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Mashriqu'l-Adhkar, The Institution of the

L’institution du mashriqu’l-adhkár (se prononce machréRol-azkâr)

Déclaration et compilation par le département de la recherche de la Maison universelle de justice Septembre 2017

Version française par la Commission de traduction. Avril 2021

L’institution du mashriqu’l-adhkár Une déclaration préparée par le département de la recherche de la Maison universelle de justice Septembre 2017

Le mashriqu’l-adhkár, « lieu d’où s’élève la louange de Dieu », est décrit par la Maison universelle de justice, dans sa lettre datée du 18 décembre 2014 aux bahá’ís en Iran, comme « un concept unique dans les annales de la religion » qui « symbolise les enseignements du nouveau jour de Dieu ». La Maison de justice déclare en outre que la maison d’adoration est un « centre pour tous destiné à promouvoir l’affection chaleureuse » et qu’elle «constitue un lieu de culte universel ouvert à tous les habitants d’une localité, quels que soient leur affiliation religieuse, leur milieu d’origine, leur appartenance ethnique et leur genre, et un havre où se plonger dans la contemplation de la réalité spirituelle et des questions fondamentales de la vie, dont la responsabilité individuelle et collective de l’amélioration de la société. Il embrasse en son sein hommes et femmes, enfants et jeunes sur un pied d’égalité. » L’importance extraordinaire pour l’unité et le bien-être de l’humanité de cette institution incomparable est soulignée partout dans les écrits de la Foi. Bahá’u’lláh, par exemple, proclame « Bénis ceux qui s’adonnent, dans la maison d’adoration, au souvenir de celui qui est le Seigneur des justes ». ‘Abdu’l-Bahá affirme que, bien que la maison d’adoration soit construite « sur terre, c’est en réalité une institution de l’Assemblée céleste et l’on peut donc dire qu’elle atteint le plus haut des cieux ». Dans une autre tablette, il l’appelle « l’aube des lumières et le lieu de rassemblement des justes », dans laquelle « des âmes nobles… offrent des supplications, entonnent des versets divins, et chantent des prières avec de merveilleuses mélodies » telles que « les habitants de l’Assemblée céleste écoutent et s’écrient « Heureux que nous sommes ! que tout le monde se réjouisse ! ». Le Maître déclare, « C’est la première institution du Seigneur clairement visible », construction si capitale que même l’acte de « En ces jours, ne poser qu’une seule brique [pour elle ou pour] l’une de ses dépendances c’est comme construire un édifice majestueux. » Comme le dit Shoghi Effendi, le mashriqu’l-adhkár est le « symbole annonciateur de l’ordre mondial de Bahá’u’lláh ». Selon les termes de la Maison de justice, c’est un phare de lumière « pour dissiper l’obscurité de la haine et de l’injustice. » Huit temples continentaux illuminent à présent le monde, tandis que des temples locaux et nationaux commencent à apparaître. Chacun appelle « toute personne à adorer celui qui est son Créateur, son Seigneur souverain, Celui qui donne la lumière au monde », et incite « une population entière à aspirer à un sentiment plus profond de partager un objectif commun. » Chacun nous rappelle l’assurance de ‘Abdu’l-Bahá qu’« à l’avenir, une centaine de milliers de mashriqu’l-adhkár seront élevés glorieux, dignes et infiniment majestueux ». Pour aider à mieux comprendre la nature de cette institution divine et ses implications profondes pour la régénération spirituelle de l’humanité, on trouvera en annexe une compilation d’extraits d’Écrits de Bahá’u’lláh et de ‘Abdu’l- Bahá, ainsi que des lettres écrites par Shoghi Effendi et par la Maison universelle de justice, ou en leur nom. Certains des concepts glanés dans divers passages de la compilation sont discutés ci-dessous.

• L’influence du mashriqu’l-adhkár Dans le Kitáb-i-Aqdas, Bahá’u’lláh appelle les peuples du monde à construire : « des maisons d’adoration dans tous les pays au nom de celui qui est le Seigneur de toutes les religions. Faites-les aussi parfaites qu’il est possible ici-bas et ornez-les de ce qui leur convient, sans image ni effigie. Puis d’une joie radieuse, célébrez-y les louanges de votre Seigneur, le Très- Compatissant. En vérité, son souvenir réjouit les yeux et illumine les cœurs. » ‘Abdu’l-Bahá explique l’importance de cette institution, en faisant référence au mashriqu’l-adhkár comme « l’aimant des confirmations divines » et « la puissante fondation du Seigneur, le pilier solide de la foi de Dieu ». Dans la même tablette, il déclare que l’établissement de la maison d’adoration « est un moyen d’exalter le Verbe de Dieu » et que « la louange et la glorification qui en émanent réjouissent le cœur de toute âme juste ». Il exhorte ainsi les amis à y être « occupés à prier et à adorer Dieu, à réciter des versets et des paroles de Dieu et à chanter des odes célestes à la gloire du Très-Miséricordieux. » Ailleurs, ‘Abdu’l-Bahá décrit la maison d’adoration comme « un foyer où les esprits sont réjouis et les cœurs attirés vers le royaume d’Abhá» et affirme qu’elle exerce « une forte influence sur toutes les phases de la vie », stimulant les amis et promouvant « l’unité de l’humanité ». En se rassemblant dans cet édifice pour mentionner le Seigneur, « des liens d’unité » se forgent alors que l’affection grandit et s’épanouit « dans le cœur humain ». En fait, grâce au mashriqu’l-adhkár, qui « illumine les cœurs, spiritualise les âmes et exhale les parfums du royaume de gloire », le monde de l’humanité est « transformé en un autre monde, et les sensibilités du cœur sont intensifiées au point d’englober toute la création. » Selon Shoghi Effendi, l’influence du mashriqu’l-adhkár est « incalculable et mystérieuse », renforçant directement la foi de l’individu, tout en étant, selon ‘Abdu’l-Bahá, «le plus sûr moyen de diffuser les doux arômes » du Seigneur. Dans une lettre écrite en son nom, la Maison de justice observe « Symbole puissant et partie intégrante de la civilisation divine vers laquelle la révélation de Bahá’u’lláh conduit tous les peuples, la maison d’adoration devient le lieu de convergence de la communauté qui l’a construite. » « Les gens vont se hâter pour adorer Dieu dans ce temple céleste, le parfum de Dieu y sera diffusé, les enseignements divins prendront racine dans les cœurs, comme l’esprit s’établit dans l’âme des hommes et les gens resteront fermes dans la cause de votre Seigneur, le Très-Miséricordieux », déclare le Maître.

• Un lieu de prière

‘Abdu’l-Bahá explique que « des cœurs purs et rayonnants sont les points du jour de la mention de Dieu d’où les mélodies de supplication et de prière s’élèvent continuellement jusqu’à l’Assemblée céleste », et il déclare que si, par la bonté de Dieu, le cœur des amis devenait un temple divin « ils exerceraient assurément le maximum d’efforts et seraient pleinement déterminés à construire le mashriqu’l-adhkár, pour que la structure extérieure révèle la réalité intérieure et que la forme extérieure annonce la signification intérieure. » Plusieurs thèmes se retrouvent dans les Écrits associés à ce lieu de culte et à la réalité intérieure qu’il manifeste, y compris le pouvoir de la prière, les effets de prier avec d’autres et la nature des dévotions dans l’édifice central lui-même. Dans le Kitáb-i-Aqdas, Bahá’u’lláh attire l’attention sur la puissance de la récitation des versets de Dieu dans les maisons d’adoration : « Enseignez à vos enfants les versets révélés du ciel de majesté et de pouvoir, afin qu’ils récitent les Tablettes du Très-Miséricordieux, avec les intonations les plus mélodieuses, dans les salles des mashriqu’l-adhkár. Quiconque est transporté par le ravissement né de l’adoration de son nom, le Très-Compatissant, récitera les versets de Dieu de telle sorte qu’il captivera le cœur de ceux qui sont encore plongés dans le sommeil. Heureux celui qui boit à longs traits le vin mystique de la vie éternelle dans les paroles de son Seigneur miséricordieux en mon nom – un nom qui réduisit en poussière les montagnes hautes et majestueuses. » La Maison de justice clarifie le thème de la puissance de la prière en expliquant que les deux Astres jumeaux nous ont enseigné que la prière est « la conversation spirituelle essentielle directe et sans intermédiaire de l’âme avec son Créateur », « Comme la rosée du matin, elle rafraîchit le cœur, l’assainit », c’est « un feu qui consume les voiles et une lumière qui mène à l’océan de la réunion avec le Tout- Puissant ». La qualité de la prière est primordiale. D’elle « dépendent le développement des capacités illimitées de l’âme et le pouvoir d’attirer les faveurs de Dieu ». Ses pouvoirs se manifestent quand elle est « motivée par l’amour de Dieu ». La Maison de justice poursuit : « Elle doit être exprimée avec un cœur pur et sincère qui prédispose à la contemplation et à la méditation, afin que ses effets puissent éclairer la raison. Une telle prière transcendera les limites des mots et ira bien au-delà des simples sons. La douceur de ses mélodies doit élever et réjouir le cœur, et affermir le pouvoir pénétrant de la Parole, transformant les inclinations terrestres en qualités célestes et inspirant le désir de servir l’humanité de façon désintéressée. » Un deuxième thème est celui de la prière en commun que les bahá’ís et leurs amis dans le monde entier considèrent comme fondamentale dans ce modèle de l’effort collectif visant à l’amélioration spirituelle et matérielle de la société. La Maison de justice soutient que « La réunion de prière, un aspect collectif d’une vie pieuse et une dimension du concept du mashriqu’l-adhkár, est indispensable à ce modèle ». « Quand elle s’intègre au cœur de la vie communautaire » cette réunion devient un événement auquel « toute âme peut prendre part, peut respirer les parfums célestes, goûter à la douceur de la prière, méditer sur le Verbe créateur, se laisser transporter sur les ailes de l’esprit et communier avec le Bien- Aimé.» La tenue de ces réunions dans n’importe quelle localité constitue « un pas supplémentaire dans l’application » de la loi du mashriqu’l-adhkár, et évoque l’esprit de la maison d’adoration. Un troisième thème est le déroulement des prières dans le mashriqu’l-adhkár. ‘Abdu’l-Bahá affirme que les maisons d’adoration « confèrent fermeté et constance aux amis » et « sont des lieux de supplication et d’invocation au seuil de la grandeur divine ». La suppression des rituels et des rites est essentiel à un tel déroulement et à la création de ce que Shoghi Effendi décrit comme « une atmosphère spirituelle sereine ». Comme le remarque la Maison de justice, Shoghi Effendi critique la pompe des cérémonies élaborées et ostentatoires et met en garde contre toute idée que « l’intérieur de l’édifice central lui-même soit converti en un agglomérat de services religieux » offrant « un spectacle d’observances et de rites sectaires incohérents et confus ». Les programmes religieux ne doivent pas être affectés par l’uniformité ou par des formes rituelles de quelque sorte que ce soit et Shoghi Effendi le conseille dans une lettre écrite en son nom, ils seront « simples, dignes, et conçus pour élever l’âme et l’éduquer en entendant la parole créatrice ». Dans une autre lettre écrite en son nom, il déclare « Dans le temple bahá’í, plus le culte a un caractère universel et informel, mieux c’est ». Ce genre de programme peut aussi inclure des chants a cappella. Dans les lettres écrites en son nom, la Maison de justice précise que les paroles chantées dans la maison d’adoration doivent être « basées sur des écrits sacrés bahá’ís ou autres », y compris les écrits et les discours de ‘Abdu’l- Bahá, et qu’elles devraient contenir « des thèmes bahá’ís ». Cela peut impliquer de « répéter des versets de prières ou des extraits d’écrits » et on peut se permettre de « légères modifications du texte […] afin de se conformer aux exigences musicales ». « Le style musical du morceaux peut être déterminé par le compositeur, à condition qu’il tienne compte de l’obligation spirituelle de traiter les textes sacrés avec le respect, la dignité et la révérence qui leur sont dus. » Par un concept aussi simple que rassembleur, le mashriqu’l- adhkár incarne un trait distinctif de la révélation de Bahá’u’lláh le principe de l’unité dans la diversité. Selon Shoghi Effendi, la maison d’adoration matérialise durablement sur terre, « de la manière la plus visible et tangible, une superbe image et une expression durable de l’esprit vital et illimité de la cause de celui qui est le Seigneur de tous les mondes ». ‘Abdu’l-Bahá lui-même affirme : «En ce bas monde, le mashriqu’l-adhkár est un édifice céleste et un moyen d’atteindre l’unité de l’humanité, dans la mesure où tous les peuples du monde se rassemblent dans l’amitié et l’harmonie au sein de cet édifice, et tout en chantant les hymnes de l’unité divine, s’engagent dans la louange et la glorification du Seigneur des armées. »

• Adoration et service

Aussi puissantes et ambitieuses que soient les forces spirituelles libérées par les prières individuelles et collectives offertes au sein du mashriqu’l-adhkár et aussi essentielle que soit une vie de prière dynamique pour le développement spirituel personnel, l’adoration de Dieu doit aussi aboutir, comme le fait remarquer la Maison de justice, à « des actes, reflets extérieurs de cette transformation intérieure. » Shoghi Effendi souligne que le projet de la communauté – une communauté « divinement ordonnée, organiquement unie, à la vision claire et vibrante de vie » – est « régulé par les principes directeurs indissociables, l’adoration de Dieu et le service à autrui. » En effet, le lien indispensable entre ces principes directeurs fait partie intégrante de l’unité de l’humanité, qui, comme le note la Maison de justice, « est à la fois son principe de fonctionnement et le but » de la Révélation de Bahá’u’lláh. Le caractère indissociable de l’adoration et du service, qui trouve sa pleine expression dans le mashriqu’l-adhkár, se manifeste progressivement au fur et à mesure que la communauté met en œuvre avec de plus en plus d’efficacité les dispositions de son cadre d’action. La Maison de justice observe que les amis « perçoivent l’interaction dynamique qui existe entre prière et actions entreprises en vue d’améliorer les conditions spirituelles, sociales et matérielles de la société ». Dans son message de Riḍván 2012 aux bahá’ís du monde, la Maison de justice déclare : « Le mashriqu’l-adhkár, décrit par ‘Abdu’l-Bahá comme « l’une des institutions les plus vitales du monde », allie deux aspects essentiels, inséparables de la vie bahá’íe : adorer et servir. L’union de ces deux éléments se reflète aussi dans la cohérence qui existe parmi les aspects de développement communautaire du Plan, notamment l’essor d’un esprit de dévotion qui trouve son expression dans des rencontres de prière et d’un processus éducatif qui développe la capacité de servir l’humanité. La corrélation entre adoration et service est particulièrement marquée dans les groupements de par le monde où les communautés bahá’íes ont grandi de façon significative en taille et en vitalité, et où l’engagement dans l’action sociale est évident. »

