# La proclamation de Baha'u'llah

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> Source: Bahá'í Library Online (bahai-library.com), curated by Jonah Winters. Used by permission of the curator. Original citation: Bahá'u'lláh, La proclamation de Baha'u'llah, bahai-library.com.
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> Religare
> La proclamation de Bahá’u’lláh
> 
> Bahá’u’lláh
> Révélation : 1865-68
> Edition : MEB 1983 - isbn: 0877430640
> Internet : 23 mai 2016
> 
> Bibliothèque des religions
> 
> www.religare.org              Bahá’íe
> Table des matières
> Préface .................................................................................................................................................. 2
> Introduction .......................................................................................................................................... 2
> 1. Appel aux rois et dirigeants du monde............................................................................................. 5
> 2. Appel à l'empereur Napoléon III.................................................................................................... 11
> 3. Appel au Tsar Alexandre II ............................................................................................................ 17
> 4. Appel à la reine Victoria ................................................................................................................ 20
> 5. Appel au Kaiser Guillaume Ier ...................................................................................................... 23
> 6. Appel à l'Empereur François-Joseph ............................................................................................. 24
> 7. Appel au Sultan Abdu'l-Aziz ......................................................................................................... 25
> 8. Appel à Nasiri'd-Din Shah ............................................................................................................. 30
> 9. Appel aux Dirigeants d'Amérique .................................................................................................. 46
> 10. Appel aux représentants élus des peuples .................................................................................... 47
> 11. Appel aux chefs religieux du monde............................................................................................ 48
> 12. Appel au Pape Pie IX ................................................................................................................... 52
> 13. Appel au Clergé et aux fidèles des différentes religions .............................................................. 57
> 14. La grande proclamation à l'humanité ........................................................................................... 68
> 
> [nota : voir aussi l’ouvrage « L'appel du seigneur des armées » contenant d'autres tablettes saintes envoyées aux rois et
> dirigeants du monde :
> - Sourate du Temple
> - SÚRIY-I-RA’ÍS
> - LAWH-I-RA’ÍS
> - LAWH-I-FU’AD
> - SÚRIY-I-MULÚK]
> 
> [nota : les chapitres suivants ont été remplacés par la traduction plus récente et complète tirée de l’ouvrage « L'appel
> du seigneur des armées » :
> - Tablette au pape Pie
> - Napoléon III
> - Tsar Alexandre II
> - Reine Victoria
> - Násiri'd-Dín Sháh (Lawh-i-Sultan)]
> 
> © Maison d’éditions bahá’íes , 52 rue Henri Evenpoel, 1030 Bruxelles, Belgique
> 
> La proclamation de Bahá’u’lláh - www.religare.org                                                                                 Page 1 / 75
> Préface
> 
> "Nous ne désirons que le bien du monde et le bonheur des nations; pourtant on nous considère
> comme un élément de désordre et de sédition méritant la captivité et le bannissement... Que toutes
> les nations deviennent une dans la foi et que tous les hommes soient des frères; que les liens
> d'affection et d'unité entre les enfants des hommes soient fortifiés; que la diversité des religions
> cesse et que les différences de race soient abolies; quel mal y a-t-il en cela ?... Cela sera malgré tout
> ! Ces luttes stériles, ces guerres ruineuses passeront, et la paix suprême viendra... Pourtant Nous
> voyons vos rois et vos dirigeants prodiguer plus facilement leurs trésors à des fins destructrices de
> la race humaine, qu'à les consacrer au bonheur de l'humanité... Ces luttes, ces massacres et ces
> discordes doivent cesser et tous les hommes doivent être comme les membres d'une même famille...
> Que l'homme ne se glorifie pas d'aimer son pays, mais qu'il cherche plutôt sa gloire dans son amour
> du genre humain... "
> 
> Bahá'u'lláh
> 
> [nota : Bahá'u'lláh s'adressait ici au professeur Ed. G. Browne de l'Université de Cambridge, un orientaliste venu lui
> rendre visite dans la maison de Bahji à Akka en 1890]
> 
> Introduction
> 
> Il y a cent ans, Bahá'u'lláh, fondateur de la Foi bahá'íe s'adressa en termes clairs et indubitables aux
> rois, aux dirigeants du monde, à ses chefs religieux, et à tout le genre humain pour annoncer que
> l'époque longtemps promise de paix et de fraternité mondiales avait enfin vu le jour.
> 
> Lui-même, proclamait-il, était le porteur du nouveau message et du pouvoir de Dieu, appelés à
> transformer le régime d'antagonisme et d'inimitié régnant chez les hommes et créer dans l'esprit et
> la forme l'ordre mondial prédestiné. A cette époque la splendeur et les trophées des monarques
> étaient à la mesure de l'immense pouvoir qu'ils exerçaient, souvent de façon autocratique, sur la
> majeure partie de la terre. Exilé de sa Perse natale à cause de son enseignement religieux,
> Bahá'u'lláh était le prisonnier du tout-puissant et tyrannique Sultan de l'Empire ottoman. C'est en de
> telles circonstances qu'il s'adressa aux dirigeants du monde. Ses tablettes à certains rois et au pape,
> bien que délivrées à leur destinataire, furent ignorées ou rejetées; leurs sages conseils et leurs
> terribles avertissements passèrent inaperçus et il arriva qu'un des messagers fut même mis à mort
> après avoir été cruellement torturé. Observant ce vieux monde et le voyant "à la merci de dirigeants
> ivres d'orgueil au point de ne plus pouvoir discerner leur véritable intérêt" Bahá'u'lláh déclara: "Le
> conflit qui divise et afflige la race humaine grandit de jour en jour. Des signes de chaos et
> d'imminents bouleversements peuvent être à présent discernés, d'autant que l'ordre prévalant
> maintenant se révèle d'une lamentable insuffisance." Bien que dépeignant sous de sombres couleurs
> "le châtiment divin" qui doit assaillir la plupart des dirigeants et entraîner dans la ruine les peuples
> du monde, Bahá'u'lláh ne permet cependant aucun doute quant à l'issue finale. "Bientôt, affirme-t-il,
> le présent ordre de choses sera révolu et un nouvel ordre se déploiera à sa place. " Depuis
> l'ascension de Bahá'u'lláh en Terre Sainte, en 1892, le repli de l'ordre ancien est devenu un fait
> d'expérience quotidienne, et l'on ne discerne aucune atténuation de ce processus. L'essence de
> l'Ordre mondial de Bahá'u'lláh est l'unité de la race humaine.
> 
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> "O vous enfants des hommes, écrit-il, le dessein fondamental animant la Foi de Dieu et sa Religion
> est de protéger les intérêts de la race humaine et de promouvoir son unité." Et il donne cet
> avertissement: "Le bien-être de l'humanité, sa paix et sa sécurité resteront inaccessibles tant que son
> unité ne sera pas fermement établie." Atteindre cette unité, tel est l'objet de la mission de Bahá'u'lláh
> ainsi que le but de toute activité bahá'íe. L'extrait suivant, tiré des écrits de Shoghi Effendi, arrière-
> petit-fils de Bahá'u'lláh et Gardien de la Foi bahá'íe, donne le schéma et la structure de cette unité.
> "L'unité de la race humaine telle que l'a envisagée Bahá'u'lláh implique l'établissement d'une
> Fédération universelle au sein de laquelle toutes les nations, races, classes et croyances seront
> étroitement et définitivement unies; où l'autonomie des Etats membres, la liberté personnelle, ainsi
> que l'initiative des individus, seront complètement et pour toujours sauvegardées. Cette Fédération
> pour autant que nous puissions l'imaginer doit comporter un corps législatif mondial dont les
> membres en tant que représentants de toute l'humanité auront le contrôle suprême sur toutes les
> ressources des nations composantes; ce corps édictera les lois requises pour régler la vie, satisfaire
> aux besoins et harmoniser les relations de tous les peuples et de toutes les races. Un Exécutif
> mondial s'appuyant sur une Force internationale veillera à l'exécution des décisions prises par ce
> corps législatif, appliquera les lois qu'il aura décrétées et garantira l'unité organique de la
> communauté tout entière. Un Tribunal mondial jugera et rendra un verdict ultime et obligatoire dans
> tous les cas de différends pouvant surgir entre les divers éléments faisant partie de ce système.
> 
> Un mécanisme d'intercommunication mondiale sera établi en faveur de toute la planète; il sera
> affranchi de toutes pressions ou restrictions nationales et fonctionnera avec une merveilleuse
> rapidité et une parfaite régularité. Une métropole mondiale, foyer vers lequel convergeront toutes
> les forces unifiantes de la vie et d'où rayonneront ses influences vitalisantes, oeuvrera en tant que
> centre nerveux d'une civilisation mondiale. Une langue universelle inventée ou choisie entre celles
> existant déjà, sera enseignée dans toutes les écoles des nations fédérées comme auxiliaire de la
> langue maternelle. Une écriture universelle, une littérature universelle, un système universel de
> monnaie et de poids et mesures viendront simplifier et faciliter les relations et la compréhension
> parmi les nations et entre les groupes ethniques. Dans une telle société mondiale les deux grandes
> forces de la vie humaine, la science et la religion seront réconciliées, coopéreront et se
> développeront dans l'harmonie. La presse dans un tel système, tout en donnant libre champ à
> l'expression des vues et convictions diversifiées du genre humain, cessera d'être pernicieusement
> manipulée par des droits acquis, privés ou publies et sera libérée de l'influence de gouvernements et
> de peuples en litige. Les ressources économiques du monde seront contrôlées, ses sources de
> matières premières seront captées et pleinement utilisées, ses marchés coordonnés et développés, et
> la distribution de ses produits équitablement réglée. Rivalités, haines et intrigues cesseront entre
> nations; animosités et préjugés raciaux feront place à l'amitié, à la coopération et à la
> compréhension réciproque. Les causes de confit religieux seront à jamais écartées, les barrières et
> restrictions économiques complètement abolies, et l'écart démesuré entre classes aura disparu. Le
> dénuement d'une part, et une forte accumulation de biens en un petit nombre de mains d'autre part,
> disparaîtront.
> 
> Les immenses énergies dissipées et gâchées pour la guerre économique ou politique seront
> consacrées à étendre la portée des inventions et du développement technique, à accroître la
> productivité de l'humanité, à exterminer la maladie, à promouvoir les recherches scientifiques, à
> relever le niveau de la santé physique, à rendre le cerveau humain plus aigu et subtil, à exploiter les
> ressources de la planète jusque-là inemployées et insoupçonnées, à prolonger la vie humaine, et à
> développer tout autre moyen propre à stimuler la vie intellectuelle, morale et spirituelle de la race
> humaine tout entière. Un système fédéral mondial régissant la terre entière et exerçant sur ses
> ressources d'une inimaginable ampleur une autorité à l'abri de toute discussion; incorporant et
> alliant les idéaux de l'orient et de l'occident; affranchi des malédictions de la guerre et de ses
> misères; veillant à l'exploitation de toutes les sources d'énergie disponibles sur toute la surface de la
> planète, un système dans lequel la force sera mise au service du droit et dont la vie sera soutenue
> 
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> par la reconnaissance universelle d'un seul Dieu et par la fidélité à une Révélation commune, tel est
> le but vers lequel les forces unifiantes de la vie poussent l'humanité." Le message de Bahá'u'lláh est
> un message d'espoir, d'amour et de reconstruction pratique. Nous recevons aujourd'hui les navrants
> contrecoups du rejet, par nos aïeux, de son appel divin. Mais il y a maintenant de nouveaux
> dirigeants et de nouvelles générations qui, par chance, entendront cet appel et qui éviteront ou
> tempéreront la rigueur d'une imminente catastrophe. C'est dans cet espoir et en le tenant pour un
> devoir sacré, que la Maison Universelle de Justice, organisme international gouvernant la Foi
> bahá'íe, proclame à nouveau par la publication de ces extraits choisis, l'essence de ce puissant appel
> d'il y a un siècle.
> 
> Dans le même espoir, la même croyance, les bahá'ís du monde entier feront de leur mieux, pendant
> cette période du centenaire (1968), pour attirer l'attention de leurs contemporains sur l'action
> rédemptrice de cette nouvelle effusion d'amour et d'impulsion divine. Nous croyons que leurs
> efforts ne seront pas vains.
> 
> Haïfa, 1967.
> 
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> 1. Appel aux rois et dirigeants du monde
> 
> (1.1)
> O rois de la terre ! Celui qui est le souverain Seigneur de tous est venu. Le royaume est à Dieu,
> l'omnipotent protecteur, l'Etre subsistant par Lui-même. N'adorez que Dieu et, d'un coeur rayonnant
> de joie, levez vos visages vers votre Seigneur, le Seigneur de tous les noms.
> 
> (1.2)
> Voici une Révélation à laquelle tout ce que vous posséderiez ne pourra jamais se comparer puissiez-
> vous le savoir.
> 
> (1.3)
> Nous vous voyons vous réjouir de ce que vous avez amassé aux dépens d'autrui, et vous exclure
> vous-mêmes des mondes que rien, sauf ma Tablette préservée, ne pourrait dénombrer.
> 
> (1.4)
> Les trésors que vous avez accumulés vous ont détournés de votre but ultime. Cela ne vous sied pas,
> puissiez-vous le comprendre.
> 
> (1.5)
> Purifiez vos coeurs de toutes souillures terrestres et hâtez-vous d'entrer au royaume de votre
> Seigneur, le créateur de la terre et du ciel, qui a fait trembler le monde et gémir tous ses peuples,
> excepté ceux qui ont renoncé à tout et se sont attachés à ce qu'ordonnait la Tablette cachée...
> 
> (1.6)
> O rois de la terre ! En cet endroit, sur cette scène de splendeur transcendante, a été révélée la plus
> grande Loi.
> 
> (1.7)
> Toute chose cachée fut mise en lumière en raison de la volonté du Maître suprême, celui qui
> inaugura l'heure dernière, par qui la lune fut fendue, et par qui fut exprimé chaque irrévocable
> décret.
> 
> (1.8)
> Vous n'êtes que des vassaux, ô rois de la terre ! Celui qui est le roi des rois est apparu, paré de sa
> Gloire la plus merveilleuse, et il vous appelle à lui, le Protecteur dans le danger, l'Etre subsistant par
> lui-même.
> 
> (1.9)
> Prenez garde que l'orgueil ne vous empêche de reconnaître la source de la Révélation et que les
> choses de ce monde ne vous séparent comme par un voile, de celui qui est le désir de toutes les
> nations, celui qui est le créateur du ciel, celui qui vous a créés d'une de ses paroles et vous a
> destinés à être, de tout temps, les emblèmes de sa souveraineté.
> 
> (1.10)
> Par la Justice de Dieu ! Nous n'avons pas l'intention de mettre la main sur vos royaumes. Notre
> mission est de nous emparer des coeurs des hommes et de les garder. Sur eux sont fixés les regards
> de Bahá. De ceci le royaume des noms porte témoignage, puissiez-vous le comprendre.
> 
> (1.11)
> Quiconque suit son Seigneur renoncera au monde et à tout ce qu'il contient; combien plus grand
> encore doit être alors le détachement de celui qui occupe un rang si auguste !
> 
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> (1.12)
> Délaissez vos palais et hâtez-vous d'obtenir l'accès à son royaume. Cela en vérité vous sera
> profitable à la fois en ce monde et dans l'autre; le Seigneur du royaume d'en-haut s'en porte garant,
> puissiez-vous seulement le savoir.
> 
> (1.13)
> Combien grande est la bénédiction réservée au roi qui se lèvera pour servir ma cause en mon
> royaume et se détachera de tout autre que moi !
> 
> (1.14)
> Un tel roi sera rangé parmi les compagnons de l'Arche pourpre que Dieu a préparée pour le peuple
> de Bahá.
> 
> (1.15)
> Tous devront glorifier son nom, révérer son rang, et l'aider à ouvrir les portes des cités par la clé de
> mon nom, l'omnipotent Protecteur de tous les habitants des royaumes visibles et invisibles.
> 
> (1.16)
> Un tel roi sera l'oeil même de l'humanité, la lumineuse parure au front de la création, la source de
> bénédictions pour le monde entier.
> 
> (1.17)
> O peuple de Bahá, faites-lui l'offrande de vos biens, que dis-je, de vos vies mêmes pour l'assister.
> 
> (1.18)
> Nous ne vous avons rien demandé. C'est en vérité pour l'amour de Dieu que Nous vous exhortons,
> et Nous prendrons patience comme Nous l'avons fait dans tout ce que Nous avons enduré de votre
> part, ô assemblée de rois.
> 
> (1.19)
> O rois de la terre ! Prêtez l'oreille à la voix de Dieu, qui vous appelle de cet arbre sublime et chargé
> de fruits, jailli de la Colline pourpre sur la sainte plaine, et qui proclame: "Il n'est pas d'autre Dieu
> que Lui, le Puissant, l'Omnipotent, le Très-Sage."
> 
> (1.20)
> Craignez Dieu, ô assemblée de rois et ne vous laissez pas priver de cette très sublime grâce. Aussi
> rejetez loin de vous ce que vous possédez et tenez-vous fermement à la corde de Dieu, le Très-Haut,
> le Grand.
> 
> (1.21)
> Tournez vos coeurs vers la face de Dieu, abandonnez ce que vos désirs vous poussaient à rechercher
> et ne soyez pas de ceux qui périssent.
> 
> (1.22)
> Conte-leur, ô serviteur, l'histoire d'Ali (le Bab) qui vint à eux avec sincérité, apportant son glorieux
> et puissant livre et tenant en ses mains une preuve et un témoignage de Dieu ainsi que ses signes
> bénis et sacrés.
> 
> (1.23)
> Malgré cela, ô rois, vous n'avez pas su prêter attention au souvenir de Dieu en ses jours ni vous
> laisser guider par les lumières qui se levèrent pour briller sur l'horizon d'un ciel resplendissant.
> Vous n'avez pas examiné sa cause alors que cela eut mieux valu pour vous que posséder tout ce
> qu'éclaire le soleil, puissiez-vous en prendre conscience.
> 
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> (1.24)
> Vous êtes restés indifférents jusqu'à ce que les prêtres de la Perse, ces êtres cruels, rendent leur
> sentence contre lui et l'immolent injustement.
> 
> (1.25)
> Son esprit s'éleva vers Dieu, et cette cruauté arracha des larmes douloureuses aux habitants du
> paradis et aux anges qui sont près de Dieu.
> 
> (1.26)
> Gardez-vous à l'avenir d'être aussi négligents que dans le passé. Retournez donc vers Dieu, votre
> créateur, et ne soyez pas parmi les insouciants...
> 
> (1.27)
> Ma face a rejeté ses voiles et a projeté son éclat sur tout ce qui est dans le ciel et sur terre; et
> pourtant, bien que vous fussiez créés pour Lui, vous ne vous êtes pas tournés vers Lui, ô assemblée
> de rois !
> 
> (1.28)
> Suivez donc mes conseils, écoutez-les de tout votre coeur et ne soyez pas de ceux qui détournent la
> tête. Car votre gloire ne consiste pas en votre souveraineté mais bien en votre proximité de Dieu et
> en votre observance de son commandement tel qu'il fut envoyé dans ses saintes Tablettes
> préservées.
> 
> (1.29)
> Si l'un quelconque d'entre vous régnait sur toute la terre et sur tout ce qu'elle renferme et montre à
> sa surface: ses mers, ses continents, ses montagnes et ses plaines, mais que Dieu ne se souvînt pas
> de lui, tout cela ne lui serait d'aucun profit, si seulement vous pouviez le savoir...
> 
> (1.30)
> Levez-vous donc, affermissez vos pas et, vous repentant de vos manquements, dirigez-vous vers sa
> sainte cour, sur le rivage de son puissant océan, afin que vous soient révélées les perles de savoir et
> de sagesse que Dieu a mises en réserve dans la nacre de son coeur rayonnant...
> 
> (1.31)
> Gardez-vous d'empêcher la brise de Dieu de souffler sur vos coeurs, cette brise qui peut ranimer les
> coeurs de ceux qui se sont tournés vers Lui...
> 
> (1.32)
> Gardez-vous de traiter injustement qui en appelle à vous et s'en remet à votre protection. Marchez
> dans la crainte de Dieu et soyez de ceux qui mènent une vie pieuse. Ne vous reposez pas sur votre
> pouvoir, vos armées et vos trésors.
> 
> (1.33)
> Placez tout votre espoir et toute votre confiance en Dieu qui vous a créés et recherchez son aide en
> toutes vos affaires. Le secours ne vient que de Lui. Il l'accorde à qui Il veut, à l'aide des armées du
> ciel et de la terre.
> 
> (1.34)
> Sachez que les pauvres sont un dépôt que Dieu a placé parmi vous. Veillez à ne pas trahir sa
> confiance en les traitant injustement et à ne pas marcher dans la voie des félons.
> 
> (1.35)
> Vous serez certainement appelés à rendre compte de ce dépôt le jour où sera dressée la balance de la
> Justice, où chacun recevra ce qui lui est dû, et où seront pesés les actes de tous, riches ou pauvres.
> 
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> (1.36)
> Si vous ne prenez pas garde aux avis qu'en un clair et incomparable langage Nous avons révélés
> dans cette Tablette, le châtiment de Dieu vous assaillira de toutes parts, et la sentence de sa Justice
> sera prononcée contre vous. Ce Jour-là vous n'aurez aucun moyen de Lui résister et vous connaîtrez
> votre impuissance.
> 
> (1.37)
> Ayez pitié de vous-mêmes et de vos sujets. Jugez entre eux d'après les instructions prescrites par
> Dieu dans sa sublime et très sainte Tablette, où Il assigna à toutes choses et à chacune sa limite
> fixée et donna une claire explication de toutes choses, Tablette qui est, par elle-même, un
> avertissement pour ceux qui croient en Lui.
> 
> (1.38)
> Examinez notre cause, informez-vous de ce qui Nous est arrivé, décidez avec justice entre Nous et
> nos ennemis et soyez de ceux qui agissent équitablement envers leur prochain.
> 
> (1.39)
> Si vous n'arrêtez pas la main de l'oppresseur, si vous ne faites rien pour sauvegarder les droits des
> opprimés, quel droit aurez-vous donc à vous vanter devant les hommes ? De quoi au juste pourrez-
> vous être fiers ?
> 
> (1.40)
> Vous ferez-vous gloire de ce que vous mangez et buvez, des richesses que vous avez amassées dans
> vos coffres et de la variété des ornements dont vous vous couvrez ?
> 
> (1.41)
> Si la vraie gloire consistait en la possession de ces choses périssables, la terre sur laquelle vous
> marchez devrait alors se vanter de vous être supérieure car c'est elle qui, par un décret du Tout-
> Puissant, vous procure et vous donne tous ces biens.
> 
> (1.42)
> Elle contient dans ses entrailles, selon ce que Dieu a ordonné, tout ce que vous possédez; d'elle, en
> signe de Sa miséricorde, vous tirez vos richesses.
> 
> (1.43)
> Voyez donc quelle est votre condition et de quoi vous vous glorifiez. Et puissiez-vous en prendre
> conscience !
> 
> (1.44)
> Certes - par Celui qui tient dans sa main le royaume tout entier de la création - votre gloire vraie et
> durable ne réside que dans votre ferme attachement aux préceptes de Dieu, dans votre observation
> sincère de ses lois, votre résolution de veiller à leur application et de suivre avec conscience le droit
> chemin...
> 
> (1.45)
> Vingt années se sont écoulées, ô rois, pendant lesquelles Nous avons connu chaque jour l'agonie
> d'une nouvelle tribulation. Nul de ceux qui nous ont précédés n'a enduré ce que Nous avons
> supporté. Puissiez-vous en prendre conscience !
> 
> (1.46)
> Ceux qui se sont levés contre Nous, Nous ont mis à mort, ils ont répandu notre sang, pillé nos biens
> et violé notre honneur. Encore qu'informés de la plupart de nos malheurs, vous n'avez toutefois pas
> arrêté la main de l'agresseur.
> 
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> (1.47)
> N'est-ce pourtant pas votre devoir évident de refréner la tyrannie de l'oppresseur et de traiter
> équitablement vos sujets, afin de montrer pleinement à l'humanité que vous avez un sentiment élevé
> de la Justice ?
> 
> (1.48)
> Dieu a placé entre vos mains les rênes du gouvernement du peuple pour que vous le gouverniez
> avec justice, que vous sauvegardiez les droits des opprimés et que vous punissiez les fauteurs
> d'injustice.
> 
> (1.49)
> Si vous négligez les devoirs que Dieu vous a prescrits dans son Livre, vos noms figureront parmi
> ceux qu'Il juge injustes; grave serait assurément votre erreur.
> 
> (1.50)
> Pour vous attacher à ce qu'ont tramé vos imaginations, rejetterez-vous les commandements de Dieu,
> le Plus Elevé, l'Inaccessible, l'Irrésistible, le Tout-Puissant ? Rejetez plutôt ce que vous possédez
> pour vous attacher à ce que Dieu vous a ordonné d'observer. Cherchez sa grâce, car celui qui la
> cherche foule son droit sentier...
> 
> (1.51)
> Le jour approche où Dieu exaltera sa cause et magnifiera son témoignage aux yeux de tous ceux qui
> sont dans les cieux et sur la terre.
> 
> (1.52)
> En toutes circonstances, mets toute ta confiance en ton Seigneur fixe ton regard sur Lui et détourne-
> toi de ceux qui répudient sa vérité. Que Dieu, ton Seigneur, soit ta seule aide et ton unique secours.
> 
> (1.53)
> Nous nous sommes engagés à assurer Ton triomphe sur la terre et à exalter notre cause au-dessus de
> tous les hommes, encore qu'aucun roi ne se soit trouvé qui veuille se tourner vers Toi...
> 
> (1.54)
> O Rois de la terre ! Nous vous voyons accroître chaque année vos dépenses et en faire peser le
> fardeau sur vos sujets. Cela est, sans conteste, une totale et lourde injustice.
> 
> (1.55)
> Craignez les soupirs et les larmes de cet opprimé et ne chargez pas vos peuples de fardeaux abusifs.
> Ne les dépouillez pas, pour vous construire des palais; et même, choisissez pour eux ce que vous
> choisiriez pour vous. Nous vous exposons ainsi ce qui vous sera profitable, le puissiez-vous
> comprendre.
> 
> (1.56)
> Vos peuples sont vos trésors. Prenez garde de violer, par vos lois, les commandements de Dieu en
> livrant aux voleurs ceux dont vous avez la garde. C'est par eux que vous régnez et que votre
> subsistance est assurée, et c'est avec leur aide que vous faites des conquêtes. Et cependant avec quel
> dédain vous les considérez. Etrange, très étrange en vérité !
> 
> (1.57)
> Mais puisque vous avez refusé la Très Grande Paix, attachez-vous du moins à celle-ci: la Moindre
> Paix, qui vous permettra quand même d'améliorer quelque peu votre propre condition et celle de
> vos sujets.
> 
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> (1.58)
> O Souverains de la terre ! Réconciliez-vous afin de n'avoir à vous armer que dans la mesure
> nécessaire à la défense de vos territoires et de vos empires. Gardez-vous de négliger le conseil de
> celui qui est l'Omniscient, le Fidèle.
> 
> (1.59)
> Soyez unis, ô rois de la terre, car ainsi la tempête de la discorde s'apaisera parmi vous et vos peuples
> trouveront le repos, si vous êtes de ceux qui comprennent.
> 
> (1.60)
> Si l'un d'entre vous prenait les armes contre un autre, levez-vous tous contre lui, car ce ne sera là
> que justice manifeste.
> 
> (1.61)
> Le seul vrai Dieu, exaltée soit sa gloire, a toujours considéré et continuera de considérer les coeurs
> des hommes comme son bien propre et exclusif. Tout le reste, soit venant de la terre ou des mers,
> soit richesses, soit gloire, Il l'a légué aux rois et dirigeants de la terre.
> 
> (1.62)
> Depuis le commencement qui n'a pas de commencement, l'étendard qui proclame: "Il fait ce qu'il
> veut" a toujours été déployé dans toute sa splendeur devant sa manifestation.
> 
> (1.63)
> Ce dont l'humanité a besoin en ce jour, c'est l'obéissance à ceux qui détiennent l'autorité et
> l'attachement sincère à la corde de la sagesse.
> 
> (1.64)
> Les instruments essentiels à l'immédiate protection de la race humaine, à sa sûreté et à sa sécurité,
> sont détenus par les dirigeants de la société auxquels ils ont été confiés. Tel est le désir de Dieu, tel
> est son décret...
> 
> (1.65)
> Nous caressons l'espoir qu'un des rois de la terre se lèvera pour l'amour de Dieu, afin de faire
> triompher ce peuple opprimé et persécuté. Ce roi sera à jamais glorifié et exalté.
> 
> (1.66)
> Dieu a prescrit à ce peuple d'aider qui l'aidera, de servir au mieux les intérêts d'un tel roi et de lui
> témoigner un constant loyalisme.
> 
> (1.67)
> Ceux qui Me suivent doivent donc s'efforcer, en toutes circonstances, de travailler à la prospérité de
> celui qui se lèvera pour le triomphe de ma Cause, et de lui prouver en tout temps, leur fidélité et leur
> dévouement.
> 
> (1.68)
> Heureux l'homme qui écoute et observe mes conseils. Et malheur à qui néglige d'obéir à mon désir.
> 
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> 2. Appel à l'empereur Napoléon III
> 
> [nota : ce chapitre a été remplacé par la traduction plus récente et complète tirée de l’ouvrage « L'appel du seigneur
> des armées »]
> 
> (2.1)
> Ô roi de Paris [nota : il s’agit de la seconde épître adressée par Bahá’u’lláh à l’empereur des Français ; une
> première épître avait été révélée à Andrinople] , dis aux prêtres de ne plus faire sonner les cloches. Par
> Dieu, le Vrai, celui qui est le plus grand Nom lance l’appel le plus puissant et les doigts de la
> volonté de ton Seigneur, le Très-Élevé, le Sublime, le font résonner en son Nom au ciel
> d’immortalité. Ainsi, une fois encore descendent sur toi les versets puissants de ton Seigneur, afin
> que tu te lèves pour mentionner Dieu, le créateur de la terre et du ciel, en ces jours où gémissent
> tous les peuples de la terre, où sont ébranlées les colonnes des cités, et où la poussière de l’irréligion
> enveloppe tous les hommes sauf ceux qu’il a plu à Dieu, le Savant, le Sage, d’épargner. Dis : Celui
> qui est l’Inconditionné est venu, entouré de nuées de lumière, pour vivifier toutes choses créées par
> la brise de son Nom, le Très-Miséricordieux, pour unir le monde et pour rassembler tous les
> hommes autour de cette table descendue du ciel. Garde-toi de refuser la grâce de Dieu alors qu’il te
> l’a envoyée. Meilleure est-elle pour toi que tout ce que tu possèdes car disparaît ce qui est tien, alors
> que perdure ce qui est à Dieu. En vérité, il ordonne ce qui lui plaît. Oui, elles se lèvent les brises du
> pardon dispensées par ton Seigneur, le Dieu de miséricorde. Qui se tourne vers elles est purifié de
> ses péchés, de toute souffrance et de toute maladie. Heureux celui sur qui s’expose à ces brises et
> malheur à qui s’en protège.
