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Massacres de Babis en Perse

MASSACRES DE BABIS EN PERSE PAR

A.-L.-M. NICOLAS CONSUL GÉ N ÉRAL E N RE TRAITE

LIBRAIRIE D'AMÉRIQUE ET D'ORIENT ADRIEN-MAISON N E UVE 11, RUE SA I NT-SULPICE , PARIS (6 8 )

1936

© Afnan Library Trust 2017 AVE RTIS SEM ENT

cc Les Echos » du merc redi 27 septe mbre 1933 pu- blient un article signé E. S. intitu lé. « Les Trois Pro- Le phètes» Natur ellem ent, ces trois proph ètes sont : plus impo rtant , Bâb, Béha Oulla et Abdo ul Béha . Le lui, d'après M. E. S. est Béha Oulla Toujo urs d'apr ès le Bâb et Qourr et-ou l-Aïn e (si ce nom est pour lui trop t difficile à prono ncer, qu'il dise donc tout simpl emen à Hazrété Tahéré, qui est son nom Bâbi) , réuss irent em ! convaincre des dizain es de millie rs de Persa ns-H . Un peu plus loin M. E. S. dit que le Bâb fut pendu l- Ces précisions histo rique s : - Bâb et Qour ret-ou Aïne ne se sont jama is vus, et le Bâb est mort du fusillé, me font pense r à celles du grand rédac teur cc Journal » qui affirm e que le Bâb a été mass acré dans des latrines publi ques et le traite de sot. Oh ! vérité Il!

© Afnan Library Trust 2017 RBCHT 11 Juillet 1903

© Afnan Library Trust 2017 s rich es les plu s not abl es et les plu Qu elq ues béh ahi s, par mi de se fair e pho - que lqu es mo is, l'id ée de la vill e, eur ent , il y a que lqu es jou rs apr ès, il arr iva que tog rap hie r en gro upe . Or hie éta nt tom bé ent re les pho tog rap un exe mp lair e de cet te la rem ettr e cel ui-c i s'em pre ssa de ma ins d'u n mu sul ma n, de la vill e, Ha dji pal Mo ujte hed ent re les ma ins du pri nci am i. Mollah Mo ham me d Kh oum es figu - ui-c i rem arq ua nat ure llem ent que les per son nag Cel ien t des plu s rich es, éta it rem ise , éta ran t sur la piè ce qui lui ceu x qui n'a vai ent jam ais aus si de des plu s res pec tés , ma is ues ; c'e st-à - ni à celles de ses co llèg rec our s ni à ses pri ère s t jam ais rap por té un ne lui ava ien dire qu 'en pen san t qu' ils mp le que sid éra cel a com me d'u n ma uva is exe cen tim e, il con ces réf lex ion s ula tio n isla miq ue et ces gen s don nai ent à la pop gra nde . une fur eur très le con dui ren t peu à peu à lett re don c au gou ver neu r Na ssr ès Sal tan é, une II écr ivit n out rag ée, il au nom de la reli gio véh ém ent e, dan s laq uel le, les " cou pab les 'á exe mp lair e con tre réc lam ait un châ tim ent par eill e req uêt e, rép ond it nné d'u ne Nas sr ès Sal tan é, ass ez éto lier le nom bre che rch ait qu' à mu ltip que le Go uve rne me nt ne r reli - ccu per le mo ins du mo nde de leu de ses suj ets san s s'o étr ang e de voi r un per son - au mo ins gion ; il éta it don c tou t la mo rt de Mo ham me d réc lam er nag e com me Ha dj Mo llah sai ent aut rem ent pré tex te qu' ils pen suj ets de Sa Maj est é sou s le om ées nt plu s, ajo uta it-i l, que les per son nes dén que lui, d'a uta ais pri se à lois, ne don nai ent jam éta ien t res pec tue use s des des mu sul ma ns. t au con tra ire la mo ind re obs erv atio n, tou l'au to- , voy ant qu' il ne pou vai t com pte r sur Le Mo ujté hèd pas ser d'u n sa hai ne, rés olu t de se rité civ ile pou r sat isfa ire par lui- mê me . Il fit and ait, et d'a gir con cou rs qu' on lui ma rch ous (lou tis) , sur lesq uel s dis cip les voy ven ir que lqu es- uns de ses de com me nce r il ava it une inf lue nce dir ect e et leu r ord onn a ult e Beh ahi s : tum tum ult e con tre les dan s les rue s de Re cht , un heu re par ure llem ent aug me nte r d'h eur e en qui dev ait nat rse s, vol eur s abo nds , cou peu rs de bou l'ad hés ion de tou s les vag ver be per san dit, les rou tes . Un pro qu' on ren con tre rai t sur baz ar en tum ult e com me dan s un en effet, qu' un vol eur vit ce dés ord re, il éta it bie n évi den t que un poi sso n dan s l'ea u. Or par un pill age en ait se ter min er con dui t hab ilem ent , dev règle.

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Hadji Molla Mohammed Khomami n'oublia pas de leur livrer les noms des principaux behahis en leur recommandant de les crier dans les rues en les couvrant d'opprobes et d'in- jures. Il leur livra en même temps quelques exemplaires de la photographie qu'on avait fait reproduire. Ceux-ci les clouè- rent à l'extrêmilé de bâtons qu'ils portaient comme des éten- dards et commencèrent à circuler à travers les rues et les bazars, ameutant la population. Les béhahis, prévenus de tous ces préparatifs, déléguèrent un des leurs auprès du Gouvernement pour se plaindre du scandale qui se préparait et pour lui demander de les préserver des malheurs qu'il semblait leur réserver. Nassr ès Saltané, déférant aux désirs qui lui étaient exprimés, fit arrêter les. principaux meneurs, les fit comparaître devant lui et les terro- risa par ses menaces et sa fureur. Tout semblait donc terminé, mais la haine d'un mollah n'est pas si aisément satisfaite. Outré de voir que Nassr ès Saltané ne lui obéissait pas, froissé dans son orgueil de songer que son autorité Pouvait sembler ácéder devant celle de qui que ce fût, sûr d'être approuvé par ses pairs et ses égaux, se basant sur la loi écrite qui ordonne l'exécution immédiate de quiconque abandonne la religion mu sulmane, Hadj Mol lah Khomami fit venir devant lui ceux qui avaient étési sévère ment interp ellés par Nassr ès Saltané. Il leur r emonta le moral, leur fit voir quel était leur devoir, leur démontra que l'auto- rité civile n'était rien en comparaison de l'autorité religieuse, il les enthousiasma et les lança encore dans les rues criant et hurlant. Trois mois se passèrent ainsi, de Zil H édjé à Sefer avec des. alternatives de calme et de fureur fanatique. Sur ces entrefaites vint à mourir un négoiant béhahi. Sa mort, annoncée partout, r éveilla le zèle un peu endormi des fureurs de l'Islam. Ils se précipitèrent dans la maison du défunt en déclarant qu'un chien de celte espèce ne devait pas être enterré, mais brûlé. Le Tumulte fut à son co mble, et l'on put craindre encore tous les pires événements. F ort heureusement, Nassr ès Saltané préven u à temps put prendre les mesures nécessaires, des gens arrivèrent non sans peine à disperser les perturbateurs. Ceci fait, ils s'emparèrent du cadavre ; ils le cachèrent. L a nuit venue, Nassr ès Saltané fit transporter le cor ps au milieu de la campagn e, à un demi farsakh (3 kilo- mètres) de la ville et le fit enterrer secrètement.

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Mais l'un de ses gens dut commet tre une indiscré tion , car, <lès le lendema in, les musulm ans connure nt l'endroi t où avaient -été effectué es les funérail les. Ils s'y dirigère nt en foule, fouillè- rent le sol, tirilrent le cadavre de son tomb eau, le soumetè rent, l'insultè rent, le lacérère nt, le couvrire nt d'ordure s, páuis quand áchacun eut assouvi son fanatism e à sa manière, ils l'arrosè rent de pétrole et le brûlèren t. Le gouvern eur fit arrêter les principa ux meneur s, les fit .b âtonner, leur fit couper les or eill es, les fit ainsi promen er à travers les bazars Cela ne fit qu 'exaspér er la haine et la rage des musulm ans. Les m ollah ne r estèren t pas in actirs et souffièr ent à la popu- Jace les sentime nts qui les posséda ient eux-mêm es. Mollah Khoum a mi, le Chéri èl Mèdar Mirza Abou! Fazl, Hadji Agha Riza et bien d'autres , exigèren t du Gouvern e- ment que quelque s-uns des babis les plus connus fussent ex- pulsés de la ville. Le gouvern eur envoya chez deux des prin- -cipaux sect a ires, d'ailleur s fonction naires, l'un Ephtéha d oui Moulk, salar beglier héghi de R écht et l' a utre Mouclab ber el Mém alèk plus un Juif devenu bâbi, et les prévint en secret áqu'ils eussent à quitter la ville pour se mettre à l'abriá Ephtéha d-el-Mo ulk et Mouclab ber se dirigère nt vers Téhéran , où ils sont encor e. Le Juif refusa de partir, disant qu 'il n' ava it a ucun e raison pour cela, Le gouvern eur le fit venir, le Iit b â tonner pour calmer l' esprit de la populat ion. Pui s, il lui ordonna de partir. Il n 'obéit pas ; m ais, l'effervescence s'étant calmée, sa déso - .béissance passa inap erçue . Les loutis (voyous ), les Moll as, les pillards, voyant qu'ils .avaien t non m oin s réussi en cela et que le gouvern eur, les .avait écoutés, se sentiren t plus excités encore et r eco mmen- -cèrent à martyri ser les bâbis. Les Mollas faisaien t chaque jour prendre quelque s bâbis, négocian ts, b outiquie rs, les insultai ent, les b âtonnaient, puis les chassaie nt de la vi ll e. Ainsi furen t expulsés , seyyèd Mou- t évélli, sa femme, ses enfants (on refusa de lui laisser une mai- son) ; Bassar, l'ave ugle ; Mirza Ali Riza Khan sertip ; Etezad oui Vézaré qui était depui s longtem ps chef des postes du -Ghilan, etc., etc., etc. Enfin ils en expulsè rent ainsi un grand nombre sans que le ,g ouverne ur, m algré ses efforts, pût s'y opposer . Enfin beaucou p furent exp ulsés, beaucou p d' autres, em-

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ployés russe:; à un titre quelconqu e, purent rester, tels Séyyèd Acced Oulla Rechti, Directeur de la route de Recht à Téhéran . Les tr®bles de ce genre continuère nt, mais d'une façon plus calme. On tit reproduire la photograp hie que l'on accrocha partout dans la ville et partout on la couvrit de crachats. Ceux qui furent expulsés ne purent rester à Rechl.

