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Source : www.bahai-biblio.org
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BAHÁ'U'LLÁH ET L'ÈRE NOUVELLE
Une introduction à la foi bahá'íe
J.E. Esslemont


Maison d'Éditions Bahá'íes, 205, rue du Trône, 1050 Bruxelles
D/1547/1990/7 - ISBN 2-87203-022-0
6e édition, révisée - Imprimé en Belgique

Table des matières :

PRÉFACE DE L'AUTEUR
INTRODUCTION À L'ÉDITION FRANÇAISE
1. LA BONNE NOUVELLE
1.1. La transformation du monde
1.2. Le Soleil de Justice
1.3. La mission de Bahá'u'lláh
1.4. L'accomplissement des prophéties
1.5. Preuves du don de prophétie
1.6. Difficultés d'investigation
1.7. But de cet ouvrage
2. LE BÁB: PRÉCURSEUR DE LA FOI
2.1. Le berceau de la nouvelle révélation
2.2. Les Premières années
2.3. La déclaration du Báb
2.4. Diffusion du mouvement Bábí
2.5. Les revendications du Báb
2.6. La persécution s'accentue
2.7. Le martyre du Báb
2.8. Le tombeau sur le mont Carmel
2.9. Les Écrits du Báb
2.10. Celui que Dieu doit manifester
2.11. Résurrection, paradis et enfer
2.12. Enseignements sociaux et moraux
2.13. Passion et triomphe du Báb
3. BAHÁ'U'LLÁH: LA GLOIRE DE DIEU
3.1. Naissance et Premières années
3.2. Emprisonné comme Bábí
3.3. Exil à Baghdád
3.4. Deux années dans la solitude
3.5. Opposition des mullás
3.6. Déclaration du Ridván près de Baghdád
3.7. Constantinople et Andrinople
3.8. Lettres aux rois
3.9. Emprisonnement à 'Akká
3.10. Les sévérités se relâchent
3.11. Les portes de la prison s'ouvrent
3.12. La vie à Bahjí
3.13. Ascension
3.14. Le don de prophétie de Bahá'u'lláh
3.15. Sa mission
3.16. Ses Écrits
3.17. L'esprit bahá'í
4. 'ABDU'L-BAHÁ: LE SERVITEUR DE DIEU
4.1. Naissance et enfance
4.2. Jeunesse
4.3. Mariage
4.4. Le Centre de l'alliance
4.5. L'emprisonnement strict reprend
4.6. Les commissions d'enquête turques
4.7. Voyages en Occident
4.8. Retour en Terre sainte
4.9. Les années de guerre à Haïfa
4.10. Sir 'Abdu'l-Bahá 'Abbás, chevalier de l'ordre de l'Empire britannique
4.11. Les dernières années
4.12. La mort de 'Abdu'l-Bahá
4.13. Ses Ecrits et ses discours
4.14. Le rang de 'Abdu'l-Bahá
4.15. Un modèle de vie bahá'íe
5. QU'EST-CE QU'UN BAHÁ'Í?
5.1. La vraie vie
5.2. Dévotion à Dieu
5.3. Recherche de la vérité
5.4. Amour de Dieu
5.5. Détachement
5.6. Obéissance
5.7. Service
5.8. Enseignement
5.9 Courtoisie et respect
5.10. L'œil aveugle au péché
5.11. Humilité
5.12. Sincérité et probité
5.13. La connaissance de soi
6. LA PRIÈRE
6.1. Conversation avec Dieu
6.2. Recueillement et prière
6.3. Nécessité d'un médiateur
6.4. Obligation et nécessité de la prière
6.5. La prière en commun
6.6. La prière, langage de l'amour
6.7. Délivrance des calamités
6.8. Prière et loi naturelle
6.9. Prières bahá'íes
7. SANTÉ ET GUÉRISON
7.1. Le corps et l'âme
7.2. Unité de toute vie
7.3. Vie simple
7.4. Alcool et drogues
7.5. Plaisirs
7.6. Hygiène
7.7. Effets de l'obéissance aux commandements du Prophète
7.8. Le prophète médecin
7.9. Guérison par des moyens matériels
7.10. Guérison par des moyens non matériels
7.11. Le pouvoir du Saint-Esprit
7.12. Attitude du malade
7.13. Le guérisseur
7.14. Comment chacun de nous peut aider
7.15. L'âge d'or
7.16. Le bon usage de la santé
8. UNITÉ RELIGIEUSE
8.1. Le sectarisme au dix-neuvième siècle
8.2. Le message de Bahá'u'lláh
8.3. La nature humaine peut-elle changer?
8.4. Premiers pas vers l'unité
8.5. Le problème de l'autorité
8.6. La révélation progressive
8.7. Infaillibilité des prophètes
8.8. La suprême Manifestation
8.9. Position unique de Bahá'u'lláh
8.10. Plénitude de la révélation bahá'íe
8.11. L'alliance bahá'íe
8.12. Suppression du sacerdoce
9. LA VRAIE CIVILISATION
9.1. La religion, base de la civilisation
9.2. Justice
9.3. Gouvernement
9.4. La liberté politique
9.5. Dirigeants et sujets
9.6. Nomination et promotion
9.7. Les problèmes économiques
9.8. Finances publiques
9.9. Partages volontaires
9.10. Le travail pour tous
9.11. L'éthique de la richesse
9.12. Suppression du servage industriel
9.13. Legs et héritages
9.14. Égalité de l'homme et de la femme
9.15. Les femmes et l'âge nouveau
9.16. Abolition des méthodes de violence
9.17. Éducation
9.18. Différences innées entre les humains
9.19. Développement du caractère
9.20. Arts, sciences, métiers
9.21. Le traitement des criminels
9.22. Influence de la presse
10. LE CHEMIN DE LA PAIX
10.1. Discorde ou harmonie
10.2. La paix suprême
10.3. Préjugés religieux
10.4. Préjugés nationaux et préjugés de race
10.5. Ambitions territoriales
10.6. Langue auxiliaire universelle
10.7. Société des Nations
10.8. L'arbitrage international
10.9. La limitation des armements
10.10. La non-résistance
10.11. La guerre défensive
10.12. Unité de l'Orient et de l'Occident
11. PLUSIERS ORDONNANCES ET ENSEIGNEMENTS
11.1. La vie monacale
11.2. Le mariage
11.3. Le divorce
11.4. Le calendrier bahá'í
11.5. Les assemblées spirituelles
11.6. Fêtes bahá'íes, anniversaires et période de jeûne
11.7. Fêtes bahá'íes
11.8. Le jeûne
11.9. Les réunions
11.10. La Fête des dix-neuf jours
11.11. Le Mashriqu'l-Adhkár
11.12. La vie après la mort
11.13. Ciel et enfer
11.14. L'unité des deux mondes
11.15. La non-existence du mal
12. LA RELIGION ET LA SCIENCE
12.1. Cause des malentendus
12.2. Persécution des prophètes
12.3. L'aube de la réconciliation
12.4. La recherche de la vérité
12.5. Le véritable agnosticisme
12.6. La connaissance de Dieu
12.7. Les manifestations divines
12.8. La création
12.9. L'évolution de l'homme
12.10. Le corps et l'âme
12.11. L'unité de l'humanité
12.12. L'ère de l'unité
13. PROPHÉTIES ACCOMPLIES PAR LA RÉVÉLATION BAHÁ'ÍE
13.1. L'interprétation des prophéties
13.2. La venue du Seigneur
13.3. Prophéties au sujet du Christ
13.4. Prophéties concernant le Báb et Bahá'u'lláh
13.5. La Gloire de Dieu
13.6. La Branche
13.7. Le jour de Dieu
13.8. Le jour du Jugement
13.9. La grande résurrection
13.10. Le retour du Christ
13.11. Le temps de la fin
13.12. Les signes dans les cieux et sur la terre
13.13. Comment viendra le Promis
14. PROPHÉTIES DE BAHÁ'U'LLÁH ET DE 'ABDU'L-BAHÁ
14.1. Puissance créatrice de la parole de Dieu
14.2. Napoléon III
14.3. L'Allemagne
14.4. La Perse
14.5. La Turquie
14.6. L'Amérique
14.7. La Grande Guerre
14.8. Les troubles sociaux d'après-guerre
14.9. La venue du royaume de Dieu
14.10. 'Akká et Haïfa
15. REGARD SUR LE PASSÉ ET L'AVENIR
15.1. Progrès de la cause
15.2. Le don de prophétie du Báb et de Bahá'u'lláh
15.3. Une magnifique vision d'avenir
15.4. Renouveau de la religion
15.5. Le besoin d'une nouvelle révélation
15.6. La vérité pour tous
15.7. Le testament de 'Abdu'l-Bahá
15.8. Le Gardien de la cause de Dieu
15.9. Les Mains de la cause de Dieu
15.10. L'ordre administratif
15.11. L'ordre mondial de Bahá'u'lláh
16. ÉPILOGUE
BIBLIOGRAPHIE





PRÉFACE DE L'AUTEUR

C'est en décembre 1914, après une conversation avec des amis qui avaient rencontré 'Abdu'l-Bahá et me prêtèrent quelques brochures, que je pris connaissance des enseignements bahá'ís. Je fus dès l'abord frappé par leur portée, leur puissance et leur beauté. J'eus l'impression qu'ils répondaient aux besoins essentiels du monde moderne, d'une façon plus complète et plus satisfaisante qu'aucune autre forme de religion à ma connaissance; et l'étude que j'en entrepris par la suite ne fit qu'accroître et confirmer cette impression.

Cherchant à approfondir l'enseignement bahá'í, j'éprouvai des difficultés considérables à me procurer la documentation nécessaire, et j'eus bientôt l'idée de réunir en un volume l'essentiel de ce que j'avais appris, afin de le rendre plus aisément accessible aux autres. Lorsque les communications avec la Palestine furent rétablies, après la guerre de 1914 -1918, j'écrivis à 'Abdu'l-Bahá et lui fis parvenir une copie des neuf premiers chapitres de ce livre, dont le brouillon était à peu près terminé. Je reçus une réponse très aimable et encourageante ainsi qu'une invitation cordiale à lui rendre visite à Haïfa, muni de mon manuscrit complet. J'acceptai avec joie et j'eus le très grand privilège d'être l'hôte de 'Abdu'l-Bahá pendant deux mois et demi de l'hiver 1919 -1920. Au cours de ce séjour, j'eus avec 'Abdu'l-Bahá plusieurs entretiens relatifs à mon livre. Il me donna de précieuses suggestions pour l'améliorer et offrit d'en faire une traduction en persan--dès que je l'aurais révisé--afin qu'il puisse le lire et y apporter éventuellement les corrections nécessaires. La révision et la traduction furent exécutées comme prévu et 'Abdu'l-Bahá, en dépit de ses nombreuses occupations, trouva le temps de corriger environ trois chapitres et demi avant son ascension (chapitres I, II, V et III en partie).

Je regrette profondément que 'Abdu'l-Bahá n'ait pu achever la correction du manuscrit, la valeur de ce livre en eut été grandement rehaussée. Cependant, un comité de l'Assemblée Nationale Bahá'íe d'Angleterre a soigneusement revu l'ouvrage entier, et sa publication a été approuvée par ladite assemblée.

Je suis très reconnaissant envers Miss E.J. Rosenberg, Mrs. Claudia S. Coles, Mírzá Lutfu'lláh Hakím, Messieurs Roy Wilhelm et Mountfort Mills et de nombreux autres amis pour l'aide précieuse qu'ils m'ont apportée dans la préparation de cet ouvrage.

En ce qui concerne la transcription des noms arabes et persans, le système adopté ici est celui récemment recommandé par Shoghi Effendi et employé dans tout le monde bahá'í.

J.E. ESSLEMONT.
Fairford, Cults, by Aberdeen.


INTRODUCTION À L'ÉDITION FRANÇAISE

Dans cette traduction, on s'est efforcé de respecte-- autant que possible--le texte anglais, particulièrement en ce qui concerne les citations traduites de l'arabe et du persan, provenant des Écrits sacrés bahá'ís. La traduction exacte de ces textes, chargés d'un sens spirituel profond et dont les métaphores sont des symboles caractéristiques, revêtait une importance primordiale pour les croyants comme pour les profanes. Aussi avons-nous consulté plusieurs personnes familiarisées avec les enseignements bahá'ís, ou Shoghi Effendi lui-même, dont les conseils autorisés nous ont été extrêmement précieux.

La transcription moderne des noms arabes ou persans que nous avons employée est celle recommandée par Shoghi Effendi; c'est celle qui déforme le moins les mots. L'adaptation de cette transcription à la prononciation française demande l'établissement préalable de quelques conventions faciles. Par exemple: un trait sous une lettre ou un groupe de lettres indique qu'il s'agit d'un son ou d'une syllabe spéciale; "u" se prononce "ou"; "sh" se prononce "che"; "d" se prononce "z". Un des grands avantages de la transcription littérale standardisée est celui d'éviter que des noms dont il importe de conserver la forme exacte ne subissent diverses déformations arbitraires par les traductions.

Nous espérons qu'en raison de cet avantage le lecteur francophone fera volontiers l'effort de s'accoutumer à l'aspect nouveau de certains termes connus généralement sous une autre orthographe: notamment Muhammad pour Mahomet, Qur'án pour Coran, Vazír pour Vizir, Mihdí pour Mahdi, Shí'ah pour Shiite, Haïfa pour Haïffa, 'Akká pour Saint-Jean-d'Acre, Tihrán pour Téhéran, Búshihr pour Bouchir, etc.

Que tous les amis qui nous ont apporté l'aide de leur expérience et de leur érudition et dont les conseils, les suggestions et les corrections ont contribué à rendre cette traduction moins imparfaite, trouvent ici l'expression de notre gratitude.

JULIETTE RAO.
Genève, Suisse,
9 septembre 1931.


BIBLIOGRAPHIE DES OUVRAGES CONSULTÉS

'Abdu'l-Bahá in London

A Heavenly Visit

A Traveller's Narrative (Episode of the Báb)

Bábís of Persia, par E.G.BROWNE

Bahá'í Scriptures

Causeries de 'Abdu'l-Bahá à Paris

Compilation on War and Peace

Deutéronome

Divine Philosophy of 'Abdu'l-Bahá

Économie mondiale de Bahá'u'lláh, par HORACE HOLLEY

Épître au fils du Loup, par BAHÁ'U'LLÁH

Évangile selon saint Luc

Évangile selon saint Matthieu

Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh

Foi mondiale bahá'íe

Fortnightly Review

Frédéric le Grand, par CARLYLE

Glimpses of 'Abdu'l-Bahá, par M.J.M.

Isaïe

La Dispensation de Bahá'u'lláh, par SHOGHI EFFENDI

Les Leçons de Saint-Jean-d'Acre, par 'ABDU'L-BAHÁ

Le Livre de la certitude, par BAHÁ'U'LLÁH

La Proclamation de Bahá'u'lláh

Le Testament de 'Abdu'l-Bahá

Livre de prières de Bahá'u'lláh et de 'Abdu'l-Bahá

L'Œuvre de Bahá'u'lláh, tome I

L'Œuvre de Bahá'u'lláh, tome II

L'Ordre administratif de Bahá'u'lláh

Le Qur'án, traduction de D. MASSON, vol. I et II

Star of the West

Tablets of 'Abdu'l-Bahá, vol. I

Tablets of 'Abdu'l-Bahá, vol. II

Tablets of 'Abdu'l-Bahá, vol. III

The Secret of Divine Civilization, par 'ABDU'L-BAHÁ

The World Order of Bahá'u'lláh, par SHOGHI EFFENDI

Unité de conscience, par 'ABDU'L-BAHÁ (extrait d'une lettre de 'Abdu'l-Bahá à l'Organisation centrale pour une paix durable à La Haye, 17-12-1919).

Vers l'apogée de la race humaine, par SHOGHI EFFENDI


1. LA BONNE NOUVELLE

"Celui dont la venue a été promise à tous les peuples du monde est apparu. Tous les peuples et toutes les communautés étaient dans l'attente d'une révélation et lui, Bahá'u'lláh, le maître et l'éducateur suprême de toute l'humanité, est venu."
'Abdu'l-Bahá.

1.1. Le plus grand événement de l'histoire

Si l'on étudie l'historique de l'évolution de l'homme telle qu'elle est relatée dans les pages de l'histoire, il apparaît clairement que le facteur primordial du progrès humain est la survenue, d'époque en époque, d'hommes qui dépassent les idées admises en leur temps, et qui dévoilent et révèlent des vérités jusque-là ignorées de l'humanité. C'est de l'inventeur, du pionnier, de l'homme génial, du prophète que l'évolution du monde dépend essentiellement.

À ce propos, Carlyle écrit:
"Nous croyons que la vérité, toute la vérité est que... un homme qui possède la plus haute sagesse et qui est le dépositaire d'une vérité spirituelle restée jusqu'alors inconnue, est plus fort, non pas que dix hommes, non pas que dix mille hommes, mais que tous les hommes qui ne la possèdent pas; parmi eux, il se dresse, investi d'un pouvoir immatériel, angélique, comme s'il portait une épée divinement forgée à laquelle nul bouclier, nulle tour d'airain ne peut finalement résister."
(CARLYLE, Signe des temps.)

Dans l'histoire des sciences, des arts, de la musique, nous trouvons d'abondantes illustrations de cette vérité mais, dans aucun domaine, la supériorité des grands hommes et du message qu'ils ont apporté n'apparaît avec autant d'évidence que dans celui de la religion. Au cours des âges, toutes les fois que la vie spirituelle des hommes est tombée en décadence et que leur morale s'est corrompue, le plus mystérieux et le plus merveilleux d'entre les hommes, le prophète, est apparu.

Seul contre le monde entier où nul homme n'est capable de l'instruire, de le guider, de le comprendre complètement ni de partager ses responsabilités, lui, comme un voyant parmi les aveugles, se lève pour proclamer son évangile de justice et de vérité.

Parmi les prophètes, quelques-uns brillent d'un éclat particulier. D'âge en âge, un grand révélateur de Dieu--un Krishna, un Zoroastre, un Moïse, un Jésus, un Muhammad--apparaît en Orient, comme un soleil spirituel, pour illuminer les esprits enténébrés des hommes et éveiller leur âme endormie. Quelle que soit notre opinion sur la valeur comparée de ces fondateurs de religion, il nous faut admettre qu'ils ont été les plus puissants facteurs de l'éducation de l'humanité. Tous, ils proclament que leurs paroles ne viennent pas d'eux-mêmes, mais qu'elles expriment une révélation transmise par leur intermédiaire, un message divin dont ils sont les interprètes. Leurs écrits abondent aussi en allusions et en promesses relatives à un grand instructeur du monde qui viendra quand les temps seront révolus pour continuer leur œuvre et lui faire porter des fruits, établir le règne de la justice et de la paix sur la terre, réunir en une même famille toutes les races, religions, nations et tribus, afin qu'il n'y ait plus qu'un seul troupeau et qu'un seul pasteur et que tous, du plus humble au plus grand, connaissent et aiment Dieu.

Certes, la venue, aux derniers jours, de cet éducateur de l'humanité doit être le plus grand événement de l'histoire. Or, les bahá'ís proclament au monde l'heureuse nouvelle que cet éducateur est en fait apparu, que sa déclaration a été rendue publique et a été consignée, et que les chercheurs sérieux peuvent l'étudier. Le jour du Seigneur est déjà arrivé et le Soleil de Justice s'est levé.

Jusqu'à présent, peu nombreux sont ceux qui, du haut de la montagne, ont pu discerner l'orbe glorieux, mais déjà ses rayons illuminent le ciel et la terre entière; bientôt, il s'élèvera au-dessus des montagnes et brillera de tout son éclat sur les plaines et les vallées, donnant vie et assistance à tous.


1.2. La transformation du monde

Il est évident que, au cours du dix-neuvième siècle [Écrit peu de temps après la Première Guerre mondiale] et dans la première partie du vingtième, le monde a subi les affres de l'agonie d'une ère à son déclin et les douleurs de l'enfantement d'un cycle nouveau. Les vieux principes de matérialisme et d'égoïsme, les anciens préjugés sectaires, chauvins et xénophobes sont en train de périr, discrédités, sur les ruines qu'ils ont causées; et partout émergent les signes d'un nouvel esprit de foi, de fraternité, d'universalisme, brisant les chaînes et les barrières de jadis. Des changements révolutionnaires d'une importance sans précédent ont eu lieu dans tous les domaines de la vie humaine. L'ère qui s'achève n'est pas encore révolue, mais elle est engagée dans une lutte sans merci avec l'ère nouvelle. Les maux sont toujours nombreux, gigantesques et redoutables, mais ils sont démasqués, attaqués et pourchassés avec une ardeur pleine d'espoir. Les nuages sont denses, énormes et menaçants, mais déjà la lumière les transperce, illuminant le sentier du progrès, révélant les obstacles et les pièges qui obstruent la marche en avant.

Il n'en était pas ainsi au dix-huitième siècle. L'obscurité morale et spirituelle qui enveloppait le monde à cette époque était à peine traversée de quelques rayons de lumière. Ainsi qu'à l'heure ténébreuse précédant l'aube, les quelques rares lampes et torches restées allumées rendaient la nuit à peine moins obscure. Carlyle, dans son Frédéric le Grand, parle ainsi du dix-huitième siècle:
"Un siècle qui n'a pas d'histoire et ne pouvait guère en avoir. Le siècle le plus riche en mensonges... qui ait jamais existé! Qui n'avait plus conscience de ses erreurs, tant il en était imprégné; qui s'était ancré si fort dans l'aberration et s'en était tellement inspiré qu'en vérité la mesure était comble: la Révolution française devait la faire déborder... Une fin appropriée à un tel siècle... Il fallait, une fois de plus, aux paresseux, aux frivoles enfants des hommes, une révélation divine pour les empêcher de sombrer complètement dans un état bestial."
(Frédéric le Grand, t. I, chap. I.)

Comparé au dix-huitième siècle le temps présent est l'aurore après la nuit, le printemps après l'hiver. Le monde tressaille d'une vie nouvelle, animé d'un idéal et d'espoirs nouveaux. Maintes idées qui, il y a seulement quelques années, semblaient utopiques, sont maintenant des faits tangibles. D'autres, qui semblaient ne devoir se réaliser qu'après des siècles, sont déjà du domaine de la politique pratique. Nous volons dans les airs et explorons le fond des océans. Nous envoyons des messages autour du globe à la vitesse de l'éclair. En peu d'années, nous avons vu la chute des grandes autocraties militaires, l'admission des femmes dans maintes professions qui leur étaient autrefois inaccessibles, la formation de la Société des Nations qui permet d'espérer l'abolition de la guerre et tant d'autres miracles trop nombreux pour être énumérés.


1.3. Le Soleil de Justice

Quelle est la cause de cet éveil soudain dans le monde entier? Les bahá'ís l'attribuent à une grande effusion de l'Esprit saint transmise par le prophète Bahá'u'lláh, né en Perse en 1817, et dont l'ascension eut lieu en Terre sainte en 1892.

Bahá'u'lláh enseigna que le prophète ou manifestation de Dieu, semblable au soleil qui répand la lumière sur le monde matériel, est le dispensateur de lumière pour le monde de l'esprit. Tout comme l'astre solaire brille sur la terre et conditionne la croissance et le développement des organismes physiques, le Soleil de Vérité, par la manifestation divine, brille dans le domaine de l'âme et du cœur, développe la pensée, la moralité et le caractère des hommes. Et comme les rayons du soleil matériel, dont l'action pénètre jusqu'aux recoins les plus sombres et les plus cachés du monde, donnent chaleur et vie même à des créatures qui n'ont pas conscience du soleil, de même, l'effusion de l'Esprit saint, à travers la manifestation de Dieu, exerce son influence sur la vie de tous, inspirant les esprits réceptifs, là même où le nom du prophète est resté inconnu. L'avènement de la Manifestation est comme la venue du printemps. C'est un jour de résurrection où ceux qui étaient morts spirituellement sont rappelés à la vie, où la réalité fondamentale des religions divines est renouvelée et rétablie, où surgissent de "nouveaux cieux et une terre nouvelle".

Dans la nature, le printemps provoque non seulement l'éveil et la croissance nécessaires à une vie nouvelle, mais il change ou détruit tout ce qui est épuisé et stérile. Ce même soleil, qui fait s'épanouir les fleurs et éclater les bourgeons, désagrège aussi tout ce qui est flétri et inutile; il rompt la glace et fond la neige de l'hiver, entraînant l'inondation et la tempête qui nettoient et purifient la terre. Il en est de même dans le monde spirituel. La lumière divine cause des commotions et des transformations analogues. Aussi, le jour de la résurrection est-il également le jour du Jugement; les altérations de la vérité et les corruptions, les idées et les coutumes désuètes sont rejetées et détruites, les glaces et les neiges des préjugés et des superstitions--accumulées pendant l'hiver--sont fondues et transmuées; les énergies longtemps bloquées et prisonnières sont alors libérées en un flot qui inonde et purifie le monde.


1.4. La mission de Bahá'u'lláh

Bahá'u'lláh a déclaré clairement et à maintes reprises qu'il était l'éducateur, l'instructeur longuement attendu par tous les peuples, le canal d'une grâce merveilleuse qui dépasserait toutes les dispensations précédentes et dans lequel toutes les formes antérieures de religion se fondraient comme les rivières se fondent dans l'océan. Il a posé les fondations qui offrent une base solide à l'unité mondiale et qui inaugurent l'âge glorieux de la paix sur la terre et la bonne volonté parmi les hommes, âge promis par les prophètes et chanté par les poètes de tous les temps.

La recherche de la vérité, l'unité de l'humanité, des religions, des races, des nations, de l'Orient et de l'Occident, la réconciliation de la religion et de la science, l'abolition des préjugés et des superstitions, la proclamation de l'égalité des droits pour tous, hommes et femmes, l'établissement de la justice et de l'équité, la fondation d'un tribunal international suprême, l'adoption d'une langue auxiliaire universelle, l'instruction obligatoire, tout ceci et bien d'autres enseignements du même ordre furent révélés par la plume de Bahá'u'lláh dans la seconde moitié du XIXe siècle, en de nombreux volumes et épîtres. Plusieurs de ces dernières furent adressées aux souverains et aux dirigeants du monde.

Son message, unique par sa richesse, sa portée et son but, est en parfaite concordance avec les signes et les nécessités de l'époque actuelle.

Jamais les problèmes nouveaux qui s'imposent aux hommes ne furent aussi importants et aussi complexes qu'aujourd'hui. Jamais les solutions offertes ne furent aussi nombreuses et aussi contradictoires.

Jamais le besoin d'un instructeur du monde ne fut aussi urgent et aussi universellement ressenti.

Jamais peut-être l'attente d'un tel maître ne fut aussi confiante et générale.


1.5. L'accomplissement des prophéties

'Abdu'l-Bahá écrit:

Quand le Christ parut, il y a deux mille ans, bien que les juifs eussent attendu sa venue et, en larmes, prié chaque jour, disant: "Ô Dieu, hâte l'apparition du Messie", lorsque parut le Soleil de Vérité, ils le vilipendèrent avec la plus grande véhémence et le renièrent, allant même jusqu'à crucifier cet Esprit divin, ce Verbe de Dieu, le traitant de démon, l'appelant Belzébuth, ainsi que le rapporte l'Évangile. La raison de leur attitude? Ils disaient: "La révélation du Christ, selon le texte explicite de la Thora, sera confirmée par certains signes et, tant que ces signes ne se seront pas produits, quiconque prétendra être le Messie est un imposteur." D'après l'un de ces signes, le Seigneur doit venir d'un lieu inconnu; or (disaient les juifs) nous connaissons la maison de cet homme à Nazareth, et cette région a-t-elle jamais produit quelque chose de bon? Un second signe est qu'il doit régner avec des verges de fer, c'est-à-dire (pensaient les juifs) une épée, alors que ce Messie n'avait même pas un bâton.

D'après une autre condition, il doit s'asseoir sur le trône de David et établir le règne de David. Mais loin de siéger sur un trône, ils voyaient que cet homme n'avait même pas une natte pour s'asseoir. Une autre des conditions requises est la promulgation de toutes les lois de la Thora; or, Jésus a abrogé ces lois, il a même rompu le sabbat, bien qu'un des paragraphes irréfutables du texte dise: "Celui qui prétend être prophète, fait des miracles et rompt le sabbat, sera mis à mort." Une autre encore des conditions précise qu'en son règne la justice sera si parfaite que l'équité et la droiture s'étendront du monde humain au monde animal, que le serpent et la souris partageront le même trou, la perdrix et l'aigle le même nid, que le lion et la gazelle iront en pâture dans le même pré, que le loup et l'agneau s'abreuveront à la même fontaine. Mais l'injustice et la tyrannie s'étaient tellement accrues à cette époque qu'on le crucifia. Une autre encore des conditions exige qu'aux jours du Messie, les juifs prospèrent et triomphent de tous les peuples de la terre; or, ils vivaient toujours dans la pire déchéance, esclaves de l'Empire romain. "Alors, disaient-ils, en quoi ce Messie peut-il être celui promis par la Thora?"

Ainsi, les juifs repoussèrent le Soleil de Vérité, bien que cet Esprit de Dieu était vraiment celui annoncé dans la Thora. Mais comme ils n'avaient pas compris la signification des signes donnés, ils crucifièrent le Verbe de Dieu. À l'heure actuelle, les bahá'ís affirment que les conditions requises furent remplies en la manifestation du Christ, mais non dans le sens où les juifs l'entendaient; La description de la Thora est purement allégorique. Par exemple, on y trouve le signe de la souveraineté. Les bahá'ís disent que la souveraineté du Christ est céleste, divine, éternelle; que ce n'est nullement une souveraineté éphémère comme celle de Napoléon. La souveraineté du Christ s'établit il y a près de deux mille ans, elle persiste toujours et cet Être saint sera glorifié à jamais sur un trône éternel. De même, toutes les autres conditions se sont réalisées, mais les juifs ne les ont pas discernées. Bien que vingt siècles se soient écoulés depuis l'apparition du Christ dans toute sa splendeur divine, les juifs, cependant, attendent toujours la venue du Messie; ils se considèrent comme seuls justes et voient dans le Christ un imposteur.
(Écrit par 'Abdu'l-Bahá pour ce chapitre.)

Si les juifs s'étaient adressés au Christ, celui-ci leur aurait expliqué le sens véritable des prophéties relatives à sa personne. Tirons donc une leçon de leur erreur et, avant de décider si les prophéties se rapportant à la Manifestation récente, à l'instructeur du dernier jour, n'ont pas été remplies, référons-nous aux précisions fournies par Bahá'u'lláh lui-même, car il est certain que nombre de prophéties sont reconnues comme étant scellées; seul, le véritable éducateur peut en briser le sceau et, de l'écrin des mots, en extraire le sens véritable.

En de nombreux Écrits, Bahá'u'lláh a expliqué la signification des anciennes prophéties, mais ce n'est pas sur cela qu'il s'appuie pour fournir les preuves de sa mission de prophète. À tous les êtres doués de perception, le soleil prouve lui-même son existence; dès qu'il se lève, nul besoin de recourir à d'anciennes prédictions pour nous assurer qu'il brille. Ainsi en est-il de la manifestation de Dieu lorsqu'elle apparaît. Même si les anciennes prophéties étaient tombées dans l'oubli, la Manifestation serait encore par elle-même la preuve suffisante pour tous ceux dont le sens spirituel est en éveil.


1.6. Preuves du don de prophétie

Bahá'u'lláh ne demande à personne d'accepter aveuglément ses lois et ses enseignements. Au contraire, en tête de ses enseignements mêmes, on trouve une mise en garde énergique contre l'acceptation aveugle de l'autorité, et il enjoint à chacun d'ouvrir les yeux et les oreilles et d'exercer, courageusement et en toute liberté, son propre jugement afin de saisir la vérité. Il prescrit la plus complète investigation et, loin de s'y dérober, il offre ses paroles, ses œuvres et leur pouvoir effectif de transformer la vie et le caractère des hommes comme preuves suprêmes de sa mission prophétique. La mise à l'épreuve qu'il propose est la même que celle conseillée par ses grands prédécesseurs.

Moïse a dit:

"Quand ce qu'annoncera le prophète au nom du Seigneur ne se réalisera point, ce sera une chose que l'Éternel n'aura point prononcée; le prophète aura parlé par présomption: n'aie pas peur de lui."
(Deutéronome XVIII, 22.)

Le Christ apporta son témoignage tout aussi clairement et s'en servit pour revendiquer ses propres droits. Il dit:

"Gardez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis mais qui, au-dedans, sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines ou des figues sur des chardons? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais l'arbre mauvais porte de mauvais fruits... C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez."
(MATTH. VII, 15-20.)

Dans les chapitres qui suivent, nous nous efforcerons de rechercher si la prétention de Bahá'u'lláh au titre de prophète résiste ou s'écroule à l'examen de ces tests; si les choses qu'il a dites se sont ou non réalisées et si ses fruits sont bons ou mauvais; en d'autres termes, si ses prédictions se sont effectivement accomplies, ses ordonnances établies et si son œuvre a contribué ou non à l'éducation et à l'amélioration du genre humain, de même qu'au relèvement de la moralité.


1.7. Difficultés d'investigation

Il y a certes des difficultés sur la route du chercheur qui désire se convaincre de l'authenticité de la foi bahá'íe. Comme toutes les grandes réformes morales et spirituelles, celle-ci a été grossièrement calomniée. En ce qui concerne les persécutions et les souffrances terribles qu'endurèrent Bahá'u'lláh et ses disciples, tous, ennemis comme amis, sont unanimes à les reconnaître. Mais sur la valeur du mouvement et les caractéristiques de ses fondateurs, l'opinion des croyants et celle des contradicteurs sont totalement différentes. Les choses se passent exactement comme au temps du Christ. Les historiens chrétiens et juifs relatent de même la crucifixion de Jésus, les persécutions contre ses disciples et leur martyre mais, tandis que les croyants affirment que le Christ a effectivement accompli et développé les enseignements de Moïse et des prophètes, l'opposition prétend qu'il a transgressé les lois et les ordonnances et qu'en conséquence il a mérité la mort.

Tout comme la science, la religion ne révèle ses mystères qu'au chercheur humble et persévérant, prêt à se départir de tout préjugé et de toute superstition, déterminé à renoncer aux convictions qu'il possède pour acquérir une perle de grand prix. La signification de la révélation bahá'íe ne sera pleinement comprise qu'après une investigation complète, effectuée dans un esprit de dévotion sincère et désintéressée pour la vérité, en persévérant toujours dans le sentier de la recherche, confiant en l'aide de Dieu.

C'est dans les Écrits des fondateurs mêmes de la foi bahá'íe que nous trouverons l'ultime confirmation de sa valeur et la clef des mystères de ce grand éveil spirituel.

Malheureusement, maints obstacles obstruent encore la route de l'étudiant qui ignore l'arabe et le persan, langues dans lesquelles fut écrit l'enseignement. Les textes traduits en anglais sont peu nombreux et les traductions laissent généralement à désirer, tant au point de vue de la précision que du style. Mais en dépit des imperfections et des inexactitudes des récits historiques et des traductions, les grandes vérités essentielles qui constituent les fondations solides de cette révélation émergent comme des cimes montagneuses des brumes de l'incertitude.
[note: les textes traduits en anglais. Il existe à l'heure actuelle de remarquables traductions en anglais des écrits de Bahá'u'lláh et de 'Abdu'l-Bahá, effectuées par Shoghi Effendi. Ces traductions, jointes aux nombreux ouvrages personnels du Gardien sur l'histoire de la foi bahá'íe, sur les affirmations et les conséquences de ses vérités fondamentales ainsi que sur le déploiement de son ordre administratif, rendent infiniment plus aisée la tâche du chercheur actuel.]


1.8. But de cet ouvrage

On a tenté, dans les chapitres qui suivent, de faire ressortir--autant que possible loyalement et sans préjugé--les traits saillants de l'histoire et principalement des enseignements de la cause bahá'íe, afin que le lecteur puisse évaluer judicieusement leur importance et être tenté d'en poursuivre une étude indépendante plus approfondie.

Cependant, la recherche de la vérité, si importante soit-elle, n'est pas le seul but ou la fin de l'existence... La vérité n'est pas une chose morte, à placer dans un musée sitôt découverte, à étiqueter, classer, cataloguer, à exhiber puis à abandonner à la dessiccation et à la stérilité. La vérité est quelque chose de vivant que l'être humain doit implanter dans son cœur pour la faire fructifier durant son existence, bien avant d'en récolter les fruits qui le récompenseront pleinement de sa persévérance.

Par conséquent, le but réel en diffusant un message prophétique est--pour tous ceux que cette vérité a convaincus--d'en appliquer les principes, de vivre la vie, de répandre la bonne nouvelle et de hâter ainsi l'avènement du jour béni où la volonté de Dieu sera faite sur la terre comme au ciel.


2. LE BÁB: PRÉCURSEUR DE LA FOI

"En vérité, l'oppresseur a tué le Bien-Aimé des mondes, afin de pouvoir éteindre ensuite la lumière de Dieu parmi ses créatures et de détourner l'humanité du courant de vie céleste en ces jours réservés au Seigneur, le Clément, le Généreux."
BAHÁ'U'LLÁH.


2.1. Le berceau de la nouvelle révélation

La Perse, berceau de la révélation bahá'íe, a occupé une place unique dans l'histoire du monde. Dans ses premiers jours de grandeur, elle fut une véritable reine parmi les nations, sans rivale du point de vue de la civilisation, de la puissance et de la splendeur. Elle a donné au monde de grands rois et de grands hommes d'État, des prophètes, des poètes, des philosophes et des artistes. Zoroastre, Cyrus et Darius, Háfiz et Firdawsí, Sa'dí et 'Omar Khayyám ne sont que quelques-uns de ses célèbres fils. Elle eut des artisans inégalables; ses lames d'acier, ses poteries, ses tapis sont restés fameux et inimitables dans le monde entier. Dans le Proche et le Moyen-Orient, elle a laissé partout des traces de sa grandeur passée.

Mais au dix-huitième et au dix-neuvième siècles, la Perse tomba dans la plus déplorable décadence. Sa gloire ancienne semblait irrémédiablement perdue. Le gouvernement y était corrompu et en proie à des difficultés financières insurmontables; certains des dirigeants étaient des êtres faibles, d'autres, des monstres de cruauté. Les prêtres y étaient bigots et intolérants, le peuple, ignorant et superstitieux. La majorité appartenait à la secte musulmane des shí'ihs, [note: Une des deux grandes sectes - shí'ihs et sunnís - entre lesquelles l'islám se divisa peu après la mort de Muhammad. Les shí'ihs prétendent que 'Alí, beau-fils de Muhammad, fut le premier successeur légitime du prophète et que, seuls, ses descendants sont les califes légitimes] mais il y avait aussi un grand nombre de zoroastriens, de juifs et de chrétiens et diverses sectes antagonistes. Tous se targuaient de suivre les maîtres sublimes qui les avaient exhortés à adorer le Dieu unique et à vivre dans l'amour et l'unité, et cependant ils se fuyaient, se détestaient et se méprisaient les uns les autres, chaque secte considérant les autres comme impures, chacun traitant les autres de chiens ou de païens.

La malédiction et l'exécration régnaient partout. Il était dangereux pour un juif ou un zoroastrien de sortir par temps de pluie car, si ses vêtements mouillés frôlaient seulement un musulman, celui-ci se prétendait souillé et pouvait lui prendre la vie pour cette offense. Si un musulman recevait de l'argent d'un juif, d'un zoroastrien ou d'un chrétien, il devait le laver avant de le mettre en poche. Si un juif surprenait son fils donnant un verre d'eau à un pauvre mendiant musulman, il arrachait le verre des mains de l'enfant, car les malédictions plutôt que la bonté devaient être le lot des infidèles! Les musulmans eux-mêmes étaient divisés en sectes innombrables qui luttaient âprement et férocement les unes contre les autres. Les zoroastriens ne joignaient guère leur voix à ces récriminations mutuelles, mais ils vivaient en communautés séparées, refusant de s'associer à leurs compatriotes d'autres confessions.

Les affaires sociales, tout comme les affaires religieuses, se trouvaient dans un état de décadence désespérante. L'éducation était négligée. On considérait la science et l'art d'Occident comme impurs et contraires à la religion. La justice était corrompue. Pillages et vols étaient courants. Les routes étaient mauvaises et peu sûres. L'hygiène était négligée d'une façon révoltante.

Néanmoins, malgré tout cela, la lumière de la vie spirituelle n'était pas éteinte en Perse. Ici et là, au milieu de la frivolité et de la superstition, quelques âmes saintes et plus d'un cœur se languissaient de Dieu, comme les cœurs d'Anna et de Siméon avant la venue du Christ. Beaucoup attendaient ardemment la venue du messager promis par Dieu et croyaient que le temps de son avènement était imminent. Telle apparaissait la situation en Perse quand le Báb, le héraut de l'ère nouvelle, bouleversa tout le pays par son message.


2.2. Les Premières années

Mírzá 'Alí Muhammad, qui prit par la suite le titre de Báb (la Porte), naquit à Shíráz dans le sud de la Perse le 20 octobre 1819 [1er jour de muharram, 1235 après l'Hégire].

Il était siyyid, c'est-à-dire descendant du prophète Muhammad. Son père, marchand notable, mourut peu après sa naissance et l'enfant fut confié à la garde d'un oncle maternel, commerçant de Shíráz, qui l'éleva. Dans son enfance, il apprit à lire et reçut l'éducation élémentaire traditionnelle dans son milieu.
[note: À ce sujet, un historien remarque: En Orient, certaines personnes, et spécialement les adeptes du Báb, savaient que le Báb n'avait pas reçu d'éducation, mais que les mullás, afin de l'abaisser aux yeux du peuple, déclarèrent que la science et la sagesse qu'il possédait résultaient de l'éducation qu'il avait reçue. Après des recherches approfondies pour découvrir la vérité à cet égard, nous avons pu nous convaincre et démontrer que, dans son enfance et pendant quelque temps, il alla chez le shaykh Muhammad (connu aussi sous le nom de 'Ábid) où il apprit à lire et à écrire le persan. C'est à cela que le Báb fait allusion quand il écrit dans le livre du Bayán: "Ô Muhammad, ô mon maître..." Ce qui est remarquable, c'est que le shaykh qui avait été son maître devint le disciple dévoué de son propre élève, et que l'oncle du Báb, nommé Hájí siyyid 'Alí, qui fut un père pour lui, devint aussi un pieux croyant et fut martyrisé comme Bábí. La compréhension de ces mystères est accordée à ceux qui cherchent la vérité, mais nous sommes certains de ceci: que l'éducation reçue par le Báb fut élémentaire et que tous les signes de grandeur et de science peu communes qui parurent en lui étaient innés et venaient de Dieu.].

À l'âge de quinze ans, il entra dans le commerce, d'abord auprès de son tuteur, puis auprès d'un autre oncle qui vivait à Bùshihr, port du golfe Persique.

Dans son adolescence, il était renommé pour sa grande beauté, le charme de ses manières, sa piété exceptionnelle et sa grande noblesse de caractère. Il observait rigoureusement les prières, le jeûne et les autres commandements de la religion musulmane; il n'obéissait pas seulement à la lettre mais à l'esprit des enseignements du Prophète. Il se maria vers l'âge de vingt-deux ans. De ce mariage naquit un fils qui mourut très jeune, dans la première année du ministère du Báb.


2.3. La déclaration du Báb

Quand il atteignit sa vingt-cinquième année, répondant à un ordre divin, il déclara qu'il était choisi par Dieu, le Très-Haut, et élevé au rang de Báb.

Nous lisons dans A Traveller's Narrative [note: écrit pour illustrer "The Episode of the Báb" (ouvrage non traduit en français), avec une introduction par E.G.Browne, auquel il sera référé plus loin sous l'appellation "A Traveller's Narrative, Episode of the Báb".]:

"Il voulait exprimer par ce terme Báb qu'il était la Porte, la voie d'accès de la grâce menant à un grand être encore caché derrière le voile de gloire, possesseur de perfections innombrables et sans limites, auquel des liens d'amour le rattachaient et dont la volonté l'animait".

En ce temps-là, la croyance en l'apparition imminente d'un messager divin était surtout répandue dans la secte des shaykhís et ce fut à un maître distingué de cette secte, Mullá Husayn Bushrú'í que le Báb annonça en premier lieu sa mission. La date exacte de cette déclaration est donnée dans le Bayán, un des Écrits du Báb: deux heures quinze minutes après le coucher du soleil du cinquième jour du mois de jamádíyu'l-avval, en l'an 1260 de l'hégire (23 mai 1844). 'Abdu'l-Bahá naquit au cours de cette même nuit, mais on ne sait exactement à quelle heure. Après quelques jours d'étude et d'anxieuses recherches, Mullá Husayn fut fermement convaincu que le messager longtemps attendu par les shí'ihs était vraiment apparu. L'ardent enthousiasme que cette découverte souleva en lui fut bientôt partagé par plusieurs de ses amis. Peu de temps après, la majeure partie des shaykhís acceptèrent le Báb. Ils prirent le nom de Bábís. Aussitôt, la renommée du jeune prophète grandit et se répandit comme un éclair à travers tout le pays.


2.4. Diffusion du mouvement Bábí

Les dix-huit premiers disciples du Báb--lui-même étant la dix-neuvième personne du groupe--furent connus sous le nom de Lettres du Vivant. Le Báb envoya ses disciples dans les différentes régions de la Perse et du Turkistán pour répandre la nouvelle de son avènement. En même temps, il entreprit lui-même le pèlerinage à La Mecque où il arriva en décembre 1844. Il y déclara publiquement sa mission devant un grand nombre de pèlerins; l'annonce de son rang de Báb causa partout une grande effervescence lors de son retour à Búshihr.

Son éloquence convaincante, son écriture merveilleusement rapide et inspirée, son savoir et sa sagesse extraordinaires, son courage et son zèle de réformateur soulevèrent le plus grand enthousiasme parmi ses disciples, mais provoquèrent une haine et un effroi tout aussi intenses parmi les musulmans orthodoxes. Les docteurs de la secte des shí'ihs l'accusèrent avec véhémence et persuadèrent le gouverneur de Fárs, Husayn Khán--chef tyrannique et fanatique--d'entreprendre la répression de la nouvelle hérésie. Alors commença pour le Báb une longue série d'emprisonnements, de déportations, d'interrogatoires devant les tribunaux, de châtiments et d'insultes que son martyre, seul, arrêta en 1850.


2.5. Les revendications du Báb

L'hostilité soulevée par la proclamation de son titre de Báb redoubla quand le jeune réformateur déclara être le Mihdí (Mahdí) dont la venue avait été prédite par Muhammad. Les shí'ihs identifiaient ce Mihdí avec le douzième Imám disparu mystérieusement de la vue des hommes mille années auparavant [note: Les shí'ihs nomment Imám le successeur de droit divin du Prophète, auquel tous les fidèles doivent obéir. Douze personnes occupèrent successivement la place d'Imám, la première étant 'Alí, cousin et gendre du Prophète. Le douzième Imám est appelé par les shí'ihs Imám Mihdí. Ceux-ci prétendent qu'il ne mourut point mais disparut dans un souterrain en 329 A.H. et que, lorsque les temps seront révolus, il reviendra, exterminera les infidèles et inaugurera l'ère de bénédiction.]. Ils croyaient qu'il était encore vivant et qu'il réapparaîtrait dans le même corps, interprétant littéralement les prophéties sur sa domination, sa gloire, ses conquêtes et les signes de son avènement, tout comme les juifs au temps du Christ interprétaient des prophéties du même genre au sujet du Messie. Ils s'attendaient à le voir réapparaître muni d'un pouvoir terrestre et d'une armée innombrable pour proclamer sa révélation. Ils croyaient notamment qu'il ferait sortir les morts de leur tombe et leur rendrait la vie, etc. Ces signes n'étant pas apparus, les shí'ihs repoussèrent le Báb avec le même mépris féroce que les juifs eurent à l'égard du Christ.

Les Bábís au contraire donnaient un sens symbolique à la plupart des prophéties. Ils considéraient la souveraineté de celui qui était le Promis--de même que celle du Galiléen, l'Homme des Douleurs--comme une souveraineté mystique, sa gloire comme spirituelle et non terrestre, ses conquêtes comme des victoires sur les citadelles des cœurs humains, et ils trouvaient des preuves abondantes de la mission du Báb dans sa vie et dans ses enseignements merveilleux, dans sa foi inébranlable, dans sa fermeté invincible, dans son pouvoir de ressusciter la vie spirituelle ceux qui reposaient dans le tombeau de l'erreur et de l'ignorance.

Le Báb, non seulement revendiqua le titre de Mihdí, mais encore adopta le titre sacré de Nuqtiy-i-Úlá ou Premier Point, donné à Muhammad lui-même par ses disciples. Les Imáms, bien que très considérés, avaient une importance moindre que le Point duquel dérivaient leur inspiration et leur autorité. En s'arrogeant ce titre, le Báb revendiquait, comme Muhammad, un rang dans la série des grands fondateurs de religion. De ce fait, il fut considéré par les shí'ihs comme un imposteur, tout comme Moïse et Jésus avant lui. Il inaugura même un calendrier nouveau, rétablissant l'année solaire, fixant le commencement de l'ère nouvelle à la date de sa propre déclaration.


2.6. La persécution s'accentue

À la suite des déclarations du Báb et de l'inquiétante rapidité avec laquelle les gens de toutes classes, riches et pauvres, érudits et ignorants, répondaient ardemment à ses enseignements, les tentatives d'extermination devinrent de plus en plus implacables. On pilla et détruisit les maisons, on emmena les femmes. À Tihrán, à Fárs, à Mázindarán et ailleurs, d'innombrables croyants furent mis à mort. Beaucoup furent décapités, pendus, projetés par la gueule d'un canon, brûlés ou coupés en morceaux.

Cependant, en dépit de toute répression, le mouvement progressait. Bien plus, par cette oppression, la foi des croyants se raffermissait et, en conséquence, maintes prophéties se rapportant à la venue du Mihdí furent littéralement accomplies. Notamment une tradition, rapportée par Jábir et que les shí'ihs considèrent comme authentique, dit que:

"En lui se manifesteront les perfections de Moïse, l'inestimable valeur de Jésus et la patience de Job; les êtres saints de son temps seront humiliés et leurs têtes seront échangées comme des présents, ainsi que le furent celles des Turcs et des Daylamites qui connurent le même sort; ils seront tués et brûlés, ils seront dans l'épouvante, la terreur, la consternation; la terre sera rougie de leur sang et leurs femmes entreront en lamentations; ceux-là sont mes élus en vérité."
(BAHÁ'U'LLÁH, Le Livre de la certitude, p. 117.)


2.7. Le martyre du Báb

Le 9 juillet 1850 [note:Vendredi 28 sha'bán. 1266 A.H.], le Báb, alors dans sa trente et unième année, fut lui-même victime de la fureur fanatique de ses persécuteurs. Accompagné d'un jeune disciple dévoué nommé Áqá Muhammad-'Alí, qui avait supplié ardemment qu'on lui permît de partager le martyre de son maître, il fut emmené au lieu du supplice dans la vieille cour des casernes de Tabríz. Environ deux heures avant midi, tous deux furent suspendus par des cordes passées sous les bras, de telle sorte que la tête de Muhammad-'Alí reposât sur la poitrine de son maître bien-aimé.

Un régiment de soldats arméniens fut mis en ligne et reçut l'ordre de tirer. Mais aussitôt après la salve, lorsque la fumée se dissipa, on retrouva le Báb et son compagnon toujours en vie. [note:Pendant qu'on les entraînait, le Báb avait affirmé que "nulle puissance humaine ne pourrait l'empêcher de terminer sa mission".] Les balles n'avaient fait que couper les cordes par lesquelles ils étaient suspendus, de sorte qu'ils étaient tombés sans se blesser. Le Báb se rendit dans une salle proche de là. On l'y retrouva en conversation avec un de ses amis. Vers midi, ils furent suspendus pour la deuxième fois. Les Arméniens, ayant constaté le résultat miraculeux, malgré leur décharge, refusèrent de tirer de nouveau, de sorte qu'on dut amener un autre régiment sur les lieux; il fit feu dès qu'il en reçut l'ordre. Cette fois, la salve fit son œuvre. Les deux victimes furent criblées de balles et horriblement mutilées; cependant, les visages étaient restés presque intacts.

Cet acte odieux fit de la cour des casernes de Tabríz un second calvaire. Les ennemis du Báb se réjouirent de leur coupable triomphe, croyant que l'arbre de la foi bábíe, qu'ils haïssaient tant, avait été ébranlé à sa base et que le déraciner complètement serait aisé. Mais leur triomphe fut de courte durée. Ils n'avaient pas compris que l'Arbre de la Vérité ne peut être abattu par une hache matérielle. Moins ignorants, ils eussent prévu que la cause puiserait une plus grande force dans leur crime même. Le martyre du Báb avait réalisé son vœu le plus cher et inspirait à ses disciples un zèle plus grand encore. Le feu de leur enthousiasme spirituel était tel que les tempêtes de la persécution ne faisaient que l'attiser. Plus on s'efforçait de l'éteindre, plus haut s'élevaient ses flammes.


2.8. Le tombeau sur le mont Carmel

Après le martyre du Báb, ses restes, ainsi que ceux de son dévoué compagnon, furent jetés sur le bord d'un fossé, hors des murs de la cité. La seconde nuit, à minuit, ils furent emportés par quelques Bábís et, après avoir été cachés pendant des années en Irán, dans des caveaux secrets, ils furent finalement--à grand peine et à grands risques--transférés en Terre sainte. Ils sont maintenant ensevelis dans un tombeau magnifiquement situé sur le versant du mont Carmel, non loin de la caverne d'Élie et à quelques lieues seulement de l'endroit où Bahá'u'lláh passa ses dernières années et où sa dépouille mortelle repose également aujourd'hui. Parmi les milliers de pèlerins qui convergent de toutes les parties du monde pour rendre hommage au tombeau sacré de Bahá'u'lláh, pas un n'oublie de prier aussi au sanctuaire de son précurseur et adorateur dévoué, le Báb [note: 'Abdu'l-Bahá y repose également].


2.9. Les Écrits du Báb

Les Écrits du Báb sont nombreux et la rapidité avec laquelle - sans étude et sans réflexion préalable - il composait des commentaires subtils, des exposés pleins de profondeur ainsi que d'émouvantes prières, fut considérée comme l'une des meilleures preuves de son inspiration divine.

L'essentiel de ses différents Écrits a été résumé comme suit:

Certains d'entre ses Écrits sont des commentaires et des interprétations des versets du Qur'án; d'autres sont des prières, des homélies et des allusions au sens véritable de certains passages; d'autres des exhortations, des admonitions, des dissertations sur différents points de la doctrine de l'unité divine... des encouragements à s'améliorer soi-même, à se détacher des choses de ce monde, à se confier aux inspirations de Dieu. Mais l'essence et le but de ses compositions sont des louanges et des descriptions de cette Réalité qui devait bientôt apparaître et qui faisait l'objet et le but de ses pensées, de sa tendresse et de son désir. Car il considérait sa propre apparition comme celle d'un annonciateur de la bonne nouvelle, et sa nature réelle comme un moyen de manifester les suprêmes perfections de cet être unique.

Et en vérité il ne cessa jamais un seul instant de le célébrer, la nuit comme le jour, et il avait coutume de dire à ses disciples qu'ils devaient attendre son avènement. C'est ainsi qu'il déclare dans ses Écrits: Je suis une "lettre de ce Livre tout-puissant, une goutte de cet océan sans limites; et quand il paraîtra, ma vraie nature, mes paraboles, mes allusions et mes mystères deviendront évidents, et l'embryon de cette religion se développera en traversant les degrés de son existence et les phases de son ascension pour atteindre l'état de la suprême beauté de forme et s'orner de la robe de: béni soit Dieu le meilleur des créateurs...." et il était si embrasé par la flamme de cet être que l'évoquer lui tenait lieu de brillants flambeaux durant les sombres nuits de la forteresse de Máh-Kú, et que son souvenir était son meilleur compagnon dans les fers de la prison de Chihríq. Ainsi il obtenait la liberté spirituelle, de ce vin il s'enivrait et, en pensant à lui, il se réjouissait.
(Episode of the Báb dans A Traveller's Narrative.)


2.10. Celui que Dieu doit manifester

On a comparé le Báb à saint Jean-Baptiste, mais le rang du Báb n'est pas seulement limité à celui de héraut ou de précurseur. Le Báb fut lui-même une manifestation de Dieu, le fondateur d'une religion indépendante, bien que la durée de celle-ci ait été limitée à quelques années.

Les bahá'ís sont convaincus que le Báb et Bahá'u'lláh furent des cofondateurs de leur foi; les paroles suivantes de Bahá'u'lláh témoignent de cette vérité:
"Le très court laps de temps qui, seul, sépare cette suprême et merveilleuse révélation de ma propre révélation antérieure est un secret qu'aucun homme ne peut éclaircir et un mystère tel qu'aucune intelligence ne peut le pénétrer. Sa durée avait été prescrite à l'avance et personne ne pourra en découvrir la raison si ce n'est par la connaissance de mon livre caché".

Cependant, dans ses références à Bahá'u'lláh, le Báb révèle le degré d'effacement qui est le sien, déclarant que, au jour de "celui que Dieu rendra manifeste" :
"Si quelqu'un entendait un seul verset de lui et le récitait, ce serait préférable que de réciter le Bayán un millier de fois".
[note: "Traveller's Narrative, Episode of the Báb", p. 349. Le Bayán est le livre de la révélation du Báb].

Il accepta avec joie d'endurer toutes les afflictions si, ce faisant, il pouvait aplanir, si peu que ce fût, le chemin de "celui que Dieu allait rendre manifeste au monde"et qui était, déclarait-il, la source unique de son inspiration et le seul objet de son amour.


2.11. Résurrection, paradis et enfer

Une partie importante des enseignements du Báb concerne l'éclaircissement qu'il apporte sur les termes "résurrection, jour du Jugement, paradis et enfer". La résurrection, dit-il, signifie l'apparition d'une nouvelle manifestation du Soleil de Vérité. La résurrection des morts signifie l'éveil spirituel de ceux qui sont assoupis dans les tombeaux de l'ignorance, de la négligence et de la concupiscence. Le jour du Jugement est le jour de la Manifestation nouvelle où, par l'acceptation ou le rejet de sa révélation, les brebis seront séparées des boucs, car les brebis connaissent la voix du Bon Pasteur et le suivent. Le paradis, c'est la joie de connaître et d'aimer Dieu, ainsi que sa manifestation le révèle; par cette voie, l'homme atteint à la plus haute perfection dont il soit capable et, après sa mort, il obtient l'accès au royaume de Dieu et à la vie éternelle. L'enfer n'est que la privation de la connaissance de Dieu, avec pour conséquence l'impossibilité d'atteindre la perfection divine et la perte de la faveur éternelle. Il déclare d'une façon absolue que ces termes n'ont aucun sens réel en dehors de celui-ci et que les idées générales relatives à la résurrection du corps physique, à l'enfer et au paradis matériels et autres ne sont que fictions. Il enseigne qu'après la mort la vie de l'homme continue et que, dans l'au-delà, le progrès vers la perfection est sans limites.


2.12. Enseignements sociaux et moraux

Dans ses Écrits, le Báb dit à ses disciples qu'ils doivent se distinguer par la courtoisie et l'amour fraternel, cultiver les arts et les métiers utiles et que l'instruction élémentaire doit être généralisée. Dans la nouvelle et merveilleuse dispensation qui commence maintenant, les femmes doivent acquérir une plus grande liberté, les pauvres doivent être secourus sur le fonds commun, mais la mendicité est strictement interdite; l'usage des boissons alcoolisées est également interdit.

L'idéal du vrai Bábí doit être l'amour pur, sans aucun espoir de récompense ni aucune crainte de châtiment.

Ainsi il est écrit dans le Bayán:

"Adorez Dieu de telle sorte que si la récompense en devait être le bûcher, rien ne serait changé dans votre adoration. Si vous adoriez Dieu par peur, cet amour serait indigne du seuil de la sainteté de Dieu... De même en est-il lorsque vos yeux se fixent sur le paradis et si vous adorez dans le seul espoir d'y accéder, car alors vous mettez la création en compétition avec Dieu."
(E.G.BROWNE, Bábís of Persia, vol. XXI, p. 931.)


2.13. Passion et triomphe du Báb

Cette dernière citation révèle l'esprit qui anima la vie entière du Báb. Connaître et aimer Dieu, refléter ses attributs et préparer la voie pour sa prochaine Manifestation étaient sa seule raison d'être et son seul but. Pour lui, la vie ne comportait aucune terreur et la mort aucun aiguillon; l'amour avait chassé la peur et le martyre même n'était que ravissement, car c'était se précipiter tout entier aux pieds du Bien-Aimé.

Quelle chose étrange! Cette âme pure et belle, ce maître inspiré par la divine vérité, cet amoureux dévoué de Dieu et de son prochain a été haï et mis à mort par ses contemporains qui se prétendaient religieux!

Le manque de réflexion, les préjugés opiniâtres seuls pouvaient aveugler les hommes à un tel point devant l'évidence de sa qualité de prophète, de saint messager de Dieu. Il n'eut point de grandeur ni de gloire terrestres; mais comment démontrer et prouver la puissance et l'autorité spirituelles, si ce n'est par la faculté de se passer de toute assistance humaine et de triompher de l'opposition terrestre, même la plus puissante et la plus virulente? Comment l'amour divin peut-il se démontrer à un monde incrédule si ce n'est par la capacité infinie d'endurer les maux, les calamités, les dards acérés de la douleur, la haine des ennemis et la trahison des faux amis et de s'élever avec sérénité au-dessus de tout cela, sans découragement, sans amertume, en pardonnant et en bénissant?

Le Báb a tout subi et le Báb a triomphé. Des milliers d'hommes ont témoigné de la sincérité de leur amour pour lui en sacrifiant tout, même leur vie, pour le servir. Un tel pouvoir sur le cœur et l'existence des hommes ferait envie aux rois. De plus, "celui que le Seigneur rendra manifeste" est apparu. Il a confirmé les revendications et accepté la généreuse dévotion de son précurseur et il l'a associé à sa gloire.


3. BAHÁ'U'LLÁH: LA GLOIRE DE DIEU

"Ô toi qui attends, ne t'attarde plus, car il est venu. Vois son tabernacle où réside sa gloire. C'est la gloire ancienne dans une nouvelle manifestation."
BAHÁ'U'LLÁH.

3.1. Naissance et Premières années

Mírzá Husayn-'Alí, qui adopta plus tard le nom de Bahá'u'lláh [note: Mettre l'accent sur les deuxième et quatrième syllabes, la première syllabe étant presque muette et les deux l prononcés distinctement.] (c'est-à-dire "la Gloire de Dieu"), était le fils aîné d'un vizir ou ministre d'État, Mírzá 'Abbás, originaire de Núr. Sa famille était riche et distinguée, plusieurs de ses membres ayant occupé, en Perse, des postes importants dans le gouvernement, l'armée et l'administration. Il naquit à Tihrán, capitale de l'Irán, entre l'aube et le lever du soleil, le 12 novembre 1817 [2 muharram, 1233 A.H.]. Il ne fréquenta jamais ni école ni collège et le peu d'instruction qu'il reçut lui fut donné chez lui. Cependant, tout enfant déjà, il fit preuve d'une sagesse et d'un savoir extraordinaires. Il était encore tout jeune quand son père mourut, le laissant chef de famille, chargé de ses jeunes frères et sœurs et du soin des grands domaines familiaux.

'Abdu'l-Bahá, le fils aîné de Bahá'u'lláh, raconta à l'auteur de ce livre quelques traits de l'enfance de son père:

Enfant, il était déjà extrêmement bon et généreux. Il aimait la vie en plein air et passait la plus grande partie de son temps dans les jardins et les champs. Il avait un extraordinaire pouvoir d'attraction que tous ressentaient. Les gens se pressaient toujours nombreux autour de lui. Les ministres et les personnalités de la cour l'entouraient et même les enfants lui étaient dévoués. Dès qu'il eut atteint l'âge de treize ou quatorze ans, il devint renommé pour son savoir. Il savait converser sur n'importe quel sujet et résoudre tous les problèmes qui lui étaient soumis. Dans les grandes assemblées, il discutait avec les 'ulamá [Note: docteurs de la loi, théologiens chez les musulmans] et pouvait élucider des points religieux compliqués. Tous l'écoutaient avec le plus grand intérêt.

Bahá'u'lláh était âgé de vingt-deux ans quand son père mourut, et le gouvernement souhaitait le voir succéder à son père dans les fonctions de ministre, ainsi que le voulait la coutume iranienne, mais Bahá'u'lláh déclina cette offre. Alors le Premier ministre dit: "Qu'il garde sa liberté. Cette position est indigne de lui. Il a en vue quelque but plus élevé. Je ne puis le comprendre, mais je suis convaincu qu'il est destiné à quelque haute mission. Ses pensées sont différentes des nôtres. Laissons-le."


3.2. Emprisonné comme Bábí

En 1844, quand le Báb déclara sa mission, Bahá'u'lláh, alors dans sa vingt-septième année, épousa hardiment la foi nouvelle et fut bientôt considéré comme l'un de ses promoteurs les plus puissants et les plus intrépides.

Il avait déjà subi deux emprisonnements pour la cause et avait enduré la bastonnade quand, en août 1852, eut lieu un événement lourd des plus terribles conséquences pour les Bábís. Un des disciples du Báb, un jeune homme nommé Sádiq, avait été si affecté par les souffrances infligées à son maître vénéré--souffrances dont il avait été le témoin--qu'il perdit la raison. Voulant venger son maître, il tira un coup de pistolet sur le sháh de Perse. Cependant, son arme n'était chargée que de petits plombs et, bien que quelques grains atteignirent leur but, le mal causé fut sans gravité. Le jeune homme désarçonna le sháh mais il fut aussitôt saisi par les gardes du souverain et mis à mort sur-le-champ.

Toute la communauté bábíe en fut injustement tenue pour responsable et, pour ce seul acte, des massacres terribles furent perpétrés. À Tihrán, quatre-vingts bábís furent mis à mort après avoir été honteusement torturés. D'autres furent arrêtés et jetés en prison; parmi eux se trouvait Bahá'u'lláh. Il écrivit par la suite:

Par la justice de Dieu! Nous n'étions pas mêlé en quoi que ce soit à cet acte odieux, et notre innocence fut indiscutablement prouvée par les tribunaux. Néanmoins, nous fûmes appréhendé. De Níyávarán, qui était alors la résidence de Sa Majesté, nous fûmes conduit en prison à Tihrán. Un brutal cavalier, qui nous accompagnait, arracha notre kuláh. [Note: Sorte de bonnet ou de calotte] tandis qu'une bande de fonctionnaires et de bourreaux nous entraînaient précipitamment et avec rudesse. Pendant quatre mois, nous fûmes enfermé dans un lieu immonde, hors de toute comparaison. Quant au cachot où étaient confinés cet opprimé ainsi que d'autres, opprimés eux aussi, une cellule étroite et sombre eut été préférable. À notre arrivée, on nous fit d'abord traverser un couloir très sombre d'où nous descendîmes trois séries de marches jusqu'au lieu de réclusion qui nous était assigné. L'obscurité la plus complète régnait dans ce cachot, et nos compagnons de captivité, près de cent cinquante hommes, se composaient de voleurs, d'assassins et de bandits de grand chemin. Bien que bondé, ce lieu n'avait pas d'autre issue que le couloir par lequel nous étions entré. La plume est impuissante à décrire cet endroit et aucune parole n'en peut définir la répugnante odeur. La plupart de ces hommes n'avaient ni vêtements ni literie pour s'étendre. Dieu seul sait ce qui nous est arrivé dans ce lieu, le plus nauséabond et le plus lugubre qui soit.

Jour et nuit, dans ce cachot, nous songions aux exploits, à la situation et au comportement des bábís: comment, avec leur grandeur d'âme, leur noblesse et leur intelligence, avaient-ils pu accomplir un tel acte de violence et de témérité sur la personne de Sa Majesté? Alors, cet opprimé décida qu'à sa sortie de prison, il se consacrerait, de toutes ses forces, à régénérer ces âmes.

Une nuit, en rêve, ces paroles exaltantes se firent entendre de tous côtés: "En vérité, Nous te rendrons victorieux par toi-même et par ta plume. Ne t'afflige pas de ce qui t'est arrivé et ne sois pas effrayé, car tu es en sécurité. Avant longtemps, Dieu fera paraître les trésors de la terre--des hommes qui t'aideront par toi-même et par ton nom, par lesquels Dieu a ranimé le cœur de ceux qui L'ont reconnu."
(BAHÁ'U'LLÁH, Épistle to the Sun of the Wolf, pp. 20 à 22.)


3.3. Exil à Baghdád

Ce terrible emprisonnement dura quatre mois, mais Bahá'u'lláh et ses compagnons demeurèrent pleins de zèle, d'enthousiasme et de sérénité. Presque chaque jour, un ou plusieurs d'entre eux étaient torturés ou mis à mort et on rappelait aux autres que leur tour pouvait être proche. Lorsque les bourreaux venaient chercher un des leurs, celui qui était désigné dansait littéralement de joie, baisait les mains
de Bahá'u'lláh, embrassait ses coreligionnaires puis, avec une joyeuse ardeur, se hâtait vers le lieu de son martyre.

Il s'avéra--preuves à l'appui--que Bahá'u'lláh n'était en rien mêlé au complot contre le sháh, et le ministre de Russie attesta la pureté de son caractère. En outre, il était si malade qu'on craignit une issue fatale. Si bien qu'au lieu de le condamner à mort, le sháh ordonna son exil dans l'Iráq arabe [note: La province de Baghdád.], en Mésopotamie; aussi, quinze jours plus tard fit-on partir Bahá'u'lláh, accompagné de sa famille et d'un certain nombre d'autres croyants. Tous souffrirent terriblement du froid durant ce long voyage hivernal et ils arrivèrent à Baghdád dans un état de dénuement presque complet.

Dès que sa santé le lui permit, Bahá'u'lláh entreprit d'instruire ceux qui venaient à lui et d'encourager les croyants. Bientôt, la paix et le bonheur régnèrent parmi les bábís. [note: Ces faits se passaient au début de l'année 1853, c'est-à-dire neuf ans après la déclaration du Báb, accomplissant certaines prophéties du Báb concernant l'année 9.] Toutefois, cette période fut de courte durée. Le demi-frère de Bahá'u'lláh, Mírzá Yahyá, connu aussi sous le nom de Subh-i-Azal, arriva à Baghdád et, peu après, des dissensions, secrètement fomentées par lui, commencèrent à s'élever comme jadis entre les disciples du Christ. Ces dissensions qui, plus tard, à Andrinople, devinrent ouvertes et violentes, furent extrêmement pénibles pour Bahá'u'lláh dont le seul but dans la vie était l'avènement de l'unité entre les peuples du monde.


3.4. Deux années dans la solitude

Un an environ après son arrivée à Baghdád, il se retira seul dans le désert de Sulaymáníyyih, n'emportant qu'un vêtement de rechange. À propos de cette période, il écrit dans le Kitáb-i-Íqán [Le Livre de la certitude] ce qui suit:

"Dès les premiers jours de notre arrivée ici, nous avions discerné les signes des événements futurs et, avant qu'ils ne se produisent, nous décidâmes de nous retirer dans la solitude. Je demeurai ainsi, seul et abandonné, pendant deux ans dans le désert. Des larmes d'angoisse coulaient de mes yeux, un océan d'afflictions et de peines gonflait mon cœur sanglant; combien de jours ai-je passés sans nourriture pour me soutenir, et combien de nuits où mon corps ne trouva point de repos! Malgré toutes ces calamités et ces afflictions continuelles, par celui qui tient mon âme entre ses mains, je n'ai jamais été plus heureux; j'ai connu le vrai bonheur et la joie parfaite car, dans ma solitude, je n'avais pas le spectacle des malheurs, des soucis, des maladies de chacun. Dans l'isolement, je me recueillais en esprit, oublieux du monde et de tout ce qu'il renferme.

Mais j'ignorais que les mailles de la destinée divine sont plus serrées que nous ne pensons et que les flèches de ses décrets l'emportent sur les desseins humains les plus hardis. Nul ne peut s'affranchir de la volonté de Dieu, et sa seule ressource est de s'y soumettre. Par la justice de Dieu! Lors de mon départ, je n'envisageais pas de revenir. C'était une séparation sans espoir de retour. Je ne désirais qu'une seule chose: ne pas être un objet de discorde pour les croyants, un motif de révolte pour mes compagnons ni une cause de souffrance ou de tristesse pour les âmes et les cœurs. Tel était mon unique désir et je n'avais pas d'autre but. Malgré cela, chacun faisait ses propres plans et poursuivait ses vaines chimères, jusqu'au moment où, de la source mystique, me parvint l'ordre de revenir et, soumis, je revins ici. Ma plume est impuissante à dire ce que je vis alors! Durant deux ans, mes ennemis avaient conjugué tous leurs efforts pour essayer de me faire périr, ainsi que chacun le sait."
(BAHÁ'U'LLÁH, Le Livre de la certitude, p. 120.)


3.5. Opposition des mullás

Après son retour, sa renommée grandit plus que jamais et les gens affluèrent vers Baghdád pour le voir et entendre ses enseignements. Juifs, chrétiens et zoroastriens aussi bien que musulmans furent attirés par le nouveau message. Cependant, les mullás (théologiens musulmans) adoptèrent une attitude hostile et complotèrent obstinément sa ruine. Un jour, ils envoyèrent un des leurs pour lui poser certaines questions. L'envoyé trouva les réponses de Bahá'u'lláh si convaincantes, et sa sagesse si surprenante--bien que, de toute évidence, non acquise par l'étude--qu'il fut obligé d'avouer que le savoir et l'intelligence de Bahá'u'lláh étaient incomparables. Toutefois, afin de convaincre les mullás qui l'avaient envoyé de la réalité du don de prophétie de Bahá'u'lláh, il lui demanda de produire quelque miracle a titre de preuve.

Bahá'u'lláh se montra disposé à accepter sous certaines conditions. Il déclara qu'il fournirait la preuve désirée; que, sinon, il s'avouerait coupable d'imposture; mais il exigeait que les mullás soient d'accord sur le genre de miracle à produire et qu'ils signent et scellent un document stipulant que, sitôt le miracle accompli, ils reconnaîtraient l'authenticité de sa mission et cesseraient toute opposition. Si le but réel des mullás avait été de rechercher la vérité, certes ils auraient saisi cette occasion. Mais leur intention était tout autre; ils redoutaient d'apprendre la vérité; aussi se dérobèrent-ils à cet audacieux défi.

Leur défaite, toutefois, ne fit que les inciter à fomenter de nouveaux complots pour saper le mouvement à la base. Le consul général de Perse à Baghdád les y aida; il envoya plusieurs messages simultanés au sháh afin de dénoncer Bahá'u'lláh comme nuisant plus que jamais à la religion musulmane et l'accusa encore d'exercer une influence néfaste sur l'Irán; il insista pour qu'il fût exilé plus loin.

Alors que les mullás musulmans, les persans et le gouvernement turc coalisaient leurs efforts pour déraciner le mouvement, Bahá'u'lláh, d'une façon qui le caractérise bien, ne se départit jamais, durant cette épreuve, de son attitude calme et sereine, encourageant et inspirant ses disciples, écrivant d'impérissables paroles de consolation et de guidance. 'Abdu'l-Bahá raconte dans quelles conditions "Les Paroles cachées" furent écrites en cette période. Bahá'u'lláh se promenait souvent le long des rives du Tigre. Il en revenait rayonnant de bonheur et écrivait alors ces joyaux poétiques, ces sages préceptes qui ont apporté aide et guérison à des milliers de cœurs souffrants et troublés. Des années durant, seules existèrent quelques rares copies manuscrites des Paroles cachées, et on les dissimulait avec soin de crainte de les voir tomber entre les mains des ennemis qui veillaient. Mais maintenant, de toutes les œuvres de Bahá'u'lláh, ce petit volume est probablement le plus connu; il est lu dans toutes les parties du monde. Le Kitáb-i-Íqán est une autre des œuvres les plus répandues de Bahá'u'lláh, écrite à peu près à la même époque, vers la fin de son séjour à Baghdád. (A.D.1862-1863.)


3.6. Déclaration du Ridván près de Baghdád

[Note : Ridván se prononce "Rezvan" en persan]

Après maintes négociations, un ordre du gouvernement turc enjoignit à Bahá'u'lláh de se rendre à Constantinople, à la requête du gouvernement iranien. En apprenant cette nouvelle, les disciples furent plongés dans la consternation. Ils se rendirent en masse à la maison de leur chef vénéré, à tel point que, pendant douze jours, la famille alla camper hors de la ville, dans le jardin de Najíb Páshá, tandis qu'on préparait la caravane pour le long voyage.

Ce fut exactement dix-neuf ans après la déclaration du Báb, le premier de ces douze jours (21 avril au 2 mai 1863) que Bahá'u'lláh confia la bonne nouvelle à plusieurs de ses disciples: il leur annonça qu'il était celui dont la venue avait été prédite par le Báb, le Promis de tous les prophètes, l'élu de Dieu. Le jardin où eut lieu cette mémorable déclaration est bien connu des bahá'ís sous le nom de jardin du Ridván. Les douze jours que Bahá'u'lláh y passa sont commémorés chaque année par la fête du Ridván qui a lieu à la date anniversaire. Pendant ce séjour, Bahá'u'lláh, loin d'être triste et déprimé, montrait la plus grande joie, la plus grande majesté et la plus grande puissance. Ses disciples étaient heureux et enthousiastes et de grandes foules accouraient pour lui témoigner leur vénération. Tous les notables de Baghdád et même le gouverneur vinrent rendre hommage au prisonnier qui s'en allait.


3.7. Constantinople et Andrinople

Le voyage pour Constantinople dura trois à quatre mois, pendant lesquels Bahá'u'lláh, les membres de sa famille et ses vingt-six disciples eurent énormément à souffrir des intempéries. Arrivés à destination, ils furent emprisonnés dans une petite maison où ils se trouvèrent terriblement entassés. Plus tard, on leur accorda un logement moins exigu, mais au bout de quatre mois, ils furent de nouveau déplacés, cette fois vers Andrinople. Ce voyage, bien qu'il ne durât que quelques jours, fut le plus terrible qu'ils eussent jamais entrepris. La neige tombait en abondance presque constamment et, comme ils manquaient de vêtements chauds et de nourriture, leurs souffrances furent extrêmes.

Pendant tout ce premier hiver à Andrinople, Bahá'u'lláh et les douze personnes de sa famille vécurent dans une petite maison de trois pièces, dépourvue de confort et infestée de vermine. Au printemps, on leur donna un abri moins précaire. Ils demeurèrent à Andrinople plus de quatre ans et demi. Dans cette ville, Bahá'u'lláh se remit à enseigner, groupant autour de lui un vaste auditoire. Il y annonça publiquement sa mission et fut reconnu avec enthousiasme par la majorité des bábís qui furent, dès lors, désignés sous le nom de bahá'ís.

Toutefois, sous la conduite du demi-frère de Bahá'u'lláh, Mírzá Yahyá une minorité se retourna violemment contre lui et se joignit à ses anciens ennemis, les shí'ihs, pour comploter sa chute. De grands troubles s'ensuivirent et, à la fin, le gouvernement turc bannit d'Andrinople bábís et bahá'ís, exilant Bahá'u'lláh et ses disciples à 'Akká, en Palestine, où ils parvinrent--d'après Nabíl [note: Auteur d'une histoire sur les débuts de la foi, "The Dawn Breakers", Nabíl participa à quelques scènes décrites dans cet ouvrage, et il fut en relation étroite avec bon nombre des premiers croyants] - le 31 août 1868, tandis que Mirzá Yahyá et sa suite étaient expédiés à Chypre.


3.8. Lettres aux rois

C'est à cette époque que Bahá'u'lláh écrivit ses fameuses lettres au sultán de Turquie, aux principaux souverains d'Europe, au pape et au sháh d'Irán. Plus tard, dans son Kitáb-i-Aqdas [note: L'Aqdas, Kitáb-i-Aqdas, le plus saint Livre, le Livre de l'Aqdas, font tous référence au même livre], il s'adressa à d'autres souverains, aux chefs d'État et au président des États-Unis d'Amérique, aux chefs religieux en général et à l'humanité tout entière, leur annonçant sa mission et les adjurant de déployer tous leurs efforts en vue de l'établissement de la vraie religion, d'un gouvernement équitable et de la paix internationale. Dans sa lettre au sháh, il plaidait éloquemment la cause des bábís opprimés et demandait à être confronté avec les instigateurs de la persécution. Inutile de dire que cette requête fut vaine. Badí, le jeune et dévoué bahá'í qui porta la lettre de Bahá'u'lláh, fut arrêté et martyrisé cruellement au moyen de briques brûlantes appliquées sur la chair.

Cette même lettre de Bahá'u'lláh fournit un très émouvant compte-rendu de ses souffrances et de ses aspirations:

Ô Souverain! J'ai vu, dans le chemin de Dieu, ce que nul œil n'a vu, ce que nulle oreille n'a entendu. Les amis m'ont désavoué. Pour moi, les chemins sont fermés; le puits de la sécurité est desséché; la plaine du repos est jaunie. Que de souffrances se sont abattues sur moi et, bientôt, m'atteindront encore! J'avance vers le Puissant, le Généreux tandis que, derrière moi, rampe le serpent. J'ai tant versé de larmes que mes pleurs ont transpercé mon lit. Mais ce n'est pas sur moi que je m'attriste. Par Dieu! Ma tête désire ardemment la lance pour l'amour de son Dieu. Je ne suis jamais passé près d'un arbre sans que mon cœur ne lui dise: "Oh, puisses-tu être abattu en mon nom pour que mon corps soit crucifié sur toi dans le chemin de mon Seigneur!" Oui, car je vois l'humanité égarée dans son ivresse et elle ne le sait pas! Les hommes ont exalté leurs passions et repoussé leur Dieu, comme s'ils prenaient son commandement pour une dérision, un jeu, un divertissement! Et ils croient bien agir et se réfugient dans une citadelle imprenable! Grande est leur erreur: demain ils verront ce qu'ils nient aujourd'hui!

Nous sommes sur le point de quitter ce lointain lieu de bannissement (Andrinople) pour la prison de 'Akká. On dit que c'est certainement la ville du monde la plus désolée, celle qui offre l'aspect le plus désagréable, le climat le plus détestable et l'eau la plus malsaine qui soient. Il semble que ce soit la capitale des hiboux, car on n'y perçoit que leurs hululements. Et c'est là qu'ils veulent emprisonner ce serviteur, fermer sur notre visage les portes de la douceur, nous privant, pendant les jours qu'il nous reste à vivre, des bonnes choses de la vie!

Par Dieu! Dussent la fatigue m'abattre, la faim m'épuiser, la roche nue me servir de lit et les bêtes des champs me tenir lieu de compagnons, je ne me plaindrai pas; je le supporterai patiemment, comme d'autres, par le pouvoir de Dieu, l'éternel Souverain, le Créateur des nations, l'ont supporté et, en toutes circonstances, je rendrai grâce à Dieu. Et j'espère que, par sa faveur, qu'Il soit exalté! cette détention servira à libérer les hommes des chaînes et des fers et leur permettra de se tourner avec sincérité vers le visage de celui qui est le Puissant, le Généreux. En vérité, Il répond à celui qui l'invoque et Il est près de celui qui l'appelle. Et je Lui demande de faire de cette noire calamité un bouclier protégeant ses fidèles contre les épées acérées et les lances coupantes. Au travers des afflictions, éternellement, sa lumière a brillé et sa louange fut glorieuse. Telle fut sa méthode dans les temps anciens et les cycles passés.
(La Proclamation de Bahá'u'lláh, pp. 55 et 56.)


3.9. Emprisonnement à 'Akká

À cette époque, 'Akká était une forteresse où l'on enfermait les pires criminels envoyés de toutes les parties de l'Empire turc. En y arrivant, après un pénible voyage par mer, Bahá'u'lláh et ses disciples, environ quatre-vingts personnes, hommes, femmes et enfants, furent emprisonnés dans des casernes. L'endroit était malpropre et lugubre à l'extrême. Ni lits, ni commodités d'aucune sorte. La nourriture y était mauvaise et insuffisante si bien que, au bout de quelque temps, les prisonniers implorèrent la permission d'acheter eux-mêmes leur nourriture. Les premiers jours, les enfants pleuraient sans discontinuer, rendant tout sommeil impossible. La malaria, la dysenterie et d'autres maladies se déclarèrent; tous furent contaminés, sauf deux personnes. Trois malades succombèrent et les souffrances des survivants furent indescriptibles [note: Afin qu'on pût enterrer deux des morts, Bahá'u'lláh donna à vendre sa propre couverture pour payer les funérailles, mais au lieu d'employer l'argent à cet effet, les soldats se l'approprièrent et jetèrent les corps dans une fosse. D'après 'Abdu'l-Husayn Avárih Taftí.].

Cet emprisonnement rigoureux dura deux années pendant lesquelles aucun bahá'í ne put franchir les portes de la prison, sauf les quatre hommes sévèrement escortés qui allaient chaque jour acheter la nourriture.

De plus, les visiteurs étaient rigoureusement exclus. Plusieurs bahá'ís d'Irán firent toute la route à pied pour voir leur chef vénéré, mais ils se virent refuser l'entrée de l'enceinte de la ville. Ils allaient alors à un endroit de la plaine, au-delà du troisième fossé, d'où ils pouvaient voir les fenêtres de Bahá'u'lláh. Par l'une d'elles, il apparaissait; après l'avoir contemplé de loin, versant bien des larmes, les fidèles s'en retournaient à leur foyer, enflammés d'un nouveau zèle, prêts à se sacrifier pour sa cause et pour la servir.


3.10. Les sévérités se relâchent

Enfin l'emprisonnement fut adouci. Les troupes turques ayant été mobilisées, il fallut rendre les casernes aux soldats. Bahá'u'lláh et sa famille furent transférés dans une maison et ses disciples s'installèrent dans un caravansérail de la ville. Bahá'u'lláh resta encore sept années confiné en cette demeure. Dans une petite pièce près de celle où il était emprisonné, treize membres de sa famille, féminins et masculins, devaient s'accommoder comme ils le pouvaient.

Au début de leur séjour, ils souffrirent énormément de l'insuffisance de nourriture, du manque d'espace, de l'absence des commodités les plus élémentaires. Toutefois, par la suite, on leur accorda quelques chambres supplémentaires; ils purent alors goûter un bien-être relatif. Dès le jour où Bahá'u'lláh et ses compagnons quittèrent les casernes, ils eurent la possibilité de recevoir des visiteurs et, graduellement, les sévères restrictions imposées par les fonctionnaires du gouvernement impérial turc se relâchèrent, sans cesser toutefois d'être appliquées rigoureusement de temps à autre.


3.11. Les portes de la prison s'ouvrent

Même dans les moments les plus sombres de leur captivité, les bahá'ís ne perdirent jamais courage; leur confiance sereine ne fut jamais ébranlée. Pendant qu'il était dans les casernes de 'Akká, Bahá'u'lláh écrivait à des amis: Ne craignez point. Ces portes s'ouvriront. Ma tente sera plantée un jour sur le mont Carmel et nous connaîtrons la plus grande joie. Cette déclaration fut une source de consolation pour ses disciples et elle se réalisa littéralement en son temps. 'Abdu'l-Bahá a raconté comment les portes de la prison s'ouvrirent. Nous ne saurions mieux faire que de citer son admirable récit, traduit du persan [En anglais] par son petit-fils, Shoghi Effendi:

Bahá'u'lláh aimait la beauté et la verdure des campagnes. Un jour, il fit cette remarque: "Je n'ai vu aucune verdure depuis neuf ans. La campagne est le monde de l'âme, la ville est le monde des corps." Quand ce propos me fut rapporté, je compris à quel point il avait la nostalgie de la nature et je fus convaincu de réussir par mes efforts à satisfaire son désir. Il y avait alors à 'Akká un homme appelé Muhammad Páshá Safwat qui nous était extrêmement hostile. Il possédait un palais appelé "Mazra'ih", situé à environ sept kilomètres au nord de la ville, dans un site ravissant tout entouré de jardins où coulait un ruisseau. J'allai trouver le propriétaire chez lui. Je lui dis: "Páshá, votre palais est vide et vous vivez à 'Akká." Il répondit: "Je suis infirme et ne puis quitter la ville. Si je vais là-bas, en ce lieu solitaire, je me sens loin de mes amis." Je dis: "Puisque vous ne vivez pas là-bas et que la maison est vide, laissez-nous y aller." Il fut stupéfait de la proposition mais ne tarda pas à l'accepter. J'eus la maison pour un loyer très minime, environ cinq livres par an; je lui payai cinq années et fis un bail. J'envoyai des ouvriers réparer la maison, mettre le jardin en état et j'y fis installer des bains. Je fis aussi préparer une voiture pour la Beauté bénie [Jamál-i-Mubárak (la Beauté bénie) était un titre souvent donné à Bahá'u'lláh par ses disciples et ses amis]. Un jour, je résolus d'aller visiter l'endroit moi-même.

En dépit des firmans [Édits, décrets] répétés nous interdisant de passer la limite des murs de la ville, je sortis de la cité. Des gendarmes veillaient, mais ils n'élevèrent aucune objection et je me dirigeai directement vers le palais. Le jour suivant, je m'y rendis de nouveau, accompagné de quelques amis et personnalités de la ville et je ne fus ni arrêté ni molesté, bien que des gardes et des sentinelles veillassent de chaque côté des portes. Une autre fois, je préparai un banquet, fis mettre la table sous les pins de Bahjí et je réunis les notables et les fonctionnaires de la ville. Le soir, nous retournâmes tous ensemble à 'Akká.

Un jour, je me rendis en la sainte présence de la Beauté bénie et je lui dis: "La villa de Mazra'ih est prête pour vous recevoir et une voiture attend pour vous y conduire." (En ce temps-là, il n'y avait de voiture ni à 'Akká ni à Haïfa.) Il refusa, disant: "Je suis prisonnier." Quelque temps après, je renouvelai ma requête, mais sans plus de succès. Je m'enhardis jusqu'à en parler une troisième fois, mais la réponse fut encore "non" et je n'osai pas insister davantage. Cependant, il y avait à 'Akká un certain shaykh musulman, homme bien connu et très influent qui vénérait Bahá'u'lláh et avait su gagner sa confiance. J'appelai ce shaykh et lui expliquai la situation. Je lui dis: "Vous êtes hardi; allez ce soir en la sainte présence, mettez-vous à genoux devant elle, prenez- lui les mains et n'abandonnez pas avant d'avoir obtenu sa promesse de quitter la ville." Il était arabe [C'est-à-dire persévérant, tenace, courageux. (Note du comité de traduction.)]!... Il se rendit à l'instant auprès de Bahá'u'lláh, s'assit tout près de lui, s'empara des mains de la Beauté bénie, les baisa et demanda: "Pourquoi ne quittez-vous pas la ville?" Bahá'u'lláh dit: "Je suis prisonnier." Le shaykh répliqua: "Dieu vous en garde! Qui a le pouvoir de faire de vous un prisonnier? Vous vous emprisonnez vous-même. C'est par votre volonté seule que vous avez été emprisonné et maintenant je vous supplie de partir d'ici pour vous rendre à ce manoir. Il est agréable et entouré de verdure. Les arbres y sont splendides et les oranges y ressemblent à des boules de feu." Aussi longtemps que la Beauté bénie répéta: "Je suis un prisonnier, cela est impossible", le shaykh prit ses mains et les embrassa. Il plaida une heure durant. À la fin, Bahá'u'lláh dit: "Khaylí Khub!" (très bien) et la patience et la persévérance du shaykh se trouvèrent récompensées. Il vint me trouver tout joyeux et m'annonça la bonne nouvelle du consentement de Sa Sainteté.

En dépit du sévère firman de 'Abdu'l-'Azíz qui m'interdisait toute rencontre et communication avec la Perfection bénie, je pris la voiture le lendemain et conduisis Bahá'u'lláh au manoir. Personne n'y fit objection. Je l'y laissai et revins à la ville.

Il demeura deux années en ce lieu charmant. Ensuite, nous décidâmes de partir pour Bahjí. Une épidémie s'étant déclarée à Bahjí, le propriétaire d'une certaine maison, sur le point de s'enfuir avec sa famille, avait décidé de confier sa maison gratuitement à qui en ferait la demande. Nous la louâmes pour un loyer très minime et là, les portes de la majesté et de la vraie souveraineté s'ouvrirent toutes grandes.

Bahá'u'lláh était théoriquement prisonnier (car les implacables firmans du sultán 'Abdu'l-'Azíz ne furent jamais abrogés) mais en réalité il déployait tant de noblesse et de dignité dans sa vie et son comportement qu'il était vénéré par tous, et ceux qui régnaient sur la Palestine enviaient son influence et sa puissance. Les gouverneurs et les mutasarrifs, fonctionnaires généraux et locaux, sollicitaient humblement l'honneur d'être admis en sa présence, requête qui leur était rarement accordée.

À une certaine occasion, le gouverneur de la ville implora cette faveur, s'appuyant sur le fait que les autorités suprêmes lui avaient commandé d'aller, en compagnie d'un général, rendre visite à la Perfection bénie. La demande ayant été acceptée, le général, un Européen, homme de forte corpulence, fut tellement impressionné par la majestueuse présence de Bahá'u'lláh qu'il resta agenouillé sur le sol, près de la porte. La déférence des deux visiteurs était telle qu'il fallut des invitations réitérées de Bahá'u'lláh pour les décider à fumer le narguilé qui leur était offert. Même alors, ils ne firent que l'effleurer de leurs lèvres et, le posant à côté d'eux, ils se croisèrent les bras et se tinrent dans une attitude de respect et d'humilité telle que tous ceux qui étaient présents en furent étonnés.

L'affectueuse vénération des amis, la considération et la déférence témoignées par les hauts fonctionnaires et les notables à son égard, le flot de pèlerins et de chercheurs de vérité, l'esprit de dévotion et de service qui se manifestait dans son entourage, le comportement majestueux et royal de la Perfection bénie, l'efficacité de ses préceptes, le nombre de ses disciples dévoués, tout cela portait témoignage du fait que Bahá'u'lláh était, non un prisonnier, mais en réalité le roi des rois. Quoique confiné dans les prisons qui appartenaient à deux souverains despotiques, puissants autocrates ligués contre sa personne, il s'adressait à eux en termes sévères, comme un roi s'adresserait à ses sujets. Par la suite, en dépit des rigoureux firmans, il vécut à Bahjí comme un prince. Il disait souvent: "En vérité, la plus misérable prison a été changée en paradis terrestre."

Certes, rien de pareil n'a pu être observé depuis la création du monde.


3.12. La vie à Bahjí

Ayant, dans ses précédentes années de malheur, montré comment on peut glorifier Dieu dans la pauvreté et l'ignominie, Bahá'u'lláh, dans ses dernières années à Bahjí, montra comment on peut glorifier Dieu au sein des honneurs et de l'abondance.

Les offrandes de centaines de milliers de disciples dévoués mirent à sa disposition des sommes importantes qu'il fut appelé à administrer. Bien que sa vie à Bahjí ait été décrite comme vraiment royale, au sens le plus élevé du terme, toutefois il ne faut pas s'imaginer qu'elle l'était par la splendeur matérielle et l'extravagance. La Perfection bénie et sa famille vivaient d'une façon très simple, très modeste, et toutes les dépenses destinées à satisfaire un luxe égoïste étaient exclues de la maison. Près de son habitation, les croyants aménagèrent un très beau jardin, appelé Ridván (paradis), dans lequel il passait souvent plusieurs journées consécutives et même des semaines, dormant la nuit dans un modeste pavillon construit dans le jardin. Quelquefois, il s'aventurait dans la campagne.

Il visita plusieurs fois 'Akká et Haïfa et, à plusieurs reprises, sa tente fut plantée sur le mont Carmel, comme il l'avait prédit pendant son emprisonnement à 'Akká. Bahá'u'lláh passait la plus grande partie de son temps à prier et à méditer, à écrire ses livres sacrés et ses tablettes inspirées, à faire l'éducation spirituelle de ses disciples. Afin qu'il eût tout loisir de se consacrer à cette œuvre, 'Abdu'l-Bahá se chargea des autres occupations, recevant même les mullás, les poètes, les membres du gouvernement. Tous étaient enchantés de ces entretiens et parfaitement satisfaits de ses explications et, sans voir Bahá'u'lláh en personne, ils devenaient ses amis, car 'Abdu'l-Bahá savait, par son attitude et ses paroles, leur faire comprendre le rang de son père.

Un orientaliste distingué, le professeur Edouard G. Browne de l'université de Cambridge, alla voir Bahá'u'lláh à Bahjí en 1890, et il nota ses impressions comme suit:

Mon guide s'arrêta un moment pendant que j'enlevais mes chaussures. Puis, d'un mouvement rapide de la main, il tira la tenture et la referma aussitôt derrière moi. Je me trouvai alors dans une vaste salle au fond de laquelle il y avait un divan bas, tandis qu'en face de la porte étaient placées deux ou trois chaises. Bien que sachant vaguement où j'allais et qui j'allais voir--aucune précision ne m'avait été fournie--il me fallut une ou deux secondes avant que, le cœur battant de surprise et de crainte respectueuse, je réalise que la chambre n'était pas vide. Dans le coin où le divan touchait le mur se tenait un merveilleux et vénérable personnage, couronné d'une coiffure de feutre que les derviches appellent taj (d'une hauteur et d'une forme particulières), à la base de laquelle s'enroulait un mince turban blanc. Le visage de celui que je contemplai, je ne saurais l'oublier et pourtant je ne puis le décrire. Ses yeux perçants semblaient pénétrer jusqu'au tréfonds de l'âme; de larges sourcils soulignaient la puissance et l'autorité, tandis que les rides profondes du front et du visage semblaient indiquer un âge que la chevelure noire comme le jais et la barbe, d'une luxuriance étonnante atteignant presque la taille, semblaient démentir. Il eut été superflu de demander en la présence de qui je me trouvais; je me prosternai devant celui qui fait l'objet d'une vénération et d'un amour que les rois lui envieraient et auxquels les empereurs aspireraient en vain!

Une voix douce, pleine de courtoisie et de dignité, me pria de m'asseoir et continua: "Loué soit Dieu de ce que tu sois parvenu au but. Tu es venu voir un prisonnier et un exilé... Nous ne désirons que le bien du monde et le bonheur des nations; cependant, on nous suspecte d'être un élément de désordre et de sédition, digne de la captivité et du bannissement... Que toutes les nations deviennent une dans la foi et que tous les hommes soient des frères; que les liens d'affection et d'unité entre les enfants des hommes soient fortifiés; que la diversité des religions cesse et que les différences de races soient annulées, quel mal y a-t-il en cela? Cela sera, malgré tout; ces luttes stériles, ces guerres ruineuses passeront et la "paix suprême" viendra... N'avez-vous pas besoin de cela en Europe aussi? N'est-ce pas cela que le Christ a prédit?... Cependant, nous voyons les souverains et les chefs d'État gaspiller plus volontiers leurs trésors en moyens de destruction de la race humaine qu'en ce qui conduirait l'humanité au bonheur... Ces luttes, ces massacres, ces discordes doivent cesser et tous les hommes doivent former une seule famille... Que l'homme ne se glorifie pas d'aimer son pays, mais plutôt d'aimer le genre humain."

Telles sont, pour autant que je m'en souvienne, quelques-unes des paroles que j'entendis prononcer par Bahá'u'lláh. Que ceux qui les lisent se demandent sincèrement si un être qui professe de telles doctrines mérite la mort et les chaînes, si le monde doit gagner ou perdre à leur diffusion.
(Episode of the Báb, dans Introduction to A Traveller's Narrative p. XXXIX-XL.)


3.13. Ascension

Bahá'u'lláh passa ainsi, simplement et paisiblement, le soir de sa vie terrestre jusqu'à ce que, après une attaque de fièvre, il s'éteignît, le 29 mai 1892, à l'âge de soixante-quinze ans. Parmi les dernières Tablettes révélées se trouvait son testament écrit de sa propre main. Neuf jours après sa mort, son fils en brisa les sceaux en présence des membres de la famille et de quelques amis, et le contenu de ce bref mais remarquable document fut divulgué. Ce testament désignait 'Abdu'l-Bahá comme le représentant et l'interprète des enseignements de son père et enjoignait à la famille et à la parenté de Bahá'u'lláh, ainsi qu'à tous les croyants, de se tourner vers lui et de lui obéir. Cette décision obviait à tout sectarisme éventuel, à toute division et assurait l'unité de la cause.


3.14. Le don de prophétie de Bahá'u'lláh

Il est important d'avoir une idée claire du caractère de la mission prophétique de Bahá'u'lláh. Ses paroles, comme celles des autres manifestations divines, peuvent se classer en deux catégories: parfois, il parle ou écrit simplement comme un homme chargé par Dieu d'un message pour ses semblables; parfois, ses paroles semblent être proférées directement par Dieu Lui-même.

Bahá'u'lláh écrit dans l'Íqán:

Dans les pages précédentes, nous avons vu qu'il existe deux états différents pour chacun des soleils qui surgissent des divins horizons: l'un de ces états est celui de l'unité essentielle qui a déjà été expliquée. "Nous n'avons de préférence pour aucun d'entre eux." (Qur'án, II: 136.)

L'autre a trait, au contraire, à leur particularité. Dans ce second cas, ce qui distingue les prophètes est relatif au monde de la création et aux limitations qui s'y rattachent. Chaque Manifestation possède une individualité propre, une mission spéciale, une révélation prédestinée et des limites spécifiquement définies. Chacune porte un nom différent, se caractérise par un attribut spécial, accomplit une mission déterminée; une révélation particulière lui est confiée.

Comme il a été dit: "Nous avons élevé certains prophètes au-dessus des autres. Il en est à qui Dieu a parlé, et Dieu a élevé plusieurs d'entre eux à des degrés supérieurs. Nous avons donné à Jésus, fils de Marie, des preuves évidentes. Nous l'avons fortifié par l'Esprit de sainteté." (Qur'án, II: 253.)

Ainsi envisagés, à partir du point de vue de leur unité et de leur sublime détachement, les attributs de Dieu - divinité et unité suprême - ont toujours été et sont toujours applicables à toutes ces essences de vie puisqu'elles siègent sur le trône de la révélation divine et que toutes se tiennent sur les hauteurs du divin mystère. C'est-à-dire que la révélation de Dieu se manifeste dans leur personne, que sa beauté se révèle dans leur comportement. Et c'est ainsi qu'on entend le langage de Dieu Lui-même, à travers les paroles des manifestations de l'être divin.

Envisagées au point de vue de leur particularité, de ce qui les distingue, de leurs limitations temporelles, de leurs caractéristiques et de leur état, les manifestations font preuve d'un dévouement, d'une abnégation, d'un renoncement sans pareils. Ainsi que le dit Muhammad: "Je ne suis qu'un mortel semblable à vous..." (Qur'án, XVIII: 110)

Si l'une des manifestations universelles dit: "Je suis Dieu", c'est vrai; car il a été démontré plusieurs fois que par leur révélation, leurs noms et leurs attributs, la révélation de Dieu, ses noms et ses attributs deviennent manifestes sur terre... Ainsi il est dit: "Tu ne lançais pas toi-même les traits quand tu les lançais, mais Dieu les lançait pour éprouver les croyants au moyen d'une belle épreuve venue de Lui." (Qur'án, VIII: 17.)

Et aussi: "Ceux qui prêtent un serment d'allégeance ne font que prêter serment à Dieu. La main de Dieu est posée sur leurs mains." (Qur'án, XLVIII: 10.)

Et si la Manifestation dit: "Je suis le messager de Dieu", c'est également juste et hors de doute. De même, si elle dit: "Muhammad n'est le père d'aucun homme parmi vous, mais il est le prophète de Dieu." (Qu'rán, XXXIII: 40.) Et toutes ces manifestations viennent de la présence du Roi de Réalité et de l'Identité éternelle.

Quand bien même chacune dirait: "Je suis le sceau des prophètes", cela est également incontestable, car elles n'ont toutes qu'une identité, une âme, un esprit, une existence, une révélation, et elles sont toutes l'apparition de l'Origine et de la Fin, de l'Alpha et de l'Oméga, du Visible et de l'Invisible, de l'Esprit de tous les esprits et de l'Essence des essences éternelles. Si elles disaient: "Nous sommes serviteurs de Dieu", cela aussi est manifeste et indiscutable, car leur mission s'est accomplie dans un état d'effacement complet, une servitude telle qu'aucun être humain ne peut l'atteindre.

Ainsi, au moment où ces essences de vie étaient profondément immergées dans l'océan de l'ancienne et immortelle sainteté, ou encore lorsqu'elles planaient dans les sphères les plus hautes des mystères divins, elles proclamaient que leurs paroles étaient la voix de la Divinité, l'appel de Dieu Lui-même.

Si l'œil de notre discernement est grand ouvert, il nous apparaît que, dans cette situation, elles se considèrent elles-mêmes comme entièrement effacées et non existantes devant celui qui règne par-dessus tout, l'Incorruptible. Il me semble que, en cette céleste cour, elles se considèrent comme tout à fait insignifiantes et estimeraient comme un blasphème le fait de se mentionner elles-mêmes. Car la moindre mention de soi-même en ce lieu céleste serait une affirmation de son existence indépendante. Et pour ceux qui ont atteint cette céleste cour, rien que cette idée est un péché grave. De quelle gravité serait alors la condition d'un autre placé dans ce cas? Quelle serait la situation des hommes dont les discours, le cœur, l'âme, l'esprit s'attachent à n'importe qui sauf au Bien-Aimé, ceux dont les yeux voient d'autres beautés que la sienne, dont les oreilles se tendent vers d'autres chants que la mélodie de sa voix, dont les pieds se posent partout sauf dans son chemin?

En ce jour soufflent les brises de Dieu et son Esprit pénètre toutes choses. Et le flot de sa grâce est si abondant que la plume s'arrête et que la langue se tait.

Étant donné le rang qu'ils occupent, les prophètes affirment qu'ils sont la voix de Dieu et, en vertu de leur condition de messager, ils se déclarent les envoyés de Dieu. Dans chaque cas, ils ont prononcé des paroles appropriées aux besoins du moment, et ils se sont attribué toutes ces déclarations descendues du monde de la révélation divine à celui de la création, du royaume divin à celui de l'existence terrestre. De sorte que, quoi qu'ils disent, que cela appartienne au royaume divin, aux domaines de l'autorité, de la prophétie, de l'annonciation, du Gardiennat, de l'apostolat ou de la servitude, tout est vrai sans l'ombre d'un doute.

Par conséquent, examinez attentivement l'exposé que nous avons fait pour corroborer notre raisonnement, afin que disparaissent le trouble de votre âme et la perplexité de votre esprit au sujet des différents termes employés par les manifestations de l'Invisible et de la Source de sainteté.
(BAHÁ'U'LLÁH, Le Livre de la certitude, pp. 85 à 87.)

Quand Bahá'u'lláh parle en tant qu'homme, ce qu'il revendique pour lui-même est un état de totale humilité, d'annihilation complète en Dieu. Ce qui distingue la Manifestation des autres hommes dans sa personnalité humaine, c'est son abnégation absolue ainsi que la perfection de ses pouvoirs. En toutes circonstances, la Manifestation peut dire, comme Jésus le disait au jardin de Gethsemani: Toutefois, que ta volonté soit faite et non la mienne. C'est ainsi que, dans son épître au sháh, Bahá'u'lláh dit:

"Ô Souverain! Je n'étais qu'un homme comme tant d'autres, endormi sur mon lit, lorsque le souffle du Très-Glorieux passa sur moi et m'enseigna la science de ce qui fut. Cela ne vient pas de moi mais de celui qui est tout-puissant et omniscient. Il m'ordonna d'élever la voix entre la terre et les cieux et, pour cela, il m'est advenu ce qui a fait couler les larmes de tout homme de discernement. Je n'ai pas étudié les sciences couramment répandues ici-bas et n'ai fréquenté aucune école... Je ne suis qu'une feuille que remuent les brises de la volonté de ton Seigneur, le Tout-Puissant, le Très-Glorifié. Peut-elle rester immobile lorsque souffle la tempête déchaînée? Non, par le Seigneur des noms et attributs! Le vent la déplace à son gré. L'éphémère n'est rien en face de celui qui est l'Éternel! Son commandement irrésistible me parvint, m'ordonnant de Le célébrer parmi les peuples. En vérité, j'étais comme mort quand cet ordre me fut donné. La main de la volonté de ton Seigneur, le Compatissant, le Miséricordieux, me transforma. Quelqu'un pourrait-il, de lui-même, dire ce que les hommes de toutes conditions contesteront? Certes non, par celui qui dévoila les mystères éternels à la plume divine, sinon celui qui est fortifié par la grâce de Dieu, le Tout-Puissant, l'Omnipotent."
(Tablette au roi de Perse, dans La Proclamation de Bahá'u'lláh, p. 53.)

De même que Jésus lavait les pieds de ses disciples, Bahá'u'lláh préparait les repas de ses adeptes et leur rendait d'humbles services. Il se faisait une gloire de servir. Il était plus humble que ses serviteurs, satisfait de dormir, au besoin, sur le sol, de se nourrir de pain et d'eau, ou même parfois de ce qu'il appelait la divine nourriture qui est la faim ! On reconnaissait sa parfaite humilité dans son profond respect de la nature, de l'être humain et surtout des saints, des prophètes et des martyrs. Pour lui, toutes choses, les plus humbles comme les plus élevées, parlaient de Dieu.

Sa personnalité humaine avait été élue par Dieu pour devenir le porte-parole divin de la plume divine. Ce n'est pas de son propre chef qu'il assuma cette position hérissée de difficultés et de tribulations sans précédent.

De même que Jésus a dit: "Mon père, s'il se peut, éloignez de moi ce calice", Bahá'u'lláh dit: "Nous n'aurions pas fait de notre personne un objet de critiques, de railleries et de calomnies de la part du peuple si un autre interprète ou porte-parole eut existé."
(Les Splendeurs.)

Mais l'appel divin était clair et impérieux et Bahá'u'lláh obéit. La volonté de Dieu devint sa volonté, le plaisir de Dieu son plaisir; et dans un "radieux acquiescement", il déclara:

"En vérité, je le dis: l'âme chérit et le cœur désire tout ce qui arrive dans le chemin de Dieu. Tout poison mortel est un miel savoureux et toute tribulation est une eau cristalline à boire."
(Épistle to the Sun of the Wolf, pp. 17 et 18.)

À d'autres moments, ainsi que nous l'avons dit, Bahá'u'lláh s'exprime comme la divinité. Lorsqu'il parle dans cet état, sa personnalité humaine s'efface si complètement qu'elle semble ne plus exister. À travers lui, c'est alors Dieu qui s'adresse à ses créatures, proclamant son amour pour elles, leur dévoilant ses attributs, faisant connaître sa volonté, énonçant ses lois pour les guider, sollicitant leur amour, leur loyauté et leurs services.

Dans les Écrits de Bahá'u'lláh, la parole passe souvent d'une de ces formes à l'autre. Parfois, c'est, de toute évidence, l'homme qui s'exprime, puis, sans transition, l'écriture continue à la première personne, comme si Dieu parlait Lui-même. Même lorsqu'il s'exprime en tant qu'homme, Bahá'u'lláh parle comme un messager de Dieu, comme un vivant exemple de la soumission totale à la volonté de Dieu. Sa vie entière trouve son inspiration dans le Saint-Esprit. Aussi ne peut-on faire de délimitation formelle entre les aspects divins et humains de sa vie et de ses enseignements. Dieu lui ordonne:

"Dis: On ne voit dans mon temple que le temple de Dieu, dans ma beauté que sa beauté, dans mon être que son Être et en moi-même que Lui-même, dans mon action que son action, dans mon acquiescement que son consentement et dans ma plume rien que sa plume, la puissante, la célébrée.
Dis: Il n'y a jamais eu dans mon âme que la vérité et, en moi-même, rien n'apparaît si ce n'est Dieu."
(Súriy-i-Haykal.)


3.15. Sa mission

La mission de Bahá'u'lláh dans ce monde est d'apporter l'unité: unité de toute l'humanité, en Dieu et par Dieu. Il dit:

De l'arbre de la connaissance, le fruit très glorieux est cette parole exaltée: "Vous êtes tous les fruits d'un seul arbre et les feuilles d'une même branche." "Que l'homme ne se glorifie pas d'aimer son pays mais plutôt d'aimer l'humanité!"

Les prophètes d'autrefois ont annoncé un âge de paix sur la terre, de bonne volonté parmi les hommes et ils ont donné leur vie pour en hâter l'avènement; mais tous, indistinctement, ont clairement affirmé que cette époque bénie ne serait atteinte qu'après la venue du Seigneur, aux derniers jours, alors que les méchants seraient jugés et les bons récompensés.

Zoroastre prédit trois mille ans de conflits avant l'avènement de sháh Bahrám, le sauveur du monde qui vaincrait Ahríman, l'esprit du mal, et qui établirait le règne de la justice et de la paix.

Moïse prédit une longue période d'exil, de persécutions, d'oppression pour les enfants d'Israël, avant que le Seigneur des armées n'apparaisse pour les rassembler parmi toutes les nations, détruisant les oppresseurs et établissant le royaume de Dieu sur terre.

Le Christ dit: "Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis point venu pour la paix mais pour l'épée" (MATTH. X, 34), et il prédit une période de guerres et de bruits de guerre, de tribulations et d'afflictions qui continuerait jusqu'à la venue du Fils de l'homme dans la gloire du Père.

Muhammad déclara que, à cause de leurs mauvaises actions, Alláh sema l'inimitié et la haine parmi les juifs et les chrétiens et que cela durerait jusqu'au jour de la résurrection, lorsqu'il apparaîtra pour les juger tous [Voir citations du Qur'án, p. 238].

D'autre part, Bahá'u'lláh annonce qu'il est le Promis de tous les prophètes, la manifestation divine d'une ère au cours de laquelle le règne de la paix sera véritablement établi. Cette déclaration est unique et sans précédent; toutefois, elle s'accorde merveilleusement avec les signes des temps et avec les prophéties de tous les autres grands prophètes. Bahá'u'lláh a révélé avec une clarté incomparable les moyens d'instaurer la paix et l'unité parmi les hommes.

Il est vrai que, depuis l'avènement de Bahá'u'lláh jusqu'à présent, la guerre a été plus dévastatrice que jamais, mais ceci n'est que l'accomplissement de ce que tous les prophètes ont annoncé comme devant advenir à l'aube du grand et terrible jour du Seigneur.

Par conséquent, les événements actuels confirment l'idée que la "venue du Seigneur" n'est pas seulement proche, mais qu'elle est déjà un fait accompli. Selon la parabole du Christ, le Seigneur du vignoble doit faire périr misérablement les mauvais intendants, avant de confier le vignoble à d'autres qui lui remettront les fruits en temps voulu. Cela ne signifie-t-il pas que, lors de la venue du Seigneur, ces gouvernements autoritaires, ces prêtres et ces mullás intolérants et cupides, ces tyrans despotiques seront voués à la destruction complète, eux qui pendant des siècles ont, comme les mauvais intendants, mal administré la terre dont ils s'appropriaient les fruits?

Il peut encore survenir des événements terribles, des calamités sans précédent sur la terre, mais Bahá'u'lláh nous affirme que "avant longtemps, ces luttes stériles, ces guerres ruineuses passeront et que la paix suprême viendra". La guerre a acquis une si atroce puissance de destruction que l'humanité doit maintenant s'en délivrer ou périr. "Les temps sont accomplis et le Libérateur promis est arrivé!"


3.16. Ses Écrits

Les Écrits de Bahá'u'lláh forment un vaste ensemble très clair, traitant de tous les aspects de la vie humaine--individuelle et collective--des problèmes matériels et spirituels, de l'interprétation des Écritures anciennes et modernes et des anticipations prophétiques sur l'avenir le plus proche comme le plus lointain.

L'étendue et la précision de son savoir sont étonnantes. Il savait citer et expliquer les Écritures des diverses religions familières à ses correspondants et à ses interlocuteurs d'une manière convaincante et pleine d'autorité, bien qu'il semble n'avoir jamais eu l'occasion de compulser les livres auxquels il se réfère. Il déclare dans "l'Épître au fils du Loup" qu'il n'a jamais lu le Bayán bien que, dans ses propres Écrits, il fasse preuve de la connaissance et de la compréhension les plus parfaites de la révélation du Báb--le Báb, nous l'avons vu, déclara que sa révélation, le Bayán, était inspirée par "celui que Dieu doit manifester" et qu'elle émanait de lui. En dehors de la visite du professeur Browne avec qui, en l'année 1890, il eut quatre entretiens d'une durée de vingt à trente minutes chacun, jamais l'occasion de communiquer avec des penseurs occidentaux éclairés ne s'offrit à lui.

Cependant, ses Écrits révèlent une exacte compréhension des problèmes sociaux, politiques et religieux du monde occidental, et ses ennemis eux-mêmes durent admettre que sa sagesse et sa science étaient incomparables. Étant donné les circonstances bien connues de son long emprisonnement ['Abdu'l-Bahá, à qui l'on demandait si Bahá'u'lláh avait fait une étude spéciale des livres du monde occidental et avait fondé sur eux son enseignement, répondit que les livres de Bahá'u'lláh, écrits et imprimés dans les années 1870, contenaient les idéaux communs au monde occidental, alors qu'à cette époque ils n'avaient pas encore été conçus ni même envisagés en Occident], il est hors de doute que la plupart des connaissances exposées dans ses Écrits émanèrent d'une source spirituelle absolument indépendante où les moyens ordinaires d'étude ou d'instruction, livres et maîtres, n'eurent aucune part.

Parfois il écrivait en persan moderne, la langue usuelle de ses compatriotes, fréquemment mêlé d'arabe. En d'autres occasions, lorsqu'il s'adressait à des zoroastriens lettrés, il s'exprimait dans le plus pur persan classique. Il écrivait tout aussi couramment l'arabe, parfois dans un style très simple, parfois dans un style classique ressemblant à celui du Qur'án. Sa parfaite maîtrise de ces langues et de ces styles divers fut remarquable étant donné son manque complet d'études littéraires.

Dans certains de ses Écrits, la voie de la sainteté est indiquée en termes simples tels que: Ceux qui la suivront, même les insensés, ne pourront s'égarer. (ISAÏE XXXV, 8.) D'autres Écrits contiennent un tel trésor d'images poétiques, de profonde philosophie, d'allusions aux Écritures islamiques, zoroastriennes et autres, ou à la littérature et aux légendes persanes et arabes que seul un poète, un penseur, un savant peut les apprécier à leur juste valeur. D'autres encore traitent d'un stade avancé de la vie spirituelle et peuvent être compris uniquement par ceux qui sont déjà passés par les stades précédents. Les œuvres de Bahá'u'lláh sont comme une table abondante pourvue de nourriture et de mets délicats, capables de satisfaire aux besoins et aux goûts de tous les véritables chercheurs de vérité.

C'est pour cela que sa cause trouva un écho parmi des gens lettrés et cultivés, des poètes spiritualistes et des écrivains connus. Quelques chefs soufis ou d'autres sectes ainsi que des hommes politiques, des écrivains renommés ont été attirés par ses paroles d'une beauté et d'une profondeur spirituelles tellement supérieures.


3.17. L'esprit bahá'í

De sa prison, dans le lointain 'Akká, Bahá'u'lláh secoua profondément son pays natal, la Perse, et non seulement la Perse, mais le monde entier. L'esprit qui les animait, lui et ses disciples, était inépuisablement doux, courtois, patient quoique d'une vitalité étonnante et d'un pouvoir transcendant. Il accomplissait ce qui semblait impossible. Il changeait littéralement la nature humaine. Les hommes qui se soumirent à son influence devinrent des êtres nouveaux. Ils étaient imprégnés d'un amour, d'une foi et d'un enthousiasme tels que les joies et les douleurs terrestres pesaient autant qu'un grain de poussière. Ils étaient prêts à faire face à une vie de souffrances ou à la mort violente avec une sérénité absolue, que dis-je! avec une joie radieuse, mus par la force d'une inébranlable confiance en Dieu.

Plus merveilleux encore, leur cœur débordait d'une telle joie dans cette vie nouvelle que toute pensée d'amertume ou de vengeance contre leurs oppresseurs était bannie. Même dans des cas de légitime défense, ils renoncèrent complètement à toute violence et, loin de se lamenter sur leur sort, ils se considérèrent comme les plus fortunés de tous les hommes, détenant le privilège de recueillir cette nouvelle et glorieuse révélation et de lui sacrifier leur vie ou de répandre leur sang pour témoigner de sa vérité. On comprend que leurs cœurs se soient élevés en des hymnes de joie, car ils savaient que le Dieu suprême, l'Éternel, le Bien-Aimé, leur avait parlé par des lèvres humaines, les avait appelés pour être ses serviteurs et ses amis, qu'Il était venu pour établir son royaume sur la terre et pour apporter le don inestimable de la paix à un monde épuisé par les luttes et les guerres.

Telle était la foi qu'inspirait Bahá'u'lláh. Il annonçait sa propre mission comme l'avait prédit le Báb et, grâce au labeur dévoué de son grand précurseur, une multitude d'êtres se trouvait prête à acclamer son avènement--des milliers d'hommes avaient secoué le joug des superstitions et des préjugés et, le cœur pur et l'esprit ouvert, attendaient la manifestation de gloire promise par Dieu. La pauvreté, les chaînes, les conditions sordides et l'apparente ignominie de sa vie ne parvinrent pas à leur dissimuler la gloire spirituelle de leur Seigneur; au contraire, ce sombre cadre terrestre ne fit que mieux ressortir l'éclat de sa véritable splendeur.


4. 'ABDU'L-BAHÁ: LE SERVITEUR DE DIEU

"Quand l'océan de ma présence aura reflué et que le livre de ma révélation sera achevé, tournez vos visages vers celui que Dieu a désigné et qui est issu de l'Antique Racine."
BAHÁ'U'LLÁH.

4.1. Naissance et enfance

'Abbás Effendi qui, par la suite, reçut le titre de 'Abdu'l-Bahá (c'est-à-dire le serviteur de Bahá) était l'aîné des fils de Bahá'u'lláh. Il naquit à Tihrán le 23 mai 1844, peu avant minuit, le soir même où le Báb déclarait sa mission. [Jeudi, 5 jumádí I, 1260 A.H.].

Il avait neuf ans lorsque son père, auquel il était déjà tout dévoué, fut jeté dans la forteresse de Tihrán. La foule mit leur maison à sac, la famille fut dépouillée de tous ses biens et abandonnée dans le dénuement. 'Abdu'l-Bahá raconte qu'un jour il obtint la permission d'entrer dans la cour de la prison pour voir son père bien-aimé, alors que celui-ci faisait sa promenade quotidienne. Bahá'u'lláh avait terriblement changé. Il pouvait à peine marcher tant il était affaibli; les cheveux et la barbe en désordre, le cou tuméfié et enflé par la pression d'un lourd collier d'acier, le corps ployé sous le poids des chaînes. Cette affreuse vision imprima dans l'esprit de cet enfant sensible un souvenir pénible et inoubliable.

Pendant la première année de leur séjour à Baghdád, dix ans avant que Bahá'u'lláh ne déclarât publiquement sa mission, 'Abdu'l-Bahá--qui n'avait que neuf ans--fut amené, par sa fine intuition, à la conviction que son père était réellement le Promis dont tous les disciples du Báb attendaient l'apparition. Environ soixante années plus tard, il décrit ainsi l'instant où cette certitude envahit soudainement tout son être:

"Je suis le serviteur de la Perfection bénie. À Baghdád, j'étais encore tout jeune. C'est là qu'il m'annonça alors qu'il était le Verbe et que je crus en lui. Aussitôt qu'il me fit cette proclamation, je me jetai à ses pieds sacrés, l'implorant et le suppliant d'accepter mon sang en guise de sacrifice dans son chemin. Sacrifice! Quelle douceur j'éprouve à prononcer ce mot! Il n'est pas de plus grande grâce pour moi que celle-là! Quelle gloire plus grande puis-je concevoir que celle de voir ce cou enchaîné en son nom, ces pieds mis aux fers pour l'amour de lui, ce corps mutilé ou jeté dans les profondeurs de la mer en offrande pour sa cause? Si nous sommes vraiment ses amis sincères, si réellement je suis son fidèle serviteur, je dois sacrifier ma vie et tout mon être à son seuil béni." (Journal de Mírzá Ahmad Sohrab, janvier 1914.)

Vers cette époque, les amis de 'Abdu'l-Bahá commencèrent à l'appeler le "Mystère de Dieu" titre donné par Bahá'u'lláh et sous lequel il fut généralement connu pendant le séjour à Baghdád.

Lorsque son père se retira dans le désert pendant deux ans, 'Abbás en eut le cœur brisé. Sa meilleure consolation consistait à copier et à apprendre par cœur les Tablettes du Báb et il passait la plus grande partie de son temps en méditation solitaire. Quand enfin son père revint, l'enfant fut transporté de joie.


4.2. Jeunesse

Désormais, il fut le compagnon le plus intime de son père, sinon son protecteur. Encore adolescent, il montrait déjà une perspicacité et une sagesse étonnantes, et c'est lui qui était chargé de recevoir les visiteurs qui venaient voir son père. S'il voyait en eux de véritables chercheurs de vérité, il les présentait à son père; sinon, il ne leur permettait pas de l'importuner. En maintes occasions, il l'aida à répondre aux questions et à résoudre les problèmes posés par ces visiteurs. Par exemple, un des chefs soufis, nommé 'Alí Shawkat Páshá, demanda une explication de la phrase: "J'étais un mystère caché" qui figure dans un texte musulman bien connu [Ce texte est cité dans une Tablette de Bahá'u'lláh. Voyez chap. 5 de ce livre]. Bahá'u'lláh se tourna alors vers le Mystère de Dieu, 'Abbás, et lui demanda d'écrire l'explication. Le jeune homme, qui n'avait alors que quinze ou seize ans, composa sur-le-champ une importante épître fournissant une explication si lumineuse que Shawkat Páshá en fut stupéfait. Cette épître est aujourd'hui largement répandue parmi les bahá'ís et bien connue, même en dehors de la foi bahá'íe.

À cette époque, 'Abbás visitait souvent les mosquées où il discutait de théologie avec les docteurs et les érudits. Il ne fréquenta jamais ni école ni collège et son seul maître fut son père. Sa récréation favorite était l'équitation, sport auquel il prenait un vif plaisir.

Après la déclaration de Bahá'u'lláh, qui eut lieu dans le jardin de Baghdád, la dévotion de 'Abdu'l-Bahá pour son père ne fit que croître. Durant leur long voyage jusqu'à Constantinople, il s'attacha à protéger Bahá'u'lláh jour et nuit, chevauchant à côté du chariot ou montant la garde près de sa tente. Autant qu'il lui fut possible, il soulagea son père de tous les problèmes et de toutes les responsabilités domestiques et il devint le soutien et le réconfort de toute la famille.

Pendant les années du séjour à Andrinople, 'Abdu'l-Bahá se fit aimer de tout le monde. Il enseigna beaucoup et fut alors appelé le Maître. À 'Akká, alors que presque toute la colonie était en proie à la fièvre typhoïde, la malaria et la dysenterie, il s'occupa des malades, les lava, les soigna, les nourrit, les veilla, ne prenant aucun repos jusqu'à ce que, épuisé, il fût terrassé lui-même par la dysenterie et restât en danger de mort pendant un mois.

À 'Akká comme à Andrinople, tous, du gouverneur au plus humble des mendiants, apprirent à l'aimer et à le respecter.


4.3. Mariage

Les détails suivants se rapportent au mariage de 'Abdu'l-Bahá. Ils ont été fournis par un historien iranien de la foi bahá'íe.

