È DANS LA GLOIRE DU PÈRE
Une biographie de bahá’U’lláh
du même auteur :
Bahá’u’lláh
a brief life, followed by an essay entitled
The word made flesh
The BáB
The herald of the day of days
‘aBdu’l-Bahá
The Centre of the Covenant of Bahá’u’lláh
edward Granville Browne and The Bahá’í faiTh
muh∂ammad and The Course of islám
photo de couverture : entrée du tombeau de bahá’u’lláh à bahjí, acre, israël. © brigitte aiff dans la gloire du Père
Une biographie de bahá’U’lláh
h. m. Balyuzi
tradUction pierre Spierckel
maison d’édiTions Bahá’íes
Bruxelles
GeorGe ronald, PuBlisher 46 hiGh sTreeT, KidlinGTon, oxford, ox5 2dn
© h.m. Balyuzi 1980
all riGhTs reserved
© Pour la TraduCTion française
maison d’édiTions Bahá’íes
205, rue du Trône
1050 Bruxelles, BelGique
d/1547/2005/2
isBn 2-87203-068-9
imprimé en belgique
les principes humanitaires et spirituels énoncés par Bahá’u’lláh, il y a des dizaines d’années, au n fond de l’orient, et qu’il élabora en un système cohérent, sont considérés les uns après les autres, par un monde inconscient de leur origine, comme des signes de progrès de la civilisation. et le sentiment que l’humanité a rompu avec son passé et que les vieux principes ne sont plus utiles devant les urgences du temps présent rend tout homme de réflexion perplexe et consterné, à l’exception de ceux qui ont appris à trouver dans l’histoire de Bahá’u’lláh le sens de tous les prodiges et présages de notre temps. Shoghi effendi Voici l’histoire de bahá’u’lláh,
dédiée à la gloire inaltérable de son arrière-petit-fils, l’auteur des lignes ci- dessus,
le gardien de la foi bahá’íe.
préface à la version française
alí nakhjavaní C’esT en 1938 que m. Balyuzi écrivit sa première biographie du fondateur de la foi bahá’íe sous la forme d’un petit livret intitulé : Bahá’u’lláh. shoghi effendi, le Gardien de la foi bahá’íe fut heureux d’inclure cet essai dans le volume viii du Bahá’í world. il écrivit aussi à l’assemblée spirituelle nationale des îles britanniques en exprimant l’espoir que m. Balyuzi écrirait d’autres ouvrages sur la vie du Báb et sur celle de ‘abdu’l-Bahá.
après le décès de shoghi effendi en 1957, m. Balyuzi pensa que le centenaire de la déclaration de Bahá’u’lláh serait une occasion parfaite pour augmenter le contenu de son premier essai. ainsi le livret devint un livre et fut publié en 1963
sous le titre de bahá’u’lláh, a brief life.
m. Balyuzi termina en 1971 sa biographie de ‘abdu’l-Bahá et en 1973 celle du Báb, complétant ainsi la trilogie envisagée par le Gardien. il put de nouveau se consacrer à l’enrichissement de la biographie de Bahá’u’lláh, d’autant plus que beaucoup de nouveaux documents étaient maintenant accessibles.
le fruit de ses nobles efforts sera bahá’u’lláh, the king of glory, publié en 1980 qui présente en un seul volume tous les documents alors disponibles sur la vie de Bahá’u’lláh.
la traduction française de cette troisième et dernière tentative de m. Balyuzi pour écrire une biographie historique de Bahá’u’lláh est une étape importante dans les annales de l’édition bahá’íe francophone. les premiers érudits européens qui s’intéressèrent à la nouvelle religion et qui écrivirent longuement sur son histoire et sur ses enseignements étaient tous des orientalistes français. le premier centre bahá’í établit sur le sol européen fut ouvert à Paris au début du vingtième siècle.
la première encyclopédie à proposer un article sur les bábís fut le Grand larousse du xixe siècle. il est donc juste que les bahá’ís des pays francophones puissent lire, enfin, cette biographie exhaustive de Bahá’u’lláh en français.
dans la Gloire du Père
dans dieu passe près de nous shoghi effendi divise la vie de Bahá’u’lláh en quatre périodes :
1. les vingt-sept premières années sont caractérisées par les avantages que sa haute naissance et la richesse lui confèrent, ainsi que par sa constante sollicitude pour les intérêts des pauvres, des malades et des opprimés.
2. les neuf années suivantes le montrent actif et exemplaire dans la propagation de la religion du Báb.
3. elles sont suivies par quatre mois d’emprisonnement dans le síyah-Chál de Téhéran, au cours desquels sa vie sera constamment en danger.
4. les trente-neuf années de son glorieux ministère qui, d’après shoghi effendi,
« est sans parallèle dans les annales religieuses de toute l’histoire humaine. »
dans le même ouvrage, shoghi effendi évalue le rang du fondateur de la religion bahá’íe. il l’appelle : « celui que la postérité acclamera, et que d'innombrables partisans reconnaissent déjà, comme le juge, le législateur et le rédempteur de toute l'humanité, comme l'organisateur de la planète tout entière, l'unificateur des enfants des hommes, l'inaugurateur du millénaire tant attendu, le promoteur d'un nouveau
" cycle universel ", le fondateur de la très grande paix, la source de la très haute justice, le proclamateur de la majorité de toute la race humaine, le créateur d'un nouvel ordre mondial, l'inspirateur et le fondateur d'une civilisation mondiale. » 2
dans le livre de la certitude, Bahá’u’lláh définit la nature et le rang des manifestations de dieu : « la porte de toute connaissance de l'ancien des jours se trouve ainsi fermée à la face de tous les êtres, [...] celui qui est la source de grâce infinie a fait surgir du royaume de l'esprit, sous la forme du temple humain, ces gemmes lumineuses de sainteté, et il les a manifestées aux hommes, pour qu'elles puissent communiquer au monde les mystères de l'Être immuable et lui expliquer les subtilités de son impérissable essence. » 3 éclairé par le principe général qui précède, on peut lire ce qui suit dans une des prières de Bahá’u’lláh : « ô mon dieu, lorsque j’envisage la relation qui me lie à toi, j’ai envie de proclamer au monde « en vérité je suis dieu ! » ; et lorsque je me regarde, je me découvre plus grossier que la glaise. » 4
si les disciples de la religion de Bahá’u’lláh considèrent sa révélation comme l’accomplissement et le couronnement glorieux des révélations précédentes, ils
PréfaCe à la version française
croient aussi, comme l’écrit le Gardien de la foi bahá’íe, qu’elle « maintient sans aucun compromis les vérités éternelles qu'elles recèlent, reconnaît fermement et de manière absolue l'origine divine de leurs auteurs, préserve de toute violation la sainteté de leurs écritures authentiques, rejette toute intention de diminuer le rang de leurs fondateurs ou de déprécier les idéaux spirituels qu'ils inculquent, éclaircit et coordonne leurs fonctions, réaffirme leur but commun, immuable et fondamental, réconcilie leurs revendications et leurs doctrines en apparence divergentes et admet sans difficulté, et avec gratitude, leurs participations respectives dans le déploiement graduel d'une révélation divine. Cette révélation reconnaît sans hésiter qu'elle est un simple maillon de la chaîne des révélations en continuel développement ; elle ajoute à leurs enseignements des lois et ordonnances obéissant à d'impérieuses nécessités, lois et ordonnances dictées par la réceptivité croissante d'une société en évolution rapide et toujours en transformation ; enfin, elle se déclare prête et à même d'unir et de faire fusionner ces révélations divisées en sectes et en factions opposées, pour établir une fraternité universelle qui œuvre dans le cadre et en accord avec les préceptes d'un ordre divinement conçu, ordre unificateur et rédempteur pour le monde » 5
mon espoir est que ce livre aidera le lecteur - le bahá’í comme celui qui étudie les enseignements et les revendications de Bahá’u’lláh - à mieux comprendre sa vraie nature et le but de sa mission. Bahá’u’lláh a accepté les souffrances, les revers et les persécutions afin que l’humanité, dont la maturité approche, considère de plus en plus la terre comme un seul pays et les êtres humains comme ses citoyens. Bahá’u’lláh ajoute que puisque l’humanité approche de sa maturité, elle a besoin d’un renouvellement de la religion : « de même que le corps de l'homme a besoin d'un vêtement pour l'habiller, de même il faut que le corps de l'humanité soit revêtu du manteau de la justice et de la sagesse. sa robe est la révélation qui lui est accordée par dieu. »6
décembre 2004 áqá rid∂á-i-Qannád-i-Shírází
áqá h∆usayn-i-áshchí de káshán
nabíl-i- a’z∂am, Mullá Muh∂ammad-i-Zarandí
préface du traducteur
CeTTe biographie de Bahá’u’lláh fait suite à la chronique de nabíl qui rapporte les événements tragiques marquant la courte vie du Báb, dont l’une des missions fut de préparer la venue de celui-que-dieu-manifestera : Bahá’u’lláh.
dans ces pages, le lecteur découvrira - phénomène récurrent mais rare dans l’histoire du monde - la vie d’une manifestation de dieu, ses joies, son courage devant l’adversité, sa souffrance face à la trahison et à l’injustice, sa détermination devant les obstacles, son amour des hommes, sa patience envers ses adversaires, sa droiture devant les autorités et sa simplicité avec les gens qui l’entouraient, sa confiance et sa résignation enfin devant les drames qui l’affligèrent. C'est, à ce jour, le récit historique le plus complet sur la vie de Bahá’u’lláh et des compagnons qui le suivirent dans ses exils successifs. histoire de dévotion et de dévouement, d’abnégation et de sacrifices, illustration de la lutte immémoriale du bien et du mal, du jour et de la nuit, exemples de force d’âme et de fidélité illustrés par les témoignages inestimables des témoins même de ces événements. en effet, m. Balyuzi a choisi de diversifier ses sources et en donne la liste dans sa préface : à part quelques documents et témoignages divers, mes sources principales ont été : la partie inédite de l’immortelle chronique de mullá muh∂ammad-i- zarandí, nabíl-i-a’z∂am, les souvenirs de áqá h∂usayn-i-áshchí et le récit de áqá muh∂ammad-rid∂áy-i-qannád-i-shírází.
áqá h∂usayn est le ls de áqá muh∂ammad-Javád-i-Káshání, un des premiers bábís.
orphelin très jeune, il fut emmené à Bagdad où il grandit dans la maison de Bahá’u’lláh. il en devint nalement le cuisinier. C’est pourquoi on le connaît sous ce surnom de áshchí, le faiseur de bouillon. en décembre 1924, áqá h∂usayn-i-áshchí, très âgé, se préparait à mourir quand shoghi effendi, le Gardien de la foi bahá’íe, demanda à áqá ‘abdu’r- rasúl-i-mans∂úr-i-Káshání de s’asseoir près de son lit et de noter tout ce que le mourant pouvait se souvenir des événements des sept décennies passées. l’histoire que ‘áshchí avait à dire est fascinante, et le rapport étroit entre les réminiscences d’un vieil homme proche de la mort et le récit de áqá rid∂áy-i- qannád est étonnant.
dans la Gloire du Père
áqá rid∂á, natif de Chiraz, con seur de profession et fervent disciple de Bahá’u’lláh, resta toujours à ses côtés depuis la période de Bagdad jusqu’à son ascension. il servit ensuite ‘abdu’l-Bahá avec autant de zèle et de dévotion jusqu’à sa mort en 1912, alors que ‘abdu’l-Bahá était en amérique.
áqá rid∂á a indiqué qu’il écrivit son récit à la demande de nabíl-i-a’z∂am et qu’il en commença la rédaction au début des années quatre-vingt du dix- neuvième siècle. dans la copie que je possède, les dernières pages de la copie de son passionnant récit sont manquantes et la date exacte ne peut malheureusement être précisée. J’espère qu’il existe une copie complète quelque part et qu’on la trouvera, mais il est possible que áqá rid∂á n’ait pas terminé son inestimable récit.
la grande valeur de ces deux documents tient au fait que leurs auteurs furent des témoins visuels des événements et non des compilateurs de souvenirs et d’anecdotes qu’on leur aurait racontés. les deux hommes furent personnellement impliqués dans les événements qu’ils décrivent.
la chronique de nabíl-i-a’z∂am n’a pas besoin d’être présentée. son premier tome publié en anglais sous le titre : the dawn-breakers, l’a déjà fait connaître. dans la partie inédite, nabíl, comme áqá rid∂á et áqá h∂usayn, relate principalement des événements ou des incidents dans lesquels il est impliqué et qu’il a vus de ses propres yeux.
l’autobiographie de h∂ájí mírzá h∂abíbu’lláh afnán retrace les mois qu’il vécut à proximité des résidences de Bahá’u’lláh et son importance est capitale. Je suis reconnaissant envers mon cousin abu’l-qásim afnán de m’avoir fourni ce texte précieux écrit de la main de son père, et pour m’avoir aussi prêté d’autres documents de grande valeur historique.
les paroles de Bahá’u’lláh rapportées par les différents chroniqueurs et citées dans ces pages n’ont pas la valeur de ses écrits. C’est un point sur lequel on se doit d’insister. il se peut que ce soient parfois ses propres paroles, mais personne ne prenait de notes en ce temps-là. la chronique de nabíl est d’une autre catégorie, l’auteur lisant habituellement à Bahá’u’lláh ce qu’il l’avait entendu dire ; cependant aucune de ces paroles n’a de valeur scripturaire.
le lecteur occidental trouvera beaucoup de noms persans dif ciles à lire, mais il est impossible de ne pas mentionner, dans une biographie de Bahá’u’lláh, ceux qui ont eu un rapport ou un autre avec lui ; et la seule manière de les identi er c’est leur nom, même s’il est très compliqué. les Persans n’avaient pas de nom de famille. une personne était désignée par une combinaison de préfixes et de suf-
PréfaCe du TraduCTeur
fixes autour de son prénom qui évitait de la confondre avec une autre, soit par le nom de son lieu de naissance : mazandéraní, is∂fahání, shírází, soit par un préfixe ou un suffixe honorifique.
quelques exemples :
siyyid = descendant de muh∂ammad.
mírzá = n’a aucun sens par lui-même, mais peut remplacer siyyid ou être utilisé en même temps. après le nom, il désigne un prince royal.
Khán = fut un titre qui perdit peu à peu tout sens, mais resta honorifique.
h∆ájí ou h∆ájj = indiquait un pèlerinage à la mecque.
mashhadí ou Karbilá’í = en préfixes, indiquaient un pèlerinage à l’une de ces villes ; en suffixes, le lieu de naissance. les souverains persans donnèrent aussi de nombreux titres qui, parfois, dési- gnaient un rang ou une profession mais qui, rapidement devinrent absurdes et furent officiellement supprimés dans les années vingt du vingtième siècle. ils se terminent par le mot « dawlih ».
nous avons utilisés des caractères particuliers pour écrire des lettres qui n’existent pas en français et dont nous indiquons ci-dessous le son équivalent approxi-matif : sh = ch, ch = tch, d∂ = z, a = é, i = é, á = â, í = î… Certaines lettres n’ont pas de son particulier mais représentent des lettres particulières : h∂, z∂... Certains signes traduisent des sons discrets : ‘= un h muet. Pour aider le lecteur français, on a choisi d’écrire en français les noms de lieux et de villes qui ont une graphie connue dans cette langue.
les citations sont reprises de la dernière traduction en date disponible, notamment celle approuvée par la Commission de traduction . les textes traduits par l’auteur furent repris lors de la traduction et sont signalés.
la traduction en français du livre de m. Balyuzi fut un travail d’équipe et le traducteur tient à remercier ici mmes Parivash ardei, zakia nasra, mirabelle weck, annette zahrai, margarita zahrai ; dr Philippe réhel ; mm louis hénuzet, ezzat zahrai et michel zahrai pour leur rôle dans la réussite de cette entreprise.
Pierre spierckel
21 avril 2005 / rid∂ván 162
introduction
la Perse, terre ancienne d’où s’éleva, il y a trois mille ans, la voix de zoroastre appelant les hommes à la pensée juste, à la parole juste et à l’acte juste, est le berceau de la religion bábíe-bahá’íe. C’est un immense territoire de 1 626 000
km2 où les villages et les villes sont construits à une altitude moyenne de 1500 m.
sur le plateau iranien on trouve des sommets de 5800 m qui culminent au mont damávand au nord. son sommet couvert de neige éternelle est visible de Téhéran.
au-delà de la chaîne de l’elbourz dont fait partie le mont damávand, s’étendent les provinces caspiennes de Gilán et de mazandéran, à la végétation luxuriante et aux épaisses forêts. le massif de zagros à l’ouest descend vers la plaine irakienne, le pays des deux fleuves : le Tigre et l’euphrate. il fut un temps où l’irak faisait partie de l’empire perse dont les empereurs passaient l’hiver dans la ville de Ctésiphon où l’on peut voir encore la célèbre arche de Chosroes, sur les rives du Tigre. au centre et à l’est du plateau iranien s’étendent de grands déserts inhospitaliers : dasht-i- Kavír et dasht-i-lúπ∂, ornés sur leurs limites de villes oasis telles que yazd et Kirmán qui ont résisté courageusement aux ravages des siècles, de la nature et de l’homme. au nord-est, près de la frontière avec ce qui fut l’union s o v i é t i q u e , o n t r o u v e l a v i l l e s a i n t e d e m a s h h a d q u i imam, ‘alí ibn músá’ar-rid∂á. la mosquée de Gawhar-shád dont le mausolée de l’imam rid∂á fait partie est un joyau d’architecture considérée comme l’une des plus belles structures du monde. voici comment la décrivait un anglais qui, vêtu à la persane, osa y pénétrer :
me précipitant au travers du sombre bazar, je trouvai le dôme que je contournai à gauche et, arrivé dans une cour ouverte, je m’arrêtai un instant, presque aveuglé par la fanfare de couleurs et de lumière qui m’accueillit. on aurait dit qu’un autre soleil s’était allumé. le rectangle n’était qu’un jardin de turquoise, de rose, de rouge vif, de bleu profond, avec des touches de pourpre, de vert et de jaune parmi les allées couleur brique.
dans la Gloire du Père
de grandes arabesques blanches ornaient les arches des ivan (portique, galerie ouverte) qui, eux-mêmes, cachaient d’autres jardins, plus ombrés, plantés de fritillaires. les grands minarets sur les côtés du sanctuaire montaient haut depuis leur base encerclée de lettres cou ques de la taille d’un garçon, incrustées d’un réseau de losanges étincelants, et encadraient le dôme arrondi, bleu océan, décoré de vrilles jaunes. mais dans toute cette diversité, le principe d’unité, l’étincelle de vie de cette apparition aveuglante, venait de deux grands textes : l’un, une frise écrite en lettres blanches de style suls courait sur un fond bleu gentiane au sommet des bâtiments qui entouraient le rectangle de la cour ; l’autre, dans le même alphabet, en lettres blanches et jaunes sur fond saphir, se mêlait à un alphabet cou que couleur turquoise et courait sur la bordure intérieure et le long des trois côtés de l’arche de l’ ivan principal, entre les minarets. on raconte que ce dernier texte fut dessiné avec foi en dieu par ‘Baisanghor, ls de sháh rukh, ls de Timour Gurkani (Tamerlan) en 821 (1418). ‘Baisanghor [Báysunqur] est ce grand calligraphe qui célébra la muni cence de sa mère, Gohar shad, par une inscription dont la splendeur explique dé nitivement la joie que ressent l’islam en écrivant sur les murs de son architecture.1
la deuxième ville sainte d’iran est qom, au sud de la capitale, où l’on rencontre un autre mausolée célèbre, celui de ma’s∂úmih, une des sœurs du huitième imam.
C’est à qom, autour du sanctuaire de ma’s∂úmih, que quelques-uns des monarques safavides et qadjars sont enterrés. Plus au sud encore, sont deux des plus célèbres villes d’iran : à 414 km de Téhéran, au cœur du pays, ispahan la ville préférée de
‘abbás le Grand dont on a dit : is∂fahán, nis∂f-i-Jahán (ispahan : la moitié du monde), et à 895 km de la capitale, Chiraz où l’aube se leva en l’an 1844. C’est la ville de sa’dí et de h∂á z∂, la ville préférée d’un dirigeant bienveillant et exemplaire, Karím Khán-i-zand dont sa’dí a chanté la louange.2
ô divine et bénie sera l’aube
qui me trouvera de nouveau traversant
le col alláh-u-akbar allant vers Chiraz.
ô, voir encore ce paradis sur terre
où séjourne la sécurité
et non l’oppression du manque et de la disette.
au dix-neuvième siècle, ces villes de grand renom furent négligées et ruinées inTroduCTion
par les qadjars. le fondateur de cette dynastie, aghá muh∂ammad Khán s’empara de quelques-unes des majestueuses structures érigées par Karím Khán à Chiraz et, à ispahan, sulπán-mas’úd mírzá, le z∂illu’s-sulπán, ls aîné de nás∂iri’d-dín sháh, dé gura les beautés prodiguées à cette ville par ‘abbás le Grand. C’est près de Chiraz que sont situées les ruines monumentales de Persépolis, le magni que palais d’apádáná élevé par darius et xerxés et incendié par alexandre le Grand, ainsi que naqsh-i-rustam, la tombe des rois achéménides.
entre Chiraz et le littoral du Golf Persique on traverse des chaînes de montagnes aux sommets élevés et aux cols dif ciles d’accès avant que le plateau ne descende jusqu’au niveau de la mer. au sud-ouest on trouve à la fois les puits de pétrole et les ruines de la ville de suse (shúsh) qui connut de grands rois et daniel, le prophète des israélites. au-delà du Khúzistán, la province des puits de pétrole, on trouve les provinces du luristán et du Kurdistan. la chaîne de zagros avec son sommet le plus élevé, l’alvand, traverse ces territoires fréquentés par les lurs et les Kurdes, héritiers de grandes traditions et vaillants guerriers. sur ses parois de puissants rois d’antan ont fait graver leur histoire. C’est aussi là que se nichent deux autres villes célèbres : Kirmánsháh et hamadán. Près de hamadán se trouve ecbatane, la ville des mèdes. en n, c’est au nord-ouest, près des frontières turque et anciennement soviétique, qu’est la ville de Tabriz, illustre capitale de sháh ismá’íl, fondateur de la dynastie des safavides, dont la terre fut sancti ée au milieu du dix-neuvième siècle par le sang sacré qu’elle but : le Báb y fut exécuté en 1850.
les territoires situés au nord de la rivière aras faisaient partie de l’empire iranien avant d’en être soustraits sous le règne de fath-’alí sháh. C’est non loin de la rivière aras (l’araxes des Grecs) que le Báb passa de nombreux mois en captivité et c’est h∂á z∂ de Chiraz, la ville de naissance du glorieux Báb, qui écrivit3 : si tu souffles, ô zéphyr, sur les berges de l’aras,
Baise la terre de cette vallée et y rafraîchis ton haleine. voilà l’iran d’aujourd’hui que les disciples de Bahá’u’lláh, où qu’ils soient, reconnaissent comme « la terre sacrée d’iran », le berceau de leur religion. en parlant de son futur, ‘abdu’l-Bahá, ls de Bahá’u’lláh et le Centre de son alliance,
dans la Gloire du Père
écrivait : « le gouvernement du pays natal de Bahá’u’lláh deviendra le plus respecté de tous les gouvernements et… l’iran deviendra le plus prospère des pays. »4
mais au début du dix-neuvième siècle, la Perse devenait rapidement le plus sombre des pays. le joug monstrueux des qadjars venait juste de se poser sur le cou d’une nation étourdie par des coups successifs. dirigés par des rois ignorants et avares, gouvernés par des fonctionnaires vénaux et des propriétaires terriens rapaces prenant exemple sur leur brutal souverain, les Persans sombraient dans l’hébétude. le pire de la nature humaine et les tares les plus haïssables de l’être humain dominaient. on ne rencontrait que férocité, envie et cruauté. la Perse devint intellectuellement affamée et moralement corrompue. Prétentieux et intéressé, le clergé manipulait un peuple crédule au gré de ses rivalités insensées, de ses décisions absurdes et de ses déclarations contradictoires ; spirituellement la Perse devint moribonde. soixante-dix ans auparavant, dans une ville de la côte où résidaient et commerçaient de nombreux étrangers, le gouverneur, sentant la nécessité d’une justice civile, avait établi un tribunal et placé à sa tête un sage enturbanné et bien versé dans la jurisprudence islamique. immédiatement les religieux s’écrièrent qu’un tribunal civil était ∏ághút, une idole de l’arabie pré-islamique. le gouverneur leur dit alors que, s’ils choisissaient parmi eux celui qui devait être le juge et qu’ensuite tous promettaient d’obéir à ses décisions et de les appliquer, lui, gouverneur, dissoudrait immédiatement ce tribunal civil. mais ils furent incapables de faire le pas qui concéderait la suprématie d’un des leurs sur les autres. le tribunal civil subsista et prospéra au grand dam du clergé. il y avait naturellement des exceptions importantes à ce déclin généralisé ; mais ces exceptions ne servaient qu’à con rmer la règle. les manifestations de dieu apparaissent toujours parmi le peuple le plus dépravé et le plus amoral de leur temps, dans le pays le plus sot et le plus opprimé.
moïse vint vers un peuple d’esclaves qui n’avait plus de respect pour lui- même et qui était la proie de ses imaginations. il mit au dé à la fois la puissance du tyran et l’égarement de son propre peuple et il vainquit les deux. Jésus apparut dans les rangs les plus bas du même peuple, les enfants d’israël, qui avait de nouveau oublié son droit de naissance, était tombé en servitude et avait oublié les conseils et les avertissements de ses prophètes. il souffrit profondément entre ses mains et aux mains de ses oppresseurs. mais à la n il triompha. muh∂ammad, le prophète arabe,
inTroduCTion
se leva parmi des idolâtres, grossiers et agressifs, qui enterraient leurs lles vivantes, sans lois et prédateurs. d’un peuple disparate et mélancolique il t une nation uni ée, lui donna des lois, une vision et une compréhension communes et lui apprit à adorer le seul vrai dieu. et au dix-neuvième siècle, dans l’ancien pays d’iran, parmi un peuple pataugeant dans l’ignominie, apparurent deux manifestations de dieu : l’une, de pure lignée, descendant du prophète arabe, l’autre issue de la maison royale d’iran qui dirigea le pays avant l’islam. elles avaient le pouvoir de recréer la vie, de conférer aux hommes une deuxième naissance. dans ces ténèbres presque impénétrables, parmi la noirceur du fanatisme, de l’ignorance et de la rapacité qui enveloppaient le peuple iranien, l’étoile de leur religion brilla comme un million de soleils illuminant, pour d’innombrables hommes et femmes, le chemin vers d’héroïques actions. et elles ne s’adressaient pas qu’au peuple iranien, leur appel était destiné à toute l’humanité. elles souffrirent gravement elles aussi, comme Jésus de nazareth et muh∂ammad le mecquois. mais l’histoire n’offre aucun exemple de quelqu’un qui, osant lever la main pour blesser le Báb, ou Bahá’u’lláh, ou leurs disciples, put échapper aux conséquences de ses actes.
les pages qui suivent relatent l’histoire de Bahá’u’lláh ainsi que l’histoire de la chute d’une nation sous le joug des qadjars. prologue
la grandeur confondante, la majesté envoûtante et la beauté attendrissante de la vie d’une manifestation de dieu ne peuvent s’inscrire dans le seul cadre d’événements associés habituellement à une vie sainte. l’immensité d’une telle vie se voit dans la mystérieuse influence qu’elle exerce sur d’innombrables autres vies, influence qui n’agit pas au travers d’un statut social ou de prestige, de richesse, de pouvoir séculier ou de domination terrestre, ni même au travers d’une connaissance supérieure ou de la force d’une réussite intellectuelle.
la manifestation de dieu est l’archétype et sa vie est le modèle suprême. sa vision, dépassant le temps et l’espace, embrasse le passé et le futur. elle est le lien nécessaire et suffisant entre un cycle d’évolution sociale et le suivant. sans elle, l’histoire n’a pas de sens et toute coordination est impossible. de plus, la manifestation de dieu libère de profondes réserves de pouvoir spirituel et réveille les forces latentes de l’homme. C’est par elle, et par elle seule que l’homme peut connaître une « nouvelle naissance ». C’est par elle et par elle seule que l’homme peut connaître dieu.
mírzá h∆usayn ‘alí núrí que l’histoire connaît sous le nom de Bahá’u’lláh (la Gloire de dieu) naquit à l’aube du deuxième jour du mois de muh∂arram, 1233 de l’hégire, c’est-à-dire le 12 novembre 1817, à Téhéran, capitale de la Perse.
ascendance de bahá’u’lláh
Bahá’u’lláh descend des monarques préislamiques iraniens. sa famille est originaire d’une région, au bord de la mer Caspienne, protégée par les hauts sommets de la chaîne de l’alborz et dont les habitants, pendant de longues années après la victoire des armées arabes, continuèrent de dé er l’envahisseur, refusant le nouvel ordre social et la nouvelle religion qu’il apportait. lorsque nalement ils s’inclinèrent devant l’inévitable, ce n’est pas au système accepté par la majorité des musulmans et représenté par le califat de Bagdad qu’ils se plièrent mais au chiisme de la variété zaydí. les siècles suivants virent fleurir un certain nombre de dynasties et de petits royaumes qui protégeaient leur autonomie dans les profondeurs des épaisses forêts des rives de la mer Caspienne et l’immensité des montagnes.
Curieusement, lorsque sháh ismá’íl uni a l’iran par son allégeance aux imams apostoliques de la famille du prophète, áqá rustam-i-rúzafzún, le dernier de ces ers potentats, refusa de reconnaître son autorité et choisit le parti de muh∂ammad Khán-i-shaybání (aussi connu sous le nom de shaybak Khán), le chef ouzbek et sunnite de la Transoxiane qui chercha à contrecarrer les ambitions safavides. mais le destin en décida autrement, shaybak Khán fut battu et perdit la vie. on raconte que lorsqu’un partisan de sháh ismá’íl jeta sur ses genoux la main coupée du chef ouzbek, áqá rustam en mourut de frayeur.
on peut faire remonter la généalogie de Bahá’u’lláh jusqu’à yazdigird iii, le dernier monarque sassanide à occuper le trône iranien. le principal de l’école zoroastrienne de yazd, ustád Javánmard, posa sept questions à Bahá’u’lláh dont la dernière concernait ses ancêtres. les réponses se trouvent dans l’épître Shír-Mard (homme-lion), du titre donné à son destinataire par Bahá’u’lláh, épître connue aussi sous le titre lawh∂-i-haft-pursish. á la septième question, Bahá’u’lláh répondit en faisant référence à la généalogie élaborée par mírzá abu’l-fad∂l-i-Gulpáygání. des années plus tard, en 1320 de l’hégire (10 avril 1902-30 mars 1903), áqá Khusraw Bimán, d’origine zoroastrienne aussi, visitant la Terre sainte
dans la Gloire du Père
Mírzá ‘abbás, connu sous le titre de Mírzá buzurg, Vazír-i-núrí, le père de bahá’u’lláh
asCendanCe de Bahá’u’lláh
demanda à des bahá’ís résidents* des informations sur les ancêtres de Bahá’u’lláh.
Cette demande fut présentée à ‘abdu’l-Bahá qui, lui aussi, les renvoya à mírzá abu’l-fad∂l-i-Gulpáygání qui visitait alors les états-unis. la réponse de ce dernier à áqá Khusraw Bimán fut plus tard publiée à Bombay dans une brochure. mírzá abu’l-fad∂l, nommé par le Gardien de la foi bahá’íe sur la liste des dix-neuf « apôtres de Bahá’u’lláh », était un homme d’une érudition rare, toujours inégalée parmi les disciples de Bahá’u’lláh aussi bien d’orient que d’occident.
dans sa réponse à áqá Khusraw Bimán, il explique comment son intérêt pour la généalogie de Bahá’u’lláh s’est éveillé et comment ses recherches le conduisirent à yazdigird iii, dernier des monarques sassanides d’iran. mais il indique ensuite que ce travail, mentionné par Bahá’u’lláh au maître d’école de yazd, fut perdu, début 1883, à Téhéran, lors de son arrestation avec d’autres bahá’ís sur ordre de Kámrán mírzá, le náyibu’s-salπ∂aníh, ls de nás∂iri’d-dín sháh.
mírzá abu’l-fad∂l écrit qu’au cours de ses recherches, il fut particulièrement impressionné par le fait que rid∂á-qulí Khán-i-hidáyat†, connu pour être un critique sévère et même un commentateur hostile de la foi bahá’íe, avait admis dans son ouvrage nizhád-námih (le livre de généalogie) que les núrí de mazandéran descendaient de Chosroes ier, célèbre roi sassanide surnommé‘ádil (le Juste). de plus, h∂ájí mírzá rid∂á-qulí, un demi-frère de Bahá’u’lláh, af rma catégoriquement à mírzá abu’l-fad∂l que les núrí possédaient un arbre généalogique de leur famille qui remontait jusqu’à yazdigird, le sassanide.
le père de Bahá’u’lláh s’appelait mírzá ‘abbás-i-núrí, ls de mírzá rid∂á-qulí Big* du village de Tákur, district de núr, province de mazandéran. mírzá ‘abbás devint célèbre sous le nom de mírzá Buzurg-i-vazír (mírzá Bozorg, le vizir) ‡.
voici comment : un jour, on montra à fath∂-‘alí sháh (1797-1834) une calligraphie de mír ‘imád, célèbre calligraphe. émerveillé par la beauté de ce chef-d’œuvre, fath∂-‘alí sháh se demanda si quelqu’un d’autre pourrait arriver à cette excellence.
* dans la brochure publiée à Bombay, ils les nomment : zaynu’l-muqarrabín, áqá muh∂ammad-rid∂áy-i-qannád et mírzá mah∂múd-i-Káshání.
† appelé amíru’sh-shu’ara’, l’émir des Poètes, il était aussi historien, auteur du supplément de rawd∂atu’s-S∂afá de Mirkhund. voir e.G. Browne a literary history of persia, vol iv et h.m. Balyuzi the báb pages 141, 142.
‡ le père de mírzá rid∂á-qulí Big s’appelait aussi mírzá ‘abbás, fils de h∆ájí muh∂ammad-rid∂á Big, fils de áqá muh∂ammad-‘alí, fils de áqá fakhr, fils de sháhríyár-h∆asan.
dans la Gloire du Père
h∂asan-‘alí mírzá, le shujá’u’s-salt∂anih, sixième ls du chah cita le nom de mírzá
‘abbás-i-núrí. on alla le chercher, on lui montra l’œuvre de mir ‘imád et on le mit au dé d’en produire une semblable. mírzá ‘abbás-i-núrí copia d’abord le chef-d’œuvre de mir ‘imád puis, après cet exercice, il dessina sa propre calligraphie, les t décorer et encadrer d’une manière digne et les présenta au chah. l’admiration de fath∂-’alí sháh fut sans borne. un décret royal accorda à mírzá ‘abbás le titre de mírzá Buzurg et lui offrit un manteau d’honneur, c’est-à-dire un manteau que le monarque lui-même avait porté. de plus, le chah exempta les habitants du village de Tákur de toute taxe. quelques années plus tard, mírzá Buzurg fut nommé vizir de imám-virdí mírzá, douzième ls de fath∂-’alí sháh qui était aussi le ílkhání (chef des clans) de la tribu qadjar à laquelle la famille royale appartenait.
mírzá Buzurg prospéra au service de l’état jusqu’au règne de muh∂ammad sháh (1834-48) durant lequel l’animosité du grand vizir h∂ájí mírzá áqásí lui t perdre sa position et une grande partie de sa richesse.
la famille de bahá’u’lláh
mírzá Buzurg, vazír-i-núrí, le père de Bahá’u’lláh, eut sept femmes dont trois concubines. C’est son père, rid∂á-qulí Big qui arrangea son premier mariage avec un membre de la famille nommée Khán-nanih, avant même que mírzá Buzurg ne quitte le district de núr en mazandéran pour faire fortune à Téhéran. deux ls naquirent de cette union : mírzá áqá, l’aîné, et mírzá muh∂ammad-h∂asan. Bahá’u’lláh relate un souvenir d’enfance dans la lawh∂-i-ra’ís, une épître en persan adressée à ‘álí Páshá, le grand vizir ottoman ; au cours du mariage de son frère mírzá áqá, qui n’avait plus longtemps à vivre, son attention avait été attirée par un spectacle de marionnettes. Par la suite, mírzá Buzurg donna la veuve en mariage à son second ls, mírzá muh∂ammad-h∂asan. Cette femme était la cousine de mírzá áqá Khán-i-núrí, le deuxième grand vizir de nás∂iri’d-dín sháh.
la seconde femme de mírzá Buzurg était une veuve, Khadíjih Khánum. elle avait un ls et deux lles de son premier mariage : mírzá muh∂ammad-’álí, sakínih Khánum et s∂ughrá Khánum. mírzá Buzurg épousa Khadíjih Khánum et maria sa lle sakínih Khánum à son plus jeune frère mírzá muh∂ammad. Khádíjih Khánum est la mère de Bahá’u’lláh (mírzá h∂usayn-’álí). l’aîné de ce mariage était une lle, sárih Khánum connue sous le nom de ukht (« sœur » en arabe) parce que c’est ainsi que Bahá’u’lláh parlait d’elle. le second était un ls, mírzá mihdí qui mourut avant son père, et mírzá h∂usayn-’álí (Bahá’u’lláh) fut le troisième. le quatrième enfant, un ls, mírzá músá, fut appelé plus tard áqáy-i-Kalím et le cinquième, une lle, nisá’Khánum, épousa plus tard mírzá majíd-i-áhí, secrétaire à la légation russe.
la troisième femme de mírzá Buzurg fut Kulthúm Khánum-i-núrí dont il eut cinq enfants. d’abord une lle, sháh sulπán Khánum (appelée aussi ‘izzíyyih Khánum) qui devint une ardente partisane de mírzá yah∂yá, s∂ubh∂-i-azal. Puis trois ls : mírzá Taqí, un poète surnommé Paríshán qui devint un shaykhí très opposé à Bahá’u’lláh ; mírzá rid∂á-qulí qui devint h∂ájí suite à son pèlerinage à la mecque, et qui resta distant, allant même jusqu’à nier sa relation avec
dans la Gloire du Père
deux des fils de Mírzá buzurg-i-núrí : à gauche Mírzá Músá, áqáy-i-kalím, frère de bahá’u’lláh. À droite, Mírzá rid∂á-Qulí.
Bahá’u’lláh (voir p. 468) alors que sa femme, maryam lui fut très dévouée ; le troisième ls, mírzá ibráhím, mourut lui aussi du vivant de son père. le cinquième enfant que mírzá Buzurg eut de ce mariage fut une autre lle, fáπimih-sulπán Khánum qui elle aussi choisit de suivre mírzá yah∂yá dans son erreur.
les trois femmes suivantes de mírzá Buzurg furent des concubines. la première, Kúchik Khánum, fut la mère de mírzá yah∂yá. la seconde était une Géorgienne, nabát Khánum qui eut une lle, h∂usníyyih Khánum, dont on ne sait rien. la dernière concubine, Turkamáníyyih, fut la mère de mírzá muh∂ammad-qulí qui fut très dèle à Bahá’u’lláh.
Puis mírzá Buzurg épousa une lle du chah fath∂-’álí. Cette dame, sháh Bigum, surnommée d∂íyá’u’s-salπanih, calligraphe célèbre comme son époux, était autoritaire, orgueilleuse et cupide. Ce mariage ne devait apporter au vazír-i-núrí qu’infortunes et, à la n, décon ture.
hájí mírzá áqásí, le premier ministre, était un être vain et revanchard. Comme indiqué dans le précédent chapitre, il n’aimait pas mírzá Buzurg, notamment parce que celui-ci était un grand ami du célèbre qá’im-maqám, mírzá abu’l-qásim de faráhán. Tous les deux s’appréciaient beaucoup, comme le montrent les lettres du compendium des lettres du grand ministre*. en juin 1835 le qá’im-maqám fut mit traîtreusement à mort par muh∂ammad sháh. la manière dont il perdit le pouvoir,
* Ce compendium fut compilé et édité plus tard à la demande de h∆ájí farhád mírzá, le mu‘tamidu’d-dawlih, un frère de muh∂ammad sháh. il fut plusieurs fois imprimé sous le titre Munshí’át-i-Qá’im-Maqám, un guide d’excellence de style et de diction. la famille de Bahá’u’lláh
deux des fils de Mírzá buzurg-i-núrí : à gauche Mírzá Muh∂ammad-Qulí, demi-frère de bahá’u’lláh qui partagea son exil. À droite, Mírzá Yah∂yá, S∆ubh∂-i-azal.
son exécution et l’ascension au pouvoir de hájí mírzá áqásí con rma dans l’esprit de mírzá Buzurg que le triste sort de son cher ami devait être attribué à la ruse vile du monstre qui avait maintenant les rênes du pouvoir. il ne sut pas cacher ses sentiments d’horreur et de dégoût et l’une de ses lettres, qui condamnait h∂ají mírzá áqásí, tomba entre les mains de ce dernier qui ne tarda pas à réagir. dès qu’il en eut l’occasion, il attaqua mírzá Buzurg. Tout d’abord, mírzá Buzurg fut démis de ses fonctions de gouverneur de Burúrjird et du luristán. Ce poste qui comprenait aussi le contrôle d’une grande partie du territoire Bakhtíyárí, une région troublée et rebelle, avait été con é à mírzá Buzurg par son ami, mírzá abu’l-qásim, le qá’im-maqám peu de temps après l’accession au trône de muh∂ammad sháh. il existe un document écrit par le chah lui-même qui admire et loue les services rendus par mírzá Buzurg dans ce rôle. ensuite, h∂ají mírzá áqásí supprima l’allocation annuelle de mírzá Buzurg. Puis il t son possible pour perturber les relations entre mírzá Buzurg et sa dernière femme d∂íyá’u’s-salt∂anih, la lle de fath∂-’álí sháh*. C’est par l’intermédiaire du neveu de d∂íyá’u’s-salt∂anih, firaydún mírzá,
* il semble que mírzá Buzurg fut aussi, pendant quelque temps, le vizir : l’officier responsable de la collecte des impôts, dans cette province. mírzá Buzurg eut beaucoup de succès dans l’organisation et la levée des impôts parmi les tribus lointaines et indisciplinées des lurí ; tâche dans laquelle faillirent tous les gouverneurs qui le précédèrent ou le suivirent. dans ces notes on a March from Zohab to khuzistan, sir henry rowlinson remarque : « la valeur du kátir [unité de taxation valant en général 100 túmáns]varie… selon l’état de la province. mais sous l’ancien wasir mírzá Buzurg, qui en géra les revenues avec un succès indéniable pendant dix ans, sa valeur atteignit 200 túmáns… les 120 kátirs (impôt des tribus de Písh-Kúh) valaient 40 000 túmáns et la somme obtenue annuellement de Písh-Kúh était plutôt supérieure à cette somme… [rawlinson explique alors la
dans la Gloire du Père
qu’il avait choisi pour être gouverneur de la province de fárs, qu’il l’incita à obtenir le divorce. mírzá Buzurg était alors dans une situation nancière dramatique car il avait une grande famille et l’allocation annuelle qui lui revenait de droit lui avait été supprimée par h∂ájí mírzá áqásí. il lui fallut vendre une partie de ses propriétés et en hypothéquer d’autres, dont l’ensemble de maisons où il résidait avec sa famille à Téhéran. Ces maisons ne lui appartinrent plus pendant quelque temps jusqu’à ce que son ls mírzá h∆usayn-‘alí (Bahá’u’lláh) les rachète pour lui. Pour achever cette infortune, une inondation détruisit la plus belle aile d’un palais que mírzá Buzurg avait fait construire à Tákur et qu’il avait richement meublé.
d∂íyá’u’s-salt∂anih, avec l’aide du grand vizir et de son puissant neveu firaydún mírzá réussit à obtenir le divorce. mais le contrat de mariage était si conséquent que le vazír-i-núrí, déjà plongé dans des dif cultés nancières, ne pouvait le payer immédiatement. d∂íyá’u’s-salt∂anih t emprisonner mírzá Buzurg dans sa propre maison et envoya des hommes pour le battre et le torturer jour après jour a n d’obtenir de l’argent. finalement, mírzá Buzurg dut revendre ses maisons de Téhéran ainsi qu’une partie des meubles et des tapis de valeur qu’elles contenaient.
Bahá’u’lláh mentionne dans l’ Épître au ls du loup la vente de ces maisons : au début nous vivions tous dans une seule maison qui fut plus tard vendue aux enchères pour une très petite somme d’argent et les deux frères, farmán- farmá [firaydún mírzá] et h∂isámu’s-salt∂anih [sultán-murád mírzá] l’achetèrent et la divisè-rent entre eux. à la suite de cet événement, mon frère et moi nous nous séparâmes. il s’installa près de l’entrée de masjid-i-sháh [la mosquée royale] alors que nous vécûmes près de la porte de shimírán. 2
Kulthúm Khánum, la troisième femme de mírzá Buzurg et la mère de h∂ájí rid∂á-qulí, avait hérité de son père cette maison « proche de la mosquée royale ».
classifications des tribus et le système de revenu établi par mírzá Buzurg]… Ce système est très simple. une fois les 120 kátirs répartis entre les tribus… chaque subdivision détermine le montant qui sera payé par chacun des camps dont elle est composée… mais dans un pays sauvage comme celui-là, où de nombreuses tribus vivent en état de rébellion ouverte… le gouverneur ne remplira certainement pas son contrat avec la couronne sauf à établir des moyens de rentrée indirects pour compenser les nombreuses défections. mírzá Buzurg établit un système complexe d’amendes et d’honoraires et dans cette région où les meurtres et les vols sont monnaie courante, il ne manqua pas de possibilités. on raconte qu’il réussit à réunir 20 000 túmáns par an de cette manière, sans cruauté ni injustice. » 1
la famille de Bahá’u’lláh
C’est là que s’installa mírzá Buzurg. mírzá h∂usayn-’álí (Bahá’u’lláh) loua la maison « proche de la porte de shimrán » et s’y installa avec sa mère, sa femme, ses autres belles-mères et le reste de ses frères et sœurs. Cette maison sera sa résidence pendant les années qu’il passera en Perse. elle était proche de la madrisiy-i-mírzá s∂álih∂, le séminaire où mullá h∂usayn-i- Bushrú’í séjournera lorsqu’il portera le message du Báb à Téhéran. les enfants de Bahá’u’lláh : ‘abdu’l-Bahá (la Plus-Grande-Branche), Bahá’íyyih Khánum (la Très-sainte-feuille) et mírzá mihdí (la Plus-Pure-Branche), naquirent tous dans cette maison. leur mère est sa première femme, ásíyih Khánum.
la tempête calmée, mírzá Buzurg tenta de récupérer les maisons qu’il avait dû vendre, sous la pression, « pour une somme négligeable ». nous avons un document écrit par Bahá’u’lláh qui encourage les témoins à con rmer que la vente de ces maisons fut faite dans des conditions de pression illégales. mais cette tentative échoua et les maisons ne furent pas récupérées.
mírzá Buzurg décida alors de se retirer en irak, mais il mourut avant de partir.
il décéda en 1839 et son corps fut enterré à najaf, en irak, près de la tombe de ‘alí, cousin du prophète muh∂ammad, premier imám apostolique et le quatrième calife.
lui survivaient sept ls et cinq lles. en plus du personnage central de cette histoire, nous retrouverons de temps en temps les ls de ce ministre, remarquable et très respecté, originaire de núr. de nombreuses collections, en iran et ailleurs, possèdent des manuscrits de sa superbe calligraphie qui était très admirée. les archives internationales de la foi bahá’íe, sur le mont Carmel, possèdent un de ces parchemins.
d∂íyá’u’s-sal∂tanih, ayant obtenu son divorce et reçu la somme qui lui était due, épousa h∂ájí mas’úd-i-Garmrúdí qui fut ministre des affaires étrangères d’iran pendant de longues années. ils eurent une lle, sháhansháh Bigum, qui embrassa la foi de Bahá’u’lláh. elle regretta toujours ce que sa mère avait fait à mírzá Buzurg.
des deux lles de sháhansháh Bigum elle-même, la première épousa ibn-i- as∂daq, l’une des quatre mains de la cause de dieu nommées par Bahá’u’lláh, et la seconde épousa intiz∂ámu’s-salt∂anih qui fut très dévoué à ‘abdu’l-Bahá et dont les ls rent de grandes carrières au service de l’état.
dans la Gloire du Père
les premières années
Bahá'u’lláh naquit et grandit à Téhéran, dans le quartier de darvázih shimrán (la porte shimrán). à l’époque, ce quartier était à la limite de la ville, proche du fossé qui fut comblé sous le règne de nas∂iri’d-dín sháh. le nouveau fossé creusé bien plus loin fut aussi comblé plus tard. Pourtant, la maison de mírzá Buzurg et ses dépendances sont toujours debout.
Comme ‘abdu’l-Bahá le conta un jour, l’enfance de Bahá’u’lláh fut une source d’étonnement pour sa mère. il ne pleurait jamais, n’était jamais agité. mírzá Buzurg avait compris que, parmi tous ses enfants, celui-ci était différent. on se souvient que la famille de mírzá Buzurg était originaire de Tákur dans le district de núr. il y avait construit un manoir et Bahá’u’lláh passait toujours une partie de l’année, surtout les mois d’été, à Tákur. en un endroit très en vue de ce manoir mírzá Buzurg avait écrit, dans sa calligraphie inimitable, les lignes suivantes : en arrivant au seuil du Bien- aimé dit « oui ! »
Car ni salám ni alayk n’ont leur place ici.*
voici la vallée de l’amour, arrête-toi.
C’est un sol sacré, ôte tes sandales.†
et ces vers peuvent encore se lire aujourd’hui.
à l’âge de cinq ou six ans, Bahá’u’lláh rêva qu’il était dans un jardin où de grands oiseaux volaient autour de lui et l’attaquaient sans pouvoir l’atteindre. Puis il rêva qu’il nageait dans la mer et que des poissons l’attaquaient sans lui faire de mal. Bahá’u’lláh parla de ce rêve à son père qui demanda à un devin de le traduire.
après réflexion, l’homme dit à mírzá Buzurg que l’étendue de la mer était le symbole du monde, tandis que les oiseaux et les poissons symbolisaient les peuples de
* salám veut dire paix et alayk = soit sur toi.
† C'est ce qu'entendit moïse sur le mont sinaï en approchant du Buisson ardent.
dans la Gloire du Père
calligraphie de Mírzá buzurg-i-núrí
la terre qui attaquaient son ls parce que celui-ci allait promouvoir une chose d’une importance vitale en relation avec l’esprit des hommes. mais ils seraient incapables de lui faire du mal car il les vaincrait et accomplirait quelque chose d’important.
on raconte aussi qu’un jour, Bahá’u’lláh avait sept ans, ses parents le regardaient marcher dans le jardin. sa mère remarqua qu’il était plutôt petit et son père répliqua : « quelle importance ! Tu sais comme il est intelligent et quel esprit brillant il a ! ».
Comme il l’écrivit dans son épître à nas∂iri’d-dín sháh, Bahá’u’lláh ne reçut qu’une éducation très limitée : « des sciences répandues parmi les hommes, je ne sais rien ; leurs écoles, je ne les ai jamais fréquentées. renseigne-toi dans la ville où j’habitais pour t’assurer que je ne mens pas. ».
à cette époque, on n’enseignait aux enfants de la noblesse que les matières qui convenaient à leur état : équitation, tir au fusil, escrime, calligraphie, quelques lumières sur les œuvres des poètes classiques du pays, une bonne connaissance du coran et pratiquement rien d’autre. les parents engageaient pour cela des précepteurs qui devaient aussi leur enseigner les bonnes manières.
mírzá h∆usayn-’alí, le ls du vazír-i-núri, grandissait et grâce à son intelligence ne, son esprit éveillé, son caractère droit, sa nature douce, bonne et compatis-sante, son renom se répandait.
les Premières années
à quinze ans, sa faculté de compréhension rare, sa maîtrise complète de l’art de l’argumentation et ses qualités d’exposition étaient célèbres dans toute la société.
Pour autant, il n’était jamais péremptoire ni querelleur mais plutôt courtois et patient. seul, le manque de respect pour les messagers de dieu et ses élus pouvait déclencher son courroux et même alors, il chapitrait le coupable avec calme et gentillesse.
dans une épître adressée à un bahá’í de Chiraz, Bahá’u’lláh se souvient d’un incident de son enfance au cours duquel deux religieux aux immenses turbans développaient des sujets théologiques pour le béné ce de deux dames voyageant dans un purdah. l’un de ces sujets cherchait à savoir si l’ange Gabriel était ou non spirituellement supérieur à qanbar, esclave de ‘alí (le premier imam) et très dévoué à son maître. un autre concernait la question de savoir si‘abbás, frère de h∂usayn (le troisième imam), qui subit le martyre à Kerbéla avec l’imám, était d’un rang supérieur à salmán le Persan qui était l’un des compagnons du Prophète muh∂ammad. et Bahá’u’lláh se souvient dans cette épître de sa surprise en écoutant le raisonnement, car si Gabriel est celui par qui l’esprit-saint descend dans le cœur de l’apôtre de dieu, comme l’af rme le saint livre, alors, même le maître de qanbar ne pourrait accéder à ces hauteurs spirituelles.
à yálrúd vivait alors un mujtahid, shaykh muh∂ammad-Taqí (voir addenda v).
il enseignait à plus d’un millier de religieux à qui il présentait, de temps à autre, une question particulièrement dif cile à résoudre. Chaque fois qu’il retournait chez lui à Tákur, Bahá’u’lláh s’arrêtait à yálrúd et rendait visite au mujtahid qui avait des liens éloignés avec sa famille*. ‘abdu’l-Bahá raconte que sa grand-mère, qui vivait à yálrúd, alla un matin prier à la maison du mujtahid. la prière matina-le terminée, shaykh muh∂ammad-Taqí lui dit qu’il avait d’excellentes nouvelles pour elle. dans un rêve, il s’était vu devant une maison dans laquelle nul n’était censé entrer car, disait le gardien, le qá’im de la maison de muh∂ammad y était enfermé avec mírzá h∂usayn-’alí de núr. Tout d’abord, le mujtahid exprima sa surprise : pourquoi le ls d’un vizir était-il si privilégié ? mais il se souvint de leur lointain lien de parenté et pensa qu’il était la cause de ce privilège.
Pendant une visite à yálrúd, alors que mírzá h∆usayn-’alí était assis en compagnie de shaykh muh∂ammad-Taqí et d’autres érudits ou religieux, on lui posa une
* yálrúd est la ville natale de ásíyih Khánum, la future femme de Bahá’u’lláh.
dans la Gloire du Père
question que ceux-ci n’avaient pas été capables de résoudre d’une manière satisfaisante pour le mujtahid. voici le problème : une tradition islamique af rme que
« fáπimih est la femme la meilleure du monde à l’exception de celle qui est née de marie. » marie n’ayant pas eu de lle que voulait dire cette énigme ? Bahá’u’lláh répliqua que l’af rmation initiale accentuait l’impossibilité de l’alternative puisqu’il ne pouvait y avoir aucune femme comparable à fáπimih. C’est comme dire qu’un certain monarque est le plus grand des rois de la terre à l’exception de celui qui descend du ciel. Puisqu’aucun roi ne descend du ciel, on insiste ainsi sur le fait que ce monarque est unique. l’explication de Bahá’u’lláh rendit le mujtahid silencieux. mais le jour suivant il reprocha à ses disciples de lui avoir fait faux bond.
« Pendant des années et des années je vous ai enseignés et éduqués, mais quand l’occasion arrive, je vous trouve incapables de réfléchir alors qu’un jeune homme sans turban résoud brillamment le problème que je vous ai posé. »
une autre fois, shaykh muh∂ammad-Taqí t un rêve dans lequel il entrait dans une pièce remplie de malles qui, lui dit-on, appartenait à Bahá’u’lláh. ouvrant l’une d’elles, il la trouva pleine à ras bord de livres ; chaque ligne était constellée de brillants dont, dit-il, l’éclat l’éveilla.
mírzá abu’l-fad∂l-i-Gulpáygání relate dans un de ses ouvrages ce qu’il entendit de la bouche d’un religieux. Bahá’u’lláh était présent lors d’une réunion au cours de laquelle mírzá naz∂ar-’alí de qazvín (voir addenda v), le célèbre murshid sou très estimé par muh∂ammad sháh, dissertait sur le degré d’élévation qu’aucun humain ne peut atteindre. il disait en parlant de lui : « si mon serviteur venait m’annoncer que le Christ Jésus est à la porte et qu’il m’appelle, je suis tellement détaché que je n’aurai pas envie de le voir. » Parmi l’assistance, certains restèrent silencieux tandis que les flatteurs murmuraient leur admiration. seul mírzá h∂usayn-‘alí osa parler*. il se tourna vers ce vantard de qazvín qui avait si peu de respect pour une manifestation de dieu, et lui demanda : « vous êtes très proche du souverain qui vous est très dévoué. mais si le chef bourreau et dix de ses hommes étaient là, derrière cette porte, venant vous chercher par ordre du souverain, resteriez-vous calme ou seriez-vous perturbé ? » mírzá naz∂ar-’alí réfléchit un peu avant de répondre : « franchement, je serais inquiet. » « alors, reprit Bahá’u’lláh, vous ne devriez pas faire de telles af rmations. » et mírzá abu’l- fad∂l-i-Gulpáygání relate que tous restèrent silencieux.
les Premières années
à quinze ans, sa sœur aînée sárih Khánum épousa mírzá mah∂múd, ls de mírzá ismá’íl-i-vazír de yálrúd. Ce mírzá mah∂múd qui ne suivit jamais la nouvelle religion, avait une jeune sœur, belle, vive et adorable, ásíyih Khánum. Bahá’u’lláh avait dix-huit ans lorsque sárih Khánum poussa son père, mírzá Buzurg, à demander pour son frère la main de sa belle-sœur. leur mariage eut lieu en Jamádíyu’l-ukhrá (Jamádíyu’th-Thání) de l’hégire 1251 (octobre 1835). ásíyih Khánum est la mère de ‘abdu’l-Bahá.
même ceux qui n’aimaient pas son père tenaient Bahá’u’lláh en grande estime.
ainsi, le grand vizir, h∆ájí mírzá áqásí. mírzá Buzurg avait raison de penser que h∆ájí mírzá áqásí était à l’origine de la démission et du meurtre de son ami, le grand homme mírzá abu’l-qásim, le qá’im-maqám. un jour, des rumeurs se répandirent disant que muh∆ammad sháh avait remplacé le h∆ájí par un autre grand vizir, amír-nizám de Kirmánsháh. mírzá Buzurg qui était alors gouverneur de Burújird et du luristán écrivit au prince Bahman mírzá pour lui exprimer sa joie.
dans sa lettre à ce politicien fantasque qui nit par se réfugier en russie, on pouvait lire cette phrase : « Pourvu que ce pervers soit éloigné du chah ! » Bahman mírzá qui n’était pas un ami de mírzá Buzurg montra cette lettre à h∂ájí mírzá áqásí. furieux, celui-ci t appeler mírzá h∂usayn-’alí et, lui montrant la lettre dit :
« lis ceci. Je ne sais pas ce que j’ai fait à ton père pour mériter cela. » mírzá h∂usayn-’alí resta silencieux. alors mírzá shafí’Khán, le s∂áh∂íb-díván qui était
* Ce ne sont pas les paroles exactes prononcées pr Bahá’u’lláh.
Mírzá abu’l-Qásím-i-Faráhání,
Qa’im-Maqám
dans la Gloire du Père
certificat de mariage de bahá’u’lláh
les Premières années
présent prit la lettre, y jeta un regard et, pour arranger les choses, dit : « Cette lettre n’est pas écrite par mírzá Buzurg. quelqu’un a imité son écriture. » « impossible !
s’exclama h∂ájí mírzá áqásí. Personne n’est capable de produire une calligraphie aussi belle et une telle prose ! » mírzá h∂usayn-’alí restait toujours muet. le h∂ájí se tourna encore une fois vers lui : « que dois-je faire ? que puis-je faire ? C’est ton père. Pour toi, je vais essayer d’oublier ceci et laisser le temps faire son œuvre.
mais écris à ton père pour lui dire de ne pas recommencer. »
l’aube
C’esT en 1844, sous le règne de muh∂ammad sháh, que se leva l’aube tant attendue, le Jour de dieu promis par toutes les écritures de l’humanité. il resplendit dans la célèbre et délectable ville de Chiraz où naquirent et moururent deux des plus grandes gures de la littérature persane, sa’dí et h∂á z∂, qui, chacun à sa manière, prophétisèrent la gloire à venir de leur ville et l’apparition de cet astre merveilleux, le soleil de vérité, en la personne du Báb.
h∂á z∂ écrivit :
Chiraz sera tumultueuse, puis viendra l’orateur
aux douces et merveilleuses paroles
qui, tombant de ses lèvres, feront trembler Bagdad.1
et sa’dí :
Par dieu ! siège de salomon et mystère de dieu,
ce royaume ne mérite ni ombre ni mélancolie.2
Pour célébrer le centenaire de cette aube brillante, le Gardien de la foi bahá’íe écrira :
le vingt-trois mai mil huit cent quarante-quatre marque le commencement de la période la plus tumultueuse de l’âge héroïque de l’ère bahá’íe, âge qui voit s’ouvrir la plus glorieuse époque du plus grand cycle dont l’histoire spirituelle de l’humanité ait, jusqu’à présent, été le témoin. il n’a pas fallu plus de neuf courtes années pour couvrir cette période du premier siècle bahá’í, la plus spectaculaire, la plus tragique et la plus mouvementée. elle a été inaugurée par la naissance d’une révélation dont le porte-parole sera acclamé par la postérité comme le Point autour duquel tournent les réalités des prophètes et des messagers ; elle s’est terminée avec les premières impulsions d’une révélation encore plus puissante dont le jour, af rme Bahá’u’lláh lui-même, fut annoncé par tous les prophètes, jour auquel l’âme de tous les messagers divins a aspiré, et par
dans la Gloire du Père
lequel dieu a éprouvé les cœurs de l’assemblée tout entière de ses messagers et de ses prophètes… Par sa puissance dramatique pure, par la rapidité avec laquelle se sont succédés des événements d’une importance considérable, par l’holocauste qui marqua sa naissance, les circonstances miraculeuses qui entourèrent le martyre de celui qui l’avait déclenchée, par les possibilités cachées dont elle avait été si complètement imprégnée dès l’origine et les forces auxquelles elle donna nalement naissance, cette période de neuf années peut certes occuper un rang unique dans le champ tout entier de l’expérience religieuse de l’homme. si l’on passe en revue les épisodes de ce premier acte d’un drame sublime, on voit la gure de son héros et maître, le Báb, s’élever comme un météore au-dessus de l’horizon de Chiraz, traverser du sud au nord le ciel sombre de la Perse, décliner avec une rapidité tragique, et périr dans une apothéose de gloire. on voit ses satellites, constellations de héros enivrés de l’amour de dieu, monter à ce même horizon, irradier la même lumière incandescente, se consumer avec cette même rapidité, et imprimer à leur tour un nouvel élan à la vigueur sans cesse croissante de la foi naissante de dieu…
la scène d’ouverture du premier acte de ce grand drame se déroula à Chiraz, au premier étage de la modeste demeure du ls d’un drapier, située dans un quartier pauvre.
elle eut lieu à l’heure précédent le coucher du soleil, le vingt-deux mai mil huit cent quarante-quatre. les personnages qui y prirent part sont : le Báb, un siyyid de pure et sainte lignée, âgé de vingt-cinq ans, et le jeune mullá h∂usayn qui, le premier, crut en lui. leur rencontre, qui précéda immédiatement cet entretien, a semblé purement acci-dentelle. l’entrevue elle-même se prolongea jusqu’à l’aube. l’hôte demeura enfermé, seul avec son invité, et la ville endormie fut loin de se douter de l’importance de la conversation qu’ils eurent ensemble. nul récit de cette nuit unique est passé à la postérité, sauf le compte rendu fragmentaire mais hautement édi ant qui tomba des lèvres de mullá h∂usayn.
« Je restai assis, retenu par le charme de sa parole, oublieux du temps et de ceux qui m’attendaient* », a-t-il témoigné après avoir décrit la nature des questions posées à son hôte et les réponses décisives qu’il en avait reçues, réponses qui avaient établi, sans l’ombre d’un doute, la validité de sa prétention à être le qà’im promis. « soudain, l’appel du muezzin invitant les dèles à la prière du matin, me tira de l’état d’extase dans lequel, apparemment, j’étais tombé. Toutes les délices, toutes les gloires ineffables énu-mérées par le Tout-Puissant dans son livre [le coran] comme étant les possessions ines-
* il s’agissait de son frère, de son neveu et d’autres compagnons qui allèrent ensemble de Kerbéla à Chiraz, comme attirés par un aimant. leur maître, siyyid Káz∂im-i-rashtí, qui venait de mourir, leur avait dit de rester vigilants car l’avènement de s∆áhibu’z-zamán, le seigneur de l’Äge, le qá’im de la famille de muh∂ammad, était proche.
l’auBe
timables des habitants du paradis, je pensai les ressentir cette nuit-là. il me sembla que j’étais dans un endroit dont on pourrait dire à juste titre : ici, aucune peine ne peut nous atteindre, aucune lassitude ne peut nous toucher ; on n’entendra ici ni vains discours ni mensonges, mais seulement cette exclamation : « Paix ! Paix ! » là, retentira leur cri :
« Gloire à toi, ô dieu », leur salutation : « Paix ! » et la n de leur cri : « loué soit dieu, le seigneur de toutes les créatures ! »… le sommeil m’avait fui cette nuit-là. J’étais captivé par la musique de cette voix dont le chant s’élevait et s’abaissait tour à tour ; tantôt elle s’ampli ait pour révéler des versets du qayyúmu’l-asma’, tantôt elle revenait à de célestes et subtiles harmonies pour chanter des prières inconnues. à la n de chaque invocation, il répétait ce verset : loin de la gloire de ton seigneur, le Très-Glorieux, soit ce que ses créatures af rment de lui ! et que la paix soit sur ses messagers ! loué soit dieu, le seigneur de tous les êtres !...
Cependant, à la lecture du célèbre commentaire sur la Súrih de Joseph, le premier livre, le plus grand, le plus puissant de tous les ouvrages de la révélation bábíe, et dont le premier chapitre fut écrit tout entier - le fait est indubitable - par la plume de son révélateur divin, au cours de cette nuit d’entre les nuits, une lumière plus signi cative est projetée sur cet épisode qui marque la déclaration de la mission du Báb. la description de cet épisode par mullá h∂usayn, au même titre que les premières pages de ce livre prouvent l’ampleur et la force de cette déclaration d’importance capitale. la prétention de n’être rien moins que le porte-parole de dieu lui-même, annoncé par les prophètes des âges révolus, l’af rmation qu’il était en même temps le héraut d’un autre, incommensurablement plus grand que lui-même, les appels claironnants qu’il adressa aux rois et aux princes de la terre, les terribles avertissements lancés au chah muh∂ammad, principal magistrat du royaume, le conseil donné à h∂ájí mírzá áqásí de craindre dieu, ainsi que l’ordre péremptoire de renoncer à son autorité de grand vizir du chah et de se soumettre à celui qui est 1’héritier de la terre et de tout ce qu’elle contient, le dé lancé aux dirigeants du monde proclamant l’indépendance de sa cause, dénonçant la vanité de leur pouvoir éphémère et les exhortant à renoncer tout un chacun à leur domination pour délivrer son message tant aux contrées de l’est que de l’ouest, ces faits constituent les traits dominants de ce premier contact qui marqua la naissance et xa la date du commencement de l’ère la plus glorieuse dans la vie spirituelle de l’humanité. 3
le Báb (la Porte) exigea de mullá h∂usayn-i-Bushrú’í - qui allait vite être connu sous le nom de Bábu’l-Báb (la Porte de la Porte) - de ne dévoiler son nom (siyyid
‘alí-muh∂ammad) à personne, de ne montrer par aucun signe qu’il avait atteint la n de sa recherche, avait été conduit vers le qá’im de la famille de muh∂ammad, le
dans la Gloire du Père
s∂áh∂ibu’z-zamán, qu’il l’avait reconnu, avait cru en lui et lui avait donné de tout cœur son allégeance. le secret de cette nuit béné que devait, pour l’instant, rester secret. le Báb lui dit que dix-sept autres personnes devaient, par elles-mêmes, le chercher, le trouver et le reconnaître.
le Gardien de la foi bahá’íe continue :
Cependant, ce fut seulement quarante jours plus tard que l’enrôlement des dix-sept autres lettres-du-vivant commença. Peu à peu, les uns en état de veille, d’autres dans leur sommeil, quelques-uns par le jeûne et par la prière, d’autres au cours de rêves et de visions, découvrirent spontanément l’objet de leurs recherches et furent enrôlés sous la bannière de la foi nouvellement née.4
ainsi, le dernier à s’enrôler fut mullá muh∂ammad-’alí de Bárfurúsh (aujourd’hui appelée Bábul) dans la province du mazandéran, un jeune homme de 22 ans destiné à devenir le plus grand de tous. dès son arrivée à Chiraz il se trouva nez à nez avec le Báb sur une voie publique et, sans poser aucune question, le reconnut immédiatement, à son allure et à sa démarche, comme étant le qá’im de la famille de muh∂ammad. le Báb lui conféra le titre de quddús qui veut dire : le plus saint et le plus pur.
le cercle des h∂uruf-i-h∂ayy* était complet. Tous sauf un étaient à Chiraz. Ce personnage solitaire était une femme dans la trentaine, érudite, éloquente, auteur de vers édi ants, lle, nièce et femme de grands religieux de qazvín. elle était tellement persuadée que le seigneur de l’âge était venu, et que quiconque prétendrait à ce haut rang devait être cru, que lorsque mírzá muh∂ammad-’alíy-i-qazvíní, époux de sa jeune sœur et vaillant disciple de siyyid Káz∂im-i-rashtí, quitta Kerbéla à la recherche du qá’im pour lui offrir son allégeance, elle lui donna un pli scellé à remettre au seigneur de l’âge pendant qu’il devait lui dire ces mots5 : la beauté de ta face étincelle, les rayons de ton visage
se lèvent à l’horizon ; alors demande : « ne suis-je pas votre seigneur ? »
et nous répondrons tous :
« oui ! tu l’es ! tu l’es ! »
* h∂urúf est le pluriel de h∂arf, une lettre de l'alphabet et h∂ayy, qui veut dire vivant a la valeur numérique de 18.
l’auBe
son nom était umm-salamih, mais siyyid Káz∂im l’avait appelée qurratu’l-
’ayn (la consolation des yeux). l’histoire bahá’íe la connaît plutôt sous le titre que lui a donné Bahá’u’lláh : ∏áhirih (la pure). elle n’a jamais rencontré le Báb et pourtant, c’est avec un zèle brûlant, une ardeur inébranlable et une détermination inégalable qu’elle se leva pour proclamer et promouvoir la religion bábíe abandonnant dans son sentier famille et enfants et, nalement, sa vie même.
alors le Báb appela ses lettres-du-vivant à le rencontrer :
o mes amis bien-aimés ! vous êtes en ce jour les porteurs du nom de dieu. vous avez été choisis comme dépositaires de son mystère. il appartient à chacun d’entre vous de manifester les attributs de dieu et de démontrer, par vos actes et par vos paroles, les signes de sa justice, de sa puissance et de sa gloire. les membres de votre corps doivent témoigner de la noblesse de vos intentions, de l’intégrité de votre vie, de la réalité de votre foi et du caractère exalté de votre dévotion (...) méditez les paroles que Jésus adressa à ses disciples en les envoyant de par le monde propager la cause de dieu. C’est par de telles paroles qu’il leur enjoignit de se lever et de remplir leur mission : vous êtes comme le feu allumé dans les ténèbres de la nuit au sommet de la montagne. que votre lumière resplendisse aux yeux des hommes ! la pureté de votre vie et le degré de votre renoncement doivent être tels qu’en vous voyant, les peuples de la terre reconnaissent leur Père céleste et se rapprochent de lui, qui est la source de pureté et de grâce. (...) vous êtes le sel de la terre, mais si le sel a perdu sa saveur avec quoi la lui rendra-t-on ? ô mes lettres ! je vous le dis en vérité, ce jour est in niment exalté au-dessus des jours des apôtres du passé. la différence en est incommensurable ! vous êtes les témoins de l’aurore du jour promis par dieu… vous êtes les premières lettres engendrées par le Premier Point, (le Báb) (...) Je vous prépare pour la venue d’un grand jour. (...) nul ne connaît encore le secret du jour qui doit venir. il ne peut être divulgué et nul ne peut s’en faire une idée. l’enfant nouveau-né de ce jour-là, sera plus avancé que les hommes les plus sages et les plus vénérables de notre temps. (...) dispersez-vous en tous sens à travers ce pays et, d’un pied ferme, d’un cœur sancti é, préparez la voie pour sa venue.
ne considérez pas votre faiblesse et votre fragilité ! fixez votre regard sur le pouvoir invincible du seigneur votre dieu tout puissant ! n’est-ce pas grâce à lui que, jadis, abraham si faible en apparence, a triomphé des forces de nemrod ? a moïse qui n’avait d’autre arme que son bâton, dieu n’a-t-il pas assuré la victoire sur Pharaon et ses armées ? et bien que Jésus fut humble et pauvre aux yeux des hommes, dieu n’a-t-il pas voulu qu’il triomphât des forces conjurées du peuple juif ? n’a-t-il pas assujetti les tribus barbares et turbulentes de l’arabie à la discipline sainte et transformatrice de
dans la Gloire du Père
muh∂ammad, son prophète ? levez-vous en son nom, mettez toute votre con ance en lui et soyez assurés de l’ultime victoire.6
le Báb dirigea plus précisément mullá ‘alíy-i-Basπámí vers l’irak, bastion des religieux chiites*. il choisit quddús pour l’accompagner en pèlerinage à la mecque et à médine et il donna au Bábu’l-Báb une importante mission, sacrée et d’une signi cation incommensurable, qui devait être accomplie à Téhéran.
* mullá 'alí fut très vite arrêté, jugé et condamné à mort. on a longtemps cru qu'il avait été tué quelque part en irak (à mosul ou au-delà), parce qu'on avait plus trace de lui après son arrivée à mosul. mais de récentes recherches dans les archives officielles ont établi le fait qu'il est arrivé dans la capitale ottomane, qu'il y fut jugé à nouveau et condamné aux travaux forcés sur les chantiers navals. ensuite on perd sa trace. (l’auteurr remercie m. sami doktoroglu pour cette information).
en route vers la capitale de la perse
C’est à saba que je t’envoie, ô zéphir, alouette du matin ;
vois clairement d’où tu pars et où je t’envoie.
h∂á z∂
C’esT une mission enviable et glorieuse qui était con ée à mullá h∆usayn. le Báb avait fait allusion à sa nature en termes assurés :
au cours de ce pèlerinage que nous allons bientôt entreprendre, nous avons choisi quddús. nous vous avons laissé derrière nous pour faire face aux assauts d’un ennemi féroce et implacable. ayez la certitude, cependant, qu’une muni cence d’une gloire indicible vous sera conférée. Poursuivez votre voyage vers le nord et visitez, en chemin, ispahan, Káshán, qom et Téhéran. implorez la toute-puissante Providence de vous aider, par sa grâce, à atteindre, dans cette capitale, le siège de la véritable souveraineté, et à entrer dans la maison du Bien-aimé. un secret gît, caché, dans cette ville. lorsqu’il sera manifesté, il transformera la terre en paradis. Je souhaite que vous puissiez prendre part à sa grâce et reconnaître sa splendeur. de Téhéran, rendez-vous au Khorassan et, là, proclamez à nouveau l’appel. de là, retournez à najaf et à Kerbéla, où vous atten-drez les mandements de votre seigneur. vous accomplirez entièrement, soyez-en certain, la haute mission pour laquelle vous avez été créé1
et lorsqu’arriva le moment de partir, le Báb conforta mullá h∂usayn par des paroles d’encouragement :
ne soyez pas affligé parce que vous n’avez pas été choisi pour m’accompagner dans mon pèlerinage à hijáz. Je guiderai en revanche vos pas vers la ville qui renferme en son sein un mystère d’une si transcendante sainteté que ni h∆ijáz, ni Chiraz ne peuvent espérer l’égaler. Je souhaite que vous puissiez, avec l’aide de dieu, écarter les voiles des yeux des négligents et puri er les esprits des malveillants. (...) les armées du royaume
dans la Gloire du Père
invisible vous soutiendront et redoubleront vos efforts, soyez-en sûr ! l’essence du pouvoir gît à présent en vous, et la compagnie de ses anges élus gravite autour de vous. ses bras tout-puissants vous entoureront et son esprit infaillible continuera toujours à guider vos pas. Celui qui vous aime, aime dieu ; et quiconque s’oppose à vous s’est opposé à dieu. quiconque vous secourt, dieu le secourra et quiconque vous rejette, dieu le rejettera.2
mullá h∆usayn était très connu à ispahan. siyyid Káz∂im-i-rashtí, l’avait plusieurs fois envoyé dans cette ville célèbre pour obtenir l’approbation du célèbre mujtahid h∂ájí siyyid muh∂ammad-Báqir-i-shaftí qui était mort depuis. son ls, h∂ají siyyid asadu’lláh, était aujourd’hui aussi amical que son père l’avait été ; c’était aussi le cas d’un autre mujtahid remarquable h∂ájí muh∂ammad ibráhím-i-Kalbásí. encore plus importante fut l’attitude du Géorgien manúchihr Khán, le mu’tamidu’d-dawlih, gouverneur d’ispahan, qui refusait d’écouter ceux qui s’opposaient déjà à mullá h∂usayn. Parce qu’il n’était pas encore autorisé à dévoiler le nom du Báb, c’est avec circonspection que mullá h∂usayn conduisit un certain nombre de gens à reconnaître cette nouvelle religion et à l’accepter. le premier converti, que le Báb immortalisa dans son livre le bayán, était un jeune homme candide du nom de mullá Ja’far, connu par le nom de son travail : Gandum-Pák-Kun, le tamiseur de blé, qui mourut à ∏abarsí. le plus admirable de ces nouveaux convertis fut mullá s∂ádiq-i-muqaddas-i-Khurásání, un important disciple de siyyid Káz∂im, qui, quelques années plus tard, serait un des rares à survivre à l’holocauste de ∏abarsí. il rencontra Bahá’u’lláh dans la ville prison d’acre, devint un bahá’í aussi ferme qu’il avait été bábí, fut honoré par Bahá’u’lláh du titre de ismu’lláhu’l-as∂daq* (le nom de dieu, le véritable) et resta dèle et loyal jusqu’à la n de sa vie. son ls, ibn-i-as∂daq, fut l’une des quatre mains de la cause de dieu désignées par Bahá’u’lláh, alors que mullá s∂ádiq lui-même fut nommé à titre posthume main de la cause par ‘abdu’l- Bahá dans son livre Mémorial des dèles. mullá h∆usayn ne resta que peu de temps à Káshán, mais il donna la nouvelle de l’aube du Jour de dieu à un important marchand de la ville, h∂ájí mírzá Jání. il ne
* quelques-uns de ceux que Bahá'u'lláh nomma ismu'lláh brisèrent son alliance : siyyid mihdíy-i-dahijí (ismu'lláh-mihdí), áqá muh∂ammad-Javád-i- qazvíní (ismu'lláh-Javád), et áqá Jamál-i-Burúrjirdí (ismu'lláh-Jamál). d'autres restèrent fidèles : mullá s∂adiq (ismulláh-as∂daq), zauyn'ul- muqarrabín (ismu'lláh-zayn), siyyid
'abdu'r-rah∂ím-i-is∂fahání (ismu'lláhir-rah∂ím) et Jináb-i-munír (ismu'lláh- muníb) qui mourut à smyrne en 1868.
d'autres ne sont pas encore identifiés.
en rouTe vers la CaPiTale de la Perse
Quelques-uns des personnalités de la cour de Muh∂ammad Sháh : au centre, le jeune garçon est násiri’d-dín, le prince héritier. À sa droite derrière lui, Mírzá abu’l-Qásim, Qá’im-Maqám ; à sa gauche, h∂ájí Mírzá áqásí. À gauche de l’image on aperçoit Manúchihr-khán, Mu‘tamidu’d-dawlih, le gouverneur d’ispahan. entre les deux, Mírzá abu’l-h∆asan khán-i-Ílchí, ambassadeur persan en grande-bretagne qui inspira le personnage de mírzá firouz dans le livre de Morier : hajji Baba d’ispahan (édit. phébus).
trouva personne pour l’écouter à qom et continua jusqu’à Téhéran. C’est là que se trouvait le « mystère » dont le Báb avait parlé, celui que devait atteindre le message et la pétition du Báb. mullá h∂usayn ne savait ni où ni de quelle manière il devait chercher ce mystère, mais dieu l’avait conduit jusqu’au qá’im et il était certain qu’une fois encore il serait guidé vers le but de sa recherche. il s’installa dans une école de théologie, la madrisih [école] de mírzá s∂álih∂ appelée aussi la madrisih de Páminár (Páy-i-minár) du nom du quartier de Téhéran dans lequel cette école était située. h∂ájí mírzá muh∂ammad-i-Khurásání, le chef des shaykhís de la capitale, était aussi le directeur de cette école. mullá h∂usayn essaya vainement de l’éveiller à la réalité de l’aube de ce Jour de dieu, mais mírzá muh∂ammad ne sut que le réprimander pour avoir dévié de la voie de siyyid Káz∂im. il trouvait même indésirable le séjour de mullá h∂usayn à Téhéran, y voyant une menace pour la sécurité et l’intégrité de la communauté shaykhíe. mullá h∂usayn l’assura qu’il ne resterait pas
dans la Gloire du Père
longtemps dans la capitale et que, de toute façon, il ne considérait pas avoir dit ou fait quoique ce soit pour dénigrer le rang et la position de shaykh ah∂mad-i-ah∂sá’í ou de siyyid Káz∂im-i-rashtí.
a n de ne plus paraître menaçant pour h∂ájí mírzá muh∂ammad-i-Khurásání, mullá h∂usayn resta éloigné autant que possible de la madrisih de mírzá s∂álih∂. il avait, après tout, un but bien plus important que cet imbroglio avec le religieux shaykhí. il quittait l’école tôt le matin et ne revenait à sa chambre qu’après le coucher du soleil. mullá muh∂ammad-i-mu’allim [enseignant], natif du district de núr en mazandéran, écrivit de quelle manière mullá h∂usayn atteint le but de sa recherche et accomplit la mission que lui avait con ée le Báb :
… en ce temps-là, je vivais dans la même école que h∂ájí mírzá muh∂ammad et l’on me considérait comme l’un de ses disciples favoris. ma chambre touchait la sienne et nous entretenions des relations très amicales. le jour où il était occupé à discuter avec mullá h∂usayn, je surpris leur conversation du début jusqu’à la n, et je fus profondément touché par l’ardeur, la facilité de parole et le savoir de ce jeune étranger. Je fus surpris des réponses évasives, de l’arrogance et du comportement dédaigneux de h∂ájí mírzá muh∂ammad. Ce jour-là, je me sentis fortement attiré par le charme de ce jeune homme et profondément irrité par la conduite indécente de mon maître envers lui. Je dissimulai mes sentiments et prétendis ignorer ses discussions avec mullá h∂usayn. Je fus pris par un désir passionné de rencontrer ce dernier et me hasardai à aller lui rendre visite vers minuit. il ne m’attendait pas, mais je frappai à sa porte et le trouvai éveillé, assis près de sa lampe. il me reçut affectueusement et me parla avec une courtoisie et une tendresse extrêmes. Je soulageai mon cœur et, pendant que je lui parlais, des larmes que je ne pouvais retenir, coulaient de mes yeux. « Je puis voir à présent, dit-il, la raison pour laquelle j’ai choisi de demeurer ici. votre maître a rejeté avec dédain ce message et a méprisé son auteur. mon espoir est que son élève puisse, contrairement à son maître, reconnaître la vérité. Comment vous appelez-vous et dans quelle ville résidez-vous ? » « Je m’appelle mullá muh∂ammad, répondis-je, et mon nom de famille est mu’allim. ma maison se trouve à núr dans la province de mazendéran. « dites moi, demanda-t-il, y a-t-il de nos jours parmi la famille de feu mírzá Buzurg-i-núrí, qui était connu pour son caractère, son charme, ses talents artistiques et intellectuels, quelqu’un qui se soit montré capable de préserver les hautes traditions de cette illustre maison ?
- oui, répondis-je, parmi ses ls encore en vie, l’un s’est distingué par les mêmes
en rouTe vers la CaPiTale de la Perse
traits qui caractérisaient son père. Par sa vie vertueuse, ses grandes connaissances, sa bonté et sa libéralité, il s’est montré le noble descendant d’un noble père.
- quelles sont ses occupations ? me demanda-t-il.
- il réconforte les inconsolables et nourrit les affamés, répondis-je.
- que savez-vous de son rang et de sa position ?
- il n’en a pas, dis-je, si ce n’est qu’il secourt les pauvres et les étrangers. - Comment s’appelle-t-il ?
- h∂usayn ‘alí.
- dans laquelle des écritures de son père excelle-t-il ?
- son écriture favorite est le shikastih-nasta’líq.
- a quoi occupe-t-il son temps ?
- il se promène à travers bois et se complaît à admirer les beautés de la campagne.
- quel âge a-t-il ?
- vingt-huit ans. »
la curiosité avec laquelle mullá h∂usayn m’interrogeait et le sentiment de plaisir qu’il ressentait à entendre chaque détail que je lui donnais, me surprit grandement. se tournant vers moi, avec un visage rayonnant de joie et de satisfaction, il s’enquit une fois de plus : « Je présume que vous le rencontrez souvent ? »
- Je me rends fréquemment chez lui, répondis-je.
- voulez-vous, dit-il, lui remettre, en mains propres, un dépôt de ma part ?
- Très certainement, répondis-je.
il me donna alors un parchemin enveloppé dans une pièce de toile et me demanda de le lui remettre le lendemain à l’aube. « s’il daignait me répondre, ajouta-t-il, auriez-vous l’amabilité de me faire connaître sa réponse ? » Je pris le parchemin et, au lever du jour, me levai pour exaucer son désir.
Comme j’approchais de la maison de Bahá’u’lláh, je reconnus son frère mírzá músá qui se tenait à la porte et à qui je s savoir l’objet de ma visite. il entra dans la maison et réapparut peu après portant un message de bienvenue. on m’introduisit auprès de Bahá’u’lláh ; je présentai 1e rouleau à mírzá músá, qui 1e déposa devant Bahá’u’lláh.
Celui-ci nous pria de nous asseoir. dépliant le rouleau, il jeta un coup d’œil sur son contenu et commença à nous lire à haute voix certains de ses passages. Je restai assis, ravi par le son de sa voix douce et mélodieuse. il avait lu une page du rouleau lorsque, se tournant vers son frère, il dit : « músá, qu’en dis-tu ? en vérité je le dis, celui qui croit au coran, reconnaît son caractère divin, et malgré cela hésite, ne fût-ce qu’un instant, à admettre que ces paroles émouvantes sont dotées du même pouvoir régénérateur, s’est assurément trompé dans son jugement et a dévié loin du sentier de justice. » Puis il se
dans la Gloire du Père
tut. en me congédiant, il me chargea de rapporter à mullá h∂usayn, comme cadeau de sa part, un pain de sucre russe et un paquet de thé, et il me pria de lui transmettre l’expression de son amour et de sa reconnaissance.
Je me levai et, rempli de joie, me hâtai de retourner auprès de mullá h∂usayn pour lui remettre le cadeau et le message de Bahá’u’lláh. avec quelle joie et quelle exulta-tion les reçut-il de ma main ! les paroles me manquent pour décrire l’intensité de son émotion. il se mit debout, reçut, tête baissée, le cadeau et l’embrassa avec ferveur. il me prit alors dans ses bras, me baisa les yeux et dit : « ami chèrement aimé ! Je prie pour que, de même que vous m’avez réjoui le cœur, de même dieu vous fasse don d’une éternelle félicité et vous inonde le cœur d’un bonheur impérissable. » Je fus stupé é par la conduite de mullá h∂usayn. quelle pouvait être, pensai-je en moi-même, la nature du lien qui unissait ces deux âmes ? qu’est-ce qui pouvait avoir suscité en leurs cœurs une aussi ardente amitié ? Pourquoi mullá h∂usayn, aux yeux de qui la pompe et l’apparat de la royauté n’étaient que pure futilité, devait-il manifester un tel bonheur à la vue d’un cadeau aussi insigni ant de la part de Bahá’u’lláh ? Cette pensée m’intriguait et je ne pouvais en découvrir le mystère. quelques jours plus tard, mullá h∂usayn partit pour le Khorassan. au moment de notre séparation, il dit : « ne soufflez mot à personne de ce que vous avez entendu et vu. faites que ceci reste un secret caché en votre sein. ne divulguez pas son nom, car ceux qui envient sa position se lèveraient alors pour lui nuire. dans vos moments de méditation, priez le Tout-Puissant de le protéger a n que, par lui, il puisse exalter les opprimés, enrichir les pauvres et racheter les pécheurs. le secret des choses reste caché à nos yeux. il est de notre devoir de lancer l’appel du nouveau jour et de proclamer ce divin message à tous les hommes. Bien des âmes dans cette ville verseront leur sang sur ce sentier. Ce sang irriguera l’arbre de dieu, lui permettra de fleurir et d’abriter sous son ombre l’humanité tout entière. »3
une fois encore, la divine providence avait conduit mullá h∆usayn-i-Bushrú’í jusqu’à son but, le plus important de toute l’histoire de l’humanité.
quant à l’obscur shaykhí, étudiant en théologie, mullá muh∂ammad-i- mu’allim-i-núrí que la même providence avait poussé à rechercher la compagnie de mullá h∂usayn et à se lier d’amitié avec lui a n de lui montrer le chemin vers le but et d’accomplir ainsi un service incomparable, saint et très méritoire, il versera son sang sur le même champ de bataille que mullá h∂usayn quand un implacable ennemi déchiquettera son corps fragile.
en rouTe vers la CaPiTale de la Perse
dans la Gloire du Père
-
ahá’u’lláh.
azandéran, téhéran et quelques-uns des lieux associés au com ent de la vie de b
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ontrant la province du M
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arte du nord de la pc
au pays de ses ancêtres
dès que mírzá h∂usayn-’alí, le ls du vazír-i-núrí, t allégeance à la Cause du Báb, il se leva et t tous ses efforts pour promouvoir cette cause. on savait qu’il n’avait jamais fréquenté de cours de théologie, ne s’était jamais assis aux pieds d’un théologien célèbre, d’un maître, d’un philosophe ou d’un guide. on savait aussi qu’il était un maître en dialectique, une fontaine de savoir, un modèle d’éloquence. enseignant la religion du Báb, ces grandes qualités devinrent plus évidentes, plus intenses, plus pénétrantes.
il entreprit son premier voyage pour propager la cause du Báb en mazandéran, le pays de ses ancêtres. shaykh muh∂ammad-Taqí, le grand théologien de núr que nous avons déjà rencontré dans ces pages, était mort et c’était maintenant son ls, shaykh muh∂ammad qui occupait sa chaire. Ce dernier était convaincu qu’il ne pourrait jamais surpasser ni même égaler la puissance d’expression et d’exposition de Bahá’u’lláh. aussi resta-t-il muet et dans l’expectative lorsque les efforts de Bahá’u’lláh pour répandre, dans tout le district de núr, la nouvelle de l’avènement du Báb attirèrent un grand nombre d’éminents citoyens sous la bannière de la nouvelle religion, y compris son frère mírzá muh∂ammad-h∂asan et l’héroïque muh∂ammad Taqí Khán, un de ses proches parents, ce qui provoqua une opposition et une hostilité intenses chez beaucoup d’autres, dont le principal fut mírzá
‘azízu’lláh, un oncle de Bahá’u’lláh. mais les élèves de shaykh muh∂ammad ne le laissaient pas tranquille et insistaient pour qu’il fasse un effort et s’oppose aux activités de Bahá’u’lláh. devant leur insistance il nit par céder et désigna ses deux élèves les plus érudits : ses beaux-frères mullá ‘abbás et mullá abu’l-qásim, pour rencontrer Bahá’u’lláh et lui lancer un dé . ils le rencontrèrent à dárkalá au cours d’une grande réunion de gens venus pour l’écouter. Bahá’u’lláh leur expliquait le sens essentiel de la première sourate du coran. les deux envoyés s’assirent et écoutèrent avec attention, complètement captivés. mullá ‘abbás, le premier, se redressa et, tremblant et en pleurs, il dit à ses compagnons : « faites ce que vous
dans la Gloire du Père
voulez, mais en ce qui me concerne, je suis sans voix ; je n’ai plus ni mémoire, ni paroles. allez dire à mullá muh∂ammad que dorénavant mon devoir est de servir au seuil de mírzá h∂usayn-‘alí ». mullá abu’l-qásim, terrassé lui aussi, lui répondit : « Comme vous, je ne l’abandonnerai jamais pour servir quelqu’un d’autre. ma place aussi est devant sa porte. »
Bahá’u’lláh vint lui-même au village de sa’ádat-ábád pour rendre visite à mullá muh∂ammad. Conscient de son incapacité, ce dernier ne voulut pas discuter avec lui et trouva toutes sortes de prétextes pour éviter la rencontre. il décida nalement de consulter le coran. il prit le saint livre, l’ouvrit au hasard et le referma immédiatement en disant d’une petite voix que les versets de cette page n’augu-raient rien de bon.
voyageant partout dans le pays de ses ancêtres, Bahá’u’lláh rencontra un jour un jeune derviche assis au bord d’un ruisseau en train de préparer sa nourriture.
Bahá’u’lláh lui demanda ce qu’il faisait et le jeune homme répondit : « oh, je cuisine dieu pour le manger. » la simplicité de cette réponse amusa beaucoup Bahá’u’lláh qui t preuve d’une grande gentillesse envers lui.
Ce derviche, mus∂πafá Big, était de sanandij au Kurdistán. Poète, il avait pris le surnom de majzúb (celui qui est attiré). et il devint si attiré par Bahá’u’lláh qu’il le suivait partout en chantant ses louanges et en lui demandant de « déchirer les voiles… déchirer les voiles… » Beaucoup de gens, en voyant son attitude, furent attirés à leur tour et se dévouèrent à Bahá’u’lláh.
premier emprisonnement
le premier emprisonnement de Bahá’u’lláh eut lieu en rapport avec le meurtre de h∂ájí mullá Taqíy-i-Baraghání, l’oncle et le beau-père de qurratu’l-’ayn. h∂ájí mullá Taqí (qui sera connu sous le nom de shahíd-i- Thálith : le troisième martyr) était un religieux obscurantiste, très étroit d’esprit et très hostile envers les personnes et les enseignements de shaykh ah∂mad-i-ah∂sá’í et siyyid Káz∂im-i-rashtí.
du haut de sa chaire il tonnait contre eux en les insultant et c’est pourquoi il fut assassiné dans sa mosquée, dans la lumière du petit matin. son assassin, fervent admirateur des croyances shaykhíes, avoua publiquement qu’il avait poignardé h∂ájí mullá Taqí dans la bouche à cause du langage déplacé de ce religieux. natif de Chiraz, diversement appelé mírzá s∂álih∂, mullá ‘abdu’lláh ou mírzá ∏áhir, le boulanger, il af rma lors de son procès à Téhéran n’avoir jamais été bábí, mais il était en chemin vers máh-Kú pour y rencontrer le Báb et étudier sa Cause.
néanmoins, mullá muh∂ammad, le mari de qurrat’ul-’ayn, était aussi fanatique et vindicatif que son père et il en pro ta pour arrêter un grand nombre de bábís innocents qui furent envoyés à Téhéran.
en août 1919, dans le salon de sa résidence de haïfa, ‘abdu’l-Bahá contera à un groupe de bahá’ís l’histoire de ce premier emprisonnement de Bahá’u’lláh. il leur dira que quatre hommes, dont l’assassin, furent emmenés à Téhéran et emprisonnés dans la maison de Khusraw Khán. Bahá’u’lláh demanda à mírzá shafí’Khán, le s∂áh∂ib-díván d’expliquer la réalité de la situation à h∂ájí mírzá áqásí. s∂áh∂ib-díván, un homme ouvert, avait une grande influence sur le grand vizir et il lui transmit le message de Bahá’u’lláh, ce qui sembla lui plaire. Puis Bahá’u’lláh et sa suite rendirent visite aux prisonniers et leur donnèrent tout l’argent dont ils avaient besoin. Bientôt, tout Téhéran parlait de cette histoire.
l’assassin du mujtahid de qazvín, ayant confessé son crime et voyant que sa confession avait été inutile, décida de s’évader. une nuit de neige, il brisa ses fers, s’évada de la prison pour se réfugier chez rid∂á Khán, un of cier turkoman au service de muh∂ammad sháh. rusé, au lieu de courir vers la porte de la maison, il lança
dans la Gloire du Père
sa canne contre elle. la porte s’ouvrit, une planche fut posée sur la neige et l’évadé put pénétrer dans la maison. lorsqu’au matin on entreprit les recherches, on ne trouva aucune trace de l’évadé. on savait que Bahá’u’lláh avait vu les prisonniers et leur avait donné de l’argent. les parents du mujtahid assassiné vinrent de qazvín et l’accusèrent d’avoir aidé l’assassin à s’évader. Bahá’u’lláh, calme et tranquille, entouré de farráshes et de cavaliers, fut conduit à cheval jusqu’à la prison où on l’enferma. Très vite, pourtant, on comprit que l’accusation était sans fondement et Bahá’u’lláh fut libéré. mais ce que les parents de h∂ájí mullá Taqíy-i-Baraghání ne savaient pas c’est que c’était Bahá’u’lláh qui avait ordonné et organisé l’évasion de qurratu’l-’ayn hors de leurs griffes1.
quant au meurtrier du mujtahid, rid∂á Khán le t sortir de Téhéran. ‘abdu’l- Bahá raconte que lorsqu’on comprit ce qui s’était passé, on lança un millier de cavaliers à la poursuite de rid∂á Khán, mais on ne réussit pas à l’attraper. les deux hommes atteignirent en n la forteresse de shaykh ∏abarsí où ils connurent la mort des martyrs.
la conférence de badasht
la conférence de Badasht est unique dans les annales religieuses de l’humanité. Jamais encore durant la vie d’une manifestation de dieu ses disciples ne s’étaient réunis pour se concerter, tous ensemble, concernant la nature de leur religion et de leurs futures actions. le génie animant cette conférence sans précédent, le même qui l’avait organisée, n’était autre que mírzá h∂usayn-’alíy-i-núrí qui par la suite fut connu dans la communauté bábíe sous le nom de Jináb-i-Bahá*. Comme le Gardien l’a remarqué :
le but principal de cette réunion était de rendre effective la révélation du bayán par une rupture soudaine, complète et dramatique avec le passé, avec son organisation, son sacerdoce, ses traditions et ses cultes. le but secondaire était d’examiner les moyens de délivrer le Báb de sa cruelle détention à Chihríq. le premier objectif réussit pleinement ; le second était destiné, dès le début, à échouer1
Badasht est un hameau situé sur les bords de la mer Caspienne. en arrivant dans ce hameau, Bahá’u’lláh loua trois jardins : il en donna un à quddús, h∂ájí mullá muh∂ammad-’alíy-i-Bárfurúshí, la dix-huitième et dernière lettre-du-vivant et la première d’entre elles par le rang. le deuxième jardin fut assigné à qurratu’l-’ayn que Bahá’u’lláh avait sauvée des périls qui l’entouraient à qazvín, sa ville natale. Bahá’u’lláh s’installa dans le troisième jardin. nabíl-i-a’z∂am écrit : Ceux qui s’étaient réunis à Badasht étaient au nombre de quatre-vingt un ; ils furent tous, depuis leur arrivée jusqu’à la conclusion de la réunion, les hôtes de Bahá’u’lláh.
Chaque jour, celui-ci révélait une Tablette que mírzá sulaymán-i-núrí psalmodiait en présence des croyants réunis. a chacun de ceux-ci, il conféra un nouveau nom. il fut
* il faut noter que le nom « Bahá’u’lláh » fut mentionné pour la première fois par le Báb dans son livre le bayán persan, et que c’est en tant que Jináb- i-Bahá que mírzá h∆usayn-’alíy-i-núrí fut connu dans la communauté bábíe après la conférence de Badasht.
dans la Gloire du Père
lui-même désormais désigné sous le nom de Bahá ; à la dernière lettre du vivant fut attribué le nom de quddús et à qurratu’l-’ayn celui de ∏áhirih (la pure). à l’intention de chacun de ceux qui s’étaient réunis à Badasht, le Báb devait révéler une Tablette spéciale dans laquelle il les appelait par le nom qui leur avait été récemment octroyé.
lorsque, plus tard, quelques-uns des condisciples parmi les plus stricts et les plus conservateurs décidèrent d’accuser ∏áhirih de rejeter inconsidérément les traditions de tout temps respectées dans le passé, le Báb, à qui ces plaintes avaient été adressées, répondit : « que puis-je dire de celle que la langue de puissance et de gloire a surnommée Tahirih » ?2
et ce fut qurratu’l-ayn, ∏áhirih la Pure, qui, en ce jour inoubliable du début de l’été 1848, lança pour la première fois l’appel claironnant de l’émancipation des entraves humaines du passé, choquant un grand nombre de ses coreligionnaires consternés. elle apparut devant eux, le voile repoussé en arrière, le visage maquillé et offert à tous les yeux. Pour beaucoup d’entre eux ce fut comme si le Jour de la résurrection était arrivé (ce qui était le cas !). l’un d’eux, ‘abdu’l-Kháliq-i-is∂fahání, se coupa la gorge, tellement il était scandalisé et, le sang jaillissant à flots, il quitta l’assemblée en hurlant. quelques-uns le suivirent et quittèrent la religion du Báb. quddús était furieux. il tenait son sabre à la main et on pouvait croire qu’il allait s’en servir sur Táhirih. nabíl écrit, en citant shaykh abú-Turáb : son attitude menaçante ne parvint toutefois pas à émouvoir Táhirih. son expression gardait la même dignité et la même con ance qu’elle révélait depuis le moment de son apparition devant les croyants assemblés. un sentiment de joie et de triomphe éclairait à présent son visage. elle se leva de son siège et, nullement troublée par le tumulte qu’elle avait provoqué chez ses compagnons, commença à s’adresser au reste de l’assemblée. sans la moindre préméditation et dans un langage qui ressemblait de manière frappante à celui du Qur’án, elle lança son appel avec une inégalable éloquence et une profonde ferveur. elle conclut par le verset suivant du qur’án : « en vérité, au milieu de jardins et de rivières, les âmes pieuses demeureront sur le siège de vérité, en présence du puissant roi. » en prononçant ces paroles, elle jeta un regard furtif à la fois sur quddús et sur Bahá’u’lláh, de sorte que ceux qui la regardaient ne purent savoir auquel d’entre eux elle faisait allusion.3
l’annonce audacieuse de ∏áhirih eut lieu un jour où Bahá’u’lláh était fatigué.
la ConférenCe de BadashT
quddús vint lui rendre visite dans son jardin ; d’autres compagnons étaient présents. soudain ∏áhirih entra comme un coup de tonnerre. elle déclara : « Je suis le verbe énoncé par le qá’im, le verbe qui fera s’enfuir tous les chefs et les nobles de la terre ! » Puis elle ajouta : « Ce jour est un jour de réjouissance universelle et de fête, le jour où se brisent les chaînes du passé. que ceux qui participent à ce grand événement se lèvent et s’embrassent ! » 4
le calme revenu, Bahá’u’lláh prit les choses en mains. nabíl-i-a’z∂am écrit : Cette journée mémorable, ainsi que celles qui la suivirent immédiatement, vit naître les réformes les plus révolutionnaires dans la vie et les habitudes des disciples du Báb réunis. la vie cultuelle de ceux-ci subit une transformation soudaine et fondamentale. les prières et les rites auxquels ces adorateurs dévots avaient été formés furent irrévocablement abandonnés. une grande confusion régna cependant parmi ceux qui s’étaient levés avec tant de zèle pour défendre ces réformes. quelques-uns condamnèrent un changement si radical car ils y voyaient l’essence de l’hérésie, et refusèrent d’annuler ce qu’ils considéraient comme les préceptes inviolables de l’islám. Certains consi -
dérèrent ∏áhirih comme l’unique juge en de telles affaires et la seule personne quali ée pour exiger une obéissance inconditionnelle de la part des dèles. d’autres, qui dénon-cèrent son comportement, s’en tinrent à quddús en qui ils voyaient l’unique représentant du Báb, la seule personne habilitée à se prononcer sur des sujets aussi importants.
d’autres encore, qui reconnurent aussi bien l’autorité de ∏áhirih que celle de quddús, ne virent dans tout cet épisode qu’une épreuve envoyée par dieu et destinée à séparer le vrai du faux et à distinguer le dèle du per de.
(…) Cet état de tension persista pendant quelques jours jusqu’au moment où Bahá’u’lláh intervint et que de sa manière magistrale, il réalisa entre eux une réconciliation complète. il guérit les plaies que cette vive controverse avait causées et dirigea les efforts des deux adversaires sur le chemin du service constructif.5
Bahá’u’lláh t lire la cinquante-sixième sourate du coran, al-wáqi’ah (l’évènement), devant toute l’assemblée et lorsqu’ils comprirent le sens et les allusions de ces versets du coran, ils réalisèrent que, oui, le Jour de la résurrection était sur eux :
lorsque l’événement arrivera,
nul ne saura nier son arrivée.
dans la Gloire du Père
il abaissera et il élèvera.
lorsque la terre sera ébranlée par un violent tremblement, que les montagnes voleront en éclats
et deviendront comme la poussière dispersée de tous côtés ;
lorsque vous, hommes, vous serez partagés en trois classes :
que les hommes de la droite seront hommes de la droite ;
que les hommes de la gauche seront hommes de la gauche ;
que ceux qui ont pris le pas en ce monde dans la foi
y prendront le pas avant les autres :
Ceux-ci seront les plus rapprochés de dieu.
ils habiteront le jardin des délices.
(il y aura un grand nombre de ceux-ci parmi les peuples anciens, et un petit nombre seulement parmi les modernes).
se reposant sur des sièges ornés d’or et de pierreries,
accoudés à leur aise et se regardant face à face.
ils seront servis par des enfants doués d’une jeunesse éternelle, qui leur présenteront des gobelets, des aiguières et des coupes, remplis de vin exquis,
sa vapeur ne leur montera pas à la tête et n’obscurcira pas leur raison.
ils auront à souhait les fruits qu’ils désireront,
et la chair des oiseaux les plus rares.
Près d’eux seront les houris aux beaux yeux noirs
Pareilles aux perles dans leur nacre.
Telle sera la récompense de leurs œuvres. ils n’y entendront ni discours frivoles ni paroles criminelles on y entendra que les paroles : Paix, paix. 6
Bahá’u’lláh resta à Badasht pendant vingt-deux jours. alors les bábís, ceux qui étaient restés fermes et constants, quittèrent le lieu de cette conférence historique et, leur foi forti ée, se dirigèrent vers le village de níyálá où ils furent attaqués de tous côtés. Bahá’u’lláh lui-même raconta à nabíl :
nous étions tous réunis dans le village de níyálá et nous reposions au pied d’une montagne, lorsqu’à l’aube nous fûmes soudain réveillés par les pierres que les gens du voisinage lançaient sur nous du sommet de la montagne. la férocité de leur attaque incita nos compagnons à s’enfuir, terri és et consternés. J’habillai quddús de mes propres
la ConférenCe de BadashT
vêtements et l’envoyai vers un endroit sûr où j’entendais le rejoindre. lorsque j’y parvins, je découvris qu’il était parti. Personne parmi nos compagnons n’était resté à níyálá, hormis ∏áhirih et un jeune homme de Chiraz, mírzá ‘abdu’lláh. la violence de l’attaque menée contre nous avait semé la désolation dans notre camp. Je ne trouvais personne à qui je puisse con er ∏áhirih, personne à part ce jeune homme qui t preuve à cette occasion d’un courage et d’une détermination vraiment surprenants. l’épée à la main, indompté malgré le sauvage assaut des habitants de ce village qui s’étaient rués pour piller nos biens, il bondissait en avant pour arrêter la main de l’assaillant. Bien qu’il fût lui-même blessé à plusieurs endroits du corps, il risqua sa vie pour protéger nos biens. Je le priai de renoncer à son acte. lorsque le tumulte se fut apaisé, je m’approchai de quelques-uns des habitants du village et je pus les persuader de la cruauté et de l’ignominie de leur comportement. Je parvins ensuite à recouvrer une partie de nos biens pillés.7
dans la Gloire du Père
muh∂ammad sháh
de badasht à Shaykh ∏abarsí
quiTTanT Badasht, Bahá’u’lláh se dirigea vers son district d’origine, núr. il con a ∏áhirih à shaykh abú-Turáb-i-ishtahárdí pour qu’il la mette à l’abri.
Pendant ce temps, les adversaires vivant à la capitale (dont, sans doute, h∆ájí mírzá áqásí, l’antéchrist de la révélation bábíe) influençaient muh∂ammad sháh contre Bahá’u’lláh, le décrivant comme un agitateur. le jour vint où, selon nabíl, muh∂ammad sháh déclara : « J’ai jusqu’à présent, refusé de prêter attention à ce qu’on racontait contre lui. mon indulgence était motivée par ma reconnaissance pour les services que son père a rendus à mon pays. Cette fois-ci, cependant, je suis décidé à le mettre à mort. » 1. h∂ájí mírzá áqásí obtint en conséquence un édit du chah et donna des instructions à l’un des notables du mazandéran pour arrêter Bahá’u’lláh.
dans une de ses épîtres Bahá’u’lláh indique qu’après son départ de Badasht il se dirigea vers núr en d’agréables étapes. il visita sháh-rúd, le district de hizárjaríb, Jaz (Gaz), au sud de Bandar-Jaz sur la mer Caspienne et ashraf, - village après village, bourg après bourg - jusqu’à ce qu’il arrive à núr. C’est sans doute alors que Bahá’u’lláh était à Bandar-Jaz que l’incident suivant se déroula.
‘abdu’l-Bahá raconte qu’en arrivant à Bandar-Jaz Bahá’u’lláh tomba malade.
dans cette ville du bord de mer vivait un bábí de grandes qualités du nom de mírzá masíh∂. ‘abdu’l-Bahá en parle comme de « l’esprit personni é » qui « après avoir lu un seul verset issu de la plume du Point Premier, s’exclama : que ce Báb soit mien, vous pouvez avoir tous les autres ! ». C’est alors que Bahá’u’lláh était à Bandar-Jaz que mírzá masíh∂ mourut. Bahá’u’lláh organisa une réunion commémorative pour lui et écrivit une prière de souvenance pour cet homme merveilleux.
C’est aussi à ce moment-là qu’arriva l’édit de muh∂ammad sháh ordonnant son arrestation. Bahá’u’lláh était alors l’hôte de notables de la ville qui, accompagnés du représentant de la russie à Bandar-Jaz, qui était persan, offrirent à Bahá’u’lláh
dans la Gloire du Père
un passage sur un vaisseau russe qui était à l’ancre. Bahá’u’lláh refusa et ne s’enfuit pas. le lendemain, Bahá’u’lláh était invité par un autre notable ainsi que le représentant de la russie et de nombreux personnages de la région qui voulaient le rencontrer. C’est alors qu’un messager arriva avec la nouvelle du décès de muh∂ammad sháh. l’édit ordonnant l’arrestation de Bahá’u’lláh venait de perdre toute autorité.
Pendant ces événements, quddús avait été arrêté et emprisonné dans la ville de sárí, dans la maison de mírzá muh∂ammad-Taqí, l’un des principaux dignitaires religieux de la province du mazandéran. ∏áhirih aussi avait été arrêtée et emmenée à Téhéran où elle avait été mise aux arrêts dans la maison de mah∂múd Khán, le kalántar (maire) de la capitale. elle y resta jusqu’à son martyre au cours du massacre d’août 1852.
à Badasht, l’absence de mullá h∂usayn, le Bábu’l-Báb, avait été remarquée. il était alors l’invité de h∂amzih mírzá, le h∂ishmatu’d-dawlih (un des frères de muh∂ammad sháh et gouverneur général du Khorassan) qui le traitait avec courtoisie et considération. quittant le camp du gouverneur général, son intention d’aller à Kerbéla fut contrecarrée par une épître du Báb qui changea ses plans. dans cette épître le Báb lui donnait un nouveau nom, siyyid ‘alí, et lui avait envoyé un de ses turbans verts à porter. il l’envoyait dans le mazandéran pour y aider et y seconder quddús en lui demandant de porter devant lui un étendard noir. Cet étendard noir serait celui dont parlait le Prophète : « si vos yeux contemplent les étendards noirs arrivant du Khorassan, hâtez-vous d’aller vers eux, même si vous deviez pour cela ramper sur la neige, car ils proclament l’avènement du mihdí promis, le vicaire de dieu. » au cours de sa longue marche de Khorassan au mazandéran, le Bábu’l-Báb fut rejoint par des bábís qui avaient été à Badasht. Peu à peu leur nombre croissait et bientôt, sous l’étendard noir se pressaient plus de trois cents compagnons. à Bárfurúsh (Bábul), la ville natale de quddús toujours prisonnier à sárí, l’hostilité du sa’ídu’l-ulamá, le vindicatif haut dignitaire religieux, obligea les bábís à se servir d’armes pour se défendre et, suite à des traîtrises et des serments brisés, ils durent élever un mur et construire un fort à shaykh ∏abarsí, au cœur des forêts du mazandéran dans lequel ils se réfugièrent.
en apprenant ces événements, Bahá’u’lláh, toujours à núr, décida de se rendre
de BadashT à shayKh πaBarsí
à shaykh ∏abarsí. ses préparatifs terminés il alla au village d’afrá qui appartenait à un certain naz∂ar-’alí Khán. il s’y arrêta pour ordonner un somptueux dîner destiné aux occupants du fort à qui il envoya shaykh abú- Turáb-i-ishtahárdí pour les prévenir de son arrivée imminente. ensuite, accompagné de naz∂ar-’alí Khán, il se dirigea vers le fort où il fut chaleureusement reçu par le Bábu’l-Báb. il faut se rappeler que c’est mullá h∂usayn, le Bábu’l-Báb qui, quatre ans avant, avait porté le message du Báb à Bahá’u’lláh et qu’il était donc conscient du haut rang de mírzá h∂usayn-‘alíy-i-núrí, connu alors sous le nom de Jináb-i-Bahá. mullá h∂usayn fut émerveillé de voir et d’entendre Bahá’u’lláh pour la première fois ; il concentrait sur lui toute son attention. Bahá’u’lláh approuva tous les aménagements faits dans le fort tout en faisant remarquer que ce qui manquait le plus était la présence de quddús. n’oublions pas que les bábís ne s’étaient pas réunis au mausolée de shaykh ∏abarsí pour se rebeller contre le gouvernement, mais plutôt pour se protéger.
Bahá’u’lláh demanda à mullá mihdíy-i-Khu’í d’aller à sárí avec six hommes et d’exiger la libération de quddús. Ce qui fut fait et le principal mujtahid de la ville, mírzá muh∂ammad Taqí, eut peur de refuser. C’est ainsi que quddús fut libéré après quatre-vingt-quinze jours de détention et put rejoindre les compagnons de shaykh
∏abarsí. Bahá’u’lláh lui-même quitta le fort accompagné de naz∂ar-’alí Khán et de shaykh abú-Turáb et se dirigea, en passant par núr, vers la capitale de l’iran avec l’intention de revenir plus tard au fort pour y apporter des provisions et d’autres choses nécessaires aux compagnons. C’est la promesse qu’il t au Bábu’l-Báb.
dans la Gloire du Père
h∆ájí Mírzá áqásí, grand vizir de Muh∂ammad Sháh et
antéchrist de la révélation bábíe
la chute de h∂ájí Mírzá áqásí
le rusé h∆ájí mírzá áqásí, l’antéchrist de la révélation bábíe, savait très bien qu’avec la mort de muh∂ammad sháh en septembre 1848, son pouvoir deviendrait fragile et que les rênes des affaires lui échapperaient. aussi, dès qu’il fut évident que le chah était gravement malade, le grand vizir resta éloigné de la résidence royale. et lorsque muh∂ammad sháh rendit son dernier soupir le grand vizir était invisible. il s’était fait de nombreux ennemis et n’avait personne vers qui se tourner.
Comme après chaque décès d’un monarque, tout ou presque tout le pays plon-geait dans un état de malaise ou de rébellion. à Chiraz, par exemple, h∆usayn Khán, l’ájúdán-Báshí, honoré des titres de niz∂ámu’d-dawlih et s∂áh∂ib-ikhtíyár, qui gouvernait d’une main de fer et avait forcé Chiraz et toute la province à respecter l’ordre, faisait maintenant face à la coalition de deux des plus puissants nobles de la province qui étaient déterminés à l’évincer : le chef de la tribu qashqá’í et le prudent et cauteleux h∆ájí mírzá ‘alí-akbar, le qavámu’l-mulk. le petit peuple avait pris leur parti. C’était ce même h∆usayn Khán qui avait outragé le Báb et puni ses disciples et les membres de sa famille. maintenant, celui qui avait pourtant réussi à soumettre un peuple indocile, qui avait chassé deux gouverneurs dont l’un, firaydún mírzá était frère de muh∂ammad sháh, était incapable de résister à l’alliance de la populace et des grands et devait s’enfuir. on n’entendit plus parler de lui après cette débâcle et sa carrière houleuse prit brusquement n.
quant aux circonstances de la chute du Premier ministre lui-même, laissons Jahángir mírzá, un frère de muh∂ammad sháh et auteur de Tárikh-i-naw (la nouvelle histoire) qui en fut témoin, décrire ce qui arriva à h∆ájí mírzá áqásí. Cet antéchrist de la révélation bábíe avait déjà reçu l’épître du Báb des mains de mullá muh∂ammad ‘alíy-i-zanjání (h∆ujjat) et sa lecture avait dû frapper de terreur son cœur de poltron. voici ce que dit, en gros, Jahángir mírzá :
après le décès du souverain, h∂ájí mírzá áqásí t appeler les ministres russe et
dans la Gloire du Père
anglais et, ensemble, ils écrivirent une lettre pour en informer le prince héritier qui était à Tabríz. h∆ájí mírzá áqásí fut soudainement envahi par la peur et, pour des raisons qui lui sont propres, décida d’emmener ‘abbás mírzá, un jeune ls du défunt souverain, jusqu’à sa propriété de ‘abbásábád. en conséquence il envoya mah∂múd Pásháy-i-mákú’í chercher ‘abbás mírzá qui était à Tajrísh, la résidence d’été du district de shimrán où le chah venait de mourir. mais la mission échoua.
alors h∆ájí mírzá áqásí, après une nuit passée à ‘abbásábád, réunit environ mille cinq cents mákú’ís et íravánís et se dirigea vers la citadelle royale de Téhéran dont il prit possession et où il s’installa pour attendre. à Tajrísh, mírzá nas∂ru’lláh, le s∂adru’l-mamálik, réunit les kháns et les courtisans présents, et ils décidèrent de convoquer tous les princes et les grands seigneurs présents dans la capitale, d’ordonner aux ‘ulamás et aux mujtahids de laver le corps du défunt roi et de le placer dans son linceul, puis d’aller à Téhéran pour déposer le corps dans le jardin de lálihzár d’abord et de là dans la citadelle royale. mais une fois le corps prêt pour l’enterrement, par crainte d’une action malhonnête de h∆ájí mírzá áqásí qui occupait la citadelle royale, ils retardèrent son transport et les grands seigneurs et les princes retournèrent à la capitale. à ce moment, la mère du prince héritier, mahdi-’ulyá, prit les choses en main et informa les délégués étrangers que la présence de h∆ájí mírzá áqásí dans la citadelle royale était indésirable. le prince Bahrám mírzá, le mu’izzud-dawlih, frère de muh∂ammad sháh, se rendit à la citadelle et conseilla à h∆ájí mírzá áqásí de partir. la mère du prince héritier ordonna à l’of -
cier d’artillerie qui commandait les gardes de la citadelle de forcer le h∆ájí à partir et celui-ci dirigea son canon vers la demeure du Premier ministre. de plus, la nouvelle de la réunion des princes et des courtisans à Tajrísh avait de quoi alarmer h∆ájí mírzá áqásí et augmenter sa détresse.
en n, après une attente de vingt-quatre heures, le h∆ájí sortit de la citadelle, entouré de ses cavaliers mákú’ís et íravánís qui, pour la plupart, allaient l’abandonner pour se réunir au jardin de Khán-Bábá Khán-i-sardár. le grand vizir se retrouvait presque seul et, aucun des villages qu’il approchait ne le laissait entrer.
abandonné, n’ayant plus que cinquante ou soixante cavaliers autour de lui, il prit la route de Karaj. núru’lláh Khán-i-sháhsavan qui s’était lancé à sa poursuite le rattrapa à la rivière. le h∆ájí était armé de fusils et de pistolets qu’il portait soit sur lui soit sur sa selle, ainsi que de dagues, d’une massue et d’une épée. il tira sur
la ChuTe de h∆áJí mírzá áqásí
núru’lláh Khán avant de lancer son cheval au galop vers le mausolée de sháh
‘abdu’l-’az∂ím. núru’lláh Khán le poursuivit jusqu’aux abords du mausolée mais le h∆ájí avait pu se réfugier dans le sanctuaire. alors núru’lláh Khán s’empara du cheval du h∆ájí et de ses possessions et de tout ce qui appartenait aux hommes du h∆ájí, les laissant presque nus. dès que mírzá nas∂ru’lláh, le s∂adru’l-mamálik apprit comment le h∆ájí avait agi, il intervint de nouveau, informa la mère de l’héritier des événements survenus et, en compagnie de tous les princes, les courtisans, les nobles et les représentants étrangers, il ramena le corps du souverain défunt dans la capitale avec les honneurs militaires et le plaça dans un endroit sûr du jardin de lálihzár. il écrivit ensuite à Tabríz pour informer le nouveau souverain de tout ce qui s’était passé.
h∆ájí mírzá áqásí ayant disparu de la scène, abandonné, discrédité, et devenu un bástí (celui qui prend refuge dans un bást, un sanctuaire) dans le mausolée de sháh
‘abdu’l-’az∂ím, il se passa, selon Jahángír mírzá, quelque chose d’inouï : quelques personnes rejoignirent mírzá nas∂ru’lláh, qui semblait avoir quelques ambitions personnelles, et commencèrent à parler de ce qui ressemblerait à une république ou, au moins, à un gouvernement constitutionnel. le nouveau chah n’était pas encore arrivé de Tabríz mais, comme le dit Jahángír mírzá, sa mère, femme énergique et déterminée à éradiquer ces idées stupides, fut à la hauteur de la situation. elle t immédiatement protéger le trésor royal puis, par une douce diplomatie gagna à sa cause la plupart de ceux qui s’étaient ralliés à mírzá nas∂ru’lláh. elle offrit aussi de somptueux cadeaux en argent à certains dignitaires religieux, comme áqá muh∂ammad-s∂álih∂ de Kirmánsháh qui fut ensuite envoyé dans cette ville pour s’assurer de la loyauté de la population, ou mírzá ‘askarí, l’imám-Jum’ih de mashhad qui partit vers cette ville sainte pour les mêmes raisons. malgré tout, les perturba-tions furent nombreuses même si certaines furent étouffées dans l’œuf comme les activités de muh∂ib-‘alí Khán le gouverneur de Kirmánsháh, celles de sayfu’l-mulúk mírzá, ls de fath-‘alí sháh et les tentatives d’alláhyár Khán, l’ás∂afu’d-dawlih, ou encore celles de ‘alí-sháh, le z∂illu’s-sultán, en irak qui fut stoppé à temps par le représentant britannique et le vali ottoman.
en n, nás∂iri’d-dín et son ministre mírzá Taqí Khán, qui avait en chemin été élevé au rang de vazír-niz∂ám et qui bientôt serait honoré du titre de amír Kabír, arrivèrent dans la capitale. un décret royal permit au nouveau grand vizir d’oc-
dans la Gloire du Père
cuper les propriétés du bastí antéchrist et h∆ájí mírzá áqásí, qui avait considérablement vieilli en quelques semaines, dépouillé de sa richesse, reçu un sauf-conduit qui lui permit de se réfugier en irak, dans la ville sainte de Kerbéla où il mourut neuf mois plus tard.
deuxième emprisonnement
C’esT en décembre 1848 que Bahá’u’lláh essaya de remplir sa promesse de retourner à shaykh ∏abarsí. il partit avec un certain nombre de bábís pour atteindre le fort assiégé. Parmi ceux qui l’accompagnèrent on peut noter : h∆ájí mírzá Jáníy-i-Káshání*, mullá Báqir-i-Tabrízí (une des lettres-du- vivant du Báb), shaykh abú-Turáb-i-ishtahárdí, áqá siyyid h∆asan-i-Khu’í, áqá siyyid h∆usayn-i-Turshízí (l’un des sept martyrs de Téhéran), ‘abdu’l- vahháb Big, muh∂ammad-Taqí Kháni-núrí et mírzá yah∂yá s∆ubh∂-i-azal.
mais Bahá’u’lláh ne put remplir sa promesse car il fut arrêté, avec ses compagnons, dans un village situé à quelque quinze kilomètres de shaykh T∆abarsí. le village était désert lorsque Bahá’u’lláh et ses compagnons y arrivèrent. ils entassèrent leurs armes dans une pièce, loin des foyers, et s’installèrent pour la nuit. ils devaient arriver au fort le lendemain. mais pendant la nuit, informé par des gardes et des espions de l’armée royale qui campait autour de shaykh T∆abarsí, un of cier t encercler le village par un grand nombre de soldats et appréhenda Bahá’u’lláh et ses compagnons qu’il conduisit au village d’ámul. le général, gouverneur d’ámul, ‘abbás-qulí Khán, avait rejoint le camp du prince mihdí-qulí mírzá et c’est le vice- gouverneur muh∂ammad-Taqí Khán-i-láríjání qui, reconnaissant Bahá’u’lláh, décida de l’installer avec ses compagnons dans sa propre demeure.
mais très vite, apprenant qu’un certain nombre de bábís avaient été accueillis avec respect dans la maison du vice-gouverneur au lieu d’être jetés en prison, le désordre s’installa dans ámul. Comme d’habitude, les agitateurs étaient les membres du clergé, toujours prêts à faire des histoires. les religieux d’ámul étaient connus pour leur brutalité (c’est ‘abdu’l-Bahá qui les décrit ainsi). ils exigèrent de muh∂ammad-Taqí Khán que Bahá’u’lláh soit emmené à la mosquée. le tumulte organisé était si important que, bien qu’hésitant, le vice-gouverneur ne put qu’obtem pérer. ensuite les religieux déclarèrent que les gens devaient venir à la
* le marchand qui avait accueilli le Báb à Káshán, qui fut le premier chroniqueur de sa religion et qui mourut en martyr en août1852.
dans la Gloire du Père
la mosquée d’ámul où bahá’u’lláh fut interrogé et reçut la bastonnade mosquée en armes. le lendemain, ils vinrent tous : le boucher et son coutelas, le charpentier avec sa hachette. leur intention était de se ruer sur Bahá’u’lláh pour l’assassiner. entouré par la multitude, Bahá’u’lláh fut conduit à la mosquée où il s’assit sous un des porches. deux marchands de Chiraz invités du gouverneur, s’installèrent aussi. les religieux étaient, bien sûr, venus en force.
voici comment ‘abdu’l-Bahá racontera les événements de cette journée, installé dans le salon de sa maison de haïfa, un soir d’août 19191. un des marchands de Chiraz voulut qu’on interprète pour lui un rêve qu’il avait fait la nuit précédente. lorsque Bahá’u’lláh lui demanda de raconter son rêve, le marchand commença : « J’ai rêvé que le qá’im de la maison de muh∂ammad était présent dans cette mosquée et qu’il tenait son doigt entre les dents. » « C’est un blasphème ! » hurla l’un des religieux. mais Bahá’u’lláh lui demanda de se calmer, car cela n’avait rien à voir : tenir un doigt entre ses dents est un signe de surprise. les deux marchands apprécièrent Bahá’u’lláh. au cours de la fouille de h∆ájí mírzá Jání on avait trouvé dans sa poche une lettre de siyyid h∆usayn-i-Kátib écrite si rapidement qu’on ne pouvait la lire. quelqu’un suggéra que seul mullá ‘alí-Ján saurait déchiffrer cette écriture. et on alla chercher celui qui, dans le passé, avait été traité avec générosi-
deuxième emPrisonnemenT
té par Bahá’u’lláh. mais il choisit d’oublier cette générosité, prit la lettre et, voyant qu’il ne pouvait pas la déchiffrer, il remarqua un mot qui, décida-t-il, avait été mal épelé. il s’écria alors que ce texte avait le Báb pour auteur ce qui montrait bien son ignorance et son analphabétisme. Bahá’u’lláh, en rappelant un incident de la vie de muh∂ammad et en citant un adage du prophète, prouva à mullá ‘alí-Ján que ce mot n’était pas celui auquel il pensait, que c’était le mot juste et qu’il était bien écrit.
mullá ‘alí-Ján, embarrassé, se tut.
abattus, les religieux n’abandonnèrent pas pour autant. ils condamnèrent Bahá’u’lláh à la bastonnade. inquiet, muh∂ammad-Taqí Khán leur rappela qu’il ne pouvait appliquer leur verdict sans l’accord du sardár (gouverneur). il allait lui écrire, mais il faudrait à un cavalier quatre heures pour arriver à shaykh T∆abarsí et donner la lettre. en attendant, il convenait d’attendre. les religieux ne se laissèrent pas impressionnés par sa demande et exigèrent que leur verdict fût appliqué ici et maintenant. mais muh∂ammad-Taqí Khán trouva pourtant un moyen de s’opposer à eux. il ordonna à ses hommes de démonter, de l’extérieur, le mur de la mosquée, fait de briques d’argile, jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’une épaisseur. on se rappelle que Bahá’u’lláh était assis sous une arche, près de ce mur. soudain, le mur s’effondra et, par le passage ainsi créé, Bahá’u’lláh fut conduit jusqu’à un endroit sûr.
lorsque des hommes en armes encerclèrent sa maison, muh∂ammad-Taqí Khán monta sur le toit pour leur dire que mírzá h∆usayn-’alí était entre ses mains et qu’il ne le leur livrerait pas avant d’avoir reçu l’avis du sardár. ses hommes à lui, bien armés, prirent des positions défensives, visant avec leurs fusils la foule excitée par les religieux. Ce que voyant, la populace se dispersa. le lendemain, muh∂ammad-Taqí Khán reçu une lettre de ‘abbás- qulí Khán, le gouverneur, qui lui reprochait tout de go d’avoir arrêté Bahá’u’lláh. il continuait en menaçant que si le moindre mal était fait à Bahá’u’lláh, il détruirait par le feu le village d’ámul. il ne voulait pas qu’une vendetta s’installe entre sa famille et celle de mírzá Buzurg-i-núrí.
muh∂ammad-Taqí Khán montra la lettre aux religieux qui refusèrent de composer, af rmant que les questions de croyance étaient de leur ressort et ne concernaient pas le Khán. muh∂ammad-Taqí Khán avait un frère qui s’appelait mírzá h∆asan, que
‘abdu’l-Bahá décrit comme « féroce ». il arriva au cœur de la nuit suivante et se dirigea droit vers la maison de son frère. à peine entré, il demanda où était Bahá’u’lláh et si la lettre de ‘abbás-qulí Khán était arrivée. il se calma en appre-
dans la Gloire du Père
nant que Bahá’u’lláh était toujours là et que la lettre était bien arrivée. on lui demanda pourquoi il avait quitté le camp royal. la réponse fut simple : il s’était enfui, ainsi que le Prince mihdí-qulí mírzá et ‘abbás-qulí Khán, partis on ne savait où. il raconta que les bábís avaient fait une sortie, brisé toutes les forti cations qui les assiégeaient, mis en déroute toute l’armée et mis le feu à la maison en bois dans laquelle les princes étaient installés. Puis mírzá h∆asan se lança dans une diatribe contre les religieux qu’il continua le lendemain lorsque ceux-ci vinrent chercher la réponse dé nitive de muh∂ammad-Taqí Khán. il utilisa des épithètes choisis, les traitant de gredins et de maudits, ce qui les déconcerta. il leur lança :
« si vous êtes sincères, si vous voulez une jihád, pourquoi ne pas aller à shaykh T∆abarsí ? » mais ce n’étaient que des poltrons et, devant ce dé , ils abandonnèrent la partie et s’éparpillèrent.
muh∂ammad-Taqí Khán et mírzá h∆asan ne savaient comment s’excuser et désiraient rendre tout ce qui avait été volé, mais Bahá’u’lláh refusa en disant : « Tout fut donné dans le sentier de dieu ». la manière dont nabíl-i-a’z∂am conte lui aussi cet épisode est, en gros, conforme au paragraphe précédent qui est basé sur le récit de ‘abdu’l-Bahá. un rajout important dit que le vice-gouverneur, embarrassé par l’insistance des religieux qui interrogeaient Bahá’u’lláh dans la mosquée, pour que lui et ses compagnons soient mis à mort en tant que bábís, tenta de calmer les passions en ordonnant « à ses serviteurs de préparer les verges et d’infliger immédiatement la punition méritée par les captifs », promettant ensuite de les garder en prison jusqu’au retour du gouverneur. Bahá’u’lláh intervint pour empêcher que ses compagnons reçoivent la bastonnade et demanda que cette torture soit plutôt appliquée à lui seul. le vice-gouverneur « donna, avec hésitation, l’ordre de faire subir à Bahá’u’lláh seul, la vile-nie qu’il avait d’abord l’intention d’infliger à ses compagnons.2 » et dans une lettre destinée aux croyants orientaux datée de janvier 1929, le Gardien de la foi bahá’íe con rma que Bahá’u’lláh avait subi la bastonnade dans le mazandéran.
nabíl rapporte aussi la version personnelle que Bahá’u’lláh donna de cet épisode :
malgré le tumulte que notre arrivée avait soulevé, et face à l’opposition des oulémas, mírzá Taqí réussit à nous libérer de leur emprise et à nous conduire dans sa propre
deuxième emPrisonnemenT
maison. il nous accorda l’hospitalité la plus chaleureuse. de temps à autre, il cédait à la pression que les ‘ulamás exerçaient continuellement sur lui, et se sentait impuissant à faire échouer leurs tentatives visant à nous nuire. nous étions encore chez lui lorsque le sardár, qui avait rejoint l’armée au mazandéran, revint à ámul. dès qu’il apprit les indi-gnités dont nous avions souffert, il réprimanda mírzá Taqí pour la faiblesse qu’il avait montrée à nous protéger de nos ennemis. « qu’importent, demanda-t-il avec indignation, les dénonciations de ce peuple ignorant ? Pourquoi vous êtes- vous laissé influencer par sa clameur ? vous auriez dû vous contenter d’empêcher le groupe de parvenir à destination et, au lieu de le détenir dans cette maison, vous auriez dû arranger son retour immédiat sain et sauf à Téhéran.3 »
et dans l’Épître au ls du loup, Bahá’u’lláh fait allusion à son emprisonnement :
« alors que nous étions prisonnier au pays de mím (mazandéran) nous fûmes un jour livré aux mains du clergé. Tu peux imaginer ce qui nous arriva.4 »
le péril évité, Bahá’u’lláh retourna à núr et, de là, se dirigea vers Téhéran.
Une année importante
l’année qui va de l’été 1849 à l’été 1850 fut témoin d’un nombre d’événements importants dans le ministère du Báb. les onze mois que dura le soulèvement de shaykh T∆abarsí au mazandéran se terminèrent, en mai 1849, par le martyre de quddús, la dix-huitième lettre-du-vivant et le principal disciple du Báb. dans les premiers mois de 1850 la persécution contre les bábís devint d’une férocité sans précédent. Téhéran connut l’épisode des sept martyrs. à yazd, síyyid yah∂yá-i-dárábí (vah∂íd) se trouva entraîné par des mouvements antibábís et dut quitter la ville, mais à nayríz (dans la province de fárs, au sud de la Perse) lui et ses compagnons furent encerclés, et tombèrent victimes de la trahison de leurs adversaires.
à zanján, dans le nord, les oulémas chiites agitèrent le peuple qui s’opposa au redoutable mullá muh∂ammad-’alí (h∆ujjat) dans un conflit à la conclusion aussi tragique, qui dura jusqu’à la n de l’année. en n le Báb lui- même fut martyrisé en juillet 1850 à Tabríz. Comme l’écrit nabíl-i-a’z∂am :
Cette année-là, rendue mémorable par l’héroïsme glorieux dont rent preuve les partisans de sa foi, sans parler des circonstances relatives à son propre martyre, doit rester à jamais comme l’un des plus glorieux chapitres jamais enregistrés dans l’histoire de cette foi écrite avec le sang. le visage entier du pays fut assombri par les atrocités que continuait à commettre en toute liberté un ennemi cupide et cruel. du Khorassan aux con ns orientaux de la Perse, jusqu’à Tabríz située à l’ouest, théâtre du martyre du Báb, et des villes du nord telles que zanján et Téhéran, jusqu’à l’extrême sud, c’est-à-dire nayríz dans la province de fárs, tout le pays fut plongé dans une obscurité qui annonçait l’aurore de la révélation que le h∆usayn attendu devait bientôt manifester, révélation plus puissante et plus glorieuse que celle que le Báb lui-même avait proclamée.1
dans la Gloire du Père
le rôle de Bahá’u’lláh dans ces évènements fut aussi important. sa maison de Téhéran devint un centre de ralliement pour les bábís de la capitale et ceux qui passaient par là béné ciaient de son hospitalité. un de ceux qui fréquentaient alors la maison de Bahá’u’lláh était vah∂íd qui devait gagner une gloire éternelle par son glorieux martyre à nayríz. un autre visiteur fut mírzá ‘alíy-i-sayyáh∂ (mullá ádí Guzal de marághih) le courrier du Báb que celui-ci envoya en pèlerinage à shaykh T∂abarsí pour prier sur les tombes de ces martyrs distingués (voir addenda v pour un résumé de sa vie). un autre encore fut mullá ‘abdu’l-Karím-i-qazvíní (mírzá ah∂mad) qui apporta à Bahá’u’lláh le plumier, les sceaux et les bagues du Báb.
mullá muh∂ammad-i-zarandí (nabíl-i-a’z∂am) qui était souvent présent, raconte quelques-uns des événements que Bahá’u’lláh connut pendant cette année mémorable et notamment l’arrivée de sayyáh∂ et l’accueil qui lui fut fait : J’ai entendu áqáy-i-Kalím, qui reçut sayyáh∂ à l’entrée de la maison de Bahá’u’lláh à Téhéran, raconter ce qui suit : « C’est au cœur de l’hiver que sayyáh∂, de retour de son pèlerinage, vint rendre visite à Bahá’u’lláh. en dépit du froid et de la neige d’un hiver rigoureux, il apparut habillé du vêtement d’un pauvre derviche, pieds nus et échevelé.
son cœur était embrasé par la flamme que ce pèlerinage avait allumée en lui. dès que siyyid yah∂yáy-i-dárábí, surnommé vah∂íd, qui se trouvait alors comme invité chez Bahá’u’lláh, apprit le retour de sayyáh∂ du fort de ∏abarsí, il se hâta d’aller se jeter aux pieds du pèlerin, oubliant la pompe et l’apparat auxquels était habitué un homme de son rang. Prenant dans ses bras les jambes couvertes de boue jusqu’aux genoux, il les baisa avec dévotion. Je fus surpris, ce jour-là, de voir les multiples preuves d’affectueuse sollicitude que Bahá’u’lláh manifesta envers vah∂íd. il lui prodigua des faveurs que je ne l’avais jamais vu accorder à qui que ce fût. le ton de sa conversation ne laissa pour moi aucun doute sur le fait que ce même vah∂íd devait bientôt se distinguer par des actes non moins remarquables que ceux qui avaient immortalisé les défenseurs du fort de
∏abarsí. »
sayyáh∂ passa quelques jours dans cette maison. il fut cependant incapable de percevoir, comme l’avait fait vah∂íd, la nature de ce pouvoir qui gisait latent en son hôte. Bien qu’il fût lui-même l’objet de la faveur extrême de Bahá’u’lláh, il ne saisit pas pour autant la signi cation des bénédictions que celui-ci lui conférait. Je l’ai entendu relater les expériences qu’il avait vécues et ce, durant son séjour à famagouste : « Bahá’u’lláh me combla de ses bontés. quant à vah∂íd, malgré l’éminence de son rang, il me donnait invariablement la préséance chaque fois que nous étions en présence de son hôte. le
une année imPorTanTe
jour de mon arrivée du mazandéran, il alla jusqu’à me baiser les pieds. Bien que plongé dans un océan de bonté, je ne pus, en ces jours, apprécier le rang qu’occupait alors Bahá’u’lláh ni soupçonner, même faiblement, la nature de la mission qu’il était destiné à accomplir. » 2
‘abdu’l-Bahá aussi conta cet épisode d’une manière un peu différente. un jour qu’il était dans le train entre salt lake City et san-francisco, au cours de son voyage historique aux états-unis et au Canada, il parla d’un souvenir vieux de soixante ans. C’était à Téhéran dans la maison de son père. il n’était alors qu’un petit garçon, et se trouvait assis près de vah∂íd. soudain, dépenaillé, un peu inquié-tant, un derviche entra dans la pièce, les pieds couverts de boue. C’était mírzá
‘alíy-i-sayyáh∂. apprenant qu’il arrivait de máh-Kú où le Báb était emprisonné, vah∂íd s’agenouilla pour baiser ces pieds sales qui avaient marché sur le sol où était le Báb.
sayyáh∂ porta aussi au Báb un message de Bahá’u’lláh qui fut dicté à mírzá yah∂yá (s∆ubh∂-i-azal) et envoyé en son nom. nabíl en décrit la réponse importante : Peu après, nous parvint une réponse écrite de la main même du Báb et dans laquelle celui-ci con ait mírzá yah∂yá aux soins de Bahá’u’lláh, le priant d’accorder une attention particulière à son éducation et à son instruction. Cette communication fut l’objet d’un malentendu pour le peuple du Bayán, qui vit en elle une preuve des revendications exagérées qu’il avait avancées en faveur de son chef. Bien que le texte de cette réponse soit absolument dépourvu de telles prétentions et ne contienne, à part la louange qu’elle prodigue à Bahá’u’lláh et la demande qu’elle formule pour l’éducation de mírzá yah∂yá, aucune allusion à sa prétendue position, les disciples de celui-ci ont cependant imaginé que cette lettre constitue une af rmation de l’autorité dont ils ont eux-mêmes investi mírzá yah∂yá.3
il est probable que l’épisode suivant que racontera ‘abdu’l-Bahá, alors qu’il était l’invité de lady Blom eld à londres, eut lieu aussi au cours de cette année-là, qurratu’l-’ayn (T∆áhirih) étant prisonnière dans la maison de mah∂múd Khán-i-Kalántar. (le fait qu’elle pût visiter Bahá’u’lláh n’est pas vraiment surprenant car quelqu’un d’aussi éminent que lui pouvait facilement faire en sorte d’être le garant de sa libération provisoire). lady Blom eld écrit :
dans la Gloire du Père
Petit garçon, il était assis sur les genoux de qurratu’l-’ayn qui était dans le salon de sa mère, ásíyih Khánum. la porte de cette pièce étant ouverte, ils pouvaient entendre, venant de derrière le rideau, la voix de siyyid yah∂yáy-i- dárábí qui parlait et « discutait avec mon père ».
qurratu’l-’ayn, cette magni que et intrépide poétesse, s’adressant au siyyid de sa voix musicale et pénétrante, dit : « ô siyyid, nous ne sommes plus au temps des arguments, des discussions, des répétitions oiseuses des prophéties ou des traditions. nous sommes au temps des actes ! les jours de bavardage sont passés !
si tu en as le courage, voici l’heure choisie pour le manifester ; si tu es un homme d’action, prouve ta virilité en proclamant jour et nuit : « le hérault promis est venu ! il est venu le qá’im, l’imám, l’attendu ! il est venu ! » ‘abbás effendi nous dit qu’il se souvenait de cet épisode très clairement.
l’enthousiasme exprimé par son visage aimable et radieux pendant qu’elle disait ces mots enthousiasmants derrière le rideau qui pendait devant la porte, était vraiment impressionnant.
‘abbás effendi ajouta :
« souvent, au cours de cette courte visite, elle me prit sur ses genoux, me câlina et me parla. Je l’admirais profondément. » 4
symboliquement importante, la remise à Bahá’u’lláh des sceaux et des affaires personnelles du Báb est aussi décrite par nabíl :
quarante jours avant l’arrivée de cet of cier à Chihríq*, le Báb réunit tous les documents et les tablettes en sa possession, les plaça avec son plumier, ses sceaux et ses bagues d’agate, dans un coffret qu’il con a aux soins de mullá Báqir, l’une des lettres-du-vivant. C’est à ce dernier qu’il remit également une lettre adressée à mírzá ah∂mad, son secrétaire, dans laquelle il inséra la clef de ce coffret. il le pria de prendre le plus grand soin de ce dépôt, en souligna le caractère sacré, et pria mullá Báqir d’en cacher à tous le contenu sauf à mírzá ah∂mad.
mullá Báqir partit aussitôt pour qazvín. dix-huit jours plus tard, il atteignit cette ville et apprit que mírzá ah∂mad était parti pour qom. il quitta aussitôt la ville pour cette destination où il arriva vers le milieu du mois de sha’bán. Je me trouvais alors à qom en compagnie d’un certain sádiq-i-Tabrízí, que mírzá ah∂mad avait envoyé de zarand
* C’est l’officier qui, sur l’ordre de l’amír-niz∂ám, devait accompagner le Báb de la forteresse de Chihríq où il était prisonnier jusqu’à Tabriz
une année imPorTanTe
pour me chercher. J’habitais la même maison que mírzá ah∂mad, une maison qu’il avait louée dans le quartier de Bágh-Panbih. en ce temps-là, shaykh ‘az∂ím, siyyid ismá’íl et quelques autres compagnons demeuraient avec nous dans cette maison. mullá Báqir remit le dépôt entre les mains de mírzá ah∂mad qui, sur l’insistance de shaykh ‘az∂ím, l’ouvrit devant nous. nous nous émerveillâmes de voir, parmi les choses que contenait ce coffre, un parchemin en papier bleu, d’une texture des plus nes, sur lequel le Báb avait, de sa propre écriture dans le style d’un n shikastih, écrit sous forme d’un pentacle quelque cinq cents versets constitués de dérivés du mot « Bahá ». Ce parchemin était parfaitement conservé, absolument immaculé, et donnait l’impression, de prime abord, d’être une page imprimée plutôt qu’écrite. l’écriture était si ne et si enchevê-trée que, vu de loin, le texte apparaissait comme une seule tache d’encre sur le papier.
nous débordions d’admiration devant un chef-d’œuvre qu’aucun calligraphe, croyions-nous, ne pouvait égaler. Ce parchemin fut replacé dans le coffret et remis à mírzá ah∂mad qui, le jour même où il le reçut, partit pour Téhéran. avant de s’en aller, il nous informa que tout ce qu’il pouvait divulguer de cette lettre était l’injonction qu’elle contenait, selon laquelle le dépôt devait être remis aux mains de Jináb-i-Bahá à Téhéran.5
C’est au cours de ce mois de sha’bán, le 9 juillet 1850, qu’eut lieu le martyre du Báb. apprenant les dangers qui menaçaient celui-ci, h∆ájí sulaymán Khán avait quitté Téhéran. arrivé trop tard pour le délivrer, il put néanmoins récupérer ses restes et ceux de son compagnon. Bahá’u’lláh ordonna de les cacher à Téhéran.
Un an à kerbéla
aPrès le martyre du Báb, mírzá Taqí Khán, le grand vizir responsable de la mort du Báb qu’il avait ordonné, demanda à rencontrer Bahá’u’lláh. au cours de cette réunion il af rma avec courtoisie mais sans ambiguïté que sans l’aide et le support de Bahá’u’lláh les bábís n’auraient pu durer pendant si longtemps, résis-tant à des forces gouvernementales bien équipées et bien entraînées, à shaykh T∆abarsí comme ailleurs. Pourtant il n’avait jamais pu trouver de preuves incontestables de l’implication et de la complicité de Bahá’u’lláh. mírzá Taqí Khán exprima ensuite ses regrets que ces superbes capacités de Bahá’u’lláh n’aient jamais été mises au service de l’état. néanmoins son intention était de recommander au chah de le nommer au poste d’amír-i-díván (maître de Cour) ; mais le chah était sur le départ pour ispahan et pendant son absence il serait préférable pour Bahá’u’lláh de s’éloigner, lui aussi, temporairement de la capitale. même exprimé poliment, c’était un ordre du grand vizir. avec courtoisie, Bahá’u’lláh refusa l’offre d’emploi gouvernemental et informa mírzá Taqí Khán de son désir d’aller en pèlerinage aux villes saintes d’irak. le grand vizir en fut heureux et rassuré. en conséquence, Bahá’u’lláh partit pour Kerbéla peu de jours après. il raconta lui-même à nabíl-i-a‘zam « si l’amír-niz∂ám avait connu mon vrai statut, il m’aurait certainement fait arrêter. mais malgré tous ses efforts pour découvrir la vraie situation, il échoua.
dieu voulut qu’il en reste ignorant. » 1
au moment où Bahá’u’lláh se préparait à quitter Téhéran, le cercueil contenant les restes du Báb et de son dèle disciple arrivait dans la capitale. suivant les instructions de Bahá’u’lláh, son frère mírzá músá (áqáy-i-Kalím) et mírzá ah∂mad-i-Kátib (mullá ‘abdu’l-Karím-i-qazvíní) cachèrent le cercueil en un lieu sûr, dans les bâtiments du mausolée de l’imám-zádih h∆asan.
áqá shukru’lláh-i-núrí et mírzá muh∂ammad-i-mazandéraní, ce dernier ayant survécu à shaykh T∆abarsí, accompagnèrent Bahá’u’lláh dans son voyage vers l’irak. il passa presque tout le mois d’août 1851, le mois de ramadan, au cours
dans la Gloire du Père
duquel les musulmans jeûnent, à Kirmánsháh où le rejoignirent nabíl-i- a’z∂am et mullá ‘abdu’l-Karím. il ordonna à ce dernier d’aller à Téhéran et il demanda à nabíl d’aller avec mírzá yah∂yá près de sháh-rúd et d’y rester.
après un arrêt de quelques jours à Bagdad, Bahá’u’lláh atteignit Kerbéla le
août 1851. h∆ájí siyyid Javád-i-Karbilá’í et shaykh sult∂án, un bábí arabe converti par Táhirih, résidaient à Bagdad. un certain siyyid-i-’uluvv qui clamait être une personni cation du saint-esprit les avait abusés. Bahá’u’lláh traita ce siyyid avec gentillesse mais fermeté et put le persuader de renoncer à des prétentions aussi fan-tastiques et de promettre de ne jamais recommencer. h∆ájí siyyid Javád-i-Karbilá’í et shaykh sult∂án comprenant à quel point ils avaient été trompés retournèrent à leur croyance et restèrent fermes dans la foi jusqu’à leur mort.
shaykh h∆asan-i-zunúzí avait servi le Báb pendant sa captivité en azerbaïdjan.
selon la volonté du Báb qui lui avait demandé d’aller vivre dans cette ville sainte, il habitait maintenant à Kerbéla. il avait été disciple de siyyid Káz∂im-i-rashtí, et du vivant même de celui-ci avait rencontré le Báb pendant le pèlerinage de ce dernier aux villes saintes d’irak, devenant plus tard son secrétaire à máh-Kú et à Chihríq. lorsque le Báb apprit que quddús et Bábu’l-Báb étaient assiégés dans le mazandéran, il encouragea les bábís à partir les aider et dit à shaykh h∆asan : « si je n’avais pas été incarcéré dans cette lointaine montagne, j’aurais ressenti comme un devoir le fait d’aller en personne au secours de mon bien-aimé quddús. mais tu n’es pas dans la même situation. Je veux que tu partes pour Kerbéla y attendre le jour où tu contempleras de tes propres yeux la beauté de l’h∆usayn promis.
souviens-toi de moi alors et offre-lui mon amour et ma soumission. C’est une importante mission que je te con e. Prends garde que ton cœur ne faillisse et oublie la gloire qui t’es donnée. » 2
shaykh h∆asan ayant suivit cet ordre vivait à Kerbéla lorsqu’un jour d’octobre 1851, dans l’enceinte du mausolée de l’imám h∆usayn, il rencontra pour la première fois Bahá’u’lláh dans lequel il reconnu cet h∆usayn dont lui avait parlé le Báb. il l’aurait crié sur les toits si Bahá’u’lláh ne l’en avait pas empêché.
au cours du séjour de quelques mois que Bahá’u’lláh t dans les villes saintes d’irak, beaucoup d’autres le rencontrèrent et lui devinrent dévoués. on peut citer : mírzá ‘abdu’l-vahháb, le glorieux jeune de Chiraz (voir chapitre 18), shaykh ‘alí mírzá, de Chiraz aussi, et qui était le neveu de shaykh abú-Turáb, l’imám-jum’ih
un an à KerBéla
de cette ville qui avait protégé le Báb, et mírzá muh∂ammad-‘alí, célèbre médecin de zanján qui, de nombreuses années plus tard, mourra en martyr.
Pendant cette absence de Bahá’u’lláh d’iran, des événements dramatiques s’y déroulaient. Brusquement, poussé par la jalousie et la haine, nás∂iri’d- dín sháh renvoya amír Kabír et l’envoya à Káshán. en même temps il ordonna à h∆ájí ‘alí Khán, le h∆ájibu’d-dawlih qui allait bientôt persécuter les disciples du Báb avec une cruauté sans faille, de rejoindre cette ville et d’y assassiner le ministre déchu.
mírzá nas∂ru’lláh-i-núrí, connu sous le nom de mírzá áqá Khán, devenu grand vizir, écrivit à Bahá’u’lláh pour lui demander de revenir en Perse.
dans la Gloire du Père
Mírzá taqí khán-i-Faráhání, amír kabír,
grand vizir de nás∂iri’d-dín Sháh
la chute de l'amír kabír C’esT en septembre 1848 que commença le règne désastreux de nás∂iri’d- dín sháh, quatrième roi de la dynastie des qadjars, qui sévit pendant cinquante ans et dont l’obscurantisme lui t mériter l’épithète de « Tyran de Perse » (voir addenda i). Ce fut grâce à l’habileté et à la volonté de fer de mírzá Taqí Khán-i-faráhání, l’amir-niz∂ám qui prendrait bientôt le titre d’amír Kabír, le Grand émir, sous lequel il est connu, que le trône fut fermement acquis à nas∂iri’d-dín qui n’avait alors que dix-huit ans. et pourtant, trois ans après son accession au trône, le chah faisait assassiner son grand vizir.
mírzá Taqí Khán, dont le père avait été cuisinier au service du grand mírzá abu’l-qásim-i-qá’im-maqám, était sans aucun doute un homme de grandes capacités, très dévoué au service de son pays. mais il était aussi impulsif, impitoyable et entêté. récemment, comme l’écrit un écrivain persan, il a été déi é en iran. ses vertus étaient nombreuses et évidentes, mais ses défauts l’étaient aussi. C’est lui qui utilisa son pouvoir considérable pour tenter d’écraser et d’éradiquer la religion du Báb et supprimer ses disciples. C’est lui qui prit la décision d’ordonner l’exécution du Báb. C’est lui qui faillit détruire ‘abbás mírzá, le náyibu’s-salt∂anih (qui reçut plus tard le titre de mulk-árá), le demi-frère de nás∂iri’d-dín sháh, dont la mère du souverain était maladivement jalouse ; leurs machinations auraient sans doute coûté la vie à ‘abbás mírzá sans l’intervention du colonel farrant, le chargé d’affaires britannique. mírzá Taqí Khán était autoritaire et inflexible, mais même lui ne put empêcher ce poltron inquiet et incompétent, ás∂afu’d-dawlih, et son ls h∆asan Khán (sálár), charmant, audacieux mais ambitieux et impétueux, de se rebeller une deuxième fois au Khorassan. C’est sult∂án-murád mírzá, le h∆isámu’s-salπanih, un des oncles du jeune nás∂iri’d-dín, qui reçut pour mission de mettre à genoux sálár et de paci er toute la province du Khorassan, ce qu’il t promptement et impitoyablement - une caractéristique de tous les grands princes qadjars. il t le siège de mechhed et sálár et son malheureux père furent renversés.
mais à présent, ce n’était plus vers le Khorassan, qui avait connu peu de temps
dans la Gloire du Père avant la conférence historique et cruciale de Badasht et l’exode des intrépides bábís, qu’il fallait se tourner pour trouver des actes héroïques. a présent, des drames se nouaient dans les forêts du mazandéran, dans la ville de nayríz (province de fars), et dans la ville de zanján. en ces trois lieux quelques centaines de bábís persécutés, pourchassés et assiégés, furent forcés de s’armer et de se battre, mettant en fuite des armées entières avant d’être vaincus par traîtrise et fausses promesses. l’indomptable mullá h∆usayn, quddús le courageux et sept autres lettres-du-vivant, tombèrent à shaykh T∆abarsí au mazandéran, en compagnie de dizaines de héros. l’audacieux h∆ujjat (l’opiniâtre mullá muh∂ammad-’alí de zanján) et ses vaillants compagnons - dont zaynab, jeune lle habillée en garçon qui prit le nom masculin de rustam-’alí et surveilla les remparts - défendirent chaque pouce de terrain avant de succomber avec une bravoure inégalée. á nayríz, l’érudit siyyid yah∂yáy-i-dárábí surnommé vah∂íd, chargé par muh∂ammad sháh lui-même d’aller à Chiraz pour enquêter sur la cause du Báb et ses revendications et qui lui offrit sa délité totale, mourut en martyr dans des circonstances qui rappellent le martyre du troisième imám, Prince-des- martyrs, accompagné dans ce martyre par de nombreuses âmes intrépides dévouées et consacrées au seigneur de l’âge, le qá’im de la famille de muh∂ammad.
dans la capitale, sept hommes - dont le vénérable h∆ájí mírzá siyyid ‘alí, l’oncle du Báb qu’il avait éduqué lorsqu’il devint orphelin - furent décapités en public ; pendant que les sept martyrs de Téhéran marchaient résolument et d’un pas ferme vers le bourreau, une populace barbare leur criait insultes, outrages et moqueries avant de maltraiter leurs corps et d’y mettre le feu.