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Il y a huit mois, l'hostilité des musulmans contr e les babis :se réveilla avec une certaine violence qui devait s'aggrave1' par la suite. Un des Moujteh eds babis Cleikh our Réis qu'on :avait chassé de Chiraz, voulait entrer à Esfahan ; quelques -0ulemés lui envoyèren t dire de ne pas pénétrer dans la villè, parce que ses co llèg ues oublieraient de lui rendre visite, ce qui -évidemment ser ait attentatoire à sa dignité et au r espect dû à un prélat d'un rang aussi élevé que le sien. Il ne voulut pas entendre les ob serv ations qu'on lui faisait .et déclara d'ailleurs qu'il ne venait à Esfah an que comme voyageur de passage, « et si les oulémes ne venaient pas me voir, ils se déshonoreront eux-mêmes en montrant un man- .que de courtoisie qui ne saurait m'atteindre "á Il entra donc dans la v ille ; b eauco up allèrent le voir, sa ùf trois : Imam Djouméh Hadji Mirza Achem, Agha Nedjéfi A .Mirz a Mohammed Bagher, Hadj i Agha Nour oulla, frère du précédent. Dès le jour de son arrivée dans la maison qu 'il avait louée, il commen ça l a prière Dj ém aat ; un e fo ule v int recevoir sa prière ; puis, la prière faite, il monta sur Je Minber et prêcha à plus de dix mille personnes. Pendant un mois . il resta dans la ville en continuant ce genre de vie. De j our en jour, la foule amuait chez lui et son succès allait en gr andissant ; to us s'é loi- .gnaient peu à peu des autres mollas en disant : "si c'est ce la .un moujtehed, quels menteurs sont donc les a utres ? » Tous les habitan ts d 'Esfah an devinrent ses dévoués servi- teurs, ce qui accroissait de jour en j our l a rage et le désespoir de ses collègues musulmans. Ils finiren t par exciter quelques- uns de leurs disciples fanatiques qui commencèrent à le ca- lomni er et à lui man quer de respect. Il fut donc obligé de quit- ter Esfahan et se dirigea sur Téhéran. Après son départ, les m ollas se sentant les coudées libres áel n'écoulant que leur ha ine contre les babis, ordonnèrent l'ex1)Ulsion d 'un a utre Moujtehed ba bi: Hadji Mirza Seyyed Ali; celui-ci partit sans se plaindre el sans attirer l' attention .de qui que ce fût. .six mois se passèrent dans une tranquilli té relative, mais le

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feu couvait. En effe t , sur ces enlrefaile s le Gouvern eur écrivit. à Zell-ès-So ultan et à !'iman Djoum'è h qu ' il ne pouva it corn-á prendre les raisons de l'expulsio n de ce Seyyed et qu'il s'apprê- t ait à le renvoyer à Esfahan. Cette nouvelle se 1áépandit à Esfahan et les musulma ns s 'enflamm èrent de colère. Beaucoup de babis fort heureux s'apprêtè rent à aller au-devan t de lui en • istiqbal "á Alors les oulemas déclarère nt que si cet indi- vidu pénétrait de nouveau à Es fahan il ne pourrait que 'se produire un scandale inouï dont ils ne cherchera ient certaine-á ment pas arrêter l'effusion . En effet, sans honte, il moù:tera au minber , y prêchera sa détestabl e doctrine et il adviendr a 'ce qu'il pourra. Ils prenaien t, en l'occasion , la défense du ché- riat; mais, en réalité, ils n'écoutai ent que leur fureur. A Nedjéfi écrivit à !'iman Djouné que, suivant ce qui nous est cori nu, nous avons entendu que Mirza Seyyed Ali - la malédicti on soit sur lui! - sur votre désir et ce.lui de Zell-ès-S ultan , et celui du Gouverne ur, veut rentrer à Esfahan. S'i l y revient il montera coram populo au minber et invitera les hommesá à cette religion n ouvelle. Vo us connaisse z son éloquenc e; d'autre. part, le peuple est ignorant et se laisse facilemen t tromper .. S'il revient à Esfahan, la graine de l'Islam disp araîtra et áSa, racine sera à jamais arrachée de ce sol béni "á Il pleurait dans cette lettre sur les malheurs de l'Islam et sur la violenceá de ses ennemis. L 'émir Dj oum'eh, ayant reçu cette lettre, écrivi t a u prince á Zell-ès-Su ltan en envoyan t la lettr e de Agha Nedjéfi. Il disait: « Hadj Cheiah Tze shi écrit la lettr e que vous trouverez ci- joinl et le r etour de Mirza Seyyed Ali à Esfahan ne peut' 'éi1 effet rien produire de bon ; ce sera une cause de tourmen t poùn lui et pour les autres, j e ne ser ais pas éloigné de cr oire, je suis convaincu qu'on le mettra à mort. Veuillez lui ordonner de á á rester à Téhéran qu elque temp s et de rem ettre son retour' áà. plus tard. " Zell es-Sultan ayant reçu ces lettres ne sut que s'écri er el,. craignant que Seyyed Ali se fût mis en r oule et co urüt au- devant d'w1 destin qu'on lui représen ta it, à lui, comme si tra- .gique, ce qui ne po urrait qu e lui attirer les reproche s d u Gou- vernemen t, répondit à !'iman qu'il a ll ait prévenir le Gouverne ur ' 4e tous les détails de cette affair e. " J 'enverrai les lettres que vous m' avez fait parvenir, mai s vou s n'aviez en tout état de cause qu'à télégraph ier à Mou chir-ed-d ouré d'empêch er Seyyd.

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Ali de se m ettre en r oute ou d e le fa ire revenir, s'il est déjà par.tL » Quand Mou chir r eçut ce télégram me, il ordonn a à Seyyed Ali de rester à Téh ér an et d 'y attendre d e n ouvell es instruc- tions. Pendan t ce t emps les oulemas d ' E sfahan, peu r assurés sur l.~s intentio n s du Gouver neur, sur le retour d e Seyyed, cher- .ch fJ.ient un prétexte quelcon que po ur m ettre le d ésordre d ans la ville et p ouvoir prouver ainsi qu 'ils av aien t, eux, r aison lorsqu'il s avaient p arl é du da nger qui atten d ait l 'ex p ulsé, s'il se décidai t à r entr er m a lgr é to ut. Un a kh oumd ba bi , Mirza Ali Moham med, posséd ant un exem pla ire du !ivr e Férah ed, le porta ch ez le r elieur, qu 'il conn aissa i 1, m ais en gr an d secr et pour le faire relier. Le reli eur fi t la reliure, et il ét ait en train de la t ermi ner qu and q uelqu es é tudian ts en t héo logie surv in- r ent à la bout iqu e po ur achet er des liv r es . L e r eli eur les voyant ent r er dissimul a Je !ivre d ans un .t iroir, m ais ceux-ci l 'aper çu- r ent e t lui dem andèr en t quel éta it le liv r e q u 'il ava it a insi caché. Il r épon dit qu'il ignor ait, c 'est un livre qui m 'a été apporté par un akhoun d ; les étudi an ts in sist èr en t et v irent aJors qu ' il s'agissai t d' u n livr e d' argume nt ation béh ahie . Ils vouluren t Je prendre, lui, r efu sait de le liv r er ; il s insist èr ent, disan t qu'il s v oulai ent le porter ch ez Agh a. 11 ne vo ulut pa s le remettr e , l eur d éclar an t qu 'il ne le d onner ait qu 'à son pr o- priétaire . á Après d eu x ou t r ois j ours, Mi rza Ali Moh a mmed v in t p our réclamer son livre, co mme il ét ait encor e loin de Ja bou tique (!es to ull ab s guettaie n t ) le r eli eur Jui fit sigr: e de ne pas s' ap- proch er ; mai s il ne co mprit pas, v in L prer:dl'e son liv r e et s 'éloigna . Les t oullab s se précipit èr ent sur Jui, Jui arr ac h èr ent le xo ll1me, il co uru t apr ès eux, déclar ant qu e ce livr e a p par te- nait à un t ier s et q u'il dev a it le lui r em ettr e. Les to ullabs lui r épondir ent . \fa- L' en . ::;;no n il p ourra it t ' arri ver m alh eur .

LE S QlJ ATRE " TÉiVIOI NS,, A ESF A H A N

Ils él a ienL qu atr e Babi s : L eur assassin at euL li eu Yer s la fin du r ègne de Nasser Ed Din e Cha h . Leurs no ms sonL les suivant s : MoJJ a Moh am ed K azem de T a leqo untch e (T ar- q o.untch é), des er: Yirons d'Es fa h an , C'é lait u n savant qui áf yàit beauco up pein é clans l'a cq ui sit ion des sciences : 11 ava it