• Les dépendances du mashriqu’l-adhkár

Shoghi Effendi affirme que dans la plénitude des temps l’édifice central du mashriqu’l-adhkár sera entouré d’« institutions de service social qui offriront soulagement à ceux qui souffrent, subsistance aux pauvres, abri aux voyageurs, réconfort aux personnes en deuil et éducation aux ignorants ». La Maison de justice écrit que « l’institution par Bahá’u’lláh du mashriqu’l-adhkár, centre spirituel de chaque communauté bahá’íe autour duquel doivent prospérer des dépendances consacrées au progrès social, humanitaire, éducatif et scientifique de l’humanité », illustre sans contexte l’absolue nécessité d’une « cohérence dynamique entre les exigences spirituelles et les exigences pratiques de la vie sur terre ». ‘Abdu’l-Bahá explique à ce propos que la maison d’adoration est reliée « à un hôpital, à une pharmacie, à une maison d’accueil pour les voyageurs, à une école pour les orphelins et à un établissement d’études universitaires. » En tant que tel, « le temple n’est pas seulement un lieu d’adoration il est plutôt, à tous égards, un ensemble complet. » Shoghi Effendi met en évidence l’interaction vitale entre adoration et service et propose la vision suivante qui illustre la relation étroite entre l’édifice central et ses dépendances : « Séparé des activités sociales, humanitaires, éducatives et scientifiques centrées sur les dépendances du mashriqu’l- adhkár, le culte bahá’í, aussi exalté soit-il dans sa conception, aussi passionné soit-il dans sa ferveur, ne pourra jamais espérer dépasser les maigres résultats, souvent transitoires, produits par la contemplation de l’ascète ou la communion du fidèle passif. Elle ne peut apporter une satisfaction et un bénéfice durables au fidèle lui-même, et encore moins à l’humanité en général, tant qu’elle n’est pas traduite et transposée dans ce service dynamique et désintéressé à la cause de l’humanité que les dépendances du mashriqu’l- adhkár ont le privilège suprême de faciliter et de promouvoir. De même, les efforts, aussi désintéressés et acharnés soient- ils, de ceux qui, dans le périmètre du mashriqu’l-adhkár seront engagés dans l’administration des affaires du futur Commonwealth bahá’í, ne pourront fructifier et prospérer à moins qu’ils ne soient menés en communion étroite et quotidienne avec les forces spirituelles que concentre le sanctuaire central du mashriqu’l-adhkár et d’où elles rayonnent. Rien de moins qu’une interaction directe et constante entre les forces spirituelles émanant de cette maison d’adoration située au cœur du mashriqu’l-adhkár et les énergies consciemment déployées par ceux qui administrent ses affaires au service de l’humanité peuvent éventuellement fournir les fondamentaux capables d’éliminer les maux qui ont si longtemps et si gravement affligé l’humanité. Car c’est assurément de la conscience de l’efficacité de la Révélation de Bahá’u’lláh, renforcée d’un côté par la communion spirituelle avec son Esprit, et de l’autre par l’application intelligente et l’exécution fidèle des lois et des principes qu’il a révélés, que doit dépendre en définitive le salut d’un monde pris dans les douleurs de l’enfantement. Et de toutes les institutions qui sont associées à son saint Nom, aucune ne peut fournir de manière adéquate les éléments vitaux du culte et du service bahá’ís, si essentiels tous les deux à la régénération du monde, si ce n’est l’institution du mashriqu’l-adhkár. Là réside le secret de la grandeur, de la puissance, de la position unique du mashriqu’l-adhkár l’une des institutions exceptionnelles conçues par Bahá’u’lláh. » On peut retrouver les prémices de la relation entre aspects spirituels et pratiques matérialisés dans une maison d’adoration, dans les efforts pionniers des croyants d’Achgabat. Dans sa lettre du 1er août 2014 aux bahá’ís du monde, la Maison de justice rapporte ce qui suit : « Sur une parcelle de terrain appropriée située au centre de la ville et acquise quelques années auparavant avec l’assentiment de la Beauté-Bénie elle-même, des équipements ont été construits pour le bien-être collectif, dont : une salle de réunion, des écoles pour les enfants, une auberge pour les visiteurs et un dispensaire. Un indice des réussites remarquables des bahá’ís d’Achgabat, qui au cours de ces années productives se sont distingués par leur prospérité, leur magnanimité et leurs réalisations intellectuelles et culturelles, est l’attention à s’assurer que tous les enfants et jeunes bahá’ís savaient lire et écrire dans une société où régnait l’analphabétisme, surtout chez les filles. […] Pendant plus de vingt ans, les amis ont goûté la joie céleste d’avoir réalisé leur noble objectif : l’établissement d’un centre d’adoration, cœur névralgique de la vie communautaire, espace où les âmes se réunissaient au lever du jour avec humilité, en prière et en communion, avant d’en ressortir pour vaquer à leurs activités quotidiennes. » Ainsi que le dit la Maison de justice dans une lettre ultérieure, le mashriqu’l-adhkár est en même temps un «lieu d’où vont rayonner des forces spirituelles », « le centre à partir duquel des dépendances pour le bien-être de l’humanité doivent être érigées » et « l’expression d’une volonté commune et d’un désir ardent de servir. » La même lettre poursuit : « Ces dépendances – centres d’éducation et d’enseignement des sciences ainsi que d’initiatives culturelles et humanitaires – incarnent les idéaux du progrès social et spirituel qui doit s’accomplir grâce à l’application du savoir et montrent comment, quand elles sont en harmonie, religion et science élèvent le rang de l’être humain et mènent à l’épanouissement de la civilisation. »

• Établir un mashriqu’l-adhkár

Depuis la révélation de la loi du mashriqu’l-adhkár par la plume de Bahá’u’lláh, sa mise en œuvre a suivi un processus de développement graduel et organique à la mesure de la capacité de la communauté. ‘Abdu’l-Bahá déclare que ces « aurores du souvenir de Dieu […] seront appelées à s’établir dans chaque hameau et dans chaque cité. » Le Maître indique que leurs débuts pourraient même prendre la plus humble des formes : « Quant au mashriqu’l-adhkár, il est de la plus haute importance. Le but est le suivant : il faut repérer un site, même si c’est un petit endroit sous des couches de terre et de pierre, qui, par prudence, devrait rester caché et secret de peur qu’il n’éveille l’hostilité des méchants. Au moins une fois par semaine, ce lieu devrait servir au rassemblement d’amis choisis, ceux qui ont découvert les secrets des mystères divins et en sont devenus familiers. L’endroit peut prendre n’importe quelle forme, car même s’il s’agissait d’une cavité elle deviendrait un abri paradisiaque, une demeure exaltée et un jardin de délices. » C’est à Achgabat et à Wilmette, pendant le ministère de ‘Abdu’l-Bahá que les premières occasions se sont présentées pour la création d’un mashriqu’l-adhkár. Par la suite, sept maisons d’adoration continentales ont été établies à travers le monde, la dernière étant le temple de Santiago du Chili inauguré en octobre 2016. Cependant, alors même que l’étape continentale touchait à sa fin, un nouvel horizon s’ouvrait au monde bahá’í en raison des avancées dans la construction de communautés humaines basée sur les prières en commun et la capacité accrue pour servir qui étaient stimulées par la série de plans mondiaux débutant en 1996. Dans son message de Riḍván aux bahá’ís du monde de cette année-là, la Maison de justice soulignait que « l’épanouissement de la communauté, surtout au niveau local, exige une amélioration significative des modèles de comportement » impliquant « la pratique collective de la prière ». Il devenait donc « essentiel pour la vie spirituelle de la communauté que les amis organisent des réunions de prières régulières, dans les centres bahá’ís locaux lorsqu’ils existent, ou ailleurs, notamment chez les croyants. » Dans son message de Riḍván cinq ans plus tard, la Maison de justice prévoyait la construction de mashriqu’l-adhkár nationaux au cours de la cinquième époque de l’Âge formatif, développement qui « se déroulera par étapes successives, d’après le plan divin de ‘Abdu’l-Bahá. » Elle remarquait à ce propos : « Un trait distinctif de la cinquième époque sera l’enrichissement de la vie de piété de la communauté grâce à l’édification de maisons d’adoration nationales, selon la situation des communautés nationales. La Maison universelle de justice déterminera le calendrier de ces projets, à mesure de l’avancée du processus d’entrée en troupes dans les pays. » Dès 2012, les critères requis ont été « manifestement remplis » en République démocratique du Congo et en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ce fut un développement très important. « Avec le dernier des temples continentaux en cours de construction à Santiago », déclarait la Maison de Justice dans son message de Riḍván, « le lancement de projets pour construire des maisons d’adoration nationales offre encore une autre preuve gratifiante de la pénétration de la foi de Dieu dans le terreau de la société. » La Maison de justice a également affirmé dans une lettre ultérieure écrite en son nom que la maison d’adoration fait « partie intégrante du processus de construction communautaire et son édification représente un jalon important dans le développement d’une communauté. » Fait tout aussi encourageant, il était devenu clair au Riḍván 2012 que la construction d’une maison d’adoration locale pouvait être envisagée dans les groupements servant de centres d’information sur le « Programme d’autonomisation spirituelle des juniors » et où « l’ensemble du schéma d’expansion et de consolidation » était en train d’être renforcé, c’est-à-dire, précisément à cette époque, à Battambang au Cambodge, à Bihar Sharif en Inde, à Matunda Soy au Kenya, à Norte del Cauca en Colombie et à Tanna au Vanuatu. S’appuyant sur cette vision, le passage suivant du message du Riḍván 2014 a directement lié l’évolution du programme de croissance dans un groupement à la mise en place d’un mashriqu’l-adhkár local : « Dans un nombre grandissant de groupements, le programme de croissance gagne en envergure et en complexité, proportionnellement à l’augmentation de la capacité des trois protagonistes (l’individu, la communauté et les institutions de la Foi) à créer un environnement de soutien mutuel. Et nous sommes ravis qu’il y ait, comme prévu, un nombre croissant de groupements où une centaine de personnes facilitent maintenant l’implication d’un millier d’autres, voir plus, dans l’élaboration d’un modèle de vie spirituel, dynamique et transformateur. Depuis le tout début, ce qui sous-tend ce processus est évidemment un mouvement collectif vers la vision de la prospérité matérielle et spirituelle qu’a exposée Celui qui donne la vie au monde. Mais quand de si grands nombres sont concernés, ce mouvement d’une population entière devient perceptible. Ce mouvement se remarque particulièrement dans les groupements où un mashriqu’l-adhkár local doit être établi. » Dans le message du Riḍván 2012, la Maison de justice souligne l’ampleur de ce progrès dans la vie communautaire et fournit la vision suivante concernant la construction imminente des deux maisons d’adoration nationales et des cinq locales « Bien-aimés collègues : le premier coup de pioche donné par la main de ‘Abdu’l-Bahá il y a cent ans va être donné à nouveau dans sept autres pays, ceci n’étant que le prélude du jour où au sein de chaque ville et village, en obéissance à l’injonction de Bahá’u’lláh, un édifice sera érigé pour l’adoration du Seigneur. À partir de ces orients de la souvenance de Dieu rayonnera sa lumière et retentiront les hymnes à sa louange. » La Maison de justice attire l’attention sur cette même vision dans son message du 1er septembre 2017 aux personnes rassemblées pour l’inauguration de la maison d’adoration de Battambang, au Cambodge. Elle annonce qu’« une aube nouvelle se lève dans le développement de l’institution du mashriqu’l-adhkár » et affirme que cette occasion historique préfigure : « l’apparition d’encore plus de mashriqu’l-adhkár locaux et nationaux, pour obéir au commandement de Bahá’u’lláh révélé dans son Très-Saint Livre : « Édifiez dans tous les pays des maisons d’adoration au nom de celui qui est le Seigneur de toutes les religions. » « L’ouverture de cette nouvelle étape de construction de temples nationaux et locaux a également permis d’en savoir plus sur ce qui est nécessaire à la construction d’une maison d’adoration, notamment les considérations pratiques telles que le choix d’un lieu adéquat et la décision quant à la taille de l’édifice, tout autant que ce qui va encourager la population locale à s’approprier le projet. Le choix des architectes s’est révélé être une préoccupation particulière, car, selon la Maison de justice, « Le défi particulier qui se présente aux architectes est de concevoir des temples « aussi parfait(s) qu’il est possible ici-bas », qui s’harmonisent d’une manière naturelle avec la culture locale et la vie quotidienne de ceux qui s’y rassembleront pour prier et méditer. Cette tâche exige créativité et talent afin de combiner beauté, grâce et dignité avec simplicité, fonctionnalité et économie. » Tout au long de ce processus d’évolution, la communauté a eu de plus en plus l’occasion de découvrir combien l’esprit d’unité dans lequel ces efforts sont entrepris est indispensable. À cet égard, ‘Abdu’l-Bahá déclare ce qui suit à propos de l’élaboration de plans pour le mashriqu’l-adhkár d’Achgabat : « Il faut faire de tout sujet une occasion d’unité et de concorde, afin que la camaraderie et l’harmonie entre les bien- aimés de Dieu croissent de jour en jour. Ainsi, il faut traiter cette question du mashriqu’l-adhkár de manière à favoriser l’unité et la concorde entre les amis. C’est-à-dire que vous devriez d’abord vous concerter et ensuite élaborer un plan. Si vous suivez ces étapes, des confirmations divines vous seront continuellement accordées. » Le Maître donne également le conseil suivant : « La coopération et l’entraide sont le fondement de la vie et de l’existence, alors que la cause de l’anéantissement et de la dégradation est la cessation de l’aide et de l’assistance. Plus le niveau d’existence est élevé, plus cette question de coopération et d’assistance devient importante et vitale. Au niveau de l’humanité, la coopération et l’entraide sont par conséquent plus complètes et plus perfectionnées qu’aux autres niveaux d’existence, si bien que la vie de l’humanité dépend entièrement de ce principe. Parmi les amis de Dieu, en particulier, cette fondation solide doit être fortifiée de telle sorte que chaque âme puisse en aider une autre dans tous les domaines, qu’il s’agisse des réalités et des vérités spirituelles ou des aspects matériels et physiques de la vie. C’est surtout le cas lors de la création d’institutions publiques qui profitent à tous, et en particulier du mashriqu’l-adhkár, qui constitue la plus grande des fondations divines. » Étendant le concept de collaboration, Shoghi Effendi, dans une lettre écrite en son nom, souligne que la construction de la maison d’adoration « exige une coopération incessante et un soutien mutuel, ce qui requiert des sacrifices. » Dans une autre lettre écrite en son nom, il met en garde « C’est le dévouement, la sincérité et l’enthousiasme véritable qui, à long terme, peuvent assurer l’achèvement de notre temple bien-aimé. » Et il ajoute « En tout état de cause, les considérations matérielles, bien qu’essentielles, ne sont pas les plus vitales. » De même, la Maison de justice, exprimant combien elle fut émue par la réponse mondiale à son appel pour sept nouvelles maisons d’adoration, fait la remarque suivante : « Nous avons été témoins, en particulier dans les pays et localités récemment désignés pour la construction d’une maison d’adoration, des manifestations de joie spontanées des amis, de leur détermination immédiate et sincère à offrir leur part dans la réalisation de ce travail crucial en cours, et à accroître le dynamisme des activités qui font partie intégrante de la présence d’un mashriqu’l-adhkár au sein d’une population, nous avons aussi été témoins des contributions empreintes de sacrifice qu’ils ont apportées en temps, en énergie et en ressources matérielles sous diverses formes ainsi que de leurs efforts constants pour éveiller une multitude croissante à la vision de ces édifices entièrement consacrés à la souvenance de Dieu qui seront érigés au milieu d’eux. De fait, la réponse prompte de la communauté du Plus-Grand- Nom augure bien de sa capacité à faire progresser ces entreprises collectives. » Gardant en mémoire ces conseils et afin d’apprécier l’esprit de service véritable requis pour l’établissement de cette haute institution, il est utile de se pencher sur le désir de ‘Abdu’l- Bahá de participer à la construction du mashriqu’l-adhkár d’Achgabat et sur son appel fervent aux amis pour qu’ils l’exécutent à sa place : « Au nom de ‘Abdu’l-Bahá, creuse la terre, transporte le mortier, porte les pierres qui serviront à construire le mashriqu’l-adhkár, afin que l’allégresse procurée par ce service apporte plaisir et joie au Centre de servitude. Ce mashriqu’l-adhkár est la première institution du Seigneur clairement visible. C’est donc l’espoir de ce serviteur que toute âme juste et vertueuse sacrifie tout, manifeste une grande joie et une grande exultation et se réjouisse de porter de la terre et du mortier, afin que cet édifice soit érigé, que la cause de Dieu se répande et qu’aux quatre coins du monde les amis se lèvent, fermement résolus à accomplir cette grande tâche. Si ‘Abdu’l-Bahá n’était pas emprisonné et s’il n’y avait pas d’obstacle sur son chemin, sans doute se hâterait-il en personne vers Achgabat afin de transporter la terre nécessaire à la construction du mashriqu’l-adhkár avec le plus grand plaisir et la plus grande joie. Maintenant, il revient aux amis de se lever avec cette intention présente à l’esprit et de servir à ma place afin que cet édifice soit en peu de temps visible par tous, que les aimés de Dieu aient la possibilité d’y mentionner la Beauté d’Abhá, qu’à l’aurore les mélodies du mashriqu’l- adhkár s’élèvent vers l’assemblée céleste et que le chant des rossignols de Dieu apporte joie et extase aux habitants du Très-Glorieux Royaume. Ainsi les cœurs se réjouiront, les âmes seront heureuses de ces joyeuses nouvelles et les esprits illuminés. C’est le plus grand espoir des sincères ; c’est le souhait le plus cher de ceux qui sont près de Dieu. »

L’institution du mashriqu’l-adhkár

Compilation d’extraits d’Écrits de Bahá’u’lláh et de ‘Abdu’l- Bahá, d’écrits de Shoghi Effendi et de lettres de la Maison universelle de justice Préparée par le Département de la recherche de la Maison universelle de justice Septembre 2017

Extraits des Écrits de Bahá’u’lláh

Ô peuples du monde ! édifiez dans tous les pays des maisons d’adoration au nom de celui qui est le Seigneur de toutes les religions. Faites-les aussi parfaites qu’il est possible ici-bas et ornez-les de ce qui leur convient, sans image ni effigie. Puis, d’une joie radieuse, célébrez-y les louanges de votre Seigneur, le Très-Compatissant. En vérité, son souvenir réjouit les yeux et illumine les cœurs. (Le Très-Saint-Livre – Kitáb-i-Aqdas. Bruxelles, Maison d’éditions bahá’íes, 2011, 2e éd. § 31). [1]

Béni celui qui, à l’aube, dirigeant ses pensées vers Dieu, occupé par son souvenir et suppliant son indulgence, tourne ses pas vers le mashriqu’l-adhkár, y entre et s’assied en silence pour écouter les versets de Dieu, le Souverain, le Puissant, le Très-Loué. Dis : tout bâtiment érigé dans une ville ou un village pour célébrer ma louange est un mashriqu’l- adhkár. Tel est le nom qui le désigne devant le trône de gloire, si vous êtes de ceux qui comprennent. (Le Très-Saint-Livre - Kitáb-i-Aqdas, § 115). [2]

Enseignez à vos enfants les versets révélés du ciel de majesté et de pouvoir, afin qu’ils récitent les Tablettes du Très- Miséricordieux, avec les intonations les plus mélodieuses, dans les salles des mashriqu’l-adhkár. Quiconque est transporté par le ravissement né de l’adoration de son nom, le Très-Compatissant, récitera les versets de Dieu de telle sorte qu’il captivera le cœur de ceux qui sont encore plongés dans le sommeil. Heureux celui qui boit à longs traits le vin mystique de la vie éternelle dans les paroles de son Seigneur miséricordieux en mon nom – un nom qui réduisit en poussière les montagnes hautes et majestueuses. (Le Très-Saint-Livre - Kitáb-i-Aqdas, § 150). [3]

