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Enoch Olinga, 1957
Main de la Cause de Dieu,
ENOCH
OLIN GA
MAIN DE LA CAUSE DE DIEU
Article commemoratif de
Ruhiyyih Rabbani *
suivi des
Souvenirs de
Rowshan Mustapha
* avec un avanJ propos de
'Ali Nak!)javani
Maison d'Edilions Fada'il
8000 Niamey CTN B.P. 12858 NIGER
TEL: (00227) 73-49-26
FAX: (00227) 74-27-79
Email: mefC4áintnet.ne ou medfocJa~t,commail.com
Edition 2006
© Ru(liyyih Rabbaili pour
á' Enoch Olinga. Hand of the Cause of God"
© Rowshan Mustapha pour
á' Enoch Olinga, Reminiscences of moments with him•á
Mise en page interieure et couve11ure.revision: Marc Avanzo
Depot legal : I" trirnestre 2006
6111011Seigneur!6111011 Seigneur'
Voici une lampe embrasee par le feu
de ton amour par la flamme al/umee
dans l 'arbre de ta misericorde. 6 man
Seignew'. accrois son rayonnement, sa
cha/eur et saffamme par lefeu qui bride
au Sinai' de ta Manifestation.
En verite, Tu es le ConfirmateW'.
le Soutient, le Puissant. le Genereux. le
Dieu d 'amow'.
'Abdu 'l-Baha
Table des matieres
INTRODUCTION 9
PHOTOGRAPHIES 13
PREMIEREPARTIE 19
AVANT PROPOS 21
ARTICLE DE RUljiYYIH RABBANi 27
PHOTOGRAPHIES 59
DEUXIEME PARTIE 77
PREFACE 79
MEMOIRES DE RoWSHAN MUSTAPHA 83
PHOTOGRAPHIES 115
TABLEDes ILLUSTRATIONS 121
INTRODUCTION
••De routes !es rerres du monde 01', la.fOi hahl1 'ie
rit et se dcháe/oppe, c 'est sans aucun doute / ',1fiáiq11edon!
le Gardien est le plus satisjCiit, etc 'est I 'Ougunda don!
ii est le p/11sfie,~ Se/on fui, / 'etot d'esprit dont ontfait
preuve /es pionniers de ce continent,. aussi bien h/ancs
que noirs, reprri:/enfe 1/11 viritab/e d1fi-pour /es bahii 'fs
du monde entier: Ainsi /es commwwllft?s anciennes et
bien etab/ies pourraient lout aussi au/ant en firer des
lerons, et suivre / 'exemple des croyants d'Afiáique, dont
la plupart ant embrassf! la Cause de Dieu ii .1áa Clpeine
plus d'un an .1 " 1
Au cceur de ce grand succi:s dans I' enseignement
auquel se refere Shoghi Effendi dans cette memorable
declaration, se trouve l'histoire (panni tant d'autres) que
Amatu'I-Baha Ruhiyyih Khimurn nous raconte dans Jes pages
qui suivent. C' est I'histoire d'un grand enseignant de la foi
baha 'ie, un enseignant qui etait une Main de la Cause de Dieu,
un Chevalier de Baha 'u 'llah, et tm des" principaux intendants
de la communaute embryonnaire de Baha'u'llah "; mais ii
etait aussi celui que Shoghi Effendi nomrna, d \me fa9011
Lettre dater du 4 juin 195...J.
ecrite de la part de Shoghi Effendi au Comite
britanni4ue LiáAfrique. telle que publifr clansUnfolding Destiny : /v!essages
du Gardirn de lajiii hohd '(e clla co1111111111a11r<!
bahciáredes iles brirw111iques
(Landres: Bahctár Publishing Trust.1981) p.329
-9- /111roducrio11
unique dans ce cycle de !'existence humaine, Abu'I-Fut11h:
"Pere des Victoires ", en reference ases services altruistes et
ses accomplissernents exceptionnels dans l'enseignernent. JI
s'agit de Enoch Olinga. C'etait un jeune homme dont la vie
fi.tttransfonnee lorsqu'il entendit parler de la Foi en 1952 en
Ouganda; ii s'avan9a alors pour boire le doux elixir du travail
de pionnier, pour enflammer la foi d'im1ombrables ames et
" planter la graine de I' arbre de I' amour de l' Alliance " 1 dans
le cceur de ces nouveaux croyants. Nous sommes d'autant
plus privilegies maintenant que cet impo1iant article, veritable
source d'inspiration - qu'Amatu'l-Baha Ruhiyyih Khanurn
avait, a une epoque, souhaite voir circuler parmi les amis
africains dans leurs propres langues - est disponible sous la
fonne accessible actuelle, non seulement enAfrique, mais dans
le rnonde entier. Il est certain qu'un certain nombre de croyants
africains le traduiront dans leurs langues natales, comme le
feront les croyants d'autres pays.
Cet article est suivi dans le present ouvrage, des souvenirs de Rowshan Mustapha concernant M. Olinga. Ces
souvenirs imrnortels nous donnent de plus amples details sur
la vie de Enoch Olinga avant sa nomination comme Main de la
Cause de Dieu, et revelent de diverses manieres, les potentialites spirituelles que Shoghi Effendi voyait en lui. On y trouve
son travail dans I' Assemblee spirituelle nationale d' Afrique du
Nord-Ouest, et dans le premier cornite d'Afrique de l'Ouest.
II ya aussi des extraits fascinants de lettres qu'il ecrivit avant
et apres sa nomination cornrne Main de la Cause. Ces lettres
nous donnent un aper9u de sa grande connaissance, de sa foi
profonde, ainsi que de l'emouvante poesie de son langage.
Ce sont !es histoires de sa perseverance et de son merveilleux
sens de !'humour.
EnochOlinga,lettrea la Mainde laCausede DieuMl.IsaBanUnf
citeednns!e
bulletind'ao0t 1955.envoy6 parM. Bamlnfatous Jesbahi'fs d'Afrique.
Introduction • IO -
Dans ce livre, nous faisons connaissance avec l'une des
"a.mes divinement nommees, eprouvees et victorieuses ", une
Main de la Cause de Dieu qui, avec d'autres personnes de son
rang, " arnenerent la Cause en toute securite vers la victoire
au 110111de Shoghi Effendi " 1. Cette a.menous apprend aussi a
connaitre la vie spirituelle. Les tests et !es epreuves que surmonta Enoch Olinga si glorieusernent, comme le relatent Jes
deux parties du livre, son detachement et sa capacite a faire
passer" la Foi d'abord" constituent de grandes leyons pour
nous tous. Que! exemple aussi sont ses progres intrepides et
rapides sur le chernin de l'enseignement qui, plaise a Dieu,
encourageront chacun d' entre nous a " inviter Jes gens de
toutes sortes et de toutes capacites a la table du banquet du
Seigneur des Annees " 2 .
II y a sans aucun doute une sagesse dans la parution
de ce livre a'un moment que la Maison universelle de justice
a qualifie de': periode des plus critiques dans la vie de la planete " 3• Et sur l'histoire d'un personnage dont la conversion
ala Foi vint comme une precieuse goutte de pluie juste avant
cette abondante averse d' enseignement, et dont !es services
ulterieurs pousserent encore plus lain cette premiere inondation
de nouveaux croyants, decrite par Amatu'l-Baha Rul,iyyih
Khanum comme" le premier coup de trompette de l'entree en
troupes, predite et tellemcnt attendue par 'Abdu'l-Baha ".
Felicity Enayat
1999
La Maisonuniverselk de justice, messagede RiQ.van121 ( 1964), message
aux conventionsnationales,1963. dans Wellspringof guidance,pp.265
:: La Maison universelle de justice, message de Rit;!vin152, aux bah:i'fs
du monde.
J Message de Ri~vUn153, aux bahtl'fsdu monde.
- 11 - Introduction
• Les quatre premiers baha'fs nalifs d'Ouganda, 1952.
Chrispion K<[iuhi ()I! in trihu AJugonJa),
De r..lruitr.!clgL111chc.
Emh-h r J!ingu (de Id trihu Eti:snt), Fr!.!d Bi;;uh11'u (Ji! la Irihu
:Hw,,c,m1, PHt:r .Hinok(:' tc/e Lo fribu :'\Jugunda)
2 - Enoch Olinga
en tan! que
jeune bah6'1
3 - Enoch et Eunice Olinga avec leur bebe Florence,
le pn.:111ier..!li(onr lit; oprJ,, <fl! 'ils soien/ dere1111,1á
hoh1.iá;s
4 - La premiere Assemblee spirituelle locale des baha'fs de Kampala, 1952.
De gauche ,i droile,
debo11t,
Phil1j1peHai11s11áorrh,
Chrispian Kcrjubi,
Enoch Oli11ga,
Ali NalI.!JjaFani,
Fredrick Biga/n1áa,
Peter ,\Iusoke;
assis.
Afme Samihih Banani,
Alain de la Cause de
Dieu Musa Bwumi,
1Hme Vrolerte ,\'u!sb}a•
vani
5 - Les premiers bah6'fs du Cameroun britannique avec le pionnier Enoch Olinga,
1954,
photo
prise (1
lVaw-R1i'z
Congres mondial baha'i a londres en 1963
6 - Main de la Cause de Dieu
Enoch Olinga a la tribune
7 - Main de la Cause de Dieu
Enoch Olinga a la tribune
t11\;c (:," ,ániTr.: plan !l:s dlt!n.:.~
Jluins de iu C.'ous.-:et !'oudicnce
Congres mondial bah6'1 a Londres en 1963
8 - Groupe des bahc'fs africains,
y compris Main de la Cause de Dieu Enoch Olinga,
prJsel1!(1111 uni} sdection de chansons aVc:'C des thi!mi!shahd 'is
cmnposi!es par /es hdhJ 'is d 'Afrique
PREMIERE PARTIE
ENOCH OLINGA
24 juin 1926 - l 6 septembre l 979*
par Ruhiyyih Rabbani
Ti'aduit enfi-a119ais par
Paulelfe Boclonsen
"'J\rLiclepubliC dans --The Babaá; V./or!d.._
Yol. xv111. 1979-1983. rP- 618-35.
- I9 -
AVANT PROPOS
de 'Ali Nakhiavani
a
II etait t6t ce matin-Ia, le soleil venait peine de se le\'er mais
le jour semblait instantan( avec cette immediatete caractfaistique
des tropiques. L'air etait clair et lumineux, le ciel vif contre la ten-e
rouge d'Ouganda, quand je m'engageai dans la route goudronnee
partant du palais de Kabaka. II y avail !res peu de voitures aux environs. <;a n'6tait pas du fait de l'heure matinale, mais parce que
nous Ctions en 1951, et qu'il y avait tres peu de voitures a Kampala
a cette Cpoque. Ainsi, les gens avaient l'habitude de marcher sur le
bas c6tC, de part et d' autre de la route men ant a la ville : des hornmes et des femmes, le dos bien droit, gracieux, avec leurs bras sc
balanc;ant le long de leurs flancs ; des jeunes et des vieux, Jes uns
pieds nus, d'autres tires a quatre Cpingles avec beaucoup d'aJlure;
tous marchaient pour sc rendre au travail le matin. J'etais au volant
de la petite Morris, une voiture qui appartenait aMonsieur Banilni, et
j'emmenais Crispan Kajubi de cc faubourg ason travail. Crispan 6tait
le premier Africain en Ouganda aavoir acceptC la foi de Bahi'u'llclh
et j 'avais pour habitude de I' accompagner, ce qui nous permettait de
passer quelques temps en compagnie l'un de l'autre et de parler de
la Poi a chacune de ces matinees. Alors que nous prenions la route
pour nous diriger veis la ville, il mis une main sur mon bras et <lit
"Monsieur 'Ali, pouvez-vous juste ralentir un moment? " puis il
se pencha par la fenetr~ de Ia voiture et interpella un jeune homme
qui marchait sur le bas c6tC a notre niveau. "Enoch ! " ii s'Ccria,
"Enoch! C'est Jui l'homme blanc dontje t'ai parle ! "
Ce fut avec un large sourire que le jeune hornme accepta
ma proposition de l'accompagner jusquáa son travail. II se trouvait
qu' ii vivait de l' autrc cote de la ville, pres de la maison des Banc1ni;
ainsi ii accepta 111011invitation et vint avec moi au 3, Kitante road
pour le petit d6jeuner. II posa de nombreuses questions ce jour-13.
Avant propos - 21 - 1ere parrie
i:tdcYinl un usagcr rCgulicr du co\'oituragc quc nous organisions
tous ks matins, car jc pri:-;l'habitudc de L1ccompagner apres avoir
chcrchC Cris pan de Iáautrc c6tC de la ville. II ctait intelligent ct
curicux. ainsi ii .1vait toujours plus de questions a me poser sur hi
Foi. II sappclait Enoch Olinga.
Quclqucs scmaincs plus tard. je me dis que lcs progrCs
seraient peut-6tre plus rapides si je parlais mains et si ils lisaient
plus \es Ccrits de Bah,i 'u '1!8.h.car Enoch montrait un appCtit voracc
d'apprendre. Nous possCdions quclques livres, mais il !es emprunta
tous, lisaDt chacun minuticusemcnt ct le rcndant vitc pour pouvoir
en cmpruntcr un autre. Etant donnC scs aptitudes littCfaires. jc Jui
suggCrai, s'il en avait le temps. d'assister Crispan pour la traduction
de quelqucs priCrcs bahi'lcs. II accepta sur le champ, merne si nous
avians bcsoin de traductions en Luganda, qui etait assez diffCrente
de sa langue natalc du T Cso. Lui ct Crispan vinrent spCcialcment a la
rnaison pour ccl3. ct nous les trouvions assis, l'un a c6tC de 1'au1rc,
dcvant la baie vitrCc de la rnaison du 3 Kitante road, \cs paroles de
Dicu o.;u\Tant sur cux al ors qu' ils ccu\Taicnt sur \es paroles. Il n 'Ctait
prcsqucjarnais bcsoin qucj'ajoutc quoi quc cc solt." Quellc languc
pcut ex primer 111.:i gratitude cm-er::-Tni ? ,._ils mCditaient, ••J 'Ctais
insouciant Tu :n •as eveille ..
L'histoire de l'acceptation de la Foi par Enoch au debut de
l'annee 1952 est assez connue elle colncida avec le moment oU
des prieres etaient specialernent dites par Shoghi Effendi dans \es
mausolees, a la demande des Banini, au nom du petit groupe de
baha'ls a Kampala. Mais ce que l'on evoque mains souvent c'est la
fai;:on avec laquelle il se dCvoua 3 la Foi, immediatement apres sa
declaration. 11se jeta corps et 3-medans le travail d 'enseignement.
cfabord aKampala puis dans sa propre province ol1 ii v6yagea peu
de temps a pres pour passer ses vacances parmi ses !es siens. II retourna en \'ille uniquement afin d 'insister pour qu 'un des pionniers
l'accompagnflt et illustrflt ses paroles par des actes, car le peuple
de Teso voulait eprouver la sincerite des b;:ih8.'ls. Quelle joie ces
victoires spirituelles apporterent ;_\Shoghi Effendi. Avec quel inten.~t
I fre /)(lrtie - 22 - Aw1nt propus
bicnn:i!lant avait-il dll poser son rcgnrd :-ur scs cartcs afin d'idcntificr
l~i localisation cxacte de la rCgion du TC;;o, au nord et au centre de
l'Ouganda. En l'i..::spaced'unc annCc, J"Ouganda fut le siCgc de hi
prcmiCrc d'une sCricde confCrcnces intcrcnntincntalcs. demandCcs
par Shoghi Effendi au dCbut de la Croisadc de dix ans ; Enoch Olinga
rcncontra des baho.áJsdu mondc cnticr JK)Ltr la premiere fois. I!s
::,-:
\"cnaicnt d'Iran ct d'ArnCriquc. crEuropc ct mCme de Terre Sainte.
Unc grandc tentc fut plantec sur !cs terrains du centre bah3.'i de
Kampala et Enoch eta it assis sous son ombrc :wee ccs autres rayons
de lumiCre qu'C:taient Jes Mains de la Cause de Dieu qui assistaient
,l cettc conference. Ils CcoutCrcnt le message de Shoghi Effendi
adrcssC al'Afriquc. \es buts incroyables guc le Gardien donnait aux
bahci'is d'Afriquc: ils Ccoutercnt ce dCfi ernouYant pour !es 3.mes
des croyants Africains eux-rnerncs, de sc lever et de servir la cause
dans le contrees !ointaines. Quand Enoch sc proposa d'aller ouvrir
a la Foi un des territoires viergcs, je lui demandai : '' Pourquoi le
Cameroun? ". Il y avait plusieurs territoires vierges identifies par
Shoghi Effendi et je voulais savoir pourquoi celui-13.."' Paree qu'il
est le plus loin de l'Ouganda" me rcpondit-il.; C'etait comme s'il
voulait gagner lcs \auriers de la victoirc dCs le ctepaii en entreprenant
la tache la plus rude de toutes.
Notre voyage historique ensemble pour atteindre les buts
de Shoghi Effendi, en traversant les Congos belges et fran<;:ais
vers le Cameroun britannique, est merveilleusement racon~e par
Rl1l).iyyihKh3num dans son article a la memoire de Enoch Olinga,
paru dans le" Baha'i World", volume XVlll. Cetait assurement
un episode herorque de la Croisade de dix ans, et est devenu depuis
une histoire connue de tous. Mais h~pisode le plus beau se passa
dans l'intimite de son cceur. !ors d'une nuit esseul6e, au d6but de la
saison des pluies, dans la jungle infestCe de moustiques du Gabon.
Nous avions Cte separes de Enoch Q cause d'un probleme sur notre
voiture et avians dll le regarcler s'en all er vers l'inconnu. sans savoir
si nous allions jamais le revoir, mort ou vif Nous etions aussi dans
une situation difficile. mais la sienne etait encore pire, loin de sa
tribu, dans un lieu inconnu. a la merci des etrangers. Quand nous
A1•wlf propus - 23 - 11:reJ)(lrtie
le revlrnes effcctivcrncnt le !cndemain, s'C!evant comme un spectre
sur l'autre rive d'un flcuvc puissant, aprCs une rnarchc de pres de 60
kilometres a travers la jungle, ii etait un hommc different. II avait
fait un r€:vecette nuit-la. cornme le relate RltlJiyyih Kh:inum. ct eel a
l'ayait transfonne. C'etait un gE:antspirituel que nous embrassions
alors. brU.lantde fiCvre mais confinne atoutjamais dans sa foi.
L'E:lE:vationd'Enoch te\lc une meteorite dans le service et
le dtYouement 8.partir de cct instant fut lE:gendaire. II dcvint un
Chevalier de Bah:i'u'll:ih dans le Cameroun britannique, balaya
plusieurs regions du pays comme un feu de broussc, enseignant La
Cause. Il provoqua un tel embrasement parmi ces peuples, qu'cn
l'espace de quelques mois apres s'y etre installe, lesjeunes bah8.'is
qu'il y avait enseign6s etaient prets a se dE:ployer dans cinq autres
pays de la r6gion. Pas etonnant alors, que le Gardien l'ait appc16" le
Pere des Victoires ". Sa lettre au bien airne Gardien, acette E:poque,
temoigne de la sincerite de son amour.
Ce fat au debut de l"annce 1957, la derniere annee de la vie
du Gardien, qu'il fut beni par l'opportunite de partir en pelerinage.
11 E:tait le premier croyant Africain a etrc ptlcrin, le seul bahil'i
Africain a avoir jamais rencontr& !e Gardien, et ses experiences en
Terre Sainte le marquerent pour toujours. Quand il fut eteve au rang
de main de la cause l' ete de cette meme annee, ce fut un honneur et
une consecration qui colnciderent avec une perte terrible, car Shoghi
Effendi, son" vrai frere" s'en alla a peine deux mois plus tard, et
Enoch se retrouva, avec ses vingt-six autres collegues et pairs Mains 1
devant d'immenses responsabilites et C:preuves.
Mais cela lui donna aussi des ailes et il commen~a ses
merveilleux voyages internationaux, visitant les bah3 'fa a travers
le monde. Son grnnd et large rire fit echo d' est en ouest. I1 devint
aime de beaucoup, mais ce pour quoi je l'aimais le plus, c'C:tait la
transformation que la Cause avait operee sur sa vie.
II bmáait beaucoup quandje l'ai rencontr6 pour la premiere
1i:re partie - 24 - Avant propos
fois et ii renorn;a a seS habitudes et abandonna definitivemcnt l'alcool quand ii de\'int bah8.'i. II dait une personne de nature timidc.
sujette ade nombrcuses peurs, et ii fut transfonne atravers le travail
d'enseignement, en un homme courageux, un hE:rosvictorieux de la
Cause. En fin de compte, ii n 'avait ,\ taus Jes points de vue vraisemblablement rien de particulier au debut des annees 1950, il n 'Ctait
qu 'un fonctionnaire ordinaire et moyen, _travaillant pour un bureau
du gouvernement en Ouganda. Mais atravcrs !'influence de la Parole
de Dieu, ii fut transfonnC en un personnage vibrant et unique, plein
de crCativitC, d'inventivitt. Cveille a la signification de la vie ellernCrne. Dans !es pages qui suivent, RU.1:iiyyih Khcinum nous raconte
l 'histoire de cette transformation et nous montre le dE:roulement des
services de Enoch a la Cause de Bahii'u'l\iih.
'Ali /lafshjavClni
Avant propos - 25 - 1ere partie
ENOCH OLIN GA
24 juin 1926 - l 6 septembre 1979
par Rzlf1i_v_,áih Rubbllni
E
noch O!in~a venait d'ur~~ ~amill_e_de_chreti_en~pieu~. conve11~s
et ense1gnes par la soc1ete de !"Eglise M1ss1onnaire. appelee
aujourd'hui •• Eglise Native Anglicane d'Ouganda ••. Sa
famille vivait clans le Teso. !a partie Nord-Est du pays et
appartenait a la tribu Atesot. du clan de Aatekok. ou lraraka. Son pere,
Sarnusan Okadakina. du village de Tilling clans le comte de Ngora .. s'Ctait
porte volontaire en 1920 pour propager la chrCtientC dans le comte de Soroti
ol1 il devint catechiste. En 1921. i! se maria suivant les rites de !'Cglise
avec Eseza lyamitai, qui donna naissance !e 24 juin I 9.26. clans le village
d"Abaango. a son deuxiE:me fils. Enoch. En 1927. le pere de Enoch retourna
clans sa residence principa!e aTilling-- un nom qui sera 3jamais associe. non
seu!ement avec la seu\e Main de la Cause native d'Afrique. mais aussi avec
la premiere conversion imponante du peup!e africain a !a Coide Bah:láuá11ah.
un e\áenernent qui fut source de joie immense et de fie1ie dans !e cceur du
bien-aime Gardien. Shoghi Effendi.
Le r6\e pa11iculier de Enoch doit etre mis en perspective ,wee une
periode unique dans l'histoire bah,i'ie. car ii accepta cette nouvelle Foi de
Dieu peu de temps apres !'introduction de cette derniere en Afrique noire.
suite a une vaste campagne organisee pour porter le message de Bahcl'u'llclh
ason peuple. Durant \es trente dernieres annees du ministere de Bah cl'u'llfih.
quelques-uns de ses disciples vivant en _Egypte et au Soudan furent Jes
destinata"ires de ses louanges et de ses encouragements: pendant !e rninistere
de 'Abdu'!-Bah8., la Foi atteignit Tunis. Pour la premiere fois quelques-uns
de ses paiiisans occidentaux, fortement encourages par le Maltre. propagerent
son message en Afrique du Sud. II appa1iint cependant au Gardien. Shoghi
Effendi. a !"epoque du p!an interirnaire de cleux ans entre ! 950 et ! 952 de
!"Assemblee spiritue!le nationale Britannique. cl'inaugurer veritablement la
conqu€:te spirituelle de!' Afrique grace ason ferrne soutien et aux directives
quáil donna aux croyants persans. britanniques et amfaicains pour quáils sáy
rendent cornme pionniers. II fit suivre cette etape initiale par un c!Cp!oie111e11t
agrande echel!e atravers !es dispositions de sa Croisade mondiale. inauguree
- 27 - ,er(! partie
en 1953 - un Plan de dix ans dont l'objectif. entre mitres, Ctait dáounir a la
Foi 131 territoires vierges dans \es cinq continents du globe. Beaucoup de ses
objectifs concemaient l'Afrique, dont ks pionniers furent J l'origine d'une
propagation fulgurante des enseignements au sein d'un peuple que Bahit'u'l13h
Lui-meme a compare a "la pupillc noire de l'ceil" a travers laquelle "la
lumiere de !'esprit rayonne" - une image chargee d'implications profondes,
quand on sait que la vision de \'ceil prend fonne clans la pupille.
Le cours de la destinCe de Enoch Olinga le portait vers un meme
objectif; durant !es dix premieres ann6es apres le retour de son pCre aTilling
en 1927, Enoch alla al'ecole du village puis aNgora, une petite ville proche.
Plus tard il fit ses eludes secondaires a Mbale ; pendant la seconde guene
mondiale, en 1941, ii rejoignit le Corps d'education de l'annee britannique et
alla aNairobi au Kenya, servant par la suite enAsie du Sud-Est dans le Corps
des fusiliers du roi de l'Afrique de ]'est, il se rendit en Birmanie, au Pakistan
Oriental, a Ceylan et en lnde. En 1946, alors age de vingt ans, ii retourna en
Ouganda et rejoignit le Departement gouvememental des relations publiques
et sociales. Pendant un ce11aintemps, il fut envoye a Soroti áet a Mbale ol1 il
ecrivit deux livres dans sa propre langue, l'Ateso, qui furent d'une grande
aide pour le Departement gouvernemental de l' eduCation dans le district de
Teso; plus tard il s'installa a Kampala, la capitale Ougandaise.
A I' epoque ou ii entra en contact avec la foi en 1951, sa vie personnelle avait pris une toute autre tournure : ii 6tait alors marie et avait eu ses
premiers enfants. Traducteur talentueux, il travaillait pour le gouvernement,
mais 6tait aussi devenu un homme d6sabus6, largement porte sur la bouteille.
Le service gouvernemental qui I' employait eut vent de son probleme d' alcoolisme et le renvoya malgre ses capacit6s reconnues et ses nombreuses ann6es
de service. Quand Enoch accepta la foi, il an-eta l'alcool imm6diatement;
malheureusement pour lui, les rapports qui faisaient 6tat de son d6labrement
avaient deja ete etablis lorsqu'il se declara baha'i.
Enoch etait le troisieme ougandais a accepter Bahii'u'llah, mais il
etait le premier de la tribu Teso. II entendit parler de la Foi par un ami qui le
presenta a 'Ali Na!;hiavani, le beau-fils de M. et Mme Barnini. Ces derniers,
originaires de Perse, avaient quitt6 leur pays pour partir comme pionniers
en Afrique, en reponse aux souhaits de Shoghi Effendi. Anives en Afrique
en 1951, ils s' etaient install es en Ouganda avec leur fille Violette, son mari
'Alf et leur fille a.gee de trois ans. M. Ban8.ni acheta une maison au cceur
de Kampala, au 3 rue Kitante. C'est 13qu'allaient se d6rouler de nombreux
evenements, de joie comme de tristesse, tous Ctroitement lies au dCploiernent
du Plan Divin de 'Abdu'l-Baha sur ce continent.
1ere partie - 28 -
Des leur premiere rencontre, Enoch et 'Alise prirent d'amirie l'un
pour l 'autre. Enoch participait aux soirtes reguliCres destinees aux chercheurs
qui sc tcnaient chcz les Ban:ini, cette famille baha'ie persane tres chaleureuse
vers qui ii se sentait attire.
En fevrier 1952, M. et Mme Ban:ini partirent faire leur pelerinage au
Centre mondial. 11fut convenu que pendant cette periode, les pionniers de
Kampala tiendraient une reunion sptciale pour tous !es africains qui etaient
intefesses par la Foi et que celle-ci coi'nciderait avec le moment oil, aHaifa,
le Gardien avait l'habitude de se rendre aux Tombeaux: M. Ban:ini !'en informerait et lui demanderait des priCres speciales. Shoghi Effendi fut heureux
d'acceder a cette requete: ainsi, Jui et M. Ban.inf visitCrent ensemble !es
Tombeaux al 'heure choisie. Enoch participa acette reunion aKampala - mais
rien ne se passa I Les trois pionniers - les Nakbjav:ini et Philip Hainsworth
- sen tirent uncertain decouragement. Cependant, plus tard cette meme nuit,
Enoch retourna voir les pionniers ; il posa de nombreuses questions et fin it
par demander:" Comment devient-on bahil'i? ". T6t le lendemain matin, il
se prCsenta avec une lettre demandant aetre accepte comme croyant ; des le
debut, Enoch avait lu avec avidite chaque livre qu'il pouvait se procurer, ce
qui constitua les bases de sa profonde connaissance des enseignements. Mme
Olinga aussi embrassa la F oi, racontant ouvertement que c' etait la remarquable
transformation de la conduite de son mari depuis qu'il etait devenu bah8.'i
qui avait influence sa decision.
Peu apeu, d' autres declarations vinrent grossir !es rangs des croyants
de Kampala, de sorte qu'au 21 avril 1952, la premiere Assemblee spirituelle
locale historique d'Ouganda, dont Enoch etait membre, put etre elue dans
cette meme ville. Quelques mois plus tard, Enoch retourna sur sa terre natale Teso a Tilling pour repandre la bonne nouvelle des enseignements de
Baha'u'llah. Il y suscita un tel interet qu'il retouma a Kampala et persuada
'Ali de se rendre a Tilling, car les gens de la-bas voulaient voir de leurs propres yeux l'homme blanc qui avait converti Enoch acette nouvelle doctrine.
Tout d'abord accompagne de Enoch comme interprete, puis plus lard d'Enos
Epyeru, l'un des premiers croyants Teso. 'Ali voyagea et enseigna dans le
district de Teso pendant plusieurs semaines. Une vague de declarations regulieres commen9a alors, l'une des premieres etant le propre pere de Enoch,
qui devint un bah8.'i d6voue.
Au debut du mois de janvier 1953 ~ huit mois aprCs la formation
de I' Assemblee locale de Kampala - le Gardien adressa un telegramme au
n10nde bah 3.'1 :
- 29 - 1ere parr;e
"PARTAGER COMMUNAUTES BAHAIES ORIENT OCCIDENT
RAPPORTS SENSATIONNELS EXPLOITS ACCOMPLIS GROU-
PE HERO!QlJE PIONNIERS TRAVAILLANTDIVERS TERRITOI-
RES AFRICAINS EPARS PARTICULIEREMENT OUGANDA"
ct continua en comparant ccs exploits aux Cpisodes relates dans le Livrc des
actcs deb Bible ct {1la propagation rapide ct dramatique de notrc propre Foi
par lcs PrCcurscurs de son Age hCroi'quc. II dCclara quc cc qui se passait en
Afriquc Cclipsait mCmc !cs mcrvcil!cuscs rCalisations d'AmCrique latinc ct
surpassait \cs exploits qui irnn10rtalisCrent la Croisade curopCcnnc. Shoghi
Effendi accordait bcaucoup d'importancc al'identitC des gens: il n'ajamais
considCn~Jes croyants comrnc unc masse amorphc qui acccptait Bah{1áuá11ah ;
lls Ctaient pour lui des individus fascinants, 3 la maniCrc de piCccs colorCcs
qui composent unc mervcilleusc mosai'que. C'est ace moment que \cs projcctcurs furent braquCs sur l'Ouganda ct y furcnt maintenusjusqu'i la find~
la vie de Shoghi Effendi. Dans cc mCmc c3.blc, il continuait en Ccrivant:
,. NOMBREUX AFRICAINS CONVERTIS CAUSE DERNIERS
QUINZE MOIS RESJDANTS KAMPALA DISTRICTS PERIPHE-
RIQUES ORIGINE PROTESTANTS CATHOLIQUES PAYENS
LETTRES ILLETTRES REPRESENTANTS DEUX SEXES PAS
MOINS SEIZE TRIBUS DEPASSENT DEUX CENTS".
Ceci fut le premier coup de trompette deá' l'entree en nombres ,. predite et tant
espCrCepar' Abdu'I-Bah3. Dans ce meme cable, le Gardien annonc;:aitque pas
mo ins de neuf localities seraient en mesure de former leur Assemblee locale a
Ridv3.n. Encore plus significatifCtait J'annonce qu'il fit aussi, selon laquelle
il enverrait a la premiere des quatre Conferences intercontinentales. prCvue
pour 1953 ~ qui Ctait la conference africaine tenue a Kampala-á une copie du
portrait du B3b, dont il etait certain que la vue rendrait Jes nouveaux croyants
"PLUS PROCHES ESPRIT PROPHETE-MARTYR FOi ET OCTROIERA
ETERNELLE BENEDICTION TOUS RASSEMBLES MEMORABLE
SEANCES CONFERENCE FAISANT DATE". Ce fut Enoch. le nouveau
bah3.'f de l'Assemblee locale de Kampala, qui se trouva emb::1rque avec !es
croyants de longue date dans I' organisation cteáce rassernbk:nent historique et
unique. A!ors que Enoch, apres avoir perdu son travail, se sentait demoralise,
l'v1.Ban3.ni, dans un elan prophetique, Jui avait redonne courage, en tui assurant
qu "il trouverait un meilleur poste. ce qu 'il fit par la suite. La conference devait
máoir lieu du 12 au 18 fCvrier et le Gardien lui-meme avait confie aM. Ban3.nf
une sonune d'argent destinee exclusiYement a faire participer certains des
nnU\ácaux bah,l"fs en tan! quc ses irl\'itCs. Comme la" conversion en massc'"
continuait aTeso, cela voulait dire qu'emáiron deux cents pcrsonnes de\áaient
Ji:reportie - 30 -
Ctre transportCes par bus de ccttc province du Nord-Est, cc qui constituait un
Yoyagc de plus de 300 kilometres. •Ali NakhjavJni partit escorter !cs amis ct
Jes invita a Ctrc Jes h6tes de Shoghi Effendi. Quand !es hornmcs montCrcnt
dans Jes bus, de nombrcuses femmes p!eurCrcnt et sc Jamenterent car clles
craignaicnt qu'ils fussent crnmcnCs pour €:trerCduits en esclavagc !
Dans ses salutations et son message adressCs a la Conference 'áqui
fait date'', que le gardien saluait d'un "cceur joyeux ", il dit "accucillir a
bras ouverts le grand nombre, bicn qu'imprCvu, de representants de la race
noire, au cceur si pur et si rCceptifs spiritucllement ". Et il remarqua que lcur
continent avait su garder sa simplicitC primitive et" rester sauvegardCc "de
la contamination par ce qu 'il dfrrivait en tcrmes accrbcs commc Jes maux
d'un matCrialisrne outrancier, rampant ct cancercux, minant Jes tissus sociaux
en Orient comme en Occident" ctáá menayant d'engloutir en une seule et
rnCmeconvulsion Cpouvantable I'ensemble de l'humanite ". Des mots \ourds
de sens, contenant un ave1iisserncnt encore plus lourd. Dans son message,
Shoghi Effendi sou\ignc la grande quantitC de travail qui attendait Jes six
Assemb!ees nationales en charge, \es croyants autochtones eux-rnemes et !es
pionniers qui Jes aidaient. C'Ctait pas rnoins de trente-trois territoires vicrges
qui devaient etre ouverts a la Foi et trois assernblees nationales geantes - en
fait plut6t de nature r6gionale-devaient etre formCes pour embrasser le continent: l'Afrique Centrale et l'Afriquc de !'Est avcc son siege a Kampala:
!•Afrique du Sud et de l'Ouest avec son siCge a Johannesburg ; et t' Afrique
du Nord-Ouest avec son siege a Tunis. En outre, la Main de la Cause pour
iáAfrique, M.Ban3.ni devait nommer au Ri<)vcinsuivant, en 1954. un Corps
auxiliaire de neufmembres pour !'assister dans les tfiches a venir.
Chacun de ces points toucha personnellement la vie de Enoch : c' 6tait
son peuple. Jes Tesos, comptant plusieurs dizaines de milliers de membres,
qui fonnait la grande majorit6 des bah{1.'isd'Ouganda avant la guerre civile;
ii r6pondit a l'appel de pionniers pour ouvrir les trente-trois territoires en
question et devint lui-mCme un Chevalier de Bah8.'u'll8.h; il fut 6lu dans la
premiere Assemblee spirituelle nationale d'Afrique du Nord-Ouest; il fut
nomme Main de la Cause dans le dernier contingent de huit personnes eievees
• ace rang par Shoghi Effendi quelque temps avant son deces. Enoch de\'enait
ainsi le collegue de Ml1.saBan3.ni d:ms la maison duquel il avait accepte la
Foi. 11n'y a aucun doute, lorsque nous regardons sa vie de bah8.'i, que ]'experience que Enoch v6cut lorsquái! vit le portrait du ProphCte-Martyre de sa
Foi. l'imáestit assurement d'une .. benediction Cternelle ''.
Enoch s'Ctait al ors ancrC dans ses nou\áe\les fonctions et dans sa nou-
,áclle vie assagie. Mais unc forte bisc soulllait: le vent de Dieu qui, s'adrcssant
- 31 - 1erepartie
aux §.mesdes bah8.'is receptifs, leurdemandait de se lever, d'entendre l'appel
de leur Seigneur et d'aller porter Son Message en des contrE:eslointaines. De
meme que le pere de Enoch s'Ctait le\'e autrefois pour porter la foi chretienne
vers un autre tenitoire, Enoch et deux autres nouveaux croyants ougandais se
levaient rnaintenant et quittaient famil\e, maison, travail et pays pour porter
la bonne nouvelle de Baha'u'llah iitravers le continentjusqu'en Afrique de
l'Ouest, dans certains de ces pays qui attendaient qu'on vienne les ouvrir a
la Foi. M. Banani, le Conquerant spirituel de l'Afrique, comme aimait l'appeler Shoghi Effendi, avail achete quelques temps auparavant un petit break
Peugeot qu'il rnit a leur disposition. A l'origine, le voyage avail ete planifie
pour amener Violette rendre visite a une farnille bah:i 'ie au Congo, mais il
prit une toute autre tournure lorsque 'AH, toujours fidele et toujours enthousiaste, se porta volontaire pour conduire en sa qua\ite de pilote spirituel et
de chauffeur materiel, \es trois aspirants pionniers atravers le continent. Les
cinq se mirent en route le 27 aoiit 1953 avec peu d'argent et pratiquement
aucune information sur le trajet qui les attendait, sur les routes probablernent
les plus aborninables au monde et dans une voiture banale assurement ma]
equipee pour Jes affronter. Leur consolation alors, et pendant toute la duree
du voyage, fut un telegramme re9u de leur Gardien bien-aime a la veille de
leur depart:" AFFECTUEUSES, FERVENTES PRIERES YOUS ACCOM-
PAGNENT ".
Environ une semaine apres, Samson Mungono fut depose aKamina,
dans ce qui etait a cette epoque le Congo Beige (actuelle Republique Democratique du Congo), ol1vivaient deja deux croyants non africains dans deux
parties differentes du pays ; au 26 septembre Max Kenyerezi, le Chevalier
de Baha'u'llah pour l'Afrique Equatoriale Fra119aise(actuellement la Republique du Congo), s'etablissait a Brazzaville. La partie la plus longue et
la plus difficile du voyage les attendait encore, a !ravers la jungle profonde
et tropicale du Gabon ; en traversant une region decimee par la maladie et
infectee d' insectes, la voiture s' embourbant constamment, 'Ali ou Enoch devaient parcourir apied de nombreux kilometres pour all er demander de I' aide
aux villageois afin qu'on degageiit leur voiture hors des marecages. La route
etait si difficile, qu'un jour, ils ne purent progresser que de cent kilometres
en plus de seize heures. Le jour suivant, ils n'avancerent que de vingt-cinq
kilometres en quatorze heures; en fin de compte, c'est la voiture qui tomba
en panne; Enoch se proposa d'aller chercher de ]'aide et, accompagne d'un
villageois en guise de guide, entama une marche de pres de quatre-vingts
kilometres, vers un village oil, disait-on, il y avait un garage ; la separation
d'avec Enoch angoissait !es Nakhjav:ini encore plus que leur propre situation.
1erepartie - 32 -
'Ali qui n áeta it absolumcnt pas mecanicicn rCussit en fin arCparcr J'cmbrayagc
de la Yoiturc. assez du moins pour sc lancer tant bien que mal sur !cs traces
de Enoch. Tombant constammcnt en pannc, ils arrivCrcnt malgrC tout ;J le
rattraper le jour suinmt, Enoch aYa it parcouru prCs de cinquante-cinq kilometres a pied: ii Ctait CpuisC par unc mauYaisc dyscntcric. souffrant et tres
inquict pour ses arnis.
En arrivant dans la ville, •Ali qui avait etc trCs gravemcnt pique par
des mouchcs tsC-tsC,Jes rcdoutab!cs portcuses de la rnaladie du sommeil. ainsi
quc Violette qui avait aussi etc piquee, se rcndircnt a l'h6pital pour y faire
des analyses ct rcccvoir un traitemcnt. Cependant Enoch Ctait si ma lade qu 'il
fut hospitalise pendant deux jours et nc put voyager pendant une sernaine.
Lorsqu'il avait CtCrattrapC par lcs Nakbjavclni, Enoch leur avait racontC que
la nuit prCcCdentc. quand ii Ctait seul. entourC uniquerncnt par d'Ctranges
africains avcc lesqucls il ne pouvait pas communi.quer, craignant pour sa
s6curitC ct pour !'argent qu'il transportait, rempli de craintcs et de doutes, se
demandant pourquoi ii avait quittC maison et famillc pour entrcprendre une
si follc avcnturc. ii avait alors rCvC de Shoghi Effendi qui iáavait pris dans
ses bras et l'avait scrre trCs fort, rCpandant en lui rCconfort ct confiance. Ce
reve lui rendit sa force et le toucha si profondernent quáen son cceur, il cria
au Gardien qu'il etait pret apasser par de telles epreuves par amour pour lui,
chaque jour de sa vie !
Finalement le 10 octobre. !e petit groupe traversa le Cameroun
frarn;ais. mais l'objectif de Enoch etait le Cameroun britannique, but qu'il
devait remplir au 110111 de l 'Assemb!Ce spirituelle nationale britannique. Le
pont principal entre Jes deux pays Ctait tombe, mais par un detour long et
fastidieux le groupe entra finalement dans Mamf'e. Lil. ils se precipiterent a
la paste pour envoyer au Gardien un c5.ble annonyant que le Cameroun britannique Ctait desormais ouvert par I"arrivee de Enoch. II Ctait quatre heures
de l'apres-midi et le receveur Ctait en train de termer, mais "Ali le supplia
de reouvrir pour que ce cftble si important pltt partir avant la fin de I' Annee
Sainte cette meme nuit du 15 octobre. Le 16 octobre. ils arriverent aVictoria,
sur la c6te. Ja ol1 Enoch allait ,,ivre les dix annCes a venir avant de retourner
definitivernent dans sa patrie en Afrique de 1áEst.
L"Afrique de cette epoque etait encore sous administration coloniale: a contre cceur. les Nakhjaqlni et Enoch durent reconnaltre que leur
association pouYait mettre en peril le but de tant d'effons et de sacrifices:
Victoria e1ai1 une petite ,áille et un groupe de deux blancs Orientaux avec
un Ougandais noir n'y passait pas inapcn;:u. Le premier problen1c fut de
trouvcr un logcmcnt pour Enoch. Le triba!ismc, m0mc de nos jours. rend un
1Cre partie
peup!e tres suspect aux ycux d'un autrc. Pcrsonnc n'acccptait de r1.XC\'Oirun
homrnc d'une pcuplade CloignCc de prCs de 3000 kilomCtrcs, a l'autrc bout
de l' Afriquc. Fina!cmcnt ::ttravcrs unc suite de circonstances cxtraordinaircs.
si familiercs aux pionnicrs bahcl'is aqui cllcs semblcnt si souvcnt ou\Tir Jes
po11es, un jeunc horn me tra\'ai1lant d;:rns la librairic locale en vint J discutcr
avec Violette: voyant qu'cl\e se faisait du souci car cl\c nc s~n-ait comment
trouvcr un logemcnt pour" un jcunc Ougandais quc nous connaissons ''_ ii
dcrnanda a rencontrcr Enoch. Tl s'en suivit quc Enoch dcvint le locataire de
David Tanyi. Cc dcrnicr acccpta la Foi grace a Jui, devcnant ainsi le premier
croyant du Camcroun tout cntier : il dcvint plus tard Chevalier de Baba 'u 'Jhlh
pour le Togo frarn;:ais. Les NakbjavS.ni al1Crcn1s'installcr dans Jes environs
de Douala, au Cameroun frarn;:ais, rcstant proches de Enoch sans pour autant
susciter la suspicion des autorites locales a Victoria. Car avant de retourner
en Ouganda, ils voulaicnt s'assurer que Enoch obticndrait son visa de rCsidcncc et qu'il Ctait bien instal\C en toutc securitC dans son poste de pionnier.
Enoch lui-mCrnc, discretement mais ardernrncnt, cornrnenya a cnscigncr de
nouveaux a1111s.
L'Cpoquc de la Croisadc mondiale du Gardicn Ctait vraimcnt une Cpoque flamboyante. Un enthousiasme sacre pour l 'enseignement de la Cause de
Dieu al'humanite se repandait de taus cOtes. Shoghi Effendi, enflamme par la
remarquable expedition a travers J'Afrique qui avait deja pennis l'ouverture
de deux nouveaux pays, encouragea a!ors Enoch a accomplir ['impossible:
susciter parmi ses nouveaux convertis la vocation de pionniers pour qu 'ils se
!event, rnarchent en avant et ouvrent des territoires vierges. Lorsque !'on pense
que Enoch etait lui-meme un nouveau bah.i'i et unjeune pionnier. son succes
tenait presque du miracle. Dans une lettre adressee 3.Leroy loas datee du 15
avril 1954 - exacternent six rnois apres son an-ivee au Cameroun britannique
- Enoch ecrivit : .. Laue soit Dieu que les exhortations de notre bien-airne
Gardien d'assigner et d'accueillir des pionniers dans Jes cinq territoires vierges aient. par la mansuetude sans limites du Bien-aime. ete ~ccomplies. En
priere. nous levons nos mains suppliantes et nos voix sáde\áent en louange a
Bahcl'u'll3h pour Sa direction et Ses confirmations. Je crois fermement qu'l!
assistera et guidera assurement ces nomáeaux etjeunes soldats de Son armee
triomphante. et !es rendra victorieux car. selon ma propre comprehension
limitee et mes croyances, ils ont en eux un tres rare esprit d'amour et de
d~\áouement a Sa Cause bien-aimee."
De prime abord, ecriv!t-iL ceia semblait pratiquement impossible
di: dCcidcr Lk nou\'caux croyants aquitter !curs maisDns ct (\ partir vcrs des
tern:-; 0trnng0rcs: ..... rnaisj1...ás~wais trCs bicn quc !e bicn-aimC Gardien. qui
:::.urveille assurernent le 1noncle ct tous les croyants. náaurait pu demander
l'impossible. Des que la nou\'elle parvint a leurs oreilles alertes et sensibles.
!es croyants reagirent crune fa<;ontel le quáun spectateur e.\terieur el1t pu !es
croire enivres ... !ls de\áinrent vraiment intoxiques par le vin choisi de Son
amour, de la sournission et de l"obeissance a iáappel de leur Bien-aime. Les
croyants qui se proposaient comme pionniers affluerent comme des sauterelles et manifesterent des signes clairs d'obeissance. prets a pa11ir des la
minute suivante. oubliant leurs proprietes. leurs parents affectueux et leurs
familiesáá. AinsL les pionniers potentiels etaient si nombreux qu"il fallut
en venir a un tirage au sort pour choisir \es cinq personnes qui auraient le
privilege de partir.
•Ali retourna en avian a Victoria pour y aider a !áobtention de visas
et a \'organisation des transpo11s - un point bien plus complique a l'epoque
que de nos jours ol, 1áA frique est independante. ••Lorsque •A!f arriva.áá ecrivit
Enoch. ááon ne perdit pas un seul instant. Ils prenaient leur en vol cornme des
aigles puissants dans le ciel celeste. Ainsi sont Jes soldats de Baha"u"llah!
Commefaurais souhaite les accompagner ! Que Bahaáuá11ah les soutienne
et guide leurs pas le long du chem in glorieux de la comprehension spirituelle
et du sacrifice ctesinteresse de srn1e qu'ils puissent devenir des arbres dont
Jes fruits serviront de nourriture aux affames. Ma priere continuelle est qu'ils
puissent trouver Jes moyens de sáetablir. Je sais que les prieres du Gardien
bien-aime Jes accompagnent. ••
Enoch rapprn1e aussi que la lettre de Shoghi Effendi a David Tanyi.
re-;ue la veil!e de son depat1 com me pionnier. etait vraiment une coYncidence
rernarquable a tel point que David avait declare quáil iáencadrerait. A l'aeropo1i. tandis que Jes parents fondaient en larmes. Jes pionniers marchaient
joyeusement vers leur avion. un contraste qui pour Enoch couronnait '" le
depai1 en tan! que pionniers de ces braves et vaillants soldats de la Beaule
Ancienne --.
En reponse asa lettre. Enoch etait assure par le Gardien que ce dernier
•• eta it profondement emu par !es rappo11s que vous avez envoyes et la maniere
dont les amis ant rec;u son appel pour partir corn me pionnier dans [es territoires, vierges. I! pense que ceci constitue reellement un evenement historique.
parce que cela signifie que des croyants devenus bahaárs depuis peu se sont
leves pour po11er la Bonne Nouvelle ades peuples de nouvelles contrees. La
maniere dont la Foi se repand en Afrique est veritablement remarquab\e et
eclipse la maniere dont elle sáest repandue dans d'autres pa11ies du monde.
Cela prefigure le glorieu.\ futur de la Foi sur ce grand continentáá.
Les noms d~ ces prec_ieuxet distingues enfants spiritue!s de Enoch qui.
- 35 - 1ere partie
commc ce dernier. rec;urentchacun le titre de Chevalier de Bahaáuá!lah. sont
les suivants: David Tanyi pour le Togo fran,ais: Ed\\'ard Tabe pour le Togo
anglais: Samuel Njil-.ipour le Cameroon fran\'.ais: Benedict Eballa pour le Protectorat Ashanti : Martin Manga pour le Protectorat des TeJTitoiresdu Nord.
Deux mois plus tard. le 14juin 1954. Enoch ecrivit sa premiere lettre
a Shoghi Effendi: de memoire d"archives. ii semble que ce fut la seule. Je
vous la cite done en entier car e!le reflete bien son amour. son respect son
obeissance a la figure centrale de sa Foi et a celui qui etait devenu le point
focal de sa vie :
J\fon bien-aimi Gardien
Je dais tout d 'abord remercier man bien-aimf! Garchen
de prier continuellemem pour man hien-erre spirituel ainsi que
pour ceux qui son! en train de servir en ce moment la Beawd
Ancienne ; merd encore pour !es directives du Men-aim/? Garclien
sans lesquelles !es reahsations spirituelles prrisentes de notre Foi
bien-aimrie n 'auraient pas ere possibles.
De plus,je supplie tres lrnmblement mon Gardien c:hi!remenl aimri de croire en 111011df?vouement fervent et sans reserve
Cllu Cause de Bahd '11 'lldh er en ma soumission Clchacune des
exhort a lions du Gardien pour prnmmtvoir les intiirersfOndwnenraux de notre Foi qui maimenant i!claire le monde enlie1: Puis-jt:
aussi me perme1!re d'e.l.primer lajoie et le bonheur que Jes lerrres
envoyries individuellemenr par le bien-aimri Gardien aux bahci 'is
ant apportis aux CO!ltrsde taus !es croyams de cette communauri
naissante. Ces le!tres, com me les priCresferventes du bien-aimri
Gardien, fom des miracles h:i. Notre prir!re et espoir quotidien
est que Dieu, l 'Irrf?sisr;l,!e, le Prorecre1a; puisse prolonger !es
.fours de service ininterrompu de notre bien-aimt.? Gardien ClSa
Cause et al 'humanitri.
Comme mon bien-aimr! Gardien en a peur-etre eu connaissance, une assemblt.ie a e,e ri!ueici it R1\him dernier et par la grcic.:e
du Bien-aim/?le prochain Rifll'lin nous apportera zm certain nombre
d'assemblries locales. Je l'iens Juste de rentrer d'zm voyage cl 'enseignement de deux semaines qui m 'a conduit Cll 'intirieur mJme
du pays oi,j áu; ,áJc11des expririences poigncmtes et exaltantes : en
particulier lorsc1uej 'ui eu cl rirre purmi !es vil!ageois qui croie111
aux prath111esde lu sorcl!!lerie et au poznáoir des pratiques ááJluáu•
(/etiche, je emfs). C 'Jtoit asse:: lerr[ficmt cl áentendre Ies histoires
1erepartie - 36 -
i!./fo.1áuh/1:s
ruco111Jespur c/1:sudeptt:s du "Jzuáu". mais urec toute
ma co,?fiunce en Bahcl áu '/lcih.j1: ne ji1s ju111ais cldcouragJ. Par
honheur c1uelq11es-11ns d áC!nfreeux pur1:nt cliscer11er la 1áJri1J ciu
message de Buhcl áu 'l/cih-que mu rie, mon cllne et 1110n esprit soient
clonnils en sacrffice au plus hum hie de ses serriteurs .1
fl phdra cl man bien-uimil Gardien d 'apprendre que dix
nmrreaux centres ont /!ti ourerts i, la Foi, totalisal7! ainsi douze
ceJ7lres au Ccm1eroun britannic111e.Nous comptons dl!relopper
tous /es 011::epour qu 'ifs aient le slatul d 'assembfrie d 'ici Rhjvim
prochain. Nous ovons rrie!lement besoh1 des prii!res particulii!res
de 110trehien-aimri Gardien pour la rriussite de ce projet quelque
peu ambitieux.
Nous recevons des let/res tri!s encouragecmtes de la part
de fems nos ch1q pionniers. parNs pour ourrir des territoires vierges. Ifs semblent taus tri:s heureux !Cloir ifs sont et atfendenl que
!es port es du succi!s s 'ouvrent CJeux . .J.Vcms
espilrons et prions tous
qzr 'en temps voulu ifs tro11ve111 w1 travoif qui leur com:ienne. Ce
n 'est pas tan! parce qu 'ifs pourront ai11sisubvenir Clleurs besoins.
mais c 'est surtout parce qu 'ifs se sentirolll a/ors beaucoup plus
heureux et bien Jtablis lorsqu 'ifs uurnnt w1 trovail qui les occupe.
lls s 'enrucineronl et se sentiront intrigrl!s. Dans !es lettres q11e
nous leur udressons, nous /es encourugeons toz{io11rsoutam q11e
11O11s le po11vons Clrester cl leur poste.
II peut i!tre intrJressant pour 111011hien-aimf! Gardien de
saroir que le nombre de croycmts augmeme tri:.srapidement au
Ca111erounbritcmnique. La situation actuelle est : croyal7ls reconnus. pri!s de 30: driclarations, prl!s de -10: cenrre,\'act11elleme111
omáerts cl lo Foi, 12.
Si rems le permelte::, man hien-aim<! Gardien. je sais
comhien 1áous l!tes occupJ, par consl!quenl_je ne m 'mtarderaipas
sur des qffC1iressans importance .
.le vous prie, tri!s hwnblement, cleme pennetlre d 'adr1:sser
mes tri:s.fi:náemes sallflotions et mes meilleurs rwu.r cl 111011hienaiml! Gardien ainsi qu 'citous /es memhres d1:lujC,mille .
.-free le plus chall!lireu.r amour huhci 'i cles croycmls cle Vidoria .
.k SllJJp/ie de clemeura
,Hon hit'n-ui111/! 0urdie11.
rot re serriteur c/JnmJ.
- 37 - JC:'rcpartie
Enoch ( Jlingu
Ce 11áetait pas dans les habitudes du Gardien de garder les copies de ses
vastes correspondances: cependant nous savons precisement quá il a r~pondu
a cette lettre le 9 aoC1t: malheureusement táoriginal náa pas ete retrouve.
