ils cesseront le travail ou seront affaiblis ou sans ressource, ils recevront du chef de
> fabrique une pension convenable. Ou bien encore, le salaire sera suffisant pour que les ouvriers
> soient satisfaits de la somme qu’ils reçoivent, et qu’ils puissent mettre un peu de côté pour les
> jours de gêne et de retraite.
> Lorsque les choses seront ainsi fixées, le chef de fabrique ne mettra plus de côté, tous les jours,
> un trésor qui ne lui sert absolument à rien – sans compter que si la fortune est disproportionnée, le
> capitaliste succombe sous un poids formidable et tombe dans les difficultés et les troubles les plus
> grands ; l’administration d’une fortune excessive est très difficile et épuise les forces naturelles de
> l’homme. Pareillement, les ouvriers et travailleurs ne seront plus dans la misère et la gêne les plus
> grandes et ne seront plus soumis, à la fin de leur vie, aux pires privations.
> Il est donc clair et évident que la répartition de fortunes excessives entre les mains d’un petit
> nombre d’individus, à côté de la misère de la masse, est une iniquité et une injustice. De même,
> l’égalité absolue serait un obstacle à la vie, au bien-être, à l’ordre et à la tranquillité de l’humanité.
> Dans ces conditions, la modération est de beaucoup préférable. Elle réside en ceci que les
> capitalistes soient modérés dans l’acquisition de leurs bénéfices, et qu’ils tiennent compte des
> besoins des pauvres et des nécessiteux : c’est-à-dire que les ouvriers et les travailleurs reçoivent
> un salaire journalier fixe et établi, et qu’ils aient aussi une part et une fraction des bénéfices
> généraux de la fabrique.
> (‘Abdu’l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean-d’A cre, p. 301- 303)           [212]
> 
> Parmi les résultats de la manifestation des forces spirituelles, l’humanité devra s’adapter à une
> nouvelle forme sociale, la justice de Dieu se manifestera dans toutes les affaires humaines et
> l'égalité des hommes sera universellement établie. Les pauvres se verront attribuer une aide
> généreuse et les riches atteindront le bonheur éternel. En effet, actuellement si les riches jouissent
> du plus grand des luxes et du plus grand des conforts, ils sont néanmoins privés du bonheur
> éternel ; car le bonheur éternel est subordonné à l’action de donner, et les pauvres sont partout
> dans un état de besoin abject. Grâce à la manifestation de la grande équité de Dieu, les pauvres du
> monde seront pleinement récompensés et assistés, et il y aura un réajustement des conditions
> économiques de l'humanité afin qu'à l'avenir il n'y ait plus de richesses exagérées ni de pauvreté
> abjecte. Les riches jouiront du privilège de cette nouvelle condition économique tout comme les
> pauvres, car en raison de certaines dispositions et restrictions, ils ne pourront pas accumuler de
> richesse au point d'être accablés par sa gestion, tandis que les pauvres seront soulagés de
> l’angoisse du manque et de la misère. Le riche pourra profiter de son palais et le pauvre de sa
> confortable chaumière.
> (‘Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, p. 182-183) [213]
> 
> […] Bahá'u'lláh a énoncé des principes, des conseils, une doctrine pour un réajustement de
> l’économie. Il a révélé des règles qui assurent le bien-être de la communauté. De même que le
> riche jouit d'une vie d'aisance et de luxe, le pauvre doit, lui aussi, avoir un foyer et bénéficier
> d'une nourriture et d'un confort à la mesure de ses besoins. Ce réajustement de l'économie sociale
> est de la plus haute importance dans la mesure où il assure la stabilité du monde de l'humanité ; et
> tant qu'il n'est pas réalisé, le bonheur et la prospérité sont impossibles.
> (‘Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, p. 252) [214]
> L'un des enseignements de Bahá'u'lláh est l'ajustement des moyens de subsistance dans la société
> humaine. Dans le cadre de cet ajustement, il ne peut y avoir d'extrêmes dans les conditions
> humaines en ce qui concerne la richesse et la subsistance. Car la communauté a besoin de
> financiers, d'agriculteurs, de commerçants et de travailleurs tout comme une armée doit être
> composée de commandants, d'officiers et de soldats. Tous ne peuvent pas être des commandants,
> tous ne peuvent pas être des officiers ou des soldats. Chacun, à son poste dans le tissu social, doit
> être compétent, chacun dans sa fonction selon ses capacités mais dans une égale opportunité pour
> tous. […]
> La différence de capacité entre les individus est fondamentale. Il est impossible que tous se
> ressemblent, que tous soient égaux, que tous soient sages. Bahá'u'lláh a révélé des principes et des
> lois qui permettront d'ajuster les différentes capacités humaines. Il a dit que tout ce qui est
> possible de réaliser dans la manière de gouverner la société sera réalisé grâce à ces principes.
> Lorsque les lois qu'il a instituées seront appliquées, il n'y aura plus de millionnaires possibles
> dans la communauté, ni d'extrêmement pauvres. Cela se fera et se réglera en ajustant les
> différents degrés de capacité humaine. La base fondamentale de la communauté est l'agriculture,
> le travail du sol. Tous doivent être des producteurs. Chaque personne de la communauté dont les
> besoins sont égaux à sa capacité de production individuelle sera exonérée d'impôts. Mais si son
> revenu est supérieur à ses besoins, il doit payer un impôt jusqu'à ce qu'un ajustement soit effectué.
> C'est-à-dire que la capacité de production de l'homme et ses besoins seront égalisés et conciliés
> par l'impôt. Si sa production dépasse ses besoins, il paiera un impôt ; si ses besoins dépassent sa
> production, il recevra un montant suffisant pour égaliser ou ajuster. Par conséquent, l'imposition
> sera proportionnelle à la capacité et à la production, et il n'y aura pas de pauvres dans la
> communauté.
> (‘Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, p. 301-303) [215].