> 
> (2.2)
> Si tu tendais ton ouïe intérieure vers toutes choses créées, tu entendrais : « L’Ancien des Jours est
> apparu dans sa grande gloire ! » Tout célèbre la gloire du Seigneur. Certains ont connu Dieu et le
> mentionnent, d’autres le mentionnent sans le connaître. Aussi avons-nous consigné notre décret sur
> une tablette évidente.
> 
> (2.3)
> Ô Souverain, écoute la voix du feu allumé dans cet arbre verdoyant, sur ce Sinaï élevé en ce lieu
> sacré et nivéen, par-delà la Cité éternelle : « Certes, il n’est pas d’autre Dieu que moi, le Clément, le
> Très-Miséricordieux. » En vérité, nous envoyons celui que nous soutenons par le Saint-Esprit afin
> qu’il vous annonce cette Lumière qui brille de l’horizon de la volonté de votre Seigneur, le Sublime,
> le Très-Glorieux et dont les signes se manifestent en Occident. Tournez vos visages vers lui en ce
> jour que Dieu exalte au-dessus de tous les autres jours, et où le Très-Miséricordieux répand la
> splendeur de sa gloire rayonnante sur tous ceux qui sont au ciel et sur la terre. Lève-toi pour servir
> Dieu et soutenir sa cause. Il t’aidera vraiment par les armées du visible et de l’invisible et fera de toi
> le roi de tout ce qu’éclaire le soleil. Ton Seigneur est vraiment le Tout-Puissant, l’Omnipotent.
> 
> (2.4)
> Les brises du Très-Miséricordieux soufflent sur toutes choses créées ; heureux l’homme qui
> découvre leur parfum et qui d’un coeur pur se dirige vers elles. Orne ton temple de la parure de mon
> Nom, ta parole de mon souvenir et ton coeur de ton amour pour moi, le Tout-Puissant, le Très-Haut.
> Nous ne désirons pour toi que le meilleur, meilleur que ce que tu possèdes et que tous les trésors de
> la terre. Ton Seigneur est réellement celui qui sait, il est informé de tout. Lève-toi en mon Nom
> parmi mes serviteurs et dis : « Ô peuples de la terre, tournez-vous vers celui qui se tourne vers vous.
> Il est en vérité le visage de Dieu parmi vous, son témoin et son guide pour vous. Il vient vers vous
> avec des signes qu’il est seul à présenter ». La voix du Buisson ardent retentit au centre du monde et
> le Saint-Esprit annonce aux nations : « Voyez ! Le Promis est venu avec un pouvoir évident. »
> 
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> (2.5)
> Ô Roi, elles sont tombées, les étoiles du ciel du savoir : celles qui cherchent à établir la vérité de ma
> cause par leurs propres moyens et font mention de Dieu en mon Nom. Et cependant quand je suis
> venu vers elles dans toute ma gloire, elles se sont détournées de moi. Elles sont, certes, parmi les
> déchues. Voilà ce que l’esprit de Dieu annonça quand il vint avec la vérité parmi vous, lui que les
> docteurs juifs contestèrent jusqu’à commettre ce qui provoqua les lamentations du Saint-Esprit et
> les larmes de ceux qui sont proches de Dieu. Pense à ce Pharisien qui adora Dieu pendant soixante-
> dix ans et rejeta le Fils lorsqu’il apparut alors que fut admis dans le Royaume quelqu’un qui avait
> commis l’adultère. Ainsi te conseille la Plume, selon l’ordre du Roi éternel, pour que tu saches ce
> qu’il advint dans le passé et que tu sois compté, en ce jour, parmi ceux qui croient sincèrement.
> 
> (2.6)
> Dis : ô assemblée de moines, ne vous enfermez pas dans vos églises et vos cloîtres. Avec ma
> permission, sortez et travaillez à ce qui vous profitera et profitera aux autres. Ainsi vous ordonne
> celui qui est le Seigneur du jour de la résurrection. Enfermez-vous dans la forteresse de mon amour.
> Voici vraiment la réclusion qui vous convient si vous pouviez le savoir. Celui qui s’enferme chez
> lui est comme mort. Il convient à l’homme de produire ce qui bénéficie à l’humanité. Celui qui ne
> produit pas de fruit est destiné au feu. Ainsi vous conseille votre Seigneur. En vérité, il est le Fort,
> le Généreux. Mariez-vous afin que de vous naisse quelqu’un pour prendre votre place. Certes, nous
> interdisons la lubricité, mais pas ce qui favorise la fidélité. Etes-vous esclaves des inclinaisons de
> votre nature et rejetez-vous les lois de Dieu ? Craignez Dieu et ne soyez pas insensés. Si ce n’est
> l’homme, qui sur ma terre se souviendrait de moi, comment mes Noms et attributs pourraient-ils
> être connus ? Réfléchissez et ne soyez pas de ceux qui se cachent de lui derrière un voile et
> s’enfoncent rapidement dans le sommeil. Celui qui ne se maria pas [nota : Jésus] ne trouva aucune
> place pour demeurer ou pour poser sa tête à cause de ce qu’accomplirent les traîtres. Sa sainteté ne
> consistait pas en ce que vous pensez ou imaginez, mais plutôt en ce que nous possédons. Demandez
> à appréhender son rang qui est exalté au-dessus des imaginations vaines de tous les peuples. Bénis
> ceux qui comprennent.
> 
> (2.7)
> Ô Roi ! Nous avons entendu la réponse que tu adressas au Tsar de Russie concernant ta décision au
> sujet de la guerre [nota : guerre de Crimée 1853-1856]. Certes, ton Seigneur sait, il est informé. Tu dis :
> « J’étais endormi sur ma couche et fus réveillé par les cris des malheureux qu’on noyait dans la Mer
> Noire. » Voilà ce que nous t’avons entendu dire, et ton Seigneur est vraiment le témoin de mes
> paroles. Nous affirmons que ce ne sont pas leurs cris qui t’ont réveillé mais l’aiguillon de tes
> propres passions, car nous t’avons mis à l’épreuve et nous t’avons pris en défaut. Comprends le sens
> de mes propos et sois perspicace. Nous ne souhaitons pas t’adresser de blâme en raison du haut
> rang que nous t’avons conféré en ce monde mortel. Nous préférons la courtoisie dont nous avons
> fait le signe distinctif de ceux qui sont proches de lui. La courtoisie est réellement le vêtement qui
> sied à tous les hommes, jeunes ou vieux. Heureux celui qui s’en pare et malheur à celui qui se prive
> de cette magnificence. Si ton discours avait été sincère, tu n’aurais pas rejeté le Livre de Dieu,
> lorsque le Tout-Puissant, le Très-Sage te l’a envoyé. Ainsi t’avons-nous éprouvé et nous ne t’avons
> pas trouvé tel que tu te prétendais. Lève-toi et fais amende honorable pour ce qui t’a échappé. Avant
> peu, le monde, et avec lui tout ce que tu possèdes, périra mais le Royaume appartiendra toujours à
> Dieu, ton Seigneur, le Seigneur de tes pères. Il ne te convient pas de gérer tes affaires selon les
> exigences de tes désirs. Redoute les soupirs de cet opprimé et protège-le contre les traits des
> fauteurs d’injustice.
> 
> (2.8)
> Pour ce que tu as fait et en punition de ce que tu as tramé, ton empire s’échappera de tes mains et
> ton royaume sera jeté dans le chaos [nota : dans l’année, Napoléon III fut vaincu à la bataille de Sedan (1870) et
> envoyé en exil] . Tu comprendras alors à quel point tu t’es trompé. Dans ton pays, l’agitation
> s’emparera du peuple, à moins que tu ne te décides à soutenir cette cause et à suivre dans ce droit
> 
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> chemin celui qui est l’Esprit de Dieu. Ton faste t’a-t-il enorgueilli ? Par ma vie, il ne durera guère et
> s’évanouira bientôt, à moins que de ne pas renoncer à cette Corde solide. Nous voyons l’humiliation
> à tes trousses aussi longtemps que tu seras compté parmi ceux qui dorment profondément.
> Maintenant que tu entends voix venant du siège de gloire, il t’appartient d’abandonner tout ce que
> tu possèdes et de t’écrier : « Me voici, ô Seigneur de tout ce qui est au ciel et sur la terre. »
> 
> (2.9)
> Ô, Roi, nous étions en Irak quand vint l’heure de la séparation [nota : lorsque Bahá’u’lláh reçut l’ordre de
> se rendre à Constantinople] . Sur l’ordre du roi de l’islam [nota : le sultan de Turquie] , nous nous dirigeâmes
> vers son pays. Là, il nous advint de la part des méchants ce que les livres ne pourront jamais
> raconter, dont se lamentent sa les habitants du paradis et ceux qui demeurent dans les retraites
> sacrées ; et malgré cela, les gens sont toujours enveloppés d’un voile épais. Dis : Contestez-vous
> celui qui vient vers vous, porteur du seing de Dieu et de ses preuves, du témoignage de Dieu et de
> ses signes ? Ces choses ne sont pas de lui, mais de celui qui lui a ordonné de se lever, l’a envoyé
> avec le pouvoir de la vérité et en a fait une lampe pour l’humanité tout entière.
> 
> (2.10)
> De jour en jour, que dis-je ! D’heure en heure, notre déplorable situation s’aggrava jusqu’à ce qu’on
> nous fit sortir de notre prison pour nous enfermer, avec une injustice flagrante, dans la plus grande
> Prison. Et si on leur demande : « Pour quels crimes les avez-vous emprisonnés ? », ils répondent :
> « Ils ont voulu remplacer la Foi par une nouvelle religion. » Si vous préférez ce qui est ancien,
> pourquoi avez-vous rejeté ce qui a été révélé dans la Torah ou dans l’Évangile. Soyez clairs, ô
> peuple ! Par ma vie ! Il n’y a pas de refuge pour vous en ce jour. Si tel est mon crime, Muhammad,
> l’apôtre de Dieu, l’a commis avant moi, et avant lui, celui qui est l’Esprit de Dieu, et encore avant,
> celui qui conversa avec Dieu. Si mon péché est d’avoir exalté la parole de Dieu et d’avoir révélé sa
> cause, alors je suis le plus grand des pécheurs. Un tel péché, je ne l’échangerai pas pour les
> royaumes du ciel et de la terre.
> 
> (2.11)
> Dès notre arrivée dans cette prison, nous décidâmes d’adresser aux rois les messages de leur
> Seigneur, le Fort, le Loué. Bien que nous leur ayons transmis, en plusieurs épîtres, ce qui nous fut
> ordonné, nous le faisons une fois de plus en signe de la grâce de Dieu. Peut-être reconnaîtront-ils le
> Seigneur venu sur les nuages avec une souveraineté évidente.
> 
> (2.12)
> À mesure que mes tribulations augmentaient, croissait mon amour pour Dieu et pour sa cause au
> point que ne pouvait me détourner de mon but tout ce qui m’advenait des mains des armées des
> récalcitrants. Me cacheraient-ils dans les profondeurs de la terre qu’ils me trouveraient chevauchant
> les nuages et lançant l’appel de Dieu, le Seigneur de force et de puissance. Je me suis offert en
> sacrifice dans le chemin de Dieu, et j’aspire aux tribulations dans mon amour pour lui et par égard à
> son bon plaisir. En témoignent les malheurs qui m’ont affligé et n’ont rien de comparable à ce que
> d’autres ont souffert. Chaque cheveu de ma tête fait retentir l’appel que le Buisson ardent a lancé
> sur le Sinaï et chaque veine de mon corps invoque Dieu en disant : « Puis-je mourir dans ton sentier
> pour que bouge monde et que s’unissent ses peuples ! ». Ainsi en a-t-il été décrété par celui qui est
> l’Omniscient, l’Informé.
> 
> (2.13)
> Sachez que vos sujets sont un dépôt que Dieu vous a confié. Aussi, veillez sur eux comme sur vous-
> mêmes. Attention à ne pas laisser les loups devenir les bergers du troupeau, et que l’orgueil et la
> vanité ne vous empêche pas de vous) occuper des pauvres et des affligés. Si tu pouvais boire le vin
> mystique de la vie éternelle au calice des paroles de ton Seigneur, le Magnanime, tu serais capable
> d’abandonner tout ce que tu possèdes et de proclamer mon Nom à toute l’humanité. Purifie donc
> ton âme par les eaux du détachement. En vérité, il est le Souvenir qui luit au-dessus de l’horizon de
> la création, il lavera ton âme de la poussière du monde. Abandonne tes palais aux peuples des
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> tombeaux et ton empire à qui le désire. Puis tourne-toi vers le Royaume. C’est cela que Dieu a
> vraiment choisi pour toi, si tu étais de ceux qui se tournent vers lui. Ils sont comme privés de vie
> ceux qui ont manqué de se tourner vers la face de Dieu en cette révélation. Ils agissent sous
> l’impulsion de leurs désirs égoïstes : en réalité, ils appartiennent aux morts. Mais si tu souhaites
> porter le poids de ta souveraineté, fais le pour venir en aide à la cause de ton Seigneur. Glorifié soit
> ce rang ! Celui qui y parvient reçoit toutes les faveurs que dispense l’Omniscient, le Très-Sage.
> 
> (2.14)
> Lève-toi, en mon Nom, au-dessus de l’horizon du renoncement et au commandement de ton
> Seigneur, le Fort, le Puissant, tourne ta face vers le Royaume. Par le pouvoir de ma souveraineté,
> dresse-toi devant les habitants du monde et dis : « Ô peuple, le Jour est venu et les bénédictions de
> Dieu se répandent sur la création tout entière. Ceux qui se sont détournés de son visage sont les
> victimes impuissantes de leurs inclinations corrompues. Ils se sont vraiment égarés.»
> 
> (2.15)
> Pare le corps de ton royaume du vêtement de mon Nom, et lève-toi pour enseigner ma cause. Cela
> vaut mieux pour toi que tout ce que tu possèdes. Alors Dieu exaltera ton nom devant tous les rois. Il
> a pouvoir sur toutes choses. Au nom de Dieu, avance parmi les hommes, et par son pouvoir et sa
> puissance, fais connaître ses signes aux peuples. Brûle de la flamme du feu éternel que le
> Magnanime a allumé au coeur de la création afin que, par toi, la chaleur de son amour réchauffe le
> coeur de ses élus. Suis mon chemin et ravis le coeur des hommes par le souvenir de moi, le Tout-
> Puissant, le Très-Exalté.
> 
> (2.16)
> Dis : Celui qui, en ce jour, n’a pas diffusé les doux parfums du souvenir de son Seigneur est
> vraiment indigne du rang d’homme. En vérité, il appartient à ceux qui suivent leurs désirs et se
> trouvera avant peu dans un profond désarroi. Pouvez-vous vous réclamer de celui qui est le Dieu de
> miséricorde et commettre ce que commet le Malin ? Par la beauté du Très-Glorifié, cela ne se peut,
> si vous pouviez le savoir. Purifiez vos coeurs de l’attrait du monde, vos langues de la calomnie et
> vos membres de tout ce qui vous empêche d’approcher Dieu, le Fort, le Loué. Dis : Par le monde,
> on entend ce qui vous tient éloigné de celui qui est l’aurore de la révélation et vous incline vers ce
> qui ne vous profite en rien. En vérité, ce qui, en ce jour, vous tient à l’écart de Dieu, est
> essentiellement le l’amour du monde. Rejetez-le et approchez-vous de cette vision sublime, de ce
> siège lumineux et resplendissant. Béni est celui qui ne permet à rien de s’interposer entre lui et son
> Seigneur. Assurément, rien ne peut lui arriver s’il goûte avec justice aux avantages de ce monde car
> nous avons créé toutes choses pour ceux de nos serviteurs qui croient sincèrement en Dieu.
> 
> (2.17)
> Ô peuple, si vos paroles diffèrent de vos actes, qu’est-ce qui vous différenciera de ceux qui, tout en
> professant leur foi en leur Seigneur, leur Dieu, le rejettent lorsqu’il vient vers eux, entouré des
> nuages et font montre d’orgueil devant Dieu, l’Incomparable, l’Omniscient ? Ne répandez le sang
> de personne, ô peuple, et ne portez de jugement injuste envers personne. Ainsi vous commande
> celui qui sait et connaît toute chose. Ceux qui sèment le désordre dans le pays lorsque l’ordre est
> bien établi, outrepassent les limites fixées dans le Livre. Misérable sera le séjour des
> transgresseurs !
> 
> (2.18)
> Dieu prescrit à chacun d’enseigner sa cause. Qui se lève pour accomplir ce devoir doit, avant de
> proclamer son message, s’orner d’un caractère empreint de droiture et digne de louange pour que
> ses paroles captivent le coeur de ceux qui entendent son appel. Sans cela, il n’a aucun espoir
> d’influencer ses auditeurs. Ainsi vous en instruit Dieu. En vérité, il est le Magnanime, le Très-
> Compatissant.
> 
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> (2.19)
> Ceux qui exhortent les autres à pratiquer la justice, alors qu’eux-mêmes commettent des iniquités,
> sont accusés de fausseté en raison de ce que leur langue profère, par les habitants du Royaume et
> par ceux qui gravitent autour du trône de leur Seigneur, le Puissant, le Bienveillant. Ne faites pas, ô
> peuple, ce qui déshonore votre nom et la renommée de la cause parmi les hommes. Prenez garde de
> ne pas toucher à ce qu’abhorre votre raison. Craignez Dieu et ne suivez pas ceux qui s’égarent. Ne
> passez pas des accords trompeurs avec vos voisins. Soyez dignes de confiance sur la terre et ne
> privez pas les pauvres de ce que Dieu, dans sa bonté, vous a donné. En vérité, il vous gratifiera du
> double de ce que vous possédez. Il est vraiment le Dieu de toute bonté, le Munificent.
> 
> (2.20)
> Dis : Nous ordonnons d’enseigner notre cause par le pouvoir de la parole. Prenez garde d’entrer en
> confrontation stérile avec quelqu’un. L’Esprit-Saint fortifiera celui qui se lève pour enseigner sa
> cause uniquement par amour de son Seigneur et lui inspirera ce qui illumine le coeur du monde et
> plus encore le coeur de ceux qui le cherche. Ö peuple de Bahá, partez à la conquête du coeur des
> hommes, armés de l’épée de la sagesse et des paroles. Un voile épais enveloppe vraiment ceux qui
> contestent, poussés par leurs désirs. Dis : L’épée de la sagesse est plus brûlante que la chaleur de
> l’été et plus tranchantes que des lames d’acier, si vous êtes en mesure de comprendre. Tirez-la en
> mon nom et par la force de ma puissance ; employez-la pour conquérir les cités du coeur de ceux
> qui se sont retranchés dans la forteresse de leurs désirs corrompus. Ainsi vous en prie la Plume du
> Très-Glorieux, alors que les épées des rebelles sont suspendues au-dessus de sa tête.
> 
> (2.21)
> Si vous avez connaissance d’un péché commis par quelqu’un, taisez-le afin que Dieu cache vos
> propres péchés. Il est l’oeil aveugle, le Seigneur de grâce abondante. Ô vous, les riches de la terre,
> si vous croisez un pauvre sur votre chemin, ne le traitez pas avec dédain. Pensez à ce dont vous
> fûtes créés. Tous furent créés d’une goutte d’eau vile [voir Coran : 32.8, 77.20] . Il vous convient
> d’observer la sincérité qui ornera vos temples, glorifiera votre nom, exaltera votre rang parmi les
> hommes et vous assurera d’une récompense généreuse devant Dieu.
> 
> (2.22)
> Ô peuples de la terre, écoutez ce que vous commande la Plume du Seigneur des nations. Sachez que
> les révélations du passé atteignent leur plus haute et finale consécration dans la loi que ce très
> puissant Océan dispense. À notre commandement, hâtez-vous de la connaître. En vérité, nous
> ordonnons ce qui nous plait. Considère le monde comme le corps d’un homme affligé de maux
> divers, et dont la guérison dépend de l’agencement harmonieux de toutes ses composantes.
> Rassemblez-vous autour de ce que nous prescrivons et ne marchez pas sur les traces de ceux qui
> sèment la dissension.
> 
> (2.23)
> Toutes les fêtes reçoivent leur consécration dans les deux plus grandes fêtes et dans deux autres
> fêtes qui tombent les jours jumeaux - La première de ces plus grandes fêtes évoque ces jours où
> Dieu répandit la gloire resplendissante de son Nom sublime sur tout ce qui est dans les cieux et sur
> la terre, et la seconde est ce jour où nous avons fait se lever celui qui annonça la joyeuse nouvelle
> de cette grande Proclamation [nota : les deux plus grandes fêtes sont la Fête du Ridván, au cours duquel
> Bahá’u’lláh fit la première proclamation de sa mission, et la déclaration du Báb. Les « jours jumeaux » se réfèrent aux
> naissances du Báb et de Bahá’u’lláh - voir « Kitáb-i-Aqdas » MEB 2011 §110] . Ainsi en a-t-il été décrété dans le
> Livre par celui qui est le Fort, le Puissant. Les autres jours, vaquez à vos occupations journalières et
> n’hésitez pas à vous consacrer à vos commerces et à vos métiers. Voilà le commandement et la loi
> promulgués par celui qui est votre Seigneur, l’Omniscient, le Très-Sage.
> 
> (2.24)
> Dis : Ô assemblée de prêtres et de moines, mangez ce que Dieu vous permet et ne vous abstenez pas
> de nourriture. En signe de sa grâce, Dieu vous autorise d’en user sauf pendant une brève période. En
> 
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> vérité, il est le Fort, le Bienfaisant. Renoncez à ce que vous possédez et attachez-vous aux desseins
> de Dieu. Voilà ce qui vous est profitable si vous êtes de ceux qui comprennent. Nous vous
> ordonnons un jeûne de dix-neuf jours lors de la saison la plus tempérée et vous libérons, en cette
> révélation resplendissante, de faire davantage. Ainsi donc, nous vous ordonnons clairement ce qui
> doit être observé pour vous permettre de suivre les commandements de Dieu et vous unir en ce que
> le Tout-Puissant, le Très-Sage vous a prescrit. Celui qui est le Seigneur, le Très-Miséricordieux,
> chérit en son coeur de voir la race humaine unie en une seule âme et un seul corps. Hâtez-vous de
> prendre votre part des bienfaits de Dieu et rendez grâce en ce jour qui éclipse tous les autres jours.
> Grand est le bonheur de l’homme qui se détache de tout ce qu’il a pour souhaiter obtenir ce qui est à
> Dieu. Un tel homme, nous en témoignons, est comptés parmi les élus de Dieu.
> 
> (2.25)
> Ô Roi, témoigne de ce que Dieu a lui-même et pour lui-même témoigné avant la création du ciel et
> de la terre : « Il n’est d’autre Dieu que moi, l’Unique, le Suprême, l’Incomparable, l’Inaccessible ».
> Lève-toi résolument en faveur de la cause de ton Seigneur, le Très-Glorieux. Ainsi t’en instruit cette
> épître merveilleuse. En vérité, nous ne désirons rien d’autre pour toi que ce qui te bénéficiera plus
> que tous les biens de la terre. En témoignent toutes les choses créées et plus encore, ce Livre
> explicite.
> 
> (2.26)
> Méditez sur le monde et sur la condition de ses peuples. Celui pour lequel fut créé le monde est
> emprisonné dans la plus désolée des cités [nota : Acre] à cause de ce qu’ont forgé les mains des
> égarés. De l’horizon de cette ville-prison, il appelle les hommes à l’Aurore de Dieu, le Suprême, le
> Très-Haut. Te félicites-tu des trésors en ta possession, tout en sachant qu’ils périront ? Te réjouis-tu
> de régner sur un arpent de terre alors que le monde entier, pour les gens de Bahá, n’a pas plus de
> valeur que la noire prunelle d’une fourmi morte ? Abandonne-le à ceux qui le chérissent et tourne-
> toi vers celui qui est le désir de l’Univers. Que sont devenus les orgueilleux et leurs palais ?
> Contemple leurs tombes et profite de cet exemple, car nous en avons fait une leçon pour ceux qui
> observent. Si les brises de la Révélation te saisissent, tu fuiras le monde pour te diriger vers le
> Royaume et tu dépenseras tout ce que tu possèdes pour te rapprocher de cette sublime vision.
> 
> (2.27)
> Nous voyons la plupart des gens adorer des noms et s’exposer, comme tu le constates, à de terribles
> périls dans le seul espoir de perpétuer leur nom, alors que toute âme perspicace atteste qu’un nom
> ne servira en rien à son porteur, après la mort de celui-ci, si ce nom n’exprime pas sa relation avec
> Dieu, le Tout-Puissant, le Magnifié. Ainsi leurs vaines imaginations les rendent esclaves en punition
> de ce que leurs mains ont forgé. Vois l’étroitesse d’esprit des hommes. Ils courent furieusement
> après ce qui ne leur est d’aucun profit. Si tu leur demandais : « Y a-t-il un quelconque avantage en
> ce que vous désirez ? », tu les verrais terriblement perplexes. S’il se trouvait une âme impartiale,
> elle répondrait : « Non, par le Seigneur des mondes ! » Telle est la condition des hommes et de ce
> qu’ils possèdent. Laisse-les à leur folie et tourne ton regard vers Dieu. En vérité, c’est cela qui te
> convient. Hâte-toi de suivre le conseil de ton Seigneur et dis : Loué sois-tu, ô Dieu de tout ce qui est
> au ciel et sur la terre.
> 
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> 3. Appel au Tsar Alexandre II
> 
> [nota : ce chapitre a été remplacé par la traduction plus récente et complète tirée de l’ouvrage « L'appel du seigneur
> des armées »]
> 
> (3.1)
> Ô tsar de Russie ! Prête l’oreille à la voix de Dieu, le Roi, le Très-Saint, et tourne-toi vers le paradis
> où demeure celui qui, dans l’Assemblée suprême, porte les titres les plus éminents et qui, dans le
> monde de la création est appelé par le nom de Dieu, le Resplendissant, le Très-Glorieux. Prends
> garde que tes désirs ne t’empêchent de te tourner vers la face de ton Seigneur, le Compatissant, le
> Très-Miséricordieux. Nous avons entendu ce que tu as demandé à ton Seigneur lorsque tu
> l’interpellais secrètement. Alors les brises de ma tendre bonté soufflèrent, les vagues de ma
> miséricorde se soulevèrent, et nous t’avons répondu. Ton Seigneur est certes l’Omniscient, le Très-
> Sage. Tandis que je languissais en prison, chargé de chaînes et de fers, un de tes ministres me
> proposa son aide. C’est pourquoi Dieu t’a assigné un rang dont nul sauf lui ne peut avoir
> connaissance. Prends garde à ne pas aliéner cette sublime position. Ton Seigneur, certes, fait ce
> qu’il veut. Dieu abrogera ou confirmera ce qui lui plaît, car la connaissance de toutes choses est
> chez lui dans la Tablette préservée.
> 
> (3.2)
> Crains que ta souveraineté ne te retienne loin de celui qui est le Souverain suprême. En vérité, il est
> venu avec son Royaume, et tous les atomes proclament ; « Voyez ! Le Seigneur est apparu dans
> toute sa majesté. » Celui qui est le Père est venu, et le Fils, dans la sainte Vallée, s’écrie : « Me
> voici ô Seigneur, mon Dieu, me voici ! » Tandis que le Sinaï gravite autour de la Demeure et que le
> Buisson ardent annonce à haute voix: « Le Très-Généreux est venu sur les nuages ! Béni est celui
> qui s’approche de lui et malheur à ceux qui se tiennent à l’écart. »
> 
> (3.3)
> Lève-toi parmi les hommes au nom de cette cause impérative, et appelle les nations à Dieu, le
> Grand, le Suprême. Ne sois pas de ceux qui appellent Dieu par l’un de ses Noms, puis lorsque paraît
> celui qui est l’essence de tous les noms, le renient, se détournent de lui et finalement le condamnent
> avec une évidente injustice. Réfléchis et rappelle-toi les jours où l’Esprit de Dieu apparut, et où
> Hérode rendit son verdict contre lui. Dieu le secourut cependant par les armées de l’invisible ; il le
> protégea vraiment et l’envoya dans un autre pays, selon sa promesse. En vérité Il ordonne ce qui lui
> plaît. Certes, ton Seigneur protège qui il veut, qu’il soit au coeur de l’océan, dans la gueule du
> dragon ou sous l’épée du tyran.
> 
> (3.4)
> Béni soit le roi que les voiles de gloire n’ont pas empêché de se tourner vers l’Aurore de beauté et
> qui a tout abandonné dans son désir d’obtenir ce qui est à Dieu. E, vérité, il est, aux yeux de Dieu,
> compté parmi les hommes d’excellence et loué par les habitants du paradis et par ceux qui gravitent
> jour et nuit autour du Trône suprême.
> 
> (3.5)
> Je dis encore : Ecoute ma voix qui de ma prison, s’élève afin que je t’apprenne ce que ma beauté a
> souffert aux mains de ceux qui sont les manifestations de ma gloire, et afin que tu saches combien
> grande fut ma patience malgré mon pouvoir, et combien immense ma longanimité malgré ma
> puissance. Sur ma vie ! si seulement tu savais ce qu’a révélé ma plume, si tu découvrais les trésors
> de ma cause, les perles des mystères reposant au fond des mers de mes noms et dans les calices de
> mes paroles, tu sacrifierais ta vie dans mon chemin dans la soif d’entrer dans mon Royaume
> sublime et glorieux, et pour l’amour de mon Nom. Sache que même si mon corps se trouve sous les
> 
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> épées de mes ennemis et mes membres environnés d’innombrables dangers, mon esprit est, malgré
> tout, rempli d’une allégresse sans nulle comparaison avec les joies de la terre.
> 
> (3.6)
> Tourne ton coeur vers celui qui est le centre d’adoration du monde et dis : « Ô peuples de la terre,
> avez-vous rejeté celui dans le sentier duquel le précurseur de votre Seigneur, le Très-Élevé, le
> Sublime souffrit le martyre ? ». Dis : c’est une nouvelle dont se sont réjouis les coeurs des
> prophètes et des Messagers. C’est celui dont se souvient l’âme de la création et qui est promis dans
> les Livres de Dieu, le Puissant, le Très-Sage. Dans leur désir de me rencontrer, les messagers ont
> levé leurs mains en supplication vers Dieu, le Puissant, le Glorifié. En témoigne ce que celui qui est
> le Seigneur de force et de puissance a révélé dans les Écritures saintes.
> 
> (3.7)
> D’aucuns se sont lamentés d’être séparés de moi, d’autres ont supporté des épreuves dans mon
> chemin, d’autres encore ont fait le sacrifice de leur vie pour l’amour de ma beauté, puissiez-vous le
> savoir. Dis : Je n’ai certes pas cherché à prôner ma personne, mais plutôt à louer Dieu lui-même, si
> vous jugiez équitablement. On ne voit en moi rien d’autre que Dieu et sa cause, puissiez-vous le
> comprendre. Je suis celui qu’Isaïe a célébré, celui dont le nom orne la Thora et l’Évangile. Ainsi en
> est-il décrété dans les Écritures du Seigneur, le Magnanime. Il m’a, en vérité, rendu témoignage
> comme je témoigne de lui. Et Dieu atteste la véracité de mes paroles.