Pendant l'adolescence de 'Abdu'l-Bahá, la question d'un mariage convenable pour lui constituait naturellement un problème d'un grand intérêt pour les croyants, et nombreux étaient ceux qui souhaitaient cette couronne d'honneur pour leur famille. Toutefois, 'Abdu'l-Bahá ne montra pendant longtemps aucune inclination pour le mariage et personne n'en comprenait la raison. On sut par la suite qu'une jeune fille, dont la naissance était due à la bénédiction accordée par le Báb à ses parents à Isfahán, était destinée à devenir la femme de 'Abdu'l-Bahá. Le père de cette jeune fille n'était autre que Mírzá Muhammad 'Alí, oncle du "Bien-Aimé des martyrs" et du "Roi des martyrs"; elle appartenait à l'une des plus nobles familles d'Isfahán. Alors que le Báb se trouvait dans cette ville, Mírzá Muhammad 'Alí se plaignit de n'avoir pu assurer sa postérité, bien que sa femme désirât vivement avoir un enfant. Apprenant cela, le Báb lui offrit une pomme, lui recommandant de la partager avec sa femme. Peu après l'avoir mangée, il se confirma que l'espoir longtemps déçu des parents serait réalisé; une fille leur naquit et elle fut appelée Munírih Khánum [Il est intéressant de comparer cette histoire avec celle de la naissance de saint Jean-Baptiste, LUC, chap.I.]. Plus tard, ils eurent un fils qu'ils nommèrent Siyyid Yahyá et, par la suite, plusieurs autres enfants. Peu après, le père de Munírih mourut, ses cousins furent martyrisés par Zillu's-Sultán et les mullás; la famille connut alors l'adversité et les pires persécutions parce que tous étaient bahá'ís. Bahá'u'lláh permit à Munírih et à son frère Siyyid Yahyá de venir chercher protection à 'Akká. Bahá'u'lláh et son épouse, Navváb, mère de 'Abdu'l-Bahá, montrèrent tant de bonté et d'attention envers Munírih que tous comprirent leur désir qu'elle devînt la femme de 'Abdu'l-Bahá. Le vœu des parents devint aussi celui de 'Abdu'l-Bahá. Il éprouvait une profonde affection, un amour sincère pour Munírih, sentiment entièrement partagé et, peu après, ils furent unis par le mariage.

Cette union fut extrêmement heureuse et harmonieuse. Des enfants qui leur naquirent, quatre filles survécurent aux rigueurs de leur long emprisonnement et, par leur vie magnifique de dévouement, elles surent conquérir l'affection de tous ceux qui eurent le privilège de les approcher.


4.4. Le Centre de l'alliance

Bahá'u'lláh fit savoir, de bien des manières, que 'Abdu'l-Bahá devait prendre sa succession après sa propre ascension. Longtemps avant sa mort, il y fit certaines allusions dans son Kitáb-i-Aqdas.

Se référant à 'Abdu'l-Bahá, il l'appela "le Centre de mon alliance, la plus Grande Branche, le Rameau issu de l'Antique Racine". Habituellement, il l'appelait le Maître et insistait pour que toute la famille le traite avec une déférence toute particulière; de plus, dans son testament, il laissa des instructions explicites afin que tous se tournent vers lui avec obéissance.

Après l'ascension de la Beauté bénie (nom que la famille et les croyants donnaient généralement à Bahá'u'lláh), 'Abdu'l-Bahá assuma les fonctions qui lui furent explicitement assignées par son père, de chef de la cause et d'interprète autorisé des enseignements bahá'ís. Ceci irrita certaines personnes de sa famille et de son entourage qui lui devinrent férocement hostiles comme le fut Subh-i-Azal à l'égard de Bahá'u'lláh. Elles tentèrent d'instaurer la discorde parmi les croyants et, comprenant leur échec, elles adressèrent au gouvernement turc d'injustes accusations contre 'Abdu'l-Bahá.

Suivant les instructions de son père, 'Abdu'l-Bahá faisait ériger une construction sur le versant du mont Carmel dominant Haïfa. Ce bâtiment était destiné à devenir le lieu de repos définitif de la dépouille du Báb; on y prévoyait aussi un certain nombre de locaux réservés aux réunions et aux prières. Ses adversaires portèrent plainte auprès des autorités, affirmant que cette construction était érigée dans le but d'en faire une forteresse où 'Abdu'l-Bahá et ses disciples projetaient de se retrancher afin de défier le gouvernement et de conquérir toute la région avoisinant la Syrie.


4.5. L'emprisonnement strict reprend

À la suite de cette accusation ainsi que d'autres tout aussi peu fondées, en 1901, 'Abdu'l-Bahá et sa famille--qui depuis plus de vingt ans avaient pu circuler librement dans un rayon de quelques lieues autour de 'Akká--furent de nouveau strictement confinés à l'intérieur de la ville fortifiée pendant plus de sept années. Toutefois, cela n'empêcha nullement 'Abdu'l-Bahá de répandre avec efficacité le message bahá'í à travers l'Asie, l'Europe et l'Amérique. Horace Holley écrit à propos de cette période:

"Des hommes et des femmes de toutes races, de toutes religions et de toutes nationalités vinrent vers 'Abdu'l-Bahá comme vers un maître et un ami, l'interrogeant sur les questions sociales, spirituelles ou morales qui leur tenaient le plus à cœur, prenant place à sa table comme des hôtes aimés; et après un séjour variant de quelques heures à plusieurs mois, tous rentraient chez eux, inspirés, réconfortés, éclairés. Nulle maison au monde ne fut aussi hospitalière que celle de 'Abdu'l-Bahá.

C'est dans ces murs que les castes rigides de l'Inde s'évanouirent et que les préjugés de race, aussi bien juifs que chrétiens ou musulmans, devinrent moins qu'un souvenir; tout conformisme, hormis les lois essentielles qui régissent les cœurs ardents et les esprits bien inspirés, fut écarté, banni et aboli par la sympathie conciliatrice du maître de maison. On aurait dit le roi Arthur à sa Table ronde... mais un roi Arthur qui ennoblissait femmes et hommes et les renvoyait de par le monde, munis, non de l'épée, mais de la Parole."
(H. HOLLEY, The Modern Social Religion, p.171.)

Pendant ces années, 'Abdu'l-Bahá entretint une énorme correspondance avec les croyants et les chercheurs de toutes les parties du monde. Il était aidé dans cette tâche par ses filles et aussi par plusieurs interprètes et secrétaires. Il passait une grande partie de son temps à visiter les malades et les malheureux dans leur logis et, dans les quartiers les plus pauvres de 'Akká, nul visiteur n'était mieux accueilli que le Maître.

Un pèlerin en visite à 'Akká vers cette même époque écrit:

"Tous les vendredis matins, 'Abdu'l-Bahá a l'habitude de distribuer des aumônes aux pauvres. À chacun des nécessiteux qui viennent demander assistance, il offre une part prélevée sur ses propres ressources déjà si restreintes. Ce matin, une centaine d'entre eux étaient rangés en file dans la rue, près de la maison de 'Abdu'l-Bahá. Ils étaient assis sur le sol ou accroupis. C'était un indescriptible troupeau d'hommes, de femmes, d'enfants--tous misérables et pauvres, tristes, demi-nus, nombre d'entre eux estropiés ou aveugles, vraiment de pauvres hères, pauvres au-delà de toute expression--et tous attendaient anxieusement que la porte livrât passage à 'Abdu'l-Bahá... Il passait rapidement de l'un à l'autre, s'arrêtant parfois pour dire un mot de consolation et d'encouragement, déposant des piécettes dans chacune de ces paumes avidement tendues, caressant le visage d'un enfant, serrant la main d'une vieille femme qui, à son passage, touchait le bas de son vêtement, ou encore prononçant des paroles lumineuses pour les vieillards aux yeux éteints, s'informant de ceux que la faiblesse et la maladie empêchaient de venir pour chercher leur part, et la leur envoyant, accompagnée d'un message d'amitié et d'encouragement."
(M.J.M., Glimpses of 'Abdu'l-Bahá, p. 13.)

Les besoins personnels de 'Abdu'l-Bahá étaient minimes. Il travaillait tard le soir et tôt le matin; deux repas frugaux par jour lui suffisaient. Sa garde-robe se composait seulement de quelques vêtements d'étoffe très modeste. Il ne pouvait supporter l'idée de vivre dans l'opulence, alors que d'autres étaient dans le besoin.

Il avait un amour immense pour les enfants, les fleurs et les beautés de la nature. Tous les matins, vers six ou sept heures, la famille se réunissait pour prendre en commun le thé matinal et, pendant que le Maître vidait sa tasse à petites gorgées, les jeunes enfants de la maison chantaient des prières. M. Thornton Chase écrit à propos de ces enfants:

"Je n'ai jamais vu de tels enfants, si courtois, si dévoués, si pleins d'attentions pour les autres, si modestes, intelligents et renonçant de si bon cœur aux petites choses que tous les enfants désirent."
(In Galilee, p. 51.)

"Le ministère des fleurs" était un des traits de la vie de 'Akká dont les pèlerins emportaient un souvenir parfumé. Mme Lucas écrit:

"Quand le Maître respire le parfum des fleurs, c'est un réel plaisir de le contempler. Lorsqu'il enfouit son visage parmi les corolles, il semble que la senteur des jacinthes lui confie quelque chose. C'est comme si l'attention était concentrée, comme si l'oreille était tendue pour capter une belle harmonie."
(A Brief Account of my Visit to 'Akká, pp. 25 et 26.)

'Abdu'l-Bahá aimait offrir des fleurs odorantes et magnifiques à ses nombreux visiteurs.

M. Thornton Chase résume ainsi ses souvenirs sur la vie recluse de 'Akká:

"Nous demeurâmes cinq jours dans ces murs, prisonniers avec celui qui habite "la plus grande prison". C'est une prison de paix, d'amour, de prières et de recueillement. Aucun vœu, aucun désire n'y règne si ce n'est pour le bien de l'humanité, la paix du monde, la reconnaissance de la paternité de Dieu et des droits mutuels des hommes en tant que ses créatures, ses enfants.

En réalité, la vraie prison, l'atmosphère suffocante, la privation de ce à quoi le cœur aspire, le poids des obligations mondaines sont en dehors de ces murs de pierre, tandis qu'ici, dans leur enceinte, règnent la liberté et le rayonnement très pur de l'Esprit de Dieu. Tous les soucis, les troubles, les peines, les anxiétés pour les choses du monde sont bannis de ce lieu".
(In Galilee, p. 24.)

Pour la plupart, les souffrances de la vie en captivité sont les pires calamités, mais celles-ci n'avaient rien de terrifiant pour 'Abdu'l-Bahá. De sa prison, il écrivit:

"Ne vous chagrinez pas de mon emprisonnement et de mes malheurs, car cette prison est pour moi comme un beau jardin, une habitation paradisiaque, un trône de puissance parmi les hommes. Le malheur et la prison sont pour moi une couronne; je m'en glorifie parmi les justes.

N'importe qui peut être heureux dans une situation facile et agréable, dans le succès, la santé, le plaisir et la joie; mais si quelqu'un est heureux et satisfait quand la peine, la souffrance et la maladie l'accablent, voilà une preuve de noblesse."
(Tablets of 'Abdu'l-Bahá, vol.II, pp. 258 à 263.)


4.6. Les commissions d'enquête turques

En 1904 et en 1907, des commissions furent nommées par le gouvernement turc pour enquêter sur les accusations portées contre 'Abdu'l-Bahá, et de faux témoignages vinrent ajouter à ces accusations une apparence de vérité. 'Abdu'l-Bahá, tout en réfutant celles-ci, se déclara prêt à se soumettre à quelque sentence que le tribunal prononcerait contre lui. Il déclara que ses juges pouvaient le condamner au cachot, le faire traîner par les rues, le maudire, lui cracher au visage, le lapider, le couvrir de toutes les ignominies, le pendre ou le fusiller, il en serait encore heureux.

Durant les séances de la commission d'enquête, il poursuivit sa vie habituelle dans la plus grande sérénité, plantant des arbres fruitiers dans son jardin, présidant aux réjouissances d'un mariage avec la dignité et le rayonnement dus à la liberté spirituelle. Le consul d'Italie offrit de le faire parvenir en toute sécurité dans n'importe quel port étranger de son choix. Il déclina cette offre avec reconnaissance mais fermeté, disant que, quelles qu'en soient les conséquences, il devait suivre les traces du Báb et de la Perfection bénie qui n'essayèrent jamais de s'enfuir ni de se dérober à leurs ennemis. Toutefois, il engagea la plupart des bahá'ís à quitter le voisinage de 'Akká qui était devenu très dangereux pour eux et il resta là, entouré de quelques fidèles seulement, faisant face au destin.

Les quatre fonctionnaires corrompus constituant la dernière commission d'enquête arrivèrent à 'Akká au début de l'hiver 1907; ils y séjournèrent un mois puis, leur prétendue enquête terminée, ils repartirent pour Constantinople, fermement décidés à confirmer les accusations portées contre 'Abdu'l-Bahá et à conseiller son exil ou son exécution. Mais à peine étaient-ils rentrés en Turquie que la révolution y éclata et les quatre enquêteurs, représentants de l'ancien régime, durent s'enfuir pour sauver leur vie. Les Jeunes Turcs furent victorieux; tous les prisonniers religieux et politiques de l'Empire ottoman furent libérés. En septembre 1908, 'Abdu'l-Bahá fut délivré de sa prison et l'année suivante, 'Abdu'l-Hamíd, le sultan, fut fait prisonnier à son tour.


4.7. Voyages en Occident

Après sa libération, 'Abdu'l-Bahá continua de mener sa sainte vie d'inlassables activités, enseignant, écrivant, s'occupant des pauvres et des malades, se déplaçant seulement de 'Akká à Haïfa et de Haïfa à Alexandrie, jusqu'en août 1911, date de son premier départ pour le monde occidental. Au cours de ses voyages en Occident, 'Abdu'l-Bahá rencontra des hommes de toutes opinions et mit amplement en pratique le commandement de Bahá'u'lláh: "Fraternisez avec tous dans la joie et le ravissement".

Il arriva à Londres dans les premiers jours de septembre 1911 et y passa un mois pendant lequel, en plus des causeries quotidiennes avec de nombreux interlocuteurs et autres activités, il parla devant la congrégation du Révérant R.J. Campbell au City Temple ainsi que devant celle de l'archidiacre Wilberforce, en l'église Saint-Jean de Westminster; de plus, il déjeuna chez le Lord Maire. Il se rendit ensuite à Paris où son temps fut partagé entre des conférences et des causeries quotidiennes devant des auditoires attentifs, composés de personnes de toutes nationalités et des milieux les plus divers. En décembre, il retourna en Égypte; et au printemps suivant, à la prière instante d'amis américains, il se mit en route pour les États-Unis.

Il arriva à New-York en avril 1912. Au cours des neuf mois qui suivirent, il traversa l'Amérique d'un rivage à l'autre, s'adressant à des hommes de toutes sortes et de toutes conditions: étudiants, socialistes, mormons, israélites, chrétiens, agnostiques, espérantistes, à des sociétés pacifistes, à des cercles de Pensée Nouvelle, à des groupements de suffragettes; il parla dans les églises de presque toutes les confessions, adaptant toujours sa causerie à l'auditoire et aux circonstances.

Le 5 décembre, il s'embarqua de nouveau pour l'Angleterre où il passa six semaines, visitant Liverpool, Londres, Bristol et Edimbourg. Dans cette dernière ville, il fit une conférence à la Société espérantiste et annonça qu'il avait encouragé les bahá'ís d'Orient à apprendre l'espéranto, afin d'aider à une meilleure compréhension entre l'Orient et l'Occident.

Après deux mois passés de nouveau à Paris, toujours en entrevues et conférences, il partit pour Stuttgart où il anima une série de réunions très réussies avec les bahá'ís d'Allemagne. De là, il se rendit à Budapest et à Vienne, y fondant de nouveaux groupes bahá'ís. Il retourna en Égypte en mai 1913 et rentra à Haïfa le 5 décembre.


4.8. Retour en Terre sainte

Il avait alors soixante-dix ans; ses longs et pénibles travaux ajoutés à ses voyages épuisants en Occident avaient usé son corps. Après son retour, il adressa les remarques pathétiques suivantes aux croyants d'Orient et d'Occident:

"Amis, le moment approche où je ne serai plus parmi vous. J'ai fait tout ce qui pouvait être fait. J'ai servi de mon mieux la cause de Bahá'u'lláh. J'ai travaillé jour et nuit, durant toute ma vie.

Oh! Combien je souhaite voir les croyants prendre sur leurs épaules les responsabilités de la cause! L'heure est venue de proclamer le royaume d'Abhá, le Très Glorieux. C'est maintenant l'heure de l'union et de la concorde. C'est maintenant le jour de l'harmonie spirituelle entre les amis de Dieu!

Je tends l'oreille vers l'Orient et vers l'Occident, vers le Nord et vers le Sud, espérant entendre les chants d'amour et de fraternité s'élever des réunions de croyants. Mes jours sont comptés et aucune joie ne me reste que celle-là.

Oh! Que j'aspire à voir les amis unis entre eux comme une rangée de perles brillantes, comme les lumineuses Pléiades, comme les rayons du soleil, comme les gazelles d'une même prairie.

Le rossignol mystique chante pour eux, ne l'écouteront-ils point? L'oiseau de paradis gazouille, ne l'entendront-ils point? L'ange du royaume d'Abhá les appelle, ne prêteront-ils point l'oreille? Le messager de l'alliance invoque son témoignage, n'y prendront-ils point garde?

Ah! J'attends, j'attends la bonne nouvelle m'annonçant que les croyants sont la personnification de la sincérité et de la loyauté, l'incarnation de l'amour et de l'amitié et la manifestation de l'unité et de la concorde!

Ne réjouiront-ils point mon cœur? Ne combleront-ils point mes vœux? Resteront-ils sourds à mes appels? Ne réaliseront-ils point mes espérances? Ne répondront-ils point à ma voix?

J'attends, j'attends patiemment."

Les espoirs des ennemis de la cause bahá'íe avaient atteint leur point culminant au moment où le Báb tomba victime de leur fureur, puis encore lorsque Bahá'u'lláh fut chassé de sa terre natale et emprisonné à perpétuité, et de nouveau lorsqu'il s'éteignit. La vigueur de ces ennemis reprit lorsqu'ils constatèrent la faiblesse physique et la fatigue extrême de 'Abdu'l-Bahá après son retour d'Occident. Mais, cette fois encore, leurs espoirs furent déçus. Peu de temps après, 'Abdu'l-Bahá pouvait écrire:

"Sans doute, le corps physique et l'énergie humaine eussent été incapables de supporter cette usure constante... mais l'aide et le secours du Désiré furent la sauvegarde et la protection de l'humble et faible 'Abdu'l-Bahá... Certains affirment que 'Abdu'l-Bahá est à la veille d'exhaler son dernier adieu au monde, que son énergie physique s'est amoindrie et épuisée et que, bientôt, des complications mettront fin à sa vie. Ceci est loin d'être vrai; ceux qui ont rompu l'alliance et dont l'esprit est faussé ont jugé sur l'apparence. Il est incontestable que le corps s'est affaibli en raison des épreuves subies dans le sentier divin. Cependant, loué soit Dieu! Par la grâce de la Perfection bénie, les forces spirituelles sont intactes et en pleine vigueur. Grâces en soient rendues à Dieu! Maintenant, par la bénédiction de Bahá'u'lláh, les énergies physiques elles-mêmes sont complètement rétablies, la joie divine est retrouvée, la suprême bonne nouvelle resplendit et le bonheur idéal coule à flots."
(Star of the West, vol. V, p. 213.)

Pendant et après la guerre de 1914-1918, 'Abdu'l-Bahá, parmi d'autres travaux innombrables, écrivit une série de longues lettres inspirées qui, une fois les communications rétablies, suscitèrent chez les croyants du monde entier un enthousiasme renouvelé et un zèle accru. Sous l'inspiration de ces lettres, la cause fit de rapides progrès et, partout, la foi bahá'íe montra les signes d'un regain d'énergie et de vitalité.


4.9. Les années de guerre à Haïfa

Pendant les derniers mois qui précédèrent la guerre, la remarquable faculté de prévision de 'Abdu'l-Bahá se révéla plus significative que jamais. En temps de paix, il y avait toujours à Haïfa un grand nombre de pèlerins venant d'Irán et des autres parties du monde. Six mois avant la déclaration de guerre, plusieurs croyants d'Irán, désireux de rendre visite à 'Abdu'l-Bahá, déléguèrent un bahá'í âgé vivant à Haïfa pour présenter leur requête. Le Maître refusa d'accorder la permission demandée et, de plus, renvoya progressivement tous les pèlerins qui se trouvaient auprès de lui, de sorte qu'à la fin de juillet 1914, il n'en restait plus aucun. Quand, à l'étonnement du monde, la guerre éclata dans les premiers jours du mois d'août, tous comprirent la sagesse des précautions prises par 'Abdu'l-Bahá.

À ce moment, il avait déjà passé cinquante-cinq années de sa vie en exil et en prison et il redevint virtuellement prisonnier du gouvernement turc. Les communications furent presque complètement coupées entre lui et les amis et les croyants en dehors de la Syrie. Il se trouva--avec quelques-uns de ses disciples--de nouveau soumis à des difficultés continuelles: insuffisance de nourriture, danger personnel et manque de confort.

Pendant toute la durée de la guerre, 'Abdu'l-Bahá s'occupa activement de pourvoir aux besoins matériels et spirituels de son entourage. Il organisa lui-même l'exploitation agricole de vastes étendues près de Tibériade, évitant ainsi, par d'importants approvisionnements de blé, la famine qui menaçait non seulement les bahá'ís, mais aussi les centaines de pauvres de toutes croyances et de toutes religions de 'Akká et de Haïfa. Il parvint à subvenir complètement à leurs besoins, prenant soin de tous et adoucissant leurs souffrances autant qu'il le pouvait. Chaque jour, il répartissait une somme d'argent entre une centaine d'indigents; de plus, il distribuait du pain. Lorsque le pain venait à manquer, il donnait des dattes ou quelque autre aliment. Il se rendait souvent à 'Akká pour réconforter les croyants et les pauvres. Pendant toute la guerre, il réunit les fidèles chaque jour et, grâce à lui, les amis passèrent ces années difficiles dans le bonheur et la sérénité.


4.10. Sir 'Abdu'l-Bahá 'Abbás, chevalier de l'ordre de l'Empire britannique

Grande fut la joie à Haïfa quand, le 23 septembre 1918, à trois heures de l'après-midi, après vingt-quatre heures de combat, la ville fut occupée par la cavalerie anglaise et hindoue; les horreurs de la guerre sous la domination turque prenaient fin.

Dès les premiers jours de l'occupation britannique, un grand nombre de militaires ainsi que les attachés du gouvernement de tous grades, même les plus élevés, tentèrent de rencontrer 'Abdu'l-Bahá. Ils furent charmés par sa brillante conversation, sa largeur de vue, la profondeur de son intelligence, sa courtoisie pleine de dignité et son hospitalité généreuse. Les représentants du gouvernement furent si profondément impressionnés par son noble caractère et par tous les services qu'il avait rendus à la cause de la conciliation et de la véritable prospérité des peuples qu'il fut promu chevalier de l'ordre de l'Empire britannique. La cérémonie eut lieu dans les jardins du gouvernement militaire de Haïfa, le 27 avril 1920.


4.11. Les dernières années

Au cours de l'hiver 1919-1920, l'auteur de ce livre eut le grand privilège de passer deux mois et demi à Haïfa et d'y jouir de l'hospitalité de 'Abdu'l-Bahá, ce qui lui permit d'observer étroitement la vie quotidienne. À cette époque, 'Abdu'l-Bahá, bien qu'âgé de 76 ans, était encore remarquablement vigoureux et il accomplissait chaque jour une quantité incroyable de travaux. Bien qu'il fût souvent très las, il faisait preuve d'une étonnante puissance de récupération et il se trouvait toujours prêt à répondre à ceux qui avaient le plus grand besoin de ses services.

Sa patience inlassable, sa douceur, sa bonté, son tact faisaient de sa présence une vraie bénédiction. Il passait généralement une bonne partie de la nuit en prières et en méditation. Dès l'aube et jusqu'au soir--en dehors d'une brève sieste après le déjeuner--il s'occupait sans relâche à lire les lettres parvenant de tous pays, à y répondre, tout en assumant la direction des nombreuses activités de sa maison et de la cause. Même lorsqu'il prenait une courte récréation sous la forme d'une promenade à pied ou à cheval au cours de l'après-midi, il était généralement accompagné d'un ou deux pèlerins ou d'un petit groupe et il parlait de choses spirituelles, ou bien il profitait de la promenade pour rendre visite aux pauvres et les soigner. Au retour, il invitait les amis à la réunion habituelle du soir, dans son salon.

Au déjeuner comme au dîner, il recevait toujours un grand nombre de pèlerins et d'amis; ses invités étaient charmés tant par les histoires amusantes et pleines d'esprit que contait 'Abdu'l-Bahá que par ses précieux conseils sur toutes sortes de problèmes. Ma maison est un foyer de rires et de bonheur, déclarait-il. Et rien n'était plus vrai. Il se plaisait à réunir autour de sa table hospitalière des personnalités de races, de couleurs, de nationalités, de religions différentes, dans une ambiance des plus cordiales. Il était vraiment comme un père attentionné, non seulement pour la petite communauté de Haïfa, mais pour la communauté bahá'íe du monde entier.


4.12. La mort de 'Abdu'l-Bahá

Malgré sa fatigue et son affaiblissement physique croissants, les multiples activités de 'Abdu'l-Bahá furent à peine ralenties et il ne cessa de travailler qu'un jour ou deux avant sa mort. Le vendredi 25 novembre 1921, il assista à la prière de midi dans la mosquée de Haïfa et, selon son habitude, il distribua encore lui-même ses aumônes aux pauvres. Le déjeuner terminé, il dicta encore quelques lettres et, après une courte sieste, il se rendit au jardin pour s'y promener et s'entretenir avec le jardinier. Le soir, donnant sa bénédiction à un fidèle serviteur de la maison qui s'était marié ce jour-là, il lui prodigua d'affectueux conseils. Ensuite, il assista comme d'habitude à la réunion quotidienne des amis, chez lui. Moins de trois jours plus tard, vers une heure et demie du matin, le lundi 28 novembre 1921, il s'éteignit si paisiblement que ses deux filles qui veillaient près de son lit le crurent simplement endormi.

La triste nouvelle se répandit rapidement dans la ville et fut télégraphiée dans toutes les parties du monde. Les funérailles se déroulèrent le lendemain matin, le mardi 29 novembre 1921.

Des obsèques telles que ni Haïfa ni même la Palestine n'en avaient certainement jamais vu... tant était profond le sentiment qui unissait là des milliers d'affligés, représentant de nombreuses religions, races et langues...

Le haut commissaire, Sir Herbert Samuel, le gouverneur de Jérusalem, le gouverneur de la Phénicie, les principaux dignitaires représentant le gouvernement, les ambassadeurs de différents pays accrédités à Haïfa, des chefs de diverses communautés religieuses, des notables de Palestine, des israélites, chrétiens, musulmans, Druses, Égyptiens, Grecs, Kurdes, Turcs et une multitude d'amis américains, européens, indigènes, hommes, femmes et enfants, pauvres et riches... dix mille personnes environ pleuraient la perte de leur bien-aimé... "Ô Dieu, ô mon Dieu, criaient-ils à l'unisson, notre père nous a quittés, notre père nous a quittés!"

Ils gravirent lentement le mont Carmel, le vignoble de Dieu... Après deux heures de marche, ils atteignirent le jardin du tombeau du Báb... Cependant que l'immense foule se pressait alentour, des représentants de toutes dénominations, musulmans, chrétiens, israélites, tous, le cœur enflammé d'un amour fervent pour 'Abdu'l-Bahá, improvisèrent ou lurent des paroles d'éloge et de regret, rendant un dernier et fervent hommage à celui qu'ils vénéraient... L'unanimité était telle et les louanges si nombreuses à l'égard de ce sage éducateur et pacificateur de la race humaine en ce siècle de troubles et de confusion qu'il semblait impossible, même pour les bahá'ís, d'ajouter quelque chose.
(LADY BLOMFIELD et SHOGHI EFFENDI, The Passing of 'Abdu'l-Bahá, pp.11 et 12.)

Neuf orateurs, tous représentants très en vue des communautés musulmane, chrétienne et israélite, apportèrent un témoignage éloquent et émouvant de leur amour et de leur admiration pour cette pure et noble figure qui venait de disparaître. Le cercueil fut lentement déposé dans son modeste et saint lieu de repos.

Ces funérailles furent certes un hommage légitime à la mémoire de celui qui avait travaillé toute sa vie à l'unification des religions, des races et des langues, un hommage mais aussi une preuve que l'œuvre de sa vie n'avait pas été vaine, que l'idéal dont Bahá'u'lláh l'avait imprégné et qui avait été le but même de sa vie commençait déjà à pénétrer le monde, à briser les barrières de sectes, de castes et autres factions qui, tout au long des siècles, ont séparé les musulmans, les chrétiens et les juifs entre lesquels la famille humaine avait été divisée.


4.13. Ses écrits et ses discours

Les écrits que 'Abdu'l-Bahá nous a laissés sont très nombreux et se présentent généralement sous la forme de lettres aux croyants et aux chercheurs. Un grand nombre de ses causeries et de ses discours ont aussi été rassemblés et, pour la plupart, édités. Parmi les milliers de pèlerins qui lui rendirent visite à 'Akká et à Haïfa, nombreux sont ceux qui ont noté leurs impressions personnelles, et plusieurs de ces Mémoires sont maintenant publiés.

Les enseignements de 'Abdu'l-Bahá sont ainsi très complètement conservés et ils concernent maints sujets des plus variés. 'Abdu'l-Bahá, dans ses écrits, traite plus longuement que ne l'avait fait son père des problèmes de l'Orient et de l'Occident, indiquant des applications détaillées des principes généraux énoncés par Bahá'u'lláh. Nombre de ses écrits ne sont encore traduits en aucune langue occidentale, mais les quelques ouvrages disponibles suffisent amplement pour acquérir une connaissance approfondie des principes fondamentaux de son enseignement.

Il parlait plusieurs langues: le persan, l'arabe et le turc. Les causeries qu'il fit pendant ses voyages en Occident furent toujours traduites par un interprète et perdirent de ce fait beaucoup de leur beauté, de leur éloquence et de leur force mais, malgré cela, la puissance de l'esprit qui imprégnait ses paroles était telle qu'il laissait une impression profonde sur ses auditeurs.


4.14. Le rang de 'Abdu'l-Bahá

Le rang unique assigné à 'Abdu'l-Bahá par la Perfection bénie est indiqué dans la tablette suivante écrite par Bahá'u'lláh:

"Quand l'océan de ma présence aura reflué et que le Livre de ma révélation sera achevé, tournez vos visages vers celui que Dieu a choisi et qui est issu de l'Antique Racine."

Et encore:

"... Pour tout ce que vous ne comprenez pas dans le Livre, adressez-vous à celui qui est issu de cette puissante lignée."

'Abdu'l-Bahá a confirmé lui-même:

"Selon le texte explicite du Kitáb-i-Aqdas, Bahá'u'lláh a fait du Centre de l'alliance l'interprète de sa parole. Cette alliance est si ferme et si puissante que, depuis le commencement des temps jusqu'à l'heure présente, aucune dispensation n'en a produit de semblable."

L'état d'effacement absolu que choisit 'Abdu'l-Bahá dans sa tâche de promulgateur de la foi de Bahá'u'lláh a pu troubler les fidèles d'Orient et d'Occident et causer parfois une certaine confusion dans l'appréciation de son rang. Profondément sensibles à la pureté de l'esprit qui animait sa parole et ses actes, certains bahá'ís, encore sous l'influence religieuse qui avait déterminé chez eux la rupture avec leurs doctrines traditionnelles, crurent honorer 'Abdu'l-Bahá en l'identifiant à une manifestation divine ou en saluant en sa personne le retour du Christ. Rien ne pouvait lui causer plus d'affliction que cette incapacité à comprendre ceci: la faculté qu'il avait de servir Bahá'u'lláh lui était acquise par la pureté du miroir tourné vers le Soleil de Vérité mais ne provenait pas du Soleil lui-même [C'est-à-dire que 'Abdu'l-Bahá, considéré comme un miroir absolument pur placé en face du Soleil de Vérité, Bahá'u'lláh, réfléchissait sa puissance et sa sagesse mais qu'il n'était pas lui-même le Soleil de Vérité. (Note du comité de traduction.)].

De plus, s'écartant en cela des dispensations précédentes, la foi de Bahá'u'lláh contenait en puissance les bases d'une société humaine universelle et, pendant la mission de 'Abdu'l-Bahá--de 1892 à 1921--, la cause, passant par des stades successifs de développement, a évolué dans le sens d'un véritable ordre mondial. Ce développement exigeait une direction constante et des instructions appropriées de la part de 'Abdu'l-Bahá, seul à connaître le pouvoir de cette nouvelle et puissante source d'inspiration dévolue au monde en cet âge. Jusqu'au moment où le testament de 'Abdu'l-Bahá fut révélé après son ascension et jusqu'à ce que la pleine signification en soit révélée par Shoghi Effendi, premier gardien de la cause, les bahá'ís avaient attribué--et ceci était inévitable--à la sage maîtrise de leur Maître bien-aimé un degré d'autorité égal à celui de la Manifestation.

Les effets de ce naïf enthousiasme ont désormais disparu de la communauté bahá'íe, et une compréhension plus sûre du mystère de la dévotion et de l'effacement incomparables de 'Abdu'l-Bahá permet actuellement d'apprécier à sa juste valeur le caractère unique de la mission qu'il a remplie. La foi qui semblait si faible et si impuissante en 1892, en raison de l'exil et de l'emprisonnement de celui qui en était l'exemple et l'interprète, a fait surgir depuis lors, avec une puissance irrésistible, des communautés locales dans plus de quarante pays [40 pays en 1920, 106 pays en 1951, 317 pays, protectorats et îles en 1971. En 1989: 168 pays indépendants et 49 territoires et départements d'Outre-Mer], et elle oppose à la faiblesse d'une civilisation décadente, un corps d'enseignements, qui seul révèle le futur à une humanité acculée au désespoir.

Dans le testament même de 'Abdu'l-Bahá, le mystère entourant le rang du Báb ainsi que le rang et la mission de Bahá'u'lláh est complètement élucidé:

"... Voici la base de la croyance du peuple de Bahá, que ma vie lui soit sacrifiée: Sa Sainteté le Glorifié (le Báb) est la manifestation de l'unité et de l'unicité de Dieu et le précurseur de l'Ancienne Beauté. Sa Sainteté la Beauté d'Abhá, que ma vie soit offerte en sacrifice pour ses fidèles amis, est la manifestation suprême de Dieu et l'aurore de sa très divine Essence. Tous les autres sont ses serviteurs et obéissent à ses ordres..."
(Testament de 'Abdu'l-Bahá, pp. 40 et 41, éd. 1970.)

C'est grâce à cette affirmation et à plusieurs autres--par lesquelles 'Abdu'l-Bahá insista sur l'importance qu'il y a de fonder la compréhension de la cause directement sur ses tablettes générales--que fut établie une base pour l'unité de la croyance. Elle eut pour résultat la prompte disparition des différences d'interprétation découlant de références à des tablettes écrites à des particuliers, et dans lesquelles le Maître répondait à des questions d'ordre purement personnel. Par-dessus tout, l'établissement d'un ordre administratif précis, sous la direction éclairée du Gardien, impliqua le transfert aux institutions légales, de toute autorité ayant pu être exercée précédemment par des bahá'ís à titre individuel, de par leur prestige ou leur influence.


4.15. Un modèle de vie bahá'íe

Bahá'u'lláh fut, par-dessus tout, celui qui révéla la Parole (le Verbe). Ses quarante années d'emprisonnement ne lui ayant laissé que peu d'occasions d'entrer en relations avec les hommes, c'est alors à 'Abdu'l-Bahá qu'il appartenait de se mettre en contact effectif avec le monde contemporain, à l'occasion de ses activités nombreuses et si diverses. C'est à lui qu'incombait la tâche suprême d'être le grand interprète de la révélation, celui qui accomplit la Parole, le modèle parfait de vie bahá'íe. Il sut démontrer qu'en dépit du tourbillon et de la fièvre de la vie moderne, de l'égoïsme et de la lutte pour la prospérité matérielle qui prévalent partout, il est possible de mener une existence d'entière dévotion à Dieu et de dévouement à ses semblables, comme le Christ, Bahá'u'lláh et tous les prophètes l'ont enseigné aux humains.

D'une part, au sein des épreuves et des vicissitudes, des calomnies et des tromperies et, de l'autre, immergé dans l'amour et la louange, la dévotion et la vénération, il résista comme un phare édifié sur le roc autour duquel, tour à tour, les tempêtes hivernales font rage et que les vagues de l'été viennent caresser. Son équilibre et sa sérénité restèrent toujours fermes, inébranlables. Il vécut la vie de la foi et il engagea ses disciples à la vivre également, ici-bas et dès à présent. Au sein d'un monde en guerre, il a levé la bannière de l'unité et de la paix et il a assuré le soutien et l'inspiration de l'esprit du nouveau jour à tous ceux qui rallient cet étendard de l'ère nouvelle. C'est le même Esprit saint qui a inspiré les prophètes et les saints du passé, mais c'est une effusion nouvelle adaptée aux nécessités des temps nouveaux.


5. QU'EST-CE QU'UN BAHÁ'Í?

"L'homme doit produire des fruits. Un homme improductif, selon la parole de Sa Sainteté l'Esprit (c'est-à-dire le Christ), est comme un arbre stérile, et un arbre stérile est bon à jeter au feu."
BAHÁ'U'LLÁH.

Herbert Spencer a dit qu'aucune alchimie politique ne peut engendrer une conduite d'or avec des instincts de plomb, et il est également vrai qu'aucune alchimie politique ne peut créer une société d'or avec des individus de plomb. Bahá'u'lláh, comme tous les prophètes précédents, proclama cette vérité et enseigna que, pour instaurer le royaume de Dieu sur terre, il faut l'établir d'abord dans le cœur des hommes.

En examinant les enseignements bahá'ís, nous commencerons donc par les instructions de Bahá'u'lláh relatives au comportement individuel et nous essaierons de définir clairement ce qu'est un bahá'í.


5.1. La vraie vie

Répondant à cette question: Qu'est-ce qu'un bahá'í ? 'Abdu'l-Bahá dit: "Être un bahá'í signifie simplement aimer tout le monde, aimer l'humanité et s'efforcer de la servir; travailler pour la paix et la fraternité universelles." Une autre fois, il en donne la définition suivante: "Celui qui est doué de toutes les perfections humaines et qui les met en action." Dans une de ses causeries à Londres, il déclare qu'un homme peut être bahá'í même sans avoir jamais entendu prononcer le nom de Bahá'u'lláh. Il ajoute:

"L'homme qui mène une vie conforme aux enseignements de Bahá'u'lláh est déjà un bahá'í. Par contre, un homme peut se vanter d'être un bahá'í pendant cinquante ans, s'il ne mène pas la vraie vie, il n'est pas un bahá'í. Un homme laid peut se prétendre beau, il ne trompe personne, et un noir peut se dire blanc, il ne trompe personne, pas même lui."
('Abdu'l-Bahá in London, p. 109.)

Cependant, celui qui ignore les messagers de Dieu est comme une plante qui croît à l'ombre. Bien que celle-ci ne connaisse pas le soleil, elle en dépend absolument.

Les grands prophètes sont les soleils de l'esprit et Bahá'u'lláh est le soleil de ce jour que nous vivons. Les soleils d'autrefois ont réchauffé et vivifié le monde et, s'ils n'avaient pas brillé, la terre serait maintenant froide et morte, mais seul le soleil d'aujourd'hui peut mûrir les fruits que les soleils d'autrefois ont fait naître à la vie.


5.2. Dévotion à Dieu

Afin de parvenir à la vie bahá'íe dans toute sa plénitude, des rapports conscients et directs avec Bahá'u'lláh sont aussi nécessaires que la lumière du soleil l'est à l'éclosion du lis et de la rose. Le bahá'í adore, non pas la personnalité humaine de Bahá'u'lláh, mais la gloire de Dieu qui se manifeste en cette personnalité. Le bahá'í révère le Christ, Muhammad et tous les messagers de Dieu qui les ont précédés, mais il reconnaît en Bahá'u'lláh le porteur du message de Dieu pour notre âge nouveau, le grand instructeur du monde, venu pour continuer et consommer l'œuvre de ses prédécesseurs.

Ni l'assentiment intellectuel à un credo, ni une rectitude extérieure de conduite ne suffisent à faire d'un homme un bahá'í. Bahá'u'lláh exige de ses adeptes une complète dévotion, donnée de tout cœur. Dieu seul a le droit d'avoir une telle exigence, mais Bahá'u'lláh parle en tant que manifestation de Dieu et révélateur de sa volonté. Les manifestations précédentes ont été également explicites sur ce point. Le Christ a dit:
"Si quelqu'un veut me suivre, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il vienne. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera."
(MATTH. 24 et 25.)

Toutes les manifestations divines ont, en divers termes, formulé ces mêmes exigences à l'égard de leurs adeptes, et l'histoire des religions montre clairement que la religion est restée florissante aussi longtemps que ces commandements ont été sincèrement reconnus et acceptés en dépit de toute opposition terrestre, malgré les afflictions, les persécutions et le martyre infligés aux croyants.

D'autre part, chaque fois que les compromis s'y sont glissés et que la simple respectabilité s'est substituée au dévouement total, la religion a dégénéré. Elle est passée dans les us et coutumes, mais elle a perdu, de ce fait, son pouvoir de sauver et de transformer, sa capacité de faire des miracles. La véritable religion n'est jamais encore devenue une coutume; Dieu veuille qu'elle le devienne un jour.

Mais il est toujours vrai, comme aux jours du Christ, que "étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la vie", et qu'il y en a peu qui les trouvent. (MATTH. VII, 14.) La porte de la naissance spirituelle, tout comme la porte de la naissance physique, n'admet les hommes qu'un par un et dépourvus de tout. Si, dans l'avenir, un plus grand nombre de personnes réussissent à franchir cette porte de la vie spirituelle, ceci sera dû non à l'élargissement de cette porte, mais au fait que les hommes seront mieux disposés à accepter la grande reddition que Dieu leur demande, parce qu'une longue et amère expérience les aura enfin amenés à reconnaître la folie de suivre leur propre chemin au lieu de s'engager dans la voie de Dieu.


5.3. Recherche de la vérité

Bahá'u'lláh prescrit la justice à tous ses disciples et la définit ainsi:

"La libération de l'homme de toutes superstitions et imitations afin qu'il puisse, avec les yeux de l'unité, considérer toutes choses avec clairvoyance et discerner les manifestations de Dieu."
(Paroles de sagesse, dans Foi mondiale bahá'íe, p. 252.)

Il est nécessaire que chaque individu voie et comprenne lui-même la gloire de Dieu manifestée dans le temple humain de Bahá'u'lláh, autrement la foi bahá'íe ne serait pour lui qu'un mot vide de sens.

Les prophètes ont toujours adjuré les hommes d'ouvrir les yeux et non de les fermer, de se servir de leur raison et non de la supprimer.

C'est par une vision claire et une pensée libre, non par une crédulité servile, que les hommes parviendront à percer les nuages des préjugés, à secouer les entraves de la routine aveugle pour atteindre à la conception nette de la vérité d'une nouvelle révélation.

Celui qui veut être un bahá'í doit rechercher la vérité avec intrépidité, mais il ne doit pas confiner ses recherches au plan matériel. Ses pouvoirs de perception spirituelle doivent être autant en éveil que ses pouvoirs de perception physique. Pour parvenir à la vérité, il utilisera toutes les facultés que Dieu lui a données, ne faisant sienne aucune croyance sans raison valable et suffisante. Le chercheur consciencieux, s'il a le cœur pur et l'esprit libre de préjugés, ne manquera pas de reconnaître la gloire divine en quelque temple qu'elle se manifeste. Bahá'u'lláh déclare aussi:

"L'homme doit se connaître lui-même et aussi connaître les choses qui l'élèvent ou l'abaissent, qui le conduisent à la honte ou à l'honneur, à la richesse ou à la pauvreté."
(Les Ornements dans Foi mondiale bahá'íe, édition 1968, p. 297.)

"La source de toute science est la connaissance de Dieu, exaltée soit sa gloire, et cette connaissance est inaccessible si ce n'est par le savoir de ses manifestations divines."
(Paroles de sagesse dans Foi mondiale bahá'íe, p. 251.)

La Manifestation est "l'homme parfait", le grand exemple pour le genre humain, le fruit de choix de l'arbre de l'humanité. Jusqu'à ce que nous la connaissions, nous ignorons nos possibilités latentes. Le Christ nous dit de regarder comment croissent les lis des champs et il déclare que Salomon, dans toute sa gloire, n'était pas vêtu comme l'un d'eux. Le lis naît d'un bulbe d'apparence peu engageante. Si nous n'avions jamais vu un lis en fleur, jamais contemplé la grâce incomparable de son feuillage et de ses pétales, comment pourrions-nous connaître la réalité enfouie dans ce bulbe? Nous pouvons le disséquer avec le plus grand soin et l'examiner le plus minutieusement possible, jamais nous ne découvrirons la beauté latente que le jardinier sait en faire jaillir.

Ainsi, tant que nous n'avons pas vu la gloire de Dieu révélée dans sa manifestation, nous n'avons aucune idée de la beauté spirituelle latente de notre nature et de celle de nos semblables. C'est en connaissant et en aimant la manifestation de Dieu et en suivant graduellement ses enseignements que nous parviendrons à réaliser le potentiel des perfections qui réside en nous. Alors, mais alors seulement, le sens et le but de la vie et de l'univers nous apparaîtront.


5.4. Amour de Dieu

Connaître la manifestation de Dieu signifie aussi l'aimer. L'un est impossible sans l'autre. D'après Bahá'u'lláh, le but de la création est, pour l'homme, de connaître Dieu et de l'adorer. Il dit dans une de ses Tablettes:

La cause de la création de tous les êtres contingents est l'amour, comme l'indique la parole traditionnelle bien connue: "J'étais un trésor caché et j'ai voulu me faire connaître. Pour cela, j'ai créé l'univers afin d'être connu."

Et dans Les Paroles cachées, Bahá'u'lláh déclare:

Ô fils de l'existence!
Aime-moi pour que je puisse t'aimer. Si tu ne m'aimes pas, par aucun moyen mon amour ne pourra t'atteindre. Sache-le, ô serviteur.
(Les Paroles cachées, première partie, n 5.)

Ô fils de la vision merveilleuse!
J'ai insufflé en toi une parcelle de mon propre esprit afin que tu puisses être mon amant. Pourquoi m'as-tu délaissé et as-tu cherché un autre bien-aimé que moi?
(Les Paroles cachées, première partie, n 19.)

Être celui qui aime Dieu! Voilà le seul objet de la vie pour un bahá'í. Voir en Dieu son plus proche compagnon, son ami le plus intime, son Bien-Aimé incomparable dont la présence donne la plénitude de la joie! Et aimer Dieu signifie aimer tous les êtres et toutes les choses, car tout vient de Dieu. Le vrai bahá'í sera le parfait amant. Il aimera chacun d'un cœur pur, avec ferveur. Il ne haïra personne, car il aura appris à voir le visage du Bien-Aimé sur chaque visage et à reconnaître partout ses traces. Son amour ne connaîtra aucune barrière de secte, de nation, de classe ni de race. Bahá'u'lláh dit:

Dans les âges passés, il a été dit: "L'amour du pays natal est un indice de la foi." Mais la Langue de Grandeur a dit en ce jour de la présente manifestation: "La gloire n'est pas à celui qui aime son pays, mais à celui qui aime ses semblables."
(Tablette du monde dans Foi mondiale bahá'íe, p. 312.)

Et encore:

"Béni est celui qui aime son frère plus que lui-même; celui-là est du peuple de Bahá."
(Les Paroles du paradis, ibid. p. 331.)

'Abdu'l-Bahá nous dit que nous devons former "une seule âme en plusieurs corps, car plus nous nous aimons les uns les autres, plus nous nous rapprochons de Dieu."

Dans une assemblée, en Amérique, il dit:

"Ainsi, les divines religions des saintes manifestations de Dieu sont une en réalité, bien qu'elles diffèrent dans leur appellation et leur vocabulaire. Que l'homme soit donc amoureux de la lumière, quelle que soit sa source. Qu'il soit l'amant de la rose, quel que soit le sol où elle pousse. Qu'il cherche la vérité, quelle qu'en soit l'origine. S'attacher à la lanterne n'est pas aimer la lumière qu'elle émet. S'attacher à la terre ne convient pas, mais se réjouir à la vue d'une rose est louable. Vouer une affection à un arbre est vain, mais prendre sa part de fruits est avantageux. On peut jouir de la saveur des fruits, de quelque arbre et de quelque lieu qu'ils proviennent. Il faut accepter la parole de vérité, quelle que soit la bouche qui la prononce. Il faut accepter les vérités absolues, quel que soit le livre qui les consigne. Si nous accueillons les préjugés, nous nous priverons de nombreux bienfaits et nous resterons plongés dans l'ignorance. La lutte entre les religions, les nations et les races est le résultat de l'incompréhension. Si nous étudions les religions pour découvrir les principes sur lesquels s'étayent leurs fondements, nous verrons qu'elles sont véritablement d'accord, car leur vérité essentielle est une et non multiple. C'est par ces moyens que les esprits religieux du monde parviendront à l'unité et à la réconciliation."

Il dit encore:

"L'âme de chacun des élus doit aimer les autres âmes, ne pas leur refuser ses biens ni sa vie et s'efforcer par tous les moyens de leur procurer joie et bonheur. Mais ces autres âmes doivent être également désintéressées et altruistes. Ainsi, cette aurore pourra s'étendre à tous les horizons, cette mélodie pourra réjouir et rendre heureux tous les peuples, ce remède divin deviendra la panacée pour tous les maux et cet esprit de vérité la cause de la vie pour toutes les âmes."
(Tablets of 'Abdu'l-Bahá, vol. I.)


5.5. Détachement

La dévotion à Dieu implique aussi le détachement de tout ce qui ne vient pas de Dieu, détachement de tous désirs terrestres et égoïstes. Le chemin de Dieu peut passer par la richesse ou la pauvreté, la santé ou la maladie, traverser le palais comme la prison, la roseraie comme la chambre de torture. Le bahá'í, quel que soit son sort, apprendra à l'accepter avec un radieux acquiescement. Détachement ne veut pas dire indifférence stupide à l'entourage ni résignation passive aux circonstances malheureuses. Détachement ne signifie pas non plus mépris des bonnes choses que Dieu a créées.

Le vrai bahá'í ne sera ni insensible, ni apathique, ni ascétique. Il trouvera dans le sentier de Dieu intérêt, travail, joie et abondance, mais il ne s'écartera pas de ce sentier, ne fût-ce que de l'épaisseur d'un cheveu, pour s'élancer à la poursuite du plaisir; il ne convoitera jamais ce que Dieu lui a refusé. Quand un homme devient bahá'í, la volonté de Dieu devient sa volonté, car le désaccord avec Dieu est la seule chose qu'il ne puisse souffrir. Dans le chemin de Dieu, aucune erreur ne le désespère, aucune peine ne l'abat. La lumière de l'amour illumine ses jours les plus sombres, transforme ses souffrances en joies, et le martyre même en une extase de félicité. Ainsi, la vie se hausse jusqu'au niveau de l'héroïsme et la mort devient une heureuse aventure.

Bahá'u'lláh dit:

"Celui qui conserve en son cœur, ne fût-ce qu'un grain de moutarde d'amour en dehors de son amour pour moi, ne peut en vérité entrer dans mon royaume."
(Súriy-i-Haykal.)

Ô fils de l'homme!
Si tu m'aimes, détourne-toi de toi-même; et si tu cherches mon bon plaisir, ne pense pas au tien, afin que tu puisses mourir en moi et que je puisse vivre en toi, éternellement.
(Les Paroles cachées, première partie, n 7.)

Ô mon serviteur!
Libère-toi des chaînes de ce monde et délivre ton âme de la prison de ton ego. Saisis ta chance, car jamais plus elle ne se présentera à toi.
(Les Paroles cachées, deuxième partie, n 40.)


5.6. Obéissance

La dévotion à Dieu comporte également l'obéissance implicite à ses commandements révélés, même si parfois on n'en comprend pas les raisons. Le matelot obéit aux ordres de son capitaine même s'il en ignore la raison, mais son acceptation de l'autorité n'est pas aveugle. Il sait parfaitement que le capitaine a reçu la formation nécessaire et a donné des preuves abondantes de sa compétence de navigateur. S'il n'en était pas ainsi, il serait absurde, en vérité, de servir sous ses ordres. De même, le bahá'í doit obéir implicitement au capitaine de son salut, mais ce serait folie s'il ne s'était d'abord assuré que ce capitaine a largement fait ses preuves et qu'il est digne de sa confiance.
D'autre part, refuser l'obéissance après de telles preuves serait une plus grande folie, car ce n'est que par une obéissance intelligente et perspicace envers un maître sage que nous pouvons bénéficier de sa sagesse et l'acquérir nous-mêmes. Même si le capitaine est très capable, comment le vaisseau atteindra-t-il le port si personne dans l'équipage ne lui obéit? Et comment les marins apprendront-ils l'art de naviguer?

Le Christ a clairement fait ressortir que l'obéissance est le chemin de la connaissance. Il a dit:

"Ma doctrine n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé. Si quelqu'un veut faire sa volonté, il saura si la doctrine est de Dieu ou si je parle de mon propre chef."
(JEAN, VII, 16, 17.)

De même, Bahá'u'lláh dit:

"La foi en Dieu et la connaissance de Dieu ne peuvent être pleinement atteintes que... par la pratique de tout ce qu'Il a commandé et de tout ce qui a été révélé dans le Livre écrit par la Plume de gloire."
(Les Révélations, dans Foi mondiale bahá'íe, p.338.)

L'obéissance implicite n'est pas une vertu en faveur en ces temps de démocratie et, à vrai dire, une entière soumission à la volonté de n'importe quel homme ordinaire serait désastreuse. Mais l'unité de l'humanité ne peut être réalisée que par une complète harmonie de chacun et de tous avec la volonté divine. Et, à moins que cette volonté ne soit clairement révélée et que les hommes n'abandonnent tout autre chef pour obéir au messager divin, les conflits et les luttes ne cesseront pas, les humains continueront à s'opposer les uns aux autres et à consacrer le meilleur de leur énergie à anéantir les efforts de leurs frères, au lieu de travailler ensemble en harmonie pour la gloire de Dieu et le bien commun.


5.7. Service

La dévotion à Dieu implique une vie consacrée au service de nos semblables. Nous ne pouvons servir Dieu d'une autre manière. Si nous tournons le dos à nos semblables, nous tournons le dos à Dieu.

Le Christ a dit:
"Toutes les fois que vous n'avez pas fait ces choses à l'un de ces plus petits, c'est à moi que vous ne les avez pas faites."

Ainsi, Bahá'u'lláh dit:

"Ô fils de l'homme! Si tu veux être miséricordieux, ne considère pas ton propre intérêt, mais attache-toi à ce qui profitera à tes semblables. Si tu veux être juste, choisis pour les autres ce que tu choisirais pour toi-même."
(Les Paroles du paradis dans Foi mondiale bahá'íe, p. 323.)

'Abdu'l-Bahá dit:

"Dans la cause bahá'íe, les arts, les sciences et tous les métiers sont considérés comme un acte d'adoration. L'homme qui fabrique une feuille de papier du mieux qu'il peut, consciencieusement, en consacrant toutes ses forces à la parfaire, loue Dieu. Bref, tout effort où l'homme met tout son cœur est un acte d'adoration s'il est inspiré par des motifs élevés et par la volonté de servir l'humanité. Servir le genre humain et pourvoir aux besoins des peuples, c'est adorer Dieu. Servir, c'est prier. Un médecin qui soigne les malades patiemment, tendrement, sans préjugé, conscient de la solidarité de la race humaine, loue Dieu."
(Causeries de 'Abdu'l-Bahá à Londres, Ed. 1980, p. 79.)


5.8. Enseignement

Le vrai bahá'í, non seulement croira aux enseignements de Bahá'u'lláh, mais trouvera en eux le guide et l'inspiration de toute sa vie; il fera joyeusement part aux autres de la connaissance qui constitue le renouveau de son être. C'est seulement ainsi qu'il recevra pleinement "la puissance et la confirmation de l'Esprit". Tous ne peuvent être des orateurs éloquents ou des écrivains de talent, mais tous peuvent enseigner en vivant la vie.

Bahá'u'lláh dit:

"Le peuple de Bahá doit servir le Seigneur avec sagesse, enseigner par l'exemple de sa vie et manifester, par ses actes, la lumière du Seigneur. L'effet des actes est, en vérité, plus puissant que celui des paroles."
(Les Paroles du Paradis, ibid. p. 323.)

Le bahá'í cependant, sous aucun prétexte, n'imposera ses idées à qui ne désire pas les entendre. Il attirera les gens vers le royaume de Dieu, mais ne tentera jamais de les y conduire de force. Il agira comme le bon pasteur qui mène son troupeau en charmant les moutons par sa musique, et non comme celui qui les presse avec son chien et son bâton.

Bahá'u'lláh dit dans les "Paroles cachées":

"Ô fils de poussière!
Les sages sont ceux qui ne parlent que lorsqu'on les écoute, de même que l'échanson ne tend sa coupe qu'à celui qui la cherche, et que l'amoureux ne crie son amour du fond du cœur que s'il contemple la beauté de sa bien-aimée. Semez donc les graines de la sagesse et du savoir dans la terre pure du cœur, et gardez-les cachées jusqu'à ce que les jacinthes de la sagesse divine jaillissent du cœur, et non de la fange et de l'argile."
(Les Paroles cachées, deuxième partie, n 36.)

Il dit encore dans "Les Splendeurs":

"Ô peuples de Bahá! Vous êtes le point où se lèvent l'aurore de l'amour et la source de lumière de la faveur de Dieu. Ne souillez pas votre langue en proférant des malédictions et des imprécations contre qui que ce soit, et détournez vos yeux de ce qui n'est pas digne. Démontrez partout ce que vous possédez (la vérité). Si le don en est accepté, le but est atteint. S'il est repoussé, blâmer ou contrarier serait vain. Laissez à lui-même celui qui refuse et avancez vers Dieu, le Protecteur, le Suffisant. Ne soyez jamais une cause de douleur, encore moins de sédition et de lutte! Puissiez-vous prospérer à l'ombre de l'arbre de la divine bonté et agir selon la volonté de Dieu. Vous êtes tous les feuilles d'un même arbre et les gouttes d'un même océan."
(Les Bonnes Nouvelles dans Foi mondiale bahá'íe, p. 350.)


5.9 Courtoisie et respect

Bahá'u'lláh dit:

"Ô peuples de Dieu! Je vous exhorte à la courtoisie. La courtoisie est en vérité... la reine de toutes les vertus. Béni soit celui qui est paré d'un manteau de loyauté et illuminé de la lumière de la courtoisie. Celui qui est doué de courtoisie est investi d'une haute dignité. Puisse cette vertu être atteinte, conservée et pratiquée avec constance par ce persécuté et par tous. Ceci est l'irréfutable commandement qui a coulé de la plume du très Grand Nom."
(Tablette du monde dans Foi mondiale bahá'íe, p. 313.)

Encore et encore il répète:

"Que toutes les nations du monde se rencontrent dans la joie et le ravissement. Ô vous, les peuples de toutes religions! Rencontrez-vous dans la joie et les parfums spirituels."
(Les Bonnes Nouvelles, dans Foi mondiale bahá'íe, p. 343.)

'Abdu'l-Bahá, dans une lettre aux bahá'ís d'Amérique, écrit:

"Prenez garde! Prenez garde de n'offenser aucun cœur!
Prenez garde! Prenez garde de ne blesser aucune âme!
Prenez garde! Prenez garde de n'être malveillant envers personne!
Prenez garde! Prenez garde de ne pas être une cause de désespoir pour quelque créature!
Si l'un de vous devait devenir une cause de douleur pour un cœur, de désespoir pour une âme, mieux vaudrait pour lui se cacher dans les profondeurs du sol que de marcher sur la terre."

Il enseigne que, comme la fleur cachée dans le bouton, ainsi l'Esprit de Dieu vit dans le cœur de tous les hommes, si rudes et si peu aimables qu'ils soient en apparence. Aussi, le vrai bahá'í agira-t-il envers chacun comme le jardinier qui prend soin d'une plante rare et magnifique, convaincu qu'aucune intervention impatiente ne peut ouvrir le bouton avant son heure, car seul le soleil de Dieu a ce pouvoir. Son but sera d'inonder du soleil de la vie tous les cœurs obscurs et toutes les demeures.

'Abdu'l-Bahá dit encore:

"Parmi les enseignements de Bahá'u'lláh, il en est un qui enjoint à l'homme, en toutes circonstances et en toutes occasions, d'être magnanime, d'aimer son ennemi et de considérer celui qui souhaite le mal comme celui qui souhaite le bien. Non pas reconnaître quelqu'un comme un ennemi et le ménager... ou être indulgent pour lui. Ceci est de l'hypocrisie, non de l'amour vrai. Vous devez plutôt considérer vos ennemis comme des amis; ceux qui souhaitent votre malheur comme ceux qui souhaitent votre bonheur et les traiter dans ce sens. Votre amour, votre bonté doivent être réels... pas seulement le fait de la tolérance, car la tolérance, si elle ne vient pas du cœur, est de l'hypocrisie."
(Star of the West, vol. IV, p. 191.)

Un tel conseil semble inintelligible et contradictoire tant qu'on n'a pas réalisé que, si l'homme physique paraît plein de haine et de mauvais vouloir, en lui comme en tous existe une nature spirituelle profonde qui constitue l'homme véritable, et de cet homme émanent l'amour et la bonne volonté. C'est à cette nature réelle profonde de nos semblables que nous devons adresser nos pensées et notre amour.

Quand cette nature s'éveillera à l'activité, l'homme extérieur sera transformé et renouvelé.


5.10. L'œil aveugle au péché

Sur aucun point les enseignements bahá'ís ne sont plus impérieux et plus inflexibles que sur celui-ci: s'abstenir de découvrir les imperfections d'autrui. Le Christ s'est exprimé catégoriquement sur ce même sujet, mais on a pris l'habitude de considérer le Sermon sur la montagne comme un "code d'appels à la vertu" qu'on ne peut s'attendre à voir pratiquer par le chrétien ordinaire.

Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá se sont tous deux spécialement appliqués à rendre leur pensée bien claire à cet égard. Nous lisons dans "Les Paroles cachées":

"Ô fils de l'homme!
Ne souffle mot des péchés des autres tant que tu es toi-même un pécheur. Si tu transgresses ce commandement, tu seras maudit, et de ceci je porte témoignage."
(Première partie, n 27.)

"Ô fils de l'existence!
N'impute à aucune âme ce que tu ne voudrais pas qu'on t'attribue et ne parle pas de ce que tu ne fais pas. Tel est mon commandement pour toi, observe-le."
(Les Paroles cachées, première partie, n 29.)

'Abdu'l-Bahá nous dit:

"Être silencieux sur les fautes des autres, prier pour eux, les aider, par la bonté, à se corriger.
Regarder toujours le bien et jamais le mal. Si un homme a dix bonnes qualités et un défaut, considérer les qualités et oublier le défaut, et si un homme a dix défauts et une qualité, retenir celle-ci et oublier les dix défauts.
Ne jamais nous permettre de proférer une seule parole malveillante contre un autre, même s'il est notre ennemi."

À un ami d'Amérique, il écrit:

"Le pire des défauts humains, le plus grand péché est la médisance, plus particulièrement lorsqu'elle émane de la bouche des croyants en Dieu. Si l'on pouvait inventer le moyen de fermer à jamais les portes de la médisance et si chacun des croyants n'ouvrait les lèvres que pour chanter la louange des autres, alors les enseignements de Sa Sainteté Bahá'u'lláh se répandraient, les cœurs seraient illuminés, les esprits ennoblis et l'humanité atteindrait à la félicité éternelle."
(Star of the West, vol. IV, p. 192.)


5.11. Humilité

Mais si, d'une part, on nous enjoint de ne pas voir les fautes d'autrui et de ne reconnaître que leurs vertus, d'autre part, on nous commande de découvrir nos propres fautes et de ne jamais nous glorifier de nos propres vertus.

Bahá'u'lláh dit à ce sujet:

"Ô fils de l'existence!
Comment peux-tu oublier tes propres défauts et t'occuper de ceux d'autrui? Celui qui agit ainsi, je le maudis."
(Les Paroles cachées, première partie, n 26.)

Ô émigrants!
La langue est destinée à me mentionner, ne la souillez pas en dénigrant autrui. Si le feu du moi vous domine, souvenez-vous de vos propres fautes et non de celles de mes créatures, attendu que chacun se connaît mieux lui-même qu'il ne connaît les autres."
(Paroles cachées, deuxième partie, n 66.)

'Abdu'l-Bahá dit:

"Que votre vie soit une émanation du royaume du Christ. Il est venu non pas pour qu'on prenne soin de lui, mais pour prendre soin des hommes... Dans la religion de Bahá'u'lláh, tous sont serviteurs et servantes, frères et sœurs. Sitôt que l'un de vous se sent un peu meilleur que ses semblables, un peu supérieur à eux, il se trouve dans une position dangereuse et, à moins qu'il ne rejette bien loin le germe d'une si mauvaise pensée, il n'est pas un bon instrument pour servir dans le royaume. Le mécontentement de soi est un signe de progrès. L'âme satisfaite d'elle-même est une manifestation de Satan; celle qui est mécontente d'elle-même est une manifestation du Miséricordieux. Si quelqu'un a mille bonnes qualités, qu'il les ignore et s'attache à découvrir ses défauts et ses imperfections...

Si grand que soit le progrès accompli, l'homme reste imparfait puisqu'il reste toujours un but plus haut à atteindre. À peine a-t-il levé les yeux vers celui-ci qu'il n'est plus satisfait de son état et aspire à l'atteindre. Être content de soi est la marque de l'égoïsme."
(Journal de Mírzá Ahmad Sohrab, 1914.)

Bien qu'il soit commandé de reconnaître ses péchés et de s'en repentir sincèrement, la pratique de la confession à des prêtres ou à d'autres hommes est formellement interdite. Bahá'u'lláh écrit dans "Les Bonnes Nouvelles":

"Quand le cœur du pécheur est libéré de tout sauf de Dieu, il doit implorer son pardon de Dieu seul. La confession devant les serviteurs (d'autres hommes) n'est pas permise, car elle n'est ni le moyen ni la cause du divin pardon. Une telle confession devant les créatures ne fait que l'humilier et l'abaisser, et Dieu, exaltée soit sa gloire, ne veut pas l'humiliation de ses serviteurs. En vérité, Il est le Compatissant, le Bienfaisant. Le pécheur doit s'adresser directement à Dieu, implorer la grâce de l'Océan de miséricorde, solliciter son pardon du ciel de clémence."
(Foi mondiale bahá'íe, p. 346.)


5.12. Sincérité et probité

Bahá'u'lláh dit, dans "Les Ornements":

"En vérité, l'honnêteté est la porte de la tranquillité pour tous dans le monde, la marque glorieuse de la présence du Miséricordieux. Quiconque l'atteint atteint aux trésors de richesse et de prospérité. L'honnêteté est la plus grande voie vers la sécurité et la tranquillité des hommes. La stabilité de toute affaire en dépend toujours, les sphères de l'honneur, de la gloire et de la prospérité sont illuminées de sa lumière...

Ô peuples de Bahá! L'honnêteté est le plus bel ornement pour vos temples et la plus splendide couronne pour vos têtes. Pratiquez-la par le commandement du Maître omnipotent."
(Foi mondiale bahá'íe, p. 301.)

Il dit encore:

"Le principe de la foi est de diminuer les paroles et de multiplier les actes. Celui dont les mots excèdent les actes, sachez en vérité que sa non-existence vaut mieux que son existence, sa mort vaut mieux que sa vie."
(Paroles de sagesse dans Foi mondiale bahá'íe, p. 251.)

'Abdu'l-Bahá dit:

"La sincérité est la base de toutes les vertus humaines. Sans elle, progrès et succès restent, dans tous les mondes, inaccessibles à l'âme. Quand ce saint attribut s'implantera dans l'homme, toutes les autres vertus divines s'y réaliseront aussi."
(Tablets of 'Abdu'l-Bahá, vol. I, p. 459.)

"Que la lumière de la vérité et de la probité brille sur vos visages afin que chacun puisse avoir pleinement confiance en vous, être sûr de votre parole dans le travail ou dans le plaisir. Oublieux de vous-mêmes, travaillez pour le monde entier."
(Message aux bahá'ís de Londres, octobre 1911.)


5.13. La connaissance de soi

Bahá'u'lláh recommande constamment aux hommes de prendre conscience des perfections latentes en eux et de s'efforcer de leur donner pleine expression. Il distingue le vrai moi intérieur du moi extérieur limité, moi qui, tout au plus, peut être un temple, mais trop souvent n'est qu'une prison pour l'homme réel.

Dans "Les Paroles cachées" il dit:

"Ô fils de l'existence!
Par les mains du pouvoir je t'ai formé et par les doigts de puissance je t'ai créé, et en toi j'ai placé l'essence de ma lumière. Sache t'en contenter et ne cherche rien d'autre, car mon œuvre est parfaite et mon commandement t'y engage. Ne le mets ni en question ni en doute."
(Première partie, n 12.)

"Ô fils de l'esprit!
Je t'ai créé riche, pourquoi t'abaisses-tu à la pauvreté? Je t'ai fait noble, comment peux-tu t'avilir? De l'essence du savoir je t'ai conféré la vie, pourquoi cherches-tu la lumière auprès d'un autre? De l'argile de l'amour je t'ai façonné, comment peux-tu t'occuper d'un autre que moi? Tourne ton regard vers toi, afin que tu puisses me trouver présent en toi, fort, puissant, subsistant par moi-même."
(Les Paroles cachées, première partie, n 13.)

"Ô mon serviteur!
Tu es comme une épée finement trempée, dissimulée dans l'obscurité de son fourreau et dont l'artisan ne connaît pas la valeur. Sors donc du fourreau de l'égoïsme et du désir, afin que ta valeur puisse resplendir et être évidente pour le monde entier."
(Les Paroles cachées, deuxième partie, n 72.)

"Ô mon ami!
Tu es le soleil des cieux de ma sainteté; ne permets pas que les souillures du monde viennent éclipser ta splendeur. Déchire le voile de la négligence afin d'émerger, resplendissant, des nuages, et de parer toutes choses de l'ornement de vie."
(Les Paroles cachées, deuxième partie, n 73.)

La vie à laquelle Bahá'u'lláh convie ses adeptes est si noble que, certainement, dans la vaste étendue des possibilités humaines, il n'est rien de plus élevé et de plus beau auquel l'homme puisse aspirer. Réaliser notre moi spirituel équivaut à comprendre cette sublime vérité: "Nous venons de Dieu et nous retournons à Lui". Ce retour à Dieu est le but glorieux du bahá'í; mais pour l'atteindre, le seul sentier est celui de l'obéissance à ses messagers élus et spécialement à son messager des temps actuels: Bahá'u'lláh, le prophète de l'ère nouvelle.


6. LA PRIÈRE

"La prière est une échelle par laquelle chacun peut monter au ciel."
MUHAMMAD

6.1. Conversation avec Dieu

La prière, dit 'Abdu'l-Bahá, "est une conversation avec Dieu". Afin d'informer les hommes de son dessein et de sa volonté, il faut que Dieu leur parle un langage approprié et Il le fait par la bouche de ses saints prophètes. Aussi longtemps que ces prophètes vivent dans leur corps physique, ils s'adressent directement aux hommes, leur transmettant verbalement le message de Dieu. Lorsqu'ils disparaissent, le message continue d'influencer les esprits humains grâce aux paroles et aux Écrits qu'ils ont laissés. Mais ceci n'est pas le seul moyen par lequel Dieu parle aux hommes. Il existe encore un "langage de l'esprit", indépendant de la parole ou de l'écriture, par lequel Dieu peut communiquer avec ceux dont le cœur est en quête de vérité et les inspirer où qu'ils soient et quelles que soient leur race et leur langue maternelle. C'est par ce langage de l'esprit que, même après son départ du monde matériel, la manifestation divine continue à entretenir des rapports avec le croyant. Le Christ continua à converser avec ses disciples et à les inspirer après sa crucifixion. En fait, il les influença bien plus puissamment qu'auparavant; il en fut de même pour les autres prophètes. 'Abdu'l-Bahá s'étend longuement sur ce langage spirituel. Il dit notamment:

"Nous devons parler dans le langage du ciel--le langage de l'esprit--car il existe un langage particulier à l'esprit et au cœur. Il est aussi différent du nôtre que l'est ce dernier de celui des animaux qui ne s'expriment que par des cris et des sons inarticulés.

C'est ce langage de l'esprit qui parle à Dieu. Quand, dans la prière, nous sommes libérés de toutes choses extérieures et que nous nous tournons vers Dieu, c'est alors comme si, en nous-mêmes, nous entendions la voix de Dieu. Sans paroles, nous parlons, nous communiquons, nous conversons avec Dieu et nous recevons la réponse... Tous, lorsque nous atteignons un état vraiment spirituel, nous pouvons entendre la voix de Dieu."
(Extrait d'une conversation relatée par Miss Ethel J. Rosenberg.)

Bahá'u'lláh déclare que les plus hautes vérités spirituelles ne peuvent être communiquées qu'au moyen du langage spirituel. La parole ou l'écriture sont tout à fait inadéquates. Dans un petit livre appelé Les Sept Vallées, où il décrit le voyage des pèlerins depuis leur demeure terrestre jusqu'au foyer divin, en citant les stades les plus avancés du voyage, il dit:

"La langue est incapable de les décrire et les paroles sont complètement insuffisantes. La plume ne fait que noircir en vain le papier... Seul, le cœur peut communiquer au cœur l'état de celui qui sait; ceci n'est point la tâche d'un messager et ne peut être expliqué par écrit."
(BAHÁ'U'LLÁH, Les Sept Vallées.)


6.2. Recueillement et prière

Parlant des moyens d'atteindre le niveau spirituel qui permet la conversation avec Dieu, 'Abdu'l-Bahá dit:

"Nous devons nous efforcer de parvenir à cet état en nous isolant de tout et de tous, en nous tournant vers Dieu seul. L'homme éprouvera certaines difficultés à atteindre cet état, mais il devra s'y efforcer et lutter pour y parvenir. Nous pouvons y réussir en pensant moins aux choses matérielles, en nous détachant d'elles et en nous inquiétant davantage des choses spirituelles. Plus nous nous éloignons des unes, plus nous nous rapprochons des autres. Le choix dépend de nous.

Notre perception spirituelle, notre vue intérieure doivent s'ouvrir pour nous permettre de reconnaître en toutes choses les signes et les empreintes de l'Esprit de Dieu. Tout peut nous renvoyer la lumière de l'Esprit."
(Extrait d'une conversation relatée par Miss Ethel J. Rosenberg.)

Bahá'u'lláh a écrit:

"Que le chercheur... à chaque lever de l'aurore... communie avec Dieu et persévère de toute son âme dans la recherche de son Bien-Aimé. Que la flamme de sa mention ardente consume toute pensée perverse..."
(Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh.)

À ce même propos, 'Abdu'l-Bahá déclare:

"Lorsque l'homme, par l'intermédiaire de son âme, permet à l'esprit d'éclairer sa compréhension, alors il embrasse toute la création... Mais d'autre part, s'il n'ouvre pas son esprit et son cœur aux bénédictions de l'esprit et s'il dirige son âme vers le monde matériel, vers ce qui satisfait le côté physique de sa nature, alors il déchoit de son rang élevé et devient inférieur aux animaux du règne le plus bas."
(Causeries de 'Abdu'l-Bahá à Paris, p. 119.)

Bahá'u'lláh dit encore:

"Ô peuples, libérez vos âmes des entraves de l'égoïsme et purifiez-vous de tout attachement en dehors de moi. Se souvenir de moi préserve toutes choses des souillures, si vous pouviez le comprendre... Élève ta voix, ô mon serviteur et chante les versets inspirés par Dieu afin que la douceur de ta mélodie puisse embraser ton âme et attirer à Lui les cœurs de tous les hommes. Les anges dispersés du Tout-Puissant répandront au loin les parfums des paroles prononcées par tes lèvres dans la solitude de ta chambre."
(Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, CXXXVI, éd. 1979, p. 194.)


6.3. Nécessité d'un médiateur

Selon 'Abdu'l-Bahá:

"Entre l'homme et le Créateur, il faut nécessairement un médiateur qui reçoive la pleine lumière de la splendeur divine pour l'irradier sur le monde humain, comme l'atmosphère terrestre reçoit et diffuse la chaleur des rayons du soleil."
(Divine Philosophy.)

"Si nous voulons prier, nous devons concentrer nos pensées sur un point défini. Si nous voulons nous approcher de Dieu, nous devons diriger nos cœurs vers un certain centre. Lorsque l'homme adore Dieu en dehors de sa manifestation, il doit nécessairement se former une conception de Dieu, et cette conception n'est autre que celle de sa propre imagination. Le fini ne pouvant comprendre l'infini, Dieu ne peut être compris de cette manière. L'homme comprend uniquement ce qu'il peut concevoir par son propre esprit; ce qu'il peut comprendre n'est pas Dieu. Cette conception de Dieu que l'homme se fait pour lui-même n'est que fiction, image, illusion, imagination. Il n'y a aucun rapport entre une telle conception et l'Être suprême.

Si un homme veut connaître Dieu, il doit le trouver dans un miroir parfait tel que le Christ ou Bahá'u'lláh. Dans l'un comme dans l'autre de ces miroirs, il verra se refléter le Soleil de la divinité.

De même que le soleil physique se révèle à nous par sa splendeur, sa lumière, sa chaleur, ainsi pouvons-nous connaître Dieu, le Soleil spirituel, qui nous apparaît et brille en la manifestation par ses attributs de perfection, par la beauté de ses vertus et de ses qualités et par la splendeur de sa lumière."
(Extrait d'une conversation avec Mr. Percy Woodcook à 'Akká, 1909.)

'Abdu'l-Bahá dit encore:

"Sans l'intermédiaire du Saint-Esprit, il est impossible d'accéder directement aux grâces de Dieu. Ne néglige pas l'évidence même, car il est indéniable qu'un enfant ne peut être instruit sans maître, et le savoir est un des bienfaits de Dieu. Le sol ne se couvre pas d'herbe et de végétation sans la pluie des nuages; par conséquent, les nuages servent d'intermédiaires entre les bontés divines et le sol... La clarté provient d'un centre lumineux, et si on cherche à l'atteindre ailleurs qu'en son centre, on n'y parviendra jamais... Fixe ton attention sur l'époque du Christ; certains s'imaginaient qu'il était possible d'atteindre la vérité sans l'effusion messianique, mais cette chimère les priva de ses bienfaits."
(Tablets of 'Abdu'l-Bahá, vol. III, pp. 391 et 392.)

Un homme qui tente d'adorer Dieu sans passer par l'intermédiaire de sa manifestation est comme un être prisonnier dans un sombre cachot qui compte sur son imagination pour lui révéler la gloire du soleil.


6.4. Obligation et nécessité de la prière

L'usage de la prière est recommandé aux bahá'ís en termes précis. Bahá'u'lláh dit dans le Kitáb-i-Aqdas:

"Chantez ou récitez les versets de Dieu matin et soir. Celui qui omet de le faire n'est pas fidèle à l'alliance avec Dieu. Celui qui s'y refuse aujourd'hui est de ceux qui se détournent de Dieu. Craignez Dieu, ô mes serviteurs! Prenez garde que trop de lectures (des Écrits sacrés) ou trop d'activités de jour et de nuit ne vous rendent orgueilleux. Mieux vaut chanter un seul verset avec joie et sincérité que parcourir avec négligence toutes les révélations de Dieu! Chantez les Tablettes de Dieu dans la mesure où vous ne ressentez aucune fatigue ni dépression. Ne chargez aucune âme au point de l'accabler ou de l'épuiser, mais rafraîchissez-la plutôt, afin qu'elle puisse prendre son essor sur les ailes de la révélation et atteindre l'horizon où brillent les preuves. Cela vous rapprochera de Dieu, si vous êtes de ceux qui sont doués d'entendement."

'Abdu'l-Bahá dit à un correspondant:

"Ô toi, ami spirituel!... Sache que la prière est nécessaire et obligatoire et que l'homme, sous aucun prétexte, n'en est dispensé sauf s'il en est incapable mentalement ou si un obstacle insurmontable l'en empêche."

Un autre correspondant demanda:
Pourquoi prier? Quelle en est l'utilité puisque Dieu a établi toutes choses, exécutant son dessein selon son bon vouloir? À quoi bon supplier, implorer, exposer ses difficultés et rechercher son aide?

'Abdu'l-Bahá répondit:

"Sache, en vérité, qu'il sied au faible de solliciter l'aide du Fort et il convient à celui qui cherche la grâce de supplier le Glorieux, le Généreux. Lorsque quelqu'un implore son Seigneur, se tourne vers Lui et recherche les grâces de son océan, cette supplication apporte la clarté en son cœur, elle illumine sa vision, elle vivifie son âme et exalte son être.

Vois, lorsque tu implores Dieu et que tu récites: "Ton Nom est ma guérison...", combien ton cœur est réconforté, ton âme ravie par l'esprit et l'amour de Dieu, et comme tes pensées sont attirées vers le royaume divin! C'est par cette attraction que la capacité et l'habileté personnelles s'accroissent. Plus grand est le vase, plus il peut contenir d'eau et plus la soif est vive, plus la générosité du nuage est agréable au goût. Tel est le mystère de la supplication et la sagesse d'exposer ses désirs."
(D'une tablette à un croyant américain, traduite en anglais par 'Alí Qulí Khán, octobre 1908.)

Bahá'u'lláh révéla trois prières journalières obligatoires. Le croyant peut choisir en toute liberté celle qu'il désire. Toutefois, il doit en réciter une chaque jour en tenant compte des indications prescrites par Bahá'u'lláh.


6.5. La prière en commun

Les prières journalières obligatoires données par Bahá'u'lláh doivent être récitées individuellement. C'est seulement pour la prière des morts qu'il a ordonné de prier en commun, à la seule condition que le croyant qui la lit à haute voix et tous les autres restent debout. Cette pratique diffère de la coutume islamique selon laquelle l'imám conduit la prière, tous les fidèles se trouvant en rangs derrière lui, ce qui est interdit dans la foi bahá'íe. Ces ordonnances, en accord avec le principe de suppression du clergé professionnel, ne signifient pas que Bahá'u'lláh n'accorde aucune valeur aux réunions d'adoration. À propos de la valeur de la prière en commun, 'Abdu'l-Bahá s'exprime ainsi:

L'homme peut dire: "Je peux prier Dieu quand je veux, quand les sentiments de mon cœur sont attirés vers Lui, que je sois dans la solitude, en ville ou n'importe où. Pourquoi devrais-je aller là ou d'autres se rassemblent à date fixe, à une heure particulière, pour joindre mes prières aux leurs, alors que mon état d'esprit ne s'y prête pas!"

"Une telle idée n'est que vaine imagination, car là où plusieurs sont rassemblés, la force dégagée est plus grande. Des soldats séparés, combattant seuls ou en formation isolée, ne déploient pas la force d'une armée homogène. Lorsque tous les soldats du combat spirituel se rassemblent, alors, par l'union de leurs sentiments spirituels, ils se renforcent les uns les autres et les prières ont plus d'effet."
(Extrait des notes de Miss Ethel J. Rosenberg.)


6.6. La prière, langage de l'amour

À un autre correspondant qui demandait si la prière est nécessaire, puisqu'il est à présumer que Dieu connaît les désirs de tous les cœurs, il répondit:

"Si un homme éprouve un réel amour pour son ami, il souhaite l'exprimer. Bien qu'il le sache informé de son affection, il désire la lui confirmer encore... Dieu connaît les désirs de tous les cœurs, mais l'impulsion de la prière est naturelle, elle jaillit de l'amour de l'homme pour son Dieu.

... Dans la prière, les mots ne sont pas nécessaires, mais la pensée et l'état de recueillement sont indispensables. Si cet élan et ce désir manquent, il est vain de chercher à les forcer. Les paroles dépourvues d'amour n'ont aucune portée. Si l'on vous parle en paraissant accomplir un devoir ennuyeux, sans affection, sans plaisir de vous rencontrer, avez-vous envie de prolonger cette conversation?"
(Extrait d'un article de Miss E.S. Stevens, dans la Fortnightly Review, janvier-juin 1911, p. 1076.)

Lors d'un autre entretien, 'Abdu'l-Bahá dit:

"La prière la plus noble est celle où les êtres prient uniquement par amour pour Dieu, non parce qu'ils le craignent ou qu'ils redoutent l'enfer, ou encore parce qu'ils espèrent ses faveurs ou l'accès au paradis... Quand on s'éprend d'un être humain, on ne peut s'empêcher de murmurer son nom bien-aimé. Combien il est plus difficile encore de ne pas prononcer le nom vénéré de Dieu quand on s'est pris à l'aimer... L'homme spirituel ne trouve d'autre délice que dans la célébration de Dieu."
(Extrait des notes de Miss Alma Robertson et d'autres pèlerins, novembre et décembre 1900.)


6.7. Délivrance des calamités

Selon les enseignements des prophètes, la maladie et toutes les autres formes de calamités sont occasionnées par la désobéissance aux divins commandements. Selon 'Abdu'l-Bahá, même les désastres dus aux inondations, aux cyclones et aux tremblements de terre sont une conséquence indirecte de cette désobéissance.

Toutefois, la souffrance qui suit l'erreur n'est nullement vengeresse, mais éducative et purificatrice. C'est la voix de Dieu avertissant les hommes qu'ils sont sortis du droit chemin. Si la souffrance est terrible, c'est que le danger de mal faire est plus terrible encore, car "la rétribution du péché est la mort."

Si les calamités sont dues à la désobéissance, la délivrance peut être obtenue par l'obéissance. Il n'y a ni hasard, ni incertitude à cet égard. "Se détourner" de Dieu entraîne inévitablement le malheur et se tourner vers Dieu apporte inévitablement des bénédictions.

Toutefois, l'humanité entière ne constituant qu'un seul organisme, le bien-être de chacun dépend non seulement de notre propre conduite, mais encore de celle des voisins. Si l'un agit mal, les autres en souffrent plus ou moins, et si l'un agit bien, tous en bénéficient.

Chacun doit, dans une certaine mesure, porter le fardeau de son semblable et les meilleurs des humains sont ceux qui portent le plus lourd fardeau. Les saints ont tous extrêmement souffert; les prophètes ont souffert au degré suprême. Bahá'u'lláh dit dans le "Kitáb-i-Íqán":

"Vous avec certainement été informés des tribulations, de la pauvreté, des maladies et des dégradations qui ont assailli tous les prophètes de Dieu et leurs compagnons; de la manière dont les têtes de leurs disciples furent envoyées en guise de présent dans diverses cités...."
(Kitáb-i-Íqán, p. 73.)

Ce n'est point que les saints et les prophètes aient mérité d'être punis plus que d'autres. Non, mais ils souffrent souvent pour les péchés des autres et choisissent de souffrir pour leur salut. Ils sont soucieux du bien-être général, non pas du leur. Par la prière, celui qui aime vraiment l'humanité ne cherche pas à se préserver personnellement de la pauvreté, de la maladie ou des désastres, mais à obtenir pour le genre humain la délivrance de l'erreur, de l'ignorance et des maux qui en découlent inévitablement. S'il souhaite la santé et la richesse pour lui-même, c'est dans le but de servir le royaume, et si cela lui est refusé, il accepte son sort avec un "radieux acquiescement" et reste convaincu qu'il y a une sagesse immanente en tout ce qui lui échoit dans le chemin de Dieu.

'Abdu'l-Bahá dit:

"Les chagrins et les afflictions ne nous atteignent pas par hasard: ils nous sont envoyés par la divine miséricorde pour notre perfectionnement. Quand il est heureux, il est possible que l'homme oublie son Dieu. Mais quand viennent les chagrins et les afflictions, il se souvient de son Père qui est au ciel et qui peut le délivrer de ses humiliations... Plus un homme est châtié, plus nombreuses seront les vertus spirituelles qu'il manifestera."
(Causeries de 'Abdu'l-Bahá à Paris, p. 62.)

À première vue, il peut sembler très injuste que l'enfant innocent doive souffrir pour le coupable, mais 'Abdu'l-Bahá nous assure que cette injustice n'est qu'apparente et qu'en fin de compte la justice parfaite prévaut. Il écrit:

"À propos des enfants et des faibles qui souffrent aux mains des oppresseurs... pour ces âmes, une récompense est réservée dans l'autre monde... cette souffrance est la plus grande grâce de Dieu. En vérité, cette grâce du Seigneur est bien plus précieuse que tout le confort de ce monde, plus précieuse aussi que la croissance et le développement qui appartiennent à ce lieu de mortalité."
(Tablets of 'Abdu'l-Bahá, vol. II, p. 337.)


6.8. Prière et loi naturelle

Nombreux sont ceux qui se refusent à croire à l'efficacité de la prière parce que, selon eux, si elle était exaucée, cela impliquerait des dérogations arbitraires aux lois de la nature. Par analogie, on peut élucider ce problème. Si un aimant est présenté au-dessus d'un tas de limaille de fer, celle-ci se soulève et s'accroche à l'aimant, mais cela ne constitue en rien une dérogation à la loi de la gravitation. Le pouvoir d'attraction continue à agir sur la limaille tout comme auparavant. Ce qui s'est produit, c'est qu'une force supérieure est entrée en action, force dont le pouvoir est aussi régulier et contrôlable que celui de la gravitation. Les bahá'ís pensent que la prière déclenche des forces d'un ordre supérieur quoique peu connues encore; mais il semble qu'il n'y ait aucune raison de croire ces forces plus arbitraires dans leur action que ne le sont les énergies physiques. Ce qui les différencie, c'est qu'elles n'ont pas encore fait l'objet d'une étude et d'une expérimentation approfondies; leur action ne nous paraît mystérieuse et inexplicable qu'en raison de notre ignorance.

Un autre problème qui se pose pour certains est le fait que la prière paraît être une force trop insignifiante pour produire les grands résultats qui lui sont attribués. Par analogie, nous pouvons aussi éclaircir cette difficulté. Une force minime, appliquée à la vanne d'un réservoir, peut libérer et régler l'énorme écoulement d'une eau en surabondance; une force infime appliquée au gouvernail d'un immense paquebot peut en diriger la course. Selon le point de vue bahá'í, le pouvoir qui exauce les prières est l'inépuisable puissance de Dieu. Le rôle du suppliant se borne à mettre en œuvre la petite force nécessaire pour en libérer le flot ou pour orienter le cours de la grâce divine, toujours prête à combler ceux qui ont appris à y faire appel.


6.9. Prières bahá'íes

Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá ont révélé d'innombrables prières à l'usage de leurs disciples, pour des heures diverses et des circonstances variées. La conception pleine de noblesse et le haut degré de spiritualité de ces versets doivent faire impression sur tout chercheur consciencieux, mais leur signification et leur pouvoir bienfaisant ne pourront être pleinement appréciés qu'en leur consacrant une part importante et régulière de notre vie quotidienne. Malheureusement, en raison de l'espace trop restreint, nous ne pouvons insérer ici que quelques-unes de ces prières. Le lecteur pourra se référer à une sélection de textes dans d'autres ouvrages.

"Ô mon Seigneur! Fais de ta beauté ma nourriture, de ta présence mon breuvage, de ton plaisir mon espoir, de ta louange mon action, de ton souvenir mon compagnon, de ta puissance souveraine mon secours, de ton habitation mon foyer, et fais que ma demeure soit le lieu que tu as purifié des limitations imposées à ceux qu'un voile sépare de toi. Tu es, en vérité, le Tout-Puissant, l'infiniment Glorieux, l'Omnipotent."
(BAHÁ'U'LLÁH, Livre de prières, éd. 1973, p. 23.)

"Je suis témoin, ô mon Dieu, que tu m'as créé pour te connaître et pour t'adorer. J'atteste, en cet instant, mon impuissance et ton pouvoir, ma pauvreté et ta richesse. Il n'est pas d'autre dieu que toi, celui qui secourt dans le danger, celui qui subsiste par Lui-même."
(BAHÁ'U'LLÁH, Livre de prières, p. 86.)

"Ô mon Dieu! Ô mon Dieu! Unis les cœurs de tes serviteurs et révèle-leur ton grand dessein. Puissent-ils suivre tes commandements et observer ta loi. Aide-les dans leurs efforts, ô mon Dieu, et accorde-leur la force de te servir.
Ô Dieu, ne les abandonne pas à eux-mêmes mais, par la lumière de ta connaissance, guide leurs pas et, par ton amour, réjouis leur cœur. En vérité, tu es leur Recours et leur Seigneur."
(BAHÁ'U'LLÁH, Livre de prières, p. 167.)

"Ô toi, Seigneur de bonté! Tu as créé toute l'humanité de la même substance. Tu as décrété que tous appartiendraient à la même famille. En ta sainte présence, tous sont tes serviteurs et toute l'humanité s'abrite dans ton tabernacle. Tous se sont rassemblés autour de ta table généreuse, tous sont éclairés par la lumière de ta providence.
Ô mon Dieu! Tu es bon envers tous, tu as pourvu chacun, tu as conféré la vie à tous, tu as doté chacun et tous de talents et de facultés, et tous sont plongés dans l'océan de ta miséricorde. Ô toi, Dieu de bonté, unis tous les êtres, fais que les religions s'accordent, que les nations deviennent une, afin que tous soient comme les membres d'une seule famille et considèrent la terre comme une seule patrie. Fais que tous vivent ensemble en parfaite harmonie.
Ô Seigneur! Élève au-dessus de tous la bannière de l'unité du genre humain! Ô Seigneur, établis la paix suprême! Ò Seigneur, cimente les cœurs ensemble. Ô Seigneur, Père très bon, Dieu! Réjouis nos cœurs du parfum de ton amour. Fais briller nos yeux de ta lumière qui nous guide. Charme nos oreilles par la mélodie de ta parole et abrite-nous dans la forteresse de ta providence!
Tu es le Tout-Puissant, tu es celui qui pardonne et tu es celui qui est indulgent aux faiblesses des hommes."
('ABDU'L-BAHÁ, Livre de prières, p. 144.)

"Ô toi, le Tout-Puissant! Je suis un pécheur, mais tu es celui qui pardonne! Mes faiblesses sont innombrables, mais tu es le Compatissant! Je suis dans les ténèbres de l'erreur, mais tu es la Lumière du pardon!
Ô toi, Dieu bienveillant, pardonne mes péchés, accorde-moi tes dons, ferme les yeux sur mes fautes, sois pour moi un abri, immerge-moi dans la fontaine de ta patience et guéris-moi de toute souffrance et maladie!
Purifie-moi et accorde-moi la sanctification. Laisse-moi participer à l'effusion de ta sainteté, afin que mon chagrin et ma tristesse s'évanouissent et que, sur moi, descendent la joie et le bonheur, que le découragement et le désespoir soient changés en gaieté et en confiance et que le courage remplace l'inquiétude. En vérité, tu es celui qui pardonne, le Compatissant. Tu es le Généreux, le Bien-Aimé."
('ABDU'L-BAHÁ.)

"Ô Dieu compatissant! Grâce te soit rendue, car tu m'as éveillé et rendu conscient. Tu m'as donné des yeux qui voient et des oreilles qui entendent. Tu m'as guidé vers ton chemin et tu m'as conduit vers ton royaume. Tu m'as montré la voie directe et tu m'as fait entrer dans l'arche de la délivrance. Ô Dieu! Fais que je reste constant, rends-moi ferme et dévoué. Préserve-moi des épreuves violentes, protège-moi et abrite-moi dans les citadelles solidement fortifiées de ton alliance et de ton testament. Tu es le Puissant, tu es celui qui voit et qui entend!
Ô toi, Dieu compatissant! Donne-moi un cœur qui puisse, comme le cristal, être éclairé par la lumière de ton amour et accorde-moi une pensée qui puisse, par la bonté spirituelle, changer ce monde en un jardin de roses.
Tu es le Compatissant, le Miséricordieux! Tu es le grand Dieu bienfaisant!"
('ABDU'L-BAHÁ, Livre de prières, p. 125.)

Mais la prière bahá'íe n'est pas limitée aux formules prescrites, si importantes soient-elles. Bahá'u'lláh enseigne que notre vie tout entière doit être un hommage à Dieu, que le travail accompli de tout cœur équivaut à un acte d'adoration, que toute pensée, toute parole, toute action dédiée à la gloire de Dieu et au bien de nos semblables est une prière au sens le plus exact du mot. [Au sujet de la prière d'intercession, voir chapitre 11.]


7. SANTÉ ET GUÉRISON

"Tourner son visage vers Dieu apporte la guérison au corps, à l'esprit et à l'âme."
'ABDU'L-BAHÁ.

7.1. Le corps et l'âme

Selon les enseignements bahá'ís, le corps humain assume un rôle temporaire pour le développement de l'âme et, lorsque sa fonction est terminée, il est abandonné, de même que la coquille de l'œuf--utile pendant le développement du poussin--est brisée et rejetée dès que sa fonction est accomplie. 'Abdu'l-Bahá dit que le corps physique ne peut devenir immortel, car c'est un corps composé, formé d'atomes et de molécules et, comme tous les composés, il doit un jour se décomposer.

Le corps doit être le serviteur de l'âme, jamais son maître; mais il faut que ce serviteur soit de bonne volonté, soumis et capable, et il doit être traité avec les égards dus à un aide dévoué. S'il n'est pas convenablement traité, il en résulte des maladies et des troubles, et le maître en subit les conséquences désastreuses autant que le serviteur.


7.2. Unité de toute vie

L'unité essentielle des myriades de formes et de degrés de vie est un des enseignements fondamentaux de Bahá'u'lláh. Notre santé physique est tellement liée à notre santé mentale, morale et spirituelle ainsi qu'au bien-être individuel et social de nos semblables, et même à la vie des animaux et des plantes, que chacun de ces éléments est affecté par les autres dans une mesure bien plus grande qu'on ne se l'imagine généralement.

Ainsi, il n'est aucun commandement du Prophète--à quelque aspect de la vie qu'il se rapporte--qui ne concerne également la santé corporelle. Certains des enseignements, toutefois, portent plus directement que d'autres sur la santé physique et ce sont ceux-là que nous allons examiner ci-après.


7.3. Vie simple

'Abdu'l-Bahá dit:

"C'est sur l'économie que repose la prospérité humaine. Maintes difficultés assaillent le dépensier, et la prodigalité est une faute impardonnable. Chacun doit exercer une profession littéraire ou manuelle, car nous ne devons pas vivre aux dépens des autres comme une plante parasite; notre vie doit être pure, virile et honnête, digne d'être donnée en exemple. Il est plus noble de se contenter d'un croûton de pain sec que de profiter d'un somptueux repas aux plats multiples si les frais en sont supportés par d'autres. Celui qui se satisfait de peu de chose garde toujours l'esprit en paix et le cœur en repos."
(Bahá'í Scriptures, p. 453.)

La nourriture animale n'est pas défendue, mais 'Abdu'l-Bahá dit:

"La nourriture de l'avenir sera composée de fruits et de graines. Le temps viendra où l'on ne mangera plus de viande. La science médicale n'est encore qu'à ses débuts, mais elle a cependant déjà démontré que l'alimentation naturelle est celle que produit la terre."
(JULIA M. GRUNDY, Ten days in the Light of 'Akká.)


7.4. Alcool et drogues

L'usage de l'alcool et des stupéfiants, sauf comme remède en cas de maladie, est strictement défendu par Bahá'u'lláh.


7.5. Plaisirs

L'enseignement bahá'í est basé sur la modération, non sur l'ascétisme. Prendre sa part de joie dans ce que la vie offre de bon et de beau, tant sur le plan matériel que spirituel, est non seulement permis, mais recommandé.

Bahá'u'lláh dit:
"Ne vous privez pas de ce qui fut créé pour vous. Il dit aussi: L'allégresse et la bonne nouvelle doivent se lire sur vos visages."

'Abdu'l-Bahá dit:

"Tout ce qui a été créé l'a été pour l'homme, le sommet de la création, et il doit être reconnaissant des dons divins. Toutes les choses matérielles sont faites pour nous afin que notre reconnaissance et notre gratitude nous amènent à apprécier la vie comme un divin bienfait. Si nous sommes las de la vie, nous sommes des ingrats, car notre existence matérielle et spirituelle est la preuve évidente de la bonté divine. Aussi devons-nous être heureux et faire de notre vie une action de grâce, en appréciant toutes choses."
(Divine Philosophy.)

Comme on lui demandait si l'interdiction des loteries et jeux de hasard s'appliquait à tous les jeux, 'Abdu'l-Bahá répondit:

"Non, certains jeux sont innocents et en faire des passe-temps ne cause aucun mal; le seul danger, c'est qu'un passe-temps ne dégénère en perte de temps. Le gaspillage d'un temps précieux n'est pas admis dans la cause de Dieu; mais la récréation, comme par exemple l'exercice pour maintenir le corps en bonne forme, est recommandable."
(A. Heavenly Visit, p. 9.)


7.6. Hygiène

Dans le Kitáb-i-Aqdas, Bahá'u'lláh dit:

"Soyez l'exemple de la propreté parmi les hommes... en toutes circonstances, ayez des manières raffinées... qu'aucune trace de négligence n'apparaisse sur vos vêtements... baignez-vous dans une eau pure et non dans celle qui a déjà servi... En vérité, nous voulons voir en vous les manifestations du paradis sur terre afin que, de vous, s'exhale le parfum dont se délecte le cœur des élus."

Mírzá Abu'l-Fadl, dans son livre "Bahá'í Proofs" [Mírzá Abu'l-Fadl, "The Bahá'í Proofs" (Hujaja'l- Bahíyyih), traduit par 'Alí-Kuli Khán, facs. de 1929 ed. (Wilmette, Ill: Bahá'í Publishing Trust, 1983), pp.85-89], attire l'attention sur l'extrême importance que revêtent ces commandements, plus spécialement en certaines contrées de l'Orient, où l'eau souillée est souvent employée aux usages domestiques, pour la toilette et même comme boisson, et où quantité de maladies et de souffrances évitables règnent en raison des conditions d'hygiène, les pires qui soient. Ces conditions qui, souvent, semblent tacitement acceptées par la religion traditionnelle, ne peuvent être modifiées chez les Orientaux que par le commandement d'une personnalité reconnue comme étant investie de l'autorité divine. En maints endroits du monde occidental, une merveilleuse transformation s'effectuerait également si la propreté physique y était considérée non seulement comme le facteur de progrès le plus important après la piété, mais plutôt comme faisant partie intégrante de cette dernière.


7.7. Effets de l'obéissance aux commandements du Prophète

Ces commandements relatifs à la vie simple, à l'hygiène, à l'abstinence d'alcool, d'opium, etc., sont tellement clairs qu'ils ne nécessitent pas de longs commentaires; toutefois, il ne faudrait pas sous-estimer leur importance vitale. Si ces conseils étaient observés partout, la plupart des maladies contagieuses et nombre d'autres afflictions auraient tôt fait de disparaître de la terre. Le nombre de maladies, fréquemment dues à l'inobservance d'élémentaires précautions d'hygiène ou à l'abus d'alcool ou d'opium, est considérable. En outre, l'observance de ces commandements n'exercerait pas seulement une influence salutaire sur la santé, mais produirait de plus un effet énorme sur l'amélioration du caractère et de la conduite. L'alcool et l'opium affectent la conscience d'un homme longtemps avant d'affecter sa démarche et de lui causer des maladies physiques visibles, de sorte que l'avantage de l'abstinence est encore plus profitable du point de vue moral et spirituel que du point de vue physique.

Au sujet de la propreté, 'Abdu'l-Bahá dit:

"La propreté extérieure, quoique de nature strictement matérielle, a une grande influence sur la spiritualité... Le fait d'avoir le corps pur et sans tache exerce une influence sur l'esprit de l'homme."
(Tablets of 'Abdu'l-Bahá, vol. III, p. 585.)

Si les commandements des prophètes concernant la chasteté dans les relations sexuelles étaient rigoureusement observés, une autre cause importante de maladies serait éliminée. Les horribles maladies vénériennes qui ruinent aujourd'hui la santé de tant de milliers d'êtres, innocents ou coupables, enfants ou adultes, seraient bientôt du domaine du passé.

Si les commandements des prophètes concernant la justice, l'aide mutuelle, l'amour du prochain étaient partout mis en action, comment la surpopulation, l'exploitation des travailleurs, la pauvreté sordide d'une part et, de l'autre, la complaisance pour soi-même, la paresse et le luxe immoral pourraient-ils continuer à accumuler des ruines mentales, morales ou physiques?

La simple obéissance aux commandements d'hygiène et de morale de Moïse, de Bouddha, du Christ, de Muhammad ou de Bahá'u'lláh serait plus efficace pour prévenir les maladies que tous les remèdes, médecins et règlements d'hygiène du monde. En fait, il semble bien que, si cette obéissance se généralisait, la bonne santé serait acquise pour tous. Au lieu de vies gâchées par la maladie ou fauchées dès l'enfance, l'adolescence ou la jeunesse--comme il arrive si fréquemment aujourd'hui--on verrait les hommes atteindre un âge avancé, pareils à des fruits sains qui se développent et mûrissent jusqu'au moment où ils tombent naturellement de la branche.


7.8. Le prophète médecin

Nous vivons cependant en un monde où, de temps immémorial, l'obéissance aux commandements des prophètes a été l'exception plutôt que la règle, où l'amour de soi-même a paru un mobile plus important que l'amour de Dieu, où les intérêts particuliers ont pris l'ascendant sur les intérêts généraux, où les possessions matérielles et les plaisirs sensuels ont été préférés au bien-être social et spirituel de l'humanité. Par conséquent, les compétitions et les conflits féroces ont surgi: l'oppression et la tyrannie, l'extrême richesse et l'extrême pauvreté, toutes conditions qui entretiennent la maladie mentale et physique. Aussi, l'arbre tout entier de l'humanité est-il malade et chacune de ses feuilles souffre du mal général. Même les êtres les plus purs et les plus saints ont à pâtir des péchés des autres. Il faut guérir les humains, individuellement et collectivement.

Aussi, Bahá'u'lláh, tout comme ses prédécesseurs inspirés, ne se contente-t-il pas de montrer comment on peut préserver la santé, mais il indique aussi comment la recouvrer quand elle est perdue. Il vient en grand médecin, en guérisseur suprême de toutes les maladies du monde, celles du corps comme celles de l'esprit.


7.9. Guérison par des moyens matériels

Dans le monde occidental actuel, on peut constater une renaissance marquée de la croyance en l'efficacité des moyens spirituels et mentaux de guérison. À vrai dire, beaucoup de gens, révoltés contre les théories matérialistes de la maladie et les traitements qui prévalurent au dix-neuvième siècle, sont allés à l'extrême opposé, jusqu'à nier complètement l'utilité des remèdes matériels et de l'hygiène.

Bahá'u'lláh reconnaît la valeur des remèdes matériels comme celle des remèdes spirituels. Il enseigne que la science et l'art de guérir doivent être parallèlement développés, encouragés, perfectionnés, afin que tous les moyens de lutte contre la maladie, chacun dans leur sphère propre, puissent être utilisés au mieux.

Lorsqu'un membre de la famille de Bahá'u'lláh tombait malade, on avait recours à un praticien professionnel, et il est recommandé aux disciples d'agir de même.

Bahá'u'lláh dit:
"Si vous vous sentez malade ou souffrant, adressez-vous à des praticiens habiles."
(Kitáb-i-Aqdas.)

Ceci est tout à fait en harmonie avec l'enseignement bahá'í relatif aux sciences et aux arts en général. Toutes les sciences et tous les arts qui servent l'humanité, même du point de vue matériel, doivent être appréciés et encouragés. C'est par la science que l'homme devient le maître des choses matérielles; par l'ignorance, il en reste l'esclave.

Bahá'u'lláh écrit:

"Ne négligez pas le traitement médical lorsqu'il s'avère nécessaire, mais abandonnez-le dès que la santé est rétablie... Traitez de préférence le mal par la diète; réduisez l'usage des médicaments, et si vous trouvez qu'une herbe simple suffit, n'ayez pas recours à des drogues compliquées. Abstenez-vous de médicaments quand votre santé est bonne, mais utilisez-les dès que cela devient nécessaire."
(Tablette à un médecin.)

Dans une de ses tablettes, 'Abdu'l-Bahá dit:

"Ô chercheur de vérité! Il y a deux façons de guérir la maladie: les moyens matériels et les moyens spirituels. La première manière consiste à absorber des médicaments, et la seconde à prier Dieu et à se tourner vers Lui. Ces deux moyens doivent être employés... De plus, ils ne sont point incompatibles, et vous devez accepter les remèdes physiques comme venant de la grâce et de la faveur de Dieu qui a révélé et rendu manifeste le savoir médical, afin que ses serviteurs profitent aussi de cette sorte de traitement"
(Tablets of 'Abdu'l-Bahá, vol. III, p. 587.)

Il affirme que, si nos instincts et notre goût n'étaient pas altérés par des pratiques absurdes et artificielles, ils deviendraient des guides sûrs pour choisir le régime approprié, composé d'herbes et de fruits médicinaux et autres remèdes, comme le font les animaux non domestiques. Dans une intéressante causerie sur la guérison, notée dans "Les Leçons de Saint-Jean-d'Acre", pp. 263 et 264, il conclut:

"Il est donc établi que l'on peut guérir les maladies par des aliments et des fruits appropriés; mais comme aujourd'hui la science médicale est encore imparfaite, elle n'a pas encore saisi pleinement ces possibilités. Quand elle atteindra la perfection, elle guérira les maladies par une nourriture judicieuse, composée de fruits et de légumes de saveur agréable, et par des traitements variés d'eau froide ou chaude."

Si l'on emploie les moyens matériels de guérison, le pouvoir qui guérit est essentiellement divin, car les vertus curatives de l'herbe ou du minéral procèdent du don divin. "Tout dépend de Dieu. La médecine est uniquement une pratique externe, un moyen par lequel nous recevons la guérison céleste."


7.10. Guérison par des moyens non matériels

Bahá'u'lláh enseigne qu'il y a aussi beaucoup de manières de guérir sans remèdes matériels. La "contagion de la santé" existe aussi bien que la contagion de la maladie; si la première est très lente et d'un effet réduit, la seconde est souvent violente et rapide.

De l'état mental du patient résultent de puissants effets, et "la suggestion" joue un rôle important dans la détermination de cet état. La peur, la colère, le souci, etc. sont très préjudiciables à la santé, tandis que l'espoir, l'amour, la joie, etc. sont au contraire salutaires.

Ainsi Bahá'u'lláh dit:

"En vérité, la chose la plus nécessaire est le contentement en toutes circonstances; il préserve des conditions morbides et de la lassitude. Ne cédez pas à la tristesse ni au chagrin: ils causent les plus grandes misères. La jalousie consume le corps et la colère brûle le foie; évitez-les comme vous éviteriez un lion."
(Tablette à un médecin.)

Et 'Abdu'l-Bahá dit:

"La joie nous donne des ailes. Quand nous sommes gais, notre force est plus vive, notre intelligence plus éveillée... Mais quand la tristesse nous étreint, la force nous abandonne."
(Causeries de 'Abdu'l-Bahá à Paris, éd. 1987, p. 96.)

À propos d'une autre forme de guérison mentale, 'Abdu'l-Bahá écrit qu'elle se produit par:

"... une profonde concentration d'esprit d'un être fort sur le malade, alors que ce dernier attend de toute l'ardeur de sa foi que la guérison s'opère grâce au pouvoir spirituel de l'être fort, de telle sorte qu'une connexion sympathique s'établit entre celui-ci et le malade. L'être fort fait tout ce qu'il peut pour guérir le patient qui, d'autre part, a confiance dans le succès de l'intervention. Ces impressions mentales agissent sur les nerfs et produisent une excitation nerveuse: impression et excitation sont la cause de la guérison du malade."
(Les Leçons de Saint-Jean-d'Acre, p. 260.)

Toutefois, ces méthodes de guérison restent limitées en leurs effets et peuvent échouer dans les maladies graves.


7.11. Le pouvoir du Saint-Esprit

Le plus puissant des moyens de guérison est le pouvoir du Saint-Esprit.

"Ceci ne dépend ni du contact, ni de la vue, ni de la présence... Que la maladie soit bénigne ou qu'elle soit grave, que les personnes se trouvent ou non en contact, que le malade et son médecin soient ou ne soient pas étroitement liés, la guérison a lieu par la force du Saint-Esprit."
(Les Leçons de Saint-Jean-d'Acre, p. 261).

Dans un entretien avec Miss Ethel Rosenberg, en octobre 1904, 'Abdu'l-Bahá dit:

"La guérison qui se produit par l'intervention du Saint-Esprit ne nécessite aucune concentration ni contact spécial. Elle se réalise par le vœu, le désir ou la prière du saint. Le malade peut être en Orient et le guérisseur en Occident, tous deux peuvent ne s'être jamais rencontrés, mais aussitôt que le saint tourne son cœur vers Dieu et commence à prier, le malade est guéri. Un tel don appartient aux saintes manifestations et à ceux qui sont au stade le plus élevé.

Sans doute les guérisons effectuées par le Christ et ses apôtres furent-elles de cette catégorie; des guérisons similaires ont été attribuées aux saints de tous les temps.

Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá possédaient tous deux ce don, et semblable pouvoir fut promis à leurs fidèles disciples.


7.12. Attitude du malade

Afin que le pouvoir de guérison spirituelle soit pleinement efficace, il est indispensable que le patient et ses amis, ainsi que le guérisseur et la communauté tout entière, observent certaines conditions. La première règle pour le malade consiste à se tourner de tout son cœur vers Dieu, absolument convaincu que son pouvoir et sa volonté agiront pour le mieux. En août 1912, 'Abdu'l-Bahá disait à une dame américaine:

"Toutes ces épreuves passeront et vous recouvrerez la parfaite santé physique et spirituelle... Que votre cœur garde confiance et soit assuré que, par la bonté de Bahá'u'lláh et par sa faveur, tout deviendra agréable pour vous... Mais vous devez vous tourner entièrement vers le royaume d'Abhá (le Tout-Glorieux) avec une profonde attention, cette même concentration que Marie Madeleine prêtait à Sa Sainteté le Christ, et je vous assure que vous obtiendrez alors la santé physique et la santé spirituelle. Vous en êtes digne. Je vous apporte cette bonne nouvelle parce que votre cœur est pur... Ayez confiance! Soyez heureuse! Réjouissez-vous! Espérez!..."

Bien qu'en ce cas particulier, 'Abdu'l-Bahá ait garanti l'obtention de la santé physique, il ne le fit pas dans tous les cas, même si la foi du malade était profonde. À une femme en pèlerinage à 'Akká, il dit:

"Les prières qui furent révélées en faveur de la guérison se rapportent aussi bien à la guérison matérielle qu'à la guérison spirituelle. Aussi, récitez-les pour guérir l'âme et le corps. Si guérir est pour le malade le plus grand bienfait, cela lui sera sûrement accordé. Pour certains malades, la guérison serait seulement l'occasion d'autres maux. C'est pour cela que la sagesse décide de ne pas exaucer certaines prières.
Ô servante de Dieu! La puissance du Saint-Esprit guérit à la fois les maux physiques et les maux spirituels."
(Sélections des écrits de 'Abdu'l-Bahá, p. 161.)

Il écrit aussi à quelqu'un qui est malade:

"En vérité, la volonté de Dieu agit quelquefois d'une manière telle que l'humanité n'en peut comprendre le motif. Les causes et les raisons apparaissent ensuite.
Crois en Dieu, confie-toi à Lui et soumets-toi à sa volonté. En vérité, ton Dieu est tout amour, compassion et indulgence... Et il fera descendre sa grâce sur toi."
(Star of the West, vol. VIII, p. 232.)

'Abdu'l-Bahá enseigne que la santé spirituelle est favorable à la santé physique, mais que celle-ci dépend de maints facteurs dont certains sont en dehors du contrôle de l'individu. Aussi, même l'attitude spirituelle la plus exemplaire de sa part ne saurait toujours assurer sa santé physique. Hommes et femmes même les plus saints sont parfois malades.

Néanmoins, l'influence bienfaisante qu'exerce sur la santé physique une saine attitude morale et spirituelle est beaucoup plus puissante qu'on ne le croit généralement; elle suffit souvent à chasser la maladie. 'Abdu'l-Bahá écrivit à une dame anglaise:

"Vous m'écrivez au sujet de la faiblesse de votre corps. Je demande à la générosité de Bahá'u'lláh de fortifier votre esprit afin que, la force de votre esprit rejaillissant sur votre corps, celui-ci recouvre la santé."

Il dit encore:

"Dieu a accordé à l'homme de si merveilleux pouvoirs qu'il peut toujours se tourner vers le ciel et recevoir la guérison parmi d'autres dons de la divine munificence. Mais hélas! L'homme n'est pas reconnaissant pour ce bien suprême; il dort du sommeil de la négligence; détournant son visage de la lumière, continuant sa route dans les ténèbres, il reste insouciant de la grande grâce que Dieu lui a accordée."
(Causeries de 'Abdu'l-Bahá à Paris, p. 19.)


7.13. Le guérisseur

Le pouvoir de guérison spirituelle est indubitablement commun à tous les hommes, à un degré plus ou moins élevé mais, de même que certains sont doués d'un talent exceptionnel pour les mathématiques ou la musique, d'autres sont doués d'une aptitude exceptionnelle pour guérir. Ceux-ci devraient faire de l'art de guérir l'œuvre de leur vie. Malheureusement, dans les derniers siècles, le monde est devenu si matérialiste que la possibilité même de guérir spirituellement a été en grande partie perdue de vue.

Tout comme les autres talents, le don de guérison doit être perçu, cultivé, développé, afin d'atteindre son plus grand épanouissement et sa plus haute puissance. Il est probable qu'il existe actuellement dans le monde des milliers de personnes richement pourvues d'une aptitude naturelle à guérir et en qui ce précieux talent reste à l'état latent et inactif.

"Quand les potentialités réservées au traitement mental et spirituel seront mieux comprises, l'art de guérir se trouvera transformé et ennobli, et l'efficacité en sera considérablement accrue. Lorsque ce savoir et ce pouvoir nouveaux du guérisseur se combineront avec l'espoir et la foi intense du patient, des résultats merveilleux seront acquis.

En Dieu doit être notre foi. Il n'est pas d'autre dieu que Lui, le Guérisseur, le Savant, le Protecteur... Rien sur la terre ni dans le ciel n'échappe à son étreinte.

Ô docteur! En traitant les malades, mentionne d'abord le nom de ton Dieu, le Possesseur du jour du Jugement, et utilise ensuite ce que Dieu a destiné à la guérison de ses créatures. Par ma vie! Le médecin qui a bu du vin de mon amour guérit par sa visite et il insuffle la grâce et l'espoir. Attache-toi à lui dans l'intérêt de ta santé. Il est soutenu par Dieu dans son traitement.

Cette connaissance est la plus importante de toutes les sciences, car elle est le meilleur moyen accordé par Dieu, celui qui donne vie à la poussière, pour préserver les corps des êtres humains et Il a placé cet art en tête de toutes les sciences et de toutes les sagesses. Car voici venu le jour où vous devez vous lever pour ma victoire.

Dis: Ton nom est ma guérison, ô mon Dieu, et le souvenir de ta présence est mon remède. M'approcher de toi est mon espoir, et l'amour que j'ai pour toi est mon compagnon. Ta miséricorde est mon soutien dans ce monde et dans l'autre. Tu es, en vérité, le Très-Bon, l'Omniscient, l'infiniment Sage..."
(BAHÁ'U'LLÁH, Tablette à un médecin.)

'Abdu'l-Bahá écrit:

"Pour celui qui est rempli de l'amour de Bahá et qui est détaché de toutes choses, l'Esprit saint s'exprimera par ses lèvres et l'esprit de vie inondera son cœur...
Les mots sortiront de sa bouche comme des perles précieuses et toutes les maladies et tous les malaises seront guéris par l'imposition de ses mains."
(Star of the West, vol. VIII, p. 233.)

"Ô toi, spirituel médecin! Tourne-toi vers Dieu d'un cœur plein de son amour, consacré à sa louange, les yeux fixés vers son royaume et cherchant l'aide de son Esprit saint dans un état d'extase, de ravissement, d'amour, de désir, de joie, d'effluves embaumés. Dieu t'assistera du souffle de sa présence et t'accordera le pouvoir de guérir la souffrance et les maladies.
Continue à soulager les cœurs et les corps et cherche à sauver les malades en te tournant vers le royaume suprême et en mettant toute ton âme dans l'obtention de la guérison, par la puissance du plus Grand Nom et par l'esprit de l'amour de Dieu."
(Tablets of 'Abdu'l-Bahá, vol. III, pp. 628 et 629.)


7.14. Comment chacun de nous peut aider

Toutefois, l'œuvre de guérison est une action qui intéresse, non seulement le patient et le praticien, mais chacun de nous. Tous doivent aider, par la sympathie et le dévouement, par une vie exemplaire et une pensée saine et surtout par la prière car, de tous les remèdes, la prière est le plus puissant.

"La supplication et la prière en faveur des autres, dit 'Abdu'l-Bahá, produiront sûrement leur effet". Les amis du patient ont une responsabilité toute spéciale car leur influence, soit en bien, soit en mal, est des plus directes et des plus importantes. Dans combien de maladies l'issue ne dépend-elle pas d'abord des soins des parents, des amis et des voisins!

Et même, tous les membres de la communauté exercent une influence positive dans tous les cas de maladie. Individuellement, cette influence peut ne pas apparaître très nettement mais, prise dans l'ensemble, l'effet en est puissant. Chacun est affecté par l'atmosphère du milieu social dans lequel il évolue, selon la tendance générale qui règne: la foi ou le matérialisme, la vertu ou le vice, la dépression ou la bonne humeur; et chaque individu exerce une influence déterminante sur cette atmosphère sociale.

Dans l'état actuel du monde, il n'est peut-être pas possible que tous acquièrent une santé parfaite, mais il est possible à chacun d'offrir "un canal de bonne volonté" au pouvoir purificateur du Saint-Esprit et d'exercer ainsi une influence curative favorable, à la fois sur son propre organisme et sur celui de tous ceux qui l'entourent.

Peu de devoirs sont aussi recommandés aux bahá'ís que celui de guérir les malades, et maintes belles prières pour la guérison ont été révélées par Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá.


7.15. L'âge d'or

Bahá'u'lláh assure que, par la coopération harmonieuse des malades, des guérisseurs et de la communauté en général, en plus de l'utilisation appropriée des divers moyens matériels, mentaux et spirituels favorables à la santé, l'âge d'or se réalisera lorsque, par le pouvoir de Dieu, "toute souffrance sera changée en joie et toute maladie en santé". 'Abdu'l-Bahá dit que, "quand le divin message sera compris, tous les maux s'évanouiront".

Il dit encore:
"Quand le monde matériel et le monde divin seront étroitement reliés, quand les cœurs deviendront purs et les aspirations élevées, une parfaite connexion s'établira. Alors cette puissance se manifestera d'une manière parfaite. Les maladies corporelles et spirituelles recevront une complète guérison."
(Tablets of 'Abdu'l-Bahá, vol. II, p. 309.)


7.16. Le bon usage de la santé

En terminant ce chapitre, il est utile de rappeler l'enseignement de 'Abdu'l-Bahá sur le bon usage de la santé physique. Dans une de ses tablettes aux bahá'ís de Washington, il dit:

"Si la santé et le bien-être du corps sont utilisés dans le chemin du royaume, cela est acceptable et digne de louanges; s'ils sont dépensés au bénéfice de l'humanité en général--même si c'est à son bénéfice matériel--et s'ils deviennent des moyens de faire le bien, cela aussi est louable. Mais si cette santé et ce bien-être de l'homme sont gaspillés en convoitises sensuelles, en aspirations bestiales et en plaisirs diaboliques, alors mieux vaudrait la maladie; que dis-je, la mort elle-même serait préférable à une telle existence. Si tu désires la santé, que ce soit pour servir le royaume. Mon espoir est que tu puisses acquérir une perspicacité parfaite, une détermination inflexible, une santé excellente, la force physique et spirituelle, afin qu'il te soit permis de boire à la fontaine de la vie éternelle et d'être assisté par l'esprit de la divine confirmation."


8. UNITÉ RELIGIEUSE

"Ô vous qui demeurez sur la terre! Le trait distinctif qui marque le caractère prééminent de cette suprême révélation consiste en ce que Nous avons, d'une part, effacé des pages du Livre sacré de Dieu tout ce qui a pu être cause de conflits, de malignité et de dommages parmi les enfants des hommes et, d'autre part, imposé les conditions préalables indispensables à la concorde, à la compréhension et à une unité parfaite et durable. Heureux ceux qui observent mes ordonnances."
BAHÁ'U'LLÁH.

8.1. Le sectarisme au dix-neuvième siècle

Jamais peut-être le monde n'avait paru si éloigné de l'unité religieuse qu'au dix-neuvième siècle. Depuis bien longtemps, les grandes communautés religieuses--zoroastrienne, israélite, bouddhiste, chrétienne, musulmane et autres--existaient côte à côte, mais au lieu de se fondre en un ensemble harmonieux, elles se trouvaient constamment opposées et en lutte les unes contre les autres. De plus, chacune d'elles s'était subdivisée en un nombre toujours croissant de sectes souvent violemment dressées les unes contre les autres.

Le Christ, cependant, avait dit:
À ceci, tous les hommes connaîtront que vous êtes mes disciples: si vous vous aimez les uns les autres, et Muhammad avait dit: Cette religion, la vôtre, est la vraie religion... Dieu vous a prescrit la foi qu'Il avait prescrite à Noé et que Nous vous avons révélée, foi également prescrite à Abraham, Moïse et Jésus, par ces mots: "Observez cette foi et ne vous divisez pas en sectes."

Le fondateur de chacune des grandes religions avait convié ses disciples à l'amour et à l'unité, mais toujours le but du fondateur fut presque entièrement perdu de vue, noyé dans un cloaque d'intolérance et de bigoterie, de formalisme et d'hypocrisie, de corruption et de fausses interprétations, de schismes et de querelles. Le nombre de sectes plus ou moins hostiles était probablement plus grand au début de l'ère bahá'íe qu'à toute autre période de l'histoire. Il semble que l'humanité ait voulu faire l'expérience de toutes les croyances religieuses possibles, de toutes les formes de rites et de cérémonies, de toutes les variétés de codes moraux.

Mais, en même temps, un nombre toujours croissant d'hommes vouaient leur énergie à l'examen critique et à l'investigation intrépide des lois de la nature et des fondements de la foi. Un nouveau savoir scientifique se développait rapidement, des solutions nouvelles étaient trouvées pour maints problèmes de la vie de tous les jours. Le développement d'inventions telles que le bateau à vapeur et le chemin de fer, et les organisations comme l'union postale et la presse contribuaient grandement à la diffusion des idées et au rapprochement fécond de modes très différents de pensée et d'existence.

Le prétendu conflit entre la religion et la science revêtit l'aspect d'une guerre acharnée. Dans le monde chrétien, les exégètes s'unirent aux tenants des sciences physiques pour discuter et, dans une certaine mesure, réfuter l'autorité de la Bible, autorité qui, durant des siècles, avait été la base indiscutée de la foi. Une proportion toujours croissante de la population devint sceptique à l'égard des enseignements des églises, et bien des prêtres même en doutèrent secrètement ou ouvertement, ou firent tout au moins des réserves au sujet des croyances auxquelles adhéraient leurs communautés respectives.

Cette agitation et ces courants d'opinion eurent pour conséquence que, de plus en plus, les vieilles orthodoxies et les dogmes furent reconnus comme désormais inadéquats et que l'on cherchait à grand-peine une connaissance et une compréhension plus complètes. Ces considérations n'étaient pas l'apanage des seuls pays chrétiens; elles se manifestaient plus ou moins, sous des formes différentes, parmi les hommes de tous les pays et de toutes les religions.


8.2. Le message de Bahá'u'lláh

Alors que cet état de conflit et de confusion était à son paroxysme, Bahá'u'lláh fit retentir aux oreilles de l'humanité le son de la trompette sacrée:

"Que toutes les nations s'unissent dans la foi et que tous les hommes soient comme des frères; que les liens de l'amitié et de l'unité entre les fils des hommes se resserrent; que la diversité des religions cesse et que les différences de races s'annulent... Ces luttes, ces massacres et ces discordes doivent finir et tous les hommes doivent se considérer comme une seule espèce et une seule famille."
(Paroles dites au professeur Browne.)

C'est un magnifique message, mais comment le mettre en pratique? Des prophètes l'ont prêché, des poètes l'ont chanté et des saints ont prié pour sa réalisation, et cela depuis des milliers d'années, mais les divergences entre religions n'ont pas cessé; les discordes, les luttes et les massacres n'ont pu être supprimés. Qu'est-ce qui prouve que le miracle va s'accomplir maintenant? De nouveaux facteurs sont-ils intervenus pour modifier la situation? La nature humaine n'est-elle pas toujours la même et ne le sera-t-elle pas aussi longtemps que le monde durera? Si deux hommes ou deux nations convoitent le même objet, ne se battront-ils pas pour l'obtenir dans l'avenir, tout comme dans le passé? Si Moïse, Bouddha, le Christ et Muhammad n'ont pas réussi à unifier le monde, Bahá'u'lláh y parviendra-t-il? Si les précédentes croyances se sont corrompues et morcelées en sectes, la foi bahá'íe ne subira-t-elle pas le même sort? Voyons les réponses que les enseignements bahá'ís donnent à ces questions et à d'autres du même genre.