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pris le brevel d 'Ejtehad d es Ouléma s d ' Esfahan . En l' an 1287, avec un certain nombre de savants, il s'était éloigné des croyan- ces de ce monde. Il fit amitié avec un certain nombre de per- sonnes qui vivent encore actu ellemen t, a vec d'a utres qui sont mortes. Parmi ces derniers est H a kim Elahi. Cet H a kim Elahi, nommé Mirza Aced Oulkall donnait des leçons à Téhéran à l' éco le de Mader I Chah. Seyyed Abou Tarab fut a ussi parmi ses amis, il est actuelle ment à l'hôpita l à Téhéran . Encore Serdar oui Houkém a, Dahi Houssei n Abadéh i, quoique ce d ernier ne fût pas r evêt u des vêtemen ts de savants . A Seyyed Zein El Abédine est encore d'entre ceux-là. Il est dans le Ba- bisme, m ais il d evint si enthous iaste qu'il devint un sujet d' ad mi- r ation et d 'étonnem ent pour ses contemp orains et commença ouverte ment la prédicat ion du nouvel ordr e d e choses. P eu à peu, les gen s de la ville s'ameut èrent, il abandon na la médecin e, rejeta le froc scientifi que et a lla a u Hamma m Dj artchi, chez le Maîlre A Mohamm ed H oussein, comme son élève. Les Toul- labs se mirent à hurler. Il s allèrent chez Cheikh Mohamm ed Bag her et témoign èrent de l'hérésie de Mollah Kazem . Cet événeme nt parvint aux oreilles de Soultan Ech Choueda (l'un des qu a tre martyr s Babis), celui-ci lui défendi t. de re- m ettr e les pieds aux b ain s el lui ordonna de rentrer dans sa maison. Il retourna donc à T éléqoun tché, et apr ès un certain Lemps il rev int à Esfahan . H adji Chéikh Bagher , avec Zéll-ès-S ouiian, s'uniren t et firent tant que les hommes se précipit èrent sur la ma ison des Babis. Quelques-uns d e ceux qui furent pris dans la b agarre sont feu A Seyyed About Fazl, frère de A Seyyed Zein el Abedine , puis A Mohamm ed Bagher, et H adji Ab ou! Haçan , Hadji Abd oui Hocéin et Molla Kazem, A Moha mmed H ocein le mar- chand d e Labac, et A Mo ha mmed K azem Ab abaf, le couseur d'abas. A Seyyed Zein E l Abédine a raconté : " Moi j 'étais à Téhé- r a n et l'on me prévint qu'on les tr acassait . F eu Hadji Abbas Oull a h Abadi vint d'Esfah an à Téhéran . A son arrivée à Ca- chan, il porta, sur l'ordre de Soultan ech Chouéd a les femmes d e Cachan au télégrap he et fi t env oyer des plaintes de tyran- ni e à Na sser Ed Dine Chah . Celui-ci r en\'.oya l'affaire à Moustofi el Memalek , qui envoya un lélégram me sévère à Zell-ès-S oultan, lui ordonna nt de délivrer les prisonn ier s. Ce la ne servit à rien. Hadji Abd Oulla vint ù Téhéran et insi sta vivemen t pout'

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obtenir la relaxa tion des prisonniers . Ceux-ci J'urenL délivrés. Molla Kazem alla à Chiraz et revint à Téhéran. Il resta quelque temps à l'école de Dar Ouch Chefa, où il s'occupai L à écrire des livres. Il r eto urna à Esfahan, où il séjourna dans le quartier de Bid Abad, clans la maison de Mirza Abd el Ghaffour Talé- qountchéhi . Au mois de Zil H acljé 1294, il alla à Taléqount ché ; il y discuta avec le Molla de l 'enclroi t, et fut de nouveau arrêlé avec Seyyecl Agha Djan. Il fut ramen é à Esfahan, où l'on recommen ça à piller. D'au Lres, et parmi eux Hadji H achem Rizi, qui habitai L le village de Riz et en était Ket Khocla, furent arrêtés. Molla Kazem avec d'autres fut clone amené à' Esfahan. On le conduisit chez Hadji Chéikh Bagher. Il y a ffirma sa religion el, sur l'ordre de Mirza Bagher, il fut cond uit sur la Plac e du Chah à Esfahan : Molla Kazem, de sa propre main se désha- billa et demanda au bourreau de se hâter dan s son office. En présence d'une troupe immense on lui coupa Ja LêLe au Pa Qapouq, constructio n des Séfévis. Après qu 'il eut été tué, A Seyyecl Zeinel Abeclin e racon la : u J'arrivai au Méiclan Chah et je áv is les gens avec des bâtons et des pierres se tenant autour du cadavre de Molla Kazem el semblant se battre avec ce corps. Et cependant il esL dit dans l' Islam qu'il est interdit de brûler les corps et de tuer ou de frapper même les animaux avec des bâtons ou des pierres ». Après l'exécution de Molla K azem, A Seyyed Agha Djan fut lié à un poteau à Kaisariyè, qui est proche Meidan Chah, et on le frappa depuis le mali n ju squ 'à mi di. On lui coupa alors les oreilles et on Je promena à travers les bazars. Cette tablette d escen dit alors des cieux : " Dieu est Je sa- vant, Celui qui sanctionne ! Oh, gens du monde ! en vérité est arrivé sur les meilleurs des h ommes ce qui esL ca use des gémis- sements et des pleurs de ceux qui h ab it ent le mu nde sup érieur, et les gens d'ici (Akka) ont eux a ussi pleuré et gémi. En vérité les tyrans ont accompli vis ù-vis de Kaz em une œuv r e qui a fait se lever le cri des choses, eL les h ouris du Para dis se sont frappé et déchiré Je visage ! On l'a co upé en mo rceaux dans la route de Dieu. J 'en Jure l'Ere Eternelle son me urlre a parfumé le monde tout entier ! Mais les h omm es ne l'ont pas compris. Son meurlre a fait se manifester Ja Loi religieuse de Dieu ! et les flots de la bienveillan ce de Dieu ont coulé dans !'Océan des noms et des attributs, et la vérité de la fidélité et de la loyauté s'est manifestée clairement . Et toutes choses

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en témoignent dans le livre lumineux. 0 Hommes ! so uvenez-á vous de ceux qui ont accepté le martyr dans la route de Dieu, de la façon que Dieu l'a mentionn é, ceux-là deviennent des intermédiair es auprès de Dieu ! ,,

ASSASSINA T DE DEUX AUTRES DES QUATRE TÉMOINS

Après le massacre de Molla Kazem eut lieu celui des deux frères. Ils étiaent Seyyeds Houcéinis, des enfants de feu Mirza Ebrahim, nég ociant notable. Le premier qui donna l'ordre de les tuer fut Mir Mohammed Houcein, Imam Djoum'é d'Esfahan. Il leur devait environ 12.000 tomans et ceux-ci lui en réclama ient le paiement. Cela parut insupportabl e à l'imam . Avec Hadji Chéikh Mohammed Bagher ils s'unirent à Zell Es Soultan pour t uer les deux frères. Le 17 Rebi el Ewell 1296 un des deux frères, avec le t roisième, Mirza Esmail, vint chez Mir Mohammed Houcein pour le voir à l' occasion du Mouloud . Après la visite, co mme A Mirza Mohammed H açan avait donné r endez-vous à un négociant, il se leva et partit sans que l'imam Djoum'é s'en aperçût. A Mirza Houcein et Esmail, un peu plus tard, vo ulurent s'en aller. Dans le corridor de la maison, le Ferrach Bachi les arrêta tou s les deux, leur disant : «Je suis chargé de vo us conduire tous les deux chez le pri nce Zell-es-Soul tan ». Mirza Houcein répondit: «Soit ! J e suis prêt ! » mais il envoya que lqu'un chez Mirza Haçan pour le prévenir de 'ce qui se passait. Celui-ci se rendit chez A Mohammed Bagher Mouderréss Chirazi, beau-père du prince Zellcs-Soulta n. L ' imam Djoum'é prévint le Prince : « Je vous ai envoyé A Mirza Hou- çain et Mirza Esmail. Quant à A Mirza Haçan, il s'est réfugié dans la maison de A Mohammed Bagher. Le Prince envoya des agents de la force publique dans cette maison. Le pro- priétaire répondit : J 'amènerai m oi-même A Mirza Haçan : il n 'est nul besoin d'agents de la force pub lique. On vint faire cette r éponse au Prince. Celui-ci renvoya Ormuz Khan et Perviz Khan avec des soldats et des agents de police, pour amener par force Mirza Haçan. Ces hommes se saisirent de l'inculpé et le conduisirent chez le Prince. A Mohammed Bagher avait raconté les causes de l'inimitié

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nda : "Vou s áde l'ima m Dj oumé enver s lui. Le Princ e leur dema n 'avou a. Alors le Princ e leur n'êtes pas Babis ? Haça n ne nia ni 1 Ils se turen t. Le Princ e á s'irrit a dit : " Maud issez les Babis n, et, avec la .et souffieta Mirza Haça n, lui arrac ha son turba telle ença à le frapp er de canne qu'il avait à la main, comm de sa figure ! Le Princ e ordon na alors ásorte que le sang jaillit áde les empri sonne r. réuni t quel- La nouve lle en parvi nt à l'Ima m Dj oum 'é, qui la maiso n des prison niers, où le pillag e . áques gens qu'il lança sur accus ant ré- .comm ença aussi tôt. On cherc ha surto ut la pièce s. On ne la trouv a pas. áception par l'ima m des 12000 toman rd'hu i. On cache ta :i la cire les porte s Elle existe encor e aujou de toute s les cham bres. prote ster con- Les négoc iants élevè rent alors leurs voix pour d'agir . On criait que les deux prison niers tre une pareil le façon comp tes avec la plupa rt des négoc iants ! La nou- ~vaient des villes les plus éloign ées. On vell.e parvi nt petit à petit dans les an, Téhé ran à son tour, télégr a phia .en télégr aphia à Téhér .d'env oyer dans la Capit ale les d eux frères . les co mpte s On fit alors une assem blée à Esfah an, qui exam ina Le Princ e fixa qu 'ils devai ent payer -des deux malhe ureux . s pour être rel âchés . On put leur prend re jusqu 'à 12.000 toman Esma il, qui était le plus 9.000 toman s en trois jours et Mirza é. Il fa llait encor e 3 .000 toma ns pour jeun e, fut r emis en libert deux autre s priso nnier s. L'im am Djoum é ayant délivrer les Moha mmed Ba- appris cela, alla voir, le sixièm e jour, le Cheik réuni rent chez Zell es Soult an, Cheik h gher. Tous les molla hs se Bagh er et son fils Agha Nadje fi donn èrent l'ordr e .Mohammed ent le jugem ent : «Ces deux de tuer les deux frèr es. Il s rédig èr la r eligio n, les tuer est ob ligato ire, s'em- individus sont sortis de parer de leurs bien est licite . » it l'ordr e de Les Babis racon tent que Chou réi Qazi écri v en allégu ant : « En véri té Hou cein est tuer l'Ima m Houc ein limite s 1 Il faut qu'il soit tué par le sabre de son ásorti de ses père." li est étrang e que ces brute s consi déras sent les Babis co mme uniste s et cepen dant, moi, auteu r de ce livre, j'ai des comm es, et ni dans leurs dires, beaucoup cherc hé dans leurs d octrin n'ai rien trouv é de ce genre ! Dans leurs ni dans leurs écrits , je nient et repou ssent cette accus ation q ue les Chié -écrits, ils Esna Achéri leu~ lance nt gratu iteme nt. t ion, car il Zell Es Soult an n'éta it p as conte nt de leur exécu

