# La Preuve eclatante

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> Source: Bahá'í Library Online (bahai-library.com), curated by Jonah Winters. Used by permission of the curator. Original citation: Mírzá Abu'l-Faḍl Gulpáygání, La Preuve eclatante, bahai-library.com.
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> Mirza Abu’l-Fadl Gulpaygani (1844-1914) est considéré encore aujourd’hui
> comme le plus grand des érudits du monde bahá’í. Il est l’auteur de nombreux
> ouvrages où la philosophie et la théologie musulmanes sont éclairées par sa
> découverte des Écrits sacrés bahá’ís. Il devint bahá’í en 1876.
> Dirigé par Bahá’u’lláh il voyagea en Perse puis dans les pays dépendant
> alors de la Russie : Achgabad, Samarcande et Boukhara. Plus tard, ‘Abdu’l-Bahá
> l’appela en. Palestine avant de l’envoyer à New-York.
> Ce traité, La preuve éclatante, est une des dernières œuvres de Mirza Abu’l-
> Fadl. Il fut motivé par un article contre la religion bahá’íe d’un
> missionnaire presbytérien Peter Z. Easton connu pour ses idées conservatrices,
> si conservatrices d’ailleurs qu’elles le poussèrent à abandonner sa
> dénomination presbytérienne pour rejoindre des groupes chrétiens plus
> sectaires.
> On trouvera l’article qui a motivé la réponse de Mirza Abu’l-Fadl à la fin de
> cet opuscule.
> La Preuve éclatante
> 
> Il est le Vivant qui subsiste par lui-même !
> Ces jours-ci, les derniers jours de 1911 après J.C. et les premiers jours de 1330 de
> l’Hégire, je suis tombé, dans la revue Evangelical Christendom1, sur un curieux
> article dont la lecture m’a étonné. J’ai découvert qu’un missionnaire protestant, un
> homme qui se considère comme un des savants du XX e siècle, un serviteur de la
> pure religion du Christ, un Occidental civilisé et cultivé du nom de Peter Z.
> Easton, a été irrité par la diffusion dans les vastes étendues de l’Europe de la sainte
> parole de ‘Abdu’l-Bahá à tel point que la jalousie l’a poussé à dépasser les bornes
> de la courtoisie et de la bienveillance et à publier un article plein d’exécrations et
> de calomnies.
> Certes, par jalousie, beaucoup de gens chutent tête baissée du rang élevé de la
> courtoisie dans les bas-fonds des paroles vaines, des écrits mensongers et
> calomnieux, mais entendre cet homme prestigieux, l’archidiacre Wilberforce,
> parlant comme il convient à un savant distingué, appeler ‘Abdu’l-Bahá « Maître » et
> le présenter en termes élogieux à une grande assemblée, à enflammé chez Peter Z.
> Easton une jalousie violente.
> Après avoir lu attentivement son article, il m’a semblé que le seul but de l’auteur
> était de tenter d’apaiser le feu de sa jalousie en usant de mots malveillants,
> d’imprécations, croyant gagner une victoire en brandissant calomnies et
> mensonges, armes en général d’un adversaire faible et ignorant. J’en fus d’autant
> plus triste que je n’aurais jamais cru que de tels traits, de tels défauts, puissent être
> manifestés par des âmes qui prétendent à la civilisation et à une haute culture
> morale.
> N’y a-t-il pas assez d’insulteurs, de calomniateurs et de prévaricateurs dans le
> monde pour qu’ils s’affichent aussi en Europe ? Peut-on se considérer comme un
> professeur de bonnes mœurs, un propagateur des vertus supérieures du
> christianisme, et faire preuve d’une qualité qui est le signe et l’attribut le plus
> spécifique de l’antéchrist ? Non ! par le Dieu vivant ! Si de glorieuses qualités
> existent dans le monde, ces défauts existent aussi a n que les saintes paroles du
> Christ : « Vous reconnaîtrez l’arbre à ses fruits » , puissent s’accomplir, et que ceux
> qui lui sont dèles soient distingués de ceux qui lui sont opposés.
> ‘Abdu’l-Bahá invite les Européens à s’approprier les nobles attributs de
> l’humanité ; Peter Z. Easton leur enseigne la diffamation, l’exécration, le mensonge
> et la calomnie.
> ‘Abdu’l-Bahá invite les humains à l’unité et à l’harmonie ; Peter Z. Easton les
> appelle à la division et à la discorde.
> 
> fi
> En prière, levant ses mains bénies vers le ciel, ‘Abdu’l-Bahá invoque la
> 
> bénédiction et la miséricorde du Tout-Puissant pour les peuples d’Europe ; Peter
> fi
> 
> Z. Easton veut prouver, dans de savantes revues, à quel point les Orientaux sont
> dépourvus des qualités chrétiennes et il souhaite pour eux punitions et tourments.
> ‘Abdu’l-Bahá commande : « Ne dis de mal de personne et ne souhaite de mal à
> personne » ; Peter Z. Easton affirme que nul ne devrait souhaiter de bien à des
> gens dont il estime lui-même le nombre à trois millions, ni les considérer comme
> dignes de grâce.
> Je me pose alors la question : comment distinguer dans l’arbre de l’existence les
> bons des mauvais fruits ? Comment comprendre et interpréter ces mots bénis :
> « Vous connaîtrez l’arbre à ses fruits » ? Car je pense qu’il n’y a pas d’autre critère
> que celui-ci, et Peter Z. Easton ne peut dire le contraire.
> Souvenez-vous du verset trente-quatre du douzième chapitre de l’Évangile de
> Matthieu, où le Christ dit : « Ô génération de vipères, comment pouvez-vous, étant
> mauvais, dire de bonnes choses ».3
> Certes, s’il était possible que la canne à sucre produise un jus amer et que la rose
> odorante dégage une odeur fétide, le verset : « Vous reconnaîtrez l’arbre à ses
> fruits », n’aurait jamais été révélé dans les livres sacrés et n’aurait jamais été
> désigné comme le critère à utiliser.
> Or les paroles de ’Abdu’l-Bahá consistent à appeler les hommes aux principes de
> fidélité, de concorde et à les exhorter à avoir une bonne moralité et de nobles
> attributs, tandis que les paroles de Peter Z. Easton consistent en divers degrés de
> mensonge, de calomnie, de diffamation et d’exécration,. Le but de tout cela est que
> chacune de ces deux personnes manifeste sa nature afin que, les fruits de l’arbre de
> l’existence étant différenciés, les hommes puissent choisir le vrai critère.
> Bref, après avoir soigneusement lu et pesé cet article j’ai constaté que Peter Z.
> Easton, selon son postulat de départ, s’est basé sur « quatre preuves » pour
> s’opposer à la grande cause bahá’íe. Nous allons donc mentionner ces quatre
> points et montrer clairement la fausseté, dans chaque cas, de ses idées fantaisistes :
> – Premier point : Ce qu’ont dit les épistoliers qui, à son avis, ont porté des
> accusations contre Bahá’u’lláh, en lui attribuant des qualités contestables.
> – Deuxième point : L’affirmation que les enseignements de Bahá’u’lláh sont
> panthéistes, le panthéisme étant une fausse doctrine.
> – Troisième point : L’affirmation que la religion bahá’íe a l’intention d’établir un
> gouvernement despotique, une pratique des gouvernements tyranniques et
> réprouvés.
> – Quatrième point : la religion bahá’íe ne peut rien montrer de meilleur ou de
> supérieur aux autres religions ; autrement dit, quelles sont les nouveautés
> apportées par Bahá’u’lláh que l’on ne trouve pas dans la religion chrétienne ?
> Pourquoi alors se séparer de cette dernière ?
> Il nous faut à présent rédiger une réponse à ces quatre points afin de distinguer la
> vérité du mensonge et de l’erreur.
> 
> Accusations contre Bahá’u’lláh
> Concernant le premier point, le témoignage des narrateurs ; Peter Z. Easton, qui
> est missionnaire, s’appuie sur les déclarations de certaines personnes. Dans son
> accusation, il dit : « Pourquoi Wilberforce, homme estimable, n’a-t-il pas écouté et
> prêté attention aux récits des missionnaires chrétiens qui ont vécu en Perse et dans
> les environs d’Acre, et qui ont tous écrit contre Bahá’u’lláh ? » C’est, en résumé,
> l’argument avancé par P. Z. Eaton, mais les gens éduqués estiment qu’une telle
> preuve est excessivement faible et grossière.
> En premier lieu, l’auteur de cet article est vraiment surpris que Peter Z. Easton,
> qui se considère comme l’un des érudits du vingtième siècle et comme un juge
> compétent pour différencier la vérité du mensonge, qu’un homme de son calibre
> donc, s’appuie sur le témoignage d’une seule partie. Il devrait peser les
> déclarations d’au moins vingt personnes – positives et négatives, amicales et
> hostiles, bonnes et mauvaises – puis réfléchir avec équité aux déclarations des deux
> côtés afin de juger avec impartialité pour parvenir à une conclusion véridique sur
> la question. En effet, de même que certains ont écrit des avis défavorables sur
> Bahá’u’lláh d’autres, historiens orientaux et occidentaux plus perspicaces et plus
> subtils, ont consigné sur lui, dans leurs livres, les plus grands éloges. Selon quelle
> règle doit-on tirer des conclusions ? Doit-on se contenter du seul jugement d’un
> adversaire et considérer comme valable tout ce qu’il a écrit ? Ne peut-on affirmer
> qu’écouter les déclarations d’un seul bord et ne pas prêter attention aux autres
> témoignages, est une erreur ?
> Par ailleurs, les Européens n’ont-ils pas lu l’histoire ? Ne connaissent-ils pas le
> célèbre aphorisme : « l’histoire est un éternel recommencement » ? Le grand
> philosophe et historien romain Tacite, au début de l’ère chrétienne, alors que le
> christianisme commençait à se propager, n’a-t-il pas écrit en des termes on ne peut
> plus clairs que « la religion chrétienne est l’ennemie de l’humanité » et ailleurs que
> « La religion chrétienne est une exécrable superstition » ? Suétone, autre
> philosophe et historien romain, a déclaré que la pure religion chrétienne était
> « malhonnête, que son acceptation était contraire à la vérité et à la hauteur d’esprit
> et qu’elle nuisait à la loyauté et au civisme ». Reportez-vous aux histoires de l’Église
> afin de vérifier vous-mêmes ces affirmations qui témoignent de l’ignorance de
> Peter Z. Easton en ce qui concerne les faits historiques.
> Bien qu’en voyage actuellement, j’ai avec moi quatre histoires de l’Église
> représentant le protestantisme, le catholicisme et l’orthodoxie grecque. Parmi les
> livres écrits par les philosophes grecs, romains et alexandrins contre la religion
> chrétienne, voire contre la personne même du Christ (gloire à lui !) il y a celui de
> Celse, l’un des célèbres philosophes du deuxième siècle chrétien, qui a compilé un
> gros livre empli de calomnies et de diffamations terribles contre la pure et sainte
> personne du Christ.
> Porphyre le Syrien, un des grands philosophes platoniciens, que les historiens de
> l’Église considèrent comme un philosophe éminent et un auteur accompli a écrit
> un gros livre contre le christianisme y consignant des accusations et des attaques
> injurieuses à l’encontre du Christ et de ses disciples. Le livre a été brûlé et détruit
> sur ordre de deux empereurs chrétiens, Théodotius II et Valentianus III.