> 
> (3.8)
> Dis : Les Livres n’ont été révélés que pour m’évoquer. Quiconque entendra leur appel, en percevra
> les fragrances délicieuses de mon nom et de ma glorification ; et celui qui n’a pas fermé l’accès de
> son oreille à son coeur en entendra chaque mot : « Le Véridique est venu ! Il est, en vérité, le bien-
> aimé des mondes ! »
> 
> (3.9)
> C’est par égard pour Dieu que ma langue te conseille et que ma plume se meut pour te mentionner,
> car ni la malice ni le déni des habitants de la terre ne peuvent me nuire, pas plus que l’allégeance de
> toute la création ne peut me profiter. En fait, nous t’exhortons à accepter ce qui nous a été
> commandé et nous ne désirons pour toi rien d’autre que te voir bénéficier de ce qui te profitera en
> ce monde et dans l’autre. Dis : Ferez-vous périr celui qui vous somme d’accéder à la vie éternelle ?
> Craignez Dieu et ne suivez pas les oppresseurs rebelles.
> 
> (3.10)
> Ô prétentieux de la terre, croyez-vous pouvoir vivre dans des palais alors que le Roi de la révélation
> habite le plus dévasté des lieux ? Non, par ma vie ! Des tombes sont vos demeures si vous pouviez
> comprendre. En vérité, celui qui, en ces jours, échappe à la caresse de la brise divine est compté
> parmi les morts aux yeux de celui qui est le Seigneur des noms et des attributs. Sortez donc des
> tombes de l’ego et du désir et tournez-vous vers le royaume de Dieu, le Possesseur du trône en haut
> et ici-bas afin de contempler ce que vous a promis de tout temps votre Seigneur, l’Omniscient.
> 
> (3.11)
> Pensez-vous profiter des choses que vous possédez ? Elles appartiendront bientôt à d’autres et vous
> redeviendrez poussière sans personne pour vous aider ou vous secourir. Où est l’avantage d’une vie
> que la mort peut rattraper, d’une existence condamnée à la disparition ou d’une prospérité sujette au
> changement ? Détachez-vous des choses que vous possédez et tournez vos visages vers les faveurs
> que Dieu a dispensées en ce Nom merveilleux.
> 
> (3.12)
> Ainsi la Plume du Très-Haut te diffuse ses mélodies avec la permission de ton Seigneur, le Très-
> Glorieux. Ecoute-les et chante-les : « Loué sois-tu, ô Seigneur des mondes, car tu m’as évoqué par
> 
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> la langue de celui qui est la Manifestation de toi-même alors qu’il croupissait dans la plus grande
> Prison pour que le monde entier accède à la vraie liberté. »
> 
> (3.13)
> Béni soit le roi que sa souveraineté n’a pas écarté de son Souverain et qui, de tout son coeur, s’est
> tourné vers Dieu. Il est, en vérité, de ceux qui ont accompli la volonté de Dieu, le Puissant, le Très-
> Sage. Avant peu un tel roi sera compté parmi les monarques des nations du Royaume. Ton Seigneur
> a vraiment la suprématie sur toutes choses. À qui il veut, il donne ce qui lui plaît et, à qui il veut, il
> le refuse. Il est certes le Tout-Puissant, le Fort.
> 
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> 4. Appel à la reine Victoria
> 
> [nota : ce chapitre a été remplacé par la traduction plus récente et complète tirée de l’ouvrage « L'appel du seigneur
> des armées »]
> 
> (4.1)
> Ô reine de Londres, prête l’oreille à la voix de ton Seigneur, le Seigneur de l’humanité, qui appelle
> de l’arbre divin : En vérité, il n’est pas d’autre Dieu que moi, le Tout-Puissant, le Très Sage !
> Rejette loin de toi tout ce qui est sur terre et pare la tête de ton royaume de la couronne du souvenir
> de ton Seigneur, le Très-Glorieux. Il est certes venu en ce monde dans sa gloire suprême, et tout ce
> qui est mentionné dans l’Evangile est accompli. La terre de Syrie est honorée par les pas de son
> Seigneur, le Seigneur de tous les hommes, et le Nord et le Sud sont tous deux enivrés du vin de sa
> présence. Béni est l’homme qui, en cette aube resplendissante, respire l’effluve du Très-
> Miséricordieux et se tourne vers l’Orient de sa beauté. La mosquée d’Aqsa frémit sous les brises de
> son Seigneur, Le Très-Glorieux, tandis que Bathá [nota : la Mecque] tremble à la voix de Dieu, le
> Très-Elevé, le Sublime. Aussi chacune de leurs pierres loue le Seigneur par ce Nom majestueux.
> 
> (4.2)
> Mets tes désirs de côté et tourne ton coeur vers ton Seigneur, l’Ancien des Jours. Nous faisons
> mention de toi pour l’amour de Dieu et nous désirons que ton nom soit magnifié pour ta souvenance
> de Dieu, le créateur du ciel et de la terre. En vérité, il est témoin de ce que je dis. Nous avons appris
> que tu as interdit le commerce des esclaves, hommes et femmes. C’est précisément ce que Dieu
> recommande dans cette merveilleuse Révélation. Pour cela, Dieu te réserve une récompense
> certaine. Il rétribue selon son dû l’auteur de toute bonne action, si tu agis selon ce que t’envoie celui
> qui est l’Omniscient, l’Informé. Quant à celui qui se détourne de Dieu et s’enfle d’orgueil après
> avoir reçu les témoignages évidents de celui qui révèle les signes, Dieu réduira son oeuvre à néant.
> Certes il a pouvoir sur toutes choses. Les actes d’un homme ne sont acceptables que s’il la reconnaît
> la Manifestation. Quiconque se détourne du Véridique est la plus aveugle de ses créatures. Ainsi en
> a décrété celui qui est le Fort, le Tout-Puissant.
> 
> (4.3)
> Nous avons appris également que tu as remis les rênes du gouvernement entre les mains des
> représentants du peuple. Tu as certes bien agi car cela renforcera les fondations de l’édifice de tes
> affaires et rassurera les coeurs de ceux qui vivent sous ton ombre, riches ou pauvres. Il faut
> cependant qu’ils soient dignes de la confiance des serviteurs de Dieu et qu’ils se considèrent comme
> les représentants de tous ceux qui habitent sur terre. Voilà ce que leur conseille dans cette Tablette
> celui qui est le Souverain, le Très-Sage. Quand l’un d’entre eux se dirige vers l’Assemblée, qu’il
> tourne son regard vers l’Horizon suprême et dise : « Ô mon Dieu, par ton Nom le plus glorieux, je
> te demande de m’aider à faire prospérer les affaires de tes serviteurs et fleurir tes cités. En vérité, tu
> as suprématie sur toutes choses ! » Béni celui qui entre dans l’Assemblée pour l’amour de Dieu et
> rend saine justice entre les hommes. En vérité, il est compté parmi les bienheureux.
> 
> (4.4)
> Ô vous qui, en chaque pays, représentez les peuples ! Réunissez-vous pour vous consulter et
> souciez-vous seulement de ce qui profite à l’humanité et en améliore les conditions, si vous êtes de
> ceux qui sont scrupuleux. Considérez le monde comme s’il était un corps humain qui, bien que créé
> complet et parfait, souffre de désordres et de maladies graves pour beaucoup de raisons. Il n’est pas
> un jour où il s’améliore ; au contraire, sa maladie croît en sévérité car il est traité par des médecins
> ignorants qui donnent libre cours à leurs désirs et errent cruellement. Et même si de temps à autre,
> un organe de ce corps est guéri, les autres n’en restent pas moins affligés. Ainsi vous en informe
> l’Omniscient, le Très-Sage.
> 
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> (4.5)
> Nous le trouvons aujourd’hui à la merci de dirigeants si imbus d’orgueil qu’ils ne discernent même
> pas leurs propres avantages, encore moins une révélation aussi déroutante et aussi provocatrice que
> celle-ci. Et si l’un d’entre eux s’efforce d’améliorer sa condition, c’est par appât du gain, qu’il
> l’avoue ou non ; et l’indignité de ses motifs limite ca capacité à guérir ou soigner.
> 
> (4.6)
> Le remède souverain et l’instrument tout puissant de la guérison du monde entier est l’union de ses
> peuples en une Cause universelle, une seule et même Foi : voilà ce qu’ordonne le Seigneur. Rien ne
> peut réaliser cela, sauf le pouvoir d’un médecin habile, tout puissant et inspiré. Voilà la seule vérité,
> tout le reste n’est qu’erreur. Chaque fois qu’est apparu cet Instrument tout puissant et que l’Aurore
> ancienne a lui, des médecins ignorants l’en ont empêché et, comme des nuages, se sont interposés
> entre lui et le monde. Celui-ci ne peut donc guérir et sa maladie persiste jusqu’aujourd’hui. Ces
> médecins ne peuvent le protéger ni le soigner alors que celui qui est la Manifestation de puissance
> parmi les hommes est empêché d’atteindre son but en raison de ce qu’ont forgé les mains des
> médecins ignorants.
> 
> (4.7)
> Etudie ces jours pendant lesquels est venu la Beauté ancienne sous le plus grand Nom pour vivifier
> le monde et unir ses peuples. Ceux-ci se sont cependant dressés contre lui, brandissant des épées
> affûtées et ont commis ce qui a provoqué les lamentations de l’Esprit de fidélité. Finalement, ils
> l’ont emprisonné dans la plus désolée des cités et rompu le lien qui attachait les fidèles au pan de
> son vêtement. Que quelqu’un leur dise : « Le Réformateur du monde est venu », ils répondaient :
> « Il est prouvé qu’il est un semeur de discorde », et pourtant, ils ne s’étaient associés à lui en aucune
> façon ni avaient compris qu’à aucun moment, il avait cherché à se protéger. Il était en permanence à
> la merci des malfaiteurs. D’abord, ils l’ont jeté en prison, puis ils l’ont banni et enfin ils l’ont
> ballotté de pays en pays. Telle est la manière dont ils nous ont jugés et vraiment, Dieu sait ce que je
> dis. De telles personnes, Dieu les tient pour les plus ignorantes de ses créatures. Ils ont amputé leurs
> propres membres et ne le voient pas ; ils se sont privés de ce qu’il leur convient le mieux et ne le
> savent pas. Ils ressemblent à ces jeunes enfants qui ne distinguent pas le malfaiteur du réformateur,
> ni le mauvais du bon. Nous les voyons aujourd’hui enveloppés dans un voile évident.
> 
> (4.8)
> Ô dirigeants de la terre, Pourquoi obscurcir l’éclat du soleil et l’empêcher de briller ? Écoutez le
> conseil que vous donne la plume du Très-Haut afin d’atteindre, vous et le pauvre, la paix et la
> tranquillité. Nous supplions Dieu d’aider les rois à établir la paix sur la terre. En vérité, il fait ce
> qu’il veut.
> 
> (4.9)
> Ô rois de la terre, nous vous voyons augmenter chaque jour vos dépenses et en faire peser le fardeau
> sur vos sujets. Quelle honte et quelle injustice ! Craignez les soupirs et les larmes de cet Opprimé, et
> n’imposez pas de charges trop lourdes sur vos peuples. Ne les dépouillez pas pour vous construire
> des palais ; au contraire, choisissez pour eux ce que vous choisissez pour vous-mêmes. Ainsi
> ouvrons-nous vos yeux sur ce qui vous profite, si vous pouvez le voir. Vos peuples sont votre
> trésor. Prenez garde de ne pas violer par vos décrets les commandements de Dieu et de ne pas livrer
> vos états aux mains des voleurs. C’est par eux que vous régner, par eux que vous vous maintenez et
> avec leur aide que vous conquérez. Et pourtant quel dédain dans le regard que vous leur jetez.
> Étrange, vraiment étrange !
> 
> (4.10)
> Maintenant que vous refusez la très grande paix, attachez-vous au moins à promouvoir une moindre
> paix, afin d’améliorer votre condition et celle de vos sujets.
> 
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> (4.11)
> Ô dirigeants de la terre, réconciliez-vous de manière à vous passer d’armements sauf pour maintenir
> la sécurité de vos territoires et possessions. Faites attention de ne pas méconnaître le conseil de
> l’Omniscient, du Fidèle.
> 
> (4.12)
> Soyez unis, ô rois de la terre, pour apaiser la tempête de la discorde entre vous et apporter la
> tranquillité à vos peuples, si vous pouvez le comprendre. Si l’un de vous prend les armes contre un
> autre, levez-vous pour vous opposer à lui, car ce n’est que justice évidente. Ainsi vous en avions-
> nous déjà adjurés dans une tablette antérieure [nota : Súriy-i-Mulúk], et vous sommons à nouveau de
> suivre ce qu’a révélé celui qui est le Tout-Puissant, le Très-Sage. Si quelqu’un cherche refuge
> auprès de vous, accordez-lui votre protection et ne le trahissez pas. Tel est le conseil de la plume du
> Très-Haut, que vous prodigue celui qui est l’Omniscient, l’Informé.
> 
> (4.13)
> Prenez garde de ne pas agir comme le fit le roi de l’islam [nota : le Sultan de Turquie] lorsque nous
> répondîmes à son invitation. Ses ministres prononcèrent contre nous un jugement inique qui
> provoqua les lamentations de toute la création et consuma le coeur de ceux qui sont proches de
> Dieu. Les vents de l’ego et de la passion les ont ballottés à leur gré et nous les avons tous trouvés
> privés de constance. En vérité, ils sont au nombre des égarés.
> 
> (4.14)
> Donne-toi libre cours, ô Plume de l’Ancien des jours, et laisse les à eux-mêmes car ils sont plongés
> dans leurs vaines imaginations. Invoque la Reine pour qu’elle dirige un coeur pur vers la scène de la
> gloire transcendante, n’empêche pas son regard de se porter sur son Seigneur, l’Ordonnateur
> suprême et informe-toi de ce qui est révélé dans les livres et tablettes du Créateur - Lui, qui jette son
> ombre sur le soleil et éclipse la lune ; lui, par qui l’appel est lancé entre ciel et terre.
> 
> (4.15)
> Tourne-toi vers Dieu et dis : O Seigneur, mon Roi, je ne suis pour toi qu’un vassal et toi, en vérité,
> tu es le Roi des rois. Je tends des mains suppliantes vers le ciel de ta grâce et de ta générosité. Fais
> descendre sur moi des nuées de ta munificence ce qui me détachera de tout autre que toi, et me
> rapprochera de toi. Ô mon Seigneur, par ton nom que tu as fait le roi des noms et la manifestation
> de toi-même pour tous ceux qui sont au ciel et sur terre, je te supplie de déchirer les voiles qui
> s’interposent entre moi et la reconnaissance de l’Aurore de tes signes, et de l’Aube de ta révélation.
> Tu es en vérité, le Tout-Puissant, l’Omnipotent, le Très-Généreux. Ô mon Seigneur, ne me prive
> pas, en tes jours, des parfums suaves du vêtement de ta clémence et écris pour moi ce que tu as écrit
> pour tes servantes qui ont cru en toi et en tes signes, qui t’ont reconnu, et ont tourné leur coeur vers
> l’horizon de ta cause. Tu es en vérité, le Seigneur des mondes et de ceux dont a pitié le Magnanime.
> Ô mon Dieu, aide-moi à rappeler ton souvenir parmi tes servantes et à soutenir ta cause sur la terre.
> Oublie ce qui m’a échappé lorsque ta face rayonna de lumière. Certes, tu as pouvoir sur toutes
> choses. Que la gloire soit sur toi, ô toi qui tiens dans ta main le royaume des cieux et de la terre !
> 
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> 5. Appel au Kaiser Guillaume Ier
> 
> (5.1)
> O roi de Berlin ! Prête l'oreille à la Voix qui, de ce Temple manifeste s'écrie: En vérité il n'y a pas
> d'autre Dieu que Moi, l'Eternel, l'Incomparable, l'Ancien des Jours.
> 
> (5.2)
> Prends garde que l'orgueil ne te prive de reconnaître l'aube de la divine Révélation, et que les désirs
> terrestres ne te séparent, comme par un voile, du trône de la terre et du ciel. Ainsi te conseille la
> Plume du Très-Haut. Il est en vérité, le Très-Bienveillant, le Très-Généreux.
> 
> (5.3)
> Te souviens-tu de celui dont la puissance dépassait ta puissance (Napoléon III) et dont le rang
> surpassait le tien ? Où est-il ? Où sont allées les choses qu'il possédait ? Tires-en la leçon et ne sois
> pas de ceux qui dorment profondément.
> 
> (5.4)
> C'est lui qui jeta à terre la Tablette de Dieu lorsque nous lui fîmes savoir ce que les armées de la
> tyrannie Nous avaient fait subir. Alors le déshonneur l'assaillit de toutes parts, et il s'écroula dans la
> poussière avec pertes et fracas.
> 
> (5.5)
> O roi, médite sur lui et sur ceux qui, comme toi, ont conquis des cités et régné sur des hommes. De
> leurs palais, Dieu les fit descendre dans la tombe. Sois averti et sois de ceux qui réfléchissent...
> 
> (5.6)
> O rives du Rhin: Nous vous avons vues couvertes de sang, car les épées du châtiment étaient tirées
> contre vous. Et cela vous arrivera encore une autre fois. Et nous entendons les lamentations de
> Berlin bien qu'en ce jour, sa gloire soit évidente.
> 
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> 6. Appel à l'Empereur François-Joseph
> 
> (6.1)
> O empereur d'Autriche ! Celui qui est l'aurore de la lumière de Dieu se trouvait dans la prison
> d'Akka lorsque tu te mis en route pour visiter la mosquée d'Aqsa (Jérusalem). Tu passas près de lui
> sans t'informer de celui par qui toute demeure est exaltée et toute porte altière est ouverte.
> 
> (6.2)
> En vérité, Nous avons fait d'elle (Jérusalem) une ville vers laquelle le monde devrait se tourner pour
> évoquer mon souvenir; et pourtant, tu repoussas celui qui est l'objet de ce souvenir quand il parut
> avec le Royaume de Dieu, ton Seigneur, le Seigneur des mondes.
> 
> (6.3)
> Nous fûmes constamment près de roi et Nous t'avons trouvé accroché à la Branche mais insoucieux
> de la Racine. Ton Seigneur, en vérité, est témoin de ce que je dis.
> 
> (6.4)
> Nous avons été peiné de te voir tourner autour de notre Nom, tout en Nous ignorant, bien que Nous
> fussions devant toi.
> 
> (6.5)
> Ouvre les yeux afin de pouvoir contempler cette glorieuse vision, reconnaître celui que tu invoques
> jour et nuit et fixer ton regard sur la lumière qui brille au-dessus de cet horizon lumineux.
> 
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> 7. Appel au Sultan Abdu'l-Aziz
> 
> (7.1)
> Ecoute ô Roi, les paroles de celui qui dit la vérité et qui n'attend pas que tu lui donnes, en
> récompense, les biens que Dieu a voulu t'octroyer, et qui sans jamais faillir, marche dans le droit
> sentier.
> 
> (7.2)
> C'est lui qui t'appelle à Dieu, ton Seigneur; c'est lui qui te montre la bonne direction, le chemin qui
> mène à la vraie félicité, afin que, par bonheur, tu sois parmi les heureux.
> 
> (7.3)
> Garde-toi, ô Roi, de t'entourer de ministres qui suivent leurs inclinations corrompues, qui délaissent
> la tâche qui leur a été confiée et trahissent manifestement leur mission.
> 
> (7.4)
> Sois bienfaisant pour les autres comme Dieu l'a été pour toi, ne laisse pas les intérêts de ton peuple
> à la merci de ministres tels que ceux-là. Ne délaisse pas la crainte de Dieu et sois de ceux qui
> agissent avec droiture.
> 
> (7.5)
> Entoure-toi de ces ministres dans lesquels tu perçois la fragrance de foi et de justice, délibère avec
> eux, décide de ce qui te semble préférable, et sois de ceux qui se comportent avec générosité.
> 
> (7.6)
> Tiens pour certain que celui qui ne croit pas en Dieu n'est ni véridique, ni digne de confiance. Telle
> est en fait, la vérité, l'indubitable vérité.
> 
> (7.7)
> Celui qui trahit Dieu, trahit aussi son roi. Rien ne peut détourner du mal un tel homme, ni
> l'empêcher de trahir son prochain, rien ne peut l'inciter à suivre la voie droite.
> 
> (7.8)
> Garde-toi d'abandonner à d'autres la direction des affaires de l'Etat, ne fais pas confiance à des
> ministres qui ne le méritent pas et ne sois pas de ceux qui vivent dans l'insouciance.
> 
> (7.9)
> Evite ceux dont le coeur s'est détourné de toi, ne place pas en eux ta confiance et ne les charge pas
> de régler tes affaires ni celles de ceux qui partagent ta foi.
> 
> (7.10)
> Veille à ne pas permettre au loup de devenir le berger du troupeau de Dieu et ne laisse pas ses bien-
> aimés à la merci des malveillants.
> 
> (7.11)
> Ne t'attends pas à voir les transgresseurs des commandements de Dieu devenir honnêtes ou sincères
> dans la foi qu'ils professent. Evite-les et prends bien garde d'être victime de leurs ruses et de leurs
> méfaits. Détourne-toi d'eux et fixe ton regard sur Dieu, ton Seigneur, le Très-Glorieux, le Très-
> Généreux.
> 
> (7.12)
> Qui se donne entièrement à lui, Dieu sera sans nul doute avec lui. Celui qui met toute sa confiance
> en Dieu, en vérité, Dieu le gardera de tout mal et le protégera contre les méfaits des comploteurs.
> 
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> (7.13)
> Si tu écoutais ce que je te dis et suivais mon conseil, Dieu t'élèverait à une si éminente position que,
> sur la terre entière, les desseins d'aucun homme ne pourraient jamais t'atteindre ni te léser.
> 
> (7.14)
> Observe, ô Roi, de tout ton coeur et de toutes tes forces, les préceptes de Dieu et ne suis pas la voie
> de l'oppresseur.
> 
> (7.15)
> Saisis et tiens fermement dans la main de ton pouvoir la direction des affaires de ton peuple,
> examine toi-même tout ce qui s'y rapporte et que rien ne t'échappe, car là se trouve le souverain
> bien.
> 
> (7.16)
> Rends grâce à Dieu de t'avoir choisi entre tous pour régner sur ceux qui professent ta foi. Il te
> convient d'apprécier les merveilleuses faveurs dont Dieu t'a gratifié et de magnifier constamment
> son Nom.
> 
> (7.17)
> La plus belle louange que tu puisses lui offrir, c'est d'aimer ceux qu'Il aime, de veiller sur ses
> serviteurs et de les préserver de la perfidie des traîtres, afin que cesse toute oppression.
> 
> (7.18)
> Enfin tu devrais te décider à leur appliquer la loi de Dieu pour pouvoir être toi-même, solidement
> ancré dans cette loi.
> 
> (7.19)
> Si grâce à toi, des fleuves de justice répandaient leurs flots sur tes sujets, Dieu t'aiderait sûrement
> par les armées du visible et de l'invisible et t'affermirait dans tes entreprises. Il n'est pas d'autre Dieu
> que Lui. La création entière et son empire Lui appartiennent et les oeuvres des fidèles retournent à
> Lui.
> 
> (7.20)
> Ne te repose pas sur tes trésors. Ne compte que sur la grâce de Dieu, ton Seigneur. Confie-toi à Lui
> dans tout ce que tu fais, et sois de ceux qui se sont soumis à sa volonté.
> 
> (7.21)
> Puisses-tu t'en remettre à Lui pour qu'Il t'assiste et t'enrichisse de ses trésors, car les trésors de la
> terre et des cieux sont à Lui. Il les accorde à qui Il veut, et à qui Il veut, Il les retire. Il n'est pas
> d'autre Dieu que Lui, le Possesseur, le Loué.
> 
> (7.22)
> Tous ne sont que des indigents au seuil de sa miséricorde; ils sont impuissants devant la révélation
> de sa souveraineté et implorent ses faveurs.
> 
> (7.23)
> Ne dépasse pas les bornes de la modération et traite équitablement ceux qui te servent. Donne-leur
> de quoi satisfaire leurs besoins, mais non pas au point de leur permettre d'accumuler des richesses
> pour eux-mêmes, de se parer, de décorer leurs maisons, d'acquérir ce qui ne leur est d'aucun profit
> et de passer ainsi pour des extravagants.
> 
> (7.24)
> Traite-les avec une rigide justice afin que nul d'entre eux ne soit dans le besoin ni ne se complaise
> dans un luxe excessif. Ce n'est là qu'évidente justice.
> 
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> (7.25)
> Ne permets pas à des êtres abjects de diriger ni de dominer des âmes nobles et honorables et ne
> souffre pas que des esprits supérieurs soient à la merci d'êtres indignes et sans valeur.
> 
> (7.26)
> Or, Nous l'attestons, c'est ce que Nous avons constaté lors de notre arrivée dans la ville
> (Constantinople). Nous avons vu certains de ses habitants pourvus d'une opulente fortune et vivant
> dans une richesse excessive, alors que d'autres sont dans une indigence cruelle ou dans une misère
> sordide. Cela ne convient pas à ta souveraineté et n'est pas digne de ton rang.
> 
> (7.27)
> Accepte le conseil que je te donne et efforce-toi de gouverner avec équité, afin que Dieu puisse
> célébrer ton nom et répandre au loin dans le monde la renommée de ta justice.
> 
> (7.28)
> Garde-toi d'élever la puissance de tes ministres aux dépens de tes sujets.
> 
> (7.29)
> Crains les soupirs des pauvres et des gens au coeur droit qui, à chaque aurore, se lamentent sur leur
> triste sort, et sois pour eux un souverain bienveillant. Ils sont, en vérité, les trésors de la terre. Il te
> convient donc de mettre tes trésors à l'abri des attaques de ceux qui voudraient te les dérober.
> 
> (7.30)
> Informe-toi de leurs affaires et, chaque année, que dis-je, chaque mois, assure-toi de leur condition;
> ne sois pas de ceux qui négligent leur devoir.
> 
> (7.31)
> Garde sous les yeux l'infaillible balance de Dieu et, comme si tu étais en sa présence, chaque jour, à
> chaque instant, pèse tes actions.
> 
> (7.32)
> Fais volontairement tes comptes avant d'y être convié, au Jour où nul homme n'aura la force de
> rester debout et où, par crainte de Dieu, les coeurs des inconscients ne pourront que trembler.
> 
> (7.33)
> Il convient à tout roi d'être aussi généreux que le soleil qui stimule la croissance de tous les êtres,
> qui donne à chacun ce qui lui revient et dont les bienfaits ne sont pas son fait mais proviennent de la
> volonté du Tout-Puissant, de l'Omnipotent.
> 
> (7.34)
> Un roi devrait être aussi généreux, aussi libéral dans sa grâce, que les nuages qui, sur l'ordre du
> Maître suprême, de l'Omniscient, déversent leurs ondées bienfaisantes sur toute la terre.
> 
> (7.35)
> Aie soin de ne pas confier entièrement les affaires de l'Etat aux mains des autres. Nul mieux que toi-
> même, ne pourrait assumer tes fonctions.
> 
> (7.36)
> Ainsi, Nous t'expliquons clairement nos paroles de sagesse et t'adressons ce qui te permettra de
> remplacer la main gauche de l'oppression par la main droite de la justice, et de t'approcher du
> resplendissant océan des faveurs de Dieu. Telle est la voie que suivirent avant toi, les rois qui
> traitèrent leurs sujets avec équité sans jamais s'écarter d'une justice rigoureuse.
> 
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> (7.37)
> Tu es l'ombre de Dieu sur la terre. Efforce-toi donc d'agir de la manière qui sied le mieux à un rang
> aussi éminent, aussi majestueux. Certes, si tu t'abstenais de suivre les enseignements que nous
> avons fait descendre sur toi, tu dérogerais à cet insigne et inestimable honneur.
> 
> (7.38)
> Retourne donc à Dieu et attache-toi étroitement à Lui; purifie ton coeur du monde et de ses vanités
> et ne laisse l'amour de nul autre s'y glisser et y demeurer.
> 
> (7.39)
> Tant qu'il ne sera pas purifié de toute trace d'un tel amour, la clarté et la lumière divine ne pourront
> irradier en lui car, à personne, Dieu n'a donné plus d'un coeur. Tel est, en vérité, le Décret enregistré
> dans son ancien Livre.
> 
> (7.40)
> Et puisque le coeur humain, tel que Dieu l'a fait, est un et indivisible, il te convient de veiller à ce
> que tes affections, elles aussi, soient une et sans partage. Attache-toi donc avec tout le penchant de
> ton coeur, à l'amour de Dieu et renonce à l'amour de tout autre pour qu'Il t'aide à te plonger dans
> l'océan de son unité et à devenir un véritable défenseur de cette unité.
> 
> (7.41)
> Dieu m'en est témoin: je n'ai d'autre objet en te révélant ces paroles que de te sanctifier des choses
> transitoires de la terre et de t'aider à entrer dans le royaume de gloire éternelle, pour qu'avec la
> permission de Dieu, tu sois de ceux qui y demeurent et qui y règnent.
> 
> (7.42)
> Que ton oreille, ô Roi, soit attentive aux paroles que Nous t'avons adressées. Oblige l'oppresseur à
> renoncer à sa tyrannie et, parmi ceux qui professent ta foi, sépare-toi de ceux qui commettent
> l'injustice.
> 
> (7.43)
> Par la justice de Dieu ! Les tribulations que Nous avons endurées sont telles que quiconque voudrait
> les raconter serait envahi par l'angoisse. Personne parmi les croyants sincères et les défenseurs de
> l'unité de Dieu, n'en pourrait supporter l'accablant récit. Si grandes ont été nos souffrances que toute
> personne douée de discernement, et même nos ennemis, en ont pleuré.
> 
> (7.44)
> Et toutes ces épreuves Nous ont été infligées malgré notre démarche auprès de toi, et bien que Nous
> ayons recommandé au peuple de s'abriter sous ton ombre, afin que tu sois comme une forteresse
> pour les croyants et les défenseurs de l'unité de Dieu.
> 
> (7.45)
> T'ai-je, ô Roi, jamais désobéi ? Ai-je un seul instant, transgressé l'une de tes lois ? Qui parmi tes
> ministres en Iraq, pourrait donner une preuve de ma déloyauté à ton égard ? Non, par Celui qui est
> le Seigneur de tous les mondes ! Pas un seul instant Nous ne nous sommes rebellé contre toi ni
> contre l'un de tes ministres.
> 
> (7.46)
> Jamais, si Dieu le veut, Nous ne nous révolterons contre toi, serions-nous soumis à des épreuves
> plus cruelles encore que celles du passé.
> 
> (7.47)
> Jour et nuit, matin et soir, Nous prions Dieu pour toi; qu'Il veuille bien t'aider à devenir obéissant
> envers Lui et fidèle à ses commandements, et qu'Il te protège contre l'assaut des méchants. Fais
> 
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> donc ce qu'il te plaît, traite-Nous comme il convient à ta condition et comme il sied à ta
> souveraineté.
> 
> (7.48)
> Quoi que tu entreprennes en ce jour ou dans l'avenir, n'oublie jamais la loi de Dieu, le Seigneur de
> tous les mondes !