8.3. La nature humaine peut-elle changer?

L'éducation et la religion sont l'une et l'autre basées sur cette hypothèse qu'il est possible de changer la nature humaine. En fait, un court examen nous suffit pour affirmer que tout être vivant ne peut s'empêcher de changer. Sans changement, il n'y aurait pas de vie. Le règne minéral lui-même subit des modifications, et plus on avance dans l'échelle des créatures, plus variés, plus complexes et plus merveilleux deviennent les changements.

De plus, dans le progrès et le développement des créatures de toute espèce, nous trouvons deux sortes de mutations: l'une est lente, graduelle, souvent imperceptible; l'autre est rapide, soudaine, dramatique. Cette dernière se produit lors de ce que l'on appelle les stades critiques de développement. Pour les minéraux, on peut observer ces stades critiques aux températures de fusion ou d'ébullition, par exemple, quand le solide passe à l'état liquide ou que le liquide devient un gaz. Dans le règne végétal, ces périodes critiques se produisent au début de la germination ou quand le bourgeon éclate. Dans le règne animal, on constate ces phénomènes en maintes circonstances: quand la chrysalide se change en papillon, quand le poussin sort de sa coquille, quand l'enfant naît. Dans la vie plus élevée de l'âme, nous voyons souvent une transformation analogue, lorsque l'homme naît à nouveau et que tout son être change radicalement dans ses pensées, ses activités, son caractère. Souvent, ces stades critiques affectent toute une espèce ou simultanément tout un ensemble d'espèces, comme chez les végétaux d'où jaillit soudain la nouvelle vie du printemps.

Bahá'u'lláh déclare que, tout comme les choses vivantes d'ordre inférieur naissent subitement à une vie nouvelle et plus large, l'humanité passera aussi, et très prochainement, par un stade critique, une époque de renaissance. Alors, des modes d'existence, qui ont persisté depuis l'aube de l'histoire jusqu'à nos jours, se transformeront rapidement, irrévocablement, et l'humanité entrera dans une nouvelle phase de vie, aussi différente de l'ancienne que le papillon est différent de la chenille ou l'oiseau de l'œuf.

L'humanité dans son ensemble, à la lumière de la révélation nouvelle, acquerra une vision nouvelle de la vérité; ainsi, lorsqu'une contrée est entièrement illuminée par le soleil levant, tous les habitants voient clair, alors qu'une heure auparavant tout était obscur et terne. "Voici venu le nouveau cycle du pouvoir humain, annonce 'Abdu'l-Bahá; tous les horizons du globe sont lumineux et le monde deviendra, en vérité, comme une roseraie, comme un paradis". Les analogies avec la nature confirment une telle conception. Les prophètes de jadis, d'un commun accord, ont prédit la venue de ce jour glorieux; les signes des temps montrent clairement que des transformations profondes, radicales, s'effectuent rapidement en ce moment même dans les idées humaines et les institutions. Alors, quoi de plus futile et de moins fondé que l'argument pessimiste selon lequel la nature humaine ne peut changer, alors que tout change autour d'elle?


8.4. Premiers pas vers l'unité

La plus grande charité et la plus grande tolérance sont les moyens recommandés par Bahá'u'lláh pour instituer l'unité religieuse; il invite ses disciples "à fréquenter avec joie et plaisir les adeptes de toutes les religions".

Dans son testament, Bahá'u'lláh écrit:

Les querelles, les conflits ont été strictement interdits dans son Livre; tel est le commandement du Seigneur dans cette suprême révélation, commandement qu'Il a garanti contre toute annulation et paré de sa confirmation.

Ô vous, peuples du monde! La religion de Dieu a pour but l'amour et l'union; n'en faites pas une cause d'inimitié et de conflit... Nous chérissons l'espoir que le peuple de Bahá se tournera toujours vers la parole sacrée: "Voyez! Toutes choses viennent de Dieu", la très glorieuse Parole qui, comme une ondée, éteint le feu de la rancune et de la haine qui couve dans les cœurs et les consciences. Par cette seule parole, les différentes sectes du monde atteindront la lumière de l'union réelle. En vérité, ce qu'Il dit est vrai et c'est Lui qui conduit jusqu'au chemin. Il est le Puissant, le Miséricordieux, le Magnifique.

'Abdu'l-Bahá dit:

"Tous doivent abandonner les préjugés et doivent même se rendre aux églises et aux mosquées car, en chacun de ces lieux d'adoration, le nom du Tout-Puissant est prononcé. Puisque tous se réunissent pour adorer Dieu, quelle différence y a-t-il entre eux? Aucun d'eux n'adore Satan. Que les musulmans aillent aux églises des chrétiens, aux synagogues des juifs et vice-versa; que juifs et chrétiens se rendent aux mosquées musulmanes. Ils ne se tiennent éloignés les uns des autres qu'à cause de préjugés et de dogmes sans fondement. En Amérique, je suis allé aux synagogues juives qui sont analogues aux églises chrétiennes, et partout j'ai vu les hommes adorer Dieu. En beaucoup de ces lieux, je leur ai parlé des points fondamentaux qui sont à l'origine des religions divines et je leur ai fourni les preuves de la valeur des prophètes de Dieu et des saintes manifestations. Je les ai encouragés à se débarrasser de toute pratique aveugle.
Tous les chefs religieux doivent ainsi aller dans les églises des autres religions et parler des bases et des principes fondamentaux des religions divines. Dans l'harmonie et l'unité les plus profondes, qu'ils adorent Dieu dans les lieux divers de prière et abandonnent tout fanatisme."
(Star of the West, vol. IX, n 3, p. 37.)

Si seulement ces premiers pas étaient faits, si une tolérance réciproque et amicale s'établissait entre les diverses sectes religieuses, quel merveilleux changement se produirait dans le monde! Toutefois, quelque chose de plus est nécessaire à la réalisation de la véritable unité religieuse. Contre la maladie du sectarisme, la tolérance est un palliatif hautement appréciable, mais ce n'est pas un remède radical. Elle ne supprime pas la cause du mal.


8.5. Le problème de l'autorité

Les différentes communautés religieuses n'ont pu s'unir dans le passé parce que leurs fidèles respectifs ont considéré le fondateur de leur propre communauté comme la seule expression de la loi divine et la seule autorité suprême. Tout prophète qui proclamait un message en apparence différent était tenu, par conséquent, pour un ennemi de la vérité. Des raisons analogues ont séparé les différentes sectes d'une même communauté. Les adhérents de chacune d'elles s'en sont remis à une autorité subalterne quelconque et ont considéré une version ou une interprétation particulière du message du fondateur comme l'unique vraie foi, toutes les autres n'étant qu'erreurs. Tant que cet état de choses existera, toute unité véritable sera évidemment impossible.

Bahá'u'lláh enseigne d'autre part que tous les prophètes nous ont apporté d'authentiques messages de Dieu; que chacun, en son temps, donne les plus hauts enseignements que le peuple soit capable de recevoir, que chacun éduque les hommes pour les préparer à comprendre les enseignements plus élaborés de ses successeurs. Il adjure les fidèles de chaque religion, non de renier l'inspiration divine de leurs propres prophètes, mais de reconnaître l'inspiration divine de tous les autres prophètes, de voir combien les enseignements de tous sont essentiellement en harmonie et font partie d'un vaste plan d'éducation et d'unification de l'humanité. Il adjure les croyants de toutes dénominations de montrer qu'ils révèrent leurs prophètes en vouant leur vie à établir cette unité pour laquelle tous ont peiné et souffert.

Dans sa lettre à la reine Victoria, il compare le monde à un malade dont la maladie s'aggrave du fait qu'il est tombé entre les mains de médecins maladroits; et il dit comment le remède pourrait être appliqué:

"Le remède souverain ordonné par le Seigneur, le moyen le plus puissant pour la guérison du monde entier, c'est l'union de tous ses peuples en une cause universelle, une même foi. Ceci ne peut, en aucune façon, être obtenu sinon par le pouvoir d'un médecin habile, tout-puissant et inspiré. Telle est la vérité, et tout le reste n'est qu'erreur."
(La Proclamation de Bahá'u'lláh, p. 63.)


8.6. La révélation progressive

Dans la voie de l'unité religieuse, la grande pierre d'achoppement, pour beaucoup de personnes, est la différence entre les révélations des divers prophètes. Ce qui est commandé par l'un est défendu par l'autre; comment peuvent-ils tous avoir raison et tous proclamer la volonté de Dieu? Certes, la vérité est une et ne peut changer. Oui, la vérité absolue est une et ne peut changer, mais la vérité absolue est infiniment au-dessus du niveau actuel de l'intelligence humaine, et nos conceptions de cette vérité doivent constamment se transformer.

À mesure que le temps s'écoule, nos idées primitives imparfaites seront remplacées, par la grâce de Dieu, par des conceptions de plus en plus adéquates. Bahá'u'lláh dit, dans une tablette à un zoroastrien:

"Ô peuples! Les paroles sont révélées selon vos capacités afin que les débutants puissent progresser. Le lait divin doit être donné avec mesure, afin que le petit enfant de ce monde puisse entrer dans le royaume de grandeur et s'établir dans la demeure de l'unité.

C'est le lait qui fortifie l'enfant jusqu'à ce qu'il puisse ingérer une nourriture plus solide. Est-ce parce qu'un prophète a raison en prodiguant un certain enseignement à une période déterminée qu'un autre prophète a tort de prodiguer un enseignement différent en un temps ultérieur? Ce serait affirmer que le lait étant la meilleure nourriture pour le nouveau-né, l'homme adulte ne doit absorber que du lait et que tout autre régime lui serait nuisible!

'Abdu'l-Bahá dit:

"Chaque révélation divine se divise en deux parties. La première, essentielle, appartient au monde éternel. C'est l'exposé des divines vérités et des principes primordiaux. C'est l'expression de l'amour de Dieu. Elle est semblable dans toutes les religions et immuable. La seconde partie n'est pas éternelle; elle a trait à la vie pratique, aux transactions, aux affaires, et elle change selon l'évolution de l'homme et les nécessités de l'époque où paraît le prophète. Par exemple... pendant le cycle de Moïse, on coupait la main d'un homme pour le punir d'un vol minime; la loi œil pour œil, dent pour dent était en vigueur, mais cette loi n'étant plus de circonstance à l'époque du Christ fut abrogée. De même, le divorce était devenu si courant qu'il ne restait aucune loi spécifique pour le mariage; c'est pourquoi Sa Sainteté le Christ interdit le divorce.

Selon les exigences du moment, Sa Sainteté Moïse révéla dix lois dont la transgression entraînait une peine capitale. Il était impossible, en ce temps-là, de protéger la communauté et de conserver une sécurité sociale sans ces mesures rigoureuses, car les enfants d'Israël vivaient dans le désert de Tah où n'existaient ni cour de justice ni pénitenciers. Mais ce code n'était plus nécessaire à l'époque du Christ. L'histoire de cette seconde partie des religions est sans importance parce qu'elle se rapporte uniquement aux usages de cette vie; mais la base de la religion de Dieu est une et Sa Sainteté Bahá'u'lláh a renouvelé cette base."
(Divine Philosophy, 8e édition, p. 146.)

La religion de Dieu est l'unique religion et tous les prophètes l'ont enseignée, mais c'est une chose qui vit et se développe et non pas une chose inerte et immuable. L'enseignement de Moïse fut le bouton, celui du Christ la fleur; l'enseignement de Bahá'u'lláh est le fruit. La fleur ne détruit pas le bouton, le fruit ne détruit pas la fleur.

Il n'y a pas de destruction, mais il y a accomplissement. Les folioles du bouton doivent tomber afin que la fleur s'épanouisse, et les pétales de la fleur doivent tomber à leur tour pour que le fruit se forme et mûrisse. Les folioles et les pétales étaient-ils donc mauvais ou inutiles puisqu'ils ont dû être éliminés? Non, les uns et les autres furent utiles et nécessaires en leur temps; sans eux, il n'aurait pu y avoir de fruits. Ainsi en est-il pour les divers enseignements prophétiques; extérieurement, ils changent d'âge en âge, mais chaque révélation est l'accomplissement des précédentes; elles ne sont ni séparées ni en désaccord mais constituent des stades différents dans l'histoire du développement de la religion unique; celle-ci fut révélée graduellement, comme paraissent successivement la graine, le bouton et la fleur, et elle entre à présent dans la période de fructification.


8.7. Infaillibilité des prophètes

Bahá'u'lláh enseigne que des preuves suffisantes de l'authenticité de leur mission sont données à tous les prophètes; ils ont le droit d'exiger l'obéissance, et ils ont l'autorité voulue pour abroger et changer les enseignements de leurs prédécesseurs ou les compléter. Nous lisons dans le "Kitáb-i-Íqán":

"Ce serait à l'encontre de la bonté du Miséricordieux, de son affectueuse providence et de sa grâce infinie de choisir une âme parmi l'humanité pour guider ses créatures et, d'autre part, de lui refuser la plénitude de son témoignage divin, puis de punir ensuite les hommes en raison de leur incrédulité à l'égard de l'élu! Au contraire, les multiples bontés du Seigneur de tous les êtres ont, de tout temps, inondé la terre et tous ceux qui l'habitaient, grâce aux manifestations de sa divine Essence."
(BAHÁ'U'LLÁH, Le Livre de la certitude, p. 7.)

"Et pourtant, le but de chaque révélation n'est-il pas d'amener une transformation à la fois interne et externe de toute l'humanité, qui affectera sa vie morale et sa vie matérielle? Car si les conditions ne changeaient pas sous l'influence des manifestations universelles de Dieu, leur apparition serait inutile."
(BAHÁ'U'LLÁH, Le Livre de la certitude, p. 115.)

Dieu est l'unique Autorité infaillible, et les prophètes sont infaillibles parce que leur message est le message de Dieu transmis au monde par leur intermédiaire. Ce message reste valable jusqu'à ce qu'il soit remplacé par un message ultérieur donné par ce même prophète ou par un autre.

Dieu est le grand Médecin qui, seul, peut diagnostiquer la maladie du monde et prescrire le remède approprié. Le médicament ordonné à une époque ne convient plus à une époque ultérieure, quand l'état du malade évolue. Suivre l'ancien traitement lorsque le médecin a prescrit un nouveau traitement n'est pas une marque de confiance, mais plutôt de méfiance à son égard. Il se peut qu'un juif soit surpris d'apprendre que certains remèdes prescrits par Moïse pour les maux du monde, il y a plus de trois mille ans, soient à présent surannés et désuets; il se peut aussi qu'un chrétien soit également surpris d'apprendre que Muhammad avait certaines choses utiles et de valeur à ajouter à ce que Jésus prescrivit; et il en est de même pour le musulman lorsqu'on lui propose d'admettre que le Báb ou Bahá'u'lláh étaient investis d'autorité pour modifier les commandements de Muhammad. Selon la conception bahá'íe, la vraie dévotion à Dieu exige que tous ses prophètes soient révérés et qu'on obéisse à ses derniers commandements tels qu'ils sont énoncés par le prophète pour son époque. Ce n'est que par une telle dévotion que la véritable unité pourra être réalisée.


8.8. La suprême Manifestation

Comme tous les autres prophètes, Bahá'u'lláh annonce sa mission dans les termes les plus clairs.

Dans la Lawh-i-Aqdas tablette spécialement adressée aux chrétiens, il dit:

"Certes, le Père est venu et Il a accompli ce qui vous avait été promis dans le royaume de Dieu. Ceci est la parole que le Fils a voilée quand il a dit à ceux qui l'entouraient qu'ils ne pouvaient pas encore la comprendre. Mais quand le temps voulu se fut écoulé et que l'heure arriva, la parole resplendit À l'horizon de la volonté. Prenez garde, ô congrégation du Fils (c'est-à-dire chrétiens)! Ne la reniez pas, mais attachez-vous à elle. Elle est meilleure pour vous que tout ce qui l'a précédée... Assurément, l'Esprit de Vérité est venu pour vous guider dans toute la vérité. En réalité, il ne parle pas de son propre chef, mais de la part de l'Omnipotent, du Sage. Il est celui que le Fils a glorifié... Abandonnez ce qui est passé, ô peuples de la terre, et prenez ce qui vous est ordonné par celui qui est le Puissant, le Fidèle."
(La Très Sainte Tablette, dans L'Œuvre de Bahá'u'lláh, t. I, pp. 12 et 13.)

Et dans une lettre au pape, écrite d'Andrinople, en 1867, il dit:

"Prenez garde que les célébrations ne vous cachent le Célébré et que les adorations ne vous cachent l'Adoré! Écoutez le Seigneur, le Puissant, l'Omniscient! Il est venu pour donner la vie au monde et pour unir tout ce qui y demeure. Venez, ô peuples, au lieu où pointe l'aube de la révélation! Ne vous attardez pas, même pour une heure! Si vous êtes incapables de reconnaître le Seigneur de gloire, qu'avez-vous donc appris dans l'Évangile?
Cela ne vous convient pas, ô savante congrégation! Dites alors, si vous niez ceci, quelle est la preuve de votre croyance en Dieu? Montrez-nous votre preuve..."
(L'Œuvre de Bahá'u'lláh, t.II, p. 68.)

En ces termes adressés aux chrétiens, il annonce la réalisation des promesses de l'Évangile; de même, il proclame aux musulmans, aux juifs, aux zoroastriens et aux communautés des autres croyances l'accomplissement des promesses de leurs livres sacrés. Il parle à tous les hommes comme à des brebis de Dieu qui ont été jusqu'ici divisées en plusieurs troupeaux et abritées en différents bercails. Son message, dit-il, est la voix de Dieu, le Bon Pasteur qui, au jour de l'accomplissement des temps, est venu rassembler en un seul troupeau ses brebis dispersées, renversant les barrières qui les séparaient, afin qu'il n'y ait plus qu'un seul troupeau et qu'un seul berger.


8.9. Position unique de Bahá'u'lláh

La position de Bahá'u'lláh parmi les prophètes est unique et nouvelle, parce que la condition du monde au moment de son avènement était unique et sans précédent. Grâce à une évolution lente et souvent entravée dans les domaines de la religion, des sciences, des arts et de la civilisation, le monde était mûr pour l'enseignement de l'unité. Les barrières qui, durant les siècles précédents, avaient rendu l'unité du monde impossible, étaient prêtes à céder quand parut Bahá'u'lláh. Et depuis sa naissance, en 1817, et plus spécialement depuis la promulgation de ses enseignements, ces barrières se sont écroulées de la façon la plus étonnante. De quelque manière qu'on l'explique, il ne peut y avoir aucun doute à cet égard.

Au temps des prophètes précédents, les barrières géographiques étaient à elles seules suffisantes pour empêcher l'unité mondiale. Aujourd'hui, cet obstacle a été surmonté. Pour la première fois dans l'histoire du monde, les hommes peuvent rapidement et aisément communiquer entre eux d'un antipode à l'autre; ce qui se passe en Europe est connu le jour suivant dans tous les continents; un discours prononcé aujourd'hui en Amérique sera lu demain en Europe, en Asie et en Afrique.

Les différences de langage constituaient un autre obstacle important. Grâce à l'étude et à l'enseignement des langues étrangères, il a déjà été surmonté dans une large mesure, et il y a tout lieu de croire qu'avant longtemps, une langue auxiliaire internationale sera adoptée et enseignée dans toutes les écoles du monde. Cette difficulté disparaîtra alors complètement.

Le troisième grand obstacle provenait des préjugés religieux et de l'intolérance qui sont aussi en voie de disparition. L'esprit des hommes devient plus ouvert. La tâche de l'éducation échappe de plus en plus aux prêtres sectaires et on ne peut plus, désormais, entraver la pénétration d'idées nouvelles et libérales, même dans les cercles les plus fermés et les plus conservateurs.

Aussi Bahá'u'lláh est-il le premier des grands prophètes dont le message se soit répandu aussi rapidement dans toutes les parties du globe. Bientôt, les enseignements essentiels de Bahá'u'lláh, traduits de ses manuscrits authentiques, seront directement accessibles à tous ceux qui savent lire.


8.10. Plénitude de la révélation bahá'íe

Par ses annales authentiques, amples et complètes, la révélation bahá'íe tient une place unique et sans précédent parmi les religions du monde. Les paroles qu'on peut attribuer avec certitude au Christ, à Moïse, à Zoroastre, à Bouddha, à Krishna sont peu nombreuses et laissent sans réponse maintes questions pratiques importantes de la vie actuelle. Beaucoup d'enseignements communément attribués à ces fondateurs de religion sont d'authenticité douteuse et certains textes sont de toute évidence apocryphes. Les musulmans possèdent dans le Qur'án et dans de nombreuses traditions des données plus complètes sur la vie et les enseignements de leur prophète, mais Muhammad lui-même, bien qu'inspiré, était illettré, ainsi que la plupart de ses premiers disciples. Les méthodes qui ont servi à enregistrer et à répandre ses enseignements sont à bien des égards défectueuses et l'authenticité d'un grand nombre de traditions est douteuse. Il s'ensuit des différences d'interprétation et des conflits d'opinions qui ont causé des divisions et des dissensions dans l'islám, comme cela s'était passé dans toutes les communautés religieuses antérieures.

Par contre, le Báb et Bahá'u'lláh ont tous deux laissé quantité d'écrits éloquents et vigoureux. Comme il leur fut interdit à l'un et à l'autre de parler en public et qu'ils passèrent la plus grande partie de leur vie en prison (après la déclaration de leur mission), ils employèrent la majeure partie de leur temps à écrire, d'où il résulte qu'aucune des révélations précédentes n'est comparable à la révélation bahá'íe quant à la richesse et à l'abondance de textes authentiques. Elle fournit une explication claire et complète d'un grand nombre de vérités qui n'avaient été que vaguement esquissées dans les révélations antérieures, et les principes éternels de vérité que tous les prophètes ont enseignés y sont appliqués aux problèmes qui se posent au monde d'aujourd'hui. Parmi ces problèmes extrêmement ardus et complexes, plusieurs ne s'étaient pas encore présentés au temps des prophètes précédents. Ces annales complètes d'une révélation authentique doivent, de toute évidence, contribuer puissamment à écarter les malentendus futurs et à dissiper ceux du passé qui séparaient les différentes sectes.


8.11. L'alliance bahá'íe

La révélation bahá'íe est unique et sans précédent pour d'autres raisons encore. Avant sa mort, Bahá'u'lláh écrivit, à plusieurs reprises, un pacte par lequel son fils aîné, 'Abdu'l-Bahá, qu'il désigne souvent sous le nom de "la Branche ou la plus Grande Branche", devient l'interprète autorisé de ses enseignements; il déclare que toute explication ou interprétation donnée par 'Abdu'l-Bahá doit être acceptée comme étant aussi valable que ses propres paroles.

Dans son testament, il dit:

"Réfléchissez à ce qui est révélé dans mon livre, le Kitáb-i-Aqdas: quand l'océan de ma présence aura reflué et que le livre de ma révélation sera achevé, tournez votre visage vers celui que Dieu a désigné, celui qui est issu de l'Antique Racine! Ce verset se réfère à la plus Grande Branche.

Et dans la "Tablette de la Branche" qui explique le rang de 'Abdu'l-Bahá, il dit:

"Ô peuples! Louez Dieu pour la manifestation de la Branche car, en vérité, c'est la plus grande faveur qui vous soit faite et la plus parfaite bénédiction qui vous soit donnée; et par lui, chacun des os qui tombaient en poussière est vivifié. Quiconque s'est tourné vers lui s'est assurément tourné vers Dieu, et quiconque s'est détourné de lui s'est assurément détourné de ma beauté, a nié ma preuve et s'affirme comme un transgresseur."
(Foi mondiale bahá'íe, p. 365.)

Après la mort de Bahá'u'lláh, 'Abdu'l-Bahá eut de nombreuses occasions, tant chez lui qu'au cours de ses longs voyages, de rencontrer des gens de toutes nationalités et de toutes opinions. Il écouta leurs questions, leurs problèmes, leurs objections et donna des explications précises qui furent soigneusement consignées par écrit. Pendant de longues années, 'Abdu'l-Bahá s'employa à élucider les enseignements et à montrer leurs applications aux problèmes les plus variés de la vie moderne. Les divergences d'opinion qui se sont élevées entre les croyants lui ont été soumises et il les a résolues avec autorité; ainsi les risques de malentendus futurs ont-ils été réduits.

De plus, Bahá'u'lláh a ordonné qu'une Maison Universelle de Justice, représentant tous les bahá'ís du monde, soit élue pour prendre en charge les affaires de la cause, contrôler et coordonner toutes les activités, empêcher les schismes et les divisions, éclaircir les questions obscures et préserver les enseignements de la corruption et des mauvaises interprétations. Le fait que ce corps administratif suprême puisse non seulement prendre l'initiative en matière législative sur toutes les questions non définies dans le Livre, mais encore annuler ses propres décrets lorsque les conditions nouvelles exigeront des mesures différentes, permet à la foi de se développer et, tel un organisme vivant, de s'adapter aux besoins et aux exigences d'une société en évolution.

D'autre part, Bahá'u'lláh a expressément interdit à quiconque d'interpréter les enseignements, l'interprète autorisé ayant seul ce droit. Dans son testament, 'Abdu'l-Bahá a désigné Shoghi Effendi comme gardien de la foi après lui et comme interprète des Écrits.

Dans mille ans ou plus, une autre Manifestation paraîtra, sous l'ombre de Bahá'u'lláh, avec des preuves explicites de sa mission. Mais jusqu'à ce moment, les paroles de Bahá'u'lláh, de 'Abdu'l-Bahá et du Gardien ainsi que les décisions de la Maison Universelle de Justice sont les seules autorités vers lesquelles tous les croyants doivent se tourner pour être dirigés. Aucun bahá'í n'a le droit de créer une école ni une secte fondée sur une interprétation particulière des principes ni sur une soi-disant révélation divine. Quiconque transgresse ces commandements est considéré comme un "briseur d'alliance" [Voir chapitre 12 pour plus d'explications sur le Gardiennat et la Maison Universelle de Justice].

'Abdu'l-Bahá dit:

"Est ennemi de la cause celui qui entreprend d'interpréter les paroles de Bahá'u'lláh et d'en altérer le sens selon sa propre compréhension, qui attire des adeptes pour former une secte, s'octroyant une dignité supérieure et créant un schisme dans la cause."
(Star of the West, vol. III, p. 8.)

Dans une autre Tablette, il écrit:

"Ces gens (les promoteurs de schisme) sont comme l'écume qui se forme à la surface de la mer; une vague surgira de l'océan de l'alliance et, par la puissance du royaume d'Abhá, rejettera cette écume sur le rivage. De telles pensées corrompues émanant de convoitises personnelles et mauvaises s'évanouiront toutes, alors que l'alliance de Dieu demeurera stable et en sécurité."
(Star of the West, vol. X, p. 95).

Rien ne peut empêcher les hommes de trahir la religion s'ils en ont décidé ainsi. 'Abdu'l-Bahá dit: Dieu même ne contraint pas l'âme à devenir spirituelle. L'exercice du libre arbitre humain est nécessaire. Toutefois, l'alliance spirituelle rend le sectarisme absolument impossible au sein de la communauté bahá'íe.


8.12. Suppression du sacerdoce

La suppression du sacerdoce est un autre trait de l'administration bahá'íe qui mérite une mention spéciale. Des contributions volontaires en faveur des dépenses pour l'enseignement sont permises, et bien des personnes consacrent la totalité de leur temps au service de la cause; mais tous les bahá'ís sont engagés à prendre part à l'œuvre d'enseignement, selon leurs possibilités et leurs aptitudes; il n'y a, parmi les croyants, aucune classe distincte spécialisée dans l'exercice des fonctions et des prérogatives sacerdotales.

Dans les temps passés, l'institution d'un clergé était nécessaire, parce que le peuple était illettré et sans éducation et dépendait des prêtres pour l'instruction religieuse, la conduite des cérémonies et des rites religieux, pour l'administration de la justice, etc.

Mais les temps ont changé. L'éducation se répand rapidement et, si les commandements de Bahá'u'lláh sont observés, toutes les filles et tous les garçons du monde recevront une solide instruction. Chaque individu aura la possibilité d'étudier les Écritures par lui-même, de puiser l'eau de la vie directement à la source. Les cérémonies et les rites compliqués qui nécessitent les services d'une caste ou d'une profession spécialisée n'ont point de place dans l'organisation bahá'íe; et l'administration de la justice est confiée aux autorités instituées à cet effet.

Un enfant doit avoir un maître, mais le but du maître consciencieux est de former l'élève afin qu'il puisse se passer de lui, voir les choses par ses propres yeux, entendre par ses propres oreilles, comprendre par sa propre intelligence. Ainsi, dans l'enfance de la race, le prêtre fut nécessaire, mais sa tâche véritable était de former les hommes pour qu'ils puissent se passer de lui; qu'ils puissent voir les choses divines par leurs propres yeux, les entendre de leurs propres oreilles, les comprendre par leur propre intelligence. Aujourd'hui, l'œuvre du prêtre touche à sa fin, et le but de l'enseignement bahá'í est de compléter cette œuvre, de rendre les hommes indépendants de tout sauf de Dieu, afin qu'ils puissent se tourner directement vers Lui, c'est-à-dire vers sa manifestation. Quand tout le monde se tourne vers un seul centre, il ne peut plus y avoir ni buts opposés ni confusion, et plus on se rapproche du centre, plus on se rapproche les uns des autres.


9. LA VRAIE CIVILISATION

"Ô peuples de Dieu! Ne soyez pas occupés de vous-mêmes. Que votre but soit l'amélioration du monde et l'éducation des nations."
BAHÁ'U'LLÁH.

9.1. La religion, base de la civilisation

Selon l'opinion des bahá'ís, les problèmes de la vie humaine individuelle et collective sont d'une telle complexité que l'intelligence est, par elle-même, incapable de les résoudre directement. Seul, l'Omniscient connaît intégralement le but de la création et le moyen de l'atteindre. Par l'intermédiaire des prophètes, Il enseigne à l'humanité les vraies fins de la vie humaine et la voie directe qui mène au progrès; l'établissement d'une véritable civilisation dépend donc d'une fidèle adhésion aux directives contenues dans la révélation prophétique.

Bahá'u'lláh précise:

"La religion est le plus parfait instrument pour instaurer l'ordre dans le monde et pour la quiétude de tous les êtres. L'affaiblissement des colonnes de la religion a encouragé les ignorants, les rendant audacieux et agressifs. Je vous le dis, en vérité, tout ce qui abaisse la haute valeur de la religion favorise l'insouciance chez les méchants. Il en résulte finalement un état d'anarchie...

Considérez à quel point la civilisation des peuples occidentaux a causé de commotions et d'agitation dans le monde. Des machines infernales ont été inventées et l'on déploie une telle cruauté pour détruire la vie que le monde n'a jamais rien vu ni entendu de semblable. Il est impossible de refréner ce violent déchaînement de fléaux à moins que les peuples de la terre ne s'unissent dans un but déterminé ou sous l'égide de la religion unique...

Ô peuple de Bahá! Chacun des commandements révélés est une puissante forteresse pour la protection du monde."
(Les Paroles du paradis dans Foi mondiale bahá'íe, pp. 323, 328 et 329.)

L'état actuel de l'Europe et du monde en général confirme éloquemment la valeur de ces paroles écrites il y a si longtemps. La négligence à l'égard des commandements prophétiques et la prédominance de l'irréligion ont causé un profond désordre et de terribles destructions; sans le caractère essentiel que possède la vraie religion de transformer les cœurs et de changer les buts, la réforme de la société semblerait absolument irréalisable.


9.2. Justice

Dans l'ouvrage intitulé "Les Paroles cachées" où Bahá'u'lláh expose brièvement l'essentiel des enseignements prophétiques, son premier conseil concerne la vie individuelle: "Aie le cœur pur, bienveillant et rayonnant". Le second indique le principe fondamental de la vraie vie sociale:

"Ô fils de l'esprit!
À mes yeux, ce que j'aime par-dessus tout est la justice; ne t'en écarte pas si c'est moi que tu désires, et ne la néglige pas afin que je puisse me fier à toi. Par elle, tu pourras voir par tes propres yeux et non par ceux des autres, et tu pourras comprendre par ton propre savoir et non par celui du prochain. Pèse bien ceci: comment dois-tu être? En vérité, la justice est le don que je te fais, le signe de ma tendre bonté. Fixe donc ton regard sur elle."
(Les Paroles cachées, première partie, n 2.)

Dans la vie sociale, il est essentiel que les individus sachent avant tout discerner le vrai du faux et le bien du mal et estimer les choses à leur juste valeur. Le plus grand responsable de l'égarement spirituel et social, le pire ennemi du progrès social, c'est l'égoïsme.

Bahá'u'lláh dit:

"Ô fils de l'intelligence!
La mince paupière de l'œil empêche celui-ci de voir le monde et tout ce qu'il contient. Pense donc à ce qui se produit lorsque le bandeau de l'avidité obscurcit la vue du cœur!"

"Ô peuple!
Les ténèbres de l'avidité et de la convoitise obscurcissent la lumière de l'âme comme le nuage qui empêche les rayons du soleil de s'infiltrer."
(Tablette à un zoroastrien.)

L'expérience du passé commence enfin à convaincre les hommes de l'exactitude de l'enseignement prophétique selon lequel les pensées et les actions égoïstes amènent inévitablement des troubles sociaux; si les humains ne veulent pas périr honteusement, ils doivent attacher aux affaires d'autrui la même importance qu'à leurs propres affaires et subordonner leurs intérêts particuliers à ceux de l'humanité considérée comme un tout. Ainsi, les intérêts de chacun et de tous seront finalement servis au mieux.

Bahá'u'lláh dit:

"Ô fils de l'homme!
Si tu recherches la miséricorde, renonce à tes propres intérêts et efforce-toi de favoriser ceux de tes semblables. Si tu aspires à la justice, choisis pour les autres ce que tu choisirais pour toi-même."
(Les Paroles du paradis, dans Foi mondiale bahá'íe, p. 3.)


9.3. Gouvernement

Les enseignements de Bahá'u'lláh contiennent deux sortes de références relatives à la question d'un véritable ordre social. L'une d'elles, que l'on trouve dans les tablettes révélées aux rois, traite des problèmes gouvernementaux tels qu'ils se présentaient au temps de Bahá'u'lláh. L'autre concerne l'ordre mondial nouveau qui doit se développer au sein même de la communauté bahá'íe.

On y trouve des contrastes frappants comme dans ces deux passages:

"Le seul vrai Dieu, exaltée soit sa gloire, a toujours considéré et ne cessera jamais de considérer le cœur de l'homme comme son bien propre, sa propriété exclusive. Tout le reste, tout ce qui concerne la terre et la mer, la gloire ou la richesse, Il l'a laissé aux rois et aux dirigeants de la terre."
(Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, pp. 135 et 136.)

"Il convient à tous, en ce jour, de s'attacher fermement au plus Grand Nom et d'établir l'unité de la race humaine. Il n'existe aucun lieu de retraite, nul refuge en dehors de lui."
(Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, p. 134.)

La divergence apparente entre ces deux passages s'efface lorsqu'on réfléchit à la distinction faite par Bahá'u'lláh entre "la moindre paix" et la "paix suprême". Dans ses tablettes aux rois, Bahá'u'lláh engage ceux-ci à se réunir et à prendre des mesures pour assurer la paix politique, réduire les armements et soulager les pauvres de leur condition misérable et incertaine. Mais ses paroles font clairement ressortir que, faute de satisfaire aux besoins de l'époque, des guerres et des révolutions éclateront et amèneront finalement la chute de l'ordre ancien.

Aussi, d'une part, il dit:

"Ce dont l'humanité a besoin en ce jour, c'est de la soumission envers ceux qui détiennent l'autorité..."

Et d'autre part:

"Ceux qui ont recherché les vanités et les fastes de la terre et qui ont dédaigneusement renoncé à Dieu, ceux-là ont perdu tant leur vie présente que celle du monde futur. Avant longtemps, Dieu--par la main du pouvoir--leur enlèvera toutes leurs possessions et les dépouillera du vêtement de sa bonté... Nous avons fixé votre heure, ô peuples. Si, à l'heure marquée, vous négligez de vous tourner vers Dieu, en vérité, Il vous infligera l'emprise de la violence et de graves afflictions vous assailliront de tous côtés... Les signes de convulsions et de chaos imminents sont dès maintenant discernables, d'autant plus que l'organisation actuelle s'avère lamentablement défectueuse... Nous Nous sommes engagé à assurer ton triomphe sur la terre et à élever notre cause au-dessus de tous, bien que nous n'ayons trouvé aucun souverain disposé à tourner son visage vers toi.

Le grand Être, voulant révéler les conditions préalables nécessaires à la paix et à la prospérité du monde ainsi qu'au progrès des peuples, a écrit: Le temps doit venir où l'impérieuse nécessité de former une vaste assemblée d'hommes représentant le monde entier se fera universellement sentir. Les dirigeants et les rois de la terre devront y assister, prendre part aux délibérations et chercher les moyens d'établir la grande paix entre les hommes. Une telle paix exige une réconciliation intégrale des grandes puissances en faveur du bien-être des peuples de la terre. Si jamais un roi prenait les armes contre un autre, tous devraient se lever et s'unir pour l'en empêcher."
(Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, pp. 141, 164-165.)

Par ces conseils, Bahá'u'lláh a révélé les conditions sur lesquelles la responsabilité publique doit s'appuyer en ce jour de Dieu. Faisant appel, d'une part, à la solidarité internationale, il avertit, d'autre part, clairement les dirigeants que continuer la lutte détruirait leur pouvoir. L'histoire contemporaine voit la confirmation de cet avertissement dans l'énergie destructrice déployée chez les nations civilisées par certains mouvements coercitifs et dans le développement des révoltes, à un degré tel qu'aucun parti ne peut plus remporter la victoire.

"Maintenant que vous avez refusé la paix suprême, attachez-vous à la moindre paix afin de pouvoir améliorer dans une certaine mesure les conditions de vie pour vous-même et pour ceux qui dépendent de vous...
Ce que le Seigneur a ordonné comme le remède souverain, le plus puissant instrument pour la guérison du monde, c'est l'union de tous les peuples en une cause universelle, une foi commune. Ceci ne pourra s'accomplir que par le pouvoir d'un habile médecin, inspiré et tout-puissant."
(Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, pp. 167, 168.)

Cette expression, la moindre paix, fait allusion à l'unité politique des États, alors que la paix suprême exige une unité totale tant spirituelle que politique et économique.

"Bientôt le présent ordre des choses sera révolu et un nouvel ordre prendra sa place."
(Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh.)

Dans les époques passées, le gouvernement pouvait se consacrer aux affaires extérieures et matérielles de l'État, mais aujourd'hui la fonction d'un gouvernement implique une capacité de diriger, une qualité de dévouement et de connaissance spirituelle accessibles seulement à ceux qui sont tournés vers Dieu.


9.4. La liberté politique

Bien que préconisant comme constitution idéale une forme de gouvernement représentatif local, national et international, Bahá'u'lláh enseigne que cette forme ne pourra se réaliser avant que les hommes n'aient atteint un degré suffisamment élevé de développement individuel et collectif. Accorder subitement un gouvernement démocratique à un peuple non instruit, dominé par des désirs égoïstes, et sans expérience des affaires publiques serait désastreux. Rien n'est plus préjudiciable que la liberté pour ceux qui ne savent pas l'utiliser sagement. Bahá'u'lláh écrit dans le Kitáb-i-Aqdas:

"Considérez l'étroitesse d'esprit des hommes! Ils recherchent ce qui leur nuit et rejettent ce qui leur convient. En vérité, ils sont égarés. Il en est qui veulent la liberté et s'enorgueillissent de leur désir. Ceux-là sont dans une ignorance profonde.

La liberté ne peut en fin de compte que mener à la sédition dont les flammes ne peuvent être éteintes. Ainsi vous en a prévenu celui qui fait les comptes, le Savant. Sachez que la liberté est personnifiée par l'animal. Ce qui convient à l'homme, c'est la soumission dans une mesure telle qu'il soit protégé de sa propre ignorance et garanti contre le tort causé par ceux qui suscitent la discorde. La liberté pousse l'homme à transgresser les limites de la propriété et à détruire la dignité de son état. Elle l'abaisse au niveau extrême de la dépravation et de la méchanceté. L'humanité est comme un troupeau de brebis qui a besoin de la protection d'un berger. Ceci est la vérité, la vérité certaine. Nous approuvons la liberté en certaines circonstances, mais Nous Nous y refusons en d'autres occasions. Nous sommes en vérité l'Omniscient.

Dis: La liberté véritable consiste à obéir à mes commandements, si peu que vous le sachiez. Si les hommes observaient ce qui leur a été envoyé du ciel de la révélation, ils parviendraient certainement à la liberté parfaite. Heureux celui qui a compris le but de Dieu dans tout ce qu'Il a révélé du ciel de sa volonté qui pénètre toutes choses créées.
Dis: La liberté qui vous profitera ne se trouve que dans la servitude complète envers Dieu, la Vérité éternelle. Quiconque en a goûté la douceur ne voudrait pas l'échanger pour tout l'empire du monde et du ciel."
(Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, p. 321.)

Pour améliorer la condition des races et des nations arriérées, les enseignements divins sont le remède souverain. Quand les peuples et leurs dirigeants étudieront et adopteront ces enseignements, les nations se trouveront libérées de toutes leurs entraves.


9.5. Dirigeants et sujets

Bahá'u'lláh interdit la tyrannie et l'oppression dans les termes les plus catégoriques. Dans "Les Paroles cachées", il écrit:

"Ô oppresseurs de la terre!
Cessez toute tyrannie, car je me suis promis de ne pardonner à l'homme aucune de ses injustices. Ceci est mon alliance que j'ai irrévocablement décrétée dans la Tablette préservée et que j'ai scellée de mon sceau de gloire."
(Les Paroles cachées - deuxième partie, n 64.)

Ceux à qui sont confiées l'élaboration et l'application des lois et des réglementations doivent:

"... se tenir fermement attachés à la corde de la consultation; décider et exécuter tout ce qui engendre la sécurité, la prospérité, le bien-être et la quiétude des peuples, car si les choses se passaient autrement, il n'en résulterait que discorde et agitation."
(Tablette du monde, dans Foi mondiale bahá'íe, p. 306.)

D'autre part, le peuple doit se soumettre à la loi et rester fidèle à un gouvernement juste. Pour améliorer le sort de la nation, il faut pouvoir s'appuyer sur des méthodes éducatives et sur la force du bon exemple, mais non sur la violence.

Bahá'u'lláh dit:

"Dans chaque pays où résident des membres de cette communauté, ils doivent se comporter envers le gouvernement avec loyauté, honnêteté et obéissance."
(Les Bonnes Nouvelles, dans Foi mondiale bahá'íe, p. 342.)

"Ô peuples de Dieu! Ornez vos temples du manteau de la loyauté et de l'intégrité; puis, aidez votre Seigneur par la multitude des bonnes actions et de la saine moralité. En vérité, Nous avons interdit la sédition et la lutte dans mes Livres et mes Épîtres, mes Écrits et mes Tablettes; Nous n'avons désiré ainsi que votre élévation et votre dignité."
(Les Splendeurs, dans Foi mondiale bahá'íe, p. 352.)


9.6. Nomination et promotion

En ce qui concerne les nominations, le seul critère doit être l'aptitude à l'emploi désigné. Devant cette considération primordiale, toutes les autres telles que: position sociale ou financière, degré d'ancienneté, liens familiaux ou amitiés personnelles doivent s'effacer. Bahá'u'lláh dit dans "Les Splendeurs":

"La cinquième splendeur est la connaissance par les gouvernements de la condition de ceux qui sont gouvernés et l'attribution des rangs selon les capacités et les mérites. Il est strictement enjoint à tout chef et dirigeant de rester attentif en cette matière afin que, par un fâcheux hasard, des hommes déloyaux ne puissent usurper la place des honnêtes gens ni des spoliateurs occuper les sièges des gardiens."

Il est facile de concevoir que, si ce principe était partout admis et pratiqué, notre vie sociale en serait étonnamment transformée. Quand tous recevront la place à laquelle ils sont spécialement destinés par leurs capacités et leurs talents, chacun pourra alors travailler de tout cœur et acquérir la maîtrise dans sa profession, pour son plus grand profit et celui du reste du monde.


9.7. Les problèmes économiques

Les enseignements bahá'ís insistent dans les termes les plus énergiques sur la nécessité d'introduire des réformes dans les relations économiques du riche et du pauvre.

'Abdu'l-Bahá dit:

"L'ajustement des conditions humaines doit être tel que la pauvreté disparaisse, que chacun, autant que possible suivant son rang et sa situation, reçoive sa part de confort et de bien-être. Nous voyons parmi nous, d'un côté, des hommes surchargés de richesses et, de l'autre, des malheureux qui meurent de faim; les uns possèdent plusieurs palais superbes, les autres n'ont rien pour reposer leur tête... Cet état de choses est injuste et il faut y remédier. Cependant, le remède doit être appliqué avec prudence. Il ne s'agit pas d'établir une égalité absolue entre les hommes. L'égalité est une chimère! Elle est tout à fait impraticable. Même si l'égalité venait à s'établir, elle ne pourrait être maintenue; et si son existence était possible, l'ordre du monde tout entier en serait détruit. La loi de l'ordre doit toujours prévaloir dans l'humanité. Le ciel l'a décrété en créant l'homme... L'humanité, tout comme une grande armée, a besoin d'un général, de capitaines, de sous-officiers de tous grades et de soldats, chacun ayant des fonctions déterminées. La hiérarchie est indispensable pour assurer une organisation méthodique. Une armée ne saurait être composée uniquement de généraux ou de capitaines ou seulement de soldats sans chefs.

Il est certain que, les uns étant démesurément riches et les autres lamentablement pauvres, une bonne organisation s'avère nécessaire pour contrôler et améliorer cet état de choses. Il importe de limiter la richesse, comme il est important de limiter la pauvreté. Les situations extrêmes sont nuisibles... Quand la pauvreté touche au dénuement, c'est le signe certain que, quelque part, se trouve la tyrannie. Les hommes doivent se hâter de résoudre cette question et changer sans délai des conditions qui infligent la misère et la pauvreté sordide à un très grand nombre de gens.

Les riches doivent se départir de leur abondance; d'un cœur ému, avec une intelligente compassion, ils doivent se soucier de ces malheureux qui souffrent du manque des choses les plus nécessaires à l'entretien de la vie.

Des lois spéciales doivent être adoptées pour régler ces excès de richesse et de misère... Les gouvernements des pays devraient se conformer à la loi divine qui confère à tous une justice égale... Tant que ceci ne sera pas réalisé, la loi de Dieu n'aura pas été respectée."
(Causeries de 'Abdu'l-Bahá à Paris, pp. 133 à 135.)


9.8. Finances publiques

'Abdu'l-Bahá suggère que chaque ville, village ou district reçoive, autant que possible, la charge de l'administration des finances du territoire sous sa juridiction, et qu'il contribue dans de justes proportions aux dépenses du gouvernement général. Une des principales sources de revenus devrait être une taxe proportionnelle aux revenus. Si le salaire d'un homme n'excède pas le minimum vital, il devrait être exonéré de toute taxation; mais dans tous les cas où le revenu excède le minimum vital, un impôt devrait être prélevé dont le pourcentage serait croissant, dans la proportion où le surplus des revenus dépasse le minimum vital.

D'autre part si, en raison d'une maladie, d'une mauvaise récolte ou de toute autre cause involontaire, quelqu'un se trouvait incapable de faire face aux dépenses nécessaires de l'année, le fonds public devrait assurer les moyens d'existence du contribuable et de sa famille.

Il y aura aussi d'autres sources de revenu public: par exemple les biens intestats, les mines, les découvertes de trésors et les contributions volontaires, tandis que les dépenses comprendront les allocations aux malades et aux infirmes, aux orphelins, aux écoles, aux sourds et aveugles et les frais pour le maintien de la santé publique. Ainsi le bien-être et le confort de tous seront assurés. [Pour des détails supplémentaires, voir les discours de 'Abdu'l-Bahá qui ont été publiés, en particulier ceux prononcés aux États-Unis d'Amérique.]


9.9. Partages volontaires

Dans une lettre écrite en 1919 à l'Organisation centrale pour une paix durable, 'Abdu'l-Bahá dit:

"Parmi les enseignements de Bahá'u'lláh se trouve la question du partage volontaire des propriétés. Ce partage volontaire est plus méritoire que l'égalité (imposée par la loi) et s'appuie sur le fait que l'on ne doit pas se préférer à son prochain, mais plutôt sacrifier sa vie et ses biens pour les autres. Mais ceci ne doit pas s'imposer par la force jusqu'à en faire une loi qui contraigne l'homme. Non, car l'homme doit, volontairement et de son plein gré, sacrifier ses biens et sa vie pour les autres, donnant délibérément pour les pauvres, comme cela est d'usage en Perse parmi les bahá'ís."
(Unité de conscience, pp. 20 à 22.)


9.10. Le travail pour tous

Un des enseignements les plus importants de Bahá'u'lláh concernant les questions économiques est que tous doivent accomplir un travail utile. Il ne faut pas qu'il y ait des bourdons dans la ruche humaine, pas de parasites parmi les gens valides de la société. Il dit:

"Il est enjoint à chacun de s'occuper d'une manière ou d'une autre: art, commerce, etc. Nous avons décidé d'identifier votre labeur à un acte d'adoration envers Dieu, le Véritable. Méditez, ô peuples, sur la grâce de Dieu et les faveurs qui vous sont accordées, et que votre gratitude s'élève vers Lui matin et soir.

Ne gaspillez pas votre temps en paresse et en indolence, et occupez-vous de ce qui est avantageux pour vous et pour les autres. Ainsi en a-t-il été décrété dans cette Tablette surgie de l'horizon où resplendissent le soleil de sagesse et la parole divine. Le plus méprisable des hommes devant Dieu est celui qui s'assoit et qui mendie. Attachez-vous à la corde de l'action, comptant sur l'aide de Dieu, l'Auteur des causes."
(Les Bonnes Nouvelles, dans Foi mondiale bahá'íe, p. 348.)

Que d'énergie gaspillée aujourd'hui dans le monde en luttes stériles et en compétitions qui détruisent et neutralisent les efforts des autres! Et que d'efforts perdus d'une manière encore plus néfaste!

Si tous les humains travaillaient et si tous leurs efforts, manuels ou intellectuels, étaient profitables à l'humanité comme le recommande Bahá'u'lláh, alors les ressources nécessaires à une vie saine, confortable et digne suffiraient amplement pour tous. Il n'y aurait plus ni taudis ni famine, ni misère ni servage industriel, ni surmenage qui mine la santé.


9.11. L'éthique de la richesse

Selon les enseignements bahá'ís, les richesses dûment acquises et bien employées sont honorables et méritoires. Tout service rendu doit être équitablement récompensé. Bahá'u'lláh dit dans Les Ornements:

"Le peuple de Bahá ne doit refuser son dû à personne et rendre hommage au talent... Chacun doit parler avec justice et reconnaître la valeur des services rendus."

Concernant les intérêts à prélever sur les emprunts, Bahá'u'lláh écrit dans "Les Splendeurs":

"Beaucoup de personnes sont obligées d'y avoir recours; si aucun intérêt n'était admis, les affaires seraient entravées et arrêtées... Il est rare que quelqu'un consente à prêter de l'argent à autrui selon le principe de Qard-i-hasan (littéralement "bon prêt", c'est-à-dire argent avancé sans intérêt, à rembourser au gré de l'emprunteur). Par conséquent, pour aider les serviteurs, Nous avons autorisé le prélèvement d'un intérêt sur l'argent prêté, parmi les autres transactions en usage. C'est-à-dire... qu'il est permis, légal et honnête de fixer un intérêt sur l'argent... mais il faut le faire avec modération et justice. La Plume de gloire s'est abstenue d'en tracer les limites, en signe de sagesse et pour la facilité de ses serviteurs. Nous exhortons les amis de Dieu à agir avec loyauté et probité, de telle manière que la miséricorde et la compassion de ses bien-aimés puissent se manifester envers tous.

L'exécution de telles affaires sera confiée aux soins des membres de la Maison de Justice, afin qu'ils puissent agir avec sagesse selon les exigences de l'époque."


9.12. Suppression du servage industriel

Dans le livre de l'Aqdas, Bahá'u'lláh condamne l'esclavage et 'Abdu'l-Bahá a expliqué que, non seulement l'esclavage proprement dit, mais aussi l'esclavage industriel sont contraires à la loi de Dieu. Au cours de son séjour aux États-Unis, en 1912, il a dit aux Américains:

"Entre 1860 et 1865, vous avez fait une chose merveilleuse: vous avez aboli l'esclavage; mais aujourd'hui vous devez faire une chose bien plus merveilleuse encore: vous devez abolir l'esclavage industriel...

La solution des problèmes économiques ne peut être apportée par l'organisation du capital contre le travail ou du travail contre le capital ni par les conflits et les luttes, mais par une ferme attitude de bonne volonté de part et d'autre. Alors une justice réelle et durable sera assurée...

Parmi les bahá'ís, il n'existe aucune pratique tyrannique, mercantile ou injuste, aucune revendication vindicative, aucun soulèvement révolutionnaire contre les gouvernements existants...

À l'avenir, il ne sera plus possible pour les hommes d'amasser de grosses fortunes grâce au travail des autres. Les riches partageront volontairement. Ils s'y accoutumeront peu à peu, de leur propre gré et d'une façon naturelle. Cela ne sera pas accompli par des guerres ou des effusions de sang."
(Star of the West, vol. VII, n 15, p. 147.)

C'est par la collaboration et la consultation amicales, par une association et une juste répartition des bénéfices que les intérêts du travail et du capital seront le mieux préservés. Les mesures sévères comme les grèves et le lock-out sont nuisibles, non seulement aux industries immédiatement atteintes, mais à la communauté entière. Il incombe par conséquent aux gouvernements de trouver le moyen d'empêcher le recours à des méthodes aussi violentes pour régler les différends. 'Abdu'l-Bahá a dit à Dublin, New Hampshire, en 1912:

"Maintenant je veux vous parler de la loi de Dieu. Selon la loi divine, les employés ne devraient pas être rétribués seulement par un salaire. Non, ils devraient plutôt être associés dans toutes les entreprises. La question de la socialisation est très compliquée. Elle ne sera pas résolue par des grèves au sujet des salaires. Tous les gouvernements du monde doivent s'unir et établir une assemblée dont les membres seront élus dans les parlements et parmi l'élite de chaque nation. Ceux-ci devront préparer un plan de réforme avec sagesse et fermeté, de façon que les patrons ne souffrent pas de pertes trop lourdes et que les ouvriers ne soient pas lésés. Avec la plus grande modération, ils devront élaborer la législation, puis annoncer publiquement que les droits des classes laborieuses seront efficacement sauvegardés et que les droits des capitalistes seront également protégés.

Quand une telle loi sera généralisée, selon la volonté des deux parties, si une grève se déclarait, tous les gouvernements du monde devraient s'y opposer collectivement. Sinon le travail conduira à trop de destruction, surtout en Europe où des événements désastreux adviendront.

Ce problème, parmi d'autres, fera l'objet d'une guerre générale en Europe. Les propriétaires de mines, d'usines, d'immeubles devraient partager leurs revenus avec leurs employés et accorder impartialement un certain pourcentage des bénéfices à leurs ouvriers, afin qu'en plus de leur salaire, ils participent aux revenus généraux de l'entreprise et qu'ils s'efforcent de travailler en toute conscience."
(HORACE HOLLEY, L'Économie mondiale de Bahá'u'lláh, pp. 25 à 26.)


9.13. Legs et héritages

Bahá'u'lláh précise que chacun devrait rester libre de disposer de ses biens comme il lui plaît pendant toute sa vie. Il importe que chacun rédige un testament écrit indiquant la manière dont ses biens seront répartis après son décès. Si quelqu'un vient à disparaître sans laisser de testament, ses biens devront être évalués et partagés en proportions déterminées entre sept catégories d'héritiers, à savoir: enfants, épouse ou époux, père, mère, frères, sœurs et éducateurs, la part de chacun allant en décroissant du premier au dernier. Si l'une ou plusieurs de ces catégories font défaut, leur part devrait aller au trésor public pour être consacrée aux pauvres, aux orphelins, aux veuves ou à quelque œuvre d'utilité publique. Si le disparu n'a aucun héritier, tous ses biens vont au trésor public.

Il n'existe aucune spécification dans la loi de Bahá'u'lláh qui empêche un homme de léguer ses biens à qui bon lui semble; mais les bahá'ís, en rédigeant leur testament, s'inspireront naturellement de la formule que Bahá'u'lláh a établie en faveur des biens intestats et qui assure la répartition des propriétés entre un grand nombre d'héritiers.


9.14. Égalité de l'homme et de la femme

D'après l'un des principes sociaux auxquels Bahá'u'lláh attache beaucoup d'importance, la femme doit être considérée comme l'égale de l'homme, jouissant de droits et de privilèges égaux, d'une éducation semblable et de facilités similaires.

Selon lui, le meilleur moyen d'amener l'émancipation des femmes est l'éducation universelle. Les filles doivent recevoir une éducation aussi soignée que les garçons. En fait, l'éducation des filles est même plus importante que celle des garçons puisque, en temps voulu, elles deviendront mères et, comme telles, elles sont les premières éducatrices de la génération suivante. Les enfants sont comme de frais et tendres rameaux; si leur formation première est bonne, ils poussent droit; si elle est mauvaise, leur croissance dévie, et jusqu'à la fin de leurs jours ils pâtiront du manque de discipline et d'éducation de leurs jeunes années. Aussi, il est de la plus haute importance que les filles soient pourvues d'une bonne et sage éducation!

Au cours de ses voyages en Occident, 'Abdu'l-Bahá eut fréquemment l'occasion d'exposer les enseignements bahá'ís à ce sujet. Dans une réunion de la Ligue pour la liberté des femmes, à Londres, en janvier 1913, il a dit:

"Comme l'oiseau, l'humanité possède deux ailes--l'une mâle, l'autre femelle. Si les deux ailes ne sont pas également fortes et mues par une force commune, l'oiseau ne peut s'envoler vers le ciel. Selon l'esprit de ce cycle, les femmes doivent progresser et remplir leur mission dans tous les domaines de la vie, devenant ainsi les égales des hommes. Elles doivent être au même niveau qu'eux et jouir des mêmes droits. Ceci est mon ardente prière et c'est l'un des principes fondamentaux de Bahá'u'lláh.

Certains savants ont déclaré que le cerveau des hommes pèse plus que celui des femmes et ils prétendent que ce fait constitue une preuve de la supériorité de l'homme. Cependant, en observant autour de nous, nous voyons des gens, dont la tête est petite et dont le cerveau doit peser peu, faire preuve de la plus haute intelligence et des plus grandes facultés de compréhension, et d'autres qui ont une grosse tête, dont le cerveau doit être lourd, ne sont cependant que des sots. Par conséquent, le poids du cerveau n'indique ni la supériorité ni le véritable degré de l'intelligence.

Lorsque les hommes, comme seconde preuve de leur supériorité, affirment que les femmes n'ont pas su accomplir autant qu'eux, ils se servent d'un pauvre argument démenti par l'histoire. Mieux informés, ils sauraient que des femmes de valeur ont accompli des choses remarquables dans le passé et que, de nos jours, il en existe beaucoup qui accomplissent des tâches importantes."

Ici, 'Abdu'l-Bahá raconta la vie de Zénobie et d'autres femmes célèbres de jadis, terminant par un éloquent hommage à la courageuse Marie-Madeleine dont la foi demeura ferme alors que celle des apôtres chancelait. Il continua:

"Parmi les femmes célèbres de notre époque se trouve Qurratu'l-'Ayn, la fille d'un prêtre musulman. À l'époque de l'apparition du Báb, elle montra tant de fermeté et de courage que tous ceux qui l'entendirent en furent stupéfaits. Elle rejeta son voile en dépit de l'immémoriale coutume persane et, bien que converser avec des hommes fût considéré comme une inconvenance, l'héroïque femme soutint des controverses avec les plus cultivés d'entre eux, et partout elle triompha. Le gouvernement persan la mit en état d'arrestation; elle fut lapidée dans les rues, frappée d'anathème, exilée de ville en ville, menacée de mort, mais jamais elle ne faiblit dans sa détermination de lutter pour la libération de ses sœurs. Elle supporta la persécution et la souffrance avec le plus grand héroïsme; même en prison, elle opéra des conversions.

À un ministre persan chez qui elle était emprisonnée, elle dit: "Vous pouvez me tuer quand vous voudrez, mais vous ne pouvez pas arrêter l'émancipation des femmes." Le terme de sa vie tragique arrivé, elle fut emmenée dans un jardin et étranglée. Elle avait mis ses plus beaux habits, comme si elle se rendait à une fête nuptiale. Elle donna sa vie avec tant de magnanimité et de courage qu'elle étonna et bouleversa tous ceux qui se trouvaient là. Ce fut en vérité une grande héroïne. Aujourd'hui, en Perse, parmi les bahá'ís, les femmes font aussi preuve d'un courage inflexible et elles sont douées d'une grande inspiration poétique. Elles sont extrêmement éloquentes et parlent devant de grands auditoires.

Les femmes doivent aller de l'avant; pour le perfectionnement de l'humanité, elles doivent étendre leurs connaissances scientifiques, littéraires et historiques. D'ici peu, elles obtiendront leurs droits. Les hommes constateront leur sérieux, leur dignité, les améliorations qu'elles apportent à la vie politique et civile, leur opposition à la guerre et leur désir d'obtenir le suffrage universel et des facilités égales à celles des hommes. J'espère vous voir progresser dans tous les domaines de la vie; alors vos fronts seront couronnés du diadème de la gloire éternelle."


9.15. Les femmes et l'âge nouveau

Quand le point de vue féminin recevra la considération qui lui est due et que la volonté de la femme pourra s'exprimer normalement dans l'organisation de la société, nous pourrons espérer de grands progrès dans maintes questions qui, hélas, ont été trop souvent négligées sous l'ancien régime de prépondérance masculine, comme par exemple: la santé, la tempérance, la paix et le respect de la vie privée. Ces améliorations se feront sentir sur une large échelle par leurs effets bienfaisants. 'Abdu'l-Bahá dit:

"Dans le passé, le monde a été gouverné par la force, et l'homme a dominé la femme en raison des caractéristiques plus impétueuses et plus agressives inhérentes tant à son cerveau qu'à sa constitution. Mais la balance penche déjà; la force perd de sa prépondérance, et la vivacité d'esprit, l'intuition, les qualités spirituelles d'amour et de dévouement qui caractérisent la femme acquièrent de plus en plus d'ascendant.

Aussi l'âge nouveau sera-t-il un âge moins masculin et plus imprégné des idéaux féminins ou, pour parler plus exactement, un âge au cours duquel les éléments féminins et masculins de la civilisation se trouveront dans un juste équilibre."
(Star of the West, vol. VIII, n 3, p. 4, tiré d'un compte-rendu de remarques faites en arrivant à New-York à bord du S.S. Cedric.)


9.16. Abolition des méthodes de violence

Pour réaliser l'émancipation de la femme, de même que pour toute autre réforme, Bahá'u'lláh demande à ses disciples d'éviter toute violence. Un excellent exemple des méthodes bahá'íes de réforme sociale a été illustré par les femmes bahá'íes d'Irán, d'Égypte et de Syrie. La coutume de ces pays exige que les femmes musulmanes portent, en dehors de leur maison, un voile couvrant le visage. Le Báb indiqua que, dans la nouvelle dispensation, les femmes seraient délivrées de cette coutume fastidieuse, mais Bahá'u'lláh conseille à ses disciples de se soumettre aux coutumes en vigueur, si toutefois aucune question essentielle de moralité n'est en cause, jusqu'à ce que les masses soient éclairées, afin de ne pas scandaliser l'entourage ni soulever des réprobations inutiles.

Aussi, les femmes bahá'íes, bien que convaincues de l'inutilité de cette coutume et du désagrément causé par le port du voile, se résignent-elles à cette incommodité plutôt que de soulever une tempête d'opposition furieuse et de haine fanatique hostile en découvrant leur visage en public. Ce n'est nullement par crainte qu'elles se conforment à cette coutume, mais parce qu'elles accordent toute confiance au pouvoir de l'éducation et aux effets réformateurs et vivifiants de la vraie religion. D

ans ces mêmes régions, les bahá'ís consacrent toute leur énergie à faire l'éducation de leurs enfants, particulièrement de leurs filles, à répandre et à promouvoir les idéaux bahá'ís. Ils savent que, au fur et à mesure que la nouvelle vie spirituelle s'accroîtra et s'étendra parmi les peuples, les coutumes désuètes et les préjugés disparaîtront peu à peu aussi naturellement et aussi inévitablement que les folioles du bourgeon tombent au printemps pour permettre aux feuilles et aux fleurs de s'épanouir au soleil.


9.17. Éducation

L'éducation, l'instruction et la formation des hommes, le développement et l'exercice de leurs facultés innées furent le but suprême de tous les saints prophètes depuis le commencement du monde et, dans les enseignements bahá'ís, l'importance fondamentale et les possibilités illimitées de l'éducation sont affirmées dans les termes les plus clairs. L'éducateur est l'agent civilisateur le plus puissant et sa tâche est la plus noble à laquelle l'homme puisse aspirer. L'éducation commence dans le sein de la mère et dure aussi longtemps que l'individu. Elle est constamment nécessaire pour mener une vie droite et constitue la base du bien-être social et individuel. Lorsque l'éducation bien comprise se généralisera, l'humanité sera transformée et le globe sera comme un paradis.

De nos jours, rencontrer un homme réellement bien éduqué est un fait des plus rares, car presque tout le monde a conservé des préjugés, de faux idéaux, des conceptions erronées ou de mauvaises habitudes incrustées depuis l'enfance. Combien rares sont ceux qui, dès leurs plus jeunes années, ont appris à aimer Dieu de tout leur cœur et à Lui dédier leur vie, à comprendre que le dévouement à l'humanité est le but le plus élevé de l'existence, à développer leurs capacités au maximum pour le bien de tous! Pourtant, ce sont certes là les éléments essentiels d'une bonne éducation. Arithmétique, grammaire, géographie, langues, etc., entassées dans la mémoire, ont relativement peu d'effet pour conduire une existence noble et utile.

Bahá'u'lláh dit que l'éducation doit être universelle:

"Il est décrété que tout père doit veiller à l'éducation de ses fils et de ses filles, leur enseigner la science et les lettres ainsi que tout ce qui a été ordonné dans la Tablette. Celui qui néglige ce qui a été commandé (relativement à l'éducation) alors qu'il en a les moyens, sera tenu par les administrateurs de la Maison de Justice de verser la somme nécessaire à l'éducation de ses enfants; au cas où les parents ne pourraient y pourvoir, l'éducation sera assurée par la Maison de Justice. En vérité, nous avons fait d'elle (la Maison de Justice) un refuge pour les pauvres et les nécessiteux.
Celui qui veille à l'éducation de son fils ou à celle de tout autre enfant, c'est comme s'il avait éduqué un de mes enfants; sur lui reposent ma gloire, mon aimante bienveillance, ma compassion qui ont entouré le monde."
(Les Splendeurs, dans Foi mondiale bahá'íe, p. 357.)

"Hommes et femmes doivent donner une partie de ce qu'ils gagnent par leur métier, leur commerce, par l'agriculture ou toute autre activité, à une personne digne de confiance; cette somme servira à l'éducation et à l'instruction des enfants, sous la direction des administrateurs (ou membres) de la Maison de Justice."
(Tablette du monde, dans Foi mondiale bahá'íe, p. 306.)


9.18. Différences innées entre les humains

Selon la conception bahá'íe, la nature de l'enfant n'est pas semblable à de la cire molle que l'éducateur pourrait modeler indifféremment à sa guise. Non, dès le début, les enfants sont dotés par Dieu d'un caractère et d'une individualité propres qui, dans chaque cas, ne se développeront à leur avantage que d'une manière particulière et unique. Il n'est pas deux personnes douées des mêmes capacités et des mêmes talents, et un éducateur consciencieux ne tentera jamais d'imprimer le même moule à deux personnes. En fait, il n'imposera jamais aucune forme à qui que ce soit. Mais il s'appliquera plutôt à développer, en les respectant, les aptitudes d'une jeune nature, à les stimuler, à les protéger et à leur fournir les éléments et l'assistance nécessaires. Son œuvre est comparable à celle du jardinier qui soigne différentes plantes. L'une aime le soleil ardent, l'autre l'ombre fraîche; l'une se complaît dans les fonds humides, l'autre dans les terrains secs; l'une grandit mieux dans un sol sablonneux, l'autre dans une terre grasse. Il faut donner à chacun ce qui lui convient, sinon les perfections latentes ne peuvent se révéler pleinement.

'Abdu'l-Bahá dit:

"Les prophètes connaissent l'effet puissant de l'éducation sur la race humaine, mais ils insistent sur le fait que les capacités mentales et le degré de compréhension sont originairement différents. Nous voyons certains enfants du même âge, de la même race, nés dans un même pays, que dis-je, d'une même famille, sous la tutelle du même maître, mais dont l'intelligence et les facultés sont différentes. De quelque façon que l'on traite (ou polisse) le coquillage, jamais il ne deviendra une perle éblouissante. La pierre noire ne deviendra pas la gemme qui illumine le monde. Le cactus épineux, même cultivé et développé, ne deviendra jamais l'arbre béni.

En un mot, l'éducation ne change pas la nature essentielle du joyau humain mais elle produit sur lui un effet merveilleux. Par son pouvoir efficace, l'éducation révélera toutes les vertus et toutes les capacités qui existent à l'état latent dans la réalité humaine."
(Tablets of 'Abdu'l-Bahá, vol. III, p. 577.)


9.19. Développement du caractère

Le point le plus important dans l'éducation est le développement du caractère. À cet égard, les exemples sont plus efficaces que les préceptes; le genre de vie et la personnalité des parents, des instituteurs et de l'entourage sont des facteurs de la plus haute importance.

Les prophètes de Dieu sont les éducateurs par excellence de l'humanité; leurs recommandations et l'exemple de leur vie doivent être inculqués à l'enfant dès qu'il peut les comprendre. Les paroles de l'instructeur suprême, Bahá'u'lláh, sont d'une importance spéciale, car elles révèlent les principes de base selon lesquels la civilisation future doit être édifiée. Il dit:

"Enseignez à vos enfants ce qui a été révélé par la Plume de gloire. Instruisez-les de ce qui est descendu du ciel de grandeur et de puissance. Faites-leur apprendre les tablettes du Miséricordieux; qu'ils les chantent d'une voix des plus mélodieuses dans le sanctuaire du Mashriqu'l-Adhkár."
(Star of the West, vol. IX, n 7, p.81.)


9.20. Arts, sciences, métiers

L'étude des arts, des sciences, des métiers et des professions utiles est aussi importante que nécessaire.

Bahá'u'lláh dit:

"Les connaissances sont comme des ailes pour l'être humain, ce sont les échelons pour son ascension. Chacun doit acquérir des connaissances, mais dans les seules sciences qui peuvent profiter aux peuples de la terre et non dans celles qui commencent et finissent par de vains mots. La société a une grande dette envers les hommes de science et les artistes. En fait, ce qui fait la véritable richesse de l'homme, c'est son savoir. Le savoir confère l'honneur, la prospérité, la joie, la satisfaction, le bonheur et l'allégresse."
(Les Révélations, dans Foi mondiale bahá'íe, p. 339.)


9.21. Le traitement des criminels

Dans une causerie sur la méthode la plus équitable de traitement des criminels, 'Abdu'l-Bahá s'exprima ainsi:

"Pour éviter les crimes, le meilleur moyen est de faire l'éducation des peuples de telle sorte... qu'ils tremblent à l'idée de perpétrer un crime, et que celui-ci leur apparaisse comme le plus grand châtiment en soi, le pire tourment, la suprême condamnation. Ainsi aucun délit méritant châtiment ne sera plus commis...

Si quelqu'un opprime, offense ou fait du tort à une autre personne et que l'offensé lui rende le mal pour le mal, il se venge, ce qui est répréhensible... Si Pierre déshonore Paul, celui-ci n'a pas le droit de déshonorer Pierre; s'il le fait, c'est une pure vengeance et il agit mal. Il doit, au contraire, rendre le bien pour le mal; il doit non seulement pardonner mais encore, si possible, rendre service à son oppresseur. Une telle attitude est celle qui convient à l'homme, car où est l'avantage de la vengeance? Les deux actions se valent; si l'une est répréhensible, elles le sont toutes les deux. La seule différence est que l'une a été commise en premier lieu et l'autre après.

Quant à la communauté, elle a le droit de se protéger et de se défendre; en outre, la société n'éprouve ni haine ni animosité à l'égard du meurtrier; elle le punit et l'emprisonne uniquement pour assurer la protection et la sécurité des autres...

Ainsi, quand le Christ a dit: "Si quelqu'un te frappe sur une joue, présente-lui l'autre", son but était d'apprendre aux hommes à ne pas exercer de revanche personnelle. Il ne voulait pas dire que si un loup se jetait sur un troupeau de moutons pour le décimer, il faudrait l'encourager. Non, car si le Christ avait appris qu'un loup, entré dans la bergerie, se préparait à tuer les moutons, il l'en aurait certainement empêché...

La constitution des communautés repose sur la justice... Le pardon et la miséricorde préconisés par le Christ n'impliquent pas la soumission à un ennemi tyrannique; si une nation attaque votre pays, si vos maisons sont incendiées, vos biens pillés, vos femmes, vos enfants et vos proches brutalisés, votre honneur outragé, vous ne devez pas vous soumettre à ces ennemis tyranniques ni leur permettre d'exercer la cruauté et l'oppression. Non, les paroles du Christ concernent l'attitude réciproque de deux personnes. Si l'une assaille l'autre, la victime doit pardonner. Mais la société doit protéger les droits de l'homme... Ajoutons cette remarque: les collectivités s'occupent jour et nuit à établir des lois pénales, à préparer et perfectionner des instruments et des moyens de répression. On construit des prisons, on forge des chaînes et des entraves, on installe des lieux d'exil et de bannissement, on met au point différentes sortes de tortures et de peines expiatoires et on espère discipliner les criminels par ces moyens, alors qu'en réalité ils provoquent la destruction de la moralité et la perversion des êtres. La société doit au contraire s'évertuer de tout son cœur, jour et nuit, à faire l'éducation des hommes, à les aider à progresser un peu plus chaque jour, à accroître leur science et leur savoir, à leur permettre d'acquérir les vertus et une saine moralité, à abandonner tout vice afin que le crime ne puisse plus exister."
('ABDU'L-BAHÁ, Les Leçons de St-Jean-d'Acre, pp. 277 à 281.)


9.22. Influence de la presse

Bahá'u'lláh relève l'importance du rôle de la presse en tant qu'auxiliaire pour répandre la connaissance et l'éducation parmi les peuples, ainsi que son pouvoir de civiliser les masses lorsqu'elle est bien dirigée. Il écrit:

"En ce jour, les mystères de la terre sont dévoilés et mis en évidence devant tous les yeux, et les pages de nouvelles publiées dans les journaux sont vraiment le miroir du monde; les faits et les événements qui se produisent en différentes nations y sont relatés et illustrés, informant ainsi le monde. Les journaux sont comme un miroir doué de l'entendement, de la vue et de la parole; c'est un phénomène étonnant, une question d'importance.

Mais il incombe aux rédacteurs et aux éditeurs de journaux de se libérer de tout préjugé, de l'égoïsme et des convoitises et de se distinguer par la parure de la justice et de l'équité. Ils doivent s'efforcer de s'informer aussi complètement que possible afin de connaître les faits réels et les reproduire tels qu'ils se présentent. Ce que les journaux ont publié à propos de cet opprimé était le plus souvent dénué de fondement. Les intentions pures et la véracité occupent une position et un rang élevés, comparables à l'astre qui s'est levé à l'horizon du ciel de la connaissance."
(Les Ornements, dans Foi mondiale bahá'íe, p. 304.)


10. LE CHEMIN DE LA PAIX

"Aujourd'hui ce serviteur est venu, en vérité, pour vivifier le monde et pour établir l'unité sur la terre. Ce que Dieu veut s'accomplira, aussi verras-tu la terre devenir comme le paradis d'Abhá, le plus Glorieux."
BAHÁ'U'LLÁH.

10.1. Discorde ou harmonie

Au cours du siècle dernier, les savants ont consacré une grande partie de leurs travaux à l'étude de la lutte pour l'existence dans les règnes végétal et animal et nombreux sont ceux qui, face aux problèmes sociaux, ont pris pour guides les principes qui régissent la vie dans les règnes inférieurs de la nature. Ils ont ainsi été amenés à admettre que la rivalité et la lutte sont des nécessités de la vie; que la suppression implacable des êtres les plus faibles de la société est un moyen légitime ou même indispensable pour améliorer la race. Bahá'u'lláh nous dit au contraire que, si nous voulons gravir les échelons du progrès, au lieu de nous pencher sur le monde animal et d'y chercher notre ligne de conduite, nous devons diriger nos regards haut et droit devant nous et prendre pour modèle, non les animaux, mais les prophètes. Les principes d'unité, de concorde et de compassion enseignés par les prophètes sont l'antithèse même des impulsions qui poussent l'animal à la lutte pour la préservation de l'espèce et il nous faut choisir les uns ou les autres, car ils sont inconciliables.

'Abdu'l-Bahá dit:

"Dans le monde de la nature, la note dominante est la lutte pour l'existence dont le résultat est la survie du mieux adapté. La loi de la survie du plus apte se trouve à l'origine de toutes les difficultés. Elle incite à la guerre et au combat, elle provoque la haine et l'animosité entre les êtres humains. Dans le règne de la nature, la tyrannie, l'égoïsme, l'agression, la domination, l'usurpation des biens d'autrui et quantité d'autres attributs indignes existent, mais ils sont propres au règne animal. Par conséquent, tant que les caractéristiques inhérentes à la nature gardent la prépondérance parmi les enfants des hommes, le succès et la prospérité restent inaccessibles. L'instinct naturel est guerrier, avide de sang, tyrannique, car l'impulsion naturelle est inconsciente de Dieu le Tout-Puissant. Ce sont ces instincts cruels qui caractérisent le règne animal.

Aussi le Seigneur de l'humanité, plein d'amour et de grâce, a-t-Il suscité l'apparition des prophètes et la révélation des Écritures saintes afin que, par l'instruction divine, l'humanité soit libérée de la dépravation inhérente à la nature et de l'obscurité due à l'ignorance, qu'elle puisse être affermie par les vertus idéales et les qualités morales et spirituelles et devenir le point d'aurore des sentiments altruistes.

Hélas! Cent mille fois hélas! Les préjugés des ignorants, les différences superficielles et les sentiments belliqueux prévalent encore parmi les nations du globe et retardent le progrès général. Cette régression est due au fait que les principes civilisateurs divins sont partout négligés, les enseignements des prophètes tombés dans l'oubli."
(Star of the West, vol. VIII, p. 15.)


10.2. La paix suprême

De tout temps, les prophètes de Dieu ont prédit la venue d'une ère de paix "sur la terre et de bonne volonté parmi les hommes". Comme nous l'avons déjà vu, Bahá'u'lláh réaffirme ces prophéties dans les termes les plus catégoriques et déclare que leur accomplissement est proche.

'Abdu'l-Bahá dit:

"En ce cycle merveilleux, la terre sera transfigurée et l'humanité parée de paix et de beauté. Les discordes, les querelles, les meurtres s'effaceront pour faire place à l'harmonie, à la vérité et à la concorde; l'amour et l'amitié fleuriront parmi les nations, les peuples, les races et les contrées. La coopération et l'union seront instaurées et la guerre aura enfin complètement disparu... La paix universelle plantera sa tente au centre de la terre, et l'arbre béni de la vie se déploiera si largement qu'il étendra son ombre de l'Orient à l'Occident. Forts et faibles, riches et pauvres, sectes antagonistes et nations hostiles qui sont comme le loup et l'agneau, le léopard et le chevreau, le lion et le veau, tous agiront les uns envers les autres en parfaite justice, égalité, amitié et amour. Le monde sera imprégné de science, rempli de la connaissance du divin, éveillé à la réalité des mystères de la vie."
(Les Leçons de Saint-Jean-d'Acre, pp. 70 et 71.)


10.3. Préjugés religieux

Afin de voir clairement comment atteindre la paix suprême, examinons au préalable les principaux facteurs qui, dans le passé, ont amené la guerre, et voyons par quels moyens Bahá'u'lláh propose de les éliminer.

Les préjugés religieux se trouvent à l'origine de la plupart des guerres. À cet égard, les enseignements bahá'ís démontrent clairement que l'animosité et la discorde entre les peuples et les sectes de différentes religions ont toujours été dues, non à la religion véritable, mais à son absence, à sa substitution par des préjugés fallacieux, des imitations et des interprétations erronées qui l'ont déformée et supplantée. Dans l'une de ses causeries à Paris, 'Abdu'l-Bahá dit:

"La religion devrait unir tous les cœurs et faire disparaître les guerres et les dissensions de la surface de la terre. Elle devrait faire naître la spiritualité et donner la vie et la lumière à chaque âme. Si la religion devient une cause d'inimitié, de haine et de division, mieux vaudrait qu'elle n'existât pas. Abandonner une telle religion serait un véritable acte religieux. Car il est clair que le but d'un remède est de guérir, mais si le remède ne fait qu'aggraver le mal, mieux vaut le laisser de côté. Toute religion qui n'est pas une cause d'amour et d'unité n'est pas une religion."
(Causeries de 'Abdu'l-Bahá à Paris, pp. 113 et 114.)

Il dit encore:

"Depuis le commencement de l'histoire jusqu'à nos jours, les diverses religions se sont jeté l'anathème réciproquement, chacune accusant les autres d'être fausses... Elles se sont isolées derrière des cloisons étanches, se témoignant mutuellement de l'animosité et de la rancœur. Considérez l'histoire des guerres religieuses... Une des plus grandes, les Croisades, s'est prolongée durant deux cents ans... Tantôt, c'étaient les croisés vainqueurs qui tuaient, pillaient, capturaient les musulmans, puis c'étaient les musulmans victorieux qui ruinaient leurs envahisseurs et faisaient couler leur sang. Ils continuèrent ainsi pendant deux siècles, tantôt combattant avec fureur, tantôt tombant d'épuisement; ceci dura jusqu'à ce que les croisés eussent quitté l'Orient, ne laissant derrière eux que cendres et que ruines, pour retrouver leur propre patrie en pleine agitation et désordre. Et ce n'est là qu'une des "guerres saintes".

Les guerres de religion ont été nombreuses. Le conflit entre le catholicisme et les sectes chrétiennes a eu pour résultat neuf cent mille martyrs protestants... Combien ont langui dans les prisons! Avec quelle cruauté ne furent-ils pas traités! Tout cela, cependant, au nom de la religion!

Chrétiens et musulmans ont considéré les juifs comme des êtres sataniques, ennemis de Dieu. Aussi les ont-ils maudits et persécutés. Les juifs furent tués en masse, leurs maisons furent pillées et brûlées, leurs enfants emmenés en captivité. De leur côté, les juifs considéraient les chrétiens comme des infidèles, les musulmans comme des ennemis destructeurs des lois de Moïse, aussi appelaient-ils la vengeance sur eux; et aujourd'hui encore ils les maudissent.

Quand la lumière de Bahá'u'lláh s'alluma à l'Orient, il annonça et proclama la réalisation de l'unité de l'humanité. Il s'adressa à l'humanité entière, disant: "Vous êtes tous les fruits d'un seul arbre. Il n'y a pas deux arbres, l'un celui de la miséricorde divine et l'autre celui de Satan."... Nous devons agir les uns envers les autres avec la plus grande affection. Nous ne devons voir en aucun peuple des suppôts de Satan mais comprendre que tous sont également serviteurs d'un seul Dieu et les reconnaître comme tels.

Voici tout au plus ce qui peut les différencier: certains sont ignorants, il faut les instruire et les guider... Certains sont des enfants, il faut les aider à atteindre la maturité. Certains souffrent et sont dans de mauvaises conditions morales, il faut les soigner afin d'améliorer leur état moral. Mais on ne peut haïr un malade parce qu'il est malade; on ne peut repousser un enfant parce qu'il est enfant ni mépriser l'ignorant parce qu'il manque de connaissances. Il faut les soigner, les instruire, les aider tous avec affection. Tout doit être mis en œuvre pour que l'humanité entière s'épanouisse à l'ombre de Dieu en toute sécurité, dans la félicité la plus parfaite."
(Star of the West, vol. VIII, p. 76.)


10.4. Préjugés nationaux et préjugés de race

La doctrine bahá'íe de l'unité de l'humanité détruit à la racine cette autre cause de guerre: les préjugés de race. Certaines races ont prétendu détenir une supériorité sur les autres et il leur semblait tout naturel, selon le principe de la "survivance du plus apte", que cette supériorité leur conférât le droit d'exploiter à leur seul profit, ou même d'exterminer, les races dites inférieures. Maintes pages parmi les plus sombres de l'histoire relatent des faits où ce principe fut appliqué impitoyablement. Les bahá'ís estiment que toutes les races sont égales devant Dieu. Toutes ont de merveilleuses capacités innées qui, pour se développer, ne requièrent qu'une éducation appropriée; chacune peut jouer son rôle qui, au lieu de l'appauvrir, enrichira et complétera la vie de l'humanité dans son ensemble.

'Abdu'l-Bahá dit:

"Quant au préjugé de race, c'est une illusion, une superstition pure et simple. Car Dieu nous a créés tous de la même race. Il n'existait pas de différence au commencement puisque nous descendons tous d'Adam.

Il n'y avait pas non plus de frontières ni de limites entre les différents pays. Aucune région de la terre n'appartenait plus spécialement à un peuple qu'à un autre. Pour Dieu, il n'y a aucune différence entre les diverses races.

Pourquoi l'homme inventerait-il un tel préjugé? Comment pouvons-nous soutenir une guerre au nom d'une illusion? Dieu n'a pas créé les hommes pour qu'ils se détruisent mutuellement. Toutes les races, les tribus, les sectes et les classes reçoivent équitablement leur part des bontés du Père céleste.

La seule différence réside dans le degré de fidélité ou d'obéissance aux lois de Dieu. Il est des êtres qui sont comme des torches lumineuses, d'autres qui scintillent comme des astres au ciel de l'humanité. Ceux qui aiment l'humanité sont des êtres supérieurs, quelles que soient leur nationalité, leur couleur ou leur croyance."
(Causeries de 'Abdu'l-Bahá à Paris, pp. 130 et 131.)

Non moins pernicieux sont les préjugés patriotiques et politiques. Il est temps que les nationalismes étroits se fondent dans un patriotisme plus large dont la patrie soit le monde.

Bahá'u'lláh dit:

"Il a jadis été révélé: "L'amour de la patrie est un élément de la foi en Dieu." Mais la Langue de grandeur a proclamé, au jour de sa manifestation: "La gloire n'est pas pour celui qui aime son pays mais pour celui qui aime le monde entier." Par la puissance que dégagent ces paroles sublimes, elle a donné une impulsion nouvelle et imprimé aux oiseaux des cœurs des hommes une autre orientation et, par là même, effacé du saint Livre de Dieu toute trace de limitation et de restriction."
(Tablette du monde, dans Foi mondiale bahá'íe, p. 306.)


10.5. Ambitions territoriales

De nombreux conflits ont eu pour enjeu des territoires dont l'annexion était également convoitée par deux ou plusieurs nations rivales. La soif de posséder a jusqu'ici été une cause féconde de luttes, tant entre nations qu'entre individus. Selon le point de vue bahá'í, le sol n'appartient légitimement à personne; il ne peut être accaparé ni par un individu ni par une collectivité; il doit servir à l'humanité entière. La terre appartient à Dieu seul, les hommes n'en sont que les occupants.

À l'occasion de la bataille de Benghazi [Bataille pendant la guerre italo-turque, 29-9-1911], 'Abdu'l-Bahá a dit:

"La nouvelle de la bataille de Benghazi attriste mon cœur. Je m'étonne de la sauvagerie humaine qui persiste dans le monde. Comment est-il possible que des hommes combattent encore jour et nuit, s'entre-tuant, répandant le sang de leurs semblables? Et pourquoi? Pour s'approprier un lopin de terre! Les animaux eux-mêmes, lorsqu'ils combattent, ont des raisons plus pressantes et plus valables de s'entre-détruire. Il est lamentable de voir que les hommes, qui appartiennent au règne supérieur, s'abaissent à faire souffrir et à tuer leurs semblables pour acquérir une parcelle de terrain: le plus élevé parmi les êtres créés s'acharne à vouloir posséder la matière sous sa forme la plus primitive: la terre.

Le sol n'appartient pas à un peuple mais à tous les peuples. La terre n'est pas le patrimoine de l'homme mais sa tombe...

Si grand soit le conquérant, si nombreux soient les pays qu'il a réduits en esclavage, il est incapable de rien conserver de ces pays dévastés si ce n'est cette portion minuscule: sa tombe.

Si l'agrandissement territorial d'une nation était indispensable à l'amélioration du genre de vie d'un peuple, à l'expansion de la civilisation d'un pays... il serait certainement possible d'obtenir pacifiquement l'extension nécessaire. Mais la guerre sert à satisfaire les ambitions humaines. Pour assurer à quelques-uns un gain matériel, une misère affreuse est imposée à d'innombrables foyers, et des milliers d'êtres humains ont le cœur brisé...

Je vous donne à tous pour mission de concentrer toutes vos pensées et votre cœur sur l'amour et l'unité. Quand une pensée de guerre s'élève, opposez-lui une plus forte pensée de paix. Une pensée de haine doit être anéantie par une plus puissante pensée d'amour... Quand les soldats du monde tirent leur épée pour tuer, que les soldats de Dieu joignent leurs mains. Qu'ainsi toute la sauvagerie des hommes disparaisse par la grâce de Dieu qui agit à travers ceux dont le cœur est pur et l'âme sincère. Ne croyez pas que la paix du monde soit un idéal impossible à atteindre. Rien n'est impossible à la divine bienveillance de Dieu. Si, de tout votre cœur, vous désirez l'amitié avec toutes les races de la terre, votre pensée spirituelle et positive se répandra et deviendra le désir des autres, grandissant jusqu'à gagner l'esprit de tous."
(Causeries de 'Abdu'l-Bahá à Paris, pp. 25 À 27, éd. 1987.)


10.6. Langue auxiliaire universelle

Nous venons d'indiquer les principales causes de guerre et les moyens d'y remédier; nous examinerons maintenant certaines propositions constructives émises par Bahá'u'lláh en vue d'établir la paix suprême.

La première concerne l'établissement d'une langue auxiliaire universelle. Bahá'u'lláh en fait mention dans le Kitáb-i-Aqdas et dans nombre de ses Tablettes. Ainsi dans la "Tablette d'Ishráqát" (Splendeurs), il dit:

"La sixième Ishráq est l'union et l'harmonie entre les êtres. Dès le début des temps, la lumière de l'unité a projeté son rayonnement divin sur le monde, et le plus grand moyen de promotion de cette unité est que les peuples se comprennent par l'écriture et le langage. Déjà dans les Tablettes antérieures il a été ordonné que les membres de la Maison Universelle de Justice choisissent une des langues connues ou un langage nouveau et qu'ils adoptent de même une écriture universelle pour les enseigner aux enfants de toutes les écoles du globe; ainsi, le monde ne formera plus qu'une seule patrie, un seul foyer."
(Foi mondiale bahá'íe, p. 356.)

À l'époque même où cette suggestion de Bahá'u'lláh était lancée pour la première fois dans le monde, Ludovic Zamenhof naissait en Pologne. Il était destiné à jouer un rôle de premier plan dans ce domaine. Dès son enfance, l'idéal d'une langue universelle devint l'idée dominante de la vie de Zamenhof; le résultat de ses travaux assidus fut l'invention et la diffusion de l'espéranto. Cette langue a résisté à l'épreuve de nombreuses années et a prouvé sa valeur comme moyen pratique d'échange international. Elle offre ce précieux avantage d'être connue en vingt fois moins de temps qu'il n'en faut pour apprendre l'anglais, le français ou l'allemand.

Lors d'un banquet espérantiste qui eut lieu à Paris en février 1913, 'Abdu'l-Bahá prononça les paroles suivantes:

"Aujourd'hui, une des principales causes de malentendus en Europe est la diversité des langues. On dit: cet homme est allemand, cet autre est italien; puis on rencontre également un Anglais et un Français. Bien qu'ils appartiennent au seul genre humain, ils restent séparés à cause de la différence de langue qui dresse une véritable barrière entre eux. Si une langue universelle auxiliaire était en usage, ils se trouveraient tous unis.

Sa Sainteté Bahá'u'lláh prévoyait une langue universelle il y a plus de quarante ans. Il disait que tant qu'une langue internationale ne serait pas adoptée, l'union complète entre les diverses parties du monde ne saurait se réaliser, car les malentendus empêchent les hommes de s'associer. Seule une langue auxiliaire universelle pourra les écarter.

En général, l'Orient est peu informé des événements de l'Occident et l'occasion se présente rarement aux Occidentaux de sympathiser avec les Orientaux; les pensées, de part et d'autre, restent comme confinées dans un coffret; la langue universelle sera la clé qui ouvrira ce coffret. Si une langue commune était adoptée partout, les livres rédigés dans les langues occidentales pourraient aisément être traduits dans cette langue et les Orientaux en prendraient connaissance. De même, les livres de l'Orient pourraient être traduits dans cette même langue au profit des peuples occidentaux. Le meilleur moyen d'unir l'Occident et l'Orient est de créer une langue commune. C'est elle qui fera du monde entier un seul tout; elle sera le plus puissant facteur de progrès humain, faisant flotter l'étendard de l'unité partout dans le monde, fondant l'univers en une communauté de peuples, unissant les enfants des hommes par des liens d'amour, en un mot, elle instaurera la fraternité entre les diverses races.

Louons Dieu pour cette invention du Dr Zamenhof [Il est intéressant de savoir que la fille du Dr Zamenhof, Lydia, devint une bahá'íe très active]: l'espéranto. Cette langue possède en puissance toutes les qualités pour devenir un moyen de communication international entre les peuples. Nous devons tous être reconnaissants à Zamenhof pour son noble effort; il a bien servi l'humanité.

Par la persévérance infatigable, le dévouement et l'abnégation des fervents de l'espéranto, cette langue pourra devenir universelle. Aussi devons-nous tous l'apprendre et la répandre autant que possible afin que, graduellement, elle soit reconnue, acceptée par tous les États et gouvernements du monde et inscrite au programme de toutes les écoles publiques. J'espère que l'espéranto sera adopté comme langue officielle dans toutes les conférences et les congrès internationaux, afin que chacun n'ait besoin de connaître que deux langues: la sienne et la langue auxiliaire. Alors, l'union parfaite entre les peuples du monde sera établie. Considérez combien il est difficile aujourd'hui de communiquer avec les différentes nations. On peut apprendre cinquante langues et voyager quand même dans un pays qui en parle une autre. Aussi j'espère que vous ferez tout ce qui est en votre pouvoir pour que l'espéranto se répande largement."

Bien que ces allusions à l'espéranto soient caractéristiques et encourageantes, il n'en reste pas moins vrai qu'aussi longtemps que la Maison Universelle de Justice ne se sera pas prononcée à ce sujet, et selon les instructions de Bahá'u'lláh, la foi bahá'íe n'est nullement engagée vis-à-vis de l'espéranto ni d'aucune langue, vivante ou autre.

'Abdu'l-Bahá lui-même a dit:

"Le dévouement et le travail qui ont été fournis pour l'espéranto ne seront pas perdus, mais une personne seule ne peut construire une langue universelle."
('Abdu'l-Bahá in London, p. 95.)

Quelle sera la langue adoptée? Sera-t-elle créée ou choisie parmi celles qui existent? C'est une décision que les nations auront à prendre.


10.7. Société des Nations

Bahá'u'lláh s'est aussi fait le promoteur d'une autre idée sur laquelle il insiste avec énergie: la constitution d'une ligue universelle des nations en vue du maintien de la paix internationale. Dans une lettre écrite à la reine Victoria, alors qu'il était [De 1868 à 1870] emprisonné à 'Akká il dit:

"Ô vous les dirigeants de la terre! Réconciliez-vous afin de pouvoir vous dispenser de tout armement en dehors de ceux destinés à préserver vos territoires et vos peuples... Soyez unis, ô souverains de la terre, car c'est ainsi que s'apaiseront les tempêtes de vos dissensions et que vos peuples trouveront le repos... Si l'un de vous prenait les armes contre un autre, opposez-vous tous à lui, ce ne sera que justice manifeste."
(L'Œuvre de Bahá'u'lláh, t.II, p.114.)

En 1875, 'Abdu'l-Bahá prévoyait l'établissement d'une société universelle des nations; ceci présente un intérêt tout particulier au moment [L'auteur écrivit ce passage en 1919] où des efforts considérables sont faits pour établir une ligue de ce genre. Il a écrit à ce propos:

"La véritable civilisation déploiera son étendard au centre du monde lorsqu'un certain nombre de souverains à l'esprit noble et élevé--brillants exemples de dévouement et de détermination--se dresseront, animés d'une résolution ferme et d'une vue claire afin d'instaurer la cause de la paix universelle pour le bien et le bonheur de l'humanité. Ils doivent faire de la cause de la paix l'objet d'une consultation générale et rechercher par tous les moyens en leur pouvoir à établir l'union des nations du monde. Ils doivent conclure un traité restrictif et établir une alliance dont les clauses seront légitimes, inviolables et définitives.

Ils devront les proclamer à toutes les nations du monde et obtenir pour elles la ratification du genre humain tout entier. Cette noble et suprême entreprise--véritable source de paix et de bien-être pour le monde entier--devrait être considérée comme sacrée par tous les peuples de la terre. Toutes les forces de l'humanité devraient être mobilisées pour assurer la stabilité et la permanence de cette très grande alliance. Dans ce traité universel, les limites et les frontières de chacune et de toutes les nations devraient être clairement indiquées, les principes fondamentaux des relations entre gouvernements définitivement consignés, toutes les obligations et tous les accords internationaux établis.

De même, l'importance de l'armement de chaque État devrait être strictement limitée car, si on laissait à une nation la possibilité d'augmenter ses préparatifs de guerre et son potentiel militaire, ceci provoquerait la suspicion des autres nations. Le principe fondamental soulignant ce pacte solennel devrait être conclu de telle sorte que si, dans l'avenir, un gouvernement contrevenait à l'une des clauses, tous les gouvernements de la terre se dresseraient pour le ramener à une soumission complète. Que dis-je? Toute la race humaine devrait se résoudre, armée de tous les pouvoirs mis à sa disposition, à détruire ce gouvernement. Si ce remède, le plus puissant qui soit, était appliqué au corps malade du monde, celui-ci, assurément, se remettrait de ses maux et demeurerait éternellement sain et sauf."
(The Secret of Divine Civilisation, pp. 64 et 65.)

Les bahá'ís voient de graves déficiences dans la structure de la Société des Nations [Les mêmes considérations s'appliquent à l'Organisation des Nations Unies] qui ne répond pas au type d'institution décrite par Bahá'u'lláh comme essentielle à l'établissement de la paix mondiale.

Le 17 décembre 1919, 'Abdu'l-Bahá déclara:

"Actuellement, la paix universelle est une question de grande importance, mais l'unité de conscience est essentielle pour que les fondations de cette œuvre puissent être sûres, son établissement stable et son édifice solide... Bien que la Société des Nations existe, elle est pourtant incapable d'établir la paix universelle. Mais le Tribunal suprême décrit par Sa Sainteté Bahá'u'lláh accomplira cette tâche sacrée avec sa puissance et sa suprême autorité."
(Lettre de 'Abdu'l-Bahá à l'Organisation pour une paix durable, à La Haye.)


10.8. L'arbitrage international

Bahá'u'lláh préconisa également l'établissement d'une cour internationale d'arbitrage, afin que les différends qui pourraient surgir entre nations soient réglés selon la justice et la raison, au lieu de dégénérer en combats.

En août 1911, dans une lettre au secrétaire de la Conférence de Mohonk pour l'arbitrage international, 'Abdu'l-Bahá écrivit:

"Il y a environ cinquante ans, dans le Kitáb-i-Aqdas, Bahá'u'lláh a enjoint aux peuples d'établir la paix universelle et, appelant toutes les nations au divin banquet de l'arbitrage international, à régler les questions de frontière, d'honneur national, de propriété et d'intérêt vital entre les nations par une cour arbitrale de justice, afin qu'aucune d'entre elles ne refuse plus de se soumettre aux décisions rendues par cette cour. Si un litige s'élevait entre deux nations, il serait soumis à cette Cour internationale et tranché de la même façon qu'un différend entre individus par l'arbitrage du juge. Si, à un moment quelconque, une nation refusait de se soumettre aux décisions prises, tous les autres États s'uniraient pour réprimer cette rébellion."

En 1911, il précisa à nouveau dans une de ses causeries à Paris:

"Un tribunal suprême sera établi par les peuples et les gouvernements des nations; il sera composé des membres élus par ces pays et ces gouvernements. Les participants de ce grand conseil s'assembleront dans un esprit d'unité. Tout désaccord sur le plan international sera soumis à ce conseil dont le rôle consiste à arbitrer tout ce qui pourrait devenir une cause de conflit. La mission de ce tribunal sera d'empêcher la guerre."
(Causeries de 'Abdu'l-Bahá à Paris, p. 136.)

Durant les vingt-cinq années qui ont précédé l'établissement de la Société des Nations, une Cour Permanente d'Arbitrage International fut constituée à La Haye (1900) et plusieurs traités d'arbitrage y furent signés; mais la plupart d'entre eux restèrent très éloignés de la vaste conception de Bahá'u'lláh. Aucun accord prévoyant l'arbitrage dans l'éventualité d'un conflit ne fut envisagé par les grandes puissances. Les questions touchant aux "intérêts vitaux, à l'honneur, à l'indépendance" furent soigneusement évitées. De plus, les nations contractantes n'accordèrent aucune garantie effective prouvant leur soumission aux termes des traités. Dans le projet bahá'í, au contraire, les questions de frontière, d'honneur national et d'intérêt vital sont expressément mentionnées, et des accords offrant toutes garanties à la Société des Nations sont prévus. C'est seulement lorsque ces dispositions seront définitivement adoptées que l'arbitrage international donnera la pleine mesure de son action bienfaisante et que cette malédiction, la guerre, sera enfin bannie du monde.


10.9. La limitation des armements

'Abdu'l-Bahá dit:

"Par un accord général, tous les gouvernements du monde doivent désarmer simultanément. Il ne convient pas que l'un dépose les armes si les autres refusent de le faire. Les nations du monde doivent coopérer dans ce domaine d'importance primordiale, afin de pouvoir renoncer toutes ensemble à la méthode cruelle des massacres humains. Aussi longtemps qu'une nation augmentera son budget naval et militaire, les autres États, dans un intérêt réel ou supposé, seront forcément entraînés dans cette folle compétition."
(Diary of Mírzá Ahmad Sohrab, 11 au 14 mai 1914.)


10.10. La non-résistance

Suivant le commandement énergique de Bahá'u'lláh, les bahá'ís ont, en tant que corps religieux, renoncé complètement à l'usage de la force armée lorsque leur propre intérêt est en jeu et ceci même en cas de légitime défense. En Irán, des milliers de bábís et de bahá'ís sont morts en martyrs pour leur foi. Au début du mouvement, les bábís ont, à plusieurs reprises, héroïquement défendu leur personne ou leur famille par l'épée. Mais par la suite, Bahá'u'lláh l'a interdit. 'Abdu'l-Bahá écrit:

"Lorsque Bahá'u'lláh parut, il déclara que la promulgation de la vérité par de tels moyens ne devait sous aucun prétexte être permise, même en cas de légitime défense. Il abrogea la loi de l'épée et annula l'ordonnance de la "guerre sainte". Mieux vaut pour "vous être tué que de tuer", dit-il. C'est par la fermeté et la conviction des fidèles que la cause du Seigneur doit se répandre. Quand les fidèles, les intrépides, les courageux se lèvent, dans un détachement absolu, pour exalter la parole de Dieu et que, les yeux détournés des choses de ce monde, ils se vouent à servir pour l'amour du Seigneur et par son pouvoir, c'est ainsi qu'ils font triompher la parole de vérité. Ces âmes bénies, au prix de leur sang, rendent témoignage à la vérité de la cause; ils l'attestent par la sincérité de leur foi, leur dévotion et leur constance. Le Seigneur a tout pouvoir de répandre sa cause à son gré et de vaincre les réfractaires. Nous ne voulons d'autre défenseur que Lui et, offrant nos vies, nous faisons face à l'adversité et acceptons le martyre."
(Écrit par 'Abdu'l-Bahá pour cet ouvrage.)

Bahá'u'lláh écrivit à l'un des persécuteurs de sa cause:

"Dieu miséricordieux! Ce peuple n'a pas besoin d'armes. Tous ses efforts tendent vers la reconstruction du monde. Ses armées sont les légions de bonnes actions, ses armes sont les bonnes mœurs, et son commandant la crainte de Dieu. Heureux celui qui est équitable.

Par la droiture divine! Ces hommes, grâce à leur patience, leur sérénité, leur résignation et leur contentement, sont devenus les emblèmes de la justice. Leur soumission a atteint une telle perfection qu'ils ont préféré être tués plutôt que de tuer; et cela, après que ces opprimés de la terre aient subi des tortures inouïes, inconnues dans les annales de l'histoire et dont les nations n'avaient jamais été témoins.

Qu'est-ce qui les soutint dans ces terribles souffrances pour qu'ils s'y soumettent et refusent d'étendre la main pour s'en préserver? Où puisaient-ils leur résignation et leur sérénité? Leur attitude était dictée par cette interdiction constante de tuer que la Plume de gloire leur imposait, et par le fait que Nous avions pris en mains les rênes du commandement par la force et le pouvoir de celui qui est le Maître du monde."
(Epistle to the Sun of the Wolf, pp. 75 et 76.)

Le bien-fondé du principe de non-résistance instauré par Bahá'u'lláh a été largement confirmé par les résultats obtenus. Car, pour chaque croyant martyrisé en Perse, la foi bahá'íe a gagné cent nouveaux croyants à sa cause; la joie et l'intrépidité avec lesquelles ces martyrs jetaient la couronne de leur vie aux pieds de leur Seigneur ont fourni au monde la preuve la plus éclatante qu'ils avaient trouvé une vie nouvelle où la mort n'inspire plus aucune terreur--une vie de bonheur et de plénitude ineffables, devant laquelle tous les plaisirs de la terre ne pèsent pas plus qu'un grain de poussière--, où les tortures physiques les plus abominables ne sont que vétilles légères comme l'air.


10.11. La guerre défensive

Comme le Christ, Bahá'u'lláh conseille à ses adeptes d'adopter, en tant qu'individus et en tant que groupement religieux, une attitude de non-résistance et de pardon envers leurs ennemis; cependant il enseigne que c'est un devoir pour la collectivité d'empêcher l'injustice et l'oppression. Si des individus sont lésés et persécutés, il leur convient de pardonner et de s'abstenir de toute vengeance; mais il ne faut pas qu'une communauté permette délibérément le pillage et le meurtre sur son territoire. Il appartient à tout bon gouvernement d'interdire les mauvaises actions et de punir les délinquants [Voir aussi le chapitre sur le traitement des criminels, pp. 166 et 167]. Il en est de même pour l'ensemble des États. Si l'un d'eux en lèse un autre ou l'opprime, le devoir de l'ensemble des États est de s'unir pour l'en empêcher.

'Abdu'l-Bahá écrit:

"Il se peut qu'à un moment donné, des tribus guerrières et barbares attaquent furieusement la société dans l'intention d'en massacrer les membres; dans de telles circonstances, il est nécessaire de se défendre."
(Tablette de 'Abdu'l-Bahá à un particulier.)

Jusqu'à présent, l'usage a voulu que, lorsqu'une nation en attaquait une autre, les autres nations veillaient uniquement à préserver leur neutralité, ne prenant aucune part dans la responsabilité du conflit à moins que leur intérêt propre n'en soit affecté ou menacé. Jusqu'à présent, tout le poids de la défense était laissé à la nation attaquée, si faible ou si impuissante fût-elle. L'enseignement de Bahá'u'lláh change cet ordre de choses: selon lui, la responsabilité de la défense n'incombe pas seulement à la nation attaquée mais à toutes les autres, individuellement et collectivement.

Comme l'ensemble de l'humanité ne forme qu'une seule communauté, une attaque dirigée contre une quelconque nation est une attaque contre la communauté tout entière. Si ce principe était partout reconnu et mis en pratique, tout État se préparant à en attaquer un autre devrait tenir compte, non seulement de la résistance d'un pays isolé, mais encore de l'opposition marquée par le monde entier. Cette seule perspective suffirait à décourager la plus hardie et la plus belliqueuse des nations. Lorsqu'une ligue des nations pacifiques suffisamment puissante sera établie, la guerre ne sera plus qu'un cauchemar du passé. Pendant la période de transition entre l'ancien état d'anarchie générale et l'état futur de solidarité internationale, des guerres d'oppression peuvent encore surgir et, dans cette éventualité, une action simultanée--militaire ou autre--serait un devoir absolu pour le maintien de la justice, l'unité et la paix internationales.

'Abdu'l-Bahá dit que, en ce cas:

"Une conquête peut être une chose louable; parfois la guerre devient la base puissante de la paix, et les ruines deviennent des moyens aboutissant à la reconstruction. Si, par exemple, un souverain magnanime enjoint à ses armées d'arrêter la bataille des insurgés et des agresseurs, ou encore s'il entre en campagne et se distingue dans une lutte pour unifier un État ou un peuple divisé, si, en bref, il fait la guerre pour une juste cause, alors, réellement cette furie devient la bonté même, cette oppression apparaît comme l'essence de la justice et cette guerre devient la source de la paix. Aujourd'hui, le devoir primordial d'un souverain puissant est de promouvoir la paix universelle car, en vérité, elle signifie la liberté pour tous les peuples du monde."
(The Secret of Divine Civilization, pp. 70 et 71.)


10.12. Unité de l'Orient et de l'Occident

L'union de l'Orient et de l'Occident constitue un autre facteur qui permettra d'atteindre la paix universelle. La très grande paix ne consiste pas simplement en la cessation des hostilités; elle implique l'union féconde, la coopération étroite et fraternelle des peuples restés jusqu'ici séparés qui permettront de récolter les fruits les plus précieux.

Dans une de ses causeries à Paris, 'Abdu'l-Bahá dit:

"Dans le passé, comme de nos jours, le soleil de l'Esprit de Vérité a toujours brillé à l'horizon de l'Orient. C'est là que Moïse s'est dressé pour conduire et instruire les peuples. C'est en Orient que s'est levé le Seigneur Christ. Muhammad fut envoyé à une nation orientale. Le Báb parut dans un pays oriental, la Perse. Bahá'u'lláh vécut et enseigna en Orient. Tous les grands instructeurs spirituels sont apparus dans le monde oriental.

Mais, bien que l'astre du Christ se soit levé en Orient, c'est en Occident qu'il a déployé tout son rayonnement et que la splendeur de sa gloire a été la plus évidente. La divine lumière de ses enseignements a resplendi avec plus d'éclat en Occident et elle y a progressé bien plus rapidement que dans son pays natal.

Actuellement, le progrès matériel est nécessaire à l'Orient tandis que l'Occident manque d'idéal spirituel. L'Occident devrait se tourner vers l'Orient pour y trouver l'illumination et offrir, en échange, la lumière de ses connaissances scientifiques. Cette réciprocité d'apports est indispensable. L'Orient et l'Occident doivent s'unir pour se compléter. C'est de leur union que naîtra la civilisation véritable dans laquelle le spirituel trouve son expression et sa réalisation sur le plan matériel. La plus grande harmonie s'établira par ces échanges mutuels. Tous les peuples seront alors rassemblés dans un état de perfection élevée, l'union sera solidement cimentée, et ce monde deviendra un brillant miroir où pourront se réfléchir les attributs de Dieu.

Nous tous, de l'Orient ou de l'Occident, devons nous efforcer jour et nuit, cœur et âme, d'atteindre à ce noble idéal: cimenter l'unité entre les peuples de la terre. Tous les cœurs seront alors revivifiés, tous les yeux seront ouverts, les plus merveilleux pouvoirs seront accordés, l'humanité aura atteint le bonheur...

Le paradis promis sur la terre sera assuré quand toute l'humanité sera groupée autour de la tente de l'unité, dans le royaume de gloire."
(Causeries de 'Abdu'l-Bahá à Paris, pp. 20 et 21.)


11. PLUSIERS ORDONNANCES ET ENSEIGNEMENTS

"Sache qu'en chaque âge, en chaque dispensation, tous les commandements sont rapportés et adaptés aux exigences de l'époque, sauf la loi d'amour qui, comme une fontaine, coule perpétuellement et demeure immuable."
BAHÁ'U'LLÁH.

11.1. La vie monacale

Ainsi que le fit déjà Muhammad, Bahá'u'lláh interdit à ses disciples de mener une vie de réclusion monastique. Dans la Tablette à Napoléon III, nous lisons:

"Dis! Ô assemblées de moines! Ne restez pas enfermés dans les cloîtres et les cellules mais, à mon commandement, abandonnez-les pour vous occuper de ce qui sera profitable à votre âme et à celle d'autrui...

Mariez-vous, afin que quelqu'un puisse vous succéder, car Nous vous avons interdit les actions hypocrites mais non pas ce qui prouve la fidélité. Abandonnant les principes de Dieu, vous avez suivi vos propres inclinations. Craignez le Seigneur et ne restez pas insouciants. Si ce n'était l'homme, qui donc mentionnerait mon nom sur ma terre et comment mes qualités et mes attributs seraient-ils révélés?

Soyez réfléchis, ne restez pas voilés ou en léthargie. Celui qui ne se maria jamais (Jésus) n'avait aucun refuge où s'abriter, nul foyer pour se reposer et cela par l'œuvre des mains de la perfidie.

La sainteté de son âme ne dépendait pas de ce que vous croyez ou imaginez, mais plutôt de ce que Nous possédons. Demandez, afin de pouvoir comprendre son rang qui dépasse toute imagination sur cette terre. Bénis sont ceux qui savent!"
(L'Œuvre de Bahá'u'lláh, t. II, pp. 84 et 85.)

N'est-il pas étrange que des sectes chrétiennes aient institué la vie monastique et le célibat pour le clergé, alors que le Christ choisit pour disciples des hommes mariés, que lui-même et ses apôtres vécurent une existence de bienfaisance active, en étroite association et en ayant des rapports familiers avec le peuple?

Nous lisons dans le Qur'án:

"...Jésus, fils de Marie. Nous lui avons donné l'Évangile. Nous avons établi dans les cœurs de ceux qui le suivent la mansuétude, la compassion et la vie monastique qu'ils ont instaurée--nous ne la leur avions pas prescrite--uniquement poussés par la recherche de la satisfaction de Dieu. Mais ils ne l'ont pas observée comme ils auraient dû le faire."
(Qur'án, LVII: 27.)

Quelles que soient les raisons qui aient pu justifier la vie monacale en des circonstances et des temps passés, Bahá'u'lláh déclare que de telles justifications n'ont plus de raison d'être et, en vérité, il est évident qu'un appauvrissement spirituel de la race peut se produire si un grand nombre d'êtres pieux, craignant Dieu, se retirent de toute association avec leurs semblables et rejettent leurs devoirs et leurs responsabilités familiales.


11.2. Le mariage

Les enseignements bahá'ís prescrivent la monogamie, et Bahá'u'lláh fait dépendre le mariage d'un libre consentement de part et d'autre ainsi que de l'approbation des parents. Il dit dans le livre de l'Aqdas:

"En vérité, le mariage dépend, selon le Bayán (la révélation du Báb), du consentement réciproque (des fiancés). Comme Nous désirons instaurer l'amour, l'amitié et l'unité parmi les serviteurs, Nous avons posé cette condition supplémentaire: le consentement des parents, afin d'éviter toute discorde et toute mésentente."

À ce sujet, 'Abdu'l-Bahá écrivit à un interlocuteur:

"Quant à la question du mariage, selon la loi de Dieu: vous devez premièrement fixer votre choix, et ensuite tout dépend du consentement des parents. Avant votre décision, les parents n'ont aucun droit d'intervenir."
(Tablets of 'Abdu'l-Bahá, vol. III, p.563.)

'Abdu'l-Bahá dit que, grâce à cette précaution de Bahá'u'lláh, les relations tendues entre beaux-parents et beaux-enfants--devenues proverbiales dans les pays chrétiens et musulmans--sont presque inconnues parmi les bahá'ís, et le divorce y est aussi très rare. Il écrit au sujet du mariage:

"Le mariage bahá'í implique une union et une affection chaleureuse de part et d'autre. Les mariés doivent se témoigner l'attention la plus courtoise et apprendre à se connaître mutuellement.
Le pacte ferme qui les lie doit ensuite devenir un lien éternel et leurs efforts doivent tendre vers l'harmonie, l'amitié, l'unité et la vie éternelles...
Le mariage des bahá'ís signifie que l'homme et la femme doivent acquérir une union matérielle et spirituelle, afin d'atteindre à l'unité éternelle qui les liera dans tous les mondes divins et améliorera la vie spirituelle de l'un et de l'autre.
Tel est le mariage bahá'í."
(Tablets of 'Abdu'l-Bahá, vol. II, p.326.)

La cérémonie du mariage bahá'í est très simple, la seule condition étant que le marié et la mariée, en présence d'au moins deux témoins, disent chacun: "En vérité, nous resterons fidèles à la volonté de Dieu."


11.3. Le divorce

En matière de divorce, comme pour le mariage, les instructions des prophètes ont varié selon les circonstances et les époques. 'Abdu'l-Bahá expose ainsi les enseignements bahá'ís concernant le divorce:

"Les amis (bahá'ís) doivent strictement s'abstenir de divorcer, à moins que quelque fait ne survienne qui les oblige à se séparer par suite d'une aversion mutuelle; en ce cas, avec l'approbation de l'assemblée spirituelle, ils peuvent décider de se séparer. Ils doivent alors patienter pendant une année entière. Si, au cours de cette période indiquée, l'harmonie n'est pas rétablie entre eux, alors le divorce peut être prononcé. Le royaume de Dieu est fondé sur l'harmonie et l'amour, sur l'unité, l'alliance et l'union et non sur les divergences, particulièrement entre époux. Si l'un d'eux provoque le divorce, de grandes difficultés l'assailliront certainement; il sera victime de calamités terribles et en proie à de profonds remords."
(Tablette aux bahá'ís d'Amérique.)

En ce qui concerne le divorce, comme en toutes circonstances, les bahá'ís respecteront non seulement leurs enseignements propres, mais aussi les lois du pays dans lequel ils résident.


11.4. Le calendrier bahá'í

Chez les différents peuples et aux différentes époques, bien des systèmes ont été utilisés pour la désignation des dates et la mesure du temps et, aujourd'hui encore, plusieurs calendriers sont en vigueur:

- en Europe occidentale, le calendrier grégorien,
- dans plusieurs pays de l'Europe orientale, le calendrier julien,
- chez les israélites, le calendrier hébreu
- dans les pays islamiques, le calendrier musulman.

Le Báb signala l'importance de la dispensation qu'il annonçait en inaugurant un calendrier nouveau. Dans celui-ci, comme dans le calendrier grégorien, la base n'est plus celle du mois lunaire, mais celle de l'année solaire.

L'année bahá'íe est constituée de dix-neuf mois de dix-neuf jours (trois cent soixante et un jours) plus les jours intercalaires (quatre normalement et cinq dans les années bissextiles) entre le dix-huitième et le dix-neuvième mois, afin d'ajuster le calendrier à l'année solaire. Le Báb nomma les mois selon la qualification des attributs de Dieu.

Le jour de l'an bahá'í, comme celui de la Perse antique, est défini par l'astronomie; il commence à l'équinoxe du printemps (21 mars), et l'ère bahá'íe commence à la déclaration du Báb (1844 après J.C.--1260 après l'hégire).

Dans un très proche avenir, il sera indispensable que tous les peuples du monde s'entendent pour établir un calendrier commun.

Il semble donc désirable que l'ère nouvelle de l'unité possède un calendrier nouveau, indépendant des diverses communautés, à l'abri des objections qui rendent chacun des anciens calendriers inacceptables pour une bonne partie de la population du monde.

Il serait difficile de trouver un arrangement plus simple et plus commode que celui proposé par le Báb.

Les mois du calendrier bahá'í sont les suivants:

Mois Nom arabe Traduction Premier jour

1er Bahá Splendeur 21 mars

2e Jalál Gloire 9 avril

3e Jamál Beauté 28 avril

4e 'Azamat Grandeur 17 mai

5e Núr Lumière 5 juin

6e Rahmat Miséricorde 24 juin

7e Kalimát Paroles 13 juillet

8e Kamál Perfection 1er août

9e Asmá' Noms 20 août

10e 'Izzat Puissance 8 septembre

11e Mashíyyat Volonté 27 septembre

12e 'Ilm Connaissance 16 octobre

13e Qudrat Pouvoir 4 novembre

14e Qawl Discours 23 novembre

15e Masá'il Questions 12 décembre

16e Sharaf Honneur 31 décembre

17e Sultán Souveraineté 19 janvier

18e Mulk Empire 7 février

Jours intercalaires: du 26 février au 1er mars inclus

19e 'Alá Élévation 2 mars


11.5. Les assemblées spirituelles

Avant de terminer sa mission terrestre, 'Abdu'l-Bahá avait fixé des bases pour le développement de l'ordre administratif défini dans les Écrits de Bahá'u'lláh. Afin de faire ressortir la haute importance attribuée à l'institution de l'assemblée spirituelle, 'Abdu'l-Bahá, dans une tablette, déclara que toute traduction devait être approuvée par cette assemblée (en l'occurrence celle du Caire) avant d'être publiée, même si le texte avait été revu et corrigé par lui.

L'assemblée spirituelle est le corps administratif de neuf personnes, élu annuellement dans chaque communauté bahá'íe locale; c'est un corps investi de l'autorité nécessaire pour décider de toutes les activités collectives de la communauté. Sa dénomination actuelle est temporaire puisque, dans l'avenir, les assemblées spirituelles seront appelées maisons de justice.

Contrairement à l'organisation en vigueur dans les églises, caractérisée par des institutions ecclésiastiques, ces corps administratifs bahá'ís sont plutôt des institutions sociales. En effet, ils appliquent la loi de la consultation pour toutes questions ou problèmes s'élevant entre bahá'ís auxquels il est demandé de ne pas les porter devant la justice civile, mais de chercher à promouvoir tant l'unité que la justice dans la communauté.

L'assemblée spirituelle ne peut en aucun cas être comparée à la prêtrise ni au clergé: son rôle est de favoriser la diffusion des enseignements, de stimuler le service actif, d'organiser les réunions, de maintenir l'unité, de gérer les biens bahá'ís confiés par la communauté et d'assurer sa représentation dans les relations avec le grand public et les autres communautés.

La nature des assemblées spirituelles, locales et nationales, est décrite plus en détail dans le dernier chapitre du testament de 'Abdu'l-Bahá, mais les fonctions générales en ont été définies comme suit par Shoghi Effendi:

"Les questions relatives à l'enseignement, à l'orientation de celui-ci, aux modes et aux moyens à employer, au développement et à la consolidation, toutes choses si essentielles aux progrès de la cause, ne constituent pas le seul objectif qui doive requérir toute l'attention des assemblées. Une étude approfondie des tablettes de Bahá'u'lláh et de 'Abdu'l-Bahá révélera d'autres devoirs--non moins vitaux pour les intérêts de la cause--devoirs dévolus aux représentants élus par les amis en chaque localité.

Il leur incombe d'être vigilants et circonspects, discrets et attentifs, afin de protéger en tout temps le temple de la cause des flèches de l'opposition et des assauts de l'ennemi.

Ils doivent s'efforcer de promouvoir l'amitié et la concorde parmi les amis, d'effacer de leur cœur toute trace de méfiance, de froideur ou d'éloignement, et ils doivent assurer, au sein de la communauté, une coopération active et efficace en faveur de la cause.

Ils doivent en tout temps faire tout ce qu'ils peuvent pour tendre la main au pauvre, au malade, à l'infirme, à l'orphelin, à la veuve, sans discrimination de race, de classe ni de croyance.

Par tous les moyens en leur pouvoir, ils doivent fournir à la jeunesse un appui tant matériel que spirituel, des moyens d'éducation pour les enfants, ils doivent créer, chaque fois que l'occasion se présente, des institutions bahá'íes pour l'enseignement, organiser et surveiller leurs activités, leur procurer les meilleurs moyens propres à leur progrès et à leur développement...

Ils ont encore à organiser les réunions régulières entre amis pour les fêtes et les anniversaires, ainsi que des réunions spéciales destinées à favoriser les intérêts sociaux, intellectuels et spirituels de leurs semblables.

Enfin, en ces jours où la cause n'est encore que dans sa prime jeunesse, ils doivent surveiller toutes les publications et traductions bahá'íes, assurer à toute littérature bahá'íe en général une présentation digne et correcte et veiller à sa distribution dans le grand public."
(Ordre administratif de Bahá'u'lláh, p.26.)

Les possibilités inhérentes aux institutions bahá'íes ne peuvent être estimées à leur juste valeur que si l'on réalise avec quelle rapidité la civilisation se désagrège en raison de l'absence du pouvoir spirituel, seul capable d'implanter la conscience des responsabilités et l'humilité nécessaires aux dirigeants, ainsi que la loyauté individuelle aux membres de la société.


11.6. Fêtes bahá'íes, anniversaires et période de jeûne

Fête de Naw-Rúz (nouvel an bahá'í), 21 mars.

Fête du Ridván (déclaration de Bahá'u'lláh), 21 avril au 2mai.

Déclaration du Báb, 23 mai [Cette date coïncide avec la naissance de 'Abdu'l-Bahá].

Ascension de Bahá'u'lláh, 29 mai.

Martyre du Báb, 9 juillet.

Naissance du Báb, 20 octobre.

Naissance de Bahá'u'lláh, 12 novembre.

Jour de l'alliance, 26 novembre.

Ascension de 'Abdu'l-Bahá, 28 novembre.

Période de jeûne de 19 jours, commençant le 2 mars.


11.7. Fêtes bahá'íes

L'allégresse inhérente à la religion bahá'íe trouve son expression dans les nombreuses fêtes et jours fériés de l'année.

En 1912, dans une causerie qu'il fit à Alexandrie (Égypte), à l'occasion de la fête de Naw-Rúz, 'Abdu'l-Bahá a dit:

"Selon les lois sacrées de Dieu, dans chaque cycle, chaque dispensation, il y a des fêtes bénies, des jours fériés, des jours de repos. Ces jours-là, toutes les occupations commerciales, industrielles, agricoles ou autres devraient être suspendues.

Tous devraient se réjouir ensemble, organiser des réunions générales, former une assemblée unique afin que l'unité et l'harmonie des nations éclatent aux yeux de tous.

Puisque c'est un jour béni, il ne faut pas que cette occasion soit négligée ni que ce jour reste stérile par la poursuite du seul plaisir.

En de tels jours, on devrait fonder des institutions dont la valeur reste une source de bienfait permanent pour tous les peuples...

Aujourd'hui, il n'est pas de résultat plus appréciable, de réalisation plus utile que de guider le peuple. C'est en de tels jours que les amis de Dieu doivent laisser des marques tangibles de leur philanthropie et de leur idéal, pas seulement pour les bahá'ís, mais pour l'humanité entière. Dans cette dispensation merveilleuse, les actions philanthropiques doivent profiter à toute l'humanité sans exception, parce qu'elles sont une manifestation de la générosité divine. Par conséquent, je garde l'espoir que chacun des amis de Dieu personnifie de plus en plus la miséricorde de Dieu envers le genre humain."

Les fêtes de Naw-Rúz (Nouvel An) et du Ridván, les anniversaires de la naissance du Báb et de Bahá'u'lláh, celui de la déclaration du Báb (qui est en même temps celui de la naissance de 'Abdu'l-Bahá) sont les principales réjouissances de l'année pour les bahá'ís. En Irán on les célèbre par des pique-niques et des réunions joyeuses auxquels les croyants participent en faisant de la musique, en chantant des tablettes et des versets ou en prononçant de courtes allocutions appropriées aux circonstances.

Les jours intercalaires--entre le dix-huitième et le dix-neuvième mois, du 26 février au 1er mars inclus--sont tout spécialement consacrés aux réceptions entre amis, aux échanges de cadeaux, aux soins à donner aux pauvres et aux malades, etc.

Les anniversaires du martyre du Báb, de la mort de Bahá'u'lláh et de 'Abdu'l-Bahá sont solennellement célébrés par des réunions et des allocutions de circonstance, des prières et des tablettes récitées ou chantées.