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pensait : « Si je les tue, j'en serai rendu responsable ! » Mais- l'Imam Djoum'é et Cheik Bagher intervinrent et dirent:. C'est ncius qui répondons au Gouvernement. » Ils écrivirent un papier qu'ils signèrent et tous les Mollas en firent autant. Quand le Prince eut ainsi la conscience en repos, !'Imam. Djoum'é et Chéik Bagher. se trouvaient dans le Talar Tévilé - Ils furent à la prison et, t out heureux et to ut aises, ils firent comparaître le bourreau et sans plus interroger les deux in-- culpés, s'occup èr ent de l'exécution . Je n 'étais pas à ce moment à Esfahan. Quand j'y arrivais, je descendis chez feu A Mirza Moha mmed H açan Nedjéfi qui était un des gr ands oulémas chiites. Il disait que tuer Mirza H ouecein dans les conditions ou il le fut, n'était pas conforme aux lois du ChériaL El il disait: " P ourqu oi n'a-t-on pas tuéá Mirza Esmail ? " Pui s le bourreau les dépouilla de leurs vête- ments. Chéikh Mohammed Bagher, co mmença à lire la Khothé et fit signe a u bourreau. Quand ils furent tués, il commença à être m a lade du Khénzir á 11 prit le sang d es deux frères so us sa responsabilité et garantit le paradis au bourreau. Il m ourut peu après. Dans la Tablette adressée à Chéikh Moh a mmed Bagher, cette par ole irritée est mentionn ée : " Oh Bagher, tu es semblableá à ce qu 'il reste le soir de soleil sur fa m ontagne. Bientôt tu t'effaceras ! " Le bourrea u Ramazan accomplit son office, mais on dit qu 'il eut peur après l'exécution et qu 'il se décida à ne plu s tuer personne. Les ferr achs ap portèrent le corps des deux frères a u Meidan et l'y jetèr ent. Les Babis les portèrent à T a kht Foulad et les y enterrèr ent. Le lieu de leur sépult ure est connu .

ASSASSINAT DU QUATRIÈME DES MARTYRS

Il se nomm ait Mirza Echref. Il vivait à Esfahan, sous le Gouvernement de Zell-es-Soultan,. dans les derniers temps de Nasser ed Dina Chah. J'étais moi- m ême à Esfahan à ce moment et j'écris ce récit de source certaine. Mirza Echref est de Nedjef Abad, près d'Esfahan. Au m oment du Gouvernement de Medjd ed Dowle, il alla de Nedjef Abad a Ab adeh, qui est aux environs de Chiraz. C'était u ne personnne,

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craignant Dieu et très pieuse. Il se lamentait en lisant Jes pa-" roles de Dieu et était d'une jolie figure et de tournure élé- gante. Après que le Gouverneur d'Abadéh eut commencé à le tour-- menter, il s'en alla vers la Syrie. Il resta quelque temps à Bombay. A Seyyed Zein el Abedein e dit: cc Durant mon voyage aux Indes, j'allais le voir à Abadéh et je ne vis que du bien de lui. Comme il n'avait pas ce qu'il fallait pour aller à Saint- Jean-d'Acre, quoique la permission lui en eût été donnée, H revint des Indes en Perse. Il resta quelques temps à Abadeh, puis se rendit à Nedjef Abad. Il resta que lques jours, il avait à ce moment entre 60 et 70 ans. Il avait été révélé beaucoup á de tablettes à son sujet. Il resta deux ans à Esfahan. Zeine oui abédine dit: cc J 'étais le plus souvent avec lui, jusqu'au moment où une nuit nous . étions dans le quartier Pa Qalé, à Esfahan, avec beaucoup de Babis. La nuit passée, dit Mirza Echref, j e vis en songe un endroit très vaste, plein de monde. Je regardais en l'air, je vis . un grand personnage se tenant debout. Je demandais qui il était. On me dit c'est Nouqte Oula. Ce personnage me désigna du doigt, et à cause de ce signe une écriture lumineuse fut écrite sur ma poitrine et celle de mes voisins. Elle disait : n'y a pas de Dieu si ce 1-i'est le Soultan qui est dans l'évidence et dans la vérité. Il me fit signe de venir, je voulus remu er je v is que je ne le pouvais. Et cela se répéta trois fois. La troisième fois je vis que mon vêtement noir se détachait de moi, et je devins léger et je m'envolai s en l'air. Je m'approchais de lui. Puis je me réveillais ! Ceux qui entendirent ce récit, s'étonnèrent ! Je dis : j'espère que c'est bon signe ! Bref, le lendemain de ce soir, je revins chez moi, puis de chez moi j'a llais à Chah ka Nan Chak- zahhaha. Le jour s'étant un peu levé, Mirza Echraf avec un Abadéhi vint chez moi : ils prirent le thé et voulurent re- partir : je leur dis de rester, pour le déjeuner, ils me répondirent qu'ils avaient donné rendez -vo us à quelqu'un, il nous faut partir : Ils partivent donc. Hadji Mirza, Qannat (confiseur) á raconte : cc Je les vis dans le bazar et leur dis : cc il faut qu'avec vous j'aill e à tel endroit ». Bref trois ou quatre personnes vou- lurent encore l'emmener, mais il n'accepta pas disant : «Je dois aller où j'ai promis. cc A Houssein Qouli Vékil Bachi des. Cosaques Fatnryie raconte: cc Je le rencont_rai au Meidan Chah; je lui dis: Nous étions convenus aujourd'hui d'aller à tel en--

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.droit : «Il dit : J'ai don r. é rendez-vou s à quelqu ' un au Mé- drésseh Tchéhar Bagh. a Mais il ne me dit pas à qui et je n'in- sistais pas : « Quand vous l'aurez vu, lui dis-je, nous revien- .drons ensemble. » Soit 1 dit-il et nous entrâmes au Collège. Dans le corridor, je vis Naieb Abd oui Rahim avec un ancien Babi qui était fort loyal mais inexpérim enté quoiqu'il fut âgé .de 80 ans. Il se nommait Agha Ali . Tous deux étaient assis. A Houcein Ali raconte : « Quand je le vis, je lui dis vous avez probablem ent donné rendez-vou s au Naieb " ? - « Oui, dit- il ». Je répliquai : « Il n'est pas bon que vous causiez avec lui 1 • Nous voulûmes revenir sur nos pas. Agha Ali et le Naieb com- prirent mes intentions, ils se levèrent et vinrent vers nous. Nous -ca usâmes un peu et sortîmes du Collège. Il fut arrêté par le Naieb ; je voulus le faire relâcher, mais ne parvins pas au but .de mes efforts. On le conduisit alors auprès de Zell es Soultan avec les pa- piers qu'il possédait. On le garda plusieurs j ours en prison, jusqu'à ce qu'enfin, on eût réuni les oulémas. On le fit compa- raître devant l'assemblé e. L ' un des officiers présent à la séance a raconté : " Il discutait très calme avec les oulémas, et s'occu- pait à argumente r avec des versets du Qoran et des hadiths. Il causait de telle sorte que sa voix s'éleva assez haut. Il ne renia au cune de ses doctrines. Plusieurs oulémas donnèrent ce j our le témoignag e contre lui. En 1306, a u mois de .Sefer, il fut conduit sur l'échafaud au Meidan Chah. A cette heure même, j'arrivai sur la place. J e le vis suspendu à. un coin, puis on brûla son corps. Ses restes furent ensevelis .dans la. rue nommée Koutché Seyyed Ali Khan.

SECOND E HISTOIR E D'ESFAH AN

En l'an huit de la prise de possession du trône par Mouzaffer ed Dine Chah, qui est 1321 de l'hégire ; j'étais à Esfahan. J'ai vu de mes yeux ce que j'écris. S. E. A. Mirza Mohammed, connu sou s le nom de Talève, avait emprunté de quelqu'un le livr!J intitulé « Férahed », afin de le donner à relier. Il le donna à un relieur du nom de .Molla Mohamme d, qui reliait la plupart des livres des Babis : i \V'

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Le 6 de .ce relieur désira it s'instr uire des pensée s des Béhah is. client : " Reven ez dans trois jours, le livre sera :Sefer, il dit au l'un des relié, vous pourre z le prendr e. " A ce mome nt précis, livre homm es de Agha Nadjef i se trouva it là. Il observ a : «Ce aux Babis ? et après le départ de Mirza Ali doit appart enir le livre Moham med, il dit a Molla Moham med .: « Donne -moi tant pour cette nuit, je te le rappor terai demai n. " Il insista fut prêté : Il le porta imméd iateme nt à Agha .que le livre lui l'était Nedjefi, en lui expliq uant dansqu elles circon stance s il se rendre au relieur et lui recom - procur é. A Nedjéf i lui dit de le le propri étaire viendr a le prendr e, viens vite manda : « Quand troupe m'en préven ir. " Il ordonn a à ses homm es et a une ter l'homm e qui leur serait .d'étud iants en théolo gie d'arrê indiqué et de l'amen er chez lui. le Le jour indiqu é, Mirza Ali Moham med alla pour retirer A sa réclam ation, le relieur lui livre qu'il avait don r. é à relier. med, :répon dit: «Le mome nt n'est pas favora ble ! " Ali Moham prêter attenti on aux parole s de son interlo cuteur , insista sans temps : et le relieur lui répliqu a : «Aujo urd'hu i je n'ai pas le il s'en alla. Le relieur , quand il eut le dos ár etirez- vous ! " Alors donne tourné , remit le livre à son élève en lui disant : « Va et : Hadji ce livre à cette person ne qui s'en va ! « L'élèv e obéit med march and de livres se présen ta sur les áChéikh Moham ntrefai tes avec un homm e de basse classe. Il dit au relieur : áe 1 Qu'est- ce que ce livre ? montre -le-mo i ! " Cela ne te regard e pas, répliqu a l'autre . Alors le march and de livres dit au voyou Moham - .qui était avec lui : " Arrach e-lui le livre ! « Mirza Ali ;er dans la maison de quelqu 'un med se mit à fuir, il alla se réfug . Les étudia nts en théolo gie et les gens de de sa con.nai ssance it : « Il Nedjef allèren t le cherch er chez lui. Sa femme répond le n'est pas ici « Mirza Ali Moham med, deux heures après dans un état de violen te inquié tude, s'en coucher du soleil, sion alla à la maison de Mirza Molla Khan Vézir. Après discus l'on enverr ait cette nuit même avec son hôte, il fut décidé que écrivit chercher chez lui tous les écrits qu'il pouva it avoir. On , donc à A Mirza Ali Khan, Serraf, et A Moham med Djevad tout proche s de celle de Ali serraf, car leurs maison s étaien t écrits Mohammed, afin que ces deux allasse nt recueil lir les et les rappor tassen t. Ils le firent. étu-. Le lendem ain matin, Hadji Hayde r Ali, de Nedjef , les homm es du gouve rneme nt se jetèren t sur diants et quelqu es de Moham med Ali. Ils ne le trouvè rent pas, non plusá la maison