Vous aviez écrit concernant l’établissement d’un mashriqu’l- adhkár au pays de Ṭá et le fait que, d’autres ont été et sont installés, par la grâce de Dieu, en d’autres lieux, et ceci a été mentionné en sa sainte et sublime Présence. Sur quoi la langue de l’Ancien des jours a répondu : « Béni est le lieu, la maison et l’endroit, la ville et le cœur, la montagne et le refuge, la caverne et la vallée, le pays et la mer, l’île et la prairie, où la mention de Dieu a été faite et où sa louange a été glorifiée. » (D’une tablette, traduite de l’arabe et du persan). [4]

Voici ce qu’a prononcé la langue de l’Indépendant concernant le mashriqu’l-adhkár. Il dit, glorifiée soit sa puissance et exalté son empire : « Loué soit Celui qui est le Désir du monde pour t’avoir confirmé au service de sa cause. Les peuples du monde sont agités, le mal et la sédition abondent et tous se sont levés pour éteindre sa lumière. Et pourtant, malgré cela, toi et ses élus, vous avez été activement engagés dans la mention et le souvenir de Dieu. On se souviendra éternellement de cet édifice, car il a été élevé, pendant les jours de Dieu, au nom du seul vrai Dieu et il a été paré de l’ornement de son commandement. Implore celui qui est la Vérité éternelle pour qu’il confirme chaque âme au service de sa cause, afin que chacune demeure ferme et fidèle à ce que Dieu a fait descendre dans son Livre. Combien vaines et éphémères sont les choses de ce monde. Sous peu, tout retournera au néant, et seul subsistera ce que la Plume la plus exaltée a ordonné selon l’ordre de Dieu, l’Aide dans le péril, Celui qui subsiste par lui-même ». (D’une tablette, traduite de l’arabe et du persan). [5]

Bénis ceux qui s’adonnent, dans la maison d’adoration, au souvenir de celui qui est le Seigneur des justes ! Bénis ceux qui se lèvent au service de cette maison ! Bénis ceux qui ont érigé cette maison ! Ils y entrent dans un état de paix et d’ardeur et la quittent avec réticence et regret. Nous supplions Dieu, immensément exalté soit-il, notre Seigneur et votre Seigneur, de vous assister par des moyens visibles et invisibles, et d’ordonner pour vous ce qui durera aussi longtemps que son nom perdurera – nom qui éclipse tous les autres noms. Il n’est point d’autre Dieu que lui, Celui qui toujours pardonne, le Très-Miséricordieux. (D’une tablette, traduite de l’arabe et du persan). [6]

Par ma vie et par ma cause ! Quelle que soit la demeure où entrent les amis de Dieu et d’où s’élèvent leurs voix alors qu’ils glorifient le Seigneur, les âmes des vrais croyants et de tous les anges choisis circuleront autour d’elle. Et si pour certains la porte de l’œil véritable s’ouvrait, ils verraient le Concours suprême tourner autour et s’écrier : « Bénie sois-tu, ô maison, car Dieu a fait de toi un lieu de repos pour ceux qui ont sa faveur, une demeure pour ceux qu’il chérit et une habitation pour ceux en qui il a placé sa confiance. Sur toi soit sa louange, sa gloire et sa grâce sans fin. » (D’une tablette, traduite de l’arabe et du persan). [7]

Extraits des écrits de ‘Abdu’l-Bahá

Il est bon que les amis organisent des réunions et des rassemblements au cours desquels ils glorifieront Dieu, fixeront leur cœur sur lui et réciteront les versets sacrés révélés par la Beauté Bénie – que mon âme soit donnée en rançon pour ses serviteurs aimants ! L’éclat des rayons de l’horizon suprême et du Royaume très glorieux sera répandu sur ces lumineuses assemblées. Car elles ne sont rien d’autre que les mashriqu’l-adhkár (maisons d’adoration), les aurores du souvenir de Dieu qui, sous la direction de la Plume très exaltée, seront appelées à s’établir dans chaque hameau et dans chaque cité. […] Ces réunions spirituelles doivent avoir un caractère de pureté et de consécration extrêmes en sorte que, du site même où elles se déroulent, de leur emplacement et de l’atmosphère qui les entoure le souffle parfumé de l’Esprit saint se respire. (‘Abdu’l-Bahá, Sélection d’écrits, 2e éd., 2014, n° 55.1). [8]

Ô vous amis véritables de ‘Abdu’l-Bahá ! En ce moment, mes pensées sont tournées vers vous. Le coucher du soleil approche et une multitude d’épreuves m’ont privé de réconfort, mais me souvenir de vous m’apporte la plus grande joie et le plus grand plaisir. C’est ainsi que je me tourne vers le Seigneur qui toujours pardonne, le suppliant de vous renforcer d’une part abondante de sa puissante grâce. Le mashriqu’l-adhkár est l’orient des lumières et le lieu de rassemblement des justes. Chaque fois qu’une compagnie d’âmes nobles s’y rassemble en une réunion céleste, offre des supplications, entonne des versets divins et récite des prières sur de merveilleuses mélodies, les habitants de l’Assemblée céleste entendent et s’écrient : « Heureux que nous sommes ! Que tout le monde se réjouisse ! » car, louange à Dieu, des âmes d’entre les anges du Royaume de gloire sont apparues ici-bas, dans une sainte réunion, pour communier avec leur Seigneur en entonnant les versets d’unité divine. Y a-t-il plus grande bénédiction ? (D’une tablette, traduite du persan). [9]

Ô amis de ‘Abdu’l-Bahá et ses partenaires dans la servitude auprès du Seigneur des armées ! En vérité, la plus grande affaire et la question la plus importante aujourd’hui sont d’établir un mashriqu’l-adhkár, de fonder un temple, d’où les voix de louange s’élèveront jusqu’au royaume du Seigneur majestueux. Que Dieu vous bénisse d’y avoir pensé et d’avoir eu l’intention d’ériger un tel édifice, les surpassant tous, en consacrant votre richesse à ce projet grandiose et à cette magnifique entreprise. Vous verrez bientôt les anges de la confirmation se succéder pour vous soutenir et les armées célestes venues se précipiter en renfort. Quand le mashriqu’l-adhkár sera achevé, quand les lumières en jailliront et que les justes s’y assembleront, quand des prières seront offertes au royaume des mystères divins et que le chant des louanges s’élèvera jusqu’au Seigneur suprême, alors les croyants se réjouiront, le cœur dilaté débordant d’amour pour le Dieu éternel qui subsiste par lui-même. Les gens vont se hâter pour adorer Dieu dans ce temple céleste, le parfum de Dieu y sera diffusé, les enseignements divins prendront racine dans les cœurs, comme l’esprit s’établit dans l’âme des hommes et les gens resteront fermes dans la cause de votre Seigneur, le Très-Miséricordieux (D’une tablette, traduite de l’arabe). [10]

De tous ceux qui se lèvent au service de cet édifice, aucun ne sera privé par Dieu d’une force émanant de son puissant royaume, et sur lui pleuvront de telles bénédictions spirituelles et célestes qu’elles rempliront son cœur d’une lumière merveilleuse, et illumineront sa vision pour contempler la gloire de l’Ancien des Jours. (D’une tablette, traduite de l’arabe). [11]

Ô toi qui es ferme dans l’Alliance ! Ta lettre a été reçue et sa teneur est apparue claire et évidente. Tu parles de la forte implication, des efforts et de la détermination dont ont fait preuve les aimés de Dieu, de leur enthousiasme irrépressible pour construire le mashriqu’l-adhkár et du zèle que ces personnes bénies mettent à en transporter les pierres. En vérité, cette nouvelle a apporté une telle joie aux cœurs qu’il est impossible de la décrire ou de la rapporter, car elle évoquait l’image de cette noble assemblée portant des pierres dans la plus grande humilité et modestie tout en se considérant, malgré tout, bien au-dessus des rois du monde. (D’une tablette, traduite du persan). [12]

Tu m’as interrogé au sujet des lieux d’adoration et de leur raison d’être. La sagesse qui préside à la construction de tels édifices est la suivante : à une heure convenue, les gens sauraient qu’il est temps de se réunir, ils se rassembleraient et, formant une union harmonieuse entre eux, se consacreraient à la prière. L’unité et l’affection en résulteront; elles se développeront et s’épanouiront dans le cœur humain. ‘Abdu’l-bahá, Sélections des écrits d’Abdu’l-Bahá, nº 58.1 [13]

Nous apprenons que tu as l’intention d’honorer ta demeure en réunissant, de temps à autre, des amis bahá’ís dont quelques- uns vont glorifier le Seigneur Très-Glorieux. […] Si tu arrives à réaliser ton projet, sache que cette maison terrestre deviendra une demeure céleste, cet édifice de pierre un ouvrage de l’esprit. (‘Abdu’l-Bahá, Sélections des écrits d’Abdu’l-Bahá, n° 57.1). [14].

À l’avenir, si Dieu le veut, seront érigés dans toutes les régions […] des temples d’une beauté et d’une dignité exceptionnelles, où grâce et élégance s’allieront à un raffinement des proportions qui ravissent les yeux. (D’une tablette, traduite du persan). [15]

Bien que le mashriqu’l-adhkár soit, d'après son apparence extérieure, une structure matérielle, il exerce cependant un effet d'ordre spirituel. Il forge entre les coeurs des liens d'unité ; c'est un centre communautaire destiné aux âmes humaines. Chaque ville dans laquelle, au temps de la Manifestation, fut édifié un temple, a fait naître la sécurité, la constance et la paix, car de tels édifices ont été voués à la perpétuelle glorification de Dieu, et le coeur humain ne saurait trouver de repos en dehors de la souvenance de Dieu. Par le Dieu de miséricorde ! L'édifice de la maison d’adoration exerce une puissante influence sur toutes les phases de la vie. En Orient, l'expérience a clairement montré qu'il s'agissait là d'un fait bien établi. Même si, dans quelque petit village, une maison était désignée pour faire fonction de mashriqu’l-adhkár son existence avait une portée significative. Quel pourrait être alors l'impact produit par un temple spécialement édifié dans ce but ! (‘Abdu’l-Bahá, Sélections des écrits d’Abdu’l-Bahá, n° 60). [16]

Jináb-i-Karbilá’í Muḥammad-Hádí, le gardien du mashriqu’l- adhkár, est mon maître. Autrement dit, je suis son serviteur, car il est un serviteur de la Beauté bénie. Il balaie le sol du mashriqu’l-adhkár. Il ne s’agit pas de servitude, mais de souveraineté. Le service qu’il rend n’est pas chose ordinaire ; non, c’est une bénédiction de Dieu, pure et vraie. (D’une tablette, traduite du persan). [17]

Le mashriqu’l-adhkár est une des institutions les plus importantes du monde, et il possède de nombreuses branches annexes. Tout en étant une maison d’adoration, il est également relié à un hôpital, à une pharmacie, à une maison d’accueil pour les voyageurs, à une école pour les orphelins et à un établissement d’études universitaires. Chaque mashriqu’l-adhkár est relié à ces cinq structures. Mon espoir est que le mashriqu’l-adhkár soit maintenant fondé en Amérique et que, peu à peu, l’hôpital, l’école, l’université, le dispensaire et la maison d’accueil soient créés ensuite, toutes ces institutions fonctionnant dans les meilleures conditions d’organisation et d’efficacité. Portez ces questions à la connaissance des bien-aimés du Seigneur, afin qu’ils comprennent l’importance de ce « Point d’aurore de la souvenance de Dieu ». Le temple n’est pas seulement un lieu d’adoration : il est plutôt, à tous égards, un ensemble complet. (‘Abdu’l-Bahá, Sélections des écrits d’Abdu’l-Bahá, n° 64.1). [18]

Toutes les fois qu’un groupe de personnes s’assembleront dans un lieu de réunion, qu’elles glorifieront Dieu et qu’elles s’entretiendront des mystères divins, alors, sans aucun doute, les souffles de l’Esprit saint leur parviendront doucement , et chacune d’entre elles recevra une part de ses bienfaits. (‘Abdu’l-Bahá, Sélections des écrits d’Abdu’l-Bahá, n° 56.1). [19]

Ta lettre et les deux plans pour le mashriqu’l-adhkár sont arrivés. Ces deux plans ont été examinés, ils ont réjoui les cœurs. Les bien-aimés et les servantes de Dieu se sont tous mis à chanter tes louanges. Tu devrais cependant consulter les membres de l’assemblée spirituelle concernant la forme et le plan du mashriqu’l-adhkár, afin que vous preniez une décision ensemble. Il faut faire de tout sujet une occasion d’unité et de concorde, afin que la camaraderie et l’harmonie entre les bien-aimés de Dieu croissent de jour en jour. Ainsi, il faut traiter cette question du mashriqu’l-adhkár de manière à favoriser l’unité et la concorde entre les amis. C’est-à-dire que vous devriez d’abord vous concerter et ensuite élaborer un plan. Si vous suivez ces étapes, des confirmations divines vous seront continuellement accordées. Les amis d’Achgabat ont fait de l’édification du mashriqu’l- adhkár le moyen de créer une parfaite camaraderie. Avec le plus grand amour et la plus grande sincérité, ils ont élu un comité et celui-ci s’est attelé à établir, organiser, arranger et concevoir le mashriqu’l-adhkár. Des confirmations divines leur furent accordées jour après jour, et – Dieu soit loué ! – il a été construit très solide et majestueux. (D’une tablette, traduite du persan). [20]

Vraiment, des cœurs purs et rayonnants sont des orients de la mention de Dieu d’où les mélodies de supplication et de prière atteignent continuellement l’Assemblée céleste. Je supplie Dieu de faire de chacun de vos cœurs un temple divin où la lampe de la Très-Grande Direction puisse être allumée. Si les cœurs recevaient une telle grâce, ils exerceraient assurément le maximum d’efforts et seraient pleinement déterminés à construire le mashriqu’l-adhkár, pour que la structure extérieure révèle la réalité intérieure et que la forme extérieure annonce la signification intérieure. (D’une tablette, traduite du persan). [21]

O amis d’Orient et d’Occident ! Parmi les fondements de la religion de Dieu, les significations profondes du Verbe divin et les devoirs des amis de Dieu, les plus grands sont la coopération et l’entraide, car le règne humain en dépend – voire tous les êtres innombrables qu’on trouve dans le monde de l’existence. Si la coopération et l’entraide cessaient d’exister entre les choses créées, le monde contingent se désintégrerait complètement… La coopération et l’entraide sont le fondement de la vie et de l’existence, alors que la cause de l’anéantissement et de la dégradation est la cessation de l’aide et de l’assistance. Plus le niveau d’existence est élevé, plus cette question de coopération et d’assistance devient importante et vitale. Au niveau de l’humanité, la coopération et l’entraide sont par conséquent plus complètes et plus perfectionnées qu’aux autres niveaux d’existence, si bien que la vie de l’humanité dépend entièrement de ce principe. Parmi les amis de Dieu, en particulier, cette fondation solide doit être fortifiée de telle sorte que chaque âme puisse en aider une autre dans tous les domaines, qu’il s’agisse des réalités et des vérités spirituelles ou des aspects matériels et physiques de la vie. C’est surtout le cas lors de la création d’institutions publiques qui profitent à tous, et en particulier du mashriqu’l-adhkár, qui constitue la plus grande des fondations divines. (D’une tablette, traduite du persan). [22].

Tu as écrit que les amis voulaient contribuer au coût de construction du mashriqu’l-adhkár. Cette nouvelle a procuré une joie infinie, dans la mesure où les effusions abondantes du Royaume, le flot céleste de la grâce de Dieu et ses confirmations infaillibles sont orientés vers l’établissement des liens d’unité, d’harmonie et de communion dans le monde humain. Cet acte digne, de la part des amis en Orient, consistant à recueillir et envoyer des contributions à l’Occident est par conséquent louable, méritoire et parmi les caractéristiques distinctives de cette Dispensation. Par le passé, on n’avait jamais entendu dire que l’Orient ait apporté son soutien matériel à l’Occident mais ici, les amis de Perse aident à la construction du mashriqu’l-adhkár en Amérique. C’est la première fois qu’il en est ainsi ; par conséquent, ses effets sont assurément louables et cela produira des résultats admirables.