> 
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> 8. Appel à Nasiri'd-Din Shah
> 
> [nota : ce chapitre a été remplacé par la traduction plus récente et complète tirée de l’ouvrage « L'appel du seigneur
> des armées »]
> 
> (8.1)
> Ô roi terrestre ! Entends l’appel de ce vassal : En vérité, je suis un serviteur qui croit en Dieu et en
> ses signes et qui s’est sacrifié en son chemin. En portent témoignage les malheurs qui m’affligent,
> malheurs tels qu’aucun homme n’en a jamais supporté. Mon Seigneur l’Omniscient témoigne de la
> vérité de mes paroles. Je n’ai fait qu’appeler les hommes à Dieu, ton Seigneur et le Seigneur des
> mondes, et par amour de lui j’ai enduré des afflictions telles que la création n’en avait jamais vues.
> En témoignent ceux que les voiles de l’imagination humaine n’ont pas empêché de se tourner vers
> la plus sublime vision et, au-delà d’eux celui qui possède la connaissance de toute chose sur la
> Tablette préservée.
> 
> (8.2)
> Chaque fois que les nuages de tribulations laissaient pleuvoir les flèches de l’affliction sur le
> chemin de Dieu, le Seigneur de tous les noms, je me suis hâté à leur rencontre, ainsi qu’en attestera
> toute âme juste et judicieuse. Nombreuses furent les nuits pendant lesquelles les bêtes des champs
> reposaient dans leur tanière et les oiseaux du ciel dans leurs nids alors que cet Adolescent
> languissait dans ses chaînes et ses fers avec personne pour le secourir !
> 
> (8.3)
> Souviens-toi de la miséricorde de Dieu ; comment, alors que tu étais emprisonné avec d’autres, il te
> délivra et t’aida, par les milices du visible et de l’invisible, jusqu’à ce que le Roi t’envoie en Irak
> après que nous lui ayons montré que tu ne faisais pas partie des fauteurs de troubles. Ceux qui
> suivent leurs désirs corrompus et rejettent la crainte de Dieu font vraiment une grave erreur. Nous
> nous tenons à l’écart de ceux qui mettent le désordre dans un pays, répandent le sang des uns et
> s’approprient le bien des autres ; nous supplions Dieu de ne pas nous associer avec eux, que ce soit
> dans ce monde où dans le monde à venir, sauf s’ils s’en repentaient devant lui. Il est vraiment le
> plus miséricordieux des miséricordieux.
> 
> (8.4)
> Quiconque se tourne vers Dieu doit se distinguer des autres par chacun de ses actes et doit suivre ce
> que le Livre lui enjoint. Ainsi en est-il décrété dans une épître explicite. Quant à ceux qui rejettent
> les commandements de Dieu et suivent les incitations de leurs propres désirs, ils font vraiment une
> erreur grave
> 
> (8.5)
> Ô roi ! Par ton Seigneur, le Très-Miséricordieux, je te supplie de jeter un regard généreux sur tes
> serviteurs et de les traiter avec justice, afin que Dieu puisse te traiter avec miséricorde. Ton
> Seigneur a le pouvoir de faire ce qu’il lui plaît. Le monde, ses humiliations et sa gloire passeront
> mais la souveraineté sera toujours à Dieu, le Plus-Loué, l’Omniscient.
> 
> (8.6)
> Dis : Il alluma la lampe de la parole et la nourrit de l’huile de la sagesse et de la compréhension.
> Ton Seigneur, le Très-Miséricordieux, est trop élevé pour que quiconque dans l’univers résiste à sa
> Foi. Il révèle ce qu’il veut par le pouvoir de sa souveraine puissance et protège sa révélation d’une
> armée de ses anges préférés. Il est exalté au-dessus de ses serviteurs et exerce un pouvoir
> indiscutable sur sa création. Il est, en vérité, l’Omniscient, le Très-Sage.
> 
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> (8.7)
> Ô roi ! Je n’étais qu’un homme comme tant d’autres, endormi sur ma couche, lorsque soudain les
> brises du Très-Glorieux passèrent sur moi et m’enseignèrent la science de tout ce qui fut. Ceci ne
> vient pas de moi mais de celui qui est le Tout-Puissant et l’Omniscient. Il m’ordonna d’élever la
> voix entre la terre et le ciel et, pour cela, il m’advint ce qui a fait couler les larmes de tout homme
> de discernement. Les sciences répandues parmi les hommes, je ne les ai pas étudiées ; leurs écoles,
> je ne les ai jamais fréquentées. Renseigne-toi dans la ville où j’habitais pour t’assurer que je ne
> mens pas. Voici une simple feuille qu’agitent les vents de la volonté de ton Seigneur, le Tout-
> Puissant, le Loué. Peut-elle rester immobile alors qu’ils se déchaînent ? Par le Seigneur de tous les
> noms et attributs, ils la déplacent à leur gré. L’éphémère n’est que néant face à l’éternel. Son ordre
> irrésistible me parvint et me fit célébrer sa louange parmi les peuples. En vérité, quand cet ordre me
> parvint j’étais comme mort ; la main de la volonté de ton Seigneur, le Compatissant, le
> Miséricordieux, me transforma. Par celui qui révéla les mystères éternels à la Plume, qui, sinon
> celui qui fut fortifié par la grâce du Tout-Puissant, de l’Omnipotent, pourrait de lui-même clamer ce
> que contesteront tous les hommes, grands et petits ?
> 
> (8.8)
> La plume du Très-Haut s’adressa à moi, disant : N’aie crainte ! Conte à sa majesté le Shah ce qui
> t’est arrivé. En vérité, son coeur est entre les mains de ton Seigneur, le Dieu de miséricorde, afin
> que brille le soleil de justice et de générosité depuis l’horizon de son coeur. Ainsi le décret fut-il
> révélé par celui qui est le Très-Sage.
> 
> (8.9)
> Ô roi, considère cet Adolescent avec justice puis porte un jugement impartial sur ce qui lui est
> arrivé. En vérité, Dieu a fait de toi son ombre parmi les hommes et le symbole de son pouvoir sur
> tous ceux qui vivent sur terre. Tranche entre nous et ceux qui nous firent du mal sans preuve ni livre
> probant. Ceux qui t’entourent ne t’aiment que par intérêt alors que cet Adolescent t’aime pour ton
> bien et n’a d’autre désir que de t’attirer vers le siège de grâce et de te placer à la droite de la justice.
> Ton seigneur témoigne de ce que je dis.
> 
> (8.10)
> Ô roi, tends l’oreille vers le grincement de la plume de gloire et vers le roucoulement de la colombe
> d’éternité qui, sur les branches de l’arbre sacré au-delà duquel nul ne passe, chante les louanges de
> Dieu, l’auteur de tous les noms, et le créateur de la terre et du ciel. Alors tu t’élèveras en un lieu
> d’où tu ne verras rien d’autre dans le monde de l’existence que l’éclat de l’Adoré, tu considéreras ta
> souveraineté comme la plus méprisable de tes possessions l’abandonnant à quiconque la
> convoiterait, et tu tourneras ton visage vers l’horizon éclairé de la lumière de sa Face. Tu refuseras
> à jamais de supporter le poids du pouvoir sauf dans le but d’aider ton Seigneur, l’Exalté, le Très-
> Haut. Béni seras-tu alors par l’assemblée céleste. Ô que cet état sublime est excellent, si tu peux y
> parvenir grâce au pouvoir d’une souveraineté que l’on sait découler du Nom de Dieu !
> 
> (8.11)
> Il en est qui affirment que cet Adolescent n’a d’autre but que de perpétuer son nom, alors que
> d’autres prétendent qu’il recherche pour lui-même les vanités terrestres, en dépit du fait que jamais,
> au cours de ma vie, je n’ai trouvé d’endroit sûr, si petit soit-il. J’ai toujours été immergé dans une
> mer de tribulations dont seul Dieu connaît l’ampleur. Il sait de quoi je parle. Combien de fois mes
> bien-aimés furent-ils profondément choqués par mes afflictions, combien de nuits mes proches ont-
> ils pleuré amèrement et se sont-ils lamentés en craignant pour ma vie ! Qui peut nier cela si ce n’est
> un menteur ? Est-il concevable que celui qui s’attend à perdre la vie à tout instant recherche les
> vanités terrestres ? Quelles étranges idées ont ceux qui parlent poussés par leurs lubies et qui errent
> dans le désert de l’égoïsme et des passions ! Avant peu, on leur demandera compte de leurs paroles
> et alors ils ne trouveront aucun ami pour les aider.
> 
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> (8.12)
> Il en est d’autres qui prétendent qu’il ne croit pas en Dieu ; pourtant chaque membre de mon corps
> témoigne qu’il n’est pas d’autre Dieu que lui ; que ceux qu’il a élevés en vérité et envoyés au loin
> sous sa guidance sont les manifestations de ses noms les plus excellents, les révélateurs de ses
> attributs très exaltés et les dépositaires de sa révélation dans le royaume de sa création. Grâce à eux,
> la preuve de Dieu se parfait pour tous sauf pour lui, l’étendard de l’unité divine se dresse et le
> symbole de la sainteté devient manifeste ; par eux, chaque âme trouve un chemin vers le Seigneur
> du Trône céleste. Nous témoignons qu’il n’est d’autre Dieu que lui, qu’éternellement il est seul, que
> personne n’est à ses côtés et qu’il sera pour l’éternité ce qu’il a toujours été. Trop élevé est le Très-
> Miséricordieux pour que le coeur de ceux qui l’ont reconnu appréhende sa vraie nature ou pour que
> l’intelligence des hommes espère sonder son essence. Il est exalté au-dessus de la compréhension de
> tous sauf de lui-même et sanctifié au-delà de la compréhension de tout autre que lui. De toute
> éternité il est indépendant de la création tout entière.
> 
> (8.13)
> Souviens-toi des jours où le soleil de Bathá [nota : Muhammad] brillait à l’horizon de la volonté de ton
> Seigneur, l’Exalté, le Très-Haut ; rappelle-toi de quelle manière les religieux de ce temps-là se
> détournèrent de lui, comment les érudits s’opposèrent à lui et tu auras peut-être une chance
> d’appréhender ce qui, en ce jour, reste caché derrière les voiles de gloire. Son sort devint si terrible
> qu’il demanda à ses compagnons de se disperser. Tel fut le décret révélé du ciel de la gloire divine.
> Souviens-toi aussi que, lorsque l’un de ces mêmes compagnons arrivant devant le roi d’Éthiopie, lui
> récita une sourate du Coran, celui-ci déclara à ses serviteurs : « En vérité, ceci a été révélé par celui
> qui est l’Omniscient, le Très-Sage. Quiconque reconnaît la vérité et croit dans les enseignements de
> Jésus, ne peut renier ce qui vient d’être récité. En vérité, nous témoignons de son exactitude de
> même que nous témoignons qu’en vérité, nous possédons des Livres de Dieu, le Secours,
> l’Absolu. »
> 
> (8.14)
> Ô roi ! Je le jure par Dieu ! Si tu tendais l’oreille aux mélodies de ce rossignol qui, selon l’ordre de
> ton Seigneur, le Très-Miséricordieux, module des chants mélodieux dans le buisson mystique, tu
> renoncerais à ta souveraineté, tu te tournerais vers cette scène de gloire transcendante, cet état à
> l’horizon duquel brille le Livre de l’Aube [voir : Coran 17.78] et tu dépenserais tout ce que tu possèdes
> dans ton ardeur à obtenir ce qui est à Dieu. Tu te trouverais alors au sommet de l’exaltation et de la
> gloire, au pinacle de la majesté et de l’indépendance. Le décret en est inscrit dans le Livre-Mère par
> la plume du Très-Miséricordieux. À quoi sert ce que tu possèdes aujourd’hui et qui demain sera à
> d’autres ? Choisis pour toi ce que Dieu a choisi pour ses élus et Dieu t’accordera une puissante
> souveraineté dans son royaume. Nous supplions Dieu d’aider Ta Majesté à entendre ce verbe dont
> la lumière enveloppe le monde, et de te protéger de ceux qui sont loin de la cour de sa présence.
> 
> (8.15)
> Gloire à toi, ô Seigneur, mon Dieu ! Nombreuses en ton sentier sont les têtes dressées à la pointe
> des piques et nombreuses les poitrines qui sont la cible des flèches pour ton bon plaisir ! Nombreux
> les coeurs lacérés pour l’exaltation de ton Verbe et la promotion de ta cause, et innombrables les
> yeux qui pleurent à chaudes larmes pour l’amour de toi ! Ô toi qui es le Roi des rois et qui as pitié
> des humbles ! Par ton Plus grand Nom dont tu as fait l’Aurore de tes noms les plus excellents et
> l’Orient de tes attributs très exaltés, je t’implore de supprimer les voiles qui s’interposent entre toi et
> tes créatures et de supprimer ce qui les empêche de se tourner vers l’horizon de ta révélation. Ô
> mon Dieu, par ton Nom très exalté, fais qu’ils se tournent de la gauche de l’oubli et de l’illusion
> vers la droite de la connaissance et de la certitude, afin qu’ils comprennent ce que ta générosité et ta
> grâce désirent pour eux et qu’ils dirigent leurs visages vers celui qui est la Manifestation de ta cause
> et le Révélateur de tes signes.
> 
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> (8.16)
> Ô mon Dieu ! Tu es le Très-généreux dont la grâce est infinie. Ne retiens pas tes serviteurs loin de
> l’océan très puissant où gisent les perles de ta connaissance et de ta sagesse, et ne les détourne pas
> du portail que tu as largement ouvert pour tous ceux qui sont au ciel et pour tous ceux qui sont sur
> la terre. Ô Seigneur ! Ne les abandonne pas à eux-mêmes car ils ne comprennent rien et s’éloignent
> de ce qui est meilleur pour eux que tout ce que tu as créé sur la terre. Ô mon Dieu, jette sur eux un
> regard favorable et bienveillant, libère-les de l’égoïsme et de la passion afin qu’ils se rapprochent de
> ton horizon très exalté, goûtent à la douceur de ton souvenir et se régalent de ce pain que tu as fait
> descendre du ciel de ta volonté et du firmament de ta grâce. De toute éternité ta générosité embrasse
> la création tout entière et ta miséricorde surpasse tout. Il n’est de Dieu que toi, qui toujours
> pardonnes, le Très-Compatissant.
> 
> (8.17)
> Sois glorifié, ô Seigneur, mon Dieu ! Tu sais que mon coeur fond pour ta cause et que le feu de ton
> amour fait bouillir le sang dans mes veines à tel point que chaque goutte proclame au plus profond
> de moi-même : « Ô mon seigneur, le Très-Haut, laisse-moi me répandre sur le sol par amour de toi
> pour que de ce coeur jaillisse ce que tu as décidé dans tes épîtres et que tu as caché aux yeux de tous
> à l’exception de ceux de tes serviteurs qui ont goûté, des mains de ta grâce, au flot cristallin de la
> connaissance, et qui ont bu, à la coupe de tes dons, l’eau fraîche de la compréhension.
> 
> (8.18)
> Ô mon Dieu, tu sais que dans toutes mes affaires, je n’ai cherché qu’à obéir à ton ordre, que dans
> chacune de mes paroles je n’ai voulu que chanter tes louanges et que dans tout ce qui est issu de ma
> plume je n’ai voulu que gagner ton bon plaisir et révéler ce que tu m’as ordonné par ta souveraineté.
> 
> (8.19)
> Ô mon Dieu, tu me vois perdu dans ton pays. Chaque fois que j’évoque ce que tu m’as commandé
> de dire, tes créatures se moquent de moi. Et pourtant, si je négligeais ce que tu m’as demandé
> d’observer, je mériterais la verge de ta colère et serais éloigné des prairies de ton approche. Mais,
> par ta gloire ! J’ai tourné mon visage vers ton bon plaisir et me suis détourné de ce en quoi tes
> serviteurs ont placé leurs affections. J’ai pris tout ce qui est à toi en abandonnant tout ce qui me
> conduirait loin des retraites de ta proximité et des hauteurs de ta gloire. Je le jure par ton pouvoir !
> Le coeur plein de ton amour, rien ne peut m’alarmer et dans le chemin de ton bon plaisir toutes les
> afflictions du monde ne peuvent me décourager. Mais tout ceci n’est dû qu’à ton pouvoir et à ta
> puissance, à ta générosité et à ta grâce, et non à mon propre mérite.
> 
> (8.20)
> Cette épître, ô mon Dieu, j’ai décidé de l’envoyer au roi. Tu sais que mon seul souhait c’est qu’il
> soit juste envers tes serviteurs et qu’il étende ses faveurs au peuple de ton royaume. Je ne désire
> pour moi que ce que tu désires, et par ton aide, je ne souhaite que ce que tu souhaites. Périsse l’âme
> qui recherche près de toi un autre que toi ! Je le jure par ta gloire ! Mon souhait le plus cher est ton
> bon plaisir et ton dessein mon plus grand espoir. Ô mon Dieu, aie pitié de cette pauvre créature qui
> s’accroche au pan du vêtement de tes richesses, de cette âme suppliante qui te conjure par ces mots :
> « Tu es en vérité le Seigneur de puissance et de gloire ! » Ô mon Dieu, aide Sa Majesté le Shah, à
> garder tes lois parmi tes serviteurs et à manifester ta justice parmi tes créatures, afin qu’il traite ces
> gens comme il traite les autres. Tu es, en vérité, le Dieu de pouvoir, de gloire et de sagesse.
> 
> (8.21)
> Avec la permission du roi de ce jour, ce serviteur voyagea du siège de la souveraineté [nota : Téhéran]
> jusqu’en Irak où il séjourna douze ans. Pendant toute cette période, aucune explication sur notre
> situation ne fut présentée à la cour de ta présence et aucun rapport ne fut envoyé aux Puissances
> étrangères. Plaçant toute notre confiance en Dieu, nous restâmes dans ce pays jusqu’à l’arrivée d’un
> haut fonctionnaire [nota : Mírzá Buzurg Khán, Consul général persan à Bagdad] qui dès son arrivée entreprit
> le harassement de cette pauvre communauté d’exilés. À l’instigation de quelques soi-disant érudits
> 
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> et d’autres individus, il créa, jour après jour, des problèmes à ces serviteurs bien que ceux-ci n’aient
> jamais commis aucun acte répréhensible contre l’État et ses peuples ou contraire aux lois et
> coutumes des citoyens du royaume.
> 
> (8.22)
> Craignant que les actes de ces transgresseurs produisent des effets contraires à ton jugement
> souverain, ce serviteur écrivit un bref récit de la situation à Mírzá Sa’íd Khán [nota : le Mu’taminu’l-
> Mulk, Mírzá Sa’íd Khán-i-Anṣarí, ministre des Affaires étrangères] des Affaires étrangères. Il aurait pu ainsi le
> soumettre à la royale présence de sorte qu’aurait été respecté quoique ce soit que tu aies décrété à ce
> sujet. Un long temps s’écoula, et aucun décret ne fut publié. Les choses en arrivèrent à un point tel
> que d’imminentes luttes et tueries furent à craindre. Le besoin de protéger les serviteurs de Dieu
> contraignit quelques-uns d’entre eux à faire appel au gouverneur d’Irak.
> 
> (8.23)
> Si tu regardais ces évènements avec équité, il serait clair et évident dans le miroir de ton coeur que
> ce qui arriva était le résultat des circonstances et qu’il n’y avait pas d’autre choix. Sa Majesté elle-
> même constate que dans toutes les villes où réside un certain nombre de ces gens, l’hostilité de
> certains fonctionnaires a allumé la flamme de la dispute et de la discorde. Cette âme humble, depuis
> son arrivée en Irak, a interdit à tous de s’engager dans la lutte et les dissensions. Les témoins de ce
> serviteur sont ses actes, et tous savent et peuvent témoigner qu’en Irak, où vivent ces gens en
> nombre plus grand que nulle part ailleurs, jamais aucun d’eux n’a outrepassé ses limites, ni agressé
> ses voisins. Fixant leur regard sur Dieu et plaçant en lui toute leur confiance, ils vivent en paix
> maintenant depuis plus de quinze ans et, dans tous les évènements qui leur sont arrivés ils se sont
> montrés patients et résignés à la volonté de Dieu.
> 
> (8.24)
> Après l’arrivée de ce serviteur en la cité d’Andrinople, quelques individus, d’Irak et d’ailleurs,
> s’enquirent du sens de l’expression « porter assistance à Dieu » qui est citée dans les Écritures
> saintes. On donna plusieurs réponses, dont l’une est formulée dans ce texte, qui peut prouver
> clairement, en la cour de ta présence, que ce serviteur n’a d’autre but que de promouvoir
> l’amélioration et le bien-être du monde. Et si certaines des faveurs divines qui, aussi indigne que je
> sois, me furent octroyées par le bon plaisir de Dieu ne sont pas évidentes et manifestes, il sera au
> moins établi que dans sa miséricorde et sa grâce infinies, il n’a pas privé mon coeur de l’ornement
> de la raison. Voici le passage concernant le sens de « porter assistance à Dieu ».
> 
> Il est Dieu. Que sa gloire soit exaltée !
> 
> (8.25)
> Il est clair et évident que le seul vrai Dieu - Glorifiée soit sa mention ! - est sanctifié au-delà du
> monde et de tout ce qu’il contient. Par « porter assistance à Dieu » nous n’entendons pas qu’une
> âme doive se battre ou en affronter une autre. Le souverain Seigneur qui fait ce qui lui plaît a confié
> le royaume de la création, ses terres et ses mers, aux mains des rois qui sont, selon ce qu’il a
> décrété, les manifestations de son pouvoir divin. S’ils s’abritaient à l’ombre du Véridique, ils
> seraient considérés comme du parti de Dieu ; sinon, ton Seigneur sait vraiment et remarque tout.
> 
> (8.26)
> Ce que Dieu - que son nom soit glorifié - désire pour lui-même, c’est le coeur de ses serviteurs, qui
> sont les trésors de son amour et de son souvenir ainsi que les châsses de sa connaissance et de sa
> sagesse. C’est le voeu permanent du Roi éternel de libérer le coeur de ses serviteurs des choses de
> ce monde et de tout ce qui en dépend afin qu’ils deviennent les dignes bénéficiaires de la splendeur
> de celui qui est le Roi de tous les noms et de tous les attributs. Ainsi, aucun étranger ne doit être
> admis dans la cité du coeur afin que l’Ami incomparable puisse entrer dans son foyer. Par là on
> entend la splendeur de ses noms et de ses attributs, non pas son essence exaltée car ce Roi
> incomparable a toujours été et sera toujours sanctifié de l’élévation et de l’abaissement.
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> (8.27)
> Il s’ensuit que l’expression « porter assistance à Dieu » ne signifie pas, en ce jour, affronter
> quelqu’un ou entrer en conflit avec lui. Loin de là ! Ce qui est préférable aux yeux de Dieu, c’est
> que les cités du coeur des hommes, qui sont dirigées par les armées de l’égoïsme et de la passion,
> soient soumises par l’épée de la parole, de la sagesse et de la compréhension. Ainsi, quiconque
> cherche à aider Dieu doit, avant toute chose, conquérir par l’épée du sens spirituel et de
> l’explication, la cité de son propre coeur, la protéger du souvenir de tout sauf Dieu et ensuite
> seulement partir à la conquête des cités du coeur des autres.
> 
> (8.28)
> C’est cela le vrai sens de l’expression « porter assistance à Dieu ». La sédition n’a jamais plu à
> Dieu, pas plus qu’il n’accepta les actes commis dans le passé par certains sots. Sache qu’être tué
> dans la voie de son bon plaisir vaut mieux pour toi que tuer. En ce jour, les bien-aimés du Seigneur
> doivent se conduire parmi ses serviteurs, en sorte que leurs actes guident les hommes vers le paradis
> du Très-Glorieux.
> 
> (8.29)
> Par celui qui brille à l’orient de sainteté ! Les amis de Dieu ne placent pas et ne placeront jamais
> leurs espoirs dans le monde et dans ses possessions éphémères. Le seul vrai Dieu a toujours
> considéré que le coeur des hommes lui appartient d’une manière exclusive. C’est aussi une
> expression de sa miséricorde qui surpasse tout, afin qu’ainsi les âmes mortelles soient épurées et
> sanctifiées de tout ce qui appartient au monde de poussière et entrent aux royaumes d’éternité.
> Sinon, ce Roi idéal, en lui-même et par lui-même, se suffit à lui-même et est indépendant de tout.
> L’amour de ses créatures ne saurait lui profiter et leur malveillance ne saurait lui nuire. Tous
> viennent de la poussière, tous retourneront à la poussière cependant que le vrai Dieu, le seul et
> l’unique, est établi sur son trône, un trône qui est au-delà du temps et de l’espace, sanctifié au-delà
> de toute parole ou expression, allusion, description et définition, exalté au-delà de toute notion
> d’abaissement et de glorification. Cela nul ne le sait sauf lui et ceux qui ont la connaissance du
> Livre. Il n’est de Dieu que lui, le Tout-Puissant, le Bienfaisant.
> 
> (8.30)
> Mais il revient à la bienveillance du souverain d’examiner tous les problèmes avec l’oeil de la
> justice et de la miséricorde et de ne pas se contenter des accusations sans fondements de certains
> individus. Nous supplions Dieu d’aider généreusement le roi à accomplir ce qu’il Lui plaît ; en
> vérité, ce qu’il désire devrait être le désir de tous les mondes.
> 
> (8.31)
> Plus tard, ce serviteur fut sommé de venir à Constantinople où nous arrivâmes en compagnie de
> quelques pauvres exilés. Nous n’avons jamais cherché à rencontrer quelqu’un puisque nous
> n’avions rien à demander et que notre seul but était de démontrer à tous que ce serviteur n’avait pas
> l’esprit malfaisant et ne s’était jamais associé à des semeurs de discorde. Par Celui qui pousse la
> langue de tous les êtres à chanter ses louanges, il fallut bien prendre des mesures pour protéger
> certaines âmes puisque certaines circonstances rendaient difficiles l’installation dans n’importe quel
> quartier. Mon Seigneur sait ce qui est en moi et il témoigne de la vérité de ce que je dis.
> 
> (8.32)
> Un roi juste est l’ombre de Dieu sur la terre. Tous devraient chercher refuge à l’ombre de sa justice
> et se reposer à l’abri de ses faveurs. Il ne s’agit pas d’un sujet particulier ou limité dans ses
> perspectives, que l’on pourrait appliquer à l’un ou à l’autre car l’ombre nous rappelle celui qui la
> projette. Dieu, glorifié soit son souvenir, s’est appelé lui-même le Seigneur des mondes car il a
> nourri et nourrit toujours tout le monde. Et glorifiée soit sa grâce qui précède toutes choses créées et
> sa miséricorde qui surpasse les mondes.
> 
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> (8.33)
> Il est clair et évident que ceux qui se sont associés à cette Cause, qu’elle soit considérée par les
> autres comme juste ou non, l’ont acceptée comme vraie et qu’ils ont tout abandonné dans leur désir
> de participer aux choses divines. Qu’ils montrent une telle renonciation dans la voie de l’amour du
> Très-Miséricordieux est un témoignage fidèle et éloquent de la vérité de leurs convictions. A-t-on
> jamais vu un homme de bon sens sacrifier sa vie sans motif ni raison ? Il est tout aussi improbable
> de suggérer que ces gens ont perdu l’esprit, car une telle attitude n’est pas l’apanage d’une ou deux
> personnes. Au contraire, une grande multitude de gens venant de classes différentes burent leur
> content des eaux vivifiantes de la connaissance divine et, intoxiqués, se précipitèrent, coeur et âme,
> vers le champ du sacrifice dans la voie du Bien-aimé.
> 
> (8.34)
> Si ces âmes, qui ont renoncé à tout sauf à Dieu par amour de lui et ont offert leur vie dans son
> sentier, doivent être vues comme des imposteurs, qu’offrent les autres pour prouver leurs assertions
> en ta présence ? Feu Hájí Siyyid Muhammad [nota : Áqá Siyyid Muhammad-i-Ṭabátabá’iy-i-Iṣfáhání, connu
> comme « Mujáhid »] - Que Dieu exalte son rang et le plonge dans l’océan de son pardon et de sa
> miséricorde ! - fut l’un des clercs les plus érudits de son temps, l’un des hommes les plus dévot et
> pieux. Il était si bien considéré que tous le louaient et reconnaissaient sa droiture et sa piété.
> Pourtant, lors de la guerre avec la Russie [nota : la seconde guerre russo-persane de 1825-28] lui qui avait
> signé le décret de la guerre sainte et qui, bannière au vent, avait quitté son pays natal pour défendre
> sa foi, abandonna, après la violence d’une brève échauffourée, toutes ses bonnes intentions et s’en
> retourna d’où il était venu. Si seulement le voile pouvait se lever et les yeux des hommes découvrir
> ce qui était jusqu’à présent caché !
> 
> (8.35)
> Depuis plus de vingt ans, ces gens sont, jour et nuit, victimes du courroux furieux du souverain et
> les orages impétueux de son déplaisir les ont disséminés dans différents pays. Combien d’enfants
> devinrent orphelins et combien de pères perdirent leurs fils ! Combien de mères n’eurent pas le
> courage, sous la peur ou la menace, de pleurer leurs enfants assassinés ! Combien qui, riches et
> influents le soir, se virent au matin destitués et profondément humiliés ! Il n’est pas de pays dont le
> sol ne soit pas teinté de leur sang et nul endroit du ciel où leurs soupirs ne soient pas montés. Au
> long des années, les flèches des tourments n’ont cessé de pleuvoir des nuages de la volonté divine et
> malgré toutes ces calamités, toutes ces tribulations, la flamme de l’amour divin brûle toujours dans
> leur coeur au point que si l’on déchiquetait leurs corps, non seulement ils n’abandonneraient pas
> leur amour de celui qui est le Bien-Aimé des mondes, mais ils accueilleraient de tout coeur ce qui
> peut leur advenir dans le chemin de Dieu.
> 
> (8.36)
> Ô roi, les brises de la grâce du Très-Miséricordieux ont transformé ces serviteurs et les ont attirés
> jusqu’à sa Cour sacrée. «Les preuves d’un vrai amour se voient sur les manches de l’amant ». Et
> pourtant, quelques soi-disant érudits ont troublé le coeur lumineux du roi de ce jour, concernant ces
> âmes qui gravitent autour de la tente du Très-Miséricordieux et cherchent à atteindre le sanctuaire
> de la vraie connaissance. Si seulement Sa Majesté daignait décider que ce serviteur soit mis face à
> face avec les religieux de ce temps afin qu’il produise des preuves et des témoignages en présence
> de sa majesté le Shah ! Ce serviteur est prêt et il place en Dieu son espoir que cette réunion sera
> organisée afin que la vérité de cette question soit claire et évidente devant Sa Majesté le Shah. C’est
> à toi d’ordonner et je me tiens prêt devant le trône de ta souveraineté. Décide donc, pour ou contre
> moi.