A cette epoque. les bahaá is dans toute 1áAfrique etaient peu nornbreux
et tres eJoignes Jes uns des autres. Mais une pa11iedu grand Plan de dix ans de
Shoghi Etrendi etait de crCer non seulement des assemblees spirituelles locales,
mais aussi des corps dirigeants qui rempliraient \es fonctions ctáAssemblees
spirituelles nationales: comme dans chacun des territoires le trop petit ncimbre
de croyants ne pouvait justifier la formation ctáune Assemblee nationale
indCpendante. il reso\u ce prob!eme en constituant en 1956 un ce1iain nornbre
d'unites administratives geantes de so1ie que Jes bah,i'fs purent apprendre
a penser et a fonctionner dans tm cadre adrninistratif. Le plus grand groupe
- reuni s_ous!"appellation d. Assemblee spirituelle nationale de I"Afrique du
Nord-Ouest avec le siege de son secretariat a Tunis. en Tunisie - englobait
pas mo ins de vingt-cinq territoires. asavoir : 1áAlgerie. le Protectorat Ashanti.
le Cameroun britannique. le Togo britannique. Jes lies Canaries. les lies du
Cap Ve,1, le Cameroun fra111;ais.le Maroc fran,ais, le Togo fran,ais. 1•Afrique
occidentale fran,aise. la Gambie. la Cote d"Or. le Liberia. Madere. le Maroc
(zone internationale), le Nigeria. le Protectorat des Territoires du Nord. la
Gui nee po11ugaise. Rio de Oro. !"lie Saint Thomas, la Sierra Leone. la Gui nee
espagnole. le Maroc espagnol. le Sahara espagnol et la Tunisie. Malgre cette
liste impressionnante. ii n áy avait a peu pres quáun millier de bah3 áis dans cette
vaste region et le Corps national reposait surtrente-huit assemblees locales:
cependant. grace a Shoghi Effendi, Tunis avait son propre centre national
bah,i"i et Bomi Hills. au Liberia. etait le lier possesseur de I"unique dotation :
Enoch Olinga fut eJu president de ce nouveau corps 1. II parait inconcevab\e.
quáen une periode aussi breve que trois ans, d'entre Jes trente-trois territoires
vierges qui devaient etre ouve11s a la Foi a travers l'Afrique. vingt-neufdeja
avaient accueilli des pionniers.
Dans le cceur de Enoch bnllait \"ardent desir de faire le pelerinage au
Centre mondial et de rencontrer son bien-airne Gardien en personne. I! fin it
par en demander la permission. qu_ilui fut accordee par Shoghi Eff'endi qui.
cornme a son habitude. detennina une semaine en guise de date. en d'autres
terrnes. Enoch fut informe quá11 serait le bienvenu cornme pelerin la premiere sernaine de t'e\Tier 1957. Le Docteur Ugo Giachery. Main de la Cause
et membre non-resident du Conseil international bah8.'f a Hana. residait 3
1 Enoch O!inga rut 01u 1rn.:111hrl'dl' LT ..:urps. La presidente de !"Asscmh!fr spiriLud!e
rC~iona!e f'tail Miss Hsic Austin
Ji!re porrit'
Rome: ii nous a donne cette image affectueuse de Enoch: ii arriva de Tunis
au rnatin du I ~r fevrier 1957. •• i! eta it jeune. mince. d'un abord airnable et
pensait que cette Main de la Cause pouvait accornplir des miracles. I! avait un
\ ii...áu.\.
passepon anglais. expire depuis plusieurs annees. et eta it pratiquement
sans un sou (d"aucune devise quelle quáe!le soit) en poche. Je le conduisis au
Consulat britannique. Le Consul a la moustache ciree. refusa pendant vingt
bo1111es minutes de considerer la possibilite de renouveler le passepo,1 . .1áavais
demande a Enoch de ne rien dire mais de reciteráá Qui hormis Dieu dissipe les
difficultes ... ••. Lorsqueje dis que le Gardien de la foi bah;i'ie avail convoque
M. Olinga aHarfa. le Consul ouvrit un tiroir de son bureau. y saisit un dossier
volumineux avec des pages b\eues. les feuilleta avec grande attention et dit
ensuite: .. .le pense queje peux le faire". Le passepo11 va\ide en poche. nous
nous sommes precipites a l"Ambassade d"lsrael pour le visa qui fut accorde
immediatement. Ensuite. je pensai que Enoch pouvait peut etre avoir faim et
Jui demanda si tel etait le cas. ááOui .. repondit-il: ii n'avait pas mange depuis
la nuit precedente ... cher. cher Enoch. ii avait seduit nos creurs ! ••
Enoch dans ses nombreux voyages autour du monde. avait souvent
recours a la priere : .. Qui hormis Dieu diss1j1e !es d[fficultJs .. ". .le me rappel le une fois oll ii me raconta quáa la fin d'une longue tournee. alors qu"il
allait embarquer pour l"Ouganda. l'employee de la compagnie aerienne qui
faisait la pesee Jui dit qu"il avail un excedent de bagage et qu"il de\áait payer
un supplement. Enoch repondit qu"i\ rentrait chez Jui apres un long voyage
et que tout simplement i! náavait plus cl'argent; elle \ui retorqua qu'il devait
soit payer. soit abandonner ses bagages. cáest a\ors que. se tenant debout
dans la queue. ii sortit son !ivre de prieres, et comme!l(;a 8.se !ire une priere.
U16tesse l"interpella: .. Que faites-vous la O ", Enoch repondit: "Je prie.
que puis-je faire d'autre? ". Elle fut si desemparCe quáetle le laissa passer
avec ses bagages sans payer de supplement.
Le 3 t"evrier Enoch arriva 8.Hai'fa: ii en repa11it le 13 du meme rnois.
11s~journa dans la l"vlaisondes Pelerins Orientaux sur le Mont Carmel. ce qui
signifiait que Shoghi Effendi a!lait le traiter comme un pelerin oriental : les
hommes qui sejournaient 18.avaient non seulement le privilege de se prornener
dans !es jardins aux cotes du Gardien mais aussi la grande benediction de
pouvoir toujours visiter les Mausolees avec lui et de i-ecouter chanter les Tablettes de la Visitation de sa \áoix mervei lleusement melodieuse. En plus de ce
privilCge. Enoch etait la p!upart du temps seu\ avec lui : naturellement. Shoghi
Effendi lui par!ait en anglais. Quelquefois. Enoch aimait ase rememorer ses
premieres impressions. combien ii erait anxieux en attendant dáetre reyu par
s011 Gardien. a que! point ii ne pouvait imaginer comment Shoghi Effendi
- 39 - Ji:repartie
serait ou aquoi i! ressembkrait: 111ais par la suite. ii decouvrit !a majestCavec
laquelle ii parlai1 et quand ii le vit marcher.áá il rnarchait comme un roi ••.
alors ii devint manifeste que cá etait lui qui co111111andait et detenait l"autorite.
Enoch racontait ases enfants que Shoghi Effendi ressemblait aun lion. mais
quáen merne temps il etait tres doux. ll 1:appo11aune experience commune a
un grand no111brede pelerins : ii avait constate quáavant m€:med"avoir eu la
possibilite de poser ses questions. Shoghi Effendi y avail deja repondu. Par
contre. a la difference de la plupa,1 des pelerins. quand le Gardien Jui fit ses
adieux. 111•embrassa sur ]es deux joues.
Peu de pC\erins a vrai dire quittaient la Terre Sainte sans que leur
visite aux Mauso\ees et leur rencontre avec le Gardien náeussent open~ un
changement en eux. Enoch náetait pas une exception. L'amour dont l"avait
cornble Shoghi Effendi. \'eclairage de sa conversation ont profondement
influence la vie entiere de Enoch. Alors quáauparavant ii etait une aiguille
sáagitant peu ou prou vers le nord. ii devenait maintenant comrne une boussole
bien reg\ee. fermement orientee vers le Centre de sa Foi, son Gardien. son
vrai roi. Il retourna en Afrique de iáouest enflamme. rassure. plus mUr. Des
extraits de deux lettres que Enoch m •avait ecrites en 1956 et I 957. refletent
vivement la profondeur de son attachement a Shoghi Effendi: .. S'i\ vous
plait. voudriez-vous me rappeler au souvenir du bien.-aime Gardien et lui
dire combien nous \'aimons tous ... Ayant visite et prie aux tom beaux sacres.
contemp!e le visage saint de notre Gardien et entendu sa voix melodieuse. je
suis ce11ainquáun jour nouveau sá est !eve sur rnoi •• !
Une lettre ecrite le 15 fevrier 1957. de !a pmi du Gardien a Ml1s;i
Banani. exprimait ••sajoie de la visite en p0!crinage du premier bahaá1Africa in
de !a Croisade de dix ans - en fait le premier bahaái noir d'Afrique. Enoch
O!inga a remporte de nombreuses victoires pour la Foi. oáabord par son travail en Ouganda. puis en Ctant pionnier au Cameroun britannique. devenant
la-bas un Chevalier de Bahaáuá11ah.Cinq de ses enfants spirituels sont pm1is
du Carneroun vers des territoires vierges de la Croisade de dix ans. devenant
ainsi. eux aussi. des Chevaliers de Bahaáuá11ah. 11a !ui-rneme confinne 300
3.mes.a\áec cinq assemble"es.Le Gardien considere cela cornme unique clans
l'histoire de la Croisade. en Orient comme en Occident : et il a bCni celui
qui a senái a\áec tant d"altruisrne et a re111ponetoutes ces \áictoires pour la
Cause de Dieu. en le nornrnam ••Ahu"I-Futltl; ,._leáá Pere des Victoires ••. Le
Gardicn pl:'nsaitque vous et á/\li st:riez heureux de l'apprendre puisquáil est
l"enfant :,;piritueldeá Aliáá
Pour di\ crses raisons. t!:conL)IY1iques
etautres. !a !'emrneet !es en fants
de F1wch ~1aie111 restes en Afrique de 1áEst. Cependant. a\áec son election a
Jt'n: partie - 40 -
!"Assernblee spirituelle nationa!e de táAfrique clu Nord-Ouest et ses activites
d'enseignernent toujours croissantes. on pouvait considerer alors qu'il
sáinstallait pour de bon en Afrique de l"Ouest. Ainsi. peu apres son retour de
pe!erinage. ii retourna chercher sa femme et ses enfants en Ouganda. Ce fut
le 2 octobre 1957. durant cette visite. que M. Ban~lnf rec;:ut un telegrarnrne
de Shoghi Effendi lui demandant d"informer Enoch Olinga. ainsi que deux
pionniers servant en Afrique - John Robarts et William Sears -áá de leur ••
ELEVATION RANG MAIN CAUSE". ajoutant •• SUIS CONFIANT HAUTE
DISTINCTION LEUR PERMETTRA ENRICHIR ANNALES LEURS
SERVICES MERITOIRES ••. Enoch fut convie dans la maison meme ou ii
avait accepte la Foi. On lui mis clans \es inains le telegramme du Gardien. II
a
le lut. puis se prosterna etendu plat ventre sur le sol. ce qui. en Afrique. est
une marque de profonde soumission a son Seigneur.
II faut rappel er que. pour Enoch et les sept autres Mains de la Cause
nommees en meme temps par Shoghi Effendi, la mo1i de ce dernier. survenue
si subiternent un mois apres I' etourdissante nouvelle de leur elevation au rang
de Main de la Cause. fut un choc terrible: a peine avaient-ils eu le temps
d'apprehender ce nouveau rang qui leur etait confere. que leur guide etáá vrai
frere •• sen etait alle ! Enoch telegraphia a Shoghi Effendi le 4 octobre: ••
JUSTE RE<;'U MESSAGE SACRE DU BIEN-AIME MES CAPACITES PA-
RALYSEES: AVEC ENTIERE SOUMISSION ET HU MILITE J'ACCEPTE
FAVEUR DIVINE ME SENS PROFONDEMENTRECONNAISSANTSOU-
HAITS S/\CRES DU BIEN-AIME POUR NOTRE PROGRES IMPLORE
SES PRIERES POUR CONFIRMATION DIRECTION ET DEVELOPPE-
MENT SPIRITUEL. VOTRE DEVOUE. ENOCH OLINGA.''
Retournant vivre avec sa famille a Victoria. Enoch se donnait a
ses activites d'enseignement sur une echelle toujours plus grande a travers
l"Afrique de J'Ouest. Tousles territoires britanniques de cene region etaient
contr6!es et administres a panir du Nigeria. pays quá ii visitait frequemment
a
et oll ii avait amene la Foi de nombreux nouveaux adeptes. tout comrne au
Cameroun. Son Als aine. George. se rappel le que durant ces annees en A frique
de J'Ouest son pere pa!1ait sou vent pour de tres longs voyages <.fenseignement
hors du pays. Enoch lui-meme mentionne le Ghana. le Liberia. la Sierra Leone
et la Gambie •• pour 11áe11citer --. dit-il. •• que que!ques-uns •• cles pays ol1 ii
•• contribua 3 guider beaucoup er Urnes vcrs la Cause de Dieu ••. Les histoires
vivantes. quáil racontait ~'i.sa famille lorsquáil retournait. stimulaient l"intirtt
des enfants pour la Foi. Ouelquefois. s"i! partait uniquement JXllir le week-end
au Cameroun. ii prenait Ceorge avec lui. Non scu!erncnt son :-ervict: pour la
Foi etait que!que L'hose de sptcial pour Enoch. mais encnre clans .-;amaison
/i:Ft.: j)(lrfit.:
ii y avait toujours un endrnit particulier pour ses pr~cieuses photographies.
de áAbduáI-Hah3 et de Shnghi Effendi ainsi que des lieux ayant un caractere
sacre. Tout cela insuffla dans le cceur de ses enfants un amour ct un respect
semb!able: tous de\'inrent en granclissant des batiaáis tres <.kH1uCs.
Alors que les fi-1n11a!itesexigees pour assister aux funerailles du
bien-aime Gardien a Londres avaient empeche Ern.)ch dáy Ctre present il
put quand merne se joinclre a ses colle"gues Mains de !a Cause au premier
Conclave tenu immediaternent apres le deces de Shoghi ECfendi. a BahjL le
18 novernbre 1957 ainsi quáa tous les autres qui suiYirent. Bien que Enoch
elH le don des mots et qu"i! ffit un brillant orateur.je me souviens qu'il restait
incroyablement silencieu.x !ors de nos reunions. suivant avec attention du rant
de longues heures. parfois meme de longs jours. les discussions en deux langues. anglais et persan. observant un profond silence avant de tirer ses pro pres
conclusions. Quand on se souvient qu' ii n 'etait al ors quáun jeune horn me de
trente et un ans. un jeune baha'i depuis seu\ement quatre ans - notre bebe
Main -- on realise que ce dut etre pour !ui des annees de grand stress; cáetait
deja de terribles annees de tension pour ses pairs bien plus ages. beaucoup
aá
etant nes bah is !
Une des qualities Jes plus sympathiques de Enoch etait son rire. un rire
franc.joyeux. touchant et contagieux. Ses compagnons Mains de la Cause ne
tarderent pas a apprfrier ce trait de caractere et allaie-ntjusquáa memoriser
tout au long de iáannee. un lot d"histoires dr6les pour avoir le plaisir de !es
lui raconter ]ors du Conclave suivant. Dieu sait combien nos cceurs et nos
pensees etaient gra\ es sous le po ids de nos responsabilites et de nos problemes. Le rire. !ors de nos repas. etait alors une detente bienvenue pour nos
esprits sou vent tristes et epuises. Parfois. ils faisaient tant rire Enoch. que je
]es sermonnais en leur disant quáils allaient le rendre malade: bien entendu.
d'autres riaienr aussi - mais pas comme Enoch qui commen9ait en gloussant
et finissait en se tordant de rire.
Depuis son pelerinage. Enoch et moi etions devenus tres proches.
a
Quelques Mains clonnaient Bahjf tandis que ctáautres retournaient pour la
a
nuit HaYfa. Enoch et moi etions de ceux qui restaient a Bahji durant tout
le Conclave . .le me souviens quand !es jardins avaient ere envahis par des
escargots qui devoraient toutes !es plantes.jáavais insiste pour que les Mains
sortent capturer des escargots. en leur distribuant des recipients. pour leur
a
col!ecte. Sous le brillant c!air de lune. huit d'entre nous se mirent la t§.che.
commen~ant par !e~ plates-ban des du bas. face au Mauso!ee. Quand je me
rctnurnai un peu pl Lb tardje máapen;:us que taus sáetaient dernbes: seul lefide!e Enoch et nwi-m0me etions encore en train de ramasser Jes escargots !
J()rc /)({rfie - 42 -
Ces annees-13. de 19.'.'7 a 1963 - lorsque Enoch retourna vi\Te en
Afrique de 1áouest- furent en beaucoup de points trCs difficiles pour lui, Ses
relations avec Eunice. sa premiere femme. a!laient de ma] en pis. Fina\ement.
apres presque trois ans. elle retourna en Afrique de l'Est. rnais Jes enfants
restCrent avec lui. Le divorce fut prononce en 1961 et en 1963 Enoch partit ;.\
Nairobi avec sa seconde femme Elizabeth avec laquelle ii eut deux enfants.
Lennie et Tahereh.
Residant encore en Afrique de \"Ouest. Enoch retourna a Kampala
pour assister a la ceremonie historique de la pose de la premiere pierre du
Temple mere de l"Afrique. le 14 janvier 1958. II participa i1 la conference
d'enseignement d'Afrique qui eut lieu pour \'occasion. partagcant avec moi
!a tribune de la reunion publique. Une sernaine plus tard. Iá impressionnante
conference bah8.• le intercontinenta!e d' Afrique. demandee par le Gardien eut
lieu a Kampala - l'une des cinq conferences analogues marquant le milieu
de la Croisade mondiale. Enoch fut president d'une des sessions et orateur
a une autre. Son sujet etait : .. Le processus vital de la transformation individuelle ...
Tous ces evenements et tensions dans la vie de Enoch. comme cela
devrait etre le cas pourchacun de nous. fru;onnCrent son caractere: ils l"aidea
rent evoluer spiritue!!ement selon ses propres potentialites. le faisant mGrir
jusqu'3. devenir veritablement un grand homrne. mais non sans souffrance. ni
anxiete. descendant parfois dans Jes va!lees ou bien escaladant Jes montagnes.
Dans une lettre qu'i! máadressa le 13 octobre 1963. Enoch ecrivait du Nigeria:áá Je suis actuellement en route pour Nairobi olije cornpte ni'installer ••.
et ii ajoutait. ••j"aurai a faire face aux difficu!tes qui ne rnanqueront pas de
rn'assaillir ••. II demandait des prieres pour sa •• faible. frele et impuissante
personne ... la souffrance que je vis ces jours-ci est grande ... pnez pour moi
afin que je puisse rn•elever au-dessus de la condition actuel le ol1je me trouve
malheureusement et qui menace de detruire mon esprit et mon cl.me...... 11
suppliait toujours la bien-aimee Perfection Benie. •• Je sais qu"il rnáaidera a
demolir le rnur qui entoure tout 111011 etre et que je rn'efforce dáabattre ••
Sombres annees de tourments pour Enoch.
Finalement. il retourna vivre dans son village natal de Tilling dans
le Teso en Ouganda et y construisit ~me maison pour sa famille. Progressivement. grace aux directi\áes affectueuses de la Maison universe!le de justice.
ii recommen~a ses nornbreux voyages pour la Foi. Comine dáautres Mains
de la Cause. ii representait souvent la Maison universe!le d~ justice lors de
conferences internationales et !or~ de conventions inaugurant de noU\'elles
assernblees spirituelles nationa!t.-s panout dans le monde. Ces, oyages ainsi
- -i3 - Ji:reponie
que !es nombreuses et longues tournees quá11 entreprit sur tousles contincms
du globe. t!:taic:ntviritablernent source de joie autant pour Enoch que pour !es
milliers de croyants qui le rencontraient. II evoluait slirement vers sa maturite.
C"t!:tait un homme tres intelligent. un orateur tres eloquent avec une grande
maitrise de soi. I! etait a la fois digne et cou11ois dans ses demarches aupres
des officiels et des medias. Enoch avait de la prestance; elle est assez difficile
a decrire car elle a quelque chose de tres africain. la .. prestance •• d'un grand
a
chef. qui incarne la fois l"image du pE:reet de l"autorite.11 etait sincE:rernent
gentil. affectueux. ii s'interessait aux autres. et taus - !es puissants comrne
\es foibles - ressentaient sa bonte et le !ui rendaient. Son grand rire spontane
etait 18.aussi pour entrainer ]es autres avec Jui. dans une grande vague de
detente et de pure allegresse.
Les Mains de la Foi choisirent Enoch pour presider la session ctáouverture du Congres rnondial bahaár du bicn-aime Gardien qui eut !ieu du 28 avril
au 2 rnai 1963. celebrant la fin de son grand Plan de dix ans. sa Croisade
mondia!e. Environ sept mi Ile bah aá is etaient presents. venant de presque taus
]es territoires et i\es importantes du monde. reunis dans le magnifique Albe11
Hall de Landres. Enoch. le grand noir. emit une figure ideale pour sáadresser
a cette fou!e heteroclite !ors de cette occasion historique.
Enoch rencontra beaucoup de chefs dáetats lors de ses visites dans
differents pays. Une des entre\'l1es Jes plus interessantes qu"il aitjarnais eues.
fut avec !e DalaY-Lama en octohre 1968. clans sa retraite de Dharamsala en
Inde. Le groupe fut d"abord minutieusernent fouille par Jes gens de !a securite
du Lama et. apres une legere attente. fut reyu par Sa Saintete le chef spirituel
du peuple tibE:tain qui est pour eux la reincarnation de Bouddha. 11fut surpris
et interesse voyant ce groupe de visiteurs qui comprenait un africain noir. sa
femme et sa fille, un anglais et deux indiens. Bien qu"il parl3.t par l"intermediaire d'un traducteur. ii etait evident qu"il comprenait l"anglais. 11fit remara
quer qu'ils etaient tous tres differents. ce quoi Enoch repliqua. •• Oui. mais
a
nous sommes tous de la meme famille ••. et ii se mit developper ce theme.
a faire le recit des exils. emprisonnements et souffrances de Bahaáuá!lah.
Cela provoqua un pro fond echn de sympathie chez son h6te. Leur visite dura
plus ctáune heure - ce qui etait inhabituel - et Sa Saintete leur temoigna une
extreme cout1oisie. II náy a aucun doute sur ]'impression que Enoch lui fit.
en exposant de nombreux enseignernents de Bah3.'u'll3.h.
Lebon sens et la sagesse de Enoch ne sont nulle pati mieux iilustres
que clans !es conversations que sa belle fille iranienne. Forough Ehsani. une
p'icrnniere en Ouganda. se rappcál le avoir eues avec son cher beau-pere a propos de son mariage avec son iils George. A Tilling. Enoch avait un bureau
Ji:re parric - 44 -
special a Jui. sa áásal le de prieresáá. dans !aquel!e se trouvaient ses po11raits du
Maitre et du Gardien et les objets qui !ui etaient chers. La. ii parlait souvent
avec e!le. Ce fut dans cette piece qu\111jour ii lui demanda si elle etait certaine de vou!oir se rnarier avec George:áá Aimerais-tu te marier avec lui? ...
Le mariage náest pas facile. Tu dois etre prudente. As-tu pense a l'avenir et
au, di fficultes futures ,, Yous etes differents. de differents pays et contrees.
acceptes-tu ce!a dans ton cceur ? Est-ce vraiment ce que tu veux ? '' me
dernanda-t-il a plusieurs reprises et je repondis •• Oui. je le veux á•. Al ors. ii
me prit dans ses bras et máembrassa avant d'ajouter. •• Le reste est dans les
mains de Bah,fu'l18.h. 11resoudra les problemes .._ Un jour une crise surgit.
A pres la naissance de son enfant. pendant la premiere an nee de son mariage.
un serieux malentendu surgit entre elle et un membre de la famille. Elle fut
si bouleversee quáelle prit l'enfant et quitta la rnaison. á'Enochá•. dit-elle.
•• envoya un de ses fils me chercher avec ce message'":áá Dis a Forough de
venir et de laisser l'enfant dans cette maison. et elle pourra s'en aller quand
elle le voudra .. _ Lorsqu'elle se trouva face aEnoch elle dit: .. Mais cet enfant
est a rnoi ••. Enoch repondit. ••Non. cet enfant appai1ient acette famille ; si ii
ya un malentendu. explique toi avec Jes mernbres de la famille. Tune peux
rneler I"enfant aton problerne ni acelui de quelqu'un d'autre. Laisse l'enfant
et ensuite nous pourrons resoudre le problerne ensemble. Ne mele pas l'enfant acette histoire ••. Elle se souvient: •• Lorsqu'il prononya ces paroles.je
sentis mes jam bes trembler! Je posai l'enfant et repondis. •• Mais comment
vais-je faire sans 111011 premier enfant ?á ,. II continua : •• Quand ta col ere
sera retombee. viens dans mon bureau . .le veux te voir. pas avec Georges.
toi seule. •• George restait cal me. priant interieurement que tout revienne en
ordre. Elle a\la dans le bureau de Enoch. dans une situation qui dut etre un
veritable bou!eversernent pour tous. Enoch lui rappela comment. avant son
mariage. ii 1áavait mise en garde contre ctáeventuels problemes. Avec serieux.
la regardant dans ]es yeux. ii lui dit: •• Forough ma cherie, te conduire com me
tu 1áas fait. en empo11ant l'enfant sans resoudre le probleme. ne t'aide pas.
ne rnáaide pas. et su11out n'aide pas la Foi. Tu sais que tout ce que tu fais a
pa11ir ctáat~iourd'hui doit servir !a Foi. le nom de la Foi. Et tu sais combien
le plus petit problerne entre toi et George peut po11eratteinte a la Foi. Veuxtu. je te prie, penser dans ce sens et oublier le reste ! •• Forough ajoute: •• II
máavait completement changee". Pois il dit une priere. me serra dans ses
bras et pleura. II pleura etje sentis l'hurnidi.te de ses lannes. ii dit alors: ., Je
fen prie.je t"en prie. aide la Foi .. ! Elle rejoignit la famille. completement
reconci!iee et des lors. l'hannonie regna. Enoch lui avait appris la leyon la
plus imponante de toutes - la Foi vient en premier.
- 45 - Ji!repartie
S \:n sui\áircnt de nombrcuscs annCcs de scrYice acti f. Enoch sou\ácnt
accompagnC: de sa femme Elizabeth - qui Ctait c!lc-mCrne une croyantc dC-
\áouCe et active - voyageait bcaucoup. \áisitant et stimulant lcs bahJ"fs. rcncontrant !cs hauls fonctionnaircs. prCscntnnt la Foi au public et aux mCdias.
Ses en fonts grandissaient, deu:x fillcs sc mariCrcnt a\"CCdes pionnicrs babel"is.
Georges et Forough curcnt deux autrcs en fan ts. Bien que la maison des Olinga
fftt a Tcso, apres la rnort de M. Banitni, Enoch achcta la maison historique
dans laquelle la famillc Ban,ini-Nakhja\á,1ni avait vecu de si longues :.mnC:cs
a Kampala. la maison ol1 lui-mCrnc avait acceptC la Foi ct ol1 il a\áait appris
son C!Cvation au rang de Main de la Cause.
11est impossible d'CnumCrcr en dCtails scs faits de service et scs voyages entre 1958 et 1979, annCe de sa rnort. De \ongucs biographies a\ácc des
sources faisant autoritC seront nCcessaires pour canter !es exploits des Mains
de la Cause nommees par Shoghi Effendi. J'ai inclus ci-aprCs sculcmcnt un
petit apen;u des principa\es activitCs de Enoch durant ccs annCes.
En I 958, a rni-parcours de !a Croisade mondiale, il a participC: a
trois des conferences continentalcs, prCvucs par Shoghi Effendi, a saYoir
celle d'Afrique qui eut lieu it Kampala: ccllc d'Europe it Frankfo11: ct ccllc
d' Asie a Singapour. AprCs cette derniere ii fit une tournee en Australie, Nouvelle Zelande, Fiji, Samoa et au Pakistan. II etait demise chez !es Mains de
la Cause d'utiliser de maniere aussi etendue et economique que possible la
visite d'une autre Main de la Cause, en le faisant participer ades conferences
ou a des conventions. lui faisaient visiter. a l"aller comme au retour. autant
de centres que possible dans toute la rCgion.
En I 960, Enoch visita de nornbreux endroits en Afrique de I'Quest
et du Nord, en Sicile et en ltalie.
En l 9fi1, aprCs avoirreprCsentC les Mains de la Cause aux comáentions
inaugurates baha'ies de la Jamai"que, en RCpublique Dominicaine et aCuba,
ii entreprit, pendant quatre mois, une tournCe dans !es Grandes Antilles et en
AmCrique Centrale.
En 1962, ii voyagea beaucoup en Afrique de l'Est, au Soudan. en
Ethiopie el au Congo (actuel R.D.C).
En 1964, ii representa la !vtaison universe Ile de justice aux conYentions inaugurales des AssemblCes spirituel\es nationales de \'Ocean Indien.
de l'Ile Maurice. du Sud de l'Afrique Centrale en Rhodesie (actuel Zimbabwe).
En 1967. ii representa la l'vlaisoi:i.universd\e de justice a la conu~ntion inaugurak de !"Asscmbll2c spirituc!lc nationale du Swaziland. Lesotho
ct Mozambique.
1ere partie - 46 -
En 1968. Enoch assistc1 c.lla grandc conference bahti'ie meditcJTanCennc qui cut lieu a Pa!erme en Sicile. ct commc la plupart de ses pairs
l'vfains de la Cause, assista a la cClcbration g!oricusc a Bahjf du CentiCmc
Anniycrsairc de l'mrin~e de Bahc.l'u'll.ih a áAkkcl cornmeprisonnier.
En 1968 aussi, Enoch fut rc<;up.ir !e DalaY-Lama a son quartier genCral en Indc, !cl aussi, ii visita de nombreux centres bah3'is dans cc vastc
sous-continent.
En 1969, Enoch represcnta la i'vlaison universellc de justice !ors
de l'Clcction de la premiere AsscmblCc spirituclle nationale du Burundi ct
Rwanda.
En 1970, ii rcprCsenta la Maison univcrselle de justice a la formation
de la premiere Assemb!Ce spiritucllc nationale de la HauteAfrigue de I'Ouest,
faisant pl us tard cettc rnCme annCc unc vaste tournCe en AmCrique du Sud,
en ArnCrique Centrale et aux Antilles, travcrsant ]cs Etats-Unis et y visitant
de nombreux centres.
Puis, ii pa1iit pour le Pacifiquc oi, ii visita les iles Salomon et le Japon,
assistant cnjanvier 197 l en tant quc rcpresentant de la Maison universelle de
justice. a la conference Oceaniquc du sud de la mer de Chine a Singapour;
plus tard cette meme annee, ii remplit cette meme fonction a la convention
inaugurale de l'Assemblee spirituelle nationale du Tchad.
En 1971, Enoch representa la Maison universelle de justice a la premiere convention de l'Assemblee spiritueile nationale d'Islande et ensuite
effectua une tournee tres complete des communautes bah3'ies de Scandinavie,
Grande-Bretagne et Italie. En juillet, ii visita I'Iran avec Elizabeth pour rendre
hommage ala maison du Bab a Shiraz et 3 d'autres sites historiques baha' is.
Enoch devenait de plus en plus preoccupe par I' Afrique car Jes problemes
de: ce continent s'accroissaient continuellement.
En I 973-74, ii fit un voyaged' enseignement de cinq rnois dans douze
pays de I' Afrique de l'Ouest.
L'annee 1975 le vit de retour dans cette region pour assister. comme
representant de la Maison uni\'erselle de justice, atrois conventions inaugural es pendant la pfriode de Ric_lvcln- un evenement assez commun, puisque
d'autres Mains de la Cause a certaines occasions fournirent de tels efforts
- pour !'election des Assemblees spirituelles nationales de Sierra Leone.
Liberia et Guinee et la Haute Afrique de l'Ouest.
Durant cette meme annee Enoch fit de nouveau une tournee dans
douze pays de l'Afrique de l'Ouest. Jes aidant a atteindre leurs buts: il retourna cnsuite en Ouganda pour passer le rcstant de cctte annCi.:ainsi quc ks
pri.:micrs rnois de 1976 a travail!er intensi\-ement pam1i Jes communautCs
- 47 - 1ere parrie
baha'ies de ce pays.
Pendant 1•etede cette annee-13.. Enoch visita a nouveau huit pays de
l'Afrique de l'Ouest avant de representer la Maison universelle de justice. en
janvier 1977. a la Conference internationale d áenseignernent qui eut lieu au
Bresil et plus tard pa11icipa aune conference sirni!aire aME:ridaau Mexique:
ii visita quelques autres pays du Nouveau Monde dans J'hernisphere nord et
s'en retouma en Afrique a temps pour representer la Maison universe\le de
justice a la convention inaugurale de l"Assemblee spirituelle nationale de la
Haute-Volta (actuel Burkina-Faso).
A pres avoir vi site anouveau divers pays avoisinants. Enoch retourna
en Ouganda pour consacrer \es deux dernieres annees de sa vie a protE:ger.
reconfo11er. stimuler et garde1á la communaute bahaáre de son pays natal. en
proie aux affres cinglants d'une tenible guerre civi\e. dont ii fut finalement
victime.
Les nouvelles de !'interdiction de la Foi en septembre 1977 - la dissolution officielle de toutes ses structures administratives et de ses activites -
parvinrent a Enoch a Kampala. On rapporte qu'i\ sá exclama: ááNon! Personne
ne peut bannir la Foi de Dieu ... "'. Pour !es bahil'is ce fut une experience
choquante et dechirante. d'autant plus que le premier temple d'Afrique etait
erige sur Kikaya HilL dans la banlieue de Kampala. et les croyants ougandais
avaient toujours eteune cornmunaute renommee et florissante. Enoch redigea
une lettre au President. qu 'i l porta. avec le secretaire de 1•Assemblte spirituel le
nationa\e. au bureau du President et dans \aquelk ii attirait son attention sur
la nature et le statut de la Foi et le respect dont elle avait toujours jouit en
Ouganda. Ceci et d'autres petitions náeurent pas le moindre effet.
Enoch avait etudie en profondeur !es enseignements et !l avait acquis
une grande experience; ii constituait ainsi un bouclier ideal pour la Cause
de Dieu pendant cette periode cruciale. Se rendant compte de l'inutilite des
protestations et des petitions. ii decida de se concentrer sur trois points :
sáassurer que les croyants obeissent iJ,np!icitement au gouvernement. !es
encourager et maintenir leur Foi vivante"Jproteger !es proprietes bah,.:i"ieset
transporter en lieu sl1r \es archives sacrees et irrempla9ables q u •il conservait
a Tilling. Tout de suite apres l'tdit gouvernemental. Enoch et M. lsimai. le
secretaire de \á Assemblee nationa!e. avaient terme le centre national situe
sur le site du Temple. refusanát meme de vendre des livres bah8."is. II náy a
guere de doute que cette obeissance totale au ctecret du gouvernenient. confonnement aux instructions explicites de Baha áu á11ah lui-meme qui exhorte
les bah::l"isaobeir a leurs gou\áernernents. etait le meilleur rnoyen possible de
proteger le precieu:-.:Temple: ce dernier ne futjamais ni confisque. ni occupe
1ere partie - 48 -
ou endommage. mais toujours laisse a la garde des baha'is.
Apres le bannissement de la Foi, la Maison universelle de justice
chargea la Main de la Cause et !es deux conseillers, Oloro Epyeru et Kolonario
Oule de la responsabilite de guider et proteger la communaute ougandaise,
une tcichedont ils sáacquitterent avec un grand devouement jusqu'8. ce que
la Maison universelle de justice put retablir une structure administrative en
aout 1979.
Au fur et a mesure que !es mois passaient, l'Ouganda senfon9ait
toujours plus profondement dans une guerre civile feroce, dans le terrorisme
et le chaos, veritable raz-de-maree qui finit par engloutir si tragiquement
Enoch et sa famille. II faut bien se rappeler que Enoch etait non seulement un
baha'i celebre - la premiere Main de la Cause africaine et une des deux seules
Mains de la Cause Noires, l'autre etant Louis Gregory aux Etats-Unis - mais
aussi un homme d'affaires repute, habile, prospere avec des parents et des
amis hauts places. Figure eminente, ii constituait une cible ideale pour des
groupes subversifs. Son fils George se souvient de son pere lui disant, meme
avant que la guerre n'eclate, qu'il avait decouve11 que son nom figurait sur
une liste de personnes a "eliminer" dans le Teso. Au coms de cette periode
cruciale, Enoch reaffirmait souvent qu'il ne quitteraitjamais l'Ouganda, que
jamais ii ne s'enfuirait. .
En mars 1979, lorsque,jourapresjour. la guerre de liberation gagnait
en importance, ii decida d'aller en voiture de Tilling a Kampala. une distance
d'environ 300 kilometres. Son oncle lui fit des remontrances. et soulignant !es
dangers, le pria instamrnent de ne pas y aller; rnais Enoch ne se ctecouragea
pas et dit: "De quoi dois-je avoir peur? Est-ce que le Bab s'est enfui? Estee que Baha'u'llah s'est enfui ? Est-ce que 'Abdu' 1-Baha s'est enfui ? ". et
il decrivait combien ii etait merveilleux de rnourir en vrai croyant. ajoutant
que si le voile entre ce rnonde et rautre etait leve. nous aspirerions tous a
mourir.
Sur la route de Kampala, ii fut victime d'un terrible accident. Un
camion de l'arrnee heu11ason vehicufe. le projetant hors de la voie dans un
ravin, oll sa voiture fit plusieurstonneaux. Une grossesomme d'argent Juifut
aussi volee. Ceci se passa le 25. Cette nuit-la. !ors d'une reunion de prieres
entre lui et sa farnille dans leur maison de Kampala. ii affirrna que si ce n'etait
pour Baha'u'llah. ii ac,rait certainement trouve la rnort dans un tel accident.
Le smi s'acharnait sur la famille deja profondement eprouvee par
un tel choc : deux jours plus lard. le fils d' Enoch. Badi, disparut sans laisser
de trace. Une sernaine plus lard. cependant, ii rentra sain et sauf. II sernble
que c'etait des soldats qui l'avaient kidnappe. lui et sa carnionnette. pour
- 49 - 1erepartie
une besogne hors de la ville, le liberant ensuite. Apres la disparition de Badi,
comme la situation dans la ville devenait de plus en plus dangereusc, Jes
Olinga rnarchercntvers la proprietedu Temple, qui etait distanted'environ
dix kilometres. Une marche longue et epuisante pour Enoch, qui souffrait
encore beaucoup des suites de son acf:ident. Le 6 avril, ii decida d'envoyer a
Tilling, sa plus jeune enfant, Tahereh, avec sa maman; le train qu'elles prirent fut mitrailleaplusieursreprisessur la route,mais elles eurentla chance
d'aniver vivantes. Miraculeusement,au meme moment Badi rentraitsain et
sauf Enoch l'envoya sur-le-champ, avec son frere Patrick, Jes rejoindre. Luimeme etait trop foible, a cause des suites de I 'accident, pour entreprendre le
voyage ardu du retour a Tilling.
Enoch retourna alors seul dans sa maison, rue Kitante. Le IO avril des
milliers de personnesfuirentKampalaqui etait intensivementbombardee.
Une fois de plus, Enoch fut decide a chercher refuge sur la propriete
du Temple et ii entreprit la penible marche pour y parvenir, se debattant
a !ravers la foule de gens effrayes qui fuyaient la ville. Cette nuit-la, une
violente confrontation a l'artillerie lourde fit rage auteur de Kikaya Hill,
siege du temple. Enoch pass a la nuit a prier, se demandant ce qu' ii arrivait
au Temple et s'il verrait jamais poindre l'aube. Le ]endemain pourtant, le
Temple se dressait encore indemne et la nouvelle si longtemps attendne etait
enfin diffusee : le gouvernement d' Amin avait ete renverse. Enoch et un
autre croyant se hB.terentvers le Temple Mere d 'Afrique, ouvrirenttoutes
Jes neuf portes et adresserent des prieres de graces a Baha'u' llah. Combien
ii etait mysterieux et remarquable que ce cher Enoch, present !ors de la pose
de la premiere pierre du Temple en 1958, dut lui-meme en ouvrir Jes portes
toutes grandes !
Le jour suivant Enoch se rendit a Kampala, inquiet pour la securite de
sa maison, tandis que Jes soldats et la population locale pillaient sauvagement
la ville. II arriva chez Jui, pour trouver sa maison videe de fond en comble
et manqua de peu d'etre fusille car on I' accusait d'etre un partisan de 'Amin
- une accusation qu'il put heureusementrefuter avec succes [ Comme il
n'y avait rien qu'il puisse faire, il retourna au Temple ou sa protection etait
essentielle pendant ces jours de transition ou l'anarchie regnait. Elizabeth
et ses enfants etant impatients de le rejoindre, ii decida done de restaurer et
remeublersa maison.
Bien que !'interdiction de la Foi n'eilt pas ete officiellement levee
avantplusieursrnois,la situationse trouvaitcompletementchangeeet la Maison universelledejusticedecidade designerun Corpsadministratif interimaire
pourreorganiserpetitapetitJesactivitesbah8.)ieset se chargeregalementdes
1ere partie - 50 -
proprietes bahcl'ies jusqu '3. ce que I' Assemblee spirituelle nationale puisse
etre reC!ue. La premiere reunion de ce Comite administratif ougandais devait
avoir lieu !es 25 et 26 aoilt au Centre nationaf L'etat d'abandon de ce dernier
et des autres batiments du site du Temple affligeait beaucoup Enoch ; avec
l'aide de quelques ,ms, ii eommen9a a preparer la l:!a;,irat'ul-Quds, la nettoyant, an-angeant Jes bureaux et les dossiers, allant jusqu' apreter main forte
lui-merne pour !aver le sol. Pour Enoch, servir signifiait toujours faire ce qui
necessite d'etre fait. I1 Ctait rayonnant de joie pour cet evenement. Lorsque
Jes membres du C~mite se reunirent, un nouveau livre de prieres fut offert
a chacun, avec certains passages marques pour la lecture, car Enoch avait
prepare" un programme de devotion emouvant et soigneusement arrange" .
Puis le groupe alla au Mashriqu'I-Adhkar pour ]'inauguration solennelle de
\eur fonction historique. Ils visitE:rentensuite la tornbe de la Main de la Cause
Ml1siiBanclni,enterre aproximit6. Enoch fut invite apresider la premiere reunion et alire la lettre de la Maison universelle de justice nommant le Cornite
et indiquant ses fonctions; il fit observer qu'ils 6taient maintenant "un bras
de la Maison universellc de justice tendu au-dessus de l'Ouganda" et leur
demanda <les 'en remettre en tout temps au pouvoir du Saint-Esprit pour les
aider. Le deuxieme jour Enoch fut anouveau invite aprendre la presidence.
11exposa leurs devoirs, insistant sur les besoins urgents de la communaute
baha'ie dans tout le pays et l'etat preoccupant de la propriete du Temple,
qui avail ete negligee par la force des choses et avait subi de nombreuses
depredations : liaisons teJephoniques, alimentation en eau, gazon aentretenir,
equipement de bureau, tout exigeait une attention immediate.
George, le fils d' Enoch, evoquant les derniers jours de son pere,
dit qu'il passait la plupart de son temps a Kikaya Hill. Jl etait heureux, la
formation du nouveau Comite administratif d 'Ouganda l' avait soulage d'une
grande charge. Apres toutes Jes annees de frnstration et d'anxiete, enfin
I' edifice administratif de la Foi etait anouveau sur pieds ; c' etait pour lui un
tel soulagement qu'il dit a quelques amis qu'il etait alors pret a mourir, II
aimait servir au Temple, le nettoyant et le balayant de fond en combles Jes
samedis, le preparant pour I' office public du dimanche matin, Souvent, ii
allait faucher lui-meme acoups de lourde machette le gazon qui l'entourait,
travaillant jusqu' a epuisemenL Quand ii en tend it qu' on s 'etait enfin procure
des tondeuses aNairobi pour ce travail, ii fut ravi, car alors les beauxjardins,
trop longtemps negliges. allaient enfin pouvoir etre restaures pas apas.
La tension et l 'horreur de ces mois de guerre violente avaient particuliercment affecte la santc et les esprits de la plus jeune enfant d' Enoch,
Tahereh, qui allait avoir quinze ans. C'6tait l'habitude de la famille Olinga
- 5l - Jere partie
de se reunir les jours de fetes et d' occasions special es, et Elizabeth et Enoch
deciderentd'organiserune reunion pour le week-end du dirnanche15 septembre, Ils esperaient, qu'en plus du fait de se retrouver taus ensembles a
nouveau, cela remonterait le moral de Tahereh. Forough etait a la fin de sa
grossesse. Elle avait ete severement battue et avait rec;u de nombreux coups
de pied quand des soldats avaient penetre dans sa maison a Fort Portal. Elle
ne savait pas si le bebedans son ventre vivait encore. Apres cette attaque,
avec George et les enfants, elle vint chez Enoch a Kampala et consulta un •
medecin. Elizabeth, cependant, n'etait pas satisfaite. elle insista pour que
George l'amenat absolument chez un medecin baha'i a Mombassa au Kenya
afin d'y faire un examen complet et d'y suivre eventuellementun traitement.
Elle lui remit aussi un peu d'argent pour acheter, une fois '1a-bas, une jupe et
un chemisier pour Tahereh, car on ne pouvait plus rien trouver en Ouganda.
Enoch leur dit qu'il comptait Jes voir de retour pour la reunion de famille.
Ces evenements se passaienttrois semaines environ avant sa mort.
Enoch ne participa pas a la deuxieme reunion du Comite administratif
d'Ouganda, qui eut lieu le 15 septembre dans la f:la,:irat'ul-Quds, le Conseiller
M. Kolonario Oule etant venu specialement du Teso pour discuter de certains
sujets avec eux. A la maison de la rue Kitante seuls Tahereh, Lennie et Badi
etaientavec leursparentsce week-end Ia. George et sa farnilleetaientencore
au Kenya. Patrick etait retenu par un travail dans le Teso et Godwin etait
aussi en retard pour rentrer a la maison. L'aITivee de ces trois fils de Enoch
avait eteretardee,apparemmentpourcteáscirconstancesbanales; c'est neanmoins ce qui epargnaleurs vies, car s'ils etaient rentresplus t6t, ils auraient
tres certainernentete assassines avec les autres. Par ces temps troubles~la
famille avail pris l'habitude de toujours laisser quelqu'un a l'interieur de la
maison pour lagarder. en plus de l'employe de maison qui etait aussijardinier
et qui habitait a cote dans un batiment separe. Cependant ce dimanche 16
septembre, raconte Forough, Enoch insista pour qu'ils prennent le dejeuner
en pique-nique et qu'ils aillent tous passer lajournee a Kikaya Hill.
Mme CatherineKabali,un membreauxiliaire,fut un temoin oculaire
des evenements de ce jour-liI. Les amis se rendirent au Temple plus tot que
d'habitude parce que la Main de la Cause allait leur faire un brefexpose sur la
situation des baha'is persecutes en Iran. Elle decrit Enoch, dans son costume
blanc, avec son'' visage radieux et digne", sejoignantjoyeusement au chant
d'une offrande en Swahili al'office du Temple:" Soyez heureux, soyez heureux car aujourd'hui est le jour de !'unite!". Quelques jeunes baha' is etaient
venus du Teso avec M. Oule pour aider a nettoyer la propriete du Temple ;
plus tard dans la journee ils jouerent de la rnusique. Enoch et Elizabeth se
Jfre partie - 52 -
joignirent ala danse. Com me Tahereh restait timidement en retrait. ses parents
l'entraJnerent aussi dans la danse et taus dansaient. dansaient. .. Mme Kaba\i
ecrit: .. Je me rappelle Elizabeth dansant faisant des signes de la main, ne
sachant pas encore qti'elle allait quitter ce monde cette nuit. Elle agitait ses
mains et les agitait encore. faisant un signe d'adieu ., .
Lorsque la farni!le retourna a la maison. !es voisins raconterent plus
tard, que M. Olinga avait l'air de tres bonne humeur. marchant dans son
jardin, leur faisant signe de la main et disantáá helloáá. Apres !es evenements
terribles de cette nuit-la, le Conseiller, M. Peter Vuyiya, arriva a Kampala
de Nairobi quelques jours plus tard. Son rappo11 donne une idee juste de la
situation dans la ville ace moment, le cadre dans lequel le terrible drame de
l'assassinat de Enoch prit place." Residant dans le centre de la ville, je pus
ressentir pleinement l'etat d'anarchie de Kampala la nuit. .. II etait impossible
de distinguer !es policiers Kombis de ceux qui pouvaient etre responsables
des meurtres dans la ville et ses environs. Chaque nuit, cependant. amenait
avec elle le mern1re d'une autre famille ". II ajoute avec sagesse: 'á Avec tant
de speculation concernant ce qui pouvait etre le motif de ces meurtres, j'ai
pense qu'il etait plus prudent d'eviter les questions du pourquoi, quand et
comment, !es meu11resavaient eu lieu ". En toute certitude, nous ne le saurons
jarnais, cornme pour taus Jes actes malveillants sans temoin. au comás des
nuits de terreur et de chaos atravers l'Histoire.
Selan ~n grand nornbre de tCmoignages directs. cependant. Jes evenements suivants concernant ce terrible crime semblent c\airs : la famille avait
pris ensemble son repas du soir - que r employe de maison avait servi. Les
assiettes etaient ernpilees soigneusement dans revier de la cuisine comme
a l'habitude, elles y furent retrouvees le lendemain. L'employe de maison
declara qu'il etait dans sa chambre lorsque aux environs de 20h30, ii entendit
quelqu'un manipuler le portail de la cour et, regardant par la fenetre. vit cinq
hommes annes marchant vers la po11earriere qui mene ala cuisine. On pense
qu'un sixieme horn me etait reste pour faire le gue pres du po11ail. Ils crierent
" Ouvrez" et donnerent de grands coups dans la po1ie. Lennie ouvrit et des
coups de feu retentirent. Láemploye de maison se sauva par-dessus Ia c\6ture
pour se cacher dans \es buissons du voisin et resta 13..terrorise, toute la nuit.
II ne vit rien mais entendit des coups de feu et d'autres bruits pendant pres
de deux heures. A l'aube ii s'aventura hors de sa cachette, alla a la maison:
ii vit le corps de Enoch etendu dans la cour et a I' interieur, ensemble dans
une des chambres a coucher. les corps d' Elizabeth, Tahereh, Lennie et Badi,
entasses parterre, 13.oli ils etaient tombCs au cours de la fusillade. Des gens
cornmencerent a se rassernbler au dehors et lui dirent qu"i! fal!ait prevenir
- 53 - Ji:repc1rtie
la police, cc qu'il fit Puis avec une remarquable loyaute envers Enoch et sa
farnille, ii alla il Kikaya Hill pour annoncer la nouvelle. M. Oulc du Tcso,
qui dorn1ait dans la propriete du Temple, fut informe de l 'incroyable tragCdie
qui venait de sc dCrouler. C'est uniquement parce qu'il voulait prier a 1'aubc
au Temple, s'Ctant alors absentC de Kampala Lm certain temps, qu'il n'avait
pas non plus ete tue car ii logeait toujours chez Enoch. M. Oule, le membre
auxiliaire Catherine Kabali et sa sceur Edith Senoga, qui vivaient toutes
deux il Kikaya Hill, sc prccipiterent alors chez Enoch. Leur horreur et leur
doulcur face ace qu'ils y trouverent, etaient indescriptibles. II faut souligner
le merite des amis africains de Kampala qui, aneantis et accab16s par cette
bouleversante tragCdie - drame qui choqua le monde bah§.'i jusque dans ses
rnoindres recoins - se mirent immCdiaternent a l'ceuvre, pour prendre !es
devants, oubliant leur dCchirant chagrin personnel.
La plus ancienne des pionniCres, Claire Gung, fr€:ledans ses soixantc
dix ans, fut immCdiatement inform6e et put t61Cphonera Nairobi pour annoncer
la nouvelle. George et sa famille s'Ctaient rendus en voih1re de Mombassa
a Nairobi le 16 et trouvE:rent au Centre national un t616gramme de Enoch
contenant une liste de pieces d6tach6es pour sa voiture que George devait
. lui ramener, en plus d'un certain nombre d'autres choses qu'il avait deja
commandees. Projetant de faire les achats avant de continuer leur route sur
Kampala, un trajet de huit heures, George et Forough allerent en ville. Ce
fot pendant leur absence que la nouvelle arriva de Kampala. Le Conseiller
Peter Vuyiya etait la et put lui-rn€:rnet616phoner a la Maison universelle de
justice, qui tenait alors seance ; ii put ainsi parler au pE:tespirituel de Enoch,
•Ali Nakhjavani. Si une colncidence put Stre considef6e comme heureuse
panni tant de calamites ce fot bien celle-la : la Maison universelle de justice
fut alors en mesure de donner imm6diatement des instn1ctions aux amis. Le
Conseiller Kolonario Oule, avec le Comit6 administratif ougandais, dont les
membres 6taient deja 3.Kampala, furent charges de gefer la sihtation, faire
tous !es arrangements necessaires et s' assurer qu 'un enterrement digne aurait
lieu pour la Main de la Cause et sa famille.
A ce moment, le probleme qui se presentait aux baha 'is de Nairobi
eta it de savoir comment apprendre la terrible nouvelle a George et aF orough.
Le dire tout simplement etait au-de!a des forces des amis bien-aimes, alors
le secretaire national ecrivit une courte lettre, une lettre tres tendre de condoleances, expliquant ce qui venait de se produire ; cette lettre fut remise
a George et Forough lorsqu'ils revinrent au Centre. L'unique souhait de
George fut a!ors d'arriver rapidement chez son pere afin de faire tout ce qui
etait necessaire. Malgre ]es protestations, la famillc partit l 'aprCs-midi 111€:me
1ere partie - 54 -
pour Kisumu ct ccttc nuit-18.,pour son grand rCconfort, George put parler
avcc 'Ali Nakbjavilni a Halfa. Le lendemain matin. sachant bien qu'ils ne
pourraicnt ricn trouver en Ouganda, ils achetCrcnt le materiel pour Jes cinq
cercueils et partirent pour Kampala. Au milieu des lamentations' ct du choc,
Jes fils survivants, Patrick et Godwin, rejoignircnt George. Les dcux fillcs
a\nCes de Enoch, Grace et Florence, rnariCcs ct vivant a I'etranger, vinrent
en hate aKampala avec leurs epoux, comme l'avait fait le frere de Forough.
Amis et proches etaient deja arrives du Teso dans la nuit du 17 ainsi que
le Conseiller Oloro Epyeru qui n'avait pu se rendrc auparavant a Kampala
pour les reunions du ComitC administratif d'Ouganda, acause de sa maladie.
Tous partageaient la douleur des enfants, tous Ctaient venus pour assister
aux funCrailles. La famille, harassee, hCbergea pendant plus d'une semaine,
entre quatre-vingts et cent cinquante personncs chaque jour dans la maison
de la me Kitante. Les corps des Olinga assassinCs, avaicnt ete transferes a
!'h6pital en attendant !cs preparatifs de l'enterremcnt. Chaque nuit, durant
Jes heures du couvre-feu, la ville continuait a Ctre secouee par des coups de
feu et des actes de terrorisrne, y compris \es rncurtres de nombreuses familles
toutes entieres. Une nuit durant cette scmaine, la maison de Enoch fut, elle
encore, le theatre d 'une severe fusillade ; tout le monde dans la maison resta
couchC parterre pour se proteger. Heureusement personne ne fut blesse et la
police assigna un garde devant le b3.timent. Effectuer taus les preparatifs de
deuil, se procurer des cercueils convenables, creuser cinq tombes a Kikaya
Hill. obtenir des autorites une escorte de police affectee au cortege funebre,
organiser le transport des cercueils. de la famille et de la foule endeuillee,
tout cela necessita vraiment des efforts hercu!eens.
Dans la presse rnondiale, le meurtre d' Enoch fut largement
mentionne: " Un leader mondial de la secte religieuse baha'ie, sa femme
et trois enfants ant ete assassines dimanche dans la capitale ougandaise,
Kampala". La nouvelle se repandit comme une trainee de poudre. La radio
ougandaise, le 17 septembre, diffusa la nouvelle en six langues locales pour
que les baha 'is dans tout le pays puissent etre inform6s du destin du" Pere
des Victoires '' .
Le matin du 24 septembre, qui colncidait avec la date de l'anniversaire de Tahereh, les cinq cercueils forent retires de la morgue de l'h6pital
et transportes chez Enoch, oil, recouverts de fleurs, ils furent places dans le
salon. Des prif:res furent lues, et de nombreuses personnes vinrent rendre
leur dernier hommage. A 12h15 le cortege funebre etait pret a partir pour
Kikaya Hill, deux motards de la police en tCtc, puis une voiture ernmenant
!es Conseillers, suivie par la voiture transportant le cercueil de la Main de
- 55 - 1ere partir)
la Cause laque!le etait suiv\e par une autre voiture transpo11antle cercueil
d'E!izabeth, plus une troisieme transpo11ant!es trois cercueilsdes enfants.
Ce fut uniquementgrace a !a cooperationde beaucoupd'amis non bahclifs
que ce convoi put etre organise.Derriere, venaient Jesvoiturestransportant
la famille. Le co11ege allait lentement le long de la rue Gayaza en direction
du Temple. Des centaines de personnes s'etaient amassees le long des rues,
certainespleuraientpendantqu' on en entendaitd'autress'ecrier:" Regardez
les corps ! Et un autre I Oh et encore un autre ! ,. Une vague de sympathie
collective envahissait la foule. Avec beaucoup de respect Jes cinq cercueils
recouve11s de fleurs furent places en ligne dans le hall du Centre national.
et un service funebre emouvant et spirituel fut celebre. Un ce11ainnornbre
d'eminentes personnalites officielles ougandaises, amis d' Enoch et sympathisants de la Foi y assistaient. Dans un cimetiere non loin du Temple sur
Kikaya Hill, Enoch Olinga fut enterre. II repose a cote de Musa Banani, son
compagnon Main de la Cause. Celui qui avait ete designe comme le" Conquerant spirituel de I' Afrique'', etait rejoint dans la mo11 par le "Pere des
Victoires ". Tout pres. Elizabeth et Tahereh, Badi et Lennie reposent dans
leurs tombes respectives.