11.8. Le jeûne

Le dix-neuvième mois, succédant aux jours intercalaires (réservés à l'hospitalité) est le mois du jeûne. Ce jeûne consiste à s'abstenir de manger et de boire du lever au coucher du soleil; il est observé durant dix-neuf jours. Comme ce mois finit à l'équinoxe de mars, le jeûne a toujours lieu pendant la même saison--c'est-à-dire à l'arrivée du printemps dans l'hémisphère nord, de l'automne dans l'hémisphère sud: il ne coïncide jamais avec la chaleur ou le froid extrêmes pendant lesquels il risquerait d'être pénible.

De plus, en cette saison, la longueur des journées est à peu près la même (de six heures du matin à six heures du soir) dans toutes les régions habitées du globe. Le jeûne ne doit pas être observé par les enfants, les malades, ceux qui voyagent, les personnes trop âgées ou trop faibles, ni par les futures mères ou celles qui nourrissent un enfant.

Il est prouvé qu'un jeûne périodique, tel que celui qui est prescrit dans les enseignements bahá'ís, est très profitable au point de vue de l'hygiène physique mais, tout comme la réalité des fêtes bahá'íes ne doit pas être liée à la consommation de nourritures terrestres mais à la commémoration de Dieu qui est notre nourriture spirituelle, ainsi la réalité du jeûne bahá'í ne consiste pas dans l'abstention de nourriture terrestre, bien que cela puisse aider à la purification du corps, mais dans l'abstention de toute convoitise et de désirs charnels et dans le détachement de tout, sauf de Dieu.

'Abdu'l-Bahá dit:

"Le jeûne est un symbole. Jeûner signifie s'abstenir de tout désir. Le jeûne physique est le symbole de cette abstinence, c'est un rappel; tandis que l'on refrène l'appétit physique, il faut s'abstenir des convoitises personnelles et des désirs égoïstes. Mais se passer uniquement de nourriture n'a aucun effet sur l'esprit. C'est uniquement un symbole, un rappel. Autrement, cela n'a aucune importance. Jeûner pour atteindre le détachement ne signifie pas s'abstenir entièrement de nourriture. La règle d'or est: ni trop ni trop peu. La modération est nécessaire. Il existe une secte aux Indes dont les membres pratiquent l'abstinence à l'extrême, réduisant graduellement leur nourriture jusqu'à pouvoir s'en passer presque complètement. Mais leur intelligence en souffre. Un homme n'est pas capable de servir Dieu efficacement, tant matériellement que spirituellement, s'il est affaibli par le manque de nourriture. Il ne possède pas toute sa lucidité."
(Cité par Miss E.S. Stevens dans Fortnightly Review, juin 1911.)


11.9. Les réunions

'Abdu'l-Bahá attache la plus grande importance aux réunions régulières des croyants pour l'adoration en commun, car elles permettent d'expliquer et d'étudier les enseignements et de se consulter en vue des progrès de la foi. Dans une de ses tablettes, il dit:

"Il a été décidé, selon le désir de Dieu, qu'en Occident, l'union et l'harmonie doivent croître de jour en jour parmi les amis de Dieu et les servantes du Miséricordieux. Tant que ce but ne sera pas atteint, les affaires ne pourront progresser par aucun moyen, quel qu'il soit. Les plus grandes occasions d'établir cette union et cette harmonie sont les réunions spirituelles. Ceci est très important: c'est comme un aimant qui attire des confirmations divines."
(Tablets of 'Abdu'l-Bahá, vol. I, pp. 124 et 125.)

Au cours des réunions spirituelles bahá'íes, les contestations, les discussions politiques ou mondaines doivent être soigneusement évitées; le but primordial des croyants devrait être l'étude et l'enseignement de la vérité divine, la purification du cœur et de l'âme par l'amour divin, la recherche d'une obéissance plus parfaite à la volonté divine et la coopération à l'établissement du royaume de Dieu. Dans une allocution faite à New York en 1912, 'Abdu'l-Bahá a dit:

"J'espère que les réunions de l'assemblée bahá'íe de New York ressembleront à celles de l'Assemblée suprême. Lorsque vous vous réunissez, il faudrait refléter les lumières du royaume céleste. Que vos cœurs soient des miroirs dans lesquels le rayonnement du Soleil de Vérité est visible. Chaque cœur doit être un relais télégraphique--dont un fil est attaché au plus profond de l'âme et l'autre relié au royaume d'Abhá--afin que des messages puissent s'échanger. Alors, les opinions coïncideront avec la vérité; jour après jour, il y aura des progrès et les réunions deviendront de plus en plus radieuses et spirituelles. Ceci se réalisera grâce à l'unité et à l'harmonie. Plus régneront l'amour et l'harmonie, plus les confirmations divines et l'aide de la Beauté bénie vous soutiendront.

Dans une de ses tablettes, il dit encore:

"Au cours de ces réunions, toute conversation s'écartant du sujet devrait être évitée. Il faudrait plutôt se limiter à chanter des versets, lire les Écritures saintes, considérer toute question concernant la cause de Dieu, c'est-à-dire les preuves et les arguments concluants et les Écrits du Bien-Aimé des nations. Ceux qui assisteront à ces réunions s'y prépareront dans une tenue correcte et propre, se tourneront vers le royaume d'Abhá et s'y rendront ensuite dans un esprit d'humilité et de soumission. Pendant la lecture des textes, ils resteront silencieux. Si quelqu'un désire prendre la parole, il le fera en toute humilité, de manière concise et courtoise.


11.10. La Fête des dix-neuf jours

En raison du développement de l'ordre administratif bahá'í, depuis l'ascension de 'Abdu'l-Bahá, la Fête des dix-neuf jours, qui a lieu le premier jour de chaque mois bahá'í, revêt une importance très particulière du fait qu'elle procure non seulement l'occasion de lire des prières et des textes des Écritures saintes en commun mais permet, de plus, une consultation générale sur toutes les activités bahá'íes en cours. Cette fête est l'occasion pour l'assemblée spirituelle de fournir les rapports à la communauté et d'inviter tous les membres à discuter les plans ou à faire des suggestions susceptibles de renouveler et d'améliorer les moyens d'action.


11.11. Le Mashriqu'l-Adhkár

[Adhkár : prononcer Azkár en persan]

Bahá'u'lláh a laissé des instructions pour les temples d'adoration à ériger par ses adeptes dans chaque pays et chaque ville. Il les appela: Mashriqu'l-Adhkár, ce qui signifie: "Point d'aurore de la louange de Dieu".

Ce Mashriqu'l-Adhkár doit être un bâtiment à neuf côtés, surmonté d'un dôme; il doit être aussi artistique que possible, tant par son architecture que par son exécution. Il sera érigé dans un parc orné de fontaines, d'arbres et de fleurs. Autour de lui seront construits plusieurs bâtiments complémentaires réservés à des œuvres sociales, éducatives et philanthropiques; ainsi, l'adoration de Dieu dans le temple sera-t-elle toujours étroitement liée, d'une part, au ravissement déférent qu'on éprouve devant les beautés de la nature et de l'art et, de l'autre, à des activités concrètes pour l'amélioration des conditions sociales.
[Il est intéressant de faire le parallèle entre le Mashriqu'l-Adhkár et l'image décrite en vers par Tennyson. Voici la traduction de ce poème: "J'ai rêvé que pierre à pierre j'élevais un sanctuaire sacré, un temple: ni pagode, ni mosquée, ni église, mais plus élevé, plus simple et toujours grand ouvert à tous les souffles des cieux; et la vérité et la paix et l'amour et la justice venaient l'habiter." (Akbar's dream, 1892.)]

Jusqu'à présent les bahá'ís d'Irán ont été empêchés de construire des temples ouverts au public et le premier grand Mashriqu'l-Adhkár fut construit à 'Ishqábád, en Russie [Cette première maison d'adoration fut sérieusement endommagée lors d'un tremblement de terre en 1948 et dut être démolie quelques années plus tard]. Le second s'élève à Wilmette, au bord du lac Michigan, à quelques kilomètres au nord de Chicago. 'Abdu'l-Bahá en consacra l'emplacement lors de sa visite en Amérique en 1912 [Ce temple fut achevé en 1953. Depuis, d'autres temples bahá'ís ont été construits à Kampala (Uganda), Sydney (Australie) et Francfort (Allemagne), Panama (Panama), Apia (Samoa Occidental), et New-Delhi (Inde). Aujourd'hui, en 1989, des terrains ont été acquis pour y bâtir 126 autres temples (voir épilogue)].

'Abdu'l-Bahá, dans ses tablettes se rapportant à ce temple-mère de l'Ouest, écrit ce qui suit:

"Loué soit Dieu! De tous les pays du monde, en ce moment, chacun apporte sa contribution, selon ses moyens, pour le fonds destiné à la construction du Mashriqu'l-Adhkár d'Amérique... Depuis l'époque d'Adam jusqu'à ce jour, l'homme n'a jamais été témoin d'une chose pareille: des contributions sont parvenues des pays les plus reculés d'Asie jusqu'en Amérique. Ceci n'est possible que grâce au pouvoir de l'alliance de Dieu. En vérité, ce fait provoque l'émerveillement de tous ceux qui sont doués d'intuition. Il est à espérer que les croyants en Dieu feront preuve de générosité et qu'ils rassembleront une somme importante pour cette construction... Je désire que chacun soit libre d'agir comme il lui plaît. Si quelqu'un veut employer son argent à d'autres fins, qu'il le fasse. N'influencez personne d'aucune manière, mais soyez certains que la chose la plus importante à l'heure actuelle est la construction du Mashriqu'l-Adhká.

...Le mystère de cet édifice est grand et ne peut encore être dévoilé, mais sa construction est la plus importante des entreprises actuelles. Le Mashriqu'l-Adhkár comporte d'importants bâtiments annexes. Ce sont: l'orphelinat, l'hôpital et le dispensaire pour indigents, la maison pour incurables, l'université pour l'éducation scientifique et l'hospice. Dans chaque ville, un grand Mashriqu'l-Adhkár devrait être construit sur ces données. Le Mashriqu'l-Adhkár retentira chaque matin des louanges rendues à Dieu. Il n'y aura pas d'orgue dans le temple. Dans les édifices voisins auront lieu des fêtes, des célébrations, des congrès, des réunions publiques et des assemblées spirituelles, mais, dans le temple, cantiques et plains-chants s'élèveront sans accompagnement. Et ouvrez toutes grandes ses portes à l'humanité tout entière!

Lorsque ces institutions: collège, hôpital, hospice, maison de repos, université des hautes études pour l'obtention des grades supérieurs, et les autres édifices à caractère philanthropique seront établis, ils seront ouverts à toutes les nations et à toutes les religions. Toute cloison étanche sera abolie. Les charités seront dispensées sans distinction de couleur ni de race. Les portails seront grands ouverts au genre humain, sans préjugé envers qui que ce soit, mais avec amour. L'édifice central sera consacré à la prière et à l'adoration. Ainsi... la religion pourra entrer en harmonie avec la science, la science servira la religion, toutes deux répandant à foison leurs bienfaits matériels et spirituels sur toute l'humanité."


11.12. La vie après la mort

Bahá'u'lláh nous dit que la vie dans le corps n'est que le stade embryonnaire de notre existence et que l'abandon de ce corps constitue une nouvelle naissance qui ouvre à l'esprit humain une vie plus épanouie et plus libre. Il écrit:

"Sache en vérité que l'âme, après s'être libérée du corps, continuera de progresser dans un état et des conditions que ne pourront altérer ni la révolution des âges et des siècles, ni les hasards et vicissitudes de ce monde, jusqu'à ce qu'elle ait accédé à la présence de Dieu. Elle persistera aussi longtemps que le royaume de Dieu lui-même, sa souveraineté, son empire et sa puissance. Elle manifestera les signes de Dieu et ses attributs, elle révélera sa tendre bonté et sa générosité. Le mouvement qui anime ma plume s'arrête, impuissant à décrire convenablement la gloire et la noblesse d'un si sublime état. L'honneur conféré à l'âme par la Main de miséricorde sera tel que ni les mots ni tout autre moyen ici-bas ne pourraient le révéler ni le décrire de manière adéquate.

Bénie est l'âme qui, à l'heure où elle se sépare du corps, se trouve purifiée des vaines imaginations des peuples du monde! Une telle âme vit et se meut selon la volonté de son Créateur et s'élève jusqu'aux régions supérieures du paradis. Les célestes houris, hôtesses des résidences suprêmes, l'entoureront; les prophètes de Dieu et ses élus rechercheront sa compagnie. Cette âme conversera librement avec eux et leur exposera tout ce qu'elle a enduré dans le chemin de Dieu, le Seigneur de tous les mondes. Si l'homme pouvait prendre conscience de ce qui est réservé à une telle âme dans les royaumes de Dieu, le Seigneur du trône céleste et de cette terre, son être entier se consumerait instantanément du désir d'atteindre un si sublime, un si pur et resplendissant état...

La nature de l'âme après la mort ne peut jamais être décrite, et il n'est ni opportun ni permis d'en révéler pleinement le caractère aux yeux des hommes. Les prophètes et les messagers de Dieu ont été envoyés dans le seul but de guider l'humanité dans le chemin direct vers la vérité. L'objet primordial de leur révélation est d'instruire les hommes afin qu'ils puissent, à l'heure de la mort, s'élever vers le trône du Très-Haut, en toute pureté et sainteté, dans un détachement absolu. De la lumière irradiée par ces âmes dépendent les progrès du monde et l'avancement des peuples. Elles sont comme un levain qui transforme l'existence et constituent la force animatrice qui fait éclore les arts et toutes les merveilles du monde. C'est par elles que les ondées célestes arrosent les hommes de leurs bienfaits et que la terre prodigue ses fruits. Toute chose a nécessairement une origine, un pouvoir moteur, un principe animateur.
Ces âmes, symboles de détachement, ont fourni et continueront de fournir l'impulsion créatrice suprême au monde de l'existence. L'au-delà est aussi différent de ce monde que l'est notre terre de celui de l'enfant encore dans le sein de sa mère..."
(Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, LXXXI, pp. 103 et 104.)

De même, 'Abdu'l-Bahá écrit:

"Les mystères inaccessibles à l'homme sur la terre lui seront dévoilés dans le monde céleste; là, il sera informé des secrets de la vérité; à plus forte raison découvrira-t-il ou reconnaîtra-t-il les personnes avec lesquelles il a été en rapport! Sans aucun doute, les saintes âmes douées d'une vision pure et de perception seront, dans le royaume des lumières, informées de tous les mystères et elles rechercheront la faveur de contempler la réalité de toutes les grandes âmes. En ce monde, elles contempleront même de façon manifeste la beauté de Dieu. De plus, elles y retrouveront tous les amis de Dieu, ceux d'autrefois comme ceux d'aujourd'hui, tous présents au rassemblement céleste.

Les caractéristiques et les distinctions qui existent entre les hommes deviendront naturellement apparentes après leur départ de ce monde mortel. Cette distinction ne se rapporte pas aux lieux, mais seulement à l'âme et à la conscience. Car le royaume de Dieu est sanctifié du temps et de l'espace, c'est un autre monde et un autre univers.

Sache en toute certitude que dans les mondes divins, les bien-aimés spirituels se reconnaîtront les uns les autres et qu'ils chercheront à s'unir, mais dans une union spirituelle. De même, l'amour qu'on a pu éprouver pour quelqu'un ne sera pas oublié dans le monde du royaume, pas plus que tu n'oublieras ce que fut ta vie dans le monde matériel."
(Tablets of 'Abdu'l-Bahá, vol. I, p.205.)


11.13. Ciel et enfer

Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá considèrent les descriptions du ciel et de l'enfer données par les anciennes Écritures religieuses et dans l'histoire biblique de la création comme symboliques et non littéralement vraies. Selon eux, le ciel est l'état de perfection et l'enfer l'état d'imperfection; le ciel représente l'harmonie avec la volonté de Dieu et avec nos semblables tandis que l'enfer est l'absence de cette harmonie; le ciel est la condition de la vie spirituelle, l'enfer celui de la mort spirituelle. Un homme peut se trouver au ciel ou en enfer même s'il est encore sur terre. Les joies du paradis sont des joies spirituelles tandis que les peines de l'enfer consistent en la privation de ces joies.

'Abdu'l-Bahá dit:

"Lorsque, par la lumière de la foi, les hommes sont délivrés des noirceurs du vice, qu'ils sont éclairés par les rayons du Soleil de Vérité et qu'ils s'ennoblissent de toutes les vertus, ils estiment cet état comme la plus belle des récompenses et savent qu'il constitue le paradis véritable. De même, ils considèrent comme un châtiment spirituel... le fait d'être asservi au monde de la nature, d'être séparé de Dieu, d'être brutal et ignorant, de succomber aux convoitises de la chair, de céder à des faiblesses animales, d'être caractérisé par de noirs défauts... pour eux, ce sont les pires châtiments et les pires tortures...

Les récompenses de l'autre monde sont les perfections et la paix que l'on obtient dans les mondes de l'esprit après avoir quitté celui-ci... les grâces spirituelles, les divers dons spirituels du royaume de Dieu, la réalisation des désirs de l'âme et du cœur et la rencontre de Dieu dans le monde de l'éternité. De même, les châtiments de l'au-delà... consistent en la privation des bénédictions divines spéciales et des bontés absolues, en la déchéance vers les degrés inférieurs de l'existence. Celui qui se prive des bienfaits divins, bien que son âme persiste après la mort, est cependant considéré comme inexistant par le peuple de la vérité.

La richesse de l'autre monde, c'est la proximité de Dieu. Par conséquent, il est certain que ceux qui sont près du parvis céleste peuvent intercéder; et cette intercession reçoit l'approbation de Dieu... Il est même possible à ceux qui sont morts en état de péché et d'impiété de changer de condition, c'est-à-dire qu'ils peuvent faire l'objet du pardon par la bonté de Dieu, mais non par sa justice; car la bonté donne sans compter, tandis que la justice accorde selon le mérite. De même que nous possédons ici-bas la faculté de prier pour ces âmes, de même serons-nous doués d'un pouvoir similaire dans l'autre monde qui est le royaume de Dieu... Par conséquent, le progrès est également possible dans l'autre monde. Là aussi on peut recevoir la lumière par ses propres supplications, là aussi on peut demander pardon et recevoir la rémission par ses prières et ses supplications.

Avant de quitter cette forme matérielle, de même qu'après, nous pouvons progresser vers la perfection, mais non pas changer d'état... Il n'est pas d'être supérieur à l'homme parfait. Lorsque l'être humain atteint cette condition, il lui est toujours possible d'avancer vers plus de perfection mais non de changer son état, parce qu'il n'existe aucune condition plus élevée qui lui soit accessible. Il progresse uniquement dans son état humain, car les perfections humaines sont sans limites. Ainsi, si savant que soit un homme, on peut en imaginer un plus savant. De sorte que les perfections humaines étant illimitées, l'homme peut aussi poursuivre son perfectionnement après avoir quitté cette planète."
(Les Leçons de Saint-Jean-d'Acre, pp. 229 à 242.)


11.14. L'unité des deux mondes

L'unité de l'humanité, telle qu'elle est enseignée par Bahá'u'lláh, englobe non seulement les êtres vivant sur la terre mais tous les êtres humains présents ou disparus. Non seulement tous les habitants de la terre, mais aussi tous ceux du monde spirituel font partie d'un seul et même organisme dont les deux parties sont étroitement liées. Leur communion spirituelle, loin d'être impossible ou surnaturelle, est constante et inévitable. Ceux dont les facultés spirituelles ne sont pas encore développées n'ont pas conscience de cette connexion vitale, mais à mesure que nos facultés se développent, les communications avec ceux qui sont derrière le voile deviennent graduellement plus conscientes et plus définies. Pour les prophètes et les saints, cette communion spirituelle est aussi familière et aussi réelle que la vue et la conversation pour le reste du genre humain.

'Abdu'l-Bahá dit:

"Les visions des prophètes ne sont nullement des songes; ce sont des révélations spirituelles qui ont une valeur réelle. Ils disent par exemple: "J'ai vu tel personnage sous telle apparence; je lui ai dit telle chose et il m'a fait telle réponse." Cette vision s'est produite à l'état de veille et non au cours du sommeil: c'est une révélation spirituelle...

Entre les âmes spirituelles s'établissent une compréhension et des rapports spirituels, une communion purifiée de toute imagination ou fantaisie, une intimité dégagée du temps et de l'espace. Ainsi, l'Évangile relate que Moïse et Élie vinrent trouver Jésus sur le mont Thabor, et il est évident que ce ne fut pas une réunion matérielle. Ce fut une entrevue spirituelle. De telles communications sont possibles et elles produisent des effets merveilleux sur les esprits et les pensées des hommes; elles sont une cause de l'attraction des cœurs."
(Les Leçons de Saint-Jean-d'Acre, pp. 256 à 258.)

Tout en admettant la réalité des facultés psychiques supra-normales, 'Abdu'l-Bahá condamne toute tentative d'en forcer prématurément le développement. Ces facultés s'épanouiront tout naturellement quand le moment sera venu pourvu que nous suivions la voie du progrès spirituel tracée par les prophètes. 'Abdu'l-Bahá explique:

"Expérimenter les forces psychiques alors qu'on est encore dans ce monde affecte la condition de l'âme dans le monde à venir. Ces forces sont réelles, mais normalement elles sont inactives sur ce plan-ci. L'enfant dans le sein de sa mère possède des yeux, des oreilles, des mains, des pieds, etc., mais tout cela n'est pas encore en activité. Le but de la vie dans ce monde matériel est l'avancement vers le monde de la réalité où ces facultés entreront en action. Elles appartiennent à cet autre monde."
(Extrait des notes de Miss Buckton, révisées par 'Abdu'l-Bahá.)

Il ne faut pas rechercher les communications avec les esprits des disparus, ni par plaisir ni par vaine curiosité. Cependant, c'est un devoir et un privilège pour ceux qui sont d'un côté du voile d'aimer et de prier pour ceux qui sont de l'autre. Il est recommandé aux bahá'ís de prier pour les morts. 'Abdu'l-Bahá a dit à Miss E.J. Rosenberg en 1904:

"La grâce de l'intercession efficace est l'une des perfections dont les âmes avancées sont douées ainsi que les manifestations de Dieu. Jésus-Christ avait, sur terre, le pouvoir d'intercéder pour l'absolution de ses ennemis et il possède certainement encore ce pouvoir. 'Abdu'l-Bahá ne mentionne jamais le nom d'un disparu sans ajouter: "Que Dieu lui pardonne" ou des paroles analogues. Les disciples des prophètes ont aussi cette faculté de prier pour le pardon des âmes. Par conséquent, nous ne devons pas croire que certaines âmes sont condamnées à un état stationnaire de souffrance ou de privation parce qu'elles ont absolument ignoré Dieu. Le pouvoir d'intercession en leur faveur existe toujours et il est efficace...

Dans l'autre monde, le riche peut aider le pauvre, tout comme ici-bas. Dans tous les mondes, tous sont les créatures de Dieu et tous dépendent toujours de Lui. Personne n'est indépendant, nul ne peut le devenir. Comme tous relèvent de Dieu, plus ils demanderont, plus ils recevront. Que possèdent-ils, quel est leur trésor? Et dans l'autre monde, qu'entend-on par aide et par assistance? Elles consistent dans l'intercession. Les âmes peu développées doivent progresser, d'abord par les supplications de ceux qui sont spirituellement riches, ensuite par leurs propres supplications."

Il dit encore:

"Ceux qui sont dans l'autre monde possèdent des attributs différents de ceux qui sont encore sur terre, cependant il n'y a pas de séparation réelle. La prière établit la fusion des deux états, le mélange de ces deux conditions. Priez pour eux comme ils prient pour vous."
('Abdu'l-Bahá in London, p. 97.)

Comme on lui demandait s'il était possible, par la foi et l'amour, de porter la nouvelle révélation à la connaissance de ceux qui ont quitté cette terre sans en avoir entendu parler, 'Abdu'l-Bahá répondit:

"Oui, certainement! Puisque la prière sincère produit toujours son effet et qu'elle a une grande influence dans l'autre monde. Nous ne sommes jamais séparés de ceux qui s'y trouvent. L'influence réelle et véritable produit ses effets, non dans ce monde-ci, mais dans l'autre."
(Notes de Mary Hanford Ford, Paris 1911.)

D'autre part, Bahá'u'lláh écrit:

"Selon un ordre de Dieu, le Bien-Aimé, celui qui est digne de louanges, l'assemblée céleste, le peuple du paradis suprême et tous ceux qui s'abritent sous le dôme de grandeur prieront pour celui dont la vie est conforme à ce qui lui fut prescrit."
(Tablette traduite en anglais par 'Alí Kulí Khán.)

Lorsqu'on demanda à 'Abdu'l-Bahá comment il se fait que le cœur, souvent, se tourne instinctivement vers quelque ami disparu, il répondit:

"Une loi de la création de Dieu veut que le faible s'appuie sur le fort. Ceux vers qui vous vous sentez attiré peuvent servir de médiateurs entre la puissance divine et vous, ainsi qu'ils le pouvaient déjà sur la terre, mais le Saint-Esprit seul fortifie tous les hommes."
('Abdu'l-Bahá in London, p. 98.)


11.15. La non-existence du mal

Selon la philosophie bahá'íe, il découle de la doctrine de l'unité de Dieu que le mal ne peut exister en tant que force positive. Il ne peut y avoir qu'un seul Infini. S'il existait dans l'univers un autre pouvoir extérieur ou opposé à l'Unique, alors l'Unique ne serait plus l'Infini. De même que l'obscurité n'est qu'un manque ou un degré moindre de lumière, le mal n'est que l'absence ou le degré moindre du bien, l'état intermédiaire de ce qui n'est pas assez développé.

Un homme méchant est celui qui n'a pas encore développé le côté noble de sa nature. S'il est égoïste, le mal ne réside pas dans son amour de lui-même; tout amour, même l'amour de soi est bon, divin. Ce qui est mal, c'est que cet amour de lui-même soit si limité, si inadéquat, si mal dirigé, et qu'il n'en éprouve pas pour Dieu et ses semblables. Il se considère seulement comme un genre d'animal supérieur et il flatte sottement sa nature inférieure, comme on flatterait un chien favori; mais pour lui, les conséquences sont autrement graves que pour le chien.

'Abdu'l-Bahá dit dans une de ses lettres:

"En réponse à ta remarque, il est exact que 'Abdu'l-Bahá ait dit à des croyants que le mal n'a jamais existé, ou plutôt que c'est une chose inexistante. Ceci est exact, de telle sorte que le plus grand mal pour l'homme est de s'écarter du droit chemin et de se trouver séparé de la vérité. L'erreur provient d'un manque de direction, l'obscurité est l'absence de lumière, l'ignorance, le manque de connaissances, la fausseté est l'absence de vérité, la cécité, l'inexistence de la vue et la surdité, l'inexistence de l'ouïe. Donc, l'erreur, la cécité, la surdité et l'ignorance sont inexistants."

Il dit encore:

"Dans la création, rien n'est mauvais, tout est bon. Tels caractéristiques et défauts innés en certains hommes, et en apparence blâmables, ne le sont pas en réalité. Ainsi, chez l'enfant, on peut, dès le début de son existence, déceler les signes de la colère, du désir et les défauts de son tempérament. On pourrait donc en déduire que le bien et le mal sont innés dans la nature humaine, et ceci serait contraire à l'idée du bien absolu dans la nature et la création. Voici la réponse: le désir qui consiste à demander toujours plus est une qualité louable, à condition qu'elle s'exerce à propos. Si un homme est animé du désir d'acquérir la science et la connaissance ou de devenir plus compatissant, plus généreux et plus juste, cela est très louable. S'il dirige sa colère et sa fureur contre des tyrans sanguinaires pareils à des bêtes féroces, cela aussi est très louable. Mais s'il n'exerce pas ces qualités dans la bonne voie, il est blâmable...

... Il en est de même pour toutes les caractéristiques naturelles de l'homme qui constituent le capital de sa vie; s'il le gère mal ou en dispose illégalement, elles deviennent blâmables. Il est donc clair que la création est pure bonté."
(Les Leçons de Saint-Jean-d'Acre, p. 221.)

Le mal est toujours un manque de vitalité. Si le côté inférieur de la nature de l'homme est développé d'une façon disproportionnée, le remède n'est pas d'en diminuer la vitalité, mais d'accroître celle de l'être supérieur qui est en lui, afin de restaurer l'équilibre.

Le Christ a dit: Je suis venu pour vous donner la vie, une vie plus épanouie. C'est cela qui est le plus nécessaire à tous: vivre plus pleinement une vie qui soit la vraie vie.

Bahá'u'lláh a donné le même message que celui du Christ, et il dit:

"Aujourd'hui, ce serviteur est assurément venu pour vivifier le monde [Tablette au Ra'ís]. Et à ses fidèles, il dit: Suivez-moi et Nous ferons de vous les rénovateurs de la vie humaine."
[Tablette au Pape]


12. LA RELIGION ET LA SCIENCE

"'Alí, le gendre de Muhammad, a dit: "Ce qui est conforme à la science est aussi conforme à la religion." Tout ce que l'intelligence de l'homme ne peut comprendre, la religion ne devrait pas l'accepter. La religion et la science vont la main dans la main, et toute religion en contradiction avec la science n'est pas la vérité."
'ABDU'L-BAHÁ

12.1. Cause des malentendus

Un des enseignements fondamentaux de Bahá'u'lláh dit que la vraie religion et la vraie science se doivent d'être toujours en harmonie. La vérité est une et toute contradiction qui surgit découle, non de la vérité, mais de l'erreur. Entre la prétendue science et la prétendue religion il y a eu, tout au long des siècles, des conflits farouches; mais si nous considérons ces conflits à la lumière d'une vérité plus complète, nous verrons toujours qu'ils sont dus à l'ignorance, aux préjugés, à la vanité, à la convoitise, à l'étroitesse d'esprit, à l'intolérance, à l'obstination ou à quelque excès de ce genre, étranger au véritable esprit, tant de la science que de la religion, car l'une et l'autre relèvent du même esprit.

Comme l'a écrit Huxley: "Les grandes œuvres des philosophes sont moins le fruit de leur intelligence que celui de la direction imprimée à cette intelligence par une prédisposition éminemment religieuse de leur esprit. La vérité a cédé plus à leur patience, à leur amour, à leur simplicité de cœur, à leur abnégation qu'à leur perspicacité."

Le mathématicien Boole nous affirme que "l'induction géométrique est essentiellement un processus de prière, un appel du fini à l'infini pour être éclairé sur des questions d'ordre limité".

Les grandes sommités de la religion et de la science ne se sont jamais contredites les unes les autres. C'est de ces disciples--adorateurs de la lettre et non de l'esprit--indignes de ces grands instructeurs du monde que sont issus les persécuteurs des nouveaux prophètes et les plus violents obstacles au progrès. Parce qu'ils ont étudié une certaine doctrine, ils la tiennent pour sacrée; avec le plus grand soin et la plus grande précision, ils en ont défini les propriétés et les particularités suivant leur vision limitée. C'est là pour eux la seule lumière véritable. Si Dieu, en sa bonté infinie, suscite ailleurs une lumière plus vive, ils s'alarment; et si le flambeau de l'inspiration, aux mains d'un nouveau porte-flambeau, brûle plus intensément, plutôt que d'accueillir avec joie cette lumière et d'adorer avec une gratitude renouvelée le Père de toutes les lumières, ils s'irritent. Cette lumière nouvelle ne correspond pas à leurs définitions, elle n'a pas la couleur orthodoxe, elle n'apparaît pas à l'endroit déterminé, aussi faut-il l'éteindre à tout prix afin qu'elle n'égare pas les hommes dans le sentier de l'hérésie!

La plupart des ennemis des prophètes sont ainsi: des guides aveugles pour les aveugles, faisant obstacle à une nouvelle et plus profonde vérité, et cela dans l'intérêt supposé de ce qu'ils croient être la vérité. D'autres, plus vils, combattent la vérité pour des intérêts personnels, ou encore obstruent la voie du progrès par leur inertie ou parce qu'ils sont morts spirituellement.


12.2. Persécution des prophètes

Les grands prophètes de la religion ont toujours été, dès leur avènement, méprisés et repoussés par les hommes. Leurs premiers disciples ont, comme eux, supporté tous les assauts des persécuteurs et sacrifié leur vie ainsi que tout ce qu'ils possédaient dans le chemin de Dieu. Il en est encore de même à notre époque. Depuis 1844, des milliers de bábís et de bahá'ís ont, en Irán, enduré des supplices cruels et accepté la mort pour leur foi, et plus nombreux encore sont ceux qui ont subi l'emprisonnement, l'exil, la pauvreté et l'humiliation.

La dernière des grandes religions a été "baptisée dans le sang" plus encore que les précédentes et ses adeptes continuent à être martyrisés. Le même sort a été réservé aux prophètes de la science. Giordano Bruno, philosophe italien, fut brûlé comme hérétique, en l'an 1600 de l'ère chrétienne, parce qu'il enseignait, entre autres choses, que la Terre tournait autour du Soleil. Peu de temps après, Galilée, le vétéran de la physique, fut forcé d'abjurer, à genoux, la même doctrine, afin d'échapper à semblable sort. À une époque plus récente, Darwin et les pionniers de la géologie moderne furent attaqués avec véhémence pour avoir osé discuter l'enseignement des saintes Écritures selon lequel le monde aurait été créé en six jours et depuis moins de six mille ans!

L'opposition faite à la nouvelle vérité scientifique ne vint cependant pas de l'Église seule. De même que la religion orthodoxe, la science orthodoxe a été tout aussi hostile au progrès. Christophe Colomb fut raillé et vilipendé par les soi-disant savants de son temps qui, satisfaits de cette explication théorique, démontraient que si les vaisseaux réussissaient à descendre aux antipodes, de l'autre côté du globe, il leur serait absolument impossible de remonter à leur point de départ. Galvani, le pionnier de l'électricité, fut raillé par ses collègues et surnommé "le maître à danser des grenouilles".

Harvey, qui découvrit la circulation du sang, fut ridiculisé et persécuté par ses confrères à cause de ses opinions hérétiques et il fut chassé de sa chaire. Quand Stephenson inventa la locomotive, les mathématiciens d'Europe, au lieu d'ouvrir les yeux et d'étudier les faits, continuèrent pendant des années à démontrer--satisfaits de leurs explications théoriques--qu'une machine sur rails lisses ne pourrait jamais traîner des fardeaux parce que les roues glisseraient et patineraient sur place, sans faire avancer le train.

Les exemples pourraient s'accumuler, en puisant tant dans l'histoire ancienne que dans l'histoire moderne et même dans l'histoire contemporaine. Pour imposer sa merveilleuse langue internationale, le Dr Zamenhof, inventeur de l'espéranto, dut lutter contre les mêmes moqueries, oppositions et mépris stupides que ceux qui saluèrent Colomb, Galvani et Stephenson. Même l'espéranto, qui ne date que de 1887, a eu ses martyrs.


12.3. L'aube de la réconciliation

Cependant, dans les cinquante dernières années, un changement est survenu dans l'esprit du siècle, une nouvelle lumière de vérité a surgi et elle a déjà rendu les controverses du siècle écoulé étrangement désuètes. Où en sont maintenant les matérialistes pleins de jactance et les athées dogmatiques qui, récemment encore, prétendaient chasser la religion de ce monde? Et où en sont les prédicateurs qui, avec tant d'assurance, vouaient au feu infernal et aux tortures des damnés ceux qui n'acceptaient pas leurs dogmes? Peut-être les échos de leurs clameurs résonnent-ils encore, mais leur influence décline rapidement et leurs doctrines tombent dans le discrédit. Nous savons maintenant que les doctrines qui ont fait l'objet de leurs plus violentes controverses n'appartenaient ni à la vraie science ni à la vraie religion.

Quel savant, à la lumière des recherches psychiques modernes, pourrait encore affirmer que "le cerveau sécrète la pensée comme le foie sécrète la bile" ? ou que la décomposition du corps s'accompagne nécessairement de la déchéance de l'âme ? Nous voyons maintenant que la pensée, pour être tout à fait libre, doit s'élancer vers les royaumes psychique et spirituel et ne pas se confiner au seul domaine matériel. Nous réalisons que ce que nous savons maintenant de la nature n'est qu'une goutte d'eau dans un océan, en comparaison de ce qu'il nous reste à découvrir.

Aussi admettons-nous volontiers la possibilité de miracles, non pas, à vrai dire, dans le sens d'une infraction aux lois naturelles, mais comme des manifestations de l'action de forces subtiles encore inconnues de nous, comme le furent l'électricité et les rayons X pour nos ancêtres.

D'autre part, lequel des chefs religieux modernes voudrait encore déclarer qu'il est indispensable au salut de l'âme de croire que le monde a été fait en six jours, ou que la description des plaies d'Égypte, telle qu'elle est faite dans le livre de l'Exode est littéralement exacte, ou que le Soleil s'arrêta dans sa course (autrement dit: que la Terre s'arrêta de tourner) pour que Josué pût poursuivre ses ennemis, ou encore que si un homme n'accepte pas le credo de Saint Athanase, "sans aucun doute, il périra à jamais" ? De telles croyances peuvent encore se répéter comme des formules, mais qui, de nos jours, les accepterait sans réserve et dans leur sens littéral ? Leur emprise sur le cœur et l'esprit des hommes a disparu ou s'atténue rapidement.

Le monde religieux a contracté une dette de gratitude envers les hommes de science qui ont aidé à déraciner de pareils dogmes surannés et des croyances usées, en permettant à la vérité de se faire jour. Mais le monde scientifique, de son côté, a une dette de gratitude encore plus lourde envers les vrais saints et les vrais mystiques qui, en dépit des bonnes ou des mauvaises fortunes, préservèrent les vérités vitales de l'expérience spirituelle, démontrant à un monde incrédule que la vie signifie plus que l'existence charnelle et que l'invisible est plus vaste que le visible.

Ces hommes de science et ces saints furent comme les cimes des montagnes, recueillant les premiers rayons du soleil levant et les réfléchissant plus bas sur le monde. Mais maintenant, le Soleil s'est levé et ses rayons illuminent le monde entier. Une glorieuse révélation de la vérité nous est donnée par les enseignements de Bahá'u'lláh; elle apporte la satisfaction à la fois au cœur et à l'esprit, et elle réalise l'accord entre la religion et la science.


12.4. La recherche de la vérité

L'harmonie complète avec la science est évidente dans les enseignements bahá'ís relatifs à la manière de rechercher la vérité. L'homme doit se dépouiller de tous les préjugés afin de découvrir la vérité sans entraves.

'Abdu'l-Bahá dit:

"Pour trouver la vérité, nous devons renoncer à nos préjugés, à nos petites notions personnelles toutes superficielles; il est essentiel d'avoir l'esprit ouvert et réceptif. Si notre calice est rempli de notre moi, il n'y a pas de place pour l'eau de vie. Le fait de prétendre que nous possédons la vérité et que tous les autres sont dans l'erreur est le plus grand de tous les obstacles vers le chemin de l'unité; or, l'unité est primordiale pour atteindre la vérité, car la vérité est une...

Aucune vérité ne peut contredire une autre vérité. La lumière est bonne quelle que soit la lampe où elle brille. Une rose est belle quel que soit le jardin où elle s'épanouit! Une étoile montre le même éclat, qu'elle luise en Orient ou en Occident! Soyez libres de préjugés, ainsi vous aimerez le Soleil de Vérité à quelque point de l'horizon qu'il apparaisse. Vous réaliserez que, si la lumière divine de la vérité brilla en Jésus-Christ, elle brilla aussi en Moïse et en Bouddha. Voilà ce qu'on entend par recherche de la vérité.

Cela signifie, de plus, que nous devons consentir à écarter tout ce que nous avons appris auparavant, tout ce qui entraverait nos pas dans la voie de la vérité; nous ne devons pas hésiter, au besoin, à recommencer notre éducation depuis le commencement. Nous ne devons pas permettre à notre attachement pour une certaine religion ou pour une personnalité définie d'obscurcir notre vision et de nous enchaîner ainsi par les superstitions. Quand nous serons dégagés de tous ces liens, quand nous chercherons avec un esprit libéré, alors nous serons capables d'atteindre notre but."
(Causeries de 'Abdu'l-Bahá à Paris, pp. 120 et 121.)


12.5. Le véritable agnosticisme

L'enseignement bahá'í, conjointement à la science et à la philosophie, déclare que la nature essentielle de Dieu échappe entièrement à la compréhension de l'homme. De même que Huxley et Spencer mettent l'accent sur le fait que la nature de la grande Cause première reste inconnaissable, Bahá'u'lláh enseigne et répète avec insistance que "si Dieu comprend tout, Il ne peut pas être compris". À la découverte de l'essence divine, "le chemin est barré et la route impraticable".

En effet, comment le fini pourrait-il comprendre l'infini? Comment une goutte pourrait-elle contenir l'océan et comment une poussière, dansant dans un rayon de soleil, pourrait-elle englober l'univers? Cependant, la création entière parle éloquemment de Dieu. Chaque goutte d'eau recèle des océans d'explications, chaque poussière détient un univers de significations surpassant de loin l'entendement du plus grand des savants. Les chimistes et les physiciens, poursuivant leurs recherches sur la composition de la matière, ont progressé de la masse à la molécule, de la molécule à l'atome, de l'atome à l'électron et à l'éther; cependant, à chaque pas, les difficultés de la recherche se sont accumulées jusqu'à un point où l'intelligence la plus profonde ne peut pénétrer plus avant, réduite à s'incliner en silence devant l'inconnaissable Infini qui demeure à jamais enveloppé dans son insondable mystère:

"Fleur dans le mur lézardé,
Je t'arrache d'entre les lézardes.
Je te tiens là, racine et tout, dans ma main,
Petite fleur; mais si je pouvais comprendre
Ce que tu es, racine et tout, et tout dans tout,
Je saurais ce qu'est Dieu et ce qu'est l'homme."
(TENNYSON)

(Flower in the crannied wall,
I pluck you out of the crannies.
I hold you here, root and all, in my hand,
Little flower, but if I could understand
What you are, root and all, and all in all,
I should know what God and man is.)

Si la fleur du mur lézardé, si même un simple atome de matière présentent des mystères que l'intelligence la plus profonde ne peut résoudre, comment serait-il possible à l'homme de comprendre l'univers? Comment oserait-il prétendre définir ou décrire la Cause infinie de toutes choses? Les spéculations théologiques sur la nature et l'essence de Dieu, quelles qu'elles soient, sont donc à rejeter comme non-sens et futilités.


12.6. La connaissance de Dieu

Mais si l'essence de Dieu est inconnaissable, les manifestations de sa munificence sont visibles partout. Si nous ne pouvons concevoir la Cause première, chacune de nos facultés en ressent néanmoins les effets. De même que les tableaux d'un peintre révèlent au connaisseur le talent effectif de l'artiste, ainsi la compréhension de l'univers, sous chacun de ses aspects--compréhension de la nature ou de la constitution humaine, des choses visibles ou invisibles--est la compréhension de l'œuvre de Dieu, et elle procure au chercheur de la vérité divine un aperçu réel de sa gloire.

"Les cieux révèlent la gloire de Dieu et le firmament confirme l'œuvre de ses mains. Le jour en instruit un autre jour et la nuit en informe une autre nuit."
(Psaume XIX, 1-2.)


12.7. Les manifestations divines

Chaque chose manifeste la générosité de Dieu avec plus ou moins de netteté, comme tous les objets matériels exposés au soleil reflètent sa lumière à différents degrés. Un tas de suie la reflète peu, une pierre davantage, un morceau de craie plus encore; mais dans aucun de ces reflets, nous ne trouvons trace de la forme ni de la couleur de l'orbe superbe. Seul, un miroir parfait réfléchit la forme et la couleur mêmes du soleil de sorte que, si l'on regarde dans ce miroir, c'est comme si l'on regardait le soleil lui-même.

C'est ainsi que les choses nous parlent de Dieu. La pierre révèle certains des attributs divins, la fleur en montre davantage, l'animal, avec ses sens admirables, ses instincts et sa faculté de mouvement, plus encore. Chez le plus humble de nos semblables, nous découvrons des facultés merveilleuses qui dévoilent l'existence d'un Créateur prodigieux.

Le poète, le saint, l'homme de génie prouvent cette existence sous une forme encore plus élevée, mais les grands prophètes et les fondateurs de religions sont les seuls miroirs parfaits par lesquels l'amour et la sagesse de Dieu sont réfléchis vers toute l'humanité. Les miroirs des autres humains sont ternis par les souillures et les poussières de l'égoïsme et des préjugés, mais ceux-là sont purs et sans tache. Les prophètes, par leur entière soumission à la volonté de Dieu, deviennent ainsi les plus grands éducateurs de l'humanité.

Les enseignements divins et le pouvoir du Saint-Esprit ont été et sont encore, par leur entremise, les causes du progrès de la race humaine, car Dieu aide les hommes par d'autres hommes. Tout homme qui accède aux échelons supérieurs dans l'ascension de la vie peut aider ceux qui sont plus bas; et ceux qui ont atteint le sommet aident l'humanité entière. C'est comme si tous les humains étaient reliés entre eux par des liens élastiques.

Si l'un s'élève un peu au-dessus du niveau général de ses concitoyens, les liens se tendent. Ses congénères ont tendance à le ramener vers le bas, mais avec une force égale, il les attire vers le haut. Plus il s'élève, plus le poids du monde entier tente de l'alourdir, plus il compte sur le secours divin qui lui parvient par l'intermédiaire de ceux qui sont encore plus haut que lui.

Au sommet sont les grands prophètes et sauveurs, "les manifestations divines",--êtres parfaits dont chacun fut, en son époque, sans égal--qui, sans le concours de personne, portèrent le poids du monde entier, soutenus par Dieu seul. "Il portait le fardeau de nos péchés" fut vrai pour chacun d'eux. Chacun se montra "la Voie, la Vérité et la Vie" pour ses adeptes. Chacun fut un canal apportant la grâce divine à tous les cœurs qui voulurent la recevoir. Chacun eut son rôle à jouer dans le grand plan divin pour l'élévation de l'humanité.


12.8. La création

Bahá'u'lláh enseigne que l'univers n'a pas eu de commencement dans le temps. C'est une émanation perpétuelle de la grande Cause première. Le Créateur a toujours créé et, éternellement, Il continuera de créer. Les mondes et les systèmes naissent et disparaissent, mais l'univers demeure.

Tout ce qui est composé se décompose au cours du temps, mais les éléments composants subsistent. Créer un monde, une pâquerette ou un corps humain ne consiste pas "à faire quelque chose avec rien", mais à assembler des éléments qui, auparavant, étaient épars, à rendre visible quelque chose qui, auparavant, était caché. Peu à peu les éléments seront de nouveau séparés, la forme disparaîtra, mais rien ne sera vraiment perdu ni annihilé; des formes et des combinaisons toujours nouvelles surgiront des ruines du passé.

Bahá'u'lláh confirme l'hypothèse des hommes de science qui assignent non pas six mille ans mais des millions et des trillions d'années à l'histoire de la création de la Terre. La théorie de l'évolution n'infirme pas la puissance créatrice. Elle tend seulement à décrire le mode de sa manifestation; et la merveilleuse histoire de l'univers matériel que l'astronome, le géologue, le physicien, le biologiste nous dévoilent petit à petit est, si on l'apprécie à sa juste valeur, infiniment plus digne d'éveiller l'adoration et le respect les plus profonds que les récits primitifs et naïfs de la création transmis par les Écritures hébraïques.

L'antique description de la Genèse eut cependant l'avantage d'indiquer, par quelques grands traits symboliques, le sens spirituel essentiel de l'histoire. Elle l'a fait comme un peintre de génie qui peut, en quelques coups de pinceau, fixer une impression, alors qu'un artiste moyen, malgré tout le soin qu'il apporte aux détails, peut échouer complètement à la rendre. Si les détails matériels nous rendent aveugles au sens spirituel, mieux vaudrait les ignorer; mais si nous avons une bonne fois profondément saisi le sens essentiel de l'esquisse entière, alors la connaissance des détails ajoutera une richesse et une splendeur merveilleuses à notre compréhension, transformant l'esquisse en un tableau magnifique.

'Abdu'l-Bahá dit:

"Sachez qu'un des sujets spirituels les plus complexes est que le monde de l'existence, c'est-à-dire cet univers infini, n'a pas eu de commencement... Sachez... qu'un créateur sans créatures est inconcevable, un dispensateur est inimaginable s'il n'est personne pour recevoir; car tous les noms et les attributs divins supposent l'existence de créatures. Si l'on pouvait imaginer une période où aucun être n'existait, cela reviendrait à nier la divinité de Dieu. De plus, la non-existence absolue ne peut devenir l'existence. Si les êtres avaient été absolument inexistants, la vie ne se serait jamais manifestée; de sorte que l'Essence de l'Unité, c'est-à-dire l'existence de Dieu, étant éternelle et immortelle, sans commencement ni fin, il est certain que ce monde de l'existence... n'a ni commencement ni fin... Certes, il se peut qu'une des parties de l'univers, par exemple une des planètes, puisse nouvellement se former ou prochainement se désintégrer; mais les autres planètes, néanmoins, subsistent... Comme chaque planète a un commencement, elle aura fatalement une fin, car toute composition, générale ou particulière doit, obligatoirement, se décomposer; ce qui les différencie, c'est que certaines se décomposent rapidement et d'autres plus lentement. Mais il est impossible d'envisager l'éventualité d'un corps composé qui ne se décomposerait pas."
(Les Leçons de Saint-Jean-d'Acre, pp. 186 et 187.)


12.9. L'évolution de l'homme

Bahá'u'lláh confirme les conclusions des biologistes qui, remontant le cours de l'évolution des espèces, attribuent des millions d'années à l'histoire du développement du corps humain. Partant d'une forme très simple, en apparence insignifiante, le corps s'est développé étape par étape, au cours d'innombrables générations, devenant de plus en plus complexe et de mieux en mieux organisé, jusqu'à ce que l'état actuel de l'être humain fût atteint.

Chaque corps humain s'est développé individuellement par étapes, partant de la petite particule ronde de matière gélatineuse pour aboutir à l'homme complètement développé. Si ceci est vrai pour l'être individuel--ce que personne ne réfute--pourquoi serait-ce déroger à la dignité humaine que d'admettre un processus analogue pour l'espèce? "Ceci est très différent de la théorie transformiste selon laquelle l'homme descendrait du singe."

L'embryon humain a pu, à un moment donné de sa croissance, ressembler à un poisson, avec des branchies et une queue, mais ce n'était pas un poisson. C'était un embryon humain. De même, l'espèce humaine [On se sert ici du terme "espèce" pour marquer la distinction qui a toujours existé entre les hommes et les animaux, malgré l'apparence extérieure. Il ne doit pas être pris dans sa signification biologique courante], au cours des stades variés de son long développement, peut avoir ressemblé superficiellement à diverses espèces d'animaux inférieurs; c'était néanmoins déjà le genre humain, doué de ce mystérieux pouvoir latent lui permettant d'acquérir les caractéristiques humaines que nous lui connaissons aujourd'hui et, bien plus, de développer dans l'avenir des êtres hautement perfectionnés.

'Abdu'l-Bahá dit:

"...il est clair que le globe terrestre, dans son aspect actuel, n'a pas été créé d'un seul coup, mais que... degré par degré, il a traversé des phases différentes jusqu'à ce qu'il resplendît dans cet état de perfection... L'homme au commencement de son existence et dans le sein de la terre--comme l'embryon dans le sein maternel--a grandi et s'est développé graduellement et est passé d'une forme à une autre... jusqu'à ce qu'il apparaisse avec cette beauté et cette perfection, cette force et cette puissance. Il est certain qu'au début il n'avait pas cette beauté, cette grâce, cette élégance et que ce n'est que par degré qu'il a atteint cette forme, cette silhouette, cette beauté et cette grâce...

Du début et jusqu'à ce qu'il atteigne cet aspect, cette forme et cette condition, il s'est nécessairement passé un temps très long... mais, depuis son début, l'espèce était distincte... En admettant que les traces d'organes disparus se retrouvent actuellement dans le corps humain, ce n'est pas une preuve de la non-permanence et de la non-originalité de l'espèce; tout au plus cela prouve-t-il que la forme, les dispositions et les organes humains ont évolué. Mais l'homme a toujours été une espèce distincte: un homme et non un animal."
(Les Leçons de Saint-Jean-d'Acre, pp. 188 à 190.)

De l'histoire d'Adam et Eve, 'Abdu'l-Bahá dit:

"Si nous prenons cette histoire au sens apparent, selon l'interprétation adoptée communément, elle est en effet extraordinaire. L'intelligence ne peut l'accepter, l'affirmer, ni même l'imaginer car de telles dispositions, de tels détails, de tels discours et de tels reproches seraient indignes d'un homme intelligent et à plus forte raison de la Divinité qui a organisé cet univers infini de la manière la plus parfaite, avec ses habitants innombrables, suivant un ordre systématique, puissant, parfait... C'est pourquoi l'histoire d'Adam et Eve qui mangèrent le fruit de l'arbre et furent expulsés du paradis doit être considérée comme uniquement symbolique. Elle contient des mystères divins, des significations générales et elle est susceptible d'explications merveilleuses."
(Les Leçons de Saint-Jean-d'Acre, p. 129.)


12.10. Le corps et l'âme

Les enseignements bahá'ís ayant trait au corps et à l'âme et à la vie après la mort sont parfaitement en harmonie avec les résultats des recherches psychiques. Comme nous l'avons vu, ces enseignements expliquent que la mort n'est qu'une nouvelle naissance (l'évasion de la prison du corps vers une vie plus large) et que le progrès dans l'au-delà est sans limites.

De l'avis des chercheurs les plus impartiaux et les plus critiques, les nombreuses preuves scientifiques qui se sont peu à peu accumulées suffisent amplement à établir la réalité de la vie après la mort, la certitude de la continuation de l'activité de l'âme consciente après la décomposition du corps matériel. Comme F.W.H. Myers le dit dans son ouvrage "Human Personality" où il résume la plupart des investigations de la Société de Recherches Psychiques:

"L'observation, l'expérimentation, la déduction ont conduit beaucoup de chercheurs, dont je suis, à croire à une communication télépathique directe, non seulement entre les esprits des hommes qui sont encore sur la terre, mais encore entre ceux-ci et les esprits des défunts. Une telle découverte ouvre aussi la porte à l'idée de la révélation...

Nous avons démontré que, parmi beaucoup d'erreurs collectives et subjectives, de fraudes ou d'illusions, de véritables communications nous parviennent d'outre-tombe...

Par des découvertes et des révélations, certaines thèses ont été provisoirement établies au sujet d'âmes de disparus qu'il nous a été donné de rencontrer. Le fait le mieux établi, du moins à mon avis, c'est que leur état semble être un état d'évolution perpétuelle dans la sagesse et dans l'amour. Leurs affections terrestres persistent et surtout ces amours d'essence supérieure qui s'expriment par l'adoration et le culte... Le mal leur apparaît moins comme une chose affreuse que comme un esclavage. Il n'est pas incarné par une puissante entité mais représente plutôt une démence individuelle de laquelle les esprits plus évolués s'efforcent de libérer toute âme déformée.

Point n'est besoin du châtiment par le feu; la découverte du moi est la punition ou la récompense de l'homme, ainsi que la connaissance de soi-même et l'intimité ou l'éloignement d'âmes amies. Car, en ce monde-là, l'amour est véritablement ce qui préserve l'individu; la communion des saints n'orne pas seulement la vie éternelle, mais elle la constitue. Bien mieux, il résulte des lois de la télépathie que cette communion a sa valeur pour nous ici-bas aujourd'hui même. Dès à présent, l'amour des âmes envolées répond à nos invocations. Dès à présent, notre souvenir affectueux--l'amour est en lui-même une prière--soutient et fortifie les esprits délivrés dans leur voie ascendante."

Le degré de concordance entre ces conceptions fondées sur des recherches scientifiques attentives et les conceptions bahá'íes est vraiment remarquable.


12.11. L'unité de l'humanité

"Vous êtes tous les fruits d'un même arbre, les feuilles d'une seule branche, les fleurs d'un même jardin". C'est là l'une des assertions les plus caractéristiques de Bahá'u'lláh ainsi que cette autre: "La gloire n'est pas à celui qui aime son propre pays, mais à celui qui aime l'humanité tout entière". L'unité--l'unité de l'humanité et l'unité en Dieu de tous les êtres créés--est le thème principal de son enseignement. Ici encore, l'harmonie entre la vraie religion et la science est évidente. À chaque découverte de la science, l'unité de l'univers et l'interdépendance des parties qui le composent deviennent de plus en plus évidentes. Le domaine de l'astronome est inséparable de celui du physicien, celui du physicien de celui du chimiste, celui du chimiste de celui du biologiste, celui du biologiste de celui du psychologue et ainsi de suite.

Chaque nouvelle découverte, dans un domaine particulier de la recherche, jette une lumière nouvelle sur d'autres domaines. Tout comme la physique a montré que chaque particule de matière dans l'univers attire et influence chaque autre particule, si petite et si éloignée soit-elle, ainsi, la science psychique découvre que, dans l'univers, chaque âme affecte et influence toutes les autres âmes. Le prince Kropotkine, dans un ouvrage intitulé L'Entraide, expose très clairement que, même parmi les animaux inférieurs, l'entraide est absolument nécessaire à la continuation de la vie et que, quant à l'homme, le progrès de la civilisation dépend de la substitution croissante de l'aide mutuelle à l'inimitié mutuelle. Chacun pour tous et tous pour chacun est le seul principe grâce auquel une société peut prospérer.


12.12. L'ère de l'unité

Tous les signes des temps indiquent que nous sommes à l'aube d'une ère nouvelle dans l'histoire de l'humanité. Jusqu'à présent, le jeune aiglon qu'est l'humanité s'est accroché à la vieille aire, sur le roc solide de l'égoïsme et du matérialisme. Il n'a essayé que timidement de se servir de ses ailes. Il a aspiré sans cesse à ce qu'il n'a pu encore atteindre. Il s'est irrité de plus en plus de la contrainte des vieux dogmes et des vieilles orthodoxies. Mais à présent, l'époque de confinement touche à sa fin et, sur les ailes de la foi et de la raison, il peut s'élancer vers les royaumes plus élevés de l'amour spirituel et de la vérité. Il ne sera plus lié à la terre comme il l'était avant le développement de ses ailes, mais il planera à son gré dans des régions aux vastes horizons, dans une liberté glorieuse. Toutefois, pour que son vol soit sûr et stable, il ne suffit pas que ses ailes soient fortes, il faut qu'elles fonctionnent en harmonie et en coordination parfaites. Comme le dit 'Abdu'l-Bahá:

"Il ne peut voler avec une seule aile. S'il essaie de voler avec l'aile de la religion seulement, il atterrira dans le bourbier de la superstition et s'il essaie de voler avec l'aile de la science seulement, il finira dans la fondrière désolée du matérialisme."
(Causeries de 'Abdu'l-Bahá à Paris, p. 126.)

L'harmonie parfaite entre la religion et la science est, pour l'humanité, la condition sine qua non d'une vie plus élevée. Quand cette condition sera remplie, quand chaque enfant sera élevé, non seulement dans l'étude des sciences et des arts, mais également dans l'amour du genre humain, se conformant radieusement à la volonté de Dieu telle qu'elle se révèle dans les progrès de l'évolution et les enseignements des prophètes, alors, et alors seulement, le royaume de Dieu viendra et sa volonté sera faite sur la terre comme au ciel; alors, et alors seulement, la paix suprême répandra ses bénédictions sur le monde.

"Quand la religion, dit 'Abdu'l-Bahá, délivrée de ses superstitions, de ses traditions et de ses dogmes inintelligents, se trouvera en conformité avec la science, alors il y aura dans le monde une grande unification, une force purificatrice qui balaiera devant elle guerres, litiges, discordes et luttes; alors l'humanité sera unie dans la puissance de l'amour de Dieu."
(Causeries de 'Abdu'l-Bahá à Paris, p. 128.)


13. PROPHÉTIES ACCOMPLIES PAR LA RÉVÉLATION BAHÁ'ÍE

"Pour ce qui est de la manifestation du très Grand Nom (Bahá'u'lláh), c'est lui que Dieu a promis dans tous les livres et toutes les écritures tels que la Bible, les Évangiles et le Qur'án."
'ABDU'L-BAHÁ

13.1. L'interprétation des prophéties

Chacun sait combien l'interprétation des prophéties est difficile et les opinions des savants ne sont jamais aussi divisées que sur ce sujet. Cela n'a rien de surprenant car, de l'autorité même des Écritures révélées, un grand nombre de prophéties furent données sous une forme telle qu'elles ne pouvaient être complètement comprises avant leur accomplissement et, même alors, seuls pouvaient les comprendre les êtres doués d'un cœur pur et exempts de préjugés. C'est ainsi qu'à la fin des visions de Daniel, il est dit au prophète:

Et toi, Daniel, tiens secrètes ces paroles et scelle le livre jusqu'au temps de la fin. Plusieurs alors le liront et la connaissance augmentera... J'entendis mais je ne compris pas et je dis: "Ô mon Seigneur, quelle sera l'issue de ces choses?" Il répondit: "Va, Daniel, car ces paroles seront tenues secrètes et scellées jusqu'au temps de la fin."
(Daniel, XII, 4-10.)

Si Dieu a scellé les prophéties jusqu'à une époque déterminée et s'Il n'a pas dévoilé complètement leur interprétation aux prophètes eux-mêmes qui les révélaient, nous pouvons nous attendre à ce que nul, sauf le messager désigné par Lui, ne puisse briser les scellés ni en divulguer le sens caché dans l'écrin des paraboles prophétiques. L'histoire des prophéties et des interprétations erronées, au cours des âges et des dispensations précédentes, ainsi que la mise en garde solennelle des prophètes eux-mêmes devraient inciter à la prudence avant d'accepter les spéculations des théologiens sur le sens réel des paroles sacrées et sur leur mode d'accomplissement. D'autre part, lorsqu'un personnage apparaît et prétend accomplir ces prophéties, il est important d'examiner ses revendications avec un esprit ouvert et sans préjugés. Si c'est un imposteur, la fraude sera bientôt découverte et il n'en résultera aucun dommage; mais malheur à ceux qui, inconsidérément, se détournent du messager de Dieu parce qu'il vient sous une forme et à une époque imprévues.

La vie et les paroles de Bahá'u'lláh attestent qu'il est le Promis annoncé dans tous les livres saints, celui qui détient le pouvoir de briser les scellés des prophéties et de verser le précieux vin cacheté des mystères divins. Hâtons-nous donc d'entendre ses explications puis, à leur lumière, d'examiner de nouveau les paroles, familières mais souvent mystérieuses, des prophètes de jadis.


13.2. La venue du Seigneur

"La venue du Seigneur aux derniers jours est ce lointain événement divin" attendu par tous les prophètes et glorifié de leurs chants les plus magnifiques. Mais que signifie cette venue du Seigneur?

Certes, Dieu est en tout temps avec ses créatures, en tout, à travers tout, au-dessus de tout: "Il est plus proche de nous que le souffle, plus près que nos pieds et nos mains". Oui, mais les hommes ne peuvent pas voir ou entendre Dieu immanent et transcendant, ni sentir sa présence, à moins qu'Il ne se révèle Lui-même sous une forme visible et ne leur parle un langage humain. Pour révéler ses attributs plus élevés, Dieu s'est toujours servi d'un instrument humain.

Chacun des prophètes fut un médiateur par lequel Dieu visita son peuple et lui parla. Jésus fut un médiateur pour les chrétiens qui ont, avec raison, considéré son apparition comme la visite de Dieu. En lui, ils virent la face de Dieu et, par ses lèvres, ils entendirent la voix de Dieu. Bahá'u'lláh nous dit que la venue du Seigneur des armées, du Père éternel, du Créateur et Rédempteur du monde, venue qui, selon tous les prophètes, doit se produire "au temps de la fin", n'a d'autre signification que sa manifestation dans un temple humain comme il s'est manifesté dans le temple de Jésus de Nazareth, mais en une révélation plus complète et plus glorieuse cette fois, pour laquelle Jésus et tous les prophètes précédents sont venus préparer les cœurs et les esprits des hommes.


13.3. Prophéties au sujet du Christ

Faute de comprendre le sens exact des prophéties se rapportant au Messie, les juifs rejetèrent le Christ. 'Abdu'l-Bahá dit:

Les juifs attendent toujours la venue du Messie et prient Dieu nuit et jour de hâter son avènement. Quand Jésus vint, ils le renièrent et le mirent à mort disant: "Celui-ci n'est pas celui que nous attendons. Sachez que lorsque le Messie viendra, des signes et des merveilles attesteront que, en vérité, il est le Christ. Le Messie surgira d'une cité inconnue. Il s'assoira sur le trône de David et sachez qu'il viendra muni d'une épée d'acier et qu'il régnera avec un sceptre de fer. Il fera la conquête de l'Orient et de l'Occident et il glorifiera son peuple élu, le peuple juif. Il apportera un règne de paix pendant lequel les animaux eux-mêmes cesseront d'être hostiles à l'homme. Car sachez que le loup et l'agneau boiront à la même source... et que toutes les créatures de Dieu seront en repos..."

Ainsi pensèrent et parlèrent les juifs, car ils ne comprenaient pas les Écritures ni les glorieuses vérités qu'elles recèlent. Ils connaissaient la lettre par cœur, mais de l'esprit vivifiant, ils ne comprenaient pas le moindre mot.

Prêtez l'oreille et je vous montrerai le sens de tout cela: bien que le Christ vint de Nazareth, ville connue, il vint aussi du ciel. Son corps naquit de Marie, mais son esprit vint du ciel. L'épée qu'il portait était l'épée de sa langue avec laquelle il sépara le bien du mal, le vrai du faux, le fidèle de l'infidèle et la lumière des ténèbres. Sa parole était en vérité une épée acérée! Le trône sur lequel il s'assit est le trône éternel d'où le Christ règne à jamais, trône céleste et non terrestre, car les choses de la terre passent mais les choses du ciel ne passent point. Il interpréta de nouveau et compléta les lois de Moïse et accomplit la loi des prophètes. Son verbe a conquis l'Orient et l'Occident. Son royaume est éternel.

Il éleva ceux parmi les juifs qui le reconnurent. C'étaient des hommes et des femmes d'humble naissance, mais leur contact avec lui les rendit grands et leur conféra une dignité éternelle. Les animaux qui devaient vivre ensemble symbolisent les différentes races et sectes qui, jadis en guerre, devaient vivre dorénavant dans l'amour et la charité, buvant ensemble l'eau vivifiante à la source éternelle du Christ.
(Causeries de 'Abdu'l-Bahá à Paris, pp. 48 et 49.)

La plupart des chrétiens acceptent d'appliquer ces interprétations des prophètes messianiques au Christ; mais à propos de prophéties analogues au sujet du "Messie du dernier jour", beaucoup d'entre eux adoptent la même attitude que les juifs, attendant un développement miraculeux sur le plan matériel qui accomplirait ces prophéties tout à fait à la lettre.


13.4. Prophéties concernant le Báb et Bahá'u'lláh

Selon l'interprétation bahá'íe, les prophéties qui parlent du "temps de la fin, des derniers jours", de la venue du "Seigneur des armées, du Père éternel", se rapportent spécialement, non pas à l'avènement de Jésus-Christ, mais à celui de Bahá'u'lláh.

Prenez par exemple la prophétie bien connue d'Isaïe:

"Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière; sur les habitants du sombre pays une lumière a resplendi... Car le joug qui lui pesait, la barre sur ses épaules, le bâton de son oppresseur, tu les broies comme au jour du Madian. Car toute chaussure de combat, tout manteau roulé dans le sang sont brûlés, dévorés par le feu. Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, il a reçu l'empire sur les épaules, on lui donne ce nom: Conseiller merveilleux, Dieu fort, Père éternel, Prince de la paix. Étendu est l'empire dans une paix infinie, pour le trône de David et sa royauté, qu'il établit et qu'il affermit dans le droit et la justice. Dès maintenant et pour toujours l'amour jaloux de Yahvé Sabaot fera cela."
(ISAÏE, IX, 1 et 3-6.)

Ceci est une des prophéties qu'on a souvent considérée comme se rapportant au Christ et elle peut en grande partie s'adapter à lui; mais un rapide examen montrera combien elle s'applique plus complètement et plus exactement encore à Bahá'u'lláh. Le Christ a été, il est vrai, un porteur de lumière et un sauveur; mais depuis bientôt deux mille ans après son avènement, la grande majorité des peuples de la terre a continué à marcher dans l'obscurité; les enfants d'Israël et bien d'autres enfants de Dieu n'ont cessé de gémir sous le joug de l'oppression.

D'autre part, pendant les quelques premières décades de l'ère bahá'íe, la lumière de la vérité a illuminé l'Est et l'Ouest; l'évangile de la paternité de Dieu et de la fraternité des hommes a été porté dans toutes les contrées du globe; les grandes autocraties militaires ont été renversées; la conscience de l'unité du monde est née; elle apporte l'espoir d'un éventuel soulagement à tous les peuples opprimés et maltraités. Pendant la Grande Guerre qui, de 1914 à 1918, a bouleversé le monde, l'usage sans précédent d'armes à feu, de liquides inflammables, de bombes incendiaires, de lance-flammes a réalisé la parole "seront livrés aux flammes pour être dévorés par le feu" [La Seconde Guerre mondiale s'achevant par l'emploi de la bombe atomique démontre davantage encore l'accomplissement de cette prophétie].

En traitant longuement dans ses Écrits des questions de gouvernement et d'administration et en précisant comment les problèmes pouvaient être résolus au mieux, Bahá'u'lláh "a pris le gouvernement sur ses épaules" comme le Christ ne l'avait jamais fait. Quant aux titres de "Père éternel, de Prince de la paix", Bahá'u'lláh, à maintes reprises, fit allusion à lui-même comme étant la manifestation du Père dont parlèrent le Christ et Isaïe, tandis que le Christ se présenta toujours lui-même comme le Fils; et Bahá'u'lláh déclare que sa mission est d'établir la paix sur la terre, alors que le Christ a dit: "Je ne suis point venu pour la paix, mais pour l'épée", et en fait, durant toute l'ère chrétienne, les guerres et les conflits sectaires ont été innombrables.


13.5. La Gloire de Dieu

Bahá'u'lláh signifie en arabe "la Gloire de Dieu"; les prophètes hébreux emploient souvent ce titre pour désigner le Promis qui doit apparaître aux derniers jours. Ainsi, dans le 40e chapitre d'Isaïe, il est dit:

"Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem et criez-lui que sa servitude est finie, que son iniquité est expiée, qu'elle a reçu de la main de l'Éternel la double rétribution de tous ses péchés. Une voix crie: préparez au désert le chemin de l'Éternel, aplanissez dans les lieux arides une route pour notre Dieu. Que toute vallée soit exhaussée, que toute montagne et toute colline soient abaissées; que les coteaux se changent en plaines et les détroits en vallons! Alors, la Gloire de l'Éternel sera révélée et, au même instant, toute chair la verra..."
(ISAÏE, XL, 1-5.)

Comme la prophétie précédente, celle-ci aussi a été accomplie en partie par l'avènement du Christ et de son précurseur, Jean-Baptiste, mais seulement en partie, car au temps du Christ, les luttes guerrières de Jérusalem n'étaient pas achevées; bien des siècles d'épreuves et d'humiliations amères l'attendaient encore. Toutefois, avec l'avènement du Báb et de Bahá'u'lláh, une réalisation plus complète est en cours; déjà, des jours meilleurs se lèvent pour Jérusalem, et la perspective d'un avenir pacifique et glorieux semble maintenant s'affirmer.

D'autres prophéties présentent le rédempteur d'Israël, la Gloire du Seigneur comme venant de l'Orient, du soleil levant vers la Terre sainte. Or, Bahá'u'lláh apparut en Perse située à l'est de la Palestine, vers le soleil levant; il vint en Terre sainte où il passa vingt-quatre années de sa vie. S'il y était venu librement, on aurait pu soupçonner qu'il s'agissait d'une ruse d'imposteur pour se conformer aux prophéties; mais il y vint en qualité d'exilé et de prisonnier. Il était envoyé par le sháh de Perse et le sultán de Turquie qui ne peuvent guère être soupçonnés d'avoir voulu fournir à Bahá'u'lláh des arguments pour soutenir sa revendication au titre de Gloire de Dieu dont les prophètes avaient annoncé la venue.


13.6. La Branche

Dans les prophéties d'Isaïe, de Jérémie, d'Ézéchiel et de Zacharie, on trouve plusieurs allusions à un homme appelé la Branche. Les chrétiens y ont vu souvent des allusions au Christ, mais les bahá'ís les considèrent comme se rapportant spécialement à Bahá'u'lláh.

La plus longue prophétie concernant la Branche se trouve dans le XIe chapitre d'Isaïe:

"Puis un rameau sortira du tronc d'Isaïe et un rejeton naîtra de ses racines. L'esprit de l'Éternel reposera sur lui, esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte de l'Éternel... La justice sera la ceinture de ses flancs et la fidélité la ceinture de ses reins! Le loup habitera avec l'agneau et le léopard gîtera avec le chevreau; le veau, le lionceau et le bœuf qu'on engraisse vivront ensemble et un petit enfant les conduira... Il ne se fera ni tort ni dommage sur toute ma montagne sainte, car la terre sera remplie de la connaissance de l'Éternel comme le fond de la mer par les eaux qui le recouvrent... En ce jour-là, le Seigneur étendra une seconde fois la main pour racheter le reste de son peuple dispersé en Assyrie et en Égypte, à Pathros et en Éthiopie, à Élam, à Schinear et à Hamath et dans les îles de la mer. Il élèvera une bannière pour les nations. Il rassemblera les exilés d'Israël et il recueillera les dispersés de Juda des quatre extrémités de la terre."
(ISAÏE XI, 1-12.)

'Abdu'l-Bahá remarque à propos de ce passage et des autres prophéties sur la Branche:

"Au jour de l'apparition de cette Branche incomparable, l'un des grands événements marquants sera la levée de l'étendard de Dieu par toutes les nations; c'est-à-dire que toutes les nations et les tribus viendront sous l'ombre de ce drapeau divin qui n'est autre que cette Branche majestueuse et qu'elles deviendront une nation unique. L'antagonisme des croyances et des religions, l'hostilité entre les races et les peuples, les divisions dues au patriotisme disparaîtront parmi les hommes. Ils seront unis en une seule religion, une foi, une race et deviendront un seul peuple habitant un même pays natal: le globe terrestre. La paix et la concorde universelles se réaliseront; cette Branche incomparable rassemblera tout Israël, ce qui signifie également que, dans ce cycle, les juifs disséminés à l'Est, à l'Ouest, au Sud et au Nord, seront rassemblés en Terre sainte.

Maintenant, constatez: ces événements n'ont pas eu lieu dans le cycle chrétien, car les nations ne se sont pas rangées sous la bannière unique qui est la Branche divine. Mais dans ce cycle du Seigneur des armées, toutes les nations et tous les peuples se rangeront à l'ombre de ce drapeau. De même, Israël, dispersé sur toute la terre, ne s'est pas rassemblé en Terre sainte durant l'ère chrétienne, mais dès le début du cycle de Bahá'u'lláh, cette promesse divine, clairement énoncée dans tous les livres des prophètes, a commencé à se réaliser. Voyez comme, de tous les coins du monde, des tribus de juifs se dirigent vers la Terre sainte; ils habitent des villages et des contrées, ils en deviennent propriétaires et, de jour en jour, leur nombre s'accroît à tel point que la Palestine tout entière deviendra bientôt leur demeure."
(Les Leçons de Saint-Jean-d'Acre, p. 72.)


13.7. Le jour de Dieu

Le mot jour figurant dans les expressions telles que "jour de Dieu et dernier jour doit être pris au sens de dispensation". Chacun des grands fondateurs de religion marque "son jour". Chacun est comme un soleil. Les enseignements divins, d'abord comme une aurore, illuminent graduellement les esprits et les cœurs humains jusqu'à ce que la vérité qu'ils contiennent atteigne le zénith de son influence. Puis, ces enseignements s'obscurcissent peu à peu; ils sont dénaturés et corrompus, et l'obscurité envahit la terre jusqu'à ce que le soleil d'un jour nouveau se lève. Le jour de la suprême manifestation de Dieu est le dernier jour, parce que c'est un jour qui ne finira jamais et ne sera pas remplacé par la nuit. Le soleil de ce jour ne se couchera jamais, mais il illuminera les âmes des hommes, tant dans ce monde que dans l'autre. En réalité, aucun des soleils spirituels ne se couche jamais.

Les soleils comme Moïse, le Christ, Muhammad et tous les autres prophètes brillent encore au ciel avec la même splendeur. Mais les nuages nés de la terre ont caché leur rayonnement aux peuples du monde. Le suprême soleil, Bahá'u'lláh, dissipera finalement ces sombres nuages, afin que les adeptes de toutes les religions se réjouissent dans la lumière de Dieu reflétée par tous les prophètes et que, d'un commun accord, ils adorent le Dieu unique.


13.8. Le jour du Jugement

Dans ses paraboles, le Christ a souvent fait allusion au grand jour du Jugement où le "Fils de l'Homme viendra dans la gloire de son Père... et... rendra à chacun selon ses œuvres." (MATTH. XVI, 27.)

Il compare ce jour au temps de la moisson où l'ivraie est brûlée et le blé rentré dans les granges:

"... ainsi en sera-t-il à la fin du monde (consommation d'un âge). Le Fils de l'Homme enverra ses anges qui arracheront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l'iniquité; et ils les jetteront dans la fournaise ardente où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père."
(MATTH. XIII, 40-43.)

L'expression "fin du monde" employée dans ce verset de la version autorisée de la Bible et en d'autres passages analogues, a fait supposer à bien des gens qu'au jour du Jugement la terre serait subitement détruite, ce qui est évidemment une erreur. La traduction la plus conforme de l'expression semble être "la consommation ou la fin d'un âge".

Le Christ enseigne que le royaume du Père doit être établi sur terre comme au ciel. Il nous apprend à prier: "Que ton règne arrive, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel".

Dans la parabole de la vigne, quand le Père, le Seigneur de la vigne vient punir les mauvais intendants, Il ne détruit pas le vignoble (le monde) à ce moment, mais Il le confie à d'autres intendants qui Lui en remettront les fruits parvenus à leur maturité. La terre ne sera pas détruite mais renouvelée et régénérée.

Par ailleurs, le Christ parle de ce jour comme de "la régénération, quand le Fils de l'Homme s'assoira sur le trône de sa gloire. Saint Pierre en parle comme du temps du renouvellement, du temps de la restitution de toutes choses dont Dieu a parlé par la bouche de tous ses saints prophètes, depuis le commencement du monde".

Le jour du Jugement dont parle le Christ concorde de toute évidence avec la venue du Seigneur des armées, du Père, qui a été prédite par Isaïe et par les autres prophètes de l'Ancien Testament; c'est une période de châtiment effroyable pour les méchants, mais où la justice sera établie et où l'équité prévaudra sur la terre comme au ciel.

Selon l'interprétation bahá'íe, la venue de chaque manifestation de Dieu est un jour de Jugement, mais l'apparition de la suprême manifestation de Bahá'u'lláh est le grand jour du Jugement pour le cycle mondial dans lequel nous vivons. L'appel des trompettes que le Christ, Muhammad et bien d'autres prophètes annoncent, c'est l'appel de la Manifestation qui retentit pour tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre--les vivants et les morts.

La rencontre de Dieu à travers sa Manifestation est, pour ceux qui le cherchent, la porte ouverte sur ce paradis: connaître et aimer Dieu et vivre en harmonie avec toutes ses créatures. D'autre part, ceux qui préfèrent leur propre voie à celle de Dieu, révélée par la Manifestation, se condamnent eux-mêmes à l'enfer de l'égoïsme, de l'erreur et de la haine.


13.9. La grande résurrection

Le jour du Jugement est aussi le jour de la résurrection, du réveil des morts. Saint Paul, dans la première épître aux Corinthiens, dit:

"Voici, je vous révèle un mystère; nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés, en un instant, en un clin d'œil, à la dernière trompette: car la trompette sonnera et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons transformés. Car il faut que ce corps corruptible revête l'incorruptibilité et que ce corps mortel revête l'immortalité."
(Corinthiens XV, 51 à 53.)

Quant au sens de ces passages concernant le réveil des morts, Bahá'u'lláh écrit dans le "Kitáb-i-Íqán":

Les termes de "vie" et de "mort" trouvés dans les Écritures se rapportent à la vie de la foi et à la mort de l'incrédulité. La majorité des gens, n'ayant pas compris le sens de ces paroles, a rejeté la Manifestation, s'est privée de la lumière de sa direction divine et a refusé de suivre l'exemple de cette immortelle Beauté...

Comme Jésus l'a dit: "Il faut que vous naissiez de nouveau." Et ailleurs: "Celui qui n'est pas né de l'eau et de l'esprit n'entrera pas dans le royaume de Dieu, car ce qui est né de la chair est chair et ce qui est né de l'esprit est esprit." (JEAN III, 5-6.). Voici la signification de ces paroles: Quiconque, en chaque dispensation, est né de l'esprit et est vivifié par le souffle de la manifestation de sainteté est, en vérité, parmi ceux qui reçoivent la "vie" et la "résurrection" et qui entrent au "paradis" de l'amour de Dieu. Quiconque n'est pas parmi ceux-là se condamne à la "mort", à la "privation", au "feu" de l'incrédulité et à la "colère de Dieu".

Dans les âges et les siècles écoulés, le but des prophètes divins et de leurs élus a toujours été de confirmer que les termes "vie", "résurrection" et "jugement" ont une signification spirituelle... Si vous buviez une seule goutte de l'eau cristalline de la connaissance divine, vous comprendriez promptement que la vraie vie n'est pas la vie du corps mais la vie de l'esprit. Car la vie du corps est commune aux animaux et aux hommes, tandis que la vie de l'esprit est l'apanage de ceux qui, seuls, ont le cœur pur, qui se sont désaltérés à l'océan de la foi et qui ont cueilli le fruit de la certitude. Cette vie n'est pas suivie par la mort, cette existence est couronnée par l'immortalité. Car il est dit: "Le seul vrai croyant est vivant dans ce monde et dans l'autre." Si par vie on entend cette vie terrestre, il est évident que la mort y mettra un terme.
(Le Livre de la certitude, pp. 55, 57 et 58.)

D'après les enseignements bahá'ís, la résurrection n'a rien de commun avec le grossier corps physique. Ce corps, une fois mort, est abandonné. Il se décompose et ses atomes ne se regrouperont jamais pour former le même corps.

La résurrection est la naissance de l'homme à la vie spirituelle; c'est une grâce du Saint-Esprit que la manifestation de Dieu porte en elle. La tombe d'où il se lève est celle de l'ignorance et de la négligence envers Dieu. Le sommeil dont il s'éveille est l'engourdissement spirituel dans lequel beaucoup attendent l'aube du jour de Dieu. Cette aube illumine tous ceux qui ont vécu sur terre, qu'ils soient encore incarnés ou non, mais les êtres spirituellement aveugles ne peuvent la percevoir. Le jour de la résurrection n'est pas un jour de vingt-quatre heures; c'est une ère déjà commencée et qui durera aussi longtemps que le cycle mondial actuel. Il persistera alors que les traces de la civilisation actuelle seront effacées de la surface de la terre.


13.10. Le retour du Christ

Dans nombre de ses entretiens, Jésus parle de la future manifestation de Dieu, parfois à la troisième personne, parfois aussi à la première personne. Il dit: "Je vais vous préparer une place. Et lorsque je m'en serai allé et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai et vous prendrai avec moi..." (JEAN, XIV, 2.)

Au premier chapitre des Actes, nous lisons que, lors de l'ascension de Jésus, quelqu'un dit aux disciples: "Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu d'entre vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu aller au ciel." (Actes, I, 11.) De ces paroles et d'autres paroles semblables, bien des chrétiens déduisent que le Fils de l'Homme viendra "sur les nuages du ciel, dans toute sa gloire"; qu'ils le verront sous la forme physique de ce même Jésus qui parcourut les rues de Jérusalem il y a deux mille ans, qui souffrit et versa son sang sur la croix. Ils s'attendent à pouvoir mettre les doigts dans les empreintes de clous laissées sur ses pieds et sur ses mains et dans la blessure que l'épée lui fit au côté. Mais un peu de réflexion sur les propres paroles du Christ chasserait une telle idée.

Les juifs, au temps du Christ, professaient de semblables théories sur le retour d'Élie, mais Jésus leur expliqua leur erreur, montrant que la prophétie selon laquelle "Élie doit venir d'abord" était accomplie, non par le retour de la personnalité d'Élie et du corps de l'ancien Élie, mais en la personne de Jean-Baptiste qui vint avec "l'esprit et les pouvoirs d'Élie. Et si vous pouvez le comprendre, dit le Christ, il est cet Élie qui devait venir. Que celui qui a des oreilles entende". Par conséquent, le retour d'Élie signifiait l'apparition d'une autre personnalité, née d'autres parents, mais dotée par Dieu du même esprit et du même pouvoir. Ces paroles de Jésus impliquent certainement que le retour du Christ s'accomplira de même par l'apparition d'un autre personnage, né d'une autre mère, mais manifestant l'esprit et le pouvoir de Dieu qui animaient aussi le Christ.

Bahá'u'lláh explique que le "retour" du Christ s'est effectivement produit par l'avènement du Báb et par sa propre manifestation. Il dit:

"Considérez le soleil. S'il disait: "Je suis le soleil d'hier!" ce serait la vérité. Et si, tenant compte de la succession des jours, il disait: "Je suis un autre soleil", ce serait encore la vérité. De même pour les jours: si l'on assure qu'ils sont tous les mêmes, c'est correct et exact; et si l'on affirme que, par leur nom et leur désignation, ils diffèrent les uns des autres, c'est également vrai. En effet, bien qu'ils soient identiques, il y a cependant pour chacun d'eux une désignation différente, un attribut spécifique, un caractère particulier. Considérez de ce même point de vue la diversité et l'unité caractéristiques des diverses manifestations de sainteté, afin de pouvoir comprendre les allusions faites aux mystères de l'unité et de la diversité par le Créateur des noms et attributs, et trouver ainsi vous-même la réponse à votre question sur le point de savoir pourquoi, en des temps différents, l'éternelle Beauté a elle-même pris des noms et des titres divers."
(Le Livre de la certitude, p. 11.)

'Abdu'l-Bahá dit:

"Sachez que la venue du Christ pour la seconde fois ne signifie pas ce que les gens croient, mais plutôt l'avènement du Promis qui doit lui succéder. Il viendra avec le royaume de Dieu et avec sa puissance qui a englobé le monde. Cet empire est celui du monde des cœurs et des esprits et non celui de la matière; car, au regard du Seigneur, le monde de la matière n'est pas comparable à une seule aile de mouche, si tu es de ceux qui savent. En vérité, le Christ vint avec son royaume, depuis le commencement qui n'a pas de commencement et il viendra avec son royaume dans l'éternité des éternités; car le mot "Christ", pris en ce sens, est une expression de la divine Réalité, la pure Essence et l'Entité céleste qui n'a ni commencement ni fin; elle paraît, s'élève, se manifeste et se retire à chacun des cycles."
(Tablets of 'Abdu'l-Bahá, vol. I, p. 138.)


13.11. Le temps de la fin

Le Christ et ses apôtres ont signalé bien des signes qui doivent caractériser les temps du retour du Fils de l'Homme dans la gloire du Père. Le Christ dit:

"Et quand vous verrez Jérusalem investie par des armées, sachez alors que sa désolation est proche... Car ce seront des jours de vengeance pour l'accomplissement de tout ce qui est écrit... Car il y aura une grande détresse dans le pays et de la colère contre ce peuple. Il tombera sous le tranchant de l'épée, il sera emmené captif parmi toutes les nations; et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations jusqu'à ce que les temps des nations soient accomplis."
(LUC XXI, 20, 24.)

Il dit encore:

"Prenez garde que personne ne vous abuse. Car plusieurs viendront sous mon nom disant: "Je suis le Christ." Et ils tromperont beaucoup de gens. Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres; gardez-vous d'en être troublés car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une nation s'élèvera contre une nation et un royaume contre un royaume, et il y aura en divers lieux des famines et des tremblements de terre. Tout cela ne sera que le commencement des douleurs. Alors on vous livrera aux tourments et on vous fera mourir, et vous serez haïs de toutes les nations à cause de mon nom. Alors aussi plusieurs succomberont et ils se trahiront, se haïront les uns les autres. Plusieurs faux prophètes s'élèveront et ils séduiront beaucoup de gens. Et parce que l'iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira. Mais celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé. Cet Évangile du royaume sera prêché dans le monde entier pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin."
(MATTH. XXV, 4-14.)

Dans ces deux descriptions, le Christ prédit en termes clairs, sans voile ni réticence, les événements qui doivent se produire avant la venue du Fils de l'Homme. Dans les siècles écoulés, depuis ces paroles prononcées par le Christ, chacun de ces signes a été accompli. À la fin de chacun de ces passages, Jésus mentionne un événement qui doit marquer le temps du retour; dans l'un, c'est la fin de l'exil des juifs et la restauration de Jérusalem; dans l'autre, c'est la prédication de l'Évangile dans le monde entier. Il est frappant de voir que l'un et l'autre de ces signes ont été littéralement accomplis à cette époque. Si les autres parties de la prophétie sont aussi vraies que celles-ci, il s'ensuit que nous devons vivre actuellement dans la période du temps de la fin dont parle le Christ.

Muhammad aussi a signalé certains signes qui se dérouleront jusqu'au jour de la résurrection. Dans le Qur'án, nous lisons:

Quand Alláh dit: "Ô Jésus! Je vais, en vérité, te rappeler à moi; t'élever vers moi; te délivrer des incrédules. Je vais placer ceux qui t'ont suivi au-dessus des incrédules, jusqu'au Jour de la Résurrection; votre retour se fera alors vers moi; je jugerai entre vous et trancherai vos différends." (Qur'án III: 55.)

Les Juifs disent: "La main de Dieu est fermée!" Que leurs propres mains soient fermées et qu'ils soient maudits à cause de leurs paroles. Bien au contraire! Les mains de Dieu sont largement ouvertes et Dieu accorde ses dons comme Il le veut. Ce qui est descendu vers toi, émanant de ton Seigneur, accroît certainement, chez beaucoup d'entre eux, la révolte et l'incrédulité. Nous avons suscité, parmi eux, l'hostilité et la haine jusqu'au Jour de la Résurrection. Chaque fois qu'ils allument un feu pour la guerre, Dieu l'éteint. (Qur'án V: 64.)

Parmi ceux qui disent: "Nous sommes Chrétiens, nous avons accepté l'alliance", certains ont oublié une partie de ce qui leur a été rappelé. Nous avons suscité entre eux l'hostilité et la haine, jusqu'au Jour de la Résurrection.--Dieu leur montrera bientôt ce qu'ils ont fait-- (Qur'án V: 14.)

Ces paroles se sont aussi littéralement accomplies: par l'assujettissement des juifs aux peuples chrétiens et musulmans, par la naissance des sectes et des luttes intestines qui ont déchiré juifs et chrétiens au cours des siècles, depuis les avertissements de Muhammad. C'est seulement depuis le début de l'ère bahá'íe (le jour de la résurrection) que les signes présageant la fin de ces conditions sont apparus.


13.12. Les signes dans les cieux et sur la terre

Les Écritures hébraïques, chrétiennes, musulmanes et autres offrent une similitude remarquable dans la description des signes qui doivent accompagner la venue du Promis.

Dans le livre de Joël, nous lisons:

Je ferai paraître des prodiges dans les cieux et sur la terre, du sang, du feu et des colonnes de fumée. Le soleil sera changé en ténèbres et la lune en sang avant l'arrivée du jour de l'Éternel, de ce jour grand et terrible... (JOËL II, 30.) Car voici: en ces jours, en ce temps-là, quand je ramènerai tous les captifs de Juda et de Jérusalem, je rassemblerai aussi toutes les nations et je les ferai descendre dans la vallée de Josaphat (Jéhovah a jugé) et là j'entrerai en jugement avec elles... (JOËL III, 1-2.) C'est une multitude, une multitude dans la vallée du jugement: car le jour du Seigneur est proche dans la vallée du jugement. Le soleil et la lune s'obscurcissent et les étoiles perdent leur éclat. De Sion, l'Éternel rugit; de Jérusalem, Il fait retentir sa voix; les cieux et la terre en sont ébranlés. Mais l'Éternel est un refuge pour son peuple. (JOËL III, 14-16.)

Le Christ dit:

"Aussitôt après ces jours de détresse, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel et les puissances des cieux seront ébranlées; alors le signe du Fils de l'Homme paraîtra dans le ciel; toutes les tribus de la terre se lamenteront et elles verront le Fils de l'Homme venant sur les nuées du ciel avec puissance et grande gloire."
(MATTH. XXIV, 29-30.)

Dans le Qur'án, nous lisons:

"Lorsque le soleil sera décroché et les étoiles obscurcies; lorsque les montagnes se mettront en marche; lorsque les chamelles près de mettre bas seront négligées; lorsque les bêtes sauvages seront rassemblées; lorsque les mers seront en ébullition; lorsque les âmes seront réparties par groupes; lorsque l'on demandera à la fille enterrée vivante pour quel crime elle a été tuée; lorsque les pages des livres seront déployées; lorsque le ciel sera déplacé; lorsque la Fournaise sera attisée et le Paradis rapproché: toute âme saura ce qu'elle devra présenter."
(Qur'án LXXXI: 1 à 14. )

Dans le "Kitáb-i-Íqán", Bahá'u'lláh explique que ces prophéties relatives au soleil, à la lune et aux étoiles, aux cieux et à la terre sont symboliques et ne doivent pas être acceptées seulement dans leur sens littéral. Les prophètes se préoccupent d'abord des choses spirituelles et non des choses matérielles, de la lumière spirituelle et non de la lumière physique. Quand ils parlent conjointement du soleil et du jour du Jugement, ils entendent le Soleil de Justice.

Le soleil est la source suprême de lumière; ainsi, Moïse fut le soleil des Hébreux, le Christ celui des chrétiens et Muhammad celui des musulmans. Quand les prophètes parlent du soleil obscurci, ils désignent les purs enseignements de ces soleils spirituels qui sont obscurcis par les interprétations erronées, les malentendus et les préjugés, de sorte que les hommes sont dans les ténèbres spirituelles. La lune et les étoiles représentent des sources lumineuses de moindre importance: ce sont les chefs et les maîtres religieux qui guident et inspirent les hommes. Quand il est dit: "la lune ne donnera plus sa lumière ou sera changée en sang et les étoiles tomberont du ciel", cela signifie que les chefs d'églises seront avilis par des luttes et des querelles, que les prêtres auront perdu l'esprit religieux, s'occupant de choses terrestres au lieu de choses célestes.

Toutefois, le sens de ces prophéties ne saurait être épuisé par une seule explication, et ces symboles peuvent encore s'interpréter de plusieurs autres manières. Bahá'u'lláh indique cet autre sens pour les mots "soleil, lune, étoiles": ils se rapportent aux instructions et aux commandements ordonnés par chaque religion. Comme, à chaque Manifestation nouvelle, les cérémonies, les formes, les coutumes, les instructions des manifestations précédentes sont changées selon les nécessités de l'époque, c'est dans ce sens que le soleil et la lune sont transformés et les étoiles dispersées.

Dans bien des cas, l'accomplissement de ces prophéties, prises à la lettre, serait absurde ou irréalisable: par exemple, "la lune se changeant en sang ou les étoiles tombant du ciel sur la terre". La moindre des étoiles visibles représente des milliers de fois le volume de la terre; si une seule de ces étoiles y tombait, la terre n'existerait plus pour en recevoir d'autres.

Toutefois, en d'autres cas, la prophétie s'accomplit au sens matériel comme au sens spirituel. Par exemple, la Terre sainte fut littéralement déserte et désolée durant bien des siècles, comme les prophètes l'avaient prédit; mais déjà, au jour de la résurrection, elle commence à se réjouir et à "fleurir comme la rose", ainsi qu'Isaïe l'a annoncé. Des colonies prospères y ont été fondées, le sol est irrigué et cultivé; des vignes, des plantations d'oliviers, des jardins existent là où, un demi-siècle auparavant, n'existait qu'un désert de sable. Sans nul doute, lorsque les hommes transformeront leurs épées en socs de charrue et leurs lances en serpettes, les terres incultes et les déserts de toutes les parties du monde seront fertilisés; les vents desséchants et les tempêtes de sable qui soufflent de ces lieux arides, rendant toute vie impossible aux alentours, ne seront plus que souvenirs; sur toute la terre, le climat deviendra plus doux et plus uniforme; le ciel des villes ne sera plus souillé par les fumées et les gaz toxiques; et même au sens littéral et matériel, il y aura de nouveaux cieux et une nouvelle terre.


13.13. Comment viendra le Promis

En ce qui concerne sa venue à la fin de cet âge, le Christ dit:

"... et elles (les tribus) verront le Fils de l'Homme venant sur les nuées du ciel avec puissance et grande gloire. Il enverra ses anges avec la trompette retentissante..."
(MATTH. XXIV, 30-31.)

"Il s'assiéra sur son trône de gloire et toutes les nations seront rassemblées devant lui; et il séparera les uns d'avec les autres comme le berger sépare les brebis d'avec les boucs..."
(MATTH. XXV, 31-32.)

Commentant le sens de ces passages et d'autres analogues, Bahá'u'lláh écrit dans "Le Livre de la certitude":

"Le terme "ciel" indique la grandeur et l'élévation, car c'est le lieu de la révélation des manifestations de sainteté, des sources vives de la Gloire ancienne. Bien qu'ils semblent naître du sein de leur mère, ces hommes vénérables sont en réalité descendus du ciel de la volonté de Dieu. Bien qu'ils vivent sur terre, leurs véritables habitations sont ces palais de gloire du royaume céleste. S'ils foulent la terre des mortels, ils planent en même temps au ciel de la présence divine. Sans marcher, ils circulent dans le sentier de l'esprit; sans ailes, ils s'élèvent vers les hauteurs sublimes de l'unité divine... En un éclair, ils parcourent l'immensité de l'espace, en un instant, ils traversent les royaumes visibles et invisibles...

...Le terme "nuages" désigne tout ce qui contrarie les habitudes et les désirs des hommes: ainsi qu'il l'a révélé dans le verset déjà cité: "Chaque fois qu'un prophète est venu à vous, en apportant ce que vous ne vouliez pas, vous vous êtes enorgueillis; vous avez traité plusieurs d'entre eux de menteurs et vous en avez tué quelques autres." (Qur'án II: 87.)

En un sens, ce terme "nuages" se rapporte à l'abolition des lois, l'abrogation des dispensations précédentes, l'annulation des rites et coutumes en vigueur parmi les hommes, l'élévation des fidèles, même illettrés, au-dessus des savants, adversaires de la foi; dans un autre sens, les "nuages" désignent le doute qui s'infiltre dans les esprits humains devant ce fait: la Beauté immortelle paraissant sous une forme humaine, soumise aux nécessités telles que: manger, boire, marcher, dormir, subir la pauvreté ou la richesse, la gloire ou l'humiliation; bien d'autres caractéristiques semblables jettent les hommes dans le reniement; et "nuages" est un terme symbolique pour désigner ce genre de voiles. Et ce sont ces nuages qui, dans le ciel d'instruction et de connaissance, doivent être dissipés pour tous les habitants du ciel et de la terre: "Le jour où le ciel se fendra par les nuées où l'on fera descendre rapidement les anges;" (Qur'án XXV: 25.)

Et de même que les nuages empêchent les yeux des hommes de contempler le soleil, ainsi, ces choses empêchent l'esprit des hommes de comprendre la lumière de l'astre divin. De ceci portent témoignage les paroles sorties de la bouche des incroyants, comme le révèle le Livre saint: "Ils ont dit: "Qu'a-t-il donc ce Prophète? Il se nourrit de mets, il circule dans les marchés. Si seulement on avait fait descendre sur lui un Ange qui fût, avec lui, un avertisseur!" (Qur'án XXV: 7.) D'autres prophètes ont, de même, enduré la pauvreté, les afflictions, la faim, les malaises et les vicissitudes de ce monde. Le fait que ces êtres saints sont astreints à de telles nécessités égare les peuples dans les déserts du doute et de la méfiance, dans une confusion et une perplexité déroutantes. Ils se demandent comment un être, venant de Dieu, affirmant sa suprématie sur tous les peuples et tribus de la terre, prétendant que toute la création se rapporte à lui--car il est dit: "Si ce n'était "pour toi, je n'aurais pas créé les cieux et la terre"-- puisse être soumis à d'aussi vulgaires nécessités. Vous êtes sans doute au courant des tribulations, de la pauvreté, des maladies et de la dégradation qu'ont subies les prophètes et leurs compagnons. Vous savez comment les têtes de leurs disciples furent envoyées en diverses villes à titre de présents, avec quelle cruauté on mit obstacle à leur mission, comment ils furent la proie des ennemis de la cause de Dieu et comment ils durent subir les afflictions dont ceux-ci les accablèrent...

...Le Tout-Glorieux a décrété que toutes ces conditions qui contrarient les désirs des méchants sont la pierre de touche, la balance par lesquelles Il éprouve ses serviteurs afin de distinguer aisément le juste du méchant, le fidèle de l'infidèle...

Maintenant, au sujet de ses paroles: "Et Il enverra ses anges...", par "anges", il faut entendre les hommes qui, fortifiés par le pouvoir de l'esprit, ont consumé par le feu de leur amour pour Dieu toutes les limitations et les caractéristiques humaines et ont revêtu les attributs propres aux êtres les plus élevés et aux chérubins...

Comme les adeptes de Jésus n'ont jamais compris la signification cachée de ces paroles et comme les signes qu'ils attendaient, eux et leurs chefs, ne se sont pas produits, ils refusèrent de croire jusqu'à ce jour à l'authenticité de ces manifestations de sainteté parues depuis l'époque de Jésus. Ils se sont ainsi volontairement privés de l'effusion de la grâce sanctifiante de Dieu et des merveilles de son Verbe divin. Telle est encore leur condition d'abaissement en ce jour de résurrection. Ils n'ont pas compris que, si les signes de la manifestation de Dieu s'étaient, dans chaque être, produits de manière visible, selon les textes des traditions établies, personne n'aurait pu nier ni s'en détourner, et l'on n'aurait pu distinguer les bons des méchants ni les pécheurs de ceux qui craignent Dieu.

Soyez justes: si les prophéties mentionnées dans l'Évangile s'accomplissaient littéralement, si Jésus, fils de Marie, accompagné des anges, descendait du firmament sur les nuages, qui oserait rejeter la vérité et étaler son orgueil? Au contraire, tous les habitants de la terre seraient tellement consternés que personne ne pourrait prononcer un mot, encore moins rejeter ou accepter la vérité."
(Le Livre de la certitude, pp. 34 à 41.)

D'après l'explication ci-dessus, la venue du Fils de l'Homme sous une humble forme humaine, né d'une femme pauvre, sans éducation, opprimé et dédaigné des grands de la terre, toutes ces conditions qui entourent les manifestations de Dieu constituent vraiment la pierre de touche par laquelle Il juge les peuples de la terre et les sépare les uns des autres comme le berger sépare les brebis des boucs. Ceux dont la vue spirituelle est éveillée peuvent transpercer ces nuages et se réjouir de la puissance et de la grande gloire (la Gloire de Dieu) qu'Il vient de révéler; les autres dont les paupières sont encore alourdies par le préjugé et l'erreur ne peuvent voir que les nuages sombres et continuent à errer dans l'obscurité, privés des bienfaits du soleil.

"Voici, j'enverrai mon messager; il préparera le chemin devant moi; et soudain entrera dans son temple le Seigneur que vous cherchez, le messager de l'alliance que vous désirez, voici, il vient... Qui pourra soutenir le jour de sa venue? Qui restera debout quand il paraîtra? Car il sera comme le feu du fondeur, comme la potasse des foulons... (MALACHIE III, 1-2.) Car voici, le jour vient, ardent comme une fournaise; tous les superbes et tous les méchants seront comme du chaume... Mais pour vous qui craignez mon nom, le Soleil de Justice se lèvera et la guérison viendra de ses rayons."
(MALACHIE IV, 1-2.)
[Le sujet de l'accomplissement des prophéties est tellement complexe que plusieurs livres seraient nécessaires pour un exposé adéquat. Dans les limites d'un simple chapitre, il ne peut être donné davantage que les aspects principaux des interprétations bahá'íes. Les apocalypses détaillées révélées par Daniel et Jean n'ont pas été abordées. Les lecteurs trouveront des précisions sur ces questions dans Les Leçons de Saint-Jean-d'Acre. Dans Le Livre de la certitude, de Bahá'u'lláh, Bahá'í Proofs, de Mírzá Abu'l-Fadl et dans beaucoup de tablettes de Bahá'u'lláh et de 'Abdu'l-Bahá, on peut trouver d'autres explications sur les prophéties.]


14. PROPHÉTIES DE BAHÁ'U'LLÁH ET DE 'ABDU'L-BAHÁ

Peut-être diras-tu dans ton cœur: "Comment connaîtrons-nous la parole que l'Éternel n'aura point dite?" Quand ce que dira le prophète n'aura pas lieu et n'arrivera pas, ce sera une parole que l'Éternel n'aura point dite. C'est par audace que le prophète l'aura dite: n'aie pas peur de lui.
(DEUT. XVIII, 21-22.)

14.1. Puissance créatrice de la parole de Dieu

Dieu, et Dieu seul, a le pouvoir de faire tout ce qui Lui plaît, et l'indice le plus marquant d'une manifestation de Dieu se trouve dans la puissance créatrice de sa parole, dans son pouvoir de transformer et de modifier toutes les contingences humaines, dans son triomphe remporté sur toutes les oppositions terrestres. C'est la parole des prophètes qui transmet à l'humanité la volonté de Dieu; et l'accomplissement immédiat ou ultérieur de cette parole est la preuve qui vient appuyer la proclamation du prophète et qui valide l'authenticité de son inspiration.

"Comme la pluie et la neige descendent des cieux et n'y retournent point sans avoir arrosé, fécondé la terre et fait germer les plantes, procuré de la semence au semeur et du pain à celui qui mange, ainsi en est-il de la parole qui sort de ma bouche; elle ne retourne pas à moi sans effet, sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes desseins."
(ISAÏE LV, 10-11.)

Quand les disciples de Jean-Baptiste vinrent poser à Jésus la question: "Êtes-vous celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre" ? la réponse de Jésus se borna à mettre en lumière les effets de ses paroles:

"Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez: les aveugles recouvrent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts sont ressuscités et l'Évangile est annoncé aux pauvres. Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute."
(MATTH. XI, 4-6.)

Voyons maintenant quels sont les indices qui permettent de démontrer que les paroles de Bahá'u'lláh détiennent ce pouvoir créateur particulier à la parole de Dieu.

Bahá'u'lláh exhorta les chefs d'État à établir la paix universelle; mais la prolongation de leur politique guerrière eut d'abord pour conséquence, à partir des années 1869-1870, la disparition de plusieurs anciennes dynasties; on s'aperçut alors que les fruits de la victoire s'amenuisaient progressivement jusqu'à ce que la guerre de 1914-1918 mît en lumière le fait historique aberrant que la guerre était devenue aussi désastreuse pour le vainqueur que pour le vaincu [Cela a été mis à nouveau en évidence après la Seconde Guerre mondiale].

Bahá'u'lláh invita également les souverains à se considérer comme les protecteurs de leurs peuples et à consacrer leur autorité politique à la création d'une prospérité générale. Et l'on assiste, depuis lors, à une propension générale sans précédent vers une législation sociale.

Il ordonna d'abolir les excès de richesse et de pauvreté; depuis lors, une législation en faveur de l'établissement d'un minimum vital et d'un impôt progressif sur le revenu et les héritages a été de plus en plus adoptée. Il ordonna l'abolition de l'esclavage économique et de l'accaparement des biens. Dès ce moment, la tendance à l'émancipation n'a pas cessé de se manifester dans toutes les parties du monde.

Il ordonna l'égalité des droits et des responsabilités pour les femmes comme pour les hommes et, depuis lors, les entraves qui maintenaient depuis toujours les femmes en état d'infériorité se sont relâchées, et la femme conquiert rapidement sa place légitime d'égale et d'associée de l'homme.

Il proclama l'unité fondamentale des religions; et la période qui suivit cette déclaration a pu voir les esprits sincères de toutes les parties du monde s'efforcer résolument à l'établissement d'un plus haut degré de tolérance, de compréhension réciproque et de coopération universaliste. Partout, l'attitude sectaire fut désavouée et sa position historique est devenue de moins en moins défendable. Le fondement de l'exclusivisme en matière de religion a été détruit par ces mêmes forces qui ont ôté toutes chances de survie au nationalisme ou à l'autarcie.

Il ordonna l'éducation universelle et il a fait de la recherche personnelle et indépendante de la vérité une preuve de vitalité spirituelle. Et la civilisation a été stimulée jusqu'en ses fondements par ce nouveau levain. L'instruction obligatoire pour les enfants et l'extension des facilités d'étude pour les adultes sont devenues des éléments de première importance dans les politiques gouvernementales. Les nations qui ont délibérément tenté de restreindre la liberté de pensée et d'opinion des citoyens ont provoqué, par cette politique, la révolution à l'intérieur et la suspicion et la crainte à l'extérieur de leurs frontières.

Bahá'u'lláh a prescrit l'adoption d'une langue auxiliaire universelle, et le Dr Zamenhof ainsi que d'autres philologues répondirent à son appel, saisirent cette occasion et consacrèrent leur vie et leur génie à cette grande tâche.

Mais, par-dessus tout, Bahá'u'lláh a insufflé un esprit neuf dans le corps de l'humanité. Il a fait éclore, dans les cœurs et dans les âmes, de nouveaux désirs, et il a apporté à la société de nouveaux idéaux. Il n'est rien de plus dramatique et de plus impressionnant dans toute l'histoire du monde que le cours pris par les événements à partir de l'aube de l'ère bahá'íe en 1844.

D'année en année, en effet, on a vu s'affaiblir le pouvoir d'un passé défunt dont les seuls soutiens ne consistaient plus qu'en idées périmées, en attitudes dépassées et en coutumes et institutions surannées, pour en arriver, actuellement, à ce que tout homme ou toute femme qui réfléchit réalise que l'humanité traverse sa crise la plus terrible.

D'une part, nous sommes témoins de la naissance d'une nouvelle création qui, à la lumière des enseignements de Bahá'u'lláh, emprunte la voie authentique de l'évolution; d'autre part, nous n'apercevons que désastres et frustrations partout où cette lumière a été repoussée ou ignorée.

Pour le bahá'í sincère cependant, toutes ces évidences--auxquelles pourraient s'ajouter une quantité d'autres--, si impressionnantes
qu'elles soient, n'arrivent pas à donner la véritable mesure de la majesté spirituelle de Bahá'u'lláh. Sa vie sur la terre et la force
irrésistible de ses paroles inspirées demeurent comme l'incontestable preuve de l'immanence de la volonté divine.

Une étude plus détaillée des prophéties de Bahá'u'lláh et de leur accomplissement corroborera puissamment cette conviction. Voici quelques exemples des prédictions sur lesquelles il ne saurait y avoir de doute. Ces prévisions ont été largement répandues et publiées partout, bien avant leur accomplissement.

Ce sont les Épîtres que Bahá'u'lláh adressa aux souverains du monde qui contiennent la plupart de ces prophéties; elles ont été réunies
en un volume publié pour la première fois à Bombay, à la fin du dix-neuvième siècle. Plusieurs éditions ont paru depuis. Nous fournirons également quelques exemples des prophéties les plus remarquables de 'Abdu'l-Bahá.

14.2. Napoléon III

En l'année 1869, Bahá'u'lláh écrivit à Napoléon III, le blâmant de son amour de la guerre et de son mépris à l'égard d'une lettre qu'il lui avait envoyée précédemment. L'Épître contient la grave mise en garde suivante:

"Pour avoir agi ainsi, et pour t'en punir, ton royaume sera jeté dans la confusion et ton empire t'échappera. Tu comprendras alors
à quel point tu t'es trompé. Des troubles violents se produiront parmi le peuple de ton pays, à moins que tu ne décides de soutenir cette cause et de suivre celui qui est l'Esprit de Dieu (Jésus-Christ) dans ce droit chemin. Ton faste t'a-t-il enorgueilli? Par ma vie! Il
ne durera pas; il sera bientôt anéanti, à moins que tu ne t'accroches fermement à cette corde solide. Nous voyons l'humiliation à tes trousses, alors que tu es dans l'insouciance."
(La Proclamation de Bahá'u'lláh, p. 24.)

Inutile de préciser que Napoléon, alors au zénith de sa puissance, ne prêta aucune attention à cet avertissement. L'année suivante, il entra en guerre avec la Prusse, fermement convaincu que ses troupes pouvaient prendre Berlin d'assaut; mais la tragédie se déroula comme Bahá'u'lláh l'avait prévu. Il fut vaincu à Sarrebrück, à Wissembourg, à Metz et finalement écrasé à Sedan. Il fut alors emmené prisonnier en Prusse et termina son existence misérablement, deux ans plus tard, en Angleterre.


14.3. L'Allemagne

Par la suite, Bahá'u'lláh avertit, non moins solennellement, les vainqueurs de Napoléon qui, eux aussi, firent la sourde oreille et connurent le terrible accomplissement de ses prophéties. Dans le Livre de l'Aqdas, commencé à Andrinople et achevé durant les premières années de son emprisonnement à 'Akká, il s'adressa à l'empereur d'Allemagne dans les termes suivants:

"Ô Roi de Berlin!... Te souviens-tu de celui dont la puissance dépassait ta puissance (Napoléon III) et dont le rang surpassait ton
rang? Où est-il? Que sont devenus ses biens? Profite de cet avertissement et ne sois pas de ceux qui dorment profondément. C'est
lui qui jeta à terre la Tablette de Dieu lorsque nous lui fîmes savoir ce que les armées de la tyrannie nous avaient fait subir. Alors, l'humiliation le frappa de toutes parts et il s'écroula dans la poussière avec pertes et fracas. Ô Roi, songe à lui et à ceux qui, comme toi, ont conquis des villes et régné sur des hommes. De leur palais, le Très-Miséricordieux les fit descendre dans la tombe. Sois averti et sois de ceux qui méditent...

Ô rives du Rhin! Nous vous avons vues couvertes de sang, car les épées du châtiment étaient tirées contre vous. Et cela se produira encore. Et nous entendons les lamentations de Berlin bien que, en ce jour, sa gloire soit évidente."
(La Proclamation de Bahá'u'lláh, p. 41.)

Pendant la période des succès allemands au cours de la Grande Guerre de 1914-1918, et particulièrement lors de la grande offensive allemande du printemps de 1918, cette prophétie bien connue fut rappelée partout en Irán par les adversaires de la cause bahá'íe, dans l'espoir de discréditer Bahá'u'lláh; mais lorsque l'avance foudroyante des vainqueurs se transforma soudain en désastre complet et irrémédiable, les efforts des ennemis de la cause bahá'íe se retournèrent contre eux, et la notoriété qu'ils avaient donnée à la prophétie contribua puissamment à renforcer la réputation de Bahá'u'lláh.


14.4. La Perse

[La Perse est l'Irán actuel]

Dans le Livre de l'Aqdas, écrit alors que le tyrannique Násiri'd-Dín sháh était à l'apogée du pouvoir, Bahá'u'lláh bénit Tihrán, sa ville natale, qui était la capitale de la Perse, en ces termes:

"Que rien ne t'attriste, ô pays de Tá (Tihrán), car Dieu a fait de toi la source de la joie pour l'humanité. S'Il le veut, Il bénira ton trône en y plaçant quelqu'un qui sache gouverner avec justice et qui rassemblera les brebis de Dieu dispersées par les loups. Un tel chef de gouvernement se penchera sur le peuple de Bahá et il lui accordera ses faveurs, de bonne grâce et avec joie. En vérité, il est, aux yeux de Dieu, un joyau parmi les hommes. Sur lui reposent à jamais la gloire de Dieu et la gloire de tous ceux qui habitent le royaume de sa révélation.

Réjouis-toi pleinement, car Dieu a fait de toi "la source de sa lumière", puisque c'est en tes murs que la manifestation de ta gloire est née. Sois heureux de ce nom qui t'a été conféré, nom par lequel l'étoile du matin de la grâce a répandu sa clarté et a illuminé le ciel et la terre. Les conditions actuelles seront bientôt changées et les rênes du pouvoir passeront aux mains du peuple. En vérité, ton Seigneur est l'Omnipotent. Son autorité s'étend sur toutes choses. Sois convaincu des bonnes grâces de ton Seigneur à ton égard. L'œil de sa tendre sollicitude te suivra éternellement. Le jour approche où les troubles qui t'agitent feront place à la paix et à une paisible tranquillité. Ainsi en a-t-il été décrété dans le Livre merveilleux."
(Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, p. 74 n° LVI.)

Jusqu'à présent (1920), l'Irán n'a fait que commencer à émerger de la période de confusion prédite par Bahá'u'lláh, mais déjà un gouvernement constitutionnel a été institué et les prémices d'une ère plus brillante se font largement entrevoir.


14.5. La Turquie

Bahá'u'lláh, enfermé dans une prison turque (1868), adressa les plus solennels et les plus graves avertissements au sultán de Turquie et à son Premier ministre 'Alí Páshá. Des casernes de 'Akká, il écrivit au sultan:

"Ô toi qui te crois le plus grand parmi les hommes... avant longtemps ton nom tombera dans l'oubli et tu connaîtras la déchéance. Selon ton opinion, le vivificateur et pacificateur du monde est coupable de sédition. Quel crime ont donc commis les femmes, les enfants et les malheureux nourrissons pour mériter ton courroux, ton oppression et ta haine? Tu as persécuté un grand nombre d'âmes qui n'avaient manifesté aucune opposition dans le pays ni fomenté aucune révolution contre le gouvernement mais qui, au contraire, étaient occupées jour et nuit à prier Dieu paisiblement. Tu as saccagé leurs propriétés et, par tes actes tyranniques, elles furent dépouillées de tout... Devant Dieu, une poignée de poussière a plus de valeur que ton royaume, ta gloire, ta souveraineté, ta domination et, s'Il le désire, Il peut t'éparpiller comme le sable du désert. Bientôt son courroux te frappera; des révolutions éclateront et tes territoires seront démembrés! Alors, tu pleureras et tu te lamenteras, et tu ne trouveras ni aide ni protection nulle part... Veille, car la colère de Dieu se prépare et bientôt tu verras ce qui est écrit par la plume du commandement."
(Star of the West, vol. II, p. 3.)

Et à 'Alí Páshá, il écrivit:

"Ô Ra'ís (chef), tu as commis ce qui, dans le paradis suprême, a fait gémir Muhammad, le prophète de Dieu. Le monde t'a rendu si orgueilleux que tu t'es détourné de la face dont la lumière a illuminé les peuples des armées célestes. Bientôt tu te retrouveras déchu. Tu t'es associé au souverain de la Perse pour me nuire, alors que je suis descendu vers vous de l'aurore du Tout-Puissant, du Suprême, en messager d'une cause qui a rafraîchi les yeux des favoris de Dieu...

Pensais-tu que tu pouvais éteindre le feu que Dieu a allumé dans l'univers? Non, je le déclare par son Esprit véridique, puisses-tu être de ceux qui comprennent. Bien plus, par ton opposition, le brasier a grandi et ses flammes se sont intensifiées. Bientôt, elles encercleront le monde entier et ses habitants... Le jour est proche où la Terre de Mystère (Andrinople) et ses alentours subiront des changements et seront enlevés des mains du souverain. Des commotions seront ressenties, des lamentations s'élèveront, des discordes se feront jour partout, et la confusion régnera à cause de ce qui fut infligé par les armées d'oppression à ces prisonniers (Bahá'u'lláh et ses compagnons). La situation changera et les circonstances seront si graves que les sables des collines désertées en gémiront, que les arbres des montagnes pleureront, que le sang coulera de toutes parts et que le peuple sera plongé dans la détresse...

Ainsi en a décidé le Maître suprême, le Sage; et les armées du ciel et de la terre ne peuvent résister à ses ordres, pas plus que tous les rois et dirigeants ne peuvent l'empêcher de faire ce qu'Il veut. Les calamités sont l'huile qui alimente cette lampe, et c'est par elles que sa lumière s'intensifie; puissiez-vous être de ceux qui savent. Toutes les oppositions manifestées par les oppresseurs sont en réalité comme des messagers pour cette foi et, par elles, la nouvelle de l'apparition de Dieu et de sa cause a été largement répandue dans le monde.

À nouveau, dans le Livre de l'Aqdas, Bahá'u'lláh écrit:

"Ô Point situé sur le rivage des deux mers (Constantinople)! Sur toi s'est établi le trône de l'injustice et en toi s'est allumé le feu de la haine, à tel point que l'assemblée suprême et tous ceux qui évoluent autour du trône sublime se sont répandus en lamentations. Nous voyons en toi l'ignorant commander au sage et les ténèbres se glorifier devant la lumière. En vérité, tu es manifestement rempli d'orgueil. Serait-ce ton apparente splendeur qui te rend si vain? Par celui qui est le Seigneur de l'humanité, cette splendeur disparaîtra bientôt; et tes fils, tes veuves et tous tes habitants se lamenteront à leur tour. Ainsi t'avertit l'Omniscient, le Sage."
(Kitáb-i-Aqdas.)

Depuis la publication de ces avertissements, cet empire, qui fut grand jadis, s'est vu frappé de calamités successives qui ont fourni un commentaire éloquent sur leur caractère prophétique.


14.6. L'Amérique

Dans le Livre de l'Aqdas, révélé à 'Akká en 1873, Bahá'u'lláh adresse à l'Amérique l'appel suivant:

"Ô vous, dirigeants et présidents des républiques d'Amérique!... Prêtez l'oreille à ce qu'a fait entendre la Source de grandeur: en vérité, il n'y a pas d'autre dieu que moi, le Maître de la parole, l'Omniscient. Pansez les êtres meurtris avec les mains de la justice et, avec le sceptre des commandements de votre Seigneur, le Maître suprême, le Très-Sage, brisez l'oppresseur qui prospère."
(Kitáb-i-Aqdas dans La Proclamation de Bahá'u'lláh, p. 63.)

'Abdu'l-Bahá, au cours de ses allocutions en Amérique et ailleurs, dit fréquemment son espoir, sa prière et sa conviction de voir l'étendard de la paix internationale s'élever d'abord en Amérique.

À Cincinnati (Ohio), le 5 novembre 1912, il parle en ces termes:

"L'Amérique est une noble nation, le porte-bannière de la paix à travers le monde, répandant sa lumière sur tous les pays. Les autres nations ne sont pas libres d'intrigues comme les États-Unis et elles ne peuvent amener la paix universelle. Mais l'Amérique, Dieu merci, est en paix avec le monde entier et elle est digne de brandir l'étendard de la fraternité et de la paix internationale. Quand les bases de la paix mondiale seront fournies par l'Amérique, le reste du globe s'écriera: "Oui! nous acceptons!" Les nations, sous tous les climats, s'allieront alors pour adopter les enseignements que Bahá'u'lláh a révélés au siècle passé. Dans ses Épîtres, il a demandé que les parlements des différentes nations délèguent leurs membres les plus qualifiés et les plus sages en un parlement international et mondial pour étudier toutes les questions concernant les peuples et établir la paix... alors nous aurons le Parlement de l'humanité que les prophètes ont entrevu."
(Star of the West, vol. VI, p. 81.)

Les États-Unis ont déjà, dans une large mesure, répondu aux appels de Bahá'u'lláh et de 'Abdu'l-Bahá et, dans nul autre pays, les enseignements bahá'ís n'ont rencontré un accueil aussi empressé. Il est vrai que l'Amérique n'a pas encore rempli complètement sa tâche pacificatrice, mais les bahá'ís attendent avec intérêt les développements que l'avenir tient en réserve.
[Il est intéressant de noter que c'est à San Francisco que s'est tenue la réunion pour la création de la Charte des Nations Unies]


14.7. La Grande Guerre

Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá ont, à plusieurs reprises, prédit avec une exactitude étonnante l'approche de la Grande Guerre de 1914-1918. À Sacramento, en Californie, le 26 octobre 1912, 'Abdu'l-Bahá a dit:

"Aujourd'hui, le continent européen est comme un arsenal, c'est une réserve d'explosifs prête pour la première étincelle. Une seule étincelle pourrait enflammer toute l'Europe, surtout en ce moment où la question des Balkans est en jeu."

Dans nombre de ses conférences en Amérique et en Europe, il a donné de semblables avertissements. Dans une autre causerie en Californie, en octobre 1912, 'Abdu'l-Bahá a dit:

"Nous sommes à la veille de la bataille de Harmaguédon dont il est question au seizième chapitre de l'Apocalypse. Le temps viendra--dans deux ans--où une seule étincelle mettra l'Europe en flammes. L'agitation sociale de tous les pays et le scepticisme religieux grandissant qui caractérisent ce siècle enflammeront toute l'Europe, comme il est prophétisé au livre de Daniel et au livre de l'Apocalypse de saint Jean."

"En 1917, des royaumes tomberont et des cataclysmes ébranleront la terre". (Rapporté par Mme Corinne True dans North Shore Review du 26 septembre 1914, Chicago, U.S.A.)

À la veille du grand conflit, il a dit:

"Une mêlée générale des nations civilisées est en vue. Un conflit terrible est imminent. Le monde est au seuil d'une lutte des plus tragiques... De vastes armées--des millions d'hommes--sont mobilisées et massées aux frontières, se préparant pour l'effroyable bataille. La plus légère provocation va les conduire à un choc terrible et entraînera une conflagration sans précédent dans le cours de l'histoire de l'humanité."
(Haïfa, le 3 août 1914.) (Star of the West, vol. V, p. 163.)


14.8. Les troubles sociaux d'après-guerre

Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá ont, l'un et l'autre, annoncé une période de troubles sociaux, de conflits et de catastrophes, résultat inévitable de l'irréligion et des préjugés, de l'ignorance et de la superstition qui prévalent partout dans le monde. Le grand conflit belliciste international ne sera--selon eux--qu'une phase de cette période de bouleversements.

Dans une tablette datée de janvier 1920, 'Abdu'l-Bahá a écrit:

"Ô vous qui chérissez la vérité! Ô vous, serviteurs de l'humanité! Tandis que le parfum suave de vos pensées et de vos nobles intentions souffle sur moi, je sens mon âme irrésistiblement entraînée à communiquer avec vous.

Que vos cœurs méditent sur la gravité du tumulte où le monde est plongé; à quel degré les nations de la terre sont souillées de sang humain; pire encore, le sol lui-même est imprégné de sang caillé. L'ardeur guerrière a causé une explosion d'une telle sauvagerie qu'à l'aurore des temps, au Moyen Âge ou aux Temps modernes, le monde n'avait jamais rien vu de semblable. La meule guerrière a broyé et écrasé bien des têtes humaines; que dis-je! le sort de ces victimes fut plus terrible encore. Des pays florissants furent réduits à la désolation, des villes rasées, de coquets villages ruinés. Des pères ont perdu leurs fils, tandis que des fils étaient privés de leur père. Des mères se lamentèrent, répandant des larmes de sang pour leurs jeunes garçons; de petits enfants devinrent orphelins, des femmes furent réduites à errer, privées de foyer. En un mot, l'humanité s'est dégradée en tous ses aspects. Les sanglots et les gémissements des orphelins retentissent avec force tandis que le ciel renvoie l'écho des poignantes lamentations des mères.

Les raisons primordiales de toutes ces épreuves sont dues aux préjugés raciaux, nationaux, religieux et politiques; et les racines de tous ces préjugés prennent naissance dans ces traditions usées et fermement établies, quelle que soit leur nature: religieuse, raciale, nationale ou politique. Tant que ces traditions resteront inchangées, les bases de l'édifice humain seront chancelantes et l'humanité elle-même exposée à un péril constant.

Aujourd'hui, en cet âge radieux, alors que l'essence de tous les êtres a été rendue manifeste, que le secret de toute chose créée s'est révélé, que l'aurore de la vérité a chassé l'obscurité de la terre en irradiant sa lumière, est-il digne et convenable qu'un carnage aussi effroyable, qui apporte une ruine irréparable dans le monde, puisse être perpétré? Par Dieu! Cela ne peut être.

Le Christ a convié tous les peuples à la paix et à la réconciliation. Il a commandé à Pierre de remettre son épée au fourreau. Tel fut son désir, tel fut le conseil qu'il donna; et cependant ceux qui portent son nom ont fait usage de leurs glaives. Quel contraste entre leurs actes et le texte explicite de l'Évangile!