© Afnan Library Trust 2017 que ses papiers. A Mirza Ali Khan et A Mohamm ed Djevacl vinren L à la maison de Mirza Ali Mohamm ed et interpt-ll érent vigoure usement les gens de Nedjefi d e ce que, sans la permis- sion du propriéta ire ils avaient pénétré dans la maison. Les m usulman s, les mains vides vinrent rapporte r à A Nedjéfi le récit de leur vain e expéditio n. Ils lui racontère nt que les deux. sarrafs l'avaient violemm ent insult é, lui , Nedjéfi. Celui-ci leur donna l'ordre de lui amener A Mirza Ali Mohamm ed. Mais dans la nuil du 20 celui-ci quitta subr epticeme nt la maison du Vizir, sor tiL de Esfahan et alla à Abadéh. Bref, la populatio n surexcité e par ses chefs cherch ai L depuis longtemp s à persécute r les Babis. On n'attend ait que l'occa- sion. Ce fut à ce moment que la nouvelle éclata que A Mirza Haçan, Adib, son fils, et Cheikh Mohamm ed Ali étaient a Esfahan. Ils arrivèren t en effet le 22 Sefer. lis descendi rent à la maison de Hadji Abbas et les Bab is venaient leur y r endre visite. Leur arrivée fut connue dans la ville : du jour où ils étaient sortis de Téhéran les gens de celle v ill e avaient prévenu les gens de cette secte. Le 25 Sef'er Hadj iMohamm ed Esmail,b anquier , qui ét ait un des très notables et qu i d epuis peu s'était converti au Babisme, mourut. Bien des personne s sou s prétexte de faire la conduite au cadavre se réunirent . Entre, autre Mohamm ed Djevad : banquier , A Nedjefi l'appr;t . Il envoya une troupe d'étudian ts en théologie el de gens perdus, pour arr êter Djévad et Mirza Ali Khan. Ils parvinre nt à arrêter Djévad et le torturan t et se conduisa nt d' une façon indi gne on le fit entrer dans la mos- quée du Chah . Nedjefi, dit: « Il n 'est pas prouvé pour moi que cet individu soit Babi ! Mais il y a deux ans, il a bu du vin. Il faut le punir! mais d'un e punition moyenne . On dépouilla le pauvre diable de ses vêt ements et on Je foueLLa de 80 coups de fouet. Puis on le r elâcha. Il rentra ch ez lui. Hadib el les Babis Jurent prévenus d e ce qui se passait. Cette nuit même, ils étaient invités dans le jardin du Vézir. On tint conseil et l'on trouva que le mieux était d'aller se ré- fugier au Consulta t de Russie. HabilJ connaiss ait Baranc ski, alors gérant et dit qu'il valait mi eux qu'il allât le voir d'abord. Il écrivit donc l'histoire de ce qui s'était passé à Mirza Aced Oulla Khan, mounchi du Consul at, qui le raconta à Baranosk i en lui disant que Hadib et Ali Khan demanda ient à venir se

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áréfugier au Consulat. Le permettez-vo us, lui demanda-t-i l T -Oui, répondit !'Agent Russe. Le á matin même ces deux person- nages avec leurs gens vinrent dans leur refuge consulaire. Le 26, Baranoski déclara : "Vous êtes trop peu nombreux Si vous voulez que je m'occupe de vos affaires vous vous réuni- árez en masse, plus vous serez nombreux, mieux cela vaudra pour vous ! Alors le nombre augmenta et les Babis affiuèrent _jusqu'au 28 el 29. Ils furent environ 4.000 personnes. On télé- graphia à plusieurs reprises à Téhéran. Baranoski eut à ce sujet une corresponda nce avec Zeller Soultan. Le pri n ce écri- vit que désormais personne n'avait plus le droit d'observa- tion envers qui que ce soit, et pour quelle causê que ce fût 1 Plusieurs copies furent tailes de cette pièces, et en marge Baranoski écrivit sa garantie, et l'on distribua les papiers aux Babis en leur disant de sortir. Le soir du 29, le Prince envoya .A Mirza Ahmed Khan Fath Oui Moul-k, qui était Kargouzar .au Consulat de Russie. On conduisit à Mirza Ali Khan a Bagh •en lui donnant toutes les assurances du monde. Le Prince or- donnaalors que, pour certaines raisons, on le conduisit à l'Abdar Khané. On y conduisit aussi A Mirza Mohammed Djevad. Nedjelï comprit que le lendemain les Babis sortiraient libres áde prison et qu'il perdait ainsi une occasion superbe. Il fabriqua un télégramme prétendu émanant de l'Atabek dans les termes suivants: "Oh! Houdjet oui Islam, A Nedjef. Au sujet des .actes de ces gens, vous êtes tout puissant ! d'après les Lois ádu Chériat auquel il faut obéir : Donc agissez comme vous l'entendez. « Des copies de cette pièce fausse furent répandues ádàns- les bazars et les Mosquées, poussant la population à une . exaspération formidable. On fit dire alors : «Agha Nadjefi donne l'ordre d'aller au áConsulat de Russie de le détruire et de tuer les Babis ! » Le Vendredi premier Rebi El Ewell, durant la nuit, les hommes vinrent entourer le Consulat. Baranoski était allé se promener. •Quand il revint il vit que les hommes se dirigeaient par petits 'groupes vers le Consultat. On l'insultait sur son passage et la .foule augmentait constammen t. Il voulut aller trouver le Prince. Falh Oui Moulk dit ! Après que Mirza Ali Khan el Moham- :med Djévad furent conduits à l'Abdarkhan é, j'allais chez moi pour me reposer. Je vis un djélodar qui vint en Loule hâte me dire Venez ! Le Prince vous demande ! Pendant que je m'habillais, je vis venir un second courrier puis un troisi è me.

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Je montai s à cheval eL me rendis a u galop chez Je Prince. Je- vis Baranoski et Behram Mirza et Je Prince, tous extrêmement troublés, et Baranoski dit 1 " Si je dois être tué, il faut que cela soit au Consultat ! » A ce moment arriva l'eunuque Hadji Abdoulla Kham, qui dit ! "La foule est si dense que je n'ai pu arriver jusqu 'à A Nedjefi, m ais enfin, avec mille pein es, je suis arrivé jusqu'à lui, et je l'ai forcé à monter sur un âne pour disperser la foule . Le Prince avait écrit à Nedjefi : «Si ce feu que tu as allumé l'a été par toi, tu dois l'éteindre, toi~même. Si ce n'est pas toi qui l'as allumé. il faut à toute force que tu disperses ces gens-là. et les éloignes du Consulat. » Et l'on annonçait que la foule ne cessait d'augmenter sans cesse autour du Consulat. Le Prince dit a Fath oul Moulk, toi et Behram Mirza avec Baranoski allez dans ma voiture. Dirigez- vous sur le Consulat. Fath el Moulk dit : " Je pense que, si A Nadjefi monte à cheval et vient à la porte de la maison Consulaire, on pourrait s'imaginer qu 'il vient pour détruire l'immeuble et tuer les Babis. Il aurait beau dire : je suis venu pour autre chose, personne ne J'écouterai. C'est pourquoi jeá conseille à Baranoski de r es ter là jusqu'à ce que j'aie recon- duit Nadjefi. Alors je viendrai le prendre. » Bref, je cond,uisis Nedjefi près des bains du Prince, qui sont proche du Consulat. Je le gardais là et j'envoyais préve11 ir leá peuple que Agha est ici, venez écouter ce qu'il ordonne. Peu à peu, ils s'éloignèrent du Consulat et lui disait doucement Allez à vos affaires ! Pendant que je disai. Demain, ô peuple,. venez à la Mosquée. Peu à peu la foule se dispersa. Fatlii el Moulk avec Ekber Mirza prit Baranoski et le conduisit au Consulat, mais le Prince r eco mmanda vivement d'expulserá les Babis du Consulat. Nou s arrivâ'm es au Consulat à qu atre heures de la nuit. On insista auprès des Babis pour qu'ils sor- tissent, mais ils résistèrent disant : On n'en a pas fini avec nous ! Ils eurent beau vouloir rester, cela leur fut impossible .. Ils furent obligés de partir à deux ou trois ensemble . Comme la foule ne s'étai t pas encor e entièrement dispersée, et que la plupart des ennemis étaient cachés, la première fois, A Seyyed Aboul Cassem avec son fils et :(\firza Mohammed Kh an tchapar- sortirent. On les arrêta et on leur f.it subir le m artyr à coups de bâtons, de couteaux, de chaînes de fer. Or' les conduisit du côté de la maison de Nedjefi. A Seyyed Abd Oul Cassem. périt sous les co ups. Quelqu'un dit : " J' arri vai près de lui atL