> 
> Les bases de la condition économique sont de nature divine et sont associées au monde du cœur
> et de l'esprit. Ceci est pleinement expliqué dans l'enseignement bahá'í, et sans la connaissance de
> ses principes, aucune amélioration de l'état économique ne peut être réalisée. Les bahá'ís
> apporteront cette amélioration et ce progrès, mais pas par la sédition ni par l'appel à la force
> physique : non pas par la lutte, mais par l’aide. Les cœurs doivent être si unis, l'amour doit
> devenir si dominant que les riches apporteront volontiers leur aide aux pauvres et prendront des
> mesures pour établir ces ajustements économiques de façon permanente. Si cela est accompli de
> cette façon, ce sera digne de louange car ce sera alors pour l'amour de Dieu et sur la voie de son
> service. Par exemple, ce sera comme si les riches habitants d'une ville disaient : « Il n'est ni juste
> ni licite que nous possédions de grandes richesses alors qu'il y a une pauvreté abjecte dans cette
> communauté », et qu'ils donnaient ensuite volontairement leurs richesses aux pauvres, en ne
> conservant que ce qui leur permettra de vivre confortablement.
> (‘Abdu'l-Bahá, The Promulgation of Universal Peace, p. 334) [216]
> 
> Il a également reçu l'article que vous avez écrit pour The Bahá'í W orld sur les enseignements
> économiques de la Cause. Comme vous le dites, les écrits ne sont pas tellement riches sur ce sujet,
> et beaucoup des questions qui dérangent actuellement les esprits du monde ne sont même pas
> mentionnées. La considération première est l'esprit qui doit imprégner notre vie économique et
> celui-ci se cristallisera progressivement en institutions et principes précis qui contribueront à la
> réalisation de la condition idéale annoncée par Bahá'u'lláh.
> (Extrait d'une lettre du 20 décembre 1931 écrite au nom de Shoghi Effendi à une Assemblée
> spirituelle nationale) [217]
> En ce qui concerne votre souhait de réorganiser votre entreprise selon les principes bahá'ís,
> Shoghi Effendi apprécie profondément l'esprit qui vous a poussé à faire une telle suggestion. Il
> estime néanmoins que le temps n'est pas encore venu pour aucun croyant de provoquer un
> changement aussi fondamental dans la structure économique de notre société, aussi restreint que
> soit le champ d'une telle expérience. Les enseignements économiques de la Cause, bien que bien
> connus dans leurs grandes lignes, n'ont pas encore été suffisamment élaborés et systématisés pour
> permettre à quiconque de les appliquer de manière exacte et approfondie, même à une échelle
> restreinte.
> (Extrait d'une lettre du 22 mai 1935 écrite au nom de Shoghi Effendi à un croyant) [218]
> 
> Dans la Cause, il n'y a pratiquement pas d'enseignement technique sur l'économie, comme la
> banque, le système des prix, et autres. La Cause n'est pas un système économique, et ses
> fondateurs ne doivent pas être considérés comme ayant été des économistes techniques. La
> contribution de la Foi à ce sujet est essentiellement indirecte, puisqu'elle consiste en l'application
> de principes spirituels à notre système économique actuel. Bahá'u'lláh nous a donné quelques
> principes de base qui devraient guider les futurs économistes bahá'ís dans l'établissement
> d'institutions qui ajusteront les relations économiques du monde. […]
> Il est certain que le Maître a affirmé que les salaires devraient être inégaux, simplement parce
> que les hommes sont inégaux dans leurs capacités, et qu'ils devraient donc recevoir des salaires
> correspondant à leurs différentes capacités et ressources. Ce point de vue semble contredire
> l'opinion de certains économistes modernes. Mais les amis devraient avoir pleinement confiance
> dans les paroles du Maître, et devraient donner la préférence à ses déclarations plutôt qu'à celles
> de nos penseurs soi-disant modernes. […]
> Quel que soit le progrès technique, l'homme devra toujours peiner pour gagner sa vie. L'effort
> est une partie inséparable de la vie de l'homme. Il peut prendre différentes formes en fonction des
> conditions changeantes du monde, mais il sera toujours présent comme un élément nécessaire de
> notre existence terrestre. Après tout, la vie est une lutte. Le progrès s'obtient par la lutte, et sans
> cette lutte, la vie cesse d'avoir un sens ; elle s'éteint même. Le progrès technique n'a pas rendu
> l'effort inutile. Il lui a donné une nouvelle forme, un nouveau débouché. […]
> Par l'affirmation « la solution économique est de nature divine », on entend que seule la
> religion peut, en dernier ressort, apporter à la nature de l'homme un changement si fondamental
> qu'il lui permette d'ajuster les relations économiques de la société. C'est seulement ainsi que
> l'homme peut contrôler les forces économiques qui menacent de bouleverser les fondements de
> son existence, et par là affirmer sa maîtrise des forces de la nature. […]
> Comme déjà évoqué […], l'inégalité sociale est le résultat inévitable de l'inégalité naturelle des
> hommes. Les êtres humains sont différents en termes de capacités et devraient donc être
> différents en termes de statut social et économique. Les extrêmes de richesse et de pauvreté
> devraient cependant être abolis. Ceux dont le cerveau a contribué à la création et à l'amélioration
> des moyens de production doivent être équitablement récompensés, même si ces moyens peuvent
> être détenus et contrôlés par d'autres.
> (Extrait d'une lettre du 26 décembre 1935 écrite au nom de Shoghi Effendi à un croyant) [219]
> 
> En ce qui concerne votre question sur l'attitude bahá'íe à l'égard des problèmes de travail : ceux-ci
> ne peuvent être résolus avec certitude, nous dit ‘Abdu'l-Bahá, par la seule force de la violence
> physique. La non-coopération aussi, même si elle ne s'accompagne pas d'actes de violence, est
> inefficace. Le conflit entre le travail et le capital peut être résolu au mieux par des méthodes
> pacifiques et constructives de coopération et de concertation.