> Fronton, éloquent maître de rhétorique, précepteur de l’empereur Marc-Aurèle,
> écrivit quinze volumes contre la religion chrétienne et les « ignobles manières » des
> chrétiens. Le grand empereur Marc-Aurèle lui-même était réputé pour son
> érudition et sa philosophie. Les érudits européens parlent de lui comme du « César
> à la sagesse sublime » et ont écrit de beaux chapitres détaillant ses vertus.
> L’Américain James Murdock, dans sa traduction de l’Histoire de l’Église, dit à
> propos de la grande université fondée par Ammonius Saccas à Alexandrie, qui n’a
> pas besoin d’être présentée ni louée en raison de sa renommée : « De cette
> université sont sortis deux érudits éminents, l’un étant l’empereur Marc-Aurèle et
> l’autre Épictète. »
> Bref, ce grand et sage empereur dont vous avez entendu les louanges, parlait des
> chrétiens en termes « d’imposteurs hostiles », « d’esprits imparfaits », « dépourvus
> de vertus et de qualités admirables ». Cet empereur considérait comme un devoir
> d’être hostile aux chrétiens et de s’efforcer de les détruire. Il écrivit : « Vous
> devriez demander ce qu’il faut penser de Jésus de Nazareth à son peuple, les Juifs,
> et non à ces pauvres Romains, dont aucun ne l’a vu, mais que la bassesse et
> l’indolence ont poussés à le suivre. »
> Julien, empereur et philosophe éminent, que les chrétiens appellent l’Apostat, a
> écrit de nombreux ouvrages dénonçant le christianisme et critiquant les mœurs de
> la communauté chrétienne. Il les qualifie d’ennemis du monde de l’humanité.
> Quant à ce que les juifs ont écrit au sujet du Christ, il est impossible à la plume de
> le rapporter. Un seul point suffit cependant à la sagacité de l’homme intelligent :
> ans se sont écoulés depuis la manifestation du Christ et pratiquement aucun
> juif n’a encore exprimé le désir de s’intéresser à sa religion. De cela on peut
> déduire ce que les érudits juifs ont écrit sur Jésus et les défauts qu’ils lui ont
> attribués !
> 
> Considérant les faits ci-dessus, demandons à cet auteur étonnant, Peter Z. Easton,
> s’il est digne d’un homme de bon sens et sans préjugés, de juger du caractère et
> des qualités de Bahá’u’lláh en s’appuyant sur ceux qui ont écrit contre lui. Dans
> l’affirmative, comment peut-on ne pas tenir compte de ce que les philosophes
> hostiles et les éminents écrivains mentionnés ci-dessus ont déclaré à propos du
> Christ ? Comment peut-on se fier au texte des Évangiles écrits par ses disciples
> plutôt qu’au témoignage d’hommes érudits ayant étudié les qualités et le caractère
> de Jésus ? N’est-ce pas surprenant ?
> Mais j’affirme que, ni aux jours du Christ ni de nos jours, un homme intelligent
> devrait juger une personne en se fiant à ce que ses ennemis disent d’elle. Au
> contraire, il faut regarder les actes de cette personne et réfléchir à ce qui émane
> d’elle, reconnaissant ainsi comme bon critère la parole même du Christ : « Vous
> reconnaîtrez l’arbre à ses fruits. » En effet, il est prouvé des milliers de fois que
> tout grand personnage à de nombreux ennemis qui le jalousent, et lorsqu’un
> ennemi se sent impuissant, il s’accroche à la calomnie, à la diffamation, à l’injure et
> à l’exécration. C’est pourquoi les sages disent : « La calomnie est l’arme des
> faibles ».
> Dans sa traduction de l’Histoire de l’Église, James Murdoch écrit : « …bien que les
> dirigeants romains aient été pour la plupart tempérants et libéraux envers leurs
> sujets en matière de liberté religieuse, ils se sont néanmoins opposés aux chrétiens
> et se sont efforcés de les éradiquer pour deux raisons : premièrement, par amour
> pour leur propre religion : ils ne voulaient pas permettre aux chrétiens de s’y
> immiscer pour l’affaiblir et la dégrader ; deuxièmement, parce que les adversaires
> du christianisme accusaient ses adeptes de viles calomnies devant les dirigeants et
> de toutes sortes de vices et de défauts, tels que « le manque de piété, l’abandon de
> la prière et du culte, le désir de domination et de pouvoir, et la volonté de diriger
> et de changer le gouvernement. » Ils accusaient les chrétiens d’actes immoraux et
> même de cannibalisme, affirmant qu’ils enlevaient les enfants romains, les tuaient
> et préparaient leur chair pour la consommer lors de banquets et de fêtes. »
> Et je ne relate qu’une courte liste des calomnies répandues, afin qu’on puisse ainsi
> différencier le vrai du faux.
> Si l’on réfléchissait à ces faits, on témoignerait que la dépendance à l’égard de ces
> mensonges et de ces calomnies a toujours été l’excuse des ennemis de Dieu, alors
> que de telles méthodes n’ont jamais permis d’atteindre la connaissance de Dieu ni
> de séparer la vérité du mensonge.
> Par exemple, comment un homme sensé peut-il se fier aux ennemis de Bahá’u’lláh
> qui ont écrit qu’il avait l’intention (Dieu nous en préserve !) d’empoisonner son
> frère5 ? Si une telle affirmation devait être prise comme un critère, on ne pourrait
> prouver la vérité de personne, car tous les prophètes ont fait l’objet d’insultes et
> d’accusations similaires.
> Au demeurant, la jalousie et l’inimitié de Mírzá Yahyá, Subh-i Azal6 à l’égard de
> Bahá’u’lláh, remontent à l’époque de leur séjour à Bagdad. Lorsque Yahyá
> découvrit que les Tablettes révélées par Bahá’u’lláh aidaient la Cause de Dieu,
> suscitaient l’expansion de la Parole divine, rassemblaient et unifiaient les amis et
> résistaient aux plans et aux activités trompeuses de l’ennemi, Azal lui-même,
> craignant pour sa vie (qualité spécifique des menteurs), n’osa plus apparaître en
> public ni fréquenter les gens. Alors le feu de la jalousie et de la haine (si ardent
> aujourd’hui dans le cœur de M. Easton) s’enflamma dans son cœur, et il planifia à
> plusieurs reprises d’assassiner Bahá’u’lláh7.
> Il chercha à nouveau à empoisonner Bahá’u’lláh à Andrinople et, selon des sources
> dignes de foi, tenta de le faire à deux reprises, mais ne parvenant pas à ses fins, il
> usa d’un nouveau stratagème en s’écriant que c’est lui qu’on avait cherché à tuer
> en l’empoisonnant.
> Il est clair qu’un ennemi faible et vaincu s’abaisse toujours à de telles allégations et
> cherche à résister à ses adversaires par le secret et la ruse. Au contraire, la partie
> victorieuse, puissante, n’a pas besoin d’employer de tels moyens, et si Bahá’u’lláh
> avait voulu supprimer Azal, il était assez puissant et n’aurait pas eu besoin d’une
> telle méthode pour exécuter ce plan.
> D’ailleurs, de nombreuses preuves historiques tangibles peuvent être fournies
> pour prouver que c’est même la puissante plume de Bahá’u’lláh qui a protégé de la
> mort ses propres ennemis, tels que Subh-i Azal, le chah Nassered-Dín et certains
> grands docteurs et théologiens musulmans.
> Sinon, les bábís n’auraient pas laissé vivant un seul de ces personnages. C’est en
> effet Bahá’u’lláh qui, par des paroles pures et célestes, plus rafraîchissantes que le
> zéphyr du matin qui s’élève de la roseraie, plus limpides que la pluie printanière
> qui tombe goutte à goutte des pétales de la rose parfumée, a éduqué ses
> compagnons de telle sorte que les gens en étaient stupéfaits. Car, lors des terribles
> batailles de Nayríz, de Zanján et du Mazandéran, ces âmes courageuses, dont trois
> cent treize résistèrent pendant de nombreux mois à des milliers de soldats des
> troupes régulières du gouvernement, ont déconcerté leur ennemi ainsi que les
> guerriers d’autres nations, par leur valeur, leur héroïsme, leur courage, leur
> fermeté et leur résolution. Les glorieux enseignements de Bahá’u’lláh ont
> tellement attendri leur cœur et adoucit leur attitude que depuis les longues années
> qui se sont écoulées de son arrivée à Bagdad jusqu’à aujourd’hui, ils ont fait preuve
> de tolérance et de retenue au cours de nombreux événements importants et n’ont
> commis aucune action susceptible de troubler une âme ou d’être contraire à la loi
> d’un gouvernement. Ils ont été tués, mais n’ont tué personne. Ils ont subi de
> violentes calamités, mais leurs lèvres ne se sont pas ouvertes pour se plaindre8.
> Lorsque Hájí Muhammad-Rida d’Ispahan a été martyrisé dans la ville d’Ashkabad
> en 1882, le chef de la police avait constaté que la ville était en pleine effervescence
> et que les bahá’ís étaient en danger. Il les autorisa donc à porter des armes, ce
> qu’ils ne firent pas, considérant que la mort valait mieux que l’autodéfense. Le
> gouvernement avait alors engagé le procès des conspirateurs qui avaient assassiné
> le martyr. Après cinq mois de procès, les deux parties ayant été questionnées et
> entendues, un haut magistrat du ministère de la guerre, accompagné de troupes,
> arriva en provenance de Saint-Pétersbourg. Une audience publique, dont le
> compte rendu serait fastidieux, se tint. Ce tribunal ordonna que deux des
> meurtriers soient pendus et que les conspirateurs soient emprisonnés à vie aux
> travaux forcés en Sibérie. Kamaroff, le vainqueur de Merv, le vice-roi de la
> province, était gouverneur et il avait le droit d’alléger cette peine. Trois jours après
> la fin du procès, quatre bahá’ís se présentèrent devant lui et intercédèrent pour les
> meurtriers condamnés. Le gouverneur, très satisfait de l’excellente conduite et de
> la bonne éducation des bahá’ís, accepta leur intercession et exerça son autorité en
> changeant le verdict de pendaison en exil et en réduisant la peine des autres des
> travaux forcés à une simple réclusion9. Ces évènements ne sont pas fondés sur des
> ouï-dire, mais sont consignés dans le registre du gouvernement d’Achkabad et
> dans d’autres documents officiels.
> Une moralité aussi pure, une telle bonté et une telle douceur, une telle éducation
> et une telle noblesse de comportement pourraient-elles être inculquées par
> quelqu’un qui aurait tenté d’empoisonner et d’assassiner son propre frère ? Quid
> des paroles du Christ : « Vous reconnaîtrez l’arbre à ses fruits » ? Et quid du critère
> incarné par les mots : « Car c’est d’après tes paroles que tu seras justifié, et c’est
> d’après tes paroles que tu seras condamné. » 10
> Est-ce que haïr les gens de Bahá doit conduire à nier tous les critères et toutes les
> règles fiables de jugement ? « À vous de juger » 11.
> 
> Le panthéisme
> Quant au deuxième point, à savoir l’affirmation selon laquelle le credo des bahá’ís
> serait panthéiste, il s’agit là aussi d’une calomnie manifeste et d’une accusation
> erronée, démontrant l’ignorance de Peter Z. Easton sur ce sujet. En effet, les
> enseignements de Bahá’u’lláh ne ressemblent en rien au panthéisme. Le
> panthéisme est une question philosophique et son traitement est l’affaire de
> savants et d’érudits. Il n’a rien à voir avec la fonction de la révélation ou la position
> des fondateurs de religions. Je pense que c’est l’école de philosophie
> platonicienne, fondée sur la dévotion, la réclusion, une discipline rigide et le refus
> des plaisirs corporels qui est à l’origine du panthéisme. La même philosophie est à
> l’origine du célibat dans le christianisme et du soufisme dans l’islam. Elle est
> passée des brahmanes de l’Inde aux philosophes d’Athènes et aux platoniciens
> d’Alexandrie, connus sous le nom de néoplatoniciens.