Puis, un jour d’été de 1850, sur une place de Tabriz, c’est le glorieux Báb lui-même qui fut percé de balles en compagnie d’un disciple que rien au monde, pas même la vue de son jeune ls, ne put convaincre de dévier de la voie de son seigneur et de renoncer à sa foi.
l’héroïsme de ces âmes « intoxiquées par dieu » fut vraiment incomparable.
mais à présent, c’était au tour de mírzá Taqí Khán, sous le vizirat de qui le Báb et ses disciples avaient grandement souffert, de connaître le même sort que son prédécesseur l’ignorant et intrigant antéchrist de la révélation bábíe. il fut sommaire-ment démis de ses fonctions par un monarque aussi capricieux qu’ingrat dont il
la ChuTe de l’amír KaBír
avait pourtant épousé la propre sœur ‘izzatu’d-dawlih. on lui ordonna de s’exiler à Káshán. la tentative du ministre russe pour le protéger mit, dit-on, le jeune et instable nás∂iri’d-dín en colère. le chah donna mission à l’un de ses courtisans, h∆ájibu’d-dawlih de rejoindre secrètement Káshán pour y assassiner mírzá Taqí Khán. h∆ájibu’d-dawlih patienta jusqu’au jour où il put pénétrer dans les bains où le grand vizir déchu se trouvait. il lui dit sa mission. mírzá Taqí Khán t face à la mort bravement. il choisit de s’ouvrir les veines et de mourir comme son sang s’écoulait lentement. ‘izzatu’d- dawlih apprit trop tard le sort de son mari pour tenter de le sauver. Peu après ce meurtre, nás∂iri’d-dín sháh força sa sœur, jeune veuve, à épouser niz∂ámu’l-mulk, ls de son nouveau grand vizir mírzá áqá Khán-i-núrí. mais après la chute de mírzá áqá Khán qui ne fut pas assassiné,
‘izzatu’d-dawlih obtint le divorce.
mírzá Taqí Khán avait deux lles qui, des années plus tard, épousèrent des ls de nás∂iri’d-dín sháh : Táju’l-mulúk (nommée plus tard ummu’l-Khaqán : la mère-du-souverain) fut l’épouse de muz∂affari’d-dín mírzá qui montera un jour sur le trône, et hamdamu’l-mulúk, nommée plus tard hamdamu’s- salt∂anih, épousa sult∂án-mas’úd mírzá, le z∆illu’s-sultán.
sir Percy sykes écrit concernant la carrière et la n de mírzá Taqí Khán : on dit que les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent. si c’est le cas, il faut avoir pitié de l’iran car il est gouverné, comme l’europe médiévale, par des gens dont le principal désir est d’amasser des richesses per fas aut nefas. Pourtant, les regrets que ressent le voyageur lorsqu’il visite le palais et ses charmants jardins de fín (fín, dans les environs de Kháshán, où fut assassiné mírzá Taqí Khán) sont encore plus poignants lorsqu’il réfléchit que si ce ministre avait pu gouverner pendant vingt ans il aurait pu former quelques hommes capables et honnêtes pour lui succéder. l’exécution de l’amír-i-nizam fut une vraie calamité pour la Perse. elle arrêta net les progrès si dif - cilement accomplis et, comme le futur proche l’a montré, elle aura des effets tout aussi désastreux sur ses relations extérieures.1
il faut admettre en toute justice que malgré les coups terribles que mírzá Taqí Khán porta à la nouvelle religion dans le pays qui la vit naître, il était néanmoins un réformateur zélé, intègre, honnête et travailleur. la marque de ses nombreuses actions subsiste pour rappeler à sa nation, bien des années plus tard, les bienfaits
dans la Gloire du Père
obtenus au cours du vizirat de cet homme énigmatique. C’est lui qui fonda l’éducation moderne en iran en instituant un collège appelé dáru’l-funún (la maison des arts et sciences) et en embauchant dans ce collège des instructeurs européens, autrichiens et français. C’est lui qui t les premiers pas pour introduire le journa-lisme à l’européenne en iran, avec sa conséquence logique, des imprimeries bien gérées. mais ces réformes et ces innovations, parmi beaucoup d’autres, n’en font pas pour autant un champion de la démocratie et d’un gouvernement démocratique ou constitutionnel, comme ses fervents admirateurs l’ont fait croire récemment. Par tempérament et dans sa manière d’agir, il était un despote du même moule que son royal et capricieux maître.
la folle tentative d’assassiner nási∂ri’-dín Sháh
revenu de son pèlerinage aux villes saintes d’irak, Bahá’u’lláh était l’invité d’honneur du grand vizir, lorsqu’une tempête d’une force et d’une dimension tita-nesques éclata sur la tête des bábís de Téhéran. elle décima leur rang, ébranla jusqu’aux fondations leur communauté en déclin et pratiquement la réduisit à néant.
les coupables de leur infortune étaient les plus impulsifs et les plus fougueux de leurs membres à qui Bahá’u’lláh avait pourtant conseillé de marcher dans les voies de la sagesse et de la modération. mais ils avaient choisi de mépriser ses avertissements. mullá shaykh-’alí, surnommé ‘az∂ím (Grand) de Turshíz (aujourd’hui, Káshmar) dans le Khorassan, un des premiers bábís, vivait à Téhéran et avait réuni un petit groupe de bábís autour de lui. ils se réunissaient dans différentes maisons, dont celle de h∆ájí sulaymán Khán, lui aussi parmi des premiers bábís, un homme courageux et dévoué que Bahá’u’lláh avait chargé d’aller à Tabriz récupérer la dépouille du Báb martyrisé et de l’apporter à Téhéran. Parmi les bábís proches de mullá shaykh-’alí on trouvait s∆ádiq de Tabriz un tailleur, fath∂u’lláh, un graveur de qom et h∆ájí qásim de nayríz. Ce dernier avait beaucoup souffert aux mains des adversaires de la foi et, aux yeux de ces jeunes gens, le responsable des calamités qui leur étaient advenues était le jeune chah ; ils projetèrent de l’assassiner. mullá shaykh-’alí faisait partie de cette folie criminelle, mais à part lui, on ne connaît pas le nombre de ceux qui y furent impliqués. nabíl-i- a’z∂am rapporte que Bahá’u’lláh témoigna que mullá shaykh-’alí avoua tout et ses af rmations spontanées et détaillées convainquirent les autorités que Bahá’u’lláh n’avait jamais été mis au courant d’un si misérable projet.
C’est le dimanche 15 août 1852 que s∆ádiq, fath∂u’lláh et h∆ájí qásim attaquèrent nás∂ir’d-dín sháh, dans une des résidences d’été du district de shimrán.
aujourd’hui shimrán a été rejoint par la ville et fait partie de la capitale, mais en ce temps-là la distance entre les deux lieux était appréciable. le chah et sa suite venaient de quitter le palais d’été de níyávarán pour la chasse lorsque les trois
dans la Gloire du Père
nás∂iri’d-dín Sháh
jeunes gens s’approchèrent comme s’ils avaient une pétition demandant justice à lui présenter. Ce n’étaient pas des assassins professionnels ; ils entreprirent leur acte ignoble d’une manière très maladroite. leurs armes n’étaient pas appropriées : courts poignards et pistolets à plombs. ils tentèrent de faire tomber le chah de cheval et ne réussirent qu’à lui infliger des blessures super cielles. Puis les membres de la suite du chah, commencèrent à le protéger en frappant les assaillants. s∆ádiq fut tué sur le coup. son corps fut coupé en deux et chaque moitié fut suspendue à l’une des nombreuses portes de la capitale : darvázih shimrán, la porte d’où l’on
la folle TenTaTive
partait pour les résidences d’été et darváziy-i-sháh ‘abdu’l-’az∂ím*, la porte de la route qui passait au sud de la tombe de ce saint. Parce que fath∂’u’lláh ne prononça pas un mot sous la torture, on le crut sourd et idiot. on versa dans sa gorge du plomb fondu. le sort de h∆ájí qásim fut vite réglé lui aussi.
alors Téhéran connut la folie. on se lança à la poursuite des bábís. la mère du jeune chah criait bruyamment vengeance. h∆ájí ‘alí Khán, h∆ájibu’d-dawlih (voir addenda v) de marághih, le farrásh-báshí de la cour, se lança dans une recherche frénétique cherchant à arrêter autant de bábís que possible. C’est alors que ‘abbás, le serviteur de h∆ájí sulaymán Khán qui avait accepté la foi du Báb, retournant sa veste, trahit son maître et ses coreligionnaires. il connaissait personnellement de nombreux bábís importants de Téhéran et il informa le h∆ájibu’d-dawlih de la réunion que ses coreligionnaires avaient organisé dans la maison de son maître. la maison de h∆ájí sulaymán Khán fut encerclée et tous les bábis présents arrêtés, quatre-vingt-un en tout, dont trente-huit étaient des membres importants de la communauté. ils furent jetés dans le síyáh-Chál, le « trou noir ».
Bahá’u’lláh séjournait alors dans une résidence d’été à afjih (afchih), proche de Téhéran. il était l’hôte de Ja’far-qulí Khán, frère de mírzá áqá Khán, le s∆adr-i-a’z∂am (grand vizir). le grand vizir lui-même prévint Bahá’u’lláh de la catastrophe imminente et particulièrement de la haine colérique et vénéneuse de la mère du chah envers lui. ses amis lui proposèrent de le protéger des mauvais desseins de ses ennemis jusqu’à ce que le danger passe. mais Bahá’u’lláh était calme et tranquille.
il n’avait rien à craindre et, le lendemain, il partit à cheval vers la cour royale. en chemin, dans le village de zargandih, il mit pied à terre chez mírzá majíd Khán-i-áhí, le secrétaire de l’envoyé russe, qui était l’époux de sa sœur nisá’Khánum.
apprenant la nouvelle, le h∆ájibu’d-dawlih en informa le chah et le souverain ordonna l’arrestation immédiate de Bahá’u’lláh. néanmoins, ses ennemis étaient stupéfaits car, alors qu’ils cherchaient à l’arrêter, il venait vers eux de sa propre volonté. d’ailleurs, quand Bahá’u’lláh t-il jamais preuve de frayeur ou de crainte ?
* la tombe de sháh ‘abdu’l-’az∂ím ou h∆ad∂rat-i-’abdu’l-’az∂ím, descendant du prophète, était alors à plusieurs kilomètres de Téhéran. aujourd’hui, le village qui portait le nom de ce saint est proche de la capitale et s’appelle shahr-i-ray.
dans la Gloire du Père
ils posèrent brutalement leurs mains sur lui et, en route vers le cul-de-basse- fosse de Téhéran, la foule se moquait de lui et le couvrait d’injures. Celui qui avait été leur ami, leur protecteur, leur bouclier et leur conseil était maintenant victime de leur haine fanatique. Jésus avait subi le même sort. le dimanche des rameaux les gens vinrent à sa rencontre pour le saluer royalement. Jérusalem résonnait des
« hosanna au ls de david ! », « Béni soit celui qui vient au nom du seigneur ; hosanna au plus haut des cieux ! » mais lorsque quelques jours plus tard, dans le palais de Ponce Pilate, ils eurent à choisir qui devait mourir : Barrabas le criminel convaincu et condamné ou Jésus, la lumière du monde, ils demandèrent la mort de Jésus ; ils renièrent le Christ. « Cruci e-le ! » crièrent-ils. C’est ainsi que, toujours, le monde traite son véritable ami.
Mírzá áqá khán-i-núrí, i‘timáqu’d-dawlih, deuxième
grand vizir de násiri’d-dín Sháh et lointain parent de bahá’u’lláh
la folle TenTaTive
de la foule qui hurlait des insultes à Bahá’u’lláh et lui jetait des pierres, une vieille femme s’avança, une pierre à la main, qu’elle voulait lui jeter. folle de rage, elle était pourtant trop faible pour suivre le rythme de l’escorte. elle supplia un garde : « laisse-moi une chance de lui jeter cette pierre à la gure ! » alors Bahá’u’lláh dit aux gardes : « ne décevez pas cette femme ; ne la privez pas de ce qu’elle considère comme un acte méritoire aux yeux de dieu. » Telle était la mesure de sa compassion.
Concernant l’attentat contre le chah, voici ce que Bahá’u’lláh écrit dans l’Épître au ls du loup :
nous n’étions aucunement mêlé à cet acte infâme et notre innocence fut indiscutablement établie par les tribunaux. néanmoins, on nous arrêta et de níyávarán qui était alors la résidence de sa majesté, l’on nous conduisit, à pied, enchaîné, tête et pieds nus, à la prison de Téhéran. le cavalier brutal qui nous accompagnait arracha notre toque tandis que nous étions entraîné précipitamment par une troupe de bourreaux et de policiers. Pendant quatre mois nous fûmes enfermé dans un lieu infect entre tous. une fosse étroite et sombre eut été préférable au cul-de-basse-fosse où furent con nés cet opprimé et d’autres comme lui. à notre arrivée, nos fûmes conduit le long d’un corridor noir comme de l’encre, d’où nous descendîmes trois volées de marches raides pour arriver au lieu de con nement qui nous était assigné. l’endroit était plongé dans une profonde obscurité et le nombre de nos compagnons de prison avoisinait les cent cinquante : voleurs, assassins et brigands. Bien qu’il fût bondé, il ne comprenait pas d’autre issue que le passage par lequel nous étions entré. aucune plume ne peut dépeindre ce lieu, aucune langue en décrire l’infâme puanteur. la plupart de ces prisonniers n’avaient ni vêtements ni couche sur laquelle reposer. dieu seul sait ce qui nous advint en ce lieu empesté et lugubre entre tous !1
naissance de la révélation bahá’íe
à Téhéran, le síyáh-Chál, le « Trou-noir », était une basse-fosse sombre, humide et débilitante qui ne voyait jamais le soleil. Ce fut un temps le réservoir d’eau d’un bain public. on n’y survivait pas longtemps. C’est là, pendant l’été de 1852, qu’on entassa, enchaînés, tous les bábís qu’on avait pu saisir dans la capitale. Courtisans distingués, humbles artisans, riches marchands, étudiants en théologie, toutes les classes de la société y étaient représentées.
Bahá’u’lláh était du nombre. on plaça sur sa nuque l’une des deux chaînes les plus craintes de tout le pays, dont le poids excessif courba tout son corps.
Bahá’u’lláh parle de ces terribles chaînes dans l’ Épître au ls du loup : si jamais tu devais visiter le cachot souterrain de sa majesté le chah, demande au directeur, chef des geôliers, de te montrer les deux chaînes connues sous les noms de qará-Guhar et salásil. Je jure par le soleil de la justice que, quatre mois durant, cet opprimé fut tourmenté et entravé par l’une ou l’autre. « mon tourment dépasse tous les maux dont se plaignit Jacob et toutes les afflictions de Job ne sont qu’une part de mes peines ! » 1
avec lui était enchaîné un jeune shírází, ‘abdu’l-vahháb (voir chapitre 18).
déshonoré en apparence, et enchaîné comme un dangereux criminel, Bahá’u’lláh reçut néanmoins de nombreux visiteurs d’importance, tels que dúst-’alí Khán, le mu’ayyiru’l-mamálik*, niz∂ámu’d-dawlih et h∆ájí mírzá mah∂múd, le niz∂ámu’l-
’ulamá, précepteur de nás∂iri’d-dín sháh dans sa jeunesse, qui avait assisté au procès du Báb à Tabriz. ils descendirent à sa rencontre dans cette fosse vermineuse, s’assirent courtoisement près de lui et lui parlèrent très respectueusement.
nabíl, dans son immortelle histoire de la foi bahá’íe, rapporte les paroles
* soixante ans plus tard, le troisième mu'ayyiru'l-mamálik, dúst-muh∂ammad Khán - ls de dúst-'alí Khán et gendre de nás∂iri'd-dín sháh - rencontra 'abdu'l-Bahá à londres et lui devint si dévoué qu'il venait en sa présence tous les jours et l'accompagnait partout. un jour, mírzá mah∂múd-i-zarqání, secrétaire de 'abdu'l-Bahá et chroniqueur de ses voyages, découvrit dúst- muh∂ammad Khán contemplant, en pleurant d’abondance, 'abdu'l-Bahá.
dans la Gloire du Père
qu’il entendit lui-même de la bouche de Bahá’u’lláh, décrivant les tourments de ces journées :
nous fûmes tous entassés dans une seule cellule, nos pieds dans les fers et, autour de notre cou, des chaînes au poids blessant. l’air que nous respirions était chargé des plus répugnantes impuretés, alors que le sol sur lequel nous étions assis était couvert d’immondices et infesté de vermine. aucun rayon de lumière ne pouvait pénétrer dans ce cachot pestilentiel ou réchauffer son froid glacial. nous fûmes placés sur deux rangées, l’une en face de l’autre. nous avions appris aux compagnons à répéter certains versets que, chaque nuit, ils psalmodiaient avec une ferveur extrême. « dieu me suf t.
il est, en vérité, celui qui suf t à tout ! » entonnait une rangée alors que l’autre répondait : « qu’en lui se con ent les âmes con antes ! » Ces joyeuses voix continuaient à se faire entendre en chœur jusqu’aux premières heures du matin. leur écho remplissait le cachot et, perçant ses murs massifs, parvenait aux oreilles de nás∂iri’d-dín sháh, dont le palais n’était pas très éloigné de l’endroit où nous étions emprisonnés. « que signi e ce bruit ? » se serait-il exclamé. « C’est l’hymne que les bábís entonnent dans leur prison », avait-on répondu. le chah n’avait pas fait d’autres remarques et n’avait pas essayé non plus de retenir l’enthousiasme dont faisaient preuve ses prisonniers malgré les horreurs de leur incarcération.
un jour, on nous apporta, dans notre prison, un plateau de viandes rôties que le chah, nous dit-on, avait ordonné de distribuer parmi les prisonniers. « le chah, ajouta-t-on, dèle au serment qu’il a fait, a choisi ce jour pour vous offrir tout cet agneau, tenant ainsi parole. » un profond silence envahit nos compagnons, qui s’attendaient à ce que nous donnions une réponse de leur part. « nous vous retournons ce présent, répon - dîmes-nous ; nous pouvons très bien nous en passer. » la réponse que nous fîmes aurait fort irrité les gardes si ceux-ci n’avaient été avides de dévorer la nourriture que nous avions refusé de prendre. malgré la faim qui terrassait nos compagnons, seul l’un d’entre eux, un certain mírzá h∆usayn-i- mutivallíy-i-qumí, exprima le désir de manger la nourriture que le souverain avait décidé de nous offrir. avec une force d’âme vraiment héroïque, nos compagnons de prison se résignèrent, sans un murmure, à endurer l’état pitoyable auquel ils étaient réduits. ils louaient sans cesse dieu au lieu de se plaindre du traitement que leur avait réservé le chah, essayant ainsi d’oublier les épreuves d’une cruelle captivité.
Chaque jour nos geôliers, en entrant dans notre cellule, appelaient l’un de nos compagnons par son nom, lui ordonnaient de se lever et de les suivre au pied de l’échafaud.
avec quel empressement le compagnon désigné répondait-il à cet appel solennel !
naissanCe de la révélaTion Bahá’íe 103
libéré de ses chaînes, il bondissait et, dans un état de joie irrépressible, s’approchait de nous et nous embrassait. nous cherchions à le réconforter avec l’assurance d’une vie éternelle dans l’au-delà et, faisant déborder son cœur de joie et d’espoir, l’envoyions gagner la couronne de gloire. il embrassait alors, tour à tour, les autres compagnons de prison et partait mourir avec autant d’intrépidité qu’il avait vécu. Peu après le martyre de chacun de ces compagnons, le bourreau, qui nous était devenu familier, nous appre-nait les circonstances de la mort de sa victime, et la joie avec laquelle, jusqu’au bout, elle avait enduré ses souffrances. 2
C’est dans les ténèbres obscures et tragiques du síyáh-Chál que naquit la révélation bahá’íe, dans la ville même, Téhéran, où le porteur de cette révélation avait vu le jour. dans cette terrible prison destinée aux dangereux criminels, on avait choisi d’entasser les survivants brisés et abattus d’une communauté qui avait été ère et florissante. autour de Bahá’u’lláh gisaient, enchaînés, les bábís qui, ers un jour, portaient maintenant le stigmate déshonorant des régicides. excité, l’ennemi ne connaissait pas la pitié et ne leur en montra aucune. ils étaient condamnés d’avance, destinés à perdre la vie dans d’horribles tortures.
la communauté du Báb, sans guide, sans but, courait au désastre. on pouvait se demander si c’était pour cette n futile, douteuse, infamante que le glorieux Báb avait offert sa vie, que le brave, l’indomptable Bábu’l-Báb, le doux et inébranlable quddús, le courageux et vaillant h∆ujjat, l’érudit et ferme vah∂íd ainsi que d’innombrables autres héros étaient tombés au champ d’honneur.
la réponse était un « non ! » clair et net. Car les bábís, même démoralisés, même influencés par des idées étrangères à leur foi, même éloignés des justes desseins du Báb, avaient gardé dans leur cœur l’espoir de la promesse de la proche venue de « Celui-que-dieu-rendra-manifeste ».
C’est dans le sentier de cette suprême manifestation de la divinité que le Báb avait offert son sang. C’est pour paver la voie à sa venue que les martyrs étaient tombés à shaykh T∆abarsí, à zanján et à nayríz. en fait, la raison d’être des bábís était de reconnaître « Celui-que-dieu-rendra-manifeste ». « Je vous prépare pour la venue d’un grand jour » avait af rmé le Báb aux lettres-du-vivant, ses premiers disciples, en les envoyant « s’éparpiller dans tout le pays pour, d’un pied ferme et d’un cœur sancti é, préparer la voie de sa venue ». le Báb avait promis à ses disciples la « victoire nale » mais, curieusement et cruellement, cette victoire leur
dans la Gloire du Père
avait échappé. elle serait à eux, certainement, sous l’étendard de cette suprême manifestation de la divinité dont la venue leur était promise et qu’ils attendaient avec impatience.
Bahá’u’lláh nous a donné un témoignage personnel, précis et émouvant des heures au cours desquelles il devint conscient de sa mission divine :
« Pendant les jours où j’étais con né dans la prison de Téhéran, quoique le poids irritant des chaînes et l’air empesté m’aient laissé peu de sommeil, il me semblait que, dans ces rares moments d’assoupissement, quelque chose s’écoulait du sommet de ma tête sur ma poitrine, ainsi qu’un torrent puissant se précipite sur la terre du sommet d’une montagne élevée. alors, tous mes membres prenaient feu, et à ces moments-là ma langue prononçait des paroles qu’aucun homme ne pourrait supporter d’entendre.
une nuit, en rêve, ces paroles exaltantes se rent entendre de tous côtés : « en vérité, nous te rendrons victorieux par toi-même et par ta plume. ne t’afflige pas à cause de ce qui t’est arrivé et ne sois pas effrayé, car tu es en sécurité. Bientôt, dieu fera paraître les trésors de la terre des hommes qui t’aideront par toi-même et par ton nom, avec lesquels dieu a ranimé les cœurs de ceux qui l’ont reconnu.
Tandis que je sombrais sous le poids des afflictions, j’entendis, au-dessus de ma tête, une voix merveilleuse et in niment douce qui m’appelait. levant les yeux, j’aperçus une créature virginale - personni cation du souvenir du nom de mon seigneur - qui flottait dans l’espace, devant moi. son âme tout entière était dans une telle joie que son expression resplendissait du bon plaisir de dieu, et que son visage rayonnait de la clarté du Très-miséricordieux. entre ciel et terre, elle lançait un appel qui captivait le cœur et l’esprit des hommes. elle me t part, d’une façon à la fois objective et subjective, de nouvelles qui réjouirent mon âme et celle des serviteurs estimés de dieu. montrant ma tête du doigt, elle s’adressa à tous ceux qui sont au ciel et à tous ceux qui sont sur terre, en ces termes : « au nom de dieu, voici le Bien-aimé des mondes et cependant vous ne le comprenez pas. voici la Beauté de dieu parmi vous, et la puissance de sa souveraineté en vous, si seulement vous pouviez le comprendre. Celui-ci est le mystère de dieu et son trésor, la cause de dieu et sa gloire pour tous ceux qui sont dans les royaumes de la révélation et de la création, si vous êtes de ceux qui le perçoivent. » 3
il n’existe rien d’équivalent dans toutes les écritures de l’humanité.
les martyrs bábís de 1852
la sauvagerie des cruautés perpétrées sur les martyrs bábís au cours de l’été 1852 est si révoltante qu’un militaire autrichien, le capitaine von Goumoens, qui était au service de nás∂iri’d-dín sháh, donna sa démission et écrivit à un ami cette lettre terrible datée du 29 août 1852 :
Cher ami, ma dernière lettre du 20 courant mentionnait l’attentat contre le roi. Je m’en vais à présent te communiquer le résultat de l’interrogatoire auquel les deux criminels ont été soumis. en dépit des terribles tortures qu’on leur a infligées, l’interrogatoire ne leur a pas arraché de confession compréhensible ; la bouche des fanatiques est restée close, même lorsqu’on a tenté, au moyen de pinces rougies au feu et de vis qui percent les membres, de découvrir le nom des conspirateurs…
mais suis-moi, mon ami, toi qui prétends posséder un cœur et une éthique européenne, suis-moi pour voir les malheureux qui, les yeux exorbités, doivent manger, sur la scène de l’acte, sans aucune sauce, leurs propres oreilles amputées ; ou bien ceux dont les dents sont arrachées avec une violence inhumaine par la main du bourreau ; ou ceux dont le crâne nu est simplement écrasé par les coups d’un marteau ; ou bien l’endroit où le bazar est illuminé par de malheureuses victimes car, à droite et à gauche, le peuple creuse de profonds trous dans leurs poitrines et leurs épaules, et introduit des mèches brûlantes dans leurs blessures.
J’en ai vu quelques-uns traînés, enchaînés, à travers le bazar, précédés par une bande de militaires, et chez qui ces mèches avaient causé de si profondes brûlures que la graisse moussait convulsivement dans la blessure à la manière d’une lampe qu’on vient d’éteindre. il n’est pas rare de voir l’ingéniosité infatigable des orientaux découvrir de nouvelles tortures.
ils dépècent les plantes des pieds des bábís, plongent les blessures dans de l’huile bouillante, ferrent les talons comme on le fait pour le sabot d’un cheval, et obligent la victime à courir. aucun cri ne s’échappe du sein de la victime ; le tourment est enduré dans un profond silence par le fanatique privé de sensation ; il doit alors courir ; le corps ne peut endurer ce que l’âme a enduré ; il tombe.
dans la Gloire du Père donnez-lui le coup de grâce ! libérez-le de sa souffrance ! non ! le bourreau fait siffler le fouet, et - j’ai dû moi-même le voir - la malheureuse victime de centaines de tortures court ! C’est le début de la n. quant à la n elle-même, ils pendent les corps grillés et perforés par les mains et les pieds à un arbre, la tête vers le bas, et alors chaque Persan peut essayer à volonté sa qualité de tireur, à partir d’une distance déterminée mais non trop proche, sur la noble proie mise à sa disposition. J’ai vu des corps criblés par près de cent cinquante balles. les plus chanceux furent étranglés, lapidés ou étouffés ; les autres furent liés à la bouche d’un canon, découpés au sabre, transpercés de coups de poignards ou écrasés à coups de marteau et de canne. les massacreurs ne furent pas seulement les bourreaux et la populace : de temps à autre, le ministère de la justice offrait un malheureux bábí à quelque dignitaire qui s’en montrait très heureux, considérant comme un honneur de tremper ses mains dans le sang d’une victime ligo-tée et sans défense. l’infanterie, la cavalerie, l’artillerie, les ghuláms ou gardes royaux, la confréries de métiers : bouchers, boulangers, etc, tous participèrent à cette tuerie. un bábí fut présenté au corps des of ciers supérieurs de la garnison. le général lui porta le premier coup, puis les autres suivirent, selon leurs grades. les militaires persans ne sont pas des soldats mais des bouchers… Plût à dieu que je n’eusse pas vécu pour le voir ! mais, de par les devoirs de ma profession, j’ai été malheureusement souvent, trop souvent, témoin de ces abominations. à présent, je ne quitte plus jamais ma maison, a n de ne pas assister à de nouvelles scènes d’horreur. après leur mort, les bábís sont coupés en deux et soit cloués à la porte de la ville, soit jetés dans la plaine comme nourriture aux chiens et aux chacals. ainsi, le châtiment dépasse même les limites qui entourent ce monde cruel, car les musulmans qui ne sont pas enterrés n’ont pas le droit d’entrer au paradis du Prophète.
Puisque mon âme tout entière se révolte contre une telle infamie, contre des abominations comme celles qui, selon l’avis de tous, ont été récemment perpétrées, je ne resterai plus en rapport avec la scène de tels crimes. » 1
on voit ici le degré de dégoût et de révulsion ressenti par un of cier autrichien civilisé. Pourtant, ceux qui ordonnèrent, approuvèrent et commirent de telles sauvageries, s’en glori èrent à plaisir ainsi qu’en témoigne le reportage du journal of ciel de l’époque, rúznámiy-i-Vaqáyi’-i- ittifáqíyyih. sulaymán Khán, cet homme sans peur qui avait récupéré, sur l’ordre de Bahá’u’lláh, les restes enchevêtrés du glorieux Báb et de son dèle disciple, t partie de ces âmes braves et inflexibles qui moururent dans l’holocauste de 1852.
les marTyrs BáBís de 1852 107
il aida les bourreaux à creuser neuf trous dans son corps, dans lesquels on plaça neuf chandelles allumées. Puis on l’exhiba dans les rues et dans les bazars, une foule qui hurlait, braillait, beuglait et se comportait de façon démentielle sur ses talons. Jeune et vigoureux, sulaymán Khán était un courtisan habitué à commander et à parader. le jour de son martyre, il s’exclama au milieu de ses tortures :
« existe-t-il fastes plus splendides que ceux qui accompagnent, aujourd’hui, mon chemin vers la couronne de gloire ? loué soit le Báb qui suscite une telle dévotion dans le cœur de ceux qui l’aiment et les dote d’un pouvoir qui dépasse celui des rois ! » la flamme des bougies vacillait quand il s’exclama : « ô flammes ! il y a longtemps que vous avez perdu vos aiguillons et que vous ne pouvez plus me faire souffrir. montrez plus d’ardeur car j’entends, par vos langues de feu, la voix qui m’appelle vers mon Bien-aimé ! » 2. Puis, aux injures d’un de ses tortionnaires il répondit par ce distique :
la coupe de vin d’une main et de l’autre les cheveux de l’aimé, Je veux danser vers mon destin sur la place du marché. 3
ainsi mourut sulaymán Khán.
une autre victime célèbre de cette tourmente fut ∏áhirih, la poétesse de qazvín dont le talent égalait la beauté. C’est elle qui, à la conférence de Badasht, avait héroïquement lancé l’appel à l’émancipation de son sexe opprimé. C’est au cœur de la nuit qu’ils l’étranglèrent et jetèrent son corps dans un puits a n d’en faire disparaître toute trace. mais le souvenir de sa constance, de son courage et de sa dévotion perdurera. que les aveugles à la vérité, les jaloux et les fanatiques la calomnient comme ils la calomnièrent, qu’importe ! l’étoile de la poétesse à la bouche d’argent resplendira jusqu’à la n des temps. ∏áhirih savait qu’elle allait mourir et était prête. à son hôtesse, femme du magistrat chargé de la garder, ∏áhirih s’adressa la veille de son martyre : « Je me prépare à rencontrer mon Bien-aimé et souhaite vous délivrer du poids de mon emprisonnement. » 4 elle portait une robe de mariée.
Telle fut la force d’âme des bábís et l’ampleur de leur sacri ce.
siyyid h∆usayn-i-Kátib, surnommé ‘azíz, une des lettres-du-vivant, secrétaire du Báb et son compagnon dans les prisons d’azerbaïdjan, fut un autre encore de
dans la Gloire du Père
ces bábís connus qui burent la coupe du martyre en cet été 1852. il fut la victime des ájúdán-Báshí et des of ciers supérieurs de l’armée qui le taillèrent en pièces avec leurs sabres.
mullá ‘abdu’l-Karím-i-qazvíní (connu sous le nom de mírzá ah∂mad-i-Kátib) fut déchiqueté par les poignards des artilleurs. son frère, áqá ‘abdu’l-h∆amíd fut aussi martyrisé.
le martyr dont parle le capitaine von Goumoens, celui qu’on avait ferré comme un cheval et forcé à courir était, d’après le journal of ciel, áqá muh∂amad-Taqí de Chiraz. les coupables de ce crime odieux furent asadu’lláh Khán, maître des écuries de nás∂iri’d-dín sháh, et les employés des écuries royales.
aux étudiants même du dáru’l-funún, l’école récemment créé par amír Kabír, on demanda de participer à cette sauvagerie. leur victime fut mírzá nabí de damávand, un érudit vivant à Téhéran qu’ils percèrent de leurs épées et de leurs lances.
h∆ájí mírzá Jání, le dèle marchand de Káshán, qui avait été l’hôte du Báb dans cette ville et était le premier chroniqueur de sa foi*, fut la victime de áqá mihdi, le maliku’t-Tujjár (roi des marchands) et des principaux commerçants de la capitale qui l’assaillirent avec diverses armes. un autre personnage célèbre fut martyrisé : lut∂f-’alí mírzá de Chriraz, un survivant du massacre de shaykh T∆abarsí, descendant des rois afsharides. il avait écrit une histoire de l’épisode de shaykh T∆abarsí qu’il ne put terminer. le shát∂ir-Báshí (messager en chef) et les shát∂irs (messagers) sous son commandement tuèrent lut∂f-’alí mírzá à coups de pierres, de couteaux, de dagues et de cannes.
le journal of ciel qui relate ces horreurs le fait avec orgueil et erté. shát∂ir- Báshí avait rendu un grand service au chah le jour même de l’attentat contre lui.
nás∂iri’d-dín sháh était donc prêt à épargner son frère, mírzá sulaymán-qulí, connu sous le nom de Khát∂ibu’r-rah∂mán (la voix du miséricordieux). mais shát∂ir-Báshí le tua en personne en s’écriant qu’il ne voulait pas d’un bábí comme frère.
h∆usayn-i-mílání, connu sous le nom de h∆usayn-Jáni (bien-aimé h∆usayn) qui
*sa courte chronique a été tellement falsi ée qu’on ne reconnaît plus l’original ; elle contient un grand nombre d’élucubrations ; elle a été publiée sous le titre nuqt∂atu’l-Káf. Voir edward granville browne and the bahá’í Faith, de Balyuzi. on raconte que mírzá áqá Khán, le grand vizir, souhaitait sauver h∆ájí mírzá Ján.
les marTyrs BáBís de 1852 109
avait avancé la prétention d’avoir un rang spirituel et avait quelques disciples fut un autre des martyrs de cet horrible mois d’août. des soldats de divers régiments le tuèrent à coups de lances selon leurs détestables manières.
d’après nabíl-i-a’z∂am, trente-huit bábís furent martyrisés de la manière décrite, par différents groupes. mais assez parlé des atrocités commises par un ennemi vengeur ; contentons-nous maintenant de citer les noms des autres martyrs que rapporte le journal of ciel. nulle part dans la capitale iranienne on ne trouve de tombes ou de stèles pour commémorer leur suprême sacri ce. mais les pages de l’histoire, ornées de leur gloire, témoigneront à travers les siècles à venir, de leur héroïsme et de l’infamie et de la honte éternelle de leurs bourreaux.
les autres martyrs nommés sont : siyyid h∆asan-i-Khurásání (h∆ájí mírzá h∆asan-i-rad∂aví, survivant de shaykh T∆abarsí, mullá h∆usayn-i-Khurásání ; mullá zaynu’l-‘ábidín-i-yazdí, mullá fat∂hu’lláh-i-qumí (un des attaquants du chah d’après le journal of ciel), shaykh ‘abbás-i-T∆ihrání, áqá muh∂ammad-Báqir-i-najafábádí, mullá mírzá muh∂ammad-i-nayrízí (d’après le journal of ciel, il se serait battu dans le mazandéran, à zanján et nayríz d’après les nombreuses cica-trices découvertes sur son corps), áqá muh∂ammad-’alíy-i-najafábádí, áqá mihdíy-i-Káshání, s∆adiq-i-zanjání (peut-être né à Tabriz, il fut l’un des attaquants du chah, tué sur place par l’entourage royal), h∆ájí qásim-i-nayrízí (il mourut avec sulaymán Khán et de la même manière ; leurs corps furent coupés en deux et suspendus aux portes de la ville), mírzá rafí’-i-núrí, mírzá mah∂múd-i-qazvíní, najaf-i- Khamsi’í, h∆asan-i-Khamsi’í et muh∂ammad-Báqir-i-quhpáy’í.
le même journal of ciel mentionne que, leur culpabilité ne pouvant être prouvée, nás∂iri’d-dín sháh avait condamné à la prison à vie les personnes suivantes : mírzá h∆usayn-’alíy-i-núrí (Bahá’u’lláh), mírzá sulaymán-qulí (assassiné par son propre frère, comme dit plus haut), mírzá mah∂múd, áqá ‘abdu’lláh ( ls de áqá muh∂ammad-Ja’far), mírzá Javád-i-Khurásání et mírzá h∆usayn-i-qumí au sujet duquel le journal ajoute : « Bien que pas vraiment coupable, on le garda plus longtemps pour l’interroger »… espérant sans doute qu’il impliquererait ‘abbás mírzá, demi-frère de nas∂iri’d-dín sháh dont le précepteur était à qom. finalement ils furent tous deux bannis en irak.
en plus de ceux dont les noms sont cités dans le journal of ciel, on sait que les personnes suivantes furent martyrisées en été 1852 : h∆ájí muh∂ammad- rid∂áy-i-
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is∂fahání, ibráhím Big-i-Khurásání, mírzá ‘alí-muh∂ammad-i-núrí (un cousin de Bahá’u’lláh par une tante paternelle), mullá ‘abdu’l-faππáh∂ (un vieil homme de quatre-vingts ans qui fut amené de Tákur et jeté dans le síyáh-Chál où il mourut aussitôt), mullá ‘alí Bábá et áqá muh∂ammad-Taqí (tous deux nés à Tákur et amenés à Téhéran ; ils moururent en prison).
il ne fait pas de doute qu’il y eut d’autres martyrs à Téhéran dont personne, ni amis ni ennemis, n’a enregistré les noms.
à Tákur, district de núr, village natal du père de Bahá’u’lláh, un incident advint dont mírzá yah∂yá fut responsable. Connaissant le plan élaboré par ‘az∂ím, h∆usayn-Ján-i-mílání et les autres, il quitta Téhéran pour Tákur avant sa mise en application. il était si convaincu du succès du plan de ses compagnons égarés qu’il prit discrètement des mesures pour consolider sa position à Tákur et dans tout le district. mullá ‘alí Bábá, religieux d’âge avancé, fut persuadé par mírzá yah∂yá de rejeter ses vêtements de clerc, d’homme de savoir, pour revêtir l’uniforme d’un guerrier surarmé et de porter une casquette de chasseur. muh∂ammad-Taqí Khán, jeune et facile à impressionner, les suivit avec quelques autres et très vite la rumeur se répandit que les bábís préparaient un soulèvement. Puis la nouvelle arriva de l’échec de la tentative d’assassinat du chah. Terri é, mírzá yah∂yá raconta partout qu’il partait pour Téhéran, s’enfuit à cheval de Tákur pour revenir de nuit s’y cacher. il sortit de sa cachette déguisé en derviche et, accompagné de son oncle, mírzá (ou mullá) zaynu’l-’ábidín et d’un autre homme nommé mullá ramad∂án, ils se perdirent dans les forêts du mazandéran pour arriver en n à la ville mariti-me de mashhad-sar (aujourd’hui, Bábulsar). de là, mírzá yah∂yá et son oncle prirent un bateau jusqu’à anzalí, dans la province caspienne de Gílán. d’anzalí ils se dirigèrent vers Bagdad. Pendant ce temps, les gens de Tákur, alarmés et dirigés par shaykh ‘azízu’lláh (l’oncle de Bahá’u’lláh, qui lui était hostile), continuaient à envoyer des rapports exagérément alarmistes à Téhéran. exaspéré, nás∂iri’d-dín sháh ordonna au s∆adr-i-a’z∂am, mírzá áqá Khán de donner une bonne leçon aux bábís de Tákur. mírzá áqá Khán, lui-même un núrí, savait que les nouvelles de Tákur étaient très exagérées mais il devait faire quelque chose pour plaire au chah.
il choisit donc un régiment de cavaliers commandé par h∆asan-’alí Khán-i- qájár secondé par son propre neveu mírzá abú-T∆álib Khán. la sœur de ce dernier était mariée à áqá muh∂ammad-h∆asan, un des frères de Bahá’u’lláh. Pourtant, malgré
les marTyrs BáBís de 1852 111 ces liens familiaux et les avertissements et conseils du Premier ministre, malgré les protestations de h∆asan-’alí Khán, mírzá abú-∏álib Khán n’y alla pas de main morte. il refusa de rencontrer son beau-frère, terrorisa la campagne alentour et laissa ses soldats se déchaîner sur les habitants de Tákur dont beaucoup s’enfuirent dans les collines et les montagnes alentour. Bábá Khán, muh∂ammad-Taqí Khán et
‘abdu’l-vahháb Big étaient trois personnalités bábíes qui s’enfuirent dans les collines. le premier réussit à s’enfuir. le second, voyant de loin la conduite excessivement brutale des soldats et le sort terrible de ses coreligionnaires, annonça à son compagnon qu’il allait retourner au village pour aider, comme il pourrait, à soulager les souffrances des habitants de Tákur. Comprenant que la situation était désespérée, ‘abdu’l-vahháb Big tenta de l’arrêter, mais devant l’entêtement de muh∂ammad-Taqí Khán, il décida de l’accompagner, suivi de son serviteur. Comme ils descendaient de la colline, on leur tira dessus. ils tombèrent tous les deux pendant que le serviteur, plongeant dans la rivière, fut emporté par le courant.
dans le salon de sa maison de haïfa, au cours d’une soirée d’août 1919,
‘abdu’l-Bahá parla de muh∂ammad-Taqí Khán de Tákur, de ses grandes qualités et de sa bravoure. il rappela que muh∂ammad-Taqí Khán avait été élevé dans le luxe et que sa mère, âgée de quatre-vingts ans, était la constance incarnée. après la mort de son ls il ne lui restait qu’une maison en ruine qui avait été pillée. Toute la nuit qui suivit elle loua dieu et le remercia, disant : « mon seigneur ! je n’avais qu’un ls et je l’ai offert en ton chemin. loué sois-tu ! »
un mois plus tard, continua ‘abdu’l-Bahá, un certain h∆ájí h∆asan-i-Kujúrí vint chez la mère de muh∂ammad-Taqí Khán. étant très honnête, il voulait lui rembourser une dette qu’il devait à son ls martyr. Pourtant, bien qu’elle fut dans le besoin, la vieille dame refusa malgré l’insistance de h∆ájí h∆asan. elle lui dit : « la femme de mon ls et ses enfants sont à Téhéran. donne-leur l’argent. »
mírzá abú-∏álib Khán avait arrêté une vingtaine de personnalités bábíes, parmi lesquelles le vieux mullá ‘abdu’l-fat∂t∂áh∂, mullá ‘alí Bábáy-i-Buzurg (l’ancien), mullá ‘abdu’l-Bábáy-i-Kúchik (le Jeune) et un certain nombre de femmes qui furent tous emmenés à Téhéran. les hommes furent jetés dans le síyáh-Chál où les trois mentionnés ci-dessus, et trois autres dont muh∂ammad-Taqí Big, moururent en présence de Bahá’u’lláh qui ferma lui- même les yeux de mullá ‘alí Bábáy-i-Buzurg. ‘abdu’l-Bahá raconte que lorsque mírzá abú-∏álib Khán ordonna de cou-
dans la Gloire du Père
áqá Muh∂ammad-h∆asan, le demi-frère aîné de bahá’u’lláh
per la barbe de mullá ‘abdu’l-fat∂t∂áh∂, le soldat coupa aussi brutalement un peu de son menton. Plus mort que vif, ce vieux bábí expira en arrivant au síyáh-Chál. le cruel et présomptueux mírzá abú-∏álib Khán obligea son propre beau-frère, áqá muh∂ammad-h∆asan qui était chargé de gérer la propriété familiale, à quitter Tákur.
Ce dernier laissa son ls, mírzá Ghulám-’alí, en charge des affaires et partit pour Téhéran.
reçu par nás∂iri’d-dín sháh, mírzá abú-∏álib Khán se vanta de ses actions mais le chah, se tournant vers h∆asan-’alí Khán, lui demanda en turc ce qui s’était vraiment passé. le chef qadjar, très franchement, dit au chah qu’il n’avait vu aucun signe de rébellion à Tákur et que l’envoi des soldats là-bas avait eu pour résultat la mort d’un certain nombre d’innocents, le ravage d’une grande partie de la région
les marTyrs BáBís de 1852 113
ainsi que le pillage et la destruction de la maison de mírzá Buzurg. on raconte que nás∂iri’d-dín sháh se sentit honteux et confus. mírzá áqá Khán réprimanda son neveu, mais le jeune ambitieux reçut quand même un grade dans l’armée et un régiment à commander.
le destin de ceux qui se rendirent coupables d’exactions à Tákur est inscrit dans l’histoire : dans le mois qui suivit, mírzá abú-∏álib Khán, la tête sur les genoux de son beau-frère áqá muh∂ammad-h∆asan, rempli d’étonnement devant la gentillesse et la compassion dont faisait preuve envers lui le mari de sa sœur qu’il avait offen-sé et traité avec mépris, mourut du choléra. mírzá Khalíl-i-yálrúdí, qui avait commis des atrocités au cours de la même année, tomba d’un pont qu’il traversait à cheval et mourut de ses blessures. ∏ahmásb-qulí Khán-i-Kujúrí, lui aussi coupables d’atrocités, fut mis en pièces par son entourage. nabí, qui se vantait d’avoir tué muh∂ammad-Taqí Khán d’un coup de fusil, tomba de cheval et mourut lors du retour de l’armée de Tákur.
histoire d’un jeune Shírází
le cœur débordant d’amour pour Bahá’u’lláh, un jeune homme de Chiraz s’est immolé ; voici son histoire glorieuse, qui remonte aux premiers mois de la nouvelle révélation, telle qu’elle fut contée par Bahá’u’lláh, puis par ‘abdu’l-Bahá et écrite par nabíl.
lorsque mullá ‘alíy-i-Bast∂ámí, lettre-du-vivant que le Báb envoya en irak, se mit en route, il n’était encore qu’à une courte distance de Chiraz quand il fut rejoint par un jeune homme qui dit se nommer ‘abdu’l-vahháb. son but était très simple : il voulait suivre mullá ‘alí partout où irait celui-ci. il avait aussi une étrange histoire à conter. laissons parler nabíl-i-a’z∂am : « Je vous supplie, dit-il en pleurant à mullá ‘alí, de me permettre de vous accompagner dans votre voyage. mon cœur est oppressé par la perplexité ; je vous prie de guider mes pas dans la voie de la vérité. la nuit dernière, dans mon rêve, j’ai entendu le crieur annoncer, sur la place du marché à Chiraz, l’apparition de l’imám ‘alí, le Commandeur des croyants. il appelait la foule en ces termes : « levez-vous et cherchez-le. regardez, il retire hors du brasier ardent les chartes de liberté et les distribue au peuple. hâtez-vous de le rejoindre, car quiconque les reçoit de ses mains sera exempt des souffrances du châtiment, et quiconque omet de les obtenir de lui sera privé des bénédictions du paradis. » dès que j’entendis la voix du crieur, je me levai et abandon-nai mon échoppe, je courus à travers la rue du marché de vakíl en direction de l’endroit où mes yeux vous contemplèrent debout en train de distribuer ces mêmes chartes au peuple. à tous ceux qui s’approchaient pour les recevoir de vos mains, vous leur mur-muriez à l’oreille quelques paroles, ce qui les faisait aussitôt s’enfuir consternés et s’exclamer : « malheur à moi, car je suis privé des bénédictions de ‘alí et de ses parents !
ah ! misérable que je suis d’être compté parmi les réprouvés et les déchus ! » Je sortis de mon rêve et, plongé dans un océan de pensées, regagnai mon échoppe. soudain, je vous vis passer en compagnie d’un homme qui portait un turban et qui conversait avec vous. Je sautai de mon siège et, mû par une force que je ne pouvais dominer, courus pour vous rattraper. à mon grand étonnement, je vous trouvai à l’endroit même que
dans la Gloire du Père
j’avais vu dans mon rêve, en train de réciter des traditions et des versets. me tenant à l’écart, à quelque distance de là, je continuai à vous observer, tout en restant inaperçu de vous et de votre ami. J’entendis l’homme à qui vous vous adressiez protester avec véhémence : « il m’est plus aisé d’être dévoré par les flammes de l’enfer que de reconnaître la vérité de vos paroles, dont les montagnes ne peuvent supporter le poids ! » a ce rejet dédaigneux, vous répondîtes par ces paroles : « même si l’univers entier rejetait sa vérité, cela ne pourrait jamais ternir la pureté immaculée de sa robe de grandeur. » Puis, le laissant là, vous vous dirigeâtes vers la porte de Kázirán. Je continuai à vous suivre jusqu’au moment où je parvins ici. »
mullá ‘alí essaya d’apaiser le cœur troublé du nouveau venu et de le persuader de retourner à son échoppe pour y reprendre son travail quotidien. « votre association avec moi, t-il, m’attirerait des ennuis. retournez à Chiraz et soyez en paix car vous êtes parmi le peuple des sauvés. il est bien loin de la justice de dieu de refuser à un si ardent et si dévoué chercheur, la coupe de sa grâce, ou de priver une âme si assoiffée de l’océan de sa révélation. » les paroles de mullá ‘alí n’eurent aucun effet. Plus il insistait pour qu’abdu’l- vahháb retournât chez lui, plus celui-ci se lamentait et pleurait. mullá ‘alí se sentit nalement obligé d’accéder à son désir, se résignant à la volonté divine.
h∆ájí ‘abdu’l-majíd, le père de ‘abdu’l-vahháb, racontait souvent, les larmes aux yeux, ce qui suit : « Comme je regrette profondément l’acte que j’ai commis ! Priez dieu qu’il m’accorde la rémission de mon péché. J’étais parmi les favoris à la cour des ls du farmán-farmá*, le gouverneur de la province de fárs. ma position était telle que nul n’osait s’opposer à moi ni me nuire. Personne ne mettait en doute mon autorité et ne se hasardait à entraver ma liberté. dès que j’appris que mon ls ‘abdu’l-vahháb avait abandonné son échoppe et quitté la ville, je partis en hâte vers la porte de Kázirán a n de le rejoindre. armé d’un gourdin avec lequel j’avais l’intention de le frapper, je me renseignai sur la route qu’il avait prise.
on me dit qu’un homme portant un turban venait de traverser la rue et que mon ls le suivait. ils semblaient s’être mis d’accord pour quitter ensemble la ville. Ces dires attisèrent ma colère et mon indignation. Comment pouvais-je tolérer, me disais-je, moi qui occupe déjà une position si privilégiée à la cour des ls du farmán-farmá, une conduite si indécente de la part de mon ls ? rien, à part le plus sévère des châtiments, croyais-je, ne pourrait effacer l’effet de sa conduite scandaleuse.
Je poursuivis ma recherche jusqu’au moment où je les atteignis. Pris d’une fureur sauvage, j’infligeai à mullá ‘alí des maux indescriptibles ! aux coups qui le frappaient lourdement, il répondit, avec une extraordinaire sérénité, par ces paroles : « retenez *Très probablement, h∆usayn-’alí mírzá, fils de fath∂-’alí sháh. le gouverneur suivant de fars, pour un court temps, fut firaydún mírzá, frère de muh∂ammad-sháh.
hisToire d’un Jeune shírází
votre main, ô ‘abdu’l-majíd car l’œil de dieu vous observe. Je le prends à témoin que je ne suis nullement responsable de la conduite de votre ls. les tortures que vous me faites endurer m’importent peu, car je m’attends aux pires afflictions sur le sentier que j’ai choisi de suivre. vos injures, comparées à ce qui m’est destiné dans l’avenir, ne sont que gouttes comparées à l’océan. en vérité, je vous le dis : vous me survivrez et vous reconnaîtrez mon innocence. Grands seront alors vos remords, et profond votre chagrin. » dédaignant ses remarques et négligeant son appel, je continuai à le frapper jusqu’à épuisement complet. silencieux et héroïque il endura, de mes mains, ce châtiment hautement immérité. à la n, j’ordonnai à mon ls de me suivre et laissai mullá ‘alí à lui-même.
sur notre chemin de retour à Chiraz, mon ls me raconta le rêve qu’il avait eu. un sentiment de profond regret s’empara peu à peu de moi. l’innocence de mullá ‘alí était justi ée à mes yeux, et le souvenir de ma cruauté envers lui continua pendant longtemps à oppresser mon âme. l’amertume persista dans mon cœur jusqu’au jour où je me sentis contraint à transférer ma résidence de Chiraz à Bagdad. »1
nous rencontrerons ce jeune homme fou de dieu une nouvelle fois à Káz∂imayn*, ville sainte proche de Bagdad où il avait ouvert une boutique. nous sommes en 1851 et Bahá’u’lláh est temporairement en irak où il est venu sur les conseils de mírzá Taqí Khán, l’amír Kabír.
Bahá’u’lláh visita souvent Káz∂imayn et ses deux mausolées sacrés.
inévitablement, ce jeune shírází devait le rencontrer et, l’ayant rencontré, allait lui devenir attaché avec ferveur. il ne se sentait en paix qu’en présence de Bahá’u’lláh qui n’était alors connu que sous le nom de Jináb-i-Bahá par les bábís et de mírzá h∆usayn-’alíy-i-núrí par le reste du monde. mírzá ‘abdu’l-vahháb souhaitait par-dessus tout retourner en Perse avec Bahá’u’lláh. mais Bahá’u’lláh tenta de le convaincre de rester là, avec son père, et lui donna une somme d’argent pour qu’il puisse agrandir et développer son commerce.
où peut aller l’amant sinon au pays de son aimée ? et quel chercheur trouverait le repos loin du désir de son cœur ? Pour l’amant sincère, la réunion est la vie, la séparation la mort. impatient, son cœur n’a point de paix. il sacri erait une myriade de vies pour se précipiter vers la demeure de son aimée.2
* on dit aussi que c’est à Kerbéla que ce jeune homme avait son échoppe et que c’est là qu’il rencontra Bahá’u’lláh.
dans la Gloire du Père
voilà ce qu’écrira la très sublime Plume quelques années plus tard à Bagdad.
‘abdu’l-vahháb ne put s’empêcher de suivre Bahá’u’lláh jusqu’à Téhéran. il atteignit la capitale au moment de l’attentat raté contre le chah ; la ville était en pleine ébullition. lorsque ‘abdu’l-Bahá relatera dans une épître l’histoire glorieuse de ce jeune homme, il parlera des fonctionnaires recherchant partout les bábís pendant que ‘abdu’l-vahháb, sur la place du marché, louait sans peur son seigneur. il fut pris et jeté dans le síyáh-Chál. et là, mírzá ‘abdu’l-vahháb-i-shírází trouva en n le repos, cette paix du cœur et de l’esprit après laquelle tout son être aspirait. il se trouvait, en permanence, en présence de son seigneur : il était enchaîné à Bahá’u’lláh.
un jour, Bahá’u’lláh dit à nabíl :
une nuit, nous fûmes réveillé avant le lever du jour par mírzá ‘abdu’l- vahháb-i-shírází, qui était attaché aux mêmes chaînes que nous. il avait quitté Kázimayn et nous avait suivi jusqu’à Téhéran, où il fut arrêté et jeté en prison. il nous demanda si nous étions éveillé et se mit à nous raconter son rêve. « J’ai, cette nuit, plané dans un espace d’une beauté et d’une immensité infinies. Je semblais être soulevé sur des ailes qui me transportaient où je voulais aller. un sentiment de joie extatique m’avait envahi l’âme.
Je volais au milieu de cette immensité, à une vitesse et avec une facilité que je ne puis décrire. » « aujourd’hui, répondîmes-nous, ce sera ton tour de te sacrifier à cette cause.
Puisses-tu demeurer jusqu’au bout ferme et inébranlable ! Tu te trouveras alors planant dans ce même espace illimité dont tu as rêvé, traversant avec la même facilité et à la même vitesse le royaume de l’immortelle souveraineté et regardant avec le même ravissement l’horizon infini.
« Ce matin-là vit le geôlier entrer de nouveau dans notre cellule et prononcer le nom de ‘abdu’l-vahháb. se débarrassant de ses chaînes, celui-ci se leva d’un bond, étreignit chacun de ses compagnons de prison et, nous prenant dans ses bras, nous pressa avec affection contre son cœur. à ce moment, nous nous aperçûmes qu’il ne portait pas de chaussures. nous lui donnâmes les nôtres, lui dîmes une dernière parole d’encouragement et de réconfort, et l’envoyâmes vers le lieu de son martyre. Plus tard, son bourreau vint vers nous et loua, en un langage chaleureux, l’esprit dont ce jeune homme avait fait preuve. Combien nous rendîmes grâce à dieu pour ce témoignage que le bourreau lui-même avait donné ! » 3
‘abdu’l-vahhád embrassa les genoux de Bahá’u’lláh puis, chantant et dansant,
hisToire d’un Jeune shírází
il se jeta dans les bras de la mort. les pires cruautés, les tortures indicibles qu’à l’heure de la mort un ennemi avide de carnage infligea à ce glorieux jeune homme de Chiraz n’affaiblirent pas son endurance car ses yeux étaient rivés sur
« l’horizon in ni », son cœur pur débordait d’amour et de joie.
ainsi mourut ‘abdu’l-vahháb, simple jeune homme de Chiraz. les années passent. soixante ans après le martyre de ‘abdu’l-vahháb, ‘abdu’l- Bahá, le Centre de l’alliance, est aux états-unis, voyageant des rivages de l’atlantique à ceux du Paci que. un jour il conte l’histoire du jeune homme de Chiraz à un groupe de bahá’ís américains. lua Getsinger, que le Gardien de la foi bahá’íe honorera du titre de « mère enseignante de l’occident », est parmi ceux qui ont le privilège d’entendre ‘abdu’l-Bahá dire cette émouvante histoire. en arrivant à l’instant crucial où ‘abdu’l-vahháb quitte Bahá’u’lláh pour aller vers son martyre… mais laissons Juliette Thompson terminer l’histoire :
soudain ‘abdu’l-Bahá changea complètement d’aspect. Comme si l’esprit du martyr était entré en lui… la tête droite et frémissante, ses doigts claquant dans l’air, tapant du pied en mesure sur le porche au point où nous avions du mal à supporter les vibra-tions qu’il engendrait (une sorte de puissance électrique irradiait de lui), il chanta le chant du martyr, un chant extatique et tragique au-delà de tout ce que j’ai jamais entendu. voilà ce qu’était la Cause alors ! voilà ce que c’était que vivre près de lui ! un autre royaume s’ouvrit à moi, le royaume de la divine tragédie.
« ainsi, termina ‘abdu’l-Bahá, chantant et dansant il alla vers sa mort et une centaine de bourreaux lui tombèrent dessus ! Plus tard ses vieux parents vinrent auprès de Bahá’u’lláh, louant dieu que leur ls ait donné sa vie dans la voie de dieu ! »
il retomba sur son siège. des larmes coulaient de mes yeux rendant toutes choses floues. quand je pus voir clair de nouveau je découvris sur son visage un air encore plus étrange. sans aucun doute ses yeux étaient xés sur le monde invisible. ils étincelaient comme des joyaux, brillants de tant de joie que sa vision était presque réelle pour nous.
un sourire exalté courait sur ses lèvres. d’une voix basse, comme en écho, il murmura le chant du martyr. Puis il s’exclama : « voyez l’effet que la mort d’un martyr a sur le monde : il a transformé ma condition ! » il y eut un moment de silence, puis il dit :
« Juliette, à quoi penses-tu si profondément ? » « Je pensais à votre expression quand vous disiez que votre condition était transformée. Je pensais que j’avais vu un éclair de
dans la Gloire du Père
la joie de dieu qui baigne ceux qui meurent avec joie pour l’humanité. » 4
h∆ájí ‘abdu’l-majíd, le père de ‘abdu’l-vahháb, qui infligea une si terrible punition à mullá ‘alíy-i-Bast∂ámí, et sa femme prirent sans hésiter le même chemin que leur glorieux ls dès qu’ils posèrent les yeux sur Bahá’u’lláh.
libération et exil
la mère de nás∂iri’d-dín sháh exigeait bruyamment la mort de Bahá’u’lláh et h∆ájibu’d-dawlih l’aurait sans aucun doute exécuté s’il avait trouvé un moyen de le faire. mais chaque fois que ‘abbás, le jeune page qui avait été au service de h∆ájí sulaymán Khán le martyr, était amené au síyáh Chál pour qu’il identi e Bahá’u’lláh, il af rmait fermement qu’il ne l’avait jamais vu en compagnie des bábís dans la maison de son maître. Pendant ce temps, les frères et les sœurs de Bahá’u’lláh faisaient tous leurs efforts pour qu’il soit libéré, mais nás∂iri’d-dín sháh restait inflexible. il avait décidé que Bahá’u’lláh resterait en prison à vie.
mírzá áqá Khán-i-núrí, le s∆adr-i-a’z∂am qui avait remplacé mírzá Taqí Khán devait beaucoup à Bahá’u’lláh. il était tombé en disgrâce alors que h∆ájí mírzá áqásí était premier ministre ; il avait été bastonné et condamné à payer une amende dont Bahá’u’lláh paya une bonne part. Plus tard, pendant son exil à Káshán, il se trouva encore dans une situation nancière dif cile ; Bahá’u’lláh vint de nouveau à sa rescousse et, par l’intermédiaire de mírzá shafí’, le s∆áh∂ib-díván, lui obtint une pension annuelle de mille neuf cents túmáns. Plus tard encore, Bahá’u’lláh aida son ls Káz∂im Khán et sa femme à rejoindre leur père à Káshán.
et maintenant, en 1852, les membres de la famille de Bahá’u’lláh envoyaient des cadeaux de valeur et même une forte somme d’argent à mírzá áqá Khán.
encouragé par mírzá majíd-i-áhí, secrétaire à la légation russe qui, comme nous l’avons déjà vu, était marié à la sœur de Bahá’u’lláh, le prince dolgorouki, l’ambassadeur russe, pressa aussi le gouvernement de prendre une décision rapide et de libérer Bahá’u’lláh. Par ailleurs, ses ennemis faisaient tout leur possible pour obtenir sa mise à mort, notamment ceux qui cherchaient la protection de la mère vengeresse du chah. le projet de le faire identi er par le page de h∆ájí sulaymán Khán ayant échoué, on tenta d’empoisonner Bahá’u’lláh. on introduisit une sub-stance délétère dans la nourriture qui lui était livrée, mais l’effet en était si fort que Bahá’u’lláh cessa immédiatement de consommer de cette nourriture-là.
mullá shaykh-’alíy-i-Turshízí, surnommé ‘az∂ím, languissait aussi dans le
dans la Gloire du Père
Mírzá Majíd-i-áhí, secrétaire à la légation russe et
beau-frère de bahá’u’lláh
síyáh Chál. le prince dolgorouki avait demandé avec insistance la possibilité pour son représentant, accompagné de h∆ajíbu’d-dawlih et d’un représentant du s∆adr-i-a’z∂am, de visiter le síyáh Chál et d’y interroger mullá shaykh-’alí. ‘az∂ím disculpa complètement Bahá’u’lláh en af rmant qu’il n’avait jamais été impliqué dans un complot contre le chah ; il prit sur lui toute la responsabilité de la tentative d’assassinat du chah. Bahá’u’lláh a loué le courage et la véracité de mullá shaykh-’alí de Turshíz, disant qu’il était vraiment ‘az∂ím : grand.
Cependant, mírzá h∆usayn-i-mutavallí, qui recherchait les faveurs royales, tenta d’incriminer Bahá’u’lláh ; ressentant le cynisme d’un tel comportement h∆ájibu’d-dawlih gifla mírzá h∆usayn. Cet homme instable, depuis sa défection à shaykh T∆abarsí où il avait osé cracher au visage de quddús, avait trahi avec constance la foi qu’il avait un jour épousée si chaleureusement ; étant alors pré-
liBéraTion eT exil 123
cepteur de ‘abbás mírzá, le demi-frère malchanceux de nás∂iri’d-dín sháh, il était un des principaux suspects et, pour prouver son innocence, il coupa l’oreille de mullá shaykh ‘alí d’un coup de canif. Pourtant cet acte détestable ne le sauva pas de la torture. il fut brûlé aux fers rouges et ses hurlements s’entendirent dans toute la prison.
mullá shaykh-’alí avait clairement admis son rôle crucial dans la tentative d’assassinat du chah et pourtant mírzá abu’l-qásim, l’imám-Jum’ih de Téhéran refusait qu’il soit exécuté. le rapace h∆ájibu’d-dawlih réussit à le tromper et, sous de faux prétextes, il réussit à faire signer le verdict à l’imám-Jum’ih. mullá shaykh-’alí fut immédiatement mis à mort, un acte infâme qui irrita grandement l’imám-Jum’ih.
‘az∂ím fut le dernier martyr de l’holocauste de l’été 1852.
finalement nás∂iri’d-dín sháh accepta de relâcher Bahá’u’lláh mais le condamna à l’exil. enchaîné, Bahá’u’lláh avait souffert le martyre pendant quatre mois. mírzá áqá Khán envoya un homme de con ance nommé h∆ájí ‘alí pour le sortir du síyáh Chál. il fut profondément choqué en découvrant les terribles conditions de vie dans cette basse-fosse et l’état de faiblesse de Bahá’u’lláh et lui af rma qu’ils ne savaient pas dans quelles terribles circonstances ce dernier avait vécu pendant tous ces mois. h∆ájí ‘alí proposa son propre manteau à Bahá’u’lláh qui le refusa préférant apparaître devant mírzá áqá Khán et les autres membres du gouvernement dans les haillons qu’il portait.
le Gardien, shoghi effendi, écrit :
à peine se fut-il présenté devant eux que le grand vizir s’adressa à lui en ces termes :
« si vous aviez suivi mon conseil et si vous vous étiez séparé de la foi du siyyid-i-Báb, vous n’auriez jamais enduré les peines et les vexations qui vous ont accablé. » « si vous aviez suivi mes conseils vous-même, riposta Bahá’u’lláh, les affaires du gouvernement n’auraient pas atteint un état aussi critique. » mírzá áqá Khán se remémora alors la conversation qu’il avait eue avec lui au moment du martyre du Báb, où il avait été averti que « la flamme qui avait été allumée flamberait plus ardemment que jamais. » « que me conseillez-vous de faire maintenant ? » demanda-t-il à Bahá’u’lláh. la réponse vint, ins-tantanée : « ordonnez aux gouverneurs du royaume de cesser de verser le sang des innocents, de piller leurs biens, de déshonorer leurs femmes et de malmener leurs enfants. »
le jour même, le grand vizir suivit le conseil ainsi donné ; mais quel qu’en fut le résultat, le déroulement des événements ultérieurs prouva amplement qu’il fut momentané et négligeable.1
dans la Gloire du Père
on donna un mois à Bahá’u’lláh pour quitter le pays. à sa sortie du síyáh Chál, il était trop faible pour commencer un long voyage. il n’avait plus de maison, sa demeure ayant été pillée et saccagée ; ses deux femmes et ses enfants avaient trouvé un refuge temporaire dans un obscur quartier de la capitale. il partit vivre chez son frère, mírzá rid∂á-qulí dont l’épouse, myriam, sœur de la deuxième femme de Bahá’u’lláh, qui lui était très dévouée, avait fait les arrangements nécessaires pour qu’il puisse se reposer et récupérer des forces.
le Gardien de la foi écrit : Ce départ forcé et précipité de Bahá’u’lláh hors de sa terre natale, en compagnie de quelques-uns de ses parents, rappelle par certains aspects la fuite hâtive de la sainte-famille en égypte, la soudaine émigration de muh∂ammad, de la mecque à médine, peu après son accession à son of ce prophétique, l’exode de moïse, de son frère et de ses partisans hors de leur pays natal, pour répondre à l’ordre divin ; il rappelle surtout l’exil d’abraham de la ville d’our, en Chaldée, vers la terre promise, exil qui, par la multitude d’avantages qu’il apporta à tant de peuples, de religions et de nations divers, offre la ressemblance historique la plus proche quant aux bénédictions incalculables destinées à descendre, à notre époque et dans les âges futurs, sur toute la race humaine, ceci en raison directe de l’exil souffert par celui dont la cause est la fleur et le fruit de toutes les révélations antérieures.2
le 12 janvier 1853, Bahá’u’lláh et sa famille quittèrent Téhéran, accompagnés de deux de ses frères (mírzá músá qui sera connu plus tard sous le nom de áqáy-i-Kalím et mírzá muh∂ammad-qulí), d’un représentant du gouvernement impérial de Perse et d’un of ciel de la légation russe. le dernier ls de Bahá’u’lláh, mírzá mihdí, la Plus-Pure-Branche, étant trop jeune fut laissé chez des parents et plusieurs années se passèrent avant qu’il puisse rejoindre ses parents. le gouvernement russe avait proposé à Bahá’u’lláh de se réfugier sur ses territoires mais il préféra aller en irak. on lui avait laissé trop peu de temps pour se préparer, d’autant qu’il avait dû d’abord se reposer avant de partir, au cœur de l’hiver, pour un voyage à travers les cols élevés des hautes montagnes de l’iran occidental. ni lui, ni sa famille, ni ses frères, personne n’avait pu se procurer l’équipement nécessaire pour se protéger contre le froid intense de cette altitude.
on trouve sous la plume du Gardien : liBéraTion eT exil 125
Mírzá rid∂á-Qulí, demi-frère de bahá’u’lláh et mari de Maryam
dans la Gloire du Père
dans une prière qu’il révéla à cette époque, Bahá’u’lláh, s’étendant longuement sur les épreuves et les malheurs qu’il avait endurés dans le siyáh-Chàl, rend compte ainsi des infortunes subies au cours de ce « terrible voyage » : mon dieu, mon maître, mon désir !... Tu as créé cet atome de poussiére par la maîtrise achevée de ton pouvoir, et tu l’as nourri de tes mains que nul ne peut enchaîner… Tu l’as destiné à des épreuves et à des tribulations qu’aucune langue ne peut décrire, et dont aucune de tes tablettes ne peut rendre compte avec exactitude. la gorge que tu avais accoutumée au contact de la soie, tu l’as en n de compte enserrée de lourdes chaînes, et le corps que tu avais enveloppé de brocart et de velours, tu l’as soumis, à la n, à l’opprobre d’un cachot. Ton décret m’a entravé de liens innombrables, jetant autour de mon cou des chaînes que nul ne peut briser. des années ont passé pendant lesquelles les afflictions, telles des ondées de miséricorde, se sont déversées sur moi… que de nuits pendant lesquelles le poids des chaînes et des fers ne me permirent aucun repos, et que de jours où la paix et la tranquillité me furent refusées, en raison des afflictions que me causaient les mains et les paroles des hommes ! le pain et l’eau que, dans ta tout englobante miséricorde, tu as accordés aux bêtes des champs, furent tous deux refusés pendant quelque temps à ce serviteur, et ce que les hommes se refusaient à infliger à ceux qui se sont séparés de ta cause, ils permirent qu’on me l’infligeât à moi, jusqu’à ce qu’en dé nitive ton décret soit irrévocablement xé, et que ton ordre parvienne à ce serviteur de quitter la Perse, accompagné d’hommes faibles et d’enfants en bas âge, à l’époque où le froid est si intense qu’on ne peut même pas parler, et que neige et glace sont en telle abondance qu’il est impossible d’avancer.3
Bahá’u’lláh approchant de la frontière, une époque se terminait. le peuple de Perse était-il conscient de la perte qu’il subissait ? ignorant, bigot, aveuglé par les préjugés, dirigé par des hommes égoïstes, trompé par des mensonges, il ne pouvait ni voir ni savoir. ainsi le quitta le rédempteur du monde. Celui qui avait été aimé et respecté par les riches et les pauvres, les grands et les humbles, les princes et les paysans, était maintenant abandonné par ceux à qui il avait toujours offert bonté, amour, justice et charité. la Perse perdit la présence de Bahá’u’lláh, certes, mais son esprit pouvait-il être absent, de là ou de n’importe où ailleurs ?
en dépit des dif cultés de ce long voyage, Bahá’u’lláh reçut, tout au long du chemin, de nombreuses marques de considération. il interdit d’imposer aux paysans des taxes pour payer sa nourriture et il refusa les présents offerts par les hobe-reaux et les propriétaires des villages qu’il traversait. il t un arrêt de quelques
liBéraTion eT exil 127
jours à Kirmánsháh où un certain nombre de bábís résidents purent le rencontrer, notamment mírzá ‘abdu’lláh, marchand de chaussures originaire de qazvín et áqá Ghulám-h∆usayn, un marchand de shúshtar. nabíl dira qu’il avait, plus tard, rencontré ce dernier resté toujours très dèle à Bahá’u’lláh. aussi, des pèlerins en route vers les villes saintes d’irak, réunis à Kirmánsháh, aidèrent à faciliter et à accélérer le départ des exilés.
à Karand, centre des ‘alíyu’lláhís*, le gouverneur hayát-qulí Khán, lui-même membre de cette communauté, accueillit Bahá’u’lláh avec une grande révérence.
« Celui-ci reçut en retour, écrit le Gardien, tant de bonté de la part de Bahá’u’lláh que tous les habitants du village furent touchés et continuèrent, longtemps après à offrir l’hospitalité à ses disciples allant à Bagdad, si bien qu’ils passèrent pour être bábís. »4
en arrivant à la frontière, Bahá’u’lláh demanda à mírzá músá de partir en avant jusqu’à Khániqayn. il y loua un verger embaumé de fleurs car le printemps et naw-rúz approchaient. les ruisseaux étaient gorgés d’eau, les oiseaux chantaient. d’un côté il y avait une orangeraie et une palmeraie de l’autre. C’est là que Bahá’u’lláh s’arrêta pour se reposer. il af rma à son entourage que tout ce que ses ennemis avaient fait n’avait servi à rien.
* Ceux qui divinisent l'imám 'alí. ils sont connus pour leur tolérance, leur esprit de charité et leur compassion.
bagdad, la première année
Bahá’u’lláh arriva à Bagdad le 8 avril 1853*. son voyage avait duré trois mois, au cœur de l’hiver, à travers les hauteurs neigeuses et austères du plateau iranien occidental. après les épreuves endurées dans la basse-fosse de Téhéran, un voyage de cette longueur, à travers un tel pays et dans de telles conditions clima-tiques, aurait brisé l’endurance de n’importe qui, alors que ce calvaire l’avait, lui, rendu fort et déterminé.
après quelques jours à Bagdad, Bahá’u’lláh rejoignit le village de Káz∂imayn, distant de cinq kilomètres, où l’on trouve les mausolées du septième et du neuvième imáms. mírzá ibráhim Khán de Tabríz, consul général de Perse de 1848 à sa mort en décembre 1858, vint lui présenter ses respects et suggéra qu’à cause du fanatisme de la population et des pèlerins, il serait préférable que Bahá’u’lláh retournât à Bagdad pour s’installer dans un des anciens quartiers proche de Káz∂imayn. Bahá’u’lláh accepta et l’on chercha une maison appropriée. un mois plus tard lui et sa famille revinrent à Bagdad et s’installèrent dans la maison louée à h∆ájí ‘alí madad.
Bagdad, ville de province de l’empire ottoman, comptait alors 60 000 habitants.
Peu de témoignages subsistaient de sa célèbre histoire depuis qu’elle avait été construite, entre 762 et 766 de l’ère chrétienne, par le calife abbáside al- mans∂úr qui en avait fait la capitale d’un empire allant de l’égypte aux confins de la Chine.
il avait appelé sa ville madínatu’s-salám, la ville de la paix. ses successeurs au califat l’avaient agrandie et embellie. au dixième siècle, elle faisait environ huit kilomètres et demi de longueur et sept kilomètres et demi de largeur, comptait les plus beaux palais, les mosquées les plus grandioses et les bazars les plus vastes de l’époque. sa population est alors estimée à un million et demi d’habitants. C’est aussi le début de son déclin jusqu’à ce que les mongols la ravagent par deux fois, en 1258 et 1401, mettant ainsi un terme à son ancienne gloire. en 1534, le sultan ottoman, soliman le magnifique conquis Bagdad qui fut tour à tour sous la coupe
* 28 Jamádíyu’th Thání, 1269 de l’hégire
dans la Gloire du Père
Une vue de bagdad et du fleuve, le tigre des ottomans et des safavides jusqu’en 1638, date à partir de laquelle elle conserva son rôle de centre provincial ottoman jusqu’à la Première Guerre mondiale.
lorsque Bahá’u’lláh s’installa à Bagdad où il demeurera dix ans, les derniers membres inconsolables et désorientés de la communauté décimée du Báb, apprirent à se tourner vers lui pour des conseils, des directives et pour se protéger car mírzá yah∂yá, connu comme le « successeur » du Báb, était invisible. ayant réussi, comme nous l’avons vu, à s’échapper de Tákur en compagnie de son oncle mírzá zaynu’l-’ábidín, il vivait alors sous le nom de h∆ájí ‘alíy-i-lás furúsh dans la rue de Bagdad où se regroupent les marchands de charbon de bois (dhughál-furúshán). Bahá’u’lláh désirait qu’il retourne en Perse pour y servir la religion du Báb, ainsi que le montrent clairement ses mots :
environ deux mois après notre arrivée en irak suite à l’ordre de sa majesté le chah de Perse - que dieu l’assiste -, mírzá yah∂yá nous rejoignit. nous lui dîmes :
« Conformément à l’ordre royal, nous avons été envoyé en ce lieu. mais il est souhaitable que tu demeures en Perse. nous enverrons notre frère, mírzá músá, dans une autre région. vos noms ne sont pas mentionnés dans le décret royal, vous pouvez donc vous lever et servir. » Par la suite, cet opprimé quitta Bagdad et se retira du monde pendant deux ans. à notre retour, nous constatâmes que mírzá yah∂yá n’était pas parti et diffé-rait son départ. Cet opprimé en fut grandement attristé.1
l’un des premiers à comprendre que Bahá’u’lláh était le conseiller, le guide, le
BaGdad, la Première année 131
mentor dont la communauté du Báb avait désespérément besoin fut h∆ájí háshim-i-
‘at∂t∂ár, un riche marchand persan qui vivait dans le nouveau Bagdad. ayant atteint sa présence il lui devint tout dévoué et nit par lui jurer délité. nous le rencontrerons un peu plus loin dans ces pages. áqá muh∂ammad-h∆asan, marchand d’ispahan , siyyid muh∂ammad-ridá et siyyid muh∂ammad Taqí, deux fils de siyyid-i-Buká’, h∆ájí ‘abdu’l-majíd-i-shírází, père du glorieux martyr mírzá
‘abdu’l-vahháb et son frère mírzá h∆asan appelé ‘Gul-i-Guláb (rose rouge, littéra-lement : « la fleur de l’eau de rose »), tous étant des Persans qui vivaient à Káz∂imayn, se rallièrent autour de Bahá’u’lláh. les rejoignirent aussi les bábís arabes de Bagdad et notamment shaykh sultán et áqá muh∂ammad-mus∂tafá. un autre vétéran de la religion du Báb qui devait bientôt lui aussi comprendre que les espoirs des bábís devaient se recentrer sur la personne de Bahá’u’lláh fut h∆ájí siyyid Javád-i-Karbilá’í.
shaykh-‘alí mírzá de Chiraz, un notable apparenté à l’imám-jum’ih* de cette ville, ainsi que siyyid ‘abdu’r-rah∂ím d’ispahan (honoré plus tard du titre de ismu’lláhi’r-rah∂ím : le nom de dieu le miséricordieux) et mírzá muh∂ammad ‘alí le médecin de zanján qui allait connaître la mort du martyr, étaient parmi les bábís les plus notables vivant en Perse qui, dès cette époque, furent convaincus que leur seul recours, la seule ancre qui pourrait stabiliser et maîtriser le vaisseau de leur foi agité par la tempête, était Bahá’u’lláh.
Pourtant les vents de la dissension soufflaient déjà et les divisions apparaissaient. alors qu’il était enchaîné dans le síyáh-Chál de Téhéran et que mírzá yah∂yá cherchait constamment à se préserver, Bahá’u’lláh avait fait le vœu de tout faire pour régénérer la communauté écrasée du Báb. et maintenant, dans l’obscurité qu’il avait choisie, mírzá yah∂yá s’opposait en secret à Bahá’u’lláh avec l’aide de siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání qui s’était installé à Kerbéla.
le Gardien de la foi bahá’íe écrit :
« il n’est pas surprenant que soient sortis de la plume de Bahá’u’lláh - qui ne pouvait déjà divulguer le secret qui s’agitait dans son cœur - ces avertissements, ces
* deux imám-jum’ihs de shíráz, shaykh abú-Turáb et son fils h∆ájí shaykh yah∂yá qui vécut jusqu’à plus de quatre-vingt dix ans, firent toujours tous leurs efforts, depuis le temps du Báb, pour apporter aide et protection aux disciples de la religion bábí-bahá’íe. ils réussirent au-delà de tous les espoirs.
dans la Gloire du Père
conseils et cette assurance, en un moment où les ombres commençaient à s’épaissir autour de lui : les jours d’épreuve sont maintenant venus. des océans de dissensions et de tribulations sont en train de se soulever, et dans tous les coins et recoins, on élève les bannières du doute pour attiser le mal et pour conduire les hommes à la perdition… ne laissez pas la voix de quelques soldats du reniement jeter le doute en vous, et ne vous permettez pas de négliger Celui qui est la vérité, d’autant plus que dans toutes les révélations, de semblables contestations ont eu lieu. dieu établira sa foi en dépit de tout et manifestera sa lumière, quoique les provocateurs de sédition la détestent… veillez chaque jour pour la cause de dieu. Tous les êtres sont prisonniers de son étreinte, et il n’est aucun lieu où quiconque puisse s’enfuir. ne pensez pas que la cause de dieu puisse être prise à la légère, permettant à quiconque de satisfaire ses caprices. à l’heure actuelle, un certain nombre de gens de divers milieux ont émis cette prétention. le temps approche où chacun d’eux aura péri et sera perdu, que dis-je, sera réduit à néant, devenant une chose oubliée comme la poussière même. » 2
Pourtant, Bahá’u’lláh gratifia une personne d’un aperçu de ce « secret qui s’agitait dans son cœur » C’était un jeune bábí de Káshán nommé mírzá áqá Ján. il avait eu un rêve dans lequel apparaissait le Báb, puis il tomba sur des écrits de Bahá’u’lláh. apprenant que celui-ci était à Bagdad, il partit pour l’irak et rencontra Bahá’u’lláh à Kerbéla. quelle que soit la gravité des actes qu’il perpétrera, -
puisqu’il finit par choisir de briser l’alliance de Bahá’u’lláh et de se perdre dans le désert - il reste qu’il fut le premier à reconnaître en Bahá’u’lláh le Promis du bayán, le Promis de tous les âges. Plus tard, Bahá’u’lláh l’honorera du titre de Khádimu’lláh : serviteur de dieu.
le Gardien écrit : Ce même mírzá áqá Ján, racontant ses expériences á nabíl, lors de cette première et inoubliable nuit passée á Kerbéla, en présence de son Bien-aimé récemment découvert - alors qu’il était l’hôte de háji mírzá hasan-i-hakim- Báshí -, a fait la déclaration suivante : « Comme c’était l’été, Bahá’u’lláh avait l’habitude de passer ses soirées et de dormir sur le toit de la maison (áqá mírzá muh∂ammad-‘alí et moi nous arrosions le toit, le balayions et étendions les tapis jusqu’à ce qu’il vienne, nous parle, dîne et se retire pour se reposer). Cette nuit-là, lorsqu’il fut endormi, je m’étendis à quelques pas de lui, selon ses directives, pour prendre un bref repos. J’étais á peine levé, et… commençais à faire mes prières sur un coin du toit touchant un mur, quand j’aperçus sa per-
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sonne bénie qui se levait et venait vers moi. quand il fut proche, il me dit : « Toi aussi, tu es réveillé. » il se mit alors à psalmodier tout en allant et venant. Comment pourrai-je jamais décrire cette voix, ainsi que la modulation des versets ? Comment décrire sa démarche tandis qu’à grands pas, il se déplaçait devant moi ? il me semblait qu’à chacun de ses pas et à chacune de ses paroles, des milliers d’océans de lumière surgissaient en face de moi, des milliers de mondes, d’une incomparable splendeur, se dévoilaient à mes yeux, et des milliers de soleils dardaient leurs rayons sur moi. sous la clarté de la lune qui l’inondait, il continua ainsi à marcher et à chanter. Chaque fois qu’il s’approchait de moi, il s’arrêtait, et d’un ton si admirable que nul langage ne le peut décrire, il disait : « écoute-moi, mon fils. Par dieu, le véritable ! Cette cause sera certainement rendue manifeste. ne tiens aucun compte des vains propos du peuple du bayán qui cor-rompt le sens de chaque parole. » il continua ainsi de marcher et de psalmodier, et de s’adresser à moi jusqu’à l’apparition des premières lueurs de l’aube. Puis, je rapportai sa literie dans sa chambre, et lui ayant préparé son thé, je fus renvoyé de sa présence. » 3
nabíl écrit que mírzá áqá Ján lui rapporta plus tard que Bahá’u’lláh lui avait dit :
« si tu me rencontres au marché ne montre pas que tu me connais, sauf si je t’appelle. » le même jour, en sortant du bazar je rencontrais sa Personne bénie. il m’appela à voix haute et je courus vers lui. sur la place du marché il me parla pendant plus d’une heure. Puis il partit pour najaf. il me conseilla : « reste à Kerbéla. en revenant
[de najaf], si je passe par ici, tu m’accompagneras jusqu’à Bagdad ; et si j’y vais en passant par h∆illih, je t’enverrai chercher. » Je restais à Kerbéla pendant trois mois. Je ramassais des fagots que je vendais aux gardiens des bains publics. un jour, shaykh abú-Turáb-i-ishtahárdí me dit, « si je pouvais obtenir une copie du bayán persan, je pourrais t’en lire un passage » Je répondis « on peut le trouver. » « où ? » demanda shaykh abú-Turáb. Je répliquais qu’à Káz∂imayn, h∆ájí ‘abdu’l-majíd-i-shírází en avait une copie et je partis immédiatement pour cette ville afin de l’obtenir. en approchant de Bagdad je rencontrais abu’l-qásim-i-Káshání et lui demandais où se trouvait h∆ájí
‘abdu’l-majíd. il crut d’abord que je voulais rencontrer azal mais lorsqu’il comprit que mon cœur était captivé par quelqu’un d’autre, il m’en demanda la raison et lorsque je lui parlais de l’allure et des paroles de la Beauté abhá, il me tendit une épître lumineuse qui avait été révélée pour moi et dans laquelle le peuple de Bahá et les qualités de la Beauté abhá étaient mentionnés. lorsque la nouvelle de mon arrivée fut apprise à sa Personne bénie, il me fit appeler et me dit qu’il avait eu l’intention de m’envoyer
dans la Gloire du Père
Mírzá áqá Ján de káshán, khádimu’lláh
chercher. » 4
C’est ainsi que mírzá áqá Ján commença ses quarante années de service com -
me assistant, secrétaire et compagnon de Bahá’u’lláh.
le Gardien de la foi bahá’íe écrit :
la confiance inspirée à mírzá áqá Ján par ce contact soudain et inattendu avec l’esprit et le génie directeur d’une révélation naissante remua profondément son âme, cette âme déjà embrasée par l’amour brûlant né en lui quand il constata l’ascendant déjà pris par son maître, découvert depuis peu, sur ses condisciples, en irak et en Perse. l’intense adoration qui imprégnait tout son être, et qui ne pouvait être réfrénée ni dissimulée, fut immédiatement perçue par mírzá yah∂yá et par son complice siyyid muh∂ammad.5
BaGdad, la Première année 135
C’est à cette époque qu’arriva à Bagdad h∆ájí mírzá Kamálu’d-dín-i-naráqí, petit-fils de h∆ájí mullá ah∂mad-i-naráqí, théologien célèbre, et lui-même homme de savoir. Par l’intermédiaire d’áqáy-i-Kalím il demanda à mírzá yah∂yá d’écrire pour lui un commentaire sur le verset coranique : « Toutes les nourritures furent permises aux enfants d’israël ». découvrant que les bábís de naráq avaient découvert sa cachette, mírzá yah∂yá fut saisi de frayeur. néanmoins, il rédigea un commentaire médiocre, insulte à l’intellect d’un homme comme h∆ájí mírzá Kamálu’d-dín qui découvrit ainsi l’incompétence de mírzá yah∂yá. il se tourna alors vers Bahá’u’láh pour être guidé et éclairé, et c’est en réponse à sa requête que Bahá’u’lláh révéla le texte qui a pour titre tablette de kullu’t-∏a’ám (toutes nourritures), dans laquelle, comme l’écrit le Gardien :
israël et ses enfants furent identifiés respectivement au Báb et à ses disciples.en raison des allusions qu’elle contenait, de la beauté du style et de la puissance du raisonnement, celle-ci enchanta tellement l’âme de son bénéficiaire que, si Bahá’u’lláh ne l’avait retenu, il aurait proclamé sur-le- champ sa découverte du secret caché de dieu, en la personne de celui qui avait révélé cette tablette.6
la Tablette de kullu’t-∏a’ám devint si célèbre que le cœur jaloux de mírzá yah∂yá qui ne pouvait accepter sa propre incapacité, brûla de plus belle. siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání, l’antéchrist de la révélation bahá’íe, poussait toujours mírzá yah∂yá à s’opposer à Bahá’u’lláh pour le diminuer. non seulement les bábís qui commençaient à relever la tête, mais des amis de tous les cercles de la société venaient rencontrer Bahá’u’lláh. le vali de Bagdad avait constaté que cet exilé, était d’une autre trempe que les nombreux princes et principicules persans bannis vers l’irák ou qui s’y étaient enfuis. Bahá’u’lláh avait une bonne renommée. C’est lui qui avait souffert des mois d’incarcération inhumaine dans la basse-fosse de Téhéran pendant que mírzá yah∂yá se condamnait, par sa propre couardise, à se sentir toujours en danger, à toujours fuir et, n’osant pas utiliser son nom, à poursuivre une existence obscure dans un quartier misérable de Bagdad.
mírzá zaynu’l-’ábidín, l’oncle avec lequel mírzá yah∂yá avait fuit de Tákur, était alors l’invité de Bahá’u’lláh qui venait de le nommer ah∂mad ; les bábís l’ap-
* bábá = père.
dans la Gloire du Père
pelaient Jináb-i-Bábá*.
mírzá áqá Ján conta la suite de la révélation de la Tablette de kullu’t-t∆a’ám à nabíl qui l’écrivit : « Jináb-i-Bábá s’approcha et me dit qu’il [Bahá’u’lláh] était allé à Káz∂imayn. sans réfléchir je m’y précipitai et, ne sachant où aller, je me tins à un carrefour. Je vis alors un siyyid venir vers moi. il me demanda : « es-tu le jeune Káshání ? » Puis il ajouta : « viens. il [Bahá’u’lláh] a demandé après toi. »
J’appris plus tard que ce siyyid était siyyid muh∂ammad-Taqí, fils de siyyid- i-Buká’qui vivait à Káz∂imayn. Ce jour-là, alors que j’entrais en la sainte présence, il parlait à áqá muh∂ammad-h∆asan, le marchand d’ispahan : « avant ton arrivée, h∂ájí mírzá Kamálu’d-dín-i-naráqí était là. il avait posé une question concernant le verset kullu’t-t∆a’ám à cet endroit-là [voulant dire azal], mais n’ayant rien compris à sa réponse, il me demanda la même chose. J’écrivis pour lui une réponse que je lui ai lue mais sans la lui donner. Je veux te la lire à toi maintenant. » il commença à psalmodier en lisant. Comment pourrais-je décrire l’effet produit sur quelqu’un qui entend chaque mot prononcé par cette voix sacrée ? entre-temps il lut quelques versets du même ton qu’il avait usé cette première nuit à Kerbéla, sur le toit de la dáru’sh-shafá [la maison des traitements]. à la fin il demanda : « qu’en dis-tu ? » Je répondis : « s’il y avait une justice, tous les érudits [oulémas]
devraient s’incliner » sa personne bénie répondit : « Comme tu dis : s’il y avait une justice. » 7
à plusieurs reprises cet oncle de Bahá’u’lláh, Jináb-i-Bábá*, jura que s’il n’avait pas rencontré son neveu, il aurait complètement perdu la foi.
mírzá áqá Ján raconta aussi à nabíl qu’un jour, à Káz∂imayn, dans la maison de h∆ájí ‘abdu’l-majíd-i-shírází, alors qu’il était en compagnie de áqá muh∂ammad-h∆asan-i-is∂fahání en présence de Bahá’u’lláh, ce dernier demanda à son hôte s’il aimerait entendre la langue badí (unique) qui, dit-il, est le langage utilisé par les habitants de l’un des mondes de dieu. il commença alors à psalmodier dans cette langue. mírzá áqá Ján raconte qu’entendre cette langue produisait un effet merveilleux et il se souvenait qu’un jour Bahá’u’lláh dit à h∆ájí ‘abdu’l-majíd : « h∆ájí, tu as entendu la langue badí et tu as témoigné de la suprématie de dieu sur ses mondes. sois reconnaissant pour cette grâce et apprécie sa valeur. »
mírzá yah∂yá n’a jamais levé un doigt pour protéger la religion dont il était le chef,
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au moins nominal. incité et encouragé par siyyid muh∂ammad et quelques autres de même nature, il entreprit secrètement de discréditer Bahá’u’lláh. il fit circuler de folles rumeurs, accusant Bahá’u’lláh d’actions, d’opinions et d’intentions tout à fait erronées. Ces allusions et sous-entendus finirent par être dangereuses pour l’intégrité de la religion du Báb, la menaçant de controverses amères et même de divisions fatales et finalement Bahá’u’lláh décida de quitter Bagdad et la société des hommes connus de lui et qui le connaissaient. Toutes les manifestations de dieu ont connu, au cours de leur vie, cette période de retraite. moïse partit dans le désert du sinaï, Bouddha rechercha les terres solitaires de l’inde. le Christ marcha dans le désert de Judée et muh∂ammad foula les collines parcheminées de l’arabie.
mírzá áqá Ján lui-même a rendu ce témoignage :
« la Beauté bénie manifestait une telle tristesse que les membres de mon corps en tremblaient. » il raconta encore, comme le rapporte nabíl dans son récit, que peu avant le départ de Bahá’u’lláh, il avait eu une fois l’occasion de le voir sortir brusquement de chez lui, entre l’aube et le lever du soleil, son bonnet de nuit encore sur la tête, et montrant de tels signes d’inquiétude qu’il lui fut impossible de regarder son visage, et tout en marchant, il observait avec colère : « Ces créatures sont les mêmes qui, pendant trois mille ans, ont adoré les idoles et se sont prosternées devant le veau d’or. aujourd’hui encore, elles ne sont pas capables de faire mieux. quel rapport peut-il y avoir entre ce peuple et Celui qui est l’apparition de la gloire ? quels liens peuvent les rattacher à Celui qui est la personnifica-tion suprême de tout ce qui est digne d’amour ? » « Je restai debout », a raconté mírzá áqá Ján, « cloué au sol, sans vie, desséché comme un arbre mort, prêt à succomber sous le choc de la puissance accablante de ses paroles. finalement il dit : « ordonne-leur de réciter :
« qui, hormis dieu, dissipe les difficultés ? dis : loué soit dieu ! lui seul est dieu ! Tous sont ses serviteurs et tous sont soumis à ses commandements ! » dis-leur de répéter cela cinq cents fois, que dis-je, mille fois, le jour et la nuit, qu’ils soient éveillés ou qu’ils dor-ment, afin que, si possible, le visage de gloire puisse se révéler à eux, et que des torrents de lumière descendent en eux. » lui-même, j’en fus informé par la suite, récita ce même verset, le visage empreint de la plus grande tristesse… à plusieurs reprises, au cours de ces journées, on l’entendit faire cette remarque : « nous sommes resté un certain temps avec ce peuple, et nous n’avons pas réussi à discerner la moindre réaction de sa part. » il fit souvent allusion à sa disparition de notre milieu, mais aucun de nous n’en comprit le sens. »8
Sulaymáníyyih
un matin, la maisonnée s’éveilla. Bahá’u’lláh était parti. nul ne savait où le chercher. nous étions le 10 avril 1854.
C’est vers sulaymáníyyih, au cœur des hautes terres de l’irak kurde que Bahá’u’lláh rechercha la solitude. huit ans plus tard il décrivit cet épisode dans le livre de la certitude (Kitáb-i-íqán), révélé pour h∆ájí mírzá siyyid muh∂ammad, un oncle maternel du Báb :
espérons que le peuple du Bayán fera preuve d’intelligence et s’envolera pour résider dans l’atmosphère de l’esprit, qu’il saura distinguer la vérité de l’erreur, et démas-quer les imposteurs. en ces jours le vent de jalousie et d’envie est en train de souffler, et je jure, par l’éducateur de tout ce qui existe, que depuis le commencement du monde qui n’a jamais commencé, jusqu’à nos jours, il n’y a jamais eu jalousie pareille à celle qu’on voit en ce moment. des hommes qui n’ont jamais respiré le parfum de la justice ont brandi contre nous le drapeau de la révolte ; de tous côtés les épées sont tirées, les flèches sont lancées. Je ne me suis jamais mis en avant ni au- dessus de qui que ce soit, je me suis au contraire toujours considéré comme le compagnon et le très humble et fidèle ami de chacun. avec un pauvre j’ai toujours été comme un pauvre, avec les savants et les nobles je me suis toujours tenu sur la réserve. et malgré tout, je jure par dieu qui est un, que tout ce que j’ai eu à subir des ennemis et des docteurs n’est rien à côté de ce que j’ai eu à supporter de la part de ceux qui se disent mes amis : si je le racontais, pas un de ceux qui ont l’esprit équitable ne pourrait le supporter !
et c’est parce que je savais ce qui allait se passer qu’en arrivant ici il y a quelques années, je résolus de me confiner dans la solitude ; je demeurai ainsi deux ans tout seul, dans les déserts abandonnés. les larmes d’anxiété coulaient de mes yeux, et dans mon cœur saignant s’agitait l’océan d’une douleur mortelle : combien de nuits ai-je passées à jeun, et combien de journées sans repos ! malgré toutes ces calamités et ces afflictions continuelles, je jure par celui qui tient mon âme entre ses mains que je n’ai jamais été plus heureux. J’ai connu le vrai bonheur et la joie parfaite, car je n’avais pas le spectacle des joies et des malheurs, de la santé et des maladies de chacun. réfugié en moi-même, oublieux du monde et de tout ce qu’il contient, je ne savais pas que les mailles
dans la Gloire du Père
de la destinée divine sont plus serrées que ne le pensent les mortels, et que les flèches de la prédestination ne peuvent être évitées. l’homme ne peut s’affranchir de la volonté de dieu, et il n’a que la ressource de se soumettre. en ce temps, je t’assure que je n’avais nul désir de revenir, et que je ne songeais pas à terminer mes pérégrinations ; je ne désirais qu’une seule chose, ne pas être l’objet des discussions des croyants, la cause de la révolte des disciples et la raison des souffrances ou des tristesses de qui que ce fût. C’était là mon unique pensée, malgré tout ce qu’on avait pu dire ou croire. mais de la source mystique me vint l’ordre de revenir, et, soumis, je revins ici.1
Pour seul compagnon, Bahá’u’lláh avait choisi áqá abdu’l-qásim-i- hamadání. nous verrons que c’est à cause d’un incident qui provoqua la mort de áqá abdu’l-qásim dans l’ouest de la Perse, que la famille de Bahá’u’lláh apprit où le rechercher. à sulaymáníyyih, Bahá’u’lláh avait complètement dissimulé son identité. vêtu d’un costume de derviche, il avait pris le nom de darvísh muh∂ammad-i-írání et vivait une existence d’ermite dans les grottes au-dessus de la ville (le kashkúl qu’il utilisa pendant cette période est aujourd’hui préservé dans le bâtiment des archives bahá’íes internationales sur le mont Carmel). des années plus tard, Bahá’u’lláh décrivit sa situation : « nous cherchâmes refuge au sommet d’une montagne isolée, à quelques trois jours de la plus proche habitation.
manquants de tous les conforts de la vie, nous restâmes complètement isolé de nos compagnons. »2
de temps à autre Bahá’u’lláh avait besoin de quitter les grottes et descendait à sulaymáníyyih. áqá abu’l-qásim lui rendait aussi visite et lui portait des provisions. un jour, áqá abu’l-qásim dut quitter Bahá’u’lláh pour retourner en Perse afin d’y trouver de l’argent et certaines marchandises. au retour, à la frontière, il tomba dans un traquenard monté soit par des voleurs soit par des douaniers, et fut mortellement blessé. il fut découvert presque mort et tout ce qu’il put dire, c’est qu’il s’appelait abu’l-qásím, qu’il était de hamadán et que tout ce qu’il transportait en argent et en marchandises appartenait à darvísh muh∂ammad-i-írání qui vivait dans les hautes terres de l’irak kurde.
dans une épître à maryam, la femme de son frère h∆ájí mírzá rid∂á-qulí, Bahá’u’lláh écrivit, peu après son retour de sulaymáníyyih :
les maux dont j’ai souffert [...] ont effacé de la tablette de la création les torts endu-
sulaymáníyyih 141
rés par mon premier nom (le Báb). « [...] après des afflictions sans nombre, nous attei-gnîmes l’irak, sur l’ordre du tyran de la Perse, et là, après les entraves de nos ennemis, nous fûmes affligé par la traîtrise de nos amis. dieu sait ce qui m’est arrivé par la suite ! [...]J’errais dans le désert de la résignation [...] me déplaçant dans de telles conditions que, pendant mon exil, tous les yeux pleurèrent sur mon sort et que toutes les créatures versèrent des larmes de sang à cause de ma douleur. les oiseaux du ciel étaient mes compagnons et les bêtes des champs mes amies. 3
aujourd’hui, sulaymáníyyih est une petite ville très plaisante située à 320 kilomètres de Bagdad, construite au milieu de trois collines et entourée d’arbres et de verdure. il devait en être autrement au temps de Bahá’u’lláh. le Commandant James f. Jones de la marine nationale indienne qui accompagna sir henry rawlinson lors une visite au Kurdistan en 1844, décrit la sumaymáníyyih qu’il découvrit :
sulaymáníyyih, capitale des Pachalic, est un ensemble de petites maisons en ruines qui ont une apparence plus misérable que le plus misérable des hameaux d’angleterre.
Cet état n’est pas dû à la seule pauvreté des Kurdes mais aux habitudes nomades de ses occupants qui, au printemps, en été et en automne, abandonnent la ville et se répandent dans la campagne… après sa deuxième fondation par ibrahim Pacha [soixante-deux ans avant], elle s’améliora peu à peu et, au temps de rich, s’enorgueillissait d’avoir un millier de maisons. Je crois qu’aujourd’hui on ne peut y compter que la moitié de ce nombre de maisons habitables et l’on considère qu’elle est insalubre, mal située en comparaison des terres plus salubres et moins confinée de la plaine voisine. Construite au pied d’une chaîne de montagnes basses et dénudées, qui s’élève juste derrière, elle est soit complètement coupée des brises rafraîchissantes qui balaient la plaine, soit brûlée par des vents chauds qui soufflent avec régularité de l’est et du nord-est au-dessus des crêtes surchauffées pendant les mois d’été.4
Beaucoup de ces habitants importants gardent précieusement la mémoire du séjour de Bahá’u’lláh parmi leurs ancêtres. Bien que très impressionnés, les gens commencèrent par le prendre pour ce qu’il disait être, un derviche voyageur venant de Perse, jusqu’à ce qu’un fragment de son écriture tombe entre les mains d’un disciple de shaykh ismá’íl, un murshid soufi de la région. Cet homme la montra à son maître qui la trouva extraordinaire. et quelques-uns de ses disciples se dépêchèrent
dans la Gloire du Père
de trouver Bahá’u’lláh et ils apprirent beaucoup en sa présence. un jour, ils lui demandèrent de leur expliquer quelques-unes des subtilités de al- Futúh∂át al-Makkíyyah, œuvre du grand mystique andalou shaykh muh∂yí’d-dín ibnu’l-
’arabí. Bahá’u’lláh répondit qu’il ne l’avait pas lu et n’en connaissait pas la teneur mais qu’il satisferait leur souhait. ainsi, chaque jour, on en lisait une page en sa présence puis il exposait les vues du célèbre mystique en les expliquant. ils lui demandèrent ensuite de composer une ode dans le style de tá’íyyih, œuvre d’un autre mystique célèbre, l’égyptien ibnu’l-fárid∂. il accéda aussi à cette demande. il en résultat un poème d’une éloquence extrême qui acquit une grande renommée, le Qas∂ídiy-i-izz-i-Varqá’íyyih. il comprenait à l’origine 2000 couplets mais Bahá’u’lláh en choisit 127 qu’il fit recopier pour les garder. Jusque-là, personne n’avait osé composer une ode dans le style même d’ibnu’l-fárid∂. ainsi la célébrité de darvïsh muh∂ammad-i-írání commença à se répandre au- delà des limites de la petite ville kurde.
quand Bahá’u’lláh descendait en ville, soit pour utiliser les bains publics, soit pour faire quelques achats, il restait au takyih, le séminaire théologique de mawláná Khálid. la mosquée originelle dont mawláná Khálid était le gardien a, depuis, été détruite mais elle fut reconstruite aux mêmes dimensions. aux temps du séjour de Bahá’u’lláh, mawláná Khálid était un vieil homme très révéré par les Kurdes. il demanda à darvísh muh∂ammad de calligraphier un document qui per-pétuerait le gardiennat de cette institution dans sa famille. Ce document, avec d’autres écrits de la plume de Bahá’u’lláh, est toujours conservé par des familles de sulaymáníyyih qui refusent de s’en séparer à quelque prix que ce soit. il y a trente ans, le possesseur de ces reliques de grande valeur affirma que même si on lui en offrait un million de dinars [plus d’un million d’euros], il refuserait de vendre ce document inestimable car il était certain qu’alors toutes les bénédictions divines dont bénéficiait sa famille disparaîtraient. les Kurdes ont une grande déférence pour Káká ah∂mad, un saint des temps passés, mais tous s’accordent pour affirmer qu’íshán*, le nom donné par vénération à darvísh muhyammad-i-írání, lui est supérieur. même la montagne où Bahá’u’lláh habitait, sar-Galú, est considérée comme un lieu sacré†
* íshán veut dire « ils » et Bahá’u’lláh était ainsi appelé avant même son départ pour sulaymáníyyih.
† l’auteur remercie m. mas’ud Berdjis pour les détails récents sur sulaymáníyyih et ses habitants. sulaymáníyyih 143
takyih de Mawláná khálid où bahá’u’lláh séjournait à Sulaymáníyyih Pendant ces années où Bahá’u’lláh était absent de Bagdad, la fortune des bábís avait touché le fond. mírzá yah∂yá, incompétent, terrifié, impuissant, ne pouvait et ne voulait rien faire pour enrayer la chute, le désastre imminent d’une désintégration totale et irréparable. Trouvant la vie en Perse impossible, à cause de la tyrannie ambiante et du venin distillé dans la société par des religieux égoïstes, mais aussi à cause de l’anarchie qui affligeait la communauté bábíe pourtant très réduite, des âmes sincères et dévouées décidèrent d’aller, à grands efforts, jusqu’à Bagdad pour y découvrir que mírzá yah∂yá, le chef désigné par le Báb, était introuvable. il avait même interdit de prononcer le nom de la rue dans laquelle il vivait. un bábí des plus éminents, mullá zaynu’l-‘ábidín de najaf-ábád aux environs d’ispahan (honoré par la sublime Plume du titre de Jináb-i-zaynu’l- muqarrabín, il était destiné à briller avec éclat dans la constellation des apôtres de Bahá’u’lláh) fit le voyage à Bagdad pour échapper à l’hostilité croissante des gens et chercher réconfort auprès de mírzá yah∂yá. incapable de le rencontrer il refit le voyage dans l’autre sens, désespéré. mais en arrivant à la frontière, entendant parler de nouveaux assauts fanatiques, il reprit la route vers Bagdad malgré sa fatigue. il en fut récompensé puisque peu après son retour, Bahá’u’lláh revint de sulaymáníyyih et mullá zaynu’l- muqarrabín trouva tout ce que son âme désirait.
dans la Gloire du Père Sar-galú, où sont situées les grottes où bahá’u’lláh vécut.
le Gardien de la foi bahá’íe a décrit cette période et les actes honteux perpétrés par mírzá yah∂yá et ses acolytes :
Tandis que les fondements de la grandeur future de Bahá’u’lláh étaient jetés dans une terre étrangère, au sein d’un peuple étranger, la situation de la communauté bábíe ne faisait qu’empirer rapidement. [...] mírzá yah∂yá, enfermé chez lui la plupart du temps, dirigeait secrètement, et par correspondance avec ceux des bábís qui avaient sa confiance absolue, une campagne destinée à discréditer entièrement Bahá’u’lláh. dans sa crainte de quelque adversaire éventuel, il avait envoyé mírzá muhammad-i- mazandéraní, l’un de ses partisans, en azerbaïdjan, dans le but exprès d’assassiner dayyán, le « dépositaire de la science de dieu » qu’il surnommait « Père des iniquités » et flétrissait du nom de tághút [idole], et que le Báb avait célébré comme la « troisième lettre croyant en Celui que dieu rendra manifeste ». dans sa folie, il avait en outre incité mírzá áqá Ján à se rendre à núr, puis à attendre un moment favorable pour attenter avec succès à la vie du souverain. [...] il ordonna même, nouvel exemple de l’énormité de ses crimes, que mírzá ‘alí-akbar, cousin du Báb et fervent admirateur de dayyán, soit mis à mort secrètement, ordre qui fut exécuté dans toute son horreur.
quant à siyyid muh∂ammad à qui son maître mírzá yah∂yá avait désormais donné carte blanche, il s’était entouré - comme l’affirme catégoriquement nabíl qui, à ce moment,
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était aussi à Kerbéla - d’une bande de malfaiteurs auxquels il permettait, qu’il encou-rageait même, à se saisir, la nuit venue, des turbans que portaient les riches pèlerins rassemblés à Kerbéla, à dérober leurs chaussures, à dépouiller le sanctuaire de l’imam husayn des sièges et des chandeliers, et à s’emparer des gobelets des fontaines publiques. 5
si les bábís voulaient échapper à l’extinction totale, ils avaient un besoin désespéré d’un guide qui ne pouvait être le tremblant et inefficace mírzá yah∂yá. Comme le dit ‘abdu’l-Bahá, vingt-cinq hommes avaient prétendu au rang du promis du Bayán. Certains étaient rusés et fourbes, d’autres n’étaient que des âmes simples et égarées et d’autres encore voyaient qu’ils dépassaient en stature mírzá yah∂yá.
si certains furent irrémédiablement perdus, d’autres vinrent faire pénitence à la porte de Bahá’u’lláh.
lorsqu’on apprit à Bagdad la mort d’áqá abu’l-qásim-i-hamadání qui avait disparu en même temps que Bahá’u’lláh, on comprit que darvísh muh∂ammad-i-írání qui vivait dans les montagnes au nord du Kurdistan et dont la célébrité était arrivée jusqu’à Bagdad, ne pouvait être que Bahá’u’lláh. à la demande de la Plus-Grande-Branche qui n’avait que douze ans, et d’áqáy-i-Kalím le frère fidèle de Bahá’u’lláh, shaykh sulπán (le beau- père d’áqáy-i-Kalím) et un bábí arabe qui s’était converti grâce à ∏áhirih, quittèrent Bagdad pour sulaymáníyyih accompagnés de Javád al-ha∆ππáb (le bûcheron), lui aussi d’origine arabe, pour trouver Bahá’u’lláh et le supplier de revenir. mírzá yah∂yá, se trouvant dans une situation désespérée, rejeté et abandonné par les quelques fidèles restants de la religion du Báb comme mírzá asadu’lláh-i-dayyán et h∆ájí mírzá músáy-i-qumi, lui écrivit aussi pour le supplier de revenir.
Bahá’u’lláh dit à shaykh sulπán : « si je ne m’étais pas rendu compte du fait que la cause bénie du premier Point était à la veille de disparaître complètement, et que tout le sang sacré répandu sur le chemin de dieu serait ainsi versé en vain, je n’aurais nullement consenti à retourner parmi le peuple du Bayán, et je l’aurais abandonné au culte des idoles que son imagination avait créées ».6
en approchant de Bagdad, sur les rives du fleuve des tribulations*, il dit à shaykh sulπán que les quelques jours à venir étaient pour lui les derniers jours de
* C’est ainsi que Bahá’u’lláh parlait de la ville des ‘abbásides et de son fleuve, le Tigre.
dans la Gloire du Père paix et de tranquillité sur cette terre. des jours que je ne connaîtrai plus jamais, 6
dit-il.
ils arrivèrent à Bagdad le 19 mars 1856 *. deux années lunaires s’étaient écoulées depuis le départ de Bahá’u’lláh qui a décrit la situation qu’il retrouva : « nous n’avons trouvé qu’une poignée d’âmes, faibles et déprimées, et même complètement perdues et mortes. la cause de dieu n’était plus sur aucune lèvre, et nul cœur n’était réceptif à son message. »7
* 12 rajab 1272 de l’hégire. shaykh sulπán a écrit un livre décrivant sa quête, son voyage et son retour en compagnie de Bahá’u’lláh.
bagdad - amis et ennemis
de retour à Bagdad, Bahá’u’lláh trouva les bábís avilis et démoralisés. Cette situation eut sur lui un effet que le Gardien de la foi bahá’íe décrit ainsi : « la tristesse qui l’accabla à son arrivée fut telle, qu’il refusa pendant quelque temps de quitter sa maison, sauf pour ses visites à Káz∂imayn et, de temps à autre, pour rencontrer quelques-uns de ses amis qui résidaient dans cette même ville et à Bagdad. » 1
les mots de Bahá’u’lláh qu’on peut lire dans le kitáb-i-Íqán sont un témoignage suffisant sur les conditions de la communauté bábíe à cette époque et sur l’esprit dans lequel il entreprit de revivifier la cause du Báb : ma plume est impuissante à dire ce que je vis alors ; et voici maintenant plus de deux ans que mes ennemis emploient tous leurs efforts à essayer de me faire périr, ainsi que chacun le sait, sans qu’aucun ami ne se soit levé pour m’aider ou seulement me montrer de la sympathie ! au contraire, comme la pluie du ciel, les déceptions causées par les paroles et les actions de tous tombent sur moi les unes après les autres. avec la plus entière soumission, j’ai placé ma vie dans ma main, afin que, par la miséricorde divine, cette lettre manifeste et révélée soit sacrifiée dans le chemin du Premier Point et du verbe sublime ! si tel n’était pas mon vœu, par celui qui manifeste l’esprit, je ne resterais pas une seconde de plus dans cette ville ! et le témoignage divin me suffit. il n’y a pas de pouvoir ou de puissance qui n’émane de dieu ; nous venons de lui et nous retournons à lui !2
Peu après le retour de Bahá’u’lláh de sulaymáníyyih, il se passa un événement qui lui causa une grande douleur. nous avons déjà vu que dans son livre Mustayqiz∂, mírzá yah∂yá injurie ouvertement mírzá asadu’lláh-i- dayyán qui avait prétendu être le Promis et, profitant de l’absence de Bahá’u’lláh il avait envoyé mírzá muh∂ammad-i-mazandéraní en azerbaïdjan dans le but d’assassiner ce croyant distingué. or il advint que dayyán avait, au même moment, quitté l’azerbaïdjan pour
dans la Gloire du Père
Bagdad et mírzá muh∂ammad ne put le trouver. Bahá’u’lláh revenait alors de sulaymáníyyih et dayyán, atteignant sa présence, renonça à toutes ses prétentions.
mais mírzá yah∂yá ne changeait pas ses plans facilement ; un jour mírzá muh∂ammad réussit à convaincre dayyán de l’accompagner de Káz∂imayn à Bagdad et, en route, l’assassina.
Peu à peu Bahá’u’lláh commença à reconstruire la communauté bábíe, lui redonnant sa dignité, restaurant son intégrité et son prestige jusqu’à ce qu’ayant sorti les quelques bábís qui restaient encore des profondeurs de l’ignominie dans lesquelles ils avaient sombré pendant son absence dans les montagnes du Kurdistan, ils relèvent la tête et cessent d’être en butte à toutes sortes de brimades.
un jour, l’un des serviteurs de ‘alí-sháh, le z∆illu’s-sult∂án (voir addenda v) insulta un bábí qui entrait dans la résidence de ce prince en exil. Bahá’u’lláh envoya un message à z∆illu’s-sult∂án lui demandant d’ordonner à ses hommes de tenir leur langue. le prince obéit. Bientôt ses fils shujá’u’d- dawlih et sayfu’d-dawlih devinrent des habitués du bírúní de la maison de Bahá’u’lláh. zaynu’l-
’ábidín Khán, le fakhru’d-dawlih, un noble iranien, disait souvent : « Je ne peux l’expliquer, je ne sais pas pourquoi, mais chaque fois que je me sens triste et déprimé il me suffit d’aller chez Bahá’u’lláh pour me sentir réconforté ».
Parmi les notables de la ville, quiconque rencontrait Bahá’u’lláh se sentait attiré par lui et lui devenait dévoué : shaykh ‘abdu’l-qádir, probablement al- Gílání, un ouléma célèbre pour sa calligraphie et qui mourut en 1897, ‘abdu’s-salám effendi, mentionné par Bahá’u’lláh dans le kitáb-i-badí, ibn- álúsí et siyyid dawúdí, étaient tous des érudits ; ‘abdu’lláh Páshá de sulaymáníyyih et son vizir mah∂múd áqá, et mullá ‘alí-mardán (le contrôleur des douanes), des fonctionnaires, lui étaient également dévoués.*
les gens dévoués à Bahá’u’lláh venaient de toutes les classes de la société, et ils étaient si nombreux qu’on aurait fait taire quiconque aurait osé prononcer un mot désagréable envers lui.
* abdu’s-salám effendi, probablement shaykh ‘abdu’s-salám ash-shawwáf, naquit en 1819 et fut l’élève de shaykh mah∂múd al-álúsí avant de devenir l’un des professeurs du collège de théologie al-qádiríya. il mourut en 1900.
ibn-álúsí, est l’un des cinq fils du célèbre shaykh mah∂múd al-álúsí qui mourut en 1854. il n’est pas clair de quel fils il s’agit ici, mais probablement de l’un des trois aînés : ‘abdu’lláh, Bahá’ud-dín, ‘abdu’l-Baqí, ou siyyid na’mán, Khayru’d-dín.
siyyid dawúdí est probablement siyyid dawúdí an-naqshbandí al-Khálídí, un des oulémas et un shaykh de la branche Khálidíya de la confrérie soufie naqshbandí. il mourut en 1882.
‘abdu’lláh Páshá était de la famille Bábán, les pachas héréditaires de sulaymáníyyih.
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áqá muh∂ammad, Kurde de Perse, était venu à Bagdad pour y ouvrir une boutique de kebabs. il n’aimait pas les bábís. sous son influence, les gens du bazar, particulièrement les Persans, devinrent assez audacieux pour vouloir les maltraiter. un jour, un confiseur nommé h∆asan insulta à haute voix quelques-uns des compagnons de Bahá’u’lláh qui passaient par là. l’un des bábís du groupe revint sur ses pas et frappa violemment h∆asan. le lendemain, áqá muh∂ammad interpella ce bábí :
« Plutôt que de punir toi-même h∆asan tu aurais dû venir me voir pour te plaindre, puisque je suis le chef de ce bazar. » sachant très bien que c’était áqá muh∂ammad lui-même qui était à l’origine de ces problèmes, le bábí le lui dit en face et le battit aussi. fou de rage, le Kurde sauta sur l’estrade de sa boutique et hurla que les méchants bábís étaient devenus tellement agressifs qu’ils avaient osé le battre. il menaça : « Je vais aller demander justice à leur chef. et s’il refuse de m’écouter, je sais ce qu’il me faudra faire. Je prendrai les choses en main moi-même. » le jour suivant, alors que Bahá’u’lláh se rendait au café, áqá muh∂ammad l’arrêta et se plaignit amèrement des actions du jeune bábí. Bahá’u’lláh lui promit qu’il appellerait tous les témoins de l’incident pour les interroger. quiconque aurait mal agi serait puni. áqá muh∂ammad retourna dans sa boutique, très surpris que Bahá’u’lláh lui ait dit que le coupable serait puni, plutôt que de porter le cas devant le consul. à cette époque-là, le consul persan était mírzá ibráhím qui était parti à Kerbéla. lorsque áqá muh∂ammad courut au consulat pour se plaindre, le vice-consul envoya un de ses agents à la maison de Bahá’u’lláh pour savoir ce qui s’était passé. on lui répondit clairement que si les commerçants du bazar ne cessaient pas de lancer des insultes, ils recevraient ce qu’ils méritaient. sans rien dire, et sans parler à Bahá’u’lláh, l’agent reparti et le vice-consul fit en sorte que cessa cette histoire. il fit venir áqá muh∂ammad et h∆asan, les réprimanda et les emprisonna. quelques jours plus tard, les familles des deux hommes vinrent pleurer auprès de Bahá’u’lláh car elles n’avaient personne pour s’occuper d’elles.
Bahá’u’lláh envoya une note au vice-consul qui les libéra. à son retour à Bagdad, le consul apprit ce qui s’était passé durant son absence. apprenant la conduite insultante des commerçants, il se mit en colère et ordonna de remettre en prison les fauteurs de désordre. une inondation avait coupé le pont et ils furent poussés dans un quffih (bateau couvert) pour être conduits jusqu’au consulat où mírzá ibráhím Khán les rudoya et les emprisonna. après quelques jours, leurs familles vinrent de
dans la Gloire du Père
nouveau demander à Bahá’u’lláh d’intervenir et, sur sa demande, les deux furent admonestés puis relâchés.
C’est alors que les quelque 2000 Kurdes d’iran qui vivaient à Bagdad, se sentant blessés qu’un de leurs chefs ait subi deux fois punition et détention, décidèrent d’exterminer les bábís qui n’étaient à Bagdad, d’après áqá rid∂á, qu’une quarantaine, Persans et arabes mélangés. Ces derniers s’assemblèrent autour de la maison* de Bahá’u’lláh pour la protéger. lorsque Bahá’u’lláh, comme il en avait l’habitude, sortit peu avant le coucher du soleil pour se rendre au café, on lui parla de l’intention des Kurdes ; mais il fit comme d’habitude et alla d’abord au café de s∆álih∂, situé du côté est du pont, puis au café de ‘abdu’lláh situé de l’autre côté du pont et qui était fréquenté par des Kurdes et des Persans. il était accompagné de mírzá Javád-i-Khurásání avec qui il parlait pendant que quelques bábís marchaient derrière eux. il dit à mírzá Javád : « on m’a menacé de mort, mais je ne crains rien, je suis prêt. voici ma tête ». il parlait avec tant de véhémence et d’autorité que tous ceux qui l’entendirent restèrent muets de stupeur. il entra ensuite dans le café où il resta jusqu’à trois heures après le coucher du soleil ; après quoi il rentra chez lui et nul n’osa l’approcher. après cet épisode, áqá rid∂á affirme qu’il n’y eut plus de désordre ni d’attitude insultante sur la place du marché et que tout fut calme.
Ce fut ensuite un officier supérieur, ‘umar Páshá, qui fut nommé gouverneur de Bagdad (voir addenda v). orgueilleux, d’une volonté de fer, il gouverna d’une main de fer. C’est lui qui, indifférent aux protestations et aux supplications du représentant iranien, contraignit des hordes de Persans résidant à Kerbéla à venir jusqu’à Bagdad et à revêtir l’uniforme de l’armée ottomane. Beaucoup de ces infortunés durent payer leur liberté d’une grosse somme d’argent.
C’est pendant le gouvernorat de ‘umar Páshá qu’un membre de la famille de siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání, nommé mírzá rid∂á, et mírzá ‘alíy-i-nayrízí conspirèrent dans le but de nuire à Bahá’u’lláh. sans en référer à ce dernier, un ou plusieurs bábís les attaquèrent dans le bazar et mírzá rid∂á mourut sur le coup alors que mírzá alí, gravement blessé, parvint à se réfugier dans le Seraye, le palais du gouverneur. en découvrant son état, ‘umar Páshá demanda, furieux, qui était responsable de cette attaque. apprenant que l’auteur de cet assaut sauvage était l’un des membres de la suite de Bahá’u’lláh, il ordonna fougueusement de traîner des
* il s’agit de la maison de sulaymán-i-Ghannám, dans le quartier Karkh de Bagdad situé près de la rive occidentale du Tigre.
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carte de bagdad dessinée en 1853-54 par le cdt James F. Jones et par M. W.
collingwood de la marine indienne. bahá’u’lláh résidait dans le quartier de karkh, à gauche du fleuve sur la carte. (tirée de thomas, memoirs by Cdt James felix Jones, i.n. )
dans la Gloire du Père canons jusqu’à la résidence de Bahá’u’lláh, mais on lui expliqua que c’était impossible. il ordonna alors qu’on lui amène Bahá’u’lláh en personne. siyyid dáwúdí qui était présent, intervint : « votre honneur, vous devez savoir qu’il ne ne peut être question d’ordonner à l’un de ses serviteurs de se présenter, encore moins de lui commander de venir ici en personne ! » en entendant ces mots exprimés sans ambages comme un fait évident par un membre éminent de la hiérarchie sunnnite, ‘umar Páshá se tut puis envoya mírzá ‘alí à la maison de Bahá’u’lláh pour lui demander justice.
Comme nous l’avons signalé, Bahá’u’lláh n’avait que quelques douzaines de bábís avec lui mais son autorité spirituelle et son influence étaient si vastes que tous ceux qui se sentaient blessés ou opprimés se pressaient à sa porte, demandant son aide et son intercession. áqá rid∂á parle d’un certain yúsuf Khán qui, Bahá’u’lláh ayant réparé une injustice dont il était victime, proclamait haut et fort qu’il était bábí depuis 1250… dix ans avant la déclaration du Báb !
mullá muh∂ammad-i-zarandí, plus tard nommé nabíl-i-a’z∂am, qui allait devenir le grand chroniqueur et historien de la religion bábíe-bahá’íe, et qui avait avancé quelques prétentions à être celui qu’on attendait, arriva à Bagdad alors que Bahá’u’lláh était encore à sulaymáníyyih. il reconnaît lui- même qu’il croyait encore que mírzá yah∂yá était un homme d’importance et il chercha à le rencontrer.
mírzá músá, áqáy-i-Kalím, que nabíl rencontra sur le pont, l’emmena chez lui (la maison de ‘alí madad) pour y rencontrer la Plus-Grande-Branche qui n’avait alors que dix ans. mírzá músá lui apprit que mírzá yah∂yá ne rencontrait personne, ce qui fut confirmé par un message de yah∂yá à nabíl lui demandant de quitter Bagdad et de se réfugier à Kerbéla où séjournait siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání.
à Kerbéla, nabíl, observant le comportement désordonné de siyyid muh∂ammad et ses plaisanteries enfantines, décida de les mettre par écrit. il était malheureux. il avait osé prétendre être le chef car il n’avait pas trouvé en mírzá yah∂yá le « berger » d’un troupeau abattu et estropié. il est très émouvant lorsqu’il décrit son odyssée spirituelle : comment Bahá’u’lláh revint de sulaymáníyyih, comment il parvint en sa présence, comment il trouva en lui tout ce qu’il désirait, comment il fit pénitence à sa porte, comment en voyant áqá muh∂ammad-i-ibráhím-i-amír-i-nayrízí (voir addenda v) balayer la rue, il lui prit le balai des
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mains pour faire de même tel un humble pénitent, comment il pratiqua cérémo-nieusement des ablutions dans le Tigre qui symbolisèrent sa pureté retrouvée, comment il se débarrassa des vêtements d’un aspirant à la prêtrise. après cette renaissance nabíl composa un poème limpide que Bahá’u’lláh accepta avec grâce et amour en assurant nabíl que ce poème mettait le sceau final à un passé complètement racheté. mullá muh∂ammad-i- zarandí était enfin en paix avec lui-même et avec le monde. en apprenant que mullá muh∂ammad qu’il honorerait un jour du titre de nabíl-i-a’z∂am avait balayé la rue devant sa porte, Bahá’u’lláh reprocha gentiment à son serviteur de l’avoir laissé faire et ajouta : « Ce geste me rend honteux ». et lorsqu’on répéta ce mot à nabíl il se souvint des vers célèbres du poète sa’dí qui méditait sur un verset du Coran3 :
vois la générosité et la bonté du seigneur :
au serviteur le péché, à lui la honte.
áqá muh∂ammad-Karím, un des premiers croyants de Chiraz qui avait été en la présence du Báb et connaissait ses pouvoirs était une autre de ces âmes égarées qui avait échoué en irak. nabíl le trouva et le conduisit en présence de Bahá’u’lláh. il reçut lui aussi ce après quoi tout son être languissait : la certitude que la Cause de dieu n’était pas perdue mais placée dans des mains sûres.
h∆ájí muh∂ammad-Taqí de nayríz qui avait été héroïque sous la bannière de l’incomparable érudit vahíd et qui avait énormément souffert, était lui aussi parmi les premiers croyants venus en irak chercher réconfort et asile ; il trouva les deux en la présence de Bahá’u’lláh. l’histoire de h∆ájí muh∂ammad-Taqí que Bahá’u’lláh honora plus tard du nom de ayyúb (Job) est à la fois émouvante et inspirante. il survécut à l’holocauste de nayríz pour tomber dans les griffes de zayn’ul-’ábidín Khán, le sadique et cupide gouverneur de cette ville qui s’était copieusement acca-paré les propriétés du riche h∆ájí. Chaque jour, en présence du gouverneur qui se moquait de lui, il était plongé dans un bassin d’eau glacée, frappé sur la tête chaque fois qu’il refaisait surface, puis retiré de l’eau il était fouetté jusqu’au sang pendant que le gouverneur riait d’un plaisir évident. en réponse aux moqueries de zaynu’l-’ábidín Khán, h∆ájí muh∂ammad-Taqí louait dieu de lui permettre de souffrir en son sentier. enfin le gouverneur, fatigué de ses plaisirs sataniques, décida
dans la Gloire du Père
de se débarrasser du h∆ájí. mais ses hommes craignaient dieu plus que lui, ils laissèrent h∆ájí muh∂ammad-Taqí s’évader en lui disant de partir le plus vite et le plus loin possible afin que leur maître ne découvre pas qu’il était encore en vie.
h∆ájí muh∂ammad-Taqí fut abandonné, couvert de blessures, dans le désert. avec cette patience superbe qui allait lui gagner le titre de ayyúb de la part de la Plume sublime, il réussit à atteindre un village voisin dont le chef était de ses amis. Cet homme excellent abrita le h∆ájí pendant un mois, le cachant de tous et le soignant.
mais h∆ájí muh∂ammad-Taqí savait qu’il devait rapidement mettre de la distance entre lui et la ville de nayríz. dès qu’il put marcher il quitta le brave chef du village et rejoignit une caravane qui se dirigeait vers les cités saintes d’irak.
Beaucoup de pèlerins suivaient à pied cette caravane et h∆ájí muh∂ammad- Taqí décida de les accompagner malgré la faiblesse occasionnée par ses récentes épreuves. mais d’une tente émergea un homme à l’évidence bien équipé pour ce long voyage qui, après avoir bien regardé h∆ájí muh∂ammad- Taqí le pria d’être son hôte jusqu’à Kerbéla. « Cette nuit, dans un rêve, le prince des martyrs lui-même m’ordonna de t’inviter » lui dit-il. et c’est de cette manière miraculeuse que h∆ájí muh∂ammad-Taqí atteint la présence de Bahá’u’lláh qui révélera pour lui la lawh∂-
i-ayyúb ( Épître à Job) qui immortalisera son nom. une autre personne qui avait prétendu à l’autorité spirituelle et qui se présenta en pénitent à la porte de Bahá’u’lláh fut h∆ájí mírzá músá de qom. il était aussi un des premiers croyants et s’était détourné de mírzá yah∂yá qui l’avait profondément déçu. Constatant qu’il était lui-même plus compétent et plus accompli, plus courageux et plus indépendant que mírzá yah∂yá, et voyant, désespéré, le triste sort de la communauté du Báb qui avait eu une si bonne renommée, il tenta d’assumer l’autorité du groupe mais, en découvrant la réputation de Bahá’u’lláh, il fut très vite conscient de sa grossière erreur, vint en hâte à Bagdad où il posa le front sur le porche du vrai sauveur. il était si pur et si dépourvu d’égoïsme que Bahá’u’lláh remarqua que si le h∆ájí avait insisté dans sa prétention « nous l’aurions tous accepté ». en signe de pénitence, h∆ájí mírzá músá décida de jeûner jusqu’à la mort mais Bahá’u’lláh l’en empêcha. h∆ájí mírzá músá resta à Bagdad où il mourut trois jours après le départ de Bahá’u’lláh pour istanbul.
le dernier prétendant, mais pas le moindre, dont nous aimerions parler est h∆ájí mullá háshim qui avait été un religieux chiite à l’autorité considérable. lui aussi,
BaGdad - amis eT ennemis 155
ayant réalisé dans quelle erreur il s’était fourvoyé, se tourna vers Bahá’u’lláh pour être pardonné et réhabilité et en fut grandement récompensé.
nous ayant conté dans sa chronique passionnante l’histoire de ces disciples dévoués et de ces amis fidèles, nabíl-i-a’z∂am nous apprend qu’ayant séjourné trois mois à Bagdad il fut envoyé par Bahá’u’lláh enseigner la foi à qazvín. nabíl écrit : « ‘áqá muh∂ammad-ibráhím-i-amír me rattrapa en sortant des portes de Bagdad et voulut me donner, de la part de la Perfection bénie, l’argent équivalent aux dépenses de mon voyage afin que je loue une monture et rejoigne une caravane. Je dis à amír que la première fois que j’atteignis la sainte présence, il m’avait gracieusement accordé des moyens de vivre suffisants pour que je ne connaisse plus le manque. et je demandais à amír de le supplier au seuil de sa bonté de garder en sécurité ce qu’il m’avait donné par-dessus tout… pourtant, à l’insistance d’amír, je pris une partie de l’argent qu’il avait apporté et lui dit adieu. à chaque instant une nouvelle porte s’ouvrait devant moi. on aurait dit que j’avais des ailes pour m’envoler au ciel du Bien-aimé. Je ne ressentais pas le besoin d’avoir un compagnon de route et les bandits de grand chemin ne m’effrayaient pas. » C’est ainsi qu’il décrit avec précision l’état d’ivresse extatique dans lequel il voyagea jusqu’à qazvín, au-delà des hauts sommets et des plaines de l’iran occidental. il se reposait, dit-il, durant le jour et commençait à marcher deux heures après le coucher du soleil. à Kirmansháh il rencontra mïrzá ‘abdu’lláh-i-Ghawghá qui avait aussi, semblait-il, avancé quelque prétention car, indique nabíl, darvish s∆idq-’alí (voir adddenda v) était près de lui et le servait. mais siyyid mihdíy-i-dahíjí affirme dans son ouvrage risálih que mírzá ‘abdu’llláh-i-Ghawghá n’a jamais lancé une telle prétention.
nabíl revint à Bagdad où Bahá’u’lláh lui demanda d’examiner un manuscrit du qayyúmu’l-asmá’, copié par áqá siyyid ismá’íl, afin de s’assurer qu’il n’y avait pas de fautes. siyyid ismá’íl était venu d’iran plein d’espoir et avait atteint la présence de Bahá’u’lláh. il trouva tout ce qu’il espérait, tout ce qu’il désirait. C’était un noble, un érudit et un maître calligraphe. on le connaît aussi sous le nom de dhabíh∂, à ne pas confondre avec h∆ájí muh∂ammad-ismá’íl-i-dhabíh∂-i-Káshání, le frère de h∆ájí mírzá Jání. nabíl dit que cela leur prit dix-huit jours. leur tâche terminée, nabíl demanda à siyyid ismá’íl de lui parler de son expérience. il savait que le siyyid sortait chaque nuit vers minuit et, avec son turban, balayait la rue
dans la Gloire du Père
devant la maison de Bahá’u’lláh, rassemblait la poussière dans son ‘abá et allait les jeter dans le Tigre. il disait que cette poussière avait été sanctifiée par les pas de Bahá’u’lláh et que rien d’impur ne devait y toucher. à la demande de nabíl, siyyid ismá’íl répondit avec précision et abondance, tandis que ses yeux s’emplissaient de larmes : « Je ne peux décrire ce que j’ai vu. Je lui avais demandé de me nourrir spirituellement, il m’avait répondu que cela m’avait été accordé ; ensuite, portes après portes se sont ouvertes à mon cœur et mon âme a découvert des pensées qui ne sont pas de ce monde. une nuit, depuis son bírúní, sa personne bénie demanda une chandelle pour lire un papier et moi, comme d’habitude éperdu d'émerveillement devant la chance que j’avais, je pensais soudain : « est-ce possible que ce visage dont la vue était l’espoir des messagers de dieu puisse se dévoiler dans un temple humain ? » et cette pensée n’avait pas plutôt traversé mon esprit que sa voix bénie m’appelait : « áqá siyyid ismá’íl, regarde ! » et lorsque je contemplais sa face bénie, je vis ce que nul mot ne peut décrire. Je ne peux dire qu’une chose : c’était comme si des centaines de milliers d’océans, vastes et baignés de soleil, s’agitaient sur cette face bénie. Je ne sais pas ce qui se passa ensuite. Ce que je peux te dire c’est : « ne demande jamais cela, sois content de ce qui t’est donné, répète toujours, « ô dieu, fais que tout finisse bien pour nous ! » et prie pour que tout finisse bien pour moi. »
l’incident dont siyyid ismá’íl avait parlé à nabíl s’était passé de la manière suivante. un jour que Bahá’u’lláh était l’hôte de áqá muh∂ammad-ridáy-i- aríd∂, on avait disposé devant lui des plats de fruits et de douceurs. siyyid ismá’íl était présent et lorsque Bahá’u’lláh lui donna quelques confiseries il exprima son désir de recevoir aussi de la nourriture spirituelle, à quoi Bahá’u’lláh répondit : « on te l’a déjà donné. »
siyyid ismá’íl fut enflammé d’amour pour Bahá’u’lláh comme en témoignent les poèmes imprégnés d’amour fou qu’il écrivit 4 :
entendez-moi
Je redis, et le disant je brûle :
« a-t-on jamais vu fleurs foisonner dans le feu ? »
Je l’affirme, et le disant je brûle.
déchire les voiles
apporte les moyens
BaGdad - amis eT ennemis 157
exhale le souffle de l’amour,
Je l’affirme, et le disant je brûle.
Contemple le jardin du seigneur, le pays divin
Tout en lui atteint au néant.
Je l’affirme, et le disant je brûle.
il suffit, ainsi meurent mes paroles :
« il a enflammé mon âme
Je répandrai ma vie en son sentier. »
Je l’affirme, et le disant je brûle.
C’est à la suite de cet incident que l’on vit siyyid ismá’íl balayer le porche de la maison de Bahá’u’lláh avant le lever du soleil. un jour, tôt le matin, on le vit quitter Bagdad et se diriger vers Káz∂imayn. arrivé là, il s’assit et, se tournant en direction de la maison de Bahá’u’lláh et des mausolées du septième et du neuvième imáms, il se coupa la gorge et mourut. C’est par cet acte qu’il devint connu sous le nom de dhabíh∂ : sacrifice. et la plume de Bahá’u’lláh le glorifia en l’appelant « le bien-aimé et la fierté des martyrs ».
les gardes des portes de la ville qui l’avaient vu partir, surpris de le voir disparaître si vite firent des recherches et le trouvèrent mort, un rasoir à la main. ils en informèrent le consul persan et portèrent le corps jusqu’au Seraye d’où il fut porté jusqu’à Káz∂imayn et enterré dans le Tall-i-ah∂mar (le mont rouge).*
enfin, il y avait h∆ájí h∆asan-i-Turk. il s’était trouvé en présence de Bahá’u’lláh d’abord à Káz∂imayn puis, plusieurs fois à Bagdad. alors une vie nouvelle s’était manifestée en lui. Bien que sans instruction, il commença à composer un commentaire sur le texte du Báb, le qayyúmu’l- asmá. mais la plupart du temps, il ne disait pas un mot. lorsqu’en présence de Bahá’u’lláh quelqu’un fit une remarque sur ce silence, ce dernier dit que le moment viendrait bientôt où ce serait au h∆ájí de parler. un jour, équipé d’un poignard, h∆ájí h∆asan vint en présence de Bahá’u’lláh et
* le sacrifice de siyyid ismá’íl eut lieu pendant le terme de dabíru’l-mulk comme consul de Perse qui dura un an à partir du 8 juin 1859. il avait succédé à mírzá ibráhím Khán qui mourut le 28 décembre 1858 (dates tirées des archives du consulat britannique, fo 195 577 et 624). les deux hommes avaient des sentiments amicaux envers Bahá’u’lláh et ses compagnons.
dans la Gloire du Père
lui demanda la permission de se tenir sur le pont et de proclamer à tous la cause de dieu. fermement, mais gentiment, Bahá’u’lláh lui répondit : « h∆ájí, range ton poignard. on doit offrir la cause de dieu par amitié et avec amour aux âmes qui sont prêtes à la recevoir. elle n’a pas besoin de dagues ou d’épées. »
bagdad - les dernières années
la conduite d’un jeune étudiant en théologie, converti à la religion du Báb, provoqua une nouvelle crise dans les affaires de la communauté bábíe.
mullá Báqir était ls de l’imám-Jum’ih de qumshíh dans les environs d’ispahan. son père l’envoya à najaf y étudier la théologie. C’est là, au cœur du monde chiite, qu’il devint pleinement conscient de l’avènement du Báb et qu’il rencontra l’illustre nabíl-i-akbar, mullá muh∂ammad (ou áqá muh∂ammad) de qá’ín. Ce nabíl avait été l’un des étudiants les plus remarquables et les plus érudits du célèbre shaykh murtid∂áy-i-ansárí, le plus grand mujtahid chiite de son époque (voir addenda v), et il en avait reçu un certi cat d’ijtihád. ses discussions avec áqá muh∂ammad-i-qá’ín conduisirent mullá Báqir à épouser avec zèle la religion du Báb. il atteint plus tard la présence de Bahá’u’lláh à Bagdad et fut con r-mé dans sa foi. ses déboires vinrent de sa fréquentation d’un jeune shaykhí, un disciple de h∆ájí muh∂ammad-Karím Khán-i-Kirmání, qui était implacablement opposé à la religion du Báb et qui ne cessait d’insulter le Báb et les bábís quand mullá Báqir pouvait l’entendre. Ce dernier tenta de persuader le jeune shaykhí d’abandonner cette détestable habitude mais en vain et le shaykhí continuait à être grossier, excessif, agressif. Jusqu’au jour où mullá Báqir ne put plus supporter ce langage ordurier. il t part à ses coreligionnaires de son désir de plus en plus grand d’in iger quelque blessure à son tourmenteur. ils essayèrent sans succès de le retenir.
un jour de marché, mullá Báqir attaqua le jeune shaykhí avec un cimeterre. on s’interposa, on arrêta mullá Báqir et on l’emmena chez le consul persan qui lui conseilla de quitter Bagdad. Cette nuit-là, il prit la route de la Perse. mais la malchance le poursuivait. à hamadán il rencontra de nouveau le même jeune homme têtu et grossier, qui avait récupéré de ses blessures et qui s’empressa de le dénoncer au gouverneur. mullá Báqir fut arrêté et fouillé. on trouva sur lui une épître de Bahá’u’lláh qui le réprimandait pour son impulsivité.
le gouverneur d’hamadán décida que mullá Báqir, ayant désobéi à son maître,
dans la Gloire du Père
méritait d’être emprisonné. on le jeta en prison et lorsqu’il nit par en sortir, il reprit la route vers Bagdad. mais Bahá’u’lláh ne l’accueillit pas de la même manière que précédemment. son attaque du jeune shaykhí avait eu des répercussions pré-judiciables à la communauté bábíe, et notamment l’arrestation d’áqá ‘abdu’r-rasúl et de son frère. Bahá’u’lláh demanda à la majorité des bábís de quitter Bagdad.
Puis, en juillet 1860, mírzá Buzurg Khán-i-qazvíní, le nouveau consul persan, entra en scène. C’était un homme important, ancien consul d’erzeroum. avant son arrivée des bruits avaient couru affirmant qu’il venait ici pour mettre un terme, une bonne fois pour toutes, aux désordres provoqués par les bábís. Pour montrer à quel point il était éminent et distingué, mírzá Buzurg Khán se pavanait à cheval et faisait le paon en public, suivit par un grand nombre de brigands qu’il avait amenés avec lui.
mírzá Buzurg Khán joignit ses forces à celles de shaykh ‘abdu’l-h∆usayn-i-
∏ihrání, shaykhu’l-’iráqayn (voir addenda v), un ennemi implacable de Bahá’u’lláh, qui était déjà en irak depuis deux ans. il avait été chargé par nás∂iri’d-dín de superviser la restauration plus que nécessaire des Tombeaux sacrés.
le nouveau consul persan t transmettre aux autorités ottomanes un curieux message informant qu’il avait l’intention d’arrêter un certain nombre de gredins qui s’étaient enfuis d’iran. mus∂t∂afá núrí Páshá, le vali (voir addenda v) qui était arrivé en mars 1860, quelques mois avant le consul, était un homme juste et il avait entendu ‘abdu’lláh Páshá de sulaymáníyyih parler très favorablement de Bahá’u’lláh. il connaissait très bien la vraie mission de mírzá Buzurg Khán mais prétendit l’ignorer et dit au consul de procéder à ses arrestations. Ce dernier répondit que pour y arriver il aurait besoin de l’aide du gouvernement. le vali exprima sa surprise de voir le consul persan demander tant de renforts pour arrêter quelques hommes. mírzá Buzurg Khán fut alors obligé de dévoiler l’identité des Persans qu’il voulait arrêter. mus∂t∂afá núrí Páshá fut encore plus surpris d’entendre parler en termes si vulgaires de personnes que tous à Bagdad, grands et petits, tenaient en haute estime. il refusa donc toute participation à l’infâme projet de mírzá Buzurg Khán qui répliqua maladroitement : « mais ce sont des ennemis de notre religion et de la vôtre ! » à quoi le vali répondit sèchement « alors nous ne suivons pas la même religion. »
BaGdad - les dernières années 161
nabíl écrit que Bahá’u’lláh envoyait régulièrement áqáy-i-Kalím rendre visite à mírzá Buzurg Khán. un jour ce consul méprisable af rma avec hauteur à mírzá áqáy-i-Kalím qu’il pourrait faire ce qu’il voudrait de Bahá’u’lláh. áqáy-i-Kalím lui répondit : « Pourquoi croyez-vous que je vienne de temps en temps vous rendre visite ? Pour vous demander un poste ? un emploi ? une subvention ? Je ne viens que pour vous montrer nos intentions amicales. Par dieu ! si ses faveurs envers vous cessaient, ces mêmes hommes qui vous entourent vous détruiraient sans aucun doute ! » áqáy-i-Kalím poursuivit en détaillant toutes les intrigues et les mauvais coups du consul avec une telle précision que ce dernier ne put que répondre : « Ce qui est fait est fait. qu’il [Bahá’u’lláh] continue à me considérer avec faveur dans le futur et je serai à son service. » malheureusement, comme l’indique nabíl, mírzá Buzurg Khán était incorrigible et il ne cessa jamais de conspirer avec shaykh ‘abdu’l-h∆usayn. dans ses machinations le consul alla jusqu’à offrir une forte récompense à un brigand nommé rid∂á Turk a n qu’il trouve Bahá’u’lláh et le tue. Cette brute sans peur et prête à tout pour de l’argent raconta plus tard qu’il avait attendu une occasion pour accomplir le vœu du consul. un jour, sachant que Bahá’u’lláh allait aux bains, il profita de l’absence de son serviteur, áqá muh∂ammad-ibráhím-i-amír, parti faire quelque emplette, pour s’introduire dans les bains. mais, comme il le confessa lui-même, lorsqu’il se trouva en présence de Bahá’u’lláh, il fut frappé de stupeur et de remords à tel point qu’il tourna les talons et s’enfuit.
alors mírzá Buzurg Khán commença une campagne dans le but d’éloigner Bahá’u’lláh de Bagdad. le sagace h∆ájí mírzá h∆usayn Khán, le mushíru’d- dawlih, ambassadeur de Perse à istanbul, écrivit à mírzá sa'dí Khán, ministre des affaires étrangères de Téhéran (voir addenda v pour les deux hommes) que l’ardeur du consul dans cette entreprise n’était pas due à son zèle au service de son pays mais avait d’autres motivations. il voulait épouser la lle de h∆ájí mírzá hádíy-i-Javáhirí pour son argent et pensait que Bahá’u’lláh lui barrait la route. mírzá sa’íd Khán répondit qu’il était au courant de ce fait mais que néanmoins il importait que Bahá’u’lláh soit éloigné des frontières de la Perse.
quant à shaykh ‘abdu’l-h∆usayn, c’est un mélange de pur fanatisme et d’ambition innée pour toujours plus de célébrité et de réputation qui l’incita à fomenter tout ce qu’il put contre Bahá’u’lláh. des dizaines d’années plus tard, fád∂il-i-
dans la Gloire du Père
∏ihrání, petit- ls de cet ennemi invétéré de Bahá’u’lláh, embrassa ardemment la cause que, dans son égarement, son grand-père avait tellement haïe. il devint célèbre comme enseignant et propagateur de la cause de Bahá’u’lláh.
avant sa nomination comme gouverneur de l’irak, le válí de Bagdad, mus∂t∂afá núrí Páshá avait été très proche du sultan ‘abdu’l-majíd. il avait pu ainsi s’arranger pour faire renvoyer de son poste à la cour du sultan un certain rid∂á Páshá qui, plus tard, retrouva faveurs et nouveau poste. une fois bien réinstallé, rid∂á Páshá commença à comploter pour se venger. il t envoyer à Bagdad un conseiller militaire nommé ah∂mad TowfíqPáshá avec instruction d’accumuler des charges contre mus∂t∂afá núrí Páshá pour obtenir sa destitution. on lui promit en récompense de devenir gouverneur à son tour. ainsi motivé, ah∂mad Páshá gagna peu à peu la con ance de quelques notables de Bagdad qui, connaissant son étroite amitié avec rid∂á Páshá et la grande in uence de ce dernier parmi les proches du sultan
‘abdu’l-majíd, se prêtèrent à son dessein. on prépara secrètement une liste d’accusations de concussion et de corruption qui fut signée par quelques-uns des notables et envoyée à istanbul. dès réception du document, rid∂á Páshá envoya un télégramme à Bagdad, annonçant la destitution de mus∂t∂afá núrí Páshá et sa mise aux arrêts dans sa résidence en attendant qu’il soit interrogé.
ah∂mad Páshá le militaire fut nommé gouverneur en mars 1861 (il fut con rmé un peu plus tard) et plaça des sentinelles autour de la résidence du pauvre mus∂t∂afá núrí Páshá, empêchant toute relation avec l’extérieur. ‘abdu’lláh Páshá de sulaymáníyyih, ami personnel du vali déchu, fut lui- même empêché de le rencontrer. se sentant aussi en danger et menacé, il ne sut vers qui se tourner sinon vers Bahá’u’lláh qui le reçut gracieusement et gentiment, lui conseillant de ne pas se désoler : « va dire au vali de placer sa con ance en dieu et de répéter chaque jour, dix-neuf fois ces deux versets : « à qui met sa con ance en dieu, dieu suf t » et
« qui craint dieu, dieu le soulage ». ‘abdu’lláh Páshá dit que nul ne pouvait visiter le vali mais Bahá’u’lláh lui conseilla de faire directement appel à ah∂mad Páshá : « quand il te verra faire appel à lui comme il convient, il t’accordera la permission de voir ton ami. » ‘abdu’lláh Páshá suivit ce conseil. ah∂mad Páshá, très impressionné par sa délité, lui permit de visiter le vali déchu autant qu’il voudrait. ainsi ‘abdu’lláh Páshá put rendre visite à mus∂t∂afá núrí Páshá et lui transmettre le message de Bahá’u’lláh. Très peu de jours après, le 14 août 1861, arri-
BaGdad - les dernières années 163 va la nouvelle de la mort du sultan ‘abdu’l-majíd et l’accession au trône du sultan
‘abdu’l-’azíz qui fut suivie par la deuxième expulsion de la cour de rid∂á Páshá et la réception d’un télégramme réinstallant mus∂t∂afá núrí Páshá. C’était maintenant au tour de ah∂mad Páshá de demander de l’aide en rappelant à ‘abdu’lláh Páshá qu’il avait accepté sa requête et qu’à son tour il devait intervenir pour le protéger de la colère du vali. le Pacha de sulaymáníyyih accepta volontiers d’organiser avec le vali une rencontre qui permit la réconciliation des deux hommes. Peu après, le beau-frère du vali arriva d’istanbul avec les pleins pouvoirs pour enquêter. la complète innocence de mus∂t∂afá núrí Páshá fut prouvée à l’étonnement de tous et il revint à ‘abdu’lláh Páshá de leur apprendre à qui le gouverneur devait être reconnaissant pour sa délivrance.
mus∂t∂afá núrí Páshá qui avait été sauvé de la disgrâce par Bahá’u’lláh lui resta dévoué jusqu’à la n de sa vie, bien qu’à Bagdad il n’ait pu le rencontrer. lorsque Bahá’u’lláh arriva à Constantinople en 1863, mus∂t∂afá núrí Páshá y était aussi.
oubliant toute retenue il vint présenter ses respects à Bahá’u’lláh qui envoya la Plus-Grande-Branche et áqáy-i-Kalím rencontrer le pacha. mus∂t∂afá núrí Páshá vint lui-même plusieurs fois et le désir de son cœur fut exaucé.
quant à ‘abdu’lláh Páshá de sulaymáníyyih, qui avait toujours été un ami dèle de Bahá’u’lláh, il fut con rmé dans sa foi en lisant les sept vallées. il reçut le gouvernorat de ván, qu’il accepta à contre-cœur puisque cela signi ait être séparé de Bahá’u’lláh. Plus tard il tenta sans succès de le rejoindre à andrinople.
en 1304 de l’hégire (1886-7) il vint à Beyrouth pour se soigner et trépassa dans cette ville.
deux riches Persans distingués, résidant à Bagdad, furent si attirés par Bahá’u’lláh que non seulement ils épousèrent la cause du Báb mais que dans leurs testaments ils demandèrent à Bahá’u’lláh de régler leur héritage. l’un était h∆ájí mírzá hádíy-i-Javáhirí et l’autre h∆ájí háshim-i-’at∂t∂ár. le ls de h∆ájí mírzá hádí, mírzá músá faisait depuis des années le désespoir de son père qui avait des raisons de craindre pour son avenir. C’est la transformation de mírzá músá à travers son attachement à Bahá’u’lláh qui poussa le père à suivre le chemin du ls et à rédiger son testament comme il le t. nabíl dit qu’en apprenant ce que rent ces deux Persans connus, shaykh ‘abdu’l-h∆usayn et mírzá Buzurg Khán devinrent si furieux qu’ils recommencèrent à comploter contre Bahá’u’lláh mais, comme déjà
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noté, le mushíru’d-dawlih était assez intelligent pour deviner les motivations du consul.
h∆ájí háshim-i-’at∂t∂ár décida d’organiser une fête en honneur de Bahá’u’lláh.
nabíl rapporte qu’elle était si splendide que les Bagdadis af rmaient n’en avoir jamais vu de pareille, ce qui fut mentionné devant nás∂iri’d-dín sháh et le sultan de Turquie. le jour de la fête, h∆ájí háshim lui-même, en dépit de son âge avancé, resta continuellement debout à servir. lorsque tout fut ni, très honoré d’avoir été en présence de Bahá’u’lláh, il eut le sentiment de n’avoir plus de raison de vivre et, peu après, mourut. en dépit des clauses de son testament, ses gendres qui s’étaient alliés avec des gredins commencèrent à piller son héritage. quelques hommes intègres de Bagdad vinrent demander à Bahá’u’lláh d’intervenir puisque tout le monde connaissait les termes du testament de h∆ájí háshim. mais Bahá’u’lláh répondit : « Ce qui nous appartenait était la personne bénie du hájí qui a maintenant quitté ce monde. quant à sa fortune, que ceux qui entassent les richesses de ce monde s’en occupent. » mais lorsque ces mêmes gendres commencèrent à voler la veuve et les enfants mineurs du h∆ájí, Bahá’u’lláh intervint, t appeler quelques-uns de ceux qui agissaient si injustement et leur conseilla de changer leurs manières de faire. ils se soumirent à son autorité. la part des jeunes fut séparée du reste et donnée à leur mère, ensuite Bahá’u’lláh nomma une personne de con ance pour prendre soin de leur héritage et le faire fructi er pour eux. de même, dans le cas de l’héritage de h∆ájí mírzá hádíy-i-Javáhirí, Bahá’u’lláh t le nécessaire pour que personne ne soit traité avec injustice. il demanda à la Plus-Grande-Branche et à áqáy-i-Kalím de s’en occuper. nabíl indique que le dixième* de ce que h∆ájí mírzá hádí avait laissé se montait à 30 000 túmáns, une somme importante à cette époque, et que Bahá’u’lláh avait annoncé son intention en ces termes : « Je donnerai ces 30 000 túmáns à mírzá músá, le ls de h∆ájí mírzá hádí, a n qu’il reste en paix avec ses sœurs ».
nabíl insiste sur le fait que ces preuves accumulées de l’autorité de Bahá’u’lláh étaient exaspérantes pour shaykh ‘abdu’l-h∆usayn qui, bien que mujtahid, investi d’honneurs et de pouvoirs spéciaux par nás∂iri’d-dín sháh, n’avait pas la moitié de cette autorité. il préférait fanfaronner : « J’ai fait un rêve, disait-il, dans lequel je me tenais debout, sous un dôme, en compagnie du chah. au-dessus de sa tête se
* le dixième (ushr) était la part traditionnellement donnée à l’exécuteur d’un testament.