> 
> (8.37)
> Dans le Coran, son témoignage éternel à tous les peuples du monde, le Très-Miséricordieux
> affirme : « Souhaitez la mort si vous êtes des hommes de vérité » [voir Coran : 2.94 ; 62.6] . Vois
> comme il a désigné le désir de la mort comme preuve de la sincérité ! Et ton jugement lumineux sait
> clairement, sans aucun doute et avec évidence, lesquels ont choisi, en ce jour, de donner leur vie
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> dans le sentier du Bien-Aimé des mondes. Si l’on écrivait des livres exposant les croyances de ces
> gens avec le sang qu’ils ont répandu dans le sentier de Dieu - exalté soit sa gloire ! - on pourrait
> déjà en lire d’innombrables volumes.
> 
> (8.38)
> Nous osons demander comment il est possible d’attaquer ces gens dont les actes sont en conformité
> avec leurs paroles et de croire plutôt ceux qui refusent d’abandonner un iota de leur autorité
> mondaine dans le chemin de celui qui est l’Indépendant ? Quelques-uns des religieux qui ont
> déclaré infidèle ce serviteur ne m’ont jamais rencontré. Sans m’avoir jamais vu, sans connaître mon
> dessein, ils ont parlé et agi selon leur désir. Pourtant, chaque prétention exige une preuve et pas
> seulement des mots et des étalages d’apparente piété.
> 
> (8.39)
> À ce propos, plusieurs passages du Livre caché de Fátimih - que Dieu la bénisse ! - sont pertinents
> et seront cités en persan afin que certains sujets, jusqu’à maintenant cachés, soient révélés en ta
> présence. Les personnes à qui s’adresse ce livre, qu’on appelle aujourd’hui Les paroles cachées,
> sont celles qui, bien que connues pour leurs apparentes connaissance et piété, ne sont au fond d’eux-
> mêmes qu’esclaves de l’égoïsme et de la passion.
> 
> (8.40)
> Il dit : Ô vous qui êtes sots et cependant, passez pour sages ! Pourquoi prenez-vous l’apparence de
> bergers alors qu’au fond, vous êtes devenus des loups acharnés contre mon troupeau ? Vous êtes
> comme l’étoile qui précède l’aurore, elle paraît brillante et lumineuse alors qu’elle égare les
> voyageurs de ma cité sur les chemins de perdition.
> 
> (8.41)
> De même, il dit : Ô vous qui paraissez justes, mais qui au fond êtes perfides ! Vous êtes comme une
> eau claire et amère apparemment pure comme du cristal, mais le divin Dégustateur n’en accepte
> aucune goutte. Certes, le rayon de soleil tombe sur la poussière comme sur le miroir, mais leur reflet
> diffère comme diffère l’étoile de la terre ; immense est la différence !
> 
> (8.42)
> Il dit encore : Ô essence de désir ! Bien des fois, à l’aurore, depuis les royaumes de l’infini, je suis
> venu vers ta demeure et t’ai trouvé sur la couche de repos, occupé avec d’autres que moi. Aussi, tel
> l’éclair de l’esprit, je suis retourné au royaume de gloire céleste et, dans mes retraites d’en-haut, je
> n’en ai soufflé mot aux armées de sainteté
> 
> (8.43)
> Et de nouveau, il dit : Ô esclave du monde ! Que de fois, à l’aurore, la brise de ma tendre bonté est
> passée sur toi et t’a trouvé profondément endormi. Alors, pleurant sur ta condition, elle est repartie
> d’où elle était venue. [voir : « Paroles cachées » en persan : 24, 25, 28 et 30]
> 
> (8.44)
> Ainsi, dans l’exercice de la justice royale, il n’est pas suffisant d’écouter le seul plaignant. Dans le
> Coran, la balance qui distingue sans erreur le vrai du faux, Dieu dit : « Ô vous qui croyez ! Si un
> méchant homme vous apporte une nouvelle, vérifiez-la de suite, de peur que par ignorance vous ne
> fassiez du mal à d’autres et que vous vous repentiez ensuite de ce que vous avez fait » [voir : Coran
> 49.6]. Les saintes traditions contiennent en outre ce conseil : «Ne croyez pas le conteur d’histoires »
> Certains des religieux qui ne nous ont jamais vu ont mal interprété la nature de notre cause. Mais
> ceux qui nous ont rencontré témoigneront que ce serviteur ne parle qu’en accord avec ce que Dieu
> commande dans le Livre et qu’il a rappelé ce verset béni - qu’exaltée soit sa parole - : « Nous
> rejetez-vous seulement parce que nous croyons en Dieu, en ce qu’il nous a révélé et en ce qu’il
> révéla dans le passé ? [voir : Coran 5.59 - « De quoi nous accusez-vous ? Sinon de croire en Dieu, à ce qui est
> descendu vers nous et à ce qui était descendu auparavant ? »]
> 
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> (8.45)
> Ô roi de ce temps ! Les yeux de ces réfugiés se tournent vers le Très-Miséricordieux et comptent sur
> sa clémence. Il ne fait aucun doute que ces tribulations seront suivies par une effusion de grâce
> divine et qu’à ces dures adversités succèdera une prospérité abondante. Nous osons pourtant espérer
> que Sa Majesté, le Shah, examinera lui-même ces questions et apportera de l’espoir au coeur. Ce
> que nous soumettons à ta majesté n’est vraiment que pour ton plus grand bien. En vérité, Dieu m’en
> est un témoin suffisant.
> 
> (8.46)
> Glorifié sois-tu, ô Seigneur, mon Dieu ! Je témoigne que le coeur du roi est vraiment entre les
> doigts de ton pouvoir. Si c’est ton souhait, ô mon Dieu, incline le vers la charité et la miséricorde.
> Tu es, en vérité, le Tout-Puissant, le Très-Exalté, le Très-Généreux. Il n’est de Dieu que toi, le Très-
> Glorieux, celui dont tous recherchent le secours.
> 
> (8.47)
> En ce qui concerne les qualités des érudits, il dit : « Si, un érudit reste calme, défend sa foi, réfrène
> ses désirs et obéit aux commandements de son Seigneur, tous se doivent de l’imiter... » [nota :
> tradition attribuée au onzième Imám, Abú Muhammad al Hasan al-’Askarí]. Si le roi de ce jour méditait cette
> affirmation, sortie de la bouche de celui qui est l’Aurore de la révélation du Très-Miséricordieux, il
> réaliserait que ceux qui sont ornés des attributs énumérés dans cette sainte tradition sont plus rares
> que la pierre philosophale. Il s’ensuit que tout le monde ne peut prétendre à un savoir digne d’être
> cru.
> 
> (8.48)
> Concernant les religieux du Temps de la fin, il dit encore : « Les docteurs en religion de ces jours-
> là seront les religieux les plus vicieux qu’ont aie vus sous les cieux. D’eux sortira la malfaisance et
> vers eux elle retournera. » Il dit aussi : « Quand l’étendard de la vérité sera visible, les peuples de
> l’Orient et de l’Occident le maudiront » [nota : tradition attribuée au sixième Imám, Abú ‘Abdu’lláh Ja’far aṣ-
> Sádiq]. Si quelqu’un conteste ces traditions ce serviteur entreprendra d’établir leur validité car, par
> souci de brièveté, on a omis de citer les détails de leur transmission.
> 
> (8.49)
> Les théologiens qui ont bu à la coupe de la renonciation n’ont jamais fait obstacle à ce serviteur.
> Ainsi, par exemple, Shaykh Murtadá [nota : Shaykh Mutadáy-i-Anṣarí, un éminent mujtahid] - Que Dieu
> exalte son rang et fasse qu’il repose à l’ombre de sa grâce ! - nous a traité avec bonté lors de notre
> séjour en Irak et n’a jamais parlé de cette cause autrement que selon ce que Dieu permet. Nous
> supplions Dieu d’aider généreusement chacun à faire sa volonté et son bon plaisir.
> 
> (8.50)
> Pourtant, ils ont maintenant tous perdu de vue toute autre considération et ils ne font que persécuter
> ces gens. Ainsi de certaines personnes qui, par la grâce de leur Seigneur, reposent à l’ombre de ta
> royale miséricorde et jouissent de faveurs innombrables, à qui l’on demanderait : « Quel service
> avez-vous rendu en retour de ces faveurs royales, avez-vous, par une politique habile, annexé un
> nouveau territoire au royaume, vous êtes-vous consacrés exclusivement à ce qui assurerait le bien-
> être du peuple, la prospérité du royaume et la gloire durable de l’État ? », la seule réponse est de
> désigner en ta royale présence un groupe de gens comme étant, à tort ou à raison, bábís et de
> pratiquer ensuite massacres et pillage. À Tabríz par exemple, comme dans la ville égyptienne de
> Manṣúríyyih, plusieurs personnes furent ainsi rançonnées, de grandes sommes d’argent volées, et
> pourtant aucun rapport ne fut fait sur ces évènements à la cour de ta présence.
> 
> (8.51)
> Tout cela est arrivé parce que, trouvant ces infortunés sans protection, leurs persécuteurs oublièrent
> les problèmes plus importants et consacrèrent leur temps à harasser ces malheureux. Nombreuses
> 
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> sont les confessions et diverses sont les croyances qui vivent en paix à l’ombre de ta souveraineté.
> Fais que ces gens soient comptés parmi elles. Ceux qui servent le roi devraient être animés par des
> buts si élevés et des intentions si sublimes qu’ils s’efforceraient constamment de placer toutes les
> religions à l’abri de son ombre et de les administrer en parfaite justice.
> 
> (8.52)
> Appliquer les lois de Dieu n’est que justice et c’est la source du bien-être général. Bien mieux, les
> lois divines ont toujours été et seront toujours la cause et l’instrument de la protection de
> l’humanité, ainsi qu’en témoignent ses paroles exaltées : « Dans la punition vous trouverez la vie, ô
> hommes de compréhension ! » [voir : Coran 2.179] Mais il ne convient pas à la justice de Ta Majesté
> que tout un groupe soit soumis à la verge de ton courroux pour la faute d’une seule âme. Le seul
> vrai Dieu - glorifié soit son nom ! - dit : « Aucune ne portera le fardeau d’une autre » [voir : Coran
> 6.164 ; 17.15 ; 35.18 ; 39.7 ; 53.38] Il est clair et évident qu’en chaque communauté il y a toujours eu et
> il y aura toujours l’érudit et l’ignorant, le sage et le sot, le débauché et le pieux. Qu’une âme sage et
> réfléchie commette un acte odieux est très improbable car une telle personne, soit recherche ce
> monde, soit le rejette. Dans le second cas, il ne regarderait rien d’autre que Dieu et la crainte de
> Dieu l’empêcherait encore plus de commettre tout acte illégal ou répréhensible. Dans le premier
> cas, il éviterait certainement tout acte qui alarmerait et ferait peur aux gens, il agirait de telle sorte
> qu’il gagnerait leur confiance. Il est donc évident que des actes répréhensibles ont toujours été
> accomplis, et le seront toujours, par des âmes sottes et ignorantes. Nous implorons Dieu d’empêcher
> ses serviteurs de se tourner vers tout autre que lui et de les attirer vers sa présence. Son pouvoir, en
> vérité, égale tout.
> 
> (8.53)
> Loué sois-tu, ô Seigneur mon Dieu ! Tu entends la voix de mes lamentations, tu vois ma condition,
> ma détresse, mon affliction. Tu sais tout ce qui est en moi. Si je ne lance cet appel que par amour de
> toi, attire le coeur de tes créatures vers le paradis de ta connaissance et le coeur du souverain vers la
> droite du trône de ton nom, le Très-Miséricordieux. Ô mon Dieu, accorde-lui une part de cette
> bonne nourriture qui vient du ciel de ta générosité et des nuages de ta miséricorde afin qu’il renonce
> à tout et se tourne vers la cour de ta faveur. Aide-le ô mon Dieu, à soutenir ta cause et à exalter ton
> verbe parmi tes créatures. Renforce-le des armées visibles et invisibles afin qu’il conquière toutes
> les villes en ton nom et domine, par ta souveraineté et ton pouvoir, tout ce qui vit sur terre. Ô toi qui
> tiens entre tes mains le royaume de la création ! Tu es l’Ordonnateur suprême du commencement à
> la fin. Il n’est de Dieu que toi, le Tout-Puissant, le Très-Glorieux, le Très-Sage.
> 
> (8.54)
> Notre cause a été si dénaturée en ta royale présence que chaque acte inconvenant commit par l’un
> de ses adeptes, est présenté comme suscité par leurs croyances. Par celui auprès de qui il n’est pas
> d’autre Dieu, ce serviteur a refusé de sanctionner le fait de commettre des actions réprouvées, que
> dire alors de celles qui sont explicitement interdites dans le Livre de Dieu.
> 
> (8.55)
> Dieu interdit aux hommes de boire du vin et cette interdiction est révélée et inscrite dans son Livre.
> Malgré tout et en dépit du fait que les érudits d’aujourd’hui - que Dieu augmente leur nombre ! - ont
> interdit à tous cet acte misérable, quelques-uns le font toujours. La punition qu’un tel acte appelle,
> ne doit pourtant s’appliquer qu’aux négligents qui l’accomplissent alors que les nobles
> Manifestations de la sainteté suprême sont sanctifiées et exemptes de tout blâme. En fait, toute la
> création visible et invisible, témoigne de leur sainteté.
> 
> (8.56)
> Ces serviteurs regardent le seul vrai Dieu comme étant celui qui « fait ce qu’il veut » [voir : Coran
> 3.40 ; 14.27 ; 22.18] et qui « ordonne ce qui lui plaît » [voir : Coran 5.1] . C’est pourquoi ils ne voient pas
> comme impossible l’apparition continue dans le monde contingent des Manifestations de son unité.
> Si quelqu’un croit le contraire, comment peut-il être différent de ceux qui croient que Dieu est
> La proclamation de Bahá’u’lláh - www.religare.org                                           Page 39 / 75
> « enchaîné » ? [voir : Coran 5.64] Et si le seul vrai Dieu - Glorifiée soit sa mention ! - doit être
> vraiment considéré comme libre, alors toute cause qu’il plaît à cet ancien Roi de manifester depuis
> la source de son commandement doit être embrassée par tous. Il n’y a de refuge pour personne et
> nul abri où se précipiter si ce n’est auprès de Dieu ; il n’y a de protection pour personne et nul abri
> si ce n’est auprès de lui.
> 
> (8.57)
> La condition essentielle de celui qui avance une prétention c’est de pouvoir la prouver par des
> preuves et des témoignages évidents. Sinon, le rejet par les hommes, qu’ils soient ignorants ou
> érudits, n’a et n’a jamais eu d’importance. Les prophètes de Dieu, ces perles de l’océan de l’unité
> divine et dépositaires de la révélation divine, ont toujours été rejetés et refusés par les hommes.
> Comme il dit : « Chaque nation couvait de mauvais desseins contre son Messager pour s’en saisir ;
> on disputait avec des mensonges pour détruire la vérité » [voir : Coran 40.5] et aussi : « Aucun
> messager n’est venu vers eux qu’ils ne l’eussent pris pour l’objet de leurs railleries. » [voir : Coran
> 36.30]
> 
> (8.58)
> Considère la révélation de celui qui est le Sceau des prophètes et le Roi des élus - que les âmes de
> toute l’humanité soient offertes par amour de lui ! Le soleil de vérité s’étant élevé au-dessus de
> l’horizon du Hijáz, grandes furent alors les cruautés que les tenants de l’erreur infligèrent à cette
> incomparable manifestation du Très-Glorieux ! Leur irréflexion était telle qu’ils considéraient
> chaque blessure infligée à cet être sacré comme un acte des plus louable, comme un moyen
> d’arriver à Dieu, le Très-Haut. Car dans les premières années de sa mission les religieux de ce
> temps, qu’ils fussent juifs ou chrétiens, se détournaient de ce Soleil du ciel de gloire et tous, grands
> ou petits, s’affairaient à éteindre la lumière de cet Astre de l’horizon du sens spirituel. Le nom de
> ces religieux sont mentionnés dans les livres anciens ; parmi eux on trouve Wahb Ibn-i-Ráhib, Ka’b
> Ibn-i-Ashraf, ‘Abdu’lláh-i-Ubayy et d’autres tous pareils.
> 
> (8.59)
> Les choses en arrivèrent au point où ces hommes se réunirent et conspirèrent pour répandre son
> sang pur, comme Dieu - glorifiée soit sa mention ! - le dit : « Et souviens-toi quand les infidèles
> tramaient un complot contre toi, quand ils voulaient te saisir, te tuer ou te chasser, Dieu, à son tour,
> complota contre eux, et certes Dieu est le plus habile à nouer un complot. » [voir : Coran 8.30] Il dit
> aussi : « Leur opposition te pèse ; certes, si tu le pouvais, tu désirerais pratiquer un antre dans la
> terre ou une échelle pour monter au ciel, afin de leur montrer un mirage. Si Dieu voulait, ils se
> réuniraient tous dans la direction du chemin droit. Ne soit donc pas du nombre des ignorants. »
> [voir : Coran 6.35] Par Dieu ! Le coeur de ses favoris se consume devant le sens de ces deux versets
> bénis. Ces faits, bien établis et indiscutables, sont oubliés et plus personne, ni hier ni aujourd’hui,
> ne s’arrête pour réfléchir à ce qui fit les hommes se détourner des Révélateurs de la lumière de Dieu
> au temps de leur manifestation.
> 
> (8.60)
> De même, avant l’apparition du Sceau des Prophètes, considère Jésus, fils de Marie. Quand cette
> manifestation du Très-Miséricordieux se révéla, tous les prêtres accusèrent cette quintessence de la
> foi d’impiété et de rébellion. Finalement, avec la caution d’Anne, le plus érudit des prêtres de son
> temps et de Caïphe, le grand prêtre, sa personne bénie souffrit ce que la plume a honte de
> mentionner et est impuissante à décrire. Le monde entier dans toute sa grandeur ne pouvait plus le
> contenir et Dieu finit par l’élever jusqu’aux cieux.
> 
> (8.61)
> Conter en détail l’histoire de tous les Prophètes serait fastidieux. Les docteurs de la Torah, par
> exemple, affirment qu’aucun prophète indépendant ne viendra avec une nouvelle loi après Moïse.
> Ils affirment qu’un rejeton de la maison de David sera manifesté, qui promulguera la Loi de la
> Torah et contribuera à établir et à appliquer ses commandements tant en l’Orient qu’en Occident.
> 
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> (8.62)
> Les disciples de l’Évangile tenaient aussi pour impossible qu’après Jésus, fils de Marie - que la paix
> soit sur lui ! - le porteur d’une nouvelle révélation brille de nouveau à l’orient de la volonté de Dieu.
> Pour preuve de cette position, ils s’appuient sur le verset suivant de l’Évangile : « Le ciel et la terre
> passeront, mais les paroles du Fils de l’homme ne passeront pas. » [voir : Matthieu, 24.35, Marc 13.31,
> Luc 21.33] Ils maintiennent que ni les enseignements ni les commandements de Jésus - Paix sur lui ! -
> ne peuvent jamais être altérés.
> 
> (8.63)
> Il dit dans l’Évangile : « Je m’en vais et je reviendrai » [voir : Jean 14.28] De même, dans l’évangile
> de Jean, il prédit la venue d’un Consolateur qui viendra après lui [voir : Jean 14.16, 14.26, 15.26, 16.7] .
> Dans l’évangile de Luc aussi un certain nombre de signes et de prodiges sont mentionnés. Certains
> religieux de cette religion ont pourtant interprété ces affirmations selon leur fantaisie et n’ont pas
> réussi à comprendre leur vrai sens.
> 
> (8.64)
> Ô Shah, si seulement tu pouvais me permettre de t’envoyer ce qui réjouirait les yeux, calmerait les
> âmes et persuaderait toutes personnes équitables qu’il a la connaissance du Livre. Certains,
> incapables de répondre aux objections élevées par ses opposants, prétendent que la Torah et
> l’Évangile ont été corrompus ; en réalité, les références à la corruption ne concernent que certains
> cas précis. Sans le rejet des sots et la connivence des religieux, j’aurais prononcé un discours qui
> aurait ravi les coeurs, les transportant jusqu’en un royaume d’où l’on perçoit dans le murmure des
> vents : Il n’est de Dieu que Lui ! ». Mais le temps n’est pas encore venu, aussi la langue de mon
> éloquence est-elle immobile et le vin de l’explication reste-t-il scellé jusqu’à ce que Dieu, par la
> force de son pouvoir, daigne l’inaugurer. Il est le Tout-Puissant, l’Omnipotent.
> 
> (8.65)
> Loué sois-tu, ô Seigneur mon Dieu ! Par ton Nom, par lequel tu soumets tous ceux qui sont au ciel
> et sur la terre, je te demande de protéger la lampe de ta cause au sein du globe de ton omnipotence
> et de ta généreuse faveur, de crainte que ceux qui sont insouciants des mystères de ton nom,
> l’Indépendant, ne l’exposent aux coups de la dénégation. Que l’huile de ta sagesse augmente alors
> la radiance de sa lumière ! Tu as vraiment pouvoir sur tous les habitants de la terre et du ciel.
> 
> (8.66)
> Ô mon Seigneur, par ton Verbe très exalté qui frappe de terreur le coeur de tous ceux qui sont au
> ciel et sur la terre, à l’exception de ceux qui tiennent fermement ta Poignée sûre, je t’implore de ne
> pas m’abandonner au milieu de tes créatures. Élève-moi vers toi, fais-moi entrer à l’ombre de ta
> miséricorde et donne-moi à boire du vin pur de ta providence afin que je vive sous la tente de Ta
> Majesté, sous le dais de ta bienveillance. Tu as le pouvoir de faire ce qui te plaît. Tu es vraiment le
> Secours, l’Absolu.
> 
> (8.67)
> Ô roi, la lampe de la justice est éteinte et le feu de la tyrannie brûle de tout côté à tel point que mon
> peuple fut conduit captif de Zawrá’ [nota : Bagdad] vers Mosul, connue sous le nom de Hadbá’. Ce
> n’est pas le premier outrage subi dans la voie de Dieu. Chacun doit examiner ce qui est arrivé aux
> parents du Prophète lorsqu’on les entraîna, captifs, jusqu’à Damas, connue sous le nom de Fayhá’.
> Parmi eux, on trouvait le prince des adorateurs de Dieu, le soutien de ceux qui sont proches de Lui,
> le sanctuaire de ceux qui recherchent sa présence - que la vie de tous lui soit offerte en sacrifice !
> [nota : ‘Alí Ibn Husayn, connu comme « Zaynu’l-Ábidín », le deuxième fils de l’Imám Husayn, qui devint le quatrième
> Imám]
> 
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> (8.68)
> On leur demanda : «Êtes-vous du parti des Sortants ? » [voir : Coran 57.16] Ils répliquèrent : « Par le
> Seigneur Tout-Puissant, nous sommes des serviteurs qui croient en Dieu et en ses versets. Grâce à
> nous, le visage de la foi resplendit de joie. Grâce à nous le signe du Très-Miséricordieux brille. À la
> mention de nos noms le désert de Bathá [nota : La Mecque] se couvre d’eau et l’obscurité qui sépare le
> ciel et la terre s’évanouit.
> 
> (8.69)
> On leur demanda : « Avez-vous interdit ce que Dieu a rendu légal, ou permis ce qu’il a interdit ? »
> Il répondit : « Nous sommes les premiers à suivre les commandements divins. Nous sommes la
> racine et l’origine de sa cause, le début de tout bien et sa fin. Nous sommes le signe de l’Ancien des
> Jours et son souvenir parmi les nations »
> 
> (8.70)
> On leur demanda : « Avez-vous oublié le Coran ? » Il répondit : « C’est dans notre maison que le
> Très-Miséricordieux le révéla. Nous sommes les brises du Très-Glorieux parmi sa création. Nous
> sommes les eaux qui jaillissent du très grand Océan et par lesquelles Dieu revivifie la terre, et la
> revivifiera encore après sa mort. Grâce à nous ses signes se diffusent, ses preuves se révèlent, ses
> symboles se dévoilent. Nous connaissons ses sens cachés et ses mystères inouïs. »
> 
> (8.71)
> On leur demanda : « Pour quel crime êtes-vous punis ? » Il répondit : « Pour notre amour de Dieu et
> notre détachement de tout sauf de lui. »
> 
> (8.72)
> Que la paix soit sur lui ! Nous n’avons pas relaté ses paroles exactes, nous avons plutôt dispensé
> quelques gouttes de cet océan de vie éternelle qui gît en elles afin que ceux qui entendent soient
> ranimés et prennent conscience de ce qui est arrivé aux fidèles de Dieu livrés aux mains d’une
> génération méchante et égarée. Nous voyons aujourd’hui les gens blâmer les oppresseurs du passé
> alors qu’eux-mêmes commettent des vilenies encore plus grandes et ne le savent pas !
> 
> (8.73)
> Dieu m’est témoin que mon but n’est pas de fomenter la sédition mais de purifier ses serviteurs de
> tout ce qui les empêche de s’approcher de lui, le Seigneur du Jour du jugement. J’étais endormi sur
> ma couche et voilà que les brises de mon Seigneur, le Très-Miséricordieux, soufflèrent sur moi, me
> tirèrent de mon sommeil et me forcèrent à élever la voix entre ciel et terre. Cela ne vient pas de moi,
> mais de Dieu. En témoignent les habitants de son Empire et de son Royaume, ainsi que les citoyens
> des villes de sa gloire impérissable. Par lui qui est la vérité, je ne crains ni tribulation en son
> chemin, ni affliction en raison de mon amour pour lui et dans le sentier de son bon plaisir. En vérité,
> Dieu a voulu que l’adversité soit une rosée matinale pour son vert pâturage et une mèche pour sa
> lampe qui éclaire le ciel et la terre.
> 
> (8.74)
> La fortune d’un homme dure-t-elle toujours ? Peut-elle le protéger de celui qui, avant peu, le saisira
> par les cheveux ? En contemplant ceux qui dorment dans les tombes, couchés dans la poussière,
> peut-on distinguer le crâne effrité du souverain des os désagrégés d’un de ses sujets ? Par celui qui
> est le Roi des rois, peut-on faire la différence entre le suzerain et le vassal, entre le riche, le nanti, et
> celui qui n’avait ni chaussures ni matelas ? Par Dieu ! Toute distinction est gommée sauf pour ceux
> qui défendirent le droit et gouvernèrent avec justice.
> 
> (8.75)
> Où sont les érudits, les religieux, les potentats du passé ? Que sont devenues leurs vues pénétrantes,
> leur perception sagace, leurs idées subtiles et leurs sages décisions ? Où sont leurs coffres cachés,
> leurs ornements prétentieux, leurs couches dorées, leurs tapis et leurs coussins éparpillés ? Disparue
> 
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> à jamais leur génération ! Tous ont péri et, par décret de Dieu, rien ne reste d’eux que poussière
> disséminée. Dissipée la richesse qu’ils avaient accumulée, dispersées les réserves qu’ils avaient
> thésaurisées, épuisés les trésors qu’ils avaient cachés ! On ne voit plus que leurs demeures désertes,
> leurs maisons sans toit, leurs arbres déracinés et leur splendeur flétrie. Aucun homme perspicace ne
> laissera la richesse le distraire de son objectif ultime, aucun homme de compréhension ne laissera la
> fortune l’empêcher de se tourner vers celui qui possède tout, le Très-Haut.
> 
> (8.76)
> Où est celui qui dominait partout où brille le soleil, qui vivait avec extravagance, et recherchait les
> pompes de la terre et de tout ce s’y trouve ? Où est le commandeur de la légion basanée qui portait
> haut l’étendard doré ? Où est le dirigeant de Zawrá’, le tyran de Fayhá’? [nota : les Abassides dont la
> forteresse était Zawrá (Bagdad) étaient célèbres par leur légion basanée tandis que les Omeyyades dont la forteresse
> était Fayhá’ (Damas) avaient des étendards rouges et or] Où sont ceux dont la munificence faisait honte aux
> trésors de la terre, dont les largesses et l’enflure orgueilleuse humiliaient l’océan lui-même ? Où est
> celui qui leva le bras en signe de rébellion et se retourna contre le Très-Miséricordieux ?
> 
> (8.77)
> Où sont ceux qui recherchèrent les plaisirs terrestres et les fruits des désirs charnels ? Ou se sont
> enfuies leurs belles et charmantes femmes ? Où sont leurs arbres ondulants, leurs buissons
> verdoyants, leurs beaux manoirs, leurs jardins bien dessinés ? Et qu’en est-il des délices de ces
> jardins : le sol meuble, les brises fraîches, le murmure des ruisseaux, le chuchotement du vent, le
> roucoulement des colombes et le bruissement des feuilles ? Où sont maintenant leurs matins
> splendides et les sourires qui éclairaient leurs visages ? Hélas ! Ils ont tous péri et reposent
> maintenant sous un dais de poussière. Nul n’en parle ni ne les mentionne, nul ne connaît leur
> histoire et rien ne reste de leurs traces.
> 
> (8.78)
> Quoi ! Va-t-on contester ce dont on est témoin ? Va-t-on nier ce qu’on sait être vrai ? Quelle
> confusion ! Ne voit-on pas qu’on est embarqué pour un voyage dont on ne revient pas ? Va-t-on
> longtemps encore errer de montagne en vallée, de colline en ravin ? « N’est-ce pas le temps, pour
> les croyants, d’humilier leur coeur à la mention de Dieu ? » [voir : Coran 57.16] Heureux celui qui a
> dit ou qui dira : « Oui, par mon Seigneur ! Voici que le temps est venu, que l’heure a sonné ! » et
> qui, ensuite, se détachera de tout ce qui fut et se donnera entièrement à celui qui est le Possesseur de
> l’univers et le Seigneur de toute la création.
> 
> (8.79)
> Et pourtant, quelle espérance ! Car rien ne se récolte qui n’ait été semé, et rien n’est relevé qui n’ait
> été couché [voir : Luc 19.21] si ce n’est par la grâce et les dons du Seigneur. Le monde a-t-il déjà
> conçu dans son sein celui dont les voiles de gloire ne l’empêchent pas de monter jusqu’au royaume
> de son Seigneur, le Très-Glorieux, le Très-Haut ? Nous appartient-il encore d’accomplir ces actes
> qui dissipent nos afflictions et nous rapprochent de celui qui est la Cause des causes ? Nous
> supplions Dieu de nous traiter avec générosité, non avec justice, et de nous accorder d’être de ceux
> qui se sont tournés vers leur Seigneur et se sont détachés de tout le reste.
> 
> (8.80)
> Ô Shah ! J’ai subi dans le sentier de Dieu ce qu’aucun oeil n’a vu et aucune oreille entendu. Mes
> connaissances m’ont répudié et mes chemins se sont étrécis. La fontaine du bien-être s’est asséchée
> et la demeure confortable est tombée en ruine. Nombreuses sont les épreuves qui ont plu et
> pleuvront bientôt sur moi ! Je m’avance, le visage tourné vers le Tout-Puissant, le Très Généreux,
> tandis que derrière moi rampe le serpent. Mes yeux ont tant pleuré que mes larmes ont trempé ma
> couche.
> 
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> (8.81)
> Mais ce n’est pas sur moi que je m’attriste. Par Dieu ! Ma tête désire ardemment la lance pour
> l’amour de son Dieu. Je ne suis jamais passé près d’un arbre sans que mon coeur ne lui dise : « Ô !