Louange à la Beauté antique pour avoir conféré de tels liens d’amitié et d’harmonie à l’espèce humaine, pour avoir établi une si puissante fondation et pour avoir promu une aspiration aussi sublime. Que le Très-Grand Nom soit remercié pour avoir élevé une telle arche au cœur même du monde, grâce à laquelle les diverses nations de la terre s’uniront et s’associeront en amitié ; les nations disparates du monde deviendront un seul pays et ses nombreux territoires une seule patrie ; les divers gouvernements s’associeront tous dans l’union et l’harmonie ; les racines de l’injustice seront éradiquées ; les fondements de la guerre, du conflit, du pillage, de la rapine, de la haine et de l’hostilité seront détruits. Cette coopération et cette collaboration entre l’Orient et l’Occident fournissent la preuve suffisante et irréfutable que ce but béni sera atteint. (D’une tablette, traduite du persan). [23]

Ô toi qui es ferme dans l’alliance ! Les bonnes nouvelles de l’achèvement imminent du mashriqu’l-adhkár, l’ordonnance de ses jardins et, bientôt, le ruissellement de ses fontaines, ont procuré une joie infinie. Le mashriqu’l-adhkár deviendra vraiment un lieu de grand bonheur et de joie. La force et l’élégance de sa structure, la disposition ordonnée de ses allées, la conception de ses parterres, le jaillissement de ses fontaines, la floraison de ses arbres, la fraîcheur de son air, le charme et la beauté de son apparence se combinent pour créer un paradis du plus grand enchantement. Cela sera vraiment sans égal, sans ressemblance. (D’une tablette, traduite du persan). [24]

En ce bas monde, le mashriqu’l-adhkár est un édifice céleste et un moyen d’atteindre l’unité de l’humanité, dans la mesure où tous les peuples du monde se rassemblent dans l’amitié et l’harmonie au sein de cet édifice, et tout en chantant les hymnes de l’unité divine, s’engagent dans la louange et la glorification du Seigneur des armées. Assurément ta joie ne repose que dans la diffusion de la lumière de la direction divine. (D’une tablette, traduite du persan). [25]

Le premier mashriqu’l-adhkár d’Amérique a été institué à Chicago et cet honneur et cette distinction sont d’une valeur infinie. De ce mashriqu’l-adhkár, indubitablement, des milliers de mashriqu’l-adhkár naîtront. (Les tablettes du plan divin, Thornhill, Publications Bahá’í Canada 2e éd., 2012, n° 11.82.) [26]

Ta lettre datée du 23 novembre 1918 est bien arrivée. Dieu soit loué, son contenu indique que tu t’es mis au service du projet du mashriqu’l-adhkár afin d’ériger cet édifice à vocation universelle. Tu as vraiment fait de grands efforts à cet égard et je chéris l’espoir que cette entreprise grandisse de jour en jour. Les actes sont comme des arbres ; planter un arbre est facile, alors que s’en occuper jusqu’à ce qu’il produise ses fruits est difficile. On a déployé des efforts jusqu’ici pour poser les fondations du temple, mais son achèvement est difficile. Mon espoir est que les amis de Dieu soient aidés dans cette tâche. (D’une tablette, traduite du persan). [27]

Ô vous qui êtes fermes dans l’Alliance et le Testament de Dieu ! Le carnet a été reçu et lu qui contient vos plans pour l’établissement du mashriqu’l-adhkár et de ses dépendances – comprenant un hôpital, des écoles, une auberge, des foyers pour les infirmes et les pauvres – et aussi les noms de ceux qui ont contribué financièrement à cette entreprise. Louange à Dieu ! Il a aidé des âmes bénies à se lever pour accomplir une tâche si importante et à jeter les bases d’un édifice qui durera pour l’éternité et dont le sommet s’élèvera jusqu’au plus haut des cieux. Bien que ce mashriqu’l-adhkár soit construit sur terre, c’est en réalité une institution de l’Assemblée céleste et l’on peut donc dire qu’il atteint le plus haut des cieux. Rendez grâce à Dieu de vous être levés pour offrir un service d’une telle conséquence, dans la mesure où, en cet âge et en ce siècle, établir des mashriqu’l-adhkár est de la plus haute importance. Ces édifices apporteront fermeté et constance aux amis. Ce sont des lieux de supplication et d’invocation au seuil de la grandeur du Seigneur et le plus sûr moyen de diffuser ses doux arômes. En ces jours, ne poser qu’une seule brique pour le mashriqu’l-adhkár ou l’une de ses dépendances c’est comme construire un édifice majestueux. Je suis donc très satisfait des bien-aimés du Seigneur qui ont réussi à rendre un service aussi vital et important. J’espère que cette structure sera construite avec le maximum de beauté et de robustesse et que ses dépendances seront progressivement achevées. (D’une tablette, traduite du persan). [28]

… considérez la manière avec laquelle Ḥájí Mírzá Muḥammad-Taqí Afnán, cet esprit sanctifié, cette âme confirmée, s’est levé pour servir cette grande cause. Abandonnant une vie d’aisance et de confort à Yazd, il s’est empressé de rejoindre Achgabat pour œuvrer pour la cause de Dieu. Que de sacrifices il a consenti pour ériger le mashriqu’l- adhkár ! Il a entièrement consacré sa vie à cette tâche, jusqu’à parvenir à établir le premier mashriqu’l-adhkár dans ce pays. Ses services furent en effet extraordinaires, car il s’agissait là du premier mashriqu’l-adhkár élevé dans le monde au nom de Dieu. Sa signification est donc très grande. Et pourtant, à l’avenir, une centaine de milliers de mashriqu’l-adhkár seront élevés glorieux, dignes et infiniment majestueux. Le mashriqu’l-adhkár d’Achgabat a le rang de mère, et les autres mashriqu’l-adhkár seront comme des enfants spirituels qui naîtront d’elle. (D’une tablette, traduite du persan). [29]

Ô vous les bien-aimés de Dieu ! La nouvelle est arrivée qu’un mashriqu’l-adhkár a été établi, que dans ce pays, la louange et la glorification de Dieu ont atteint le royaume de gloire et que les mélodies d’adoration et de louange de ce glorieux Bien- aimé sont montées jusqu’à l’Assemblée céleste. Quelle délectation et quelle joie infinies ces bonnes nouvelles ont suscité, puisque le mashriqu’l-adhkár amène les amis à s’éveiller, à se souvenir de Dieu et à se trouver dans un état d’humble prière. Le mashriqu’l-adhkár a pour effet d’illuminer les cœurs, de rendre les âmes spirituelles et d’exhaler les parfums du Royaume de gloire. Le monde de l’humanité est ainsi transformé en un autre monde, et les sensibilités du cœur sont intensifiées au point d’englober toute la création. Mon espoir est qu’un mashriqu’l-adhkár soit établi dans chaque quartier et dans chaque coin du pays, même si cela se fait avec la plus grande discrétion et circonspection, et que, par prudence, cela se limite à des amis choisis et de confiance parmi les aimés de Dieu, jusqu’au moment où la propagation de sa renommée ne suscite plus le désarroi et l’agitation chez les négligents. Ô vous les bien-aimés de Dieu ! Voyez quelle fraîcheur, quelle tendresse, quelle spiritualité et quel rayonnement sont atteints quand vous vous réunissez en ce lieu de rassemblement des esprits, quand vous vous occupez du souvenir de Dieu à l’aube et, qu’après avoir récité des prières, vous évoquez le Seigneur Très-Généreux en de douces mélodies. Ces mélodies atteindront le Royaume de gloire, et ces chants enchanteront et réjouiront l’Assemblée céleste. (D’une tablette, traduite du persan). [30]

Le mashriqu’l-adhkár est un aimant pour les confirmations divines. Le mashriqu’l-adhkár est la puissante fondation du Seigneur, le pilier solide de la foi de Dieu. L’établissement du mashriqu’l-adhkár est un moyen d’exalter le Verbe de Dieu. La louange et la glorification qui en émanent réjouissent le cœur de toute âme juste. Les parfums sacrés du mashriqu’l- adhkár ravivent les âmes des justes et ses brises vivifiantes confèrent la vie au cœur pur. Les lampes du mashriqu’l- adhkár, comme les rayons resplendissants de l’aube, illuminent les horizons. La mélodie du mashriqu’l-adhkár réjouit les âmes de l’Assemblée céleste et réciter en son sein des versets de son unité divine apporte jubilation et joie aux habitants du royaume de gloire. En ce jour, établir le mashriqu’l-adhkár est la question la plus importante et le service par excellence à offrir au Seuil sacré de Dieu […] Le but en est que les aimés de Dieu, tout en exerçant la plus grande sagesse, y soient occupés à prier et à adorer Dieu, à réciter des versets et des paroles de Dieu et à chanter des odes célestes à la gloire du Très-Miséricordieux. (D’une tablette, traduite du persan). [31]

O serviteur de Bahá ! La musique est considérée comme une science digne d’éloges au seuil du Tout-Puissant. Lors de grands rassemblements, de congrégations, elle te permet de chanter des versets en une mélodie des plus merveilleuse et d’élever des hymnes de louanges dans le mashriqu’l-adhkár tels qu’ils ravissent l’Assemblée céleste. Considère alors combien l’art de la musique est admiré et loué. Si tu le peux, essaie d’utiliser des mélodies, des chants et des airs inspirés, et d’harmoniser la musique terrestre avec la mélodie céleste. Tu remarqueras alors la grande influence de la musique, la joie et la vie céleste qu’elle confère. Entonne un air si mélodieux qu’il remplisse de joie et d’extase les rossignols des mystères divins. (D’une tablette, traduite du persan). [32]

En vérité, d’un cœur sincère, j’ai rendu grâce à Dieu d’avoir aidé les amis, malgré leur pauvreté et leur humilité, à contribuer au mashriqu’l-adhkár, dont les piliers seront bientôt dressés au cœur de l’Amérique. (D’une tablette, traduite de l’arabe). [33]

O toi, ami sincère de ‘Abdu’l-Bahá ! Ton vœu le plus ardent était que le mashriqu’l-adhkár soit édifié et établi. Pour chaque chose il y a une saison prescrite et, louange à Dieu, le temps de construire le mashriqu’l-adhkár est maintenant venu ! Il faut donc exercer les plus grands efforts pour que cet édifice puissant soit érigé solidement et fermement, avec raffinement et grâce. C’est un grand service à rendre au Seuil sacré, dont la renommée réjouira, pour l’éternité, les cœurs de l’Assemblée céleste dans le royaume de sainteté. (D’une tablette, traduite du persan). [34]

Quant au mashriqu’l-adhkár, il est de la plus haute importance. Le but est le suivant : il faut repérer un site, même si c’est un petit endroit sous des couches de terre et de pierre, qui, par prudence, devrait rester caché et secret de peur qu’il n’éveille l’hostilité des méchants. Au moins une fois par semaine, ce lieu devrait servir au rassemblement d’amis choisis, ceux qui ont découvert les secrets des mystères divins et en sont devenus familiers. L’endroit peut prendre n’importe quelle forme, car même s’il s’agissait d’une cavité elle deviendrait un abri paradisiaque, une demeure exaltée et un jardin de délices. Cet endroit deviendrait un foyer où les esprits sont réjouis et les cœurs attirés vers le royaume d’Abhá. (D’une tablette, traduite du persan). [35] Quant au plan du mashriqu’l-adhkár, il devrait ressembler à celui du mashriqu’l-adhkár d’Achgabat. C’est-à-dire que ce sera un édifice à neuf côtés, érigé de manière à dégager la plus haute impression de spiritualité, d’élégance, d’éminence, de raffinement et de grâce, devenant ainsi un lieu plein de charme. Dans la mesure du possible, il faudra s’efforcer de lui garder son caractère plaisant, sa fraîcheur et sa beauté. (D’une tablette, traduite du persan). [36]

Extraits des écrits de Shoghi Effendi

Avec le passage du temps, l’éminent édifice du mashriqu’l- adhkár sera élevé dans les proches environs des lieux saints historiques bahá’ís, rehaussant le lustre, la spiritualité, la splendeur, la grâce et la majesté des institutions bahá’íes et établissant sur terre, de la manière la plus visible et tangible, une superbe image et une expression durable de l’esprit vital et illimité de la cause de celui qui est le Seigneur de tous les mondes. (Extrait d’une lettre datée d’août 1927 à plusieurs assemblées spirituelles nationales, traduit du persan). [37]

Il convient de garder à l’esprit que l’édifice central du mashriqu’l-adhkár autour duquel, dans la plénitude des temps, se regrouperont les institutions de service social qui offriront soulagement à ceux qui souffrent, subsistance aux pauvres, abri aux voyageurs, réconfort aux personnes en deuil et éducation aux ignorants, devrait être considéré, ces dépendances exceptées, comme un bâtiment conçu uniquement et consacré entièrement au culte de Dieu selon les quelques principes, rares mais bien établis, que Bahá’u’lláh a prescrits dans le Kitábu’l-Aqdas. Il ne faudrait toutefois pas déduire de cette déclaration générale que l’intérieur de l’édifice central lui-même serait converti en un agglomérat de services religieux selon les méthodes traditionnelles des églises, mosquées, synagogues et autres lieu de culte. Ses diverses voies d’approche, toutes convergeant vers la salle centrale sous dôme, ne serviront pas à admettre les adeptes sectaires de formules rigides et de credo conçus par l’homme, attachés, chacun à sa manière, à observer ses rites, à réciter ses prières, à procéder à ses ablutions et à déployer les symboles propres à sa religion dans des parties distinctes de la maison universelle d’adoration de Bahá’u’lláh. Il n’est pas question que le mashriqu’l-adhkár offre un tel spectacle d’observances et de rites sectaires incohérents et confus. Cette situation est tout à fait incompatible avec les dispositions de l’Aqdas et irréconciliable avec l’esprit qu’il inculque. Dans une atmosphère spirituelle sereine, seuls ceux qui sont disposés à adorer le vrai Dieu tel que manifesté en cet âge en la personne de Bahá’u’lláh, se rassembleront entre les murs dépouillés de la maison d’adoration bahá’íe élevée au centre du mashriqu’l-adhkár Ils auront rejeté à jamais le décorum des cérémonies élaborées et ostentatoires. Pour eux, le mashriqu’l-adhkár symbolisera la vérité fondamentale à la base de la foi bahá’íe, à savoir que la vérité religieuse n’est pas absolue mais relative, que la révélation divine n’est pas définitive mais progressive. Ils seront convaincus qu’un Père aimant et toujours vigilant qui, dans le passé et à divers stades de l’évolution du genre humain, a envoyé ses prophètes, porteurs de son message et manifestations de sa lumière à l’humanité, ne peut, en cette période critique de leur civilisation, priver ses enfants des directives dont ils ont si cruellement besoin, alors qu’ils sont plongés dans des ténèbres que ni la lumière de la science ni celle de l’intelligence et de la sagesse humaines ne peuvent dissiper. Ayant ainsi reconnu en Bahá’u’lláh la Source d’où provient cette lumière céleste, ils se sentiront irrésistiblement poussés à trouver refuge dans sa maison. Ils s’y rassembleront sans s’encombrer de cérémonies, libérés de tout credo, afin de rendre hommage au vrai Dieu, l’essence et l’astre de la Vérité éternelle ainsi que pour exalter et magnifier le nom de ses messagers et prophètes qui ont reflété dans un monde sombre et capricieux la lumière de la direction divine depuis des temps immémoriaux jusqu’à nos jours, en diverses circonstances et avec une mesure variable. Aussi exaltante que soit la conception du culte que les bahá’ís rendent à Dieu, telle qu’on pourra le voir dans l’édifice central de ce temple sublime, il ne peut être considéré comme le seul facteur, ni même la part essentielle, du rôle que le mashriqu’l- adhkár tel que conçu par Bahá’u’lláh, est destiné à jouer dans la vie organique de la communauté bahá’íe. Séparé des activités sociales, humanitaires, éducatives et scientifiques centrées sur les dépendances du mashriqu’l-adhkár, le culte bahá’í, aussi exalté soit-il dans sa conception, aussi passionné soit-il dans sa ferveur, ne pourra jamais espérer dépasser les maigres résultats, souvent transitoires, produits par la contemplation de l’ascète ou la communion du fidèle passif. Elle ne peut apporter une satisfaction et un bénéfice durables au fidèle lui-même, et encore moins à l’humanité en général, tant qu’elle n’est pas traduite et transposée dans ce service dynamique et désintéressé à la cause de l’humanité que les dépendances du mashriqu’l-adhkár ont le privilège suprême de faciliter et de promouvoir. De même, les efforts, aussi désintéressés et acharnés soient-ils, de ceux qui, dans le périmètre du mashriqu’l-adhkár seront engagés dans l’administration des affaires du futur Commonwealth bahá’í, ne pourront fructifier et prospérer à moins qu’ils ne soient menés en communion étroite et quotidienne avec les forces spirituelles que concentre le sanctuaire central du mashriqu’l- adhkár et d’où elles rayonnent. Rien de moins qu’une interaction directe et constante entre les forces spirituelles émanant de cette maison d’adoration située au cœur du mashriqu’l-adhkár et les énergies consciemment déployées par ceux qui administrent ses affaires au service de l’humanité peuvent éventuellement fournir les fondamentaux capables d’éliminer les maux qui ont si longtemps et si gravement affligé l’humanité. Car c’est assurément de la conscience de l’efficacité de la Révélation de Bahá’u’lláh, renforcée d’un côté par la communion spirituelle avec son Esprit, et de l’autre par l’application intelligente et l’exécution fidèle des lois et des principes qu’il a révélés, que doit dépendre en définitive le salut d’un monde pris dans les douleurs de l’enfantement. Et de toutes les institutions qui sont associées à son saint Nom, aucune ne peut fournir de manière adéquate les éléments vitaux du culte et du service bahá’ís, si essentiels tous les deux à la régénération du monde, si ce n’est l’institution du mashriqu’l-adhkár. Là réside le secret de la grandeur, de la puissance, de la position unique du mashriqu’l-adhkár l’une des institutions exceptionnelles conçues par Bahá’u’lláh. (D’une lettre du 25 octobre 1929 aux bien-aimés du Seigneur et aux servantes du Miséricordieux à travers les États-Unis et le Canada, publiée dans Bahá’í Administration – Selected Messages 1929-1932 (Wilmette, Bahá’í Publishing Trust, 1974, p. 184-186). [38]

Des prières en toutes langues peuvent être offertes dans le temple. Les prières ne sont pas non plus l’apanage des enfants. De légères modifications dans le texte des prières sont permises et je vous conseille de donner une forme musicale à la parole révélée elle-même, ce qui, je le pense, sera extrêmement efficace. Je prierai afin que le Bien-Aimé vous inspire à accomplir ce grand service pour sa Cause. (Ajout manuscrit de Shoghi Effendi à une lettre du 8 avril 1931 écrite en son nom à un croyant). [39]