> Cette école platonicienne tardive soutient que la réalité de l’esprit, qui est une
> essence active agissant dans le monde entier, est indivisible. Cette réalité
> indivisible, essence simple et identité éternelle, comprend toute chose, et les âmes
> de tous les organismes animés ne sont que des rayons émanant de cette réalité
> éternelle. Ces platoniciens ont tiré de ce principe la théorie selon laquelle chaque
> âme humaine, rayon de la Réalité divine universelle, goutte de la mer de l’éternelle
> et sainte Essence, est confinée dans la prison du corps et donc séparée de cette
> vraie Réalité simple et universelle. Ils enseignaient que celui qui cherche la
> perfection doit s’astreindre à une discipline sévère telle que veilles, prières
> continues, jeûne, abstention de tout luxe physique et refus des bienfaits matériels,
> afin de libérer son âme de la prison du corps, de l’amener à s’unir à l’éternelle et
> seule réelle Réalité pour atteindre l’apogée de la félicité éternelle.
> Se référant à cette théorie, Ibn Miskawayh cite dans son ouvrage Tahdhib al-akhlaq
> (La Purification des mœurs) une citation du « divin Platon » : « Meurs par ta volonté
> et tu vivras par ta nature ». Il s’agit là d’une brève description du panthéisme, de sa
> source et de son origine. Si l’on a la curiosité d’étudier la création et la formation
> des nations, on trouvera les éléments de cette étonnante doctrine disséminés chez
> les pays occidentaux. On retrouvera également le panthéisme dans la pensée des
> philosophes grecs. Les références à ce sujet nous sont parvenues par le biais de
> traités et d’essais d’érudits, et on en trouve des descriptions dans divers livres et
> écrits. Sans le désir d’éviter la prolixité, nous tirerions des exemples de ces écrits
> afin que la vérité soit connue des hommes perspicaces, et que l’origine du
> panthéisme, ainsi que l’ignorance de Peter Z. Easton à ce sujet, deviennent claires
> et manifestes.
> ‘Abdu’l-Bahá, dans Les leçons de Saint-Jean-d’Acre, montre clairement la position
> des tenants du panthéisme. Il affirme que ses adeptes sont opposés à
> l’enseignement de tous les Prophètes, de tous les Messagers, et il supprime toutes
> les raisons de ces superstitions. On trouvera à la page 294 de ce livre la
> superficialité de ces fausses accusations minutieusement exposée12.
> 
> Un gouvernement despotique
> Pour le troisième point, Peter Z. Easton déclare que l’objectif de la religion bahá’íe
> est le retour à un gouvernement despotique.
> Au-delà de la fausseté et de la calomnie pure et simple de cette déclaration, c’est
> encore une preuve de son manque d’information concernant les lois et les
> ordonnances de la foi bahá’íe. Il ignore ainsi ce qui est explicitement révélé dans le
> Kitáb-i-Aqdas (Le Livre des lois) concernant l’organisation dans chaque ville du
> monde d’une maison de justice dont les membres, selon les conditions énoncées
> dans le livre, seront élus par le peuple. Ces membres doivent tenir leurs
> consultations dans la plus grande pureté de conscience et de bonne volonté.
> D’ailleurs, dans la Tablette « Les bonnes nouvelles »     , qui est l’une des Tablettes
> bien connues de cette très grande Manifestation, le contenu du dernier paragraphe
> est le suivant : « Bien qu’une forme républicaine de gouvernement pro te à tous
> les gens du monde, la majesté de la royauté est l’un des signes de Dieu. Nous ne
> voulons pas que les pays du monde en restent privés. Si les sages réunissent les
> deux formes en une seule, grande sera leur récompense auprès de Dieu» En
> d’autres termes, la souveraineté héréditaire devrait être limitée par un parlement
> national, une assemblée représentative. De cette façon, les problèmes nationaux et
> les questions de citoyenneté trouveront une solution grâce à la coopération de
> ces deux institutions ; le pays et la nation pourront ainsi atteindre la perfection et
> les gens parviendront au plus haut niveau de bien-être et de prospérité. Cette
> « Tablette des bonnes nouvelles », devrait être considérée à tous points de vue
> comme l’expression magnifique des paroles célestes, et à sa lecture on s’exclamera
> certainement : « Béni soit Dieu, le plus excellent des Créateurs ! »
> 
> fi
> Dans l’une des longues Tablettes considérées comme suppléments au Kitáb-i-
> Aqdas, Bahá’u’lláh prend pour exemple la forme de gouvernement constitutionnel
> et l’assemblée représentative du gouvernement britannique15. Ainsi, la forme de ce
> grand gouvernement a reçu son approbation. Par conséquent, la crainte d’un
> retour au despotisme est due à l’ignorance des commandements de cette très
> grande Manifestation et au fait que l’on se fie aux paroles des ennemis concernant
> ces questions internationales.
> 
> Nouveaux commandements
> En ce qui concerne le quatrième et plus important point, il demande : « Quel
> nouveau commandement y a-t-il dans la religion bahá’íe qui manque dans le
> christianisme ? »
> C’est une question absconse qui ne peut être pleinement comprise que si l’on est
> bien versée dans les livres des deux religions. Nous l’exposerons néanmoins d’une
> manière claire, facilement comprise par tous. Nous expliquerons les
> caractéristiques spécifiques de ce grand mouvement et prouverons la nécessité de
> cette très-sainte Manifestation, Bahá’u’lláh, pour le confort et l’édification du
> monde. Ainsi les personnes désintéressées parviendront à la compréhension et
> tout être juste élèvera une action de grâces pour ce grand don de Dieu, le Très-
> Glorieux.
> Il est évident pour toute âme éclairée que le monde de l’humanité atteindra la
> perfection, et que le bonheur et le bien-être, désir des nations et but de tous les
> cœurs, seront assurés, lorsque les différences religieuses et le sectarisme, cause
> d’aliénation et de séparation, seront complètement éliminés du monde, et que
> toutes les brouilles et tous les schismes, ainsi que les divisions raciales,
> patriotiques et politiques, etc. seront dissipés. Ainsi les hommes pourront devenir
> des frères, aimants et bienveillants les uns envers les autres. Ces terribles guerres,
> les plus grandes catastrophes de l’humanité et de la civilisation, disparaîtront. Les
> dépenses énormes, sans aucun doute cause de l’appauvrissement des hommes et
> de la destruction du monde, ne seront plus consacrées à des activités destructrices
> et à des machines infernales. Cette question est si claire, si évidente que l’esprit le
> plus déficient peut en juger. Cela étant, cette condition a été confirmée par les
> bonnes nouvelles divines et établie par les prophéties célestes. En effet, les saintes
> Écritures rapportent explicitement qu’au grand Jour, exalté sous divers noms : « le
> dernier jour », « le temps de la fin », « le dernier jour », « le jour du Seigneur »,
> etc16, le Seigneur glorieux se révélera et unira toutes les nations dans l’adoration du
> Dieu unique. Il enseignera à tous des qualités élevées et spirituelles, au point que
> les guerres et les conflits seront éliminés, que la rancune et la haine seront
> remplacées par la sociabilité et la paix, et que les instruments de guerre seront
> remplacés par des instruments de culture et de commerce. Voilà un bref exposé
> des promesses des prophètes concernant le « dernier jour ».
> Toutes les nations attendent et anticipent l’avènement d’un tel jour et la venue
> d’une si grande cause ; en fait, elles prient et supplient Dieu de hâter son arrivée.
> Le sens des prophéties
> En effet, toutes les Manifestations de Dieu, les fondateurs de religion qui sont
> venus auparavant ont mentionné les signes de ce grand événement dans leurs
> livres respectifs, et les ont soulignés et clairement rapportés dans leurs discours.
> Mais chacun a rapporté les mêmes signes que son prédécesseur et a répété les
> mêmes paroles, sans pour autant expliquer le sens de ces signes et de ces
> conditions, ni faire connaître son objectif dans ce domaine. Par exemple, voyez
> comment, pendant mille ans, Moïse et les prophètes israélites ont annoncé aux
> gens la venue du Seigneur des armées qui harmoniserait et unirait tous les peuples
> dans l’adoration d’un Dieu unique. Parmi les signes qu’ils ont annoncés du jour de
> sa venue, citons :
> • Les cieux repliés.
> Le soleil obscurci.
> • La lune éteinte.
> •
> 
> • La chute des étoiles du ciel.
> • Les morts qui sortiront de leurs tombeaux.
> • Les animaux féroces qui feront la paix avec les animaux domestiques.
> • Et qui partageront les mêmes pâturages et la même nourriture.
> • Les enfants qui joueront avec des serpents venimeux.
> • Le peuple d’Israël, humilié et dispersé parmi toutes les nations de l’Orient
> et de l’Occident, qui sera de nouveau rassemblé par le Seigneur des armées,
> qui l’établira dans sa terre promise et lui conférera une gloire et une
> domination éternelles.
> 
> Telles sont, en résumé, quelques-unes des prophéties que tous les prophètes
> israélites ont annoncées à leur peuple et consignées dans leurs livres. Ils n’ont
> cependant pas affirmé que ces promesses devaient être prises au sens littéral, sans
> symbolisme ni interprétation, ni que les textes symboliques n’étaient pas sujets à
> commentaires.
> Quinze cents ans après Moïse, les mêmes promesses et les mêmes signes ont été
> révélés par le Christ – sur lui soit la gloire ! Considérez les versets 29-31 du vingtquatrième chapitre de saint Matthieu17 et les dixième et onzième versets du
> troisième chapitre de la deuxième épître de l’apôtre Pierre18, pour constater la
> mention très claire de ces promesses et de ces signes. De même, le Christ et ses
> disciples se sont contentés de mentionner ces signes, comme l’ont fait les
> prophètes israélites, sans chercher à en expliquer le sens. En conséquence, le
> clergé chrétien n’était pas d’accord sur l’interprétation de ces livres saints, certains
> commentateurs affirmant que ces promesses étaient des déclarations littérales, non
> sujettes à interprétation, et qu’elles devaient donc s’accomplir absolument,
> d’autres affirmant que ces promesses étaient symboliques et qu’il s’agissait de les
> interpréter afin que leur signification réelle devienne évidente, c’est-à-dire attendre
> que le Sceau du Livre soit ouvert au dernier jour.
> Six cents ans après le Christ, le « Sceau des Prophètes » 19 a annoncé sa mission et
> les mêmes promesses ont été à nouveau révélées dans le Coran. Les mêmes
> conditions et les mêmes signes ont été répétés à l’identique. Mais là encore, le
> Coran ne fait aucune référence au sens de ces prophéties, pas plus qu’il ne précise
> si elles sont symboliques ou sujettes à interprétation. Par conséquent, si on
> examine ce qui a été dit, on constate très clairement que les plus grands obstacles à
> l’unification des nations ont été ces prophéties, ces bonnes nouvelles, ces
> conditions et ces signes. En effet, les divers peuples ont été empêchés de s’unir les
> uns avec les autres parce que le sens de ces prophéties n’était pas clair.