Il y a soixante ans, Bahá'u'lláh [1817-1892--(Écrit en 1920.)], tel un soleil éclatant, brilla au firmament de la Perse; il déclara que le monde était enveloppé d'une obscurité lourde de conséquences désastreuses qui amèneraient une lutte effroyable. Du fond de la forteresse de 'Akká, en termes sans équivoque, il admonesta l'empereur d'Allemagne, lui prédisant qu'une guerre terrible éclaterait et que Berlin retentirait de gémissements et de lamentations. De même, retenu injustement en prison par le sultán de Turquie, dans la citadelle de 'Akká, il le prévint en termes clairs et énergiques que Constantinople serait en proie à des désordres si graves que les femmes et les enfants pousseraient des gémissements. Bref, il adressa des Épîtres à tous les principaux législateurs et souverains du monde, et tout ce qu'il prédit se réalisa. Sa plume de gloire déversait à flots des conseils pour empêcher la guerre, et ces enseignements se sont répandus de plus en plus largement.

Son premier principe est la recherche de la vérité. Toute imitation aveugle, déclare-t-il, tue l'esprit de l'homme, tandis que la recherche de la vérité libère le monde de l'obscurité et des préjugés.

Son second principe est l'unité de l'humanité. Tous les hommes font partie d'un seul et même troupeau et Dieu est leur Bon Pasteur. Il leur dispense sa miséricorde infinie; pour Lui, tous sont comme un seul. "Tu ne trouveras aucune différence entre les créatures de Dieu." Tous sont ses serviteurs et tous recherchent sa bonté.

Son troisième principe est que la religion constitue la forteresse la plus puissante. Elle doit conduire à l'unité et non pas à l'inimitié et à la haine. Si elle provoquait l'hostilité et la haine, il serait préférable qu'elle n'existât pas. Car on peut la comparer à la médecine: si elle aggravait la maladie, il serait préférable de l'abandonner.

De même, les préjugés religieux, raciaux, nationaux et politiques sapent les fondations de la société humaine; tous conduisent aux effusions de sang; tous accumulent des ruines dans l'humanité. Tant qu'il y aura des préjugés, la menace de guerre persistera. Le seul remède, c'est la paix universelle. Et ceci ne se réalisera que par l'établissement d'un tribunal suprême représentant tous les gouvernements et tous les peuples. Tous les problèmes nationaux et internationaux devront lui être soumis et, quelle que soit la décision prise, elle devra avoir force de loi. Si un gouvernement ou un peuple entrait en dissidence, le monde entier devrait s'unir contre lui.

Parmi ses enseignements se trouvent encore le principe de l'égalité des droits pour les femmes comme pour les hommes, et quantité d'autres enseignements de même nature révélés par sa plume.

Aujourd'hui, il est clair et évident que l'existence même du monde dépend de ces principes et qu'ils incarnent son véritable esprit. Désormais, vous qui êtes les serviteurs de l'humanité, vous devriez vous efforcer, corps et âme, de libérer le monde de l'obscurité, du matérialisme et des préjugés humains afin qu'il resplendisse des lumières de la cité de Dieu.

Loué soit Dieu! vous connaissez les différents principes, institutions et écoles du monde; aujourd'hui, rien, sinon les enseignements divins, ne pourra apporter la paix et la tranquillité à l'humanité. Sans ces principes, l'obscurité ne disparaîtra jamais; les maux persistants ne seront jamais guéris; au contraire, ils s'intensifieront de jour en jour. Les Balkans ne trouveront pas de repos; leur situation s'aggravera. Les pays vaincus ne s'apaiseront pas mais saisiront toutes les occasions de ranimer l'ardeur guerrière. Des mouvements nés récemment et de dimensions mondiales emploieront toutes leurs forces pour mener à bien leurs buts et leurs projets. Le glissement vers la gauche s'accentuera et son influence s'étendra.

Aussi, d'un cœur éclairé, d'un esprit noble, d'une force surhumaine, aidés par la grâce de Dieu, efforcez-vous désormais de répandre dans le monde le don bienfaisant de Dieu... le don du bien-être et de la sécurité pour toute l'humanité!"
('ABDU'L-BAHÁ.)

Au cours d'un entretien en novembre 1919, 'Abdu'l-Bahá a dit:

"Bahá'u'lláh a souvent prédit une période où prévaudrait l'irréligion ainsi que l'anarchie qui en découlerait. Le chaos sera dû à la trop grande liberté accordée à des gens qui n'y sont pas préparés et, par conséquent, il faudra recourir temporairement à des gouvernements autoritaires dans l'intérêt même du peuple et pour pallier le désordre et les troubles.

Il est évident que chaque nation veut maintenant une autonomie et une liberté d'action complètes, mais certaines d'entre elles n'y sont pas préparées. L'état qui prévaut dans le monde est un état d'irréligion qui provoque forcément l'anarchie et la confusion. J'ai toujours dit que les propositions de paix qui ont suivi la Grande Guerre n'étaient qu'une lueur de l'aube et non le lever du soleil."


14.9. La venue du royaume de Dieu

Cependant, en dépit de ces temps difficiles, la cause de Dieu prospérera. Les calamités dues à l'égoïsme combatif des individus, pour leur propre existence ou pour des intérêts partisans, sectaires ou nationalistes, inciteront les humains à se tourner, en désespoir de cause, vers le remède offert par la parole de Dieu. À mesure que les fléaux se multiplieront, les peuples se tourneront vers l'unique remède salutaire. Dans son Épître au sháh, Bahá'u'lláh dit:

"Dieu a fait que les afflictions soient comme une ondée matinale pour rafraîchir le pâturage et comme la mèche de sa lampe pour illuminer la terre et le ciel... C'est dans l'affliction que sa lumière a le mieux brillé et que sa louange a sans cesse étincelé; telle fut sa méthode au cours des siècles passés et dans les âges révolus."

Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá prédisent dans les termes les plus positifs le triomphe rapide du spiritualisme sur le matérialisme et l'établissement de la très grande paix qui en découlera.

'Abdu'l-Bahá écrit en 1904:

"Sache que les misères et les infortunes croîtront de jour en jour et que l'humanité sera plongée dans la détresse. Les portes de la joie et du bonheur seront fermées partout. De terribles guerres éclateront. Les déceptions et la mort des espérances entoureront les peuples de toutes parts jusqu'à ce qu'ils soient forcés de se tourner vers Dieu. Alors, les feux d'une telle allégresse illumineront les horizons que le cri de "Yá Bahá'u'l-Abhá". [Ô toi la plus grande Gloire de Dieu!] jaillira de tous côtés."
(Tablette à I.D.B., citée dans: Compilation on War and peace, p. 187.)

Comme on lui demandait, en février 1914, si l'une des grandes nations deviendrait croyante, il répondit:

"Tous les peuples du monde deviendront croyants. Si vous comparez les débuts de la cause à ce qu'elle est aujourd'hui, vous verrez quelle influence rapide exerce la parole divine et que, dès à présent, la cause de Dieu embrasse le monde... Incontestablement, l'humanité entière viendra s'abriter sous son ombre."
(Star of the West, vol. IX, p. 31.)

Il déclara que l'établissement de l'unité mondiale serait réalisé durant ce siècle. Il écrivit dans une de ses tablettes:

"Tous les membres de la famille humaine (peuples ou gouvernements, villes ou villages) sont engagés dans une interdépendance croissante, et il n'est plus, aujourd'hui, personne qui puisse encore se suffire à soi-même. Des liens politiques unissent peuples et nations, tandis que les nœuds du commerce et de l'industrie, de l'agriculture et de l'éducation vont chaque jour en se resserrant. C'est pourquoi, aujourd'hui, l'unité de l'humanité peut être réalisée. En vérité, ceci n'est rien d'autre qu'une des merveilles de ce temps prodigieux et de ce siècle glorieux, merveille dont furent privés les âges du passé. Car ce siècle--le siècle de la lumière--a été doté d'une gloire unique et favorisé d'une illumination et d'un pouvoir sans précédent, d'où l'éclosion d'une nouvelle merveille renouvelée chaque jour. L'avenir montrera combien brillant sera ce flambeau dans les rassemblements humains."

Dans les deux derniers versets du livre de Prophéties de Daniel figurent ces phrases énigmatiques:

"Heureux celui qui attendra et qui arrivera jusqu'à mille trois cent trente-cinq jours! Et toi, poursuis ton chemin: car au bout, tu te reposeras et tu te relèveras pour ton héritage à la fin des jours."

Bien des savants ont multiplié les recherches pour découvrir le sens de ces mots. Un jour où l'auteur dînait à la table de 'Abdu'l-Bahá, celui-ci indiqua que le point de départ de l'accomplissement de la prophétie de Daniel coïncide avec la date du début de l'ère musulmane. Dans ses tablettes, il apparaît clairement que cette prophétie concerne le centième anniversaire de la déclaration de Bahá'u'lláh à Baghdád, soit l'année 1963.

"Maintenant, dit-il, parlons du texte de Daniel dont vous demandez l'interprétation, à savoir: "Heureux celui qui attendra et qui atteindra mille trois cent trente-cinq jours." Ces jours doivent être interprétés comme des années solaires et non pas lunaires. D'après cette méthode de calcul, un siècle doit s'écouler après l'aurore du Soleil de Vérité; à ce moment, les enseignements de Dieu auront été établis fermement sur la terre et la lumière divine inondera le monde, de l'Orient jusqu'à l'Occident. En ce jour, le croyant se réjouira."


14.10. 'Akká et Haïfa

Mírzá Ahmad Sohrab relate dans son journal la prophétie sur 'Akká et Haïfa, faite à Haïfa le 14 février 1914, par 'Abdu'l-Bahá qui, ce jour-là, était assis devant la fenêtre de l'une des maisons des pèlerins:

"De cette maison des pèlerins la vue est très belle, spécialement là où elle embrasse le tombeau sacré de Bahá'u'lláh. Plus tard, l'immense étendue qui sépare 'Akká de Haïfa sera recouverte de bâtiments, les deux cités se rejoindront, se serrant les mains, formant les deux extrémités d'une puissante métropole. En regardant maintenant ce paysage, je vois très clairement qu'il deviendra l'un des premiers centres commerciaux du monde. Cette grande baie semi-circulaire sera transformée en une rade splendide où les vaisseaux de tous pays viendront chercher abri et refuge.

De grands navires venant de partout aborderont dans ce port, leurs ponts chargés de milliers et de milliers d'hommes et de femmes de toutes les parties du globe. La montagne et la plaine seront dotées de palais et d'édifices des plus modernes. Des industries s'y développeront et plusieurs institutions à caractère philanthropique y seront fondées. Les fleurs des diverses civilisations et des cultures de toutes les nations seront implantées ici pour y mêler leurs parfums et illuminer la voie de la fraternité humaine. Des vergers, des jardins, des bosquets et des parcs merveilleux seront aménagés partout. Pendant la nuit, la grande ville sera entièrement illuminée à l'électricité.

Le port de 'Akká à Haïfa formera une traînée lumineuse. Des phares puissants placés des deux côtés du mont Carmel guideront les navires dans la rade. Le mont Carmel lui-même sera submergé de haut en bas par un océan de lumière. Du sommet du mont Carmel et des ponts des paquebots qui s'en approcheront, on assistera au plus sublime et au plus majestueux spectacle du monde.

Des hauteurs de la montagne, la symphonie de louanges "Yá Bahá'u'l-Abhá" résonnera; et dès avant l'aurore, une musique pénétrant l'âme, accompagnée de voix mélodieuses, montera vers le trône du Tout-Puissant.

En vérité, les voies de Dieu sont mystérieuses et impénétrables. Quelle relation apparente existe-t-il entre Shiráz et Tihrán, Baghdád et Constantinople, Andrinople, 'Akká et Haïfa? Dieu a travaillé patiemment, pas à pas, à travers ces diverses villes, selon son propre plan, précis et éternel, afin que s'accomplissent les prophéties et les prédictions des prophètes. Le fil d'or des promesses réservées au millénium messianique se déroule à travers toute la Bible, et il était écrit que Dieu le fît paraître à son heure. Pas un seul mot ne restera privé de sens ni d'accomplissement."


15. REGARD SUR LE PASSÉ ET L'AVENIR

"Je témoigne, ô amis, que la faveur est complète, l'argument confirmé, la preuve manifeste, l'évidence établie. Montrez maintenant quel sera le fruit de vos efforts dans le sentier du détachement. C'est ainsi que la grâce divine s'est pleinement accomplie pour vous et pour tous ceux qui sont au ciel et sur terre. Toutes louanges à Dieu, Seigneur de tous les mondes."
BAHÁ'U'LLÁH

15.1. Progrès de la cause

Il est malheureusement impossible de décrire en détail, dans un ouvrage succinct, les progrès accomplis par la foi bahá'íe dans le monde. On pourrait consacrer bien des chapitres à ce sujet passionnant et raconter maintes histoires émouvantes sur les pionniers et les martyrs de la cause, mais un résumé très bref suffira.

Les premiers adeptes de cette révélation rencontrèrent en Perse la plus violente opposition; ils subirent des persécutions et des supplices de la part de leurs concitoyens mais, à toutes ces calamités, à toutes ces épreuves, ils firent face avec un héroïsme, une fermeté et une patience sublimes. Ils furent baptisés dans leur propre sang, car bien des milliers périrent martyrisés; des milliers d'autres connurent la bastonnade, l'emprisonnement, la destitution de leurs biens; arrachés de leurs foyers, ils furent maltraités de toutes les manières. Durant plus de soixante ans, quiconque, en Perse, osa rendre hommage au Báb et à Bahá'u'lláh risqua la perte de sa fortune, de sa liberté et même de sa vie. Cependant, cette opposition obstinée et féroce n'eut pas plus d'effet sur le progrès de la cause qu'un nuage de poussière sur le lever du soleil.

On trouve maintenant des bahá'ís d'un bout à l'autre de la Perse dans presque toutes les cités, villes ou villages et même parmi les tribus nomades. Dans certains villages, la population entière est bahá'íe, dans d'autres, on trouve une grande proportion de croyants. Issus de sectes nombreuses et diverses, auparavant cruellement opposées, ils forment maintenant une grande communauté d'amis qui pratiquent la fraternité, non seulement entre eux, mais partout, avec tous les humains; ils travaillent à l'unification et au progrès de l'humanité, à la suppression des préjugés et des conflits et à l'établissement du royaume de Dieu sur la terre. Quel miracle pourrait dépasser celui-ci? Un seul: l'achèvement, dans le monde entier, de la tâche à laquelle ces croyants se sont consacrés. Et les signes ne manquent pas, prouvant que ce prodigieux miracle est aussi en voie de s'accomplir.

La foi montre une vitalité étonnante [Dans son ouvrage intitulé "La Perse et la Question persane" publié en 1892, année de la mort de Bahá'u'lláh, Lord Curzon écrit: "Le nombre actuel des Bábís est au minimum d'un demi-million. Je suis même disposé à croire--après des conversations avec des personnes bien placées pour en parler--que le chiffre réel approche du million. Il s'en trouve partout, parmi les ministres et les nobles de la cour, parmi les balayeurs et les grooms; le clergé musulman lui-même n'est pas le champ le plus réduit de leur activité... Si le Bábisme continue à croître à cette allure, on conçoit qu'un jour il supplantera l'islamisme en Perse, ce qui serait impossible, je crois, s'il s'agissait d'une foi hostile. Mais comme il conquiert ses adeptes parmi les meilleurs soldats de la garnison opposée, il a les plus grandes chances de triompher finalement." (Vol. I, pp. 499 à 502.)]: tel un levain, elle transforme les peuples et les sociétés au fur et à mesure qu'elle pénètre la masse de l'humanité. [Le nombre des bahá'ís augmente chaque année et, en 1986, on en trouvait dans plus de 116.700 localités du monde. (Voir épilogue.)]

Le nombre relativement faible des bahá'ís peut sembler encore insignifiant si on le compare à celui des adeptes des religions anciennes; mais les bahá'ís ont la conviction que le divin pouvoir les a bénis et les a investis de ce haut privilège: servir un ordre nouveau vers lequel afflueront prochainement les multitudes de l'Orient et de l'Occident.

C'est pourquoi, bien qu'en tous pays on rencontre des cœurs purs qui réfléchissent la lumière du Saint-Esprit sans même avoir conscience de sa source, et bien qu'on puisse mesurer la croissance de la foi aux nombreuses tentatives effectuées en dehors de la communauté bahá'íe pour promouvoir l'un ou l'autre des enseignements de Bahá'u'lláh, néanmoins les bases précaires sur lesquelles repose l'ordre ancien fournissent cette preuve convaincante: les idéaux du royaume ne peuvent porter leurs fruits que dans le cadre de la communauté bahá'íe.


15.2. Le don de prophétie du Báb et de Bahá'u'lláh

Plus on étudie la vie et les enseignements du Báb et de Bahá'u'lláh, moins on trouve d'explication à leur grandeur sinon par l'inspiration divine. Élevés dans une atmosphère de fanatisme et de bigoterie, ils ne reçurent qu'une éducation des plus élémentaires. Sans contact avec la culture occidentale, sans soutien politique ou financier, ne demandant rien aux hommes, ils ne rencontrèrent qu'injustice et oppression. Les grands de la terre les ont ignorés ou combattus; flagellés, torturés, emprisonnés et soumis aux pires calamités dans l'accomplissement de leur mission, seuls contre le monde, sans autre aide que celle de Dieu, leur triomphe resplendit cependant déjà, manifeste et merveilleux.

L'élévation sublime de leurs idéaux, leur grandeur d'âme et le désintéressement de toute leur vie, leur foi et leur courage inaltérables, leur science et leur sagesse étonnantes, leur prescience des besoins des peuples orientaux et occidentaux, l'étendue et la valeur de leurs enseignements, leur pouvoir d'inspirer à leurs adeptes une dévotion et un enthousiasme débordants, le degré de puissance et de pénétration de leur influence, le progrès de la cause qu'ils ont fondée constituent un ensemble de preuves éclatantes de leur mission de prophètes capables d'entraîner la même conviction que celles fournies par l'histoire des religions du passé.


15.3. Une magnifique vision d'avenir

La bonne nouvelle bahá'íe dévoile une vision de la munificence de Dieu et du progrès futur de l'humanité; c'est certainement la plus grande et la plus glorieuse révélation qui ait jamais été donnée au monde, car c'est le développement et l'accomplissement de toutes celles du passé. Son but n'est autre que la régénération du genre humain, la création de nouveaux cieux et d'une nouvelle terre. C'est à cette même tâche que le Christ et tous les prophètes ont consacré leur vie; aussi n'y a-t-il aucune rivalité entre ces grands instructeurs... Cette œuvre n'est pas celle d'une Manifestation définie ou d'une autre, mais elle sera menée à bien par toutes les manifestations de Dieu, ensemble.

Comme le dit 'Abdu'l-Bahá:

"Il n'est pas nécessaire d'abaisser Abraham pour élever Jésus. Il n'est pas nécessaire d'abaisser Jésus pour reconnaître Bahá'u'lláh. Nous devons accueillir la vérité de Dieu partout où elle paraît. Tous ces grands messagers sont venus pour soulever la bannière des perfections divines; tel est le cœur de l'enseignement. Tous resplendissent comme des astres au même ciel de la volonté divine, tous donnent la lumière au monde."
(Star of the West, vol. III, n° 8, p. 8.)

Cette tâche est celle de Dieu, et Dieu appelle non seulement les prophètes mais toute l'humanité pour collaborer à cette œuvre de création. Si nous nous refusons à son appel, nous n'empêcherons pas le travail de continuer, car la volonté de Dieu s'accomplit inéluctablement. Si nous échouons dans notre tâche, il peut susciter d'autres instruments pour exécuter son dessein; mais quant à nous, nous aurons manqué l'objet, le but réel de notre propre vie. Être un avec Dieu--devenir son adorateur, son serviteur, le canal et l'intermédiaire volontaires de son pouvoir créateur, afin de n'être conscient que de sa vie abondante et divine--qui, suivant l'enseignement bahá'í, représente le couronnement ineffable et glorieux de l'existence.

Cependant, l'être humain possède un cœur pur car, il est fait à l'image et à la ressemblance de Dieu quand, enfin, il comprendra la vérité, il ne s'obstinera plus dans les sentiers de sa folie. Bahá'u'lláh nous affirme que, bientôt, l'appel de Dieu sera universellement entendu et que toute l'humanité s'engagera dans la voie de l'équité et de l'obéissance... Tout chagrin sera changé en joie, toute maladie en santé et les royaumes de ce monde deviendront le royaume de notre Seigneur et de son Christ; et Il régnera pour les siècles des siècles. (Apocalypse, XI, 15.)

Tous les habitants, non seulement ceux de la terre, mais aussi ceux du ciel deviendront un en Dieu et se réjouiront éternellement en Lui.


15.4. Renouveau de la religion

L'état actuel du monde offre certainement la preuve évidente que, à de rares exceptions près, les peuples de toutes les religions ont besoin d'être éveillés de nouveau à la signification réelle de leur religion; ce réveil constitue une partie importante de l'œuvre de Bahá'u'lláh. Il vient pour que les chrétiens soient de meilleurs chrétiens, les musulmans de véritables musulmans, pour rendre tous les croyants fidèles à l'esprit qui anima leurs prophètes. Il accomplit également leur promesse: celle d'une glorieuse Manifestation qui devait apparaître dans la plénitude des temps, pour couronner et consommer leur œuvre. Il développe plus complètement que ses prédécesseurs les vérités spirituelles. Il révèle la volonté de Dieu eu égard à tous les problèmes de la vie sociale et individuelle qui nous assaillent aujourd'hui. Il donne un enseignement universel, base d'une fondation solide sur laquelle une civilisation nouvelle et perfectionnée pourra se construire, enseignement adapté aux besoins du monde dans cette ère nouvelle qui s'ouvre maintenant.


15.5. Le besoin d'une nouvelle révélation

L'unification du genre humain, la fusion des diverses religions, la réconciliation de la religion et de la science, l'établissement de la paix universelle, de l'arbitrage international et d'une cour universelle de justice, l'adoption d'une langue internationale, l'émancipation des femmes, l'éducation universelle, l'abolition de l'esclavage domestique et industriel, l'organisation harmonieuse de tout le globe comprenant le respect des droits et des libertés individuelles constituent des problèmes d'une amplitude gigantesque et d'une prodigieuse difficulté; sur ces problèmes, chrétiens, musulmans et adeptes des autres religions professent les opinions les plus diverses et souvent les plus violemment opposées; mais Bahá'u'lláh a révélé clairement des principes définis qui, adoptés partout, feraient du monde un véritable paradis.


15.6. La vérité pour tous

Bien des gens sont enclins à admettre que les enseignements bahá'ís sont parfaits pour l'Irán et l'Orient, mais qu'ils sont inutiles ou mal adaptés aux besoins des nations occidentales.

À quelqu'un qui, un jour, émit cette opinion, 'Abdu'l-Bahá répondit:

"Tout ce qu'implique la cause de Bahá'u'lláh peut se traduire ainsi: tout ce qui concerne le bien universel est divin et tout ce qui est divin est fait en vue du bien universel. Ce qui est vrai pour l'un l'est pour tous, ce qui ne l'est pas n'est vrai pour personne; on ne peut donc limiter à l'Orient ou à l'Occident la cause divine du bien universel; car le rayonnement du Soleil de Vérité illumine le levant et le couchant; il répand sa chaleur sans distinction sur le pôle Nord comme sur le pôle Sud. À l'époque de la manifestation du Christ, les Romains et les Grecs croyaient sa mission spécialement destinée aux Juifs. Ils trouvaient parfaite leur propre civilisation et considéraient que les enseignements du Christ n'avaient rien à leur apprendre; cette supposition erronée les priva de sa grâce. De même, sachez que les principes du Christ et les commandements de Bahá'u'lláh sont identiques et que leurs voies sont les mêmes. Chaque jour apporte un progrès: il fut un temps où cette institution divine (la révélation progressive) était à l'état embryonnaire; puis elle passa par les stades de l'enfance et de l'adolescence intellectuelles; mais aujourd'hui, elle resplendit de beauté et brille du plus grand éclat. Heureux celui qui pénètre ce mystère et prend place au monde des âmes éclairées.


15.7. Le testament de 'Abdu'l-Bahá

À la mort de son chef bien-aimé, 'Abdu'l-Bahá, la foi bahá'íe entra dans une phase nouvelle de son histoire. Cette phase nouvelle représente un état plus élevé dans la vie de cette même institution spirituelle. Elle correspond à l'expression d'une foi plus développée et requiert par conséquent de la part de ses adhérents une conscience accrue de leurs responsabilités. 'Abdu'l-Bahá voua son énergie surhumaine et ses capacités incomparables à la tâche de communiquer aux pays de l'Est et de l'Ouest son amour pour Bahá'u'lláh. Il alluma le flambeau de la foi en d'innombrables cœurs. Il les guida et les prépara à la conquête des attributs caractéristiques de la vie spirituelle. Eu égard à la très grande importance du testament de 'Abdu'l-Bahá, tenant compte de la gravité des questions qu'il soulève et de la profonde sagesse de ses stipulations, nous en reproduisons ici quelques extraits qui illustrent, d'une manière vivante, l'esprit et les principes directeurs qui animaient 'Abdu'l-Bahá et qui furent, pour ses fidèles disciples, un héritage précieux.

"Ô vous, les bien-aimés du Seigneur! En cette dispensation sacrée, les discordes et les conflits sont formellement interdits; l'agresseur se prive lui-même de la grâce de Dieu. Il incombe à chacun de manifester la droiture, l'honnêteté et l'amour les plus grands et de témoigner une sincère bonté envers tous les peuples et toutes les races, amis ou étrangers. Cet esprit d'amour et de tendre bonté doit être si intense que l'étranger doit se sentir comme un ami, et l'ennemi comme un véritable frère, aucune distinction ne les séparant plus désormais. Car l'universalité vient de Dieu tandis que les limitations viennent de la terre...

Donc, ô mes chers amis! Fréquentez tous les peuples, les races et les adeptes des autres religions en toute sincérité, honnêteté, fidélité, bonté, bonne volonté et amitié, afin que le monde soit plongé dans la sainte extase de la grâce de Bahá; que l'ignorance, l'hostilité, la rancune disparaissent de la terre, que la lumière de l'unité disperse les ténèbres de l'éloignement chez tous les peuples et toutes les races du monde. Si d'autres peuples et d'autres nations se montrent infidèles envers vous, soyez-leur fidèles; s'ils sont injustes envers vous, soyez justes pour eux; s'ils se montrent distants, attirez-les; s'ils font acte d'hostilité, agissez amicalement envers eux; s'ils troublent votre vie, adoucissez leur âme, s'ils vous blessent, soyez un baume pour leurs plaies. Tels sont les attributs des sincères, telles sont les qualités des vrais fidèles...

Ô vous, les bien-aimés du Seigneur! Il vous appartient d'être soumis à tout souverain juste et d'être fidèles envers tout roi équitable. Servez les souverains de la terre en toute fidélité et loyauté; montrez-leur obéissance et portez-leur intérêt. Ne vous mêlez pas des affaires politiques sans leur permission ou leur consentement, car manquer de loyauté envers un souverain juste c'est en manquer envers Dieu Lui-même. Tel est mon conseil, tel est le commandement qui vous vient de Dieu. Heureux sont ceux qui s'y conforment...

Seigneur! Tu le vois, toutes choses pleurent sur moi, et mes proches se réjouissent de mes malheurs. Par ta gloire, ô mon Dieu, même parmi mes ennemis, quelques-uns se sont lamentés devant mes souffrances et ma détresse et, parmi les plus envieux, plusieurs ont versé des larmes sur mes soucis, mon exil et mes afflictions. Tout cela parce qu'ils n'avaient trouvé en moi que sollicitude et affection, ils n'avaient vu que bonté et compassion. Quand ils me virent emporté par un flot de tribulations et d'adversités, exposé, tel une cible, aux flèches du destin, leur cœur s'émut de compassion, des larmes leur montèrent aux yeux et ils déclarèrent: "Dieu est témoin que nous n'avons trouvé en lui que fidélité, générosité et compassion extrême." Mais les briseurs d'alliance, tels des oiseaux de mauvais augure, redoublèrent de violence dans leur rancœur et se réjouirent de me voir en proie à la plus cruelle des épreuves; ils s'acharnèrent contre moi et se divertirent devant les peines déchirantes qui m'assaillaient...

Ô Seigneur, mon Dieu! Par ces paroles, je t'adjure, du fond de mon cœur, de ne pas les payer de retour pour leur cruauté et leurs mauvaises actions, leur ruse et leur perfidie, car ils sont sots et vils et ne savent pas ce qu'ils font. Ils ne savent pas discerner le bien du mal, distinguer le vrai du faux ni la justice de l'injustice. Ils suivent leurs désirs personnels et s'attachent au plus sot et au plus imparfait d'entre eux. Ô mon Seigneur! Aie pitié d'eux, protège-les de toute affliction en ces temps troublés, fais que toutes les épreuves et toutes les oppressions soient le lot de ton serviteur tombé dans ce puits de ténèbres. Choisis-moi entre tous pour subir tous les malheurs et sacrifie-moi pour tous tes bien-aimés. Ô Seigneur, Dieu suprême! Que mon âme, ma vie, ma personnalité, mon esprit, tout mon être leur soit offert. Ô Dieu, mon Dieu! Humble et suppliant, le visage contre terre, je t'invoque et t'implore, de toutes mes forces, de pardonner à tous ceux qui m'ont blessé, à ceux qui ont conspiré contre moi et m'ont offensé, et d'effacer les méfaits de ceux qui ont perpétré l'injustice envers moi. Accorde-leur tes bienfaits, donne-leur la joie, soulage-les de leurs chagrins, dispense-leur la paix et la prospérité, donne-leur ta félicité et répands ta bonté sur eux. Tu es le Puissant, le Clément, le Protecteur dans le danger, celui qui existe par Lui-même.

Les disciples du Christ oublièrent leur moi et toutes les choses de la terre. Ils abandonnèrent toutes leurs affaires et leurs possessions, se purifièrent de tout égoïsme et passion et, avec un absolu détachement, se dispersèrent partout, appelant les peuples à suivre la voie divine jusqu'à ce que, à la fin, ils eussent fait du monde un autre monde et illuminé la surface de la terre. Jusqu'à leur dernière heure, ils firent preuve d'abnégation dans le chemin de ce bien- aimé de Dieu et, finalement, subirent un glorieux martyre en divers pays. Que ceux qui sont hommes d'action suivent leurs traces.

Ô Dieu, mon Dieu! J'en appelle à toi, à tes prophètes, tes messagers, tes saints et tes élus, pour témoigner que j'ai, de façon concluante, exposé tes preuves à tes amis et leur ai clairement expliqué toutes choses, afin qu'ils puissent veiller sur ta foi, garder ton droit chemin et protéger ta loi resplendissante. Tu es en vérité l'Omniscient, l'infiniment Sage!"
(Le Testament de 'Abdu'l-Bahá, pp. 27 à 29, 31, 32, 38, 39, 45, 46, éd. 1970.)

La mort de 'Abdu'l-Bahá donna le signal de l'établissement de l'ordre administratif destiné à servir de modèle et de soutien à cet ordre mondial que la religion de Bahá'u'lláh doit instaurer et qui est sa mission spéciale. Le testament de 'Abdu'l-Bahá marque donc un tournant dans l'histoire bahá'íe: il clôt l'ère d'enfance et d'irresponsabilité pour inaugurer celle où, étendant leur champ d'action du domaine individuel à celui de la coopération et de l'unité, les bahá'ís feront fructifier leur foi spirituelle. Les trois éléments principaux du plan administratif laissé par 'Abdu'l-Bahá sont:

1) Le Gardien de la cause de Dieu.

2) Les Mains de la cause de Dieu.

3) Les maisons de justice locales, nationales et internationale. [Les maisons de justice locales et nationales sont actuellement dénommées assemblées spirituelles locales et nationales comme indiqué ci-avant]


15.8. Le Gardien de la cause de Dieu

'Abdu'l-Bahá a désigné Shoghi Effendi, l'aîné de ses petits-fils, pour supporter le rôle, lourd de responsabilité, de gardien de la cause (Valíyy-i-Amru'lláh). Shoghi Effendi est le fils aîné de Díyá'íyyih Khánum, la fille aînée de 'Abdu'l-Bahá. Son père, Mírzá Hádí, est parent du Báb (quoique descendant indirect, l'unique enfant du Báb étant décédé en bas âge).

Shoghi Effendi, âgé alors de vingt-cinq ans, faisait ses études au collège de Balliol, à Oxford, lors de la mort de son grand-père.

Dans son testament, 'Abdu'l-Bahá exprime ainsi sa volonté:

"Ô mes chers amis! Après la disparition de cet opprimé ['Abdu'l-Bahá se désigne ainsi lui-même (Note du comité de traduction.)], il incombe aux Aghsán. [Aghsán: fils et descendants de Bahá'u'lláh] (Branches), aux Afnán [Afnán: descendants du Báb] (Rameaux) de l'Arbre sacré, aux Mains (piliers) de la cause de Dieu et aux bien-aimés de la Beauté d'Abhá [Beauté d'Abhá, c'est-à-dire Bahá'u'lláh] de se tourner vers Shoghi Effendi (la jeune branche issue des deux Arbres sanctifiés et sacrés, le fruit de l'union des deux descendants de l'Arbre de sainteté) car c'est lui le signe de Dieu, la branche élue, le Gardien de la cause de Dieu, celui vers lequel doivent se tourner tous les Aghsán, les Afnán, les Mains de la cause de Dieu ainsi que ses bien-aimés. Il est l'interprète des paroles de Dieu et, après lui, le premier-né de ses descendants directs lui succédera.

La jeune branche sacrée, le Gardien de la cause de Dieu, ainsi que la Maison Universelle de Justice, qui doit être établie par des élections universelles, sont toutes deux sous la garde et la protection de la Beauté d'Abhá, sous la sauvegarde et l'infaillible direction de Sa Sainteté l'Altesse Suprême [Sa Sainteté l'Altesse Suprême, c'est-à-dire le Báb], que ma vie leur soit offerte à tous deux. Tout ce qu'ils décident vient de Dieu...

Ô vous, les bien-aimés du Seigneur! Il incombe au Gardien de la cause de Dieu de désigner, de son vivant, celui qui deviendra son successeur, afin qu'après sa disparition des différends ne puissent survenir. Celui qui est désigné doit montrer du détachement pour toute chose terrestre; il doit être l'essence de la pureté, manifester la crainte de Dieu, et faire preuve de savoir, de sagesse et de science. Si le premier-né du Gardien de la cause de Dieu ne manifestait pas la vérité des paroles: "L'enfant est l'essence secrète de son père", c'est-à-dire s'il n'héritait pas de l'élément spirituel qui est en lui (le Gardien), et si la noblesse de son caractère ne répondait pas à sa glorieuse origine, alors, il (le Gardien) devrait choisir une autre branche pour lui succéder.

Les Mains de la cause de Dieu doivent élire, au sein de leur groupe, neuf personnes qui seront constamment occupées aux tâches importantes dans le service du Gardien de la cause de Dieu. L'élection de ces neuf personnes doit avoir lieu, soit à l'unanimité, soit à la majorité des voix de l'ensemble des Mains de la cause de Dieu, et ces neuf élus doivent, par un vote unanime ou majoritaire, agréer celui que le Gardien de la cause de Dieu a choisi comme successeur. Cet assentiment doit être donné de telle façon que les votes "pour" ou "contre" ne soient pas connus (c'est-à-dire au scrutin secret)."
(Testament de 'Abdu'l-Bahá, pp. 22 à 26, éd. 1970.)


15.9. Les Mains de la cause de Dieu

De son vivant, Bahá'u'lláh avait désigné quatre amis sûrs et éprouvés pour aider à diriger et encourager les activités dans la cause et leur avait donné le titre de Ayádíyi-Amru'lláh (littéralement, Mains de la cause de Dieu). Dans son testament, 'Abdu'l-Bahá a prévu l'établissement d'un corps permanent qui servira la cause de Dieu et aidera le Gardien de la cause. Il écrit:

"Ô amis! Les Mains de la cause de Dieu doivent être choisies et nommées par le Gardien de la cause de Dieu... Elles ont pour devoir de diffuser les parfums divins, d'édifier les âmes, d'encourager l'étude, d'améliorer le caractère des hommes et d'être, en tout temps et en toutes circonstances, sanctifiées et détachées des choses terrestres. Par leur conduite, leur attitude, leurs actes et leurs paroles, elles doivent manifester la crainte de Dieu.

Ce corps des Mains de la cause est sous la direction du Gardien [Des Mains de la cause nommées par Shoghi Effendi pendant les trente-six années de son ministère, vingt-sept étaient encore en vie lors de son décès. Il institua également en 1954 le corps des auxiliaires dont les membres doivent être désignés par les Mains pour leur servir d'assistants, de délégués et de conseillers] de la cause de Dieu. Il doit les exhorter sans cesse à faire tous les efforts possibles pour diffuser de leur mieux les suaves parfums de Dieu et guider tous les peuples du monde, car c'est la lumière de la direction divine qui cause l'illumination de tout l'univers."
(Testament de 'Abdu'l-Bahá, p. 26.)


15.10. L'ordre administratif

[Ce passage de l'ordre administratif est extrait d'un article d'Horace Holley intitulé The Present-Day Administration of the Bahá'í Faith et a été publié en 1933 dans le Bahá'í World, Volume V, p.191 et suivantes]

Une des caractéristiques communes à toutes les religions a été que leur phase d'organisation s'est toujours accomplie au détriment de leur influence spirituelle. On peut remarquer la constance avec laquelle le passage au stade de l'organisation ne s'est effectué qu'au préjudice de la transmission dans le monde de leur impulsion initiale.

Invariablement, l'organisation consista pour la religion en une substitution, alors qu'elle aurait dû instaurer une méthode de travail ou être un instrument efficace de propagation spirituelle. La ségrégation des peuples en différents systèmes traditionnels, que n'édulcorait aucune communication à caractère pacifique ou constructif, rendait d'ailleurs ce processus inévitable. En fait, aucun fondateur de religion révélée n'a, jusqu'à ce jour, explicitement posé les principes destinés à assurer le fonctionnement administratif de la foi qu'il a établie.

Dans la cause bahá'íe, les principes de l'administration mondiale furent énoncés par Bahá'u'lláh. Ils furent développés dans les écrits de 'Abdu'l-Bahá et spécialement dans son testament.

Cette organisation a pour but de rendre possible une unité réelle et durable entre des races diverses dont les croyances traditionnelles, les intérêts et les caractères sont différents. Une étude approfondie et bienveillante de la cause bahá'íe montrera que le but et la méthode de l'administration bahá'íe sont si parfaitement adaptés à l'esprit fondamental de la révélation que leurs relations peuvent se comparer à celles du corps et de l'âme. Ce qui caractérise les principes administratifs bahá'ís, c'est qu'ils représentent la science de la coopération; mis en application, ils fournissent la base d'un type nouveau de moralité, plus élevé et d'une portée mondiale...

La communauté bahá'íe diffère des autres associations volontaires en ce qu'elle est établie sur des fondations si profondes et si vastes qu'elle peut accueillir en son sein toute âme sincère. Tandis que les autres associations ont un caractère exclusif dans leur méthode et leurs actes, sinon dans leur idéal ou leur intention, l'association bahá'íe est inclusive; elle ne ferme les portes de la fraternité à aucune âme sincère. Dans toute association, il existe une base de sélection, latente ou développée. Dans une religion, elle consiste en une croyance déterminée par la nature historique de son origine; dans la politique, c'est celle d'un parti ou d'un programme; en économie, elle est inspirée par une infortune mutuelle ou un pouvoir commun; dans les arts et les sciences, cette base repose sur des études spéciales, sur des activités ou des intérêts déterminés. En toutes ces questions, plus les bases de sélection sont exclusives, plus le mouvement est puissant, condition diamétralement opposée à celle que l'on trouve dans la cause bahá'íe.

C'est pourquoi, malgré sa puissance potentielle de progrès et de croissance, le nombre de ses adhérents actifs n'augmente que lentement. Car les gens sont habitués à l'exclusivisme et à la division dans toutes les affaires. Et la division a toujours été garantie et justifiée par d'importantes sanctions. Accepter la foi bahá'íe signifie supprimer toutes ces sanctions, attitude qui, invariablement, expose d'abord celui qui l'adopte à des épreuves et à des souffrances nouvelles; car l'égoïsme humain se révolte contre la loi suprême de l'amour universel. Savants, illettrés et esprits simples doivent s'associer; de même riches et pauvres, Blancs et hommes de couleur, partisans de l'esprit et partisans de la lettre, chrétiens et juifs, musulmans et parsis, et ceci de manière à effacer tous les avantages dus aux prétentions et aux privilèges établis de longue date.

Mais cette difficile épreuve apportera de magnifiques compensations. N'oublions pas que l'art devient stérile s'il se détourne de l'humanité en général; que, de même, la philosophie élaborée dans la solitude s'égare dans ses vues et que la politique et la religion échouent toujours si elles s'éloignent des besoins essentiels de l'être humain. Nous ne connaissons pas encore la nature humaine, car nous avons tous vécu dans un état de défense au point de vue mental, émotif ou social, et cette attitude de psychologie défensive mène à l'inhibition. Mais l'amour de Dieu efface la crainte; celle-ci disparue, les pouvoirs latents sont libérés; par l'association avec autrui dans l'amour spirituel, ces facultés sont amenées à une expression vitale positive. La communauté bahá'íe est une association au sein de laquelle, en cette époque, ce processus peut se développer, lentement d'abord, tandis que l'élan nouveau accumule sa force, puis, plus rapidement au fur et à mesure que ses membres prennent conscience des pouvoirs qui font éclore la fleur de l'unité parmi les hommes...

La responsabilité et le contrôle des affaires locales bahá'íes reposent sur l'assemblée spirituelle: ce corps constitué de neuf membres est élu annuellement le 21 avril, premier jour du Ridván (fête qui commémore la déclaration de Bahá'u'lláh), par tous les croyants majeurs et déclarés de la communauté. La liste des votants est établie par l'assemblée sortante. Concernant le caractère et les attributions de cet organisme, 'Abdu'l-Bahá écrit:

"Il incombe à chacun (chaque croyant) de ne prendre aucune mesure (en matière d'activité bahá'íe) sans consulter l'assemblée spirituelle. Il est clair qu'il faut obéir de tout son cœur et de toute son âme à ses avis et s'y soumettre afin que toute chose soit décidée et organisée pour le mieux. Sinon, chacun agirait à sa guise, selon son jugement personnel et ses désirs et nuirait ainsi à la cause.

Les premières qualités requises de ceux qui sont appelés à se consulter sont la pureté d'intention, le rayonnement de l'esprit, le détachement de tout ce qui n'est pas Dieu, l'attirance vers ses divins parfums, l'humilité et l'effacement au milieu des bien-aimés de Dieu, la patience et la force d'âme dans les difficultés et la volonté de servir à son seuil exalté. S'ils sont généreusement aidés et s'ils acquièrent ces vertus, alors la victoire leur sera accordée du royaume invisible de Bahá. Aujourd'hui, les assemblées spirituelles sont des institutions de la plus grande importance; elles sont d'une nécessité vitale. Leur obéir est donc essentiel et obligatoire.

Les membres doivent se consulter, mais de manière telle qu'aucune occasion de malaise ou de discorde ne puisse surgir entre eux. Ce but sera atteint si chacun peut exprimer ses opinions personnelles en toute liberté et faire valoir ses arguments. S'il arrive qu'un autre membre présente des objections, que personne n'en soit offusqué, car c'est seulement lorsque les questions ont été discutées sous tous leurs aspects que la solution juste peut être trouvée. La brillante étincelle de la vérité ne jaillit qu'au choc des opinions différentes. Si, après la discussion, une décision est prise à l'unanimité, tout est pour le mieux; mais si, au contraire, le Seigneur nous en préserve! des différences de vue persistent, il faut statuer à la majorité des voix...

La première condition est que l'amour et l'harmonie règnent parmi les membres de l'assemblée spirituelle. Ils doivent sentir leur cœur battre à l'unisson et manifester l'unité de Dieu, car ils sont les vagues d'un même océan, les gouttes d'une même rivière, les étoiles d'un même firmament, les rayons d'un même soleil, les arbres d'un même verger, les fleurs d'un même jardin. Si l'harmonie de pensée et l'unité absolue n'étaient pas réalisées dans cette assemblée, mieux vaudrait qu'elle cessât d'exister.

Voici la seconde prescription: à l'ouverture de chaque réunion, que chacun tourne ses pensées vers le monde spirituel et demande l'aide du royaume de gloire... Toutes les discussions se limiteront aux sujets spirituels ayant trait à l'éducation et la discipline des âmes, à l'instruction des enfants, au soulagement des pauvres, à l'assistance aux faibles de toutes classes dans tous les pays, à la bienveillance envers tous les peuples, enfin à la diffusion des parfums de Dieu et à l'exaltation de sa parole sacrée. Si chacun s'efforce de remplir ces conditions, la grâce du Saint-Esprit descendra sur cette assemblée et elle deviendra le centre d'attraction des bénédictions de Dieu; les cohortes célestes de la confirmation divine lui viendront en aide et elle recevra toujours davantage l'effusion de l'Esprit."
(Principes de l'administration bahá'íe, pp.50 à 51.)

Commentant ce thème, Shoghi Effendi écrit:

"... Les amis ne doivent rien communiquer au public qui n'ait été auparavant examiné et approuvé par l'assemblée spirituelle de la localité; et si--comme c'est le plus souvent le cas--la question concerne les intérêts de la cause dans ce pays, il appartient alors à l'assemblée spirituelle locale de la soumettre à l'examen et à l'approbation de l'organisme national représentant toutes les assemblées locales. Ceci s'applique non seulement aux publications, mais encore à toute activité, sans exception aucune, qu'elle soit de nature individuelle ou collective, touchant aux intérêts de la cause de cette localité. Il faut toujours se référer exclusivement à l'assemblée spirituelle locale qui prendra la décision, sauf dans les questions d'intérêt national qui seront soumises au corps national (bahá'í). Celui-ci décide également si la question présentée est d'intérêt local ou national. (Par affaires nationales, il ne faut nullement entendre celles qui ont un caractère politique car, dans le monde entier, il est absolument interdit aux amis de Dieu de se mêler en quoi que ce soit des affaires politiques; il s'agit seulement des questions qui concernent les activités spirituelles de l'ensemble des amis résidant sur le territoire.)

Toutefois, il est de la plus haute importance que l'harmonie parfaite et la coopération règnent entre les diverses assemblées locales ainsi qu'entre les membres respectifs et particulièrement entre chaque assemblée et le corps national; car de ces deux conditions dépendent l'unité de la cause de Dieu, la solidarité entre les amis et le rendement maximum rapide et efficace des activités spirituelles de ses bien-aimés..."
(Letters from Shoghi Effendi, pp.23 et 24.)

"L'ensemble des assemblées locales et nationales constitue aujourd'hui l'assise ferme sur laquelle la Maison Universelle de Justice doit, dans l'avenir, être solidement posée et édifiée. Ce n'est que lorsqu'elles auront fait preuve de vigueur et d'harmonie dans leur fonctionnement qu'on pourra espérer voir la fin de la période de transition actuelle... Ayez toujours présent à l'esprit que la note dominante dans la cause de Dieu n'est pas l'autorité dictatoriale mais une attitude modeste et fraternelle, non le pouvoir arbitraire, mais un esprit de consultation dans la franchise et l'amitié. Seul, le véritable esprit bahá'í peut permettre de concilier les principes de miséricorde et de justice, de liberté et de soumission, de respect des droits sacrés de la personne humaine, de renoncement individuel, de vigilance, de discrétion et de prudence d'une part et, de l'autre, la confraternité, la franchise et le courage."
(Principes de l'administration bahá'íe, pp. 49 et 52.)

Les assemblées spirituelles locales d'un même pays sont reliées ensemble et coordonnées par cet autre corps élu de neuf membres: l'Assemblée spirituelle nationale. Cet organisme se compose de membres élus chaque année par les délégués représentant les communautés locales bahá'íes... La Convention nationale groupant les délégués forme un corps électif constitué selon le principe de la représentation proportionnelle... Ces conventions nationales ont lieu autant que possible pendant la période de Ridván, c'est-à-dire pendant ces douze jours, à partir du 21 avril, qui commémorent la déclaration de Bahá'u'lláh au jardin du Ridván près de Baghdád. C'est à l'Assemblée nationale sortante que revient la tâche d'accueillir les délégués.

La réunion de la Convention nationale est une occasion d'approfondir sa connaissance des diverses activités bahá'íes et de se communiquer mutuellement des rapports sur les activités locales et nationales durant l'année écoulée... La tâche d'un délégué bahá'í ne se limite pas à assister à la Convention et à participer à l'élection de la nouvelle Assemblée spirituelle nationale. Tandis qu'ils sont réunis, les délégués constituent une commission consultative qui donne des conseils et dont les recommandations doivent être soigneusement prises en considération par les membres de l'Assemblée spirituelle nationale qui auront été élus...

Le lien qui unit l'Assemblée spirituelle nationale aux assemblées spirituelles locales et à l'ensemble des croyants du pays est ainsi défini dans les lettres du Gardien de la cause:

"En ce qui concerne l'établissement des assemblées nationales, il est d'importance vitale que, dans chaque pays où les conditions sont favorables et où le nombre des amis a pris une ampleur considérable, une assemblée... nationale soit immédiatement constituée pour représenter ceux-ci.

Son but immédiat est de stimuler, unifier et coordonner, au moyen de consultations personnelles fréquentes, les nombreuses activités des amis, aussi bien que celles des assemblées locales et, par un contact étroit et suivi avec la Terre sainte, de prendre l'initiative de certaines mesures et de diriger en général les affaires de la cause dans ce pays.

Elle a encore un autre rôle non moins essentiel que le premier, car elle est destinée, quand le temps sera venu, à se transformer en maison de justice (désignée par 'Abdu'l-Bahá dans son testament comme "la maison secondaire de justice") D'après le texte explicite du testament, sa mission sera d'élire directement, en liaison avec les autres assemblées nationales du monde bahá'í, les membres de la Maison Universelle de Justice, conseil suprême chargé plus tard de diriger, d'organiser et d'unifier les affaires de la cause d'un bout à l'autre du monde...

Cette Assemblée spirituelle nationale qui, pendant la période de formation de la Maison Universelle de Justice, devra être réélue chaque année, assume évidemment de lourdes responsabilités puisqu'elle exerce une pleine autorité sur toutes les assemblées locales de son pays et que c'est à elle qu'incombe le soin de diriger les activités des amis, de sauvegarder avec vigilance la cause de Dieu et, enfin, de contrôler et de surveiller toutes les affaires concernant la cause en général.

Les questions présentant une importance vitale pour les intérêts de la cause dans la contrée, comme les traductions et les publications, le Mashriqu'l-Adhkár, l'enseignement et toutes matières similaires dépassant le cadre des affaires strictement locales, doivent être placées sous le contrôle absolu de l'Assemblée nationale.

Elle devra soumettre chacune de ces questions, comme le font les assemblées locales, à un comité spécial élu par les membres de l'Assemblée spirituelle nationale parmi tous les amis résidant dans ce pays, comité qui se trouve vis-à-vis d'elle dans les mêmes rapports que les comités locaux vis-à-vis de leur assemblée locale respective.

Il lui revient aussi la responsabilité de décider si une question à l'étude est de nature strictement locale, c'est-à-dire du ressort de l'assemblée locale, ou si elle tombe sous sa propre juridiction et nécessite une attention particulière de sa part. (Principes de l'administration bahá'íe, pp. 79 et 80, éd. 1968.)

Dès qu'ils ont été élus par les délégués réunis à la Convention, les membres de l'Assemblée nationale doivent se pénétrer de la pensée que c'est pour eux un devoir strict vis-à-vis de la cause, que nous aimons et servons tous, de rechercher et d'accueillir avec la plus grande déférence, aussi bien individuellement que collectivement, les avis, les opinions mûrement réfléchies et les sentiments véritables exprimés par les délégués assemblés.

Bannissant parmi eux toute attitude de mystère, de réticence injustifiée et de hauteur dictatoriale, ils doivent, spontanément et largement, faire part aux délégués qui les ont élus, de leurs plans, de leurs espoirs et de leurs préoccupations. Ils doivent les familiariser avec les différentes questions qui seront à examiner dans l'année courante, étudier et peser avec calme et conscience les opinions et les jugements de ces délégués. L'Assemblée nationale nouvellement élue, pendant les quelques jours où la Convention tient session et après la dispersion des délégués, doit chercher les moyens d'améliorer la compréhension, de faciliter et de maintenir les échanges de vues, d'accroître la confiance, de prouver enfin de manière évidente et tangible que le service et le progrès du bien commun constituent son plus cher désir...

Cependant, en raison des limitations qu'on est obligé d'apporter à la fréquence des convocations et à la longueur des sessions de la Convention, c'est l'Assemblée spirituelle nationale qui devra statuer en dernier ressort sur toutes les matières concernant les intérêts de la cause... comme par exemple de décider si une assemblée locale s'inspire bien dans son fonctionnement des principes édictés pour la conduite et le progrès de la cause."
(Principes de l'administration bahá'íe, p. 68.)

Le soin de dresser la liste électorale pour les élections locales annuelles est laissé à chaque assemblée spirituelle locale et, pour la guider dans cette responsabilité, le Gardien a donné les instructions suivantes:

"Voici, indiqués très brièvement et de manière aussi satisfaisante que les circonstances actuelles le permettent, les facteurs principaux à prendre en considération avant de décider si quelqu'un peut ou non être tenu pour un croyant véritable: Reconnaissance pleine et entière des rangs respectifs du précurseur, de l'auteur et du modèle par excellence de la foi bahá'íe tels qu'ils ont été définis dans le testament de 'Abdu'l-Bahá; adhésion sans réserve et soumission à tout ce qui a été révélé par leur plume; acceptation loyale et ferme de chaque clause du testament sacré de notre Bien-Aimé et association étroite avec l'esprit aussi bien que la forme de l'administration bahá'íe actuelle, telles sont, à mon sens, les conditions fondamentales et principales dont il faut s'assurer avec loyauté, discrétion et en toute conscience avant de prendre une décision aussi vitale."
(Principes de l'administration bahá'íe, p.15.)

Les instructions de 'Abdu'l-Bahá prévoient le développement ultérieur de l'organisation bahá'íe:

"Et maintenant, en ce qui concerne la Maison de Justice que Dieu a instituée comme source de tout bien et qu'Il a affranchie de toute erreur, elle doit être élue au suffrage universel, c'est-à-dire par tous les croyants. Ses membres doivent être les manifestations de la crainte de Dieu, les aurores du savoir et de la compréhension; ils doivent être fermes dans la foi de Dieu et dévoués à toute l'humanité. Il s'agit ici de la Maison Universelle de Justice, c'est-à-dire que, dans chaque pays, une maison secondaire de justice doit être instituée, et ces maisons secondaires de justice éliront les membres de la Maison Universelle de Justice [La Maison Universelle de Justice fut élue pour la première fois le 21 avril 1963 par les membres de cinquante-six assemblées spirituelles nationales] Toutes choses devront être soumises à cet organisme. C'est lui qui édictera toutes les lois et tous les règlements qui ne se trouvent pas dans le texte sacré explicite. C'est par cet organisme que tous les problèmes difficiles seront résolus, et le Gardien de la cause de Dieu en est le chef sacré, le membre éminent et inamovible.

Cette Maison de Justice édictera les lois, et le gouvernement les appliquera. Le corps législatif doit renforcer l'exécutif, l'exécutif doit aider et assister le corps législatif afin que, grâce à l'union et à l'harmonie de ces deux forces, les bases de la justice et de l'équité soient fortes et solides et que le monde entier devienne un véritable paradis."
(Testament de 'Abdu'l-Bahá, pp. 29 et 30, éd. 1970.)

"Vers le très saint Livre, tous doivent se tourner, et tout ce qui n'y est pas expressément mentionné doit être déféré à la Maison Universelle de Justice. La décision que celle-ci prendra, soit à l'unanimité, soit à la majorité des voix, est réellement la vérité et le dessein de Dieu Lui-même. Quiconque s'en écarte est en vérité de ceux qui affectionnent la discorde; celui-là a fait preuve de malignité et s'est détourné du Seigneur de l'alliance."
(Testament de 'Abdu'l-Bahá, p. 41, éd. 1970.)

Déjà à l'heure actuelle, les bahá'ís de toutes les parties du monde maintiennent entre eux des rapports intimes et cordiaux au moyen de correspondances régulières et de visites individuelles. Ce contact, établi entre des membres de races, de nationalités et de traditions religieuses différentes, prouve de manière tangible que les entraves créées par les préjugés et par les facteurs historiques de division peuvent être entièrement rompues grâce à l'esprit d'unité dispensé par Bahá'u'lláh.


15.11. L'ordre mondial de Bahá'u'lláh

Des explications complémentaires ont été données à ce sujet depuis février 1929 par Shoghi Effendi, dans des communications successives adressées à la communauté bahá'íe:

"Je ne peux me défendre d'adresser un pressant appel à ceux qui désirent s'identifier avec leur foi, afin qu'ils négligent les idées dominantes et les coutumes éphémères de l'époque présente pour comprendre, comme jamais auparavant, à quel point les théories discréditées et les institutions chancelantes de la civilisation actuelle offrent un contraste frappant avec celles préconisées par Dieu et qui sont destinées à s'élever sur leurs ruines...

Car Bahá'u'lláh... n'a pas seulement insufflé à l'humanité un esprit régénérateur nouveau. Il ne s'est pas contenté d'énoncer certains principes universels ou de proposer une philosophie particulière, si puissante, si pure et si universelle qu'elle puisse être. Il a, de plus--et 'Abdu'l-Bahá après lui--édicté un ensemble de lois, établi des institutions définies et donné les fondements essentiels d'une économie divine, ce qu'on ne trouve dans aucune dispensation du passé. Ces lois et ces institutions sont destinées à servir de modèle pour la société future, modèle qui sera l'instrument parfait pour l'établissement de la paix suprême, le facteur de l'unification du monde et de la proclamation du règne du droit et de la justice sur la terre...

Ce que ni la dispensation du Christ ni celle de Muhammad, ni aucune de celles du passé n'ont révélé, les apôtres de Bahá'u'lláh, dans tous les pays où ils travaillent et peinent, le possèdent, exprimé en termes formels, catégoriques et non équivoques: toutes les lois, les réglementations, les principes, les institutions et la direction nécessaires à l'accomplissement de leur tâche... C'est là le trait distinctif de la révélation bahá'íe; de là vient la force de l'unité de la foi, la valeur d'une révélation qui ne se propose pas de détruire ni d'amoindrir les révélations précédentes mais de les relier les unes aux autres, de les unifier et de réaliser pleinement leurs buts.

Si faible que paraisse, à l'heure actuelle, notre foi aux yeux des hommes qui ne voient en elle qu'un rejeton de l'islám ou bien qui l'ignorent dédaigneusement, la confondant avec ces sectes obscures qui abondent en Orient, ce joyau inestimable de la révélation divine, actuellement encore à l'état embryonnaire, se développera à l'abri du rempart de sa loi; il se façonnera sans se diviser ni s'altérer jusqu'à ce qu'il embrasse tout le globe. C'est uniquement à ceux qui ont déjà reconnu le rang suprême de Bahá'u'lláh, dont le cœur est touché par son amour, à ceux qui vivent en contact intime avec la puissance de son esprit qu'est donné le pouvoir d'apprécier comme il convient la valeur de cette économie divine, le don inestimable qu'il a fait à l'humanité."
(SHOGHI EFFENDI, The World Order of Bahá'u'lláh, pp. 19 à 23.)


"C'est vers ce but, celui d'un nouvel ordre mondial d'origine divine, dont la portée embrasse toute chose, équitable en son principe et stimulant dans ses caractéristiques, qu'une humanité harassée doit diriger ses efforts...

Combien pathétiques en effet sont les efforts de ces chefs d'institutions humaines qui, méconnaissant entièrement l'esprit de notre époque, tentent d'appliquer encore les méthodes nationales des âges révolus, où chaque pays était indépendant, à notre âge actuel qui doit réaliser l'unité du monde esquissée par Bahá'u'lláh ou périr. À une heure aussi critique de l'histoire de la civilisation, il convient aux dirigeants de toutes les nations du monde, grandes ou petites, de l'Est comme de l'Ouest, aux vainqueurs comme aux vaincus, de prêter l'oreille à l'appel éclatant de Bahá'u'lláh. Puis, pénétrés jusqu'au fond de l'âme de ce sens de la solidarité mondiale qui est la condition "sine qua non" de la loyauté envers sa cause, qu'ils se lèvent courageusement pour appliquer intégralement le remède efficace que lui, le divin médecin, a prescrit pour l'humanité souffrante.

Qu'ils bannissent définitivement toute idée préconçue, tous préjugés nationaux et qu'ils suivent le conseil sublime donné par 'Abdu'l-Bahá, l'interprète par excellence des enseignements de Bahá'u'lláh. À une haute personnalité du gouvernement fédéral des États-Unis qui lui demandait de quelle manière il pouvait le mieux servir les intérêts de son gouvernement et de ses concitoyens, 'Abdu'l-Bahá répondit [En 1912]: "Vous servirez au mieux votre pays en vous efforçant, suivant votre pouvoir de citoyen du monde, d'aider à étendre éventuellement ce principe de fédéralisme, base du gouvernement de votre pays, aux relations actuelles entre les peuples et les nations du monde..."

Une forme de super-État mondial devra nécessairement être élaborée, en faveur duquel toutes les nations du globe devront, de leur plein gré, abandonner certains droits à lever des impôts, toute prétention à faire la guerre et tous droits à conserver des armements, sauf ceux qui concernent le maintien de l'ordre à l'intérieur de leurs pays respectifs. Un tel État devra inclure dans le cercle de ses fonctions un pouvoir exécutif international capable d'exercer une autorité suprême et irrécusable sur tout membre récalcitrant de la communauté; un parlement mondial dont les membres seront élus par les peuples des pays respectifs, avec la confirmation subséquente des gouvernements correspondants; enfin, un tribunal suprême dont les jugements seront obligatoires, même si les parties en cause n'avaient pas volontairement consenti à soumettre leur cas à son arbitrage.

Dans cette communauté mondiale, toutes les barrières économiques auront été renversées à jamais et l'interdépendance du capital et du travail aura été définitivement reconnue; la clameur du fanatisme et des luttes religieuses se sera calmée pour toujours; la flamme de l'animosité raciale sera définitivement éteinte; un seul code de lois internationales--issu du jugement mûrement réfléchi des États fédérés--disposera, comme moyen de sanction, de l'intervention immédiate et coercitive des forces combinées des unités fédérées; enfin, la frénésie d'un nationalisme capricieux et militant fera place à une conscience durable du droit de cité mondial. En vérité, tel apparaît, dans ses grandes lignes, cet ordre conçu par Bahá'u'lláh, ordre qui sera reconnu comme le fruit le plus beau d'un âge qui mûrit lentement...

Qu'il n'y ait aucune appréhension touchant le but qui anime la loi mondiale de Bahá'u'lláh. Loin de viser à renverser les fondations de la société présente, elle cherche à en élargir les bases, à refondre ses institutions afin qu'elles répondent aux besoins d'un monde en perpétuel changement. Elle ne peut entrer en conflit avec les allégeances légitimes ni miner les loyautés essentielles. Son but n'est pas plus d'étouffer dans le cœur humain la flamme d'un patriotisme sain et intelligent que d'abolir le régime de l'autonomie nationale, indispensable si l'on veut éviter les inconvénients d'une centralisation excessive. Elle n'ignore pas et ne tente pas de supprimer la diversité des origines ethniques, celle du climat, de l'histoire, des langues et des traditions, des pensées et des mœurs, qui différencie les peuples et les nations du monde. Elle demande seulement une fidélité plus large, une aspiration plus vaste que celles qui, jusqu'ici, animèrent la race humaine...

L'appel de Bahá'u'lláh est, avant tout, dirigé contre toutes les formes d'étroitesse d'esprit, tous les particularismes et tous les préjugés... Car les types de lois, les théories politiques et économiques sont uniquement destinés à sauvegarder les intérêts de l'humanité dans son ensemble; celle-ci n'a pas à être crucifiée à seule fin de conserver une loi ou une doctrine particulière quelle qu'elle soit... Le principe de l'unité de l'humanité--pivot des enseignements de Bahá'u'lláh--n'est pas un simple accès de sentimentalité ignorante ni l'expression d'un espoir vague et pieux... Il implique quelque chose de plus profond; sa proclamation est plus importante que celles que les prophètes du passé furent autorisés à formuler. Son message ne s'adresse pas seulement à l'individu; il concerne avant tout la nature de ces rapports essentiels qui doivent relier entre eux tous les États et toutes les nations, comme des membres d'une seule famille humaine...

Il représente la consommation de l'évolution humaine...

Que seule la pression d'une catastrophe mondiale soit capable de hâter l'apparition de cette phase nouvelle de la pensée humaine, cela devient hélas de jour en jour plus évident. Seule, une ardente épreuve de feu, à la fois châtiment et préparation pour l'humanité, pourra réussir à implanter dans les esprits ce sens de la responsabilité que les dirigeants de l'ère nouvelle doivent acquérir...

'Abdu'l-Bahá n'a-t-il pas lui-même déclaré, en termes non équivoques, qu'une autre guerre, plus terrible que la première, éclaterait certainement?

Cet ordre administratif..., à mesure que ses parties constituantes, ses institutions organiques commenceront à fonctionner avec vigueur et efficacité, affirmera sa prétention et prouvera sa qualité à être considéré, non seulement comme le noyau, mais comme le modèle même du nouvel ordre mondial destiné à embrasser, dans la plénitude des temps, l'humanité tout entière...

Seule parmi toutes les révélations antérieures, cette foi a... réussi à édifier une structure que les adeptes égarés de croyances périmées et défaillantes devraient considérer et examiner avec un sens critique pour rechercher, avant qu'il ne soit trop tard, l'invulnérable sécurité de son universelle protection...

À quoi se rapporteraient les paroles de Bahá'u'lláh sinon à la puissance et à la majesté que cet ordre administratif est destiné à déployer, en tant que rudiment de la future communauté universelle bahá'íe?"
(SHOGHI EFFENDI, Le But d'un nouvel ordre mondial, p. 27, éd. 1968.)


"L'équilibre du monde a été détruit sous la poussée vibrante de ce suprême, de ce nouvel ordre mondial. La vie organisée de l'humanité a été révolutionnée par l'action de ce système unique et merveilleux que les yeux des mortels n'ont jamais contemplé...

La communauté bahá'íe de l'avenir dont cet ordre administratif, d'envergure mondiale, forme la seule charpente est, en pratique comme en théorie, non seulement unique dans toute l'histoire des institutions politiques, mais encore sans parallèle dans les annales des divers systèmes religieux du monde. Aucune forme de gouvernement démocratique, aucun mode d'autocratie ou de dictature tant monarchique que républicaine, aucun système intermédiaire d'ordre purement aristocratique ni même aucun type reconnu de théocratie tel que l'État hébreu ou les diverses organisations ecclésiastiques chrétiennes, ou encore l'imamat et le califat dans l'Islám, ne peut être identifié ou déclaré conforme à l'ordre administratif que, de sa main de maître, son parfait architecte a façonné...

Ne permettez à personne, tandis que cet organisme est encore dans son enfance, d'amoindrir sa signification ou de dénaturer ses buts. Les assises sur lesquelles est posé cet ordre administratif sont les desseins immuables de Dieu pour l'humanité de notre époque. La source de son inspiration n'est autre que Bahá'u'lláh lui-même... Le but central sous-jacent qui l'anime est l'établissement du nouvel ordre mondial tel que l'a esquissé Bahá'u'lláh. Les méthodes qu'il applique, la doctrine qu'il inculque ne l'inclinent pas plus vers l'Est que vers l'Ouest, pas davantage vers les juifs que vers les gentils, vers les riches que vers les pauvres, vers les Blancs que vers les hommes de couleur. Son mot d'ordre est l'unification de la race humaine, son drapeau celui de la paix suprême..."
(SHOGHI EFFENDI, La Dispensation de Bahá'u'lláh, pp. 95, 103, éd. 1970.)


"Le contraste est aussi clair que frappant entre, d'une part, les preuves, qui s'accumulent, d'une consolidation constante qui accompagne la croissance de l'ordre administratif de la foi de Dieu et, d'autre part, les forces de désintégration qui battent en brèche l'édifice d'une société accablée par l'effort. Chaque jour les signes et les gages croissent en nombre et en importance, tant dans le monde bahá'í qu'en dehors, présageant d'une manière mystérieuse la naissance de cet ordre mondial qui doit marquer l'apparition de l'âge d'or de la foi de Dieu...

Bientôt, comme le proclament les paroles mêmes de Bahá'u'lláh, le présent ordre de choses sera révolu et un nouvel ordre se déroulera à sa place...

La révélation de Bahá'u'lláh... doit... être considérée comme marquant la venue de l'âge mûr de la race humaine. Il ne faut pas voir en elle simplement une renaissance spirituelle de plus dans la fortune toujours mouvante de l'humanité ni un stade plus élevé dans la chaîne des révélations progressives, ni même le point culminant d'une des séries de cycles prophétiques qui se répètent, mais plutôt le dernier stade, le sommet suprême de l'évolution prodigieuse de la vie collective de l'homme sur cette planète. La naissance d'une communauté mondiale, la conscience d'un civisme mondial, la fondation d'une civilisation et d'une culture communes à tous doivent être considérées, en ce qui concerne cette vie planétaire, comme la limite extrême que puisse atteindre l'organisation de la société humaine, cependant que l'homme, en tant qu'individu, pourra, que dis-je, devra, bien entendu, et en conséquence d'un tel achèvement, continuer à progresser et à se développer indéfiniment...

L'unité de la race humaine, telle qu'elle a été conçue par Bahá'u'lláh, implique l'établissement d'une communauté mondiale dans laquelle toutes les nations, races, croyances et classes sont étroitement et définitivement unies et où l'autonomie des États membres, la liberté et l'initiative personnelles des individus qui la composent sont complètement et pour toujours sauvegardées.

Cette communauté, pour autant que nous puissions l'imaginer, comportera un corps législatif mondial dont les membres, en tant que mandataires de l'humanité entière, auront le contrôle suprême de toutes les ressources des nations membres et édicteront les lois nécessaires pour régler la vie, pourvoir aux besoins et harmoniser les relations de toutes les races et de tous les peuples.

Un pouvoir exécutif mondial, soutenu par une force internationale, exécutera les décisions prises par ce pouvoir législatif, appliquera les lois votées par celui-ci et veillera à la protection de l'unité organique de la communauté tout entière.

Un tribunal international jugera et prononcera un verdict final et sans appel dans tous les différends susceptibles de s'élever entre les divers éléments constitutifs de ce système universel.

Un mécanisme d'intercommunication mondiale sera imaginé; affranchi de toutes les entraves et restrictions d'ordre national, il fonctionnera sur la planète entière avec une rapidité merveilleuse et une parfaite régularité.

Une capitale mondiale, centre nerveux de la civilisation, sera le foyer vers lequel convergeront toutes les forces unificatrices de la vie et d'où rayonneront les influences stimulantes.

Une langue internationale sera inventée ou choisie parmi celles qui existent déjà et elle sera enseignée comme langue auxiliaire de la langue maternelle.

Une écriture et une littérature mondiales, un système uniforme et universel des monnaies et des poids et mesures simplifieront et faciliteront les échanges et la compréhension mutuelle entre les nations et les races humaines.

Dans une société de ce genre, les deux forces les plus puissantes de la vie humaine, la science et la religion, seront réconciliées; elles coopéreront en se développant harmonieusement.

Dans cette organisation, la presse, tout en donnant libre cours à l'expression des vues et des convictions diversifiées du genre humain, cessera d'être maniée de façon nuisible au gré des intérêts privés ou publics; elle sera libérée de l'influence des gouvernements et des peuples en conflit. Les ressources économiques du monde seront aménagées, ses sources de matières premières seront exploitées et utilisées à plein rendement, ses marchés coordonnés et développés, et la distribution des produits sera équitablement réglée.

Rivalités, haines et intrigues cesseront entre les nations; animosités et préjugés raciaux feront place à l'amitié raciale, à la compréhension réciproque et à la coopération.

Les causes de luttes religieuses seront à jamais écartées, les barrières et les restrictions économiques complètement abolies, et les différences excessives entre les classes s'effaceront. Le dénuement d'un côté et l'accumulation des richesses, de l'autre, disparaîtront. L'immense énergie absorbée et gaspillée pour la guerre tant économique que politique sera utilisée à d'autres buts tels que: étendre le champ des inventions humaines et du développement de la technique, accroître la productivité, exterminer la maladie, étendre les recherches scientifiques, relever le niveau de la santé physique, rendre le cerveau humain plus aigu et plus subtil, exploiter les ressources inemployées ou insoupçonnées de la planète, prolonger la vie humaine et développer par tous les moyens possibles tout ce qui peut stimuler la vie intellectuelle, morale et spirituelle de la race humaine tout entière.

Un système de fédération mondiale régissant le globe, exerçant une autorité indiscutable sur ses ressources d'une ampleur inimaginable, mêlant et incorporant à la fois les idéaux de l'Orient et de l'Occident, affranchi des malédictions de la guerre et de ses misères, résolu à exploiter toutes les ressources d'énergie disponibles à la surface de la terre, système dans lequel la force sera mise au service de la justice, dont l'existence reposera sur la reconnaissance universelle d'un Dieu unique et sur l'obéissance à une révélation commune, tel est le but vers lequel se dirige l'humanité, poussée par les forces unificatrices de la vie...

L'humanité tout entière se lamente et meurt du désir d'atteindre à l'unité et d'en finir avec son long martyre. Et cependant, elle refuse obstinément d'accepter la lumière et de reconnaître la souveraine autorité de la seule Puissance qui puisse la tirer de son embarras et lui épargner les calamités effroyables qui menacent de l'engloutir...

L'unification du genre humain est la marque caractéristique du stade d'évolution dont la société approche aujourd'hui. L'unité de la famille, de la tribu, de la cité et de la nation ont été successivement tentées et pleinement réalisées. L'unité du monde est le but que s'efforce d'atteindre une humanité harassée. L'édification des nations est achevée. L'anarchie inhérente à la souveraineté de l'État approche de son point culminant. Un monde progressant vers sa maturité doit renoncer à ce fétiche, reconnaître l'unité et l'intégralité de la famille humaine et établir une fois pour toutes les institutions capables d'incarner au mieux ce principe fondamental de son existence."
(SHOGHI EFFENDI, Vers l'apogée de la race humaine pp. 5 à 56.)

Les lettres ci-dessus ont été publiées en un seul volume intitulé "L'Ordre mondial de Bahá'u'lláh".


16. ÉPILOGUE

Sous la direction inspirée de Shoghi Effendi, la cause bahá'íe continua à se développer régulièrement, et son ordre administratif fut fermement mis en place. C'est ainsi qu'en 1951, onze assemblées spirituelles nationales fonctionnaient. Une fois ce résultat acquis, le Gardien se tourna vers le développement des institutions de la foi au niveau international. Il créa le Conseil International Bahá'í, précurseur de la Maison Universelle de Justice et, peu de temps après, nomma les premières Mains de la cause de Dieu.

Auparavant, Shoghi Effendi avait élevé, à titre posthume, certains bahá'ís éminents au rang de Mains de la cause--l'un d'entre eux étant le Dr John E. Esslemont. Mais ce ne fut qu'en 1951 qu'il estima le temps venu de se consacrer au complet développement de cette importante institution. Très vite, au cours des années 1951 à 1957, il désigna, par des nominations successives, trente-deux Mains de la cause, élargit le champ de leurs activités et institua, dans chaque continent, des corps auxiliaires composés de croyants nommés par les Mains pour être leurs délégués, leurs assistants et leurs conseillers. Vingt-sept de ces Mains étaient en vie lorsque survint le décès du Gardien.

Par un ensemble de lettres, dont certaines adressées aux bahá'ís du monde entier et d'autres aux croyants résidant dans des régions spécifiques, le Gardien approfondit leur compréhension des enseignements, établit les institutions administratives de la foi, apprit aux amis à en faire un usage correct et efficace. En 1937, il confia à la communauté bahá'íe américaine l'exécution du plan divin pour la diffusion du message de Bahá'u'lláh. Ce plan divin avait été révélé par 'Abdu'l-Bahá dans un certain nombre de tablettes écrites au cours de la Première Guerre mondiale, et constitue la charte de la propagation de la foi.

À partir de ce document, plusieurs plans d'enseignement furent mis en œuvre, d'abord dans l'hémisphère occidental, puis en Europe, en Asie, en Australasie et en Afrique. En 1953, le Gardien lança l'appel pour une croisade spirituelle mondiale de dix ans, visant à introduire la foi dans le reste des États indépendants et les principaux protectorats. En 1957, alors que la croisade arrivait à mi-route, le Gardien, épuisé par trente-six années de labeur incessant, mourut au cours d'un séjour à Londres.

Comme Shoghi Effendi n'avait pas d'héritier, les affaires de la foi furent, après novembre 1957, coordonnées et dirigées par les vingt-sept Mains de la cause jusqu'au moment de l'achèvement victorieux de la croisade, en avril 1963. À cette date la première Maison Universelle de Justice fut élue par les membres de cinquante-six assemblées spirituelles nationales, convoqués par les Mains de la cause, au centre bahá'í mondial de Haïfa. Aussitôt après ce suffrage historique, des bahá'ís de toutes les parties du globe se réunirent à Londres en un premier congrès mondial de la foi, afin d'y célébrer le centenaire de la déclaration de Bahá'u'lláh et de fêter l'expansion universelle de sa foi.

L'institution suprême de la foi est aujourd'hui la Maison Universelle de Justice, prescrite par Bahá'u'lláh dans son très saint Livre. Elle est investie de l'autorité de légiférer en toutes matières non traitées par les Écritures bahá'íes, et elle est assurée, par le texte sacré lui-même, de la direction divine. Dans son testament, 'Abdu'l-Bahá expose le mode d'élection de la Maison Universelle de Justice, définit, dans les termes les plus clairs, son rang et ses devoirs, et affirme qu'elle est directement inspirée par le Báb et par Bahá'u'lláh. C'est vers cette institution, ajoute-t-il, que tous doivent se tourner.

L'alliance de Bahá'u'lláh constitue le fait unique et le signe distinctif de la foi bahá'íe; c'est la base sur laquelle la foi élève ses structures et poursuit son développement. Sa particularité consiste en ce que, pour la première fois dans l'histoire religieuse, la manifestation de Dieu prévoit, en un langage clair et sans ambiguïté, une interprétation autorisée de ses paroles et assure la pérennité de l'autorité divinement instituée qui émane de la source de la foi.

L'interprétation des Écritures fut toujours, pour les religions précédentes, la plus féconde des occasions de schisme. Dans le livre de l'alliance, Bahá'u'lláh investit son fils aîné, 'Abdu'l-Bahá, des pleins pouvoirs pour interpréter ses Écrits et assumer la direction de sa cause. 'Abdu'l-Bahá, dans son testament, désigna son petit-fils, Shoghi Effendi, comme gardien de la foi et comme unique interprète des Écritures.

La foi bahá'íe ne possède pas de clergé et personne ne peut s'y prévaloir d'un rang spécial ni prétendre à une direction quelconque. C'est uniquement aux institutions créées par les Écritures bahá'íes qu'est réservée toute autorité.

En vertu de ces précautions exceptionnelles, la foi de Bahá'u'lláh fut préservée des schismes et de toute usurpation de pouvoir et, par-dessus tout, de l'infiltration de théories et de doctrines purement humaines, lesquelles détruisirent l'unité des religions dans le passé.

Pure et intacte, la parole révélée de Bahá'u'lláh et l'exclusivité du droit de l'interpréter restent, d'un bout à l'autre de cette dispensation, la source inviolée et inviolable de la vie spirituelle des hommes.

Dans le but de permettre aux Mains de la cause d'accomplir les fonctions spécifiques de protection et de propagation dont elles sont investies, la Maison Universelle de Justice créa, en 1968, les corps continentaux des conseillers. Chacune de ces institutions consiste en un certain nombre de conseillers nommés par la Maison Universelle de Justice et travaille en étroite collaboration avec les Mains de la cause de Dieu. La désignation et la direction des corps auxiliaires est maintenant du ressort de ces corps de conseillers, et l'activité des Mains--dont six sont encore en vie--a été élargie à l'échelle mondiale.

En juin 1973, la Maison Universelle de Justice fonda, en Terre sainte, un Centre international d'Enseignement qui a pour fonctions principales de coordonner, de stimuler et de diriger les activités du Corps continental des conseillers et de servir de liaison entre eux et la Maison Universelle de Justice.

Certains textes du Gardien font mention de plans d'enseignement mondiaux devant être mis en action par la Maison Universelle de Justice. Le premier de ceux-ci fut un plan de neuf ans lancé en 1964. Il fut suivi par un plan de cinq ans (1974-79), un plan de sept ans (1979-86) et un plan de six ans qui doit se terminer à Ridván 1992. À l'heure actuelle (1989), la foi bahá'íe a été établie dans cent soixante-six États indépendants et quarante-huit départements ou territoires d'Outremer. Il y a des bahá'ís dans plus de cent seize mille sept cents localités disséminées dans le monde entier. La littérature bahá'íe a été traduite dans plus de huit cent langues; le huitième temple bahá'í a récemment été inauguré en Inde en 1986. Les terrains nécessaires à l'érection de cent vingt-six nouveaux temples ont été acquis. Il existe cent cinquante et une assemblées spirituelles nationales et plus de quatre millions de bahá'ís. Les bahá'ís poursuivent actuellement avec énergie la réalisation d'un plan de six ans conçu pour favoriser une plus grande expansion de la foi dans le monde et pour sa consolidation.

Mais le plus encourageant a été la réponse des masses dans des régions comme l'Afrique, l'Inde, le Sud-Est asiatique et l'Amérique latine. Très nombreux sont les habitants de ces contrées qui ont commencé à s'engager dans la cause, inaugurant ainsi une nouvelle phase des activités sociales et administratives de la communauté mondiale bahá'íe.


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BAHA'U'LLAH AND THE NEW ERA
An Introduction to the Baha'i Faith
by J.E. Esslemont
Copyright 1950, 1970, 1976, 1980
National Spiritual Assembly of the Baha'is of the United States

Preface to 1937 Edition

With the publication of "Baha'u'llah and the New Era" more than ten years ago, the Baha'i Faith was given its first well- conceived, thorough exposition by a student of the teachings. Recognizing its value as the most satisfactory introduction to the Cause, Baha'is in both East and West have found Dr. Esslemont's book so helpful that it has been translated into some thirty different languages.
As Dr. Esslemont himself recognized, the Faith entered a new phase of its history after the ascension of 'Abdu'l-Baha. The result is that the author's views, some of them written prior to 1921, no longer, on certain aspects of the subject, correspond to the evolutionary character of the Faith. His treatment of events and social conditions then existing, moreover, no longer appears fully relevant. Unavoidably, a few errors of fact had entered his text, while his explanation of the stations of the Bab and of 'Abdu'l-Baha have been replaced in the minds of Baha'is by the authoritative interpretations since made by the first Guardian of the Faith, Shoghi Effendi.
The present edition therefore represents a revision made by the American National Spiritual Assembly, acting under the advice and approval of Shoghi Effendi.
These revisions in no respect alter the original plan of Dr. Esselmont's book, nor affect the major portion of his text. Their purpose has been to amplify the author's discussion in a few passages by the addition of material representing the fuller knowledge available since his lamented death, and newer translations of his quotations from Baha'i Sacred Writings.

Baha'i Publishing Committee January, 1937

--Baha'u'llah and the New Era, Pages viii-ix
Preface to 1950 Edition

With this edition the American Baha'i Publishing Committee takes over copyright and other interests in "Baha'u'llah and the New Era" from Messrs. George Allen & Unwin Ltd., of London, England, through whom the late Dr. J. E. Esslemont published his famous book more than twenty years ago. Under arrangement with the British publishers, the Committee has since 1928 brought out eleven printings, in addition to the first American edition imported by Brentano's of New York.
This edition does not displace the text as it has appeared since major revision was made in the book under the direction of the Guardian of the Faith in 1937, as the time has not come for anything like a thorough recasting of the book to make its references to world conditions completely contemporaneous. Dr. Esslemont's work endures as a trustworthy introduction to the history and teachings of the Baha'i Faith. Its translation into some thirty different languages attests its appeal to students in the East as well as the West.
It should be added that any further revision of the text in the future is subject to approval by Shoghi Effendi. The Committee has no authority to pass upon revisions which may be desired by Baha'is of other countries for their particular need.

Baha'i Publishing Committee December, 1950

--Baha'u'llah and the New Era, Pages x-xi
Preface to 1970 Edition

Since 1937 no revision has been made to the text of Dr. Esslemont's book, although in 1950 some minor corrections were introduced. On the other hand, the diffusion and development of the Baha'i Faith since that time have been tremendous, and there has been added to Baha'i bibliography a rich legacy of incomparable expositions, translations and historical accounts from the pen of Shoghi Effendi, Guardian of the Faith and the appointed interpreter of its Sacred Writings.
It has therefore been deemed necessary to bring the book up to date in order to maintain its usefulness for modern readers. This has been done with a minimum of alteration to the text, and chiefly by the use of footnotes and of an epilogue giving the current statistics and new developments in the organic unfoldment of the Baha'i Faith.
Dr. Esslemont's book continues to be one of the most widely used introductory books on the Baha'i Faith, as evidenced by the fact that since 1937 the number of its translations has increased from thirty to fifty-eight.

Baha'i Publishing Trust

--Baha'u'llah and the New Era, Pages xii-xiii
Introduction

In December 1914, through a conversation with friends who had met 'Abdu'l-Baha, and the loan of a few pamphlets, I first became acquainted with the Baha'i teachings. I was at once struck by their comprehensiveness, power and beauty. They impressed me as meeting the great needs of the modern world more fully and satisfactorily than any other presentation of religion which I had come across--an impression which subsequent study has only served to deepen and confirm.
In seeking for fuller knowledge about the movement I found considerable difficulty in obtaining the literature I wanted, and soon conceived the idea of putting together the gist of what I learned in the form of a book, so that it might be more easily available for others. When communication with Palestine was reopened after the war, I wrote to 'Abdu'l-Baha and enclosed a copy of the first nine chapters of the book, which was then almost complete in rough draft. I received a very kind and encouraging reply, and a cordial invitation to visit Him in Haifa and bring the whole of my manuscript with me. The invitation was gladly accepted, and I had the great privilege of spending two and a half months as the guest of 'Abdu'l-Baha during the winter of 1919-1920. During this visit 'Abdu'l-Baha discussed the book with me on various occasions. He gave several valuable suggestions for its improvement and proposed that, when I had revised the manuscript, He would have the whole of it translated into Persian so that He could read it through and amend or correct it where necessary. The revisal and translation were carried out as suggested, and 'Abdu'l-Baha found time, amid His busy life, to correct some three and a half chapters (Chapters I, II, V and part of III) before He passed away. It is a matter of profound regret to me that 'Abdu'l-Baha was not able to complete the correction of the manuscript, as the value of the book would thereby have been greatly enhanced. The whole of the manuscript has been carefully revised,

--Baha'u'llah and the New Era, Page xiv
however, by a committee of the National Baha'i Assembly of England,+F1 and its publication approved by that Assembly.
I am greatly indebted to Miss E. J. Rosenberg, Mrs. Claudia S. Coles, Mirza Lutfu'llah S. Hakim, Messrs. Roy Wilhelm and Mountfort Mills and many other kind friends for valuable help in the preparation of the work.
As regards the transliteration of Arabic and Persian names and words, the system adopted in this book is that recently recommended by Shoghi Effendi for use throughout the Baha'i World.

J. E. ESSLEMONT Fairford, Cults, By Aberdeen.
___________________
F1. The first publication of Baha'u'llah and the New Era was in 1923, and at that time there was a National Spiritual Assembly of the Baha'is of England; however, the name of the institution was sub-sequently changed in 1930 to the National Spiritual Assembly of the Baha'is of the British Isles, and more recently to its present designation of the National Spiritual Assembly of the Baha'is of the United Kingdom.

Baha'u'llah and the New Era

--Baha'u'llah and the New Era, Page 1
The Glad Tidings/1

The Promised One of all the peoples of the world hath appeared. All peoples and communities have been expecting a Revelation, and He, Baha'u'llah, is the foremost teacher and educator of all mankind.--'ABDU'L-BAHA.

The Greatest Event in History
If we study the story of the "ascent of man" as recorded in the pages of history, it becomes evident that the leading factor in human progress is the advent, from time to time, of men who pass beyond the accepted ideas of their day and become the discoverers and revealers of truths hitherto unknown among mankind. The inventor, the pioneer, the genius, the Prophet--these are the men on whom the transformation of the world primarily depends. As Carlyle says:--

The plain truth, very plain, we think is, that ... one man that has a higher Wisdom, a hitherto unknown spiritual Truth in him, is stronger, not than ten men that have it not, or than ten thousand, but than all men that have it not; and stands among them with a quite ethereal, angelic power, as with a sword out of Heaven's own armory, sky-tempered, which no buckler, and no tower of brass, will finally withstand.--Sign of the Times

In the history of science, of art, of music, we see abundant illustrations of this truth, but in no domain is the supreme importance of the great man and his message more clearly evident than in that of religion. All down the ages, whenever the spiritual life of men has become degenerate and their morals corrupt, that most wonderful and mysterious of men, the Prophet, makes His appearance. Alone against the world, without a single human being capable of teaching, of guiding, of fully understanding Him, or of sharing His responsibility, He

--Baha'u'llah and the New Era, Page 2
arises, like a seer among blind men, to proclaim His gospel of righteousness and truth.
Amongst the Prophets some stand out with special pre-eminence. Every few centuries a great Divine Revealer--a Krishna, a Zoroaster, a Moses, a Jesus, a Muhammad--appears in the East, like a spiritual Sun, to illumine the darkened minds of men and awaken their dormant souls. Whatever our views as to the relative greatness of these religion-founders we must admit that They have been the most potent factors in the education of mankind. With one accord these Prophets declare that the words They utter are not from Themselves, but are a Revelation through Them, a Divine message of which They are the bearers. Their recorded utterances abound, too, in hints and promises of a great world teacher Who will appear "in the fullness of time" to carry on Their work and bring it to fruition, One Who will establish a reign of peace and justice upon earth, and bring into one family all races, religions, nations, and tribes, that "there may be one fold and one shepherd" and that all may know and love God "from the least even unto the greatest."
Surely the advent of this "Educator of Mankind," in the latter days, when He appears, must be the greatest event in human history. And the Baha'i Movement is proclaiming to the world the glad tidings that this Educator has in fact appeared, that His Revelation has been delivered and recorded and may be studied by every earnest seeker, that the "Day of the Lord" has already dawned and the "Sun or Righteousness" arisen. As yet only a few on the mountaintops have caught sight of the Glorious Orb, but already its rays are illumining heaven and earth, and erelong it will rise above the mountains and shine with full strength on the plains and valleys too, giving life and guidance to all.

The Changing World
That the world, during the nineteenth and the early part of the twentieth centuries,+F1 has been passing through the death
___________________
F1. Written shortly after the First World War.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 3
pangs of an old era and the birth pangs of a new, is evident to all. The old principles of materialism and self-interest, the old sectarian and patriotic prejudices and animosities, are perishing, discredited, amidst the ruins they have wrought, and in all lands we see signs of a new spirit of faith, of brotherhood, of internationalism, that is bursting the old bonds and overrunning the old boundaries. Revolutionary changes of unprecedented magnitude have been occurring in every department of human life. The old era is not yet dead. It is engaged in a life and death struggle with the new. Evils there are in plenty, gigantic and formidable, but they are being exposed, investigated, challenged and attacked with new vigor and hope. Clouds there are in plenty, vast and threatening, but the light is breaking through, and is illumining the path of progress and revealing the obstacles and pitfalls that obstruct the onward way.
In the eighteenth century it was different. Then the spiritual and moral gloom that enshrouded the world was relieved by hardly a ray of light. It was like the darkest hour before the dawn, when the few lamps and candles that remain alight do little more than make the darkness visible. Carlyle in his Frederick the Great writes of the eighteenth century thus:--

A century which has no history and can have little or none. A century so opulent in accumulated falsities ... as never century before was! Which had no longer the consciousness of being false, so false had it grown; and was so steeped in falsity, and impregnated with it to the very bone, that--in fact the measure of the thing was full, and a French Revolution had to end it. ... A very fit termination, as I thankfully feel, for such a century. ... For there was need once more of a Divine Revelation to the torpid, frivolous children of men, if they were not to sink altogether into the ape condition.--Frederick the Great, Book I, Chap. I.

Compared with the eighteenth century the present time is as the dawn after darkness, or as the spring after winter. The world is stirring with new life, thrilling with new ideals and

--Baha'u'llah and the New Era, Page 4
hopes. Things that but a few years ago seemed impossible dreams are now accomplished facts. Others that seemed centuries ahead of us have already become matters of "practical politics." We fly in the air and make voyages under the sea. We send messages around the world with the speed of lightning. Within a few decades we have seen miracles too numerous to mention.

The Sun of Righteousness
What is the cause of this sudden awakening throughout the world? Baha'is believe that it is due to a great outpouring of the Holy Spirit through the Prophet Baha'u'llah, Who was born in Persia in 1817 and passed away in the Holy Land in 1892.
Baha'u'llah taught that the Prophet, or "Manifestation of God," is the Light-bringer of the spiritual world, as the sun is the light-bringer of the natural world. Just as the material sun shines over the earth and causes the growth and development of material organisms, so also, through the Divine Manifestation, the Sun of Truth shines upon the world of heart and soul, and educates the thoughts, morals and characters of men. And just as the rays of the natural sun have an influence which penetrates into the darkest and shadiest corners of the world, giving warmth and life even to creatures that have never seen the sun itself, so also, the outpouring of the Holy Spirit through the Manifestation of God influences the lives of all, and inspires receptive minds even in places and among peoples where the name of the Prophet is quite unknown. The advent of the Manifestation is like the coming of the Spring. It is a day of Resurrection in which the spiritually dead are raised to new life, in which the Reality of the Divine Religions is renewed and reestablished, in which appear "new heavens and a new earth."
But, in the world of nature, the Spring brings about not only the growth and awakening of new life but also the destruction and removal of the old and effete; for the same sun, that makes the flowers to spring and the trees to bud, causes also the decay and disintegration of what is dead and useless; it loosens the ice and melts the snow of winter, and sets free the flood and

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the storm that cleanse and purify the earth. So is it also in the spiritual world. The spiritual sunshine causes similar commotion and change. Thus the Day of Resurrection is also the Day of Judgment, in which corruptions and imitations of the truth and outworn ideas and customs are discarded and destroyed, in which the ice and snow of prejudice and superstition, which accumulated during the season of winter, are melted and transformed, and energies long frozen and pent up are released to flood and renovate the world.

The Mission of Baha'u'llah
Baha'u'llah declared, plainly and repeatedly, that He was the long-expected educator and teacher of all peoples, the channel of a wondrous Grace that would transcend all previous outpourings, in which all previous forms of religion would become merged, as rivers merge in the ocean. He laid a foundation which affords a firm basis for Unity throughout the whole world and the inauguration of that glorious age of peace on earth, goodwill among men, of which prophets have told and poets sung.
Search after truth, the oneness of mankind, unity of religions, of races, of nations, of East and West, the reconciliation of religion and science, the eradication of prejudices and superstitions, the equality of men and women, the establishment of justice and righteousness, the setting up of a supreme international tribunal, the unification of languages, the compulsory diffusion of knowledge--these, and many other teachings like these, were revealed by the pen of Baha'u'llah during the latter half of the nineteenth century, in innumerable books and epistles several of which were addressed to the Kings and Rulers of the world.
His message, unique in its comprehensiveness and scope, is wonderfully in accord with the signs and needs of the times. Never were the new problems confronting men so gigantic and complex as now. Never were the proposed solutions so numerous and conflicting. Never was the need of a great world teacher so urgent or so widely felt. Never, perhaps, was the expectancy of such a teacher so confident or so general.

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Fulfillment of Prophecies
'Abdu'l-Baha writes:--

When Christ appeared, twenty centuries ago, although the Jews were eagerly awaiting His Coming, and prayed ever day, with tears, saying: "O God, hasten the Revelation of the Messiah," yet when the Sun of Truth dawned, they denied Him and rose against Him with the greatest enmity, and eventually crucified that divine Spirit, the Word of God, and named Him Beelzebub, the evil one, as is recorded in the Gospel. The reason for this was that they said: "The Revelation of Christ, according to the clear text of the Torah, will be attested by certain signs, and so long as these signs have not appeared, whoso layeth claim to be a Messiah is an impostor. Among these signs is this, that the Messiah should come from an unknown place, yet we all know this man's house in Nazareth, and can any good thing come out of Nazareth? The second sign is that He shall rule with a rod of iron, that is, He must act with the sword, but this Messiah has not even a wooden staff. Another of the conditions and signs is this: He must sit upon the throne of David and establish David's sovereignty. Now, far from being enthroned, this man has not even a mat to sit on. Another of the conditions is this: the promulgation of all the laws of the Torah; yet this man has abrogated these laws, and has even broken the sabbath day, although it is the clear text of the Torah that whosoever layeth claim to prophethood and revealeth miracles and breaketh the sabbath day, must be put to death. Another of the signs is this, that in His reign justice will be so advanced that righteousness and well-doing will extend from the human even to the animal world--the snake and the mouse will share one hole, and the eagle and the partridge one nest, the lion and the gazelle shall dwell in one pasture, and the wolf and the kid shall drink from one fountain. Yet now, injustice and tyranny have waxed so great in his time that they have

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crucified him! Another of the conditions is this, that in the days of the Messiah the Jews will prosper and triumph over all the peoples of the world, but now they are living in the utmost abasement and servitude in the Empire of the Romans. Then how can this be the Messiah promised in the Torah?"
In this wise did they object to that Sun of Truth, although that Spirit of God was indeed the One promised in the Torah. But as they did not understand the meaning of these signs, they crucified the Word of God. Now the Baha'is hold that the recorded signs did come to pass in the Manifestation of Christ, although not in the sense which the Jews understood, the description in the Torah being allegorical. For instance, among the signs is that of sovereignty. For Baha'is say that the sovereignty of Christ was a heavenly, divine, everlasting sovereignty, not a Napoleonic sovereignty that vanisheth in a short time. For well-nigh two thousand years this sovereignty of Christ hath been established, and until now it endureth, and to all eternity that Holy Being will be exalted upon an ever-lasting throne.
In like manner all the other signs have been made manifest, but the Jews did not understand. Although nearly twenty centuries have elapsed since Christ appeared with divine splendor, yet the Jews are still awaiting the coming of the Messiah and regard themselves as true and Christ as false.--Written by 'Abdu'l-Baha for this chapter.

Had the Jews applied to Christ He would have explained to them the true meaning of the prophecies concerning Himself. Let us profit by their example, and before deciding that the prophecies concerning the Manifestation of the Latter-Day Teacher have not been fulfilled, let us turn to what Baha'u'llah Himself has written regarding their interpretation, for many of the prophecies are admittedly "sealed" sayings, and the True Educator Himself is the only One Who can break the seals and show the real meaning contained in the casket of words.
Baha'u'llah has written much in explanation of the prophecies of old, but it is not on these that He depends for proof of

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His Prophethood. The sun is its own proof, to all that have the power of perception. When it rises we need no ancient predictions to assure us of its shining. So with the Manifestation of God when He appears. Were all the former prophecies swept into oblivion, He would still be His own abundant and sufficient proof to all whose spiritual senses are open.

Proofs of Prophethood
Baha'u'llah asked no one to accept His statements and His tokens blindly. On the contrary, He put in the very forefront of His teachings emphatic warnings against blind acceptance of authority, and urged all to open their eyes and ears, and use their own judgement, independently and fearlessly, in order to ascertain the truth. He enjoined the fullest investigation and never concealed Himself, offering, as the supreme proofs of His Prophethood, His words and works and their effects in transforming the lives and characters of men. The tests He proposed are the same as those laid down by His great predecessors. Moses said:--

When a prophet speaketh in the name of the Lord, if the thing follow not, nor come to pass, that is the thing which the Lord hath not spoken, but the prophet hath spoken it presumptuously: thou shalt not be afraid of him.--Deut. xviii, 22.

Christ put His test just as plainly, and appealed to it in proof of His own claim. He said:--

Beware of false prophets, which come to you in sheep's clothing, but inwardly they are ravening wolves. Ye shall know them by their fruits. Do men gather grapes of thorns, or figs of thistles? Even so every good tree bringeth forth good fruit; but a corrupt tree bringeth forth evil fruit. ... Wherefore by their fruits ye shall know them.--Matt. vii, 15-17, 20

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In the chapters that follow, we shall endeavor to show whether Baha'u'llah's claim to Prophethood stands or falls by application of these tests: whether the things that He had spoken have followed and come to pass, and whether His fruits have been good or evil; in other words, whether His prophecies are being fulfilled and His ordinances established, and whether His lifework has contributed to the education and upliftment of humanity and the betterment of morals, or the contrary.

Difficulties of Investigation
There are, of course, difficulties in the way of the student who seeks to get at the truth about this Cause. Like all great moral and spiritual reformations, the Baha'i Faith has been grossly misrepresented. About the terrible persecutions and sufferings of Baha'u'llah and His followers, both friends and enemies are in entire agreement. About the value of the Movement, however, and the character of its Founders, the statements of the believers and the accounts of the deniers are utterly at variance. It is just as in the time of Christ. Concerning the crucifixion of Jesus and the persecution and martyrdom of His followers both Christian and Jewish historians are in agreement, but whereas the believers say that Christ fulfilled and developed the teachings of Moses and the prophets, the deniers declare that He broke the laws and ordinances and was worthy of death.
In religion, as in science, truth reveals her mysteries only to the humble and reverent seeker, who is ready to lay aside every prejudice and superstition--to sell all that he has, in order that he may buy the "one pearl of great price." To understand the Baha'i Faith in its full significance, we must undertake its study in the spirit of sincere and selfless devotion to truth, persevering in the path of search and relying on divine guidance. In the Writings of its Founders we shall find the master key to the mysteries of this great spiritual awakening, and the ultimate criterion of its value. Unfortunately, here again there are difficulties in the way of the student who is unacquainted with the Persian and Arabic languages in which the teachings are written. Only a small proportion of the Writings has been

--Baha'u'llah and the New Era, Page 10
translated into English, and many of the translations which have appeared leave much to be desired, both in accuracy and style. But despite the imperfection and inadequacy of historical narratives and translations, the greatest essential truths which form the massive and firm foundations of this Cause stand out like mountains from the mists of uncertainty.+F1

Aim of Book
The endeavor in the following chapters will be to set forth, as far as possible, fairly and without prejudice, the salient features of the history and more especially of the teachings of the Baha'i Cause, so that readers may be enabled to form an intelligent judgment as to their importance, and perhaps be induced to search into the subject more deeply for themselves.
Search after truth, however, important though it be, is not the whole aim and end of life. The truth is no dead thing, to be placed in a museum when found--to be labeled, classified, catalogued, exhibited and left there, dry and sterile. It is something vital which must take root in men's hearts and bear fruit in their lives ere they reap the full reward of their search.
The real object, therefore, in spreading the knowledge of a prophetic revelation is that those who become convinced of its truth may proceed to practice its principles, to "lead the life" and diffuse the glad tidings, thus hastening the advent of that blessed day when God's Will shall be done on earth as it is in Heaven.
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F1. There are now the incomparable translations by Shoghi Effendi from the Persian and Arabic, of the Writings of Baha'u'llah and 'Abdu'l-Baha. These, together with his own considerable writings covering the history of the Faith, the statements and implications of its fundamental verities and the unfoldment of its Administrative Order, make the modern inquirer's task infinitely easier than in Dr. Esslemont's time.

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The Bab:+F1 The Forerunner/2

Verily the oppressor hath slain the Beloved of the worlds that he might thereby quench the Light of God amidst His creatures and withhold mankind from the Stream of Celestial Life in the days of his Lord, the Gracious, the Bountiful.-- BAHA'U'LLAH, Tablet to Ra'is.

Birthplace of the New Revelation
Persia, the birthplace of the Baha'i Revelation, has occupied a unique place in the history of the world. In the days of her early greatness she was a veritable queen among nations, unrivaled in civilization, in power and in splendor. She gave to the world great kings and statesmen, prophets and poets, philosophers and artists. Zoroaster, Cyrus and Darius, Hafiz and Firdawsi, Sa'di and `Umar Khayyam are but a few of her many famous sons. Her craftsmen were unsurpassed in skill; her carpets were matchless, her steel blades unequaled, her pottery world famous. In all parts of the Near and Middle East she has left traces of her former greatness.
Yet, in the eighteenth and nineteenth centuries she had sunk to a condition of deplorable degradation. Her ancient glory seemed irretrievably lost. Her government was corrupt and in desperate financial straits; some of her rulers were feeble, and others monsters of cruelty. Her priests were bigoted and intolerant, her people ignorant and superstitious. Most of them belonged to the Shi'ih sect,+F2 of Muhammadans, but there were also considerable numbers of Zoroastrians, Jews and Christians,
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F1. The "a" pronounced as in Shah.

F2. One of the two great factions--Shi'ih and Sunni--into which Islam fell soon after the death of Muhammad. The Shi'ihs claim that 'Ali, the son-in-law of Muhammad, was the first legitimate successor of the Prophet, and that only his descendants are the rightful caliphs.

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of diverse and antagonistic sects. All professed to follow sublime teachers who exhorted them to worship the one God and to live in love and unity, yet they shunned, detested and despised each other, each sect regarding the others as unclean, as dogs or heathens. Cursing and execration were indulged in to a fearful extent. It was dangerous for a Jew or a Zoroastrian to walk in the street on a rainy day, for if his wet garment should touch a Muhammadan, the Muslim was defiled, and the other might have to atone for the offense with his life. If a Muhammadan took money from a Jew, Zoroastrian or Christian he had to wash it before he could put it in his pocket. If a Jew found his child giving a glass of water to a poor Muhammadan beggar he would dash the glass from the child's hand, for curses rather than kindness should be the portion of infidels! The Muslims themselves were divided into numerous sects, among whom strife was often bitter and fierce. The Zoroastrians did not join much in these mutual recriminations, but lived in communities apart, refusing to associate with their fellow countrymen of other faiths.
Social as well as religious affairs were in a state of hopeless decadence. Education was neglected. Western science and art were looked upon as unclean and contrary to religion. Justice was travestied. Pillage and robbery were of common occurrence. Roads were bad and unsafe for travel. Sanitary arrangements were shockingly defective.
Yet, notwithstanding all this, the light of spiritual life was not extinct in Persia. Here and there, amid the prevailing worldliness and superstition, could still be found some saintly souls, and in many a heart the longing for God was cherished, as in the hearts of Anna and Simeon before the appearance of Jesus. Many were eagerly awaiting the coming of a promised Messenger of God, and confident that the time of His advent was at hand. Such was the state of affairs in Persia when the Bab, the Herald of a new era, set all the country in commotion with His message.

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Early Life
Mirza 'Ali-Muhammad, Who afterwards assumed the title of Bab (i.e. Gate), was born at Shiraz, in the south of Persia, on the 20th of October, 1819 A.D.+F1 He was a Siyyid, that is, a descendant of the Prophet Muhammad. His father, a well-known merchant, died soon after His birth, and He was then placed under the care of a maternal uncle, a merchant of Shiraz, who brought Him up. In childhood He learned to read, and received the elementary education customary for children.+F2 At the age of fifteen He went into business, at first with His guardian, and afterwards with another uncle who lived at Bushihr, on the shore of the Gulf of Persia.
As a youth He was noted for great personal beauty and charm of manner, and also for exceptional piety, and nobility of character. He was unfailing in His observance of the prayers, fasts and other ordinances of the Muhammadan religion, and not only obeyed the letter, but lived in the spirit of the Prophet's teachings. He married when about twenty-two years of age. Of this marriage one son was born, who died while still an infant, in the first year of the Bab's public ministry.
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F1. First day of Muharram, 1235 A.H.

F2. On this point a historian remarks: "The belief of many people in the East, especially the believers in the Bab (now Baha'is) was this: that the Bab received no education, but that the Mullas, in order to lower him in the eyes of the people, declared that such knowledge and wisdom as he possessed were accounted for by the education he had received. After deep search into the truth of this matter we have found evidence to show that in childhood for a short time he used to go to the house of Shaykh Muhammad (also known as 'Abid) where he was taught to read and write in Persian. It was this to which the Bab referred when he wrote in the book of Bayan: `O Muhammad, O my teacher! ...'
"The remarkable thing is this, however, that this Shaykh, who was his teacher, became a devoted disciple of his own pupil, and the uncle of the Bab who was like a father to him, whose name was Haji Siyyid 'Ali, also became a devout believer and was martyred as a Babi.
"The understanding of these mysteries is given to seekers after truth, but we know this, that such education as the Bab received was but elementary, and that whatever signs of unusual greatness and knowledge appeared in him were innate and from God."

--Baha'u'llah and the New Era, Page 14
Declaration
On reaching His twenty-fifth year, in response to divine command, He declared that "God the Exalted had elected Him to the station of Babhood." In "A Traveller's Narrative"+F1 we read that:--"What he intended by the term Bab was this, that he was the channel of grace from some great Person still behind the veil of glory, who was the possessor of countless and boundless perfections, by whose will he moved, and to the bond of whose love he clung."--A Traveller's Narrative (Episode of the Bab), p. 3.
In those days belief in the imminent appearance of a Divine Messenger was especially prevalent among a sect known as the Shaykhis, and it was to a distinguished divine belonging to this sect, called Mulla Husayn Bushru'i, that the Bab first announced His mission. The exact date of this announcement is given in the Bayan, one of the Bab's Writings, as two hours and eleven minutes after sunset on the eve preceding the fifth day of the month of Jamadiyu'l-Avval 1260 A.H.+F2 'Abdu'l-Baha was born in the course of the same night, but the exact hour of His birth has not been ascertained. After some days of anxious investigation and study, Mulla Husayn became firmly convinced that the Messenger long expected by the Shi'ihs had indeed appeared. His eager enthusiasm over this discovery was soon shared by several of his friends. Before long the majority of the Shaykhis accepted the Bab, becoming known as Babis; and soon the fame of the young Prophet began to spread like wildfire throughout the land.

Spread of the Babi Movement
The first eighteen disciples of the Bab (with Himself as nineteenth) became known as "Letters of the Living." These
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F1. A Traveller's Narrative Written to Illustrate the Episode of the Bab with an introduction by E. G. Browne, referred to subsequently as A Traveller's Narrative (Episode of the Bab).

F2. i.e. May 23, 1844 A.D.

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disciples He sent to different parts of Persia and Turkistan to spread the news of His advent. Meantime He Himself set out on a pilgrimage to Mecca, where He arrived in December 1844, and there openly declared His mission. On His return to Bushihr great excitement was caused by the announcement of His Babhood. The fire of His eloquence, the wonder of His rapid and inspired writings, His extraordinary wisdom and knowledge, His courage and zeal as a reformer, aroused the greatest enthusiasm among His followers, but excited a corresponding degree of alarm and enmity among the orthodox Muslims. The Shi'ih doctors vehemently denounced Him, and persuaded the Governor of Fars, namely Husayn Khan, a fanatical and tyrannical ruler, to undertake the suppression of the new heresy. Then commenced for the Bab a long series of imprisonments, deportations, examinations before tribunals, scourgings and indignities, which ended only with His martyrdom in 1850.

Claims of the Bab
The hostility aroused by the claim of Babhood was redoubled when the young reformer proceeded to declare that He was Himself the Mihdi (Mahdi) Whose coming Muhammad had foretold. The Shi'ihs identified this Mihdi with the 12th Imam+F1 who, according to their beliefs, had mysteriously disappeared from the sight of men about a thousand years previously. They believed that he was still alive and would reappear in the same body as before, and they interpreted in a material sense the prophecies regarding his dominion, his glory, his conquests and the "signs" of his advent, just as the Jews in the time of Christ interpreted similar prophecies regarding
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F1. The Imam of the Shi'ihs is the divinely ordained successor of the Prophet whom all the faithful must obey. Eleven persons successively held the office of Imam, the first being 'Ali, the cousin and son-in-law of the Prophet. The majority of the Shi'ihs hold that the twelfth Imam, called by them the Imam Mihdi, disappeared as a child into an underground passage in 329 A.H., and that in the fullness of time he will come forth, overthrow the infidels and inaugurate an era of blessedness.

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the Messiah. They expected that he would appear with earthly sovereignty and an innumerable army and declare his revelation, that he would raise dead bodies and restore them to life, and so on. As these signs did not appear, the Shi'ihs rejected the Bab with the same fierce scorn which the Jews displayed towards Jesus. The Babis, on the other hand, interpreted many of the prophecies figuratively. They regarded the sovereignty of the Promised One, like that of the Galilean "Man of Sorrows," as a mystical sovereignty; His glory as spiritual, not earthly glory; His conquests as conquests over the cities of men's hearts; and they found abundant proof of the Bab's claim in His wonderful life and teachings, His unshakable faith, His invincible steadfastness, and His power of raising to newness of spiritual life those who were in the graves of error and ignorance.
But the Bab did not stop even with the claim of Mihdihood. He adopted the sacred title of "Nuqtiyiula" or "Primal Point." This was a title applied to Muhammad Himself by His followers. Even the Imams were secondary in importance to the "Point," from Whom they derived their inspiration and authority. In assuming this title, the Bab claimed to rank, like Muhammad, in the series of great Founders of Religion, and for this reason, in the eyes of the Shi'ihs, He was regarded as an impostor, just as Moses and Jesus before Him had been regarded as impostors. He even inaugurated a new calendar, restoring the solar year, and dating the commencement of the New Era from the year of His own Declaration.

Persecution Increases
In consequence of these declarations of the Bab and the alarming rapidity with which people of all classes, rich and poor, learned and ignorant, were eagerly responding to His teaching, attempts at suppression became more and more ruthless and determined. Houses were pillaged and destroyed. Women were seized and carried off. In Tihran, Fars, Mazindaran, and other places great numbers of the believers were put to death. Many were beheaded, hanged, blown from the

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mouths of cannon, burnt or chopped to pieces. Despite all attempts at repression, however, the movement progressed. Nay, through this very oppression the assurance of the believers increased, for thereby many of the prophecies concerning the coming of the Mihdi were literally fulfilled. Thus in a tradition recorded by Jabir, which the Shi'ihs regard as authentic, we read:--

In him shall be the perfection of Moses, the preciousness of Jesus, and the patience of Job; his saints shall be abased in his time, and their heads shall be exchanged as presents, even as the heads of the Turk and the Deylamite are exchanged as presents; they shall be slain and burned,and shall be afraid, fearful and dismayed; the earth shall be dyed with their blood, and lamentation shall prevail amongst their women; these are my saints indeed.--New History of the Bab, translated by Prof. E. G. Browne,p. 132.

Martyrdom of the Bab
On the 9th of July, 1850,+F1 the Bab Himself, Who was then in His thirty-first year, fell a victim to the fanatical fury of His persecutors. With a devoted young follower name Aqa Muhammad 'Ali, who had passionately begged to be allowed to share His martyrdom, He was led to the scaffold in the old barrack square of Tabriz. About two hours before noon the two were suspended by ropes under their armpits in such a way that the head of Muhammad 'Ali rested against the breast of his beloved Master. A regiment of Armenian soldiers was drawn up and received the order to fire. Promptly the volleys rang out, but when the smoke cleared, it was found that the Bab and His companion were still alive. The bullets had but severed the ropes by which they were suspended, so that they dropped to the ground unhurt. The Bab proceeded to a room
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F1. Friday, 28th Sha'ban, 1266 A.H.

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nearby, where He was found talking to one of His friends. About noon they were again suspended. The Armenians, who considered the result of their volleys a miracle, were unwilling to fire again, so another regiment of soldiers had been brought on the scene, who fired when ordered. This time the volleys took effect. The bodies of both victims were riddled by bullets and horribly mutilated, although their faces were almost untouched.
By this foul deed the Barrack Square of Tabriz became a second Calvary. The enemies of the Bab enjoyed a guilty thrill of triumph, thinking that this hated tree of the Babi faith was now severed at the root, and its complete eradication would be easy! But their triumph was short-lived! They did not realize that the Tree of Truth cannot be felled by any material ax. Had they but known, this very crime of theirs was the means of giving greater vigor to the Cause. The martyrdom of the Bab fulfilled His own cherished wish and inspired His followers with increased zeal. Such was the fire of their spiritual enthusiasm that the bitter winds of persecution but fanned it to a fiercer blaze: The greater the efforts at extinction, the higher mounted the flames.

Tomb on Mount Carmel
After the Bab's martyrdom, His remains, with those of His devoted companion, were thrown on the edge of the moat outside the city wall. On the second night they were rescued at midnight by some of the Babis, and after being concealed for years in secret depositories in Persia, were ultimately brought, with great danger and difficulty, to the Holy Land. There they are now interred in a tomb beautifully situated on the slope of Mount Carmel, not far from the Cave of Elijah, and only a few miles from the spot where Baha'u'llah spent His last years and where His remains now lie. Among the thousands of pilgrims from all parts of the world who come to pay homage at the Holy Tomb of Baha'u'llah, none omit to offer a prayer also at the shrine of His devoted lover and forerunner, the Bab.

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Writings of Bab
The Writings of the Bab were voluminous, and the rapidity with which, without study or premeditation, He composed elaborate commentaries, profound expositions or eloquent prayers was regarded as one of the proofs of His divine inspiration.
The purport of His various Writings has been summarized as follows:--

Some of these [the Bab's Writings] were commentaries on, and interpretations of the verses of the Qur'an; some were prayers, homilies, and hints of [the true significance of certain] passages; other were exhortations, admonitions, dissertations on the different branches of thedoctrine of the Divine Unity ... encouragements to amendment of character, severance from worldly states,and dependence on the inspirations of God. But the essence and purport of his compositions were the praises and descriptions of that Reality soon to appear which was his only object and aim, his darling, and his desire. For he regarded his own appearance as that of a harbinger of good tidings, and considered his own real nature merely as a means for the manifestation of the greater perfections of that One. And indeed he ceased not from celebrating Him by night or day for a single instant, but used to signify to all his followers that they should expect His arising: in such wise that he declares in his writings, "I am a letter out of that most might book and a dew-drop from that limitless ocean, and, when He shall appear, my true nature, my mysteries, riddles, and intimations will become evident, and the embryo of this religion shall develop through the grades of its being and ascent, attain to the station of 'the most comely of forms,' and become adorned with the robe of 'blessed be God, the Best of Creators.' ... and so inflamed was he with His flame that commemoration of Him was the bright candle ofhis dark nights in the fortress of Mah-Ku, and remembrance

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of Him was the best of companions in the straits of the prison of Chihrik. Thereby he obtained spiritual enlargements; with His wine was he inebriated; and at remembrance of Him did he rejoice.--A Traveller's Narrative (Episode of the Bab), pp. 54-56.

He Whom God Shall Make Manifest
The Bab has been compared to John the Baptist, but the station of the Bab is not merely that of the herald or forerunner. In Himself the Bab was a Manifestation of God, the Founder of an independent religion, even though that religion was limited in time to a brief period of years. The Baha'is believe that the Bab and Baha'u'llah were Co-Founders of their Faith, the following words of Baha'u'llah testifying to this truth: "That so brief a span should have separated this most mighty and wondrous Revelation from Mine own previous Manifestation, is a secret that no man can unravel and a mystery such as no mind can fathom. Its duration had been foreordained, and no man shall ever discover its reason unless and until he be informed of the contents of My Hidden Book." In His references to Baha'u'llah, however, the Bab revealed an utter selflessness, declaring that, in the day of "Him whom God shall manifest":--"If one should hear a single verse from Him and recite it, it is better than that he should recite the Beyan [i.e. the Revelation of the Bab] a thousand times."-- A Traveller's Narrative (Episode of the Bab), p. 349.
He counted Himself happy in enduring any affliction, if by so doing He could smooth the path, by ever so little, for "Him Whom God shall make manifest," Who was, He declared, the sole source of His inspiration as well as the sole object of His love.

Resurrection, Paradise, and Hell
An important part of the Bab's teaching is His explanation of the terms Resurrection, Day of Judgment, Paradise and

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Hell. By the Resurrection is meant, He said, the appearance of a new Manifestation of the Sun of Truth. The raising of the dead means the spiritual awakening of those who are asleep in the graves of ignorance, heedlessness and lust. The Day of Judgment is the Day of the new Manifestation, by acceptance or rejection of Whose Revelation the sheep are separated from the goats, for the sheep know the voice of the Good Shepherd and follow Him. Paradise is the joy of knowing and loving God, as revealed through His Manifestation, thereby attaining to the utmost perfection of which one is capable, and, after death, obtaining entrance to the Kingdom of God and the life everlasting. Hell is simply deprivation of that knowledge of God with consequent failure to attain divine perfection, and loss of the Eternal Favor. He definitely declared that these terms have no real meaning apart from this; and that the prevalent ideas regarding the resurrection of the material body, a material heaven and hell, and the like, are mere figments of the imagination. He taught that man has a life after death, and that in the afterlife progress towards perfection is limitless.

Social and Ethical Teachings
In His Writings the Bab tells His followers that they must be distinguished by brotherly love and courtesy. Useful arts and crafts must be cultivated. Elementary education should be general. In the new and wondrous Dispensation now commencing, women are to have fuller freedom. The poor are to be provided for out of the common treasury, but begging is strictly forbidden, as is the use of intoxicating liquors for beverage purposes.
The guiding motive of the true Babi must be pure love, without hope of reward or fear of punishment. Thus He says in the Bayan:--

So worship God that if the recompense of thy worship of Him were to be the Fire, no alteration in thy worship of Him would be produced. If you worship from fear, that is unworthy of the threshold of the holiness of God. ...So also, if your gaze is on Paradise, and if you worship

--Baha'u'llah and the New Era, Page 22
in hope of that; for then you have made God's creation aPartner with Him.--Babis of Persia, II, Prof. E. G.Browne, J.R.A.S., vol. xxi, p. 931.

Passion and Triumph
This last quotation reveals the spirit which animated the Bab's whole life. To know and love God, to mirror forth His attributes and to prepare the way for His coming Manifestation --these were the sole aim and object of His being. For Him life had no terrors and death no sting, for love had cast out fear, and martyrdom itself was but the rapture of casting His all at the feet of His Beloved.
Strange! that this pure and beautiful soul, this inspired teacher of Divine Truth, this devoted lover of God and of His fellowmen should be so hated, and done to death by the professedly religious of His day! Surely nothing but unthinking or willful prejudice could blind men to the fact that here was indeed a Prophet, a Holy Messenger of God. Worldly greatness and glory He had none, but how can spiritual Power and Dominion be proved except by the ability to dispense with all earthly assistance, and to triumph over all earthly opposition, even the most potent and virulent? How can Divine Love be demonstrated to an unbelieving world save by its capacity to endure to the uttermost the blows of calamity and darts of affliction, the hatred of enemies and the treachery of seeming friends, to rise serene above all these and, undismayed and unembittered, still to forgive and bless?
The Bab has endured and the Bab has triumphed. Thousands have testified to the sincerity of their love for Him by sacrificing their lives and their all in His service. Kings might well envy His power over men's hearts and lives. Moreover, "He Whom the Lord shall make manifest" has appeared, has confirmed the claims and accepted the devotion of His forerunner, and made Him partaker of His Glory.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 23
Baha'u'llah:+F1 The Glory of God/3

O thou who art waiting, tarry no longer, for He is come. Behold His Tabernacle and His Glory dwelling therein. It is the Ancient Glory, with a new Manifestation.--BAHA'U'LLAH.

Birth and Early Life
Mirza Husayn 'Ali, Who afterwards assumed the title of Baha'u'llah (i.e. Glory of God), was the eldest son of Mirza 'Abbas of Nur, a Vazir or Minister of State. His family was wealthy and distinguished, many of its members having occupied important positions in the Government and in the Civil and Military Services of Persia. He was born in Tihran (Teheran), the capital city of Persia, between dawn and sunrise on the 12th of November, 1817.+F2 He never attended school or college, and what little teaching He received was given at home. Nevertheless, even as a child He showed wonderful wisdom and knowledge. While He was still a youth His father died, leaving Him responsible for the care of His younger brothers and sisters, and for the management of the extensive family estates.
On one occasion 'Abdu'l-Baha, the eldest son of Baha'u'llah, related to the writer the following particulars about His Father's early days:--

From childhood He was extremely kind and generous.He was a great lover of outdoor life, most of His time being spent in the garden or the fields. He had an extraordinary power of attraction, which was felt by all. People always crowded around Him. Ministers and people of the Court would surround Him, and the children also were devoted to Him. When He was only thirteen or fourteen
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F1. Pronounced with the accent on the second and fourth syllables, the first syllable being almost mute and both l's distinctly sounding.

F2. 2nd of Muharram, 1233 A.H.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 24
years old He became renowned for His learning. He would converse on any subject and solve any problem presented to Him. In large gatherings He would discuss matters with the 'Ulama (leading mullas) and would explain intricate religious questions. All of them used to listen to Him with the greatest interest.
When Baha'u'llah was twenty-two years old, His father died, and the Government wished Him to succeed to His father's position in the Ministry, as was customary in Persia, but Baha'u'llah did not accept the offer. Then the Prime Minister said: "Leave him to himself. Such a position is unworthy of him. He has some higher aim in view. I cannot understand him, but I am convinced that he is destined for some lofty career. His thoughts are not like ours. Let him alone."

Imprisoned as Babi
When the Bab declared His mission in 1844, Baha'u'llah, Who was then in His twenty-seventh year, boldly espoused the Cause of the new Faith, of which He soon became recognized as one of the most powerful and fearless exponents.
He had already twice suffered imprisonment for the Cause, and on one occasion had undergone the torture of the bastinado, when in August 1852, an event occurred fraught with terrible consequences for the Babis. One of the Bab's followers, a youth named Sadiq, had been so affected by the martyrdom of his beloved Master, of which he was an eyewitness, that his mind became deranged, and, in revenge, he waylaid the Shah and fired a pistol at him. Instead of using a bullet, however, he charged his weapon with small shot, and although a few pellets struck the Shah, no serious harm was done. The youth dragged the Shah from his horse, but was promptly seized by the attendants of his Majesty and put to death on the spot. The whole body of Babis was unjustly held responsible for the deed, and frightful massacres ensued. Eighty of them were forthwith put to death in Tihran with the most revolting tortures. Many others were seized and put into prisons, among them being Baha'u'llah. He afterwards wrote:--

--Baha'u'llah and the New Era, Page 25
By the righteousness of God! We were in no wise connected with that evil deed, and Our innocence was indisputably established by the tribunals. Nevertheless, they apprehended Us, and from Niyavaran, which was then the residence of His Majesty, conducted Us, on foot and in chains, with bared head and bare feet, to the dungeon of Tihran. A brutal man, accompanying Us on horseback, snatched off Our hat, whilst We were being hurried along by a troop of executioners and officials. We were consigned for four months to a place foul beyond comparison. As to the dungeon in which this Wronged One and others similarly wronged were confined, a dark and narrow pit were preferable. Upon Our arrival We were first conducted along a pitch-black corridor, from whence We descended three steep flights of stairs to the place of confinement assigned to Us. The dungeon was wrapped in thick darkness, and Our fellow-prisoners numbered nearly a hundred and fifty souls: thieves, assassins and highwaymen. Though crowded, it had no other outlet than the passage by which We entered. No pen can depict that place, nor any tongue describe its loathsome smell. Most of these men had neither clothes nor bedding to lie on. God alone knoweth what befell Us in that most foul-smelling and gloomy place!
Day and night, while confined in that dungeon, We meditated upon the deeds, the condition, and the conduct of the Babis, wondering what could have led a people so high-minded, so noble, and of such intelligence, to perpetrate such an audacious and outrageous act against the person of His Majesty. This Wronged One, thereupon, decided to arise, after His release from prison, and undertake, with the utmost vigor, the task of regenerating this people.
One night, in a dream, these exalted words were heard on every side: "Verily, We shall render Thee victorious by Thyself and by Thy Pen. Grieve Thou not for that which hath befallen Thee, neither be Thou afraid, for Thou art in safety. Erelong will God raise up the treasures of the earth--men who will aid Thee through Thyself

--Baha'u'llah and the New Era, Page 26
and through Thy Name, wherewith God hath revived the hearts of such as have recognized Him."--Epistle to the Son of the Wolf, pp. 20-21.