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balançait une feuille sur laquelle étaient écrit en lettres latines quelques versets du coran. il semblait que ce fut l’œuvre des bábís. le chah, voyant cette feuille, me con rmait que les bábís étaient bien les auteurs de cet outrage, mais, m’af rmait-t-il, attends un peu. Bientôt je détruirai ce peuple avec l’épée que je porte. » un autre jour, le shaykh relata un autre de ces rêves inventés : « Je rêvais que j’étais à cheval, avec plusieurs autres personnes, en route pour Téhéran. un des bábís de Bagdad me rattrapa près de Khániqayn. il portait une bouteille pleine de sang dont il m’aspergea. Ce qui veut dire, interprétait-il, que mes efforts pour détruire ces gens recevront l’approbation royale, je serai appelé à Téhéran, mais les bábís m’as- sassineront. Ce meurtre rendra furieux le gouvernement et le peuple persan qui s’uniront alors pour les éliminer complètement. »
un proche de shaykh ‘abdu’l-h∆usayn fréquentait la demeure de Bahá’u’lláh dans le vain espoir d’y découvrir le secret de l’élixir tant recherché par les alchi-mistes. il rapporta ces rêves à Bahá’u’lláh qui, en souriant, répliqua que le premier rêve du shaykh indiquait que la source de la révélation du Báb était la même que celle du coran, mais renouvelée. quant au second rêve, shaykh ‘abdu’l-h∆usayn pouvait être rassuré car aucun bábís ne l’assassinerait et il ne serait jamais rappelé pour recevoir plus d’honneurs. l’homme répéta au shaykh ce qu’il avait entendu, lui conseilla d’abandonner ces extravagances, de rechercher plutôt à rencontrer Bahá’u’lláh pour juger par lui-même de la réalité des pouvoirs, de la beauté des paroles et de l’élégance du maintien du chef de la communauté bábíe. shaykh
‘abdu’l-h∆usayn sembla avoir aimé la suggestion et Bahá’u’lláh accepta de le recevoir. mais au dernier moment, le shaykh ne vint pas et continua ses intrigues.
mírzá Buzurg Khán était désappointé par le manque de succès de ses efforts pour obtenir la coopération du vali contre les bábís et il entreprit de chercher des fêlures dans l’armure d’intégrité qui entourait Bahá’u’lláh a n de pouvoir le blesser sérieusement. n’en trouvant pas, sa déception fut grande. Conscients de la haine et de l’hostilité du consul persan les amis de Bahá’u’lláh le suppliaient de faire le nécessaire pour sa protection et sa réponse à leurs suppliques était toujours la même : il plaçait sa con ance en dieu et « dieu est le meilleur des protecteurs ».
mullá ‘alí-mardán, de Karkúk, lui proposa de s’installer dans une des confortables maisons qu’il possédait dans cette ville, dans l’espoir que l’éloignement, même temporaire, protégerait Bahá’u’lláh du venin du consul et de ses acolytes.
dans la Gloire du Père
l’échec de la tentative d’assassinat de Bahá’u’lláh par le brutal rid∂á Turk avait sans doute grandement irrité le consul. áqá rid∂á écrit que les bábís devinrent peu à peu conscients des desseins malveillants de mírzá Buzurg Khán et de son alliance avec shaykh ‘abdu’l-h∆usayn ; quelques-uns gardaient discrètement un œil vigilant sur la maison de Bahá’u’lláh.
des années plus tard, en août 1919, ‘abdu’l-Bahá parlait des événements du passé aux bahá’ís réunis dans son salon de haïfa. un soir il parla des machinations de shaykh ‘abdu’l-h∆usayn et de mírzá Buzurg Khán et le docteur lut∂fu’lláh h∆akím prit des notes. sans être du mot à mot, ses notes re ètent assez précisément les souvenirs du maître. voici le sens général de l’histoire contée par ‘abdu’l-Bahá*:
lorsque les mujtahids et nás∂iri’d-dín sháh envoyèrent shaykh ‘abdu’l- h∆usayn en irak, et qu’il commença à comploter contre la Perfection bénie (Bahá’u’lláh), les mujtahids se réunirent à Káz∂imayn pour se préparer à lancer une guerre sainte. ils demandèrent l’aide du vali qui répliqua qu’il ne pouvait intervenir. ils envoyèrent alors des lettres à Bagdad et un grand nombre de Persans et d’arabes chiites se réunirent. la tension montait à Bagdad. ils allèrent même chercher shaykh murtid∂á à Kerbéla en lui af rmant que la religion était menacée. sur le chemin de Bagdad, shaykh murtid∂á eut un accident ; il se tint alors coi et demanda à ce qu’on le laisse tranquille. n’ayant pas étudié le cas personnellement, il refusa d’intervenir. Par l’intermédiaire de zaynu’l-
’ábidín Khán le fakhru’d-dawlih, le shaykh envoya ce message à la Perfection bénie :
« Je ne savais pas. si j’avais su je n’y serais pas allé. maintenant je prierai pour vous. »
Ceux qui étaient réunis à Káz∂imayn se préparèrent à partir deux jours plus tard pour nous attaquer. nous n’étions alors que quarante-six en tout et notre homme le plus fort était áqá asadu’lláh-i-Káshí (Káshání) dont le sabre, même lorsqu’il le portait par-dessus son shál (tissu utilisé comme une large ceinture) pendillait jusqu’au sol. il y avait aussi un certain siyyid h∆asan de Chiraz. Ce n’était pas un croyant, mais un très brave homme. un matin que la Perfection bénie était déjà levée et occupée, cet áqá siyyid h∆asan vint frapper à notre porte. notre servante noire ouvrit, áqá siyyid h∆asan entra et, très agité, demanda : « où est l’áqá (Bahá’u’lláh) ? Je lui dis : « il est allé au euve ». « que dis-tu ? » répondit-il. Je lui offris un peu de thé en disant : « il va revenir. » il répliqua : « áqá ! le monde est à l’envers !... il est devenu dangereux… saviez-vous que la nuit dernière s’est tenu un conseil en présence de shaykh ‘abdu’l-h∆usayn
* ce qui suit n’est pas une traduction exacte mais un rendu dèle. BaGdad - les dernières années 167
et du consul ? ils se sont aussi mis d’accord avec le vali. Pourquoi la Beauté bénie a-telle été jusqu’au euve ? ils ont décidé de lancer leur attaque demain. » à ce moment la Beauté bénie entra. áqá siyyid h∆asan voulut lui exprimer son anxiété, mais la Beauté bénie dit « Parlons d’autre chose. » Plus tard, áqá siyyid h∆asan voulut encore se soulager de ce poids, mais la Beauté bénie lui assura : « Ceci n’a aucune importance ».
alors áqá siyyid h∆asan resta pour déjeuner puis reparti chez lui.
dans l’après-midi, la Perfection bénie sortit. les amis l’entourèrent. Parmi eux étaient deux hypocrites : h∆ájí ‘abdu’l-h∆amíd et áqá muh∂ammad- Javád-i-is∂fahání. la Perfection bénie marchait de long en large. il se tourna soudain vers les amis, disant :
« vous avez entendu la nouvelle ? les mujtahids et le consul ont réuni dix ou vingt mille hommes pour lancer contre nous un jihád. » Puis, s’adressant aux deux hypocrites : « allez leur dire que par dieu, le seigneur de tous, j’enverrai deux hommes pour les repousser jusqu’à Káz∂imayn. s’ils sont capables d’accepter un dé , qu’ils viennent. » les deux hypocrites s’empressèrent d’aller répéter ce qu’ils avaient entendu et, devinez quoi : ils se dispersèrent !
áqá rid∂á écrit que durant tout ce temps Bahá’u’lláh ne cessa pas ses visites quotidiennes dans les cafés. il y allait seul à l’exception de ses deux serviteurs, áqá najaf-’alí et áqá muh∂ammad-ibráhím-i-amír-i-nayrízí et même, d’après áqá rid∂á, il partait parfois sans leur demander de l’accompagner. il ne montrait ni peur ni anxiété. à l’opposé, mírzá yah∂yá se déguisait et ne montrait jamais son visage. il était parfois h∆ájí ‘alíy-i-lás- furúsh (le marchand de soie), parfois un marchand de chaussures et de pantou es à Bas∂rah, toujours craintif, toujours effrayé.
Puis mullá h∂asan-i-amú vint rendre visite à Bahá'u'lláh. écoutons ‘abdu’l- Bahá nous conter son histoire :
à Bagdad, il arriva souvent que, dans la réunion bénie, des oulémas de l’islam, des juifs et des chrétiens, se trouvaient assemblés avec des savants européens. Chacun posait une question ; et quoique ces hommes eussent chacun une culture différente, ils recevaient des réponses convaincantes et suffisantes, et ils s’en retiraient satisfaits.
C’est au point que les oulémas persans qui étaient à Kerbéla et à najaf choisirent un savant qu’ils chargèrent d’une mission auprès de lui : il s’appelait mulla h∆asan-i-amú.
il vint en la présence sacrée, et posa, de la part des oulémas, un certain nombre de questions auxquelles Bahá’u’lláh répondit. Puis h∆asan-i-amú dit : « les oulémas reconnais-
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sent sans hésitation et confessent la science et l’excellence de votre personne ; et il est certain pour tous qu’elle n’a pas d’égale ni de semblable dans toutes les sciences. et il est aussi reconnu que vous n’avez jamais étudié ni travaillé ces sciences. mais les oulémas disent qu’ils ne se contentent pas de cela, et qu’ils ne confessent ni ne reconnaissent la vérité de votre mission, d’après votre savoir et votre excellence. aussi nous vous demandons de faire apparaître un miracle, pour contenter et tranquilliser nos cœurs. »
Bahá’u’lláh répondit : « Bien que vous n’en ayez nullement le droit (car c’est à dieu qu’il appartient de mettre la créature à l’épreuve, et non à celle- ci d’éprouver dieu), malgré cela, cette demande est agréée et approuvée. mais la cause de dieu n’est pas un théâtre, où l’on représente à chaque heure un spectacle, et où chaque jour on demande quelque chose. autrement elle deviendrait un jeu d’enfants. les oulémas doivent donc s’assembler et, d’un commun accord, choisir un miracle, puis écrire qu’après l’apparition de ce miracle ils n’auront plus de doutes sur moi, et que tous reconnaîtront et confesseront la vérité de cette cause. qu’ils cachettent cette feuille de papier et me l’apportent ; que ceci soit leur critérium. si le miracle apparaît, il ne restera pour vous aucun doute, sinon, nous serons convaincu d’imposture. » le savant personnage se leva et dit : « il n’y a plus rien à dire. » il baisa le genou de Bahá’u’lláh, bien qu’il ne fût pas un croyant, et s’en alla. il réunit les oulémas et leur transmit le message sacré. Ceux-ci se concertèrent, puis dirent : « Cet homme est un enchanteur, peut-être va-t-il accomplir quelque enchantement, et alors nous n’aurons plus rien à dire. » et ils n’osèrent pas pousser plus loin.
quant à h∆asan-i-amú, il parla de cette aventure dans la plupart des réunions ; il quitta Kerbéla pour Kirmanshah et Téhéran, et raconta les détails partout, parlant de la crainte des oulémas et de leur retraite. ainsi tous ses adversaires, en orient, reconnaissaient la grandeur, la noblesse, la science, l’excellence de la Beauté bénie et, bien qu’ils fussent ses ennemis, ils parlaient toujours de lui comme du « célèbre Bahá’u’lláh ».1
mullá h∂asan se sentit si honteux qu’il ne put se présenter de nouveau devant Bahá’u’lláh. Par l’intermédiaire de zaynu’l-’ábidín Khán le fakhru’d-dawlih, il lui envoya un message : « J’ai honte de la conduite de mes collègues. »
Parmi ce groupe de mujtahids, les dépassant largement par la piété et la connaissance, le plus grand de tous était shaykh murtid∂áy-i-ans∂árí. incomparable et sans égal en son temps, il refusa catégoriquement de donner son appui à ceux qui s’opposaient à Bahá’u’lláh. Chaque fois qu’on lui demandait ce qu’il fallait
BaGdad - les dernières années 169
penser de Bahá’u’lláh et des bábís, il répondait : « faites votre recherche vous-mêmes. »
Tout à fait à l’opposé, on trouvait le vicieux shaykh ‘abdu’l-h∆usayn-i- T∆ihrání.
Comme l’écrit le Gardien de la foi bahá’íe :
frustré dans ses tentatives répétées pour accomplir ses desseins malveillants, shaykh ‘abdu’l-husayn dirigea alors ses efforts dans une nouvelle direction. il promit à son complice de l’élever au rang de ministre de la couronne, s’il réussissait à persuader le gouvernement de rappeler Bahá’u’lláh à Téhéran pour le remettre en prison. il envoya d’assez longs rapports, presque chaque jour, à l’entourage immédiat du chah. il brossait des tableaux extravagants de l’ascendant dont jouissait Bahá’u’lláh, en alléguant qu’il avait acquis l’obéissance des tribus nomades d’irak. il prétendait qu’il était à même de rassembler en un jour au moins cent mille hommes prêts à prendre les armes à son commandement. il l’accusait de projeter, de concert avec différents chefs persans, un soulèvement contre le souverain.2
shaykh ‘abdu’l-h∆usayn avait réuni, comme le raconte ‘abdu’l-Bahá, un groupe de têtes enturbannées qui voulaient lancer une guerre sainte et attaquer les bábís.
mais comme le commente le Gardien :
Pourtant, à leur grand étonnement et à leur déception, ils s’aperçurent que, lorsqu’il connut leurs desseins, le chef des mujtahids, le fameux shaykh murtadáy-i-ansárí, homme connu pour sa tolérance, sa sagesse, sa justice rigoureuse, sa piété et la noblesse de son caractère, se refusait à prononcer la sentence requise contre les bábís. C’est lui que Bahá’u’lláh célébra plus tard dans la lawh-i-sultán, le classant parmi « Ces docteurs qui ont effectivement bu à la coupe du renoncement » et qui, « jamais, ne s’opposèrent à lui », celui auquel ‘abdu’l-Bahá fait allusion comme à « l’érudit, l’illustre docteur, le noble et réputé savant, le sceau des chercheurs de vérité ». alléguant qu’il ne connaissait pas suffisamment les croyances de cette communauté, et déclarant qu’il n’avait constaté de la part de ses membres aucun acte contraire à l’esprit du coran, il quitta brusquement la réunion sans prêter attention aux protestations de ses collègues et retourna à najaf, après avoir envoyé un messager à Bahá’u’lláh pour lui exprimer ses regrets de ce qui s’était produit, ainsi que ses vœux sincères pour sa protection.2
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Shaykh Murtid∂áy-i-ansárí, le principal mujtahid du monde chiite jusqu’à sa mort en 1864
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il semble que shaykh murtid∂á ait été si dégoûté par les propositions de shaykh
‘abdu’l-h∆usayn et de ses complices qu’il eut envie d’exprimer ses regrets et ses prières pour que Bahá’u’lláh soit délivré de la méchanceté et du venin de ces hommes. les messagers qui portèrent ses messages sont, comme déjà indiqué, zaynu’l-’ábidín Khán le fakhru’d-dawlih et mírzá h∆asan-i-Gul-i- Guláb.
deux ans plus tard, alors que Bahá’u’lláh s’apprêtait à quitter Bagdad, le membre d’un groupe du même genre d’enturbannés vint à lui pour lui dire : « nous ne savons toujours pas quoi faire ou quoi dire à votre propos. » et relatant l’effron-terie de cet homme à nabíl, Bahá’u’lláh dit : « nous lui répondîmes : pendant des années shaykh murtid∂á répondait, quand on lui posait des questions sur nous,
« c’est une question de recherche et non d’imitation*. Cherchez et trouvez par vous-mêmes. » vous n’avez pas suivi son avis et maintenant que nous sommes sur le point de partir, vous venez vers nous avec vos questions. vous vous demandez quoi faire ! eh bien, allez lire vos commentaires ! » et Bahá’u’lláh ajoutait pour nabíl :
« nous n’avions jamais parlé ainsi à personne, mais cet homme était si évidemment fourbe. »
Pendant tout son exil à Bagdad, Bahá’u’lláh était prêt à rencontrer les chefs religieux, ainsi qu’il en a témoigné :
nous sommes restés douze ans à Bagdad. malgré notre désir de voir réunie une grande assemblée de religieux et d’hommes justes, a n que la vérité soit séparée de l’erreur, aucune action ne fut entreprise… nous voulions rencontrer les religieux de Perse. mais sitôt qu’ils entendirent parler de ce projet ils s’enfuirent en disant « c’est un vrai sor-cier ! » C’est ce que dirent dans le passé leurs semblables. Ces religieux n’étaient pas d’accord avec ce qu’ils avaient dit et pourtant ils répètent en ce jour ce qui avait été dit avant eux ; et ils ne comprennent pas. Par ma vie ! aux yeux du seigneur ils sont moins que de la cendre3
l’attitude louable de shaykh murtid∂áy-i-ans∂árí consterna et découragea quelque peu le groupe de shaykh ‘abdu’l-h∆usayn. d’autant plus qu’ils échouèrent à répondre aux efforts de mullá h∆assan-i-’amú, démontrant ainsi la futilité de leurs accusations. mais la méchanceté rôdait toujours et les scélérats n’arrêtaient pas. Pourtant Bahá’u’lláh continuait à vivre comme d’habitude, sans se préoccuper * l’imitation d’un mujtahid quali é est un des points cardinaux de la doctrine chiite.
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des périls qui le menaçaient. souvent, la nuit, il sortait seul pour se promener sur les rives du Tigre ou pour aller dans un de ces cafés qu’il fréquenta pendant tout son séjour à Bagdad. Parfois, dit nabíl, personne à l’exception de la Plus-Grande-Branche et de áqáy-i-Kalím, ne savait où il était allé. il allait, sans crainte, sans inquiétude, dans des lieux où ses ennemis n’attendaient que l’occasion de lui faire du mal. il leur faisait face partout, parlait et même plaisantait avec eux, leur faisant savoir clairement qu’il connaissait leurs intentions. alors que Bahá’u’lláh restait ferme, serein, con ant, mírzá yah∂yá était à Bas∂rah, déguisé, vendant des pantou es et des chaussures. rid∂á Turk, cet homme qui, dans les bains publics, avait voulu assassiner Bahá’u’lláh mais s’était enfui en tremblant, raconta quelques années plus tard qu’un jour, il se tenait en position, pistolet en main, dans un endroit favorable, lorsque Bahá’u’lláh apparut accompagné d’áqáy-i-Kalím. il admet lui-même qu’il se sentit si bouleversé en apercevant Bahá’u’lláh qu’il en fut paralysé et laissa tomber son pistolet. en arrivant à sa hauteur Bahá’u’lláh dit à áqáy-i-Kalím : « ramasse et rends-lui son pistolet puis montre-lui le chemin de sa maison, il semble s’être perdu ! ».
nabíl dit que nuit après nuit les compagnons étaient en alerte, patrouillant autour de la maison de Bahá’u’lláh, pour parer à toute attaque. un certain siyyid h∆usayn-i-rawd∂ih-Khán - un conteur des souffrances de la famille du Prophète -
était venu de Téhéran en pèlerinage en irak et était très dévoué à Bahá’u’lláh. il vint un soir en cachette et dévoila que les ennemis avaient incité une centaine de Kurdes à se déguiser en pleureurs de funérailles pour ensuite attaquer la maison.
les bábís arabes, en entendant parler de ce complot se réunirent en force, prêts à se défendre. mais Bahá’u’lláh leur assura que tout cela était inutile. lorsque la nuit vint, environ quatre heures après le coucher du soleil, les pleureurs apparurent dans la rue en se battant la poitrine, et Bahá'u'lláh demanda à ses serviteurs d’ouvrir la porte et de les laisser entrer. « Ce sont nos invités », dit-il, et il leur t servir des sorbets à l’eau de rose et du thé. ils arrivèrent en ennemis et repartirent en amis, admettant volontiers qu’ils étaient animés de mauvaises intentions mais que la majesté et la bonté de Bahá’u’lláh avaient transformé leur cœur. ils repartirent en criant « que dieu punisse vos ennemis ! »
nabíl écrit que même mírzá h∆usayn-i-mutavallí de qom avait écrit à Bahá’u’lláh pour le supplier de ne pas quitter sa demeure pour un temps. en
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réponse, Bahá’u’lláh révéla pour lui une épître qui commence par deux vers d’une ode de h∆á z∂ :
Toutes les perruches de l’inde deviendront fauvettes au chant de miel à cause de ce pain de sucre perse envoyé au Bengale.*
dans cette épître Bahá’u’lláh déclare sans peur qu’il n’hésitera jamais, ne se soumettra jamais aux menaces, ne sera jamais effrayé par l’agitation du monde.
« nous brûlons comme un cierge… nous avons consumé tous les voiles. nous avons allumé le feu de l’amour… nous ne nous enfuirons pas. nous n’essayerons pas de repousser l’étranger. nous prions pour que les calamités arrivent…
qu’importe à une âme céleste que la forme physique soit détruite ? Ce corps est pour elle une prison… Jusqu’à l’instant où c’est écrit, personne n’a de pouvoir sur nous et, lorsque viendra cet instant, tout notre être ne sera que désir de lui… » nabíl parle de la stupéfaction des mujtahids de Kerbéla et de najaf en lisant cette épître.
Parlant à nabíl de ces jours, áqáy-i-Kalím se rappelait qu’il était alors certain qu’ils seraient tous immédiatement arrêtés, menottés et remis aux autorités persanes car il connaissait bien les motivations de la populace de Bagdad et de leurs notables. mais il n’avait pas envie d’en parler à Bahá’u’lláh pour ne pas lui causer de peine. il rapporte qu’« une nuit, le sommeil avait quitté mes yeux. Je faisais les cent pas dans la cour, me demandant ce qui allait advenir de nos femmes et de nos enfants une fois que nous serions arrêtés. Puis j’entendis un bruit et, allant à la porte, on me dit qu’un certain nombre de personnes avaient été choisies pour monter la garde et patrouiller dans la rue… en entendant cela, je compris que tout irait bien… et j’allais me coucher. »
Puis Bahá’u’lláh décida que les compagnons devaient demander la nationalité turque a n de recevoir la protection des autorités ottomanes. námiq Páshá, le gouverneur de Bagdad, fut ravi d’entendre cela. nabíl raconte que áqá muh∂ammad-rid∂áy-i-Kurd qui s’y connaissait en droit, amena chaque jour, deux par deux, des compagnons à la maison du gouverneur et obtint pour eux des passeports turcs.
nabíl lui-même, en compagnie de áqá muh∂ammad-ismá’íl-i-Káshání en t partie.
* on a longtemps cru que cette épître connue sous le titre de shikkar-shikan- shavand était adressée à mírzá sa’íd Khán, le ministre des affaires étrangères de nás∂iri’d-dín sháh. mais nabíl af rme clairement que c’est l’inconstant mutavallí de qom qui eut l’honneur de la recevoir..
dans la Gloire du Père
Ces visites durèrent près de trois semaines jusqu’à ce que tous les Persans soient naturalisés. en apprenant que les compagnons avaient obtenu la nationalité ottomane, shaykh ‘abdu’l-h∆usayn et mírzá Buzurg Khán furent consternés.
nabíl écrit qu’en ce temps-là Bahá’u’lláh se rendait souvent à mazra’iy-i- vashshásh, une ferme des environs de Bagdad. Presque tous les soirs, alors qu’il revenait dans le soleil couchant, nabíl l’attendait près de la porte de sa demeure. il arrivait, dit nabíl, que Bahá’u’lláh se rende dans la maison de nabúkí, située dans la même rue que la sienne mais de l’autre côté. Beaucoup de compagnons, dont nabíl, habitaient dans cette maison. áqá muh∂ammad-zamán, un marchand de Chiraz, et ustád ‘alí-akbar-i-najjár (le charpentier) y vivaient aussi. shát∂ir-i-rid∂á (voir addenda v) et son frère avaient une maison dans la même rue et y avaient installé un moulin et une boulangerie. Bahá’u’lláh en était propriétaire et elle fournissait à tous les compagnons, gratuitement, le pain dont ils avaient besoin. à quatre-vingt-dix ans, le père des deux boulangers, áqá muh∂ammad-s∆ádiq était venu à Bagdad depuis ardakán, près de yazd. il racontait beaucoup d’histoires sur la conduite des religieux, comment il s’était converti à la religion du Báb, ce qui d’après nabíl provoquait des sourires chez Bahá’u’lláh. le vieil homme en était heureux et, levant les mains en signe de reconnaissance pour avoir eu le privilège d’avoir fait sourire Bahá’u’lláh, il citait le Prophète : « quiconque fait rire un croyant c’est comme s’il m’avait fait rire et quiconque m’a rendu heureux, dieu sera satisfait de lui. »
nabíl rapporte encore que l’un des religieux persans, bien nourri, corpulent, vint en jour en la présence de Bahá’u’lláh en précisant que son titre était « Khátamu’l-mujtahidín » c’est-à-dire, le sceau des mujtahids. et Bahá’u’lláh répliqua :
« inshá’alláh ! » (que dieu le veuille).
Ce sceau-des-mujtahidín était drôle et amusait beaucoup Bahá’u’lláh en lui racontant des histoires. Bahá’u’lláh lui prodiguait beaucoup de gentillesse. en fait, chacun : compagnon, visiteur, voisin ou passant, recevait une large part de sa générosité. nabíl nous dit que tous les habitants du quartier où vivait Bahá’u’lláh recevaient des cadeaux de lui, et notamment les pauvres, les handicapés et les orphelins. et lorsqu’il se rendait quelque part, s’il rencontrait quelqu’un dans le besoin, il était très généreux. une vieille femme de quatre-vingts ans vivait dans une ruine.
Chaque jour, à l’heure où Bahá’u’lláh se rendait au café près du pont, elle l’atten-
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dait au bord de la route. Bahá’u’lláh s’arrêtait, s’enquérait de sa santé et lui donnait quelques pièces. elle embrassait ses mains et parfois voulait embrasser son visage, mais comme elle était très petite, elle ne pouvait l’atteindre et il se penchait vers elle. il disait : « elle sait que je l’aime bien et c’est pourquoi elle m’aime en retour. » lorsqu’il quitta Bagdad il t en sorte qu’elle reçoive un peu d’argent chaque jour jusqu’à la n de sa vie. quand il visitait régulièrement un café, commente nabíl, le lieu devenait tellement fréquenté par les notables de la ville que le propriétaire prospérait. un de ces cafés appartenait à siyyid h∆abíb, un homme imposant à la barbe blanche, président de son quartier. Chaque jour Bahá’u’lláh l’envoyait chercher pour lui offrir du thé. Pour siyyid h∆abíb, chaque jour passé sans rencontrer Bahá’u’lláh était un jour perdu et il se sentait frustré. après le départ de Bahá’u’lláh de Bagdad on ne le vit plus jamais dans son café et il cessa de boire du thé. h∆amd, un autre propriétaire de café t de même et abandonna sa profession.
fin 1861 mírzá malkam Khán, qui deviendra prince et aura pour titre náz∂imu’d-dawlih, se réfugia à Bagdad. à Téhéran, ses activités et notamment la fondation d’une loge maçonnique appelée farámúsh-Khánih (la maison de l’oubli), avait grandement énervé nás∂iri’d-dín qui avait ordonné son exil. Pourtant mírzá Buzurg Khán t savoir que ses supérieurs lui avaient ordonné d’arrêter malkam Khán et de le renvoyer en Perse. inquiet ce dernier vint vers Bahá’u’lláh qui, d’après nabíl, jugea plus prudent de le loger ailleurs. il fut envoyé au Seraye et remis aux soins du vali qui s’arrangea pour l’envoyer à istanbul.
mírzá muh∂ammad-h∂usayn-i-Kirmání, appelé aussi mírzá muh∂ít∂ rechercha aussi l’aide de Bahá’u’lláh à la même époque. il s’était battu pour devenir le chef du mouvement shaykhí après le décès de siyyid Káz∂im. C’est lui qui avait été bouleversé lorsque le Báb l’avait dé é en lui déclarant sa mission à l’ombre de la Ka’bah à la mecque. C’est pour répondre à ses questions que le Báb avait révélé le s∆ah∂í y-i-Baynu’l-haramayn. malgré cela, mírzá muh∂ít∂ s’était détourné du Báb et avait vécu ensuite à Kerbéla jusqu’à ce que, plus de vingt ans après, il chercha à organiser une rencontre secrète avec Bahá’u’lláh.
nabíl écrit :
vers la fin de ses jours, alors qu’il résidait en irak, il exprima, par l’intermédiaire
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d’un des princes persans demeurant à Bagdad, le désir de rencontrer Bahá’u’lláh, fei-gnant de se soumettre à lui. il demanda que cette entrevue projetée fût considérée comme strictement confidentielle. « dites-lui, répondit Bahá’u’lláh, que pendant les jours de ma retraite dans les montagnes de sulaymáníyyih, j’ai énoncé, dans une ode de ma composition, les conditions essentielles requises de chaque voyageur qui parcourt le sentier de la recherche en quête de la vérité. Partagez avec lui ce verset de mon ode qui dit : « si ton but est de chérir ta vie, ne t’approche pas de notre cour, mais si le désir de ton cœur est de te sacrifier, viens et laisse autrui venir avec toi. Car tel est le chemin de la foi si, dans ton cœur, tu cherches la réunion avec Bahá ; si tu refuses de parcourir ce sentier, pourquoi nous tourmenter ? va-t-en ! » s’il le veut, il se hâtera de venir à moi ouvertement et sans réserve ; sinon, je refuse de le voir. » la réponse sans équivoque de Bahá’u’lláh déconcerta mírzá muhít. incapable de s’opposer aux directives, et ne voulant pas s’y conformer, il partit pour sa résidence à Kerbéla, le jour même où il reçut ce message. dès son arrivée, il tomba malade et mourut trois jours plus tard.4
en n, mírzá Buzurg Khán fut rappelé en Perse sans avoir pu atteindre son but, mais il y continua sa vendetta contre Bahá’u’lláh. le gouverneur d’irak changea aussi et en 1862 mus∂t∂afá núrí Páshá fut remplacé par námiq Páshá (voir addenda v) qui, ayant déjà gouverné l’irak, était comme son prédécesseur, un homme juste et désintéressé.
le Gardien de la foi bahá’íe décrit les dernières années à Bagdad : rejetant les règles de prudence et de modération et oubliant leur fierté devant le prestige grandissant de Bahá’u’lláh, des Persans de haut rang, qui vivaient en exil, s’as-seyaient à ses pieds et, selon leurs capacités respectives, se pénétraient de son esprit et de sa sagesse. quelques-uns des plus ambitieux d’entre eux comme ‘abbás mírzá, un fils du chah muh∂ammad, le vazír-nizám* et mírzá malkam Khán ainsi que certains fonctionnaires des gouvernements étrangers essayèrent, dans l’étroitesse de leurs vues, d’obtenir son appui et son aide pour servir les projets qu’ils caressaient, projets qu’il condamna sans hésiter et avec sévérité. le colonel sir arnold Burrows Kemball, alors représentant du gouvernement britannique et consul général à Baghdád, ne fut pas, lui non plus, insensible à la position qu’occupait maintenant Bahá’u’lláh. entrant en correspondance amicale avec lui, il lui offrit, ainsi que l’atteste Bahá’u’lláh en personne,
* il s’agit de mírzá fad∂lu’lláh-i-núrí, frère aîné de mírzá áqá Khán-i-núrí, le premier ministre. lorsque ce dernier perdit le pouvoir en 1858, le premier perdit aussi son poste. C’est alors qu’il vint à Bagdad et y rencontra Bahá’u’lláh. il mourut à Téhéran en 1279 a.h. (1862-3).
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le couvert de la citoyenneté britannique, lui rendit personnellement visite, et prit sur lui de transmettre à la reine victoria tout message qu’il souhaiterait lui faire parvenir. il se déclara même prêt à faire le nécessaire pour transférer sa résidence aux indes ou en tout autre lieu qui lui serait agréable. Bahá’u’lláh déclina cette proposition, préférant élire domicile sur le territoire du sultan de Turquie. et finalement, pendant la dernière année de son séjour à Bagdad, le pacha námiq, alors gouverneur, impressionné par les nombreuses marques d’estime et de vénération dont il était l’objet, lui rendit visite afin de rendre un hommage personnel à celui qui avait déjà remporté une victoire aussi évidente sur les cœurs et les âmes de ceux qui l’avaient rencontré. le respect que le gouverneur portait à celui qu’il considérait comme une des lumières de cet âge était si profond, qu’il attendit trois mois, au cours desquels il reçut cinq ordres réitérés du pacha ‘ali, avant de se résoudre à informer Bahá’u’lláh que le désir du gouvernement turc était de le voir partir pour la capitale. un jour que Bahá’u’lláh avait envoyé
‘abdu’l-Bahá et áqáy-i-Kalím en visite chez ce gouverneur, celui-ci les reçut avec une telle recherche et tant de cérémonie, que le gouverneur adjoint déclara que jamais encore, à sa connaissance, aucun gouverneur de la ville n’avait reçu une notabilité de façon si chaleureuse et si courtoise. à la vérité, le sultán ‘abdu’l-majíd avait été si frappé par les rapports favorables de la part des différents gouverneurs de Bagdad à son sujet (c’est là le témoignage personnel que le délégué du gouverneur donna à Bahá’u’lláh) qu’en conséquence, il refusa de donner suite aux requêtes du gouvernement persan, soit de le livrer à leur représentant, soit d’ordonner son expulsion du territoire turc. en aucune des circonstances passées depuis la naissance de la foi, pas même durant les jours où le Báb fut salué à ispahan, à Tabriz et à Chihríq par les ovations de la foule enthousiasmée, l’un quelconque de ses promoteurs n’avait atteint une telle pré-éminence dans l’esprit du public, ou exercé une influence d’une telle portée et d’une telle puissance sur un cercle d’admirateurs aussi différents.5
le gouvernement de nás∂iri’d-dín sháh commença à demander avec insistance que Bahá’u’lláh soit éloigné de la proximité de ses frontières. mírzá h∆usayn Khán, le mushíru’d-dawlih, ambassadeur du chah à istanbul, de concert avec d’autres ambassadeurs dont celui de la france, remuait ciel et terre pour obtenir le bannissement de Bahá’u’lláh. le grand vizir de Turquie, ‘alí Páshá, et fu’ád Páshá, ministre des affaires étrangères (voir addenda v pour les deux hommes), qui gouvernaient ensemble l’empire ottoman et qui étaient connus pour le radicalisme de
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leurs tendances réformatrices, nirent par céder aux pressions de plus en plus insistantes de mushíru’d-dawlih et demandèrent à námiq Páshá d’inviter Bahá’u’lláh à se rendre à istanbul.
námiq Páshá, au courant de toutes les intrigues, complots, machinations, cabales, mensonges, motivés par les peurs et le fanatisme, ne savait pas de quelle manière transmettre cette invitation à Bahá’u’lláh. le Gardien, shoghi effendi, écrit :
le respect que le gouverneur portait à celui qu’il considérait comme une des lumières de cet âge était si profond, qu’il attendit trois mois, au cours desquels il reçut cinq ordres réitérés du pacha ‘alí, avant de se résoudre à informer Bahá’u’lláh que le désir du gouvernement turc était de le voir partir pour la capitale.6
Bahá’u’lláh célébra la fête de naw-rúz (1863) à mazra’iy-i-vashshásh. Ce fut une occasion heureuse jusqu’à ce que de sa plume, la Plume la plus sublime, s’écoule la tablette du Saint nautonier « dont les sombres prédictions, écrit shoghi effendi, soulevèrent parmi les compagnons de profondes appréhensions ». le cinquième jour après naw-rúz Bahá’u’lláh reçut un message du vali, écrit avec une grande courtoisie, lui demandant de venir au Seraye. Bahá’u’lláh répondit qu’il n’avait jamais mis le pied en cet endroit mais, si le vali le désirait, ils pourraient se rencontrer à la mosquée qui fait face au palais du gouverneur. námiq Páshá accepta. s’ouvrirent alors, comme l’écrit áqá rid∂á, les portes de la calomnie, des rumeurs fausses ou vraies, et des accusations. quelques ennemis af rmaient que Bahá’u’lláh ne tiendrait pas parole et qu’il ne viendrait pas à la mosquée. d’autres prédisaient que les bábís seraient réunis, arrêtés et remis aux autorités persanes de l’autre côté de la frontière. d’autres préféraient penser qu’ils seraient tous noyés dans le Tigre.
un jour, en n d’après-midi comme prévu, Bahá’u’lláh sortit de sa demeure accompagné de áqá muh∂ammad-rid∂a, un jeune Kurde parlant couramment le turc, et se rendit à la mosquée rendre visite au vali. il interdit à tout autre de l’accompagner. la nouvelle fut portée à námiq Páshá qui en fut ravi ; mais au dernier moment il changea d’avis et envoya son représentant, porteur de la communication qu’il avait reçu d’istanbul.
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Ce n’était pas un ordre mais une invitation de venir à la capitale qui fut présentée à Bahá’u’lláh, et il l’accepta dans l’esprit et de la manière dont elle avait été offerte.
en rentrant chez lui, il t savoir qu’il partirait seul. non seulement sa famille, mais tous les bábís de Bagdad furent perturbés en entendant ses intentions. mais les autorités exprimèrent l’espoir que les membres de sa famille, ses frères et un certain nombre de compagnons pourraient l’accompagner.
Tout se passa exactement à l’inverse de ce que les adversaires avaient espéré.
la révérence que les autorités montraient envers Bahá’u’lláh était exemplaire. la somme d’argent qu’on lui offrit pour les dépenses de son voyage, il l’offrit le jour même aux pauvres. lorsque, sur l’ordre de Bahá'u'lláh, la Plus-Grande-Branche et áqáy-i-Kalím visitèrent le Seraye pour rencontrer námiq Páshá, on leur offrit une réception royale. ainsi que l’écrivit alors la Plus-Grande-Branche :
« l’intervention de dieu fut telle que la joie [des adversaires] fut changée en tristesse et en chagrin, à tel point que le consul général de Perse à Bagdad regretta amèrement les plans et complots élaborés par les conspirateurs. námiq Páshá lui-même, le jour où il lui [Bahá’u’lláh] rendit visite, remarqua : « avant, ils voulaient que vous partiez. maintenant, ils insistent encore plus pour que vous restiez. » 7 ils conspirent et dieu conspire, mais dieu est le meilleur des conspirateurs.
áqá rid∂á écrit que la première nuit, après la rencontre entre Bahá’u’lláh et le vice-gouverneur, et son retour de la mosquée, alors que la nouvelle du voyage à istanbul se répandait, les bábís de Bagdad étaient écrasés de douleur et la pensée de leur séparation prochaine de Bahá’u’lláh les empêchait de dormir. Beaucoup décidèrent de mourir plutôt que de souffrir les affres de la séparation.
Graduellement, par des conseils et une attention pleine de tendresse, Bahá’u’lláh calma leurs craintes, paci a la peine de leur cœur blessé et les emplit de force pour faire face au futur inconnu avec espoir et détermination. Pendant les semaines qui précédèrent le temps du départ, Bahá’u’lláh assista à des réunions organisées dans les demeures de ses compagnons au cours desquelles il leur parla avec amour, compassion et autorité. et áqá rid∂á raconte que non seulement les bábís étaient tristes, anxieux, abattus, mais toute la population de Bagdad ressentait les douleurs de la séparation.
en n vint le moment des préparatifs. ustád Báqir et ustád ah∂mad, deux frères
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charpentiers de Káshán, se mirent à construire des kajávih (palanquins) ; deux autres frères de Káshán, ustád Báqir et muh∂ammad-ismá’íl, tailleurs de profession, cousirent des vêtements adaptés au voyage. nabíl-i-a’z∂am fournit dans sa chronique une liste de vingt hommes, autres que des membres de sa famille et ses frères, que Bahá’u’lláh choisit pour partir avec lui : ustád Báqir et ustád muh∂ammad-isma’il-i-Khayyát de Kháshán, tailleurs.
ustád muh∂ammad-’alíy-i-salmání, garçon de bain et barbier.
mírzá áqá ján, le serviteur personnel et secrétaire particulier de Bahá’u’lláh, à qui fut donné plus tard le titre de Khádimu’lláh : serviteur de dieu.
áqá muh∂ammad-ibráhím-i-amír-i-nayzirí.
áqá rid∂áy-i-qannád-i-shírází, le con seur.
mírzá mah∂múd-i-Káshání.
darvísh s∆idq-’alíy-i-qazvíní.
áqá najaf-’alíy-i-zanjání.
áqá muh∂ammad-Báqir, qahvih-chíy-i-mah∂allátí, le cafetier de mah∂allát.
áqá muh∂ammad-s∆ádiq-i-is∂fahání.
áqá muh∂ammad-’alí, Jilawdár-i-yazdí, le cavalier de yazd, connu aussi comme s∆abbágh-i-yazdí, le teinturier de yazd.
áqá muh∂ammad-’alíy-i-is∂fahání.
áqá mírzá Ja’far-i-yazdí.
áqá siyyid h∆usayn-i-Káshání.
Khayyát∂-i-Káshání, tailleur de Kashán.
áqá muh∂ammad-Báqir-i-Káshání.
áqá muh∂ammad-ibráhím-i-náz∂ír-i-Káshání.
h∆ájí ibráhím-i-Káshání. mírzá áqá, munír-i-Káshání, nommé ismu’lláhu’l-muníb, le nom de dieu, le mécène.
nabíl ne met pas leurs noms dans sa liste, mais les personnes suivantes voya- gèrent avec Bahá’u’lláh, le second de la liste ayant probablement rejoint la caravane lors de la deuxième étape du voyage :
áqá ‘abdu’l-Ghaffár-i-isfahání.
áqá h∆usayn-i-áshchí.
áqá muh∂ammad-h∆asan.
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deux autres personnes, pourtant connues pour leur inconstance, furent incluses pour diverses raisons dans l’entourage de Bahá’u’lláh : siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání et hájí mírzá ah∂mad-i-Káshání. Ce dernier, non seulement n’avait pas une foi très solide, mais il était de caractère brutal et emporté. un jour dans le bazar de Bagdad où il tenait boutique, il avait insulté une dame d’importance qui lui avait parlé avec hauteur. nabíl-i-azam indique que cette dame était un membre de la famille royale, la mère de ‘aynu’l-mulk (plus tard appelé i’tid∂ádi’d-dawlih*). à la suite de cet incident, h∆ájí mírzá ah∂mad fut arrêté par mírzá Buzurg Khán, l’envoyé perse, mais sauvé par une intervention de Bahá’u’lláh.
nabíl af rme que cet incident conduisit à la destitution de mírzá Buzurg Khán car la lettre de plainte qu’il écrivit à ses supérieurs à Téhéran montrait clairement son incapacité et il fut rappelé. Bahá’u’lláh décida alors d’emmener h∆ájí mírzá ah∂mad avec lui à istanbul pour éviter qu’une telle chose se reproduise pendant son absence. mais ce commerçant káshání n’était pas de la même trempe que son illustre frère martyr, h∂ájí mírzá Jání ou qu’un autre de ses frères dont nous parlerons plus loin : h∆ájí muh∂ammad-isma’íl-i-dhabíh. Bien que plus tard, à andrinople, il soit honoré d’une épître de Bahá’u’lláh : l’épître à ah∂mad en persan ( lawh∂-i- ah∂mad-i-fársí), texte puissant et d’une haute éloquence, il persista dans sa rudesse, prit parti pour mírzá yah∂yá et nit par retourner à Bagdad où il connut une mort violente. quant à siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání, ses activités stupides à Kerbéla, qui avaient porté tort à la réputation de la religion du Báb, rendaient nécessaire qu’il fut surveillé bien que Bahá’u’lláh ait d’abord eu l’intention de le laisser à Bagdad.
selon áqá rid∂á, il en appela à ‘abdu’l-Bahá pour avoir l’autorisation de rejoindre la caravane. il fut donc inclus dans la suite de Bahá’u’lláh et, dans le futur, deviendra célèbre en tant qu’antéchrist de la révélation bahá’íe. mírzá yah∂yá l’avait nommé, ainsi que mullá muh∂ammad-Ja’far-i-naráqí, un homme de même acabit,
« témoins du Bayán » ; et pourtant ils se considéraient comme supérieur à ce dernier en talents, en connaissances et en intelligence. nabíl-i-a‘zam qui les connaissait bien raconte qu’ils s’attendaient à devenir les « rois du Bayán » et qu’ils fan-tasmaient en se partageant à l’avance les demeures seigneuriales de la noblesse de
* C’était shír Khán, ls de sulaymán Khán-i-qájár (un oncle maternel de nas∂iri’d-dín sháh) et troisième mari de ‘izzatu’d-dawlih, la sœur du chah. shír Khán devint le ílkhání des qájár, responsable des cuisines royales.
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Téhéran. mullá muh∂ammad-Ja’far allait parfois jusqu’à pointer un doigt vers lui lorsqu’il parlait de « Celui que dieu rendra manifeste ».
en cette période de crise, alors que Bahá’u’lláh préparait, calme et con ant, son départ pour un long voyage vers istanbul, mírzá yah∂yá, terrorisé, avait quitté Bagdad sans informer ses « témoins » de sa cachette (d’après siyyid mihdíy-i-dahijí). lorsque mullá muh∂ammad-Ja’far arriva de Perse il dut chercher dans tout l’irak pour trouver mírzá yah∂yá.
le Gardien, shoghi effendi, écrit :
sept années de consolidation patiente, ininterrompue et remarquablement couronnées de succès, tiraient maintenant à leur fin. une communauté sans pasteur, soumise, au-dedans comme au-dehors, à une tension énorme et prolongée, et menacée d’anéantissement, avait été ressuscitée et élevée à une hauteur sans précédent au cours de ses vingt ans d’histoire. ses fondations étant renforcées, son esprit ennobli, ses points de vue transformés, sa direction sauvegardée, ses principes fondamentaux restaurés, son prestige rehaussé, ses ennemis déconcertés, la main du destin se préparait peu à peu à la lancer dans une nouvelle phase de sa carrière mouvementée, phase dans laquelle bonheur et malheur tout ensemble allaient lui faire traverser un stade de plus dans son évolution. le libérateur, le seul espoir et, en fait, le chef reconnu de cette communauté, qui en avait constamment imposé aux auteurs de tant de complots destinés à l’assassiner, qui avait rejeté avec dédain tous les timides conseils lui enjoignant de fuir loin de la scène du danger, qui avait fermement repoussé les offres généreuses et répétées de la part d’amis et de disciples désireux d’assurer sa sécurité personnelle, qui avait remporté une victoire aussi incontestable sur ses adversaires, ledit libérateur était poussé en cette heure propice, de par l’irrésistible processus de développement de sa mission, à transférer sa résidence dans un centre infiniment plus important, dans la capitale de l’empire ottoman, siège du califat, centre administratif de l’islám sunnite, et lieu de séjour du plus puissant monarque du monde islamique.8
traces de la plume très exaltée
PendanT son séjour à Bagdad, Bahá’u’lláh révéla trois de ses écrits parmi les plus connus : les paroles cachées (vers 1858), les sept vallées et le kitáb-i- Íqán ou le livre de la certitude (vers 1852). les quatre vallées fut aussi révélé pendant cette période.
se promenant sur les rives du Tigre, Bahá’u’lláh réfléchissait à la proximité de dieu (« nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire »*) et l’éloignement de l’homme ; l’abondance de la grâce et de l’amour de dieu, et le refus obstiné et pervers de l’homme de boire à cette fontaine éternelle. les paroles cachées (kalimát-i-Maknúnih) - connu aussi sous le titre de Sah∂í y- i-Fát∂imíyyih : le livre de Fát∂imih - est le produit de ses méditations. il propose en une prose claire et cap-tivante, en persan et en arabe, ces vérités inchangeables et éternelles qu’on trouve au cœur de toutes les religions révélées. sa vaste portée, l’exquise tendresse de ses métaphores et de ses descriptions, la majesté, une majesté écrasante, de sa conception, élèvent l’âme et ouvrent devant les yeux de l’esprit des panoramas sans n sur l’amour et la miséricorde de dieu, de sa justice et de sa puissance - une puissance universelle. les paroles cachées montrent dans leur clarté cristalline la structure même de la foi et de la religion :
Proféré par la langue de pouvoir et de puissance voici ce qui fut révélé du royaume de gloire aux Prophètes d’autrefois. nous en avons extrait la quintessence, la revêtant de brièveté en signe de grâce envers les justes, afin qu’ils demeurent fidèles à l’alliance de dieu, se montrent dignes de sa confiance durant leur vie et acquièrent le joyau de la vertu divine au royaume de l’esprit.
ô fils de l’homme ! voilé en mon être immémorial et dans l’antique éternité de mon essence, je connaissais mon amour pour toi, aussi t’ai-je créé. J’ai gravé en toi mon image et je t’ai révélé ma beauté.
* coran : 50, 15
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ô fils de l’homme ! si tu m’aimes renonce à toi-même ; et si tu cherches mon bon plaisir, ne pense pas au tien. ainsi tu mourras en moi et je vivrai en toi, éternellement.
ô fils de l’existence ! des mains du pouvoir, je t’ai formé et des doigts de puissance, je t’ai créé ; en toi j’ai placé l’essence de ma lumière. sache t’en satisfaire et ne cherche rien d’autre car mon œuvre est parfaite et mon commandement impératif. ne le mets ni en question ni en doute.
ô fils de l’homme ! Tu es mon bien et mon bien ne périt pas. Pourquoi crains-tu de mourir ? Tu es ma lumière et ma lumière ne s’éteint jamais. Pourquoi crains-tu de t’éteindre ? Tu es ma gloire et ma gloire ne ternit pas. Tu es mon vêtement et mon vêtement jamais ne s’use. reste donc ferme en ton amour pour moi afin de me trouver au royaume de gloire. ô fils de l’esprit ! noble, je t’ai créé, pourquoi t’abaisses-tu ? élève-toi vers ce pourquoi tu fus créé.
ô compagnon de mon trône ! n’écoute pas le mal et ne vois pas le mal, ne t’abaisse pas et ne laisse échapper ni soupir ni larmes. ne dis pas de mal afin de ne pas en entendre dire de toi, ne grossis pas les fautes des autres pour que les tiennes ne paraissent pas graves, et ne souhaite l’humiliation de personne afin que la tienne ne soit pas apparente. l’esprit sans tache, le cœur immaculé, les pensées pures et l’âme sanctifiée, vis les jours de ta vie plus courts qu’un moment fugitif. alors, libre et heureux, tu abandonneras cette forme mortelle pour te retirer dans le paradis mystique et demeurer à jamais au royaume éternel.
ô fils de la justice ! où peut aller l’amant sinon au pays de son aimée ? et quel chercheur trouverait le repos loin du désir de son cœur ? Pour l’amant sincère, la réunion est la vie, la séparation est la mort. impatient, son cœur n’a point de paix. il sacrifierait une myriade de vies pour se précipiter vers la demeure de son aimée.
ô enfants de désir ! ôtez le vêtement de fatuité et dépouillez-vous de l’habit d’orgueil.
ô frères ! soyez indulgents les uns pour les autres et ne vous attachez pas aux choses d’ici-bas. ne soyez pas fiers dans la gloire ni honteux dans l’infortune. Par
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calligraphie de Mishkín-Qalam. c’est la dernière phrase des Paroles cachées en arabe. on y voit trois styles d’écriture : en haut, le nasta‘líq , au milieu, le shikastih et en bas, en naskh , la signature du calligraphe : « le serviteur à la porte de bahá, Mishkín-Qalam, 99 (1299 de l’hégire - 1881-2) ma beauté ! J’ai créé toutes choses de la poussière et je les renverrai à la poussière.
ô enfants de poussière ! dites aux riches les soupirs nocturnes des pauvres, de peur que l’insouciance ne les conduise sur le chemin de la destruction et ne les prive de l’arbre de richesse. la générosité et la munificence sont parmi mes attributs. heureux celui qui se pare de mes vertus.
ô tyrans de la terre ! Cessez toute oppression car je me suis promis de ne pardonner aucune injustice. Ceci est mon pacte ; je l’ai consigné irrévocablement dans la tablette préservée et scellée de mon sceau.1
Telle est la portée des conseils qu’on trouve dans les paroles cachées.
les sept vallées fut composé en réponse à des questions de shaykh muh∂yi’d- dín, le cadi de Khániqayn*. C’est un bijou de prose mystique, d’une beauté, d’une simplicité et d’une profondeur incomparables. dans ce petit ouvrage Bahá’u’lláh décrit les étapes qu’un chercheur doit traverser au cours de sa quête spirituelle. la n de toute recherche est la connaissance de dieu et cette connaissance ne peut
* un village d’irak proche de la frontière iranienne.
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s’acquérir que par la connaissance de sa manifestation. Ces sept vallées, ou étapes, sont la vallée de la recherche, de l’amour, de la connaissance, de l’unité, du contentement, de l’émerveillement ; de la vraie pauvreté et de l’anéantissement absolu.
la vallée de la recherche
la première vallée est celle de la recherche dans laquelle la monture se nomme patience. sans patience, le voyageur n’arrive nulle part et n’atteint aucun but. (...) lutterait-il cent mille ans sans parvenir à contempler la beauté de l’ami qu’il ne devrait pas vaciller (...) au cours de ce voyage, le chercheur parvient au point d’où il voit toutes les choses créées à la recherche affolée de l’ami…
la vallée de l’amour
(...) sans la souffrance, coursier de cette vallée, le voyage n’aurait pas de fin. (...) à chaque instant, il offre cent fois sa vie dans le sentier de Celui qu’il aime, et à chaque pas il jette mille fois sa tête aux pieds de l’aimé. (...) l’amour ne veut pas de l’existence et ne tient pas à la vie : dans la mort il voit la vie et cherche la gloire dans la honte…
la vallée de la connaissance
en cette vallée, le voyageur perspicace ne voit dans l’œuvre de dieu, le véritable, ni contradiction ni incohérence (...) dans l’ignorance il perçoit maint savoir caché, et dans la connaissance, cent mille sagesses. (...)
la vallée de l’unité
Parvenu au terme de la vallée de la connaissance, dernier état de limitation, le voyageur entre dans la vallée de l’unité, boit à la coupe de l’absolu et contemple les manifestations de l’unicité. (...) il entend par l’ouïe de dieu et voit par son œil les mystères de la création divine (...) il considère toute chose de l’œil de l’unité. il voit les rayons de splendeur du soleil divin briller, du levant de l’essence, sur tout ce qui existe, et les lumières de l’unité se refléter dans toute la création.
la vallée du contentement
là, il ressent le contentement divin soufflant des hauteurs de l’esprit. il brûle les voiles du besoin et, de son œil intérieur et extérieur, il perçoit dans le visible et l’invisible de toutes choses le jour où « dieu pourvoira chacun avec largesse ». du chagrin, il passe à la béatitude, de l’angoisse à la joie. sa peine, son affliction, cèdent au délice et au ravissement. (...)
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la vallée de l’émerveillement d’abord il voit que la richesse est la pauvreté même et l’essence de la liberté lui semble pure impuissance. là, il est frappé de mutisme devant la beauté du Très-Glorieux ; ici, sa propre vie lui pèse. (...) le voyageur s’y trouve en pleine confusion. à chaque instant, il découvre un monde merveilleux, une nouvelle création, et d’étonnement en étonnement, il s’affole de terreur devant les œuvres du seigneur de l’unité.
la vallée de la vraie pauvreté et de l’anéantissement absolu (...) où l’on meurt à soi-même pour vivre en dieu, où l’on appauvrit son moi pour s’enrichir du désiré. (...) et lorsque tu auras atteint cette très haute condition et ce monde immense, tu contempleras l’aimé et tu en oublieras tout le reste. (...) dans cette cité, les voiles de lumière eux-mêmes sont déchirés et anéantis. (...) ni la parole, ni l’argument, mais l’extase seule peut faire comprendre ce sujet. (...) Ces voyages n’ont pas de fin visible dans le monde du temps mais le voyageur détaché - s’il reçoit la confirmation invisible et l’aide du Gardien de la Cause - peut parcourir les sept étapes en sept pas, plutôt en sept souffles, voire en un seul si tel est le désir et la volonté de dieu.2
les quatre vallées, autre diamant de prose mystique fut aussi révélé à Bagdad.
sous la forme d’une lettre adressée à shaykh ‘abdu’r-rah∂mán-i-Karkútí, un érudit aux idées larges, son texte est beaucoup plus court mais partage les mêmes qualités que les sept vallées.
le kitáb-i-Íqán ou le livre de la certitude, fut écrit en réponse à des questions présentées par h∆ájí mírzá siyyid muh∂ammad, un des oncles maternels du Báb, surnommé Khál-i-akbar (l’oncle aîné). avec son frère, h∆ájí mírzá h∆asan-’alí, surnommé Khál-i-as∂ghar (l’oncle cadet) il visita les mausolées sacrés d’irak en 1862.
Pendant les six années courtes et mouvementées que dura la mission de leur neveu, ils restèrent fermes dans leur soutien et le défendirent, mais aucun d’eux ne lui avait fait serment d’allégeance. Bahá’u’lláh lui-même relate dans une épître que h∆ájí siyyid Javád-i-Karbilá’í lui parlant de la présence de ces deux oncles du Báb en irak, il lui demanda s’ils avaient parlé de la cause du Báb. devant sa réponse négative Bahá’u’lláh dit dans cette épître qu’il ne souhaitait pas que des parents si proches du Point premier soient privés de la grâce conférée par la religion de leur
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illustre neveu ; il demanda à h∆ájí siyyid Javád de lui faire rencontrer l’un des deux.
alors qu’il était à Chiraz, h∆ájí mírzá siyyid muh∂ammad avait été encouragé par un de ses parents, áqá mírzá áqá, núri’d-dín, de partir en irak, of ciellement pour un pèlerinage aux lieux saints chiites, mais en réalité pour y rencontrer Bahá’u’lláh. (Jeune homme, áqá mírzá áqá avait été converti à la religion bábíe par sa tante, Khadíjih Bigum, la femme du Báb). aussi, lorsqu’il vit que c’était h∆ájí siyyid Javád-i-Kárbilá’í, qu’il connaissait bien, qui lui apportait l’invitation de Bahá’u’lláh, h∆ájí mírzá siyyid muh∂ammad accepta avec plaisir. dans la même épître, Bahá’u’lláh mentionne que lorsqu’il demanda à h∆ájí mírzá siyyid muh∂ammad ce qui le bloquait dans son progrès, celui-ci répliqua que quelques questions le préoccupaient profondément. Bahá’u’lláh lui conseilla d’écrire ces questions a n qu’on puisse y répondre. récemment, parmi les documents laissés par h∆ájí mírzá siyyid muh∂ammad, on a retrouvé les questions présentées à Bahá’u’lláh. écrites de sa main, on peut lire que ces questions concernent surtout l’attente chiite de l’avènement du qá’im de la famille de muh∂ammad.
les questions de h∆ájí mírzá siyyid muh∂ammad peuvent se classer en quatre groupes :
1. le jour de la résurrection. la résurrection sera-t-elle corporelle ? le monde déborde d’injustice, comment les bons seront-ils récompensés et les méchants punis ?
2. le douxième imam est né à une certaine époque et vit toujours. de nombreuses traditions l’attestent. Comment peut-on l’expliquer ?
3. l’interprétation des écrits saints. Cette cause semble ne pas se conformer aux croyances acceptées depuis des années. on ne peut ignorer le sens littéral des écritures sacrées. Comment peut-on l’expliquer ? 4. suivant les traditions venues des imams, certains événements doivent arriver à l’avènement du qá’im. Certains sont mentionnés précisèment. aucun n’est arrivé. Comment l’expliquer ?
voilà le sens général des questions présentées à Bahá’u’lláh par l’oncle du Báb.
en réponse à ces questions Bahá’u’lláh révéla le kitáb-i-Íqán en quarante- huit heures. le manuscrit original, écrit de la main de ‘abdu’l-Bahá avec des ajouts dans les marges de Bahá’u’lláh lui-même est maintenant préservé dans les archives bahá’íes internationales sur le mont Carmel.
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fát∂imih Khánum afnán, arrière-petite- lle de h∆ájí mírzá siyyid muh∂ammad avait hérité de ce manuscrit et l’offrit au Gardien de la foi bahá’íe. une copie probablement transcrite pour h∆ájí mírzá h∆asan-‘alí le jeune oncle du Báb (qui, bien qu’il n’ait pas accompagné son frère en présence de Bahá’u’lláh, ne tarda pas à lui déclarer son allégeance), est daté d’un an après sa révélation. il est aujourd’hui en possession d’un des arrière- arrière-petit-fils de h∆ájí mírzá h∆asan-‘alí. l’auteur est lui-même en possession d’une belle copie de la main de áqá mírzá áqáy-i-rikáb-sáz, le premier martyre de Chiraz et porte la date de 1871 (voir le frontispice).
le livre de la certitude est sans doute le premier des écrits de Bahá’u’lláh à avoir été imprimé. une superbe copie, lithographiée sans doute à Bombay et non datée, était en circulation au début des années quatre-vingt du dix- neuvième siècle.
dans ce livre, décrit par le Gardien de la foi bahá’íe comme « Prééminent parmi les écrits de l’auteur de la révélation bahá’íe », Bahá’u’lláh présente une explication logique, claire et irréfutable, du symbolisme des écritures du passé et de leurs passages énigmatiques, démontre la réalité de la révélation progressive et apporte des preuves pour soutenir la mission divine du Báb. shoghi effendi ajoute : de tous les livres révélés par l’auteur de la révélation bahá’íe ce livre seul, en abat-tant les barrières séculaires qui avaient séparé d’une manière si radicale les grandes religions du monde, a posé d’inattaquables et vastes fondements pour une réconciliation complète et permanente de leurs fidèles.3.
on ne peut présenter en une simple citation une image adéquate du vaste champ couvert par ce livre important. en parlant des pouvoirs et des signes de dieu manifestés dans la création tout entière, Bahá’u’lláh écrit :
Tout ce qui est dans les cieux et sur terre n’est donc qu’une manifestation des attributs et des noms de dieu, si bien que dans chaque atome sont enfouis les signes du soleil de réalité.
sans la puissance de cette manifestation rien n’existerait. Combien de soleils de savoir sont cachés dans le moindre atome ! Combien de mers de sagesse sont contenues dans une goutte d’eau ! que dire alors de l’homme qui a reçu de tels dons et qui est mis au premier rang des êtres existants ? Toutes les qualifications et les noms que l’homme attribue à dieu se retrouvent potentiellement en lui d’une façon plus parfaite que chez
dans la Gloire du Père
n’importe quel autre être vivant, et en fait, tous ces noms ne qualifient que lui-même.
C’est ce que signifient ces paroles : « l’homme est mon mystère et je suis son mystère »
(...)
l’homme, qui est la plus digne et la plus parfaite des créatures, est plus capable que n’importe quel autre être de représenter et de réunir les qualités divines. Ceux d’entre les hommes qui sont les plus parfaits, les meilleurs, sont les manifestations du soleil de vérité et l’on peut dire que les autres n’existent que par leur vouloir, n’agissent que par leur bonté (...)
Ces tabernacles de sainteté, ces miroirs qui réfléchissent une lumière glorieuse et éternelle, ne sont que les expressions de celui qui est l’invisible des invisibles, avec tous ses noms et attributs : savoir, pouvoir, souveraineté, grandeur, miséricorde, sagesse, gloire, bonté et générosité.4
les manifestations de dieu, fondateurs des religions du monde, apportent la volonté de dieu et son dessein pour l’humanité. ils sont le logos - le verbe de dieu.
en eux rien ne peut se voir que la réalité et la lumière de dieu.
Comme les portes sont fermées par lesquelles cette identité réelle serait accessible aux hommes, par la miséricorde infinie de celui dont « la miséricorde englobe tous les êtres »
et dont « la merci dépasse toutes choses », les joyaux brillants du monde de l’esprit sont apparus sur cette terre dans le corps noble de l’homme et se sont manifestés à lui, afin qu’il puisse à son tour faire connaître au monde les mystères de cette identité éternelle et de cette impérissable essence. Ces saints miroirs, lieux d’apparition de l’ancienne gloire, sont tous, et chacun, les interprètes sur terre de celui qui est l’astre central de l’univers, son essence et son but ultime. leur savoir est son savoir, leur pouvoir son pouvoir, leur puissance sa puissance, leur beauté sa beauté, leur révélation un signe de sa gloire immortelle ; ils sont les trésors de la connaissance et les dépositaires de la sagesse suprême, l’apparition de la bonté infinie, et les aurores du soleil éternel. 5
Ce n’est qu’un des grands thèmes que dévoile le livre de certitude.
Parfois, pendant son séjour à Bagdad, Bahá’u’lláh demandait à mírzá áqá Ján de laisser les eaux du Tigre emporter au loin les traces de sa plume. dans une tablette révélée bien plus tard à acre, Bahá’u’lláh en parle. nabíl se souvient que certains de ces écrits furent sauvés grâce aux supplications de mírzá áqá Ján et ils furent insérés dans la tablette de munáját-i-h∆úríyyih (Prière à la houri).
la marche du roi de gloire le soleil se couchait le 22 avril 1863 (le trente-deuxième jour après naw-rúz), lorsque Bahá’u’lláh quitta pour la dernière fois la maison qui avait été sa demeure dans la ville des abassides et se dirigea vers la rive du Tigre où un quf h attendait pour lui faire traverser le euve jusqu’au jardin de najíb Páshá connu sous le nom de najíbíyyih. la voie vers le euve était pleine de monde. hommes et femmes, enfants et vieillards, de toutes origines sociales s’étaient réunis pour le voir partir et se lamentaient de son départ.
Tout en se dirigeant vers le euve, Bahá’u’lláh donnait généreusement des aumônes aux pauvres, et aux démunis, et consolait, réconfortait ces gens qui n’allaient jamais plus le revoir. mais ils étaient si conscients, si malheureux de la perte qu’ils allaient subir que les mots ne pouvaient les consoler. et n’oublions pas que la grande majorité de ces gens n’avaient aucun lien avec la religion du Báb. ibn-álúsí, un dirigeant religieux de la communauté sunnite pleurait à chaudes larmes en maudissant nás∂iri’d-dín sháh qui était tenu pour responsable de l’exil de Bahá’u’lláh loin de Bagdad. « Cet homme n’est pas nás∂iri’d-dín : celui qui aide la religion, mais mukhdhili’d-dín : celui qui humilie la religion ». si l’on pense que cette réaction est celle d’un notable qui n’avait pas de liens avec la religion du Báb, on peut imaginer les sentiments de ceux des bábís qui étaient forcés de rester à Bagdad. áqá rid∂á écrit qu’ils étaient si inconsolables que ceux qui devaient accompagner Bahá’u’lláh partageaient leur chagrin. « dieu seul sait, dit-il, comment ceux qui restaient purent supporter ces jours-là. »
le printemps eurissait et le jardin de najíb Páshá, qui allait être connu par les bahá’ís comme le jardin de rid∂ván (paradis) était empourpré des nombreuses nuances des roses éclatantes qui s’épanouissaient abondamment ce jour-là. Ceux qui ont écrit à propos de ce 22 avril dans le jardin de rid∂ván s’étendent particulièrement sur la beauté des roses, sur la profusion et les bénédictions de la nature. un tel jour, où la nature était si exubérante et le cœur des hommes si lourd de chagrin,
dans la Gloire du Père
n’était-il pas le jour approprié où proclamer la bonne nouvelle du printemps divin ? la plume de Bahá’u’lláh écrit à propos de ce jour :
voici venu le printemps divin, ô Plume sublime, car la fête du miséricordieux approche à grands pas. lève-toi donc pour magnifier le nom de dieu devant la création tout entière, et célébrer sa louange de telle sorte que toutes choses créées en soient régé-nérées et rénovées. Parle, et ne prends aucun repos. le soleil de l'allégresse brille à l'horizon de notre nom, le Bienheureux, car le nom de ton seigneur, Créateur des cieux, orne le royaume du nom de dieu. lève-toi face aux nations de la terre, arme-toi du pouvoir de ce plus grand nom, et ne traîne pas.
Pourquoi t'arrêtes-tu, ô Plume, et cesses-tu de courir sur ma tablette ? l'éclat du visage divin t'aurait-il déconcertée, les vains discours des incroyants t'auraient-ils à ce point remplie de tristesse que tes mouvements en sont paralysés ? que rien ne t'empêche d'exalter la grandeur de ce Jour où le doigt de majesté et de pouvoir rompt le sceau du vin de réunion et appelle tous les habitants des cieux et de la terre. Tarderas-tu encore, alors que souffle déjà sur toi la brise qui annonce le jour de dieu, ou bien seras-tu de ceux qu'un voile sépare de lui ?
ô seigneur de tous les noms et Créateur des cieux, jamais aucun voile ne m'a empêchée de reconnaître la gloire de ton Jour qui est le phare du monde entier, et qui, devant tous ses habitants, témoigne de l'ancien des jours.
mon silence a pour cause les voiles qui te cachent aux yeux de tes créatures, et la raison de mon mutisme est dans les obstacles qui privent ton peuple de reconnaître ta vérité. Tu sais ce qui est en moi, mais j'ignore ce qui est en toi. Tu es l'omniscient, l'informé. Par ton nom qui surpasse tous les noms ! si ton ordre impérieux et irrésistible devait jamais m'atteindre, il me donnerait le pouvoir de revivifier toutes les âmes par ta parole sublime que prononce la langue de puissance en ton royaume de gloire, comme je l'ai entendue. il me permettrait d'annoncer la révélation de ton resplendissant visage qui a manifesté en ton nom, le Perspicace, le Protecteur souverain, l'absolu, tout ce qui était caché aux yeux des hommes.
ô plume, peux-tu trouver autre que moi en ce jour ? qu'est-il advenu de la création et de ses manifestations ? et les noms et leur royaume, que sont-ils devenus ? où sont passées toutes les choses créées, tant visibles qu'invisibles ? et qu'en est-il des secrets cachés et des révélations de l'univers ? vois, la création tout entière s'est éteinte ! il ne reste que mon visage, l'éternel, le resplendissant, le Très-Glorieux.
voici le jour où seules se voient les splendeurs de la lumière qui rayonne de la face de ton seigneur, le Clément, le Généreux. en vérité, sur notre ordre irrésistible et sou-
la marChe du roi de Gloire 193
verain, toutes les âmes ont expiré. Puis, nous avons appelé à l'être une création nouvelle en signe de notre grâce envers les hommes. Je suis en vérité le Très-Généreux, l'ancien des jours.
voici le jour où le monde invisible s'écrie : « ô Terre, grande est ta bénédiction car tu es devenue le marchepied de ton dieu, et tu as été choisie pour être le siège de son trône puissant », et le royaume de gloire s'exclame : « que ma vie te soit offerte en sacrifice, car le Bien-aimé du Très- miséricordieux a établi sur toi sa souveraineté par le pouvoir de son nom promis à toutes choses, passées et futures. » voici le jour où mon vêtement répand sur toute la création son parfum qui imprègne toute chose embaumée.
voici le jour où les torrents de la vie éternelle jaillissent de la volonté du Très-miséricordieux. de tout votre cœur et de toute votre âme, hâtez-vous d'y boire à satiété, ô assemblée des royaumes célestes !
dis : il est la manifestation de l'inconnaissable, l'invisible des invisibles, puissiez-vous le comprendre. il est celui qui découvre à vos yeux le précieux Joyau caché, si vous êtes de ceux qui cherchent. il est le Bien-aimé de toutes choses passées et futures.
que votre amour et votre espoir soient placés en lui !
ô Plume, ta supplique monte jusqu'à nous et nous excusons ton silence. qu'est-ce qui a pu te troubler à ce point ?
ô Bien-aimé de tous les mondes, l'ivresse de ta présence s'est emparée de moi. lève-toi et proclame devant toute la création que le Très-miséricordieux a dirigé ses pas vers le ridván et qu'il y est entré. Puis, guide le peuple jusqu'au jardin de délices dont dieu a fait le trône de son paradis. nous t'avons élue pour être notre très puissante trompette dont la sonnerie doit annoncer la résurrection de toute l'humanité.
dis : voici le paradis dont les frondaisons portent ce témoignage, inscrit par le vin de la Parole : « Celui qui était caché aux yeux des hommes est révélé et il est investi du pouvoir et de la souveraineté ! » voici le paradis dont le bruissement des feuilles proclame : « ô vous, habitants du ciel et de la terre, vient d'apparaître ce qui n'était jamais apparu. Celui qui, de toute éternité, avait caché sa face à la vue de la création est maintenant venu ! » de la brise qui souffle dans ses branches, s'élève le cri : « le souverain seigneur de toutes choses est aujourd'hui manifeste. le royaume est à dieu », et de ses ruisseaux sourd le murmure : « Celui que personne n'a contemplé, dont nul n'a encore pénétré le secret, soulève le voile de gloire, découvre le visage de beauté, et tous les yeux sont réjouis. »
des plus hauts séjours de ce paradis, les vierges célestes s'écrient : « réjouissez-vous, habitants des royaumes d'en-haut, car au cœur même des cieux, la voix de l'ancien des jours lance le plus grand appel au nom du Très- Glorieux. la main de la
dans la Gloire du Père
munificence passe à la ronde les coupes de vie éternelle. approchez-vous et buvez à satiété. savourez ce breuvage vivifiant, ô vous qui incarnez l'attente ardente, ô vous qui personnifiez le désir passionné ! »
voici le jour où le révélateur des noms de dieu sort du tabernacle de gloire et proclame pour tous ceux qui sont au ciel et sur terre : « ecartez les coupes du paradis avec les eaux vivifiantes qu'elles contiennent, car voici que le peuple de Bahá entre dans la demeure bénie de la Présence divine et boit le vin de la réunion au calice de la beauté de son seigneur, l'omnipossédant, le Très-haut ». ô Plume, oublie le monde de la création et tourne-toi vers la face de ton seigneur, le seigneur de tous les noms. Puis, pare le monde des faveurs de ton seigneur, le roi des jours qui ne finissent point. Car nous respirons le parfum du jour où le désir de toutes les nations répand sur les royaumes de l'invisible et du visible la lumière resplen-dissante de ses noms les plus excellents et les enveloppe de l'éclat des flambeaux de ses faveurs les plus précieuses, faveurs que seul peut compter l'omnipotent Protecteur de toute la création.
ne vois les créatures de dieu que par l'œil de la bonté et de la miséricorde, car notre tendre sollicitude pénètre toutes choses créées, et notre grâce embrasse et la terre et les cieux. voici le jour où les vrais serviteurs de dieu partagent les eaux vivifiantes de la réunion, le jour où ceux qui sont proches de lui peuvent se désaltérer au fleuve tranquille de l'immortalité, où ceux qui croient en son unité boivent le vin de sa présence par la simple reconnaissance de celui qui est la fin suprême de tout ; en lui la langue de majesté et de gloire lance cet appel : « le royaume est mien. et moi, de mon propre droit, je suis son souverain. »
Par la voix de celui qui est l'unique Bien-aimé, attire le cœur des hommes. dis : c'est la voix de dieu, si vous pouviez l'entendre. C'est l'aurore de la révélation de dieu, si seulement vous le saviez. C'est l'aube de la cause de dieu, si seulement vous la recon-naissiez. C'est la source des commandements de dieu, si seulement vous en jugiez avec équité. C'est le secret manifeste et caché, puissiez-vous le saisir. ô peuples du monde, rejetez en mon nom, qui surpasse tous les autres noms, tout ce que vous possédez et plongez-vous dans cet océan qui recèle dans ses profondeurs les perles de la sagesse et de la parole et qui s'enfle en mon nom, le Très-miséricordieux. ainsi vous instruit celui qui détient le livre mère.
le Bien-aimé est venu, il tient dans la main droite le vin cacheté de son nom.
heureux l'homme qui se tourne vers lui, qui boit à satiété et s'écrie : « loué sois-tu, ô révélateur des signes de dieu ! » Par la vertu du Tout-Puissant ! toute chose cachée est révélée par le pouvoir de la vérité. Toutes les faveurs de dieu sont dispensées en signe
la marChe du roi de Gloire 195 de sa miséricorde, et toutes les eaux de vie éternelle sont offertes aux hommes. la main du Bien-aimé fait passer chaque coupe à la ronde, l'une après l'autre. approche-toi, ne t'attarde pas, ne fût-ce qu'un instant.
Bénis ceux qui s'élèvent sur les ailes de l'abnégation et atteignent cet état qui, sur l'ordre de dieu, couvre de son ombre la création tout entière. Bénis ceux que les vaines imaginations des savants et toutes les armées de la terre ne peuvent détourner de sa cause ! qui parmi vous, ô peuple, renoncera au monde pour se rapprocher du seigneur de tous les noms ? s'en trouvera-t-il un qui, armé du pouvoir de mon nom qui surpasse toutes choses créées, rejettera les biens de ce monde et s'attachera de toutes ses forces à ce que lui a prescrit d'observer dieu qui connaît toutes choses, tant visibles qu'invisibles ? sa générosité est dispensée à chacun, sa promesse est accomplie et sa preuve resplendit à l'horizon de la miséricorde. Grande sera la récompense de celui qui croit et qui s'exclame : « loué sois-tu, ô Bien-aimé de tous les mondes ! magnifié soit ton nom, ô toi, désir de tout cœur éclairé ! »
ô peuple de Bahá, réjouis-toi d'une joie sans pareille en évoquant ce Jour de suprême félicité où s'exprima la langue de l'ancien des jours car il a quitté sa demeure pour se rendre au lieu d'où il répandit sur la création tout entière les splendeurs de son nom, le Très-miséricordieux. dieu est notre témoin. si nous révélions les secrets de ce jour, tous les habitants du ciel et de la terre s'évanouiraient et mourraient à l'exception de ceux que préserverait dieu, le Tout-Puissant, l'omniscient, le Très-sage.
l'effet enivrant des paroles de dieu sur le révélateur de ses preuves indubitables est tel que sa plume ne peut se mouvoir plus longtemps. et de conclure sa tablette par ces paroles : « il n'est de dieu que moi, le sublime, le Tout-Puissant, l'excellent, l'omniscient ! »
alors qu’écrivains et chroniqueurs ont longuement témoigné de la foule des gens qui se pressaient, de leurs expressions de tristesse, de l’excellence du travail des jardiniers, on ne sait rien de la manière dont Bahá’u’lláh t cette déclaration si longtemps attendue. Comme l’écrit le Gardien de la foi bahá’íe : sur les circonstances exactes qui entourèrent cette déclaration historique, nous ne sommes malheureusement que trés peu renseignés. les paroles que Bahá’u’lláh prononça effectivement à cette occasion, la façon dont il présenta sa déclaration, la réaction qu’elle produisit, le choc qu’en reçut mírzá yah∂yá, l’identité de ceux qui eurent le pri-vilége d’entendre Bahá’u’lláh, tout cela reste enveloppé dans une obscurité que les historiens futurs auront du mal à percer. la description fragmentaire laissée à la postérité
dans la Gloire du Père
par son chroniqueur nabíl représente l’un des rares récits authentiques que nous possédions sur les journées mémorables qu’il passa dans ce jardin. « Chaque jour, raconte nabíl, avant l’aube, les jardiniers cueillaient les roses qui bordaient les quatre avenues du jardin et les empilaient par terre, au milieu de sa tente bénie. le tas était si élevé que, lorsque ses compagnons se réunissaient pour boire leur thé du matin en sa présence, ils ne pouvaient se voir au-dessus. de ses propres mains, Bahá’u’lláh confiait toutes ces roses à ceux qu’il renvoyait de sa présence chaque matin, avec mission de les remettre de sa part à ses amis arabes et persans de la ville. » « une nuit, continue nabíl, la neu-viéme nuit de la lune ascendante, je montais la garde avec d’autres, près de sa tente bénie. Comme minuit approchait, je le vis sortir de sa tente, passer près de quelques-uns de ses compagnons endormis, et commencer à faire les cent pas dans les allées bordées de fleurs du jardin, sous le clair de lune. de tous côtés, le chant des rossignols était si fort que, seuls, ceux qui étaient proches de lui pouvaient entendre distinctement sa voix.
il continua de marcher jusqu’à ce que, s’arrêtant au milieu de l’une des avenues, il observe : « voyez ces rossignols. leur amour pour ces roses est si fort que, veillant du crépuscule jusqu’à l’aube, ils gazouillent leurs mélodies et, dans une passion brûlante, communient avec l’objet de leur adoration. Comment ceux qui se prétendent embrasés d’amour pour la beauté du Bien- aimé - celle de la rose même - peuvent-ils se résoudre à dormir ? » Pendant trois nuits consécutives je veillais, effectuant des rondes autour de sa tente bénie. Chaque fois que je passais près du lit sur lequel il était étendu, je le trouvais éveillé, et chaque jour, du matin au soir, je le voyais sans cesse occupé à converser avec le flot de visiteurs qui ne cessaient d’arriver de Bagdad. Pas une seule fois je ne pus découvrir, dans les paroles qu’il prononçait, le moindre indice de dissimulation. » 2 áqá rid∂á décrit aussi le ot constant des gens qui venaient chaque jour de Bagdad rendre visite à Bahá’u’lláh et qui ne supportaient pas d’être séparés de lui.
il explique que la nourriture venait de la maison de Bahá’u’lláh à Bagdad, où sa famille résidait encore, ainsi que de la maison de mírzá músáy-i-Javáhirí.
námiq Páshá lui-même vint et proposa de fournir à Bahá’u’lláh tout le nécessaire pour le voyage tout en demandant d’être pardonné. Bahá’u’lláh lui assura qu’ils avaient tout le nécessaire et, comme námiq Páshá insistait qu’on lui laisse rendre quelque service, Bahá’u’lláh répondit : « sois prévenant avec mes amis et traite-les avec bonté. » le vali promit. il écrivit aussi une lettre pour tous les of -
ciels se trouvant sur la route d’istanbul, leur demandant de fournir tout le nécessaire aux voyageurs, et con a ce document à l’of cier chargé de les accompagner.
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mais áqá rid∂á indique que tout au long de la route, Bahá’u’lláh refusa d’accepter de telles exactions ; ils achetèrent, en les payant toujours, leurs provisions. námiq Páshá avait encore une autre demande à faire. il avait un superbe cheval qu’il voulait envoyer à Constantinople et demanda la permission de le con er aux hommes de Bahá’u’lláh, ce qui fut accepté. áqá h∆usayn-i-áshchí raconte que ce cheval, qui devait être rendu au ls de námiq Páshá, fut donc con é à siyyid h∆usayn-i-Káshí (Káshání) avec sans doute la recommandation de bien le traiter. siyyid h∆usayn était un homme simple, plaisant et blagueur. il cherchait toujours à faire ou à dire quelque chose qui puisse amuser Bahá’u’lláh et le faire sourire. áshchí raconte qu’il avait l’habitude de danser et de faire des cabrioles devant le cheval de Bahá’u’lláh, un étalon rouan de belle race appelé sa’údí. un jour, au cours du voyage, il vint à la tente de Bahá’u’lláh pour se plaindre que la Plus-Grande- Branche donnait assez de foin et d’orge à tous les animaux sauf à son cheval, mais voyant ‘abdu’l-Bahá entrer dans la tente il prit ses jambes à son cou et s’enfuit au désert. siyyid h∆usayn, d’après áshchí, resta avec Bahá’u’lláh jusqu’au départ pour andrinople (édirne). alors Bahá’u’lláh lui demanda de retourner chez lui en compagnie d’autres personnes qui les avaient rejoints en route. désirant toujours amuser Bahá’u’lláh, il demanda aux bahá’ís qui restaient de ne pas oublier, chaque fois que son nom serait mentionné, de rappeler quelques-unes de ses pitreries a n de faire sourire Bahá’u’lláh.
le neuvième jour la famille de Bahá’u’lláh le rejoignit dans le jardin de najíbíyyih et le douzième jour fut choisi pour le départ. voilà pourquoi la fête de rid∂ván dure douze jours. le dernier jour les gens ne cessaient de se presser dans le jardin pour faire leurs adieux. en n les mules furent chargées, les palanquins furent harnachés sur leurs dos, les femmes et les enfants prirent place dans les palanquins et, vers le coucher du soleil, l’étalon rouan fut présenté à Bahá’u’lláh pour qu’il le monte. Toutes les narrations qui nous sont parvenues parlent d’un cri de détresse insupportable montant de la foule éplorée, voyant Bahá’u’lláh à cheval prêt à partir. le cri « alláh’u’akbar - dieu est le plus grand » résonnait régulièrement. on se jetait sous les sabots de son cheval et, comme l’exprime áqá rid∂á,
« c’était comme un cheval céleste avançant sur les corps sancti és de cœurs purs. »
Ce jour-là ils découvrirent à quel point Bahá’u’lláh était bon cavalier. durant
dans la Gloire du Père
toutes les années passées à Bagdad, alors que les chevaux n’avaient jamais manqué, áqá rid∂á raconte que Bahá’u’lláh avait toujours choisi de monter un âne. un autre symbole de l’autorité divine qu’il déployait maintenant fut le nouveau couvre-chef qu’il porta le premier jour de rid∂ván, lorsque quittant pour la dernière fois sa demeure il s’installa dans le jardin de najíbíyyih avant son départ pour la capitale de l’empire turc. on vit alors qu’il portait un táj nement brodé. un certain nombre de ces toques de feutre, rouge, verte, jaune et blanche, toutes magni -
quement brodées avec soin et talent, sont conservées.
le soleil allait se coucher lorsqu’ils atteignirent firayját, à cinq kilomètres de là, sur la rive du Tigre. la caravane s’arrêta pendant sept jours dans ce jardin verdoyant entourant un très grand manoir. Bahá’u’lláh y séjourna pendant qu’à Bagdad son frère, mírzá músá, s’occupait à régler leurs dernières affaires et à empaqueter et charger leurs affaires. à firayját, on t courir les chevaux pour les tester et Bahá’u’lláh prouva de nouveau qu’il était un excellent cavalier. il avait deux autres chevaux en plus de son étalon sa’údí, un nommé farangí et l’autre sa’íd. les jeunes ls de Bahá’u’lláh pouvaient occasionnellement monter deux ânes. à firayját les gens continuaient à arriver de Bagdad. ils ne pouvaient supporter d’être séparés de la présence de Bahá’u’lláh.
en route, Bahá’u’lláh prenait place dans le palanquin et montait son cheval à l’approche d’un village ou d’une petite ville pour rencontrer les notables et les of -
ciels qui, immanquablement, venaient à sa rencontre l’accueillir. un homme appelé h∆ájí mah∂múd marchait devant en tenant les rênes de la mule qui portait son palanquin pendant que mírzá áqá Ján, mírzá áqáy-i-munir surnommé ismu’lláhu’l-muníb, et áqá muh∂ammad-ibráhím-i-amír-i-nayrízí marchaient de chaque côté.
‘abdu’l-Bahá nous a donné un récit délicieux et vivant de l’esprit de ce voyage dans ses souvenirs de mírzá áqáy-i-munír (Jináb-i-munír ; voir addenda v) : au temps où Bahá’u’lláh et sa suite quittaient Bagdad en grande pompe, Jináb-i-munir accompagnait le groupe à pied. en Perse, le jeune homme était connu pour son goût pour une vie agréable et facile, son amour du plaisir et aussi pour sa nature tendre et délicate ; il était habitué à faire ce qu’il voulait. on peut deviner ce qu’une personne comme lui avait à supporter, allant à pied de Bagdad à Constantinople. Ce fut pourtant avec plaisir qu’il mesura chaque kilomètre du désert, passant ses jours et ses nuits en la marChe du roi de Gloire 199
dessin d’un palanquin ( kajávih ou howdah ) psalmodiant des prières et en communiant avec dieu.
C’était un compagnon très proche pendant ce voyage. Certaines nuits, nous marchions chacun d’un côté du palanquin de Bahá’u’lláh, et la joie que nous ressentions est indescriptible. Parfois il chantait des poèmes, dont certaines odes de h∆á z∂ comme celle qui commence ainsi : « Viens, éparpillons ces roses, répandons ce vin », ou cette autre :
« Pour notre roi bien que nous ployions le genou,
nous sommes rois de l’étoile du matin.
nous n’avons pas de couleurs changeantes -
lions rouges et dragons noirs, c’est nous ! » 3
le septième jour, la caravane prit en n sa route en direction de Constantinople.
en longeant le Tigre ils arrivèrent à Judaydah en n d’après-midi. il n’y avait pas de jardin et l’on dressa les tentes pour une halte de trois jours.
à Judaydah, shát∂ir-rid∂á rejoignit la caravane amenant avec lui áqá muh∂ammad-h∆asan, jeune garçon dont le père áqá ‘abdu’r-rasúl-i-qumí était alors prisonnier à Téhéran et devait mourir en martyre à Bagdad. Cet áqá muh∂ammad-h∆asan grandit dans la famille de Bahá’u’lláh et le servit dèlement.
Plus tard il fut chargé de s’occuper de la maison des pèlerins à acre. l’auteur se souvient clairement de áqá muh∂ammad-h∆asan, alors très âgé, dans l’acre des
dans la Gloire du Père années vingt du vingtième siècle. devenu incapable de servir à la maison des pèlerins, il s’installa dans la maison de Bahá’u’lláh à acre, Bayt-i-’abbúd, et en prit soin. le vieil homme possédait un véritable trésor, de nombreux spécimens de l’écriture de Bahá’u’lláh qu’il gardait dans une malle et qu’il montrait avec grand plaisir aux visiteurs. h∆ájí muh∂ammad-Taqí, le náyibu’l-iyálih, rejoignit aussi Judaydah depuis Bagdad. mais lorsque la caravane leva le camp pour reprendre son voyage, Bahá’u’lláh lui ordonna, ainsi qu’à shát∂ir-rid∂á, shaykh s∆ádiq-i-yazdí et ustád ‘abdu’l-Karím de retourner à Bagdad. shaykh s∆ádiq était un vieil homme très dévoué à Bahá’u’lláh. il souffrait tant de sa séparation d’avec lui qu’il ne put trouver de repos et, peu de temps après, il partit solitaire, vers istanbul.
mais ne nit jamais le voyage et mourut en chemin à ma’dan-i-nuqrih. (voir page 214)
áqá rid∂á qui, avec l’aide de mírzá mah∂múd-i-Káshání (voir addenda v) était responsable de la cuisine, de la préparation et de la distribution des repas, a donné une liste longue et intéressante des autres tâches et de leurs responsables : áqá muh∂ammad-Báqir-i-mah∂allátí achetait le café et préparait les narguilehs ; deux frères, ustád Báqir et ustád muh∂ammad- ismá’íl, natifs de Káshán, s’occupaient du thé et du samovar. áqá muh∂ammad-ibráhím-i-amír et áqá najaf-’alí plan-taient les tentes et étaient chargés de la sécurité du camp. mírzá áqá Ján et áqáy-i-munír servaient Bahá’u’lláh. darvísh s∆idq-’alí, siyyid h∆usayn-i-Káshání et h∆ájí ibráhím s’occupaient des chevaux. áqá muh∂ammad-’alíy-i-Jilawdár (voir addenda v) étaient chargés de trouver du foin et de l’orge pour les animaux. áqá muh∂ammad-ibráhím-i-náz∂ir et mírzá Ja’far achetaient ce dont on avait besoin en cours de route. ustád muh∂ammad-’alíy-i-salmání (voir addenda v), en plus de pratiquer son art, veillait aux biens et aux tentes pendant le voyage. áqá ‘abdu’l-Ghaffár (áqá ‘abdu’lláh ; voir addenda v) qui parlait bien le turc se rendait utile en parlant avec les gens de la caravane. les deux garçons, áqá muh∂ammad-h∆asan et áqá h∆usayn (connu plus tard sous le nom de áshchí) servaient les dames.
d’après áqá rid∂á les autres membres de la suite de Bahá’u’lláh étaient áqá muh∂ammad-’alíy-i-is∂fahání, áqá muh∂ammad-s∂ádiq, siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání et h∆ájí mírzá ah∂mad-i-Káshání. les services rendus par áqá rid∂á lui-même et par mírzá mah∂múd-i-Káshání furent décrits par ‘abdu’l-Bahá à son secrétaire :
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... [ils] ne s’arrêtaient jamais. dès notre arrivée, ils commençaient immédiatement à préparer le repas pour un groupe d’environ soixante-dix personnes, et ce, après avoir travaillé dur toute la journée ou toute la nuit à guider les chevaux qui portaient le palanquin de la Perfection bénie. quand le repas était cuit, tous ceux qui s’étaient endormis s’éveillaient, mangeaient et s’endormaient de nouveau. les deux hommes lavaient alors les plats et les empaquetaient. ils étaient alors si fatigués qu’ils auraient pu dormir sur du rocher nu.
il leur arrivait, pendant le voyage, alors qu’ils étaient épuisés, de dormir en marchant. régulièrement j’en voyais un se mettre soudain à sauter par-ci, par-là. on s’aper-cevait alors qu’il s’était endormi et rêvait qu’il avait atteint un large ruisseau, d’où le saut !
en un mot, de Bagdad à sámsún, ils servirent avec une rare délité. aucun être humain n’aurait pu supporter avec le sourire ce lourd travail. mais parce qu’ils étaient en ammés (par l’esprit de dieu) ils rendirent tous ces services avec une grande joie. Je me souviens, lorsque tôt le matin nous allions partir pour un autre caravansérail, nous trouvions ces deux hommes profondément endormis. il fallait les secouer fort pour qu’ils s’éveillent avec dif culté. mais en marchant ils chantaient des prières et des invocations. 4
‘abdu’l-Bahá, dans ce même récit, explique brièvement mais explicitement la nature du voyage qui les attendait. « souvent, de jour comme de nuit, nous couvrions une distance de quarante ou cinquante kilomètres. dès notre arrivée au caravansérail, complètement épuisé, tout le monde se couchait et s’endormait. exténué, personne n’aurait pu bouger davantage. » quant à lui, il n’avait souvent aucun repos, ou si peu, car il avait la tâche de s’occuper de la nourriture et des nécessités quotidiennes de tout le groupe, y compris les animaux.4
de Judaydah, la caravane se dirigea vers dilí-’abbás, situé dans une plaine verdoyante au bord du euve. les tentes furent à nouveau dressées. mais à cause de la chaleur du jour, on avait l’habitude de voyager de nuit et, minuit sonnant, la caravane reprit sa route pour arriver le lendemain à qarih-Tapih ; l’étape suivante serait s∆aláh∂íyyih, une petite ville proche d’une montagne, située sur un af uent de la rivière diyáláh, où résidait un qá’im-maqám. le qá’im-maqám et les notables de l’endroit vinrent au-devant de la caravane pour saluer les voyageurs et présenter
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la marche du roi de gloire. le voyage de bahá’u’lláh depuis bagdad jusqu’à istanbul.
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leurs respects. mais leur accueil dépassa les limites des obligations sociales et ils organisèrent une vraie fête en l’honneur de leurs invités. après un arrêt de deux nuits au cours desquelles les autorités organisèrent des tours de garde contre l’incursion de brigands éventuels, la caravane repartit la troisième nuit, malgré une obscurité dense et des vents souf ant en tempête. áqá rid∂á eut, cette nuit-là, une expérience terri ante. Tout en marchant il s’endormait par intermittence ; remarquant que áqá muh∂ammad-ibráhím-i- amír s’était accroupi un moment pour réparer le palanquin transportant Bahá’u’lláh, il t de même et s’endormit immédiatement.
il dormit cinq heures d’af lée et à son réveil, aucune caravane en vue ! dans la nuit impénétrable son absence n’avait pas été remarquée. C’est le bruit fait par quelques hommes chevauchant des ânes qui l’avait éveillé et pensant que c’était sa caravane, il partit dans leur direction. mais ils étaient trop rapides. effrayé, craintif, il continua à avancer et remarqua soudain le re et d’un feu dans le lointain.
áqá rid∂á se dit que ce devait être le brasero d’áqá muh∂ammad-Báqír. il avait raison. C’était l’aube, l’heure de la prière du matin. le palanquin de Bahá’u’lláh était arrêté. en rejoignant la caravane, áqá rid∂á rencontra d’abord mírzá músá, áqáy-i-Kalím, qui lui apprit qu’on venait juste de remarquer son absence et qu’on était prêt à envoyer des hommes à sa recherche.
áqá h∆usayn-i-áshchí rapporte de nombreux incidents semblables et ce devait être très courant qu’un voyageur s’égare au cœur de la nuit.
Ce matin-là la caravane arriva à dúst-Khurmátú (sur les cartes : Tuz- Khurmátú) et installa le campement dans un taillis. la nuit suivante les emmena jusqu’à la colline de Táwuq où coulait une petite rivière. ils passèrent ensuite à Karkúk où ils restèrent deux jours dans un verger en dehors de la ville. ils étaient arrivés dans le pays des Kurdes où vivait un chef derviche qui avait environ 50 000 disciples éparpillés dans toute la mésopotamie. Comme d’habitude, les of ciels vinrent au-devant des visiteurs leur rendre hommage. Puis un homme apparemment exalté s’avança en hurlant. l’entourage de Bahá’u’lláh voulut l’arrêter mais celui-ci, qui avait vécu deux ans parmi ces gens, leur demanda de le laisser tranquille. Karkúk était la plus grande ville du bas-Kurdistan, située sur la rivière Khazá-chai traver-sée ici par un très haut pont. l’eau était froide, le courant rapide, mais un homme, voulant montrer ses capacités, sauta du haut du pont dans la rivière. Cet exploit plut beaucoup à Bahá’u’lláh et lorsque le plongeur lui fut amené, il lui donna une
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somme d’argent. quelques grands personnages, en route vers mosul pour affaires, rent une courte apparition voulant rendre visite à Bahá’u’lláh, ce qui perturba grandement siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání et quelques autres qui en restèrent perplexes.
la route continuait vers irbíl (arbíl) ville historique près de laquelle alexandre livra aux Perses une grande bataille en octobre 331 avant J.-C. située sur la frontière entre les mondes arabes et kurdes elle n’était plus que ruines comparée à sa grandeur d’antan. la plaine dans laquelle elle est construite s’ouvre à l’ouest sur la vallée du grand záb, un af uent du Tigre et, au sud, sur la vallée du petit záb.
surmontée d’un château construit au sommet d’une colline, c’était la ville- marché des Kurdes de cette région et le siège d’un qá’im-maqám.
la caravane arriva le jour de al-’íd al-ad∂h∂á, l’une des deux grandes fêtes musulmanes qui célèbre le sacri ce d’abraham et au cours de laquelle les dèles envahissent la mecque pour accomplir les rites du pèlerinage. les notables de la ville vinrent accueillir Bahá’u’lláh en lui offrant de la viande d’animaux sacri és. leur attachement à Bahá’u’lláh était évident et attendrissant.
laissant irbíl la caravane arriva aux rives du grand záb. Cette puissante rivière sur les rives de laquelle de grandes batailles furent livrées* fut franchie par bateau.
deux mules furent emportées et personne ne put les sauver. le début de la nuit se passa dans un campement sur la rive qu’ils avaient atteint et à minuit, alors qu’ils étaient prêts à repartir, un grand vent commença de souf er. après une courte halte dans un village nommé Barat∂allih, peuplé de chrétiens, ils atteignirent mosul une heure ou deux après le lever du soleil. un camp fut monté sur la rive est du Tigre où est situé nabíyu’lláh-yúnis qui tire son nom de la tombe du prophète Jonas que chrétiens et musulmans croient être enterré là. la plus grande partie de l’ancienne ninive s’étend sur la rive est mais mosul est bâtie sur la rive ouest, à l’emplacement d’un ancien faubourg. Bien qu’en grande partie ruinée, mosul est encore une belle ville, située sur les pentes du Jabal-Jubilah, ses maisons formant un amphithéâtre de dix kilomètres de circon-férence.
mírzá yah∂yá, déguisé, était déjà arrivé à mosul en compagnie d’un arabe nommé z∆áhir. áqá rid∂á remarque que son attitude l’avait déjà diminué aux yeux
* C’est là que se décida le sort de ommeyades, en janvier 750 de notre ère.
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de son compagnon, qui était soi-disant son serviteur et, lorsqu’on le rencontrait, il se plaignait de la conduite qu’avait z∆áhir envers lui : « il est toujours couché et bien qu’il sache combien je déteste l’odeur du tabac, il bourre sa pipe constamment et laisse des spirales de fumée se répandre. » áqá rid∂á relate que mírzá yah∂yá avouait : « Je n’ai pas quitté Bagdad avec vous car j’avais peur qu’on vous livre aux autorités persanes ; je me suis donc déguisé pour échapper à cette éventuali-té. » Bahá’u’lláh avait pourtant, d’après áqá rid∂á, invité mírzá yah∂yá en ces termes : « si tu veux venir aussi j’en informerai námiq Páshá, mais viens à découvert ! » et mírzá yah∂yá avait refusé l’invitation. arrivé à mosul, assez loin de la frontière persane, mírzá yah∂yá eut enfin le courage de se montrer, tout en gardant son déguisement. en dehors de mírzá áqá Ján et de siyyid muh∂ammad-i- is∂fahání qui le connaissaient, les autres ne savaient pas qui il était. Certains le prenaient pour un juif qui avait rejoint la caravane pour voyager en sécurité et ils le traitaient amicalement. il lui arrivait, raconte áqá rid∂á, d’entrer dans la tente commune à tous les hommes mais sans révéler son identité.
dans une épître adressée aux bahá’ís de Chiraz, ‘abdu’l-Bahá leur donne un rapport détaillé de la vie de mírzá yah∂yá, de ses craintes de poltron, de son incompétence, de sa faiblesse devant sa femme, de son évitement constant des dangers réels ou imaginaires, de son échec à proclamer la cause du Báb. il écrit : en atteignant mosul, un camp fut établi sur la rive du Tigre où les notables de la ville af uaient par groupes pour venir en la sainte présence [de Bahá’u’lláh]. vers minuit, z∆áhir, l’arabe dont j’ai déjà parlé, vint annoncer que son honneur [mírzá yah∂yá] attendait dans une auberge en dehors de la ville et souhaitait rencontrer quelqu’un. mon oncle mírzá músá partit tout de suite pour le rencontrer. mírzá yah∂yá demanda des nouvelles de sa famille et on lui répondit qu’ils étaient là, qu’ils avaient leur propre tente et qu’il pouvait aller leur rendre visite. il répondit qu’il pensait que ce n’était pas envisageable mais qu’il accompagnerait la caravane dans laquelle sa famille voyagerait. C’est ainsi qu’il continua vers diyábakr, la tête couronnée d’une corde noire, un bol à aumônes à la main, ne parlant qu’avec les arabes et les Turcs de la caravane. à diyábakr, il t savoir qu’il rendrait visite de nuit à sa famille et qu’au matin il rejoindrait le gros de la caravane. Ce qu’il fit. Puisque h∆ájí siyyid muh∂ammad le connaissait, il prétendit être un derviche persan, une de ses connaissances qui venait lui rendre visite. quant aux autres amis qui ne l’avaient jamais vu, ils ne le reconnurent
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pas.5
‘abdu’l-Bahá raconte ensuite comment mírzá yah∂yá se lança dans une dispute avec siyyid muh∂ammad, l’homme qui dans les années à venir allait devenir son principal soutien et son mauvais génie, puis alla s’en plaindre auprès de Bahá’u’lláh. après avoir entendu aussi les explications de siyyid muh∂ammad, Bahá’u’lláh lui reprocha d’avoir causé une polémique.
la caravane s’arrêta pendant trois jours à mosul où Bahá’u’lláh et sa suite visitèrent les bains publics. au coucher du soleil le troisième jour on leva le camp et l’on partit vers zákhú à trois étapes de là. la dernière étape traversait une région hostile où vivaient des Kurdes yazídí. la caravane s’arrêta au pied d’une montagne. les Kurdes leur refusèrent des sentinelles, ne voulurent pas leur vendre de la nourriture, les insultèrent et leur lancèrent des pierres. C’est donc les membres de la caravane qui montèrent la garde ; un groupe chantait : « à qui est le royaume ? » et un autre groupe répondait : « à dieu, le Tout- Puissant, l’omnipotent ». à l’aube, la caravane fatiguée par l’expérience de la nuit, reprit lentement son chemin. la route passait maintenant dans une région montagneuse, aux passes et dé lés étroits, ombragée par des arbres au feuillage épais. áqá rid∂á relate que les progrès étaient forcément lents puisque la manœuvre pour faire passer les palanquins était difficile. en approchant de zákhú, le qá’im-maqám de l’endroit envoya un grand nombre d’hommes pour aider à la progression du voyage et notamment pour les palanquins. Chaque palanquin était placé en position puis engagé par quatre hommes. C’est ainsi qu’ils allèrent et, en approchant de zákhú, ils trouvèrent le qá’im-maqám en personne, entouré des notables de la ville les attendant au bord du chemin pour les saluer et rendre hommage à Bahá’u’lláh. ils accueillirent les voyageurs avec chaleur et joie et déjà une fête était prête que Bahá’u’lláh accepta avec grâce. le mufti insista particulièrement pour dire à quel point ils en étaient honorés. Bahá’u’lláh dit au qá’im-maqám : « Chaque fois que sur notre chemin on voulait nous traiter en invités et nous offrir une fête, nous avons refusé ; l’arche de noé ne s’est posée que sur le mont ararat. » áqá rid∂á remarque que zákhú n’était pas très loin du mont ararat. la caravane traversa la rivière et áqá rid∂á se souvient de ses eaux froides. les tentes furent plantées à l’opposé de la ville. áqá rid∂á se souvient que le mufti disait que si Bahá’u’lláh pouvait rester quelques jours dans leur ville, tous ses habitants lui seraient très dévoués. mais le jour passa vite et, à
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Vue de Mosul, depuis la rive opposée du tigre
(d’apès geary, Through asiatic Turkey ) la nuit tombée, la caravane reprit sa route vers Jazírih. le qá’im-maqám leur avait envoyé divers cadeaux, notamment de la neige, et il avait puni les Kurdes rebelles de la nuit précédente. la rivière de zákhú se jetait dans une autre rivière qui barrait leur route et le qá’im-maqám leur offrit de nouveau une escorte pour les aider à traverser tout en protégeant les palanquins.
le jour suivant on atteignit Jazírih. la caravane campa au pied d’un vieux château au bord d’une rivière. quelques siècles avant, au temps de la dynastie kurde des ayyoubides fondée par le célèbre s∆aláhi∂’d-dín (saladin), Jazírih était une ville prospère qui avait depuis perdu son importance. au quatorzième siècle une grande communauté juive vivait ici et, au début du dix-neuvième siècle c’était devenu le refuge des yazídís jusqu’à ce qu’une attaque turque les passe presque tous au l de l’épée. depuis, la population était principalement kurde.
au coucher du soleil la caravane reprit sa route vers nis∂íbín qui eut aussi son importance dans l’histoire : résidence de Tigranes d’arménie, le protecteur romain contre les Parthes, sa population compta plusieurs milliers d’habitants ; mais, ayant connu de mauvais jours, elle était devenue le siège d’un simple mudír. ici les tentes furent plantées en un endroit délicieux près du torrentueux Jakhjakh qui se jette en
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rapides dans la rivière Khabur.
de nis∂íbín la caravane se dirigea vers márdín à quelques étapes de là. l’une de ces étapes, un lieu appelé h∆asan-ághá, était située sur une plaine aride, sans verdure ni pâturage et uthmán, le muletier, se plaignait du manque de nourriture pour les bêtes. Cette nuit-là, comme le raconte áqá rid∂á, Bahá’u’lláh sortit de sa tente pour s’enquérir du bien-être des membres de sa suite.
‘abdu’l-Bahá se souvenait de ces jours :
en ce temps-là, une famine faisait rage le long de notre route. lorsque nous arrivions à une étape, mírzá Jaf’ar et moi nous allions à cheval de village en village, d’une tente arabe à une tente kurde pour essayer d’obtenir de la nourriture, du foin, de l’orge, etc. pour les hommes et les animaux. souvent nous ne revenions pas avant minuit.
un jour nous rencontrâmes un Turc qui fauchait. voyant une grande meule de foin nous pensâmes être au bout de nos peines. Je demandai poliment au Turc : « nous sommes vos invités et l’une des règles de la religion est d’honorer les nouveaux arrivants. on dit que vous êtes un peuple généreux, charitable, et que chaque fois que vous recevez un invité vous cuisinez pour lui un mouton entier. maintenant, nous avons besoin de ceci et de cela et nous sommes prêts à les acheter à votre prix. est-ce assez raisonnable ? »
il ré échit un moment et dit : « ouvre ton sac ! »
mírzá Jaf’ar l’ouvrit et le Turc lui donna quelques poignées de foin.
amusé, je lui dis : « mais mon ami, que pouvons-nous faire avec ce foin ? nous avons trente-six animaux et il nous faut nourrir chacun d’eux ! »
en bref, nous rencontrâmes partout de grandes dif cultés jusqu’à notre arrivée à Khárpút. nos animaux étaient devenus maigres et marchaient avec dif culté, mais nous ne pouvions trouver ni foin ni orge pour eux. 6
après h∆asan-ághá la caravane s’arrêta dans un village blotti au pied du mont márdín, massif de calcaire surmonté d’une forteresse imprenable. C’est là que pendant la nuit deux mules, appartenant à un arabe de la caravane, furent volées. le propriétaire était désespéré. Bahá’u’lláh demanda à l’of cier qui accompagnait la caravane de tenter de retrouver les animaux. malgré l’aide d’autres personnes, la recherche fut sans succès. au moment du départ le pauvre arabe vint en larmes supplier Bahá’u’lláh. « vous partez, gémissait-il, et je ne retrouverai jamais mes
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bêtes. » Bahá’u’lláh t immédiatement annuler le départ. « nous irons à firdaws, dit-il, et nous y resterons jusqu’à ce que cet homme ait retrouvé ses mules. » áqá rid∂á explique que firdaws (Paradis) était un beau manoir bâti au sommet de la montagne, entouré d’un verger, près de la ville de márdín qui est situé à une altitude de 1200 mètres. et firdaws était vraiment un endroit splendide, avec ses nombreux ruisseaux. les palanquins y furent conduits et la tête de la caravane qui était déjà partie t demi-tour. le gouverneur de márdín, entouré d’officiels et de notables s’empressa de venir accueillir Bahá’u’lláh pendant que des hommes étaient chargés de ranger et de nettoyer la maison, de remettre en état les ruisseaux et les irrigateurs. Puis les notables de la ville commencèrent à arriver aux portes de firdaws, en un flot continu, pour présenter leurs hommages. Près de la moitié de la population était chrétienne : des arméniens, des chaldéens, des jacobites et des syriens qui avaient fui vers les montagnes devant les attaques des musulmans et des chrétiens orthodoxes.
le gouverneur menaçant d’emprisonnement le chef du village où les mules avaient été volées, celui-ci proposa une somme d’argent en compensation. mais Bahá’u’lláh rétorqua que l’arabe avait le droit de récupérer ses bêtes. le deuxième jour le chef du village proposa une note garantie par de hauts fonctionnaires de l’état qui offrait de payer une somme de 60 livres, la valeur de deux mules, avant un mois. Bahá’u’lláh refusa aussi cette offre. le chef du village comprit alors qu’il était inutile d’insister, envoya chercher les mules et les rendit à leur malheureux propriétaire. les gens étaient grandement surpris car ce n’était jamais arrivé avant.
aucun objet volé n’avait jamais été rendu, aucun propriétaire volé n’avait jamais récupéré son bien. áqá h∆usayn-i-áshchí raconte dans ses mémoires, quelque quarante ans plus tard, que divers officiels vinrent expliquer à Bahá’u’lláh le rôle qu’ils avaient joué dans la restitution des mules et reçurent une récompense appropriée.
le gouverneur reçut un splendide châle en cachemire, le mufti une copie enlumi-née du coran et le chef des cavaliers un fourreau d’épée orné de pierres.
le troisième jour, le but de la halte à firdaws étant atteint, Bahá’u’lláh ordonna le départ. on assista alors à un autre événement d’une rare splendeur. le chemin passait par la rue principale de la ville de márdín. au rythme des tambours, la cavalerie gouvernementale, drapeaux au vent, précédait la caravane qui était escor-tée par le mutas∂arríf, d’autres officiels et des notables. Toute la population était là,
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une foule venue acclamer le passage de la caravane. depuis le sommet de la montagne la descente fut lente. Puis Bahá’u’lláh dit au revoir à l’escorte et lui dit de retourner en ville ; la caravane, elle, continua son chemin à travers un paysage de taillis et de prairies luxuriantes. à la tombée du jour on s’arrêta dans un lieu verdoyant au bord d’un torrent. on planta les tentes pour la nuit. en trois jours et deux étapes on atteignit une autre ville historique, diyárbakr, au cœur du Kurdistan.
diyárbakr, à l’extrême nord de la mésopotamie, est bâtie sur le site de l’ancienne ámid, au croisement stratégique de deux routes importantes entre les bassins du Tigre et de l’euphrate, au point de rencontre des territoires ethniques des Turcs, des arméniens, des Kurdes et des arabes. à six cents mètres d’altitude, elle domine une immense plaine très fertile, grenier à blé historique du moyen orient. malgré un climat tempéré, l’atmosphère de la ville, construite en murs de basalte noir, était malsaine et humide, et ses rues étroites et boueuses suffisent peut-être à expliquer la réception désagréable qu’elle accorda aux voyageurs.
quoi qu’il en soit, le vali de diyárbakr, h∆ájí Kíyámilí Páshá, à la différence de ses collègues fonctionnaires, et sans qu’on en sache la raison, n’était pas du tout amical. il refusa d’aider la caravane à trouver un endroit adéquat pour camper. le fonctionnaire chargé d’accompagner la caravane était arrivé en ville bien avant pour trouver un tel endroit. mais lorsque la caravane arriva devant les portes de la ville, elle dut attendre un long moment avant qu’il revienne. on l’avait fait attendre deux heures pour lui dire que la caravane devait aller à ‘alí-Párib, au sud de diyárbakr. or ils s’étaient arrêtés du mauvais côté et il fallut, avec difficulté, faire demi-tour et contourner la ville pour arriver à ‘alí-Párib, un grand verger entourant un beau manoir. mais l’entrée leur fut refusée au prétexte que les odeurs de cuisine dérangeraient les vers à soie qu’on y élevait. inutile de discuter ; inutile de retourner voir le vali récalcitrant, et Bahá’u’lláh dit à sa suite de monter les tentes à l’extérieur du verger. Ces manœuvres avaient pris toute la journée et ce n’est qu’au coucher du soleil que la caravane put enfin se reposer. Ce vali si discourtois reçut peu après sa récompense. on manquait de pain à diyárbakr et les prix montèrent exagérément. se posant des questions les gens conclurent, à tort ou à raison, que le vali lui-même était responsable de leurs malheurs. ils se révoltèrent et lui infligèrent une telle humiliation que le gouvernement
* dans un télégramme du 1er juillet 1863, m. i.G. Taylor, consul britannique à diyárbakr, envoya un rapport à l’ambassadeur britannique à Constantinople :
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n’eut d’autre choix que de le limoger.*
la caravane resta trois jours en dehors de diyárbakr. maintenant qu’ils étaient bien loin de la frontière avec l’iran, mírzá yah∂yá se fit reconnaître par tous. selon áqá rid∂á il commença même à participer à la vie de la caravane, allant en ville avec des compagnons pour faire des emplettes. si l’on se souvient que quelques hommes, tels qu’un derviche et un Kurde nommé shaykh mah∂múd par exemple, bien que sans lien avec la communauté bábíe voyageaient avec la caravane parce
« Je suis au regret de ne pouvoir faire qu’un rapport négatif sur les conditions de ce Pashlik pendant les six derniers mois. le désordre règne partout… et le gouvernement semble avoir perdu tout pouvoir et toute influence sur la population de la ville et des environs… »
moins de deux mois avant, le 11 mai 1863, m. Taylor avait signalé l’état chaotique de la situation en ces termes : « l’administration et la justice reflètent la confusion et la tyrannie qui règnent ici. les plaintes, certaines justifiées, d’autres inventées, sont soit étouffées soit réglées par intimidations secrètes ou par des parjures sans vergogne » le même télégramme indiquait qu’une vingtaine de meurtres avaient été accomplis dans la province.
« les meurtriers n’ont jamais été inquiétés dans l’indifférence générale… » (fo 195 752) quant aux émeutes suite à la famine, il en parle dans son télégraphe du 1er juillet :
« à diarbekr (sic) l’incompétence et la corruption du gouvernement des dix- huit derniers mois eurent pour conséquence de terribles émeutes causées apparemment par le prix élevé du grain - je dis apparemment car, comparé avec l’état des réserves et les conditions de la récolte, le prix n’explique pas vraiment ces démonstrations inconvenantes dont les vraies causes sont ailleurs. voyant cela, le Pacha a emprisonné plusieurs hommes d’influence, appartenant au parti qui, semble-t-il, lui est opposé, alors qu’il n’avait eu aucun scrupule à leur emprunter plusieurs fois de grosses sommes d’argent.
Márdín (d’après geary, Through asiatic Turquey )
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que c’était plus sûr et pour profiter de l’hospitalité qu’elle recevait habituellement, on comprend que l’arrivée dans la caravane de mírzá yah∂yá à mosul n’ait éveillé aucun intérêt. Certains, comme indiqué précédemment, le prenaient pour un juif qui bénéficiait de quelques protections.
en partant de diyárbakr la caravane se dirigea vers ma’dan-i-mis (mine de cuivre). à la fin du premier jour elle s’arrêta au pied d’une montagne. on devinait une ville et un château au sommet mais le chemin pour y accéder n’était pas facile et personne ne s’y engagea. C’est à cette halte que, au coucher du soleil, nabíl-i-a’z∂am, áqá h∆usayn-i-naráqí et une autre personne rejoignirent la caravane.
à ma’dan-i-mis on trouva un prisonnier persan qui réussit à s’approcher du palanquin de Bahá’u’lláh et le supplia d’intercéder pour lui. Bahá’u’lláh promit qu’arrivé à istanbul il contacterait le représentant persan mírzá h∆usayn Khán, le mushíru’d-dawlih, ce qu’il fit en arrivant dans la capitale ottomane. il envoya un mot au mushíru’d-dawlih, lui demandant de faire libérer le pauvre homme, ce qui fut fait.
d’après les dépêches du consul britannique de diyárbakr au ministre britannique en istanbul, il semble que le qá’im-maqám de ma’dan-i-mis avait l’habitude d’emprisonner les gens à la légère. ainsi, peu avant le passage de Bahá’u’lláh, un chrétien ionien protégé britannique avait été victime d’une foule menée par les
« l’état des finances de la province est de même défavorable. les taxes sur le sel et le tabac, si on les compare avec ce qu’on en attendait, furent de graves échecs. et au vu de l’état actuel du pays on ne peut s’attendre à aucune amélioration ; » (fo 195 752)
il indiqua l’origine des émeutes dans son rapport semi-annuel sur le commerce, daté lui aussi du 1er juillet 1863, d’où sont tirés les extraits suivants :
« Tout en étant dans la moyenne, les récoltes sont pauvres en comparaison des trois dernières années à cause d’un hiver froid et d’un printemps tardif. Ce qui angoisse les plus pauvres. il n’y a ni pénurie ni risque de disette au vu des réserves de blé des années passées disponibles. mais ces réserves sont aux mains de capitalistes qui, considérant la pauvre moisson, ont tendance à acheter et à entreposer tout le grain disponible. le pays se trouve ainsi à leur merci et ils l’ont déjà démontré en fermant de temps en temps leurs entrepôts suivant leurs propres intérêts.
Cette combinaison : ravages occasionnés par les sauterelles (exagérées par des gens malhonnêtes qui espèrent obtenir ainsi du gouvernement un meilleur pourcentage sur un grain meilleur marché que l’an dernier) et exportations massives de grains vers Kharput, ont provoqué une forte élévation des prix. le blé qui cotait en décembre à quatre-vingt dix piastres le kilo est maintenant à cent cinquante piastres… de graves émeutes, auxquelles ne participaient pourtant que des femmes, en découlèrent : les magasins furent forcés, les marchandises furent pillées et des gens connus pour spéculer sur les blé, le Pasha et d’autres fonctionnaires du gouvernement furent insultés.
Pour calmer les émeutières auxquelles on ne pouvait opposer la force physique, son excellence interdit l’exportation du grain et imposa une marge. Ces mesures ont temporairement fait baisser les prix - toujours trop élevés -
la marChe du roi de Gloire 213
hommes du qá’im-maqám qui l’avait expulsé de chez lui et pillé sa propriété. il fallut presqu’un an au consul britannique pour donner une issu à cette affaire. la population était ici moitié musulmane moitié chrétienne, mais le pouvoir était aux mains des musulmans qui, d’après le consul, « dominaient les chrétiens avec inso-lence et les tenaient à leur merci ». C’était en faisant appel à son sentiment religieux qu’on avait lancé la population contre ce chrétien. (fo 195 752) C’est à ma’dan-i-mis qu’un accident faillit avoir des conséquences dramatiques.
áqá rid∂á raconte en détail comment la vie de Bahá’u’lláh fut mise en danger et comment cette catastrophe fut évitée. dans une passe de montagne, sur un chemin étroit, h∆ájí mah∂múd relâcha un peu les rênes de la mule qui portait le palanquin de Bahá’u’lláh. l’animal trébucha, perdit son équilibre et commença lentement à glisser vers le précipice. Tout s’était passé très vite et on ne pouvait que regarder sans rien faire ce qui allait inévitablement arriver. l’animal continuait à glisser vers l’abîme. soudain, comme par miracle, la mule retrouva son équilibre et lentement s’arrêta de glisser. le péril semblait inévitable, écrit áqá rid∂á, et seul un témoin oculaire peut comprendre le côté miraculeux du rétablissement de la mule. en réalisant que la Perfection bénie était saine et sauve, les larmes de joie coulaient des yeux des témoins.
on fêta l’évènement en ouvrant une bonbonne d’eau de rose qui embauma toute la plaine alentour. vers le coucher du soleil la caravane approcha d’une autre passe de montagne plantée de nombreux peupliers et dans laquelle courait un petit ruisseau dont l’eau, d’après áqá rid∂á, était délicieuse. on s’y arrêta pour la nuit bien qu’il n’y eut aucune habitation en vue. le jour suivant on arriva dans un village chrétien. les tentes furent montées à l’ombre de nombreux arbres. le jour suivant on atteignit la ville fortifiée de Khárpút qui domine une plaine couverte de cultures et de vergers. selon áqá rid∂á, elle s’appelait alors ma’múrati’l-azízah, la cité glorieuse. à cinq kilomètres de la ville, les représentants officiels et les notables attendaient leur arrivée afin de saluer les voyageurs et de leur souhaiter la bienvenue. Plus tard, les tentes étant montées, c’est le vali lui-et je crains qu’aucune réduction importante ne prenne place aussi longtemps que ces mesures seront appliquées. »
en recevant le télégramme du consul britannique du 11 mai 1863, sir henry Bulwer, ambassadeur britannique à istanbul, le fit traduire et le transmit à la Porte avec une note recommandant qu’on punisse sévèrement, pour l’exemple, les meurtriers et que le vali soit remplacé. en décembre 1863 h∆ájí Kiyámilí Páshá fut renvoyé et son successeur arriva en janvier 1864. (fo 195 752 et 799)
dans la Gloire du Père
même qui vint, accompagné de nombreux notables, présenter ses respects à Bahá’u’lláh et, de retour en ville, il envoya des présents : un mouton, de la viande, du riz, de la graisse pour la cuisine, des cerises et d’autres nourritures. ‘abdu’l-Bahá raconte cet événement heureux et les jours qui suivirent à son secrétaire : à Khárpút le Gouverneur général en fonction vint nous saluer, amenant avec lui dix voitures chargées de riz, dix sacs d’avoine, dix moutons, plusieurs paniers de riz, plusieurs sacs de sucre et des livres de beurre, etc. C’est le Gouverneur général, ‘izzat Páshá qui offrait ces cadeaux à la Perfection bénie.
après les expériences que nous venions de vivre et sachant la difficulté qu’il y avait à obtenir quelque chose des fermiers, je compris en voyant ces présents qu’ils étaient un don de dieu et ils furent acceptés avec joie.
áqá h∆usayn áshchí était alors aide-cuisinier. il travaillait jour et nuit et n’avait plus le temps de dormir.
nous restâmes à Khárpút une semaine, pour bien nous reposer. Je n’ai fait que dormir pendant deux jours et deux nuits. le Gouverneur général, ‘izzat Páshá, rendit visite à la Perfection bénie. C’était un brave homme qui fit preuve de beaucoup d’amour et d’un grand esprit de service.7
un des jeunes fils de Bahá’u’lláh, mírzá muh∂ammad-’alí, Ghusn-i-akbar (la Grande-Branche), tomba malade et la caravane attendit qu’il récupère. Pendant ce temps, Bahá’u’lláh et quelques membres de sa suite se rendirent aux bains publiques. la ville historique de Khárpút, qui possède un château- fort, est au sommet d’une montagne. quelques-uns, dont mírzá Ja’far, y grimpèrent pour découvrir la vieille ville qui, dirent-ils, n’était pas intéressante.
quelques jours plus tard, la caravane alla jusqu’à ma’dan-i-nuqrih (mine d’argent). ici mourut shaykh s∆ádiq-i-yazdí, celui qui, deux mois après avoir été renvoyé à Bagdad, n’avait pas supporté sa séparation d’avec Bahá’u’lláh et s’était lancé à pied dans un voyage vers istanbul. ils avaient atteint le cours supérieur de l’euphrate qu’ils traversèrent pour installer les tentes sur l’autre rive.
Certains membres de sa suite s’étaient jetés sur des arbres fruitiers, des mûriers, nombreux dans cette région, et en engloutissaient voracement les fruits, ce qui provoqua la colère de Bahá’u’lláh. il en parla sèchement à son frère mírzá muh∂ammad-qulí avant de se retirer dans sa tente. en fin d’après- midi, alors qu’il
la marChe du roi de Gloire 215 amásíyá (d’après reclus, The universal Geography ) devait sortir de sa tente, tous les membres de la troupe, y compris mírzá yah∂yá, l’attendaient à l’extérieur et, lorsque Bahá'u'lláh apparut, ils baissèrent tous la tête.
Bahá’u’lláh sourit et dit : « aujourd’hui, la colère divine a failli vous saisir, comme vous l’avez vu. » dans le silence total qui suivit, il s’assit et leur fit servir du thé.
sívás, la grande ville suivante, est à quatre étapes de ma’dan-i-nuqrih. áqá rid∂á note que sur ces hauts plateaux d’anatolie, il faisait froid. mais à toutes ces étapes les notables étaient toujours là pour accueillir les voyageurs. une de ces étapes s’appellait dilík-Tásh. à la suivante, au bord d’une rivière, Bahá’u’lláh subit une saignée. áqá rid∂á note que son sang fut jeté dans la rivière.
on arriva enfin à sívás, située à 1200 mètres d’altitude, sur les rives de la rivière Kizil-irmak. on campa au nord de cette ville importante et prospère située à la jonction des routes de caravanes entre la mer noire, l’euphrate et la méditerranée.
Pourtant, comme le remarque áqá rid∂á, on n’y trouvait aucun verger, les fruits de ses arbres étaient chétifs et les légumes venaient de Túqát. au coucher du soleil, le vali, suivi de quelques notables et d’officiels, vint présenter ses respects. à sívás, Bahá’u’lláh se rendit aux bains publics.
Puis la caravane se dirigea en trois étapes vers Túqát dans un climat, note áqá rid∂á, qui devint très froid. à l’une de ces étapes, ils découvrirent que toutes les
dans la Gloire du Père
maisons étaient souterraines. les habitants leur expliquèrent que pendant l’hiver ils étaient obligés de vivre sous terre. à une autre étape ils plantèrent leurs tentes près d’un grand verger. mírzá yah∂yá aidait aussi à monter une tente, tenant une corde à la main et, le remarquant, nabíl-i-a’z∂am composa un poème pour décrire ce qu’il faisait. à Túqát, ville bénie par une abondance de pommes et de poires au goût excellent, ils campèrent sur la rive de la rivière yeshil irmaK (ou iris) qui coule en direction de amásíyá.
Túqát était une ville importante sur la route entre la mésopotamie supérieure et istanbul, mais en dépit de carrières de pierre et de marbre dans les collines avoisi-nantes et d’une fonderie de cuivre active qui exportait jusqu’en Perse, en Turkestan et en égypte, la plupart des habitations étaient des masures construites en pisé. en revanche, avec leurs jardins fertiles, les faubourgs s’étendaient très loin dans les vallées entre les collines.
en arrivant à amásíyá la caravane s’arrêta deux jours en dehors de la ville appelée « l’oxford d’anatolie » à cause de ces dix-huit collèges théologiques et de leurs 2000 étudiants. dans ce bastion de l’orthodoxie musulmane, les Grecs et les arméniens formaient pourtant un quart de la population. la ville s’étendait dans une étroite vallée de l’iris, dominée par des monts élevés à l’ouest et ouverte sur des pentes plus modestes à l’est où de la vigne poussait sur des terrasses parsemées de maisons. strabon est né ici et la citadelle qu’il décrit existe toujours sur une hauteur de l’ouest. C’était une ville attirante, avec de belles mosquées, des fontaines, de vieilles maisons et une propreté relative. Comme d’habitude, le gouverneur et les officiels vinrent présenter leurs respects. Bahá’u’lláh visita les bains publics et les voyageurs trouvèrent de grandes quantités de fruits à acheter. mais leurs ressources en argent étant épuisées, mírzá rid∂á nous dit que certains durent vendre leurs chevaux ; áqá muh∂ammad-’alíy-i-yazdí obtint un bon prix du sien.
d’amásíyá on rejoignit iláhíyyih, petite ville agréable, siège d’un qá’im- maqám qui vint, en compagnie des officiels, bien au-devant des voyageurs pour les saluer. mais découvrant que les tentes étaient arrivées avant les hommes, ils montèrent les tentes eux-mêmes puis vinrent présenter leurs respects à Bahá’u’lláh. áqá rid∂á se souvient que la pluie tomba pendant cette halte et qu’ils y passèrent d’excellents moments car ses habitants étaient la gentillesse personnifiée.
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enfin la caravane s’élança pour la dernière étape de son long voyage par terre et se dirigea vers sámsún, sur le littoral de la mer noire. la route passait à travers des montagnes couvertes d’épaisses forêts. une mule qui transportait des malles se perdit dans ces forêts et ‘abdu’l-Bahá, accompagné de áqá muh∂ammad ‘alíy-i-Jilawdár et d’un troisième compagnon, partit à sa recherche, la découvrit, et rejoignit la caravane le lendemain dans les faubourgs du port de la mer noire. Cette nuit-là la caravane fit une halte dans une grande auberge. il ne restait plus qu’une étape avant sámsún et, finalement, ils arrivèrent en vue de la mer8. mírzá áqá Ján supplia Bahá’u’lláh de révéler une tablette pour marquer cette occasion.
mírzá áqá Ján apporta du matériel pour écrire et la main de Bahá’u’lláh commença à se mouvoir sur le papier pendant que, toujours assis dans son palanquin, il disait à voix haute ce qui coulait de sa plume créative. C’est ainsi que furent révélés les émouvants versets de la Súriy-i-hawdaj ( Sourate du palanquin) alors qu’on s’approchait de la mer noire qui était en vue. C’était la fin d’un voyage qui avait duré cent dix jours à travers les régions nord de l’irak et le pays des Kurdes, puis à travers les hauts plateaux, les montagnes et les vallées d’anatolie. quand Bahá’u’lláh quitta sa maison de Bagdad pour la dernière fois, inaugurant le premier jour de la plus grande des fêtes, le rid∂ván, c’est la Súriy-i-S∆abr (patience) qui s’était écoulé de la plume suprême comme le faisait maintenant la Súriy-i-hawdaj, le dernier jour d’un voyage fatiguant mais triomphant qui avait duré quatre mois moins dix jours ; áqá rid∂á a copié le texte de la Súriy-i-hawdaj en entier dans son journal et décrit avec émotion la puissance et la majesté de cet événement merveilleux.
C’était la digne fin d’un exode dont les instigateurs comptaient qu’il soit humiliant mais qui se transforma en une marche royale.
le voyage par terre terminé, restait un court voyage par mer à accomplir.
Bahá’u’lláh et sa suite restèrent à sámsún pendant une semaine, attendant l’arrivée d’un vapeur ottoman. un inspecteur des routes était arrivé d’istanbul au même moment. Captivé par le charme et la bienveillance de Bahá’u’lláh il tint à lui présenter diverses recettes de plats turcs et lui prêta des chevaux pour lui permettre de découvrir des bâtiments dont il supervisait la construction. enfin le vapeur ottoman arriva. les malles, les biens et les chevaux chargés sur le vapeur, on les conduisit à bord en deux bateaux ; dans l’un se trouvaient Bahá’u’lláh et sa famille, le reste
dans la Gloire du Père
du groupe suivant dans l’autre. au coucher du soleil on leva l’ancre et, le jour suivant vers midi on était au large de sinope. après quelques heures on continua vers anyábulí qu’on atteignit le jour suivant. le troisième jour, dimanche 16 août 1863
(1 rabi’u’l-avval 1280 de l’hégire), le vapeur jeta l’ancre devant istanbul. ainsi se termina ce remarquable voyage du roi de gloire, allant d’une ville à la gloire plusieurs fois séculaire : la ville des abbássides à une ville tout aussi célèbre : la ville de Constantin le Grand.
dans la ville de constantin
lorsque le vapeur jeta l’ancre, le fonctionnaire qui accompagnait les voyageurs descendit à terre pour découvrir quels arrangements avaient été prévus pour les accueillir. on l’informa que la maison de shamsí Big leur avait été attribuée comme résidence et que shamsí Big devait les accueillir en personne. des voitures étaient prêtes pour les y conduire. Cette maison proche de la mosquée de Khirqiy-i-sharíf*, bien qu’ayant deux étages, n’était pas assez grande et il fut vite clair qu’une résidence plus spacieuse devait être acquise. ils y restèrent pourtant un mois, entassés, pendant que shamsí Big s’acquittait de son rôle d’hôte avec dili-gence et de son mieux. il avait engagé deux cuisiniers et, comme l’indique áqá rid∂á, les voyageurs aidaient aussi à la préparation des repas.
le lendemain de l’arrivée de Bahá’u’lláh à Constantinople, un représentant de l’ambassadeur de Perse, h∆ájí mírzá h∆usayn Khán, le mushíru’d-dawlih vint présenter ses respects et ses compliments, faisant dire qu’étant donné les circonstances il ne pouvait venir en personne et devait renoncer au plaisir d’une visite. Ce jour-là, vers midi, Bahá’u’lláh se rendit à la mosquée. il en prendra l’habitude, comme il l’avait fait à Bagdad. finalement, les seuls endroits à istanbul dans lesquels il alla furent les bains publics et les mosquées. nombreux furent ceux qui vinrent lui rendre visite pour lui présenter leur respect, mais il ne se rendit nulle part à l’exception de la maison de son frère. des visiteurs hauts placés lui apprirent que l’usage voulait qu’une personne importante, de passage dans la capitale, rendît visite
* « la mosquée du manteau exalté », ainsi appelée parce que le manteau de muh∂ammad est censé y être conservé. une des traditions de l’islám rapporte qu’en entendant un poème de Kab ibn zuhayr, le prophète muh∂ammad lui donna son manteau (burda). Ce manteau fut acheté au ls du poète par le calife mu’áwíyah et t partie plus tard du trésor des califes abbássides. il aurait été brûlé lors du sac de Bagdad par húlágú Khán mais on af rme qu’il fut sauvé puis transporté en égypte où il fut utilisé pour étayer les prétentions du faux califat abbásside sous le règne des mamelucks. lorsque selim ier conquit l’égypte en 1517 il transporta ce manteau à istanbul où il est toujours, dans cette mosquée. ainsi, ce burda, ou Khirqiy-i-sharíf devint le symbole de l’autorité du calife.
dans la Gloire du Père
istanbul, l’ancienne constantinople, au dix-neuvième siècle (d’après pardoe, Beauties of the Bosphorus )
trois jours après son arrivée au ministre des affaires étrangères puis, par son intermédiaire, au grand vizir, lequel lui permettrait d’être reçu par le sultan. on lui recommanda de faire de même. il répondit qu’il n’avait aucun dessein à poursuivre, aucune faveur à solliciter, qu’il était à istanbul à l’invitation du gouvernement ottoman et qu’en conséquence, c’était à eux de venir à lui s’ils avaient quelque chose à lui dire.
áqá rid∂á raconte un rêve qu’il eut au cours de ces premiers jours à istanbul.
dans ce rêve, Bahá’u’lláh avait écrit un livre que quelqu’un tenait sur une place publique. il y avait aussi un moulin que des gens voulaient mettre en route, mais il ne tournait que par saccades, marche, arrêt, marche, arrêt, etc. quelqu’un parla du rêve d’áqá rid∂á à Bahá’u’lláh et le soir même, alors qu’áqá rid∂á se trouvait en sa présence au moment où il se préparait à partir à la mosquée, Bahá’u’lláh lui dit en souriant qu’il devait faire en sorte que le moulin tourne. áqá rid∂á se rappelle que pendant longtemps, jusqu’à andrinople, de temps à autre Bahá’u’lláh se tournait vers lui en disant « le moulin n’a pas encore démarré. »
Parmi les visiteurs réguliers, on remarquait h∆ájí mírzá s∆afá (voir addenda v), un homme qui prétendait être murshid chez certains sou s, un con dent de l’am-
dans la ville de ConsTanTin 221
bassadeur de Perse h∆ájí mírzá h∆usayn Khán. il ne savait jamais quoi répondre à Bahá’u’lláh qui lui parlait avec tant d’autorité qu’un jour sa voix résonna jusqu’au rez-de-chaussée. nous retrouverons régulièrement cet homme qui n’était pas toujours sincère ni honnête.
on a vu que la maison de shamsí Big n’était pas adaptée ni assez grande pour tant de gens. shamsí Big s’acquittait de sa tâche d’hôte of ciel avec sérieux et courtoisie. mais il était nécessaire de trouver une plus grande résidence et, au bout d’un mois, on s’installa dans la maison de vísí Páshá, proche de la mosquée du sultan muh∂ammad-i-fátih∂, le conquérant de Constantinople. C’était une noble résidence ayant un bírúní (partie ouverte sur le monde extérieur, c’est-à-dire, réservé aux hommes), et un andarúní (partie intérieure réservée aux dames). les deux bâtiments à trois étages disposaient des aménagements nécessaires. on y trouvait aussi un bain turc et le bírúní avait un grand jardin. des citernes recueillaient l’eau de pluie. en dehors des mosquées et des bains publics, le seul endroit que Bahá’u’lláh visita de temps en temps était la maison de mírzá músá, áqáy-i-Kalím. il y rencontrait divers personnages of ciels porteurs de messages du gouvernement. áqá
‘abdu’l-Ghaffár qui connaissait bien le turc lui servait d’interprète.
un jour que mírzá músá s’approchait du bazar Big-Úghlí un photographe lui proposa de le prendre en photo gratuitement et de lui en présenter plusieurs copies.
nabíl qui relate l’histoire, écrit que mírzá músá accepta la proposition du photographe : « il voulait gagner un peu d’argent en nous photographiant. C’est un moyen de gagner sa vie. nous n’allions pas l’en priver. » et nabíl ajoute qu’ils furent tous photographiés. (voir p. 222)
vint le jour où shamsí Big apporta la nouvelle de la possibilité d’un transfert vers andrinople. il était clair que c’était un banissement, ordonné par le sultan
‘abdu’l-’azíz et ses ministres en chef*, sur l’insistance de mushíru’d-dawlih.
Courroucé, Bahá’u’lláh refusa d’obéir. il n’avait rien fait pour mériter un tel traitement. depuis son arrivée à istanbul il était resté à distance des diverses factions de la capitale. Plusieurs dignitaires d’istanbul lui avaient rendu visite et aucun d’eux n’avait entendu de sa bouche un mot de plainte ou de dénonciation.
au dix-neuvième siècle, une cour orientale bruissait d’une foule d’intrigants et
* ‘alí Páshá, le grand vizir et fu’ad Páshá, ministre des affaires étrangères.
dans la Gloire du Père
photo prise à istanbul. assis, de gauche à droite : h∆ájí ah∂mád-i-káshání, Mírzá Músá aqáy-i-kalím, Siyyid Muh∂ammad-i-is∂fahání. debout, de gauche à droite : áqá Muh∂ammad-i-is∂fahání,
nabíl-i-a’z∂am
dans la ville de ConsTanTin 223
de mécontents qui cherchaient à régler leurs comptes. à Bagdad, Bahá’u’lláh avait été contacté par un certain nombre de ces personnes qui espéraient gagner l’amitié et le soutien des bábís de Perse. il refusa d’en rencontrer certains et ceux qui eurent l’honneur d’être admis en sa présence ne reçurent ni encouragements ni promesses de soutien. dans la capitale ottomane Bahá’u’lláh se tint à la même règle, refusant d’endosser ou d’encourager leurs infâmes desseins. Comme celle de Jésus mille huit cents ans plus tôt, sa Cause n’ avait rien à voir avec la trahison et la sédition.
h∆ájí mírzá s∆afá était de ceux qui avaient conspiré pour que les bábís soient éloignés de la capitale et envoyés dans un coin obscur du continent européen et il avait maintenant l’audace de se présenter devant Bahá’u’lláh qui, comme l’atteste áqá rid∂á, lui parla d’un ton sévère et réprobateur : « si peu que nous soyons, nous ne céderons pas, même si chacun de nous subit le martyre. » h∆ájí mírzá s∆afá répondit hypocritement : « mais il est impossible de s’opposer à un gouvernement. »
áqá rid∂á nous donne la réponse de Bahá’u’lláh : « Tu voudrais m’effrayer en me parlant du pouvoir du gouvernement ? lorsque je me retrouve assailli par toutes les épées du monde, aussi seul et débordé que je puisse être, je me vois assis sur le trône du pouvoir et de l’autorité. C’est le sort constant des manifestations de dieu de ne rencontrer qu’injustice et oppression ; mais aucune répression ne les a jamais empêchées de délivrer ce que dieu leur a con é ni n’a pu contrecarrer leur dessein. » Puis il mentionna ce croyant de la maison de Pharaon dont l’histoire est rela-tée dans le coran, et de sa querelle avec le monarque égyptien, et suggéra à h∆ájí mírzá s∆afá de conseiller à l’ambassadeur persan de relire ce texte. áqá rid∂á écrit que h∆ájí mírzá s∆afá, abasourdi, demanda la permission de partir. Bahá’u’lláh se tourna ensuite vers ses disciples : « qu’auriez-vous dit ? voulez-vous que je cause votre mort ? désirez-vous boire à la coupe du martyre ? on ne peut trouver meilleur moment pour offrir nos vies dans le chemin de notre seigneur. notre innocence est claire et manifeste et ils ne pourraient que reconnaître leur injustice. » des paroles similaires sont rapportées par áqá rid∂á qui ajoute : « à ce moment-là nous étions tous, vraiment, prêts à atteindre ce rang élevé avec joie, délité, unité et détachement ; dieu m’est témoin que nous attendions le martyre avec ravisse-ment. »
Puis mírzá yah∂yá, toujours aussi poltron, commença à hésiter et à montrer, avec d’autres de son acabit, des signes d’inquiétude et de perplexité. il fut désigné
dans la Gloire du Père comme porte-parole pour aller demander à Bahá’u’lláh d’accepter le bannissement : « nous avons des femmes et des enfants avec nous qui périront aussi. »
Bahá’u’lláh les rassura : « offrir tout ce qu’on a dans le chemin de dieu est un des actes les plus méritoires. » quant aux femmes et aux enfants, dit-il, ils pouvaient être envoyés aux résidences des ambassadeurs étrangers qui prendraient soin d’eux. áqá rid∂á cite ustád muh∂ammad-’alíy-i-salmání qui af rmait avoir vu mírzá yah∂yá, siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání et hájí mírzá ah∂mad-i-Káshání comploter ensemble pour trouver un moyen de sauver leurs vies. et Bahá’u’lláh, dis-cernant parmi les bábís la possibilité d’une scission qui aurait été dommageable à la cause de dieu, accepta avec réticence de quitter istanbul. mais il t remarquer qu’une opportunité en or avait été manquée qui aurait fait resplendir la gloire de la Cause. « ils nous ont invités à venir, aurait-il dit, et bien que totalement innocents ils décident de nous châtier. si nous avions résisté, aussi peu que nous soyons, et que nous soyons tombés en martyrs au centre même du monde, l’effet de ce sacri ce aurait été ressenti dans tous les mondes de dieu. il se peut même que rien ne nous serait arrivé. »
C’est la lâcheté de mírzá yah∂yá qui craignait toujours le danger, passant ses jours incognito, ne risquant jamais rien, qui arrêta la main de Bahá’u’lláh.
il ne faut pas s’imaginer que Bahá’u’lláh se soit maintenant décidé de s’isoler complètement du monde. au contraire, les gens allaient et venaient en flots aussi constants que d’habitude. des notables locaux, des ministres (dont certains d’une manière anonyme, d’après áqá rid∂á) rendaient toujours visite à Bahá’u’lláh.
shujá’u’d-dawlih* était un de ces fréquents visiteurs. même h∆ájí mírzá s∆afá continuait à venir. Bahá’u’lláh les recevait avec calme et détachement, refusant de s’incliner, refusant de supplier. áqá rid∂á suggère que mírzá yah∂yá et ses associés espéraient que Bahá’u’lláh supplierait pour obtenir des faveurs, se mettrait à genoux devant ses oppresseurs. mais il écrit que des années plus tard les gens mêmes qui étaient responsables du bannissement de Bahá’u’lláh reconnaissaient que devant son attitude indépendante, son rejet complet de l’hypocrisie et son refus de se mettre à genoux pour pro ter de passe-droits ils avaient été impressionnés par sa erté. Plus tard, à Téhéran, mushíru’d-dawlih dira que l’attitude et la
* le prince shujá’u’d-dawlih était un des ls de ‘alí-sháh, le z∆illu’s-s∆ultán et un petit- ls de fath-’alí sháh. son père se rebella contre le chah muh∂ammad (qui était son neveu) mais sa prise du pouvoir fut de courte durée.
dans la ville de ConsTanTin 225
h∆ájí Mírzá S∆afá
conduite de Bahá’u’lláh augmenta le prestige de ses compatriotes et sauva leur réputation à une époque où les princes et les principicules qadjars quémandaient bruyamment à la sublime Porte argent et pensions. il af rmera que les autorités du gouvernement ottoman comprirent que la Perse avait des hommes qui ne s’avi-lissaient pas.
C’est à cette époque que mourut, à dix-huit mois, sádhijíyyih, lle de Bahá’u’lláh. elle fut enterrée dans un terrain près de la Porte d’édirne à istanbul.
d’autres bábís arrivaient maintenant à Constantinople, notamment darvísh muh∂ammad que siyyid ismá’íl-i-zavári’í avait converti à la foi. mais leur arrivée était contraire aux vœux de Bahá’u’lláh qui ne voulait pas que le nombre de bábís augmente à istanbul. áqá h∆usayn-i-qas∂s∂áb (le boucher) était un de ces nouveaux arrivés qui un jour, en compagnie de darvísh muh∂ammad rencontra Bahá’u’lláh alors qu’il se rendait à une mosquée. il les reçut mais avec tristesse. dans les années à venir, ces deux hommes auront le plaisir de revoir Bahá’u’lláh en Terre sainte.
quand tout fut prêt pour le départ vers andrinople, Bahá’u’lláh renvoya un certain nombre de ses disciples, notamment mírzá áqáy-i-muníb (qui avait marché à
dans la Gloire du Père
côté de son palanquin depuis Bagdad), nabíl-i-a’z∂am, áqá ‘abdu’r-rah∂ím-i- misgar (le dinandier), siyyid h∆usayn-i-Káshí (qui s’occupait des chevaux pendant le voyage depuis Bagdad), Khayyát-Báshí et h∆ájí Báqir-i-Káshání (makhmal-Báf, le veloutier, un de ceux qui étaient arrivés à istanbul plus tard). on leur paya les dépenses du voyage. áqá muh∂ammad-’alíy-i-Jilawdár aurait dû rester à istanbul mais, nalement, il rejoignit les autres plus tard à andrinople. Tous partirent, chacun selon ses directives, à l’exception de Khayyát-Báshí qui, désobéissant, voyagea seul vers andrinople où il arriva un ou deux jours après les autres.
C’était au cœur de l’hiver qui peut être très rigoureux dans cette partie orientale de l’europe. malgré les voitures, les chariots, les chars à bœufs pour leurs affaires, et les animaux de bât fournis, le voyage, qui dura douze jours, fut rude et ils arrivèrent très affaiblis. la neige tombait lors de leur départ d’istanbul et ils n’étaient pas vêtus pour supporter un froid glacial. en se souvenant de leurs souffrances, Bahá’u’lláh déclara : « nos ennemis et, au- delà d’eux, tous les gens de bien, pleurèrent en voyant notre sort… nous fûmes expulsés dans un état d’humiliation incomparable. » 1
mírzá mus∂πafáy-i-naráqí arriva à l’instant du départ de la voiture de Bahá’u’lláh. ayant été averti de l’imminence de son départ, il avait laissé sa famille sur un quai du port et s’était précipité vers sa résidence, mais il ne put le voir que pendant quelques brefs instants. sachant mírzá yah∂yá dans les parages mírzá mus∂πafá chercha ensuite à le voir mais siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání et h∂ájí mírzá ah∂mad-i-Káshání le cachèrent derrière eux dans la voiture. on se demande quel danger pouvait courir mírzá yah∂yá à parler avec mírzá mus∂t∂afáy-i-naráqí, mais le couard yah∂yá cherchait toujours à se cacher. C’est áqá-i-Kalím qui, étant l’arrière-garde comme d’habitude et s’occupant de toutes les nécessités du voyage, rencontra mírzá mus∂t∂afá, un homme brave et héroïque qui acceptera le martyre à Tabríz.
après trois heures de route, à la n de l’après-midi du premier jour, les voyageurs arrivèrent à Kúchik-Chakmachih. ‘alí Big, un yúz-Báshí (of cier commandant une centaine d’hommes), qui les accompagnait, trouva un logement pour Bahá’u’lláh. le lendemain, ils partirent à l’aube et arrivèrent vers midi à Búyúk-Chakmachih où ils trouvèrent à se loger dans la maison d’un chrétien. mais áqá rid∂á note que certains d’entre eux durent aller se loger ailleurs avec tout
dans la ville de ConsTanTin 227
le pont de búyúk-chakmachih que bahá’u’lláh
et ses compagnons traversèrent
dans la Gloire du Père
le matériel de cuisine. à minuit, sous une pluie battante et dans un froid intense, ils partirent vers salvarí et atteignirent Birkás le lendemain. la dernière étape avant andrinople fut Bábá-iskí. à part le froid extrême, áqá rid∂á ne nota rien de particulier pendant ce voyage mais il indique que tous les propriétaires des maisons où ils séjournèrent furent largement rémunérés, à leur entière satisfaction. C’est le samedi 12 décembre 1863 (1 rajab 1280 de l’hégire) qu’ils arrivèrent à andrinople, une ville que Bahá’u’lláh caractérisa par ces mots : « un lieu où nul n’entre à l’exception de ceux qui se sont rebellés contre l’autorité du souverain. »2
maintenant, Bahá’u’lláh était pratiquement prisonnier du gouvernement ottoman.
Pendant son séjour de quatre mois dans la ville de Constantin le Grand, Bahá’u’lláh révéla, en plus de Subh∂ánika-Yá-hú, une épître adressée au sultan : lawh∂-i-’abdu’l-azíz-Va-Vukalá. elle fut révélée le jour même où le beau-frère du grand vizir vint informer Bahá’u’lláh de la décision prise à son encontre. refusant de rencontrer l’envoyé, il délégua ‘abdu’l-Bahá et áqá-i- Kalím pour le recevoir et promis de répondre sous trois jours. le matin suivant l’épître fut portée par shamsí Big, directement à ‘alí Páshá, avec un message de son auteur indiquant que « ceci vient de dieu ». le Gardien de la foi bahá’íe décrit avec éloquence cet événement ainsi que le contenu de l’épître :
« J’ignore ce que contenait cette lettre, raconta plus tard shamsí Big à aqày-i- Kalím, mais à peine le grand vizir en eut-il pris connaissance qu’il devint pâle comme un mort et remarqua : « C’est comme si le roi des rois donnait ses ordres à son vassal le plus humble et lui dictait sa conduite. » il était dans un tel état de malaise que je sortis à recu-lons. » on rapporte que, commentant l’effet produit par cette tablette, Bahá’u’lláh déclara : « quelles que soient les mesures prises contre nous par les ministres du sultan lorsqu’ils eurent pris connaissance de son contenu, elles ne peuvent être considérées comme injustifiables. mais les actes qu’ils ont commis avant de l’examiner ne peuvent trouver de justification. »
d’après nabíl, cette tablette était d’une longueur considérable. elle débutait par des paroles adressées au souverain lui-même, elle censurait sévèrement ses ministres et mettait en évidence leur défaut de maturité et leur incompétence. elle contenait des passages adressés aux ministres eux- mêmes, dans lesquels ceux-ci étaient nettement défiés et sévèrement exhortés à ne point tirer vanité de leurs possessions de ce monde, ni à rechercher étourdiment des richesses dont le temps les dépouillerait inexorablement.3 dans la ville de ConsTanTin 229
‘alí páshá, le grand vizir du sultan ‘abdu’l-‘azíz, à
qui fut adressée la súriy-i-ra’ís
nous n’avons plus, hélas, le texte de cette épître, mais son contenu peut être infé-ré de la lecture de ces paragraphes destinés au sultan ‘abdu’l-’azíz, extraits d’une épître que Bahá’u’lláh révéla à andrinople, à une date plus tardive, et destinée à l’ensemble des rois, la Súriy-i-Mulúk :
écoute, ô roi, le discours de celui qui ne dit que la vérité, qui ne te demande pas en récompense les choses que dieu t’a accordée et qui jamais ne s’écarte du droit chemin.
C’est lui qui t’appelle à dieu, ton seigneur, qui te montre le droit chemin conduisant au vrai bonheur, afin que tu puisses être de ceux qui sont bien.
Garde-toi, ô roi, de t’entourer de ministres qui suivent leurs inclinations corrompues, négligent ce qui leur est confié et manifestement trahissent leur mission. sois bienveillant envers les autres comme dieu l’est envers toi, et ne laisse pas les intérêts de ton peuple à la merci de tels ministres. ne méconnais pas la crainte de dieu, et sois de ceux qui agissent avec droiture. entoure-toi de ministres qui exhalent le parfum de la foi et de la justice, sollicite leur avis, gardes-en ce qui t’en semblera le meilleur, et sois de ceux
dans la Gloire du Père
qui agissent avec générosité.
Tiens pour certain que quiconque ne croit pas en dieu n’est ni digne de confiance ni véridique. Telle est, en effet, la vérité, l’indubitable vérité. Celui qui trahit dieu trahit aussi son roi. rien ne peut le détourner du mal, rien ne peut l’empêcher de trahir son voisin, rien ne peut l’amener à agir avec droiture.
Prends soin de ne pas remettre aux mains d’autrui les rênes des affaires de ton état, n’accorde pas ta confiance à des ministres qui ne la méritent point, ne sois pas de ceux qui vivent dans l’insouciance. (…) assure-toi de ne pas laisser le loup devenir le berger du troupeau de dieu, et ne laisse pas à la merci des méchants le sort de ceux qu’il aime.