> Donner des exemples conduit à la prolixité, mais je vais le faire dans le but
> d’éclairer et d’élucider davantage la question pour le lecteur. Supposons qu’un
> missionnaire chrétien dise à un juif : « Cher ami, pourquoi es-tu endormi et
> insouciant ? Le Messie promis, dont la venue a été annoncée par tous les
> prophètes, est apparu. » Imaginez alors que le juif réponde : « Splendide ! Quelle
> belle annonce et quelle joyeuse nouvelle ! Nous, les juifs, avons subordonné tous
> nos souhaits à la venue du Messie et nous implorons chaque jour par la prière son
> avènement ! Voyons maintenant ce Messie promis que vous déclarez être apparu. »
> Le missionnaire chrétien répond : « Le Messie promis est ce malheureux jeune
> homme, Jésus de Nazareth, qui a sacrifié sa vie pour la libération et le salut du
> monde. » Le juif répondra : « Cher maître, les livres saints font état de signes clairs
> concernant l’apparition du Messie, mais aucun d’entre eux ne s’est réalisé. Nous,
> les juifs, n’avons pas acquis notre religion si facilement que nous puissions
> l’abandonner sans réfléchir. Vous vous considérez comme un enseignant des
> Livres saints. Voyez donc dans les Livres saints les passages selon lesquels, au
> moment de la venue du Messie promis, le soleil s’obscurcira, la lune se changera
> en sang, le nouveau ciel et la nouvelle terre apparaîtront, les étoiles tomberont, les
> morts ressusciteront. Où et quand ces prophéties se sont-elles réalisées au temps
> du Nazaréen et qui les a vues ? En outre, permettez-moi de vous montrer de
> nombreux passages dans lesquels il a été clairement révélé que lorsque le Messie
> promis apparaîtra, il rassemblera tous les juifs dispersés dans le monde et les
> sauvera de leur grande humiliation, de l’exécration et de la tyrannie qu’ils
> subissent. Il les établira en Terre sainte et leur conférera domination et gloire.
> Dites-moi maintenant quand Jésus de Nazareth a-t-il accompli cela ? Or, par sa
> venue, c’est le contraire qui s’est produit, car nous étions établis en Terre sainte,
> mais nous avons été dispersés. Nous étions estimés, nous sommes humiliés. Nous
> étions rassemblés, nous sommes dispersés. Nous étions bénis, nous avons été
> frappés de malédiction. Tout cela est contraire aux promesses faites au peuple juif.
> Accepter Jésus serait donc renié ces glorieux prophètes. »
> Bref, à ce stade de la conversation, le missionnaire chrétien ne peut pas répondre
> au juif. En effet, il ne comprend pas lui-même le sens réel de ces bonnes nouvelles.
> Comment pourrait-il les expliquer aux juifs et les convaincre ? C’est pourquoi,
> pendant cette longue période, les missionnaires chrétiens ont tenté de déconcerter
> et de troubler les juifs, sans toutefois emprunter le chemin de la vraie connaissance
> et de la vraie preuve. Au lieu de les rapprocher des Évangiles, ils les ont contrariés
> et éloignés.
> C’est pourquoi l’histoire de l’Église nous apprend qu’au cours de cette longue
> période, c’est-à-dire depuis la conversion du grand Constantin jusqu’à nos jours,
> tant à l’époque de Charlemagne qu’au cours des croisades, ils ont à maintes
> reprises tenté de forcer les juifs à accepter le christianisme pour en fin de compte
> échouer. Or, s’ils avaient connu la signification de ces bonnes nouvelles, ils
> n’auraient pas eu besoin de recourir à la force et à la contrainte.
> L’attitude du musulman à l’égard du chrétien est similaire. Lorsque le musulman
> veut prouver à un chrétien la véracité de la mission du « Sceau des Prophètes », il
> le renvoie aux signes rapportés dans le vingt-quatrième chapitre de l’évangile de
> Matthieu. Ce musulman, n’en comprenant pas le sens, se sent obligé de dire que
> l’Évangile qui est entre les mains des chrétiens n’est pas l’Évangile originel
> descendu avec Jésus. Comme vous pouvez le vérifier, les musulmans établiront
> clairement, en paroles et en écrits, que cet évangile a été interpolé par les érudits
> chrétiens avant d’être attribué au Christ. . Dans ce cas, le chrétien, pour qui la
> réalité de l’Évangile est évidente et l’amour de ce Livre saint fermement établi dans
> son cœur, sera stupéfait de la réponse du musulman qu’il jugera fausse. Au lieu de
> se seentir en communion et amitié avec le musulman, le chrétien deviendra un
> ennemi de la religion islamique et un adversaire des musulmans.
> Bref, l’un des grands obstacles à l’unité des nations est cette difficulté expliquée
> dans le paragraphe précédent. Tous ces problèmes abscons s’expliquent par
> l’affirmation que les missionnaires chrétiens, ne comprenant pas le sens réel des
> Livres des religions apparues avant la manifestation du Christ, ne peuvent pas
> guider les autres vers leur propre religion. Voilà qui est évident.
> Quant aux religions apparues après le Christ, dans la mesure où reculer est
> contraire au progrès et à l’avancement évidents dans la marche du monde, le
> 
> chrétien ne peut pas inverser le développement et pousser les gens à descendre
> sur l’échelle du progrès pour qu’ils le rejoignent. Lord Curzon, ce grand homme, a
> en partie compris ce point lorsqu’il écrit : « La conversion des Orientaux à la
> religion chrétienne n’a pas de résultat. »
> Ce sujet étant clairement élucidé, nous soutenons que l’état actuel du progrès dans
> le monde nécessite la venue de la plus grande Manifestation qui est Bahá’u’lláh.
> Alors qu’il résidait à Bagdad, le premier livre qu’il révéla fut le Kitáb-i Íqán, qui est
> la clé permettant de briser les sceaux des Livres saints. Il y explique les réalités
> révélées dans les Écritures. Grâce à lui, les portes de la compréhension des paroles
> prophétiques s’ouvrent aux yeux des gens de Bahá, la signification réelle des
> bonnes nouvelles divines est révélée et le sens latent et incompris de certains
> termes comme « mort », « vie », « ciel », « terre », « soleil », « lune », « étoiles »,
> « résurrection », etc.   s’éclaircissent. Ainsi, apparaissent les signes de l’accord et
> de la concorde entre gens qui étaient hostiles et opposés.
> Vous observez en effet que la religion bahá’íe n’en est qu’à ses débuts, mais les
> questions et les doctrines difficiles ont été si clairement expliquées et si facilement
> acceptées par des gens divers que nombreux parmi les zoroastriens, les juifs, les
> nosayris, etc. qui n’ont jamais cru au Christ et n’ont jamais écouté un seul verset
> de l’Évangile, sont maintenant devenues des croyants reconnus de Bahá’u’lláh
> grâce à l’effet de ses paroles bénies. De plus, ils considèrent le Christ comme le
> Seigneur promis et son Livre céleste comme la sainte Parole divine. Ils s’associent
> aux chrétiens et fréquentent leurs fêtes et leurs rassemblements avec la plus
> grande gentillesse et la plus grande fraternité.
> Dans un esprit de grande amitié, je pose une question à cet estimé missionnaire
> Peter Z. Easton qui, sans comprendre le moins du monde la signification du
> Royaume du Christ, en fait l’éloge : Qu’est-ce qui rend proche le Royaume du
> Christ : les signes évidents dont je viens de parler ou l’anathème, l’exécration, les
> paroles inconvenantes, la rédaction d’articles avilissants dans des magazines où la
> diffamation et la calomnie sont attribuées à des âmes pures et saintes ?
> C’est tout à fait étonnant ! Nous ne savons pas ce que M. Easton et ses alliés
> entendent par « Royaume du Christ » ni ce qu’il signifie pour eux. Le Royaume du
> Christ est-il destiné à la ratification et à l’exécution de sa parole ou à prouver le
> contraire des paroles du Christ et à promulguer les attributs de ses ennemis ?
> Le Christ déclare clairement : « Bénissez ceux qui vous maudissent » 22, alors que
> M. Easton et ses pairs appliquent l’inverse : « Maudissez ceux qui vous bénissent ».
> L’âme qui cherche la bénédiction et la miséricorde, ils la caractérisent par des
> mots des plus inconvenants et lui souhaitent le mal et la perdition. Bahá’u’lláh
> prouve aux nations incrédules que le Christ était le Fils et le Verbe de Dieu, alors
> que M. Easton et ses pairs déclarent Bahá’u’lláh l’Antéchrist.
> Comme c’est étrange ! Dans sa première épître, Jean l’Évangéliste dit : « Celui qui
> pratique la justice est juste » 23, mais eux, ses adversaires disent : « Celui qui
> pratique la justice est en vérité un meurtrier et un imposteur » 24. De même, dans
> cette épître, il dit : « Quiconque confesse que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu
> demeure en lui et lui en Dieu » 24 ; mais eux disent que celui qui, de leur propre
> aveu, a convaincu trois millions d’âmes et leur a fait accepter que Jésus était le Fils
> et le Verbe de Dieu, est privé de la connaissance de Dieu et ne reçoit pas l’onction
> de Dieu. N’avons-nous pas clairement démontré que par la phrase : « Vous
> connaîtrez l’arbre à ses fruits », dans le sermon sur la montagne, il faut
> comprendre que le but du Christ était que nous ne fassions pas attention aux
> fausses accusations et que nous n’écoutions pas ce que les gens de préjugés
> répandent parmi les hommes ? Nous devrions au contraire considérer les actes de
> chaque personne comme le bon critère pour la juger et faire ainsi la différence
> entre vérité et mensonge.
> 
> Enseignements bahá’ís nouveaux
> Bref, revenons au sujet initial, qui renvoie à la question de Peter Z. Easton :
> « Qu’est-ce que Bahá’u’lláh a apporté qui ne se trouve pas dans la religion
> chrétienne ? » Le but principal de la Révélation de Bahá’u’lláh est de résoudre les
> complexités des Livres célestes, de faciliter l’élimination des différences entre les
> nations et d’établir l’unité et l’harmonie entre les différentes parties du monde
> humain. C’est une preuve suffisante de la grandeur et de la profondeur de la
> religion bahá’íe, mais nous allons maintenant examiner les lois et les ordonnances
> de cette religion, expliquer leurs vertus spécifiques, leurs avantages et leurs bons
> résultats.
> Tout d’abord, le commandement, particulièrement caractéristique de la religion
> bahá’íe et que l’on ne retrouve pas dans les autres religions, est de « s’abstenir
> d’accorder du crédit aux traditions verbales ». Il est bien connu des historiens que
> ce sont les traditions verbales qui ont divisé les juifs en deux grandes sectes. Ces
> traditions sont à la base du livre du Talmud et ont causé la division de cette nation.
> L’une des deux branches, le rabbinisme, considère les enseignements du Talmud
> comme la loi qu’il faut suivre et estime qu’il s’agit du meilleur moyen de préserver
> et de pérenniser le peuple juif. L’autre branche, le karaïsme, considère le Talmud
> comme une hérésie pure et simple, qui mène à la perdition. Il est donc impossible
> d’harmoniser ces deux branches ou de mettre fin à leur opposition mutuelle.