Aux baha'is du rnonde entier, la Maison universelle de justice annon,a
la disparition d' Enoch en ces termes :
AVEC CCEURSACCABLES DOULEUR ANNON<;:ONS TRAGI-
QUE NOUVELLE MEURTRE BRUTAL CHEREMENT AIMEE GRAN-
DEMENT ADM I REE MAIN DE LA CAUSE DIEU ENOCH OLINGA PAR
HOMMES ARMES INCONNUS COUR SA MAISON KAMPALA. SA
FEMME ELIZABETH ETTROIS DE SES ENFANTS. BAD!, LENNIE ET
TAHEREH SONT AUSSI TOMBES VICTlMES INNOCENTES CET ACTE
CRUEL. MOTIF ATTAQUE PAS ENCORE ETABLL SON ESPRIT RA-
DlEUX, SA FOl lNEBRANLABLE, SON VASTEAMOUR, SON AUD ACE
DE LlON DANS LE DOMAINE DE L'ENSEIGNEMENT. SES TITRES
CHEVALlER BAHA°U'LLAH, PERE VICTOIRES ATTRlBUES GAR-
DlEN BIEN-AIME. TOUT S'ALLIE LE DISTINGUER COMME MEM-
BRE REMARQUABLE SA RACE DANS ANNALES FOi CONTINENT
AFRICAIN. EXHORTONS AMIS PARTOUT TENIR REUNIONS COM-
MEMORATIVES DIGNE HOMMAGE SA MEMOlRE IMPERISSABLE.
PRIONS AVEC FERVEUR TOM BEAUX SACRES PROGRES SA NOBLE
AME ET AMES QUATRE MEMBRES SA PRECIEUSE FAMILLE.
Enoch avait une image qu'il avait l'habitusJe de donner aux baha'is. II
disait: -- Nous sommestous comme desguitares.Lorsquáuneguitare entend
parle,á ctáun grand Musicien divin. elle espere etre jouee par ce Musicien. Elle
,ere partie - 56 -
sáoffre au Musicien supreme. Le Musicien l"accepte, l'etreint, joue avec.
Mais bient6t, il realise qu'elle est mal accordee. Le Musicien commence par
accorder une corde. la tendant plus fort. La pression est douloureuse pour la
guitare, elle resiste a la tension. Al ors au lieu de se soumettre. la corde casse.
Comrne c'est le desir de la guitare de faire resonner Ia divine rne\odie. le grand
Musicien joue avec les cordes qui restent. Mais ell es jouent toujours faux.
Alors le Musicien commence aaccorder une autre corde. Elle resiste et casse
finalement. La guitare veut encore qu'on joue d'elle. Le Musicien joue alors
avec encore mains de cordes. Toujours et encore la guitare refuse de ceder
a la tension, a la pression, jusqu'a ce qu'il n'y ait plus qu'une seule corde
qui reste. Pour etre fidele a l'offre de la guitare, le Musicien divin dit: "Je
jouerai sur cette seule corde ., . Mais celle-li aussi est ma! accordee. Encore
la tension, la terrible pression, et certe seule corde casse. Le Musicien alors
n'a d'autre choix que de mettre la guitare de cote. Ainsi Dieu nous met a
l'epreuve pour nous perfectionner, et non pour nous detruire. La destruction
vient seulement de notre resistance al'accordage. Le but n'est pas la punition
mais !'intention de satisfaire le desir de la guitare d'etre jouee. •á
Combien d'epreuves Enoch a-t-il surmont6es, se soumettant aux
mains de son bien-aime Bah3.'u'll8.h, a l'accordage du Musicien divin,jusqu'3. ce que la guitare soit finalement mise de cote pour toujours; mais la
rnusique, elle, .reste.
- 57 - Ji!repartie
9 • 'Akkc'i, Israel, 1957, le rassemblemenl historique des Mains de la
a
Cause de Dieu Bahjf peu a pres le deces du Gardien
1O - 'Akka, Israel, 1961, Mains de la Cause de Dieu a Bahjf,
Samandari. Anwtu 1-Bohtl Rt!(1(\'.FihKhc/num, Abu áz_
á11cih
Tarci::.11
Qdsim Fai::J Enoch Olinga
11 - 'Akka, Israel, 1957, Mains de la Cause de Dieu a Bahjf,
Hermann Gross11101111,TYilliam Sears. Eno::.:hO/inga
12 - Allemagne, 1972, Mains de la Cause de Dieu a la Conference de Pion,
Enoch Olingd,
Abu '/-QcisimFab,
Dr Adelbert
Muh/sch/ege/
13 - HaWa,Israel, 1973, les Mains de la Cause de Dieu
Enoch 0/ingo el
Dr Ranwtu 'ifcih ,:\fuhcijir di! tomheau du Btfb
14 - Merida, Mexique, 3 fevrier 1977,
,Hains de fo C~ausl!c/12Dieu Paul Haney et Enoch O/inga
inritam le Gouverneur Clla Cm?tf.'rencede A1Jrida
15 - Kampala, Ouganda, Ric;lv6n 1969,
l'Assemblee spiriluelle nalionale d'Ouganda et d'Afrique Centrale
uvec ll7 ,Hain de la Cause de Dieu h.,J1ochOlinga
16 - Zombie, 1967,
l'Assemblee spiriluelle nationale des bah6'is de la Zombie
avec la 1\1ainde la Cause de Dieu Enoch O/inga
17 - Freetown, Sierra Leone, 19-20 avril 1975.
Premiere convention nationale des baha'is de Sierra Leone,
avec la ,Hain de la Cause dr?Die11 Enoch Ofingcr
18 - Singcpour. 1-3janvier 1971,
Conference de l'Oceanie,
.1"'vfainde la Cause de Dieu
avec un croyant medals
aveugle, Luke Lee qui s 't:st
propose umune pionnier
19 • Singapour, 1-3 janvier 1971, Conference de l'Oceanie,
Alain de la Cuuse de Dieu Enoch Olinga saluant Aime Geo1ge
Lt:e, membre de l'Assemb!Je spirirueLlenationale de ]\,falaisieet
un des premi1;;rscroyallls de Singapour
20 • Tejerfa, Departement de Cochabamba, Bolivie, juin 1970,
,\Jain de lu Cause de Dieu Enoch Olingo ovec !es bulu.i 'is
i11die11sde fo c:ommunautl.?d-.:Tejerio
21 - Nashville:Tennessee, Etals-Unis, octobre 1970,
kfain de Ill Cause de Dieu Eno1..'h0/inga m'ei:.-di.!suo1is boh(.i 'is
22 - Bangui, Republique centrafricoine, novembre 1974,
Aktin de lu Cuuse
deá Dieu Enoch
Olinga a lajf'ti.!
de dix-ne11/jours
23 - Ties Salomon, decembre 1970,
Alain de la Cause de Dieu Enoch
Olinga tenant un brdbrd
(avec lo permission de Ron Batchelor)
24 • Shiraoi,Hokkaido, Japon,
decembre 1970,
J1ain de la Cause
de Dieu Enoch O/inga tenant
w1 e,?fant bahd 'ijaponais
25 - lndonesie, 1971,
Aiah1 de la Cause de Dieu
Enoch Olinga ave(.,'des
e1?fl1n1sbalui 'is
26 - Bogota, Colombie, juillet 1970,
J\fain de lo Cuuse dr.?Dieu Enoch O!in,2,0
ow:c des er~t(mts hahci 'is
27 - Turangawaewae, Nouvelle Zelande, 18 oclobre 1958,
In J)ain Ji: la ('i.msc de Die11Enoch Olingd pri:nunt la pnrnle
de1áam le rossemblement Afaori Li lu maison de la rC!union
28 • Saskatchewan, Canada, 1970, Main de la Cause de Dieu
Enoch Olinga coilfe lraditionnellement avec des baha'fs indiens
qui participenl au projet d'enseignement el de proclamation.
Debow, de gauche Cidroite, Bill As ham (de la tribu Cree), Shirley Lindstrom (de la trib11Yukon Tlingil). Enoch O/inga, Louise Cardinal (de la tribu
Cree). Johns lv'oisette (de la tribu Yukon Tlingit); ass is, Alec Poorman (de la
tribu Cree), Cal Lindstrom (de fa tribu fokon Tlingit) (Politesse Joanie)
29 • Le village Badjiran, en Gambie, juin 1976,
bahCI'is locaux
derant le 110urem1 cenlre arec
la .\fain de la
Cause de Die11
Enoch O/inga
30 • Hokkaido, Japan, decembre 1970, amis baha'fs au centre
a Shiraoi avec la Main de la Cause de Dieu Enoch Olinga
31 • Fiji, 1971, amis bahci'fs de Fiji avec la Main de la Cause de Dieu
Enoch Olinga
32 - Singapour, janvier 1971.
i.\1oinde !~1Cm,st! cle Dit:u £)10ch Olinga cl !a ( '011flre11ceocJanique
33 - Stavanger, Norvege, 1972, amis bahci'fs avec Main de la
Cause de Dieu Enoch Olinga et Mme Elizabeth Olinga
34 - Bahia, Salvador, jonvier 1977, Main de lo Couse de Dieu
a
Enoch Olingo et so femme Elizabeth lo f;to;frol'ul-Quds
35 - Kampala,Ougondo,seplembre1979,fomilleOlingoet omis,
derniere photographie prise de la Main de la Cause de Dieu
Enoch O/inga avant son meurtre (deux semaines plus tard)
DEUXIEME PARTIE
ENOCH OLINGA
Souvenirs des moments
passes avec lui
par Rowshan Mustapha
•Traduit enfran9ais par
Ulfet Mustapha
Versionorigina!eanglaise editee par Felicity Enayat.
PREFACE
Une fois termin6es mes memoires sur Enoch Olinga, jc dCcidai
d'envoyer une copie a M. 'Ali Nakh,javi:lnien tcrrc sainte et lui demandai
ses commentaires. Sa reponse datee du 30 decernbrc 1992 ctait trcs encourageante. II y ecrivait :
"J'ai lu vos memoires au St(jet de notre cher O/inga arec
beaucoup deJoie etje vous envie rfiel/ement d'avoir Jeri! ce t<imoignage concernant une Main de la Cause telle111e11t aimee partout
dans le monde et particu/terement cherie par /es amis du continent
Aji-icain. " •
Cette reponse m'encouragea CnonnCmcnt .:-tjc pensai alors que je
devais demander l'avis d'un des conseillers d' Afriquc. Le 25 novernbre 1993,
le Conseiller Gila Bahia ecrivit d'Ethiopie :
"Je n 'ai pas oublie votre manuscrit sur tu A1ain de la
Cause de Dieu.Enoch O/inga mais Clcause de tantde travail .... A
present, je /á'ai etudid soigneusement et) 'ai trouvt! que le theme,
ou le sujet, de la Main de la Cause Enoch O/inga ritaitintf!ressant
et qu 'iiyes/ traite d'unefa,on excel/ente. La narration es/ coherente, seduisante et incite le lecteur Clla lire sans interruption. JI
ne m 'afa/lu que quelques heures pour la lire en totalite. Je suis
tres heureux que vous ayez reussi apresenler avec un tel aboutissement, cette Main de la Cause qui a tellement de mirite ...
...Jen 'ai pas etuditfles constructions de phrases ni le Iongage car} 'etais absorbe par le rec it. "
Lorsque j'ai Ju le cornmentaire de M. Gila concernant Jes c,.Jnstructions de phrases et le langage, j'ai pense que j'avais eu de la chance.
J'ai ensuite decide d'ecrire a l'Assemblee spirituelle nationale des balu\'is
d'Ouganda et a celle du Cameroun pour que le manuscrit soit revise.
Dans une lettre datee du 19 aoftt 1994 l'Assemblee spirituellc
d'Ouganda repondit ce qui suit :
Preface - 79- 2eme Partie
" 1'-lousvous rem ere ions infiniment pour votre le!!re datrie du J .:/
ff!vrier 1994 a laquelle VOW:,' ave:=joint une copie de« Enoch Olinga Souvenirs des momenrs passes avec lui >>afin que nous puissions la rriviser et la
commente,:
Voici quelques-unes de nos obsen•afions :
1 - l1 la page (3) la quatrieme langue est l 'ougandais 1
2 - ala page (5) dons le dernier paragraphe, on lit(<O/inga, 110111
ougandais >>.Ce 11amse rifere ala tribu Etesot en Ouganda de
I 'Est qui le c:hantait et non pas ataus /es Ougandais.
]\Tausvous serions tres reconnaissanls de bien vouloir
nous envoyer !es copies des lettres que vous y mentionne=.
Nous louons grandement le travail que vous ave.: faff
et vous assurons de nos prii!res d'assistance el de protection au
Temple ml!re d 'Ajláique.
Avec nos ajfectueuses salutations bahd 'ies,
l 'Assemblrie spirituelle nationale des
baha 'is d 'Ouganda
(signe) George O/inga.
Secrritaire.
II etait tres impo11ant pour moi que ce soit le fils de M. Olinga qui
ait signe la lettre de l'Assemblee spirituelle nationale concernant le livre de
son tres cher pere.
L' Assemblee spirituelle nationale du Cameroun m 'informa dans
une lettre datee du 28 septembre l 994 qu'elle avail demande a Mme Ursula
Samandari de faire la revision que j'avais demandee. Elle m'a repondu
qu'elle avail lu le manuscrit" avec un profond ravissement ", et qu'elle y
avait fait une correction irnportante, a son point de vue. concernant une des
conversations que Enoch Olinga a eues avec le bien-airne Gardien. Etant
donne qu'elle se trouvait en pelerinage en rneme temps que lui. ii lui avait
directement rapporte la conversation ace moment-IS..Un extrait de cette lettre
est inclus dans Jes notes.
J'espere. chers lecteurs, que vous apprecierez ces recits sur le Cheva-
Ccci sc rapporte a !a quatrieme !angue que M. Olinga par!ait. Les autres langues,
quáil parlait etaient le teso. le swahi!i ct !"anglais.
zeme Partie - 80 - Preface
lier de Baha áuá llah. la Main de la Cause de Dieu. le Pere des Victoires, Enoch
Olinga. Et lorsque vous Jes aurez lus, alorsje souhaite que vous racontiez la
merveilleuse histoire de la Rose Noire qui fut coupee prematurement de sa
tige par une Sagesse Divine insondable. mais qui, en une tres courte periode
de floraison, porta ses douces fragrances tout autour de la terre.
Rowshan Mustapha
1996
Preface - 81 - 2eme Partie
-
ENOCH OLIN GA
Souvenirs des moments passes avec lui
par Rowshan Mustapha
a scene se passait a l'aeroport international de Tunis, en
L 1956, pendant la periode de Ricjvan. En cette merveilleuse
journee mediterraneenne, un grand nombre de.baha'is de
Tunis etaient alles accueillir les delegues des tenitoires subsahariens venus assister a la premiere convention de I' Assernblee spirituelle
regionale de l' Atiique du Nord-Ouest. °Tunis, capitale de la Tunisie, devait
devenir le siege de cette Assemblee spirituelle nationale pour les huit annees
a venir. Il y avait eu de nombreuxpr6paratifsdans cette ville afin d'assurer
la bonne marchede la convention ; cependant, bien que nous eussions les
noms des d61Cgues,nous ne les connaissions pas.
M. M11saBanani, Main de la Cause de Dieu pour I' Afrique etait venu
ala convention. M. 'Alf Nakhjavani aussi etait venu avec les delegues. J'avais
cu le plaisir de rencontrer M. Bam\ni et M. Nakhjavimi en 1951 au Caire alors
qu'ils etaient en chemin pour l'Ouganda. En 1956 l'aeroport de Tunis etait
petit, et !es visiteurs pouvaient voir J'arrivee des passagers qui faisaient la
queue pour !es forma1it6s.Au moment alt les passagerspassaientau contrOle
de police et de douane, nous reconnllmcs M. Nakbjavini qui aidait lesá autres
a remplir !es caries de debarquement. A un moment donne, il appela Enoch
qui se dirigea vers lui en sortant de la.file du groupe de delegues. C'est ainsi
que je vis M. Enoch Olinga pour la premiere fois. Bien bati, ii avail une taille
au-dessus de la moyenne et un tres beau visage.
Afin d'obtenir leurs visas pour la Tunisie, les de.legues avaient demande un visa" pour assister aune conventionbah:i'ie aTunis:', et avaient
donne comme reference aTunis le nom de M. Mustapha Bouchoucha. Pour
ies delegationsfrarn;aisesen chargea cette epoque des affairesde la Tunisie,
c'ctait suffisant pour accorder les visas. Mustapha Bouchoucha 6tait estim6 en
Tunisie et bien connu comme etant baha'i..A leur sortie, Jes delegues, aprcs
avoir effectue tous les contr6les, furent aceueillis par tous les amis avet de
chaleureusesetreintesala fayonpersane,etreintesqui semblentdevenuesune
caracteristique de noire famille spirituelle atravers tout leglobe.
Pendantla convention, i1 restaitpeu de temps aprCsles reunionsde
travail pour sortir ensemble, mais Ulfet (la fille ainee de M. Bouchoucha) et
- 83 - 2eme Partie
moi-meme nous 6tions arranges pour faire visiter !a ville de Tunis au d616gues,
prenant deux ou trois personnes chaque fois dans notre petite Peugeot 203 - ii
n'y avait que Ulfet et rnoi qui la consid6rions corn me une veritable voiture;
•la plupart de nos arnis avaient une autre opinion sur le sujet. En soirees 1 nous
Jes emmenions a Bab-Souika, ou Jes festivites du Ramadan battaient leur
pleinjusqu'a l'aube. Le Ramadan, mois dejeune des musulmans, co1ncidait
cette annee-Ia avec Ritjvan.
Au commencement de la convention, Enoch Olinga en fut e1u Secretaire. Bien que je ne fusse pas moi-meme delegue, j'avais ete admis a la
convention en tant que membre du comite organisateur, de sorte qu'il me fut
possible de suivre les diverses reunions. Jene me souviens pas avoir vu M.
Olinga prendre pa1t aux consultations. II ne parlait pas. II etait la, ii ecoutait
et prenait des notes pour son rapport. A la fin de la convention. quand ii lut
le rapp01t, la presidente. Mlle Elsie Austin lui fit des eloges.
Enoch Olinga fut elu membre de l' Assemblee spirituelle regionale de
l'Afrique du Nord-Ouest, qui depuis sa formation en 1956 et jusqu' en 1964
representa la plus vaste region jamais administree par une assemblee spirituelle nationale. 11y avait vingt cinq territoires. commenyant par la Tunisie
au nord, englobant taus !es te1Titoires vers l'ouest, et s'etendant vers le sud
jusqu'au Cameroun et la Guinee espagnole.
A la suite d'une reunion de I'assemblee a Tunis en automne 1956,
M. Olinga demanda la permission d'aller en pelerinage. Le Gardien la Jui
accorda pour le mois de fevrier 1957. Retourner au Cameroun puis revenir
en Tunisie pour se rendre en Terre sainte dans un d6lai de dix semaines ou
peut-etre plus, revenait tres cher; aussi, Olinga resta a Tunis, a la grande
joie de taus Jes amis. Nous eumes, Ulfet et moi, la plus belle part du lion
concernant sa compagnie puisqu'il sejourna chez nous pendant plus de deux
mois. II sejourna aussi environ deux semaines chez Jes Saberan.
A cette epoque notre maison etait petite; ii y avait une chambre
a coucher, un salon. une petite entree qui servait de salle a manger et de
living-room. Ma sreur Laila, qui etait une pionniere venant d'Egypte, vivait
aussi avec nous. Avec M. Olinga chez nous, les amis venaient frequemment
a la maison lui rendre visite. Ainsi notre petite maison etait toujours pleine
de vie.
Quelques semaines apres mon mariage avec Ulfet - notre mariage eut
lieu un mois apres la convention - je fus_licencie de rnon travail au Ministere
de !'Agriculture; rnais apres un mois de ch6rnageje trouvai un nouvel. emploi. Ceci signifiait que je devais passer beaucoup de temps a rnon nouveau
travail. Je faisais tout mon possible pour eviter un nouveau licenciernent.
2eme Partie - 84 -
Etre jeune marie et sans crnp!_oietait une situatiOn quc jc vo.ulais Cviter atout
prix. Ulfet dut aussi travailler, bien qu'en ce temps 18.,ii n'Ctait pas du tout.
dans les mceurs qu'une jeune femme tunisicnnc travaillftt. Ma sceur aussi dut
trouver un ernploi. Nous devions done vciller tard pour effectuer le travail:.
du secretariat de I'assemb!Ce spirituelle nationale nouvellcmcnt Clue. Ulfct.
Laila, M. Saberan ct 'Abd,t'l-1:Iarnid Khemiri, le premier baha'i tunisien qui'
accepta la Foi en 1921, tous aidaient a cctte t.ichc. L'activite dans notre petite
maison Ctaitprodigieuse, commern;ant t6t le matin pour nc cesser qu' aminuit.
Ce fut dans cette atmosphere que M. Olinga vecu paticrnment tout le temps
qu'il fut avec nous aTunis.
Unjour, Olinga decida d'apprendre la langue arabe. Khernfri et Lai'Ja
se proposerent de la Jui apprendre. 11acheta un cahier et chaque soir il prenait
ses leqons. Mais pour obtenir la prononciation correcte des lettres arabes difficiles et inhabituelles, c'etait une toute autre affaire. Ainsi, pendant que Ulfet
et moi travaillions aprement sur la machine a ecrire dans la salle de sejour)
Olinga avec Khemiri ct Laila, travaillait assidllment sur ces "arrangements
vocaux " dans le salon. Heureusernent, aucun de nos voisins ne surprit ce
melange de sons bizarres qui s011aient de ccs deux chambres. Quand Olinga
dut partir pour Haffa, ii avait fait quelques progri:s en arabe.
En fevrier 1957 il revint du pelerinage, et nous raconta l'histoire de
cette conversation qu'il avait eue avec le Gardien au sujet des langues qu'il
parlait. Je relate ici !es paroles rapportees par Ursula Samandari ; cette derniere etait en pelerinage au meme moment que Enoch, et se souvient l' avoir
ecoute.raconter : " ... le Gardien m' a demande combien de langues je parlais.
Je repondis que je parlais le swahili, le teso, l'anglais etc ... Et je pensais
en moi meme, mais sans rien dire: « et je suis aussi en train d'apprendre
l'arabe ». Le Gardien s'a1Teta, se tourna vers moi et dit: « Mais le persan est
plus facile! » 1". En nous. racontant cette histoire, M. Olinga concluait en
disant que ccla mit fin a scs peines pour apprendre l'arabe.
Quand vint le jour oi1 Olinga dµt nous quitter pour la Terre sainte,
un grand nombre d'arnis se rendirent a l'aeroport pour le saluer et le voir
Dans la lettre qu 'elle m' envoya le 24 avril 1994, elle expliquait les circonstances
qui lui ont fait connaitre l'histoire de M. Olinga: "J'ai eu lajoie et le privilege de
faire man p6lerinage en meme temps que Olinga. La plupart du temps ii etait le seul
pClerin qui r6sidait dans la Maison des PClerinsde !'Orient et moi j'erais fa seule
dans celle de l'Occident. ll me raconta cette conversation le lendemain. C'est pourquoij 'estime cjuele recit que jc vous ai fait, semble plus approprie que celui qui est
mentionne dans votre mcrveilleux livre "_
- 85 - 2erne Partie
partir. Je náy etais pas. mais U!fet y etait allee. el\e me raconta ce qui suit:
•• Nous avons bien vu O!inga passer par le contr61e de police et de douane.
puis nous sommes tous alles le voir monter dans l'avion - ceci etait possible
a cette periode. mais plus maintenant. Les passagers avaient tous em barque
saufOlinga, ii n'etait visible nulle pa11.Les haut-parleurs appelerent Olinga
pour qu'il se presente a la p011e d'embarquement. Mais la encore, on ne
\ 'apercevait toujours pas. Nous etions tres inquiets, nous ne savions pas quoi
faire. ni ce qui lui etait arrive.
On retira la passerelle et la po11e de l'avion commen,ait a se refermer lorsqu"O\inga apparut avec son bagage a main. fonc;:antvers l'avion.
On ramena la passerelle. la porte se rouvrit et Olinga monta dans l'avion
a notre grand soulagement. Un des spectateurs me demanda, « Est-ce un
boxeur? » ..
Tout au long de cette annee, j' eus \'impression que M. Olinga passait par la periode la plus difficile de sa vie. Nous fimes tout noire possible
pour prolonger son sejour avec nous afin de sou lager un peu son angoisse. Je
ne me souvenais pas le temps qu'il devait rester en Terre sainte, mais nous
savions qu'il devait passer par Tunis avant de retourner au Cameroun. Nous
attendions un teJegrarnme de sa pa1i annonc;:antson arrivee.
Pas de nouvel\es de son retour. Un apres-midi fetais au bureau,
lorsque M. Muhyyid-Din M'rad, un baha'L telephona du Cafe de Paris situe
sur !'avenue principale au centre de Tunis, et me demanda de venir irnmediatement car M. Olinga etait la.
Je courus \es trois cents metres qui separaient le cafe du bureau oll
je travaillais. Laje trouvai M. Olinga avec Muhyyid-Din. Je compris ce qui
s'etait passe. Muhyyid-Din etait attable au cafe avec des arnis, quand ii vit
passer M. Olinga marchant tout seu\ sur ravenue principale le long du trottoir longeant le cafe. Comme Muhyyid-Din ne parlait pas l'anglais, ii Jui fit
comprendre par des gestes de venir s'asseoir avec eux et de ne pas partir, et
rn'appela par telephone.
J'essayai de savoir pourquoi M. Olinga ne nous avait pas avise de
son retour. comment il avait trouve son chem in de 1áaeropo1ijusqu'i !'avenue
principale et su1iout oll ii avait !'intention d"aller. Je náeus aucune reponse.
J •eta is tres reconnaissant envers Sahaá u •113.hqu •i I ne se soit pas perdu, et qu' ii
ait ete guide vers l'endroit all Muhyyid-Dián pouvait \"apercevoir. M. Olinga
semblait tres pensiftout le restant du sejour qu'il passa avec nous.
La premiere question qu"il me posa fut : áráQue signifieAbu"\-Futl1~ ? ••.
Jene comprenais pas pourquoi il me posait cette question et tout sirnplement
j' expliquais que c'etait un nom arabe. En effet en Egypte, ii y avail un baha' i
2eme Partie - 86 -
tres dtvoue dent le prenom etait Abu"l-Futlil). Je lui dis quáa ma connaissance
ce\a voulait direáá pere des conquetes ., . Ensuite ii me dit que le bien-aime
Gardien Jui avail donne ce titre. L"Assernblee nationale rec;ut plus tard de
la pa1i du Gardien une \ettre dans laquelle se trouvait la traduction exacte
d'Abu"I-Futi,I): -- Pere des Yictoires •á.
M. Olinga etait de ces personnes dont le visage calrne et serein cachait
aussi bien ses pensees que ses sentiments. A !'exception dáun !eger sou\evernent de sourci\s, on ne decelait aucun signe de ses reactions interieures sauf.
oh oui. quand ii riait. Dommage que nous n'ayons pas eu en ce temps-la la
possibilite de 1áenregistrer sur film ou sur cassette lorsqu' ii riait. Quiconque
a vu et entendu M. Olinga rire s'en souviendra toute sa vie.
M. Bouchoucha, qui etait le pere de Ulfet et un des premiers baha'is
tunisiens, etait une personne dent la compagnie apportait toujours une
grande joie. II venait sou vent apres son travail et s'asseyait avec M. Olinga.
Bouchoucha ne parlait pas anglais, mais ii connaissait beaucoup d'anecdotes.
Chaque soir ii en racontait une ou deux. qui etaienttraduites a M. Olinga Pour
rendre \es choses encore plus agreables, Bouchoucha mimait \es difffaentes
scenes de l'histoire. Normalement le rire vient a la fin de !'anecdote, mais
Olinga cornmenc;ait d'abord par rire et deja avant la derniere scene de
l'histoire, il etait litteralement p\ie en deux. nous tous avec lui. bien que nous
!es ayons deja entendues plusieurs fois. Apres avoir passe plusieurs soirees a
raconter ses histoires, Bouchoucha n'avait plus de nouvelles anecdotes. Pas
de nouvelles anecdotes? Aucun probleme ! Tout ce que Bouchoucha devait
faire, c'etait de mimer !es anecdotes deja racontees. Pas de paroles et pas de
traduction, rien que des mimiques. Et M. Olinga etait litteralement parterre
a se tordre de rire.
Un soir, Ulfet et rnoi rentrions ensemble. En approchant de la po,ie
d'entree nous avons entendu Olinga rire aux ec\ats. Nous avons escalade en
courant !es marches de l'escalier et nous l'avons trouve parterre se tordant de
rire en criant ;i la seule personne se trouvant dans la maison: á• M. Bouchoucha,
s'il vous plalt arretez ! .. Bouchoucha n 'avait rien dit. 11ne parlait pas \'anglais.
Tout ce qu'il avait fait, c'etait mimer. Olinga avait l'habitude de dire. des
annees plus tard, que plusieurs fois ii avait essaye de raconter !es anecdotes
qu'il avait entendues aTunis aux amis du Cameroun et ail\eurs mais ii riait
tellernent des qu'il commenc;ait araconter qu'il n'avaitjamais pu en finir ne
serait-ce quáune seu!e.
Un jour, a\ors que quelques mernbres de I'Assemblee se reposaient
entre deux sessions. discutant pour passer le temps, Olinga nous raconta une
histoire au sujet de son enfan-ce. .le vais essayer de la rapporter aussi correc-
- 87 - 2erne Partie
tcmcnt que ma mCmoirc me le pem1ct. Je me souviens quc Mlle Elsie Austin
ct Mlle Valfaie Wilson etaicnt !fl, ainsi que Bill Foster et Khemiri:
J\,1_Olinga dcvait avoir sept ou huit ans quand unjour ii dCcida d'allcr en brousse. II a\'ait 8 pcinc marchC que!ques mE:tresquand soudain il vit
la main d'un gorille s01iir du scnticr ct venir vers Jui. Tl s'cnfuit en courant
aussi vitc que scs jamb cs le Jui pern1ircnt. Tl alla chcz son pCre ou son oncle
(je ne me souviens plus) apeurC ct terrifiE:.II expliqua ce qu'il avait-vu. Le
pCre ou l'oncle appela immCdiatcrnent du secours et ils allercnt avec Enoch
dans la brousse. Quand ils arrivCrent a l'endroit olt il avait vu le gorille, ils
nc virent rien. Le groupe s'aventura encore plus loin dans le scntier pour
cherchcr le gorille. A quelqucs pas de la, ils virent soudain un gros boa qui
aura it probablement dCvore le jcune Enoch s'il n 'avait pas ete effrayC par cc
qu'il Jui ~wait sernblC etre un gorille. Les villageois tuerent le boa, et continuE:renta cherchcr le gorille. Mais ils nc trouvhent rien, ni cc jour-13, ni !cs
jours suivants, ct !es habitants des villages voisins non plus.
En aofat 1957, quelques rnois aprcs le depart de M. Olinga. Ulfet rnit
au monde l'alnC de nos deux fils. Nous dCcid§.mestaus les deux de le nommer Olinga. Les Olinga en Ouganda n'etaient pas nombreux ace moment-la
d'apres ce que nous avions compris, mais un enfant tunisien pr6nomme
Olinga, c'6tait unique. Nous nous demandions si les autorit6s municipales
allaient accepter d' enregistrer notre fils avec un nom qui n' 6tait pas arabe.
Nous avons done pris notre courage a deux mains et les autorites ant accepte.
Avec un pere de nationalit6 egyptienne, elles ont probablement attribue le
nom a quelque ancienne divinite de I'.Egypte. A nos amis non-baha'is et a
la famille, nous avons explique ce que nous avians entendu de M. Olinga :
que ce patronyme est le nom ougandais d'un oiseau qni apporte les piuies
bCn6fiques, un oiseau de paradis: et lorsque les pluies tardent avenir dans Jes
annees de secheresse, !es Ougandais (la tribu Etesot it !'Est de l'Ouganda)
chantent le chant d'Olinga pour faire plenvoir. Nous tenninions toujours par
dire que nous avians un ami trCs cher qui po1iait ce 110111et que nous avians
nomme notre fils en son hommage.
La tante de Ulfet, une dame de caractere, d'origine turque par sa
mere et tunisienne par son pere, ne s'estjamais r6concili6e avec ce nom. Elle
appelait noire fils 'Oli. un diminutif du nom arabe bien connu 'Ali. Bien que
cette tante ne soitjamais devenue bah3.'ie, vers la fin de sa vie, elle dit un soir
aUlfet: "Tu sais, vous (Jes baha'is) etes dans le vrai chemin ".
Deux mois apres la naissance de notre Olinga, le bien-aime Gardien
annorn;:a la designation de Enoch Olinga comrne Main de la Cause de Dieu.
Nous en etions doublement emus.
2eme Partie - 88 -
Des la naissance de notre Olinga. M. Olinga appelait toujollrs Ulfet
ááMummy" ..... Transmettez toute mon affection bah.i'fe a ma Mummy
et a moi-meme •• . II terminait ainsi ses lettres. mentionnant Ulfet et petit
Olinga.
Les merveilleux jours passes ensemble en Tunisie. et dont j'ai fait
mention plus haut. firent la transition entre d'une part. \es services devoues
rendus a la Foi par M. Olinga et ctáautre pait, sa nomination comrne Main de
la Cause de Dieu. Les defis auxquels i! dut faire face meme avant sa nomination comrne Main de la Cause. etaient enormes. En tant que rnembre de
l"Assemblee spirituelle regionale de 1•Afrique du Nord-Ouest et secretaire du
Comite d'enseignement pour l"Afrique de I'Quest. ii po11ait la responsabilite
du service dans Jes deux institutions majeures de la Foi. II etait charge des
lourds devoirs que ces institutions seules devaient assumer.
La region de I' Afrique du Nord-Ouest qui. au matin des festivites de
Ri<;lvin de l'annee 1956, devint liee au so1i des neuf membres de l'assemblee spirituelle nationale nouvel!ement e\ue. etait tres vaste. Un coup d'ceil
sur la cmte de la region en 1956 suffit a comprendre Jes complexites qui
existaient en ce temps-la. Tous les territoires sauf le Liberia etaient sou~ un
regime colonial. Yingt cinq territoires composaient la region de l"Afrique du
Nord-Ouest: (par ordre alphabetique) l'Algeri~. le Protectorat d'Ashanti, le
Carneroun britannique. le Togo britannique, \es iles Canaries. \es iles du Cap
Veit le Cameroon franyais. le Maroc franyais. le Togo franyais. I' Afrique
Occidentale frarn;aise, la Garnbie. la Cote d'Or, le Liberia. !es Iles Madere.
le Maroc zone internationale (cáest-8.-dire Tanger), le Nigeria. le Protectorat
des Territo ires du Nord. la Gui nee po1tugaise. le Rio de Oro. 1"lie St-Thomas.
la Sierra Leone. la Gui nee espagnole. le Maroc espagnol, le Sahara espagnol.
et la Tunisie.
Actuellement !es trois territoires du Maroc avec le Sahara espagnol
et le Rio de Orone constituent plus qu'un seul pays: le Maroc. Ceux du Cameroun franyais et britannique sont devenus le Cameroun. Ashanti. le Togo
britannique. la Cote d'Or. et Jes Terl'itoires du Nord ferment le Ghana. Et ce
qUi etait !' Afrique Occidentale franyaise. a ete di vi see comme suit: le Benin.
le Burkina-Faso. la Guinee (Conakry). la Cote-d'Ivoire. le Mali. la Mauritanie. le Niger. et le Senegal. Tous ces territoires ont commence aobtenir !eur
independance en meme temps que fut etablie l'assemb\ee spirituelle regiona!e
qui Jes englobait administrativement. Le Maroc obtint son independance en
mars 1956. La Tunisie devint independante un mois apres Riqvan 1956. Les
autres territoires allaient ega!ement suivre que!ques annees plus tard.
La region etait en proie ade nombreux troubles. Voyager a l'interieur
- 89 - 2eme Partie
de chaque territoire eta it impossible clans ce11aines regions. et dans beaucoup,
de cas ii fal!ait meme passer par !'Europe pour pouvoir voyager d"un territoire a l'autre.
II y avait six principales !angues aprendre en compte: l'arabe, táanglais. le frarn;:ais. l'espagnoL le po11ugais. et le persan. langue des pionniers
iraniens qui náavaient pas encore appris Jes autres langues.
Les territoires ásubsahariens avec le Cameroun britannique en tete
etaient receptifs ala Parole de Bah3.'uá !18.h.mais manquaient de moyens materiels. Ces territoires n 'avaient, en tout et pour tout. qu'un seul pionnier venant
de l'exterieur de la region: Enoch Oiinga. Les pays du Nord qui sáetendent
le long de la c6te mediterraneenne etaient hostiles a la Foi de Bah3.'u'll8.h.
Porn1ant ii y avail beaucoup de pionniers de Perse. des Etats-Unis et d'Egypte.
et ces pays possedaient beaucoup plus de ressources materielles.
Avec le siege administratif de cette region dans l'extreme Nord-Est a
Tunis. la correspondance entre Tunis et la region administrative devait passer
par l'Europe a !'exception des trois territoires d'Afrique du Nord, car !es
liaisons telephoniques n'existaient pas avec !es territoires Subsahariens et ell es
etaient tres limitees avec l'Algfaie et le Marne. ses plus proches voisins.
Lorsque !es quatre assemblees spirituelles regionales d' Afrique-celle
de la region Nord-Ouest. celle de la region Centre et Est. celle de la region
Sud et Ouest. et eel le de la region Nord-Est - furent etablies. eel a faisait deja
trois ans que le monde bah8.•f se trouvait dans la puissante Croisade de dix
ans du bien-aime Gardien. Douze assernblees spirituelles nationa!es constituaient le corps executif de la Croisade. Cinq parmi elles : !es Assemblees
spirituelles nationales des Etats-Unis. de la Grande Bretagne. de l'Egypte.
de la Perse et de l'lnde avaient la responsabilite de ce qui allait devenir la
region de 1'Afrique du Nord-Ouest. Quelques semaines apres sa formation.
1áAssemblee nationale nouvellement e!ue se trouva seule responsable de tout
ce dont !es cinq assernblees spirituelles nationa\es participantes avaient eu
en charge jusquáa present.
Lorsqu'a la premiere reunion qui suivit la convention, la Main de la
Cause Mi,sa Banani apprit que J"Assemblee spirituelle nationale d'Afrique du
Nord-Ouest avait planifie seulement.quatre reunions pour sa premiere annee,
ii commenta a leur decharge qu'il etait sage de rnettre en regard le coCttde
ces reunions avec !es fonds disponib!es. II avait ete clairvoyant en effet, car
l'Assemblee. pendant !es lrnit annees de son existence. souffrit terriblernent
dans ses efforts pour se reunir. Le manque de fonds et le desir de ne se limiter .
quáaux depenses vita!es rendirent rares Jes voyages. bien trop collteux.
11y avait aussi quelques territoires oi:1l'on rencontrait beaucoup de
2erne Partie - 90 -
difficultes et l'Assemblee devait encourager !es pionniers a sáy etablir mais
le permis de sejour leur etait toujours refuse : Sahara espagnol. Rio de Oro.
Guinee fra119aise, Guinee espagnole et rite de St-Thomas et de Principe.
Tous ces endroits semblaient €:tre •• des territoires impossibles ". Pourtant
le Gardien voulait que les pionniers sy etablissent. L'Assemblee spirituelle
nationale n'avait de choix que d"encourager !es croyants aperseverer. Quand .
nous exarninons le r6le de M. Olinga dans cette t8.che, nous voyons a que!
point sa conviction etait forte pour l' accomplissement de ces buts.
Depuis ses debuts. l'Assemblee spirituelle nationale nouvellernent
6tablie ne comportait uniquement que deux rnembres issus des territoires
Subsahariens: Enoch Olinga et Miss Valerie Wilson. Le territoire oi, Olinga
residait- le Cameroon britannique - etait la region oll le travail d"enseignement
etait constamment en progres. Cinq Chevaliers de Bahtfu'll8.h. Jes enfants
spirituels d'Olinga, travaillerent avec succes dans Jes territoires avoisinant le
Cameroun britannique. Ainsi. !es veritables succes d'enseignement vinrent
des territoires du sud de la region.
Durant cette premiere ptriode de developpement de la Foi en Afrique
Occidentale, le manque de livres adaptes etait un problerne angoissant. On
avait absolument besoin d'un ouvrage en anglais qui pouvait servir aussi
bien pour l'enseignement que pour l'approfondissement. Pour repondre a
ce besoin. M. Olinga r6digea un manu~crit en quatre pa1iies et l'envoya a
l'Assembl6e spirituelle nationale. Bien qu'il travail!8.t sans doute tres dur et
de nombreuses heures a sa preparation. en fin de compte le manuscrit ne fut
pas publi6 fautes de rnoyens. Enoch dut en souffrir enormement car le besoin
en ouvrages ecrits devenait de plus en plus pressant.
Souffrir semblait etre le destin d'Olinga. II souffrait terriblement. mais
gardait sa peine en son for interieur. Ce fut son sort durant toute la periode
ou ii fut rnernbre de l'Assemblee spirituel\e nationale d'Afrique du Nord-
Ouest. Est-ce qu'il continua de souffrir apres cela ou non? Jene peux pas
le savoir. Mais pendant la periode oi, ii etait dans la region de l'Afrique du
Nord-Ouest,je sais qu'il souffrait. Si souffrir est un .. dl1 ., pour une Main de
la Cause. alors 8.mon humble avis. lecher Olinga a eu \argement .son lot. II
y av<;1.it
beaucoup de raisons qui 1áinquittaient et l'affligeaient. Je vais essayer
ici d'en mentionner quelques unes parrni celles que je connais.
II etait tres inquiet au sujet de la l:la?irat'ul-Quds de Victoria dans
l'Ouest du Cameroun qui venait d'etre acquise. Certains amis !i-bas pensaient
qu"i\s pouvaient vivre en ces lieux. siege administratifet centre de reunion
pour !es bahcl'fs de cette comrnunaute. Pour eux. ii n'etait pas question de
quitter les lieux, Olinga dut s'occuper personnellernent de la l:lazirat'ul-Quds.
2eme Partie
La plupart des familles restCes 13.Ctaient necessiteuses. Toute cette situation
faisait ma! au c~ur. Combicn de fois Enoch aYait-il fait don de ses propres
moyens de subsistance, alors qu'il Ctait lui-mCmc dans unc situation difficile?
Personne nc peut le dire. Combien de fois avait-il dll se lever la nuit pourallcr
aider un ami ou unc famille dans le besoin ? Pcrsonne jamais ne le saura.
Les Chevaliers de Baha'u'llah, ses enfants spirituels qui etaient pionniers dans d' autrcs territoires de l 'Afrique de I' Ouest, rencontraient beaucoup
de difficultCs, et se toumaicnt tous naturellement vers lui pour se faire aider.
Mais Enoch, tout comme !es autres membres de 1'Assemblee spirituel\e
nation ale, aquelques deux ou trois milk kilometres de 13,Ctait impuissant a
venir a leur secours avec de l'aide, des livrcs et des Yisiteurs.
Une autre raison pour laquelle ii souffrait tellement etait le fait que
certains croyants autour de lui avaient unc mauvaise comprehension de sa
position et d6f~rmaient ses actions et ses intentions. Ces croyants, il faut
l'admettre, Ctaientjeunes, non seulement en age rnais comme croyants aussi.
Pour autant, ces circonstances att6nuantes n'ont pas dit beaucoup amoindrir
le chagrin qu'ils susciterent dans son creur aimant
Une autre cause de profonde anxiCtCet de terrible souffrance Ctait le
fait que sa famille n' eta it pas avec Jui. Elle etait res tee en Ouganda.
Malgre tout cela et malgr6 encore d'autres soucis, M. Olinga se concentra sur la t8.che qui 6tait la sienne. II dut aussi etre profondement peine
par le dCces du Gardien. Quand ii assista a la conference intercontinentale de
Frankfort en 1958, la Main de la Cause Amelia Collins etait la representante
du Gardien. La Main de la Cause Ugo Giache1y y participait aussi, ainsi que
neuf autres Mains de la Cause. Ulfet et rnoi-meme, qui avions eu le privilege
d'y assister, nous souvenons du merveilleux r6le que joua M. Olinga 3.cette
conference. Dans son discours, il attirait notre attention sur nos devoirs envers
nos communaut6s bahit 'ies, nous rappelant que dans !es conferences comme
celle-la, notre tache etait de nous remplir de spiritualite afin de la transmettre
aux amis de retour chez nous.
Au debut de mars 1959. ii s'occupa d'un autre but vital, !'education
universelle des enfants. A cette Cpoque, il envisageait un projet d'6cole que,
dit-il, il avait a I' esprit depuis quelque temps. II ecrivit'aux membres de
I' Assemblee spirituelle nationale:
"Je pense que le moment est venu de porter notre intf?retsur l'cdducation des e11fC111ts
qui n 'onr pas eu le privilege
d'ovoir une f?cole.Je pense que 11011s devrions commencer par
des<<ricolesmaternelles », / 'amorcefondamentale de ce que I 'on
zeme Partie - 92 -
pourrait oppe/er plus turd un « /ycee >i. Une ou cleux, cela serait
une grande l'ilátoire. Si I 'A.S.N m 'autorise (l efudier /es possibilite?scl'efab/ir de tel/es ecol es, et d'C?valuerleur coilt annuel, je
voudrais entreprendre cette elude (bien entendu dans la partie
de lvfa111/'e
du Cconeroun du Sud). "
Dans la rnCme \ettre, qu'i1 signa" en Son amour, Enoch", il soulignait aussi "l'impo1iance d'avoir un endroit ol.1pourrait se tenir une ecole
d'ete chaque annee "." Ceci ", ecrivait-il," fera beaucoup de bien aux amis;
\eur connaissance augrnentera et ils auront un lieu ol.1ils pourront se rendre
r6gulierernent pour 6tudier la Fol et son administration".
Les responsabilit6s aremplir dans la Foi 6taient multiples, et les livres
restaient la premiere priorit6. M. Olinga continua d'6crire des ouvrages, malgre sa premiere deception. Dans une lettre datee du 24 mai 1959 adressee a
l' Assemblee spirituelle nationale des lies britanniques, I' Assemblee spirituelle
nationale d' Afrique du Nord-Ouest ecrivit : "Quand la veneree Main de la
Cause Enoch Olinga etait a Haifa en 1957, le bien-aime Gardien exprima
le souhait de voir les croyants africains ecrire apropos de la Foi. Ce meme
desir du bien-aime a ete exprime par M. 'Ali Nakbjavani. Pour repondre a
ce d6sir, la reveree Main de la Cause M. Olinga a fourni a notre Assembl6e
nationale deux manuscrits pour les pub lier. L'un d'eux « Apen;:u sur la foi
baha'ie » est rnaintenant revise et pret a etre publi6 ".
Voici comment M. Olinga fut le premier africain a6crire sur la Foi.
II faisait tout ce qui etait en son pouvoir pour satisfaire n'imp01te quel desir
exprime par le bien-aime Gardien.
Quand M. Olinga fut designe Main de la Cause de Dieu en octobre
1957, ii etait un membre de l'Assemblee spirituelle nationale d'Afrique du
Nord-Ouest. II y avait aussi d'autres Mains qui avaient 6galement les memes
doubles responsabilites. Mais la tiiche de M. Olinga etait bien differente et
bien plus lourde. Etre Main de la Cause et membre d'une institution nationale
aux Etats-Unis ou en Iran ou au Royaume-Uni c'6tait une chose, mais etre
Main de la Cause et membre de l'Assemblee spirituelle nationale d'Afrique
du Nord-Ouest, en etant de plus la seule reference dans une jeune communaute en Afrique Occidentale en 1957, ceci etait une toute autre affaire. On
frissonne en pensant a cette 6poque, et ace qu'Olinga et Jes amis comme
Jui ont dfa endurer dans leur recherche pour apporter du bonheur au co,ur de
leur Bien-aim6. Le sen tier qu'ils empruntaient 6tait aussi 6troit qu'une corde
raide, aussi 6prouvant qu'un chemin parseme de cailloux et de morceaux de
vene brise. Le cas de Olinga illustre bien le proverbe qui dit : "Nu! n'est
- 93 - 2eme Partie
prophete en son pays d ne trouve de respect pam1i son peuple ". La Main de
la Cause John Robarts, apres avoir appris et vu de lui-meme comment Olinga
mcnait sa vie quand ii viva it a Victoria, me confia "qu 'il marchait sur !es
pas de áAbdu'l-Baha ''. Ceci sc passait aVictoria au Carneroun britannique
en mai 1964.
Lorsque !es premieres Mains de la Cause de Dieu furent dCsignCes
en decembre l 951, j'Ctais un jeune bah3'i panni tant d'autres qui ne savait
pas grand chose sur le rang des Mains de la Cause. Nous savions gu'on leur
devait du respect, mais nos jeunes esprits ne pouvaient pas saisir la grandeur
de leur rang spirituel. En cette pfaiode quand ceux d' entre nous qui avaient eu
le privilege de grandir clans des comrnunautes bah3.'fes avec des assernb!Ces
locales et une assemb!Ce nationale, commern;aient a peine a realiser que !es
merveilles d_ela strncture administrative Ctaient en train de se dCvelopper,
ces Cminents serviteurs de la Foi se dessinaient comme des gCants spirituels
sur !'horizon de notre jeune imagination. En 1951 Mme Amelia Collins fut
envoyee par le Gardien pour rendre visite aux croyants d'Egypte. J'avais
eu. le privilege de me trouver au Caire a ce moment 13.,et je me souviens
de la profonde impression qu'elle fit sur moi. Quelques mois plus tard nous
apprenions qu'elle avait ete designee Main de la Cause de Dieu. En 1952,
la Main de la Cause Shu'a'u'llah 'Ala'i visita le Caire, et pour la premiere
fois je vis une Main de la Cause en chair et 'en os. Dans man enfance, j 'avais
connu le Juge 'Abdu'l-Galil Sa'd et dans majeunesse Mul)ammad Effendi
Taqi Ifah3.ni; mais tousles deux avaient ete designes Mains de la Cause atitre
posthume. Le pro fond respect que le president et les membres de l' Assemblee
spirituelle nationale en Egypte avaient temoigne a l'egard du General 'Ala'i
pendant son sCjour au Caire m'avait grandement impressionne.
Cinq ans apres cette experience que fut ma rencontre avec la Main de
Ia Cause 'Ala'i, voila que nous avians un membre de I' Assemblee spirituelle
nationale qui etait Main de la Cause! Nous Ctions au courant par ce que Ies
pelerins rapportaient dans leurs notes que le bien-aime Gardien considerait
les Mains de la Cause au-dessus, bien au-dessus des assemblees nationales,
et que" les Mains de la Cause devaient etre venerees ". Mais comment allions-nous gfaer notre administration dans la region ol1 la Main de la Cause
Olinga vivait, non seulement en tant que Main de la Cause, mais aussi comme
membre de I' Assemblee nationale ,, Par des moyens mysterieux la question
de la relation entre [es Mains de la Cause et !'administration sembla trouver
sa propre solution.
En reflechissant sur le passe, ii devient cl air gue nous Ctions en quelque s01ie prepares au nouveau r6le dans la Cause que notrc frere spirituel
zerne Partie - 94 -
avait a assumer. Lorsque M. Olinga pa11it en pe!erinage en fevrier 1957 le
bureau de M. Leroy loas, secretaire general du Conseil international baha"i.
ecrivit aux deux Assernblees spirituelles national es d' Afrique du Nord-Ouest
et d"Afrique du Centre et de l'Est dans une lettre du 17 fevrier 1957 :
" Chers amis bahd 'is,
Le bien-aimri Gardien a rite tri:s satisfait de la visite de
AI Enoch Olinga en Terre sainte. JI est le premier bah(: 'i noir
d '~(7-iqueCJvisiter cette derniere, et le premier des bahCI'is noirs,
qui soft devenu bahti 'i pendant la Croisade de dix ans. De plus
ii est un Chevalier de Baha 'u 'llah, et quatre de ses en/ants spirituels sont aussi Chevaliers de Bahci 'u 'l/Clh.Le Gardien pour
cela lui a donne le titre de "Abu 'l-Futuh" qui signifie, le Pere
des Victoires..
Le Gardien est tres encourage par les rapports qu 'ii
re9oit sur le progres du travail d'enseignement en Ajhque. Sous
la direction des assemble es nationales nouvellement 'etabhes, le
iravail est encore plus stimuli, ce qui est excellenl. Le Gardien
voudrait mettre en garde !es A.SN afin qu 'el/es ne s 'embourbent
pas dans !es itiiches administratives. mais qu 'el/es dedient la
majeure partie de leur temps Cll'enseignement, et Cllaferme expansion de la Foi. Tel est le besoin de cette heure. Les assemble.es
nationales et locales devraient didier le plus cl air de leur temps
et de leur inergie Clcette noble lfiche. "
Quand M. Olinga revint de Haifa, ii envoya aux rnernbres des •• Extraits
des notes sur le pelerinage d'Olinga ... ecrites en vitesse pour repondre ~ la
suggestion de ... selon laquelle je devrais pa11ager avec vous les souhaits du
Gardien concernant le fonds, le travai I d' enseignernent et notre convention ".
Les extraits cornprenaient le paragraphe suivant :
"Concernant le fonds, le bien-aimri Gardien dit : le
travail le plus important c'est l 'enseignement. L'argent doit etre
dripensii pour cet effort primordial : envoyer des pionniers. et
acheter des Haziras locciles. Ce n 'est pas nricessaire que •!es
driliiguris assistent en personne Clla convention. Ils peuvent
consulter et voter par correspondance. fl n'est pas nicessaire
non plus que taus les membres de l :4.S.N se rriunissent taus
ensemble. Toute somme rj 'argent disponible doit etre dipensie
- 95 - 2eme Partie
pour le !ravw? d 'enseignement. Ceci doi! i!tre e.,pliqul! aux
amis.. Ce/a es/ l!ssentiel. Dans ma ricente connnunication
cn'ec L4.S.N du ;"-/ord-Ouestd'Ajhque, je leur ni fltit part de
cette directive. « E1an1vous-meme w1 membre de I A.SN. vous
en sere:: iJ?/Orml!1>. dit-il. "
Lorsque M. Olinga revint du pelerinage, I' Assernblee spirituelle nationale d' Afrique du Nord-Ouest nouvellement elue s'etait deja reunie trois fois.
Les membres etaient eparpilles sur une vaste region. Olinga etant le plus eJoigne
comparativement aux sept autres membres concentres au Nord de la region.
Olinga n'assista pas ala quatrieme session qui eut lieu apres son pelerinage. II
confia a l'auteur qu'il ne depenserait plus un sou pour aller en voyage aTunis,
ni pour un~ reunion de l'assemb!ee nationale ni pour la convention annuel\e.
II ne pouvait pas oublier le conseil du bien-aime de ne depenser du fond disponible que pour le travail d'enseignement. Dans une lettre au secretaire de
I' Assemblee spirituelle nationale d' Afrique du Nord-Ouest datee du 26 mars
1957 ii ecrivit: "Concernant le fond,j'ai !'impression de voir Jes yeux benis
de notre Gardien lorsqu'il me disait d'expliquer a l'A.S.N d'economiser et de
travailler par correspondance au lieu d'assister en personne aux reunions'".
M. Olinga consacra taus ses efforts a la mise en reuvre de chaque
directive de la Cause. L'une d'elles etait l'etablissement de la f:la~irat'ul-Quds
• de Victoria- la premiere I:Ia?frat'ul-Quds au Cameroun. Dans Jes extraits des
notes de son pe!erinage, Olinga cita ce que le Gardien Jui avait dit concernant
Jes f:lazirat'ul-Quds : " .. II faut acheter des l:laziras, une dans chaque territoire
nouvellement ouve1i, sera suffisante. Par exemple, une a Victoria. Elle doit
etre de construction simple et rnodeste et peut etre vendue a n'irnporte quel
moment. !I ne faut pas qu'elle soit trop luxueuse. ,,
Peu apres, dans une circulaire de la Main de la-Cause pour I' Afrique
Musa Banani datee du 28 mars 1957, nous pouvions lire:
"l'lous avons rep, des informations tri:s enthousiasmantes _I Nous nous rrijouissons de la bonne nouvelle
qu 'un croyant afhcain, lui-meme Chevalier de Bah6 'u 'llClh,
a rricemment ereen pi::lerinage en terre sainle et a visitri notre
bien-aim/2Gardien. C 'est Enoch Olinga, pionnier ougandais au
Cameroun hritcmnique. Le Gardien etait si content des services
d 'Olinga qu 'ii lui a donnri le titre de« Abu 'l-Fi1hf{1N qui sign(fie
en Anglais, <<Vi1therof Victories» ( « P?!redes Vicloires )J). Le
bien-aimri m 'a envoy/? ultririeurement le trilrigrammesuivant:
2eme Partie - 96 -
SJATUT FOI C-UfEROUV BRITANNIQUE SUITE REMAR-
QU.4BLES SERVICES OLINGA MERfTE ET4BLISSE:v!ENT
HAZ!R4 VICTORIA.