Exile to Baghdad
This terrible imprisonment lasted four months, but Baha'u'llah and His companions remained zealous and enthusiastic, in the greatest of happiness. Almost every day one or more of them was tortured or put to death and the others reminded that their turn might come next. When the executioners came to fetch one of the friends, the one whose name was called would literally dance with joy, kiss the hands of Baha'u'llah, embrace the rest of his fellow believers and then hasten with glad eagerness to the place of martyrdom.
It was conclusively proved that Baha'u'llah had no share in the plot against the Shah, and the Russian Minister testified to the purity of His character. He was, moreover, so ill that it was thought He would die. Instead, therefore, of sentencing Him to death, the Shah ordered that He should be exiled to 'Iraq-i-'Arab, in Mesopotamia; and thither, a fortnight later, Baha'u'llah set out, accompanied by His family and a number of other believers. They suffered terribly from cold and other hardships on the long winter journey, and arrived in Baghdad in a state of almost utter destitution.
As soon as His health permitted, Baha'u'llah began to teach inquirers and to encourage and exhort the believers, and soon peace and happiness reigned among the Babis.+F1 This, however, was short-lived. Baha'u'llah's half brother, Mirza Yahya, also known as Subh-i-Azal, arrived in Baghdad, and soon afterwards differences, secretly instigated by him, began to grow, just as similar divisions had arisen among the disciples of Christ. These differences (which later, in Adrianople, became open and violent) were very painful to Baha'u'llah, Whose
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F1. This was early in the year 1853, or nine years after the Bab's Declaration, thus fulfilling certain prophecies of the Bab concerning "the year nine."

--Baha'u'llah and the New Era, Page 27
whole aim in life was the promotion of unity among the people of the world.

Two Years in the Wilderness
About a year after coming to Baghdad, He departed alone into the wilderness of Sulaymaniyyih, taking with Him nothing but a change of clothes. Regarding this period He writes in the Book of Iqan+F1 as follows:--

In the early days of Our arrival in this land, when We discerned the signs of impending events, We decided, ere they happened, to retire. We betook Ourselves to the wilderness, and there, separated and alone, led for two years a life of complete solitude. From Our eyes there rained tears of anguish, and in Our bleeding heart there surged an ocean of agonizing pain. Many a night We had no food for sustenance, and many a day Our body found no rest. By Him Who hath My being between His hands! nothwithstanding these showers of afflictions and unceasing calamities, Our soul was wrapt in blissful joy, and Our whole being evinced an ineffable gladness. For in Our solitude We were unaware of the harm or benefit, the health or ailment, of any soul. Alone, We communed with Our spirit, oblivious of the world and all that is therein. We knew not, however, that the mesh of divine destiny exceedeth the vastest of mortal conceptions, and the dart of His decree transcendeth the boldest of human designs. None can escape the snares He setteth, and no soul can find release except through submission to His will. By the righteousness of God! Our withdrawal contemplated no return, and Our separation hoped for no reunion. The one object of Our retirement was to avoid becoming a subject of discord among the faithful, a source of disturbance unto Our companions, the means of injury to any soul,
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F1. Book of Iqan, Iqan, Kitab-i-Iqan, and Book of Certitude all refer to the same book.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 28
or the cause of sorrow to any heart. Beyond these, We cherished no other intention, and apart from them, We had no end in view. And yet, each person schemed after his own desire, and pursued his own idle fancy, until the hour when, from the Mystic Source, there came the summons bidding Us return whence We came. Surrendering Our will to His, We submitted to His injunction. What pen can recount the things We beheld upon Our return! Two years have elapsed during which Our enemies have ceaselessly and assiduously contrived to exterminate Us, whereunto all witness.--Kitab-i-Iqan, pp. 250-252.

Opposition of Mullas
After His return from this retirement, His fame became greater than ever and people flocked to Baghdad from far and near to see Him and hear His teachings. Jews, Christians and Zoroastrians, as well as Muhammadans, became interested in the new message. The Mullas (Muhammadan doctors), however, took up a hostile attitude and persistently plotted to effect His overthrow. On a certain occasion they sent one of their number to interview Him and submit to Him certain questions. The envoy found the answers of Baha'u'llah so convincing and His wisdom so amazing, although evidently not acquired by study, that he was obliged to confess that in knowledge and understanding Baha'u'llah was peerless. In order, however, that the Mullas who had sent him should be satisfied as to the reality of Baha'u'llah's Prophethood, he asked that some miracle should be produced as a proof. Baha'u'llah expressed His willingness to accept the suggestion on certain conditions, declaring that if the Mullas would agree regarding some miracle to be performed, and would sign and seal a document to the effect that on performance of this miracle they would confess the validity of His mission and cease to oppose Him, He would furnish the desired proof or else stand convicted of imposture. Had the aim of the Mullas been to get at the truth, surely here was their opportunity; but their intention was far

--Baha'u'llah and the New Era, Page 29
otherwise. Rightly or wrongly, they meant to secure a decision in their own favor. They feared the truth and fled from the daring challenge. This discomfiture, however, only spurred them on to devise fresh plots for the eradication of the oppressed sect. The Consul General of Persia in Baghdad came to their assistance and sent repeated messages to the Shah to the effect that Baha'u'llah was injuring the Muhammadan religion more than ever, still exerting a malign influence in Persia, and that He ought therefore to be banished to some more distant place.
It was characteristic of Baha'u'llah that, at this crisis, when at the instigation of the Muhammadan Mullas the Persian and Turkish Governments were combining their efforts to eradicate the Movement, He remained calm and serene, encouraging and inspiring His followers and writing imperishable words of consolation and guidance. 'Abdu'l-Baha relates how the Hidden Words were written at this time. Baha'u'llah would often go for a walk along the bank of the Tigris. He would come back looking very happy and write down those lyric gems of wise counsel which have brought help and healing to thousands of aching and troubled hearts. For years, only a few manuscript copies of the Hidden Words were in existence, and these had to be carefully concealed lest they should fall into the hands of the enemies that abounded, but now this little volume is probably the best known of all Baha'u'llah's works, and is read in every quarter of the globe. The Book of Iqan is another well-known work of Baha'u'llah's written about the same period, towards the end of His sojourn at Baghdad (1862-1863 A.D.)

Declaration at Ridvan+F1 near Baghdad
After much negotiation, at the request of the Persian Government, an order was issued by the Turkish Government summoning Baha'u'llah to Constantinople. On receipt of this news His followers were in consternation. They besieged the house of their beloved Leader to such an extent that the family
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F1. Pronounced Rezvan in Persian.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 30
encamped in the Garden of Najib Pasha outside the town for twelve days, while the caravan was being prepared for the long journey. It was on the first of these twelve days (April 22 to May 3, 1863, i.e. nineteen years after the Bab's Declaration) that Baha'u'llah announced to several of His followers the glad tidings that He was the One Whose coming had been foretold by the Bab--the Chosen of God, the Promised One of all the Prophets. The Garden where this memorable Declaration took place has become known to Baha'is as the "Garden of Ridvan," and the days Baha'u'llah spent there are commemorated in the "Feast of Ridvan," which is held annually on the anniversary of those twelve days. During those days Baha'u'llah, instead of being sad or depressed, showed the greatest joy, dignity and power. His followers became happy and enthusiastic, and great crowds came to pay their respects to Him. All the notables of Baghdad, even the Governor himself, came to honor the departing prisoner.

Constantinople and Adrianople
The journey to Constantinople lasted between three and four months, the party consisting of Baha'u'llah with members of His family and twenty-six disciples. Arrived in Constantinople they found themselves prisoners in a small house in which they were very much overcrowded. Later they got somewhat better quarters, but after four months they were again moved on, this time to Adrianople. The journey to Adrianople, although it lasted but a few days, was the most terrible they had yet undertaken. Snow fell heavily most of the time, and as they were destitute of proper clothing and food, their sufferings were extreme. For the first winter in Adrianople, Baha'u'llah and His family, numbering twelve persons, were accommodated in a small house of three rooms, comfortless and vermin infested. In the spring they were given a more comfortable abode. They remained in Adrianople over four and a half years. Here Baha'u'llah resumed His teaching and gathered about Him a large following. He publicly announced His mission and was enthusiastically accepted by the majority of

--Baha'u'llah and the New Era, Page 31
the Babis, who were known thereafter as Baha'is. A minority, however, under the leadership of Baha'u'llah's half brother, Mirza Yahya, become violently opposed to Him and joined with their former enemies, the Shi'ihs, in plotting for His overthrow. Great troubles ensued, and at last the Turkish Government banished both Babis and Baha'is from Adrianople, exiling Baha'u'llah and His followers to 'Akka, in Palestine, where they arrived (according to Nabil)+F1 on August 31, 1868, while Mirza Yahya and his party were sent to Cyprus.

Letters to Kings
About this time Baha'u'llah wrote His famous letter to the Sultan of Turkey, many of the crowned heads of Europe, the Pope, and the Shah of Persia. Later, in His Kitab-i-Aqdas+F2 He addressed other sovereigns, the rulers and Presidents of America, the leaders of religion in general and the generality of mankind. To all, He announced His mission and called upon them to bend their energies to the establishment of true religion, just government and international peace. In His letter to the Shah He powerfully pleaded the cause of the oppressed Babis and asked to be brought face to face with those who had instigated their persecution. Needless to say, this request was not complied with; Badi', the young and devoted Baha'i who delivered the letter of Baha'u'llah, was seized and martyred with fearful tortures, hot bricks being pressed on his flesh!
In the same letter Baha'u'llah gives a most moving account of His own sufferings and longings:--

O King, I have seen in the way of God what no eye hath seen and no ear hath heard. Friends have disclaimed me; ways are straitened unto me; the pool of safety is dried
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F1. Author of an early history of the Faith, The Dawn-Breakers, Nabil was a participant in some of the scenes he describes and was personally acquainted with many of the early believers.

F2. The Aqdas, Kitab-i-Aqdas, The Book of Aqdas, and The Most Holy Book all refer to the same book.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 32
up; the plain of ease is [scorched] yellow. How many calamities have descended, and how many will descend! I walk advancing toward the Mighty, the Bounteous, while behind me glides the serpent. My eyes rain down tears until my bed is drenched; but my sorrow is not for myself. By God, my head longeth for the spears for the love of its Lord, and I never pass by a tree but my heart addresseth it [saying], "O would that thou wert cut down in my name and my body were crucified upon thee in the way of my Lord;" yea, because I see mankind going astray in their intoxication, and they know it not: they have exalted their lusts, and put aside their God, as though they took the command of God for a mockery, a sport, and a plaything; and they think that they do well, and that they are harboured in the citadel of security. The matter is not as they suppose: to-morrow they shall see what they [now] deny.
We are about to shift from this most remote place of banishment [Adrianople] unto the prison of Acre. And, according to what they say, it is assuredly the most desolate of the cities of the world, the most unsightly of them in appearance, the most detestable in climate, and the foulest in water; it is as though it were the metropolis of the owl; there is not heard from its regions aught save the sound of its hooting. And in it they intend to imprison the servant, and to shut in our faces the doors of leniency and take away from us the good things of the life of the world during what remaineth of our days. By God, though weariness should weaken me, and hunger should destroy me, though my couch should be made of the hard rock and my associates of the beasts of the desert, I will not blench, but will be patient, as the resolute and determined are patient, in the strength of God, the King of Pre-existence, the Creator of the nations; and under all circumstances I give thanks unto God. And we hope of His graciousness (exalted is He) ... that He will render [all men's] faces sincere toward Him, the Mighty, the Bounteous. Verily He answereth him who prayeth unto Him, and is near unto him who calleth on Him. And

--Baha'u'llah and the New Era, Page 33
we ask Him to make this dark calamity a buckler for the body of His saints, and to protect them thereby from sharp swords and piercing blades. Through affliction hath His light shone and His praise been bright unceasingly: this hath been His method through past ages and bygone times. A Traveller's Narrative (Episode of the Bab), pp. 145-147.

Imprisonment in 'Akka
At that time 'Akka (Acre) was a prison city to which the worst criminals were sent from all parts of the Turkish Empire. On arriving there, after a miserable sea journey, Baha'u'llah and His followers, about eighty to eighty-four in number, including men, women and children, were imprisoned in the army barracks. The place was dirty and cheerless in the extreme. There were no beds or comforts of any sort. The food supplied was wretched and inadequate, so much so that after a time the prisoners begged to be allowed to buy their food for themselves. During the first few days the children were crying continually, and sleep was almost impossible. Malaria, dysentery and other diseases soon broke out, and everyone in the company fell sick, with the exception of two. Three succumbed to their sickness, and the sufferings of the survivors were indescribable.+F1
This rigorous imprisonment lasted for over two years, during which time none of the Baha'is was allowed outside the prison door, except four men, carefully guarded, who went out daily to buy food.
During the imprisonment in the barracks, visitors were rigidly excluded. Several of the Baha'is of Persia came all the way on foot for the purpose of seeing their beloved leader, but were refused admittance within the city walls. They used to
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F1. In order to bury two of those who died, Baha'u'llah gave His own carpet to be sold for the expenses of their burial, but instead of using this money for that purpose the soldiers appropriated it, and thrust the bodies into a hole in the ground.--'Abdul-Husayn Avarih Tafti

--Baha'u'llah and the New Era, Page 34
go to a place on the plain outside the third moat, from which they could see the windows of Baha'u'llah's quarters. He would show Himself to them at one of the windows and after gazing on Him from afar, they would weep and return to their homes, fired with new zeal for sacrifice and service.

Restrictions Relaxed
At last the imprisonment was mitigated. A mobilization of Turkish troops occurred and the barracks were required for soldiers. Baha'u'llah and His family were transferred to a house by themselves and the rest of the party were accommodated in a caravanserai in the town. Baha'u'llah was confined for seven more years in this house. In a small room near that in which He was imprisoned, thirteen of His household, including both sexes, had to accommodate themselves as best they could! In the earlier part of their stay in this house they suffered greatly from insufficiency of accommodation, inadequate food supply and lack of the ordinary conveniences of life. After a time, however, a few additional rooms were placed at their disposal and they were able to live in comparative comfort. From the time Baha'u'llah and His companions left the barracks, visitors were allowed to see them, and gradually the severe restrictions imposed by the Imperial firmans were more and more left in abeyance, although now and then reimposed for a time.

Prison Gates Opened
Even when the imprisonment was at its worst, the Baha'is were not dismayed, and their serene confidence was never shaken. While in the barracks at 'Akka, Baha'u'llah wrote to some friends, "Fear not. These doors shall be opened. My tent shall be pitched on Mount Carmel, and the utmost joy shall be realized." This declaration was a great source of consolation to His followers, and in due course it was literally fulfilled. The story of how the prison doors were opened had best be told in the words of 'Abdu'l-Baha, as translated by His grandson, Shoghi Effendi:--

--Baha'u'llah and the New Era, Page 35
Baha'u'llah loved the beauty and verdure of the country. One day He passed the remark: "I have not gazed on verdure for nine years. The country is the world of the soul, the city is the world of bodies." When I heard indirectly of this saying I realized that He was longing for the country, and I was sure that whatever I could do towards the carrying out of His wish would be successful. There was in 'Akka at that time a man called Muhammad Pasha Safwat, who was very much opposed to us. He had a palace called Mazra'ih, about four miles north of the city, a lovely place, surrounded by gardens and with a stream of running water. I went and called on this Pasha at his home. I said: "Pasha, you have left the palace empty, and are living in 'Akka." He replied: "I am an invalid and cannot leave the city. If I go there it is lonely and I am cut off from my friends." I said: "While you are not living there and the place is empty, let it to us." He was amazed at the proposal, but soon consented. I got the house at a very low rent, about five pounds per annum, paid him for five years and made a contract. I sent laborers to repair the place and put the garden in order and had a bath built. I also had a carriage prepared for the use of the Blessed Beauty.+F1 One day I determined to go and see the place for myself. Notwithstanding the repeated injunctions given in successive firmans that we were on no account to pass the limits of the city walls, I walked out through the City Gate. Gendarmes were on guard, but they made no objection, so I proceeded straight to the palace. The next day I again went out, with some friends and officials, unmolested and unopposed, although the guards and sentinels stood on both sides of the city gates. Another day I arranged a banquet, spread a table under the pine trees of Bahji, and gathered round it the notables and officials of the town. In the evening we all returned to the town together.
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F1. Jamal-i-Mubarak (lit. Blessed Beauty) was a title frequently applied to Baha'u'llah by His followers and friends.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 36
One day I went to the Holy Presence of the Blessed Beauty and said: "the palace at Mazra'ih is ready for You, and a carriage to drive You there." (At that time there were no carriages in 'Akka or Haifa.) He refused to go, saying: "I am a prisoner." Later I requested Him again, but got the same answer. I went so far as to ask Him a third time, but He still said "No!" and I did not dare to insist further. There was, however, in 'Akka a certain Muhammadan Shaykh, a well-known man with considerable influence, who loved Baha'u'llah and was greatly favored by Him. I called this Shaykh and explained the position to him. I said, "You are daring. Go tonight to His Holy Presence, fall on your knees before Him, take hold of His hands and do not let go until He promises to leave the city!" He was an Arab. ... He went directly to Baha'u'llah and sat down close to His knees. He took hold of the hands of the Blessed Beauty and kissed them and asked: "Why do you not leave the city?" He said: "I am a prisoner." The Shaykh replied: "God forbid! Who has the power to make you a prisoner? You have kept yourself in prison. It was your own will to be imprisoned, and now I beg you to come out and go to the palace. It is beautiful and verdant. The trees are lovely, and the oranges like balls of fire!" As often as the Blessed Beauty said: "I am a prisoner, it cannot be," the Shaykh took His hands and kissed them. For a whole hour he kept on pleading. At last Baha'u'llah said, "Khayli khub (very good)" and the Shaykh's patience and persistence were rewarded. He came to me with great joy to give the glad news of His Holiness's consent. In spite of the strict firman of 'Abdu'l-'Aziz which prohibited my meeting or having any intercourse with the Blessed Perfection, I took the carriage the next day and drove with Him to the palace. No one made any objection. I left Him there and returned myself to the city.
For two years He remained in that charming and lovely spot. Then it was decided to remove to another

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place, at Bahji. It so happened that an epidemic disease had broken out at Bahji, and the proprietor of the house fled away in distress, with all his family, ready to offer the house free of charge to any applicant. We took the house at a very low rent, and there the doors of majesty and true sovereignty were flung wide open. Baha'u'llah was nominally a prisoner (for the drastic firmans of Sultan 'Abdu'l-'Aziz were never repealed), yet in reality He showed forth such nobility and dignity in His life and bearing that He was reverenced by all, and the Rulers of Palestine envied His influence and power. Governors and Mutasarrifs, generals and local officials, would humbly request the honor of attaining His presence--a request to which He seldom acceded.
On one occasion a Governor of the city implored this favor on the ground of his being ordered by higher authorities to visit, with a certain general, the Blessed Perfection. The request being granted, the general, who was a very corpulent individual, a European, was so impressed by the majestic presence of Baha'u'llah that he remained kneeling on the ground near the door. Such was the diffidence of both visitors that it was only after repeated invitations from Baha'u'llah that they were induced to smoke the nargileh (hubble-bubble pipe) offered to them. Even then they only touched it with their lips, and then, putting it aside, folded their arms and sat in an attitude of such humility and respect as to astonish all those who were present.
The loving reverence of friends, the consideration and respect that were shown by all officials and notables, the inflow of pilgrims and seekers after truth, the spirit of devotion and service that was manifest all around, the majestic and kingly countenance of the Blessed Perfection, the effectiveness of His command, the number of His zealous devotees--all bore witness to the fact that Baha'u'llah was in reality no prisoner, but a King of Kings. Two despotic sovereigns were against Him, two powerful autocratic rulers, yet, even when confined in

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their own prisons, He addressed them in very austere terms, like a king
addressing his subjects. Afterwards, in spite of severe firmans, He lived at Bahji like a prince. Often He would say: "Verily, verily, the most wretched prison has been converted into a Paradise of Eden."
Surely, such a thing has not been witnessed since the creation of the world.

Life at Bahji
Having in His earlier years of hardship shown how to glorify God in a state of poverty and ignominy, Baha'u'llah in His later years at Bahji showed how to glorify God in a state of honor and affluence. The offerings of hundreds of thousands of devoted followers placed at His disposal large funds which He was called upon to administer. Although His life at Bahji has been described as truly regal, in the highest sense of the word, yet it must not be imagined that it was characterized by material splendor or extravagance. The Blessed Perfection and His family lived in very simple and modest fashion, and expenditure on selfish luxury was a thing unknown in that household. Near His home the believers prepared a beautiful garden called Ridvan, in which He often spent many consecutive days or even weeks, sleeping at night in a little cottage in the garden. Occasionally He went further afield. He made several visits to 'Akka and Haifa, and on more than one occasion pitched His tent on Mount Carmel, as He had predicted when imprisoned in the barracks at 'Akka. The time of Baha'u'llah was spent for the most part in prayer and meditation, in writing the Sacred Books, revealing Tablets, and in the spiritual education of the friends. In order to give Him entire freedom for this great work, 'Abdu'l-Baha undertook the arrangement of all other affairs, even meeting the Mullas, poets, and members of the Government. All of these were delighted and happy through meeting 'Abdu'l-Baha, and entirely satisfied with His explanation and talks, and although they had not met Baha'u'llah Himself, they became full of friendly feeling towards Him, through their acquaintanceship with His son, for

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Abdu'l-Baha's attitude caused them to understand the station of His father.
The distinguished orientalist, the late Professor Edward G. Browne, of the University of Cambridge, visited Baha'u'llah at Bahji in the year 1890, and recorded his impressions as follows:--

... my conductor paused for a moment while I removed my shoes. Then, with a quick movement of the hand, he withdrew, and, as I passed, replaced the curtain; and I found myself in a large apartment, along the upper end of which ran a low divan, while on the side opposite to the door were placed two or three chairs. Though I dimly suspected whither I was going and whom I was to behold (for no distinct intimation had been given to me), a second or two elapsed ere, with a throb of wonder and awe, I became definitely conscious that the room was not untenanted. In the corner where the divan met the wall sat a wondrous and venerable figure, crowned with a felt head-dress of the kind called taj by dervishes (but of unusual height and make), round the base of which was wound a small white turban. The face of him on whom I gazed I can never forget, though I cannot describe it. Those piercing eyes seemed to read one's very soul; power and authority sat on that ample brow; while the deep lines on the forehead and face implied an age which the jet-black hair and beard flowing down in indistinguishable luxuriance almost to the waist seemed to belie. No need to ask in whose presence I stood, as I bowed myself before one who is the object of a devotion and love which kings might envy and emperors sigh for in vain!
A mild dignified voice bade me be seated, and then continued:--"Praise be to God that thou has attained! ... Thou has come to see a prisoner and an exile. ... We desire but the good of the world and happiness of the nations; yet they deem us a stirrer up of strife and sedition worthy of bondage and banishment. ... That all nations should become one in faith and all men as brothers;

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that the bonds of affection and unity between the sons of men should be strengthened; that diversity of religion should cease, and differences of race be annulled-- what harm is there in this? ... Yet so it shall be; these fruitless strifes, these ruinous wars shall pass away, and the `Most Great Peace' shall come. ... Do not you in Europe need this also? Is not this that which Christ foretold? ... Yet do we see your kings and rulers lavishing their treasures more freely on means for the destruction of the human race than on that which would conduce to the happiness of mankind. ... These strifes and this bloodshed and discord must cease, and all men be as one kindred and one family. ... Let not a man glory in this, that he loves his country; let him rather glory in this, that he loves his kind. ..."
Such, so far as I can recall them, were the words which, besides many others, I heard from Beha. Let those who read them consider well with themselves whether such doctrines merit death and bonds, and whether the world is more likely gain or lose by their diffusion.--Introduction to A Traveller's Narrative (Episode of the Bab), pp. xxxix-xl.

Ascension
Thus simply and serenely did Baha'u'llah pass the evening of His life on earth until, after an attack of fever, He passed away on the 29th of May, 1892, at the age of seventy-five. Among the last Tablets He revealed was His Will and Testament, which He wrote with His own hand. Nine days after His death the seals were broken by His eldest son, in the presence of members of the family and a few friends, and the contents of the short but remarkable document were made known. By this will 'Abdu'l-Baha was constituted His father's representative and the expounder of His teachings, and the family and relatives of Baha'u'llah and all believers were instructed to turn to Him and obey Him. By this arrangement sectarianism and division were provided against and the unity of the Cause assured.

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Prophethood of Baha'u'llah
It is important to have clear ideas of Baha'u'llah's Prophethood. His utterances, like those of other divine "Manifestations," may be divided into two classes, in one of which He writes or speaks simply as a man who has been charged by God with a message to His fellows, while in the other class the words purport to be the direct utterance of God Himself.
He writes in the Book of Iqan:--

We have already in the foregoing pages assigned two stations unto each of the Luminaries arising from the Daysprings of eternal holiness. One of these stations, the station of essential unity, We have already explained. "No distinction do We make between any of them." [Qur'an 2:136] The other is the station of distinction, and pertaineth to the world of creation and to the limitations thereof. In this respect, each Manifestation of God hath a distinct individuality, a definitely prescribed mission, a predestined Revelation, and specially designated limitations. Each one of them is known by a different name, is characterized by a special attribute, fulfils a definite Mission, and is entrusted with a particular Revelation. Even as He saith: "Some of the Apostles We have caused to excel the others. To some God hath spoken, some He hath raised and exalted. And to Jesus, Son of Mary, We gave manifest signs, and We strengthened Him with the Holy Spirit." [Qur'an 2:253] ...
Thus, viewed from the standpoint of their oneness and sublime detachment, the attributes of Godhead, Divinity, Supreme Singleness, and Inmost Essence, have been and are applicable to those Essences of being, inasmuch as they all abide on the throne of divine Revelation, and are established upon the seat of divine Concealment. Through their appearance the Revelation of God is made manifest, and by their countenance the Beauty of God is revealed. Thus it is that the accents of God Himself have been heard uttered by these Manifestations of the divine Being.

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Viewed in the light of their second station--the station of distinction, differentiation, temporal limitations, characteristics and standards,--they manifest absolute servitude, utter destitution and complete self-effacement. Even as He saith: "I am the servant of God. I am but a man like you." ...
Were any of the all-embracing Manifestations of God to declare: "I am God!" He verily speaketh the truth, and no doubt attacheth thereto. For it hath been repeatedly demonstrated that through their Revelation, their attributes and names, the Revelation of God, His name and His attributes, are made manifest in the world. Thus, He hath revealed: "Those shafts were God's, not Thine!" [Qur'an 8:17] And also He saith: "In truth, they who plighted fealty unto thee, really plighted that fealty unto God." [Qur'an 48:10] And were any of them to voice the utterance: "I am the Messenger of God," He also speaketh the truth, the indubitable truth. Even as He saith: "Muhammad is not the father of any man among you, but He is the Messenger of God." Viewed in this light, they are all but Messengers of that ideal King, that unchangeable Essence. And were they all to proclaim: "I am the Seal of Prophets," they verily utter but the truth, beyond the faintest shadow of doubt. For they are all but one person, one soul, one spirit, one being, one revelation. They are all the manifestation of the "Beginning" and the "End," the "First" and the "Last," the "Seen" and "Hidden"--all of which pertain to Him Who is the innermost Spirit of Spirits and eternal Essence of Essences. And were they to say: "We are the servants of God," [Qur'an 33:40] this also is a manifest and indisputable fact. For they have been made manifest in the uttermost state of servitude, a servitude the like of which no man can possibly attain. Thus in moments in which these Essences of being were deeply immersed beneath the oceans of ancient and everlasting holiness, or when they soared to the loftiest summits of divine mysteries, they claimed their utterance to be the Voice of divinity, the Call of God Himself. Were the eye of discernment to be opened, it would recognize that in this very state, they

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have considered themselves utterly effaced and non-existent in the face of Him Who is the All-Pervading, the Incorruptible. Methinks, they have regarded themselves as utter nothingness, and deemed their mention in that Court an act of blasphemy. For the slightest whisperings of self, within such a Court, is an evidence of self-assertion and independent existence. In the eyes of them that have attained unto that Court, such a suggestion is itself a grievous transgression. How much more grievous would it be, were aught else to be mentioned in that Presence, were man's heart, his tongue, his mind, or his soul, to be busied with anyone but the Well-Beloved, were his eyes to behold any countenance other than His beauty, were his ear to be inclined to any melody but His voice, and were his feet to tread any way but His way.
In this day the breeze of God is wafted, and His Spirit hath pervaded all things. Such is the outpouring of His grace that the pen is stilled and the tongue is speechless.
By virtue of this station, they have claimed for themselves the Voice of Divinity and the like, whilst by virtue of their station of Messengership, they have declared themselves the Messengers of God. In every instance they have voiced an utterance that would conform to the requirements of the occasion, and have ascribed all these declarations to Themselves, declarations ranging from the divine Revelation to the realm of creation, and from the domain of Divinity even unto the domain of earthly existence. Thus it is that whatsoever be their utterance, whether it pertain to the realm of Divinity, Lordship, Prophethood, Messengership, Guardianship, Apostleship or Servitude, all is true, beyond the shadow of a doubt. Therefore, these sayings which We have quoted in support of Our argument must be attentively considered, that the divergent utterances of the Manifestations of the Unseen and Daysprings of Holiness may cease to agitate the soul and perplex the mind.--Kitab-i-Iqan, p.176-181.

When Baha'u'llah speaks as a man, the station He claims for Himself is that of utter humility, of "annihilation in God."

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What distinguishes the Manifestation, in His human personality, from other men is the completeness of His self-abnegation as well as the perfection of His powers. Under all circumstances He is able to say, as did Jesus in the Garden of Gethsemane, "nevertheless not my will, but thine, be done." Thus in His epistle to the Shah, Baha'u'llah says:--

O king! I was but a man like others, asleep upon My couch, when lo, the breezes of the All-Glorious were wafted over Me, and taught Me the knowledge of all that hath been. This thing is not from Me, but from One Who is Almighty and All-Knowing. And He bade Me lift up My voice between earth and heaven, and for this there befell Me what hath caused the tears of every man of understanding to flow. The learning current amongst men I studied not; their schools I entered not. ... This is but a leaf which the winds of the will of thy Lord, the Almighty, the All-Praised have stirred. Can it be still when the tempestuous winds are blowing? Nay, by Him Who is the Lord of all Names and Attributes! They move it as they list. The evanescent is as nothing before Him Who is the Ever-Abiding. His all-compelling summons hath reached Me, and caused Me to speak His praise amidst all people. I was indeed as one dead when His behest was uttered. The hand of the will of thy Lord, the Compassionate, the Merciful, transformed Me. Can any one speak forth of his own accord that for which all men, both high and low, will protest against him? Nay, by Him Who taught the Pen the eternal mysteries, save him whom the grace of the Almighty, the All-Powerful, hath strengthened.--Lawh-i-Sultan (Tablet to the King of Persia), as quoted in The Promised Day Is Come, pp. 40-41.

As Jesus washed His disciples' feet, so Baha'u'llah used sometimes to cook food and perform other lowly offices for His followers. He was a servant of the servants, and gloried

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only in servitude, content to sleep on a bare floor if need be, to live on bread and water, or even, at times, on what He called "that Divine sustenance which is hunger!" His perfect humility was seen in His profound reverence for nature, for human nature, and especially for the saints, prophets and martyrs. To Him, all things spoke of God, from the meanest to the greatest.
His human personality had been chosen by God to become the Divine Mouthpiece and Pen. It was not of His own will that He had assumed this position of unparalleled difficulty and hardship. As Jesus said: "Father, if it be possible, let this cup pass from me," so Baha'u'llah said: "Had another exponent or speaker been found, We would not have made Ourself an object of censure, derision and calumnies on the part of the people" (Tablet of Ishraqat). But the divine call was clear and imperative and He obeyed. God's will became His will, and God's pleasure, His pleasure; and with "radiant acquiescence" He declared:--"Verily I say: Whatever befalleth in the path of God is the beloved of the soul and the desire of the heart. Deadly poison in His path is pure honey, and every tribulation a draught of crystal water."--Epistle to the Son of the Wolf, p. 17.
At other times, as we have mentioned, Baha'u'llah speaks "from the station of Deity." In these utterances His human personality is so completely subservient that it is left out of account altogether. Through Him God addresses His creatures, proclaiming His love for them, teaching them His attributes, making known His will, announcing His laws for their guidance and pleading for their love, their allegiance and service.
In the Writings of Baha'u'llah, the utterance frequently changes from one of these forms to another. Sometimes it is evidently the man who is discoursing, then without a break the writing continues as if God were speaking in the first person. Even when speaking as a man, however, Baha'u'llah speaks as God's messenger, as a living example of entire devotion to God's will. His whole life is actuated by the Holy Spirit. Hence no hard and fast line can be drawn between the human and divine elements in His life or teachings. God tells Him:--

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Naught is seen in my temple but the Temple of God, and in my beauty but His Beauty, and in my being but His Being, and in myself but His Self, and in my movement but His Movement, and in my acquiescence but His Acquiescence, and in my pen but His Pen, the Mighty, the All-Praised. There hath not been in my soul but the Truth, and in myself naught could be seen but God.--Suriy-i-Haykal.

His Mission
Baha'u'llah's mission in the world is to bring about Unity-- Unity of all mankind in and through God. He says:--"Of the Tree of Knowledge the All-glorious fruit is this exalted word: Of one Tree are all ye the fruits and of one Bough the leaves. Let not man glory in this that he loves his country, but let him rather glory in this that he loves his kind."
Previous Prophets have heralded an age of peace on earth, goodwill among men, and have given Their lives to hasten its advent, but each and all of Them have plainly declared that this blessed consummation would be reached only after the "Coming of the Lord" in the latter days, when the wicked would be judged and righteous rewarded.
Zoroaster foretold three thousand years of conflict before the advent of Shah Bahram, the world-savior, Who would overcome Ahriman the spirit of evil, and establish a reign of righteousness and peace.
Moses foretold a long period of exile, persecution and oppression for the children of Israel, before the Lord of Hosts would appear to gather them from all the nations, to destroy the oppressors and establish His Kingdom upon earth.
Christ said: "Think not that I am come to send peace on earth: I came not to send peace, but a sword" (Matt. x, 34), and He predicted a period of wars and rumors of wars, of tribulations and afflictions that would continue till the coming of the Son of Man "in the glory of the Father."
Muhammad declared that, because of their wrongdoings,

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Allah had put enmity and hatred among both Jews and Christians that would last until the Day of Resurrection, when He would appear to judge them all.+F1
Baha'u'llah, on the other hand, announces that He is the Promised One of all these Prophets--the Divine Manifestation in Whose era the reign of peace will actually be established. This statement is unprecedented and unique, yet it fits in wonderfully with the signs of the times, and with the prophecies of all the great Prophets. Baha'u'llah revealed with incomparable clearness and comprehensiveness the means for bringing about peace and unity amongst mankind.
It is true that, since the advent of Baha'u'llah, there have been, until now, war and destruction on an unprecedented scale, but this is just what all the prophets have said would happen at the dawn of the "great and terrible Day of the Lord," and is, therefore, but a confirmation of the view that the "Coming of the Lord" is not only at hand, but is already an accomplished fact. According to the parable of Christ, the Lord of the Vineyard must miserably destroy the wicked husbandmen before He gives the Vineyard to others who will render Him the fruits in their seasons. Does not this mean that at the coming of the Lord dire destruction awaits those despotic governments, avaricious and intolerant priests, mullas, or tyrannical leaders who through the centuries have, like wicked husbandmen, misruled the earth and misappropriated its fruits?
There may be terrible events, and unparalleled calamities yet awhile on the earth, but Baha'u'llah assures us that erelong, "these fruitless strifes, these ruinous wars shall pass away, and the `Most Great Peace' shall come." War and strife have become so intolerable in their destructiveness that mankind must find deliverance from them or perish.
"The fullness of time" has come and with it the Promised Deliverer!
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F1. See quotations from the Qur'an pp.225-226.

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His Writings
The Writings of Baha'u'llah are most comprehensive in their range, dealing with every phase of human life, individual and social, with things material and things spiritual, with the interpretation of ancient and modern scriptures, and with prophetic anticipations of both the near and distant future.
The range and accuracy of His knowledge was amazing. He could quote and expound the Scriptures of the various religions with which His correspondents or questioners were familiar, in convincing and authoritative manner, although apparently He had never had the ordinary means of access to many of the books referred to. He declares, in Epistle to the Son of the Wolf, that He had never read the Bayan, although in His own Writings He shows the most perfect knowledge and understanding of the Bab's Revelation. (The Bab, as we have seen, declared that His Revelation, the Bayan, was inspired by and emanated from "Him Whom God shall make Manifest"!) With the single exception of a visit from Professor Edward Granville Browne, to whom in the year 1890 He accorded four interviews, each lasting twenty to thirty minutes, He had no opportunities of intercourse with enlightened Western thinkers, yet His Writings show a complete grasp of the social, political and religious problems of the Western World, and even His enemies had to admit that His wisdom and knowledge were incomparable. The well-known circumstances of His long imprisonment render it impossible to doubt that the wealth of knowledge shown in His Writings must have been acquired from some spiritual source, quite independent of the usual means of study or instruction and the help of books or teachers.+F1
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F1. When asked whether Baha'u'llah had made a special study of Western writings and founded His teachings in accordance with them 'Abdu'l-Baha said that the books of Baha'u'llah, written and printed as long ago as the 1870's, contained the ideals now so familiar to the West, although at that time these ideas had not been printed or thought of in the West.

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Sometimes He wrote in modern Persian, the ordinary language of His fellow countrymen, which is largely admixed with Arabic. At other times, as when addressing learned Zoroastrians, He wrote in the purest classical Persian. He also wrote with equal fluency in Arabic, sometimes in very simple language, sometimes in classical style somewhat similar to that of the Qur'an. His perfect mastery of these different languages and styles was remarkable because of His entire lack of literary education.
In some of His Writings the way of holiness is pointed out in such simple terms that "the wayfaring men, though fools, shall not err therein" (Isaiah xxxv, 8). In others there is a wealth of poetic imagery, profound philosophy and allusions to Muhammadan, Zoroastrian and other scriptures, or to Persian and Arabic literature and legends, such as only the poet, the philosopher or the scholar can adequately appreciate. Still others deal with advanced stages of the spiritual life and are to be understood only by those who have already passed through the earlier stages. His works are like a bountiful table provided with foods and delicacies suited to the needs and tastes of all who are genuine truth seekers.
It is because of this that His Cause had effect among the learned and cultured, spiritual poets and well-known writers. Even some of the leaders of the Sufis and of other sects, and some of the political ministers who were writers, were attracted by His words, for they exceeded those of all other writers in sweetness and depth of spiritual meaning.

The Baha'i Spirit

From His place of confinement in distant 'Akka, Baha'u'llah stirred His native land of Persia to its depths; and not only Persia; He stirred and is stirring the world. The spirit that animated Him and His followers was unfailingly gentle, courteous and patient, yet it was a force of astonishing vitality and transcendent power. It achieved the seemingly impossible. It changed human nature. Men who yielded to its influence became new creatures. They were filled with a love, a faith, and

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enthusiasm, compared with which earthly joys and sorrows were but as dust in the balance. They were ready to face lifelong suffering or violent death with perfect equanimity, nay, with radiant joy, in the strength of fearless dependence on God.
Most wonderful of all, their hearts were so brimming over with the joy of a new life as to leave no room for thoughts of bitterness or vindictiveness against their oppressors. They entirely abandoned the use of violence in self-defense, and instead of bemoaning their fate, they considered themselves the most fortunate of men in being privileged to receive this new and glorious Revelation and to spend their lives or shed their blood testifying to its truth. Well might their hearts sing with joy, for they believed that God, the Supreme, the Eternal, the Beloved, had spoken to them through human lips, had called them to be His servants and friends, had come to establish His Kingdom upon earth, and to bring the priceless boon of Peace to a warworn, strife-stricken world.
Such was the faith inspired by Baha'u'llah. He announced His own mission, as the Bab had foretold that He would, and, thanks to the devoted labors of His great Forerunner, there were thousands ready to acclaim His Advent--thousands who had shaken off superstitions and prejudices, and were waiting with pure hearts and open minds for the Manifestation of God's Promised Glory. Poverty and chains, sordid circumstances and outward ignominy could not hide from them the Spiritual Glory of their Lord--nay, these dark earthly surroundings only served to enhance the brilliance of His real Splendor.

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'Abdu'l-Baha: The Servant of Baha/4

When the ocean of My presence hath ebbed and the Book of My Revelation is ended, turn your faces towards Him Whom God hath purposed, Who hath branched from this Ancient Root.--BAHA'U'LLAH, Kitab-i-Aqdas.

Birth and Childhood
'Abbas Effendi, Who afterwards assumed the title of 'Abdu'l-Baha (i.e. Servant of Baha), was the eldest son of Baha'u'llah. He was born in Tihran before midnight on the eve of the 23rd of May, 1844,+F1 the very same night in which the Bab declared His mission.
He was nine years of age when His father, to Whom even then He was devotedly attached, was thrown into the dungeon in Tihran. A mob sacked their house, and the family were stripped of their possessions and left in destitution. 'Abdu'l-Baha tells how one day He was allowed to enter the prison yard to see His beloved father when He came out for His daily exercise. Baha'u'llah was terribly altered, so ill He could hardly walk, His hair and beard unkempt, His neck galled and swollen from the pressure of a heavy steel collar, His body bent by the weight of His chains, and the sight made a never- to-be-forgotten impression on the mind of the sensitive boy.
During the first year of their residence in Baghdad, ten years before the open Declaration by Baha'u'llah of His Mission, the keen insight of 'Abdu'l-Baha, Who was then but nine years of age, already led Him to the momentous discovery that His father was indeed the Promised One Whose Manifestation all the Babis were awaiting. Some sixty years afterwards He thus described the moment in which this conviction suddenly overwhelmed His whole nature:--
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F1. Thursday, 5th Jamadiyu'l-Avval, 1260 A.H.

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I am the servant of the Blessed Perfection. In Baghdad I was a child. Then and there He announced to me the Word, and I believed in Him. As soon as He proclaimed to me the Word, I threw myself at His Holy Feet and implored and supplicated Him to accept my blood as a sacrifice in His Pathway. Sacrifice! How sweet I find that word! There is no greater Bounty for me than this! What greater glory can I conceive than to see this neck chained for His sake, these feet fettered for His love, this body mutilated or thrown into the depths of the sea for His Cause! If in reality we are His sincere lovers--if in reality I am His sincere servant, then I must sacrifice my life, my all at His Blessed Threshold.--Diary of Mirza Ahmad Sohrab, January 1914.

About this time He began to be called by His friends "The Mystery of God," a title given to Him by Baha'u'llah, by which He was commonly known during the period of residence in Baghdad.
When His father went away for two years in the wilderness, 'Abbas was heartbroken. His chief consolation consisted in copying and committing to memory the Tablets of the Bab, and much of His time was spent in solitary meditation. When at last His father returned, the boy was overwhelmed with joy.

Youth
From that time onwards, He became His father's closest companion and, as it were, protector. Although a mere youth, He already showed astonishing sagacity and discrimination, and undertook the task of interviewing all the numerous visitors who came to see His father. If He found they were genuine truth seekers, He admitted them to His father's presence, but otherwise He did not permit them to trouble Baha'u'llah. On many occasions He helped His father in answering the questions and solving the difficulties of these visitors. For example, when one of the Sufi leaders, named 'Ali Shawkat Pasha, asked for an explanation of the phrase: "I was a Hidden Mystery," which

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occurs in a well-known Muhammadan tradition,+F1 Baha'u'llah turned to the "Mystery of God," 'Abbas, and asked Him to write the explanation. The boy, who was then about fifteen or sixteen years of age, at once wrote an important epistle giving an exposition so illuminating as to astonish the Pasha. This epistle is now widely spread among the Baha'is, and is well known to many outside the Baha'i faith.
About this time 'Abbas was a frequent visitor to the mosques, where He would discuss theological matters with the doctors and learned men. He never attended any school or college, His only teacher being His father. His favorite recreation was horseback riding, which He keenly enjoyed.
After Baha'u'llah's Declaration in the Garden outside Baghdad, 'Abdu'l-Baha's devotion to His father became greater than ever. On the long journey to Constantinople He guarded Baha'u'llah night and day, riding by His wagon and watching near His tent. As far as possible He relieved His father of all domestic cares and responsibilities, becoming the mainstay and comfort of the entire family.
During the years spent in Adrianople, 'Abdu'l-Baha endeared Himself to everyone. He taught much, and became generally known as the "Master." At 'Akka, when nearly all the party were ill with typhoid, malaria, and dysentery, He washed the patients, nursed them, fed them, watched with them, taking no rest, until utterly exhausted, He Himself took dysentery, and for about a month remained in a dangerous condition. In 'Akka, as in Adrianople, all classes, from the Governor to the most wretched beggar, learned to love and respect Him.

Marriage
The following particulars regarding the marriage of 'Abdu'l-Baha were kindly supplied to the writer by a Persian historian of the Baha'i Faith:--
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F1. The tradition is quoted in a Tablet of Baha'u'llah; see Chapter 5 of this book.

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During the youth of 'Abdu'l-Baha the question of a suitable marriage for Him was naturally one of great interest to the believers, and many people came forward, wishing to have this crown of honor for their own family. For a long time, however, 'Abdu'l-Baha showed no inclination for marriage, and no one understood the wisdom of this. Afterwards it became known that there was a girl who was destined to become the wife of 'Abdu'l-Baha, one whose birth came about through the Blessing which the Bab gave to her parents in Isfahan. Her father was Mirza Muhammad 'Ali, who was the uncle of the "King of Martyrs" and the "Beloved of Martyrs," and she belonged to one of the great and noble families of Isfahan. When the Bab was in Isfahan, Mirza Muhammad 'Ali had no children, but his wife was longing for a child. On hearing of this, the Bab gave him a portion of His food and told him to share it with his wife. After they had eaten of that food, it soon became apparent that their long-cherished hopes of parenthood were about to be fulfilled, and in due course a daughter was born to them, who was given the name of Munirih Khanum.+F1 Later on a son was born, to whom they gave the name of Siyyid Yahya, and afterwards they had some other children. After a time, Munirih's father died, her cousins were martyred by Zillu's-Sultan and the mullas, and the family fell into great troubles and bitter persecutions because of their being Baha'is. Baha'u'llah then permitted Munirih and her brother Siyyid Yahya to come to 'Akka for protection. Baha'u'llah and His wife, Navvab, the mother of 'Abdu'l-Baha, showed such kindness and favor to Munirih that others understood that they wished her to become the wife of 'Abdu'l-Baha. The wish of His father and mother became the wish of 'Abdu'l-Baha, too. He had a warm feeling of love and affection for Munirih which was
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F1. It is interesting to compare this story with that of the birth of John the Baptist; see St. Luke's Gospel, Chapter I.

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fully reciprocated, and erelong they became united in marriage.

The marriage proved exceedingly happy and harmonious. Of the children born to them four daughters have survived the rigors of their long imprisonment, and, through their beautiful lives of service, have endeared themselves to all who have been privileged to know them.

Center of the Covenant
Baha'u'llah indicated in many ways the 'Abdu'l-Baha was to direct the Cause after His own ascension. Many years before His death He declared this in a veiled manner in His Kitab-i-Aqdas. He referred to 'Abdu'l-Baha on many occasions as "The Center of My Covenant," "The Most Great Branch," "The Branch from the Ancient Root." He habitually spoke of Him as "The Master" and required all His family to treat Him with marked deference; and in His Will and Testament He left explicit instructions that all should turn to Him and obey Him.
After the death of the "Blessed Beauty" (as Baha'u'llah was generally called by His family and believers) 'Abdu'l-Baha assumed the position which His father had clearly indicated for Him as head of the Cause and authoritative Interpreter of the teachings, but this was resented by certain of His relatives and others, who became as bitterly opposed to 'Abdu'l-Baha as Subh-i-Azal had been to Baha'u'llah. They tried to stir up dissensions among the believers, and, failing in that, proceeded to make various false charges against 'Abdu'l-Baha to the Turkish Government.
In accordance with instructions received from His father, 'Abdu'l-Baha was erecting a building on the side of Mount Carmel, above Haifa, which was intended to be the permanent resting-place of the remains of the Bab, and also to contain a number of rooms for meetings and services. They represented to the authorities that this building was intended as a fort, and that 'Abdu'l-Baha and His followers meant to entrench themselves there, defy the Government, and endeavor to gain possession of the neighboring region of Syria.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 56
Strict Imprisonment Renewed
In consequence of this and other equally unfounded charges, in 1901, 'Abdu'l-Baha and His family, who for more than twenty years had been allowed the freedom of the country for some miles around 'Akka, were again, for over seven years, strictly confined within the walls of the prison city. This did not prevent Him, however, from effectively spreading the Baha'i message through Asia, Europe and America. Mr. Horace Holley writes of this period as follows:--

To 'Abdu'l-Baha, as a teacher and friend, came men and women from every race, religion and nation, to sit at his table like favored guests, questioning him about the social, spiritual or moral program each had most at heart; and after a stay lasting from a few hours to many months, returning home, inspired, renewed and enlightened. The world surely never possessed such a guest-house as this.
Within its doors the rigid castes of India melted away, the racial prejudice of Jew, Christian and Muhammadan became less than a memory; and every convention save the essential law of warm hearts and aspiring minds broke down, banned and forbidden by the unifying sympathy of the master of the house. It was like a King Arthur and the Round Table ... but an Arthur who knighted women as well as men, and sent them away not with the sword but with the Word.--The Modern Social Religion, Horace Holley, p. 171.

During these years 'Abdu'l-Baha carried on an enormous correspondence with believers and inquirers in all parts of the world. In this work He was greatly assisted by His daughters and also by several interpreters and secretaries.
Much of His time was spent in visiting the sick and the afflicted in their own homes; and in the poorest quarters of 'Akka no visitor was more welcome than the "Master." A pilgrim who visited 'Akka at this time writes:--

--Baha'u'llah and the New Era, Page 57
It is the custom of 'Abdu'l-Baha each week, on Friday morning, to distribute alms to the poor. From his own scanty store he gives a little to each one of the needy who come to ask assistance. This morning about one hundred were ranged in line, seated and crouching upon the ground in the open street of the courts where 'Abdu'l-Baha's house stands. And such a nondescript collection of humanity they were. All kinds of men, women and children-- poor, wretched, hopeless in aspect, half-clothed, many of them crippled and blind, beggars indeed, poor beyond expression--waiting expectant--until from the doorway came 'Abdu'l-Baha. ... Quickly moving from one to another, stopping sometimes to leave a word of sympathy and encouragement, dropping small coins into each eager outstretched palm, touching the face of a child, taking the hand of an old woman who held fast to the hem of his garment as he passed along, speaking words of light to old men with sightless eyes, inquiring after those too feeble and wretched to come for their pittance of help, and sending them their portion with a message of love and uplift.--Glimpses of 'Abdu'l-Baha, M. J. M., p. 13.

'Abdu'l-Baha's personal wants were few. He worked late and early. Two simple meals a day sufficed Him. His wardrobe consisted of a very few garments of inexpensive material. He could not bear to live in luxury while others were in want.
He had a great love for children, for flowers, and for the beauties of nature. Every morning about six or seven, the family party used to gather to partake of the morning tea together, and while the Master sipped His tea, the little children of the household chanted prayers. Mr. Thornton Chase writes of these children:--"Such children I have never seen, so courteous, unselfish, thoughtful for others, unobtrusive, intelligent, and swiftly self-denying in the little things that children love. ..."--In Galilee, p. 51.
The "ministry of flowers" was a feature of the life at 'Akka, of which every pilgrim brought away fragrant memories. Mrs.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 58
Lucas writes:--"When the Master inhales the odor of flowers, it is wonderful to see him. It seems as though the perfume of the hyacinths were telling him something as he buries his face in the flowers. It is like the effort of the ear to hear a beautiful harmony, a concentrated attention!"--A Brief Account of My Visit to 'Akka, pp. 25-26.
He loved to present beautiful and sweet-smelling flowers to His numerous visitors.
Mr. Thornton Chase sums up his impression of the prison life at 'Akka as follows:--

Five days we remained within those walls, prisoners with Him who dwells in that "Greatest Prison." It is a prison of peace, of love and service. No wish, no desire is there save the good of mankind, the peace of the world, the acknowledgement of the Fatherhood of God and the mutual rights of men as His creatures, His children. Indeed, the real prison, the suffocating atmosphere, the separation from all true heart desires, the bond of world conditions, is outside of those stone walls, while within them is the freedom and pure aura of the Spirit of God. All troubles, tumults, worries or anxieties for worldly things are barred out there.--In Galilee, p. 24.

To most people the hardships of prison life would appear as grievous calamities, but for 'Abdu'l-Baha they had no terrors. When in prison He wrote:--

Grieve not because of my imprisonment and calamity; for this prison is my beautiful garden, my mansioned paradise and my throne of dominion among mankind. My calamity in my prison is a crown to me in which I glory among the righteous.
Anyone can be happy in the state of comfort, ease, health, success, pleasure and joy; but if one be happy and contented in the time of trouble, hardship and prevailing disease, that is the proof of nobility.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 59
Turkish Commissions of Investigation
In 1904 and 1907 commissions were appointed by the Turkish Government to inquire into the charges against 'Abdu'l-Baha, and lying witnesses gave evidence against Him. 'Abdu'l-Baha, while refuting the charges, expressed His entire readiness to submit to any sentence the tribunal chose to impose. He declared that if they should throw Him into jail, drag Him through the streets, curse Him, spit upon Him, stone Him, heap upon Him all sort of ignominy, hang Him or shoot Him, He would still be happy.
Between the sittings of the Commissions of Investigation He pursued His ordinary life with the utmost serenity, planting fruit trees in a garden and presiding at a marriage feast with the dignity and radiance of spiritual freedom. The Spanish Consul offered to provide Him a safe passage to any foreign port He cared to select, but this offer He gratefully but firmly refused, saying that whatever the consequences, He must follow in the footsteps of the Bab and the Blessed Perfection, Who never tried to save Themselves or run away from Their enemies. He encouraged most of the Baha'is, however, to leave the neighborhood of 'Akka, which had become very dangerous for them, and remained alone, with a few of the faithful, to await His destiny.
The four corrupt officials who constituted the last investigating commission arrived in 'Akka in the early part of the winter of 1907, stayed one month, and departed for Constantinople, after finishing their so-called "investigation," prepared to report that the charges against 'Abdu'l-Baha had been substantiated and to recommend His exile or execution. No sooner had they got back to Turkey, however, than the Revolution broke out there and the four commissioners, who belonged to the old regime, had to flee for their lives. The Young Turks established their supremacy, and all political and religious prisoners in the Ottoman Empire were set free. In September 1908 'Abdu'l-Baha was released from prison, and in the following year 'Abdu'l-Hamid, the Sultan, became himself a prisoner.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 60
Western Tours
After His release, 'Abdu'l-Baha continued the same holy life of ceaseless activity in teaching, correspondence, ministering to the poor and the sick, with merely the change from 'Akka to Haifa and from Haifa to Alexandria, until August 1911, when He started on His first visit to the Western world. During His tours in the West, 'Abdu'l-Baha met men of every shade of opinion and amply fulfilled the command of Baha'u'llah to "Consort with all the people with joy and fragrance." He reached London early in September 1911, and spent a month there, during which, besides daily talks with inquirers and many other activities, He addressed the congregations of the Rev. R. J. Campbell at the City Temple, and of Archdeacon Wilberforce at St. John's, Westminster, and breakfasted with the Lord Mayor. He then proceeded to Paris, where His time was occupied in giving daily addresses and talks to eager listeners of many nationalities and types. In December He returned to Egypt, and next spring, in response to the earnest entreaty of the American friends, He proceeded to the United States, arriving in New York in April 1912. During the next nine months He traveled through America, from coast to coast, addressing all sorts and conditions of men--university students, Socialists, Mormons, Jews, Christians, Agnostics, Esperantists, Peace Societies, New Thought Clubs, Women's Suffrage Societies, and speaking in churches of almost every denomination, in each case giving addresses suited to the audience and the occasion. On December 5, He sailed for Great Britain, where He passed six weeks, visiting Liverpool, London, Bristol and Edinburgh. In Edinburgh He gave a notable address to the Esperanto Society, in which He announced that He had encouraged the Baha'is of the East to study Esperanto in order to further better understanding between the East and the West. After two months in Paris, spent as before in daily interviews and conference, He proceeded to Stuttgart, where He held a series of very successful meetings with the German Baha'is; thence to Budapest and Vienna, founding new groups in these places, returning, in May 1913, to Egypt, and on December 5, 1913, to Haifa.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 61
Return to Holy Land
He was then in His seventieth year, and His long and arduous labors, culminating in these strenuous Western tours, had worn out His physical frame. After His return He made the following pathetic remarks addressed to the believers in East and West:--

Friends, the time is coming when I shall be no longer with you. I have done all that could be done. I have served the Cause of Baha'u'llah to the utmost of my ability. I have labored night and day all the years of my life.
Oh, how I long to see the believers shouldering the responsibilities of the Cause! Now is the time to proclaim the Kingdom of Abha (i.e. The Most Glorious!). Now is the hour of union and concord! Now is the day of the spiritual harmony of the friends of God! ...

I am straining my ears toward the East and toward the West, toward the North and toward the South, that haply I may hear the songs of love and fellowship raised in the meetings of the believers. My days are numbered, and save this there remains none other joy for me. Oh, how I yearn to see the friends united, even as a shining strand of pearls, as the brilliant Pleiades, as the rays of the sun, the gazelles of one meadow!
The mystic nightingale is singing for them; will they not listen? The bird of Paradise is warbling; will they not hear? The Angel of the Kingdom of Abha is calling to them; will they not hearken? The Messenger of the Covenant is pleading; will they not heed?
Oh! I am waiting, waiting to hear the glad news that the believers are the embodiment of sincerity and loyalty, the incarnation of love and amity and the manifestation of unity and concord!
Will they not rejoice my heart? Will they not satisfy my yearnings? Will they not heed my pleadings? Will they not fulfill my hopes? Will they not answer my call? I am waiting, I am patiently waiting!

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The enemies of the Baha'i Cause, whose hopes had risen high when the Bab fell a victim to their fury, when Baha'u'llah was driven from His native land and made a prisoner for life, and again at the passing of Baha'u'llah--these enemies once more took heart when they saw the physical weakness and weariness of 'Abdu'l-Baha after His return from His Western travels. But again their hopes were doomed to disappointment. In a short time 'Abdu'l-Baha was able to write:--

Unquestionably this physical body and human energy would have been unable to stand the constant wear and tear...but the aid and help of the Desired One were the Guardian and Protector of the weak and humble 'Abdu'l-Baha. ... Some have asserted that 'Abdu'l-Baha is on the eve of bidding his last farewell to the world, that his physical energies are depleted and drained and that ere long these complications will put an end to his life. This is far from the truth. Although in the outward estimation of the Covenant-breakers and defective-minded the body is weak on account of ordeals in the Blessed Path, yet, Praise be to God! through the providence of the Blessed Perfection the spiritual forces are in the utmost rejuvenation and strength. Thanks be to God that now, through the blessing and benediction of Baha'u'llah, even the physical energies are fully restored, divine joy is obtained, the supreme glad-tidings are resplendent and ideal happiness overflowing.

Both during the European War and after its close 'Abdu'l-Baha, amidst countless other activities, was able to pour forth a series of great and inspiring letters which, when communications were reopened, roused believers throughout the world to new enthusiasm and zeal for service. Under the inspiration of these letters the Cause progressed by leaps and bounds and everywhere the Faith showed signs of new vitality and vigor.

War Time at Haifa
A remarkable instance of the foresight of 'Abdu'l-Baha was supplied during the months immediately preceding the war.

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During peacetimes there was usually a large number of pilgrims at Haifa, from Persia and other regions of the globe. About six months before the outbreak of war one of the old Baha'is living at Haifa presented a request from several believers of Persia for permission to visit the Master. 'Abdu'l-Baha did not grant the permission, and from that time onwards gradually dismissed the pilgrims who were at Haifa, so that by the end of July 1914 none remained. When, in the first days of August, the sudden outbreak of the Great War startled the world, the wisdom of His precaution became apparent.
When the war broke out, 'Abdu'l-Baha, Who had already spent fifty-five years of His life in exile and prison, became again virtually a prisoner of the Turkish Government. Communication with friends and believers outside Syria was almost completely cut off, and He and His little band of followers were again subjected to straitened circumstances, scarcity of food and great personal danger and inconvenience.
During the war 'Abdu'l-Baha had a busy time in ministering to the material and spiritual wants of the people about Him. He personally organized extensive agricultural operations near Tiberias, thus securing a great supply of wheat, by means of which famine was averted, not only for the Baha'is but for hundreds of the poor of all religions in Haifa and 'Akka, whose wants He liberally supplied. He took care of all, and mitigated their sufferings as far as possible. To hundreds of poor people He would give a small sum of money daily. In addition to money He gave bread. If there was no bread He would give dates or something else. He made frequent visits to 'Akka to comfort and help the believers and poor people there. During the time of war He had daily meetings of the believers, and through His help the friends remained happy and tranquil throughout those troublous years.

Sir 'Abdu'l-Baha 'Abbas, K.B.E.
Great was the rejoicing in Haifa when, on the 23rd day of September, 1918, at 3 P.M., after some twenty-four hours' fighting, the city was taken by British and Indian cavalry, and

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the horrors of war conditions under the Turkish rule came to an end.
From the beginning of the British occupation, large numbers of soldiers and Government officials of all ranks, even the highest, sought interviews with 'Abdu'l-Baha, delighting in His illuminating talks, His breadth of view and depth of insight, His dignified courtesy and genial hospitality. So profoundly impressed were the Government representatives by His noble character and His great work in the interests of peace conciliation, and the true prosperity of the people, that a knighthood of the British Empire was conferred on 'Abdu'l-Baha, the ceremony taking place in the garden of the Military Governor of Haifa on the 27th day of April, 1920.

Last Years
During the winter of 1919-1920 the writer had the great privilege of spending two and half months as the guest of 'Abdu'l-Baha at Haifa and intimately observing His daily life. At that time, although nearly seventy-six years of age, He was still remarkably vigorous, and accomplished daily an almost incredible amount of work. Although often very weary He showed wonderful powers of recuperation, and His services were always at the disposal of those who needed them most. His unfailing patience, gentleness, kindliness and tact made His presence like a benediction. It was His custom to spend a large part of each night in prayer and meditation. From early morning until evening, except for a short siesta after lunch, He was busily engaged in reading and answering letters from many lands and in attending to the multitudinous affairs of the household and of the Cause. In the afternoon He usually had a little relaxation in the form of a walk or a drive, but even then He was usually accompanied by one or two, or a party, of pilgrims with whom He would converse on spiritual matters, or He would find opportunity by the way of seeing and ministering to some of the poor. After His return He would call the friends to the usual evening meeting in His salon. Both at lunch and supper He used to entertain a number of pilgrims and friends, and charm His guests with happy and humorous stories as well

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as precious talks on a great variety of subjects. "My home is the home of laughter and mirth," He declared, and indeed it was so. He delighted in gathering together people of various races, colors, nations and religions in unity and cordial friendship around His hospitable board. He was indeed a loving father not only to the little community at Haifa, but to the Baha'i community throughout the world.

The Passing of 'Abdu'l-Baha
'Abdu'l-Baha's manifold activities continued with little abatement despite increasing bodily weakness and weariness up till the last day or two of His life. On Friday, November 25, 1921, He attended the noonday prayer at the Mosque in Haifa, and afterwards distributed alms to the poor with His own hands, as was His wont. After lunch He dictated some letters. When He had rested He walked in the garden and had a talk with the gardener. In the evening He gave His blessing and counsel to a loved and faithful servant of the household who had been married that day, and afterwards He attended the usual meeting of the friends in His own salon. Less than three days later, about 1:30 A.M. on Monday, November 28, He passed away so peacefully that, to the two daughters watching by His bedside, it seemed as if He had gone quietly to sleep.
The sad news soon spread throughout the town and was flashed over the wires to all parts of the world. The next morning (Tuesday, November 29) the funeral took place:

... a funeral the like of which Haifa, nay Palestine itself, had surely never seen ... so deep was the feeling that brought so many thousands of mourners together, representative of so many religions, races and tongues. The High Commissioner, Sir Herbert Samuel, the Governor of Jerusalem, the Governor of Phoenicia, the Chief Officials of the Government, the Consuls of the various countries, resident in Haifa, the heads of the various religious communities, the notables of Palestine, Jews, Christians, Moslems, Druses, Egyptians, Greeks, Turks, Kurds, and a host of his American, European and native

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friends, men, women and children, both of high and low degree ... all, about ten thousand in number, mourning the loss of their Beloved One. ...
"O God, my God!" the people wailed with one accord, "Our father has left us, our father has left us!"
... they slowly wended their way up Mount Carmel, the Vineyard of God. ... After two hours' walking, they reached the garden of the Tomb of the Bab. ... As the vast concourse pressed round ... representatives of the various denominations, Moslems, Christians and Jews, all hearts being ablaze with fervent love of 'Abdu'l-Baha, some on the impulse of the moment, others prepared, raised their voices in eulogy and regret, paying their last homage of farewell to their loved one. So united were they in their acclamation of him, as the wise educator and reconciler of the human race in this perplexed and sorrowful age, that there seemed to be nothing left for the Baha'is to say.--The Passing of 'Abdu'l-Baha, by Lady Blomfield and Shoghi Effendi, pp. 11, 12.
Nine speakers, all of them prominent representatives of the Muslim, Christian and Jewish communities, bore eloquent and moving witness to their love and admiration of the pure and noble life which had just drawn to its close. Then the casket was slowly passed to its simple and hallowed resting-place.
Surely here was a fitting tribute to the memory of One Who had labored all His life for unity of religions, of races, of tongues--a tribute, and also a proof, that His lifework had not been in vain, that the ideals of Baha'u'llah, which were His inspiration, nay, His very life, were already beginning to permeate the world and to break down the barriers of sect and caste that for centuries had alienated Muslim, Christian, Jew, and the other diverse factions into which the human family has been riven.

Writings and Addresses
The Writings of 'Abdu'l-Baha are very numerous and are mostly in the form of letters to believers and inquirers. A great

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many of His talks and addresses have also been recorded and many have been published. Of the thousands of pilgrims who have visited Him at 'Akka and Haifa a large number have written descriptions of their impressions, and many of these records are now available in printed form.
His teachings are thus very completely preserved, and they cover a very wide range of subjects. With many of the problems of both East and West He dealt more fully than His Father had done, giving more detailed applications of the general principles laid down by Baha'u'llah. A number of His Writings have not yet been translated into any Western language, but enough is already available to give deep and full knowledge of the more important principles of His teaching.
He spoke Persian, Arabic and Turkish. In His Western tours His talks and addresses were always interpreted, obviously losing much of their beauty, eloquence and force in the process, yet such was the power of the Spirit which accompanied His words that all who heard Him were impressed.

Station of 'Abdu'l-Baha
The unique station assigned to 'Abdu'l-Baha by the Blessed Perfection is indicated in the following passage written by the latter:--"When the ocean of My presence hath ebbed and the Book of My Revelation is ended, turn your faces towards Him Whom God hath purposed, Who hath branched from this Ancient Root." And again:--" ... refer ye whatsoever ye understand not in the Book to Him Who hath branched from this mighty Stock." 'Abdu'l-Baha Himself wrote the following:-- "In accordance with the explicit text of the Kitab-i-Aqdas Baha'u'llah hath made the Center of the Covenant the Interpreter of His Word--a Covenant so firm and mighty that from the beginning of time until the present day no religious Dispensation hath produced its like."
The very completeness of the servitude with which 'Abdu'l-Baha promulgated the Faith of Baha'u'llah in East and West resulted at times in a confusion of belief concerning His station on the part of believers. Realizing the purity of the spirit animating His word and deed, surrounded by religious influences

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marking the breakdown of their traditional doctrines, a number of Baha'is felt that they honored 'Abdu'l-Baha by likening Him to a Manifestation, or hailing Him as the "return of Christ." Nothing caused Him such intense grief as this failure to perceive that His capacity to serve Baha'u'llah proceeded from the purity of the mirror turned to the Sun of Truth, and not from the Sun itself.
Moreover, unlike previous Dispensations, the Faith of Baha'u'llah had within it the potency of a universal human society. During 'Abdu'l-Baha's mission covering the period 1892 to 1921, the Faith evolved through successive stages of development in the direction of a true world order. Its development required continuous direction and specific instruction from 'Abdu'l-Baha, Who alone knew the fullness of that new potent inspiration brought to earth in this age. Until His own Will and Testament was revealed after 'Abdu'l-Baha's departure from the flesh, and its significance was expounded by Shoghi Effendi, the Guardian of the Faith, the Baha'is almost inevitably attributed to their beloved Master's guidance a degree of spiritual authority equaling that of the Manifestation.
The effects of such naive enthusiasm are no longer felt within the Baha'i community, but with a sounder realization of the mystery of that incomparable devotion and servitude, the Baha'is can today all the more consciously appreciate the unique character of the mission which 'Abdu'l-Baha fulfilled. The Faith which in 1892 seemed so weak and helpless in the physical exile and imprisonment of its Exemplar and Interpreter, has since, with irresistible power, raised up communities in many countries,+F1 and challenges the weakness of a decaying civilization with a body of teachings that alone reveal the future of a despairing humanity.
The Will and Testament of 'Abdu'l-Baha itself set forth with complete clarity the mystery of the stations of the Bab and of Baha'u'llah, and His own mission:--
___________________
F1. In 1996, 190 independent countries and 45 dependent territories or overseas departments. (See Epilogue.)

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This is the foundation of the belief of the people of Baha (may my life be offered up for them): "His Holiness, the Exalted One (the Bab), is the Manifestation of the Unity and Oneness of God and the Forerunner of the Ancient Beauty. His Holiness the Abha Beauty (may my life be a sacrifice for His steadfast friends) is the Supreme Manifestation of God and the Dayspring of His Most Divine Essence. All others are servants unto Him and do His bidding."

By this statement, and by numerous others in which 'Abdu'l-Baha emphasized the importance of basing one's knowledge of the Faith upon His general Tablets, a foundation for unity of belief was established, with the result that the differences of understanding caused by reference to His Tablets to individuals, in which the Master answered personal questions, rapidly disappeared. Above all, the establishment of a definite administrative order, with the Guardian at its head, transferred to institutions all authority previously wielded in the form of prestige and influence by individual Baha'is in the various local groups.

Exemplar of Baha'i Life
Baha'u'llah was preeminently the Revealer of the Word. His forty years' imprisonment gave Him but limited opportunities of intercourse with His fellowmen. To 'Abdu'l-Baha, therefore, fell the important task of becoming the exponent of the Revelation, the Doer of the Word, the Great Exemplar of the Baha'i life in actual contact with the world of today, in the most diverse phases of its myriad activities. He showed that it is still possible, amid the whirl and rush of modern life, amid the self-love and struggle for material prosperity that everywhere prevail, to live the life of entire devotion to God and to the service of one's fellows, which Christ and Baha'u'llah and all the Prophets have demanded of men. Through trial and vicissitudes, calumnies, and treachery on the one hand, and through

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love and praise, devotion and veneration on the other, He stood like a lighthouse founded on a rock, around which wintry tempests rage and the summer ocean plays, His poise and serenity remaining ever steadfast and unshaken. He lived the life of faith, and calls on His followers to live it here and now. He raised amid a warring world the Banner of Unity and Peace, the Standard of a New Era, and He assures those who rally to its support that they shall be inspired by the Spirit of the New Day. It is the same Holy Spirit which inspired the Prophets and Saints of old, but it is a new outpouring of that Spirit, suited to the needs of the new time.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 71
What Is a Baha'i?/5
Man must show forth fruits. A fruitless man, in the words of His Holiness the Spirit (i.e. Christ), is like a fruitless tree, and a fruitless tree is fit for fire.--BAHA'U'LLAH, Words of Paradise.

Herbert Spencer once remarked that by no political alchemy is it possible to get golden conduct out of leaden instincts, and it is equally true that by no political alchemy is it possible to make a golden society out of leaden individuals. Baha'u'llah, like all previous Prophets, proclaimed this truth and taught that in order to establish the Kingdom of God in the world, it must first be established in the hearts of men. In examining the Baha'i teachings, therefore, we shall commence with the instructions of Baha'u'llah for individual conduct, and try to form a clear picture of what it means to be a Baha'i.

Living the Life
When asked on one occasion: "What is a Baha'i?" 'Abdu'l-Baha replied: "To be a Baha'i simply means to love all the world; to love humanity and try to serve it; to work for universal peace and universal brotherhood." On another occasion He defined a Baha'i as "one endowed with all the perfections of man in activity." In one of His London talks He said that a man may be a Baha'i even if He has never heard the name of Baha'u'llah. He added:--

The man who lives the life according to the teachings of Baha'u'llah is already a Baha'i. On the other hand, a man may call himself a Baha'i for fifty years, and if he does not live the life he is not a Baha'i. An ugly man may call himself handsome, but he deceives no one, and a black man may call himself white, yet he deceives no one, not even himself.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 72
One who does not know God's Messengers, however, is like a plant growing in the shade. Although it knows not the sun, it is, nevertheless, absolutely dependent on it. The great Prophets are spiritual suns, and Baha'u'llah is the sun of this "day" in which we live. The suns of former days have warmed and vivified the world, and had those suns not shone, the earth would now be cold and dead, but it is the sunshine of today that alone can ripen the fruits which the suns of former days have kissed into life.

Devotion to God
In order to attain to the Baha'i life in all its fullness, conscious and direct relations with Baha'u'llah are as necessary as is sunshine for the unfolding of the lily or the rose. The Baha'i worships not the human personality of Baha'u'llah, but the Glory of God manifest through that personality. He reverences Christ and Muhammad and all God's former Messengers to mankind, but he recognizes Baha'u'llah as the bearer of God's Message for the new age in which we live, as the Great World teacher Who has come to carry on and consummate the work of His predecessors.
Intellectual assent to a creed does not make a man a Baha'i, nor does outward rectitude of conduct. Baha'u'llah requires of His followers wholehearted and complete devotion. God alone has the right to make such a demand, but Baha'u'llah speaks as the Manifestation of God, and the Revealer of His Will. Previous Manifestations have been equally clear on this point. Christ said: "If any man come after me, let him deny himself, and take up his cross daily, and follow me. For whosoever will save his life shall lose it: but whosoever will lose his life for my sake, the same shall save it." In different words, all the Divine Manifestations have made this same demand from Their followers, and the history of religion shows clearly that as long as the demand has been frankly recognized and accepted, religion has flourished, despite all earthly opposition, despite affliction, persecution and martyrdom of the believers. On the other hand, whenever compromise has crept in, and "respectability"

--Baha'u'llah and the New Era, Page 73
has taken the place of complete consecration, then religion has decayed. It has become fashionable, but it has lost its power to save and transform, its power to work miracles. True religion has never yet been fashionable. God grant that one day it may become so; but it is still true, as in the days of Christ, that "strait is the gate, and narrow is the way, which leadeth unto life, and few there be that find it." The gateway of spiritual birth, like the gateway of natural birth, admits men only one by one, and without encumbrances. If, in the future, more people succeed in entering that way than in the past, it will not be because of any widening of the gate, but because of a greater disposition on the part of men to make the "great surrender" which God demands; because long and bitter experience has at last brought them to see the folly of choosing their own way instead of God's way.

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Baha'u'llah enjoins justice on all His followers and defines it as:--"The freedom of man from superstition and imitation, so that he may discern the Manifestations of God with the eye of Oneness, and consider all affairs with keen sight."--Words of Wisdom.
It is necessary that each individual should see and realize for himself the Glory of God manifest in the human temple of Baha'u'llah, otherwise the Baha'i faith would be for him but a name without meaning. The call of the Prophets to mankind has always been that men should open their eyes, not shut them, use their reason, not suppress it. It is clear seeing and free thinking, not servile credulity, that will enable them to penetrate the clouds of prejudice, to shake off the fetters of blind imitation, and attain to the realization of the truth of a new Revelation.
He who would be a Baha'i needs to be a fearless seeker after truth, but he should not confine his search to the material plane. His spiritual perceptive powers should be awake as well as his physical. He should use all the faculties God has given him for the acquisition of truth, believing nothing without

--Baha'u'llah and the New Era, Page 74
valid and sufficient reason. If his heart is pure, and his mind free from prejudice, the earnest seeker will not fail to recognize the Divine Glory in whatsoever temple it may become manifest. Baha'u'llah further declares:--

Man should know his own self, and know those things that lead to loftiness or to baseness, to shame or to honor, to wealth or to poverty.--Tablet of Tarazat. The source of all learning is the knowledge of God, exalted be His Glory! and this cannot be attained save through the knowledge of His divine Manifestation.-- Words of Wisdom.

The Manifestation is the Perfect Man, the great Exemplar for Mankind, the First Fruit of the tree of humanity. Until we know Him we do not know the latent possibilities within ourselves. Christ tells us to consider the lilies how they grow, and declares that Solomon in all his glory was not arrayed like one of these. The lily grows from a very unattractive-looking bulb. If we had never seen a lily in bloom, never gazed on its matchless grace of foliage and flower, how could we know the reality contained in that bulb? We might dissect it most carefully and examine it most minutely, but we should never discover the dormant beauty which the gardener knows how to awaken. So until we have seen the Glory of God revealed in the Manifestation, we can have no idea of the spiritual beauty latent in our own nature and in that of our fellows. By knowing and loving the Manifestation of God and following His teachings we are enabled, little by little, to realize the potential perfections within ourselves; then, and not till then, does the meaning and purpose of life and of the universe become apparent to us.

Love of God
To know the Manifestation of God means also to love Him. One is impossible without the other. According to Baha'u'llah, the purpose of man's creation is that he may know God and adore Him. He says in one of His Tablets:--

--Baha'u'llah and the New Era, Page 75
The cause of the creation of all contingent beings has been love, as it is said in the well-known tradition, "I was a hidden treasure and I loved to be known. Therefore I created the creation in order to be known."

And in the Hidden Words He says:--

O Son of Being! Love Me, that I may love thee. If thou lovest Me not, My love can in no wise reach thee. Know this, O servant.

O Son of the Wondrous Vision! I have breathed within thee a breath of My own Spirit, that thou mayest be My lover. Why hast thou forsaken Me and sought a beloved other than Me?

To be God's lover! That is the sole object of life for the Baha'i. To have God as his closest companion and most intimate friend, his Peerless Beloved, in Whose Presence is fullness of joy! And to love God means to love everything and everybody, for all are of God. The real Baha'i will be the perfect lover. He will love everyone with a pure heart, fervently. He will hate no one. He will despise no one, for he will have learned to see the Face of the Beloved in every face, and to find His traces everywhere. His love will know no limit of sect, nation, class or race. Baha'u'llah says:--"Of old it hath been revealed: `Love of one's country is an element of the Faith of God.' The Tongue of Grandeur hath ... in the day of His manifestation proclaimed: `It is not his to boast who loveth his country, but it is his who loveth the world.'"--Tablet of the World. And again:--"Blessed is he who prefers his brother before himself; such an one is of the people of Baha."--Words of Paradise.
'Abdu'l-Baha tells us we must be "as one soul in many bodies, for the more we love each other, the nearer we shall be to God." To an American audience He said:--

Likewise the divine religions of the holy Manifestations of God are in reality one though in name and

--Baha'u'llah and the New Era, Page 76
nomenclature they differ. Man must be a lover of the light no matter from what day-spring it may appear. He must be a lover of the rose no matter in what soil it may be growing. He must be a seeker of the truth no matter from what source it come. Attachment to the lantern is not loving the light. Attachment to the earth is not befitting but enjoyment of the rose which develops from the soil is worthy. Devotion to the tree is profitless but partaking of the fruit is beneficial. Luscious fruits no matter upon what tree they grow or where they may be found must be enjoyed. The word of truth no matter which tongue utters it must be sanctioned. Absolute verities no matter in what book they be recorded must be accepted. If we harbor prejudice it will be the cause of deprivation and ignorance. The strife between religions, nations and races arises from misunderstanding. If we investigate the religions to discover the principles underlying their foundations we will find they agree, for the fundamental reality of them is one and not multiple. By this means the religionists of the world will reach their point of unity and reconciliation.

Again He says:--

Every soul of the beloved ones must love the others and withhold not his possessions and life from them, and by all means he must endeavor to make the others joyous and happy. But these others must also be disinterested and self-sacrificing. Thus may this Sunrise flood the horizons, this Melody gladden and make happy all the people, this divine Remedy become the panacea for every disease, this Spirit of Truth become the cause of life for every soul.

Severance
Devotion to God implies also severance from everything that is not of God, severance, that is, from all selfish and worldly, and even other-worldly desires. The path of God may lie through riches or poverty, health or sickness, through palace or dungeon, rose garden or torture chamber. Whichever

--Baha'u'llah and the New Era, Page 77
it be, the Baha'i will learn to accept his lot with "radiant acquiescence." Severance does not mean stolid indifference to one's surroundings or passive resignation to evil conditions; nor does it mean despising the good things which God has created. The true Baha'i will not be callous, nor apathetic nor ascetic. He will find abundant interest, abundant work and abundant joy in the Path of God, but he will not deviate one hair's breadth from that path in pursuit of pleasure nor hanker after anything that God has denied him. When a man becomes a Baha'i, God's Will becomes his will, for to be at variance with God is the one thing he cannot endure. In the path of God no errors can appall, no troubles dismay him. The light of love irradiates his darkest days, transmutes suffering into joy, and martyrdom itself into an ecstasy of bliss. Life is lifted to the heroic plane and death becomes a glad adventure. Baha'u'llah says:--

He that hath in his heart even less than a mustard seed of love for anything beside Me, verily he cannot enter My Kingdom.--Suriy-i-Haykal
O Son of Man! If thou lovest Me, turn away from thyself; and if thou seekest My pleasure, regard not thine own; that thou mayest die in Me and I may eternally live in thee.
O My Servant! Free thyself from the fetters of this world, and loose thy soul from the prison of self. Seize thy chance, for it will come to thee no more.--The Hidden Words.

Obedience
Devotion to God involves implicit obedience to His revealed Commands even when the reason for these Commands is not understood. The sailor implicitly obeys his captain's orders, even when he does not know the reason for them, but his acceptance of authority is not blind. He knows full well that the captain has served a thorough probation, and given ample

--Baha'u'llah and the New Era, Page 78
proofs of competence as a navigator. Were it not so, he would be foolish indeed to serve under him. So the Baha'i must implicitly obey the Captain of his Salvation, but he will be foolish indeed if he has not first ascertained that this Captain has given ample proofs of trustworthiness. Having received such proofs, however, to refuse obedience would be even greater folly, for only by intelligent and open-eyed obedience to the wise master can we reap the benefits of his wisdom, and acquire this wisdom for ourselves. Be the captain never so wise, if none of the crew obey him how shall the ship reach its port or the sailors learn the art of navigation? Christ clearly pointed out that obedience is the path of knowledge. He said:--"My doctrine is not mine, but his that sent me. If any man will do his will, he shall know of the doctrine, whether it be of God, or whether I speak of myself."--St. John vii, 16-17. So Baha'u'llah says: "True belief in God and recognition of Him cannot be complete save by acceptance of that which He hath revealed and by observance of whatsoever hath been decreed by Him and set down in the Book by the Pen of Glory."--Tablet of Tajalliyat.
Implicit obedience is not a popular virtue in these democratic days, and indeed entire submission to the will of any mere man would be disastrous. But the Unity of Humanity can be attained only by complete harmony of each and all with the Divine will. Unless that Will be clearly revealed, and men abandon all other leaders and obey the Divine Messenger, then conflict and strife will go on, and men will continue to oppose each other, to devote a large part of their energy to frustrating the efforts of their brother men, instead of working harmoniously together for the Glory of God and the common good.

Service
Devotion to God implies a life of service to our fellow- creatures. We can be of service to God in no other way. If we turn our backs on our fellowmen, we are turning our backs upon God. Christ said, "Inasmuch as ye did it not to one of the least of these, ye did it not to Me." So Baha'u'llah says:--"O son

--Baha'u'llah and the New Era, Page 79
of man! If thine eyes be turned towards mercy, forsake the things that profit thee, and cleave unto that which will profit mankind. And if thine eyes be turned towards justice, choose thou for thy neighbor that which thou choosest for thyself."--Words of Paradise.
'Abdu'l-Baha says:--

In the Baha'i Cause arts, sciences and all crafts are counted as worship. The man who makes a piece of note- paper to the best of his ability, conscientiously, concentrating all his forces on perfecting it, is giving praise to God. Briefly, all effort and exertion put forth by man from the fullness of his heart is worship, if it is prompted by the highest motives and the will to do service to humanity. This is worship: to serve mankind and to minister to the needs of the people. Service is prayer. A physician ministering to the sick, gently, tenderly, free from prejudice and believing in the solidarity of the human race, is giving praise.

Teaching
The real Baha'i will not only believe in the teachings of Baha'u'llah, but find in them the guide and inspiration of his whole life and joyfully impart to others the knowledge that is the wellspring of his own being. Only thus will he receive in full measure "the power and confirmation of the Spirit." All cannot be eloquent speakers or ready writers, but all can teach by "living the life." Baha'u'llah says:--

The people of Baha must serve the Lord with wisdom, teach others by their lives, and manifest the light of God in their deeds. The effect of deeds is in truth more powerful than that of words.--Words of Paradise

The Baha'i will, however, on no account force his ideas on those who do not wish to hear them. He will attract people to the Kingdom of God, not try to drive them into it. He will be

--Baha'u'llah and the New Era, Page 80
like the good shepherd who leads his flock, and charms the sheep by his music, rather than like the one who, from behind, urges them on with dog and stick.
Baha'u'llah says in the Hidden Words:--

O Son of Dust! The wise are they that speak not unless they obtain a hearing, even as the cup-bearer, who proffereth not his cup till he findeth a seeker, and the lover who crieth not out from the depths of his heart until he gazeth upon the beauty of his beloved. Wherefore sow the seeds of wisdom and knowledge in the pure soil of the heart, and keep them hidden, till the hyacinths of divine wisdom spring from the heart and not from mire and clay.

Again He says, in the Tablet of Ishraqat:--

O people of Baha! Ye are the dawning-places of the Love and daysprings of the Favor of God. Defile not your tongues with cursing or execrating anyone, and guard your eyes from that which is not worthy. Show forth that which ye possess (i.e. Truth). If it be accepted, the aim is attained. If not, to rebuke or interfere with him who rejects is vain. Leave him to himself, and advance towards God, the Protector, the Self-Subsistent. Be not the cause of sorrow, how much less of sedition and strife! It is hoped that ye may be nurtured in the shade of the tree of Divine Bounty and act as God has willed for you. Ye are all leaves of one tree and drops of one sea.

Courtesy and Reverence
Baha'u'llah says:--

O people of God! I exhort you to courtesy. Courtesy is indeed ... the lord of all virtues. Blessed is he who is adorned with the mantle of Uprightness and illumined with the light of Courtesy. He who is endowed with Courtesy

--Baha'u'llah and the New Era, Page 81
(or Reverence) is endowed with a great station. It is hoped that this wronged One, and all, will attain to it, hold unto it and observe it. This is the Irrefutable Command which hath flowed from the pen of the Greatest Name.--Tablet of the World.

Again and again He repeats:--"Let all the nations of the world consort with each other with joy and fragrance. Consort ye, O people, with the people of all religions with joy and fragrance."
'Abdu'l-Baha says in a letter to the Baha'is of America:--

Beware! Beware! Lest ye offend any heart!
Beware! Beware! Lest ye hurt any soul!
Beware! Beware! Lest ye deal unkindly toward any person!
Beware! Beware! Lest ye be the cause of hopelessness to any creature!
Should one become the cause of grief to any one heart, or of despondency to any one soul, it were better to hide oneself in the lowest depths of the earth than to walk upon the earth.

He teaches that as the flower is hidden in the bud, so a spirit from God dwells in the heart of every man, no matter how hard and unlovely his exterior. The true Baha'i will treat every man, therefore, as the gardener tends a rare and beautiful plant. He knows that no impatient interference on his part can open the bud into a blossom; only God's sunshine can do that, therefore his aim is to bring that life-giving sunshine into all darkened hearts and homes.
Again, 'Abdu'l-Baha says:--

Among the teachings of Baha'u'llah is one requiring man, under all conditions and circumstances, to be forgiving, to love his enemy and to consider an ill-wisher as a well-wisher. Not that one should consider another as an enemy and then put up with him ... and be forbearing

--Baha'u'llah and the New Era, Page 82
toward him. This is hypocrisy and not real love. Nay, rather, you must see your enemies as friends, your ill-wishers as well-wishers and treat them accordingly. Your love and kindness must be real ... not merely forbearance, for forbearance, if not of the heart, is hypocrisy.

Such counsel appears unintelligible and self-contradictory until we realize that while the outer carnal man may be a hater and ill-wisher, there is in everyone an inner, spiritual nature which is the real man, from whom only love and goodwill can proceed. It is to this real, inner man in each of our neighbors that we must direct our thought and love. When he awakens into activity, the outer man will be transformed and renewed.

The Sin-covering Eye
On no subject are the Baha'i teachings more imperative and uncompromising than on the requirement to abstain from faultfinding. Christ spoke very strongly on the same subject, but it has now become usual to regard the Sermon on the Mount as embodying "Counsels of Perfection" which the ordinary Christian cannot be expected to live up to. Both Baha'u'llah and 'Abdu'l-Baha are at great pains to make it clear that on this subject They mean all They say. We read in the Hidden Words:--

O Son of Man! Breathe not the sins of others so long as thou art thyself a sinner. Shouldst thou transgress this command, accursed wouldst thou be, and to this I bear witness.

O Son of Being! Ascribe not to any soul that which thou wouldst not have ascribed to thee, and say not that which thou doest not. This is My command unto thee, do thou observe it.

'Abdu'l-Baha tells us:--

--Baha'u'llah and the New Era, Page 83
To be silent concerning the faults of others, to pray for them, and to help them, through kindness, to correct their faults.
To look always at the good and not at the bad. If a man has ten good qualities and one bad one, to look at the ten and forget the one; and if a man has ten bad qualities and one good one, to look at the one and forget the ten. Never to allow ourselves to speak one unkind word about another, even though that other be our enemy.

To an American friend He writes:--

The worst human quality and the most great sin is backbiting, more especially when it emanates from the tongues of the believers of God. If some means were devised so that the doors of backbiting could be shut eternally, and each one of the believers of God unsealed his lips in praise of others, then the teachings of His Holiness Baha'u'llah would be spread, the hearts illumined, the spirits glorified, and the human world would attain to everlasting felicity.

Humility
While we are commanded to overlook the faults of others, and see their virtues, we are commanded, on the other hand, to find out our own faults and take no account of our virtues. Baha'u'llah says in the Hidden Words:--

O Son of Being! How couldst thou forget thine own faults and busy thyself with the faults of others? Whoso doeth this is accursed of Me.

O Emigrants! The tongue I have designed for the mention of Me, defile it not with detraction. If the fire of self overcome you, remember your own faults and not the faults of My

--Baha'u'llah and the New Era, Page 84
creatures, inasmuch as every one of you knoweth his own self better than he knoweth others.

'Abdu'l-Baha says:--

Let your life be an emanation of the Kingdom of Christ. He came not to be ministered unto, but to minister ... In the religion of Baha'u'llah all are servants and maidservants, brothers and sisters. As soon as one feels a little better than, a little superior to, the rest, he is in a dangerous position, and unless he casts away the seed of such an evil thought, he is not a fit instrument for the service of the Kingdom.
Dissatisfaction with oneself is a sign of progress. The soul who is satisfied with himself is the manifestation of Satan, and the one who is not contented with himself is the manifestation of the Merciful. If a person has a thousand good qualities he must not look at them; nay, rather he must strive to find out his own defects and imperfections ... However much a man may progress, yet he is imperfect, because there is always a point ahead of him. No sooner does he look up towards that point than he become dissatisfied with his own condition, and aspires to attain to that. Praising one's own self is the sign of selfishness.--Diary of Mirza Ahmad Sohrab, 1914.

Although we are commanded to recognize and sincerely repent of our sins, the practice of confession to priests and others is definitely forbidden. Baha'u'llah says in the Glad Tidings:--

The sinner, when his heart is free from all save God, must seek forgiveness from God alone. Confession before the servants (i.e. before men) is not permissible, for it is not the means or the cause of Divine Forgiveness. Such confession before the creatures leads to one's humiliation and abasement, and God--exalted be His Glory--does not wish for the humiliation of His servants. Verily He is

--Baha'u'llah and the New Era, Page 85
Compassionate and Beneficent. The sinner must, between himself and God, beg for mercy from the Sea of Mercy and implore pardon from the Heaven of Forgiveness.

Truthfulness and Honesty
Baha'u'llah says in the Tablet of Tarazat:--

Verily, Honesty is the door of tranquillity to all in the world, and the sign of glory from the presence of the Merciful One. Whosoever attains thereto has attained to treasures of wealth and affluence. Honesty is the greatest door to the security and tranquillity of mankind. The stability of every affair always depends on it, and the worlds of honor, glory and affluence are illumined by its light....
O people of Baha! Honesty is the best garment for your temples and the most splendid crown for your heads. Adhere thereto by the Command of the Omnipotent Commander.

Again He says:--"The principle of faith is to lessen words and to increase deeds. He whose words exceed his acts, know verily, that his nonbeing is better than his being, his death better than his life."
'Abdu'l-Baha says:--

Truthfulness is the foundation of all the virtues of mankind. Without truthfulness, progress and success in all of the worlds are impossible for a soul. When this holy attribute is established in man, all the other divine qualities will also become realized.
Let the light of truth and honesty shine from your faces so that all may know that your word, in business or pleasure, is a word to trust and be sure of. Forget self and work for the whole. (message to the London Baha'is, October 1911.)

--Baha'u'llah and the New Era, Page 86
Self-Realization
Baha'u'llah constantly urges men to realize and give full expression to the perfections latent within them--the true inner self as distinguished from the limited outer self, which at best is but the temple, and too often is the prison of the real man. In the Hidden Words He says:--

O Son of Being! With the hands of power I made thee and with the fingers of strength I created thee; and within thee have I placed the essence of My light. Be thou content with it and seek naught else, for My work is perfect and My command is binding. Question it not, nor have doubt thereof.
O Son of Spirit! I created thee rich, why dost thou bring thyself down to poverty? Noble I made thee, wherewith dost thou abase thyself? Out of the essence of knowledge I gave thee being, why seekest thou enlightenment from anyone beside Me? Out of the clay of love I molded thee, how dost thou busy thyself with another? Turn thy sight unto thyself, that thou mayest find Me standing within thee, mighty, powerful and self-subsisting.
O My Servant! Thou art even as a finely tempered sword concealed in the darkness of its sheath and its value hidden from the artificer's knowledge. Wherefore come forth from the sheath of self and desire that thy worth may be made resplendent and manifest unto all the world.
O My Friend! Thou art the day-star of the heavens of My holiness, let not the defilement of the world eclipse thy splendor. Rend asunder the veil of heedlessness, that from behind the clouds thou mayest emerge resplendent and array all things with the apparel of life.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 87
The life to which Baha'u'llah calls His followers is surely one of such nobility that in all the vast range of human possibility there is nothing more lofty or beautiful to which man could aspire. Realization of the spiritual self in ourselves means realization of the sublime truth that we are from God and to Him shall we return. This return to God is the glorious goal of the Baha'i; but to attain this goal the only path is that of obedience to His chosen Messengers, and especially to His Messenger for the time in which we live, Baha'u'llah, the Prophet of the New Era.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 88
Prayer/6

Prayer is a ladder by which everyone may ascend to Heaven.--MUHAMMAD.

Conversation with God
"Prayer," says 'Abdu'l-Baha, "is conversation with God." In order that God may make known His Mind and Will to men, He must speak to them in a language which they can understand, and this He does by the mouths of His Holy Prophets. While these Prophets are alive in the body They speak with men face to face and convey to them the Message of God, and after Their death Their message continues to reach men's minds through Their recorded sayings and writings. But this is not the only way in which God can speak with men. There is a "language of the spirit," which is independent of speech or writing, by which God can commune with and inspire those whose hearts are seeking after truth, wherever they are, and whatever their native race or tongue. By this language the Manifestation continues to hold converse with the faithful after His departure from the material world. Christ continued to converse with and inspire His disciples after His crucifixion. In fact He influenced them more powerfully than before; and with other Prophets it has been the same. 'Abdu'l-Baha speaks much of this spiritual language. He says, for instance:--

We should speak in the language of heaven--in the language of the spirit--for there is a language of the spirit and heart. It is as different from our language as our own language is different from that of the animals, who express themselves only by cries and sounds. It is the language of the spirit which speaks to God. When, in prayer, we are freed from all outward things and turn to God, then it is as if in our hearts we hear the voice

--Baha'u'llah and the New Era, Page 89
of God. Without words we speak, we communicate, we converse with God and hear the answer.... All of us, when we attain to a truly spiritual condition, can hear the Voice of God. (from a talk reported by Miss Ethel J. Rosenberg).

Baha'u'llah declares that the higher spiritual truths can be communicated only by means of this spiritual language. The spoken or written word is quite inadequate. In a little book called The Seven Valleys, in which He describes the journey of travelers from the earthly dwelling to the Divine Home, He says, in speaking of the more advanced stages of the journey:--

The tongue is unable to give an account of these, and utterance falls exceedingly short. The pen is useless in this court, and the ink gives no result but blackness.... Heart alone can communicate to heart the state of the knower; this is not the work of a messenger, nor can it be contained in letters.

The Devotional Attitude
In order that we may attain the spiritual condition in which conversation with God becomes possible, 'Abdu'l-Baha says:--

We must strive to attain to that condition by being separated from all things and from the people of the world and by turning to God alone. It will take some effort on the part of man to attain to that condition, but he must work for it, strive for it. We can attain to it by thinking and caring less for material things and more for the spiritual. The further we go from the one, the nearer we are to the other. The choice is ours.
Our spiritual perception, our inward sight must be opened, so that we can see the signs and traces of God's spirit in everything. Everything can reflect to us the light of the Spirit. (from a talk reported by Miss Ethel J. Rosenberg).

--Baha'u'llah and the New Era, Page 90
Baha'u'llah has written:--"That seeker ... at the dawn of every day ... should commune with God, and, with all his soul, persevere in the quest of his Beloved. He should consume every wayward thought with the flame of His loving mention...."--Gleanings from the Writings of Baha'u'llah, p.265.
In the same way, 'Abdu'l-Baha declares:--

When man allows the spirit, through his soul, to enlighten his understanding, then does he contain all creation ... But on the other hand, when man does not open his mind and heart to the blessing of the spirit, but turns his soul towards the material side, towards the bodily part of his nature, then is he fallen from his high place and he becomes inferior to the inhabitants of the lower animal kingdom.

Again, Baha'u'llah writes:--

Deliver your souls, O people, from the bondage of self, and purify them from all attachment to anything besides Me. Remembrance of Me cleanseth all things from defilement, could ye but perceive it....
Intone, O My servant, the verses of God that have been received by thee, ... that the sweetness of thy melody may kindle thine own soul, and attract the hearts of all men. Whoso reciteth, in the privacy of his chamber, the verses revealed by God, the scattering angels of the Almighty shall scatter abroad the fragrance of the words uttered by his mouth....--Gleanings from the Writings of Baha'u'llah, pp. 294-295.

Necessity for a Mediator
According to 'Abdu'l-Baha:--

A mediator is necessary between man and the Creator-- one who receives the full light of the Divine Splendor and radiates it over the human world, as the earth's atmosphere receives and diffuses the warmth of the sun's rays.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 91
If we wish to pray, we must have some object on which to concentrate. If we turn to God, we must direct our hearts to a certain center. If man worships God otherwise than through His Manifestation, he must first form a conception of God, and that conception is created by his own mind. As the finite cannot comprehend the Infinite, so God is not to be comprehended in this fashion. That which man conceives with his own mind he comprehends. That which he can comprehend is not God. That conception of God which a man forms for himself is but a phantasm, an image, an imagination, an illusion. There is no connection between such a conception and the Supreme Being.
If a man wishes to know God, he must find Him in the perfect mirror, Christ or Baha'u'llah. In either of these mirrors he will see reflected the Sun of Divinity.
As we know the physical sun by its splendor, by its light and heat, so we know God, the Spiritual Sun, when He shines forth from the temple of Manifestation, by His attributes of perfection, by the beauty of His qualities and by the splendor of His light. (from a talk to Mr. Percy Woodcock, at 'Akka, 1909).

Again He says:

Unless the Holy Spirit become intermediary, one cannot attain directly to the bounties of God. Do not overlook the obvious truth, for it is self-evident that a child cannot be instructed without a teacher, and knowledge is one of the bounties of God. The soil is not covered with grass and vegetation without the rain of the cloud; therefore the cloud is the intermediary between the divine bounties and the soil.... The light hath a center and if one desire to seek it otherwise than from the center, one can never attain to it.... Turn thine attention to the days of Christ; some people imagined that without the Messianic outpourings it was possible to attain to truth, but this very imagination became the cause of their deprivation.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 92
A man who tries to worship God without turning to His Manifestation is like a man in a dungeon trying through his imagination to revel in the glories of the sunshine.

Prayer Indispensable and Obligatory
The use of prayer is enjoined upon Baha'is in no uncertain terms. Baha'u'llah says in the Kitab-i-Aqdas:--

Recite ye the verses of God every morn and eventide. Whoso faileth to recite them hath not been faithful to the Covenant of God and His Testament, and whoso turneth away from these holy verses in this Day is of those who throughout eternity have turned away from God. Fear ye God, O My servants, one and all. Pride not yourselves on much reading of the verses or on a multitude of pious acts by night and day; for were a man to read a single verse with joy and radiance it would be better for him than to read with lassitude all the Holy Books of God, the Help in Peril, the Self-Subsisting. Read ye the sacred verses in such measure that ye be not overcome by languor and despondency. Lay not upon your souls that which will weary them and weigh them down, but rather what will lighten and uplift them, so that they may soar on the wings of the Divine verses towards the Dawning-place of His manifest signs; this will draw you nearer to God, did ye but comprehend.

'Abdu'l-Baha says to a correspondent:--"O thou spiritual friend! ... Know thou that prayer is indispensable and obligatory, and man under no pretext whatever is excused therefrom unless he be mentally unsound or an insurmountable obstacle prevent him."
Another correspondent asked: "Why pray? What is the wisdom thereof, for God has established everything and executes all affairs after the best order--therefore, what is the wisdom in beseeching and supplicating and in stating one's wants and seeking help?"

--Baha'u'llah and the New Era, Page 93
'Abdu'l-Baha replied:--

Know thou, verily, it is becoming in a weak one to supplicate to the Strong One, and it behooveth a seeker of bounty to beseech the Glorious Bountiful One. When one supplicates to his Lord, turns to Him and seeks bounty from His Ocean, this supplication brings light to his heart, illumination to his sight, life to his soul and exaltation to his being.
During thy supplications to God and thy reciting, "Thy Name is my healing," consider how thine heart is cheered, thy soul delighted by the spirit of the love of God, and thy mind attracted to the Kingdom of God! By these attractions one's ability and capacity increase. When the vessel is enlarged the water increases, and when the thirst grows the bounty of the cloud becomes agreeable to the taste of man. This is the mystery of supplication and the wisdom of stating one's wants. (from a tablet to an American believer, translated by 'Ali Kuli Khan, October 1908).

Baha'u'llah has revealed three daily obligatory prayers. The believer is free to choose any one of these three prayers, but is under the obligation of reciting one of them, and in the manner Baha'u'llah has prescribed.

Congregational Prayer
The prayers which Baha'u'llah has ordained as a daily obligation for Baha'is are to be said privately. Only in the case of the Prayer for the Dead has Baha'u'llah commanded congregational prayer, and the only requirement is that the believer who reads it aloud, and all others present, should stand. This differs from the Islamic practice of congregational prayer in which the believers stand in rows behind an imam, who leads the prayer, which is prohibited in the Baha'i Faith.
These ordinances, which are in accordance with Baha'u'llah's abolition of professional clergy, do not mean that He attached no value to meetings for worship. Regarding the value of gathering for prayer, 'Abdu'l-Baha spoke as follows:--

--Baha'u'llah and the New Era, Page 94
Man may say: "I can pray to God whenever I wish, when the feelings of my heart are drawn to God; when I am in the wilderness, when I am in the city, or wherever I may be. Why should I go where others are gathered upon a special day, at a certain hour, to unite my prayers with theirs, when I may not be in a frame of mind for praying?"
To think in this way is useless imagination, for where many are gathered together their force is greater. Separate soldiers fighting alone and individually have not the force of a united army. If all the soldiers in this spiritual war gather together, then their united spiritual feelings help each other, and their prayers become acceptable. (from notes taken by Miss Ethel J. Rosenberg).

Prayer the Language of Love
To someone who asked whether prayer was necessary, since presumably God knows the wishes of all hearts, 'Abdu'l-Baha replied:--

If one friend feels love for another, he will wish to say so. Though he knows that the friend is aware that he loves him he will still wish to say so ... God knows the wishes of all hearts. But the impulse to prayer is a natural one, springing from man's love to God.
... Prayer need not be in words, but rather in thought and attitude. But if this love and this desire are lacking, it is useless to try to force them. Words without love mean nothing. If a person talks to you as an unpleasant duty, with no love or pleasure in his meeting with you, do you wish to converse with him? (article in Fortnightly Review, Jan.-June 1911, p.1076, by Miss E. S. Stevens).

In another talk He said:--

In the highest prayer, men pray only for the love of God, not because they fear Him or hell, or hope for

--Baha'u'llah and the New Era, Page 95
bounty or heaven.... When a man falls in love with a human being, it is impossible for him to keep from mentioning the name of his beloved. How much more difficult is it to keep from mentioning the Name of God when one has come to love Him.... The spiritual man finds no delight in anything save in commemoration of God. (from notes of Miss Alma Robertson and other pilgrims, November and December 1900).

Deliverance from Calamities
According to the teaching of the Prophets, disease and all other forms of calamity are due to disobedience to the Divine Commands. Even disasters due to floods, hurricanes, and earthquakes are attributed by 'Abdu'l-Baha indirectly to this cause.
The suffering that follows error is not vindictive, however, but educative and remedial. It is God's Voice proclaiming to man that he has strayed from the right path. If the suffering is terrible, it is only because the danger of wrongdoing is more terrible, for "the wages of sin is death."
Just as calamity is due to disobedience, so deliverance from calamity can be obtained only be obedience. There is no chance or uncertainty about the matter. Turning from God inevitably brings disaster, and turning to God as inevitably brings blessing.
As the whole of humanity is one organism, however, the welfare of each individual depends not only on his own behavior, but on that of his neighbors. If one does wrong, all suffer in greater or less degree; while if one does well, all benefit. Each has to bear his neighbor's burdens, to some extent, and the best of mankind are those who bear the biggest burdens. The saints have always suffered abundantly; the Prophets have suffered superlatively. Baha'u'llah says in the Book of Iqan:--"You must undoubtedly have been informed of the tribulations, the poverty, the ills, and the degradation that have befallen every Prophet of God and His companions. You must have heard how the heads of their followers were sent as presents unto different cities...."--Kitab-i-Iqan, p. 73.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 96
This is not because the saints and Prophets have merited punishment above other men. Nay, they often suffer for the sins of others, and choose to suffer, for the sake of others. Their concern is for the world's welfare, not for their own. The prayer of the true lover of humanity is not that he, as an individual, may escape poverty, ill-health or disaster, but that mankind may be saved from ignorance and error and the ills that inevitably flow from them. If he wishes health or wealth for himself, it is in order that he may serve the Kingdom, and if physical health and wealth are denied him, he accepts his lot with "radiant acquiescence," well knowing that there is a right wisdom in whatever befalls him in the Path of God. 'Abdu'l-Baha says:--

Grief and sorrow do not come to us by chance; they are sent by the Divine Mercy for our perfecting. When grief and sorrow come, then will a man remember his Father Who is in Heaven, Who is able to deliver him from his humiliations. The more a man is chastened, the greater is the harvest of spiritual virtues shown forth by him.

At first sight it may seem very unjust that the innocent should suffer for the guilty, but 'Abdu'l-Baha assures us that the injustice is only apparent and that, in the long run, perfect justice prevails. He writes:--

As to the subject of babes and children and weak ones who are afflicted by the hands of the oppressors ... for those souls there is a recompense in another world ... that suffering is the greatest mercy of God. Verily that mercy of the Lord is far better than all the comfort of this world and the growth and development appertaining to this place of mortality.

Prayer and Natural Law
Many find a difficulty in believing in the efficacy of prayer because they think that answers to prayer would involve arbitrary

--Baha'u'llah and the New Era, Page 97
interference with the laws of nature. An analogy may help to remove this difficulty. If a magnet be held over some iron filings the latter will fly upwards and cling to it, but this involves no interference with the law of gravitation. The force of gravity continues to act on the filings just as before. What has happened is that a superior force has been brought into play--another force whose action is just as regular and calculable as that of gravity. The Baha'i view is that prayer brings into action higher forces, as yet comparatively little known; but there seems no reason to believe that these forces are more arbitrary in their action than the physical forces. The difference is that they have not yet been fully studied and experimentally investigated, and their action appears mysterious and incalculable because of our ignorance.
Another difficulty which some find perplexing is that prayer seems too feeble a force to produce the great results often claimed to it. Analogy may serve to clear up this difficulty also. A small force, when applied to the sluice gate of a reservoir, may release and regulate an enormous flow of water-power, or, when applied to the steering gear of an ocean liner, may control the course of the huge vessel. In the Baha'i view, the power that brings about answers to prayer is the inexhaustible Power of God. The part of the suppliant is only to exert the feeble force necessary to release the flow or determine the course of the Divine Bounty, which is ever ready to serve those who have learned how to draw upon it.

Baha'i Prayers
Baha'u'llah and 'Abdu'l-Baha have revealed innumerable prayers for the use of Their followers at various times and for various purposes. The greatness of conception and depth of spirituality revealed in these utterances must impress every thoughtful student, but only by making their use a regular and important part of one's daily life can their significance be fully appreciated and their power for good realized. Unfortunately, considerations of space prevent our giving more than a very few short specimens of these prayers. For further examples the reader must be referred to other works.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 98
O my Lord! Make Thy beauty to be my food, and Thy presence my drink, and Thy pleasure my hope, and praise of Thee my action, and remembrance of Thee my companion, and the power of Thy sovereignty my succorer, and Thy habitation my home, and my dwelling-place the seat Thou hast sanctified from the limitations imposed upon them who are shut out as by a veil from Thee.
Thou art, verily, the Almighty, the All-Glorious, the Most Powerful.--BAHA'U'LLAH.

I bear witness, O my God, that Thou hast created me to know Thee and to worship Thee. I testify, at this moment, to my powerlessness and to Thy might, to my poverty and to Thy wealth.
There is none other God but Thee, the Help in Peril, the Self-Subsisting.--BAHA'U'LLAH.

O my God! O my God! Unite the hearts of Thy servants and reveal to them Thy great purpose. May they follow Thy commandments and abide in Thy law. Help them, O God, in their endeavor, and grant them strength to serve Thee. O God! Leave them not to themselves, but guide their steps by the light of Thy knowledge, and cheer their hearts by Thy love. Verily, Thou art their Helper and their Lord.--BAHA'U'LLAH.

O Thou kind Lord! Thou has created all humanity from the same stock. Thou hast decreed that all shall belong to the same household. In Thy Holy Presence they are all Thy servants, and all mankind are sheltered beneath Thy Tabernacle; all have gathered together at Thy Table of Bounty; all are illumined through the light of Thy Providence.
O God! Thou art kind to all, Thou hast provided for all, dost shelter all, conferrest life upon all. Thou hast endowed each and all with talents and faculties, and all are submerged in the Ocean of Thy Mercy.
O Thou kind Lord! Unite all. Let the religions agree and make the nations one, so that they may see each other

--Baha'u'llah and the New Era, Page 99
as one family and the whole earth as one home. May they all live together in perfect harmony.
O God! Raise aloft the banner of the oneness of mankind.
O God! Establish the Most Great Peace.
Cement Thou, O God, the hearts together.
O Thou kind Father, God! Gladden our hearts through the fragrance of Thy love. Brighten our eyes through the Light of Thy Guidance. Delight our ears with the melody of Thy Word, and shelter us all in the Stronghold of Thy Providence.
Thou art the Mighty and Powerful, Thou art the Forgiving and Thou art the One Who overlooketh the shortcomings of all mankind.--'ABDU'L-BAHA.

O Thou Almighty! I am a sinner, but Thou art the Forgiver! I am full of shortcomings, but Thou art the Compassionate! I am in the darkness of error, but Thou art the Light of Pardon!
Therefore, O Thou Benevolent God, forgive my sins, grant Thy Bestowals, overlook my faults, provide for me a shelter, immerse me in the Fountain of Thy Patience and heal me of all sickness and disease.
Purify and sanctify me. Give me a portion from the outpouring of holiness, so that sorrow and sadness may vanish, joy and happiness descend, despondency and hopelessness be changed into cheerfulness and trustfulness, and courage take the place of fear.
Verily Thou art the Forgiver, the Compassionate, and Thou art the Generous, the Beloved!--'ABDU'L-BAHA.

O compassionate God! Thanks be to Thee for Thou hast awakened and made me conscious. Thou hast given me a seeing eye and favored me with a hearing ear; hast led me to Thy Kingdom and guided me to Thy Path. Thou hast shown me the right way and caused me to enter the Ark of Deliverance. O God! Keep me steadfast and make me firm and staunch. Protect me from violent tests and preserve and shelter me in the strongly fortified fortress

--Baha'u'llah and the New Era, Page 100
of Thy Covenant and Testament. Thou art the Powerful! Thou art the Seeing! Thou art the Hearing! O Thou the Compassionate God! Bestow upon me a heart which, like unto glass, may be illumined with the light of Thy love, and confer upon me a thought which may change this world into a rose-garden through the spiritual bounty. Thou art the Compassionate, the Merciful! Thou art the Great Beneficent God!--'ABDU'L-BAHA.

Baha'i prayer is not, however, confined to the use of prescribed forms, important as those are. Baha'u'llah teaches that one's whole life should be a prayer, that work done in the right spirit is worship, that every thought, word and deed devoted to the Glory of God and the good of one's fellows is prayer, in the truest sense of the world.+F1
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F1. On the subject of Intercessory Prayer, see Chapter 11.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 101
Health and Healing/7


Turning the face towards God brings healing to the body, the mind and the soul.--'ABDU'L-BAHA.

Body and Soul
According to the Baha'i teaching the human body serves a temporary purpose in the development of the soul, and, when that purpose has been served, is laid aside; just as the eggshell serves a temporary purpose in the development of the chick, and, when that purpose has been served, is broken and discarded. 'Abdu'l-Baha says that the physical body is incapable of immortality, for it is a composite thing, built up of atoms and molecules, and, like all things that are composed, must, in time, become decomposed.
The body should be the servant of the soul, never its master, but it should be a willing, obedient and efficient servant, and should be treated with the consideration which a good servant deserves. If it is not properly treated, disease and disaster result, with injurious consequences to master as well as servant.

Oneness of All Life
The essential oneness of all the myriad forms and grades of life is one of the fundamental teachings of Baha'u'llah. Our physical health is so linked up with our mental, moral and spiritual health, and also with the individual and social health of our fellowmen, nay, even with the life of the animals and plants, that each of these is affected by the others to a far greater extent than is usually realized.
There is no command of the Prophet, therefore, to whatever department of life it may primarily refer, which does not concern bodily health. Certain of the teachings, however, have a more direct bearing on physical health than others, and these we may now proceed to examine.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 102
Simple Life
'Abdu'l-Baha says:--

Economy is the foundation of human prosperity. The spendthrift is always in trouble. Prodigality on the part of any person is an unpardonable sin. We must never live on others like a parasitic plant. Every person must have a profession, whether it be literary or manual, and must live a clean, manly, honest life, an example of purity to be imitated by others. It is more kingly to be satisfied with a crust of stale bread than to enjoy a sumptuous dinner of many courses, the money for which comes out of the pockets of others. The mind of a contented person is always peaceful and his heart at rest.--Baha'i Scriptures, p. 453.

Animal food is not forbidden, but 'Abdu'l-Baha says:-- "Fruits and grains [will be the foods of the future]. The time will come when meat will no longer be eaten. Medical science is only in its infancy, yet it has shown that our natural diet is that which grows out of the ground."--Ten Days in the Light of 'Akka, by Julie M. Grundy.

Alcohol and Narcotics
The use of narcotics and intoxicants of any kind, except as remedies in case of illness, is strictly forbidden by Baha'u'llah.

Enjoyments
The Baha'i teaching is based on moderation, not on asceticism. Enjoyment of the good and beautiful things of life, both material and spiritual, is not only encouraged but enjoined. Baha'u'llah says: "Deprive not yourselves of that which has been created for you." Again He says: "It is incumbent upon you that exultation and glad tidings be manifest in your faces." 'Abdu'l-Baha says:--

--Baha'u'llah and the New Era, Page 103
All that has been created is for man, who is at the apex of creation, and he must be thankful for the divine bestowals. All material things are for us, so that through our gratitude we may learn to understand life as a divine benefit. If we are disgusted with life we are ingrates, for our material and spiritual existence are the outward evidences of the divine mercy. Therefore we must be happy and spend our time in praises, appreciating all things.

Asked whether the Baha'i prohibition of gambling applies to games of every description, 'Abdu'l-Baha replied:--

No, some games are innocent, and if pursued for pastime there is no harm. But there is danger that pastime may degenerate into waste of time. Waste of time is not acceptable in the Cause of God. But recreation which may improve the bodily powers, as exercise, is desirable.--A Heavenly Vista, p. 9.

Cleanliness
Baha'u'llah says, in the Book of Aqdas:--

Be the essence of cleanliness among mankind ... under all circumstances conform yourselves to refined manners ... let no trace of uncleanliness appear on your clothes. ... Immerse yourselves in pure water; a water which hath been used is not allowable. ... Verily We have desired to see in you the manifestations of Paradise on earth, so that there may be diffused from you that whereat the hearts of the favored ones shall rejoice.--Kitab-i-Aqdas.

Mirza Abu'l-Fadl, in his book, Baha'i Proofs+F1 points out the extreme importance of these commands, more
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F1. Mirza Abu'l-Fadl, The Baha'i Proofs (Hujaja'l-Bahiyyih), trans. 'Ali Kuli Khan, facs. of 1929 ed. (Wilmette, Ill.: Baha'i Publishing Trust, 1983), pp.85-89.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 104
especially in some parts of the East, where water of the foulest description is often used for household purposes, for bathing and even for drinking, and horribly insanitary conditions abound, causing a vast amount of preventable disease and misery. These conditions, often supposed to be sanctioned by the prevailing religion, can be changed, among Orientals, only by the commandment of one who is believed to have Divine authority. In many parts of the Western Hemisphere, too, a wonderful transformation would result were cleanliness accepted not only as next to godliness, but as an essential part of godliness.

Effect of Obedience to Prophetic Commands
The bearing on health of these commands relating to the simple life, hygiene, abstinence from alcohol and opium, etcetera, is too obvious to call for much comment, although their vital importance is apt to be greatly underestimated. Were they to be generally observed, most of the infectious diseases and a good many others would soon vanish from among men. The amount of illness caused by neglect of simple hygienic precautions and by indulgence in alcohol and opium is prodigious. Moreover, obedience to these commands would not only affect health, but would have an enormous effect for good on character and conduct. Alcohol and opium affect a man's conscience long before they affect his gait or cause obvious bodily disease, so that the moral and spiritual gain from abstinence would be even greater than the physical. With regard to cleanliness, 'Abdu'l-Baha says:--"External cleanliness, although it is but a physical thing, has great influence upon spirituality.... The fact of having a pure and spotless body exercises an influence upon the spirit of man."
Were the commands of the Prophets concerning chastity in sexual relations generally observed, another fertile cause of disease would be eliminated. The loathsome venereal diseases, which wreck the health of so many thousands today, innocent as well as guilty, babes as well as parents, would very soon be entirely a thing of the past.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 105
Were the commands of the Prophets concerning justice, mutual aid, loving one's neighbor as oneself, carried out, how could overcrowding, sweated labor and sordid poverty on the one hand, together with self-indulgence, idleness and sordid luxury on the other, continue to work mental, moral and physical ruin?
Simple obedience to the hygienic and moral commands of Moses, Buddha, Christ, Muhammad or Baha'u'llah would do more in the way of preventing disease than all the doctors and all the public health regulations in the world have been able to accomplish. In fact, it seems certain that were such obedience general, good health would also become general. Instead of lives being blighted by disease or cut off in infancy, youth or prime, as so frequently happens now, men would live to a ripe old age, like sound fruits that mature and mellow ere they drop from the bough.

The Prophet as Physician
We live in a world, however, where from time immemorial obedience to the commands of the Prophets has been the exception rather than the rule; where love of self has been a more prevalent motive than love of God; where limited and party interests have taken precedence of the interests of humanity as a whole; where material possessions and sensual pleasures have been preferred to the social and spiritual welfare of mankind. Hence have arisen fierce competition and conflict, oppression and tyranny, extremes of wealth and poverty--all those conditions which breed disease, mental and physical. As a consequence, the whole tree of humanity is sick, and every leaf on the tree shares in the general sickness. Even the purest and holiest have to suffer for the sins of others. Healing is needed --healing of humanity as a whole, of nations and of individuals. So Baha'u'llah, like His inspired predecessors, not only shows how health is to be maintained, but also how it may be recovered when lost. He comes as the Great Physician, the Healer of the world's sicknesses, both of body and of mind.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 106
Healing by Material Means
In the Western world of today there is evident a remarkable revival of belief in the efficacy of healing by mental and spiritual means. Indeed many, in their revolt against the materialistic ideas about disease and its treatment which prevailed in the nineteenth century, have gone to the opposite extreme of denying that material remedies or hygienic methods have any value whatsoever. Baha'u'llah recognizes the value of both material and spiritual remedies. He teaches that the science and art of healing must be developed, encouraged and perfected, so that all means of healing may be used to the best advantage, each in its appropriate sphere. When members of Baha'u'llah's own family were sick, a professional physician was called in, and this practice is recommended to His followers. He says: "Should ye be attacked by illness or disease, consult skillful physicians."--Kitab-i-Aqdas.
This is quite in accordance with the Baha'i attitude towards science and art generally. All sciences and arts which are for the benefit of mankind, even in a material way, are to be esteemed and promoted. Through science man becomes the master of material things; through ignorance he remains their slave. Baha'u'llah writes:--

Do not neglect medical treatment when it is necessary, but leave it off when health has been restored.... Treat disease through diet, by preference, refraining from the use of drugs; and if you find what is required in a single herb, do not resort to a compound medicament. Abstain from drugs when the health is good, but administer them when necessary.--Tablet to a Physician.

In one of His Tablets 'Abdu'l-Baha says:--

O seeker after truth! There are two ways of healing sickness, material means and spiritual means. The first way is through the use of material remedies. The second consists in praying to God and in turning to Him. Both

--Baha'u'llah and the New Era, Page 107
means should be used and practiced.... Moreover, they are not incompatible, and you should accept the physical remedies as coming from the mercy and favor of God Who has revealed and made manifest medical knowledge, so that His servants may profit by this kind of treatment also.

He teaches that, were our natural tastes and instincts not vitiated by foolish and unnatural modes of living, they would become reliable guides in the choice both of appropriate diet and of medicinal fruits, herbs and other remedies, as is the case with wild animals. In an interesting talk on healing, recorded in Some Answered Questions (pp.258-9), He says in conclusion:--

It is, therefore, evident that it is possible to cure by foods, aliments, and fruits; but as today the science of medicine is imperfect, this fact is not yet fully grasped. When the science of medicine reaches perfection, treatment will be given by foods, aliments, fragrant fruits and vegetables, and by various waters, hot and cold in temperature.

Even when the means of healing are material, the power that heals is really Divine, for the attributes of the herb or mineral are from the Divine Bestowals. "All depends upon God. Medicine is merely an outward form or means by which we obtain heavenly healing."

Healing by Nonmaterial Means
He teaches that there are also many methods of healing without material means. There is a "contagion of health," as well as a contagion of disease, although the former is very slow and has a small effect, while the latter is often violent and rapid in its action.
Much more powerful effects result from the patient's own mental states, and "suggestion" may play an important part in determining these states. Fear, anger, worry, et cetera, are very

--Baha'u'llah and the New Era, Page 108
prejudicial to health, while hope, love, joy, et cetera, are correspondingly beneficial.
Thus Baha'u'llah says:--

Verily the most necessary thing is contentment under all circumstances; by this one is preserved from morbid conditions and lassitude. Yield not to grief and sorrow: they cause the greatest misery. Jealousy consumeth the body and anger doth burn the liver: avoid these two as you would a lion.--Tablet to a Physician.

And 'Abdu'l-Baha says:--"Joy gives us wings. In times of joy our strength is more vital, our intellect keener.... But when sadness visits us our strength leaves us."
Of another form of mental healing 'Abdu'l-Baha writes that it results:--

from the entire concentration of the mind of a strong person upon a sick person, when the latter expects with all his concentrated faith that a cure will be effected from the spiritual power of the strong person, to such an extent that there will be a cordial connection between the strong person and the invalid. The strong person makes every effort to cure the sick patient, and the sick patient is then sure of receiving a cure. From the effect of these mental impressions an excitement of the nerves is produced, and this impression and this excitement of the nerves will become the cause of the recovery of the sick person.--Some Answered Questions, p. 255.

All these methods of healing, however, are limited in their effects, and may fail to effect a cure in severe maladies.

The Power of the Holy Spirit
The most potent means of healing is the Power of the Holy Spirit.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 109
... This does not depend on contact, nor on sight, nor upon presence.... Whether the disease be light or severe, whether there be a contact of bodies or not, whether a personal connection be established between the sick person and the healer or not, this healing takes place through the power of the Holy Spirit.--Some Answered Questions, p. 256.

In a talk with Miss Ethel Rosenberg, in October 1904, 'Abdu'l-Baha said:--

The healing that is by the power of the Holy Spirit needs no special concentration or contact. It is through the wish or desire and the prayer of the holy person. The one who is sick may be in the East and the healer in the West, and they may not have been acquainted with each other, but as soon as that holy person turns his heart to God and begins to pray, the sick one is healed. This is a gift belonging to the Holy Manifestations and those who are in the highest station.

Of this nature, apparently, were the works of healing performed by Christ and His apostles, and similar works of healing have been attributed to holy men in all ages. Both Baha'u'llah and 'Abdu'l-Baha were gifted with this power, and similar powers are promised to Their faithful followers.

Attitude of the Patient
In order that the power of spiritual healing may be brought fully into operation certain requirements are necessary on the part of the patient, of the healer, of the patient's friends and of the community at large.
On the part of the patient the prime requisite is, turning with all the heart to God, with implicit trust both in His Power and in His Will to do whatever is best. To an American lady, in August 1912, 'Abdu'l-Baha said:--

--Baha'u'llah and the New Era, Page 110
All of these ailments will pass away and you will receive perfect physical and spiritual health.... Let your heart be confident and assured that through the Bounty of Baha'u'llah, through the Favor of Baha'u'llah, everything will become pleasant for you.... But you must turn your face wholly towards the Abha (All-Glorious) Kingdom, giving perfect attention--the same attention that Mary Magdalene gave to His Holiness Christ--and I assure you that you will get physical and spiritual health. You are worthy. I give you the glad tidings that you are worthy because your heart is pure.... Be confident! Be happy! Be rejoiced! Be hopeful!

Although in this particular case 'Abdu'l-Baha guaranteed the attainment of sound physical health, He does not do so in every case, even where there is strong faith on the part of the individual. He wrote:--

The prayers which were revealed to ask for healing apply both to physical and spiritual healing. Recite them, then, to heal both the soul and the body. If healing is right for the patient, it will certainly be granted; but for some ailing persons, healing would only be the cause of other ills, and therefore wisdom doth not permit an affirmative answer to the prayer.
O handmaid of God! The power of the Holy Spirit healeth both physical and spiritual ailments.--Selections from the Writings of 'Abdul-Baha, pp.161-162.

Again He writes to one who is ill:--

Verily the Will of God acts sometimes in a way for which mankind is unable to find out the reason. The causes and reasons shall appear. Trust in God and confide in Him, and resign thyself to the Will of God. Verily thy God is affectionate, compassionate and merciful ... and will cause His Mercy to descend upon Thee.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 111
He teaches that spiritual health is conducive to physical health, but physical health depends upon many factors, some of which are outside the control of the individual. Even the most exemplary spiritual attitude on the part of the individual, therefore, may not ensure physical health in every case. The holiest men and women sometimes suffer illness.
Nevertheless, the beneficent influence on bodily health which results from a right spiritual attitude is far more potent than is generally imagined, and is sufficient to banish ill-health in a large proportion of cases. 'Abdu'l-Baha wrote to an English lady:--"You have written about the weakness of your body. I ask from the Bounties of Baha'u'llah that your spirit may become strong, that through the strength of your spirit your body also may be healed."
Again He says:--

God hath bestowed upon man such wonderful powers, that he might ever look upward, and receive, among other gifts, healing from His divine Bounty. But alas! man is not grateful for this supreme good, but sleeps the sleep of negligence, being careless of the great mercy which God has shown towards him, turning his face away from the Light and going on his way in darkness.