> De même, dans la religion chrétienne, la principale cause de schisme et de division
> furent ces traditions verbales qualifiées d’authentiques. Chaque Église chrétienne,
> la catholique, l’orthodoxe, la jacobite, la nestorienne et d’autres, considère qu’il est
> obligatoire de suivre ces traditions héritées et transmises par les pères de leurs
> Églises, comme le texte même du Livre saint.
> Ainsi, lorsque la question de l’unification des chrétiens se posait dans l’un des
> grands conciles, chacun se prévalait de ces traditions qui s’opposaient à l’union et
> à l’harmonie. De même en islam, revendiquer les traditions verbales, rapportées du
> Fondateur de cette religion après sa mort, a été la cause de la division en diverses
> branches, notamment les sunnites, les chiites et les kharajites, ou en écoles
> secondaires : hanafite, malakite, chaféite, hanbalite, etc. Chacune s’en tenant à un
> ensemble de traditions qu’elle considère comme authentiques.
> Bahá’u’lláh a fermé cette porte, la plus grande souce de sédition, car il a clairement
> annoncé que « dans la religion de Dieu, on doit se référer aux questions révélées
> dans le Livre et toutes les questions qui n’y sont pas dépendent d’une décision de
> la Maison de justice. » Ainsi, tous les récits, les relations et les traditions verbales
> sont discrédités aux yeux des bahá’ís et la porte de la dissension, la plus grande des
> portes de l’enfer, a été fermée à double tour.
> Deuxièmement, l’une des lois propre à la religion bahá’íe est l’interdiction
> d’interpréter la parole de Dieu, car l’interprétation des paroles et l’exposé
> d’opinions personnelles ont été l’un des plus grands moyens de dissension dans
> les religions précédentes, la cause de l’assombrissement de l’horizon de la foi et de
> l’occultation de la signification réelle du Livre de Dieu.
> Il est évident que les hommes instruits n’ont pas tous le même esprit et que les
> dons naturels de sagacité et d’intelligence, ou le degré de compréhension et
> d’intelligence, varient parmi eux. Ainsi, lorsque la porte de l’interprétation et de la
> perversion du sens évident des phrases est ouverte, d’étranges opinions et de
> curieuses et contradictoires interprétations en résultent, des sectes différentes
> naissent alors au sein d’un même peuple, d’une même communauté.
> Par conséquent, Bahá’u’lláh a explicitement ordonné à ses disciples d’abandonner
> complètement la voie de l’interprétation pour suivre les paroles révélées dans les
> Tablettes selon leur sens évident, afin que ce qui s’est produit parmi les nations
> passées ne se reproduise pas parmi le peuple bahá’í et que les événements fâcheux
> apparus parmi les diverses sectes en raison de la différence de mentalité et de
> point de vue, ne se manifestent pas en ce jour nouveau et prometteur qui est le
> jour du Seigneur glorieux.
> Ainsi, l’un des commandements explicites de cette grande Manifestation,
> Bahá’u’lláh, est l’abrogation des différences qui séparent les hommes. Et l’une des
> occasions de dissension est la différence d’opinions entre les savants concernant la
> position de la Manifestation de la Cause. Dans les religions précédentes, l’histoire
> montre que lorsque, sur une question de ce genre, une différence apparaissait
> entre deux docteurs en religion, les deux parties, fermes sur leurs positions,
> insistaient sur la justesse de leur point de vue, tandis que les laïcs, selon l’usage,
> adhéraient à l’un ou à l’autre, fermant ainsi les portes à l’accord et à l’unité à tel
> point que la fraternité religieuse se transforma en une profonde et violente
> inimitié, la dissension intellectuelle se terminant en luttes et en guerres sanglantes.
> Au quatrième siècle, les divergences de vues entre le prêtre Arius et l’évêque
> Alexandre au sujet de la Trinité, ou les divergences du cinquième siècle entre
> l’évêque Nestorius et les autres évêques, qui ont provoqué des guerres terribles et
> l’effusion d’un sang précieux, en sont de bonnes illustrations. Les conséquences
> de ces tristes dissensions ont perduré jusqu’à nos jours. Il s’agit là de preuves
> et d’évidences claires pour le point en question.
> Le temps nous manque pour mentionner les nombreuses sectes et divisions des
> gnostiques et autres, dont les historiens de l’Église ont dénombré plus de trente, et
> les ont regroupées sous l’étiquette « nés de la philosophie ». Nous renvoyons tous
> ceux qui souhaitent obtenir des informations complètes aux ouvrages qui font
> autorité en la matière, afin qu’ils se rendent compte que toutes ces divisions et ces
> sectes sont nées des désaccords des savants quant au degré et au rang du Christ, et
> de leur insistance sur leurs opinions respectives.
> Troisièmement, le désaccord des docteurs quant au rang de la Manifestation de
> Dieu est l’une de ces questions abstruses et dif ciles à résoudre qui se sont
> révélées dépasser les capacités des grands esprits et qui ont déconcerté un roi aussi
> puissant que Constantin le Grand. En effet, malgré l’aide et la coopération des
> grands évêques d’Orient et d’Occident, il n’a pas pu réconcilier les différentes
> parties de la controverse arienne.
> Pendant cette longue période, le pouvoir des conciles locaux, l’épée des puissances
> européennes et le verdict des tribunaux inquisitoriaux n’ont pas réussi à éliminer
> fi
> 
> les divisions et les schismes causés par ces discussions métaphysiques. Mais
> l’élimination de ce problème insoluble et de cette maladie incurable par les
> moyens les plus simples a été dévoilée dans les ouvrages bahá’ís. En effet, dans
> l’une de ses saintes Tablettes, Bahá’u’lláh a révélé ce qui suit : « Puisque les
> hommes diffèrent dans leur degré de connaissance, s’il s’avère que deux personnes
> ont des points de vue différents en ce qui concerne la nature et le rang de la
> Manifestation de Dieu, les deux sont acceptables devant Dieu, car, conformément
> au verset béni : « En vérité, nous avons créé des âmes différentes en degrés », Dieu
> a créé des hommes différents en compréhension et en manières. Mais si ceux qui
> ont deux points de vue s’engagent dans des conflits et des querelles en exprimant
> leur point de vue, ils sont tous deux rejetés. En effet, la connaissance de la
> Manifestation de Dieu a pour but d’unifier les cœurs, de cultiver les âmes et
> d’enseigner la vérité de Dieu, alors que les conflits et les querelles de deux
> personnes ayant deux points de vue différents nuiraient à la cause de Dieu. C’est
> pourquoi elles sont toutes deux envoyées au feu » 25. Tel est en résumé le contenu
> de cette Tablette. Par conséquent, dans cette sainte cause, personne n’a le pouvoir
> de créer la discorde et, par crainte de faillir, personne n’ose persister dans sa
> propre opinion au détriment de l’harmonie.
> Quatrièmement, parmi les lois spécifiques clairement établies dans la Cause de
> Bahá’u’lláh figure la loi interdisant l’esclavage26, qui n’est pas mentionnée dans les
> autres religions. Comme aucun des anciens Livres célestes n’a interdit ce trafic,
> tous les instincts humanitaires qui ont poussé les grandes puissances à l’abolir et à
> le détruire n’ont pas pu détourner les gens du peuple de cette pratique abominable
> qui a coûté aux gouvernements et aux nations beaucoup d’ennuis et de dépenses.
> Par exemple, la libération des esclaves constitue l’une des responsabilités
> importantes du gouvernement égyptien. Cela représente une lourde charge pour le
> trésor public. En outre, le procès et l’inculpation des personnes coupables de ce
> trafic infâme entraînent de grandes afflictions et souvent la ruine de nombreuses
> familles notables.
> Cinquièmement, parmi les lois propres à cette grande Cause, il y a celle qui rend
> « obligatoire pour tous l’exercice d’une profession comme moyen de subsistance, et
> l’obéissance à cette loi est considérée comme une prière » 27 Si un homme
> perspicace considérait cet important commandement, il pourrait témoigner du
> grand bénéfice qu’il contribuerait à réguler les affaires de la civilisation et à
> éliminer les obstacles et les calamités de la société humaine. En effet, il est évident
> qu’à l’heure actuelle, d’innombrables âmes : moines, anachorètes, ermites, dévots
> religieux, dignitaires et autres, bien que saines de corps et de membres,
> s’abstiennent de toute occupation et de tout commerce, passant leur temps dans
> l’indolence et l’oisiveté et vivant du produit du travail d’autrui. En réalité, ces
> hommes sont comme des membres atrophiés du corps de l’humanité et un lourd
> fardeau pour les hommes d’industrie et d’agriculture. Lorsque, par une loi
> religieuse, ces innombrables âmes abandonneront l’oisiveté et l’indolence et
> s’adonneront à des occupations utiles, on comprend combien cela contribuera à la
> richesse commune et supprimera les difficultés de la société.
> Sixièmement : Une loi rend obligatoire l’éducation des enfants des deux sexes.28
> Cette loi est aussi l’un des commandements explicitement révélés dans cette très
> grande Cause. Il n’en est pas fait mention dans aucune des autres religions où
> l’éducation des gens dépend d’une loi du gouvernement. Précédemment, si un
> gouvernement omettait de promulguer un décret prévoyant l’enseignement
> obligatoire, et que cette omission entraînait la décadence de l’apprentissage et du
> savoir, la nation n’en tenait aucun compte, et les gens ne considéraient comme
> responsables, ni eux ni le gouvernement. En effet, aucune loi concernant ce sujet
> n’a été révélée dans les Livres saints. Mais lorsqu’une loi est établie dans le Livre
> saint d’une nation, chacun des membres de celle-ci se considère comme tenu de
> l’appliquer, et personne ne manquera de respecter cette loi, car ils ne dépendront
> pas du gouvernement pour le faire.
> Septièmement : le commandement interdisant l’anathème et l’injure et obligeant
> chacun à s’abstenir de prononcer ce qui peut offenser les hommes29. Car, comme
> le montre la science morale, l’anathème, l’injure et les paroles dures et offensantes
> sont l’une des plus grandes causes d’aliénation des cœurs, de rancune des esprits,
> de haine et d’animosité entre les gens et de cause de guerres calamiteuses. « En
> vérité, la guerre commence par les mots » disent les sages et le poète Firdousi a
> dit : « Un simple mot peut être cause de guerre ». Un autre vers illustre ce point :
> « La blessure infligée par la langue est plus profonde que celle infligée par l’épée ».
> Si l’on réfléchit aux divergences et aux schismes dont nous avons parlé, qui se sont
> produits parmi les peuples chrétiens, créant des sectes et des écoles différentes,
> telles que les ariens, les nestoriens, les gnostiques, etc., allumant le feu de terribles
> batailles et de violentes calamités, on constate clairement, d’après le témoignage de
> faits authentiques, que la cause principale et initiale de ces divisions et de ces
> désastres était la divergence d’opinions entre deux religieux érudits, deux
> théologiens, divergence qui donnait lieu à des discussions et à des controverses.
> Pour vaincre son adversaire et démontrer la justesse de son point de vue, parce
> qu’il était persuadé que sa propre opinion était la bonne, chacun persistait dans
> son attitude au point d’en arriver à être dur envers l’autre. Cette dureté conduisait
> progressivement à des allusions et à des déclarations gênantes qui, avec le temps,
> culminaient en injures, exécrations, luttes et même effusion de sang. Il n’est pas
> nécessaire de mentionner ici les conséquences néfastes de ces luttes religieuses et
> leurs effets négatifs sur la société humaine. En effet, les calamités causées au cours
> des âges par ces divergences sont consignées dans les livres d’histoire de toutes les
> nations, et les épreuves qui se poursuivent jusqu’à notre époque, résultats
> douloureux de ces dissensions, sont évidentes pour tout homme intelligent.