J’apprécie grandement les efforts continus et pleins d’abnégation des croyants américains face à la grave dépression économique et financière dans laquelle leur pays et le monde entier sont maintenant plongés. Que l’édification du temple se produise dans de telles circonstances, que son exquise et complexe ornementation soit réalisée grâce aux efforts d’une poignée de fidèles bahá’ís en dépit de la morosité, de l’incertitude et des dangers qui les entourent, n’est qu’une autre preuve du pouvoir mystérieux et irrésistible de Bahá’u’lláh dont les bénédictions seront abondamment accordées à tous ceux qui se lèvent pour accomplir son dessein. La Cause entre dans une période de réalisations sans précédent. La pleine mesure de sa gloire et de son pouvoir se manifestera graduellement si, de notre côté, nous suivons intégralement les instructions et exécutons les ordres que nous a légués notre Maître bien-aimé. (Ajout manuscrit de Shoghi Effendi à une lettre du 20 décembre 1931 écrite en son nom à l’Assemblée spirituelle nationale des États-Unis et du Canada). [40]

Aux lointaines communautés bahá’íes d’Orient et d’Occident, dont la plupart sont de plus en plus dénigrées et malmenées, et dont aucune ne peut prétendre avoir eu part à la double bénédiction que confèrent invariablement une Maison d’adoration spécialement conçue et construite ainsi qu’un ordre administratif fonctionnant pleinement et efficacement, la concentration dans une seule localité de ce qui va être considéré comme la source de la vie spirituelle de la communauté et qui est déjà reconnu comme le ressort principal de ses activités administratives marque, en ces temps de déclin, le lancement d’une phase supplémentaire dans l’émergence lente et imperceptible de la communauté bahá’íe modèle – une communauté divinement décrétée, unie de façon organique, à la vision claire, vibrante de vie et dont le but même est régulé par les principes directeurs indissociables, l’adoration de Dieu et le service à autrui. (Ajout manuscrit de Shoghi Effendi à une lettre du 4 juillet 1939 écrite en son nom à l’Assemblée spirituelle nationale des États Unis et du Canada). [41]

Rassemblés chaque jour, à l’aube, dans le mashriqu’l-adhkár que Bahá’u’lláh, dans le Kitáb-i-Aqdas, affecta à l’adoration de Dieu, les représentants des communautés bahá’íes locales et nationales ainsi que les membres de leurs comités respectifs puiseront l’inspiration nécessaire qui, au cours de leur labeur quotidien dans le ḥaẓíratu’l-quds – théâtre de leurs activités administratives – leur permettra d’accomplir leurs devoirs et de faire face à leurs responsabilités, ainsi qu’il appartient aux serviteurs choisis de la foi. (Dieu passe près de nous, Bruxelles, Maison d’éditions bahá’íes, 1976, p. 328). [42]

Au milieu de la confusion, des angoisses, des rivalités et des crises récurrentes marquant le déclin d’une civilisation moribonde, la construction de ce symbole annonciateur de l’ordre mondial de Bahá’u’lláh, encore au stade embryonnaire de son développement, donnera sans aucun doute un formidable élan à la marche de la Foi sur tous les continents et, plus que tout autre acte isolé, dirigera vers ses institutions naissantes l’attention des masses spirituellement appauvries, économiquement affligées, socialement perturbées et moralement désorientées d’un continent éprouvé. (Ajout manuscrit de Shoghi Effendi à une lettre du 25 juin 1954 écrite en son nom à l’Assemblée spirituelle nationale d’Allemagne et d’Autriche, dans The Light of Divine Guidance : The Messages from the Guardian of the Bahá’í Faith to the Bahá’ís of Germany and Austria, vol. 1 (Hofheim-Langenhain : Bahá’í-Verlag, 1982), p. 219) [43]

Extraits de lettres écrites au nom de Shoghi Effendi

Le rassemblement à l’aube dans le mashriqu’l-adhkár pour offrir des supplications et des prières dans ce temple majestueux et lumineux est un des signes d’enthousiasme, de bénédiction, d’élévation, de joie et de spiritualité. C’est un sujet important qui donnera d’excellents résultats. Le simple rassemblement d’amis à l’aube dans le mashriqu’l-adhkár démontrera la puissance de la Cause, manifestera le pouvoir et l’influence de la parole de Dieu, témoignera de l’attachement des cœurs aux commandements divins et manifestera clairement l’orientation des âmes vers le rivage de son unicité. La négligence et l’indifférence à l’égard de cet acte pieux ne sont en aucun cas permises. (D’une lettre du 13 décembre 1928 aux bahá’ís d’Achgabat, traduite du persan). [44]

Quant au caractère des réunions dans l’auditorium du temple, il estime qu’elles devraient être purement de dévotion, les discours bahá’ís et les conférences devraient en être strictement exclus. Pour le moment, il estime qu’il n’y aurait pas d’objection à tenir les réunions bahá’íes, y compris les discours et les séances de travail de la convention, dans la salle de fondation. Shoghi Effendi recommande que le chant choral des hommes, des femmes et des enfants soit encouragé dans l’auditorium et que toute rigidité dans la cérémonie bahá’íe soit soigneusement évitée. Dans le temple, plus le culte bahá’í a un caractère universel et informel, mieux c’est. Toute image, toute représentation, à l’exception du Plus- Grand Nom, doivent être strictement exclues. Des prières révélées par Bahá’u’lláh et le Maître ainsi que les écrits sacrés des prophètes seront lus ou chantés, de même que des hymnes basés sur les écrits sacrés, bahá’ís ou non. (D’une lettre du 11 avril 1931 à l’assemblée spirituelle nationale des États-Unis et du Canada). [45]

Il espère sincèrement que la vue du temple et les principes qu’il incarne, imprégneront le cœur des habitants du lieu et serviront à les attirer à la Foi. Il ne suffit pas de construire un bel édifice, il nous faut le remplir d’âmes sincères et dévouées qui recherchent son atmosphère spirituelle. (D’une lettre du 6 mai 1931 à l’Assemblée spirituelle nationale des États-Unis et du Canada). [46]

Vous demandez quels plans pourraient servir à collecter des fonds pour le temple. Shoghi Effendi croit que la meilleure méthode, la plus noble aussi, est de recevoir des dons libres, spontanés, motivés par le sens du sacrifice pour le progrès de la Cause. C’est avec sacrifice que ce temple doit être construit. Voilà la méthode vraiment digne d’attention. Ce principe exclut donc tout ce qui impliquerait l’aide de non bahá’ís. Un temple bahá’í devrait être construit par les seuls bahá’ís ; il ne s’agit pas d’une activité humanitaire ordinaire pour laquelle l’aide de n’importe qui pourrait être sollicitée. (D’une lettre du 14 avril 1932 aux bahá’ís de Kenosha, Wisconsin). [47]

Vos dons pour le temple, ainsi que la manière remarquable avec laquelle vous aidez les croyants dans leurs efforts d’élargir la portée de leur travail de promotion, sont des contributions réelles et durables que vous avez faites à la Foi. Et bien qu’à l’heure actuelle vous n’ayez plus la possibilité de contribuer financièrement autant que vous l’avez fait les années précédentes, vous ne devriez pas vous sentir découragés et encore moins déçus. Car la meilleure manière pour vous de soutenir efficacement la cause du temple, ce n’est pas par des moyens matériels mais par le soutien moral qu’il est de votre obligation première d’apporter à ceux chargés de la construction de cet édifice sacré, unique. C’est le dévouement, la sincérité et l’enthousiasme véritables qui, à long terme, peuvent assurer l’achèvement de notre temple bien-aimé. En tout état de cause, les considérations matérielles, bien qu’essentielles, ne sont pas les plus vitales. S’il en avait été autrement, le temple n’aurait jamais atteint l’état d’avancement actuel. Car les ressources de la communauté sont limitées et ont été gravement affectées au cours des deux dernières années par suite d’une crise économique mondiale sans précédent. Mais malgré tous ces obstacles matériels, le temple a progressé de façon constante et ce seul fait suffit à convaincre chaque observateur impartial de la puissance divine qui anime la Foi – puissance devant laquelle toutes les difficultés matérielles doivent inévitablement s’effacer. (D’une lettre du 30 décembre 1933 à des croyants). [48]

Pour ce qui est de chanter des Tablettes dans le temple, Shoghi Effendi souhaite à ce propos encourager vivement les amis à éviter toute forme de rigidité et d’uniformité en matière de pratique religieuse. Il n’y a pas d’objection à réciter ou à psalmodier des prières en langue orientale, mais il n’est pas non plus requis d’adopter cette forme de prière dans l’auditorium du temple, lors des célébrations d’une cérémonie religieuse, quelle qu’elle soit. Cela ne devrait être ni requis ni interdit. La chose importante à toujours garder à l’esprit est, qu’à l’exception de certaines prières obligatoires spécifiques, Bahá’u’lláh ne nous a donné aucune règle stricte ou spéciale pour rendre un culte à Dieu, que ce soit dans le temple ou ailleurs. La prière est essentiellement une communion entre l’homme et Dieu et, en tant que telle, elle transcende toutes les formes et formules rituelles. (D’une lettre du 15 juin 1935 à l’Assemblée spirituelle nationale des États-Unis et du Canada). [49] Les efforts déployés pour acquérir un terrain pour le ḥaẓíratu’l-quds, ainsi que les contributions recueillies pour cette entreprise méritoire et très attendue l’ont rendu particulièrement heureux […] Il espère sincèrement que dans l’année en cours, les amis arriveront à poser à la fois la fondation de cet édifice et à acquérir un terrain convenable dans la capitale du pays. Il déclare de plus que mener à bien cette entreprise exige une coopération incessante et un soutien mutuel, ce qui requiert des sacrifices. Ce projet capital sera le prélude à l’établissement du mashriqu’l-adhkár dans la région, augmentant ainsi le nombre des agences de la cause, renforçant ses institutions divines, accroissant l’influence et le pouvoir de la communauté et répandant sur elles son éclat et sa gloire. (D’une lettre du 14 mai 1936 à l’Assemblée spirituelle nationale d’Égypte, traduit de l’arabe). [50]

L’enseignement bahá’í concernant la fraternité et la bonté implique que nous soyons toujours prêts à apporter toute l’aide et l’assistance possibles à ceux qui sont dans la détresse et la souffrance. La charité bahá’íe est l’essence même des enseignements, elle devrait donc être développée dans chaque communauté bahá’íe. Les institutions charitables, telles que les orphelinats, les écoles gratuites et les hôpitaux pour les pauvres, constituent une partie indispensable du mashriqu’l- adhkár La responsabilité de chaque communauté bahá’íe locale est d’assurer le bien-être de ses membres pauvres et nécessiteux par tous les moyens possibles. (D’une lettre du 26 juin 1936 à un croyant). [51]

À propos de la copie d’une Tablette de ‘Abdu’l-Bahá, incluse dans votre lettre du 20 octobre, dans laquelle le Maître définit l’ordre dans lequel il faut construire les bâtiments annexes du temple, Shoghi Effendi pense que cette tablette ne devrait pas être interprétée de façon trop rigide, donnant rigoureusement l’ordre exact de construction de ces édifices. Ce ne doit pas non plus être considéré comme une liste exhaustive des bâtiments qui seront érigés à l’avenir autour de l’édifice central du mashriqu’l-adhkár. Sans aucun doute la Maison internationale de justice devra fixer de façon précise le nombre et l’ordre de ces futures dépendances du temple et définir leurs relations, entre elles et avec le temple lui-même. Le Gardien aimerait recevoir le texte original de cette Tablette s’il est disponible. Quant à la question de la relation d’un bâtiment administratif avec le temple, il faudra aussi la définir à l’avenir, mais quelle que soit la forme qu’une telle relation revêtirait et quels qu’en soient les détails, elle devra se fonder sur le principe général que ces deux institutions bahá’íes incarnent deux aspects de la vie bahá’íe, essentiels et distincts mais inséparables : adorer et servir. L’édifice central du mashriqu’l-adhkár qui est exclusivement consacré à des fins d’adoration, représente l’élément spirituel et remplit donc une fonction première dans chaque communauté bahá’íe, alors que toutes les autres dépendances du temple – qu’elles soient de caractère strictement administratif, culturel ou humanitaire – sont secondaires et, en importance, viennent après la maison d’adoration elle-même. (D’une lettre du 28 janvier 1939 à l’Assemblée spirituelle nationale des États Unis et du Canada). [52]

Au sujet du temple et des cérémonies qui s’y déroulent : Maintenant que ce temple d’Occident, premier et capital, est construit et que, dans quelques années, il sera utilisé par les bahá’ís pour le culte et pour des cérémonies régulières, il tient à souligner qu’il est très soucieux qu’on n’introduise aucun formalisme, aucun rituel, aucune pratique figée en plus du strict minimum décrit dans les enseignements. Ce sont des rassemblements pour prier, pour méditer et pour lire des extraits des Écrits saints de notre religion et des autres ; il peut y avoir un ou plusieurs lecteurs ; n’importe quel bahá’í, ou même un non-bahá’í, peut être choisi pour lire. Ces rassemblements devraient être simples, dignes et conçus pour élever l’âme et l’éduquer en entendant la parole créatrice. On n’y fera aucun discours, aucun sujet inapproprié n’y sera introduit. L’utilisation des chaires est interdite par Bahá’u’lláh ; il n’y a pas d’objection à ce que le lecteur se trouve sur une estrade basse si c’est pour être entendu plus clairement mais cela ne doit pas être une caractéristique architecturale du bâtiment. […] Le lecteur devrait se tenir debout là où il sera le mieux vu et entendu par tous. Tous les détails mineurs concernant cette question sont laissés à la discrétion de votre assemblée qui décidera après avoir reçu l’avis d’experts. Comme il vous en a déjà informés, il suggère d’utiliser des sièges fixes plutôt qu’amovibles. Seule la musique vocale a cappella sera pratiquée. La position des chanteurs, ou du chanteur, est aussi une question que votre assemblée décidera ; mais encore une fois, il ne devrait pas y avoir d’emplacement fixe, pas de détails architecturaux marquant un endroit spécial. L’acoustique devrait certainement être la considération principale pour placer les chanteurs. …Nul besoin de vous dire à quel point les décisions que vous allez avoir à prendremaintenant pour l’achèvement du temple sont importantes… Il vous encourage vivement à toujours écouter les meilleurs conseils techniques et à garder à l’esprit qu’il est essentiel que les réunions dans le temple se tiennent dans un cadre magnifique et paisible, confortable, digne et simple, sans oublier que le public doit pouvoir entendre parfaitement et que l’acoustique doit être agréable à l’oreille. (D’une lettre du 20 juillet 1946 à l’Assemblée spirituelle nationale des États Unis et du Canada) [53]

L’essentiel dans la conception du projet, comme stipulé par ‘Abdu’l-Bahá, est que le bâtiment ait neuf côtés et soit de forme circulaire. En dehors de cela, l’architecte n’est aucunement limité dans le choix de son style. (D’une lettre du 25 juin 1954 à l’Assemblée spirituelle nationale d’Allemagne et d’Autriche, publiée dans The Light of Divine Guidance : The Messages from the Guardian of the Bahá’í Faith to the Bahá’ís of Germany and Austria, vol. 1, p. 216). [54]

Il reste un point à relever à ce propos : le temple de Wilmette ne constitue pas un modèle pour les autres temples et ne représente pas un nouveau type d’architecture bahá’íe. Par conséquent, il n’est pas nécessaire que vos architectes s’efforcent de suivre ce modèle. Il convient plutôt de suivre les instructions du Maître à propos du temple et d’ensuite créer ce qui sera souhaitable et approprié pour votre région. (D’une lettre du 10 février 1955 à l’Assemblée spirituelle nationale d’Allemagne et d’Autriche, publiée dans The Light of Divine Guidance : The Messages from the Guardian of the Bahá’í Faith to the Bahá’ís of Germany and Austria, vol. 1, p. 227). [55]

En construisant le temple, il faut veiller à ne pas se laisser emporter par les idéaux et les émotions propres à la situation mais à garder les pieds sur terre, en n’oubliant pas qu’il s’agit de bâtiments de pierre et d’acier. L’objectif est de concevoir une maison d’adoration agréable et attrayante, mais pas de simplement produire une réplique du sanctuaire du Báb ou du temple de Wilmette. Nous ne recherchons pas des exemples exceptionnels d’architecture, mais plutôt l’impulsion qui découlera de la construction du premier édifice spirituel en Europe. (D’une lettre du 9 novembre 1956 à l’Assemblée spirituelle nationale d’Allemagne et d’Autriche). [56]

L’influence que ce temple mère pour toute la région du Pacifique exercera lorsqu’il sera construit, est incalculable et mystérieuse. Le Maître bien-aimé a dit aux amis américains que leur temple serait leur plus grand enseignant silencieux. Il ne fait aucun doute que ce bâtiment a exercé, à lui seul, une profonde influence sur la propagation de la Foi, non seulement aux États-Unis et en Occident, mais aussi dans le monde. Nous pouvons donc nous attendre à ce que la construction de « temples mères », l’un au cœur de l’Océanie, l’un au centre de l’Afrique et l’autre au cœur de l’Europe, exerce une énorme influence, tant au niveau local qu’international. (D’une lettre du 19 juillet 1957 à l’Assemblée spirituelle nationale d’Australie, publiée dans Messages to the Antipodes : Communications from Shoghi Effendi to the Bahá’í Communities of Australasia (Mona Vale : Bahá’í Publications Australia, 1997), p. 439). [57]