Nous 1áenonsde recevoir de la port d '()finga / 'heureuse nourelle de l 'ochut de la lja::irat '11/-Q11cls.
En d'autres term es. en l"espace_de quarante-cinq jours apres avoir
quitte la presence du Gardien, M. Olinga fut guide pour achever un des
ctesirs constants du bien-aime et apporter de la Joie a son cceur.
J'ai mentionne plus haut qu'Olinga avait une expression de visage tres
belle et tres sereine, rnais en fa.it la sCrCnitCentourait son €:tretout entier; elle
semblait Crnaner de son for intCrieur et nous atteignait tous. _II Ctait une source
d'apaisement dans toute situation tendue. En 1963. a Landres 3. !'occasion
du Congres rnondiaLje me trouvais par hasard a la reception de l'h6tel avec
Olinga et beaucoup dáamis. Une jeune femme bahaáre ougandaise vint vers
nous et cornmern;a a lui parler. probablement en langue swahi\ie. La jeune
femme parlait vite. avec fougue. et continua pendant longtemps. Olinga ecoutait avec interet. Ensuite. ii Jui dit quelque chose, sourit puis se mit a rire. La
jeune femme rit aussi et sáen al!a. a rnon avis, toute contente.
Pendant la convention pour 1áetab\issement de \'Ass~mblee spirituelle
nationale des bah3.'fs d' Afrique Centrale-Ouest qui eut lieu a Victoria. au
Cameroun Ouest. en mai 1964. la Main de la Cause John Robarts representait
la Maison universelle de justice. M. Olinga avait demenage du Cameroun
plusieurs mois auparavant. mais le r61e qu"il jouait dans la communaute que
M. Robarts visitait de la part de la Maison universelle de justice creait un lien
entre ces deux Mains. Ceci náetait quáun des nombreux liens entre Jes deux
Mains de la Cause. M. Robarts plus tard me raconta une histoire au sujet de
M. Olinga. Bien que cette histoire ffit racontee pour son caractere surprenant
et humoristique. e!le il!ustre tout aussi bien la sincerite de M. Olinga 1 :
; 1: histoire de la \áisitc de [\,1.Olinga au Temple de \\Ii lmette ttait. d. aprts Nina Robarts
Tinnian fl!!e de M. Robarts. •• l'histoirc prCferCede toutcs ccllcs que son perc m ait
l'habitude de raconter ••. [\•1. Olinga a\'ait pcrsonnel!cment raconte ccttc histoire t't
John Robarts. ll) a\'ait unc grandc affrnitC cntrc lcs deux i'vlainsct ils sc r0sc1'\'aicn1
mutuc!!crncnt des anecdotes quáils sc rucontaicnt dCs quáils sc rcncontr;.1icnt.C(' J"ut
trCs aim able ~'t\,!111L: Rubans ,rU\ oir bien \ oulu me foirL:-partd-::la transcriptiun Lk
l'enregistrement de l'histoin: racontCCpar son pCrc dan:--sa 111ais(1n LlRa\Ydnn. uu
QuCbcc. durant scs dcrni0rcs annCcs. l :n ou dcu:,.;puints qucj'ai ajuutl.'.s....ruprt's mes
SOU\'Ct1irs. sont mis cntrc parcntht'sL:sou enlrc guillemds.
La premiere fois que M. Olinga arriva a Chicago. ii pris immediatement un taxi et demanda quáon le conduislt au Temple bah,i'i a Wilmette
(II po11ait toujours sur Jui la photo du Temple de Wilmette et la montrait a
beaucoup de personnes. mais ii ne l"avait jamais vu). Le chauffeur du taxi.
remarquant que le gentleman qu'il transportait etait un etranger et que la nuit
tombait lui exprima ses doutes quant au fait qu' Olinga pllt voir quoique ce
soil du magnifique Temple. Olinga voulait quand meme y aller. et pendant
tout le trajet le chauffeur du taxi n •eut de cesse de repeter que tout cela etait
bien dommage et qu'Olinga ne pourrait en voir grand chose. D"apres Jes
propres mots de John Robai1s,
"En route pour W'ilmette, le chazttfi!ur d;t ClEnoch. (< vm1s
save:::,c 'est vraiment dommage que vous ne soyez pas venu une
heure plus t6t, vous allez arriver !Cl-basau mauvais moment. Ilfi!ra
nuit, et vous ne pourrez pas voir le Temple. C 'est vrai qu 'ii est !Cl,
el qu 'ii ya le clair de lune, mais vous allez toutjusle l 'apercevoi1;
el ~áane sera pas la meme chose qu 'en plein )our >).
<(Oh.',; dit Enoch,<<ne vous inquie1ezpas. Jejetterai un
coup d'O!il. C"est tout ce queje veux. Je veuxjuste le voil; a/ors
ne vous inquiritez pas - Je le verrai. ;J
Ifs roulr!rent, et Cll 'approche du Temple, le chai1ffeur se
remit Clse lamenter encore une fois. fl dit, « Oh.' Que! dommage
que vous ne puissiez pas avoir une belle vue de ce magn(fique
Temple.' C 'est un endroit s; beau>;.
Enoch•repond;t: << Oh.' au;, je le verra;. Je le rerrai trl!s
bien .' >J. "
Plus Olinga insistait pour continuerjusqu'au Temple. plus le chauffeur du taxi exprimait son regret qu'Olinga ne pourrait rien voir de cette
rnagnifique construction. ainsi Olinga n'avait de cesse de lui repeter de ne
pas s'inquieter.
Finalement quand le taxi arriva au Temple l'endroit etait plonge dans
une obscurite totale. Olinga Sm1itdu taxi et s'avanc;a vers le perron qui menait
a \'entree du Temple. Sur \es marches ii se prosterna et mit son front aterre
en signe de priere. Tout acoup le Temple s'illumina, l"entree principale etait
ouverte. et le guide du temple de service ce soir 18..s'avanc;a vers lui et lui
demanda s'ii voulait visiter le Temple. Olinga. tres reconnaissant. le suivit
a l'interieur. Le guide Jui demanda qui ii etait. O!inga evita de repondre. Le
guide. tout en procedant aux explications pour la visite du Temple, s'enquit
2eme Partie - 98 -
une nouvelle fois de l'identite du visiteur. II insista tellement quáolinga accepta de le lui dire. a condition qu"il gard3t táinformation pour lui. Le guide
acquiesya. et Olinga lui dit qui ii ttait: Enoch Olinga ! Le guide sursauta.
serra Olinga dans ses bras et son it en courant pour a!ler sonner a la residence
du secretaire de l"Assemblee spirituelle nationale des Etat Unis qui se trouvait de l"autre c6te de la rue. afin d"annoncer le nom de 1áauguste visiteur a
Charles Wolcott.
Le chauffeur du taxi dut etre tres surpris. Que s'etait+il done passe
exactement? Le guide venait ctáeteindre toutes les lumieres et se preparait a
quitter Jes lieux. lorsqu'il apen;:ut un taxi qui sáetait arrete: son passager etait
descendu et se dirigeait vers le Temple. •• ('a doit etre quelquáun qui vient
de loin .. _sáetait-il dit interieurement; -- ii faut que _iefasse quelque chose•á-
cáest pourquoi ii rentra de nouveau. remit toutes !es lumieres. et demanda
a Olinga ctáentrer.
John Robarts explique que Enoch venait apeine de rentrer de voyage
ctáAmfaique Centrale et d"Amerique du Sud. un voy~ge de quatre mois.
cáerait alors la fin de son long periple et ii etait tres fatigue. Il avait e~1des
reunions presque tousles soi rs. M. Olinga ifavait pas programme de reunion
a Chicago : etait-ce a cause de sa fatigue ou bien a cause du peu de temps
disponible pour a!ler voir !es amis? Nous ne le savons pas. Mais ce que nous
savons. cáest qu'apres sa visite au Temple. i! fut surpris de constater que les
Wolcotts avaient rassemb!e un grand nombre d'amis au bureau nationaL La
reunion se prolongea jusquáa l'aube. quelques heures avant que M. Olinga
ne prit !'avian pour retourner chez Jui 3 Victoria. au Cameroun. M. Robarts
nota que lorsque M. Olinga lui raconta plus tard cette histoire. ii ajouta que
á• ce fut vraiment la plus belle soireeáá qu"il ait passee de tout son voyage.
Ce n. eta it pas seulement le detachement. la generosite. la sincerite
et la serenite qui distinguaient Enoch Olinga. Les extraits suivants de ses
rapports et _de ses lettres illustrent bien d'autres qualites. Au debut de _iuin
1956. ii insera ce qui suit. dans un rapport al"Assemblee spirituelle nationale
de la part du Comite regional d"enseignement d"Afrique de l"Ouest:
Towe uventure spiritue/le " rriclame zme Vision,
une srro1Jgi1.:. un plun et une mise en place dans !es details. Le
hiu11-uin1t.;(jwdien s 'assurait IOZ(fours de la vh;icmde la Cause ;
!es cnrJJ.1'
uclminislrat(j.Sás 'occupent de la s1ratigie l7leurs nháeaux
1áoriJs : fL,sincliláidm et !es comitl!s uxJcuten! /es plans et le trava;/
di! dJtoil.
II est pourtant essenti<!lq111.:chuque co,77s concern/!
- 99 - 2eme Partie
pur le progrl?s de la Foi rl!zmisse dons zme certaine mes11rr:/nus
ces trois elements. Sans 1áision, lo strurJgie sera limitl!e: suns
strate!gie, les details ne sercmt pus t:,/ficoces ou bien m/Jme 11e
po11rrontpas etre coht!rents li!s I111sun.:c li:s autres.
Dans le rnerne rappo11 sous un paragraphe intitule •• Strategie ••. i I
specifie le besoin deá• considerer tout le temps que nous (le comite) avons
la responsabilite de rnontrer le chernin. d'initier l'activite, de planifier des
programmes, et non pas de perdre le temps du Comite seulernent sur les
problernatiques que l'on « re,oit » au quotidien"
Cornbien est egalement fascinant son expose dans son introduction
intitu!ee •• Planning et Detail''. ol, ii insiste sur le fait que le comite doit
•á maintenir et consolider toutes !es assemblees existantes, ainsi que preparer
les programmes d'approfondissement pour guider !es diffel"entes comrnunautes sur le chemin de !'administration locale. mener Jes fetes et les autres
anniversaires bah8.'is, et Jes reunions 1 á, Mais encore, ii y souligne aussi deux
autres responsabilites importantes : •• appo1ier une attention toute pa11iculiere au progres social et a ses problemes, si possible, organiser des moyens
dáechanges dans le domaine de l'enseignernent entre assemblees et groupes
dans l'interet mutuel de chacun ...".
En juillet de cette meme an nee ! 956. nous lisions dans un commentaire ecrit par Enoch Olinga concernant le retablissernent de la cornmunaute de
l'ile St-Thomas. dont le comite americain ctáenseignement enAfrique pensait
qu'il serait •• difficile a reussir en envoyant un pionnier africain":
á•St-Thomas: Nous avons lu avec w1grand et piew: interet
!es passages de la lettre que le comitJ omf!ricain d'enseignement
vous a envoyie .. concernant la drilicate situation du retablissemenl d'une commwwwe sur f'ile St-Thomas. Nous sommes
persuadris que ces amis ont hien JtCiuidf!s dans leur conviction :
mois nous voudrions trl?sh11111h/emem et avec route prii::re comllli!nler qu 'ii ne serait pas si " impossible d 'envoyer un piom1ier
qfhcain "dans ce territoire ... Au contra ire nous pensons qu 'zm
.1fhcain serait plus appropriri pours 'installer dans ce terhtoire
q11'zmblanc. II est vrai qu 'zme honne connaissance desprincipes
de lo Foi doit erre w1 prl?-requis pour zm rel pionnier bl?ni.
La pluparr des commwwwl!s des territoires cle 1á_~fj-ic111e
( Jccidentale onr cite!ritoblies por des huhc7'is qui ritaienl (LiI 'Jp()-
c111e)trCs immatures et lefCiit est qu 'ifs 011!pufaire entrer clans lo
2eme Partie - 100 -
FrJi des limes telles qu 'el/es se sont levi!es pour repandre le nom
hCnide la grande Fo; de Dieu Cl/'intirieur et ll l 'extirieur de leurs
territoires. Dans la plupart des cos, leurs e.ff(wtspleins de sacrifices
rencontrCrent zm succCs bien mrihri!.Cesphmniers '' immatures ''
0111 gaine pour eux-memes en ricompense la co11firmationde la
Páe,fection Biinie, et leurs esprits omfitit lesfhrteresses de l 'immaturitf!pour entrer dans !es villes de la maturitri et de I 'assurance.
C/71.:situation qui s 'applique aussi Clleurs ''e11fantsspirituels ".
Ils sont partis comme pionniers pour riipondre Cll 'appel cfileste
du bien-aimri Gardien. fl pria pour leurs exploits mriritoires et
pour leurs succes afin qu 'ils "remportent des victoires " dans
Son service. Cela ifs l'ont accompli et sa promesse divine fut
tenue. la prisente situation de l 'ile St-Thomas ne peut-elle pas
etre comparee Clcelle-!CI? ...
La lettre (celle du comitii amiricain d'enseignement
pour l 'Afhque) contient zme phrase tri?s encourageante, source
d'impiralion et de defis:,, Les Afi-icains y vont (Ile St-Thomas)
sous des conditions d'esclavage rigoureux, .. ». Oui; sans cela
comment savourer la douceur d'etre pionnie1: N'a-t-Il pas r<ivete
que « ... !es compagnons de taus ceux qui T'adorent sont !espleurs
qu 'ifs versent; !es consolateurs de ceux qui Te cherchent son!
leurs gimissements, et la nourriture de ceux qui se hcitent vers
Ta rencontre est faite des lam beaux de leur camr brisf!.. laissemoi m 'abreuver dans Ta Cause, 6 111011Dieu, de tout ce que Tu as
voulu pour moi, et envoie-moi tout ce que Tu as dicr<iti dons ton
amow: ))..
... Etre pionnier ne devient agriiable qu 'accompagne de
d(fficultiis, de tests et d'ipreuves - les-dons de notre Ancienne
Beaut/? divine. En effet, sf taus les pionniers d'Afiáique (au
d 'ailleurs) devaient nous raconter !es conditions dans lesquelles
ils aident le pouvohá de I 'Esprit de Bahd 'u 'l!Cfh,aucune plume
ne pourrait !es prendre en note, ni aucune bouche ne rriuss;rait Cl
!es raconte,: Cependanl, ce n 'est mime pas une goutte comparie
aux ocrJansde tribulations qit 'fl a enduriies par amour pour ces
pauvres criiotures que nous sommes .'..
... Peut-itre, le revere comitidpourta-t-il reconsidirer Celle
question avec discernement. If y u des choses « hnpossibles ;; .
mais moins nous y pensons mieux celo vaudra, alors seuleme111
vr:'1-rons-nous notre petite fbi drip/acer des montagnes. "
- 101 - zeme Partie
Láauteur aimerait faire remarquer au lectelllá que chaque phrase du
commentaire de M. Olinga citee ci-dessus nous donne un apen;u des terribles
experiences que cette 8.rne benie avait endurees et qu'il endurait encore. On
comprend cornbien ii ressentait chaque mot qu"il ecrivait.
Ace moment la - 1956 et 1957 - M. Olinga etait toujours affaire a
plani(ier. cáest-a-dire qu'i\ etab\issait sans cesse des plans pour le developpement de la Foi. il en discutait avec !es autres mernbres du Cornite d'enseignement pour la region. puis ii travaillait dur afin de realiser Jes plans. Dans une
lettre datee du 21 juin I 957 ii ecrivit: •• Si noire plan reussit, cornme nous le
croyons sincerement, la Foi de Dieu prendra un aspect et une forme differente.
plut6t gigantesque dans cette region. Nous visualisons vraiment bien l'ultime
victoire et le triomphe de sa grande Cause. II nous semble avoir des visions
concernant tout ceci et votre aide nous sera d'un grand secours ~'.
M. Olingajoua aussi un grand r6le dans \"execution des plans. Dans
une \ettre datee du 22 mai 1957. ii faisait la revelation suivante : .. Le Gardien máa demande personnellement d'aller au Nigeria! II m'avairdemande
de choisir un ten-itoire et puis de !"en informer. II máenvoya un telegrarnrne
approuvant man depa11 pour le Nigeria. 1áaurai une consultation bient6t avec
l'A.S.N plus en detail•á.
Ces lettres etaient signees "Abuál-Futllh Olinga'".
Avant que Shoghi Effendi ne lui ait attribue ce 110111. le fait qu 'ii etait
leáá Pere des Victoires •• etait une realite qui avait deja commence 3.briller.
La premiere fois quáen Afrique du Nord nous en avians eu un apen;:u. ce fut
atravers \es premiers bulletins envoyes par la Main de la Cause MUsa Ban3nf
.. A tous Jes baha'is d'Afrique .._Le bulletin du I" ao(1t 1954 nous parlait de
Enoch Olinga ainsi que ctáautres pionniers africains herorques :
••L áwuvre des pionniers qfhcains: de taus !es triomphes
Je la Croisade mondiule, peut-Jtre que Jesplus sign(ficat(fs et /es
plus chaleureux on/ it<! /es exploits 1áiritoblement <!tonnantsde
cefle petite bande de bahl7 'is d 'origi11eqfi-icaine qui se son! lerJs
un.'c 1111enthousiasme et zme constunc:e vf!ritablement remarquuhlil rour s 'Jtahlir dans /es rigions ,áierges et Jes rrdgionsClconsolider oussi bien en -1/h'que Orientule. qu 'en .1(,-ique Occidentale .
.~ t áunml garde de ses hiros di.!Bahl! áu '/hlh ii ya Enoch Olinga
I!! Jlux Kenyere::i d 'Ouganclu. qzd son! partis. il _1'a dix mois au
(~u111erounbritcmnll1ue el en .1/iáique £quatoriale jiáam,.:aise, et
oujourd 'hui l1:1ir rapport an nonce Cjll 'fly a 50 c:royants dons J2
rl!gions Cllf Ccm1ff01111 et duns 9 rJgions d '.1/l'ique £.qzwtoriule.
2erne Partie - I 02 -
et q11e!es rilles de Victoria et de Bra::::avWe, cupitales de ces
pc1.1ás,
onr leurs assemblies spháituelles. Encore plus admirable et
n!ritab/e source d'inspiration est la manii!re arec laque/le sept
des croyants -1/iáfcuins, tow, 11om'eaux declares du Cumercnm
b,.;1an11ique,ont rl!pondu imml!diatement et de toll! cwur cl/ 'appel
du hi en-aim/! Gardien denwndant des pionniers pour !es regions
vierges d 'Afhque Occidentale cnácmtla fin de lo pre1111áere annee
de la Croisade. Les cinq bahll 'is qui on! p11entrer dons le champ
du service en tam que pionniers sont Samuel Niiki du Cameroun
_f,-ani;ais;David Tanyi du Togofiáa111;:ais;Benechct Eba/la du Protectorat d~4shanti: J\ilartinJ'vlangadu Protectorat des Territoires
du Nord; Ed11áardTobe du Togo britannique. Grcice aux visites
d 'enseignement au Togo britannique, Albert B11apiah,secret a ire
de l 'assemblr.!espiritue!le nouvellementfhrmr.!e ClTopremang, dont
/es membres sont taus Afiáicains, a reussi Clco11firmerJans la Foi
deux nouveaux croyants ..
Le bulletin de septembre 1954 intitule ••A tous Jes balu\"is en Afrique ,.
comprenait la declaration suivante, extraite d'une lettre de M. Olinga :
"Cameroun britannique : Notre bien-ainuifiár!re aJ;áicain,
Enoch Olinga. qui au dribut afClit connaitre notre glorieuse Foi
dans les villages les plus riloignrisd 'Ouganda, nous ricrit de son
paste de pio1111ierCl Victoha. au Cameroun britannic1ue, oi1 en
moins de 11 mois, 59 croyants, qui reprrisentent 15 tribus d{[fl!-
rentes, ant acceptri la Foi clans plusieurs parties du pays
« Ce mois-ci est rempli de rr.!citset de nouvelles
qui enrichiront l 'histoire de cette Foi envoyJe par Diel!.
Aitfourd 'hui, moi, le plus indigne des indignes de Ses
serviteurs, le misiirable, I 'insouciant, 1111mort dans Son
Royawne, moi, O/inga, avec un tel risoge enveloppri clans
!es voiles de l 'ignoronce. prisonnier clans la forteresse
demon moi, j áa; f!ti honore par notre Seigneur et le Seigneur du Royaume, en contribuunt par ma petite part Cl
la construction de Son Royawne swá terre. Par ceux qui
son! sincr!res, quels 01/lres signes de So grcice peut-011
chercher? Est-ce queje suis en !ruin de rl!,áer? Suis-je
pass/! Juns le monde spirituel. 011 suis-je rruimem le
O/ingu qui mare/wit duns /es rues de KwnJJCt!a/
- I 03 - 2eme Partie
.Hes muins son! pleines, et j 'en ai le SOl!fJ1e
coupd .' Ce pays. le Cameroun britannique. a w1 grand
destin spirituel. Sans orgent, sans asse::d'argent. on porte
Son nomjusq11e clans des centres riloignf?s.Certaineme/11.
II fail, ce qu 'II reut .' Un des fervents bahCT'is de Bota.
encorejunior duns son pricrident paste, a dtripromu Clzme
fonction plus (!levee et transfere it M'bonge, l/11 enclroit
tres important pres de Lobe, distant de 100 miles enl'iron.
ainsi la Fo(fut ritablie dans cette v;/le. J'avais-midft,i,
meme prid, pour que Bahd 'u 'lldh nous aide Clavoir zm
croyam !Cl-bas,et pendant 111011premier voyage ClLobe
j 'avaispassii beaucoup de temps avec un des habitants de
cette ville mais sans grand succes. Mais fl savait ce qu 'fl
/al/ail faire I II a place un pionnier la-bas. Saha á11 ?!ah
notre Seignew~ a place un pionnier Clcet endroit. Qu 'fl
soft louii, Lui le Se(r;;neurde taus les Royawnes .1.'. 1
Kumba, un autre lieu tres important, u ete011ver1
C/ la Foi par un pionnie,~ Ce pionnier prl!cidemment
membre et collaborateur de la mission. a renoncd Ctson
poste clans la mission pours 'installer ClKwnbu, et roilc'i
que BahCl'11 '/lCThlui donne un tres hon travm'/ !Cl-bas.
Devrais-je vous en dire plus ? Mon pere. devrais-je vous
en dire p/11s ? !/on je sais que vous eres bien i1?fOrmJdu
pouvoir mystcfriew: cache dans cette Cause, <<1111pouvoir
loin, sf loin, inaccessible aux hommes el aux anges >). Ce
pouvoir invisible est rf?ellement la cause de ces activitis
externes. Est-ce que d 'autres en sont consciel1ls ?
Nous avons charge notre Comiti local d 'enseignement d 'organiser et de superviser / 'enseigneme11t
au Camerozm britannique, hors de Victoria et de Bora.
Com me vous le save::, c 'est w1 comite tri?s important. fl
riussira Clcrier de nouveaux cercles, ce qui qjollfera plus
de Joie au co!ur de notre Gardien tanr aimf?. ;)
••AJOUTER PLUS DE JOIE AU COEUR DE NOTRE GARDIEN
TANT AIMEá,. c'etait le plus cher desir de Enoch Olinga meme en ce temps
13..[I n'avait pas encore rencontre le Gardien, mais dans son cceur il possedait
ce pouvoir invisible ctáarnour pour le Gardien.
Dans la circulaire de novembre 1954 á' A tous les bahaá is c1áA frique "
2eme Partie - I 04 -
0-1.Ban3.nf mentionne les activites de deux des quatre enfants spiritue!s
d.O!inga qui ont ouvert a la Foi de nouveaux territoires et par cette occasion
sont devenus les Chevaliers de Bahit'ti" llah. asavoir Benedict Eballa et Maitin
Manga.
Nous lisions egalement dans le meme bul-letin. •• L'Assemb!ee de
Victoria. au Cameroun britannique. a un programme dáexpansion du travail
de la Foi qui comprend \es villages dans tout le Cameroun ... Victoria. cáest
la ou se trouvait M. Olinga.
Dans le bulletin de decembre 1954. nous trouvons encore la mention
du Cameroun britannique, et le nom de Enoch Olinga une fois de plus:áá Au
Cameroon britannique, I' Assemblee spirituelle de Victoria. par l'intermediaire
du Comite local d'enseignement. a pris la responsabilite de la croissance et
du developpement de la Foi atravers tout le territoire .... Panni les plus actifs
nous avons John Bessong et nature!lement le pionnier Enoch Olinga ...
Et." depuis sa derniere \ettre en septembre. Enoch Olinga. le pionnier
du Cameroon britannique rapporte qu'il ya 40 nouveaux croyants dans ce
territoire. ce qui nous donne ainsi un total de 99 croyants dans le pays. ,.
Dans le bulletin de janvier I 955 nous lisons qu"un des enfants spirituels de
M. Olinga pionnier au Togo britannique est alle en visite en Cote d'Or pour
faire de l'enseignement bah3.'L
Le bulletin de mai 1955 ne parle pas de M. Olinga. mais sa premiere
page est tellernent emouvante et rnotivante qu'e\\e vaut la peine d'etre incl use
ici tel\e qu'elle avait ete publiCe. Elle relate !'interpretation si lumineuse
de Shoghi Effendi concernant les exploits spectaculaires accomplis par les
pionniers africains.
Amis chi!rement aiml!s,
Alors que le soieil se couche au 21 avril 1955 sur I './4/iáique, soixante-quin::e gro1111esl!ciosent en assemblJes, i1 !ravers
tout ce continent de long un large jusqu 'aux fles avoisinantes.
Ce fait historique n 'a 1m iJ1re rJalisd que gr6ce aux f!.(f'ortsdisinteressis des chers umis et gr6ce aux binridictions du Tri!s
Haut qui convergent vers eux par f 'intermidiaire du Centre c.le
! 'Alliance de Dieu. L1.:hien-aimJ Gare.hen a eretrCs suti~fait par
tous ces exploits el if a c/¢jclexprimri sa joie et son exaltation
clans l!/7 message udditio1111elaux conventions, uinsi que duns
1111message spJcialemeJ7! dJdiJ C,I ~~fi-ique qui a d1jit e,e COll/-
1111111iqueaux amis clans 11111.;le!tre c111e
nous uvons prdcric/e111111e11t
fail circ11le1:Une fbis encore' j 'inc/us ce dernier messa::z,edons
- I 05 - 2eme Partie
"A/ors que nous e.Yctminonsli 110111áea11 les exploits pro-
J0ndJmenr estimes des wnis en -~fique durallf I 'onnee passr!e,
nous notons que clans cert a ins territoires com111e{ 'O1wundu le
Kemáa. l(:""°Bu.rntolund. le Cameroun hritcmnic111e.et fa GambieL
notre Foi a eu le plus grand attruit, fa plus prompte rc!:ponseet le
plus grand nombre de victoires. Par consdquent,j 'ai demand(?aux
membres auxiliaires concern€s de m 'em'oyer feurs commentaires
au sujet desjl1cteurs qui ont ere fa cause de tels df?veloppements,
afm de pouvoirfClire b(?nf?jicier/es zms des expl?riences des autres.
Je vais vous citer dans cetre lettre q11efquescommentaires qu 'avait
fClits Jlafirie Wilson au s11jetdu Cameroun britannique :
« BahCI'u 'fhih a bl?nicette re?gionavec { 'arril'f?e
du pionnier Enoch O/inga. C áestparce qu 'if d€?gageconstamment de I 'amour el de I 'amitif:?qu 'ii gagna tri!s vite
la co,?fiance et le respect de tout le monde. Ifs 'en remet
entiilrement ii BahCI'u 'lfdh .. Sa recompense est de trouver
d'autres canaux purs comme fui. et gr6ce C1la conftnnalion divine ii co,?firme d'autres 6mes qui deviennent trf:s
vile de so/ides pilfers de fa Foi dans /eur rf:?gion.
Enoch avail vu la Cause en action en Ouganda
avant de pdrtir pour le Cameroun britannique. Des
pionniers tri?s qualffif!s Jui avaient enseigne la Foi ii
avail servi dans des comitis cJuiritablissaienf des plans
defC1r;:011.1,yst€matiq11t:
pour rf!panclre /es enseignements
cfe la Foi Cl /ravers I 'Ougando. II d(!Fefoppo une grande
comprf:?hension des institutions divines et du n5le que
chacune joue pour promouvoir la Cause. /'-Jonseu/ement
ii enseir;:na/es CTO\'alllsmais ii in.wira en eux le disir de
voufoir devenir eux-memes pionniers ..
Un autre facte11r important est cJU'ii semble y
avoir un lien efroit arec / 'Assemb/Je spiritue//e nationafe
et le Comitl? national d'enseignemem concern!?, qui
donnellf C1I 'Assemblf!e spirituelle locale et au Com it(!
d'enseignement local la c:01?fianceer fa vision don! ifs
ant be.soin pour ce rravail d 'exponsion. Les membres de
ce comite se vo11entaux responsabifitrJs clu comite. Ce
n 'est pos un com it€ qui n 'en porte que le 110111, mais bien
Mt)ts soulignes dans la circulaire originalc
2erne Partie - 106 -
ces pores, en /111mhlerl!merciemen! it I 'omour de noire 0urdien
cherement aimJ:
u SE REJOUIT GRANDEMEVT ADMIRE
PROFONDEMENT RECONN.4ISSANT MAGNIFI-
QUES EXPLOITS VALEUREUXAMIS PIONNIERS
ENSEIGNANTS ADlv!INISTRATEURS DE COU-
LEUIIS ET BLANCS QUATRES REGIONS CONTI-
NENT AFRIC-UN AFFECTUEUSES FERVENTES
PRIERES LES ENTOURENT
SHOGHI"
Notre gratitude est sans borne. Notrejoie est indicible.
Nos humbles efforts ant /!ti acceptri.saux yeux du Signe bien-aimci
de Dieu sur terre.
Un rri.cent message qui m 'a ereadressri de la part des
vri.nri.rri.es
Mains de la Cause en Terre sainte comprenait ces belles
pensri.es que voici:
« Nous sommes persuades que vous rrialise:;Men
combien le travail en Afhque a rcijo11ile ca:ur du bienaimt! Gardien. en particulier l'extraordinaire progri!s
en Ouganda .... II opparair mah1fenan! qu á101efo11dothm
solide a ere posee par la fonnation de tant de noznáelles
assemblies cl !ravers le continent, pour I 'l!lection de
trois nouveaux corps regionaux en 1956 et la nouvelle
assemb/(;!e qui auparavant ne comprenait que 1á.Es.,rypte
et le Sol{(../an.fl semble que, avec ces bases robustes, des
assemblies r(;!gfonalesrtiellement etfermement cmcrl!es
pvurront Jtre t.iluespour poursidvre le travail de la Cause
dans w1 proche avenir .. .
... Le Gardien voudrait que clans vos messages
ai1xpionniers, en particulier aux pionniers afhcains qui
on/ quittt.i leurs domiciles et leursfGmilles et qui ontfllit
preuve d'un courage sf exemplaire, vous !es assuric de
ce q11 'il estfier de leurs exploits, de leurs victoires, et audessus de tout, de leur courage. II espi:re que partout da11s
le monde, !es croyants suivront le magn(fique exeniple
qu 'ifs ont c/011111! en -1/hque, et en purticuher que /es bolui 'is noirs amJricains en seront impirl!s pour menl!r leur
- I 07 - 2eme Partie
travail d 'enseignement beaucoup plus activement. ))
Aux pionniers qui (1:11vrent si vaillamment en Afhque er
dans !es fies avoisinantes,je voudrais leur adresser ces mots: le
hien-aimi Gardien, chers amis, est content de vous. fl a dit qu 'ii
est« fier » de vous taus. I! a did are qu 'ii« admire grandement »
et qu 'ii est« projOndfiment reconnaissant » du travail que vous
ave::accompli et que vous etes en train d'accomplir. II a low} vos
efforts, et par-dessus tout, votre « esprit de pionniers ». I! vous
a donne en exemple pour tout le monde bahd 'i. Rejouissez-vous
done pour cette benediction incomparable. Que ces fragrances
spirituelles si apaisantes galvanisent vos i?tresinterieurs, de sorte
qu 'el/es vousfassent oublier ce monde de poussii?.reet ses soucis
insignifiants, et vous pennettent d'escalader !es hauteurs encore
plus iilevies du courage, de la divot ion et du sacrifice.
En ce qid vous concerne, chers pionniers africains qui
vous &!eslewis et qui etes devenus !es porteurs du fiambeau de
la lumii?.rede Dieu sur ce continent en ces )ours, je souhaite
attirer particuli€rement votre ultention sur !es commentaires
tri?.sspiiciaux du bien-aimi a votre sujet. Notre cher Gardien est
extremement content de vous et de vos services. II a hautement
vunt<!votre « esprit exemplaire ». Vous €tes devenus zme vraie
source d'envie chez !es pionniers non-africains itablis en Afrique. Vous qui avez quittci vos domiciles et vosfamilles par amour
pour Bah6 'u 'lldh, soye.: assures que votre sacrifice est accept€
par notre Gardien chi:rement aimi. JI veut que !es bahd 'is noirs
amdricains suivent maintenant votre exemple. Lafoi de Dieu esr
arriv<!eici chez vous, en Afhque, apri?.squ 'elle !es a atteints en
Amririque, mais notre bien-aime Gardien leur demande maintenant des 'inspirer de l'exemple que vous avez donnri. "
Sans aucun doute les nombreux sacrifices de Enoch Olinga contribuerent a ce rang spirituel tleve que \es pionniers africains ont atteint pour
!'extreme satisfaction de notre bien-aime Gardien, comrne ii a ete exprime
dans le comrnentaire de la Main de la Cause Mi'.1saBanani '
Dans le bulletin d'aoC1t1955 nous lisons !es extraits d'un rapport du
rnembre auxi\iaire Valerie Wilson et des extraits d'une lettre de M. Olinga 3.
la Main de la Cause Mi1sa Banani :
2eme Partie - I 08 -
un comiti en action ...
Aucune statistique ni auctm rapport ne pourront
Jama is vraiment revri!er ce que j 'ai vu et ce que j 'ai semi
manffi!stti en ces croyants. c 'itait un authentigue amour
pour le Gardien ... Avec cet amour et des prii!res, ifs sont
prets Clmontrer une obdissance immidiate, e...Y.acte et totale
a la Cause de Baha '" '//ah. ,, "
J'ai egalement demande aEnoch Olinga, lui-m@me,de m'envoyer
ses comrnentaires. II rn 'envoya une lettre tres touchante que je regrette
infiniment de ne pouvoir inclure ici en enticr pour vous a cause du
manque de place, mais en voici quelqucs cxtraits :
"Le progri!s de la Foi de Dieu au Cameroun britannique peut etre compare Clunfeu dans la brousse dessiichie ... La
Parole s 'apparente au .fCu et la population du Cameroun. G la
brousse a ride ...
... l' Alliance est le mvsti?re. !I ne convient pas d'enseigner la Foi de Dieu sctns plcmter dans le sol divin des cceurs des
nouveaux cro_vantsla graine de/ 'arbre cf 'amour pour I 'Alliance,
c 'est-CJ-dire/'amour absolu pour le bien-aimci Gardien, la sownission (1 sa vo!onte, I 'acceptation de so position et la comprehension
de c:e que sans Jui la Foi de Dieu n 'aurait pu demeure,~ ni ne
pourra jamais demeurer pa,faite - ii vcwdrait mieux ne Jama is
mentionner le plus grand Nam en ces lieux.' Vous enjugerez par
!es o.ffiáesde depart com me pionniers, Jes signes d'empressement
et cl 'irnpatience pour enseigne,: que ces C!me.stendres ont rnontris,
sans lesquelles la Foi de Dieu n 'aura it pu ni interpeller /es cceurs
des hommes. ni /es gagner Clsa cause et Clson pouvoh~ Car ii est
\rai. et absolument vrai, que la Foi s 'esr r<?panduegrdce ir la
cooperation et D la devotion diisintiiressCe des amis Camerounais
eux-mtmes, Cjlli par leur c:011sta11ce et leur propre abnrigation ont
revendique la BeautrJAncienne comme la few: lo Pe,fection Benie
a prom is [I ceux qui cherchent sinceremel1f Son visage et qui son!
impatients de le servir: toutes !es brinridictionsqu '//fera pleuvoir
gf!nCreusement sur eux. C áest ce qu á11u prom is .1
.-Vat11relle111e11t
ii _r o beuucoUJJdefac/eurs qui 011! conlrihuri er qui continueronr cl contrihuer cl I 'expcmsion de lo Foi
de Dieu, el c:1ce que sesfondotions soient ri1ahliesdefuc,:011per-
109 - 2erne Partie
111c111ente au Cameroun hritannique. Beaucoup de ces flrcrcurs
pourtant et meme la plupart d'entre eux, son/ cachrisir nos pauvrcs
yeu.r .' LafC1r;ond'ahorder !es gens, la capacitri Gsefaire des amis
et i1 !cs garder en font partie.
Un heureux pE!!erino rappor/r} qu '1111)our le bien-oimr!
Gardien avoit dit: <<L áepreuve de/ 'enseignemen/ c 'est la rfoctinn
des Afiáicoins envers nous. Si lo reaction est honne, not re mt?thodf'
est bonne. S 'ifs ne rt?pondentpas, not re mithode est mauroise ); .
fl qjouta encore : « Nous devons nous conc:entrer sur / 'i/i:menl
qui constitue la mqjoritri dans chaque pays. Nous voulons c/1/f!
/es peuples puissent tl:?rnoignerque la Foi a touchi /es CC1!urs du
groupe qui constitue la majorit€ ». En d'autres termes, áen Tunisie,
c 'est oux autochtones que / 'on doil enseigner la Foi de Dieu :
en C6te d'Or c 'est aux nat(f.sáde la CNe d'Or: au Liberia, /es
Libl!riens : au Cameroun, /es nat[fSácamerounais. Ceci pourrait
etre lln autre mystere du succes,
Finalement, ii est mentionni dans /es Livres sacris que
Dieu induira chez /'homme auxjours de lafin une grande so(f. et
cela ne sera pas une soif pour/ 'eau, mais pour la parole de Dieu.
N'est-ce pas vrai en ce qui concerne !es hommes d'aujourd'hui?
Cesjours ne sont-ils pas !es)ours de la.fin ? Ce que nous devons
faire c 'est o.ffh"rlibrement (Ices asso{/f'esI 'eau de la connaissance
de Dieu pour assouvir la soffde ce (I quoi ifs aspirent et qu 'fls se
languissent de rencontrer: Dieu dans Son Jour Prom is. "
Dans le journal d'avril I 956 a taus \es baha'is d' Afrique nous lisons:
"Niaeria: .... Les deux valeureux pionniers camerounais,
Joseph Enongene, et John Bes.song, se sont actue/lement inst al/is
au Sapele, oi, notre Foi bien-aimie se ripand rapidement, et dons
le plus recent rapport ii est mentionne qu 'iiya maintenant JG-has
11(;:l//"croyants,
prf?ts Clfbrmer une nouvelle assemhlie ..
Cameroun britannic,ue: Le travail de / 'enseignement se
deve/oppe continuellement ici. On rapporte qu 'ii J' a seize nou~
veiles dric/arations. P!usleurs croyants se son! proposes de par1ir
comme pionniers.
Ce quc M. Olinga a contribue en efforts pour obtenir le resultat cidessus. n'ajamais ete connu et ne le serajamais par nos esprits mortels. Les
2erne Partie - 110 -
activites de la Foi que !'on a citees ci-dessus se situaient dans rinterv~lle de
temps qui precedait sa nomination en tant que Main de la Cause ainsi que sa
visite au mausoiee sacre et au bien-aime Gardien. ce qui, selon la lettre de
M. Leroy loas du 17 fevrier 1957 et la circulaire de M. Banani du 28 mars
I 957. fut le couronnement de cette periode de sa vie.
Les extra its que je vais citer ici. ont ete tires des lettres de M. Olinga
apres cet evenernent. ll les a ecrites en sa qualite de Main de la Cause de Dieu.
faisant preuve. ctáune nouvelle confiance et d' une plus grande consecration a
la Foi et a l"humanite.
Dans une lettre datee du 17 fevrier 1959 envoyee au secretaire de
l"Assemblee spirituelle nationale d"Afrique du Nord-Ouest ii ecrit: •• Je
pense que le moment viendra o,, l"A.S.N reprendra la question des ecoles au
Cameroun. II ya un bes_oingrandissant d"ecoles elementaires pour enfants.
pa11iculierement dans des endroits comme Mamfe oll vous avez un si grand
nombre de croyants. Nous devons essayer d'aider ces a.mes aussi bien spir1tuel!ement que materie!lement. Le besoin pour de simples ijazfras ne peut
pas etre surestime ... II signa cette lettre simplement pará• Dans Son amour.
Enoch.áá
Une lettre datee d"un jour plus 161adressee a I•Assemblee spiri1uelle
nationale :
Chers amis bahcl 'is,
.le viensjuste de rentrer d'une tournrie de taus !es centres
lwhll 'is du Sud du Cameroun, etje vous serais tres reconnaissant
de hien vouloir accepter !es chaleureuses salutations et tout
/ 'umour de ces tres chers amis que j 'oi rencontris pendant ma
visite.
La mcmiere avec laquelle la Foi de Dieu est en train
de se propager dans ces parties du monde est merveilleuse et
remurc1uuble,grdce ClSon assislcmcr:cHvine,Sa corifirmation et
So direoiun .'
Six centres loca11xsont en construction rien que dans le
district de Jfan!f"e.Si I 'A.S.l\Tpuuvait envisager d 'aider ces amis
financic!remenl dans leurs pro_iets de construction, quoique ce
!IL' soil JWS un des huts du Plan de dix ans. je suis sllr que ce/u
rehc111ss1.:-rctitle prestige di: la Fui et aide(uit /es amis duns leurs
ef/i;rts pour l 'enseignement. Pe_ut-<!tre pourrie:z:-vousconsiderer
cerre c111estiu11 a,.•ecplus cl 'attention :J
- III - 2eme Partie
Actuellement ce territoire compre plus de 1.200 croyants,
dont !es rrois-quarts sont concentrds dons le district de }vJan?f'e.
Par endroits, !es missions chrelicnnes son! en train defermer car
/es hahitanrs y om acceptfl la suprCmc ,Han{.l'estationde Dieu.
Les amis on! hesoin d'un intrJri!tporticulier et d'zme coopJration
etroite de la part de I 'A.SN en Celle e,ope de dt.iveloppemenl de
la Cause de Dieu dans ce pays.
Lars de ma visite,j 'ai demand€ aux amis de penser Clla
Foi en termes d'imphcation sur un plan mondial plut6t que local.
Certains amis, des amis trf!s chers, se son! offerts pour partir
com me pionniers dans des endroits com me la Guinie espagnole
et St-Thomas ..
J 'ai / 'intention d'entreprendre une tourntie au Ghana et
au Liberia ; s 'ii ya quelque chose que je p11issefC1irepour vous
/ors de ce voyage, faites-Ie moi savoil:
En ottendcmt, veuillez accepter mes salutations et toute
man af/Cction pour vous taus.
Bien Clvous, au sen;ice du bien-aimt? Gare.lien,
(Signe) E. 0/inga
pour /es MAINS DE LA CAUSE EN AFR/QUE.
Le sujet concernant !es missions chrE:tiennes au Cameroun etait a
ce moment-Ia une question tres serieuse. Ces dernieres tenaient des ecoles.
Quand les families qu'ellcs servaicnt, sont devenucs bah8.'ies, !es missions
ont fenne leurs ecoles, laissant les famillcs privCcs de ce besoin vital. Notre
Assemblee rCgionale dut agir vite et avec cfficacitt, mais elle n'avait ni lcs
moyens rnatCriels ni les ressources humaincs. Encore unc fois voil8. notrc
tres cher Olinga scul face a un tres lourd dCfi. II surmonta !cs Cpreuves, et
bien que !es missions quittCrent les lieux, les bah:i •is restercnt fermes, et la
Foi prospera.
Pour Enoch Olinga Main de la Cause de Dieu, taus les prob\emes de
I' Assemblee spirituel le nationale de I' A frique Nord-Ouest, etaient aussi les
siens. Mais ces problCrnes náetaient qu\me partie de ses soucis. II partagep.it
la charge de travail de toute l'Afrique avec !es trois autres Mains-M. Ml1s8.
Banini, M. \Villiam Sears. et l'v1.John Robarts. 11devait aussi s'investir sur la
scene internationale de la Foi. Lentement nrnis sllrernent il sevra !es comrnunautes autour de Jui qui devinrent des assernblees et des groupes autonomes,
puis il prit :-on cmáo! pour accomplir sa t3.chc autour du mondc, II Ctait avcc
- I 12 -
nous sur ten-e en Afrique du N ord-Ouest mais planait dans le nouvel espace
du service international.
Les evenements decrits dans I'histoire que je viens de relater indiquent qu'en fait l'esprit d'Ohnga s'etait deja envole vers d'autres espaces
depuis quelques temps. Son bond jusqu'a ce nouveau niveau spirituel me
fait penser ace que noire bien-airrtse Ruhfyyih Khanum expliquait dans" La
Perle Inestimable ":
"JI y a un grand mystere dans Jes niveaux de service.
Shoghi Effendi conseillait toujours aux amis la moderation et la
sagesse. Mais s 'ils ne le suivaient pas et choisissaient de monter
au sommet de l'hriroiSme et du sacrifice, ii itait immensiment
fier d'eux. Apr€!stout ii n 'est ni sage ni modiri d'etre martyrisi.
Et pourtant, notre couronne de gloire, en tant que religion, fut
constituie par le rnartyre de notre premier prophete ainsi que des
vingt mi/le personnes qui suivirent son e.xemple. J'ai essayi de
comprendre ce mysti!re: d'un cote la modiration, de l'autre /es
paroles de Bahd 'u 'lltih: « ...A/ors €!erisavec cette encre cramoisie qui a iti rEipanduesur .man sentier'. Ce/a est plus doux que
tout, en vEiriti... ». II me semble que !'avian en est la meilleure
illustration : Q terre, roulant sur ses roues, il est Clla dimension
du sol, avanfáant si1rement sur une surface plane terrestre. Mais
quand ii prend son envo!, s '€!/evedans !es airs, rentre ses roues
et progresse Cldes vitesses vertigineuses, il plane dans l 'Ei/Eiment
cEil.esteet !es valeurs y sont diffirentes. Quand nous sommes sur
terre, nous suivons de bans conseils bien terre Clterre, mais si nous
choisissons de quitter le sol et de monter vers !es royawnes plus
ileves du service et du sacrifice, nous ne suivons plus ce genre
de conseils, nous gagnons un royaume immortel et devenons !es
hEirosde la cause de Dieu'. "
Enoch Olinga a atteint le "royaume celeste "tres vite apres qu'il embrassa la Foi de Baha'u'llih. Aujourd'hui, presque trente ans se sont ecoules
depuis notre derniere rencontre au congres mondial de I 963, etje me souviens
encore de chaque instant ollj'ai eu le privilege d'etre en sa compagnie. Ulfet
et moi ne l'avons jamais oublie, et si cela nous arrive pour quelques temps,
notre Olinga a nous, celui qui est age a present de trente-cinq ans, marie a
1'á La Perle Inestimable" p. 155 (London: Baha'i Publishing Trust_ 1969)
- 113 - 2eme Partie
une jolie anglaise bah8.áre et pere de trois enfants_ ne manque jamais de nous
rappel er au souvenir du vrai Olinga_ qui quitta ce rnonde mais ne quittajamais
]es cceurs de ceux qui l'ont connu.
Pour ses enfants et ses petits-en fan ts. pour ses parents. pour les peuples d'Afrique et pour sa grande famille spirituelle - les baha'is du monde
entier - votre serviteur fait part de son amour et de son espoir que de nombreuses a.mes suivront ses pas dans le service de cette puissante Cause de
Dieu.
2eme Partie - 114 -
36 - 'Akk6, Israel, 1961,
Jldi!JS de lo ( 'uuse de Diel!
,Jolin Roborts,
l~"frlf:::11 "fic{hSamondari,
Enoch O!ingu
37 - Les Mains de la Cause de Dieu pour I' Alrique
{,f-i/iiom Sr.:.áurs,.,\It/sLI !Jum!ni. Eni"1ch 0/ingu el John Robdr!s
- I I5 - 2erne Partie
38 - Tunis,Tunisie, Ridvan 1956,
premiere Convention nationale des baha'is d'Afrique du Nord-Quest,
avec A1ainde la Cause de Dieu Mi/s6 Bandni qui tient le plus grand /1/0111,.
De gauche a droile, assis, Leella McKay, Enoch O/inga, Valerie Wilson,
1'1usaBanani, Rafi 'i Rafsanjani, Elsie Austin, Johana A"gompek
,_ rcusr.1
:- /JJil;'RJ-1
.L \f,áIROCCOf\'fL/.0\"f,
~-- \IWEIR.-Jl5L1\IJJ
5- Sf'.-IS!SIJ .1IORO('C(J
r,. C.1 "\"ARl' JSL-1.Y!JS
._ tR.f:'SCIJ ,lfOROCf'O
x .. \l'-1.YTSJ/ s,rU.IR 1
,;. RJODI ORO
111.FRES('lf !l'f'SJ' ..ffA'fl I
fl. G.-1.Hfil-1
1{1
12- CJPE t hRfJ[ JSIA'-'JJ,',
! .1- f'ORT!"Cl F.SE Cl l\l' I
" f.1-SIERRA LEl.n/;
15- l.llffRU
/6- GOlll CD:JS7 COJ,O\T
1 -.. .•!SHA.\ 71 PRUl'J:CTU!U
/t,,'. SORT/Ill?..:\ tERRITORJ
19- JJR!TJSH TO(iOl_-1.YO
1fl- f'RESOI TOGOJ. l:Yf)
:Zl- .\'J(;l'RJA
IS ~:J- HRJTIS/1 C 1.1ff;'/i'OO \_;á
" lh :J- f'kLXCii Cr,\fl;'ROO,
1-l- Sf!-l \'/SJ/ G'( J.\'E.l'
~
39 • Region d'Afrique du Nord-Quest telle qu'en 1956
sous lajuridiction de l 'Assemblee spirituel/e regiona/e
d'Af,-ique du Nord-ouest
2erne Partie - 116 -
40 - Tunis, Tunisie, avril 1956,
la premiere Assemblee spirituelle nation ale d' Afrique du Nord-Quest
41 - Tunis, Tunisie, vers janvier 1958, Main de la Cause de Dieu
Enoch Olinga, tenant le bebe Olinga,
pr1:mii.::f'e,?tam,hah{l 'f d eire nomml? en son hcmneur
- 117 - 2eme Partie
42 • Tunis, Tunisie, tot en 1960, Main de la Cause de Dieu
Enoch Olinga qui tient I' enfanl Olinga Mustapha
2eme Partie - I 18 -
TABLE DES ILLUSTRATIONS
Troisieme de couverture
Enoch Olinga, Main de la Cause de Dieu, 1957
Photos entre Lespages I 3 et 17
Les quatre premiers baha'is natifs d'Ouganda, I 952
2 Enoch Olinga en tant que jeune baha'i
3 Enoch et Eunice Olinga avec leur bebe Florence, le premier
enfant ne apres qu'ils soient devenus baha'is
4 La premiere Assemblee spirituelle locale des baha'is de Kampala,
1952
5 Les premiers baha'is du Cameroun britannique avec le pionnier Enoch
Olinga, 1954
6 Main de la Cause de Dieu Enoch Olinga parlant au Congres mondial
baha' i, Landres, 1963
7 Main de la Cause de Dieu Olinga parlant au Congres mondial baha'i,
Landres, 1963, avec vue des autres Mains et de !'audience
8 Congres mondial baha'i Londres, 1963: Groupe des baha'is africains.
y compris Main de la Cause de Dieu Enoch Olinga, presentant une
selection de chansons avec des themes baha'is
Entre /es pages 59 et 74
9 'Akka, Israel, 1957, le rassernblernent historigue des Mains de la
Cause de Dieu a Bahjf peu apres le dcces du Gardien
IO 'Akka, Israel, 1961, Mains de la Cause de Dieu aBahjf, Tarazu'llah
Sarnandari, Arnatu'I-Baha Ruhiyyih Khanurn, Abu'I-Qasim Faizi,
Enoch Olinga
11 'Akka, Israel, 1957, Mains de la Cause de Dieu a Bahjf, Hermann
Grossmann, William Sears, Enoch Olinga
12 Allernagne, 1972, Mains de la Cause de Dieu ala conference de Pion,
Enoch Olinga, Abu'l-Qasim Faizi, Dr Adelbert Muhlschlegel
13 Haifa, Israel, 1973, !es Mains de la Cause de Dieu Enoch Olinga et
Dr Ramatu'llah Muhajir au tombeau du Bab
14 Merida, Mexique, 3 fevrier 1977, Mains de la Cause de Dien Paul
Haney et Enoch Olinga invitant le Gouverneur a la conference de
Merida
15 Kampala, Ouganda, Ridvan 1969, Main de la Cause de Dieu Enoch
Olinga avec I'Assembl6e spirituellenationaled'Ougandaet d'Afrique
Centrale
16 Zambie, 1967, Main de la Cause de Dieu Enoch Olinga avec l'Assernblee spirituelle nationale des bahi'is de la Zambie
17 Freetown, Sierra Leone, 19-20 avril 1975, Premiere convention
nationalc des baha'fs de Sierra Leone, avec la Main de la Cause de
Dieu Enoch Olinga
18 Singapour, 1-3 janvier 1971, conference de l'Oeeanie, Main de la
Cause de Dien avee un croyant rnalais aveugle, Luke Lee qui s'est
propose comrne p10nmer
19 Singapour, 1-3 janvier 1971, conference de l'Oceanie, Main de la
Cause de Dieu Enoch Olinga saluant Mme George Lee, membre
de I' Assemblee spirituelle nationale de Malaisie et un des premiers
croyants de Singapour
20 Tejeda, Departement de Cochabamba, Bolivie, juin 1970, Main de
la Cause de Dieu Enoch Olinga avec Jes baha'is indiens de la communaute de Tejeria
21 Nashville. Tennessee, Etats-Unis. octobre 1970. Main de la Cause
de Dieu Enoch Olinga avec des amis baha'is
22 Bangui, Republique centrafricaine, novembre 1974, Main de la Cause
de Dieu Enoch Olinga a la fete de dix-neuf jours
23 Iles Salomon, decembre 1970, Main de la Cause de Dieu Enoch
Olinga tenant un bebe
24 Shiraoi. Hokkaido, Japon, decembre 1970, Main de la Cause de Dieu
Enoch Olinga tenant un enfant baha'i japonais
25 lndonesie, 1971, Main de la Cause de Dieu Enoch Olinga avec des
enfants baha'is
26 Bogota, Colornbie, juillet 1970, Main de la Cause de Dieu Enoch
Olinga avec des enfants baha'is
27 Turangawaewae, Nouvelle Zelande. 18 octobre 1958, la Main de la
Cause de Dieu Enoch Olinga prenant la parole devant ,Ie rassemblement Maori
28 Saskatchewan, Canada, 1970, Main de la Cause de Dieu Enoch Olinga
coiffe traditionnellernent avec des bah,fis indiens qui pa11icipentau
projet d'enseignement
29 Le village Badjiran, en Gambie,juin 1976. baha'is locaux devant le
nouveau centre avec la Main de la Cause de Dieu Enoch Olinga
• V
30 Hokkaido, Japan, decembre 1970, amis baha'is au centre a Shiraoi
avec la Main de la Cause de Dieu Enoch Olinga
31 Fiji, 1971, arnis baha'is de Fiji avec la Main de la Cause de Dieu
Enoch Olinga
32 Singapour. janvier 1971, Main de la Cause de Dieu Enoch Olinga a
la conference oceanique
33 Stavanger. Norvege, 1972. amis baha'is avec Main de la Cause de
Dieu Enoch Olinga et Mme Elizabeth Olinga
34 Bahia. Salvador, janvier 1977, Main de Ia Cause de Dieu Enoch
Olinga et sa femme Elizabeth a Ia ]:lazfrat'ul-Quds
35 Kampala, Ouganda. septembre 1979, famille Olinga et amis, derniere
photographie prise de la Main de Ia Cause de Dieu Enoch Olinga
avant son meu11re(deux semaines plus tard)
Entre /es pages II 5 et 118
36 'Akka, Israel, 1961, Mains de Ia Cause de Dieu John Roba11s,
Tarazu'llah Samandarf, Enoch Olinga
37 Les Mains de Ia Cause de Dieu pour l'Afrique William Sears, Musa
Barninf, Enoch Olinga et John Robarts
38 Tunis, Tunisie, Ri1van 1956, premiere Convention nationale des
baha'fs d'Afrique du Nord-Ouest, avec Main de Ia Cause de Dieu
Musa Banani
39 Region d 'Afrique du Nord-Ouest telle qu'en 1956, sous Iajuridiction
de l'Assemblee spirituelle regionale d'Afrique du Nord-Ouest
40 Tunis. Tunisie, avril 1956, Ia premiereAssemblee spirituelle nationale
d'Afrique du Nord-Ouest
41 Tunis. Tunisie, vers janvier 1958, Main de Ia Cause de Dieu Enoch
Olinga, tenant le bebe Olinga, premier enfant baha'f a etre nomme
apres Iui
42 Tunis, Tunisie, tot en 1960, Main de Ia Cause de Dieu Enoch Olinga
qui tient I'enfant Olinga Mustapha
Main de la Cause de Dieu,
ENOCH
OLIN GA
MAIN DE LA CAUSE DE DIEU
Article commemoratif de
Ruhiyyih Rabbani *
suivi des
Souvenirs de
Rowshan Mustapha
* avec un avanJ propos de
'Ali Nak!)javani
Maison d'Edilions Fada'il
8000 Niamey CTN B.P. 12858 NIGER
TEL: (00227) 73-49-26
FAX: (00227) 74-27-79
Email: mefC4áintnet.ne ou medfocJa~t,commail.com
Edition 2006
© Ru(liyyih Rabbaili pour
á' Enoch Olinga. Hand of the Cause of God"
© Rowshan Mustapha pour
á' Enoch Olinga, Reminiscences of moments with him•á
Mise en page interieure et couve11ure.revision: Marc Avanzo
Depot legal : I" trirnestre 2006
6111011Seigneur!6111011 Seigneur'
Voici une lampe embrasee par le feu
de ton amour par la flamme al/umee
dans l 'arbre de ta misericorde. 6 man
Seignew'. accrois son rayonnement, sa
cha/eur et saffamme par lefeu qui bride
au Sinai' de ta Manifestation.