(…) Celui qui se donne entièrement à dieu, dieu, assurément, sera avec lui ; et celui qui a mis son entière confiance en dieu, dieu le préservera, en vérité, de tout mal, et le protégera contre les complots des méchants.
si tu prêtes l’oreille à mes discours et suis mes conseils, dieu t’élèvera à une position si éminente que les desseins d’aucun homme sur toute la terre ne pourront t’atteindre ni te nuire. (…) saisis-toi des rênes du gouvernement de ton peuple et tiens-les fermement examine personnellement tout ce qui s’y rapporte. que rien ne t’échappe, car c’est là qu’est pour toi le plus grand bien.
rends grâce à dieu de t’avoir choisi entre tous comme chef suprême de ceux qui professent ta foi. (…) la meilleure louange que tu puisses lui adresser est d’aimer ceux qu’il aime, de sauvegarder les intérêts de ses serviteurs, de les protéger contre les traîtres et de faire en sorte qu’ils ne soient plus opprimés. (…) si, par toi, les rivières de la justice venaient à répandre leurs eaux sur tes sujets, dieu assurément t’assisterait des armées de l’invisible et du visible, et te fortifierait dans tes affaires. (…) ne te repose pas sur tes trésors. Place toute ta confiance dans la grâce de dieu, ton seigneur. Compte sur lui en tout ce que tu fais, et sois de ceux qui se soumettent à sa volonté. (…) ne franchis jamais les bornes de la modération et traite équitablement ceux qui te servent. donne-leur selon leurs besoins, mais pas dans une mesure qui leur permettrait d’entasser pour eux-mêmes des trésors, de parer leur personne, d’embellir leur foyer, d’acquérir ce qui ne leur serait d’aucun profit et les ferait compter au nombre des extravagants. exerce envers eux une indéfectible justice, de sorte que nul d’entre eux ne soit dans le besoin ni ne regorge de richesses. Ce n’est là que justice manifeste.
ne permets pas que l’abject domine ceux qui sont nobles et dignes d’honneur, et ne souffre point que le juste soit à la merci du vil et du méprisable, car c’est ce que nous avons constaté lors de notre arrivée dans la cité (istanbul), et nous en témoignons. Parmi ses habitants, nous en avons vu qui possédaient d’immenses fortunes et vivaient dans une
dans la ville de ConsTanTin 231 Sultan ‘abdu’l-‘azíz (archives bettmann)
dans la Gloire du Père
richesse excessive, alors que d’autres vivaient dans la misère et une pauvreté abjecte.
Cela ne saurait convenir à ta souveraineté ni être digne de ton rang.
(…) veille à ne pas favoriser tes ministres aux dépens de tes sujets. Crains les soupirs du pauvre et du juste qui, à chaque aurore, se lamentent sur leur triste sort, et sois pour eux un souverain bienveillant. ils sont, en vérité, tes trésors sur la terre. il t’appartient donc de mettre tes trésors à l’abri des assauts de ceux qui voudraient te les dérober.
(…)
Comme si tu te tenais debout en la présence divine, garde sous les yeux l’image de l’infaillible Balance de dieu. Chaque jour, chaque instant de ta vie, pèse tes actions sur cette balance. fais ton examen de conscience chaque jour avant d’y être convié au jour du jugement, jour où personne n’aura la force de se tenir debout par crainte de dieu, jour où le cœur des négligents se mettra à trembler.
il incombe à tout roi d’être aussi bienveillant que le soleil qui assure la croissance de tous les êtres et donne à chacun son dû, et dont les bienfaits ne proviennent pas de lui-même, mais de la volonté du Tout-Puissant, de l’omnipotent. un roi doit être aussi généreux, aussi libéral dans sa grâce que les nuages dont les ondées bienfaisantes arrosent tous les pays, sur l’ordre de celui qui est l’ordonnateur suprême, l’omniscient.
Prends soin de ne pas t’en remettre entièrement à d’autres pour les affaires d’état.
nul mieux que toi-même ne pourrait remplir tes fonctions. ainsi avec clarté, nous te donnons nos sages avis, nous t’envoyons ce qui te permettra de passer de la main gauche de l’oppression à la main droite de la justice et de t’approcher du resplendissant océan des faveurs de dieu. Telle est la voie que suivirent, avant toi, les rois qui gouvernèrent avec équité, sans jamais s’écarter d’une rigoureuse justice.
Tu es l’ombre de dieu sur la terre. efforce-toi donc d’agir de la manière qui convient à un rang aussi éminent et aussi majestueux. Tu ne saurais, sans déroger à un honneur aussi grand et inestimable, t’abstenir de suivre les enseignements qui, par nous, te sont envoyés du ciel. retourne donc à dieu, attache-toi fermement à lui, purifie ton cœur du monde et de ses vanités, et ne souffre pas qu’un amour étranger y entre pour s’y établir. Jusqu’à ce que tu en aies effacé toute trace d’amour profane, l’éclat de la lumière divine n’y pourra briller, car dieu n’a donné à chacun qu’un seul cœur. Tel est, en vérité, le décret divin enregistré dans son livre antique. et puisque le cœur humain, tel que dieu l’a fait, est un et indivisible, il t’incombe de veiller à ce que les affections du tien ne soient pas divisées non plus. (…) dieu m’en est témoin : Je n’ai, en te révélant ces paroles, d’autre objet que de te détacher des choses éphémères de la terre, et de t’aider à entrer dans le royaume de la gloire éternelle, afin qu’avec la permission de dieu, tu l’habites et y règnes.
(…)
dans la ville de ConsTanTin 233
que ton oreille, ô roi, soit attentive aux paroles que nous t’adressons. Contrains l’oppresseur à renoncer à sa tyrannie, et isole les artisans d’iniquité de ceux qui professent ta foi. Par la justice de dieu ! les tribulations que nous endurons sont telles que l’angoisse étreint la plume qui voudrait les relater. en supporter le récit dépasserait d’ailleurs les forces de tout croyant en l’unité de dieu et de tout défenseur de celle-ci. si grandes sont nos souffrances que même nos ennemis en ont pleuré ainsi que tout être doué de discernement. (…)
T’ai-je jamais désobéi, ô roi ? ai-je jamais transgressé une de tes lois ? un des ministres qui t’ont représenté en irak peut-il établir contre moi la preuve du moindre manquement à ma loyauté envers toi ? non, par celui qui est le seigneur de tous les mondes ! Pas un moment nous ne nous sommes rebellé contre toi ni contre aucun de tes ministres.
et jamais, à dieu ne plaise, nous ne le ferons à l’avenir, dussions-nous être soumis à des épreuves plus cruelles que celles qu’on nous a infligées dans le passé.
Jour et nuit, soir et matin, nous avons prié dieu pour toi, le suppliant de te rendre obéissant à sa loi, et de te garder des assauts des méchants. agis selon ton bon plaisir, et traite-nous comme il convient à ton état et comme il sied à ta souveraineté. en tout ce que tu désires ou désireras accomplir, n’oublie jamais la loi de dieu. dis : louange à dieu, le seigneur de tous les mondes !4
‘abdu’l-’azíz ne répondit pas aux appels répétés de Bahá’u’lláh et attira sur lui ruines et destructions.
h∆ájí mírzá h∆usayn Khán, le mushíru’d-dawlih, l’ambassadeur persan qui, pendant sept ans avait centralisé l’opposition à Bahá’u’lláh dans la capitale de l’empire ottoman, reçut de lui, avant son départ de Constantinople, cet avertissement prophétique étonnant :
quel profit avez-vous retiré, toi et tes pareils, en mettant à mort, pendant des années, tant d’opprimés, et en leur infligeant tant de tourments, alors qu’ils devenaient cent fois plus nombreux et que vous étiez en pleine confusion, ne sachant plus comment libérer vos esprits de cette pensée obsédante… sa cause transcende tous les plans que vous combinez, quels qu’ils soient. sache bien ceci : si tous les gouvernements de la terre s’unissaient et prenaient ma vie ainsi que celle de tous ceux qui portent ce nom, ce feu divin ne serait jamais éteint.5
et plus tard, d’andrinople, il lui adressa un autre reproche dans la Súriy-i- Mulúk
dans la Gloire du Père
(l’ Épître aux rois) : ô ministre du chah en la cité, imagines-tu que je tienne en ma main le sort définitif de la cause de dieu ? Crois-tu que son cours puisse être détourné par mon emprisonnement, par la honte qui m’a été infligée ou même par ma mort et mon annihilation ?
misérable est ce qui naît dans ton cœur ! Tu es, en vérité, de ceux qui suivent les vaines imaginations de leur cœur. il n’est d’autre dieu que lui. il a le pouvoir d’exalter son témoignage, de réaliser la moindre de ses volontés, de manifester sa Cause et d’élever celle-ci à une position si éminente que ni tes actions ni les actions de ceux qui se sont détournés de lui ne pourront la toucher ou lui nuire.
Crois-tu pouvoir faire échec à sa volonté, l’empêcher d’exécuter son jugement ou d’exercer sa souveraineté ? Prétends-tu que quelque chose dans le ciel ou sur la terre puisse résister à sa foi ? Par celui qui est la vérité éternelle ! rien dans toute la création ne peut contrecarrer son dessein. renonce donc à ce qui n’est chez toi que pure suffisance, car jamais l’orgueil n’a pu tenir lieu de vérité. sois de ceux qui se repentent sincèrement et retournent à dieu, le dieu qui t’a créé, qui t’a nourri et a fait de toi un ministre parmi ceux qui professent ta foi.6
mais heureusement pour mushíru’d-dawlih, son histoire ne se termine pas ici.
dans la lawh∂-i-ibn-i-dhi’b ( Épître au ls du loup) que Bahá’u’lláh révéla à la n de sa vie, le seigneur qui toujours pardonne dit ceci de lui : feu son excellence mírzá husayn Khán, mushíru’d-dawlih – que dieu lui pardonne – a connu cet opprimé. il a sans aucun doute fourni aux autorités un rapport circons-tancié sur l’arrivée de cet opprimé à la sublime Porte, ainsi que sur ses paroles et ses actes. le jour de notre arrivée, le représentant du gouvernement chargé de recevoir les visiteurs officiels nous accueillit et nous escorta vers le lieu désigné. en vérité, le gouvernement fit preuve de la courtoisie et de la considération les plus grandes à l’égard de ces opprimés. le lendemain, le Prince shujá’u’d-dawlih, accompagné de mírzá safá, tous deux représentant feu l’ambassadeur mushíru’d-dawlih, le ministre accrédité à la cour impériale, vinrent nous rendre visite. il en fut de même pour plusieurs ministres du gouvernement impérial, dont feu Kamál Páshá. entièrement confiant en dieu et sans jamais exprimer le moindre besoin ni la moindre difficulté, cet opprimé
* mullá Káz∂im-i-samandar, de qazvín, nommé par le Gardien de la foi bahá’íe comme l’un des dix-neuf apôtres de Bahá’u’lláh, mentionne dans son histoire que ce proche parent de h∆ájí mírzá h∆usayn Khán, le mushíru’d-dawlih, s’appelait mírzá muh∂ammad-’alí connu sous le nom de Kad-Khudá (chef). voir pages 467-472 pour plus d’informations sur mushíru’d-dawlih.
dans la ville de ConsTanTin 235
h∆ájí Mírzá h∆usayn khán-i-Qazvíní, Mushíru’d-dawlih, puis Sipahsálár-i- a’z∂am, ministre persan à istanbul puis,
plus tard, grand vizir de nási∂ri’d-dín Sháh
séjourna pendant quatre mois dans cette cité. Tous ont pu voir clairement ses actes ; nul ne saurait les nier, sauf ceux qui le haïssent et ne disent pas la vérité. Celui qui a reconnu dieu ne reconnaît nul autre que lui. nous n’aimons pas faire mention de ces choses.
Chaque fois que de hauts dignitaires persans arrivaient dans cette cité, ils frappaient à toutes les portes et se donnaient le plus grand mal pour solliciter des allocations et des dons. si cet opprimé n’a rien fait pour contribuer à la gloire de la Perse, au moins n’a-t-il rien fait pour la déshonorer. feue son excellence – que dieu exalte sa condition –
n’a nullement agi par amitié pour cet opprimé, mais plutôt par sagacité et désir secret de servir son gouvernement. J’atteste que la malhonnêteté, qu’il méprisait souveraine-ment, ne joua aucun rôle dans ses activités, tellement il était fidèle à son gouvernement.
C’est pourtant lui qui fut responsable de la réclusion de ces opprimés dans la Plus Grande Prison. Toutefois, il mérite nos éloges car il fit preuve de fidélité dans l’accomplissement de sa tâche. Cet opprimé s’est efforcé de servir et de promouvoir en tous temps les intérêts du gouvernement et du peuple, et non d’exalter sa propre condition.7
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et dans une épître adressée à un certain mihdí, Bahá’u’lláh mentionne que par la suite, h∆ájí mírzá h∆usayn Khán ne t ni ne dit rien qui eut pu causer de la tristesse ; il dit même des paroles admirables. et parce qu’il avait des liens étroits avec un croyant, on ne devait rien dire de désagréable à son sujet ce lien pouvant faire en sorte que le passé soit pardonné.* ainsi parle le seigneur qui toujours pardonne.
le Gardien de la foi bahá’íe a décrit les quatre mois de séjour de Bahá’u’lláh à Constantinople comme étant « l’ouverture de l’un des épisodes les plus dramatiques du ministère de Bahá’u’lláh. » sa signi cation, dans le cours de son ministère qui dura de près quarante ans est résumée d’une manière excellente par shoghi effendi qu’il est bon de citer à ce point critique de notre histoire : on peut dire qu’avec l’arrivée de Bahá’u’lláh à Constantinople, capitale de l’empire ottoman et siège du califat (saluée par les musulmans comme « le dôme de l’islám », mais dénoncée par Bahá’u’lláh comme le lieu où était établi le « trône de la tyrannie »), le chapitre le plus sinistre et le plus désastreux, mais aussi le plus glorieux de l’histoire du premier siècle bahá’í, venait de s’ouvrir. une période pendant laquelle des privations inouïes et des épreuves sans précédent furent mêlées aux plus nobles triomphes spirituels débutait maintenant. le soleil du ministère de Bahá’u’lláh était sur le point d’atteindre son zénith. les années les plus importantes de l’âge héroïque de sa dispensation approchaient. le processus catastrophique, annoncé déjà depuis l’année soixante par son précurseur dans le qayyimu’l-asmá’, commençait à entrer en action.
il y avait exactement deux décennies que la révélation Bábi avait vu le jour à Chiraz, dans la Perse la plus arriérée. en dépit de la cruelle captivité à laquelle avait été soumis son auteur, il avait réussi à proclamer ses stupéfiantes revendications devant une assemblée distinguée, à Tabriz, capitale de l’azerbaïdjan. dans le hameau de Badasht, la dispensation annoncée par sa foi avait été mise au jour avec intrépidité par les champions de sa cause. dans le désespoir et l’agonie du siyáh-Chál, à Téhéran, neuf ans plus tard, cette révélation avait été rapidement et mystérieusement amenée à fructifier tout à coup. le processus d’une désagrégation rapide de la prospérité de cette foi, qui s’était dessiné petit à petit et accéléré d’une manière alarman-te pendant les années de retraite de Bahá’u’lláh dans le Kurdistan, avait été arrêté et inversé de façon magistrale, après son retour de sulaymáníyyih. les fondations éthiques, morales et doctrinales d’une communauté naissante avaient été fermement établies par la suite, au cours de son séjour à Bagdad. et finalement, dans le jardin du
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ridván, à la veille de son exil à Constantinople, le délai de dix années, prescrit par une Providence impénétrable, avait pris fin avec la déclaration de sa mission et l’émergence évidente de ce qui devait devenir le noyau d’une fraternité pour toute la terre. Ce qui restait maintenant à accomplir, c’était à proclamer, dans la ville d’andrinople, cette même mission, devant les chefs ecclésiastiques et séculiers du monde, puis ensuite à développer davantage, au cours des décades suivantes, dans la prison fortifiée d’acre, les principes et préceptes constituant les bases de cette foi, à formuler les lois et ordonnances en vue d’assurer son intégrité, à établir, aussitôt après l’ascension de Bahá’u’lláh, l’alliance destinée à préserver son unité et à perpétuer son influence. [...]
on peut dire que la phase initiale de cette proclamation a commencé à Constan ti - nople, avec la communication (dont nous ne possédons malheureusement pas le texte) que Bahá’u’lláh adressa au sultan ‘abdu’l-azíz en personne, le soi-disant vicaire du Prophète de l’islám, monarque absolu d’un puissant empire. Ce personnage, aussi puissant que majestueux, fut le premier des souverains du monde à recevoir les divines injonctions, et le premier, en orient, à soutenir le choc de la justice distributive de dieu. Cette communication fut envoyée à l’occasion de l’édit infâme promulgué par le sultan, moins de quatre mois après l’arrivée des exilés dans sa capitale, [...]
édit prouvant une coalition de fait des gouvernements impériaux de Turquie et de Perse contre un adversaire commun, et qui entraîna, à la fin, des conséquences si tragiques pour le sultanat, le califat et la dynastie qadjare [...]
ainsi se termine la scène d’ouverture de l’un des épisodes les plus dramatiques du ministère de Bahá’u’lláh. le rideau se lève maintenant sur la période reconnue comme la plus troublée et la plus critique du premier siècle bahá’í, période qui était destinée à précéder la phase la plus glorieuse de ce ministère, celle où il proclama son message au monde et à ses dirigeants.8
andrinople, la prison lointaine
Ô ah∂mad, n’oublie pas mes bienfaits
en mon absence. Souviens-toi de mes jours
durant tes jours, de ma détresse
et de mon bannissement en cette prison lointaine.
bahá’u’lláh
dans l’ Épître à ah∂mad, révélée pour un natif de yazd, Bahá’u’lláh parle d’andrinople en l’appelant « la lointaine prison ».1
Cette ville historique, située dans un coin écarté de l’europe sera le lieu le plus éloigné de son pays natal que connaîtra Bahá’u’lláh. Ce sera aussi la première fois dans l’histoire connue des religions qu’une manifestation de dieu séjournera sur le continent européen.
andrinople, appelée aujourd’hui édirne, est située dans un méandre de la rivière Tunja (Tunca) juste avant qu’elle se jette dans la maritsa. sa position stratégique sur la route entre l’asie mineure et les Balkans en avait fait une ville importante dans l’antiquité. la ville thrace fut prise par les macédoniens qui l’appelè-rent orestias. reconstruite par l’empereur hadrien au deuxième siècle de notre ère elle en reçut son nouveau nom : hadrianopolis ou andrinople. son histoire fut turbulente et elle connut de nombreuses batailles entre les Byzantins et les autres nations jusqu’à sa conquête par les Turcs ottomans en 1362. de 1413 à 1458
andrinople fut la capitale d’un empire ottoman en expansion rapide et, istanbul étant devenue la capitale, elle continua d’être un important centre administratif et commercial, visité par les sultans et les princes. au cours des dix-huitième et dix-neuvième siècles, une série d’événements comme l’incendie de 1745, le tremblement de terre de 1751, l’occupation par les russes de 1828-1829 et plusieurs muti-neries provoquèrent son déclin. lors du séjour de Bahá’u’lláh, andrinople, capitale d’une importante province de l’empire turc, comptait 100 000 habitants.
au premier abord, áqá rid∂á trouva andrinople agréable mais le climat très
dans la Gloire du Père
froid. il remarque que pour des gens habitués, comme eux, au climat chaud de l’irak, le climat froid de roumélie est éprouvant, surtout qu’en cette première année où l’hiver fut exceptionnellement sévère, ils manquaient de vêtements appropriés.
à leur arrivée, les voyageurs s’entassèrent dans un caravansérail appelé Kháni-‘arab au confort réduit. Bahá’u’lláh y resta trois nuits. Puis on trouva, pour lui et sa famille, une maison dans le quartier murádíyyih, bâti autour de la mosquée murádíyyih élevée par le sultan murád ii, au nord-est de la ville. áshchí se souvient qu’elle était en hauteur avec une belle vue sur tout andrinople. les autres restèrent à l’auberge où leurs repas étaient servis, en provenance de la maison de Bahá’u’lláh. áshchí raconte, lui aussi, la sévérité de cet hiver-là. il avait vu sur la route entre Constantinople et andrinople plusieurs personnes mortes de froid. le bruit courait à andrinople qu’on n’avait pas vu un hiver aussi froid depuis quarante ans et il y eut des chutes de neige même au cœur du printemps. les bains publics fermèrent pendant plusieurs jours et les sources se tarirent, bloquées par une épaisseur de glace telle que les gens durent allumer de grands feux au-dessus d’elles et l’on attendit longtemps avant que l’eau recommence à couler. même dans la chambre de Bahá’u’lláh, en dépit du réchaud, une carafe d’eau gela dans la nuit.
on ne peut pas douter des souffrances de Bahá’u’lláh et de ses gens qui manquaient de tout.
après un bref séjour dans la résidence du quartier murádíyyih qui était trop petite, on trouva pour Bahá’u’lláh une autre maison plus spacieuse dans le même quartier, proche de la Takyih des mawlavís*. Ceux qui étaient restés dans le caravansérail s’installèrent dans la première résidence libérée par Bahá’u’lláh. Jouxtant la seconde résidence, une troisième maison fut louée pour áqáy-i-Kalím, mírzá yah∂yá et leurs familles. áqá rid∂á remarque que toutes ces maisons étaient vieilles, ouvertes à tout vent et mal construites. se protéger du froid fut un problème permanent.
áqá rid∂á conte l’histoire de ‘alí Big, l’of cier qui avait accompagné Bahá’u’lláh et sa suite depuis Constantinople. lorsqu’il vint pour prendre congé, il supplia Bahá’u’lláh de l’aider à avoir une promotion. il était yúz- Báshí depuis trop
* lieu de réunion des membres d’un ordre de mystiques, qui a son origine chez le grand poète sou Jaláli’d-dín-i-rúmí. il est adjacent à la mosquée murádíyyih. andrinoPle, la Prison loinTaine 241
Une vue d’andrinople
(dans the radio Times hulton Picture library )
longtemps et n’était plus tout jeune. son plus grand désir était d’obtenir le grade de Big-Báshí et d’être nommé à andrinople. Bahá’u’lláh lui assura que tout irait bien pour lui et, effectivement, peu de temps après il revint à andrinople avec le grade de Big-Báshí. il vint exprimer sa gratitude à Bahá’u’lláh et il racontait à qui voulait l’entendre que c’était grâce à Bahá’u’lláh qu’il avait obtenu cette remarquable promotion. Pourtant, après un certain temps, il eut envie de monter en grade de nouveau. il vint une fois de plus demander à Bahá’u’lláh d’assouvir son désir de promotion et il fut assuré qu’il obtiendrait le grade supérieur. et un jour, il apparut porteur du grade de mír-áláy. il n’arrivait pas à croire qu’il avait eu cette chance d’atteindre un rang militaire si élevé et ne cessait d’af rmer haut et clair qu’il devait tout à Bahá’u’lláh et il fréquentait les disciples chaque fois qu’il le pouvait.
mais puisqu’il était arrivé si haut en venant de si bas, serait-il déraisonnable de vouloir atteindre le rang de pacha ? « Combien d’années veux-tu vivre encore ? »
lui demanda Bahá’u’lláh et, peu de temps après mourut mír-áláy ‘alí Big.
Pendant ce premier hiver à andrinople, la vie fut vraiment dif cile. on ressentit très vite les effets des dif cultés nancières. áqá h∆usayn travaillait alors dans les cuisines, d’où son nom de áshchí : « faiseur de bouillon », autrement dit, cuisinier. il se souvient que certains jours on n’avait pour le déjeuner que du pain et du fromage. il réussissait pourtant à faire des économies qui lui permettaient de
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préparer, de temps en temps, une fête pour Bahá’u’lláh ; il put aussi acheter deux vaches et une chèvre pour fournir la maisonnée en lait et yaourts.
mírzá áqá se souvient que c’est dans cette maison du quartier murádíyyih que fut révélé le mystère de « l’année 80 » (1280 de l’hégire). de plus en plus de tablettes sortaient maintenant de la plume créatrice de Bahá’u’lláh. des textes comme lawh∂-i-Sayyáh∂ et lawh∂-i-nuqπih annonçaient ouvertement avec ardeur, puissance et autorité, sa révélation. et les bábís, partout, à l’exception de quelques dissidents, se ralliaient à sa cause et se soumettaient à ce décret divin. mírzá yah∂yá, bien que soumis en apparence s’était entouré d’égoïstes comme siyyid muh∂ammad-i-is∂fhání et hájí mírzá ah∂mad-i-Káshání et ensemble ils élaboraient des plans de subversion et d’opposition. la lecture qui va suivre de ces basses intrigues est plutôt pénible.
mais parlons d’abord de la joie, du bonheur de ces loyaux compagnons de Bahá’u’lláh décrits par áqá rid∂á et áshchí. qu’importait que l’hiver soit très dur, que les circonstances soient dif ciles, qu’ils soient mal habillés et mal logés, qu’un futur incertain paraisse sombre et tragique ! ils avaient atteint le désir de leur cœur. ils vivaient près de leur seigneur et le servaient avec une complète dévotion.
Jour et nuit ils entendaient, tombant de ses lèvres, des versets majestueux, autoritaires, compatissants, qui annonçaient le matin du Jour des jours et ils baignaient continûment dans les rayons vivi ant de ce soleil. áqá rid∂á relate que Bahá’u’lláh leur rendait souvent visite dans la première maison du quartier murádíyyih et dans la maison d’áqá-i-Kalím, son frère, située juste à côté de la sienne, où les quelques disciples qui étaient à andrinople se réunissaient. un jour, au coucher du soleil, alors que Bahá’u’lláh était dehors, il se tourna vers ses compagnons et dit en montrant un arbre : « un oiseau perché sur cette branche a chanté ces mots à trois reprises « muh∂ammad vint et avec lui la calamité ». áqá remarque que certains pensèrent qu’il faisait référence à mullá muh∂ammad-i-zarandí, nabíl-i-a’z∂am, car on murmurait qu’il était retourné à Constantinople. d’autres comprirent autre chose, mais bientôt il fut clair qu’il faisait référence à hájí siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání, l’antéchrist de la révélation bahá’íe.
Bahá’u’lláh resta environ dix mois dans cette seconde maison du quartier
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murádíyyih, d’après áqá rid∂á, mais le confort insuf sant et sa situation qui en rendait l’accès dif cile rent qu’il désira obtenir une autre résidence, plus confortable et plus facile d’accès. un jour Bahá’u’lláh dit à mírzá mah∂múd- i-Káshání :
« Tu es grand et donc plus proche de dieu. Prie pour qu’il nous donne une meilleure maison. » quelques jours plus tard on trouva une maison au cœur de la ville, au nord de la mosquée de sult∂án salím et toute proche d’elle. Cette mosquée, la gloire d’andrinople, fut bâtie au seizième siècle par l’architecte sinán et son dôme principal est plus grand de trois mètres que celui de sainte-sophie à istanbul. quant à la maison, c’était un vaste manoir appelé la maison d’amru’lláh ce qui veut dire
« la cause de dieu »*. Bahá’u’lláh vint la voir en personne et la trouva appropriée.
mírzá yah∂yá était lui aussi présent. Bahá’u’lláh remarqua : « dieu a répondu aux prières d’áqá mírzá mah∂múd. il pria pour que dieu nous donne une maison et la réponse à sa prière est cette maison. » son andarúní (partie intérieure) de trois étages comportait trente chambres. Bahá’u’lláh et sa famille occupèrent l’étage supérieur, mírzá muh∂ammad-qulí et sa famille se logèrent au deuxième et quelques serviteurs s’installèrent au rez-de- chaussée. Cette grande maison avait son propre bain turc, l’eau courante dans la cuisine et une réserve d’eau. áqá rid∂á écrit : « Cette maison était parfaite ». le bírúní (partie externe) avait quatre ou cinq belles pièces à l’étage supérieur, destinées aux réceptions, ainsi que les installa-tions nécessaires pour préparer et pour servir des rafraîchissements. les restes des compagnons occupèrent le deuxième étage du bírúní. on trouva deux autres maisons dans le même quartier, l’une pour áqáy-i-Kalím et sa famille et l’autre pour mírzá yah∂yá et les siens. les repas étaient préparés dans la maison d’amr’u’lláh et distribués dans les trois maisons.
Bahá’u’lláh avaient signalé à ses compagnons qu’il était temps pour eux de trouver un travail. áqá rid∂á rapporte que son seul désir était de servir Bahá’u’lláh en personne et il pensait que chercher un travail allait à l’encontre de ce désir. mais il se trouva que non. un jour, alors qu’ils étaient tous en sa présence, Bahá’u’lláh leur dit : « nous vous ordonnons de trouver un travail a n de vous occuper utile-ment, d’éviter l’ennui, de gagner de l’argent et de nous inviter à festoyer. »
ils se réunissaient la nuit dans la maison d’amru’lláh et, pendant le jour, certains vaquaient à leurs commerces et d’autres servaient la maisonnée. áqá
* shoghi effendi traduit ce titre : maison du commandement de dieu
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muh∂ammad-Báqir-i-qahvih-chí et ustád muh∂ammad-‘alíy-i-salmání préparaient le thé, le café et les rafraîchissements, et les servaient. áqá h∆usayn-i-áshchí, maintenant adulte, occupait la cuisine et préparait les repas. áqá muh∂ammad-h∆asan, un tout jeune homme, servait dans l’andarúní. áqá muh∂ammad-ibráhím-i-amír (nayrízí) et áqá najaf-qulí étaient chargés d’acheter au bazar les provisions et les autres nécessités. mírzá áqá Ján était le secrétaire personnel de Bahá’u’lláh. h∆ájí siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání et h∆ájí mírzá ah∂mad-i-Káshání n’avaient pas de rôle particulier dans la maison, n’avaient aucune profession et ne tenaient pas de boutique. áqá muh∂ammad-ibráhím-i-náz∂ir (voir addenda v) tissait la soie. áqá rid∂á lui-même tenait avec mírzá mah∂múd-i-Káshání une boutique de con series. áqá muh∂ammad-‘alí et áqá ‘abdu’l-Ghaffár devinrent marchands de tabac. áqá muh∂ammad-ismá‘íl et Khayyát-Báshí étaient tailleurs. mírzá Ja‘far et áqá muh∂ammad-s∆ádiq (voir addenda v) ouvrirent aussi des boutiques.
d’après áqá rid∂á, c’est dans la maison d’amru’lláh que naquit, dans la nuit du 12 rabí‘u’l-avval 1281 de l’hégire (15 août 1864), mírzá d∆íyá’u’lláh, ls de Bahá’u’lláh. « nous étions très heureux, tous ensemble dans cette maison et personne ne pensait à en partir. » Cet état de choses dura un an.
C’est au cours de la deuxième année dans cette maison que siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání et h∆ájí mírzá ah∂mad-i-Káshání commencèrent à montrer ouvertement leur vraie nature, composée de traîtrise et d’insubordination. on se rappelle que Bahá’u’lláh avait emmené h∆ájí mírzá ah∂mad avec lui en quittant Bagdad pour l’empêcher d’irriter le consul général persan qui l’avait fait alors emprisonner parce qu’il ne savait pas se taire quand il le fallait. l’épître à ah∂mad en persan, qui résonne de puissance et d’autorité, est adressée à ce h∆ájí mírzá ah∂mad : Ton œil est un dépôt qui m’appartient ; ne souffre pas que la poussière des vains désirs en ternisse l’éclat. Ton oreille est un signe de ma bonté ; ne permets pas que le tumulte des impulsions inconvenantes l’empêche d’entendre ma parole qui pénètre toute la création. Ton cœur est mon trésor, ne laisse pas la main traîtresse de l’ego dérober les perles que j’y ai amassées. Ta main est le symbole de ma tendre bonté, ne l’empêche pas de tenir fermement mes tablettes saintes et cachées… sans que tu m’en aies prié, j’ai répandu sur toi ma grâce. sans que tu n’aies rien demandé, j’ai réalisé ton désir. encore que tu en fusses indigne, j’ai choisi à ton intention mes bienfaits les plus précieux et mes faveurs les plus nombreuses… ô mes serviteurs, soyez aussi résignés
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et soumis que la terre, afin que du sol de votre être fleurissent les jacinthes multicolores, saintes et parfumées de ma connaissance. Comme le feu, jetez des flammes, pour que s’y consument les voiles de l’insouciance et que les cœurs glacés et obstinés s’embrasent sous l’action des énergies vivifiantes de l’amour de dieu. soyez légers et libres comme la brise afin d’obtenir l’accès de ma cour et de mon inviolable sanctuaire.2
Pendant ce temps, écrit áqá rid∂á, les compagnons se réunissaient chaque nuit dans la grande pièce de la partie externe de la maison d’amru’lláh pour lire des prières du Báb car mírzá yah∂yá commençait à montrer des signes de défection, mais rien n’était encore évident. de temps en temps il se concertait en secret avec siyyid muh∂ammad concernant leurs plans. Pendant un certain temps les choses en restèrent là jusqu’à ce que soudain s’ouvrit, large et infranchissable, l’abîme causé par la rébellion ouverte de mírzá yah∂yá et par le gigantesque bouleversement qui en résulta.
le Gardien de la foi bahá’íe décrit ainsi la rébellion contre Bahá’u’lláh de son demi-frère, son origine, sa nature et la menace qu’elle représenta pour cette toute jeune religion :
une foi datant de vingt ans venait tout juste de se remettre des coups successifs qu’elle avait reçus, lorsqu’une crise d’importance primordiale l’atteignit et la secoua jusqu’en ses racines. ni le martyre tragique du Báb, ni l’attentat odieux contre la vie du souverain, avec ses suites sanglantes, ni le bannissement humiliant de Bahá’u’lláh loin de sa terre natale, ni même sa retraite de deux ans au Kurdistan, si désastreux que fussent ces événements par leurs conséquences, ne peuvent être comparés en gravité avec la première grande convulsion interne qui saisit une communauté récemment relevée, et menaça de creuser une brèche irréparable dans les rangs de ses membres. (...) la conduite monstrueuse de mírzá yah∂yá, l’un des demi- frères de Bahá’u’lláh, successeur nominal du Báb et chef reconnu de la communauté bábí, amena, par la suite, une période d’adversités qui laissa son empreinte sur le destin de la foi pour un demi-siècle au moins.
Cette crise, au cours de laquelle fut déchiré en deux « le voile le plus cruel », et pendant laquelle s’effectua irrévocablement « la plus grande séparation », Bahá’u’lláh la désigna lui-même sous le nom d’ayyám-i-shidád (jours de tension). elle apporta une immense satisfaction aux ennemis extérieurs de la foi, civils et ecclésiastiques ; elle les enhardit, faisant leur jeu et soulevant leurs railleries ostensibles. elle jeta le trouble et la confusion parmi les amis et les défenseurs de Bahá’u’lláh, et elle porta un grave pré-
dans la Gloire du Père judice au prestige de la foi, vis-à-vis de ses admirateurs d’occident*. ourdie dès le début du séjour de Bahá’u’lláh à Bagdad, momentanément stoppée par les forces créatrices qui, sous son autorité non encore déclarée, animèrent une communauté désinté-grée, cette crise éclata finalement, dans toute sa violence, au cours des années qui précédèrent immédiatement la proclamation de son message. elle causa un chagrin inexprimable à Bahá’u’lláh, le vieillissant de façon visible, et elle lui infligea, par ses répercussions, le coup le plus rude qu’il eut jamais à subir pendant toute sa vie. elle fut for-gée de toutes pièces par les intrigues tortueuses et les machinations incessantes de ce même diabolique siyyid muh∂ammad, ce vil insinuateur qui, sans tenir compte du conseil de Bahá’u’lláh, avait insisté pour l’accompagner à Constantinople et à andrinople et qui, maintenant, avec une vigilance sans relâche, redoublait d’efforts pour mener cette crise à son terme.
depuis le retour de Bahá’u’lláh de sulaymáníyyih, mírzá yah∂yá s’était déterminé, tantôt à une réclusion sans gloire, dans sa propre demeure, tantôt à une retraite, quand un danger menaçait, vers des lieux sûrs tels que hillih et Basra. dans cette dernière ville il s’était réfugié, déguisé en juif de Bagdad pour devenir marchand de chaussures. sa terreur était si grande qu’il passe pour avoir dit un jour : « quiconque prétendra m’avoir vu ou avoir entendu ma voix, je le déclarerai infidèle. » ayant appris le départ imminent de Bahá’u’lláh pour Constantinople, il se cacha d’abord dans le jardin de huvaydar, non loin de Bagdad, où il réfléchit à l’opportunité de fuir en abyssinie, aux indes ou en quelque autre pays. refusant de se conformer au conseil de Bahá’u’lláh, de s’acheminer vers la Perse et d’y répandre les écrits du Báb, il envoya un certain háji muhammad Kázim, qui lui ressemblait, à la résidence gouvernementale, pour demander un passeport au nom de mírzá ‘alíy-i-Kirmánsháhi, et il quitta Bagdad en y abandonnant ces écrits. il se rendit alors à mosul sous un déguisement, accompagné d’un arabe bábí nommé záhir, rejoignant là les exilés qui s’étaient mis en route pour Constantinople.
Témoin constant de l’attachement de plus en plus profond des exilés pour Bahá’u’lláh et de leur stupéfiante vénération à son égard, s’apercevant parfaitement, au cours du voyage vers Constantinople, et plus tard, ses relations avec les notables et les gouverneurs d’andrinople, du degré de popularité que son frère avait acquis à Bagdad, irrité devant les preuves multiples de courage, de dignité et d’indépendance que ce frère avait montrées dans ses rapports avec les autorités de la capitale, exaspéré par les nombreuses tablettes que l’auteur d’une dispensation récemment affermie n’avait cessé de révéler, - volontiers dupe des perspectives alléchantes d’une autorité sans conteste que
* Tels que h.l.m. nicolas et e.G. Brown
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lui offrait siyyid muh∂ammad, l’antéchrist de la révélation bahá’íe - de même que le chah muh∂ammad avait été induit en erreur par l’antéchrist de la révélation bábíe, hàji mírzá áqási -, refusant d’écouter les observations des membres éminents de la communauté qui lui écrivaient et lui conseillaient d’user de sagesse et de retenue, oublieux de la bonté et des conseils de Bahá’u’lláh qui, de treize ans son aîné, avait veillé sur sa prime jeunesse et sur sa maturité, enhardi par l’attitude de ce frère qui, l’œil aveugle au péché, avait, tant de fois, passé l’éponge sur bon nombre de ses crimes et de ses folies, cet archibriseur de l’alliance du Báb, aiguillonné par sa jalousie grandissante, et poussé par son amour passionné du pouvoir, fut amené à commettre des actes tels qu’ils ne pouvaient plus être cachés ni tolérés. [...]
des projets désespérés pour empoisonner Bahá’u’lláh et ses compagnons, afin de restaurer sa propre autorité disparue, commencèrent à se dessiner dans son esprit, une année environ après leur arrivée à andrinople. sachant que son demi-frère, áqáy-i-Kalím, possédait des connaissances médicales, il chercha, sous divers prétextes, à obtenir des renseignements concernant les effets de certains poisons et de certaines herbes.
Puis, contrairement à ses habitudes, il commença à inviter Bahá’u’lláh chez lui et un jour, ayant enduit sa tasse à thé d’un produit qu’il avait composé, il réussit à l’empoisonner suffisamment pour le rendre sérieusement malade pendant au moins un mois, lui occasionnant de violentes douleurs ainsi qu’une forte fièvre, maladie dont Bahá’u’lláh conserva un tremblement des mains jusqu’à la fin de sa vie*. son état était si grave qu’un docteur étranger, nommé shíshmán, fut appelé pour le soigner. le docteur fut si atterré par son teint livide qu’il estima son cas sans espoir, et après être tombé à ses pieds, se retira sans lui avoir prescrit de remède. quelques jours plus tard, il tomba malade et mourut. avant sa mort, Bahá’u’lláh avait donné à entendre que le docteur shishmán avait sacrifié sa vie pour lui. à mírzá áqá Ján, que Bahá’u’lláh avait envoyé pour le voir, ce docteur déclara que dieu avait exaucé ses prières et qu’après sa mort, un certain dr. Chúpán, auquel il savait pouvoir se fier, devrait être appelé à sa place chaque fois que cela serait nécessaire.
dans une autre circonstance, et d’après le témoignage d’une de ses femmes qui l’avait momentanément quitté et qui avait révélé les détails de l’acte mentionné ci-dessus, ce même mírzá yah∂yá avait empoisonné le puits qui fournissait de l’eau à la famille et aux compagnons de Bahá’u’lláh, à la suite de quoi les exilés présentèrent d’étranges symptômes de maladie.†3
* on peut voir aux archives internationales de la foi bahá’íe, sur le mont Carmel, un mouchoir taché de sang avec lequel Bahá’u’lláh s’essuya la bouche pendant la nuit où, suite à l’empoisonnement, il tomba malade.
† áqá rid∂á indique que le docteur shíshmán était un chrétien. Cette femme de mírzá yah∂yá, qui révéla l’empoisonnement du puits, était selon áqá rid∂á une femme de Tafrish, Badrí-Ján, sœur de mírzá nas∂r’ulláh et de mírzá rid∂á-qulí.
dans la Gloire du Père
Bahá’u’lláh avait fait de son mieux pour protéger son frère des conséquences de ses « crimes » et de ses « aberrations » ; mais sa bonté et sa générosité n’avaient trouvé en échange que venin et haine. le temps, qui éprouve sans se tromper ce qui est bien et ce qui est mal, nit par montrer la vraie nature de mírzá yah∂yá, la vacui-té de ses prétentions et l’inanité de son but. ayant échoué dans sa lâche tentative d’empoisonnement, mírzá yah∂yá se retourna contre Bahá’u’lláh pour l’accuser. il af rma que c’était son frère qui avait empoisonné la nourriture et en avait consommé ensuite par inadvertance. aujourd’hui, plus d’un siècle s’est écoulé, nous pouvons plaindre le malfaiteur et la perspective nous permet de voir sa petitesse et son insigni ance comparées à l’écrasante majesté de Bahá’u’lláh. on peut même sourire devant les accusations et les calomnies de mírzá yah∂yá, mais à l’époque ces actes ignominieux ne faisaient qu’augmenter la dureté de la vie de Bahá’u’lláh.
en relatant les circonstances de la longue maladie de Bahá’u’lláh, áqá rid∂á dit que les compagnons furent privés de sa présence pendant plusieurs semaines. ils étaient très malheureux mais n’avaient pas l’audace de demander la permission de lui rendre visite. et puis un soir, pendant sa convalescence, alors que la plupart d’entre eux, y compris ‘abdu’l-Bahá et son demi-frère mírzá muh∂ammad-‘alí, avaient été invités à dîner chez áqáy- i-Kalím et que seuls áqá rid∂á restait là avec deux autres pour transporter du bois pour le chauffage, Bahá’u’lláh leur dit de venir et de s’asseoir. il leur parla et leur dit à quel point il se sentait faible. Plus tard, dès qu’il fut capable de marcher sans aide, il vint rendre visite aux compagnons. non loin du quartier murádíyyih se trouvait un terrain planté d’arbres. mírzá muh∂ammad-‘alí le loua et mírzá mah∂múd-i-Káshání y planta des fleurs. en n d’après-midi Bahá’u’lláh se retirait dans ce lieu ombragé et les compagnons, après leur journée de travail, savaient où le trouver. un jour Bahá’u’lláh demanda des nouvelles de Khayyát-Báshí qui avait été malade. quand áqá rid∂á lui répondit qu’il n’avait aucune nouvelle, Bahá’u’lláh lui répliqua qu’il aurait dû rendre visite à Khayyát-Báshí avant de venir au jardin. « Je vous dis cela a n que vous appre-niez à prendre soin les uns des autres en tous temps et que vous vous préoccupiez les uns des autres » leur dit-il. Comme la maison de áqáy-i-Kalím était proche de ce jardin, il arrivait que Bahá’u’lláh rendît visite à son frère avant de rentrer chez lui.
áqá rid∂á relate les circonstances d’un incident embarrassant pour mírzá yah∂yá
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qui s’est passé dans la maison de áqáy-i-Kalím. shaykh salmán, le célèbre messager qui arrivait de Perse porteur de lettres et de demandes et en repartait avec des épîtres et des lettres, avait demandé à mírzá yah∂yá de lui expliquer le sens de ces deux vers bien connus de sa‘dí :
l’ami est plus proche de moi que moi-même.
mais le plus surprenant est mon éloignement de lui. la réponse de mírzá yah∂yá était absurde. même siyyid muh∂ammad-i- is∂fahání et h∆ájí ah∂mad-i-Káshání qui deviendraient ses lieutenants le jour où il se rebelle-rait contre son frère, se joignirent aux autres pour lui montrer son erreur et con rmer que sa‘di exprimait poétiquement le sens de ce verset du coran : « nous sommes plus proche de lui que sa veine jugulaire » (50 :15). son ignorance étant évidente, mírzá yah∂yá tenta de noyer le poisson. on se rappellera qu’en route vers istanbul siyyid muh∂ammad s’était tellement moqué de mírzá yah∂ya au cours d’une dispute que ce dernier s’en était plaint à Bahá’u’lláh. áqá rid∂á ajoute que siyyid muh∂ammad ne cessait pas de rire et de se moquer de mírzá yah∂yá. Puis, un jour, siyyid muh∂ammad af rma qu’il avait été insulté et partit loger au mawlaví-Khánih. áqáy-i-Kalím alla le chercher, l’emmena chez lui, le conseilla et le raisonna mais cet homme avait une propension à la méchanceté et, la même chose se reproduisant, il repartit vivre au mawlaví-Khánih.
áqá rid∂á témoigne que mírzá yah∂yá ressentait de la haine pour Bahá’u’lláh depuis longtemps et qu’il projetait de le tuer. une de ses tentatives est contée par ustád muh∂ammad-‘alíy-i-salmání, le barbier, dans son autobiographie : un jour, alors que m’occupant des bains j’attendais la Perfection bénie, azal entra, se lava et commença à s’appliquer du henné. Je m’assis près de lui pour l’aider et il commença à me parler. il mentionna un ancien gouverneur de nayríz qui avait tué des croyants et était un ennemi irréductible de la Cause. Puis il loua le courage et la bravoure et dit que certains étaient courageux de nature et que cela se voyait dans leur conduite le moment venu. Puis il revint à nayríz et rappela qu’à un moment ne restait des enfants des croyants qu’un seul garçon de dix ou onze ans. un jour que le gouverneur était aux bains, ce garçon entra et, au moment où le gouverneur sortait de l’eau il le poi-
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Ustád Muh∂ammad-‘alíy-i-Salmání
gnarda, lui ouvrant grand le ventre. le gouverneur hurla, ses serviteurs se précipitèrent, virent le garçon tenant un couteau et l’attaquèrent. Puis ils voulurent s’occuper de leur maître mais le garçon, bien que blessé, se releva et le poignarda de nouveau. azal reprit ensuite ses louanges sur la bravoure et comme il est merveilleux d’être courageux. il continua en disant : « vois ce qu’ils font à la Cause. Tout le monde se lève contre moi, même mon frère ! et moi, malheureux que je suis, je ne connais aucun réconfort. » à sa manière de parler on comprenait qu’il impliquait qu’on lui faisait du tort à lui, le successeur du Báb et que son frère était son agresseur et un usurpateur (que dieu me garde !). Puis il revint sur la bravoure et sur la Cause qui en avait bien besoin. en fait, en me racontant l’histoire du gouverneur de nayríz, en louant la bravoure et en m’en-courageant, il cherchait seulement à me pousser à tuer Bahá’u’lláh.
en comprenant cela, je fus si troublé que je ne me suis jamais senti aussi bouleversé de toute ma vie. J’avais l’impression que le bâtiment s’effondrait autour de moi. sans rien dire, mais très perturbé, j’allais m’asseoir dans l’antichambre. Je me dis que j’allais retourner dans le bain et lui couper la tête, quelles qu’en soient les conséquences. Puis que je me dis que l’assassiner n’était pas une mince action et que je risquais d’of-fenser Bahá’u’lláh. supposons que je le tue, me disais-je et qu’en présence de la Perfection bénie elle me demande pourquoi je l’ai tué, que pourrais-je répondre ? Cette
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pensée m’empêcha de mettre mon idée à exécution. Je retournais dans les bains et dit à azal de « foutre le camp » [en persan gum Shaw est une expression très insultante].
azal se mit à gémir et à trembler et me demanda de verser de l’eau sur sa tête pour rincer le henné, ce que je s. il nit de se laver, sortit des bains dans un état d’agitation avancé et je ne l’ai jamais revu.
J’étais dans un tel état que rien ne pouvait me calmer. Ce jour-là, la Perfection bénie ne vint pas aux bains mais mírzá músá y vint et je lui dit que l’effrayante suggestion d’azal m’avait mis en colère. mírzá músá me répondit : ça fait des années qu’il y pense. n’y fait pas attention. il pense à ça depuis toujours ! ». Comme personne d’autre ne venait aux bains, je les fermais et allait voir le maître [‘abdu’l-Bahá, la Plus-Grande-Branche.] pour lui raconter ce que mírzá yah∂yá m’avait dit, comme cela m’avait rendu furieux et que j’avais eu envie de le tuer mais que je ne l’avais pas fait. le maître remarqua que c’était quelque chose que les gens ne réalisaient pas, mais qu’il ne fallait pas en parler et le garder secret. J’allais ensuite voir mírzá áqá Ján, lui t un rapport complet de l’incident en lui demandant de le rapporter à Bahá’u’lláh. mírzá áqá Ján revint me dire : « Bahá’u’lláh demande de dire à ustád muh∂ammad-‘alí de ne mentionner cela à personne. »
Ce soir-là je réunis tous les écrits d’azal et j’allais dans le salon de la maison de Bahá’u’lláh pour les brûler dans le brasero. avant cela, je les montrais à sept ou huit des croyants présents en con rmant : « Ce sont les écrits d’azal. » ils protestèrent en me demandant pourquoi je faisais cela. Je répondis que jusqu’à aujourd’hui j’estimais hautement azal mais que maintenant il ne valait même pas un chien. d’après áqá rid∂á, la tentative de mírzá yah∂ya pour soudoyer le barbier était, une entreprise de longue haleine ; il lui fallut au moins trois mois avant de trouver le courage de parler ouvertement à ustád muh∂ammad-‘alí. Comme on l’a vu, le barbier ressentit une telle rage qu’il faillit se débarrasser de mírzá yah∂yá sur place.
en parlant de cet événement, le Gardien de la foi bahá’íe écrit : Bien que, par la suite, Bahá’u’lláh lui eût ordonné de ne raconter cet incident à personne, le barbier fut incapable de se retenir et il trahit le secret, plongeant, de ce fait, la communauté dans une grande consternation. « quand le secret qu’il (mírzá yah∂yá), gardait en son cœur fut révélé par dieu, affirme lui-même Bahá’u’lláh, il désavoua pareille intention et l’imputa à ce même serviteur » [ustàd muhammad-’ali].4
Ce même ustád muh∂ammad-‘alí rapporte aussi que mírzá yah∂yá, toujours
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redoutant d’être reconnu, dit à shamsí Big, qui les avait of ciellement reçus à istanbul, qu’il était un serviteur de Bahá’u’lláh. et toujours dans le but de cacher son identité, il se réfugiait souvent dans la partie réservée aux serviteurs alors qu’il avait une maison à lui.
les actions de mírzá yah∂yá dans sa vaine tentative de « ranimer son rôle moribond de chef » provoquèrent des événements de grande importance qui sont décrits par shoghi effendi, alors qu’il continue sa description de ce qu’il nomme « la première convulsion interne d’importance » :
le moment était maintenant arrivé pour celui qui avait si récemment, à la fois par ses paroles et dans de nombreuses tablettes, révélé la signification des revendications qu’il avait avancées, de faire connaître officiellement le caractère de sa mission à celui qui était le remplaçant nominal du Báb. mírzá áqá Ján fut donc chargé de porter à mírzá yah∂yá la Súriy-i-amr, nouvellement révélée, qui confirmait nettement ces revendications, de lui lire tout haut son contenu, et de lui demander une réponse décisive et sans équivoque. mírzá yah∂yá demanda une journée de réflexion pour pouvoir méditer sa réponse, requête qui lui fut accordée. mais la seule réponse, toutefois, qui devait venir, fut une contre-déclaration, spécifiant l’heure et la minute où il était devenu le bénéficiaire d’une révélation indépendante, révélation qui exigeait la soumission sans réserve à sa personne, de la part des peuples de la terre, à l’est comme à l’ouest.
une assertion aussi présomptueuse, faite par un adversaire aussi perfide à l’envoyé de l’auteur d’une révélation si importante, donna le signal de la rupture ouverte et définitive entre Bahá’u’lláh et mírzá yahya, rupture qui marque l’une des dates les plus sombres de l’histoire bahá’íe. dans l’espoir d’apaiser la féroce animosité qui dévorait ses ennemis, et d’assurer à chacun des exilés la liberté absolue de choisir entre lui et eux, Bahá’u’lláh se retira avec sa famille dans la demeure de ridà Big (shavvàl 22, 1282 a.h.)*, louée à sa demande, et il refusa pendant deux mois de fréquenter les amis comme les étrangers, y compris ses propres compagnons. il chargea áqáy-i-Kalím de partager tous les meubles, literie, vêtements et ustensiles qu’on trouverait chez lui, et d’en envoyer la moitié dans la maison de mírzá yah∂yá, de lui remettre certaines reliques qu’il convoitait depuis longtemps, comme par exemple les sceaux, les bagues et les manuscrits du Báb, et de veiller à ce qu’il reçoive sa part entière de la pension fixée par le gouvernement pour la subsistance des exilés et de leurs familles. en outre, il fit donner des ordres par áqáy-i-Kalím pour que, chaque jour, pendant plusieurs heures, mírzá
* le 10 mars 1866. Cette maison était dans un autre quartier de la ville
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yah∂yá soit aidé à faire ses achats par l’un quelconque des compagnons, qu’il pourrait choisir lui-même, et afin qu’il soit sûr que tout envoi à son nom, provenant de Perse, lui serait dorénavant remis en main propre.5
áqá rid∂á parle de la profonde détresse, causée par la réclusion de Bahá’u’lláh, que ressentirent les compagnons. h∆ájí mírzá ah∂mad-i- Káshání, bien qu’associé avec mírzá yah∂yá, ne resta pas à andrinople mais demanda un passeport et partit.
il arriva jusqu’à Bagdad où il fut assassiné par un arabe soi-disant bahá’í. lorsque la nouvelle de l’assassinat crapuleux de h∆ájí mírzá ah∂mad arriva à andrinople, Bahá’u’lláh en fut affligé. áqá muh∂ammad-s∆ádiq et mírzá Ja‘far préférèrent quitter andrinople eux aussi. mírzá muh∂ammad-qulí, un autre demi-frère de Bahá’u’lláh et mírzá áqá Ján, son serviteur personnel et secrétaire vinrent le rejoindre dans la maison de rid∂á Big où áqá h∂usayn vint faire la cuisine pour la maisonnée. le reste des compagnons, malheureux et le cœur brisé, n’eut plus accès à la maison de rid∂á Big sauf un jour, peu après le déménagement de la maison d’amru’lláh. Ce jour-là, en début d’après-midi, ils furent appelés en présence de Bahá’u’lláh. en leur servant du thé il leur dit : « Cette interdiction a une limite.
Tournez-vous vers dieu. votre conduite doit être telle que vous soyiez toujours meilleurs que les autres. que rien ne vous empêche de vous tourner vers dieu.
Placez votre con ance en lui. vénérez-le. soyez patient et indulgent. ne vous dis-putez avec personne. » áqá rid∂á, en se souvenant des conseils de Bahá’u’lláh, dit que ses paroles étaient si puissantes qu’ils les ressentaient jusque dans la moelle de leurs os et que des larmes jaillissaient de leurs yeux. Bahá’u’lláh leur demanda ensuite de partir et ordonna à darvísh s∆idq-‘alí de visiter tous les jours la maison de mírzá yah∂yá et de faire les achats nécessaires pour lui et sa famille. darvísh s∆idq-‘alí haïssait cette mission mais il obéit à Bahá’u’lláh jusqu’au jour où mírzá yah∂yá déménagea dans le quartier murádiyyih et lui dit qu’il n’avait plus besoin de ses services.
lorsque Bahá’u’lláh décréta que mírzá yah∂yá et sa famille devaient recevoir une large part de l’allocation que le gouvernement ottoman donnait aux exilés, chaque compagnon reçut aussi sa part de l’argent ainsi que des ustensiles utilisés, qu’ils soient en cuivre ou en d’autres matières.
áqá rid∂á rapporte qu’ils étaient tous étonnés de l’intensité et de la férocité des
dans la Gloire du Père sentiments négatifs af chés par mírzá yah∂yá et son entourage. un de ceux qui furent attirés par mírzá yah∂yá, un certain h∆ájí ibráhím-i-Káshí, avait été traité avec une grande gentillesse, on lui avait donné des lettres pour la Perse, on lui avait dit ce qu’il devait dire partout où il irait. mais lorsqu’il découvrit la mesquinerie de leurs arguments, il se repentit et rejoignit les compagnons. il aurait avoué : « J’ai cru d’abord que leur but était d’appliquer des réformes et de chercher la réconciliation. mais, après réflexion, j’ai compris qu’ils n’avaient que haine et calomnie à répandre. » áqá rid∂á rapporte qu’avec quelques autres il put lire quelques-unes des lettres données à hájí ibráhím et qu’ils furent abasourdis de découvrir la quantité de mensonges qu’elles contenaient.
ayant échoué dans leur tentative de séduction de h∆ájí ibráhím-i-Káshí, mírzá yah∂yá et ses infâmes complices accomplirent un acte tout aussi honteux. une des femmes de mírzá yah∂yá, la mère de son ls mírzá ah∂mad*, fut envoyée chez le gouverneur, gémissant et se lamentant, disant aux autorités qu’ils avaient faim, n’ayant rien à manger parce que Bahá’u’lláh gardait tout l’argent pour lui. or, nous dit áqá rid∂á, c’était à l’époque où deux mille túmáns, reçus récemment de qazvín, avaient été donnés à mírzá yah∂yá. et il répète qu’il n’y eut jamais un jour où l’on négligea les besoins de mírzá yah∂yá et de ceux qui le suivaient. même lorsque siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání partit loger au mawlaví-Khánih, il continua à recevoir thé, sucre et autres nécessités. à cet endroit de son journal áqá rid∂á, après avoir relaté les actes odieux de mírzá yah∂yá et de son lieutenant, écrit une prière qu’il a composée :
« o dieu, Tu sais que je ne mentionne ces événements que dans un but, établir la vérité et expliquer la situation. Je mentionne ce qui s’est passé et dont j’ai été témoin a n que cela soit clair et évident pour tous. Je n’ai jamais ressenti de haine pour personne. J’ai con ance en ta grâce et en ta générosité qui me préserveront de l’erreur, qui nous aideront à ne pas dévier du chemin de la justice, de l’équité,
*des dizaines d’années plus tard mírzá ah∂mad se tourna vers ‘abdu’l-Bahá, repentant et ayant besoin de soins.
l’auteur se souvient de lui, dans les années vingt du vingtième siècle, âgé et menant une vie tranquille dans la maison des pèlerins sur le mont Carmel. un jour qu’un groupe d’étudiants de l’université américaine de Beyrouth, venus à haïfa, séjournaient aussi dans la maison des pèlerins (l’auteur en faisait partie), le Gardien de la foi bahá’íe leur demanda de ne pas heurter les sentiments de ce vieil homme silencieux en parlant, en sa présence, des aberrations et des mauvaises actions de son père.
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de la délité et de la loyauté, a n que je ne dise que la vérité. Tu con rmes tout le monde. Tu es l’omniscient, le Tout-Puissant. »
Puis áqá rid∂á raconte une histoire encore plus bizarre. on demanda aux partisans de mírzá yah∂yá, alors qu’ils étaient en irak, pourquoi il avait envoyé sa femme mendier au palais du gouverneur, alors qu’ils savaient très bien qu’ils n’avaient besoin de rien. ils répondirent que c’était une idée de siyyid muh∂ammad et que mírzá yah∂yá n’en avait rien su. l’explication était pire que l’action elle-même !
en ces jours tumultueux Khurshíd Páshá (voir addenda v) venait d’être nommé gouverneur d’andrinople et selon les archives du consul britannique (fo 195 794) il avait pris sa charge en mars 1866. son représentant,‘azíz Páshá rendit visite à Bahá’u’lláh en faisant preuve d’une humilité et d’une révérence remarquables. il se sentait particulièrement attiré par ‘abdu’l-Bahá et buvait avec enthousiasme à la fontaine du savoir de Ghus∂n-i-a’z∂am (la Plus-Grande-Branche) qui n’était encore qu’un jeune homme d’une vingtaine d’années. Beaucoup plus tard, Bahá’u’lláh étant alors exilé à acre, ‘azíz Páshá devint le vali de Beyrouth. il vint deux fois à acre pour présenter ses respects à Bahá’u’lláh et pour renouveler son amitié avec le ls aîné de Bahá’u’lláh qu’il admirait grandement.
avec obséquiosité mírzá yah∂yá écrivit à Khurshíd Páshá ainsi qu’à ‘azíz Páshá qui montra sa lettre, débordante de flatterie excessive, à Ghus∂n-i- a’z∂am. áqá rid∂á rapporte que lorsque Bahá’u’lláh apprit la démarche de mírzá yah∂yá, il sut que le temps de sa réclusion était terminée ; « le temps prévu » était terminé. il dit :
« nous nous sommes retirés a n de permettre au feu de l’hostilité de s’éteindre et d’éviter que de tels actes honteux soient perpétrés, mais ce qu’ils accomplirent est pires qu’avant. »
vint le printemps. « nous avions loué une maison dans un autre quartier, écrit áqá rid∂á, et nous vivions là tous ensemble, priant ensemble jour et nuit. nous lisions les écrits sacrés et implorions dieu de faire cesser la nuit de la séparation, que l’aurore de la proximité se lève et que s’ouvre en n la porte vers sa présence.
et quand nos prières furent exaucées et que les portes de la bénédiction s’ouvrirent toutes grandes, nous louâmes une autre maison près de celle de rid∂á Big et nous nous installâmes tous là. Cette maison avait un puits avec de l’eau potable et la cour était vaste et pleine de parterres de fleurs. Chacun à son tour, chaque jour, res-
dans la Gloire du Père
tait à la maison pour faire tout le travail nécessaire : tirer de l’eau, balayer, cuisiner, préparer le thé, s’occuper des fleurs comme si tous les autres étaient ses invités et qu’il était leur hôte. le dîner terminé, il lavait les plats et les couverts et les passait à celui qui, le jour suivant, jouerait le rôle de l’hôte à son tour. les Branches
[les ls de Bahá’u’lláh] venaient tous les jours et parfois aussi la Beauté bénie.
C’était une bonne maison agréable à vivre. »
des visiteurs, comme áqá ‘alí-akbar-i-Khurásání et shaykh salmán le messager, commençaient à arriver à andrinople pour rencontrer Bahá’u’lláh. ils étaient très heureux de séjourner dans la maison décrite par áqá rid∂á. quelques épîtres furent révélées dans cette maison et les versets s’écoulaient des lèvres de Bahá’u’lláh assis au milieu de ses compagnons. il dit un jour, áqá rid∂á se souvient… « quel lieu agréable et quelle belle province. Pourtant je ne souhaite pas rester ici. Tout changera avant longtemps. » áqá rid∂á dit qu’à partir de ce jour-là Bahá’u’lláh parla fréquemment du changement qui arrivait, même si on ne le voyait pas venir. áqáy-i-Kalím avait lui aussi prit une maison dans ce quartier. la maison de rid∂á Big avait un bírúní et un andarúní, le second étant plus petit que le premier. le bírúní avait une grande cour ornée d’une variété d’arbres, de buissons et de fleurs où Bahá’u’lláh venait quelquefois, plutôt en n d’après-midi, et il y faisait les cent pas en parlant aux compagnons. áqá rid∂á se souvient d’un de ces jours en particulier où Bahá’u’lláh parlait de ceux qui s’étaient opposés à la cause de dieu, avaient tenté de lui porter tort, et avaient persécuté les croyants ; il les nommait l’un après l’autre en indiquant comment ils avaient été humiliés.
avant peu, dit-il (et áqá rid∂á écrivit ses paroles) : « vous verrez les tyrans, les ennemis et les opposants de la cause de dieu disparaître et triompher le verbe de dieu. » il ajouta : « il doit être clair à tous que nous n’avons accepté les calamités et ne devînmes captif que pour glori er la cause de dieu et pour témoigner de la vérité de son verbe. » Pendant ces jours à andrinople la révélation des épîtres et des versets était abondante et proli que. áqá rid∂á nous dit que leur abondance était telle que les aghs∂án, les ls de Bahá’u’lláh, et mírzá áqá Ján, son serviteur et secrétaire, passaient de longues heures, jour et nuit, à les copier et les transcrire.
Bahá’u’lláh vivait toujours dans la maison de rid∂á Big et venait, de temps à autre, passer une heure ou deux dans le verger ou dans le pré proches du quartier murádíyyih. Puis la maison d’amr’ulláh, qui avait été louée par ‘azíz Páshá, fut andrinoPle, la Prison loinTaine 257
‘abdu’l-bahá à andrinople
dans la Gloire du Père
libérée de nouveau et Bahá’u’lláh retourna s’y installer. au même moment les compagnons déménagèrent dans une maison proche, qui était occupée auparavant par mírzá yah∂yá et sa famille. áqáy-i-Kalím déménagea à la même époque.
Parmi les nouveaux arrivants on note h∆ájí-‘alí-‘askar-i-Tabrízí et les frères h∆ájí Ja‘far et h∆ájí Taqí (voir addenda v) qui logèrent dans une auberge ; siyyid ashraf de zanján qui sera martyrisé plus tard (voir p. 494) accompagné de sa sœur ; h∆ájí mírzá h∆aydar-‘alí suivi de h∆ájí mírzá h∆usayn-i-shírází, qui bientôt seront arrêtés en égypte et bannis au soudan, vinrent aussi à andrinople où ils séjournèrent dans la maison occupée par les compagnons. mírzá rid∂á-qulí et mírzá nas∂ru’lláh, deux frères de Tafrish, dont la sœur, Badri-ján, mariée à mírzá yah∂yá en était séparée 6, arrivèrent de Téhéran vers la même époque et louèrent une maison. dans la maison d’amr’ulláh, redevenue la résidence de Bahá’u’lláh, et dans celle des compagnons, des réunions se tenaient au cours desquelles ce dernier intervenait. ainsi les compagnons, plus qu’honorés, avaient le privilège d’assister au processus de révélation et à la manière dont les versets divins s’écoulaient de ses lèvres. C’est dans la maison d’amru’lláh que la réponse à ‘alí-muh∂ammad-i-sarráj, le tanneur, un partisan de mírzá yah∂yá fut révélée ; elle avait la taille d’un livre.
shaykh salmán le messager, ustád ‘abdu’l-Karím, áqá ‘alí-akbar, áqá muh∂ammad-h∆asan et sa sœur durent repartir en irak. ils étaient tristes, arrachés à la présence de leur Bien-aimé, mais ils obéirent. áqá rid∂á note que le jour de leur départ fut un jour unique, car une fois qu’ils furent partis, Bahá’u’lláh le reçut dans l’ andarúní dont on venait d’allumer la lampe, et lui demanda s’il avait écrit quelque chose à quelqu’un. Puis il dit : « écris ceci maintenant », et d’une voix formidablement puissante et autoritaire, il continua « écris ceci : Par la vérité de dieu, de l’horizon de mon visage un soleil s’est levé sur lequel la Plume suprême de dieu a inscrit : « en ce jour la souveraineté est à dieu, le Tout-Puissant, l’universel, le très-exalté, le Très- Glorieux. » Comme une épée plongée dans le dos de satan, lui et ses armées sont mis en déroute. ils s’enfuient jusque dans les profondeurs de l’enfer. ainsi vient le commandement de dieu. » la Plus-Grande-Branche,
‘abdu’l-Bahá, qui était présent fit observer que ce verset devait être écrit immédiatement. on amena plume et papier et l’admonition fut écrite ; elle servira d’introduction à une épître adressée à siyyid ‘alíy-i-‘arab qui vivait à Tabriz.
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les azalís, partisans de mírzá yah∂yá, affirment que cet homme fut assassiné par shaykh ah∂mad-i-Khurásání. l’agent consulaire britannique de Tabríz le confirme dans un rapport et, l’histoire inédite de la foi bahá’íe dans la province d’azerbaïdjan écrite par mírzá h∆aydar-‘alí uskú’í et continuée par áqá muh∂ammad-h∆usayn-i-mílání, le corrobore. ils affirment qu’au temps où Bahá’u’lláh était encore à andrinople, shaykh ah∂mad-i-Khurásání, mírzá mus∂t∂afáy-i-naráqí et un derviche du nom de ‘alí naqí arrivèrent à Tabríz, en route vers la Turquie ottomane pour y retrouver Bahá’u’lláh. un soir, ils rencontrèrent siyyid ‘alíy-i-‘arab qui, au cours de la conversation commença à parler de Bahá’u’lláh en termes insultants. Piqués au vif, leur patience à bout, ils se précipitèrent sur lui, arrachèrent le châle qu’il portait autour de la taille et l’étranglèrent avec. le lendemain on trouva le corps de siyyid ‘alíy- i-‘arab, les trois hommes furent arrêtés et, plus tard, décapités en public.* selon le rapport du consul britannique, shaykh ah∂mad-i-Khurásání avoua facilement qu’il avait tué siyyid ‘alí de ses propres mains. h∆ájí mu‘ínu’s- salt∂anih de Tabriz, auteur d’une chronique détaillée sur l’histoire de la religion bábíe, assista personnellement à l’exécution des trois bahá’ís. il faut remarquer qu’ils ne furent pas décapités à cause du meurtre de siyyid ‘alíy- i-‘arab, qui avait peu d’importance aux yeux des autorités, mais parce qu’ils étaient bahá’ís.
Cet épisode déplorable et tragique connut une suite encore plus tragique. dans la poche de l’un des martyrs de Tabriz on trouva une pétition adressée à Bahá’u’lláh, écrite par mírzá muh∂ammad-‘alí, un médecin très connu de zanján.
les autorités de Tabriz envoyèrent cette lettre à Téhéran. lorsque nás∂iri’d- dín l’apprit il écrivit au gouverneur de zanján en lui ordonnant de mettre à mort mírzá muh∂ammad-‘alí. une nuit, le médecin fut appelé au palais du gouverneur pour voir un malade. à son arrivée, le bourreau l’attendait. on apporta un baquet et l’innocent médecin fut décapité sans pitié. Cela dit, c’est en assistant à l’exécution des trois martyrs de Tabríz qui ne montrèrent aucune peur et moururent joyeusement, que shírzád Khán-i-sartíp un grand personnage, se convertit. étranges sont les décrets de la Providence !
áqá rid∂á rapporte qu’une autre nuit, vers cette époque-là, tous les visiteurs et
* le rapport du consul russe de Tabríz indique qu’ils furent arrêtés en décembre 1866 et exécutés le janvier suivant.
dans la Gloire du Père
Maison de rid∂á big à andrinople (photo de ted cardell)
la plupart des compagnons étaient réunis en présence de Bahá’u’lláh dans l’ andarúní. il leur parla de ce qui se passait en irak où s’activaient les partisans de mírzá yah∂yá, du comportement de mullá muh∂ammad-Ja‘far-i- naráqí, de miracles et de choses surnaturelles. il ne faut pas prendre l’ordre naturel des choses à la légère, dit-il, mais si un groupe de gens fait d’un événement particulier la pierre de touche de sa conviction, et fait la promesse de se soumettre s’il arrive, dans sa bonté dieu fera en sorte que cet événement se passe pour eux. Par exemple, continua Bahá’u’lláh, mullá muh∂ammad-Ja‘far est infirme et boiteux. qu’il fasse de sa guérison l’épreuve de sa foi. à lui de décider : qu’il se tourne vers mírzá yah∂yá d’abord, puis, s’il n’obtient pas satisfaction, qu’il se tourne vers le seuil exalté.
le défi de Bahá’u’lláh fut transmis à mullá muh∂ammad-Ja‘far mais il ne voulait pas changer. quelques années avant, les religieux chiites d’irak s’étaient, eux aussi, dérobés, n’osant accepter un tel défi.
Bahá’u’lláh résidait toujours dans la maison d’amru’lláh lorsque mírzá áqá Ján et áqá ‘abdu’l-Ghaffár furent envoyés à istanbul pour s’opposer aux manœuvres de siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání. mais son second séjour dans cette habitation serait de courte durée car, six mois plus tard le propriétaire la vendit et andrinoPle, la Prison loinTaine 261
Bahá’u’lláh dut louer la maison de ‘izzat áqá, dans un autre quartier de la ville. Ce serait sa dernière résidence à andrinople. C’est alors qu’advint un événement déci-sif que conte le Gardien :
C’est dans cette maison, au mois de jamàdiyu’l-avval 1284 a.h. (septembre 1867), qu’un événement de la plus haute importance se produisit, qui entraîna la déconfiture complète de mírzá yah∂yá et de ses partisans, et rendit évident le triomphe de Bahá’u’lláh sur eux, tant aux yeux de ses amis que de ses ennemis. un certain mir muh∂ammad*, bábí de Chiraz, fort irrité tant par les prétentions de mírzá yah∂yá que par sa réclusion poltronne, réussit à obliger siyyid muh∂ammad d’engager celui-ci à rencontrer Bahá’u’lláh face à face, de sorte qu’on puisse discerner au grand jour la vérité de l’erreur. Présumant de façon stupide que son illustre frère n’accepterait jamais une telle proposition, mírzá yah∂yá désigna la mosquée de sultán salim comme lieu de rencontre.
aussitôt informé de cet arrangement, Bahá’u’lláh se mit en route, à pied, dans la chaleur de midi, accompagné par ce même mir muh∂ammad†, pour ladite mosquée, située dans une partie éloignée de la ville. Tout en marchant à travers les rues et les marchés, Bahá’u’lláh récitait des versets, avec une voix et d’une manière qui étonnèrent grandement ceux qui le virent et qui l’entendirent.
ainsi qu’il le mentionne dans une tablette, voici quelques-unes des paroles qu’il prononça à cette occasion mémorable : « ô muh∂ammad, celui qui est l’esprit est vraiment sorti de sa demeure, et avec lui sont sorties les âmes des élus de dieu ainsi que la réalité de ses messagers. voyez donc les habitants des royaumes célestes, au-dessus de ma tête, et dans ma main, tous les témoignages des prophètes. dis : si tous les prêtres, tous les sages, tous les rois et gouvernants de la terre se rassemblaient, en vérité je les affron-terais et je proclamerais les versets de dieu, le souverain, le Tout-Puissant, l’infiniment-sage. Je suis celui qui ne craint personne, quand bien même tous ceux qui existent sur terre et dans le ciel se lèveraient contre moi… C’est ma main que dieu a rendue blanche pour que tous les mondes la voient. voici mon bâton‡ ; si nous le jetions à terre, en vérité, il avalerait toutes les choses créées. » mir muÌammad, qui avait été envoyé en avant pour annoncer l’arrivée de Bahá’u’lláh, revint bientôt et l’informa que celui qui avait mis son autorité au défi souhaitait, en raison de circonstances imprévues, retarder l’entrevue d’un jour ou deux.
de retour chez lui, Bahá’u’lláh révéla une tablette dans laquelle il racontait ce qui
* Cet homme, accompagné de ses animaux de bât faisait partie de la caravane des exilés de Bagdad à samsún.
† mírzá áqá Ján et áqá muh∂ammad-ibráhím-i-amír l’accompagnaient aussi.
‡ allusion à moïse
dans la Gloire du Père
s’était passé et fixait la date de l’entrevue manquée ; il apposa son sceau sur la tablette et la confia à nabíl†, lui disant de la remettre à l’un des nouveaux croyants, mullà muh∂ammad-i-Tabrízí ; ce dernier devait la transmettre à siyyid muh∂ammad qui venait souvent à la boutique de ce croyant. il fut convenu de demander à siyyid muh∂ammad, avant de lui remettre cette tablette, une note cachetée, promettant que mírzá yah∂yá, au cas où il ne viendrait pas au lieu du rendez-vous, affirmerait, par écrit, la fausseté de ses revendications. siyyid muh∂ammad promit d’apporter, le jour suivant, le document en question, mais bien que nabíl, pendant trois jours consécutifs, attendît la réponse dans cette boutique, le siyyid n’apparut pas et n’envoya aucune note. vingt-trois ans plus tard, nabíl, racontant cet épisode historique dans ses chroniques, affirma que cette tablette jamais remise se trouvait encore en sa possession, « en aussi bon état que le jour où la Plus-Grande- Branche l’avait écrite et où le cachet de l’ancienne Beauté l’avait scellée et ornée », témoignage tangible et irréfutable de la suprématie de Bahá’u’lláh, établie sur un adversaire vaincu.
Comme déjà observé, cet épisode, le plus désolant de son ministère, fit naître en Bahá’u’lláh une angoisse aiguë. celui que, pendant des mois et des années, se lamenta-t-il, j’ai élevé avec les mains de la tendre bonté, s’est levé pour prendre ma vie. les cruautés infligées par mes oppresseurs, écrit-il, faisant allusion à ces perfides ennemis, m’ont courbé et ont fait blanchir mes cheveux. Si tu te présentais devant mon trône tu ne pourrais reconnaître l’ancienne beauté, car la fraîcheur de son visage s’est altérée et son éclat s’est terni à cause de l’oppression des infidèles. par dieu ! s’écrie-t-il, il n’existe aucun point de mon corps qui n’ait été touché par les lances de tes machinations. et encore : tu as commis contre ton frère ce qu’aucun homme n’a commis contre un autre homme. ce qui est sorti de ta plume, affirme-t-il de plus, amena les visages de gloire à se prosterner dans la poussière ; le voile de grandeur, dans le paradis sublime, fut, de ce fait, déchiré en deux, et les cœurs des élus installés sur les sièges les plus élevés en furent brisés. et pourtant, dans le Kitáb-i-aqdas, un seigneur clément assure à ce même frère, cette source de perversion, dont l’âme même a donné naissance aux vents de la passion qui ont soufflé sur lui, de n’avoir aucune crainte à cause de tes actes ; il lui ordonne de retourner à dieu, humble, soumis et effacé, et affirme qu’ il te remettra tes péchés, et que ton Seigneur est le clément, le puissant, le très-Miséricordieux. (...)
une brèche temporaire, il fallait l’avouer, avait été faite dans les rangs de ses partisans. sa gloire avait été éclipsée et ses annales entachées d’opprobre pour toujours. son
† nabíl, muh∂ammad-Javád-i-qazvíní et mishkín-qalam le célèbre calligraphe étaient arrivés à andrinople peu de temps avant et logeaient avec les compagnons. áqá muh∂amad-javád-i-qazvíní avait été arrêté à Tabríz en même temps que les trois martyrs mais avait été libéré.
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nom, cependant, ne pouvait être effacé, son esprit était loin d’être abattu, et ce prétendu schisme ne pouvait en scinder l’édifice en deux. l’alliance du Báb auquel il a déjà été fait allusion, avec ses vérités immuables, ses prophéties incontestables et ses avertissements répétés, montait la garde auprès de cette foi, assurant son intégrité, démontrant son incorruptibilité et perpétuant son influence.7
en parlant de cet épisode, áqá rid∂á mentionne un marchand de tabac persan, h∆asan áqáy-i-salmásí. Bien que n’étant pas un des croyants, il était au courant des événements et était présent lorsque Bahá’u’lláh passa devant sa boutique. Ce qui n’empêcha pas plus tard mírzá yah∂yá d’écrire à ses partisans pour leur affirmer que c’était Bahá’u’lláh qui n’était pas venu le rencontrer et que lui avait été fidèle au rendez-vous. et pour faire bonne mesure, il ajouta un autre mensonge, à savoir que personne ne l’avait vu pendant le voyage de Bagdad à andrinople, alors que depuis mosul il avait voyagé dans la suite de Bahá’u’lláh.
la maison de ‘izzat áqá était neuve et avait une belle vue sur la rivière et les vergers du sud de la ville. ses pièces étaient spacieuses et, même si le bírúní était plus petit que l’ andarúní, ils étaient tous les deux assez grands et comptaient de grandes cours plantées d’arbres variés. mírzá mah∂múd-i- Káshání s’occupait des jardins et des parterres de fleurs. les compagnons déménagèrent dans une maison dans le même quartier qui était assez grande pour eux et était équipée d’un bain turc. les visiteurs aussi y logeaient, notamment mírzá Báqir-i-shírází (voir addenda v) dont la sœur était mariée à mírzá yah∂yá. il arriva avec áqá ‘abdu’lláh-i-
‘arab. mírzá Báqir déplorait l’insubordination et la défection de mírzá yah∂yá et avait écrit un traité réfutant ses prétentions. C’était aussi un excellent calligraphe et, pendant son séjour à andrinople, il copia et transcrivit de nombreuses épîtres.
nous avons déjà indiqué en quelle haute estime Khurshíd Páshá, le vali d’andrinople, tenait Bahá’u’lláh. áqá h∆usayn-i-áshchí raconte qu’il avait très envie d’accueillir au palais du gouverneur Bahá’u’lláh, mais ce dernier ne voulut pas accepter l’invitation de Khurshíd Páshá immédiatement. Pourtant un soir du mois de ramad∂án, alors que le gouverneur avait invité les religieux et les notables de la ville à venir briser le jeûne chez lui, il chargea ‘abdu’l-Bahá de supplier Bahá’u’lláh de lui faire l’honneur d’assister à cette grande fête parmi cette brillante assemblée. Bahá’u’lláh accepta cette invitation. áshchí raconte comment les
dans la Gloire du Père
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andrinoPle, la Prison loinTaine 265
invités, gens riches et savants, étaient fascinés, captivés et transportés par les paroles de Bahá’u’lláh. avec humilité et courtoisie ils lui posaient des questions dont les réponses, énoncées d’une voix puissante et autoritaire, les émerveillaient et les satisfaisaient. áshchí remarque que lorsque le sultan décréta l’exil de Bahá’u’lláh ces hommes, affligés, ressentirent cruellement cette perte. ayant été ainsi particulièrement honoré par Bahá’u’lláh, Khurshíd Páshá demanda à ‘abdu’l-Bahá de passer autant de soirées que possible au palais du gouverneur pendant le mois du ramad∂án, ce que la Plus-Grande-Branche accepta volontiers.
de plus en plus de visiteurs arrivaient maintenant à andrinople. les deux frères áqá muh∂ammad-ismá‘íl et áqá nas∂ru’lláh restèrent quelque temps. ils furent suivis par siyyid mihdíy-i-dahijí, áqá Jamshíd-i-Gurjí (voir addenda v), mírzá
‘alíy-i-sayyád-i-marághi’í et h∆usayn-i-Baghdádí. ils furent logés dans le biruní de la maison de ‘izzat áqá. nous avons déjà signalé l’arrivée de nabíl- i-a’z∂am, muh∂ammad-Javád-i-qazvíní et le célèbre calligraphe mishkín- qalam. h∆ájí abu’l-qásim-i-shírází arriva d’égypte ; sa fortune fit qu’il fut bientôt mêlé aux intrigues de h∆ájí mírzá h∂asan Khán, le consul persan du Caire. on continua à tenir régulièrement des réunions, où étaient lus épîtres et versets, dans la maison des compagnons et Bahá’u’lláh y assistait souvent. Puis on loua une maison pour mishkín-qalam afin qu’il puisse pratiquer son art tranquillement. nabíl et áqá Jamshíd l’y rejoignirent plus tard. Bahá’u’lláh honora plusieurs fois cette maison de sa présence.
enfin áqáy-i-Kalím aussi emménagea dans une maison proche de celle de ‘izzat áqá.
les quelques mois de résidence dans la maison de ‘izzat áqá constituent la période la plus féconde de tout le ministère de Bahá’u’lláh : épîtres et versets coulaient sans discontinuer de sa plume et de ses lèvres. un jour, relate áqá rid∂á, Bahá’u’lláh dit à ses compagnons et ses visiteurs, tandis qu’il faisait les cent pas dans la cour du bírúní : « aujourd’hui, alors que nous étions aux bains, nous avons écrit quelque chose pour nás∂iri’d-dín sháh ; ce n’est pas encore transcrit, mais qui acceptera de la lui porter ? » nombreux étaient ceux qui désiraient cette distinction mais cette grande mission qui exigerait héroïsme et sacrifice était destinée, comme nous le verrons, à un jeune homme insensible, pour l’instant, à l’influence de Bahá’u’lláh.
C’est pendant les éprouvantes années passées à andrinople que Bahá’u’lláh
dans la Gloire du Père
proclama la révélation dont dieu l’avait investi. où trouver une meilleure description de cette période fructueuse que sous la plume du Gardien de la foi bahá’íe, dans son ouvrage dieu passe près de nous :
Bien que fléchissant sous le poids du chagrin, et souffrant toujours des conséquences de l’attentat à sa vie, et quoiqu’il sût parfaitement qu’un nouveau bannissement était probablement imminent, imperturbable devant le coup que sa cause avait reçu ainsi que devant les dangers dont elle était entourée, Bahá’u’lláh se dressa malgré tout avec une puissance sans égale, avant même la fin de cette épreuve, pour annoncer la mission dont il était chargé à ceux qui, en orient et en occident, détenaient entre leurs mains les rênes du pouvoir temporel suprême. l’étoile du matin de sa révélation était destinée, grâce à cette proclamation même, à étinceler au faîte de sa gloire, et sa foi à manifester, dans sa plénitude, son divin pouvoir.
une période d’activité prodigieuse s’ensuivit qui, par ses répercussions, l’emporta sur les années de printemps du ministère de Bahá’u’lláh. Jour et nuit, écrit un témoin oculaire, les versets divins pleuvaient en quantité telle qu’il fut impossible de les consigner tous. mírzá áqá Ján les écrivait au fur et à mesure de leur dictée, tandis que la Plus-Grande-Branche était continuellement occupée à les transcrire. il n’y avait pas un moment à perdre. (...) Bahá’u’lláh, faisant lui-même allusion aux versets qu’il révéla, écrit : Tels sont les torrents… provenant des nuées de la bonté divine qu’en l’espace d’une heure, l’équivalent d’un millier de versets ont été révélés. la grâce octroyée en ce jour est telle, qu’en un jour et une nuit seulement, si l’on trouvait un secrétaire capable de l’écrire, la valeur d’un Bayán persan serait déversée du ciel de la sainteté divine. J’en jure par dieu, affirme-t-il d’autre part, en ces jours, ce qui a été révélé correspond à tout ce qui fut envoyé jadis aux Prophètes. Ce qui a déjà été révélé sur cette terre (andrinople), déclare-t-il en outre, parlant de l’abondance de ses écrits, les secrétaires ne sont pas capables de le transcrire. aussi, la plus grande partie n’a-t-elle pas été transcrite.
déjà, au plus fort de cette grave crise, et même avant qu’elle n’atteignît son maximum, des tablettes innombrables coulèrent de la plume de Bahá’u’lláh, dans lesquelles il exposait complètement la portée des revendications qu’il venait de soutenir. la Súriy-i-amr [ commandement], la lawh-i-nuqtih [ tablette du point], la lawh-i-ah∂mad
[ Épître à ah∂mad], la Súriy-i-asháb [ Épître aux compagnons], la lawh-i- Sayyáh, la Súriy-i-damm [ tablette du sang], la lawhu’r-rúh [ tablette de l’esprit], la lawhu’rrid∂ván [ tablette de rid∂ván], la lawhu’t-tuqá [ tablette de la piété ou de la crainte de dieu] sont au nombre des tablettes qu’il avait déjà écrites lorsqu’il transféra son domi-
andrinoPle, la Prison loinTaine 267
cile dans la maison d’izzat áqá. Presque aussitôt que fut opérée la « plus grande séparation », Bahá’u’lláh révéla les tablettes les plus puissantes écrites pendant son séjour à andrinople : la Súriy-i-Mulúk [ Épître aux rois], l’épître la plus importante, dans laquelle, pour la première fois, il s’adresse à l’ensemble des monarques d’orient et d’occident et envoie des messages particuliers au sultan de Turquie et à ses ministres, aux rois de la chrétienté, aux ambassadeurs français et persan accrédités près la sublime Porte, aux chefs ecclésiastiques musulmans à Constantinople, aux sages et aux habitants de cette ville, au peuple de Perse et aux philosophes du monde ; le kitáb-i-badí‘, son apologie, écrite pour réfuter les accusations lancées contre lui par mírzá mihdiy-i-rashti* - œuvre correspondant au kitáb-i-iqán qui fut révélé pour défendre la révélation bábíe ; les Munájátháy-i-Síyám ( prières du jeûne) écrites en anticipation de son livre de lois ; la première Épître à napoléon iii dans laquelle il s’adresse à l’empereur des français et met à l’épreuve la sincérité de ses déclarations ; la lawh-i-Sultán, son épître détaillée au chah nàsiri’d-dín, dans laquelle sont exposés les buts, les objectifs et les principes de sa foi, et démontrée la validité de sa mission ; la Súriy-i-ra’ís, commencée dans le village de Káshánih, pendant son voyage à Gallipoli, et terminée peu après à Gyáwur-Kyuy, tous ces textes peuvent être considérées non seulement comme les plus remarquables des innombrables épîtres qu’il révéla à andrinople, mais comme occupant une position capitale parmi tous les écrits de l’auteur de la révélation bahá’íe.8
* Cet homme était juge à istanbul. le Kitáb-i-Badí‘ est écrit comme si áqá muh∂ammad-‘alí Tambákú-furúsh-i-is∂fahání répond à mírzá mihdíy-i- rashtí. Badí‘ signifie : unique.
andrinople. les dernières années
áqá rid∂á nous apprend qu’à l’époque où mírzá yah∂yá ne tint pas sa promesse et ne vint pas rencontrer Bahá’u’lláh dans la mosquée, le frère fidèle de Bahá’u’lláh, áqáy-i-Kalím, était en anatolie. en passant par salonique il était arrivé à smyrne où le rejoindrait plus tard mír muh∂ammad qui lui rapportera toute l’histoire de la couardise de mírzá yah∂yá et de son rendez-vous manqué. Peu après Bahá’u’lláh chargea nabíl-i-a’z∂am d’aller demander à áqáy-i-Kalím de revenir à andrinople et ce dernier obéit immédiatement. aux environs de l’année 1867 une puissante épître, qui mentionnait une vision, fut révélée pour siyyid h∆usayn-’alí, un bábí qui résidait alors à Bagdad. la nuit même, le siyyid se sépara complètement des partisans de mírzá yah∂yá. lorsque l’épître atteignit Bagdad et que les circonstances de sa révélation en furent connues, un certain nombre de bábís firent de même. Cette épître n’est pas la lawh∂-i-ru’yá ( Épître de la vision) qui sera révélée plus tard en Terre sainte.
les azalís qui étaient à Bagdad désiraient maintenant se confronter avec les bahá’ís au cours d’un débat en présence de religieux juifs, chrétiens et musulmans qui devaient agir comme arbitres. les bahá’ís considérèrent d’abord ce projet comme absurde mais finirent par accepter que quelques- uns de chaque bord rencontrent deux hommes : h∆ájí muh∂ammad-h∆usayn- h∆akím-i-qazvíní (médecin de qazvín, voir addenda v) et áqá mírzá ah∂mad- i-hindí (l’indien) qui n’avaient accepté ni la revendication de Bahá’u’lláh ni la position de mírzá yah∂yá. lawh∂-i-Qamís∂ (la Tablette de la jupe ou du vêtement) venait d’arriver d’andrinople et mírzá mihdíy-i-Káshání en lut quelques extraits lors de cette réunion. l’ignorant complètement, les partisans de mírzá yah∂yá proposèrent de lire le dalá’il-i-Sab’ih ( les sept preuves) du Báb, qu’ils interprétèrent d’une manière erronée et la réunion se termina sans conclure. mais les deux arbitres, le médecin de qazvín et le bábí indien qui, jusque-là s’étaient tenus à l’écart, furent convaincus de la vérité de la revendication de Bahá’u’lláh et lui donnèrent leur allégeance sans réserve. Plus tard, alors que des troubles s’élevaient à Bagdad, h∆ájí muh∂ammad-h∆usayn se leva
dans la Gloire du Père
pour défendre les bahá’ís. « Pour qui te prends-tu ? » lui lança avec arrogance le consul persan auquel il renvoya la question : « Pour qui te prends-tu, toi ? ». le consul répondit « Je suis le drogman du gouvernement ». avec audace le médecin répliqua : « Je suis le drogman de la nation ».
C’est aussi en 1867 que naquit mírzá Badí’u’lláh, le plus jeune fils de Bahá’u’lláh. mírzá ‘alíy-i-sayyáh (mullá ádí Guzal) avait été le messager du Báb et, pendant un temps, son serviteur personnel. en compagnie de mishkín-qalam et áqá Jamshíd-i-Gurjí (ou Bukhárá’í) il quitta andrinople pour istanbul, sans qu’on sache exactement pourquoi. ustád muh∂ammad-’alíy-i-salmání suggère que mishkín-qalam voulait gagner de l’argent grâce à sa superbe calligraphie pratiquement sans égal à l’époque ; et Bahá’u’lláh était mécontent de cette décision. quoi qu’il en soit, ce voyage eut pour les trois hommes des conséquences incalculables.
C’est alors que h∆ájí ‘alí-’askar (voir addenda v) qui avait rencontré le Báb à Tabríz, s’installa avec sa famille dans la résidence que mishkín-qalam et ses deux compagnons avaient libérée. d’autres arrivèrent aussi, notamment áqá mírzá zaynu’l-’ábidín, mírzá ‘alí-akbar-i-Bujnurdí et abu’l-qásim Khán accompagné d’une dame que áqá rid∂á appelle la princesse. il semble qu’ils arrivaient du pèlerinage de la mecque. Puis l’arrivée de la veuve de mírzá mus∂t∂afáy-i-naráqí récemment tué à Tabriz et de son fils mus∂t∂afá, d’áqá lut∂fu’lláh et de son jeune fils, augmentèrent encore le nombre des bahá’ís d’andrinople. siyyid mihdíy-i-dahijí, honoré par Bahá’u’lláh du titre de ‘ismu’lláhu’l-mihdí* mais qui, plusieurs années plus tard brisera l’alliance de Bahá’u’lláh, partit pour Bagdad et, en route, rencontra les bahá’ís qui avaient été arrêtés à Bagdad et étaient exilés à mosul.
Bahá’u’lláh parle de cette arrestation abusive de ses disciples dans son épître à nás∂iri’d-dín sháh. l’arrestation et le transport de ces bahá’ís furent précédés à Bagdad du meurtre brutal de áqá ‘abdu’r-rasúl-i-qumí dont la tâche consistait à transporter de l’eau dans des outres en peau de chèvres depuis le fleuve jusqu’à la maison de Bahá’u’lláh. un matin, ses ennemis l’attendaient sur la rive du fleuve.
ils lui sautèrent dessus et lui ouvrirent le ventre à coups de poignards. Chancelant, portant d’une main sa charge d’eau et de l’autre retenant ses entrailles, il put atteindre la maison où il s’effondra et mourut. áqá h∆usayn- i-áshchí raconte d’une
* le « nom de dieu qui guide droit » andrinoPle. les dernières années 271
áqá h∆usayn-i-is∂fahání, Mishkín-Qalam
dans la Gloire du Père
manière vivante et émouvante le jour où Bahá’u’lláh reçut la lettre annonçant le martyre de áqá ‘abdu’r-rasúl. en entendant Bahá’u’lláh lire les circonstances de cet événement, ceux qui étaient présents pleuraient à chaudes larmes. Bahá’u’lláh les assura que s’ils pleuraient la mort cruelle de áqá ‘abdu’r-rasúl, lui, avait obtenu ce qu’il avait toujours désiré : le rang de martyr.
les autorités ottomanes s’inquiétaient de l’augmentation du nombre des bahá’ís à andrinople, surtout depuis que siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání qui était parti à istanbul avec áqá Ján Big-i-Kaj-Kuláh, un autre partisan de mírzá yah∂yá et un ancien officier de l’artillerie ottomane, ne cessait de fournir de fausses informations aux autorités. mishkín-qalam, comme il fallait s’y attendre, avait acquis une grande réputation en tant que calligraphe et il était très proche de h∆ájí mírzá h∆usayn Khán, l’ambassadeur persan. mírzá ‘alíy-i-sayyáh∂ avait, lui aussi, gagné l’estime de l’ambasadeur, mais, comme le dit áqá rid∂á (et ustád muh∂ammad-’alí) aucun des deux n’était assez circonspect, parlant sans précaution dans les cercles où ils avaient accès et notamment en présence de l’ambassadeur. le Gardien de la foi bahá’íe parle ainsi de leur manque de sagesse : « les indiscrétions commises par quelques-uns de ses [la religion de Bahá’u’lláh] partisans trop zélés, qui étaient arrivés à Constantinople, aggravèrent sans aucun doute une situation déjà tendue1. »
Puis arriva la nouvelle que h∆ájí mírzá h∆aydar-’alí, que Bahá’u’lláh avait envoyé en égypte, avait été arrêté et banni au soudan. les informations arrivant à andrinople n’étaient pas très claires et Bahá’u’lláh envoya nabíl enquêter en égypte. nabíl composa un poème en style mathnaví adressé à ismá’íl Páshá, le khédive d’égypte et en envoya une copie à andrinople. mais il fut lui aussi arrêté et emprisonné à alexandrie. nous reviendrons dans le chapitre suivant sur l’histoire de son emprisonnement.
les événements de Bagdad, les martyres d’iran, les extorsions du consul général de Perse au Caire qui conduisirent à l’arrestation, au traitement barbare et au bannissement de h∆ájí mírzá h∆aydar-’alí et de ses compagnons à Khartoum, la détention inattendue de nabíl-i-a’z∂am à alexandrie, les arrestations et les emprisonnements dans la capitale de l’empire ottoman moribond auxquels nous allons bientôt assister, tout cela ne fut que le prélude d’un dénouement bien plus important qui sera la fin de l’épisode d’andrinople. Bahá’u’lláh faisait de plus en plus référence à cet événement qui se rapprochait. andrinoPle. les dernières années 273
les premières lignes des Paroles cachées.
À l’avant-dernière ligne
commence la première parole : « Ô fils de l’esprit… »
calligraphiées par Mishkín-Qalam.
dans la Gloire du Père
les dernières années à andrinople virent aussi se développer d’importants changements internes. les appellations « bábís » et « le peuple du Bayán » furent remplacées par « bahá’í » et « le peuple de Bahá » ; la salutation alláh’u’akbar (dieu est le plus grand) fut remplacée par allah’u’abhá (dieu est le plus glorieux), bien qu’il faille noter que les deux expressions, ainsi qu’une troisième : allah’u’ajmal (dieu est le plus beau) aient été acceptées par le Báb. la Súriy-i-ghusn (épître concernant la Branche), révélée pour mírzá ‘alí-rid∂á, un bahá’í éminent du Khorassan, envisageait le rang de Ghus∂nu’lláhu’l-a’z∂am (la Plus-Grande, ou la Puissante-Branche), le fils aîné de Bahá’u’lláh qui, connu plus tard sous le nom de ‘abdu’l-Bahá, allait devenir le centre de l’alliance incomparable de Bahá’u’lláh. il faut noter aussi l’importance du voyage de nabíl-i-a’z∂am à Chiraz puis à Bagdad (avant sa mission en égypte), pendant lequel il portait les deux Tablettes du pèlerinage ( Súriy-i-h∆ajj i et ii) récemment révélées qu’il récita pendant qu’il visitait ces deux villes. nabíl avait aussi des cadeaux pour la femme du Báb. mullá Báqir-i-Tabrízí, une des lettres-du-vivant du Báb, toujours vivant en ces années soixante-dix du dix-neuvième siècle et mullá s∆adiq-i- muqaddas-i-Khurásání, à qui Bahá’u’lláh attribua plus tard le titre honorifique d’ismulláhu’l-as∂daq (le nom de dieu le plus fidèle), qui était un des rares héros survivant de shaykh T∆abarsí, firent joyeusement acte d’allégeance à Bahá’u’lláh. un martyr de la même période, áqá najaf-’alí, lui aussi survivant d’un massacre du passé, l’épisode de zanján, donna au moment de mourir son or au bourreau et s’éteignit avec sur les lèvres le nom de Bahá’u’lláh.
mírzá músáy-i-Javáhirí avait envoyé de Bagdad trois chevaux en cadeau pour Bahá’u’lláh qui, pensant que les frais d’une étable seraient excessifs, ordonna qu’on aille les vendre à istanbul. darvísh s∆idq-’alí, áqá muh∂ammad-Báqir-i-qahvih-chí et ustád muh∂ammad-’alíy-i-salmání partirent pour la capitale avec les chevaux. áqá ‘abdu’l-Ghaffár était parti à istanbul aussi, pour vendre quelques marchandises, d’après áqá rid∂á. ils n’eurent pas plus tôt posé le pied dans la capitale qu’ils furent arrêtés. mishkín-qalam et ses compagnons avaient été arrêtés peu avant, à cause de leur franc-parler et des intrigues de leurs ennemis. mais les félons avaient été pris dans la nasse eux aussi. siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání et áqá Big-i- Kaj-Kuláh furent tous les deux arrêtés et ce dernier fut destitué de son rang et de ses décorations ottomanes. áqá rid∂á raconte que des lettres anonymes, soi-disant andrinoPle. les dernières années 275
photo prise, probablement vers la fin de l’exil de bahá’u’lláh à andrinople, de sa famille et de ses compagnons. assis, de g. à d. : Sans doute d∆iyá’u’lláh (demi-frère de ‘abdu’l-bahá), Mírzá Muh∂ammad-Qulí (demi- frère de bahá’u’lláh), Mírzá Muh∂ammad-‘alí (demi-frère de ‘abdu’l-bahá), Mírzá Músá áqáy-i-kalím. debout : Mírzá áqá Ján khádimu’lláh derrière Mírzá Muh∂ammad-‘alí.
écrites par les bahá’ís et se glorifiant de leur nombre et de leur détermination, avaient été jetées dans les maisons des notables d’istanboul. Cette manœuvre, dont les auteurs furent aussi les victimes, sera plus ou moins exactement reprise quelques décennies plus tard à Téhéran avec le même résultat. ustád muh∂ammad-
’alí détaille les interrogatoires auquels ils furent soumis. les fonctionnaires voulaient savoir si Bahá’u’lláh prétendait être le mahdí. les bahá’ís répondirent par la négative, ce qui était la vérité puisque ce titre appartient au Báb, mais il semble que cette réponse ne plut pas aux enquêteurs. áqá rid∂á et ustád muh∂ammad-’alí parlent tous les deux des fonctionnaires confisquant tous les livres et documents en possession des prisonniers sans pouvoir y trouver rien de séditieux. et le chef de la police fut si impressionné par les prières récitées par áqá muh∂ammad-Báqir qu’il lui demanda de les répéter.
au début, mishkín-qalam et ses compagnons étaient séparés du groupe
dans la Gloire du Père
d’ustád-muh∂ammad-’alí, les uns ignorant l’arrestation des autres. mais ils furent très vite réunis. ustád-muh∂ammad-’alí raconte que mishkín-qalam était particulièrement affecté de n’avoir ni papier ni plume pour pratiquer son art. finalement les autorités cédèrent à ses bruyantes récriminations et, pour avoir la paix, lui donnèrent tout le matériel dont il avait besoin ce qui le calma. aujourd’hui, ces superbes exemples de calligraphie sortis de sa plume pourraient atteindre des centaines ou même des milliers d’euros dans une salle des ventes.
Pendant ce temps, la situation devenait critique à andrinople. les bahá’ís furent convoqués plusieurs fois dans les quartiers administratifs du gouvernement où, à leur grande surprise, on les compta un par un en enregistrant leurs noms. áqá rid∂á rapporte que chaque fois qu’on les convoquait ils craignaient de ne pas revenir chez eux. on ignorait ce qui se passait ou ce qui allait advenir. mais Bahá’u’lláh le savait. il demanda à certains de ses compagnons de quitter andrinople. « Pourquoi tous devraient être emprisonnés ? dit-il. il n’y aurait plus personne pour enseigner la cause de dieu ! » h∆ájí muh∂ammad-ismáíl-i-dhabíh∂, frère de h∆ájí mírzá ah∂mad-i-Káshání, mírzá ‘alí-akbar-i-naráqí et un autre siyyid arrivèrent à andrinople au moment où la tempête allait se déchaîner et Bahá’u’lláh, refusant qu’ils restent, les pria de repartir pour Gallipoli immédiatement.
lorsque les ministres du sultan ‘abdu’l-’azíz décidèrent de bannir Bahá’u’lláh vers acre et mírzá yah∂yá à Chypre, Kurshíd Páshá, le vali d’andrinople qui était très dévoué à Bahá’u’lláh, refusa de s’associer de près ou de loin à l’application de l’édit royal. il en informa Bahá’u’lláh en exprimant regret et dégoût, fit ses bagages et, ostensiblement parti loin pour quelque affaire urgente ; en fait, il déménagea discrètement dans une localité proche afin de suivre le cours des événements. Ce fut son représentant qui, sans état d’âme, assuma cette tâche odieuse avec une grande rudesse. il faut noter que les prédécesseurs de Khurshíd Páshá, muh∂ammad Pásháy-i- qibrisí (le Chypriote) qui avait été grand vizir de l’empire ottoman et sulaymán Páshá (un soufi de la confrérie qádiríyyih) avaient tous les deux exprimé leur admiration et leur estime pour Bahá’u’lláh*.
áshchí soutient que ‘izzat áqá, le pacha, propriétaire de la maison où résidait * suivant les archives du consulat britannique (fo 195 794), muh∂ammad Pásháy-i-qibrisi était gouverneur d’andrinople jusqu’en avril 1864 ; sulaymán Páshá lui succéda et mourut en décembre 1864 ; ‘áríf Páshá lui succéda et mourut en décembre 1865.
andrinoPle. les dernières années 277
Bahá’u’lláh, était devenu un espion du gouvernement, entrant à n’importe quelle heure pour vérifier qui était là, qui était en visite et qui résidait dans la maison. on a vu que l’arrivée de quelques bahá’ís, dont le nombre avait été grandement exagéré par les fauteurs de troubles, avait inquiété les autorités. Ces fauteurs de troubles avaient planté les graines du doute dans l’esprit hébété des ministres du sultan. fu’ád Páshá, ministre des affaires étrangères était particulièrement inquiet à l’idée que Bahá’u’lláh puisse être en contact avec les révolutionnaires bulgares.
Ce qui est risible aujourd’hui, le temps ayant passé, était pris très au sérieux par un ministre craintif.
Puis la tempête éclata.
Fu’ád páshá (dans Farley, Turkey )
le bannissement à acre
un matin très tôt, les soldats encerclèrent la maison de Bahá’u’lláh, ne laissant personne entrer ni sortir. les bahá’ís qui avaient des boutiques furent tous arrêtés et dirigés vers le Seraye.
áqá rid∂á écrit qu’avant la nuit ils furent tous appelés, un par un, en présence des of ciels ottomans et interrogés pour qu’ils admettent être bahá’ís. on leur dit que leurs possessions seraient vendues ou mises aux enchères, ce qui fut fait le jour suivant. les habitants en furent bouleversés, abasourdis, sidérés. « que s’estil passé, demandaient-ils, pour que ces gens soient traités ainsi ? nous n’avons jamais trouvé en eux qu’honnêteté, loyauté et piété… Pourquoi les soumettre à tant d’injustice et d’atrocité ? ». Certains tentaient de consoler les bahá’ís en exprimant leur sympathie et quelques-uns sanglotaient.
Puis, continue áqá rid∂á, un « certain nombre de consuls de pays étrangers demandèrent à rencontrer Bahá’u’lláh et exprimèrent le désir de lui rendre service.
« nous pouvons informer nos gouvernements et faire cesser cette action ». mais Bahá’u’lláh répliqua : « Pour ce genre d’événement, nous n’avons jamais demander l’aide de quelqu’un et nous ne le ferons jamais. » il fut très aimable avec eux, puis ils partirent. »
en se rappelant, beaucoup d’années plus tard, ces événements, áqá h∆usayn- i-áshchí dit la même chose, à savoir que Bahá’u’lláh n’avait pas accepté l’offre d’aide et d’intervention des puissances étrangères. son récit est plus précis puisqu’étant cuisinier, il était libre d’aller et venir dans la maison comme il voulait et pouvait assister de près à tout ce qui se passait autour de Bahá’u’lláh. il relate les circonstances du siège de la maison de Bahá’u’lláh par les troupes ; l’insistance des représentants de Kurshíd Páshá pour qu’il quitte andrinople dès que possible ; et son refus d’embarquer pour un autre exil, car son serviteur devait une grosse somme d’argent dans le bazar et qu’il ne pouvait pas payer cette dette avant que ses hommes à istanbul soient libérés pour qu’ils vendent leurs chevaux.
áshchí continue son récit : «… soudain conscients de que qui se passait, les
dans la Gloire du Père consuls des puissances étrangères vinrent rencontrer Bahá’u’lláh. Bien qu’interdisant le passage à tous, les soldats entourant la maison ne purent empêcher les consuls d’entrer. ayant présenté leurs hommages, ils dirent qu’ils étaient venus d’un commun accord, et que celui que Bahá’u’lláh désignerait irait contacter les autorités turques et détournerait ce mauvais coup. mais Bahá’u’lláh déclina catégoriquement leur offre plusieurs fois répétée d’aide et d’intervention, disant :
« vous voulez que je vous donne mon accord pour que vous puissiez me secourir, mais mon secours est entre les mains de dieu, dieu est mon centre et c’est vers lui seul que je me tourne. » áshchí rapporte que les consuls continuèrent à venir régulièrement sans que jamais ils en fussent empêchés. il les conduisait lui-même en présence de la Plus-Grande-Branche. il ajoute que quelques hauts fonctionnaires turcs étaient furieux et scandalisés du traitement préférentiel dont béné ciaient ces représentants étrangers. l’aisance avec laquelle ils pouvaient rencontrer le ls aîné de Bahá’u’lláh les énervait d’autant plus que les fonctionnaires ottomans étaient habituellement repoussés sous un prétexte ou un autre. áqá h∆usayn écrit que lorsqu’il entendit le Big-Báshí menacer de punir ses troupes dès le lendemain si elles n’empêchaient pas les consuls d’entrer dans la maison, il le rapporta à Bahá’u’lláh qui sourit et, se tournant vers son ls aîné, lui demanda : « Tu as entendu ce que h∆usayn a dit ? » les choses n’en restèrent pas là. áshchí raconte que le jour suivant les consuls vinrent comme d’habitude et que les gardes ne purent les arrêter. la Plus-Grande-Branche leur répéta la menace de l’of cier ottoman ce qui les amusa beaucoup et, en plaisantant, quelqu’un suggéra que la prochaine fois ils demanderaient au consul britannique de passer le premier et de recevoir les coups du Big-Báshí. quant à cet of cier, áqá h∆usayn raconte que ses supérieurs étaient mécontents en entendant parler de ses menaces impulsives et le réprimandèrent. ils avaient compris leur impuissance à empêcher les visites des représentants étrangers qui continuèrent à aller et venir selon leur souhait.
shoghi effendi parle ainsi des derniers jours de Bahá’u’lláh à andrinople : Brusquement, un matin, la maison de Bahá’u’lláh fut entourée de soldats et des sentinelles furent postées aux portes ; ses disciples furent convoqués une fois de plus par les autorités, interrogés, et ils reçurent l’ordre de se préparer à partir. les bien-aimés de dieu et sa famille, déclare Bahá’u’lláh dans la Súriy-i-ra’is, ne reçurent aucune nour- le BannissemenT à aCre 281
riture la première nuit… le peuple entoura la maison, et musulmans et chrétiens pleurèrent sur nous… nous nous aperçûmes que les pleurs du peuple du Fils (les chrétiens) étaient plus forts que les pleurs des autres, un signe pour celui qui réfléchit. « une grande agitation saisit le peuple, » écrit áqá ridá, l’un des plus vaillants défenseurs de Bahá’u’lláh, exilé tout au long avec lui depuis Baghdád jusqu’à ‘akká. « Tous étaient perplexes et pleins de regret… les uns exprimaient leur sympathie, d’autres nous consolaient et pleuraient sur nous… la plupart de nos biens furent vendus aux enchères, à la moitié de leur valeur. » Plusieurs consuls des puissances étrangères rendirent visite à Bahá’u’lláh, et se déclarèrent prêts à intervenir en sa faveur auprès de leurs gouvernements respectifs, propositions qu’il déclara apprécier mais qu’il déclina fermement.
les consuls de cette ville (andrinople) se sont rassemblés en présence de cet homme dans la fleur de l’âge, au moment de son départ, écrit-il lui-même, et ont exprimé leur désir de l’aider. Vraiment, ils nous ont témoigné de l’affection.
l’ambassadeur de Perse informa promptement les consuls persans en ‘iráq et en egypte que le gouvernement turc avait retiré sa protection aux bábis, et qu’ils étaient libres de les traiter comme bon leur semblait.1
il est vrai qu’il existe, dans des archives gouvernementales, certains documents qui suggèrent que c’est Bahá’u’lláh qui demanda l’aide et la protection des consuls étrangers (voir addenda ii). il nous est impossible, aujourd’hui de résoudre ce problème d’une manière satisfaisante, mais nous pouvons indiquer un certain nombre de faits intéressants. Comme nous l’avons vu plus haut, Bahá’u’lláh lui-même et les personnes présentes : áqá rid∂á et áqá h∆usayn-i-áshchí, en se souvenant des dizaines d’années plus tard des événements d’andrinople, déclarent clairement que ce sont les consuls qui vinrent proposer aide et protection qui furent courtoisement refusées. dans les archives ottomanes on trouve une lettre qui aurait été écrite par Bahá’u’lláh en persan alors que le même document dans les archives française est écrit dans un mauvais turc. on peut se demander pourquoi Bahá’u’lláh écrirait aux Turcs en persan et aux français dans une langue qui lui est étrangère. les opinions des experts concernant les documents en turc af rment qu’ils sont « écrits par un non-Turc et contiennent de nombreuses erreurs de grammaire et d’orthographe.
quelques mots mal écrits, des mots arabes, suggèrent que les écrivants n’étaient pas musulmans ; des arméniens peut-être. » de telles erreurs pourraient-elles sortir de la même plume d’où sont sortis le kitáb-i-Íqán, les paroles cachées, les sept vallées, le kitáb-i-badí et d’innombrables épîtres en arabe ? C’est impossible.
dans la Gloire du Père
de plus, l’écriture des documents turcs n’est pas celle de Bahá’u’lláh ni d’aucun de ses secrétaires dont d’innombrables spécimens d’écriture existent.
áqá rid∂á écrit : « Bref, le choc fut terrible. la plupart de nos biens furent vendus à moitié prix. la réserve de tabac appartenant à h∆ájí ‘alí-’askar fut achetée à un très bas prix. on rédigea un billet à ordre promettant de tout régler quelques mois après mais nalement il ne fut jamais honoré. áqá muh∂ammad-’alíy-i-Jilawdár et áqá muh∂ammad-’alíy-i-is∂fahání (voir adddenda v), qui étaient mariés furent obligés de divorcer de leurs épouses parce que la famille de celles-ci ne voulaient pas les laisser accompagner leurs maris… et la rumeur courait que ceux dont le nom se trouvait dans un certain registre auraient la permission de partir tandis que ceux qui n’y étaient pas inscrits resteraient là.
les deux frères h∆ájí Jafar et h∆ájí Taqí résidaient à l’auberge. ils ne furent ni molestés ni emprisonnés. on pensait donc qu’ils resteraient là. mais ils venaient tout le temps dans le bírúní dont ils pouvaient entrer et sortir sans encombre. un soir, après le coucher du soleil, nous étions tous réunis dans le birúní ainsi que h∆ájí Ja’far et son frère. h∆ájí Ja’far se leva et se dirigea vers la fenêtre donnant sur la rue.
nous entendîmes alors comme un sifflement et, allant voir, nous découvrîmes le h∂ájí la gorge tranchée et le sang jaillissant. nous étions bouleversés. s’il mourait, comment pourrions-nous prouver qu’il s’est suicidé ? nous allâmes vite en informer la Plus-Grande-Branche qui vint immédiatement dans le bírúní. la maison du qádí étant proche il le t chercher ainsi qu’un médecin voisin, muh∂ammad effendi. le médecin referma la gorge coupée du h∆ájí ce qui eut pour effet de le faire revenir à lui. le qádí lui demanda : « avez-vous fait cela vous-même ? »
- oui, lui fut-il répondu.
- Pourquoi ?
- Parce que comprenant que j’allais être privé de la compagnie de mon seigneur et de la grâce de sa présence, je n’avais plus le goût de vivre.
- avec quoi vous êtes-vous tranché la gorge ? demanda ensuite le qádí.
- un rasoir de barbier acheté au bazar, répondit le h∆ájí.
on trouva le rasoir qui était tombé dans la rue. on reposa plusieurs fois les questions au h∆ájí qui répéta qu’il avait trouvé l’idée de la séparation insupportable et avait voulu mourir. on mit toutes ces questions et leurs réponses par écrit. »
le chirurgien expérimenté traita si bien la blessure que s’était infligée hájí
le BannissemenT à aCre 283
Vue de gallipoli où bahá’u’lláh, sa famille et ses compagnons passèrent quelques jours en août 1868, avant leur départ poour acre Ja’far qu’il le guérit. áqá rid∂á note l’étonnement des spectateurs qui disaient : « Ces gens savent que l’exil implique l’emprisonnement et une vie très dure et pourtant ils préfèrent partir que rester et choisissent la mort plutôt que la séparation ; d’où vient cette attirance évidente qui les saisit ? » Certains éclatèrent en sanglots devant le sort de hájí Ja’far et d’autres tentèrent de le réconforter. en parlant de cette tentative de suicide de h∆ájí Ja’far-i-Tabrízí, le Gardien de la foi bahá’íe écrit que c’est « un acte quali é par Bahá’u’lláh dans la súriy-i-ra’ís d’« inouï dans les siècles passés que dieu a mis en exergue dans cette révélation, preuve du pouvoir de sa puissance. » 2 la Súriy-i-ra’ís fut révélée à Káshánih, en route vers Gallipoli.
h∆ájí Ja’far fut installé dans un lit, dans le bírúní de la maison de Bahá’u’lláh qui lui rendit visite, resta à son côté, le consola et lui conseilla : « révère dieu et sois content de sa volonté. »
áqá rid∂á écrit : « on t ensuite les préparations pour émigrer. Premièrement, on apporta plusieurs charrettes pour le transport des bagages, qui furent accompagnées par quelques compagnons. le même jour, mírzá yah∂yá et sa famille partirent, accompagnés de siyyid muh∂ammad. une semaine plus tard tout fut prêt pour le voyage de la Perfection bénie.
au matin arrivèrent des chariots où l’on mit le reste des bagages et, lorsque tout
dans la Gloire du Père
fut chargé et que les membres de la famille furent installés, il était presque midi. la Perfection bénie sortit alors, couvrit de gentillesses le h∆ájí et son frère et les recommanda aux bons soins du propriétaire et de muh∂ammad effendi, le chirurgien. Puis, il se tourna vers les voisins et les habitants du quartier qui s’étaient réunis pour lui dire adieu. ils approchèrent avec tristesse, un par un, pour baiser sa main et la frange de son vêtement, exprimant leur douleur de le voir partir et d’être privés de sa présence. Ce jour-là fut étrange. on aurait dit que la ville entière, ses remparts et ses portes se lamentaient de cette séparation. à midi nous partîmes. la nuit approchant, les tentes furent dressées à moins de trois heures d’andrinople. la distance entre andrinople et Gallipoli fut couverte en cinq étapes. le deuxième arrêt fut Úzún-Kúprí et l’arrêt suivant fut Káshánih. »
C’est le 12 août 1868 (22 rabí’u’th-Thání, 1285 de l’hégire) que Bahá’u’lláh et ses compagnons quittèrent la ville qu’il avait quali ée de « Prison lointaine » et de
« Pays du mystère ». un capitaine turc nommé h∆asan effendi et quelques soldats les accompagnaient. le cinquième jour on arriva à Gallipoli. une maison avait été désignée pour les recevoir. Bahá’u’lláh, sa famille et les femmes s’installèrent à l’étage supérieur. quelques compagnons s’installèrent à l’étage en-dessous et d’autres furent logés dans un khán. mírzá ‘alíy-i-sayyáh, mishkín-qalam et d’autres bahá’ís amenés d’istanbul, étaient arrivés la veille et installés dans ce même caravansérail. mírzá yah∂yá et sa famille, ainsi que siyyid muh∂ammad et áqá Ján-i-Kaj-Kuláh furent placés dans un autre. les autorités avaient décidé que ustád muh∂ammad-’alíy-i-salmání et áqá Jamshíd-i-Gurjí seraient expulsés vers l’iran. arrivés à la frontière, ils furent remis aux Kurdes qui s’empressèrent de les libérer. Chacun par un chemin différent, ils nirent par arriver à acre.
ustád muh∂ammad-’alí a raconté leur histoire dans sa courte autobiographie. en iran, il rencontra h∆ájí muh∂ammad-ismá’íl-i-dhabíh dont Bahá’u’lláh parle en l’appelant anís dans la Súriy-i-ra’ís et qui l’avait rencontré à Gallipoli. mírzá ‘alí-akbar-i-naráqí et son ami, un siyyid de shíráz, avaient eu, eux aussi, la chance de rencontrer Bahá’u’lláh dans les bains publics. ustád muh∂ammad-’alí a écrit à quel point h∆ájí muh∂ammad-ismá’íl fut bouleversé et mécontent en apprenant la défection de son frère, l’inconstant h∆ájí mírzá ah∂mad-i-Káshání dont ils ignoraient l’assassinat à Bagdad. mírzá fath∂-’alí d’ardistán (voir addenda v), honoré par Bahá’u’lláh du titre de fath∂-i-a’z∂am (la plus grande victoire) fut l’un de ces émi- le BannissemenT à aCre 285
le sultan ‘abdu’l-‘azíz
nents bahá’ís qu’ustád muh∂ammad-’alí rencontra au cours de ses pérégrinations en iran avant d’arriver en Terre sainte. fath∂-i-a’z∂am reçut ustád muh∂ammad-’alí avec une grande bonté et l’accueillit chez lui. Bahá’u’lláh dit que fath∂-i-a’z∂am, bien qu’absent, était avec lui en esprit tout le long de la route de Bagdad à Constantinople.
áqá rid∂á écrit sur leur séjour à Gallipoli : « nous y sommes restés quelques jours. dieu seul sait comment nous avons résisté à ce moment-là. à un moment, la rumeur courut que la Perfection bénie et ses frères seraient envoyés en un endroit et que les autres, éparpillés, seraient bannis dans différentes localités. Peu après, on disait que tous les compagnons seraient envoyés en iran. on parla aussi d’extermination. mais c’était l’idée de la séparation et de la dispersion qui nous causait le plus d’anxiété. un soir, le capitaine qui nous avait accompagné depuis andrinople vint prendre congé. il se tenait avec humilité, exprimant ses regrets à la Perfection bénie qui lui dit : « dites au roi qu’il perdra ce territoire et que ses affaires connaîtront la confusion totale. et ce n’est pas moi, mais dieu qui parle
dans la Gloire du Père par ma bouche. » il prononça alors des versets que nous pouvions entendre depuis le rez-de-chaussée. il s’exprimait avec tant de véhémence et de puissance qu’on avait l’impression que les fondations mêmes de la maison tremblaient.3 l’homme gardait une attitude soumise et silencieuse. alors la Perfection bénie lui dit : « il eut été convenable pour sa majesté le sultan de réunir une assemblée et de nous demander d’être présent, a n qu’il puisse découvrir la réalité et, s’il avait trouvé le moindre signe de sédition, de quelque chose de contraire à la volonté divine, il aurait pu appliquer le traitement qu’il nous inflige maintenant. il aurait dû nous demander de lui présenter des preuves de ce que nous af rmons et, s’il nous avait pris en défaut, il aurait pu nous soumettre alors à ce qu’il lui aurait plu. il n’aurait jamais dû permettre de tels méfaits, une telle inimitié, de telles dégâts sans raison, simplement pour suivre les ordres des auteurs de malfaisance. » le capitaine écouta avec une grande attention et promit de rapporter ce qu’il avait entendu. »
Comme le remarque áqá rid∂á, tout ce que Bahá’u’lláh avait prédit dans la Súriy-i-ra’ís se passa exactement comme il l’avait dit : « Proche est le jour où le Pays du mystère et ses environs, transformés, échapperont aux mains du roi et seront ébranlés ; des lamentations s’élèveront, les preuves des méfaits seront visibles de toutes parts, la confusion sera partout en raison de ce qui est advenu à ces prisonniers aux mains des armées de l’oppression. le cours des choses sera changé, les conditions deviendront si dramatiques que le sable même des collines désolées gémira, les arbres sur les montagnes sangloteront et le sang jaillira de toutes choses. Tu verras alors le peuple dans une profonde détresse. » 4
il fallut attendre dix ans, mais c’est ce qu’il advint. ‘alí Páshá, à qui la Súriy- i-ra’ís était adressée, sombra dans l’oubli au cours de cette décennie. ‘abdu’l-
’azíz, renversé en 1876, perdit son trône et sa vie. en 1877-78, la guerre désastreuse contre la russie vit les russes et leurs alliées bulgares aux portes de la ville de Constantin le Grand. andrinople fut occupée par un ennemi acharné et grandes furent les souffrances de la population. áqá rid∂á, qui écrit des années après, cite un capitaine turc, présent dans les territoires où les batailles faisaient rage, qui décrit très clairement l’ampleur de la catastrophe que subit le pouvoir ottoman. « Plaise à dieu que plus jamais un peuple puisse vivre à de telles époques et de tels jours, disait le capitaine turc. le sang coulait sous les arbres et sous les
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pierres. la plaine tout entière était noyée dans le sang et la consternation était telle qu’on en n’avait jamais connue de telle. »*
Très loin de là, en iran, vivait un homme qui luttait pour atteindre à la certitude et qui attendait, attendait avec angoisse de voir si la vision du futur de Bahá’u’lláh se con rmerait. et lorsque cela se confirma et que l’ennemi fondit sur ‘abdu’l-
’azíz et son royaume délabré, il véri a deux fois que le rapport sur la chute du sultan était vrai. il consacra alors sa vie, sa plume puissante et son érudition immense et inégalée à servir Bahá’u’lláh. Cet homme s’appelait mírzá abu’l-fad∂l de Gulpáygán.
le siège de Plevna et la résistance héroïque du commandant turc osman (‘uthmán) Páshá malgré des conditions terribles, puis la chute de cette forteresse qui ouvrit les portes de l’enfer, enflamma le zèle et la sympathie d’un étudiant anglais, ls d’un riche propriétaire de chantier naval de newcastke-on-Tyne au point qu’il se tourna vers l’orient et devint un jour l’un des plus éminents orientaliste de son siècle. Cet étudiant de l’école d’eton était edward Granville Browne dont l’intérêt pour l’orient lui permit d’entrer en relation étroite avec la religion de Bahá’u’lláh.
après trois jours déchirants à Gallipoli, où tout était incertain, ‘umar effendi, le Big-Báshí qui avait été envoyé depuis Constantinople pour accompagner les exilés leur annonça qu’ils resteraient ensemble, ne seraient pas dispersés et qu’ils seraient tous envoyés vers la même destination. il indiqua pourtant que seuls ceux dont le nom gurait sur le registre auraient leur voyage payé par le gouvernement.
les autres seraient des exilés volontaires et devraient payer leur voyage. à l’étonnement de ‘umar efffendi et d’autres fonctionnaires, h∆ájí ‘alí-askar, un vétéran du temps du Báb et quelques autres qui n’étaient pas inclus sur la liste achetèrent avec joie leur billet pour embarquer sur le navire, un paquebot autrichien. quelle sorte de gens achèteraient leur propre billet pour être emmenés vers une prison inconnue dans un pays inconnu, se demandaient les fonctionnaires.
en n le vapeur arriva et jeta l’ancre. áqá rid∂á écrit : « dans la soirée nos bagages furent embarqués et le lendemain matin des barques nous portèrent à bord.
la mer était forte. J’avais, avec un autre compagnon, la chance d’être dans la
* voir l’addenda iii concernant la terrible retraite des troupes turques après le siège de Plevna.
dans la Gloire du Père
barque où allait s’asseoir la Perfection bénie. Jináb-i-anís et ses amis étaient sur le quai. des larmes de profonde détresse coulaient de leurs yeux. la Perfection bénie leur dit adieu avec une grande gentillesse, s’installa à sa place et nous demanda de nous asseoir. des versets s’écoulaient de ses lèvres, … et il dit en plaisantant : « Ce serait drôle que la barque coule ! » mais très vite il ajouta avec force et autorité,
« mais elle ne coulera pas, même battue par tous les vents ! » il continua à nous parler jusqu’à l’arrivée au vapeur qui était bondé. Parmi les passagers on trouvait le nouveau consul de Perse pour izmír (smyrne) et sa suite. la Perfection bénie ne parla à personne. il monta sur le pont supérieur qui était très vaste et protégé. nous étions le deuxième jour de Jamádíyu’l-avval 1285 de l’hégire (21 août 1868).
le Gardien de la foi bahá’íe écrit :
les dangers et les épreuves encourus par Bahá’u’lláh, au moment de son départ de Gallipoli, étaient si grands qu’il avertit ses compagnons que « ce voyage serait différent de tous les précédents », et que celui qui ne se sentait pas « assez fort pour affronter l’avenir » ferait mieux « d’aller où il lui convenait et de se mettre à l’abri des épreuves car, par la suite, il ne lui serait plus possible de s’en aller », avertissement que ses compagnons, à l’unanimité, décidèrent de ne pas prendre en considération.5
au coucher du soleil de ce premier jour du voyage, le navire t escale devant madellí d’où, après quelques heures, il repartit dans la nuit vers smyrne qu’il atteignit avant le lever du soleil. il resta à l’ancre pendant deux jours. des habitants persans montèrent à bord pour saluer leur consul ; ils semblent avoir ignoré la présence des exilés. C’est au cours de cette escale que mírzá áqáy-i-Káshání (Jináb-i-munír) que Bahá’u’lláh avait honoré du titre de ismu’lláhu’l-muníb (le nom de dieu, le suzerain), tomba gravement malade et dut être hospitalisé, à sa grande détresse et à celle de tous. la Plus-Grande- Branche l’accompagna à terre et resta avec lui jusqu’au bout. il mourut rapidement et fut enterré à smyrne. C’est Jináb-i-munír qui, portant une lanterne, marchait devant le cheval de Bahá’u’lláh ou devant son palanquin, tout au long de la route de Bagdad à la mer noire. C’était un jeune homme avenant, très beau, possédant une voix douce et charmante. et il chantait et psalmodiait tout en marchant. lorsqu’il devint bábí, son fanatique de père l’entraîna dans un champ, le jeta à terre, s’assit sur sa poitrine et était prêt à lui trancher la gorge. mais sa vie fut sauvée pour qu’il arrive en présence de
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Bahá’u’lláh et qu’il le serve avec la plus grande dévotion. áqá rid∂á écrit : « en fait, à l’instant même où il se jeta aux pieds de la Perfection bénie, sanglotant à l’idée de la séparation, il avait déjà renoncé à la vie et regardait vers l’horizon de la séparation. »
au cours de la deuxième nuit, le paquebot leva l’ancre et continua le voyage vers alexandrie où il arriva le matin du deuxième jour. les exilés changèrent alors de navire. Celui-ci, en route vers haïfa, était aussi de la compagnie austria-lloyd.
un certain nombre de Persans montèrent à bord à alexandrie pour présenter leurs respects à Bahá’u’lláh, dont h∆ájí muh∂ammad-’alí Pírzádih (connu comme h∆ájí Pírzádih) un célèbre sage sou . les exilés l’ignoraient, mais au même moment nabíl-i-a’z∂am était emprisonné à alexandrie. il avait été envoyé en égypte par Bahá’u’lláh pour faire appel au Khédive au sujet de la situation de mírzá haydar- ’alí et de six autres croyants. on savait qu’il était emprisonné en égypte sans savoir où. Plusieurs exilés descendirent à terre à alexandrie pour faire quelques achats. l’un d’eux, áqá muh∂ammad-ibráhím-i-náz∂ir (le serveur), passa devant la prison et nabíl-i-a’z∂am, regardant par la fenêtre, le reconnut et, surpris, l’appela.
mais laissons nabíl lui-même, cet excellent narrateur, détailler les circonstances de son arrrestation, de son emprisonnement et de sa rencontre inattendue à alexandrie avec Bahá’u’lláh et son entourage :
J’allais à mans∂úríyyah par le chemin de fer [après son arrivée d’andrinople], à la recherche d’áqá siyyid h∆usayn [de Káshán] ; je le trouvai et lui expliquai pourquoi j’étais là. il me dit que mírzá h∆asan Khán, le consul persan craignait pour sa vie depuis qu’il avait envoyé les sept au soudan et il avait mis des espions partout qui devaient l’informer de tout étranger arrivant en égypte. « il est préférable que tu me laisses ton mathnaví, a n de n’avoir aucun écrit sacré sur toi en allant au Caire. Prend une chambre au Takyíy-i-mawlaví chez shaykh ibráhím-i-hamadání qui reçoit des subsides d’ismá’íl Páshá, et restes-y jusqu’au retour du Khédive. nous trouverons alors un moyen de lui faire parvenir ton mathnaví. J’allais donc au Caire et je logeais chez shaykh ibráhím sans savoir que c’était aussi un espion. un matin, aux premières heures du jour, je vis dans un rêve la Perfection bénie. il me dit : « des gens sont venus me demander la permission de faire du mal à mírzá h∆asan Khán. qu’en dis-tu ? » en m’éveillant, je sus que quelque chose allait se passer ce jour-là. J’allais marcher pendant une heure ou deux dans le parc sayyid-ná h∆usayn. soudain, je fus entouré de gens
dans la Gloire du Père
qui me dirent : « on te demande au Seraye. » mais ils me conduisirent chez mírzá h∆asan Khán et je compris alors qu’ils avaient parlé du Seraye a n que je les suive sans résistance et que je ne dise pas que je n’étais pas un sujet persan. après de longues conversations avec le consul, on chargea un of cier de m’enchaîner. on me t venir plusieurs fois. une fois, quelques marchands persans tels que mírzá siyyid Javád-i-shírází qui, bien que sujet britannique, présidait la communauté persane, h∆ájí muh∂ammad-Taqíy-i-namází et h∆ájí muh∂ammad-h∆asan-i-Kázirúní étaient tous assis sur des sièges et ils me demandèrent de m’asseoir avec eux. J’étais affaibli et évreux. ils me montrèrent une photographie de la Plus-Grande-Branche et me demandèrent si je savais qui c’était. Je dis : « oui, c’est le ls aîné de Bahá’u’lláh, connu sous le nom de
‘abbás effendí. Je l’ai plusieurs fois rencontré dans le salon de réception de Khurshíd Páshá, le vali d’andrinople. » ils sortirent alors une copie du kitáb- i-Íqán et me demandèrent de le lire. Je répondis : « J’ai la èvre et ne peux lire. » le consul répondit : « il craint qu’on se moque de lui s’il se met à le lire. » Je répliquais : « qu’un autre lise et je me joindrai aux moqueurs. » on donna le livre à h∆ájí muh∂ammad-Taqíy-i-namází.
il lut le passage sur le détachement et le sacri ce des disciples du Point-du- Bayán [le Báb] ; « s’ils avaient tort, me demanda-t-il, par quelle preuve pourrait-on démontrer la justesse de la cause des gens de Kerbéla ? » il continua à lire et tous constinuèrent à rire.
Puis mírzá Javád me demanda : « Pourquoi es-tu devenu bábí ? si la cause du Báb était vraie, ne serais-je pas devenu bábí moi qui suis à la fois siyyid et shírází ? » Je répondis : « mais il n’est pas prouvé que je sois un bábí ni que toi tu n’en sois pas un. Comme dit le poète h∆á z∂ :
de Bas∂rah vient h∆asan, de habash vient Bilál
de shám vient s∆uhayb ; mais du sol de la mecque
est sorti abú-Jahl ; Comme c’est étrange !*
Tous les gens présents éclatèrent de rire et mírzá Javád fut décon t. alors le consul rappela à l’assistance qu’il n’y avait pas de quoi rire et me renvoya en prison ; je priais dieu de ne jamais le revoir. le jour même une affaire l’appela à alexandrie. Puis je s un autre rêve dans lequel la Perfection bénie me disait : « avant quatre-vingt-un jours, tu auras quelques raisons de te réjouir. » arrivant de la mecque, mírzá s∆afá apprit que mírzá h∆asan Khán avait jeté un voyageur dans une prison sombre et pitoyable. on lui * les références dans ce tercet sont les suivantes : h∂san al-Bas∂ri était un maître spirituel piétiste du début de l’islám ; h∆abash, c’est l’éthiopie ; Bilál ibn ribáh∂, un des premiers musulmans et le premier muezzin de l’islám, désigné par le Prophète ; shám, c’est damas ; s∆uhayb, compagnon de muh∂ammad est célèbre pour sa sobriété et abú-Jahl est le pire ennemi du Prophète.
le BannissemenT à aCre 291
demanda : « Pour l’amour de dieu, dites-lui de libérer cet innocent. » mírzá s∆afá lui t des remontrances et télégraphia a n que je sois remis aux autorités égyptiennes et envoyé à alexandrie. une fois là-bas, le défunt siyyid h∆usayn expliqua, dans une pétition à sharíf Páshá, que ce voyageur était un sujet ottoman arrêté et torturé illégalement par le consul de perse. Je passais alors du niveau inférieur au niveau supérieur de la prison. on t en sorte que le consul persan soit blâmé. dans cette prison, un médecin essaya de me convertir à la foi protestante. nous eûmes de longues conversations et il devint bahá’í.
le quatre-ving-unième jour après mon rêve je vis, depuis le toit de la prison, áqá muh∂ammad-ibráhím-i-náz∂ír passant dans la rue. Je l’appelai, il s’approcha ; je lui demandai ce qu’il faisait là et il m’apprit que la Perfection bénie et les compagnons étaient emmenés à acre… il était descendu à terre accompagné d’un policier a n de faire quelques achats. il ajouta : « le policier ne me laissera pas m’arrêter plus longtemps. Je vais signaler ta présence à áqá (la Plus-Grande-Branche). si le navire reste au port plus longtemps, j’essaierai de revenir te voir. » il m’avait complètement enflammé et maintenant s’en allait ! le médecin était alors absent et lorsqu’il revint, il me trouva en larmes, récitant ces vers : « le Bien-aimé est à mes côtés mais je suis loin de lui ; je suis sur le rivage de la mer de proximité et pourtant, j’en suis privé ! o ami, embarque-moi, embarque-moi dans un siège sur le vaisseau de proximité ; je suis impuissant, je suis vaincu, un pauvre prisonnier. » fáris, le médecin, rentra dans la soirée et vit ma détresse. il s’exclama : « Tu m’avais dit que le quatre-vingt-unième jour après ton rêve tu aurais des raisons de te réjouir et nous y sommes. or je te trouve au contraire complètement perturbé. Je répondis : « les raisons de me réjouir sont vraiment là, mais, hélas, « la datte est sur le palmier, mais notre main ne peut l’atteindre. » il me dit : « dis-moi ce qui est arrivé, je pourrai peut-être faire quelque chose. » Je lui dis que la Perfection bénie était sur ce navire, ce qui le perturba grandement lui aussi.
Puis il dit : « si demain n’avait pas été un vendredi, jour où le Seraye ferme, nous aurions pu, tous les deux, obtenir la permission de monter à bord pour le rencontrer.
mais peut-être peut-on faire encore quelque chose. écris ce que tu veux. J’écrirai aussi.
demain, l’une de mes connaisances vient ici. nous lui demanderons de porter ces lettres sur le paquebot. » Je racontai mon histoire par écrit et j’y joignis tous les poèmes que j’avais composés en prison. fáris le médecin écrivit lui aussi une lettre très touchante exprimant sa tristesse. il mit l’ensemble dans une enveloppe qu’il donna à un jeune horloger nommé Constantin, à charge pour lui de la porter tôt le matin. Je lui donnais le nom de Khádim (mírzá áqá Ján) et de quelques autres des compagnons, lui expliquai comment les reconnaître et insistai pour qu’il ne donne l’enveloppe à personne avant de
dans la Gloire du Père
les avoir trouvés. il partit au matin. nous étions en observation sur le toit en terrasse.
nous entendîmes d’abord le signal puis le bruit du navire en mouvement et, perplexes, nous nous demandions que penser. Puis le navire s’arrêta et repartit un quart d’heure après. nous étions sur les nerfs quand soudain Constantin revint. il me remit une enveloppe et un paquet enveloppé dans un foulard et s’exclama : « Par dieu ! C’est le Père du Christ en personne que j’ai rencontré ! » fáris lui embrassa les yeux et dit : « notre lot était le feu de la séparation, le tien était la faveur de contempler le Bien-aimé du monde. » en réponse à nos courriers nous trouvâmes une épître écrite dans l’écriture de révélation*, une lettre de la Plus-Grande-Branche et un sachet empli d’amandes nuql, une friandise envoyée par la Plus-Pure-Branche. fáris était particulièrement honoré dans l’épître de Bahá’u’lláh. un des témoins de la scène a écrit : « J’ai vu plusieurs preuves de puissance que je n’oublierai jamais. Comme ce fut le cas aujourd’hui. le navire avançait déjà lorsqu’on vit au loin une embarcation. le capitaine t arrêter le navire et ce jeune horloger put nous rejoindre et appeler mon nom. Je descendis et il put me donner votre enveloppe. Tous les yeux étaient rivés sur nous qui n’étions que des exilés, et pourtant, personne ne posa de questions sur l’action du capitaine. » 6
l’escale suivante, Port-saïd, fut atteinte le matin suivant. le paquebot y resta à l’ancre toute la journée et ne repartit qu’à la nuit tombée. le jour suivant au coucher du soleil il arriva devant Jaffa et, à minuit, partit pour sa destination : haïfa.
* l’écriture rapide par laquelle mírzá áqá Ján écrivait les versets au fur et à mesure que Bahá’u’lláh les révélait.
l’arrivée à acre
lorsque le paquebot de la compagnie austria-lloyd arriva en vue de haïfa, les autorités préparèrent le voyage de mírzá yah∂yá et de ses proches vers Chypre.
il fallut donc séparer les quatre bahá’ís qui avaient été condamnés à accompagner mírzá yah∂yá en exil du groupe très soudé des compagnons de Bahá’u’lláh. Ces quatre personnes, qui avaient été arrêtées à Constantinople étaient, comme nous l’avons vu : mishkín-qalam le célèbre calligraphe, mírzá ‘alíy-i-sayyáh (de marághih en azerbaïdjan), áqá muh∂ammad-Báqir-i- qahvih-chí et áqá ‘abdu’l-Ghaffár. Tout le monde ressentait naturellement une grande détresse lorsque vint l’heure de la séparation. le Gardien de la foi bahá’íe écrit : C’est au moment où Bahá’u’lláh avait pris place dans le bateau qui devait le conduire au débarcadère de haïfa que ‘abdu’l-Ghaffár, l’un des quatre compagnons condamnés à partager l’exil de mírzá yah∂yá et que Bahá’u’lláh avait hautement loué pour son détachement, son amour et sa confiance en dieu, se jeta, de désespoir, dans la mer en criant : « yá Bahá’u’l- abhá ! » sauvé ensuite, il ne fut ramené à grand-peine à la vie que pour être forcé par des fonctionnaires inflexibles à continuer son voyage avec la bande de mírzá yah∂yá, vers la destination qui lui avait été assignée à l’origine.1
áqá ‘abdu’l-Ghaffár fut sauvé, comme l’avait été h∆ájí Ja‘far-i-Tabrízí à andrinople et, plus tard, ils exauceront leur désir : vivre près de Bahá’u’lláh. h∆ájí Ja‘far, ayant récupéré des blessures qu’il s’était lui-même infligées, fut emmené à acre en compagnie de son frère. áqá ‘abdu’l-Ghaffár put s’évader de Chypre et atteindre la syrie. il changea de nom et vécu en sécurité sous le nom de áqá
‘abdu’lláh.
un voilier emporta les exilés depuis haïfa jusqu’à acre de l’autre côté de la baie. les rumeurs les plus folles les avaient précédés et les habitants de la ville étaient perplexes, curieux, certainement pleins de préjugés, hostiles et méprisants.
dans la Gloire du Père
l’arrivée à aCre 295
Certains étaient venus sur le quai pour découvrir le « dieu des Persans » et le huer.
C’est dans l’après-midi du 31 août 1868 correspondant au douzième jour de Jamádíyu’l-avval 1285 de l’hégire, que Bahá’u’lláh, sa famille et ses compagnons entrèrent dans la Plus-Grande-Prison et furent incarcérés dans la citadelle fortifiée.
acre est une des plus anciennes villes continûment habitées du monde. C’est aussi une des villes pour lesquelles on s’est le plus battu, ce qui n’a rien de surprenant si l’on considère qu’elle offre le meilleur port naturel de toute la côte orientale de la méditerranée, sur la route entre l’égypte et la mésopotamie, deux berceaux de civilisation. elle est mentionnée pour la première fois en égypte, il y a presque 4000 ans. C’est alors une cité cananéenne et phénicienne sous contrôle égyptien. elle reste épisodiquement sous ce contrôle avant d’être conquise par les assyriens, puis les Perses, les Grecs, les romains, les arabes et les croisés. au trei-zième siècle, saint-Jean- d’acre est la capitale du royaume croisé et la dernière position importante entre les mains des croisés jusqu’en 1291 quand l’armée mameluke la prit et la rasa.
elle devint pendant un certain temps un village insignifiant de l’empire turc. au seizième siècle des marchands français redécouvrent ses avantages naturels puis le chef druze fakh∂ru’d-dín rebâtit quelques-unes des ruines croisées à la fin du seizième siècle. la résurrection d’acre est dûe à z∆áhiru’l-‘umar, un notable de Tibérias qui se découpa une principauté personnelle dans l’empire turc déclinant et fit d’acre sa capitale en 1749. le gouvernement ottoman reconnut de facto l’autorité de z∆áhiru’l-‘umar en le nommant gouverneur de la province d’acre mais, lorsqu’il aida le rebelle ‘alí Bey d’égypte, une armée turque vint assiéger acre en 1775. la ville fut prise par traîtrise et z∆áhiru’l-‘umar fut tué. l’un des commandants de l’armée de siège, ah∂mad Páshá al-Jazzár (le Boucher), un aventurier albanais, fut nommé gouverneur en 1776.
les travaux de reconstruction et de fortification commencés par z∆áhiru’l-‘umar furent poursuivis avec énergie par ah∂mad Páshá. al-Jazzár était un dirigeant sévère et son influence se faisait sentir dans toute la syrie et la Palestine. acre prospéra.
en 1799, la ville repoussa l’armée de napoléon Bonaparte ce qui mit fin à l’aventure orientale de ce dernier.
al-Jazzár mourut en 1803 et son fils adoptif, sulaymán Páshá, un mameluck, construisit lui aussi d’importants bâtiments à acre. à sa mort en 1818, son succes-
dans la Gloire du Père la baie de haïfa au début du dix-neuvième siècle. le village de haïfa est au premier plan. on devine acre dans le lointain (d’après Wilson, Picturesque Palestine ) haïfa au dix-neuvième siècle, avec le mont carmel en arrière- plan. (d’après Wilson, Picturesque Palestine )
l’arrivée à aCre 297
seur fut ‘abdu’lláh Páshá, fils de ‘alí Páshá lui aussi mameluk et fils adoptif d’al-Jazzár.* ‘abdu’lláh Páshá était le quatrième gouverneur de suite à être un grand bâtisseur tant en ville qu’à l’extérieur. mais des événements égyptiens devaient avoir bientôt des répercussions pour acre. muh∂ammad-‘alí Páshá, un aventurier albanais, avait conquis l’égypte et s’était révolté contre les ottomans. ‘abdu’lláh Páshá prit parti pour le sultan et en 1831 une armée égyptienne conduite par le fils de muh∂ammad-‘alí, ibráhím Páshá, assiégea acre. le bombardement fut terrible et, aucune aide n’arrivant d’istanbul, ‘abdu’lláh Páshá n’eut d’autre recours que de se rendre. il fut traité avec générosité et envoyé en égypte où il fut reçu avec les honneurs. il partit plus tard pour istanbul puis, après quelque temps, il voyagea jusqu’à médine où il passa le reste de ses jours et fut enterré. ibráhím Páshá prévoyant que la présence égyptienne en syrie serait contestée, reconstruisit beaucoup des bâtiments que son bombardement avait détruits et renforça les défenses d’acre qui devint pour la syrie le rempart face à l’égypte.
à la suite du succès spectaculaire d’ibráhím Páshá de la syrie et jusqu’en anatolie, les puissances européennes craignant la désintégration de l’empire turc décidèrent d’intervenir. en 1840, une flotte à prédominance britannique commandée par l’amiral sir robert stopford apparut devant acre et commença de bombarder la ville. après quatre heures et demi de bombardement, il y eut une soudaine et très forte explosion et un épais nuage de fumée s’éleva de la ville. la réserve principale de poudre avait été touchée, et l’explosion avait tué deux compagnies des meilleurs soldats d’ibráhím Páshá. on peut encore aujourd’hui voir les effets de cette explosion en remarquant que le mur intérieur vers la terre (le mur de z∆áhiru’l-
‘umar manque sur la partie orientale du site où l’explosion le détruisit). le lendemain, la flotte alliée découvrit qu’ibráhím Páshá avait abandonné la ville et faisait retraite vers l’égypte. le départ des égyptiens marque un tournant dans l’existence d’acre. de capitale d’une importante province, elle fut réduite au rang de centre administratif d’une sous-province subordonnée à damas et à Beyrouth. z∆áhiru’l-‘umar qui était à l’origine du renouveau de la prospérité d’acre avait aussi lancé le processus qui
* un mameluk était un esclave qui avait été acheté jeune et entraîné comme soldat. à la fin de son entraînement, il obtenait habituellement sa liberté et devenait un fils adoptif de son maître. Ces gens accédaient souvent à de hauts postes et l’égypte fut gouvernée pendant des siècles par une série de sultans mamelucks.
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conduirait à son déclin. il avait repris et fortifié la petite ville de haïfa, de l’autre côté de la baie d’acre. Plus on avançait dans le dix-neuvième siècle et plus il apparaissait que le port d’acre qui s’ensablait ne pourrait plus accueillir les vapeurs au fort tirant d’eau. le commerce et la prospérité d’acre déclinèrent d’autant plus que ses activités commerciales étaient transferrées vers haïfa.*
lorsque Bahá’u’lláh y arrive, acre, ville prison pour les criminels et les prisonniers politiques de l’empire turc, était surnommée la « Bastille du Proche-orient ».
la citadelle dans laquelle Bahá’u’lláh est emprisonné est l’un des bâtiments les plus intéressants d’acre. elle est construite sur le site du Grand maneir (citadelle) des Chevaliers de saint-Jean-de-l’hospital. leur réfectoire, la « crypte de st-Jean », a été dégagé des gravats qui l’avaient comblé et il est presque intact sous le bâtiment d’aujourd’hui dans les assises basses duquel la maçonnerie croisée est évidente. lorsqu’au seizième siècle le chef druze fakhru’d-dín commença à construire sur les ruines croisées, il utilisa les ruines du bâtiment des hospitaliers comme base de son palais et de sa citadelle. z∆áhiru’l-‘umar et ah∂mad al-Jazzár firent de même, mais les bâtiments actuels datent du successeur d’al-Jazzár, sulayman Páshá, complétés en 1819 par ‘abdu’lláh Páshá. ils furent utilisés comme caserne et comme prison par les Turcs et continuèrent comme prison sous le mandat britannique. dans leurs murs sont encore incrustés des boulets de canon datant du bombardement de la flotte alliée de l’amiral sir robert stopford en 1840.
áqá rid∂á décrit acre comme « une petite ville aux rues étroites et sordides, sales et sombres, tristes et tortueuses, sans une seule maison digne d’être remarquée. » il décrit aussi la citadelle :
Bâtie pour des soldats au temps de Jazzár Páshá, elle est très haute et spacieuse, avec un bassin au milieu, des palmiers et des figuiers. au nord- ouest, l’étage supérieur bien bâti compte quatre ou cinq pièces avec un ayván et un bírúní, une grande pièce avec véranda et quelques autres pièces. la Perfection bénie et sa famille occupaient cette partie. áqá mírzá muh∂ammad-qulí et sa famille occupait l’étage inférieur. au
*au contraire du déclin d’acre, les progrès de haïfa furent ininterrompus. les « Templiers allemands » qui y arrivèrent peu après Bahá’u’lláh, augmentèrent la prospérité de la ville par leurs connaissances techniques et indus-trielles. à la fin du dix-neuvième siècle, haïfa était un grand port comptant une importante colonie de marchands.
il était en rapport avec damas par chemin de fer et la plupart des importantes Puissances étrangères y avaient établi des représentations consulaires.
l’arrivée à aCre 299
Vue sud d’acre
nord, on trouvait des pièces sur trois étages. h∆ájí ‘alí-‘askar, amír et áqá muh∂ammad-Javád occupaient ces pièces. dans le coin nord-ouest il y avait des pièces que nous occupions… et à l’ouest il y avait un très bon bain. au sud et à l’est on trouvait aussi des pièces spacieuses et l’une d’elles était occupée par Jináb-i-Kalím ; quelques compagnons en occupaient d’autres, mais la plupart étaient vides. siyyid muh∂ammad et Kaj-Kuláh (áqá-Ján Big) résidèrent là quelques jours puis demandèrent au gouvernement de les déménager ailleurs. on leur donna une pièce au-dessus de la deuxième porte de la ville.
la nuit de notre arrivée nous souffrîmes du manque d’eau. dans le bassin l’eau était croupie. nous voulûmes sortir pour chercher de l’eau fraîche mais on nous l’interdit.
on nous donna du riz venant de la maison de ‘abdu’l-hádí Páshá, le gouverneur d’acre, mais il n’y en avait pas assez pour tous. le lendemain, les autorités vinrent voir comment cela se passait. elles entrèrent en présence de la Perfection bénie qui leur parla avec une telle sagesse et une telle connaissance qu’au cours de cette première réunion elles comprirent que ces gens étaient érudits, sages et dotés d’une rare compréhension. l’un des membres du groupe remarqua, à haute voix, que jamais auparavant des âmes aussi pures et sanctifiées n’avaient posé le pied à acre. quelques jours plus tard ils amenèrent h∆ájí Jafar et son frère, h∆ájí Taqí.
la ration pour chaque personne, selon áqá rid∂á et áqá h∆usayn-i-áshchí, était de trois pains noirs, salés, immangeables. révolté, áqá h∆usayn, jeune et entêté, lança de rudes et insultantes remarques en turc adressées au mutas∂arrif, ce qui lui valut une claque de la part de la Plus-Grande- Branche. mais áqá h∆usayn remarque que cela permit aussi au gouverneur de comprendre la situation. les
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la porte de la mer par laquelle bahá’u’lláh entra dans acre rations furent bientôt officiellement interrompues et on les remplaça par une somme quotidienne à partager parmi les compagnons.
Bientôt vint l’automne avec son cortège d’indispositions et de maladies dues aux conditions insalubres d’acre. à l’intérieur des murs de la prison les exilés souffrirent grandement.
on trouvera ci-dessous la liste des exilés qui entrèrent dans la Plus-Grande- Prison dans l’après-midi du 31 août 1868. Cette liste fut d’abord rédigée avec l’ai-de de mírzá ‘abdu’r-ra’úf, fils de mírzá muh∂ammad-qulí le frère de Bahá’u’lláh.
mais l’auteur, y trouvant des erreurs, l’a quelque peu corrigée. Par exemple, mírzá
‘abdu’r-ra’úf avait inscrit plusieurs personnes qui arrivèrent à acre plus tard.