Extraits de lettres écrites par la Maison universelle de justice

Nous avons soigneusement examiné les questions que vous avez soulevées dans votre lettre du 23 janvier 1964 à propos de l’utilisation du mashriqu’l-adhkár. Le choix des extraits des Écrits reconnus des religions plus anciennes reste à la discrétion de votre assemblée. À propos de votre question sur l’utilisation de plusieurs personnes qui lisent à l’unisson, la chose est permise à condition qu’aux yeux de votre assemblée cela n’apparaisse pas théâtral ou ne le devienne. En ce qui concerne l’endroit où s’installe le lecteur, le bien-aimé Gardien a déjà indiqué : « Le lecteur devrait se tenir debout là où il (ou elle) sera le mieux vu et entendu par tous ». Dans la maison d’adoration la musique doit être uniquement vocale, qu’il s’agisse d’un ou de plusieurs chanteurs. Quels que soient les chanteurs : un invité, un chœur a capella ou un soliste, ils ne doivent pas être le prétexte pour faire la publicité du programme musical des services religieux et les dispositions que vous mentionnez doivent être prises. Il ne fait aucun doute que les excellents enregistrements disponibles aujourd’hui assureraient la meilleure qualité de performance à faible coût, mais toutes les références à la musique vocale dans l’édifice central impliquent la présence physique des chanteurs. Dans une lettre adressée par son secrétaire à un croyant de Chicago en 1931 (« Bahá’í News », nº 55, page 4), Shoghi Effendi a exprimé l’espoir que « Désormais, le Temple étant achevé, il sera rempli d’âmes pures en recherche. Il arrive que les gens soient attirés en nombre dans les autres lieux de culte par la qualité de la musique qu’on y entend. Ce devrait être différent dans le temple bahá’í. Ici, l’esprit devrait être si puissant qu’il éveillera le cœur de tous ceux qui y entrent à la gloire de Bahá’u’lláh. » En conclusion, les derniers paragraphes du message éclairant du 25 octobre 1929 que le bien-aimé Gardien adressait à la communauté bahá’íe américaine précise la vraie nature du mashriqu’l-adhkár. Dans ces paragraphes, il critique le décorum des cérémonies élaborées et ostentatoires et met en garde contre toute éventualité que « l’intérieur de l’édifice central lui-même soit converti en un agglomérat de services religieux » offrant « un spectacle d’observances et de rites sectaires incohérents et confus ». Dans ses paroles de conclusion, Shoghi Effendi relie l’adoration et le service bahá’ís émanant de l’institution du mashriqu’l-adhkár, essentiels à la régénération du monde, avec le mystère de la position unique occupée par cette institution éminente, puissante et remarquable. (D’une lettre du 13 mars 1964 à l’Assemblée spirituelle nationale des États Unis). [58]

En ce qui concerne les cérémonies de mariage bahá’í, nous ne voyons aucune objection à ce que la cérémonie soit célébrée sur les marches qui se trouvent en dehors de la salle centrale, mais nous suggérons que le petit bâtiment sur le terrain du temple serait plus adapté. Par ailleurs, réciter ou chanter des prières et des méditations dans le temple, avant ou après la cérémonie, serait tout à fait approprié. (D’une lettre du 29 juillet 1973 à l’Assemblée spirituelle nationale du Panama). [59]

Dès le début de sa prodigieuse mission, Bahá’u’lláh a attiré l’attention des nations sur la nécessité d’ordonner les affaires humaines de manière à créer un monde unifié dans tous les aspects essentiels de la vie. Dans des versets et des tablettes innombrables, il a déclaré à plusieurs reprises et de diverses manières que le « progrès du monde » et le « développement des nations » figuraient parmi les ordonnances de Dieu pour ce jour. L’unicité de l’humanité, qui est à la fois son principe de fonctionnement et le but de sa révélation, implique d’arriver à une cohérence dynamique entre les exigences spirituelles et les exigences pratiques de la vie sur terre. La nécessité de cette cohérence est illustrée sans conteste par son ordonnance du mashriqu’l-adhkár centre spirituel de chaque communauté bahá’íe autour duquel doivent prospérer des dépendances consacrées au progrès social, humanitaire, éducatif et scientifique de l’humanité. (D’une lettre du 20 octobre 1983 aux bahá’ís du monde) [60]

Comme nous le disions dans un précédent message, l’épanouissement de la communauté, surtout au niveau local, exige une amélioration considérable des modèles de comportement : ces modèles - par lesquels se manifestent l’expression collective des vertus des individus et le fonctionnement des assemblées spirituelles - se révèlent autant dans l’unité et l’amitié de la communauté que dans le dynamisme de ses activités et de sa croissance. Pour cela, il faut que tous les composants de la communauté : adultes, jeunes et enfants, s’intègrent dans les activités, qu’elles soient spirituelles, sociales, éducatives ou administratives, et s’impliquent dans les plans locaux d’enseignement et de développement. Il faut aussi une volonté collective et des buts communs pour perpétuer l’assemblée spirituelle en participant aux élections annuelles ce qui implique une pratique commune de la prière. Il est donc essentiel pour la vie spirituelle de la communauté que les amis organisent des réunions de prières régulières, dans les centres bahá’ís locaux lorsqu’ils existent, ou ailleurs, y compris chez les croyants. (Message de Riḍván 1996 aux bahá’ís du monde) [61]

Dans tous les pays, on constate une plus grande soif de vie spirituelle et de clarté morale. Les plans et les programmes qui visent à améliorer la condition humaine sans être enracinés dans des vies de conscience spirituelle et de vertus éthiques sont reconnus comme inefficaces. Qui serait mieux équipé pour satisfaire cette soif que ceux qui sont déjà inspirés par les enseignements de Bahá’u’lláh et aidés par son pouvoir ? […] La croissance spirituelle générée par les prières individuelles est renforcée par les rapports affectueux que les amis de chaque localité entretiennent entre eux, par les prières communautaires et par le service rendus à la Foi et à ses semblables. Ces aspects communautaires de la vie pieuse se rapportent à la loi concernant le mashriqu’l-adhkár contenue dans le Kitáb-i-Aqdas. Bien que le moment ne soit pas venu de construire des mashriqu’l-adhkár locaux, la tenue régulière de réunions de prières ouvertes à tous et l’engagement des communautés bahá’íes dans des projets humanitaires sont des expressions de cet élément de la vie bahá’íe et un pas supplémentaire dans l’application de la loi de Dieu. Bahá’u’lláh a écrit : « Nous avons paré le ciel de la parole des étoiles et de la sagesse divine et de saintes ordonnances en signe de bienveillance de notre part. En vérité, nous sommes Celui qui toujours pardonne, le Munificent. Ô amis de Dieu dans toutes les contrées ! Reconnaissez la valeur de ces jours et attachez-vous à tout ce qui a été envoyé par Dieu, le Plus Grand, le Plus Exalté. En vérité, il ne vous oublie pas dans la Très-Grande-Prison et vous enseigne ce qui vous rapprochera d’un état qui réjouira les yeux de ceux qui ont le cœur pur. Que la gloire repose sur vous et sur ceux qui atteignent la fontaine de vie qui s’écoule de ma plume merveilleuse. » Nous prions au Seuil sacré pour que la plus grande attention au cœur spirituel des enseignements que ces lois expriment, avive la dévotion des amis pour la Source de toutes bontés et attire à la Cause les âmes réceptives parmi ses enfants spirituellement affamés. (D’une lettre du 28 décembre 1999 aux bahá’ís du monde). [62]

Un trait distinctif de la cinquième époque sera l’enrichissement de la vie de piété de la communauté grâce à l’édification de maisons d’adoration nationales, selon la situation des communautés nationales. La Maison universelle de justice déterminera le calendrier de ces projets, à mesure de l’avancée du processus d’entrée en troupes dans les pays. Ce développement se déroulera par étapes successives, d’après le plan divin de ‘Abdu’l-Bahá. Une fois la construction du temple mère de l’Occident achevée, le Gardien lança un programme de construction des temples continentaux. Les premiers d’entre eux furent les mashriqu’l- adhkár de Kampala, de Sydney et de Francfort, érigés pour remplir les objectifs du plan de dix ans. La Maison universelle de justice poursuivit sur cette lancée avec la construction des temples de Panama, d’Apia et de la Nouvelle Delhi. Mais il reste encore à terminer cette étape continentale avec la construction d’un autre édifice. C’est avec une joie et une gratitude profondes que nous annonçons, en ce moment propice, la décision de poursuivre ce dernier projet. Au cours du plan de cinq ans commencera la construction du temple mère de l’Amérique du Sud à Santiago, au Chili, remplissant ainsi un souhait clairement exprimé par Shoghi Effendi. (Message de Riḍván 2001 aux bahá’ís du monde). [63]

Il y a cent ans, en milieu d’après-midi du onzième jour de la fête de Riḍván, ‘Abdu’l-Bahá, devant une assistance de plusieurs centaines de personnes, leva une pioche et l’enfonça dans la pelouse recouvrant le terrain du temple à Grosse Pointe, au nord de Chicago. Les personnes invitées à donner le premier coup de pioche avec lui en ce jour de printemps étaient d’origines diverses : norvégienne, indienne, française, japonaise, persane et amérindienne, pour n’en nommer que quelques-unes. C’était comme si la maison d’adoration, bien que n’étant pas encore bâtie, exauçait déjà le souhait exprimé par le Maître la veille de la cérémonie, que dans chaque édifice semblable : « l’humanité puisse y trouver un lieu de réunion » et que « de ses cours de sainteté grandes ouvertes puisse se propager la proclamation de l’unicité de l’humanité ». En cette occasion, son auditoire, comme tous ceux qui l’ont entendu au cours de ses voyages en Égypte et en Occident, n’a dû que vaguement comprendre les implications de grande portée de ses paroles pour la société, ses valeurs et ses préoccupations. Même aujourd’hui, qui pourrait affirmer avoir saisi plus qu’un aperçu vague et lointain, de la société future que la révélation de Bahá’u’lláh est destinée à engendrer ? Que personne ne présume que la civilisation vers laquelle les enseignements divins forcent l’espèce humaine sera simplement la conséquence de quelques ajustements à l’ordre présent. Loin de là. Lors d’une causerie donnée quelques jours après avoir posé la première pierre du temple mère de l’Occident, ‘Abdu’l-Bahá déclara que « l’un des effets de la manifestation des forces spirituelles sera l’adaptation du monde de l’humanité à une nouvelle forme sociale », que « la justice de Dieu deviendra évidente dans toutes les affaires de l’humanité. » Ces paroles, et d’innombrables autres déclarations du Maître sur lesquelles la communauté bahá’íe se penche maintes et maintes fois en cette période de centenaire, font prendre conscience de la distance qui sépare la société telle qu’elle est organisée aujourd’hui de la prodigieuse vision que son père a offerte au monde. Dans notre message de Riḍván 2001, nous indiquions que dans les pays où le processus d’entrée en troupes serait suffisamment avancé et où les conditions des communautés nationales seraient favorables, nous approuverions l’établissement au niveau national de maisons d’adoration, dont l’émergence deviendrait un trait distinctif de la cinquième époque de l’Âge de formation de la Foi. Avec une joie extrême, nous annonçons maintenant que des mashriqu’l- adhkár nationaux vont être érigés dans deux pays : la République démocratique du Congo et la Papouasie-Nouvelle- Guinée. Dans ces pays, les critères que nous avons établis sont manifestement remplis, et la réponse de leurs peuples aux possibilités créées par la série actuelle de Plans est absolument remarquable. Avec le dernier des temples continentaux en cours de construction à Santiago, le lancement de projets pour construire des maisons d’adoration nationales offre encore une autre preuve gratifiante de la pénétration de la religion de Dieu dans le terreau de la société. Un pas supplémentaire est possible. Le mashriqu’l-adhkár, décrit par ‘Abdu’l-Bahá comme « l’une des institutions les plus vitales du monde », allie deux aspects essentiels, inséparables de la vie bahá’íe : adorer et servir. L’union de ces deux éléments se reflète aussi dans la cohérence qui existe parmi les aspects de développement communautaire du Plan, notamment l’essor d’un esprit de dévotion qui trouve son expression dans des rencontres de prière et d’un processus éducatif qui développe la capacité de servir l’humanité. La corrélation entre adoration et service est particulièrement marquée dans les groupements de par le monde où les communautés bahá’íes ont grandi de façon significative en taille et en vitalité, et où l’engagement dans l’action sociale est évident. Certains d’entre eux ont été désignés comme sites pour la diffusion de l’apprentissage afin de soutenir les capacités des amis à faire avancer le programme de juniors dans les régions qui leur sont associées. La capacité à soutenir ce programme, comme nous l’avons récemment indiqué, alimente aussi le développement de cercles d’études et de classes d’enfants. Ainsi, au-delà de son objectif principal, le site d’apprentissage renforce l’ensemble du schéma d’expansion et de consolidation. C’est dans ces groupements que, dans les années à venir, l’émergence de mashriqu’l- adhkár locaux pourra être envisagée. Le cœur débordant de gratitude envers la Beauté ancienne, nous nous réjouissons de vous informer que nous commençons des consultations avec les Assemblées spirituelles nationales suivantes concernant l’édification de la première maison d’adoration locale dans chacun des groupements suivants : Battambang (Cambodge), Bihar Sharif (Inde), Matunda Soy (Kenya), Norte del Cauca (Colombie) et Tanna (Vanuatu). Afin de soutenir la construction des deux mashriqu’l-adhkár nationaux et des cinq locaux, nous avons décidé d’établir au Centre mondial bahá’í un fonds pour les temples au profit de tous les projets de ce genre. Les amis partout dans le monde sont invités à y contribuer dans un esprit de sacrifice, selon leurs moyens. Bien-aimés collègues : le premier coup de pioche donné par la main de ‘Abdu’l-Bahá il y a cent ans va être donné à nouveau dans sept autres pays, ceci n’étant que le prélude du jour où au sein de chaque ville et village, en obéissance à l’injonction de Bahá’u’lláh, un édifice sera érigé pour l’adoration du Seigneur. À partir de ces orients de la souvenance de Dieu rayonnera sa lumière et retentiront les hymnes à sa louange. (Message de Riḍván 2012 aux bahá’ís du monde). [64]

Ce mouvement se remarque particulièrement dans les groupements où un mashriqu’l-adhkár local doit être établi. Un tel groupement, par exemple, se trouve au Vanuatu. […] Et c’est dans le contexte de l’expansion et de la consolidation en cours – le trentième cycle du programme intensif de croissance s’est récemment achevé – que les amis explorent activement, avec tous les autres habitants de l’île, ce que signifie le fait qu’un mashriqu’l-adhkár « un centre ouvert à tous », soit édifié chez eux. Avec le concours actif de chefs traditionnels, les habitants de l’île de Tanna ont présenté non moins de cent suggestions pour la conception du temple ; cela montre à quel point la maison d’adoration captive l’imagination, et ouvre ainsi des perspectives passionnantes pour l’influence qu’elle se prépare à exercer sur les vies vécues à son ombre. (Message de Riḍván 2014 aux bahá’ís du monde). [65]