> (Extrait d'une lettre du 30 juin 1937 écrite au nom de Shoghi Effendi à un croyant) [220]
> En ce qui concerne vos questions sur l'attitude des bahá'ís face à divers problèmes économiques,
> tels que la propriété, le contrôle et la distribution du capital et des autres moyens de production, le
> problème des trusts et des monopoles et les expériences économiques telles que les coopératives
> sociales, les enseignements de Bahá'u'lláh et de ‘Abdu'l-Bahá n'apportent pas de solutions
> spécifiques et détaillées à toutes ces questions économiques, qui relèvent essentiellement du
> domaine de l'économie technique et ne concernent donc pas directement la Cause. Il est vrai que
> les Écrits sacrés bahá'ís contiennent certains principes directeurs sur le sujet de l'économie, mais
> ceux-ci ne couvrent en aucun cas l'ensemble du domaine de l'économie théorique et appliquée et
> sont principalement destinés à guider les futurs écrivains et techniciens économiques bahá'ís dans
> l'élaboration d'un système économique qui fonctionnerait en pleine conformité avec l'esprit et les
> dispositions exactes de la Cause sur ce sujet et d'autres sujets similaires. La Maison internationale
> de justice devra, en consultation avec des experts économiques, aider à la formulation et à
> l'évolution du système économique bahá'í du futur. Une chose est cependant certaine : la Cause
> n'accepte pas entièrement les théories de l'économie capitaliste, ni ne peut être d'accord avec les
> marxistes et les communistes dans leur répudiation du principe de la propriété privée, ce droit
> sacré vital de l'individu.
> (Extrait d'une lettre du 10 juin 1939 écrite au nom de Shoghi Effendi à un croyant) [221]
> 
> Les idéologies en cours actuellement dans le monde sont extrêmement complexes. Tout comme il
> est difficile d'identifier un système cohérent d'enseignements qui pourrait être appelé
> christianisme et qui engloberait tous ceux qui se disent chrétiens, il existe de nombreux types de
> communistes, souvent en contradiction flagrante les uns avec les autres. Il existe encore plus de
> types                                                                                              de
> « capitalistes » au sens de ceux qui préconisent le capitalisme comme la forme la plus souhaitable
> de système économique. La promesse de la paix mondiale n'était pas le lieu pour analyser les
> vertus et les défauts de ces diverses théories, elle ne pouvait que faire allusion à certaines des
> lacunes les plus flagrantes produites par leurs variantes extrêmes, et encourager tous ceux qui les
> défendent à ne pas tenir compte de leurs différences dans la recherche de la véritable solution des
> problèmes qui affligent l'humanité.
> Si nous prenons les deux extrêmes de la théorie économique : ceux qui croient que la meilleure
> solution est de retirer tout contrôle et toute intervention de l'État dans le fonctionnement du
> système économique, et ceux qui croient que le fonctionnement du système économique devrait
> être étroitement surveillé et ajusté par l'État afin que la société ne soit pas à la merci du système
> mais qu'elle en ait le contrôle, il est apparu clairement qu'aucun des deux n'est viable. Les
> partisans des deux extrêmes en sont progressivement venus à adopter des positions plus modérées,
> bien qu'il y ait généralement une oscillation des points de vue en réponse à l'évolution des
> conditions. C'est aux partisans de l'un de ces extrêmes et à la situation économique actuelle dans
> le monde très insatisfaisante que la Maison de justice faisait allusion lorsqu'elle évoquait ces
> idéologies qui ont tendance à « abandonner sans ménagement des millions de personnes affamées
> par le fonctionnement d'un système de marché qui, de toute évidence, aggrave la situation de la
> majorité de l'humanité, tout en permettant à de petites sections de vivre dans une condition
> d'abondance que nos ancêtres pouvaient difficilement imaginer. »
> (Extrait d'une lettre du 13 novembre 1985, écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à un croyant) [222]
> 
> Un exemple évident apparaît dans les discussions sur le processus de mondialisation, auquel votre
> lettre fait allusion. Les immenses avantages que cette étape tant attendue de l'évolution de la
> société humaine apporte, exigent de la part des gouvernements et de la société civile des efforts
> équivalents pour assurer une répartition équitable de ses bénéfices à l'ensemble de l'humanité.
> ‘Abdu'l-Bahá nous expose clairement le problème :
> « Considérons un individu qui a amassé des trésors en colonisant un pays à son profit. Il a obtenu
> une fortune considérable et s'est assuré des profits et des revenus qui s’accumulent sans cesse,
> alors que cent mille malheureux, faibles et impuissants, ont besoin d'une bouchée de pain. Il n'y a
> là ni égalité ni bienveillance. On voit donc que la paix et la joie générales sont détruites, et que le
> bien-être de l'humanité est nié au point de rendre vaine la vie de beaucoup de gens. Car la fortune,
> les honneurs, le commerce, l'industrie sont entre les mains de certains industriels, tandis que
> d'autres sont soumis à toute une série de difficultés et à des ennuis sans limites : ils n'ont ni
> avantages, ni profits, ni confort, ni paix. »
> Les défis posés par cette question, qui touche aujourd'hui la planète entière, sont d'une ampleur
> sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Pour les relever, il faudra une unité de vision des
> enjeux, une compréhension qui ne peut être obtenue que par une analyse approfondie, un débat
> public ouvert et un engagement ininterrompu à mettre en œuvre les systèmes de contrôle décidés.
> (Extrait d'une lettre du 27 novembre 2001, écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à un croyant) [223]
> 
> La Maison universelle de justice a reçu votre lettre […] demandant des éclaircissements sur ce
> qui constitue une philosophie économique appropriée pour notre époque […]
> Dans votre lettre […] vous citez un passage du Siècle de lumière, qui fait référence au système
> de pensée qui règne actuellement sur la planète comme étant moralement et intellectuellement en
> faillite. Ce passage vous suggère que le capitalisme est considéré par la communauté bahá'íe
> comme une philosophie économique sans intérêt pour le développement mondial futur. Vous
> trouvez cette position surprenante non seulement parce qu'elle est en opposition directe avec les
> conclusions de penseurs qui aujourd’hui considèrent le capitalisme comme le seul système viable
> pour le développement économique mondial, mais aussi parce qu'elle semble contredire certaines
> déclarations de Shoghi Effendi. Le capitalisme a évolué en un système qui, selon vous, est
> largement, sinon entièrement, conforme aux déclarations de Shoghi Effendi. Vous vous
> demandez comment les bahá'ís travaillant dans le domaine de l'économie vont progresser, alors
> qu'ils ont des opinions si différentes sur le sujet, allant de ceux qui, comme vous, considèrent les
> remarques du Gardien comme un soutien au capitalisme, à ceux qui pensent qu'il devrait être
> remplacé.