> On pourrait peut-être avancer une objection disant que les ordonnances
> interdisant l’anathème et l’exécration se trouvent dans les autres Livres saints,
> comme par exemple les commandements du Christ, dans le Sermon sur la
> Montagne, dans lequel il déclare très clairement : « …celui qui dira : « Fou » sera
> passible de la géhenne de feu » 30 Dans le Coran, il est dit : « Ne maudissez pas ceux
> qui prétendent (à une mission spirituelle) sans la permission de Dieu, maudissant
> ainsi Dieu comme un ennemi » 31. La réponse à cette objection est évidente pour
> les gens perspicaces, car de telles ordonnances et interdictions sont considérées
> par les savants comme des commandements éducatifs et non comme des lois et des
> textes de loi de la religion. Considérez ce commandement du « Sermon sur la
> Montagne », dans lequel il déclare : « Quiconque se met en colère contre son frère
> en répondra au tribunal ». Il dit encore : « Ne vous amassez pas de trésors sur la
> terre» et encore : « Ne vous inquiétez donc pas du lendemain. » Il dit aussi : « Celui
> qui te frappe sur la joue droite présente-lui aussi l’autre » ; et « Si quelqu’un veut
> […] prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau ». Plus loin, il dit : « Donne à
> celui qui te demande et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi » 32
> Il est évident que les savants et les docteurs des religions chrétienne et musulmane
> n’ont pas considéré ces commandements comme impératifs. Les spécialistes du
> droit et la jurisprudence n’ont pas jugé que ceux qui désobéissaient à ces lois
> méritaient d’être punis et jugés. Au contraire, comme nous l’avons dit, ils ont
> unanimement considéré qu’il s’agissait de lois éducatives. De plus, certaines de ces
> lois sont telles que les docteurs n’ont pas considéré ceux qui les transgressent
> comme des transgresseurs ou des malfaiteurs devant Dieu. Par exemple, déjà
> citées : « Celui qui te frappe sur la joue droite présente-lui aussi l’autre », « Donne
> à celui qui te demande », « ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi ».
> L’énoncé ci-dessus montre clairement pourquoi de tels commandements et
> ordonnances n’ont pas été considérés par les dirigeants des gens chrétiens comme
> impératifs et obligatoires et pourquoi ils n’ont pas pu faire disparaître l’anathème
> et l’exécration dans la communauté humaine.
> Mais dans la religion bahá’íe, les commandements interdisant de maudire,
> d’injurier, de jurer et de blasphémer ont été révélés comme des lois impératives et
> obligatoires. La responsabilité des contrevenants a été révélée dans plusieurs
> Tablettes. Des commandements insistants ont été émis en ce qui concerne la
> pureté de la plume et de la langue, interdisant d’écrire ou de parler de ce qui
> offenserait les hommes. Par exemple, bien que la loi interdisant l’anathème et
> l’exécration ait été déjà explicitement énoncée dans plusieurs Tablettes telles que
> l’Ishráqát et d’autres, Bahá’u’lláh, à la fin de sa vie, dans le Livre de l’Alliance, a
> renforcé et souligné la loi susmentionnée en adressant le commandement suivant
> aux gens du monde entier :
> « Ô peuples du monde, nous vous exhortons à observer ce qui vous anoblira.
> Empoignez la crainte de Dieu et adhérez fermement à ce qui est juste. En vérité, je
> vous le dis, la langue est faite pour mentionner ce qui est bon, ne la souillez pas de
> propos inconvenants. Dieu pardonne le passé. Que chacun désormais dise ce qui
> est bien et convenable et s’abstienne de médisance, de violence et de tout ce qui
> est cause de tristesse. Noble est son rang ! Il y a peu, cette glorieuse parole a coulé
> de notre précieuse et magnificente Plume : Béni est ce grand Jour où tout ce qui
> est latent en l’Homme est et sera rendu manifeste. Noble est l’Homme s’il s’attache
> à la justice, à la vérité et reste inébranlable dans la Cause.» 33
> Tout être intelligent qui ré échit à ces propos : « Dieu pardonne le passé. Que
> chacun désormais dise ce qui est bien et convenable », « Évitez l’anathème,
> l’exécration et ce qui perturbe l’homme », verra clairement à quel point est
> catégorique l’interdiction de l’anathème et de l’exécration. En effet, selon la loi en
> vigueur parmi les gens qui savent, le contenu de cette sainte déclaration est une
> interdiction explicite de l’anathème et de l’exécration.
> fl
> L’objectif visé est de rendre impardonnable la position de celui qui viole ce
> commandement puissant et définitif.
> Il est ainsi clair pour le lecteur que l’interdiction de l’anathème et de l’exécration
> est l’un des commandements particuliers de cette très grande Révélation. Ainsi,
> par la faveur de Dieu le Très-Haut, suite aux écrits de la Plume Suprême, cette
> action inconvenante et les épreuves qui en résultent pourront disparaître et
> l’heureuse nouvelle consignée dans le troisième verset du 22e chapitre de
> l’Apocalypse de saint Jean concernant les événements du jour de la Manifestation,
> à savoir : « Il n’y aura plus de malédiction dans l’au-delà », sera réalisée.34
> Huitièmement, le port d’armes est interdit sauf en cas de nécessité :
> Cette ordonnance ne se trouve pas dans les autres religions alors que, dans la
> religion bahá’íe, elle est considérée comme un commandement impératif et
> essentiel. La grande utilité de cette loi est évidente. Combien de gens incapables
> de maîtriser une colère excessive lui ont donné libre cours en utilisant des
> armes prêtes à l’emploi ? Si le meurtrier n’avait pas été armé, souvent, au bout
> d’une heure, la violence de sa colère se serait apaisée et aucun crime n’en aurait
> résulté. Il s’agit là des effets négatifs mineurs du port d’armes. Les gens armés
> sont à l’origine d’autres maux plus graves ; ils causent de grandes
> révolutions pour les gouvernements et des pertes excessives pour les nations.
> Détailler ce sujet serait trop long, néanmoins les afflictions des nations et les
> épreuves causées aux gens par le port d’arme sont évidentes.
> Neuvièmement : La question relative à la nécessité de la création de la Maison de
> 
> justice et de l’institution des Assemblées nationales [c’est-à-dire des parlements] et
> des gouvernements constitutionnels36. Ce commandement est également
> particulier à cette religion. En effet, dans d’autres religions, il est possible de
> restaurer et de fonder des gouvernements despotiques, car l’amour de la
> permanence, de l’établissement et de la durée des ordonnances religieuses et la
> crainte d’aller à l’encontre de celles-ci sont si profondément enracinés dans les
> âmes humaines, en raison de la crainte de Dieu, qu’ils ne disparaîtraient pas en
> mille ans et ne seraient pas remplacés, sauf par le renouvellement de la religion et
> la réforme des lois.
> Voilà brièvement quelques-uns des commandements particuliers à la religion
> bahá’íe que l’auteur de ces lignes soumet à cette occasion. Pour des raisons de
> brièveté, il a été nécessaire d’omettre d’autres commandements particuliers à cette
> très grande Révélation, notamment quelques questions d’éthique comme la
> nécessité pour une épouse de recevoir des nouvelles de son mari en voyage ou
> absent ; une autre condamnant l’orgueil et l’égoïsme ; une autre encore relative à
> la pureté de toutes choses, avec des recommandations et des encouragements à
> observer mesures sanitaires et propreté, et à éviter complètement tout ce qui
> conduit à la saleté et à l’impureté. Parmi ces commandements, on trouve celui qui
> ordonne aux nations de s’entendre pour abolir la guerre et de préserver les
> conditions de sécurité et de paix. Pour rendre justice à cet important sujet, il
> faudrait compiler un gros volume et non un article si bref, mais il existe de
> nombreux commandements de ce type, dont le développement et le détail en
> dépasseraient les limites. Pourtant, au risque de les dépasser, je me sens obligé
> d’informer le lecteur intéressé d’un des nombreux traits distinctif de la religion
> bahá’íe avec l’espoir que cette Cause suprême éclaire largement sa vision et que sa
> langue, pure et reconnaissante, offre des louanges à Dieu, le Béni, le Sublime.
> Il s’agit d’un problème complexe de la philosophie sociale : la prévention du
> monopole et du contrôle des richesses par certains individus. Les philosophes du
> monde entier en discutent depuis longtemps. Par de sérieux échanges et de
> profondes analyses, les sages d’Europe et d’Amérique, les socialistes en particulier,
> se sont efforcés de résoudre ce problème abstrus. Les gouvernements d’Europe et
> d’Amérique ont accordé à ce sujet une complète attention ; néanmoins, ils ne sont
> toujours pas d’accord et ne sont pas parvenus à un consensus sur la solution à
> apporter à cette question qui peut sembler insurmontable. Mais si l’on s’intéresse à
> l’institution divine concernant la question de l’héritage et le modus operandi de la
> distribution des legs entre les héritiers selon les lois de cette Révélation, on voit
> que ce problème d’importance a été résolu de la la plus simple des manières ; la
> répartition des richesses entre les nations étant ainsi établie de la meilleure
> méthode qui soit.
> La mort étant un événement inévitable, si la répartition des biens laissés par ceux
> qui montent vers Dieu s’effectue selon la recommandation divine suivante, il sera
> impossible à un petit nombre d’accumuler les richesses ou à une famille
> particulière d’exercer un monopole, laissant les autres démunis et affligés par la
> pauvreté et le besoin. En effet, le puissant Législateur a réglé cette importante
> question de la manière suivante : Il a divisé les héritiers du défunt en sept classes,
> y compris les enseignants, pères spirituels des individus éclairés. L’héritage est
> divisé en         parts. Ce nombre est le premier entier divisible par tous les
> entiers inférieurs à .. Selon cette division, les sept classes pouvant bénéficier
> d’un legs sont les suivantes : en premiers : les enfants, puis l’épouse, le père?
> la mère, les frères, les sœurs et les enseignants. Les parents les plus proches sont
> les mieux dotés. Chaque classe reçoit son dû en fonction du nombre soixante,
> qui s’applique à tous. Il a décrété que ces sept classes mentionnées
> entreraient également en possession de leurs droits légitimes, chacune
> recevant sa part de cette division .
> Lorsque les gens perspicaces réfléchiront à ce qui a été révélé, ils verront que,
> grâce à ce commandement, la richesse ne sera jamais monopolisée par un petit
> nombre et qu’aucun individu ne pourra s’emparer de la richesse d’un autre par la
> force. La richesse circulera toujours entre tous. Tous les hommes hériteront les
> uns des autres et tous bénéficieront de ce capital. Certes, lorsqu’on réfléchit à la
> répartition effectuée par le Báb dans Le Bayán, on pourrait conclure qu’une telle
> répartition affecte l’intérêt des enfants, mais la manière dont elle est prévue dans
> l’Aqdas par la plume suprême de Bahá’u’lláh, où l’héritage des enfants est
> 
> multiplié, dissipe cette crainte . Pour les gens éclairés, il est évident que dans cette
> 
> très grande cause, tous les moyens de confort pour la nation ont été fournis et
> qu’un plan de réajustement des affaires du monde, à tous les points de vue, a été
> 
> élaboré. Ce qui a été dit ici suffira à répondre brièvement aux objections de M.
> Easton et consorts.