En verite, Tu es le ConfirmateW'.
le Soutient, le Puissant. le Genereux. le
Dieu d 'amow'.
'Abdu 'l-Baha
Table des matieres
INTRODUCTION 9
PHOTOGRAPHIES 13
PREMIEREPARTIE 19
AVANT PROPOS 21
ARTICLE DE RUljiYYIH RABBANi 27
PHOTOGRAPHIES 59
DEUXIEME PARTIE 77
PREFACE 79
MEMOIRES DE RoWSHAN MUSTAPHA 83
PHOTOGRAPHIES 115
TABLEDes ILLUSTRATIONS 121
INTRODUCTION
••De routes !es rerres du monde 01', la.fOi hahl1 'ie
rit et se dcháe/oppe, c 'est sans aucun doute / ',1fiáiq11edon!
le Gardien est le plus satisjCiit, etc 'est I 'Ougunda don!
ii est le p/11sfie,~ Se/on fui, / 'etot d'esprit dont ontfait
preuve /es pionniers de ce continent,. aussi bien h/ancs
que noirs, reprri:/enfe 1/11 viritab/e d1fi-pour /es bahii 'fs
du monde entier: Ainsi /es commwwllft?s anciennes et
bien etab/ies pourraient lout aussi au/ant en firer des
lerons, et suivre / 'exemple des croyants d'Afiáique, dont
la plupart ant embrassf! la Cause de Dieu ii .1áa Clpeine
plus d'un an .1 " 1
Au cceur de ce grand succi:s dans I' enseignement
auquel se refere Shoghi Effendi dans cette memorable
declaration, se trouve l'histoire (panni tant d'autres) que
Amatu'I-Baha Ruhiyyih Khimurn nous raconte dans Jes pages
qui suivent. C' est I'histoire d'un grand enseignant de la foi
baha 'ie, un enseignant qui etait une Main de la Cause de Dieu,
un Chevalier de Baha 'u 'llah, et tm des" principaux intendants
de la communaute embryonnaire de Baha'u'llah "; mais ii
etait aussi celui que Shoghi Effendi nomrna, d \me fa9011
Lettre dater du 4 juin 195...J.
ecrite de la part de Shoghi Effendi au Comite
britanni4ue LiáAfrique. telle que publifr clansUnfolding Destiny : /v!essages
du Gardirn de lajiii hohd '(e clla co1111111111a11r<!
bahciáredes iles brirw111iques
(Landres: Bahctár Publishing Trust.1981) p.329
-9- /111roducrio11
unique dans ce cycle de !'existence humaine, Abu'I-Fut11h:
"Pere des Victoires ", en reference ases services altruistes et
ses accomplissernents exceptionnels dans l'enseignernent. JI
s'agit de Enoch Olinga. C'etait un jeune homme dont la vie
fi.tttransfonnee lorsqu'il entendit parler de la Foi en 1952 en
Ouganda; ii s'avan9a alors pour boire le doux elixir du travail
de pionnier, pour enflammer la foi d'im1ombrables ames et
" planter la graine de I' arbre de I' amour de l' Alliance " 1 dans
le cceur de ces nouveaux croyants. Nous sommes d'autant
plus privilegies maintenant que cet impo1iant article, veritable
source d'inspiration - qu'Amatu'l-Baha Ruhiyyih Khanurn
avait, a une epoque, souhaite voir circuler parmi les amis
africains dans leurs propres langues - est disponible sous la
fonne accessible actuelle, non seulement enAfrique, mais dans
le rnonde entier. Il est certain qu'un certain nombre de croyants
africains le traduiront dans leurs langues natales, comme le
feront les croyants d'autres pays.
Cet article est suivi dans le present ouvrage, des souvenirs de Rowshan Mustapha concernant M. Olinga. Ces
souvenirs imrnortels nous donnent de plus amples details sur
la vie de Enoch Olinga avant sa nomination comme Main de la
Cause de Dieu, et revelent de diverses manieres, les potentialites spirituelles que Shoghi Effendi voyait en lui. On y trouve
son travail dans I' Assemblee spirituelle nationale d' Afrique du
Nord-Ouest, et dans le premier cornite d'Afrique de l'Ouest.
II ya aussi des extraits fascinants de lettres qu'il ecrivit avant
et apres sa nomination cornrne Main de la Cause. Ces lettres
nous donnent un aper9u de sa grande connaissance, de sa foi
profonde, ainsi que de l'emouvante poesie de son langage.
Ce sont !es histoires de sa perseverance et de son merveilleux
sens de !'humour.
EnochOlinga,lettrea la Mainde laCausede DieuMl.IsaBanUnf
citeednns!e
bulletind'ao0t 1955.envoy6 parM. Bamlnfatous Jesbahi'fs d'Afrique.
Introduction • IO -
Dans ce livre, nous faisons connaissance avec l'une des
"a.mes divinement nommees, eprouvees et victorieuses ", une
Main de la Cause de Dieu qui, avec d'autres personnes de son
rang, " arnenerent la Cause en toute securite vers la victoire
au 110111de Shoghi Effendi " 1. Cette a.menous apprend aussi a
connaitre la vie spirituelle. Les tests et !es epreuves que surmonta Enoch Olinga si glorieusernent, comme le relatent Jes
deux parties du livre, son detachement et sa capacite a faire
passer" la Foi d'abord" constituent de grandes leyons pour
nous tous. Que! exemple aussi sont ses progres intrepides et
rapides sur le chernin de l'enseignement qui, plaise a Dieu,
encourageront chacun d' entre nous a " inviter Jes gens de
toutes sortes et de toutes capacites a la table du banquet du
Seigneur des Annees " 2 .
II y a sans aucun doute une sagesse dans la parution
de ce livre a'un moment que la Maison universelle de justice
a qualifie de': periode des plus critiques dans la vie de la planete " 3• Et sur l'histoire d'un personnage dont la conversion
ala Foi vint comme une precieuse goutte de pluie juste avant
cette abondante averse d' enseignement, et dont !es services
ulterieurs pousserent encore plus lain cette premiere inondation
de nouveaux croyants, decrite par Amatu'l-Baha Rul,iyyih
Khanum comme" le premier coup de trompette de l'entree en
troupes, predite et tellemcnt attendue par 'Abdu'l-Baha ".
Felicity Enayat
1999
La Maisonuniverselk de justice, messagede RiQ.van121 ( 1964), message
aux conventionsnationales,1963. dans Wellspringof guidance,pp.265
:: La Maison universelle de justice, message de Rit;!vin152, aux bah:i'fs
du monde.
J Message de Ri~vUn153, aux bahtl'fsdu monde.
- 11 - Introduction
• Les quatre premiers baha'fs nalifs d'Ouganda, 1952.
Chrispion K<[iuhi ()I! in trihu AJugonJa),
De r..lruitr.!clgL111chc.
Emh-h r J!ingu (de Id trihu Eti:snt), Fr!.!d Bi;;uh11'u (Ji! la Irihu
:Hw,,c,m1, PHt:r .Hinok(:' tc/e Lo fribu :'\Jugunda)
2 - Enoch Olinga
en tan! que
jeune bah6'1
3 - Enoch et Eunice Olinga avec leur bebe Florence,
le pn.:111ier..!li(onr lit; oprJ,, <fl! 'ils soien/ dere1111,1á
hoh1.iá;s
4 - La premiere Assemblee spirituelle locale des baha'fs de Kampala, 1952.
De gauche ,i droile,
debo11t,
Phil1j1peHai11s11áorrh,
Chrispian Kcrjubi,
Enoch Oli11ga,
Ali NalI.!JjaFani,
Fredrick Biga/n1áa,
Peter ,\Iusoke;
assis.
Afme Samihih Banani,
Alain de la Cause de
Dieu Musa Bwumi,
1Hme Vrolerte ,\'u!sb}a•
vani
5 - Les premiers bah6'fs du Cameroun britannique avec le pionnier Enoch Olinga,
1954,
photo
prise (1
lVaw-R1i'z
Congres mondial baha'i a londres en 1963
6 - Main de la Cause de Dieu
Enoch Olinga a la tribune
7 - Main de la Cause de Dieu
Enoch Olinga a la tribune
t11\;c (:," ,ániTr.: plan !l:s dlt!n.:.~
Jluins de iu C.'ous.-:et !'oudicnce
Congres mondial bah6'1 a Londres en 1963
8 - Groupe des bahc'fs africains,
y compris Main de la Cause de Dieu Enoch Olinga,
prJsel1!(1111 uni} sdection de chansons aVc:'C des thi!mi!shahd 'is
cmnposi!es par /es hdhJ 'is d 'Afrique
PREMIERE PARTIE
ENOCH OLINGA
24 juin 1926 - l 6 septembre l 979*
par Ruhiyyih Rabbani
Ti'aduit enfi-a119ais par
Paulelfe Boclonsen
"'J\rLiclepubliC dans --The Babaá; V./or!d.._
Yol. xv111. 1979-1983. rP- 618-35.
- I9 -
AVANT PROPOS
de 'Ali Nakhiavani
a
II etait t6t ce matin-Ia, le soleil venait peine de se le\'er mais
le jour semblait instantan( avec cette immediatete caractfaistique
des tropiques. L'air etait clair et lumineux, le ciel vif contre la ten-e
rouge d'Ouganda, quand je m'engageai dans la route goudronnee
partant du palais de Kabaka. II y avail !res peu de voitures aux environs. <;a n'6tait pas du fait de l'heure matinale, mais parce que
nous Ctions en 1951, et qu'il y avait tres peu de voitures a Kampala
a cette Cpoque. Ainsi, les gens avaient l'habitude de marcher sur le
bas c6tC, de part et d' autre de la route men ant a la ville : des hornmes et des femmes, le dos bien droit, gracieux, avec leurs bras sc
balanc;ant le long de leurs flancs ; des jeunes et des vieux, Jes uns
pieds nus, d'autres tires a quatre Cpingles avec beaucoup d'aJlure;
tous marchaient pour sc rendre au travail le matin. J'etais au volant
de la petite Morris, une voiture qui appartenait aMonsieur Banilni, et
j'emmenais Crispan Kajubi de cc faubourg ason travail. Crispan 6tait
le premier Africain en Ouganda aavoir acceptC la foi de Bahi'u'llclh
et j 'avais pour habitude de I' accompagner, ce qui nous permettait de
passer quelques temps en compagnie l'un de l'autre et de parler de
la Poi a chacune de ces matinees. Alors que nous prenions la route
pour nous diriger veis la ville, il mis une main sur mon bras et <lit
"Monsieur 'Ali, pouvez-vous juste ralentir un moment? " puis il
se pencha par la fenetr~ de Ia voiture et interpella un jeune homme
qui marchait sur le bas c6tC a notre niveau. "Enoch ! " ii s'Ccria,
"Enoch! C'est Jui l'homme blanc dontje t'ai parle ! "
Ce fut avec un large sourire que le jeune hornme accepta
ma proposition de l'accompagner jusquáa son travail. II se trouvait
qu' ii vivait de l' autrc cote de la ville, pres de la maison des Banc1ni;
ainsi ii accepta 111011invitation et vint avec moi au 3, Kitante road
pour le petit d6jeuner. II posa de nombreuses questions ce jour-13.
Avant propos - 21 - 1ere parrie
i:tdcYinl un usagcr rCgulicr du co\'oituragc quc nous organisions
tous ks matins, car jc pri:-;l'habitudc de L1ccompagner apres avoir
chcrchC Cris pan de Iáautrc c6tC de la ville. II ctait intelligent ct
curicux. ainsi ii .1vait toujours plus de questions a me poser sur hi
Foi. II sappclait Enoch Olinga.
Quclqucs scmaincs plus tard. je me dis que lcs progrCs
seraient peut-6tre plus rapides si je parlais mains et si ils lisaient
plus \es Ccrits de Bah,i 'u '1!8.h.car Enoch montrait un appCtit voracc
d'apprendre. Nous possCdions quclques livres, mais il !es emprunta
tous, lisaDt chacun minuticusemcnt ct le rcndant vitc pour pouvoir
en cmpruntcr un autre. Etant donnC scs aptitudes littCfaires. jc Jui
suggCrai, s'il en avait le temps. d'assister Crispan pour la traduction
de quelqucs priCrcs bahi'lcs. II accepta sur le champ, merne si nous
avians bcsoin de traductions en Luganda, qui etait assez diffCrente
de sa langue natalc du T Cso. Lui ct Crispan vinrent spCcialcment a la
rnaison pour ccl3. ct nous les trouvions assis, l'un a c6tC de 1'au1rc,
dcvant la baie vitrCc de la rnaison du 3 Kitante road, \cs paroles de
Dicu o.;u\Tant sur cux al ors qu' ils ccu\Taicnt sur \es paroles. Il n 'Ctait
prcsqucjarnais bcsoin qucj'ajoutc quoi quc cc solt." Quellc languc
pcut ex primer 111.:i gratitude cm-er::-Tni ? ,._ils mCditaient, ••J 'Ctais
insouciant Tu :n •as eveille ..
L'histoire de l'acceptation de la Foi par Enoch au debut de
l'annee 1952 est assez connue elle colncida avec le moment oU
des prieres etaient specialernent dites par Shoghi Effendi dans \es
mausolees, a la demande des Banini, au nom du petit groupe de
baha'ls a Kampala. Mais ce que l'on evoque mains souvent c'est la
fai;:on avec laquelle il se dCvoua 3 la Foi, immediatement apres sa
declaration. 11se jeta corps et 3-medans le travail d 'enseignement.
cfabord aKampala puis dans sa propre province ol1 ii v6yagea peu
de temps a pres pour passer ses vacances parmi ses !es siens. II retourna en \'ille uniquement afin d 'insister pour qu 'un des pionniers
l'accompagnflt et illustrflt ses paroles par des actes, car le peuple
de Teso voulait eprouver la sincerite des b;:ih8.'ls. Quelle joie ces
victoires spirituelles apporterent ;_\Shoghi Effendi. Avec quel inten.~t
I fre /)(lrtie - 22 - Aw1nt propus
bicnn:i!lant avait-il dll poser son rcgnrd :-ur scs cartcs afin d'idcntificr
l~i localisation cxacte de la rCgion du TC;;o, au nord et au centre de
l'Ouganda. En l'i..::spaced'unc annCc, J"Ouganda fut le siCgc de hi
prcmiCrc d'une sCricde confCrcnces intcrcnntincntalcs. demandCcs
par Shoghi Effendi au dCbut de la Croisadc de dix ans ; Enoch Olinga
rcncontra des baho.áJsdu mondc cnticr JK)Ltr la premiere fois. I!s
::,-:
\"cnaicnt d'Iran ct d'ArnCriquc. crEuropc ct mCme de Terre Sainte.
Unc grandc tentc fut plantec sur !cs terrains du centre bah3.'i de
Kampala et Enoch eta it assis sous son ombrc :wee ccs autres rayons
de lumiCre qu'C:taient Jes Mains de la Cause de Dieu qui assistaient
,l cettc conference. Ils CcoutCrcnt le message de Shoghi Effendi
adrcssC al'Afriquc. \es buts incroyables guc le Gardien donnait aux
bahci'is d'Afriquc: ils Ccoutercnt ce dCfi ernouYant pour !es 3.mes
des croyants Africains eux-rnerncs, de sc lever et de servir la cause
dans le contrees !ointaines. Quand Enoch sc proposa d'aller ouvrir
a la Foi un des territoires viergcs, je lui demandai : '' Pourquoi le
Cameroun? ". Il y avait plusieurs territoires vierges identifies par
Shoghi Effendi et je voulais savoir pourquoi celui-13.."' Paree qu'il
est le plus loin de l'Ouganda" me rcpondit-il.; C'etait comme s'il
voulait gagner lcs \auriers de la victoirc dCs le ctepaii en entreprenant
la tache la plus rude de toutes.
Notre voyage historique ensemble pour atteindre les buts
de Shoghi Effendi, en traversant les Congos belges et fran<;:ais
vers le Cameroun britannique, est merveilleusement racon~e par
Rl1l).iyyihKh3num dans son article a la memoire de Enoch Olinga,
paru dans le" Baha'i World", volume XVlll. Cetait assurement
un episode herorque de la Croisade de dix ans, et est devenu depuis
une histoire connue de tous. Mais h~pisode le plus beau se passa
dans l'intimite de son cceur. !ors d'une nuit esseul6e, au d6but de la
saison des pluies, dans la jungle infestCe de moustiques du Gabon.
Nous avions Cte separes de Enoch Q cause d'un probleme sur notre
voiture et avians dll le regarcler s'en all er vers l'inconnu. sans savoir
si nous allions jamais le revoir, mort ou vif Nous etions aussi dans
une situation difficile. mais la sienne etait encore pire, loin de sa
tribu, dans un lieu inconnu. a la merci des etrangers. Quand nous
A1•wlf propus - 23 - 11:reJ)(lrtie
le revlrnes effcctivcrncnt le !cndemain, s'C!evant comme un spectre
sur l'autre rive d'un flcuvc puissant, aprCs une rnarchc de pres de 60
kilometres a travers la jungle, ii etait un hommc different. II avait
fait un r€:vecette nuit-la. cornme le relate RltlJiyyih Kh:inum. ct eel a
l'ayait transfonne. C'etait un gE:antspirituel que nous embrassions
alors. brU.lantde fiCvre mais confinne atoutjamais dans sa foi.
L'E:lE:vationd'Enoch te\lc une meteorite dans le service et
le dtYouement 8.partir de cct instant fut lE:gendaire. II dcvint un
Chevalier de Bah:i'u'll:ih dans le Cameroun britannique, balaya
plusieurs regions du pays comme un feu de broussc, enseignant La
Cause. Il provoqua un tel embrasement parmi ces peuples, qu'cn
l'espace de quelques mois apres s'y etre installe, lesjeunes bah8.'is
qu'il y avait enseign6s etaient prets a se dE:ployer dans cinq autres
pays de la r6gion. Pas etonnant alors, que le Gardien l'ait appc16" le
Pere des Victoires ". Sa lettre au bien airne Gardien, acette E:poque,
temoigne de la sincerite de son amour.
Ce fat au debut de l"annce 1957, la derniere annee de la vie
du Gardien, qu'il fut beni par l'opportunite de partir en pelerinage.
11 E:tait le premier croyant Africain a etrc ptlcrin, le seul bahil'i
Africain a avoir jamais rencontr& !e Gardien, et ses experiences en
Terre Sainte le marquerent pour toujours. Quand il fut eteve au rang
de main de la cause l' ete de cette meme annee, ce fut un honneur et
une consecration qui colnciderent avec une perte terrible, car Shoghi
Effendi, son" vrai frere" s'en alla a peine deux mois plus tard, et
Enoch se retrouva, avec ses vingt-six autres collegues et pairs Mains 1
devant d'immenses responsabilites et C:preuves.
Mais cela lui donna aussi des ailes et il commen~a ses
merveilleux voyages internationaux, visitant les bah3 'fa a travers
le monde. Son grnnd et large rire fit echo d' est en ouest. I1 devint
aime de beaucoup, mais ce pour quoi je l'aimais le plus, c'C:tait la
transformation que la Cause avait operee sur sa vie.
II bmáait beaucoup quandje l'ai rencontr6 pour la premiere
1i:re partie - 24 - Avant propos
fois et ii renorn;a a seS habitudes et abandonna definitivemcnt l'alcool quand ii de\'int bah8.'i. II dait une personne de nature timidc.
sujette ade nombrcuses peurs, et ii fut transfonne atravers le travail
d'enseignement, en un homme courageux, un hE:rosvictorieux de la
Cause. En fin de compte, ii n 'avait ,\ taus Jes points de vue vraisemblablement rien de particulier au debut des annees 1950, il n 'Ctait
qu 'un fonctionnaire ordinaire et moyen, _travaillant pour un bureau
du gouvernement en Ouganda. Mais atravcrs !'influence de la Parole
de Dieu, ii fut transfonnC en un personnage vibrant et unique, plein
de crCativitC, d'inventivitt. Cveille a la signification de la vie ellernCrne. Dans !es pages qui suivent, RU.1:iiyyih Khcinum nous raconte
l 'histoire de cette transformation et nous montre le dE:roulement des
services de Enoch a la Cause de Bahii'u'l\iih.
'Ali /lafshjavClni
Avant propos - 25 - 1ere partie
ENOCH OLIN GA
24 juin 1926 - l 6 septembre 1979
par Rzlf1i_v_,áih Rubbllni
E
noch O!in~a venait d'ur~~ ~amill_e_de_chreti_en~pieu~. conve11~s
et ense1gnes par la soc1ete de !"Eglise M1ss1onnaire. appelee
aujourd'hui •• Eglise Native Anglicane d'Ouganda ••. Sa
famille vivait clans le Teso. !a partie Nord-Est du pays et
appartenait a la tribu Atesot. du clan de Aatekok. ou lraraka. Son pere,
Sarnusan Okadakina. du village de Tilling clans le comte de Ngora .. s'Ctait
porte volontaire en 1920 pour propager la chrCtientC dans le comte de Soroti
ol1 il devint catechiste. En 1921. i! se maria suivant les rites de !'Cglise
avec Eseza lyamitai, qui donna naissance !e 24 juin I 9.26. clans le village
d"Abaango. a son deuxiE:me fils. Enoch. En 1927. le pere de Enoch retourna
clans sa residence principa!e aTilling-- un nom qui sera 3jamais associe. non
seu!ement avec la seu\e Main de la Cause native d'Afrique. mais aussi avec
la premiere conversion imponante du peup!e africain a !a Coide Bah:láuá11ah.
un e\áenernent qui fut source de joie immense et de fie1ie dans !e cceur du
bien-aime Gardien. Shoghi Effendi.
Le r6\e pa11iculier de Enoch doit etre mis en perspective ,wee une
periode unique dans l'histoire bah,i'ie. car ii accepta cette nouvelle Foi de
Dieu peu de temps apres !'introduction de cette derniere en Afrique noire.
suite a une vaste campagne organisee pour porter le message de Bahcl'u'llclh
ason peuple. Durant \es trente dernieres annees du ministere de Bah cl'u'llfih.
quelques-uns de ses disciples vivant en _Egypte et au Soudan furent Jes
destinata"ires de ses louanges et de ses encouragements: pendant !e rninistere
de 'Abdu'!-Bah8., la Foi atteignit Tunis. Pour la premiere fois quelques-uns
de ses paiiisans occidentaux, fortement encourages par le Maltre. propagerent
son message en Afrique du Sud. II appa1iint cependant au Gardien. Shoghi
Effendi. a !"epoque du p!an interirnaire de cleux ans entre ! 950 et ! 952 de
!"Assemblee spiritue!le nationale Britannique. cl'inaugurer veritablement la
conqu€:te spirituelle de!' Afrique grace ason ferrne soutien et aux directives
quáil donna aux croyants persans. britanniques et amfaicains pour quáils sáy
rendent cornme pionniers. II fit suivre cette etape initiale par un c!Cp!oie111e11t
agrande echel!e atravers !es dispositions de sa Croisade mondiale. inauguree
- 27 - ,er(! partie
en 1953 - un Plan de dix ans dont l'objectif. entre mitres, Ctait dáounir a la
Foi 131 territoires vierges dans \es cinq continents du globe. Beaucoup de ses
objectifs concemaient l'Afrique, dont ks pionniers furent J l'origine d'une
propagation fulgurante des enseignements au sein d'un peuple que Bahit'u'l13h
Lui-meme a compare a "la pupillc noire de l'ceil" a travers laquelle "la
lumiere de !'esprit rayonne" - une image chargee d'implications profondes,
quand on sait que la vision de \'ceil prend fonne clans la pupille.
Le cours de la destinCe de Enoch Olinga le portait vers un meme
objectif; durant !es dix premieres ann6es apres le retour de son pCre aTilling
en 1927, Enoch alla al'ecole du village puis aNgora, une petite ville proche.
Plus tard il fit ses eludes secondaires a Mbale ; pendant la seconde guene
mondiale, en 1941, ii rejoignit le Corps d'education de l'annee britannique et
alla aNairobi au Kenya, servant par la suite enAsie du Sud-Est dans le Corps
des fusiliers du roi de l'Afrique de ]'est, il se rendit en Birmanie, au Pakistan
Oriental, a Ceylan et en lnde. En 1946, alors age de vingt ans, ii retourna en
Ouganda et rejoignit le Departement gouvememental des relations publiques
et sociales. Pendant un ce11aintemps, il fut envoye a Soroti áet a Mbale ol1 il
ecrivit deux livres dans sa propre langue, l'Ateso, qui furent d'une grande
aide pour le Departement gouvernemental de l' eduCation dans le district de
Teso; plus tard il s'installa a Kampala, la capitale Ougandaise.
A I' epoque ou ii entra en contact avec la foi en 1951, sa vie personnelle avait pris une toute autre tournure : ii 6tait alors marie et avait eu ses
premiers enfants. Traducteur talentueux, il travaillait pour le gouvernement,
mais 6tait aussi devenu un homme d6sabus6, largement porte sur la bouteille.
Le service gouvernemental qui I' employait eut vent de son probleme d' alcoolisme et le renvoya malgre ses capacit6s reconnues et ses nombreuses ann6es
de service. Quand Enoch accepta la foi, il an-eta l'alcool imm6diatement;
malheureusement pour lui, les rapports qui faisaient 6tat de son d6labrement
avaient deja ete etablis lorsqu'il se declara baha'i.
Enoch etait le troisieme ougandais a accepter Bahii'u'llah, mais il
etait le premier de la tribu Teso. II entendit parler de la Foi par un ami qui le
presenta a 'Ali Na!;hiavani, le beau-fils de M. et Mme Barnini. Ces derniers,
originaires de Perse, avaient quitt6 leur pays pour partir comme pionniers
en Afrique, en reponse aux souhaits de Shoghi Effendi. Anives en Afrique
en 1951, ils s' etaient install es en Ouganda avec leur fille Violette, son mari
'Alf et leur fille a.gee de trois ans. M. Ban8.ni acheta une maison au cceur
de Kampala, au 3 rue Kitante. C'est 13qu'allaient se d6rouler de nombreux
evenements, de joie comme de tristesse, tous Ctroitement lies au dCploiernent
du Plan Divin de 'Abdu'l-Baha sur ce continent.
1ere partie - 28 -
Des leur premiere rencontre, Enoch et 'Alise prirent d'amirie l'un
pour l 'autre. Enoch participait aux soirtes reguliCres destinees aux chercheurs
qui sc tcnaient chcz les Ban:ini, cette famille baha'ie persane tres chaleureuse
vers qui ii se sentait attire.
En fevrier 1952, M. et Mme Ban:ini partirent faire leur pelerinage au
Centre mondial. 11fut convenu que pendant cette periode, les pionniers de
Kampala tiendraient une reunion sptciale pour tous !es africains qui etaient
intefesses par la Foi et que celle-ci coi'nciderait avec le moment oil, aHaifa,
le Gardien avait l'habitude de se rendre aux Tombeaux: M. Ban:ini !'en informerait et lui demanderait des priCres speciales. Shoghi Effendi fut heureux
d'acceder a cette requete: ainsi, Jui et M. Ban.inf visitCrent ensemble !es
Tombeaux al 'heure choisie. Enoch participa acette reunion aKampala - mais
rien ne se passa I Les trois pionniers - les Nakbjav:ini et Philip Hainsworth
- sen tirent uncertain decouragement. Cependant, plus tard cette meme nuit,
Enoch retourna voir les pionniers ; il posa de nombreuses questions et fin it
par demander:" Comment devient-on bahil'i? ". T6t le lendemain matin, il
se prCsenta avec une lettre demandant aetre accepte comme croyant ; des le
debut, Enoch avait lu avec avidite chaque livre qu'il pouvait se procurer, ce
qui constitua les bases de sa profonde connaissance des enseignements. Mme
Olinga aussi embrassa la F oi, racontant ouvertement que c' etait la remarquable
transformation de la conduite de son mari depuis qu'il etait devenu bah8.'i
qui avait influence sa decision.
Peu apeu, d' autres declarations vinrent grossir !es rangs des croyants
de Kampala, de sorte qu'au 21 avril 1952, la premiere Assemblee spirituelle
locale historique d'Ouganda, dont Enoch etait membre, put etre elue dans
cette meme ville. Quelques mois plus tard, Enoch retourna sur sa terre natale Teso a Tilling pour repandre la bonne nouvelle des enseignements de
Baha'u'llah. Il y suscita un tel interet qu'il retouma a Kampala et persuada
'Ali de se rendre a Tilling, car les gens de la-bas voulaient voir de leurs propres yeux l'homme blanc qui avait converti Enoch acette nouvelle doctrine.
Tout d'abord accompagne de Enoch comme interprete, puis plus lard d'Enos
Epyeru, l'un des premiers croyants Teso. 'Ali voyagea et enseigna dans le
district de Teso pendant plusieurs semaines. Une vague de declarations regulieres commen9a alors, l'une des premieres etant le propre pere de Enoch,
qui devint un bah8.'i d6voue.
Au debut du mois de janvier 1953 ~ huit mois aprCs la formation
de I' Assemblee locale de Kampala - le Gardien adressa un telegramme au
n10nde bah 3.'1 :
- 29 - 1ere parr;e
"PARTAGER COMMUNAUTES BAHAIES ORIENT OCCIDENT
RAPPORTS SENSATIONNELS EXPLOITS ACCOMPLIS GROU-
PE HERO!QlJE PIONNIERS TRAVAILLANTDIVERS TERRITOI-
RES AFRICAINS EPARS PARTICULIEREMENT OUGANDA"
ct continua en comparant ccs exploits aux Cpisodes relates dans le Livrc des
actcs deb Bible ct {1la propagation rapide ct dramatique de notrc propre Foi
par lcs PrCcurscurs de son Age hCroi'quc. II dCclara quc cc qui se passait en
Afriquc Cclipsait mCmc !cs mcrvcil!cuscs rCalisations d'AmCrique latinc ct
surpassait \cs exploits qui irnn10rtalisCrent la Croisade curopCcnnc. Shoghi
Effendi accordait bcaucoup d'importancc al'identitC des gens: il n'ajamais
considCn~Jes croyants comrnc unc masse amorphc qui acccptait Bah{1áuá11ah ;
lls Ctaient pour lui des individus fascinants, 3 la maniCrc de piCccs colorCcs
qui composent unc mervcilleusc mosai'que. C'est ace moment que \cs projcctcurs furent braquCs sur l'Ouganda ct y furcnt maintenusjusqu'i la find~
la vie de Shoghi Effendi. Dans cc mCmc c3.blc, il continuait en Ccrivant:
,. NOMBREUX AFRICAINS CONVERTIS CAUSE DERNIERS
QUINZE MOIS RESJDANTS KAMPALA DISTRICTS PERIPHE-
RIQUES ORIGINE PROTESTANTS CATHOLIQUES PAYENS
LETTRES ILLETTRES REPRESENTANTS DEUX SEXES PAS
MOINS SEIZE TRIBUS DEPASSENT DEUX CENTS".
Ceci fut le premier coup de trompette deá' l'entree en nombres ,. predite et tant
espCrCepar' Abdu'I-Bah3. Dans ce meme cable, le Gardien annonc;:aitque pas
mo ins de neuf localities seraient en mesure de former leur Assemblee locale a
Ridv3.n. Encore plus significatifCtait J'annonce qu'il fit aussi, selon laquelle
il enverrait a la premiere des quatre Conferences intercontinentales. prCvue
pour 1953 ~ qui Ctait la conference africaine tenue a Kampala-á une copie du
portrait du B3b, dont il etait certain que la vue rendrait Jes nouveaux croyants
"PLUS PROCHES ESPRIT PROPHETE-MARTYR FOi ET OCTROIERA
ETERNELLE BENEDICTION TOUS RASSEMBLES MEMORABLE
SEANCES CONFERENCE FAISANT DATE". Ce fut Enoch. le nouveau
bah3.'f de l'Assemblee locale de Kampala, qui se trouva emb::1rque avec !es
croyants de longue date dans I' organisation cteáce rassernbk:nent historique et
unique. A!ors que Enoch, apres avoir perdu son travail, se sentait demoralise,
l'v1.Ban3.ni, dans un elan prophetique, Jui avait redonne courage, en tui assurant
qu "il trouverait un meilleur poste. ce qu 'il fit par la suite. La conference devait
máoir lieu du 12 au 18 fCvrier et le Gardien lui-meme avait confie aM. Ban3.nf
une sonune d'argent destinee exclusiYement a faire participer certains des
nnU\ácaux bah,l"fs en tan! quc ses irl\'itCs. Comme la" conversion en massc'"
continuait aTeso, cela voulait dire qu'emáiron deux cents pcrsonnes de\áaient
Ji:reportie - 30 -
Ctre transportCes par bus de ccttc province du Nord-Est, cc qui constituait un
Yoyagc de plus de 300 kilometres. •Ali NakhjavJni partit escorter !cs amis ct
Jes invita a Ctrc Jes h6tes de Shoghi Effendi. Quand !es hornmcs montCrcnt
dans Jes bus, de nombrcuses femmes p!eurCrcnt et sc Jamenterent car clles
craignaicnt qu'ils fussent crnmcnCs pour €:trerCduits en esclavagc !
Dans ses salutations et son message adressCs a la Conference 'áqui
fait date'', que le gardien saluait d'un "cceur joyeux ", il dit "accucillir a
bras ouverts le grand nombre, bicn qu'imprCvu, de representants de la race
noire, au cceur si pur et si rCceptifs spiritucllement ". Et il remarqua que lcur
continent avait su garder sa simplicitC primitive et" rester sauvegardCc "de
la contamination par ce qu 'il dfrrivait en tcrmes accrbcs commc Jes maux
d'un matCrialisrne outrancier, rampant ct cancercux, minant Jes tissus sociaux
en Orient comme en Occident" ctáá menayant d'engloutir en une seule et
rnCmeconvulsion Cpouvantable I'ensemble de l'humanite ". Des mots \ourds
de sens, contenant un ave1iisserncnt encore plus lourd. Dans son message,
Shoghi Effendi sou\ignc la grande quantitC de travail qui attendait Jes six
Assemb!ees nationales en charge, \es croyants autochtones eux-rnemes et !es
pionniers qui Jes aidaient. C'Ctait pas rnoins de trente-trois territoires vicrges
qui devaient etre ouverts a la Foi et trois assernblees nationales geantes - en
fait plut6t de nature r6gionale-devaient etre formCes pour embrasser le continent: l'Afrique Centrale et l'Afriquc de !'Est avcc son siege a Kampala:
!•Afrique du Sud et de l'Ouest avec son siCge a Johannesburg ; et t' Afrique
du Nord-Ouest avec son siege a Tunis. En outre, la Main de la Cause pour
iáAfrique, M.Ban3.ni devait nommer au Ri<)vcinsuivant, en 1954. un Corps
auxiliaire de neufmembres pour !'assister dans les tfiches a venir.
Chacun de ces points toucha personnellement la vie de Enoch : c' 6tait
son peuple. Jes Tesos, comptant plusieurs dizaines de milliers de membres,
qui fonnait la grande majorit6 des bah{1.'isd'Ouganda avant la guerre civile;
ii r6pondit a l'appel de pionniers pour ouvrir les trente-trois territoires en
question et devint lui-mCme un Chevalier de Bah8.'u'll8.h; il fut 6lu dans la
premiere Assemblee spirituelle nationale d'Afrique du Nord-Ouest; il fut
nomme Main de la Cause dans le dernier contingent de huit personnes eievees
• ace rang par Shoghi Effendi quelque temps avant son deces. Enoch de\'enait
ainsi le collegue de Ml1.saBan3.ni d:ms la maison duquel il avait accepte la
Foi. 11n'y a aucun doute, lorsque nous regardons sa vie de bah8.'i, que ]'experience que Enoch v6cut lorsquái! vit le portrait du ProphCte-Martyre de sa
Foi. l'imáestit assurement d'une .. benediction Cternelle ''.
Enoch s'Ctait al ors ancrC dans ses nou\áe\les fonctions et dans sa nou-
,áclle vie assagie. Mais unc forte bisc soulllait: le vent de Dieu qui, s'adrcssant
- 31 - 1erepartie
aux §.mesdes bah8.'is receptifs, leurdemandait de se lever, d'entendre l'appel
de leur Seigneur et d'aller porter Son Message en des contrE:eslointaines. De
meme que le pere de Enoch s'Ctait le\'e autrefois pour porter la foi chretienne
vers un autre tenitoire, Enoch et deux autres nouveaux croyants ougandais se
levaient rnaintenant et quittaient famil\e, maison, travail et pays pour porter
la bonne nouvelle de Baha'u'llah iitravers le continentjusqu'en Afrique de
l'Ouest, dans certains de ces pays qui attendaient qu'on vienne les ouvrir a
la Foi. M. Banani, le Conquerant spirituel de l'Afrique, comme aimait l'appeler Shoghi Effendi, avail achete quelques temps auparavant un petit break
Peugeot qu'il rnit a leur disposition. A l'origine, le voyage avail ete planifie
pour amener Violette rendre visite a une farnille bah:i 'ie au Congo, mais il
prit une toute autre tournure lorsque 'AH, toujours fidele et toujours enthousiaste, se porta volontaire pour conduire en sa qua\ite de pilote spirituel et
de chauffeur materiel, \es trois aspirants pionniers atravers le continent. Les
cinq se mirent en route le 27 aoiit 1953 avec peu d'argent et pratiquement
aucune information sur le trajet qui les attendait, sur les routes probablernent
les plus aborninables au monde et dans une voiture banale assurement ma]
equipee pour Jes affronter. Leur consolation alors, et pendant toute la duree
du voyage, fut un telegramme re9u de leur Gardien bien-aime a la veille de
leur depart:" AFFECTUEUSES, FERVENTES PRIERES YOUS ACCOM-
PAGNENT ".
Environ une semaine apres, Samson Mungono fut depose aKamina,
dans ce qui etait a cette epoque le Congo Beige (actuelle Republique Democratique du Congo), ol1vivaient deja deux croyants non africains dans deux
parties differentes du pays ; au 26 septembre Max Kenyerezi, le Chevalier
de Baha'u'llah pour l'Afrique Equatoriale Fra119aise(actuellement la Republique du Congo), s'etablissait a Brazzaville. La partie la plus longue et
la plus difficile du voyage les attendait encore, a !ravers la jungle profonde
et tropicale du Gabon ; en traversant une region decimee par la maladie et
infectee d' insectes, la voiture s' embourbant constamment, 'Ali ou Enoch devaient parcourir apied de nombreux kilometres pour all er demander de I' aide
aux villageois afin qu'on degageiit leur voiture hors des marecages. La route
etait si difficile, qu'un jour, ils ne purent progresser que de cent kilometres
en plus de seize heures. Le jour suivant, ils n'avancerent que de vingt-cinq
kilometres en quatorze heures; en fin de compte, c'est la voiture qui tomba
en panne; Enoch se proposa d'aller chercher de ]'aide et, accompagne d'un
villageois en guise de guide, entama une marche de pres de quatre-vingts
kilometres, vers un village oil, disait-on, il y avait un garage ; la separation
d'avec Enoch angoissait !es Nakhjav:ini encore plus que leur propre situation.
1erepartie - 32 -
'Ali qui n áeta it absolumcnt pas mecanicicn rCussit en fin arCparcr J'cmbrayagc
de la Yoiturc. assez du moins pour sc lancer tant bien que mal sur !cs traces
de Enoch. Tombant constammcnt en pannc, ils arrivCrcnt malgrC tout ;J le
rattraper le jour suinmt, Enoch aYa it parcouru prCs de cinquante-cinq kilometres a pied: ii Ctait CpuisC par unc mauYaisc dyscntcric. souffrant et tres
inquict pour ses arnis.
En arrivant dans la ville, •Ali qui avait etc trCs gravemcnt pique par
des mouchcs tsC-tsC,Jes rcdoutab!cs portcuses de la rnaladie du sommeil. ainsi
quc Violette qui avait aussi etc piquee, se rcndircnt a l'h6pital pour y faire
des analyses ct rcccvoir un traitemcnt. Cependant Enoch Ctait si ma lade qu 'il
fut hospitalise pendant deux jours et nc put voyager pendant une sernaine.
Lorsqu'il avait CtCrattrapC par lcs Nakbjavclni, Enoch leur avait racontC que
la nuit prCcCdentc. quand ii Ctait seul. entourC uniquerncnt par d'Ctranges
africains avcc lesqucls il ne pouvait pas communi.quer, craignant pour sa
s6curitC ct pour !'argent qu'il transportait, rempli de craintcs et de doutes, se
demandant pourquoi ii avait quittC maison et famillc pour entrcprendre une
si follc avcnturc. ii avait alors rCvC de Shoghi Effendi qui iáavait pris dans
ses bras et l'avait scrre trCs fort, rCpandant en lui rCconfort ct confiance. Ce
reve lui rendit sa force et le toucha si profondernent quáen son cceur, il cria
au Gardien qu'il etait pret apasser par de telles epreuves par amour pour lui,
chaque jour de sa vie !
Finalement le 10 octobre. !e petit groupe traversa le Cameroun
frarn;ais. mais l'objectif de Enoch etait le Cameroun britannique, but qu'il
devait remplir au 110111 de l 'Assemb!Ce spirituelle nationale britannique. Le
pont principal entre Jes deux pays Ctait tombe, mais par un detour long et
fastidieux le groupe entra finalement dans Mamf'e. Lil. ils se precipiterent a
la paste pour envoyer au Gardien un c5.ble annonyant que le Cameroun britannique Ctait desormais ouvert par I"arrivee de Enoch. II Ctait quatre heures
de l'apres-midi et le receveur Ctait en train de termer, mais "Ali le supplia
de reouvrir pour que ce cftble si important pltt partir avant la fin de I' Annee
Sainte cette meme nuit du 15 octobre. Le 16 octobre. ils arriverent aVictoria,
sur la c6te. Ja ol1 Enoch allait ,,ivre les dix annCes a venir avant de retourner
definitivernent dans sa patrie en Afrique de 1áEst.
L"Afrique de cette epoque etait encore sous administration coloniale: a contre cceur. les Nakhjaqlni et Enoch durent reconnaltre que leur
association pouYait mettre en peril le but de tant d'effons et de sacrifices:
Victoria e1ai1 une petite ,áille et un groupe de deux blancs Orientaux avec
un Ougandais noir n'y passait pas inapcn;:u. Le premier problen1c fut de
trouvcr un logcmcnt pour Enoch. Le triba!ismc, m0mc de nos jours. rend un
1Cre partie
peup!e tres suspect aux ycux d'un autrc. Pcrsonnc n'acccptait de r1.XC\'Oirun
homrnc d'une pcuplade CloignCc de prCs de 3000 kilomCtrcs, a l'autrc bout
de l' Afriquc. Fina!cmcnt ::ttravcrs unc suite de circonstances cxtraordinaircs.
si familiercs aux pionnicrs bahcl'is aqui cllcs semblcnt si souvcnt ou\Tir Jes
po11es, un jeunc horn me tra\'ai1lant d;:rns la librairic locale en vint J discutcr
avec Violette: voyant qu'cl\e se faisait du souci car cl\c nc s~n-ait comment
trouvcr un logemcnt pour" un jcunc Ougandais quc nous connaissons ''_ ii
dcrnanda a rencontrcr Enoch. Tl s'en suivit quc Enoch dcvint le locataire de
David Tanyi. Cc dcrnicr acccpta la Foi grace a Jui, devcnant ainsi le premier
croyant du Camcroun tout cntier : il dcvint plus tard Chevalier de Baba 'u 'Jhlh
pour le Togo frarn;:ais. Les NakbjavS.ni al1Crcn1s'installcr dans Jes environs
de Douala, au Cameroun frarn;:ais, rcstant proches de Enoch sans pour autant
susciter la suspicion des autorites locales a Victoria. Car avant de retourner
en Ouganda, ils voulaicnt s'assurer que Enoch obticndrait son visa de rCsidcncc et qu'il Ctait bien instal\C en toutc securitC dans son poste de pionnier.
Enoch lui-mCrnc, discretement mais ardernrncnt, cornrnenya a cnscigncr de
nouveaux a1111s.
L'Cpoquc de la Croisadc mondiale du Gardicn Ctait vraimcnt une Cpoque flamboyante. Un enthousiasme sacre pour l 'enseignement de la Cause de
Dieu al'humanite se repandait de taus cOtes. Shoghi Effendi, enflamme par la
remarquable expedition a travers J'Afrique qui avait deja pennis l'ouverture
de deux nouveaux pays, encouragea a!ors Enoch a accomplir ['impossible:
susciter parmi ses nouveaux convertis la vocation de pionniers pour qu 'ils se
!event, rnarchent en avant et ouvrent des territoires vierges. Lorsque !'on pense
que Enoch etait lui-meme un nouveau bah.i'i et unjeune pionnier. son succes
tenait presque du miracle. Dans une lettre adressee 3.Leroy loas datee du 15
avril 1954 - exacternent six rnois apres son an-ivee au Cameroun britannique
- Enoch ecrivit : .. Laue soit Dieu que les exhortations de notre bien-airne
Gardien d'assigner et d'accueillir des pionniers dans Jes cinq territoires vierges aient. par la mansuetude sans limites du Bien-aime. ete ~ccomplies. En
priere. nous levons nos mains suppliantes et nos voix sáde\áent en louange a
Bahcl'u'll3h pour Sa direction et Ses confirmations. Je crois fermement qu'l!
assistera et guidera assurement ces nomáeaux etjeunes soldats de Son armee
triomphante. et !es rendra victorieux car. selon ma propre comprehension
limitee et mes croyances, ils ont en eux un tres rare esprit d'amour et de
d~\áouement a Sa Cause bien-aimee."
De prime abord, ecriv!t-iL ceia semblait pratiquement impossible
di: dCcidcr Lk nou\'caux croyants aquitter !curs maisDns ct (\ partir vcrs des
tern:-; 0trnng0rcs: ..... rnaisj1...ás~wais trCs bicn quc !e bicn-aimC Gardien. qui
:::.urveille assurernent le 1noncle ct tous les croyants. náaurait pu demander
l'impossible. Des que la nou\'elle parvint a leurs oreilles alertes et sensibles.
!es croyants reagirent crune fa<;ontel le quáun spectateur e.\terieur el1t pu !es
croire enivres ... !ls de\áinrent vraiment intoxiques par le vin choisi de Son
amour, de la sournission et de l"obeissance a iáappel de leur Bien-aime. Les
croyants qui se proposaient comme pionniers affluerent comme des sauterelles et manifesterent des signes clairs d'obeissance. prets a pa11ir des la
minute suivante. oubliant leurs proprietes. leurs parents affectueux et leurs
familiesáá. AinsL les pionniers potentiels etaient si nombreux qu"il fallut
en venir a un tirage au sort pour choisir \es cinq personnes qui auraient le
privilege de partir.
•Ali retourna en avian a Victoria pour y aider a !áobtention de visas
et a \'organisation des transpo11s - un point bien plus complique a l'epoque
que de nos jours ol, 1áA frique est independante. ••Lorsque •A!f arriva.áá ecrivit
Enoch. ááon ne perdit pas un seul instant. Ils prenaient leur en vol cornme des
aigles puissants dans le ciel celeste. Ainsi sont Jes soldats de Baha"u"llah!
Commefaurais souhaite les accompagner ! Que Bahaáuá11ah les soutienne
et guide leurs pas le long du chem in glorieux de la comprehension spirituelle
et du sacrifice ctesinteresse de srn1e qu'ils puissent devenir des arbres dont
Jes fruits serviront de nourriture aux affames. Ma priere continuelle est qu'ils
puissent trouver Jes moyens de sáetablir. Je sais que les prieres du Gardien
bien-aime Jes accompagnent. ••
Enoch rapprn1e aussi que la lettre de Shoghi Effendi a David Tanyi.
re-;ue la veil!e de son depat1 com me pionnier. etait vraiment une coYncidence
rernarquable a tel point que David avait declare quáil iáencadrerait. A l'aeropo1i. tandis que Jes parents fondaient en larmes. Jes pionniers marchaient
joyeusement vers leur avion. un contraste qui pour Enoch couronnait '" le
depai1 en tan! que pionniers de ces braves et vaillants soldats de la Beaule
Ancienne --.
En reponse asa lettre. Enoch etait assure par le Gardien que ce dernier
•• eta it profondement emu par !es rappo11s que vous avez envoyes et la maniere
dont les amis ant rec;u son appel pour partir corn me pionnier dans [es territoires, vierges. I! pense que ceci constitue reellement un evenement historique.
parce que cela signifie que des croyants devenus bahaárs depuis peu se sont
leves pour po11er la Bonne Nouvelle ades peuples de nouvelles contrees. La
maniere dont la Foi se repand en Afrique est veritablement remarquab\e et
eclipse la maniere dont elle sáest repandue dans d'autres pa11ies du monde.
Cela prefigure le glorieu.\ futur de la Foi sur ce grand continentáá.
Les noms d~ ces prec_ieuxet distingues enfants spiritue!s de Enoch qui.
- 35 - 1ere partie
commc ce dernier. rec;urentchacun le titre de Chevalier de Bahaáuá!lah. sont
les suivants: David Tanyi pour le Togo fran,ais: Ed\\'ard Tabe pour le Togo
anglais: Samuel Njil-.ipour le Cameroon fran\'.ais: Benedict Eballa pour le Protectorat Ashanti : Martin Manga pour le Protectorat des TeJTitoiresdu Nord.
Deux mois plus tard. le 14juin 1954. Enoch ecrivit sa premiere lettre
a Shoghi Effendi: de memoire d"archives. ii semble que ce fut la seule. Je
vous la cite done en entier car e!le reflete bien son amour. son respect son
obeissance a la figure centrale de sa Foi et a celui qui etait devenu le point
focal de sa vie :
J\fon bien-aimi Gardien
Je dais tout d 'abord remercier man bien-aimf! Garchen
de prier continuellemem pour man hien-erre spirituel ainsi que
pour ceux qui son! en train de servir en ce moment la Beawd
Ancienne ; merd encore pour !es directives du Men-aim/? Garclien
sans lesquelles !es reahsations spirituelles prrisentes de notre Foi
bien-aimrie n 'auraient pas ere possibles.
De plus,je supplie tres lrnmblement mon Gardien c:hi!remenl aimri de croire en 111011df?vouement fervent et sans reserve
Cllu Cause de Bahd '11 'lldh er en ma soumission Clchacune des
exhort a lions du Gardien pour prnmmtvoir les intiirersfOndwnenraux de notre Foi qui maimenant i!claire le monde enlie1: Puis-jt:
aussi me perme1!re d'e.l.primer lajoie et le bonheur que Jes lerrres
envoyries individuellemenr par le bien-aimri Gardien aux bahci 'is
ant apportis aux CO!ltrsde taus !es croyams de cette communauri
naissante. Ces le!tres, com me les priCresferventes du bien-aimri
Gardien, fom des miracles h:i. Notre prir!re et espoir quotidien
est que Dieu, l 'Irrf?sisr;l,!e, le Prorecre1a; puisse prolonger !es
.fours de service ininterrompu de notre bien-aimt.? Gardien ClSa
Cause et al 'humanitri.
Comme mon bien-aimr! Gardien en a peur-etre eu connaissance, une assemblt.ie a e,e ri!ueici it R1\him dernier et par la grcic.:e
du Bien-aim/?le prochain Rifll'lin nous apportera zm certain nombre
d'assemblries locales. Je l'iens Juste de rentrer d'zm voyage cl 'enseignement de deux semaines qui m 'a conduit Cll 'intirieur mJme
du pays oi,j áu; ,áJc11des expririences poigncmtes et exaltantes : en
particulier lorsc1uej 'ui eu cl rirre purmi !es vil!ageois qui croie111
aux prath111esde lu sorcl!!lerie et au poznáoir des pratiques ááJluáu•
(/etiche, je emfs). C 'Jtoit asse:: lerr[ficmt cl áentendre Ies histoires
1erepartie - 36 -
i!./fo.1áuh/1:s
ruco111Jespur c/1:sudeptt:s du "Jzuáu". mais urec toute
ma co,?fiunce en Bahcl áu '/lcih.j1: ne ji1s ju111ais cldcouragJ. Par
honheur c1uelq11es-11ns d áC!nfreeux pur1:nt cliscer11er la 1áJri1J ciu
message de Buhcl áu 'l/cih-que mu rie, mon cllne et 1110n esprit soient
clonnils en sacrffice au plus hum hie de ses serriteurs .1
fl phdra cl man bien-uimil Gardien d 'apprendre que dix
nmrreaux centres ont /!ti ourerts i, la Foi, totalisal7! ainsi douze
ceJ7lres au Ccm1eroun britannic111e.Nous comptons dl!relopper
tous /es 011::epour qu 'ifs aient le slatul d 'assembfrie d 'ici Rhjvim
prochain. Nous ovons rrie!lement besoh1 des prii!res particulii!res
de 110trehien-aimri Gardien pour la rriussite de ce projet quelque
peu ambitieux.
Nous recevons des let/res tri!s encouragecmtes de la part
de fems nos ch1q pionniers. parNs pour ourrir des territoires vierges. Ifs semblent taus tri:s heureux !Cloir ifs sont et atfendenl que
!es port es du succi!s s 'ouvrent CJeux . .J.Vcms
espilrons et prions tous
qzr 'en temps voulu ifs tro11ve111 w1 travoif qui leur com:ienne. Ce
n 'est pas tan! parce qu 'ifs pourront ai11sisubvenir Clleurs besoins.
mais c 'est surtout parce qu 'ifs se sentirolll a/ors beaucoup plus
heureux et bien Jtablis lorsqu 'ifs uurnnt w1 trovail qui les occupe.
lls s 'enrucineronl et se sentiront intrigrl!s. Dans !es lettres q11e
nous leur udressons, nous /es encourugeons toz{io11rsoutam q11e
11O11s le po11vons Clrester cl leur poste.
II peut i!tre intrJressant pour 111011hien-aimf! Gardien de
saroir que le nombre de croycmts augmeme tri:.srapidement au
Ca111erounbritcmnique. La situation actuelle est : croyal7ls reconnus. pri!s de 30: driclarations, prl!s de -10: cenrre,\'act11elleme111
omáerts cl lo Foi, 12.
Si rems le permelte::, man hien-aim<! Gardien. je sais
comhien 1áous l!tes occupJ, par consl!quenl_je ne m 'mtarderaipas
sur des qffC1iressans importance .
.le vous prie, tri!s hwnblement, cleme pennetlre d 'adr1:sser
mes tri:s.fi:náemes sallflotions et mes meilleurs rwu.r cl 111011hienaiml! Gardien ainsi qu 'citous /es memhres d1:lujC,mille .
.-free le plus chall!lireu.r amour huhci 'i cles croycmls cle Vidoria .
.k SllJJp/ie de clemeura
,Hon hit'n-ui111/! 0urdie11.
rot re serriteur c/JnmJ.
- 37 - JC:'rcpartie
Enoch ( Jlingu
Ce 11áetait pas dans les habitudes du Gardien de garder les copies de ses
vastes correspondances: cependant nous savons precisement quá il a r~pondu
a cette lettre le 9 aoC1t: malheureusement táoriginal náa pas ete retrouve.