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de pied dan s le mom ent de sa mort . Je lui envo yai un coup ventr e et j e le tuais . Rouk n el Moulk. Les deux autre s furen t amen és auprè s de les renvo ya indem nes. Naieb El Houk oumé . Celui-ci h Moha mme d Ali et A Seyy ed Must apha et Ensu ite A Chéik Dj ellal Deh Kour di, A Mirza Abdo ul Houc ein, et A Seyy ed aussi- du Cons ulat. On les prit et trois Nedj efs Abad is sorti rent Cheik h frapp ant on les cond uisit à la mais on de tôt. Tout en les mme d Ali Kelb assi. . Mour teza Rizi, et de là chez Mirza Moha de route leur échap pa. Jusq u' à A Seyy ed Mous tapha , en cours Babi s sorti rent ainsi par p etits grou p es. Vend redi soir, lés t ellem ent bl éssés On les regar dait beau coup et ils étaie nt qu'ils semb laien t prêts à mour ir. , les envo ya au- Le lende main soir, Mirza Mcha mmed Ali qu elqu es jours pour á près de Rouk n El Moul k. Celui-ci les garda e, puis les relâc ha un par un. les proté ger contr e toute a ttaqu adis furen t tourm entés eux aussi . Le lende -á Les Nedj ef Ab prom esse de A Ned- main matin , qui ét ait Vend redi , suiva n t la uée Chah . A la fin de cette jefi, la foul e se rasse mbla à la Mosq Cons ulat is sorti rent tous ensem ble du nuit, les Nadj efs Abad Quan d y touch er . et, comm e ils étaie nt nomb reux, on n'osa pas troub l es Abad , il y éclat a des cette nouv elle parv int à Nadj ef lsés de la ville. graves et la plup art des secta ires furen t expu tous les Babi s furen t sortis par ru se ou par forc e d u Bref, plus qu e le Princ e Ghou lam Consu lat de Russ ie . Il n 'y resta Bagh er Khan , et Khan Baba Khan Houcein Mirza et Mirza Ceux -ci, la nuit suiva nte avec un certa in nomb re de Abadéjh. Cosaques sortir ent sains et saufs . lace commen ça L'inc ident du Cons ulat ainsi termi né, la popu nnair es. Les en- de l'agit ation aut our des mais ons des r eligio troub le profo nd et une in - fants, les femm es étaie nt dans un le 6 R ebi et E well , Hadj i H adi et quiétude t erribl e. Enfin abl es furen t arrêt és. Hadji Houc ein qui étaie nt n égoci ants n ot ya à efi. Celui -ci les renvo et condu its à la mais on de A Nedj deva it Casse m Zend jani. Celui -ci leur Hadji Mirza Abou l épo - nt à cette I.000 toma ns qu'ils lui réc lama ient préci séme pro- xte de religi on et pour que. Hadj i Abou! Casse, sous préte servi ce d e la Loi fiter de l'occa sion, ceign it ses r eins p our Je es. J amai s on n eá religieuse. On se préci pita sur les d eux frèr tua personn e d e façon aussi ign omin ieuse . ir fils de A Djé- Seyyed Bagh er Taleb e, sur l'or dr e de A Moun rdi si conn u pours uiv it les Babi s. Enfin , on vint mal Bour oudje

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-prévenir A Nadjefi et le Gouverneme nt des exactions de ce -Talébé. Le Prince et Roukn el Mouk envoyèrent Mirza Fath _Ali Khan pour les délivrer des mains des hommes qui les tour- mentaient. Seyyed Houcein, musulman aidé d'un groupe de va-nu-pieds fil sortir les deux frères de prison et les martyrisa -de telle sorte que même leurs ennemis en pleuraient. On les mit en morceaux dans Je caravansérai l des Yezdis, à coups de bâtons , de pierres et de couteaux ! On leur attacha une corde aux pieds et Hadji Hadi fut conduit au Meidan Chah et brûlé, Hadji Houcein subit le ámême sort au Meid:m Kouhné. La ville était dans un trouble profond, l'inquiétude qui y 1régn a it était générale.

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d e Yezd Le r écit que j e possèd e, en Persan , d es événe m ents e incorp or é à ce bref aperçu . ~st tr op long pour pouvo ir êtr

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© Afnan Library Trust 2017 SUPPL IQUE DES HABIT ANTS DE YEZD P'éseniée d S. M. le Chah le 6 novembre I 903 par l'interm édiaire de S. A. EINE ED DowLE

Après l'affirma tion de l'Unité de Dieu et les louange s et les bénédict ions sur le Sceau des Prophèt es et les Imams Direc- teurs, et nos plus vifs et sincères remerci ements à S. M. le Chah, nous faisons valoir cette suppliqu e sur le seuil de son palais. Après l'arrivée de l'imam Djoum' éh, sur la sentence rendue par tous les oulémas , la populac e se lança contre les malheur eux BAbis et ne s'occupa plus qu'à tuer et incendie r. Durant un mois, dans la ville et les environs , le meurtre , l'incendie, le pillage, enfin tous les tourmen ts que l'on peut énumére r firent rage; tant qu'enfin le Gouvern ement de la ville, confor'm ément aux ordres de la Cour, expulsa un certain nombre d'Oulém as. Les troubles cessèren t alors pour quelque s jours, mais recom- mencè.r ent bientôt. Certains Mollahs excitaie nt les hommes aux désordre s, à la guerre civile, et se mirent à maudire , tant dans la rue que du haut de la chaire, les malheur eux Bâbis qu'ils voulaie nt ainsi faire tous massacr er. Ils voulaie nt anéanti r toute trace du bâbisme 1 Quelque s femmes avisées de ce qui se prépara it furent plongée s dans le désespo ir et la désolati on : elles ne savaient à quel parti s'arrêter . Tantôt elles voulaie nt fuir à Téhéran, tantôt se réfugier à Echq Abad. Moi, qui suis aussi désespér ée, l'on me dit : Patiente z ! Il se peut que Sa Majesté trouve nécessai res quelque s jours de trou- bles et d'horreu rs. Ce temps écoulé, elle rétablira la paix. Nous, d'autre part, nous avons reçu de notre chef l'ordre de nous résigner et d'oppos er la douceur à la violence . Donc, attendons, espérons , voyons ce que Dieu déci dera pour nous 1 • Les femmes di sent : " Nous avons la patience à la Volonté de Di eu, et nous le rem erci ons de tout ce qu'il nous envoie Mais nous sommes dans l'obliga ti on de conserv er notre hon- neur et celui de nos enfants. Nous avons vu de nos yeux des femmes traînées hors de leurs maisons : on les coupa en deux. D'autres furent brûlées vives, d'autres précipit ées du haut des terrasses, d'autres jetées dans des bassins où elles se noyèren t ; leurs maris furent coupés en morceau x, d'autres brûlés vifs,

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d'autres brülés après avoir subi la m ort dans des tourments affreux : on vola à leurs enfants leur part d'héritage, afin d'illu- miner les rues le soir et de donner des festins aux passants. Ils agirent, ces hommes, avec une telle impudeur que je n'ose m'appesantir sur ces h orreurs ! » " Par exemple, une des femmes que l'on tuait eul beau sup- plier qu'on ne lui enlevât pas son Tchad our, qu'on ne la dé- pouillât pas de ses vêtements : ses prières ne faisaient qu'exci- ter ses bourreaux davantage. On lui criait : " Que veux-tu qu 'une morte fasse de son tchadour ? Elle demanda de l'eau, on lui refusa. ,, " Ils ne se contentèrent pas de cela ! Les maisons, les ate- liers Bâbis furent incendiés ; on versait du pétrole sur nos arbres et l'on y mettait le feu. » " Tout ce que nous avions, tous nos vêtements, on nous les a volés ! Les femmes musulmanes s'en revêtent et nous, nous allons nues et stupéfaites ! » " E't voilà que l'on veut massacrer de n ouveau nos femmes et nos enfants 1 Et l'on dit, tout ce que nous fais ons, nous le le faisons sur l' ordre de Agha Seyyed Kazem. ,, " Donc, dans de telles circonstances, sommes-nous ou non dans l'obligation de défendre notre honneur, nos biens, no~ vies?,, " Est-ce que nous cr oyons à autre ch ose qu' à Dieu e~ 1 a~ Prophète ? Non ! J 'en jure par Dieu ! Nous sommes allées vers la Vérité alors que nos adversaires sont restés dans l'obscuritb de la valeur des termes qu 'ils emploient 1 S'il est obligatoi~e de no us tuer, de nous brûler , qu'on le fasse sur l'ordre., du Chah!,, Vraiment je n e sus que répondre et je dis : " Notre Mat,tre a ordonn é : Si les ennemis agissent envers vous comme de.s enn emis, patientez et plaignez vous à v otre Roi ! . Car les J;l.qis sont ceux qui écoutent les plaintes des pauvres et des oppri- més. Et maintenant, moi, misérable, dépourvue de tout, f.im- plore Votre Majesté. Notre devoir est d'obéir à t out ce. que Votre Majesté ordonner a. Mes malheureux , coreligionnair~s n'ont pas le moindre désir de revanche ou de vengeance. , Ils veulent simplement pouvoir vivre tranquilles dans leurs , ~~i­ sons sans que rien vienne les troubler. Ils ne peuvent, h~la~ ! à cause de leurs enfants, s'expatrier. Le salut soit sur Votre Majesté, ainsi que la misérico rde de Di eu!