> Les questions que vous soulevez comportent deux aspects. L'un concerne la déclaration sur la
> faillite morale du système mondial dominant d'aujourd'hui, et l'autre est lié à la validité des
> théories économiques qui composent le capitalisme. En ce qui concerne le premier aspect, le
> passage que vous citez du Siècle de lumière se veut une déclaration générale sur la condition du
> monde, ses structures politiques et économiques, et les injustices qui déchirent le tissu de la
> société actuelle. On peut légitimement dénoncer comme injuste la situation mondiale actuelle,
> dans laquelle un nombre relativement restreint de personnes vivent dans l'opulence tandis que la
> grande majorité de leurs semblables sont condamnés à une vie de pauvreté matérielle totale. Cette
> situation ne peut certainement pas être séparée des insuffisances fondamentales du système de
> pensée dominant et des structures et processus auxquels il a donné naissance.
> Le deuxième aspect de vos questions concerne les spécificités de la théorie économique. Le fait
> que, comme vous le mentionnez, les intellectuels bahá'ís adhèrent à un large éventail de points de
> vue sur le capitalisme et ses diverses formes ne doit pas être un motif d'inquiétude. Au contraire,
> la Maison de justice estime que la situation est assez saine et ne souhaite pas s'étendre davantage
> sur le sujet pour le moment. Vous avez raison lorsque vous affirmez dans votre lettre […] que les
> solutions aux problèmes de l'humanité se trouvent dans l'application à la réalité sociale des
> connaissances scientifiques et des enseignements de Bahá'u'lláh. Il est donc probable que les
> Enseignements seront appliqués aux choix que l'humanité doit faire sur la manière de produire, de
> distribuer, de multiplier, d'appliquer et d'utiliser les moyens matériels. Comme il est naturel dans
> l'avancement de toute science, on ne pourra se faire une idée d'une théorie économique correcte
> que si des personnes ayant des points de vue divergents explorent des directions différentes. La
> critique des pratiques économiques actuelles ne doit pas être interprétée à tort comme une simple
> dénonciation du capitalisme, ni comme une approbation du socialisme. Comme vous en
> conviendrez volontiers, le principe de la propriété privée peut donner naissance à de nouveaux et
> meilleurs moyens que les modes actuels d'organisation de l'activité économique de l’espèce
> humaine.
> (Extrait d'une lettre du 31 juillet 2002, écrite au nom de la Maison universelle de justice à un
> croyant) [224]
> 
> La justice sociale ne sera atteinte que lorsque chaque membre de la société jouira d'un degré
> relatif de prospérité matérielle et tiendra dûment compte de l'acquisition de qualités spirituelles.
> La solution aux difficultés économiques actuelles doit donc être recherchée tant dans l'application
> de principes spirituels que dans la mise en œuvre de méthodes et d'approches scientifiques. La
> cellule familiale offre un cadre idéal dans lequel peuvent être façonnés les attributs moraux qui
> contribuent à une vision appropriée de la richesse matérielle et de son utilisation.
> Se référant aux impératifs du monde matériel, Bahá'u'lláh a affirmé qu'à chaque fin a été assigné
> un moyen pour l'accomplir. Une conclusion naturelle à tirer de la réflexion sur ce principe
> fondamental est qu'il faut faire preuve de vigilance en distinguant les « moyens » des « fins » ;
> sinon, ce qui est conçu comme un simple instrument pourrait facilement devenir le but même de
> la vie d'un individu. L'acquisition de richesses en est un exemple. Elle est acceptable et louable
> dans la mesure où elle est le moyen d’atteindre des fins plus élevées : pour satisfaire ses besoins
> fondamentaux, pour favoriser le progrès de sa famille, pour promouvoir le bien-être de la société
> et pour contribuer à l'établissement d'une civilisation mondiale. Mais faire de l'accumulation des
> richesses le but central de sa vie est indigne de tout être humain.
> Une idée étroitement liée à ce qui précède, et bien en accord avec l'esprit des enseignements
> bahá'ís, est que la fin ne justifie pas les moyens. Aussi constructif et noble que soit le but, aussi
> important soit-il pour la vie d'une personne ou le bien-être de sa famille, il ne doit pas être atteint
> par des moyens inappropriés. Malheureusement, un certain nombre de dirigeants actuels –
> politiques, sociaux et religieux – ainsi que certains directeurs de marchés financiers, cadres de
> sociétés multinationales, chefs de commerce et d'industrie, et des gens ordinaires qui succombent
> à la pression sociale et ignorent l'appel de leur conscience, agissent contre ce principe ; ils
> justifient tous les moyens pour atteindre leurs objectifs.
> La légitimité de la richesse dépend, comme l'a indiqué ‘Abdu'l-Bahá, de la manière dont elle est
> acquise et dont elle est dépensée. À cet égard, il a déclaré que « la richesse est louable au plus
> haut degré, si elle est acquise grâce aux efforts d'un individu et à la grâce de Dieu, dans le
> commerce, l'agriculture, l'artisanat ou l'industrie », si les mesures adoptées par l'individu pour
> créer des richesses servent à « enrichir le peuple en général », et si les richesses ainsi obtenues
> sont dépensées à des « fins philanthropiques », à « la promotion du savoir », pour la création
> d'écoles et d'industries, le progrès de l'éducation, et en général pour le bien-être de la société. […]
> Nombreux sont ceux qui reconnaissent volontiers que l'acquisition de richesses doit être régie par
> les exigences de la justice, qui, par principe, peut s'exprimer à des degrés divers, à différents
> niveaux. Un employeur et un employé, par exemple, sont liés par les lois et les conventions qui
> régissent leur travail, et chacun est censé s'acquitter de ses responsabilités avec honnêteté et
> intégrité. À un autre niveau, cependant, si l'on veut réaliser les implications plus profondes de la
> justice, il faut tenir compte des deux autres conditions préalables à l'acquisition légitime de
> richesses mentionnées ci-dessus, et réévaluer les normes en vigueur à leur lumière. Ici, la relation
> entre le salaire minimum et le coût de la vie mérite une évaluation minutieuse, notamment à la
> lumière de la contribution des travailleurs au succès d'une entreprise et de leur droit, comme l'a
> noté ‘Abdu'l-Bahá, à une part équitable des bénéfices. La marge importante, souvent injustifiable,
> entre les coûts de production de certains biens et le prix auquel ils sont vendus, doit également
> être prise en compte, tout comme la question de la création de richesses par des mesures qui
> « enrichissent la population en général ». Ce que cette réflexion et cette enquête montreront sans
> doute très clairement, c'est que pour obtenir des richesses certaines approches – dont beaucoup
> impliquent l'exploitation d'autrui, la monopolisation et la manipulation des marchés, et la
> production de biens qui favorisent la violence et l'immoralité – sont indignes et inacceptables.