1. Bahá’u’lláh
2. Buyúk Khánum (ásíyih Khánum), la mère de la Plus-Grande-Branche 3. ‘abdu’l-Bahá (la Plus-Grande-Branche)
4. Bahá’íyyih Khánum (la Très-sainte-feuille)
5. mírzá mihdí (la Plus-Pure-Branche)
6. mahd-i-‘ulyá, mère de mírzá muh∂ammad-‘alí
7. mírzá muh∂ammad-‘alí
8. mírzá Badí‘u’lláh, fils de mahd-i-‘ulyá
9. mírzá d∆íyá’u’lláh, fils de mahd-i-‘ulyá l’arrivée à aCre 301
10. s∆amadíyyih Khánum, sœur de mírzá muh∂ammad-‘alí et femme de mírzá majdi’d-dín
11. mírzá músá, Jináb-i-Kalím, frère de Bahá’u’lláh
12. fát∂imih-sult∂án Khánum, fille de shaykh sult∂án-i-‘arab et femme de mírzá músá
13. h∆avvá Khánum, deuxième femme de mírzá músá
14. mírzá majdi’d-dín, fils de mírzá músá et de fát∂imih-sult∂án Khánum 15. liqá Khánum, femme de mírzá muh∂ammad-‘alí
16. mírzá ‘alí-rid∂á, fils de mírzá músá
17. mírzá muh∂ammad-qulí, frère de Bahá’u’lláh
18. Khánum Ján, femme de mírzá muh∂ammad-qulí
19. nash’ih Khánum, seconde femme de mírzá muh∂ammad-qulí
20. mírzá ‘abdu’r-ra’úf, fils de mírzá muh∂ammad-qulí
21. mírzá dhikru’lláh, fils de mírzá muh∂ammad-qulí
22. mírzá vah∂íd, fils de mírzá muh∂ammad-qulí
23. qudsíyyih Khánum, fille de mírzá muh∂ammad-qulí et de nash’ih Khánum
24. ábájí qazvíní, servante
25. Badrí-Ján, femme de mírzá yah∂yá s∆ubh∂-i-azal
26. mírzá rid∂á-qulíy-i-Tafrishí, frère de Badrí-Ján
27. mírzá fad∂lu’lláh, neveu de mírzá rid∂á-qulí , fils de mírzá nas∂ru’lláh (mort à andrinople) 28. áqá ‘az∂ím-i-Tafrishí, serviteur de mírzá nas∂ru’lláh et de mírzá rid∂á- qulí 29. áqá rid∂áy-i-Tabrízí, qannád
30. Gawhar Khánum, femme d’áqá rid∂á, mère de ‘aynu’l-mulk
31. mírzá mah∂múd-i-Káshání,
32. salt∂anat Khánum, femme de mírzá mah∂múd-i-Káshání, sœur de Gawhar Khánum
33. h∆ájí áqáy-i-Tabrízí, frère de Gawhar Khánum et de salt∂anat Khánum 34. zahra Khánum, mère de h∆ájí áqáy-i-Tabrízí
35. áqá rid∂á, frère de h∆ájí áqá
36. h∆ájí ‘alí-‘askar-i-Tabrízí
37. h∆usayn-áqá qahvih-chí, fils de h∆ájí ‘alí-‘askar
dans la Gloire du Père
38. Khánum dján, femme de h∆ájí ‘alí-‘askar
39. ma‘s∂úmih, fille de h∆ájí ‘alí-‘askar
40. fáπ∂imih, fille de h∆ájí ‘alí-‘askar
41. h∆usníyyih, fille de h∆ájí ‘alí-‘askar et femme d’áqá muh∂ammad- Javád-i-qazvíní
42. áqá muh∂ammad-Javád-i-qazvíní
43. mashhadí fat∂t∂áh∂, frère de h∆ájí ‘alí-‘askar-i-Tabrízí
44. áqá muh∂ammad-‘alíy-i-yazdí
45. áqá abu’l-qásím-i-sult∂ánábádí (mort dans la citadelle) 46. áqá faraj, cousin de áqá abu’l-qásim
47. áqá muh∂ammad-ismá‘íl (mort dans la citadelle)
48. áqá muh∂ammad-Báqir, son frère (mort dans la citadelle)
49. mírzá Ja‘far-i-yazdí
50. za‘farán Khánum, femme de mírzá Ja‘far
51. áqá muh∂ammad-ibráhím-i-nayrízí, appelé amír. il faisait partie des bábís qui étaient avec vah∂íd à nayríz
52. h∆abíbih Khánum, femme d’amír et servante de la maison de Bahá’u’lláh 53. Badí‘ih Khánum, fille d’amír et de h∆abíbih, mariée à h∆usayn-áqá qahvih-chí
54. s∆áh∂ib-Ján Khánum, servante
55. mírzá mus∂tafá, fils de s∆áh∂ib-Ján, appelé abú-hurayrih
56. darvísh s∆idq-‘alí
57. mírzá áqá Ján, secrétaire et serviteur de Bahá’u’lláh
58. h∆ájí faraju’lláh-i-Tafrishí
59. áqá h∆usayn-i-áshchí
60. áqá muh∂ammad-‘alíy-i-is∂fahání
61. ustád ah∂mad-i-najjár
62. áqá mírzá h∆usayn-i-najjár
63. áqá muh∂ammad-ibráhím-i-náz∂ir
64. Khayyát-Báshí
65. mírzá asadu’lláh 66. siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání (azalí)
67. áqá Ján Big, appelé Kaj-Kuláh (azalí)
l’arrivée à aCre 303
Vue aérienne de la citadelle d’acre. en bas à gauche se voit la contrescarpe d’où les pèlerins, interdits d’entrée dans la ville, pouvaient apercevoir bahá’u’lláh.
au premier plan, la maison de ‘abdu’lláh páshá. derrière la citadelle on découvre le dôme de la mosquée d’al-Jazzár. entre la mosquée et la citadelle est situé le seraye , siège du gouverneur et, à sa gauche, près de la citadelle,
on voit le petit dôme des bains publics
le Seigneur des armées
Portes, élevez vos frontons,
élevez-vous, portes éternelles,
qu’il entre le roi de Gloire !
qui est ce roi de gloire ?
l’éternel des armées, voilà le roi de gloire. 1 le Gardien de la foi bahá’íe écrit :
l’arrivée de Bahá’u’lláh à acre marque le début de la dernière phase de ses quarante années de ministère, la phase finale et, à vrai dire, le summum de l’exil dans lequel s’est déroulé tout ce ministère. Ce bannissement, qui l’avait d’abord amené au voisinage immédiat des citadelles de l’orthodoxie chiite… et qui, plus tard, l’avait transporté dans la capitale de l’empire ottoman, l’amenant à adresser ses déclarations historiques au sultan, à ses ministres et aux chefs religieux de l’islam sunnite, ce bannissement le conduisait maintenant à débarquer sur les rivages de la Terre sainte, la terre promise par dieu à abraham, consacrée par la révélation de moïse, honorée par la vie et les œuvres des patriarches hébreux, des juges, des rois et des prophètes, vénérée comme le berceau du christianisme et le lieu où, selon le témoignage de ‘abdu’l-Bahá, zoroastre se serait entretenu avec quelques-uns des prophètes d’israël, la terre liée enfin, pour l’islám, au voyage nocturne de l’apôtre à travers les sept cieux, jusqu’au trône du Tout-Puissant. dans cette sainte et attirante contrée, le nid de tous les prophètes de dieu, le vallon de l’inscrutable décret de dieu, le site à la blancheur de neige, la terre à la splendeur impérissable, l’exilé de Bagdad, d’istanbul et d’andrinople était condamné à passer au minimum un tiers de la vie qui lui était accordée, et plus de la moitié du temps imparti à sa mission.2
acre, la Ptolémaïs du monde antique, le st-Jean-d’acre des croisés et leur dernier bastion, acre qui refusa de s’incliner devant la puissance de Bonaparte, acre
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qui avait acquis une renommée à travers les siècles, acre était tombée bien bas en cette période de son histoire mouvementée. son air et son eau étaient infects, pestilentiels. un proverbe disait qu’un oiseau volant au-dessus d’acre tomberait raide mort. dans ses menaçantes casernes étaient enfermés pour y périr les rebelles, les hors-la-loi, les criminels les plus endurcis de l’empire ottoman. acre est aussi la ville que david appelle la puissante cité, qu’osée loue comme étant une porte d’espoir, dont ézéchiel disait : ensuite il me conduisit vers la porte, vers la porte orientale ; et voici, la gloire du dieu d’israël s’avançait de l’orient ; sa voix était semblable au bruit des grandes eaux, et la terre resplendissait de sa gloire. (...) la gloire de l’éternel entra dans la maison par le chemin de la porte orientale3 dont parle en ces mots le fondateur de l’islam : Béni l’homme qui a visité acre, béni celui qui a rendu visite au visiteur d’acre ! (...) et pour celui qui, à acre, dit : « Glorifié soit dieu, louange à dieu, il n’est d’autre dieu que lui, dieu est le plus Grand, et il n’est de pouvoir et de force qu’en dieu, le suprême, le Puissant », dieu consignera mille bonnes actions et en effacera mille mauvaises ; il l’élèvera de mille degrés au paradis et lui pardonnera ses péchés.4
la ville qui ouvrait ses portes pour recevoir comme un prisonnier le rédempteur du monde était une ville ayant atteint le fond de la misère. l’exil de Bahá’u’lláh en Terre sainte, son incarcération dans la sinistre citadelle d’acre avait pour but, dans l’idée de ses adversaires, de lui infliger le coup fatal qui, dans leurs calculs, briserait sa foi et sa vie. nous comprendrons l’importance et la portée de cet exil en nous rappelant certaines prophéties du passé. ‘abdu’l-Bahá, le centre de l’alliance de Bahá’u’lláh et interprète de son message, parle ainsi de cet événement stupéfiant :
lorsque Bahá’u’lláh arriva dans cette prison, en Terre sainte, les gens instruits comprirent que la bonne nouvelle que dieu, par la bouche des prophètes, avait donnée deux ou trois mille ans auparavant, était réalisée, que dieu était fidèle à la promesse. Car à plusieurs des prophètes il avait révélé et donné la bonne nouvelle qui a trait à la Terre sainte : le seigneur des armées doit se manifester chez toi. Toutes ces promesses étaient accomplies ! et s’il n’y avait pas eu ces persécutions, ces exils et ces bannissements, de la part des ennemis, on ne pourrait comprendre pourquoi Bahá’u’lláh aurait dû s’enfuir de Perse, et planter sa tente en Terre sainte.5
le seiGneur des armées 307
ainsi l’annonce david avec majesté, « qu’il entre le roi de Gloire ! qui est ce roi de gloire ? l’éternel des armées, voilà le roi de gloire. » : le désert et le pays aride se réjouiront ; la solitude s’égaiera, et fleurira comme un narcisse. elle se couvrira de fleurs, et tressaillira de joie, avec chants d’allégresse et cris de triomphe.
la gloire du liban lui sera donnée, la magnificence du Carmel et de saron.
ils verront la gloire de l’éternel, la magnificence de notre dieu.6
amos en témoigne :
de sion l’éternel rugit,
de Jérusalem il fait entendre sa voix.
les pâturages des bergers sont dans le deuil,
et le sommet du Carmel est desséché.7
et michée l’a prévu :
... de l’assyrie et des villes fortifiées, de la forteresse jusqu’au fleuve, d’une mer à l’autre, et d’une montagne à l’autre, il viendra.8
la vie dans la caserne
la vie était dif cile et pesante dans la caserne d’acre, surtout lorsque les exilés tombaient victimes de la malaria ou de la dysenterie apportées par l’automne. áqá rid∂á dit qu’ils n’avaient jamais connu de telles èvres avant et il indique que la Plus-Grande-Branche, qui faisait très attention à ce qu’il mangeait et buvait, ne fut pas frappé comme les autres et put continuer à aller et venir, s’occupant des malades et prenant soin d’eux. áqáy-i-Kalím et áqá rid∂á aussi purent le seconder auprès des malades. malheureusement, trois des exilés moururent. áqá abu’l-qásim-i-sult∂ánábádí fut le premier, bientôt suivi par ustád Báqir et son frère ustád ismá‘íl-i-Khayyát qui moururent la même nuit et, selon les mots de Bahá’u’lláh, « dans les bras l’un de l’autre ». les gardes refusèrent de laisser les exilés assister aux funérailles et Bahá’u’lláh dut donner un tapis sur lequel il dormait a n que sa vente paie les dépenses exigées par les gardes, lesquels empochèrent l’argent et rent enterrer les corps dans leurs habits, sans être lavés, sans linceul et sans cercueil. Bahá’u’lláh con rme que l’argent donné aux gardes était le double de la somme nécessaire à un enterrement décent. se rappelant les souffrances de cette période, il écrit en parlant de lui : « Pendant la plus grande partie de sa vie, il a été durement éprouvé entre les griffes de ses ennemis. ses souffrances ont à présent atteint leur point cul-minant dans cette déprimante prison où ses oppresseurs l’ont jeté si injustement. » 1
le Gardien de la foi bahá’íe écrit :
le sultan et ses ministres avaient donné des ordres explicites pour que les exilés, accusés de s’être gravement trompés et d’avoir égaré les autres, soient soumis à la plus stricte des réclusions. on espérait avec confiance que leur condamnation à la prison à vie les conduirait finalement à la mort. le farmán du sultan ‘abdu’l-‘azíz, daté du cinq rabi’u’th-tháni 1285 de l’hégire (26 juillet 1868), non seulement les condamnait à un bannissement définitif, mais encore stipulait une incarcération
dans la Gloire du Père
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ahá’u’lláh à a
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lancé par le sultan ‘a
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texte du farm
la vie dans la Caserne 311
rigoureuse, et leur interdisait toute association entre eux ou avec les habitants de la localité. le texte du farmán lui-même fut lu publiquement dans la principale mosquée de la ville, peu après l’arrivée des exilés, pour en avertir la population.2
les archives of cielles ottomanes révèlent que cette sentence fut recommandée par les fonctionnaires chargés d’interroger les bahá’ís et les deux azalís arrêtés à istanbul. Ces documents montrent aussi que Khurshíd Páshá, le vali d’andrinople, avait défendu les bahá’ís et récusé les accusations lancées contre eux.
dans une épître adressée à áqá mírzá áqáy-i-afnán, núri’d-dín, sous la signature de Khádim (mírzá áqá Ján, le secrétaire), Bahá’u’lláh raconte que la surveillance exercée par les autorités était telle que lorsqu’ils avaient besoin d’un barbier ou d’un garçon de bain, ces derniers venaient accompagnés par un policier qui restait présent tout le temps. C’est pourquoi Bahá’u’lláh n’utilisa pas le bain pendant un certain temps. on se souvient qu’ustád muh∂ammad-‘alíy-i-salmání, qui avait servi de garçon de bain à Bahá’u’lláh et qui le servirait encore par la suite, était alors en Perse, expulsé par les autorités ottomanes. Cette épître, révélée vingt ans plus tard, insiste surtout sur les changements arrivés au cours des années. au début de leur emprisonnement, les règles étaient strictement appliquées, alors que lorsque l’épître fut révélée, tout le monde pouvait entrer et sortir d’acre sans empêchement.
le Gardien écrit ensuite :
l’ambassadeur persan, accrédité près la sublime Porte, avait ainsi rassuré son gouvernement, dans une lettre écrite un peu plus d’un an après leur bannissement à acre :
« J’ai donné, par télégramme, des instructions écrites, pour lui (Bahá’u’lláh) interdire tout rapport avec qui que ce soit, à l’exception de ses femmes et de ses enfants, et lui défendre de quitter, en aucune circonstance, la maison dans laquelle il est emprisonné…
il y a trois jours, j’ai envoyé ‘abbás-qulí Khán, consul général à damas, avec l’ordre de se rendre directement à acre… pour conférer avec le gouverneur au sujet de toutes les mesures nécessaires visant au maintien sévère de leur emprisonnement et pour nommer sur place, avant son retour à damas, un représentant chargé de s’assurer que les ordres venant de la sublime Porte ne seront transgressés d’aucune manière. Je lui ai également donné pour instructions de se rendre à acre une fois tous les trois mois, de les surveiller lui-même et de soumettre son rapport à la légation. » l’isolement des exilés
dans la Gloire du Père
la citadelle d’acre. bahá’u’lláh fut enfermé dans une pièce dont on peut voir la fenêtre à l’étage supérieur, à droite du bâtiment.
était si absolu que les bahá’ís de Perse, troublés par les rumeurs répandues par les azalís d’ispahan, selon lesquelles Bahá’u’lláh aurait été noyé, persuadèrent le service du télégraphe britannique de Julfá de s’informer pour eux à ce sujet.3
Pourtant, malgré cette action abusive, grossière ingérence dans l’administration interne de l’empire turc de l’ambassadeur persan plus d’un an après l’arrivée des exilés à acre et en dépit du fait que pas un iota n’ait changé dans l’édit original du sultan ‘abdu’l-‘azíz, les fonctionnaires ottomans sur place se sentaient de moins en moins motivés, voire incapables, d’appliquer des mesures drastiques dans le traitement des prisonniers, et les habitants, plus qu’hostiles au début, avaient peu à peu ressenti du respect et de la révérence pour les prisonniers de la citadelle.
l’origine de cette étonnante transformation était l’allure et le comportement du ls aîné de Bahá’u’lláh.
áqá ridá et áqá h∂usayn ont tous deux recopié une courte prière, révélée par Bahá’u’lláh à la suite du décès des trois compagnons, que les exilés répétaient pour leur protection. en voici le texte :
au nom du dieu qui pardonne ! Bien que le triste état dans lequel je suis, ô mon dieu, me fasse mériter ta colère et ta punition, ton bon plaisir et ta générosité demandent à ta clémence d’embrasser tes serviteurs et à tes généreuses faveurs de les rencontrer. Je te demande par ton nom, que tu as fait le roi de tous les noms, de me protéger la vie dans la Caserne 313
la cellule de bahá’u’lláh dans la citadelle
par ton pouvoir et ton omnipotence de toute calamité, de tout ce qui te répugne et de tout ce qui est contraire à ta volonté. Tu as la suprématie sur toutes choses.4
les maladies étaient toujours présentes, mais il n’y eut plus de décès. áqá rid∂á se rappelle que pendant quatre mois, un énorme chaudron de bouillon fut préparé pour les malades et le soir, ‘abdu’l-Bahá, la Plus-Grande- Branche, distribuait à chacun, selon ses besoins, du riz nature. Puis il tomba malade lui aussi, si gravement que les compagnons s’inquiétèrent beaucoup pour lui. mais tout se passa bien et la santé revint pour tous.
áqá h∆usayn-i-áshchí donne plus de détails sur la manière dont la Plus- Grande-Branche s’occupait du bien-être et de la santé des compagnons et supervisait tout.
Chaque jour il se tenait à la porte de la citadelle, attendant le retour de ceux qui étaient allés en ville faire les achats nécessaires sous la surveillance des gardes. il inspectait tout ce qu’ils avaient acheté, fouillant même dans leurs poches pour s’assurer que rien de dangereux pour la santé des prisonniers n’entrait dans la prison.
il jetait tout ce qu’il pensait être impropre à leur consommation.
il y eut un autre cas de maladie grave suivie d’une guérison miraculeuse. mírzá Ja‘far-i-yazdí était considéré comme perdu. on appela un médecin chrétien
dans la Gloire du Père
nommé Butrus (Peter). il ausculta le pouls du patient puis se redressa furieux, protestant qu’il avait été appelé au chevet d’un mort. « Je ne suis pas le Christ ! » s’exclama-t-il en partant. áqáy-i-Kalím alla voir Bahá’u’lláh et lui parla de l’état de mírzá Ja‘far-i-yazdí. Bahá’u’lláh révéla une prière et dit à áqáy-i-Kalím de ne pas désespérer et de continuer à le soigner. Comme le dit áqá rid∂á, une vie nouvelle anima mírzá Ja‘far qui recouvra la santé. Bahá’u’lláh l’appela par la suite Badí‘u’l-h∂ayát (vie merveilleuse).
la nouvelle de l’incarcération de Bahá’u’lláh dans la citadelle d’acre était en n connue des bahá’ís de Perse. un certain nombre d’entre eux t le voyage dans l’espoir d’arriver en présence de leur seigneur. mais les deux azalís qui logeaient au-dessus de la porte d’entrée de la ville, surveillaient les entrées et faisaient leur rapport aux autorités chaque fois qu’ils reconnaissaient un bahá’í.
immédiatement les fonctionnaires prenaient les mesures nécessaires à l’expulsion du bahá’í qui avait réussi à pénétrer dans l’enceinte de la ville. Pour arriver à acre, certains d’entre eux avaient marché tout le long du chemin, à travers les cols des montagnes de l’ouest de l’iran et les déserts d’irak et de syrie. au dernier moment, privés de leur but par les machinations des ennemis, leur seule consolation était de se tenir au-delà du deuxième fossé, face à la citadelle, pour entrevoir rapidement la silhouette de leur seigneur, se tenant derrière les barreaux. et la récompense de leurs mois de voyage ardu était, vue de loin, sa main bénie qui s’agitait. Puis la plupart d’entre eux retournaient chez eux, reconnaissants du bienfait qui leur avait été accordé. Cela suf sait pour allumer dans leur cœur une flamme vigoureuse, pour intensi er leur dévouement. d’autres suivirent et emportèrent le souvenir de cette silhouette apparaissant derrière les barreaux d’une fenêtre, souvenir qu’ils chériront par dessus tout. Pourtant certains, comme Badí‘ dont le prochain chapitre relate l’histoire, et nabíl-i-a’z∂am à la deuxième tentative, eurent le suprême privilège de se trouver en présence de Bahá’u’lláh.
shoghi effendi écrit :
Ceux, très rares, qui réussirent à pénétrer dans la ville furent obligés, à leur grande désolation, de revenir sur leurs pas sans même avoir vu son visage. le premier d’entre eux à parvenir en sa présence fut háji abu’l-hasan-i-ardikáni, « celui qui renonçait à lui-même », surnommé amin-i-lláhi (homme de confiance de dieu), qui ne put le rencon- la vie dans la Caserne 315
hammám al-páshá, les bains publics où bahá’u’lláh rencontra h∆ájí abu’l- h∆asan-i-ardikání, le premier pélerin à pouvoir pénétrer dans acre. le bâtiment est aujourd’hui le musée municipal
dans la Gloire du Père
trer qu’au bain public ; il avait été convenu qu’il verrait Bahá’u’lláh sans l’approcher ni lui faire le moindre signe de reconnaissance. un autre pèlerin, ustád ismá’íl-i-Káshí, venant de mosul, se posta sur le côté opposé du fossé et, contemplant pendant des heures, dans une adoration extasiée, la fenêtre de son Bien-aimé, ne réussit pas, en définitive, à cause de la faiblesse de sa vue, à distinguer son visage. il dut retourner, sans l’avoir vu, à la grotte qui lui tenait lieu d’habitation sur le mont Carmel ; cette scène émut jusqu’aux larmes la sainte famille qui assistait de loin, avec anxiété, à l’anéantissement de son espoir.5
ustád ismá’íl était l’oncle maternel d’áqá h∆usayn-i-áshchí. C’était un entrepreneur en bâtiment qui avait servi farrukh Khán-i-Ghaffárí, l’amínu’d- dawlih* de Káshán, l’un des premiers ambassadeurs jamais appointés par le gouvernement persan auprès d’une cour européenne, qui avait négocié et signé avec la Grande-Bretagne le traité de Paris en 1856.
áqá h∆usayn se souvient de l’arrivée de son oncle et des mois qui suivirent :
« arrivant de mosul et ne pouvant arriver (en présence de Bahá’u’lláh) il alla s’installer chez Khalíl mans∂úr, le dinandier de Káshán (voir addenda v) qui était le premier [bahá’í] à s’être établi à haïfa. là, il s’occupa des pèlerins qui arrivaient de toutes les directions. suivant les instructions qu’il recevait d’acre et grâce à des intermédiaires secrets, il faisait un rapport sur la situation de chaque pèlerin. ensuite, ils suivaient les instructions reçues. Khalíl mans∂úr venait parfois à acre pour vendre de la dinanderie, disait comment se portaient les pèlerins et prenait des lettres qu’il postait depuis haïfa.
áqá h∆usayn était avec Bahá’u’lláh lorsque son oncle vint se placer au point d’où l’on voyait la fenêtre de la prison, sans pouvoir reconnaître son seigneur. il se souvenait à quel point lui-même sanglotait et comme Bahá’u’lláh était gentil et bienveillant pendant qu’il parlait du désappointement de l’entrepreneur de Káshán. à cette occasion Bahá’u’lláh dit que bientôt, inch alláh, les portes s’ouvriraient devant les pèlerins qui pourraient parvenir en sa présence en toute sécurité. d’après áqá h∆usayn, en dehors de son oncle et de áqa muh∂ammad-ibráhím-i-Khalíl-i-mans∂úr,
* sous le ministère de ‘abdu’l-Bahá, un ls d’amínu’d-dawlih, mihdí Khán-i- Ghaffárí, le vazír humáyún et qá’im-maqám, avaient servi sous nás∂iri’d-dín sháh et avaient occupé des postes ministériels dans les premiers jours de la constitution. à la consternation de sa famille il devint bahá’í et rendit visite à ‘abdu’l-Bahá à ramlih, alexandrie en égypte.
la vie dans la Caserne 317 deux autres personnes vivaient aussi à haïfa : áqá ‘abdu’lláh, frère de Khalíl et Pidar-Ján-i-qazvíní.
Peu après le départ du navire transportant Bahá’u’lláh, d’alexandrie pour haïfa, nabíl-i-a’z∂am que nous avons quitté dans une prison égyptienne, fut libéré et banni en anatolie. de là il partit pour Chypre, donna des nouvelles aux bahá’ís locaux et continua son chemin jusqu’à acre ; mais les machinations des azalís l’empêchèrent de rencontrer Bahá’u’lláh. áqá h∆usayn raconte que la première fois que nabíl arriva à acre, il fut repéré, intercepté et traîné devant les autorités qui lui demandèrent ce qu’il faisait là. il dit qu’il devait acheter des provisions. on ne le laissa faire aucun achat et il fut expulsé de la ville. mais à l’extérieur de la citadelle, vers le district de ‘izzi’d-dín au nord d’acre, alors qu’il contemplait la forteresse, Bahá’u’lláh apparut derrière les barreaux de la fenêtre et lui t signe de la main qu’il l’avait reconnu. le même jour une prière fut révélée en son honneur par la Plume suprême. nabíl passa ensuite son temps à parcourir le mont Carmel et la Galilée, résidant alternativement à haïfa et à nazareth. le Gardien de la foi bahá’íe mentionne qu’il vécut aussi quelque temps à hébron. Puis il fut appelé à acre et resta quatre-vingt-un jours dans la citadelle.
áqá muh∂ammad-i-‘alíy-i-qá’iní établit aussi sa résidence à nazareth. à une époque, il avait été le con dent de l’émir de qá’inát dans la province du Khorasan et il allait souvent à Téhéran. il y rencontra Bahá’u’lláh et ils se lièrent d’amitié.
dès qu’il apprit la revendication de Bahá’u’lláh, sans hésitation il lui jura délité et il attira beaucoup de gens importants à cette foi qu’il avait embrassée avec tant d’ardeur et de zèle. étant devenu très connu comme bábí il dut quitter son pays natal et se dirigea vers la ville prison. il put s’y trouver en présence de Bahá’u’lláh et, par la suite, il s’installa à nazareth où il guida dans sa recherche un jeune chrétien nommé ‘abdu’lláh effendi maríní qui devint bahá’í. Cet ‘abdu’lláh effendi, selon áqá h∆usayn, accéda à des postes gouvernementaux importants. il compila un livre de références tirées des écritures juives et chrétiennes sur l’avènement de Bahá’u’lláh. mais pendant le ministère de ‘abdu’l-Bahá (la Plus-Grande-Branche), il céda à une malversation, très courante hélas parmi les fonctionnaires, qui t beaucoup de peine à ‘abdu’l-Bahá. s’en rendant compte, ‘abdu’lláh effendi ne put supporter sa disgrâce et se suicida.
dans la Gloire du Père
áshchí raconte aussi qu’un jour áqá muh∂ammad-‘alíy-i-qá’iní dit à la Plus- Grande-Branche qu’il voulait devenir son partenaire en affaires et qu’il avait besoin qu’on lui prête sept petites piastres. avec ce capital il acheta quelques bobines de coton et des paquets d’aiguilles et se t colporteur dans nazareth et les environs. il avait été un homme important, qui avait connu le grand luxe au service de l’émir de qá’inát, mais il était maintenant heureux d’être un pauvre colporteur parce qu’il vivait près de son seigneur et qu’il pratiquait un commerce.
il en était de même avec l’oncle d’áqá h∆usayn áshchí, l’entrepreneur, qui avait connu la prospérité comme employé d’amínu’d-dawlih. lui aussi était devenu colporteur, allant ici et là avec un plateau de petits objets et habitant dans une grotte sur le mont Carmel.
33.
l’histoire de badí‘
C’esT depuis la Plus Grande Prison d’andrinople et, plus tard, depuis acre, que, dans une série d’épîtres, Bahá’u’lláh interpelle les dirigeants du monde. il leur annonce sa mission et les appelle à servir la cause de la paix, de la justice et de la droiture. le ton majestueux de ses conseils et de ses admonitions révélés dans ces épîtres ne peut que retenir l’attention de tout étudiant de la religion bahá’íe.
voilà un prisonnier, jugé et condamné à tort par une conspiration de tyrans, qui se dresse face à une assemblée de souverains, face à l’ensemble de l’humanité. il examine les valeurs de la société humaine, les juge et, avec assurance, lance un défi audacieux, non seulement à ses oppresseurs, non seulement aux ombres éphémères d’un pouvoir terrestre, mais plus particulièrement à ces obscures passions, ces sombres motivations et ces ténébreuses imaginations qui osent se placer entre l’homme et le but que lui a destiné son Créateur. on découvre ici que cet exilé, rejeté, trahi, incarcéré et réprouvé est le vrai et seul juge : le roi de Gloire. Jamais, depuis le commencement du monde, affirme Bahá’u’lláh, le message n’a été proclamé aussi ouvertement. Chacune d’entre elles, écrit-il, faisant spécialement allusion aux tablettes qu’il adressa aux souverains de la terre - tablettes que ‘abdu’l-Bahá célébra comme un « miracle », est désignée par un nom particulier. la première fut appelée le Grondement, la seconde le souffle, la troisième l’inévitable, la quatrième la Plaine, la cinquième la Catastrophe, et les autres, le son assourdissant de la Trompette, l’evénement proche, la grande Terreur, la Trompette, le Clairon et ainsi de suite, de sorte que tous les peuples de la terre peuvent savoir avec certitude, et être témoins, avec leurs yeux de chair et ceux de l‘âme que celui qui est le seigneur des noms a dominé et continuera à dominer, en toutes circonstances, sur tous les humains.1
l’une des premières de ces importantes épîtres est adressée à nás∂iri’d-dín sháh.
elle fut révélée à andrinople mais il fallut attendre plusieurs années avant qu’elle soit délivrée à son destinataire. l’histoire du porteur de cette épître, comment il l’amena à Téhéran et ce qui lui advint après qu’il eut délivré sa missive est poi-
dans la Gloire du Père
gnante, émouvante et épouvantable en même temps. la voici, accompagnée d’extraits de cette épître traduits de la version anglaise écrite par shoghi effendi.
mullá muh∂ammad-i-zarandí, nabíl-i-a’z∂am, passa au cours de ses voyages (avant l’épisode égyptien, son emprisonnement à alexandrie et son séjour en Terre sainte) par níshábúr (ou níshápúr) dans la province du Khorassan. C’est là qu’il rencontra h∆ájí ‘abdu’l-majíd-i-shálfurúsh (le marchand de châles), commerçant de renom, survivant de shaykh ∏abarsí et, comme le dit nabíl, « une vieille connaissance ». h∆ájí ‘abdu’l-majíd l’accueillit chez lui où nabíl rencontra shaykh muh∂ammad-i-ma’múrí, l’oncle du martyr shaykh ah∂mad-i-Khurásání, occupé à recopier des tablettes de Bahá’u’lláh. à sa grande surprise, nabíl vit que h∆ájí ‘abdu’l-majíd s’occupait personnellement de tout. il lui demanda s’il n’avait pas un fils assez grand pour l’aider. h∆ájí ‘abdu’l-majíd répondit qu’il en avait un mais qui refusait de lui obéir. Ce fils, áqá Buzurg était un adolescent indocile qui menait une vie excentrique et ne s’intéressait pas du tout aux préoccupations de son père.
en un mot, il faisait le désespoir de sa famille. laissons nabíl nous conter la suite de l’histoire :
Je dis : « envoyez-le chercher, je désire le voir. » il vint. Je découvris un grand jeune homme tout dégingandé qui, plutôt que des perfections physiques, possédait un cœur simple ; je dis à son père d’en faire mon hôte et de confier son sort à dieu… Puis je mentionnais des choses très émouvantes qui auraient fait fondre un cœur de pierre » ici, nabíl cite quelques vers tirés d’un long poème de Bahá’u’lláh, Qas∂ídiy-i-’izz-i- Varqá’íyyih qu’il composa à sulaymáníyyih et dans lesquels il parle de ses souffrances et de ses mésaventures.
en entendant ces sujets divins, le visage du jeune homme rougit, ses yeux s’emplirent de larmes et il commença à se lamenter bruyamment. Je calmais son agitation, mais pendant toute la nuit, son enthousiasme et son ardeur nous gardèrent éveillés shaykh muh∂ammad et moi. nous lûmes et récitâmes des versets des écrits saints jusqu’au lever du jour. au matin, alors qu’il préparait le samovar pour le thé et qu’il sortait chercher du lait, son père dit : « Je n’avais jamais entendu mon fils sangloter. Je croyais que rien ne pouvait l’émouvoir. quel sort lui a-t-on jeté pour que ses larmes coulent, qu’il gémisse et qu’il soit enflammé par l’amour de dieu ? » Je répondis : « il ne se contrôle plus ; laissez-le. » son père répondit : « Cette manière de s’oublier soi-même, c’est exactement ce que je désirais. s’il reste ferme dans la cause de dieu je me ferai son serviteur. » l’hisToire de Badí‘ 321
áqá buzurg-i-níshápúrí, badí‘
dans la Gloire du Père
áqá Buzurg insistait pour m’accompagner à mashhad mais son père dit : « J’ai fait venir shaykh muh∂ammad exprès pour qu’il soit son tuteur, afin qu’il apprenne rapidement à lire et à écrire, qu’il étudie le kitáb-i-Íqán et en fasse une copie. qu’il réalise cela et alors je lui fournirai un cheval et les frais du voyage. »
à la suite de mon départ du Khorassan et de mon arrivée à Téhéran, shaykh fání* arriva à níshábúr où il fit savoir qu’il était en route pour Bandar-abbás, puis pour Bagdad et enfin pour le Pays du mystère (andrinople). on l’avait autorisé à se faire accompagner d’une personne. Jináb-i-abá-Badí‘ (le Père de Badí‘) donna à son cher fils cheval et argent afin qu’il me rattrappe à Bagdad et que nous puissions voyager ensemble vers la demeure du Bien- aimé.
Badí‘ accompagna le shaykh jusqu’à yazd où ils se séparèrent. lui ayant donné tout ce qu’il possédait, seul et à pied, Badí‘ marcha jusqu’à dáru’s- salám (la demeure de la paix), Bagdad.
après l’arrivée de Badí‘ à Bagdad, áqá ‘abdu’r-rasúl fut martyrisé et Badí‘ le remplaça servant à boire aux compagnons en portant sur ses épaules l’outre d’eau d’áqá
‘abdu’r-rasúl. quand les compagnons furent arrêtés et envoyés à mosul, ce jeune homme enflammé, bien que souffrant de plusieurs blessures infligées par des voyous, prit la route de mosul, atteignit cette ville avant les captifs et il continua à leur porter de l’eau. Plus tard, il partit vers la Terre sainte et atteignit la présence de la Beauté abhá.2
le jour vint dans la vie de ce jeune homme de dix-sept ans où il sentit le besoin de se tourner vers Bahá’u’lláh. il marcha, marcha depuis mosul jusqu’à la méditerranée, jusqu’au pied de la citadelle d’acre où il savait que son seigneur était incarcéré.
il arriva à acre au début de 1869 et, portant toujours la défroque d’un porteur d’eau, il n’eut aucun mal à tromper la vigilance des gardes aux portes de la ville.
mais une fois à l’intérieur, il se sentit perdu car, s’il n’avait aucune idée de la manière dont il pourrait contacter ses coreligionnaires, il ne pouvait pas non plus demander son chemin au risque de se trahir. ne sachant que faire il se dirigea vers une mosquée afin d’y prier. dans la soirée, un groupe de Persans entra dans la mosquée et, ravi, Badí‘ reconnut ‘abdu’l-Bahá parmi eux. il écrivit quelques mots sur un bout de papier qu’il put donner subrepticement à ‘abdu’l-Bahá. dans la nuit ; on s’arrangea pour le faire entrer dans la citadelle et rencontrer Bahá’u’lláh. * une source l’identifie comme shaykh ah∂mad-i-Khurásání qui fut martyrisé à Tabríz.
l’hisToire de Badí‘ 323
Badí‘ eut l’honneur de deux entrevues avec Bahá’u’lláh. à chaque fois Bahá’u’lláh fit des allusions à l’épître qu’il avait déjà révélée, adressée à nás∂iri’d-dín sháh, épître qui commence ainsi :
ô roi terrestre ! entends l’appel de ce vassal : en vérité, je suis un serviteur qui croit en dieu et en ses signes et je me suis sacrifié en son chemin. les malheurs qui m’affligent, qu’aucun homme n’a jamais supportés, en portent témoignage. mon seigneur l’omniscient témoigne de la vérité de mes paroles. Je n’ai fait qu’appeler les hommes à dieu, ton seigneur et le seigneur des mondes, et par amour de lui j’ai enduré des afflictions que la création n’avait jamais vues. 3
nombreux avaient été les hommes, des vétérans, qui avaient souhaité avoir l’honneur de se voir confier cette épître, mais Bahá’u’lláh n’avait pris aucune décision et attendait. il attendit longtemps, jusqu’à ce que ce jeune homme triste, fatigué, qui venait recevoir le don d’une seconde naissance atteigne les portes d’acre et entre dans la citadelle. au cours de ces deux entrevues áqá Buzurg du Khorassan rencontra son seigneur face à face et devint Badí‘, le merveilleux.
Bahá’u’lláh écrivit qu’en lui avait été insufflé l’esprit de puissance et de force. 4
nous savons que c’est à lui que fut donné la mission que d’autres, plus vieux, plus chevronnés, plus expérimentés que lui avaient espéré accomplir ; nous savons que Badí‘ demanda d’avoir l’honneur de porter l’épître au chah et que cela lui fut accordé. sortir d’acre en portant cette épître aurait pu être dangereux et Badí‘ reçut pour instruction d’aller attendre à haïfa, puis, au cours de son voyage vers la Perse de rester seul et de ne contacter aucun croyant.
h∆ájí mírzá h∆aydar-’alí a écrit dans son ouvrage Bihjatu’s-s∆udúr ce qu’il avait entendu de la bouche de h∆ájí sháh-muh∂ammad-i-amín : on me donna une boîte longue d’un empan et demi et l’on me dit de la lui [Badí‘]
donner à haïfa, accompagnée de quelque argent. Je ne savais pas ce qui était dans la boîte. en le retrouvant à haïfa je lui fis part de la bonne nouvelle qu’une faveur lui avait été accordée que j’avais été chargé de lui remettre. nous nous rencontrâmes à l’extérieur de la ville, sur le mont Carmel, et je lui remis la boîte. il la prit à deux mains, l’embrassa puis se prosterna. Je lui remis aussi une enveloppe scellée à son nom. il s’éloigna de vingt ou trente pas et, se tournant vers la prison de Bahá’u’lláh,
dans la Gloire du Père
s’assit et la lut. il se prosterna de nouveau, le visage joyeux, radieux, extatique. Je lui demandai si je pouvais avoir l’honneur de lire, moi aussi, l’épître qu’il venait de recevoir mais il répliqua : « il n’est plus temps. » Je compris que c’était un sujet dont on ne pouvait parler. qu’était-ce ? Je n’avais aucune idée de ce qui se passait ni de l’importance de la tâche qui lui avait été confiée.
Je lui dis : « viens à haïfa, je dois te remettre une somme d’argent. » il répliqua :
« Je ne viens pas en ville avec toi. va chercher l’argent et reviens. » Ce que je fis, mais à mon retour je ne pus le trouver nulle part ; il était déjà parti. J’écrivis à Beyrouth pour qu’on lui donne l’argent là-bas, mais personne ne le vit. ensuite, je n’eus plus de nouvelles jusqu’à ce que j’entende parler de son martyre à Téhéran. Je compris alors que cette boîte contenait la lawh∂-i- Sulπán et que dans l’enveloppe se trouvait une épître prédisant le martyre de cette essence de fermeté et de constance.5
dans l’un des suppléments à a traveller’s narrative ( récit d’un voyageur), edward Granville Browne a traduit les mots adressés au porteur (Badí‘) de l’épître à nás∂iri’d-dín sháh. Ce texte, ainsi que le texte de l’épître ont été obtenus par les membres du consulat de russie en Perse et envoyés à saint- Pétersbourg où ils furent déposés dans la collection de l’institut des langues orientales par le directeur, Gamazov. le baron rosen avait envoyé à Browne une copie du catalogue de cette collection dans lequel cette épître est bien décrite. voici les paroles que Bahá’u’lláh adressa à Badí‘ :
il est dieu, le Suprême.
nous demandons à dieu d’envoyer un de ses serviteurs, de le détacher de toute contingence et d’orner son cœur de force et de calme afin qu’il aide son seigneur parmi les créatures. et, lorsqu’il aura pris conscience de ce qui fut révélé pour sa majesté le roi, qu’il se lève et prenne cette épître avec la permission de son seigneur, le Puissant, le Généreux, puis qu’il aille rapidement jusqu’à la demeure du roi. lorsqu’il sera arrivé près du palais, qu’il s’installe dans une auberge et qu’il ne parle à personne jusqu’au jour où il se tiendra sur le passage [du roi]. lorsque paraîtront les messagers royaux, qu’il offre l’épître avec la plus grande humilité et la plus sincère courtoisie, disant :
« elle est envoyée de la part du Prisonnier » il doit être alors dans un tel état que si le roi décrétait sa mise à mort, il n’en serait pas troublé en lui-même et qu’il se précipite-rait vers le lieu du sacrifice en criant : « ô seigneur, loué sois-tu car tu m’as permis d’aider ta religion et tu as ordonné pour moi le martyre en ton sentier ! Par ta gloire, je
l’hisToire de Badí‘ 325
n’échangerais pas cette coupe contre toutes les coupes du monde, car tu n’as rien ordonné d’équivalent à cela, et Kawthar et salsabíl* ne peuvent rivaliser avec ! » mais s’il [le roi] le laisse aller et n’intervient pas contre lui, qu’il dise : « loué sois-tu ô seigneur des mondes ! Ton bon plaisir et ce que tu m’as destiné en ton sentier me comblent, bien que j’ai désiré que la terre soit teinte de mon sang par amour pour toi. mais ton désir est ce qui est bien pour moi car tu sais ce qui est en mon âme alors que j’ignore ce qui est dans la tienne. Tu es l’omniscient, l’informé. » 6
h∆ájí sháh-muh∂ammad-i-amín continuait ainsi : « le défunt h∆ájí ‘alí, frère de h∆ájí ah∂mad de Port-saïd avait l’habitude de raconter : « entre Trébizonde et Tabriz je voyageais en compagnie de Bádí' pendant quelques étapes. il était joyeux, rieur, plein de gratitude et d'endurance. Tout ce que je savais c’est qu’il avait rencontré Bahá’u’lláh et qu’il retournait chez lui au Khorassan. Je remarquais que, régulièrement, environ tous les cent pas, il quittait la route et, se tournant vers acre, il se prosternait et l’on pouvait l’entendre dire : « ô dieu, ce que tu m’as accor-
* le nom de deux rivières du paradis.
Muh∂ammad-Válí khán-i-tunukábuní, nas∂ru’s-Salπanih
Sipahdár-i-a’z∂am, puis Sipahsálár-i-a’z∂am
dans la Gloire du Père
le récit du martyre de badí‘, par Muh∂ammad-Valí khán, Sipahdár-i-a’z∂am. on voit le début de ce récit écrit dans la marge de l’édition persane de les leçons de saint-Jean-d’acre.
l’hisToire de Badí‘ 327
dé par ta générosité, ne le reprends pas par ta justice… accorde-moi plutôt la force de le protéger. »
solitaire, Badí‘ avançait laborieusement à travers les déserts et les montagnes et pendant quatre mois il ne chercha jamais à avoir de compagnon et ne choisit personne avec qui partager amicalement son secret. son père ignorait son retour. à Téhéran, comme Bahá’u’lláh le lui avait demandé, Badí‘ ne rechercha pas ses amis bahá’ís mais passa trois jours à jeûner pendant qu’il s’assurait de l’emplacement du campement d’été du chah. Puis il s’y dirigea et, assis au sommet d’un rocher il y resta tout le jour afin d’être remarqué et amené auprès du chah. le moment vint où le chah partit pour une chasse. Badí‘ s’approcha calmement et s’adressa au monarque avec respect : « ô roi, je viens vers toi depuis saba, porteur d’un puissant message ! » 4 nás∂iri’d- dín sháh fut peut-être interloqué, mais le ton assuré du jeune homme lui avait sans doute fait comprendre que ce message venait de Bahá’u’lláh. selon shoghi effendi : « le souverain ordonna alors de lui prendre la tablette et de la remettre aux mujtahids de Téhéran, en leur commandant de répondre à cette épître, ordre qu’ils négligèrent d’exécuter, conseillant de mettre plutôt le messager à mort. Plus tard, le chah envoya cette tablette à l’ambassadeur de Perse à Constantinople, espérant que sa lecture aviverait davantage encore l’animosité des ministres du sultan. » 4
nous savons que Badí‘ fut torturé et qu’il resta, jusqu’à la fin, calme et inébranlable. nous savons que pendant les trois années qui suivirent, la plume de Bahá’u’lláh loua sa valeur et sa constance. nous savons aussi qu’il reçut le titre de fakhru’sh-shuhadá’, l’orgueil des martyrs et que Bahá’u’lláh faisait référence à son « sacrifice sublime » en l’appelant « le sel de mes Tablettes ». mais ce sont les voies de la providence qui, étrangement, mettront en lumière toute l’histoire des derniers jours de Badí‘, de son supplice et de son immolation. C’est une histoire horrible, mais très émouvante, une histoire dont chaque bahá’í peut être fier.
l’abominable cruauté qu’on y découvre, nous rend malade, mais l’intégrité inflexible, la foi indomptable et le courage invincible de ce merveilleux jeune homme anoblissent l’âme du lecteur.
Pour comprendre comment tout arriva, comment la providence intervint, il nous faut avancer rapidement le long des années, plus de quarante ans en avant, pour arriver en 1913.
dans la Gloire du Père au début de 1913, muh∂ammad-valí Khán-i-Tunukábuní, nas∂ru’s-salt∂anih et aussi sipahdár-i-a’z∂am (plus tard sipahsálár-i-a’z∂am) était à Paris. Tunukábun, la ville natale de ce grand seigneur persan, dont il fut gouverneur pendant longtemps, est dans la province du mazandéran. núr, Kujúr et Tákur où vivaient les ancêtres de Bahá’u’lláh, appartiennent aussi à cette luxuriante province caspienne.
sipahdár-i-a’z∂am était un des deux leaders nationalistes qui, en 1909, marchèrent sur Téhéran à la tête de leurs hommes, afin de restaurer la Constitution que muh∂ammad-’alí sháh avait supprimée sur un coup de tête. il arriva sur la capitale par le nord, pendant que l’autre leader, le chef bakhtíyárí h∆ájí ‘alí-qulí Khán, le sardár-i-as’ad arrivait par le sud.
lorsque muh∂ammad-’alí sháh fit son coup d’état en juin 1908, soutenu par les russes et qu’il envoya sa brigade cosaque dirigée par le colonel liakhoff pour dévaster le Baháristán (le Parlement) et arrêter les députés qui avaient encouru sa colère, non seulement sipahdár-i-a’z∂am ne lança pas de défi à l’autocratie du chah, mais il le soutint activement et commanda les forces royales qui investirent la ville de Tabriz qui s’était révoltée. mais il perdit très vite ses illusions et peu à peu se trouva dans les rangs de l’opposition à muh∂ammad-’alí sháh. à rasht, il devint membre du Conseil révolutionnaire et c’est de là qu’il organisa sa marche vers Téhéran.
Pendant ce temps, la puissante tribu bakhtíyárí et quelques autres dissidents se déclarèrent partisans de la Constitution et h∆ájí ‘alí-qulí Khán le sardár-i- as’ad, dont le père était mort dans les geôles du tristement célèbre z∆illu’s- sulπán*, revint rapidement d’europe afin de seconder son frère aîné, s∆amsámu’s-salπanih, qui venait de prendre possession d’ispahan.
les représentants officiels russes, en accord avec leurs collègues britanniques, tentèrent de dissuader sipahdár-i-a’z∂am et sardár-i-as’ad de continuer leurs plans.
ils échouèrent et les forces nationalistes occupèrent Téhéran à la mi-juillet, muh∂ammad-’alí sháh se réfugia dans la légation russe et fut déposé. son fils aîné, sult∂án-ah∂mad mírzá, 12 ans, fut placé sur le trône, secondé d’un régent : le vénérable ‘ad∂udu’l-mulk, chef des notables qájár. sipahdár-i- a’z∂am devint le premier * mas’úd mírzá, le z∆illu’s-sulπán, était l’aîné des fils survivants de nás∂iri’d-dín sháh, qui ne pouvait prétendre au trône parce que sa mère n’était pas de famille royale. il en devint acariâtre et manigançait constamment pour obtenir ce trône qu’il considérait comme sien.
l’hisToire de Badí‘ 329
badí‘, pendant qu’on le torture
Premier ministre d’un régime constitutionnel restauré. mais en dépit du service évident qu’il avait rendu à la cause constitutionnelle, il fut toujours suspecté d’être au fond un réactionnaire, avec des sympathies pour l’ex-chah et les manigances russes. en réalité, il était au-dessus de cela, autoritaire, grand seigneur, sans une once de démagogie. en été 1911, alors que sipahdár-i-a’z∂am était de nouveau Premier ministre, muh∂ammad-’alí sháh tenta en vain de regagner son trône et son ministre fut contraint de démissionner. on pensait qu’il n’agirait pas assez vite ni avec suffisamment d’énergie pour contrarier les projets de l’ex-chah. il affirma être venu en france pour des raisons médicales, en 1913. quoi qu’il en soit, il était à Paris en mars, alors que ‘abdu’l-Bahá visitait la capitale française. à ce moment-là, ou peut-être avant, mme laura dreyfus-Barney lui avait présenté un exemplaire de l’édition persane du livre de ‘abdu’l-Bahá, les leçons de St- Jean-d’acre. un jour, alors que sipahdár-i-a’z∂am y lisait l’histoire de Badí‘, il se sou-
dans la Gloire du Père
vint d’un incident de sa jeunesse et l’écrivit dans la marge. et voici ce qu’il écrivit* :
le 6 rabí’u’l-avval 1331
26 février 1913 ad
Paris, hôtel d’albe, avenue des Champs élysées
Cette année-là, lorsque cette lettre (l’épître de Bahá’u’lláh) fut envoyée, le messager arriva auprès du chah qui était dans sa résidence d’été de lár, et voici le récit complet de ce qu’il advint.
le défunt chah nás∂iri’d-dín aimait beaucoup les résidences d’été de lár, núr et Kujúr. il ordonna à mon père sá’idu’d-dawlih, le sardár et moi-même (j’étais alors un jeune homme avec le rang de sarhang : colonel) de partir pour Kujúr et d’y trouver des provisions et des victuailles pour le camp royal. « J’arriverai à la résidence de lár puis de là j’irai à Baladih de núr puis à Kujúr », dit-il. Ces résidences sont voisines et contiguës. mon père et moi étions dans les environs de manjíl-Kujúr lorsque nous apprîmes que le chah était arrivé à lár et que là, il avait fait mettre quelqu’un à mort par strangu- lation. Puis la rumeur dit que cet homme [qui avait été mis à mort] était un messager des bábís. à cette époque-là nul n’avait entendu le mot « bahá’í ». Tout le monde se réjouit d’apprendre la mort du messager. Puis le chah vint à Baladih de núr. mon père et moi nous y rendîmes pour le saluer. Près du village de Baladih où coule une grande rivière, on avait élevé la tente du chah mais il n’était pas encore arrivé. Káz∂im Khán-i-Turk, le farrásh-Báshí du chah, avait apporté les premiers bagages. nous voulions passer par là et mon père, qui avait le rang de mír-Panj [général] et n’avait pas encore reçu le titre de sá’idu’d-dawlih, connaissait ce farrásh-Báshí. « allons lui rendre visite » me dit-il. nous poussâmes nos montures jusqu’à sa tente puis mîmes pied à terre. Káz∂im Khán, en grande pompe, était assis dans la tente où nous entrâmes. il reçut mon père avec respect et fit preuve de grande gentillesse envers moi. nous nous assîmes et on servit le thé. on parla du voyage. Puis mon père demanda : « votre honneur le farrásh-Báshí, qui était ce bábí et comment fut-il mis à mort ? » il répondit : « ô mír-Panj !
laissez-moi vous conter cette histoire. Cet homme était vraiment étrange. à safíd-áb-i-lár, le chah prit sa monture pour aller chasser et il se trouve que je ne l’avais pas suivi.
soudain je vis deux cavaliers galoper vers moi. le chah me demandait. Bondissant sur mon cheval je vins vers le chah qui me dit qu’un bábí avait apporté une lettre. « J’ai ordonné son arrestation, dit le chah, et il est maintenant entre les mains du Kishikchí-
*traduction anglaise du persan par l’auteur.
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Báshí [le chef des sentinelles]. allez le chercher et amenez-le au farrásh- Khánih.
Commencez doucement mais, sans résultats, utilisez tous les moyens pour le forcer à avouer et à dire qui sont ses amis et où nous pouvons les trouver - jusqu’à ce que je revienne de la chasse ». J’allais le chercher chez le Kishikchí-Báshí et l’emmenais bras liés. mais apprenez ceci de la sagacité et de la vivacité d’esprit du chah. Cet homme était à pied dans la plaine et dès qu’il leva son papier en disant qu’il avait une lettre à remettre, le chah compris qu’il devait être un bábí et ordonna qu’on l’arrête et qu’on trouve toute lettre qu’il pourrait porter. il fut donc arrêté et on trouva dans sa poche la lettre qu’il n’avait encore donnée à personne. Je fis venir ce messager et lui parlais calmement et gentiment : « raconte-moi tout. qui t’a donné cette lettre ? d’où l’amènes-tu ? depuis combien de temps l’as-tu sur toi ? qui sont tes compagnons ? » il répondit :
« Cette lettre me fut remise à acre par h∆adrat-i-Bahá’u’lláh*. il me dit : « Tu iras en Perse, seul, et d’une manière ou d’une autre tu remettras cette lettre au chah. mais tu risques de mettre ta vie en danger. si tu l’acceptes, pars. sinon, j’enverrai un autre messager. » J’ai accepté la mission. Je suis parti depuis trois mois. J’ai cherché l’occasion de remettre cette lettre en main propre au chah et de la porter à son attention. et grâce à dieu, aujourd’hui j’ai réussi ma mission. si tu veux trouver des bahá’ís, il y en a beaucoup en Perse mais si tu veux mes compagnons, je suis venu seul. » J’insistais pour qu’il me donne le nom de ses compagnons, et le nom des bahá’ís de Perse et surtout de Téhéran mais il persista dans son refus : « Je n’ai pas de compagnons et je ne connais aucun bahá’í en Perse. » Je lui fis une promesse : « si tu me donnes ces noms, j’obtiendrai du chah ta libération et t’éviterai la mort. » il répondit : « Être mis à mort est mon plus cher désir. Crois-tu me faire peur ? » J’ordonnais alors la bastonnade et les farráshes commencèrent à le bastonner, six à la fois. aussi fort qu’on puisse le battre, il ne cria jamais ni n’implora. voyant cela, j’ordonnais qu’on le délivrât et le fit asseoir près de moi, lui disant de nouveau : « donne-moi le nom de tes compagnons. » il ne répondis pas et éclata de rire. apparemment la bastonnade ne l’avait pas blessé du tout.
Cela me mit en colère. J’ordonnai qu’on apporte des fers à marquer et un brasero allumé. Pendant qu’on préparait le brasero, je lui dis : « allez, dis la vérité, sinon je te fais marquer au fer rouge. » et je remarquais que son rire ne faisait qu’augmenter. Je le fis bastonner une seconde fois au point que les farráshes étaient fatigués. J’étais fatigué aussi. alors je le fis détacher et emmener dans une autre tente, puis je dis aux farráshes qu’ils fassent le nécessaire avec les fers rouges pour obtenir sa confession. ils appliquè-rent plusieurs fois des fers rouges sur son dos et sa poitrine. J’entendais le sifflement de la chair brûlée et je pouvais aussi la sentir. mais nous ne pûmes rien en tirer. au cou-
* sa sainteté Bahá’u’lláh.
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Fin du récit du martyre de badí‘ par Sipahdár-i-a’z∂am, commen-çant à la phrase « Madame dreyfus m’a envoyé ce livre… »
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cher du soleil, le chah revint de la chasse et me fit appeler. Je lui fis un rapport sur tout ce qui s’était passé. le chah insista pour que je le fasse parler avant de le tuer. Je repartis et lui fis appliquer de nouveau les fers au feu. sous le choc du métal rougi, il écla-tait de rire. J’allais jusqu’à consentir à ce qu’il dise qu’il avait apporté une supplique et de ne pas parler de lettre, mais il refusa aussi cela. alors, perdant mon sang-froid, j’ordonnai d’apporter une planche. un farrásh qui maniait une masse utilisée pour chasser les chevilles métalliques, plaça la tête de cet homme sur la planche et se tint au-dessus, la masse levée. Je lui dis : « si tu donnes le nom de tes compagnons, tu seras libéré, sinon, je vais donner l’ordre qu’on abatte cette masse sur ta tête. » il recommença à rire et à remercier le ciel pour avoir atteint son but. Je proposais de ne parler que de supplique et non de lettre, mais il refusa encore. et tous ces fers rouges qui avaient brûlé sa chair ne lui avaient causé nulle souffrance. alors, finalement, je fis signe au farrásh qui abattit sa masse sur la tête de l’homme. son crâne éclata et son cerveau jaillit par ses narines. Puis j’allais faire mon rapport au chah. »
« Kázim Khán-i-farrash-Báshí était déconcerté par l’attitude et l’endurance de cet homme, surpris que ni la bastonnade ni les fers rouges n’aient eu d’effet sur lui et ne lui aient causé aucune souffrance. il continua : « a la suite de mon rapport le chah me récompensa d’un sardárí [un vêtement de dessus] qui lui appartenait. le corps fut enterré sur place, à safíd-áb et nul ne sait où il est. » mais les bahá’ís ont depuis découvert l’endroit et c’est pour eux un lieu de pèlerinage.
J’ai entendu ces paroles de Kázim Khán-i-farrash-Báshí de mes propres oreilles. il nous raconta tout. J’étais très jeune et je fus très surpris. le chah fit envoyer la lettre à Téhéran pour que h∆ájí mullá ‘alíy-i-Kaní et d’autres mullás la lisent et y répondent.
mais ils dirent qu’il n’y avait rien à répondre et h∆ájí mullá ‘alí écrivit à mustawfíyu’l-mamálik, qui était alors premier ministre, de dire au chah que : si, à dieu ne plaise, vous deviez avoir des doutes concernant l’islam et votre foi, je prendrais les actions nécessaires pour dissiper vos doutes. sinon, de telles lettres ne méritent pas de réponse.
la vraie réponse fut ce que vous fîtes à son porteur. il vous faut maintenant écrire au sultan ottoman pour qu’il soit très strict avec lui et empêche toute communication. »
C’était pendant le règne du sultan ‘abdu’l-’azíz.
le 27 rabí’u’l-avval 1331, 2 mars 1913
écrit à l’hôtel d’albe à Paris. « Ce soir je ne peux pas dormir. mme dreyfus m’a envoyé ce livre et je ne l’avais pas encore lu. au petit matin je l’ai ouvert et j’ai lu jusqu’au passage concernant les épîtres aux rois et à nás∂iri’d-dín sháh. Parce que j’étais présent au cours de ce voyage
dans la Gloire du Père
et que j’ai entendu le témoignage personnel de Kázim Khán-i-farrásh-Báshí, je l’ai mis par écrit.
« un an et demi après, en voyage vers Kerbéla, ce Kázim Khán devint fou. le chah le fit enchaîner et il mourut misérablement. l’année où je devins gouverneur général d’azerbaïdjan, je rencontrais à Tabriz un de ses petit-fils qui mendiait. « soyez attentifs, ô gens perspicaces et clairvoyants. »
muh∂ammad-valí, sipahdár-i-a’z∂am »
l’appel de Bahá’u’lláh dans l’épître au monarque qadjar résonne au-delà des années :
ô roi ! Je n’étais qu’un homme comme un autre, endormi sur ma couche, lorsque soudain les brises du Très-Glorieux passèrent sur moi et m’enseignèrent la science de tout ce qui fut. Ceci ne vient pas de moi mais de celui qui est le Tout-Puissant, l’omniscient. il m’ordonna d’élever la voix entre la terre et le ciel et, pour cela, il m’advint ce qui fait couler les larmes de tout homme de discernement. des sciences répandues parmi les hommes, je ne sais rien ; leurs écoles, je ne les ai jamais fréquentées.
renseigne-toi dans la ville où j’habitais pour t’assurer que je ne mens pas. simple feuille qu’agitent les vents de la volonté de ton seigneur, le Tout- Puissant, le loué, puis-je rester immobile alors que soufflent les vents de la tempête ? Par le seigneur de tous les noms et attributs, ils la déplacent comme ils veulent. l’évanescence est inexistante face à l’éternel. son ordre irrésistible me parvint et me fit célébrer sa louange parmi les peuples. en vérité, quand cet ordre me parvint j’étais comme mort ; la main de la volonté de ton seigneur, le Compatissant, le miséricordieux, me transforma. Par celui qui révéla les mystères éternels à la Plume, qui pourrait de lui-même clamer ce que tous les hommes, grands et petits, contesteront, sinon celui qui est fortifié par la grâce du Tout-Puissant, du fort ?...
ô chah ! J’ai subi dans le sentier de dieu ce qu’aucun œil n’a vu et aucune oreille entendu… nombreuses les épreuves qui ont plu et pleuvront bientôt sur moi ! Je m’avance, le visage tourné vers le Tout-Puissant, le Très Généreux, tandis que derrière moi rampe le serpent. mes yeux ont tant pleuré que ma couche est trempée… mais ce n’est pas sur moi que je m’attriste. Par dieu ! ma tête désire ardemment la lance pour l’amour de son dieu. Je ne suis jamais passé près d’un arbre sans que mon cœur lui dise : « ô ! puisses-tu être abattu en mon nom pour que mon corps soit sacrifié sur toi, dans le chemin de son seigneur !…Par dieu ! la fatigue m’abat, la faim m’épuise, la roche nue me sert de lit et les bêtes sauvages sont mes compagnons, mais je ne me
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plaindrai pas, je le supporterai patiemment comme d’autres, par le pouvoir de dieu, l’éternel souverain, le Créateur des nations, l’ont supporté patiemment, avec constance et fermeté. et en toutes circonstances je rendrai grâce à dieu. nous prions pour que dans sa bonté dieu, loué soit-il, délivre, à travers cet emprisonnement, les hommes des chaînes et des fers et leur permette de se tourner, avec sincérité, vers la face de celui qui est le Tout- Puissant, le Généreux. il est prêt à répondre à quiconque l’invoque et il est proche de celui qui communie avec lui. » 8
Cette épître, vibrante de pouvoir et d’autorité, que l’indomptable Badí‘ délivra et qu’il refusa obstinément d’appeler une simple supplique était certainement per-turbante pour ce tyran capricieux qui avait banni Bahá’u’lláh de sa terre natale et avait envisagé son exil dans la lointaine roumélie. il s’empressa de détruire le courageux messager. il est vrai qu’il eut le désir de répondre à Bahá’u’lláh, mais les maîtres spirituels de nási∂ri’d-dín sháh, h∆ájí mullá ‘alíy-i-Kaní et ses acolytes n’eurent pas l’élégance d’accepter le défi. ils manquaient des qualités de cœur et d’esprit qui les auraient rendus capables d’y répondre. au final, leur échec est immense et leur infamie éternelle, alors que le souvenir de l’héroïsme de ce jeune homme de dix-sept ans et de son sacrifice brillera d’une splendeur inaltérable à travers les siècles.
le grand sacrifice
C’esT alors qu’arriva cette grande tragédie de la mort de la Plus-Pure- Branche, mírzá mihdí, le plus jeune fils de Bahá’u’lláh. nommé Ghus∂nu’lláhu’l-at∂har (la Plus-Pure-Branche) par son père, mírzá mihdí était son second fils survivant. il avait la même mère, navvábih Khánum, que ‘abdu’l-Bahá (Ghus∂nu’lláhu’l-a’z∂am : la Plus-Grande-Branche). en 1870, il avait vingt-deux ans. il aimait, le soir, monter sur le toit de la citadelle pour y prier et méditer. de là on découvrait une vue superbe sur le bleu profond de la méditerranée, avec en fond la silhouette du mont Carmel et, de l’autre côté, la plaine d’acre qui s’étend majestueusement jusqu’au mont hébron. un soir qu’il faisait les cent pas sur ce toit, plongé dans ses pensées, mírzá mihdí ne remarqua pas une ouverture par laquelle il tomba à l’étage en dessous, sur une caisse qui lui perça la poitrine. la blessure était mortelle.
áqá h∆usayn-i-áshchí se souvenait que le bruit de la chute et le bruit que firent les compagnons en se précipitant firent sortir Bahá’u’lláh de sa chambre. il s’inquiéta de ce qui était arrivé. la Plus-Pure-Branche expliqua qu’il pensait toujours à compter ses pas en allant vers cette ouverture, mais que ce soir-là il avait oublié.
on appela un médecin italien mais ses soins furent inutiles. Bien que souffrant beaucoup, la Plus-Pure-Branche restait attentif aux visiteurs, aux compagnons qui venaient s’asseoir près de lui, ou qui s’occupaient de ses besoins. áqá h∆usayn se souvenait qu’il exprimait sa gêne à être obligé de rester allongé en leur présence.
vingt-deux heures après sa chute, il expira. áqá h∆usayn entendait encore Bahá’u’lláh se lamentant : « ô mihdí ! ô mihdí ! » il revoyait Bahá’u’lláh demander à son fils peu avant qu’il meure : « áqá, que désires-tu, dis-le moi. » et mírzá mihdí de répondre : « Je désire que le peuple de Bahá puisse te rencontrer » « il en sera ainsi, lui répondit Bahá’u’lláh. dieu t’accordera ce vœu. » il mourut le 23 juin 1870 (23 rabí‘u’l-avval 1287 de l’hégire).
le Gardien de la foi bahá’íe écrit :
dans la Gloire du Père
la dernière supplication qu’il adressa à un père désolé fut que sa vie puisse être acceptée en rançon pour ceux qui n’avaient pas pu atteindre la présence de leur Bien-aimé.
dans une prière d’une signification profonde, que Bahá’u’lláh révéla en mémoire de son fils - prière qui élève sa mort au rang de ces grands actes de rachat correspondant au sacrifice qu’abraham se disposait à faire de son fils, à la crucifixion de Jésus-Christ et au martyre de l’imam h∆usayn, on lit ce qui suit : Ô mon dieu, j’ai sacrifié ce que tu m’as donné, afin que tes serviteurs puissent être ranimés et que tout ce qui demeure sur la terre soit uni, et encore ces paroles prophétiques, adressées à son fils martyr : tu es le dépôt de dieu et son trésor en ce pays. bientôt, dieu révélera, par toi, ce qu’il a désiré. 1
áqá h∂usayn raconte encore que shaykh mah∂múd, dont nous dirons bientôt la merveilleuse histoire, demanda à la Plus-Grande-Branche l’honneur de laver et de couvrir de son linceul le corps de la Plus-Pure-Branche afin que les gardes ne posent pas leurs mains sur ce qui est sacré. on dressa une tente dans la cour, sous laquelle on coucha le corps de mírzá mihdí et, avec l’aide de quelques compagnons (dont áshchí lui-même) qui portèrent de l’eau et d’autres accessoires, shaykh mah∂múd prépara le corps du fils martyr de Bahá’u’lláh pour son enterrement. la Plus-Grande-Branche, affligé par le décès de son frère bien-aimé, le visage marqué de douleur, faisait les cent pas à l’extérieur de la tente en surveillant.
áqá rid∂á indique que les notables d’acre se joignirent au cortège funèbre. le Gardien de la foi bahá’íe écrit encore :
lorsque, en présence de Bahá’u’lláh, fut terminée la toilette de celui qui avait été créé de la lumière de bahá, dont la douceur fut attestée par la plume suprême de Bahá’u’lláh, et dont les mystères de l’ascension furent mentionnés par cette même plume, celui-là fut transporté, sous l’escorte des gardes de la forteresse, et enterré au-delà des murs de la cité, en un lieu contigu au tombeau de nabí sálih. soixante-dix ans plus tard, ses restes devaient être transférés, en même temps que ceux de son illustre mère, sur les pentes du mont Carmel, à proximité de la tombe de sa sœur, et sous l’ombre du saint sépulcre du Báb.7
Pendant les quelques années de sa vie d’adulte, mírzá mihdí avait servi à son père de secrétaire et l’on possède des épîtres de Bahá’u’lláh écrites de sa belle écriture. selon le témoignage d’áqá rid∂á qui l’avait vu grandir de la jeunesse à l’âge
le Grand saCrifiCe 339
Mírzá Mihdí, ghus∂nu’lláhu’l-aπhar, la plus-pure-branche
dans la Gloire du Père adulte, il était une force parmi les compagnons et, depuis le jour où ils quittèrent Bagdad jusqu’à la fin tragique de sa courte vie pure et sans tache, il participait à leurs réunions, leur lisait ce qui avait coulé de la Plume suprême, leur enseignait des leçons de courtoisie et de patience, de dignité et de soumission radieuse à la volonté divine.
les portes s’ouvrent
quaTre mois après le décès de la Plus-Pure-Branche, le jour arriva enfin où un mouvement de troupes dans l’empire ottoman obligea les autorités à utiliser les casernes d’acre. les portes furent alors grandes ouvertes pour les exilés qui partirent vers d’autres logements à l’intérieur des murs de la ville.
Bahá’u’lláh et sa famille furent installés dans la maison de malik, dans le quartier fákhúrah, à l’ouest de la ville-prison. la majorité des compagnons furent logés dans un caravansérail appelé Khán-i-‘avámíd près du bord de mer et les autres trouvèrent des maisons séparées. áqáy-i-Kalím et sa famille s’intallèrent dans une maison située dans l’enceinte du caravansérail. le Khán-i-‘avamíd, ou Khán al-
‘umdán, avait été construit par ah∂mad al-Jazzár en utilisant des piliers apportés de Césarée ; sa tour d’horloge est une structure plus moderne construite en commémoration du jubilé du sultan ‘abdu’l-h∆amíd. il servira de première maison des pèlerins en Terre sainte et beaucoup de bahá’ís éminents dont mishkín-qalam, zaynu’l-muqarrabín et h∆ájí mírzá h∆aydar-‘alí y résidèrent. ‘abdu’l-Bahá y accueillit de nombreux pèlerins et il est probable que Bahá’u’lláh aussi le visita.
le séjour de Bahá’u’lláh dans la maison de malik dura trois mois. il s’installa ensuite dans la maison de mansúr Khavvám, située à l’opposé de la maison précédente. il y resta peu de temps avant de s’installer dans la maison de rábi’ih qu’il quitta encore quatre mois plus tard quand il lui fallut s’installer dans la maison de
‘udí Khammár où, dans les mots du Gardien, « la place était tellement insuffisante qu’au moins treize personnes des deux sexes durent loger dans la même pièce.1 »
‘udí Khammár, un notable d’acre, était un chrétien de confession catholique romaine maronite. il travaillait avec son neveu, ilyás ‘abbúd, de même confession, son voisin. ‘udí Khammár était connu pour son sens de l’économie Pourtant, à l’époque où les exilés avaient été condamnés au bannissement et à l’incarcération à acre, les gens furent surpris de voir qu’il avait l’intention de bâtir un petit palais pour lui-même non loin de Bahjí, qui était le palais de
dans la Gloire du Père
‘abdu’lláh Páshá*. Bahjí est à une demi-heure de la ville. C’est une riche demeure bien équipée, entourée d’un délicieux verger de citronniers et d’orangers, avec un grand bassin très engageant. le temps passant, le palais de ‘abdu’lláh Páshá devint la propriété des Bayd∂úns, une importante famille musulmane d’acre qui sera toujours hostile à la religion de Bahá’u’lláh. lorsqu’au début du vingtième siècle une commission d’enquête fut envoyée par les autorités d’istanbul dans le seul but de condamner ‘abdu’l-Bahá, ses membres furent accueillis dans la demeure de
‘abdu’l-Ghaní Bayd∂ún. ‘udí Khammár se lança dans la construction de son petit palais. ilyás ‘abbúd ne voulut pas suivre un projet qu’il jugeait insensé, mais d’autres membres de la famille pensaient différemment et se firent construire un certain nombre de maisons autour de la demeure de ‘udí Khammár. lorsque Khammár déménagea dans son nouveau palais, il loua sa maison dans la ville d’acre à Bahá’u’lláh. ilyás ‘abbúd
* C’est aujourd’hui un centre gouvernemental pour handicapés
khán-i-‘avámíd ou khán al-‘Umdán où résidèrent
de nombreux compagnons de bahá’u’lláh
les PorTes s’ouvrenT 343
n’apprécia pas la transaction et tenta de l’empêcher. il échoua mais il fit le nécessaire pour éviter tout contact avec les exilés qu’il considéra comme des voisins tout à fait indésirables. l’événement qui suivit peu après, honteux, épouvantable, mais sans doute inévitable, sembla justifier les pires craintes d’ilyás ‘abbúd. Ce fut le meurtre de trois azalís par sept bahá’ís, événement révoltant qui augmenta considérablement la rigueur et la dureté de la vie de Bahá’u’lláh et qui arracha de son cœur ce cri :
ma captivité ne peut me faire de mal. Ce qui peut me faire du mal, c’est la conduite de ceux qui m’aiment, qui se réclament de moi et qui, pourtant, commettent ce qui fait gémir mon cœur et ma plume. (...) ma détention ne peut m’apporter aucune honte.
et même, par ma vie, elle me confère de la gloire. Ce qui peut me faire honte, c’est la conduite de ceux de mes disciples qui font profession de m’aimer et qui, en fait, suivent pourtant le malin.2
on se rappellera que deux azalís, partisans de mírzá yah∂yá, avaient été envoyés à acre par les autorités pour y être enfermés avec les bahá’ís. C’étaient siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání (l’antéchrist de la révélation bahá’íe) et áqá Ján-i-Kaj-Kuláh, de salmás en azerbaïdjan. en arrivant à acre ils avaient demandé à être logés ailleurs. on trouva une chambre à leur convenance, située au-dessus des portes de la ville et de la prison appelée límán, dans laquelle on jetait les hors-la-loi. de là, ils pouvaient espionner et surveiller étroitement tous ceux qui entraient dans acre. ils pourraient ainsi dénoncer immédiatement aux autorités l’arrivée d’un disciple de Bahá’u’lláh qu’ils auraient reconnu. C’est grâce à leurs machinations que nabíl-i-a’z∂am et áqá muh∂ammad-‘alíy-i-qá’iní furent expulsés d’acre dès qu’ils passèrent les portes. ils firent mieux, ils leurrèrent un habitant qui représentait le consulat iranien en lui promettant de grandes récompenses et des décorations s’il se joignait à eux pour contrecarrer les projets bahá’ís. Cet homme fut directement responsable de l’expulsion immédiate d’áqá ‘abdu’r-rasúl-i- zanjání et ceux qui l’accompagnaient. un jour, na’ím effendi arriva de Chypre. C’est mishkín-qalam, le célèbre calligraphe qui avait été exilé dans cette île qui lui avait fait connaître la religion bahá’íe. na’ím effendi embrassa cette religion avec zèle et rencontra Bahá’u’lláh. la Plus-Grande- Branche lui confia des lettres à emporter.
dans la Gloire du Père
Vue aérienne d’acre
voir ci-contre pour les légendes
les PorTes s’ouvrenT 345
lieux d’acre en rapport avec bahá’u’lláh
1. Porte de la mer par laquelle Bahá’u’lláh entra à
pendant trois jours après le meurtre des azalís.
acre le 31 août 1868.
Bahá’u’lláh fut placé dans une des pièces à l’étage
2. Trajet le long duquel, selon une tradition orale,
après la nuit passée au Khán-i-shávirdí. les sept
Bahá’u’lláh fut emmené jusqu’à l’entrée orientale
bahá’ís coupables du meurtre y passèrent plusieurs
de la Citadelle le 31 août 1868.
années.
3. la citadelle et les casernes où Bahá’u’lláh et ses
13. mosquée d’al-Jazzár, où fut lu en public, et
compagnons furent enfermés pendant deux ans,
peu après son arrivée, le décret du sultan exilant
deux mois et cinq jours. Bahá’u’lláh et incitant la population à craindre et à
3a. Cellule de Bahá’u’lláh dans la Citadelle.
haïr les exilés. on donna plus tard à ‘abdu’l-Bahá
4. Bains publics. Bahá’u’lláh s’y rendait toutes les
une pièce dans le séminaire situé dans la cour de la
semaines, seule possibilité de sortie de la Citadelle.
mosquée, en signe du respect dans lequel on le
C’est là que h∆ájí amín pu entrer en présence de
tenait.
Bahá’u’lláh, premier pèlerin à le faire.
14. as-súq al-abyad∂ (le bazar blanc) ; toute proche
5. l’église st-andré près de laquelle sont situées
était la maison de mírzá músá, áqáy-i-Kalím, que
les maisons de malik et de Khavvám, que
Bahá’u’lláh visita souvent.
Bahá’u’lláh occupa pendant quelques mois chacu-
15. mausolée de nabí-s∆álih∂, entouré d’un cimetiè-
ne, après sa libération de la Citadelle.
re qui fut le premier lieu de repos du corps de la
6. mausolée de shaykh Ghánim, près duquel se Plus-Pure-Branche avant sa translation à haïfa.
trouve la maison de rábi’ih, habitée par
d’autres compagnons de Bahá’u’lláh y sont enter-
Bahá’u’lláh pendant quatre mois, après celle de
rés.
Khavvám.
16. la Porte de la Terre par laquelle Bahá’u’lláh
7. maison de ‘Údí Khammár où Bahá’u’lláh vécut
quitta acre en juin 1877. C’était la seule porte
pendant deux ans et révéla le Kitáb-i-aqdas.
d’entrée de la ville avant le mandat britannique.
8. maison de ‘abbúd, mitoyenne de celle de ‘Údí
Bahá’u’lláh, ‘abdu’l-Bahá et les compagnons
Khammár dont purent disposer Bahá’u’lláh et sa
l’utilisèrent souvent.
famille en 1873. Bahá’u’lláh y vécut pendant
17. l’aqueduc réparé par ah∂mad Big Tawfíq, sur la
quatre ans, dans une pièce dominant la mer.
suggestion de Bahá’u’lláh. la portion de l’aqueduc
9. Khán-i-'avámíd (Khán al-'umdán ou Khán-i- montrée sur la carte ne se voit plus aujourd’hui,
Jurayní). de nombreux compagnons de
mais on peut en voir d’autres parties sur la route
Bahá’u’lláh y vécurent dans les ailes nord et est.
vers Bahjí et mazra’íh.
les pèlerins y résidaient aussi.
18. l’église st-George dont ‘Údí Khammár et sa
10. le palais du gouverneur où Bahá’u’lláh fut
famille étaient de généreux donateurs. le terrain
interrogé après le meurtre des trois azalís le 22 jan-
autour de l’église et s’étendant jusqu’à l’église st-
vier 1872. C’est aujourd’hui une école.
andré forme le quartier chrétien de la ville.
11. Khán-i-shávirdí dans lequel Bahá’u’lláh fut
19. Khán-i-afranj où résidèrent quelques croyants
emprisonné pendant une nuit, et plusieurs de ses
comme áqá ‘abdu’l-Ghaffár-i-is∂fahání et mírzá
compagnons pendant plus longtemps, après le
rid∂áy-i-qannad.
meurtre des trois azalís du 22 janvier 1872. C’est 20. Brèches ouvertes dans les remparts pendant le
aujourd’hui une école.
mandat britannique. les lignes en pointillé mon-
12. la límán où ‘abdu’l-Bahá fut emprisonné
tent les principales routes actuelles.
dans la Gloire du Père
les azalís et l’agent du consulat iranien découvrirent ce qui se passait et firent arrêter na’ím effendi alors qu’il partait pour haïfa. les lettres qu’il portait furent confisquées et lui-même fut emmené à Beyrouth et jeté en prison où il languit pendant six mois. la Plus-Grande-Branche fit tous ses efforts pour convaincre l’agent persan de cesser ses abominables desseins, mais il était profondément influencé par les azalís. d’après nabíl-i-a’z∂am, même César Catafago qui était devenu un disciple de Bahá’u’lláh et dont le père, Khájih louis, agent consulaire français à acre*, avait envoyé l’épître adressée à napoléon iii, fut, pendant un certain temps complètement retourné par siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání ; mais après un certain temps il comprit son erreur et retourna à son ancienne allégeance. na’ím effendi fut libéré, retourna à Chypre où il prospéra et, selon áqá rid∂á, il accéda à une haute position après l’annexion de l’île par les Britanniques. áqá rid∂á relate aussi que na’ím effendi revint une seconde fois à acre, avec ses deux fils qu’il amenait à istanbul pour y suivre des études supérieures. quand on lui demanda s’il savait ce qui était advenu à celui qui lui avait causé tant de souffrances, il répondit qu’il n’avait aucune rancune envers lui. en fait, le méchant se fait mal lui-même, dit-il, et dieu agit avec justice. l’agent consulaire persan connaissait réellement de mauvais jours, ayant perdu sa famille, son commerce, sa propriété et presque sa raison.
repentant, il venait parfois voir les bahá’ís pour exprimer ses remords et ses regrets pour les souffrances qu’il avait causées alors qu’il était au sommet du pouvoir. au moment où les portes de la prison s’ouvrirent pour les exilés, siyyid muh∂ammad et Kaj-Kuláh avaient été rejoints par le beau-frère de mírzá yah∂yá, mírzá rid∂á-qulí, que Bahá’u’lláh avait expulsé de la compagnie de ses disciples à la suite de ses nombreux méfaits. il avait à de nombreuses reprises brisé ses promesses solennelles et ses actions ne pouvaient plus être tolérées. avec ce renfort les azalís intensifièrent leurs néfastes activités. Plus ils faisaient preuve d’audace, plus Bahá’u’lláh conseillait aux compagnons patience et indulgence. Par ailleurs,
* louis Catafago était l’agent consulaire français pour acre et pour haïfa pendant un certain nombre d’années.
mary rogers, dans son ouvrage domestic life in palestine le décrit comme il paraissait en 1858 : « l’un de nos voisins, le signor louis Catafago, veuf, était le plus riche et le plus influent des chrétiens arabes de haïfa et plus versé en littérature arabe que n’importe qui en Pashalíc. il parlait bien l’italien et le français et vivait dans un style à moitié européen. ses fils, au collège, étaient vêtus à l’européenne, alors que ses filles, plus jeunes, étaient très orientales. » (p. 384-385)
les PorTes s’ouvrenT 347
la maison de ‘abbúd. la maison de ‘Údí khammár est à l’arrière du bâtiment. bahá’u’ll1ah vécut dans les deux maisons.
il occupa finalement la pièce avec balcon avec cette liberté nouvelle dont tous bénéficiaient maintenant, les azalís passaient leur temps à trouver de nouveaux alliés pour faire du mal aux bahá’ís.
Puis Bahá’u’lláh révéla la tablette connue sous le nom de tablette du feu, d’après son premier verset : « en vérité, le cœur des fidèles se consume dans le feu de la séparation. »
unique parmi les écrits de l’auteur de la religion bahá’íe, ce texte fait immédiatement penser à cette intense communion mystique que le Christ expérimenta pendant la dernière nuit de sa vie dans le jardin de Gethsémani, ainsi que le cri qu’il lancera le jour suivant sur la croix : « mon dieu, mon dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » en lisant la tablette du feu, on est ému jusqu’au plus profond de soi par l’agonie de la manifestation suprême de dieu :
dans la Gloire du Père
Bahá se noie dans un océan de tribulations : où est l’arche de ton salut, ô sauveur des mondes ?… les branches de l’arbre divin gisent brisées par les vents impétueux du destin : où sont les bannières de ton secours, ô défenseur des mondes ?…les vents empoisonnés de la sédition jaunissent les feuilles : où sont les ondées des nuages de ta générosité, ô donateur des mondes ?…
vient alors la réponse :
ô Plume suprême, nous avons entendu ton plus mélodieux appel dans le royaume éternel : Prête l’oreille à ce que dit la langue de grandeur, ô victime des mondes ! sans le froid, comment pourrait prévaloir la chaleur de tes paroles, ô interprète des mondes ?
sans les calamités, comment pourrait briller le soleil de ta patience, ô lumière des mondes ? ne te lamente pas à cause des méchants. Tu fus créé pour subir et endurer, ô Patience des mondes !… Tu as planté la bannière de l’indépendance sur les plus hauts sommets, et fait surgir l’océan de générosité, ô extase des mondes ! Ta solitude fait resplendir le soleil de l’unicité et ton bannissement embellit la terre d’unité. sois patient, ô toi, exilé des mondes !
nous avons fait de l’humiliation le vêtement de ta gloire, de l’affliction l’ornement de ton temple, ô orgueil des mondes ! Tu vois les cœurs remplis de haine, alors montre-toi indulgent, ô toi qui caches les pêchés des mondes !…
Puis, de nouveau, la manifestation suprême du dieu Tout-puissant parle : oui, j’entends ton appel, ô Très-Glorieux Bien-aimé ! maintenant la chaleur des tribulations et le feu de ta parole étincelante enflamment le visage de Bahá. il se présente, fidèle, au lieu du sacrifice, aspirant à ton bon plaisir, ô ordonnateur des mondes !3
qu’on n’aille pas sous-estimer les risques, les dangers et la gravité extrême de la situation provoquée par les activités des azalís et leurs associés pour les bahá’ís enfermés dans acre. le harcèlement était épuisant, ininterrompu et en augmentation constante. la vie même de Bahá’u’lláh était mise en danger par le venin de leur hostilité.
d’après áqá rid∂á, le fait que l’opinion et l’attitude des notables et des fonctionnaires, à l’esprit empoisonné par les azalís, soient régulièrement transformées après chaque rencontre avec la Plus-Grande-Branche, augmentait chez ces malfaiteurs
les PorTes s’ouvrenT 349
leur fureur et leur audace. Poussés par une haine et une jalousie sans borne, ils faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour blesser Bahá’u’lláh et pour jeter le discrédit sur lui, sur sa cause et sur ses disciples. de plus, depuis la rupture de mírzá yah∂yá, qu’ils avaient suivi, áqá rid∂á nous apprend que mírzá rid∂á-qulí et sa sœur Badrí-Ján n’en faisaient qu’à leur tête et voulaient pour eux ce qu’il y avait de mieux. mírzá fad∂lu’lláh, fils de mírzá nas∂r’ulláh qui était mort à andrinople, et áqá ‘az∂ím-i-Tafrishí, qui étaient venus de Téhéran comme serviteurs des deux frères nas∂ru’lláh et rid∂á-qulí, se séparèrent de mírzá rid∂á-qulí et Badrí-Ján et cessèrent de les voir. Cette séparation enragea mírzá rid∂á-qulí à un point tel qu’il alla jusqu’à réunir quelques écrits de Bahá’u’lláh, en corrompit le texte par des altérations et des interprétations dans le but de leur donner un sens hérétique, anti-social et provoquant qu’il répandit largement dans le public pour l’inciter à la violence.
C’est alors que certains disciples de Bahá’u’lláh commencèrent à penser aux moyens de faire cesser ces activités. en dehors d’áqá h∂usayn et d’áqá rid∂á, dont nous avons utilisé les récits, nos sources pour ce terrible épisode comportent deux textes historiques, l’un de mírzá áqá Ján, le secrétaire de Bahá’u’lláh, et l’autre de áqá muh∂ammad-Javád-i-qazvíní. Ces deux hommes furent des témoins oculaires et tous les deux brisèrent l’alliance de Bahá’u’lláh après son ascension.
un arabe bahá’í nommé nás∂ir, connu aussi sous le nom de h∂ájí ‘abbás, vint de Beyrouth à acre, déterminé à faire taire les semeurs de troubles. Très probablement, il s’agit du même nás∂ir qui était impliqué dans le meurtre de h∆ájí mírzá ah∂mad-i-Káshání à Bagdad*. dès son arrivée à acre, son but devint clair et, non seulement Bahá’u’lláh ne le soutint pas mais il lui ordonna rapidement de retourner à Beyrouth, ce qu’il fit. muh∂ammad-Javád cite une épître adressée à nás∂ir qui le poussa à repartir. Ci-dessous, voici la traduction de ce texte, d’après le professeur Browne :
il est le soutien.
Je témoigne que tu as aidé ton seigneur et que tu es l’un de ses soutiens. Toutes
* d’après la chronique de nabíl, on trouve dans les compagnons de ∏áhirih qui l’accompagnent dans son voyage de Bagdad vers la Perse, un certain ‘ábid et son fils nás∂ir qui devint connu plus tard sous le nom de h∆ájí
‘abbás. si ce nás∂ir est le même homme, et tout le fait penser, on peut dire alors que ses actions subséquentes reflètent un peu la ferveur et l’impétuosité qu’on pouvait trouver dans l’entourage de la célèbre héroïne bábíe.
dans la Gloire du Père
ärcher
dolf k
cre prise en 1914 par a
Vue aérienne d’a
les PorTes s’ouvrenT 351
choses témoignent de [la vérité] de mon témoignage : voilà le fond de la question, si tu es de ceux qui savent. aux yeux de ton seigneur, l’omniscient, qui comprend tout, le devoir d’aide c’est de faire ce qu’il te demande et approuve. va et ne fais pas ce d’où sortiraient des troubles ! mets ta confiance en dieu. Certes, il prendra qui il voudra, car il a le pouvoir sur toute chose. nous avons accepté tes intentions dans le chemin de dieu. retourne à ta place et commémore ton seigneur, le Puissant, le loué. » 4
après le départ de nás∂ir, quelques compagnons qui trouvaient cette situation tendue intolérable supplièrent Bahá’u’lláh de leur donner la permission d’agir avec les fauteurs de troubles selon leurs méthodes pour mettre fin à leurs activités sataniques. mais Bahá’u’lláh, loin de leur accorder la permission qu’ils désiraient, leur conseilla avec force d’éviter toute violence et toute vengeance. apparemment, muh∂ammad-ibráhím-i-Káshání lui-même rejoignit ces hommes mais s’en retira à la suite de l’injonction de Bahá’u’lláh. muh∂ammad-Javád rapporte qu’il était présent lorsqu’áqá muh∂ammad-ibráhím-i-Káshání suppliait Bahá’u’lláh de leur donner la permission d’éliminer siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání et ses associés.
Bahá’u’lláh ordonna à muh∂ammad-Javád de rentrer chez lui et d’y rester ; il ordonna aussi à son frère, mírzá muh∂ammad-qulí, de faire sortir áqá muh∂ammad-ibráhím, ce qu’il fit.
sept compagnons choisirent d’ignorer la forte injonction de Bahá’u’lláh : áqá muh∂ammad-i-ibráhím-i-náz∂ír, mírzá h∆usayn-i-najjár (originaire aussi de Káshán), áqá h∆usayn-i-áshchí (aussi de Káshán), mírzá Ja’far de yazd, ustád ah∂mad-i-najjár, áqá muh∂ammad-‘alíy-i-salmání et ustád ‘abdu’l- Karím-i-Kharrát, tous les deux d’ispahan. ils complotèrent pour débarrasser acre et les exilés du cauchemar causé par ces hommes mauvais. l’agitation était si grande dans toute la communauté que Bahá’u’lláh préféra s’isoler de tous. il fit ce qu’il avait déjà fait à andrinople au moment où la rébellion de mírzá yah∂yá allait bientôt éclater au grand jour : ne recevant personne, ne rencontrant personne.
les sept hommes persistèrent malgré tout dans leurs plans et commirent ces meurtres répugnants. ainsi moururent siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání, l’antéchrist de la révélation bahá’íe, l’incorrigible áqá Ján-i-Kaj-Kuláh, bras droit de siyyid muh∂ammad depuis andrinople et le capricieux mírzá rid∂á- qulíy-i-Tafrishí. disons clairement que rien ne justifie le meurtre. mais on peut deviner la pres-
dans la Gloire du Père
sion supportée par les bahá’ís par le fait que l’un des sept assassins était áqá h∆usayn-i-áshchí dont nous citons souvent des extraits de ses mémoires. il est vrai qu’áqá h∆usayn était têtu et obstiné. il avait déjà tenu tête aux plus hautes autorités. mais il avait grandi dans la maison de Bahá’u’lláh depuis le début du séjour à Bagdad et son dévouement était total et sans équivalent. Pourtant, il succomba aux pressions exercées sur les bahá’ís par leurs adversaires.
il se trouve que les trois azalís logeaient dans une maison en face du Seraye. le bruit des coups de feu, les cris et les hurlements firent sortir de chez lui s∆álih∂ Páshá, le mutas∂arrif. alors le vacarme éclata, écrit áqá rid∂á : « Tous, jeunes et vieux, notables et petites gens, le gouverneur et le chef de la police, et l’armée, se levèrent comme un seul homme, armés de fusils et d’épées, ils se dirigèrent vers les maisons de Bahá’u’lláh et des compagnons, arrêtant tous ceux qu’ils rencontraient.
le mutas∂arrif, sa suite et l’armée entourèrent la maison de la Perfection bénie.
C’était en fin d’après-midi… »
C’était le moment de la journée où Bahá’u’lláh avait l’habitude de révéler des versets : « en vérité, la mer de calamité s’enfle et les rafales couchent l’arche de dieu, l’universel, l’absolu. ô nautonier, ne crains pas les bourrasques car Celui qui fait se lever l’aurore est avec toi dans cette obscurité qui enveloppe les mondes. » 5
une heure après le coucher du soleil un officier, un fonctionnaire que muh∂ammad-Javád appelle sa’íd Big, et ilyás ‘abbúd pénétrèrent dans le birúní. la Plus-Grande-Branche, áqá muh∂ammad-‘alíy-i-is∂fahání, h∆usayn-áqáy-i-Tabrízí et muh∂ammad-Javád-i-qazvíní étaient présents. les fonctionnaires leur demandèrent de les suivre jusqu’au Seraye. Puis ils demandèrent que Bahá’u’lláh vienne aussi. la Plus-Grande-Branche alla dans les quartiers privés et présenta leur requête à Bahá’u’lláh qui sortit de la maison. Comme il faisait très noir, un homme éclaira le chemin avec une lanterne.
áqá ridá nous dit que tous ceux qui rencontrèrent Bahá’u’lláh sur la route conduisant à la maison du gouverneur s’étonnèrent de la puissance émanant de sa personne. l’un des habitants d’acre, en le voyant ce jour-là, crut immédiatement en lui et rejoignit les rangs des compagnons. le Gardien écrit :
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la consternation qui s’empara d’une communauté déjà accablée fut indescriptible.
l’indignation de Bahá’u’lláh ne connut plus de bornes. dans une tablette révélée peu de temps après cet acte, Bahá’u’lláh exprime ainsi son émotion : S’il nous fallait raconter tout ce qui nous est arrivé, les cieux se fendraient et les montagnes s’écrouleraient. 6
lorsque Bahá’u’lláh entra dans le Seraye, écrit muh∂ammad-Javád-i-qazvíní, s∆álih∂ Páshá le mutas∂arrif, salím mulkí le secrétaire général et d’autres fonctionnaires présents se levèrent. en entrant, Bahá’u’lláh prit un siège de l’autre côté de la pièce. le silence complet fut rompu par le commandant de la garnison : « est-il convenable que vos hommes accomplissent un acte aussi odieux ? » à quoi Bahá’u’lláh répondit : « si un soldat sous vos ordres brise une règle, serez-vous tenu pour responsable et puni ? » le silence retomba puis, d’après áqá rid∂á, Bahá’u’lláh se leva et passa dans une autre pièce.
les fonctionnaires partirent alors à la recherche d’autres compagnons. mírzá muh∂ammad-qulí, mírzá muh∂ammad-‘alí le deuxième fils vivant de Bahá’u’lláh et mírzá áqá Ján furent emmenés mais áqáy-i-Kalím étant malade, ils le laissèrent tranquille. muh∂ammad-Javád-i-qazvíní écrit que pendant toute la nuit la ville tout entière fut très agitée. Cette nuit-là, un vapeur russe jeta l’ancre devant acre et les fonctionnaires interdirent immédiatement tout entrée et toute sortie venant du navire. quatre heures après le coucher du soleil, on fit sortir Bahá’u’lláh du bureau du gouverneur et on le plaça avec son fils mírzá muh∂ammad-'alí dans une pièce du Khán-i-shávirdí*, la Plus-Grande-Branche était enfermé dans la prison límán et áqá mírzá muh∂ammad-qulí était placé encore ailleurs. on permit à mírzá áqá Ján d’aller à la maison chercher ce dont Bahá’u’lláh avait besoin pour la nuit puis il fut placé avec un certain nombre d’autres compagnons dans la prison du Seraye. en parlant de ces événements, le Gardien de la foi bahá’íe écrit : Bahá’u’lláh fut (...) détenu la première nuit, avec l’un de ses fils, dans une chambre du Khán-i-shávirdi ; transféré pour les deux nuits suivantes dans un logement plus convenable, au voisinage, il ne fut autorisé à regagner son domicile que soixante-dix
* Khán-i-shávirdí est l’un des caravansérails d’acre, construit probablement par al-Jazzár ou par sulaymán Páshá.
dans son coin sud-ouest on trouve le Burju’s-sulπán la seule encore debout des nombreuses tours des croisés qui entourèrent acre. l’aile est de ce khán est adjacente à la límán et servait d’extension à la prison, c’est donc probablement là que Bahá’u’lláh et son fils furent emprisonnés.
dans la Gloire du Père
khán-i-Shávirdí : à droite le burju’s-Sulπán et, derrière l’endroit où il est probable que les compagnons furent enfermés. heures plus tard. ‘abdu’l-Bahá fut jeté en prison et enchaîné la première nuit, après quoi il fut autorisé à rejoindre son père. vingt-cinq de leurs compagnons furent enfermés dans une autre prison et mis aux fers… 7
áqá rid∂á parle de h∂ájí ‘alí-'askar, cette âme dévouée qui, à andrinople, avait accepté volontiers le bannissement vers acre et l’emprisonnement. Ce croyant de la première heure avait rencontré le Báb des dizaines d’années avant et avait immédiatement embrassé sa cause. Comme il avait été absent de chez lui toute la journée, il n’avait pas été arrêté, mais ayant appris l’incarcération de ses coreligionnaires, il ne put dormir de la nuit et, dès l’aube, il se précipita vers le Seraye et frappa à la porte.
on lui dit de partir et de cesser de faire du bruit, mais il continua à frapper en disant qu’il devait partager leur sort. Pour le calmer il fallut le jeter en prison avec le reste des compagnons et il se retrouva dans la même pièce que Bahá’u’lláh.
finalement, le gouverneur télégraphia tout ce qui s’était passé à s∆ubh∂í Páshá, le vali de syrie qui n’apprécia pas la manière dont Bahá’u’lláh avait été traité et réprimanda le mutas∂arrif. le jour suivant Bahá’u’lláh était placé dans une pièce au-dessus de la límán.
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khán-i-Shávirdí
l’après-midi du troisième jour, muh∂ammad-Javád écrit que Bahá’u’lláh, la Plus-Grande-Branche, mírzá muh∂ammad-'alí et mírzá muh∂ammad-qulí furent de nouveau conduits dans le bureau du mutas∂arrif. Bahá’u’lláh souffrait ce jour-là d’une légère fièvre et lorsqu’il dit au gouverneur et au mufti qu’ils n’avaient pas agi selon les décrets de dieu, le gouverneur l’informa qu’il était libre de retourner chez lui. lorsqu’il se leva ils se levèrent tous et, avec humilité s’excusèrent pour leur attitude tyrannique. alors, suivi de ses trois fils et de mírzá áqá Ján, il retourna à sa demeure.
le Gardien décrit ainsi l’événement :
lors de son interrogatoire, on lui demanda de décliner son nom et celui du pays d’où il venait. Ceci est plus évident que le soleil, répondit-il. on lui posa de nouveau la même question à laquelle il donna cette réponse : Je ne juge pas à propos d’en parler.
reportez-vous au farmán du gouvernement qui se trouve entre vos mains. une fois de plus, avec une déférence marquée, ils réitérèrent leur demande, sur quoi Bahá’u’lláh prononça, avec puissance et majesté, ces paroles : mon nom est Bahá’u’lláh (lumière de dieu), et mon pays est núr (lumière). soyez- en informés. se tournant alors vers le mufti, il lui adressa des reproches voilés, puis il parla à toute l’assemblée dans un lan-
dans la Gloire du Père
gage si véhément et si élevé que nul n’osa lui répondre. après avoir cité des versets de la Súriy-i-Mulúk, il se leva et quitta l’assemblée. aussitôt après, le gouverneur lui fit savoir qu’il était libre de retourner chez lui, en exprimant ses regrets pour ce qui s’était passé.8
les sept meurtriers furent enfermés à la límán où ils restèrent sept ans. seize autres compagnons furent placés dans la même pièce du caravansérail où Bahá’u’lláh avait été détenu. ils y restèrent enfermés six mois.
dans son ouvrage, muh∂ammad-Javád-i-qazvíní parle ensuite du meurtre, antérieur à celui-ci, de deux autres personnes qu’il nomme h∆usayn-'alí de Káshán, connu sous le nom de Khayyáπ-Bashí, et h∆ájí ibráhím, lui aussi de Káshán. mais il ne donne pas le nom des assassins. Ces deux hommes, qui avaient toujours été inconstants, avaient gardé des liens avec les azalís tout en vivant avec les compagnons dans le Khán al-'umdán. d’après muh∂ammad-Javád, un jour, dans le bazar, h∆ájí ibráhím dénonça, en présence de l’intéressé, áqáy-i-Kalím au mufti. Cette action répréhensible souleva la colère des compagnons et quelques-uns d’entre eux (leurs noms ne sont pas donnés) les auraient assassinés avant de les enterrer dans une pièce de l’auberge. Cela se passait à un moment où, à cause de l’animosité montante des azalís, Bahá’u’lláh avait cessé de recevoir quiconque. mais siyyid-muh∂ammad avait remarqué leur disparition qu’il rapporta aux autorités. il n’y avait alors aucune raison de soupçonner un crime. mais après l’assassinat des trois azalís, le meurtre des deux káshánís refit surface. muh∂ammad-Javád ne mentionne toujours pas de noms mais indique qu’on apprit aux autorités que les deux hommes étaient morts du choléra et pour éviter qu’ils soient tous mis en quarantaine, on les avait immédiatement et discrètement enterrés dans une pièce du caravansérail. les autorités exhumèrent les corps et les enterrèrent près de ceux des azalís.
un autre point intéressant dans le texte de muh∂ammad-Javád-i-qazvíní est qu’il appelle Badr-i-Ján la femme de mírzá yah∂yá, sœur de mírzá rid∂á- qulíy-i-Tafrishí, qu’on appelle ailleurs Badrí-Ján. quant aux seize hommes emprisonnés dans le Khán-i-shávirdí, voici leurs noms : h∆ájí ‘alí-'askar-i- Tabrízí, son fils h∆usayn-áqá, et son frère mashhadí faππáh∂ ; hájí Ja’far et son frère hájí Taqí ; muh∂ammad-Javád-i-qazvíní lui-même ; áqá faraj-i- sult∂ánábádí ; áqá rid∂áy-i-shírází ; mírzá mah∂múd-i-Káshání ; hájí faraju’lláh-i-Tafrishí ; áqá ‘az∂ím-i-Tafríshí ; áqá
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muh∂ammad-'alíy-i-is∂fahání ; áqá muh∂ammad-i-'alíy-i-yazdí ; darvísh s∆idq-
'alíy-i-qazvíní ; áqá muh∂ammad-ibráhím-nayrízí connu sous le nom d’amír- i-nayzírí et h∆ájí áqáy-i-Tabrízí.
nabíl-i-a’z∂am et áqá muh∂ammad-h∆asan, le fils de ustád Báqir-i-Káshání, furent aussi détenus pendant quelques jours, mais parce qu’ils ne faisaient pas partie du groupe des exilés, ils furent envoyés à Tripoli près de Beyrouth. la situation dans laquelle Bahá’u’lláh et ses compagnons se trouvaient est décrite par le Gardien :
une population déjà mal intentionnée envers les exilés fut, après un pareil incident, enflammée d’une animosité effrénée contre tous ceux qui portaient le nom de la foi pro-fessée par ces exilés. les accusations d’impiété, d’athéisme, de terrorisme et d’hérésie leur furent, ouvertement et sans retenue, jetées à la figure. (…) même les enfants des exilés retenus en prison, quand ils s’aventuraient à se montrer dans les rues pendant cette période, furent poursuivis, dénigrés et bombardés de pierres.
la coupe des tribulations de Bahá’u’lláh était maintenant prête à déborder…
même ilyás ‘abbúd fut si inquiet et même terrifié qu’il entreprit de barricader sa maison pour en empêcher tout accès depuis la maison de ‘Údí Khammár, dans laquelle vivait Bahá’u’lláh.
áqá rid∂á nous a laissé une image très forte des jours de leur détention dans le Khán-i-shárvirdí. les artilleurs chargés de les surveiller s’inquiétaient du moindre de leurs mouvements et les traitaient avec une grande rudesse. les exilés étaient constamment insultés. Pourtant, peu à peu, leur attitude et leur gentillesse brisèrent toutes les barrières au point que leurs geôliers leur avouèrent qu’on les avait montés contre eux. le jour vint enfin où, bien avant leur libération, les exilés furent autorisés à visiter d’autres maisons ainsi que la maison de Bahá’u’lláh. dans l’après-midi ils invitaient les artilleurs et les policiers à boire du thé. ils plantèrent des fleurs dans la cour et s’occupèrent de la propreté de l’auberge. les geôliers finirent par leur avouer leur dégoût de l’attitude des gens haut placés qui restaient inébranlables, refusant de libérer définitivement les exilés. mais la libération était proche. le gouverneur fut révoqué et ah∂mad Big Tawfíq, un homme juste, le remplaça.
36.
la roue tourne
enfin, nous dit áqá rid∂á, les artilleurs se révoltèrent contre les tergiversations des autorités. ils prirent quelques exilés avec eux et, allant au Seraye, dirent carrément : « nous sommes des soldats, pas des geôliers. si ces hommes sont des criminels, jetez-les en prison. sinon, laissez-les rentrer chez eux en paix. nous refu-sons de continuer à les garder. » les autorités cédèrent et finalement le nouveau gouverneur obtint les papiers nécessaires et relâcha les compagnons qui avaient été enfermés sans raison dans le Khán-i-shávirdí.
le Gardien de la foi bahá’íe écrit :
la reconnaissance graduelle de la totale innocence de Bahá’u’lláh par toutes les couches de la population, la lente pénétration du véritable esprit de ses enseignements dans la solide croûte de leur indifférence et de leur bigoterie, le remplacement du gouverneur - dont l’esprit avait été irrémédiablement faussé au sujet de la foi et des croyants
- par ahmad Big Tawfiq, un homme perspicace et humain, les travaux ininterrompus de
‘abdu’l-Bahá, alors en pleine maturité et qui, par ses contacts avec la masse de la population, prouvait de plus en plus ses capacités d’agir en tant que bouclier de son père, le renvoi providentiel des fonctionnaires qui avaient fait prolonger la réclusion des compagnons innocents de Bahá’u’lláh, tout cela préparait la voie à la réaction qui se dessi-nait maintenant… 1
ah∂mad Big Towfíq fut si ébloui et captivé par la majesté du port, le charme des manières, la dignité de l’attitude et la grande connaissance de la Plus- Grande-Branche qu’afin de lui montrer sa révérence, il ôtait ses chaussures en sa présence.
les écrits de Bahá’u’lláh que les opposants avaient collectés pour monter les autorités contre la foi firent aussi une profonde impression sur cet homme juste, désireux d’apprendre. le Gardien écrit encore :
le bruit courut qu’il choisissait ses conseillers favoris parmi ces mêmes exilés qui étaient les disciples du prisonnier commis à sa garde. il avait coutume
dans la Gloire du Père
acre vue du nord-est, dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle. À droite, la mosquée al-Jazzár. au premier plan, l’acqueduc.
À gauche au fond, le mont carmel et haïfa.
(d’après Wilson, Picturesque Palestine )
d’envoyer son propre fils auprès de ‘abdu’l-Bahá pour qu’il l’éclaire et l’ins- truise. C’est à l’occasion d’une audience longtemps désirée avec Bahá’u’lláh que celui-ci, répondant au désir du gouverneur de lui rendre quelque service, lui suggéra de réparer l’aqueduc*, abandonné et hors d’usage depuis trente ans, suggestion qu’il s’empressa de suivre. 2
áqá rid∂á écrit que la première fois qu’ah∂mad Big Towfíq rencontra la Plus- Grande-Branche, c’était sur la plage où ‘abdu’l-Bahá était venu nager. le gouverneur vint aussi et s’assit pour l’écouter. il avait lu les écrits, remis au gouvernement pour compromettre la foi, ce qui avait eu l’effet inverse et lui avait donné envie de rencontrer ‘abdu’l-Bahá. il était très impressionné et perplexe. ainsi, voyant que
‘abdu’l-Bahá était au bord de la mer, il y vint et tous ses doutes s’envolèrent. Par la suite il fit retranscrire pour lui tous les écrits de Bahá’u’lláh qu’il avait en sa possession dans le meilleur style calligraphique.
même ilyás ‘abbúd, qui avait été horrifié de se découvrir voisin de Bahá’u’lláh, s’était calmé, et, conquis, il devint si dévoué à Bahá’u’lláh et à son fils aîné qu’il fit d’abord démolir les obstacles qu’il avait érigés entre les deux mai-
* Cet aqueduc allait de la source de Kabrí à la maison de ‘abdu’lláh Páshá à mazra’ih, puis de là jusqu’à Bahjí pour arriver à acre en entrant près du Burj al-Kummandar. le premier qui construisit un aqueduc de Kabrí jusqu’à acre fut al-Jazzár, mais il était construit à l’est de celui-ci qui fut édifié par sulaymán Páshá en 1814. il fut amélioré par ‘abdu’lláh Páshá qui s’en servait pour alimenter ses propriétés de mazra’ih et de Bahjí. mais au moment de l’arrivée de Bahá’u’lláh à acre, il était en ruine .
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sons pour enfin offrir sa propre maison à Bahá’u’lláh. on se rappelle que lorsque
‘Údí Khammár avait déménagé dans sa nouvelle demeure hors d’acre, sa maison avait été mise à la disposition de Bahá’u’lláh et de sa famille. il s’agissait de la maison en arrière de celle de ‘abbúd, éloignée du front de mer, dans laquelle Bahá’u’lláh occupait une pièce dominant une cour intérieure (le sah∂atu’l-‘abbúd).
lorsqu’après quelques années ilyás ‘abbúd lui offrit sa maison, Bahá’u’lláh déménagea dans une pièce qui regardait la mer et les conditions d’exiguïté que connaissait la famille s’améliorèrent. aujourd’hui, l’ensemble des maisons dans lesquelles Bahá’u’lláh et sa famille vécurent pendant six ans s’appelle : Bayt ‘abbúd. C’est sur l’insistance de cet homme que Bahá’u’lláh accepta finalement de recevoir le mutas∂arrif. un jour, en fin d’après-midi, il entra en présence de Bahá’u’lláh « humblement et en silence » comme l’écrit áqá rid∂á. ilyás ‘abbúd faisait signe à ceux qui étaient présents d’apporter un qalyán (houka ou narguilé) pour le gouverneur, mais ah∂mad Big leur fit signe de n’en rien faire, car il ne se le permettrait pas en présence de son prisonnier. Bahá’u’lláh lui demanda de revoir toutes les situations de ceux qui avaient été emprisonnés ce que le gouverneur fit immédiatement. il reprit chaque cas avec soin et équité, y compris le cas de ces sept emprisonnés dans la pièce, occupée par bahá’u’lláh dans la maison de ‘abbúd, qui fait face à la mer (photo : gunther Spank)
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la terrible límán. Ceux qui savaient que dans le passé les autorités demandaient 300 livres sterling avant de laisser quiconque quitter le Khán-i- shárvidí, furent étonnés de le voir permettre aux compagnons qui avaient été retenus pendant plusieurs mois de retourner chez eux dans l’autre caravansérail. et nous savons déjà que les sept meurtriers ne furent pas relâchés.
mais Badrí-Ján continuait à faire des histoires, se plaignant que sa vie était en danger, que les compagnons la tueraient comme ils avaient tué son frère mírzá rid∂á-qulí. alors ah∂mad Big Towfíq décida qu’elle devrait rejoindre son mari, mírzá yah∂yá, ce qu’elle refusa, et il fallut que la police l’emmène de force. une fois à Chypre, elle montra son aversion pour mírzá yah∂yá en évitant famagouste et en allant vivre dans une autre ville, probablement nicosie. de Chypre, elle partit un ou deux ans plus tard, à smyrne puis à istanbul où elle habita chez un marchand de tabac persan. nous savons que ses filles furent mariées à shaykh ah∂mad-i-rúh∂í et mírzá áqá Khán-i- Kirmání.3 six années plus tard, apprenant que la femme de mírzá yah∂yá, la mère de mírzá ah∂mad, était morte, elle retourna à Chypre rejoindre son mari.
ainsi se passèrent les deux années du gouvernorat d’ah∂mad Big Towfíq avant Vue prise de la pièce de bahá’u’lláh dans la maison de ‘abbúd, 1922
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qu’il soit appelé à un autre poste. Pendant ces années, ni Bahá’u’lláh ni son fils aîné ne lui avaient fait preuve de faveurs particulières. mais sitôt qu’on apprit qu’il allait partir, il reçut une telle hospitalité qu’elle en étonna la populace. mais on comprit que lorsqu’il tenait les rênes du pouvoir à acre, cette hospitalité aurait pu être mal interprétée. sur la tour près du bord de mer, tout près de Bayt ‘abbúd, ‘abdu’l-Bahá fit dresser une tente où le gouverneur put recevoir ses invités et tous ceux qui venaient lui dire adieu. Pendant tout le temps qu’il resta là préparant son départ, déjeuners et dîners lui furent offerts. il demanda une copie du Plus-Grand-nom que mírzá muh∂ammad-‘alí, le fils de Bahá’u’lláh, qui était un vrai maître calligraphe, dessina pour lui. et jusqu’au dernier jour ah∂mad Big Towfíq exprima sa tristesse à devoir bientôt quitter Bahá’u’lláh et son fils aîné.
ainsi la roue tourna jusqu’à ce que shaykh mah∂múd en personne, le muftí d’acre, donne son allégeance au Prisonnier qui, suivant l’ordonnance du sultan, calife de la maison ottomane, devait être gardé en étroite réclusion. mais personne ne pouvait penser aujourd’hui à appliquer ce décret.
Passons maintenant à l’histoire de shaykh mah∂múd. C’était un homme connu à acre, très fanatique et, au début, très hostile aux exilés. des années plus tard, après avoir offert son allégeance à Bahá’u’lláh, il raconta son odyssée spirituelle.
il se souvenait être devenu fou de rage en entendant le farmán* du sultan ‘abdu’l- ‘azíz lu dans la mosquée et, ne pouvant se contenir, il s’était rendu aux portes de la citadelle et avait demandé à y entrer. Comme c’était un citoyen important d’acre, les gardes n’osèrent pas ignorer sa demande et le laissèrent pénétrer tout en l’informant qu’il ne pourrait pas voir Bahá’u’lláh sans permission. il demanda cette permission et la réponse de Bahá’u’lláh fut qu’il devait d’abord changer son état d’esprit (grossier et insultant) avant de chercher une rencontre. Cette réponse le secoua considérablement mais ne diminua pas son hostilité et sa colère. Peu après, il refit une demande de rencontrer Bahá’u’lláh. Cette fois, il avait caché une arme sur lui avec l’intention de s’en servir. et la réponse vint : qu’il se débarrasse d’abord de ce qu’il porte. shaykh mah∂múd fut vraiment surpris. il se demandait, qui était cet homme qui connaît le secret des cœurs ? à sa troisième tentative, il
* Ce farmán avait été perdu, pensait-on, dans l'incendie du Seraye, mais il avait survécu au désastre et, de nombreuses années plus tard, il arriva comme par miracle entre les mains de 'abdu'l-Bahá.
dans la Gloire du Père
avait changé et fut introduit dans la pièce où était Bahá’u’lláh. il se jeta à ses pieds en déclarant sa foi en lui, quel qu'il soit !
ainsi devint bahá'í, shaykh mah∂múd, toujours prêt à servir son seigneur, jadis un féroce ennemi.
mírzá núri'd-dín-i-zayn raconte, dans ses mémoires, que shaykh mah∂múd avait l'habitude de sortir dans la campagne environnante, la nuit, portant une lanterne. Chaque fois qu'il rencontrait un bahá'í venu de loin et incapable d'entrer dans la ville, il lui donnait la lanterne et, le pèlerin portant la lanterne comme un serviteur devant son maître, ils entraient dans la ville puis dans la citadelle. ils ressor-taient de la même manière. après l'ascension de Bahá'u'lláh, en attendant qu'on renforce le mur extérieur de la pièce qui sert de tombeau, shaykh mah∂múd monta la garde sous une tente près du mur. le travail dura environ une semaine.
le mariage de la plus-grande-branche
deux frères originaires d’ispahan, mírzá muh∂ammad-‘alíy-i-nahrí et mírzá hádíy-i-nahrí furent guidés par le Bábu’l-Báb vers la religion nouvelle qui s’était levée à Chiraz. un troisième frère, mírzá ibráhím, dont le nom est immortalisé non pas par ses propres réalisations mais par celles de ses deux fils* qui atteignirent au sacrifice suprême, ne les suivit pas dans cette voie. il resta non seulement distant mais il aida à priver ses frères d’une bonne part de leur patrimoine à cause de leur reconnaissance du qá’im de la famille de muh∂ammad lorsqu’il éclaira le monde.
mírzá muh∂ammad-‘alí et mírzá hádí étaient les fils de mírzá siyyid mihdíy- i-nahrí, un homme très fortuné dont le père, siyyid muh∂ammad-i-hindí (l’indien), natif de zavárih (petit village proche d’ispahan), avait acquis de grandes richesses en inde en épousant une fille de la maison royale indienne. Pendant son séjour en inde, un voyant avait promis à siyyid muh∂ammad que ses descendants seraient, avant longtemps, témoins de la venue du qá’im. C’est pourquoi, il avait spécifié dans son testament que le gros de sa fortune devait être placé aux pieds de ce
« seigneur de l’Âge ».
après la mort de siyyid muh∂ammad-i-hindí, son fils, h∆ájí siyyid mihdí émigra en irak et séjourna à najaf. il y possédait, ainsi qu’à Kerbéla, des magasins et des caravansérails construits pour le confort du public. il possédait aussi une sorte de petit ruisseau, comme un canal, dont les gens bénéficiaient grandement. voilà pourquoi on le connaissait sous le nom de nahrí : de la rivière.
à Kerbéla, du vivant de siyyid Káz∂im-i-rashtí, mírzá muh∂ammad-‘alí et mírzá hádí avaient été très attirés par le maintien, la dévotion et la courtoisie d’un jeune siyyid de Chiraz. aussi, lorsqu’ils entendirent parler de l’aube qui se levait à Chiraz, il se souvinrent de leur rencontre avec le jeune siyyid shírází et ils ne se trompaient pas car il s’agissait bien de siyyid ‘alí- muh∂ammad, le Báb.
* Ces fils étaient mírzá h∆asan et mírzá h∆usayn qui gagnèrent la couronne du martyre et à qui la Plume très exaltée conferra les titre de sulπánu’s- shuhadá (le roi des martyrs) et mah∂búbu’s-shuhadá (le bien-aimé des martyrs).
dans la Gloire du Père
on rapporte que la femme de h∆ájí siyyid mihdí était connue pour sa piété et sa stricte observance des dévotions de sa religion. avant la naissance de ses deux fils, elle avait rêvé une nuit que deux splendides pleines lunes, sortant du puits situé dans la cour de leur maison allaient se poser sur l’étagère où elle plaçait ses vêtements.
Ce rêve l’avait tellement enchantée que le lendemain à l’aube elle se précipitait vers la maison d’un célèbre mujtahid, h∆ájí siyyid muh∂ammad- Báqir-i-shaftí, pour lui demander de l’interpréter. il la rassura, disant que son rêve indiquait que deux de ses enfants deviendraient des lumières étincelantes dont l’éclat illuminerait les annales de leur famille. Peu après naissait mírzá muh∂ammad-‘alí et, quinze mois plus tard, mírzá hádí. en grandissant, l’aîné montrait du talent et du goût pour les études théologiques tandis que le plus jeune évitait le marché où son père faisait du commerce pour se consacrer à une vie de prière et de méditation. le mujtahid dont il est question plus haut fut si impressioné par le maintien et l’attitude de mírzá hádí qu’il lui donna sa nièce en mariage. Cette dame qui allait devenir la belle-mère du roi des martyrs reçu de la Plume sublime [Bahá’u’lláh] le titre de shamsu’d-d∆uh∂á (lumineuse orbe).
d’autres fils de mírzá siyyid mihdíy-i-nahrí s’opposèrent aux deux frères qui avaient épousé la cause du Báb et les privèrent de leur part d’héritage. eux offrirent à T∆ahirih, pendant son séjour à Kerbéla, une boîte de bijoux qui avait appartenu à leur père. C’est en les vendant que T∆ahirih put couvrir ses dépenses. mírzá muh∂ammad-‘alí était à ispahan et vivait dans un collège théologique, la madrisih-i-Kásihgarán, pendant que sa femme, n’ayant pas d’enfants, vécut et mourut à Kerbéla. alors un autre bábí d’ispahan, h∆ájí áqá muh∂ammad-i-nafaqih-furúsh, suggéra à mírzá muh∂ammad-‘alí de quitter le collège pour venir s’installer dans sa maison et y épouser sa sœur, ce qu’il accepta. mais ce mariage aussi resta sans enfant jusqu’à l’arrivée du Báb à ispahan. le gouverneur d’ispahan, manúchihr Khán, le mu‘tamidu’d-dawlih, avait demandé à mír siyyid muh∂ammad, l’imám-Jum‘ih de cette ville, de recevoir et de loger le Báb. et l’imám-Jum‘ih avait chargé mírzá ibráhím, frère de mírzá muh∂ammad-‘alíy-i-nahrí, qui gérait ses propriétés, d’être l’hôte du Báb. une nuit, plusieurs personnes furent invitées pour dîner avec le Báb et mírzá muh∂ammad-
‘alíy-i-nahrí fut l’un d’eux. le Báb lui demanda s’il avait des enfants et en apprenant que, malgré deux mariages, il n’en avait toujours pas, le Báb offrit une cuille-
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rée de son dessert à mírzá muh∂ammad-‘alí qui en mangea un peu et garda le reste pour sa femme. Peu de temps après, elle fut enceinte. mais de nombreux événements s’étaient passés depuis le séjour du Báb à ispahan et il était maintenant prisonnier de la forteresse de máh-Kú en azerbaïdjan pendant que ses disciples rencontraient opposition et persécution. en réponse à l’appel du Báb, mírzá muh∂ammad-‘alíy-i-nahrí et vingt-cinq bábís d’ispahan et de ses environs, partirent vers le Khorassan et, avec beaucoup d’autres disciples du Báb, se réunirent dans le hameau de Badasht pour délibérer. avant de partir il informa sa femme, qui attendait leur enfant, que si c'était une fille elle devrait s’appeler fáπimih. et c’est cette enfant, première-née du mariage de mírzá muh∂ammad-‘alíy-i-nahrí et de la sœur d’áqá muh∂ammad-i-nafaqih-furúsh qui deviendra la femme de la Plus- Grande-Branche, le fils aîné de Bahá’u’lláh.
mírzá muh∂ammad-‘alí a raconté que lorsque la conférence de Badasht fut terminée et que ses participants furent attaqués par les habitants de níyálá, lui et son frère mírzá hádí, ainsi que d’autres bábís, empruntèrent une route pour échapper à leurs persécuteurs. Très fatigué mírzá hádí s’évanouit ; ils se réfugièrent dans un caravansérail en ruine, mais au cours de la nuit, mírzá hádí mourut. au matin, mírzá muh∂ammad-‘alí s’aperçut que ses compagnons étaient déjà partis. son sort semblait désespéré, car où trouver de l’aide pour enterrer son cher frère ? alors qu'il se tenait devant les portes du caravansérail, les yeux dans le vague, regardant sans les voir les ruines qui l’entouraient, apparut une femme qui s’arrêta et lui demanda qui il était et ce qu’il faisait. mírzá muh∂ammad-‘alí répondit que le corps de son frère mort gisait à l’intérieur et qu’il avait besoin d’aide pour l’enterrer. étonné et soulagé il entendit la femme lui répondre : « ne vous faites pas de souci. Cette nuit j’ai rêvé de dame fát∂imih qui m’a dit : « un de mes descendants vient de mourir dans ce caravansérail, vas-y pour aider à son enterrement » et voilà pourquoi je suis là. » alors la femme partit chercher quelques hommes dans son village tout proche.
ils lavèrent et enroulèrent le corps dans un linceul puis le mirent en terre au bord de la route. épuisé, ayant vu son frère mourir et n’ayant aucune nouvelle de sa sœur depuis Badasht, mírzá muh∂ammad-‘alí retourna à ispahan.
les années passèrent. les rangs bábís avaient été décimés. le Báb avait subi le martyre. Puis vint l’attentat contre le chah nás∂iri’d-dín et beaucoup des coreligionnaires de mírzá muh∂ammad-‘alí connurent aussi le martyre. Jináb-i-Bahá
dans la Gloire du Père
[Bahá’u’lláh], qu’il avait connu à Badasht, fut banni en irak et, entre-temps, ses neveux mírzá h∆asan et mírzá h∆usayn avaient embrassé la nouvelle religion.
la célébrité de Jináb-i-Bahá se répandait au loin. l’oncle et les neveux décidèrent de partir en irak pour le rencontrer. en chemin, les neveux suppliaient souvent leur oncle de se faire leur porte-parole quand ils atteindraient l’irak, et mírzá muh∂ammad-‘alí les rassurait : « ne soyez pas inquiets. Jináb-i-Bahá et moi sommes devenus de grands amis à Badasht. Je le connais très bien. »
mais dès qu’ils se trouvèrent en présence de Bahá’u’lláh, mírzá muh∂ammad-
‘alíy-i-nahrí devint muet et sa déférence ne connut plus de limites. en sortant, les neveux insistèrent pour savoir ce qui était arrivé à leur oncle, lui qui se réclamait d’une grande amitié avec Bahá’u’lláh ; il ne put que leur répondre : « mais ce n’est plus le Jináb-i-Bahá que j’ai connu à Badasht. Je jure par le dieu Tout-Puissant ! il est bien le Promis du Bayán, « Celui que dieu manifestera ».
Pour sa part, Bahá’u’lláh offrit d’abondance son amour divin à ces croyants humbles et dévoués d’ispahan. il rappellera à mírzá muh∂ammad-‘alíy-i- nahrí :
« vous n’avez pas oublié que nous étions proches et de grands amis à Badasht. »
Sháh-Sulπán khánum (khánum buzurg), demi-sœur de bahá’u’lláh
le mariaGe de la Plus-Grande-BranChe 369
Bahá’u’lláh avait l’intention de donner sa nièce, shahr-Bánú Khánum, la fille de mírzá muh∂ammad-h∆asan, en mariage à son fils aîné. C’était aussi le grand espoir du père qui accourut à Bagdad et supplia Bahá’u’lláh de créer cette union.
mais il mourut avant que la Plus-Grande-Branche atteigne l’âge nécessaire. et lorsque Bahá’u’lláh envoya áqá muh∂ammad-Javád-i-Káshání (le père d’áqá h∆usayn-i-áshchí) à Téhéran, porteur d’une bague et d’un châle de cachemire, suivant la coutume du temps, pour demander la main de shahr- Bánú Khánum pour
‘abbás, la Plus-Grande-Branche, ce fut un échec. sháh-sult∂án Khánum (connue sous le nom de Khánum Buzurg : la grande dame), demi-sœur de Bahá’u’lláh qui prendra un jour le parti de mírzá yah∂yá, et son demi-frère h∆ájí mírzá rid∂á-qulí, qui remplaçait le père décédé de la jeune fille, refusèrent de la laisser partir en irak pour épouser la Plus-Grande-Branche. elle sera mariée à mírzá ‘alí Khán, fils du grand vizir mírzá áqá Khán. le frère de shahr-Bánú Khánum, mírzá fad∂lu’lláh, le niz∂ámu’l-mamálik, un disciple dévoué de Bahá’u’lláh, écrivit que sa sœur ne s’habitua jamais à ce mariage forcé arrangé par son oncle et sa tante, et se laissa dépérir jusqu’à ce que, jeune encore, la tuberculose l’emportât. on a dit que h∆ájí mírzá rid∂á- qulí avait refusé le mariage avec la Plus-Grande-Branche parce qu’il craignait que cela déplaise à nás∂iri’d-dín sháh qui l’aurait alors réprimandé.
naturellement, les conjectures allaient bon train pour deviner qui la Plus- Grande-Branche allait épouser. on raconte qu’un jour Bahá’u’lláh décrivit à siyyid mihdíy-i-dahijí un rêve qu’il avait eu : « nous rêvâmes que le visage de la charmante fille de notre frère mírzá h∆asan, dont nous avions demandé la main pour la Plus-Grande-Branche, devenait de plus en plus sombre jusqu’à ce qu’il disparaisse et soit remplacé par une autre fille au visage et au cœur lumineux, et nous la choi-sîmes comme femme pour la Plus-Grande- Branche. »
Pendant ce temps à ispahan, fáπimih Khánum, la fille de mírzá muh∂ammad-
‘alíy-i-nahrí, fut mariée à son cousin, un jeune frère du roi des martyrs et du bien-aimé des martyrs. fáπimih Khánum avait consenti à ce mariage bien qu’elle ne l’ait pas désiré, mais, étrangement, à la grande surprise de ses parents, pendant leur nuit de noce le jeune époux n’approcha pas son épouse. quelque temps plus tard, le jeune homme mourut brusquement. Peu après une épître adressée au roi des martyrs arriva à ispahan, dans laquelle Bahá’u’lláh écrivait : « nous considérons que nous sommes associés. » il en fut surpris et se demanda si l’un des membres de sa
dans la Gloire du Père
famille avait envoyé une supplique à Bahá’u’lláh. mais, après enquête, on l’assura que non. il conseilla à tous de n’en souffler mot à personne et d’attendre la suite. quelques mois plus tard shaykh salmán le coursier, arriva à ispahan. il dit au roi des martyrs : « Je vous apporte la nouvelle d'une merveilleuse générosité.
Je suis chargé d'emmener votre cousine, la fille de feu mírzá muh∂ammad-‘alí, en Terre sainte, en passant par la mecque, comme des pèlerins en h∂ajj. vous devez faire en sorte que nous soyons prêts à quitter ispahan à temps pour le pèlerinage, en passant par Chiraz et Bouchir. Tout cela doit être fait dans la discrétion et personne ne doit entendre parler de notre voyage avant notre départ. » le temps venu, fáπimih Khánum et son frère siyyid yah∂yá, accompagnés par shaykh salmán et un serviteur partirent pour Chiraz. en y arrivant, ils s’installèrent dans un caravansérail mais, très vite, les afnán vinrent les conduire à la maison de h∆ájí mírzá siyyid muh∂ammad, l’oncle maternel du Báb. nous étions en 1872.
le lendemain, Khadíjih-Bigum, la femme du Báb, rendit visite à fáπimih Khánum et la conduisit à la maison de h∆ájí mírzá siyyid ‘alí, l’oncle martyr du Báb, où elle-même vivait. Ces deux maisons étaient proches l’une de l’autre.
dans sa courte autobiographie, fáπimih Khánum écrit :
d’une grande probité, la femme de l’oncle [du Báb] était très pieuse mais elle n’était pas confirmée dans cette merveilleuse cause. [C’était une demi-sœur de la femme du Báb]. elle disait toujours : « quel tumulte notre mírzá ‘alí- muh∂ammad a causé dans le monde ! Tant d’âmes précieuses qui périrent ! Tant de sang répandu ! » je lui répondais poliment : « Chère madame, notre mírzá ‘alí-muh∂ammad était le qá’im de la famille de muh∂ammad, le Promis de toutes les écritures. Chaque fois qu’au cours des âges l’appel de dieu a résonné, le tumulte causé dans le monde fut le même et des rivières de sang coulèrent. C’est toujours pareil. vous qui lisez le coran jour et nuit, vous connaissez ces versets : «…et chaque fois qu’un messager vient vers vous avec ce que votre âme ne veut pas, vous devenez arrogants, et quelques-uns mentent, et quelques-uns sont tués. » ou encore : « ah ! malheur à ces serviteurs ! Chaque fois qu’un messager vient vers eux, ils se moquent de lui. » Je lus encore quelques versets tirés du coran. elle répondit : « nul ne sait le sens réel de ce qui est dans le coran, excepté dieu et les érudits. » Je répondis ; « Très bien, je n’insiste pas, gardez votre opinion et vos préférences. mais laissons le coran et lisons ces vers du Mathnaví [la grande œuvre poétique de Jaláli’d-dín-i-rúmí].
qu’inflige Pharaon à moïse, au messager de dieu ?… nous avons passé beaucoup de temps à lire le Mathnaví… après notre départ de Chiraz, elle accepta la foi.1
le mariaGe de la Plus-Grande-BranChe 371
Fáπimih, Munírih khánum, épouse de ‘abdu’l-bahá
dans la Gloire du Père fáπimih Khánum, qui prendra bientôt le nom que lui donnera Bahá’u’lláh : munírih Khánum, rapporte dans son autobiographie ce que la femme du Báb lui dit d’elle-même :
une nuit je rêvai que fáπimih [la fille du Prophète] était venue chez nous pour demander ma main. mes sœurs et moi allâmes à sa rencontre heureuses et impatientes.
elle se leva, m’embrassa sur le front. dans mon rêve, je sentis qu’elle m’approuvait. au matin, je ressentais encore beaucoup de joie, mais la modestie m’empêcha de parler de mon rêve à quiconque. le jour même dans l’après-midi, la mère de cet être béni [le Báb]
vint nous rendre visite. ma sœur et moi allâmes à sa rencontre et, exactement comme dans mon rêve, elle se leva et m’embrassa sur le front. une fois partie, ma sœur aînée me dit qu’elle était venue pour demander ma main. Je dis : « quelle chance j’ai ! » et je racontai mon rêve de la nuit précédente… »
fáπimih Khánum apprécia beaucoup son séjour à Chiraz et particulièrement ses rencontres avec la femme du Báb. mais, trop tôt pour elle, vint le moment où shaykh salmán accéléra le départ pour l’étape suivante du voyage. il dit à fáπimih Khánum et siyyid yah∂yá que Bahá’u’lláh tenait beaucoup à ce qu’ils voyagent avec la caravane de pèlerins allant à la mecque. en février 1873, après dix-huit jours de mer, ils arrivèrent à Jiddah d’où ils continuèrent sur la mecque pour accomplir les rites du pèlerinage. ils y rencontrèrent siyyid ‘alí-akbar-i-dahijí (neveu de siyyid mihdí) et sa femme qui arrivaient de Terre sainte pour accomplir le h∂ajj et c’est d’eux qu’ils apprirent, consternés, qu’à cause du meurtre des azalís, les compagnons avaient de nouveau été jetés en prison et que nul n’avait le droit d’entrer à acre. mais shaykh salmán restait persuadé que, puisque c’était le vœu de Bahá’u’lláh, ils trouveraient un moyen d’entrer dans la ville. à leur retour à Jiddah, les attendait une lettre de mírzá áqá Ján qui leur demandait de rester là jusqu’au départ des pèlerins, puis de continuer jusqu’à alexandrie et d’y attendre un télégramme de Terre sainte. fáπimih Khánum indique qu’ils étaient dix-sept bahá’ís réunis à alexandrie. enfin, un câble de Bahá’u’lláh arriva, leur enjoignant de se disperser à l’exception de leur groupe : fáπimih Khánum, siyyid yah∂yá, shaykh salmán et leur serviteur, qui devaient prendre le vapeur autrichien en route pour acre où ils devaient rencontrer ‘abdu’l-ah∂ad. Ce dernier, originaire de Chiraz, n’avait pas été banni à acre et, sur la demande de Bahá’u’lláh, s’y était ins-
le mariaGe de la Plus-Grande-BranChe 373
bahá’íyyih khánum, la plus-Sainte-Feuille, sœur de ‘abdu’l-bahá
dans la Gloire du Père
tallé de lui-même. étant tout à fait libre, il put rendre de nombreux services aux compagnons, qui obéissaient aux injonctions de Bahá’u’lláh. mais lorsque le vapeur jeta l’ancre devant acre, on ne voyait ‘abdu’l-ah∂ad nulle part. Tous les passagers débarquèrent, et la nuit tombant sur le navire vide, on remonta la passerelle. Pendant ce temps, shaykh salmán ne cessait d’appeler d’une voix forte et c’est à la dernière minute que ‘abdu’l-ah∂ad arriva dans une barque. la passerelle fut abaissée de nouveau et ils quittèrent le navire. la nuit était très noire et fáπimih Khánum ne vit personne sur le quai à l’exception de’áqáy-i-Kalím et ilyás
‘abbúd. Plus tard, la Plus-sainte-feuille, sœur de ‘abdu’l-Bahá, lui affirma que ce dernier était présent sur le quai à la demande de Bahá’u’lláh, mais elle ne le vit pas.
áqáy-i-Kalím les conduisit au Khán-i-Jurayní (appelé aussi Khán al-‘umdán) où il logeait avec sa famille. le lendemain, des membres de la famille de Bahá’u’lláh vinrent conduire les nouveaux arrivants en sa présence. fáπimih Khánum écrit :
« ses premiers mots furent : « nous vous avons fait entrer dans la ville-prison alors que les portes en sont fermées à la face de tous, afin que le pouvoir de dieu soit clair et évident pour tous. » fáπimih Khánum vécut cinq mois dans la maison d’áqáy-i-Kalím. elle rencontra régulièrement Bahá’u’lláh et, chaque fois qu’áqáy-i-Kalím venait en présence de Bahá’u’lláh, il recevait un petit cadeau pour elle.
fáπimih Khánum écrit :
un jour áqáy-i-Kalím me dit : « Je t'apporte un merveilleux cadeau de la Perfection bénie. il t'a donné un nouveau nom : munírih (lumineuse). » en entendant cela, je me souvins immédiatement du rêve dont la Perfection bénie avait parlé à áqá siyyid mihdi qui nous l’avait répété. « dans le monde des rêves, je vis la fille de mon frère, mírzá h∆asan, tomber malade, la couleur de son visage changer et peu à peu elle devint de plus en plus maigre et faible, jusqu’à ce qu’elle quitte ce monde. à sa place se tenait une fille au visage et au cœur lumineux et nous l’avons choisi pour la Plus-Grande- Branche. » n’ayant pas de maison, je vivais dans la maison d’áqá-i-Kalím et, chaque fois que le propriétaire, Khájih ‘abbúd, en demandait la raison, personne ne lui répondait jusqu’à ce qu’il comprenne par lui-même que c’était par manque de place.
immédiatement il agrandit la partie où logeaient les membres de la sainte famille en ouvrant une pièce de sa propre maison qu’il fit magnifiquement décorer.
Khájih‘abbúd présenta la pièce à Bahá'u'lláh en disant : « J’ai fait préparer cette
le mariaGe de la Plus-Grande-BranChe 375
pièce pour le maître. » Bahá’u’lláh l’accepta et plus rien n’empêchait dorénavant le mariage de la Plus-Grande-Branche. Bahá’iyyih Khánum, la Plus-sainte-feuille, offrit à munírih Khánum une robe blanche et, trois heures après le coucher du soleil, elle fut conduite en présence de Bahá’u’lláh qui, comme l’écrit munírih Khánum, reposait alors sous une moustiquaire. la langue de grandeur s’adressa alors à elle :
ô ma feuille et ma servante, par ma grâce inégalée par tous les trésors de la terre et des cieux je t’ai choisie et acceptée pour servir ma Plus-Grande- Branche. Beaucoup de jeunes filles, à Bagdad, andrinople et dans la grande prison, espéraient ce don, mais il leur fut refusé. remercie dieu pour cette grande générosité, ce grand cadeau qui t’est offert. que dieu soit avec toi.
dans la Gloire du Père
pièce dans laquelle le kitáb-i-aqdas fut révélé, située à l’arrière de la maison de ‘abbúd (maison de ‘Údí khammár). Quand bahá’u’lláh déménagea,
‘abdu’l-bahá vint l’occuper.
les meubles datent de cette époque.
dernières années derrière les murs
C’esT dans la maison de ‘abbúd en 1873, durant le gouvernorat d’ah∂mad Big Tawfíq, que Bahá’u’lláh compléta la révélation du kitáb-i-aqdas, le Très-saint livre, contenant les lois et les prescriptions de sa révélation et beaucoup d’autres textes. il venait de s’installer dans cette maison appartenant à ‘Údí Khammár et les troubles suscités par ses ennemis et ses propres compagnons continuaient à monter autour de lui. le kitáb-i-aqdas supplante le kitáb-i-bayán révélé par le Báb et sa promulgation, comme l’écrit le Gardien, « peut être considérée comme l’acte le plus important de sa révélation… »
en exposant ci-dessous la portée et la signification de ce livre unique le Gardien, dévoile une vision qui exprime le caractère central et majestueux que le kitáb-i-aqdas est destiné à prendre dans le déploiement d’une société mondiale : dépositaire principal de cette loi prévue par le prophète esaïe, et que l’auteur de l’apocalypse a décrite comme le nouveau ciel et la nouvelle terre, comme le tabernacle de dieu, la cité sainte, l’ épousée, la nouvelle Jérusalem venue du ciel, ce très saint livre, auquel le Kitáb-i-iqán fait allusion, dont les clauses doivent rester inviolées pendant au moins un millénaire, et dont le plan directeur englobera la planète entière, peut être considéré comme la plus brillante conception sortie de l’esprit de Bahá’u’lláh, comme le livre mère de sa dispensation, la charte du nouvel ordre mondial.
[...] ce livre, ce trésor contenant les gemmes inestimables de sa révélation se détache, en vertu des principes qu’il inculque, des institutions administratives qu’il prescrit, et de la fonction dont il investit le successeur désigné de son auteur, comme une œuvre unique et incomparable entre toutes les écritures sacrées du monde. [...] le Kitáb-i-aqdas, révélé, du commencement à la fin, par l’auteur de la dispensation lui-même, non seulement préserve pour la postérité les lois et ordonnances fondamentales sur lesquelles doit reposer la structure de son futur ordre mondial, mais en plus du rôle d’interprète donné à son successeur, prescrit les institutions nécessaires qui, seules, peuvent garantir l’intégrité et l’unité de sa foi.
dans cette charte de la future civilisation mondiale, l’auteur - à la fois juge, législa-
dans la Gloire du Père teur, unificateur et rédempteur de l’humanité - annonce aux rois de la terre la promulgation de la plus grande loi ; il déclare que ces rois sont ses vassaux, se proclame lui-même roi des rois, dénie toute intention de porter la main sur leurs royaumes, et se réserve le droit de saisir et de posséder le cœur des hommes ; il recommande aux chefs ecclésiastiques du monde de ne pas peser le livre de dieu selon les normes admises chez eux, et affirme que le livre lui- même est la balance juste assignée aux hommes. dans ce livre, il ordonne formellement de fonder la Maison de Justice, définit ses fonctions, fixe ses revenus et désigne ses membres comme les hommes de justice, les représentants de dieu, les administrateurs du très-Miséricordieux ; il fait allusion au futur Centre de son alliance et lui décerne le droit d’interpréter ses écrits sacrés, et il anticipe d’une manière implicite l’institution du Gardiennat ; il se porte garant de l’effet révolutionnaire de son ordre mondial, formule la doctrine de l’infaillibilité absolue de la manifestation de dieu, affirme que cette infaillibilité est le droit inhérent et exclusif du prophète, et écarte la possibilité de la venue d’une autre manifestation avant un délai d’au moins un millénaire.
[...] les appels significatifs, adressés aux présidents des républiques du continent américain, d’avoir à saisir leur chance, au jour de dieu, et de soutenir la cause de la justice, l’injonction faite aux membres des parlements à travers le monde, les pressant d’adopter un langage et une écriture uniques pour tous, ses avertissements à Guillaume ier, le vainqueur de napoléon iii, les reproches qu’il adressa à françois-Joseph, l’empereur d’autriche, son allusion aux lamentations de berlin, quand il interpelle les rives du rhin, sa condamnation du trône de la tyrannie établi à Constantinople, l’annonce qu’il fit de la fin de sa splendeur visible et des adversités qui allaient s’abattre sur ses habitants, les paroles d’encouragement et de réconfort qu’il adressa à sa ville natale, lui affirmant que dieu l’a choisie pour être la source de joie de toute l’humanité, sa prophétie selon laquelle la voix des héros du khorassan s’élèvera pour glorifier leur seigneur, son affirmation que des hommes doués d’une grande vaillance seront suscités dans Kirmàn et parleront de lui, et enfin son assurance magnanime donnée à un frère perfide, qui lui avait apporté tant de tourments, qu’un dieu très généreux et toujours clément lui pardonnerait ses iniquités si seulement il se repentait, tout ceci contribue à enrichir encore le contenu d’un livre que son auteur désigna comme la source de la vraie félicité, la balance juste, la voie droite et l’animateur de l’humanité.1 sa portée est si vaste, affirme Bahá’u’lláh, qu’il englobe tous les hommes même avant qu’ils le reconnaissent. avant peu son pouvoir souverain, son influence pénétrante et la grandeur de sa puissance seront manifestes sur terre.2
dernières années derrière les murs 379
au bienveillant gouverneur ah∂mad Big Towfíq succéda l’hypocrite ‘abdu’r- rah∂mán Páshá qui, dès son arrivée, commença à jouer un jeu plein de duplicité.
Gentil en apparence, il montra en plusieurs occasions lors de ses rencontres avec la Plus-Grande-Branche, amitié et respect. mais par ailleurs, discrètement, il restait en contact étroit avec les adversaires de la foi parmi les habitants d’acre. et c’est ensemble qu’ils préparèrent une campagne de dénigrement des bahá’ís. ils envoyèrent rapport après rapport aux autorités supérieures disant que ces exilés, qui avaient été envoyés à acre pour être isolés afin d’éviter qu’ils en contaminent d’autres, avaient obtenu un trop grand degré de liberté, pouvaient rencontrer qui ils voulaient, allaient librement où ils voulaient, tenaient des boutiques prospères, et conduisaient des affaires florissantes. un jour, un ordre arriva, rappelant que les bahá’ís étaient des prisonniers qui n’avaient pas le droit de tenir des boutiques ni de faire des affaires. ‘abdu’r-rah∂mán Páshá, ravi de ces nouvelles instructions venues de ses supérieurs, décida de les appliquer d’une manière spectaculaire.
Comme c’était le mois de ramadan, période de jeûne musulman, il prévit de faire une descente dans le bazar avec ses hommes et d’ordonner aux bahá’ís de fermer leurs boutiques et de les abandonner. un acte pareil, accompli publiquement par le gouverneur de la ville lui-même, ne pourrait qu’avoir un effet désastreux sur la réputation des bahá’ís.
la Plus-Grande-Branche avait deviné les tromperies du gouverneur et Bahá’u’lláh ordonna aux compagnons de ne pas ouvrir leurs boutiques. le jour venu, ‘abdu’r-rah∂mán Páshá entra dans le bazar, hautain et pompeux, entouré d’une cour de fonctionnaires serviles et de quelques adversaires de la foi. il trouva une première boutique fermée, puis une autre, une troisième et une quatrième. « nous sommes en ramad∂án, dit-il, ils n’ont pas ouvert leurs boutiques très tôt.
mais sans doute vont-ils venir avant peu. » il attendit donc dans la maison des gardes pendant une heure ou deux. Toujours aucun signe de bahá’í venant ouvrir sa boutique. soudain, au milieu de la foule apparut le mufti. l’inquiétude se lisait sur son visage et il tenait une feuille de papier qu’il donna au gouverneur. C’était un cablogramme de raf’at Big qui, de damas, annonçait le renvoi de ‘abdu’r-rah∂mán Páshá et la nomination provisoire d’as’ad effendi pour le remplacer. il ajoutait qu’il envoyait ses salutations à ‘abbás effendi (‘abdu’l-Bahá). ‘abdu’r-rah∂mán Páshá était catastrophé et les adversaires de la foi, abasourdis. Pendant ce
dans la Gloire du Père
temps, le chef du bureau du télégraphe se précipitait chez ‘abdu’l-Bahá pour lui montrer le cablogramme. un fonctionnaire demanda si ‘abbás effendi avait été en contact avec les autorités supérieures. Pas du tout, répondit ‘abdu’l-Bahá. il ne s’était plaint à personne. il n’avait fait que prier l’assemblée céleste. et áqá rid∂á nous dit que les fonctionnaires affirmaient que cet événement était un vrai miracle.
as’ad effendi avait été chargé de mener une enquête à acre concernant les bahá’ís, avant la nomination d’un nouveau gouverneur. les amis de la foi l’avaient encouragé à ne pas se hâter ni à faire preuve d’excès de pouvoir. on lui avait dit que ces exilés méritaient toute sa considération. il avait bien compris la situation et, en arrivant à acre, il dit simplement que ses supérieurs l’avaient chargé de faire une enquête. C’est pourquoi il souhaitait se trouver en présence de Bahá’u’lláh.
Bien que sachant que celui-ci ne recevait personne, il renouvela sa requête car les adversaires de la foi avaient affirmé que si l’on ne pouvait pas voir Bahá’u’lláh c’est qu’il n’était pas là, ayant réussi à s’évader. ilyás ‘abbúd intercéda de nouveau et Bahá’u’lláh accepta. as’ad effendi entra en présence de Bahá’u’lláh avec humilité et révérence, s’agenouilla et baisa le pan de son vêtement et demanda à être béni et confirmé. as’ad effendi demeura gouverneur jusqu’à la venue de fayd∂í Páshá qui, pendant son bref gouvernorat, améliora grandement le système d’éducation d’acre et pourvut la ville d’une bonne alimentation en eau douce. il se comportait amicalement avec les exilés. Puis, tout le monde à acre assista à un nouveau miracle : les puits qui, jusque-là, n’avaient que de l’eau saumâtre, débordèrent soudain d’eau douce et potable. en décrivant cette période, le Gardien de la foi bahá’íe écrit : Bien que Bahá’u’lláh n’accordât pratiquement jamais d’entrevues personnelles comme il en avait l’habitude à Bagdad, son influence était pourtant telle à présent, que les habitants attribuaient carrément l’amélioration sensible du climat et de l’eau de leur ville à sa présence permanente au milieu d’eux. les titres tels que chef auguste et Son altesse, qu’ils lui donnaient lorsqu’ils parlaient de lui, indiquent bien la vénération qu’il leur inspirait. 3
après environ deux mois, fayd∂í Páshá fut rappelé à istanbul et remplacé par ibráhím Páshá h∆aqqí qui agit également avec rectitude et gentillesse. mus∂πafá d∆íyá
dernières années derrière les murs 381
Páshá qui lui succéda et fut le gouverneur d’acre pendant quelques années montra encore plus de bonne volonté que ses prédécesseurs et alla jusqu’à dire à Bahá’u’lláh qu’il pouvait quitter les limites des murs de la ville et s’installer dans la campagne. mais Bahá’u’lláh n’accepta pas cette proposition. Comme le rappelle le Gardien, « Pendant presque dix ans [Bahá’u’lláh] n’était pas sorti des murs de la ville. son seul exercice avait consisté à marcher d’une manière monotone autour de sa chambre. » 4 voyons maintenant comment ‘abdu’l-Bahá décrit la manière dont son père quitta pour toujours les limites des murs de la ville.
Bahá’u’lláh aimait la beauté et la verdure des campagnes. un jour, il fit cette remarque : « Je n’ai vu aucune verdure depuis neuf ans. la campagne est le monde de l’âme, la ville est le monde des corps. » quand ce propos me fut rapporté, je compris à quel point il avait la nostalgie de la nature et je fus convaincu de réussir par mes efforts à satisfaire son désir. il y avait alors à acre un homme appelé muh∂ammad Páshá safwat qui nous était extrêmement hostile. il possédait un palais appelé « mazra’ih », situé à acre au dix-neuvième siècle. la porte de la terre par où bahá’u’lláh quitta la ville-prison (d’après Wilson, Picturesque Palestine )
dans la Gloire du Père détail de la porte de la terre d’acre,
photo prise récemment par hooper dunbar
dernières années derrière les murs 383
environ sept kilomètres au nord de la ville, dans un site ravissant tout entouré de jardins où coulait un ruisseau. J’allai trouver le propriétaire chez lui. Je lui dis : « Páshá, votre palais est vide et vous vivez à acre. » il répondit : « Je suis infirme et ne puis quitter la ville. si je vais là-bas, en ce lieu solitaire, je me sens loin de mes amis. » Je dis :
« Puisque vous ne vivez pas là-bas et que la maison est vide, laissez-nous y aller. » il fut surpris de la proposition mais ne tarda pas à l’accepter. J’eus la maison pour un loyer très minime, environ cinq livres par an ; je lui payai cinq années et établis un bail.
J’envoyai des ouvriers réparer la maison, mettre le jardin en état et j’y fis installer des bains. Je fis aussi préparer une voiture pour la Beauté bénie. un jour, je résolus d’aller visiter l’endroit moi-même.
en dépit des firmans répétés nous interdisant de passer la limite des murs de la ville, je sortis de la cité. des gendarmes veillaient, mais ils n’élevèrent aucune objection et je me dirigeai directement vers le palais. le jour suivant, je m’y rendis de nouveau, accompagné de quelques amis et personnalités de la ville et je ne fus ni arrêté ni molesté, bien que des gardes et des sentinelles veillassent de chaque côté des portes. une autre fois, je préparai un banquet, fis mettre la table sous les pins de Bahjí et je réunis les notables et les fonctionnaires de la ville. le soir, nous retournâmes tous ensemble à acre.
le manoir de Mazra‘ih où bahá’u’lláh résida
après avoir quitté la ville-prison d’acre
dans la Gloire du Père
le manoir de Mazra‘ih tel qu’on peut le voir aujourd’hui
un jour, je me rendis en la sainte présence de la Beauté bénie et je lui dis : « la villa de mazra’ih est prête pour vous recevoir et une voiture attend pour vous y conduire. »
(en ce temps-là, il n’y avait de voiture ni à acre ni à haïfa.) il refusa, disant : « Je suis prisonnier. » quelque temps après, je renouvelai ma requête, mais sans plus de succès.
Je m’enhardis jusqu’à en parler une troisième fois, mais la réponse fut encore « non »
et je n’osai pas insister davantage. Cependant, il y avait à acre un certain shaykh musulman, homme bien connu et très influent qui vénérait Bahá’u’lláh et avait su gagner sa confiance. J’appelai ce shaykh et lui expliquai la situation. Je lui dis : « vous êtes hardi ; allez ce soir en la sainte présence, mettez-vous à genoux devant elle, prenez-lui les mains et n’abandonnez pas avant d’avoir obtenu sa promesse de quitter la ville. » il était arabe* !... il se rendit à l’instant auprès de Bahá’u’lláh, s’assit tout près de lui, s’empara des mains de la Beauté bénie, les baisa et demanda : « Pourquoi ne quittez-vous pas la ville ? » Bahá’u’lláh dit : « Je suis prisonnier. » le shaykh répliqua :
« dieu vous en garde ! qui a le pouvoir de faire de vous un prisonnier ? vous vous emprisonnez vous-même. C’est par votre volonté seule que vous avez été emprisonné et maintenant je vous supplie de partir d’ici pour vous rendre à ce manoir. il est agréable et entouré de verdure. les arbres y sont splendides et les oranges y ressemblent à des
* C’est-à-dire persévérant, tenace, courageux.
dernières années derrière les murs 385
le jardin de rid∂ván près d’acre où bahá’u’lláh se reposa sous ces mûriers.
on peut voir un de ses sièges, à droite
boules de feu. » aussi longtemps que la Beauté bénie répéta : « Je suis un prisonnier, cela est impossible », le shaykh prit ses mains et les embrassa. il plaida une heure durant. à la fin, Bahá’u’lláh dit : « Khaylí Khub ! » [très bien] et la patience et la persévérance du shaykh se trouvèrent récompensées. […] en dépit du sévère firman de ‘abdu’l-’azíz qui m’interdisait toute rencontre et communication avec la Perfection bénie, je pris la voiture le lendemain et conduisis Bahá’u’lláh au manoir. Personne n’y fit objection. Je l’y laissai et revins à la ville. 5
mazra’ih était un lieu très agréable, loin de l’agitation d’acre. C’était une ancienne propriété de ‘abdu’lláh Páshá, une villa d’été qu’il avait construit sur les terres de son père. C’est aussi dans un ensemble de maisons d’acre lui appartenant que, plus tard, ‘abdu’l-Bahá résida pendant plusieurs années et que shoghi effendi, le Gardien de la foi bahá’íe, naquit. aujourd’hui, en dehors de son palais de Bahjí (qui a considérablement changé en caractère et a perdu son ancien nom) toutes les autres résidences de ‘abdu’lláh Páshá, à acre et en dehors de la ville, sont la propriété du centre mondial de la foi bahá’íe.
finalement, Bahá’u’lláh fut libéré de l’atmosphère oppressante d’acre et de ses
dans la Gloire du Père
le jardin de rid∂ván et la petite maison où séjourna bahá’u’lláh Vue du jardin de rid∂ván
dernières années derrière les murs 387
opposants. mazra’ih, situé dans un environnement si agréable, avec sa vue à l’est vers la vallée et les collines, et à l’ouest vers la mer proche, lui offrait le premier répit depuis de nombreuses années, après l’agression constante pour la vue et l’ouïe qu’offre un enfermement dans une ville fortifiée et surpeuplée. Comme le dit shoghi effendi, cette résidence et le « jardin de na’mayn, petite île située au milieu d’une rivière à l’est de la ville, honoré du nom de rid∂ván et que Bahá’u’lláh surnomma la nouvelle Jérusalem et notre île verdoyante, » devinrent ses « lieux de retraite favoris ».6
au temps de son incarcération la plus sévère, Bahá’u’lláh avait écrit : ne crai-gnez point. ces portes s’ouvriront. Ma tente sera plantée un jour sur le mont carmel et nous connaîtrons la plus grande joie.7
Compte tenu des circonstances de l’exil et de l’emprisonnement de Bahá’u’lláh : les très durs et très stricts décrets du sultan de Turquie, reconnu comme le caliphe, le souverain pontife de l’islam ; le caractère retors et capricieux du despotisme ottoman et de son administration ; les persécutions incessantes organisées par les autorités persanes qui conduisirent les exilés jusque dans la ville prison et sa sinistre citadelle ; sans oublier les ennuis supplémentaires causés par l’horrible meurtre des azalís, qui aurait pu penser que, moins de neuf ans après l’arrivée des exilés à acre, un personnage aussi important que shaykh ‘alíy-i-mírí, le mufti de la ville, se jetterait aux pieds de Bahá’u’lláh le suppliant de quitter les murs de la ville pour aller s’installer à la campagne ?
néanmoins, tout ce que Bahá’u’lláh avait prédit aux jours les plus noirs se réa-lisait. les portes s’ouvrirent, il sortit d’acre librement et sa tente serait bientôt dressée sur le mont Carmel.
les années à bahjí
Bahá’u’lláh résidait depuis deux ans à mazra‘ih, lorsque le manoir connu aujourd’hui sous le nom de Bahjí (délices) et que ‘Údí Khammár avait bâti pour lui et sa famille à proximité du vieux palais de ‘abdu’lláh Páshá, fut libéré. une épidémie ravageait la campagne et les gens s’enfuyaient. en 1879 ‘Údí Khammár mourut et fut enterré près du mur de sa maison. alors la Plus- Grande-Branche fit les démarches pour obtenir la maison de ‘Údí Khammár pour son père. elle fut d’abord louée puis achetée. Bahá’u’lláh s’y installa en septembre 1879 et ce majestueux manoir de Bahjí sera sa demeure pour le restant de ses jours ; c’est là qu’au-ra lieu son ascension en1892. Proche du bord de mer, Bahjí était assez éloigné de l’environnement désolé et terne d’acre pour avoir une sorte de beauté rurale, une atmosphère de campagne. les pins tout proches qu’on peut voir encore aujourd’hui ajoutent à son charme. des fenêtres de sa chambre, Bahá’u’lláh pouvait voir les eaux bleues de la méditerranée, les hauts minarets d’acre et, de l’autre côté de la baie, la douce silhouette du mont Carmel. le manoir, superbe et splendide, garde aujourd’hui le tombeau adjacent qui, pour les bahá’ís est le lieu le plus sacré du monde car il contient les restes mortels de Bahá’u’lláh. là, on peut faire l’expérience de cette paix de l’âme à laquelle tout le monde aspire.*
dans bahá’u’lláh et l’ère nouvelle, le docteur J.e. esslemont décrit la vie à Bahjí :
* Bahjí est le nom d’un merveilleux jardin planté par sulaymán Páshá pour sa fille, fáπimih. ‘abdu’lláh Páshá, dont le père, ‘alí Páshá, possédait ce terrain, l’embellit encore et bâtit un manoir sur le site pour son harem.
lorsqu’ibráhím Páshá assiégea acre en 1831, il y installa son quartier général. la propriété, devenue célèbre pour ses merveilleux jardins et ses bassins rafraîchissants alimentés par l’eau de l’aqueduc, devint au temps de Bahá’u’lláh la propriété des al-Jamáls, une famille chrétienne qui deviendra plus tard ennemie de ‘abdu’l-Bahá.