A cette epoque. les bahaá is dans toute 1áAfrique etaient peu nornbreux
et tres eJoignes Jes uns des autres. Mais une pa11iedu grand Plan de dix ans de
Shoghi Etrendi etait de crCer non seulement des assemblees spirituelles locales,
mais aussi des corps dirigeants qui rempliraient \es fonctions ctáAssemblees
spirituelles nationales: comme dans chacun des territoires le trop petit ncimbre
de croyants ne pouvait justifier la formation ctáune Assemblee nationale
indCpendante. il reso\u ce prob!eme en constituant en 1956 un ce1iain nornbre
d'unites administratives geantes de so1ie que Jes bah,i'fs purent apprendre
a penser et a fonctionner dans tm cadre adrninistratif. Le plus grand groupe
- reuni s_ous!"appellation d. Assemblee spirituelle nationale de I"Afrique du
Nord-Ouest avec le siege de son secretariat a Tunis. en Tunisie - englobait
pas mo ins de vingt-cinq territoires. asavoir : 1áAlgerie. le Protectorat Ashanti.
le Cameroun britannique. le Togo britannique. Jes lies Canaries. les lies du
Cap Ve,1, le Cameroun fra111;ais.le Maroc fran,ais, le Togo fran,ais. 1•Afrique
occidentale fran,aise. la Gambie. la Cote d"Or. le Liberia. Madere. le Maroc
(zone internationale), le Nigeria. le Protectorat des Territoires du Nord. la
Gui nee po11ugaise. Rio de Oro. !"lie Saint Thomas, la Sierra Leone. la Gui nee
espagnole. le Maroc espagnol. le Sahara espagnol et la Tunisie. Malgre cette
liste impressionnante. ii n áy avait a peu pres quáun millier de bah3 áis dans cette
vaste region et le Corps national reposait surtrente-huit assemblees locales:
cependant. grace a Shoghi Effendi, Tunis avait son propre centre national
bah,i"i et Bomi Hills. au Liberia. etait le lier possesseur de I"unique dotation :
Enoch Olinga fut eJu president de ce nouveau corps 1. II parait inconcevab\e.
quáen une periode aussi breve que trois ans, d'entre Jes trente-trois territoires
vierges qui devaient etre ouve11s a la Foi a travers l'Afrique. vingt-neufdeja
avaient accueilli des pionniers.
Dans le cceur de Enoch bnllait \"ardent desir de faire le pelerinage au
Centre mondial et de rencontrer son bien-airne Gardien en personne. I! fin it
par en demander la permission. qu_ilui fut accordee par Shoghi Eff'endi qui.
cornme a son habitude. detennina une semaine en guise de date. en d'autres
terrnes. Enoch fut informe quá11 serait le bienvenu cornme pelerin la premiere sernaine de t'e\Tier 1957. Le Docteur Ugo Giachery. Main de la Cause
et membre non-resident du Conseil international bah8.'f a Hana. residait 3
1 Enoch O!inga rut 01u 1rn.:111hrl'dl' LT ..:urps. La presidente de !"Asscmh!fr spiriLud!e
rC~iona!e f'tail Miss Hsic Austin
Ji!re porrit'
Rome: ii nous a donne cette image affectueuse de Enoch: ii arriva de Tunis
au rnatin du I ~r fevrier 1957. •• i! eta it jeune. mince. d'un abord airnable et
pensait que cette Main de la Cause pouvait accornplir des miracles. I! avait un
\ ii...áu.\.
passepon anglais. expire depuis plusieurs annees. et eta it pratiquement
sans un sou (d"aucune devise quelle quáe!le soit) en poche. Je le conduisis au
Consulat britannique. Le Consul a la moustache ciree. refusa pendant vingt
bo1111es minutes de considerer la possibilite de renouveler le passepo,1 . .1áavais
demande a Enoch de ne rien dire mais de reciteráá Qui hormis Dieu dissipe les
difficultes ... ••. Lorsqueje dis que le Gardien de la foi bah;i'ie avail convoque
M. Olinga aHarfa. le Consul ouvrit un tiroir de son bureau. y saisit un dossier
volumineux avec des pages b\eues. les feuilleta avec grande attention et dit
ensuite: .. .le pense queje peux le faire". Le passepo11 va\ide en poche. nous
nous sommes precipites a l"Ambassade d"lsrael pour le visa qui fut accorde
immediatement. Ensuite. je pensai que Enoch pouvait peut etre avoir faim et
Jui demanda si tel etait le cas. ááOui .. repondit-il: ii n'avait pas mange depuis
la nuit precedente ... cher. cher Enoch. ii avait seduit nos creurs ! ••
Enoch dans ses nombreux voyages autour du monde. avait souvent
recours a la priere : .. Qui hormis Dieu diss1j1e !es d[fficultJs .. ". .le me rappel le une fois oll ii me raconta quáa la fin d'une longue tournee. alors qu"il
allait embarquer pour l"Ouganda. l'employee de la compagnie aerienne qui
faisait la pesee Jui dit qu"il avail un excedent de bagage et qu"il de\áait payer
un supplement. Enoch repondit qu"i\ rentrait chez Jui apres un long voyage
et que tout simplement i! náavait plus cl'argent; elle \ui retorqua qu'il devait
soit payer. soit abandonner ses bagages. cáest a\ors que. se tenant debout
dans la queue. ii sortit son !ivre de prieres, et comme!l(;a 8.se !ire une priere.
U16tesse l"interpella: .. Que faites-vous la O ", Enoch repondit: "Je prie.
que puis-je faire d'autre? ". Elle fut si desemparCe quáetle le laissa passer
avec ses bagages sans payer de supplement.
Le 3 t"evrier Enoch arriva 8.Hai'fa: ii en repa11it le 13 du meme rnois.
11s~journa dans la l"vlaisondes Pelerins Orientaux sur le Mont Carmel. ce qui
signifiait que Shoghi Effendi a!lait le traiter comme un pelerin oriental : les
hommes qui sejournaient 18.avaient non seulement le privilege de se prornener
dans !es jardins aux cotes du Gardien mais aussi la grande benediction de
pouvoir toujours visiter les Mausolees avec lui et de i-ecouter chanter les Tablettes de la Visitation de sa \áoix mervei lleusement melodieuse. En plus de ce
privilCge. Enoch etait la p!upart du temps seu\ avec lui : naturellement. Shoghi
Effendi lui par!ait en anglais. Quelquefois. Enoch aimait ase rememorer ses
premieres impressions. combien ii erait anxieux en attendant dáetre reyu par
s011 Gardien. a que! point ii ne pouvait imaginer comment Shoghi Effendi
- 39 - Ji:repartie
serait ou aquoi i! ressembkrait: 111ais par la suite. ii decouvrit !a majestCavec
laquelle ii parlai1 et quand ii le vit marcher.áá il rnarchait comme un roi ••.
alors ii devint manifeste que cá etait lui qui co111111andait et detenait l"autorite.
Enoch racontait ases enfants que Shoghi Effendi ressemblait aun lion. mais
quáen merne temps il etait tres doux. ll 1:appo11aune experience commune a
un grand no111brede pelerins : ii avait constate quáavant m€:med"avoir eu la
possibilite de poser ses questions. Shoghi Effendi y avail deja repondu. Par
contre. a la difference de la plupa,1 des pelerins. quand le Gardien Jui fit ses
adieux. 111•embrassa sur ]es deux joues.
Peu de pC\erins a vrai dire quittaient la Terre Sainte sans que leur
visite aux Mauso\ees et leur rencontre avec le Gardien náeussent open~ un
changement en eux. Enoch náetait pas une exception. L'amour dont l"avait
cornble Shoghi Effendi. \'eclairage de sa conversation ont profondement
influence la vie entiere de Enoch. Alors quáauparavant ii etait une aiguille
sáagitant peu ou prou vers le nord. ii devenait maintenant comrne une boussole
bien reg\ee. fermement orientee vers le Centre de sa Foi, son Gardien. son
vrai roi. Il retourna en Afrique de iáouest enflamme. rassure. plus mUr. Des
extraits de deux lettres que Enoch m •avait ecrites en 1956 et I 957. refletent
vivement la profondeur de son attachement a Shoghi Effendi: .. S'i\ vous
plait. voudriez-vous me rappeler au souvenir du bien.-aime Gardien et lui
dire combien nous \'aimons tous ... Ayant visite et prie aux tom beaux sacres.
contemp!e le visage saint de notre Gardien et entendu sa voix melodieuse. je
suis ce11ainquáun jour nouveau sá est !eve sur rnoi •• !
Une lettre ecrite le 15 fevrier 1957. de !a pmi du Gardien a Ml1s;i
Banani. exprimait ••sajoie de la visite en p0!crinage du premier bahaá1Africa in
de !a Croisade de dix ans - en fait le premier bahaái noir d'Afrique. Enoch
O!inga a remporte de nombreuses victoires pour la Foi. oáabord par son travail en Ouganda. puis en Ctant pionnier au Cameroun britannique. devenant
la-bas un Chevalier de Bahaáuá11ah.Cinq de ses enfants spirituels sont pm1is
du Carneroun vers des territoires vierges de la Croisade de dix ans. devenant
ainsi. eux aussi. des Chevaliers de Bahaáuá11ah. 11a !ui-rneme confinne 300
3.mes.a\áec cinq assemble"es.Le Gardien considere cela cornme unique clans
l'histoire de la Croisade. en Orient comme en Occident : et il a bCni celui
qui a senái a\áec tant d"altruisrne et a re111ponetoutes ces \áictoires pour la
Cause de Dieu. en le nornrnam ••Ahu"I-Futltl; ,._leáá Pere des Victoires ••. Le
Gardicn pl:'nsaitque vous et á/\li st:riez heureux de l'apprendre puisquáil est
l"enfant :,;piritueldeá Aliáá
Pour di\ crses raisons. t!:conL)IY1iques
etautres. !a !'emrneet !es en fants
de F1wch ~1aie111 restes en Afrique de 1áEst. Cependant. a\áec son election a
Jt'n: partie - 40 -
!"Assernblee spirituelle nationa!e de táAfrique clu Nord-Ouest et ses activites
d'enseignernent toujours croissantes. on pouvait considerer alors qu'il
sáinstallait pour de bon en Afrique de l"Ouest. Ainsi. peu apres son retour de
pe!erinage. ii retourna chercher sa femme et ses enfants en Ouganda. Ce fut
le 2 octobre 1957. durant cette visite. que M. Ban~lnf rec;:ut un telegrarnrne
de Shoghi Effendi lui demandant d"informer Enoch Olinga. ainsi que deux
pionniers servant en Afrique - John Robarts et William Sears -áá de leur ••
ELEVATION RANG MAIN CAUSE". ajoutant •• SUIS CONFIANT HAUTE
DISTINCTION LEUR PERMETTRA ENRICHIR ANNALES LEURS
SERVICES MERITOIRES ••. Enoch fut convie dans la maison meme ou ii
avait accepte la Foi. On lui mis clans \es inains le telegramme du Gardien. II
a
le lut. puis se prosterna etendu plat ventre sur le sol. ce qui. en Afrique. est
une marque de profonde soumission a son Seigneur.
II faut rappel er que. pour Enoch et les sept autres Mains de la Cause
nommees en meme temps par Shoghi Effendi, la mo1i de ce dernier. survenue
si subiternent un mois apres I' etourdissante nouvelle de leur elevation au rang
de Main de la Cause. fut un choc terrible: a peine avaient-ils eu le temps
d'apprehender ce nouveau rang qui leur etait confere. que leur guide etáá vrai
frere •• sen etait alle ! Enoch telegraphia a Shoghi Effendi le 4 octobre: ••
JUSTE RE<;'U MESSAGE SACRE DU BIEN-AIME MES CAPACITES PA-
RALYSEES: AVEC ENTIERE SOUMISSION ET HU MILITE J'ACCEPTE
FAVEUR DIVINE ME SENS PROFONDEMENTRECONNAISSANTSOU-
HAITS S/\CRES DU BIEN-AIME POUR NOTRE PROGRES IMPLORE
SES PRIERES POUR CONFIRMATION DIRECTION ET DEVELOPPE-
MENT SPIRITUEL. VOTRE DEVOUE. ENOCH OLINGA.''
Retournant vivre avec sa famille a Victoria. Enoch se donnait a
ses activites d'enseignement sur une echelle toujours plus grande a travers
l"Afrique de J'Ouest. Tousles territoires britanniques de cene region etaient
contr6!es et administres a panir du Nigeria. pays quá ii visitait frequemment
a
et oll ii avait amene la Foi de nombreux nouveaux adeptes. tout comrne au
Cameroun. Son Als aine. George. se rappel le que durant ces annees en A frique
de J'Ouest son pere pa!1ait sou vent pour de tres longs voyages <.fenseignement
hors du pays. Enoch lui-meme mentionne le Ghana. le Liberia. la Sierra Leone
et la Gambie •• pour 11áe11citer --. dit-il. •• que que!ques-uns •• cles pays ol1 ii
•• contribua 3 guider beaucoup er Urnes vcrs la Cause de Dieu ••. Les histoires
vivantes. quáil racontait ~'i.sa famille lorsquáil retournait. stimulaient l"intirtt
des enfants pour la Foi. Ouelquefois. s"i! partait uniquement JXllir le week-end
au Cameroun. ii prenait Ceorge avec lui. Non scu!erncnt son :-ervict: pour la
Foi etait que!que L'hose de sptcial pour Enoch. mais encnre clans .-;amaison
/i:Ft.: j)(lrfit.:
ii y avait toujours un endrnit particulier pour ses pr~cieuses photographies.
de áAbduáI-Hah3 et de Shnghi Effendi ainsi que des lieux ayant un caractere
sacre. Tout cela insuffla dans le cceur de ses enfants un amour ct un respect
semb!able: tous de\'inrent en granclissant des batiaáis tres <.kH1uCs.
Alors que les fi-1n11a!itesexigees pour assister aux funerailles du
bien-aime Gardien a Londres avaient empeche Ern.)ch dáy Ctre present il
put quand merne se joinclre a ses colle"gues Mains de !a Cause au premier
Conclave tenu immediaternent apres le deces de Shoghi ECfendi. a BahjL le
18 novernbre 1957 ainsi quáa tous les autres qui suiYirent. Bien que Enoch
elH le don des mots et qu"i! ffit un brillant orateur.je me souviens qu'il restait
incroyablement silencieu.x !ors de nos reunions. suivant avec attention du rant
de longues heures. parfois meme de longs jours. les discussions en deux langues. anglais et persan. observant un profond silence avant de tirer ses pro pres
conclusions. Quand on se souvient qu' ii n 'etait al ors quáun jeune horn me de
trente et un ans. un jeune baha'i depuis seu\ement quatre ans - notre bebe
Main -- on realise que ce dut etre pour !ui des annees de grand stress; cáetait
deja de terribles annees de tension pour ses pairs bien plus ages. beaucoup
aá
etant nes bah is !
Une des qualities Jes plus sympathiques de Enoch etait son rire. un rire
franc.joyeux. touchant et contagieux. Ses compagnons Mains de la Cause ne
tarderent pas a apprfrier ce trait de caractere et allaie-ntjusquáa memoriser
tout au long de iáannee. un lot d"histoires dr6les pour avoir le plaisir de !es
lui raconter ]ors du Conclave suivant. Dieu sait combien nos cceurs et nos
pensees etaient gra\ es sous le po ids de nos responsabilites et de nos problemes. Le rire. !ors de nos repas. etait alors une detente bienvenue pour nos
esprits sou vent tristes et epuises. Parfois. ils faisaient tant rire Enoch. que je
]es sermonnais en leur disant quáils allaient le rendre malade: bien entendu.
d'autres riaienr aussi - mais pas comme Enoch qui commen9ait en gloussant
et finissait en se tordant de rire.
Depuis son pelerinage. Enoch et moi etions devenus tres proches.
a
Quelques Mains clonnaient Bahjf tandis que ctáautres retournaient pour la
a
nuit HaYfa. Enoch et moi etions de ceux qui restaient a Bahji durant tout
le Conclave . .le me souviens quand !es jardins avaient ere envahis par des
escargots qui devoraient toutes !es plantes.jáavais insiste pour que les Mains
sortent capturer des escargots. en leur distribuant des recipients. pour leur
a
col!ecte. Sous le brillant c!air de lune. huit d'entre nous se mirent la t§.che.
commen~ant par !e~ plates-ban des du bas. face au Mauso!ee. Quand je me
rctnurnai un peu pl Lb tardje máapen;:us que taus sáetaient dernbes: seul lefide!e Enoch et nwi-m0me etions encore en train de ramasser Jes escargots !
J()rc /)({rfie - 42 -
Ces annees-13. de 19.'.'7 a 1963 - lorsque Enoch retourna vi\Te en
Afrique de 1áouest- furent en beaucoup de points trCs difficiles pour lui, Ses
relations avec Eunice. sa premiere femme. a!laient de ma] en pis. Fina\ement.
apres presque trois ans. elle retourna en Afrique de l'Est. rnais Jes enfants
restCrent avec lui. Le divorce fut prononce en 1961 et en 1963 Enoch partit ;.\
Nairobi avec sa seconde femme Elizabeth avec laquelle ii eut deux enfants.
Lennie et Tahereh.
Residant encore en Afrique de \"Ouest. Enoch retourna a Kampala
pour assister a la ceremonie historique de la pose de la premiere pierre du
Temple mere de l"Afrique. le 14 janvier 1958. II participa i1 la conference
d'enseignement d'Afrique qui eut lieu pour \'occasion. partagcant avec moi
!a tribune de la reunion publique. Une sernaine plus tard. Iá impressionnante
conference bah8.• le intercontinenta!e d' Afrique. demandee par le Gardien eut
lieu a Kampala - l'une des cinq conferences analogues marquant le milieu
de la Croisade mondiale. Enoch fut president d'une des sessions et orateur
a une autre. Son sujet etait : .. Le processus vital de la transformation individuelle ...
Tous ces evenements et tensions dans la vie de Enoch. comme cela
devrait etre le cas pourchacun de nous. fru;onnCrent son caractere: ils l"aidea
rent evoluer spiritue!!ement selon ses propres potentialites. le faisant mGrir
jusqu'3. devenir veritablement un grand homrne. mais non sans souffrance. ni
anxiete. descendant parfois dans Jes va!lees ou bien escaladant Jes montagnes.
Dans une lettre qu'i! máadressa le 13 octobre 1963. Enoch ecrivait du Nigeria:áá Je suis actuellement en route pour Nairobi olije cornpte ni'installer ••.
et ii ajoutait. ••j"aurai a faire face aux difficu!tes qui ne rnanqueront pas de
rn'assaillir ••. II demandait des prieres pour sa •• faible. frele et impuissante
personne ... la souffrance que je vis ces jours-ci est grande ... pnez pour moi
afin que je puisse rn•elever au-dessus de la condition actuel le ol1je me trouve
malheureusement et qui menace de detruire mon esprit et mon cl.me...... 11
suppliait toujours la bien-aimee Perfection Benie. •• Je sais qu"il rnáaidera a
demolir le rnur qui entoure tout 111011 etre et que je rn'efforce dáabattre ••
Sombres annees de tourments pour Enoch.
Finalement. il retourna vivre dans son village natal de Tilling dans
le Teso en Ouganda et y construisit ~me maison pour sa famille. Progressivement. grace aux directi\áes affectueuses de la Maison universe!le de justice.
ii recommen~a ses nornbreux voyages pour la Foi. Comine dáautres Mains
de la Cause. ii representait souvent la Maison universe!le d~ justice lors de
conferences internationales et !or~ de conventions inaugurant de noU\'elles
assernblees spirituelles nationa!t.-s panout dans le monde. Ces, oyages ainsi
- -i3 - Ji:reponie
que !es nombreuses et longues tournees quá11 entreprit sur tousles contincms
du globe. t!:taic:ntviritablernent source de joie autant pour Enoch que pour !es
milliers de croyants qui le rencontraient. II evoluait slirement vers sa maturite.
C"t!:tait un homme tres intelligent. un orateur tres eloquent avec une grande
maitrise de soi. I! etait a la fois digne et cou11ois dans ses demarches aupres
des officiels et des medias. Enoch avait de la prestance; elle est assez difficile
a decrire car elle a quelque chose de tres africain. la .. prestance •• d'un grand
a
chef. qui incarne la fois l"image du pE:reet de l"autorite.11 etait sincE:rernent
gentil. affectueux. ii s'interessait aux autres. et taus - !es puissants comrne
\es foibles - ressentaient sa bonte et le !ui rendaient. Son grand rire spontane
etait 18.aussi pour entrainer ]es autres avec Jui. dans une grande vague de
detente et de pure allegresse.
Les Mains de la Foi choisirent Enoch pour presider la session ctáouverture du Congres rnondial bahaár du bicn-aime Gardien qui eut !ieu du 28 avril
au 2 rnai 1963. celebrant la fin de son grand Plan de dix ans. sa Croisade
mondia!e. Environ sept mi Ile bah aá is etaient presents. venant de presque taus
]es territoires et i\es importantes du monde. reunis dans le magnifique Albe11
Hall de Landres. Enoch. le grand noir. emit une figure ideale pour sáadresser
a cette fou!e heteroclite !ors de cette occasion historique.
Enoch rencontra beaucoup de chefs dáetats lors de ses visites dans
differents pays. Une des entre\'l1es Jes plus interessantes qu"il aitjarnais eues.
fut avec !e DalaY-Lama en octohre 1968. clans sa retraite de Dharamsala en
Inde. Le groupe fut d"abord minutieusernent fouille par Jes gens de !a securite
du Lama et. apres une legere attente. fut reyu par Sa Saintete le chef spirituel
du peuple tibE:tain qui est pour eux la reincarnation de Bouddha. 11fut surpris
et interesse voyant ce groupe de visiteurs qui comprenait un africain noir. sa
femme et sa fille, un anglais et deux indiens. Bien qu"il parl3.t par l"intermediaire d'un traducteur. ii etait evident qu"il comprenait l"anglais. 11fit remara
quer qu'ils etaient tous tres differents. ce quoi Enoch repliqua. •• Oui. mais
a
nous sommes tous de la meme famille ••. et ii se mit developper ce theme.
a faire le recit des exils. emprisonnements et souffrances de Bahaáuá!lah.
Cela provoqua un pro fond echn de sympathie chez son h6te. Leur visite dura
plus ctáune heure - ce qui etait inhabituel - et Sa Saintete leur temoigna une
extreme cout1oisie. II náy a aucun doute sur ]'impression que Enoch lui fit.
en exposant de nombreux enseignernents de Bah3.'u'll3.h.
Lebon sens et la sagesse de Enoch ne sont nulle pati mieux iilustres
que clans !es conversations que sa belle fille iranienne. Forough Ehsani. une
p'icrnniere en Ouganda. se rappcál le avoir eues avec son cher beau-pere a propos de son mariage avec son iils George. A Tilling. Enoch avait un bureau
Ji:re parric - 44 -
special a Jui. sa áásal le de prieresáá. dans !aquel!e se trouvaient ses po11raits du
Maitre et du Gardien et les objets qui !ui etaient chers. La. ii parlait souvent
avec e!le. Ce fut dans cette piece qu\111jour ii lui demanda si elle etait certaine de vou!oir se rnarier avec George:áá Aimerais-tu te marier avec lui? ...
Le mariage náest pas facile. Tu dois etre prudente. As-tu pense a l'avenir et
au, di fficultes futures ,, Yous etes differents. de differents pays et contrees.
acceptes-tu ce!a dans ton cceur ? Est-ce vraiment ce que tu veux ? '' me
dernanda-t-il a plusieurs reprises et je repondis •• Oui. je le veux á•. Al ors. ii
me prit dans ses bras et máembrassa avant d'ajouter. •• Le reste est dans les
mains de Bah,fu'l18.h. 11resoudra les problemes .._ Un jour une crise surgit.
A pres la naissance de son enfant. pendant la premiere an nee de son mariage.
un serieux malentendu surgit entre elle et un membre de la famille. Elle fut
si bouleversee quáelle prit l'enfant et quitta la rnaison. á'Enochá•. dit-elle.
•• envoya un de ses fils me chercher avec ce message'":áá Dis a Forough de
venir et de laisser l'enfant dans cette maison. et elle pourra s'en aller quand
elle le voudra .. _ Lorsqu'elle se trouva face aEnoch elle dit: .. Mais cet enfant
est a rnoi ••. Enoch repondit. ••Non. cet enfant appai1ient acette famille ; si ii
ya un malentendu. explique toi avec Jes mernbres de la famille. Tune peux
rneler I"enfant aton problerne ni acelui de quelqu'un d'autre. Laisse l'enfant
et ensuite nous pourrons resoudre le problerne ensemble. Ne mele pas l'enfant acette histoire ••. Elle se souvient: •• Lorsqu'il prononya ces paroles.je
sentis mes jam bes trembler! Je posai l'enfant et repondis. •• Mais comment
vais-je faire sans 111011 premier enfant ?á ,. II continua : •• Quand ta col ere
sera retombee. viens dans mon bureau . .le veux te voir. pas avec Georges.
toi seule. •• George restait cal me. priant interieurement que tout revienne en
ordre. Elle a\la dans le bureau de Enoch. dans une situation qui dut etre un
veritable bou!eversernent pour tous. Enoch lui rappela comment. avant son
mariage. ii 1áavait mise en garde contre ctáeventuels problemes. Avec serieux.
la regardant dans ]es yeux. ii lui dit: •• Forough ma cherie, te conduire com me
tu 1áas fait. en empo11ant l'enfant sans resoudre le probleme. ne t'aide pas.
ne rnáaide pas. et su11out n'aide pas la Foi. Tu sais que tout ce que tu fais a
pa11ir ctáat~iourd'hui doit servir !a Foi. le nom de la Foi. Et tu sais combien
le plus petit problerne entre toi et George peut po11eratteinte a la Foi. Veuxtu. je te prie, penser dans ce sens et oublier le reste ! •• Forough ajoute: •• II
máavait completement changee". Pois il dit une priere. me serra dans ses
bras et pleura. II pleura etje sentis l'hurnidi.te de ses lannes. ii dit alors: ., Je
fen prie.je t"en prie. aide la Foi .. ! Elle rejoignit la famille. completement
reconci!iee et des lors. l'hannonie regna. Enoch lui avait appris la leyon la
plus imponante de toutes - la Foi vient en premier.
- 45 - Ji!repartie
S \:n sui\áircnt de nombrcuscs annCcs de scrYice acti f. Enoch sou\ácnt
accompagnC: de sa femme Elizabeth - qui Ctait c!lc-mCrne une croyantc dC-
\áouCe et active - voyageait bcaucoup. \áisitant et stimulant lcs bahJ"fs. rcncontrant !cs hauls fonctionnaircs. prCscntnnt la Foi au public et aux mCdias.
Ses en fonts grandissaient, deu:x fillcs sc mariCrcnt a\"CCdes pionnicrs babel"is.
Georges et Forough curcnt deux autrcs en fan ts. Bien que la maison des Olinga
fftt a Tcso, apres la rnort de M. Banitni, Enoch achcta la maison historique
dans laquelle la famillc Ban,ini-Nakhja\á,1ni avait vecu de si longues :.mnC:cs
a Kampala. la maison ol1 lui-mCrnc avait acceptC la Foi ct ol1 il a\áait appris
son C!Cvation au rang de Main de la Cause.
11est impossible d'CnumCrcr en dCtails scs faits de service et scs voyages entre 1958 et 1979, annCe de sa rnort. De \ongucs biographies a\ácc des
sources faisant autoritC seront nCcessaires pour canter !es exploits des Mains
de la Cause nommees par Shoghi Effendi. J'ai inclus ci-aprCs sculcmcnt un
petit apen;u des principa\es activitCs de Enoch durant ccs annCes.
En I 958, a rni-parcours de !a Croisade mondiale, il a participC: a
trois des conferences continentalcs, prCvucs par Shoghi Effendi, a saYoir
celle d'Afrique qui eut lieu it Kampala: ccllc d'Europe it Frankfo11: ct ccllc
d' Asie a Singapour. AprCs cette derniere ii fit une tournee en Australie, Nouvelle Zelande, Fiji, Samoa et au Pakistan. II etait demise chez !es Mains de
la Cause d'utiliser de maniere aussi etendue et economique que possible la
visite d'une autre Main de la Cause, en le faisant participer ades conferences
ou a des conventions. lui faisaient visiter. a l"aller comme au retour. autant
de centres que possible dans toute la rCgion.
En I 960, Enoch visita de nornbreux endroits en Afrique de I'Quest
et du Nord, en Sicile et en ltalie.
En l 9fi1, aprCs avoirreprCsentC les Mains de la Cause aux comáentions
inaugurates baha'ies de la Jamai"que, en RCpublique Dominicaine et aCuba,
ii entreprit, pendant quatre mois, une tournCe dans !es Grandes Antilles et en
AmCrique Centrale.
En 1962, ii voyagea beaucoup en Afrique de l'Est, au Soudan. en
Ethiopie el au Congo (actuel R.D.C).
En 1964, ii representa la !vtaison universe Ile de justice aux conYentions inaugurales des AssemblCes spirituel\es nationales de \'Ocean Indien.
de l'Ile Maurice. du Sud de l'Afrique Centrale en Rhodesie (actuel Zimbabwe).
En 1967. ii representa la l'vlaisoi:i.universd\e de justice a la conu~ntion inaugurak de !"Asscmbll2c spirituc!lc nationale du Swaziland. Lesotho
ct Mozambique.
1ere partie - 46 -
En 1968. Enoch assistc1 c.lla grandc conference bahti'ie meditcJTanCennc qui cut lieu a Pa!erme en Sicile. ct commc la plupart de ses pairs
l'vfains de la Cause, assista a la cClcbration g!oricusc a Bahjf du CentiCmc
Anniycrsairc de l'mrin~e de Bahc.l'u'll.ih a áAkkcl cornmeprisonnier.
En 1968 aussi, Enoch fut rc<;up.ir !e DalaY-Lama a son quartier genCral en Indc, !cl aussi, ii visita de nombreux centres bah3'is dans cc vastc
sous-continent.
En 1969, Enoch represcnta la i'vlaison universellc de justice !ors
de l'Clcction de la premiere AsscmblCc spirituclle nationale du Burundi ct
Rwanda.
En 1970, ii rcprCsenta la Maison univcrselle de justice a la formation
de la premiere Assemb!Ce spiritucllc nationale de la HauteAfrigue de I'Ouest,
faisant pl us tard cettc rnCme annCc unc vaste tournCe en AmCrique du Sud,
en ArnCrique Centrale et aux Antilles, travcrsant ]cs Etats-Unis et y visitant
de nombreux centres.
Puis, ii pa1iit pour le Pacifiquc oi, ii visita les iles Salomon et le Japon,
assistant cnjanvier 197 l en tant quc rcpresentant de la Maison universelle de
justice. a la conference Oceaniquc du sud de la mer de Chine a Singapour;
plus tard cette meme annee, ii remplit cette meme fonction a la convention
inaugurale de l'Assemblee spirituelle nationale du Tchad.
En 1971, Enoch representa la Maison universelle de justice a la premiere convention de l'Assemblee spiritueile nationale d'Islande et ensuite
effectua une tournee tres complete des communautes bah3'ies de Scandinavie,
Grande-Bretagne et Italie. En juillet, ii visita I'Iran avec Elizabeth pour rendre
hommage ala maison du Bab a Shiraz et 3 d'autres sites historiques baha' is.
Enoch devenait de plus en plus preoccupe par I' Afrique car Jes problemes
de: ce continent s'accroissaient continuellement.
En I 973-74, ii fit un voyaged' enseignement de cinq rnois dans douze
pays de I' Afrique de l'Ouest.
L'annee 1975 le vit de retour dans cette region pour assister. comme
representant de la Maison uni\'erselle de justice, atrois conventions inaugural es pendant la pfriode de Ric_lvcln- un evenement assez commun, puisque
d'autres Mains de la Cause a certaines occasions fournirent de tels efforts
- pour !'election des Assemblees spirituelles nationales de Sierra Leone.
Liberia et Guinee et la Haute Afrique de l'Ouest.
Durant cette meme annee Enoch fit de nouveau une tournee dans
douze pays de l'Afrique de l'Ouest. Jes aidant a atteindre leurs buts: il retourna cnsuite en Ouganda pour passer le rcstant de cctte annCi.:ainsi quc ks
pri.:micrs rnois de 1976 a travail!er intensi\-ement pam1i Jes communautCs
- 47 - 1ere parrie
baha'ies de ce pays.
Pendant 1•etede cette annee-13.. Enoch visita a nouveau huit pays de
l'Afrique de l'Ouest avant de representer la Maison universelle de justice. en
janvier 1977. a la Conference internationale d áenseignernent qui eut lieu au
Bresil et plus tard pa11icipa aune conference sirni!aire aME:ridaau Mexique:
ii visita quelques autres pays du Nouveau Monde dans J'hernisphere nord et
s'en retouma en Afrique a temps pour representer la Maison universe\le de
justice a la convention inaugurale de l"Assemblee spirituelle nationale de la
Haute-Volta (actuel Burkina-Faso).
A pres avoir vi site anouveau divers pays avoisinants. Enoch retourna
en Ouganda pour consacrer \es deux dernieres annees de sa vie a protE:ger.
reconfo11er. stimuler et garde1á la communaute bahaáre de son pays natal. en
proie aux affres cinglants d'une tenible guerre civi\e. dont ii fut finalement
victime.
Les nouvelles de !'interdiction de la Foi en septembre 1977 - la dissolution officielle de toutes ses structures administratives et de ses activites -
parvinrent a Enoch a Kampala. On rapporte qu'i\ sá exclama: ááNon! Personne
ne peut bannir la Foi de Dieu ... "'. Pour !es bahil'is ce fut une experience
choquante et dechirante. d'autant plus que le premier temple d'Afrique etait
erige sur Kikaya HilL dans la banlieue de Kampala. et les croyants ougandais
avaient toujours eteune cornmunaute renommee et florissante. Enoch redigea
une lettre au President. qu 'i l porta. avec le secretaire de 1•Assemblte spirituel le
nationa\e. au bureau du President et dans \aquelk ii attirait son attention sur
la nature et le statut de la Foi et le respect dont elle avait toujours jouit en
Ouganda. Ceci et d'autres petitions náeurent pas le moindre effet.
Enoch avait etudie en profondeur !es enseignements et !l avait acquis
une grande experience; ii constituait ainsi un bouclier ideal pour la Cause
de Dieu pendant cette periode cruciale. Se rendant compte de l'inutilite des
protestations et des petitions. ii decida de se concentrer sur trois points :
sáassurer que les croyants obeissent iJ,np!icitement au gouvernement. !es
encourager et maintenir leur Foi vivante"Jproteger !es proprietes bah,.:i"ieset
transporter en lieu sl1r \es archives sacrees et irrempla9ables q u •il conservait
a Tilling. Tout de suite apres l'tdit gouvernemental. Enoch et M. lsimai. le
secretaire de \á Assemblee nationa!e. avaient terme le centre national situe
sur le site du Temple. refusanát meme de vendre des livres bah8."is. II náy a
guere de doute que cette obeissance totale au ctecret du gouvernenient. confonnement aux instructions explicites de Baha áu á11ah lui-meme qui exhorte
les bah::l"isaobeir a leurs gou\áernernents. etait le meilleur rnoyen possible de
proteger le precieu:-.:Temple: ce dernier ne futjamais ni confisque. ni occupe
1ere partie - 48 -
ou endommage. mais toujours laisse a la garde des baha'is.
Apres le bannissement de la Foi, la Maison universelle de justice
chargea la Main de la Cause et !es deux conseillers, Oloro Epyeru et Kolonario
Oule de la responsabilite de guider et proteger la communaute ougandaise,
une tcichedont ils sáacquitterent avec un grand devouement jusqu'8. ce que
la Maison universelle de justice put retablir une structure administrative en
aout 1979.
Au fur et a mesure que !es mois passaient, l'Ouganda senfon9ait
toujours plus profondement dans une guerre civile feroce, dans le terrorisme
et le chaos, veritable raz-de-maree qui finit par engloutir si tragiquement
Enoch et sa famille. II faut bien se rappeler que Enoch etait non seulement un
baha'i celebre - la premiere Main de la Cause africaine et une des deux seules
Mains de la Cause Noires, l'autre etant Louis Gregory aux Etats-Unis - mais
aussi un homme d'affaires repute, habile, prospere avec des parents et des
amis hauts places. Figure eminente, ii constituait une cible ideale pour des
groupes subversifs. Son fils George se souvient de son pere lui disant, meme
avant que la guerre n'eclate, qu'il avait decouve11 que son nom figurait sur
une liste de personnes a "eliminer" dans le Teso. Au coms de cette periode
cruciale, Enoch reaffirmait souvent qu'il ne quitteraitjamais l'Ouganda, que
jamais ii ne s'enfuirait. .
En mars 1979, lorsque,jourapresjour. la guerre de liberation gagnait
en importance, ii decida d'aller en voiture de Tilling a Kampala. une distance
d'environ 300 kilometres. Son oncle lui fit des remontrances. et soulignant !es
dangers, le pria instamrnent de ne pas y aller; rnais Enoch ne se ctecouragea
pas et dit: "De quoi dois-je avoir peur? Est-ce que le Bab s'est enfui? Estee que Baha'u'llah s'est enfui ? Est-ce que 'Abdu' 1-Baha s'est enfui ? ". et
il decrivait combien ii etait merveilleux de rnourir en vrai croyant. ajoutant
que si le voile entre ce rnonde et rautre etait leve. nous aspirerions tous a
mourir.
Sur la route de Kampala, ii fut victime d'un terrible accident. Un
camion de l'arrnee heu11ason vehicufe. le projetant hors de la voie dans un
ravin, oll sa voiture fit plusieurstonneaux. Une grossesomme d'argent Juifut
aussi volee. Ceci se passa le 25. Cette nuit-la. !ors d'une reunion de prieres
entre lui et sa farnille dans leur maison de Kampala. ii affirrna que si ce n'etait
pour Baha'u'llah. ii ac,rait certainement trouve la rnort dans un tel accident.
Le smi s'acharnait sur la famille deja profondement eprouvee par
un tel choc : deux jours plus lard. le fils d' Enoch. Badi, disparut sans laisser
de trace. Une sernaine plus lard. cependant, ii rentra sain et sauf. II sernble
que c'etait des soldats qui l'avaient kidnappe. lui et sa carnionnette. pour
- 49 - 1erepartie
une besogne hors de la ville, le liberant ensuite. Apres la disparition de Badi,
comme la situation dans la ville devenait de plus en plus dangereusc, Jes
Olinga rnarchercntvers la proprietedu Temple, qui etait distanted'environ
dix kilometres. Une marche longue et epuisante pour Enoch, qui souffrait
encore beaucoup des suites de son acf:ident. Le 6 avril, ii decida d'envoyer a
Tilling, sa plus jeune enfant, Tahereh, avec sa maman; le train qu'elles prirent fut mitrailleaplusieursreprisessur la route,mais elles eurentla chance
d'aniver vivantes. Miraculeusement,au meme moment Badi rentraitsain et
sauf Enoch l'envoya sur-le-champ, avec son frere Patrick, Jes rejoindre. Luimeme etait trop foible, a cause des suites de I 'accident, pour entreprendre le
voyage ardu du retour a Tilling.
Enoch retourna alors seul dans sa maison, rue Kitante. Le IO avril des
milliers de personnesfuirentKampalaqui etait intensivementbombardee.
Une fois de plus, Enoch fut decide a chercher refuge sur la propriete
du Temple et ii entreprit la penible marche pour y parvenir, se debattant
a !ravers la foule de gens effrayes qui fuyaient la ville. Cette nuit-la, une
violente confrontation a l'artillerie lourde fit rage auteur de Kikaya Hill,
siege du temple. Enoch pass a la nuit a prier, se demandant ce qu' ii arrivait
au Temple et s'il verrait jamais poindre l'aube. Le ]endemain pourtant, le
Temple se dressait encore indemne et la nouvelle si longtemps attendne etait
enfin diffusee : le gouvernement d' Amin avait ete renverse. Enoch et un
autre croyant se hB.terentvers le Temple Mere d 'Afrique, ouvrirenttoutes
Jes neuf portes et adresserent des prieres de graces a Baha'u' llah. Combien
ii etait mysterieux et remarquable que ce cher Enoch, present !ors de la pose
de la premiere pierre du Temple en 1958, dut lui-meme en ouvrir Jes portes
toutes grandes !
Le jour suivant Enoch se rendit a Kampala, inquiet pour la securite de
sa maison, tandis que Jes soldats et la population locale pillaient sauvagement
la ville. II arriva chez Jui, pour trouver sa maison videe de fond en comble
et manqua de peu d'etre fusille car on I' accusait d'etre un partisan de 'Amin
- une accusation qu'il put heureusementrefuter avec succes [ Comme il
n'y avait rien qu'il puisse faire, il retourna au Temple ou sa protection etait
essentielle pendant ces jours de transition ou l'anarchie regnait. Elizabeth
et ses enfants etant impatients de le rejoindre, ii decida done de restaurer et
remeublersa maison.
Bien que !'interdiction de la Foi n'eilt pas ete officiellement levee
avantplusieursrnois,la situationse trouvaitcompletementchangeeet la Maison universelledejusticedecidade designerun Corpsadministratif interimaire
pourreorganiserpetitapetitJesactivitesbah8.)ieset se chargeregalementdes
1ere partie - 50 -
proprietes bahcl'ies jusqu '3. ce que I' Assemblee spirituelle nationale puisse
etre reC!ue. La premiere reunion de ce Comite administratif ougandais devait
avoir lieu !es 25 et 26 aoilt au Centre nationaf L'etat d'abandon de ce dernier
et des autres batiments du site du Temple affligeait beaucoup Enoch ; avec
l'aide de quelques ,ms, ii eommen9a a preparer la l:!a;,irat'ul-Quds, la nettoyant, an-angeant Jes bureaux et les dossiers, allant jusqu' apreter main forte
lui-merne pour !aver le sol. Pour Enoch, servir signifiait toujours faire ce qui
necessite d'etre fait. I1 Ctait rayonnant de joie pour cet evenement. Lorsque
Jes membres du C~mite se reunirent, un nouveau livre de prieres fut offert
a chacun, avec certains passages marques pour la lecture, car Enoch avait
prepare" un programme de devotion emouvant et soigneusement arrange" .
Puis le groupe alla au Mashriqu'I-Adhkar pour ]'inauguration solennelle de
\eur fonction historique. Ils visitE:rentensuite la tornbe de la Main de la Cause
Ml1siiBanclni,enterre aproximit6. Enoch fut invite apresider la premiere reunion et alire la lettre de la Maison universelle de justice nommant le Cornite
et indiquant ses fonctions; il fit observer qu'ils 6taient maintenant "un bras
de la Maison universellc de justice tendu au-dessus de l'Ouganda" et leur
demanda <les 'en remettre en tout temps au pouvoir du Saint-Esprit pour les
aider. Le deuxieme jour Enoch fut anouveau invite aprendre la presidence.
11exposa leurs devoirs, insistant sur les besoins urgents de la communaute
baha'ie dans tout le pays et l'etat preoccupant de la propriete du Temple,
qui avail ete negligee par la force des choses et avait subi de nombreuses
depredations : liaisons teJephoniques, alimentation en eau, gazon aentretenir,
equipement de bureau, tout exigeait une attention immediate.
George, le fils d' Enoch, evoquant les derniers jours de son pere,
dit qu'il passait la plupart de son temps a Kikaya Hill. Jl etait heureux, la
formation du nouveau Comite administratif d 'Ouganda l' avait soulage d'une
grande charge. Apres toutes Jes annees de frnstration et d'anxiete, enfin
I' edifice administratif de la Foi etait anouveau sur pieds ; c' etait pour lui un
tel soulagement qu'il dit a quelques amis qu'il etait alors pret a mourir, II
aimait servir au Temple, le nettoyant et le balayant de fond en combles Jes
samedis, le preparant pour I' office public du dimanche matin, Souvent, ii
allait faucher lui-meme acoups de lourde machette le gazon qui l'entourait,
travaillant jusqu' a epuisemenL Quand ii en tend it qu' on s 'etait enfin procure
des tondeuses aNairobi pour ce travail, ii fut ravi, car alors les beauxjardins,
trop longtemps negliges. allaient enfin pouvoir etre restaures pas apas.
La tension et l 'horreur de ces mois de guerre violente avaient particuliercment affecte la santc et les esprits de la plus jeune enfant d' Enoch,
Tahereh, qui allait avoir quinze ans. C'6tait l'habitude de la famille Olinga
- 5l - Jere partie
de se reunir les jours de fetes et d' occasions special es, et Elizabeth et Enoch
deciderentd'organiserune reunion pour le week-end du dirnanche15 septembre, Ils esperaient, qu'en plus du fait de se retrouver taus ensembles a
nouveau, cela remonterait le moral de Tahereh. Forough etait a la fin de sa
grossesse. Elle avait ete severement battue et avait rec;u de nombreux coups
de pied quand des soldats avaient penetre dans sa maison a Fort Portal. Elle
ne savait pas si le bebedans son ventre vivait encore. Apres cette attaque,
avec George et les enfants, elle vint chez Enoch a Kampala et consulta un •
medecin. Elizabeth, cependant, n'etait pas satisfaite. elle insista pour que
George l'amenat absolument chez un medecin baha'i a Mombassa au Kenya
afin d'y faire un examen complet et d'y suivre eventuellementun traitement.
Elle lui remit aussi un peu d'argent pour acheter, une fois '1a-bas, une jupe et
un chemisier pour Tahereh, car on ne pouvait plus rien trouver en Ouganda.
Enoch leur dit qu'il comptait Jes voir de retour pour la reunion de famille.
Ces evenements se passaienttrois semaines environ avant sa mort.
Enoch ne participa pas a la deuxieme reunion du Comite administratif
d'Ouganda, qui eut lieu le 15 septembre dans la f:la,:irat'ul-Quds, le Conseiller
M. Kolonario Oule etant venu specialement du Teso pour discuter de certains
sujets avec eux. A la maison de la rue Kitante seuls Tahereh, Lennie et Badi
etaientavec leursparentsce week-end Ia. George et sa farnilleetaientencore
au Kenya. Patrick etait retenu par un travail dans le Teso et Godwin etait
aussi en retard pour rentrer a la maison. L'aITivee de ces trois fils de Enoch
avait eteretardee,apparemmentpourcteáscirconstancesbanales; c'est neanmoins ce qui epargnaleurs vies, car s'ils etaient rentresplus t6t, ils auraient
tres certainernentete assassines avec les autres. Par ces temps troubles~la
famille avail pris l'habitude de toujours laisser quelqu'un a l'interieur de la
maison pour lagarder. en plus de l'employe de maison qui etait aussijardinier
et qui habitait a cote dans un batiment separe. Cependant ce dimanche 16
septembre, raconte Forough, Enoch insista pour qu'ils prennent le dejeuner
en pique-nique et qu'ils aillent tous passer lajournee a Kikaya Hill.
Mme CatherineKabali,un membreauxiliaire,fut un temoin oculaire
des evenements de ce jour-liI. Les amis se rendirent au Temple plus tot que
d'habitude parce que la Main de la Cause allait leur faire un brefexpose sur la
situation des baha'is persecutes en Iran. Elle decrit Enoch, dans son costume
blanc, avec son'' visage radieux et digne", sejoignantjoyeusement au chant
d'une offrande en Swahili al'office du Temple:" Soyez heureux, soyez heureux car aujourd'hui est le jour de !'unite!". Quelques jeunes baha' is etaient
venus du Teso avec M. Oule pour aider a nettoyer la propriete du Temple ;
plus tard dans la journee ils jouerent de la rnusique. Enoch et Elizabeth se
Jfre partie - 52 -
joignirent ala danse. Com me Tahereh restait timidement en retrait. ses parents
l'entraJnerent aussi dans la danse et taus dansaient. dansaient. .. Mme Kaba\i
ecrit: .. Je me rappelle Elizabeth dansant faisant des signes de la main, ne
sachant pas encore qti'elle allait quitter ce monde cette nuit. Elle agitait ses
mains et les agitait encore. faisant un signe d'adieu ., .
Lorsque la farni!le retourna a la maison. !es voisins raconterent plus
tard, que M. Olinga avait l'air de tres bonne humeur. marchant dans son
jardin, leur faisant signe de la main et disantáá helloáá. Apres !es evenements
terribles de cette nuit-la, le Conseiller, M. Peter Vuyiya, arriva a Kampala
de Nairobi quelques jours plus tard. Son rappo11 donne une idee juste de la
situation dans la ville ace moment, le cadre dans lequel le terrible drame de
l'assassinat de Enoch prit place." Residant dans le centre de la ville, je pus
ressentir pleinement l'etat d'anarchie de Kampala la nuit. .. II etait impossible
de distinguer !es policiers Kombis de ceux qui pouvaient etre responsables
des meurtres dans la ville et ses environs. Chaque nuit, cependant. amenait
avec elle le mern1re d'une autre famille ". II ajoute avec sagesse: 'á Avec tant
de speculation concernant ce qui pouvait etre le motif de ces meurtres, j'ai
pense qu'il etait plus prudent d'eviter les questions du pourquoi, quand et
comment, !es meu11resavaient eu lieu ". En toute certitude, nous ne le saurons
jarnais, cornme pour taus Jes actes malveillants sans temoin. au comás des
nuits de terreur et de chaos atravers l'Histoire.
Selan ~n grand nornbre de tCmoignages directs. cependant. Jes evenements suivants concernant ce terrible crime semblent c\airs : la famille avait
pris ensemble son repas du soir - que r employe de maison avait servi. Les
assiettes etaient ernpilees soigneusement dans revier de la cuisine comme
a l'habitude, elles y furent retrouvees le lendemain. L'employe de maison
declara qu'il etait dans sa chambre lorsque aux environs de 20h30, ii entendit
quelqu'un manipuler le portail de la cour et, regardant par la fenetre. vit cinq
hommes annes marchant vers la po11earriere qui mene ala cuisine. On pense
qu'un sixieme horn me etait reste pour faire le gue pres du po11ail. Ils crierent
" Ouvrez" et donnerent de grands coups dans la po1ie. Lennie ouvrit et des
coups de feu retentirent. Láemploye de maison se sauva par-dessus Ia c\6ture
pour se cacher dans \es buissons du voisin et resta 13..terrorise, toute la nuit.
II ne vit rien mais entendit des coups de feu et d'autres bruits pendant pres
de deux heures. A l'aube ii s'aventura hors de sa cachette, alla a la maison:
ii vit le corps de Enoch etendu dans la cour et a I' interieur, ensemble dans
une des chambres a coucher. les corps d' Elizabeth, Tahereh, Lennie et Badi,
entasses parterre, 13.oli ils etaient tombCs au cours de la fusillade. Des gens
cornmencerent a se rassernbler au dehors et lui dirent qu"i! fal!ait prevenir
- 53 - Ji:repc1rtie
la police, cc qu'il fit Puis avec une remarquable loyaute envers Enoch et sa
farnille, ii alla il Kikaya Hill pour annoncer la nouvelle. M. Oulc du Tcso,
qui dorn1ait dans la propriete du Temple, fut informe de l 'incroyable tragCdie
qui venait de sc dCrouler. C'est uniquement parce qu'il voulait prier a 1'aubc
au Temple, s'Ctant alors absentC de Kampala Lm certain temps, qu'il n'avait
pas non plus ete tue car ii logeait toujours chez Enoch. M. Oule, le membre
auxiliaire Catherine Kabali et sa sceur Edith Senoga, qui vivaient toutes
deux il Kikaya Hill, sc prccipiterent alors chez Enoch. Leur horreur et leur
doulcur face ace qu'ils y trouverent, etaient indescriptibles. II faut souligner
le merite des amis africains de Kampala qui, aneantis et accab16s par cette
bouleversante tragCdie - drame qui choqua le monde bah§.'i jusque dans ses
rnoindres recoins - se mirent immCdiaternent a l'ceuvre, pour prendre !es
devants, oubliant leur dCchirant chagrin personnel.
La plus ancienne des pionniCres, Claire Gung, fr€:ledans ses soixantc
dix ans, fut immCdiatement inform6e et put t61Cphonera Nairobi pour annoncer
la nouvelle. George et sa famille s'Ctaient rendus en voih1re de Mombassa
a Nairobi le 16 et trouvE:rent au Centre national un t616gramme de Enoch
contenant une liste de pieces d6tach6es pour sa voiture que George devait
. lui ramener, en plus d'un certain nombre d'autres choses qu'il avait deja
commandees. Projetant de faire les achats avant de continuer leur route sur
Kampala, un trajet de huit heures, George et Forough allerent en ville. Ce
fot pendant leur absence que la nouvelle arriva de Kampala. Le Conseiller
Peter Vuyiya etait la et put lui-rn€:rnet616phoner a la Maison universelle de
justice, qui tenait alors seance ; ii put ainsi parler au pE:tespirituel de Enoch,
•Ali Nakhjavani. Si une colncidence put Stre considef6e comme heureuse
panni tant de calamites ce fot bien celle-la : la Maison universelle de justice
fut alors en mesure de donner imm6diatement des instn1ctions aux amis. Le
Conseiller Kolonario Oule, avec le Comit6 administratif ougandais, dont les
membres 6taient deja 3.Kampala, furent charges de gefer la sihtation, faire
tous !es arrangements necessaires et s' assurer qu 'un enterrement digne aurait
lieu pour la Main de la Cause et sa famille.
A ce moment, le probleme qui se presentait aux baha 'is de Nairobi
eta it de savoir comment apprendre la terrible nouvelle a George et aF orough.
Le dire tout simplement etait au-de!a des forces des amis bien-aimes, alors
le secretaire national ecrivit une courte lettre, une lettre tres tendre de condoleances, expliquant ce qui venait de se produire ; cette lettre fut remise
a George et Forough lorsqu'ils revinrent au Centre. L'unique souhait de
George fut a!ors d'arriver rapidement chez son pere afin de faire tout ce qui
etait necessaire. Malgre ]es protestations, la famillc partit l 'aprCs-midi 111€:me
1ere partie - 54 -
pour Kisumu ct ccttc nuit-18.,pour son grand rCconfort, George put parler
avcc 'Ali Nakbjavilni a Halfa. Le lendemain matin. sachant bien qu'ils ne
pourraicnt ricn trouver en Ouganda, ils achetCrcnt le materiel pour Jes cinq
cercueils et partirent pour Kampala. Au milieu des lamentations' ct du choc,
Jes fils survivants, Patrick et Godwin, rejoignircnt George. Les dcux fillcs
a\nCes de Enoch, Grace et Florence, rnariCcs ct vivant a I'etranger, vinrent
en hate aKampala avec leurs epoux, comme l'avait fait le frere de Forough.
Amis et proches etaient deja arrives du Teso dans la nuit du 17 ainsi que
le Conseiller Oloro Epyeru qui n'avait pu se rendrc auparavant a Kampala
pour les reunions du ComitC administratif d'Ouganda, acause de sa maladie.
Tous partageaient la douleur des enfants, tous Ctaient venus pour assister
aux funCrailles. La famille, harassee, hCbergea pendant plus d'une semaine,
entre quatre-vingts et cent cinquante personncs chaque jour dans la maison
de la me Kitante. Les corps des Olinga assassinCs, avaicnt ete transferes a
!'h6pital en attendant !cs preparatifs de l'enterremcnt. Chaque nuit, durant
Jes heures du couvre-feu, la ville continuait a Ctre secouee par des coups de
feu et des actes de terrorisrne, y compris \es rncurtres de nombreuses familles
toutes entieres. Une nuit durant cette scmaine, la maison de Enoch fut, elle
encore, le theatre d 'une severe fusillade ; tout le monde dans la maison resta
couchC parterre pour se proteger. Heureusement personne ne fut blesse et la
police assigna un garde devant le b3.timent. Effectuer taus les preparatifs de
deuil, se procurer des cercueils convenables, creuser cinq tombes a Kikaya
Hill. obtenir des autorites une escorte de police affectee au cortege funebre,
organiser le transport des cercueils. de la famille et de la foule endeuillee,
tout cela necessita vraiment des efforts hercu!eens.
Dans la presse rnondiale, le meurtre d' Enoch fut largement
mentionne: " Un leader mondial de la secte religieuse baha'ie, sa femme
et trois enfants ant ete assassines dimanche dans la capitale ougandaise,
Kampala". La nouvelle se repandit comme une trainee de poudre. La radio
ougandaise, le 17 septembre, diffusa la nouvelle en six langues locales pour
que les baha 'is dans tout le pays puissent etre inform6s du destin du" Pere
des Victoires '' .
Le matin du 24 septembre, qui colncidait avec la date de l'anniversaire de Tahereh, les cinq cercueils forent retires de la morgue de l'h6pital
et transportes chez Enoch, oil, recouverts de fleurs, ils furent places dans le
salon. Des prif:res furent lues, et de nombreuses personnes vinrent rendre
leur dernier hommage. A 12h15 le cortege funebre etait pret a partir pour
Kikaya Hill, deux motards de la police en tCtc, puis une voiture ernmenant
!es Conseillers, suivie par la voiture transportant le cercueil de la Main de
- 55 - 1ere partir)
la Cause laque!le etait suiv\e par une autre voiture transpo11antle cercueil
d'E!izabeth, plus une troisieme transpo11ant!es trois cercueilsdes enfants.
Ce fut uniquementgrace a !a cooperationde beaucoupd'amis non bahclifs
que ce convoi put etre organise.Derriere, venaient Jesvoiturestransportant
la famille. Le co11ege allait lentement le long de la rue Gayaza en direction
du Temple. Des centaines de personnes s'etaient amassees le long des rues,
certainespleuraientpendantqu' on en entendaitd'autress'ecrier:" Regardez
les corps ! Et un autre I Oh et encore un autre ! ,. Une vague de sympathie
collective envahissait la foule. Avec beaucoup de respect Jes cinq cercueils
recouve11s de fleurs furent places en ligne dans le hall du Centre national.
et un service funebre emouvant et spirituel fut celebre. Un ce11ainnornbre
d'eminentes personnalites officielles ougandaises, amis d' Enoch et sympathisants de la Foi y assistaient. Dans un cimetiere non loin du Temple sur
Kikaya Hill, Enoch Olinga fut enterre. II repose a cote de Musa Banani, son
compagnon Main de la Cause. Celui qui avait ete designe comme le" Conquerant spirituel de I' Afrique'', etait rejoint dans la mo11 par le "Pere des
Victoires ". Tout pres. Elizabeth et Tahereh, Badi et Lennie reposent dans
leurs tombes respectives.