Plus de deux années se sont écoulées depuis notre annonce, au Riḍván 2012, des projets de construction de deux maisons d’adoration nationales et de cinq locales, projets à mener conjointement avec la construction, à Santiago du Chili, du dernier des mashriqu’l-adhkár continentaux. Ces entreprises, indissolublement liées au développement d’une vie communautaire qui progresse aujourd’hui grâce à des actes de dévotion et de service, constituent des étapes supplémentaires dans la tâche sublime confiée par Bahá’u’lláh à l’humanité, celle de bâtir des maisons d’adoration «dans tous les pays au nom de celui qui est le Seigneur de toutes les religions », des centres où les âmes pourront se rassembler «formant une union harmonieuse entre [elles] » pour écouter les versets divins et adresser des supplications, et « d’où s’élèveront les chants de louanges vers le Royaume » et se répandront les « parfums divins ». Nous sommes profondément émus par la réponse que reçoit notre appel dans toutes les régions du monde. Nous avons été témoins, surtout dans les pays et localités récemment désignés pour la construction d’une maison d’adoration, des manifestations de joie spontanées des amis, de leur détermination immédiate et sincère à offrir leur part dans la réalisation de ce travail crucial en cours, et à accroître le dynamisme des activités qui font partie intégrante de la présence d’un mashriqu’l-adhkár au sein d’une population, nous avons aussi été témoins des contributions empreintes de sacrifice qu’ils ont apportées en temps, en énergie et en ressources matérielles sous diverses formes ainsi que de leurs efforts constants pour éveiller une multitude croissante à la vision de ces édifices entièrement consacrés à la souvenance de Dieu qui seront érigés au milieu d’eux. De fait, la réponse prompte de la communauté du Plus-Grand-Nom augure bien de sa capacité à faire progresser ces entreprises collectives. Dans quatre pays, les projets ont atteint le stade de la préparation des plans pour l’édifice du temple, qui commence par la sélection d’architectes potentiels et l’élaboration du projet architectural définissant les exigences pour la structure et qui mène à la signature d’un contrat pour les plans définitifs. Le défi particulier qui se présente aux architectes est de concevoir des temples « aussi parfait(s) qu’il est possible ici-bas », qui s’harmonisent d’une manière naturelle avec la culture locale et la vie quotidienne de ceux qui s’y rassembleront pour prier et méditer. Cette tâche exige créativité et talent afin de combiner beauté, grâce et dignité avec simplicité, fonctionnalité et économie. De partout de nombreux architectes ont volontiers offert leurs services et, quoique ces contributions soient évidemment appréciées, les assemblées nationales tiennent dûment compte du mérite d’engager des architectes qui connaissent bien la région où l’édifice sera construit. Alors que, partout dans le monde, les amis se réjouissent de ces progrès encourageants, ils continuent de concentrer leur énergie sur les processus qui se renforcent dans un groupement après l’autre. Dans ce contexte, ils perçoivent l’interaction dynamique qui existe entre prière et actions entreprises en vue d’améliorer les conditions spirituelles, sociales et matérielles de la société. Que tous ceux qui travaillent ainsi dans les villes et les cités, les quartiers et les villages, tirent les enseignements des efforts exercés pour ériger, au tournant du vingtième siècle, les deux premières maisons d’adoration en Orient puis en Occident. Quelques croyants dévoués venus de Perse se sont installés au Turkestan dans la ville d’Achgabat. Ils y ont trouvé paix et tranquillité pendant un certain temps, et ils ont employé leur énergie à la création d’un modèle de vie reflétant les nobles principes spirituels et sociaux contenus dans la révélation de Bahá’u’lláh. Composé à l’origine d’une poignée de familles le groupe a été rejoint par d’autres croyants en quelques décennies jusqu’à compter quelques milliers de membres. Cette communauté, fortifiée par des liens d’amitié et animée par un objectif commun et un esprit de fidélité, a atteint un haut degré de cohésion et de développement qui lui a valu une renommée dans tout le monde bahá’í. Guidés par leur compréhension des enseignements divins, et dans les limites de la liberté religieuse qui leur était accordée, ces amis ont travaillé sans relâche à créer les conditions qui devaient mener à la fondation d’un mashriqu’l-adhkár cette « institution suprême dans chaque communauté bahá’íe ». Sur une parcelle de terrain appropriée située au centre de la ville et acquise quelques années auparavant avec l’assentiment de la Beauté- Bénie elle-même, des équipements ont été construits pour le bien-être collectif, dont : une salle de réunion, des écoles pour les enfants, une auberge pour les visiteurs et un dispensaire. Un indice des réussites remarquables des bahá’ís d’Achgabat, qui au cours de ces années productives se sont distingués par leur prospérité, leur magnanimité et leurs réalisations intellectuelles et culturelles, est l’attention à s’assurer que tous les enfants et jeunes bahá’ís savaient lire et écrire dans une société où régnait l’analphabétisme, surtout chez les filles. Dans un tel environnement d’efforts combinés, de progrès, et avec le soutien de ‘Abdu’l-Bahá à chaque étape de son développement, une magnifique maison d’adoration – l’édifice le plus imposant de la région – a vu le jour. Pendant plus de vingt ans, les amis ont goûté la joie céleste d’avoir réalisé leur noble objectif : l’établissement d’un centre d’adoration, cœur névralgique de la vie communautaire, espace où les âmes se réunissaient au lever du jour avec humilité, en prière et en communion, avant d’en ressortir pour vaquer à leurs activités quotidiennes. Bien que les forces de l’irréligion aient fini par balayer la région et contrecarrer leurs espoirs, la brève présence d’un mashriqu’l-adhkár à Achgabat constitue un témoignage impérissable de la volonté et des efforts d’un groupe de croyants qui ont instauré un riche modèle de vie tirant son énergie du pouvoir de la Parole créatrice. En Occident, peu après le début de la construction de la maison d’adoration à Achgabat, les membres de la communauté naissante d’Amérique du Nord, galvanisés, ont voulu démontrer leur foi et leur dévouement en construisant leur propre temple. En 1903, ils ont écrit pour solliciter l’assentiment du Maître. Dès lors, le mashriqu’l-adhkár a été inséparablement lié au destin de ce groupe de serviteurs dévoués de Bahá’u’lláh. Malgré les conséquences de deux guerres mondiales et d’une dépression économique généralisée qui ont, pendant des décennies, entravé le progrès de ce projet complexe, chaque étape de sa réalisation était intimement associée à l’expansion de la communauté et au développement de son administration. Le jour même où les restes sacrés du Báb étaient enterrés sur le mont Carmel, en mars 1909, des délégués se rassemblaient pour mettre sur pied l’association Bahá’í Temple Unity, une organisation nationale dont le conseil d’administration élu est devenu le cœur des communautés locales dispersées sur le continent. Ce développement a bientôt favorisé la formation de l’Assemblée spirituelle nationale des États-Unis et du Canada. Lors de ses voyages en Amérique du Nord, ‘Abdu’l-Bahá a lui-même déposé la première pierre du temple mère de l’Occident, lui conférant ainsi un énorme potentiel spirituel. Les contributions versées à cette entreprise historique ont afflué des centres bahá’ís d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie, d’Europe, et du Pacifique, démontrant la solidarité et le sens du sacrifice des bahá’ís de l’Orient et de l’Occident. Alors que dans tous les pays les adeptes de Bahá’u’lláh dirigent leurs pensées vers Dieu et se consacrent chaque jour à son souvenir, déployant sans cesse de grands efforts en son Nom, qu’ils puisent leur inspiration dans ces paroles émouvantes que ‘Abdu’l-Bahá a adressées à un croyant qui se consacrait à la construction de la première maison d’adoration érigée sous la direction attentive et bienveillante du Maître : « Maintenant, hâte-toi d’aller à Achgabat complètement détaché et enflammé du feu de l’attirance, et transmets aux amis de Dieu les salutations très chaleureuses de ‘Abdu’l- Bahá. Embrasse chacun et exprime-leur la profonde et sincère affection de ce serviteur. Au nom de ‘Abdu’l-Bahá, creuse la terre, transporte le mortier, porte les pierres qui serviront à construire le mashriqu’l-adhkár, afin que l’allégresse procurée par ce service apporte plaisir et joie au Centre de servitude. Ce mashriqu’l-adhkár est la première institution du Seigneur clairement visible. C’est donc l’espoir de ce serviteur que toute âme juste et vertueuse sacrifie tout, manifeste une grande joie et une grande exultation et se réjouisse de porter de la terre et du mortier, afin que cet édifice soit érigé, que la cause de Dieu se répande et qu’aux quatre coins du monde les amis se lèvent, fermement résolus à accomplir cette grande tâche. Si ‘Abdu’l-Bahá n’était pas emprisonné et s’il n’y avait pas d’obstacle sur son chemin, sans doute se hâterait-il en personne vers Achgabat afin de transporter la terre nécessaire à la construction du mashriqu’l-adhkár avec le plus grand plaisir et la plus grande joie. Maintenant, il revient aux amis de se lever avec cette intention présente à l’esprit et de servir à ma place afin que cet édifice soit en peu de temps visible par tous, que les aimés de Dieu aient la possibilité d’y mentionner la Beauté d’Abhá, qu’à l’aurore les mélodies du mashriqu’l- adhkár s’élèvent vers l’assemblée céleste et que le chant des rossignols de Dieu apporte joie et extase aux habitants du Très-Glorieux Royaume. Ainsi les cœurs se réjouiront, les âmes seront heureuses de ces joyeuses nouvelles et les esprits illuminés. C’est le plus grand espoir des sincères ; c’est le souhait le plus cher de ceux qui sont près de Dieu. » (D’une lettre du 1er août 2014 aux bahá’ís du monde). [66]

Le mashriqu’l-adhkár, est un concept unique dans les annales de la religion et il symbolise les enseignements du nouveau jour de Dieu. Centre pour tous, destiné à promouvoir l’affection chaleureuse, le mashriqu’l-adhkár constitue un lieu de culte universel ouvert à tous les habitants d’une localité, quels que soient leur affiliation religieuse, leur milieu d’origine, leur appartenance ethnique et leur genre, et un havre où se plonger dans la contemplation de la réalité spirituelle et des questions fondamentales de la vie, dont la responsabilité individuelle et collective de l’amélioration de la société. Il embrasse en son sein hommes et femmes, enfants et jeunes sur un pied d’égalité. Cette universalité unique et absolue s’exprime dans la structure même du mashriqu’l- adhkár, la conception de cet édifice à neuf côtés traduisant le sentiment de complétude et de perfection que symbolise le chiffre neuf. En tant que lieu d’où vont rayonner des forces spirituelles, le mashriqu’l-adhkár est le centre à partir duquel des dépendances pour le bien-être de l’humanité doivent être érigées et il est l’expression d’une volonté commune et d’un désir ardent de servir. Ces dépendances – centres d’éducation et d’enseignement des sciences ainsi que d’initiatives culturelles et humanitaires – incarnent les idéaux du progrès social et spirituel qui doit s’accomplir grâce à l’application du savoir et montrent comment, quand elles sont en harmonie, religion et science élèvent le rang de l’être humain et mènent à l’épanouissement de la civilisation. Comme vos vies l’illustrent amplement, l’adoration, quoiqu’essentielle à la vie intérieure de l’être humain et indispensable à la croissance spirituelle, doit aussi se traduire par des actes, reflets extérieurs de cette transformation intérieure. C’est ce concept d’adoration – inséparable du service – que promeut le mashriqu’l-adhkár. Shoghi Effendi affirme à ce propos : « Séparé des activités sociales, humanitaires, éducatives et scientifiques centrées sur les dépendances du mashriqu’l- adhkár, le culte bahá’í, aussi exalté soit-il dans sa conception, aussi passionné soit-il dans sa ferveur, ne pourra jamais espérer dépasser les maigres résultats, souvent transitoires, produits par la contemplation de l’ascète ou la communion du fidèle passif. Elle ne peut apporter une satisfaction et un bénéfice durables au fidèle lui-même, et encore moins à l’humanité en général, tant qu’elle n’est pas traduite et transposée dans ce service dynamique et désintéressé à la cause de l’humanité que les dépendances du mashriqu’l- adhkár ont le privilège suprême de faciliter et de promouvoir. Les Astres jumeaux de cette époque radieuse nous ont enseigné ceci : l’adoration est la conversation spirituelle essentielle, directe et sans intermédiaire de l’âme avec son Créateur. C’est la nourriture spirituelle qui maintient la vie de l’esprit. Comme la rosée du matin, elle rafraîchit le cœur, l’assainit et le purifie des attachements du moi insistant. C’est un feu qui consume les voiles et une lumière qui mène à l’océan de la réunion avec le Tout-Puissant. Sur ses ailes, l’âme s’envole vers les paradis de Dieu et se rapproche de la réalité divine. Le développement des capacités infinies de l’âme et du pouvoir d’attirer sur soi les faveurs de Dieu dépend de la qualité de la prière, mais sa prolongation n’est pas souhaitable. Le pouvoir latent de la prière se manifeste quand elle est motivée par l’amour de Dieu, indépendamment de toute crainte ou faveur, et sans ostentation ni superstition. Elle doit être exprimée avec un cœur pur et sincère qui prédispose à la contemplation et à la méditation, afin que ses effets puissent éclairer la raison. Une telle prière transcendera les limites des mots et ira bien au-delà des simples sons. La douceur de ses mélodies doit élever et réjouir le cœur, et affermir le pouvoir pénétrant de la Parole, transformant les inclinations terrestres en qualités célestes et inspirant le désir de servir l’humanité de façon désintéressée. » Nous avons demandé aux bahá’ís de voir dans leurs efforts de construction communautaire la création d’un nouveau modèle de ce que peut être la société. Pris dans son ensemble, ce modèle favorise la capacité à servir : éduquer les jeunes générations, renforcer l’autonomie des jeunes, éduquer spirituellement les enfants, accroître la capacité à faire appel à l’influence de la parole de Dieu en accompagnant les autres dans le champ du service, et contribuer au progrès social et économique d’un peuple sur la base des enseignements divins pour l’époque. La réunion de prière, un aspect collectif d’une vie pieuse et une dimension du concept du mashriqu’l-adhkár, est indispensable à ce modèle, et elle constitue pour votre communauté une occasion merveilleuse non seulement d’adorer le Tout-Puissant et de solliciter ses bénédictions dans votre vie, mais aussi d’offrir à vos concitoyens l’énergie spirituelle de la prière, de rétablir pour eux l’adoration dans sa pureté, de faire naître dans leurs cœurs la foi dans les confirmations de Dieu et d’aviver en eux, autant qu’en vous- mêmes, le désir de servir le pays et l’humanité et de faire preuve de résilience constructive sur la voie de la justice. Chers amis, les réunions consacrées à la prière partout dans votre pays béni, dans chaque quartier, chaque ville, village ou hameau, et l’accès grandissant qu’ont vos compatriotes aux prières bahá’íes permettent à votre communauté de faire briller la lumière de l’unité sur l’ensemble de l’humanité, contribuant ainsi aux efforts de vos coreligionnaires dans le monde entier. Pour le bien de tous, semez donc les graines des futurs mashriqu’l-adhkár, et allumez d’innombrables feux pour dissiper l’obscurité de la haine et de l’injustice (D’une lettre du 18 décembre 2014 aux bahá’ís en Iran). [67]

La poursuite systématique du Plan dans toutes ses dimensions donne naissance à un modèle dans lequel l’effort collectif se distingue non seulement par une volonté de servir, mais aussi par un attrait pour la prière. Partout dans le monde, l’intensification des activités qui sera exigée au cours des cinq prochaines années enrichira encore davantage la vie de piété que partagent ceux qui servent côte à côte dans les groupements. Ce processus d’enrichissement est déjà bien avancé ; en témoigne, par exemple, la façon dont des rencontres de prière s’intègrent au sein de la vie communautaire. Les réunions de prières sont des événements auxquels toute âme peut prendre part, peut respirer les parfums célestes, goûter à la douceur de la prière, méditer sur le Verbe créateur, se laisser transporter sur les ailes de l’esprit et communier avec le Bien-Aimé. Des sentiments d’amitié et de partage d’une cause commune naissent, en particulier dans les conversations spirituellement élevées qui ont lieu spontanément en de tels moments et grâce auxquelles « la cité du cœur des hommes » peut s’ouvrir. Dans toute localité où est organisée une réunion de prière qui accueille des adultes et des enfants et où tous sont les bienvenus l’esprit du mashriqu’l-adhkár est évoqué. Le renforcement de la piété d’une communauté a également un effet sur la Fête des dix- neuf jours et peut être ressenti même à d’autres moments, quand les amis se réunissent. (D’une lettre du 29 décembre 2015 à la conférence des corps continentaux des conseillers) [68]

Le mashriqu’l-adhkár est « l’une des institutions les plus vitales du monde ». Un temple et les dépendances qui y sont liées incarnent deux aspects essentiels et indissociables de la vie bahá’íe : l’adoration et le service. Symbole puissant et partie intégrante de la civilisation divine vers laquelle la révélation de Bahá’u’lláh conduit tous les peuples, la maison d’adoration devient le lieu de convergence de la communauté qui l’a construite. « Les saints parfums du mashriqu’l-adhkár, explique ‘Abdu’l-Bahá, raniment l’âme des justes, et ses brises vivifiantes confèrent la vie à ceux qui ont le cœur pur. » En fait, son influence est telle qu’elle peut inciter une population entière à aspirer à un sentiment plus profond de partager un objectif commun. Aujourd’hui, le monde bahá’í dirige son regard vers son temple récemment inauguré, et nous sommes certains que cette victoire tant attendue comblera d’allégresse tous les amis, où qu’ils soient. Mais ils ne se contenteront sûrement pas de se réjouir entre eux. Inspirés par tout ce que représente cet édifice sublime, qu’ils invitent d’autres personnes à découvrir la joie éternelle que procurent la louange adressée à Dieu et le service à l’humanité. Nous inclinant devant le seuil de la Beauté-Ancienne, nous rendons grâce à Bahá’u’lláh d’avoir permis à ses serviteurs adeptes dévoués d’ériger un temple si magnifique, fait de verre, de pierre et de lumière, qui nourrit l’attrait pour le sacré. La gratitude que nous éprouvons accroît notre aspiration à ce jour glorieux où chaque ville et chaque village se verra accorder la bénédiction que constitue un mashriqu’l- adhkár, et c’est avec enthousiasme que nous pensons d’abord aux pays où des maisons d’adoration nationales et locales commencent à apparaître. Puisse le spectacle grandiose de ce que la communauté du Plus-Grand-Nom a maintenant accompli à Santiago inciter les fidèles du monde entier à intensifier leur service, aussi humble soit-il, un service voué à bâtir un monde meilleur, et offert à la Gloire de Dieu. (D’une lettre du 14 octobre 2016 aux amis réunis à Santiago, Chili pour l’inauguration du temple mère d’Amérique du Sud). [69]