© Afnan Library Trust 2017 TÉHERAN (l)

(1) Ce récit est celui d'un témoin oculaire,

© Afnan Library Trust 2017 DES BAB IS UN ÉPI SOD E DU MA SSA CRE A TÉH ÉRA N EN OCT OBR E 185 2 (I)

ce bref résu mé afin Oh Djel al-ed -Dou lé 1. . . Je vous écris ád'aid er le juge men t des hom mes . qui ont j eté au vent le Les Bâbi s sont une tro1:1pe de gens d des dires de Ima m Ali • Cher iat " (2) arab e, et le faix si lour l'aut orité de Chei k Ahmeel. -en Nagh i (3) et se sont mis sous é les liens qui les reten aien t et se sont Ahça hi (4). Ils ont coup qui, en véri té, est insu p- déliv rés du poid s de la relig ion chiit e, idité , ils se sont mis sous le port able . Mais par âner ie, par stup sière s de Seyy ed Bab , qui a les m êmes joug des opin ions gros Bab is; on les cons idère idées . Les P ersan s les n omm ent des dit . com me des r enég ats et on les mau jars et auss i avec les Ils ont été en disc ussio n avec Jes Kad Oulé mas fana tique s. ou trois d 'entr e eux Dur ant ces deux dern ières anné es, deux -Din ne-C hah, mais le man quèr ent ; ils ont tiré sur Nass er-ed les t ourm ents et les péril s. .se. jet èren t ainsi , d'eu x-mê mes, dans Bref , dura nt mon voya ge préc éden t, je résid ais à Téhé ran re cent s d'en tre eux. On prat iqua dans lorsq ue l'on arrê ta quat trou s avec la poin te d'un la chai r du corp s de leurs chef s des des boug ies de cire. On les poig nar d, et dans ces trou s on ficha ers, sur des ânes et, acco mpa gnés de fit asseo ir, nus, à l'env eurs , on les fit circu ler ámus icien s, de chan teur s, et de dans onqu e les reco ntra it leur ádans to utes les rues de la ville . Quic frap pait de bâto ns, de mass ues ou de jetai t des pierr es ou les coup s de foue t. En fin cout eaux , on les frap pait auss i à gr ands

(1) Extr ait de l 'o uvrag e inti l ulé : Chahzade K emal- ed-D ine Hin- Soureli se Toug ra i\.fekloub-i est ki ; M erkou m Dacht. !rani .doustani, der Djeva b Djelal-ed-Doule, -ed-D ine, Hind ou à Dj elal-e d- Trois lettres écrites par le Princ e K emal Doul e, Persa n. à 19 ligne s à la page et en- Manu scrit de ma bibli othèq u e, 245 pages viron 10 mots par ligne . nce à la 14 ° li gne de la page 16. L'ext rait que nous en donn ons ici co mme du manu scrit. (2) Loi reli gieuse persa n e. (3) Iman . (4) Voir mon essa i sur le Clteik hi sm c.

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de compte, on les mit en pièces, après leur avoir fait subir les. plus outrageantes tortures. Le Sadr A'Azam du Gouvernement de la Perse considérant que dans le pays, et particulièremen t à T éhéran, les familles alliées aux Babis ou amies avec eux étaient en fort grand nombre, s'avisa d'un stratagème. Il prit trois cents Bâbis et les confia aux divers classes de la société. C'est-à-dire qu'aux Mirzas (Lettrés), aux Moustofis. (Comptables), aux secrétaires, il remit dix d'entre les prison- niers ; dix autres fu r ent livr és aux boulangers et aux menui- siers, dix encore aux cordonniers, aux libraires, aux selliers, dix, a ux derviches, aux qalenters (1) aux Mollahs (2), et ainsi de suite à chaque classe de la nation, afin que tout le monde fût complice dans l'effusion du sang des cc Bâbis » et que par la suite personne ne pût se vanter d'être indemne du meurtre. J'étais dans un angle du Meîdan Chah de Téhéran et je pus constater à quel degré se montaient la cruauté, la barbarie, la violence des Persans, leur ardeur à ver ser le sang de leurs frères. La cruauté, la bassesse de chaque classe sociale du pays éclataient chez les Qalenters sans honte, les Derviches igno- minieux qui, à ces dix malheureux, qui leur avaient été livrés, poings liés, les pieds et la tête n us, la face et la barbe souillés de boue, les vêtements en loques, le visage plein de sang, de boue et de crachats avaient été conduits par la rue Chems-el- Imaré au Meïdan Chah. Chancelants, haves, couverts de bles- sures à la face et au crâne, que tout homme cruel, sans peur, affamé de sang et féroce fut ému à leur v u e. Stupéfaits et stu- péfiés, ils regardaient autour d'eux, les lèvres fermées par la brûlure (impuissants à parler ). Quand je prêtai l'oreille, j'entendis qu'ils balbutiaient : « O homme, quelle est notre fa ute ? Quel péché avons-nous com- mis ? Les biens de qui avons-nous dévorés ? Le sang de qui avons-nous versé ? Vous autres, vous avez cru en Mohammed l'arabe, nous a Mirza Ali Mohammed Chirazé. Tout ce que celui-ci a dit nous l'avons répété. Si l'un a appo rté le Coran, l'autre a appo r té le Béyan. Si les versets écrits par Mohammed dans sa langue sont des miracles, sont a ussi des miracles ceux en arabe et en persan que le Bâb a appor tés. Tout ce que les

( 1) Sorte de moines mendiants. (2) Prêtres.

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i no us di se nt , no us au ss , les Ch ré tie ns et les M us ul ma ns rs no us au ss i no us .Juifs to ut es t vr ai et sin cè re, et alo lig io n es t le dis on s. Ou to ut e re vé rit é et pa rlo ns sin cè re me nt , ou va in s et m en - disons la so mm es e et me ns on gè re , alo rs au ss i no us vairi s teu rs. rst iti on s, da ns ce ns ce dé so rd re , da ns ces su pe lie u de s de r- Bref, da ta ie nt au mi ca lo mn ies qu i éc la , per- di sp ut es , da ns ce s de s vo yo us au x m œu rs ig no bl es de ur et Bâ bi s. On vi ch es sa ns pu rei lle au x su pp lic ati on s de s do nn ai t l'o ai t de ha ch es so nn e ne les en to ur ai t mi s au mi lie u de la pl ac e et on dis aie nt : « Il n' y les av eu x da ns ai en t et . Ce s m al he ur e d'u ne de to us cô tés ét ai t en fac ut re Di eu qu e lui "á et ch ac un a pa s d'a ha ch e de de rv ich e. ha ch es fu re nt t fin ie, to ut d ' un co up ce s Qu an d la pr ièr e fu rd an t de to us cô tés leu r fo ule . Le s ho mm es re ga hu rla nt po rté es co nt re ia nt « af ér in ,, (1), ap pl au di ss em en ts, de s fe mm es cr es et ce s ac tes ig no - les ,, (Z ). Et ce s at tit ud es sa uv ag ge s, ce s «d e ch ab ac h s. Ces élo ua ien t et en m ul tip lia ie nt les élo ge es au po in t bles les lo t ce s fa ux de rv ich t ét ra ng em en pl us lo ua ng es ex cit èr en fra pp ai t rcl e ré pé ta it le cri pl us ha ut et m alh eu - qu e ch aq ue ce ân e de ce s nt leu rs ha ch es su r la tê te et le cr fu t en lev ée . vi ol em me ra bl es leu r la vi e de ce s mi sé s fac es re ux , ta nt , qu 'en fin ce s ce rv ell es ép ar se s, ces têt es , ce Moi, je co nt em pl ais et qu i av t éc la- ai de sa ng ré pa nd u à te rre en en m or ce au x pl ein s et les av ai t te in ts sé les su air es bl an cs de s de rv ich es me re m pl ire nt de bo us m on ét at d'â m e et rm èr en t ro ug e, tra ns fo ich es tri ste ss e. in ab les de s de rv Dj ela l-e d- Do ul é, ce s ac tes ab om êtr e mo ra l qu e le Oh in flu en cè re nt tel lem en t mo n gé mi ss e- da ns ce jo ur pl eu rs, les s m al he ur eu x au x ma in s liées, les ffa ce ro nt pl us so rt de ce tre ss e, leu r mi sè re ne s'e s, les cri s de dé uj ou rs de va nt me s me nt er a to l'i ma ge en su bs ist de mo n es pr it et • n au ss i ye ux . é tu és d'u ne fa ço rè s qu e ce s or ph eli ns eu ss en t ét ac re r le re sta nt de s Ap ba nd on na pa s l'i dé e de ma ss ve rsa de s ab jec te, on n'a em en t de s sp ec tat eu rs. On ur le di ve rti ss m it le feu . Il Ba bi s po et l'o n y ns de pé tro le su r les dé br is ép ar s sp ec tac le de s co m- bi do pl er le le loi sir de co nt em rie et ne me re sta it pl us le co ur ag e de re ga rd er la bo uc he ur re au x, ni pt ab les bo

(l) Br av o! (2) Ap pr,ob ati on s.

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l'effusion du sang par les secrétaires, ou des autres classes so- áciales de Téhéran. Dans ce tourbillon, je songeais à rentrer chez moi. Je traver- sais les. rangs massés de la foule, je me hâtais le plus vite pos- sible vers ma demeure. Soudain, dans l'avenue Chems Oul Imaré, je me heurtais à un trouble étrange et à un tumultueux rassembleme nt qui barrait la route. Du milieu de ce désordre, un cri s'éleva expri- mant l'impuissanc e totale et la supplication ? On disait : • 0 hommes, je confesse qu'il n'y a pas d'autre Dieu que Dieu, je confesse que Mohammed est le Prophète de Dieu, je confesse que Ali est son Vali 1 Par Dieu, je le jure, je ne suis pas Bâbi ! Pour l'amour de Dieu, ne me tuez pas. » Dans la foule je vis un jeune homme de vingt-huit ou trente ans dont le chapeau était tombé, dont les pieds étaient liés par une corde avec rapidité et en hâte, on l'avait ignominieuse - ment jeté sur le sol. On semblait vouloir le porter au Meïdan Chah pour le massacrer sur la route de Dieu. Une troupe de femmes et ct'hommes s'y opposaient et vou- laient le tuer dans l'avenue même. Au milieu de ces groupes s'élevait un tumulte et des cris. Quand j'arrivais, un prêtre (Mollah), relieur, voulait remplir avec son couteau de relieur ál'office de bourreau. Je tendis le bras et saisis le couteau afin de l'empêcher de frapper et le mettre dans l'impossibili té de tuer le malheureux. Dans les efforts contrariés du Mollah et les miens, dans cet affreux tumulte, le couteau me. blessa cruellement à la main. Dans ce trouble, le Mollah se précipita vers moi en criant : " Arrêtez l'autre aussi. » La crainte, la peur se saisirent de moi et je craignais tout de cette émeute et de ce brouhaha. Pour faire panser ma main, je me rendis à la maison de Mirza Mohammed, le chirurgien. On m 'ouvrit la porte et je me précipitais à l'intérieur de la maison. Quand le chirurgien me vit dans cet état, il accourut vers m oi et prépara immédiatem ent ses instruments. Il lava ma main et y mit une compresse. J e lui racontai ce qui m'était arrivé. Il en fut véritableme nt ému et dit: "Ce jeune homme dont tu parles,, je l'ai vu à tel endroit et je le connais. C'est un lettré très instruit. Il était toujours avec les étudiants de la place Tchal et discutait beau- ~oup ave ceux. Moi je lui conseillais de se métier du Clergé