Plus tard encore, il passa entre les mains de la famille Baydún qui sera aussi ennemi de la foi. aujourd’hui, ses murs abritent une institution gouvernementale pour handicapés. le manoir de Bahá’u’lláh à Bahjí fut construit par ‘Údí Khammár, à côté du manoir de ‘abd’u’lláh Páshá, sur un terrain acheté aux Jamáls. d’après de vieilles cartes un bâtiment existait sur ce site, dont les fondations servirent à ‘Údí Khammár. d’après l’inscription qu’on peut lire sur le manoir, il fut terminé en 1870. C’est probablement le fils de ‘Údí Khammár, andrávis Khammár qui le louera à ‘abdu’l-Bahá comme résidence de Bahá’u’lláh.
dans la Gloire du Père
ayant, dans ses précédentes années de malheur, montré comment on peut glorifier dieu dans la pauvreté et l’ignominie, Bahá’u’lláh, dans ses dernières années à Bahjí, montra comment on peut glorifier dieu au sein des honneurs et de l’abondance. les offrandes de centaines de milliers de disciples dévoués mirent à sa disposition des sommes importantes qu’il fut appelé à administrer. Bien que sa vie à Bahjí ait été décrite comme vraiment royale, au sens le plus élevé du terme, toutefois il ne faut pas s’imaginer qu’elle l’était par la splendeur matérielle et l’extravagance. la Perfection bénie et sa famille vivaient d’une façon très simple, très modeste, et toutes les dépenses destinées à satisfaire un luxe égoïste étaient exclues de la maison. Près de son habitation, les croyants aménagèrent un très beau jardin, appelé ridván (paradis), dans lequel il passait souvent plusieurs journées consécutives et même des semaines, dor-mant la nuit dans un modeste pavillon construit dans le jardin. quelquefois, il s’aven-turait dans la campagne. il visita plusieurs fois acre et haïfa et, à plusieurs reprises, sa tente fut plantée sur le mont Carmel, comme il l’avait prédit pendant son emprisonnement à acre1
régulièrement Bahá’u’lláh visitait les demeures de ses compagnons vivant à acre et, fréquemment, il rendait visite, de jour comme de nuit, à la demeure de ses deux frères : mírzá muh∂ammad-qulí dont les appartements surplombaient le Khán-i-shárvirdí, et áqáy-i-Kalím qui logea d’abord dans le Khán al-‘umdán puis s’installa dans des locaux au-dessus de Khán-i- Pahlaván, à droite de l’entrée du Súq al-abyad∂ (le marché oriental). il y avait plusieurs jardins autour de mazra‘ih et du manoir de Bahjí, comme le jardin de rid∂ván, le jardin de firdaws, les jardins de Junaynih et de Bustán-i- Kabír à mazra‘ih. il visitait aussi des villages voisins, comme yirkih et abú- sinán. il avait fait dresser sa tente au sommet d’une colline près d’yirkih, passant la journée sous la tente et la nuit dans le village. il y avait aussi des collines plus proches d’acre comme Tall-i-fakhkhár, appelée aussi la colline de napoléon, près du jardin de rid∂ván. des fouilles archéologiques ont montré que c’est le site de l’ancienne cité phénicienne/cananéenne d’acre. et la colline appelée samaríyyih qui donne sur Bahjí et où des fleurs rouges poussaient en abondance, était appelée Buq‘atu’l-h∆amrá (le lieu vermeil). C’est l’armée qui l’occupe aujourd’hui. au printemps, quand la colline ver- doyait et se couvrait de fleurs rouges, coquelicots et anémones par exemple, Bahá’u’lláh y faisait planter sa tente. et des années plus tard, quand ‘abdu’l- Bahá
les années à BahJí 391
le manoir de bahá’u’lláh à bahjí. ancienne vue du sud, avant que soient plantés les jardins actuels
sera de nouveau incarcéré à acre, il demandera mélancoliquement à ceux qui revenaient du mausolée de son père : « les fleurs sont-elles bien rouges sur Buq‘atu’l-h∆amrá ? »
régulièrement, gouverneurs et fonctionnaires de divers rangs venaient à acre et dans ses environs, qui étaient quelquefois malveillants, cupides ou très fanatiques et donc, inamicaux envers la religion de Bahá’u’lláh, mais les jours où toute la bureaucratie dénigrait la foi et s’y opposait, avaient disparus pour de bon. après les tempêtes et les tensions des premières années, les années à Bahjí seront calmes et paisibles.
on a déjà parlé de mus∂t∂afá d∆íyá Páshá, le gouverneur d’acre qui fit savoir à Bahá’u’lláh que s’il désirait quitter acre, il ne s’y opposerait pas. áqá rid∂á indique que ce gouverneur juste et bienveillant fit preuve de sa bonne volonté pendant tout son séjour à acre et, lorsqu’il devint gouverneur de Tripoli, il continua à écrire pour exprimer ses sentiments chaleureux. il traitait tous les bahá’ís qu’il rencontrait avec beaucoup de considération. lorsque ‘abdu’l-Bahá visita Beyrouth, mus∂t∂afá d∆íyá Páshá y était aussi et se mit à son service.
après lui zívar Páshá vint gouverner acre pendant un an. natif d’istanbul, il était très fier et ne fréquentait personne. aucun notable n’osait l’aborder sans sa permission préalable. Pourtant, après sa première rencontre avec la Plus- Grande-Branche il lui devint si dévoué qu’il ne fréquentait plus que lui. C’est pendant son gouvernorat que la famille Khavvám dans son entier décida de s’opposer à la foi et aux bahá’ís. mans∂úr, le chef de cette famille, membre très influent du conseil municipal, qui n’avait reçu que gentillesse de la part de la Plus-Grande-Branche.
dans la Gloire du Père
mais il devint orgueilleux et vain. un jour, lui et ses amis visitèrent Bahjí et y furent très bien accueillis. Puis ils se retirèrent sous les pins pour continuer à se dis-traire. là, ils s’amusèrent à battre un arabe qui s’était approché d’eux alors qu’il transportait de l’eau pour le manoir. un bahá’í se précipita pour sortir le pauvre porteur d’eau de leurs griffes. ils le battirent aussi sans pitié. Puis, réalisant l’énormité de leurs actes, ils vinrent au manoir s’excuser. une fois de retour à acre, ils changèrent d’attitude et clamèrent partout qu’ils avaient été attaqués à Bahjí par des hommes armés de dagues et d’épées. Tout cela leur retomba dessus car mans∂úr perdit sa position officielle et, en dépit de tous ses efforts, ne retrouva jamais ni la position ni le respect dont il bénéficiait avant. il fut obligé d’aller au marché travailler comme changeur.
C’est pendant le gouvernorat de zívar Páshá, en 1885, que furúghíyyih, une des filles de Bahá’u’lláh, fut donnée en mariage à siyyid ‘alí afnán. áqá rid∂á rapporte que le mutas∂arrif, tous les dignitaires et les notables d’acre assistèrent au mariage. et lorsque zívar Páshá partit à grand regret, ses lettres continuèrent régulièrement à indiquer la mesure de sa dévotion.
le général Gordon, qui s’était rendu célèbre à Khartoum, séjourna en Terre sainte pendant l’année 1883 (voir addenda iv). le connaissant sans doute, il rendit visite à laurence oliphant, personnage célèbre en son temps, qui vivait sur le mont Carmel où sa première femme était enterrée. Gordon connaissait aussi sans doute la religion bahá’íe. C’est lui qui, en 1877, avait libéré h∆ájí mírzá h∆aydar-
‘alí et ses compagnons alors détenus à Khartoum et c’est pour lui que h∆ájí mírzá h∆aydar-‘alí avait fait quelques gravures sur verre. on sait qu’un général européen a rendu visite à Bahá’u’lláh, mais son nom n’est pas connu. le Gardien écrit : « un jour, un général européen à qui une visite avait été accordée en compagnie du gouverneur, fut si impressionné qu’il « resta à genoux sur le sol près de la porte » 2
Gordon aurait-il pu être ce général ? Ce n’est qu’une hypothèse, mais elle est plau-sible. laurence oliphant comme sir valentine Chirol, ont écrit à propos de la visite de Gordon à haïfa et à acre (voir addenda iv). en 1885, Chirol écrivain et célèbre correspondant de the times de londres, était en Terre sainte. il faisait référence dans les affaires du Proche-orient et de l’asie centrale, écrivait abondamment sur le sujet et était un proche de lord Cirzon. dans un chapitre intitulé « la renaissance du babisme » de son livre the Middle eastern Question and Some political les années à BahJí 393
le balcon extérieur jouxtant la pièce où vivait bahá’u’lláh, à bahjí. on peut voir quelques-unes des peintures qui ornent les murs
dans la Gloire du Père
problems of indian defence, il écrivait : « C’est en tant qu’invité d’oliphant que je bénéficiais en 1885 de l’hospitalité de Bahá’u lláh… »
il arriva qu’après le départ de zívar Páshá, le nouveau gouverneur envoyé à acre y était déjà venu. il était à la fois cupide et fanatique. C’était un Kurde nommé muh∂ammad-yúsuf, un pacha de damas qui avait déjà eu l’occasion de découvrir l’immense connaissance et l’érudition de la Plus-Grande- Branche, et qui l’admirait. un soir, à l’époque de sa première fonction, un certain nombre de chrétiens et de musulmans, tous érudits, s’étaient réunis en sa présence pour débattre. les chrétiens commençaient à prendre l’avantage et le gouverneur kurde n’aimait pas voir ses coreligionnaires musulmans perdre du terrain. Connaissant le génie intellectuel du fils aîné de Bahá’u’lláh, il lui fit discrètement savoir qu’il l’attendait chez lui.
la Plus-Grande-Branche était alors dans la citadelle. il arriva chez le gouverneur et ce dernier l’accueillit chaleureusement, comme s’il ne s’attendait pas à le voir.
une fois le café servit, on exposa l’objet du débat que ‘abdu’l-Bahá résolut avec efficacité de façon convaincante. les chrétiens hésitèrent ensuite à répondre à une question qu’il leur posa et sur laquelle ils ne voulaient pas s’engager. Puis l’un d’entre eux, l’intelligent as‘ad sayqal dit : « vous savez à quoi ressemble notre ville, et vous savez à quoi ressemble damas. et pourtant, nous préférons vivre ici. »
il voulait dire que leur religion chrétienne était comme leur ville natale, quelle que soit la splendeur de l’islam qu’il comparait à damas. la Plus- Grande-Branche répondit : « après cette déclaration, je n’ai plus rien à dire. » le mutas∂arrrif et ses amis furent très impressionnés.
à son retour à acre, le pacha kurde ne trouva pas de résidence disponible. le gouvernement avait vendu la spacieuse résidence du gouveneur à la confrérie soufie shádhilí qui voulait construire à la place un takyih. zívar Páshá parti, les shádhilís commencèrent les travaux et le nouveau gouverneur dut louer une maison près de Bayt‘abbúd.
Bahá’u’lláh résidait alors à Bahjí mais la Plus-Grande-Branche et sa famille résidaient à acre. C’est alors que le vali* arriva en visite de damas et séjourna chez le mutas∂arrif. le mufti de nazareth, très estimé pour sa situation et ses mérites personnels, était arrivé à acre peu avant le gouverneur kurde. la Plus-Grande-
*C’était probablement nashíd Páshá qui, selon les archives britanniques, était gouverneur-général de damas d’octobre 1885 à 1888. (fo 195 1510 et 1613). les années à BahJí 395
Branche l’avait accueillit chez lui dans Bayt‘abbúd. Tout autour, d’autres belles maisons étaient aussi habitées par des bahá’ís. l’hospitalité que recevait shaykh yúsuf était particulièrement vexante pour les adversaires de la foi. ils se disaient que dans le futur, quels que soient leurs efforts, ils n’auraient aucun éclat comparé à la manière dont les bahá’ís traitaient le mufti de nazareth. dévorés de jalousie, ils commencèrent à influencer l’esprit changeant du nouveau mutas∂arrif. Pourquoi, lui demandaient-ils, ces gens auraient-ils le droit d’habiter quelques-unes des plus belles maisons de la ville alors que lui devait se contenter de louer une maison insi-gnifiante ?
le mufti de nazareth était déjà venu à acre et était alors tombé sous le charme du caractère, de la connaissance, de l’éloquence et du maintien majestueux du fils aîné de Bahá’u’lláh. ils avaient une correspondance régulière ; il lui avait envoyé en cadeau un noble cheval et l’avait invité à nazareth. à propos de cette visite et de la visite suivante de shaykh yúsuf, le Gardien, shoghi effendi, écrit : l’accueil magnifique qu’il reçut auprés du shaykh yúsuf, le savant et trés estimé mufti de nazareth, qui agissait en qualité d’hôte de la part des valis de Beyrouth et qui avait envoyé tous les notables de la communauté à sa rencontre, sur la route, à plusieurs milles de la ville dont il approchait, accompagné par son frère et par le mufti d’acre, ainsi que la brillante réception que fit ‘abdu’l-Bahá à ce même shaykh yúsuf quand il vint le visiter à acre, étaient de nature à exciter l’envie de ceux qui, seulement quelques années plus tôt, l’avaient traité, ainsi que ses compagnons d’exil, avec des sentiments de condescendance et de mépris.3
muh∂ammad-yúsuf Páshá, sous l’influence maléfique des hommes hostiles à Bahá’u’lláh et à ses disciples, commença à faire d’incessantes demandes. il voulait prendre possession de la maison où vivaient la Plus-Grande-Branche et sa famille.
il prétendit que le vali l’avait exigé, mais lorsque ce dernier l’apprit, il nia fortement avoir un rapport quelconque avec cette demande, affirmant qu’il n’avait pas besoin d’une autre maison. mais cela ne découragea pas le cupide gouverneur qui continua à exiger la maison alors que la mère de ‘abdu’l- Bahá, qui vivait alors à acre, était gravement malade. néanmoins, la Plus-Grande-Branche affirma que dès qu’il aurait trouvé une autre maison, il laisserait le gouverneur disposer de la grande maison qu’il récla-
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mait. et pendant tout le temps où ‘abdu’l-Bahá était inquiet et occupé par la santé déclinante de sa mère, muh∂ammad-yúsuf Páshá continuait à exiger la disposition de Bayt‘abbúd. Puis, en 1886, ásíyyíh Khánum décéda. Tous les notables d’acre et les ecclésiastiques musulmans et chrétiens suivirent le cortège funèbre qui était précédé de muezzins et de récitants du coran. les enfants d’âge scolaire suivirent le cortège en chantant des poèmes exprimant leur chagrin. ‘abdu’l-Bahá était écrasé par l’affliction et pourtant, le gouverneur continua d’insister. aussitôt qu’il put, la Plus-Grande-Branche quitta la maison et la lui transmit. Puis, l’année suivante, la communauté bahá’íe subit une grande perte dans le décès de mírzá músá, áqáy-i-Kalím qui avait été un pilier de la foi et était toujours prêt à servir son frère de toutes les manières possibles.
mais la cupidité de muh∂ammad-yúsuf Páshá n’était pas facilement rassasiée.
devant ses exigences et son attitude agressive, ‘abdu’l-Bahá resta calme et posé, n’exprima aucune plainte et s’isola des gens. Pendant ce temps le mutas∂arrif, aidé de quelques complices aussi corrompus que lui, détournait des fonds. un certain as‘ad effendi, le qá’im-maqám de nazareth, surveillait activement tout ce qui se passait à acre et envoyait ses rapports aux autorités supérieures. un marchand d’acre qui présidait la Chambre de commerce, prétendait hypocritement être un ami des exilés. il assura la Plus-Grande- Branche qu’il savait comment agir avec le mutas∂arrif. Prétendant sympathiser, parlant avec mépris de l’absence de loyauté et de la cupidité de gens comme le mutas∂arrif, il affirma enfin qu’avec une certaine somme d’argent muh∂ammad-yúsuf Páshá deviendrait plus amical dans le futur.
áqá rid∂á écrit que la Plus-Grande-Branche répondit simplement que s’il ne s’agissait que d’une question de cadeau, cela pourrait s’arranger, puis il quitta l’hypocrite et se retira pour prier. le marchand restait là, assis à attendre que d’une minute à l’autre des sacs emplis de pièces lui soient apportés. ‘abdu’l-Bahá revint lui dire que tout ce qui était nécessaire avait été envoyé ; le marchand devait aller voir par lui-même. au Seraye il trouva une atmosphère morose et apprit à sa grande surprise qu’un cablogramme était arrivé annonçant la révocation du pacha kurde et de ses complices pour prévarication. une commission d’enquête était déjà en route. alors le marchand comprit ce que ‘abdu’l-Bahá avait voulu dire, et un profond étonnement se lut sur son visage.
déconfit, muh∂ammad-yúsuf Páshá ressentit des remords en apprenant ce qui
les années à BahJí 397
s’était passé et il assura le marchand que les exilés n’avaient rien à voir avec les actions de ses supérieurs. C’était leurs prières qui avaient amené sa chute. Puis il écrivit une lettre et partit pour le jardin de rid∂ván en espérant pouvoir présenter ses excuses à ‘abdu’l-Bahá. Celui-ci « était absent et le gouverneur déchu demanda à áqá rid∂á de transmettre à la Plus-Grande- Branche l’expression de ses regrets et de ses remords.
quelques jours plus tard les fonctionnaires chargés d’enquêter sur les malversations de muh∂ammad-yúsuf Páshá arrivèrent de Beyrouth. l’un d’entre eux, ah∂mad fá’iq effendi était, ainsi que son frère, bahá’í. Ceux qui étaient au courant furent surpris de voir un bahá’í chargé d’enquêter sur les méfaits de personnes inamicales envers les exilés. d’autant que le secrétaire en chef du Seraye d’acre avait fait preuve envers eux d’une extrême malveillance. Pourtant, lui comme d’autres, se tournèrent vers Bahá’u’lláh et vers son fils aîné pour demander aide et pardon. et tout le temps qu’ah∂mad fá’iq effendi fut occupé à enquêter sur les irrégularités de l’administration des fonds gouvernementaux, ni Bahá’u’lláh ni la Plus-Grande-Branche n’acceptèrent de le rencontrer.
au grand étonnement des habitants d’acre, les malfaiteurs qui, par leurs propres actions connaissaient de mauvais jours, bénéficiaient de la part de Bahá’u’lláh et de son fils d’une grande générosité. le secrétaire en chef s’était enfui vers damas en laissant sa famille derrière lui. ‘abdu’l-Bahá répondit à tous leurs besoins et les fit partir accompagnés par deux bahá’ís. dans une épître adressée à h∆ájí mírzá Buzurg-i-afnán, un cousin du Báb qui vivait et commerçait à hongkong, Bahá’u’lláh mentionne ce pacha kurde, son hostilité et sa chute. dans la même épître il demande à l’afnán de lui envoyer quelques paires de bonnes lunettes cerclées d’or ou d’argent qu’il désire offrir en cadeau aux valis de Beyrouth et de damas.
ah∂mad Páshá fut le nouveau gouverneur d’acre. il avait reçu des instructions pour être particulièrement respectueux envers Bahá’u’lláh. il gouverna acre pendant près de deux ans, passant beaucoup de temps en compagnie de ‘abdu’l-bahá. C’est pendant son gouvernorat que le vali de Beyrouth vint à acre en bateau et que tous les grands dignitaires, et ‘abdu’l- Bahá, vinrent l’accueillir. le vali insista auprès de ce dernier pour qu’il présente à Bahá’u’lláh ses respects et le prie de lui accorder une estime généreuse et des bénédictions. et il chargea un fonctionnaire, nus∂úhí Big,
dans la Gloire du Père
la pièce où vivait bahá’u’lláh à bahjí. c’est là qu’il reçut e.g. brown. Son ascension y eut lieu en 1892
d’offrir à Bahá’u’lláh un melon, fruit qui en ce temps-là était rare dans ces régions.
le gouverneur d’acre suivant fut ‘arif effendi. son père avait connu la Plus- Grande-Branche à andrinople et le tenait en haute estime. Pendant le gouvernorat de ‘arif effendi, Bahá’u’lláh visita haïfa et y resta pendant près de trois mois.
au printemps 1890, edward Granville Browne, membre du pembroke college à Cambridge, et futur éminent orientaliste, arriva à acre. il y venait pour rencontrer Bahá’u’lláh… notre histoire serait incomplète sans l’inclusion de l’unique et incomparable portrait de Bahá’u’lláh qu’edward Browne a légué à la postérité.
C’est en fait le seul de ce genre qui existe. aujourd’hui, le visiteur qui arrive à Bahjí peut lire ce document fixé sur le mur avant de pénétrer dans la chambre de Bahá’u’lláh ; il peut ainsi essayer de recréer en imagination l’entrevue accordée à l’orientaliste anglais :
… mon guide s’arrêta un instant pour que j’ôte mes chaussures. Puis, alors que j’en-
* le vilayet de Beyrouth fut séparée du vilayet de damas en mars 1888, principalement grâce aux efforts du grand vizir Kíyámil Páshá qui avait été gouverneur de Beyrouth selon les archives du consulat britannique (fo 195 1613)
les années à BahJí 399
le táj de bahá’u’lláh, placé dans le coin du divan
où il aimait s’asseoir trais, il se recula et d’un geste rapide de la main replaça le rideau. Je me trouvais dans une grande pièce occupée à une extrémité par un divan bas ; en face de la porte se trouvaient deux ou trois chaises. Je me doutais vaguement où j’allais et qui j’allais rencontrer (bien qu’aucune indication précise ne m’ait été donnée), mais il se passa une ou deux secondes avant que je réalise, avec un sursaut d’étonnement respectueux, que la pièce n’était pas vide. dans le coin où le divan rencontrait le mur, un vénérable et merveilleux personnage était assis. il portait un couvre-chef en feutre comme ceux que les derviches appellent táj, mais d’une hauteur et d’une façon inhabituelles, autour duquel s’enroulait un petit turban blanc. le visage que je contemplais était inoubliable bien qu’indescriptible. les yeux perçants semblaient lire jusqu’au fond de l’âme, le pouvoir et l’autorité siégeaient sur l’ample front, les rides profondes du front et du visage impliquaient un âge que les cheveux, noirs de jais, comme la barbe luxuriante descendant jusqu’à la taille, semblaient contredire. inutile de demander en présence de qui je me tenais, et je m’inclinais devant celui qui est l’objet d’une dévotion et d’un amour que les rois peuvent envier et après lesquels les empereurs peuvent soupirer en vain.
une voix douce et digne me pria de m’asseoir et dit : « loué soit dieu, tu es arrivé !… Tu es venu voir un prisonnier, un exilé… nous ne désirons que le bien du monde et le bonheur des nations et pourtant, on nous considère comme un fauteur de troubles,
dans la Gloire du Père
la colonie des « templiers » allemands en 1877, au pied du mont carmel. bahá’u’lláh y séjourna pendant deux de ses séjours à haïfa (dessin de Jokob Schumacher, chef de la colonie et vice-consul américain jusqu’à sa mort en 1891).
une cause de conflits, digne de la prison et de l’exil… que toutes les nations soient unies dans la foi et que tous les hommes soient frères ; que les liens de l’affection et de l’unité entre les fils des hommes soient renforcés ; que la diversité des religions cesse et les différences de races s’effacent, quel mal y a-t-il à cela ?… malgré tout, cela viendra. Ces luttes stériles, ces guerres ruineuses passeront et la « Plus-Grande-Paix » viendra… n’avez-vous pas besoin de cela aussi en europe ? n’est-ce pas ce que le Christ a promis ? Pourtant nous voyons vos rois et vos dirigeants dépenser plus généreusement leurs trésors dans des moyens de destruction de la race humaine que dans ce qui pourrait conduire au bonheur de l’humanité… Ces guerres, ces discordes, ces massacres doivent cesser et les hommes doivent être comme une famille, tous apparentés… qu’un homme ne se glorifie pas d’aimer son pays, mais plutôt en ceci, qu’il aime ses semblables… »
autant que je m’en souvienne, tels furent les mots que, parmi d’autres, j’entendis de la bouche de Bahá. que ceux qui les lisent se demandent si de telles doctrines méritent la mort et l’emprisonnement et si le monde aurait à gagner ou à perdre à leur diffusion. 4
le Gardien de la foi bahá’íe indique que Bahá’u’lláh visita quatre fois haïfa. la première visite, de courte durée, lors de son transfert du vapeur de la lloyd-Triestino, en 1868. la deuxième ne dura que quelques jours ; il séjourna dans Bayt-i-fanduq, une maison de la colonie allemande qui subsiste encore en partie. une les années à BahJí 401
plan de haïfa vers 1880
épître datée, écrite par mírzá áqá Ján, indique que Bahá’u’lláh était à haïfa en août 1883, probablement la date de sa deuxième visite. il y revint pour la troisième fois en 1890, alors que edward Granville Browne arrivait à acre. Pendant ce séjour, il resta d’abord aux abords de la ville, près de Bayt-i- zahlán puis alla s’installer dans une maison de la colonie allemande connue sous le nom de la maison oliphant. sa tente fut plantée sur un terrain juste en face. sa quatrième et dernière visite eut lieu en 1891. Ce fut la plus longue et c’est ici que les membres de la famille afnán le rencontreront en juillet, comme nous le décrirons plus loin. Bahá’u’lláh resta à haïfa pendant trois mois, séjournant dans la maison d’ilyás abyad, près de la colonie allemande, et sa tente était dressée à proximité.
un jour, alors qu’il se tenait près d’un cyprès solitaire à mi-hauteur du mont Carmel, Bahá’u’lláh indiqua une surface rocheuse juste en dessous et dit à son fils aîné que c’est là que devrait être bâti le mausolée qui recueillerait les restes du prophète-martyr, son glorieux hérault dont le corps était caché et changeait de lieu régulièrement depuis la deuxième nuit qui suivit le 9 juillet 1850, jour qui vit le Báb fusillé sur la place publique de Tabriz. il faudra plus de dix ans à ‘abdu’l-Bahá
dans la Gloire du Père
le mausolée du báb construit par ‘abdu’l-bahá. la superstructure actuelle fut rajoutée par Shoghi effendi
pour accomplir la tâche que lui avait confié son père. aujourd’hui, à l’endroit exact indiqué par Bahá’u’lláh, se dresse un mausolée d’une grande beauté, surmonté d’un dôme doré qui reflète toutes les nuances du ciel et de la mer et entouré de jardins d’une splendeur inexprimable qui ravissent les yeux et l’âme. C’est dans ce mausolée élevé avec soin par ‘abdu’l-Bahá et son petit- fils shoghi effendi que les restes mélangés du Báb et de son disciple mírzá muh∂ammad-‘alíy-i-zunúzí sont couchés, inséparables dans la mort. Ce mausolée, la « reine du Carmel » donne à toute l’humanité ce message que le mal ne triomphe finalement jamais.
C’est aussi au cours de ce séjour de trois mois que Bahá’u’lláh visita la grotte d’élie au-dessus de laquelle est construit un monastère chrétien. et c’est sur un pro-montoire tout proche, où dans les années à venir sera construite une majestueuse maison d’adoration (mashriqu’l-adhkár), qu’il révéla l’importante Épître à carmel, lawh∂-i-karmil, dont voici le texte : Toute gloire soit à ce jour, jour où les fragrances de la miséricorde ont été répandues sur toutes choses créées, jour tant béni et sans rival dans les âges et les siècles passés, jour où la face de l'ancien des jours s'est tournée vers son siège sacré. alors, on enten- les années à BahJí 403
Midh∂at páshá
dit les voix de toutes choses créées et, au-delà, celles de l'assemblée céleste proclamer :
« hâte-toi, ô Carmel, car voici que s'est levée sur toi la lumière de la face de dieu, le souverain du royaume des noms et le façonneur des cieux. »
sur quoi, transporté de joie et élevant la voix, il s'écrie : « que ma vie te soit offerte en sacrifice car tu as fixé ton regard sur moi, tu m'as accordé tes bienfaits et dirigé tes pas vers moi. Je me consumais d'être séparé de toi, ô source de vie éternelle, et mon éloignement de ta présence avait réduit mon âme en cendres. loué es-tu pour m'avoir permis d'entendre ton appel, pour m'avoir honoré de tes pas et pour avoir ranimé mon âme par le parfum vivifiant de ton jour et le son vibrant de ta Plume, son qui est par ta volonté l'appel de la trompette parmi ton peuple. et lorsque fut venue l'heure où devait être manifestée ta foi irrésistible, tu insufflas à ta Plume un souffle de ton esprit et voici la création tout entière ébranlée jusqu'en ses fondements, dévoilant à l'humanité des mystères recelés dans les trésors de celui qui possède toutes choses créées.
dès que sa voix eut atteint ce lieu très exalté, nous répondîmes : « rends grâce à ton seigneur, ô Carmel. le feu de la séparation te consumait rapidement lorsque l'océan de ma présence s'enflant devant toi, est venu réjouir tes yeux et ceux de toute la création, et remplir d'allégresse toutes choses visibles et invisibles. sois comblé de joie, car en ce jour dieu a établi son trône sur toi, a fait de toi l'orient de ses signes et l'aurore des preuves de sa révélation. heureux celui qui gravite autour de toi, proclame la révélation de ta gloire et relate ce que la bonté du seigneur ton dieu a fait pleuvoir sur toi. saisis le
dans la Gloire du Père
le hall central du manoir de bahjí
calice d'immortalité au nom de ton seigneur, le Très-Glorieux, et rends-lui grâce d'avoir, en gage de sa miséricorde, changé ta peine en allégresse, ton chagrin en joie sereine. en vérité, il chérit ce lieu qui est devenu le siège de son trône, que ses pas ont marqué, qu'il a honoré de sa présence, d'où il a lancé son appel et sur lequel il a versé ses larmes.
« appelle sion, ô Carmel, et annonce la joyeuse nouvelle : celui qui était caché aux yeux des mortels est venu ; sa souveraineté conquérante est manifeste ; son universelle splendeur est révélée. Prends garde d'hésiter ou de t'arrêter. hâte-toi de faire le tour de la cité de dieu descendue du ciel, la céleste Kaaba, autour de laquelle gravitent les élus de dieu, les cœurs purs et l'assemblée des anges les plus exaltés. oh, combien j'ai hâte d'annoncer en chaque lieu de la terre et d'apporter à chacune de ses cités la bonne nouvelle de cette révélation qui attire le cœur du sinaï et au nom de laquelle le Buisson ardent proclame : « C'est à dieu, le seigneur des seigneurs, qu'appartiennent les royaumes du ciel et de la terre ». en vérité, voici le jour où la terre et la mer se réjouissent de cette annonce, le jour pour lequel ont été accumulées ces choses que dieu a décidé de révéler dans sa bonté inconcevable au cœur et à l'esprit humain. avant peu, dieu fera voguer son arche sur toi et rendra manifeste le peuple de Bahá mentionné dans le livre des noms. »
sanctifié est le seigneur de toute l'humanité. la mention de son nom fait vibrer tous les atomes de la terre et incite la langue de grandeur à dévoiler ce qui est enfoui dans son
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Vue aérienne de bahjí avec les bâtiments d’origine
savoir et dissimulé dans le trésor de sa puissance. Par la force de son nom, le Tout-Puissant, le Très-haut, il est, en vérité, le souverain de tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. 5
C’est aussi pendant les dernières années à Bahjí que l’étendue des pouvoirs et des capacités de ‘abdu’l-Bahá – la Plus-Grande-Branche – devint évidente pour tous, amis ou ennemis. il servait de bouclier à son père contre les pressions du monde extérieur, ce dont Bahá’u’lláh lui-même témoigna. C’est pour cette raison que ‘abdu’l-Bahá vivait à acre.
en 1879 ‘abdu’l-Bahá se rendit à Beyrouth à l’invitation de midh∂at Páshá, le vali de la province de syrie que le peuple de Turquie révère sous le titre de « Père de la Constitution ».* Ce voyage historique, sans parallèle dans les annales religieuses de l’humanité, fut ainsi immortalisé par la Plume sublime : louange à lui qui a honoré la terre de Bá par la présence de celui autour de qui tous les noms gravitent. Tous les atomes de la terre ont annoncé à toutes choses créées que, de derrière la porte de la ville-prison est apparu l’orbe de la beauté de la puissante, de
* selon les archives consulaires britanniques, midh∂at Páshá était gouverneur général à damas de novembre 1878
à août 1880. il visita haïfa et acre en mai 1880 (fo 195 12 1 et 1306) (voir p. 498).
dans la Gloire du Père
la Plus-Grande-Branche de dieu - son mystère antique et immuable -, qu’au- dessus de son horizon il a brillé, alors qu’il cheminait vers un autre pays.
l’affliction, ainsi, a enveloppé cette ville-prison tandis qu’une autre terre se réjouis-sait. exalté, incommensurablement exalté est notre seigneur, le façonneur des cieux et le Créateur de toutes choses, lui dont la souveraineté a fait s’ouvrir les portes de la prison, amenant ainsi à la réalité ce qui fut jadis promis dans les tablettes. il a, en vérité, le pouvoir sur tout ce qu’il veut, et son emprise domine la création tout entière. il est le Tout-Puissant, l’omniscient, le Très-sage.
Béni, doublement béni est le sol que ses pas ont foulé, l’œil que la beauté de son visage a réjoui, l’oreille qui a eu l’honneur d’entendre son appel, le cœur qui a goûté à la douceur de son amour, la poitrine qui s’est dilatée à son souvenir, la plume qui a célébré sa louange, le parchemin qui a porté le témoignage de ses écrits.
nous implorons dieu - qu’il soit béni et exalté - qu’il nous fasse l’honneur d’une rencontre prochaine. il est en vérité Celui qui entend tout, le Tout- Puissant, Celui qui est prêt à répondre.6
Ce voyage de ‘abdu’l-Bahá à Beyrouth a une importance particulière car il fut entrepris sur invitation du vali de la province de syrie à quelqu’un qui était toujours prisonnier de l’empire ottoman. l’édit du sultan ‘abdu’l-‘azíz, détrôné quelque trois ans avant, n’a jamais été révoqué.
à Beyrouth, après avoir rencontré le célèbre vali qui avait été pour beaucoup dans le renversement du sultan ‘abdu’l-azíz, la Plus-Grande-Branche rencontra un certain nombre d’hommes éminents de tous milieux, dont shaykh muh∂ammad-
‘abduh, futur grand mufti d’égypte. Cet homme droit et bon fut si complètement captivé par la profondeur des connaissances, le charme, l’allure et les manières de
‘abdu’l-Bahá qu’il décida de le suivre jusqu’à acre, mais la Plus-Grande- Branche le dissuada de prendre cette décision irrévocable. les lettres qu’il envoya à
‘abdu’l-Bahá, ainsi que celles d’autres personnages importants de syrie, témoignent de l’influence et de l’estime que mentionne edward Granville Browne, lorsqu’il décrit sa rencontre avec la Plus-Grande-Branche en avril 1890 : rarement ai-je rencontré quelqu’un dont l’apparence m’impressionna autant. Grand, bien bâti, droit comme une flèche, tout de blanc vêtu, turban blanc, longues boucles noires tombant presqu’aux épaules, front large et puissant indiquant un intellect fort combiné à une volonté inflexible, yeux d’aigle, traits marqués mais plaisants, - telle fut les années à BahJí 407
Shaykh Muh∂ammad-taqí, le « Fils du loup », à qui bahá’u’lláh adressa son dernier ouvrage
ma première impression de ‘abbás effendi, (áqá) le « maître » par excellence comme l’appellent les bábís. nos conversations ne firent qu’augmenter le respect que son apparence m’avait, dès l’abord, inspiré. Je crois qu’on aurait du mal à trouver, même parmi les gens diserts, vifs et subtils de son peuple, quelqu’un de plus éloquent, de plus magistral dans ses arguments, de plus pertinent dans ses exemples, de plus intimement au fait des livres sacrés juifs, chrétiens et musulmans. face à ces qualités, combinées à son port majestueux et cordial à la fois, je ne m’étonnais plus de l’influence et de l’estime dont il bénéficie même au-delà du cercle des disciples de son père. Parmi ceux qui l’ont rencontré, personne ne doute de la grandeur et du pouvoir de cet homme.7
‘abdu’l-Bahá était alors en pleine maturité. après l’ascension de son père,
dans la Gloire du Père
lorsque le manteau de l’autorité reposa sur ses épaules, la trahison de son demi-frère le vieillit prématurément.
Bahá’u’lláh consacra les dernières années de sa vie à écrire et à révéler d’innombrables tablettes, épîtres et traités sur des sujets spirituels et éducatifs de toutes sortes. ‘abdu’l-Bahá le protégeait avec une grande compétence des interférences du monde extérieur ; il rencontrait les fonctionnaires du gouvernement, les chercheurs, les érudits, n’admettant en présence de Bahá’u’lláh que ceux qui avaient de vrais problèmes à résoudre.
Concernant la constante révélation issue de la sublime Plume, le Gardien écrit : effectivement, par leur portée et par leur volume, ses écrits, parus au cours de ses années de réclusion dans la plus grande prison, dépassèrent, tant à andrinople qu’à Bagdad, les torrents déversés par sa plume. Plus remarquable que le changement radical des conditions de sa vie même à acre, d’une portée supérieure, par ses conséquences spirituelles, à la campagne de répression poursuivie sans répit par les ennemis de sa foi dans son pays natal, cette extension sans précédent dans la variété de ses œuvres doit placer cette période de relégation dans cette prison parmi l’une des plus vivifiantes et des plus fructueuses pour le développement de sa foi.
les vents d’orage qui soufflèrent sur la foi au début du ministère de Bahá’u’lláh, le froid d’hiver et la désolation qui accueillirent le commencement de sa carrière prophétique peu après son bannissement de Téhéran furent suivis, pendant la seconde partie de son séjour à Bagdad, par ce qu’on peut considérer comme les années printanières de sa mission, années qui virent s’épanouir en une activité manifeste les forces inhérentes à cette graine divine, forces restées en sommeil depuis la fin tragique de son précurseur.
avec son arrivée à andrinople, et à la suite de la proclamation de sa mission, le soleil de sa révélation s’était pour ainsi dire élevé jusqu’à son zénith et, comme en témoignent le style et le ton de ses écrits, il resplendissait dans la plénitude de sa gloire estivale.
C’est pendant la période d’incarcération de Bahá’u’lláh à acre qu’un lent processus de développement fut mené à son terme, et que les fruits de choix de cette mission furent finalement récoltés.
si l’on examine attentivement l’immense domaine qu’embrassent les œuvres de Bahá’u’lláh au cours de cette période, on s’aperçoit que ces œuvres appartiennent à trois catégories différentes. la première comprend les écrits qui font suite à la proclamation de sa mission à andrinople. la seconde contient les lois et les ordonnances de sa révé-
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lation qui, pour la plus grande part, sont consignées dans le kitáb-i-aqdas, son très-Saint livre. dans la troisième catégorie doivent se ranger les tablettes qui, d’une part, formulent et de l’autre réaffirment les principes essentiels et les préceptes fondamentaux de cette révélation.8
dans cette troisième vaste catégorie mentionnée par le Gardien, on trouve des textes comme lawh∂-i-aqdas ( la très-sainte tablette) adressée plus particulièrement aux chrétiens ; bishárát ( les bonnes nouvelles) ; ∏arázát ( les ornements), tajallíyát ( les effulgences), ishráqát ( les splendeurs), lawh∂-i-burhán ( l’épître de la preuve) adressée à shaykh muh∂ammad- Báqir d’ispahan, un des religieux responsables du martyre de sulπánu’sh- shuhadá’(le roi-des-martyrs) et de mah∂bubu’sh-shuhadá’(bien-aimé-des- martyrs), lawh∂-i-dunyá ( l’épître au monde) révélée en l’honneur d’áqá mírzá áqá afnán à la suite de la mort des sept martyrs de yazd qui furent tués sur ordre de sulπán-husayn mírzá, Jalálu’d-dawlih, fils de sulπán-mas‘úd mírzá, z∆illu’s-sulπán ; lawh∂-i-hikmat ( l’épître de la Sagesse), révélée en honneur d’áqá muh∂ammad, connu sous les titres de nabíl-i-akbar ou nabíl-i- qá’íní, un élève du célèbre shaykh murtid∂áy-i-ans∂árí ; enfin kalimát-i- Firdawsíyyih ( les paroles du paradis).
le dernier ouvrage qui coula de la plume créative de Bahá’u’lláh fut l’épître au fils du loup. il fut révélé en 1891 et adressé à shaykh muh∂ammad-Taqí, plus connu sous les noms de shaykh najafí ou áqá najafí, fils de shaykh muh∂ammad-Báqir, religieux d’ispahan stigmatisé par Bahá’u’lláh qui l’appela dhi’b (le loup).
ensemble, mír muh∂ammad-h∂usayn, l’imám-Jum‘ih de cette ville, shaykh muh∂ammad-Báqir et sulπán-mas‘úd mírzá, le z∆illu’s-sulπán avaient conspiré et poussé au martyre des deux frères mírzá h∆asan, sulπánu’sh- shuhadá’et de mírzá h∆usayn, mah∂bubu’sh-shuhadá’. mír muh∂ammad- h∂usayn, l’imám-Jum‘ih, condamné par Bahá’u’lláh sous le titre de raqshá (la vipère) mourut horriblement en 1881. la maladie qui l’emporta fit que son corps devint si répugnant que personne n’osa s’en approcher. quelques porteurs l’enterrèrent rapidement dans une fosse inconnue. son complice, « le loup » mourut en irak quelque trois ans plus tard, abandonné de tous. dans l’épître adressée au fils de cet homme, lui aussi un ennemi invétéré et notoire de la foi dont la cupidité et les machinations furent à l’origine de meurtres et de persécutions, Bahá’u’lláh réitéra le défi lancé à ses
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détracteurs. son appel vient de dieu, sa confiance est en dieu et aucun pouvoir terrestre ne peut le détourner de son but. dans ce livre, sa « dernière remarquable tablette » 9 on trouve aussi une sélection représentative puisée dans tous ses écrits et présentée par lui-même. un aspect important de l’épître est la version personnelle de Bahá’u’lláh qui narre les terribles évènements provoqués par les adeptes de mírzá yah∂yá, qui se passèrent à Constantinople et dont l’issue fut tragique.
notre prochain chapitre est consacré à l’exposé qu’en fait Bahá’u’lláh dans l’Épître au Fils du loup et aux détails de ces événements qui jetèrent une ombre sur les dernières années de sa vie.
Par leur portée, leur étendue et leur profondeur, les écrits de Bahá’u’lláh sont inégalés parmi les écritures saintes du passé. mírzá abu’l-fad∂l Gulpáygání, l’érudit et enseignant bahá’í, les classait en quatre catégories : lois et ordonnances ; méditations et prières ; interprétations des écritures du passé ; discours et exhorta-tions. il écrit à propos de la première catégorie : « Certains contiennent des lois ou des règles par lesquelles les droits et les intérêts des nations peuvent être garantis car ces lois sont promulguées afin de répondre aux nécessités de chaque pays et sont acceptables à l’esprit de tout homme intelligent. Par leur universalité, elles ressemblent aux lois de la nature qui protègent le progrès et le développement des peuples ; elles apporteront l’union et l’harmonie universelle. » 10
Bahá’u’lláh affirme que le volume de ses paroles révélées est égal à l’ensemble des écrits des manifestations de dieu qui l’ont précédé. il ne faut pas oublier l’avantage inégalable qu’ont ses écrits sur les livres saints d’antan : le texte original existe, bien protégé. les générations futures n'auront pas l'écrasante responsabilité de décider de l'authenticité des œuvres attribuées au prophète. la tradition orale n'a pas de place dans les écritures de la religion bahá'íe.
activités des azalís à istanbul
dans les années quatre-vingt et au début des années quatre-vingt-dix du dix- neuvième siècle, istanbul était devenu un centre d’activité pour les partisans de mírzá yah∂yá. ils faisaient tout leur possible pour nuire aux bahá’ís. shaykh ah∂mad-i-rúh∂í et ‘abdu’l-h∆usayn Khán-i-Bardsírí plus connu sous le nom de mírzá áqá Khán-i-Kirmání, tous deux mariés à des filles de mírzá yah∂yá s∆ubh∂-i-azal, vivaient à istanbul. C’étaient des hommes de talents dans beaucoup de domaines et ils possédaient des plumes faciles. et tous deux étaient des ennemis invétérés de Bahá’u’lláh. une autre personne hostile à la religion proclamée par Bahá’u’lláh et vivant aussi à istanbul était siyyid Jamálu’d-dín-i-asadábádí*, connu sous le nom d’afghani, cet oiseau des tempêtes de la politique orientale, avocat du panislamisme. shaykh ah∂mad et mírzá áqá Khán s’attachèrent à afghani, en dépit du fait que ce subtil semeur de troubles s’opposait aussi à la religion du Báb. lorsque mírzá áqá Khán visita acre, en apparence pour rechercher la vérité, Bahá’u’lláh fit la remarque que son but était seulement de créer confusion et méfaits. et comme prévu, en quittant acre, mírzá áqá Khán répéta qu’il n’avait trouvé là que mensonge et duplicité.
áqá muh∂ammad-∏áhir de Tabriz avait créé à istanbul, dès 1875, un journal intitulé akhtar (l’étoile) qui fut publié pendant vingt ans et qui déplaisait beaucoup à nás∂iri’d-dín sháh. il tomba sous l’influence de mírzá áqá Khán qui y contribua régulièrement. dans l’ Épître au Fils du loup, Bahá’u’lláh fait référence aux activités des azalís :
[...] dans la grande cité [istanbul], ils ont incité un très grand nombre de personnes à s’opposer à cet opprimé. les choses en sont arrivées à un point tel que les autorités de cette ville ont agi en faisant honte au gouvernement et à la population. un éminent siyyid, considéré par tous comme un marchand très honoré dont l’intégrité notoire, le
* asadábád est dans les environs de hamadán, à l’ouest de l’iran.
dans la Gloire du Père
Mírzá áqá khán-i-kirmání (gauche) et Shaykh ah∂mad-i-rúh∂í (browne, The Persian revolution of 1905-1909 )
comportement irréprochable et la réputation en matière commerciale étaient reconnus par la majorité des personnes impartiales, visita un jour Beyrouth*. en raison de son amitié pour cet opprimé, les dites autorités informèrent par télégraphe le drogman persan que ce siyyid, accompagné de son serviteur, avait notamment volé une somme d’argent avant de se rendre à acre. leur dessein, dans cette affaire, était de déshonorer cet opprimé. [...] [...] en résumé, ils excitèrent un grand nombre de personnes, comme akhtar [le journal] et les autres ; ils s’emploient toujours à propager des calomnies. il est clair qu’on assaille avec l’épée de la haine et les flèches de l’inimitié celui qu’on sait pros-crit parmi les hommes, banni d’un pays à l’autre. Ce n’est ni la première fois qu’une telle iniquité est perpétrée, ni la première coupe jetée à terre, ni le premier voile coupé en deux sur le chemin de dieu, le seigneur des mondes. Cependant, cet opprimé demeurait calme et silencieux dans la Plus-Grande-Prison, occupé par ses propres
* h∂ájí mírzá siyyid h∂asan, afnán-i-Kabír (le grand afnán), frère de la femme du Báb.
aCTiviTés des azalís à isTanBul 413
affaires, entièrement détaché de tout ce qui n’est pas dieu. l’iniquité s’intensifia si cruellement que les plumes du monde sont impuissantes à la décrire. à ce sujet, il convient de mentionner un événement afin que les hommes s’accrochent fermement à la corde de la justice et de la loyauté : hájí shaykh muh∂ammad ‘alí - que la gloire de dieu, l’éternel, soit sur lui - était un marchand d’excellente renommée, bien connu de la plupart des habitants de la grande Cité. on observa, il n’y a guère, la profonde détresse de cette âme pieuse et sincère alors que l’ambassade de Perse à istanbul s’évertuait en secret à répandre des calomnies. si bien qu’une nuit, il se jeta dans la mer, mais fut sauvé par des passants qui heureusement arrivaient à cet instant. on commenta longuement son acte qu’on interpréta de diverses manières. une nuit, il se rendit à une mosquée. selon le gardien, il veilla jusqu’au matin, offrant prières et supplications, plein d’ardeur et les yeux baignés de larmes. Comme le gardien l’entendit interrompre subi-tement ses dévotions, il alla vers lui et constata qu’il avait rendu l’âme. l’on trouva auprès de lui un flacon vide : il s’était empoisonné. stupéfait, le gardien transmit en quelques mots la nouvelle à la population. l’on découvrit alors que le défunt avait laissé deux testaments. dans le premier, il reconnaissait et confessait l’unicité de dieu, déclarait que son Être exalté n’a ni pair ni égal et que son essence est glorifiée au-dessus de toutes louange et description. il témoignait également de la révélation des prophètes et des saints, et reconnaissait ce qui est mentionné dans les livres de dieu, le seigneur de tous les hommes. sur une autre page, il avait rédigé une prière qu’il concluait par ces mots : « Ce serviteur et les bien-aimés de dieu sont perplexes. d’une part, la Plume du Très-haut a interdit à tous les hommes la sédition, la contestation ou les conflits, d’autre part, la même Plume a révélé ces sublimes paroles : Si quelqu’un, en présence de la Manifestation, découvrait une intention maligne chez quiconque, il ne devrait pas s’opposer à lui, mais le laisser entre les mains de dieu .» Comme ce commandement est clair et fermement établi, que par ailleurs, des calomnies humaine-ment insupportables ont été proférées, ce serviteur a choisi de commettre ce très grave péché. Je tourne mes supplications vers l’océan de la générosité de dieu et vers le paradis de la miséricorde divine, et j’espère qu’il absoudra, par la plume de sa grâce et de sa munificence, les méfaits de ce serviteur. Bien que mes péchés soient multiples, mes méfaits innombrables, je m’accroche avec ténacité à la corde de sa bonté et au pan de sa générosité. dieu m’en est témoin, ceux qui sont proches de son seuil le savent, ce serviteur ne pouvait supporter d’entendre les mensonges proférés par les âmes perfides.
aussi ai-je commis cet acte. si dieu me châtie, qu’il soit loué pour ce qu’il fait, et s’il me pardonne, que son commandement soit obéi ».
dans la Gloire du Père
[...] nous supplions dieu - béni et glorifié soit-il - de pardonner à celui que j’ai mentionné plus haut (h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí) et de changer ses méfaits en bonnes actions. en vérité, il est le Tout-Puissant, le Très- Généreux.1
h∂ájí shaykh muh∂ammad-‘alí, appelé nabíl ibn nabíl, était un frère de shaykh Káz∂im de qazvín, surnommé par Bahá’u’lláh samandar (salamandre). les deux frères étaient des commerçants très réputés. leur père, shaykh muh∂ammad, surnommé nabíl, épousa la religion du Báb dès les premiers temps et mourut à Bagdad un an avant la déclaration de Bahá’u’lláh. Ce sont les intrigues des disciples de mírzá yah∂yá à istanbul qui poussèrent nabíl ibn nabíl à se suicider et voici l’histoire de leurs scandaleuses actions, dans la mesure où l’auteur fut capable de les reconstituer avec les documents disponibles. les afnán, la famille du Báb, avaient de vastes intérêts commerciaux. h∆ájí mírzá muh∂ammad-‘alí, un fils de h∆ájí mírzá siyyid muh∂ammad, un oncle maternel du Báb, résidait à hong-Kong. son frère, h∆ájí mírzá muh∂ammad- Taqí, le vakílu’d-dawlih, résidait à yazd (puis plus tard à ‘ishqábád). à Bombay, il y avait toujours un ou deux afnán qui géraient une maison d’édition et une imprimerie prospères, d’où sortiront les premiers livres bahá’ís imprimés : le kitáb-i-iqtidárát et le kitáb-i-Mubín*. áqá mírzá áqá, núri’d-dín, faisait à Port-saïd du commerce sous le nom de núri’d-dín h∆asan. h∆ájí mírzá siyyid h∆asan, afnán-i-Kabír (le grand afnán), frère de la femme du Báb, résidait à Beyrouth avec son fils h∆ájí siyyid ‘alí, marié à furúghíyyih Khánum.
de plus, les afnán avaient des partenaires ou des agents dans un certain nombre d’autres centres commerciaux. áqá ‘alí-haydar-i-shirvání était leur partenaire dans le Caucase avant qu’il parte pour Téhéran. h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí était leur partenaire à istanbul. un troisième partenaire dans la capitale ottomane était áqá muh∂ammad-‘alíy-i-is∂fahání qui tomba progressivement sous l’influence des partisans de mírzá yah∂yá dont shaykh ah∂mad-i-rúh∂í et mírzá áqá Khán-i-Kirmání étaient les plus importants. mais il y en avait d’autres, aussi actifs et aussi malfaisants, comme shaykh muh∂ammad-i-yazdí, áqá muh∂ammad-‘alíy-i-Tabrízí (que Bahá’u’lláh avait expulsé à cause de ses méfaits répétés) et najaf-‘alí Khán qui avait des liens avec l’ambassade persane. servant la cause de siyyid Jamálu’d-
* Ce sont des tablettes de Bahá’u’lláh, calligraphiées par mishkín-qalam.
aCTiviTés des azalís à isTanBul 415 dín-i-asadábádí (afghání) on rencontrait shaykh ah∂mad-i-rúhí, mírzá áqá Khán-i-Kirmání et h∆ájí mírzá h∆asan Khán, le Khabíru’l-mulk (ancien consul général de Perse à istanbul), mais il n’est pas certain que ce dernier ait été un azalí.
ils finiront tous les trois ensemble et de la même façon : décapités à Tabriz en 1896
sur l’ordre et en présence de muh∂ammad-‘alí mírzá (plus tard sháh), le prince héritier de Perse.
avant peu mírzá áqá Khán et áqá muh∂ammad-∏áhir, le fondateur et propriétaire du journal akhtar se disputeront, mais au pire de la crise résultant des activités des azalís, ce journal était complètement dominé par mírzá áqá Khán et ses acolytes. Curieusement il semble que la rupture fut causée par le mariage d’une fille d’áqá muh∂ammad-∏áhir avec mírzá h∆usayn-i-sharíf-i-Káshání, fils de mullá muh∂ammad-Ja‘far-i-naráqí, anciennement l’un des plus ardents partisans de mírzá yah∂yá. Ce mullá muh∂ammad-Ja‘far était l’auteur d’un ouvrage réfutant les preuves de Bahá’u’lláh, intitulé tadhkíratu’l-gháfilín ( rappel aux étourdis). après avoir parcouru en tous sens l’irak à la recherche de mírzá yah∂yá qui avait omis d’infor-h∆ájí Mírzá h∆asan khán, le khabíru’l-Mulk
(browne, The Persian revolution of 1905-1909 )
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mer son champion zélé de son départ, il s’était réfugié à Káz∂imayn. mais cette ville est très proche de Bagdad et regorge de pèlerins. mullá muh∂ammad-Ja‘far étant connu pour être bábí, le consul général de Perse, mírzá Buzurg Khán estima que l’endroit n’était pas sûr pour lui. aussi, décida-t-il de l’emmener avec lui lorsqu’il repartit pour l’iran en 1869. deux enfants, mírzá h∂usayn, fils de mullá muh∂ammad-Ja‘far et mírzá núru’lláh* un des fils de mírzá yah∂yá qui était alors bloqué en irak, furent aussi du voyage. en arrivant à Kirmánsháh, mullá muh∂ammad-Ja‘far tomba malade et dut arrêter le voyage. mírzá Buzurg Khán l’abandonna avec les deux enfants aux bons soins du prince imám-qulí mírzá, l’imádu’d-dawlih, gouverneur de la ville. lorsque mullá muh∂ammad-Ja‘far fut guéri, imádu’d- dawlih les envoya tous les trois sous escorte à Téhéran où on les jeta dans le siyáh-Chál. mullá muh∂ammad-Ja‘far sera empoisonné en prison et les enfants furent libérés. nous reprendrons plus tard l’histoire de h∆ájí mírzá h∆usayn-i-sharíf-i-Káshání, fils de mullá muh∂ammad-Ja‘far.
dans le numéro trente-six du journal akhtar daté du 12 août 1886, fut publiée une lettre signée par áqá muh∂ammad-‘alíy-i-is∂fahání accusant afnán-i- Kabír et ses fils de fourberie, de complot pour frauduleusement le priver de ses richesses, et même de vol. sa déclaration péremptoire accusait de tricherie, de trahison, de mauvaise foi et de duplicité tous les coreligionnaires de afnán-i-Kabír. il écrivait vouloir exposer leurs mensonges à ses compatriotes pour les prévenir et il déclarait comme nul et non avenu quelque document qui, d’après lui, lui avait été sou-tiré par h∆ájí mírzá siyyid h∆asan. il affirmait que tous liens avec afnán-i-Kabír et ses fils étaient rompus, que leur partenariat était terminé et qu’ils lui devaient une énorme somme d’argent. il ajoutait qu’il présenterait plus tard son cas, avec toutes les preuves nécessaires, au consul général de Perse de Constantinople. il ajoutait que, parmi ces preuves, il avait des écrits du guide spirituel de h∆ájí mírzá siyyid h∆asan.
dans l’ Épître au Fils du loup Bahá’u’lláh affirme catégoriquement que : aucun incident fâcheux ne s’est produit en Perse depuis bien longtemps. le pouvoir a tenu fermement en ses mains les rênes des agitateurs au sein des diverses sectes.
Personne n’a transgressé ses limites. Par dieu ! Cette communauté n’est pas, et n’a
* mírzá núru’lláh devint médecin et s’installa à rasht dans la province caspienne de Gilán.
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jamais été, encline à commettre des méfaits. son cœur est illuminé de la lumière de la crainte de dieu et paré de l’ornement de son amour. sa préoccupation est, aujourd’hui comme hier, le mieux-être du monde. [...] de même, les officiels de l’ambassade de Perse dans la grande Cité cherchent avec détermination et constance à exterminer ces opprimés. ils désirent une chose et dieu en désire une autre. Considère maintenant ce qui advient en chaque pays aux fidèles de dieu : tantôt ils sont accusés de vol et de larcin, tantôt ils sont calomniés d’une manière sans équivalent dans le monde. réponds honnêtement : quelles pouvaient être les conséquences à l’étranger, de l’accusation de vol portée par l’ambassade de Perse contre ses propres sujets ? Cet opprimé en ressentit de la honte, non pas en raison de l’humiliation subie, mais plutôt à cause de la perception par des ambassadeurs étrangers de l’incompétence et de l’incompréhension de personnalités éminentes de l’ambassade de Perse. [...] Bref, au lieu de chercher, comme ils auraient dû le faire, à parvenir aux rangs les plus élevés grâce à celui qui occupe cette condition sublime et à requérir son avis, ils s’efforcent toujours d’éteindre sa lumière. Toutefois, comme rapporté, son excellence l’ambassadeur mu‘ínu’l-mulk, mírzá muh∂sin Khán - que dieu l’assiste -
était absent de istanbul à ce moment. Cela s’est produit parce que l’on croyait sa majesté le chah de Perse - que le Très-miséricordieux l’assiste - courroucée contre ceux qui ont atteint et côtoient le sanctuaire de la sagesse. dieu est témoin et sait que cet opprimé s’est toujours attaché à tout ce qui contribuait à la gloire du gouvernement et de la nation. en vérité, dieu est un témoin suffisant.
décrivant le peuple de Bahá, la Plume suprême a révélé ces paroles : en vérité, ce sont des hommes qui ne s’attardent point lorsqu’ils passent dans des cités d’or pur et se détournent lorsqu’ils rencontrent les femmes les plus belles et les plus gracieuses. »
voilà ce qu’a révélé la Plume suprême pour le peuple de Bahá, de la part du Conseiller, de l’omniscient. dans les derniers passages de l’épître à sa majesté l’empereur de Paris [napoléon iii] ont été révélées ces paroles exaltées : te réjouis-tu des trésors que tu possèdes, sachant qu’ils périraient ? te réjouis-tu de gouverner un empan de terre quand, pour le peuple de bahá, le monde entier ne vaut pas plus que la pupille de l’œil d’une fourmi morte ? abandonne-les à ceux qui s’y attachent et tourne-toi vers le désir du monde. seul dieu - exaltée soit sa gloire - connaît ce qui advint à cet opprimé. Chaque jour apporte à l’ambassade d’istanbul un nouveau récit d’incidents dirigés contre nous. dieu de miséricorde ! l’unique objet de leurs machinations est d’éliminer ce serviteur. ils oublient, toutefois, que l’humiliation dans le chemin de dieu est ma gloire véritable.
dans les journaux, on pouvait lire notamment : À propos des agissements frauduleux de
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certains exilés d’acre et de leurs exactions contre plusieurs personnes, etc... Pour les partisans de la justice et les aurores d’équité, l’intention de l’auteur était évidente et explicite son objectif. en résumé, celui-ci m’infligea toutes sortes de cruautés, d’injustices et de tourments. Par dieu ! Cet opprimé n’échangerait point ce lieu d’exil pour la demeure la plus sublime. aux yeux de toute personne perspicace, ce qui advient dans le sentier de dieu est gloire manifeste et rang suprême. [...] cet opprimé ne se départit pas de la patience qui s’imposait. si seulement sa majesté le chah demandait un rapport sur ce qui nous advint à istanbul afin d’être pleinement informé des faits réels ! [...]
Trouvera-t-on un juste qui, en ce jour, jugera selon ce que dieu a envoyé dans son livre ? où est la personne impartiale qui examinera équitablement ce qui fut perpétré contre nous sans preuve ni témoignage irréfutable ? 2
dans d’autres épîtres telles que celles adressées à áqá mírzá áqá, núri’d-dín et à Karbilá’í h∆ájí-Bábá, un bahá’í de zarqán (près de Chiraz, dans la province de fars), Bahá’u’lláh parle en particulier des accusations lancées contre afnán-i-Kabír. malheureusement, l’auteur n’a pu trouver nulle part une collection complète du journal akhtar et dans les numéros qui appartenaient à edward Granville Browne et qui sont déposés à la bibliothèque de l’université de Cambridge, on ne trouve aucune référence aux intrigues des azalís à istanbul. Peut-être qu’il n’existe nulle part une collection complète de akhtar. alors qu’il était sous l’influence marquée de mírzá áqá Khán-i- Kirmání, nás∂iri’d-dín sháh en avait interdit la circulation en Perse. mais un jour mírzá áqá Khán se fâcha avec áqá muh∂ammad-∏áhir et ce dernier eut de plus en plus de difficultés financières à produire son journal.
alors intervint ‘alá’u’l-mulk, l’ambassadeur de Perse à istanbul, qui demanda à son gouvernement de subventionner le journal afin que áqá muh∂ammad- ∏áhir puisse continuer à le publier comme contrepoids au journal qánún, publié à londres par mírzá malkam Khán le náz∂imu’d-dawlih, qui était très critique envers le gouvernement de Perse et qui lançait de vicieuses campagnes notamment contre mírzá ‘alí-asghar Khán l’amínu’s-sult∂án*, le s∆adr-i-a’z∂am du chah, un
*lors de l’assassinat de nás∂iri’d-dín sháh en 1896, amínu’s-sult∂án était le s∆adr-i-a’z∂am ou grand vizir. C’est grâce à son stratagème que les désordes purent être évités ce jour-là. Certains écrivains modernes ont suggéré que amínu’s-sult∂án lui-même était impliqué dans le meurtre de nás∂iri’d-dín sháh ; c’est ridicule. en 1898, sulaymán Khán, connu comme Jamál effendi, vint d’acre avec notamment comme mission de rencontrer amínu’s-sult∂án à qom, ville dans laquelle il s’était retiré après sa destitution par le chah muz∂affari’d-dín. il était arrivé au ministre déchu de parler en faveur des bahá’ís opprimés. mais, revenu aux affaires, il oublia vite ses promesses.
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homme compétent et astucieux quoique peu scrupuleux. il existe un document écrit de la main du chah qui approuve les subventions pour áqá muh∂ammad-∏áhir et son journal. mais l’éclat des jours passés ne revint jamais et akhtar disparut.
les intrigues d’istanbul sont assez compliquées à raconter, comme toutes les intrigues. mais on peut les diviser en plusieurs épisodes. Tout ce qui concerne nabíl ibn nabíl est décrit en détail dans une brochure écrite par son neveu, mírzá
‘abdu’l-h∆usayn, fils de shaykh Káz∂im-i-samandar. mais il n’existe pas de récit continu des événements concernant les afnán. les manques dans le récit doivent être complétés.
Comme indiqué ci-dessus, les afnán avaient une chaîne d’intérêts commerciaux qui allait de hong-Kong à istanbul. vers 1882, hájí shaykh muh∂ammad-‘alí de qazvín qui faisait du commerce chez lui depuis des années, s’installa à istanbul à la demande de Bahá’u’lláh. Pendant sept ans, il y géra un commerce. on ne sait pas s’il fut tout de suite un partenaire des afnán ou s’il le devint plus tard. on ignore aussi lequel des fils de h∆ájí mírzá siyyid h∆asan, l’afnán-i-Kabír, resta assez longtemps à istanbul à cette époque. mais on est certain que hájí shaykh muh∂ammad-‘alí y dirigeait et gérait personnellement une entreprise pendant toutes ces années. il devint ainsi connu dans la capitale ottomane, traitant également avec les gens de toutes croyances : juifs, chrétiens et musulmans. de même, les pèlerins Mírzá ‘alí-asghar khán, l’amínu’s-Sulπán
(browne, The Persian revolution of 1905-1909 )
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de toutes les religions, en route pour la mecque, Jérusalem ou acre recevaient de lui conseils, aide et directives. Cette célébrité justifiée donna aux disciples de mírzá yah∂yá, des hommes comme shaykh muh∂ammad-i-yazdí, shaykh ah∂mad-rúh∂í, mírzá áqá Khán-i-Kirmání, l’idée de le surveiller de près. Par ailleurs, par l’intermédiaire de h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí, la Plus- Grande-Branche était en communication régulière avec des fonctionnaires ottomans comme núrí Big, et il est probable que les azalís étaient au courant du fait.
mírzá áqá Khán commença à fréquenter la boutique de hájí shaykh muh∂ammad-‘alí, venant chaque jour poser de nouvelles questions, exprimant enfin son désir d’embrasser la foi bahá’íe. mais il désirait d’abord visiter acre et être témoin de la vérité de ce qu’on lui avait dit. il demanda à hájí shaykh muh∂ammad-‘alí d’obtenir la permission de Bahá’u’lláh pour qu’il puisse aller à acre. déjà, deux ans avant, mírzá yah∂yá de qazvín, dont le père était un partisan de mírzá yah∂yá s∆ubh∂-i-azal, avait fini par voir son erreur et était devenu un croyant confirmé dans la religion de Bahá’u’lláh. hájí shaykh muh∂ammad-‘alí espérait donc que mírzá áqá Khán suivrait le même chemin. mais cela ne se ferait pas, car on allait vite s’apercevoir que c’était un dissimulateur.
áqá muh∂ammad-‘alíy-i-is∂fahání était, lui aussi, à istanbul depuis quelques années. on ne sait rien de ses antécédents. il commerçait sur une petite échelle et prenait des commissions sur des affaires qu’il négociait. n’ayant jamais reçu que des marques d’amitié de la part de hájí shaykh muh∂ammad-‘alí, il n’en était pas moins jaloux de la grande réussite du marchand de qazvín et il envoyait des rapports négatifs à certains de ses clients et répandait des fausses rumeurs sur son compte. hájí shaykh muh∂ammad-‘alí eut alors une idée pour contrecarrer la malveillance de áqá muh∂ammad-‘alí et proposa un accord commercial entre les afnán, lui-même et cet is∂fahání. les afnán acceptèrent. Ce partenariat dura plusieurs années, prospéra et l’is∂fahání en tira de grands profits. mais, peu à peu, il tomba sous la coupe d’áqá muh∂ammad-‘alíy-i-Tabrízí (expulsé par Bahá’u’lláh) et les adeptes de s∆ubh∂-i-azal. C’est à la même époque que mírzá áqá Khán avait pris de l’ascendant sur áqá muh∂ammad-Táhir le fondateur et rédacteur de akhtar.
les rumeurs malveillantes répandues par les deux muh∂ammad-‘alí, l’un de Tabriz et l’autre d’ispahan , devinrent si persistantes que Bahá’u’lláh envoya h∂ájí siyyid Javád-i-yazdí pour enquêter et trouver la vérité. Ce vénérable siyyid resta
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quelque temps à istanbul et comprit très vite que les adversaires de la religion n’élaboraient que des mensonges. mais un jour vint où hájí shaykh muh∂ammad-
‘alí ne put plus supporter le poids des fausses rumeurs, des diffamations et des insinuations. il n’avait que son neveu mírzá ‘abdu’l-h∆usayn avec lui, et se sentait très seul. une nuit, il se jeta dans la mer mais fut secouru par des bateleurs.
les douaniers et les badauds qui le connaissaient bien furent très surpris. hájí shaykh muh∂ammad-‘alí vécut pour voir un autre jour, mais la pensée qu’il avait tenté de se suicider et le fait de lire dans les journaux, et particulièrement akhtar, des articles rapportant le fait, l’écrasaient.
C’est alors qu’arriva de Terre sainte, en route pour ‘ishqábád, hájí mírzá abu’l-qásim-i-náz∂ir, né à ispahan. áqá muh∂amad-‘alí n’avait pas encore dévoi-lé sa vraie nature. en prévision de ses plans abominables, il réussit, étant aussi d’ispahan, à convaincre náz∂ír de rester à istanbul. mais il comprit bientôt que náz∂ir ne deviendrait jamais un jouet entre ses mains et ne l’aiderait pas. Puis il entendit dire que quelques-uns des afnán visiteraient bientôt istanbul et qu’ils pourraient effectuer quelques changements dans le magasin qu’ils possédaient tous en commun. un jour, il fit savoir que 400 livres avaient été volées dans les coffres de leur magasin ; il joua si bien l’accusateur que tout le monde le crut. il devait 60 livres de salaires non payés à un pauvre siyyid, lui aussi is∂fahání, qui travaillait pour lui. il laissa les soupçons se tourner vers ce dernier. sous les pressions du consul général persan manipulé par les azalís, ce siyyid muh∂ammad, un honnête musulman, fut arrêté par la police et resta prisonnier pendant deux mois.
il finit par pouvoir se disculper et affirma haut et fort que áqá muh∂amad-‘alí était un menteur et un tricheur qui lui devait 60 livres et qui, ayant entendu parler de l’arrivée des siyyids shírází (les afnán), avait décidé d’utiliser cette ruse pour leur voler 400 livres.
Pendant ce temps, la nouvelle de la tentative de suicide de hájí shaykh muh∂ammad-‘alí était arrivée en Terre sainte et Bahá’u’lláh lui enjoignit de quitter istanbul, après ce séjour de sept ans, et de venir à acre. mírzá muh∂sin, un jeune fils de afnán-i-Kabír fut choisi pour le remplacer dans ses lourdes tâches.
son neveu, mírzá ‘abdu’l-h∆usayn, qui connaissait bien tous les détails des métiers du commerce, devait rester là-bas pour aider le jeune homme. h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí quitta la capitale ottomane en mars 1889, notant dans son jour-
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nal sa joie d’être libéré de tous les soucis et les anxiétés que les ennemis avaient fait peser sur lui dans cette ville.
la veille du départ de h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí, náz∂ir avait trouvé, cachée dans les toilettes publiques de qárshí, une somme de 125 livres et, il en avait parlé à áqá muh∂ammad-‘alí, au grand regret de hájí shaykh. Tous les partisans de mírzá yah∂yá présents à istanbul encouragèrent áqá muh∂ammad-‘alí de porter plainte contre náz∂ir. Pourtant, c’était lui qui avait supplié náz∂ir de rester à istanbul et cela faisait deux mois déjà que náz∂ir avait trouvé l’argent sans avoir cherché à cacher sa découverte. néanmoins áqá muh∂ammad-‘alí l’accusa sans vergogne d’avoir volé les 400 livres dans le coffre du magasin et alla jusqu’à se plaindre par écrit à Bahá’u’lláh. il reçut de Terre sainte une réponse, signée par Khádimu’lláh, lui disant que s’il était capable de prouver son accusation contre náz∂ir, il recevrait d’áqá mírzá muh∂sin-i-afnán la somme qu’il prétendait avoir été volée, plus les intérêts.
en plus de muh∂ammad-‘alíy-i-Tabrízí et des principaux azalís d’istanbul, un fils de mírzá yah∂yá était aussi dans la capitale ottomane. Tous ces gens, soutenus par akhtar qui était alors manipulé par mírzá áqá Khán, lançaient en chœur des accusations. lorsqu’il était parti pour son voyage jusqu’à ‘ishqábád, náz∂ir avait laissé sa famille en Terre sainte ; son séjour à istanbul s’étant prolongé et ayant la permission de Bahá’u’lláh de revenir voir sa famille, il décida, devant les terribles accusations de áqá muh∂ammad-‘alí, de partir immédiatement. mais il fut arrêté, l’ambassadeur de Perse, mu‘ínu’l-mulk, qui le connaissait personnellement, dirigea le procès dans l’ambassade, conclut en sa faveur et le blanchit complètement.
en dépit de ce verdict clair, áqá muh∂ammad-‘alí, poussé par son homonyme de Tabriz et par shaykh muh∂ammad-i-yazdí, traîna náz∂ir devant les tribunaux ottomans qui, cette fois, établirent son innocence de manière irrévocable. áqá muh∂ammad-‘alí, piqué au vif par la défaite qu’il venait de subir en présence de shaykh muh∂sin Khán, le mu‘ínu’l-mulk et devant les tribunaux ottomans, cessa tout faux-semblant et, se montrant sous son vrai jour, écrivit cette fameuse lettre au journal akhtar dont nous avons déjà parlée et dans laquelle il accusait méchamment h∆ájí mírzá siyyid h∆asan, l’afnán-i-Kabír, ses fils et, par des sous-entendus, tous ses coreligionnaires, de fourberie et de pratiques douteuses. il osa même mentionner Bahá’u’lláh. Pendant ce temps, mírzá muh∂sin-i-
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afnán et mírzá ‘abdu’l-h∆usayn avaient terminé les affaires du magasin d’istanbul, vendu les meubles des bureaux et étaient partis en Terre sainte.
l’auteur possède une lettre de áqá mírzá muh∂sín qui indique que Bahá’u’lláh avait demandé à un autre fils d’afnán-i-Kabír, áqá siyyid ah∂mad d’aller à istanbul réfuter les graves et impudentes accusations d’áqá muh∂ammad-‘alí d’ispahan .
on demanda aussi à h∆ájí mírzá abu’l-qásim-i-názir et à h∆ájí abu’l-h∆asan- i-amín d’aller à istanbul, le premier pour y faire ses propres affaires et le second pour aider áqá siyyid muh∂ammad. mírzá ‘abdu’l-h∆usayn affirme qu’en réalité áqá muh∂ammad-‘alí devait aux afnán et à h∆ájí amín une somme considérable d’argent. en dépit de son attitude, áqá siyyid ah∂mad et h∆ájí amín tentèrent de régler les choses à l’amiable, sans succès. la présence à istanbul de h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí devenait de nouveau nécessaire. en septembre 1889, accompagné de son neveu et d’áqá muh∂ammad leur serviteur, il embarqua pour istanbul, le cœur lourd. Bahá’u’lláh lui avait dit de ne pas y rester trop longtemps et de continuer jusqu’en Perse. les choses allaient se passer différemment.
selon mírzá ‘abdu’l-h∂usayn et fád∂il-i-mazandéraní qui l’ont écrit tous les deux, h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí put prouver devant le tribunal ottoman et devant l’ambassadeur de Perse, avec l’aide de preuves tirées des registres et des livres de comptes, l’imposture de muh∂ammad-‘alíy-i-is∂fahání. d’importants marchands d’istanbul, persans ou non, signèrent volontiers un document affirmant leur conviction que l’is∂fahání qui avait calomnié ses anciens partenaires, avait menti, avait trompé les gens et, de fait, devait aux bahá’ís une somme d’argent considérable.
en dépit du succès de h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí et de la déroute du renégat d’ispahan , les adversaires de la foi bahá’íe devinrent encore plus hardis, fabriquant de nouvelles calomnies et les répandant abondamment. ils répandirent la fausse nouvelle que les autorités ottomanes avaient décidé de mettre le feu au manoir de Bahjí pour détruire le centre et la source même de la nouvelle religion. h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí, tout en faisant son devoir loyalement et fidèlement, était constamment soumis à l’effet usant de ces calomnies et aux moqueries des ignorants ; il finit par ne plus le supporter et se suicida. áqá siyyid ah∂mad organisa une réunion commémorative à laquelle assista mu‘ínu’l-mulk, l’ambassadeur persan qui était si ému par la mort tragique de h∆ájí shaykh qu’il en pleura. on raconte
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qu’il dit : « nous avions un marchand sage, sagace et intègre ; et maintenant nous l’avons perdu. »
h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí était parti loin des conspirateurs et des malveillants, mais l’histoire des intrigues contre les bahá’ís à istanbul ne s’arrête pas avec son décès. áqá siyyid ah∂mad-i-afnán était toujours là, dont la vue était insupportable aux deux muh∂ammad-‘alí, l’is∂fahání et le Tabrízí. mais on avait aussi besoin de lui ailleurs et Bahá’u’lláh ordonna à áqá ‘azízu’lláh-i-Jadhdháb, bahá’í d’origine juive de mashhad, d’aller à istanbul accélérer le départ de áqá siyyid ah∂mad. il devait aussi s’occuper des intérêts commerciaux des afnán. h∆ájí siyyid mírzá, un frère de siyyid ah∂mad qui résidait à yazd, devait 12 000 tomans à áqá ‘alí-haydar-i- shírvání un marchand de grande réputation qui s’occupait de transférer le h∆uqúqu’lláh* de chez h∆ájí abu’l-h∆asan-i-amín vers la Terre sainte.
áqá ‘alí-haydar avait été agent des afnán dans le Caucase mais il résidait depuis quelques années à Téhéran où edward Granville Browne le rencontra en 1888. en ces années-là, certaines personnes qui avaient échoué commercialement faisaient le siège de quelques-uns des afnán. il semble que h∆ájí siyyid mírzá ait eu tendance à temporiser dans le paiement de ses dettes et dans une épître, Bahá’u’lláh lui enjoint sévèrement de payer ses dettes sans tarder.
Bahá’u’lláh désirait que áqá siyyid ah∂mad visite d’abord la Terre sainte avant de repartir pour ‘ishqábád pour y vendre des terrains que les afnán avaient achetés quelques années avant, afin de régler leurs comptes avec áqá ‘alí-haydar. à ce moment-là, h∆ájí abu’l-h∆asan-i-amín languissait en prison à qazvín en compagnie de h∆ájí mullá ‘alí-akbar-i-shahmírzádí (une main de la cause de dieu connu sous le nom de h∂ájí ákhund)†. Bahá’u’lláh demanda à Jadhdháb de transmettre ce message à áqá siyyid ah∂mad : nous t’ordonnons de ne pas rester à istanbul un moment de plus et de partir immédiatement. Jadhdháb qui faisait du commerce depuis un certain temps en Transcaucasie et possédait un passeport de l’émir de Bukhárá (ce qui équivalait à avoir un passeport russe) voyagea sur un vapeur égyptien et retourna à istanbul le plus vite possible. il arriva dans la capitale ottomane dans les premiers jours d’août 1891, en plein mois sacré de muh∂arram ; áqá siyyid
* « le droit de dieu » un paiement que doivent acquitter les croyants, institué dans le kitáb-i-aqdas.
† Bahá’u’lláh fait référence à cette situation dans la Tablette au monde, lawh-i-dunyá, révélée en honneur de áqá mírzá áqá, núri’d-dín.
aCTiviTés des azalís à isTanBul 425
ah∂mad avait donc retardé son départ. mais Jadhdháb, obéissant à l’ordre de Bahá’u’lláh, insistait auprès de áqá siyyid ah∂mad pour qu’il parte le plus tôt possible. finalement, tout fut prêt pour qu’il parte dans l’après-midi de ‘áshúrá, le dix de muh∂arram, le jour du martyre de l’imam h∆usayn. il y avait alors à istanbul un marchand d’ispahan appelé áqá h∆usayn-‘alí qui fréquentait aussi bien les musulmans que les azalís et les bahá’ís. le soir de ‘áshúrá, il invita áqá siyyid ah∂mad, Jadhdháb et d’autres à une commémoration du martyre du troisième imam qui se tiendrait dans l’auberge du Khán-i-válidih et après laquelle, selon la coutume, se tiendrait un grand repas. Khán-i-válidih était le lieu de prédilection des Persans et beaucoup d’entre eux y tenaient un bureau ou même y habitaient. au début du dîner, on s’aperçut que shaykh ah∂mad-i-rúh∂í, muh∂ammad-‘alíy-i- Tabrízí et muh∂ammad-‘alíy-i-is∂fahání étaient aussi présents. ils ne cessaient de jeter des regards furtifs vers áqá siyyid ah∂mad et Jadhdháb qui, plus tard, accompagnés de mírzá ismá’íl Khán le fonctionnaire chargé des passeports à l’ambassade de Perse (originaire de rasht) et un courtier nommé h∆ájí muh∂ammad-Javád-i-is∂fahání, tous les deux bahá’ís, se retirèrent dans la demeure et le bureau de l’afnán situés tous deux dans l’auberge d’áyinih-lí. en passant dans le vestibule qui conduit à l’auberge ils rencontrèrent áqá nas∂ru’lláh-i-ardakání, le serviteur de áqá siyyid ah∂mad qui était assis avec les régisseurs de l’auberge et un certain nombre de débar- deurs. l’afnán demanda à son serviteur : « Pourquoi n’es-tu pas venu au Khán-i-válidih comme je te l’avais demandé ? » et nas∂ru’lláh répondit que la police l’en avait empêché. le lendemain matin, Jadhdháb, guidé par nas∂ru’lláh, visita la tombe de h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí que Bahá’u’lláh lui avait demandé de réparer et de couvrir d’une dalle de marbre. nas∂ru’lláh lui ayant indiqué la tombe le quitta pour vaquer à ses affaires et retourna rapidement en ville. ayant terminé sa mission vers midi, jour de ‘áshúrá, Jadhdháb retourna en ville pour y découvrir siyyid ah∂mad, mírzá ismá’íl Khán et h∆ájí muh∂ammad-Javád plongés dans la consternation. après son départ ce matin, la police était venue les informer que l’ambassade de Perse avait reçu une plainte venant des deux muh∂ammad-‘alí – le Tabrízí et l’is∂fahání. ils accusaient áqá nas∂ru’lláh-i- ardakání, le serviteur de áqá siyyid ah∂mad de s’être introduit la veille dans leurs bureaux pendant qu’ils étaient invités à l’auberge de Khán-i-válidih, d’avoir brisé la serrure de leur coffre et d’avoir volé plusieurs milliers de livres ainsi que tous les documents pouvant prou-
dans la Gloire du Père
ver que les bahá’ís leur devaient de l’argent. ils ajoutaient que ce voleur, suivant son maître, était sur le point de s’échapper en route vers acre et qu’il devait être arrêté immédiatement. Jadhdháb rappela à áqá siyyid ah∂mad qu’on l’avait prévenu de quitter la capitale ottomane immédiatement et sans délai. quelques heures plus tard, lui et son serviteur étaient à bord d’un vapeur autrichien. Jadhdháb vérifia qu’ils étaient bien partis et, de retour en ville, dut faire face à une citation à comparaître venant de l’ambassade persane. Ces jours-là, ni mu‘ínu’l-mulk l’ambassadeur, ni h∆ájí mírzá najaf-‘alí Khán son représentant, qui avaient tous deux des relations amicales avec Jadhdháb, n’étaient à istanbul. le consul était un arménien, uvánis Khán, qui deviendrait plus tard amabssadeur de Perse à Tokyo, et qui ne connaissait pas tout ce qui s’était passé. la disparition d’áqá siyyid ah∂mad et de son serviteur l’avait rendu furieux. mais Jadhdháb sut lui résister, réussit à le convaincre que c’était par méchanceté que les plaignants avaient agi et qu’il n’y avait pas de problème de vol.
nous avons déjà parlé dans ce chapitre de la relation tendue existant entre mírzá áqá Khán et áqá muh∂ammad-Táhir à cause du mariage de la fille de ce dernier avec mírzá h∆usayn-i-sharíf-i-Káshání. dans les archives de mírzá malkam Khán offertes à la Bibliothèque nationale de Paris par sa veuve, on trouve de nombreuses lettres écrites à malkam par mírzá áqá Khán. et ces lettres sont vraiment surprenantes. en plus de vilipender mírzá h∆usayn-i- sharíf et de dénigrer áqá muh∂ammad-Táhir, l’auteur y affirme des choses invraisemblables comme, par exemple, que les bábís d’istanbul croient que malkam est le Christ descendu du ciel, dont le retour doit suivre le retour du mahdí qui est le qá’im de la famille de muh∂ammad. mírzá áqá Khán dépasse les limites de la crédibilité en affirmant aussi que c’était le chef de ces bábís (il devait penser aux azalís) qui avait dû leur donner des indications dans ce sens et, dans une autre lettre, il affirme que cette déclaration extraordinaire a été faite par le chef des bábís. qui pourrait être ce chef, sinon mírzá yah∂yá s∆ubh∂-i-azal ? mais est-il pensable que mírzá yah∂yá, aussi stupide soit-il, puisse avoir fait une déclaration aussi ridicule ? mírzá áqá Khán, tout astucieux qu’il fut, ne connaissait-il pas mieux mírzá malkam Khán pour lui écrire des bêtises pareilles dans le but de se faire bien voir ? Pour salir le nom de mírzá h∂usayn-i-sharíf, il alla jusqu’à dire à malkam que ce « rustre » gendre de áqá muh∂ammad-Táhir lui avait demandé, contre une forte rémunération, de composer
aCTiviTés des azalís à isTanBul 427
un livre sur le Báb et les bábís dont il avait une grande connaissance. il avait beaucoup travaillé pour écrire ce livre*, disait-il, mais non seulement mírzá h∆usayn ne l’avait pas payé mais il le montrait à tout istanbul comme preuve que mírzá áqá Khán était un bábí ! (Tout le monde savait, naturellement, que mírzá áqá Khán et shaykh ah∂mad-i-rúh∂í avaient épousé des filles de mírzá yah∂yá). Ces lettres de mírzá áqá Khán à mírzá malkam Khán prouvent abondamment sa nature intri-gante.
mírzá h∆usayn-i-sharíf entra au service du gouvernement indien, prit sa retraite devenu riche et fut fait chevalier. sir mírzá h∆usayn finit ses jours au Caire où il vivait dans une abondance remarquable. il mourut sans descendance et lorsque son frère, shaykh mihdíy-i-sharíf-i-Káshání qui était maître d’école à Téhéran, se précipita au Caire, il eut la douleur de constater que le consul général de Perse en égypte s’était emparé de toute la fortune de sir mírzá h∆usayn-i-sharíf.
on connaît le destin de mírzá áqá Khán-i-Kirmání et shaykh ah∂mad-i-rúhí : ils furent emprisonnés et exécutés en 1896†. mais on ignore le destin des deux muh∂ammad-‘alí, le Tabrízí et l’is∂fahání. les intrigues et les malversations des partisans de mírzá yah∂yá à istanbul causèrent beaucoup de chagrin à Bahá’u’lláh jusqu’à la fin de sa vie, provoquant la perte d’une vie précieuse, ridiculisant et méprisant, pendant un certain temps, des hommes de grande intégrité dont la probité et la crédibilité étaient largement reconnues par tous. mais ils ne laissèrent pas de marques indélébiles dans les annales de la religion de Bahá’u’lláh. l’arche du salut résista à toutes les tempêtes et à toutes les pressions de l’époque.
* il doit s’agir du tome intitulé khulás∂atu’l-bayán : sommaire du Bayán.
† voir page 414-415
extraits d’une autobiographie
voiCi quelques pages de l’autobiographie de h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh afnán, fils de áqá mírzá áqá que Bahá’u’lláh nomma núri’d-dín, lumière de la foi. le père de áqá mírzá áqá était h∆ájí mírzá zaynu’l-’ábidín, qui était le cousin de siyyid muh∂ammad-rid∂á, le père du Báb. un autre cousin du père du Báb, mírzá mah∂múd-i-Khushnivís (le calligraphe) eut un fils nommé h∆ájí mírzá muh∂ammad-h∆asan (1815-95) qui, sous le nom de mírzáy-i-shírazí devint le plus éminent mujtahid chiite de son temps. h∆ájí siyyid Javád, l’imám- Jumih de Kirmán, lui aussi un grand personnage de son temps, était un autre cousin du père du Báb. Comme mírzáy-i-shírází, il croyait secrètement en son glorieux cousin, convaincu qu’il était le qá’im de la famille de muh∂ammad. nul n’entendit jamais tomber de leurs lèvres une condamnation de la religion du Báb et, chaque fois que ce fut possible, ils en protégèrent les disciples. un des exemples les plus éclatants est le respect et la considération dont fit preuve l’imám-Jum’ih de Kírmán envers quddús.
la mère de áqá mírzá áqá, zahrá Bigum, était la sœur de Khadíjih Bigum la femme du Báb, toutes deux étant les filles de mírzá ‘alí, un marchand de Chiraz.
et la mère de h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh (voir addenda v) était maryam-sulπán Bigum, une fille de h∆ájí mírzá abu’l-qásim, l’un des frères de la femme du Báb.
l’autre frère était h∆ájí mírzá siyyid h∆asan, appelé afnán-i-Kabír, le grand afnán.
le premier membre de la famille à embrasser avec zèle la cause de leur parent fut sa femme, suivie par h∆ájí mírzá siyyid ‘alí, un oncle maternel appelé Khál-i-a’z∂am : le Très-Grand-oncle, qui était devenu son tuteur lorsque le Báb devint orphelin et qui fit partie des sept martyrs de Téhéran.
áqá mírzá áqá, núri’d-dín, fut le troisième à le faire. C’est sa tante maternelle, la femme du Báb, qui le guida vers la religion bábíe et l’aida à la comprendre et à l’accepter. à son tour, áqá mírzá áqá convainquit h∆ájí mírzá siyyid muh∂amad, appelé Khál-i-akbar, un autre oncle maternel du Báb, qui voyagea jusqu’en irak, sous couvert d’un pèlerinage aux villes saintes, afin de rencontrer Bahá’u’lláh.
Très vite, dans tout Chiraz et au-delà, áqá mírzá áqá, núri’d-dín, devint si connu
dans la Gloire du Père
áb
la généalogie paternelle du b exTraiTs d’une auToBioGraPhie 431
áqá Mírzá áqá afnán, núri’d-dín
comme disciple fervent et dévoué de Bahá’u’lláh que sa vie fut en danger, surtout à la suite du martyre, à ispahan, du roi des martyrs et du Bien-aimé des martyrs.
les membres plus âgés de la famille, présidés par h∆ájí mírzá abu’l-qásim, le beau-père de áqá mírzá áqá, núri’d-dín, jugèrent préférable qu’il quitte la ville immédiatement. Comme le rapporte son fils h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh, en vingt-quatre heures il quittait Chiraz en route pour Bombay où il s’installa pendant un certain temps avant d’aller installer à Port-saïd un commerce appelé núrid-dín h∆asan.
zahrá Bigum, la mère de áqá mírzá áqá, mourut en octobre 1889 et, quelques mois plus tard, Bahá’u’lláh demanda à toute la famille de venir en Terre sainte.
mírzá Jalál, le fils aîné, resta à Chiraz comme gardien de la maison du Báb. h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh avait alors quatorze ans. lui, sa mère maryam- sulπán Bigum, sa sœur Túbá Khánum, ses frères mírzá Buzurg et mírzá d∆íyá’u’lláh, un serviteur bahá’í de Káshán, et zívar-sulπán Khánum dont le fils, áqá mírzá hádí sera le père de shoghi effendi, le futur Gardien de la foi bahá’íe, quittèrent Chiraz pour la Terre sainte. leur voyage vers Bouchir à travers les passes montagneuses, la même route que le Báb avait parcourue quatre fois, fut très pénible et à l’arrivée, la chaleur
dans la Gloire du Père
excessive les rendit tous malades. h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh écrit : à Bouchir, nous restâmes dans la maison de h∆ájí mírzá ‘abdu’lláh Khán, oncle de muvaqqari’d-dawlih, qui était de nos parents. lorsque muh∂ammad Khán-i- Balúch fut emprisonné à Chiraz, il s’arrangea pour le libérer… Plus tard, à acre, au temps de la Perfection bénie, je rencontrerai ce muh∂ammad Khán qui était devenu berger ».
après plus d’un mois à Bouchir, le groupe continua par la mer, traversant le golf Persique et la mer rouge, ce qui n’était pas sans danger. Près de la ville de lingih, proche d’aden, le navire fut frappé par une terrible tempête, un trou apparu dans la coque et, plus loin, sur la mer rouge, le moteur prit feu. après ces frayeurs, ils arrivèrent à Port-saïd où ils furent accueillis par leur père, áqá siyyid áqá et un frère aîné. « nous restâmes sept mois à Port-saïd, écrit h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh, puis mon père supplia la Perfection bénie de nous permettre d’atteindre sa présence, ce qui fut accordé. »
Par bateau, ils arrivèrent, fin juillet 1891, à haïfa où Bahá’u’lláh résidait alors.
h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh écrit : « feu Jináb-i-manshádí nous accueillit à bord suivant les ordres de la Perfection bénie, arrangea notre débarquement, nous fit passer la douane et nous conduisit jusqu’à la tente de Bahá’u’lláh qui était dressée au pied du mont Carmel. Je n’ai pas oublié ce jour. C’était tôt le matin, le soleil n’était pas encore très haut au-dessus du mont, l’air était très frais et vivifiant. dans la tente, Jináb-i-manshádí nous parlait, demandant des nouvelles des bahá’ís de Chiraz, lorsque soudain, mírzá mus∂πafá (appelé abú-hurayrih, d’après le nom d’un disciple inconstant de muh∂ammad), un serviteur de Bahá’u’lláh qui plus tard brisera l’alliance, entra pour nous conduire dans la maison en présence de la Perfection bénie*. il repoussa le rideau. Tous nos espoirs et nos vœux les plus chers étaient accomplis. la beauté abhá se tenait au milieu de la pièce. nous fûmes bouleversés d’être en sa présence et de voir son lumineux visage… nos pleurs coulaient sans retenue pendant que nous tournions autour de sa Personne bénie. il s’assit sur le divan et nous invita à nous asseoir aussi. nous nous assîmes, tous les quatre frères, par terre. sur notre droite, mírzá áqá Ján était assis avec le samovar et le
*Bahá’u’lláh fit planter sa tente sur les pentes du mont Carmel. on en connait la position exacte qui est, depuis des années, la possession du centre mondial bahá’í. Pendant ces séjours à haïfa il loua aussi des maisons dans le voisinage de la colonie allemande. quant à mírzá mustafá, dont le père mourut en martyr (voir dans l’index à l’entrée : mírzá mus∂tafá-i-naráqí) il suivit muh∂ammad-‘alí et finit ses jours près de Tibérias dans une propriété appartenant à mírzá majdi’d-dín.
exTraiTs d’une auToBioGraPhie 433
lieux saints bahá’ís à acre et à haïfa
dans la Gloire du Père
Spécimen de « l’écriture de révélation » écrite par Mírzá áqá ján.
c’est le troisième Tajallí de la tablette de Tajallíyát. (lire p. 440)
exTraiTs d’une auToBioGraPhie 435
service à thé devant lui. la Perfection bénie lui dit : « sers du thé aux jeunes afnán qui viennent juste d’arriver » Puis, se tournant vers nous : « o fleurs de la roseraie de l’honoré afnán ! vous êtes bienvenus, vous êtes les bienvenus ! votre départ de Chiraz fut très difficile et pénible. la volonté de dieu et la détermination de Jináb-i-afnán vous a menés jusqu’au seuil sacré. entourés de danger pendant votre voyage en mer, dieu vous protégea. voyez : aujourd’hui même des milliers de gens marchent entre s∆afá et marwih [sur un pied]*. le Bien-aimé du monde de l’existence réside en ce pays, mais tous sont négligents, insouciants, inconscients, ignorants. vous êtes les vrais h∂ájís (pèlerins) » il répéta trois fois : « vous êtes les vrais pèlerins ». alors que j’écoutais, émerveillé, les paroles du Bien-aimé des mondes, des vers de mawlavís† me vinrent à l’esprit :1
o h∂ájís ! vous qui avez accompli le h∂ájj, où êtes-vous, où êtes-vous ?
le Bien-aimé est ici, venez, venez.
le Bien-aimé est votre voisin, de l’autre côté du mur ;
Pourquoi vous perdre dans le désert sauvage ?
à l’instant même, la Perfection bénie se tourna vers moi et dit : « les mystiques ont des choses à dire sur ce sujet. » Puis il demanda à mírzá áqá Ján de nous reverser du thé. nous quittâmes ensuite sa présence.
on avait loué pour nous la maison proche de la sienne. nous habitions à proximité de la demeure de la Beauté abhá. d’avoir atteint son seuil béni, de rencontrer des vétérans de la foi et des résidents de Terre sainte, avait tout effacé de notre esprit. la douceur de la vie et les extases spirituelles que nous connûmes pendant ces journées dépassent la description… il faisait alors très chaud à haïfa en cette période et, n’y étant pas habitués, nous tombions souvent malades. mais les générosités de notre seigneur bien-aimé étaient illimitées. les flots de l’océan de sa générosité et de sa bonté se répandaient constamment. Je me souviens d’un jour où nous avions été appelés en sa présence à trois heures de l’après-midi. mírzá h∆abíbu’lláh avait alors une forte fièvre et son frère aîné tenta de le dissuader de nous
* le dixième jour de dhu’l-h∆ijjih-‘íd al-ad∂h∂á ou ‘íd-i-qurbán (la fête du sacrifice) : le jour du pèlerinage à la mecque. un des rites du pèlerinage consiste à traverser sept fois la distance entre ces deux monts où, d’après la tradition, hagar courut sept fois à la recherche d’une source pour étancher la soif de son fils.
† Jaláli’d-dín-i-rúmí, le plus grand poète mystique de Perse.
dans la Gloire du Père
Site du jardin de Junaynih au nord d’acre
accompagner, mais en vain. il écrit : « se tournant vers moi la Perfection bénie dit :
« Tu es fiévreux ». J’inclinais la tête pour acquiescer. il ajouta : « la fièvre fait partie de ce pays. quiconque y vient doit l’attraper. » Puis il commanda du thé pour nous. Je commençais à transpirer au point que mes vêtements en furent trempés.
alors la Perfection bénie dit : « va te changer. la fièvre ne t’embêtera plus. »
Pendant les neuf mois que nous restâmes en Terre sainte, je n’eus plus jamais de fièvre. »
après quinze jours, l’aîné des quatre frères retourna à Port-saïd et leur père put venir en Terre sainte. la nouvelle de la mort des sept martyrs de yazd attrista profondément Bahá’u’lláh. mírzá h∆abíbu’lláh indique que pendant neuf jours toute révélation cessa et que personne ne fut admis en sa présence. Puis, le neuvième jour, tout le monde fut convoqué. la tristesse profonde qui l’enveloppait était indescriptible. « il parla longuement des qadjar et de leurs œuvres. Puis il cita les évènements de yazd et, avec sévérité, la langue de grandeur parla ainsi de Jalálu’d-dawlih et de z∆illu’s-sulπán : « z∆illu’s- sulπán m’a écrit, de sa main, une lettre et me la fit porter par h∆ájí sayyáh [hájí muh∂ammad-’alíy-i-sayyáh]. il me demandait de l’aider avec les bábís à supprimer son Sháh-bábá [son père, le chah].
« si vous m’aidez, m’écrivit-il, je vous donnerai la liberté, une reconnaissance officielle, et je vous aiderai et vous soutiendrai, je ferai amende honorable pour le
exTraiTs d’une auToBioGraPhie 437
passé. quoi qu’ait fait Sháh-bábá, je ferai l’exact contraire. » la lettre était pleine de ce genre d’affirmations. voici quelle fut notre réponse : « il est obligatoire pour nous deux, toi comme moi, de prier pour le chah. ne m’écris plus jamais ce genre de lettre. ne fais plus jamais ce genre de demande à cet opprimé. nous nous sommes levé pour améliorer les mœurs d’un certain nombre de gens à qui le monde a fait du tort. si nous recherchions le pouvoir, quel poste serait mieux que celui d’un vizir en Perse ? » Cette réponse reçue, il perdit tout espoir de nous manipuler et agit maintenant de cette manière. si nous envoyions sa lettre à nás∂riri’d-dín sháh, il serait écorché vif. mais dieu est celui qui cache, il cache les actes de ses serviteurs. » Puis il ajouta : « ne soyez ni tristes ni découragés. que votre cœur cesse de pleurer. l’arbre sacré de la cause de dieu est fertilisé par le sang des martyrs. un arbre qui n’est pas arrosé ne croît pas et ne donne pas de fruits. avant longtemps, le nom des qadjar sera oublié et le pays de Perse en sera purifié. » quant à Jalálu’d- dawlih, la Perfection bénie dit : « les actes de cet ingrat ont fait couler des larmes de sang aux habitants du paradis » Trente-deux ans plus tard, le règne des qadjar prit fin et ils furent renversés. » la première tablette révélée après les neuf jours fut lawh-i-dunyá ( Épître au monde) dont fut honoré áqá mírzá áqá.
la référence à Jalálu’d-dawlih se trouve dans cette épître : « le tyran du pays de yá (yazd) a commis ce qui fit pleurer des larmes de sang à l’assemblée céleste » 2
une copie de l’ Épître au monde, calligraphiée par zaynu’l-muqarrabín, fut offerte par Bahá’u’lláh lui-même à h∆ájí mírzá Buzurg, un frère aîné de h∆ájí mírzá habíbu’lláh. l’auteur continue : « quinze jours après l’arrivée de mon père, alors que notre temps de séjour tirait à sa fin, une épidémie de choléra éclata en syrie et au liban.
le gouvernement décréta la mise en quarantaine des frontières. mon père demanda la permission de partir, elle lui fut refusée ; pas tant que l’épidémie ferait rage.
Ce fut pour nous une félicité suprême. l’automne arriva et l’air d’acre et de haïfa s’améliora. la Perfection bénie quitta haïfa pour s’installer à Bahjí. on nous proposa une petite maison proche du manoir… elle était située en sorte que nous voyions la pièce bénie où il résidait. en nous levant à l’aube pour prier, nous pouvions voir cette pièce déjà éclairée où des épîtres étaient révélées. la Perfection bénie faisait des va-et-vient dans cette pièce et le secrétaire écrivait. dans mon souvenir, c’était toujours mírzá áqá Ján qui écrivait le verbe révélé. en ce temps-là,
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le jardin de rid∂ván
feu mírzá yúsuf Khán-i-vujdání et feu áqá siyyid asadu’lláh-i-qumí donnaient, dans le manoir, des cours particuliers aux Branches. la Perfection bénie avait enjoint à mes frères et à moi de suivre ces leçons. Tous les jours nous allions, au rez-de-chaussée du manoir, dans une pièce utilisée comme salle de classe, afin d’y suivre les cours. C’est feu mishkín-qalam qui nous enseignait la calligraphie…
« le premier jour de muh∂arram 1309 (7 août 1891), la Perfection bénie célé- brait l’anniversaire de la naissance du Báb*. mon père était corpulent et, souffrant de rhumatismes, il ne pouvait s’asseoir sur le sol. la Perfection bénie dit :
« apportez une chaise pour l’afnán » puis, « apportez des chaises pour ses fils aussi » et ainsi nous nous assîmes sur des chaises… la Perfection bénie distribua elle-même des baklavas aux personnes présentes. Puis elle dit : « nous sommes le jour où h∆ad∂rat-i-mubashshir [le héraut] est arrivé dans ce monde en l’illuminant de sa lumière. nous avons toutes les raisons de nous réjouir… » le lendemain, deuxième jour de muh∂arram, était l’anniversaire du maître des jours et du monde de l’existence [Bahá’u’lláh]. au matin, tous les pèlerins et les résidents furent
* à cause du calendrier lunaire utilisé ici, la date du calendrier chrétien varie.
exTraiTs d’une auToBioGraPhie 439
convoqués en sa sainte présence. il parla de la sublimité de sa venue, du pouvoir de la Plume suprême, des circonstances de son exil et de son arrivée dans la Plus Grande Prison. Puis il parla longuement des agressions et de transgressions des tyrans et des ecclésiastiques. il dit : « nás∂iri’d-dín sháh et ‘abdu’l-‘azíz ont péché contre nous et ont endommagé le corps de la cause de dieu. la tyrannie de
‘abdu’l-‘azíz était de loin la pire car il a banni, sans raison aucune, celui que les mondes ont maltraité dans la plus grande prison. alors que nás∂iri’d-dín sháh se mettait en colère chaque fois qu’en touchant ses membres il sentait les plombs sous sa peau, à la suite des actes inconsidérés des croyants des premiers jours. et cela lui faisait commettre des actes cruels et adopter des mesures tyranniques contre les croyants, répandant le sang d’innocents. en dépit des actes du chah et du gouvernement, les amis ne cessent de démontrer ouvertement leur foi et ne prennent aucune précaution. Comment les en blâmer ? Ces deux grandes fêtes ont été unies en une seule, augurant d’un futur éclatant. » Puis la Perfection bénie récita ces deux vers de h∆áfiz∂ :
Ces jours plus amers que le venin passeront
et les jours doux comme le miel reviendront.3
elle nous redonna des douceurs et nous quittâmes sa présence.
J’ai déjà indiqué que notre maison était adjacente au manoir. nous avions l’habitude de nous lever à l’aube pour prier. un matin, avant le lever du soleil, un serviteur vint annoncer que la Perfection bénie venait chez nous. il plaça cette couronne d’honneur éternel sur la tête de ces serviteurs. Cette nouvelle nous fit pleurer de joie et nous sortîmes en hâte. nous vîmes sa personne bénie venir vers notre maison dans toute sa gloire et sa puissance. nous nous prosternâmes en lui baisant les pieds. la terre foulée par ses pieds bénis, nous en fîmes le khôl de nos yeux…
il entra dans notre maison, nous offrant cet honneur éternel. Je lui offris une tasse de thé qu’il but à moitié avant de me la rendre. il m’offrit un chapelet noir, en bois d’olivier, qu’il portait. Ce chapelet, qui m’est aussi précieux que la vie, est maintenant dans les archives de la maison [du Báb] à Chiraz.
J’ai aussi indiqué que la pièce bénie où il vivait était visible de notre maison.
nous l’aperçûmes plusieurs fois, à l’aube et au petit matin, exprimer le verbe révé-
dans la Gloire du Père
Une vue du manoir de bahjí
avant que les jardins actuels soient dessinés
lé et mírzá áqá Ján l’écrire à mesure. mírzá áqá Ján avait plusieurs calames, bien coupés et bien épointés, de l’encre et du papier tout prêts. le flot des versets tombant du ciel de la révélation était rapide, comme la houle d’un océan impétueux.
mírzá áqá Ján écrivait aussi vite qu’il pouvait, si vite que parfois le calame lui sau-tait des doigts. il en prenait alors immédiatement un autre, mais il arrivait qu’il ne puisse tenir le rythme. il disait : « Je suis incapable d’écrire » et la Perfection bénie répétait ce qu’elle venait de dire.
h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh raconte que Bahá’u’lláh avait demandé à h∆ájí mírzá Buzurg d’écrire une copie de Qas∂ídiy-i-’izz-i-Varqá’íyyih, le poème qu’il avait composé à sulaymáníyyih. le travail finit, Bahá’u’lláh lui donna un plumier fait à ispahan qui comportait une écritoire en argent. il fait aujourd’hui partie des archives de la maison du Báb. une autre fois, Bahá’u’lláh appela h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh et lui dit qu’il avait demandé à mírzá yúsuf Khán et à áqá siyyid asadu’lláh de faire très attention à son instruction, puis il lui donna une bouteille d’eau de rose en disant : « Cette eau de rose vient de qams∂ar de Káshán. elle a mis quarante jours pour arriver ici. dieu a créé cette eau de rose pour des jours comme celui-ci qui est le seigneur des jours. » h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh dit regretter n’avoir
exTraiTs d’une auToBioGraPhie 441
pas gardé un peu de cette eau de rose qu’il distribua au cours des années à tous les amis.
ensuite, h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh raconte d’une manière détaillée, une journée en présence de Bahá’u’lláh au jardin de Junaynih. abú-hurayrih vint un soir annoncer que le lendemain Bahá’u’lláh voulait visiter Junaynih et qu’il avait invité tout le monde, pèlerins et résidents, à se joindre à lui. Cette nuit-là, la joie ressentie à l’idée de passer toute une journée en présence de la Perfection bénie les tint tous éveillés. le soleil n’était pas levé qu’ils étaient tous réunis devant les portes du manoir. une heure plus tard, Bahá’u’lláh sortit et enfourcha un âne blanc qui lui avait été offert par áqá Ghulám-’alí et áqá muh∂ammad-háshim, tous deux de Káshán. C’était une magnifique matinée. en chemin vers le jardin de Junaynih où tout avait été préparé pour l’arrivée de Bahá’u’lláh, l’air était frais et revigorant.
h∆ájí Khávar, qui résidait depuis des années en Terre sainte et qui était plutôt grand, tenait une ombrelle au-dessus de la tête de Bahá’u’lláh pour le protéger du soleil.
et c’est ainsi qu’ils arrivèrent au jardin. après le déjeuner, ‘abdu’l-Bahá devait arriver d’acre et Bahá’u’lláh leur dit : « áqá arrive, allez vite à sa rencontre. » h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh écrit qu’il arriva plusieurs fois, alors que ‘abdu’l-Bahá approchait du lieu où les gens étaient réunis en présence de Bahá’u’lláh, que celui-ci leur dise : « áqá arrive, allez vite à sa rencontre. » ‘abdu’l-Bahá approcha alors, entouré de tous, et vint très humblement en présence de la Perfection bénie qui dit : « le jardin n’était pas assez agréable ce matin, mais maintenant, avec l’arrivée d’áqá, il est devenu très plaisant. » Puis, se tournant vers ‘abdu’l-Bahá : « dommage que tu n’aies pas pu venir ce matin. » ‘abdu’l-Bahá répondit : « le gouverneur et d’autres avaient prévenu qu’ils passeraient ce matin. il a fallu que je les reçoive et leur offre l’hospitalité. » la Perfection bénie sourit et dit : « áqá est notre bouclier et le bouclier de tous. Tous ici vivent à l’aise, dans le confort et le calme.
fréquenter ces gens-là est très difficile et c’est áqá qui s’occupe de tout et fournit les moyens pour le bien-être et la paix de tous. que dieu le préserve du mal de tous les envieux et des méchants. » Bahá’u’lláh continua : « un jour à Bagdad, un mendiant demandait l’aumône. Je lui donnais un majídí et il me dit : « va en paix, jeune homme, que h∂adrat-i-‘abbás* t’aide. » il pria pour nous et ce fut une bonne
* ‘abbás, frère de l’imam h∆usayn, le troisième imam, souffrit le martyre avec lui à Kerbéla ; il est très révéré et loué par les chiites. ‘abdu’l-Bahá a pour nom ‘abbás.
dans la Gloire du Père prière. » C’est une heure avant le coucher du soleil que Bahá’u’lláh rentra sur son âne et, comme dans la matinée, tous l’accompagnèrent jusqu’aux portes du manoir où ils le quittèrent.
h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh conte un autre incident : « le jardin de Jamál était l’un des jardins éloignés d’acre mais proches du manoir de Bahjí. en passant dans ce jardin, on avait une belle vue sur le manoir. la porte de la pièce de séjour de la Perfection bénie donnait dans cette direction et, chaque fois que ‘abdu’l-Bahá approchait par cette route, dès que le manoir était en vue, il descendait de cheval et faisait le reste du chemin à pied dans une attitude d’humilité et de profond respect.
Je me souviens très bien du jour où nous étions tous en présence de la Perfection bénie avec les aghsán et d’autres, dont nabíl-i-a’z∂am, afnán-i- Kabír, áqá rid∂áy-i-shírází, ustád muh∂ammad-’alíy-i-salmání, mishkín- qalam, mon père et áqá muh∂ammad-h∆asan dans la maison des pèlerins. soudain, la Perfection bénie, se retournant pour regarder la plaine, vit ‘abdu’l-Bahá approchant du manoir. il dit :
« áqá arrive, allez l’accueillir. » nous nous précipitâmes et, entourant « celui autour de qui tournent tous les noms » [‘abdu’l-Bahá] nous revînmes jusqu’à la présence de la Perfection bénie. » h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh cite encore un certain nombre de gens qui étaient présents, qui assistèrent à tout cela et qui pourtant, des années plus tard, allaient briser l’alliance. il faut savoir que ces années-là, Bahá’u’lláh avertissait souvent les croyants de la nécessité de rester ferme et loyal à l’alliance. un jour, il montra du doigt mírzá muh∂ammad-’alí, mírzá d∆íyá’u’lláh et mírzá Badí’u’lláh et leur dit : « si l’un de nos aghsán quittait, fut-ce pour un moment, l’ombre de la Cause, il cesserait d’avoir une quelconque importance. »
une autre fois, ils étaient en présence de Bahá’u’lláh et mírzá d∆íyá’u’lláh entra en disant : « áqá demande la permission d’aller avec tous les amis au jardin de Junaynih. » « qui demande cela ? » demanda Bahá’u’lláh. mírzá d∆íyá’u’lláh répondit : « áqáy-i-Ghus∂n-i-akbar » [la Grande-Branche]. avec colère, Bahá’u’lláh répliqua : « il n’y a qu’un seul áqá [ Maître, sans autre précision ], tous les autres ont un nom. Cet áqá est « Celui autour de qui tournent tous les noms. », Ghus∂n-i-a’z∂am (la Plus-Grande-Branche). » h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh se souvient d’une soirée dans le jardin de rid∂ván, alors qu’ils étaient en présence de Bahá’u’lláh. l’air était frais, pur et parfumé ; il tombait une pluie légère. Bahá’u’lláh leur parla des jours de Bagdad, de mírzá
exTraiTs d’une auToBioGraPhie 443
le manoir de bahjí
yah∂yá et de ses partisans. il leur rappela que mírzá yah∂yá avait épousé la sœur de mullá rajab-’alí, la seconde femme du Báb puis l’avait donnée à siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání, malgré l’injonction du Báb. Cet acte honteux avait empêché la mère du Báb de donner son allégeance à la foi, disait Bahá’u’lláh, et l’on voyait sur son visage la tristesse que lui causait le souvenir de ces jours à Bagdad.
áqá mírzá áqá, le père de h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh, était aussi très affecté, mais Bahá’u’lláh lui dit : « ne pleure pas. loué soit dieu, la mère de cet être saint a cru, à la fin de sa vie. » Ce même après-midi, dans le jardin de rid∂ván, Bahá’u’lláh parla de certains religieux chiites, de nás∂iri’d-dín sháh et du sultan ‘abdu’l-’azíz, de leur échec total, malgré leurs grands efforts, dans leur tentative d’éteindre la lumière de la religion de dieu. il dit : « avant longtemps, vous verrez des gens de toutes les nations se réunir à l’ombre de la tente de la Cause de dieu. »
h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh se souvient qu’un autre jour, Bahá’u’lláh parla du martyr mullá ‘alíy-i-sabzivárí. C’est lui qui, alors qu’on le conduisait à l’échafaud, demanda au bourreau de lui ouvrir une veine et, lorsqu’une partie de sa gorge fut coupée, il emplit sa main de son sang et en teinta sa barbe blanche. Puis, se tournant vers la foule, il lança : « écoutez-moi ! le jour de son martyre, h∆usayn ibn
‘alí [ le troisième imam, martyrisé à Kerbéla] dit : « y at-t-il quelqu’un vraiment capable d’obtenir la victoire, qui puisse venir à mon aide ? » et moi je dis, à vous
dans la Gloire du Père
tous, y a-t-il quelqu’un vraiment capable de voir, qui puisse me contempler ? » et Bahá’u’lláh, après avoir raconté l’histoire, répéta plusieurs fois « quelles paroles lourdes de sens exprima cet homme et voyez comme il témoigna avec son précieux sang, de la vérité de sa foi ! les gens le virent mais n’en furent pas émus et, sans pitié, ils mirent à mort cette âme innocente. Tous ces événements étonnants augmentent la grandeur de cette Cause bénie. ils seront tous inscrits dans les pages de l’histoire et les générations futures en seront fières. »
une des personnes présentes ce jour-là était h∆ájí abu’l-h∆asan de Chiraz, le père de mírzá muh∂ammad-Báqir Khán dihqán (écrit couramment dehkan). il avait voyagé sur le même bateau que le Báb, tous les deux pèlerins vers la mecque, et ce jour-là il demanda à Bahá’u’lláh : « Comment se fait-il que tant d’années après le martyre du Premier Point, nás∂iri’d-dín sháh soit toujours au pouvoir, infligeant tant de blessures à la foi et aux croyants, et que dieu l’épargne, alors qu’après le martyre de l’imam h∆usayn, yazíd n’avait plus que trois ans à vivre ? » Bahá’u’lláh répondit : « dieu lui a accordé sa grâce à cause des actes erronées de certains croyants des premiers jours, et de leur tentative de l’assassiner. mais son temps est compté aussi, vous verrez. »
neuf mois étaient passés depuis l’arrivée d’égypte du groupe, l’épidémie de choléra avait cessé et l’heure du départ avait sonné. l’autobiographie de h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh décrit de manière poignante la dernière fois qu’ils furent en présence de Bahá’u’lláh. à la suite de cette rencontre, sur l’instruction de Bahá’u’lláh, sa mère reçut des mains de Bahá’íyyih Khánum, la Plus-Grande-feuille, une bague qui avait été portée par Bahá’u’lláh. aujourd’hui, cette bague est dans les archives de la maison du Báb.
l’ascension de bahá’u’lláh
dans les premières heures du 29 mai 1892, quelques semaines seulement après le départ des afnán, Bahá’u’lláh quitta son temple humain. un télégramme rédigé par ‘abdu’l-Bahá porta la nouvelle au sultan ‘abdu’l- h∆amíd, le despote de Turquie : « le soleil de Bahá s’est couché. »
‘abdu’l-h∆amíd de Turquie et nás∂iri’d-dín sháh de Perse se réjouirent, inconscients du fait que le soleil de Bahá continuerait de briller dans tout l’éclat du plein midi. ses rayons continueraient de transmettre énergie et vie aux cœurs et à l’esprit des hommes en les revivifiant et en leur permettant de percer les sombres et denses nuages de la superstition, de la bigoterie et des préjugés, de dissiper les brumes épaisses et oppressantes du désespoir et de la désillusion et de jeter une lumière révélatrice sur les problèmes déroutants qui déconcertent une humanité rétive, épuisée et ballottée par les tempêtes. l’homme, l’homme ingrat, essaya d’atténuer sa brillance, de nier sa puissance, de rejeter ses dons, de mépriser ses prétentions… futiles et vaines tentatives car la preuve véritable du soleil reste le soleil.
à peine plus d’un siècle nous sépare de ces jours où Bahá’u’lláh vivait parmi les hommes. la religion qu’il a proclamée s’est répandue dans le monde, va de triomphes en triomphes et le resplendissant édifice qu’il a bâti est là, offrant certitude et paix à un monde en déséquilibre.
dans son testament, Bahá’u’lláh désigna son fils aîné, celui que nous connais-sons sous le nom de ‘abdu’l-Bahá (serviteur de la Gloire), comme le centre de son alliance avec tous les hommes, le seul interprète autorisé de son verbe révélé. son nom était ‘abbás. son père l’appelait Ghus∂nu’lláhu’l- a’z∂am : la Plus-Grande-Branche, et sirru’lláh : le mystère-de-dieu. Bahá’u’lláh en parlait aussi en l’appelant, comme les bahá’ís, « áqá », le maître. C’est lui, le mystère de dieu, qui choisit pour lui-même après l’ascension de son père, de s’appeler ‘abdu’l-Bahá. le testament de Bahá’u’lláh est un document vraiment unique. Jamais auparavant une manifestation de dieu n’avait, d’une façon si explicite, établi une
dans la Gloire du Père
alliance destinée à protéger et à renforcer sa religion, ni désigné d’une manière aussi indubitable celui qui serait son successeur avec le pouvoir d’écarter les machinations des égoïstes, de garder pur et sans tache son verbe, de préserver et de garder l’unité de ses disciples, d’interdire tout sectarisme et de bannir toute corruption. l’alliance de bahá’u’lláh est, d’après ‘abdu’l-Bahá lui-même , la « solide poignée » mentionnée, depuis la fondation du monde, dans les livres, les tablettes et les Écritures du passé, [...] le pivot de l’unité de l’humanité n’est rien d’autre que le pouvoir de l’alliance. de plus, ‘abdu’l-Bahá l’affirme, la lampe de l’alliance est la lumière du monde, et les caractères tracés par la plume du très-haut sont un océan sans limite.[...] la puissance de l’alliance est semblable à la chaleur du soleil qui vivifie et favorise le développement de toutes les choses créées sur la terre. de la même façon, la lumière de l’alliance est l’éducatrice des consciences, des esprits, des cœurs et des âmes des hommes. 1
le Gardien, shoghi effendi, écrit aussi :
Célébré par l’auteur de l’apocalypse comme l’ arche de son testament (celui de dieu), en rapport avec le rassemblement sous l’arbre d’anisá (arbre de vie) dont parle Bahá’u’lláh dans les paroles cachées, glorifié par lui dans d’autres passages de ses écrits comme l’ arche de salut et la corde tendue entre la terre et le royaume abhá, cette alliance a été léguée à la postérité sous forme d’un testament qui, avec le kitáb-i-aqdas et plusieurs tablettes - dans lesquels le rang et la condition spirituelle d’abdu’l-Bahá sont révélés sans équivoque -, constituent les principaux supports que le seigneur de l’alliance a conçus pour protéger et soutenir, après son ascension, le Centre désigné de sa foi, l’artisan de ses institutions futures.2
C’est sur ce roc, le roc de l’alliance, que l’édifice de l’ordre mondial est construit. C’est cette arche, l’arche de l’alliance, qui a porté la Cause de Bahá’u’lláh en sécurité à travers des tempêtes et des ouragans à l’intensité indépassable. les nombreux Judas qui tentèrent de percer le bouclier de l’alliance ne connurent que déconfiture.
dans son testament, le kitáb-i-‘ahd ( livre de l’alliance), Bahá’u’lláh écrit : Bien qu’il n’existe aucune des vanités du monde dans le royaume de gloire, nous
l’asCension de Bahá’u’lláh 447
’abdu’l-bahá, le centre de l’alliance de bahá’u’lláh
dans la Gloire du Père avons cependant légué à nos héritiers, parmi les trésors de la confiance et de la résignation, un héritage parfait et inestimable. nous n’avons pas transmis de trésors terrestres ni ajouté les soins qu’ils entraînent. [...] le dessein de cet opprimé en supportant les malheurs et les tribulations, en révélant les versets sacrés et en fournissant des preuves, n’a été que d’éteindre la flamme de la haine et de l’inimitié afin que l’horizon du cœur des hommes soit illuminé par la lumière de la concorde et atteigne une paix et une quiétude réelles. [...] en vérité je le dis, la langue est faite pour mentionner ce qui est bien, ne la salissez pas de paroles inconvenantes. [...] sublime est le rang de l’homme ! [...]
Grand et béni est ce jour - jour où tout ce qui est latent chez l’homme a été et sera rendu manifeste. sublime est le rang de l’homme s’il s’accroche solidement à l’honnêteté et à la vérité et s’il reste ferme et stable dans la cause. [...]
ô vous qui vivez sur terre ! la religion de dieu fut conçue pour l’amour et l’unité ; n’en faites pas une raison d’inimitié et de dissensions. aux yeux des hommes perspicaces et des témoins de la vision très sublime, tout ce qui représente un moyen efficace pour sauvegarder et promouvoir le bonheur et le bien-être des enfants des hommes a déjà été révélé par la Plume de gloire. [...]
ne laissez pas les voies de la justice être cause de confusion, ni l’instrument de l’union être une occasion de discorde. nous serions trop heureux d’espérer que le peuple de Bahá soit guidé par les paroles bénies : dis : Toutes choses sont de dieu.
Cette parole exaltée est comme l’eau capable d’éteindre le feu de la haine et de l’inimitié qui couve dans le cœur et la poitrine des hommes. Par cette simple parole, les peuples et les tribus en lutte parviendront à la lumière de la vraie unité. en vérité, il dit la vérité et montre la voie. il est le Tout- Puissant, le suprême, le miséricordieux.3
le Gardien écrit :
dans ce document incomparable et de haute importance, l’auteur montre le caractère de cet excellent, cet inestimable héritage qu’il lègue à ses héritiers, indique de nouveau le but fondamental de sa révélation, enjoint les peuples du monde à s’accrocher fermement à ce qui élèvera leur condition, leur annonce que dieu a pardonné ce qui est passé, souligne le caractère sublime de la condition humaine et révèle le but primordial de la foi de dieu ; il invite les croyants à prier pour le bien-être des rois de la terre qui sont les manifestations du pouvoir et les aurores de la puissance et des richesses de dieu, et il confie à ceux-ci le gouvernement du monde, choisit le cœur des hommes pour domaine propre, interdit catégoriquement la lutte et la discorde, commande à ses fidèles d’aider ceux des souverains qui sont parés des ornements de l’équité et de la jus-
l’asCension de Bahá’u’lláh 449
tice, et recommande en particulier aux aghsán [ses fils] de réfléchir à la force extraordinaire et au pouvoir consommé qui se trouvent dissimulés dans le monde de l’existence. il leur ordonne de plus, ainsi qu’aux afnán [parents du Báb] et à ses propres parents, de se tourner tous sans exception vers la plus- grande-branche [‘abdu’l-Bahá] ; il l’identifie avec « celui que dieu avait en vue », « ce1ui qui est issu de cette racine préexistante » dont il est parlé dans le Kitáb-i-aqdas. il décide que le rang de la « Grande-Branche » (mírzá muh∂ammad’ali) vient après celui de la « Plus-Grande-Branche » (‘abdu’l- Bahá). il exhorte les croyants à traiter les aghsán avec considération et affection, leur conseille de respecter sa famille et ses parents ainsi que ceux du Báb, refuse à ses fils tout droit à la propriété des autres et leur enjoint, ainsi qu’à ses parents et à ceux du Báb, de craindre dieu, de faire ce qui est convenable et bienséant et de se conformer à ce qui élévera leur état. il invite tous les hommes à ne pas permettre que les mesures assurant l’ordre dégénèrent en cause de confusion ni que l’instrument de l’union devienne une occasion de discorde, et il conclut par une exhortation invitant les fidèles à servir toutes les nations et à lutter pour l’ amélioration du monde. 4
Bahá’u’lláh avait quitté ce monde et beaucoup vinrent assister à ses obsèques. ils ne lui avaient pas juré fidélité, ils n’avaient pas reconnu en lui le rédempteur de l’humanité, mais ils connaissaient la stature de l’être qui venait de les quitter. ils venaient de tous les milieux, de toutes les sectes, de toutes religions, de toutes les nations ; il y avait des fonctionnaires, des notables, des prêtres, des érudits, des poètes, des hommes de lettres, des riches et des pauvres. on remarquait des druzes, des musulmans sunnites et chiites, des chrétiens de diverses églises et des juifs.
depuis des villes connues dans l’histoire du monde, comme damas et alep ou le Caire, ils envoyaient des éloges, des poèmes, des panégyriques et des hommages.
Pourtant, au moment de son ascension, Bahá’u’lláh était toujours prisonnier du gouvernement turc. aucun édit impérial venant du sultan ne l’avait libéré.
quelle différence entre le jour de son ascension, alors que la plaine entre acre et le manoir de Bahjí regorgeait d’une foule venue lui rendre hommage et se lamenter sur sa perte, et ce jour lointain, près de vingt-quatre étés avant, où une horde de gens ignorants s’étaient réunis sur le front de mer d’acre, attendant son arrivée pour l’insulter et se moquer de lui. son destin alors semblait être une défaite complète, permanente et absolue et maintenant, son triomphe était total.
dans la Gloire du Père
ai 1979
ahjí. Vue prise en m
anoir de b
le m l’asCension de Bahá’u’lláh 451
étranges, en vérité, et impressionnants, furent les contrastes de son séjour parmi les hommes, et particulièrement en Terre sainte.
insulté dans sa province natale, dépouillé de toutes les possessions qu’il avait en abondance, deux fois emprisonné dans de répugnantes prisons pour voleurs et hors-la-loi, quatre fois exilé, lâchement trahi par un frère qu’il protégeait, forcé de rechercher la solitude dans des montagnes désolées, attaqué férocement par les puissants et les misérables, il tint bon avec une assurance et une constance qu’aucune adversité ne put ébranler, qu’aucun cataclysme ne put contrarier. et à un nombre croissant de fidèles, il conféra le don suprême dont Jésus parla à nicodème lorsque ce noble juif le rencontra au cœur de la nuit : le don d’une seconde naissance. il toucha le cœur de nombreux hommes et, par son pouvoir divin, gagna leur fidélité. ses disciples n’étaient pas les seuls à ressentir son envergure et son charisme. Beaucoup de ceux qui avaient commencé par le renier, le vilipender et s’opposer à lui, furent finalement conquis par son charme, sa majesté, sa gentillesse et la radiance de son être.
nombreux furent ses adversaires qui, sans aller jusqu’à s’enrôler dans les rangs de ses fidèles, témoignèrent de sa suprématie et s’en firent les défenseurs.
le mausolée de bahá'u'lláh est au centre de cette vue prise vers 1919. le manoir et les autres bâtiments existants alors
se voient derrière et de chaque côté.
dans la Gloire du Père
en ce jour d’été, où était le fier ‘abdu’l-‘azíz, le sultan turc qui avait décrété son exil et son incarcération ? où était le hautain napoléon iii, empereur des français, qui avait dédaigné ses injonctions ? Battus, oubliés. et nási∂ri’d- dín, le « tyran de Perse », qui l’avait expulsé de son pays natal et l’avait forcé deux fois à prendre la route de l’exil ? Cinq ans après l'ascension de Bahá'u'lláh, il tombera sous les balles d'un assaillant, la veille même de son jubilé. l’histoire montre que terrible fut la chute de tous ceux qui, puissants ou misérables, osèrent défier Bahá’u’lláh et réfuter sa souveraineté. mírzá yah∂yá, le frère qui avait refusé son autorité et comploté sa mort, mourut obscurément à Chypre, plus de trente ans après avoir, en 1878, obtenu sa liberté. or, pendant toutes ces mornes années, bien que libre d’agir et de bouger, il resta un homme incapable d’user de sa liberté. à la fin, en 1912, il était si abandonné de tous que, d’après le témoignage écrit de son fils, il n’y eut personne du « peuple du Bayán » pour le porter en terre suivant les prescriptions de la religion bábíe.
aucun de ceux qui s’opposèrent à Bahá’u’lláh, tentèrent de détruire sa cause ou ses disciples, n’échappa à la honte, aux catastrophes et à l’humiliation.
le même télégramme qui donnait la nouvelle de l’ascension de Bahá’u’lláh, informa aussi le sultan que son temple terrestre serait déposé dans une maison proche du manoir de Bahjí, ce que ‘abdu’l-h∆amíd accepta.
le Gardien écrit :
Bahá’u’lláh fut donc emmené pour son dernier repos dans la pièce la plus septentrio-nale de la demeure de son gendre* qui, des trois maisons contiguës au manoir, à l’ouest, occupait la position nord. il fut inhumé peu après le coucher du soleil, le jour même de son ascension.
l’inconsolable nabíl, qui avait eu le privilège d’une audience privée avec Bahá’u’lláh pendant sa maladie, et que ‘abdu’l-Bahá avait chargé de choisir les extraits constituant la prière de souvenance qu’on récite maintenant dans le très saint tombeau, nabíl qui, dans sa douleur intolérable, se jeta dans la mer peu après la disparition de son Bien-aimé, décrit ainsi l’agonie de ces journées : « il me semble que la commotion spirituelle qui s’est emparée du monde de poussière a fait trembler tous les mondes de dieu… Je suis incapable de dépeindre, ni mentalement ni de vive voix, les conditions
* h∆ájí siyyid ‘alí afnán, fils de h∆ájí mírzá siyyid h∆assan - afnán-i-Kabír
l’asCension de Bahá’u’lláh 453
entrée du mausolée de bahá’u’lláh
dans la Gloire du Père dans lesquelles nous nous trouvions… au milieu de la confusion qui régnait, on pouvait voir une multitude de gens, habitant acre et les villages voisins, se presser dans les champs entourant le manoir, et qui pleuraient, se frappant la tête et exhalant leur chagrin à grands cris. »
Pendant toute une semaine, un grand nombre de pleureurs, riches ou pauvres, restèrent avec la famille endeuillée, prenant part à sa désolation, partageant jour et nuit la nourriture distribuée avec largesse par ses membres. des notables, parmi lesquels on comptait des chiites, des sunnites, des chrétiens, des juifs et des druzes ainsi que des poètes, des oulémas et des fonctionnaires du gouvernement s’unirent pour déplorer la perte et pour exalter les vertus et la grandeur de Bahá’u’lláh, beaucoup d’entre eux lui rendant un témoignage écrit, en vers et en prose, soit en arabe, soit en turc. de tels hommages furent reçus, en provenance de villes lointaines telles que damas, alep, Beyrouth et le Caire. Ces témoignages éclatants furent, sans exception, remis à ‘abdu’l-Bahá qui représentait maintenant la cause du chef défunt et à qui, dans ces apologies, les louanges étaient souvent mêlées à l’hommage qu’on rendait à son père.
et pourtant, ces manifestations exubérantes de chagrin et ces marques de louange et d’admiration, que l’ascension de Bahá’u’lláh avait fait surgir spontanément chez les incroyants de Terre sainte et des pays environnants, ne furent qu’une goutte, comparées à l'océan de douleur et aux innombrables preuves de dévotion sans borne qui, à l'heure où le soleil de vérité se coucha, s'échappèrent du cœur des myriades de croyants qui avaient embrassé sa cause et qui étaient décidés à porter bien haut son étendard, en Perse, en russie, en irak, en Turquie, en Palestine, en égypte et en syrie.
avec l'ascension de Bahá'u'lláh se termine une période qui, sous bien des rapports, reste sans parallèle dans l'histoire religieuse du monde. le premier siècle de l’ère bahá’íe avait atteint maintenant le milieu de son cours. une époque que nulle période des dispensations antérieures ne surpassa pour sa sublimité, sa fécondité et sa durée, caractérisée, sauf pour un court intervalle de trois ans, par un demi-siècle de révélation continue et progressive, était révolue. le message proclamé par le Báb avait produit son fruit d’or.5
Ce livre n’est qu’une futile tentative d’attraper un océan avec une tasse ou d’observer le soleil à travers un verre blanc ! loin, très loin des efforts de l’homme est la possibilité de faire le portrait d’une manifestation des qualités et des attributs du dieu Tout-Puissant. et particulièrement quand il s’agit de la vie de celui dont la venue implique « la maturité de toute la race humaine » et sous la direction de qui la terre deviendra une seule patrie.
addenda i
le règne désastreux de nás∂iri'd-dín Sháh
les qadjar furent les ommeyades de la Perse. C'étaient des usurpateurs ; traîtres, ils ne savaient pas et ne voulaient pas tenir un serment.
en 1795, l’ardeur révolutionnaire de la france s’était calmée, robespierre, ses œuvres et les vestiges de la Convention étaient choses du passé ; la grande Catherine, la tsarine de russie, n’avait plus qu’un an à vivre ; le fondateur de la dynastie qadjar, le méprisable agha muh∂ammad Khán devint le monarque incontesté de la Perse. ainsi commença pour la Perse un long cauchemar, une période absolument désastreuse. les qadjar furent, tout à tour, cruels, luxurieux, faibles, obscurantistes et tyranniques. sous leur joug, la Perse tomba d’une infamie dans une autre.
la Perse a un passé brillant dont elle peut être fière. elle eut de grands rois, des ministres et des administrateurs remarquables, de grands religieux et de grands mystiques, de grands poètes et hommes de lettre, des hommes de l’art et des bâtisseurs éminents. mais, sous les qadjar, elle connut les abîmes de l’humiliation, surtout au cours du désastreux règne de nás∂iri’d-dín sháh (1848-1896) qui fit connaître à la Perse souffrances après souffrances, déclin après décadence. la corruption devint généralisée. intellectuellement affamée, spirituellement moribonde, moralement décrépite, elle cessa de compter dans le chœur des nations. la chute rapide d’une nation qui est montée à de telles hauteurs de réussite est toujours pitoyable, étonnante et tragique.
’abbás mírzá, le mulk-árá, demi-frère de nás∂iri’d-dín sháh, qui souffrit toute sa vie par la faute de ce monarque cupide et vindicatif, écrit, dans son autobiographie, cette épitaphe pour lui-même : il vaut mieux, pour un homme, laisser derrière lui un bon souvenir : (le joyeux nom de núshíraván* est : vivre, associé à justice, mais, depuis longtemps, il n’y a pas de núshíraván dans le monde)
*Chosroes i, le monarque sassanide. Ces vers sont de sa’dí.
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à la différence de nás∂iri’d-dín sháh qui, après quarante-neuf années [lunaires] de règne, n’a laissé derrière lui qu’ignorance, aliénation, ruine du pays, absence d’éducation pour les fonctionnaires comme pour les sujets du roi, qui a ruiné et pillé la Perse au-delà des possibilités de réforme et de rédemption, qui fit preuve de folie à un point tel que ni les lèvres ni la plume ne peuvent adéquatement en témoigner.1
le Gardien parle ainsi de ce dirigeant qui ruina la Perse :
násiri’d-dín sháh, flétri par Bahá’u’lláh comme le Prince des oppresseurs, comme celui qui avait commis ce qui a provoqué les lamentations des habitants des cités de justice et d’équité, était, à l’époque considérée, en pleine maturité, et avait atteint au sommet du pouvoir despotique. seul arbitre des destinées d’une nation solidement ancrée dans les traditions immémoriales de l’orient, (…) chef d’une administration dans laquelle chaque agent était, selon le cas, tour à tour le suborneur ou le suborné, allié, dans son antagonisme contre la foi, à un ordre sacerdotal qui constituait une véritable église d’état, (…), ce capricieux monarque, ne pouvant plus se saisir de la personne de Bahá’u’lláh, dut se contenter d’essayer d’écraser, sur ses propres états, les restes d’une communauté hautement redoutée qui venait de ressusciter. après le chah, rang et pouvoir revenaient à ses trois fils aînés auxquels, en vue de l’administration intérieure du pays, il avait pratiquement délégué son autorité et qu’il avait placés à la tête de toutes les provinces de son royaume. il avait confié la province de l’azerbaïdjan au faible et timide muzaffari’d-dín mírzá, héritier du trône, qui était tombé sous l’influence de la secte shaykhi et manifestait un respect marqué aux mullás. sous l’autorité sévère et brutale du rusé mas’úd mírzá, couramment appelé zillu’s-sultán, son fils aîné survivant, dont la mère était d’origine plébéienne, le chah avait placé plus des deux cinquièmes de son royaume, y compris les provinces de yazd et d’ispahan, tandis que, à la tête des provinces de Gilán et du mazandéran, il avait placé Kámrán mírzá, son fils préféré, généralement appelé par son titre de náyibu’s-saltanih*, et l’avait nommé gouverneur de Téhéran, ministre de la guerre et commandant en chef de son armée. Telle était la rivalité entre ces deux derniers princes qui se disputaient les faveurs de leur père, que chacun d’eux, aidé des chefs mujtahids relevant de sa juridiction, tâchait d’éclipser l’autre par des efforts bien intentionnés pour chasser, piller et exterminer les membres d’une
*le jour où nasi∂ri’d-dín sháh fut assassiné, zillu’s-sulπán était à ispahan ; il offrit immédiatement sa soumission et sa loyauté au frère qu’il méprisait tant et qu’il avait dans le passé tenté de supplanter, car il savait qu’il n’avait aucune chance d’accéder au trône.
Kámrán mírzá, le náyibu’s-salπanih, était à Téhéran. mais lui, qui était ministre de la guerre et gouverneur de la capital était un tel couard qu’il se cacha et que rien ne put le convaincre de revenir s’occuper de ses charges. il fut même absent à la cérémonie de préparation avant enterrement du corps de son père.
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communauté sans défense, laquelle, sur l’ordre de Bahá’u’lláh, avait cessé d’offrir une résistance armée, même en cas de légitime défense, et appliquait son mot d’ordre qu’il vaut mieux être tué que de tuer.
dans le clergé, les provocateurs de discorde, háji mullá‘alíy-i-Kaní et siyyid sádiq-i-Tabátabá’i, les deux principaux mujtahids de Téhéran, ainsi que leur collègue d’ispahan, shaykh muhammad-Báqir et mir muhammad husayn, l’imám-jum’ih de cette ville, n’étaient pas non plus disposés à laisser passer la moindre occasion de frapper, avec toute la force et l’autorité dont ils disposaient, un adversaire dont ils avaient encore plus de raisons que le souverain lui-même de craindre les influences libérales.2
le même’abbás mírzá, le mulk-árá, se souvient de son horreur devant ce qu’il découvrit lorsqu’il fut envoyé, contre son gré, pour gouverner la ville de zanján et ses environs. Trente ans après l’holocauste dont furent victimes le brave h∆ujjat et ses compagnons, de grandes parties de la ville étaient encore en ruines. la ville grouillait de plaignants qui possédaient des décisions de justice contradictoires prises par différents fonctionnaires ou plusieurs ecclésiastiques. les finances gouvernementales étaient dans un désordre complet. les chefs de tribus faisaient chacun leur propre loi. le peuple n’avait personne vers qui se tourner pour obtenir réparation après les nombreuses extorsions dont il avait été victime. mulk-árá avait été exilé en irak pendant vingt-sept ans et, parce qu’il avait beaucoup souffert lui-même aux mains de nási∂ri’d-dín sháh, on ne pouvait pas attendre de lui des critiques objectives. mais tout impitoyables que soient ses sentiments concernant le chah et le gouvernement délabré de la Perse, ses observations sont largement confirmées par d’autres sources. muh∂ammad-h∆asan Khán, fils de h∆ájí’alí Khán, le h∆ájibu’d-dawlih (qui avait d’abord eu le titre de s∆aní’u’d-dawlih, puis celui de i’timádu’-
salπanih, qui servit fidèlement à la cour de nási∂ri’d-dín pendant de longues années afin de finir comme ministre des Publications) laissa un volumineux journal intime.
un coup d’œil rapide dans ce journal, qui couvre une vingtaine d’années, suffit pour découvrir la corruption fondamentale du chah et de ceux qui l’entouraient et qu’il aimait, l’instabilité qui imprégnait la vie quotidienne, les pratiques haïssables et même parfois horribles qui se répandirent pendant ce règne. muh∂ammad-h∆asan Khán, qui parlait français, était bien au courant des coutumes européennes et on lui doit un certain nombre de traductions et d’écrits originaux. il mourut peu avant son maître, et nous reviendrons plus tard à son journal, remarquable par sa franchise.
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mais voyons d’abord les preuves que nous apporte valentine Chirol, un célèbre journaliste britannique, qui sera plus tard anobli, et qui visita la Perse. en 1884, il représentait les intérêts commerciaux de nordenfelt, un suédois résidant en angleterre, qui commercialisait un nouveau modèle de mitrailleuse et désirait faire des affaires avec le gouvernement persan. nordenfelt avait d’abord contacté mírzá malkam Khán, le náz∂imu’d-dawlih, ambassadeur de Perse à londres, qui « l’encouragea grandement » et lui conseilla de préparer la voie en présentant un exemplaire de son arme au chah en personne, « afin de s’assurer de l’intérêt personnel de sa majesté en cette affaire.
valentine Chirol écrit :
nordenfelt, connaissant mon goût des voyages et faisant confiance à l’expérience que j’avais acquise dans les us et coutumes de l’orient, me demanda d’entreprendre cette mission. la Perse était encore pour moi un nom que j’évoquais avec respect et j’acceptais son offre. le premier problème à résoudre fut le transport de la mitrailleuse jusqu’à Téhéran. la route la plus courte et la plus pratique, à cette époque-là, passait par la russie, traversait la Caspienne jusqu’au port d’enzeli et de là, par la route, si on pouvait appeler cela une route, arrivait à la capitale persane. mais le gouvernement russe n’avait pas l’intention d’encourager l’introduction d’armes de guerre modernes en Perse et la seule route possible passait par le golf Persique jusqu’à Bouchir, où je devais prendre les choses en main et m’assurer que tout arrive en sécurité à Téhéran, en passant par Chiraz et ispahan.
Chirol décrit précisément l’ascension du plateau iranien, à travers les très difficiles passes entre Bouchir et Chiraz, ce qui aujourd’hui se fait par des tunnels qui sont des merveilles de réalisation technique. à ispahan, z∆illu’s- sulπán insista pour voir la mitrailleuse et voulut la voir fonctionner ce qui décontenança Chirol. mais il n’y avait pas moyen de l’éviter et il fallut s’exécuter. z∆illu’s-sulπán fut très satisfait. Chirol continue :
au cours d’un trajet dans un paysage particulièrement désolé, chauffé à blanc par un soleil brûlant dans un ciel sans nuages, je tombai sur une scène qui illustre bien les méthodes primitives utilisées dans les pays vraiment orientaux pour faire régner la loi et l’ordre. devant nous, sur la large piste usée par d’innombrables caravanes, sur laquelle on ne trouve aucun indicateur, aucune borne, j’aperçus au loin un poteau de la hau-
le rèGne de nas∂iri’d-dín sháh 459 teur d’un homme. en nous en approchant, je vis ce qui avait dû être un visage humain et des épaules. le pauvre homme qui avait peut-être été, comme on me l’apprit plus tard, un célèbre brigand, avait été enfoncé de force dans un pilier creux formé de pierres soigneusement empilées, puis on avait versé du ciment jusqu’à la hauteur des épaules.
on l’avait laissé là quelques heures à vivre jusqu’à ce que les myriades de mouches encombrant son visage, ou plus rapidement, la pitié des oiseaux de proie, mettent un terme à sa torture…
en attendant, j’avais beaucoup de temps pour découvrir les beautés d’ispahan, bien que de la splendide ville qui excitait l’émerveillement et l’admiration des voyageurs européens du temps où elisabeth régnait en angleterre et akbar à delhi, ne survécûs-sent que les traces suffisantes pour montrer le contraste entre le seizième et le dix-neuvième siècle. des quartiers entiers étaient détruits et déserts. les bazars qui furent les meilleurs et les plus actifs centres commerciaux de l’asie occidentale, étaient pour certains complètement abandonnés et pour d’autres seulement partiellement actifs. le Chehar Bagh [Chihár Bágh] existait toujours, mais les platanes géants plantés le long de ses avenues étaient très clairsemés. l’eau ne coulait plus sur ses bords dans des canaux de marbre et des bassins ornés. en dépit de la négligence avec laquelle la dynastie qadjar semble délibérément traiter les traces de la grandeur de ses prédécesseurs safavides, la superbe mosquée érigée par Chah abbás sur le meidan, est toujours unique, malgré quelques blessures, dans toute la gloire de ses tuiles bleu-vert. quant à l’ancien palais des princes safavides où zill-es-sultan réside en tant que prince-gouverneur, les quelques tentatives maladroites pour le restaurer ont plus endommagé la beauté artistique du bâtiment que les ravages d’un vandalisme délibéré. la population de toute la ville, en y ajoutant les villages des plaines environnantes, atteint les 250 000
habitants, alors que deux siècles et demi auparavant, la population de la ville seule oscillait entre 600 000 et 1 100 0000 habitants et que Chardin avait compté 1500 villages dans un rayon de dix lieues. envolés sont les jours où le fier peuple d’ispahan se vantait d’être la moitié du monde…
Puis je me dirigeais vers sultanabad, le centre de l’industrie des tapis, où j’eus une amusante illustration de cet énorme imposteur qui se prenait pour un gouvernement. sur les portes du principal atelier dans lequel les meilleurs artisans, payés une misère, tissaient des tapis pour le chah lui-même, on pouvait lire, sur un panneau cloué très ostensiblement, qu’il était interdit sous la menace des plus sévères punitions, d’utiliser des teintures d’aniline « que les méchants essaient d’importer du pays des infidèles ». mais à l’intérieur, on eut du mal à me montrer un seul tapis destiné aux palais royaux pour lequel on n’avait pas utilisé d’aniline. ainsi, pendant le reste de mon pénible et lent
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voyage jusqu’à Téhéran, je rencontrai toujours le même contraste dans les méthodes négligées du gouvernement, entre ce qu’on disait et ce qu’on faisait, entre l’abjecte misère d’un grand nombre et le luxe malsain de quelques-uns, entre quelques petites oasis fertiles et de grands espaces stériles de déserts vides.
l’été battait son plein lorsque j’arrivai à Téhéran et j’acceptai avec joie l’hospitalité de l’ambassadeur français, m. de Ballois, dans sa résidence d’été de Tejrish… la légation russe était toute proche et la légation britannique pas beaucoup plus loin dans une autre direction vers Gulaheh. l’allemagne n’avait même pas de représentant* car Bismark ne désirait pas se lancer dans une politique mondiale. l’angleterre et la russie étaient les seules puissances importantes et l’influence britannique sur Téhéran n’était, pour l’instant, pas remise en question. Pendant vingt-cinq ans la Grande- Bretagne avait été représentée par trois ambassadeurs† succcessifs dont l’expérience diplomatique était principalement limitée à la Perse, pour qui Téhéran était le centre de l’univers et le chah le seul potentat d’importance dans leur petit monde… Je n’ai jamais vu autant de jalousies mesquines et de tempêtes dans un verre d’eau que celles qui faisaient rage entre les différentes légations européennes et, parfois, à l’intérieur de chaque légation… en Perse même, la lutte anglo-russe était pour l’instant au point mort. C’était l’année où les troupes russes avaient occupé merv, et la russie consolidait la nouvelle position acquise sur la route de herat, repoussant encore sa frontière vers les frontières afghanes. nas∂irid-dín shah avait visité deux fois l’europe et avait accueilli quelques européens qui devaient s’occcuper à réformer l’administration. Parmi eux, seul, le général autrichien schindler accomplit un travail de fond, notamment dans le domaine des sciences et de l’histoire naturelle, qui étaient pourtant en dehors de ses fonctions officielles.
les autres provoquaient l’hilarité générale par la splendeur de leurs uniformes et leur habileté à jouer des faiblesses de leurs employés persans. l’un d’eux qui mettait en place un service postal international avait coutume, quand le vin l’échauffait, de parler du roi des rois familièrement en l’appelant ma vache à lait, et, pour augmenter son salaire officiel, on lui attribuait l’invention d’une pratique, largement adoptée plus tard dans les républiques d’amérique centrale, qui consistait à publier des timbres postaux qu’il retirait tout de suite après de la circulation, pour ensuite les vendre avec de grands bénéfices aux philatélistes européens. les scandales de la cour du chah et ses immenses anderouns (l’équivalent persans du harem) étaient aussi honteux que ceux de ses fils et
* en 1878, au cours de son second voyage en europe, nás∂iri’d-dín sháh avait eu des entrevues avec le Kaiser Guillaume 1er et Bismark. en 1883, il contacta Bismark pour qu’ils échangent des représentants. en 1885, mírzá rid∂á Khán Giránmáyih, le mu’ayyídu’s-salπánih, était nommé envoyé persan à Berlin et Bismark envoyait Graf von Braunschweig à Téhéran. (umB).
† Charles alison (mort à Téhéran), w. Taylor Thomson, sir ronald Thomson. 4hmB)
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des autres membres de sa famille qui occupaient les plus hauts postes de l’état. le plus tristement célèbre était naib-es-sultaneh, ministre de la guerre qu’on disait manger
« une centaine de rations », c’est-à-dire l’équivalent en argent, pour chaque ration que mangeait la populace déguenillée qui composait l’armée persane. la corruption était endémique, comme je le découvris rapidement à mes dépends.
Car, bien que ma mitrailleuse nordenfelt soit arrivée à temps et que j’eus reçu quelques aimables messages du chah me promettant de fixer un jour pour sa présentation, je n’eus jamais l’occasion de la déballer et, finalement, je la renvoyai en angleterre via Bouchir.
en effet, j’avais compris que la route jusqu’au palais royal devrait être pavée de tomans d’or pour arriver à satisfaire la cupidité de la longue chaîne de fonctionnaires, grands et petits, sans aucun espoir, au final, de faire des affaires sérieuses. le ministre britannique était trop olympien pour s’occuper de mes petites affaires et le ministre français ne pouvait évidemment me donner aucune aide officielle.
la france ayant peu d’intérêts politiques en Perse, m. de Ballois était devenu un observateur détaché et quelque peu cynique des us et coutumes persanes et, dès mon arrivée, il me prévint que dans ce pays-ci il n’y avait rien à faire pour les honnêtes gens.
nordenfelt, qui avait un grand sens de l’humour, était plus amusé que dégoûté et m’envoya volontiers un télégramme me demandant de rentrer et d’envoyer le chah à Jéricho.
sur le retour, le zill aurait aimé garder la mitrailleuse à isfahan, mais il eut peur d’of-fenser son père qui, je l’appris plus tard, piqua une grosse colère lorsqu’il apprit que j’étais reparti, mais il était trop tard.
Chirol retourna en angleterre par la russie. il espérait découvrir, comme tout journaliste, une partie de la voie ferrée transcaspienne que les russes commençaient à construire en asie centrale. la légation l’avait aidé en lui donnant des lettres de recommandation du ministre russe des affaires étrangères. mais lorsqu’il arriva à Khrasnovodsk sur les rives orientales de la Caspienne, un jeune aide de camp vint à bord du navire et le conduisit à la résidence du gouverneur où il fut retenu, virtuellement prisonnier, pendant trente-six heures avant d’être reconduit sur le même bateau qui repartait de l’autre côté de la Caspienne. le gouverneur lui expliqua clairement qu’il ne pouvait s’approcher de la voie ferrée et qu’il serait son hôte jusqu’au départ du navire. Chirol écrit :
mon hôte, qui était bien sûr général, m’expliqua, au cours d’une soirée où l’abondante consommation de vodka avait délié sa langue, que seule la conscience de son
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énorme responsabilité en tant que Gouverneur des marches de l’asie Centrale pour son auguste maître, le tsar, lui permettait de supporter un endroit aussi morne, après avoir connu, pendant de nombreuses années, les plaisirs de la vie de cour à la capitale. il est vrai que j’appris de la bouche du capitaine du vapeur que les bénéfices retirés de ce poste était proportionnels à ses responsabilités. mais j’en avais vu assez pour me convaincre que c’était cette politique d’expansion à long terme en asie centrale qui, tôt ou tard, se transformerait en suprématie russe à Téhéran, qui expliquait le secret que la russie imposait, dans cette région désolée, sur la construction d’une grande voie ferrée longeant la frontière russo-persane à l’est de la Caspienne.3
les forces russes prirent Khrasnovdosk en 1869 et, peu après attaquèrent Chíkíshlíyár à l’embouchure de la rivière atrak. la Perse protesta, sans résultat.
les Turkmènes prédateurs était une épine dans le pied de la Perse comme de la russie. ils pénétraient régulièrement très profondément dans le territoire perse, ou russe, et emportaient hommes, femmes et enfants pour les vendre sur leurs marchés aux esclaves. les efforts russes pour soumettre les Turkmènes réussirent là où les perses avaient échoué.