> Puisses-tu être abattu en mon nom pour que mon corps soit crucifié sur toi, dans le chemin de son
> Seigneur ! » car je vois les gens errer dans l’affliction et inconscients dans leur stupeur éthylique. Ils
> adorent leurs passions et ont détrôné leur Dieu. Peut-être ont-ils pris sa cause pour une plaisanterie
> et la considèrent-ils comme un jouet ou un passe-temps, tout en pensant qu’ils font le bien et vivent
> en sécurité dans la citadelle de sûreté. Cependant les choses ne sont pas ce qu’ils aiment imaginer :
> ils découvriront demain ce qu’aujourd’hui ils nient.
> 
> (8.82)
> Avant peu les riches et les puissants nous banniront du pays d’Andrinople vers la ville d’Acre. On
> raconte que c’est la plus désolée des villes du monde, la plus désagréable en apparence, au climat le
> plus détestable et à l’eau la plus immonde. Elle ressemble à une ville de hiboux dans l’enceinte de
> laquelle on n’entend que leur cri. C’est là qu’ils ont décidé d’emprisonner cet Adolescent, de nous
> refuser l’accès au bien-être et au confort et de nous priver de tous les bienfaits terrestres pour le
> reste de nos jours.
> 
> (8.83)
> Par Dieu ! La fatigue m’abat, la faim m’épuise, la roche nue me sert de lit et les bêtes sauvages sont
> mes compagnons, mais je ne me plaindrai pas, je le supporterai patiemment comme tant d’autres
> l’ont supporté avec patience, constance et fermeté par le pouvoir de Dieu, l’éternel Souverain, le
> Créateur des nations. Et je rendrai grâce à Dieu en toutes circonstances. Nous prions pour que, dans
> sa bonté, Dieu - loué soit-il - délivre, par cet emprisonnement, les hommes des chaînes et des fers,
> et leur permette de se tourner, avec sincérité, vers la face de celui qui est le Tout-Puissant, le
> Généreux. Il est prêt à répondre à quiconque l’invoque et il est proche de celui qui communie avec
> lui. Nous le supplions aussi de faire de cette sombre épreuve un bouclier pour le temple de sa cause
> et de la protéger des assauts des épées aiguisées et des poignards affûtés. L’adversité a toujours
> donné lieu à l’élévation de sa cause et à la glorification de son nom. Telle est la méthode de Dieu
> depuis des siècles et des âges. Ce qu’aujourd’hui les gens ne peuvent comprendre, ils le
> découvriront bientôt, le jour où leur monture trébuchera, où leurs atours seront repliés, leurs lames
> émoussées et où leurs pieds achopperont.
> 
> (8.84)
> Je ne sais pas pendant combien de temps ils éperonneront le destrier de l’ego et des passions pour se
> perdre dans le désert de l’erreur et de la négligence. La pompe du puissant ou le malheur de
> l’humilié dureront-ils ? Celui qui repose sur le siège le plus élevé, au pinacle de la gloire et de la
> puissance, y restera-t-il toujours ? Non ! Par mon Seigneur, le Très-Miséricordieux. Tout ce qui est
> sur la terre passera. Seule restera la face de Dieu, le Très-Glorieux, le Très-Généreux. [voir : Coran
> 55.26]
> 
> (8.85)
> Quelle armure n’est pas percée par la flèche de destruction et quel front royal n’est pas dépouillé
> par la main du destin ? Quelle forteresse résiste à l’approche du messager de la mort, quel trône
> n’est pas réduit en pièces, quel palais changé en ruines ? Si ces gens goûtaient au vin choisi par la
> miséricorde de son Seigneur, le Tout-Puissant, l’Omniscient, et mis en réserve pour eux dans l’au-
> delà, ils arrêteraient leur censure et ne rechercheraient que le bon plaisir de cet Adolescent.
> Pourtant, ils m’ont caché derrière un voile de noirceur tissé par les mains des désirs oiseux et des
> vaines imaginations. Avant peu, la main nivéenne de Dieu déchirera la noirceur de cette nuit et
> ouvrira un grand portail dans cette ville. Alors ils y pénétreront par troupes en proclamant ce que les
> accusateurs proclamaient dans le passé [voir : Coran 12.31], ainsi sera manifeste à la fin ce qui
> apparut au commencement.
> 
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> (8.86)
> Désirent-ils s’attarder ici alors qu’ils ont déjà un pied dans l’étrier ? Veulent-ils revenir alors qu’ils
> s’en sont allé ? Non, par celui qui est le Seigneur des seigneurs ! Pas avant le jour du jugement, le
> jour où les hommes sortiront de leurs tombes et devront rendre compte. Bienheureux celui qui ne
> sera pas écrasé par son fardeaux ce jour-là, le jour où les montagnes disparaîtront et où tous seront
> réunis pour être interrogés en présence de Dieu, le Très-Exalté. Sévère est-il dans ses punitions !
> 
> (8.87)
> Nous supplions Dieu de purger le coeur de certains religieux de l’inimitié et de l’hostilité afin qu’ils
> regardent les choses d’un oeil dégagé de mépris. Puisse-t-il les élever jusqu’à un état où ni l’attrait
> du monde ni la fascination pour le pouvoir ne parviendront à détourner leur regard de l’horizon
> suprême et où ni les bienfaits terrestres ni les désirs charnels ne les empêcheront d’arriver à ce jour
> où les montagnes seront réduites en poussière. Ils se réjouissent aujourd’hui des malheurs qui nous
> atteignent mais bientôt viendra le temps où ils se lamenteront et pleureront. Par mon Seigneur ! Si je
> pouvais choisir entre, d’une part, la richesse et l’opulence, le confort et l’aisance, les honneurs et la
> gloire qu’ils connaissent et, d’autre part, les adversités et les épreuves qui sont miennes, je
> choisirais sans hésiter ma présente condition et je refuserais d’échanger un seul atome de ces
> malheurs contre tout ce qui fut créé dans le monde de l’être.
> 
> (8.88)
> Si ce n’était pour les épreuves que j’ai subies dans le chemin de Dieu, la vie n’aurait pour moi
> aucune douceur et mon existence ne m’aurait pas profité. Pour ceux qui sont dotés de discernement
> et dont les yeux sont fixés sur cette vision sublime, ce n’est pas un secret que je fus, pendant
> presque toute ma vie, comme un esclave assis sous une épée suspendue par un fil, ne sachant pas si
> elle tomberait ou non sur lui. Et néanmoins nous remercions Dieu, le Seigneur des mondes et nous
> le louons toujours et en toutes conditions. En vérité, il est témoin de tout.
> 
> (8.89)
> Nous supplions Dieu d’étendre largement son ombre afin que le vrai croyant et l’amoureux sincère
> s’y abritent. Puisse-t-il offrir aux hommes les fleurs de sa bonté et les étoiles du ciel de sa
> providence. Nous prions Dieu, de plus, d’aider avec bienveillance le roi à faire Sa volonté et Son
> bon plaisir et de le confirmer dans ce qui le rapprochera de la Source des noms de Dieu les plus
> excellents. Ainsi il ne cèdera pas à l’injustice à laquelle il assiste, il verra ses sujets avec des yeux
> pleins de tendresse et il les protègera de l’oppression. Nous supplions encore Dieu, exalté soit-il, de
> réunir toute l’humanité autour du Golf de ce Très-Grand-Océan dont chaque goutte proclame qu’il
> est le messager de joie pour le monde et le vivificateur de tous ses peuples. Loué soit Dieu, le
> Seigneur du jour du jugement.
> 
> (8.90)
> Enfin nous supplions Dieu, exaltée soit sa gloire, de te permettre d’aider sa Foi et de te tourner vers
> sa justice afin que tu juges entre les gens comme tu jugerais entre les membres de ta famille, afin
> que tu choisisses pour eux ce que tu choisirais pour toi-même. Il est le Tout-Puissant, le Très-
> Exalté, le Secours, l’Absolu.
> 
> (8.91)
> Ainsi, des mains du pouvoir et de la puissance, avons-nous construit le Temple, si tu le savais. C’est
> lui le Temple qui t’est promis dans le Livre. Approches-en. C’est ce qui te sera profitable, si tu
> pouvais le comprendre. Soyez justes, ô peuples de la terre ! Lequel est préférable, ce Temple ou un
> temple d’argile ? Tournez-vous vers lui. Ainsi vous l’ordonne Dieu, le Secours, l’Absolu. Suivez
> ses commandements et louez Dieu, votre Seigneur, pour les dons qu’il vous a fait. Il est la Vérité. Il
> n’est de Dieu que lui. Il révèle ce qui lui plaît par ses mots « sois et c’est ».
> 
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> 9. Appel aux Dirigeants d'Amérique
> 
> (9.1)
> O Vous, Dirigeants et Présidents des républiques d'Amérique ! Ecoutez le chant que susurre la
> Colombe sur la Branche d'éternité: Il n'y a pas d'autre Dieu que Moi, l'Immuable, le Clément, le
> Très-Généreux.
> 
> (9.2)
> Ornez le temple de l'Empire de la parure de la justice, et parez son dôme de la couronne du souvenir
> de votre Seigneur, le créateur des cieux. Ainsi vous conseille celui qui est la source des noms selon
> l'ordre de l'Omniscient, du Très-Sage.
> 
> (9.3)
> Le Promis est apparu dans cette glorieuse condition, et toutes les créatures des mondes visibles et
> invisibles se sont réjouies.
> 
> (9.4)
> Tirez profit de ce Jour de Dieu. En vérité, Le rencontrer vaut mieux pour vous que tout ce qu'éclaire
> le soleil, le puissiez-vous comprendre.
> 
> (9.5)
> O vous assemblée de dirigeants ! Prêtez l'oreille à ce qu'a fait entendre la Source de grandeur: En
> vérité, il n'est pas d'autre Dieu que moi, le Maître des paroles, l'Omniscient.
> 
> (9.6)
> Pansez les meurtris avec les mains de la Justice et par le sceptre des commandements de votre
> Seigneur, le Maître Suprême, le Très-Sage, rabaissez l'oppresseur prospère.
> 
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> 10. Appel aux représentants élus des peuples
> 
> (10.1)
> O vous, élus du peuple en chaque pays ! Consultez-vous et ne vous occupez que de ce qui est
> profitable à l'humanité et propre à en régénérer la condition, si vous êtes de ceux qui observent avec
> soin.
> 
> (10.2)
> Voyez dans le monde une image du corps humain qui, sain et parfaitement constitué lors de sa
> création s'est vu, ensuite, sous l'effet de causes diverses, affligé de maladies et de graves désordres.
> Pas un seul jour, il n'a connu le bien-être, et pis encore, sa maladie s'est aggravée lorsqu'il fut
> soumis au traitement d'ignorants médecins qui, donnant libre cours à leurs désirs personnels, ont
> gravement errés.
> 
> (10.3)
> Et si, autrefois, sous les soins d'un médecin compétent, l'un de ses membres fut guéri, les autres
> parties du corps restèrent affligées comme avant. Ainsi vous informe l'Omniscient, le Très-Sage.
> 
> (10.4)
> Aujourd'hui, Nous voyons le monde à la merci de dirigeants ivres d'orgueil, incapables de discerner
> clairement où réside leur véritable intérêt et moins encore de reconnaître une Révélation aussi
> stupéfiante et provocante que celle-ci.
> 
> (10.5)
> Et chaque fois que l'un d'entre eux a tâché d'améliorer la condition du monde, qu'il l'avoue ou non,
> il était poussé par son propre intérêt; aussi, l'indigne nature de son mobile a-t-elle limité son pouvoir
> de guérir ou de soulager.
> 
> (10.6)
> Ce que le Seigneur a ordonné comme souverain remède et comme plus puissant moyen de guérison
> du monde, c'est l'union de tous ses peuples en une cause universelle, en une foi commune.
> 
> (10.7)
> Ceci ne peut d'aucune façon être accompli que par le pouvoir d'un habile médecin, tout-puissant et
> inspiré. Telle est la vérité et tout le reste n'est qu'erreur...
> 
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> 11. Appel aux chefs religieux du monde
> 
> (11.1)
> O chefs de religion ! Ne pesez pas le Livre de Dieu selon les normes et les connaissances qui ont
> cours parmi vous, car ce Livre est lui-même l'infaillible balance établie chez les hommes. C'est sur
> cette balance que doit être pesé tout ce que possèdent les peuples et tribus de la terre, tandis que
> l'exactitude de sa mesure doit être estimée selon son propre étalon, puissiez-vous le savoir.
> 
> (11.2)
> L'oeil de ma tendre bonté pleure amèrement sur vous à la pensée que vous n'avez pas su reconnaître
> celui que vous appelez nuit et jour, soir et matin.
> 
> (11.3)
> Le visage blanc comme neige, avance d'un coeur radieux, ô peuple, vers le Lieu pourpre et béni où
> s'écrie le Sadratu'l-Muntaha: "Il n'y a: en vérité, d'autre Dieu que Moi, le Tout-Puissant, Celui qui
> est par Lui-même !"
> 
> (11.4)
> O vous, chefs de religion ! Qui, parmi vous, possède une perception ou un entendement comparable
> au mien ? Où est celui qui émettra la prétention d'être mon égal en paroles ou en sagesse ? Aucun,
> par Dieu, le Très-Miséricordieux !
> 
> (11.5)
> Tout ce qui est sur terre passera; et voici la Face de votre Seigneur, le Tout-Puissant, le Bien-Aimé.
> 
> (11.6)
> Nous avons décrété, ô peuple, que le but suprême et la fin la plus haute de toute connaissance sont
> la reconnaissance de celui qui est l'objet de toute science; et pourtant, voyez comme vous avez
> laissé votre savoir vous dissimuler comme par un voile, celui qui est l'aurore de cette Lumière, et
> par qui toute chose cachée a été révélée.
> 
> (11.7)
> Si seulement vous pouviez découvrir la source d'où provient ce message merveilleux, vous
> renonceriez aux peuples du monde et à tout ce qu'ils possèdent pour vous rapprocher de ce Siège de
> gloire tant béni.
> 
> (11.8)
> Dis: Voici en vérité le Paradis où le Livre-mère est précieusement conservé, puissiez-vous le
> comprendre.
> 
> (11.9)
> Voici celui qui fit s'exclamer le rocher et qui incita le buisson ardent à élever la voix sur la
> montagne dominant la Terre Sainte, pour proclamer: "Le Royaume est à Dieu, le souverain
> Seigneur de tous, le Tout-Puissant, Celui qui aime."
> 
> (11.10)
> Nous n'avons fréquenté aucune école ni lu aucune de vos dissertations. Prêtez l'oreille à ce que vous
> déclare cet illettré pour vous amener à Dieu, l'Eternel. Cela vaut mieux pour vous que tous les
> trésors de la terre, puissiez-vous le comprendre.
> 
> (11.11)
> O assemblée de prêtres ! Lorsque mes versets vous furent envoyés et que mes signes évidents vous
> furent révélés, Nous vous trouvâmes derrière des voiles...
> 
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> (11.12)
> Nous avons déchiré les voiles. Gardez-vous de maintenir le peuple à l'écart par un autre voile. Au
> nom du Seigneur de tous les hommes, brisez les chaînes des vaines imaginations et n'induisez pas
> les gens en erreur.
> 
> (11.13)
> Si vous vous tournez vers Dieu et si vous embrassez sa Cause, n'y répandez pas la confusion et ne
> jaugez pas le Livre de Dieu selon vos désirs égoïstes. Tel est le conseil de Dieu, dans le passé et
> pour l'avenir...
> 
> (11.14)
> Si vous aviez cru en Dieu lorsqu'il s'est révélé, le peuple ne se serait pas détourné de Lui et les
> choses dont vous êtes aujourd'hui témoins ne Nous seraient pas advenues. Craignez Dieu et ne
> soyez pas du nombre des insouciants...
> 
> (11.15)
> Voici la Cause qui a ébranlé toutes vos superstitions et vos idoles...
> 
> (11.16)
> O assemblée de prêtres ! Gardez-vous d'être source de conflit dans le pays comme vous avez été
> cause du reniement de la Foi aux premiers jours.
> 
> (11.17)
> Rassemblez les gens autour de cette Parole qui a poussé les pierres à s'exclamer: "Le Royaume est à
> Dieu, l'Aurore de tous les signes ! ...
> 
> (11.18)
> Déchirez les voiles de telle façon que les habitants du Royaume l'entendent. Tel est le
> commandement de Dieu dans les jours passés et pour les jours à venir. Béni l'homme qui observe ce
> qui lui fut commandé et malheur aux négligents..."
> 
> (11.19)
> O assemblée de prêtres, combien de temps encore pointerez-vous vos lances de haine à la Face de
> Bahá ?
> 
> (11.20)
> Rangez vos plumes. Car voici qu'entre ciel et terre, la très sublime Plume proclame: Craignez Dieu
> et ne suivez pas vos désirs qui ont altéré la face de la création.
> 
> (11.21)
> Purifiez vos oreilles afin qu'elles entendent la voix de Dieu. Par Dieu ! Elle est comme le feu qui
> consume les voiles et comme l'eau purifiant les âmes de ceux qui sont dans l'Univers.
> 
> (11.22)
> O assemblée de prêtres ! Qui, parmi vous pourra se mesurer avec l'Adolescent divin dans l'arène de
> la sagesse et de la parole, ou qui pourra s'élever avec lui vers le ciel de l'explication et des
> significations intimes ? Aucun, par mon Seigneur, le Dieu de miséricorde !
> 
> (11.23)
> Tous, en ce jour ont défailli devant le Verbe de leur Seigneur. Ils sont comme des morts ou des êtres
> inertes, sauf celui que Dieu, le Tout-Puissant, l'Indépendant, a voulu exempter. Celui-là est
> vraiment de ceux qui sont revêtus de connaissance au regard de Celui qui est l'Omniscient. Les
> hôtes du Paradis et les habitants des Bercails sacrés le bénissent à l'aube et au crépuscule.
> 
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> (11.24)
> Un homme aux jambes de bois peut-il résister à celui que Dieu a pourvu de pieds d'airain ? Non par
> Celui qui répand la lumière sur l'entière création !
> 
> (11.25)
> Lorsque nous observâmes avec attention, Nous découvrîmes que nos ennemis étaient pour la
> plupart, des prêtres... Dans le peuple, il en est qui disent: "Il a répudié les prêtres." Dis: Oui par mon
> Seigneur ! Je suis vraiment Celui qui a aboli les idoles.
> 
> (11.26)
> Certes, nous avons fait sonner la trompette, qui n'est autre que notre sublime Plume. Et voyez
> comment alors, prêtres, savants, théologiens et gouvernants ont défailli, excepté ceux que Dieu a
> préservés en gage de sa grâce. Il est réellement le Très-Généreux, l'Ancien des Jours.
> 
> (11.27)
> O assemblée de prêtres ! Chassez loin de vous vos illusions futiles et vos vaines idées, puis tournez-
> vous vers l'Horizon de la Certitude.
> 
> (11.28)
> Je le jure, par Dieu ! Rien de ce que vous possédez ne vous profitera, ni tous les trésors de la terre,
> ni le pouvoir que vous avez usurpé. Craignez Dieu et ne soyez pas de ceux qui se perdent...
> 
> (11.29)
> Dis: O assemblées de prélats ! Débarrassez-vous de vos voiles et de vos accoutrements. Tendez
> l'oreille vers l'endroit d'où vous appelle la Plume suprême en ce Jour merveilleux...
> 
> (11.30)
> Le monde s'est recouvert de poussière à cause de vos vaines imaginations et les coeurs de ceux qui
> jouissent de l'approche de Dieu sont peinés de votre cruauté. Craignez Dieu et soyez de ceux qui
> Jugent avec équité.
> 
> (11.31)
> O vous les sources du savoir, gardez-vous de refuser d'être transformés; car à mesure que vous
> changerez, la plupart des hommes le feront également. S'il n'en était pas ainsi, ceci serait vraiment
> une injustice envers vous-mêmes et envers les autres...
> 
> (11.32)
> Vous êtes comparables à une source: si on la transforme, les ruisseaux qu'elle engendre seront
> transformés aussi.
> 
> (11.33)
> Craignez Dieu et soyez du nombre des pieux. De même si l'âme de l'homme est corrompue, ses
> membres le seront aussi. Lorsque la racine d'un arbre pourrit, ses branches, ses rejetons, ses feuilles
> et ses fruits se corrompent aussi.
> 
> (11.34)
> O assemblée de prêtres ! Je vous en adjure par Dieu, soyez justes, n'annulez pas la vérité au moyen
> de choses qui sont vôtres. Prenez connaissance de ce qu'avec sincérité, Nous vous avons
> communiqué. Cela vous aidera vraiment et vous rapprochera de Dieu, le Puissant, le Grand.
> 
> (11.35)
> Réfléchissez et rappelez-vous comment les hommes renièrent Muhammad, l'Apôtre de Dieu
> lorsqu'il parut. Ils lui imputèrent ce qui fit se lamenter l'Esprit (Jésus) dans son rang très sublime, et
> se récrier l'Esprit de Foi.
> 
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> (11.36)
> Considérez encore les choses qui avant lui, advinrent aux Apôtres et aux Messagers de Dieu à cause
> de ce qu'avaient forgé les mains des injustes.
> 
> (11.37)
> Nous faisons mention de vous pour l'amour de Dieu; Nous vous rappelons ses signes, et vous
> annonçons ce qui est ordonné pour ceux qui sont près de Lui dans le très sublime Paradis et au plus
> haut des cieux; en vérité, Je suis le Messager, l'Omniscient.
> 
> (11.38)
> Il est venu pour votre salut et il a enduré les tribulations pour vous permettre de vous élever sur les
> degrés de la parole jusqu'au sommet de la compréhension...
> 
> (11.39)
> Avec justice et impartialité, lisez le Message qui vous fut adressé. Il vous élèvera dans la vérité,
> vous fera voir les choses qui vous étaient cachées et vous permettra de boire à longs traits ce vin
> pétillant.
> 
> (11.40)
> Ces prêtres qui sont vraiment parés de l'ornement du savoir et d'une bonne conduite sont pour le
> monde ce que la tête est au corps; ils sont des yeux pour les nations. En tout temps les hommes ont
> été guidés et le sont encore par ces âmes bénies.
> 
> (11.41)
> Le prêtre dont la conduite est droite et le sage qui pratique la droiture sont comme l'esprit pour le
> corps du monde.
> 
> (11.42)
> Heureux le prélat dont la tête est ornée de la couronne de la justice et dont le temple se pare de
> l'ornement de l'équité.
> 
> (11.43)
> Le prêtre qui, au nom du souverain Ordonnateur, s'est saisi du vin très sacré et l'a bu à longs traits
> est comme un oeil pour le monde. Heureux ceux qui lui obéissent et qui évoquent son souvenir.
> 
> (11.44)
> Grande est la bénédiction de ce prélat qui n'a pas laissé son savoir devenir un voile entre lui et Celui
> qui existe par lui-même, a tourné vers Lui un visage radieux. Celui-là est au nombre des instruits.
> 
> (11.45)
> Les hôtes du Paradis recherchent la bénédiction de son souffle et sa lampe répand sa clarté sur tout
> ce qui est au ciel et sur la terre.
> 
> (11.46)
> Il est, certes, parmi les héritiers des Prophètes. Quiconque le voit a en vérité contemplé Celui qui est
> le Véridique; et qui s'est tourné vers lui s'est, en fait, tourné vers Dieu, le Tout-Puissant, le Très-
> Sage.
> 
> (11.47)
> O assemblée de prêtres ! Vous ne serez plus désormais détenteurs d'aucun pouvoir car Nous vous
> l'avons retiré et Nous le destinons à ceux qui ont cru en Dieu, l'Unique, le Tout-Puissant,
> l'Omnipotent, l'Indépendant.
> 
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> 12. Appel au Pape Pie IX
> 
> [nota : ce chapitre a été remplacé par la traduction plus récente et complète tirée de l’ouvrage « L'appel du seigneur
> des armées »]
> 
> (12.1)
> Ô Pape, déchire les voiles : le Seigneur des Seigneurs est venu à l’ombre des nuées, et Dieu, le
> Tout-Puissant, l’Indépendant, a tenu sa promesse. Disperse les brumes par le pouvoir de ton
> Seigneur et élève-toi jusqu’au royaume de ses noms et de ses attributs. Ainsi te commande la Plume
> du Très-Haut sur l’ordre de ton Seigneur, le Tout-Puissant, l’Irrésistible. Oui, il est venu du ciel
> comme il en vint la première fois. Garde-toi d’argumenter avec lui comme le firent les pharisiens,
> sans aucun signe ni preuve évidente. À sa droite coulent les eaux vives de sa grâce, et à sa gauche le
> vin choisi de la justice, tandis que devant lui, porteurs des bannières de ses signes, marchent les
> anges du Paradis. Prends garde qu’un nom ne te cache Dieu, le créateur de la terre et du ciel. Oublie
> le monde pour te tourner vers ton Seigneur, par qui la terre tout entière fut illuminée.
> 
> (12.2)
> De notre nom, le Très-Glorieux, nous avons décoré le Royaume. Ainsi en a décrété Dieu, qui
> façonne tout. Prends garde que tes vaines imaginations ne te retiennent, maintenant que le Soleil de
> certitude s’est levé à l’horizon de la parole de ton Seigneur, le Puissant, le Bienveillant. Peux-tu
> vivre dans des palais, alors que celui qui est le Roi de la révélation habite la plus délabrée des
> demeures? Laisse ces imaginations à ceux qui les désirent, et avec joie et ravissement, tourne ton
> visage vers le Royaume.
> 
> (12.3)
> Dis : Ô peuples de la terre, détruisez les demeures de négligence par les mains du pouvoir et de
> l’assurance puis, au creux de votre coeur, construisez les palais du vrai savoir afin que le Très-
> Miséricordieux les inonde de la radiance de sa lumière. Cela vaut mieux pour vous que tout ce qui
> est sous le soleil comme en témoigne celui qui tient en sa main l’ultime décret. Lors de l’avènement
> du Désiré dans toute sa gloire, la brise de Dieu a soufflé sur le monde et chaque pierre, chaque
> motte de terre s’est exclamée : «Voici le Promis ! Le royaume est à Dieu, le Puissant, le Généreux,
> l’Indulgent.»
> 
> (12.4)
> Prends soin que la sagesse humaine ne t’éloigne de celui qui est l’objet suprême de toute
> connaissance ou que le monde ne te détourne de celui qui l’a créé et l’a mis en mouvement. Lève-
> toi au milieu des peuples du monde, au nom de ton Seigneur, le Dieu de miséricorde, et prends avec
> confiance la coupe de vie. Bois-en d’abord puis offres-en à ceux qui, parmi toutes les croyances, se
> tournent vers elle. Ainsi la lune de la parole se lève à l’horizon de la sagesse et de la
> compréhension.
> 
> (12.5)
> Déchire le voile de la connaissance humaine de crainte qu’il ne te retienne loin de celui qui est mon
> nom, l’Absolu. Souviens-toi de celui qui était l’Esprit. Lorsqu’il vint, les plus érudits le
> condamnèrent en son propre pays alors qu’un simple pêcheur crut en lui. Prenez exemple, hommes
> au coeur éclairé. Tu es, en vérité, un des soleils du firmament de ses noms. Redoute que le voile des
> ténèbres ne s’étende sur toi et ne te prive de sa lumière. Médite sur ce qui fut révélé dans le Livre
> par ton Seigneur, le Puissant, le Très-Généreux.
> 
> (12.6)
> Dis : immobilisez vos plumes, ô assemblée de prêtres, car voici que le crissement de la Plume de
> gloire s’élève entre le ciel et la terre. Rejetez tout ce que vous possédez et saisissez fermement ce
> que nous vous avons révélé avec puissance et autorité. L’Heure occultée dans la connaissance de
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> Dieu a sonné et tous les atomes de la terre proclament : « L’Ancien des jours est venu dans sa
> grande gloire ! D’un coeur humble et contrit, hâtez-vous vers lui, ô peuples de la terre.» Dis : En
> vérité, nous nous sommes offerts en rançon pour vos vies. Hélas, lorsque nous revînmes, nous vous
> vîmes fuyant loin de nous et les yeux de ma tendre générosité pleurèrent amèrement sur mon
> peuple. Craignez Dieu, ô vous qui savez voir.
> 
> (12.7)
> Considère ceux qui s’opposèrent au Fils quand il vint vers eux avec son souverain pouvoir.
> Combien de pharisiens attendaient sa venue et se lamentaient d’être séparés de lui ! Et pourtant
> lorsque leur parvint le parfum de sa présence et que sa beauté se dévoila, ils se détournèrent et
> entrèrent en contestation avec lui. Ainsi te rappelons-nous ce qui est écrit dans les Livres et les
> Écritures. Personne ne se tourna vers lui, sauf quelques-uns, dénués de tout pouvoir. Et cependant,
> aujourd’hui, tout homme doté de puissance et d’autorité s’enorgueillit de son Nom ! De même,
> considère combien sont nombreux aujourd’hui ces moines qui se cloîtrent dans leurs églises en se
> revendiquant de mon Nom ; ils ne nous reconnurent pas lorsqu’arriva le temps prévu pour dévoiler
> notre beauté alors qu’ils nous invoquaient soir et matin. Nous les voyons accrochés à mon Nom
> mais se détournant de moi. Quelle chose vraiment étrange !
> 
> (12.8)
> Dis : Ne laissez pas vos dévotions vous retenir loin de celui qui est l’objet de toute dévotion, ni
> votre adoration vous éloigner de celui qui est l’objet de toute adoration. Lacérez les voiles de vos
> folles imaginations ! Voici votre Seigneur, le Puissant, l’Omniscient, qui vient revivifier le monde
> et unir tous ceux qui vivent sur terre. Tournez-vous vers la source de la révélation, ô peuple, et ne
> tardez pas, fut-ce d’un battement de paupière. Lisez-vous l’Évangile tout en refusant de reconnaître
> de Seigneur très glorieux ? Ceci ne vous convient pas, ô assemblée d’érudits !
> 
> (12.9)
> Dis : Si vous reniez cette révélation, sur quelle preuve croyez-vous en Dieu ? Produisez-la. Ainsi
> l’appel pressant de votre Seigneur est révélé par la Plume du Très-Haut, sur l’ordre de ton Seigneur,
> le Très-Glorieux, dans cette épître à l’horizon de laquelle brille la splendeur de sa lumière.
> Nombreux sont nos serviteurs dont les actes, voiles entre eux et leur être propre, les ont retenus loin
> de Dieu, celui qui fait souffler les vents.
> 
> (12.10)
> Ô assemblée de moines ! La création embaume la fragrance du Très-Miséricordieux. Béni celui qui
> oublie ses désirs et se cramponne à cet avis. Il est de ceux qui atteignent la présence de Dieu en ce
> jour où les habitants de la terre sont traumatisés et où tous sont désespérés à l’exception de ceux que
> Dieu protège, lui qui fait ployer le cou des hommes.
> 
> (12.11)
> Alors qu’aux mains des êtres de négation, le manteau de Dieu est taché du sang de la haine, vous
> ornez vos corps ! Sortez de vos habitations et appelez le peuple à pénétrer dans le Royaume de
> Dieu, le Seigneur du jour du jugement. La parole cachée par le Fils est rendue manifeste. Elle est
> révélée en ce jour sous la forme du temple humain. Béni soit le Seigneur qui est le Père ! Il vient
> vers les nations dans sa grande majesté. Tournez-vous vers lui, ô assemblée de justes !