© Afnan Library Trust 2017 rlu ne et s'i ls r ils s'u nir on t po ur te vo ler ta fo <it d es Moll ah s « ca ait : " En Pe rse , ils bo iro nt to n sa ng "á Il dis vo - te so nt ho sti les s ch ien s, ma is plu s Ak ho un cls (cl erg és ) on t mo ins qu e de Té hé ran ? les à pe uv en t-i ls pa s fai re rac es qu 'eu x. Qu e ne jou rd 'hu i les Ak ho un ds on t pro fit é s luv ien s qu 'au sa nt de bâ - Je me x en l 'ac cu l' oc ca sio n et on t sai si ce ma lhe ur eu st un jeu ne ho mm e de de tri ste sse , ca r c'e le cœ ur ple in bi sme, et j'a i ce qu e tu dis ! » ga rd e qu 'il lui arr ive le no m de ce jeu ne très do ué , et Di eu el éta it ch iru rgi en qu Je de ma nd ais au homm e ? - Mi rrz a Ali ! nt il s'a git . n e so it pa s cel ui do - Il se pe ut qu e ce rit ab le ca tas tro ph e. ca r ce se rai t un e vé - Di eu le ve uil l e, éte nd is un pe u et as, po ur me dé las ser; je m' ne s Ap rès le r ep bl e et je vis de s scè m' en dc rm is. J'e us un rêv e, ép ou va nta je ble s. et de s ho mm es ho rri a vio lem me nt à la po rte de la ma iso n, nt on fra pp fai t. A ce mo me le ch iru rg ien stu pé ne se pa ssa pa s gr an d tem ps qu e br e à co uc he r. Il ch am ég aré, en tra da ns ma nd ai : la fa ce liv ide , l'a ir lan t et lui de ma lev ai to ut tre mb A so n as pe ct, je me « Qu 'y a-t - il ? » , je ne su is dit : R eti re ta ma in de mo n cœ ur Il me r ép on cc r !» pa s en èla t de pa rle en co re. J'é tai s to ut eff ray é, j 'in sis tai s Moi, t err ibl em t en , je su is dét'ai t. rs : cc Vo ilà qu 'on a fra pp é à ma po rte n me dit alo v ou lez -vo ?us é, et sa ns ou vr ir, j'a i de ma nd é : «Q ue all iru rg ien ! On rép on dit : le ch été ble ssé , j'o uv ris e pe ut- êtr e qu elq u'u n av ait es t Pe ns an t qu de ma nd ère nt : « Où po rte . Je vis de ux Se yy ed s qu i me us lui vo ule z ? " ta ? Je de ma nd ai qu 'es t-c e qu e vo es t du le ch iru rg ien en t et qu i lqu e ch os e qu i l'in tér es se ra viv em cec i et no us " Qu s ap po rté ma i i. e de sa sci en ce . No us lui av on do re. " -v ou s, vo ul on s le lui ve nd c'e st mo i. Qu 'av ez dis alo rs : cc Le ch iru rg ien Je rép on ve nd re ? " ten du dir e qu e vo us vo uli ez me pè re br ûlé (1) dit : "J 'ai en ux fils de e po ur gu éri r les L' un de s de cœ ur hu ma in es t un rem èd ns - qu e la gra iss e du rve ill eu x. Au ssi t'a vo ssu res et qu e le fie il es t un rem èd e me ble nif ie fil s de da mn é. ; inj ure per san e qu i sig (1) Pe de r So uk hté

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nous apporté de la graisse du coeur et le fiel de Mirza Ali le Bâbi . Combien ! l'achètes-tt1 ? " Oh mon frère ! en entendant le nom de Mirza Ali ; je perdis le souffie, mes áyeux s'obscurcirent, je fus pris de tremblement et je faillis m'évanouir. Ce Seyyed bâtard sortit sa main de son châle vert et tira un mouchoir souillé de sang et l'ouvrit. Mes yeux voyant ces taches sanglantes, je fermai la porte et je suis venu dan s ta chambre. Le chirurgien n' avait pas Iini de parler qu'il se mit à tremá bler. Je lui dis : « Par Dieu, c'est assez, je ne suis pas en humeur d'entendre des Roouzé Khanis (1) ! " On ordonna de préparer le thé. On apporta de l 'eau à boire. Après quelques moments, le chirurgien annonça qu e le thé était servi au bord du jardin. Là l'air était meilleur pour boire le thé. Nous allâmes, mais mes yeux voyaient toutes chose comme à travers un voile de poussière, mes oreilles entendaient un bruit terrible qui s'élevait de la ville ; c'était la preuve qu 'on tuait encore des Bâbis, que l'on versait leur sang. Quand nous eûmes bu la première tasse de thé, un son effroyable frappa mes oreilles inquiètes. Je deman dai au chirurgien : « Ami, que son t ces bruits ? ces lamentations ? De qui proviennent-ils ? Faut-il encore que dans votre maison nous supportions cela ? Il répondit : " Dans notre voisin age vit une femme. Au- jourd'hui même on a tué deux de ses fils sous l'accusation de Bâbisme ; ces deux jeunes gen s étaient en relations avec son gendre qui fut aussi massacré sur le Meïdan Chah. Elle les pleure. " ' Je répondis : « Les pleurs son t une conséquence naturelle de l'affliction et de la douleur. Laissons donc pleurer, les pleurs sincères ne me déplaisent pas. " Oh Djelal-ed-Doulé ! à peine une demi-heure s'était-elle écoulée qu'éclata le bruit d'un tambour de basque, des chants, le bruit des pleurs se changea en bruit de musique . Nous ne nous attendions guère à ce que les tristesse se métamorphosent si tôt en noces et en mariage. C'est peut-être un miracle du Bâb. Ils rentrèrent dans la maison, Le chirurgien envoya un

(!)Discours de deuil, oraisons funèbres.

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pas sait . D'h eure en heu re, de dom esti que véri fier ce qui se - mon taie nt à l'ex cès et aug men min ute en min ute les viv ats tou t cou rant , alla nt, serv ante tai ent ma stup éfac tion . La i " Oh chir urgi en, par Die u, Bib ven ant, cria nt, rev int et dit : t réun ies auto ur d'el le mes son Kha no um, la vois ine, et des fem veu lent étra ngle r. » Le chir ugie n et moi, nou s cou rüm es et la e corr idor , nou s vîm es une foul à la mai son vois ine. Dès le fem mes orné es et s ou qua tre . co nsid érab le. D'u n côté , troi end uite s de ves mé (1) revê tues de pan talo ns étro its en tout es - autr e côté cinq ou six en vête étof fe rose dan saie nt, et d'un de rose et de blan c, cou vert es men ts roug es, vert s, jaun es, fe mm es cria rdes et dév ergo ndé es, des filles pub liqu es des Bib i Kha nou m et la frap paie nt ava ient assa illi la pau vre viei lle et d'un autr e côté , sur le sol à co ups de pied s et de poin gs, traî naie nt des cad avre s. aren ce, nom mé K erbe layé Une pro stitu ée de mau vais e app e ) deB ibi Kha no um et aidé e d'un ava it ento rtill é le tcha rqu ad (Z ent que l'âm e de la pau - emm autr e pro st'tu ée la traî nait si viol où j 'arr ivai s uffie a u mom ent vre fe mm e n'av ait plus de so en . Nou s déli vrâm es la pau vre viei lle des grif fes ave c le chir urgi l'int rod uisi t en hât e dan s son des pro stitu ées . Le chir urg ien prop res fem mes . -end erou m (3 ) et la con fia à ses près des mu sicie n s et des dan seus es et je leur Moi, j'all ais s r asse mbl és ici ? » dem and ais : " Pou rqu oi êtes -vou Oh Kha n, nou s so mm es les voisin es de Elle s répo ndir ent : " 'hui nou s avo ns ente ndu dire cett e viei lle fem me et aujo urd et son gen dre ava ient été tués que ses deu x j eun es garç ons fana ti sme nati ona l, nou s avo ns en l'ho nne ur de la relig ion. Par e viei lle fem me. Cet te dan se, cett vou lu brû ler le cœu r de cett e c'es t pou r la gr and eul' cha nts, mus ique , cett e allé gres se, ces r que cela ? » du chii sme . Qu' y a-t- il de mei lleu : "Vo us ave z rem pli votr e dev oir env ers votr e Je répo ndis a-t- il de pire que les imp ies? » vois ine . Ils étai ent imp ies, qu'y ta r épo n se que toi auss i tu Elle s me dire nt : " Il résu lte de trav ers (4). D' aprè s le Fet va (5) es san s religion et ton bât est de tu e un Bâb i, cela vau t mie ux -de !' Ima n Djo um' é, quic onq ue

( 1) Poud1áe d ont se couv rent les dans euses. (2 ) Vête men t de femm e. (3 ) App arte men t des femm es. qu e quel qu'u n a un e mau vais e ré- (4) Exp ression pers ane pour dire puta tion , est susp ect. (5 ) Décision r eligi euse.

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pour lui que d'accomplir mille fois le pèlerinage ou visiter les lieux saints, ou la récompense à celui qui a terminé la copie de cent Qorans. Si tu n'étais~pas arrivé et si tu ne t'étais pas porté au secours du chirurgien, Kerlelayezei neb, qui , de sa propre oreille a entendu ce hadith béni sortir de la sainte bouche de l'lman Djoum'eh, Bibi Khanoum eût remporté sa récompense. » " Pardonnez-m oi, dis-je, si moi aussi j'avais entendu ce noble hadith (1) ou si je l'avais compris, j'eusse été votre as- socié dans le meurtre de Bibi Khanoum. Vous saurez que moi je ne suis pas en Islam inférieur à vous, et en piété j e ne suis pas au-dessous de vous. • i!i!'; "Qu'est-ce que c'est un homme qui est inférieur à une femme? " Oh Djelal-ed-Do ulé, mon but en te racontant cette histoire n 'est pas de réciter un Roouzé Khani en faveur des Bâbis, je voulais simplement pleurer sur la nation persane avide de sang.

(1) Ceci esl un bel exempl e de ce qu'en Perse on nomme katman (dis- simulation). Notre au t eur craignant le courroux populaire parle comme s'il était un dévot musulman et un ennemi des Bâbis.

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