à la suite des malheureux accords signés dans la partie orientale du territoire qu’il gouvernait, sulπán-murád mírzá, le h∆isámu’s-salπanih, le gouverneur général du Khorassan, qui avait capturé hirát, se tourna vers le nord. en 1875, il invita huit notables Turkmènes à mashhad où, fidèle à lui-même, ce fourbe, cet oncle de nási∂ri’d-dín sháh les arrêta et les jeta en prison. ayant momentanément triomphé des Turkmènes de cette infâme manière, h∆isámu’s-salπanih conduisit son armée à la conquête de marv qu’il occupa facilement. marv, comme hirát, avait toujours fait partie du Khorassan. hélas, trois ans plus tard, le gouverneur-général suivant, h∆amzih mírzá, le h∆ishmatu’d-dawlih (un autre oncle du chah), tout en ayant repris h∆irát, fut ignominieusement battu par les Turkmènes et marv, perdue, retomba dans les griffes russes. Pauvre h∆amzih mírzá, il n’avait pas de chance : battu d’abord par sálár puis par les Turkmènes. il faut porter à son crédit que lorsqu’il était gouverneur général d’azerbaïdjan, il refusa bravement d’obéir aux ordres de Téhéran lui enjoignant d’exécuter le Báb et mírzá Taqí Khán dut charger son propre frère, vazír-niz∂ám, des arrangements et de la supervision de cette injuste mission.
la déroute de h∆amzih mírzá eut lieu au cours de la bataille de marv contre les
le rèGne de nas∂iri’d-dín sháh 463 nas∂iri’d-dín Sháh, à paris en 1889
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Turkmènes Takkih qui lui prirent même ses canons. il perdit aussi, évidemment, son gouvernorat. nás∂iri’d-dín était si dégoûté par l’échec de son oncle (qui était largement dû à l’incompétence du vizir du Khorassan), qu’il écrivit sur une photo de ce pauvre oncle le mot najis - l’ignoble h∆ishmatu’d-dawlih. quelques-uns des canons perdus aux Turkmènes furent repris par une expédition lancée contre eux depuis sarakhs qui devint un poste frontière. incidemment, les Turkmènes savaient pris tant de prisonniers qu’il en résultat une sérieuse chute des cours sur leurs marchés aux esclaves !
Puis la russie commença son avance en Transoxiane. le Khánate de Khívih sur lequel la Perse avait un droit mais n’était pas capable d’exercer son autorité, fut aisément renversé et les Turkmènes yamút soumis. mais la manœuvre du général lomakin contre les Turkmènes Takkih devait échouer, par manque de préparation.
Bien que les Turkmènes aient été sauvagement décimés par l’artillerie à Gi’uk Tappih (la Colline bleue), c’est l’échec des russes à les déloger et à les mettre à genoux qui fut remarqué dans la campagne du général lomakin. Ce fut un coup terrible pour le prestige russe. le général skobelev remplaça bientôt le général lomakin, et dès janvier 1881, en dépit de leur résistance désespérée, les Turkmènes perdirent leur position de la Colline bleue et la ville histoirque de marv, partie indiscutable du Khorassan, devint possession russe. il est vrai que la victoire russe soulagea la Perse des déprédations turkmènes, mais la perte de la ville de marv fut ressentie avec tristesse comme une perte humiliante.
la Perse subit, dans le Baloutchistan, une autre perte pendant le règne de nás∂iri’d-dín sháh. Cette province avait longtemps connu des troubles. sir frederic Golgsmid, le premier directeur des télégraphes de Perse, y rencontra des obstacles insurmontables en 1864 parce qu’il n’y avait personne, à l’ouest de Gúwádur, petit port du golf d’oman, avec qui il pouvait traiter avec confiance. le Khán de Kalát n’y exerçait qu’une autorité fantoche.
Ces derniers temps la Perse pratique une politique audacieuse à makran et dans le Baloutchistan, qui commença probablement dès 1856, quand fut signé le traité avec muscat qui comporte un article demandant au sultan d’aider le passage des troupes perses vers l’est en direction de Bandar’abbás et sa région. depuis la rivière sudaij jusqu’à Chahbar vers l’est, on compte environ 150 miles qui sont au pouvoir d’un puissant chef de tribu Baloutche, mir’abdu’llah ibn murad muhammad. il avait reconnu, douze
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ans auparavant, la suzeraineté perse mais, selon certains chefs baloutches, (…) il attendait une occasion de rejeter cette allégeance. le dilemme (…) consistait à décider si mir’abdu’llah était capable d’agir de sa propre autorité, malgré ses obligations envers la Perse, ou s’il serait injuste pour lui et les autres chefs baloutches dans la même situation, de demander directement à la Perse la permission de construire le télégraphe à travers le territoire qu’ils considéraient comme le leur, bien que son contrôle leur en eut été retiré temporairement par la Perse. Parce que si la souveraineté de la Perse était reconnue de tous, les chefs locaux pouvaient se venger en empêchant la construction du télégraphe.
Chahbar était une petite ville de la côte, soumise à muscat dont la juridiction s’étendait le long de la côte jusqu’à Gwatar vers l’est. les villes de Gwaatar et Jiwani, sur l’autre rive de la baie de Gwatar, étaient dirigées par de petits chefs baloutches indépendants. après Jiwani, on trouvait Gwadur qui (…) avait été donnée à perpétuité à saiyid sultan ibn ahmad de muscat par un ancien Khan de Kalat. (…) le Khan de Kalat contrôlait la côte sur quatre- vingt miles, à l’est de Gwadur, et de là jusqu’à la frontière du sind le pays était sous l’autorité du Jam de las Bailah qui était de la famille du Khan et son sujet. aucun des deux (…) n’avait d’objection à la construction du télégraphe à travers leur territoire et tous les deux étaient capables de le protéger.4
la côte de makrán, déserte, désolée et inhospitalière, où les armées d’alexandre de macédoine avaient incroyablement souffert lors de leur retour de l’inde, n’avait aucun intérêt à part leur position stratégique et le fait que leur sort était lié à celui du Baloutchistan et du sístán. sous le règne de muh∂ammad sháh la juridiction persane s’était largement étendue sur la côte de makrán, mais lorsque vint le temps de construire la ligne télégraphique, disputes et troubles éclatèrent jusqu’à ce qu’on nomme une commission qui devait dessiner la frontière. Cette commission connut beaucoup de difficultés. alors Goldsmid alla à Gwadur et le major lovett qui, selon sir Percy sykes, « avait fait une enquête sur la frontière proposée et pouvait compléter les informations déjà réunies » l’y rencontra ; le commissaire britannique décida de tracer la frontière à l’est de Gwatar ce qui fut finalement accepté par nási∂ri’d-dín sháh. T. sykes remarque que bien que le monarque qadjar n’en voulait pas au début, la décision fut favorable à la Perse.
il y eut ensuite le délicat problème de sístán à régler entre la Perse et l’afghanistan. Ce dernier pays était dans un état de désordre chronique, alimenté en partie par la peur de la Grande-Bretagne. C’était avant l’époque où
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amír’abdu’r-rah∂mán Khán y ferait régner l’ordre. en tout cas, les autorités persanes pensaient, non sans raison, que la Grande-Bretagne pouvait, si elle le déci-dait, faire cesser les incursions afghanes dans les régions qui dépendaient sans aucun doute de la Perse. sir frederic Goldsmid, secondé par le général Pollock délégué par le vice-roi lord mayo, et le docteur Bellew, un orientaliste de renom, établirent un accord entre la Perse et l’afghanistan. mir’alam Khán, l’émír de qá’inát refusa de collaborer parce que son domaine était contigu à sístán. mais nás∂iri’d-dín sháh accepta l’accord proposé par Goldsmid.
la frontière entre la Perse et la Turquie sera un sujet de contestation et de conflit jusqu’à la veille de l’entrée de la Turquie dans la première Guerre mondiale. mais en 1851, lord Palmerson avait pourtant tenté de régler la question. en 1870, nás∂iri’d-dín sháh décida de visiter les villes saintes d’irak. on rappela d’istanbul h∆ájí mírzá h∆usayn Khán, le mushíru’d-dawlih qui devait s’occuper des formalités nécessaires au voyage. C’était la première fois qu’un monarque se rendait à Kerbéla, à nadjaf et dans les autres mausolées d’irak en tant que pèlerin. ses prédécesseurs avaient fait le voyage, mais comme guerriers et conquérants ; nás∂iri’d-dín sháh, lui, rédigea un journal de pèlerinage qui fut publié de son vivant.
Pendant le pèlerinage du chah, le vali de Bagdad était midh∂at Páshá, le célèbre réformateur et constitutionaliste turc. il s’avança jusqu’à Khániqayn pour accueillir le chah et lui souhaiter la bienvenue. dix ans plus tard, devenu vali de Beyrouth, il invita la Plus-Grande-Branche,’abdu’l-Bahá, à visiter cette ville.
h∆ájí mírzá h∆aydar-’alí, cet enseignant expérimenté, qui vers la fin de sa vie était connu des pèlerins bahá’ís sous le nom d’ange du Carmel, écrit dans sa biographie inédite de mírzá abu’l-fad∂l de Gulpáygán, à propos de mushíru’d-dawlih et des événements de ce temps-là :
lorsque (…) nás∂iri’d-dín sháh quitta Téhéran pour son pèlerinage aux mausolées sacrées, mushíru’d-dawlih bannit les bahá’ís à mosul. l’ambassadeur avait quitté istanbul, en passant par alep, pour être à Bagdad à l’arrivée du chah. à alep, il fit arrêter shaykh salmán, qui était bien connu et qui avait sur lui deux ou trois cents pétitions destinées à Bahá’u’lláh. il confiscqua aussi tous les objets et les cadeaux que shaykh salmán portait avec lui et l’enferma dans une pièce mal entretenue de la maison où
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mushíru’d-dawlih résidait. shaykh salmán m’a raconté : « dans la soirée, [mushíru’d-dawlih], les consuls et leurs courtisans se promenaient dans la cour. Je le vis et l’entendis dire : « nous étions certains que la cause de Bahá’u’lláh était une affaire politique et qu’il ne cherchait qu’à obtenir pouvoir, souveraineté et richesses afin d’être célèbre.
C’est pourquoi nous avons fait tous nos efforts pour le détruire. mais quelles que soient les blessures infligées, le nombre de bannissements, et tout ce que nous avons pu lui faire subir en plus, son pouvoir, son autorité et sa célébrité, sa grandeur, son éminence ne faisaient que s’accroître. Très étonnés, nous cherchions à en trouver la raison. et maintenant, je découvre que ce salmán a sur lui environ trois cents pétitions et qu’aucune d’elles ne parle de politique, de gouvernement, d’état, de nation. Toutes les blessures, les emprisonnements, les bannissements, les exécutions et les pillages que subissent les bahá’ís depuis toujours, on ne les mentionne jamais et on ne trouve aucune plainte dans ces pétitions. elles ne contiennent que des supplications et ne parlent que de sujets spirituels. Par exemple : « o dieu ! protège-moi des maux de l’égoïsme et des désirs charnels, rends-moi constant et fidèle à ta Cause, libère-moi de tout sauf de toi, et fortifie-nous afin que nous puisssions servir tous les peuples du monde, que nous puissions embrasser la main du bourreau et, dansant et claquant des mains, que nous nous précipitions vers l’échafaud. » ensuite, il demanda qu’on lui apporte deux ou trois de ces pétitions et les fit lire à haute voix. Tous admirèrent l’éloquence et l’excellence du style et de la composition. Puis mushíru’d-dawlih dit : « Pourquoi opprimer de tels gens, qui aiment dieu, qui recherchent dieu et qui lui parlent ? dans son livre, le coran, dieu relate l’histoire du croyant qui vivait dans le palais de Pharaon, afin de nous rappeler que s’il y a tromperie, le faussaire ne durera pas longtemps, mais si celui contre lequel nous luttons détient la vérité, cela nous retombera dessus et il en sera fini de nous ; nous serons les perdants et paierons le prix fort. Je n’ai rien découvert dans leurs actes ni dans leurs paroles qui puisse être dangereux pour l’état. Tout ce que nous avons entendu venait de leurs ennemis, de ceux qui les réfutent ou d’ignorants. de plus, vous avez tous vu, comme je l’ai moi-même expérimenté, que plus nous les insultons, plus nous les dénigrons, plus nous les tuons, et plus leur nombre augmente, plus ils deviennent forts, puissants et célèbres. ils vivent aujourd’hui dans l’aisance, en pleine santé et pleine gloire. » mushíru’d-dawlih parlait ainsi et les autres étaient d’accord, donnant des exemples. le lendemain matin, il me fit chercher, s’excusa et me dit : « J’ai été induit en erreur et je te remercie, car grâce à toi j’ai compris la vérité. un gouvernement ne doit pas interférer avec les affaires spirituelles et toutes les questions en rapport avec la croyance et la conscience. » il me rendit toutes les pétitions et ordonna à ses hommes de me redonner toutes les marchandises et les autres objets qu’on m’avait confisqués, ce
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qu’ils firent sous ses yeux. il écrivit ensuite une lettre de recommandation pour le vice-consul de Beyrouth, qui disait : « accordez au shaykh la plus grande considération et votre protection. veillez à ce qu’il atteigne acre avec tout ce qu’il transporte et qu’il arrive en présence de h∆adrat-i-’abbás effendi » il ajouta pour moi : « embrasse-lui les mains de ma part, présente-lui mes excuses et demande-lui son pardon. supplie-le de me confirmer dans mon désir de corriger les erreurs passées.
et h∆ájí mírzá h∆aydar-’alí continue :
ainsi, lorsque mushíru’d-dawlih arriva à Téhéran et que des ministres, de grands personnages et des notables vinrent lui rendre visite, il y avait parmi eux le défunt h∆ájí mírzá rid∂á-qulí […] le demi-frère de la Perfection bénie. quelqu’un le présenta comme étant le frère de Bahá’u’lláh, ce qui l’effraya et il protesta en disant : « mon père était très connu, pourquoi ne pas me présenter comme son fils ? » Cette remarque mit mushíru’d-dawlih en colère et il réprimanda h∆ájí mírzá rid∂á-qulí : « vous devriez être fier d’être le frère de Bahá’u’lláh et vous en glorifier. qu’il soit persan est une cause de fierté et d’honneur pour la Perse et son peuple. les princes, les vizirs ou les émirs qui venaient à istanbul étaient souvent la cause de la honte et du dénigrement du peuple et du gouvernement persans. Jour après jour, abjects, flagorneurs, ils allaient, pleurni-chant, d’un vizir chez un pacha, se plaignant et insultant le chah et les notables de Perse, demandant rentes et pensions. représentant le caractère du peuple de ce pays, ils ne montraient qu’incongruité, bestialité, vénalité et dégradation. au contraire, Bahá’u’lláh, bien qu’exilé par le gouvernement, se comporta avec fermeté, calme, assurance et dignité, noblesse et détachement, au point de ranimer la Perse et les Persans et de réjouir leurs yeux. il ne fréquenta personne. il ne chercha à rencontrer personne. Tous ceux qui lui rendirent visite furent reçus avec gentillesse. il leur parla de l’ancienne civilisation persane, des bonnes manières et de l’humanité de ce peuple. il agit de telle sorte qui tous témoignèrent de sa grandeur et de sa noblesse. ils comprirent que la Perse compte des hommes cultivés, civilisés et humains. »
h∆ájí mírzá h∆usayn Khán, avait quitté définitivement istanbul et il accompagna nás∂iri’d-dín sháh jusqu’à Téhéran, où ils arrivèrent dans les premiers jours de février 1871. en novembre de la même année, il fut élevé à la position de s∆adr-i-a’z∂am (grand vizir), position restée vacante après la chute et le renvoi de mírzá áqá Khán, fin août 1858. (incidemment, la chute de mírzá áqá Khán provoqua la disgrâce de ses parents de Chiraz qui étaient responsables des atrocités de nayríz : ses cousins, mírzá naím et mikr-’alí Khán, shujá’u’l-mulk, ainsi qu’un fonctionnaire, jusque là bien réputé
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comme chef du ministère de la Justice, hájí háshím Khán.)
h∆ájí mírzá h∆aydar-’alí continue, à propos de mushíru’d-dawlih : régulièrement, dans de nombreuses réunions où notables et grands personnages étaient présents, il disait : « J’ai essayé de lutter contre Bahá’u’lláh et de lui résister avec l’aide de la puissance de deux états, et l’organisation politique de deux gouvernements.
mais plus j’essayais, plus son pouvoir et son autorité croissaient. » et il racontait l’histoire de la détention de shaykh salmán, de son examen des pétitions que le shaykh portait, grâce à quoi « je compris que les puissances de ce monde sont incapables de résister à cette Cause ». il fit aussi comprendre au chah que s’opposer à ces gens était nui-sible pour l’état. à plusieurs reprises, lorsque dans diverses villes et villages de Perse, à l’instigation de gens malveillants, ou à cause de la cupidité des autorités, les amis étaient arrêtés, cet homme remarquable, juste, sage et bon, les fit libérer. au Conseil d’état, il déclara que le gouvernement avait fait une grosse erreur en bannissant et en expul-sant Bahá’u’lláh, car sa cause, victorieuse, se répandrait dans le monde entier. il aurait été un prisonnier en Perse, dans le futur les gens seraient venus en pèlerinage à son tombeau de partout, et cela aurait augmenté la richesse de la nation. Tout comme maintenant les Persans dépensent leur argent en pèlerinage à la mecque et à médine, et aux mausolées sacrés en dehors de la Perse, dans le futur, les gens dépenseraient leur argent pour visiter la tombe de Bahá’u’lláh et celles de ses compagnons bannis de ce pays.
Cet homme [mushíru’d-dawlih] servait le peuple et le gouvernement de Perse avec une véracité et une perspicacité totales. après avoir fait tout le mal possible et opprimer au maximum cette Cause, il finit par juger la question avec équité et justice, et rendit autant de services qu’il le put.
Très vite mushíru’d-dawlih réussit à persuader nás∂iri’dín sháh de visiter l’europe. il voulait que son souverain voie de ses propres yeux les progrès faits par l’europe et les européens. Cette visite eut lieu au printemps 1873. à windsor, la reine victoria décora le chah de l’ordre de la Jarretière, signe évident de relations amicales.
le 25 juillet de l’année précédente, le chah avait accordé au baron Julius de reuter, le fondateur de l’agence d’information mondialement célèbre, une concession aux nombreuses ramifications. Cette décision avait été préparée et dirigée par le nouveau grand vizir. la concession reuter comprenait des projets comme la construction d’une voie de chemin de fer depuis la mer Caspienne jusqu’au golf
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Persique, d’une ligne de tramway à Téhéran, et l’exploitation de toutes les ressources minières du pays. reuter venait alors de choisir la nationalité britannique et la russie voyait cela avec quelque appréhension. néanmoins, malgré ces peurs et ces suspicions, le tsar alexandre ii (1855-1881) reçut très chaleureusement le chah à st-Pétersbourg.
en l’absence du chah, le régent était un de ses oncles, h∆ájí farhád mírzá. le mu’tamidu’d-dawlih et des courtisans menés par le ministre des affaires étrangères, mírzá sa’id Khán, le mu’taminu’l-mulk, avaient formé un parti s’opposant au s∆adr-i-a’z∂am. Cette opposition devint si forte que lorsque le chah retrouva la terre persane au port d’anzalí, il fut contraint de reprendre le poste de grand vizir à mushíru’d-dawlih. on a raconté que les russes s’étaient mis de mèche avec mírzá sa’íd Khán pour provoquer la chute de mushíru’d- dawlih qui avait entre-temps reçu le titre supplémentaire de sipahsálár-i- a’z∂am. vrai ou faux, le chah était maintenant très en colère et dès son retour dans la capitale, il entra en action, brisa le parti des courtisans et dispersa tous ceux qui avaient participé au complot. mírzá sa’íd Khán perdit son portefeuille de ministre des affaires étrangères qui fut donné à mushíru’d- dawlih, et il fut exilé à mashhad comme gardien du mausolée de l’imám rid∂á. et la charge de s∆adr-i-a’z∂am resta, une fois de plus vacante, jusqu’en 1884, lorsqu’elle fut imposée à mírzá yúsuf, le mustawfíyu’l- mamálik. la concession reuter mourut de sa belle mort. h∆ájí mullá’alíy-i- Kaní et siyyid s∆álih∂-
i-’arab, deux des plus importants religieux de la capitale, étaient aussi impliqués dans le complot contre mushíru’d-dawlih qu’ils avaient dénoncé, dans leur obscurantisme, comme un rénégat et un impie. et certains écrivains alléguèrent que le principal comploteur était mu’tamidu’d-dawlih, l’oncle du chah.
mírzá sa’íd Khán était un habitué du ministère des affaires étrangères, ayant occupé ce poste après la mort de son précédent occupant, mírzá muh∂ammad-’alí Khán-i-shírází, en février 1852, d’abord comme secrétaire d’état puis comme ministre. en compagnie de mírzá Káz∂im Khán, le niz∂ámu’l-mulk, fils aîné du núrí s∆adr-i-a’z∂am, il avait pris part à la tuerie des bábís de 1852. ils avaient tiré les premiers sur mullá h∆usayn-i- Khurásání. il était aussi largement responsable du bannissement de Bahá’u’lláh de l’irak vers la Turquie, ayant conseillé à mushíru’d-dawlih, alors à istanbul, de persuader les autorités ottomanes de la nécessité d’éloigner Bahá’u’lláh de la proximité des territoires persans. mais, épisodique-
le rèGne de nas∂iri’d-dín sháh 471 ment, mírzá sa’íd Khán eut quelques gestes amicaux envers les bahá’ís ce qui fit croire à ces derniers que l’épître connue sous le titre de Shikkar- Shikan Shavand lui était adressée*. en mai 1880 mírzá sa’íd Khán fut rappelé de mashhad et reprit son poste aux affaires étrangères. il mourut au printemps 1884.
mírzá yúsuf, le mustawfíyu’l-mamálik, dont le vizirat ne dura que très peu de temps (il mourut moins de deux ans après sa nomination), était l’un des hommes les plus remarquables de son temps. Profondément droit, incorruptible et sans peur, il était appelé généralement « áqá » ou « Jináb-i- áqá », même par nás∂iri’d-dín sháh. on l’avait accusé d’avoir participé à l’exécution des bábís de 1852 (il aurait été le premier à tirer sur mullá zaynu’l-’ábidín-i-yazdí), mais il l’avait toujours nié fermement, avait écrit à ce sujet à Bahá’u’lláh et en avait reçu une réponse aimable. (voir addenda v)
mushíru’d-dawlih, bien que n’étant plus le s∆adr-i-a’z∂am, réussit à convaincre le chah de visiter une nouvelle fois l’europe. Cette deuxième visite eut lieu en 1878, l’année du Congrès de Berlin, alors que l’europe était dans une situation
* voir p. 173
Mírzá Yúsuf-i-ashtíyání, le Mustawfíyu’l-Mamálik
dans la Gloire du Père
instable. la russie, bien que directement impliquée dans le conflit, accueillit chaleureusement nási∂ri’d-dín sháh. on organisa en son honneur une manœuvre militaire de grande envergure et il tomba tellement amoureux de l’uniforme, des armes et de l’allure des cosaques russes, qu’il demanda au Tsar alexandre de mettre à sa disposition quelques officiers russes et quelques instructeurs afin qu’ils organisent pour lui une force similaire. Ce fut le début de la brigade cosaque persane, qui devint plus tard une division, une unité militaire qui allait jouer un rôle important dans le destin de la Perse et qui resterait sous commandement russe jusqu’en automne 1920. le colonel de mantovitch (le premier commandant et organisateur de cette unité) et son équipe, arrivèrent à Téhéran en janvier 1879. à vienne, le chah engagea aussi des officiers autrichiens qui arrivèrent dans la capitale persane un mois avant les russes, commandés eux aussi par un colonel nommé schynovsky. mais leur mission s’avéra impossible, contrecarrée par la rivalité russe. on prétend que mírzá sa’íd Khán retrouva son ancien poste sur l’insistance de la russie qui regardait avec méfiance la politique de mushíru’d-dawlih. en décembre 1881, mírzá sa’íd Khán signa, avec l’envoyé russe, le traité d’ákhál, par lequel la Perse renonçait à toutes ses prétentions frontalières sur la Transoxanie.
mushíru’d-dawlih reçut d’abord le poste de gouverneur de sa ville, qazvín puis, à la suite de l’assasssinat du tsar alexandre ii, il fut nommé à la tête de la mission envoyée à st-Petersbourg porter les condoléances de nás∂iri’d-dín sháh à alexandre iii. à son retour, il fut envoyé à mashhad comme gardien du mausolée de l’imam rid∂á et gouverneur du Khorassan. C’est là qu’il mourut en novembre 1881, et tout le monde s’accorde pour dire qu’il fut probablement empoisonné sur l’ordre de nás∂iri’d-dín sháh.
i’timádu’s-salπanih écrit dans son journal que ni le chah ni ses oncles (mu’tamidu’d-dawlih et h∆isámu’s-salπanih) ne cachèrent leur joie en apprenant le décès de mushíru’d-dawlih. nás∂iri’d-dín sháh avait pris l’habitude de se servir libéralement des richesses de n’importe quel notable, ou personne connue de son royaume qui mourait riche. il fit de même avec mushíru’d-dawlih le sipahsálár-i-a’z∂am, bien que sa veuve soit une fille de fath-’alí sháh. on peut lire dans le journal d’i’timádu’s-salπanih : « durant ces deux derniers jours, tous les ministres ont été très occupés, dans le Conseil, à préparer la liste des manuscrits et des bijoux du défunt mushíru’d- dawlih. son testament et ses comptes bancaires ne sont pas le rèGne de nas∂iri’d-dín sháh 473
encore connus. » et plus loin : « h∆akímu’l-mulk [mírzá’alí-naqí] a été chargé de négocier avec qamaru’s-salπanih, la veuve du sipahsálár, en vue d’en obtenir de l’argent en espèces pour le chah… »*6
le titre de mushíru’d-dawlih fut donné alors à yah∂yá Khán, le mu’tamidu’l- mulk, frère de mírzá h∆usayn Khán, connu aussi sous le titre de sipahsálár. C’est le nom donné à la magnifique mosquée et au séminaire qu’il a construit à Téhéran et richement doté. les deux bâtiments qui possèdent l’une des meilleures bibliothèques de Perse, jouèrent un grand rôle dans la suite de l’histoire de la nation. le Baháristán, le siège de la chambre basse du Parlement, contigu à la mosquée, fut reconstruit après le bombardement qui le ruina au cours du coup d’état de muh∂ammad-’alí sháh en 1908, mais on devine encore sa splendeur originale. le
* un cas semblable fut celui de ’imádu’d-dawlih, un prince qadjar, gouverneur de Kirmánsháh. quand il mourut, d’aucuns ont suggéré qu’i’timádu’s-salπanih aurait dû se précipiter pour collecter des bijoux et d’autres richesses, pour le bénéfice du chah. mais il refusa cet honneur.
Siyyid Jamálu’d-dín-i-asadábádí, plus
connu sous le nom de al-afghání (browne,
The Persian revolution of 1905-1909 )
dans la Gloire du Père
Baháristán était aussi une création du sipahsálár-i-a’z∂am que nás∂iri’d-dín sháh avait récupérée. C’est son fils, muz∂affarí’d-dín sháh qui en fit don à la nation pour qu’il devienne le siège du parlement lorque la constitution fut promulguée.
le nouveau mushíru’d-dawlih fut aussi ministre des affaires étrangères pendant quelque temps, et ce fut pendant son ministère qu’en hiver 1882- 1883, s.G. Benjamin fut nommé par le président arthur pour représenter les états-unis à Téhéran : ce fut le premier représentant américain en Perse. en janvier 1885, nás∂iri’d-dín sháh fit l’achat d’un vaisseau allemand de 600 tonneaux, baptisé persépolis, qui servit dans le golf Persique et d’un vaisseau plus petit, le Shúsh.
leurs équipages étaient allemands. le premier ministre allemand, Graf von Braunschweig, ouvrit une école allemande à Téhéran et ses étudiants allaient en allemagne suivre leurs études supérieures. le bruit courait que les allemands avaient obtenu une concession pour la construction d’une voie ferrée. des allemands naviguant dans le golf Persique, le fait déplaisait aux anglais ; la construction d’une voie ferrée au nord inquiétait les russes. en 1887, le chah fut forcé de promettre à la russie qu’il n’accorderait jamais, en aucune circonstance, une concession pour la construction d’une voie ferrée à aucun étranger sans le consentement du gouvernement du tsar. un an plus tard, sur l’insistance des Britanniques, le libre passage de tous les commerçants étrangers le long de la rivière Kárún, dans la province du Khúzistán fut officiellement notifié à toutes les représentations diplomatiques de Téhéran. à la suite de cette annonce, une firme britannique, lynch Brothers, commença à commercer dans le Kárún. il fallut donner à la russie une compensation pour ce qu’elle considérait comme une victoire anglaise et elle reçut le droit d’utiliser le port d’anzalí sur la mer Caspienne.
la même année 1888, nás∂iri’d-dín sháh, qui avait laissé vacant le poste de s∆adr-i-a’z∂am après la mort de mustawfiyu’l-mamálik, éleva à ce poste important mírzá’alí-as∂ghar, l’aminu’s-sulπán. Comme son adversaire mírzá malkam Khán le náz∂imu’d-dawlih, qui était alors envoyé persan à la cour d’angleterre, c’est un personnage controversé de l’histoire de Perse. il a ses admirateurs et ses détracteurs. C’était, sans nul doute, un homme astucieux et capable ainsi que le prouve-ra son action rapide au moment de l’assassinat de nás∂iri’d-dín sháh. mais il était très différent d’hommes comme sipahsálár et mustawfíyu’l-mamálik. C’est lui qui persuada cette fois-là le chah d’entreprendre un troisième voyage en europe. le le rèGne de nas∂iri’d-dín sháh 475
chah et son entourage élargi, qui comprenait à la fois s∆adr-i-a’z∂am et notre chroniqueur, i’timádu’s-salπanih (très critique et opposé à l’aminu’s-sulπán), quitta Téhéran en avril 1889 et, par le Caucase, arriva à st-Petersbourg où le tsar alexandre iii, comme son prédécesseur, fit à nás∂iri’d-dín sháh un accueil impressionnant. la Grande-Bretagne avait aussi envoyé une invitation au chah. la reine victoria, le prince de Galles (plus tard édouard vii) et lord salisbury, le Premier ministre, offrirent au chah une réception remarquablement amicale. il resta en Grande-Bretagne pendant un mois, mais ce long séjour qui pouvait sembler une réussite éminente ne donna que des fruits amers comme nous allons le voir. un autre résultat de ce troisième voyage en europe fut sa rencontre à munich avec siyyid Jamálu’d-dín-i- asadábádí, plus connu sous le nom d’afghání, qui fut invité à visiter une seconde fois le pays de ses ancêtres. sa visite précédente, en 1886, s’était terminée d’une manière catastrophique ; cette fois, le désastre serait total.
le sultan’abdu’l-h∆amíd ii
dans la Gloire du Père
afghání était un provocateur dans le monde politique oriental, et le principal avocat du panislamisme. disons clairement qu’il n’avait aucune sympathie pour la religion de Bahá’u’lláh. C’était sans aucun doute un homme remarquable, plein de talents, éloquant, érudit, passionné en parole et par écrit. il pouvait être tour à tour doux* et inébranlable. le professeur elie Kedourie, de l’école des sciences éco-nomiques et politiques de londres, le décrit ainsi : « on peut voir que la carrière réelle du sage de l’orient ne ressemble pas à sa légende. Ce que sa carrière laissait présager : l’activisme politique et la transformation de la religion en idéologie politique, est maintenant arrivé et les conséquences en sont visibles autour de nous. il faut aussi noter que cet homme et ses partisans qui, de n’importe quel point de vue, doivent être considérés comme des corrupteurs de l’islam tel que les orthodoxes l’envisagent et le pratiquent, n’ont jamais vu leur doctrine critiquée et encore moins réfutée, par les représentants de l’orthodoxie.9 » Perspicace et bien informé, un biographe persan de siyyid Jamálu’d-dín écrit : « il y a un point à noter, dans cette préface, qui aidera à comprendre siyyid Jamálu’d-dín et sa pensée : quel que soit le personnage il croyait profondément en ce qu’il savait et ce qu’il faisait ; c’était avant tout un homme d’action. Plus que tout, il détestait les tyrans. une de ses brillantes pensées était celle-ci : « Je suis opposé à la fois au tyran et à la victime du tyran. Pour moi, le tyran est un ennemi parce qu’il tyrannise ; et je n’aime pas la victime parce qu’elle lui permet de la tyranniser, rendant le tyran encore pire.10 » m. halabí fait aussi un parallèle intéressant entre midh∂at Páshá et siyyid Jamálu’d-dín. Tous les deux souffrirent beaucoup aux mains de deux tyrans implacables. le sultan’abdu’l-h∆amíd maltraita le premier et le chah nás∂iri’d-dín, le second. lorsque midh∂at Páshá fut relâché et rejoignit l’europe, il ne se lança pas dans une longue diatribe contre le sultan ; alors que dès qu’il quitta le sol persan, siyyid Jamálu’d-dín se lança dans une campagne vitupérante contre le chah qui culmina dans son assassinat. le siyyid était en pleine activité lorsqu’edward Browne le rencontra à londres. Browne écrit : «…je le rencontrai alors que j’étais
* dans le journal personnel du père de l’auteur, on peut lire à la date du 3 octobre 1886 : « rendu visite ce matin à sittid Jamálu’d-dín. il est logé près de chez moi. C’est un homme très doux et bon, vêtu à l’arabe, la tête couronné d’un petit turban noir. il est corpulent et a le teint olivâtre. il a probalement plus de cinquante ans et porte une barbe courte et noire. il me dit que bien qu’il signe « afghání », il est originaire d’hamadán. dans sa jeunesse, il était allé dans les villes saintes d’irak pour poursuivre ses études. C’est de là qu’il était parti, il y a plus de trente ans, pour l’afghanistan. depuis, il a voyagé ici et là, résidant quelque temps en égypte. C’est un homme de talent, très érudit. J’ai aimé converser avec lui. »
le rèGne de nas∂iri’d-dín sháh 477
invité par le défunt prince malkom Khán à holland Park qui, jusqu’à la querelle que cet éminent diplomate eut avec le chah en 1889, était la légation persane…
pendant son séjour à londres, il parla dans différents meetings et écrivit divers articles sur« le règne de la terreur en Perse », attaquant la personne du chah et mettant même en question son état mental, avec une grande violence. » 11
l’éloignement de mírzá (ou prince) malkam Khán fut un autre résultat de la troisième visite du chah en europe. un accord douteux, où chacun arracha des concessions à l’autre, à propos d’une loterie d’état, fit que malkam (qui, comme siyyid Jamálu’d-dín, avait une bonne plume), déçu, eut le sentiment d’avoir été humilié par nás∂iri’d-dín sháh et son s∆adr-i-a’z∂am, pendant que le cupide monarque eut le sentiment d’avoir été floué. leur relation s’en ressentit, devint tendue puis, finalement, se brisa. malkam avait été un protégé de mírzá h∆usayn Khán, le mushíru’d-dawlih qui l’avait sauvé du désert politique dans lequel il était tombé lors d’une première disgrâce. on se rappellera aussi qu’à Bagdad, Bahá’u’lláh l’avait sorti des griffes de mírzá Buzurg Khán.
malkam se lança alors dans la publication d’un journal, intitulé Qánún (la loi).
en tout, quarante-et-un numéros seront imprimés à londres. il faut y ajouter les pamphlets politiques et sociaux qui sortaient constament de la plume de malkam.
amínu’s-sulπán était la cible favorite de la critique féroce de malkam. Qánún était interdit en Perse par édit royal mais beaucoup de personnes influentes le recevaient malgré tout. et, conseillé par amínu’s-sulπán, le chah continuait à donner des concessions qui eurent des répercussions considérables. en décembre 1889, reuter obtint une concession pour créer une banque et des billets de banque, et l’on vit naître la Banque impériale de Perse. en janvier 1890, le gouvernement russe reçut une concession pour construire des routes et des voies ferrées dans le nord. en mars de la même année, le major Gerald f. Talbot gagna une concession pour instituer un monopole sur le commerce du tabac en Perse. Cette concession qu’on appela la régie des tabacs, scandalisa les propriétaires de champs de tabac et un grand nombre de marchands qui achetaient et vendaient le tabac, à tel point qu’une rebellion fut lancée par mírzáy-i-shírází l’ecclésiastique le plus influent de l’époque. il interdit totalement l’usage du tabac et nás∂iri’d-dín fut surpris de découvrir que dans son propre harem, les narguilés ou qalyán étaient abandonnés. un seul religieux important de Téhéran, siyyid ‘abdu’lláh-i-Bihbahání (qui jouera plus tard
dans la Gloire du Père
un grand rôle dans le mouvement constitutionnel) osa défier l’interdiction et apporta son qalyán jusqu’à la chaire de la mosquée. en avril 1892, à l’encontre de toutes les coutumes, le chah dut emprunter 500 000 livres sterlings à la nouvelle Banque impériale, les donna en compensation à la compagnie anglaise et annula la concession de la régie.
nás∂iri’d-dín sháh commença à faire arrêter les partisans de siyyid Jamálu’d- dín et de mírzá malkam Khán. l’homme qui allait le tuer un jour se retrouva en prison, avec beaucoup d’autres, à cette occasion. deux importants bahá’ís, h∆ájí abu’l-h∆asasn-i-ardakání, connu sous le nom de h∂ájí amín, et h∆ájí mullá’alí-akbar-i-shahmírzádí, appelé h∆ájí ákhund, y étaient aussi emprisonnés. à cette occasion Bahá’u’lláh révéla la lawh∂-i-dunyá ( tablette au monde).
après l’annulation de la régie, nás∂iri’d-dín sháh n’avait plus que quatre ans à vivre. la veille de son jubilé, le 19 avril 1896, au cœur du mausolée de h∂ad∂rat-i-
’abdu’l-’az∂ím, un fervent partisan de siyyid Jamálu’d-dín appelé mírzá rid∂áy-i-Kirmání, fit feu sur lui. la balle lui ouvrit le cœur et il mourut sur le coup. seules la sagacité et l’action rapide d’amínu’s-sulπán, qui réussit à cacher l’assassinat, empêcha la capitale de plonger dans le chaos.
lorsqu’on demanda à l’assassin pourquoi il avait abattu le monarque plutôt que n’importe lequel des hommes haut placés qui l’entouraient, et notamment Kámrán mírzá, le náyibu’s-salπanih, un fils du chah qui l’avait personnellement fait souffrir, ce disciple de siyyid Jamálu’d-dín répondit par un vers du Mathnaví, l’œuvre immortelle de mawláná Jaláli’d-dín-i-rúmí : « un poisson pourrit par la tête, pas par la queue ».
addenda ii
démarches effectuées
auprès des consuls lors
du bannissement de bahá’u’lláh à acre
Ci-dessous le lecteur trouvera un bref résumé des faits en relation avec certains documents des archives gouvernementales (voir page 281).
le 6 août 1868, m. John e. Blunt, consul britannique à andrinople, envoya le message suivant à m. elliot, le ministre britannique à istanbul : J’ai l’honneur de transmettre ci-joint à votre excellence, une copie de la lettre que le révérend rosenberg, missionnaire protestant en ce lieu, m’a adressée à propos d’un certain shek [shaykh] mirza hussein alí effendi [Bahá’u’lláh], chef d’une secte persane appelée « babie » qui est en exil à andrinople avec une quarantaine de ses adhérents depuis plus de six ans et qui est sur le point d’être déporté à Gallipoli et de là, vers l’intérieur de l’afrique, me semble-t- il.
hier, avant que cette lettre me soit adressée, le révérend rosenberg et Boghos agha, le chef de la communauté protestante locale, m’ont rendu visite et me demandèrent de tenter de persuader les autorités ottomanes locales de ne pas déporter ce shek et ses adhérents. mais comme ils me dirent aussi que la mesure dont se plaint le shek ne vient pas de ces autorités mais que c’est un ordre impératif qui vient de la sublime Porte, j’ai respectueusement refusé leur requête. m. rosenberg me dit alors qu’il m’adresserait la lettre ci-jointe et exprima l’espoir que je ferai un rapport sur le sujet à votre excellence. Je ne connais pas les croyances de cette secte « babie ». le révérend rosenberg et Boghos agha pensent qu’ils les tirent des saintes écritures, ce qui explique leur sympathie et leur zèle pour le shek. Tout ce que je peux dire c’est que le shek en question a mené une vie tout à fait exemplaire dans cette ville. il est considéré avec une sympathie mêlée de respect et d’estime, par les musulmans locaux, et qu’il fut bien traité par les autorités ottomanes. l’impression générale ici est que la persécution dont il fait maintenant l’objet vient du gouvernement persan et de sa légation à istanbul. » (fo 195 901)
dans la Gloire du Père
le révérend rosenberg cité dans cette dépêche était un missionnaire de la société Britannique pour la Propagation de l’évangile parmi les Juifs. C’est lui qui avait attiré l’attention de Blunt sur la situation qui menaçait Bahá’u’lláh. quelques jours plus tard, le 10 août 1868, Blunt envoya une autre dépêche concernant un appel que, disait-il, Bahá’u’lláh lui avait adressé :
en référence à ma dépêche n° 54 du 6 courant relative au cas de shek hussein alí effendi chef de la secte persane appelée « babie », j’ai l’honneur de rapporter à votre excellence que ce matin, j’ai reçu du shek en question, le papier ci-joint qui, écrit en turc, demande la protection de ce consulat. le même appel a été envoyé par le shek à mes collègues de la ville.
Peu après que le dit appel m’ait été remis, mon collègue autrichien vint me voir et me demanda ce que je proposais de faire. Je répondis qu’à mon humble avis je ne pouvais pas agir dans ce cas officiellement sans instructions de l’ambassade, et que j’avais déjà informé votre excellence de la question. monsieur de Camerloher semble être du même avis et m’a dit qu’il avait aussi informé le baron Prokesh.
mais, considérant, avec monsieur de Camerloher, que nous avons de bonnes raisons de penser que le shek et son groupe vont probablement être remis par le gouvernement ottoman aux mains des autorités persanes et que le gouvernement ottoman se rendra ainsi coupable d’un abus de confiance envers ces pauvres gens qui mettra leur vie en péril, et qui en conséquence ternira sa réputation, nous avons décidé d’envoyer à nos ambassades respectives le télégramme que nous avons expédié ce matin et dont voici la copie :
« hussein alí effendi et soixante-dix personnes vont être envoyés aujourd’hui à Gallipoli pour y être remis entre les mains d’un agent du chah. il a adressé un appel écrit demandant la protection du corps consulaire étranger. les soussignés ont décidé de solliciter des instructions de leurs ambassades respectives avant toute action. mon collègue demande que ce télégramme soit communiqué au baron Prokesh. »
Je prends la liberté d’ajouter que mon collègue autrichien m’a dit que le baron Prokesh connaît personnellement le shek et qu’il l’a fortement recommandé au consulat autrichien.
Je regrette que le départ rapide du courrier aujourd’hui m’empêche de préparer une traduction du papier que je joins. » (fo 195 901)
malheureusement, la pièce jointe au télégramme de Blunt est absente des
démarChes auPrès des Consuls 481
fichiers du british public record office. mais Blunt ayant signalé qu’un appel similaire avait été adressé aux autres consuls d’andrinople, des recherches furent faites dans les archives des affaires étrangères françaises. on découvrit que le consul français de l’époque, ferdinand ronzevalle, avait bien envoyé le 14 août 1868, cet appel au ministre français, nicolas Bourée. le texte de cet appel consiste en huit lignes écrites en turc, signées, avec un sceau sur lequel on peut lire
« h∆usayn ‘alí ».
ainsi, au moins trois ministres de puissances étrangères représentées à istanbul, faisaient des enquêtes sur Bahá’u’lláh. ils reçurent tous la même réponse de la part de ‘alí-Páshá comme de fu’ád Páshá : les disciples de Bahá’u’lláh provoquaient des discordes entre musulmans en essayant de les convertir à une nouvelle religion, et la légation persane n’était absolument pas impliquée.
le 13 août 1868, Blunt fit un rapport :
Je prends la liberté de rapporter que j’ai agi dans cette affaire en conformité avec les ordres de votre excellence.
avant de recevoir ces ordres, mirza hussein alí (…) me demanda, par l’intermédiaire du révérend rosenberg, de venir le voir, mais je déclinai respectueusement l’invitation car il était aux arrêts dans sa maison et sous la surveillance de la police (…) le mirza et ses adhérents ont été envoyés à Gallipoli dans la soirée de lundi dernier (…) » (fo 195 901)
mais le révérend rosenberg continua ses efforts pour aider Bahá’u’lláh. le 15
août 1868, il envoya à Blunt une copie de ce qui serait une lettre de Bahá'u'lláh à l’alliance évangélique de londres, leur demandant d’intervenir auprès des autorités ottomanes afin que la tolérance religieuse soit appliquée aussi aux bahá'ís.
l'alliance évangélique se consacrait à obtenir la tolérance religieuse pour les chrétiens dans le monde.
addenda iii
conséquences du siège de plevna
les extraits qui suivent sont extraits du balkan Volunteers1. Ce livre consacré aux docteurs et à l’aide humanitaire envoyés d’angleterre pendant la guerre de 1877-1878, confirme largement l’histoire du capitaine turc qui parlait du « sang qui coulait sous les arbres et sous les pierres ». (voir p. 286)
la situation des blessés dans les hôpitaux de Plevna était pire que tout ce qu’ils [les médecins anglais] avaient vu jusque-là. ryan, le seul docteur présent dans la forteresse assiégée, les conduisit à travers des pièces pleines de blessés pour lesquels il n’avait rien d’autre que du chloroforme, pas de pansements stériles, pas de provisions, pas de soupe. on avait fait des bandages avec les tissus bariolés trouvés au bazar, et les teintures s’étaient révélées empoisonnées. les blessures avaient été bouchées avec du coton hydrophile. on trouvait des cas de variole, de gangrène, de typhoïde et tous avaient des poux. d’après le correspondant de the times, l’état des hôpitaux « rendait ridicule la description par defoe de la léproserie de la Peste »…
après la chute de Plevna, la grande retraite commença : les troupes turques se retiraient à travers la boue, la neige et la glace [...] jusqu’à Philippopolis [...] puis varna [...]
depuis la frontière serbe jusqu’à Gallipoli puis salonique. avec elles, se traînant le long des mêmes sentiers à bestiaux, rampant au flanc des mêmes collines, venaient les réfugiés : le filet d’eau d’il y a six mois était devenu un torrent, toute la population musulmane de Bulgarie et de roumélie s’enfuyant devant la vengeance des moscovites… la retraite devint une déroute […].
[...] lorsque l’ordre d’évacuer l’hôpital d’andrinople fut donné, la populace turque et le personnel turc s’enfuirent ; les docteurs de stafford house [britanniques] « se répandirent dans les camps, rattrapèrent les bœufs, les attelèrent et les firent transporter les blessés pour quitter l’hôpital. » à Philippolis, huit cent cinquante blessés furent placés dans des hangars vides, le long de la gare, en attente de trains qui ne vinrent jamais.
la ville était en proie à la panique, les bâtiments en feu [...] deux jours plus tard, les russes entrèrent dans la ville. à ce moment-là, les blessés encore vivants n’étaient plus que cent vingt [...]
[...] a rustchuk, la fin fut encore plus dramatique. un obus russe tomba sur l’hôpi-
dans la Gloire du Père
tal le 29 décembre 1877. les deux docteurs, stiven et Beresford, sortirent précipitamment en agitant vigoureusement le drapeau du Croissant rouge, mais encore plus d’obus éclatèrent. les docteurs passèrent la nuit à déménager leurs patients, depuis les salles détruites dans les autres. le lendemain, le bombardement recommença. Terrifiés, tous les patients qui pouvaient marcher, et tous les membres locaux du personnel se précipitèrent dehors, dans la neige. Comme l’écrit stiven : « le docteur Beresford et moi étions seuls avec environ quatre-vingt patients, et nous faisions de notre mieux pour assurer leur sécurité. » à la tombée de la nuit, entre trente et quarante obus étaient tombés sur l’hôpital. Puis le tir cessa et les deux docteurs transportèrent leurs patients depuis les bâtiments en ruines, jusqu’en ville. le lendemain, ils les mirent sur un train qui les conduisit à l’hôpital de varna. [...]
young sandwich… et hume, deux vétérans de la campagne de serbie, rejoignirent la division Baker Pasha dans sa retraite de Tatar Bazardijk vers Philippopolis puis au-delà des montagnes de rhodope. le télégraphe et le train ne fonctionnaient plus et sandwich se retrouva sur des routes escarpées couvertes de glace. hume arriva à Philippopolis plus rapidement mais non sans danger, ayant fait le voyage le long de la voie ferrée, d’abord dans une machine qu’il avait réquésitionnée, puis sur un chariot actionné à la main. la retraite vers le sud à travers les montagnes fut un terrible voyage.
« de chaque côté, sur la glace, dans la neige, des chevaux trébuchant et tombant, des soldats et des blessés mélangés en effroyable confusion avec des femmes et des enfants qui fuyaient leurs maisons brûlées, tous peinant laborieusement vers les sommets. dans la plaine en dessous on pouvait voir les Cosaques arrivant au pied des collines et, de là, tirant sur la masse des fuyards. » [...]
à la gare de Tatar Bazardijk, des milliers de gens s’entassaient tous les jours dans des wagons ouverts, « blancs, bleus et noirs, gelés » et Bartlett fit ce qu’il pouvait pour leur apporter de la nourriture et de la chaleur, mais il n’y avait aucune organisation possible. Puis on apprit que la voie ferrée avait été coupée un peu plus loin ; l’attente avait été vaine. ils furent tous forcés de faire retraite au-delà des montagnes rhodope, jusqu’à la mer.
robert e. master qui travaillait pour la fondation Turque de Compassion, avait eu plus de chance. il était resté à sofia pendant un mois avant la prise de la ville par les russes. il avait réussi à faire fonctionner une soupe populaire où, pour un penny par jour et par personne, il nourrissait vingt- cinq mille réfugiés ; « chacun recevait trois quarts de litre d’une bonne soupe bien épaisse et assez de bois de chauffage pour leur tenir chaud. » il partit par le train avant que les russes arrivent, pour un voyage où l’horreur ne fit qu’augmenter. il fallut trois jours au train pour aller d’andrinople à
ConséquenCes du sièGe de Plevna 485
Constantinople, ses wagons ouverts remplis à craquer de femmes, d’enfants et de soldats, entassés sans abri, ni chauffage, ni nourriture. Beaucoup moururent, quelques-uns naquirent, d’autres désespéraient de l’avenir tous ou presque, fous de douleur, d’horreur et de faim, jetant leurs enfants dans le vide quand le train passait sur un pont… » au cours de l’arrêt dans une gare entre andrinople et Constantinople, Blunt travailla sans cesse pour leur apporter du pain et des vêtements ; mais ils étaient trop nombreux et tout ce qu’il faisait lui semblait inutile. master, envoyé de Constantinople avec un wagon de nourriture, trouva Blunt épuisé et malade. il prit les choses en main. « Je réussis à nourrir les gens, mais je ne pouvais pas empêcher le froid. Cadavres après cadavres tombaient des wagons, étaient transportés plus loin et enterrés… C’était affreux à voir et pourtant les réfugiés restaient calmes. Je n’entendais aucun murmure, sauf de la part des Circassiens qui menaçaient de brûler la gare si le chef de gare ne faisait pas partir le train immédiatement. Ces gentlemen attaquèrent même mon fourgon de pain, mais j’arrivai à le refermer à temps. »
à Constantinople on attendait les soldats, les blessés, les réfugiés, l’armée russe ou l’angleterre qui viendrait aider la Turquie. »
addenda iV
le général gordon à haïfa et acre
laurenCe oliphant écrit, sous le titre de la dernière visite du général gordon à haïfa :
Je l’ai rencontré pour la première fois, il y a vingt-neuf ans, dans les tranchées devant sébastopol. C’était alors un jeune officier inconnu, et j’aurais oublié ces circonstances si nous ne nous étions retrouvés trois ans plus tard en Chine… Je quittais la Chine avant qu’il n’entre au service chinois… mais j’en avais assez vu pour surveiller sa carrière avec un grand intérêt ; pourtant nos chemins ne se recroisèrent pas jusqu’à ce qu’un jour, il y a deux ans environ [écrit le 10 mai 1885], je reçoive une lettre venant de Jaffa et signée C.G. Gordon qui me demandait des informations sur les conditions de résidence à haïfa et exprimait son intention de me rendre visite. Comme j’avais plusieurs amis de ce nom-là, je fus déconcerté sur le moment… C’est par hasard que l’après-midi de ce jour, le vice-consul me demanda si je connaissais un certain général Gordon, car il avait reçu quelques lettres à ce nom. Je compris immédiatement qui était mon correspondant et lui envoyai une cordiale invitation à laquelle il répondit rapidement, et nous passâmes ensemble quelques jours très agréables…
après quelques jours à haïfa, le général Gordon retourna à Jérusalem en me promettant de revenir deux mois plus tard planter sa tente près de la mienne à esfia, au sommet du Carmel. J’étais impatient de retrouver sa compagnie pour partager l’agréable étendue sauvage de cette montagne et, dans ma tête, j’avais déjà repéré un endroit à cinquante mètres de ma tente pour qu’il y plante la sienne lorsqu’à mon grand désappointement, je reçus une lettre de lui me disant qu’il était si intéressé par ses études bibliques dans la ville sainte, qu’il pensait être de son devoir de changer ses plans, car il n’aurait peut-être jamais plus la possibilité de vérifier l’exactitude des vues qu’il avait concernant l’aspect typique de la configuration de cette ville…
vers la fin de l’année il écrivit, disant qu’il avait été nommé au Congo et me disait adieu. Curieusement, dans ma réponse je lui disais seulement au revoir car j’étais certain que je le reverrai avant qu’il quitte le pays. quelques jours après il arrivait à haïfa.
il avait embarqué à Jaffa, en route vers Port-saïd dans un voilier local et le mauvais temps l’avait poussé si loin de sa route d’origine que son équipage était venu ici se repo-
dans la Gloire du Père
ser… il y resta une semaine… un jour, je le vis écrire une note sur une feuille de papier. il me demanda le prénom des deux amis chez qui nous étions. Je les lui donnai et, pensant sans doute que ma curiosité méritait d’être assouvie, il dit : « Je les ajoute sur ma liste de prières. » un autre jour, après avoir émis des avis très négatifs sur un très haut personnage que je ne nommerai pas, il ajouta : « Je prie pour lui régulièrement. » Tout cela sans une once de prétention. il détestait par-dessus tout l’hypocrisie… il était très drôle et un compagnon très agréable pour ceux qui le connaissaient intimement. il ne lançait jamais la conversation sur la question religieuse… il partit de haïfa le 18 ou 19
décembre 1883, à pied, jusqu’à acre où il trouva le vapeur qui devait l’emporter directement jusqu’à marseille. ses bagages le suivirent dans une carriole.
ses derniers mots furent pour dire qu’il était certain cette fois que nous ne nous reverrions jamais. Je répondis qu’il s’était déjà trompé et que j’espérais qu’il se trom-pait encore. il me dit non, qu’il avait l’impression d’avoir encore beaucoup de choses à faire pour dieu sur cette terre et qu’il ne repartirait jamais du Congo. un mois plus tard, il était en haute-égypte.
à haïfa, pratiquement personne ne le connaissait, et c’était caractéristique de sa personnalité. apercevant un beau jardin qui appartenait à un riche syrien, près d’acre, il entra s’y promener, fut abordé par le propriétaire qui lui demanda qui il était. il répondit « Gordon Páshá ». mon ami syrien, qui me raconta l’histoire, rit d’un air incrédule et lui montra poliment la sortie. Gordon partit sans insister sur son identité. le propriétaire me dit qu’il était certain qu’on se moquait de lui parce que Gordon, lorsqu’on lui parlait en anglais répondait en mauvais arabe et, lorsqu’on lui demanda son nom, il avait à moitié sorti son portefeuille, comme s’il allait donner sa carte, puis après réflexion l’avait laissé dans sa poche et avait répondu verbalement. ainsi, mon ami perdit sa chance de pouvoir recevoir au dépourvu un ange, ce qu’il ne cessa jamais de regretter, d’autant plus que ses amis prenaient plaisir à le taquiner là-dessus.
la dernière lettre que je reçus de Gordon est datée de Khartoum, le 6 mars. »
sir valentine Chirol écrit dans Fifty Years in a changing World ( cinquante ans dans un monde qui change) : «… je me souviens de ma rencontre avec Gordon, quelques mois avant son fol espoir au soudan, chez laurence oliphant sur le mont Carmel. Gordon vivait alors à Jérusalem, entièrement absorbé par l’étude de la topographie biblique. les français, toujours plus jaloux et suspicieux de toutes les activités britanniques dans cette région depuis notre occupation de l’égypte, ne pouvaient pas croire, même un instant, que pour
le Général Gordon à haïfa 489
un anglais, et un général de la réputation mondiale de Gordon, la topographie biblique n’était pas une couverture pour cacher de sinistres activités politiques. le consulat français de Jérusalem surveillait tous ses mouvements. il nous raconta qu’il était parti la veille pour son habituelle longue promenade dans la campagne et il remarqua rapidement qu’il était, comme d’habitude, suivi par un syrien qui devait être employé par les français pour le surveiller. aussi, au lieu de revenir après quelques kilomètres, il décida de continuer pour voir si l’homme se fatiguerait. il lui fallut marcher longtemps pour cela et alors, il était trop tard pour rentrer à Jérusalem avant la nuit. il décida donc de continuer jusqu’à naplous, à 35 ou 40 miles et, ayant dormi là, il eut l’idée de continuer le jour suivant jusqu’à haïfa ; voilà pourquoi il était là, et il se demandait si oliphant pouvait le loger pour la nuit ? » (p. 60)
note
Charles George Gordon (1833-1885) était un anglais qui servit dans le corps des ingénieurs royaux pendant le siège de sébastopol et la capture de Pékin. Plus tard (1863-1864) il écrasa, à la tête d’une force chinoise, une formidable révolte et fut reconnu comme l’un des meilleurs soldats de son temps. après six ans en angleterre, pendant lesquels il passa son temps libre à soulager les pauvres, à nourrir et à habiller les orphelins sans logis et à visiter les malades, il accepta l’offre du khédive d’égypte et put ouvrir d’autres territoires dans les régions du nil équato-rial. en 1877, il devint gouverneur du soudan, explora un vaste territoire et acquit une réputation mondiale pour ses réussites dans le gouvernement et l’industrie. il démissionna en 1880 pour raison de santé et passa presqu’un an en Palestine. Puis, à la demande du gouvernement britannique, il partit relever les garnisons dans les territoires rebelles d’égypte. il atteignit Khartoum mais, un mois plus tard, le mahdi commença un siège qui devait durer cinq mois. une force de délivrance arriva d’angleterre en janvier 1885, découvrit que Khartoum avait été capturée et Gordon assassiné sur les marches du palais.
addenda V
notes bliographiques
les brèves notes qui suivent concernent quelques-unes des personnes mentionnées dans ce livre, qu’elles soient ou non disciples de Bahá’u’lláh. Certains personnages importants ne sont pas inclus parce que l’information les concernant est disponible dans des ouvrages de référence faciles à trouver.
Ces notes furent écrites par le dr moojan momen et celles qui traitent de bahá’ís sont en partie basées sur l’ouvrage de ‘abdu’l-Bahá Memorials of the Faithful ( Mémorial des dèles). l’auteur remercie m. sami doktoroglu pour les informations fournies pour quelques pachas turcs.
‘abdu’l-ghaffár-i-is∂fahání, áqá
áqá ‘abdu’l-Ghaffár-i-is∂fahání était un commerçant d’ispahan qui devint bábí au cours d’un voyage à Bagdad. il fut l’un des compagnons de Bahá’u’lláh dans son exil à andrinople. Bahá’u’lláh l’envoya à istanbul où il fut arrêté et envoyé en exil à Chypre. lorsque le navire qui transportait Bahá’u’lláh et ses compagnons d’exil, arriva à haïfa, il se jeta dans la mer, incapable de supporter sa séparation avec Bahá’u’lláh, mais il faut sauvé et envoyé à Chypre. il réussit à s’en échapper le 29
septembre 1870 et rejoignit Bahá’u’lláh à acre. il s’installa dans le Khán-i- afranj.
Pour se cacher des autorités, il changea de nom et se t appeler áqá ‘abdu’lláh.
après l’ascension de Bahá’u’lláh, il alla vivre à damas où il mourut. (cf. Mémorial des dèles)
‘abdu’l-h∆usayn-i-∏ihrání, Shaykh shaykh ‘abdu’l-h∆usayn-i-∏ihrání, connu sous le nom de shaykhu’l-‘iráqayn, était ls de ‘alíy-i-∏ihrání. il eut une éducation religieuse classique et fut l’élève de h∆ájí siyyid shafíy-i-Burújirdí. il vivait à Téhéran, était un proche associé de mírzá Taqí Khán, l’amír Kabír, et en fut l’exécuteur testamentaire. avec l’argent de l’héritage, il construisit à Téhéran une mosquée et une madrisih dont il fut directeur.
en 1858, nás∂iri’d-dín sháh le chargea de la mission de redorer le dôme du tom-
dans la Gloire du Père
beau de h∆usayn à Kerbéla, en irak. Cette mission réussie, il fut chargé de dorer le dôme du mausolée askaríyayn à sámarrá. il tomba malade à Káz∂imayn, mourut le 16 décembre 1869 et est enterré à Kerbéla.
ádí guzal, Mullá (‘alíy-i-Sayyáh∂, Mírzá)
mullá ádí Guzal de marághih, mieux connu sous le nom de mírzá ‘alíy-i- sayyáh∂, devint bábí dans les débuts de la religion. homme de con ance du Báb il était aussi son messager pendant les jours où ce dernier était emprisonné à máh-Kú et à Chihríq. le Báb lui con a plusieurs missions ; il fut le premier à visiter le site du combat de shaykh ∏abarsí pour y réciter des prières de souvenance pour les martyrs. Pendant les persécutions bábíes les plus sévères, mírzá ‘alí s’enfuit en irak et vécut à Kerbéla. Pendant le séjour de Bahá’u’lláh à andrinople, mírzá ‘alí vint dans cette ville mais fut envoyé par Bahá’u’lláh à istanbul. il y fut arrêté et interrogé et, lors de l’exil de Bahá’u’lláh d’andrinople à acre, il fut l’un de ses disciples à être envoyé à Chypre avec mírzá yah∂yá. il mourut à famagouste le 4 août 1871.
‘alí khán, h∆ájí, h∆ájibu’d-dawlih
h∆ájí ‘alí Khán est né à marághih. il entra au service de muh∂ammad sháh, qui n’était encore que gouverneur de cette ville, alors que son père était gouverneur d’azerbaïdjan. lorsque muh∂ammad sháh monta sur le trône, h∆ájí ‘alí Khán devint intendant du palais. il tomba en disgrâce et fut exilé en irak à la suite de rumeurs concernant des affaires louches entre lui et mahd-‘ulyá, la femme du chah. mais c’est grâce à l’influence de cette dernière qu’il retrouva sa position et, à la mort du chah, il eut de nouveau le poste d’intendant du palais. au début de 1849, mírzá Taqí Khán le nomma farrásh-Báshí et il le récompensa de cette faveur en l’assassinant en 1852. en récompense, il fut nommé h∆ájibu’d-dawlih. il continua une carrière en dents de scie, en disgrâce de nouveau lors de la chute de mírzá áqá Khán, il retrouva son poste, toujours grâce à mahd-‘ulyá. il mourut en 1876.
son ls était muh∂ammad-h∆asan Khán, i‘timádu’s-salt∂anih. le Gardien de la foi bahá’íe a écrit :
le hájibu’d-dawlih, ce monstre altéré de sang, qui avait pourchassé avec acharne-
noTes BioGraPhiques 493
ment un si grand nombre de bábís innocents et sans défense, tomba victime, à son tour, de la furie des terribles lurs qui, après l’avoir dépouillé de ses biens, lui coupèrent la barbe et le forcèrent à la manger, puis l’ayant sellé et bridé, montèrent sur son dos et le promenèrent devant la population. en n, on se livra à des atrocités honteuses sur les femmes et les enfants appartenant à sa famille.1
‘alí páshá, Muh∂ammad amín
muh∂ammad amín ‘alí Páshá, ls d’un boutiquier, est né à istanbul en février 1815. ayant appris le français, il put obtenir un poste dans le bureau des traductions du gouvernement ottoman en 1833. il participa à plusieurs missions à l’étranger et fut ambassadeur de Turquie à londres en 1838-1839. en 1840 il devint ministre des affaires étrangères pendant une courte période et retrouva cette position en 1846 sous rashíd Páshá. en 1852, il devint grand vizir pendant quelques mois puis, en 1854, fut nommé de nouveau ministre des affaires étrangères ; en 1855 il redevint grand vizir jusqu’à l’année suivante. il continua dans ces hautes positions pendant presque tout le reste de sa vie. il fut ministre des affaires étrangères en 1857-1858, en juillet 1861 et novembre 1861 à 1867, grand vizir en 1858-1859, en 1861 et en 1867- 1871. après le décès de fu’ád Páshá en 1869, il combina le poste de grand vizir avec les affaires étrangères. C’était un bon diplomate et il faisait partie du petit groupe d’hommes d’état turcs qui voulaient faire entrer la Turquie dans le dix-neuvième siècle ; mais il était autoritaire et hautain dans ses manières. il mourut après trois mois de maladie le 7 septembre 1871.
‘alí-‘askar-i-tabrízí, h∆ájí
h∆ájí ‘alí-‘askar-i-Tabrízí, était un marchand connu de Tabríz et un bábí du temps du Báb. Persécuté, il nit par quitter sa maison et émigra avec son frère et sa famille jusqu’à andrinople où il s’installa et gagna sa vie comme colporteur. il fut arrêté et suivit Bahá'u'lláh à acre où il mourut en 1874. (cf Mémorial des dèles)
‘alí-Sháh, Z∆illu’s-Sulπán
‘alí-sháh est le dixième ls de fath∂-‘alí sháh, frère consanguin de ‘abbás mírzá, le frère de muh∂ammad sháh. il fut gouverneur de Téhéran et, à la mort de fath∂-
‘alí sháh en 1834, tenta de prendre le trône sous le nom de ‘ádil sháh. après un
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court règne de quarante jours, qui lui t presque vider, à la recherche de soutiens, le magot amassé par la cupidité de son père, il fut renversé par muh∂ammad sháh quand ce dernier arriva à Téhéran. emprisonné, il réussit à s’évader vers la russie.
il s’installa nalement à Bagdad où il vivait encore lorsque Bahá’u’lláh y arriva.
il mourut en 1854.
ashraf, áqá Siyyid
le père d’áqá siyyid ashraf, mír Jalíl, était un des compagnons de h∆ujjat. il se maria dans les premiers jours du soulèvement de zanján et áqá siyyid ashraf naquit durant cette période. mír Jalíl fut emprisonné à Téhéran et exécuté, laissant sa femme, umm-i-ashraf (le mère d’ashraf) élever seule ses enfants. Âgé d’un peu plus de vingt ans, áqá siyyid ashraf vint deux fois à andrinople et rencontra Bahá’u’lláh. Peu après son retour du deuxième voyage, il fut arrêté et condamné à mort comme bábí. la manière dont il refusa fermement de renier sa foi et dont sa mère, qu’on avait amenée pour qu’elle l’encourage à abjurer, l’encouragea à rester ferme, fut louée à plusieurs reprises par Bahá’u’lláh. le martyre d’áqá siyyid ashraf eut lieu en 1870.
báqir-i-Shírází, Mírzá
mírzá Báqir séjourna quelque temps à andrinople avant de retourner à Chiraz. il commença à y enseigner la foi et, pour cela, voyagea de ville en village. il vécut quelque temps en hindíyán puis revint à Chiraz. en 1288 de l’hégire (1871-1872) il fut emprisonné pendant quatre mois avec d’autres bábís avant d’être expulsé de la ville. il partit à Kirmán, y enseigna la foi et fut aussi expulsé de cette ville-là. il vécut alors à sírján mais fut arrêté une nouvelle fois par le gouverneur de Kírmán et passa quatre mois en prison avant d’être étranglé. son corps fut jeté au-delà des remparts de la ville.
Fath∂-‘alí, Mírzá, Fath∂-i-a’z∂am
mírzá fath∂-‘alí, nommé fath∂-i-a’z∂am par Bahá’u’lláh, était un des principaux bahá’ís d’ardistán près d’ispahan. ils avaient été quelques-uns à accepter le Báb dans cette ville lorsque mullá ‘alí-akbar-i-ardistání et mullá s∆ádiq-i-muqaddas y passèrent, à la suite de la persécution qu’ils avaient subie, avec quddús, en 1845 à
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Chiraz. il fut plus tard l’un des premiers bábís à reconnaître le rang de Bahá’u’lláh.
sans pouvoir l’accompagner, il offrit à Bahá’u’lláh le cheval qu’il montait lorsqu’il partit pour istanbul (cf page 197). il retourna à ardistán et y servit Bahá’u’lláh comme point de contact pour distribuer les épîtres aux croyants de Perse. il devait parfois user de son jugement pour deviner à qui certaines étaient adressées car le nom du destinataire n’était pas indiqué. son ls épousa la lle de mullá ‘alí-akbar. il mourut peu avant l’ascension de Bahá’u’lláh qui révéla une prière de souvenance en son honneur.
Fu’ád páshá (keçeci-Zádih Muh∂ammad)
fu’ád Páshá naquit à istanbul en 1815, ls du célèbre poète et érudit, ‘izzat mullá.
au cours de ses études médicales, il apprit le français. il passa trois ans comme médecin militaire puis se t engager en 1837 par le Bureau des traductions. il fut chargé de plusieurs importantes missions diplomatiques jusqu’en 1852 où il fut nommé ministre des affaires étrangères sous ‘alí Páshá. il fut aussi ministre des affaires étrangères en 1855-1856, 1858-1860, 1861 et 1867 et servit comme grand vizir en 1861-1863 et 1863-1866 en alternance avec ‘alí Páshá. fu’ád encouragea la modernisation de l’état ottoman et participa grandement au développement de la langue turque. il mourut le 12 février 1869 à nice, d’une maladie cardiaque.
h∆abíbu’lláh afnán, h∆ájí Mírzá
h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh naquit à Chiraz le 7 février 1875. il fut prénommé muh∂ammad-‘alí mais plus tard son père changea de nom pour h∆abíbu’lláh par respect pour le fait qu’un des enfants de Bahá’u’lláh s’appelait muh∂ammad-‘alí.
h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh grandit à Chiraz, en contact régulier avec la femme du Báb qui était sa tante. en septembre 1890 il partit, en compagnie de sa mère, ses frères et sa sœur, rejoindre leur père en égypte. de là, il partirent pour haïfa où ils restèrent pendant neuf mois en présence de Bahá’u’lláh. la famille retourna ensuite à Port-saïd où ils avaient établi un commerce. après l’ascension de Bahá’u’lláh, h∆ájí mírzá h∆abíbu’lláh resta en égypte tandis que son père partait pour la Perse. il était souvent en compagnie de mírzá abu’l-fad∂l qui résidait aussi en égypte. il rendit plusieurs fois visite à ‘abdu’l-Bahá en Terre sainte. en 1900,
‘abdu’l-Bahá lui demanda de retourner à Chiraz pour superviser les travaux de
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restauration de la maison du Báb et le nomma gardien de cette maison. il mourut en 1951.
h∆amzih Mírzá, h∆ishmatu’d-dawlih
h∆amzih mírzá était le vingt-et-unième fils de ‘abbás mírzá, un oncle de nási∂ri’d-dín sháh. en 1847 il fut nommé gouverneur du Khorassan mais la révolte du sálár l’empêcha d’y exercer son autorité et, lorsqu’à la mort de muh∂ammad sháh cette rébellion s’intensifia, il fut forcé de s’enfuir en afghanistan. Gouverneur d’azerbaïdjan dès 1849, il refusa en 1850 de mettre en œuvre l’ordre d’exécution du Báb. nommé de nouveau gouverneur du Khorassan il fut battu par les Turkmènes en 1860-61. Gouverneur de diverses provinces, il mourut en 1880, au cours d’une campagne militaire contre le rebelle shaykh ‘ubaydu’lláh.
h∆usayn khán, h∆ájí Mírzá, Mushíru’d-dawlih.
h∆ájí mírzá h∆usayn Khán, le mushíru’d-dawlih et sipahsálár-i-a’z∂am, ls aîné de mírzá nabí Khán-i-qazvíní naquit en 1243 de l’hégire (1827-1828). il t son éducation en europe mais n’y resta pas longtemps. en 1849, il fut nommé consul persan à Bombay par mírzá Taqí Khán et, en 1854, devint consul général à Tiflis. il fut promu ministre à istanbul en 1858, reçut le titre de mushíru’d-dawlih en 1865
et devint ambassadeur en juin 1869. en novembre et décembre 1870, nás∂iri’d-dín sháh t un pèlerinage à Kerbéla et najaf. en tant qu’ambassadeur de Perse en Turquie, mírzá h∆usayn Khán s’occupa de toutes les préparations du voyage et vint d’istanbul à la rencontre du chah. favorablement impressionné par son ambassadeur, le chah lui demanda de l’accompagner jusqu’à Téhéran où, en septembre 1871, il fut fait ministre de la Guerre avec le titre de sipahsálár-i-a’z∂am. en novembre 1871 il fut of ciellement nommé premier ministre. son ministère fut marqué par un certain nombre de réformes mais on s’en souviendra à cause de la concession reuter de juillet 1872. en 1873, il prépara le premier voyage européen du chah et l’accompagna. Pendant leur absence, l’opposition à mírzá h∆usayn Khán se renforça et à son retour en Perse, à anzalí, le chah reçut une avalanche de suppliques pour qu’il renvoie mírzá h∆usayn Khán. le chah eut d’abord envie de résister mais céda bientôt aux pressions et renvoya mírzá h∆usayn Khán en décembre 1873. il fut nommé ministre des affaires étrangères et, l’année suivante, ministre
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de la Guerre également. il accompagna le chah pendant son deuxième voyage en europe en 1878. en 1880 il devint gouverneur de qazvín et, l’année suivante, fut le représentant personnel du chah au couronnement du tsar alexandre iii. devenu gouverneur du Khorassan, il mourut moins de deux mois plus tard, le 14 novembre 1881, probablement empoisonné.
h∆usayn-i-áshchí, áqá
áqá h∆usayn naquit à Káshán. son père, áqá muh∂ammad-Javád avait rencontré le Báb, pendant le séjour de ce dernier dans cette ville, dans la maison de son oncle h∆ájí mírzá Jání, et était devenu bábí. Bahá’u’lláh était à Bagdad lorsqu’áqá muh∂ammad-Javád y arriva et s’installa avec son ls. Bahá’u’lláh lui con a la mission d’aller à Téhéran demander à son frère, mírzá muh∂ammad-h∆asan, la main de sa lle pour ‘abdu’l-Bahá. au retour de cette mission, il tomba malade à Kirmánsháh et mourut en arrivant à Bagdad. áqá h∆usayn fut élevé pendant quelque temps par son oncle, ustád ismá‘íl mais, au moment de quitter Bagdad, Bahá’u’lláh lui t l’honneur de l’accueillir dans sa maisonnée, d’abord pour servir les femmes, puis comme cuisinier. áshchí veut dire cuisinier, ou faiseur de bouillon. il accompagna Bahá’u’lláh dans tous ses exils, jusqu’à acre. impliqué dans le meurtre des azalís, il t un an de prison. il ouvrit ensuite une petite boutique à acre et vécut, pendant le ministère de ‘abdu’l-Bahá jusqu’au gardiennat de la foi et mourut en 1346 de l’hégire (1927-1928).
Ja‘far-i-tabrízí, h∆ájí et taqí-i-tabrízí, h∆ájí
ils étaient trois frères de Tabriz, colporteurs de métier, qui étaient devenus bábís du temps du Báb. le plus âgé, h∆ájí h∆asan, rencontra Bahá’u’lláh à Bagdad. il devint si connu comme bábí et enseigna d’une manière si ouverte, que les ennemis de la foi l’attirèrent dans un jardin et le tuèrent. h∆ájí Ja‘far et son frère h∆ájí Taqí allèrent s’installer à andrinople. incapable de supporter la séparation au moment où Bahá’u’lláh quittait andrinople, h∆ájí Ja‘far se coupa la gorge et lui et son frère attendirent que la blessure cicatrise. alors, sur l’ordre de Bahá’u’lláh, ils vinrent deux mois plus tard à acre. une nuit, h∆ájí Ja‘far tomba du toit du caravansérail et mourut. de même, h∆ájí Taqí mourut d’une chute du toit sur lequel il récitait des prières. h∆ájí Taqí est appelé par certaines sources Karbilá’í Taqí et mashhadí Taqí. (cf Mémorial des dèles)
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Jamshíd-i-gurjí, áqá
áqá Jamshíd-i-Gurjí était, comme son nom l’implique, de Géorgie, mais il grandit à Káshán où il devint bábí. il alla jusqu’à andrinople pour y rencontrer Bahá’u’lláh qui, après quelque temps, lui enjoignit de rejoindre istanbul. C’est là que les efforts de l’ambassade persane réussirent à le faire arrêter et envoyer, avec ustád muh∂ammad-‘alíy-i-salmání jusqu’en Perse dans des conditions très dures. à la frontière, ils furent remis aux mains de chefs de tribus kurdes qui les libérèrent. ils purent rejoindre ainsi Bahá’u’lláh à acre. áqá Jamshíd resta à acre jusqu’à sa mort.
khalíl Mans∂úr et ‘abdu’lláh, áqá
áqá muh∂ammad-ibráhím, Khalíl mans∂úr, de Káshán était encore jeune lorsqu’il entendit parler du Báb et crut en lui. il réussit à convaincre aussi sa mère et ses frères. il voyagea jusqu’à Bagdad où il rencontra Bahá’u’lláh. Peu après, il retourna à Káshán et conduisit sa famille à Bagdad où ils s’installèrent. après le départ de Bahá’u’lláh, il fut, avec sa famille, parmi ceux qu’on exila à mosul. mais, pendant la deuxième année de l’emprisonnement de Bahá’u’lláh dans la citadelle d’acre, lui et son frère áqá ‘abdu’lláh vinrent jusqu’à haïfa où ils s’installèrent comme chaudronniers. ils purent ainsi rendre de nombreux services aux pèlerins qui arrivaient ainsi que répondre aux besoins de la sainte famille. (cf Mémorial des dèles) khurshíd páshá, voir Muh∂ammad khurshíd páshá
Mah∂múd-i-káshání, Mírzá
mírzá mah∂múd-i-Káshání était jeune lorsqu’il devint bábí à Káshán et émigra à Bagdad. il fut partenaire de áqá muh∂ammad-rid∂á dans sa boutique de con seur, et ils devinrent comme deux frères, partageant tout. lorsque Bahá’u’lláh quitta Bagdad, ils l’accompagnèrent constamment jusqu’à acre. après le décès de Bahá’u’lláh, ils continuèrent à servir ‘abdu’l- Bahá jusqu’à ce qu’ils meurent, l’un après l’autre, vers 1920. (cf Mémorial des dèles)
Midh∂at páshá
midh∂at Páshá naquit à istanbul en octobre 1822. fils d’un juge turc, il tint plusieurs
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postes gouvernementaux avant de devenir gouverneur des districts danubiens.
lorsqu’en 1864, fut publié le décret réorganisant les vilayats, il eut la tâche de le mettre en application dans cette région. il réussit très bien cette mission, augmenta la prospérité de la province, administra strictement la justice entre ses habitants tant chrétiens que musulmans. en 1869, il fut envoyé à Bagdad où il continua d’appliquer sa politique de réforme et de modernisation. nás∂iri’d-dín sháh fut très impressionné en visitant cette province. en 1872, il fut fait grand vizir, mais fut bientôt renvoyé. il utilisa sa retraite forcée pour établir les plans d’une constitution turque et, lors de l’accession du sultan ‘abdu’l-h∆amíd en 1876, il réussit à faire proclamer cette constitution. il devint lui-même grand vizir. mais l’arrogant et réactionnaire ‘abdu’l-h∆amíd ne supportait aucune limite à ses pouvoirs et, dès 1877, midh∂at fut renvoyé et exilé. sous la pression britannique, il fut nommé gouverneur de syrie en 1878 puis transferé à smyrne en 1880. mais ‘abdu’l-h∆amíd ne pouvait pas lui pardonner. en 1881 il fut arrêté et accusé du meurtre du sultan ‘abdu’l-‘azíz et, bien que l’accusation fût évidemment fausse, il fut déclaré coupable et condamné à mort. la sentence fut muée en exil à ∏á’if en arabie, à la suite de fortes pressions des Puissances européennes. mais ‘abdu’l- h∆amíd n’aimait pas être contrecarré dans ses projets et s’arrangea pour que son ennemi soit mis à mort secrètement à Tá’íf en avril 1883. il fut peut-être l’administrateur le plus capable de la Turquie du dix-neuvième siècle.
Muh∂ammad khurshíd páshá (Mehmed hourshid pas∂a)
muh∂ammad Khurshíd Páshá fut ministre et gouverneur provincial pendant le règne du sultan ‘abdu’l-‘azíz et les premiers jours du règne de ‘abdu’l- h∆amíd. esclave de yah∂yá Páshá il avait été instruit pour être secrétaire au ministère des affaires étrangères. il servit en syrie sous fu‘ád Páshá, et devint gouverneur de sidon, puis d’erzeroum. en 1863, il devint ministre des finances. Pendant qu’il était gouverneur d’andrinople il fut aussi ministre des fondations religieuses. Plus tard, il fut parfois gouverneur de ma‘múratu’l-‘azíz, de sivas et ministre des finances. il mourut en 1878 à ankara alors qu’il était gouverneur de cette ville.
Muh∂ammad-‘alíy-i-is∂fahání, áqá
áqá muh∂ammad-‘alí était un proche parent de l’imám-Jum‘ih d’ispahan et devint
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bábí lorsque le Báb passa dans cette ville. il partit plus tard à Bagdad et fut un compagnon de Bahá’u’lláh jusqu’à sa mort à acre en 1305 de l’hégire (1887-1888). (cf Mémorial des dèles)
Muh∂ammad-‘alíy-i-Jilawdár-i-Yazdí, áqá
Connu aussi sous le nom de s∆abbágh-i-yazdí, devint bábí à Bagdad et acompagna Bahá’u’lláh jusqu’à istanbul. lorsque Bahá’u’lláh fut exilé à andrinople, il resta à istanbul a n d’y aider les pèlerins de passage. Plus tard, il rejoignit Bahá’u’lláh et fut exilé avec lui à acre. Plus tard, il monta un commerce à sidon. après l’ascension de Bahá’u’lláh, il revint à acre où il vécut jusqu’à sa mort. (cf Mémorial des dèles)
Muh∂ammad-h∆usayn, h∆ájí, h∆akím-i-Qazvíní
h∆ájí muh∂ammad-h∆usayn, médecin de qazvín, résidait à Bagdad. il faisait partie des bábís et rencontra fréquemment Bahá’u’lláh jusqu’au départ de ce dernier. en 1868, avec d’autres bahá’ís, il fut exilé à mosul. il rejoignit acre un peu plus tard avant de retourner en Perse y enseigner la Cause. arrêté à Téhéran, il passa quelque temps en prison. libéré, il partit pour Bagdad où il fut de nouveau arrêté et condamné à l’exil à mosul. mais mírzá músá Javáhirí intercéda en sa faveur et il fut autorisé à vivre le reste de ses jours à Bagdad.
Muh∂ammad-ibráhím-i-amír-i-nayrízí, áqá
áqá muh∂ammad-ibráhím, né à nayríz accepta la religion du Báb dans sa jeunesse.
avec ses deux frères il participa aux deux soulèvements de nayríz mais ils purent échapper au massacre général qui suivit le second. Bien qu’arrêté par plusieurs soldats, áqá muh∂ammad-ibráhím réussit à détacher ses liens et à libérer ses frères. il partit ensuite s’installer à Bagdad. il accompagna Bahá’u’lláh dans ses exils, de Bagdad jusqu’à acre où il s’installa. il épousa h∆abíbih qui était une servante de la maisonnée de Bahá’u’lláh. après l’ascension de celui-ci, il fut un temps enseignant des enfants bahá’ís mais, sa santé déclinant, il mourut et est enterré à acre. (cf Mémorial des dèles)
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Muh∂ammad-ibráhím-i-náz∂ir-i-káshání, áqá
áqá muh∂ammad-ibráhím, émigra de Káshán à Bagdad, puis il accompagna Bahá’u’lláh dans chaque étape de son exil, jusqu’à acre. il gagnait sa vie comme tisserand et charpentier. Plus tard, pendant la période d’acre, il fut gardien de la maison de Bahá’u’lláh et lui servait aussi de garçon de bain. il mourut vers 1920
et est enterré à acre. Muh∂ammad-rid∂áy-i-Qannád-i-Shírází, áqá
áqá muh∂ammad-rid∂á, né à Chiraz, vivait à Bagdad quand il entendit parler de la foi et crut. il possédait une petite boutique de pâtisserie et mírzá mah∂múd-i-Káshání devint son partenaire. ‘abdu’l-Bahá dit qu’ils étaient devenus comme deux frères. il accompagna Bahá’u’lláh dans tous ses exils et servit Bahá’u’lláh puis ‘abdu’l-Bahá comme intendant jusqu’à sa mort en 1912. il est enterré à acre.
(cf Mémorial des dèles)
Muh∂ammad-S∆ádiq-i-is∂fahání, áqá
áqá muh∂ammad-s∆ádiq avait trois frères et tous les quatre, avec leur oncle, vivaient près de la maison de Bahá’u’lláh à Bagdad. C’est ainsi qu’ils connurent la foi et devinrent des croyants. lorsque Bahá’u’lláh quitta Bagdad, áqá muh∂ammad-s∆ádiq l’accompagna jusqu’à andrinople où il reçut la permission de retrouver sa famille à Bagdad. il fut parmi les bahá’ís exilés à mosul où il mourut.
Muh∂ammad-taqí, Shaykh, ‘allámiy-i-núrí
shaykh muh∂ammad-Taqí, connu sous le nom de ‘allámiy-i-núrí, naquit à núr en 1787, ls de mírzá ‘alí-muh∂ammad-i-mustawfí. ayant terminé ses études religieuses à najaf et Kerbéla, il revint à núr où il devint l’un des principaux mujtahid s de son époque et la principale autorité religieuse du mazandéran. il donnait des cours à yálrúd et à sa‘ádat-ábád où, plus tard, unre mosquée reçut son nom.
mírzá Buzurg, le père de Bahá’u’lláh, en t son exécuteur testamentaire. shaykh muh∂ammad-Taqí mourut en 1259 de l’hégire (1843-1844).
Munír, Mírzá áqáy-i-, Jináb-i-Muníb
mírzá áqáy-i- munír était de Káshán. son père, un marchand, était un ennemi actif
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de la religion du Báb. mírzá áqá rencontra des bábís peu après le martyre du Báb et devint un des croyants. il cacha d’abord sa nouvelle croyance à son père, mais peu à peu, le fait qu’il soit bábí fut connu de tous. l’ouléma de Káshán déclara qu’il était un incroyant et réclama son sang. son père, craignant pour sa propre sécurité décida de se débarrasser de ce ls encombrant et, avec l’aide de quelques complices, le captura, le ligota et l’emporta hors de la ville avec l’intention de le tuer. mais mírzá áqá réussit à s’évader et s’enfuit à Bagdad où il s’installa et s’occupa à recopier les textes saints bábís. il revint en Perse, à pied et visita Téhéran, qazvín, nayríz et d’autres lieux où il distribuait ces textes aux croyants. au cours du voyage entre Bagdad et istanbul, il marcha devant le palanquin de Bahá’u’lláh en portant une lanterne. à istanbul, Bahá’u’lláh lui demanda de retourner en irak et en Perse pour y enseigner la Cause et con rmer les croyants. C’est pendant qu’il était en Perse qu’il reçut, d’andrinople, une épître de Bahá’u’lláh lui enjoignant d’informer les bábís d’iran qu’il avait déclaré être « Celui que dieu manifestera », le Promis du Báb. il fut ainsi le premier à l’annoncer aux bábís de Téhéran et d’ailleurs. il revint à andrinople peu avant le départ de Bahá’u’lláh pour son dernier exil à acre. il insista pour accompagner les exilés malgré la maladie qui le frappait déjà. à bord du bateau il devint de plus en plus malade jusqu’à ce que le capitaine insiste pour le débarquer à smyrne. ‘abdu’l-Bahá le conduisit à l’hôpital de cette ville où il mourut peu après. Bahá’u’lláh l’a honoré du titre de ismu’lláhu’l-muníb : le nom de dieu, le suzerain. (cf Mémorial des dèles) Murtid∂áy-i-ans∂árí, Shaykh
shaykh murtid∂áy-i-ans∂árí est né à dizfúl, dans le sud-ouest de la Perse vers 1799.
il étudia en irak, avec les plus grands mujtahids du monde chiite puis voyagea dans toute la Perse avant de s’installer à najaf en 1833. vers 1850, après le décès d’autres mujtahids importants, il fut reconnu, tant en irak qu’en Perse et en inde, comme le premier des mujtahids du monde chiite. il était célèbre pour sa mémoire, sa rapidité à résoudre des problèmes dif ciles, et son détachement. on dit qu’à sa mort il ne possédait que sept túmáns qui étaient la somme de ses dettes, au contraire d’autres mujtahids comme shaykh muh∂ammad-Báqir, dit « le loup » et h∆ájí mullá ‘alíy-i-Kaní qui s’enrichirent énormément. il mourut à najaf le 18 novembre 1864.
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Mus∂t∂afá núrí páshá
mus∂t∂afá núrí Páshá était le ls de h∆asan ághá, un résident de qandílí. Très tôt orphelin de père, il fut élevé par Ja‘far ághá, le mari de sa grand-mère. en 1813, il était employé à la cour royale puis passa au Trésor. il devint Kátib-i- sirr, secrétaire particulier du sultan. il fut plusieurs fois gouverneur, notamment à Bagdad de 1860 à 1861. lorsqu’il mourut en 1879, il était l’un des pachas les plus vieux.
námiq páshá (Mehmad namik pas∂a)
námiq Páshá est né en 1804 à Konya. il entra dans l’armée récemment transformée par le sultan ottoman mah∂múd ii et fut envoyé à Paris pour y être entraîné.
lorsqu’il revint, il fut rapidement promu au rang de général et fut plus tard envoyé comme ambassadeur à londres (1834). Promu au rang de Mushír (maréchal) il créa, avec ahmed fevzi Páshá, la première académie militaire de l’empire ottoman.
il occupa ensuite des postes importants, notamment comme gouverneur de Bagdad (1851-1852), Mushír du Túpkhánih (1852), gouverneur de Bas∂rah (1854-1857), gouverneur d’arabie (1857-1858), puis de nouveau gouverneur de Bagdad (1861-1868). il revint quelque temps à Paris avant d’arriver au plus haut grade de l’armée : Saraskar. il occupa aussi plusieurs postes ministériels ; notamment ministre sans portefeuille dans le gouvernement de muh∂ammad rushdí, en 1876. il parlait le français, l’anglais et l’arabe et, bien que connu comme un libéral dans sa jeunesse, avec les années, il devint de plus en plus conservateur. il était l’un des plus vieux pachas lorsqu’il mourut en 1892.
naz∂ar-‘alí, Mírzá, h∆akím-báshí
mírzá naz∂ar-‘alí, né à qazvín, pratiquait la médecine à hamadán à l’époque où muh∂ammad mírzá (qui deviendrait muh∂ammad sháh) en devint gouverneur. il fut remarqué par muh∂ammad mírzá lorsqu’il réussit à le soigner d’une attaque de goutte là où d’autres médecins avaient échoué. Connaissant l’inclination du prince pour le sou sme, mírzá naz∂ar-‘alí se dota des signes extérieurs d’un sou a n d’augmenter son influence sur le prince héritier. lorsque le prince devint chah, mírzá naz∂ar-‘alí fut nommé h∆akim-Báshí et conserva son influence, allant jusqu’à contester l’autorité du premier ministre h∆ájí mírzá áqásí. l’hostilité entre eux prit de grandes proportions et nalement, après la découverte d’un complot contre
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le Premier ministre, mírzá naz∂ar-‘alí fut exilé. il se réfugia à qom et y resta jusqu’à la mort de muh∂ammad sháh. il t alors un dernier effort pour devenir Premier ministre, mais il fut renvoyé à qom où il mourut.
rid∂á, áqá, voir Muh∂ammad-rid∂áy-i-Qannád-i-Shírází, áqá rid∂á, Shátir- shátir-rid∂á, d’ardikán devint un croyant dans les premiers jours de la religion bábíe, et fut vite connu comme tel. il rencontra une opposition croissante dans sa ville natale et fut souvent arrêté. Puis il dut quitter ardikán et vécut pendant quelque temps dans le désert jusqu’à ce qu’il arrive à Bagdad. il ouvrit une boulangerie à côté de la maison de Bahá’u’lláh et devint le fournisseur de la sainte famille et des croyants. après le départ de Bahá’u’lláh, il retourna en ardikán où il continua à vivre de son pain. il fut de nouveau forcé de partir et s’installa quelque temps à yazd. il mourut à ardikán à un âge avancé.
S∆afá, h∆ájí Mírzá
rid∂á-qulí, appelé aussi qanbar-‘alí et mieux connu sous le nom de h∆ájí mírzá s∆afá, naquit dans une famille de savád-Kúh, dans le mazandéran. né en 1212 de l’hégire (1797-1798), il étudia auprès des grands mujtahids d’irak avant de revêtir le costume d’un derviche de l’ordre ni‘matu’lláhí, voyagea dans le proche-orient et l’afrique du nord et accomplit le pèlerinage à la mecque au cours de ses errances. ses voyages l’amenèrent à istanbul où il devint le murshid (guide spirituel) de mírzá h∆usayn Khán, l’ambassadeur de Perse. lorsque mírzá h∆usayn Khán devint Premier ministre, h∆ájí mírzá s∆afá vint à Téhéran et résida dans sa demeure. il continua à exercer une grande influence sur le Premier ministre jusqu’à sa mort en 1874. mírzá h∆usayn Khán t construire un mausolée entouré de jardins sur sa tombe.
Sa‘íd khán-i-ans∂árí, Mírzá, Mu’taminu’l-Mulk
mírzá sa‘íd Khán-i-ans∂árí est né en 1231 de l’hégire (1815-1816), ls du shaykhu’l-islám de Garmrúd. il reçut l’éducation d’un mollah et le serait probablement resté sans sa rencontre avec mírzá Taqí Khán, l’amír-niz∂ám qui l’employa
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comme son secrétaire privé. il devint ministre des affaires étrangères en 1852. il resta à ce poste jusqu’en 1873, où il fut remplacé par mírzá h∆usayn Khán, et devint mutavallí-Báshí du mausolée de l’imám rid∂á à mashhad. il redevint ministre des affaires étrangères en 1880 et resta à ce poste jusqu’à sa mort le 5 mars 1884. Trois ans après sa mort, son ls apporta à la Cour un millier de lettres envoyées à son père au cours des années par les diplomates persans à l’étranger et par les diplomates européens à Téhéran ; aucune n’avait été ouverte. C’est ainsi que le ministère des affaires étrangères de Perse avait été géré pendant un quart de siècle.
S∆idq-‘alíy-i-Qazvíní, darvísh
darvísh s∆idq-‘alí résidait à qazvín lorsqu’il entendit parler de la foi et il quitta la Perse pour Bagdad. il devint l’un des compagnons de Bahá’u’lláh et le suivit dans tous ses exils. Bahá’u’lláh lui t l’honneur de choisir un jour particulier, chaque année, qui lui est consacré et au cours duquel tous les derviches devraient se réunir.
il mourut en 1299 de l’hégire (1880-1881) et sa tombe est à acre. (voir Mémorial des dèles).
‘Umar lüπfí páshá
michel lattas (plus tard, ‘umar lüπfí Páshá) Croate autrichien, est né à Plaski en 1806. à la suite de bouleversements politiques en hongrie, il se réfugia en Turquie en 1828, se convertit à l’islam et changea de nom. il devint l’un des principaux dignitaires de l’empire ottoman. il devint sardár akram, commandant en chef des armées turques en 1855 et gouverneur général d’irak en 1858-1859. Comme gouverneur de Bagddad il fut remarqué pour son traitement sévère de tribus dissidentes. il mourut à istanbul en 1871.
Ustád Muh∂ammad-‘alíy-i-Salmání
ustád muh∂ammad-‘alí devint croyant au temps du Báb et perdit une oreille dans la persécution de 1852. il vint ensuite à Bagdad et accompagna Bahá’u’lláh jusqu’à andrinople. dans ce livre, on parle des événements qu’il connut à andrinople, de son arrestation et de sa déportation en Perse, de sa libération par les Kurdes et de son arrivée à acre. Parce que l’eau de la ville n’était pas potable, il décida de transporter de l’eau, dans des peaux de chèvres, sur une longue distance, a n que la
dans la Gloire du Père
sainte famille et les compagnons puissent boire de l’eau claire. il fut impliqué dans le meurtre des azalís et, après sa libération de prison, s’installa dans une petite boutique du bazar où il pratiquait des opérations chirurgicales mineures. après l’ascension de Bahá’u’lláh il s’installa à ‘ishqábád jusqu’à sa mort.
Yúsuf-i-ashtíyání, Mírzá, Mustawfíyu’l-Mamálik
mírzá yúsuf-i-ashtíyání, est né en 1812. son père, le mustawfíyu’l-mamálik, était chargé des finances et, à la mort de son père en 1845, il hérita du titre et de la position. Très opposé à mírzá áqá Khán-i-núrí, il vécut retiré à ashtíyán pendant tout le temps où ce dernier fut Premier ministre. après la chute de mírzá áqá Khán-i-núrí, il occupa plusieurs positions gouvernementales importantes, sans jamais lâcher le poste prestigieux et très lucratif de ministre des finances. de 1867 à 1871, il fut le principal ministre du chah. mais lorsque mírzá h∆usayn Khán vint au pouvoir en 1871, mírzá yúsuf se retira de nouveau jusqu’à la chute de mírzá h∆usayn Khán en 1873. il retrouva alors son ancien poste. il reçut en 1877 le titre de vazír-i-a’z∂am et agit comme Premier ministre sans avoir vraiment le titre de s∆adr-i-a’z∂am avant 1881. il mourut en 1886.
Yúsuf kamál páshá
yúsuf Kamál Páshá est né en 1808. orphelin dès son plus jeune âge, il fut élevé par son oncle ‘uthmán Páshá, un des plus célèbres ministres de son époque. yúsuf Kamál entra au service de l’état comme secrétaire en 1829. il grimpa progressivement les échelons et arriva à des postes importants, ayant plusieurs fois des responsabilités ministérielles et devenant membre du Conseil d’état. en 1861, il fut nommé adjoint de fu‘ád Páshá, le grand vizir, et le remplaça lorsque celui-ci démissionna. yúsuf Kamál Páshá mourut à istanbul en 1876.
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glossaire
' abá. Cape ou houppelande.
aghs∂án. Branches ; ce sont les fils et les descendants mâles de Bahá'u'lláh. ájùdán-báshi. adjudant chef.
amír-i-dívan. Chef de la cour.
andarúni. Partie intérieure d'une maison, réservée aux dames.
ayván, ivan. véranda, portique.
azalí. Partisan de mírzá yah∂yá, s∆ubh∂-i-azal.
bábá. Père.
bast. sanctuaire. un bastí s'y est réfugié.
big-báshí. major dans l'armée turque.
birùni. Partie extérieure d'une maison, réservée aux hommes.
cadi. Juge.
chiites. disciples du premier lmám, 'alí, cousin et gendre de muh∂ammad, l'un de ses successeurs héréditaires ; les sunnites, plus nombreux, s'en tiennent à la suite des califes élus qui commence avec abù-Bakr.
derviche. un soufi ayant fait le vœu de pauvreté.
Farmán. ordre or décret.
Farmán-Farmá. Commandant.
Farrásh. valet de pied, garde
Farrásh-báshí. Chef des gardes ou chambellan.
Farrásh-khánih. institution du farrásh-Báshí.
ghus∂nu'lláhu'l-a’z∂am (ghus∂n-i-a’z∂am). la Plus-Grande-Branche.
h∆ájí. musulman qui a fait le pèlerinage à la mecque, ou h∆ájj. h∆uqúqu'lláh. droit de dieu : paiement par les croyants institué dans le kitáb-i-aqdas.
ijtihád. droit des religieux chiites à publier ex cathedra des décrets et des jugements.
dans la Gloire du Père
ilkhání. Chef de clan.
imam. Pour les chiites, concerne en particulier l'un des douze successeurs apostoliques de muh∂ammad. un imam est aussi celui qui conduit la prière d'une assemblée.
lmám-Jum'ih. membre des oulémas qui dirige la grande prière du vendredi.
Jihád. Guerre sainte.
kad-khudá. Chef d'un village ou du quartier d'une ville.
kalántar. maire.
kashkúl. Bol utilisé par les derviches pour mendier.
khán. Prince ou chef. un khán est aussi une auberge.
límán. Prison.
Madris∂ih. école ou collège religieux.
Mahdi. la manifestation attendue par les musulmans à la fin des temps.
Mír-áláy. Colonel dans l'armée turque.
Mírzá. Prince lorsque placé après le nom, simplement « monsieur » placé avant.
Mudír. Gouverneur local, sous l'autorité du qá'im-maqám. Mujtahid. docteur de la loi.
Mullá. quelqu'un qui a reçu une éducation théologique.
Murshid. Guide spirituel soufi.
Mutas∂arrif. Gouverneur, sous l'autorité du váli.
Mutavallí. Gardien d'une fondation religieuse.
pacha. Titre honorifique donné en Turquie aux gouverneurs de province, aux ministres, aux officiers supérieurs.
Qá'im. « Celui qui se lèvera », le Promis de l'islam chiite.
Qá'im-Maqám. Gouverneur local, sous l'autorité du mutas∂arrif.
Qalyán. narguilé.
Quffih. Bateau rond, couvert.
S∆adr-i-a’z∂am. grand vizir, Premier ministre.
Sardár. sirdar, chef militaire.
Seraye. siège du gouvernement, centre administratif du gouvernement.
Sháπir-báshí. messsager en chef.
Glossaire
Shaykh. ancien, enseignant, maître derviche, etc.
Shaykhí. membre de l'école fondée par shaykh ah∂mad-i-ah∂sá'i.
Siyyid. descendant de muh∂ammad ; a le droit de porter un turban vert.
Soufi. mystique musulman. Súrih. sourate, chapitre du coran.
táj. « couronne », couvre-chef en feutre.
takyih. séminaire soufi.
túmán. unité de monnaie persane.
ouléma. « Ceux qui savent », théologiens.
Vali, Gouverneur-général d'une province turque.
Vizir, ministre d'état.
Vazír-niz∂ám. ministre des armée.
Viláyat. Province turque.
Yùz-báshi. Centurion, chef d'un groupe de cent hommes.
références
PréfaCe à la version française
1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 101.
2 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p 89.
3 Bahá’u’lláh, Florilège, n° 19.
4 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 109.
5 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 95.
6 shoghi effendi, l’ordre mondial de bahá’u’lláh, p. 178. inTroduCTion 1 Byron, the road to oxiana, p. 243-4 (traduction française P. spierckel).
2 Traduction d’après h. m. Balyuzi.
3 Traduction d’après h. m. Balyuzi.
4 Tiré d’une compilation publiée il y a quelques années par l’assemblée spirituelle nationale des Bahá’ís d’iran.
la famille de Bahá’u’lláh
1 ferrier, caravan Journeys, p. 503-5.
2 Bahá’u’lláh, Épître au Fils du loup, p. 196.
l’auBe
1 Traduction d’après h. m. Balyuzi.
2 Traduction d’après h. m. Balyuzi.
3 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 3-7.
4 ibid. p. 7.
5 ross (ed.), a persian anthology, p. 72 traduction e. G. Browne. (traduction française P. spierckel).
6 nabíl, la chronique de nabíl, p. 81.
dans la Gloire du Père
en rouTe vers la CaPiTale 1 nabíl, la chronique de nabíl, p. 77.
2 nabíl, la chronique de nabíl, p. 85.
3 nabíl, la chronique de nabíl, p. 99-102.
Premier emPrisonnemenT
1 voir Balyuzi, the báb, p. 166-7.
la ConférenCe de BadashT
1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 30.
2 nabíl, la chronique de nabíl, p. 277.
3 nabíl, la chronique de nabíl, p. 279.
4 nabíl, la chronique de nabíl, p. 279.
5 nabíl, la chronique de nabíl, p. 280.
6 coran, sourate 56, traduction de Kasimirski.
7 nabíl, la chronique de nabíl, p. 282.
de BadashT à shayKh ∏aBarsí
1 nabíl, la chronique de nabíl, p. 282.
2 nabíl, la chronique de nabíl, p. 330.
deuxième emPrisonmenT
1 notes prises par le dr lutfu’lláh hakim d’une causerie de ‘abdu’l-Bahá’s à des pèlerins, en août 1919.
2 nabíl, la chronique de nabíl, p. 345.
3 nabíl, la chronique de nabíl, p. 548. 4 Bahá’u’lláh, Épître au Fils du loup, p. 88.
une année imPorTanTe
1 nabíl, la chronique de nabíl, p. 432-433.
2 nabíl, la chronique de nabíl, p .406-407.
3 nabíl, la chronique de nabíl, p. 407.
4 Blomfield, the chosen highway, p. 22 (traduction française P. spierckel).
référenCes 517
5 nabíl, la chronique de nabíl, p. 472-473.
un an à KerBéla
1 d’après l’histoire inédite de nabíl.
2 Paraphrase de nabíl, la chronique de nabíl, p. 30.
la ChuTe de l’amír KaBír
sykes, history of persia, vol. 11, P. 346 (3rd edn).
la folle TenTaTive d’assassiner nás∆iri’d-dín sháh
Bahá’u’lláh, Épître au Fils du loup, p. 23.
naissanCe de la révélaTion Bahá’íe
1 Bahá’u’lláh, Épître au Fils du loup, p. 89.
2 nabíl, la chronique de nabíl, p. 582-584.
3 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 96-97, notes. Ce sont les paroles de Bahá’u’lláh qui sont citées ici.
les marTyrs BáBís de 1852 1 Browne, materials for the study of the Bábí religion, p. 268-71.
2 nabíl, la chronique de nabíl, p. 574.
3 Browne, The Traveller’s narrative, vol. 11, p. 334.
4 nabíl, la chronique de nabíl, p. 574.
l’hisToire d’un Jeune shírází
1 nabíl, la chronique de nabíl, p. 77-80.
2 Bahá’u’lláh, les paroles cachées révélées en persan n° 4, p. 32-33.
3 nabíl, la chronique de nabíl, p. 584.
4 Thompson, ‘abdul baha’s First days in america, p. 34.
liBéraTion eT exils
1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 100.
2 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 102.
dans la Gloire du Père
3 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 103.
4 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 103
BaGdad, la Première année
1 Bahá’u’lláh, Épître au Fils du loup, p. 189.
2 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 109.
3 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 109-110. la phrase entre crochets est une addition de l’auteur tirée de l’histoire inédite de nabíl. 4 histoire inédite de nabíl.
5 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 110.
6 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 110-111.
7 histoire inédite de nabíl.
8 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 112-113.
sulaymániyyih
1 Bahá’u’lláh, le livre de la certitude, p. 119-120.
2 nabíl, la chronique de nabíl, p. 548-549.
3 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 113, avec des extraits supplémentaires traduits par l’auteur.
4 Thomas (ed.), Memoirs by commander James Felix Jones, p. 207-8 (traduction française P. spierckel).
5 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 118.
6 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 119.
7 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 119.
BaGdad – amis eT ennemis
1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 119.
2 Bahá’u’lláh, le livre de la certitude, p. 120-121.
3 récit tiré de l’histoire inédite de nabíl.
4 récit tiré du journal inédit de áqá rid∂á.
BaGdad, les dernières années 1 ‘abdu’l-Bahá, les leçons de Saint-Jean d’acre, chap. 9.
référenCes 519
2 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 136.
3 shoghi effendi, the promised day is come, p. 88.
4 nabíl, la chronique de nabíl, p. 132.
5 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 125-126.
6 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 125.
7 ibid. p. 142. la phrase suivante est tirée du coran, 8:30.
8 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 137-138.
TraCes de la Plume Très exalTée
1 Bahá’u’lláh, les paroles cachées en arabe 0, 3, 7, 12, 14, 22, en persan 44, 4, 47, 48, 49, 64.
2 extraits de Bahá’u’lláh, les sept vallées, les quatre vallées, édition meb 2004.
3 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 132-133.
4 Bahá’u’lláh, le livre de la certitude, p. 49-50.
5 Bahá’u’lláh, le livre de la certitude, p. 48-49.
la marChe du roi de Gloire
1 Bahá’u’lláh, extraits des Écrits de bahá’u’lláh, sect xiv…
2 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 145.
3 ‘abdu’l-Bahà, Memorials of the Faithful, p. 145-6. 4 « star of the west », vol. xii (1922-3), p. 277-8.
5 extrait d’un tablette inédite, traduite d’après le texte de h. m. Balyuzi.
6 « star of the west », idem, p. 278.
7 ibid.
8 la plupart des informations géographique et historiques non-bahá’íes sont tirées de reclus, la géographie universelle.
dans la ville de ConsTanTin
1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 152.
2 ibid.
3 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 151.
4 Bahá’u’lláh, la proclamation de bahá’u’lláh, p. 47-54.
5 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 152.
dans la Gloire du Père
6 Bahá’u’lláh, Florilège, n° 113.
7 Bahá’u’lláh, Épitre au Fils du loup, p. 77-78.
8 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 149-150, 153.
andrinoPle, la loinTaine Prison
la citation en tête du chapitre est tirée de l’ Épître à ah∂mad qu’on trouve dans la plupart des livres de prières bahá’ís.
2 Bahá’u’lláh, Florilège, n° 152. 3 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 155-158.
4 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 158.
5 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 158-159.
6 voir Balyuzi, granville browne and the bahá ‘í Faith, p. 83-4.
7 ibid. p. 36.
8 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 162-163.
9 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 162-16.
andrinoPle, les dernières années
1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 170.
2 Balyuzi, ‘abdul-bahá, p. 22-23.
3 Balyuzi, the báb, p. 51-52.
4 ibid. p. 185-8.
le BannissemenT à aCre
1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 170-71.
2 ibid. p. 171.
3 Cité aussi ibid. p. 171.
4 shoghi effendi, Voici le jour promis, chapitre 23.
5 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 172.
6 Tiré de l’histoire inédite de nabíl.
l’arrivée à aCre 1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 172-173.
référenCes 521
le seiGneur des armées
1 la bible, Psaumes 24 : 9-10.
2 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 175.
3 la bible, ezéchiel, 43 : 1-2, 4.
4 Cité dans Bahá’u’lláh, Épître au Fils du loup, p. 179.
5 ‘abdu’l-Bahá, les leçons St-Jean-d’acre, chap 9.
6 la bible, esaïe 35 : 1-2.
7 la bible, amos 1:2.
8 la bible, michée 7:12.
la vie dans la Caserne
1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 179.
2 ibid 178.
3 ibid 178.
4 Traduit d’après h. m. Balyuzi.
5 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 179.
l’hisToire de Badí‘
1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 203.
2 d’après l’histoire non publiée de nabíl. 3 Traduction d’après celle de h. m. Balyuzi.
4 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p.191.
5 Traduction d’après celle de h. m. Balyuzi.
6 Cité dans Browne, a traveller’s narrative, vol. 11, p. 391-2.
7 from haydar-alí, bihjatu’s-S∂udúr, traduit par h. m. Balyuzi.
8 Bahá’u’lláh, la proclamation de bahá’u’lláh, p. 57-60.
le Grand saCrifiCe
1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 180.
2 ibid, 180.
les PorTes s’ouvrenT
1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 181.
dans la Gloire du Père
2 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 181.
3 prières bahá’íes, 2002. p. 209-214.
4 Browne, Materials for the Study of the bàbi religion, p. 53-4.
5 lshráq-Khávarí, rahíq-i-Makhtúm, vol. 11, p. 147, traduit par h. m. Balyuzi.
6 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p.181.
7 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p.182.
8 ibid, 182. 9 ibid, 182.
la roue Tourne
1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p.183.
2 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p.183.
3 Balyuzi, granville browne and the bahà’í Faith, p. 21-3.
le mariaGe de la Plus-Grande-BranChe
1 Ce chapitre est, en grande partie, inspiré par cette autobiographie.
2 coran 2:81 et 36:2.
dernières années derrière les murs
1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 204. 250-206.
2 shoghi effendi, Synopsis & codification du kitáb-i-aqdas, p. 3.
3 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p.184.
4 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p.193.
5 esslemont, bahá’u’lláh et l’ère nouvelle, chapitre 3.
6 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p.193.
7 esslemont, bahá’u’lláh et l’ère nouvelle, chapitre 3.
les années à BahJí
1 esslemont, bahá’u’lláh et l’ère nouvelle chapitre 3, § 12.
2 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 184.
3 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 185. 4 Browne, a traveller’s narrative, vol. ii, xxxix-xl.
5 Bahá’u’lláh, Florilège, n° 11.
référenCes 523
6 Bahá’u’lláh, tablettes de bahá’u’lláh révélées après le kitáb-i-aqdas, p. 237.
7 Browne, idem, xxxvi.
8 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p.196-197.
9 ibid. p 197.
10 mirzà abu’l-fadl. the bahà’i proofs, p. 70-72.
aCTiviTés des azalis à ConsTanTinoPle
1 Bahá’u’lláh, Épître au Fils du loup, p. 161, 163,165.
2 Bahá’u’lláh, Épître au Fils du loup, §179-180-181.
exTraiTs d’une auToBioGraPhie
Tous les extraits de cette autobiographie furent traduits par h. m. Balyuzi.
1 Traduit par h. m. Balyuzi.
2 Bahá’u’lláh, tablettes de bahá’u’lláh révélées après le kitáb-i-aqdas, p. 89.
3 Traduit par h. m. Balyuzi.
l’asCension de Bahá’u’lláh
1 Paroles de ‘abdu’l-Bahà citées dans shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 228.
2 ibid. p. 239. 3 Bahá’u’lláh, tablettes de bahá’u’lláh révélées après le kitáb-i-aqdas, p. 229.
4 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 229.
5 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 212-213.
le rèGne désasTreux de nás∆iri’d-din sháh
1 mulk-árá, Sharh∂-h∆al-i-‘abbás Mírzá, Mulk-árá, p. 62-5.
2 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p.189-190.
3 Chirol, Fifty Years in a changing World, p. 144-58, pour les extraits qui suivent.
4 Kelly, britain and the persian gulf, p. 557-8.
dans la Gloire du Père
5 Traduction de h. m. Balyuzi.
6 i‘timádu’s-salπanih, rúznámiy-i-kháπirat, p. 129, 136, 143, 145.
7 voir Balyuzi, edward granville browne and the bahá’í Faith, p. 89, 93-4.
8 voir ibid., dans l’index pour Jamálu’d-dín al-afghání, siyyid.
9 Kedourie, afghani and ‘abduh, p. 63.
10 h∆alabí, Zindigí va S∆afarháy-i-Siyyid Jamálu’d-dín-i-asadábádí, p. 8 de la préface.
11 Browne, the persian revolution, p. 11.
ConséquenCes du sièGe de Plevna
1 anderson, the balkan Volunteers, p. 148-52, 181-2. le Général Gordon à haïfa eT aCre
1 oliphant, haïfa or life in Modern palestine, p. 274-80.
noTes BioGraPhiques
1 shoghi effendi, dieu passe près de nous, p. 79.
indeX
la première partie de l’index indique les ouvrages de bahá’u’lláh décrits, cités ou mentionnés. les titres sont en italiques. les notes sont indiquées par l’abréviation « n » après le numéro de la page.
i. TaBleTTes, éPÎTres eT éCriTs de Bahá’u’lláh
Bishárát (Bonnes nouvelles), 409
lawh-i-Karmil (épître à Carmel), 402, 402-405
law-i-Kulu’π-∏a‘ám (Tablette de Toute nourriture),
épître au fils du loup (lawh∂-i-ibn-i-dhi’b), 233,
409, 411, 416, 33, 99, 101, 410
lawh-i-maryam (Tablette à maryam), 140-141
épîtres à napoléon iii (lawh∂-i-nápulyún) i, 267 ; ii,
lawh-i-nuqπih (Tablette du Point), 242, 266
346, 417
lawh-i-qamís∂ (Tablette de l’habit), 269
lawh-i-ru’yá (Tablette de la vision), 269 ishráqát (splendeurs), 409
lawh-i-sayyáh, 242, 266
lawh-i-sultán (Tablette à nás∂iri’d-dín sháh), 36,
Kalimát-i-firdawsíyyih (Paroles du paradis), 409
169, 267, 270, 324, 334-335
Kalimát-i-maknúnih, voir les paroles cachées
lawh-i-rid∂ván (Tablette de rid∂ván), 266, 192-195
Kitáb-i-‘ahd (livre de l’alliance, Testament de
lawhu’r-rúh∂ (Tablette de l’esprit), 266
Bahá’u’lláh), 445, 446-448, 449
lawhu’t- Tuqá (Tablette de la Piété ou de la Crainte
Kitáb-i-aqdas (le Très-saint livre), 345, 377-378,
de dieu), 266
409, 424n, 446 ; vue de la pièce dans laquelle il
fut révélé, 376
munáját-i-h∆úríyyih (Prière à la houri), 190
Kitáb-i-Badí’, 148, 267, 281
Kitáb-i-íqán (le livre de la certitude), 139-140, 147,
paroles cachées (les) (Kalimát-i-maknúnih, ou s∆ahí-
183, 187-188, 189, 267, 281, 290, 377 ; illustra- fiy-i-fátimíyyh), 183-184-185, 446 ; illustra-
tion, frontispice
tions, en calligraphie de mishkín-qalam, 161,
lawh-i- abdu’l-‘azíz-va-vukalá (Tablette au sultan
Prières pour le jeûne, 267
‘abdu’l-’azíz), 227, 236
Prières révélées à acre, 314, 317 ; en mémoire de
lawh-i-ahmad (Tablette à ahmad, en arabe), 239
mírzá mihdí, 338
lawh-i-ahmad-i-fársí (Tablette à ahmad, en per-
san), 181, 244-245, 266
qas∂ídiy-i-‘izz-i-varqá’íyyih, une ode, 142, 320, 440
lawh-i-aqdas (la Très-sainte-épître), 409
quatre vallées (les) (Chihár-vádí), 183
lawh-i-ard-i-Bá (Tablette de la terre de Bá), 405-406
lawh-i-ayyúb (Tablette d’ayyùb), 154 ; autre titre :
sept vallées (les) (haft-vádí), 163, 183, 185-187,
surih-i-sabr (Patience), 217
lawh-i-i-Burhán (Tablette de la preuve), 409
shikkar-shikan-shavand, 173n, 471
lawh-i-dunyá (Tablette du monde), 409, 424n, 437,
shír-mard (l’homme-lion) voir lawh∂-i-haft-Pursish
subh∂ánika-yá-hú, 227
lawh-i-haft-Pusish, voir shír-mard
s∆ah∂ífiy-i-fátmíyyih, voir les paroles cachées
lawh-i-hikmat (Tablette de la sagesse), 409
súriy-i-amr (Commandement), 252, 266
lawh-i-ibn-i-dhi’b, voir épître au fils du loup
súriy-i-damm, 266
dans la Gloire du Père
súriy-i-as∂h∂áb (épître aux compagnons), 267
súriy-i-Ghus∂n (épître à la Branche), 274
súriy-i-h∆ajj i et ii (tablettes de pèlerinage) 267, 274
súriy-i-howdaj (Tablette du palanquin), 217
súriy-i-mulúk (tablettes aux rois) 228-232, 233, 267
súriy-i-ra’ís (Chef), 28, 267, 281, 283, 284, 286 Tablette (épître) à ah∂mad, voir lawh∂-i-ah∂mad
Tablette du feu (ih∂tiráq), 321- 2
Tablette du saint-nautonier (lawh∂-i-malláhu’l-quds)
Tablette de souvenance, (zíyárat-námih), 452
tablettes de souvenance pour :
fath∂-‘alí, mírzá, fath∂-i-a’z∂ám, 495
masíh∂, mírzá, 67
Tajallíyát (effulgences) 409 ; illustration en « écriture
de la révélation », 440
∏arázát (ornements), 409
Tablettes variées à :
afnán, h∆ájí siyyid mírzá, 424
‘alíy-i-‘arab, siyyid, 258
‘alí-muh∂ammad-i-sarráj, 258
áqá Ján, mírzá, 133
áqá mírzá áqá, núri’d-dín, 311, 418
Badí‘, 324-325
Bahá’í de Chiraz, 37
Báqir, mullá, 160 Buzurg-i-afnán, h∆ájí mírzá, 397
h∆usayn-‘alí, siyyid, 269
Javádi-Karbilá’í, h∆ájí siyyid, 188
Karbilá’í h∆ájí-Bábá, 418
mihdí, 234
muh∂ammad-i-is∂fahání, siyyid, 262
munír, mírzá áqáy-i-, 502
nabíl-i-a’z∂am, 282
nás∂ír, 349, 351
sulπánu’sh-shuhadá (roi des martyrs), 370
inconnu, 261, 352, 353, 387, 401
il. index Général
A
228-9, 236 ; interpellé dans súriy-i-mulúk, 228-
ábájí qazvíní, une servante exilée à acre, 301
234, 267 ; ses ministres décident de bannir
‘abbás, frère de l’imam h∆usayn, 37, 441n
Bahá’u’lláh à acre, 276-7 ; son décret banissant
‘abbás le Grand, 18, 19
Bahá’u’lláh à acre : 236, 309-12, 363, 385, 406, ‘abbás mírzá frère de muh∂ammad sháh, 476-478
431 ; aucune raison pour ce bannissement, 429 ;
‘abbás mírzá (mulk-árá), illustration (possible), fils
avertissement de Bahá’u’lláh depuis Gallipoli,
de muh∂ammad sháh et demi-frère de násiri’d-dín
285-6 ; perd son trône et meurt, 286 ; mentionné,
sháh, 72, 91, 112 ; banni en irak, 109 ; cherche
163, 333, 378, 387
l’aide de Bahá’u’lláh, 176 ; autobiographie cri-
‘abdu’l-Bahá (abbás effendi) : illustrations, 257, 264,
tique de násiri’d-dín sháh, 436-7 ; décrit zanján’
447 ; noms et titres, 405, 441n ; naissance, 33 ; se
souvient de ∏áhirih et de vahid, 83-84 ; décrit le
‘abbás, mullá 57
premier emprisonnement de Bahá’u’lláh, 59, son
‘abbás, sháh, 459
séjour á Bandar-Jaz, 67, son emprisonnement en
‘abbás-i-núri, mírzá voir Buzurg-i-vazír, mírzá
ámul, 76-78 ; conte les morts de 1852 de ‘abbás-qulí Khán, Gouverneur d’ámul, 75, 77-78
muh∂ammad-Taqí Khán, 111, et de mullá ‘abdu’l-
passim
faππáh∂, 111 ; exalte le martyre de ‘abdu’l-vahháb,
‘abbás-qulí Khán, consul-général persan á damas,
118, et chante le chant des martyrs, 119 ; á
Bagdad : recherche Bahá’u’lláh á sulaymáníyyih,
‘abbás-i-Tihráni, shaykh, martyre de 1852, 109
145 ; décrit le complot de shaykh ‘abdu’l-h∆usayn
‘abbásábád, 72
and mírzá Buzurg Khán, 166-167, mission de
‘abbásides, 129, 145n, 191, 218, 219n,
mullá h∆asan-i-’amú, 167-168, changement d’atti-
‘abbúd, house of (Bayt-i-’abbúd), acre, illustra-
tude des adversaires á Bagdad, 179 ; recopie le
tions : extérieur, 347, pièces de Bahá’u’lláh, 361,
manuscript original de Kitáb-i-iqán, 188 ; décrit
vue sur la mer, 363, pièce où fut révélé le Kitáb-i-
shaykh murtid∂áy-i-ansári. 169 ; accueilli par aqdas, 376 ; rendue disponible pour Bahá’u’lláh,
námiq Páshá 177, 179 ; émigre á istanbul, 180 ;
361 ; pièce disponible pour le mariage de ‘abdu’l-
décrit son voyage vers istanbul, 198-199, 201,
Bahá 375 ; Kitáb-i-aqdas révélé dans, 377 ; rési-
205-206 (mírzá yah∂yá), 208 ; à andrinople :
dence de ‘abdu’l-Bahá et de sa famille, et leur
conseille le silence concernant les complots de
déménagement, 394-6 ; mentionnée, 200, 357,
mírzá yah∂yá, 251 ; a l’amitié du vice-gouverneur,
363 ; voir aussi la maison de’Údí Khammár,
255 ; écrit des épîtres non transmises á mírzá
‘abbúd, ilyás, changements d’attitude envers
yah∂yá 262 ; accepte l’invitation du gouverneur,
Bahá’u’lláh, 360-1 ; intercède auprès du gouver-
265 ; transcrit les Tablettes proclamant la nouvelle
neur, 361, barricade sa maison, 357 ; offre la pièce
révélation, 266 ; ce qui arrive quand Bahá’u’lláh
pour le mariage de ‘abdu’l-Bahá 374 ; mention-
est banni vers acre, 280, 282 ; amène áqáy-i- née, 341, 342, 343, 352, 357, 374 ; voir
munir à terre à smyrne, 288 ; envoie des lettres à
aussi’abbúd, maison de
nabíl à alexandrie, 292 ; à acre : entre dans la
‘abdu’l-ah∂ad, de Chiraz, 372-374
citadelle, 300 ; développe l’importance de l’arri-
‘abdu’l-’az∂ím, sháh (hadrat-i-), mausolée de,73, 96,
vée de Bahá’u’lláh en Terre sainte, 306 ; prend
soin des exilés dans la citadelle, 309, 312 ; aide
‘abdu’l-‘azíz, sulπán (règne : 1861 -76), illustrations,
Badí’à entrer dans la citadelle, 322 ; son chagrin à
231, 285, 310 (son décret banissant Bahá’u’lláh) ;
la mort de la Plus-Pure-Branche, 338 ; accueille
bannit Bahá’u’lláh á andrinople, 221 ; épître á,
des pèlerins, 341 ; emprisonné lors du meurtre des
trois azalís, 353-6 ; son mariage, 369-370, 374-
Baháu’lláh, le roi de Gloire
375 ; son maintien et son comportement transfor- ‘abdu’l-hádí Páshá gouverneur d’acre, 299
me l’attitude des habitants d’acre, 312, 348, 359 ;
‘abdu’l-h∆amíd, áqá, martyre de 1852, 108
relations avec ah∂mad Big Tawfiq, 359, 363 ; inci-
‘abdu’l-h∆amíd, hájí, bábí déloyal, 167-168
dent lors du renvoi de ‘abdu’r-rahmán Páshá
‘abdu’l-h∆amíd ii, sulπan (règne 1876-1909), illustra-
379 ; loue et prépare le manoir de mazra’ih, 381-
tion, 457 ; 341, 445, 475, 499
383 ; achète le manoir de Bahjí, 389 ; relations
‘abdu’l-h∆usayn Khán-i-Bardsírí, voir áqá Khán-i-
avec les autres gouverneurs, 391, 394, 396, 397 ;
Kirmání, mírzá
discussion avec des chrétiens, 394 ; échange
‘abdu’l-h∆usayn, mírzá décrit les intrigues des azalís à
d’hospitalité avec le mufti de nazareth, 395 ; géné-
istanbul, 419, 423 ; aide mírzá muhsin, 322-423 ;
rosité envers les malfaiteurs, 397 ; résidence et
mentionné, 421
déménagement de Bayt-i-abbúd, 394-396 ; visite ‘abdu’l-h∆usayn-i-∏ihrání, shaykh
(shaykhu’l-
Beyrout (1879), 405, 406 ; Tablette de Bahá’u’lláh
‘iráqayn), complote contre Bahá’u’lláh à Bagdad,
concernant ses visites et le louant, 405-406 ; admi-
160, 168 ; ses rêves, 164-165 ; ses complots, avec
ré par shaykh muh∂ammad-‘abduh, 406 ; capacités
le consul persan, et ses actions décrites, 166-172
et pouvoirs évidents, 405-408 ; résidence dans la
passim ; note biographique, 491-492 ; mentionné,
maison de ‘abdu’lláh Páshá, 385 ; décrit par e. G.
162, 173
Browne, 406 ; mission donnée par Bahá’u’lláh
‘abdu’l-Karím, ustád, 200, 258
pour construire le mausolée pour le Báb, 401 ; pro-
‘abdu’l-Karím-i-Kharrát, d’ispahan, participe au
tège Bahá’u’lláh, 405, 408 ; arrivée au jardin de
meutre des trois azalís, 351, 356
Junaynih, 441 ; Bahá’u’lláh envoie des bahá’is
‘abdu’l-Karím-i-qazvíní, mullá (ah∂mad-i-Kátib, pour l’accueillir et loue son travail, 4441,442 ; son
mírzá), transmet des épîtres et les objets person-
profond respect en approchant de Bahá’u’lláh et en
nels du Báb á Bahá’u’lláh, 82 ; cache la dépouille
sa présence, 423, 424 ; informe le sultan de l’as-
du Báb, 87 ; rencontre Bahá’u’lláh á Kirmánsháh,
cension de Bahá’u’lláh, 445 ; contenu du testa-
87 ; martyre, 108
ment de Bahá’u’lláh le concernant, 445-446, 449 ;
‘abdu’l-Kháliq-i-is∂fahání, se coupe la gorge á
successeur de Bahá’u’lláh, 345, 449 ; son rang
Badasht, 62
comme centre de l’alliance, 274, 445, 446, comme
‘abdu’l-majíd, sultan (meurt en 1861), 161, 162, 177
commentateur du verbe révélé, 441,445 ; décrit
‘abdu’l-majíd-i-shálfurúsh, h∆ájí, père de Badí’et sur-
l’alliance de Bahá’u’lláh, 448 ; choisit nabíl pour
vivant de ∏abarsí, 320 ; nabíl reste avec, 320, 322
compiler la prière de souvenance, 452 ; vieillit par
‘abdu’l-majíd-i-shírází, h∆ájí, père de ‘abdu’l- la trahison de ses demi-frères, 408 ; arrivée de la
vahháb, le persécute ainsi que mulla ‘alíy-i-
commission d’enquête, 342 ; visite Paris, 329 ;
Bastámí, 116 ; accepte Bahá’u’lláh, 119 ; soutien
reçoit l’original du décret de ‘abdu’l-‘azíz, 363n ;
Bahá’u’lláh en irak, 131 ; entend la langue badí’,
prévoit un brillant futur pour la Perse, 19 ; men-
136 ; mentionné, 133
tionne le voyage de zoroastre en Terre sainte, 305 ;
‘abdu’l-qádir, shaykh (al-Gilání), notable de Bagdad,
voir aussi 27, 34, 37, 50, 101n, 115, 152, 163, 164, 148
172, 181, 197, 217, 227, 248, 254n, 258, 318,
‘abdu’l-vahháb Big, Bábi tué á Tákur, 111
316n, 317, 337, 345, 346, 390
‘abdu’l-vahháb-i-shírází, mírzá son histoire et son
‘abdu’l-faππáh∂, mullá martyre de 1852, 110, 111
martyre, 118 ; mentionné, 117, 131
‘abdu’l-Ghaffár-i-is∂fahání, áqá, illustration, 264 ;
‘abdu’lláh, áqá, fils d’áqá muh∂ammad Ja’far, 109
émigre à istanbul, 180 ; interprète turc, 200, 221 ; ‘abdu’lláh, áqá, of Káshán, fils de Khalil mansúr,
à andrinople, 244 ; envoyé à istanbul pour s’oppo-
317 ; note biographique, 498
ser aux machinations, 261 ; emprisonné à istanbul,
‘abdu’lláh effendi, de nazareth, 317
274 ; tente de se suicider mais est envoyé à
‘abdulláh ibn murad muh∂ammad, mir, 464
Chypre, puis s’évade, 293 ; note biographique,
‘abdu’lláh Khán, h∆ájí mírzá á Búshihr, 432
491 ; mentionné, 345
‘abdu’lláh, mírzá de qazvin, rencontre Bahá’u’lláh á
index
Kirmánsháh, 127
acre, 314 ; envoyé à istanbul, 423 ; emprisonné,
‘abdu’lláh, mírzá de Chiraz, protège ∏áhirih, 65
424, 478
‘abdu’lláh, mullá, de Chiraz, assassine l’oncle de
abu’l-qásim, h∆ájí mírzá frère de la femme du Báb,
∏áhirih, 59-60 429, 431
‘abdu’lláh Páshá gouverneur de la province d’acre
abu’l-qásim Khán, arrive á andrinople, 270
(1818-31), palais et jardins de Bahjí. 342, 360n;
abu’l-qásim, mírzá imám-Jum’ih de Téhéran, 123
manoir de mazra’ih, 360n, 385 ; ses résidences
abu’l-qásim, mírzá. de faráhán, qá’im maqám, illus-
sont la propriété du centre mondial bahá’í, 385 ;
trations, 51 ; voir 31, 91
mentionné, 297, 298
abu’l-qásim, mullá, accepte Bahá’u’lláh à núr, 58
‘abdu’lláh Páshá de sulaymáníyyih, 148, 160, 162-
abu’l-qásim-i-hamadání, áqá, compagnon de
163 passim
Bahá’u’lláh á sulaymáníyyih, 140, 145
‘abdu’lláh-i-’arab, áqá, 263
abu’l-qásim-i-Káshání, rencontre mírzá áqá Ján près
‘abdu’lláh-i-Bihbahání, siyyid, important religieux de
de Bagdad, 133
Téhéran, 478 abu’l-qásim-i-názir, h∆ájí mírzá d’ispahan, activités à
‘abdu’lláh-i-Ghawghá, prétend à un rang spirituel,
istanbul, 421-423 passim
abu’l-qásim-i-shírází, h∆ájí, bábí d’égypte, 265
‘abdu’r-rahím-i-is∂fahání (ismu’lláhi’r-rahím), 50n,
abu’l-qásim-i-sulπánábádí, áqá, meurt dans la cita-
delle, 302, 309
‘abdu’r-rahím-i-misgar, áqá, 226
achéménide, dynastie, 19
‘abdu’r-rahmán Khán, amír, d’afghanistan, 465
acre, illustrations : vue sud d’acre, 299, la Porte de la
‘abdu’r-rahmán Páshá gouverneur d’acre, 379
mer, 300, vue aérienne, 303, 344, 350, hammam
‘abdu’r-rasúl-i-mansúr-i-Kásháni, 13
al-Páshá (bain public), 315, Citadelle et caserne,
‘abdu’r-rasúl-i-qumí, áqá, martyrisé á Bagdad, 270,
312, 313, Khán-i-’avámid, 342, carte des lieux
322 ; mentionné, 160, 199 d’acre associés à Bahá’u’lláh. 3344-345, maison
‘abdu’r-rasúl-i-zanjání, 343
de’abbúd et ‘Údí Khammár, 347, pièce de
‘abdu’r-ra’úf, mírzá fils de mírzá muh∂ammad-qulí,
Bahá’u’lláh dans la maison de ‘abbúd, 347, Khán-
exilé á acre, compile une liste des exilés, 300, 301
i-shávirdi and Burju’s-sulπán, 354, Khán-i-
‘abdu’s-salám effendi, notable de Bagdad, 148n
shávirdi, 355, vue de la mosquée d’al-Jazzár et de
abhá, royaume, 446
l’ancien aqueduc, 360, chambre de Bahá’u’lláh
abraham, prophète, 47, 124, 204, 305, 338
dans la maison de ’Údí Khammár, 376. Porte de la
abú-hurayrih (mírzá mustafa), 302, 432, 441
terre, 381, 382, carte des lieux saints bahá’ís à
abú-Jahl, ennemi du Prophète muh∂ammad, 290n
haïfa et acre, 433. Premiers noms, 305 ; histoire et
abú-sinán, village, 390
description d’acre, 295, 305, 390 ; prophéties
abú-Tálib Khán, mírzá charger de faire régner l’ordre bibliques et musulmanes à propos de, 306 ;
á Tákur, et décès, 111-112
Bahá’u’lláh entre dans la citadelle avec sa famille
abú-Turáb, shaykh, imám-Jum’ih de Chiraz, 62, 131n
et ses compagnons, 293, 449, signification de l’ar-
abú-Turáb-i-ishtahárdí, shaykh, 67, 69, 75, 133,
rivée de Bahá’u’lláh, 306 ; attitudes et rapports des
abu’l-fadl-i-Gulpáygání, mírzá élabore une généalo-
habitants avec les exilés, 293, 311, 312, 357, 359,
gie de Bahá’u’lláh, 27 ; relate une anecdote
379-381 passim, 392, 395, emprisonnement allégé,
concernant Bahá’u’lláh, 38 ; classe les écrits de
311 ; arrivée de Badí’, 322 ; notables présents aux
Bahá’u’lláh, 410 ; biographie de, 466 ; réside en
funérailles de la Plus-Pure-Branche, 328 ; rési-
égypte, 495
dences de Bahá’u’lláh, 341, 343 ; hostilités et
abu’l-h∆asan, h∆ájí, de Chiraz, 444
assassinat de trois azalís, 346, 351, 387, interroga-
abu’l-hasan Khán-i-ilchí, illustration, 51 tion et détention de Bahá’u’lláh, 352, 374 ;
abu’l-hasan-i-ardikání, h∆ájí (amín-i-lláhi), illustra-
meurtre de deux Káshánis, 356, libération des
tion, 315, premier pèlerin á voir Bahá’u’lláh à
bahá’is innocents, 359 ; arrivée et mariage de
dans la Gloire du Père
munírih Khánum, 374, ordre aux exilés de fermer
437 ; Bahá’u’lláh leur rend visite, 439 ; départ,
leurs boutiques, 379 ; amélioration du climat et de
444 ; note biographique, 495
l’eau, 380 ; attitude des fonctionnaires les der-
afnán. h∆ájí siyyid mírzá. fils de afnán-i-Kabír, 424
nières années, 391 ; Bahá’u’lláh quitte la ville pri-
afnán-i-Kabir, h∆ájí mírzá siyyid h∆asan), frère de la son, 385 ; ‘abdu’l- Bahá et sa famille restent à
femme du Báb, 414 ; Bahá’u’lláh écrit à propos
acre, 394, 405 ; visite de mid∂hat Páshá, 405n ; au
des accusations contre, 418 ; intérêts commerciaux
moment de l’ascension de Baha’u’lláh, 449, 454 ;
à Beyrouth, 414 ; accusations publiées à istanbul, le Gardien détaille les principaux événements du
422, 423 ; son fils à istanbul, 419, 421, 423 ; men-
ministère de Bahá’u’lláh à acre, 236-237, men-
tionné, 412, 416, 442
tionné, 389n. 408, 487
afrá, mazandéran, village, 69
ádí Guzal, mull1á (mírzá‘alíy-i-sayyáh), de
afshárides rois, 108
marághih, illustration, 264 ; arrive à andrinople,
Âge héroïque (ère bahá’íe), 43, 236
265, part pour istanbul, 270, 272 : arrive à
aghsán (Branches), fils et descendants masculins de
Gallipoli, 284, est envoyé à Chypre, 293, note
Bahá’u’lláh, 256, 438, 442, 448, 449
bibliographique, 492
ah∂mad Big Tawfiq, gouverneur d’acre, relâche les
adirnih (Porte), istanbul, 225
bahá’ís innocents après le meurtre des azalís, 359;
andrinople (adirnih, edirne), illustrations : vue de la
admiration pour ‘abdu’l-Bahá, 359-360 ; restaure ville, 241, maison de rid∂á Big, 260, ‘abdu’l-Bahá
l’aqueduc, 345, 360 ; reçut par Bahá’u’lláh, 363 ;
et ses compagnons, 275, famille et compagnons de
envoie Badri-Ján à Chypre, 362 ; quitte acre, 363 ;
Bahá’u’lláh, 275 ; voyage de Bahá’u’lláh vers,
mentionné, 357, 363
225 ; arrivée de Bahá’u’lláh, 227 ; description de,
ah∂mad fa’iq effendi, enquête sur l’administration fis-
239-240 ; résidences de Bahá’u’lláh et de ses com-
cale d’acre, 397
pagnons, 240-244 passim, 252, 255, 256, 261,
ah∂mad, mírzá fils de mírzá yah∂yá 254, 362
265 ; proclamation de Bahá’u’lláh. 236, 265, 266,
ah∂mad Páshá (al-Jazzár), Gouverneur de la province
408 ; augmentation du nombre des bahá’ís cause
d’acre, 295, passim, 360n
d’inquiétude, 270, 278 ; développements des der-
ah∂mad Páshá, gouverneur d’acre, 397
nières années, 274 ; circonstances du bannissement
ah∂mad TowfíqPáshá, gouverneur de Bagdad, 162 de Bahá’u’lláh et de ses compagnons vers acre,
ah∂mad-i-afnán, áqá siyyid, envoyé à istanbul par
276 ; prophétie de Bahá’u’lláh concernant
Bahá’u’lláh, 423-426 passim
andrinople, 286 ; évacuation de la population
ah∂mad-i-ah∂sá’í, shaykh, 52, 59
après la chute de Plevna, 483-484
ah∂mad-i-hindí, áqá mírzá, bábi qui devient bahá’i à
‘ad∂udu’l-mulk, régent, 329
Bagdad, 269
afghanistan, 465, 466, 476n, 496
ah∂mad-i-Káshání, h∆ájí mírzá, illustration, 222 ; immi-
afjih (afchih), résidence d’été, 97
grant à istanbul, 180 ; reçoit la Tablette à ah∂mad
afnán, famille, généalogie paternelle du Báb, 430 ;
en persan, suit mírzá yah∂yá, 180, 226 ; Tablette
intérêts commerciaux, 414, 419, 424 ; partenaires
citée, 244 ; ses intrigues à andrinople, 244 ; quitte
et agents, 414, 419. 424 ; activités des azalís à
andrinople, 251 ; assassiné à Bagdad, 181, 349 ; istanbul, chap. 40 ; quelques membres, 429-431 ;
mentionné, i79, 244, 249, 276
description de leur pèlerinage en Terre sainte, chap
ah∂mad-i-Kátib, mírzá voir ‘abdu’l-Karím-i-qazvíní, 41 ; recommandations de Bahá’u’lláh, 449
mullá
afnán, h∆ájí mírzá habíbu’lláh, autobiographie, 14,
ah∂mad-i-Khurásání, shaykh, accusé de meurtre et exé-
chap. 41 ; invitation de Bahá’u’lláh et voyage vers
cuté, 259, un des trois martyrs de Tabriz, 259 ; son
la Terre sainte, avec sa famille, 431 ; rencontre
oncle instruit Badí’320 ; a peut-être emmené
avec Bahá’u’lláh à haïfa, 432-435 ; rencontres
Badí’à yazd, 322n
avec Bahá’u’lláh à et près de Bahjí, 435-441 ;
ah∂mad-i-najjár-i-Káshání, ustád, migrant à istanbul,
fièvre à haïfa, 436 ; ils s’installent près du manoir,
170 : exilé à acre, 302 ; participe au meurtre de
index
trois azalís, 351 ‘alí, mírzá, père de la femme du Báb, 429
ah∂mad-i-naráqí, h∆ájí mullá, religieux célèbre, 135
‘alí naqí, un des martyrs de Tabriz, 259
ah∂mad-i-rúh∂i, shaykh, illustration, 412 ; épouse la
‘alí Páshá, père de ‘abdu’lláh Páshá 297, 389n
fille de mírzá yah∂yá, 411, 427, ennemi de
‘alí Páshá muh∂ammad amín, grand vizir ottoman,
Bahá’u’lláh, 414, 415 : exécuté à Tabriz, 415, 427
illustration, 229 ; accepte le départ de Bahá’u’lláh
ahmed fevzi Páshá 503
de Bagdad, 177-178 ; ordonne le bannissement de
akbar, Jaláli’d-dín (1556-1605), 459
Bahá’u’lláh à andrinople, 221 ; explique son exil
ákhál, traité de, 472
à acre, 481 ; reçoit l’épître au sultan, 227 ; súriy
akhtar (étoile), journal d’istanbul, 411, 412, 415-422
(lawh)-i-ra’ís addressée, et son destin, 29, 286 ;
ákhund, h∆ájí, main de la cause de dieu, 424,478
alterne dans les hauts postes avec fu’ád Páshá
al-Jazzár, voir ah∂mad Páshá 495 ; note biographique, 493
‘alam Khán mir, émir de qá’inat, 317, 466
‘alí-akbar, h∆ájí mírzá (qavámu’l-mulk), 71
‘alá’u’l-mulk, ambassadeur persan à istanbul, 418
‘alí-akbar, mírzá, cousin du Báb, 144
alep, arrestation et libération de shaykh salmán, 466 ;
‘alí-akbar-i-ardistání, mullá, un des premiers bábís,
mentionné, 449, 454
alexandre le grand, 19, 204, 465
‘alí-akbar-i-Bujnurdí, mírzá arrive à andrinople, 270
alexandre ii, Tsar (1855-1881) 470-472
‘alí-akbar-i-dahijí, siyyid, 372
alexandre iii, Tsar (1881-94).472, 475, 497
‘alí-akbar-i-Khurásání, áqá, 256,
alexandrie, les exilés à acre y changent de bateau pour
‘alí-akbar-i-najjár, ustád, partage une maison avec
haïfa, 289 ; détention de nabíl, 272, 289, 292 ;
nabíl, 174
contact de nabíl avec Bahá’u’lláh, 317 ; arrivée de ‘alí-akbar-i-naráqí, mírzá envoyé à Gallipoli, 276,
la future femme de ‘abdu’l-Bahá et de ses compa-
gnons, 372
‘alí akbar-i-shahmírzádí, hájí mullá (h∂ájí ákhund),
‘alí, imam, cousin du prophète muh∂ammad, 33, 37,
424, 478
115, 127n
‘alíy-i-’arab, siyyid. reçoit des épîtres de
‘alí afnán, h∆ájí siyyid, épouse la fille de Bahá’u’lláh,
Bahá’u’lláh, 258 ; assassiné, 259
392 ; vit à Beyrouth. 414 ; Bahá’u’lláh est enterré
‘alí asghar Khán, mírzá (aminu’s-sultán), illustra-
dans son logis, 452n
tion, 393 ; quelques détails de sa vie, 393 ; devient
‘alí Bábáy-i-Buzurg, mullá de Tákur, martyre de
grand vizir et persuade le chah de visiter l’europe,
1852, 111
474 ; s’oppose à mírzá malkam Khán, 477 ; cache
‘alí Bábáy-i-Kúchik, meurt dans le siyáh-Chál. 111 l’assassinat du chah, 478
‘alí Big (yúz-Báshí), 226, 240
‘alí-‘askar-i-Tabrízí, h∆ájí, a rencontré le Báb, 270,
‘alí, h∆ájí, sort Bahá’u’lláh du siyáh-Chál, 123
arrive à andrinople, 282 ; s’exile volontairement à
‘alí, h∆ájí mírzá siyyid (Khál-i-a’z∂am), tuteur du Báb,
acre 288 ; entre et vit dans la citadelle, 302, 299 ;
il l’accepte, 429, martyr, 92, 429 : la veuve du Báb
prisonnier volontaire lors du meurtre des azalís,
vit dans sa maison, 370 ; attitude de sa femme
354, 356 ; note biographique, 493
envers le Báb et son acceptation, 372
‘alíy-i-Bastámí, mullá (lettre-du-vivant), 48 ; ren-
‘alí ibn músá, ar-rid∂á, imam (imam rid∂á), mausolée
contre avec ‘abdu’l vahháb et son père, 115-117,
de, 17
‘alí Khán, h∆ájí (h∆ájibu’d-dawlih), chargé d’exécuter
‘alí haydar-i-shirvání, áqá partenaire des afnán dans
amir Kabir, 89, 93 ; actions après l’attentat contre le Caucase, 414 ; s’occupe des transferts du
le chah, 97 ; voulait exécuter Bahá’u’lláh, 121 ;
huqúqu’lláh, 424 ;
voit Bahá’u’lláh dans le siyáh-Chál, 122 ;
‘alí Ján, mullá à ámul, 77
tue‘az∂ím, 123 ; note biographique, 492
‘alíy-i-Kaní, h∆ájí mullá maître spirituel de násiri’d
‘alí Khán, mírzá, 369
dín sháh, 333, 335, 470,
‘alí madad, h∆ájí, 129
‘alíy-i-Kirmánsháhí, mírzá (mírzá yah∂yá), 246
dans la Gloire du Père
‘alíy-i-lás-furúsh (mírzá yah∂yá), 130, 167
256, 258, 260
‘alí mardán, mullá. notable de Bagdad, 148,165
ámul, illustration de la mosquée de, 76 ; Bahá’u’lláh
‘alíy-i-mírí, shaykh, mufti d’acre 387,
et ses compagnons emprisonnés, 75 ; Bahá’u’lláh
‘alí-muh∂ammad, siyyid, voir Báb, le reçoit la bastonnade, 78
‘alí-muh∂ammad-i-mustawfi, mírzá, 501
anatolie, 216-217 passim, 297, 317
‘alí-muh∂ammad-i-núrí, mírzá, martyr de 1852, 109
« ancien des Jours », 192-195 passim, 402
‘alí-muh∂ammad-i-sarráj, reçoit une réponse de
andrávís Khammár, fils de ’Údí Khammár, 389n
Bahá’u’lláh, 258
anís, Jináb-i-, voir muh∂ammad ismá’íl i-dhabíh, h∆ájí
‘alí-naqí, mírzá (hakimu’l mulk), 472
ankara, Turquie, 499
‘alíy-i-nayrizí, mírzá, attaqué à Bagdad, 151
anyábulí (inebolu) Turquie, 218
‘alí-qulí Khán, h∆ájí (sardár-i-as‘ad), chef bakhtiyári,
anzalí, Perse, 110, 470, 474, 496
apocalypse (de saint Jean), 377, 446
‘alí-rid∂á, mírzá, fils de mírzá músá, exilé à acre, 301
« apôtres de Bahá’u’lláh », 27, 143, 234n
‘alí-rid∂á mírzá, súriy-i-Ghusn révélé pour, 274 apôtres, du Christ, 48
‘alí sháh (‘ádil sháh, z∆illu’s-sulπán), à la mort de áqá Ján Big-i-Kaj Kuláh, partisan de mírzá yah∂yá
muh∂ammad sháh, 73, 224n ; incident à Bagdad,
272 ; dégradé, 274, à Gallipoli, 284 ; exilé à acre
148 ; ses fils fréquentent la maison de Bahá’u’lláh.