Moins d’un an après la célébration par le monde bahá’í de l’achèvement de la construction de la dernière des maisons d’adoration continentales, le développement de l’institution du mashriqu’l-adhkár connaît une aube nouvelle . Vous êtes réunis au lieu même d’où s’élèvera la louange de Dieu : le site de la première maison d’adoration locale à être construite à l’aube de cette nouvelle étape. L’inauguration La consécration de cet édifice unique est une occasion historique, préfigurant l’apparition d’encore plus de mashriqu’l-adhká locaux et nationaux pour obéir au commandement de Bahá’u’lláh révélé dans son Très-Saint Livre : « Édifiez dans tous les pays des maisons d’adoration au nom de celui qui est le Seigneur de toutes les religions. ». […] La construction d’une maison d’adoration à Battambang […] montre combien la lumière de la foi brille avec éclat dans le cœur des amis qui y vivent. Son plan, œuvre d’un architecte cambodgien accompli, reflète la grâce et la beauté de la culture de cette nation ; il utilise des techniques innovantes tout en les associant à des formes traditionnelles à la région ; il appartient incontestablement à la terre qui le voit s’élever. Avant même son inauguration, le temple a réussi à faire prendre conscience à ceux qui résident sous son ombre d’un thème qui fait partie intégrante du mashriqu’l-adhkár : l’inséparabilité de l’adoration et du service dans la vie d’une communauté. Il a fait mieux apprécier l’importance de l’unité qui se trouve maintenant renforcée par le culte collectif qui se déroulera dans ses murs. Son émergence est un stimulant pour les efforts déployés pour nourrir des communautés spirituellement distinguées. C’est un édifice au but noble, érigé par un peuple à l’esprit noble. (D’une lettre du 1er septembre 2017 aux amis réunis à Battambang, Cambodge pour l’inauguration de la maison d’adoration). [70]

Extraits de lettres écrites au nom de la Maison universelle de justice

Au sujet des dépendances du mashriqu’l-adhkár, on trouve dans les tablettes et les causeries de ‘Abdu’l-Bahá plusieurs références à ces « annexes importantes ». Il parle par exemple d’une école pour orphelins, d’un hôpital et d’un dispensaire pour les pauvres, d’un foyer pour les personnes nécessiteuses, d’un collège d’enseignement supérieur scientifique et d’un hospice. Dans un autre endroit, après avoir énuméré les institutions précitées, il déclare que l’on construira d’autres bâtiments philanthropiques […] La Maison universelle de justice a également déclaré n’avoir vu aucun texte exigeant que le nombre de ces dépendances soit de neuf. (D’une lettre du 18 mars 1974 à un croyant). [71]

On peut voir un symbole de ce processus (l’engagement bahá’í dans les projets de développement) dans la maison d’adoration et ses dépendances. La première chose à construire est l’édifice central qui est le cœur spirituel de la communauté. Puis, progressivement, en tant qu’expression extérieure de ce cœur spirituel, les diverses dépendances, ces « institutions de service social destinées à soulager les souffrances, à la subsistance des pauvres, à l’abri des voyageurs, au réconfort des personnes endeuillées, et à l’éducation des ignorants » seront érigées et fonctionneront. Ce processus commence de manière embryonnaire bien avant qu’une communauté bahá’íe n’atteigne le stade de la construction de son mashriqu’l-adhkár, car même le premier centre local érigé par une communauté bahá’íe peut commencer à servir, non seulement comme centre spirituel, administratif et lieu de rassemblement de la communauté, mais aussi comme école et être au cœur d’autres aspects de la vie communautaire. Le principe reste cependant que le spirituel précède le matériel. D’abord vient l’illumination des cœurs et des esprits par la révélation de Bahá’u’lláh, et ensuite les premières initiatives des croyants qui souhaitent appliquer ces enseignements à la vie quotidienne de leur communauté. (D’une lettre du 8 mai 1984 à l’Assemblée spirituelle nationale du Brésil). [72]

Le terme mashriqu’l-adhkár a été utilisé dans les Écrits pour qualifier diverses choses : le rassemblement des amis pour la prière à l’aube, un bâtiment où cette activité a lieu, l’institution complète du mashriqu’l-adhkár, avec ses dépendances, l’édifice central de cette institution, souvent décrit comme une « maison d’adoration » ou un « temple ». Ces variantes peuvent toutes être considérées comme des étapes ou des aspects de l’introduction progressive du concept de Bahá’u’lláh tel que promulgué dans le Kitáb-i-Aqdas. Pour le développement du mashriqu’l-adhkár, plusieurs lignes d’action ont été entreprises et c’est à elles que les croyants doivent consacrer leurs efforts et leur attention. (D’une lettre du 20 avril 1997 à un croyant). [73]

Le terme mashriqu’l-adhkár, lorsqu’il se réfère à une maison d’adoration, désigne un bâtiment, centre dans lequel se réunissent les gens pour entendre la parole de Dieu et l’adorer. Autour de cette maison centrale d’adoration, se trouvent les dépendances du mashriqu’l-adhkár qui expriment l’adoration sous forme de service à l’humanité. (D’une lettre du 20 avril 1997 à un croyant). [74]

En passant ceci en revue, il convient de noter qu’il est permis d’utiliser des passages des Écrits saints pour les mettre en musique, et de répéter des versets ou des mots. Un compositeur est libre de déterminer le style musical, en gardant à l’esprit l’obligation spirituelle de traiter les textes sacrés avec bienséance, dignité et révérence.[…] En outre et afin de se conformer à des exigences musicales, il n’y a aucune objection à répéter dans les chants des versets de prières ou de sélections d’Écrits. Comme indiqué ci-dessus, de légères modifications du texte sont permises, tout comme la répétition de passages en guise de refrain ou de courtes phrases telles que « Ô Dieu, mon Dieu », afin de se conformer aux exigences musicales. Le style musical du morceau peut être déterminé par le compositeur, à condition qu’il tienne compte de l’obligation spirituelle de traiter les textes sacrés avec la bienséance, la dignité et la révérence qui leur sont dus. (D’une lettre du 14 février 2001 à l’Assemblée spirituelle nationale d’Australie). [75]

La Maison de justice a été particulièrement ravie d’apprendre l’augmentation significative du niveau d’activité au temple, y compris le nombre croissant d’activités de base impliquant des participants de la communauté élargie […] À ce propos, une question d’importance capitale que votre assemblée nationale devra aborder avec sérieux, est la nécessité de promouvoir parmi les croyants une unité de pensée et de but quant aux moyens à mettre en œuvre pour parvenir à un degré de cohérence encore plus grand entre les efforts entrepris à la maison d’adoration et le travail d’expansion et de consolidation dans le groupement d’Upolu. Les activités d’enseignement et les processus de construction communautaire qui se déroulent au temple seront au cœur de ces efforts. Il faudra en particulier systématiser et soutenir avec les ressources humaines et financières nécessaires les efforts pour partager les enseignements fondamentaux de la Foi avec les visiteurs et les habitants des environs, en les invitant à participer à des cercles d’étude, des réunions de prières, des classes d’enfants et des groupes de juniors qui se tiennent au temple et en d’autres endroits du groupement. On peut aussi envisager de développer un programme spécial qui aurait pour but de partager une vision de la maison d’adoration comme centre spirituel de la communauté et son influence sur la vie de la population environnante : la vision d’un temple pour le peuple de Samoa. Dans les efforts des agences et des croyants du groupement d’Upolu pour faire avancer le processus de croissance, la Maison de justice espère ardemment qu’ils sauront profiter pleinement de la présence de la maison d’adoration au milieu d’eux et que les moyens d’attirer des visiteurs et d’améliorer leur expérience seront affinés au cours du temps. Comme pour d’autres aspects de la vie communautaire bahá’íe, le succès de cette entreprise reposera en grande partie sur le fait que les amis fonctionnent dans une culture d’apprentissage et s’assurent que les méthodes et les activités sont continuellement analysées et améliorées. (D’une lettre du 27 déc. 2011 à l’Assemblée spirituelle nationale de Samoa). [76]

La Maison de justice a été ravie d’apprendre que les discussions entre les croyants sur la signification du mashriqu’l-adhkár créent des liens forts avec ce projet et suscitent une plus large participation des bahá’ís et de leurs amis dans cet effort collectif. Une plus grande conscience parmi les croyants de Colombie de l’importance de la maison d’adoration a également engendré des contributions matérielles de leur part ; c’est encore un autre signe de leur engagement spirituel. Nous espérons que cette réponse initiale sera maintenue tout au long de la vie de ce projet et favorisera une habitude de dons réguliers aux fonds de la Foi. (D’une lettre du 27 déc. 2011 à l’Assemblée spirituelle nationale de Colombie). [77]

Une maison d’adoration fait, bien sûr, partie intégrante du processus de construction communautaire et son édification représente un jalon important dans le développement d’une communauté. La Maison de justice espère que, grâce au zèle et à la détermination avec lesquels ils poursuivent les activités essentielles du plan de cinq ans, les amis de […] vont hâter le jour où il sera opportun de bâtir un mashriqu’l-adhkár dans votre pays. (D’une lettre du 12 décembre 2013 à un croyant). [78]

De plus, puisqu’il est envisagé que la conception du temple « s’harmonise naturellement avec la culture locale et la vie quotidienne de ceux qui se rassembleront pour prier et méditer », les amis pourraient être encouragés à soumettre des idées préliminaires sur son aspect. Il est à espérer qu’au final, la conception de la maison d’adoration s’appuie sur des éléments et des symboles avec lesquels le peuple du Kenya s’identifie naturellement. Ces idées, transmises au bureau d’études qui sera bientôt établi, pourraient être intégrées dans le dossier d’architecture définissant les exigences du projet. (D’une lettre du 24 sept. 2014 à l’Assemblée spirituelle nationale du Kenya). [79]

En ce qui concerne vos questions sur la différence entre les maisons d’adoration continentales, nationales et locales, l’établissement du mashriqu’l-adhkár a commencé par la construction d’un temple dans diverses régions du monde. Au temps de leur construction, le rôle de ces maisons d’adoration qui marquaient la présence et la promesse de la Foi, fut souvent souligné en langage figuré. Le Gardien écrivait qu’un mashriqu’l-adhkár est « un symbole et un annonciateur de l’ordre mondial de Bahá’u’lláh » et il donnait fréquemment le nom de « temple mère » au premier de chaque continent ou région. En se référant au lancement de projets de construction de maisons d’adoration nationales – à partir de la cinquième époque et après le début de la construction au Chili du dernier des temples continentaux – la Maison de justice écrit que ce lancement « offre une preuve gratifiante de plus montrant l’implantation de la religion de Dieu dans le terreau de la société. » Au-delà de cette signification symbolique, le mashriqu’l- adhkár est une institution aux formidables potentialités pratiques. Il est envisagé qu’à terme, partout où une assemblée est établie, qu’elle soit locale ou nationale, les institutions du mashriqu’l-adhkár et du ḥaẓíratu’l-quds seront élevées. Shoghi Effendi écrit : « C’est du mashriqu’l-adhkár, ordonné comme une maison d’adoration par Bahá’u’lláh dans le Kitáb-i-Aqdas, que les représentants des communautés bahá’íes, à la fois locales et nationales, ainsi que les membres de leurs comités respectifs, tireront lors de leurs réunions quotidiennes entre ses murs à l’aube, l’inspiration nécessaire qui leur permettra de s’acquitter de leurs devoirs et d’assumer leurs responsabilités comme il convient aux intendants choisis de sa religion, dans le cadre de leurs activités quotidiennes au sein du ḥaẓíratu’l-quds, scène de leurs activités administratives. » En outre, une maison d’adoration doit être le centre spirituel d’une communauté et, avec les dépendances à créer, elle contribuera à un modèle florissant de vie collective. Actuellement, les premières maisons d’adoration de chaque continent servent de temples nationaux aux pays dans lesquels elles sont situées, tout en servant aussi les communautés du voisinage, jouant ainsi un rôle significatif dans les activités locales. Au fur et à mesure de l’avancement du processus de croissance, de plus en plus de temples seront érigés aux niveaux national et local et nous en apprendrons davantage sur leur nature et sur leur manière de contribuer au processus de construction communautaire. Les nombreux aspects du fonctionnement de cette institution se manifesteront ensuite progressivement. Comme l’écrivait Shoghi Effendi : « Seule l’institution du mashriqu’l-adhkár peut incarner adéquatement l’essence de l’adoration et du service bahá’ís, tous deux si vitaux pour la régénération du monde ». (D’une lettre du 26 janvier 2015 à un croyant) [80]

Les paroles utilisées dans les chants interprétés dans le mashriqu’l-adhkár n’ont pas besoin d’être limitées aux Écrits ; il est plutôt exigé qu’elles soient basées sur des Écrits sacrés bahá’ís ou autres et contiennent des thèmes bahá’ís. Il convient de noter que la norme pour les paroles utilisées dans les chants est quelque peu différente de la norme pour les écrits et les prières qu’on lira ou chantera dans les programmes spirituels des maisons d’adoration. Il n’y a donc aucune objection à utiliser des chants basés sur les écrits et les causeries de ‘Abdu’l-Bahá. (D’une lettre du 2 nov. 2015 à l’Assemblée spirituelle nationale d’Australie) [81]

Sélection de prières pour le mashriqu’l-adhkár extraites des écrits de ‘Abdu’l-Bahá

Ô Seigneur, mon Dieu ! Confirme-les en ton service ! Affermis leurs reins pendant qu’ils transportent les pierres pour bâtir le mashriqu’l-adhkár ! Ô Seigneur, mon Dieu ! Éclaire les visages de ces justes de la lumière rayonnant de l’orient de tes mystères. En vérité, tu es le Puissant et l’Indépendant et, en vérité, tu es le Miséricordieux et le Compatissant. (Extrait d’une tablette, traduite de l’arabe) [82]

Ô Dieu, mon Dieu ! Humble, modeste et éploré, je tourne mon visage vers le royaume de ta miséricorde et le domaine de ton unicité. Je t’implore avec ferveur au seuil de ton unité pour que tu aides tes vrais amants à offrir leur contribution à l’édification du mashriqu’l-adhkár de ce pays de sorte qu’à partir de cet édifice, les splendeurs de la lumière divine se répandent dans toutes les directions et que les cris joyeux qui exaltent et magnifient ton nom résonnent matin et soir, s’élevant vers ton Assemblée céleste et ton horizon très glorieux. Ô Seigneur, mon Dieu ! Fais que j’entende les accents de leurs voix et les lamentations de leurs cœurs, malgré la grande distance qui sépare ce versant tout proche de celui qui est « le plus éloigné », pour que mon esprit se réjouisse, que mon cœur déborde de bonheur, que mes yeux se consolent, que tout mon être tremble de joie, et que mon essence intime se remplisse de félicité lors d’une telle effusion de grâce, d’une telle splendeur manifeste. Ô Seigneur, mon Dieu ! Ouvre grand les portes de tes bénédictions à chaque âme qui se lève pour contribuer à la construction de cet édifice exalté, cette merveilleuse maison de prière, cette source de lumière. Tu es vraiment l’Omnipotent, le Fort, le Puissant, le Tendre, le Clément. (Extrait d’une tablette, traduite de l’arabe). [83]

O Dieu, mon Dieu ! Le cœur palpitant et les yeux pleins de larmes, je t’implore d’aider quiconque dépense son énergie pour l’édification de cette maison, la construction de cet édifice où ton nom est mentionné chaque matin et chaque soir. Ô Dieu ! Accorde ta générosité divine à celui qui s’efforce à servir ce projet et s’emploie à élever cet édifice parmi les peuples et les religions du monde. Confirme-le dans chaque bonne action visant à promouvoir le bien-être de l’humanité. Ouvre-lui les portes de la richesse et de l’abondance et fais de lui un héritier des trésors impérissables du Royaume. Fais de lui un signe de tes dons parmi les peuples et renforce-le par la mer de ta générosité et de ta munificence, que les vagues de ta grâce et de ta faveur enflent. En vérité, tu es le Généreux, le Miséricordieux et le Munificent. (Extrait d’une tablette, traduite de l’arabe). [84]

Ô Dieu, mon Dieu ! Illumine le front de tes amoureux fidèles et assure-leur, grâce aux armées angéliques, un triomphe certain. Affermis leurs pas sur ton droit chemin et, par ton antique munificence, ouvre-leur les portails de tes bénédictions. Ils dépensent en effet sur ton chemin ce que tu leur as accordé, ils protègent ta Foi, placent leur confiance en ton souvenir, offrent leur cœur par amour pour toi et donnent tout ce qu’ils possèdent en adoration de ta beauté et en quête des moyens de te plaire. Ô mon Seigneur ! Ordonne pour eux une part abondante, une consolation et une récompense assurées. Tu es, en vérité, Celui qui soutient, qui assiste, le Généreux, le Munificent, l’éternel Dispensateur. (Sélection d’écrits de ‘Abdu’l-Bahá, n° 235. Nouvelle traduction) [85]

La photo que tu as envoyée du mashriqu’l-adhkár a été reçue. Ce fut une source de joie immense car, Dieu soit loué, les bien-aimés de Dieu se sont rassemblés dans le mashriqu’l- adhkár leurs visages brillant comme des cierges, illuminant cette assemblée de la lumière de sentiments spirituels. Mon Dieu, mon Bien-Aimé, Désir de mon cœur ! Ce sont des serviteurs du seuil de ta sainteté qui se sont prosternés devant la porte de ton unicité. Ils ont pénétré dans le lieu où est mentionnée ta louange, où ta lumière se concentre, suppliant, implorant humblement le royaume de ton unicité et te priant avec ferveur, leur cœur fermement fixé sur toi. Ô mon Seigneur ! Accepte leurs actes, accompagne-les dans leurs prières et inspire-leur les merveilles de tes mystères, afin qu’ils deviennent les manifestations de ta bonté parmi tes créatures et les compagnons de tes élus parmi ton peuple. En vérité, Tu es le Doux, le Très-Généreux, le Clément, le Miséricordieux, le Très-Aimant. (Extrait d’une tablette, traduite de l’arabe et du persan) [86]