Aux baha'is du rnonde entier, la Maison universelle de justice annon,a
la disparition d' Enoch en ces termes :
AVEC CCEURSACCABLES DOULEUR ANNON<;:ONS TRAGI-
QUE NOUVELLE MEURTRE BRUTAL CHEREMENT AIMEE GRAN-
DEMENT ADM I REE MAIN DE LA CAUSE DIEU ENOCH OLINGA PAR
HOMMES ARMES INCONNUS COUR SA MAISON KAMPALA. SA
FEMME ELIZABETH ETTROIS DE SES ENFANTS. BAD!, LENNIE ET
TAHEREH SONT AUSSI TOMBES VICTlMES INNOCENTES CET ACTE
CRUEL. MOTIF ATTAQUE PAS ENCORE ETABLL SON ESPRIT RA-
DlEUX, SA FOl lNEBRANLABLE, SON VASTEAMOUR, SON AUD ACE
DE LlON DANS LE DOMAINE DE L'ENSEIGNEMENT. SES TITRES
CHEVALlER BAHA°U'LLAH, PERE VICTOIRES ATTRlBUES GAR-
DlEN BIEN-AIME. TOUT S'ALLIE LE DISTINGUER COMME MEM-
BRE REMARQUABLE SA RACE DANS ANNALES FOi CONTINENT
AFRICAIN. EXHORTONS AMIS PARTOUT TENIR REUNIONS COM-
MEMORATIVES DIGNE HOMMAGE SA MEMOlRE IMPERISSABLE.
PRIONS AVEC FERVEUR TOM BEAUX SACRES PROGRES SA NOBLE
AME ET AMES QUATRE MEMBRES SA PRECIEUSE FAMILLE.
Enoch avait une image qu'il avait l'habitusJe de donner aux baha'is. II
disait: -- Nous sommestous comme desguitares.Lorsquáuneguitare entend
parle,á ctáun grand Musicien divin. elle espere etre jouee par ce Musicien. Elle
,ere partie - 56 -
sáoffre au Musicien supreme. Le Musicien l"accepte, l'etreint, joue avec.
Mais bient6t, il realise qu'elle est mal accordee. Le Musicien commence par
accorder une corde. la tendant plus fort. La pression est douloureuse pour la
guitare, elle resiste a la tension. Al ors au lieu de se soumettre. la corde casse.
Comrne c'est le desir de la guitare de faire resonner Ia divine rne\odie. le grand
Musicien joue avec les cordes qui restent. Mais ell es jouent toujours faux.
Alors le Musicien commence aaccorder une autre corde. Elle resiste et casse
finalement. La guitare veut encore qu'on joue d'elle. Le Musicien joue alors
avec encore mains de cordes. Toujours et encore la guitare refuse de ceder
a la tension, a la pression, jusqu'a ce qu'il n'y ait plus qu'une seule corde
qui reste. Pour etre fidele a l'offre de la guitare, le Musicien divin dit: "Je
jouerai sur cette seule corde ., . Mais celle-li aussi est ma! accordee. Encore
la tension, la terrible pression, et certe seule corde casse. Le Musicien alors
n'a d'autre choix que de mettre la guitare de cote. Ainsi Dieu nous met a
l'epreuve pour nous perfectionner, et non pour nous detruire. La destruction
vient seulement de notre resistance al'accordage. Le but n'est pas la punition
mais !'intention de satisfaire le desir de la guitare d'etre jouee. •á
Combien d'epreuves Enoch a-t-il surmont6es, se soumettant aux
mains de son bien-aime Bah3.'u'll8.h, a l'accordage du Musicien divin,jusqu'3. ce que la guitare soit finalement mise de cote pour toujours; mais la
rnusique, elle, .reste.
- 57 - Ji!repartie
9 • 'Akkc'i, Israel, 1957, le rassemblemenl historique des Mains de la
a
Cause de Dieu Bahjf peu a pres le deces du Gardien
1O - 'Akka, Israel, 1961, Mains de la Cause de Dieu a Bahjf,
Samandari. Anwtu 1-Bohtl Rt!(1(\'.FihKhc/num, Abu áz_
á11cih
Tarci::.11
Qdsim Fai::J Enoch Olinga
11 - 'Akka, Israel, 1957, Mains de la Cause de Dieu a Bahjf,
Hermann Gross11101111,TYilliam Sears. Eno::.:hO/inga
12 - Allemagne, 1972, Mains de la Cause de Dieu a la Conference de Pion,
Enoch Olingd,
Abu '/-QcisimFab,
Dr Adelbert
Muh/sch/ege/
13 - HaWa,Israel, 1973, les Mains de la Cause de Dieu
Enoch 0/ingo el
Dr Ranwtu 'ifcih ,:\fuhcijir di! tomheau du Btfb
14 - Merida, Mexique, 3 fevrier 1977,
,Hains de fo C~ausl!c/12Dieu Paul Haney et Enoch O/inga
inritam le Gouverneur Clla Cm?tf.'rencede A1Jrida
15 - Kampala, Ouganda, Ric;lv6n 1969,
l'Assemblee spiriluelle nalionale d'Ouganda et d'Afrique Centrale
uvec ll7 ,Hain de la Cause de Dieu h.,J1ochOlinga
16 - Zombie, 1967,
l'Assemblee spiriluelle nationale des bah6'is de la Zombie
avec la 1\1ainde la Cause de Dieu Enoch O/inga
17 - Freetown, Sierra Leone, 19-20 avril 1975.
Premiere convention nationale des baha'is de Sierra Leone,
avec la ,Hain de la Cause dr?Die11 Enoch Ofingcr
18 - Singcpour. 1-3janvier 1971,
Conference de l'Oceanie,
.1"'vfainde la Cause de Dieu
avec un croyant medals
aveugle, Luke Lee qui s 't:st
propose umune pionnier
19 • Singapour, 1-3 janvier 1971, Conference de l'Oceanie,
Alain de la Cuuse de Dieu Enoch Olinga saluant Aime Geo1ge
Lt:e, membre de l'Assemb!Je spirirueLlenationale de ]\,falaisieet
un des premi1;;rscroyallls de Singapour
20 • Tejerfa, Departement de Cochabamba, Bolivie, juin 1970,
,\Jain de lu Cause de Dieu Enoch Olingo ovec !es bulu.i 'is
i11die11sde fo c:ommunautl.?d-.:Tejerio
21 - Nashville:Tennessee, Etals-Unis, octobre 1970,
kfain de Ill Cause de Dieu Eno1..'h0/inga m'ei:.-di.!suo1is boh(.i 'is
22 - Bangui, Republique centrafricoine, novembre 1974,
Aktin de lu Cuuse
deá Dieu Enoch
Olinga a lajf'ti.!
de dix-ne11/jours
23 - Ties Salomon, decembre 1970,
Alain de la Cause de Dieu Enoch
Olinga tenant un brdbrd
(avec lo permission de Ron Batchelor)
24 • Shiraoi,Hokkaido, Japon,
decembre 1970,
J1ain de la Cause
de Dieu Enoch O/inga tenant
w1 e,?fant bahd 'ijaponais
25 - lndonesie, 1971,
Aiah1 de la Cause de Dieu
Enoch Olinga ave(.,'des
e1?fl1n1sbalui 'is
26 - Bogota, Colombie, juillet 1970,
J\fain de lo Cuuse dr.?Dieu Enoch O!in,2,0
ow:c des er~t(mts hahci 'is
27 - Turangawaewae, Nouvelle Zelande, 18 oclobre 1958,
In J)ain Ji: la ('i.msc de Die11Enoch Olingd pri:nunt la pnrnle
de1áam le rossemblement Afaori Li lu maison de la rC!union
28 • Saskatchewan, Canada, 1970, Main de la Cause de Dieu
Enoch Olinga coilfe lraditionnellement avec des baha'fs indiens
qui participenl au projet d'enseignement el de proclamation.
Debow, de gauche Cidroite, Bill As ham (de la tribu Cree), Shirley Lindstrom (de la trib11Yukon Tlingil). Enoch O/inga, Louise Cardinal (de la tribu
Cree). Johns lv'oisette (de la tribu Yukon Tlingit); ass is, Alec Poorman (de la
tribu Cree), Cal Lindstrom (de fa tribu fokon Tlingit) (Politesse Joanie)
29 • Le village Badjiran, en Gambie, juin 1976,
bahCI'is locaux
derant le 110urem1 cenlre arec
la .\fain de la
Cause de Die11
Enoch O/inga
30 • Hokkaido, Japan, decembre 1970, amis baha'fs au centre
a Shiraoi avec la Main de la Cause de Dieu Enoch Olinga
31 • Fiji, 1971, amis bahci'fs de Fiji avec la Main de la Cause de Dieu
Enoch Olinga
32 - Singapour, janvier 1971.
i.\1oinde !~1Cm,st! cle Dit:u £)10ch Olinga cl !a ( '011flre11ceocJanique
33 - Stavanger, Norvege, 1972, amis bahci'fs avec Main de la
Cause de Dieu Enoch Olinga et Mme Elizabeth Olinga
34 - Bahia, Salvador, jonvier 1977, Main de lo Couse de Dieu
a
Enoch Olingo et so femme Elizabeth lo f;to;frol'ul-Quds
35 - Kampala,Ougondo,seplembre1979,fomilleOlingoet omis,
derniere photographie prise de la Main de la Cause de Dieu
Enoch O/inga avant son meurtre (deux semaines plus tard)
DEUXIEME PARTIE
ENOCH OLINGA
Souvenirs des moments
passes avec lui
par Rowshan Mustapha
•Traduit enfran9ais par
Ulfet Mustapha
Versionorigina!eanglaise editee par Felicity Enayat.
PREFACE
Une fois termin6es mes memoires sur Enoch Olinga, jc dCcidai
d'envoyer une copie a M. 'Ali Nakh,javi:lnien tcrrc sainte et lui demandai
ses commentaires. Sa reponse datee du 30 decernbrc 1992 ctait trcs encourageante. II y ecrivait :
"J'ai lu vos memoires au St(jet de notre cher O/inga arec
beaucoup deJoie etje vous envie rfiel/ement d'avoir Jeri! ce t<imoignage concernant une Main de la Cause telle111e11t aimee partout
dans le monde et particu/terement cherie par /es amis du continent
Aji-icain. " •
Cette reponse m'encouragea CnonnCmcnt .:-tjc pensai alors que je
devais demander l'avis d'un des conseillers d' Afriquc. Le 25 novernbre 1993,
le Conseiller Gila Bahia ecrivit d'Ethiopie :
"Je n 'ai pas oublie votre manuscrit sur tu A1ain de la
Cause de Dieu.Enoch O/inga mais Clcause de tantde travail .... A
present, je /á'ai etudid soigneusement et) 'ai trouvt! que le theme,
ou le sujet, de la Main de la Cause Enoch O/inga ritaitintf!ressant
et qu 'iiyes/ traite d'unefa,on excel/ente. La narration es/ coherente, seduisante et incite le lecteur Clla lire sans interruption. JI
ne m 'afa/lu que quelques heures pour la lire en totalite. Je suis
tres heureux que vous ayez reussi apresenler avec un tel aboutissement, cette Main de la Cause qui a tellement de mirite ...
...Jen 'ai pas etuditfles constructions de phrases ni le Iongage car} 'etais absorbe par le rec it. "
Lorsque j'ai Ju le cornmentaire de M. Gila concernant Jes c,.Jnstructions de phrases et le langage, j'ai pense que j'avais eu de la chance.
J'ai ensuite decide d'ecrire a l'Assemblee spirituelle nationale des balu\'is
d'Ouganda et a celle du Cameroun pour que le manuscrit soit revise.
Dans une lettre datee du 19 aoftt 1994 l'Assemblee spirituellc
d'Ouganda repondit ce qui suit :
Preface - 79- 2eme Partie
" 1'-lousvous rem ere ions infiniment pour votre le!!re datrie du J .:/
ff!vrier 1994 a laquelle VOW:,' ave:=joint une copie de« Enoch Olinga Souvenirs des momenrs passes avec lui >>afin que nous puissions la rriviser et la
commente,:
Voici quelques-unes de nos obsen•afions :
1 - l1 la page (3) la quatrieme langue est l 'ougandais 1
2 - ala page (5) dons le dernier paragraphe, on lit(<O/inga, 110111
ougandais >>.Ce 11amse rifere ala tribu Etesot en Ouganda de
I 'Est qui le c:hantait et non pas ataus /es Ougandais.
]\Tausvous serions tres reconnaissanls de bien vouloir
nous envoyer !es copies des lettres que vous y mentionne=.
Nous louons grandement le travail que vous ave.: faff
et vous assurons de nos prii!res d'assistance el de protection au
Temple ml!re d 'Ajláique.
Avec nos ajfectueuses salutations bahd 'ies,
l 'Assemblrie spirituelle nationale des
baha 'is d 'Ouganda
(signe) George O/inga.
Secrritaire.
II etait tres impo11ant pour moi que ce soit le fils de M. Olinga qui
ait signe la lettre de l'Assemblee spirituelle nationale concernant le livre de
son tres cher pere.
L' Assemblee spirituelle nationale du Cameroun m 'informa dans
une lettre datee du 28 septembre l 994 qu'elle avail demande a Mme Ursula
Samandari de faire la revision que j'avais demandee. Elle m'a repondu
qu'elle avail lu le manuscrit" avec un profond ravissement ", et qu'elle y
avait fait une correction irnportante, a son point de vue. concernant une des
conversations que Enoch Olinga a eues avec le bien-airne Gardien. Etant
donne qu'elle se trouvait en pelerinage en rneme temps que lui. ii lui avait
directement rapporte la conversation ace moment-IS..Un extrait de cette lettre
est inclus dans Jes notes.
J'espere. chers lecteurs, que vous apprecierez ces recits sur le Cheva-
Ccci sc rapporte a !a quatrieme !angue que M. Olinga par!ait. Les autres langues,
quáil parlait etaient le teso. le swahi!i ct !"anglais.
zeme Partie - 80 - Preface
lier de Baha áuá llah. la Main de la Cause de Dieu. le Pere des Victoires, Enoch
Olinga. Et lorsque vous Jes aurez lus, alorsje souhaite que vous racontiez la
merveilleuse histoire de la Rose Noire qui fut coupee prematurement de sa
tige par une Sagesse Divine insondable. mais qui, en une tres courte periode
de floraison, porta ses douces fragrances tout autour de la terre.
Rowshan Mustapha
1996
Preface - 81 - 2eme Partie
-
ENOCH OLIN GA
Souvenirs des moments passes avec lui
par Rowshan Mustapha
a scene se passait a l'aeroport international de Tunis, en
L 1956, pendant la periode de Ricjvan. En cette merveilleuse
journee mediterraneenne, un grand nombre de.baha'is de
Tunis etaient alles accueillir les delegues des tenitoires subsahariens venus assister a la premiere convention de I' Assernblee spirituelle
regionale de l' Atiique du Nord-Ouest. °Tunis, capitale de la Tunisie, devait
devenir le siege de cette Assemblee spirituelle nationale pour les huit annees
a venir. Il y avait eu de nombreuxpr6paratifsdans cette ville afin d'assurer
la bonne marchede la convention ; cependant, bien que nous eussions les
noms des d61Cgues,nous ne les connaissions pas.
M. M11saBanani, Main de la Cause de Dieu pour I' Afrique etait venu
ala convention. M. 'Alf Nakhjavani aussi etait venu avec les delegues. J'avais
cu le plaisir de rencontrer M. Bam\ni et M. Nakhjavimi en 1951 au Caire alors
qu'ils etaient en chemin pour l'Ouganda. En 1956 l'aeroport de Tunis etait
petit, et !es visiteurs pouvaient voir J'arrivee des passagers qui faisaient la
queue pour !es forma1it6s.Au moment alt les passagerspassaientau contrOle
de police et de douane, nous reconnllmcs M. Nakbjavini qui aidait lesá autres
a remplir !es caries de debarquement. A un moment donne, il appela Enoch
qui se dirigea vers lui en sortant de la.file du groupe de delegues. C'est ainsi
que je vis M. Enoch Olinga pour la premiere fois. Bien bati, ii avail une taille
au-dessus de la moyenne et un tres beau visage.
Afin d'obtenir leurs visas pour la Tunisie, les de.legues avaient demande un visa" pour assister aune conventionbah:i'ie aTunis:', et avaient
donne comme reference aTunis le nom de M. Mustapha Bouchoucha. Pour
ies delegationsfrarn;aisesen chargea cette epoque des affairesde la Tunisie,
c'ctait suffisant pour accorder les visas. Mustapha Bouchoucha 6tait estim6 en
Tunisie et bien connu comme etant baha'i..A leur sortie, Jes delegues, aprcs
avoir effectue tous les contr6les, furent aceueillis par tous les amis avet de
chaleureusesetreintesala fayonpersane,etreintesqui semblentdevenuesune
caracteristique de noire famille spirituelle atravers tout leglobe.
Pendantla convention, i1 restaitpeu de temps aprCsles reunionsde
travail pour sortir ensemble, mais Ulfet (la fille ainee de M. Bouchoucha) et
- 83 - 2eme Partie
moi-meme nous 6tions arranges pour faire visiter !a ville de Tunis au d616gues,
prenant deux ou trois personnes chaque fois dans notre petite Peugeot 203 - ii
n'y avait que Ulfet et rnoi qui la consid6rions corn me une veritable voiture;
•la plupart de nos arnis avaient une autre opinion sur le sujet. En soirees 1 nous
Jes emmenions a Bab-Souika, ou Jes festivites du Ramadan battaient leur
pleinjusqu'a l'aube. Le Ramadan, mois dejeune des musulmans, co1ncidait
cette annee-Ia avec Ritjvan.
Au commencement de la convention, Enoch Olinga en fut e1u Secretaire. Bien que je ne fusse pas moi-meme delegue, j'avais ete admis a la
convention en tant que membre du comite organisateur, de sorte qu'il me fut
possible de suivre les diverses reunions. Jene me souviens pas avoir vu M.
Olinga prendre pa1t aux consultations. II ne parlait pas. II etait la, ii ecoutait
et prenait des notes pour son rapport. A la fin de la convention. quand ii lut
le rapp01t, la presidente. Mlle Elsie Austin lui fit des eloges.
Enoch Olinga fut elu membre de l' Assemblee spirituelle regionale de
l'Afrique du Nord-Ouest, qui depuis sa formation en 1956 et jusqu' en 1964
representa la plus vaste region jamais administree par une assemblee spirituelle nationale. 11y avait vingt cinq territoires. commenyant par la Tunisie
au nord, englobant taus !es te1Titoires vers l'ouest, et s'etendant vers le sud
jusqu'au Cameroun et la Guinee espagnole.
A la suite d'une reunion de I'assemblee a Tunis en automne 1956,
M. Olinga demanda la permission d'aller en pelerinage. Le Gardien la Jui
accorda pour le mois de fevrier 1957. Retourner au Cameroun puis revenir
en Tunisie pour se rendre en Terre sainte dans un d6lai de dix semaines ou
peut-etre plus, revenait tres cher; aussi, Olinga resta a Tunis, a la grande
joie de taus Jes amis. Nous eumes, Ulfet et moi, la plus belle part du lion
concernant sa compagnie puisqu'il sejourna chez nous pendant plus de deux
mois. II sejourna aussi environ deux semaines chez Jes Saberan.
A cette epoque notre maison etait petite; ii y avait une chambre
a coucher, un salon. une petite entree qui servait de salle a manger et de
living-room. Ma sreur Laila, qui etait une pionniere venant d'Egypte, vivait
aussi avec nous. Avec M. Olinga chez nous, les amis venaient frequemment
a la maison lui rendre visite. Ainsi notre petite maison etait toujours pleine
de vie.
Quelques semaines apres mon mariage avec Ulfet - notre mariage eut
lieu un mois apres la convention - je fus_licencie de rnon travail au Ministere
de !'Agriculture; rnais apres un mois de ch6rnageje trouvai un nouvel. emploi. Ceci signifiait que je devais passer beaucoup de temps a rnon nouveau
travail. Je faisais tout mon possible pour eviter un nouveau licenciernent.
2eme Partie - 84 -
Etre jeune marie et sans crnp!_oietait une situatiOn quc jc vo.ulais Cviter atout
prix. Ulfet dut aussi travailler, bien qu'en ce temps 18.,ii n'Ctait pas du tout.
dans les mceurs qu'une jeune femme tunisicnnc travaillftt. Ma sceur aussi dut
trouver un ernploi. Nous devions done vciller tard pour effectuer le travail:.
du secretariat de I'assemb!Ce spirituelle nationale nouvellcmcnt Clue. Ulfct.
Laila, M. Saberan ct 'Abd,t'l-1:Iarnid Khemiri, le premier baha'i tunisien qui'
accepta la Foi en 1921, tous aidaient a cctte t.ichc. L'activite dans notre petite
maison Ctaitprodigieuse, commern;ant t6t le matin pour nc cesser qu' aminuit.
Ce fut dans cette atmosphere que M. Olinga vecu paticrnment tout le temps
qu'il fut avec nous aTunis.
Unjour, Olinga decida d'apprendre la langue arabe. Khernfri et Lai'Ja
se proposerent de la Jui apprendre. 11acheta un cahier et chaque soir il prenait
ses leqons. Mais pour obtenir la prononciation correcte des lettres arabes difficiles et inhabituelles, c'etait une toute autre affaire. Ainsi, pendant que Ulfet
et moi travaillions aprement sur la machine a ecrire dans la salle de sejour)
Olinga avec Khemiri ct Laila, travaillait assidllment sur ces "arrangements
vocaux " dans le salon. Heureusernent, aucun de nos voisins ne surprit ce
melange de sons bizarres qui s011aient de ccs deux chambres. Quand Olinga
dut partir pour Haffa, ii avait fait quelques progri:s en arabe.
En fevrier 1957 il revint du pelerinage, et nous raconta l'histoire de
cette conversation qu'il avait eue avec le Gardien au sujet des langues qu'il
parlait. Je relate ici !es paroles rapportees par Ursula Samandari ; cette derniere etait en pelerinage au meme moment que Enoch, et se souvient l' avoir
ecoute.raconter : " ... le Gardien m' a demande combien de langues je parlais.
Je repondis que je parlais le swahili, le teso, l'anglais etc ... Et je pensais
en moi meme, mais sans rien dire: « et je suis aussi en train d'apprendre
l'arabe ». Le Gardien s'a1Teta, se tourna vers moi et dit: « Mais le persan est
plus facile! » 1". En nous. racontant cette histoire, M. Olinga concluait en
disant que ccla mit fin a scs peines pour apprendre l'arabe.
Quand vint le jour oi1 Olinga dµt nous quitter pour la Terre sainte,
un grand nombre d'arnis se rendirent a l'aeroport pour le saluer et le voir
Dans la lettre qu 'elle m' envoya le 24 avril 1994, elle expliquait les circonstances
qui lui ont fait connaitre l'histoire de M. Olinga: "J'ai eu lajoie et le privilege de
faire man p6lerinage en meme temps que Olinga. La plupart du temps ii etait le seul
pClerin qui r6sidait dans la Maison des PClerinsde !'Orient et moi j'erais fa seule
dans celle de l'Occident. ll me raconta cette conversation le lendemain. C'est pourquoij 'estime cjuele recit que jc vous ai fait, semble plus approprie que celui qui est
mentionne dans votre mcrveilleux livre "_
- 85 - 2erne Partie
partir. Je náy etais pas. mais U!fet y etait allee. el\e me raconta ce qui suit:
•• Nous avons bien vu O!inga passer par le contr61e de police et de douane.
puis nous sommes tous alles le voir monter dans l'avion - ceci etait possible
a cette periode. mais plus maintenant. Les passagers avaient tous em barque
saufOlinga, ii n'etait visible nulle pa11.Les haut-parleurs appelerent Olinga
pour qu'il se presente a la p011e d'embarquement. Mais la encore, on ne
\ 'apercevait toujours pas. Nous etions tres inquiets, nous ne savions pas quoi
faire. ni ce qui lui etait arrive.
On retira la passerelle et la po11e de l'avion commen,ait a se refermer lorsqu"O\inga apparut avec son bagage a main. fonc;:antvers l'avion.
On ramena la passerelle. la porte se rouvrit et Olinga monta dans l'avion
a notre grand soulagement. Un des spectateurs me demanda, « Est-ce un
boxeur? » ..
Tout au long de cette annee, j' eus \'impression que M. Olinga passait par la periode la plus difficile de sa vie. Nous fimes tout noire possible
pour prolonger son sejour avec nous afin de sou lager un peu son angoisse. Je
ne me souvenais pas le temps qu'il devait rester en Terre sainte, mais nous
savions qu'il devait passer par Tunis avant de retourner au Cameroun. Nous
attendions un teJegrarnme de sa pa1i annonc;:antson arrivee.
Pas de nouvel\es de son retour. Un apres-midi fetais au bureau,
lorsque M. Muhyyid-Din M'rad, un baha'L telephona du Cafe de Paris situe
sur !'avenue principale au centre de Tunis, et me demanda de venir irnmediatement car M. Olinga etait la.
Je courus \es trois cents metres qui separaient le cafe du bureau oll
je travaillais. Laje trouvai M. Olinga avec Muhyyid-Din. Je compris ce qui
s'etait passe. Muhyyid-Din etait attable au cafe avec des arnis, quand ii vit
passer M. Olinga marchant tout seu\ sur ravenue principale le long du trottoir longeant le cafe. Comme Muhyyid-Din ne parlait pas l'anglais, ii Jui fit
comprendre par des gestes de venir s'asseoir avec eux et de ne pas partir, et
rn'appela par telephone.
J'essayai de savoir pourquoi M. Olinga ne nous avait pas avise de
son retour. comment il avait trouve son chem in de 1áaeropo1ijusqu'i !'avenue
principale et su1iout oll ii avait !'intention d"aller. Je náeus aucune reponse.
J •eta is tres reconnaissant envers Sahaá u •113.hqu •i I ne se soit pas perdu, et qu' ii
ait ete guide vers l'endroit all Muhyyid-Dián pouvait \"apercevoir. M. Olinga
semblait tres pensiftout le restant du sejour qu'il passa avec nous.
La premiere question qu"il me posa fut : áráQue signifieAbu"\-Futl1~ ? ••.
Jene comprenais pas pourquoi il me posait cette question et tout sirnplement
j' expliquais que c'etait un nom arabe. En effet en Egypte, ii y avail un baha' i
2eme Partie - 86 -
tres dtvoue dent le prenom etait Abu"l-Futlil). Je lui dis quáa ma connaissance
ce\a voulait direáá pere des conquetes ., . Ensuite ii me dit que le bien-aime
Gardien Jui avail donne ce titre. L"Assernblee nationale rec;ut plus tard de
la pa1i du Gardien une \ettre dans laquelle se trouvait la traduction exacte
d'Abu"I-Futi,I): -- Pere des Yictoires •á.
M. Olinga etait de ces personnes dont le visage calrne et serein cachait
aussi bien ses pensees que ses sentiments. A !'exception dáun !eger sou\evernent de sourci\s, on ne decelait aucun signe de ses reactions interieures sauf.
oh oui. quand ii riait. Dommage que nous n'ayons pas eu en ce temps-la la
possibilite de 1áenregistrer sur film ou sur cassette lorsqu' ii riait. Quiconque
a vu et entendu M. Olinga rire s'en souviendra toute sa vie.
M. Bouchoucha, qui etait le pere de Ulfet et un des premiers baha'is
tunisiens, etait une personne dent la compagnie apportait toujours une
grande joie. II venait sou vent apres son travail et s'asseyait avec M. Olinga.
Bouchoucha ne parlait pas anglais, mais ii connaissait beaucoup d'anecdotes.
Chaque soir ii en racontait une ou deux. qui etaienttraduites a M. Olinga Pour
rendre \es choses encore plus agreables, Bouchoucha mimait \es difffaentes
scenes de l'histoire. Normalement le rire vient a la fin de !'anecdote, mais
Olinga cornmenc;ait d'abord par rire et deja avant la derniere scene de
l'histoire, il etait litteralement p\ie en deux. nous tous avec lui. bien que nous
!es ayons deja entendues plusieurs fois. Apres avoir passe plusieurs soirees a
raconter ses histoires, Bouchoucha n'avait plus de nouvelles anecdotes. Pas
de nouvelles anecdotes? Aucun probleme ! Tout ce que Bouchoucha devait
faire, c'etait de mimer !es anecdotes deja racontees. Pas de paroles et pas de
traduction, rien que des mimiques. Et M. Olinga etait litteralement parterre
a se tordre de rire.
Un soir, Ulfet et rnoi rentrions ensemble. En approchant de la po,ie
d'entree nous avons entendu Olinga rire aux ec\ats. Nous avons escalade en
courant !es marches de l'escalier et nous l'avons trouve parterre se tordant de
rire en criant ;i la seule personne se trouvant dans la maison: á• M. Bouchoucha,
s'il vous plalt arretez ! .. Bouchoucha n 'avait rien dit. 11ne parlait pas \'anglais.
Tout ce qu'il avait fait, c'etait mimer. Olinga avait l'habitude de dire. des
annees plus tard, que plusieurs fois ii avait essaye de raconter !es anecdotes
qu'il avait entendues aTunis aux amis du Cameroun et ail\eurs mais ii riait
tellernent des qu'il commenc;ait araconter qu'il n'avaitjamais pu en finir ne
serait-ce quáune seu!e.
Un jour, a\ors que quelques mernbres de I'Assemblee se reposaient
entre deux sessions. discutant pour passer le temps, Olinga nous raconta une
histoire au sujet de son enfan-ce. .le vais essayer de la rapporter aussi correc-
- 87 - 2erne Partie
tcmcnt que ma mCmoirc me le pem1ct. Je me souviens quc Mlle Elsie Austin
ct Mlle Valfaie Wilson etaicnt !fl, ainsi que Bill Foster et Khemiri:
J\,1_Olinga dcvait avoir sept ou huit ans quand unjour ii dCcida d'allcr en brousse. II a\'ait 8 pcinc marchC que!ques mE:tresquand soudain il vit
la main d'un gorille s01iir du scnticr ct venir vers Jui. Tl s'cnfuit en courant
aussi vitc que scs jamb cs le Jui pern1ircnt. Tl alla chcz son pCre ou son oncle
(je ne me souviens plus) apeurC ct terrifiE:.II expliqua ce qu'il avait-vu. Le
pCre ou l'oncle appela immCdiatcrnent du secours et ils allercnt avec Enoch
dans la brousse. Quand ils arrivCrent a l'endroit olt il avait vu le gorille, ils
nc virent rien. Le groupe s'aventura encore plus loin dans le scntier pour
cherchcr le gorille. A quelqucs pas de la, ils virent soudain un gros boa qui
aura it probablement dCvore le jcune Enoch s'il n 'avait pas ete effrayC par cc
qu'il Jui ~wait sernblC etre un gorille. Les villageois tuerent le boa, et continuE:renta cherchcr le gorille. Mais ils nc trouvhent rien, ni cc jour-13, ni !cs
jours suivants, ct !es habitants des villages voisins non plus.
En aofat 1957, quelques rnois aprcs le depart de M. Olinga. Ulfet rnit
au monde l'alnC de nos deux fils. Nous dCcid§.mestaus les deux de le nommer Olinga. Les Olinga en Ouganda n'etaient pas nombreux ace moment-la
d'apres ce que nous avions compris, mais un enfant tunisien pr6nomme
Olinga, c'6tait unique. Nous nous demandions si les autorit6s municipales
allaient accepter d' enregistrer notre fils avec un nom qui n' 6tait pas arabe.
Nous avons done pris notre courage a deux mains et les autorites ant accepte.
Avec un pere de nationalit6 egyptienne, elles ont probablement attribue le
nom a quelque ancienne divinite de I'.Egypte. A nos amis non-baha'is et a
la famille, nous avons explique ce que nous avians entendu de M. Olinga :
que ce patronyme est le nom ougandais d'un oiseau qni apporte les piuies
bCn6fiques, un oiseau de paradis: et lorsque les pluies tardent avenir dans Jes
annees de secheresse, !es Ougandais (la tribu Etesot it !'Est de l'Ouganda)
chantent le chant d'Olinga pour faire plenvoir. Nous tenninions toujours par
dire que nous avians un ami trCs cher qui po1iait ce 110111et que nous avians
nomme notre fils en son hommage.
La tante de Ulfet, une dame de caractere, d'origine turque par sa
mere et tunisienne par son pere, ne s'estjamais r6concili6e avec ce nom. Elle
appelait noire fils 'Oli. un diminutif du nom arabe bien connu 'Ali. Bien que
cette tante ne soitjamais devenue bah3.'ie, vers la fin de sa vie, elle dit un soir
aUlfet: "Tu sais, vous (Jes baha'is) etes dans le vrai chemin ".
Deux mois apres la naissance de notre Olinga, le bien-aime Gardien
annorn;:a la designation de Enoch Olinga comrne Main de la Cause de Dieu.
Nous en etions doublement emus.
2eme Partie - 88 -
Des la naissance de notre Olinga. M. Olinga appelait toujollrs Ulfet
ááMummy" ..... Transmettez toute mon affection bah.i'fe a ma Mummy
et a moi-meme •• . II terminait ainsi ses lettres. mentionnant Ulfet et petit
Olinga.
Les merveilleux jours passes ensemble en Tunisie. et dont j'ai fait
mention plus haut. firent la transition entre d'une part. \es services devoues
rendus a la Foi par M. Olinga et ctáautre pait, sa nomination comrne Main de
la Cause de Dieu. Les defis auxquels i! dut faire face meme avant sa nomination comrne Main de la Cause. etaient enormes. En tant que rnembre de
l"Assemblee spirituelle regionale de 1•Afrique du Nord-Ouest et secretaire du
Comite d'enseignement pour l"Afrique de I'Quest. ii po11ait la responsabilite
du service dans Jes deux institutions majeures de la Foi. II etait charge des
lourds devoirs que ces institutions seules devaient assumer.
La region de I' Afrique du Nord-Ouest qui. au matin des festivites de
Ri<;lvin de l'annee 1956, devint liee au so1i des neuf membres de l'assemblee spirituelle nationale nouvel!ement e\ue. etait tres vaste. Un coup d'ceil
sur la cmte de la region en 1956 suffit a comprendre Jes complexites qui
existaient en ce temps-la. Tous les territoires sauf le Liberia etaient sou~ un
regime colonial. Yingt cinq territoires composaient la region de l"Afrique du
Nord-Ouest: (par ordre alphabetique) l'Algeri~. le Protectorat d'Ashanti, le
Carneroun britannique. le Togo britannique, \es iles Canaries. \es iles du Cap
Veit le Cameroon franyais. le Maroc franyais. le Togo franyais. I' Afrique
Occidentale frarn;aise, la Garnbie. la Cote d'Or, le Liberia. !es Iles Madere.
le Maroc zone internationale (cáest-8.-dire Tanger), le Nigeria. le Protectorat
des Territo ires du Nord. la Gui nee po1tugaise. le Rio de Oro. 1"lie St-Thomas.
la Sierra Leone. la Gui nee espagnole. le Maroc espagnol, le Sahara espagnol.
et la Tunisie.
Actuellement !es trois territoires du Maroc avec le Sahara espagnol
et le Rio de Orone constituent plus qu'un seul pays: le Maroc. Ceux du Cameroun franyais et britannique sont devenus le Cameroun. Ashanti. le Togo
britannique. la Cote d'Or. et Jes Terl'itoires du Nord ferment le Ghana. Et ce
qUi etait !' Afrique Occidentale franyaise. a ete di vi see comme suit: le Benin.
le Burkina-Faso. la Guinee (Conakry). la Cote-d'Ivoire. le Mali. la Mauritanie. le Niger. et le Senegal. Tous ces territoires ont commence aobtenir !eur
independance en meme temps que fut etablie l'assemb\ee spirituelle regiona!e
qui Jes englobait administrativement. Le Maroc obtint son independance en
mars 1956. La Tunisie devint independante un mois apres Riqvan 1956. Les
autres territoires allaient ega!ement suivre que!ques annees plus tard.
La region etait en proie ade nombreux troubles. Voyager a l'interieur
- 89 - 2eme Partie
de chaque territoire eta it impossible clans ce11aines regions. et dans beaucoup,
de cas ii fal!ait meme passer par !'Europe pour pouvoir voyager d"un territoire a l'autre.
II y avait six principales !angues aprendre en compte: l'arabe, táanglais. le frarn;:ais. l'espagnoL le po11ugais. et le persan. langue des pionniers
iraniens qui náavaient pas encore appris Jes autres langues.
Les territoires ásubsahariens avec le Cameroun britannique en tete
etaient receptifs ala Parole de Bah3.'uá !18.h.mais manquaient de moyens materiels. Ces territoires n 'avaient, en tout et pour tout. qu'un seul pionnier venant
de l'exterieur de la region: Enoch Oiinga. Les pays du Nord qui sáetendent
le long de la c6te mediterraneenne etaient hostiles a la Foi de Bah3.'u'll8.h.
Porn1ant ii y avail beaucoup de pionniers de Perse. des Etats-Unis et d'Egypte.
et ces pays possedaient beaucoup plus de ressources materielles.
Avec le siege administratif de cette region dans l'extreme Nord-Est a
Tunis. la correspondance entre Tunis et la region administrative devait passer
par l'Europe a !'exception des trois territoires d'Afrique du Nord, car !es
liaisons telephoniques n'existaient pas avec !es territoires Subsahariens et ell es
etaient tres limitees avec l'Algfaie et le Marne. ses plus proches voisins.
Lorsque !es quatre assemblees spirituelles regionales d' Afrique-celle
de la region Nord-Ouest. celle de la region Centre et Est. celle de la region
Sud et Ouest. et eel le de la region Nord-Est - furent etablies. eel a faisait deja
trois ans que le monde bah8.•f se trouvait dans la puissante Croisade de dix
ans du bien-aime Gardien. Douze assernblees spirituelles nationa!es constituaient le corps executif de la Croisade. Cinq parmi elles : !es Assemblees
spirituelles nationales des Etats-Unis. de la Grande Bretagne. de l'Egypte.
de la Perse et de l'lnde avaient la responsabilite de ce qui allait devenir la
region de 1'Afrique du Nord-Ouest. Quelques semaines apres sa formation.
1áAssemblee nationale nouvellement e!ue se trouva seule responsable de tout
ce dont !es cinq assernblees spirituelles nationa\es participantes avaient eu
en charge jusquáa present.
Lorsqu'a la premiere reunion qui suivit la convention, la Main de la
Cause Mi,sa Banani apprit que J"Assemblee spirituelle nationale d'Afrique du
Nord-Ouest avait planifie seulement.quatre reunions pour sa premiere annee,
ii commenta a leur decharge qu'il etait sage de rnettre en regard le coCttde
ces reunions avec !es fonds disponib!es. II avait ete clairvoyant en effet, car
l'Assemblee. pendant !es lrnit annees de son existence. souffrit terriblernent
dans ses efforts pour se reunir. Le manque de fonds et le desir de ne se limiter .
quáaux depenses vita!es rendirent rares Jes voyages. bien trop collteux.
11y avait aussi quelques territoires oi:1l'on rencontrait beaucoup de
2erne Partie - 90 -
difficultes et l'Assemblee devait encourager !es pionniers a sáy etablir mais
le permis de sejour leur etait toujours refuse : Sahara espagnol. Rio de Oro.
Guinee fra119aise, Guinee espagnole et rite de St-Thomas et de Principe.
Tous ces endroits semblaient €:tre •• des territoires impossibles ". Pourtant
le Gardien voulait que les pionniers sy etablissent. L'Assemblee spirituelle
nationale n'avait de choix que d"encourager !es croyants aperseverer. Quand .
nous exarninons le r6le de M. Olinga dans cette t8.che, nous voyons a que!
point sa conviction etait forte pour l' accomplissement de ces buts.
Depuis ses debuts. l'Assemblee spirituelle nationale nouvellernent
6tablie ne comportait uniquement que deux rnembres issus des territoires
Subsahariens: Enoch Olinga et Miss Valerie Wilson. Le territoire oi, Olinga
residait- le Cameroon britannique - etait la region oll le travail d"enseignement
etait constamment en progres. Cinq Chevaliers de Bahtfu'll8.h. Jes enfants
spirituels d'Olinga, travaillerent avec succes dans Jes territoires avoisinant le
Cameroun britannique. Ainsi. !es veritables succes d'enseignement vinrent
des territoires du sud de la region.
Durant cette premiere ptriode de developpement de la Foi en Afrique
Occidentale, le manque de livres adaptes etait un problerne angoissant. On
avait absolument besoin d'un ouvrage en anglais qui pouvait servir aussi
bien pour l'enseignement que pour l'approfondissement. Pour repondre a
ce besoin. M. Olinga r6digea un manu~crit en quatre pa1iies et l'envoya a
l'Assembl6e spirituelle nationale. Bien qu'il travail!8.t sans doute tres dur et
de nombreuses heures a sa preparation. en fin de compte le manuscrit ne fut
pas publi6 fautes de rnoyens. Enoch dut en souffrir enormement car le besoin
en ouvrages ecrits devenait de plus en plus pressant.
Souffrir semblait etre le destin d'Olinga. II souffrait terriblement. mais
gardait sa peine en son for interieur. Ce fut son sort durant toute la periode
ou ii fut rnernbre de l'Assemblee spirituel\e nationale d'Afrique du Nord-
Ouest. Est-ce qu'il continua de souffrir apres cela ou non? Jene peux pas
le savoir. Mais pendant la periode oi, ii etait dans la region de l'Afrique du
Nord-Ouest,je sais qu'il souffrait. Si souffrir est un .. dl1 ., pour une Main de
la Cause. alors 8.mon humble avis. lecher Olinga a eu \argement .son lot. II
y av<;1.it
beaucoup de raisons qui 1áinquittaient et l'affligeaient. Je vais essayer
ici d'en mentionner quelques unes parrni celles que je connais.
II etait tres inquiet au sujet de la l:la?irat'ul-Quds de Victoria dans
l'Ouest du Cameroun qui venait d'etre acquise. Certains amis !i-bas pensaient
qu"i\s pouvaient vivre en ces lieux. siege administratifet centre de reunion
pour !es bahcl'fs de cette comrnunaute. Pour eux. ii n'etait pas question de
quitter les lieux, Olinga dut s'occuper personnellernent de la l:lazirat'ul-Quds.
2eme Partie
La plupart des familles restCes 13.Ctaient necessiteuses. Toute cette situation
faisait ma! au c~ur. Combicn de fois Enoch aYait-il fait don de ses propres
moyens de subsistance, alors qu'il Ctait lui-mCmc dans unc situation difficile?
Personne nc peut le dire. Combien de fois avait-il dll se lever la nuit pourallcr
aider un ami ou unc famille dans le besoin ? Pcrsonne jamais ne le saura.
Les Chevaliers de Baha'u'llah, ses enfants spirituels qui etaient pionniers dans d' autrcs territoires de l 'Afrique de I' Ouest, rencontraient beaucoup
de difficultCs, et se toumaicnt tous naturellement vers lui pour se faire aider.
Mais Enoch, tout comme !es autres membres de 1'Assemblee spirituel\e
nation ale, aquelques deux ou trois milk kilometres de 13,Ctait impuissant a
venir a leur secours avec de l'aide, des livrcs et des Yisiteurs.
Une autre raison pour laquelle ii souffrait tellement etait le fait que
certains croyants autour de lui avaient unc mauvaise comprehension de sa
position et d6f~rmaient ses actions et ses intentions. Ces croyants, il faut
l'admettre, Ctaientjeunes, non seulement en age rnais comme croyants aussi.
Pour autant, ces circonstances att6nuantes n'ont pas dit beaucoup amoindrir
le chagrin qu'ils susciterent dans son creur aimant
Une autre cause de profonde anxiCtCet de terrible souffrance Ctait le
fait que sa famille n' eta it pas avec Jui. Elle etait res tee en Ouganda.
Malgre tout cela et malgr6 encore d'autres soucis, M. Olinga se concentra sur la t8.che qui 6tait la sienne. II dut aussi etre profondement peine
par le dCces du Gardien. Quand ii assista a la conference intercontinentale de
Frankfort en 1958, la Main de la Cause Amelia Collins etait la representante
du Gardien. La Main de la Cause Ugo Giache1y y participait aussi, ainsi que
neuf autres Mains de la Cause. Ulfet et rnoi-meme, qui avions eu le privilege
d'y assister, nous souvenons du merveilleux r6le que joua M. Olinga 3.cette
conference. Dans son discours, il attirait notre attention sur nos devoirs envers
nos communaut6s bahit 'ies, nous rappelant que dans !es conferences comme
celle-la, notre tache etait de nous remplir de spiritualite afin de la transmettre
aux amis de retour chez nous.
Au debut de mars 1959. ii s'occupa d'un autre but vital, !'education
universelle des enfants. A cette Cpoque, il envisageait un projet d'6cole que,
dit-il, il avait a I' esprit depuis quelque temps. II ecrivit'aux membres de
I' Assemblee spirituelle nationale:
"Je pense que le moment est venu de porter notre intf?retsur l'cdducation des e11fC111ts
qui n 'onr pas eu le privilege
d'ovoir une f?cole.Je pense que 11011s devrions commencer par
des<<ricolesmaternelles », / 'amorcefondamentale de ce que I 'on
zeme Partie - 92 -
pourrait oppe/er plus turd un « /ycee >i. Une ou cleux, cela serait
une grande l'ilátoire. Si I 'A.S.N m 'autorise (l efudier /es possibilite?scl'efab/ir de tel/es ecol es, et d'C?valuerleur coilt annuel, je
voudrais entreprendre cette elude (bien entendu dans la partie
de lvfa111/'e
du Cconeroun du Sud). "
Dans la rnCme \ettre, qu'i1 signa" en Son amour, Enoch", il soulignait aussi "l'impo1iance d'avoir un endroit ol.1pourrait se tenir une ecole
d'ete chaque annee "." Ceci ", ecrivait-il," fera beaucoup de bien aux amis;
\eur connaissance augrnentera et ils auront un lieu ol.1ils pourront se rendre
r6gulierernent pour 6tudier la Fol et son administration".
Les responsabilit6s aremplir dans la Foi 6taient multiples, et les livres
restaient la premiere priorit6. M. Olinga continua d'6crire des ouvrages, malgre sa premiere deception. Dans une lettre datee du 24 mai 1959 adressee a
l' Assemblee spirituelle nationale des lies britanniques, I' Assemblee spirituelle
nationale d' Afrique du Nord-Ouest ecrivit : "Quand la veneree Main de la
Cause Enoch Olinga etait a Haifa en 1957, le bien-aime Gardien exprima
le souhait de voir les croyants africains ecrire apropos de la Foi. Ce meme
desir du bien-aime a ete exprime par M. 'Ali Nakbjavani. Pour repondre a
ce d6sir, la reveree Main de la Cause M. Olinga a fourni a notre Assembl6e
nationale deux manuscrits pour les pub lier. L'un d'eux « Apen;:u sur la foi
baha'ie » est rnaintenant revise et pret a etre publi6 ".
Voici comment M. Olinga fut le premier africain a6crire sur la Foi.
II faisait tout ce qui etait en son pouvoir pour satisfaire n'imp01te quel desir
exprime par le bien-aime Gardien.
Quand M. Olinga fut designe Main de la Cause de Dieu en octobre
1957, ii etait un membre de l'Assemblee spirituelle nationale d'Afrique du
Nord-Ouest. II y avait aussi d'autres Mains qui avaient 6galement les memes
doubles responsabilites. Mais la tiiche de M. Olinga etait bien differente et
bien plus lourde. Etre Main de la Cause et membre d'une institution nationale
aux Etats-Unis ou en Iran ou au Royaume-Uni c'6tait une chose, mais etre
Main de la Cause et membre de l'Assemblee spirituelle nationale d'Afrique
du Nord-Ouest, en etant de plus la seule reference dans une jeune communaute en Afrique Occidentale en 1957, ceci etait une toute autre affaire. On
frissonne en pensant a cette 6poque, et ace qu'Olinga et Jes amis comme
Jui ont dfa endurer dans leur recherche pour apporter du bonheur au co,ur de
leur Bien-aim6. Le sen tier qu'ils empruntaient 6tait aussi 6troit qu'une corde
raide, aussi 6prouvant qu'un chemin parseme de cailloux et de morceaux de
vene brise. Le cas de Olinga illustre bien le proverbe qui dit : "Nu! n'est
- 93 - 2eme Partie
prophete en son pays d ne trouve de respect pam1i son peuple ". La Main de
la Cause John Robarts, apres avoir appris et vu de lui-meme comment Olinga
mcnait sa vie quand ii viva it a Victoria, me confia "qu 'il marchait sur !es
pas de áAbdu'l-Baha ''. Ceci sc passait aVictoria au Carneroun britannique
en mai 1964.
Lorsque !es premieres Mains de la Cause de Dieu furent dCsignCes
en decembre l 951, j'Ctais un jeune bah3'i panni tant d'autres qui ne savait
pas grand chose sur le rang des Mains de la Cause. Nous savions gu'on leur
devait du respect, mais nos jeunes esprits ne pouvaient pas saisir la grandeur
de leur rang spirituel. En cette pfaiode quand ceux d' entre nous qui avaient eu
le privilege de grandir clans des comrnunautes bah3.'fes avec des assernb!Ces
locales et une assemb!Ce nationale, commern;aient a peine a realiser que !es
merveilles d_ela strncture administrative Ctaient en train de se dCvelopper,
ces Cminents serviteurs de la Foi se dessinaient comme des gCants spirituels
sur !'horizon de notre jeune imagination. En 1951 Mme Amelia Collins fut
envoyee par le Gardien pour rendre visite aux croyants d'Egypte. J'avais
eu. le privilege de me trouver au Caire a ce moment 13.,et je me souviens
de la profonde impression qu'elle fit sur moi. Quelques mois plus tard nous
apprenions qu'elle avait ete designee Main de la Cause de Dieu. En 1952,
la Main de la Cause Shu'a'u'llah 'Ala'i visita le Caire, et pour la premiere
fois je vis une Main de la Cause en chair et 'en os. Dans man enfance, j 'avais
connu le Juge 'Abdu'l-Galil Sa'd et dans majeunesse Mul)ammad Effendi
Taqi Ifah3.ni; mais tousles deux avaient ete designes Mains de la Cause atitre
posthume. Le pro fond respect que le president et les membres de l' Assemblee
spirituelle nationale en Egypte avaient temoigne a l'egard du General 'Ala'i
pendant son sCjour au Caire m'avait grandement impressionne.
Cinq ans apres cette experience que fut ma rencontre avec la Main de
Ia Cause 'Ala'i, voila que nous avians un membre de I' Assemblee spirituelle
nationale qui etait Main de la Cause! Nous Ctions au courant par ce que Ies
pelerins rapportaient dans leurs notes que le bien-aime Gardien considerait
les Mains de la Cause au-dessus, bien au-dessus des assemblees nationales,
et que" les Mains de la Cause devaient etre venerees ". Mais comment allions-nous gfaer notre administration dans la region ol1 la Main de la Cause
Olinga vivait, non seulement en tant que Main de la Cause, mais aussi comme
membre de I' Assemblee nationale ,, Par des moyens mysterieux la question
de la relation entre [es Mains de la Cause et !'administration sembla trouver
sa propre solution.
En reflechissant sur le passe, ii devient cl air gue nous Ctions en quelque s01ie prepares au nouveau r6le dans la Cause que notrc frere spirituel
zerne Partie - 94 -
avait a assumer. Lorsque M. Olinga pa11it en pe!erinage en fevrier 1957 le
bureau de M. Leroy loas, secretaire general du Conseil international baha"i.
ecrivit aux deux Assernblees spirituelles national es d' Afrique du Nord-Ouest
et d"Afrique du Centre et de l'Est dans une lettre du 17 fevrier 1957 :
" Chers amis bahd 'is,
Le bien-aimri Gardien a rite tri:s satisfait de la visite de
AI Enoch Olinga en Terre sainte. JI est le premier bah(: 'i noir
d '~(7-iqueCJvisiter cette derniere, et le premier des bahCI'is noirs,
qui soft devenu bahti 'i pendant la Croisade de dix ans. De plus
ii est un Chevalier de Baha 'u 'llah, et quatre de ses en/ants spirituels sont aussi Chevaliers de Bahci 'u 'l/Clh.Le Gardien pour
cela lui a donne le titre de "Abu 'l-Futuh" qui signifie, le Pere
des Victoires..
Le Gardien est tres encourage par les rapports qu 'ii
re9oit sur le progres du travail d'enseignement en Ajhque. Sous
la direction des assemble es nationales nouvellement 'etabhes, le
iravail est encore plus stimuli, ce qui est excellenl. Le Gardien
voudrait mettre en garde !es A.SN afin qu 'el/es ne s 'embourbent
pas dans !es itiiches administratives. mais qu 'el/es dedient la
majeure partie de leur temps Cll'enseignement, et Cllaferme expansion de la Foi. Tel est le besoin de cette heure. Les assemble.es
nationales et locales devraient didier le plus cl air de leur temps
et de leur inergie Clcette noble lfiche. "
Quand M. Olinga revint de Haifa, ii envoya aux rnernbres des •• Extraits
des notes sur le pelerinage d'Olinga ... ecrites en vitesse pour repondre ~ la
suggestion de ... selon laquelle je devrais pa11ager avec vous les souhaits du
Gardien concernant le fonds, le travai I d' enseignernent et notre convention ".
Les extraits cornprenaient le paragraphe suivant :
"Concernant le fonds, le bien-aimri Gardien dit : le
travail le plus important c'est l 'enseignement. L'argent doit etre
dripensii pour cet effort primordial : envoyer des pionniers. et
acheter des Haziras locciles. Ce n 'est pas nricessaire que •!es
driliiguris assistent en personne Clla convention. Ils peuvent
consulter et voter par correspondance. fl n'est pas nicessaire
non plus que taus les membres de l :4.S.N se rriunissent taus
ensemble. Toute somme rj 'argent disponible doit etre dipensie
- 95 - 2eme Partie
pour le !ravw? d 'enseignement. Ceci doi! i!tre e.,pliqul! aux
amis.. Ce/a es/ l!ssentiel. Dans ma ricente connnunication
cn'ec L4.S.N du ;"-/ord-Ouestd'Ajhque, je leur ni fltit part de
cette directive. « E1an1vous-meme w1 membre de I A.SN. vous
en sere:: iJ?/Orml!1>. dit-il. "
Lorsque M. Olinga revint du pelerinage, I' Assernblee spirituelle nationale d' Afrique du Nord-Ouest nouvellement elue s'etait deja reunie trois fois.
Les membres etaient eparpilles sur une vaste region. Olinga etant le plus eJoigne
comparativement aux sept autres membres concentres au Nord de la region.
Olinga n'assista pas ala quatrieme session qui eut lieu apres son pelerinage. II
confia a l'auteur qu'il ne depenserait plus un sou pour aller en voyage aTunis,
ni pour un~ reunion de l'assemb!ee nationale ni pour la convention annuel\e.
II ne pouvait pas oublier le conseil du bien-aime de ne depenser du fond disponible que pour le travail d'enseignement. Dans une lettre au secretaire de
I' Assemblee spirituelle nationale d' Afrique du Nord-Ouest datee du 26 mars
1957 ii ecrivit: "Concernant le fond,j'ai !'impression de voir Jes yeux benis
de notre Gardien lorsqu'il me disait d'expliquer a l'A.S.N d'economiser et de
travailler par correspondance au lieu d'assister en personne aux reunions'".
M. Olinga consacra taus ses efforts a la mise en reuvre de chaque
directive de la Cause. L'une d'elles etait l'etablissement de la f:la~irat'ul-Quds
• de Victoria- la premiere I:Ia?frat'ul-Quds au Cameroun. Dans Jes extraits des
notes de son pe!erinage, Olinga cita ce que le Gardien Jui avait dit concernant
Jes f:lazirat'ul-Quds : " .. II faut acheter des l:laziras, une dans chaque territoire
nouvellement ouve1i, sera suffisante. Par exemple, une a Victoria. Elle doit
etre de construction simple et rnodeste et peut etre vendue a n'irnporte quel
moment. !I ne faut pas qu'elle soit trop luxueuse. ,,
Peu apres, dans une circulaire de la Main de la-Cause pour I' Afrique
Musa Banani datee du 28 mars 1957, nous pouvions lire:
"l'lous avons rep, des informations tri:s enthousiasmantes _I Nous nous rrijouissons de la bonne nouvelle
qu 'un croyant afhcain, lui-meme Chevalier de Bah6 'u 'llClh,
a rricemment ereen pi::lerinage en terre sainle et a visitri notre
bien-aim/2Gardien. C 'est Enoch Olinga, pionnier ougandais au
Cameroun hritcmnique. Le Gardien etait si content des services
d 'Olinga qu 'ii lui a donnri le titre de« Abu 'l-Fi1hf{1N qui sign(fie
en Anglais, <<Vi1therof Victories» ( « P?!redes Vicloires )J). Le
bien-aimri m 'a envoy/? ultririeurement le trilrigrammesuivant:
2eme Partie - 96 -
SJATUT FOI C-UfEROUV BRITANNIQUE SUITE REMAR-
QU.4BLES SERVICES OLINGA MERfTE ET4BLISSE:v!ENT
HAZ!R4 VICTORIA.