302 ; vit au-dessus de la Porte d’entrée d’acre,
148 ; note biographique, 493-494, cité, 19, 458,
299, 343, 352 ; actions hostiles à acre 314, 343,
346-349 ; assassiné, 351
‘alíy-i-sabzivárí, mullá, Bahá’u’lláh décrit son marty-
áqá Ján, mírzá, of Káshán, secrétaire de Bahá’u’lláh,
re, 443
illustrations, 134, 264 ; rencontre Bahá’u’lláh à
‘alíy-i-sayyáh, mírzá voir ádi Guzal, mullá
Kerbéla, premier à reconnaître son rang, 132-136 ;
‘alíy-i-Tihrání, père de shaykh ‘abdu’l h∆usayn-i-
les services qu’il rend à Bahá’u’lláh, 133, 257,
Tihrání, 491
266, 311, 401, 422, 437 ; description de « l’écritu- alison, Charles, ministre britannique à Téhéran, 460n
re de révélation », 440, illustration 434 ; se sou-
‘alíyu’lláhís, 127
vient des premiers incidents à Bagdad, 136-137 ;
alláh-u-ahhá, 274
émigre à istanbul, 180 ; pendant le voyage vers
alláh-u-akbar, 197, 274
istanbul, 200, 205, 217 ; envoyé à istanbul pour
alláhyár Khán (asafu’d dawlih), 73
empêcher les problèmes, 260 ; accompagne
allemagne, visite de nás∂iri’d-dín shah (1878), 460n ;
Bahá’u’lláh à la mosquée pour rencontrer mírzá
échange d’envoyés avec la Perse, 460n : entre-
yah∂yá, 261n ; exilé à acre, 302 ; emprisonné à la
prises en Perse, 474
suite du meurtre des azalís 353, 355 ; décrit les cir-
alliance, du Báb, 263 ; de Bahá’u’lláh, 236, 349, 442,
constances du meurtre dans un document histo-
rique, 349 ; brisera l’alliance de Bahá’u’lláh, 132, alliance évangélique de londres, 481
349 ; mentionné, 144, 190, 244, 251, 253, 372, 435
alvand, mont, 19
áqáy-i-Kalím, voir músá, mírzá
amásiyá (amasya), Turquie, illustration, 215, étape du
áqá Khán-i-Kirmání, mírzá, illustration, 412 ; épouse
voyage depuis Bagdad, 216-217
une fille de mírzá yah∂yá, 362, 411, 427 ; ennemi
ámid, ancienne ville, 210
de Bahá’u’lláh, 411, 415 ; visite acre, 411, 420 ;
amín-i-iláhí, voir abu’l-h∆asan-i-ardikáni, h∆ájí
écrit dans akhtar, 411 ; rompt avec áqá
aminu’s-sulπán, voir ‘alí asghar Khán, mírzá
muh∂ammad Táhir, 411, 418, 426 ; ses lettres à
amír Kabír, voir Taqi Khán-i-faráháni, mírzá
mírzá malkam Khán, 426-427 ; exécuté à Tabriz
amír nizám, voir Taqi Khán-i-faráháni, mírzá
(1896), 414, 427 ; mentionné, 420, 422
amír-niz∂ám, de Kirmánsháh, 39
áqá Khán-i-núrí, mírzá (i’timádu’d-dawlih), illustra- amos, le prophète, 307
tion, 98 ; premier ministre, 29, 93 ; avertit
amru’lláh, maison de, andrinople, 243, 244, 245, 253,
Bahá’u’lláh d’un danger, 97 ; ordonne des actions
index
disciplinaires à Tákur, 110 ; conseil de Bahá’u’lláh
asadu’lláh, h∆ájí siyyid, d’ispahan, fils d’un mujtahid
à sa sortie du siyáh-Chál, 123-124 ; démis de son
célèbre, 50
poste de premier ministre et ses parents sont dis-
asadu’lláh Khán, tue des martyrs de 1852, 108
grâciés, 469 ; mentionné, 108n, 93, 177n, 369
asadu’lláh, mírzá (dayyán), de Khuy, condamné à
áqá mírzá áqá, núri’d-dín, illustration, 431 ; parent
mort par mírzá yah∂yá, 144, 148 ; rejette mírzá
des oncles du Báb, converti par la femme du Báb,
yabyá, 145
188, 429 ; ses parents, femme et fils, 430 ;
asad’u’lláh. mírzá, exilé à acre, 305 quelques détails de sa vie, 429, 431-432 ; à Port-
asad’u’lláh-i-Káshí- (Kásháni), áqá, 166
saïd, 414 ; Bahá’u’lláh décrit les conditions à acre
asadu’lláh-i-qumí, áqá siyyid, précepteur des fils de
dans une épître à, 311 ; épître concernant afnán-i-
Bahá’u’lláh, 438, 441
Kabir, 418 ; visite en Terre sainte, 436, 438-439,
ásafu’d-dawlih, se rebelle au Khorassan, 91
442, 4443 ; lawh-i-dunyá (épître au monde) révé-
ashchí, voir h∆usayn-i-ashchí, áqá
lée pour, 409, 424, 437 ; mentionné, 434, 445
ashraf, village, 67
áqá mírzá áqáy-i-rikáb sáz, premier martyr de
ashraf, áqá siyyid, de zanján, 258 ; note biogra-
Chiraz, auteur de la copie du Kitáb-i-iqán du fron-
phique, 494
tispice), 189
‘áshúrá, mois de muharram, 425
áqáy-i-munír, voir munír, mírzá áqáy-i
asíyih Khánum (Buyúk or navvábih Khánum), pre- áqáy-i-Tabrízí, h∆ájí, exilé à acre, 301 ; emprisonné à
mière femme de Bahá’u’lláh et mère de ‘abdu’l-
la suite du meurtre des azalís, 356
Bahá, 33, 39 ; exilée à acre, 300 ; maladie et décès
áqásí, h∆ájí mírzá, antéchrist de la révélation bábíe, (1886), 395-396 ; ses restes enterrés sur le mont
illustrations, 51, 53, grand vizir, 28 ; antagonisme
Carmel, 338 ; mentionnée, 84, 337
envers mírzá Buzurg, 31-32, 41 ; son estime pour
askáríyayn, mausolée, samarra, 492
Bahá’u’lláh, 41 ; conseil du Báb, 45 ; ordonne l’ar-
assemblée céleste, 403
restation de Bahá’u’lláh, 67 ; reçoit une épître du
assemblée suprême, 437
Báb, 71-72 ; son attitude après la mort de
assyrie, assyriens, 295, 308
muh∂ammad sháh, chap. 10 ; exile et décès. 73 ;
atrak, rivière, 462
mentionné, 59, 119, 246
autrichiens, 105-107, 460, 472, 480, 480
aqueduc d’acre, illustration, 360 ; mentionné, 345, ‘aynu’l-mulk (i’tidádi’d-dawlih), voir shir Khán
ayyúb (Job), voir muh∂ammad-Taqí, h∆ájí, de nayriz
arabes, prise d’acre par les, 295
azalís, partisans de mírzá yah∂yá, à Bagdad, 269-270 ;
ararat, mont, 207
à acre, 311, 314, 317, 346-347, 356 : meurtre à
aras (araxes), rivière, 19
acre, 343, 345, 351-352, d’ispahan, 312 ; activités
arbre de vie (anísá’), 55, 446
à istanbul, chap. 40 ; mentionnés, 259, 426
arche de l’alliance, 446
azerbaïdjan, 88, 107 236 259 293 334 343 367 462 -
arche de dieu, 403
histoire locale de la foi, inédite, 259
arche de noé, 206
‘az∂ím (mulla shaykh-‘alí), de Turshíz, rôle crucial
archives internationales bahá’íes, 34, 140, 189, 247n
dans l’attentat contre le chah 95, 122 ; mort dans le
ardikán, 504 siyáh-Chál, 123 ; mentionné, 84, 110
ardistán, 494
‘az∂ím-i-Tafrishí, áqá, exilé à acre, 301 ; emprisonné
‘árif effendi, gouverneur d’acre, 397
après le meurtre des azalís, 356, mentionné, 349
‘árif Páshá, Gouverneur d’andrinople, 277n
‘azíz Páshá, vice-gouverneur d’andrinople. 255 ;
arméniens, 216
visite Bahá’u’lláh et ‘abdu’l-Bahá quand il est
arthur, Président (usa), 474
vali de Beyrout, 255 ; met en œuvre le bannisse-
as súq al abyao (the white Bazar), 345, 390
ment de Bahá’u’lláh à acre, 277 ; mentionné, 258
as’ad effendi, remplaçant du gouverneur d’acre, 380
‘azízu’lláh, mírzá (shaykh), oncle of Bahá’u’lláh, 57,
as’ad effendi, qá’im maqám de nazareth, 396
dans la Gloire du Père
‘azízu’lláh-i-Jadhdháb, áqá, envoyé à istanbul par Bahá’u’lláh défend la, 267 ; mentionné, 44, 123,
Bahá’u’lláh, 424-425, 426
191, 452
Bábís, illustrations, 222, 264 ; mullá h∆usayn attire les
B
premiers croyants, 50, 51, 54 ; à la conférence de
Báb, le (siyyid ‘alí-muh∂ammad), généalogie paternel-
Badasht, 61-65 passim, attaqués à niyálá, 65 ;
le, 430 ; naissance et lignée, 19, 438, anniversaire
rejoignent mullá h∆usayn dans la marche avec le
de naissance, 438 ; pèlerinage aux villes saintes
drapeau noir, 68, recherchent la sécurité dans
d’irak, 88 ; déclaration, circonstances et significa-
shaykh ∏abarsí, 68 ; groupe arrêté avec
tion, chap. 4 ; lettres-du-vivant, 47 ; donne sa
Bahá’u’lláh à ámul, 75, 78-79 ; début des persécu-
mission à mullá h∆usayn, 48, 69, pèlerinage à
tions, 81, 92, héros intoxiqués de dieu, 44 ; inter-
la mecque, 48, 443 ; emprisonment, 19 ; relation
prètent mal le message du Báb concernant mírzá avec la conférence de Badasht, 61 ; ordonne à
yah∂yá, 83, conseils de Bahá’u’lláh aux, 95, tenta-
mullá h∆usayn d’aider quddús, 68 ; épître à h∆ájí
tive contre la vie du chah, et suites, 95-97, 101,
mírzá aqási, 71-72 : envoie ses Tablettes et ses
103 ; comportement dans le siyáh-Chál, 102-103 ;
effets personnels à Bahá’u’lláh, 84-85 ; descrip-
martyrs de 1852, chap. 17 ; attaque des bábís de
tion de son parchemin en forme de pentacle. 84-85,
Tákur, 110 -111 ; bábís de Kirmánsháh rencon-
ses paroles et ses instructions à shaykh hasan-i-
trent Bahá’u’lláh, 127 ; conditions de vie, à
zunúzi, 88 ; son martyre, 19, 81, 85, 87, 91, 92,
Bagdad, 129, 130, 133, 135, 137, 139, 143-146
462 ; son corps récupéré et caché, 85, 87-88, 107 ;
passim, 147, 148, 155 ; ressuscités par
désir de Bahá’u’lláh de se sacrifier pour lui, 147,
Bahá’u’lláh, 182 ; nombre à Bagdad, 126, 152 ;
importants événements de son ministère, 81 ; son
attaquent les opposants, 150, Bahá’u’lláh conseille alliance, 263 ; salutations approuvées par lui,
à quelques-uns de quitter Bagdad, 160 ; efforts
274 ; dalá’il-i-sab’ih (les sept preuves), 269 ;
pour protéger Bahá’u’lláh à Bagdad, 166, 167-168,
Kitáb-i-Bayán (persan), 377, voir Bayán ; écrits
172-173, 173 ; Persans obtiennent la nationalité
abandonnés par mírzá yah∂yá, 246 ; processus
ottomane, 173, désespérés en apprenant le départ
catastrophiques prévus 236, son sépulcre (mauso-
de Bahá’u’lláh de Bagdad, 179 ; tristes à cause du
lée), 338, 401, voir mausolée du Báb, rêve de sa
départ de Bahá’u’lláh, 191 ; dans le jardin de
femme avant son mariage, 372, quelques membres
rid∂ván (Bagdad), 196 ; noms de ceux qui partirent
de sa famille qui acceptèrent sa foi, 429-431, voir
pour istanbul, 180 : pressés de donner leur vie à
afnán, d’autres qui acceptèrent la foi, 443 ; sa
istanbul, 223 ; plus de bábís arrivent à istanbul et
seconde femme, 443 ; gardien de sa maison, 432 ;
quelques-uns s’en vont, 225, 256 passim, 263, archives de sa maison, 440, 444, épisode de la
265 ; souffrances physiques en allant à andrinople
naissance de la femme de ‘abdu’l-Bahá, 367 ;
et sur place, 226, 240 ; la vie à andrinople, 242,
mentionné, 59, 67, 71, 77, 84n, 88, 92, 102, 103,
244, 256, 258 ; résultats de la trahison de mírzá
105, 107, 123, 135, 159, 175, 176, 187, 252, 269,
yah∂yá, 245, 252-253 ; réunions avec Bahá’u’lláh à
338, 370-374 passim, 432
andrinople, 242-243, 244, 248, 253, 256, 258,
Bábá-iskí, Turquie, 36
260, 265 ; à Bagdad quelques-uns cessent toute
Bábá Khán, bábí de Tákur, 111
relation avec les azalís, 269 ; on les appelle
Bábíe, religion et révélation, shoghi effendi résume les
bahá’ís, 274 ; mentionnés, 121, 127, 179. 223, 290
principaux événements, 236 ; premier choniqueur,
Bábul (Bárfurúsh), 46, 68
107, chronique-histoire de, 259 ; opposition de
Bábu’l-Báb, voir h∆usayn-i-Bushrú’í, mullá amír Kabír, 91, 92 ; menacée à Bagdad, 137 ;
Bábulsar (mashhad sar), 110
crise de la défection de mírzá yah∂yá 246, rupture
Badasht, conférence de, chap. 8, 236, 367, mentionnée,
temporaire mais protégée par l’alliance du Báb,
67, 68
263 ; Bahá’u’lláh prêt à se sacrifier pour, 147 ;
Badí‘ (áqá Buzurg), illustrations, 321, 329 ; chap. 33
Badí‘, langue, 136
index
Badí’ih Khánum, exilée à acre, 302
Bahá’u’lláh, 454 ; voir « peuple de Bahá »
Badí’u’lláh, mírzá. fils de Bahá’u’lláh, 270, exilé à
Bahá’íyyih Khánum, la Plus-sainte-feuille, illustra-
acre, 300 ; avertissements de Bahá’u’lláh, 442
tion, 373 ; naissance, 33 ; exilée à acre, 300 ; au
Badrí-Ján (Badr-i-Jahán), femme de mírzá yah∂yá,
temps du mariage de ‘abdu’l Bahá, 375 ; son
révèle la tentative d’empoisonnement de cadeau pour le départ des afnán, 444 ; sa tombe
Bahá’u’lláh, 247 ; exilée à acre, 301 ; envoyée à
sur le mt Carmel, 338
Chypre, 362, mariages de ses filles, 362 ; mention-
Baháristán, bâtiment du parlement iranien, 328, 473
née, , 258 , 349, 356
Bahá’u’lláh (mírzá h∆usayn ‘alíy-i-núri) : titres,
Bagdad, illustration, 130, plan de la ville, 151 ; des-Jináb-i-Bahá, 61, Gloire de dieu, 22 ; famille,
cription de, 129, visite de Bahá’u’lláh en 1851, 88,
enfance et jeunesse (1817-1844) : ascendance,
arrivée de mírzá yah∂yá et de son oncle, 110, début
chap. 1 ; naissance, 22, 35 ; père, 27, 29, 33 ; sou-
de l’exil de Bahá’u’lláh, 129 ; son retour de
tien de son père, 32, 33, 41 ; mère, 29 ; famille,
sulaymáníyyih, 147, 237 ; sa maison dans le quar-
chap. 2 ; voir index pour les noms des parents ; tier Karkh, 150n ; il attire nobles et notables, 148,
enfance et jeunesse, chap. 3 ; son propre rêve, 35 ;
149, 176, 380 ; il visite les cafés, 172 ; peuple de,
à propos de, 233, apparence dans son enfance, 36 ; au moment de son départ, 191, 196, 197 ; quelques
qualités personnelles, 37 ; éducation, 36, 57, 334 ;
bábís cessent toute relation avec les azalís, 269 ;
visite yálrúd, 37, 38 ; réponds aux questions, 38 ;
bahá’is envoyés à mosul, 270, voir mosul ; arrivée
premier marriage, 39 ; illustration du certificat de
de Badí’, 322 ; premières années de la mission de
mariage, 40 ; a l’estime du premier ministre, 39,
Bahá’u’lláh, 408 ; mentionnée 141, 217, 219n,
41, Téhéran, núr, et Kerbéla (1844-53) : personna-
223, 237
lité et activités, 52-53, 57 ; résidences, à Téhéran.
Bahá’is, illustration, 275 ( voir aussi bábís) ; attitude 33, 81- 82, à Tákur, 35 ; reçoit un manuscrit du
envers l’iran, 19 ; à Bagdad, 269 ; leur arrivée à
Báb, 53-55 ; Propage la religion bábíe dans le
andrinople inquiète, 272, 277 ; bahá’ís de Bagdad
mazandéran, 57-58 ; premier emprisonment, chap.
envoyés à mosul, 270, voir mosul ; les bábis
7 ; à la conférence de Badasht, chap. 8, 367 ; atta-
deviennent bahá’ís, 274 ; les fonctionnaires qué à niyálá, 64-65 ; voyage à núr, 67,
d’andrinople inscrivent les noms, 276 ; circons-
muh∂ammad sháh ordonne son arrestation et sa
tances du bannissement à acre, 279-284 ; adden-
mort, mais meurt, 67, 68 ; à Bandar Jaz, 67, 68 ;
da ii ; à Gallipoli, 284 ; voyage vers acre, 287-
visite shaykh ∏abarsí, 69 ; à l’intention d’y reve-
288, 292 ; contact avec nabíl à alexandrie, 289,
nir, 69, 75 ; emprisonné et bastonné à ámul, chap.
291-292 ; emprisonnés dans la citadelle d’acre,
11 ; étend son hospitalité aux bábís de Téhéran,
295. 299-300 ; noms de ceux qui entrent dans la
chap. 12 ; envoie un message au Báb et reçoit la
citadelle, 300-302 ; conditions d’emprisonment,
réponse, 83 ; reçoit les Tablettes et les effets per-
309, 311-313 ; bahá’is persans cherchent des infor-
sonnels du Báb, 84-85 ; parchemin du Báb avec les
mations sur Bahá’u’lláh, 312, 314 ; pèlerins à acre
variations du mot « Bahá », 85 ; indique les diffé-
314, 316-318, 364, 372 ; meurtre des azalís à acre rentes caches pour les restes du Báb, 87-95 ; ren-
et emprisonnement des bahá’is, 351, 349-357 ; les
contre amir Kabir, 87, 117 ; année passée à
innocents du meurtre relâchés, 359 ; activités hos-
Kerbéla et dans les villes saintes, chap. 13, 117 ;
tiles des azalís à istanbul, chap. 40 ; Bahá’u’lláh
son rang est reconnu par shaykh h∆asan-i-zunúzí,
célèbre les bahá’ís de Perse, 416-417 ; Bahá’u’lláh
88 ; conseille ‘abdu’l-vahháb, 117 ; actions et
parle aux pèlerins et aux résidents de Bahjí, 439,
arrestation après la tentative d’assassinat du chah,
au jardin de Junaynih, 441-442 ; son exhortation,
97-98 ; innocenter de cette action 95, 98, 109,
449 ; tentatives pour exterminer les bahá’ís de
122 ; emprisonné pendant quatre mois dans le
Perse, 456 ; cesser toute résistance armée, 457 ;
siyáh-Chál, 98, chap. 16, 109, 111, 118, 121-123,
nature spirituelle des pétitions présentées à
131, 236 ; encourage ‘abdu’l-vahháb avant son
Bahá’u’lláh, 467 ; au temps de l’ascension de martyre, 118 ; importants visiteurs dans sa prison,
dans la Gloire du Père
101 ; naissance de sa révélation, 103, 104, 334 ;
comme femme pour ‘abdu’l Bahá, 369 ; demande
condamné à la prison à vie, 109, 121 ; tentative de
à son frère pour cette union, 369 ; mariage empê-
l’assassiner, 121 ; libéré du siyáh-Chál, 121-123 ;
ché, 369 ; arrivée des oncles du Báb, 432 ; écrits
aides et conseils mírzá áqá Khán-i-núri, 121,
de Bagdad : chap. 24 ; voir index, Part 1, pour les
123 ; banni de Perse. 123, 124, 126 ; Bagdad
écrits décrits ; enseignements concernant : le rang
(1853-63) : voyage jusqu’à Bagdad et son sens,
de l’homme, 183-185,190 ; étapes dans sa
124, 126-127, 129 ; résidence, 129, 191 ; relations
recherche spirituelle, 186 ; signes de dieu dans la
avec les bábís d’irak : son intention de régénérer la
création, 189 ; nature des manifestations de dieu,
communauté, 131, 148 ; sa réussite. 182 ; se tour- 189 ; campagne pour l’éloigner de Bagdad, 169 ;
ner vers lui pour être guidé, 130-131, 133-134,
le sultan refuse de l’expulser des territoires turcs,
135, 145 ; les avertit et les encourage, 132 ; décrit
177 ; demande aux compagnons d’obtenir la natio-
leur condition et leur conduite, 139, 146, 147 ; les
nalité ottomane, 173 ; on lui propose la protection
individus qu’il a sauvé, 153-158 ; demande à la
de la citoyenneté britannique, 177 ; célèbre naw-
plupart de quitter Bagdad, 160 ; leurs efforts pour
rúz et révèle la Tablette du saint-nautonnier,
le protéger, 165, 166, 172 : il leur rend visite, 174,
178 ; invité à istanbul par le Gouvernement otto-
179 ; il établit les fondations de la communauté,
man, 178-179 ; préparation du voyage, 179 ; noms
236 ; les réconforte en partant pour istanbul, 179 ;
de ceux qui choissisent d’émigrer, 180 ; poussé par
ses relations avec mírzá yah∂yá et ceux qui le sui-
sa mission, 182 ; quitte Bagdad et s’arrête au jar-
vent : s’occupe de mírzá yabyá dans sa jeunesse, din de rid∂ván, 191 ; sens révélé dans la Tablette de
83, 247 ; lui conseille de retourner en Perse, 130,
rid∂ván (citée), 192-196 ; déclaration de sa mis-
246 ; est l’objet de la jalousie et de l’opposition,
sion, 236 ; circonstances obscures, 195 ; descrip-
131, 135, 137, 144 ; lui conseille de voyager
tion de la fête de ridván, 196-197 ; námiq Páshá
ouvertement jusqu’à istanbul, 205 ; opposition de
visite le jardin et écrit aux fonctionnaires, 196 ;
mírzá Buzurg Khán et de shaykh ‘abdu’l-
signes d’autorité divine, 198, istaanboul et
h∆usayn : 160-161, 163, 166, 169, 176 ; tentative
andrinople (1863-68) : départ avec son escorte
d’assassinat, 161, 172 ; tentative de lancer la guer-
manière de voyager, 198-199 ; illustration d’un
re sainte, 166, 169 ; les rêves du shaykh, 165 ;
palanquin, 199 ; description des étapes et des évé-
dévoile son rang : à mírzá áqá Ján, 132-134 ; à
nements du voyage, 198-218 ; carte, 202 ; tâches
h∆ájí mírzá Kamálu’d-dín, 135-136 ; mírzá des compagnons et conditions physiques, 200-201,
muh∂ammad ‘alíy-i-nahri reconnaît son rang,
208, 214 ; accueil chaleureux et respect montré par
368 ; grands personnages attirés par lui : 135,
les autorités pendant le voyage, 203-207 passim, 148,162-164, 168, 175, 176-178, 477 ; influence et
209-210, 214-218 passim ; quelques actions de
célébrité : 149-150, 152, 161, 163, 164, 174, 177,
Bahá’u’lláh pendant le voyage, 204-216 passim ;
179, 191, 368 ; ses relations avec les chefs reli-
sa vie en danger, 213 ; révèle súriy-i-hawdaj,
gieux : 167-168, 171-172, 174 ; accepte de faire un
217 ; arrive à istanbul, 218-219 ; résidences, 219,
miracle, 167-168, 260 ; loue shaykh murtidáy-i-
221 ; relations avec les officiels et les notables,
ansári, 171 ; désire rencontrer les religieux, 172 ;
219, 220-221 ; 223, 224, 227. 232, 213-14, 466-
répond à mírzá muh∂iπ, 176 ; mírzá áqá Ján com-
468, 469 ; observations sur l’état de la ville, 230 ;
mence son travail de serviteur et secrétaire, 134 ;
banissement à andrinople, 221 ; réaction à l’exil, conseille la pratique de la prière « qui, hormis
221, 223-224 ; mort du bébé fille, 225 ; renvoie
dieu… », 137, de deux versets, 162 ; décide de
quelques disciples, 225 ; Tablettes révélées à
s’isoler, 137, 139 ; son but, 140 ; résidence à
istanbul, 227, 237 ; conseille le sultan
sylaymáníyyih : 139-140, 236 ; compose une ode,
‘abdu’l‘azíz dans la súriy-i-mulúk (citée), 228-
142, 176, 320, 440 ; calligraphie, 142 ; célébrité,
232 ; mots pour et concernant h∆ájí mírzá h∆usayn
142, 145 ; retourne à Bagdad, 140, 143 ; raison de
Khán, 233-234 ; sens de son séjour à istanbul, 234-
son retour, 145 ; envisage la fille de son frère
237 ; le voyage vers andrinople, 226-227, 240 ;
index
décrit andrinople 227, 239 ; en europe, le plus
sainte, chap. 31 ; condamné au bannissement per-
loin de son pays natal, 239 ; résidences pour lui et
pétuel et à une stricte incarcération, 309-311 ; pré- ses compagnons, 240, 243, 253, 255, 256, 258,
dit qu’il plantera sa tente sur le mt Carmel, 387,
261, 263 ; conditions de vie difficiles, 240-242 ;
390 ; transformation progressive de l’attitude des
incident de ‘alí Big, l’officier, 240 ; proclamation
officiels et des habitants, 311-312, 359-361, 363-
de sa mission et de sa révélation, 236, 242, 266-
364, 380, 387, 391, 397 ; prière révélée pour la
267, 319, 408 ; révélation prolifique de tablettes,
mort de trois compagnons, 312-313 ; pour la gué-
256, 265-267 ; opposition, subversion, et finale-
rison d’un autre, 314 ; pour nabíl, 317 ; bahá’ís de
ment rébellion de mírzá yah∂yá et de ses disciples,
Perse découvrent où il est et certains tentent de le
242, 244-248, 249-252, 254 ; référence à siyyid
voir, 314, 316-317 ; le premier qui réussit, 316 ;
muh∂ammad-i-is∂fahání, 242 ; malade suite à
prédit l’arrivée en sécurité des pèlerins, 316 ; pro-
empoisonnement, 247 ; ses compagnons : leur
clamation aux dirigeants du monde continue, 319- bonheur, 242, 244, 256 ; son association avec, 242,
320, 378 ; reçoit Badí’, lui confie la mission de
248, 253, 256, 258, 260, 265, 272, 284 ; conseille
porter la lettre au chah, révèle une épître pour lui,
de faire du commerce, 243 ; nécessité de prendre
323, 324 ; références à Badí’ et titre conféré, 327 ;
soin les uns des autres, 248 ; conseillés de faire
extraits de l’épître au chah et sa réaction, 334-
confiance à dieu, 253 ; chagrinés de sa réclusion,
335 ; mort de mírzá mihdi, son dernier vœu, cha-
253 ; prière d’áqá rid∂á, 254-255 ; quelques-uns
grin de son père, prière à sa mémoire et louanges,
sont renvoyés, 276 ; anxieux lorsque Bahá’u’lláh
chap. 34 ; est sorti de la citadelle, 341 ; résidences
est banni, 282, 285 ; les prévient du futur, 316 ;
à l’intérieur des murs de la ville, 342, 343, 361 ;
quatre sont envoyés à Chypre, 293 ; les autres exi-
machinations de trois azalís, 343-349 : interdit la
lés à acre, 300-303 ; informe officiellement
vengeance et s’isole, 349, 351, 356 ; meurtre des mírzá yah∂yá de sa mission, 252 ; rupture définiti-
azalís, 351 ; emmené au palais du gouverneur,
ve avec mírzá yah∂yá, 252, 262 ; sa réclusion et rai-
interrogé, retenu pendant trois jours, 352-355 ; ses
son pour, 252, 253, 255 ; attitude du gouverneur et
réponses pendant son interrogation, 355-356 ; ani-
de son adjoint, 233, 265, 276-277 ; accepte l’invi-
mosité de la population, 357 ; reçoit ah∂mad Big
tation du gouverneur, 265, 383 ; explique pourquoi
Tawfiq, suggère la restauration de l’aqueduc et de
il accepte les calamités et prévoit le triomphe de sa
reconsidérer la situation des prisonniers, 360, 361-
cause, 256 ; arrivée d’autres bahá’ís, 256, 258,
362 ; reçoit l’allégeance de shaykh mahmúd, 363-
262n, 263, 265, 270, 276 ; révèle un puissant aver-
364 ; mariage de ‘abdu’l-Bahá : rêve de sa future
tissement, 258 ; explique que les miracles sont des
femme, chap. 37 ; Kitáb-i-aqdas : le termine,
tests de foi, 260 ; établit son ascendance sur mírzá
377 ; sa portée et son sens, 377-379 ; contient les yah∂yá, 261-262 ; promet à mírzá yah∂yá le pardon
lois fondamentales, 377 ; décrit les institutions de
de dieu, 263 ; révèle lawh-i-sult∂án pour nás∂iri’d
l’ordre mondial, 377-378 ; reçoit as’ad effendi,
dín shah, 265, 267, 319, 3334-335 ; fait allusion à
380 ; est autorisé à vivre en dehors de la ville, 381 ;
la fin de son séjour à andrinople, 272 ; bannit à
circonstances de son installation à mazra’ih, 383-
acre avec ses compagnons. 276-284, 479, 481 ;
387 ; jardin de rid∂ván (na’mayn) son lieu de
refuse les propositions des consuls étrangers, 279-
retraite préféré, 387 ; s’installe dans le manoir de
282 ; événements à Gallipoli, 284-287 ; avertisse-
Bahjí (1879), 389 : sa vie au manoir, 389-390 ;
ment au sultan et prophétie concernant
rend visite aux compagnons à acre, ainsi qu’aux
andrinople, 285, 378 ; voyage vers acre, 288-
jardins proches, aux villages et aux collines, 389-
293 ; contact avec nabíl à alexandrie, 291 ; acre
390 ; reçoit un général européen, 392 ; offre l’hos- et Bahjí (1868- 92) : entre dans la Plus-Grande-
pitalité à sir valentine Chirol, 394 ; réplique à
Prison, 295 ; liste des exilés qui l’accompagnent,
mírzá yúsuf, mustawfiyu’l mamálik, 471 ; mort
300-303 ; leur installation, 299-300 ; première
et funérailles d’ásíyih Khánum, 395-396 ; généro-
réunion avec officiels, 299 ; sens de l’exil en Terre
sité envers ses opposants, 397 ; cadeaux aux valis,
dans la Gloire du Père
397 ; ordonne aux bahá’ís de cesser la résistance
sultan informé de l’ascension, 445 ; le « soleil de
armée, 457 ; visite haïfa, 398, 401, 432n ; deman-
Bahá » continue à briller et à revivifier les
de à ‘abdu’l-Bahá de construire le mausolée du
hommes, 445 ; sa religion triomphe, 445 ;
Báb, 401 ; révèle la lawh-i-Karmel, (citée) 402-
Testament nommant ‘abdu’l-Bahá comme Centre
405 ; condition future du mt Carmel, 404 ; est
de l’alliance et interprète du verbe, 445 : titres impatient d’annoncer sa révélation à toutes les
donnés à ‘abdu’l-Bahá, 445 ; sens de l’alliance
villes, 404 ; reçoit e. G. Browne, qui le décrit et
léguée dans son testament et termes du testament,
cite ses paroles, 398-400 ; ‘abdu’l Bahá : protège
446-449 ; définit le rôle de sa famille, 449 ; per-
son père, 405, 407-408, 441 ; une épître révélée
sonnes présentes au temps de l’ascension, 449,
quand il visite Beyrout, 405-406 ; rang de ‘abdu’l-
454 ; contraste entre sa vie, sa mort, et celles de ses
Bahá expliqué, 377-378, 405-406, 442, 449 ;
adversaires, 452 ; enterrement, 452 ; Tablette de
écrits : y consacre ses dernières années, 407-409 ;
souvenance, 452 ; pièce du mausolée renforcé,
classés par le Gardien, 409, par mírzá abu’l fad∂l,
462 ; son ascension termine période sans égale
410 ; Tablettes énonçant les principes, 409 ; son
dans l’histoire religieuse, 454 ; sens de cet événe-
dernier livre, épître au fils du loup 409-410 ;
ment, 454 ; sa vie et ses actions, quelques aspects : quantité et authenticité, 410 ; paroles sans égales,
parle de lui et de ses sentiments, 136, 137-141,
14 ; ennemis à istanbul : noms, 411 ; décrit les
147 ; ses souffrances, 79, 98-99, 101, 102, 104,
activités hostiles des azalís, 411-414, des officiels
123-124, 126, 129, 137, 139, 140, 141, 146, 147,
persans. 417-418 ; envoie h∆ájí shaykh
232, 246, 262, 266, 309, 334, 357, et son but en les
muh∂ammad ‘alí de qazvín à istanbul, 419 ; invité
supportant, 448 ; son courage, 97, 150, 166-168.
plus tard à acre, 421 ; commande à áqá mírzá
172, 173, 182, 261 ; son humour, 58, 174, 197,
muhsin-i-afnán de soulager, 421, mais le h∆ájí doit
220 ; sa colère, 37, 137, 214, 442 ; effets causés
revenir, 423, envoie d’autres s’opposer aux accusa-
par sa voix et sa personne, 58, 88, 133, 136, 156,
tions et régler les affaires, 423 ; demande à áqá
161, 172, 368, 399 ; attitude envers les messagers
siyyid ah∂mad-i-afnán de partir, 424 ; dernières
de dieu, 37, 38, 190, 378 ; mains de la Cause années attristées par les intrigues, 427 ; famille de
nommées par, 34, 50, 424 ; noms donnés à
áqá mírzá áqá núri’d-dín : appelée en terre sain-
qurratu’l-‘ayn, 47, 62 ; bábís à Badasht, 62 ;
te, 432 ; à haïfa quand le groupe arrive (1891),
mírzá áqá Ján, 132 ; mullá muh∂ammad-i-zarandí,
432 ; les accueille, 432 ; voir habibu’lláh afnán,
153 ; áqá siyyid ismá’íl-i-zavári’í, 157 ; Badí’,
h∆ájí mírzá, pour des réunions de famille avec
327 ; fátimih Khánum, 372 ; shaykh Kázim de
Bahá’u’lláh ; attristé par la mort des sept martyrs
qazvín, 414 ; áqá mírzá áqá, 429, voir ismu’lláh
de yazd, 436 ; commente les actes de Jalálu’d
(le nom de dieu) ; futur de la Perse et de Téhéran,
dawlih, zillu’s sulπán, et des qadjar, 436-437 ;
19, 378.
explique le rôle des martyrs, 443-444 ; révèle
Bahjí, illustrations : le manoir et ses bâtiments
lawh-i-dunyá, 437 ; parle du Báb et de lui-même,
annexes, 391 ; balcon et peintures murales, 393 ; 438-439 ; compare les attitudes tyranniques du sul-
pièce de séjour de Bahá’u’lláh, 398 ; son divan et
tan ‘abdu’l‘azíz et du chah nás∂iri’d dín, 439 ;
son taj, 399 ; hall central du manoir, 404, vue
processus de la révélation expliqué et illustré, 440 ;
aérienne des bâtiments d’origine, 405 ; manoir
chevauche jusqu’au jardin de Junaynih, 441 ;
avant que les jardins actuels soient plantés, 440 ; le
envoie les bahá’ís accueillir ‘abdu’l-Bahá, 441,
manoir aujourd’hui, 443 ; vue aérienne en mai
442 ; conseille à ses fils d’être fermes, 442 ; parle
1979, 450 ; le mausolée de Bahá’u’lláh les pre-
de mírzá yah∂yá, de la mère du Báb, des religieux
mières années, 451 ; entrée du mausolée aujour-
chiites, et de mullá ‘alíy-i-sabzivári, 443 ; prévoit
d’hui, 453 ; palais de ‘abdu’lláh Páshá, 342, 385,
que toutes les nations entreront dans la cause, 443 ;
389 ; aqueduc, 360n ; manoir bâti par ‘udi
explique le long règne de násiri’d dín shah, 444 ;
Khammár, 389 ; manoir acheté pour Bahá’u’lláh, mais le stigmatise, 456 ; ascension et testament :
389 ; sa vie à Bahjí, 390, 437-444 ; visite de e.G.
index
Browne, 398 ; Bahá’u’lláh revient d’un séjour à
Bouddha, 137
haïfa (1891), 437 ; ascension et enterrement de
Bourée, nicolas, ministre français à istanbul, 481
Bahá’u’lláh, 449, 452 ; voir mausolée de
Branche, la-Plus-Pure-, la, voir mihdí, mírzá
Bahá’u’lláh ; mentionné, 392, 394, 423
Braunschweig, Graf von, premier diplomate allemand
Bahman mírzá, Prince, 39
à Téhéran, 460n, 474
Bahrám mírzá, Prince (mu’izzu’d-dawlih), 72
Britannique, flotte devant acre (1840), 297 ; Traité de
Bakhtíyárí, territoire, 31 ; chef, 328
Paris (1856), 316 ; construit le système télégra-
Ballois, m. de, ministre français à Téhéran, 460, 461
phique en Perse (1864), 465 ; frontière persane Balouchistan. 464
avec le Balúchistán, 465 ; bureau télégraphique à
Balyuzi, h.m., journal de son père, cité, 477n
Julfá, 311 ; visites de nás∂iri’d-dín sháh, 469
Bandar ‘abbás, 464
(1873), 475 (1889) ; docteurs pendant la guerre de
Bandar Jaz (Bandar Gaz), 67
1877-8, 483 ; influence à Téhéran (1884), 460 ;
Báqir, mullá, bábí qui soutient Bahá’u’lláh, 159-160
obtient le passage libre sur la rivière Karún, 474 ;
Báqir, ustád, voir muh∂ammad Báqir-i-Kásháni, áqá mandat pour la Palestine, 298, 345 ; mentionné,
(ustád)
Báqir-i-Káshání, h∆ájí (makhmal Báf), 226
Britanniques, représentants diplomates, andrinople,
Báqir-i-Káshání, ustád, 180
280, addenda ii passim ; Bagdad, 176 ; diyárbakr,
Báqir-i-shírází, mírzá, écrit un traité réfutant les pré-
212n, 213 ; istanbul, 212-213n, 213 ; Tabriz, 259 ;
tentions de mírzá yah∂yá, 263 ; note biographique, Téhéran, 72, 459, 461
Britannique, société pour la Propagation de l’évangi-
Báqir-i-Tabrízí, mullá, lettre-du-vivant, 75, 84, 274
le, 480
Baraπallih, irak, étape du voyage depuis Bagdad, 204
Browne, edward Granville, siège de Plevna lui donne
Bárfurúsh, voir Bábul
envie de faire des études orientales, 287 ; traduc-
Bas∂rah, 167, 172, 246
tion de l’épître à Badí’, 324-325 ; effet de la défec-
Bayán, 50, 61, 133, 145, 266, 274, 377
tion de mírzá yah∂yá, 246 ; visite acre et décrit sa
Bayd∂ún, ‘abdu’l-Ghani, 342 ; famille, 389n
renconte avec Bahá’u’lláh, 398, 401 ; décrit sa ren-
Bayt-i-‘abbúd, voir maison de ‘abbúd
contre avec ‘abdu’l-Bahá, 406-407 ; décrit siyyid
Bayt-i-fanduq, haïfa, où Bahá’u’lláh séjourna, 400
Jamálu’d-dín à londres, 476 ; mentionné 418, 424
Bayt-i-zahlán, haïfa, Bahá’u’lláh séjourna à côté, 401 Bukhárá, 424
Bellew, dr, orientaliste, 466
Bulgarie, 483
« Bien-aimé des martyrs », voir h∆usayn, mírzá
Bulwer, sir henry, ambassadeur britannique à istanbul,
Benjamin, premier americain envoyé en Perse, 474
213n, 213
Berdjis, mas‘ud. 142n
Buq‘atu’l-h∆amrá’(le lieu vermeil), colline près de
Berlin, 378
Bahjí, 391
Beyrouth, visite de ‘abdu’l-Bahá, 405-406 ; vilayet de
Burj al-Kummandar, acre, 360n
Beyrouth, 398n ; afnán marié à une fille de
Burju’s-sulπán, tour des croisés à acre, 353n ; illustra-
Bahá’u’lláh à, 414 ; mentionné, 297
tion, 354
Bibliothèque nationale, Paris, 426
Buisson ardent, 404
Bihjatu’s-s∆udúr, cité, 323 Burújird, 31
Bilál ibn ribáh∂, premier muezzin de l’islam, 290n
Búshihr (Bouchir), 432, 460
Birkás, Turquie, 226
Bustán-i-Kabír, jardin à mazra’ih, 390
Bismarck, Prince, homme d’état allemand, 460
Buyúk Khánum, voir ásiyih Khánum
Blunt, John e., British consul à andrinople, addenda ii
Búyúk Chakmachih, Turquie, 226 ; illustration du
passim
pont, 227
Boghos agha, dirigeant protestant d’andrinople, 479
Buzurg, h∆ájí mírzá, frère de h∆ájí mírzá habibu’lláh
Bombay, 27, 189, 414, 431, 496
afnán, 431, 437, 438, 440
dans la Gloire du Père
Buzurg-i-vazír, mírzá (‘abbás-i-núrí mírzá), père de
Chevaliers de saint-Jean (hospitaliers), 298
Bahá’u’lláh, illustration, 26 ; origine du nom. 27- Chihríq, où le Báb fut emprisonné, 61, 84, 88
28 ; ancêtres. 27n ; famille, 29-34 ; père de
Chiites, chiisme : zaydí, 25 ; en irak, 48, 261 ; clergé,
Bahá’u’lláh, 27, 35, 36 ; nommé vizir, 28, et sa
81, 260, 443, 502, 504 ; doctrine, 171n ; attente du
réussite, 32n ; amitié avec mírzá abu’l-qásim, 31,
qá’im, 188 ; mujtahids qui recommandent la mort
39 ; inimitié de h∆ájí mírzá áqásí, 28, 31-32 ; gou-
de Badí’, 327, et refusent de répondre à l’épître au
vernorat, 31 ; sa dernière femme divorce, 32, 34 ;
chah de Bahá’u’lláh, 327, 333, 335 ; « église-
difficultés financières et autres, 32-33 ; décès
état », 456 ; mentionné, 305, 449
(1839) et enterrement, 33 ; calligraphie : illustra-
Chíkíshlíyár, près de l’embouchure de la rivière atrak,
tion, 36, voir 28, 35, 41 ; maisons de, à Téhéran.
32, 33, 35, à Tákur, 32, 35 ; personnalité décrite,
Chine, 129, 486, 465
53 ; mentionné, 110 Chiraz, déclaration du Báb, 43-46 passim, 236 ; pre-Buzurg Khán-i-qazvíní, mírzá, consul persan à
mier martyr bábí, 189 ; épître de ‘abdu’l-Bahá
Bagdad et sa campagne contre Bahá’u’lláh, 160,
concernant mírzá yah∂yá, 205 ; munírih Khánum
163, 165 ; ‘abdu’l-Bahá parle de ses complots,
s’y arrête en route vers acre, 370 ; mentionné, 18,
166-167, promesse de shaykh ‘abdu’l-h∆usayn,
19, 71, 115-118 passim, 131, 365, 431-432, 458, 169 ; rappelé en Perse il continue sa vendetta,
495, 501
176 ; raison de sa révocation, 181 ; mentionné,
Chirol, sir valentine, conte sa visite en Perse (1884),
174, 176, 416, 477
458-462 ; en Terre sainte, il est reçu par
Buzurg-i-afnán, h∆ájí mírzá, cousin du Báb à hong-
Bahá’u’lláh, 394 ; cité à propos du général
Kong, 397
Gordon, 488
Byzantins, 239
Chosroes i, roi sassanide, 27, 455n Chrétiens, Christianisme : croisés, 295, 298, 305 ; rois
C
de la chrétienté à qui s’adresse Bahá’u’lláh, 267 ;
Caire, le 265, 272, 449
au temps du bannissement de Bahá’u’lláh
Califat, 25, 235-236
d’andrinople, 281 ; épître adressée à, 409 ; au
Cambridge, Bibliothèque universitaire de, 418
temps de l’ascension de Bahá’u’lláh, 449 ; monas-
Camerloher, m. de, consul autrichien à andrinople,
tère sur le mt Carmel, 402 ; mentionnés, 204, 209,
212, 213, 226, 305, 314, 341, 347
Cananéenne, 295, 390
Christ, voir Jésus, le Christ
Carmel, mont, illustration, 296 ; prophéties bibliques
Citadelle, la (la Plus-grande-Prison), acre, illustra-
sur, 307 ; prédiction de Bahá’u’lláh concernant,
tions : extérieur, 312, pièce occupée par
387, 390 ; lawh-i-Karmil révélée, 402 ; Badí’ Bahá’u’lláh, 313 ; description de, 298, 306 ;
reçoit l’épître au sháh, 324 ; Bahá’u’lláh indique
Bahá’u’lláh et ses compagons emprisonnés, 295 ;
le site pour le mausolée du Báb, 401 ; sa tente au
liste des exilés à acre, 300-302 ; partie réservée à
pied du, 432, 432n ; les restes de la Branche-la-
Bahá’u’lláh et sa famille, 298 ; mort de trois exi-
Plus-Pure et de sa mère portés sur, 338 ; mention-
lés, 309, 312 ; sévérité de l’imprisonnement et son
né, 316, 317, 389, 392, 486
atténuation, 309, 311-313 ; arrivée des pèlerins,
Caspienne, mer, 25, 458, 461, 470, 474
314, 316-317 ; Bahá’u’lláh et les exilés sortent de,
Catafago, Kháji louis, agent consulaire français, acre,
341 ; mentionnée, 394
346 ; son fils César, 346
Chúpán, dr, 247
Catherine la Grande, Tsarine de russie, 455
Chypre, mírzá yah∂yá banni à, avec sa famille et quatre
Celui que dieu manifestera, 103-104, 368 bahá’ís. 276, 293 ; exil de áqá ‘abdu’l-Ghaffár,
Césarée, 341
293 ; exil de mullá adi Guzal, 293 ; nabíl visite,
Chahbar (Cháhbahár), 464
317 ; Badri Ján y est envoyée, 362 ; décès de
mírzá yah∂yá. 452 ; mentionné, 343, 346
index
Circassiens, 485
Caire, 265, 272, 289-290, 427 ; à damas, 311 ; en
Cité de dieu, 404
europe, 316 ; à istanbul, 413, 416, 417, 421, 426,
Colonie des « Templiers » allemands, haïfa, 401, illus-
480, voir ∆h∆usayn Khán, h∆ájí mírzá ; à izmir, 288 ; tration, 401
à londres, 477
Congo, 488
diyáláh, rivière, 201
Congrès de Berlin, 471
d∆iyárbakr (diyarbakir). Turquie, étape du voyage
Constantin le Grand, 219 depuis Bagdad, 205, 210-211
Constitution (Perse), 328, 473, 477
d∆iyá’u’lláh, mírzá, fils de Bahá’u’lláh, illustration,
Consuls des Puissances étrangères, à andrinople, 279-
264 ; naissance, 244 ; exilé à acre, 301 ; avertisse-
281, 479-480, d’irak et d’égypte, 281
ment de Bahá’u’lláh, 442
Cosaques, russes, 484 ; Brigade, iran, 328
dí∆yá’u’lláh, mírzá, frère de h∆ájí mullá h∆abibu’lláh
Croisés, acre leur capitale, 295 ; leurs constructions
afnán, 431, 438
dans la citadelle, 298 ; Burju’s-sulπán, tour à acre,
d∆íyá’u’s-saltánih (sháh Bigum), femme de mírzá
353n ; st-Jean- d’acre, 305
Buzurg, 30 ; divorce et règlement du mariage, 32-
Ctésiphon, 17
Curzon, lord. 394
dizfúl. Perse, 502
doktoroglu, sami, 48n, 491 D
dolgorouki, Prince, ministre russe en iran, son rôle
dabíru’l-mulk, consul persan à Bagdad, 157
dans la libération de Bahá’u’lláh in 1852, 121,
damas, 290n, 297, 311. 394, 449 ; vilayet de damas,
122 ; légation officielle qui accompagnes
398n
Bahá’u’lláh à Bagdad, 124
damávand, mt, 17
druzes, 295, 449
daniel, le Prophète, 19
dúst-‘alí Khán (mu‘ayyiru’l-mamálik), 101
danube, districts du, empire ottoman, 480
dúst-muh∂ammad Khán, 101n
darius, roi achéménide, 19
dúst-Khurmátú (Tuz Khurmátú), irak, étape du voya-
dárkalá, 57
ge depuis Bagdad, 203
dáru’l-funún, collège, instituté par amír Kabír, 93,
E
dasht-i-Kavír, 17
eau de rose, Bahá’u’lláh en parle, 440
dasht-i-lút, 17
ecbatane, 19
david, le Psalmiste, 306, 307
écritures, bahá’íes, catégories listées, 409, 410 ; éten-
dawúdí, siyyid, notable de Bagdad, 148, 152
due de 408, 410, 446
dayyán, voir asadu’lláh, mírzá, of Khuy
édirne, voir andrinople
déclaration de Bahá’u’lláh, 195-196, 236
edward vii, 475
dhabíh∂, voir ismá’íl-i-zavári’í, áqá sivyid
égypte, relation historique avec acre, 295, 297, déten-
dhabíh, voir muh∂ammad-ismá‘íl-i-dhabíh∂-i-Kásháni
tion de h∆ájí mírzá haydar ‘alí. 272, 289 ; empri-
dhikru’lláh, mírzá. fils de mírzá muh∂ammad-qulí,
sonment de nabíl, 289-292 ; mentionnée, 124,
exilé à acre, 301 129, 216, 219n, 258, 265, 488-489 passim, 476
dieu, pouvoirs et signes de, 190 ; face de, 402 ; trône
elbourz chaîne de l’, 17
établi sur mt Carmel, 404
élie, grotte d’, mt Carmel, 402
dili-‘abbás, irak, étape du voyage depuis Bagdad, 201
elizabeth i, reine d’angleterre, 459
dilík-Tásh, Turquie, étape du voyage depuis Bagdad,
elliot, mr, ministre britannique à istanbul. 479
émir de qá’inát (mir’alam Khán), 318, 466
diplomates persans : à acre, 343, 346 ; à Bagdad, 129,
erzeroum (erzerum), Turquie, 160
149, 157, voir Buzurg Khán-i-qazviní, mírzá ; au
esfia (‘isfiya), village druze, mt Carmel. 487
dans la Gloire du Père
esslemont, dr J. f., 390
fáπimih, fille de muh∂ammad, 38, 183, 372
« étendard noir », 68 fáπimih, exilée à acre, 302
éthiopie, 290n
fáπimih Bigum, mère du Báb, accepte la foi, 443
euphrate, fleuve, 17, 210, 215
fáπimih Khánum, voir munírih Khánuni
europe : Puissances interviennent à acre (1840), 297 ;
fáπimih Khánum afnán, 189
trois visites de nás∂iri’d-dín shah, 469, 470, 471,
fáπimih sulπán Khánum, femme de mírzá músá, exilée
474, 475 ; légations à Téhéran (1884), 460 ; admi-
à acre, 301
nistateurs européens à Téhéran (1884), 460-461 ;
fáπimih sultán Khánum, fille de mírzá Buzurg, 30
besoin de paix, 400 ; mentionnée, 481
fayd∂í Páshá, gouverneur d’acre, 380
euxine (mer noire), 217
fín, près de Káshán, 93
firaydún mírzá (farmán-farmá), 32, 71, 116n
F
firayját, irak, étape du voyage depuis Bagdad, 198 fád∂il-i-mazandéraní, 423
firdaws, 208
fád∂il-i-∏ihrání, célèbre enseignant bahá’í, 162
firdaws, jardin de, près d’acre, 390
fád∂lu’lláh, mírzá (niz∂ámu’l mamálik), 369
foi, miracles sont des tests pour la. 260
fad∂lu’lláh, mírzá, exilé à acre, 301
foi bahá’íe, berceau de la, 19 ; fruit révélations précé-
fad∂lu’lláh-i-núrí, mírzá (vazír-niz∂ám), 176
dentes, 124 ; heure de la manifestation, 376-404 ;
fakhru’d-dín, chef druse, 295, 298
indiscrétions des disciples à istanbul, 272 ; déjoue
famagouste, 82, 362, 492
les intrigues des azalís d’istanbul, 427 ; l’alliance
famille de Bahá’u’lláh (la sainte famille), voyage
la protège, 466 ; aucun lien avec la sédition, 223 ;
d’exil à Bagdad, 124, 126 ; entend parler de
rôle des martyrs, 437 ; les gouvernements ne peu-
Bahá’u’lláh à sulaymáníyyih, 140 ; part au jardin
vent la vaincre, 233 ; succès, 445 ; shoghi effendi de rid∂ván (Bagdad), 197 ; accompagne
en cite les principaux événements, 236 ;
Bahá’u’lláh à istanbul, 179 ; à acre, 316, 374 ;
mushíru’d-dawlih change d’opinion sur, 467-468,
précepteurs des fils, 438 ; aghsán, 442, 448, 449 ;
469 ; au temps de l’ascension de Bahá’u’lláh, 454 ;
au temps de l’ascension de Bahá’u’lláh, 454
Bahá’u’lláh promet que le monde entier l’accep-
faraj-i-sulπánábádí, áqá, exilé à acre, 302 ; arrêté lors
tera, 443 ; archives internationales, 33, 140, 188,
du meurtre des azalís, 356
247n
faraju’lláh-i-Tafrishí, h∆ájí, exilé à acre, 302 ; arrêté france, 455, 481
lors du meurtre des azalís, 357
françois-Joseph, empereur, 378
farhád mírzá, h∆ájí (mu’tamidu’d-dawlih), 30n, 470,
fu’ád Páshá, Keçeci-zádih muh∂ammad, illustration,
277 ; ministre ottoman des affaires étrangères,
fáris, médecin à alexandrie, 291 177 ; ordonne le bannissement de Bahá’u’lláh à
farmán (édit) du sultan ‘abdu’l-‘azíz. illustration,
andrinople, 221, 277 ; note biographique, 495 ;
310 ; 236, 2309-311, 363, 385. 406, 449
mentionnée, 481,493
farmán-farmá, gouverneur de fars, 116
furúghíyyih Khánum, fille de Bahá’u’lláh, 392, 414
farrant, Colonel. chargé d’affaires britannique, 91
farrukh Khán-i-Ghaffári (aminu’d-dawlih). de
G
Káshán, envoyé persan en europe, 316 ; son fils
Gabriel, ange, 37
devient bahá’í, 316n ; mentionné, 318
Gallipoli, illustration, 283, Bahá’u’lláh et ses compa-
fárs, province de Perse, 32, 81
gnons s’y arrêtent en route vers acre, 284, 284-
fath∂-‘alí, mírzá (fath∂-i-a’z∂am), 285 ; note biogra-
285, 287 ; mentionné, 267, addenda ii passim ;
phique, 494
addenda iii, 483 fath∂-‘alí shah, 28, 30, 116n, 224n, 472, 493
Garmrúd, 504
fath∂u’lláh-i-qumí, mullá, martyr de 1852, 95-96, 109
Gawhar Khánum, exilée à acre, 301
index
Gawhar-shád, mosquée de, 17-18
sim
Getsinger, lua, célèbre enseignante bahá’íe, 119
h∆ájibu’d-dawlih, voir ‘alí Khán, h∆ájí
Ghulám-‘alí, áqá, of Káshán, 441
h∆akím, dr lutfu’lláh. 166
Ghulám-‘alí, mírzá. neveu de Bahá’u’lláh, 113
h∆akímu’l-mulk (mírzá ‘alí naqí), 472
Ghulám-h∆usayn, áqá, de shúshtar, rencontre
hamadán, 19, 140, 159, 476n, 503
Bahá’u’lláh à Kirmánsháh, 127
hamdamu’l-mulk (hamdamu’s-saltanih), fille d’amír
Gílán, province de Perse, 17, 110, 456
Kabír, 93 Gi’uk Tappih (Geok Teppe), 463-464
hammám al-Páshá, illustration, 315 ; mentionné. 316,
Ghánim, shaykh, mausolée de, 345
Goldsmid, sir frederic, 464-466
h∆amzih mírzá (h∆ishmatu’d-dawlih), gouverneur-
Gordon, Charles George, général, en Terre sainte, 392 ;
général du Khurásán, 68 ; refuse d’exécuter le
décrit par Chirol et oliphant, 487-489 ; note bio-
Báb, 462 ; reconquiert hirát, mais perd marv, 462 ;
graphique, 489
note biographique, 496
Goumoens, von, captaine, rapporte les martyrs des
h∆asan ághá, père de mustafá núri Páshá, 503
bábís, 105-106 ; mentionné, 107
h∆asan effendi, capitaine turc, 284
Gouvernorat (Palais du gouverneur, seraye), acre :
h∆asan, h∆ájí, de Tabriz, rencontre Bahá’u’lláh à
345, 352-354, 359, 363n
Bagdad, 497 Grecs, 295
h∆asan Khán (sálár), se rebelle au Khurásán, 91
Gardien de la foi bahá’íe, voir shoghi effendi
h∆asan Khán, h∆ájí mírzá (Khabíru’l-mulk), illustra-
Guerre mondiale, Première, 466
tion, 415 : peut-être azalí, décapité à Tabriz (1896),
Guillaume 1er, de Prussie et d’allemagne, 378, 460n
Gul-i-Guláb, voir h∆asan, mírzá
h∆asan Khán, h∆ájí mírzá. consul persan au Caire, 265,
Gwadur (Gúwádur), dans le golf d’oman, 464, 465
272, 289-291 passim
Gwatar (Gúwátar), ville et baie, 465
h∆asan Khán, mírzá (vazír-niz∂ám), frère de mírzá Taqí
Gyáwur Kyuy, village, Turquie, 267
Khán, 462
h∆asan, mírzá, frère de muh∂ammad Taqí Khán d’ámul,
H
h∆abíbih Khánum, exilée à acre, 302 ; mentionnée, 500 h∆asan, mírzá (Gul-i-Guláb), soutien Bahá’u’lláh, 131 ;
hádí, áqá mírzá, père de shoghi effendi, 432
messager de shaykh murtidá vers Bahá’u’lláh,
hádiy-i-Javáhirí, h∆ájí mírzá, Persan de Bagdad, 161,
163-164
h∆asan, mírzá (mustawfíyu’l-mamálik), 506
hádiy-i-nahrí, mírzá, récit de sa vie et de sa mort, 365-
h∆asan, mírzá (sulπánu’sh-shuhadá’), reçoit épîtres et
367 passim
instructions de Bahá’u’lláh, 370 ; mentionné,
hadrien, empereur romain, 239
365n, 368, 409
h∆áfiz∂, 18 ; cité, 19, 43, 49, 173, 199, 290, 439
h∆asan ághá, Turquie, étape du voyage depuis Bagdad,
hagar, 435n
haïfa. illustrations : Baie et ville avec mt Carmel, 296,
h∆asan-‘alí, h∆ájí mírzá (Khál-i-as∂ghar), oncle mater-
colonie « templière » allemande, 401, mausolée du nel du Báb, 187, 189
Báb, 402, carte de haïfa en 1880, 401, carte des
h∆asan-‘alí Khán-i-qájár, commande l’attaque de
lieux saints bahá’ís, 433 ; développement de, 298 ;
Tákur, 110, 113
Bahá’u’lláh arrive, 293, 400 ; colons bahá’ís à,
h∆asan-‘alí mírzá (shujá’u’s-saltanih), 28
316 ; quatre visites de Bahá’u’lláh, 400-401, 432,
h∆asan-i-‘amú, mullá, envoyé par les oulémas voir
434n ; visite de midh∂at Páshá, 405n ; le groupe des
Bahá’u’lláh, 167-168, 172
afnán arrive (juillet 1891), 432 ; climat et maladie
h∆asan al-Basrí, voyant du début de l’islam, 290n
à, 435 ; visite du général Gordon, addenda iv pas-
h∆asan-i-hakím Báshrí, h∆ájí mírzá, hôte de
Bahá’u’lláh à Kerbéla, 132
dans la Gloire du Père
h∆asan-i-Khamsi’í, martyr de 1852, 109
l’exil de Bahá’u’lláh à acre, 234 ; informe les h∆asan-i-Khu’í, 75
consuls persans d’irak et d’égypte que la protec-
h∆asan-i-Khurásání, siyyid (h∆asan-i-rad∂avi, h∆ájí
tion turque est retirée, 310 ; agit pour s’assurer de
mírzá), martyr de 1852, 109
la dureté de l’emprisonnement à acre, 312 ; chah
h∆asan-i-Kujúrí, h∆ájí, 111
lui envoie l’épître qu’il a reçue de Bahá’u’lláh,
h∆asan-i-Turk, h∆ájí, soutien Bahá’u’lláh à Bagdad, 157
326 ; commandé de se rendre à Bagdad pour y
h∆asan-i-zunúzí, shaykh, secrétaire du Báb, 67 ; recon-
recevoir le chah, 466 ; arrestation et libération de
naît Bahá’u’lláh à Kerbéla (oct. 1851), 88
shaykh salmán, et effet des pétitions bahá’íes sur
háshim, h∆ájí mullá, religieux chiite, 154
Bahá’u’lláh, 466-469 ; devient grand vizir, 468 ;
háshim Khán, h∆ájí. fonctionnaire de Chiraz, 468
organise la concession reuter, 469 ; révoqué
háshim-i-‘aππár, h∆ájí, marchand de Bagdad qui accep-
comme grand vizir, 470-471 ; devient ministre des te Bahá’u’lláh, 131, 163
affaires étrangères, 470 ; postes suivants et décès,
h∆avvá Khánum, femme de mírzá músá, exilée à
472 ; chah obtient de l’argent pour sa propriété,
Bagdad, 301
472 ; son frère hérite de son titre, 473 ; Bahá’u’lláh
hayát-qulí Khán. gouverneur de Karand, 127
lui pardonne dans l’épître au fils du loup, 233-
h∆aydar-‘alí, h∆ájí mírzá, arrive à andrinople, 258 ;
234, et dans une autre épître, 234 ; note biogra-
banni au soudan, 271, 274 ; nabíl fait appel de sa
phique, 496 ; mentionné, 164, 219, 221, 223, 267,
détention, 289 ; libéré, 392 ; mémoire cité concer-
471, 477, 505, 506
nant Badí’, 324, et mushíru’d-dawlih, 466 ; men-
h∆usayn Khán (niz∂ámu’d-dawlih, s∆áh∂ib-ikhtíyár),
tionné, 341
gouverneur de fárs, 71
h∆aydar-‘alí uskú’í, mírzá. auteur d’une histoire de la
h∆usayn, mírzá (mah∂búbu’sh-shuhadá’), 365n, 368, foi en azerbaïdjan, 259
370, 409,
herat (hirát), 460, 462
h∆usayn, le Promis, 88
hindíyán. 494
h∆usayn ‘alíy-i-isfahání, áqá, marchand à istanbul,
h∆isámu’s-saltanih, voir sulπán murád mírzá
h∆ishmatu’d-dawlih, voir hamzih mírzá
h∆usayn ‘alí, Khayyát-i-Káshání (Khayyát-Báshi),
hizárjaríb, district de Perse, 67
émigre à istanbul, 180 ; exilé à acre, 303 ; assassi-
hong-Kong, 397, 414
né à acre, 356, mentionné, 226, 244, 248
hongrie, 505
h∆usayn ‘alí, mírzá, voir Bahá’u’lláh
h∆ujjat (mullá muh∂ammad ‘alíy-i-zanjání), porte une
h∆usayn ‘alí mírzá (farmán farmá), 116n, 149
épître du Báb au premier ministre, 71 ; battu à
h∆usayn ‘alí, sivyid, bábí de Bagdad, 269 zanján, 81, 92, mentionné, 103, 494
h∆usayn aqáy-i-qahvih-chí, de Tabriz, exilé à acre
húlágú Khán, 219n
301 ; arrêté après le meurtre des azalís, 352, 357
h∆uqúqu’lláh, 424
h∆usayn-i-ashchí, áqá, illustrations, 12, 264 ; vie et
h∆urúf-i-h∆ayy, voir lettres-du-vivant
souvenirs, 13, 14 ; caractère et dévouement, 352 ;
h∆usayn, imam. 92, 154, 338, 425, 441n, 443, 444,
émigre à istanbul, 181 ; cuisinier de Bahá’u’lláh,
492 ; mausolée de, 88
242, 244, 270, 279 ; exilé à acre, 302 ; oncle d’un
h∆usayn Khán, h∆ájí mírzá (mushíru’d-dawlih), illus-
pélerin à acre, 316, 318, participe au meurtre de
tration, 235 ; ambassadeur persan à istanbul. 160 ;
trois azalís, 351, 356 ; note biographique, 497 ;
son rôle dans le départ de Bahá’u’lláh de Bagdad,
mentionné, 200, 214, 369
177, 470 ; Bahá’u’lláh intercède pour un persan à
h∆usayn-i-Bagdadí, visite andrinople, 265 ma’dan-i-mis, 212 ; insiste pour que Bahá’u’lláh
h∆usayn-i-Bushrú’í, mullá (Bábu’l-Báb), raconte la
soit banni à andrinople, 221 ; Bahá’u’lláh l’admo-
déclaration du Báb, 44-46 ; reçoit du Báb mission
neste, 233 ; loue Bahá’u’lláh et ses compagnons
d’aller à Téhéran, 48, 49-50, 69 ; son voyage, 49-
lorsqu’il est à istanbul, 224 ; son estime pour
51 ; arrive et accomplit sa mission, 51-54 ; le Báb
mishkín-qalam and sayyáh∂, 272 ; responsable de
lui demande d’aider quddús, 68 ; les bábís se joi-
index
gnent à lui sous l’étendard noir, 68 ; à shaykh
180, assassiné à acre, 356, mentionné 200, 254
∏abarsí et décès, 55, 69, 92 ; mentionné, 103, 365
‘id al-ad∂h∂á, al-, fête musulmane, 204, 435n
h∆usayn-i-is∂fahání, áqá (mírzá), voir mishkín-qalam iláhíyyih, Turquie, étape du voyage depuis Bagdad,
h∆usayn Ján-i-milání, martyr de 1852, 108, 110
h∆usayn-i-Káshání (Káshi), áqá siyyid, émigre à ilyás abyad, maison de, haïfa, où Bahá’u’lláh séjour-
istanbul, 180 ; renvoyé chez lui depuis
na, 401
andrinople, 197 ; mentionné, 200, 226
‘imádu’d-dawlih, voir imám qulí mírzá, prince
h∆usayn-i-Kátib, siyyid, de yazd, lettre-du-vivant et
imams, 25, 129, douzième, 188 ; voir ‘alí, h∆usayn, martyr de 1852, 76, 107
rid∂á (imams)
h∆usayn-i-Khurásání, mullá, martyr de 1852, 109, 470
imám-qulí mírzá, Prince (‘imádu’d-dawlih), gouver-
h∆usayn-i-mutavallíy-i-qumí, mírzá. déserte à ∏abarsi,
neur de Kirmánsháh, 416, 473n
122 ; attitude dans le síyáh-Chál et histoire,
imám-virdí mírzá, fils de fath∂-‘alí shah, 28
102,122 ; condamné à la prison à vie mais banni,
imám-zádih h∆asan, mausolée de, où fut caché le corps
109 ; inquiétude pour la sécurité de Bahá’u’lláh,
du Báb, 87
172 : tablette révélée pour, 173
lnde, 177, 365, 465, 502 h∆usayn-i-najjár, áqá mírzá, exilé à acre, 302 ; parti-
institut de langues orientales, st-Petersbourg, 324
cipe au meurtre des trois azalís, 351, 356
intiz∂ámu’s-salπanih, dévouée à ‘abdu’l¬Bahá, 34
h∆usayn-i-naráqí, áqá, rejoint le voyage partant de
irak, tombe de mírzá Buzurg, 33 ; fief des religieux
Bagdad, 212
chiites, 48 ; séjour de Bahá’u’lláh à Kerbéla et
h∆usayn-i-qas∂s∂ab, áqá, 225
dans les villes saintes, chap. 13 ; il choisit l’irak h∆usayn-i-rawdih-Khán, siyyid, dévoile à Bahá’u’lláh
pour son exil, 124, son séjour en Kurdistan irakien,
les complots contre lui, 172
chap. 21 ; visites des villes saintes par nás∂iri’d-
h∆usayn-i-sharif-i-Káshání, mírzá, épouse la fille de
dín sháh, 466 ; mentionné 17, 73, 130, 187, 188,
áqá muh∂ammad Táhir, 415 ; accusations contre,
217, 232, 476n, 502, 503, 504
426 ; fait chevalier, 427
irbíl (arbil, erbil), irak, étape du voyage depuis
h∆usayn-i-shírází, h∆ájí mírzá, banni au soudan, 258 Bagdad, 204
h∆usayn-i-Turshízí, áqá siyyid, un des sept martyrs de
iris (yeshil irmak), rivière, 216
Téhéran, 75
isaïe (ésaïe), le prophète, 377
h∆usníyyih, exilé à acre, 302
íshán (« ils »), une désignation de Bahá’u’lláh, 142
h∆usníyyih Khánum, fille de mírzá Buzurg, 30
‘ishqábád, 414, 506
islam, 63, 394, 476
I
ismá’íl Khán, mírzá, employé bahá’í de l’ambassade
ibn-álúsí, érudit sunnite attiré par Bahá’u’lláh, 148,
de Perse, istanbul, 425
ismá’íl Páshá, khédive d’égypte, 272, 289
ibn-i-as∂daq, main de la cause de dieu, 34, 50
ismá’íl, sháh, foundateur de la dynastie safavide, 19,
ibnu’l fárid∂, mystique égyptien, 142
ibráhím Big-i-Khurásání, martyr de 1852, 109
ismá’íl, shaykh, murshid soufi à sulaymáníyyih, 141
ibráhím Khán, mírzá, consul persan à Bagdad, 129,
ismá’íl, siyyid, présent à qom lorsque arrivent les
149, 157n
effets personels du Báb, 85
ibráhím, mírzá, père du roi des martyrs et du bien-
ismá’íl-i-Káshi (Káshání), ustád, parmi les premiers
aimé des martyrs, 365, 366
pèlerins à acre, 316
ibráhím Páshá, conquiert acre mais est battu par la
ismá’íl-i-zavári’í, áqá siyyid (dhabih∂), son histoire,
flotte européenne, 297, 389n
son poème et son sacrifice, 155 ; mentionné, 225
ibráhím Páshá háqqí, gouverneur d’acre, 380
ismu’lláh (le nom de dieu), titre donné à plusieurs
ibráhím-i-Káshaní (Káshí) h∆ájí, émigre à istanbul,
personnes, 50n ; individus, 50, 288
ispahan, visite de mullá h∆usayn, 50 ; séjour du Báb,
dans la Gloire du Père
366 ; situation lors de la visite de Chirol, 459 ;
période la plus féconde du ministère de
mentionné, 18, 19, 328, 456 (province), 499
Bahá’u’lláh, 265-266 ; propriétaire espion du gou-
israël, 135
vernement, 277
istanbul : illustrations, vue du Bosphore, 220 ; mírzá
‘izzat mullá, père de fu’ád Páshá, 495
musá et d’autres bábis, 200 ; usage des noms par
‘izzat Páshá, gouverneur-général de Khárpút, 214
l’auteur, 14-15 ; mullá ‘alíy-i-Bastámí arrive,
‘izzatu’d-dawlih, femme d’amír Kabír, 93, 181n
48n ; ambassadeur persan, voir h∆usayn Khán, h∆ájí
mírzá ; Bahá’u’lláh invité à se rendre à istanbul,
J
178, 220 ; sa famille et ses compagnons l’accom-
Jabal-Jubilah, sur les côteaux de mosul, 204
pagnent (liste), 180 ; sens de ce déplacement, 182 ;
Jadhdháb, voir ‘azízu’lláh-i-Jadhdháb, áqá Ja‘far détails du voyage, 191, 197-218, 261n, 285, 289 ;
aghá, élève mus∂tafá núri Páshá, 503
révélation de la súriy-i-hawdaj, 217 ; ministre bri-
Ja’far, mullá (Gandum-Pák-Kun), premier bábí
tannique, 210n, 212, 213n, 479 ; arrivée de
d’ispahan, 50
Bahá’u’lláh, 218-219, 234 ; description de la ville,
Ja’far-qulí Khán, hôte de Bahá’u’lláh en 1852, 97
180 ; mosquées, 219-221 passim, 225, 243 ; per-
Ja‘far-i-Tabrizí, h∆ájí, se coupe la gorge quand
sonnes haut placées rendent visite à Bahá’u’lláh,
Bahá’u’lláh est banni à acre, 282 ; emmené à
163, 219, 221, 224, 234 ; résidences de
acre, 293, 299 ; arrêté lors du meurtre des trois
Bahá’u’lláh et de ses compagnons, 219, 221 ; ses
azalís, 356 ; note biographique, 497 ; mentionné,
activités à, 219-220, 223, 224, 234 ; ses observa-
tions sur les habitants, 230, sur les dignitaires per-
Ja‘far-i-yazdí, áqá mírzá, émigre à istanbul, 180 ; sans, 234 ; ambassadeur persan est le centre de
exilé à acre, 302 ; participe au meurtre des trois
l’opposition, 232 ; description tardive par l’ambas-
azalís, 351, 356 ; mentionné, 200, 208, 214, 314,
sadeur de l’attitude de Bahá’u’lláh et des digni-
taires, 468 : contacts de Bahá’u’lláh avec h∆ájí
Jaffa, 292, 487
mírzá safá, 220-221, 223 ; son bannissement à
Jahángír mírzá, son réçit de la chute de h∆ájí mírzá andrinople, 221, 224, 227, 236, 481 ; décès de sa
áqási, chap. 10
fille en bas âge, 225 ; plus de bábis arrivent, 225-
Jakhjakh, rivière, 207
226, certains sont envoyés au loin, 226 ; départ
Jalál, mírzá, gardien de la maison du Báb, 431
pour andrinople après un séjour de quatre mois,
Jaláli’d dín-i-rúmi, cité, 435, 478 ; mentionné, 240n,
226, 227 ; Tablettes révélées, 227-228, 233, 236 ;
434n
shoghi effendi évalue l’importance du séjour, Jalálu’d-dawlih (sulπán-h∆usayn mírzá), 409, 436-437
235-236 ; bahá’ís partent d’andrinople pour
Jam de las Bailah, 465
contrer les malfaiteurs, 214 ; le Kitáb-i-Badí‘ réfu-
Jamál effendi (sulaymán Khán), 418n
te les accusations d’un juge d’istanbul , 267 ;
al-Jamál, famille, 389n
quelques bahá’ís et azalís quittent andrinople pour
Jamál, jardin de, 442
istanbul (leurs actions, leur arrestation, leur inter-
Jamál-i-Burújirdí, áqá (ismu’lláhu’l-Jamál), 51n
rogatoire, leur emprisonnement), 270, 272, 275,
Jamálu’d-dín-i-asadábádi, siyyid (afghání), illustra-
293, 311 ; activités des azalís à istanbul, chap. 40 ;
tion, 473 ; hostile à la religion du Báb et de
attente des réfugiés et de l’armée en retraite après
Bahá’u’lláh, 411 ; personnalité et activités, 476 ;
la chute de Plevna, 485 ; mentionné, 240, 243,
rencontre nás∂iri’d-dín sháh, 475 ; exécuté à
252, 287, 297, 305, 342, 378, 491, 493, 495, 496, Tabriz, 414, 415 ; mentionné, 478
498, 500, 502, 504, 506
Jamshíd-i-Gurji (Bukhárá’i), áqá, note biographique,
i‘timádu’s-salπanih, voir muh∂ammad h∆asan Khán
498 ; mentionné, 265, 270, 284
izmír, voir smyrne
Ján, Khánum, femme de mírzá muh∂ammad-qulí, exi-
‘izzat áqá (Páshá), maison de, dernière résidence de
lée à acre, 301
Bahá’u’lláh à andrinople, 261 ; description, 263 ;
index
Ján, Khánum, femme de h∆ájí ‘alí askar-i-Tabrízí, exi-
Kamál Páshá, yúsuf, voir yusuf Kamál Páshá
lée à acre, 302
Kamálu’d-dín-i-naráqí, h∆ájí mírzá, 135
Jání, h∆ájí mírzá, arrêté à ámul, 75, 77 ; martyr de Kámrán mírzá (náyibu’s-saltanih), 27, 456, 461, 478
1852, 108 ; mentionné, 50, 155, 181
Karand, village, 127
Javád, h∆ájí siyyid, lmám Jum’ih de Kirmán, 429 Kerbéla, mort de h∆ájí mírzá áqási, 74 ; séjour de
Javád, le h∆at∂t∂áb, 145
Bahá’u’lláh, chap. 13 ; mírzá áqá Ján rencontre
Javád-i-Karbilá’í, h∆ájí siyyid, rencontre Bahá’u’lláh à
Bahá’u’lláh, 132-133 ; nabíl à, 152 ; mentionné,
Kerbéla (1851), 88 ; reconnaît le rang de
46, 68, 117n, 131, 365, 466, 492, 501
Bahá’u’lláh à Bagdad, 131 ; parle à Bahá’u’lláh de
Karbilá’í, h∆ájí-Bábá, de zarqán, 418
sa visite aux oncles du Báb, 187
Karím Khán-i-zand, 18
Javád-i-Khurásání, mírzá, condamné en 1852, 132 ; à
Karkúk, irak, étape du voyage depuis Bagdad, 202-
Bagdad, 150
203 ; mentionnée, 165
Javád-i-shirází, mírzá siyyid, marchand du Caire, 290
Kárún, rivière, 474
Javánmard, ustád, 25
Káshán, visite de mullá h∆usayn, 50 ; mort d’amir
Jaz (Gaz), village de Perse, 67 Kabir, 93 ; mentionnée, 121, 498 passim, 502
Jazírih, étape du voyage depuis Bagdad, 207
Káshánih, Turquie, où fut commencée la súriy-i-rais,
al-Jazzár, mosquée de, acre, illustration, 360 ; men-
267, 283
tionné, 345
Káz∂im Khán (niz∂ámu’l-mulk), 121, 470
Jazzár Páshá, voir ah∂mad Páshá
Káz∂im Khán-i-Turk (farrásh-Báshí), décrit les tortures
Jérusalem, 98, 281, 377
et la mort de Badí’, 330-333, 334
Jésus, le Christ, 20, 38, 47, 98, 137, 223, 338, 347, Káz∂im-i-rashtí, siyyid, 44n, 46, 50-52 passim, 59, 88, 400, 426, 451
175, 365
Jiddah (Jaddih), 372
Káz∂im-i-samandar, mullá (shaykh), de qazvin, 234n,
Jináb-i-manshádí (muh∂ammad-Taqi, siyyid), 432
414, 419
Jiwaní, 465
Káz∂imayn, souvent visité par Bahá’u’lláh, 117, 135,
Jonas, 204 147 ; mujtahids envisagent la guerre sainte, 166 ;
Jones, Commandant James f., 141
mentionné, 129, 131, 148, 157, 492
Jour de dieu, décrit par le Báb, 47-48 ; décrit par
Kemball, Colonel sir arnold Burrows, 176
Bahá’u’lláh, 192-195, 404, mentionné, 43, 45, 51,
Khabíru’l-mulk, voir h∆asan Khán, h∆ájí mírzá
Khabur, rivière, 207
Jour de la résurrection, 62, 63, 188
Khadíjih Bigum, femme du Báb, 188 ; rêve avant son
Judas, 446
mariage, 372 ; la première à accepter le Báb, 429 ;
Judaydah, irak, étape du voyage depuis Bagdad, 199-
vit dans la maison de h∆ájí mírzá siyyid-‘alí, 370,
200, 201,202
372 ; sa rencontre avec munirih Khánum, 370,
Juifs, 207, 449 ; voir prophètes hébreux
372 ; mentionnée, 495
Junayníh, jardin de (mazra’ih), illustration du site, 436 ; Khadijih Khánum, mère de Bahá’u’lláh, 29 ; enfance
visité par Bahá’u’lláh, 441 ; mentionné, 390, 442
de Bahá’u’lláh, 35, 36 ; mentionné2, 28
Khalil mansúr (muh∂ammad ibráhim, áqá, de Káshán),
premier bahá’í à s’installer à haïfa, 316 ; note bio-
K
graphique, 498
Kaaba, céleste (Cité de dieu), 404
Khalíl-i-yálrúdí, mírzá, 113
Ka’b ibn zuhayr, 219n
Khán-i-afranj, acre, 345, 491
Kabri, source près d’acre, 360n
Khán-i-‘arab, andrinople, 240
Káká ah∂mad, saint kurde, 142
Khán-i-‘avámid (Jurayni, al-‘umdán), acre, illustra-
Kalát, Khán de, 464, 465
tion, 3342 ; carte, 344 ; mentionné, 341, 345
Khán Bábá Khán-i-sardár, jardin de, 72
dans la Gloire du Père Khán-i-Jurayní, 345, 374 ; voir Khán-i-‘avámid
voyage depuis Bagdad, 203, 204, 206, 208, 217 ;
Khán nanih, femme de mírzá Buzurg, 29
mentionné, 19, 141-142 passim, 284, 498, 505
Khán-i-Pahlaván, acre, 390
Kurdistan, 19, 58, 140, 141, 203, 210, 236
Khán-i-shávirdí, acre, illustrations, 354, 355 ; men-
tionné, 345, 353, 356, 359, 362, 390
L
Khán al-’umdán, 341, 345, 356, 374, 390 ; voir Khán-
lálihzár, jardin, 72, 73
i-‘avámíd
langue universelle, 378
Khán-i-válidih, istanbul, 425
leçons de saint-Jean-d’acre, les, illustrations, texte
Khániqayn, 127, 466
persan annoté par sipahdár-i-a’z∂am, 326, 332 ;
Khartoum, bannissement de h∆ájí mírzá h∆aydar-‘alí et
mentionné, 329
de ses compagnons, 272 ; général Gordon à, 488, lettres-du-vivant (h∆urúf-i-hayy), reconnaissent le
489 ; mentionné, 392
Báb, 46 ; le Báb s‘adresse à elles, 47-48 ; sept
Khárpút (harput), Turquie, étape du voyage depuis
meurent à ∏abarsi, 92 ; quelques individus, voir
Bagdad, 208, 214
‘alíy-i-Bastámí, Báqir-i-Tabrízí, h∆usayn-i-
Khávar, h∆ájí, résident bahá’í en Terre sainte, 441
Bushrú’i, h∆usayn-i-Kátib, muh∂ammad ‘alíy-i-
Khavvám, mansúr, à acre, maison de, 341, 345 ;
qazviní, quddús, Táhirih ; mentionné, 75, 103,
famille, 391, 392
107, 115
Khayyát-Báshí, voir h∆usayn ‘alí, Khayyát-i-Káshání
liakhoff, Colonel, 328
Khazá-chai, rivière, 203
liban, 307
Khirqiy-i-sharíf, mosquée de, istanbul, 219
lieu vermeil (Buq’atu’l-h∆amrá’), colline près de
Khorassan, prophétie du « drapeau noir », 68 ; men- Bahjí, 390
tionné, 91, 378, 462-464 passim, 496, 497
límán, prison à acre, 343, 345, 353, 355, 362
Khrasnovodsk, sur la mer caspienne, 462
liqá Khánum, femme de mírzá muh∂ammad-‘alí, exilé
Khulás∂atu’l Bayán, ouvrage de mírzá áqá Khán, 427n
à acre, 301
Khurshíd Páshá, voir muh∂ammad Khurshid Páshá
listes, des compagnons de Bahá’u’lláh ; des émigrants
Khusraw Bimán, áqá, 27
à istanbul, 180 ; des exilés envoyés à acre, 300-
Khusraw Khán, 59
Khúzistán, 19, 474
livre des noms, 404
Kirmán, 17, 378, 494
lomakin, Général, 464
Kirmánsháh, Bahá’u’lláh y passe un mois (1851), 88 ;
lovett, major, 465
y rencontre des bábís (1852), 127 ; mentionné, 19, luristán, 19, 31
39, 73, 88, 155
lurs (tribu), lurí (membres de la tribu), 19, 31n, 493
Kitáb-i-iqtidárát, collection de Tablettes de
lutf-‘alí mírzá, de Chiraz, martyr de 1852, 108
Bahá’u’lláh, 414
lutfu’lláh, áqá, arrive andrinople, 270
Kitáb-i-mubín, collection de Tablettes de Bahá’u’lláh,
M
Kiyámil Páshá, grand vizir ottoman, 398n
Kiyámilí Páshá, h∆ájí, vali de d∆iyárbakr, 210, 211-213n
ma’dan-i-mis (maden), Turquie, étape du voyage
Kizil irmak, rivière, 215
depuis Bagdad, 212-213
Koetschet, dr Josef, 460
ma’dan-i-nuqrih, Turquie, étape du voyage depuis
Konya, 503
Bagdad, 215
Kúchik Khánum, mère de mírzá yah∂yá, 30 madelli, escale du voyage vers acre, 288
Kúchik Chakmachih, Turquie, 226
madrisiy-i-mírzá s∆álih, Téhéran, 33, 51, 52
Kulthúm Khánum-i-núrí, femme de mírzá Buzurg, 29,
madrisiy-i-Kásihgarán, ispahan, 366
máh-Kú (mákú), où le Báb fut emprisonné, 59, 83, 88,
Kurdes, viennent attaquer Bahá’u’lláh, 172 ; pendant le
index
mahd-i-‘ulyá, mère de mírzá muh∂ammad-‘alí, exilée
mamelouks, 295, 297
à acre, 300
ma‘múratu’l-‘azíz, 499
mahd-i-‘ulyá, mère de nás∂iri’d -dín shah, 72, 73, 97,
manifestations (Prophètes, messagers) de dieu, attitu-
121, 492
de bahá’íe envers, 37 ; annonce jour de dieu, 292
mahdí (mihdí), 68, 275, 426 passim ; caractère unique de la conférence de
mah∂múd áqá, notable de Bagdad, 148
Badasht, 61 ; décrites par Bahá’u’lláh, 190, 223 ;
mah∂múd, h∆ájí, guidait le palanquin de Bahá’u’lláh,
Bahá’u’lláh se décrit lui-même, 193-195, 223 ;
198, 213
Bahá’u’lláh fut la première à vivre sur le continent
mah∂múd, h∆ájí mírzá (nizámu’l-‘ulamá), tuteur du
européen, 239 ; proclamation de Bahá’u’lláh équi-
chah, 101
vaut en étendue à toutes les révélations passées,
mah∂múd Khán, Kalántar de Téhéran 68, 83
266 ; et la Terre sainte, 305 ; doctrine de l’infailli-
mah∂múd, mírzá, frère d’ásiyih Khánum, 39
bilité de, 378 ; mentionnées, 19, 22, 410, 446, 449
mah∂múd, mírzá, condamné à la prison à vie en 1852,
mans∂úr, al-, calífe abbáside, 129
mans∂úr Khavvám, maison de, acre, 341
mah∂múd Pásháy-i-mákú’í, 72 mantovitch, colonel de, 472
mah∂múd, shaykh, d’acre, prépare le corps de la Plus-
manúchihr Khán (mu’tamidu’d-dawlih), illustration,
Pure -Branche pour son enterrement, 338 ; accepte
51 ; mentionné, 50, 366
Bahá’u’lláh, 363 ; fait entrer les pèlerins dans
marághih, 492
acre, 364 ; surveille la tombe de Bahá’u’lláh, 364
márdín, Turquie, illustration, 211 ; étape de la marche
mah∂múd ii, sultan, 503
depuis Bagdad, 208-210
mah∂múd al-álúsí, shaykh, enseignant célèbre, 148n
marseille, 488
mah∂múd-i-Káshání, mírzá, émigre à istanbul, 180 ;
martyrs, leur sang fertilise la Cause de dieu, 437 ; fier-
pendant le voyage, 200, 201 ; à andrinople, 243,
té des futures générations, 444 ; noms des indivi-
244, 248, 263 ; exilé à acre, 301 ; emprisonné au
dus, 92, 106-109, 118, 123, 259, 272, 274, 409,
temps du meurtre des trois azalís, 356 ; note bio-
graphique, 498 ; mentionné, 501
marie, mère de Jésus, 38
mah∂múd-i-Khushnivís, cousin du père du Báb, 429
maryam, femme du demi-frère de Bahá’u’lláh, 30 ;
mah∂múd-i-qazvíní, mírzá, martyr de 1852, 109
soigne Bahá’u’lláh après sortie du siyáh -Chál,
mah∂múd-i-zarqání, mírzá, secrétaire de ‘abdu’l-Bahá,
124 ; épître à, 140-141
101n
maryam-sultán Bigum, fille du frère de la femme du
maison de Justice, 378
Báb, 429 ; voyage jusqu’en Terre sainte, 432 ;
majdi’d-dín, mírzá, fils de mírzá músá, illustration
reçoit des cadeaux de la Plus-sainte-feuille, 444
(enfant), 264 ; exilé à acre, 301 ; mentionné, 432n
marv (merv), 460, 462 passim
majíd Khán-i-áhí, mírzá, secrétaire de la légation
mashhad, 17, 91, 462, 470
russe, illustration, 121 ; marié à la sœur de mashhadí faππáh∂, exilé à acre, 302 ; emprisonné lors
Bahá’u’lláh, 29, 97 ; demande au Prince
du meurtre des trois azalís, 356
dolgorouki d’aider Bahá’u’lláh, 121
mashriqu’l-adhkár (maison d’adoration), mt Carmel,
makrán, 464, 465
mal, 402
masíh∂, mírzá, prière de souvenance pour, 67
malik, maison de, acre, 341, 345
masjid-i-sháh, 33
malkam Khán, mírzá, plus tard, Prince (názimu’d-
mas’úd-i-Garmrúdí, ministre des affaires étrangères
dawlih), cherche l’aide de Bahá’u’lláh à Bagdad,
de Perse, 34
175, 176, 477 ; rédige et publie qánán, 418 ;
ma’s∂úmih, exilé à akká, 302
lettres de mírzá áqá Khán, 426 ; représentant per-
mathnaví, 289, 478
san à londres, 474, 476 ; s’oppose à nás∂iri’d-dín mausolée du Báb, illustration, 402 (avant la superstruc-
shah, 477-478 ; mentionné, 458
ture) ; ordonné par Bahá’u’lláh et construit par
dans la Gloire du Père
‘abdul-Bahá, 401 ; mentionné, 338
mihdíy-i-Káshání, áqá, martyr de 1852, 109
mausolée de Bahá’u’lláh, illustrations, en 1919, 451,
mihdíy-i-Khu’í, mullá, 69
entrée aujourd’hui, 453 ; mentionné, 364, 389,
mihdíy-i-nahrí, mírzá (h∆ájí) siyyid, 365
390, 452, 469
mihdí-qulí mírzá, Prince, 75, 78
mawlaví-Khánih, andrinople, 249, 254
mihdíy-i-rashtí, mírzá, juge à istanbul, 267
mayo, lord, vice-roi de l’inde, 466
mír‘alam Khán, émír de qá’inát, 317, 466
mazandéran, province, carte, 56 ; Bahá’u’lláh propage
mír ‘alí Khán (shujá‘u’l-mulk), 469
la religion du Báb, chap. 6 ; conférence de mír ‘imád, calligraphe, 28
Badasht, 61 ; notables rencontre Bahá’u’lláh, 61-
mír Jalíl, dans la révolte de zanján, 494
68 ; bábís à shaykh ∏abarsí, 69, 92 ; mentionné,
mír muh∂ammad, bábí de Chiraz, 261, 269
17, 27, 29, 79, 82, 110, 456, 501, 504
mír muh∂ammad-h∆usayn, imám-Jum’ih d’ispahan,
mazra’ih, manoir de, proche d’acre, illustrations, 383,
409, 457
384 ; loué pour Bahá’u’lláh, 383-387 ; mentionné,
mír siyyid muh∂ammad, imám-Jum’ih d’ispahan, 366
360n, 389, 390
miracles, Bahá’u’lláh en propose un aux oulémas, 167-
mazra‘iy-i-vashshásh, ferme près de Bagdad, 174,178
168 ; tests de foi, 260
mecque, la, pèlerinage du Báb, 48 ; pèlerinage de
mírzá áqá, fils de mírzá Buzurg, 29
munírih Khánum, 370, 372 ; mentionné, 124, 204,
mírzáy-i-shírází, religieux de Téhéran, 429, 477
434n, 504 mishkín-qalam (áqá h∆usayn-i-is∂faháni), illustrations,
médine, 48, 124, 297
de lui-même, 264, 271, de sa calligraphie, 185,
méditerranée, port d’acre, 295 ; mentionné, 389
273 ; arrive à andrinople, 262n, 265 ; va à
mémorial des fidèles, 50, 491
istanbul, 270, 272 ; arrêté, 274 ; amené à Gallipoli,
mer noire (euxine), 217, 218
284 ; envoyé à Chypre, 293 ; enseigne la calligra-
mésopotamie, 203, 210, 216, 295
phie à Bahjí, 438 ; valeur de sa calligraphie, 276 ;
michée, le prophète, 307
mentionné, 341, 343, 442
midh∂at Páshá, valí de syrie, illustration, 403 ; invite moïse, références de Bahá’u’lláh à, 261 ; mentionné,
‘abdu’l-Bahá à visiter Beyrouth, 405, 406, 466 ;
20, 35n, 47, 124, 137, 305, 370
visite haïfa et acre, 405n ; valí de Bagdad pendant
mongols, 129
le pèlerinage de nás∂iri’d-dín sháh, 466 ; comparé
Plus-Grande-Branche, la, voir ‘abdu’l-Bahá à siyyid Jamálu’d -dín, 476 ; note biographique,
Plus Grande Paix, 400
498-499
Plus Grande Prison, voir Citadelle
mihdí, voir mahdi
mosul, irak, illustration, 207 ; étape du voyage depuis
mihdí, áqá (maliku’t Tujjár), assassine h∆ájí mírzá
Bagdad, 204-206 ; bahá’ís de Bagdad envoyés à,
Jáni, 108
270, 322, 498, 500, 501 ; arrivée de Badí’, 322 ;
mihdí Khán-i-Ghaffári, 316n
mentionné, 48n, 212, 316
mihdí, mírzá (la Plus-Pure-Branche), illustrations,
mu‘awíyah, calife, 219n
264, 339 ; naissance (1848), 33 ; laissé à Téhéran
mu‘ayyiru’l-mamálik, voir dúst-‘alí Khán et dúst
parce qu’enfant, 124 ; personnalíté et rôle de secré-
muh∂ammad Khán
taire, 335-340 ; envoie un cadeau à nabíl à
muh∂ammad, le Prophète, 20, 37, 48, 68, 77, 124, 137, alexandrie, 292 ; exilé à acre, 300 ; sa chute,
174, 219n, 290n, 305, 306, 370
décès et enterrement, 337, 338, 345 ; dernière
muh∂ammad, darvísh, bábí qui va à istanbul et acre,
volonté, 338 ; prière de Bahá’u’lláh pour, 338 ;
mentionné, 341
muh∂ammad, h∆ájí mírzá siyyid (Khál-i-akbar), oncle
mihdíy-i-dahijí, siyyid (ismu’lláhu’l-mihdí), illustra-
maternel du Báb, Kitáb-i-íqán révélé pour, 139,
tion, 264 ; titre, 51n ; arrive à andrinople, 265 ; va à
187-190 ; reçoit munírih Khánum, 370 ; mention-
Bagdad, 270 ; Bahá’u’lláh lui raconte un rêve, 369,
né, 414, 429
374 ; brise l’alliance, 51n ; mentionné, 155, 182
muh∂ammad Khán, ághá, fondateur de la dynastie qad-
index
jar, 19 ; son règne marque le début du déclin de la
sements de Bahá’u’lláh, 442 ; son rang, 449 ; men- Perse, 455
tionné, 248, 432n, 495
muh∂ammad Khán-i-Balúch, va à acre, 432
muh∂ammad-‘alí, mírzá, demi-frère de Bahá’u’lláh, 29
muh∂ammad Khurshíd Páshá, vali d’andrinople, 255 ;
muh∂ammad-‘alí, mírzá, médecin bábí de zanján, ren-
Bahá’u’lláh accepte invitation, 265 ; refuse de par-
contre Bahá’u’lláh à Karbilá, 89 ; se rapproche de
ticiper au bannissement de Bahá’u’lláh à acre,
lui à Bagdad, 131 ; assassiné, 259
176 ; défend bahá’ís interrogés à istanbul, 311 ;
muh∂ammad-‘alí, mírzá (Kad-Khudá), bahá’í parent de
note biographique, 499 ; mentionné, 290
mushíru’d-dawlih, 234n
muh∂ammad, mullá, mari de ∏áhirih, 59
muh∂ammad-‘alí sháh, coup d’état raté 1908, 328,
muh∂ammad Pásháy-i-qibrisí, gouverneur d’andri-
329, 415
nople, 276
muh∂ammad-‘alí Tambákú, furúsh-i-is∂fahání, áqá, muh∂ammad Páshá s∆afwat, propriétaire de mazra’ih,
267n
muh∂ammad-‘alíy-i-Bárfurúshí, h∆ájí mullá, voir
muh∂ammad rushdí, Premier ministre ottoman, 503
quddús
muh∂ammad shah (règne 1834-48), illustration, 66 ;
muh∂ammad-‘alíy-i-is∂fahání, áqá, émigre à istanbul,
envoie vah∂íd vérifier les revendications du Báb,
180, 200 ; à andrinople, 244, 282 ; exilé à acre,
92 ; le Báb le prévient, 45 ; édit d’arrestation de
302 ; emprisonné lors du meurtre de trois azalís,
Bahá’u’lláh, 67 ; décès et enterrement, 68, 71-73
352, 357 ; note biographique, 499-500
passim ; mentionné, 28, 31, 39, 43, 59, 116n, 224n,
muh∂ammad-‘alíy-i-is∂fahání, áqá, partenaire des
247, 465, 492, 494, 496, 504
afnán à istanbul, 414, 420 ; publie des accusations
muh∂ammad, shaykh (mullá,) religieux de núr, 57, 58
contre afnán-i-Kabir et les bahá’ís, 416, 423 ; muh∂ammad, shaykh (nabíl), bábí qui meurt à Bagdad,
jalousie et autres accusations, 421-422 passim ; 414
mentionné, 425, 427
muh∂ammad-‘abduh, shaykh, Grand mufti d’égypte,
muh∂ammad-‘alíy-i-Jilawdár-i-yazdí, áqá (s∆abbágh-i-
yazdí), émigre à istanbul, 180 ; pendant son voya-
muh∂ammad-‘alí, h∆ájí mírzá (afnán), résident à
ge, 200, 217 ; exilé à acre, 302 ; note biogra-
hong-Kong, 414
phique, 500 ; mentionné, 226, 282
muh∂ammad-‘alí, h∆ájí shaykh (nabíl ibn nabíl), de
muh∂ammad-‘alíy-i-nahrí, mírzá, père de munírih
qazvín, s’installe à istanbul, 419 ; partenaire des
Khánum, accepte le Báb, 365 ; détails biogra-
afnán (1882-9), 414, 420 ; maintient les contacts
phiques, 365-368 ; circonstances de la naissance
avec les officiels ottoman, 420 ; prend áqá
de sa fille, 366 ; rencontre Bahá’u’lláh à Badasht et
muh∂ammad-‘alíy-i-is∂faháni comme partenaire, en irak, 368 ; mentionné, 369
420 ; son neveau décrit les intrigues contre, 419 ;
muh∂ammad-‘alíy-i-najafábádí, áqá, martyr de 1852,
tentative de suicide, 421 ; Bahá’u’lláh l’invite à
acre, 421 ; retourne à istanbul, 423 ; prouve que
muh∂ammad-‘alí Pirzádih (h∆ájí Pirzádih), voyant
les charges contre les afnán sont fausses, 423 ; se
soufi, 289
suicide, 423 ; Bahá’u’lláh décrit circonstances de
muh∂ammad-‘alíy-i-qá’iní, áqá, accepte le Báb et
son suicide, 413-414 ; l’ambassadeur persan assis-
Bahá’u’lláh, 317 ; s’installe à nazareth, 317-318 ;
te aux funérailles et fait l’éloge de, 424 ;
mentionné, 343
Bahá’u’lláh s’occupe de la tombe, 425
muh∂ammad-‘alíy-i-qazviní, mírzá, lettre-du-vivant,
muh∂ammad-‘alí Khán-i-shírází, mírzá, ministre
des affaires étrangères, 470 muh∂ammad-‘alíy-i-salmání, ustád, d’ispahan, illus-
muh∂ammad-‘alí, mírzá (Ghusn-i-akbar), illustra-
tration, 250 ; émigre à istanbul, 180, 200 ;
tions, 264, 275 ; fils de Bahá’u’lláh, 214 ; exilé à
explique le complot de mírzá yah∂yá pour tuer
acre, 300 ; emprisonné lors du meurtre de trois
Bahá‘u’lláh, 249-252 ; arrêté à istanbul, décrit les
azalís, 353, 355 ; maître calligraphe, 363 ; avertis-
interrogatoires, 274 ; expulsé vers la Perse mais
dans la Gloire du Père
libéré par les Kurdes, 284, 311 ; décrit les événe-
Káz∂imayn, 131, 136
ments en Perse, 284-285 ; participe au meurtre des
muh∂ammad-háshim, áqá, de Káshán, 441
trois azalís, 351, 356 ; note biographique, 505 ;
muh∂ammad-i-hindi, siyyid, de zavárih, arrière-grand-
mentionné, 224, 244, 270, 272, 442
père du roi et du Bien-aimé des martyrs, 365
muh∂ammad-‘alíy-i-sayyáh∂, h∆ájí, 436 muh∂ammad-h∆usayn, h∆ájí (h∆akím-i-qazvíní), devient
muh∂ammad-‘alíy-i-Tabrízí, áqá, un azalí, 414, 422,
bahá’í à Bagdad, 269-270 ; note biographique, 500
425, 427
muh∂ammad-h∆usayn-i-Kirmání (mírzá muh∂it), diri-
muh∂ammad-‘alíy-i-yazdí, áqá, exilé à acre, 302 ;
geant shaykhí, 175
emprisonné lors du meurtre des trois azalís, 357
muh∂ammad-h∆usayn-i-milání, áqá, 259
muh∂ammad-‘alíy-i-zanjání, mullá, voir h∆ujjat
muh∂ammad-ibráhím, áqá, de Káshán, voir Khalíl
muh∂ammad-‘alíy-i-zunúzí, disciple qui mourut avec
mansúr
le Báb, 402
muh∂ammad-ibráhím-i-amír-i-nayrízí, áqá, serviteur
muh∂ammad-Báqir, áqá, qahvih-chíy-i-mah∂allátí,
de Bahá’u’lláh, 167 ; émigre à istanbul, 180 ; pen-
émigre à istanbul, 180 ; pendant le voyage, 200,
dant le voyage, 198, 200, 203 ; accompagne
203 ; emprisonné à istanbul, 274 ; envoyé à Bahá’u’lláh pour rencontrer mírzá yah∂yá, 261n ;
Chypre, 293 ; mentionné, 244
exilé à acre, 302 ; emprisonné lors du meurtre des
muh∂ammad-Báqir Khán dihqán (dehkan), mírzá 468
trois azalís, 357 ; note biographique, 500 ; men-
muh∂ammad-Báqir, shaykh, d’ispahan (le loup), 409,
tionné, 152,155,161,244
457, 502
muh∂ammad ibráhím-i-Kalbásí, h∆ájí, autorité religieu-
muh∂ammad-Báqir-i-Káshání, áqá, émigre à istanbul,
se, 50
muh∂ammad ibráhím-i-Káshání, áqá, 351
muh∂ammad-Báqir-i-Káshání, áqá (ustád), tailleur,
muh∂ammad ibráhím-i-náz∂ir-i-Káshání, áqá, émigre à
émigre à istanbul, 180, 200 ; exilé à acre, 302 ; sa
istanbul, 180, 200 ; contacte nabíl à alexandrie,
mort dans la citadelle, 309 ; son fils, 357 ; men-
291 ; exilé à acre, 302 ; participe au meurtre des
tionné, 244 trois azalís, 351, 356 ; note biographique, 405 ;
muh∂ammad-Báqir-i-najafábádí, áqá, martyr de 1852,
mentionné, 244
muh∂ammad-i-írání, darvish, nom pris par Bahá’u’lláh
muh∂ammad-Báqir-i-quhpáy’í, martyr de 1852, 109
à sulaymáníyyih, 140-144 passim
muh∂ammad-Báqir-i-shaftí, h∆ájí siyyid, célèbre mujta-
muh∂ammad-i-is∂fahání, siyyid, illustration, 222 ; anté-
hid, 50, 366
christ de la révélation bahá’íe, 181, 246 ; son atti-
muh∂ammad-h∆asan, áqá (mírzá), illustration, 112 ;
tude à Kerbéla, 131, 152, 181 ; incite mírzá yah∂yá,
frère de Bahá’u’lláh, 29 ; accepte le Báb, 57 ; inci-
135, 137 ; émigre à istanbul, 181 ; ambition et acti-
dent à Tákur (1852), 110, 113 ; sa fille devait
vités, 182 ; pendant son voyage vers istanbul, 200,
épouser ‘abdu’l-Bahá, 368-369, 369, 374
204-205 passim ; intrigues à andrinople, 242-246
muh∂ammad-h∆asan, áqá, émigre à istanbul, 180, 200 ; passim, 255, 261 ; réunion ratée entre Bahá’u’lláh
à andrinople, 244 ; envoyé en irak, 258 ; gardien
et mírzá yah∂yá, 261-262 ; problèmes créés à
de la maison des pèlerins à acre et Bayt-i-abbúd,
istanbul, 272 ; arrêté à istanbul, 274, 311 ; exilé à
199-200 ; mentionné, 442
acre, 284, 302, 343 ; vit au-dessus de la porte de
muh∂ammad-h∆asan, áqá, fils de ustád Báqir-i-
la ville, 299, 343, 352 ; actions hostiles à acre,
Káshání, envoyé à Tripoli, 357
314, 343, 346-349 ; assassiné par des bahá’ís,
muh∂ammad-h∆asan, h∆ájí mírzá (mírzáy-i-shírází),
351 ; mentionné, 135, 150, 224, 244, 249, 254,
éminent mujtahid chiite, 429
356, 443
muh∂ammad-h∆asan Khán (i’timádu’s-salπanih), fils de
muh∂ammad-ismá‘íl, áqá, visite andrinople, 265
h∆ájibu’d-dawlih, 457 ; son journal, 457, 472 ;
muhámmad-ismá‘íl-i-dhábih∂-i-Káshání, h∆ájí (Jináb-i-
mentionné, 30n, 473n, 475, 492 ánís), ses frères, 155, 181 ; envoyé à Gállipoli,
muh∂ammad-h∆asan-i-is∂fahání, áqá, aide Bahá'u'lláh à
276, 284, 288 ; entend parler de la défection de son
index
frère, 284
muh∂ammad-qulíy-i-is∂fahání, áqá, illustration, 264
muh∂ammad-ismá‘íl-i-Khayvát, áqá (ustád), de
muh∂ammad-rid∂á, áqá, accompagne Báhá’u’lláh à
Káshán, émigre à istanbul, 180 ; exilé à acre, 302 ;
Bághdád, 178
meurt dans la citadelle, 309 ; mentionné, 173, 200,
muh∂ammad-rid∂á, siyyid, père du Báb, 429
muh∂ammad-rid∂á, siyyid, soutien Báhá’u’lláh à
muh∂ammad-Já‘fár-i-naraqí, mullá, nommé par mírzá
Bagdad, 131
yáh∂yá « Témoin du Bayán », 181 ; craint le défi de
muh∂ammad-rid∂áy-i-is∂fahání, h∆ájí, martyr de 1852,
Báhá’u’lláh, 259-261 ; détails de sa vie et de sa
mort, 415-416
muh∂ammad-rid∂áy-i-Kurd, guide les bábís pour obtenir
muh∂ammad-Javád-i-is∂faháni, áqá, bábí hypocrite de
la nationalité ottomane, 173
Bagdad, 167
muh∂ammad-rid∂áy-i-qannád-i-shírází, áqá, illustra-
muh∂ammad-Javád-i-is∂fáháni, h∆ájí, courtier bahá’í à
tion, 12 ; vie et récit, 14 ; émigre à istanbul, 180 ;
istanbul, 425
pendant le voyage, 200, 203 ; sa prière à
muh∂ammad-Javád-i-Kásháni, áqá, père de áshchí, 13,
andrinople, 254-255 ; écrit l’admonition puissan-
369, 497
te de Báhá’u’lláh, 258 ; exilé à acre, 301 ; arrêté
muh∂ammad-Jávád-i-qázvíní, áqá, illustration, 264 ;
au temps du meurtre des trois azalís, 357 ; décrit
titre d’ismu’lláhu’l-Jávád, 50n ; exilé à acre, 302 ;
par shoghi effendi, 281 ; note biographique, 501 ;
rapporte le meurtre des azalís, 349, 351 ; arrêté au mentionné, 244, 309, 397, 442
temps du meurtre, 352, 357 ; plus tard brise
muh∂ammad-s∆ádiq, áqá, d’ardakán, bábí à Bagdad,
l’alliance, 349 ; mentionné, 262n, 265, 299
muh∂ammad-Karím, áqá, de Chiraz, vétéran bábí qui
muh∂ammad-s∆ádiq-i-is∂faháni, áqá, illustration, 222 ;
accepte Báhá’u’lláh, 153
émigre à istanbul, 180, 200 ; quitte andrinople au
muh∂ammad-Karím Khán-i-Kirmání, h∆ájí, dirigeant
moment de la rupture, 253, note biographique,
shaykhi, 159
501 ; mentionné, 244
muh∂ammad-i-Khurásání, h∆ájí mírzá, 51, 52
muh∂ammad-s∆álih∂, áqá, religieux de Kirmánsháh, 73
muh∂ammad-i-má‘múrí, shaykh, dans la maison de
muh∂ammad-i-Tábrízí, mullá, possède des tablettes
Badí‘, 320
jamais données à mírzá yah∂yá, 262
muh∂ammad-i-mázindáráni, mírzá, encouragé à assas- muh∂ammad-Táhir, áqá, de Tábriz, fonde le journal
siner dayyán, 144, 147-148 ; mentionné, 88
akhtar, 411 ; se sépare de mírzá áqá Khán, 415,
muh∂ammad-i-mu‘allim, mullá, aide mullá h∆usayn,
418-426 ; akhtar est banni puis subventionné,
52-53
418-419
muh∂ammad-mus∂tafá, áqá, bábí arabe à Bagdad, 131
muh∂ammad-Taqí, áqá, de Chiraz, martyr de 1852, 108
muhámmád-i-nafaqih-furúsh, bábí d’ispahan, 366,
muh∂ammad-Táqí, áqá, de Tákur, martyr de 1852, 110
muh∂ammad-Táqí Big, meurt dans le siyáh-Chál, 111
muh∂ammad-i-nayrízí, mullá mírzá, martyr de 1852,
muh∂ammad-Táqí, h∆ádjí (ayyúb), de nayríz, son his-
toire, son épître, 153-154
muh∂ammad-i-qá’iní, mullá or áqá (nábíl-akbár),
muh∂ammad-Táqí, h∆ádjí (náyibu’l-iyálih), 200
159, 409 muh∂ammad-Táqí, h∆ájí mírzá (vakilu’d-dawlih), cou-
muh∂ammad-qulí, mírzá, illustrations, 31, 264, 277 ;
sin du Báb, 414
demi-frère fidèle de Bahá’u’lláh, 30 ; accompagne
muh∂ammad-Táqí Khán-i-núrí, parent de Bahá’u’lláh
Báhá’u’lláh à Bagdad, 143 ; assiste à la colère de
tué à Tákur (1852), 75, 110-113 passim
Bahá’u’lláh, 214 ; exilé à acre, 301 ; son logement
muh∂ammad-Táqí Khán-i-lárijání, vice-gouverneur
dans la citadelle, 298 ; arrêté au temps du meurtre
d’ámul, chap. 11
des trois azalís, 353-355 ; Báhá’u’lláh vient de
muh∂ammad-Táqí, mírzá, religieux de sári, 69
Bahjí lui rendre visite, 390 ; mentionné, 132, 243,
muh∂ammad-Táqí, shaykh (mullá, h∆ájí mírzá), célèbre
248, 253, 300
mujtahid, rêve de, et contacte Bahá’u’lláh, 37, 38 ;
dans la Gloire du Père
note biographique, 501 ; mentionné, 57 murádíyyih, quartier d’andrinople, 240-243 passim, muh∂ammad-Táqí, shaykh (áqá or shaykh najafí),
248, 253, 256 ; mosquée, 240, 240n
illustration, 407 ; Épître au Fils du loup, adressé
murtid∂áy-i-ansári, shaykh, illustration, 170 ; principal
à, 409
mujtahid chiite, 159 ; refuse de soutenir la guerre
muh∂ammad-Táqí, siyyid, aide Bahá’u’lláh à Bagdad,
sainte, 166 ; refuse de persécuter Bahá’u’lláh, qui
le loue, 168, 171, 172 ; enseignant de nabíl-i-
muh∂ammad-Táqí, siyyid (Jináb-i-manshádí), 432
akbar, 409 ; note biographique, 502-503
muh∂ammad valí Khán-i-Tunukábuní (sipahdár-i-
músá, mírzá (áqáy-i-Kalím, Jináb-i-Kalím), illustra-
a’z∂am), illustrations, de lui-même, 325, de ces
tions, 30, 222, 275 ; jeune frère de Bahá’u’lláh,
notes concernant Badí’, 326, 332 ; ses titres, 328 ;
29 ; cache les restes du Báb, 87 ; accompagne
activités politiques en Perse, 328; va en france,
Bahá’u’lláh à Bagdad, 124, 127 ; commence à 329 ; relate les détails des tortures et de la mort de
chercher Bahá’u’lláh, 145 ; rend visite à mírzá
Badí’, 330-334
Buzurg Khán, 161 ; son anxiété à Bagdad, 173 ;
muh∂ammad-i-yazdí, shaykh, azalí d’istanbul , 414,
accueilli par námiq Páshá, 177, 179 ; pendant la
420, 422
marche depuis Bagdad, 203, 205 ; photographié à
muh∂ammad-yúsuf, deux fois mutas∂arrif d’acre, 394-
istanbul, 222 ; conseille ustád muh∂ammad-‘alíy-
i-salmání, 251 ; s’occupe des moyens de subsis-
muh∂ammad-zamán, áqá, de Chiraz, partage sa maison
tance de mírzá yah∂yá, 252 ; revient d’anatolie,
avec nabíl, 174
269 ; exilée à acre, 301 ; son logement dans la
muh∂ammad-i-zarandi, mullá, voir nabíl-i-a’z∂am
citadelle, 299 ; actions dans la citadelle, 309, 314 ;
muh∂sín Khán, mírzá (mu’ínu’l-mulk), ambassadeur
résidences à acre, 341, 345, 390 ; accueille la futu- de Perse à istanbul, assiste réunion commémorati-
re femme de ‘abdu’l Bahá, 374 ; Bahá’u’lláh vient
ve de h∆ájí shaykh muh∂ammad-‘alí et le loue,
de Bahjí lui rendre visite, 390 ; mentionné, 53, 82,
423-424 ; mentionné, 416, 422, 426
130, 135, 163, 164, 172, 221, 226, 227, 242, 243,
muhs∂ín-i-afnán, áqá mírzá, fils d’afnán-i-Kabir,
248-249 passim, 258, 265, 353, 356
envoyé à istanbul pour remonter la maison com-
músáy-i-Javáhirí, mírzá, 196, 274
mercial, 421-422, 423
músáy-i-qumí, h∆ájí mírzá, rejette mírzá yah∂yá, 145 ;
muh∂yi’d-dín ibnu’l-‘arabí, mystique andalou, 142
accepte Bahá’u’lláh à Bagdad, 154
muh∂yi’d-dín, shaykh, cadi de Khániqayn, 185
muscat (masqat), 362
muníb, Jináb-i-, voir munír, mírzá áqáy-i-
mushíru’d-dawlih, voir h∆usayn Khán, h∆ájí mírzá ; mu’ínu’l-mulk, voir muh∂sín Khán, mírzá
aussi yah∂yá Khán chefs musulmans et habitants à
m u’inu’s-saltanih, h∆ájí, de Tabriz, auteur d’une chro- qui s’adresse Bahá’u’lláh, 267 ; à l’ascension de
nique de la religion bábíe, 259
Bahá’u’lláh, 449 ; note bibliographique, 496
munich, 475
mus∂tafá Big (majzúb), poète, 58
munír, mírzá áqáy-i- (Jináb-i-munír, ou muníb), de
mus∂tafá diyá Páshá, mutas∂arrif d’acre, permet à
Káshán, titre de ismu’lláhu’l-muníb, 50n ; émigre
Bahá’u’lláh de sortir des remparts d’acre, 381,
à istanbul, 180 ; pendant le voyage, 198-199, 200 ;
391 ; sa bonne volonté envers ‘abdu’l-Bahá et les
envoyé d’istanbul, 225 ; débarqué à izmir pour y
bahá’ís, 391
mourir, 288 ; note biographique, 501
mus∂tafá, mírzá, voir abú hurayrih
munírih Khánum (fátimih Khánum), femme de
mus∂tafá núri Páshá, vali d’irak, 160-163 passim ; ren-
‘abdu’l Bahá, illustration, 371 ; circonstances de
contre Bahá’u’lláh à istanbul, 163 ; note biogra-
sa naissance, 366-367 ; premier mariage blanc, phique, 503
369 ; voyage à acre, 370-374 ; son séjour à
mus∂tafáy-i-naráqi, mírzá, circonstances de sa mort à
Chiraz, 370, 372 ; à acre, 374 ; Bahá’u’lláh lui
Tabriz, 226, 259 ; sa veuve et son enfant, 270 ; son
donne un nouveau nom et l’appelle, 374
fils, 432n
munshí’át-i-qá’im maqám, 30n
mustawfíyu’l-mamálik, voir
yúsuf-i-ashtiyání,
index
mírzá ; aussi h∆asan, mírzá
sadeur persan à istanbul, 414, 426
mustayqíz∂, livre de mírzá yah∂yá, 147
najaf ‘alíy-i-zanjání, áqá, serviteur de Bahá’u’lláh,
mu’tamidu’d-dawlih, voir farhád mírzá, h∆ájí
167 ; émigrant à istanbul, 180, 200 ; mort en mar-
muvaqqari’d-dawlih, 432
tyr, 274 muzaffari’d-dín mírzá (plus tard, chah), 93, 418n,
najaf-i-Khamsi’í, martyr de 1852, 109
456,
najaf qulí, áqá, 244
najíb Páshá, 191
N
najíbíyyih, jardin (jardin de ridván), Bagdad, 191,
nabát Khánum, concubine de mírzá Buzurg, 30
197, 198
nabí Khán-i-qazvíní, mírzá, père de mushíru’d-
na‘mayn, jardin de, voir jardin de rid∂ván, acre
dawlih, 496
námiq Páshá (mehmed namik Pasa), Gouverneur de
nabí, mírzá, de damávand, martyr de 1852, 108
Bagdad, 173, 176 ; rend visite à Bahá’u’lláh, 177 ;
nabí sálih, mausolée de, 338, 345
accueille ‘abdu’l-Bahá et mírzá músá, 177, 179 ;
nabíl ibn nabíl, voir muh∂ammad ‘alí, h∆ájí shaykh
informe Bahá’u’lláh de l’invitation à istanbul,
nabíl-i-akbar, voir muh∂ammad-i-qá’iní, mullá 178 ; visite le Jardin de ridván, 196-197 ; note
nabíl-i-a’z∂am (mulla muh∂ammad-i-zarandi), illustra-
biographique, 503 ; mentionné, 205
tions, 12, 222, 264 ; chronique, 14 ; fréquente
naplous (nablus), 489
Bahá’u’lláh à Téhéran, 82 ; à qom lorsqu’arrivent
napoléon Bonaparte, 295, 305
les effets personnels du Báb, 84 ; rencontre
napoléon iii, Tablettes à, première, 267 ; deuxième,
Bahá’u’lláh à Kirmánsháh, 88 ; arrive à Bagdad et
346, 417 ; mentionné, 378, 452
trouve Bahá’u’lláh, 152 ; envoyé à qazvin, 155 ; le
napoléon, colline de (Tall-i-fakhkhár), 390
récit de áqá siyyid ismá’íl-i-zavári’i, 156 ; prend
nashíd Páshá, gouverneur général de damas, 394n
la nationalité ottomane, 174 ; partage sa maison
nash’ih Khánum, femme de mírzá muh∂ammad qulí,
avec les bábís, 174 ; sa description authentique de
exilé à acre, 301
la déclaration de Bahá’u’lláh, 196 ; rejoint la násir (h∆ájí’abbás), Tablette à, 349, 351
marche depuis Bagdad, 212 ; renvoyé d’istanbul ,
nás∂iri’d-dín sháh (règne 1848-96) illustrations, 51,
225 ; on lui confit une Tablette pour mírzá yah∂yá
96, 463 ; circonstances de son accession au trône,
qui n’est pas délivrée, 262 ; envoyé en anatolie,
72-73 passim ; renvoie amir Kabir et ordonne sa
269, 317 ; mission à Chiraz et à Bagdad, 274 ; mis-
mort, 89, 91, 92-94 passim ; attentats contre sa vie, sion en égypte et emprisonné à alexandrie, 272,
chap. 15, 95, 122, 444 ; son attitude vis-à-vis de
274, 289 ; en anatolie et à Chypre où il est libéré,
Bahá’u’lláh et de son bannissement, 121, 123 ;
317 ; arrive à acre, 314 ; vit à haifa, hébron et
bannit malkam Khán, 175 ; pressions pour éloi-
nazareth, 317 ; son séjour dans la citadelle, 317 ;
gner Bahá’u’lláh de Bagdad, 177 ; épître de
son récit de sa rencontre avec Badí’ et son père,
Bahá’u’lláh à, et circonstances, 265, 267, 319,
320-322 ; arrêté et envoyé à Tripoli, 357 ; à Bahjí,
323-326, 331, 333, 335 ; épître citée, 323, 334- 442, 452 ; compile la prière de souvenance, 452 ;
335 ; résidences d’été qu’il visite, 330 ; demande
décrit les événements au moment de l’ascension de
de zillu’s sultán pour le détruire, 436-437 ; son
Bahá’u’lláh, 452, 454 ; son suicide, 452 ; mention-
règne conduit à la dégradation de la situation de
né, 95, 109, 115, 174, 190, 216, 242, 265, 343
son pays, 455-457 ; stigmatisé par Bahá’u’lláh,
nabíyu’lláh yúnís, 204
456 ; Bahá’u’lláh explique la longueur de son
na’ím effendi, de Chypre, 343, 346
règne, 443-444 ; délègue son autorité à ses trois
na’ím, mírzá, cousin de mírzá áqá Khán-i-núri, 469
fils, 456 ; la tentative d’assassinat le pousse à
najaf, tombe de mírzá Buzurg, 17 ; mentionné, 111,
prendre de dures mesures contre les bahá’ís, 439 ;
159, 167, 173, 466,
observations de Chirol, 458-462 ; visite les villes
najaf ‘alí Khán, h∆ájí mírzá, représentant de l’ambas-
saintes d’irak (1870), 466, 496 ; ses trois visites en europe : première (1873), 469, 496, deuxième
dans la Gloire du Père
(1878), 460n, 471, 497, troisième (1889), 474,
Bagdad, 208
475, 477 ; renvoie mushíru’d-dawlih comme
níyálá, village, 64-65, 367
grand vizir et disperse le parti des courtissans,
níyávarán, villégiature, 95, 99
470 ; heureux d’apprendre le décès de mushíru’d-
niz∂ámu’d-dawlih, voir dúst ‘alí Khán
dawlih et négocie pour gagner de l’argent sur ses
niz∂ámu’l-mamálik, voir fadlu’lláh, mírzá
propriétés, 472-473 ; vole le Baháristán, 473 ;
niz∂ámu’l-mulk, fils de mírzá áqá Khán-i-núri, 93
perte de territoires, 462-466, 472 ; concessions
nizhád námih (le livre des ancêtres), 27
accordées puis annulées, 470, 478 ; relations avec
nordenfelt, homme d’affaire suédois, 458, 461
mírzá malkam Khán, 477 ; interdiction puis, plus nouvelle Jérusalem, 377, 387
tard, subvention du journal akhár, 411, 418-419 ;
nuqtalu’l-Káf, 108n
achat de navires allemands, 474 ; relations avec
núr, district, 27, 29, 35, 52, 67, 69, 79, 110, 144, 501
siyyid Jamálu’d dín, 476-478 passim ; célébra-
núrí, de mazandéran,27
tions du jubilée, 478 ; assassinat, 418n, 452, 456n,
núrí Big, fonctionnaire ottoman à istanbul, 420
457, 474, 478 ; mentionné, 19, 27, 87, 101, 102,
núri’d-dín-i-zayn, mírzá (zeine), 364
108, 109, 113, 160, 164, 166, 173n, 181n, 191,
núru’lláh Khán-i-sháhsavan, 72
259, 316n, 328n, 417, 418, 462, 472, 491, 496,
núru’lláh, mírzá, fils de mírzá yah∂yá, 416
499, 506
nas∂ru’lláh, áqá, frère de áqá muh∂ammad-ismá’íl, 265
O
nas∂ru’lláh, mírzá (s∆adru’l-mamálik), 72, 73
oliphant, laurence, 392, 401, 487-488, 489 nas∂ru’lláh-i-ardakání, áqá, 425
oman (’ummán), Golf d’, 464
nas∂ru’lláh-i-núri, mírzá, voir áqá Khán-i-núri
omeyyades, 204n, 455
nas∂ru’lláh-i-Tafrishí, mírzá, illustration, 264 ; men-
ottomans, diplomates et gouverneurs : ambassadeur, à
tionné, 247n, 258, 349
londres, 493, 480 ; gouverneurs, à acre, 299, 352-
navires autrichiens, 287, 288, 293, 317, 372, 400
356, 357, 359-363 passim, 377, 380 passim, 391, navvábih Khánum, voir asiyih Khánum
392, 394-397 passim ; valis : à andrinople, 255, naw-rúz, en 1852, 127 ; en 1863, 178 ; mentionné,
265, 276, 277, 311, 499 ; à acre, 295, 297-299
passim, 342, 353n, 360n, 387 ; à Bagdad, 73, 135,
náyibu’s-salπanih, voir Kámrán mírzá
150, 152, 159-163 passim, 176-179 passim, 196-nayriz, 81, 92, 95, 103, 109, 154, 250, 500
197, 466, 498-499, 503, 505 ; à Beyrouth, 255 ; à
nazar ‘alí Khán, 69
damas, 354-355, 395, 405n, 406 nazar ‘alí, mírzá, de qazvin (h∆akím-Báshi), célèbre
ottoman, empire : contrôle acre, 295, 297, 298 ; fonc-
murshid soufi, 38 ; note biographique, 503
tionnaires à andrinople, 272, 279, 280, 479, 480 ;
nazareth, 317, 394
à acre, 312 ; à Constantinople, 412, 419, 422,
názimu’d-dawlih, voir malkam Khán, mírzá
423 ; archives officielles, 281-282, 311 ; première
názir, voir abu’l qásim-i-názir, h∆ájí mírzá, d’ispahan académie militaire, 503 ; nationalité turque accor-nice, france, 495
dée aux bábís, 174 ; allocation mensuelle accordé
nicodème, 451
aux exilés bábís, 253 ; retraite après la chute de
nicolas, a. l. m., 246n
Plevna, addenda iii ; frontière avec la Perse, 465-
nicosie, Chypre, 362
466 ; voir aussi andrinople, acre, Bagdad,
nil, 489
istanbul, sublime Porte, sultans ‘abdu’- ‘azíz and
ni‘matu’lláhí, confrérie soufie, 504
‘abdu’l-hamid ii, ‘alí Páshá, fu’ád Páshá, diplo- ninive, 204
mates et gouverneurs ottomans, 129, 327, 387
nisá’Khánum, sœur de Bahá’u’lláh, 29 ; mariée au
ordre mondial de Bahá’u’lláh, 377, 446
secrétaire de la légation russe, 29, 97
osée, le prophète, 307
níshápúr (níshábúr), 320
ouléma, de Kerbéla et de najaf, envoient un de leurs
nis∂íbín (nusaybin), Turquie, étape du voyage depuis
index
représentants voir Bahá’u’lláh, 167-168
ovanes (uvanís) Khán musá‘id, consul persan à
Porte de la terre, acre, illustrations, 381, 382 ; men-istanbul, 426
tionnée, 345, 383
Port-saïd, 292, 414, 432, 436, 495
P
Présidents des républiques d’amérique, 378
palanquin (howdah, kajávih), illustration, 199 ; men- Printemps divin, 192
tionné, 198-199, 206, 212, 217
Proclamation, par Bahá’u’lláh, 236, 267
Pahlaván rid∂á, bábí de Káshán, 303n
Prokesh, Baron, ministre autrichien à istanbul, 480
Palestine, 295, 489
Terre promise, 124
Palmerston, lord, 466
Promis le, 132, 145, 368
Panislamisme, 476
Prophètes de dieu, voir manifestations de dieu
Paradis, 193
Prophètes hébreux, chap. 31
Paris, traité de (1856), 316
Ptolémaïs (acre), 305
Parlement, en Perse, 473
Pékin, 489
Q
Peuple de Bahá, décrit par Bahá’u’lláh, 417 ; mention-
qá’im, de la famille de muh∂ammad, 37, 45, 46, 51, 63, né, 274, 404, 448
76, 92, 365, 370, 426, 429 ; questions le concer-
Persépolis, 19
nant, 188
Perse : carte du n. de la Perse, 56 ; description de, 17-
qá’im-maqám, voir abu’l-qásim, mírzá, de faráhán
20 ; son futur, 19, apparition du Báb, 43-44, réus-
qadjar, dynastie, princes et chefs, 18-20 passim, 112, sites d’amír Kábír, 94 ; Bahá’u’lláh banni de, 123-236, 436 ; tribu, 28 ; Bahá'u'lláh prophétise la
124, 126, 306, Bahá’u’lláh s’adresse à ses peuples,
chute, 437 ; déclin de la Perse sous, 455-457 ;
267 ; martyre, 271-272, 436-437 ; Bahá’u’lláh pro-
mentionné, 91
phétise la chute des qadjar, 437 ; tentatives d’ex-
qamaru’s-salπanih, veuve de mushíru’d-dawlih, 473
terminer la communauté bahá’íe, 456-457 ; déclin
qandílí, ville, 503
and dégradation sous le régime des qadjar, 455-
qánún, journal publié par mírzá malkam Khán, 477
456, 459-461 passim ; description de la visite de qará Guhar, une lourde chaîne, 101 Chirol (1884), 458-461 ; empiétement et pertes de
qarih-Tapih, irak, étape du voyage depuis Bagdad, 203
territoires, 460-465, 472 ; concessions accordées
qashqá’í, tribu, 71
par nás∂iri’d-dín sháh, 470, 477 ; dotations à
« qui, hormis dieu », prière du Báb, 137
Téhéran, 473 ; Parlement, 473 ; entreprises alle-
qásim-i-nayrízí, h∆ájí, attaqua le chah, 95, 109
mandes en, 474 ; mentionné, 43, 140, 224, 387,
qayyúmu’l-asmá‘, révélé par le Báb, 45, 155, 235
503 ; voir persans
qazvín, 46, 59, 61, 84, 155, 472, 500, 505
Persans : princes, 135, 148, 149, 176 ; présentent leurs
qom, 18, 84, 95, 504
respects à Bahá’u’lláh à alexandrie, 289 ; à
quddús (muh∂ammad ‘alíy-i-Bárfurúshí, h∆ájí mullá),
istanbul, 468 ; mentionné, 295
reconnaît le Báb, 46 ; accompagne le Báb en pèle-
persique, Golf, 469, 474
rinage, 48 ; à la conférence de Badasht, 61-64 pas- Pharaon, 223, 370, 467
sim ; Bahá’u’lláh donne nom, 62 ; emprisonné à
Phéniciens, 295, 390
sárí, 68 ; libéré va à shaykh ∏abarsí, 69 ; le désir
Philippopolis (Plovdiv), Bulgarie, 483, 484
du Báb de l’aider en personne, 88 ; martyre, 81 ;
Pidar Ján-i-qazvíní, bahá’í à haïfa, 317
mentionné, 92, 103, 429, 494
pèlerins, maison des, acre, 200, 341 ; mt Carmel, 254n
qudsíyyih Khánum, fille de mírzá muh∂ammad-qulí,
Plevna (Bulgarie), siège de, 287, addenda iii
exilé à acre, 301
Pollock, général, 466
coran, cité, 62, 63-64, 183, 249, 370 ; mentionné, 36, Porte de la mer, acre, illustration, 299 ; mentionné,
153, 165, 223, 467
dans la Gloire du Père
qurratu’l-‘ayn, voir ∏áhirih
ridá Páshá, à la cour du sultan, 162
rid∂á sháπír-, 174, 200 ; note biographique, 504, tente R
d’assassiner Bahá’u’lláh, 161, 166, 172
rabí‘ih, maison de, acre 341, 345
rid∂á-i-Kirmání, mírzá assassine nás∂iri’d-dín sháh,
raf‘at Big, à damas 379
rafí‘-i-núrí, mirza martyr de 1852, 109
rid∂á-qulí (qanbar-‘alí), voir s∆afá h∆ájí mírzá
rajab-‘alí, mullá, 443
rid∂á-qulí Big, grand-père de Bahá’u’lláh, 27, 29
ramad∂án mullá, s’enfuit de Tákur avec mírzá yah∂yá,
rid∂á-qulí, mírzá, illustrations. 30, 125 ; demi-frère de
Bahá’u’lláh, 27 ; épouse maryam mais garde ses
rang de l’homme, 190, 448
distances vis-à-vis de Bahá’u’lláh, 30, 468 ; après
rashid Páshá, grand vizir ottoman, 493
sa libération (1852) Bahá’u’lláh se repose chez lui,
rawlinson, sir henry, 31n, 141
124 ; empêche le mariage prévu de ‘abdu’l-Bahá, rédempteur, du monde, 126
369-370 ; réprimandé par mushíru’d-dawlih,
régie des Tabacs, 477
468 ; mentionné, 140
reine du Carmel, 402
rid∂á-qulí Khán-i-hidáyat, 27
religion, rôle de la, 448
rid∂á-qulí mírzá (náyibu’l-íyálih), prince persan à
religieux, réunion avec Bahá’u’lláh à Bagdad, 167-
Bagdad, 149
168 ; désir de Bahá’u’lláh de rencontrer les théolo-
rid∂á-qulí-i-Tafrishí, mírzá, frère de Badrí-Ján, 247n ;
giens persans, 169-171
arrive à andrinople, 258 ; exilé à acre, 301 ;
représentants diplomatiques français, 177, 267, 346,
actions hostiles et assassinat à acre, 346-349, 351,
361, 480-481, 489
représentants officiels et diplomatiques russes, 29, 71,
rid∂ván : Jardin à Bagdad (jardin de najíbíyyih), 191, 72, 92, 97, 121, 122, 124, 259n
196, 198, 236 ; Tablette du, 192-195 ; fête de, 197,
reuter, Baron Julius de, la concession reuter, 469,
198, 217 ; jardin à acre (jardin de na’mayn), illus-
496, Banque impériale de Perse, 477
trations, 385, 386, 438, mentionné 387, 390, 391,
révélation, de Bahá’u’lláh, début de, 81 ; naissance
397, 442-443
dans le siyáh-Chál, 103, 236 ; proclamée
risálih, de siyyid mihdíy-i-dahijí, 155
à andrinople, 266-267, dans lawh∂-i-Karmil, 404 ;
robespierre, 455
« écriture de révélation », 439, illustration, 434 ;
« roi de Gloire », 305, 306
du Báb, défense de, par Bahá’u’lláh, 267
« roi des martyrs », voir h∆asan, mírzá
rhin, fleuve, 378
rois et dirigeants, le défi du Báb aux, 45 ; conseil de
rhodope mts., Bulgarie, 484
Bahá’u’lláh aux, 228-229 ; premiers à recevoir rid∂á áqá, l’auteur, voir muh∂ammad-rid∂á-i-qannád-i-l’appel divin, 236 ; súriy-i-mulúk, 267 ; leur rang,
shírází, áqá
rid∂á áqá, frère de h∆ájí aqáy-i-Tabrízí, exilé à acre,
roger, mary, 346n
romains, 295
rid∂á Big, maison à andrinople, illustration 260, décri-
ronzevalle, ferdinand, consul français en exercice à
te, 256, mentionnée, 252, 253, 258
andrinople, 481
rid∂á, imam (’ali ibn músá ar-rid∂á) mausolée de, 17,
rosen, Baron victor, 324
470, 472, 505
rosenberg, rev., missionaire protestant à andrinople.
rid∂á Khán, meurt à shaykh ∏abarsí, 60
addenda ii passim
rid∂á Khán Giránmáyih mírzá (mu‘ayyidu’s-salπanih),
roumélie, 240, 335, 483
460n rúmí voir Jaláli’d-dín-i-rúmí
rid∂á mírzá, parent de siyyid muh∂ammad-i-is∂fahání,
russie : son gouvernement propose un refuge à
Bahá’u’lláh, 124 ; soumet les Turkomans, 462 ;
n’apprécie pas la concession reuter, 470 ; visite de
index
nas∂iri’d-dín sháh, 470, 475 ; guerre de 1877-78
Báb, 175
avec la Turquie, 286 ; siège de Plevna et poursuite
sa‘íd Khán-i-ansárí, mírzá (mu’taminu’l-mulk),
des troupes ottomanes après la chute, 287, adden-
ministre des affaires étrangères, 161 ; conduit
da iii ; Cosaques et brigade cosaque de Perse,
l’opposition contre mushíru’d-dawlih, 470 ; perd
472 ; avance en Transoxanie, 464 ; prise de marv,
son poste puis est rétabli, 470-471 ; signe le Traité
460, 462, 464 ; étend sa frontière avec
de ákhál, 472 ; l’épître shikkar-shikan-shavand l’afghanistan, 460 ; construit la voie ferrée trans-
ne lui est pas destinée, 173n, 471 ; note biogra-
caspienne, 461 ; obtient le droit d’utiliser les eaux
phique, 504
côtières à anzalí, 474 ; concession pour construire
sa‘ídu’l-’ulamá, religieux de Bárfurúsh, 68
routes et voies ferrées en Perse, 477 ; mentionnée,
sakínih Khánum, demi-sœur de Bahá’u’lláh, 29
458, 470, 324, 460, 462
s∆aláh∂i’d-dín (saladin), 207
rustam-i-rúzafzún, áqá, 25
s∆aláh∂íyyih, irak, étape du voyage depuis Bagdad, 202
rustchuk (ruse), Bulgarie, 483
sálár (h∆asan Khán), 91, 462, 496
rúznámiy-i-vaqáyi‘-i-ittifáqíyyih, gazette officielle de
salásil, une lourde chaîne, 101
Téhéran, rapporte les martyres de 1852, 106, 107,
s∆álih∂, mírzá, oncle de Táhirih, assassiné, chap. 7
s∆álih∂ Páshá, gouverneur d’acre, 352-356, 357 s∆álih∂-i-‘arab, siyyid, religieux de Téhéran, 470
S
salisbury, lord, premier ministre britannique, 475
st-andré, église de, acre, 345
salmán, shaykh, conduit munírih Khánum à acre,
st-George, église de, acre, 345
370-372 ; pétitions qu’il porte lorsqu’il est arrêté à
st-Petersbourg (léningrad), 470, 472, 475
à alep, 467-469 ; mentionné, 249, 256, 258
ste-sophie, istanbul, dôme de, 243
salmán-i-fársi, compagnon de muh∂ammad, 38
sa‘ádat ábád, village, 58, 501
sálmání, voir muh∂ammad-‘alíy-i-salmání, ustád
s∆abbágh-i-yazdí, voir muh∂ammad-‘alíy-i-Jilawdár-i-
salomon, 43
yazdí
salonique (Thessaloníki), 483
sádhijíyyih, fille de Bahá’u’lláh qui mourut enfant,
salt lake City, 83
salπanat Khánum, exilée à acre, 301
sa‘di, cité, 18, 43, 153, 249, 455
salvarí, Turquie, 226
s∆ádiq-i-muqaddas-i-Khurásání,
mullá,
titre
s∆amadíyyih Khánum, sœur de mírzá muh∂ammad-‘alí,
d’ismu’lláhu’l-as∂daq, 50n ; accepte Bahá’u’lláh à
exilé à acre, 301
andrinople, 274 ; mentionné, 494
samaríyyih, colline proche de Bahjí, 390
s∆ádiq-i-Tabáπabá’i, chef mujtahid de Téhéran, 457
sámarrá, 492
s∆ádiq-i-Tabrízí (zanjání), attente à la vie du chah, 84,
s∆ams∂ámu’s-s∆alπanih, 328
95, 96, 109
sámsún, Turquie, étape de la marche depuis Bagdad,
s∆ádiq-i-yazdí, shaykh, meurt en route vers istanbul,
201, 217
200, 214 san francisco, 83
s∆afá, h∆ájí mírzá (rid∂á-qulí, qanbar-‘alí), murshid de
sar-Galú, montagne, illustration, 144 ; mentionné, 142
h∆ájí mírzá h∆usayn Khán, ses entrevues avec
sarakhs, poste frontière de Perse, 464
Bahá’u’lláh, 220-221, 223, 224, 234 ; note biogra-
sardár-i-as‘ad, voir ‘alí-qulí Khán, h∆ájí
phique, 504 ; mentionné, 291
sárí, mazandéran, 68, 69
safavide, dynastie, 19, 129, 459
sárih Khánum (ukht), sœur aînée de Bahá’u’lláh, 29,
s∆áh∂ib díván, voir shafi‘ Khán, mírzá
s∆áh∂ib-Ján Khánum, une servante, exilé à acre, 302
saron, 307
s∆áh∂ibu’z-zamán, 46
sassanide, dynastie, 25, 27
s∆ah∂ífiy-i-Baynu’l haramayn, Tablette révélée par le
sayfu’d-dawlih, fils de ‘alí sháh, 148
sayfu’l-mulúk mírzá, fils de fath-‘alí sháh, 73
dans la Gloire du Père
sayyáh, voir ádí Guzal, mullá ; aussi muh∂ammad-
souffrit la bastonnade, 78 ; ses commentaires sur la
‘alíy-i-sayyáh, h∆ájí
Tablette du saint nautonier, 178 ; reçoit le manus-
schindler, général autrichien, 460
crit original du Kitáb-i-íqán, 189 ; décrit le Kitáb-
schynovsky, colonel, officier autrichien à Téhéran,
i-aqdas, 377-378 ; nomme les apôtres de
Bahá’u’lláh, 234n ; termine le mausolée du Báb,
sébastopol, 487, 489
401-402 ; mentionné, 11, 27, 254n, 497
seigneur des armées, 305, 306
shujá’u’d-dawlih, Prince, fils de ‘alí-sháh, 148, 224,
selim i, 219n
sept martyrs de Téhéran, 81, 92, 429 ; de yazd, 409,
shujá’u’l-mulk (mihr-‘alí Khán), 468
shukru’lláh-i-núri, áqá, accompagne Bahá’u’lláh à
shádhilí, confrérie, acre, 394
Kerbéla, 88
shafí‘ Khán, mírzá (s∆áh∂ib diván), 39, 59, 121
shúshtar, ville, 127
shariy-i-Burújirdí, h∆ájí siyyid, 491
sidon, 499, 500
sháh muh∂ammad-i-amín, h∆ájí, décrit comment Badí‘
s∆idq-‘alíy-i-qazvíní, darvísh, émigre à istanbul, 180,
reçoit l’ Épître au chah, 323
200 ; emprisonné à istanbul, 274 ; exilé à acre,
sháh-rúd, 67, 88
302 ; arrêté au temps des meurtres des trois azalís,
sháh-sulπán Khánum (‘izziyih Khánum, Khánum
357 ; note biographique, 505 ; mentionné, 155,
Buzurg), illustration, 368 ; demi-sœur de
Bahá’u’lláh, 29-30 ; empêche le mariage prévu de
sinaï, 404 ‘abdu’l-Bahá, 369
sinán, architecte, 243
sháhansháh Bigum, fille de diyá’u’s-salπanih, 33 ; ses
sind, 465
filles, 34
sinope (sinop), Turquie, port, au cours de la marche
shahr-Bánú Khánum, devait épouser ‘abdu’l-Bahá,
depuis Bagdad, 218
sion, 307, 404
shahr-i-ray (anciennement Cháh ‘abdu’l-‘az∂ím), vil-
sipahdár-i-a’z∂am, voir muh∂ammad-valí Khán-i-
lage, 97n
Tunukábuní
shamsí Big, 219, 221, 227, 252
sipahsálár-i-a’z∂am, voir h∆usayn Khán, h∆ájí mírzá ; shamsu’d-duhá, belle-mère du roi des martyrs, 366
aussi yah∂yá Khán
shátir-Báshí, dénonce son frère au cours du massacre
sírján, Perse, 494
de 1852, 108 sistán, 465
shaybak Khán (muh∂ammad Khán-i-shaybáni), 25
sívás, Turquie, étape du voyage depuis Bagdad, 215,
shaykh-‘alí mírzá, de Chiraz, rencontre Bahá’u’lláh à
Kerbéla, 88 ; mentionné, 131
síyáh-Chál, cul-de-fosse à Téhéran, bábís emprisonnés
shaykh-‘alí, mullá, voir ‘az∂ím
(1852), 97, 103, 111 ; Bahá’u’lláh décrit le cadre et
shaykh Ghánim, mausolée de, acre, 345
les conditions de son emprisonnement, 98-102,
shaykhis, 52, 159, 456
126 ; arrivée et mort de ‘abdu’l-vahháb, 118 ;
shimrán (shimirán), porte de, 33, 35, 96 ; district de,
mort de’az∂ím, 122 ; visiteurs et libération de
72, 95
Bahá’u’lláh, 121-124 ; mentionné, 131, 236, 316
shír Khán (‘aynu’l-mulk, i’tid∂ádi’d-dawlih), ilkhání
siyyid-i-Buká’, 131, 136
des qadjars, 181 skobelev, général russe, 464
shirzád Khán-i-sartíp, haut fonctionnaire qui devint
smyrne (izmír), 50n, 288, 362, 499, 502
bahá’í, 259
sofia, Bulgarie, 484
shishmán, docteur qui soigne Bahá’u’lláh, 247
stopford, admiral sir robert, 297, 298
shoghi effendi, Gardien de la foi bahá’íe, son lieu de
strabo, 216
naissance, 385 ; son père, 431 ; gardiennat prévu
s∆ubh∂-i-azal, voir yah∂yá, mírzá
par Bahá’u’lláh, 378 ; indique que Bahá'u'lláh
s∆ubh∂í Páshá, vali de syrie, 354
index
sublime Porte, 311, 479
T
soudan, 258, 272, 489
∏abarsí, shaykh, bábís s‘y réfugient, 68 ; visite de
soufis, confrérie qádiriyyih, 276 ; mentionné, 289 Bahá’u’lláh, 69 ; son intention de revenir, 69, 75 ;
s∆ughrá Khánum, demi-sœur de Bahá’u’lláh, 29
fin du soulèvement, 81 ; histoire de, 107-108 ;
s∆uhayb, compagnon de muh∂ammad, 290n
mentionné, 50, 56, 60, 77, 103, 109, 274, 320
sulaymán le magnifique, sultan ottoman, 129
Tabriz, martyre du Báb, 19, 81, 85, 92 ; meurtre de
sulaymán Khán, h∆ájí, récupère les restes du Báb et de
siyyid-‘alíy-i-arab, 259 ; exécution d’azalís
son compagnon, 85, 95 ; bábís arrêté dans sa mai-
(1896), 415 ; mentionné, 73, 95, 236, 497
son (1852), 97 ; martyre, 106-107, 109 ; mention-
∏áhirih (umm-salamih, qurratu’l-‘ayn), description,
né, 95, 121
46-47, 84, 107 ; accepte le Báb, 47 ; son sauveta-
sulaymán Khán (Jamál effendi), 418n
ge, 60 ; rencontre vah∂íd, 83-84 ; à la conférence de
sulaymán Khán-i-qájár, 181n
Badasht, chap. 8 passim, 107 ; Bahá’u’lláh la
sulaymán Páshá, gouverneur de andrinople, 276n nomme, 62 ; protégée à niyálá, 65 ; arrêtée et
sulaymán Páshá, gouverneur de province d’acre, 295,
emprisonnée à Téhéran, 68, 83 ; martyre, 68, 107 ;
298, 353n, 360n, 389n
mentionnée, 59, 88, 145, 349n, 366
sulaymán-i-núri, mírzá, 61
∏ahmásb-qulí Khán-i-Kujúri, 113
sulaymán-qulí, mírzá (Khátibu’r rahmán), martyr de
∏á’if, arabie, 499
1852, 107, 108-109
Tá’íyyih, ode, 142
sulaymáníyyih, irak kurde, Bahá’u’lláh cherche à
Tajrísh, résidence d’été, 72, 460
s’isoler, 139-140 ; sa vie, 140-142, ville décrite,
Táju’l-mulúk (ummu’l-Khaqán), 93
141 ; attitude des habitants, 142 ; pachas hérédi-
Tákur, manoir de mírzá Buzurg, 32, 35, 37 ; attaqué,
taires, 148n ; odes révélées par Bahá’u’lláh, 142,
110-113 ; mentionné, 27, 28, 110
176 ; son retour à Bagdad, 145, 236 ; mentionné, Takyih, séminaire théologique, de mawláná Khálid,
143, 147, 148, 152, 441
illustration, 143, mentionné, 142 ; des mawlavis,
sulπán, shaykh, bábí arabe, rencontre Bahá’u’lláh à
240, 289
Kerbéla, 88 ; le soutien à Bagdad, 131 ; le cherche
Talbot, major Gerald f., 477
et le trouve à sulaymáníyyih, 145 ; son livre écrit
Tall-i-fakhkhár (colline de napoléon), acre, 390
sur le voyage, 146n
Taqí Khán-i-faráhání, mírzá (amír Kabír), illustra-
sulπán-ah∂mad mírzá (plus tard, sháh), 328
tion, 90 ; titres, 73 ; devient grand vizir, 73 ; ordon-
sulπán-h∆usayn mírzá (Jalálu’d-dawlih), 409, 436-437
ne la mort du Báb, 87, 462 ; efforts pour supprimer
sulπán ibn ah∂mad, saiyid, de muscat, 465
la religion bábíe, 91, 92 ; rencontre Bahá’u’lláh et
sulπán-mas’úd mírzá (z∆illu’s-sulπán), 19, 93, 328,
conseille une absence temporaire, 88 ; renvoyé par
409, 436, 456, 458, 459 le chah qui ordonne sa mort, 89, 91, 93, 492 ;
sulπán muh∂ammad-i-fátih∂, mosquée d’istanbul, 221
caractère et accomplissements, 91, 93-94 ; femme
sulπán-murád mírzá (h∆isámu’s-salπanih), gouverneur-
and filles, 92, 93, 107 ; mentionné, 86n, 121, 492,
général du Khorassan, 32, 91, 462, 473
496, 504
sulπán salím, mosquée d’andrinople, 243, 261
Taqí, mírzá (Parishán), fils de mírzá Buzurg, 29
sulπánábád, 459
Taqíy-i-Baraghání, h∆ájí mullá (shahíd-i-Thálith), 59,
sunnites, 305, 449
súq al abyad∂, acre, 390
Taqíy-i-Tabrízí, h∆ájí (Karbilá’i Taqi, mashhadi Taqi),
sourate de Joseph, 45
note biographique, 497 (avec frère, Ja’far-i-
suse (shúsh), 19
Tabrizi, h∆ájí) ; mentionné, 258, 282-283, 293, 299,
sykes, sir Percy, son opinion d’amir Kabir, 93 ; men-
tionné, 465
Tatar-Bazardijk (Pazardzhik), Bulgarie, 484
syrie, 295, 297, 499
Táwuq, irak, étape du voyage depuis Bagdad, 203
dans la Gloire du Père
Taylor, 1. G., British consul à diyárbakr, 211-212n
famille de, 345 ; son manoir à Bahjí, 389 ; mort,
Télégraphe, construction du, en Perse, 465
389 ; voir ‘Údí Khammár, maison de ‘Údí
Templiers allemands, 298n, 400
Khammár, maison de, acre, illustration, pièce où
Terre sainte, chap. 31, 392, 451
le Kitáb-i-aqdas fut révélé, 376 ; mentionné, 341,
Thompson, Juliet, 119
342, 345, 357, 361
Thomson, sir ronald, ministre britannique à Téhéran,
‘uluvv, siyyid-i-, 88
460n ‘umar effendi, Big-Báshí, accompagne les exilés
Thomson, w. Taylor, ministre britannique à Téhéran,
bahá’ís au départ de Gallipoli, 287
460n
‘umar lüπfí Páshá, gouverneur de Bagdad, 150 ; note
Tiflis, 496
biographique, 505
Tigranes, en arménie, 207
umm-i-ashraf, mère d’áqá siyyid ashraf, le martyr,
Tigre, fleuve, cafés visités par Bahá’u’lláh, 172, 175 ;
le voyage depuis Bagdad, 191, 198, 199, 205, 210,
umm-salamih, voir ∏áhirih
mentionné, 17, 145, 150n, 153, 178, 183, 190
états-unis d’amérique, 474
Téhéran, ville natale de Bahá’u’lláh, 22 ; maison de
unité des peuples, 448
mírzá Buzurg, 32, 33 ; maison de Bahá’u’lláh, 33 ;
ustád muh∂ammad-‘alíy-i-salmání, voir muh∂ammad-
mission de mullá h∆usayn, 49 ; arrestation de ∏áhi- ‘alíy-i-salmání
rih, 68 ; invités de Bahá’u’lláh, chap. 12 passim ;
‘uthmán Páshá, ministre ottoman, 506
Bahá’u’lláh reçoit les affaires personnelles du Báb,
Úzún-Kúprí, Turquie, 284
84-85 ; restes du Báb cachés, 85 ; sept martyrs,
81, 92, 429 ; tentative d’assassinat du chah, chap.
V
15 passim, 118 ; martyrs de 1852, chap. 17 ;
vah∂íd (siyyid yah∂yáy-i-dárábí), le chah l’envoie véri-
Bahá’u’lláh par en exil, 124 ; Bahá’u’lláh s’adres-
fier les dires du Báb, 92 ; invité de Bahá’u’lláh,
se à, 378 ; visite de Chirol, 458-461 ; assassinat de
82 ; rencontres avec sayyáh∂ and ∏áhirih, 82-84 ;
násiri’d-dín sháh, 478 ( voir násiri’d-dín sháh) ;
reconnaît la position de Bahá’u’lláh, 82-84 ; mar-
mentionné, 19, 29, 101, 105, 118, 456 ; voir síyáh-
tyrisé à nayriz, 81, 92 ; mentionné, 103
Chál
vah∂íd, mírzá, fils de mírzá muh∂ammad-qulí, exilé à Testament de Bahá’u’lláh (Kitáb-i-‘ahd), provisions
acre, 301
du, 445, 446, 449 ; cité, 446
vakílu’d-dawlih (muh∂ammad-Taqí, h∆ájí mírzá), 414
The Times, londres, 392, 483
varna, Bulgarie, 483, 484
Traditions islamiques, 188, 219n
verbe de dieu, 190
transcaspien, chemin de fer, 461
victoria, reine, 177, 469, 475
Transoxanie, 25, 464, 472
Túbá Khánum, sœur de h∆ájí mírzá habibu’lláh afnán,
W
Túpkhánih, 503
windsor, château de, 469
Túqát (Tokat), Turquie, étape du voyage depuis
Bagdad, 216
Turkamáníyyih, mère de muh∂ammad-qulí, 30
X Turkestan, 216
xerxès, 19
Turkomans, 462-464
Y
U
yah∂yá, h∆ájí shaykh, imám-Jum‘ih de Chiraz, 131n
‘ubaydu’lláh, shaykh, 496
yah∂yá Khán (mushíru’d-daw1ih, mu‘tamídu’l-mulk),
‘Údí Khammár, détails biographiques, 341-342, 361 ;
473, 474
index
yah∂yá, mírzá (s∆ubh∂-i-azal), illustration, 31 ; demi-
illustration, 471 ; devient grand vizir, 470 ; person-
frère de Bahá’u’lláh, 30 ; successeur du Báb, 130,
nalité, 471 ; note biographique, 506 ; mentionné,
245 ; Báb le confie aux soins de Bahá’u’lláh, 83 ;
333, 474
arrêté à ámul, 75, 78-79 ; va à Tákur, puis s’enfuit
vers Bagdad, 110 ; Bahá’u’lláh désire qu’il retour- Z
ne en Perse, 130, 246 ; comportement à Bagdad,
záb, grand et petit, rivières, 204
130, 131, 135, 136, 143-145, 167, 246, 443 ; son
za‘farán Khánum, exilée à acre, 302
livre mustayqiz∂, 147 ; incite au meurtre de
zagros mt., 17, 19
dayyán, 147 ; refuse de rencontrer nabíl, 152 ; à
z∆áhir, bábí arabe, 205, 246
Bas∂rah, 167, 172 ; nomme des « Témoins du
z∆áhiru’l-‘umar, gouverneur de la province d’acre,
Bayán », 181 ; s’enfuit de Bagdad, 182 ; abandon-
295, 297, 298
ne des écrits du Báb, 246 ; atteint mosul et des-
zahrá Bigum, sœur de la femme du Báb, 429, 431
cription de ‘abdu’l-Bahá, 205 ; rejoint la carava-
zahrá Khánum, exilée à acre, 301
ne, 205, 212 ; supplie Bahá’u’lláh d’accepter le
zákhú (zakho), irak, étape du voyage depuis Bagdad,
bannissement à andrinople, 224 ; ses intrigues à
andrinople, 242, 245 ; sa rébellion, 245-246 ; ses
zanján, soulèvement de, 81, 92, 103, 109, 274, 494 ;
tentatives pour empoisonner Bahá’u’lláh, 247-
meurtre de mírzá muh∂ammad-‘alí, médecin, 259 ;
248 ; son ignorance révélée, 249 ; ses complots
situation trois décennies après le soulèvement, 457
pour assassiner Bahá’u’lláh, 249-252 ; sa rupture
zarand, 84
d’avec Bahá’u’lláh 252-255 ; ses partisans en irak,
zargandih, 97
255, 259 ; ne vient pas au rendez-vous avec
zaynab (rustam-‘alí), soulèvement de zanján, 92
Bahá’u’lláh, 261-263, 269 ; sa description par
zaynu’l-‘ábidín, áqá mírzá, arrive à andrinople, 270
Bahá’u’lláh, 262-263 ; le briseur par excellence de
zaynu’l-‘ábidín, h∆ájí mírzá, père de áqá mírzá áqá,
l’alliance du Báb, 247 ; banni à Chypre, 276 ; quit-
núri’d-dín, 429
te andrinople, 284 ; ses femmes, 363, 443, voir zaynu’l-‘ábidín Khán (fakhru’d-dawlih), noble de
Badrí-Ján ; ses enfants, 363, 411, 415, 427 ; assu-
Bagdad, 148, 166, 168, 171
rance de Bahá’u’lláh, 376 ; est libéré (1878), 452 ;
zaynu’l-‘ábidín Khán, gouverneur de nayriz, 153
activités de ses partisans à istanbul, chap. 40 ; sa
zaynu’l-‘ábidín, mírzá (mullá, Jináb-i-Bábá), oncle
mort à Chypre (l912), 452 ; mentionné, 133-135
de Bahá’u’lláh, s’enfuit de Tákur avec mírzá
passim, 145, 154, 195, 216, 226, 240, 243, 258, yah∂yá, 110 ; rencontre Bahá’u’lláh, 135-136
259, 272, 349, 351, 369, 426-427
zaynu’l-‘ábidín, mullá, de najaf-ábád, apôtre de
yah∂yá, mírzá, de qazvín, 420
Bahá’u’lláh, nommé ismu’lláhu’l-zayn, 50n ;
yah∂yá Páshá, 499
désigné Jináb-i-zaynu’l-muqarrabín, 143 ; men-
yah∂yá, siyyid, frère de munírih Khánum, 370, 372
tionné, 27n, 341
yah∂yáy-i-dárábí, siyyid, voir vahíd
zaynu’l-‘ábidín-i-yazdí, mullá, martyr de 1852, 109, yálrúd, 37
yazd, 17, 25, 81, 436, 456, 504
zaynu’l-muqarrabin, Jináb-i-, voir zaynu’l-‘ábidín, yazdigird iii, 25, 27
mullá, de najaf-ábád
yazíd i, calife ommeyade, 444
zillu’s-sulπán, voir ‘alí-sháh and sulπán-mas‘úd
yazídís (Kurdes), 206, 207
mírzá
yirkih, village, 390
zívar Páshá, gouverneur d’acre, 391, 392, 394
yúsuf Kamál Páshá, note biographique, 506 ; mention-
zívar-sulπán Khánum, grand-mère de shoghi effendi,
né, 234
yúsuf Khán-i-vujdání, mírzá, tuteur à Bahji, 438, 440
zoroastre, 17, 305
yúsuf, shaykh, mufti de nazareth, 394-395
yúsuf-i-ashtíyáni, mírzá (mustawfíyu’l-mamálik),
dans la Gloire du Père
table des matières
Chapitres
pag
es
Préface à la version française
Préface du traducteur
introduction Prologue 2
1. ascendance de Bahá’u’lláh
2. la famille de Bahá’u’lláh
3. les premières années 3 5
4. l'aube
5. en route vers la capitale de la Perse 4
6. au pays de ses ancêtres
7. Premier emprisonnement
8. la conférence de Badasht
9. de Badasht à shaykh ∏abarsí
10. la chute de h∆ájí mírzá áqásí
11. deuxième emprisonnement
12. une année importante
13. un an à Kerbéla
14. la chute de l'amír Kabír
15. la folle tentative d'assassiner nás∂iri'd-dín sháh
16. naissance de la révélation bahá'íe
17. les martyres bábís de 1852
18. histoire d'un jeune shírází
19. libération et exil
20. Bagdad, la première année
21. sulaymáníyyih
22. Bagdad, amis et ennemis
23. Bagdad, les dernières années
24. Traces de la Plume très exaltée
25. la marche du roi de Gloire
26. dans la ville de Constantin
dans la Gloire du Père
27. andrinople, la prison lointaine
28. les dernières années à andrinople
29. Bannissement à acre
30. l’arrivée à acre
31. le seigneur des armées
32. la vie dans la caserne
33. l'histoire de Badí'
34. le grand sacrifice
35. les portes s'ouvrent
36. la roue tourne
37.le mariage de la Plus-Grande-Branche
38. dernières années derrières les murs
39. les années à Bahjí
40. activités des azalís à istanbul
41. extraits d'une autobiographie
42. l'ascension de Bahá'u'lláh
addenda
i. le règne désastreux de nás∂iri'd-dín sháh
ii. démarches effectuées auprès des consuls
lors du banisssement de Bahá'u'lláh à acre
iii. Conséquences du siège de Plevna
iv. le général Gordon à haïfa et acre
v. notes biographiques
Bibliographie
Glossaire
références
index