> (La Maison universelle de justice, extrait d'un message du 2 avril 2010 aux croyants du
> berceau de la foi) [225]
> 
> Le bien-être d'une partie de l'humanité est inextricablement lié au bien-être de l'ensemble. La vie
> collective de l'humanité souffre lorsqu'un groupe pense à son propre bien-être en s'isolant de celui
> de ses voisins ou poursuit des gains économiques sans se soucier de la manière dont
> l'environnement naturel, qui assure la subsistance de tous, est affecté. Une obstruction obstinée
> fait donc obstacle à un progrès social significatif : à maintes reprises, l'avarice et l'intérêt
> personnel l'emportent sur le bien commun. Des quantités inadmissibles de richesses sont
> accumulées et l'instabilité qui en résulte est aggravée par la répartition si inégale des revenus et
> des opportunités entre les nations et en leur sein. Mais il n'est pas nécessaire qu'il en soit ainsi.
> Même si ces conditions sont le résultat de l'histoire, elles n'ont pas à définir l'avenir, et même si
> les approches actuelles de la vie économique ont satisfait le stade de l'adolescence de l'humanité,
> elles sont certainement inadaptées à son âge de maturité naissante. Rien ne justifie que l'on
> continue à perpétuer des structures, des règles et des systèmes qui ne servent manifestement pas
> les intérêts de tous les peuples. Les enseignements de la Foi ne laissent aucun doute : il existe une
> dimension morale inhérente à la création, la distribution et l'utilisation des richesses et des
> ressources.
> (La Maison universelle de justice, extrait d'un message du 1er mars 2017 aux bahá'ís du
> monde) [226]
> 
> la santé
> 
> Qu’elles étudient aussi tout ce qui contribuera à développer la santé corporelle et la forme
> physique, ainsi que les méthodes de prévention des maladies chez l’enfant.
> (‘Abdu’l-Bahá, Sélections des écrits d’‘A bdu’l-Bahá, p. 123) [227]
> 
> Ainsi faites un puissant effort afin que la pureté et la sainteté, qui sont, par-dessus tout, chéries
> par ‘Abdu’l-Bahá, distinguent le peuple de Bahá ; que, dans chaque genre de perfection, le peuple
> de Dieu surpasse tous les autres êtres humains ; que, par leur aspect et dans leur être intime, ils
> s’avèrent supérieurs à tout le reste ; que, sur le plan de la pureté, du raffinement et de la
> préservation de la santé, ils soient des pionniers, à l’avant-garde de ceux qui savent et, par leur
> délivrance de toute forme d’esclavage, par leur connaissance, leur maîtrise de soi, qu’ils soient les
> premiers parmi les êtres purs, libres et sages.
> (‘Abdu’l-Bahá, Sélections des écrits d’‘A bdu’l-Bahá, p. 149-150) [228]
> 
> Ô servante du Très-Haut ! Ta lettre a été reçue. Tu as écrit que tu cherchais à créer un nouvel
> hôpital et que tu l'organisais et le planifiais avec cinq autres médecins bahá'ís. Si un tel projet
> devait se réaliser, il serait des plus bénéfiques.
> (‘Abdu'l-Bahá, extrait d'une tablette traduite du persan) [229].
> 
> Si la santé et le bien-être du corps sont utilisés dans le chemin du royaume, cela est acceptable et
> digne de louange ; s’ils sont dépensés au bénéfice de l’humanité en général – même si c’est à son
> bénéfice matériel ou corporel – et s’ils deviennent des moyens de faire le bien, cela aussi est
> louable. Mais si cette santé et ce bien-être de l’homme sont gaspillés en convoitises sensuelles, en
> aspirations bestiales et en plaisirs diaboliques, alors mieux vaudrait la maladie ; que dis-je, la
> mort elle-même serait préférable à une telle existence. Si tu désires la santé, que ce soit pour
> servir le royaume. Mon espoir est que tu puisses acquérir une parfaite compréhension intime, une
> détermination inflexible, une santé excellente, la force physique et spirituelle, afin qu’il te soit
> permis de boire à la fontaine de la vie éternelle et d’être assisté par l’esprit de la divine
> confirmation.
> (‘Abdu’l-Bahá, cité dans Bahá’u’lláh et l’ère nouvelle : Introduction à la foi bahá’íe, p.147,
> Maison d’éditions bahá’íes, 1972) [230]
> 
> La guérison par des forces purement spirituelles est sans doute aussi insuffisante que celle que les
> médecins et penseurs matérialistes cherchent vainement à obtenir en recourant entièrement à des
> dispositifs et méthodes mécaniques. Le meilleur résultat peut être obtenu en combinant les deux
> processus : spirituel et physique.
> (Extrait d'une lettre du 12 mars 1934 écrite au nom de Shoghi Effendi à un croyant) [231]
> 
> Les énergies immenses que la guerre économique ou politique dissipe et gaspille seront
> consacrées à étendre la portée des inventions humaines et du développement technologique, à
> accroître la productivité de l’humanité, à exterminer la maladie, à pousser plus avant la recherche
> scientifique, à hausser le niveau de la santé physique, à rendre le cerveau humain plus vif et plus
> subtil, à exploiter les ressources de la planète jusque-là inemployées et insoupçonnées, à
> prolonger la vie humaine, et à développer tout autre moyen propre à stimuler la vie intellectuelle,
> morale et spirituelle de l’espèce humaine tout entière.