> Concernant les caractéristiques qui distinguent cette grande Cause des autres lois
> et religions de tous les siècles et de toutes les époques : Si les hommes de savoir,
> justes et intelligents, réfléchissent aux lois judicieuses du Seigneur de l’humanité,
> ils témoigneront sans aucun doute de la perfection de la Providence divine dans les
> lois ainsi instituées. Par exemple, ces trois ordonnances fermes et irréfutables, à
> savoir, premièrement, la question de l’héritage par laquelle le monopole de la
> richesse sera supprimé et la question du socialisme résolue ; deuxièmement, la
> question de la paix universelle et des accords internationaux concernant le
> désarmement et la conservation des dépenses actuellement consacrées aux
> instruments de guerre ; troisièmement, la question de l’ordre donné à tous
> d’acquérir une profession, un art ou un métier leur permettant de gagner leur vie,
> allégeant ainsi le fardeau des dépenses pour ceux sur qui elles retombent, tels que
> les fermiers, les ouvriers, et autres. Ces dépenses sont engendrées par les oisifs et
> les chômeurs.
> Ces hommes justes et intelligents témoigneront aussi que la réorientation du
> monde et le salut de l’humanité face à de grands dangers sont conditionnés par
> l’adoption des commandements de cette très grande Manifestation, Bahá’u’lláh.
> Ainsi, ils prononceront les paroles bénies : « Béni soit Dieu, Possesseur du
> Royaume ! ».
> 
> Conclusion
> Nous mettons ici un terme à nos propos et, pour conclure cette déclaration, nous
> implorons Dieu le Saint, le Suprême, d’accorder à M. Easton et aux autres
> négateurs, en sa miséricorde infinie, la lumière de la perspicacité et de la
> connaissance afin qu’ils examinent, dans un esprit impartial et désintéressé, ce qui
> leur est soumis ici. Ainsi seront-ils informés de la réalité de la Cause divine et
> guidés vers la source du salut, de la vie, de la gloire et de la prospérité. et c’est
> chose facile à Dieu.
> Écrit le 28 décembre 1911, en Syrie,
> par la plume de Mírzá Abu’l-Fadl Gulpáygání.
> 
> Notes
> 1. Voir l’annexe de ce volume
> 2. Référence à ce passage du Sermon sur la montagne : « Gardez-vous des faux
> prophètes, qui viennent à vous vêtus en brebis, mais qui au-dedans sont des loups
> rapaces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Cueille-t-on des raisins sur
> un buisson d’épines, ou des figues sur des chardons ? Ainsi tout bon arbre produit
> de bons fruits, mais l’arbre malade produit de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut
> pas porter de mauvais fruits, ni un arbre malade porter de bons fruits. Tout arbre
> qui ne produit pas un bon fruit, on le coupe et on le jette au feu. Ainsi donc, c’est
> à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. » » (T.O.B., Mat. 7:15-20)
> 3. «Engeance de vipères ! Comment pourriez-vous dire de bonnes choses, alors que
> vous êtes mauvais ? » (T.O.B., Mat. 12:34)
> 4. Mírzá Abu’l-Fadl fait ici référence à certains érudits et théologiens juifs.
> 5. Cf. Myron H. Phelps, The Master in `Akká (Los Angeles : Kalimát Press, 1985) pp.
> 57-61 ; Edward G. Browne, A Traveller’s Narrative (Cambridge University Press,
> 1891) p. 358-59.
> 6. Subh-i Azal, Mírzá Yahyá, le demi-frère de Bahá’u’lláh. Voir Shoghi Effendi,
> Dieu passe près de nous, Maison d’éditions bahá’íes, Bruxelles. 1976.
> 7. Cf. Muhammad.-’Alíy-Salmání, My Memories of Bahá’u’lláh (Los Angeles :
> Kalimát Press, 1982) p. 46-53.
> 8. Concernant la transformation pacifique des bábís, voir Bahá’u’lláh, Épître au Fils
> du Loup, Maison d’éditions bahá’íes, 2001, p. 153-154.
> 9. Voir Ibid, p. 76-78 ; Anthony A. Lee, "The Rise of the Bahá’í Community of
> ‘Ishqábád" Bahá’í Studies, Vol. 5 (janvier 1979) p.1-9.
> 10. Cf. Matt. 12:37.
> 11. Coran 10:35, 37:154, 68:36.
> 12. Cf . ‘Abdu’l-Bahá, Les Leçons de Saint-Jean-d’Acre, Les Presses universitaires de
> France, 3e édition 1982, chap LXXXII p. 294.
> 13. Cf. « Bishárát » (Bonnes nouvelles) dans Tablettes de Bahá’u’lláh révélées après le
> Kitab-i-Aqdas, Maison d’éditions bahá’íes, Bruxelles, 2010, p. 21-28.
> 14. Ibid., p. 28
> 15. « Le système de gouvernement que le peuple britannique a adopté à Londres
> semble être bon, car il est orné de la lumière à la fois de la royauté et de la
> consultation des gens. » Bahá’u’lláh, « Lawh-i Dunyá » (Tablette du monde),
> Tablettes de Bahá’u’lláh, p. 93.
> 16. Isa. 2:2 ; Jean 11:24 ; Dan. 12:4, 9 ; Job 19:25 ; Joël 2:31 ; Zeph. 1:14 ; etc.
> 17. « Aussitôt après ces jours de détresse, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera
> plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront
> ébranlées. Alors le signe du Fils de l'homme paraîtra dans le ciel, toutes les tribus
> de la terre se lamenteront, et elles verront le Fils de l'homme venant sur les nuées
> du ciel avec puissance et une grande gloire. Il enverra ses anges avec la trompette
> retentissante, et ils rassembleront les élus des quatre vents, depuis une extrémité
> des cieux jusqu'à l'autre. » Matt. 24:29-31.
> 18. « Le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; en ce jour, les cieux
> passeront avec fracas, les éléments embrasés ses dissoudront, et la terre avec les
> œuvres qu’elle renferme sera consumée. Puisque donc toutes ces choses doivent
> se dissoudre, quelles ne doivent pas être la sainteté de votre conduite et votre
> piété, ... ». 2 P. 3:10-11.
> 19. Muhammad.
> 20. Les théologiens musulmans enseignent que l’Évangile original enseigné par le
> Christ a été perdu et que les écritures utilisées par les chrétiens aujourd’hui sont
> corrompues. Bahá’u’lláh rejette cet enseignement dans Le Livre de la Certitude,
> Bruxelles. Maison d’éditions bahá’íes, 2014) § 91, 97, 98 notamment.
> 21. Cf. Ibid.
> 22. Mathieu 5:44, Luc 6:28.
> 23. 1 Jean 3:7.
> 24. 1 Jean 4:15.
> 25 .Voir Khazeh Fananapazir, "A Tablet of Mírzá Husayn ‘Alí Bahá’u’lláh to Jamál-i
> Burújirdí : A Full Provisional Translation", « Bahá’í Studies Bulletin », vol. 5, no. 1-
> 2 (janvier 1991).
> 26. Cf. le Kitáb-i-Aqdas, K72.
> 27. La traduction officielle se lit comme suit : « Nous enjoignons à tous de
> s’engager dans un métier ou une profession et nous considérons cette occupation
> comme un acte d’adoration. » Bahá’u’lláh, Trustworthiness : A Compilation of
> Extracts from the Bahá’í Writings, comp. by the Research Department of the
> Universal Maison de justice (Haïfa : Bahá’í World Centre, 1987), nº 34.
> 28. Cf. Bahá’u’lláh, « Ishráqát », Tablettes de Bahá’u’lláh (Maison d’éditions bahá’íes,
> 2010) p.81.
> 29. Cf. Bahá’u’lláh, « Bishárát », Tablettes de Bahá’u’lláh, p. 15.
> 30. Matt. 5:22.
> 31. Coran 6:108.
> 32. Sermon sur la montagne, Matthieu 5 et 6.
> 33. Bahá’u’lláh, « Kitáb-i-‘Ahd », Tablettes de Bahá’u’lláh, p. 181, 15.2.
> 34. « Il n’y aura plus de malédiction. »Apoc. 22:3.
> 35. Kitáb-i-Aqdas, K159, p. 76.
> 36. Cf. Tablettes de Bahá’u’lláh, p. 93.
> 37. Mírzá Abu’l-Fadl fait ici référence aux lois bahá’íes sur l’héritage qui
> s’appliquent dans les cas où l’on n’a pas écrit de testament. Cf. Kitáb-i-Aqdas, K20-
> 29.
> 38. Les règles successorales de Bahá’u’lláh en cas d’intestat sont basées sur celles
> du Báb révélées dans Le Bayán, mais Bahá’u’lláh double la part attribuée aux
> enfants du défunt.
> Bahá’ísme : Un avertissement
> par Peter Easton
> 
> Il y a mille neuf cents ans, notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ comparaissait
> devant un tribunal romain. Le gouverneur, convaincu de son innocence, proposa de le
> relâcher. Mais les juifs s’écrièrent : « Ce n’est pas lui, c’est Barabbas ! » Barabbas était
> un brigand. C’est ainsi que le peuple élu de Dieu, celui qui, pendant 2000 ans, depuis
> Abraham, avait été le bénéficiaire privilégié de sa grâce et de sa miséricorde, « renia le
> Saint et le Juste, et demanda qu’on lui accordât un meurtrier. »              Cette scène se
> rejoue-t-elle aujourd’hui sous nos yeux ? En l’an de grâce 1911, le 17 septembre, à St.
> John’s, Westminster, un archidiacre de l’Église d’Angleterre, un homme qui porte un
> nom honoré, a placé dans le fauteuil de l’évêque, devant l’autel, le chef d’une secte
> orientale dont, dans un discours précédent, il avait fait l’éloge en l’appelant « Maître ».
> Qui est cet homme ? Il s’appelle Abbas Effendi. Il préfère cependant être appelé
> ‘Abdu’l-Bahá, serviteur de Bahá, son père, décédé à Acre, en Syrie, en 1892. Pour savoir
> ce que cet homme représente et incarne, nous devons donc nous demander quel genre
> d’homme était Bahá, le chef de cette secte, qui lui a donné son nom. Un pire que
> Barabbas – traître, assassin et blasphémateur – digne successeur de cette longue lignée
> d’antéchrists persans depuis le début de son histoire jusqu’à aujourd’hui. L’histoire est
> longue et nécessiterait plus de temps et d’espace qu’il n’est possible de lui accorder ici.
> L’article « Les Babis de Perse » qui accompagne ce texte donne un bref aperçu du
> principe et de la pratique de ce système antichrétien.             Comment est-il possible
> qu’un ministre de Jésus-Christ puisse recommander une telle foi ? Ignorait-il le
> véritable caractère de la secte ? Pourquoi, alors, l’a-t-il recommandée ? Pourquoi aussi
> était-il ignorant ? Ne savait-il pas que la Church Missionary Society avait une mission en
> Perse depuis quarante ans, et qu’il lui suffisait de s’informer auprès des missionnaires
> de la Société à Londres et dans les environs pour connaître les faits ? Depuis plus de
> vingt ans, le professeur Browne, de Cambridge, écrit sur ce sujet. L’archidiacre n’a-t-il
> pas connaissance des faits accablants, exposés dans ses ouvrages, concernant le
> caractère de Bahá ? A-t-il voulu s’informer auprès des habitants du quartier d’Acre ?
> Comme il aurait été facile d’obtenir des informations auprès des missionnaires anglais
> et américains de Syrie et de Palestine.