The Healer
The power of spiritual healing is doubtless common to all mankind in greater or less degree, but, just as some men are endowed with exceptional talent for mathematics or music, so others appear to be endowed with exceptional aptitude for healing. These are the people who ought to make the healing art their lifework. Unfortunately, so materialistic has the world become in recent centuries that the very possibility of spiritual healing has to a large extent been lost sight of. Like all other talents the gift of healing has to be recognized, trained and educated in order that it may attain its highest development and power, and there are probably thousands in the world today, richly dowered with natural aptitude for healing, in whom

--Baha'u'llah and the New Era, Page 112
this precious gift is lying dormant and inactive. When the potentialities of mental and spiritual treatment are more fully realized, the healing art will be transformed and ennobled and its efficacy immeasurably increased. And when this new knowledge and power in the healer are combined with lively faith and hope on the part of the patient, wonderful results may be looked for.
In God must be our trust. There is no God but Him, the Healer, the Knower, the Helper.... Nothing in earth or heaven is outside the grasp of God.
O physician! In treating the sick, first mention the name of Thy God, the Possessor of the Day of Judgment, and then use what God hath destined for the healing of His creatures. By My Life! The physician who has drunk from the Wine of My Love, his visit is healing, and his breath is mercy and hope. Cling to him for the welfare of the constitution. He is confirmed by God in his treatment.
This knowledge is the most important of all the sciences, for it is the greatest means from God, the Life-giver to the dust, for preserving the bodies of all people, and He has put it in the forefront of all sciences and wisdoms. For this is the day when you must arise for My Victory.
Thy Name is my healing, O my God, and remembrance of Thee is my remedy. Nearness to Thee is my hope, and love for Thee is my companion. Thy mercy to me is my healing and my succor in both this world and the world to come. Thou, verily, art the All-Bountiful, the All-Knowing, the All-Wise.--BAHA'U'LLAH, Tablet to a Physician.

'Abdu'l-Baha writes:--

He who is filled with love of Baha, and forgets all things, the Holy Spirit will be heard from his lips and the spirit of life will fill his heart.... Words will issue from

--Baha'u'llah and the New Era, Page 113
his lips in strands of pearls, and all sickness and disease will be healed by the laying on of the hands.
O thou spiritual physician! Turn thou toward God with thy heart beating with His love, devoted to His praise, gazing towards His Kingdom and seeking help from His Holy Spirit in a state of ecstasy, rapture, love, yearning, joy and fragrance. God will assist thee, through a spirit from His Presence, to heal sickness and disease.
Continue in healing hearts and bodies and seek healing for sick persons by turning unto the Supreme Kingdom and by setting the heart upon obtaining healing through the power of the Greatest Name and by the spirit of the Love of God.

How All Can Help
The work of healing the sick, however, is a matter that concerns not the patient and the practitioner only, but everyone. All must help, by sympathy and service, by right living and right thinking, and especially by prayer, for of all remedies prayer is the most potent. "Supplication and prayer on behalf of others," says 'Abdu'l-Baha, "will surely be effective." The friends of the patient have a special responsibility, for their influence, either for good or ill, is most direct and powerful. In how many cases of sickness the issue depends mainly on the ministrations of parents, friends or neighbors of the helpless sufferer!
Even the members of the community at large have an influence in every case of sickness. In individual cases that influence may not appear great, yet in the mass the effect is potent. Everyone is affected by the social "atmosphere" in which he lives, by the general prevalence of faith or materialism, of virtue or vice, of cheerfulness or depression; and each individual has his share in determining the state of that social "atmosphere." It may not be possible for everyone, in the present state of the world, to attain to perfect health, but it is possible for everyone to become a "willing channel" for the health-giving

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power of the Holy Spirit and thus to exert a healing, helpful influence both on his own body and on all with whom he comes in contact.

Few duties are impressed on Baha'is more repeatedly and emphatically than that of healing the sick, and many beautiful prayers for healing have been revealed by both Baha'u'llah and 'Abdu'l-Baha.

The Golden Age
Baha'u'llah gives the assurance that, through harmonious cooperation of patients, healers and the community in general, and by appropriate use of the various means to health, material, mental and spiritual, the Golden Age may be realized, when, by the Power of God, "all sorrow will be turned into joy, and all disease into health." 'Abdu'l-Baha says that "when the Divine Message is understood, all troubles will vanish." Again He says:--

When the material world and the divine world are well correlated, when the hearts become heavenly and the aspirations pure, perfect connection shall take place. Then shall this power produce a perfect manifestation. Physical and spiritual diseases will then receive absolute healing.

Right Use of Health
In concluding this chapter it will be well to recall 'Abdu'l-Baha's teaching as to the right use of physical health. In one of His Tablets to the Baha'is of Washington He says:--

If the health and well-being of the body be expended in the path of the Kingdom, this is very acceptable and praiseworthy; and if it be expended to the benefit of the human world in general--even though it be to their material benefit--and be a means of doing good, that is also acceptable. But if the health and welfare of man be spent in sensual desires, in a life on the animal

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plane, and in devilish pursuits--then disease were better than such health; nay, death itself were preferable to such a life. If thou art desirous of health, wish thou health for serving the Kingdom. I hope that thou mayest attain perfect insight, inflexible resolution, complete health, and spiritual and physical strength in order that thou mayest drink from the fountain of eternal life and be assisted by the spirit of divine confirmation.

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Religious Unity/8

O ye that dwell on earth! The distinguishing feature that marketh the preeminent character of this Supreme Revelation consisteth in that We have, on the one hand, blotted out from the pages of God's book whatsoever hath been the cause of strife, of malice and mischief amongst the children of men, and have, on the other, laid down the essential prerequisites of concord, of understanding, of complete and enduring unity. Well is it with them that keep My statutes.--BAHA'U'LLAH, Tablet of the World.

Sectarianism in the Nineteenth Century
Never, perhaps, did the world seem farther away from religious unity than in the nineteenth century. For many centuries had the great religious communities--the Zoroastrian, Mosaic, Buddhist, Christian, Muhammadan and others--been existing side by side, but instead of blending together into a harmonious whole they had been at constant enmity and strife, each against the others. Not only so, but each had become split up, by division after division, into an increasing number of sects which were often bitterly opposed to each other. Yet Christ had said: "By this shall all men know that ye are my disciples, if ye have love one to another, " and Muhammad had said: "This your religion is the one religion. ... To you hath God prescribed the faith which He commanded unto Noah, and which We have revealed unto thee, and which We commanded unto Abraham and Moses and Jesus saying: 'Observe this faith, and be not divided into sects therein!'" The Founder of every one of the great religions had called His followers to love and unity, but in every case the aim of the Founder was to a large extent lost sight of in a welter of intolerance and bigotry, formalism and hypocrisy, corruption and misrepresentation, schism and contention. The aggregate number of more or less hostile sects in the world was probably greater at the commencement of the Baha'i era than at any previous period

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in human history. It seemed as if humanity at that time were experimenting with every possible kind of religious belief, with every possible sort of ritual and ceremonial observance, with every possible variety of moral code.
At the same time an increasing number of men were devoting their energies to fearless investigation and critical examination of the laws of nature and the foundations of belief. New scientific knowledge was being rapidly acquired and new solutions were being found for many of the problems of life. The development of inventions such as steamship and railway, postal system and press, greatly aided the diffusion of ideas and the fertilizing contact of widely different types of thought and life.
The so-called "conflict between religion and science" became a fierce battle. In the Christian world Biblical criticism combined with physical science to dispute, and to some extent to refute, the authority of the Bible, an authority that for centuries had been the generally accepted basis of belief. A rapidly increasing proportion of the population became skeptical about the teachings of the churches. A large number even of religious priests secretly or openly entertained doubts or reservations regarding the creeds adhered to by their respective denominations.
This ferment and flux of opinion, with increasing recognition of the inadequacy of the old orthodoxies and dogmas, and groping and striving after fuller knowledge and understanding, were not confined to Christian countries, but were manifest, more or less, and in different forms, among the people of all countries and religions.

The Message of Baha'u'llah
It was when this state of conflict and confusion was at its height, that Baha'u'llah sounded His great trumpet call to humanity:--

That all nations should become one in faith and all men as brothers; that the bonds of affection and unity between the sons of men should be strengthened; that diversity

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of religion should cease, and differences of race be annulled.... These strifes and this bloodshed and discord must cease, and all men be as one kindred and one family.... (words spoken to Professor Browne).

It is a glorious message, but how are its proposals to be carried into effect? Prophets have preached, poets have sung and saints have prayed about these things for thousands of years, but diversities of religion have not ceased nor have strife and bloodshed and discord been annulled. What is there to show that now the miracle is to be accomplished? Are there any new factors in the situation? Is not human nature the same as it ever was, and will it not continue to be the same while the world lasts? If two people want the same thing, or two nations, will they not fight for it in the future as they have done in the past? If Moses, Buddha, Christ and Muhammad failed to achieve world unity will Baha'u'llah succeed? If all previous faiths became corrupted and rent asunder into sects will not the Baha'i Faith share the same fate? Let us see what answer the Baha'i teachings give to these and similar questions.

Can Human Nature Change?
Education and religion are alike based on the assumption that it is possible to change human nature. In fact, it requires but little investigation to show that the one thing we can say with certainty about any living thing is that it cannot keep from changing. Without change there can be no life. Even the mineral cannot resist change, and the higher we go in the scale of being, the more varied, complex, and wonderful do the changes become. Moreover, in progress and development among creatures of all grades we find two kinds of change-- one slow, gradual, often almost imperceptible; and the other rapid, sudden and dramatic. The latter occur at what are called "critical stages" of development. In the case of minerals we find such critical stages at the melting and boiling points, for example, when the solid suddenly becomes a liquid or the liquid becomes a gas. In the case of plants we see such critical

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stages when the seed begins to germinate, or the bud bursts into leaf. In the animal world we see the same on every hand, as when the grub suddenly changes into a butterfly, the chick emerges from its shell, or the babe is born from its mother's womb. In the higher life of the soul we often see a similar transformation, when a man is "born again" and his whole being becomes radically changed in its aims, its character and activities. Such critical stages often affect a whole species or multitude of species simultaneously, as when vegetation of all kinds suddenly bursts into new life in springtime.
Baha'u'llah declares that just as lesser living things have times of sudden emergence into new and fuller life, so for mankind also a "critical stage," a time of "rebirth," is at hand. Then modes of life which have persisted from the dawn of history up till now will be quickly, irrevocably, altered, and humanity enter on a new phase of life as different from the old as the butterfly is different from the caterpillar, or the bird from the egg. Mankind as a whole, in the light of new Revelation, will attain to a new vision of truth; as a whole country is illumined when the sun rises, so that all men see clearly, where but an hour before everything was dark and dim. "This is a new cycle of human power," says 'Abdu'l-Baha. "All the horizons of the world are luminous, and the world will become indeed as a rose garden and a paradise." The analogies of nature are all in favor of such a view; the Prophets of old have with one accord foretold the advent of such a glorious day; the signs of the times show clearly that profound and revolutionary changes in human ideas and institutions are even now in progress. What could be more futile and baseless therefore, than the pessimistic argument that, although all things else change, human nature cannot change?

First Steps Toward Unity
As a means of promoting religious unity Baha'u'llah advocates the utmost charity and tolerance, and calls on His followers to "consort with the people of all religions with joy and gladness." In His last Will and Testament He says:--

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Conflict and contention are categorically forbidden in His book. This is a decree of God in this Most Great Revelation. It is divinely preserved from annulment and is invested by Him with the splendor of His confirmation.

O ye that dwell on earth! The religion of God is for love and unity; make it not the cause of enmity or dissention.... We fain would hope that the people of Baha may be guided by the blessed words: "Say: all things are of God." This exalted utterance is like unto water for quenching the fire of hate and enmity which smoldereth within the hearts and breasts of men. By this single utterance contending peoples and kindreds will attain the light of true unity. Verily He speaketh the truth and leadeth the way. He is the All-Powerful, the Exalted, the Gracious.

'Abdu'l-Baha says:--

All must abandon prejudices and must even go to each other's churches and mosques, for, in all of these worshipping places, the Name of God is mentioned. Since all gather to worship God, what difference is there? None of them worship Satan. The Muhammadans must go to the churches of the Christians and the Synagogues of the Jews, and vice versa, the others must go to the Muhammadan Mosques. They hold aloof from one another merely because of unfounded prejudices and dogmas. In America I went to the Jewish Synagogues, which are similar to the Christian Churches, and I saw them worshipping God everywhere.
In many of these places I spoke to them about the original foundations of the divine religions, and I explained to them the proofs of the validity of the divine prophets and of the Holy Manifestations. I encouraged them to do away with blind imitations. All of the leaders must, likewise, go to each other's Churches and speak of the foundation and of the fundamental principles of the divine religions. In the utmost unity and harmony they must

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worship God, in the worshipping places of one another, and must abandon fanaticism.

Were even these first steps accomplished and a state of friendly mutual tolerance established between the various religious sects, what a wonderful change would be brought about in the world! In order that real unity may be achieved, however, something more than this is required. For the disease of sectarianism, tolerance is a valuable palliative, but it is not a radical cure. It does not remove the cause of the trouble.

The Problem of Authority
The different religious communities have failed to unite in the past, because the adherents of each have regarded the Founder of their own community as the one supreme authority, and His law as the divine law. Any Prophet Who proclaimed a different message was, therefore, regarded as an enemy of the truth. The different sects of each community have separated for similar reasons. The adherents of each have accepted some subordinate authority and regarded some particular version or interpretation of the Founder's Message as the One True Faith, and all others as wrong. It is obvious that while this state of matters exists no true unity is possible. Baha'u'llah, on the other hand, teaches that all the Prophets were bearers of authentic messages from God; that each in His day gave the highest teachings that the people could then receive, and educated men so that they were able to receive further teachings from His successors. He calls on the adherents of each religion, not to deny the Divine Inspiration of their own Prophets, but to acknowledge the Divine Inspiration of all other Prophets, to see that the teachings of all are essentially in harmony, and are parts of a great plan for the education and the unification of humanity. He calls on the people of all denominations to show their reverence for their Prophets by devoting their lives to the accomplishment of that unity for which all the Prophets labored and suffered. In His letter to Queen

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Victoria He likens the world to a sick man whose malady is aggravated because he has fallen into the hands of unskilled physicians; and He tells how the remedy may be effected:--

That which the Lord hath ordained as the sovereign remedy and mightiest instrument for the healing of all the world is the union of all its peoples in one universal Cause, one common Faith. This can in no wise be achieved except through the power of a skilled, an all-powerful and inspired Physician. This, verily, is the truth, and all else naught but error.--Gleanings from the Writings of Baha'u'llah, p. 255.

Progressive Revelation
A great stumbling block to many, in the way of religious unity, is the difference between the Revelations given by the different Prophets. What is commanded by one is forbidden by another; how then can both be right, how can both be proclaiming the Will of God? Surely the truth is One, and cannot change. Yes, the Absolute Truth is One and cannot change, but the Absolute Truth is infinitely beyond the present range of human understanding, and our conceptions of it must constantly change. Our earlier, imperfect ideas will be by the Grace of God replaced, as time goes on, by more and more adequate conceptions. Baha'u'llah says, in a Tablet to a Zoroastrian:--

O people! Words are revealed according to capacity so that the beginners may make progress. The milk must be given according to measure so that the babe of the world may enter into the Realm of Grandeur and be established in the Court of Unity.

It is milk that strengthens the babe so that it can digest more solid food later on. To say that because one Prophet is right in giving a certain teaching at a certain time, therefore another Prophet must be wrong Who gives a different teaching at a different time, is like saying that because milk is the best food for the newborn babe, therefore, milk and nothing but milk

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should be the food of the grown man also, and to give any other diet would be wrong! 'Abdu'l-Baha says:--

Each divine revelation is divided into two parts. The first part is essential and belongs to the eternal world. It is the exposition of Divine truths and essential principles. It is the expression of the Love of God. This is one in all the religions, unchangeable and immutable. The second part is not eternal; it deals with practical life, transactions and business, and changes according to the evolution of man and the requirements of the time of each Prophet. For example.... During the Mosaic period the hand of a person was cut off in punishment of a small theft; there was a law of an eye for an eye and a tooth for a tooth, but as these laws were not expedient in the time of Christ, they were abrogated. Likewise divorce had become so universal that there remained no fixed laws of marriage, therefore His Holiness Christ forbade divorce.
According to the exigencies of the time, His Holiness Moses revealed ten laws for capital punishment. It was impossible at that time to protect the community and to preserve social security without these severe measures, for the children of Israel lived in the wilderness of Tah, where there were no established courts of justice and no penitentiaries. But this code of conduct was not needed in the time of Christ. The history of the second part of religion is unimportant, because it relates to the customs of this life only; but the foundation of the religion of God is one, and His Holiness Baha'u'llah has renewed that foundation.

The religion of God is the One Religion, and all the Prophets have taught it, but it is a living and a growing thing, not lifeless and unchanging. In the teaching of Moses we see the Bud; in that of Christ the Flower; in that of Baha'u'llah the Fruit. The flower does not destroy the bud, nor does the fruit destroy the flower. It destroys not, but fulfills. The bud scales must fall in order that the flower may bloom, and the petals must fall that the fruit may grow and ripen. Were the bud scales and the petals wrong or useless, then, that they had to be

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discarded? Nay, both in their time were right and necessary; without them there could have been no fruit. So it is with the various prophetic teachings; their externals change from age to age, but each revelation is the fulfillment of its predecessors; they are not separate or incongruous, but different stages in the life history of the One Religion, which has in turn been revealed as seed, as bud and as flower, and now enters on the stage of fruition.

Infallibility of the Prophets
Baha'u'llah teaches that everyone endowed with the Station of Prophethood is given sufficient proofs of His Mission, is entitled to claim obedience from all men and has authority to abrogate, alter or add to the teachings of His predecessors. In the Book of Iqan we read:--

How far from the grace of the All-Bountiful and from His loving providence and tender mercies it is to single out a soul from amongst all men for the guidance of His creatures, and, on one hand, to withhold from Him the full measure of His divine testimony, and, on the other, inflict severe retribution on His people for having turned away from His chosen One! Nay, the manifold bounties of the Lord of all beings have, at all times, through the Manifestations of His divine Essence, encompassed the earth and all that dwell therein....
And yet, is not the object of every Revelation to effect a transformation in the whole character of mankind, a transformation that shall manifest itself both outwardly and inwardly, that shall affect both its inner life and external conditions? For if the character of mankind be not changed, the futility of God's universal Manifestations would be apparent.--Kitab-i-Iqan, pp. 14, 240.

God is the One infallible Authority, and the Prophets are infallible because Their Message is the Message of God given to the world through Them. That Message remains valid until it

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is superseded by a later Message given by the same or another Prophet.
God is the great Physician Who alone can rightly diagnose the world's sickness and prescribe the appropriate remedy. The remedy prescribed in one age is no longer suitable in a later age, when the condition of the patient is different. To cling to the old remedy when the physician has ordered new treatment is not to show faith in the physician, but infidelity. It may be a shock to the Jew to be told that some of the remedies for the world's sickness which Moses ordered over three thousand years ago are now out of date and unsuitable; the Christian may be equally shocked when told that Muhammad had anything necessary or valuable to add to what Jesus prescribed; and so also the Muslim, when asked to admit that the Bab or Baha'u'llah had authority to alter the commands of Muhammad; but according to the Baha'i view, true devotion to God implies reverence to all His Prophets, and implicit obedience to His latest Commands, as given by the Prophet for our own age. Only by such devotion can true Unity be attained.

The Supreme Manifestation
Like all the other Prophets, Baha'u'llah states His own Mission in the most unmistakable terms.
In the Lawh-i-Aqdas, a Tablet addressed especially to Christians, He says:--

Surely the Father hath come and hath fulfilled that which you were promised in the Kingdom of God. This is the Word which the Son veiled when He said to those around Him that at that time they could not bear it. But when the stated time was ended, and the Hour arrived, the Word shone forth from the Horizon of the Will. Beware, O Concourse of the Son (i.e. Christians)! Cast it not behind you, but hold thereunto. It is better for you than all that which is before you! ... Verily, the Spirit of Truth is come, to guide you into all Truth. Verily, He speaketh not from Himself, nay, but rather from the All-Knowing

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and Wise. He is the One Whom the Son hath glorified. ... Abandon that which is before you, O people of the earth, and take that which is commanded you by Him Who is the Powerful, the Faithful.

And in a letter to the Pope, written from Adrianople in 1867, He says:--

Beware lest celebration hinder you from the Celebrated and worship hinder you from the Worshipped One! Behold the Lord, the Mighty, the All-Knowing! He hath come to minister to the life of the world, and for the uniting of whatever dwelleth therein. Come, O ye people, to the Dawning-place of Revelation! Tarry not, even for an hour! Are ye learned in the Gospel, and yet are unable to see the Lord of Glory?
This beseemeth you not, O learned concourse! Say then, if ye deny this matter, by what proof do you believe in God? Produce your proof....

Just as in these letters to Christians He announces the fulfillment of the Gospel promises, so He proclaims also to Muhammadan, Jews, Zoroastrians and the people of other faiths the fulfillment of the promises of their Holy Books. He addresses all men as the sheep of God, who have hitherto been divided into different flocks and sheltered in different folds. His message, He says, is the Voice of God, the Good Shepherd, Who has come in the fullness of time to gather His scattered sheep into one flock, removing the barriers between them, that "there may be one fold and one shepherd."

A New Situation
The position of Baha'u'llah among the Prophets is unprecedented and unique, because the condition of the world at the time of His advent was unprecedented and unique. By a long and checkered process of development in religion, science, art and civilization the world had become ripe for a teaching of Unity. The barriers which in previous centuries had made a

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world unity impossible were ready to crumble when Baha'u'llah appeared, and since His birth, in 1817, and more especially since the promulgation of His teachings began, these barriers have been breaking down in most astonishing fashion. Be the explanation what it may, about the fact there can be no doubt.
In the days of previous Prophets geographical barriers alone were amply sufficient to prevent world unity. Now that obstacle has been overcome. For the first time in human history men on opposite sides of the globe are able to communicate with each other quickly and easily. Things done in Europe yesterday are known in every continent of the world today, and a speech made in America today may be read in Europe, Asia and Africa tomorrow.
Another great obstacle was the language difficulty. Thanks to the study and teaching of foreign languages, that difficulty has already been to a large extent overcome; and there is every reason to suppose that ere many years an international auxiliary language will be adopted and taught in all the schools of the world. Then this difficulty also will be completely removed.
The third great obstacle was religious prejudice and intolerance. That, too, is disappearing. Men's minds are becoming more open. The education of the people is passing more and more out of the hands of sectarian priests; and new and more liberal ideas can no longer be prevented from penetrating into even the most exclusive and conservative circles.
Baha'u'llah is thus the first of the great Prophets Whose message has become known within a period of comparatively few years in every quarter of the globe. Within a short time the essential teachings of Baha'u'llah, translated from His own authentic Writings, will be directly accessible to every man, woman and child in the world who is able to read.

Fullness of the Baha'i Revelation
The Baha'i Revelation is unprecedented and unique among the faiths of the world by reason of the fullness and completeness of its authentic records. The recorded words that can with certainty be attributed to Christ, to Moses, to Zoroaster, to Buddha, to Krishna, are very few, and leave many modern

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questions of great practical importance unanswered. Many of the teachings commonly attributed to these religious Founders are of doubtful authenticity, and some are evidently accretions of later date. The Muhammadans possess in the Qur'an, and in a large store of traditions, a much fuller record of the life and teachings of their Prophet, but Muhammad Himself, though inspired, was illiterate, as were most of His early followers. The methods employed for recording and spreading His teachings were in many respects unsatisfactory, and the authenticity of many of the traditions is very doubtful. As a result, differences of interpretation and conflicting opinions have caused divisions and dissensions in Islam, as in all previous religious communities.
On the other hand, both the Bab and Baha'u'llah wrote copiously and with great eloquence and power. As both were debarred from public speaking and spent most of Their lives (after the declaration of Their mission) in prison, They devoted a large proportion of Their time to writing, with the result that in richness of authentic scriptures the Baha'i Revelation is unapproached by any of its predecessors. Clear and full expositions are given of many truths which were but dimly foreshadowed in previous revelations, and the eternal principles of truth, which all the Prophets have taught, have been applied to the problems which are facing the world today-- problems of the utmost complexity and difficulty, many of which had not arisen in the days of former Prophets. It is evident that this full record of authentic revelation must have a powerful effect in preventing misunderstandings in the future and in clearing up those misunderstandings of the past which have kept the various sects asunder.

The Baha'i Covenant
The Baha'i Revelation is unprecedented and unique in still another way. Before the death of Baha'u'llah He repeatedly put in writing a Covenant appointing his eldest son 'Abdu'l-Baha, Whom He often refers to as "The Branch," or "The Most Great Branch," as the authorized interpreter of the teachings, and

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declaring that any explanations or interpretations given by Him are to be accepted as of equal validity with the words of Baha'u'llah Himself. In His Will and Testament He says:--

Consider that which We revealed in Our Most Holy Book: "When the ocean of My presence hath ebbed and the Book of My Revelation is ended, turn your faces toward Him Whom God hath purposed, Who hath branched from this Ancient Root." The object of this sacred verse is none other except the Most Mighty Branch ('Abdu'l-Baha).

And in the Tablet of the Branch, in which He explains the station of 'Abdu'l-Baha, He says:--

Render thanks unto God, O people, for His appearance; for verily He is the most great Favor unto you, the most perfect bounty upon you; and through Him every mouldering bone is quickened. Whoso turneth towards Him hath turned towards God, and whoso turneth away from Him hath turned away from My Beauty, hath repudiated My Proof, and transgressed against Me.

After the death of Baha'u'llah, 'Abdu'l-Baha had abundant opportunities, both in His own home and on His extensive travels, of meeting people from all parts of the world and of all shades of opinion. He heard all their questions, their difficulties and objections, and gave full explanations which were carefully recorded in writing. During a long series of years 'Abdu'l-Baha continued this work of elucidating the teachings and showing their applications to the most varied problems of modern life. Differences of opinion which have arisen among believers have been referred to Him and authoritatively settled, and thus the risks of future misunderstandings have been further reduced.
Baha'u'llah further arranged that an International House of Justice, representative of all Baha'is throughout the world, should be elected to take charge of the affairs of the Cause, control and coordinate all its activities, prevent divisions and

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schisms, elucidate obscure matters, and preserve the teachings from corruption and misrepresentation. The fact that this supreme administrative body can not only initiate legislation on all matters not defined in the Teachings, but also annul its own enactments when new conditions require different measures, enables the Faith to expand and adapt itself, like a living organism, to the needs and requirements of a changing society.
Moreover, Baha'u'llah expressly forbade interpretation of the teachings by anyone but the authorized interpreter. In His Will and Testament 'Abdu'l-Baha appointed Shoghi Effendi to be the Guardian of the Faith after Him and to be empowered to interpret the Writings.
In a thousand or more years another Manifestation will appear, under the shadow of Baha'u'llah, with clear proofs of His mission, but until then the words of Baha'u'llah, 'Abdu'l-Baha and the Guardian and the decisions of the International House of Justice constitute the authorities to which all believers must turn for guidance. No Baha'i may found a school or sect based on any particular interpretation of the teachings or any supposed divine revelation. Anyone contravening these injunctions is considered a "Covenant-breaker."+F1
'Abdu'l-Baha says:--

One of the enemies of the Cause is he who endeavors to interpret the words of Baha'u'llah and thereby colors the meaning according to his capacity, and collects around him a following, forming a different sect, promoting his own station, and making a division in the Cause.

In another Tablet He writes:--

These people (promoters of schism) are like the froth that gathers on the surface of the sea; a wave will surge from the ocean of the Covenant and through the power
___________________
F1. See pp. 261-263 and 272-273 for further elucidations of the Guardianship and the Universal House of Justice.

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of the Abha Kingdom will cast this foam ashore.... These corrupt thoughts that emanate from personal and evil intentions will all vanish, whereas the Covenant of God shall remain stable and secure.

There is nothing to keep men from forsaking religion if they wish to do so. 'Abdu'l-Baha says: "God Himself does not compel the soul to become spiritual. The exercise of the free human will is necessary." The spiritual Covenant, however, clearly makes sectarianism within the Baha'i community quite impossible.

No Professional Priesthood
One other feature of the Baha'i organization must be specially mentioned, and that is the absence of a professional priesthood. Voluntary contributions toward the expenses of teachers are permitted and many devote their whole time to work for the Cause, but all Baha'is are expected to share in the work of teaching, et cetera, according to their opportunity and ability, and there is no special class distinguished from their fellow believers by the exclusive exercise of priestly functions and prerogatives.
In former ages priesthoods were necessary, because people were illiterate and uneducated and were dependent on priests for their religious instruction, for the conduct of religious rites and ceremonies, for the administration of justice, et cetera. Now, however, times have changed. Education is fast becoming universal, and if the commands of Baha'u'llah are carried out, every boy and girl in the world will receive a sound education. Each individual will then be able to study the Scriptures for himself, to draw the Water of Life for himself, direct from the Fountainhead. Elaborate rites and ceremonies, requiring the services of a special profession or caste, have no place in the Baha'i system; and the administration of justice is entrusted to the authorities instituted for that purpose.

For a child a teacher is necessary, but the aim of the true teacher is to fit his pupil to do without a teacher; to see things

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with his own eyes, hear with his own ears, and understand with his own mind. Just so, in the childhood of the race, the priest is necessary, but his real work is to enable men to do without him: to see things divine with their own eyes, hear them with their own ears and understand them with their own minds. Now the priest's work is all but accomplished, and the aim of the Baha'i teaching is to complete that work, to make men independent of all save God, so that they can turn directy to Him, that is, to His Manifestation. When all turn to one Center, then there can be no cross-purposes or confusion and the nearer all draw to the Center, the nearer they will draw to each other.

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True Civilization/9

O people of God! Be not occupied with yourselves. Be intent on the betterment of the world and the training of nations.-- BAHA'U'LLAH.

Religion the Basis of Civilization
According to the Baha'i view, the problems of human life, individual and social, are so inconceivably complex that the ordinary human intellect is incapable of itself of solving them aright. Only the Omniscient fully knows the purpose of creation and how that purpose may be achieved. Through the Prophets He shows to mankind the true goal of human life and the right path of progress; and the building up of a true civilization depends upon faithful adherence to the guidance of prophetic Revelation. Baha'u'llah says:--

Religion is the greatest instrument for the order of the world and the tranquillity of all existent beings. The weakening of the pillars of religion has encouraged the ignorant and rendered them audacious and arrogant. Truly I say, whatever lowers the lofty station of religion will increase heedlessness in the wicked, and finally result in anarchy....
Consider the civilization of the people of the Occident --how it has occasioned commotion and agitation to the people of the world. Infernal instruments have been devised, and such atrocity is displayed in the destruction of life as has not been seen by the eye of the world, nor heard by the ear of nations. It is impossible to reform these violent, overwhelming evils, except the peoples of the world become united upon a certain issue or under the shadow of One Religion....
O people of Baha! Each one of the revealed Commands

--Baha'u'llah and the New Era, Page 134
is a mighty stronghold for the protection of the world.-- Words of Paradise.

The present state of Europe and of the world in general eloquently confirms the truth of these words written so many years ago. Neglect of the prophetic commands and the prevalence of irreligion have been accompanied by disorder and destruction on the most terrible scale, and, without the change of heart and aim which is the essential characteristic of true religion, the reform of society seems an utter impossibility.

Justice
In the little book of Hidden Words, in which Baha'u'llah gives in brief the essence of the prophetic teachings, His first counsel refers to the individual life: "Possess a pure, kindly and radiant heart." The next indicates the fundamental principle of true social life:--

O Son of Spirit! The best beloved of all things in My sight is Justice; turn not away therefrom if thou desirest Me, and neglect it not that I may confide in thee. By its aid thou shalt see with thine own eyes and not through the eyes of others, and shalt know of thine own knowledge and not through the knowledge of thy neighbor. Ponder this in thy heart; how it behooveth thee to be. Verily justice is My gift to thee and the sign of My loving-kindness. Set it then before thine eyes.

The first essential of social life is that individuals should become capable of discerning the true from the false and right from wrong, and of seeing things in their true proportions. The greatest cause of spiritual and social blindness, and the greatest foe of social progress, is selfishness. Baha'u'llah says:--

O ye sons of intelligence! The thin eye lid prevents the eye from seeing the world and what is contained therein. Then think of the result when the curtain of greed covers the sight of the heart!

--Baha'u'llah and the New Era, Page 135
O people! The darkness of greed and envy obscures the light of the soul as the cloud prevents the penetration of the sun's rays. (Tablet to a Zoroastrian).

Long experience is at last convincing men of the truth of the prophetic teaching that selfish views and selfish actions inevitably bring social disaster, and that if humanity is not to perish ingloriously, each must look on the things of his neighbor as of equal importance with his own, and subordinate his own interests to those of humanity as a whole. In this way the interests of each and all will ultimately be best served. Baha'u'llah says:--"O son of man! If thine eyes be turned towards mercy, forsake the things that proft thee, and cleave unto that which will profit mankind. And if thine eyes be turned towards justice, choose thou for thy neighbor that which thou choosest for thyself."--Words of Paradise.

Government
The teachings of Baha'u'llah contain two different types of reference to the question of true social order. One type is exemplified in the tablets revealed to the Kings, which deal with the problem of government as existing in the world during Baha'u'llah's life on earth; the other references are to the new order to be developed within the Baha'i community itself.
Hence arises the sharp contrast between such passages as: "The one true God, exalted be His glory, hath ever regarded, and will continue to regard, the hearts of men as His own, His exclusive possession. All else, whether pertaining to land or sea, whether riches or glory, He hath bequeathed unto the Kings and rulers of the earth"; and "It beseemeth all men, in this Day, to take firm hold on the Most Great Name, and to establish the unity of all mankind. There is no place to flee to, no refuge that any one can seek, except Him."--Gleanings from the Writings of Baha'u'llah, pp. 206, 203.
The apparent incompatibility of these two views is removed when we observe the distinction which Baha'u'llah makes between the "Lesser Peace" and the "Most Great Peace." In His

--Baha'u'llah and the New Era, Page 136
tablets to the Kings Baha'u'llah called upon them to assemble and take measures for the maintenance of political peace, the reduction of armaments and the removal of the burdens and insecurity of the poor. But His words make it perfectly clear that their failure to respond to the needs of the time would result in wars and revolutions leading to the overthrow of the old order. Therefore, on the one hand He said: "What mankind needeth in this day is obedience unto them that are in authority," and on the other, "Those men who, having amassed the vanities and ornaments of the earth, have turned away disdainfully from God--these have lost both this world and the world to come. Ere long, will God, with the Hand of Power, strip them of their possessions, and divest them of the robe of His bounty." "We have a fixed time for you, O peoples. If ye fail, at the appointed hour, to turn towards God, He, verily, will lay violent hold on you, and will cause grievous afflictions to assail you from every direction." "The signs of impending convulsions and chaos can now be discerned, inasmuch as the prevailing order appeareth to be lamentably defective." "We have pledged Ourselves to secure Thy triumph upon earth and to exalt Our Cause above all men, though no king be found who would turn his face towards Thee." Gleanings from the Writings of Baha'u'llah, pp. 207, 209, 214, 216, 248-249.

The Great Being, wishing to reveal the prerequisites of the peace and tranquillity of the world and the advancement of its peoples, hath written: The time must come when the imperative necessity for the holding of a vast, an all-embracing assemblage of men will be universally realized. The rulers and kings of the earth must needs attend it, and participating in its deliberations, must consider such ways and means as will lay the foundations of the world's Great Peace amongst men. Such a peace demandeth that the Great Powers should resolve, for the sake of the tranquillity of the peoples of the earth, to be fully reconciled among themselves. Should any kind take up arms against another, all should unitedly arise and prevent him.--Gleanings from the Writings of Baha'u'llah, p. 249.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 137
By such counsel, Baha'u'llah revealed the conditions under which public responsibility must be discharged in this Day of God. Appealing for international solidarity on the one hand, He no less clearly warned the rulers that continuance of strife would destroy their power. Now modern history confirms this warning, in the rise of those coercive movements which in all civilized nations have attained such destructive energy, and in the development of warfare to the degree that victory is no longer attainable by any party. "Now that ye have refused the Most Great Peace, hold ye fast unto this, the Lesser Peace, that haply ye may in some degree better your own condition and that of your dependents." "That which the Lord hath ordained as the sovereign remedy and mightiest instrument for the healing of all the world is the union of all its peoples in one universal Cause, one common Faith. This can in no wise be achieved except through the power of a skilled, an all-powerful and inspired Physician."--Gleanings from the Writings of Baha'u'llah, pp. 254, 255.
By the Lesser Peace is meant a political unity of states, while the Most Great Peace is a unity embracing spiritual as well as political and economic factors. "Soon will the present-day order be rolled up, and a new one spread out in its stead."-- Gleanings from the Writings of Baha'u'llah, p. 7. In former ages, a government could concern itself with external matters and material affairs, but today the function of government demands a quality of leadership, of consecration and of spiritual knowledge impossible save to those who have turned to God.

Political Freedom
Although advocating as the ideal condition a representative form of government, local, national and international, Baha'u'llah teaches that this is possible only when men have attained a sufficiently high degree of individual and social development. Suddenly to grant full self-government to people without education, who are dominated by selfish desires and are inexperienced in the conduct of public affairs, would be disastrous. There is nothing more dangerous than freedom for

--Baha'u'llah and the New Era, Page 138
those who are not fit to use it wisely. Baha'u'llah writes in the Book of Aqdas:--

Consider the pettiness of men's minds. They ask for that which injureth them, and cast away the thing that profiteth them. They are, indeed, of those that are far astray. We find some men desiring liberty, and priding themselves therein. Such men are in the depths of ignorance.
Liberty must, in the end, lead to sedition, whose flames none can quench. Thus warneth you He Who is the Reckoner, the All-Knowing. Know ye that the embodiment of liberty and its symbol is the animal. That which beseemeth man is submission unto such restraints as will protect him from his own ignorance, and guard him against the harm of the mischief-maker. Liberty causeth man to overstep the bounds of propriety, and to infringe on the dignity of his station. It debaseth him to the level of extreme depravity and wickedness.
Regard men as a flock of sheep that need a shepherd for their protection. This, verily, is the truth, the certain truth. We approve of liberty in certain circumstances, and refuse to sanction it in others. We, verily, are the All-Knowing.
Say: True liberty consisteth in man's submission unto My commandments, little as ye know it. Were men to observe that which We have sent down unto them from the Heaven of Revelation, they would, of a certainty, attain unto perfect liberty. Happy is the man that hath apprehended the Purpose of God in whatever He hath revealed from the Heaven of His Will, that pervadeth all created things. Say: The liberty that profiteth you is to be found nowhere except in complete servitude unto God, the Eternal Truth. Whoso hath tasted of its sweetness will refuse to barter it for all the dominion of earth and heaven.--Kitab-i-Aqdas.

For improving the condition of backward races and nations, the Divine teachings are the sovereign remedy. When both people and statesmen learn and adopt these teachings the nations will be freed from all their bonds.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 139
Rulers and Subjects
Baha'u'llah forbids tyranny and oppression in the most emphatic terms. In Hidden Words He writes:--

O Oppressors on Earth! Withdraw your hands from tyranny, for I have pledged Myself not to forgive any man's injustice. This is My covenant which I have irrevocably decreed in the preserved tablet and sealed it with My seal of glory.

Those entrusted with the framing and administration of laws and regulations must "hold fast to the rope of Consultation, and decide upon and execute that which is conducive to the people's security, affluence, welfare and tranquillity; for if matters be arranged otherwise, it will lead to discord and tumult."--Tablet of the World.
On the other hand, the people must be law-abiding and loyal to the just government. They must rely on educational methods and on the force of good example, not on violence, for bringing about a better state of affairs in the nation. Baha'u'llah says:--

In every country where any of this community reside, they must behave toward the government of that country with faithfulness, truthfulness, and obedience.--Glad Tidings.
O people of God! Adorn your temples with the mantle of trustworthiness and integrity; then assist your Lord with the hosts of good deeds and good morals. Verily We have forbidden you sedition and strife, in My Books and Epistles, in My Writings and Tablets; and by this We have desired only your loftiness and exaltation.--Tablet of Ishraqat.

Appointment and Promotion
In making appointments, the only criterion must be fitness for the position. Before this paramount consideration, all

--Baha'u'llah and the New Era, Page 140
others, such as seniority, social or financial status, family connection or personal friendship, must give way. Baha'u'llah says in the Tablet of Ishraqat:--

The fifth Ishraq (Effulgence) is the knowledge by governments of the condition of the governed, and the conferring of ranks according to desert and merit. Regard to this matter is strictly enjoined upon every chief and ruler, that haply traitors may not usurp the positions of trustworthy men nor spoilers occupy the seats of guardians.

It needs but little consideration to show that when this principle becomes generally accepted and acted upon, the transformation in our social life will be astounding. When each individual is given the position for which his talents and capabilities specially fit him he will be able to put his heart into his work and become an artist in his profession, with incalculable benefit to himself and the rest of the world.

Economic Problems
The Baha'i teachings insist in the strongest terms on the need for reform in the economic relations of rich and poor. 'Abdu'l-Baha says:--

The arrangements of the circumstances of the people must be such that poverty shall disappear, that everyone, as far as possible, according to his rank and position, shall share in comfort and well-being. We see among us men who are overburdened with riches on the one hand, and on the other those unfortunate ones who starve with nothing; those who possess several stately palaces, and those who have not where to lay their head.... This condition of affairs is wrong, and must be remedied. Now the remedy must be carefully undertaken. It cannot be done by bringing to pass absolute equality between men. Equality is a chimera! It is entirely impracticable. Even if equality could be achieved it could not continue; and

--Baha'u'llah and the New Era, Page 141
if its existence were possible, the whole order of the world would be destroyed. The Law of Order must always obtain in the world of humanity. Heaven has so decreed in the creation of man.... Humanity, like a great army, requires a general, captains, underofficers in their degree, and soldiers, each with their appointed duties. Degrees are absolutely necessary to ensure an orderly organization. An army could not be composed of generals alone, or of captains only, or of nothing but soldiers without anyone in authority.
Certainly, some being enormously rich and other lamentably poor, an organization is necessary to control and improve this state of affairs. It is important to limit riches, as it is also of importance to limit poverty. Either extreme is not good.... When we see poverty allowed to reach a condition of starvation, it is a sure sign that somewhere we shall find tyranny. Men must bestir themselves in this matter, and no longer delay in altering conditions which bring the misery of grinding poverty to a very large number of people.
The rich must give of their abundance; they must soften their hearts and cultivate a compassionate intelligence, taking thought for those sad ones who are suffering from lack of the very necessaries of life.
There must be special laws made, dealing with these extremes of rich and want.... The government of the countries should conform to the Divine Law which gives equal justice to all.... Not until this is done will the Law of God be obeyed.

Public Finance
'Abdu'l-Baha suggests that each town and village or district should be entrusted as far as possible with the administration of fiscal matters within its own area and should contribute its due proportion for the expenses of the general government. One of the principal sources of revenue should be a graduated income tax. If a man's income does not exceed his necessary

--Baha'u'llah and the New Era, Page 142
expenditure he should not be required to pay any tax, but in all cases where income exceeds the necessary expenditure a tax should be levied, the percentage of tax increasing as the surplus of income over necessary expenditure increases.
On the other hand, if a person, through illness, poor crops, or other cause for which he is not responsible, is unable to earn an income sufficient to meet his necessary expenses for the year, then what he lacks for the maintenance of himself and his family should be supplied out of public funds.
There will also be other sources of public revenue, e.g. from intestate estates, mines, treasure trove and voluntary contributions; while among the expenditures will be grants for the support of the infirm, of orphans, of schools, of the deaf and blind, and for the maintenance of public health. Thus the welfare and comfort of all will be provided for.+F1

Voluntary Sharing
In a letter to the Central Organization for a Durable Peace, written in 1919, 'Abdu'l-Baha says:--

Among the teachings of Baha'u'llah is voluntary sharing of one's property with others among mankind. This voluntary sharing is greater than (legally imposed) equality, and consists in this, that one should not prefer oneself to others, but rather should sacrifice one's life and property for others. But this should not be introduced by coercion so that it becomes a law which man is compelled to follow. Nay, rather, man should voluntarily and of his own choice sacrifice his property and life for others, and spend willingly for the poor, just as is done in Persia among the Baha'is.

Work for All
One of the most important instructions of Baha'u'llah in regard to the economic question is that all must engage in
___________________
F1. For further particulars see 'Abdu'l-Baha's published addresses, especially those given in the United States of America.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 143
useful work. There must be no drones in the social hive, no able-bodied parasites on society. He says:--

It is enjoined on every one of you to engage in some occupation--some art, trade or the like. We have made this--your occupation--identical with the worship of God, the True One. Reflect, O people, upon the Mercy of God and upon His Favors, then thank Him in the mornings and evenings.
Waste not your time in idleness and indolence, and occupy yourselves with that which will profit yourselves and others beside yourselves. Thus hath the matter been decreed in this Tablet, from the Horizon of which the Sun of Wisdom and Divine Utterance is gleaming! The most despised of men before God is he who sits and begs. Cling unto the rope of means, relying upon God, the Causer of Causes.--Glad Tidings.

How much of the energy employed in the business world of today is expended simply in canceling and neutralizing the efforts of other people--in useless strife and competition! And how much in ways that are still more injurious! Were all to work, and were all work, whether of brain or hand, of a nature profitable to mankind, as Baha'u'llah commands, then the supplies of everything necessary for a healthy, comfortable and noble life would amply suffice for all. There need be no slums, no starvation, no destitution, no industrial slavery, no health-destroying drudgery.

The Ethics of Wealth
According to the Baha'i teachings, riches rightly acquired and rightly used are honorable and praiseworthy. Services rendered should be adequately rewarded. Baha'u'llah says in the Tablet of Tarazat:--"The people of Baha must not refuse to discharge the due reward of anyone, and must respect possessors of talent,... One must speak with justice and recognize the worth of benefits."

--Baha'u'llah and the New Era, Page 144
With regard to interest on money, Baha'u'llah writes in the Tablet of Ishraqat as follows:--

Most of the people are found to be in need of this mattter; for if no interest be allowed, affairs (business) will be trammeled and obstructed.... A person is rarely found who would lend money to anyone upon the principle of "Qard-i-hasan" (literally "good loan," i.e. money advanced without interest and repaid at the pleasure of the borrower). Consequently, out of favor to the servants, We have appointed "profit on money" to be current, among other business transactions which are in force among people. That is ... it is allowable, lawful and pure to charge interest on money ... but this matter must be conducted with moderation and justice. The Pen of Glory has withheld itself from laying down its limits, as a Wisdom from His Presence and as a convenience for His servants. We exhort the friends of God to act with fairness and justice, and in such a way that the mercy of His beloved ones, and their compassion, may be manifested toward each other....
The execution of these matters has been placed in charge of the men of the House of Justice, in order that they may act in accordance with the exigencies of the time and with wisdom.

No Industrial Slavery
In the Book of Aqdas Baha'u'llah forbids slavery, and 'Abdu'l-Baha has explained that not only chattel slavery, but also industrial slavery, is contrary to the law of God. When in the United States in 1912, He said to the American people:--

Between 1860 and 1865 you did a wonderful thing; you abolished chattel slavery; but today you must do a much more wonderful thing: you must abolish industrial slavery....
The solution of economic questions will not be brought about by array of capital against labor, and labor against

--Baha'u'llah and the New Era, Page 145
capital, in strife and conflict, but by the voluntary attitude of goodwill on both sides. Then a real and lasting justness of conditions will be secured....
Among the Baha'is there are no extortionate, mercenary and unjust practices, no rebellious demands, no revolutionary uprisings against existing governments....
It will not be possible in the future for men to amass great fortunes by the labors of others. The rich will willingly divide. They will come to this gradually, naturally, by their own volition. It will never be accomplished by war and bloodshed.

It is by friendly consultation and cooperation, by just copartnership and profit-sharing, that the interests of both capital and labor will be best served. The harsh weapons of the strike and lockout are injurious, not only to the trades immediately affected, but to the community as a whole. It is, therefore, the business of the governments to devise means for preventing recourse to such barbarous methods of settling disputes. 'Abdu'l-Baha said at Dublin, New Hampshire, in 1912:--

Now I want to tell you about the law of God. According to the divine law, employees should not be paid merely by wages. Nay, rather they should be partners in every work. The question of socialization is very difficult. It will not be solved by strikes for wages. All the governments of the world must be united, and organize an assembly, the members of which shall be elected from the parliaments and the noble ones of the nations. These must plan with wisdom and power, so that neither the capitalists suffer enormous losses, nor the laborers become needy. In the utmost moderation they should make the law, then announce to the public that the rights of the working people are to be effectively preserved; also the rights of the capitalists are to be protected. When such a general law is adopted, by the will of both sides, should a strike occur, all the governments of the world should collectively

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resist it. Otherwise the work will lead to much destruction, especially in Europe. Terrible things will take place.
One of the several causes of a universal European war will be this question. The owners of properties, mines and factories, should share their incomes with their employees, and give a fairly certain percentage of their profits to their workingmen, in order that the employees should receive, besides their wages, some of the general income of the factory, so that the employee may strive with his soul in the work.

Bequest and Inheritance
Baha'u'llah states that a person should be free to dispose of his possessions during his lifetime in any way he chooses, and it is incumbent on everyone to write a will stating how his property is to be disposed of after his death. When a person dies without leaving a will, the value of the property should be estimated and divided in certain stated proportions among seven classes of inheritors, namely, children, wife or husband, father, mother, brothers, sisters and teachers, the share of each diminishing from the first to the last. In the absence of one or more of these classes, the share which would belong to them goes to the public treasury, to be expended on the poor, the fatherless and the widows, or on useful public works. If the deceased has no heirs, then all his property goes to the public treasury.
There is nothing in the law of Baha'u'llah to prevent a man from leaving all his property to one individual if he pleases, but Baha'is will naturally be influenced, in making their wills, by the model Baha'u'llah has laid down for the case of intestate estates, which ensures distribution of property among a considerable number of heirs.

Equality of Men and Women
One of the social principles to which Baha'u'llah attaches great importance is that women should be regarded as the

--Baha'u'llah and the New Era, Page 147
equals of men and should enjoy equal rights and privileges, equal education, and equal opportunities.
The great means on which He relies for bringing about the emancipation of women is universal education. Girls are to receive as good an education as boys. In fact, the education of girls is even more important than that of boys, for in time these girls will become mothers, and, as mothers, they will be the first teachers of the next generation. Children are like green and tender branches; if the early training is right they grow straight, and if it is wrong they grow crooked; and to the end of their lives they are affected by the training of their earliest years. How important, then, that girls should be well and wisely educated!
During His Western tours, 'Abdu'l-Baha had frequent occasion to explain the Baha'i teachings on this subject. At a meeting of the Women's Freedom League in London in January 1913, He said:--

Humanity is like a bird with its two wings--the one is male, the other female. Unless both wings are strong and impelled by some common force, the bird cannot fly heavenwards. According to the spirit of this age, women must advance and fulfill their mission in all departments of life, becoming equal to men. They must be on the same level as men and enjoy equal rights. This is my earnest prayer and it is one of the fundamental principles of Baha'u'llah.
Some scientists have declared that the brains of men weigh more than those of women, and claim this as a proof of man's superiority. Yet when we look around us we see people with small heads, whose brains must weigh little, who show the greatest intelligence and great powers of understanding; and others with big heads, whose brains must be heavy, and yet they are witless. Therefore the avoirdupois of the brain is no true measure of intelligence or superiority.
When men bring forward as a second proof of their superiority the assertion that women have not achieved as much as men, they use poor arguments which leave history out of consideration. If they kept themselves more

--Baha'u'llah and the New Era, Page 148
fully informed historically, they would know that great women have lived and achieved great things in the past, and that there are many living and achieving great things today.
Here 'Abdu'l-Baha described the achievements of Zenobia and other great women of the past, concluding with an eloquent tribute to the fearless Mary Magdalene, whose faith remained firm while that of the apostles was shaken. He continued:--

Amongst the women of our own time is Qurratu'l-'Ayn, the daughter of a Muhammadan priest. At the time of the appearance of the Bab she showed such tremendous courage and power that all who heard her were astonished. She threw aside her veil despite the immemorial custom of the women of Persia, and although it was considered impolite to speak with men, this heroic woman carried on controversies with the most learned men, and in every meeting she vanquished them. The Persian Government took her prisoner; she was stoned in the streets, anathematized, exiled from town to town, threatened with death, but she never failed in her determination to work for the freedom of her sisters. She bore persecution and suffering with the greatest heroism; even in prison she gained converts. To a Minister of Persia, in whose house she was imprisoned, she said: "You can kill me as soon as you like but you cannot stop the emancipation of women." At last the end of her tragic life came; she was carried into a garden and strangled. She put on, however, her choicest robes as if she were going to join a bridal party. With such magnanimity and courage she gave her life, startling and thrilling all who saw her. She was truly a great heroine. Today in Persia, among the Baha'is, there are women who also show unflinching courage, and who are endowed with great poetic insight. They are most eloquent, and speak before large gatherings of people.
Women must go on advancing; they must extend their

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knowledge of science, literature, history, for the perfection of humanity. Erelong they will receive their rights. Men will see women in earnest, bearing themselves with dignity, improving the civil and political life, opposed to warfare, demanding suffrage and equal opportunities. I expect to see you advance in all phases of life; then will your brows be crowned with the diadem of eternal glory.

Women and the New Age
When woman's point of view receives due consideration and woman's will is allowed adequate expression in the arrangement of social affairs, we may expect great advancement in matters which have often been grievously neglected under the old regime of male dominance--such matters as health, temperance, peace, and regard for the value of the individual life. Improvements in these respects will have very far-reaching and beneficent effects. 'Abdu'l-Baha says:--

The world in the past has been ruled by force, and man has dominated over woman by reason of his more forceful and aggressive qualities both of body and mind. But the balance is already shifting; force is losing its dominance, and mental alertness, intuition, and the spiritual qualities of love and service, in which woman is strong, are gaining ascendancy. Hence the new age will be an age less masculine and more permeated with the feminine ideals, or, to speak more exactly, will be an age in which the masculine and feminine elements of civilization will be more evenly balanced.--Star of the West, iii, No. 3, p. 4 [from report of remarks made aboard the S.S. Cedric on arrival in New York].

Methods of Violence Discarded
In bringing about the emancipation of women as in other matters, Baha'u'llah counsels His followers to avoid methods of violence. An excellent illustration of the Baha'i method of social reform has been given by the Baha'i women in Persia,

--Baha'u'llah and the New Era, Page 150
Egypt and Syria. In these countries it is customary for Muhammadan women outside their homes to wear a veil covering the face. The Bab indicated that in the New Dispensation women would be relieved from this irksome restraint, but Baha'u'llah counsels His followers, where no important question of morality is involved, to defer to established customs until people become enlightened, rather than scandalize those amongst whom they live, and arouse needless antagonism. The Baha'i women, therefore, although well aware that the antiquated custom of wearing the veil is, for enlightened people, unnecessary and inconvenient, yet quietly put up with the inconvenience, rather than rouse a storm of fanatical hatred and rancorous opposition by uncovering their faces in public. This conformity to custom is in no way due to fear, but to an assured confidence in the power of education and in the transforming and life-giving effect of true religion. Baha'is in these regions are devoting their energies to the education of their children, especially their girls, and to the diffusion and promotion of the Baha'i ideals, well knowing that as the new spiritual life grows and spreads among the people, antiquated customs and prejudices will by and by be shed, as naturally and inevitably as bud scales are shed in spring when the leaves and flowers expand in the sunshine.

Education
Education--the instruction and guidance of men and the development and training of their innate faculties--has been the supreme aim of all the Holy Prophets since the world began, and in the Baha'i teachings the fundamental importance and limitless possibilities of education are proclaimed in the clearest terms. The teacher is the most potent factor in civilization and his work is the highest to which men can aspire. Education begins in the mother's womb and is as unending as the life of the individual. It is a perennial necessity of right living and the foundation of both individual and social welfare. When education on right lines becomes general, humanity will be transformed and the world will become a paradise.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 151
At present a really well educated man is the rarest of phenomena, for nearly everyone has false prejudices, wrong ideals, erroneous conceptions and bad habits drilled into him from babyhood. How few are taught from their earliest childhood to love God with all their hearts and dedicate their lives to Him; to regard service to humanity as the highest aim in life; to develop their powers to the best advantage for the general good of all! Yet surely these are the essential elements of a good education. Mere cramming of the memory with facts about arithmetic, grammar, geography, languages, etc., has comparatively little effect in producing noble and useful lives.
Baha'u'llah says that education must be universal:--

Unto every father hath been enjoined the instruction of his son and daughter in the art of reading and writing and in all that hath been laid down in the Holy Tablet. He that putteth away that which is commanded unto him, the Trustees are then to take from him that which is required for their instruction, if he be wealthy, and if not the matter devolveth upon the House of Justice. Verily, have We made it a shelter for the poor and needy. He that bringeth up his son or the son of another, it is as though he hath brought up a son of Mine; upon him rest My Glory, My loving kindness, My Mercy, that have compassed the world.--Kitab-i-Aqdas.

Everyone, whether man or woman, should hand over to a trusted person a portion of what he or she earneth through trade, agriculture or other occupation, for the training and education of children, to be spent for this purpose with the knowledge of the Trustees of the House of Justice.--Tablet of the World.

Innate Differences of Nature
In the Baha'i view the child's nature is not like so much wax that can be molded indifferently to any shape according to the will of the teacher. Nay, each from the first has his own God-given character and individuality which can develop to the best

--Baha'u'llah and the New Era, Page 152
advantage only in a particular way; and that way in each case is unique. No two people have exactly the same capabilities and talents, and the true educator will never attempt to force two natures into the same mold. In fact, he will never attempt to force any nature into any mold. Rather he will reverently tend the developing powers of the young nature, encourage and protect them, and supply the nourishment and assistance which they need. His work is like that of a gardener tending different plants. One plant likes the bright sunshine, another the cool shade; one loves the water's edge and another the dry knoll; one thrives best on sandy soil and another on rich loam. Each must have its needs appropriately supplied, else its perfections can never be fully revealed. 'Abdu'l-Baha says:--

The Prophets acknowledge that education hath a great effect upon the human race, but They declare that minds and comprehensions are originally different. We see that certain children of the same age, nativity and race, nay, from the same household, under the tutorship of the same teacher, differ in minds and comprehensions. No matter how the shell is educated (or polished) it can never become the radiant pearl. The black stone will not become the world-illuminating gem. The thorny cactus can never by training and development become the blessed tree. That is to say, training doth not change the essential nature of the human gem, but it produceth a marvelous effect. By this effective power all that is latent, of virtues and capacities in the human reality, will be revealed.

Character Training
The thing of paramount importance in education is character training. With regard to this, example is more effective than precept, and the lives and characters of the child's parents, teachers and habitual associates are factors of the utmost importance.
The Prophets of God are the great educators of mankind, and Their counsels and the story of Their lives should be instilled

--Baha'u'llah and the New Era, Page 153
into the child's mind as soon as it is able to grasp them. Especially important are the words of the Supreme Teacher, Baha'u'llah, Who reveals the root principles on which the civilization of the future must be built up. He says:--

Teach your children what hath been revealed through the Pen of Glory. Instruct them in what hath descended from the heaven of greatness and power. Let them memorize the Tablets of the Merciful and chant them with the most melodious voices in the halls of the Mashriqu'l-Adhkar.

Arts, Sciences, and Crafts
Training in arts, sciences, crafts and useful professions is regarded as important and necessary. Baha'u'llah says:--

Knowledge is like unto wings for the being (of man) and is like a ladder for ascending. To acquire knowledge is incumbent upon all, but of those sciences which may profit the people of the earth, and not such sciences as begin in mere words and end in mere words. The possessors of sciences and arts have a great right among the people of the world. Indeed, the real treasury of man is his knowledge. Knowledge is the means of honor, prosperity, joy, gladness, happiness and exaltation.--Tablet of Tajalliyat.

Treatment of Criminals
In a talk on the right method of treating criminals, 'Abdu'l-Baha spoke as follows:--

... the most essential thing is that the people must be educated in such a way ... that they will avoid and shrink from perpetrating crimes, so that the crime itself will appear to them as the greatest chastisement, the utmost condemnation and torment. Therefore no crimes which require punishment will be committed....

--Baha'u'llah and the New Era, Page 154
... if someone oppresses, injures, and wrongs another, and the wronged man retaliates, this is vengeance, and is censurable.... If 'Amru dishonours Zaid, the latter has not the right to dishonour 'Amru; if he does so, this is vengeance, and is very reprehensible. No, rather he must return good for evil, and not only forgive, but also, if possible, be of service to his oppressor. This conduct is worthy of man; for what advantage does he gain by vengeance? The two actions are equivalent; if one action is reprehensible, both are reprehensible. The only difference is that one was committed first, the other later.
But the community has the right of defense and of self-protection; moreover, the community has no hatred nor animosity for the murderer: it imprisons or punishes him merely for the protection and security of others....
Thus when Christ said: "Whosoever shall smite thee on the right cheek, turn to him the left one also," it was for the purpose of teaching men not to take personal revenge. He did not mean that if a wolf should fall upon a flock of sheep and wish to destroy it, that the wolf should be encouraged to do so. No, if Christ had known that a wolf had entered the fold and was about to destroy the sheep, most certainly he would have prevented it....
... the constitution of the communities depends upon justice.... Then what Christ meant by forgiveness and pardon is not that, when nations attack you, burn your homes, plunder your goods, assault your wives, children, and relatives, and violate your honour, you should be submissive in the presence of these tyrannical foes, and allow them to perform all their cruelties and oppressions. No, the words of Christ refer to the conduct of two individuals towards each other: if one person assaults another, the injured one should forgive him. But the communities must protect the rights of man....
One thing remains to be said: it is that the communities are day and night occupied in making penal laws, and in preparing and organizing instruments and means of punishment. They build prisons, make chains

--Baha'u'llah and the New Era, Page 155
and fetters, arrange places of exile and banishment, and different kinds of hardships and tortures, and think by these means to discipline criminals; whereas, in reality, they are causing destruction of morals and perversion of characters. The community, on the contrary, ought day and night to strive and endeavour with the utmost zeal and effort to accomplish the education of men, to cause them day by day to progress and to increase in science and knowledge, to acquire virtues, to gain good morals and to avoid vices, so that crimes may not occur.--Some Answered Questions, pp. 307-311.

Influence of the Press
The importance of the press as a means of diffusing knowledge and educating the people, and its power as a civilizing force, when rightly directed, are fully recognized by Baha'u'llah. He writes:--

In this day the mysteries of this earth are unfolded and visible before the eyes, and the pages of swiftly appearing newspapers are indeed the mirror of the world; they display the doings and actions of the different nations; they both illustrate them and cause them to be heard. Newspapers are as a mirror endowed with hearing, sight and speech; they are a wonderful phenomenon and a great matter.
But it behooves the writers and editors thereof to be sanctified from the prejudice of egotism and desire, and to be adorned with the ornament of equity and justice. They must inquire into matters as fully as possible in order that they may be informed of the real facts, and commit the same to writing. Concerning this wronged one, what the newspapers have published has for the most part been devoid of truth. Good speech and truthfulness are, in loftiness of position and rank, like the sun which has risen from the horizon of the heaven of knowledge.--Tablet of Tarazat.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 156
The Way to Peace/10

Today, this Servant has assuredly come to vivify the world and to bring into unity all who are on the face of the earth. That which God willeth shall come to pass and thou shalt see the earth even as the Abha (Most Glorious) Paradise.-- BAHA'U'LLAH, Tablet to the Ra'is.

Conflict versus Concord
During the past century scientists have devoted an immense amount of study to the struggle for existence in the plant and animal world, and, amid the perplexities of social life, many have turned for guidance to the principles which have been found to hold good in the lower world of nature. In this way they have come to regard rivalry and conflict as necessities of life, and the ruthless killing out of the weaker members of society as a legitimate or even necessary means of improving the race. Baha'u'llah tells us, on the other hand, that, if we wish to ascend the scale of progress, instead of looking backward to the animal world, we must direct our gaze forward and upward, and must take not the beasts, but the Prophets as our guides. The principles of unity, concord and compassion taught by the Prophets are the very antithesis of those dominating the animal struggle for self-preservation, and we must choose between them, for they cannot be reconciled. 'Abdu'l-Baha says:--

In the world of nature the dominant note is the struggle for existence--the result of which is the survival of the fittest. The law of the survival of the fittest is the origin of all difficulties. It is the cause of war and strife, hatred and animosity, between human beings. In the world of nature there is tyranny, egoism, aggression, overbearance, usurpation of the rights of others and other blameworthy attributes which are defects of the animal world. Therefore, so long as the requirements of the natural world play

--Baha'u'llah and the New Era, Page 157
paramount part among the children of men, success and prosperity are impossible. Nature is warlike, nature is bloodthirsty, nature is tyrannical, for nature is unaware of God the Almighty. That is why these cruel qualities are natural to the animal world.
Therefore the Lord of mankind, having great love and mercy, has caused the appearance of the prophets and the revelation of the Holy Books, so that through divine education humanity may be released from the corruption of nature and the darkness of ignorance, be confirmed with ideal virtues and spiritual attributes, and become the dawning-place of merciful emotions....
A hundred thousand times, alas! that ignorant prejudice, unnatural differences and antagonistic principles are yet displayed by the nations of the world toward one another, thus causing the retardation of general progress. This retrogression comes from the fact that the principles of divine civilization are completely abandoned, and the teachings of the prophets are forgotten.

The Most Great Peace
In all ages the Prophets of God have foretold the coming of an era of "peace on earth, goodwill among men." As we have already seen Baha'u'llah, in the most glowing and confident terms, confirms these prophecies and declares that their fulfillment is at hand. 'Abdu'l-Baha says:--

... in this marvellous cycle, the earth will be transformed, and the world of humanity arrayed in tranquility and beauty. Disputes, quarrels, and murders will be replaced by peace, truth, and concord; among the nations, peoples, races, and countries, love and amity will appear. Co-operation and union will be established, and finally war will be entirely suppressed.... Universal peace will raise its tent in the centre of the earth, and the Blessed Tree of Life will grow and spread to such an extent that it will overshadow the East and the West. Strong and weak, rich and poor, antagonistic sects and

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hostile nations--which are like the wolf and the lamb, the leopard and kid, the lion and calf--will act towards each other with the most complete love, friendship, justice, and equity. The world will be filled with science, with the knowledge of the reality of the mysteries of beings, and with the knowledge of God.--Some Answered Questions, pp. 74-75.

Religious Prejudices
In order to see clearly how the Most Great Peace may be established, let us first examine the principle causes that have led to war in the past and see how Baha'u'llah proposes to deal with each.
One of the most fertile causes of war has been religious prejudice. With regard to this the Baha'i teachings show clearly that animosity and conflict between people of different religions and sects have always been due, not to true religion, but to the want of it, and to its replacement by false prejudices, imitations and misrepresentations.
In one of His talks in Paris, 'Abdu'l-Baha said:

Religion should unite all hearts and cause wars and disputes to vanish from the face of the earth; it should give birth to spirituality, and bring light and life to every soul. If religion becomes a cause of dislike, hatred and division it would be better to be without it, and to withdraw from such a religion would be a truly religious act. For it is clear that the purpose of a remedy is to cure, but if the remedy only aggravates the complaint, it had better be left alone. Any religion which is not a cause of love and unity is no religion.

Again He says:--

From the beginning of human history down to the present time various religions of the world have anathematized one another and accused one another of falsity....They

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have shunned one another most rigidly, exercising mutual animosity and rancor. Consider the history of religious warfare.... One of the greatest religious wars, the Crusades, extended over a period of 200 years .... Sometimes the Crusaders were successful, killing, pillaging and taking captive Muhammadan people; sometimes the Mussulmans were victorious, inflicting bloodshed and ruin in turn upon the invaders.
So they continued for two centuries, alternately fighting with fury and relaxing with weakness until the European religionists withdrew from the East, leaving ashes of desolation behind them and finding their own nations in a condition of turbulence and upheaval.... Yet this was only one of the "Holy wars."
Religious wars have been many. Nine hundred thousand martyrs of the Protestant cause was the record of conflict and difference between that sect of Christians and the Catholics.... How many languished in prisons! How merciless the treatment of captives! All in the name of religion!
The Christians and Muhammadans considered the Jews as satanic and the enemies of God. Therefore they cursed and persecuted them. Great numbers of Jews were killed, their houses burnt and pillaged, their children carried into captivity. The Jews in turn regarded the Christians as infidels, and the Muhammadans as enemies and destroyers of the laws of Moses; therefore they called down vengeance upon them and curse them even to this day.
When the light of Baha'u'llah dawned from the East, He proclaimed the promise of the oneness of humanity. He addressed all mankind saying: "Ye are all fruits of one tree. There are not two trees, one a tree of divine mercy, the other a tree of Satan.".... Therefore we must exercise the utmost love toward one another. We must not consider any people the people of Satan, but know and recognize all as servants of one God. At most it is this: some do not know, they must be guided and trained.... Some are ignorant, they must be informed. Some are as children,

--Baha'u'llah and the New Era, Page 160
they must be helped to reach maturity. Some are ailing, their moral condition is bad, they must be treated until their morals are purified. But the sick man is not to be hated because he is sick; the child must not be shunned because he is a child, the ignorant one is not to be despised because he lacks knowledge. They must be treated, educated, trained and assisted in love. Everything must be done in order that all humanity may live under the shadow of God in the utmost security, in happiness of the highest type.

Racial and Patriotic Prejudices
The Baha'i doctrine of the unity of mankind strikes at the root of another cause of war, namely, racial prejudice. Certain races have assumed themselves to be superior to others and have taken for granted, on the principle of "survival of the fittest," that this superiority gives them the right to exploit for their own advantage, or even to exterminate, weaker races. Many of the blackest pages in the world's history are examples of the pitiless application of this principle. According to the Baha'i view people of every race are of equal value in the sight of God. All have wonderful innate capacities which only require suitable education for their development, and each can play a part, which, instead of impoverishing, will enrich and complete the life of all the other members of the body of humanity. 'Abdu'l-Baha says:--

Concerning the prejudice of race; it is an illusion, a superstition pure and simple, for God created us all of one race.... In the beginning also there were no limits and boundaries between the different lands; no part of the earth belonged more to one people than to another. In the sight of God there is no difference between the various races. Why should man invent such a prejudice? How can we uphold war caused by such an illusion? God has not created men that they should destroy one another. All races, tribes, sects and classes share equally in the bounty of their Heavenly Father.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 161
The only real difference lies in the degree of faithfulness, of obedience to the laws of God. There are some who are as lighted torches; there are others who shine as stars in the sky of humanity.
The lovers of mankind, these are the superior men, of whatever nation, creed or color they may be.

Equally mischievous with racial prejudice is political or patriotic prejudice. The time has now come when narrow national patriotisms should be merged in the wider patriotism whose country is the world. Baha'u'llah says:--

Of old it hath been revealed: "Love of one's country is an element of the Faith of God." The Tongue of Grandeur hath ... in the day of His manifestation proclaimed: "It is not his to boast who loveth his country, but it is his who loveth the world." Through the power released by these exalted words He hath lent a fresh impulse, and set a new direction, to the birds of men's hearts, and hath obliterated every trace of restriction and limitation from God's Holy Book.--Tablet of the World.

Territorial Ambitions
Many are the wars which have been fought over pieces of territory whose possession has been coveted by two or more rival nations. The greed of possession has been as fertile a cause of strife among nations as among individuals. According to the Baha'i view, land rightly belongs not to individual men or individual nations but to humanity as a whole; nay, rather, it belongs to God alone, and all men are but tenants.
On the occasion of the Battle of Benghazi+F1 , 'Abdu'l-Baha said:--

The news of the Battle of Benghazi grieves my heart. I wonder at the human savagery that still exists in the world:
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F1. A battle of the Italo-Turkish War which broke out on September 29, 1911.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 162
How is it possible for men to fight from morning till night, killing each other, shedding the blood of their fellowmen? And for what object? To gain possession of a part of the earth! Even the animals when they fight have an immediate and more reasonable cause for their attacks. How terrible is it that men who are of the higher kingdom can descend to slaying and bringing misery to their fellow beings for the possession of a tract of land-- the highest of created beings fighting to obtain the lowest form of matter, earth.
Land belongs not to one people but to all people. The earth is not man's home but his tomb.
However great the conqueror, however many countries he may reduce to slavery, he is unable to retain any part of these devastated lands but one tiny portion--his tomb.
If more land is required for the improvement of the condition of the people, for the spread of civilization ... surely it would be possible to acquire peaceably the necessary extension of territory. But war is made for the satisfaction of men's ambition. For the sake of worldly gain to the few terrible misery is brought to numberless homes, breaking the hearts of hundreds of men and women....
I charge you all that each one of you concentrate all the thoughts of his heart on love and unity. When a thought of war comes, oppose it by a stronger thought of peace. A thought of hatred must be destroyed by a more powerful thought of love. When soldiers of the world draw their swords to kill, soldiers of God clasp each other's hands. So may all the savagery of men disappear by the mercy of God, working through the pure in heart and the sincere of soul. Do not think the peace of the world an ideal impossible to attain. Nothing is impossible to the divine benevolence of God. If you desire with all your heart friendship with every race on earth, your thought, spiritual and positive, will spread; it will become the desire of others, growing stronger until it reaches the minds of all men.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 163
Universal Language
Having glanced at the principal causes of war and how they may be avoided, we may now proceed to examine certain constructive proposals made by Baha'u'llah with a view to achieving the Most Great Peace.
The first deals with the establishment of a universal auxiliary language. Baha'u'llah refers to this matter in the Book of Aqdas and in many of His Tablets. Thus in the Tablet of Ishraqat He says:--

The Sixth Ishraq is union and concord amongst the children of men. From the beginning of time the light of unity hath shed its divine radiance upon the world, and the greatest means for the promotion of that unity is for the peoples of the world to understand one another's writing and speech. In former Epistles We have enjoined upon the Trustees of the House of Justice either to choose one language from among those now existing or to adopt a new one, and in like manner to select a common script, both of which should be taught in all the schools of the world. Thus will the earth be regarded as one country and one home.

About the time when this proposal of Baha'u'llah was first given to the world, there was born in Poland a boy named Ludovic Zamenhof, who was destined to play a leading part in carrying it into effect. Almost from his infancy, the ideal of a universal language became a dominant motive in Zamenhof's life, and the result of his devoted labors was the invention and widespread adoption of the language known as Esperanto, which has now stood the test of many years and has proved to be a very satisfactory medium of international intercourse. It has the great advantage that it can be mastered in about a twentieth part of the time required to master such languages as English, French or German. At an Esperanto banquet given in Paris in February 1913, 'Abdu'l-Baha said:--

--Baha'u'llah and the New Era, Page 164
Today one of the chief causes of the differences in Europe is the diversity of languages. We say this man is a German, the other is an Italian, then we meet an Englishman and then again a Frenchman. Although they belong to the same race, yet language is the greatest barrier between them. Were a universal auxiliary language in operation they would all be considered as one.
His Holiness Baha'u'llah wrote about this international language more than forty years ago. He says that as long as an international language is not adopted, complete union between the various sections of the world will be unrealized, for we observe that misunderstandings keep people from mutual association, and these misunderstandings will not be dispelled except through an international auxiliary language.
Generally speaking, the whole people of the Orient are not fully informed of events in the West, neither can the Westerners put themselves in sympathetic touch with the Easterners; their thoughts are enclosed in a casket --the international language will be the master key to open it. Were we in possession of a universal language, the Western books could easily be translated into that language, and the Eastern peoples be informed of their contents. In the same way the books of the East could be translated into that language for the benefit of the people in the West. The greatest means of progress towards the union of East and West will be a common language. It will make the whole world one home and become the strongest impulse for human advancement. It will upraise the standard of the oneness of humanity. It will make the earth one universal commonwealth. It will be the cause of love between the children of men. It will cause good fellowship between the various races.
Now, praise be to God that Dr. Zamenhof+F1 has invented
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F1. It is of interest that Zamenhof's daughter, Lydia, became an active Baha'i.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 165
the Esperanto language. It has all the potential qualities of becoming the international means of communication. All of us must be grateful and thankful to him for this noble effort; for in this way he has served his fellowmen well. With untiring effort and self-sacrifice on the part of its devotees Esperanto will become universal. Therefore every one of us must study this language and spread it as far as possible so that day by day it may receive a broader recognition, be accepted by all nations and governments of the world, and become a part of the curriculum in all the public schools. I hope that Esperanto will be adopted as the language of all the future international conferences and congresses, so that all people need acquire only two languages--one their own tongue and the other the international language. Then perfect union will be established between all the people of the world. Consider how difficult it is today to communicate with various nations. If one studies fifty languages one may yet travel through a country and not know the language. Therefore I hope that you will make the utmost effort, so that this language of Esperanto may be widely spread.

While these allusions to Esperanto are specific and encouraging, it remains true that until the House of Justice has acted on the matter in accordance with Baha'u'llah's instruction the Baha'i Faith is not committed to Esperanto nor to any other living or artificial tongue. 'Abdu'l-Baha Himself said: "The love and effort put into Esperanto will not be lost, but no one person can construct a Universal Language."--'Abdu'l-Baha in London, p. 95.
Which language to adopt, and whether it is to be a natural or constructed one, is a decision which the nations of the world will have to make.

Universal League of Nations
Another proposal frequently and powerfully advocated by Baha'u'llah was that a Universal League of Nations should be

--Baha'u'llah and the New Era, Page 166
formed for the maintenance of international peace. In a letter to Queen Victoria, written while He was still a prisoner in the barracks of 'Akka,+F1 He said:--

O Rulers of the earth! Be reconciled among yourselves, that ye may need no more armaments save in a measure to safeguard your territories and dominions....
Be united, O Kings of the earth, for thereby will the tempest of discord be stilled amongst you, and your people find rest.... Should any one among you take up arms against another, rise ye all against him, for this is naught but manifest justice.

In 1875, 'Abdu'l-Baha gave a forecast of the establishment of a Universal League of Nations, which is especially interesting at the present time+F2 in view of the strenuous attempts now being made to establish such a league. He wrote:--

True civilization will unfurl its banner in the midmost heart of the world whenever a certain number of its distinguished and high-minded sovereigns--the shining exemplars of devotion and determination--shall, for the good and happiness of all mankind, arise, with firm resolve and clear vision, to establish the Cause of Universal Peace. They must make the Cause of Peace the object of general consultation, and seek by every means in their power to establish a Union of the nations of the world. They must conclude a binding treaty and establish a covenant, the provisions of which shall be sound, inviolable and definite. They must proclaim it to all the world and obtain for it the sanction of all the human race. This supreme and noble undertaking--the real source of the
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F1. 1868 to 1870. +F2. The author wrote this passage in 1919-1920.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 167
peace and well-being of all the world--should be regarded as sacred by all that dwell on earth. All the forces of humanity must be mobilized to ensure the stability and permanence of this Most Great Covenant. In this all-embracing Pact the limits and frontiers of each and every nation should be clearly fixed, the principles underlying the relations of governments towards one another definitely laid down, and all international agreements and obligations ascertained. In like manner, the size of the armaments of every government should be strictly limited, for if the preparations for war and the military forces of any nation should be allowed to increase, they will arouse the suspicion of others. The fundamental principle underlying this solemn Pact should be so fixed that if any government later violate any one of its provisions, all the governments on earth should arise to reduce it to utter submission, nay the human race as a whole should resolve, with every power at its disposal, to destroy that government. Should this greatest of all remedies be applied to the sick body of the world, it will assuredly recover from its ills and will remain eternally safe and secure.--The Secret of Divine Civilization, pp. 64-65.

Baha'is see grave deficiencies in the structure of the League of Nations+F1 which falls short of the type of institution which Baha'u'llah described as essential to the establishment of world peace. On December 17, 1919, 'Abdu'l-Baha declared:--

At present Universal Peace is a matter of great importance, but unity of conscience is essential, so that the foundation of this matter may become secure, its establishment firm and its edifice strong.... Although the League of Nations has been brought into existence, yet it is incapable of establishing Universal Peace. But the
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F1. The same considerations apply to the United Nations Organization.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 168
Supreme Tribunal which His Holiness Baha'u'llah has described will fulfill this sacred task with the utmost might and power.

International Arbitration
Baha'u'llah also advocated the establishment of an international court of arbitration, so that differences arising between nations might be settled in accordance with justice and reason, instead of by appeal to the ordeal of battle.
In a letter to the Secretary of the Mohonk Conference on International Arbitration, in August 1911, 'Abdu'l-Baha said:--

About fifty years ago in the Book of Aqdas, Baha'u'llah commanded people to establish universal peace and summoned all the nations to the divine banquet of international arbitration, so that the questions of boundaries, of national honor and property, and of vital interests between nations might be settled by an arbitral court of justice, and that no nation would dare to refuse to abide by the decisions thus arrived at. If any quarrel arise between two nations it must be adjudicated by this international court and be arbitrated and decided upon like the judgment rendered by the Judge between two individuals. If at any time any nation dares to break such a decision, all the other nations must arise to put down this rebellion.

Again, in one of His Paris talks in 1911, He said:--

A supreme tribunal shall be established by the peoples and governments of every nation, composed of members elected from each country and government. The members of this great council shall assemble in unity. All disputes of an international character shall be submitted to this court, its work being to arrange by arbitration everything which otherwise would be a cause of war. This mission of this tribunal would be to prevent war.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 169
During the quarter of a century preceding the establishment of the League of Nations a permanent Court of Arbitration was established at The Hague (1900), and many arbitration treaties were signed, but most of these fell far short of the comprehensive proposals of Baha'u'llah. No arbitration treaty was made between two great Powers in which all matters of dispute were included. Differences affecting "vital interests," "honor" and "independence" were specifically excepted. Not only so, but effective guarantees that nations would abide by the terms of the treaties into which they had entered were lacking. In the Baha'i proposals, on the other hand, questions of boundaries, of national honor and of vital interest are expressly included, and agreements will have the supreme guarantee of the World League of Nations behind them. Only when these proposals are completely carried out will international arbitration attain the full scope of its beneficent possibilities and the curse of war be finally banished from the world.

Limitation of Armaments
'Abdu'l-Baha says:--

By a general agreement all the governments of the world must disarm simultaneously. It will not do if one lays down its arms and the others refuse to do so. The nations of the world must concur with each other concerning this supremely important subject, so that they may abandon together the deadly weapons of human slaughter. As long as one nation increases her military and naval budget other nations will be forced into this crazed competition through their natural and supposed interests. --Diary of Mirza Ahmad Sohrab, May 11-14, 1914.

Nonresistence
As a religious body, Baha'is have, at the express command of Baha'u'llah, entirely abandoned the use of armed force in their own interests, even for strictly defensive purposes. In

--Baha'u'llah and the New Era, Page 170
Persia many, many thousands of the Babis and Baha'is have suffered cruel dea
ths because of their faith. In the early days of the Cause the Babis on various occasions defended themselves and their families by the sword, with great courage and bravery. Baha'u'llah, however, forbade this. 'Abdu'l-Baha writes:--

When Baha'u'llah appeared, He declared that the promulgation of the truth by such means must on no account be allowed, even for purposes of self-defense. He abrogated the rule of the sword and annulled the ordinance of "Holy War." "If ye be slain," said He, "it is better for you than to slay. It is through the firmness and assurance of the faithful that the Cause of the Lord must be diffused. As the faithful, fearless and undaunted, arise with absolute detachment to exalt the Word of God, and, with eyes averted from the things of this world, engaged in service for the Lord's sake and by His power, thereby will they cause the Word of Truth to triumph. These blessed souls bear witness by their lifeblood to the truth of the Cause and attest it by the sincerity of their faith, their devotion and their constancy. The Lord can avail to diffuse His Cause and to defeat the froward. We desire no defender but Him, and with our lives in our hands face the foe and welcome martyrdom." (written by 'Abdu'l-Baha for this book).

Baha'u'llah wrote to one of the persecutors of His cause:--

Gracious God! This people need no weapons of destruction, inasmuch as they have girded themselves to reconstruct the world. Their hosts are the hosts of goodly deeds, and their arms the arms of upright conduct, and their commander the fear of God. Blessed that one that judgeth with fairness. By the righteousness of God! Such hath been the patience, the calm, the resignation and contentment of this people that they have become the exponents of justice, and so great hath been their forbearance, that they have suffered themselves to be killed rather than kill, and this notwithstanding that these whom the world

--Baha'u'llah and the New Era, Page 171
hath wronged have endured tribulations the like of which the history of the world hath never recorded, nor the eyes of any nation witnessed. What is it that could have induced them to reconcile themselves to these grievous trials, and to refuse to put forth a hand to repel them? What could have caused such resignation and serenity? The true cause is to be found in the ban which the Pen of Glory hath, day and night, chosen to impose, and in Our assumption of the reins of authority, through the power and might of Him Who is the Lord of all mankind.-- Epistle to the Son of the Wolf, pp. 74-75.

The soundness of Baha'u'llah's nonresistance policy has already been proved by results. For every believer martyred in Persia, the Baha'i faith has received a hundred new believers into its fold, and the glad and dauntless way in which these martyrs cast the crowns of their lives at the feet of their Lord has furnished to the world the clearest proof that they had found a new life for which death has no terrors, a life of ineffable fullness and joy, compared with which the pleasures of earth are but as dust in the balance, and the most fiendish physical tortures but trifles light as air.

Righteous Warfare
Although Baha'u'llah, like Christ, counsels His follows as individuals and as a religious body to adopt an attitude of nonresistance and forgiveness toward their enemies, He teaches that it is the duty of the community to prevent injustice and oppression. If individuals are persecuted and injured it is right for them to forgive and abstain from retaliation, but it is wrong for a community to allow pillage and murder to continue unchecked within its borders. It is the duty of a good government to prevent wrongdoing and to punish offenders.+F1 So also with the community of nations. If one nation oppresses or injures another, it is the duty of all other nations to unite to prevent such oppression. 'Abdu'l-Baha writes:--"It may happen
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F1. See also section on Treatment of Criminals, pp. 153-155.

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that at a given time warlike and savage tribes may furiously attack the body politic with the intention of carrying on a wholesale slaughter of its members; under such a circumstance defense is necessary."
Hitherto the usual practice of mankind has been that if one nation attacked another, the rest of the nations of the world remained neutral, and accepted no responsibility in the matter unless their own interests were directly affected or threatened. The whole burden of defense was left to the nation attacked, however weak and helpless it might be. The teaching of Baha'u'llah reverses this position and throws the responsibility of defense not specially on the nation attacked, but on all the others, individually and collectively. As the whole of mankind is one community, an attack on any one nation is an attack on the community, and ought to be dealt with by the community. Were this doctrine generally recognized and acted on, any nation contemplating an aggression on another would know in advance that it would have to reckon with the opposition not of that other nation only, but of the whole of the rest of the world. This knowledge alone would be sufficient to deter even the boldest and most bellicose of nations. When a sufficiently strong league of peace-loving nations is established war will, therefore, become a thing of the past. During the period of transition from the old state of international anarchy to the new state of international solidarity aggressive wars will still be possible, and in these circumstances, military or other coercive action in the cause of international justice, unity and peace may be a positive duty. 'Abdu'l-Baha writes that in such case:--

A conquest can be a praiseworthy thing, and there are times when war becomes the powerful basis of peace, and ruin the very means of reconstruction. If, for example, a high-minded sovereign marshals his troops to block the onset of the insurgent and the aggressor, or again, if he takes the field and distinguishes himself in a struggle to unify a divided state and people, if, in brief, he is waging war for a righteous purpose, then this seeming wrath is

--Baha'u'llah and the New Era, Page 173
mercy itself, and this apparent tyranny the very substance of justice and this warfare the cornerstone of peace. Today, the task befitting great rulers is to establish universal peace, for in this lies the freedom of all peoples.--The Secret of Divine Civilization, pp. 70-71.

Unity of East and West
Another factor which will help in bringing about universal peace is the linking together of the East and the West. The Most Great Peace is no mere cessation of hostilities, but a fertilizing union and cordial cooperation of the hitherto sundered peoples of the earth which will bear much precious fruit. In one of His talks in Paris, 'Abdu'l-Baha said:--

In the past, as in the present, the Spiritual Sun of Truth has always shone from the horizon of the East. In the East Moses arose to lead and teach the people. On the Eastern horizon rose the Lord Christ. Muhammad was sent to an Eastern nation. The Bab arose in the Eastern land of Persia. Baha'u'llah lived and taught in the East. All the great spiritual teachers arose in the Eastern world.
But although the Sun of Christ dawned in the East, the radiance thereof was apparent in the West, where the effulgence of its glory was more clearly seen. The divine light of His teaching shone with a greater force in the Western world, where it has made more rapid headway than in the land of its birth.
In these days the East is in need of material progress and the West is in need of a spiritual ideal. It would be well for the West to turn to the East for illumination, and to give in exchange its scientific knowledge. There must be this interchange of gifts. The East and the West must unite to give to each other what is lacking. This union will bring about true civilization where the spiritual is expressed and carried out in the material. Receiving thus, the one from the other, the greatest harmony will prevail, all people will be united, a state of great perfection will be

--Baha'u'llah and the New Era, Page 174
attained, there will be a firm cementing, and this world will become a shining mirror for the reflection of the attributes of God.
We all, the Eastern and the Western nations, must strive day and night, with heart and soul, to achieve this high ideal, to cement the unity between all the nations of the earth. Every heart will then be refreshed, all eyes will be opened, the most wonderful power will be given, the happiness of humanity will be assured.... This will be the Paradise which is to come on earth, when all mankind will be gathered together under the Tent of Unity in the Kingdom of Glory.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 175
Various Ordinances and Teachings/11

Know thou that in every age and dispensation all divine ordinances are changed and transformed according to the requirement of the time, except the law of love, which, like a fountain, always flows and is never overtaken by change.-- BAHA'U'LLAH.

Monastic Life
Baha'u'llah, like Muhammad, forbids His followers to lead lives of monastic seclusion.
In the Tablet to Napoleon III we read:--

O concourse of monks! Seclude not yourselves in churches and cloisters. Come forth by My leave, and occupy yourselves with that which will profit your souls and the souls of men.... Enter ye into wedlock, that after you someone may fill your place. We have forbidden you perfidious acts, and not that which will demonstrate fidelity. Have ye clung to the standards fixed by your own selves, and cast the standards of God behind your backs? Fear God, and be not of the foolish. But for man, who would make mention of Me on My earth, and how could My attributes and My name have been revealed? Ponder ye, and be not of them that are veiled and fast asleep. He that wedded not (Jesus) found no place wherein to dwell or lay His head, by reason of that which the hands of the treacherous had wrought. His sanctity consisteth not in that which ye believe or fancy, but rather in the things We possess. Ask, that ye may apprehend His station which hath been exalted above the imaginings of all that dwell on earth. Blessed are they who perceive it.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 176
Does it not seem strange that Christian sects should have instituted the monastic life and celibacy for the clergy, in view of the facts that Christ chose married men for His disciples, and both He Himself and His apostles lived lives of active beneficence, in close association and familiar intercourse with the people?
In the Muhammadan Qur'an we read:--

To Jesus the son of Mary We gave the Gospel, and We put into the hearts of those who followed Him kindness and compassion: but as to the monastic life, they invented it themselves. The desire only of pleasing God did We prescribe to them, and this they observed not as it ought to have been observed.--Qur'an, s. lvii. 27.

Whatever justification there may have been for the monastic life in ancient times and bygone circumstances, Baha'u'llah declares that such justification no longer exists; and, indeed, it seems obvious that the withdrawal of a large number of the most pious and God-fearing of the population from association with their fellows, and from the duties and responsibilities of parenthood, must result in the spiritual impoverishment of the race.

Marriage
The Baha'i teachings enjoin monogamy, and Baha'u'llah makes marriage conditional on the consent of both parties and of their parents. He says in the Book of Aqdas:--

Verily in the Book of Bayan (the Bab's Revelation) the matter is restricted to the consent of both (bride and bridegroom). As We desired to bring about love and friendship and the unity of the people, therefore We made it conditional upon the consent of the parents also, that enmity and ill-feeling might be avoided.--Kitab-i-Aqdas.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 177
On this point 'Abdu'l-Baha wrote to an inquirer:--"As to the question of marriage, according to the law of God: First you must select one, and then it depends on the consent of the father and mother. Before your selection they have no right of interference."
'Abdu'l-Baha says that as a result of this precaution of Baha'u'llah's the strained relations between relatives-in-law which have become proverbial in Christian and Muhammadan countries are almost unknown among the Baha'is, and divorce is also of very rare occurrence. He writes on the subject of matrimony:--

Baha'i marriage is union and cordial affection between the two parties. They must, however, exercise the utmost care and become acquainted with each other's character. This eternal bond should be made secure by a firm covenant, and the intention should be to foster harmony, fellowship and unity and to attain everlasting life....
In a true Baha'i marriage the two parties must become fully united both spiritually and physically, so that they may attain eternal union throughout all the worlds of God, and improve the spiritual life of each other. This is Baha'i matrimony.

The Baha'i marriage ceremony is very simple, the only requirement being that the groom and the bride, in the presence of at least two witnesses, each say: "We will all, verily, abide by the Will of God."

Divorce
In the matter of divorce, as in that of marriage, the instructions of the Prophets have varied in accordance with the circumstances of the times. 'Abdu'l-Baha states the Baha'i teaching, with regard to divorce, thus:--

--Baha'u'llah and the New Era, Page 178
The friends (Baha'is) must strictly refrain from divorce unless something arises which compels them to separate because of their aversion for each other; in that case, with the knowledge of the Spiritual Assembly, they may decide to separate. They must then be patient and wait one complete year. If during this year harmony is not reestablished between them, then their divorce may be realized.... The foundation of the Kingdom of God is based upon harmony and love, oneness, relationship and union, not upon differences, especially between husband and wife. If one of these two become the cause of divorce, that one will unquestionably fall into great difficulties, will become the victim of formidable calamities and experience deep remorse. (Tablet to the Baha'is of America).

In the matter of divorce, as in other matters, Baha'is will, of course, be bound not only by the Baha'i teaching, but also by the laws of the country in which they live.

The Baha'i Calendar
Among different peoples and at different times many different methods have been adopted for the measurement of time and fixing of dates, and several different calendars are still in daily use, e.g., the Gregorian in Western Europe, the Julian in many countries of Eastern Europe, the Hebrew among the Jews, and the Muhammadan in Muslim communities. The Bab signalized the importance of the dispensation which He came to herald, by inaugurating a new calendar. In this, as in the Gregorian Calendar, the lunar month is abandoned and the solar year is adopted.
The Baha'i year consists of 19 months of 19 days each (i.e. 361 days), with the addition of certain "Intercalary Days" (four in ordinary and five in leap years) between the eighteenth and nineteenth months in order to adjust the calendar to the solar year. The Bab named the months after the attributes of God. The Baha'i New Year, like the ancient Persian

--Baha'u'llah and the New Era, Page 179
New Year, is astronomically fixed, commencing at the March equinox (usually March 21), and the Baha'i era commences with the year of the Bab's declaration (i.e. 1844 A.D., 1260 A.H.).
In the not far distant future it will be necessary that all peoples in the world agree on a common calendar.
It seems, therefore, fitting that the new age of unity should have a new calendar free from the objections and associations which make each of the older calendars unacceptable to large sections of the world's population, and it is difficult to see how any other arrangement could exceed in simplicity and convenience that proposed by the Bab.
The months in the Baha'i Calendar are as follows:
Arabic Name Translation First Days

1st Baha Splendor March 21
2nd Jalal Glory April 9
3rd Jamal Beauty April 28
4th 'Azamat Grandeur May 17
5th Nur Light June 5
6th Rahmat Mercy June 24
7th Kalimat Words July 13
8th Kamal Perfection Aug. 1
9th Asma' Names Aug. 20
10th 'Izzat Might Sept. 8
11th Mashiyyat Will Sept. 27
12th 'Ilm Knowledge Oct. 16
13th Qudrat Power Nov. 4
14th Qawl Speech Nov. 23
15th Masa'il Questions Dec. 12
16th Sharaf Honor Dec. 31
17th Sultan Sovereignty Jan. 19
18th Mulk Dominion Feb. 7
Intercalary Days Feb. 26 to March 1, inclusive.
19th 'Ala' Loftiness March 2

Spiritual Assemblies
Before 'Abdu'l-Baha completed His earthly mission, He had laid a basis for the development of the administrative order

--Baha'u'llah and the New Era, Page 180
established in Baha'u'llah's Writings. To show the high importance to be attributed to the institution of the Spiritual Assembly, 'Abdu'l-Baha in a tablet declared that a certain translation must be approved by the Spiritual Assembly of Cairo before publication, even though He Himself had reviewed and corrected the text.
By Spiritual Assembly is meant the administrative body of nine persons, elected annually by each local Baha'i community, in which is vested the authority of decision on all matters of mutual action on the part of the community. This designation is temporary, since in future the Spiritual Assemblies will be termed Houses of Justice.
Unlike the organization of churches, these Baha'i bodies are social rather than ecclesiastical institutions. That is, they apply the law of consultation to all questions and difficulties arising between Baha'is, who are called upon not to carry them to the civil court, and seek to promote unity as well as justice throughout the community. The Spiritual Assembly is in no wise equivalent to the priest or clergy, but is responsible for upholding the teachings, stimulating active service, conducting meetings, maintaining unity, holding Baha'i property in trust for the community, and representing it in its relations to the public and to other Baha'i communities.
The nature of the Spiritual Assembly, local and national, is described more fully in the section devoted to the Will and Testament of 'Abdu'l-Baha in the final chapter, but its general functions have been defined by Shoghi Effendi as follows:--

The matter of Teaching, its direction, its ways and means, its extension, its consolidation, essential as they are to the interests of the Cause, constitute by no means the only issue which should receive the full attention of these Assemblies. A careful study of Baha'u'llah's and 'Abdu'l-Baha's Tablets will reveal that other duties, no less vital to the interests of the Cause, devolve upon the elected representatives of the friends in every locality. It is incumbent upon them to be vigilant and cautious, discreet and watchful, and protect at all times the Temple

--Baha'u'llah and the New Era, Page 181
of the Cause from the dart of the mischief-maker and the onslaught of the enemy.
They must endeavor to promote amity and concord amongst the friends, efface every lingering trace of distrust, coolness and estrangement from every heart, and secure in its stead an active and whole-hearted cooperation for the service of the Cause.
They must do their utmost to extend at all times the helping hand to the poor, the sick, the disabled, the orphan, the widow, irrespective of color, caste and creed. They must promote by every means in their power the material as well as the spiritual enlightenment of youth, the means for the education of children, institute, whenever possible, Baha'i educational institutions, organize and supervise their work and provide the best means for their progress and development....
They must undertake the arrangement of the regular meetings of the friends, the feasts and the anniversaries, as well as the special gatherings designed to serve and promote the social, intellectual and spiritual interests of their fellow-men.
They must supervise in these days when the Cause is still in its infancy all Baha'i publications and translations, and provide in general for a dignified and accurate presentation of all Baha'i literature and its distribution to the general public.

The possibilities inherent in Baha'i institutions can only be estimated when one realizes how rapidly modern civilization is disintegrating for lack of that spiritual power which can alone supply the necessary attitude of responsibility and humility to the leaders and the requisite loyalty to the individual members of society.

Baha'i Feasts, Anniversaries, and Days of Fasting

Feast of Naw-Ruz (Baha'i New Year), March 21.
Feast of Ridvan (Declaration of Baha'u'llah), April 21- May 2.

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Declaration of the Bab, May 23.+F1
Ascension of Baha'u'llah, May 29.
Martyrdom of the Bab, July 9.
Birth of the Bab, October 20.
Birth of Baha'u'llah, November 12.
Day of the Covenant, November 26.
Ascension of 'Abdu'l-Baha, November 28.
Period of the Fast, nineteen days beginning March 2.

Feasts
The essential joyousness of the Baha'i religion finds expression in numerous feasts and holidays throughout the year. In a talk on the Feast of Naw-Ruz, in Alexandria, Egypt, in 1912, 'Abdu'l-Baha said:--

In the sacred laws of God, in every cycle and dispensation there are blessed feasts, holidays and workless days. On such days all kinds of occupations, commerce, industry, agriculture, etc., should be suspended.
All should rejoice together, hold general meetings, become as one assembly, so that the national oneness, unity and harmony may be demonstrated in the eyes of all.
As it is a blessed day it should not be neglected, nor deprived of results by making it a day devoted to the pursuit of mere pleasure.
During such days institutions should be founded that may be of permanent benefit and value to the people....
Today there is no result or fruit greater than guiding the people. Undoubtedly the friends of God, upon such a day, must leave tangible philanthropic or ideal traces that should reach all mankind and not pertain only to the Baha'is. In this wonderful dispensation, philanthropic affairs are for all humanity without exception, because it is the manifestation of the mercifulness of God. Therefore,
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F1. This date coincides with the birth of 'Abdu'l-Baha.

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my hope is that the friends of God, every one of them, may become as the mercy of God to all mankind.

The Feasts of Naw-Ruz (New Year) and Ridvan, the Anniversaries of the Birth of the Bab and Baha'u'llah, and of the Bab's Declaration (which is also the birthday of 'Abdu'l-Baha), are the great joy-days of the year for Baha'is. In Persia they are celebrated by picnics or festal gatherings at which music, the chanting of verses and tablets, and short addresses suitable to the occasion are contributed by those present. The intercalary days between the eighteenth and nineteenth months (that is, February 26 to March 1 inclusive) are specially devoted to hospitality to friends, the giving of presents, ministering to the poor and sick, et cetera.
The anniversaries of the martyrdom of the Bab and the departure of Baha'u'llah and 'Abdu'l-Baha are celebrated with solemnity by appropriate meetings and discourses, the chanting of prayers and Tablets.

Fast
The nineteenth month, following immediately on the hospitality of the intercalary days, is the month of the fast. During nineteen days the fast is observed by abstaining from both food and drink from sunrise to sunset. As the month of the fast ends at the March equinox, the fast always falls in the same season, namely, spring in the Northern, and autumn in the Southern, Hemisphere; never in the extreme heat of summer nor in the extreme cold of winter, when hardship would be likely to result. At that season, moreover, the interval between sunrise and sunset is approximately the same all over the habitable portion of the globe, namely, from about 6 A.M. to 6 P.M. The fast is not binding on children and invalids, on travelers, or on those who are too old or too weak (including women who are with child or have babes at the breast).
There is much evidence to show that a periodical fast such as is enjoined by the Baha'i teachings is beneficial as a measure of physical hygiene, but just as the reality of the Baha'i fast does

--Baha'u'llah and the New Era, Page 184
not lie in the consumption of physical food, but in the commemoration of God, which is our spiritual food, so the reality of the Baha'i fast does not consist in abstention from physical food, although that may help in the purification of the body, but in the abstention from the desires and lusts of the flesh, and in severance from all save God. 'Abdu'l-Baha says:--

Fasting is a symbol. Fasting signifies abstinence from lust. Physical fasting is a symbol of that abstinence, and is a reminder; that is, just as a person abstains from physical appetites, he is to abstain from self-appetites and self-desires. But mere abstention from food has no effect on the spirit. It is only a symbol, a reminder. Otherwise it is of no importance. Fasting for this purpose does not mean entire abstinence from food. The golden rule as to food is, do not take too much or too little. Moderation is necessary. There is a sect in India who practice extreme abstinence, and gradually reduce their food until they exist on almost nothing. But their intelligence suffers. A man is not fit to do service for God with brain or body if he is weakened by lack of food. He cannot see clearly. (quoted by Miss E. S. Stevens in Fortnightly Review, June 1911).

Meetings
'Abdu'l-Baha attaches the greatest importance to regular meetings of the believers for united worship, for the exposition and study of the teachings and for consultation regarding the progress of the Movement. In one of His Tablets He says:--

It is God's purpose that in the West union and harmony may day by day increase among the friends of God and the handmaids of the Merciful. Not until this is realized can any advance be achieved. And the greatest means for the union and harmony of all is the gathering of the friends in spiritual meetings. This matter is very important and is a magnet which will attract divine confirmations.

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In the spiritual meetings of Baha'is contentious argument and the discussion of political or worldly affairs must be avoided; the sole aim of the believers should be to teach and learn Divine Truth, to have their hearts filled with Divine Love, to attain more perfect obedience to the Divine Will, and to promote the coming of the Kingdom of God. In an address given at New York in 1912, 'Abdu'l-Baha said:--

It is my hope that the meeting of the Baha'i Assembly in New York shall become like meetings of the Supreme Concourse. When you assemble, you must reflect the lights of the heavenly Kingdom. Let your hearts be as mirrors in which the radiance of the Sun of Reality is visible. Each bosom must be a telegraph station--one terminus of the wire attached to the soul, the other fixed in the Supreme Concourse--so that inspiration may descend from the Kingdom of Abha and questions of reality be discussed. Then opinions will coincide with truth; day by day there will be progression, and the meetings will become more radiant and spiritual. This attainment is conditioned upon unity and agreement. The more perfect the love and agreement, the more the divine confirmations and assistance of the Blessed Perfection will descend.

In one of His Tablets He said:--

At these meetings, there should be no extraneous conversation whatever. Rather, the assemblage should confine itself to reading and reciting the Holy Words, and to the discussion of matters relating to the Cause of God, expounding, for example, conclusive proofs and arguments, and the Writings of the Best Beloved of Mankind. Those who present themselves at these gatherings must first array themselves in spotless clothing, turn their faces toward the Kingdom of Abha, and then with lowliness and submissiveness enter in. During the readings they must maintain complete silence. Should anyone wish to

--Baha'u'llah and the New Era, Page 186
speak, he should say his say in all humility, with exactitude and eloquence.

The Nineteen Day Feast
With the development of the Baha'i administrative order since the ascension of 'Abdu'l-Baha, the Nineteen Day Feast, observed on the first day of each Baha'i month, has assumed a very special importance, providing as it does not only for community prayer and reading from the Holy Books, but also for general consultation on all current Baha'i affairs and for the association of the friends together. This Feast is the occasion when the Spiritual Assembly makes its reports to the community and invites both discussion of plans and suggestions for new and better methods of service.

Mashriqu'l-Adhkar+F1
Baha'u'llah left instructions that temples of worship should be built by His followers in every country and city. To these temples He gave the name of "Mashriqu'l-Adhkar," which means "Dawning Place of God's Praise." The Mashriqu'l-Adhkar is to be a nine-sided building surmounted by a dome, and as beautiful as possible in design and workmanship. It is to stand in a large garden adorned with fountains, trees and flowers, surrounded by a number of accessory buildings devoted to educational, charitable and social purposes, so that the worship of God in the temple may always be closely associated with reverent delight in the beauties of nature and of art, and with practical work for the amelioration of social conditions.+F2
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F1. Pronounced Azkar in Persian.

F2. In connection with the Mashriqu'l-Adhkar it is interesting to recall Tennyson's lines:-- "I dreamed That stone by stone I reared a sacred fane, A temple, neither Pagod, Mosque nor Church, But loftier, simpler, always open-doored To every breath from heaven, and Truth and Peace And Love and Justice came and dwelt therein." Akbar's Dream, 1892

--Baha'u'llah and the New Era, Page 187
In Persia, up till the present, Baha'is have been debarred from building temples for public worship, and so the first great Mashriqu'l-Adhkar was built in 'Ishqabad,+F1 Russia. 'Abdu'l-Baha dedicated the site of the second Baha'i House of Worship, to stand on the shore of Lake Michigan a few miles north of Chicago, during His visit to America in 1912.+F2
In tablets referring to this "Mother Temple" of the West, 'Abdu'l-Baha writes as follows:--

Praise be to God, that, at this moment, from every country in the world, according to their various means, contributions are continually being sent toward the fund of the Mashriqu'l-Adhkar in America.... From the day of Adam until now, such a thing has never been witnessed by man, that from the furthermost country of Asia contributions were forwarded to America. This is through the power of the Covenant of God. Verily this is a cause of astonishment for the people of perception. It is hoped that the believers of God may show magnanimity and raise a great sum for the building.... I want everyone left free to act as he wills. If anyone wishes to put money into other things, let him do so. Do not interfere with him in any way, but be assured that the most important thing at this time is the building of the Mashriqu'l-Adhkar.
... The mystery of the edifice is great, and cannot be unveiled yet, but its erection is the most important undertaking of this day. The Mashriqu'l-Adhkar has important accessories, which are accounted of the basic foundations. These are: school for orphan children, hospital and dispensary for the poor, home for the incapable, college for the higher scientific education, and hospice. In every city a great Mashriqu'l-Adhkar must be founded after this order.
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F1. This first House of Worship was seriously damaged in an earthquake in 1948 and had to be demolished some years later.

F2. This Temple was completed in 1953. Since then other Baha'i Temples have been constructed in Kampala, Uganda; Sydney, Australia; Frankfurt, Germany; Panama City, Panama; Apia, Western Samoa; and New Delhi, India. At the present time, 1996, sites for 118 others have been purchased. (See Epilogue)

--Baha'u'llah and the New Era, Page 188
In the Mashriqu'l-Adhkar services will be held every morning. There will be no organ in the Temple. In buildings nearby, festivals, services, conventions, public meetings and spiritual gatherings will be held, but in the Temple the chanting and singing will be unaccompanied. Open ye the gates of the Temple to all mankind.
When these institutions, college, hospital, hospice and establishment for the incurables, university for the study of higher sciences, giving post-graduate courses, and other philanthropic buildings are built, the doors will be opened to all the nations and religions. There will be absolutely no line of demarcation drawn. Its charities will be dispensed irrespective of color or race. Its gates will be flung wide open to mankind; prejudice towards none, love for all. The central building will be devoted to the purpose of prayer and worship. Thus ... religion will become harmonized with science, and science will be the handmaid of religion, both showering their material and spiritual gifts on all humanity.

Life After Death
Baha'u'llah tells us that the life in the flesh is but the embryonic stage of our existence, and that escape from the body is like a new birth through which the human spirit enters on a fuller, freer life. He writes:--

Know thou of a truth that the soul, after its separation from the body, will continue to progress until it attaineth the presence of God, in a state and condition which neither the revolution of ages and centuries, nor the changes and chances of this world, can alter. It will endure as long as the Kingdom of God, His sovereignty, His dominion and power will endure. It will manifest the signs of God and His attributes, and will reveal His loving kindness and bounty. The movement of My Pen is stilled when it attempteth to befittingly describe the loftiness and glory of so exalted a station. The honor with which the Hand of Mercy will invest the soul is such as no tongue can adequately

--Baha'u'llah and the New Era, Page 189
reveal, nor any other earthly agency describe. Blessed is the soul which, at the hour of its separation from the body, is sanctified from the vain imaginings of the peoples of the world. Such a soul liveth and moveth in accordance with the Will of its Creator, and entereth the all-highest Paradise. The Maids of Heaven, inmates of the loftiest mansions, will circle around it, and the Prophets of God and His chosen ones will seek its companionship. With them that soul will freely converse, and will recount unto them that which it hath been made to endure in the path of God, the Lord of all worlds. If any man be told that which hath been ordained for such a soul in the worlds of God, the Lord of the throne on high and of earth below, his whole being will instantly blaze out in his great longing to attain that most exalted, that sanctified and resplendent station.... The nature of the soul after death can never be described, nor is it meet and permissible to reveal its whole character to the eyes of men. The Prophets and Messengers of God have been sent down for the sole purpose of guiding mankind to the straight Path of Truth. The purpose underlying their revelation hath been to educate all men, that they may, at the hour of death, ascend, in the utmost purity and sanctity and with absolute detachment, to the throne of the Most High. The light which these souls radiate is responsible for the progress of the world and the advancement of its peoples. They are like unto leaven which leaveneth the world of being, and constitute the animating force through which the arts and wonders of the world are made manifest. Through them the clouds rain their bounty upon men, and the earth bringeth forth its fruits. All things must needs have a cause, a motive power, an animating principle. These souls and symbols of detachment have provided, and will continue to provide, the supreme moving impulse in the world of being. The world beyond is as different from this world as this world is different from that of the child while still in the womb of its mother.--Gleanings from the Writings of Baha'u'llah, pp. 155-157.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 190
Similarly, 'Abdu'l-Baha writes:--

The mysteries of which man is heedless in the earthly world, those will he discover in the heavenly world, and there will he be informed of the secrets of the truth; how much more will he recognize or discover persons with whom he has been associated. Undoubtedly, the holy souls who find a pure eye and are favored with insight will, in the kingdom of lights, be acquainted with all mysteries, and will seek the bounty of witnessing the reality of every great soul. They will even manifestly behold the Beauty of God in that world. Likewise, will they find all the friends of God, both those of the former and recent times, present in the heavenly assemblage.
The difference and distinction between men will naturally become realized after their departure from this mortal world. But this distinction is not in respect to place, but in respect to the soul and the conscience. For the Kingdom of God is sanctified (or free) from time and place; it is another world and another universe. And know thou for a certainty that in the divine worlds the spiritual beloved ones will recognize one another, and will seek union with each other, but a spiritual union. Likewise, a love that one may have entertained for anyone will not be forgotten in the world of the Kingdom, nor wilt thou forget there the life that thou hadst in the material world.

Heaven and Hell
Baha'u'llah and 'Abdu'l-Baha regard the descriptions of Heaven and Hell given in some of the older religious writings as symbolic, like the Biblical story of the Creation, and not as literally true. According to Them, Heaven is the state of perfection, and Hell that of imperfection; Heaven is harmony with God's will and with our fellows, and Hell is the want of such harmony; Heaven is the condition of spiritual life, and Hell that of spiritual death. A man may be either in Heaven or in Hell

--Baha'u'llah and the New Era, Page 191
while still in the body. The joys of Heaven are spiritual joys; and the pains of Hell consist in the deprivation of these joys. 'Abdu'l-Baha says:

When they [men] are delivered through the light of faith from the darkness of these vices, and become illuminated with the radiance of the sun of reality, and ennobled with all the virtues, they esteem this the greatest reward, and they know it to be the true paradise. In the same way they consider that the spiritual punishment ... is to be subjected to the world of nature, to be veiled from God, to be brutal and ignorant, to fall into carnal lusts, to be absorbed in animal frailties, to be characterized with dark qualities ... these are the greatest punishments and tortures....
... The rewards of the other world are the perfections and the peace obtained in the spiritual worlds after leaving this world ... the spiritual graces, the various spiritual gifts in the Kingdom of God, the gaining of the desires of the heart and the soul, and the meeting of God in the world of eternity. In the same way the punishments of the other world ... consist in being deprived of the special divine blessings and the absolute bounties, and falling into the lowest degrees of existence. He who is deprived of these divine favours, although he continues after death, is considered as dead by the people of truth.
The wealth of the other world is nearness to God. Consequently it is certain that those who are near the Divine Court are allowed to intercede, and this intercession is approved by God....
It is even possible that the condition of those who have died in sin and unbelief may become changed; that is to say, they may become the object of pardon through the bounty of God, not through His justice; for bounty is giving without desert, and justice is giving what is deserved. As we have the power to pray for these souls here, so likewise we shall possess the same power in the other world,

--Baha'u'llah and the New Era, Page 192
which is the Kingdom of God.... Therefore in that world also they can make progress. As here they can receive light by their supplications, there also they can plead for forgiveness, and receive light through entreaties and supplications.
Both before and after putting off this material form, there is progress in perfection, but not in state.... There is no other being higher than a perfect man. But man when he has reached this state can still make progress in perfections but not in state, because there is no state higher than that of a perfect man to which he can transfer himself. He only progresses in the state of humanity, for the human perfections are infinite. Thus however learned a man may be, we can imagine one more learned.
Hence, as the perfections of humanity are endless, man can also make progress in perfections after leaving this world.--Some Answered Questions, pp. 260, 261, 268, 269, 274.

Oneness of the Two Worlds
The unity of humanity as taught by Baha'u'llah refers not only to men still in the flesh, but to all human beings, whether embodied or disembodied. Not only all men now living on the earth, but all in the spiritual world as well, are parts of one and the same organism and these two parts are intimately dependent, one on the other. Spiritual communion one with the other, far from being impossible or unnatural, is constant and inevitable. Those whose spiritual faculties are as yet undeveloped are unconscious of this vital connection, but as one's faculties develop, communications with those beyond the veil gradually become more conscious and definite. To the Prophets and saints this spiritual communion is as familiar and real as are ordinary vision and conversation to the rest of mankind.
'Abdu'l-Baha says:--

The visions of the Prophets are not dreams; no, they are spiritual discoveries and have reality. They say, for

--Baha'u'llah and the New Era, Page 193
example: "I saw a person in a certain form, and I said such a thing, and he gave such an answer." This vision is in the world of wakefulness, and not in that of sleep. Nay, it is a spiritual discovery....
... Among spiritual souls there are spiritual understandings, discoveries, a communion which is purified from imagination and fancy, an association which is sanctified from time and place. So it is written in the Gospel that on Mount Tabor, Moses and Elias came to Christ, and it is evident that this was not a material meeting. It was a spiritual condition....
... [Communications such as] these are real, and produce wonderful effects in the minds and thoughts of men, and cause their hearts to be attracted.--Some Answered Questions, pp. 290, 291, 292.

While admitting the reality of "supernormal" psychic faculties He deprecates attempts to force their development prematurely. These faculties will unfold naturally when the right time comes, if we only follow the path of spiritual progress which the Prophets have traced for us. He says:--

To tamper with psychic forces while in this world interferes with the condition of the soul in the world to come. These forces are real, but, normally, are not active on this plane. The child in the womb has its eyes, ears, hands, feet, etc., but they are not in activity. The whole purpose of life in the material world is the coming forth into the world of reality, where those forces will become active. They belong to that world. (from Miss Buckton's notes, revised by 'Abdu'l-Baha).

Intercourse with spirits of the departed ought not to be sought for its own sake, nor in order to gratify idle curiosity. It is both a privilege and duty, however, for those on one side of the veil to love and help and pray for those on the other. Prayers for the dead are enjoined on Baha'is. 'Abdu'l-Baha said to Miss E. J. Rosenberg in 1904: "The grace of effective intercession is one of the perfections belonging to advanced

--Baha'u'llah and the New Era, Page 194
souls, as well as to the Manifestation of God. Jesus Christ had the power of interceding for the forgiveness of His enemies when on earth, and He certainly has this power now.
'Abdu'l-Baha never mentions the name of a dead person without saying 'May God forgive him!' or words to that effect. Followers of the prophets have also this power of praying for the forgiveness of souls. Therefore we may not think that any souls are condemned to a stationary condition of suffering or loss arising from absolute ignorance of God. The power of effective intercession for them always exists....
"The rich in the other world can help the poor, as the rich can help the poor here. In every world all are the creatures of God. They are always dependent on Him. They are not independent and can never be so. While they are needful of God, the more they supplicate, the richer they become. What is their merchandise, their wealth? In the other world what is help and assistance? It is intercession. Undeveloped souls must gain progress at first through the supplications of the spiritually rich; afterwards they can progress through their own supplications."
Again He says:--"Those who have ascended have different attributes from those who are still on earth, yet there is no real separation.
"In prayer there is a mingling of station, a mingling of condition. Pray for them as they pray for you!"--'Abdu'l-Baha in London, p. 97.
Asked whether it was possible through faith and love to bring the new revelation to the knowledge of those who have departed from this life without hearing of it, 'Abdu'l-Baha replied:--"Yes, surely! since sincere prayer always has its effect, and it has a great influence in the other world. We are never cut off from those who are there. The real and genuine influence is not in this world but in that other."--Notes of Mary Hanford Ford: Paris, 1911.
On the other hand, Baha'u'llah writes:--

He who lives according to what is ordained for him --the Celestial Concourse, and the people of the Supreme Paradise, and those who are dwelling in the Dome of Greatness will pray for him, by a Command from God,

--Baha'u'llah and the New Era, Page 195
the Dearest and the praiseworthy. (Tablet translated by 'Ali Kuli Khan).

When 'Abdu'l-Baha was asked how it was that the heart often turns with instinctive appeal to some friend who has passed into the next life, He answered:--"It is a law of God's creation that the weak should lean upon the strong. Those to whom you turn may be mediators of God's power to you, even as when on earth. But it is the One Holy Spirit that strengthens all men."--'Abdu'l-Baha in London, p. 98.

The Nonexistence of Evil
According to Baha'i philosophy it follows from the doctrine of the unity of God that there can be no such thing as positive evil. There can only be one Infinite. If there were any other power in the universe outside of or opposed to the One, then the One would not be infinite. Just as darkness is but the absence or lesser degree of light, so evil is but the absence or lesser degree of good--the undeveloped state. A bad man is a man with the higher side of his nature still undeveloped. If he is selfish, the evil is not in his love of self--all love, even self-love, is good, is divine. The evil is that he has such a poor, inadequate, misguided love of self and such a lack of love for others and for God. He looks upon himself as only a superior sort of animal, and foolishly pampers his lower nature as he might pamper a pet dog--with worse results in his own case than in that of the dog.
In one of His letters 'Abdu'l-Baha says:--

As to thy remark, that 'Abdu'l-Baha hath said to some of the believers that evil never exists, nay rather, it is a nonexistent thing, this is but truth, inasmuch as the greatest evil is man's going astray and being veiled from truth. Error is lack of guidance; darkness is absence of light; ignorance is lack of knowledge; falsehood is lack of truthfulness; blindness is lack of sight; and deafness is lack of hearing. Therefore, error, blindness, deafness and ignorance are nonexistent things.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 196
Again He says:--

In creation there is no evil; all is good. Certain qualities and natures innate in some men and apparently blameworthy are not so in reality. For example, from the beginning of his life you can see in a nursing child the signs of desire, of anger, and of temper. Then, it may be said, good and evil are innate in the reality of man, and this is contrary to the pure goodness of nature and creation. The answer to this is that desire, which is to ask for something more, is a praiseworthy quality provided that it is used suitably. So, if a man has the desire to acquire science and knowledge, or to become compassionate, generous and just, it is most praiseworthy. If he exercises his anger and wrath against the bloodthirsty tyrants who are like ferocious beasts, it is very praiseworthy; but if he does not use these qualities in a right way, they are blameworthy....
... It is the same with all the natural qualities of man, which constitute the capital of life; if they be used and displayed in an unlawful way, they become blameworthy. Therefore it is clear that creation is purely good.--Some Answered Questions, pp. 250, 251.

Evil is always lack of life. If the lower side of man's nature is disproportionately developed, the remedy is not less life for that side, but more life for the higher side, so that the balance may be restored. "I am come," said Christ, "that ye may have life and that ye may have it more abundantly." That is what we all need--life, more life, the life that is life indeed! Baha'u'llah's message is the same as Christ's. "Today," He says, "this servant has assuredly come to vivify the world" (Tablet to Ra'is), and to His followers He says: "Come ye after Me, that We may make you to become quickeners of mankind." (Tablet to the Pope.)

--Baha'u'llah and the New Era, Page 197
Religion and Science/12

'Ali, the son-in-law of Muhammad, said: "That which is in conformity with science is also in conformity with religion." Whatever the intelligence of man cannot understand, religion ought not to accept. Religion and science walk hand in hand, and any religion contrary to science is not the truth.--ABDU'L-BAHA, Wisdom of 'Abdu'l-Baha.

Conflict Due to Error
One of the fundamental teachings of Baha'u'llah is that true science and true religion must always be in harmony. Truth is one, and whenever conflict appears it is due, not to truth, but to error. Between so-called science and so-called religion there have been fierce conflicts all down the ages, but looking back on these conflicts in the light of fuller truth we can trace them every time to ignorance, prejudice, vanity, greed, narrow-mindedness, intolerance, obstinacy or something of the kind-- something foreign to the true spirit of both science and religion, for the spirit of both is one. As Huxley tells us, "The great deeds of philosophers have been less the fruit of their intellect than the direction of that intellect by an eminently religious tone of mind. Truth has yielded herself rather to their patience, their love, their single-heartedness and self-denial than to their logical acumen." Boole, the mathematician, assures us that "geometric induction is essentially a process of prayer--an appeal from the finite mind to the Infinite for light on finite concerns." The great prophets of religion and science have never denounced each other. It is the unworthy followers of these great world teachers--worshipers of the letter but not of the spirit of their teaching--who have always been the persecutors of the later prophets and the bitterest opponents of progress. They have studied the light of the particular revelation which they hold sacred, and have defined its properties and peculiarities as seen by their limited vision, with the utmost

--Baha'u'llah and the New Era, Page 198
care and precision. That is for them the one true light. If God in His infinite bounty sends fuller light from another quarter, and the torch of inspiration burns brighter than before from a new torchholder, instead of welcoming the new light and worshipping with new gratitude the Father of all lights they are angry and alarmed. This new light does not correspond with their definitions. It has not the orthodox color, and does not shine from the orthodox place, therefore it must at all costs be extinguished lest it lead men astray into the paths of heresy! Many enemies of the Prophets are of this type--blind leaders of the blind, who oppose new and fuller truth in the supposed interests of what they believe to be the truth. Others are of baser sort and are moved by selfish interests to fight against truth, or else block the path of progress by reason of spiritual deadness and inertia.

Persecution of Prophets
The great Prophets of religion have always been, at Their coming, despised and rejected of men. Both They and Their early followers have given their backs to the smiters and sacrificed their possessions and their lives in the path of God. Even in our own times this has been so. Since 1844 A.D., many thousands of Babis and Baha'is in Persia have suffered cruel deaths for their faith, and many more have borne imprisonment, exile, poverty and degradation. The latest of the great religions has been "baptized in blood" more than its predecessors, and martyrdoms have continued down to the present day. With the prophets of science the same thing has happened. Giordano Bruno was burned as a heretic in 1600 A.D. for teaching, amongst other things, that the earth moved around the sun. A few years later the veteran philosopher Galileo had to abjure the same doctrine on his knees in order to escape a similar fate. In later times, Darwin and the pioneers of modern geology were vehemently denounced for daring to dispute the teaching of Holy Writ that the world was made in six days, and less than six thousand years ago! The opposition to new scientific truth has not all come from the

--Baha'u'llah and the New Era, Page 199
Church, however. The orthodox in science have been just as hostile to progress as the orthodox in religion. Columbus was laughed to scorn by the so-called scientists of his day, who proved to their own satisfaction that if ships did succeed in getting down to the Antipodes over the side of the globe, it would be absolutely impossible for them to get up again! Galvani, the pioneer of electrical science, was scoffed at by his learned colleagues, and called the "frogs' dancing master." Harvey, who discovered the circulation of the blood, was ridiculed and persecuted by his professional brethren on account of his heresy and driven from his lecture chair. When Stephenson invented his locomotive engine, European mathematicians of the time, instead of opening their eyes and studying the facts, continued for years to prove to their own satisfaction that an engine on smooth rails could never pull a load, as the wheels would simply slip round and round and the train make no progress. To examples like these one might add indefinitely, both from ancient and modern history, and even from our own times. Dr. Zamenhof, the inventor of Esperanto, had to battle for his wonderful international language against the same sort of ridicule, contempt, and stupid opposition which greeted Columbus, Galvani, and Stephenson. Even Esperanto, which was given to the world so recently as 1887, has had its martyrs.

The Dawn of Reconciliation
In the last half century or so, however, a change has come over the spirit of the times, a New Light of Truth has arisen which has already made the controversies of last century seem strangely out of date. Where are now the boastful materialists and dogmatic atheists who, only a few short years ago, were threatening to drive religion out of the world? And where are the preachers who so confidently consigned those who did not accept their dogmas to the fires of hell and the tortures of the damned? Echoes of their clamor we may still hear, but their day is fast declining and their doctrines are being discredited.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 200
We can see now that the doctrines around which their controversies waxed most bitter were neither true science nor true religion. What scientist in the light of modern psychical research could still maintain that "brain secretes thought as the liver secretes bile"? Or that decay of the body is necessarily accompanied by decay of the soul? We now see that thought to be really free must soar to the realms of psychical and spiritual phenomena and not be confined to the material only. We realize that what we now know about nature is but as a drop in the ocean compared with what remains to be discovered. We therefore freely admit the possibility of miracles, not indeed in the sense of the breaking of nature's laws, but as manifestations of the operation of subtle forces which are still unknown to us, as electricity and X rays were to our ancestors. On the other hand, who amongst our leading religious teachers would still declare it is necessary to salvation to believe that the world was made in six days, or that the description of the plagues in Egypt as given in the Book of Exodus is literally true, or that the sun stood still in the heavens (that is, that the earth stopped its rotation) to let Joshua pursue his enemies, or that if a man accept not the creed of St. Athanasius, "without doubt he shall perish everlastingly"? Such beliefs may still be repeated in form, but who accepts them in their literal sense and without reservation? Their hold on people's hearts and minds has gone or is fast going. The religious world owes a debt of gratitude to the men of science who helped to tear such worn-out creeds and dogmas to tatters and allowed the truth to step forth free. But the scientific world owes an even heavier debt to the real saints and mystics who, through good report and ill, held to the vital truths of spiritual experience and demonstrated to an incredulous world that the life is more than meat and the unseen greater than the seen. These scientists and saints were like the mountain peaks which caught the first rays of the rising sun and reflected them to the lower world, but now the sun has risen and its rays are illuminating the world. In the teachings of Baha'u'llah we have a glorious revelation of truth which satisfies both heart and mind, in which religion and science are at one.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 201
Search after Truth
Complete harmony with science is evident in the Baha'i teachings regarding the way in which we must seek the truth. Man must cut himself free from all prejudice so that he may search after truth unhindered.
'Abdu'l-Baha says:--

In order to find truth we must give up our prejudices, our own small trivial notions; an open receptive mind is essential. If our chalice is full of self, there is no room in it for the water of life. The fact that we imagine ourselves to be right and everybody else wrong is the greatest of all obstacles in the path towards unity, and unity is essential if we would reach Truth, for Truth is one....
No one truth can contradict another truth. Light is good in whatsoever lamp it is burning! A rose is beautiful in whatsoever garden it may bloom! A star has the same radiance if it shines from the East or from the West! Be free from prejudice; so will you love the Sun of Truth from whatever point in the horizon it may arise. You will realize that if the Divine Light of Truth shone in Jesus Christ, it also shone in Moses and Buddha. This is what is meant by the search after truth.
It also means that we must be willing to clear away all that we have previously learned, all that would clog our steps on the way to Truth; we must not shrink, if necessary, from beginning our education all over again. We must not allow our love for any one religion or any one personality so to blind our eyes that we become fettered by superstition. When we are freed from all these bonds, seeking with liberated minds, then shall we be able to arrive at our goal.