> 
> (12.12)
> Ô disciples de toutes les religions ! Nous vous voyons errer, perdus dans la solitude de l’erreur.
> Vous êtes les poissons de cet océan ; pourquoi vous éloigner de ce qui vous fait vivre ? Voyez : il
> s’enfle devant vous. Depuis toutes les collines, hâtez-vous vers lui. Voici le jour où le Rocher crie,
> s’exclame et célèbre la louange de son Seigneur, le Très-Haut, le Possesseur de toutes choses ; il
> dit : « Voyez ! Le Père est venu et ce qui vous fut promis dans le royaume est accompli ! » Cette
> parole, préservée derrière le voile de grandeur, répand, avec évidence, sa lumière à l’horizon de la
> volonté divine, lorsque la Promesse s’accomplit.
> 
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> (12.13)
> Mon corps supporte l’emprisonnement afin que vos âmes soient libérées de leurs chaînes et nous
> consentons à être abaissés afin que vous soyez exaltés. Écoutez le Seigneur de gloire et de
> puissance plutôt que n’importe quel oppresseur impie. Mon corps désire ardemment la croix et ma
> tête espère le coup de lance dans le sentier du Très-Miséricordieux, pour que le monde soit purifié
> de ses transgressions. Ainsi le soleil de l’autorité divine brille à l’horizon de la révélation de celui
> qui est le possesseur de tous les noms et attributs.
> 
> (12.14)
> Le peuple du Coran s’est rebellé contre nous et nous inflige de tels tourments que l’Esprit saint se
> lamente, que l’orage tonne et que les nuages pleurent sur nous. L’un de ces impies s’imagine que
> les calamités peuvent détourner Bahá d’accomplir le dessein de Dieu, le Créateur de tout. Dis : Par
> celui qui fait pleuvoir la pluie, rien, absolument rien, ne peut l’empêcher de se souvenir de son
> Seigneur.
> 
> (12.15)
> Par la droiture de Dieu ! Qu’ils le jettent dans une fournaise allumée sur la terre et sa tête émergera
> au coeur de l’océan pour proclamer : « Il est le Seigneur de tous ceux qui sont au ciel et sur la
> terre ! » Qu’ils le précipitent au fond d’un puits ténébreux et ils le trouveront siégeant sur les plus
> hauts sommets, proclamant d’une voix forte à toute l’humanité : « Voici le Désir du monde, venu
> dans sa majesté, sa souveraineté et son empire transcendant ! » Qu’ils l’enterrent au tréfonds de la
> terre et son Esprit, s’élevant au sommet du ciel, lancera cet appel : « Voyez la venue de la Gloire.
> Contemplez le Royaume de Dieu, le Très-Saint, le Très-Puissant ! » Et qu’ils répandent son sang,
> chaque goutte s’époumonera en invoquant Dieu en ce Nom par lequel les fragrances de son
> vêtement se diffusent dans toutes les directions.
> 
> (12.16)
> Menacé par l’épée de nos ennemis, nous appelons néanmoins toute l’humanité à Dieu, qui créa la
> terre et le ciel ; l’aide que nous lui offrons ne peut être perturbée ni par les armées de la tyrannie ni
> par le pouvoir des iniques. Dis : Ô peuples de la terre, détruisez les idoles de vos vaines
> imaginations au nom de votre Seigneur, le Très-Glorieux, l’Omniscient, et tournez-vous vers lui, en
> ce jour que Dieu a fait le Roi des jours.
> 
> (12.17)
> Ô souverain Pontife ! Tends l’oreille vers ce que te conseille celui qui ranime les os tombés en
> poussière, par la voix de celui qui est son plus grand Nom. Vends les somptueux vêtements que tu
> possèdes et dépenses-en le prix dans le chemin de Dieu, celui qui assure le retour des jours et des
> nuits. Abandonne ton royaume aux rois et, détaché du monde, le visage fixé sur le Royaume, sors
> de ta demeure pour chanter entre le ciel et la terre les louanges de ton Seigneur. Ainsi te l’ordonne,
> de la part de ton Seigneur, le Tout-Puissant, l’Omniscient, celui qui est le possesseur des Noms.
> Exhorte les rois en ces termes : « Conduisez-vous de manière équitable avec les hommes. Veillez à
> ne pas transgresser les limites fixées dans le Livre ». Voilà ce qui te convient. Garde-toi de
> t’approprier les choses de ce monde et ses richesses. Laisse-les à ceux qui les désirent et attache-toi
> à ce que te prescrit celui qui est le Seigneur de la création. Quelqu’un t’offrirait-il tous les trésors de
> la terre, refuse d’y jeter même un simple coup d’oeil. Agis comme ton Seigneur a agi. Ainsi la
> langue de Révélation te transmet-elle les paroles dont Dieu fait l’ornement du Livre de la création
> 
> (12.18)
> Regarde une perle dont la nature est de briller. Un voile de soie suffit à cacher son lustre et sa
> beauté. De même, la distinction de l’homme réside en l’excellence de sa conduite, dans
> l’acquisition de ce qui convient à son état et non dans la poursuite de jeux enfantins. Sache que
> l’ornement qui te convient est l’amour de Dieu et le détachement de tout sauf de lui, et non le luxe
> 
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> que tu possèdes. Abandonne celui-ci à ceux qui le recherchent et tourne-toi vers Dieu, qui fait
> couler les fleuves.
> 
> (12.19)
> Tout ce qui est sorti de la bouche du Fils fut révélé en paraboles, alors que celui qui proclame en ce
> jour la Vérité ne s’en sert pas. Attention de ne pas t’accrocher à la corde des vaines imaginations et
> que cela t’écarte de ce qui est ordonné dans le Royaume de Dieu, le Puissant, le Bienfaisant. Si tu es
> grisé par le vin de mes versets, et décides de te présenter devant le trône de ton Seigneur, le créateur
> du ciel et de la terre, revêts-toi de mon amour, protège-toi avec mon souvenir et nourris-toi de la
> confiance en Dieu, qui dispense tout pouvoir.
> 
> (12.20)
> Ô disciples du Fils ! Nous vous avons de nouveau envoyé Jean qui, en vérité, a crié dans le désert
> du Bayán : Ô peuples du monde, lavez vos yeux ! Voici qu’arrive le jour où vous pourrez
> contempler le Promis et vous en approcher. Ô disciples de l’Évangile, préparez la voie ! Le jour de
> l’avènement du Seigneur glorieux est proche. Préparez-vous à entrer dans le royaume. Ainsi
> l’ordonne Dieu qui fait se lever l’aurore.
> 
> (12.21)
> Tendez l’oreille aux roucoulements de la colombe d’Éternité perchée sur les branches de l’Arbre
> divin : « Ô disciples du Fils, nous vous avons envoyé Jean pour vous baptiser avec de l’eau afin que
> vos corps soient purifiés dans l’attente de l’apparition du Messie. Celui-ci, à son tour, vous purifia
> du feu de l’amour et de l’eau de l’esprit dans l’attente de ces jours prévus par le Très-
> Miséricordieux pour vous purifier avec l’eau de la vie, des mains de sa généreuse bonté. Voici
> l’Incomparable annoncé par Isaïe, le Consolateur que l’Esprit vous a promis. Ouvrez les yeux, ô
> assemblée d’évêques, afin de contempler votre Seigneur trônant sur le siège de puissance et de
> gloire.
> 
> (12.22)
> Ô membres de toutes les religions, ne marchez pas dans les pas de ceux qui suivirent les pharisiens
> et s’écartèrent ainsi de l’Esprit. Ils se sont vraiment égarés dans l’erreur. La Beauté ancienne est
> venue dans son plus grand Nom et elle désire accueillir toute l’humanité dans son très saint
> Royaume. Les coeurs purs contemplent le Royaume de Dieu dévoilé devant sa Face. Hâtez-vous
> vers lui et ne suivez pas l’infidèle et l’impie. Si ton oeil s’y oppose, arrache-le [voir : Matthieu 5.29,
> Marc 9.47] . Ainsi l’a décrété la Plume de l’Ancien des jours sur l’ordre du Seigneur de toute la
> création. Certes, il est venu de nouveau pour vous sauver, ô peuples de la terre ! Allez-vous
> assassiner celui qui désire vous offrir la vie éternelle ? Craignez Dieu, ô vous qui comprenez !
> 
> (12.23)
> Ô peuple, écoutez ce qui vous est révélé par votre Seigneur très glorieux et tournez vos visages vers
> Dieu, le Seigneur de ce monde et du monde à venir. Ainsi vous commande celui qui est l’Orient du
> soleil de l’inspiration divine selon l’ordre du Façonneur de toute l’humanité. Certes, nous vous
> avons créés pour la lumière et nous ne désirons pas vous abandonner au feu. Émergez de l’ombre, ô
> peuple, par la grâce de ce Soleil qui brille à l’horizon de la providence divine et tournez-vous vers
> lui, le coeur sanctifié, l’âme assurée, l’oeil attentif et la face éclairée. L’Ordonnateur suprême vous
> le conseille depuis le lieu de sa gloire transcendante, afin qu’ainsi vous soyez attirés vers le
> Royaume de ses noms.
> 
> (12.24)
> Béni celui qui reste fidèle à l’Alliance de Dieu et malheur à celui qui la brise et qui ne croit pas en
> lui, le Détenteur des secrets. Dis : Voici le jour des bénédictions ! Empressez-vous afin que je fasse
> de vous des rois dans les royaumes de mon empire. Suivez-moi, et vous contemplerez ce qui vous
> fut promis ; je ferais de vous mes compagnons dans le domaine de ma majesté et les intimes de ma
> beauté au ciel de mon pouvoir, à jamais. Si vous vous rebellez contre moi, dans ma clémence, je le
> 
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> supporterai patiemment espérant que vous vous éveillerez et vous lèverez de la couche de la
> négligence. Ainsi ma miséricorde vous entoure-t-elle. Craignez Dieu et ne suivez pas ceux qui se
> sont détournés de sa Face alors qu’ils invoquent son nom jour et nuit.
> 
> (12.25)
> Le jour de la moisson est certes venu et toutes choses sont séparées. Le Moissonneur a engrangé
> dans les greniers de la justice ce qu’il a choisi, et jeté au feu ce qui en est digne. Tel est, en ce jour
> promis, le décret de votre Seigneur, le Puissant, le Dieu d’amour. En vérité, Il ordonne ce qui lui
> plaît. Il n’est pas d’autre Dieu que lui, le Tout-Puissant, l’Irrésistible. Le désir du divin moissonneur
> est d’engranger toute bonne chose pour Moi. Il n’a parlé que pour vous faire connaître ma Cause et
> vous guider vers le chemin de celui dont la mention orne tous les Livres sacrés.
> 
> (12.26)
> Dis : Ô assemblée de chrétiens ! Nous nous sommes déjà révélés à vous en une occasion précédente
> et vous ne nous avez pas reconnu. Voici qu’une autre occasion vous est offerte. Voici le jour de
> Dieu ; tournez-vous vers lui. Il est descendu du ciel comme il le fit la première fois et il désire vous
> abriter à l’ombre de sa miséricorde. Il est, en vérité, l’Éminent, le Puissant, l’Aide suprême. Le
> Bien-Aimé n’aime pas vous voir consumés par le feu de vos désirs. Si un voile vous sépare de lui,
> ce n’est qu’en raison de votre égarement et de votre ignorance. Vous me mentionnez sans me
> connaître. Vous faites appel à moi, mais rejetez ma révélation bien que je sois venu vers vous dans
> ma gloire depuis le ciel de la préexistence. En mon Nom et par le pouvoir de ma souveraineté,
> déchirez les voiles pour découvrir un chemin vers votre Seigneur.
> 
> (12.27)
> Depuis la tente de majesté et de grandeur, le roi de gloire proclame et dit : Ô peuple de l’Évangile,
> ceux qui n’étaient pas dans le royaume y sont maintenant entrés alors que nous vous voyons, en ce
> jour, vous attarder à la porte. Déchirez les voiles par le pouvoir de votre Seigneur le Puissant, le
> Très-Généreux et, en mon Nom, entrez dans mon Royaume. Ainsi vous le demande celui qui désire
> pour vous la vie éternelle. Il a en vérité pouvoir sur toutes choses. Bénis ceux qui ont reconnu la
> lumière et se hâtent vers elle. En vérité, ils résident dans le royaume et partagent la nourriture et la
> boisson des élus de Dieu.
> 
> (12.28)
> Ô enfants du royaume, nous voyons que vous êtes dans l’ombre. Cela ne vous convient pas. Vos
> actes vous rendent-ils craintifs face à la Lumière ? Dirigez-vous vers lui. Les pas de votre Seigneur
> très glorieux ont béni les pays qu’ils ont foulés. Ainsi nous aplanissons pour vous le chemin de
> celui que l’Esprit a prophétisé. Je témoigne de lui comme il a témoigné de moi. Il a dit, en vérité :
> « Suivez-moi et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes ». Mais en ce jour nous disons : « Suivez-
> moi et je ferai de vous les vivificateurs de l’humanité ». Ainsi la Plume de la révélation a inscrit ce
> décret dans cette épître.
> 
> (12.29)
> Ô Plume du Très-Haut, remue-toi en pensant à d’autres rois cités dans ce Livre lumineux et béni
> afin qu’ils se lèvent de la couche de négligence, écoutent les chants du Rossignol niché sur les
> branches de l’Arbre divin et se hâtent vers Dieu dans cette merveilleuse et sublime révélation.
> 
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> 13. Appel au Clergé et aux fidèles des différentes religions
> 
> (13.1)
> Autrefois, Nous nous adressâmes au peuple de la Thora. Nous l'invitâmes à s'avancer vers celui qui
> révèle les versets et qui vient de la part de Celui qui fait courber les têtes...
> 
> (13.2)
> Une autrefois, Nous nous adressâmes, en ces termes, au peuple de l'Evangile: Le Très-Glorieux est
> apparu sous ce Nom d'où la brise de Dieu s'est répandue vers toutes les régions...
> 
> (13.3)
> Une autrefois encore, Nous nous adressâmes au peuple du Qur'an [nota : Coran] , lui disant: Craignez
> le Très-Miséricordieux et n'argumentez pas spécieusement avec Celui par qui furent fondées toutes
> les religions...
> 
> (13.4)
> Sachez encore que Nous envoyâmes aux Mages nos Tablettes en les ornant de notre Loi... Nous y
> avons dévoilé l'essence de tous les signes et allusions celés dans leurs livres. En vérité, le Seigneur
> est le Tout-Puissant, l'Omniscient.
> 
> (13.5)
> Hèle Sion, ô Carmel, et annonce la joyeuse nouvelle: Celui qui était caché aux yeux des mortels est
> venu. Sa souveraineté triomphante est manifeste; sa splendeur tout englobante s'est révélée.
> 
> (13.6)
> Garde-toi d'hésiter ou de t'arrêter. Hâte-toi de faire le tour de la Cité de Dieu descendue du ciel, la
> céleste Kaaba autour de laquelle ont circulé, en adoration, l'élite des anges et les élus de Dieu, ceux
> qui ont le coeur pur.
> 
> (13.7)
> Oh avec quelle ardeur, Je désire annoncer à tous les points du globe, et apporter à toutes ses villes,
> les bonnes nouvelles d'une Révélation vers laquelle fut attiré le coeur du Sinaï, et au nom de
> laquelle le Buisson ardent s'écrit: "A Dieu, le Seigneur des Seigneurs, appartiennent les royaumes
> de la terre et du ciel."
> 
> (13.8)
> En vérité, voici le Jour où terre et mer se réjouissent de cette proclamation, le Jour en vue duquel
> furent réservées ces choses que Dieu, dans sa bonté inconcevable au coeur et à l'esprit des hommes,
> avait destinées à la Révélation.
> 
> (13.9)
> Bientôt vers Toi, Dieu fera naviguer son Arche et manifestera le peuple de Bahá dont parle le Livre
> des Noms.
> 
> (13.10)
> Elle est venue la Très-Grande Loi et, sur le trône de David, règne la Beauté ancienne. Ainsi ma
> Plume a rapporté ce que contait l'histoire des temps anciens.
> 
> (13.11)
> Cette fois cependant, David s'écrie d'une voix forte: "O Seigneur bienfaisant, me comptes-tu parmi
> ceux qui sont restés fermes dans ta Cause, ô Toi, par qui furent illuminés les visages et par qui
> survinrent les faux pas ?"
> 
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> (13.12)
> Le souffle a passé, la Brise a soufflé, de Sion est apparu ce qui était caché, et de Jérusalem se fait
> entendre la Voix de Dieu, l'Unique, l'Incomparable, l'Omniscient.
> 
> (13.13)
> Prête l'oreille au chant de David. Il dit: "Qui me conduira dans la Ville forte ?" La Ville forte, c'est
> Akka qui fut nommée la Plus-Grande-Prison et où se trouvent une forteresse et de solides
> remparts...
> 
> (13.14)
> Lis attentivement ce que dit Esaïe dans son Livre. Il dit: "Monte sur la plus haute montagne, ô Sion,
> pour annoncer la bonne nouvelle." Elève avec force la voix, ô Jérusalem, pour annoncer la bonne
> nouvelle.
> 
> (13.15)
> Elève ta voix sans crainte, dis aux villes de Juda: "Voici votre Dieu ! Voici le Seigneur, l'Eternel,
> qui vient avec puissance, étendant le bras de son commandement."
> 
> (13.16)
> En ce jour, tous les signes sont apparus. Une grande Cité est descendue du ciel et Sion frémit,
> exultant de joie devant la Révélation de Dieu; car de tous côtés, elle a entendu sa Voix.
> 
> (13.17)
> O assemblée de chrétiens ! Nous nous sommes révélés à vous en une précédente occasion et vous
> ne M'avez pas reconnu. Une autre occasion se présente à vous. Voici le Jour de Dieu; tournez-vous
> vers Lui...
> 
> (13.18)
> Il n'est pas agréable au Bien-Aimé de vous savoir consumés par le feu de vos désirs. Si vous deviez
> être séparés de Lui comme par un voile, ce ne serait que par votre propre ignorance et par votre
> entêtement.
> 
> (13.19)
> Vous faites mention de Moi mais ne Me connaissez pas. Vous M'invoquez mais ne vous souciez pas
> de ma Révélation...
> 
> (13.20)
> O peuple de l'Evangile ! Ceux qui n'étaient pas dans le Royaume y sont maintenant entrés tandis
> qu'en ce Jour, Nous vous voyons attendre à la porte.
> 
> (13.21)
> Déchirez les voiles, par le Pouvoir de votre Seigneur, le Tout-Puissant, le Très-Généreux, et, en
> mon Nom, entrez dans mon Royaume. Ainsi vous invite celui qui désire pour vous une vie
> éternelle.
> 
> (13.22)
> O enfants du Royaume ! Nous vous voyons dans les ténèbres. Cela ne vous sied vraiment pas. Face
> à la Lumière, avez-vous peur à cause de vos actes ? Avancez vers lui...
> 
> (13.23)
> En vérité, il (Jésus) a dit: "Suivez-moi et je ferai de vous des pêcheurs d'hommes." [voir : Matthieu
> 4.19] En ce jour, cependant, Nous disons: Suivez-moi et Nous ferons de vous des animateurs du
> genre humain...
> 
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> (13.24)
> En vérité, Nous sommes venus pour votre bien et Nous avons supporté les infortunes du monde
> pour votre salut. Fuirez-vous celui qui a sacrifié sa vie pour que vous soyez vivifiés ?
> 
> (13.25)
> Craignez Dieu, ô disciples de l'Esprit (Jésus) et ne suivez pas les traces des prêtres qui ont
> entièrement fait fausse route.
> 
> (13.26)
> Ouvrez la porte de votre coeur. En vérité, celui qui est l'Esprit (Jésus) se tient devant elle. Pourquoi
> restez-vous éloignés de celui qui se propose de vous conduire vers un lieu resplendissant ?
> 
> (13.27)
> Dis: En vérité, Nous avons ouvert les portes du Royaume. Allez-vous vous barricader devant sa
> Face ? Ce ne serait rien moins qu'une erreur lamentable.
> 
> (13.28)
> O assemblée de Patriarches ! Celui qui vous fut promis dans les Tablettes est venu. Craignez Dieu
> et ne suivez pas les vaines imaginations des superstitieux.
> 
> (13.29)
> Abandonnez ce que vous possédez et, par la souveraine puissance de Dieu, tenez-vous fermement à
> sa Tablette. Cela vous sera plus profitable que tous vos biens. De ceci rendront témoignage tout
> esprit pénétrant et tout homme perspicace.
> 
> (13.30)
> Allez-vous tirer vanité de mon Nom, tout en vous séparant de Moi comme par un voile ? C'est là
> chose bien étrange.
> 
> (13.31)
> O assemblée d'archevêques ! Celui qui est le Seigneur de tous les hommes est paru. De la plaine de
> la Direction, Il appelle l'humanité, mais vous êtes toujours parmi les morts.
> 
> (13.32)
> Grande est la bénédiction de celui que ranime la Brise de Dieu et qui s'est levé parmi les morts à ce
> nom irréfutable !
> 
> (13.33)
> O assemblée d'évêques ! Toutes les tribus du monde ont été saisies d'un frémissement, et Celui qui
> est le Père éternel appelle à haute voix entre ciel et terre.
> 
> (13.34)
> Bénie est l'oreille qui a entendu, l'oeil qui a vu, et le coeur qui s'est tourné vers celui qui est le centre
> d'adoration de tous ceux qui sont dans les cieux et de tous ceux qui sont sur la terre.
> 
> (13.35)
> O assemblée d'évêques ! Vous êtes les étoiles du ciel de mon savoir. Ma miséricorde ne désire pas
> vous voir tomber sur la terre.
> 
> (13.36)
> Pourtant ma justice déclare: "C'est ce que le Fils (Jésus) a décrété." Et toute parole sortie de sa
> bouche irréprochable, véridique et irrécusable, ne pourra jamais être changée.
> 
> (13.37)
> En vérité, les cloches carillonnent en mon Nom et se lamentent sur Moi, mais mon esprit est rempli
> d'une joie manifeste.
> 
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> (13.38)
> Le corps du Bien-Aimé aspire à la croix et sa tête désire ardemment la lance dans le chemin du
> miséricordieux. La suprématie de l'oppresseur ne peut, d'aucune manière, le détourner de son but...
> 
> (13.39)
> Elles sont tombées les étoiles de la connaissance, ceux qui, pour démontrer la vérité de ma Cause
> produisent les preuves qu'ils possèdent et qui parlent de Dieu en mon Nom. Et cependant, lorsque
> dans ma majesté Je vins vers eux, ils se détournèrent de moi. Ils sont certes de ceux qui sont
> tombés.
> 
> (13.40)
> C'est ce qu'a prophétisé l'Esprit (Jésus) quand il vint avec la vérité, et que les docteurs juifs
> contestèrent perfidement ce qu'il disait, jusqu'à commettre finalement ce qui provoqua les
> lamentations du Saint-Esprit et les pleurs de ceux qui ont la joie d'être proches de Dieu.
> 
> (13.41)
> O assemblées de prêtres ! Abandonnez vos cloches et sortez de vos églises. En ce jour, il vous
> appartient de proclamer le Très-Grand Nom à haute voix parmi les nations.
> 
> (13.42)
> Préférez-vous rester muets alors que chaque pierre et chaque arbre s'écrient avec force: "Le
> Seigneur est venu dans toute sa gloire !"
> 
> (13.43)
> Celui qui appelle les hommes en mon Nom est vraiment des miens, et il manifestera ce qui est au-
> delà du pouvoir de tout ce qui est sur la terre...
> 
> (13.44)
> Puisse la brise de Dieu vous réveiller ! Elle est vraiment passée sur le monde. Heureux qui en a
> découvert le parfum; il est compté au nombre des sauvegardés.
> 
> (13.45)
> O assemblée de prêtres ! Le Jour du règlement est arrivé, ce Jour où est venu celui qui était aux
> cieux. Il est, en vérité, celui qui vous fut promis dans les Livres de Dieu, le Saint, le Puissant, le
> Loué.
> 
> (13.46)
> Combien de temps encore allez-vous errer dans le désert de l'insouciance et de la superstition ?
> Tournez vos coeurs dans la direction de votre Seigneur, Celui qui pardonne, le Généreux.
> 
> (13.47)
> O assemblée de moines ! Ne vous confinez pas dans des cloîtres et dans des églises. Avec ma
> permission, quittez-les et consacrez-vous à ce qui sera profitable à vos âmes et à celles des hommes.
> Ainsi vous l'ordonne le Roi du Jour du règlement.
> 
> (13.48)
> Retirez-vous dans la forteresse de mon amour. C'est assurément la retraite qui vous convient, si
> vous pouviez vous en rendre compte.
> 
> (13.49)
> Celui qui s'enferme dans une maison est vraiment comme un mort.
> 
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> (13.50)
> Il appartient à l'homme de faire connaître ce qui est utile à toutes les créatures, et celui qui ne
> produit pas de fruit est bon à jeter au feu. Ainsi vous conseille votre Seigneur et Il est certes, le
> Tout-Puissant, le Très-Généreux.
> 
> (13.51)
> Entrez dans la vie conjugale afin que quelqu'un puisse vous succéder. Nous vous avons défendu les
> actes perfides, mais non ce qui prouve votre fidélité.
> 
> (13.52)
> Allez-vous restés accrochés aux règles que vous vous êtes fixées et rejeter derrière vous les lois de
> Dieu ? Craignez Dieu et ne restez pas parmi les étourdis.
> 
> (13.53)
> Si ce n'était l'homme, qui donc ferait mention de moi sur ma terre, et comment mon Nom et mes
> attributs seraient-ils révélés ? Réfléchissez et ne restez pas sous les voiles ou profondément
> endormis.
> 
> (13.54)
> Celui qui ne se maria pas (Jésus) n'avait ni demeure ni place où reposer sa tête à cause de ce
> qu'avaient forgé les mains des traîtres. Sa sainte pureté ne venait pas de ce que vous croyez ou
> imaginez mais plutôt des choses que Nous possédons.
> 
> (13.55)
> Demandez afin de pouvoir comprendre la grandeur de son rang qui fut élevé au-dessus de ce que
> peuvent imaginer les peuples de la terre. Bienheureux ceux qui en prennent conscience.
> 
> (13.56)
> O assemblée des moines ! Si vous décidez de me suivre je ferai de vous les héritiers de mon
> Royaume; et si vous transgressez mes commandements, dans mon inlassable indulgence, je le
> supporterai patiemment; car je suis en vérité celui qui toujours pardonne, le Dieu de miséricorde.
> 
> (13.57)
> Bethléem s'anime sous la brise de Dieu, et sa voix nous parvient: " O Toi, Seigneur très généreux,
> où s'est établie ta grande gloire ? Les parfums suaves de ta présence m'ont éveillée alors que je me
> languissais d'être séparée de Toi. Louange à Toi qui a soulevé les voiles et qui, dans une gloire
> évidente, est venu avec puissance."
> 
> (13.58)
> Derrière le Tabernacle de majesté et de grandeur, Nous l'appelâmes: "O Bethléem ! Cette lumière
> s'est levée à l'Orient; elle s'est propagée vers l'Occident pour t'atteindre finalement au soir de sa vie.
> 
> (13.59)
> Dis-moi: les fils reconnaissent-ils le Père et l'acceptent-ils, ou bien le renient-ils comme le renièrent
> les peuples d'autrefois (Jésus) ?" Alors elle s'écria: "Tu es vraiment l'Omniscient, Celui qui sait
> tout."
> 
> (13.60)
> Songez encore à tous ces moines qui, de nos jours, se sont retranchés en mon Nom dans leurs
> cloîtres, et qui, lorsque vint le temps fixé et que Nous leur dévoilâmes notre beauté, n'ont pas su me
> reconnaître, alors qu'ils m'invoquaient à l'aube et au déclin du jour.
> 
> (13.61)
> Vous lisez l'Evangile et refusez néanmoins de reconnaître votre Seigneur, le Très-Glorieux. Cela ne
> vous convient pas, ô assemblée d'érudits...
> 
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> (13.62)
> Les parfums du Très-Miséricordieux se sont répandus sur toute la création. Heureux l'homme qui a
> renoncé à ses désirs et qui s'est maintenu fermement dans la bonne direction.
> 
> (13.63)
> N'avez-vous pas étudié le Qur'an ? Lisez-le pour y trouver, par bonheur, la vérité; car ce Livre est
> assurément le droit Sentier. C'est la voie même de Dieu pour tous ceux qui sont aux cieux et sur la
> terre.
> 
> (13.64)
> Si vous avez négligé le Qur'an, vous ne pouvez toutefois dire que le Bayan soit loin de vous.
> Voyez-le grand ouvert sous vos yeux. Etudiez ses versets de crainte qu'il ne vous arrive de
> commettre ce qui ferait gémir et pleurer les Messagers de Dieu.
> 
> (13.65)
> Hâtez-vous de sortir de vos sépulcres. Combien de temps encore resterez-vous endormis ? Le
> second coup de trompette a retenti.
> 
> (13.66)
> Qui contemplez-vous ainsi ? Voici votre Dieu, le Seigneur de miséricorde. Voyez comment vous
> réfutez ses signes. Une forte secousse a ébranlé la terre, et elle a rejeté ses fardeaux. Ne l'admettez-
> vous pas ?
> 
> (13.67)
> Dis: Ne reconnaîtrez-vous pas que les montagnes sont devenues comme des flocons de laine, et que
> les hommes sont cruellement éprouvés devant l'impressionnante grandeur de la Cause de Dieu ?
> 
> (13.68)
> Voyez ! Leurs maisons ne sont plus que ruines désertes, tandis qu'eux-mêmes ont l'air d'une armée
> en déroute.
> 
> (13.69)
> Voici le Jour où le Très-Miséricordieux est descendu sur les nuées de la connaissance, paré d'une
> souveraineté manifeste. Il connaît parfaitement les actions des hommes. Il est Celui dont nul ne peut
> méconnaître la gloire, puissiez-vous le comprendre.
> 
> (13.70)
> Le ciel de toute religion s'est déchiré, la terre de l'entendement humain s'est fendue, et l'on voit
> descendre les anges de Dieu.
> 
> (13.71)
> Dis: C'est le Jour de la duperie réciproque; vers où fuyez-vous ? Les montagnes ont disparu, les
> cieux ont été repliés et la terre entière est entre ses mains, si seulement vous pouviez le comprendre.
> 
> (13.72)
> Qui pourrait vous protéger ? Personne, par Celui qui est le Clément ! Personne, sauf Dieu le Tout-
> Puissant, le Très-Glorieux, le Bienfaisant.
> 
> (13.73)
> Toute femme enceinte s'est délivrée de son fardeau. En ce Jour, Nous voyons les hommes comme
> pris de boisson; c'est le Jour où anges et hommes ont été rassemblés.
> 
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> (13.74)
> Existe-t-il un doute quelconque concernant Dieu ? Voyez comme Il est descendu du ciel de sa
> grâce, revêtu de souveraineté et ceint de puissance. Y a-t-il un doute sur ses signes ? Ouvrez les
> yeux et vous en verrez l'évidence.