Nous 1áenonsde recevoir de la port d '()finga / 'heureuse nourelle de l 'ochut de la lja::irat '11/-Q11cls.
En d'autres term es. en l"espace_de quarante-cinq jours apres avoir
quitte la presence du Gardien, M. Olinga fut guide pour achever un des
ctesirs constants du bien-aime et apporter de la Joie a son cceur.
J'ai mentionne plus haut qu'Olinga avait une expression de visage tres
belle et tres sereine, rnais en fa.it la sCrCnitCentourait son €:tretout entier; elle
semblait Crnaner de son for intCrieur et nous atteignait tous. _II Ctait une source
d'apaisement dans toute situation tendue. En 1963. a Landres 3. !'occasion
du Congres rnondiaLje me trouvais par hasard a la reception de l'h6tel avec
Olinga et beaucoup dáamis. Une jeune femme bahaáre ougandaise vint vers
nous et cornmern;a a lui parler. probablement en langue swahi\ie. La jeune
femme parlait vite. avec fougue. et continua pendant longtemps. Olinga ecoutait avec interet. Ensuite. ii Jui dit quelque chose, sourit puis se mit a rire. La
jeune femme rit aussi et sáen al!a. a rnon avis, toute contente.
Pendant la convention pour 1áetab\issement de \'Ass~mblee spirituelle
nationale des bah3.'fs d' Afrique Centrale-Ouest qui eut lieu a Victoria. au
Cameroun Ouest. en mai 1964. la Main de la Cause John Robarts representait
la Maison universelle de justice. M. Olinga avait demenage du Cameroun
plusieurs mois auparavant. mais le r61e qu"il jouait dans la communaute que
M. Robarts visitait de la part de la Maison universelle de justice creait un lien
entre ces deux Mains. Ceci náetait quáun des nombreux liens entre Jes deux
Mains de la Cause. M. Robarts plus tard me raconta une histoire au sujet de
M. Olinga. Bien que cette histoire ffit racontee pour son caractere surprenant
et humoristique. e!le il!ustre tout aussi bien la sincerite de M. Olinga 1 :
; 1: histoire de la \áisitc de [\,1.Olinga au Temple de \\Ii lmette ttait. d. aprts Nina Robarts
Tinnian fl!!e de M. Robarts. •• l'histoirc prCferCede toutcs ccllcs que son perc m ait
l'habitude de raconter ••. [\•1. Olinga a\'ait pcrsonnel!cment raconte ccttc histoire t't
John Robarts. ll) a\'ait unc grandc affrnitC cntrc lcs deux i'vlainsct ils sc r0sc1'\'aicn1
mutuc!!crncnt des anecdotes quáils sc rucontaicnt dCs quáils sc rcncontr;.1icnt.C(' J"ut
trCs aim able ~'t\,!111L: Rubans ,rU\ oir bien \ oulu me foirL:-partd-::la transcriptiun Lk
l'enregistrement de l'histoin: racontCCpar son pCrc dan:--sa 111ais(1n LlRa\Ydnn. uu
QuCbcc. durant scs dcrni0rcs annCcs. l :n ou dcu:,.;puints qucj'ai ajuutl.'.s....ruprt's mes
SOU\'Ct1irs. sont mis cntrc parcntht'sL:sou enlrc guillemds.
La premiere fois que M. Olinga arriva a Chicago. ii pris immediatement un taxi et demanda quáon le conduislt au Temple bah,i'i a Wilmette
(II po11ait toujours sur Jui la photo du Temple de Wilmette et la montrait a
beaucoup de personnes. mais ii ne l"avait jamais vu). Le chauffeur du taxi.
remarquant que le gentleman qu'il transportait etait un etranger et que la nuit
tombait lui exprima ses doutes quant au fait qu' Olinga pllt voir quoique ce
soil du magnifique Temple. Olinga voulait quand meme y aller. et pendant
tout le trajet le chauffeur du taxi n •eut de cesse de repeter que tout cela etait
bien dommage et qu'Olinga ne pourrait en voir grand chose. D"apres Jes
propres mots de John Robai1s,
"En route pour W'ilmette, le chazttfi!ur d;t ClEnoch. (< vm1s
save:::,c 'est vraiment dommage que vous ne soyez pas venu une
heure plus t6t, vous allez arriver !Cl-basau mauvais moment. Ilfi!ra
nuit, et vous ne pourrez pas voir le Temple. C 'est vrai qu 'ii est !Cl,
el qu 'ii ya le clair de lune, mais vous allez toutjusle l 'apercevoi1;
el ~áane sera pas la meme chose qu 'en plein )our >).
<(Oh.',; dit Enoch,<<ne vous inquie1ezpas. Jejetterai un
coup d'O!il. C"est tout ce queje veux. Je veuxjuste le voil; a/ors
ne vous inquiritez pas - Je le verrai. ;J
Ifs roulr!rent, et Cll 'approche du Temple, le chai1ffeur se
remit Clse lamenter encore une fois. fl dit, « Oh.' Que! dommage
que vous ne puissiez pas avoir une belle vue de ce magn(fique
Temple.' C 'est un endroit s; beau>;.
Enoch•repond;t: << Oh.' au;, je le verra;. Je le rerrai trl!s
bien .' >J. "
Plus Olinga insistait pour continuerjusqu'au Temple. plus le chauffeur du taxi exprimait son regret qu'Olinga ne pourrait rien voir de cette
rnagnifique construction. ainsi Olinga n'avait de cesse de lui repeter de ne
pas s'inquieter.
Finalement quand le taxi arriva au Temple l'endroit etait plonge dans
une obscurite totale. Olinga Sm1itdu taxi et s'avanc;a vers le perron qui menait
a \'entree du Temple. Sur \es marches ii se prosterna et mit son front aterre
en signe de priere. Tout acoup le Temple s'illumina, l"entree principale etait
ouverte. et le guide du temple de service ce soir 18..s'avanc;a vers lui et lui
demanda s'ii voulait visiter le Temple. Olinga. tres reconnaissant. le suivit
a l'interieur. Le guide Jui demanda qui ii etait. O!inga evita de repondre. Le
guide. tout en procedant aux explications pour la visite du Temple, s'enquit
2eme Partie - 98 -
une nouvelle fois de l'identite du visiteur. II insista tellement quáolinga accepta de le lui dire. a condition qu"il gard3t táinformation pour lui. Le guide
acquiesya. et Olinga lui dit qui ii ttait: Enoch Olinga ! Le guide sursauta.
serra Olinga dans ses bras et son it en courant pour a!ler sonner a la residence
du secretaire de l"Assemblee spirituelle nationale des Etat Unis qui se trouvait de l"autre c6te de la rue. afin d"annoncer le nom de 1áauguste visiteur a
Charles Wolcott.
Le chauffeur du taxi dut etre tres surpris. Que s'etait+il done passe
exactement? Le guide venait ctáeteindre toutes les lumieres et se preparait a
quitter Jes lieux. lorsqu'il apen;:ut un taxi qui sáetait arrete: son passager etait
descendu et se dirigeait vers le Temple. •• ('a doit etre quelquáun qui vient
de loin .. _sáetait-il dit interieurement; -- ii faut que _iefasse quelque chose•á-
cáest pourquoi ii rentra de nouveau. remit toutes !es lumieres. et demanda
a Olinga ctáentrer.
John Robarts explique que Enoch venait apeine de rentrer de voyage
ctáAmfaique Centrale et d"Amerique du Sud. un voy~ge de quatre mois.
cáerait alors la fin de son long periple et ii etait tres fatigue. Il avait e~1des
reunions presque tousles soi rs. M. Olinga ifavait pas programme de reunion
a Chicago : etait-ce a cause de sa fatigue ou bien a cause du peu de temps
disponible pour a!ler voir !es amis? Nous ne le savons pas. Mais ce que nous
savons. cáest qu'apres sa visite au Temple. i! fut surpris de constater que les
Wolcotts avaient rassemb!e un grand nombre d'amis au bureau nationaL La
reunion se prolongea jusquáa l'aube. quelques heures avant que M. Olinga
ne prit !'avian pour retourner chez Jui 3 Victoria. au Cameroun. M. Robarts
nota que lorsque M. Olinga lui raconta plus tard cette histoire. ii ajouta que
á• ce fut vraiment la plus belle soireeáá qu"il ait passee de tout son voyage.
Ce n. eta it pas seulement le detachement. la generosite. la sincerite
et la serenite qui distinguaient Enoch Olinga. Les extraits suivants de ses
rapports et _de ses lettres illustrent bien d'autres qualites. Au debut de _iuin
1956. ii insera ce qui suit. dans un rapport al"Assemblee spirituelle nationale
de la part du Comite regional d"enseignement d"Afrique de l"Ouest:
Towe uventure spiritue/le " rriclame zme Vision,
une srro1Jgi1.:. un plun et une mise en place dans !es details. Le
hiu11-uin1t.;(jwdien s 'assurait IOZ(fours de la vh;icmde la Cause ;
!es cnrJJ.1'
uclminislrat(j.Sás 'occupent de la s1ratigie l7leurs nháeaux
1áoriJs : fL,sincliláidm et !es comitl!s uxJcuten! /es plans et le trava;/
di! dJtoil.
II est pourtant essenti<!lq111.:chuque co,77s concern/!
- 99 - 2eme Partie
pur le progrl?s de la Foi rl!zmisse dons zme certaine mes11rr:/nus
ces trois elements. Sans 1áision, lo strurJgie sera limitl!e: suns
strate!gie, les details ne sercmt pus t:,/ficoces ou bien m/Jme 11e
po11rrontpas etre coht!rents li!s I111sun.:c li:s autres.
Dans le rnerne rappo11 sous un paragraphe intitule •• Strategie ••. i I
specifie le besoin deá• considerer tout le temps que nous (le comite) avons
la responsabilite de rnontrer le chernin. d'initier l'activite, de planifier des
programmes, et non pas de perdre le temps du Comite seulernent sur les
problernatiques que l'on « re,oit » au quotidien"
Cornbien est egalement fascinant son expose dans son introduction
intitu!ee •• Planning et Detail''. ol, ii insiste sur le fait que le comite doit
•á maintenir et consolider toutes !es assemblees existantes, ainsi que preparer
les programmes d'approfondissement pour guider !es diffel"entes comrnunautes sur le chemin de !'administration locale. mener Jes fetes et les autres
anniversaires bah8.'is, et Jes reunions 1 á, Mais encore, ii y souligne aussi deux
autres responsabilites importantes : •• appo1ier une attention toute pa11iculiere au progres social et a ses problemes, si possible, organiser des moyens
dáechanges dans le domaine de l'enseignernent entre assemblees et groupes
dans l'interet mutuel de chacun ...".
En juillet de cette meme an nee ! 956. nous lisions dans un commentaire ecrit par Enoch Olinga concernant le retablissernent de la cornmunaute de
l'ile St-Thomas. dont le comite americain ctáenseignement enAfrique pensait
qu'il serait •• difficile a reussir en envoyant un pionnier africain":
á•St-Thomas: Nous avons lu avec w1grand et piew: interet
!es passages de la lettre que le comitJ omf!ricain d'enseignement
vous a envoyie .. concernant la drilicate situation du retablissemenl d'une commwwwe sur f'ile St-Thomas. Nous sommes
persuadris que ces amis ont hien JtCiuidf!s dans leur conviction :
mois nous voudrions trl?sh11111h/emem et avec route prii::re comllli!nler qu 'ii ne serait pas si " impossible d 'envoyer un piom1ier
qfhcain "dans ce territoire ... Au contra ire nous pensons qu 'zm
.1fhcain serait plus appropriri pours 'installer dans ce terhtoire
q11'zmblanc. II est vrai qu 'zme honne connaissance desprincipes
de lo Foi doit erre w1 prl?-requis pour zm rel pionnier bl?ni.
La pluparr des commwwwl!s des territoires cle 1á_~fj-ic111e
( Jccidentale onr cite!ritoblies por des huhc7'is qui ritaienl (LiI 'Jp()-
c111e)trCs immatures et lefCiit est qu 'ifs 011!pufaire entrer clans lo
2eme Partie - 100 -
FrJi des limes telles qu 'el/es se sont levi!es pour repandre le nom
hCnide la grande Fo; de Dieu Cl/'intirieur et ll l 'extirieur de leurs
territoires. Dans la plupart des cos, leurs e.ff(wtspleins de sacrifices
rencontrCrent zm succCs bien mrihri!.Cesphmniers '' immatures ''
0111 gaine pour eux-memes en ricompense la co11firmationde la
Páe,fection Biinie, et leurs esprits omfitit lesfhrteresses de l 'immaturitf!pour entrer dans !es villes de la maturitri et de I 'assurance.
C/71.:situation qui s 'applique aussi Clleurs ''e11fantsspirituels ".
Ils sont partis comme pionniers pour riipondre Cll 'appel cfileste
du bien-aimri Gardien. fl pria pour leurs exploits mriritoires et
pour leurs succes afin qu 'ils "remportent des victoires " dans
Son service. Cela ifs l'ont accompli et sa promesse divine fut
tenue. la prisente situation de l 'ile St-Thomas ne peut-elle pas
etre comparee Clcelle-!CI? ...
La lettre (celle du comitii amiricain d'enseignement
pour l 'Afhque) contient zme phrase tri?s encourageante, source
d'impiralion et de defis:,, Les Afi-icains y vont (Ile St-Thomas)
sous des conditions d'esclavage rigoureux, .. ». Oui; sans cela
comment savourer la douceur d'etre pionnie1: N'a-t-Il pas r<ivete
que « ... !es compagnons de taus ceux qui T'adorent sont !espleurs
qu 'ifs versent; !es consolateurs de ceux qui Te cherchent son!
leurs gimissements, et la nourriture de ceux qui se hcitent vers
Ta rencontre est faite des lam beaux de leur camr brisf!.. laissemoi m 'abreuver dans Ta Cause, 6 111011Dieu, de tout ce que Tu as
voulu pour moi, et envoie-moi tout ce que Tu as dicr<iti dons ton
amow: ))..
... Etre pionnier ne devient agriiable qu 'accompagne de
d(fficultiis, de tests et d'ipreuves - les-dons de notre Ancienne
Beaut/? divine. En effet, sf taus les pionniers d'Afiáique (au
d 'ailleurs) devaient nous raconter !es conditions dans lesquelles
ils aident le pouvohá de I 'Esprit de Bahd 'u 'l!Cfh,aucune plume
ne pourrait !es prendre en note, ni aucune bouche ne rriuss;rait Cl
!es raconte,: Cependanl, ce n 'est mime pas une goutte comparie
aux ocrJansde tribulations qit 'fl a enduriies par amour pour ces
pauvres criiotures que nous sommes .'..
... Peut-itre, le revere comitidpourta-t-il reconsidirer Celle
question avec discernement. If y u des choses « hnpossibles ;; .
mais moins nous y pensons mieux celo vaudra, alors seuleme111
vr:'1-rons-nous notre petite fbi drip/acer des montagnes. "
- 101 - zeme Partie
Láauteur aimerait faire remarquer au lectelllá que chaque phrase du
commentaire de M. Olinga citee ci-dessus nous donne un apen;u des terribles
experiences que cette 8.rne benie avait endurees et qu'il endurait encore. On
comprend cornbien ii ressentait chaque mot qu"il ecrivait.
Ace moment la - 1956 et 1957 - M. Olinga etait toujours affaire a
plani(ier. cáest-a-dire qu'i\ etab\issait sans cesse des plans pour le developpement de la Foi. il en discutait avec !es autres mernbres du Cornite d'enseignement pour la region. puis ii travaillait dur afin de realiser Jes plans. Dans une
lettre datee du 21 juin I 957 ii ecrivit: •• Si noire plan reussit, cornme nous le
croyons sincerement, la Foi de Dieu prendra un aspect et une forme differente.
plut6t gigantesque dans cette region. Nous visualisons vraiment bien l'ultime
victoire et le triomphe de sa grande Cause. II nous semble avoir des visions
concernant tout ceci et votre aide nous sera d'un grand secours ~'.
M. Olingajoua aussi un grand r6le dans \"execution des plans. Dans
une \ettre datee du 22 mai 1957. ii faisait la revelation suivante : .. Le Gardien máa demande personnellement d'aller au Nigeria! II m'avairdemande
de choisir un ten-itoire et puis de !"en informer. II máenvoya un telegrarnrne
approuvant man depa11 pour le Nigeria. 1áaurai une consultation bient6t avec
l'A.S.N plus en detail•á.
Ces lettres etaient signees "Abuál-Futllh Olinga'".
Avant que Shoghi Effendi ne lui ait attribue ce 110111. le fait qu 'ii etait
leáá Pere des Victoires •• etait une realite qui avait deja commence 3.briller.
La premiere fois quáen Afrique du Nord nous en avians eu un apen;:u. ce fut
atravers \es premiers bulletins envoyes par la Main de la Cause MUsa Ban3nf
.. A tous Jes baha'is d'Afrique .._Le bulletin du I" ao(1t 1954 nous parlait de
Enoch Olinga ainsi que ctáautres pionniers africains herorques :
••L áwuvre des pionniers qfhcains: de taus !es triomphes
Je la Croisade mondiule, peut-Jtre que Jesplus sign(ficat(fs et /es
plus chaleureux on/ it<! /es exploits 1áiritoblement <!tonnantsde
cefle petite bande de bahl7 'is d 'origi11eqfi-icaine qui se son! lerJs
un.'c 1111enthousiasme et zme constunc:e vf!ritablement remarquuhlil rour s 'Jtahlir dans /es rigions ,áierges et Jes rrdgionsClconsolider oussi bien en -1/h'que Orientule. qu 'en .1(,-ique Occidentale .
.~ t áunml garde de ses hiros di.!Bahl! áu '/hlh ii ya Enoch Olinga
I!! Jlux Kenyere::i d 'Ouganclu. qzd son! partis. il _1'a dix mois au
(~u111erounbritcmnll1ue el en .1/iáique £quatoriale jiáam,.:aise, et
oujourd 'hui l1:1ir rapport an nonce Cjll 'fly a 50 c:royants dons J2
rl!gions Cllf Ccm1ff01111 et duns 9 rJgions d '.1/l'ique £.qzwtoriule.
2erne Partie - I 02 -
et q11e!es rilles de Victoria et de Bra::::avWe, cupitales de ces
pc1.1ás,
onr leurs assemblies spháituelles. Encore plus admirable et
n!ritab/e source d'inspiration est la manii!re arec laque/le sept
des croyants -1/iáfcuins, tow, 11om'eaux declares du Cumercnm
b,.;1an11ique,ont rl!pondu imml!diatement et de toll! cwur cl/ 'appel
du hi en-aim/! Gardien denwndant des pionniers pour !es regions
vierges d 'Afhque Occidentale cnácmtla fin de lo pre1111áere annee
de la Croisade. Les cinq bahll 'is qui on! p11entrer dons le champ
du service en tam que pionniers sont Samuel Niiki du Cameroun
_f,-ani;ais;David Tanyi du Togofiáa111;:ais;Benechct Eba/la du Protectorat d~4shanti: J\ilartinJ'vlangadu Protectorat des Territoires
du Nord; Ed11áardTobe du Togo britannique. Grcice aux visites
d 'enseignement au Togo britannique, Albert B11apiah,secret a ire
de l 'assemblr.!espiritue!le nouvellementfhrmr.!e ClTopremang, dont
/es membres sont taus Afiáicains, a reussi Clco11firmerJans la Foi
deux nouveaux croyants ..
Le bulletin de septembre 1954 intitule ••A tous Jes balu\"is en Afrique ,.
comprenait la declaration suivante, extraite d'une lettre de M. Olinga :
"Cameroun britannique : Notre bien-ainuifiár!re aJ;áicain,
Enoch Olinga. qui au dribut afClit connaitre notre glorieuse Foi
dans les villages les plus riloignrisd 'Ouganda, nous ricrit de son
paste de pio1111ierCl Victoha. au Cameroun britannic1ue, oi1 en
moins de 11 mois, 59 croyants, qui reprrisentent 15 tribus d{[fl!-
rentes, ant acceptri la Foi clans plusieurs parties du pays
« Ce mois-ci est rempli de rr.!citset de nouvelles
qui enrichiront l 'histoire de cette Foi envoyJe par Diel!.
Aitfourd 'hui, moi, le plus indigne des indignes de Ses
serviteurs, le misiirable, I 'insouciant, 1111mort dans Son
Royawne, moi, O/inga, avec un tel risoge enveloppri clans
!es voiles de l 'ignoronce. prisonnier clans la forteresse
demon moi, j áa; f!ti honore par notre Seigneur et le Seigneur du Royaume, en contribuunt par ma petite part Cl
la construction de Son Royawne swá terre. Par ceux qui
son! sincr!res, quels 01/lres signes de So grcice peut-011
chercher? Est-ce queje suis en !ruin de rl!,áer? Suis-je
pass/! Juns le monde spirituel. 011 suis-je rruimem le
O/ingu qui mare/wit duns /es rues de KwnJJCt!a/
- I 03 - 2eme Partie
.Hes muins son! pleines, et j 'en ai le SOl!fJ1e
coupd .' Ce pays. le Cameroun britannique. a w1 grand
destin spirituel. Sans orgent, sans asse::d'argent. on porte
Son nomjusq11e clans des centres riloignf?s.Certaineme/11.
II fail, ce qu 'II reut .' Un des fervents bahCT'is de Bota.
encorejunior duns son pricrident paste, a dtripromu Clzme
fonction plus (!levee et transfere it M'bonge, l/11 enclroit
tres important pres de Lobe, distant de 100 miles enl'iron.
ainsi la Fo(fut ritablie dans cette v;/le. J'avais-midft,i,
meme prid, pour que Bahd 'u 'lldh nous aide Clavoir zm
croyam !Cl-bas,et pendant 111011premier voyage ClLobe
j 'avaispassii beaucoup de temps avec un des habitants de
cette ville mais sans grand succes. Mais fl savait ce qu 'fl
/al/ail faire I II a place un pionnier la-bas. Saha á11 ?!ah
notre Seignew~ a place un pionnier Clcet endroit. Qu 'fl
soft louii, Lui le Se(r;;neurde taus les Royawnes .1.'. 1
Kumba, un autre lieu tres important, u ete011ver1
C/ la Foi par un pionnie,~ Ce pionnier prl!cidemment
membre et collaborateur de la mission. a renoncd Ctson
poste clans la mission pours 'installer ClKwnbu, et roilc'i
que BahCl'11 '/lCThlui donne un tres hon travm'/ !Cl-bas.
Devrais-je vous en dire plus ? Mon pere. devrais-je vous
en dire p/11s ? !/on je sais que vous eres bien i1?fOrmJdu
pouvoir mystcfriew: cache dans cette Cause, <<1111pouvoir
loin, sf loin, inaccessible aux hommes el aux anges >). Ce
pouvoir invisible est rf?ellement la cause de ces activitis
externes. Est-ce que d 'autres en sont consciel1ls ?
Nous avons charge notre Comiti local d 'enseignement d 'organiser et de superviser / 'enseigneme11t
au Camerozm britannique, hors de Victoria et de Bora.
Com me vous le save::, c 'est w1 comite tri?s important. fl
riussira Clcrier de nouveaux cercles, ce qui qjollfera plus
de Joie au co!ur de notre Gardien tanr aimf?. ;)
••AJOUTER PLUS DE JOIE AU COEUR DE NOTRE GARDIEN
TANT AIMEá,. c'etait le plus cher desir de Enoch Olinga meme en ce temps
13..[I n'avait pas encore rencontre le Gardien, mais dans son cceur il possedait
ce pouvoir invisible ctáarnour pour le Gardien.
Dans la circulaire de novembre 1954 á' A tous les bahaá is c1áA frique "
2eme Partie - I 04 -
0-1.Ban3.nf mentionne les activites de deux des quatre enfants spiritue!s
d.O!inga qui ont ouvert a la Foi de nouveaux territoires et par cette occasion
sont devenus les Chevaliers de Bahit'ti" llah. asavoir Benedict Eballa et Maitin
Manga.
Nous lisions egalement dans le meme bul-letin. •• L'Assemb!ee de
Victoria. au Cameroun britannique. a un programme dáexpansion du travail
de la Foi qui comprend \es villages dans tout le Cameroun ... Victoria. cáest
la ou se trouvait M. Olinga.
Dans le bulletin de decembre 1954. nous trouvons encore la mention
du Cameroun britannique, et le nom de Enoch Olinga une fois de plus:áá Au
Cameroon britannique, I' Assemblee spirituelle de Victoria. par l'intermediaire
du Comite local d'enseignement. a pris la responsabilite de la croissance et
du developpement de la Foi atravers tout le territoire .... Panni les plus actifs
nous avons John Bessong et nature!lement le pionnier Enoch Olinga ...
Et." depuis sa derniere \ettre en septembre. Enoch Olinga. le pionnier
du Cameroon britannique rapporte qu'il ya 40 nouveaux croyants dans ce
territoire. ce qui nous donne ainsi un total de 99 croyants dans le pays. ,.
Dans le bulletin de janvier I 955 nous lisons qu"un des enfants spirituels de
M. Olinga pionnier au Togo britannique est alle en visite en Cote d'Or pour
faire de l'enseignement bah3.'L
Le bulletin de mai 1955 ne parle pas de M. Olinga. mais sa premiere
page est tellernent emouvante et rnotivante qu'e\\e vaut la peine d'etre incl use
ici tel\e qu'elle avait ete publiCe. Elle relate !'interpretation si lumineuse
de Shoghi Effendi concernant les exploits spectaculaires accomplis par les
pionniers africains.
Amis chi!rement aiml!s,
Alors que le soieil se couche au 21 avril 1955 sur I './4/iáique, soixante-quin::e gro1111esl!ciosent en assemblJes, i1 !ravers
tout ce continent de long un large jusqu 'aux fles avoisinantes.
Ce fait historique n 'a 1m iJ1re rJalisd que gr6ce aux f!.(f'ortsdisinteressis des chers umis et gr6ce aux binridictions du Tri!s
Haut qui convergent vers eux par f 'intermidiaire du Centre c.le
! 'Alliance de Dieu. L1.:hien-aimJ Gare.hen a eretrCs suti~fait par
tous ces exploits el if a c/¢jclexprimri sa joie et son exaltation
clans l!/7 message udditio1111elaux conventions, uinsi que duns
1111message spJcialemeJ7! dJdiJ C,I ~~fi-ique qui a d1jit e,e COll/-
1111111iqueaux amis clans 11111.;le!tre c111e
nous uvons prdcric/e111111e11t
fail circ11le1:Une fbis encore' j 'inc/us ce dernier messa::z,edons
- I 05 - 2eme Partie
"A/ors que nous e.Yctminonsli 110111áea11 les exploits pro-
J0ndJmenr estimes des wnis en -~fique durallf I 'onnee passr!e,
nous notons que clans cert a ins territoires com111e{ 'O1wundu le
Kemáa. l(:""°Bu.rntolund. le Cameroun hritcmnic111e.et fa GambieL
notre Foi a eu le plus grand attruit, fa plus prompte rc!:ponseet le
plus grand nombre de victoires. Par consdquent,j 'ai demand(?aux
membres auxiliaires concern€s de m 'em'oyer feurs commentaires
au sujet desjl1cteurs qui ont ere fa cause de tels df?veloppements,
afm de pouvoirfClire b(?nf?jicier/es zms des expl?riences des autres.
Je vais vous citer dans cetre lettre q11efquescommentaires qu 'avait
fClits Jlafirie Wilson au s11jetdu Cameroun britannique :
« BahCI'u 'fhih a bl?nicette re?gionavec { 'arril'f?e
du pionnier Enoch O/inga. C áestparce qu 'if d€?gageconstamment de I 'amour el de I 'amitif:?qu 'ii gagna tri!s vite
la co,?fiance et le respect de tout le monde. Ifs 'en remet
entiilrement ii BahCI'u 'lfdh .. Sa recompense est de trouver
d'autres canaux purs comme fui. et gr6ce C1la conftnnalion divine ii co,?firme d'autres 6mes qui deviennent trf:s
vile de so/ides pilfers de fa Foi dans /eur rf:?gion.
Enoch avail vu la Cause en action en Ouganda
avant de pdrtir pour le Cameroun britannique. Des
pionniers tri?s qualffif!s Jui avaient enseigne la Foi ii
avail servi dans des comitis cJuiritablissaienf des plans
defC1r;:011.1,yst€matiq11t:
pour rf!panclre /es enseignements
cfe la Foi Cl /ravers I 'Ougando. II d(!Fefoppo une grande
comprf:?hension des institutions divines et du n5le que
chacune joue pour promouvoir la Cause. /'-Jonseu/ement
ii enseir;:na/es CTO\'alllsmais ii in.wira en eux le disir de
voufoir devenir eux-memes pionniers ..
Un autre facte11r important est cJU'ii semble y
avoir un lien efroit arec / 'Assemb/Je spiritue//e nationafe
et le Comitl? national d'enseignemem concern!?, qui
donnellf C1I 'Assemblf!e spirituelle locale et au Com it(!
d'enseignement local la c:01?fianceer fa vision don! ifs
ant be.soin pour ce rravail d 'exponsion. Les membres de
ce comite se vo11entaux responsabifitrJs clu comite. Ce
n 'est pos un com it€ qui n 'en porte que le 110111, mais bien
Mt)ts soulignes dans la circulaire originalc
2erne Partie - 106 -
ces pores, en /111mhlerl!merciemen! it I 'omour de noire 0urdien
cherement aimJ:
u SE REJOUIT GRANDEMEVT ADMIRE
PROFONDEMENT RECONN.4ISSANT MAGNIFI-
QUES EXPLOITS VALEUREUXAMIS PIONNIERS
ENSEIGNANTS ADlv!INISTRATEURS DE COU-
LEUIIS ET BLANCS QUATRES REGIONS CONTI-
NENT AFRIC-UN AFFECTUEUSES FERVENTES
PRIERES LES ENTOURENT
SHOGHI"
Notre gratitude est sans borne. Notrejoie est indicible.
Nos humbles efforts ant /!ti acceptri.saux yeux du Signe bien-aimci
de Dieu sur terre.
Un rri.cent message qui m 'a ereadressri de la part des
vri.nri.rri.es
Mains de la Cause en Terre sainte comprenait ces belles
pensri.es que voici:
« Nous sommes persuades que vous rrialise:;Men
combien le travail en Afhque a rcijo11ile ca:ur du bienaimt! Gardien. en particulier l'extraordinaire progri!s
en Ouganda .... II opparair mah1fenan! qu á101efo11dothm
solide a ere posee par la fonnation de tant de noznáelles
assemblies cl !ravers le continent, pour I 'l!lection de
trois nouveaux corps regionaux en 1956 et la nouvelle
assemb/(;!e qui auparavant ne comprenait que 1á.Es.,rypte
et le Sol{(../an.fl semble que, avec ces bases robustes, des
assemblies r(;!gfonalesrtiellement etfermement cmcrl!es
pvurront Jtre t.iluespour poursidvre le travail de la Cause
dans w1 proche avenir .. .
... Le Gardien voudrait que clans vos messages
ai1xpionniers, en particulier aux pionniers afhcains qui
on/ quittt.i leurs domiciles et leursfGmilles et qui ontfllit
preuve d'un courage sf exemplaire, vous !es assuric de
ce q11 'il estfier de leurs exploits, de leurs victoires, et audessus de tout, de leur courage. II espi:re que partout da11s
le monde, !es croyants suivront le magn(fique exeniple
qu 'ifs ont c/011111! en -1/hque, et en purticuher que /es bolui 'is noirs amJricains en seront impirl!s pour menl!r leur
- I 07 - 2eme Partie
travail d 'enseignement beaucoup plus activement. ))
Aux pionniers qui (1:11vrent si vaillamment en Afhque er
dans !es fies avoisinantes,je voudrais leur adresser ces mots: le
hien-aimi Gardien, chers amis, est content de vous. fl a dit qu 'ii
est« fier » de vous taus. I! a did are qu 'ii« admire grandement »
et qu 'ii est« projOndfiment reconnaissant » du travail que vous
ave::accompli et que vous etes en train d'accomplir. II a low} vos
efforts, et par-dessus tout, votre « esprit de pionniers ». I! vous
a donne en exemple pour tout le monde bahd 'i. Rejouissez-vous
done pour cette benediction incomparable. Que ces fragrances
spirituelles si apaisantes galvanisent vos i?tresinterieurs, de sorte
qu 'el/es vousfassent oublier ce monde de poussii?.reet ses soucis
insignifiants, et vous pennettent d'escalader !es hauteurs encore
plus iilevies du courage, de la divot ion et du sacrifice.
En ce qid vous concerne, chers pionniers africains qui
vous &!eslewis et qui etes devenus !es porteurs du fiambeau de
la lumii?.rede Dieu sur ce continent en ces )ours, je souhaite
attirer particuli€rement votre ultention sur !es commentaires
tri?.sspiiciaux du bien-aimi a votre sujet. Notre cher Gardien est
extremement content de vous et de vos services. II a hautement
vunt<!votre « esprit exemplaire ». Vous €tes devenus zme vraie
source d'envie chez !es pionniers non-africains itablis en Afrique. Vous qui avez quittci vos domiciles et vosfamilles par amour
pour Bah6 'u 'lldh, soye.: assures que votre sacrifice est accept€
par notre Gardien chi:rement aimi. JI veut que !es bahd 'is noirs
amdricains suivent maintenant votre exemple. Lafoi de Dieu esr
arriv<!eici chez vous, en Afhque, apri?.squ 'elle !es a atteints en
Amririque, mais notre bien-aime Gardien leur demande maintenant des 'inspirer de l'exemple que vous avez donnri. "
Sans aucun doute les nombreux sacrifices de Enoch Olinga contribuerent a ce rang spirituel tleve que \es pionniers africains ont atteint pour
!'extreme satisfaction de notre bien-aime Gardien, comrne ii a ete exprime
dans le comrnentaire de la Main de la Cause Mi'.1saBanani '
Dans le bulletin d'aoC1t1955 nous lisons !es extraits d'un rapport du
rnembre auxi\iaire Valerie Wilson et des extraits d'une lettre de M. Olinga 3.
la Main de la Cause Mi1sa Banani :
2eme Partie - I 08 -
un comiti en action ...
Aucune statistique ni auctm rapport ne pourront
Jama is vraiment revri!er ce que j 'ai vu et ce que j 'ai semi
manffi!stti en ces croyants. c 'itait un authentigue amour
pour le Gardien ... Avec cet amour et des prii!res, ifs sont
prets Clmontrer une obdissance immidiate, e...Y.acte et totale
a la Cause de Baha '" '//ah. ,, "
J'ai egalement demande aEnoch Olinga, lui-m@me,de m'envoyer
ses comrnentaires. II rn 'envoya une lettre tres touchante que je regrette
infiniment de ne pouvoir inclure ici en enticr pour vous a cause du
manque de place, mais en voici quelqucs cxtraits :
"Le progri!s de la Foi de Dieu au Cameroun britannique peut etre compare Clunfeu dans la brousse dessiichie ... La
Parole s 'apparente au .fCu et la population du Cameroun. G la
brousse a ride ...
... l' Alliance est le mvsti?re. !I ne convient pas d'enseigner la Foi de Dieu sctns plcmter dans le sol divin des cceurs des
nouveaux cro_vantsla graine de/ 'arbre cf 'amour pour I 'Alliance,
c 'est-CJ-dire/'amour absolu pour le bien-aimci Gardien, la sownission (1 sa vo!onte, I 'acceptation de so position et la comprehension
de c:e que sans Jui la Foi de Dieu n 'aurait pu demeure,~ ni ne
pourra jamais demeurer pa,faite - ii vcwdrait mieux ne Jama is
mentionner le plus grand Nam en ces lieux.' Vous enjugerez par
!es o.ffiáesde depart com me pionniers, Jes signes d'empressement
et cl 'irnpatience pour enseigne,: que ces C!me.stendres ont rnontris,
sans lesquelles la Foi de Dieu n 'aura it pu ni interpeller /es cceurs
des hommes. ni /es gagner Clsa cause et Clson pouvoh~ Car ii est
\rai. et absolument vrai, que la Foi s 'esr r<?panduegrdce ir la
cooperation et D la devotion diisintiiressCe des amis Camerounais
eux-mtmes, Cjlli par leur c:011sta11ce et leur propre abnrigation ont
revendique la BeautrJAncienne comme la few: lo Pe,fection Benie
a prom is [I ceux qui cherchent sinceremel1f Son visage et qui son!
impatients de le servir: toutes !es brinridictionsqu '//fera pleuvoir
gf!nCreusement sur eux. C áest ce qu á11u prom is .1
.-Vat11relle111e11t
ii _r o beuucoUJJdefac/eurs qui 011! conlrihuri er qui continueronr cl contrihuer cl I 'expcmsion de lo Foi
de Dieu, el c:1ce que sesfondotions soient ri1ahliesdefuc,:011per-
109 - 2erne Partie
111c111ente au Cameroun hritannique. Beaucoup de ces flrcrcurs
pourtant et meme la plupart d'entre eux, son/ cachrisir nos pauvrcs
yeu.r .' LafC1r;ond'ahorder !es gens, la capacitri Gsefaire des amis
et i1 !cs garder en font partie.
Un heureux pE!!erino rappor/r} qu '1111)our le bien-oimr!
Gardien avoit dit: <<L áepreuve de/ 'enseignemen/ c 'est la rfoctinn
des Afiáicoins envers nous. Si lo reaction est honne, not re mt?thodf'
est bonne. S 'ifs ne rt?pondentpas, not re mithode est mauroise ); .
fl qjouta encore : « Nous devons nous conc:entrer sur / 'i/i:menl
qui constitue la mqjoritri dans chaque pays. Nous voulons c/1/f!
/es peuples puissent tl:?rnoignerque la Foi a touchi /es CC1!urs du
groupe qui constitue la majorit€ ». En d'autres termes, áen Tunisie,
c 'est oux autochtones que / 'on doil enseigner la Foi de Dieu :
en C6te d'Or c 'est aux nat(f.sáde la CNe d'Or: au Liberia, /es
Libl!riens : au Cameroun, /es nat[fSácamerounais. Ceci pourrait
etre lln autre mystere du succes,
Finalement, ii est mentionni dans /es Livres sacris que
Dieu induira chez /'homme auxjours de lafin une grande so(f. et
cela ne sera pas une soif pour/ 'eau, mais pour la parole de Dieu.
N'est-ce pas vrai en ce qui concerne !es hommes d'aujourd'hui?
Cesjours ne sont-ils pas !es)ours de la.fin ? Ce que nous devons
faire c 'est o.ffh"rlibrement (Ices asso{/f'esI 'eau de la connaissance
de Dieu pour assouvir la soffde ce (I quoi ifs aspirent et qu 'fls se
languissent de rencontrer: Dieu dans Son Jour Prom is. "
Dans le journal d'avril I 956 a taus \es baha'is d' Afrique nous lisons:
"Niaeria: .... Les deux valeureux pionniers camerounais,
Joseph Enongene, et John Bes.song, se sont actue/lement inst al/is
au Sapele, oi, notre Foi bien-aimie se ripand rapidement, et dons
le plus recent rapport ii est mentionne qu 'iiya maintenant JG-has
11(;:l//"croyants,
prf?ts Clfbrmer une nouvelle assemhlie ..
Cameroun britannic,ue: Le travail de / 'enseignement se
deve/oppe continuellement ici. On rapporte qu 'ii J' a seize nou~
veiles dric/arations. P!usleurs croyants se son! proposes de par1ir
comme pionniers.
Ce quc M. Olinga a contribue en efforts pour obtenir le resultat cidessus. n'ajamais ete connu et ne le serajamais par nos esprits mortels. Les
2erne Partie - 110 -
activites de la Foi que !'on a citees ci-dessus se situaient dans rinterv~lle de
temps qui precedait sa nomination en tant que Main de la Cause ainsi que sa
visite au mausoiee sacre et au bien-aime Gardien. ce qui, selon la lettre de
M. Leroy loas du 17 fevrier 1957 et la circulaire de M. Banani du 28 mars
I 957. fut le couronnement de cette periode de sa vie.
Les extra its que je vais citer ici. ont ete tires des lettres de M. Olinga
apres cet evenernent. ll les a ecrites en sa qualite de Main de la Cause de Dieu.
faisant preuve. ctáune nouvelle confiance et d' une plus grande consecration a
la Foi et a l"humanite.
Dans une lettre datee du 17 fevrier 1959 envoyee au secretaire de
l"Assemblee spirituelle nationale d"Afrique du Nord-Ouest ii ecrit: •• Je
pense que le moment viendra o,, l"A.S.N reprendra la question des ecoles au
Cameroun. II ya un bes_oingrandissant d"ecoles elementaires pour enfants.
pa11iculierement dans des endroits comme Mamfe oll vous avez un si grand
nombre de croyants. Nous devons essayer d'aider ces a.mes aussi bien spir1tuel!ement que materie!lement. Le besoin pour de simples ijazfras ne peut
pas etre surestime ... II signa cette lettre simplement pará• Dans Son amour.
Enoch.áá
Une lettre datee d"un jour plus 161adressee a I•Assemblee spiri1uelle
nationale :
Chers amis bahcl 'is,
.le viensjuste de rentrer d'une tournrie de taus !es centres
lwhll 'is du Sud du Cameroun, etje vous serais tres reconnaissant
de hien vouloir accepter !es chaleureuses salutations et tout
/ 'umour de ces tres chers amis que j 'oi rencontris pendant ma
visite.
La mcmiere avec laquelle la Foi de Dieu est en train
de se propager dans ces parties du monde est merveilleuse et
remurc1uuble,grdce ClSon assislcmcr:cHvine,Sa corifirmation et
So direoiun .'
Six centres loca11xsont en construction rien que dans le
district de Jfan!f"e.Si I 'A.S.l\Tpuuvait envisager d 'aider ces amis
financic!remenl dans leurs pro_iets de construction, quoique ce
!IL' soil JWS un des huts du Plan de dix ans. je suis sllr que ce/u
rehc111ss1.:-rctitle prestige di: la Fui et aide(uit /es amis duns leurs
ef/i;rts pour l 'enseignement. Pe_ut-<!tre pourrie:z:-vousconsiderer
cerre c111estiu11 a,.•ecplus cl 'attention :J
- III - 2eme Partie
Actuellement ce territoire compre plus de 1.200 croyants,
dont !es rrois-quarts sont concentrds dons le district de }vJan?f'e.
Par endroits, !es missions chrelicnnes son! en train defermer car
/es hahitanrs y om acceptfl la suprCmc ,Han{.l'estationde Dieu.
Les amis on! hesoin d'un intrJri!tporticulier et d'zme coopJration
etroite de la part de I 'A.SN en Celle e,ope de dt.iveloppemenl de
la Cause de Dieu dans ce pays.
Lars de ma visite,j 'ai demand€ aux amis de penser Clla
Foi en termes d'imphcation sur un plan mondial plut6t que local.
Certains amis, des amis trf!s chers, se son! offerts pour partir
com me pionniers dans des endroits com me la Guinie espagnole
et St-Thomas ..
J 'ai / 'intention d'entreprendre une tourntie au Ghana et
au Liberia ; s 'ii ya quelque chose que je p11issefC1irepour vous
/ors de ce voyage, faites-Ie moi savoil:
En ottendcmt, veuillez accepter mes salutations et toute
man af/Cction pour vous taus.
Bien Clvous, au sen;ice du bien-aimt? Gare.lien,
(Signe) E. 0/inga
pour /es MAINS DE LA CAUSE EN AFR/QUE.
Le sujet concernant !es missions chrE:tiennes au Cameroun etait a
ce moment-Ia une question tres serieuse. Ces dernieres tenaient des ecoles.
Quand les families qu'ellcs servaicnt, sont devenucs bah8.'ies, !es missions
ont fenne leurs ecoles, laissant les famillcs privCcs de ce besoin vital. Notre
Assemblee rCgionale dut agir vite et avec cfficacitt, mais elle n'avait ni lcs
moyens rnatCriels ni les ressources humaincs. Encore unc fois voil8. notrc
tres cher Olinga scul face a un tres lourd dCfi. II surmonta !cs Cpreuves, et
bien que !es missions quittCrent les lieux, les bah:i •is restercnt fermes, et la
Foi prospera.
Pour Enoch Olinga Main de la Cause de Dieu, taus les prob\emes de
I' Assemblee spirituel le nationale de I' A frique Nord-Ouest, etaient aussi les
siens. Mais ces problCrnes náetaient qu\me partie de ses soucis. II partagep.it
la charge de travail de toute l'Afrique avec !es trois autres Mains-M. Ml1s8.
Banini, M. \Villiam Sears. et l'v1.John Robarts. 11devait aussi s'investir sur la
scene internationale de la Foi. Lentement nrnis sllrernent il sevra !es comrnunautes autour de Jui qui devinrent des assernblees et des groupes autonomes,
puis il prit :-on cmáo! pour accomplir sa t3.chc autour du mondc, II Ctait avcc
- I 12 -
nous sur ten-e en Afrique du N ord-Ouest mais planait dans le nouvel espace
du service international.
Les evenements decrits dans I'histoire que je viens de relater indiquent qu'en fait l'esprit d'Ohnga s'etait deja envole vers d'autres espaces
depuis quelques temps. Son bond jusqu'a ce nouveau niveau spirituel me
fait penser ace que noire bien-airrtse Ruhfyyih Khanum expliquait dans" La
Perle Inestimable ":
"JI y a un grand mystere dans Jes niveaux de service.
Shoghi Effendi conseillait toujours aux amis la moderation et la
sagesse. Mais s 'ils ne le suivaient pas et choisissaient de monter
au sommet de l'hriroiSme et du sacrifice, ii itait immensiment
fier d'eux. Apr€!stout ii n 'est ni sage ni modiri d'etre martyrisi.
Et pourtant, notre couronne de gloire, en tant que religion, fut
constituie par le rnartyre de notre premier prophete ainsi que des
vingt mi/le personnes qui suivirent son e.xemple. J'ai essayi de
comprendre ce mysti!re: d'un cote la modiration, de l'autre /es
paroles de Bahd 'u 'lltih: « ...A/ors €!erisavec cette encre cramoisie qui a iti rEipanduesur .man sentier'. Ce/a est plus doux que
tout, en vEiriti... ». II me semble que !'avian en est la meilleure
illustration : Q terre, roulant sur ses roues, il est Clla dimension
du sol, avanfáant si1rement sur une surface plane terrestre. Mais
quand ii prend son envo!, s '€!/evedans !es airs, rentre ses roues
et progresse Cldes vitesses vertigineuses, il plane dans l 'Ei/Eiment
cEil.esteet !es valeurs y sont diffirentes. Quand nous sommes sur
terre, nous suivons de bans conseils bien terre Clterre, mais si nous
choisissons de quitter le sol et de monter vers !es royawnes plus
ileves du service et du sacrifice, nous ne suivons plus ce genre
de conseils, nous gagnons un royaume immortel et devenons !es
hEirosde la cause de Dieu'. "
Enoch Olinga a atteint le "royaume celeste "tres vite apres qu'il embrassa la Foi de Baha'u'llih. Aujourd'hui, presque trente ans se sont ecoules
depuis notre derniere rencontre au congres mondial de I 963, etje me souviens
encore de chaque instant ollj'ai eu le privilege d'etre en sa compagnie. Ulfet
et moi ne l'avons jamais oublie, et si cela nous arrive pour quelques temps,
notre Olinga a nous, celui qui est age a present de trente-cinq ans, marie a
1'á La Perle Inestimable" p. 155 (London: Baha'i Publishing Trust_ 1969)
- 113 - 2eme Partie
une jolie anglaise bah8.áre et pere de trois enfants_ ne manque jamais de nous
rappel er au souvenir du vrai Olinga_ qui quitta ce rnonde mais ne quittajamais
]es cceurs de ceux qui l'ont connu.
Pour ses enfants et ses petits-en fan ts. pour ses parents. pour les peuples d'Afrique et pour sa grande famille spirituelle - les baha'is du monde
entier - votre serviteur fait part de son amour et de son espoir que de nombreuses a.mes suivront ses pas dans le service de cette puissante Cause de
Dieu.
2eme Partie - 114 -
36 - 'Akk6, Israel, 1961,
Jldi!JS de lo ( 'uuse de Diel!
,Jolin Roborts,
l~"frlf:::11 "fic{hSamondari,
Enoch O!ingu
37 - Les Mains de la Cause de Dieu pour I' Alrique
{,f-i/iiom Sr.:.áurs,.,\It/sLI !Jum!ni. Eni"1ch 0/ingu el John Robdr!s
- I I5 - 2erne Partie
38 - Tunis,Tunisie, Ridvan 1956,
premiere Convention nationale des baha'is d'Afrique du Nord-Quest,
avec A1ainde la Cause de Dieu Mi/s6 Bandni qui tient le plus grand /1/0111,.
De gauche a droile, assis, Leella McKay, Enoch O/inga, Valerie Wilson,
1'1usaBanani, Rafi 'i Rafsanjani, Elsie Austin, Johana A"gompek
,_ rcusr.1
:- /JJil;'RJ-1
.L \f,áIROCCOf\'fL/.0\"f,
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5- Sf'.-IS!SIJ .1IORO('C(J
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15- l.llffRU
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1 -.. .•!SHA.\ 71 PRUl'J:CTU!U
/t,,'. SORT/Ill?..:\ tERRITORJ
19- JJR!TJSH TO(iOl_-1.YO
1fl- f'RESOI TOGOJ. l:Yf)
:Zl- .\'J(;l'RJA
IS ~:J- HRJTIS/1 C 1.1ff;'/i'OO \_;á
" lh :J- f'kLXCii Cr,\fl;'ROO,
1-l- Sf!-l \'/SJ/ G'( J.\'E.l'
~
39 • Region d'Afrique du Nord-Quest telle qu'en 1956
sous lajuridiction de l 'Assemblee spirituel/e regiona/e
d'Af,-ique du Nord-ouest
2erne Partie - 116 -
40 - Tunis, Tunisie, avril 1956,
la premiere Assemblee spirituelle nation ale d' Afrique du Nord-Quest
41 - Tunis, Tunisie, vers janvier 1958, Main de la Cause de Dieu
Enoch Olinga, tenant le bebe Olinga,
pr1:mii.::f'e,?tam,hah{l 'f d eire nomml? en son hcmneur
- 117 - 2eme Partie
42 • Tunis, Tunisie, tot en 1960, Main de la Cause de Dieu
Enoch Olinga qui tient I' enfanl Olinga Mustapha
2eme Partie - I 18 -
TABLE DES ILLUSTRATIONS
Troisieme de couverture
Enoch Olinga, Main de la Cause de Dieu, 1957
Photos entre Lespages I 3 et 17
Les quatre premiers baha'is natifs d'Ouganda, I 952
2 Enoch Olinga en tant que jeune baha'i
3 Enoch et Eunice Olinga avec leur bebe Florence, le premier
enfant ne apres qu'ils soient devenus baha'is
4 La premiere Assemblee spirituelle locale des baha'is de Kampala,
1952
5 Les premiers baha'is du Cameroun britannique avec le pionnier Enoch
Olinga, 1954
6 Main de la Cause de Dieu Enoch Olinga parlant au Congres mondial
baha' i, Landres, 1963
7 Main de la Cause de Dieu Olinga parlant au Congres mondial baha'i,
Landres, 1963, avec vue des autres Mains et de !'audience
8 Congres mondial baha'i Londres, 1963: Groupe des baha'is africains.
y compris Main de la Cause de Dieu Enoch Olinga, presentant une
selection de chansons avec des themes baha'is
Entre /es pages 59 et 74
9 'Akka, Israel, 1957, le rassernblernent historigue des Mains de la
Cause de Dieu a Bahjf peu apres le dcces du Gardien
IO 'Akka, Israel, 1961, Mains de la Cause de Dieu aBahjf, Tarazu'llah
Sarnandari, Arnatu'I-Baha Ruhiyyih Khanurn, Abu'I-Qasim Faizi,
Enoch Olinga
11 'Akka, Israel, 1957, Mains de la Cause de Dieu a Bahjf, Hermann
Grossmann, William Sears, Enoch Olinga
12 Allernagne, 1972, Mains de la Cause de Dieu ala conference de Pion,
Enoch Olinga, Abu'l-Qasim Faizi, Dr Adelbert Muhlschlegel
13 Haifa, Israel, 1973, !es Mains de la Cause de Dieu Enoch Olinga et
Dr Ramatu'llah Muhajir au tombeau du Bab
14 Merida, Mexique, 3 fevrier 1977, Mains de la Cause de Dien Paul
Haney et Enoch Olinga invitant le Gouverneur a la conference de
Merida
15 Kampala, Ouganda, Ridvan 1969, Main de la Cause de Dieu Enoch
Olinga avec I'Assembl6e spirituellenationaled'Ougandaet d'Afrique
Centrale
16 Zambie, 1967, Main de la Cause de Dieu Enoch Olinga avec l'Assernblee spirituelle nationale des bahi'is de la Zambie
17 Freetown, Sierra Leone, 19-20 avril 1975, Premiere convention
nationalc des baha'fs de Sierra Leone, avec la Main de la Cause de
Dieu Enoch Olinga
18 Singapour, 1-3 janvier 1971, conference de l'Oeeanie, Main de la
Cause de Dien avee un croyant rnalais aveugle, Luke Lee qui s'est
propose comrne p10nmer
19 Singapour, 1-3 janvier 1971, conference de l'Oceanie, Main de la
Cause de Dieu Enoch Olinga saluant Mme George Lee, membre
de I' Assemblee spirituelle nationale de Malaisie et un des premiers
croyants de Singapour
20 Tejeda, Departement de Cochabamba, Bolivie, juin 1970, Main de
la Cause de Dieu Enoch Olinga avec Jes baha'is indiens de la communaute de Tejeria
21 Nashville. Tennessee, Etats-Unis. octobre 1970. Main de la Cause
de Dieu Enoch Olinga avec des amis baha'is
22 Bangui, Republique centrafricaine, novembre 1974, Main de la Cause
de Dieu Enoch Olinga a la fete de dix-neuf jours
23 Iles Salomon, decembre 1970, Main de la Cause de Dieu Enoch
Olinga tenant un bebe
24 Shiraoi. Hokkaido, Japon, decembre 1970, Main de la Cause de Dieu
Enoch Olinga tenant un enfant baha'i japonais
25 lndonesie, 1971, Main de la Cause de Dieu Enoch Olinga avec des
enfants baha'is
26 Bogota, Colornbie, juillet 1970, Main de la Cause de Dieu Enoch
Olinga avec des enfants baha'is
27 Turangawaewae, Nouvelle Zelande. 18 octobre 1958, la Main de la
Cause de Dieu Enoch Olinga prenant la parole devant ,Ie rassemblement Maori
28 Saskatchewan, Canada, 1970, Main de la Cause de Dieu Enoch Olinga
coiffe traditionnellernent avec des bah,fis indiens qui pa11icipentau
projet d'enseignement
29 Le village Badjiran, en Gambie,juin 1976. baha'is locaux devant le
nouveau centre avec la Main de la Cause de Dieu Enoch Olinga
• V
30 Hokkaido, Japan, decembre 1970, amis baha'is au centre a Shiraoi
avec la Main de la Cause de Dieu Enoch Olinga
31 Fiji, 1971, arnis baha'is de Fiji avec la Main de la Cause de Dieu
Enoch Olinga
32 Singapour. janvier 1971, Main de la Cause de Dieu Enoch Olinga a
la conference oceanique
33 Stavanger. Norvege, 1972. amis baha'is avec Main de la Cause de
Dieu Enoch Olinga et Mme Elizabeth Olinga
34 Bahia. Salvador, janvier 1977, Main de Ia Cause de Dieu Enoch
Olinga et sa femme Elizabeth a Ia ]:lazfrat'ul-Quds
35 Kampala, Ouganda. septembre 1979, famille Olinga et amis, derniere
photographie prise de la Main de Ia Cause de Dieu Enoch Olinga
avant son meu11re(deux semaines plus tard)
Entre /es pages II 5 et 118
36 'Akka, Israel, 1961, Mains de Ia Cause de Dieu John Roba11s,
Tarazu'llah Samandarf, Enoch Olinga
37 Les Mains de Ia Cause de Dieu pour l'Afrique William Sears, Musa
Barninf, Enoch Olinga et John Robarts
38 Tunis, Tunisie, Ri1van 1956, premiere Convention nationale des
baha'fs d'Afrique du Nord-Ouest, avec Main de Ia Cause de Dieu
Musa Banani
39 Region d 'Afrique du Nord-Ouest telle qu'en 1956, sous Iajuridiction
de l'Assemblee spirituelle regionale d'Afrique du Nord-Ouest
40 Tunis. Tunisie, avril 1956, Ia premiereAssemblee spirituelle nationale
d'Afrique du Nord-Ouest
41 Tunis. Tunisie, vers janvier 1958, Main de Ia Cause de Dieu Enoch
Olinga, tenant le bebe Olinga, premier enfant baha'f a etre nomme
apres Iui
42 Tunis, Tunisie, tot en 1960, Main de Ia Cause de Dieu Enoch Olinga
qui tient I'enfant Olinga Mustapha
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