The Agnosticism
The Baha'i teaching is at one with science and philosophy in declaring the essential nature of God to be entirely beyond

--Baha'u'llah and the New Era, Page 202
human comprehension. As emphatically as Thomas Huxley and Herbert Spencer teach that the nature of the Great First Cause is unknowable, does Baha'u'llah teach that "God comprehends all; He cannot be comprehended." To knowledge of the Divine essence "the way is barred and the road is impassable," for how can the finite comprehend the Infinite; how can a drop contain the ocean or a mote dancing in the sunbeam embrace the universe? Yet the whole universe is eloquent of God. In each drop of water are hidden oceans of meaning, and in each mote is concealed a whole universe of significances, reaching far beyond the ken of the most learned scientist. The chemist and physicist pursuing their researches into the nature of matter have passed from masses to molecules, from molecules to atoms, from atoms to electrons and ether, but at every step the difficulties of the research increase till the most profound intellect can penetrate no farther, and can but bow in silent awe before the unknown Infinite which remains ever shrouded in inscrutable mystery.

Flower in the crannied wall, I pluck you out of the crannies. I hold you here, root and all, in my hand, Little flower--but if I could understand What you are, root and all, and all in all, I should know what God and man is.--TENNYSON.

If the flower in the crannied wall, if even a single atom of matter, presents mysteries which the most profound intellect cannot solve, how is it possible for man to comprehend the universe? How dare he pretend to define or describe the Infinite cause of all things? All theological speculations about the nature of God's essence are thus swept aside as foolish and futile.

Knowledge of God
But if the essence is unknowable, the manifestations of its bounty are everywhere apparent. If the first cause cannot be conceived, its effects appeal to our every faculty. Just as knowledge of a painter's pictures gives to the connoisseur a

--Baha'u'llah and the New Era, Page 203
true knowledge of the artist, so knowledge of the universe in any of its aspects--knowledge of nature or of human nature, of things visible or of things invisible--is knowledge of God's handiwork, and gives to the seeker for Divine truth a real knowledge of His Glory. "The Heavens declare the glory of God; and the firmament sheweth his handywork. Day unto day uttereth speech, and night unto night sheweth knowledge.--Ps. xix, 1-2.

The Divine Manifestations
All things manifest the bounty of God with greater or less clearness, as all material objects exposed to the sun reflect its light in greater or less degree. A heap of soot reflects a little, a stone reflects more, a piece of chalk more still, but in none of these reflections can we trace the form and color of the glorious orb. A perfect mirror, however, reflects the sun's very form and color, so that looking into it is like looking at the sun itself. So it is with the way in which things speak to us of God. The stone can tell us something of the Divine attributes, the flower can tell us more, the animal with its marvelous senses, instincts and power of movement, more still. In the lowest of our fellowmen we can trace wonderful faculties which tell of a wonderful Creator. In the poet, the saint, the genius, we find a higher revelation still, but the great Prophets and Founders of religions are the perfect mirrors by which the love and wisdom of God are reflected to the rest of mankind. Other men's mirrors are dulled by the stains and the dust of selfishness and prejudice, but these are pure and without blemish--wholly devoted to the Will of God. Thus They become the greatest educators of mankind. The Divine teachings and the Power of the Holy Spirit proceeding through Them have been and are the cause of the progress of humanity, for God helps men through other men. Each man who is higher in the ascent of life is the means of helping those who are lower, and those who are the highest of all are the helpers of all mankind. It is as if all men were connected together by elastic cords. If a man rises a little above the general level of his fellows, the cords tighten. His former companions tend to draw him back, but with an equal

--Baha'u'llah and the New Era, Page 204
force he draws them upwards. The higher he gets, the more he feels the weight of the whole world pulling him back, and the more dependent he is on the divine support, which reaches him through the few who are still above him. Highest of all are the great Prophets and Saviors, the Divine "Manifestations"-- those perfect men Who were each, in Their day, without peer or companion, and bore the burden of the whole world, supported by God alone. "The burden of our sins was upon Him" was true of each of Them. Each was the "Way, the Truth and the Life" to His followers. Each was the channel of God's bounty to every heart that would receive it. Each had His part to play in the great divine plan for the upliftment of humanity.

Creation
Baha'u'llah teaches that the universe is without beginning in time. It is a perpetual emanation from the Great First Cause. The Creator always had His creation and always will have. Worlds and systems may come and go, but the universe remains. All things that undergo composition, in time undergo decomposition, but the component elements remain. The creation of a world, a daisy or a human body is not "making something out of nothing"; it is rather a bringing together of elements which before were scattered, a making visible of something which before was hidden. By and by the elements will again be scattered, the form will disappear, but nothing is really lost or annihilated; ever new combinations and forms arise from the ruins of the old. Baha'u'llah confirms the scientists who claim, not six thousand, but millions and billions of years for the history of the earth's creation. The evolution theory does not deny creative power. It only tries to describe the method of its manifestation; and the wonderful story of the material universe which the astronomer, the geologist, the physicist and the biologist are gradually unfolding to our gaze is, rightly appreciated, far more capable of evoking the deepest reverence and worship than the crude and bald account of creation given in the Hebrew Scriptures. The old account in the

--Baha'u'llah and the New Era, Page 205
Book of Genesis had, however, the advantage of indicating by a few bold strokes of symbolism the essential spiritual meanings of the story, as a master painter may, by a few strokes of the brush, convey expressions which the mere plodder with the most laborious attention to details may utterly fail to portray. If the material details blind us to the spiritual meaning, then we should be better without them; but if we have once firmly grasped the essential meaning of the whole scheme, then knowledge of the details will give our conception a wonderful added richness and splendor and make it a magnificent picture instead of a mere sketch plan.
'Abdu'l-Baha says:--

Know that it is one of the most abstruse spiritual truths that the world of existence, that is to say this endless universe, has no beginning....
... Know that ... a creator without a creature is impossible, a provider without those provided for cannot be conceived; for all the divine names and attributes demand the existence of beings. If we could imagine a time when no beings existed, this imagination would be the denial of the Divinity of God. Moreover, absolute non-existence cannot become existence. If the beings were absolutely non-existent, existence would not have come into being. Therefore, as the Essence of Unity, that is the existence of God, is everlasting and eternal--that is to say, it has neither beginning nor end--it is certain that this world of existence ... has neither beginning nor end.... it may be that one of the parts of the universe, one of the globes, for example, may come into existence, or may be disintegrated, but the other endless globes are still existing. ... As each globe has a beginning, necessarily it has an end, because every composition, collective or particular, must of necessity be decomposed; the only difference is that some are quickly decomposed, and others more slowly, but it is impossible that a composed thing should not eventually be decomposed.--Some Answered Questions, pp. 209-210.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 206
The Evolution of Man
Baha'u'llah also confirms the biologist who finds for the body of man a history reaching back in the development of the species through millions of years. Starting from a very simple, apparently insignificant form, the human body is pictured as developing stage by stage, in the course of untold generations, becoming more and more complex, and better and better organized until the man of the present day is reached. Each individual human body develops through such a series of stages, from a tiny round speck of jelly-like matter to the fully developed man. If this is true of the individual, as nobody denies, why should we consider it derogatory to human dignity to admit a similar development for the species? This is a very different thing from claiming that man is descended from a monkey. The human embryo may at one time resemble a fish with gill-slits and tail, but it is not a fish. It is a human embryo. So the human species+F1 may at various stages of its long development have resembled to the outward eye various species of lower animals, but it was still the human species, possessing the mysterious latent power of developing into man as we know him today, nay more, of developing in the future, we trust, into something far higher still.
'Abdu'l-Baha says:--

... it is clear that this terrestrial globe in its present form did not come into existence all at once; but ... gradually passed through different phases until it became adorned with its present perfection....
... man, in the beginning of his existence and in the womb of the earth, like the embryo in the womb of the mother, gradually grew and developed, and passed from one form to another ... until he appeared with this beauty and perfection, this force and this power. It is certain that in the beginning he had not this loveliness and
___________________
F1. The word "species" is used here to explain the distinction which has always existed between men and animals, despite outward appearances. It should not be read with its current specialized biological meaning.

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grace and elegance, and that he only by degrees attained this shape, this form, this beauty, and this grace....
... man's existence on this earth, from the beginning until it reaches this state, form, and condition, necessarily lasts a long time.... But from the beginning of man's existence he is a distinct species.... admitting that the traces of organs which have disappeared actually exist [in the human body], this is not a proof of the impermanence and the non-originality of the species. At the most it proves that the form, and fashion, and the organs of man have progressed. Man was always a distinct species, a man, not an animal.--Some Answered Questions, pp. 211, 212, 213, 214.

Of the story of Adam and Eve He says:--

If we take this story in its apparent meaning, according to the interpretation of the masses, it is indeed extraordinary. The intelligence cannot accept it, affirm it, or imagine it; for such arrangements, such details, such speeches and reproaches are far from being those of an intelligent man, how must less of the Divinity--that Divinity who has organised this infinite universe in the most perfect form, and its innumerable inhabitants with absolute system, strength, and perfection....
Therefore this story of Adam and Eve who ate from the tree, and their expulsion from Paradise, must be thought of simply as a symbol. It contains divine mysteries and universal meanings, and it is capable of marvellous explanations.--Some Answered Questions, p. 140

Body and Soul
The Baha'i teachings with regard to body and soul, and the life after death, are quite in harmony with the results of psychical research. They teach, as we have seen, that death is but a new birth--the escape from the prison of the body into a larger life, and that progress in the afterlife is limitless. A large body of scientific evidence has gradually been accumulating

--Baha'u'llah and the New Era, Page 208
which in the opinion of impartial but highly critical investigators is amply sufficient to establish beyond all question the fact of a life after death--of the continued life and activity of the conscious "soul" after the dissolution of the material body. As F. W. H. Myers says in his Human Personality, a work which summarizes many of the investigations of the Psychical Research Society:--

Observation, experiment, inference, have led many inquirers, of whom I am one, to a belief in direct or telepathic intercommunication, not between the minds of men still on earth only, but between minds or spirits still on earth and spirits departed. Such a discovery opens the doors also to revelation....
We have shown that amid much deception and self-deception, fraud and illusion, veritable manifestations do reach us from beyond the grave....
By discovery and by revelation certain theses have been provisionally established with regard to such departed souls as we have been able to encounter. First and chiefly, I, at least, see ground to believe that their state is one of endless evolution in wisdom and in love. Their loves of earth persist, and most of all, those highest loves which find their outlet in adoration and worship.... Evil to them seems less a terrible than a slavish thing. It is embodied in no mighty Potentate; rather it forms an isolating madness from which higher spirits strive to free the distorted soul. There needs no chastisement of fire; self-knowledge is man's punishment and his reward; self-knowledge and the nearness or the aloofness of companion souls. For in that world love is actually self-preservation; the Communion of Saints not only adorns but constitutes the Life Everlasting. Nay, from the laws of telepathy it follows that that communion is valid to us here and now. Even now the love of souls departed makes answer to our invocations. Even now our loving memory--love is itself a prayer--supports and strengthens those delivered spirits upon their upward way.

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The measure of agreement between this view, which is founded on careful scientific research, and that of the Baha'i teachings, is truly remarkable.

Unity of Mankind
"Ye are all fruits of one tree, the leaves of one branch, the flowers of one garden." That is one of the most characteristic sayings of Baha'u'llah, and another is like it: "Glory is not his who loves his own country, but glory is his who loves his kind." Unity--unity of mankind, and of all created beings in God-- is the main theme of His teaching. Here again the harmony between true religion and science is evident. With every advance in science the oneness of the universe and the interdependence of its parts has become more clearly evident. The astronomer's domain is inseparably bound up with physicist's, and the physicist's with the chemist's, the chemist's with the biologist's, the biologist's with the psychologist's, and so on. Every new discovery in one field of research throws new light on other fields. Just as physical science has shown that every particle of matter in the universe attracts and influences every other particle, no matter how minute or how distant, so psychical science is finding that every soul in the universe affects and influences every other soul. Prince Kropotkin, in his book on Mutual Aid, shows most clearly that even among the lower animals, mutual aid is absolutely necessary to continued life, while in the case of man, the progress of civilization depends on the increasing substitution of mutual aid for mutual enmity. "Each for all and all for each" is the only principle on which a community can prosper.

The Era of Unity
All the signs of the times indicate that we are at the dawn of a new era in the history of mankind. Hitherto the young eagle of humanity has clung to the old aerie in the solid rock of selfishness and materialism. Its attempts to use its wings have been timid and tentative. It has had restless longings for something still unattained. More and more it has been chafing in the confinement

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of the old dogmas and orthodoxies. But now the era of confinement is at an end, and it can launch on the wings of faith and reason into the higher realms of spiritual love and truth. It will no longer be earthbound as it was before its wings had grown, but will soar at will to the regions of wide outlook and glorious freedom. One thing is necessary, however, if its flight is to be sure and steady. Its wings must not only be strong, but they must act in perfect harmony and coordination. As 'Abdu'l-Baha says:--"It cannot fly with one wing alone. If it tries to fly with the wing of religion alone it will land in the slough of superstition, and if it tries to fly with the wing of science alone it will end in the dreary bog of materialism."
Perfect harmony between religion and science is the sine qua non of the higher life for humanity. When that is achieved, and every child is trained not only in the study of the sciences and arts, but equally in love to all mankind and in radiant acquiescence to the Will of God as revealed in the progress of evolution and the teachings of the Prophets, then and not till then, shall the Kingdom of God come and His Will be done on earth as it is in Heaven; then and not till then shall the Most Great Peace shed its blessings on the world.

"When religion," says 'Abdu'l-Baha, "shorn of its superstitions, traditions and unintelligent dogmas, shows its conformity with science, then there will be a great unifying, cleansing force in the world, which will sweep before it all wars, disagreements, discords and struggles, and then will mankind be united in the power of the love of God."

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Prophecies Fulfilled by the Baha'i Movement/13

As to the Manifestation of the Greatest Name (Baha'u'llah): this is He Whom God promised in all His Books and Scriptures, such as the Bible, the Gospels and the Qur'an.-- 'ABDU'L-BAHA.

Interpretation of Prophecy
The interpretation of prophecy is notoriously difficult, and on no subject do the opinions of the learned differ more widely. This is not to be wondered at, for, according to the revealed writings themselves, many of the prophecies were given in such a form that they could not be fully understood until the fulfillment came, and even then, only by those who were pure in heart and free from prejudice. Thus at the end of Daniel's visions the seer was told:--

But thou, O Daniel, shut up the words, and seal the book, even to the time of the end: many shall run to and fro, and knowledge shall be increased.... And I heard, but I understood not: then said I, O my Lord, what shall be the end of these things? And he said, Go thy way, Daniel: for the words are closed up and sealed till the time of the end.--Daniel xii, 4-9.

If God sealed up the prophecies until the appointed time, and did not fully reveal the interpretation even to the prophets who uttered them, we may expect that none but the appointed Messenger of God will be able to break the seal and disclose the meanings concealed in the casket of the prophetic parables. Reflection on the history of prophecies and their misinterpretation in previous ages and dispensations, combined with the solemn warnings of the prophets themselves, should render us very chary of accepting the speculations of theologians as to

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the real meaning of these utterances and the manner of their fulfillment. On the other hand, when someone appears who claims to fulfill the prophecies, it is important that we examine his claim with open, unprejudiced minds. Should he be an impostor, the fraud will soon be discovered and no harm will be done, but woe to all who carelessly turn God's Messenger from the door because He comes in an unexpected form or time.
The life and utterances of Baha'u'llah testify that He is the Promised One of all the Holy Books, Who has the power to break the seals of the prophecies and to pour forth the "Sealed choice wine" of the divine mysteries. Let us hasten, then, to hear His explanations and to reexamine in their light the familiar but often mysterious words spoken by the prophets of old.

The Coming of the Lord
The "Coming of the Lord" in the "last days" is the one "far-off divine event" to which all the Prophets look forward, about which Their most glorious songs are sung. Now what is meant by the "Coming of the Lord"? Surely God is at all times with His creatures, in all, through all, and over all; "Closer is He than breathing, nearer than hands and feet." Yes, but men cannot see or hear God immanent and transcendent, cannot realize His Presence, until He reveals Himself through a visible form and talks to them in human language. For the revelation of His higher attributes, God has always made use of a human instrument. Each of the Prophets was a mediator through whom God visited and spoke to His people. Jesus was such a mediator, and the Christians have rightly regarded His appearance as a coming of God. In Him they saw the Face of God and through His lips they heard the Voice of God. Baha'u'llah tells us that the "Coming" of the Lord of Hosts, the Everlasting Father, the Maker and Redeemer of the World, which, according to all the Prophets, is to take place at "the time of the end," means no other than His manifestation in a human temple, as he manifested through the

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temple of Jesus of Nazareth, only this time with a fuller and more glorious revelation, for which Jesus and all the former Prophets came to prepare men's hearts and minds.

Prophecies about Christ
Through failing to understand the meaning of the prophecies about the dominion of the Messiah, the Jews rejected Christ. 'Abdu'l-Baha says:--

The Jews still await the coming of the Messiah, and pray to God day and night to hasten His advent. When Jesus came they denounced and slew Him, saying: "This is not the One for Whom we wait. Behold, when the Messiah shall come, signs and wonders shall testify that He is in truth the Christ. The Messiah will arise out of an unknown city. He shall sit upon the throne of David, and behold, He shall come with a sword of steel, and with a scepter of iron shall He rule. He shall fulfill the Law of the Prophets. He shall conquer the East and the West, and shall glorify His chosen people the Jews. He shall bring with Him a reign of Peace during which even the animals shall cease to be at enmity with man. For behold, the wolf and the lamb shall drink from the same spring ... and all God's creatures shall be at rest...."
Thus the Jews thought and spoke, for they did not understand the Scriptures nor the glorious truths that were contained in them. The letter they knew by heart, but of the life-giving Spirit they understood not a word.
Hearken, and I will show you the meaning thereof: Although Christ came from Nazareth, which was a known place, He came also from heaven. His body was born of Mary, but His Spirit came from heaven. The sword He carried was the sword of His tongue, with which He divided the good from the evil, the true from the false, the faithful from the unfaithful, and the light from the darkness. His Word was indeed a sharp sword! The throne upon which He sat is the Eternal Throne from which

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Christ reigns forever, a heavenly throne, not an earthly one, for the things of earth pass away but heavenly things pass not away. He reinterpreted and completed the Laws of Moses and fulfilled the Law of the Prophets. His Word conquered the East and the West. His kingdom is everlasting. He exalted those Jews who recognized Him. They were men and women of humble birth, but contact with Him made them great and gave them everlasting dignity. The animals who were to live with one another signified the different sects and races, who, once having been at war, were now to dwell in love and charity, drinking together the Water of Life from Christ the Eternal Spring.
Most Christians accept these interpretations of Messianic prophecies as applied to Christ; but with regard to similar prophecies about the latter-day Messiah, many of them take up the same attitude as the Jews, expecting a miraculous display on the material plane which will fulfill the very letter of the prophecies.

Prophecies about the Bab and Baha'u'llah
According to the Baha'i interpretations, the prophecies which speak of "the time of the end," the "last days," the coming of the "Lord of hosts," of the "everlasting Father," refer especially, not to the advent of Jesus Christ, but to that of Baha'u'llah. Take, for instance, the well-known prophecy in Isaiah:--

The people that walked in darkness have seen a great light; they that dwell in the land of the shadow of death, upon them hath the light shined.... For thou hast broken the yoke of his burden, and the staff of his shoulder, the rod of his oppressor, as in the day of Midian. For every battle of the warrior is with confused noise, and garments rolled in blood; but this shall be with burning and fuel of fire. For unto us a child is born, unto us a son is given: and the government shall be upon his shoulder: and his name

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shall be called Wonderful, Counsellor, The might God, The everlasting Father, The Prince of Peace. Of the increase of his government and peace there shall be no end, upon the throne of David, and upon his kingdom, to order it, and to establish it with judgment and with justice from henceforth even for ever. The zeal of the Lord of hosts will perform this.--Isa. ix, 2-7.

This is one of the prophecies that has often been regarded as referring to Christ, and much of it may quite fairly be thus applied, but a little examination will show how much more fully and aptly it applies to Baha'u'llah. Christ has, indeed, been a light-bringer and Savior, but for nearly two thousand years since His advent the great majority of the people of the earth have continued to walk in darkness, and the children of Israel and many others of God's children have continued to groan under the rod of the oppressor. On the other hand, during the first few decades of the Baha'i era, the light of truth has illumined the East and the West, the gospel of the fatherhood of God and the brotherhood of man has been carried into all countries of the world, the great military autocracies have been overthrown, and a consciousness of world unity has been born which brings hope of eventual relief to all the downtrodden and oppressed nationalities of the world. The great war which from 1914 to 1918 convulsed the world, with its unprecedented use of firearms, liquid fire, incendiary bombs and fuel for engines, has indeed been "with burning and fuel of fire."+F1 Baha'u'llah, by dealing at great length in His Writings with questions of government and administration, and showing how they may best be solved, has "taken the government upon His shoulders" in a way that Christ never did. With regard to the titles "everlasting Father," "Prince of Peace," Baha'u'llah repeatedly refers to Himself as the manifestation of the Father, of whom Christ and Isaiah spoke, whereas Christ always referred to Himself as the Son; and Baha'u'llah declares
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F1. The Second World War further demonstrated the fulfillment of this prophecy, culminating in the use of the atomic bomb.

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that His mission is to establish peace on earth, while Christ said: "I came not to send peace but a sword," and as a matter of fact during the whole of the Christian era wars and sectarian strifes have abounded.

The Glory of God
The title "Baha'u'llah" is the Arabic for "Glory of God," and this very title is frequently used by the Hebrew prophets for the Promised One Who is to appear in the last days. Thus in the 40th chapter of Isaiah we read:--

Comfort ye, comfort ye my people, saith your God. Speak ye comfortably to Jerusalem, and cry unto her, that her warfare is accomplished, that her iniquity is pardoned: for she hath received of the Lord's hand double for all her sins. The voice of him that crieth in the wilderness, Prepare ye the way of the Lord, make straight in the desert a highway for our God. Every valley shall be exalted, and every mountain and hill shall be made low: and the crooked shall be made straight, and the rough places plain: And the glory of the Lord shall be revealed, and all flesh shall see it together. Isa. xl, 1-5.

Like the former prophecy, this has also been partly fulfilled in the advent of Christ and His forerunner, John the Baptist; but only partly, for in the days of Christ the warfare of Jerusalem was not accomplished; many centuries of bitter trial and humiliation were yet in store for her. With the advent of the Bab and Baha'u'llah, however, the more complete fulfillment is beginning to appear, for even already brighter days have dawned for Jerusalem, and her prospects of a peaceful and glorious future seem now to be reasonably assured. Other prophecies speak of the Redeemer of Israel, the Glory of the Lord, as coming to the Holy Land from the East, from the rising of the sun. Now Baha'u'llah appeared in Persia, which is eastward from Palestine, towards the rising of the sun, and He came to the Holy Land, where He

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spent the last twenty-four years of His life. Had He come there as a free man, people might have said that it was the trick of an impostor in order to conform to the prophecies; but He came as an exile and prisoner. He was sent there by the Shah of Persia and the Sultan of Turkey, who can hardly be suspected of any design to furnish arguments in favor of Baha'u'llah's claim to be the "Glory of God" Whose coming the Prophets foretold.

The Branch
In the prophecies of Isaiah, Jeremiah, Ezekiel and Zechariah are several references to a man called the Branch. These have often been taken by Christians as applying to Christ, but are regarded by Baha'is as referring especially to Baha'u'llah.
The longest Bible prophecy about the Branch is in the 11th chapter of Isaiah:--

And there shall come forth a rod out of the stem of Jesse, and a Branch shall grow out of his roots: And the spirit of the Lord shall rest upon him, the spirit of wisdom and understanding, the spirit of counsel and might, the spirit of knowledge and of the fear of the Lord.... righteousness shall be the girdle of his loins, and faithfulness the girdle of his reins. The wolf also shall dwell with the lamb, and the leopard ... with the kid; and the calf and the young lion and the fatling together; and a little child shall lead them.... They shall not hurt nor destroy in all my holy mountain: for the earth shall be full of the knowledge of the Lord, as the waters cover the sea. ... And it shall come to pass in that day, that the Lord shall set his hand again the second time to recover the remnant of his people, which shall be left, from Assyria, and from Egypt, and from Pathros, and from Cush, and from Elam, and from Shinar, and from Hamath, and from the islands of the sea. And he shall set up an ensign for the nations, and shall assemble the outcasts of Israel, and gather together the dispersed of Judah from the four corners of the earth.--Isa. xi, 1-12.

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'Abdu'l-Baha remarks about this and other prophecies of the Branch:--

One of the great events which is to occur in the day of the manifestation of that incomparable Branch, is the hoisting of the Standard of God among all nations; meaning that all the nations and tribes will come under the shadow of this Divine Banner, which is no other than the Lordly Branch itself, and will become a single nation. The antagonism of faiths and religions, the hostility of races and peoples, and the national differences, will be eradicated from amongst them. All will become one religion, one faith, one race, and one single people, and will dwell in one native land, which is the terrestrial globe. Universal peace and concord will be realised between all the nations, and that incomparable Branch will gather together all Israel: signifying that in this cycle Israel will be gathered in the Holy Land, and that the Jewish people who are scattered to the East and West, South and North, will be assembled together.
Now see: these events did not take place in the Christian cycle, for the nations did not come under the One Standard which is the Divine Branch. But in this cycle of the Lord of Hosts all the nations and people will enter under the shadow of this Flag. In the same way, Israel, scattered all over the world, was not reassembled in the Holy Land in the Christian cycle; but in the beginning of the cycle of Baha'u'llah this divine promise, as is clearly stated in all the Books of the Prophets, has begun to be manifest. You can see that from all the parts of the world tribes of Jews are coming to the Holy Land; they live in villages and lands which they make their own, and day by day they are increasing to such an extent, that all Palestine will become their home.--Some Answered Questions, p. 75-76.

The Day of God
The word "Day" in such phrases as "Day of God" and "Last Day" is interpreted as meaning "Dispensation." Each of the

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great religion-founders has His "Day." Each is like a sun. His teachings have their dawn, their truth gradually illumines more and more the minds and hearts of the people until they attain the zenith of their influence. Then they gradually become obscured, misrepresented and corrupted, and darkness overshadows the earth until the sun of a new day arises. The day of the Supreme Manifestation of God is the Last Day, because it is a day that shall never end, and shall not be overtaken by night. His sun shall never set, but shall illumine the souls of men both in this world and in the world to come. In reality none of the spiritual suns ever set. The suns of Moses, of Christ, of Muhammad, and all the other Prophets are still shining in heaven with undiminished luster. But earthborn clouds have concealed their radiance from the people of earth. The Supreme Sun of Baha'u'llah will finally disperse these dark clouds, so that the people of all religions will rejoice in the light of all the Prophets, and with one accord worship the one God Whose light all the Prophets have mirrored forth.

The Day of Judgment
Christ spoke much in parables about a great Day of Judgment when "the Son of man shall come in the glory of his Father ... and ... shall reward every man according to his works" (Matt. xvi, 27). He compares this Day to the time of harvest, when the tares are burned and the wheat gathered into barns:--

... so shall it be in the end of this world [consummation of the age]. The Son of man shall send forth his angels, and they shall gather out of his kingdom all things that offend, and them which do iniquity; And shall cast them into a furnace of fire: there shall be wailing and gnashing of teeth. Then shall the righteous shine forth as the sun in the kingdom of their Father.--Matt. xiii, 40-43.

The phrase "end of the world" used in the Authorized Version of the Bible in this and similar passages has led many to suppose that when the Day of Judgment comes, the earth will suddenly be destroyed, but this is evidently a mistake. The

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true translation of the phrase appears to be "the consummation or end of the age." Christ teaches that the Kingdom of the Father is to be established on earth, as well as in heaven. He teaches us to pray: "Thy Kingdom come; Thy will be done on earth as it is in heaven." In the parable of the Vineyard, when the Father, the Lord of the Vineyard, comes to destroy the wicked husbandmen, He does not destroy the vineyard (the world) also, but lets it out to other husbandmen, who will render Him the fruits in their season. The earth is not to be destroyed, but to be renewed and regenerated. Christ speaks of that day on another occasion as "the regeneration when the Son of man shall sit in the throne of his glory." St. Peter speaks of it as "the times of refreshing," "the times of restitution of all things, which God hath spoken by the mouth of all his holy prophets since the world began." The Day of Judgment of which Christ speaks is evidently identical with the coming of the Lord of Hosts, the Father, which was prophesied by Isaiah and the other Old Testament prophets; a time of terrible punishment for the wicked, but a time in which justice shall be established and righteousness rule, on earth as in heaven.
In the Baha'i interpretation, the coming of each Manifestation of God is a Day of Judgment, but the coming of the supreme Manifestation of Baha'u'llah is the great Day of Judgment for the world cycle in which we are living. The trumpet blast of which Christ and Muhammad and many other prophets speak is the call of the Manifestation, which is sounded for all who are in heaven and on earth--the embodied and the disembodied. The meeting with God, through His Manifestation, is, for those who desire to meet Him, the gateway to the Paradise of knowing and loving Him, and living in love with all His creatures. Those, on the other hand, who prefer their own way to God's way, as revealed by the Manifestation, thereby consign themselves to the hell of selfishness, error and enmity.

The Great Resurrection
The Day of Judgment is also the Day of Resurrection, of the raising of the dead. St. Paul in his First Epistle to the Corinthians says:--

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Behold, I shew you a mystery; We shall not all sleep, but we shall all be changed, In a moment, in the twinkling of an eye, at the last trump: for the trumpet shall sound, and the dead shall be raised incorruptible, and we shall be changed. For this corruptible must put on incorruption, and this mortal must put on immortality.--I Cor. xv, 51-53.

As to the meaning of these passages about the raising of the dead, Baha'u'llah writes in the Book of Iqan:--

... By the terms "life" and "death," spoken of in the scriptures, is intended the life of faith and the death of unbelief. The generality of the people, owing to their failure to grasp the meaning of these words, rejected and despised the person of the Manifestation, deprived themselves of the light of His divine guidance, and refused to follow the example of that immortal Beauty....
... Even as Jesus said: "Ye must be born again" [John iii, 7]. Again He saith: "Except a man be born of water and of the Spirit, he cannot enter into the Kingdom of God. That which is born of the flesh is flesh; and that which is born of the Spirit is spirit" [John iii, 5-6]. The purport of these words is that whosoever in every dispensation is born of the Spirit and is quickened by the breath of the Manifestation of Holiness, he verily is of those that have attained unto "life" and "resurrection" and have entered into the "paradise" of the love of God. And whosoever is not of them, is condemned to "death" and "deprivation," to the "fire" of unbelief, and to the "wrath" of God....
In every age and century, the purpose of the Prophets of God and their chosen ones hath been no other but to affirm the spiritual significance of the terms "life," "resurrection," and "judgment." ... Wert thou to attain to but a dewdrop of the crystal waters of divine knowledge, thou wouldst readily realize that true life is not the life of the flesh but the life of the spirit. For the life of the flesh is common to both men and animals, whereas the life of the spirit

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is possessed only by the pure in heart who have quaffed from the ocean of faith and partaken of the fruit of certitude. This life knoweth no death, and this existence is crowned by immortality. Even as it hath been said: "He who is a true believer liveth both in this world and in the world to come." If by "life" be meant this earthly life, it is evident that death must needs overtake it.-- Kitab-i-Iqan, pp. 114, 118, 120-21.

According to the Baha'i teaching the Resurrection has nothing to do with the gross physical body. That body, once dead, is done with. It becomes decomposed and its atoms will never be recomposed into the same body.
Resurrection is the birth of the individual to spiritual life, through the gift of the Holy Spirit bestowed through the Manifestation of God. The grave from which he arises is the grave of ignorance and negligence of God. The sleep from which he awakens is the dormant spiritual condition in which many await the dawn of the Day of God. This dawn illumines all who have lived on the face of the earth, whether they are in the body or out of the body, but those who are spiritually blind cannot perceive it. The Day of Resurrection is not a day of twenty-four hours, but an era which has now begun and will last as long as the present world cycle continues. It will continue when all traces of the present civilization will have been wiped off the surface of the globe.

Return of Christ
In many of His conversations Christ speaks of the future Manifestation of God in the third person, but in others the first person is used. He says: "I go to prepare a place for you. And if I go and prepare a place for you, I will come again, and receive you unto myself" (John xiv, 2-3). In the first chapter of Acts we read that the disciples were told, at the ascension of Jesus: "This same Jesus, which is taken up from you into heaven, shall so come in like manner as ye have seen him go into heaven." Because of these and similar sayings, many

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Christians expect that when the Son of Man comes "in the clouds of heaven and with great glory" they shall see in bodily form the very Jesus Who walked the streets of Jerusalem two thousand years ago, and bled and suffered on the cross. They expect to be able to thrust their fingers into the prints of the nails on His hands and feet, and their hands into the spear wound in His side. But surely a little reflection on Christ's own words would dissipate such an idea. The Jews of Christ's time had just such ideas about the return of Elias, but Jesus explained their error, showing that the prophecy that "Elias must first come" was fulfilled, not by the return of the person and body of the former Elias, but in the person of John the Baptist, who came "in the spirit and power of Elias." "And if ye will receive it," said Christ, "this is Elias, which was for to come. He that hath ears to hear, let him hear." The "return" of Elias, therefore, meant the appearance of another person, born of other parents, but inspired by God with the same spirit and power. These words of Jesus may surely be taken to imply that the return of Christ will, in like manner, be accomplished by the appearance of another person, born of another mother, but showing forth the Spirit and Power of God even as Christ did. Baha'u'llah explains that the "coming again" of Christ was fulfilled in the advent of the Bab and in his own coming. He says:--

Consider the sun. Were it to say now, "I am the sun of yesterday," it would speak the truth. And should it, bearing the sequence of time in mind, claim to be other than that sun, it still would speak the truth. In like manner, if it be said that all the days are but one and the same, it is correct and true. And if it be said, with respect to their particular names and designations, that they differ, that again is true. For though they are the same, yet one doth recognize in each a separate designation, a specific attribute, a particular character. Conceive accordingly the distinction, variation, and unity characteristic of the various Manifestations of holiness, that thou mayest comprehend the allusions made by the creator of all names and attributes to the mysteries of distinction and unity, and

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discover the answer to thy question as to why that everlasting Beauty should have, at sundry times, called Himself by different names and titles.--Kitab-i-Iqan, 21-22.

'Abdu'l-Baha says:--

Know that the return of Christ for a second time doth not mean what the people believe, but rather signifieth the One promised to come after Him. He shall come with the Kingdom of God and His Power which hath surrounded the world. This dominion is in the world of hearts and spirits, and not in that of matter; for the material world is not comparable to a single wing of a fly, in the sight of the Lord, wert thou of those who know! Verily Christ came with His Kingdom from the beginning which hath no beginning, and will come with His Kingdom to the eternity of eternities, inasmuch as in this sense "Christ" is an expression of the Divine Reality, the simple Essence and heavenly Entity, which hath no beginning nor ending. It hath appearance, arising, manifestation and setting in each of the cycles.

The Time of the End
Christ and His apostles mentioned many signs which would distinguish the times of the "Return" of the Son of Man in the glory of the Father. Christ said:--

And when ye shall see Jerusalem compassed with armies, then know that the desolation thereof is nigh.... For these be the days of vengeance, that all things which are written may be fulfilled.... for there shall be great distress in the land, and wrath upon this people. And they shall fall by the edge of the sword, and shall be led away captive into all nations: and Jerusalem shall be trodden down of the Gentiles, until the times of the Gentiles shall be fulfilled.--Luke xxi, 20-24.

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Again He said:--

Take heed that no man deceive you. For many shall come in my name, saying, I am Christ; and shall deceive many. And ye shall hear of wars and rumours of wars: see that ye be not troubled: for all these things must come to pass, but the end is not yet. For nation shall rise against nation, and kingdom against kingdom: and there shall be famines, and pestilences, and earthquakes, in divers places. All these are the beginning of sorrows. Then shall they deliver you up to be afflicted, and shall kill you: and ye shall be hated of all nations for my name's sake. And then shall many be offended, and shall betray one another, and shall hate one another. And many false prophets shall rise, and shall deceive many. And because iniquity shall abound, the love of many shall wax cold. But he that shall endure unto the end, the same shall be saved. And this gospel of the kingdom shall be preached in all the world for a witness unto all nations; and then shall the end come.--Matt. xxiv, 4-14.

In these two passages Christ foretold in plain terms, without veil or covering, the things that must come to pass before the coming of the Son of Man. During the centuries that have elapsed since Christ spoke, every one of these signs has been fulfilled. In the last part of each passage He mentions an event that shall mark the time of the coming--in one case the ending of the Jewish exile and the restoration of Jerusalem, and in the other the preaching of the gospel in all the world. It is startling to find that both of these signs are being literally fulfilled in our own times. If these parts of the prophecy are as true as the rest, it follows that we must be living now in the "time of the end" of which Christ spoke.
Muhammad also mentions certain signs which will persist until the Day of Resurrection. In the Qur'an we read:--

When Allah said: "O Jesus! Verily I will cause thee to die, and exalt thee towards Me, and clear thee of the charges of those who disbelieve, and will place those who

--Baha'u'llah and the New Era, Page 226
follow thee [that is, Christians] above those who disbelieve [Jews and others], until the Day of Resurrection; then to Me shall be your return, so I will decide between you concerning that in which you differed."--Sura iii, 54.
"The Hand of God," say the Jews, "is chained up." Their own hands shall be chained up--and for that which they have said shall they be cursed. Nay! outstretched are both His hands! At His own pleasure doth He bestow gifts. That which hath been sent down to thee from thy Lord will surely increase the rebellion and unbelief of many of them; and We have put enmity and hatred between them that shall last until the Day of Resurrection. Oft as they kindle a beacon fire for war shall God quench it.--Sura v, 69.
And of those who say, "We are Christians," have We accepted the Covenant. But they too have forgotten a part of what they were taught; wherefore We have stirred up enmity and hatred among them that shall last till the Day of Resurrection; and in the end will God tell them of their doings.--Sura v, 17.
These words also have been literally fulfilled in the subjection of the Jews to Christian (and Muslim) peoples, and in the sectarianism and strife which have divided both Jews and Christians among themselves during all the centuries since Muhammad spoke. Only since the commencement of the Baha'i era (the Day of Resurrection) have signs of the approaching end of these conditions made their appearance.

Signs in Heaven and Earth
In the Hebrew, Christian, Muhammadan and many other Scriptures, there is a remarkable similarity in the description of the signs which are to accompany the coming of the Promised One.
In the Book of Joel we read:--

And I will shew wonders in the heavens and in the earth, blood, and fire, and pillars of smoke. The sun shall

--Baha'u'llah and the New Era, Page 227
be turned into darkness, and the moon into blood, before the great and terrible day of the Lord come.... For, behold, in those days ... when I shall bring again the captivity of Judah and Jerusalem, I will also gather all nations, and will bring them down into the valley of Jehoshaphat [Jehovah judgeth], and will plead with them there.... Multitudes, multitudes in the valley of decision: for the day of the Lord is near in the valley of decision. The sun and the moon shall be darkened, and the stars shall withdraw their shining. The Lord also shall roar out of Zion, and utter his voice from Jerusalem; and the heavens and the earth shall shake: but the Lord will be the hope of his people.--Joel ii, 30-31; iii, 1-2, 14-16.

Christ says:--

Immediately after the tribulation of those days shall the sun be darkened, and the moon shall not give her light, and the stars shall fall from heaven, and the powers of the heavens shall be shaken: And then shall appear the sign of the Son of man in heaven: and then shall all the tribes of the earth mourn, and they shall see the Son of man coming in the clouds of heaven with power and great glory.--Matt. xxiv, 29-30.

In the Qur'an we read:--

When the sun shall be shrouded, And when the stars shall fall, And when the mountains are made to pass away ... And when the leaves of the Book shall be unrolled, And when the heaven shall be uncovered, And when hell shall be made to blaze.--Sura lxxxi.

In the Book of Iqan Baha'u'llah explains that these prophecies about the sun, moon and stars, the heavens and the earth, are symbolical and are not to be understood merely in the literal sense. The Prophets were primarily concerned with spiritual, not with material, things; with spiritual, not with physical,

--Baha'u'llah and the New Era, Page 228
light. When They mention the sun, in connection with the Day of Judgment, They refer to the Sun of Righteousness. The sun is the supreme source of light, so Moses was a sun for the Hebrews, Christ for the Christians, and Muhammad for the Muslims. When the Prophets speak of the sun being darkened, what is meant is that the pure teachings of these spiritual Suns have become obscured by misrepresentation, misunderstanding and prejudice, so that the people are in spiritual darkness. The moon and stars are the lesser sources of illumination, the religious leaders and teachers, who should guide and inspire the people. When it is said that the moon shall not give her light or shall be turned into blood, and the stars shall fall from heaven, it is indicated that the leaders of the churches shall become debased, engaging in strife and contention, and the priests shall become worldly minded, concerned about earthly instead of heavenly things.
The meaning of these prophecies is not exhausted by one explanation, however, and there are other senses in which these symbols can be interpreted. Baha'u'llah says that in another sense the words "sun," "moon," and "stars" are applied to the ordinances and instructions enacted in every religion. As in every subsequent Manifestation the ceremonies, forms, customs and instructions of the preceding Manifestations are changed in accordance with the requirements of the times, so, in this sense the sun and moon are changed and the stars dispersed.
In many cases the literal fulfillment of these prophecies in the outward sense would be absurd or impossible; for example, the moon being turned into blood or the stars falling upon the earth. The least of the visible stars is many thousand times larger than the earth, and were one to fall on the earth there would be no earth left for another to fall on! In other cases, however, there is a material as well as a spiritual fulfillment. For example, the Holy Land did literally become desert and desolate during many centuries, as foretold by the prophets, but already, in the Day of Resurrection, it is beginning to "rejoice and blossom as the rose," as Isaiah foretold. Prosperous colonies are being started, the land is being irrigated and cultivated, and vineyards, olive groves and gardens are flourishing where half a century ago there

--Baha'u'llah and the New Era, Page 229
was only sandy waste. Doubtless when men beat their swords into ploughshares and their spears into pruning hooks, wildernesses and deserts in all parts of the world will be reclaimed; the scorching winds and sandstorms that blow from these deserts, and make life in their neighborhood well-nigh intolerable, will be things of the past; the climate of the whole earth will become milder and more equable; cities will no longer defile the air with smoke and poisonous fumes, and even in the outward, material sense there will be "new heavens and a new earth."

Manner of Coming
As to the manner of His coming at the end of the age, Christ said:--

And they shall see the Son of man coming in the clouds of heaven with power and great glory. And he shall send his angels with a great sound of a trumpet.... then shall he sit upon the throne of his glory: And before him shall be gathered all nations: and he shall separate them one from another, as a shepherd divideth his sheep from the goats.--Matt. xxiv, 30-31; xxv, 31-32.

Regarding these and similar passages Baha'u'llah writes in the Book of Iqan:--

... The term "heaven" denoteth loftiness and exaltation, inasmuch as it is the seat of the revelation of those Manifestations of Holiness, the Day-springs of ancient glory. These ancient Beings, though delivered from the womb of their mother, have in reality descended from the heaven of the will of God. Though they be dwelling on this earth, yet their true habitations are the retreats of glory in the realms above. Whilst walking amongst mortals, they soar in the heaven of the divine presence. Without feet they tread the path of the spirit, and without wings they rise unto the exalted heights of divine unity. With every fleeting breath they cover the immensity of

--Baha'u'llah and the New Era, Page 230
space, and at every moment traverse the kingdoms of the visible and the invisible....
... By the term "clouds" is meant those things that are contrary to the ways and desires of men. Even as He hath revealed in the verse already quoted: "As oft as an Apostle cometh unto you with that which your souls desire not, ye swell with pride, accusing some of being impostors and slaying others." [Qur'an 2:87.] These "clouds" signify, in one sense, the annulment of laws, the abrogation of former Dispensations, the repeal of rituals and customs current amongst men, the exalting of the illiterate faithful above the learned opposers of the Faith. In another sense, they mean the appearance of that immortal Beauty in the image of mortal man, with such human limitations as eating and drinking, poverty and riches, glory and abasement, sleeping and waking, and such other things as cast doubt in the minds of men, and cause them to turn away. All such veils are symbolically referred to as "clouds."
These are the "clouds" that cause the heavens of the knowledge and understanding of all that dwell on earth to be cloven asunder. Even as He hath revealed: "On that day shall the heaven be cloven by the clouds." [Qur'an 25:25.] Even as the clouds prevent the eyes of men from beholding the sun, so do these things hinder the souls of men from recognizing the light of the divine Luminary. To this beareth witness that which hath proceeded out of the mouth of the unbelievers as revealed in the sacred Book: "And they have said: 'What manner of apostle is this? He eateth food, and walketh the streets. Unless an angel be sent down and take part in His warnings, we will not believe.'" [Qur'an 25:7.] Other Prophets, similarly, have been subject to poverty and afflictions, to hunger, and to the ills and chances of this world. As these holy Persons were subject to such needs and wants, the people were, consequently, lost in the wilds of misgivings and doubts, and were afflicted with bewilderment and perplexity. How, they wondered, could such a person be sent down from God, assert His ascendancy over all the peoples and

--Baha'u'llah and the New Era, Page 231
kindreds of the earth, and claim Himself to be the goal of all creation,--even as He hath said: "But for Thee, I would have not created all that are in heaven and on earth,"--and yet be subject to such trivial things? You must undoubtedly have been informed of the tribulations, the poverty, the ills, and the degradation that have befallen every Prophet of God and His companions. You must have heard how the heads of their followers were sent as presents unto different cities, how grievously they were hindered from that whereunto they were commanded. Each and every one of them fell a prey to the hands of the enemies of His Cause, and had to suffer whatsoever they decreed....
... The All-Glorious hath decreed these very things, that are contrary to the desires of wicked men, to be the touchstone and standard whereby He proveth His servants, that the just may be known from the wicked, and the faithful distinguished from the infidel....
And now, concerning His words: "And He shall send His angels...." By "angels" is meant those who, reinforced by the power of the spirit, have consumed, with the fire of the love of God, all human traits and limitations, and have clothed themselves with the attributes of the most exalted Beings and of the Cherubim....
As the adherents of Jesus have never understood the hidden meaning of these words, and as the signs which they and the leaders of their Faith have expected have failed to appear, they therefore refused to acknowledge, even until now, the truth of those Manifestations of Holiness that have since the days of Jesus been made manifest. They have thus deprived themselves of the outpourings of God's holy grace, and of the wonders of His divine utterance. Such is their low estate in this, the Day of Resurrection! They have even failed to perceive that were the signs of the Manifestation of God in every age to appear in the visible realm in accordance with the text of established traditions, none could possibly deny or turn away, nor would the blessed be distinguished from the

--Baha'u'llah and the New Era, Page 232
miserable, and the transgressor from the God-fearing. Judge fairly: Were the prophecies recorded in the Gospel to be literally fulfilled; were Jesus, Son of Mary, accompanied by angels, to descend from the visible heaven upon the clouds; who would dare to disbelieve, who would dare to reject the truth, and wax disdainful? Nay, such consternation would immediately seize all the dwellers of the earth that no soul would feel able to utter a word, much less to reject or accept the truth.--Kitab-i-Iqan, pp. 67, 71-73, 76, 78-79, 80-81.

According to the above explanation the coming of the Son of Man, in lowly human form, born of woman, poor, uneducated, oppressed and set at naught by the great ones of the earth--this manner of coming is the very touchstone by which He judges the people of earth and separates them one from another, as a shepherd divides his sheep from the goats. Those whose spiritual eyes are opened can see through those clouds and rejoice in the "power and great glory"--the very glory of God--which He comes to reveal; the others, whose eyes are still holden by prejudice and error, can see but the dark clouds and continue to grope in gloom, deprived of the blessed sunshine.

Behold, I will send my messenger, and he shall prepare the way before me: and the Lord, whom ye seek, shall suddenly come to his temple, even the messenger of the covenant, whom ye delight in.... But who may abide the day of his coming? And who shall stand when he appeareth? for he is like a refiner's fire, and like fullers' sope.... For, behold, the day cometh, that shall burn as an oven; and all the proud, yea, and all that do wickedly, shall be stubble:... But unto you that fear my name shall the Sun of righteousness arise with healing in his wings.--Mal. iii, 1-2; iv. 1-2.

NOTE--The subject of fulfillment of prophecy is such an extensive one that many volumes would be required for its adequate

--Baha'u'llah and the New Era, Page 233
exposition. All that can be done within the limits of a single chapter is to indicate the main outlines of the Baha'i interpretations. The detailed Apocalypses revealed by Daniel and St. John have been left untouched. Readers will find certain chapters of these dealt with in Some Answered Questions. In the Book of Iqan, by Baha'u'llah, Baha'i Proofs, by Mirza Abu'l-Fadl, and in many of the Tablets of Baha'u'llah and 'Abdu'l-Baha further explanation of prophecies may be found.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 234
Prophecies of Baha'u'llah and 'Abdu'l-Baha/14

And if thou say in thine heart, How shall we know the word which the Lord hath not spoken? When a prophet speaketh in the name of the Lord, if the thing follow not, nor come to pass, that is the thing which the Lord hath not spoken, but the prophet hath spoken it presumptuously: thou shalt not be afraid of him.--Duet. xviii, 21-22.

Creative Power of God's Word
God, and God alone, has the power to do whatever He wills, and the greatest proof of a Manifestation of God is the creative power of His word--its effectiveness to change and transform all human affairs and to triumph over all human opposition. Through the word of the Prophets God announces His will, and the immediate or subsequent fulfillment of that word is the clearest proof of the Prophet's claim and of the genuineness of His inspiration.

For as the rain cometh down, and the snow from the heaven, and returneth not thither, but watereth the earth, and maketh it bring forth and bud, that it may give seed to the sower, and bread to the eater: So shall my word be that goeth forth out of my mouth: it shall not return unto me void, but it shall accomplish that which I please, and it shall prosper in the thing whereto I sent it.--Isa. lv, 10-11.

When the disciples of John the Baptist came to Jesus with the question: "Art thou he that should come, or do we look for another?" the answer of Jesus was simply to point to the effects wrought by His words:--

--Baha'u'llah and the New Era, Page 235
Go and shew John again those things which ye do hear and see: The blind receive their sight, and the lame walk, the lepers are cleansed, and the deaf hear, the dead are raised up, and the poor have the gospel preached to them. And blessed is he, whosoever shall not be offended in me.--Matt. xi, 4-6.

Let us now see what evidence there is to show whether the words of Baha'u'llah have this creative power which is distinctive of the word of God.
Baha'u'llah commanded the rulers to establish universal peace, and their prolongation of the policy of war since 1869-1870 has overthrown many ancient dynasties, while each successive war has produced less and less of the fruits of victory, until the European War of 1914-1918 revealed the historically startling fact that war has become disastrous to victor and vanquished alike.+F1
Baha'u'llah bade the rulers likewise to act as trustees of those under their control, making political authority a means to true general welfare. The progress toward social legislation has been unprecedented.
He commanded limitation of the extremes of wealth and poverty, and ever since, legislation for the establishment of minimum subsistence levels and for graduated taxation of wealth by income and inheritance taxes has been a constant concern. He commanded the abolition of both chattel and economic slavery, and ever since, the progress toward emancipation has been a ferment in all parts of the world.
Baha'u'llah declared the equality of men and women, expressed through equal responsibilities and equal rights and privileges, and since that declaration, the bonds by which women have been bound for ages have been breaking, and woman has rapidly been securing her rightful place as the equal and partner of man.
He declared the fundamental oneness of religions, and the succeeding interval has witnessed the most determined efforts of sincere souls in all parts of the world to achieve a new degree
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F1. This has been further evidenced by the Second World War.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 236
of tolerance, of mutual understanding and of cooperation for universal ends. The sectarian attitude has everywhere been undermined, and its historical position has become more and more untenable. The basis of exclusiveness in religion has been destroyed by the same forces making nationalism of the self-contained type incapable of survival.
He commanded universal education, and made the independent investigation of truth a proof of spiritual vitality. Modern civilization has been stirred to its depths by this new leaven. Compulsory education for children, and the extension of educational facilities for adults, have become a primary policy of government. Nations which deliberately seek to restrict the independence of mind and spirit among their citizens by that very policy have aroused revolution within and suspicion and fear outside their boundaries.
Baha'u'llah commanded the adoption of a universal auxiliary language, and Dr. Zamenhof and others obeyed His call by devoting their lives and genius to this great task and opportunity.
Above all, Baha'u'llah imbued humanity with a new spirit, arousing new longings in minds and hearts and new ideals for society. Nothing in all history is so dramatic and impressive as the course of events since the dawn of the Baha'i era in 1844. Year by year, the power of a dead past prolonged through outworn ideas, habits, attitudes and institutions has weakened, until at present every intelligent man and woman on earth realizes that humanity is passing through its most terrible crisis. On the one hand we see the new creation arising as the light of Baha'u'llah's teaching has revealed the true path of evolution. On the other hand we see naught but disaster and frustration in all realms where that light is resisted or ignored.
Yet, to the faithful Baha'i, these and countless other evidences, impressive as they are, fail to give the real measure of the spiritual majesty of Baha'u'llah. His life on earth, and the irresistible force of His inspired words, stand as the only true criterion of the will of God.
A study of the more detailed prophecies of Baha'u'llah and

--Baha'u'llah and the New Era, Page 237
their fulfillment will give powerful corroborative evidence. Of these prophecies we shall now proceed to give a few examples, about the authenticity of which there can be no dispute. They were widely published and known before their fulfillment came about. The letters which He sent to the crowned heads of the world, in which many of these prophecies occur, were compiled in a book which was first published in Bombay in the late nineteenth century. Several editions have since been published. We shall also give some examples of noteworthy prophecies by 'Abdu'l-Baha.

Napoleon III
In the year 1869 Baha'u'llah wrote to Napoleon III, rebuking him for his lust of war and for the contempt with which he had treated a former letter from Baha'u'llah. The Epistle contains the following stern warning:--

For what thou has done, thy kingdom shall be thrown into confusion, and thine empire shall pass from thine hands, as a punishment for that which thou has wrought. Then wilt thou know how thou has plainly erred. Commotions shall seize all the people in that land, unless thou arisest to help this Cause, and followest Him Who is the Spirit of God (Jesus Christ) in this, the Straight Path. Hath thy pomp made thee proud? By My Life! It shall not endure; nay, it shall soon pass away, unless thou holdest fast by this firm Cord. We see abasement hastening after thee, whilst thou art of the heedless.

Needless to say, Napoleon, who was then at the zenith of his power, paid no heed to this warning. In the following year he went to war with Prussia, firmly convinced that his troops could easily gain Berlin; but the tragedy foretold by Baha'u'llah overwhelmed him. He was defeated at Saarbruck, at Weissenburg, at Metz, and finally in the crushing catastrophe at Sedan. He was then carried prisoner to Prussia, and came to a miserable end in England two years later.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 238
Germany
Baha'u'llah later gave an equally solemn warning to the conquerors of Napoleon, which also fell on deaf ears and received a terrible fulfillment. In the Book of Aqdas, which was begun in Adrianople, and finished in the early years of Baha'u'llah's imprisonment in 'Akka, He addressed the Emperor of Germany as follows:--

O King of Berlin!... Do thou remember the one whose power transcended thy power (Napoleon III) and whose station excelled thy station. Where is he? Whither are gone the things he possessed? Take warning, and be not of them that are fast asleep. He it was who cast the Tablet of God behind him, when We made known unto him what the hosts of tyranny had caused Us to suffer. Wherefore, disgrace assailed him from all sides, and he went down to dust in great loss. Think deeply, O King, concerning him, and concerning them who, like unto thee, have conquered cities and ruled over men. The All-Merciful brought them down from their palaces to their graves. Be warned, be of them who reflect...
O banks of the Rhine! We have seen you covered with gore, inasmuch as the swords of retribution were drawn against you; and you shall have another turn. And We hear the lamentations of Berlin, though she be today in conspicuous glory.--Kitab-i-Aqdas.

During the period of German successes in the Great War of 1914-1918, and especially during the last great German offensive in the spring of 1918, this well-known prophecy was extensively quoted by the opponents of the Baha'i Faith in Persia, in order to discredit Baha'u'llah; but when the forward sweep of the victorious Germans was suddenly transformed into crushing, overwhelming disaster, the efforts of these enemies of the Baha'i Cause recoiled on themselves, and the notoriety which they had given to the prophecy became a powerful means of enhancing the reputation of Baha'u'llah.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 239
Persia
In the Book of Aqdas written when the tyrannical Nasiri'd-Din Shah was at the height of his power, Baha'u'llah blesses the city of Tihran, which is the capital of Persia, and His own birthplace, and says of it:--

Let nothing grieve thee, O Land of Ta (Tihran), for God hath chosen thee to be the source of the joy of all mankind. He shall, if it be His will, bless thy throne with one who will rule with justice, who will gather together the flock of God which the wolves have scattered. Such a ruler will, with joy and gladness, turn his face towards, and extend his favors unto, the people of Baha. He indeed is accounted in the sight of God as a jewel among men. Upon him rest forever the glory of God, and the glory of all that dwell in the kingdom of His Revelation.
Rejoice with great joy, for God hath made thee "the Day Spring of His light," inasmuch as within thee was born the Manifestation of His Glory. Be thou glad for this name that hath been conferred upon thee--a name through which the Day Star of Grace hath shed its splendor, through which both earth and heaven have been illumined.
Ere long will the state of affairs within thee be changed, and the reins of power fall into the hands of the people. Verily, thy Lord is the All-Knowing. His authority embraceth all things. Rest thou assured in the gracious favor of thy Lord. The eye of His loving-kindness shall everlastingly be directed towards thee. The day is approaching when thy agitation will have been transmuted into peace and quiet calm. Thus hath it been decreed in the wondrous Book.--Gleanings from the Writings of Baha'u'llah, pp. 110-111.

So far, Persia has only begun to emerge from the period of confusion foretold by Baha'u'llah, but already constitutional government has been started, and signs are not lacking that a brighter era is at hand.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 240
Turkey
To the Sultan of Turkey and his Prime Minister 'Ali Pasha, Baha'u'llah, then (in 1868) confined in a Turkish prison, addressed some of His most solemn, grave warnings. To the Sultan He wrote from the Barracks at 'Akka:--

O thou who considerest thyself the greatest of all men ... erelong thy name shall be forgotten and thou shalt find thyself in great loss. According to thy opinion, this Quickener of the world and its Peacemaker is culpable and seditious. What crime have the women, children and suffering babes committed to merit thy wrath, oppression and hate? You have persecuted a number of souls who have shown no opposition in your country, and who have instigated no revolution against the government; nay, rather, by day and by night they have been peacefully engaged in the mentioning of God. You have pillaged their properties, and through your tyrannical acts, all that they had was taken from them.... Before God, a handful of dust is greater than your kingdom, glory, sovereignty and dominion, and should He desire, He would scatter you as the sand of the desert. Erelong His wrath shall overtake you, revolutions shall appear in your midst and your countries will be divided! Then you will weep and lament and nowhere will you find help and protection.... Be ye watchful, for the wrath of God is prepared, and erelong you shall behold that which is written by the Pen of Command.

And to 'Ali Pasha He wrote:--

Thou hast, O Chief, committed that which hath made Muhammad, the Apostle of God, groan in the Most Exalted Paradise. The world hath made thee proud, so much so that thou hast turned away from the Face through Whose brightness the Concourse on high hath been illumined. Soon thou shalt find thyself in evident loss. Thou didst unite with the Ruler of Persia for doing

--Baha'u'llah and the New Era, Page 241
Me harm, although I had come to you from the Dawning-place of the Almighty, the Great, with a Cause which refreshed the eyes of the favored ones of God....
Didst thou think that thou could put out the fire which God hath enkindled in the Universe? No! I declare by His True Soul, wert thou of those who understand. More than that, by what thou hast done its blaze and flame have been increased. Soon it will encompass the world and its inhabitants.... The day is approaching when the Land of Mystery (Adrianople) and what is beside it shall be changed, and shall pass out of the hands of the King, and commotions shall appear, and the voice of lamentation shall be raised, and the evidences of mischief shall be revealed on all sides, and confusion shall spread by reason of that which hath befallen these captives [Baha'u'llah and His companions] at the hands of the hosts of oppression. The course of things shall be altered, and conditions shall wax so grievous, that the very sand on the desolate hills will moan, and the trees on the mountain will weep, and blood will flow out of all things. Then wilt thou behold the people in sore distress....
Thus hath the matter been decreed on the part of the Designer, the Wise, Whose command the hosts of heaven and earth could not withstand, nor could all the kings and rulers withhold Him from that which He willeth. Calamities are the oil for this Lamp, and through them its Light increaseth, were ye of those who know! All oppositions displayed by the oppressors are indeed as heralds to this Faith, and by them the appearance of God and His Cause have become widely spread among the people of the world.

Again in the Book of Aqdas He wrote:--

O Spot [Constantinople] that art situate on the shores of the two seas! The throne of tyranny hath, verily, been established upon thee, and the flame of hatred hath been kindled within thy bosom, in such wise that the Concourse on high and they who circle around the

--Baha'u'llah and the New Era, Page 242
Exalted Throne have wailed and lamented. We behold in thee the foolish ruling over the wise, and darkness vaunting itself against the light. Thou art indeed filled with manifest pride. Hath thine outward splendor made thee vainglorious? By Him Who is the Lord of mankind! It shall soon perish, and thy daughters and thy widows and all the kindreds that dwell within thee shall lament. Thus informeth thee the All-Knowing, the All-Wise.

The successive calamities which have befallen this once great empire since the publication of these warnings have furnished an eloquent commentary on their prophetic significance.

America
In the Book of Aqdas, revealed in 'Akka in 1873, Baha'u'llah appealed to America as follows:--

O Rulers of America and the Presidents of the Republics therein ... Give ear unto that which hath been raised from the Dayspring of Grandeur: Verily, there is none other God but Me, the Lord of Utterance, the All-Knowing. Bind ye the broken with the hands of justice, and crush the oppressor who flourisheth with the rod of the commandments of your Lord, the Ordainer, the All-Wise.--Kitab-i-Aqdas.

'Abdu'l-Baha in His addresses in America and elsewhere frequently expressed the hope, the prayer and the assurance that the banner of international peace would be first raised in America. At Cincinnati, Ohio, on November 5, 1912, He said:--

America is a noble nation, a standard-bearer of peace throughout the world, shedding her light to all regions. Other nations are not untrammeled and free of intrigues like the United States, and are unable to bring about Universal Peace. But America, thank God, is at peace with all the world, and is worthy of raising the flag of brotherhood

--Baha'u'llah and the New Era, Page 243
and International Peace. When the summons to International Peace is raised by America, all the rest of the world will cry: "Yes, we accept." The nations of every clime will join in adopting the teachings of Baha'u'llah, revealed over fifty years ago. In His Epistles He asked the parliaments of the world to send their best and wisest men to an international world parliament that should decide all questions between the peoples and establish peace ... then we shall have the Parliament of Man of which the prophets have dreamed.

The appeals of Baha'u'llah and 'Abdu'l-Baha have already been responded to, in a large measure, by the United States of America, and in no country of the world have the Baha'i teachings met with readier acceptance. The role assigned to America, of summoning the nations to international peace, has as yet, however, been only partially played, and Baha'is are awaiting with interest the developments which the future has in store.+F1

The Great War
Both Baha'u'llah and 'Abdu'l-Baha on many occasions foretold with surprising accuracy the coming of the Great War of 1914-1918. At Sacramento, California, on October 26, 1912, 'Abdu'l-Baha said:--"Today the European continent is like an arsenal. It is a storehouse of explosives, ready for just a spark, and one spark could set aflame the whole of Europe, particularly at this time, when the Balkan question is before the world."
In many of His addresses in America and Europe He gave similar warnings. In another address in California in October 1912 He said:--

We are on the eve of the Battle of Armageddon referred to in the sixteenth chapter of Revelation. The time is two
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F1. It is of interest that the charter meeting of the United Nations Organization was held in San Francisco.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 244
years hence, when only a spark will set aflame the whole of Europe.
The social unrest in all countries, the growing religious scepticism antecedent to the millennium, and already here, will set aflame the whole of Europe as is prophesied in the Book of Daniel and in the Book (Revelation) of John.
By 1917 kingdoms will fall and cataclysms will rock the earth. (Reported by Mrs. Corinne True in The North Shore Review, September 26, 1914, Chicago, U.S.A.)

On the eve of the great conflict He said:--

A great melee of the civilized nations is in sight. A tremendous conflict is at hand. The world is at the threshold of a most tragic struggle.... Vast armies--millions of men--are being mobilized and stationed at their frontiers. They are being prepared for the fearful contest. The slightest friction will bring them into a terrific crash, and there will be a conflagration, the like of which is not recorded in the past history of mankind. (At Haifa, August 3, 1914).

Social Troubles After the War
Both Baha'u'llah and 'Abdu'l-Baha also foretold a period of great social upheaval, conflict and calamity as an inevitable result of the irreligion and prejudices, the ignorance and superstition, prevalent throughout the world. The great international military conflict was but one phase of this upheaval. In a Tablet dated January, 1920, He wrote:--

O ye lovers of truth! O ye servants of mankind! As the sweet fragrance of your thoughts and high intentions has breathed upon me, I feel that my soul is irresistibly prompted to communicate with you.
Ponder in your hearts how grievous is the turmoil in which the world is plunged; how the nations on earth are besmeared with human blood, nay their very soil is turned

--Baha'u'llah and the New Era, Page 245
into clotted gore. The flame of war has caused so wild a conflagration that the world in its early days, in its middle ages, or in modern times has never witnessed its like. The millstones of war have ground and crushed many a human head, nay, even more severe has been the lot of these victims. Flourishing countries have been made desolate, cities have been laid level with the ground, and smiling villages have been turned into ruin. Fathers have lost their sons, and sons turned fatherless. Mothers have shed tears of blood in mourning for their youths, little children have been made orphans, and women left wanderers and homeless. In a word, humanity, in all its phases, has been debased. Loud is the cry and wailing of orphans, and bitter the lamentations of mothers which are echoed by the skies.
The prime cause for all these happenings is racial, national, religious, and political prejudice, and the root of all this prejudice lies in outworn and deepseated traditions, be they religious, racial, national, or political. So long as these traditions remain, the foundation of human edifice is insecure, and mankind itself is exposed to continuous peril.
Now in this radiant age, when the essence of all beings has been made manifest, and the hidden secret of all created things has been revealed, when the morning light of truth has broken and turned the darkness of the world into light, is it meet and seemly that such a frightful carnage which brings irretrievable ruin upon the world should be made possible? By God! that cannot be.
Christ summoned all the people of the world to reconciliation and peace. He commanded Peter to return his sword unto its scabbard. Such was His wish and counsel, and yet they that bear His name have unsheathed the sword! How great the difference between their deeds and the explicit text of the Gospel!
Sixty years ago Baha'u'llah, even as the shining sun, shone in the firmament of Persia, and proclaimed that the world is wrapt in darkness and this darkness is fraught

--Baha'u'llah and the New Era, Page 246
with disastrous results, and will lead to fearful strife. In His prison city of 'Akka, He apostrophized in unmistakable terms the Emperor of Germany, declaring that a terrible war shall take place, and Berlin will break forth in lamentation and wailing. In like manner, whilst the wronged prisoner of the Sultan of Turkey in the citadel of 'Akka, He clearly and emphatically wrote him that Constantinople will fall a prey to grave disorder, in such wise that the women and children will raise their moaning cry. In brief, He addressed epistles to all the chief rulers and sovereigns of the world, and all that He foretold has been fulfilled. From His pen of glory flowed teachings for the prevention of war, and these have been scattered far and wide.
His first teaching is the search after truth. Blind imitation, He declared, killeth the spirit of man, whereas the investigation of truth frees the world from the darkness of prejudice.
His second teaching is the oneness of mankind. All men are but one fold, and God the loving Shepherd. He bestoweth upon them His most great mercy, and considers them all as one. "Thou shalt find no difference amongst the creatures of God." They are all His servants, and all seek His bounty.
His third teaching is that religion is the most mighty stronghold. It should be conducive to unity, rather than be the cause of enmity and hate. Should it lead to enmity and hate better not have it at all. For religion is even as medicine, which if it should aggravate the disease, its abandonment would be preferred.
Likewise, religious, racial, national, and political prejudice, all are subversive of the foundation of human society, all lead to bloodshed, all heap ruin upon mankind. So long as these remain, the dread of war will continue. The sole remedy is universal peace. And this is achieved only by the establishment of a supreme Tribunal, representative of all governments and peoples. All national and international problems should be referred to this tribunal, and whatsoever be its decision that should be enforced. Were

--Baha'u'llah and the New Era, Page 247
a government or people to dissent, the world as a whole should rise against it.
And among His teachings is the equality in right of men and women, and so on with many other similar teachings that have been revealed by His pen. At present it has been made evident and manifest that these principles are the very life of the world, and the embodiment of its true spirit. And now, ye, who are the servants of mankind, should exert yourselves, heart and soul, to free the world from the darkness of materialism and human prejudice, that it may be illumined with the light of the City of God.
Praise be to Him, ye are acquainted with the various schools, institutions and principles of the world; today nothing short of these divine teachings can assure peace and tranquillity to mankind. But for these teachings, this darkness shall never vanish, these chronic diseases shall never be healed; nay, they shall grow fiercer from day to day. The Balkans will remain restless, and its condition will aggravate. The vanquished will not keep still, but will seize every means to kindle anew the flame of war. Modern universal movements will do their utmost to carry out their purpose and intentions. The Movement of the Left will acquire great importance, and its influence will spread.
Wherefore, endeavor that with an illumined heart, a heavenly spirit, and a divine strength, and aided by His grace, ye may bestow God's bountiful gift upon the world ... the gift of comfort and tranquillity for all mankind.

In a talk given in November 1919, He said:--

Baha'u'llah frequently predicted that there would be a period when irreligion and consequent anarchy would prevail. The chaos will be due to too great liberty among people who are not ready for it, and in consequence there will have to be a temporary reversion to coercive government, in the interests of the people themselves and in order to prevent disorder and chaos. It is clear that each nation

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now wishes complete self-determination and freedom of action, but some of them are not ready for it. The prevailing state of the world is one of irreligion, which is bound to result in anarchy and confusion. I have always said that the peace proposals following the great war were only a glimmer of the dawn, and not the sunrise.

Coming of the Kingdom of God
Amid these troublous times, however, the Cause of God will prosper. The calamities caused by the selfish struggle for individual existence, or for party or sectarian or national gain, will induce the people to turn in despair to the remedy offered by the Word of God. The more calamities abound, the more will the people turn to the only true remedy. Baha'u'llah says in his Epistle to the Shah:--

God hath made afflictions as a morning shower to this green pasture, and as a wick for His Lamp, whereby earth and heaven are illumined.... Through affliction hath His Light shone and His Praise been bright unceasingly; this hath been His method through past ages and bygone times.

Both Baha'u'llah and 'Abdu'l-Baha predict in the most confident terms the speedy triumph of spirituality over materiality and the consequent establishment of the Most Great Peace. 'Abdu'l-Baha wrote in 1904:--

Know thou that hardship and privation shall increase day by day, and the people shall thereby be afflicted. The doors of joy and happiness shall be closed on all sides, and terrible wars shall occur. Frustration and despair shall encompass the people until they are forced to turn to the One True God. Then will the light of most joyful tidings so illumine the horizons that the cry of 'Ya Baha'ul-Abha' will be raised from every direction. This shall come to pass. --Tablet to Isabella D. Brittingham.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 249
When asked, in February 1914, whether any of the Great Powers would become believers, He replied:--

All the people of the world will become believers. Should you compare the beginning of the Cause with its position today, you would see what a quick influence the Word of God has, and now the Cause of God has encompassed the world.... Unquestionably, all will come under the shadow of the Cause of God.

He declared that the establishment of world unity will come about during the present century. In one of His Tablets He wrote:--

... All the members of the human family, whether peoples or governments, cities or villages, have become increasingly interdependent. For none is self-sufficiency any longer possible, inasmuch as political ties unite all peoples and nations, and the bonds of trade and industry, of agriculture and education, are being strengthened every day. Hence the unity of all mankind can in this day be achieved. Verily this is none other but one of the wonders of this wondrous age, this glorious century. Of this, past ages have been deprived, for this century--the century of light--has been endowed with the unique and unprecedented glory, power and illumination. Hence the miraculous unfolding of a fresh marvel every day. Eventually it will be seen how bright its candles will burn in the assemblage of man.

In the last two verses of the Book of Daniel occur the cryptic words:--"Blessed is he that waiteth, and cometh to the thousand three hundred and five and thirty days. But go thy way till the end be: for thou shalt rest, and stand in thy lot at the end of the days."
Many have been the attempts of learned students to solve the problem of the significance of these words. In a tabletalk at which the writer was present, 'Abdu'l-Baha reckoned the

--Baha'u'llah and the New Era, Page 250
fulfillment of Daniel's prophecy from the date of the beginning of the Muhammadan era.
'Abdu'l-Baha's Tablets make it clear that this prophecy refers to the one hundredth anniversary of the Declaration of Baha'u'llah in Baghdad, or the year 1963:--

Now concerning the verse in Daniel, the interpretation whereof thou didst ask, namely, "Blessed is he who cometh unto the thousand, three hundred and thirty-five days." These days must be reckoned as solar and not lunar years. For according to this calculation a century will have elapsed from the dawn of the Sun of Truth, then will the teachings of God be firmly established upon the earth, and the Divine Light shall flood the world from the East even unto the West. Then, on this day, will the faithful rejoice!

'Akka and Haifa
Mirza Ahmad Sohrab recorded in his diary the following prophecy about 'Akka and Haifa uttered by 'Abdu'l-Baha while seated by the window of one of the Baha'i Pilgrim Homes at Haifa on February 14, 1914:--

The view from the Pilgrim Home is very attractive, especially as it faces the Blessed Tomb of Baha'u'llah. In the future the distance between 'Akka and Haifa will be built up, and the two cities will join and clasp hands, becoming the two terminal sections of one mighty metropolis. As I look now over this scene, I see so clearly that it will become one of the first emporiums of the world. This great semicircular bay will be transformed into the finest harbor, wherein the ships of all nations will seek shelter and refuge. The great vessels of all peoples will come to this port, bringing on their decks thousands and thousands of men and women from every part of the globe. The mountain and the plain will be dotted with the most modern buildings and palaces. Industries will be established and various institutions of philanthropic nature will be founded. The flowers of civilization and

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culture from all nations will be brought here to blend their fragrances together and blaze the way for the brotherhood of man. Wonderful gardens, orchards, groves and parks will be laid out on all sides. At night the great city will be lighted by electricity. The entire harbor from 'Akka to Haifa will be one path of illumination. Powerful searchlights will be placed on both sides of Mount Carmel to guide the steamers. Mount Carmel itself, from top to bottom, will be submerged in a sea of lights. A person standing on the summit of Mount Carmel, and the passengers of the steamers coming to it, will look upon the most sublime and majestic spectacle of the whole world.

From every part of the mountain the symphony of "Ya Baha'u'l-Abha!" will be raised, and before the daybreak soul-entrancing music accompanied by melodious voices will be uplifted towards the throne of the Almighty.
Indeed, God's ways are mysterious and unsearchable. What outward relation exists between Shiraz and Tihran, Baghdad and Constantinople, Adrianople and 'Akka and Haifa? God worked patiently, step by step, through these various cities, according to His own definite and eternal plan, so that the prophecies and predictions as foretold by the Prophets might be fulfilled. This golden thread of promise concerning the Messianic Millennium runs through the Bible, and it was so destined that God in His own good time would cause its appearance. Not even a single word will be left meaningless and unfulfilled.

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Retrospect and Prospect/15

I bear witness, O friends! that the favor is complete, the argument fulfilled, the proof manifest, and the evidence established. Let it now be seen what your endeavors in the path of detachment will reveal. In this wise hath the divine favor been fully vouchsafed unto you and unto them that are in heaven and on earth. All praise to God, the Lord of all worlds.-- BAHA'U'LLAH, The Hidden Words.

Progress of the Cause
Unfortunately it is impossible, within the space at our disposal, to describe in detail the progress of the Baha'i Faith throughout the world. Many chapters might be devoted to this fascinating subject, and many thrilling stories related about the pioneers and martyrs of the Cause, but a very brief summary must suffice.
In Persia the early believers in this revelation met with the utmost opposition, persecution and cruelty at the hands of their fellow countrymen, but they faced all calamities and ordeals with sublime heroism, firmness and patience. Their baptism was in their own blood, for many thousands of them perished as martyrs; while thousands more were beaten, imprisoned, stripped of their possessions, driven from their homes or otherwise ill-treated. For sixty years or more anyone in Persia who dared to own allegiance to the Bab or Baha'u'llah did so at the risk of his property, his freedom and even of his life. Yet this determined and ferocious opposition could no more check the progress of the Movement than a cloud of dust could keep the sun from rising.

From one end of Persia+F1 to the other Baha'is are now to be found in almost every city and town, and even amongst the
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F1. Lord Curzon, in his book, Persia and the Persian Question, published in 1892, the year of Baha'u'llah's death, writes:--"The lowest estimate places the present number of Babis in Persia at half a million. I am disposed to think, from conversations with persons well qualified to judge, that the total is nearer one million. They are to be found in every walk of life, from the ministers and nobles of the Court to the scavenger or the groom, not the least arena of their activity being the Mussulman priesthood itself....
"If Babism continues to grow at its present rate of progression, a time may conceivably come when it will oust Mohammedanism from the field in Persia. This, I think, it would be unlikely to do, did it appear upon the ground under the flag of a hostile faith. But since its recruits are won from the best soldiers of the garrison whom it is attacking, there is greater reason to believe that it may ultimately prevail." (Vol. i, pp. 449-503).

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nomad tribes. In some villages the whole population is Baha'i and in other places a large proportion of the inhabitants are believers. Recruited from many and diverse sects, which were bitterly hostile to each other, they now form a great fellowship of friends who acknowledge brotherhood, not only with each other, but with all men everywhere, who are working for the unification and upliftment of humanity, for the removal of all prejudices and conflict, and for the establishment of the Kingdom of God in the world.
What miracle could be greater than this? Only one, and that the accomplishment throughout the entire world of the task to which these men have set themselves. And signs are not lacking that this greater miracle, too, is in progress. The Faith is showing an astonishing vitality, and is spreading, like leaven, through the lump of humanity, transforming people and society as its spreads.+F2
The relatively small number of Baha'is may still seem insignificant in comparison with the followers of the ancient religions, but they are confident that a divine Power has blessed them with the high privilege of serving a new order into which will throng the multitudes of East and West at no distant day.
While, therefore, it remains true that the Holy Spirit has reflected from pure hearts in all countries still unconscious of
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F2. By 1996 the worldwide Baha'i population numbered approximately five million. (See Epilogue)

--Baha'u'llah and the New Era, Page 254
the Source, and the growth of the Faith can be witnessed in the many efforts outside the Baha'i community to promote one or another of Baha'u'llah's teachings, nevertheless the lack of any enduring foundation in the old order is convincing proof that the ideals of the Kingdom can only become fruitful within the framework of the Baha'i community.

Prophethood of Bab and Baha'u'llah
The more we study the lives and teachings of the Bab and Baha'u'llah, the more impossible does it seem to find any explanation of Their greatness, except that of Divine Inspiration. They were reared in an atmosphere of fanaticism and bigotry. They had only the most elementary education. They had no contact with Western culture. They had no political or financial power to back Them. They asked nothing from men, and receive little but injustice and oppression. The great ones of earth ignored or opposed Them. They were scourged and tortured, imprisoned and subjected to direst calamities in the fulfillment of Their mission. They were alone against the world, having no help but that of God, yet already Their triumph is manifest and magnificent.
The grandeur and sublimity of Their ideals, the nobility and self-sacrifice of Their lives; Their dauntless courage and conviction, Their amazing wisdom and knowledge, Their grasp of the needs of both Eastern and Western peoples, the comprehensiveness and adequacy of Their teachings, Their power to inspire wholehearted devotion and enthusiasm in Their followers, the penetration and potency of Their influence, the progress of the Movement They founded--surely these constitute proofs of Prophethood as convincing as any which the history of religion can show.

A Glorious Prospect
The Baha'i glad tidings disclose a vision of the Bounty of God and of the future progress of humanity, which is surely the greatest and most glorious Revelation ever given to mankind,

--Baha'u'llah and the New Era, Page 255
the development and fulfillment of all previous Revelations. Its purpose is nothing less than the regeneration of mankind and the creation of "new heavens and a new earth." It is the same task to which Christ and all the Prophets have devoted Their lives, and between these great teachers there is no rivalry. It is not by this Manifestation or by that, but by all together, that the task will be accomplished.
As 'Abdu'l-Baha says:--

It is not necessary to lower Abraham to raise Jesus. It is not necessary to lower Jesus to proclaim Baha'u'llah. We must welcome the Truth of God wherever we behold it. The essence of the question is that all these great Messengers came to raise the Divine Standard of Perfections. All of them shine as orbs in the same heaven of the Divine Will. All of them give Light to the world.

The task is God's, and God calls not only the Prophets but all mankind to be His co-workers in this creative process. If we refuse His invitation, we shall not hinder the work from going on, for what God wills shall surely come to pass. If we fail to play our part He can raise up other instruments to perform His purpose; but we shall miss the real aim and object of our own lives. At-one-ment with God--becoming His lovers, His servants, the willing channels and mediums of His Creative Power, so that we are conscious of no life within us but His Divine and abundant life--that, according to the Baha'i teaching, is the ineffable and glorious consummation of human existence.
Humanity, however, is sound at heart, for it is made "in the image and likeness of God," and when at last it sees the truth, it will not persist in the paths of folly. Baha'u'llah assures us that erelong the call of God will be generally accepted, and mankind as a whole will turn to righteousness and obedience. "All sorrow will then be turned into joy, and all disease into health," and the kingdoms of this world shall become "the kingdoms of our Lord, and of his Christ; and he shall reign for ever and ever" (Rev. xi, 15). Not only those on earth, but all in the heavens

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and on the earth, shall become one in God and rejoice eternally in Him.

Renewal of Religion
The state of the world today surely affords ample evidence that, with rare exceptions, people of all religions need to be reawakened to the real meaning of their religion; and that reawakening is an important part of the work of Baha'u'llah. He comes to make Christians better Christians, to make Muslims real Muslims, to make all men true to the spirit that inspired their Prophets. He also fulfills the promise made by all these Prophets, of a more glorious Manifestation which was to appear in the "Fullness of Time" to crown and consummate Their labors. He gives a fuller unfolding of spiritual truths than His predecessors, and reveals the Will of God with regard to all the problems of individual and social life that confront us in the world today. He gives a universal teaching which affords a firm foundation on which a new and better civilization can be built up, a teaching adapted to the needs of the world in the new era which is now commencing.

Need for New Revelation
The unification of the world of humanity, the welding together of the world's different religions, the reconciliation of Religion and Science, the establishment of Universal Peace, of International Arbitration, of an International House of Justice, of an International Language, the Emancipation of Women, Universal Education, the abolition not only of Chattel Slavery, but of Industrial Slavery, the Organization of Humanity as a single whole, with due regard to the rights and liberties of each individual--these are problems of gigantic magnitude and stupendous difficulty in relation to which Christians, Muhammadans and adherents of other religions have held and still hold the most diverse and often violently opposed views, but Baha'u'llah has revealed clearly defined principles, the general adoption of which would obviously make the world a paradise.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 257
Truth Is for All
Many are quite ready to admit that the Baha'i teachings would be a splendid thing for Persia and for the East, but imagine that for the nations of the West they are unnecessary or unsuitable. To one who mentioned such a view, 'Abdu'l-Baha replied:--

As to the meaning of the Cause of Baha'u'llah, whatever has to do with the universal good is divine, and whatever is divine is for the universal good. If it be true, it is for all; if not, it is for no one; therefore a divine cause of universal good cannot be limited to either the East or the West, for the radiance of the Sun of Truth illumines both the East and the West, and it makes its heat felt in the South and in the North--there is no difference between one Pole and another. At the time of the Manifestation of Christ, the Romans and Greeks thought His Cause was especially for the Jews. They thought they had a perfect civilization and nothing to learn from Christ's teachings, and by this false supposition many were deprived of His Grace. Likewise know that the principles of Christianity and the Commandments of Baha'u'llah are identical and their paths are the same. Every day there is progress; there was a time when this divine institution (of progressive revelation) was in embryo, then newborn, then a child, then an intellectual youth; but today it is resplendent with beauty and shining with the greatest brilliancy.
Happy is he who penetrates the mystery and takes his place in the world of the illumined ones.

The Last Will and Testament of 'Abdu'l-Baha
With the passing of its beloved leader, 'Abdu'l-Baha, the Baha'i Faith entered on a new phase of its history. This new phase represents a higher state in the existence of the same

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spiritual organism, a more mature and consequently a more responsible expression of the faith felt by its members. 'Abdu'l-Baha had devoted His superhuman energy and unique capacity to the task of spreading His love for Baha'u'llah throughout the East and West. He had lighted the candle of faith in countless souls. He had trained and guided them in the attributes of the personal spiritual life. In view of the momentous importance of the Last Will and Testament of 'Abdu'l-Baha, the gravity of the issues it raises and the profound wisdom underlying its provisions, we give a few extracts which vividly portray the spirit and leading principles which animated and guided 'Abdu'l-Baha and are transmitted as a rich heritage to His faithful followers:--

O ye beloved of the Lord! In this sacred Dispensation, conflict and contention are in no wise permitted. Every aggressor deprives himself of God's grace. It is incumbent upon everyone to show the utmost love, rectitude of conduct, straight forwardness and sincere kindliness unto all the peoples and kindreds of the world, be they friends or strangers. So intense must be the spirit of love and loving kindness, that the stranger may find himself a friend, the enemy a true brother, no difference whatsoever existing between them. For universality is of God and all limitations earthly....
Wherefore, O my loving friends! Consort with all the peoples, kindreds and religions of the world with the utmost truthfulness, uprightness, faithfulness, kindliness, good-will and friendliness, that all the world of being may be filled with the holy ecstasy of the grace of Baha, that ignorance, enmity, hate and rancor may vanish from the world and the darkness of estrangement amidst the peoples and kindreds of the world may give way to the Light of Unity. Should other peoples and nations be unfaithful to you show your fidelity unto them, should they be unjust toward you show justice towards them, should they keep aloof from you attract them to yourself, should they show their enmity be friendly towards them, should they poison your lives, sweeten their souls, should they inflict a

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wound upon you, be a salve to their sores. Such are the attributes of the sincere! Such are the attributes of the truthful.

O ye beloved of the Lord! It is incumbent upon you to be submissive to all monarchs that are just and to show your fidelity to every righteous king. Serve ye the sovereigns of the world with utmost truthfulness and loyalty. Show obedience unto them and be their well-wishers. Without their leave and permission do not meddle with political affairs, for disloyalty to the just sovereign is disloyalty to God Himself.
This is my counsel and the commandment of God unto you. Well is it with them that act accordingly.

Lord! Thou seest all things weeping me and my kindred rejoicing in my woes. By Thy Glory, O my God! Even amongst mine enemies, some have lamented my troubles and my distress, and of the envious ones a number have shed tears because of my cares, my exile and my afflictions. They did this because they found naught in me but affection and care and witnessed naught but kindliness and mercy. As they saw me swept into the flood of tribulation and adversity and exposed even as a target to the arrows of fate, their hearts were moved with compassion, tears came to their eyes and they testified declaring: --"The Lord is our witness; naught have we seen from him but faithfulness, generosity and extreme compassion." The Covenant-breakers, foreboders of evil, however, waxed fiercer in their rancor, rejoiced as I fell a victim to the most grievous ordeal, bestirred themselves against me and made merry over the heartrending happenings around me.
I call upon Thee, O Lord my God! with my tongue and with all my heart, not to requite them for their cruelty and their wrong-doings, their craft and their mischief, for they are foolish and ignoble and know not what they do. They discern not good from evil, neither do they distinguish right from wrong, nor justice from injustice. They follow

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their own desires and walk in the footsteps of the most imperfect and foolish amongst them. O my Lord! Have mercy upon them, shield them from all afflictions in these troubled times and grant that all trials and hardships may be the lot of this Thy servant that hath fallen into this darksome pit. Single me out for every woe and make me a sacrifice for all Thy loved ones. O Lord, Most High! May my soul, my life, my being, my spirit, my all be offered up for them. O God, my God! Lowly, suppliant and fallen upon my face, I beseech Thee with all the ardor of my invocation to pardon whosoever hath hurt me, forgive him that hath conspired against me and offended me, and wash away the misdeeds of them that have wrought injustice upon me. Vouchsafe unto them Thy goodly gifts, give them joy, relieve them from sorrow, grant them peace and prosperity, give them Thy bliss and pour upon them Thy bounty.
Thou art the Powerful, the Gracious, the Help in Peril, the Self-Subsisting!

The disciples of Christ forgot themselves and all earthy things, forsook all their cares and belongings, purged themselves of self and passion and with absolute detachment scattered far and wide and engaged in calling the peoples of the world to the Divine Guidance, till at last they made the world another world, illumined the surface of the earth and even to their last hour proved self-sacrificing in the pathway of that Beloved One of God. Finally in various lands they suffered glorious martyrdom. Let them that are men of action follow in their footsteps!

O God, my God! I call Thee, Thy Prophets and Thy Messengers, Thy Saints and Thy Holy Ones, to witness that I have declared conclusively Thy Proofs unto Thy loved ones and set forth clearly all things unto them, that they may watch over Thy Faith, guard Thy Straight Path and protect Thy Resplendent Law. Thou art, verily, the All-Knowing, the All-Wise!

--Baha'u'llah and the New Era, Page 261
With 'Abdu'l-Baha's passing, the time had come to establish the administrative order which has been termed the pattern and nucleus of the world order which it is the special mission of the religion of Baha'u'llah to establish. The Will and Testament of 'Abdu'l-Baha consequently marks a turning point in Baha'i history, dividing the era of immaturity and irresponsibility from that era in which the Baha'is themselves are destined to fulfill their spirituality by enlarging its scope from the realm of personal experience to that of social unity and cooperation. The three principal elements in the administrative plan left by 'Abdu'l-Baha are:--

1. "The Guardian of the Cause of God,"
2. "The Hands of the Cause of God," and
3. "The Houses of Justice, Local, National and International."+F1

The Guardian of the Cause of God
'Abdu'l-Baha appointed His eldest grandson, Shoghi Effendi, to the responsible position of "Guardian of the Cause" (Valiyy-i-Amru'llah). Shoghi Effendi is the eldest son of Diya'iyyih Khanum, the eldest daughter of 'Abdu'l-Baha. His father, Mirza Hadi, is a relative of the Bab (although not a direct descendant, as the Bab's only child died in infancy). Shoghi Effendi was twenty-five years of age, and was studying at Balliol College, Oxford, at the time of his grandfather's passing. The announcement of his appointment is made in 'Abdu'l-Baha's Will as follows:--

O my loving friends! After the passing away of this wronged one, it is incumbent upon the Aghsan (Branches), the Afnan (Twigs) of the Sacred Lote-Tree, the Hands (pillars) of the Cause of God and the loved
___________________
F1. The Local and National Houses of Justice are at the present time designated Local and National Spiritual Assemblies, as previously indicated.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 262
ones of the Abha Beauty to turn unto Shoghi Effendi-- the youthful branch branched from the two hallowed and sacred Lote-Trees and the fruit grown from the union of the two offshoots of the Tree of Holiness,--as he is the sign of God, the chosen branch, the Guardian of the Cause of God, he unto whom all the Aghsan, the Afnan, the Hands of the Cause of God and His loved ones must turn. He is the expounder of the words of God and after him will succeed the first-born of his lineal descendants.
The sacred and youthful branch, the Guardian of the Cause of God as well as the Universal House of Justice, to be universally elected and established, are both under the care and protection of the Abha Beauty, under the shelter and unerring guidance of His Holiness, the Exalted One (may my life be offered up for them both). Whatsoever they decide is of God....
O ye beloved of the Lord! It is incumbent upon the Guardian of the Cause of God to appoint in his own lifetime him that shall become his successor, that differences may not arise after his passing. He that is appointed must manifest in himself detachment from all worldly things, must be the essence of purity, must show in himself the fear of God, knowledge, wisdom and learning. Thus, should the first-born of the Guardian of the Cause of God not manifest in himself the truth of the words:--"The child is the secret essence of its sire," that is, should he not inherit of the spiritual within him (the Guardian of the Cause of God) and his glorious lineage not be matched with a goodly character, then must he (the Guardian of the Cause of God) choose another branch to succeed him.
The Hands of the Cause of God must elect from their own number nine persons that shall at all times be occupied in the important services in the work of the Guardian of the Cause of God. The election of these nine must be carried either unanimously or by majority from the company of the Hands of the Cause of God and these, whether

--Baha'u'llah and the New Era, Page 263
unanimously or by a majority vote, must give their assent to the choice of the one whom the Guardian of the Cause of God hath chosen as his successor. This assent must be given in such wise as the assenting and dissenting voices may not be distinguished (i.e., secret ballot).

Hands of the Cause of God
During His own lifetime Baha'u'llah appointed a few tried and trusted friends to assist in directing and promoting the work of the Movement, and gave them the title of Ayadiyi-Amru'llah (lit. "Hands of the Cause of God"). 'Abdu'l-Baha makes provision in His Will for the establishment of a permanent body of workers to serve the Cause and help the Guardian of the Cause. He writes:--

O friends! The Hands of the Cause of God must be nominated and appointed by the Guardian of the Cause of God....
The obligations of the Hands of the Cause of God are to diffuse the Divine Fragrances, to edify the souls of men, to promote learning, to improve the character of all men and to be, at all times and under all conditions, sanctified and detached from earthly things. They must manifest the fear of God by their conduct, their manners, their deeds and their words.
This body of the Hands of the Cause of God is under the direction of the Guardian of the Cause of God. He must continually urge them to strive and endeavor to the utmost of their ability to diffuse the sweet savors of God, and to guide all the peoples of the world, for it is the light of Divine Guidance that causeth all the universe to be illumined.+F1
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F1. Of the Hands of the Cause appointed by Shoghi Effendi during his thirty-six year ministry, twenty-seven were living at the time of his passing. He also instituted, in 1954, Auxiliary Boards to be appointed by the Hands and to be their deputies, assistants and advisors.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 264
The Administrative Order+F1
It has been the general characteristic of religion that organization marks the interruption of the true spiritual influence and serves to prevent the original impulse from being carried into the world. The organization has invariably become a substitute for religion rather than a method or an instrument used to give the religion effect. The separation of peoples into different traditions unbridged by any peaceful or constructive intercourse has made this inevitable. Up to the present time, in fact, no Founder of a revealed religion has explicitly laid down the principles that should guide the administrative machinery of the Faith He has established.
In the Baha'i Cause, the principles of world administration were expressed by Baha'u'llah, and these principles were developed in the writings of 'Abdu'l-Baha, more especially in His Will and Testament.
The purpose of this organization is to make possible a true and lasting unity among peoples of different races, classes, interests, characters, and inherited creeds. A close and sympathetic study of this aspect of the Baha'i Cause will show that the purpose and method of Baha'i administration is so perfectly adapted to the fundamental spirit of the Revelation that it bears to it the same relationship as body to soul. In character, the principles of Baha'i administration represent the science of cooperation; in application, they provide for a new and higher type of morality worldwide in scope....
A Baha'i community differs from other voluntary gatherings in that its foundation is so deeply laid and broadly extended that it can include any sincere soul. Whereas other associations are exclusive, in effect if not in intention, and from method if not from ideal, Baha'i association is inclusive, shutting the
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F1. This section on the Administrative Order is taken from the article on The Present-Day Administration of the Baha'i Faith by Horace Holley, published in 1933 in The Baha'i World, Volume V, p. 191 et seq. Passages in this article quoting from Baha'i writings have been replaced by newer translations where these are available.

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gates of fellowship to no sincere soul. In every gathering there is latent or developed some basis of selection. In religion this basis is a creed limited by the historical nature of its origin; in politics this is party or platform; in economics this is a mutual misfortune or mutual power; in the arts and sciences this basis consists of special training or activity or interest. In all these matters, the more exclusive the basis of selection, the stronger the movement--a condition diametrically opposed to that existing in the Baha'i Cause. Hence the Cause, for all its spirit of growth and progress, develops slowly as regards the numbers of its active adherents. For people are accustomed to exclusiveness and division in all affairs. The important sanctions have ever been warrants and justifications of division. To enter the Baha'i Movement is to leave these sanctions behind-- an experience which at first invariably exposes one to new trials and sufferings, as the human ego revolts against the supreme sanction of universal love. The scientific must associate with the simple and unlearned, the rich with the poor, the white with the colored, the mystic with the literalist, the Christian with the Jew, the Muslim with the Parsee: and on terms removing the advantage of long established presumptions and privileges.
But for this difficult experience there are glorious compensations. Let us remember that art grows sterile as it turns away from the common humanity, that philosophy likewise loses its vision when developed in solitude, and that politics and religion never succeed apart from the general needs of mankind. Human nature is not yet known, for we have all lived in a state of mental, moral, emotional or social defense, and the psychology of defense is the psychology of inhibition. But the love of God removes fear; the removal of fear establishes the latent powers, and association with others in spiritual love brings these powers into vital, positive expression. A Baha'i community is a gathering where this process can take place in this age, slowly at first, as the new impetus gathers force, more rapidly as the members become conscious of the powers unfolding the flower of unity among men....
The responsibility for and supervision of local Baha'i affairs is vested in a body known as the Spiritual Assembly. This body

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(limited to nine members) is elected annually on April 21st, the first day of Ridvan (the Festival commemorating the Declaration of Baha'u'llah) by the adult declared believers of the community, the voting list being drawn up by the outgoing Spiritual Assembly. Concerning the character and functions of this body, 'Abdu'l-Baha has written as follows:--

It is incumbent upon every one [every believer] not to take any step [of Baha'i activity] without consulting the Spiritual Assembly, and they must assuredly obey with heart and soul its bidding and be submissive unto it, that things may be properly ordered and well arranged. Otherwise every person will act independently and after his own judgment, will follow his own desire, and do harm to the Cause.
The prime requisites for them that take counsel together are purity of motive, radiance of spirit, detachment from all else save God, attraction to His Divine Fragrances, humility and lowliness amongst His loved ones, patience and long-suffering in difficulties and servitude to His exalted Threshold. Should they be graciously aided to acquire these attributes, victory from the unseen Kingdom of Baha shall be vouchsafed to them. In this day, assemblies of consultation are of the greatest importance and a vital necessity. Obedience unto them is essential and obligatory. The members thereof must take counsel together in such wise that no occasion for ill-feeling or discord may arise. This can be attained when every member expresseth with absolute freedom his own opinion and setteth forth his argument. Should any one oppose, he must on no account feel hurt for not until matters are fully discussed can the right way be revealed. The shining spark of truth cometh forth only after the clash of differing opinions. If after discussion, a decision be carried unanimously well and good; but if, the Lord forbid, differences of opinion should arise, a majority of voices must prevail....
The first condition is absolute love and harmony amongst the members of the assembly. They must be

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wholly free from estrangement and must manifest in themselves the Unity of God, for they are the waves of one sea, the drops of one river, the stars of one heaven, the rays of one sun, the trees of one orchard, the flowers of one garden. Should harmony of thought and absolute unity be non-existent, that gathering shall be dispersed and that assembly be brought to naught. The second condition:--They must when coming together turn their faces to the Kingdom on High and ask aid from the Realm of Glory.... Discussions must all be confined to spiritual matters that pertain to the training of souls, the instruction of children, the relief of the poor, the help of the feeble throughout all classes in the world, kindness to all peoples, the diffusion of the fragrances of God and the exaltation of His Holy Word. Should they endeavor to fulfill these conditions the Grace of the Holy Spirit shall be vouchsafed unto them, and that assembly shall become the center of the Divine blessings, the hosts of Divine confirmation shall come to their aid, and they shall day by day receive a new effusion of Spirit.

Expounding this subject, Shoghi Effendi writes:--

... nothing whatever should be given to the public by any individual among the friends, unless fully considered and approved by the Spiritual Assembly in his locality; and if this (as is undoubtedly the case) is a matter that pertains to the general interest of the Cause in that land, then it is incumbent upon the Spiritual Assembly to submit it to the consideration and approval of the national body representing all the various local assemblies. Not only with regard to publication, but all matters without any exception whatsoever, regarding the interests of the Cause in that locality, individually or collectively, should be referred exclusively to the Spiritual Assembly in that locality, which shall decide upon it, unless it be a matter of national interest, in which case it shall be referred to the national [Baha'i] body. With this national body also will rest the decision whether a given question is of local or

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national interest. (By national affairs is not meant matters that are political in their character, for the friends of God the world over are strictly forbidden to meddle with political affairs in any way whatsoever, but rather things that affect the spiritual activities of the body of the friends in that land.)

Full harmony, however, as well as cooperation among the various local assemblies and the members themselves, and particularly between each assembly and the national body, is of the utmost importance, for upon it depends the unity of the Cause of God, the solidarity of the friends, the full, speedy and efficient working of the spiritual activities of His loved ones....
The various Assemblies, local and national, constitute today the bedrock upon the strength of which the Universal House [of Justice] is in future to be firmly established and raised. Not until these function vigorously and harmoniously can the hope for the termination of this period of transition be realized....
... bear in mind that the keynote of the Cause of God is not dictatorial authority but humble fellowship, not arbitrary power, but the spirit of frank and loving consultation. Nothing short of the spirit of a true Baha'i can hope to reconcile the principles of mercy and justice, of freedom and submission, of the sanctity of the right of the individual and of self-surrender, of vigilance, discretion and prudence on the one hand, and fellowship, candor and courage on the other.

The local Spiritual Assemblies of a country are linked together and co-ordinated through another elected body of nine members, the National Spiritual Assembly. This body comes into being by means of an annual election held by elected delegates representing the local Baha'i communities.... The National Convention in which the delegates are gathered together is composed of an elective body based upon the principle of proportional representation.... These National Conventions are preferably held during the period of Ridvan,

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the twelve days beginning April 21st which commemorate the Declaration made by Baha'u'llah in the Garden of Ridvan near Baghdad. The recognition of delegates is vested in the outgoing National Spiritual Assembly.
A National Convention is an occasion for deepening one's understanding of Baha'i activities and of sharing reports of national and local activities for the period of the elapsed year.... The function of a Baha'i delegate is limited to the duration of the National Convention and participation in the election of the new National Spiritual Assembly. While gathered together, the delegates are a consultative and advisory body whose recommendations are to be carefully considered by the members of the elected National Spiritual Assembly....
The relation of the National Spiritual Assembly to the local Spiritual Assemblies and to the body of the believers in the country is thus defined in the letters of the Guardian of the Cause:
Regarding the establishment of "National Assemblies," it is of vital importance that in every country, where the conditions are favorable and the number of the friends has grown and reached a considerable size ... that a "National Spiritual Assembly" be immediately established, representative of the friends throughout that country.
Its immediate purpose is to stimulate, unify and coordinate by frequent personal consultations, the manifold activities of the friends as well as the local Assemblies; and by keeping in close and constant touch with the Holy Land, initiate measures, and direct in general the affairs of the Cause in that country.
It serves also another purpose, no less essential than the first, as in the course of time it shall evolve into the National House of Justice (referred to in 'Abdu'l-Baha's Will as the "secondary House of Justice"), which according to the explicit text of the Testament will have, in conjunction with the other National Assemblies throughout the Baha'i world, to elect directly the members of the International House of Justice, that Supreme Council that

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will guide, organize and unify the affairs of the Movement throughout the world....
This National Spiritual Assembly, which, pending the establishment of the Universal House of Justice, will have to be re-elected once a year, obviously assumes grave responsibilities, for it has to exercise full authority over all the local Assemblies in its province, and will have to direct the activities of the friends, guard vigilantly the Cause of God, and control and supervise the affairs of the Movement in general.
Vital issues, affecting the interests of the Cause in that country such as the matter of translation and publication, the Mashriqu'l-Adhkar, the Teaching Work, and other similar matters that stand distinct from strictly local affairs, must be under the full jurisdiction of the National Assembly.
It will have to refer each of these questions, even as the local Assemblies, to a special Committee, to be elected by the members of the National Spiritual Assembly, from among all the friends in that country, which will bear to it the same relation as the local committees bear to their respective local Assemblies.
With it, too, rests the decision whether a certain point at issue is strictly local in its nature, and should be reserved for the consideration and decision of the local Assembly, or whether it should fall under its own province and be regarded as a matter which ought to receive its special attention....
... it is bounden duty, in the interest of the Cause we all love and serve, of the members of the incoming National Assembly, once elected by the delegates at Convention time, to seek and have the utmost regard, individually as well as collectively, for the advice, the considered opinion and the true sentiments of the assembled delegates. Banishing every vestige of secrecy, of undue reticence, of dictatorial aloofness, from their midst, they should radiantly and abundantly unfold to the eyes of the delegates, by whom they are elected, their plans, their hopes, and their cares. They should familiarize the delegates

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with the various matters that will have to be considered in the current year, and calmly and conscientiously study and weigh the opinions and judgments of the delegates. The newly elected National Assembly, during the few days when the Convention is in session and after the dispersal of the delegates, should seek ways and means to cultivate understanding, facilitate and maintain the exchange of views, deepen confidence, and vindicate by every tangible evidence their one desire to serve and advance the common weal....
The National Spiritual Assembly, however, in view of the unavoidable limitations imposed upon the convening of frequent and long-standing sessions of the Convention, will have to retain in its hands the final decision on all matters that affect the interests of the Cause ... such as the right to decide whether any local Assembly is functioning in accordance with the principles laid down for the conduct and the advancement of the Cause....

Concerning the matter of drawing up the voting list to be used at the annual local Baha'i elections, the responsibility for this is placed upon each local Spiritual Assembly, and as a guidance in the matter the Guardian has written the following:

... to state very briefly and as adequately as present circumstances permit the principal factors that must be taken into consideration before deciding whether a person may be regarded as a true believer or not. Full recognition of the station of the Forerunner, the Author, and the True Exemplar of the Baha'i Cause, as set forth in 'Abdu'l-Baha's Testament; unreserved acceptance of, and submission to, whatsoever has been revealed by their Pen; loyal and steadfast adherence to every clause of our Beloved's sacred Will; and close association with the spirit as well as the form of the present day Baha'i administration throughout the world--these I conceive to be the fundamental and primary considerations that must be fairly, discreetly and thoughtfully ascertained before reaching such a vital decision.

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'Abdu'l-Baha's instructions provide for the further development of Baha'i organization....:

And now, concerning the House of Justice which God hath ordained as the source of all good and freed from all error, it must be elected by universal suffrage, that is, by the believers. Its members must be manifestations of the fear of God and daysprings of knowledge and understanding, must be steadfast in God's faith and the well-wishers of all mankind. By this House is meant the Universal House of Justice, that is, in all countries a secondary House of Justice must be instituted, and these secondary Houses of Justice must elect the members of the Universal one.+F1 Unto this body all things must be referred. It enacteth all ordinances and regulations that are not to be found in the explicit Holy Text. By this body all the difficult problems are to be resolved and the Guardian of the Cause of God is its sacred head and the distinguished member for life of that body. Should he not attend in person its deliberations, he must appoint one to represent him.... This House of Justice enacteth the laws and the government enforceth them. The legislative body must reinforce the executive, the executive must aid and assist the legislative body so that through the close union and harmony of these two forces, the foundation of fairness and justice may become firm and strong, that all the regions of the world may become even as Paradise itself....
... Unto the Most Holy Book every one must turn and all that is not expressly recorded therein must be referred to the Universal House of Justice. That which this body, whether unanimously or by a majority doth carry, that is verily the Truth and the Purpose of God Himself. Whoso doth deviate therefrom is verily of them that love discord, hath shown forth malice and turned away from the Lord of the Covenant.
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F1. The Universal House of Justice was elected for the first time in April 1963 by the members of the fifty-six National Spiritual Assemblies.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 273
Even at the present time, the Baha'is in all parts of the world maintain an intimate and cordial association by means of regular correspondence and individual visits. This contact of members of different races, nationalities and religious traditions is concrete proof that the burden of prejudice and the historical factors of division can be entirely overcome through the spirit of oneness established by Baha'u'llah.

The World Order of Baha'u'llah
The larger implications of this order are explained by Shoghi Effendi in successive communications addressed to the Baha'i community since February, 1929:--

I cannot refrain from appealing to them who stand identified with the Faith to disregard the prevailing notions and the fleeting fashions of the day, and to realize as never before that the exploded theories and the tottering institutions of present-day civilization must needs appear in sharp contrast with those God-given institutions which are destined to arise upon their ruin....

For Baha'u'llah ... has not only imbued mankind with a new and regenerating Spirit. He has not merely enunciated certain universal principles, or propounded a particular philosophy, however potent, sound and universal these may be. In addition to these He, as well as 'Abdu'l-Baha after Him, has, unlike the Dispensations of the past, clearly and specifically laid down a set of Laws, established definite institutions, and provided for the essentials of a Divine Economy. These are destined to be a pattern for future society, a supreme instrument for the establishment of the Most Great Peace, and the one agency for the unification of the world, and the proclamation of the reign of righteousness and justice upon the earth....

Unlike the Dispensation of Christ, unlike the Dispensation of Muhammad, unlike all the Dispensations of the past, the apostles of Baha'u'llah in every land, wherever

--Baha'u'llah and the New Era, Page 274
they labor and toil, have before them in clear, in unequivocal and emphatic language, all the laws, the regulations, the principles, the institutions, the guidance, they require for the prosecution and consummation of their task.... Therein lies the distinguishing feature of the Baha'i Revelation. Therein lies the strength of the unity of the Faith, of the validity of a Revelation that claims not to destroy or belittle previous Revelations, but to connect, unify, and fulfill them....

Feeble though our Faith may now appear in the eyes of men, who either denounce it as an offshoot of Islam, or contemptuously ignore it as one more of those obscure sects that abound in the West, this priceless gem of Divine Revelation, now still in its embryonic state, shall evolve within the shell of His law, and shall forge ahead, undivided and unimpaired, till it embraces the whole of mankind. Only those who have already recognized the supreme station of Baha'u'llah, only those whose hearts have been touched by His love, and have become familiar with the potency of His spirit, can adequately appreciate the value of this Divine Economy--His inestimable gift to mankind.--March 21, 1930.

It is towards this goal--the goal of a new World Order, Divine in origin, all-embracing in scope, equitable in principle, challenging in its features--that a harassed humanity must strive....

How pathetic indeed are the efforts of those leaders of human institutions who, in utter disregard of the spirit of the age, are striving to adjust national processes, suited to the ancient days of self-contained nations, to an age which must either achieve the unity of the world, as adumbrated by Baha'u'llah, or perish. At so critical an hour in the history of civilization it behooves the leaders of all the nations of the world, great and small, whether in the East or in the West, whether victors or vanquished,

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to give heed to the clarion call of Baha'u'llah and, thoroughly imbued with a sense of world solidarity, the sine qua non of loyalty to His Cause, arise manfully to carry out in its entirety the one remedial scheme He, the Divine Physician, has prescribed for an ailing humanity. Let them discard, one for all, every preconceived idea, every national prejudice, and give heed to the sublime counsel of 'Abdu'l-Baha, the authorized Expounder of His teachings. You can best serve your country, was 'Abdu'l-Baha's rejoinder+F1 to a high official in the service of the federal government of the United States of America, who had questioned Him as to the best manner in which he could promote the interests of his government and people, if you strive, in your capacity as a citizen of the world, to assist in the eventual application of the principles of federalism underlying the government of your own country to the relationships now existing between the peoples and nations of the world....
Some form of a world Super-State must needs be evolved, in whose favor all the nations of the world will have willingly ceded every claim to make war, certain rights to impose taxation and all rights to maintain armaments, except for purposes of maintaining internal order within their respective dominions. Such a state will have to include within its orbit an International Executive adequate to enforce supreme and unchallengeable authority on every recalcitrant member of the commonwealth; a World Parliament whose members shall be elected by the people in their respective countries and whose election shall be confirmed by their respective governments; and a Supreme Tribunal whose judgment will have a binding effect even in such cases where the parties concerned did not voluntarily agree to submit their case to its consideration. A world community in which all economic barriers will have been permanently demolished and the interdependence of
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F1. In the year 1912.

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Capital and Labor definitely recognized; in which the clamor of religious fanaticism and strife will have been forever stilled; in which the flame of racial animosity will have been finally extinguished; in which a single code of international law--the product of the considered judgment of the world's federated representatives-- shall have as its sanction the instant and coercive intervention of the combined forces of the federated units; and finally a world community in which the fury of a capricious and militant nationalism will have been transmuted into an abiding consciousness of world citizenship--such indeed, appears, in its broadest outline, the Order anticipated by Baha'u'llah, an Order that shall come to be regarded as the fairest fruit of a slowly maturing age....
Let there be no misgivings as to the animating purpose of the world-wide Law of Baha'u'llah. Far from aiming at the subversion of the existing foundations of society, it seeks to broaden its basis, to remold its institutions in a manner consonant with the needs of an ever-changing world. It can conflict with no legitimate allegiances, nor can it undermine essential loyalties. Its purpose is neither to stifle the flame of a sane and intelligent patriotism in men's hearts, nor to abolish the system of national autonomy so essential if the evils of excessive centralization are to be avoided. It does not ignore, nor does it attempt to suppress, the diversity of ethnical origins, of climate, of history, of language and tradition, of thought and habit, that differentiate the peoples and nations of the world. It calls for a wider loyalty, for a larger aspiration than any that has animated the human race....
The call of Baha'u'llah is primarily directed against all forms of provincialism, all insularities and prejudices. ... For legal standards, political and economic theories are solely designed to safeguard the interests of humanity as a whole, and not humanity to be crucified for the preservation of the integrity of any particular law or doctrine....
The principle of the Oneness of Mankind--the pivot

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round which all the teachings of Baha'u'llah revolve--is no mere outburst of ignorant emotionalism or an expression of vague and pious hope.... Its implications are deeper, its claims greater than any which the Prophets of old were allowed to advance. Its message is applicable not only to the individual, but concerns itself primarily with the nature of those essential relationships that must bind all the states and nations as members of one human family....
It represents the consummation of human evolution....
That the forces of a world catastrophe can alone precipitate such a new phase of human thought is, alas, becoming increasingly apparent....
Nothing but a fiery ordeal, out of which humanity will emerge, chastened and prepared, can succeed in implanting that sense of responsibility which the leaders of a newborn age must arise to shoulder....
Has not 'Abdu'l-Baha Himself asserted in unequivocal language that "another war, fiercer than the last, will assuredly break out"?--November 28, 1931.

This Administrative Order ... will, as its component parts, its organic institutions, begin to function with efficiency and vigor, assert its claim and demonstrate its capacity to be regarded not only as the nucleus but the very pattern of the New World Order destined to embrace in the fullness of time the whole of mankind....
Alone of all the Revelations gone before it this Faith has ... succeeded in raising a structure which the bewildered followers of bankrupt and broken creeds might well approach and critically examine, and seek, ere it is too late, the invulnerable security of its world-embracing shelter....
To what else if not the power and majesty which this Administrative Order--the rudiments of the future all-enfolding

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Baha'i Commonwealth--is destined to manifest, can these utterances of Baha'u'llah allude: "The world's equilibrium hath been upset through the vibrating influence of this most great, this new World Order. Mankind's ordered life hath been revolutionized through the agency of this unique, this wondrous System--the like of which mortal eyes have never witnessed."...

The Baha'i Commonwealth of the future, of which this vast Administrative Order is the sole framework, is, both in theory and practice, not only unique in the entire history of political institutions, but can find no parallel in the annals of any of the world's recognized religious systems. No form of democratic government; no system of autocracy or of dictatorship, whether monarchical or republican; no intermediary scheme of a purely aristocratic order; nor even any of the recognized types of theocracy, whether it be the Hebrew Commonwealth, or the various Christian ecclesiastical organizations, or the Imamate or the Caliphate in Islam--none of these can be identified or be said to conform with the Administrative Order which the master-hand of its perfect Architect has fashioned....

Let no one, while this System is still in its infancy, misconceive its character, belittle its significance or misrepresent its purpose. The bedrock on which this Administrative Order is founded is God's immutable Purpose for mankind in this day. The Source from which it derives its inspiration is no one less than Baha'u'llah Himself. ... The central, the underlying aim which animates it is the establishment of the New World Order as adumbrated by Baha'u'llah. The methods it employs, the standard it inculcates, incline it to neither East nor West, neither Jew nor Gentile, neither rich nor poor, neither white nor colored. Its watchword is the unification of the human race; its standard the "Most Great Peace."... February 8, 1934.

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The contrast between the accumulating evidences of steady consolidation that accompany the rise of the Administrative Order of the Faith of God, and the forces of disintegration which batter at the fabric of a travailing society, is as clear as it is arresting. Both within and outside the Baha'i world the signs and tokens which, in a mysterious manner, are heralding the birth of that World Order, the establishment of which must signalize the Golden Age of the Cause of God, are growing and multiplying day by day....
"Soon," Baha'u'llah's own words proclaim it, "will the present day Order be rolled up, and a new one spread out in its stead."...
The Revelation of Baha'u'llah ... should ... be regarded as signalizing through its advent the coming of age of the entire human race. It should be viewed not merely as yet another spiritual revival in the ever-changing fortunes of mankind, not only as a further stage in a chain of progressive Revelations, nor even as the culmination of one of a series of recurrent prophetic cycles, but rather as marking the last and highest stage in the stupendous evolution of man's collective life on this planet. The emergence of a world community, the consciousness of world citizenship, the founding of a world civilization and culture ... should ... be regarded, as far as this planetary life is concerned, as the furthermost limits in the organization of human society, though man, as an individual, will, nay must indeed as a result of such a consummation, continue indefinitely to progress and develop....
The unity of the human race, as envisaged by Baha'u'llah, implies the establishment of a world commonwealth in which all nations, races, creeds and classes are closely and permanently united, and in which the autonomy of its state members and the personal freedom and initiative of the individuals that compose them are definitely and completely safeguarded. This commonwealth must, as far as we can visualize it, consist of a

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world legislature, whose members will, as the trustees of the whole of mankind, ultimately control the entire resources of all the component nations, and will enact such laws as shall be required to regulate the life, satisfy the needs and adjust the relationships of all races and peoples. A world executive, backed by an international Force, will carry out the decisions arrived at, and apply the laws enacted by, this world legislature, and will safeguard the organic unity of the whole commonwealth. A world tribunal will ajudicate and deliver its compulsory and final verdict in all and any disputes that may arise between the various elements constituting this universal system. A mechanism of world intercommunication will be devised, embracing the whole planet, freed from national hindrances and restrictions, and functioning with marvelous swiftness and perfect regularity. A world metropolis will act as the nerve center of a world civilization, the focus towards which the unifying forces of life will converge and from which its energizing influences will radiate. A world language will either be invented or chosen from among the existing languages and will be taught in the schools of all the federated nations as an auxiliary to their mother tongue. A world script, a world literature, a uniform and universal system of currency, of weights and measures, will simplify and facilitate intercourse and understanding among the nations and races of mankind. In such a world society, science and religion, the two most potent forces in human life, will be reconciled, will cooperate, and will harmoniously develop. The press will, under such a system, while giving full scope to the expression of the diversified views and convictions of mankind, cease to be mischievously manipulated by vested interests, whether private or public, and will be liberated from the influence of contending governments and peoples. The economic resources of the world will be organized, its sources of raw materials will be tapped and fully utilized, its markets will be coordinated and developed, and the distribution of its products will be equitably regulated.

--Baha'u'llah and the New Era, Page 281
National rivalries, hatred, and intrigues will cease, and racial animosity and prejudice will be replaced by racial amity, understanding and cooperation. The causes of religious strife will be permanently removed, economic barriers and restrictions will be completely abolished, and the inordinate distinction between classes will be obliterated. Destitution on the one hand, and gross accumulation of ownership on the other, will disappear. The enormous energy dissipated and wasted on war, whether economic or political, will be consecrated to such ends as will extend the range of human inventions and technical development, to the increase of the productivity of mankind, to the extermination of disease, to the extension of scientific research, to the raising of the standard of physical health, to the sharpening and refinement of the human brain, to the exploitation of the unused and unsuspected resources of the planet, to the prolongation of human life, and to the furtherance of any other agency that can stimulate the intellectual, the moral, and spiritual life of the entire human race.
A world federal system, ruling the whole earth and exercising unchallengeable authority over its unimaginably vast resources, blending and embodying the ideals of both the East and the West, liberated from the curse of war and its miseries, and bent on the exploitation of all the available sources of energy on the surface of the planet, a system in which Force is made the servant of Justice, whose life is sustained by its universal recognition of one God and by its allegiance to one common Revelation--such is the goal towards which humanity, impelled by the unifying forces of life, is moving....
The whole of mankind is groaning, is dying to be led to unity, and to terminate its age-long martyrdom. And yet it stubbornly refuses to embrace the light and acknowledge the sovereign authority of the one Power that can extricate it from its entanglements, and avert the woeful calamity that threatens to engulf it....
Unification of the whole of mankind is the hall-mark

--Baha'u'llah and the New Era, Page 282
of the stage which human society is now approaching. Unity of family, of tribe, of city-state, and nation have been successively attempted and fully established. World unity is the goal towards which a harassed humanity is striving. Nation-building has come to an end. The anarchy inherent in state sovereignty is moving towards a climax. A world, growing to maturity, must abandon this fetish, recognize the oneness and wholeness of human relationships, and establish once for all the machinery that can best incarnate this fundamental principle of its life.--March 11, 1936.
[The above letters have been published in one volume entitled The World Order of Baha'u'llah.]

--Baha'u'llah and the New Era, Page 283
Epilogue

Under the inspired guidance of Shoghi Effendi the Baha'i Cause grew steadily in size and in the establishment of its Administrative Order, so that by 1951 there were eleven functioning National Spiritual Assemblies. At that point the Guardian turned to the development of the institutions of the Faith at its international level, appointing the International Baha'i Council, the forerunner of the Universal House of Justice, and, shortly thereafter, the first contingent of the Hands of the Cause of God. Hitherto Shoghi Effendi had raised certain eminent Baha'is to the rank of Hands of the Cause posthumously, one of them being Dr. John E. Esslemont, but it was only in 1951 that he adjudged the time ripe to begin the full development of this important institution. In rapid succession between 1951 and 1957 he appointed thirty-two Hands and extended the range of their activities, instituting in each continent Auxiliary Boards consisting of believers appointed by the Hands to be their deputies, assistants and advisors. Twenty-seven of these Hands were living at the time of his passing.
Through a series of letters, some addressed to Baha'is throughout the world, and others to those in specific countries, the Guardian deepened their understanding of the teachings, built up the administrative institutions of the Faith, trained the believers in their correct and effective use, and in 1937 launched the American Baha'i Community on the implementation of the Divine Plan for the diffusion of Baha'u'llah's Message. This Divine Plan had been revealed by 'Abdu'l-Baha in a number of Tablets written during the years of the First World War and constitutes the charter for the propagation of the Faith.
Within the framework of this charter a number of teaching plans were carried out, first in the Western Hemisphere, then also in Europe, Asia, Australasia and Africa until in 1953 the Guardian called for a "decade-long, world-embracing, spiritual

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crusade" to carry the Faith to all the remaining independent states and principal dependencies of the world.
In 1957, as the midway point of the crusade approached, the Guardian, exhausted by thirty-six years of unremitting labor, died while on a visit to London.
As Shoghi Effendi had no heir, the work of the Faith after November 1957 was coordinated and directed by the twenty-seven Hands of the Cause until the victorious completion of the crusade in April 1963, at which time the first Universal House of Justice was elected by the members of fifty-six National Spiritual Assemblies convened at the Baha'i World Center in Haifa by the Hands of the Cause.
Immediately following this historic election, Baha'is from all parts of the globe gathered in London at the first World Congress of the Faith to celebrate the Centenary of the Declaration of Baha'u'llah and to rejoice in the worldwide spread of His Faith.
The supreme institution of the Faith today is the Universal House of Justice, created by Baha'u'llah in His Most Holy Book, invested with authority to legislate on all matters not covered in the Baha'i Writings, and assured divine guidance in the Sacred Text itself. 'Abdu'l-Baha, in His Will and Testament, lays down the method of election of the Universal House of Justice, defines its station and duties more clearly, and asserts that it is under the direct guidance of the Bab and Baha'u'llah and is the body to which all must turn.
The unique and distinguishing feature of the Baha'i Faith is the Covenant of Baha'u'llah, the bedrock upon which the Faith raises all its structures and bases its development. Its uniqueness is that for the first time in religious history the Manifestation of God, in clear and unambiguous language, provides for the authorized interpretation of His Word, and ensures the continuity of the divinely appointed authority which flows from the Source of the Faith.
Interpretation of Scripture has always in earlier religions been a most fertile source of schism. Baha'u'llah, in the Book of His Covenant, vested in His eldest son, 'Abdu'l-Baha, full powers for the interpretation of His Writings and for the direction of

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His Cause. 'Abdu'l-Baha, in His Will and Testament, appointed His eldest grandson, Shoghi Effendi, Guardian of the Faith and sole interpreter of the Writings. There is no priesthood within the Faith and no individual may claim special station or guidance; authority is vested in institutions created within the Baha'i Scriptures.
By virtue of these unique provisions, the Faith of Baha'u'llah has been preserved from schism, from the depredations of unauthorized leadership, and above all from the infiltration of man-made doctrines and theories, which in the past have shattered the unity of religions. Pure and inviolate, the revealed Word of Baha'u'llah, with its authorized interpretation, remains throughout the Dispensation the uncorrupted and incorruptible source of spiritual life to men.
In 1968 the Universal House of Justice took action to provide for the future carrying out of the specific functions of protection and propagation vested in the Hands of the Cause, by the establishment of Continental Boards of Counsellors. Each Board consists of a number of Counsellors appointed by the Universal House of Justice, and they work in close collaboration with the Hands of the Cause of God. The appointment and direction of Auxiliary Boards is now the duty of the Boards of Counsellors, and the activities of the Hands, of whom three are still living, have been extended to be worldwide. In June 1973 the Universal House of Justice established in the Holy Land an International Teaching Centre and assigned it the principal duties of coordinating, stimulating and directing the activities of the Continental Boards of Counsellors and acting as liaison between them and the Universal House of Justice.
The Guardian had written of future global teaching plans to be carried out under the direction of the Universal House of Justice, and the first of these, a Nine Year Plan, was launched in 1964. This was followed by a Five Year Plan (1974-1979), a Seven Year Plan (1979-1986), a Six Year Plan (1986-1992), a Three Year Plan (1993-1996), and a Four Year Plan, which will terminate at Ridvan 2000. At the present time, 1996, the Baha'i Faith has been established in 190 independent countries and 45 dependent territories or overseas departments. There are

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Baha'is living in over 119,000 localities throughout the world; Baha'i literature has been translated into over 802 languages; the eighth Baha'i Temple was completed in India in 1986; land for 118 other Temples has been acquired; there are 174 National or Regional Spiritual Assemblies and at least five million Baha'is. Baha'is are now energetically pursuing a Four Year Plan designed to further expand and consolidate the growth of the Faith throughout the world.
Most encouraging of all has been the response of the peoples of Africa, India, Southeast Asia and Latin America, where large numbers have begun to enter the Cause, bringing about a new stage in the development of the administrative and social activities of the worldwide Baha'i community.