> 
> (13.75)
> Le Paradis est à votre droite; il a été placé à votre portée, tandis que l'enfer a été mis à feu. Voyez
> ses flammes dévorantes.
> 
> (13.76)
> Hâtez-vous d'entrer au Paradis, par un effet de notre clémence envers vous et, des mains du Très-
> Miséricordieux, recevez le vin qui, en vérité, est la vie.
> 
> (13.77)
> Par Celui qui est le grand Message ! Le Très-Miséricordieux est venu, entouré d'une indiscutable
> souveraineté. La balance a été installée, et tous les habitants de la terre ont été rassemblés.
> 
> (13.78)
> La trompette a retenti. Et voyez: tous les yeux se sont agrandis de terreur, et les coeurs de tous ceux
> qui sont au ciel et sur terre ont frémi sauf ceux que le souffle des versets de Dieu a vivifiés et, qui se
> sont détachés de toutes choses.
> 
> (13.79)
> Voici le jour où la terre fera connaître ses nouvelles. Les fauteurs d'iniquité sont pour elle des
> fardeaux, si seulement vous le saviez.
> 
> (13.80)
> La lune des futiles imaginations s'est fendue et le ciel a fait paraître une fumée tangible. Nous
> voyons les gens abattus frappés de stupeur devant ton Seigneur, le Tout-Puissant, l'Omnipotent.
> 
> (13.81)
> Le crieur a lancé un cri retentissant, et telle était la violence de sa colère que les hommes ont pris la
> fuite.
> 
> (13.82)
> Ceux qui sont à sa gauche soupirent et se lamentent. Ceux qui sont à sa droite occupent de nobles
> demeures. Des mains du Très-Miséricordieux, ils reçoivent et boivent à longs traits le Vin qui, en
> vérité, est la Vie, et ce sont certes les bienheureux.
> 
> (13.83)
> La terre a été secouée, les montagnes ont disparu, et les anges, en rangs serrés, sont descendus
> devant Nous.
> 
> (13.84)
> La plupart des gens restent hébétés dans leur ivresse et montrent sur leur visage des signes de
> colère. Ainsi avons-nous rassemblé les auteurs d'iniquités. Nous les voyons se précipiter vers leur
> idole.
> 
> (13.85)
> Dis: En ce Jour, nul ne sera à l'abri du décret de Dieu. C'est, en vérité, un Jour effroyable. Nous leur
> montrons ceux qui les ont égarés; ils les voient et ne les reconnaissent pourtant pas. Leur vision est
> troublée par l'ivresse; ce sont vraiment des aveugles.
> 
> (13.86)
> Ils se sont justifiés en proférant des calomnies que Dieu, l'Eternel, le Protecteur dans le danger, a
> condamnées.
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> (13.87)
> Le Malin a éveillé le mal dans leur coeur, et ils sont affligés d'un supplice que personne ne peut
> détourner. Ils se précipitent vers les méchants en portant le registre de ceux qui commettent
> l'injustice. Telles sont leurs oeuvres.
> 
> (13.88)
> Dis: les cieux ont été repliés, la terre est dans les mains de Dieu, et les dépravés ont été suspendus
> par les cheveux au-dessus de l'abîme; et cependant ils ne comprennent toujours pas. Ils s'abreuvent
> aux sources malsaines et ne s'en rendent pas compte.
> 
> (13.89)
> Dis: l'appel a été lancé, les morts sont sortis de leurs tombes et, debout, regardent autour d'eux.
> 
> (13.90)
> Quelques-uns se sont hâtés d'atteindre la cour du Dieu de clémence, d'autres sont tombés sur la face
> dans le feu de l'enfer; tandis que d'autres encore sont frappés de stupeur.
> 
> (13.91)
> Les versets de Dieu ont été révélés et, malgré tout, ils s'en sont détournés. Sa preuve s'est
> manifestée mais ils l'ignorent.
> 
> (13.92)
> Et lorsqu'ils voient la Face du Très-Miséricordieux, leurs propres visages s'assombrissent, au milieu
> même de leurs divertissements.
> 
> (13.93)
> Ils se pressent vers le feu de l'enfer, le prenant pour une lumière. Ce qu'ils s'imaginent naïvement est
> bien loin de Dieu.
> 
> (13.94)
> Dis: Que vous soyez dans la joie ou dans une violente fureur, les cieux se sont ouverts, et Dieu est
> descendu dans sa rayonnante souveraineté. Toutes les choses créées s'écrient: "Le Royaume est à
> Dieu, le Tout-Puissant, l'Omniscient, le Très-Sage."
> 
> (13.95)
> O assemblée de théologiens persans ! C'est en mon Nom que vous avez pris les rênes du
> gouvernement des hommes, et c'est en raison des liens qui vous rattachent à moi que vous occupez
> des sièges d'honneur.
> 
> (13.96)
> Toutefois vous vous êtes écartés de moi lorsque je me suis révélé, et vous avez commis ce qui a fait
> couler les pleurs de ceux qui m'ont reconnu.
> 
> (13.97)
> Avant qu'il soit longtemps, tout ce que vous possédez périra, votre gloire sera changée en la plus
> misérable des humiliations et vous verrez le châtiment de ce que vous aurez forgé; ainsi en a décrété
> Dieu, le Maître suprême, le Très-Sage.
> 
> (13.98)
> O vous, prêtres de la ville ! Nous sommes venus avec la vérité et vous ne vous en êtes pas souciés.
> Vous me paraissez semblables à des morts, prisonniers du linceul de vos propres personnes.
> 
> (13.99)
> Vous n'avez pas recherché notre présence alors que cela eût été, pour vous, préférable à tous vos
> agissements.
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> (13.100)
> Sachez que si vos chefs - à qui vous devez obéissance et dont vous vous targuez, que vous
> mentionnez jour et nuit, et sur les traces desquels vous cherchez vos directives - si donc vos chefs
> avaient vécu de nos jours, ils auraient gravité autour de moi et, ni le soir ni le matin, ne se seraient
> séparés de moi.
> 
> (13.101)
> Vous, par contre, n'avez pas tourné vos faces vers mon visage, fût-ce pour un court instant; vous
> vous êtes enflés d'orgueil, sans vous soucier de cet opprimé si tourmenté par les hommes qui
> agissaient à leur guise avec lui.
> 
> (13.102)
> Vous avez négligé d'examiner les conditions dans lesquelles je me trouvais et de vous informer de
> ce qui m'était arrivé. Vous avez, par là même, écarté de vous les brises de sainteté et de générosité
> soufflant de ce site pur et lumineux.
> 
> (13.103)
> Il me semble que vous vous êtes attachés aux sujets matériels, oublieux du domaine de l'esprit et
> disant des choses que vous ne faites pas.
> 
> (13.104)
> Vous avez l'amour des noms et semblez vous être adonnés à eux. C'est pour cela que vous citez les
> noms de vos chefs. Et si quelqu'un de tel, ou supérieur à eux, venait à vous, vous fuiriez loin de lui.
> 
> (13.105)
> C'est grâce à leurs noms que vous vous êtes élevés, que vous avez acquis une situation; c'est grâce à
> eux que vous vivez et prospérez. Et si vos chefs réapparaissaient, vous ne renonceriez pas à votre
> autorité, vous refusant d'aller à eux et de tourner vers eux vos visages.
> 
> (13.106)
> Nous vous avons trouvés comme la plupart des hommes, en adoration devant les noms qu'ils
> mentionnent chaque Jour de leur vie et qui les occupent entièrement. Mais les porteurs de ces noms
> ne sont pas sitôt apparus que vous les reniez et tournez les talons.
> 
> (13.107)
> Sachez qu'en ce jour, Dieu n'acceptera pas vos pensées, votre souvenir, vos dévotions ni votre
> vigilance, à moins qu'aux yeux de ce Serviteur, vous ne deveniez un être nouveau; si seulement
> vous en preniez conscience.
> 
> (13.108)
> A cause de vous, l'Apôtre (Muhammad) s'est lamenté, la Chaste (Fatimih) a poussé des cris, la
> contrée a été dévastée et les ténèbres sont tombées sur toutes les régions.
> 
> (13.109)
> O Assemblée de prêtres ! Par votre faute, le peuple a été humilié, la bannière de l'Islam a été
> abaissée et son trône puissant renversé.
> 
> (13.110)
> Chaque fois qu'un homme de discernement s'efforçait de tenir solidement ce qui pouvait exalter
> l'Islam, vous éleviez vos clameurs, de sorte qu'il devait abandonner ses projets et que le pays restait
> plongé dans une ruine évidente.
> 
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> (13.111)
> De tous les peuples du monde, c'est le peuple de Perse qui a subi, et continue de subir, les pertes les
> plus grandes.
> 
> (13.112)
> Je le jure par l'Etoile du matin de la Parole, brillant sur le monde dans l'apogée de sa gloire !
> D'incessantes lamentations s'élèvent des chaires en ce pays. Dès les premiers jours, pareilles
> lamentations furent entendues sur la terre de Ta [nota : Tihran ou Téhéran] car les chaires, édifiées en
> vue d'évoquer le souvenir de Celui qui est la Vérité - exaltée soit sa gloire - sont maintenant
> devenues des endroits d'où sont proférés des blasphèmes contre celui qui est le Désir des mondes.
> 
> (13.113)
> En ce jour, le souffle des parfums du vêtement de Révélation du Roi éternel, se répand sur la terre.
> Et cependant ils (les prêtres) se sont rassemblés, se sont installés sur leurs sièges et ont dit des
> choses qui feraient honte à un animal, et combien plus à l'homme lui-même !
> 
> (13.114)
> S'ils venaient à se rendre compte d'un seul de leurs actes et percevaient le mal qu'il a produit, ils en
> finiraient d'eux-mêmes avec la vie et se hâteraient vers leur dernière demeure.
> 
> (13.115)
> O assemblée de prêtres ! Abandonnez ce que vous possédez; gardez le silence et prêtez l'oreille à ce
> que dit la langue de Grandeur et de Majesté.
> 
> (13.116)
> Combien de servantes, qui étaient voilées, se sont tournées vers moi et ont cru: et combien de
> porteurs de turban (ecclésiastiques) furent privés de moi et suivirent les traces des générations
> disparues.
> 
> (13.117)
> O vous, les Grands-Prêtres ! On vous a donné des oreilles pour écouter le mystère de Celui qui est
> l'Indépendant, et des yeux pour le contempler. Pourquoi fuyez-vous ?
> 
> (13.118)
> L'Ami incomparable s'est manifesté. Dans ce qu'il dit se trouve le salut.
> 
> (13.119)
> Si vous pouviez, ô Grands-Prêtres, découvrir le parfum de la roseraie de l'entendement, vous ne
> chercheriez nul autre que lui; vous reconnaîtriez, sous son nouveau vêtement, le Très-Sage,
> l'Incomparable, et, vous détournant du monde et de tous ceux qui le recherchent, vous vous lèveriez
> pour lui apporter votre concours.
> 
> (13.120)
> Tout ce qui vous fut annoncé dans les Livres a été dévoilé clairement. De tous côtés, les signes se
> sont manifestés.
> 
> (13.121)
> En ce Jour, l'Omnipotent lance l'appel et annonce l'apparition du Ciel suprême.
> 
> (13.122)
> Ce n'est pas le Jour où les Grands-Prêtres puissent commander ni exercer leur autorité. Dans votre
> Livre, il est spécifié qu'en ce Jour, les Grands-Prêtres égareront complètement les hommes et les
> empêcheront de s'approcher de lui.
> 
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> (13.123)
> En vérité, est réellement un grand-prêtre celui qui a vu la lumière et s'est hâté dans la voie menant
> au Bien-Aimé.
> 
> (13.124)
> O grands-prêtres ! De derrière les nuées, la Main de l'Omnipotence est tendue: regardez-la avec des
> yeux nouveaux.
> 
> (13.125)
> Les marques de sa majesté et de sa grandeur se sont dévoilées; examinez-les avec des yeux purs.
> 
> (13.126)
> Dis: ô Grands-Prêtres ! On vous tient en révérence à cause de mon Nom, et cependant, vous me
> fuyez. Vous êtes les hauts prêtres du Temple; eussiez-vous été les hauts prêtres de l'Omnipotent,
> vous auriez été unis à Lui et L'auriez reconnu.
> 
> (13.127)
> Dis: ô Grands-Prêtres ! En ce Jour, les actes de nul homme ne seront acceptables, si ce n'est de celui
> qui renonce au monde et à tous ses biens et tourne sa face vers l'Omnipotent.
> 
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> 14. La grande proclamation à l'humanité
> 
> (14.1)
> Le temps qui fut fixé aux peuples et tribus de la terre est aujourd'hui venu. Les promesses de Dieu,
> enregistrées dans les saintes Ecritures, ont toutes été tenues.
> 
> (14.2)
> De Sion est sortie la Loi de Dieu, et Jérusalem, et ses collines, et le pays d'alentour sont remplis de
> sa Révélation.
> 
> (14.3)
> Heureux l'homme qui médite en son coeur ce qui fut révélé dans les livres de Dieu, le Protecteur
> dans le danger, Celui qui est par Lui-même.
> 
> (14.4)
> Réfléchissez-y, ô vous, bien-aimés de Dieu, et que vos oreilles soient attentives à sa Parole afin que,
> par sa grâce et sa miséricorde, vous puissiez boire votre content des eaux cristallines de fidélité, et
> devenir, en sa Cause, aussi fermes et inébranlables que la montagne.
> 
> (14.5)
> Je le dis en vérité; voici le Jour où l'humanité peut contempler la face et entendre la voix du Promis.
> 
> (14.6)
> L'appel de Dieu s'est fait entendre, et la lumière de son visage s'est levée sur les hommes.
> 
> (14.7)
> Il appartient à chacun d'effacer de la tablette de son coeur toute trace de vaine parole et, d'un esprit
> ouvert et exempt de préjugés, d'examiner les signes de sa Révélation, les preuves de sa Mission et
> les témoignages de sa gloire.
> 
> (14.8)
> Grand est ce Jour, en vérité ! Les allusions qu'y font les Ecritures sacrées en tant que Jour de Dieu
> attestent sa grandeur.
> 
> (14.9)
> Les âmes de chaque Prophète et de chaque Messager divin ont eu soif de ce Jour merveilleux, et
> toutes les tribus de la terre ont aussi soupiré après lui.
> 
> (14.10)
> Mais l'Etoile du Matin de sa Révélation ne s'était pas plutôt manifestée dans le ciel de la volonté de
> Dieu que tous, sauf ceux qu'Il voulut bien guider, restèrent stupéfaits et insouciants.
> 
> (14.11)
> O toi qui as gardé mon souvenir ! Le plus épais des voiles a exclu de sa gloire les peuples de la terre
> et les a empêchés d'entendre son appel.
> 
> (14.12)
> Dieu veuille que la lumière de l'unité enveloppe la terre entière et que le sceau: "Le Royaume est à
> Dieu" soit apposé au front de tous ses habitants.
> 
> (14.13)
> O vous, enfants des hommes ! L'objet fondamental de la Foi de Dieu et de sa religion est de
> sauvegarder les intérêts de la race humaine, de promouvoir son unité, et de stimuler parmi les
> hommes l'esprit d'amour et de fraternité.
> 
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> (14.14)
> Ne souffrez pas que cette Foi devienne une source de dissension et de discorde, de haine et
> d'inimitié.
> 
> (14.15)
> Telle est la voie droite, la fondation fixée de manière immuable. Tout ce qui sera édifié sur une telle
> fondation, ni les changements et les vicissitudes du monde ne parviendront jamais à en réduire la
> force, ni le cours d'innombrables siècles à en miner la structure.
> 
> (14.16)
> Nous espérons que les chefs religieux du monde et ses dirigeants se lèveront tous pour la réforme de
> cet âge et pour l'assainissement de son destin. Qu'ils se consultent après avoir réfléchi à ses besoins
> et que par une juste et consciencieuse délibération, ils appliquent à un monde malade et en grande
> détresse, le remède qu'il réclame...
> 
> (14.17)
> Il incombe à ceux qui détiennent l'autorité d'être modérés en toutes choses. Tout ce qui franchit les
> limites de la modération cesse d'exercer une action bienfaisante.
> 
> (14.18)
> Prenez, par exemple, la liberté, la civilisation et autres choses semblables. Bien qu'appréciées par de
> nombreux hommes intelligents, elles pourront, si on les pousse à l'excès être cause d'une
> pernicieuse influence.
> 
> (14.19)
> Plût à Dieu que les peuples du monde, grâce aux nobles efforts des dirigeants, des sages et des
> savants, en viennent à reconnaître leurs véritables intérêts.
> 
> (14.20)
> Jusqu'à quand l'humanité persistera-t-elle dans son obstination ? Combien de temps encore
> l'injustice sévira-t-elle ? Combien de temps le chaos et la confusion régneront-ils sur la terre et
> jusqu'à quand la discorde troublera-t-elle l'ordre de la société ?
> 
> (14.21)
> Les vents du désespoir soufflent hélas de tous côtés, et les conflits qui divisent et affligent la race
> humaine s'aggravent de jour en jour.
> 
> (14.22)
> Déjà, on peut entrevoir des signes de chaos et d'imminentes convulsions, d'autant que l'ordre qui
> maintenant prévaut s'avère d'une lamentable insuffisance.
> 
> (14.23)
> Je prie Dieu - exaltée soit sa gloire - de bien vouloir, par sa bienveillance, éveiller les peuples de la
> terre, permettre que leur soient profitables les effets de leur conduite, et les aider à accomplir ce qui
> convient à leur condition.
> 
> (14.24)
> O vous, peuples et tribus de la terre qui vous querellez ! Tournez vos visages vers l'unité et laissez
> briller sur vous les rayons de sa lumière. Rassemblez-vous tous et, par égard pour Dieu, décidez-
> vous à déraciner tout ce qui est source de lutte entre vous.
> 
> (14.25)
> Alors, la splendeur du grand Luminaire du monde enveloppera toute la terre, et ses habitants seront
> désormais citoyens d'une seule cité et titulaires d'un seul et même trône.
> 
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> (14.26)
> Dès les premiers Jours de sa vie, cet opprimé n'a chéri d'autre désir que celui-là et n'en chérira
> jamais d'autre.
> 
> (14.27)
> Il ne fait pas de doute que les peuples du monde, quelle que soit leur race ou leur religion, reçoivent
> leur inspiration d'une seule source céleste et sont les sujets du même Dieu.
> 
> (14.28)
> Si les lois auxquelles on les voit soumis sont différentes, c'est qu'elles répondaient aux exigences et
> aux changeants besoins des âges où elles furent révélées.
> 
> (14.29)
> A l'exception de quelques-unes dues à l'humaine perversité, elles furent toutes promulguées par
> Dieu et sont le reflet de sa volonté et de son dessein.
> 
> (14.30)
> Levez-vous, et armés du pouvoir de la foi, brisez les idoles de vos vaines imaginations qui sèment
> la discorde parmi vous. Attachez-vous à ce qui peut vous rapprocher et vous unir. C'est là, en vérité,
> la plus sublime Parole que le Livre-mère vous ait transmise et révélée; et de sa demeure de gloire,
> c'est la Langue de Grandeur elle-même qui en rend témoignage.
> 
> (14.31)
> Désirant révéler les conditions préalables à la tranquillité et à la paix du monde ainsi qu'au progrès
> des peuples, le Grand-Etre a écrit: Le temps doit venir où sera universellement ressentie
> l'impérieuse nécessité d'une vaste assemblée, formée d'hommes de toutes provenances.
> 
> (14.32)
> Les rois et dirigeants de la terre devront en faire partie, prendre part à ses délibérations et envisager
> les voies et moyens propres à établir parmi les hommes les fondations de la grande Paix du monde.
> Celle-ci requiert que les grandes Puissances décident, en vue de la tranquillité des peuples, de se
> réconcilier entre elles pleinement.
> 
> (14.33)
> Si un souverain quelconque prenait les armes contre un autre, tous devraient, d'un accord unanime,
> se lever pour l'en empêcher. Ces conditions étant réalisées, les nations n'auraient plus besoin
> d'armements que pour préserver la sécurité de leurs royaumes et maintenir l'ordre dans leurs
> territoires. Ainsi seraient garantis le calme et la paix de chaque peuple, gouvernement et nation.
> 
> (14.34)
> Nous voulons espérer que les rois et les dirigeants, qui sont sur la terre les miroirs du bienveillant et
> tout-puissant Nom de Dieu, pourront parvenir à cet état de choses et protéger l'humanité des assauts
> de la tyrannie.
> 
> (14.35)
> Le Jour approche où tous les peuples du monde adopteront une langue universelle et une écriture
> commune. Une fois cela réalisé, tout homme en quelque ville qu'il se rende, s'y sentira comme chez
> lui. Ces choses sont absolument essentielles et obligatoires; il appartient à tout homme de
> compréhension et de pénétration de les faire passer sur le plan des actes et de la réalité.
> 
> (14.36)
> Est vraiment un homme celui qui, aujourd'hui, se consacre au service de la race humaine tout
> entière.
> 
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> (14.37)
> Le grand-Etre dit: Heureux et béni celui qui se lève pour servir les intérêts suprêmes des peuples et
> tribus de la terre. Dans un autre passage, Il proclame: Ce n'est pas à celui qui aime son propre pays
> qu'il convient de se glorifier, mais plutôt à celui qui aime le monde entier.
> 
> (14.38)
> La terre n'est qu'un seul pays, et tous les hommes en sont les citoyens.
> 
> (14.39)
> L'omniscient Médecin tient sous son doigt le pouls de l'humanité. Il décèle la maladie et, dans son
> infaillible sagesse, en prescrit le remède.
> 
> (14.40)
> Chaque âge à son problème particulier et toute âme son aspiration propre. Le remède adéquat aux
> maux de ce jour ne peut être identique à celui que nécessitera un âge ultérieur.
> 
> (14.41)
> Souciez-vous ardemment des besoins de l'époque où vous vivez et axez vos délibérations sur ses
> exigences et ses besoins.
> 
> (14.42)
> Nous sentons très bien à quel point l'espèce humaine est entourée d'afflictions nombreuses et
> sévères. Nous la voyons languissante, sur son lit de misère, désillusionnée et cruellement éprouvée.
> 
> (14.43)
> Ceux que grise leur vanité se sont interposés entre elle et le divin, l'infaillible médecin. Voyez
> comment, en s'y prenant eux-mêmes, ils ont entraîné les hommes dans les filets de leurs ruses.
> 
> (14.44)
> Ils ne sont pas plus capables de découvrir la cause de la maladie que d'en trouver le remède. Pour
> eux la rectitude est duplicité et l'ami leur semble un ennemi.
> 
> (14.45)
> Prêtez l'oreille à la douce mélodie de ce Prisonnier. Levez-vous et faites entendre vos voix afin que,
> par bonheur, s'éveillent ceux qui dorment d'un profond sommeil.
> 
> (14.46)
> Dis: O vous qui ressemblez à des morts ! La main de la Bonté divine vous tend l'Eau de la Vie.
> Hâtez-vous d'étancher votre soif.
> 
> (14.47)
> Quiconque, en ce Jour, est né de nouveau, ne mourra jamais; et celui qui sera resté parmi les morts
> jamais plus ne revivra.
> 
> (14.48)
> O peuples de la terre ! Dieu, l'éternelle Vérité m'en est témoin; à travers la douceur des paroles de
> votre Seigneur, l'Indépendant, de doux ruisseaux d'eau fraîche sont sortis des rochers. Et pourtant
> vous restez endormis.
> 
> (14.49)
> Rejetez loin de vous ce que vous possédez et, sur les ailes du détachement, prenez votre essor au-
> delà de toutes choses créées. Ainsi vous invite le Seigneur de la création qui, par le mouvement de
> sa Plume, a bouleversé l'âme de l'humanité.
> 
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> (14.50)
> Savez-vous de quels sommets vous appelle votre Seigneur, le Très-Glorieux ? Pensez-vous avoir
> reconnu la Plume par laquelle votre Seigneur, le Seigneur de tous les noms, vous transmet son
> commandement ? Non, par ma vie ! L'auriez-vous reconnue que vous renonceriez au monde pour
> vous hâter de tout votre coeur vers la présence du Bien-Aimé.
> 
> (14.51)
> En entendant sa Parole, vos esprits seraient saisis d'un tel transport que le Monde supérieur en serait
> ébranlé, et combien plus encore ce petit monde insignifiant.
> 
> (14.52)
> Ainsi, en gage de ma grâce, les ondées de ma générosité ont ruisselé du ciel de ma tendre bonté,
> afin que vous soyez du nombre des reconnaissants.
> 
> (14.53)
> Craignez que les désirs charnels et les inclinations corrompues n'engendrent des divisions parmi
> vous. Soyez unis comme les doigts d'une seule main, les membres d'un même corps. Ainsi vous
> conseille la Plume de Révélation, si vous êtes de ceux qui croient.
> 
> (14.54)
> Réfléchissez à la miséricorde de Dieu et à ses bienfaits. Ce qu'il vous prescrit est pour votre bien,
> car, Lui, peut se passer de toutes les créatures.
> 
> (14.55)
> Vos mauvaises actions ne peuvent jamais Nous nuire, pas plus que ne peuvent Nous profiter vos
> bonnes oeuvres.
> 
> (14.56)
> C'est uniquement pour l'amour de Dieu que Nous vous exhortons. Et de cela, rendra témoignage
> tout homme éclairé et d'esprit pénétrant.
> 
> (14.57)
> L'équilibre du monde s'est trouvé rompu par la vibrante action de ce très grand, de ce nouvel Ordre
> mondial.
> 
> (14.58)
> Le principe régissant la société a été révolutionné par l'effet de cet unique et merveilleux système
> dont les yeux des mortels n'avaient jamais encore contemplé l'équivalent.
> 
> (14.59)
> Plongez-vous dans l'océan de mes paroles, afin d'en pénétrer les secrets et découvrir toutes les
> perles de sagesse que recèlent ses profondeurs.
> 
> (14.60)
> Gardez-vous d'hésiter à embrasser la vérité de cette Cause, par laquelle furent révélées les facultés
> de la puissance de Dieu, et fut affirmée sa souveraineté. Le visage rayonnant de joie, hâtez-vous
> vers Lui.
> 
> (14.61)
> Voici l'immuable Foi de Dieu, éternelle dans le passé, éternelle dans l'avenir. Que celui qui la
> cherche y accède; et quant à celui qui se refuse à la chercher... Dieu, en vérité, se suffit à Lui-même
> et n'a nul besoin de ses créatures.
> 
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> (14.62)
> Dis: Voici l'infaillible balance que tient la main de Dieu, la balance où sont pesés tous ceux qui sont
> aux cieux et tous ceux qui sont sur terre, et qui fixe le sort de chacun, si vous êtes de ceux qui
> croient et reconnaissent cette vérité.
> 
> (14.63)
> Dis: Par elle, les pauvres furent enrichis, les savants furent éclairés, et les chercheurs favorisés dans
> leurs efforts vers la présence de Dieu.
> 
> (14.64)
> Prenez garde d'en faire une cause de discorde entre vous. Telle une montagne inébranlable, fixez-
> vous fermement dans la Cause de votre Seigneur, le Puissant, Celui qui aime.
> 
> (14.65)
> O vous, peuples du monde ! Sachez, à n'en point douter, que mes commandements sont, pour mes
> serviteurs, les lampes de ma tendre providence, et les clés de ma clémence envers mes créatures.
> Tel est ce qui fut envoyé du ciel de la volonté de votre Seigneur, le Seigneur de la Révélation.
> 
> (14.66)
> Si un homme goûtait à la douceur des paroles que les lèvres du Très-Miséricordieux ont voulu
> prononcer, cet homme possédât-il tous les trésors de la terre, il y renoncerait pour prouver la vérité
> même d'un seul de ses commandements brillant à l'orient de sa tendre sollicitude et de sa généreuse
> vigilance.
> 
> (14.67)
> De mes lois se dégage le suave parfum de mon vêtement, et par elles les étendards de la victoire
> seront plantés sur les plus hauts sommets.
> 
> (14.68)
> Du ciel de ma gloire toute-puissante, la Langue de mon pouvoir s'adressa en ces termes à ma
> création: "Observez mes commandements pour l'amour de ma beauté."
> 
> (14.69)
> Heureux l'amant qui, en ces mots embaumés d'une grâce que nulle langue ne saurait décrire, a
> respiré les divins effluves de son Bien-Aimé.
> 
> (14.70)
> Par ma vie ! Celui qui, des mains de ma généreuse faveur, a bu le vin de probité, gravitera autour de
> mes commandements brillant à l'orient de ma création.
> 
> (14.71)
> Ne croyez pas que Nous vous ayons révélé un simple code de lois. Non, plus exactement, c'est le
> vin de choix que, des doigts de la puissance et du pouvoir, Nous avons décacheté pour vous. De
> cela porte témoignage ce qu'a dévoilé la Plume de Révélation. Méditez-le, ô hommes d'entendement
> !
> 
> (14.72)
> Toutes les fois que paraissent mes lois, comme le soleil dans le ciel de ma Parole, elles doivent être
> fidèlement obéies de tous, dût le ciel de toute religion être fendu par mon décret.
> 
> (14.73)
> Il fait ce qu'Il lui plaît. Il choisit; et nul ne peut discuter son choix. Tout ce que prescrit le Bien-
> Aimé est de même vraiment aimé. De cela, Celui qui est le Seigneur de toute la création me rend
> témoignage.
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> (14.74)
> Quiconque a respiré le doux parfum du Très-Miséricordieux et reconnu la Source de cette parole, se
> réjouira en voyant de ses propres yeux voler vers lui les flèches de l'ennemi, car cela lui permettra
> d'établir la vérité des lois de Dieu parmi les hommes.
> 
> (14.75)
> Heureux celui qui s'est tourné vers cette Source et a perçu la signification de son irrécusable décret.
> 
> (14.76)
> Voici le Jour où les plus précieuses faveurs ont été diffusées sur les hommes, le Jour où sa plus
> puissante grâce a pénétré toutes choses créées.
> 
> (14.77)
> Il incombe à tous les peuples de la terre de concilier leurs différends et, dans une unité et une paix
> parfaites, de demeurer à l'ombre de l'Arbre de sa sollicitude et de sa bonté. Il leur appartient de
> s'attacher, en ce Jour, à tout ce qui favorise l'élévation de leur condition et l'avancement de leurs
> suprêmes intérêts.
> 
> (14.78)
> Heureux ceux dont la toute-glorieuse Plume fut portée à rappeler le souvenir, et bénis soient ces
> hommes dont, en vertu de notre impénétrable décret, Nous avons préféré taire les noms.
> 
> (14.79)
> Suppliez le seul vrai Dieu d'accorder à tous les hommes une miséricordieuse assistance, afin qu'ils
> accomplissent ce qui est recevable à nos yeux.
> 
> (14.80)
> Bientôt le présent ordre de choses sera retranché et un nouvel ordre sera déployé à sa place. Et
> certes, la vérité sort de la bouche de ton Seigneur, Celui qui connaît les choses cachées.
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> — *La proclamation de Baha'u'llah (Used by permission of the curator)*