> (Shoghi Effendi, d’une lettre datée du 11 mars 1936, dans L’Ordre mondial de Bahá’u’lláh,
> p. 198) [232]
> 
> Vous serez peut-être heureux d'apprendre qu’en Afrique et dans le monde entier des informations
> sur le sida sont intégrées dans de nombreux projets d'éducation sanitaire bahá'ís, soulignant
> l'importance de la chasteté, de la fidélité conjugale, du caractère sacré du mariage et de
> l'importance cruciale de la famille en tant que cellule fondamentale de la société. L'éducation sur
> le sida et la sexualité humaine est susceptible d'être plus efficace si elle est menée dans le cadre
> d'une formation axée sur les aspects plus larges, spirituels et moraux de la vie, ce qui permettrait
> de renforcer les familles et les communautés.
> (Extrait d'une lettre du 15 novembre 2000, écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à un croyant) [233]
> Les arts, les médias et la technologie
> 
> Il est permis d’étudier les arts et les sciences pour autant que ces sciences soient utiles et
> contribuent au progrès et à l’évolution des peuples. Ainsi en a-t-il été décrété par celui qui est
> l’Ordonnateur, le Sage.
> (Bahá’u’lláh, Tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le Kitáb-i-A qdas, p. 25) [234]
> 
> Au début de chaque effort, il importe de veiller à ce que sera son but. De tous les arts et de toutes
> les sciences, faites étudier aux enfants ceux et celles qui résulteront en avantages pour l’homme,
> assureront son progrès et élèveront son rang.
> (Bahá’u’lláh, Tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le Kitáb-i-A qdas, p. 177) [235]
> 
> Par toi, nous appellerons sous peu à l’existence des interprètes de sciences nouvelles et
> merveilleuses, d’arts puissants et créatifs, et par eux, nous rendrons manifeste ce que n’a encore
> conçu le cœur d’aucun de nos serviteurs.
> (Bahá’u’lláh, L’appel du Seigneur des armées : Tablettes de Bahá’u’lláh, Maison d’éditions
> bahá’íes, 2004), §67, p. 28) [236]
> 
> Les arts, les métiers et les sciences enrichissent le monde de l‘existence et contribuent à son
> exaltation.
> Bahá’u’lláh, Épître au Fils du Loup, §47 p. 30, Maison d’éditions bahá’íes, 2001) [237]
> 
> Heureux qui, dans les jours de Dieu, se lancera dans l'artisanat. Il s'agit d'une grâce de Dieu, car
> dans cette très grande Dispensation, il est acceptable aux yeux de Dieu que l'homme s'occupe
> d'un métier qui le libère de la dépendance de la charité. Le métier de tout artisan est considéré
> comme un acte d'adoration.
> (Bahá'u'lláh, extrait d'une tablette traduite du persan) [238]
> 
> Ce qui est écrit ne doit pas transgresser les limites du tact et de la sagesse, et les mots utilisés
> doivent être comme du lait, afin que les enfants du monde s’en nourrissent et arrivent à l'âge de la
> maturité. Nous avons dit dans le passé qu'un mot a l'influence du printemps et fait que les cœurs
> deviennent frais et verdoyants, tandis qu'un autre est comme un fléau qui fait que les fleurs se
> fanent. Dieu veuille que les auteurs parmi les amis écrivent de manière acceptable pour les âmes
> justes, et qu'ils ne conduisent pas les gens à ergoter.
> (Bahá'u'lláh, extrait d'une tablette traduite de l'arabe et du persan) [239]
> 
> L’extension de l’éducation, le développement des arts et des sciences, la promotion de l’industrie
> et de la technologie, seraient-ils choses nuisibles ? Car de tels efforts élèvent l’individu au-dessus
> de la masse et le tirent des profondeurs de l’ignorance vers les plus hautes cimes du savoir et de
> l’excellence humaine.
> (‘Abdu’l-Bahá, Le Secret de la civilisation divine, p. 32) [240]
> 
> Il est donc urgent que l’on écrive des articles et des livres salutaires, établissant clairement et
> définitivement quels sont les besoins actuels du peuple et ce qui conduira au bonheur et au
> développement de la société. Ces écrits devraient être publiés et distribués à la nation entière afin
> qu’au moins les chefs parmi le peuple s’éveillent jusqu’à un certain point et œuvrent dans les
> voies qui les conduiront à un bonheur durable. La publication de pensées élevées est le fluide
> dynamique dans les artères vitales ; c’est l’âme même du monde. Les pensées sont une mer
> infinie et les effets et les diverses conditions de l’existence sont comme les formes différentes et
> les limites individuelles des vagues ; les vagues ne se lèveront et ne répandront leurs perles de
> savoir sur les rives de la vie que quand la mer se gonflera.
> (‘Abdu’l-Bahá, Le Secret de la civilisation divine, p. 137-138) [241]
> 
> Observez par exemple, dans d’autres pays, les longues périodes pendant lesquelles on persévéra
> jusqu’à ce que, finalement, on découvrît la puissance de la vapeur et que, par elle, on put
> facilement accomplir les lourdes tâches dépassant les forces humaines. Combien de siècles cela
> prendrait-il si nous devions abandonner l’usage de cette puissance et tendre tous nos nerfs pour
> découvrir une énergie de remplacement ? Il est donc préférable de continuer à utiliser la vapeur et,
> en même temps, d’examiner l’éventualité de l’existence d’une force beaucoup plus grande. On
> devrait considérer sous le même angle les autres progrès techniques, les sciences, les arts et les
> formules politiques qui ont fait leurs preuves – c’est-à-dire, ces procédés qui, à travers les âges,
> ont été testés encore et encore et dont les divers usages et avantages ont eu pour résultat
> indéniable la gloire et la grandeur de l’état, et le bien-être et le progrès du peuple. Si nous devions
> abandonner tout cela, sans raison valable, et tenter d’autres méthodes de réforme, avant qu’elles
> puissent prendre effet et que leurs avantages soient prouvés, plusieurs années se seraient écoulées
> et même plusieurs vies. En attendant, « nous sommes toujours à la première courbe du chemin ».