> Il y a dix-huit mois, l’archidiacre Wilberforce a écrit à ‘Abdu’l Bahá pour lui dire :
> « Nous sommes tous un, derrière le voile » Est-ce là l’enseignement de la Parole de
> Dieu ? L’Apôtre dit-il que nous devrions être inégalement associés aux incroyants, que
> la justice a partie liée avec l’iniquité, la lumière avec les ténèbres, le Christ avec Bellial,
> le temple de Dieu avec les idoles ? C’est en effet l’enseignement du panthéisme sur
> lequel sont fondés le bahaïsme et toutes les sectes qui lui sont apparentées. C’est de la
> haute antiquité de         ans, du début de l’histoire de la Perse, que vient la déclaration
> blasphématoire : « Dieu et le diable sous le même joug ». Les hommes de bonne
> réputation sont, il est vrai, les bienvenus dans les rangs de ces sectes panthéistes. Ils
> font d’excellents pigeons. Mais lorsqu’il s’agit d’accomplir l’œuvre de l’enfer, il faut un
> autre type d’homme, un homme dont la conscience est brûlée comme par un fer rouge.
> Ce qui est déterminant, ce n’est pas ce que l’homme est, mais l’usage que l’on peut en
> faire. « Le mal est le nom d’une des conditions du progrès – il est aussi nécessaire,
> voire plus, que ce que vous appelez le bien, à votre et à notre élévation vers des sphères
> plus élevées ». Cette idée est concrétisée dans ces sectes panthéistes, en ce sens que les
> membres moralement intègres sont con nés dans le cercle extérieur, tandis que les
> enfants du malin sont admis dans le sanctuaire intérieur. Voilà donc l’unité tant vantée,
> dont Dieu nous préserve.        L’archidiacre Wilberforce appelle ‘Abdu’l Bahá « Maître ».
> Qu’en est-il du Christ ? Enseigne-t-il que l’on peut servir deux maîtres ? Non. Alors
> l’archidiacre doit choisir qui il va servir, le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ
> ou l’Antéchrist, Bahá. Il ne peut servir les deux. Que dira le peuple anglais ? Choisira-til ce Barabbas moderne ?        Un mot sur l’impact des déclarations de l’archidiacre sur
> le travail missionnaire en terre mahométane. Ce travail, comme on le sait, n’est pas
> facile. Elle est même si difficile que des hommes comme Lord Curzon sont totalement
> incrédules quant à la possibilité d’accomplir quoi que ce soit. Il est certain que les
> hommes qui professent être des disciples de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ –
> surtout ceux qui sont considérés comme des dirigeants de l’Église – ne devraient rien
> faire pour rendre ce travail encore plus difficile. Quoi que l’on puisse dire d’autre des
> bahá’ís, on ne peut pas dire qu’ils ne sont pas sages dans leur génération, prompts à
> utiliser tous les moyens, justes ou injustes, qui serviront leurs intérêts. Ce qu’il a vu et
> entendu ici en Angleterre a grandement encouragé ‘Abdu’l-Bahá à persévérer dans son
> projet de faire du bahá’ísme « la religion universelle du monde et la base de la grande
> civilisation universelle à venir », comme le montrent ses propres paroles. On ne peut
> douter qu’il aura le même effet sur ses disciples, à qui la nouvelle sera transmise, non
> pas dans un anglais froid, mais dans les phrases enflammées de l’imagination orientale.
> Comme Paul, sur le chemin de Rome, ils seront eux aussi encouragés, mais ce ne sera
> pas pour faire avancer le royaume de Dieu, mais le règne de l’Antéchrist.
> 
> Les babis de Perse
> 
> L’origine du babisme est à rechercher dans le panthéisme persan, un système qui
> remonte à plus de 1000 ans et qui a donné naissance à de nombreuses sectes, dont le
> babisme est l’une des plus récentes. Toutes ces sectes ont une doctrine fondamentale, à
> savoir que le murid, ou disciple, doit s’abandonner absolument, corps et âme, au
> murshid, ou guide. Dire que le murshid est, à toutes fins utiles, à la place de Dieu pour le
> murid, c’est sous-estimer la question. Lorsque Dieu nous parle, il s’adresse à nous en
> tant qu’hommes, en honorant les facultés de raison, de conscience et de volonté dont il
> nous a dotés. Si quelque chose prétend être une nouvelle révélation, elle doit répondre
> aux exigences de l’ancienne révélation, et s’y tenir ou s’y soustraire. L’idée panthéiste
> fi
> 
> est différente. La révélation, la conscience, la raison, la volonté sont toutes anéanties. À
> chaque instant de l’existence, il n’y a rien d’autre que le pouvoir absolu ; le pouvoir nu
> d’une part, et la passivité et la négativité absolues d’autre part. Le murid n’est pas un
> homme au sens propre du terme, mais un simple matériau, un simple réceptacle qui
> est constamment créé puis mis en pièces, ou rempli puis vidé. Ce qu’il est n’a rien à
> voir avec la nature des communications ou des ordres qui lui sont adressés ou imposés.
> Selon les critères ordinaires, ils peuvent être raisonnables ou déraisonnables, sages ou
> imprudents, saints ou impies, mais il n’a rien à voir avec tout cela. S’il lui est ordonné
> de dire la vérité, il dit la vérité. Lui ordonne-t-on de mentir, il ment. Lui donne-t-on
> des conseils de sagesse, il les exécute. Lui impose-t-on les caprices les plus fous d’un
> fou, ce devoir d’obéissance est exactement le même. Permettez-moi de dire, tout
> d’abord, que le système est essentiellement vicieux, car il est basé sur la dégradation du
> murid, qui est dépouillé de tout ce qui fait de lui un homme et réduit à un simple
> automate. L’honneur et la gloire du murshid se construisent sur la ruine du murid. Il est
> impossible de concevoir un contraste plus parfait avec le christianisme. « Parce que je
> vis, dit le Sauveur, vous vivrez aussi (Jean 14:19) ». « Et la gloire que tu m’as donnée, je
> la leur ai donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un, moi en eux et toi en
> moi, pour qu’ils soient parfaits en un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et
> que tu les as aimés comme tu m’as aimé (Jean 17:22, 23).
> Deuxièmement - Il ne peut être réformé, puisque le premier pas dans la voie de la
> réforme est de détruire le système à la racine et à la branche.
> Troisièmement - Chaque tentative d’application du principe de ce système s’est
> soldée par le mal le plus terrible. La carrière de Mokanna au huitième siècle, dont nous
> avons une description vraie et fidèle dans le Lalla Rookh de Moore, celle de Babek au
> neuvième et de Karmath au dixième siècle, qui ont tous deux transformé le monde
> oriental en Aceldema, ou champ de sang ; plus que tout, celle de Hassan Sabah et de
> ses disciples, les Assassins, qui pendant 170 ans, à partir de 1090, ont inauguré un
> règne de terreur en comparaison duquel celui de la Révolution française n’était qu’un
> jeu d’enfant. Ces exemples et d’autres que l’on pourrait citer, tant dans l’Antiquité que
> dans les temps modernes, prouvent amplement notre affirmation.
> On nous demande maintenant de croire que le Babisme est une exception à la
> règle, que ce système diabolique, satanique – il n’y a pas d’autres mots pour le décrire –
> s’est transformé, que le serpent a perdu ses crocs et que le loup est devenu le véritable
> protecteur des brebis. Où se trouvent les preuves de cette étonnante affirmation ? Fautil la chercher dans les déclarations blasphématoires de Bahá, selon lesquelles il n’était
> pas seulement le Christ, mais aussi Dieu le Père ? Faut-il la chercher dans sa vie,
> entachée des crimes les plus bas ? L’homme qui a tenté d’empoisonner son propre
> frère, qu’il avait invité à manger avec lui, est-il l’inaugurateur d’une nouvelle
> dispensation de la paix sur terre ? Et qu’avons-nous de l’autre côté ? Rien d’autre que
> des paroles mielleuses. Le loup est déguisé en brebis, donc ce n’est pas un loup. Ce qui
> est encore plus grave, c’est qu’aucune excuse ne peut être invoquée pour cet homme.
> C’était un méchant de sang-froid, et non un fou, comme le fondateur des Druses, ou
> un enthousiaste trompé, comme nous pouvons supposer que le Bab original était. Il y a
> des hommes bons parmi les babis, des hommes qui ont été attirés par le système,
> espérant y trouver la vérité qu’ils avaient vainement cherchée dans le mahométisme ;
> bons, non pas à cause du système, mais en dépit de lui. Xavier était un saint homme,
> mais le jésuitisme est tout sauf saint. Nous devons nous rappeler, en outre, que dans
> tous ces systèmes panthéistes, il n’y a qu’un petit nombre de personnes qui sont
> d’abord pleinement initiées aux « profondeurs de Satan », que la politique des
> dirigeants est de maintenir la multitude dans l’ignorance, et d’avoir quelques
> personnes dont la vie pure servira à masquer leur propre corruption. Dans le cas des
> Assassins, le caractère de la secte n’a été pleinement exposé au public que plus de
> soixante-dix ans après sa fondation.
> Il n’est pas nécessaire de gaspiller de la sympathie pour les souffrances des babis. Il
> est vrai qu’ils ont terriblement souffert. Qu’ils aient enduré la souffrance avec une
> force d’âme et une constance merveilleuses est également vrai. Mais il en a toujours été
> ainsi pour ces sectes. Lorsque l’infâme Babek, dont la règle était de faire violer sous
> leurs yeux les femmes et les filles de ses captifs, s’est fait arracher les mains et les pieds,
> « il a ri et a scellé en souriant avec son sang la gaieté criminelle de ses principes » (Von
> Hammer, History of the Assassins, p. 27). En tant qu’enseignants et praticiens de
> l’assassinat, les babis méritent amplement tout ce qu’ils ont été appelés à subir.
> Il est vain de dire qu’ils n’interviennent pas dans les gouvernements, car, aux yeux
> d’un babi, il n’y a pas d’autre gouvernement que celui de son chef. Tant que ce chef est
> en état de semi-captivité, l’exercice de son autorité sur les souverains et les pays peut
> être mis en veilleuse, de peur qu’il n’attire la vengeance sur sa propre tête. Mais qu’il
> devienne un jour un souverain indépendant, et nous pourrons alors nous attendre au
> retour de cette époque où il n’y avait de sécurité ni pour le souverain ni pour le peuple,
> si ce n’est qu’ils devenaient les esclaves du plus affreux despotisme qui se soit jamais
> manifesté sur la terre. Plus de liberté pour les femmes ! Oui, mais depuis l’époque de
> Mazdak, ces sectes enseignent la communauté des femmes. Le millénaire à inaugurer
> est celui de la science absolue.(Cf. Von Hammer, p. 105 et suivantes)
> Après avoir lu cela et bien d’autres choses de ce genre qui se retrouvent dans la
> presse publique, on se demande comment il se fait que des chrétiens, hommes et
> femmes, puissent être trompés à ce point. Néanmoins, il est vrai que ces projets
> panthéistes exercent une terrible fascination qui semble, pour un temps au moins,
> priver les hommes de la vue, de l’ouïe et de la compréhension. Il est indéniable qu’ils
> contiennent des vues grandioses de la vérité, mais le malheur, l’horreur, c’est que la
> vérité, qui devrait être présentée de manière à être édifiante et inspirante, n’est que
> l’appât sur l’hameçon qui entraîne l’âme en enfer.
> 
> ❦
>
> — *La Preuve eclatante (Used by permission of the curator)*