> (‘Abdu’l-Bahá, Le Secret de la civilisation Divine, p. 142- 143) [242]
> 
> Le fondement inébranlable, en cet âge nouveau et prodigieux, est l’enseignement des sciences et
> des arts. Chaque enfant doit être instruit dans les arts et métiers, conformément à des textes sacrés
> explicites, et cela jusqu’au niveau souhaité. C’est la raison pour laquelle, dans chaque cité et dans
> chaque village, doivent être créés des établissements scolaires, et chaque enfant de cette cité ou
> de ce village doit entreprendre des études jusqu’au niveau nécessaire.
> (‘Abdu’l-Bahá, Sélections des écrits d’‘A bdu’l-Bahá, p. 133) [243]
> 
> Le jour viendra où la Cause se répandra comme une traînée de poudre, où son esprit et ses
> enseignements seront présentés sur la scène ou dans l'ensemble de l'art et de la littérature. L'art
> peut mieux éveiller ces sentiments nobles que la rationalisation froide, surtout parmi la
> majorité des gens.
> (Extrait d'une lettre du 10 octobre 1932, écrite au nom de Shoghi Effendi à un croyant)
> [244]
> 
> En ce qui concerne le magazine […] il suggère de mettre davantage l'accent sur le nombre et la
> qualité des articles, et que ces derniers ne soient pas seulement écrits sur des sujets
> spécifiquement bahá'ís mais qu'ils couvrent un large éventail de sujets sociaux, religieux ou
> humanitaires. La section scientifique est sans aucun doute très importante et présente un attrait
> particulier pour les jeunes et les nouveaux venus.
> (Extrait d'une lettre du 30 mai 1935, écrite au nom de Shoghi Effendi à un croyant) [245]
> 
> L'unité de l'espèce humaine, telle qu'envisagée par Bahá'u'lláh, suppose l'établissement d'une
> communauté mondiale où toutes les nations, les races, les croyances et les classes sont
> étroitement et définitivement unies, où l'autonomie des États membres ainsi que la liberté et les
> initiatives personnelles des individus qui les composent sont complètement et catégoriquement
> sauvegardées. […] Dans un tel système, la presse, tout en donnant libre cours à l'expression des
> vues et des convictions diverses du genre humain, cessera d'être manipulée pernicieusement par
> des intérêts privés ou publics, et sera libérée de l'influence des gouvernements et des peuples en
> conflit.
> (Shoghi Effendi, extrait d'une lettre du 11 mars 1936, dans L'ordre mondial de Bahá'u'lláh,
> p.197-198)
> [246].
> 
> Imprégnée de cette excellence et d’une humilité correspondante, avec ténacité et une servitude
> aimante, la jeunesse d’aujourd’hui doit se diriger vers les premiers rangs des professions, métiers,
> arts et artisanats qui sont nécessaires au progrès ultérieur de l’humanité – ceci pour assurer que
> l’esprit de la cause jettera son éclairage sur tous ces domaines importants de l’effort humain. De
> plus, tout en cherchant à maîtriser les concepts fédérateurs et les technologies en évolution rapide
> de cette ère des communications, ils peuvent, en fait, ils doivent garantir la transmission à
> l’avenir de ces compétences qui préserveront les merveilleuses et indispensables réalisations du
> passé.
> (La Maison universelle de justice, d’un message du 8 mai 1985 à la jeunesse bahá'íe du monde)
> [247]
> 
> Les progrès scientifiques et technologiques qui se produisent en ce siècle exceptionnellement
> béni laissent présager un grand bond en avant dans l’évolution sociale de la planète et indiquent
> les moyens par lesquels les problèmes pratiques de l’humanité peuvent être résolus. Ils
> fournissent, en effet, les moyens même d’administrer la vie complexe d’un monde uni. Pourtant,
> les barrières persistent. Des doutes, des idées fausses, des préjugés, des soupçons et un intérêt
> personnel étroit assaillent les nations et les peuples dans leurs relations les uns avec les autres.
> (La Maison universelle de justice, d’un message daté d’octobre 1985 aux peuples du monde)
> [248]
> 
> Il est utile de garder à l'esprit que l’internet est le reflet du monde qui nous entoure, et que nous
> trouvons dans son infinité de pages les mêmes forces concurrentes d'intégration et de
> désintégration qui caractérisent le tumulte dans lequel l'humanité est prise.
> (Extrait d'une lettre du 9 avril 2008 écrite au nom de la Maison universelle de justice à un
> croyant) [249]
> 
> La capacité des institutions et des agences de la Foi à construire une unité de pensée dans leurs
> communautés, à maintenir l'attention des amis, à canaliser leurs énergies au service de la Cause et
> à promouvoir une action systématique dépend, dans une certaine mesure, du degré de réactivité à
> la réalité des systèmes et des instruments qu'ils emploient, c'est-à-dire aux besoins et aux
> demandes des communautés locales qu'ils servent et de la société dans laquelle ils opèrent.
> À cet égard, nous sommes invités à vous mettre en garde : L'utilisation de la technologie sera,
> bien sûr, impérative pour le développement de systèmes et d'instruments efficaces […] ;
> cependant, on ne peut la laisser définir les besoins et dicter les actions.
> (Extrait d'une lettre du 30 mars 2011 écrite au nom de la Maison universelle de justice à une
> Assemblée spirituelle nationale) [250]
> 
> Il ne fait aucun doute que les techniques modernes peuvent être des instruments précieux dans la
> grande entreprise de construction d'une civilisation mondiale prospère. Cependant, en tant
> qu'individu engagé dans le développement rural, vous êtes certainement conscient des forces
> potentiellement destructrices déclenchées par la mise en œuvre naïve d’une technique au nom de
> la modernité et de la mondialisation. Par exemple, l'introduction de la pratique de la monoculture
> dans les zones rurales, destinée à accroître l'efficacité et le rendement des petits propriétaires
> terriens, leur a parfois coûté leurs terres. Même s'il y a, en fin de compte, du mérite à s'orienter
> vers des pratiques agricoles modernes, on ne peut pas ignorer le coût énorme en termes de
> souffrance humaine qui peut se produire, et qui pourrait être atténué par un changement
> d'approche. La déclaration contenue dans la lettre était une référence à ces tendances négatives, et
> non une condamnation générale du développement et du progrès techniques, qui sont soutenus
> par les enseignements de la Foi. […]
> Les bahá'ís impliqués dans des projets de développement social et économique constatent que
> l'utilisation de la technique comporte à la fois des avantages et des pièges. La question clé n'est
> donc pas de savoir s'il faut utiliser la technique, mais comment l'utiliser. Les approches du
> développement centrées sur le don de biens et de services, si caractéristiques de la charité
> religieuse traditionnelle bien intentionnée et des programmes de l'État providence, sont connues
> pour avoir des effets débilitants. L'attrait initial des technologies promises s'avère souvent
> éphémère. C'est à ce phénomène que fait référence l'expression « techniques conditionnées de
> manière trompeuse ». Il est à espérer que les amis qui agissent dans le domaine du développement
> pèseront les questions techniques et les forces sociales en jeu et feront preuve d'une
> compréhension profonde de la science et de la religion, afin de contribuer à une approche saine
> qui évite les extrêmes de la foi aveugle dans le matérialisme et de l'attachement romantique à la
> tradition.
> (Extrait d'une lettre du 30 décembre 2014, écrite au nom de la Maison universelle de
> justice à un croyant) [251]
> 
> Comme vous le savez, le progrès technique fait partie intégrante de l'émergence d'une civilisation
> mondiale. En effet, l'internet est la manifestation d'un développement anticipé par le Gardien
> lorsqu'en décrivant les caractéristiques d'une humanité unifiée, il prévoyait qu'un « mécanisme
> d'intercommunication mondial sera conçu, embrassant la planète entière, libéré des entraves et
> des restrictions nationales, et fonctionnant avec une rapidité merveilleuse et une parfaite
> régularité ». Pourtant, apprendre à utiliser l'internet d'une manière propice au progrès matériel et
> spirituel est un immense défi. […]
> Cependant, étant donné que l’internet permet la diffusion instantanée de contenu parmi de plus
> en plus de monde, la sagesse et l'autodiscipline sont nécessaires de peur que la signification ou la
> dignité des Enseignements ne soient compromises par une présentation indigne, inexacte ou
> banalisée. […]
> Par exemple, s'il peut être bénéfique de réfléchir à la nature et à la forme des activités
> principales, notamment dans le contexte de l'expérience d'un groupe ou d'une région, certains
> problèmes se posent lorsqu'on tente de créer un site qui vise à parler aux bahá'ís du monde entier
> sur le sujet. Une telle approche pourrait conduire à la promotion auprès d'un public universel des
> normes et des valeurs culturelles d'une population en particulier – un schéma trop répandu dans le
> monde aujourd'hui. Existe également le danger d'exercer une influence involontaire sur le
> processus d'apprentissage qui se déroule à la base, où les individus, les communautés et les
> institutions agissent comme protagonistes de leur propre croissance et développement. Les
> perspectives exposées dans l'extrait suivant du message du 12 décembre 2011 de la Maison de
> justice à toutes les assemblées spirituelles nationales – bien qu’offertes dans le contexte
> spécifique des efforts artistiques et du matériel éducatif complémentaire – sont particulièrement
> pertinentes pour les aspects de la culture mentionnés ci-dessus :
> Propulsés par des forces générées à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de la communauté bahá'íe,
> les peuples de la terre peuvent être vus comme venant de directions différentes et se rapprochant
> de plus en plus les uns des autres vers ce qui sera une civilisation mondiale au caractère si
> prodigieux qu'il serait vain pour nous de tenter de l'imaginer aujourd'hui. À mesure que ce
> mouvement centripète de populations s'accélère à travers le monde, certains éléments de chaque
> culture, non conformes aux enseignements de la Foi, vont progressivement disparaître, tandis que
> d'autres se renforceront. De même, de nouveaux éléments de la culture évolueront au fil du temps
> à mesure que des personnes issues de tous les groupes humains, inspirées par la révélation de
> Bahá'u'lláh, exprimeront les schémas de pensée et d'action engendrés par ses enseignements, en
> partie par le biais d'œuvres artistiques et littéraires. […] Nous attendons avec impatience, par
> exemple, l'émergence de chansons captivantes venant de toutes les régions du monde et dans
> toutes les langues, qui feront comprendre aux jeunes les concepts profonds inscrits dans les
> enseignements bahá'ís. Cependant, une telle efflorescence de pensée créative ne se matérialisera
> pas si les amis tombent, même par inadvertance, dans des schémas répandus dans le monde qui
> permettent à ceux qui ont des ressources financières d'imposer leur perspective culturelle aux
> autres, en les inondant de matériels et de produits dont la promotion est agressive.
> (Extrait d'une lettre du 9 octobre 2015, écrite au nom de la Maison universelle de justice
> à une Assemblée spirituelle nationale) [252]
> 
> En ce moment, l’un des développements les plus marquants du développement du Plan divin est
> le progrès au niveau de la culture que la communauté bahá'íe a connu et auquel la Maison de
> Justice a fait référence dans plusieurs de ses messages. Ces progrès méritent une profonde
> réflexion. Tout croyant dévoué voudra certainement les préserver et les encourager davantage. En
> conséquence, les amis doivent prêter attention à leur façon de communiquer qui peut tant
> contribuer à la culture de la communauté. Ils doivent s'efforcer d'éveiller les consciences sans
> réveiller le « moi insistant », de diffuser des idées sans cultiver le sens de la célébrité, d'aborder
> les questions de manière approfondie mais sans controverse judiciaire, de rester clairs dans
> l'expression sans tomber dans la grossièreté qui prévaut communément dans les débats, et d'éviter
> de fixer délibérément ou involontairement l'ordre du jour de la communauté ou, en cherchant
> l'approbation de la société, de reformuler les efforts de la communauté en des termes qui peuvent
> saper ces mêmes efforts.
> (Extrait d'une lettre du 4 avril 2018 écrite au nom de la Maison universelle de justice à
> une Assemblée spirituelle nationale) [253]
>
> — *De l'action sociale (Used by permission of the curator)*

